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LES TÉLÉPHAGES ANONYMES

Il était une fois Lurdo & Sygbab, deux internautes passionnés de séries tv et de cinéma, et qui cherchaient un endroit où archiver leurs avis (semi) éclairés...

Blog Update ! - Mai 2021

Publié le 31 Mai 2021 par Lurdo dans Cinéma, Critiques éclair, Les bilans de Lurdo, Les bilans de Sygbab, Review, Télévision, Update

Un mois de mai tranquille sur le blog des Téléphages Anonymes, bien moins chargé et lourd que ce que je prévoyais initialement, mais pas inintéressant pour autant.

#1430 : Banana Split (2018) - 3.75/6

#1431 : Flora et Ulysse (2021) - 4/6

#1432 : Archenemy (2020) - 2/6

#1433 : Mr. Magoo (1997) - 2.5/6

#1434 : Justice Society - World War II (2021) - 3.25/6

#1435 : La méthode Menkoff (2016) - 2/6

#1436 : Cranston Academy - Monster School (2020) - 2.5/6

#1437 : Sun Dogs (2017) - 3.75/6

#1438 : L'école de la magie (2020) - 3.75/6

#1439 : Barb and Star go to Vista del Mar (2021) - 4/6

#1440 : Max Cloud (2020) - 4/6

#1441 : Kedi - Des chats et des hommes (2016) - 5/6

#1442 : Greenland - Le dernier refuge (2020) - 3/6

#1443 : Les Mitchell contre les machines (2021) - 3.75/6

#1444 : Bad Trip (2021) - 3.25/6

#1445 : Geostorm (2017) - 1.25/6

#1446 : Blithe Spirit (2021) - 2.25/6

#1447 : Ce Week-end là... (2014) - 4.25/6

#1448 : The Paper Tigers (2021) - 4.5/6

#1449 : New York Taxi (2004) - 1/6

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# Bilan :

Un mois plutôt sympathique, à vrai dire, puisque varié, dénué de beaucoup de purges, et atteignant régulièrement la moyenne.

De l'animation agréable à suivre malgré certains défauts (Justice Society, Les Mitchell contre les Machines), de la comédie familiale tout à fait honorable (Flora et Ulysse, L'école de la magie), de l'action infusée d'humour (Max Cloud, Paper Tigers), du film catastrophe, de la comédie anglaise, bref, il y en a pour tous les goûts, quand bien même la qualité ne serait pas toujours au rendez-vous...

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# Film(s) du mois :

Kedi, un très joli documentaire sur les félins d'Istanbul (qui parlera forcément nettement moins aux spectateurs n'aimant pas les chats) ; The Paper Tigers, une comédie indépendante d'arts martiaux plutôt réussie ; Ce Week-end là, une comédie british plutôt touchante ; et une mention spéciale à Barb and Star go to Vista Del Mar, une comédie américaine improbable et déjantée...

 

# Flop(s) du mois :

Pas beaucoup de vrais flops, ce mois-ci, si ce n'est l'évidence New York Taxi, adaptation ratée d'une franchise déjà plus bien vaillante, et Geostorm, un film catastrophe qui singe très faiblement les productions Roland Emmerich.

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# Petit écran :

Pas mal de nouveautés, ce mois-ci, du côté du petit écran.

Ici, des superhéros inégaux, avec Invincible, assez fidèle à son avatar papier (pour le meilleur et pour le pire) et le raté et cheap Jupiter's Legacy de Netflix ; là, des sitcoms nostalgiques, avec un reboot de Sauvés par le Gong, un retour sur les girl bands de la fin des 90s/du début des 00s avec Girls5Eva, et Rutherford Falls, hanté par l'histoire compliquée des États-Unis : trois programmes diffusés sur Peacock, la plateforme de VOD de NBC et auxquels il manque un petit quelque chose pour en faire des séries à ne pas rater.

Sans oublier la bonne surprise Ted Lasso, et le retour de Mythic Quest (en attendant le bilan de la saison en cours).

Et puis, du côté de Sygbab, on peut citer The Lone Gunmen, ce spin-off avorté des X-files, et VR.5, une série d'anticipation virtuelle pas forcément très probante.

 

Retrouvez aussi les bilans de toutes les séries critiquées jusqu'à présent en ces pages depuis l'index Séries alphabétique qui leur est consacré.

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# À venir :

En juin, un programme un peu différent chez les Téléphages Anonymes, puisque dès le 12 juin et jusqu'à la fin du mois, le blog se mettra à l'heure de la science-fiction pour un CYCLE SCI-FI qui verra films et séries de science-fiction chroniqués quotidiennement en ces pages.

Au programme, des films plus ou moins récents (pas mal de films du début des années 2010, notamment, qui est la période la moins chroniquée sur le blog) et quelques séries de genre (de mon côté, l'intégrale de la série d'animation Final Space, tandis que du côté de Sygbab, on s'attèlera à une intégrale Andromeda), jusqu'à tout début juillet.

La première dizaine de jours de juin, elle, sera plus classique, avec un peu de tout : des films familiaux, des comédies, un peu d'action et de genre, et niveaux séries, la saison 1 de MODOK, et la première partie de The Nevers...

 

Et comme toujours, vous pouvez retrouver la liste complète de tous les films passés en revue sur ce blog dans le menu Index de haut de page, ou en cliquant directement sur ce lien (000-1000) et sur celui-ci (1001-2000)...

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Les bilans de Lurdo : Rutherford Falls, saison 1 (2021)

Publié le 30 Mai 2021 par Lurdo dans Comédie, Critiques éclair, Les bilans de Lurdo, Review, Romance, Sitcom, Télévision, USA, NBC

Sortie en catimini sur Peacock, la plateforme de VOD de NBC, Rutherford Falls a aussitôt reçu un accueil critique très enthousiaste, outre-atlantique.

Il faut dire que les 10 épisodes de la sitcom cochent beaucoup de cases qui plaisent à la presse américaine : un showrunner qui a le vent en poupe (Mike Schur - The Comeback, The Office, Parks & Recreation, Brooklyn 99, The Good Place), un acteur principal (Ed Helms) au capital-sympathie certain, un cadre très familier (Parks & Rec n'est pas loin) et des thèmes particulièrement d'actualité : déboulonnage de statue, droits des minorités, colonialisme, privilèges de l'homme blanc aisé, réécriture du passé de l'Amérique, etc.

Mais est-ce que tout cela fait vraiment du programme une sitcom réussie et drôle, comme semblent l'affirmer les critiques ?

Rutherford Falls, saison 1 (2021) :

À Rutherford Falls, une ville de la Côte Est des USA, la statue de Lawrence Rutherford, le fondateur de la ville, pose problème : pas à cause de son héritage, mais bien de son emplacement, qui provoque des accidents de la route. La nouvelle maire (Dana L. Wilson) propose de la déplacer, mais Nathan (Ed Helms), le descendant de Rutherford, s'y oppose. Un conflit ouvert voit alors le jour entre les deux camps, conflit qui va révéler de sombres secrets, et sur lequel va se greffer Josh (Dustin Milligan), un journaliste podcasteur en quête de scoop, et divers représentants de la tribu des Minishonkas, dont Terry (Michael Greyeyes), gérant du casino local, et Reagan (Jana Schmieding), la meilleure amie de Nathan, qui tente de développer son Centre culturel miteux...

Pour l'accompagner sur ce programme, et avoir à la tête de la série une showrunneuse d'origine native-américaine, Mike Schur s'est tourné vers Sierra Teller Ornelas, une scénariste d'Happy Endings, de Brooklyn 99 et de Superstore, qui s'est logiquement entourée de collègues issus des minorités.

De quoi permettre à NBC/Peacock de souligner la diversité (Jesse Leigh, qui joue l'assistant de Nathan, est non-binaire) et l'à propos de sa série, laquelle aborde ainsi, tout au long de ses dix épisodes, divers thèmes récurrents de la société américaine contemporaine. Et il faut bien avouer que Rutherford Falls le fait avec tact et nuance, sans sombrer dans les débats polarisants ou les caricatures trop outrées (même si bon, le personnage de Paul F. Tompkins...)

À l'identique, la communauté native-américaine n'est pas décrite comme un bloc immuable : on a Terry, businessman aux dents longues pour qui la prospérité de sa communauté ne peut se voir que sous le prisme du capitalisme, on a Reagan, plus préoccupée par le patrimoine historique des Minishonkas, et tout un assortiment de personnalités diverses et variées, aux âges, aux intérêts et aux points de vues variés.

Et toujours dans cette lignée mesurée et assez sobre, les relations entre les personnages restent toujours calmes, posées, y compris lorsque les sentiments s'en mêlent : Reagan et Josh, le journaliste, ont une relation simple et sans accroc (jusqu'à la toute fin de saison, quand le besoin de drama se fait ressentir), Nathan et la maire afro-américaine idem...

Le seul problème, c'est qu'à trop être mesurée, Rutherford Falls finit par être une série plaisante, agréable et gentillette... mais qui n'est pas vraiment drôle, voire ne suscite qu'un vague sourire çà et là.

C'est le vrai souci que j'ai eu avec la série, en tant qu'Européen forcément un peu moins concerné par toutes ces histoires de réparations, de casinos et de réécriture de l'histoire coloniale, assez typiquement américaines : oui, ça a bon fond, ça met en avant des messages pertinents, mais c'est aussi assez plat, dans l'ensemble, sans réel moment hilarant et sans réelle montée en puissance.

Après, j'avoue, ce qui n'aide pas, c'est que je ne suis pas forcément totalement fan de Ed Helms faisant du Ed Helms (en l'occurrence, le personnage de Nathan Rutherford a lui aussi bon fond, mais il a un caractère immature et caractériel, pas forcément très attachant), d'autant que le parcours de son personnage (de passionné d'histoire définissant toute son existence par le parcours de ses ancêtres, il finit paumé, en road-trip à la recherche de ses origines réelles) se conclut par un gag bas de plafond, à base de vomi, qui fait lever les yeux au ciel plus qu'autre chose.

Et il est vrai que, dans l'ensemble, l'humour natif-américain est un peu différent de celui auquel on a l'habitude à la télévision américaine, car plus mesuré et en retenue.

Mais globalement, je m'attendais à un peu plus d'énergie et de rires. Peut-être est-ce aussi du fait du nombre limité d'épisodes, qui ne laisse pas forcément le temps de développer grand chose d'autre que l'intrigue la plus fondamentale, et les grandes lignes des personnages...

Reste que le bilan est mitigé, pour ma part, en espérant que ce soit le syndrome Office/Parks & Rec qui frappe à nouveau : une première saison du programme trop sage, pas très convaincante, et une série qui trouve son ton et se révèle ensuite.

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Les bilans de Lurdo : Jupiter's Legacy, saison 1 (2021)

Publié le 29 Mai 2021 par Lurdo dans Action, Aventure, Critiques éclair, Drame, Fantastique, Les bilans de Lurdo, Netflix, Review, Science-Fiction, Télévision, USA

Adaptation pour Netflix, en 8 épisodes de 30-60 minutes, du comic book de Mark Millar et Frank Quitely, Jupiter's Legacy a été confié aux bons soins de Steven S. DeKnight, un showrunner/scénariste capable du pire comme du meilleur, ayant officié sur Smallville, chez Whedon, sur Spartacus et Daredevil, et s'étant brièvement essayé au cinéma. De quoi laisser dubitatif, pour de multiples raisons...

