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LES TÉLÉPHAGES ANONYMES

Il était une fois Lurdo & Sygbab, deux internautes passionnés de séries tv et de cinéma, et qui cherchaient un endroit où archiver leurs avis (semi) éclairés...

Articles avec #marvel catégorie

Les bilans de Lurdo : What If...?, saison 1 - deuxième partie : 1x04-06 (2021)

Publié le 18 Septembre 2021 par Lurdo dans Action, Animation, Aventure, Anthologie, Comédie, Critiques éclair, Disney, Fantastique, Horreur, Jeunesse, Les bilans de Lurdo, MCU, Marvel, Review, Science-Fiction, Science Fiction, Télévision, USA

Avec ses trois premiers épisodes, What If... ?, la série d'animation de Marvel, a su poser les bases de son multivers : une variation sur Captain America, avec Peggy Carter en vedette ; une fusion de Black Panther et des Gardiens de la Galaxie, en mode film de casse ; et enfin un murder mystery servant de relecture de Fury's Big Week - de quoi satisfaire les fans du MCU, tout en leur offrant suffisamment d'approches différentes pour ouvrir autant de portes sur un multivers intrigant...

What If...?, saison 1 - deuxième partie - 1x04 à 1x07 (2021) :

- 1x04 - What If... Doctor Strange Lost His Heart Instead of His Hands ? : lorsque le Dr. Strange (Benedict Cumberbatch) perd sa petite amie Christine Palmer (Rachel McAdams) dans un accident de voiture, il se tourne vers les arts mystiques pour tenter de trouver un moyen de la ramener à la vie. Mais progressivement, cette quête impossible tourne à l'obsession, et Strange s'engage sur un chemin particulièrement dangereux, qui met en danger son univers...

Un épisode plus sombre et sérieux que la norme, qui revisite le premier métrage Docteur Strange pour le transformer en spirale infernale au cours de laquelle Strange bascule du côté obscur, et devient un Sorcier une créature assoiffée de puissance et de ténèbres.

Strange reste cependant une figure tragique, incapable de faire passer le bien de son univers avant les sentiments qu'il éprouve pour Palmer (jolie boucle funeste façon Un jour sans fin), mais réalisant néanmoins l'étendue des dégâts qu'il a provoqué, lors d'une conclusion sombre et défaitiste.

Plutôt réussi, je dois dire, avec une musique inspiré du thème de Giacchino, des acteurs tous motivés (Cumberbatch, notamment, est très impliqué), une utilisation de la magie assez spectaculaire, et une quasi-intervention du Gardien, qui laisse augurer du meilleur pour la suite.

- 1x05 - What If... Zombies !? : lorsque Hank Pym retrouve son épouse dans le monde quantique, celle-ci est infectée par un virus la transformant en zombie. Rapidement, l'épidémie se propage au reste de l'Amérique, et aux Avengers. Tout juste revenu de l'espace, Bruce Banner (Mark Ruffalo) découvre donc une Terre ravagée, et tente de survivre alors même que la menace de Thanos se profile à l'horizon...

Une adaptation officieuse des comic-books Marvel Zombies, assez populaires il y a quelques années, et qui, à nouveau, décide d'opter pour une direction assez sombre (qui conserve cependant l'humour inhérent au MCU - Scott et la cape, par exemple), proposant une conclusion sans appel.

Une nouvelle fois, en effet, pas de happy end pour les protagonistes (un groupe assez éclectique, qui permet de revisiter Ant-Man, Wandavision, Spider-man, Falcon & the Winter Soldier, etc), mais une planète où une immense majorité des humains est désormais assoiffée de sang et de chair fraîche. De quoi donner lieu à de multiples visuels assez frappants, très bien animés, et à un propos sur l'espoir, logiquement incarné par Spidey.

Plutôt réussi, tout ça, même si on aurait bien aimé en voir un peu plus encore.

Et la fin (que je ne spoilerai pas) laisse présager d'une menace potentiellement plus importante pour le reste du multivers... wait & see.

- 1x06 - What If... Killmonger Rescued Tony Stark ? : lorsque Tony Stark est sauvé in extremis par Killmonger en Afghanistan, le destin de la planète toute entière est bouleversé ; Tony ne devient pas Iron Man, les Avengers ne sont jamais formés, et Killmonger rejoint Stark Industries, dont il devient un élément indispensable... tout en manipulant autrui, dans l'ombre, afin de reprendre sa place au Wakanda.