Jupiter's Legacy, saison 1 (2021) :

En 1929, alors que la crise financière frappe de plein fouet l'Amérique, Sheldon Sampson (Josh Duhamel) reçoit une vision mystique qui les emmène, lui et un groupe de proches (Ben Daniels, Leslie Bibbs, Mike Wade, Matt Lanter...), dans une expédition jusqu'à une île mystérieuse. Là, ils reçoivent tous des super-pouvoirs incroyables et forment bientôt la première génération de super-héros, obéissant à un code strict : on ne tue pas. Mais aujourd'hui, la nouvelle génération de supers est lasse d'être confrontée à des adversaires toujours plus violents et meurtriers, et les deux enfants de Sheldon, désormais appelé l'Utopien, se rebellent contre leurs parents...

Soyons lucides : le vrai problème de Jupiter's Legacy, c'est qu'à la base, le comic book n'est pas très bon. Un peu comme Steven S. DeKnight, Mark Millar est un scénariste de bande dessinée capable du pire comme du meilleur, et depuis plusieurs années, il ne s'en cache plus : ses nouveaux projets, il les conçoit directement de manière à pouvoir les vendre à des fins d'adaptation.

Il se concentre donc sur des mini-séries courtes, facilement résumables et présentables à un public non-initié, et reposant souvent sur des postulats forts et provocants : Kickass ("les justiciers, mais dans la vraie vie"), Nemesis ("et si Batman était un super-méchant ?"), Wanted ("et si un jeune paumé découvrait qu'il était le fils caché d'un super-méchant ?"), Kingsman ("et si un jeune paumé découvrait qu'il était le neveu d'un super-espion ?"), Superior ("Shazam, mais avec le diable en lieu et place du vieux sorcier"), Huck ("et si Superman était un pompiste un peu simple mais bienveillant ?"), Chrononauts ("et si le voyage temporel avait été inventé par deux bros voulant simplement s'amuser en passant d'époque en époque ?"), Starlight ("et si Flash Gordon/Buck Rogers, maintenant à la retraite, était rappelé pour une ultime mission"), etc, etc, etc.

Des concepts simples, vendeurs, dont Jupiter's Legacy fait partie : "et si, après avoir vaincu tous les super-méchants, les super-héros se faisaient la guerre, opposant le camp des bienveillants utopiques au camp des pragmatiques réalistes voulant diriger le monde". Malheureusement, cet angle du superhéros dictateur et de la guerre civile entre supers pour des raisons idéologiques est tout sauf original. Idem pour les thématiques de l'héritage, des générations qui ont des visions différentes de leurs pouvoirs, de l'idéalisme perdu de l'âge d'or, de la déconstruction de la figure super-héroïque et de ses idéaux, etc.

Moore est déjà passé par là, notamment avec Watchmen. Invincible est passé par là. La Civil War de Marvel est passée par là (et était déjà signée Millar). The Authority est passé par là (à nouveau, Millar a écrit pour ce titre). Kingdom Come. Wanted. Star Wars.

Etc, etc, etc : Jupiter's Legacy, dans sa version papier, est particulièrement dérivatif, un gros mélange d'éléments repris à droite et à gauche, qui culmine dans des affrontements ultra-violents, et qui ne parvient jamais à justifier son existence (ça n'aide pas que le trait de Quitely soit à ce point polarisant : on adhère ou pas), autrement que comme une suite à sa préquelle (!), Jupiter's Circle, nettement plus aboutie et intéressante, puisque retraçant le parcours, au fil des décennies, du clan Sampson, au fil des transformations et des bouleversements de la société.

Restait à espérer que la série télévisée allait (au minimum) piocher dans les deux mini-séries, et pas se limiter aux dix numéros originels de Jupiter's Legacy. Pas de chance : DeKnight (et Millar) a fait un choix créatif radicalement différent, et cette première saison s'avère en réalité une double préquelle - préquelle à la fois aux événements de Jupiter's Legacy, et préquelle à ceux de Jupiter's Circle.

Employant une structure alternée passé/présent (façon Lost du pauvre), la série Jupiter's Legacy ne raconte donc rien. Pire : elle transforme les choses de manière discutable. Le comics JL établissait en quelques pages à peine le postulat du voyage vers l'île, et de ce groupe soudé autour d'un Sampson charismatique et idéaliste, dont la vision utopique pour son pays inspirait ses compagnons de voyage ; ici, ces quelques pages sont étalées sur toute la saison, délayées, occupant l'intégralité des scènes dans le passé, et Sampson devient un homme brisé par le suicide de son père, hanté par le fantôme moqueur et sanglant de celui-ci, et dont les proches passent leur temps à vouloir rebrousser chemin, ayant presque pitié d'un Sampson en pleine dépression et parlant dans le vide.

Dans le comics, Brandon, le fils d'Utopien, était (comme sa sœur) un fêtard déglingué dont un sauvetage sous l'emprise de l'alcool tournait mal ; ici, interprété par Andrew Horton, il devient un fils sage et obéissant, mais frustré par les standards imposés par son père, et qui finit par tuer un méchant pour sauver ce dernier.

Il y a aussi toute cette sous-intrigue sur le clone de Blackstar (cousue de fil blanc, tant l'écriture manque de subtilité et téléphone bien à l'avance le responsable), et plein d'autres petits changements inutiles (Raikou, sacrifiée, et qui a droit à une introduction façon "hey, refaisons l'intro de Ronin dans Avengers Endgame, mais en plus sanglant et en plus moche"), qui ont tendance à simplifier le récit, à le rendre plus manichéen et plus facilement abordable par le spectateur lambda, à grands renforts de personnages énonçant clairement les thèmes du programme et leurs positions respectives.

Une écriture particulièrement maladroite, par moments bancale (doit-on voir là la conséquence du départ de DeKnight, en cours de production, remplacé par Sang Kyu Kim, après que le showrunner ait écrit le pilote, le final, et réalisé les deux premiers épisodes ?), qui impose au programme un rythme mécanique, bourre le récit de digressions inutiles, de concessions creuses (la diversité un peu artificielle, qui semble n'être là que pour remplir un quota, et peine à trouver quelque chose à dire et à faire aux acteurs concernés) et finit par produire quelque chose de plus faible et de plus creux encore que la version papier.

Parce qu'en plus, pour ne rien arranger, le niveau global de la production est très faible, digne d'une mauvaise série CW (voire pire sur certains points) : postiches et maquillages particulièrement voyants et fauchés, costumes peu convaincants, effets spéciaux approximatifs, réalisation et photographies plates, ternes et artificielles, action générique, tout ça ne fonctionne jamais vraiment, et alors qu'une production de qualité aurait pu tirer vers le haut l'écriture assez insipide, ici, c'est le contraire qui se produit : le programme ne parvient donc jamais à remonter la tête hors de l'eau.

Ce n'est pourtant pas la faute de la distribution (Duhamel en tête - mais ça fait tout autant plaisir de voir certains visages familiers parmi les seconds rôles, comme Anna Akana ou Gracie Dzienny), qui se donne complètement à la série et remplit sa part du contrat. Mais entre les choix créatifs improbables, le rythme mollasson, l'écriture didactique, les thèmes éventés et le rendu visuel vraiment faiblard et sans style (il ne suffit pas de changer de format d'image entre le passé et le présent pour que cela donne du caractère à l'image), ce Jupiter's Legacy est un ratage.

Un ratage qui parvient à prendre les idées, les personnages et les thématiques du comic-book, pour les entraîner dans une direction encore moins intéressante que celle adoptée par l'œuvre originelle, déjà pas exceptionnelle : c'est en soi, un bel exploit, qui, plutôt que de réellement mettre en place des éléments essentiels au conflit à venir, finit par quasiment délaisser la nouvelle génération de supers, de toute façon écrits de manière particulièrement antipathique.

Le plus inquiétant, dans tout ça, étant que Millar était très impliqué dans cette adaptation, et a donné son aval au produit fini...

(cela dit, comme toutes les séries Netflix et toutes les séries de genre, cette production trouvera certainement un public, prêt à jurer aux grands dieux que c'est la meilleure série du monde et qu'elle a été totalement mécomprise...)

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Un film, un jour (ou presque) #1449 : New York Taxi (2004)

Publié le 28 Mai 2021 par Lurdo dans Action, Cinéma, Comédie, Critiques éclair, Policier, Review, USA

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

New York Taxi (Taxi - 2004) :

Livreuse à vélo dans les rues de New-York, Belle (Queen Latifah) n'a qu'un rêve : participer à des courses automobiles, et vivre de sa passion pour la mécanique automobile. Andy Washburn (Jimmy Fallon), lui, est un flic maladroit et pas très doué qui, après avoir fait capoter une enquête, se retrouve sur le banc de touche. Mais lorsqu'un gang de criminelles en BMW commettent des cambriolages en ville, Washburn les prend en chasse dans le taxi flambant neuf (et tuné) de Belle...

Aujourd'hui, expérience scientifique : je suis certain d'avoir déjà vu ce fameux (pas pour les bonnes raisons) remake du Taxi français par Tim Story, qui réinvente le film original en le transposant à New York, en en faisant une comédie aux sensibilités afro-américaines, et en remplaçant Frédéric Diefentahl par Jimmy Fallon... mais je n'en garde absolument aucun souvenir.

Je vais donc tenter le revisionnage, pour voir si le même effet se produit au terme de ce dernier : vais-je, comme une victime des Men in Black, tout oublier du film à peine celui-ci terminé ?

La réponse, sans surprise, est un bon gros oui retentissant, et ce dès le générique d'ouverture, qui remplace un Sami Naceri en scooter dans les rues de Marseille, sur fond de Mirsilou, par Queen Latifah en cycliste acrobate qui fait des cascades à NYC sur fond de Beyoncé mollasson.

Et il en va de même pour tous les éléments du Taxi original : même sans porter particulièrement la franchise originale dans mon cœur, ici, tout est remplacé par du mou, de l'insipide, de l'approximatif et du jamais crédible.

Musique cool façon pub Nespresso (à nouveau), Fallon qui en fait trois tonnes, voiture quelconque à la transformation tout-numérique assez cheap, poursuites plates, scènes d'intérieur avec rétroprojection mal détourée des passagers sur fond vert, remplacement du chef de la police gueulard par Jennifer Esposito en ex-petite amie du personnage de Fallon, remplacement du personnage de Marion Cotillard par Henry Simmons (d'Agents of SHIELD), himbo insipide et inexpressif...

C'est bien simple, rien de fonctionne dans ce remake, et pourtant, ce n'est pas comme si l'original partait de très haut. Mais non, c'est l'encéphalogramme plat du début à la fin.

D'un autre côté, je ne peux pas dire que je sois surpris...

1/6

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Un film, un jour (ou presque) #1448 : The Paper Tigers (2021)

Publié le 27 Mai 2021 par Lurdo dans Action, Cinéma, Comédie, Critiques éclair, Drame, Review, USA

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

The Paper Tigers (2021) :

À Seattle, trois anciens prodiges du kung-fu, Danny (Alain Uy), Hing (Ron Yuan) et Jim (Mykel Shannon Jenkins), ont fini par délaisser les enseignements de leur maître (Roger Yuan), et par devenir des adultes à la dérive : le premier est père divorcé, le second a pris beaucoup de poids, et le troisième a tout oublié de la tradition asiatique, pour passer aux MMA. Mais lorsque leur maître décède mystérieusement, le trio se reforme et tente de découvrir l'identité du responsable (Ken Quitugua) - le seul autre disciple de leur maître décédé.