Un épisode plus sérieux et "classique" que les précédents, qui choisit le postulat d'une intervention de Killmonger dans la vie de Tony Stark, pour réécrire Iron Man et avec lui, une grande partie du MCU tel qu'on le connaît.

Killmonger y devient le meilleur ami de Tony en lieu et place de Rhodey, il est son confident, et il exploite ceci pour mettre en place son grand plan : conquérir le Wakanda, quel qu'en soit le prix. En soi, rien de mauvais, et l'épisode pris dans sa globalité est plutôt agréable à suivre... mais il souffre un peu de grosses ficelles narratives, qui exigent que tout se passe exactement (et de manière improbable) comme Killmonger l'a prévu pour qu'il arrive enfin à ses fins.

Avec, en prime, cette tendance récurrente (mais finalement assez logique, compte tenu du format de la série) de conclure l'épisode par une ellipse, ou du moins de laisser les choses en suspens. De quoi frustrer plus d'un spectateur. Au final, un épisode intéressant, et avec de jolies scènes d'action, mais finalement assez mineur dans la série.

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Les bilans de Lurdo : What If...?, saison 1 - première partie : 1x01-03 (2021)

Publié le 4 Septembre 2021 par Lurdo dans Action, Animation, Aventure, Anthologie, Comédie, Critiques éclair, Disney, Fantastique, Horreur, Jeunesse, Les bilans de Lurdo, MCU, Marvel, Review, Science-Fiction, Télévision, USA, Science Fiction

Maintenant que le multivers Marvel (le MCM) est officiellement canon (cf Loki), Marvel se lâche, et nous propose sa première série d'animation, What If...?, inspirée des comic-books du même nom (l'équivalent des Elseworlds de DC Comics).

Au programme, neuf épisode de 30-40 minutes, consacrés à différentes réalités alternatives de l'univers Marvel, telles qu'observées (et narrées) par Uatu le Gardien (Jeffrey Wright), observateur pandimensionnel supposément neutre, dont le destin est d'observer les univers sans jamais intervenir...

What If...?, saison 1 - première partie - 1x01 à 1x03 (2021) :

- 1x01 - What If... Captain Carter Were The First Avenger ? : Lorsque Steve Rogers (Josh Keaton) est abattu juste avant de recevoir le sérum du Dr Erskine (Stanley Tucci), Peggy Carter (Hayley Atwell) est contrainte de se porter volontaire pour l'expérience, et devient Captain Carter, supersoldat arborant les couleurs de l'Angleterre. À ses côtés, engoncé dans une armure robotique conçue par Stark (Dominic Cooper), Rogers l'accompagne sur le champ de bataille, pour affronter le Crâne Rouge (Ross Marquand), qui veut déchaîner une créature tentaculaire sur Terre...

Une relecture très agréable du premier film Captain America, avec une touche féminine et un flegme british bienvenus, idéaux pour bien mettre à plat les tenants et aboutissants de cette série, et pour se lâcher au travers de scènes d'action fluides et dynamiques, où l'on casse du Nazi à tour de bras.

Est-ce que c'est parfait ? Non, la direction artistique et la synchronisation labiale seront probablement polarisantes, même si personnellement, cela ne m'a pas dérangé outre mesure. Mais l'énergie du tout, et le fait que l'épisode condense en une petite demi-heure un long-métrage de 2 heures fait que l'on ne s'ennuie pas, et que l'on sourit fréquemment, que ce soit devant les pirouettes impressionnantes de Carter en plein combat, les clins d'œil à la continuité établie, ou les répliques des différents personnages.

Dans l'ensemble, un bon point de départ pour What If...?, qui laisse augurer du meilleur pour la suite.

- 1x02 : What If... T'Challa Became a Star-Lord ? : Envoyés par Ego (Kurt Russell) pour enlever son fils sur Terre, les Ravagers de Yondu (Michael Rooker) se trompent et capturent le jeune T'Challa (Chadwick Bozeman).  Vingt ans plus tard, persuadé que le Wakanda a été détruit, T'Challa est devenu Star-Lord, une sorte de Robin des Bois de l'espace, et lorsque Nebula (Karen Gillan) vient trouver les Ravagers pour leur proposer un casse, ceux-ci acceptent. Leur cible : les Ambres de la Genèse, un objet cosmique en possession de Tivan (Benicio del Toro), sur Knowhere...

Un What If bien plus léger et déconneur, qui aligne une quantité de caméos improbables au travers d'une variation sur le thème des Gardiens de la Galaxie. Et ça fonctionne plutôt bien, en plus de susciter forcément un petit pincement au cœur en entendant pour la dernière fois Chadwick Boseman dans son rôle iconique.