Un film indépendant partiellement financé de manière participative, et qui s'avère une très bonne surprise, une action comedy qui n'est pas sans rappeler les films de Stephen Chow (en moins cartoony néanmoins), et surtout, qui sait très bien doser la comédie, l'action, et le mysticisme/la philosophie du kung-fu : les artistes martiaux sont bien mis en valeur, les affrontements plutôt bien chorégraphiés, tout le monde joue juste, Matthew Page est excellent en ancien rival amer et bodybuildé, et dans l'ensemble le métrage fonctionne plutôt bien, du début à la fin.

Tout au plus, et même si l'on ne s'ennuie pas, je reprocherais au film sa durée un peu inutile (on pourrait enlever facilement 5-10 minutes sans rien perdre), et une toute fin un peu abrupte (ah, et Jenkins est un bon niveau en dessous des deux autres compères, même si c'est le personnage qui veut un peu ça).

Mais rien de bien méchant pour ce qui est, à nouveau, une très bonne surprise, probablement plus aboutie que bon nombre de comédies d'action qui ont droit à des sorties en salles, et qui mettent en vedette des acteurs plus connus.

4.5/6

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Un film, un jour (ou presque) #1447 : Ce Week-end là... (2014)

Publié le 26 Mai 2021 par Lurdo dans Cinéma, Comédie, Critiques éclair, Drame, Review, UK, Écosse, Jeunesse

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Ce Week-end là... (What We Did on Our Holiday - 2014) :

En pleine séparation, Doug McLeod (David Tennant) et son épouse Abi (Rosamund Pike) décident de faire semblant d'être un couple uni à l'occasion du 75è anniversaire de Gordie (Billy Connolly), le grand-père malade de Doug. Avec leurs trois enfants, Lottie (Emilia Jones), Mickey (Bobby Smalldridge), et Jess (Harriet Turnbull), ils partent ainsi pour les Highlands écossais, dans le manoir de la famille, où Gavin (Ben Miller), le frère investisseur de Doug, a organisé une fête spectaculaire pour l'occasion...

Une comédie dramatique familiale anglo-écossaise franchement sympathique, qui reprend les grandes lignes de Rocket Gibraltar (1988), avec Burt Lancaster, et s'inspire de la série Outnumbered (des mêmes scénaristes/réalisateurs) pour produire un récit mêlant les émotions et les ruptures de ton, comme les Anglais savent si bien le faire.

Porté par une distribution très attachante (Tennant s'amuse avec son accent naturel, Ben Miller fait son numéro habituel, Billy Connolly dégage une chaleur et un flegme remarquables), le film brille dans ses rapports entre le grand-père et ses trois petits-enfants, tout simplement adorables et particulièrement justes.

Ce sont eux qui donnent un intérêt tout particulier à cette histoire, avec une touche d'innocence et de poésie plutôt touchante. Ajoutez à cela des paysages écossais splendides, une musique à l'identique, et une bonne dose d'absurdité très british, et voilà, une petite comédie très agréable à suivre.

4.25/6 (on aurait peut-être aimé que les adultes aient un peu plus à faire)

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Un film, un jour (ou presque) #1446 : Blithe Spirit (2021)

Publié le 25 Mai 2021 par Lurdo dans Cinéma, Comédie, Critiques éclair, Fantastique, Review, Romance, UK

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Blithe Spirit (2021) :

En panne d'inspiration, Charles Condomine (Dan Stevens) décide de tenir une séance de voyance avec Madame Arcati (Judi Dench), afin de s'en inspirer pour sa nouvelle œuvre. Mais contre toute attente, cette séance provoque l'apparition du fantôme d'Elvira (Leslie Mann), la femme décédée de Charles, et sa source d'inspiration principale. Seul souci : Charles est remarié depuis cinq ans avec Ruth (Isla Fisher), et Elvira est jalouse de cette relation...

Une jolie déception que cette nouvelle adaptation de la pièce de théâtre de 1941, signée Noël Coward, après un premier long-métrage en 1945 (L'Esprit s'amuse), supervisé par l'auteur lui-même et réalisé par David Lean.

Ici, le problème principal, c'est que sur cette trame de vaudeville, le film peine à greffer la moindre énergie ou le moindre dynamisme.

Ce remake aurait pu fonctionner avec une écriture plus pétillante et un rythme plus soutenu : un constat que seul Dan Stevens semble avoir effectué, puisque, plus électrique et survolté, il semble jouer dans un tout autre métrage que les autres acteurs.

Malheureusement, donc, tout le reste du film reste en mode mineur, souffrant d'un cruel manque de fantaisie ou de punch, et victime d'une écriture assez plate et quelconque (le changement de la fin du récit original, notamment, n'apporte pas grand chose).

Ça ne fonctionne pas, et c'est bien dommage, car le style de l'époque sied particulièrement bien à tout le monde, Isla Fisher en tête.

2.25/6

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Un film, un jour (ou presque) #1445 : Geostorm (2017)

Publié le 24 Mai 2021 par Lurdo dans Action, Cinéma, Critiques éclair, Review, Science-Fiction, Thriller, USA

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Geostorm (2017) :

Conçu pour protéger la Terre d'un désastre climatique, le réseau de satellites Dutch Boy, piloté depuis la Station spatiale internationale, a été créé par Jake Lawson (Gerard Butler), un scientifique rebelle et tête brûlée. Désormais écarté du projet, Jake est recruté par son frère Max (Jim Sturgess), un bureaucrate de Washington, pour retourner dans l'espace et enquêter sur une mort mystérieuse, ainsi que sur des incidents climatiques internationaux difficilement explicables : les prémices d'une catastrophe planétaire imminente, et la preuve d'une conspiration incroyable...

La semaine dernière, sur un coup de tête, j'avais regardé Greenland, un film catastrophe avec Gerard Butler, qui singeait très fortement les films catastrophes de Roland Emmerich, pour un résultat très peu convaincant. Donc très logiquement, parce que je suis un peu masochiste, cette semaine, je regarde Geostorm, un film catastrophe avec Gerard Butler, qui singe très fortement les films catastrophes de Roland Emmerich - et pour cause, il est écrit et réalisé (c'est son premier film) par Dean Devlin, l'autre moitié du duo Devlin/Emmerich (Stargate, Independance Day, Universal Soldier). Et c'est un bon gros navet.

Pour ce Geostorm, Devlin reprend donc tous les clichés possibles et imaginables des films catastrophe de son compère (le chien à sauver, la fillette, la relation familiale compliquée, les traîtres, les catastrophes naturelles improbables, la science très approximative, le compte à rebours, les effets spéciaux très inégaux, blablablabla) et les tire vers le bas avec une écriture des plus laborieuses, combinée à un montage et à une réalisation assez médiocres.

C'est bien simple : on n'y croit jamais. Déjà, parce le rythme (et le montage, donc) des scènes leur donne un côté affreusement artificiel, avec des dialogues qui sonnent faux (tous les dialogues de la fillette semblent surécrits, mais aussi les moments d'exposition et de techno-blabla, durant lesquels on perçoit le vide abyssal dans le regard d'un Butler qui n'y comprend rien) et des réactions excessives (Jim Sturgess interprète son personnage constamment au bord des larmes, comme s'il était dans un film à Oscar ; à l'opposé, Abbie Cornish sous-joue toutes ses scènes), mais aussi et surtout parce que le tout est un grand n'importe quoi même pas fun, qui échoue à concilier son postulat de film catastrophe spectaculaire avec son intrigue de conspiration politique cousue de fil blanc (spoiler : le traître gouvernemental est exactement celui auquel tout le monde s'attend, à savoir l'acteur spécialisé dans les rôles de méchants).

Geostorm, c'est con, c'est creux, c'est bancal, ça prend l'eau de partout, et comble des combles, ce n'est jamais vraiment divertissant tant tout y est approximatif.

1.25/6 (dont 0.25 pour Zazie Beetz, qui est la seule à avoir l'air de s'amuser un peu)

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Les bilans de Lurdo : Girls5eva, saison 1 (2021)

Publié le 23 Mai 2021 par Lurdo dans Comédie, Critiques éclair, Les bilans de Lurdo, Musique, Review, Sitcom, Télévision, USA, NBC

Nouvelle sitcom NBC/Peacock en 8 épisodes de 25-30 minutes, Girls5eva est la seconde production de Tina Fey pour la plate-forme de VOD, et comme pour Sauvés par le Gong, on retrouve une certaine recette assez familière : un ton déconneur, légèrement méta, et une équipe créative tout droit sortie du Saturday Night Live et des œuvres préalables de Tina Fey...

Girls5eva, saison 1 (2021) :

Lorsqu'un rappeur sample l'un de leurs titres et les remet sur le devant de la scène, les Girls5eva, un girl group passé de mode depuis les années 2000 tente de se reformer, et de retrouver le succès. Mais entre Dawn (Sara Bareilles), à la vie de famille bien rangée, Summer (Busy Philipps), délaissée par son époux présentateur toujours absent, Gloria (Paula Pell), qui a fait son coming-out et a bien changé, et l'égocentrique Wickie (Renée Elise Goldsberry), dont l'apparente réussite internationale n'est que poudre aux yeux, le groupe a bien du mal à retrouver l'énergie d'antan, désormais confronté à une époque aux valeurs bien différentes.

Girls5eva est en effet la création de Meredith Scardino, ex-auteure pour Colbert et au SNL, et scénariste sur Kimmy Schmidt (notamment l'épisode interactif de Netflix), qui s'est entourée pour l'occasion de multiples auteurs d'émissions de late night, principalement des femmes, mais aussi le mari d'Ellie Kemper, qui a travaillé pour Conan O'Brien pendant des années.

Au programme, une comédie semi-musicale, satire de l'industrie de la musique et des girl bands sur le retour, qui, après visionnage, semble parfaitement calibrée pour la VOD et le streaming, puisque pas vraiment assez percutante ou drôle pour trouver le succès en diffusion classique sur un network.

Pourtant, à en croire les critiques américains, Girls5eva est un classique instantané, une réussite totale, hilarante de bout en bout : il faut croire que la nostalgie 90s commence à se faire de plus en plus présente chez eux, car pour ma part, je suis resté un peu sur ma faim.

La série avait pourtant de quoi me plaire, marchant droit dans les traces de Kimmy Schmidt et 30 Rock, tant au niveau de son ton que de son illustration musicale (y compris le générique, qui se termine d'une manière très similaire à celui de KS), ou encore de ses personnages : Wickie (voire même Summer) renvoie directement aux personnages habituellement interprétés par Jane Krakoswki et Tituss Burgess (au point d'en être totalement prévisible), on retrouve des caméos des habitués des séries de Tina Fey (Jimmy Fallon, Stephen Colbert, Tina Fey elle-même), et le tout est dynamique et rythmé.

Mais bizarrement, à mi-parcours, j'ai eu l'étrange sensation de commencer à m'ennuyer, et de connaître un peu trop les grosses ficelles du tout. Il faut dire que le programme adhère fidèlement au schéma Still Crazy du concept "reformons le groupe" (et que la parodie des boy bands/girl bands a déjà été vue, notamment dans Josie et les Pussycats ou encore 2gether, écrit par les cousins de James Gunn), et qu'il évolue, progressivement, vers quelque chose de plus sincère que drôle (les derniers épisodes, notamment, ont tendance à être cousus de fil blanc).

Certes, le côté satire de l'industrie musicale des 90s fonctionne plutôt bien (mention spéciale aux vidéos "d'époque" qui émaillent la série), et les actrices ont une bonne alchimie, en plus d'être très compétentes... mais il arrive un moment où les archétypes basiques du groupe deviennent plus encombrants qu'autre chose (la straight woman et ses problèmes de couple, la pseudo-superstar arrogante, la bimbo blonde stupide et riche - d'ailleurs assez surjouée par Busy Philipps -, la lesbienne quasi-butch), et où certains gags ne fonctionnent plus aussi bien que les scénaristes le pensent (l'hologramme, ou encore Andrew Rannells, dont le personnage in the closet évoque bizarrement immédiatement celui que l'acteur tient dans Black Monday).

À l'identique, on sent que les scénaristes veulent parfois emmener le programme dans des directions qui se marient mal avec le postulat de base, ou du moins, qui sont un peu en conflit avec ce dernier et l'affaiblissent : tout ce qui concerne Dawn, son mari et leur fils, l'installation forcée de Wickie chez eux, la tween influenceuse de Summer, ce sont des grosses ficelles qui évoquent fréquemment des passages, des gags ou des personnages des autres séries de Tina Fey.

Bref : Girls5eva se regarde assez facilement, avec ses 8 épisodes à peine, mais je mentirais en disant que j'ai totalement adhéré à la proposition nostalgique du tout. Il faut dire que je n'ai pas vraiment d'attachement particulier à cette période ou à ce genre musical, et que, malheureusement, l'écriture de la série est un peu trop familière pour être totalement percutante et efficace.

Ça reste amusant à suivre, et l'on peut saluer l'investissement et le talent des musicien(ne)s impliqué(e)s (même si les chansons du groupe ne sont pas toujours aussi drôles qu'elles pensent l'être), mais pour être totalement franc, le programme ne me laissera pas forcément un souvenir impérissable.

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Les bilans de Lurdo : Ted Lasso, saison 1 (2020)

Publié le 22 Mai 2021 par Lurdo dans Comédie, Critiques éclair, Les bilans de Lurdo, Review, Romance, Sport, Télévision, USA, Drame, Apple

Sitcom Apple Tv+ signée Bill Lawrence (Scrubs, Cougar Town) en 10 épisodes de 25 minutes, Ted Lasso s'inspire directement (quitte à en reprendre texto des passages dans son pilote) de segments publicitaires de quelques minutes, commandés par NBC pour annoncer l'arrivée du football anglais sur la chaîne. Au programme de la série, les mésaventures de Ted Lasso, coach américain engagé pour s'occuper d'une équipe de foot miteuse du Championnat d'Angleterre...

Ted Lasso, saison 1 (2020) :

Coach universitaire de football américain, Ted Lasso (Jason Sudeikis) accepte, pour oublier un temps ses problèmes de couple, de devenir entraîneur de l'équipe de football de l'AFC Richmond, un obscur club anglais à la traîne. Mais il ignore que Rebecca Welton (Hannah Waddingham), la nouvelle propriétaire du club, dont elle a hérité lors de son divorce, ne l'a engagé que pour couler le club, et se venger ainsi de son ex-mari infidèle (Anthony Head)...

Une série louée par beaucoup de critiques comme la révélation de la saison, et une fois ces dix épisodes visionnés, il est facile de voir pourquoi, en pleine pandémie, ce programme résolument optimiste et gentil a su trouver un public.

En effet, il ne faut pas chercher l'hilarité et les gags effrénés dans ce Ted Lasso, mais plutôt une atmosphère globalement bon enfant, dans laquelle baigne cette histoire de poisson hors de l'eau légère et agréable à suivre.

Il faut dire que Bill Lawrence, à la production et à la co-écriture du pilote, n'a plus à faire ses preuves dans le genre, et ici, en mode dramédie au format court, il laisse ses acteurs confirmés incarner leurs personnages, sans jamais forcer la comédie.

On retrouve çà ou là certaines dynamiques typiques de Lawrence - les deux meilleurs potes inséparables et fusionnels, le personnage taciturne et impassible, la patronne manipulatrice et son souffre-douleur effacé, les personnages féminins qui se soutiennent malgré leurs différences, une petite touche d'émotion, des seconds rôles mémorables -, et le tout, s'il ne révolutionne rien, s'avère très sympathique à suivre, porté par l'optimisme indéboulonnable et l'absence totale de méchanceté ou de rancune de Lasso.

Les personnages secondaires, cela dit, ne sont pas à négliger, et tout le monde s'acquitte très bien de son rôle : mention spéciale à Nathan (Nick Mohammed), l'assistant effacé qui connaît un parcours intéressant, ou encore à Keeley (Juno Temple), dont le pseudo-triangle amoureux entre deux joueurs - Rory (Brett Goldstein), le vétéran en fin de carrière, et Jamie (Phil Dunster), la superstar montante - s'efface progressivement devant un développement sincère des deux hommes, qui finissent ainsi la saison à une bien meilleure place qu'au début.

Trois saisons de la série sont déjà prévues, avec une conclusion programmée au terme de la saison 3 : je serai au rendez-vous, tout en sachant à l'avance que la série ne s'inscrira pas forcément au panthéon des séries comiques incontournables.

Mais en cette période anxiogène, Ted Lasso reste une bouffé d'oxygène plutôt agréable, et qui fait du bien.

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Un film, un jour (ou presque) #1444 : Bad Trip (2021)

Publié le 21 Mai 2021 par Lurdo dans Cinéma, Comédie, Critiques éclair, Aventure, Netflix, Review, USA

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Bad Trip (2021) :

Afin de pouvoir déclarer sa flamme à Maria (Michaela Conlin), qu'il aime en secret depuis le lycée, Chris (Eric André) et Bud (Lil Rel Howery) traversent la Côte Est des USA de la Floride à New York, au volant d'une voiture "empruntée" à Trina (Tiffany Haddish), la sœur criminelle de Bud, qui est sur leurs traces...

Un film caméra caché, dans la droite lignée des films de Sacha Baron Cohen (intervenu comme consultant durant la production) ou de Bad Grandpa de Jeff Tremaine (qui produit le film), et qui se présente donc comme une sorte de Borat dépourvu de propos politique ou social, c'est à dire une succession de caméras cachées liées par un fil narratif ténu prenant parfois la forme de sketches.

La bonne nouvelle, pour ceux qui comme moi ont énormément de mal avec ce genre, c'est qu'ici, les victimes de ces caméras cachées ne sont jamais tournées en ridicule. Contrairement aux films ou aux émissions qui voient trop souvent les gens piégés être humiliés ou subir des "gags" destructeurs, ici, ça reste bon enfant, et Eric André (qui est déjà bien rodé dans le genre) et ses compères ont le bon goût de toujours se placer en victimes de leurs canulars. Et les gens piégés ont (généralement) des réactions bon enfant et patientes, ce qui fait plaisir.

Alors après, ça reste de l'humour cringe, souvent pas très crédible (il faut dire qu'André en fait trois tonnes, et qu'il y a plein de trucs très approximatifs, comme le gorille, le vomi, etc), pas toujours très finaud (le gorille, à nouveau, le piège chinois, etc), avec un fil narratif un peu trop faible pour rester passionnant sur 85 minutes, mais bon, ça se regarde.

3.25/6

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Un film, un jour (ou presque) #1443 : Les Mitchell contre les machines (2021)

Publié le 20 Mai 2021 par Lurdo dans Action, Animation, Aventure, Cinéma, Comédie, Critiques éclair, Jeunesse, Netflix, Review, Science-Fiction, USA, Science Fiction

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Les Mitchell contre les machines (The Mitchells vs the Machines - 2021) :

Lorsque l'intelligence artificielle d'une grande marque de téléphone décide de se rebeller et de dominer la planète, seule une famille parvient à échapper à ses hordes robotiques : les Mitchell. Katie (Abbi Jacobson), passionnée de films et de réalisation, doit désormais apprendre à composer avec son père Rick (Danny McBride), qui ne la comprend pas, sous le regard de Linda (Maya Rudolph), sa mère optimiste, d'Aaron (Mike Rianda), son petit-frère passionné de dinosaures, et de Monchi, leur pug idiot... tout ceci, s'ils veulent parvenir à sauver l'humanité avant qu'il ne soit trop tard.

Je suis assez mitigé sur ce film d'animation Netflix produit par Lord et Miller (Spider-man : New Generation), un métrage qui, sur la base de ces producteurs et de la réputation qui les entoure, a été particulièrement bien accueilli par la critique américaine.

D'un côté, je comprends cet enthousiasme : le film est ludique, inventif (visuellement, on a de l'animation 2D crayonnée qui se superpose à la 3D pour lui rajouter des gags méta), part dans des directions inattendues dans son dernier tiers, il tente vraiment de parler à une génération ayant grandi avec YouTube, et il y a une vraie énergie qui, si elle ne parvient pas à durer tout le film, permet au tout d'être très divertissant en s'approchant de sa conclusion.

Et de l'autre... le fond est quand même hyper classique. Les 25 minutes de mise en place, la relation père/fille, la structure globale du récit, les tenants et aboutissants émotionnels et thématiques de l'intrigue, etc, c'est du vu et revu, qui s'ajoute à un doublage américain un peu inégal (beaucoup - trop - de membres du SNL) au mixage parfois bizarre, et, occasionnellement, à des moments inutilement frénétiques et surchargés visuellement (un peu comme dans le Into the Spider-verse de Lord et Miller, tiens).

Dans l'ensemble, je mentirais en disant que je me suis ennuyé, ou que le film ne m'a pas plu : c'est clairement le haut du panier de ce que Netflix peut proposer dans le genre (sans surprise, puisque The Michells vs... était initialement prévu au cinéma avant la COVID, et que Netflix s'est contenté d'en récupérer les droits), et c'est très bien produit... mais ça ne m'a pas non plus particulièrement emporté.

Mitigé positif, donc.

3.75/6

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Un film, un jour (ou presque) #1442 : Greenland - Le dernier refuge (2020)

Publié le 19 Mai 2021 par Lurdo dans Action, Thriller, Science-Fiction, Cinéma, Review, Amazon, Critiques éclair, USA, Drame

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Greenland - Le dernier refuge (2020) :

Lorsqu'une comète et ses débris menacent de s'écraser sur Terre, John Garrity (Gerard Butler) fait tout son possible pour mettre son fils diabétique (Roger Dale Floyd) et son épouse (Morena Baccarin) à l'abri tandis que la civilisation vire au chaos...

J'avoue que j'ai du mal à comprendre l'engouement critique et public ayant entouré, à sa sortie, ce film catastrophe tout ce qu'il y a de plus banal.

Peut-être est-ce l'effet pandémie, qui a trouvé un écho dans la conclusion pleine d'espoir du film (SPOILER - une fin forcément heureuse, qui voit les survivants de l'humanité sortir, dépenaillés et fatigués, après 9 mois de confinement dans un bunker, et qui retrouvent alors la liberté dans un monde ravagé, mais dans lequel la nature a su trouver un chemin)... mais honnêtement, ce Greenland n'est qu'un énième film à la Roland Emmerich, une sorte de version économique de 2012 saupoudrée du point de vue familial/à hauteur d'homme de la Guerre des Mondes de Spielberg.

Alors comme d'habitude, on a un couple dans la tourmente qui se ressoude dans un crise, un enfant malade dont les médicaments deviennent un problème, des citoyens lambda qui deviennent méchants, égocentriques et paniquent dès le début de la crise, des militaires implacables mais pas trop, et une catastrophe qui donne l'impression de toucher principalement l'Amérique (même si quelques scènes mentionnent d'autres pays), avec une comète qui se fracture en tellement de morceaux qu'on a l'impression qu'elle est de la taille de la Lune.

De toute façon, d'un point de vue scientifique, le film ne tient que vaguement la route (à nouveau, comme dans les films d'Emmerich), et le récit, s'il se regarde, traîne aussi en longueur (comme les films d'Emmerich), avec près de deux heures au compteur.

Bref, j'ai vraiment du mal à comprendre l'accueil positif qui a entouré ce métrage (3/4 de critiques positives sur Rottentomatoes, tout de même) : ce n'est pas mauvais en soi, c'est simplement extrêmement générique et basique.

2.75 ou 3/6, en étant indulgent.

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Un film, un jour (ou presque) #1441 : Kedi - Des chats et des hommes (2016)

Publié le 18 Mai 2021 par Lurdo dans Cinéma, Critiques éclair, Documentaire, Review, Turquie

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Kedi - Des chats et des hommes (2016) :

Un très joli documentaire animalier et sociétal, qui s'intéresse aux habitants d'Istanbul... les chats, et la relation très particulière, parfois quasi-philosophique, que les Turcs ont avec ces derniers.

Une relation fusionnelle, spirituelle et historique, qui voit les rues et les ports d'Istanbul pulluler de félins semi-domestiqués, qui entrent et sortent des habitations et des magasins comme bon leur semble, et qui peuvent compter sur leurs voisins humains pour s'occuper d'eux, les soigner et les nourrir.

Le métrage, assez contemplatif, s'intéresse ainsi à plusieurs chats et à leurs histoires respectives, à mesure que la caméra les rencontre, les suit et les apprivoise : de quoi satisfaire les amateurs d'animaux, qui auront à l'écran d'innombrables matous de toutes races et de toutes origines, agréablement filmés par la caméra de la réalisatrice.

Un portrait charmant d'une ville et de ses habitants, dont l'âme est indubitablement composée, en grande partie, d'ADN félin, et qui tente de se réinventer alors qu'elle se modernise et que la nature perd peu à peu sa place entre les immeubles et les quartiers flambants neufs.

5/6

(on pourra regretter, cependant, qu'Istanbul et ses habitants ne semblent pas forcément très portés sur la stérilisation des félins de la ville, mais peut-être que la réalisatrice a tout simplement fait le choix de laisser cet élément moins feel-good de côté)

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Un film, un jour (ou presque) #1440 : Max Cloud (2020)

Publié le 17 Mai 2021 par Lurdo dans Action, Aventure, Cinéma, Comédie, Critiques éclair, Fantastique, Review, Science-Fiction, UK

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Max Cloud (2020) :

Passionnés de jeux vidéos, Sarah (Isabelle Allen) et Cowboy (Franz Drameh) sont deux adolescents typiques du début des années 90, qui passent leur temps à jouer à Max Cloud, un beat'em all à la mode. Jusqu'à ce que Sarah soit aspirée dans le jeu, et se retrouve dans le corps de Jake (Elliot James Langridge), le cuisinier de bord du vaisseau de Max Cloud (Scott Adkins), actuellement écrasé sur une planète-prison. Bien vite, avec l'aide de Cowboy (aux manettes du jeu), Sarah/Jake va devoir aider l'équipage à survivre aux assauts des troupes de Revengor (John Hannah), non sans prendre conscience des nombreux défauts de Cloud, héros vantard, bourrin et superficiel...

Un film atypique dans la carrière de Scott Adkins, puisque tenant plus de la comédie parodique que du film d'action classique (même si Adkins se bat un peu dans une poignée de scènes) : ici, on est dans un simili-Jumanji à thématique années 80-90 (avec ce que ça comporte d'éclairages au néon, de musique synthétique, de chanson de Stan Bush, etc), vu au travers d'un prisme anglais, et donc ça ne se prend pas du tout au sérieux.

Cloud est une parodie d'action heroes mâtiné de Kirk, sa collègue Rexy (Sally Collett) est une jeune femme sarcastique qui ne le supporte pas, le maléfique Revengor s'appelle en fait Jeremy et passe son temps à faire du jazzercise pour s'occuper, la violence est débridée et très cartoony, et de manière globale, le film tout entier est à prendre au second degré, un second degré exacerbé par un certain côté fauché des intérieurs et des costumes, et par un cabotinage volontaire de tout le monde.

Max Cloud s'avère donc un moment agréable à passer, avec des running gags qui finissent par fonctionner à l'usure (le nom de la planète), et un propos intéressant en filigrane sur les clichés inhérents au monde très masculin du jeu vidéo.

4/6

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Les bilans de Lurdo : Sauvés par le Gong, saison 1 (2020)

Publié le 16 Mai 2021 par Lurdo dans Comédie, Critiques éclair, Jeunesse, Les bilans de Lurdo, Review, Sitcom, Télévision, USA, NBC

Revival de la sitcom Sauvés par le Gong du début des années 90, la mouture 2020, diffusée en 10 épisodes de 25-30 minutes sur la plateforme de streaming Peacock de NBC, se veut à la fois une suite de la série originale (les acteurs d'alors reprennent tous leurs rôles... ou presque : RIP Screech et pas de Mr Belding), et un (second) reboot, sur une nouvelle classe d'adolescents qui se croisent au lycée de Bayside.

Avec, comme bonus, une approche assez méta du genre, et une écriture qui se moque gentiment des défauts de la série d'origine, tout en exploitant ses figures imposées...

Sauvés par le Gong, saison 1 (Saved by the Bell, season 1 - 2020) :

Lorsque, sur les ordres du Gouverneur Zack Morris (Mark-Paul Gosselaar), tous les lycées défavorisés de Californie perdent leurs subventions, les élèves de ces derniers sont intégrés dans les lycées plus aisés de l'État. Daisy (Haskiri Velazquez), ambitieuse et studieuse, Aisha (Alycia Pascual-Peña), sa meilleure amie athlète, et Devante (Dexter Darden), discret et silencieux, arrivent ainsi à Bayside High, où ils sont confiés à certains des élèves de l'établissement, Mac (Mitchell Hoog), le fils magouilleur du Gouverneur, Lexi (Josie Totah), cheerleader transgenre, et Jamie (Belmont Cameli), sportif idiot fils de Jessie Spano (Elizabeth Berkley), la conseillère de l'établissement. Entre ces deux classes sociales, la cohabitation est rude...

Aux commandes de cette cuvée 2020 de Saved by the Bell, Tracey Wigfield, ex-scénariste de 30 Rock et showrunneuse de la sitcom Great News (produite par Tina Fey), une sitcom décalée, mais très marquée de l'empreinte et du ton de sa productrice, et notamment d'un certain second degré goguenard et mordant.

Guère surprenant de constater, donc, que Wigfield applique cette même formule à ce reboot/sequel de SBTB, un show qui se veut une approche contemporaine de la série des 80s/90s.

Dans les faits, cela se traduit par un programme qui a un peu le postérieur entre plusieurs chaises : contrairement à un La Fête à la Maison, 20 ans après, qui reprenait exactement le schéma et les codes de la série originale (pour le meilleur et pour le pire), ce SBTB 2020 tente d'être à la fois une série adolescente sincère et premier degré, un hommage à la série d'origine et une critique corrosive de celle-ci.

Le programme tente ainsi d'impliquer le spectateur dans les relations sentimentales, les états d'âme (notamment les daddy issues de Mac Morris), et le destin des personnages (lorsque tous les étudiants "défavorisés" apprennent qu'ils vont peut-être retourner dans leur vieux lycée rénové, et que les deux derniers épisodes de la saison reposent sur ce suspense assez plat), de multiplier les clins d'œil au SBTB 80s (l’antépénultième épisode de la saison est notamment centré sur les retrouvailles du quatuor d'origine, avec caméo en visioconférence de Lisa Turtle, et incrustation du proviseur actuel, joué par John Michael Higgins, dans des images des épisodes d'alors), et de souligner au marqueur fluo les défauts des années 90 et de Sauvés par le Gong.

Autrement dit, tel un programme typiquement de son époque, SBTB 2020 assume une posture woke, qui dénonce l'irréalisme social du Bayside privilégié des 90s et le caractère antipathique de Zach Morris (aujourd'hui devenu gouverneur de Californie, pourri et incompétent), qui présente tous les personnages de la série d'origine comme idiots, égocentriques et incapables, qui confronte la fantaisie de Bayside à la réalité des établissements d'éducation prioritaire bourrés de Latinos et d'Afro-américains défavorisés, et qui explique par l'humour que la réalité de 1989 n'est plus celle de 2020.

Soit. Le souci, c'est un peu que la série tente d'avoir le beurre et l'argent du beurre, en critiquant tous les éléments susmentionnés, en dénonçant le racisme systématique et en faisant preuve de wokeness... tout en se moquant un peu par la même occasion de tout ce côté "justice sociale" immature, avec une certaine distanciation ironique.

Mais à la limite, tout cela n'est pas bien méchant : oui, ce côté "ah ah, les années 90, c'était quand même grave, mais bon, aujourd'hui, les jeunes ne sont pas forcément mieux" semble parfois un peu forcé, comme une dimension métadiscursive que l'on aurait décidé d'amener au forceps... mais ça reste bien souvent de l'ordre du fanservice gentillet, comme par exemple tous les clins d'œil récurrents aux rapports tendus de Jessie Spano vis à vis de la caféine.

Plus gênant, le vrai manque de présence du jeune cast, et une interprétation assez inégale : Daisy et sa copine Aisha ne font pas grande impression, tout comme Jamie, le sportif teubé ; Mac Morris, le fils de Zack, n'existe que parce qu'il est un clone de son père (même si j'avoue qu'il tient bien le personnage, et que son moment "cabine téléphonique" était amusant) ; se démarquent néanmoins un peu Lexi (une sorte de Nicole Richie transgenre, interprétée par un ancien de la sitcom Disney Jessie, et qui avec Mac finit par former un duo très Sharpei/Ryan de High School Musical) et Devante (au flegme et au stoïcisme imperturbables), mais même là, ce n'est pas forcément très mémorable.

Cette réinvention très moderne de Sauvés par le Gong a reçu un accueil critique et public enthousiaste, bien aidé par des attentes préalables sérieusement revues à la baisse (tout le monde s'attendait à un Fuller House 2.0, et en fait, on est plus près d'un Lolita malgré moi... à l'époque déjà écrit par Tina Fey !)... mais en ce qui me concerne, je dois dire que je reste assez mitigé devant le produit fini.

Et ce bilan un peu brouillon reflète plutôt bien l'impression que j'ai du programme : un reboot qui brouille un peu trop les cartes, en tentant tout et son contraire : hommage (le show reprend ainsi les gimmicks de la série de l'époque : le personnage principal qui arrête le temps et s'adresse au public, par exemple, ou encore les magouilles de Morris), critique sociale (tout le propos sur les inégalités, la diversité, le racisme, la guerre des classes, etc), parodie de Sauvés par le Gong (les personnages de la série originale ont tous perdu 50 points de QI, et il est difficile de croire que cette reprise calamiteuse du générique de la série ne soit pas intentionnellement mauvaise) et du genre de la sitcom adolescente dans son ensemble (les figurants de Terminale, qui sont tous joués par des quadras/quinquagénaires clairement trop vieux pour leur rôle), série adolescente sincère façon Hartley Cœur à vif (tirée vers le bas par de jeunes acteurs inégaux), programme moderne qui parle à la génération Netflix... on peut se demander quel est le public réellement visé par cette cuvée 2020.

Les quadragénaires nostalgiques qui avaient l'âge des personnages à l'époque de la diffusion ? Les trentenaires qui ont découvert la série lors des rediffusions, et conservent une certaine distance goguenarde vis à vis du programme, distance alimentée par les memes et références récurrentes du web à certains épisodes ? Les vingtenaires qui sont collés à Netflix, et qui seront probablement les seuls à qui parlera vraiment la parodie d'Euphoria de l'un des épisodes ? Les adolescents ultra-woke et connectés d'aujourd'hui (comme le dit Slater à Jessie, "la génération d'aujourd'hui est une génération de Jessie Spano, et leur obsession pour la justice sociale va probablement sauver le monde"), qui ne connaissent probablement pas la série d'origine autrement que comme un programme ringard qui alimente certains sites à listes du web ?

La réponse est probablement "tous ces publics à la fois", et c'est bien là que ça coince pour moi. Jamais suffisamment sincère pour fonctionner au premier degré (toute la dernière ligne droite est ainsi vraiment sentimentale et pas loin d'un Hartley Cœurs à vif), trop rarement suffisamment drôle ou inspiré pour être une satire efficace, le tout a, comme je l'ai mentionné plus haut, le postérieur entre plusieurs chaises, et, sans être désagréable à regarder, il me laisse dubitatif... en attendant un prochain recadrage inévitable en saison 2, qui a apparemment prévu de traiter frontalement du problème du coronavirus (aïe).

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Critiques éclair - Mythic Quest : Everlight (2021)

Publié le 15 Mai 2021 par Lurdo dans Comédie, Critiques éclair, Les bilans de Lurdo, Review, Romance, Sitcom, Télévision, USA, Apple

Après une première saison sympathique (mais anecdotique, un épisode bien précis mis à part), et un épisode spécial quarantaine qui a su jouer avec les limites imposées par la pandémie, retour de Mythic Quest, la comédie Apple TV+, pour un autre épisode spécial, une sorte de mise en bouche avant le lancement de la saison 2, diffusée de manière hebdomadaire depuis la semaine dernière, et qui sera chroniquée en ces pages courant juillet, au terme de sa diffusion.

Mythic Quest - Everlight (2021) :

Après un confinement interminable, l'équipe du MMO Mythic Quest revient enfin dans ses locaux, à l'occasion de leur fête annuelle Everlight ; comme chaque année, au programme, un tournoi de LARPing truqué par Ian, afin qu'un employé habituellement ignoré ait droit, enfin, à son jour de gloire...

Un épisode de retour au travail... ou presque, puisque tout est centré sur cette fête annuelle conçue pour redonner le moral aux employés, par le biais d'un tournoi de LARP assez improbable.

Et ça fonctionne plutôt pas mal, tout ça, à la fois pour remettre tout le monde dans le bain (y compris le spectateur) en préparant le terrain à la saison 2, mais aussi pour exprimer un message d'espoir au sortir de la crise de la COVID (même si bon, on est toujours en plein dedans).

Sans oublier ce virage final vers quelque chose de plus cinématographique et fantastique, avec un ultime duel tourné à grands renforts d'effets spéciaux et de musique épique.

Un bon retour en selle pour le programme, en espérant que la qualité soit au rendez-vous d'une saison 2 au tournage forcément impacté par la pandémie.

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Un film, un jour (ou presque) #1439 : Barb and Star go to Vista del Mar (2021)

Publié le 14 Mai 2021 par Lurdo dans Aventure, Cinéma, Comédie, Critiques éclair, Review, Romance, Science-Fiction, Thriller, USA, SNL, Musique

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Barb and Star go to Vista del Mar (2021) :

Renvoyées de leur emploi et exclues de leur groupe d'amies, Barb (Annie Mumulo) et Star (Kristen Wiig), deux amies inséparables, décident de quitter le Nebraska pour partir en vacances, à Vista Del Mar. Là, elles croisent le chemin du séduisant Edgar (Jamie Dorman), et se trouvent embarquées dans le plan maléfique de Sharon (Kristen Wiig), qui prévoit de se venger de la bourgade de Floride en lâchant sur celle-ci une nuée de moustiques tueurs génétiquement modifiés...

J'avoue que je ne m'attendais pas du tout à cela de la part de Kristen Wiig et Annie Mumulo, BFF IRL et co-scénaristes du Mes meilleures amies de Paul Feig, un film que je n'avais pas du tout apprécié à l'époque. D'autant plus que l'affiche et les quelques images que j'avais pu voir de ce Barb & Star laissaient présager quelque chose de centré sur un duo de personnages typés SNL, très caricaturaux et épuisants.

Ce qui n'est pas faux, en soi : Barb et Star ont tendance à être fatigantes, et les deux actrices les jouent comme si elles étaient dans un sketch du Saturday Night Live... mais bizarrement, l'ensemble fonctionne plutôt bien.

Pour une simple et bonne raison : loin d'être un film de type "des personnages excentriques et surjoués façon SNL évoluant dans un univers plus normal et calme", ici, c'est tout l'univers du film qui se met au diapason, et ce dès son introduction en mode James Bond 60s ou Austin Powers.

Tout de suite, on comprend que le film va être totalement décomplexé, et qu'au delà de son duo de tête, c'est tout son univers qui part totalement en vrille.

Passée l'intro, il reste pourtant quelques craintes, alors que Wiig et Mumulo font leur numéro SNL avec leurs copines, sur leur lieu de travail, etc, mais dès l'arrivée en Floride, tout s'enchaîne : outre le double rôle de Wiig en Star et en méchante albinos, le film se paie une séquence comédie musicale, puis une seconde (une ballade façon Lonely Island interprétée par un Jamie Dorman qui a probablement trouvé sa vocation avec ce rôle de himbo épris de la grande méchante), on a un crabe qui parle avec la voix de Morgan Freeman, Richard Cheese qui passe son temps à chanter des chansons graveleuses, des personnages secondaires déjantés, Reba McEntire en sirène, Andy Garcia en Tommy Bahama, Damon Wayans Jr en agent incapable, un petit asiatique dans un sous-marin aux bruitages débiles, un orchestre de souris, et bien d'autres choses improbables.

En somme, ce Barb & Star se trouve au carrefour d'un sketch du SNL, d'un film ZAZ et de quelque chose de sincère sur le besoin de se réinventer et sur la solitude... et contre toute attente, ça fonctionne. C'est coloré, c'est déglingué, c'est amusant, bref, c'est une bonne surprise.

4/6

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Un film, un jour (ou presque) #1438 : L'école de la magie (2020)

Publié le 13 Mai 2021 par Lurdo dans Aventure, Comédie, Critiques éclair, Disney, Fantastique, Jeunesse, Review, USA

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L'école de la magie (Upside-Down Magic - 2020) :

Jeune fille de 13 ans exubérante et volontaire, Nory (Izabela Rose) découvre qu'elle est capable de se transformer en animal ; sa meilleure amie, Reina (Siena Agudong), plus réservée, peut quand à elle manipuler les flammes. Rapidement, les deux adolescentes embarquent pour l'école de magie Sage, où elles sont cependant séparées en fonction de leurs dons : incapable de contrôler son pouvoir, Nory finit dans la classe des UDM (Elie Samouhi, Alison Fernandez, Max Torina), les ratés, dirigée par Skriff (Kyle Howard), le jardinier, qui a pour mission de s'assurer que rien n'arrive au groupe, et qu'ils n'apprennent pas à se servir de leurs pouvoirs. Car une ancienne menace surnaturelle plane sur l'école, et elle a pour habitude de s'en prendre aux UDM les moins doués...

Une D-com assez old-school (on pense à la série des Halloweentown, à Sky High ou aux Sorciers de Waverly Place) diffusée l'année dernière sur Disney Channel, et qui aurait très bien pu être intégrée dans l'Halloween Oktorrorfest 2020... si ce n'est que ce téléfilm est particulièrement lumineux, ensoleillé et (presque) printanier.

Pas grand chose de lugubre, de sinistre ou d'automnal dans cette adaptation de livres pour enfants, donc, mais un récit d'école magique gentillet, assez classique, et très inspiré par Harry Potter (la prof hostile, la division en "maisons", la menace ancienne autrefois vaincue, et qui ressurgit en secret, etc) et par Amandine Malabul (tout le reste).

Ce récit ne révolutionnera absolument rien : c'est globalement prévisible de bout en bout, les traits sont un assez forcés (la Principale, interprétée par Vicki Lewis de Newsradio, est assez caricaturale), et l'on se doute très vite que le petit groupe d'UDMs finira par sauver l'école avec leurs pouvoirs approximatifs, mais le tout est suffisamment enjoué et dynamique pour faire passer 90 minutes tranquilles et ludiques, avec des animaux chimériques amusants, des effets spéciaux honorables, de jeunes actrices qui s'investissent, et un Kyle Howard qui s'amuse bien en jardinier désabusé et chanteur.

On aperçoit même brièvement une divinité tentaculaire dans le vieux grimoire maléfique (d'ailleurs visuellement plutôt réussi, avec ses pages noires aux inscriptions quasi-invisibles, sauf lorsque la lumière se reflète dessus), alors que demande le peuple !?

Un petit 3.75/6 (pas plus, parce que l'héroïne est, par moments, un peu agaçante dans son absence de demi-mesure)

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Un film, un jour (ou presque) #1437 : Sun Dogs (2017)

Publié le 12 Mai 2021 par Lurdo dans Cinéma, Comédie, Critiques éclair, Drame, Review, Romance, USA

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Sun Dogs (2017) :

Depuis le 11 septembre 2001, Ned Chipley (Michael Angarano) n'a qu'un souhait : intégrer l'armée américaine et se battre pour son pays contre les terroristes. Mais son handicap mental l'oblige à vivre chez ses parents Rose (Allison Janney) et Bob Garrity (Ed O'Neill), et les recruteurs de l'armée le rejettent depuis plusieurs années... jusqu'au jour où, pour le calmer, le Sergent Jenkins (Xzibit) invente pour lui une unité secrète, les Sun Dogs, qui gardent supposément un œil sur les terroristes islamistes infiltrés aux USA. Aussitôt, Ned exige d'en faire partie, et commence à surveiller tous ceux qui l'entourent, avec l'aide de Tally (Melissa Benoist), une arnaqueuse paumée persuadée qu'il est un véritable soldat...

Premier long-métrage réalisé par Jennifer Morrison (qui y tient par ailleurs le petit rôle d'une réceptionniste d'un bureau de l'armée), cette comédie dramatique douce-amère parvient à conserver un ton bienveillant envers ses personnages, alors qu'il aurait été très facile de sombrer dans la comédie un peu moqueuse, surtout envers Ned et ses obsessions de vigilantisme forcené, qui se persuade que son patron musulman est un dangereux terroriste.

Ici, cependant, tout est en douceur, en nuance et en mesure, notamment ce qui concerne les problèmes des parents de Ned, et tout le propos sur le suicide et l'estime de soi, qui arrive par le biais du personnage de Melissa Benoist : plutôt bien joué de la part de JenMo, qui en prime parvient à diriger de manière très juste des acteurs efficaces, qui n'ont plus à faire leurs preuves.

Imparfait (toute la fin est un peu laborieuse, au niveau du rythme, et la transformation de Ned en Deer Hunter n'est pas vraiment réussie), mais assez attachant, je dois dire, pour ce que c'est.

3.75/6 (en plus, Xzibit est méconnaissable et plutôt bon)

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Un film, un jour (ou presque) #1436 : Cranston Academy - Monster School (2020)

Publié le 11 Mai 2021 par Lurdo dans Action, Animation, Aventure, Cinéma, Comédie, Critiques éclair, Fantastique, Jeunesse, Review, Science-Fiction, Mexique

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Cranston Academy - Monster School (aka Scary Show - 2020) :

Jeune adolescent et inventeur génial, Danny (Jamie Bell) est un jour recruté par la Cranston Academy, une école pour petits génies. Mais sur place, Danny réalise qu'il est l'un des moins doués de l'établissement ; désobéissant aux instructions de l'un des responsables de l'école, le garçon active alors involontairement un portail dimensionnel, qui ouvre la porte à une armée de monstres. Avec l'aide de Liz (Ruby Rose), l'une de ses camarades de classe, et d'un professeur transformé en homme-mite, Danny doit tout faire pour sauver le monde...

Un long-métrage d'animation mexicain du studio Anima Estudios et de Leopoldo Aguilar, tous deux déjà à l'origine du très faiblard L'Île aux Monstres : pas de surprise, on se retrouve à nouveau devant un film assez quelconque, que j'avais initialement prévu pour l'Oktorrorfest 2020, mais qui finalement, n'a pas grand chose d'Halloween ou de lugubre, tant tout est bigarré, lumineux et léger.

En effet, le postulat initial de ce métrage de 85 minutes environ est une relecture high-tech et assez transparente d'Harry Potter (et des autres récits scolaires du même genre), avec le protagoniste choisi pour rejoindre une école spéciale, où il devient le souffre-douleur d'un professeur strict et hostile, blablabla. Mais un Harry Potter où le héros serait arrogant et gentiment tête-à-claques, ce qui, convenons-en, n'aide pas vraiment à s'attacher au bonhomme.

Après, ce Cranston Academy est ce qu'il est : le tout n'a pas grande identité visuelle (on dirait du sous-Pixar, voire du sous-Illumination), les doublages et les accents sont souvent approximatifs (Ruby Rose est très inégale... pour être gentil), le tout est assez bavard et très souvent dérivatif, et le rythme est plutôt faiblard.

Autrement dit, pas grand intérêt pour les plus de 10 ans, et ce quand bien même le niveau de la production de ces métrages mexicains s'améliore progressivement.

2.5/6 (dont 0.25 pour le combat de lucha libre et pour le hamster)

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Un film, un jour (ou presque) #1435 : La méthode Menkoff (2016)

Publié le 10 Mai 2021 par Lurdo dans Action, Cinéma, Comédie, Critiques éclair, Review, Romance, Thriller, Australie

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

La méthode Menkoff (The Menkoff Method - 2016) :

Passionné de manga, David Cork (Lachlan Woods) travaille à un poste administratif d'une entreprise de traitement de données où il ne rêve que d'une chose : devenir dessinateur de mangas. Jusqu'au jour où Max Menkoff (Noah Taylor), un pseudo-expert russe en ressources humaines, arrive avec son équipe pour y restructurer l'entreprise. Une restructuration aux méthodes soviétiques, qui transforme tous les employés en êtres drogués et serviles, mais qui cache en réalité le passé criminel de Menkoff, et les véritables raisons de sa présence. Avec l'aide de la belle Ruby Jackson (Jessica Clarke), David va alors tenter de lutter contre ce manipulateur venu du froid...

Une comédie australienne réalisée et interprétée par Noah Taylor, et qui, sur le papier, ouvrait la porte à quelque chose d'excentrique, de décalé et d'amusant.

Dans les faits, cependant, tout est trop forcé et outré pour vraiment emporter l'adhésion : rien que le personnage principal, véritable otaku névrosé et tremblotant que l'on imagine facilement avoir le nez qui saigne dès qu'une fille le regarde, a tendance à agacer, dépourvu du moindre charisme ou de la moindre caractéristique attachante (son "talent", notamment, est très limité, malgré ce qu'en disent tous les autres personnages).

Et puis il y a tous ces employés drogués, qui jouent leur rôle comme des figurants dans un film de zombies ; les Russes ultra-caricaturaux ; les innombrables plans à la caméra débullée ; les moments de thriller ou d'action qui n'ont pas de tension ou d'énergie ; etc, etc, etc...

On le comprend très vite, je n'ai pas du tout accroché à ce métrage au sens de l'humour très particulier (très australien ?) et à la facture technique semi-approximative. Un énorme bof, en somme.

2/6

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Les bilans de Sygbab : VR.5, saison 1 (1995)

Publié le 9 Mai 2021 par Sygbab dans Action, Cinéma, Critiques éclair, Les bilans de Sygbab, Review, Science-Fiction, Thriller, USA, Fox

Sygbab continue dans les séries de genre diffusées sur la Fox, avec un programme obscur du milieu des années 90, une période où le futur de l'informatique et de la réalité virtuelle menait à bien des interprétations improbables...

VR.5, saison 1 (1995) :

Lorsque Sydney Bloom (Lori Singer) découvre, au cours d'un visite de VR.5, une région obscure du cyberespace, qu'elle est capable d'y attirer d'autres utilisateurs et d'influencer alors leur esprit et leurs actions dans le monde réel, elle attire sur elle l'attention du Comité, une organisation mystérieuse. Bien vite, avec l'aide de son meilleur ami Duncan (Michael Easton) et sous la supervision d'Oliver Sampson (Anthony Stewart Head), du Comité, Sydney va alors découvrir que VR.5 est lié à un événement tragique qui a touché ses parents (Louise Fletcher, David McCallum)...

Diffusée sur la FOX en 1995 le vendredi soir en tant que série de mi-saison et en compagnie du poids lourd X-Files, la série avait déjà un handicap à cause de sa case horaire, réputée fatale sur cette chaîne.

Peinant à trouver son public alors que le coût des effets spéciaux était onéreux (le procédé utilisé pour le rendu des scènes se déroulant dans le monde virtuel n'était pas des plus simples, les couleurs étant ajoutées manuellement après avoir tourné en noir et blanc), l’annulation semblait donc assez logique, au point que 3 épisodes sur les 13 tournés n’ont même jamais été diffusés. Pourtant, construire son projet autour de la réalité virtuelle était audacieux, mais peut-être aussi suicidaire : le cyberpunk est un sous-genre de la science-fiction que l'on pourrait qualifier d'underground, qui nécessite d'être un tant soit peu initié.

Néanmoins, l'idée d'introduire une échelle pour mesurer le niveau d'implication sensorielle selon l'expérience virtuelle vécue est intéressante, le cinquième niveau n'étant accessible que par Sydney Bloom, principale protagoniste de la série. Travaillant dans une compagnie de télécommunications et passionnée par l’informatique, cette jeune femme (hantée par un terrible traumatisme après la mort de son père et de sa sœur Samantha dans un accident de voiture auquel elle a survécu) va découvrir qu'elle peut pénétrer le subconscient de personnes avec qui elle est en conversation téléphonique (à noter qu'il vaut mieux ne pas se poser de questions techniques sur la réalisation d'une telle prouesse avec l'utilisation d'un modem).

Bien évidemment, cette plongée dans la psyché humaine offre de multiples possibilités, puisque chaque individu fonctionne selon un code qui lui est propre. Les scénaristes jouent d'ailleurs là-dessus puisque Sydney doit souvent répéter ses incursions afin de comprendre les mécanismes de la personne dont elle partage l'esprit.

C'est en quelque sorte une enquête, au cours de laquelle elle doit rassembler des indices afin de trouver la vérité, réelle cette fois. Pour systématiser ce schéma narratif et justifier l’utilisation du VR.5, elle est embarquée dès le pilote dans une drôle d'histoire puisqu'elle doit travailler pour une mystérieuse organisation appelée le Comité, dont les desseins apparaîtront moins flous au fur et à mesure.

Son contact lui propose régulièrement le nom d'une personne qui les intéresse pour une raison ou pour une autre et elle est chargée de livrer les informations qu'elle peut recueillir. Si, sur le fond, la plupart des épisodes ne se révèlent pas passionnants (voire totalement inintéressants), d'autres sont plus surprenants car le "sujet" sur lequel on se focalise bénéficie d'une histoire puissante, comme dans le 1.08 Simon's Choice où un condamné à mort a trahi sa patrie par amour pour son fils.

Sur la forme, c'est bien plus catastrophique : l'intention de rendre les scènes virtuelles oniriques peut se comprendre dans l'optique de confronter Sydney à un monde qu'elle ne comprend pas, mais visuellement c'est une horreur.

Il est ainsi assez difficile de prendre cela au sérieux quand l'impression d'assister à un délire psychédélique se fait ressentir. Le fait d'assimiler la réalité virtuelle à un rêve, tout du moins dans sa représentation, permet n'importe quelle digression, et ça ne rend pas service, au contraire : un univers se doit d'avoir des règles pour mieux en jouer.

Ce défaut flagrant n'est pourtant pas le plus gênant car les acteurs sont insipides. De Lori Singer à Michael Easton (bien meilleur dans Total Recall 2070) en passant par Will Patton, c'est le festival du casting raté tant leurs performances sont difficilement crédibles.

C'est aussi dû à des personnages mal écrits, notamment concernant les deux derniers : entre Duncan - le colocataire et ami d'enfance de Sydney - qui passe sans cesse pour un abruti congénital et le Docteur Frank Morgan qui ne donne pas du tout l'impression de travailler pour une organisation secrète tant il paraît naïf (si c'est pour cette raison qu'il apparaît tel quel dans l'épisode Parallel Lives, il faut féliciter les scénaristes pour cette preuve d'auto-dérision), il n'y a pas grand-chose d'intéressant à se mettre sous la dent.

La bonne idée, cependant, est de se débarrasser assez rapidement du scientifique pour introduire Oliver Sampson, interprété par Anthony Stewart Head. Ce dernier crédibilise complètement le rôle de sbire affilié au Comité tant il éclabousse la série par sa classe et son charisme, jouant parfaitement de l'ambivalence de son personnage et de ses tendances violentes du fait de son statut.

Il bénéficie d'un traitement de faveur puisque son développement permet de révéler son passé, souvent par le biais du VR.5, car il n'hésite pas à utiliser les capacités de Sydney pour satisfaire ses propres desseins. Il apporte en tout cas une nouvelle dynamique et tire tout le monde vers le haut, ce qui n'est pas négligeable (mais surtout pas vraiment difficile).

Quant à Sydney, elle va petit à petit se rendre compte que ses souvenirs ont été trafiqués, et il faut bien reconnaître que c'est amené de manière habile. Avant le final qui lui fait découvrir la vérité au sujet de sa famille, la scène de l'accident est vue et revue selon des angles différents mais avec chaque fois un élément qui diffère et qui remet en perspective ce qui était tenu pour acquis.

Cette intrigue se mêle à des révélations progressive sur les objectifs du Comité, qui semble vouloir contrôler les esprits des gens en passant par la réalité virtuelle, et dont son père faisait partie. Les derniers épisodes se centrent d'ailleurs sur ce fil rouge et n'abusent pas de la représentation onirique évoquée précédemment, se rapprochant de quelque chose de plus terre-à-terre (bizarrement, c'est en corrélation avec un regain d'intérêt).

Malheureusement, cela intervient au bout d'une dizaine d'épisodes, et c'est bien trop tardif pour convaincre qu'il ne s'agit pas d'un sursaut d'orgueil en voyant la fin s'approcher. Ça ne gomme pas non plus les gros défauts de la série, malgré des idées qui - bien exploitées - auraient pu aboutir à quelque chose de bien plus passionnant.

Quoique... Surfer sur la vague conspirationniste la même soirée que le mastodonte de Chris Carter, c'était de toute façon voué à l'échec.

Certaines séries de science-fiction ou baignant dans le fantastique n'ont jamais eu le succès qu'elles auraient mérité et se sont arrêtées trop tôt, dans le cas de celle-ci c'est l'inverse : il est facile de comprendre pourquoi elle est restée inaperçue.

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Les bilans de Lurdo : Invincible, saison 1 (2021)

Publié le 8 Mai 2021 par Lurdo dans Action, Animation, Aventure, Comédie, Critiques éclair, Drame, Fantastique, Les bilans de Lurdo, Review, Romance, Science-Fiction, Télévision, USA, Amazon

Adaptation en 8 épisodes de 45 minutes des comics de Robert Kirkman (créateur de The Walking Dead), Invincible est chapeautée par Seth Rogen et Evan Goldberg, déjà à la production d'autres séries du genre comme Preacher, Future Man et The Boys. Au programme : un portage animé fidèle au comics, dans ce qu'il avait de bon et de moins bon...

Invincible, saison 1 (2021) :

Nolan Grayson (J.K. Simmons) a une double identité : marié à Debbie (Sandra Oh), il est le père du jeune Mark (Steven Yeun), mais en parallèle, il est aussi Omni-man super-héros tout-puissant qui protège la Terre. Lorsque Mark développe ses propres pouvoirs, cependant, la donne change, et la vie des Grayson en est à jamais bouleversée...

Avec ses 144 numéros au compteur, Invincible est la deuxième grande réussite de la carrière de Robert Kirkman, aux côtés de The Walking Dead. À la fois parodie, satire et hommage au média du comic-book super-héroïque, Invincible est considérée, par beaucoup, comme une œuvre d'une grande qualité, aidée par un certain savoir-faire de l'auteur en matière de rebondissements brutaux déconstruisant les codes de ce genre, et un recours implacable au gore et à la violence totalement gratuits ("pour retranscrire la puissance qu'auraient de tels personnages IRL").

Mais 144 numéros (et de multiples séries et mini-séries dérivées), soit l'équivalent de 12 années de publication, ça a forcement ses hauts et ses bas, avec des schémas répétitifs (Invincible et ses alliés se font démolir, dans un bain de sang de plusieurs numéros, par un ennemi surpuissant, se remettent pendant plusieurs autres numéros, et reviennent plus forts et plus décidés que jamais - ce que j'appelle le syndrome shonen/DBZ), ses résolutions faiblardes (Kirkman ayant une fâcheuse tendance, au fil du temps, à se désintéresser de telle ou telle intrigue, au profit d'un personnage secondaire qui l'amuse, ou d'un idée qui le titille), ses coups de buzz pas toujours très pertinents ou probants (avortement, viol, mort surprise rapidement désamorcée, etc), ses personnages féminins au développement discutable (Atom Eve, notamment), ses digressions inutiles, ses crossovers et tie-ins un peu creux avec tout le catalogue Image, bref, il y a du bon et du mauvais au fil de ces nombreux numéros d'Invincible, et ce quand bien même les fans de comics auraient tendance à refuser de voir les défauts du titre.

Cela dit, j'ai beau ne pas être aussi enthousiaste que beaucoup de lecteurs de la bande dessinée, je dois bien admettre sa longévité. Et s'il y a bien une chose que je ne peux retirer à cette adaptation animée, c'est sa fidélité aux grandes lignes de l'œuvre originale.

Et c'est probablement pour cela que je n'ai pas grand chose à dire sur le programme dans son ensemble : il adapte assez fidèlement les premiers arcs de la série, en changeant quelques détails çà et là, en modifiant la temporalité et l'ordre de certains événements, et en faisant des choix créatifs finalement assez vains : on pourrait discuter de la manière dont la série affaiblit considérablement le twist fondateur de la version papier (la nature réelle de Nolan) dès son pilote, voire même dès son affiche promotionnelle originale, en en faisant une sous-intrigue saisonnière (les autres personnages vont-ils découvrir à temps que c'est un maychant ?) et en impliquant Damien Darkblood, un pseudo-Hellboy ; tout comme l'on pourrait se demander si c'était bien utile d'avoir fait une sorte de tri dans les sous-intrigues des deux ou trois premières années de la bd, d'avoir tout condensé en huit épisodes, tout ça pour retomber au même point qu'à la fin du premier gros arc du comic-book (à savoir les douze premiers numéros) - ça donne un peu l'impression que Kirkman (qui a écrit deux épisodes de la saison, et pas forcément les meilleurs), voulait simplement profiter de l'occasion pour faire son George Lucas ou son Zack Snyder, et revenir sur son œuvre passée pour "l'améliorer".

Mais bon, tout cela est clairement un choix assumé, et le spectateur lambda, qui n'a pas lu la bd originale, ne verra pas la différence.

À l'identique, il ne percevra pas forcément les efforts de la série pour être plus "de son temps", avec l'ajout d'une dose perceptible et gratuite (mais pas gênante) d'inclusivité et de diversité ethnique et sexuelle : Amber devient afro-américaine, Mark et sa mère sont asiatiques, Rex a la peau mate, le meilleur ami de Mark est ouvertement gay (et flamboyant), Black Sampson est nettement plus présent, certains personnages secondaires ont été genderswapped pour accroître le nombre de personnages féminins, les motivations des uns et des autres ont été modifiées pour leur donner plus à faire (ici, tout le monde se doute très tôt du caractère malfaisant de Nolan)...

Par contre, s'il y a bien un point qui ne change pas, c'est le côté gore décomplexé du récit, encore amplifié par le média de l'animation (et parfois tout aussi lassant que sur le papier), et un certain trait un peu simplifié (qui n'est pas sans rappeler l'animation DC comme Young Justice).

C'est peut-être d'ailleurs au niveau technique que j'aurais le plus à redire : l'animation, fluide et dynamique durant les combats, est beaucoup plus statique et plate le reste du temps ; le doublage, plutôt compétent (beaucoup d'acteurs connus, peut-être même trop tant bon nombre d'entre eux n'ont guère plus de trois ou quatre lignes de dialogue), m'a parfois semblé hors-sujet (j'aime beaucoup JK Simmons, mais quelque chose ne colle pas entre sa voix et le physique de Nolan ; idem pour Walton Goggins en Cecil) ; et l'illustration musicale (principalement les chansons choisies) n'ont pas du tout fonctionné sur moi.

Mais à part ça ? C'est un mélange de sang, d'hommages aux récits de super-héros d'antan, de combats, de soap adolescent, de digressions pas toujours utiles, et ça a un rythme très inégal... comme le comic-book.

Adaptation plutôt réussie, donc, et si l'on est fan de la bande dessinée, l'on devrait être fan de cette version.

Après... on peut se demander si cette déconstruction ultra-violente de la figure super-héroïque est toujours très pertinente aujourd’hui, vu qu'elle est dorénavant devenue plus ou moins la norme du genre sur le câble et en salles (The Boys est déjà passé par là pour montrer un simili-Superman ultra-violent, Snyder idem, Millar aussi, et d'ailleurs Jupiter's Legacy arrive bientôt). Mais les fans semblent en redemander, donc au point où nous en sommes, c'est plutôt une question d'offre et de demande que de réelle pertinence.

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Un film, un jour (ou presque) #1434 : Justice Society - World War II (2021)

Publié le 7 Mai 2021 par Lurdo dans Action, Animation, Aventure, Cinéma, Comédie, Critiques éclair, DC, Fantastique, Jeunesse, Review, Science-Fiction, USA

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Justice Society - World War II (2021) :

Alors qu'il tente d'aider Superman (Darren Criss) à vaincre Brainiac (Darin De Paul), Flash se retrouve projeté durant la Seconde Guerre Mondiale, où il rencontre Wonder Woman (Stana Katic), à la tête de la Justice Society. À leurs côtés, Barry Allen (Matt Bomer) va affronter les Nazis puis les Atlantes d'Aquaman (Liam McIntyre), contrôlés par un mystérieux antagoniste...

Un long-métrage d'animation DC assez décousu, et pour cause : une partie des idées de ce scénario provient d'une série d'animation Wonder Woman avortée, ce qui explique que l'on a fréquemment l'impression d'un récit épisodique aux chapitres collés bout à bout : une introduction sur Wonder Woman à la recherche d'artefacts nazis (qui ne seront plus mentionnés de tout le film), puis le présent (avec Barry et Iris, Superman, tout ça), puis retour en arrière pour l'intégration de Barry au sein de la Society, puis un passage en sous-marin à la recherche d'un signal étrange, puis l'Atlantide contrôlée par un méchant, puis une invasion terrestre par les Atlantes et leurs Kaijus, puis retour au présent pour la fin de Superman/Brainiac, etc, etc...

Alors certes, dans l'absolu, tous ces éléments restent liés avec plus ou moins de bonheur dans un tout qui se regarde facilement ; mais cela n'empêche pas une vrai impression de patchwork, comme si l'on avait assemblé plusieurs intrigues de films, un peu à l'arrache, en mettant fortement l'accent sur Wonder Woman, Aquaman et Flash, sur la simple base de leur popularité actuelle au box-office et à la télévision.

À l'identique, on s'aperçoit rapidement que certains choix créatifs découlent directement d'un format sériel, où les personnages auraient été naturellement plus développés, notamment au niveau de la Society : ainsi, le film insiste sur la romance Hawkman/Black Canary... avant de tuer Hawkman en cours de route, sans que le tout n'ait vraiment d'impact émotionnel. Plus embêtant, il fait ensuite à nouveau de même avec Steve Trevor/Diana, pour un rebondissement tragique affaibli par les événements préalables.

Il y a aussi cette affaire de Clark Kent, reporter de guerre individualiste qui cache ses pouvoirs et refuse de s'impliquer dans la guerre contre les Nazis... sauf à la toute fin du film, dans un Deus Ex Superman particulièrement télégraphié (qui n'est pas sans rappeler à la Justice League de Snyder/Whedon) : ça aurait pu fonctionner avec plus de développement, plus de place pour respirer (honnêtement, toute la sous-intrigue sur Aquaman est vraiment de trop, il aurait été aussi simple d'avoir un méchant Nazi qui réussit à réveiller un Kaiju ou quelque chose du genre, plutôt que ce que l'on a là) ou moins de personnages secondaires.

Ce qui est frustrant, en fait, c'est que malgré tous ces défauts structurels et narratifs, j'ai plutôt apprécié cette proposition : en fait de Justice Society, c'est plutôt une version alternative de la JLA, et le contexte historique donne lieu à un trait presque cell-shadé, à un générique délibérément rétro, et à un univers intrigant, pas loin de celui de DC Bombshells.

Mais toute cette histoire de "Barry retourne dans le passé qui n'est pas le passé mais un univers parallèle et y découvre qu'ensemble, on est plus fort que tout seul, juste à temps pour retourner fonder la JLA dans son univers d'origine" fait honnêtement pièce rapportée, un dispositif narratif alourdissant malheureusement un film qui aurait pu être quelque chose de similaire à Justice League : The New Frontier, à une époque différente.

3.25/6

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