Ici, libérés de la structure de Captain America imposée à l'épisode 1, les changements apportés à la continuité sont plus francs et plus nombreux. Thanos est devenu pacifiste, Nebula est une femme fatale, Tivan est bodybuildé et très méchant, l'Ordre noir travaille pour lui (l'occasion d'une bataille rangée contre Thanos), Korath est un fanboy de Star-Lord, le récit prend des atours de film de braquage... et l'importance de la famille, qu'elle soit naturelle, adoptive ou de substitution, est une nouvelle fois soulignée, comme elle l'était déjà dans les GotG de Gunn.

Un épisode très sympathique, qui fait honneur à Chadwick et à son personnage, et qui bénéficie grandement d'un doublage assuré par la quasi-totalité des acteurs originaux (Batista excepté - mais mention spéciale à Howard The Duck/Seth Green).

- 1x03 : What If... the World Lost Its Mightiest Heroes ? : Alors que Nick Fury (Samuel L. Jackson) est sur le point de créer les Avengers, ces derniers sont assassinés, un à un, par un tueur invisible. Accusée du premier meurtre, Natasha Romanoff (Lake Bell) s'échappe, et mène l'enquête, alors même qu'une armée d'Asgard menée par Loki (Tom Hiddleston) arrive sur Terre pour venger Thor...

Un épisode en mode whodunit qui, étrangement, semble avoir laissé de marbre bon nombre de critiques anglosaxons, qui ont apparemment même trouvé le tout "ennuyeux à mourir".

Je dis "étrangement", car j'ai plutôt apprécié cette réinvention funeste de Fury's Big Week, une série de comic-books publiés à l'époque des premiers films du MCU, et qui narrait l'emploi du temps surchargé de Nick Fury et du Shield pendant la semaine où se déroulaient, simultanément, Iron Man 2, L'Incroyable Hulk et Thor. On pense aussi au Marvel One Shot mettant en scène Coulson durant la découverte du marteau de Thor...

Ici, l'assassinat de tous les Avengers, les uns après les autres, fonctionne assez bien (le meurtre de Hulk est notamment assez marquant, visuellement), et la mise en avant de Fury et de Natasha permet aux deux personnages de prendre un peu plus d'épaisseur.

Quant au mystère en question, et au responsable de toutes ces morts, il est assez bien trouvé et change un peu la donne (le véritable What If... ? n'est pas vraiment celui du titre de l'épisode), sans être toutefois totalement imprévisible ou surprenant.

Plutôt réussi, donc, comme les deux épisodes précédents.

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Critiques éclair - Loki, saison 1 : épisode 5 et 6 + bilan (2021)

Publié le 24 Juillet 2021 par Lurdo dans Action, Aventure, Comédie, Critiques éclair, Fantastique, Les bilans de Lurdo, MCU, Marvel, Review, Science Fiction, Science-Fiction, Télévision, USA, Disney, Loki

Après ses deux premiers épisodes, et les deux suivants, la série Loki continue de partir, bon gré mal gré, dans des directions intrigantes... reste à voir si le programme va réussir son atterrissage.

Loki, saison 1 :

- 1x05 : Exilé avec les autres Loki dans le Néant, un endroit au bout du temps et de l'espace, Loki doit faire face, à l'aide de ses variants (Richard Grant, Jack Veal, DeObia Oparei), à Alioth, un nuage dévorant le Vide et ses occupants... mais la nature même des Loki menace de tout faire capoter.

Un avant-dernier épisode saisonnier plutôt intéressant et bien rythmé, au risque de paraître décousu et un peu précipité (on sent que certains moments ont été coupé au montage, comme certaines explications et transitions), mais ces facilités ne gâchent pas vraiment un épisode riche en spectacle et en effets spéciaux, qui voit Richard E. Grant voler la vedette à tout le monde dans un grand final aux accents Wagnériens, Marvel multiplier les clins d'œil aux comics (Throg ! le Thanoscopter !), Loki et Sylvie se rapprocher de manière touchante, et le scénario ouvrir une porte difficile à refermer avec cette forteresse mystérieuse, qui abrite le véritable cerveau derrière la TVA.

À ce stade de la série, il ne reste pas beaucoup de possibilités : tous les indices semés par le scénariste mènent logiquement à Kang le Conquérant, dans l'une ou l'autre de ses incarnations... mais on sait ce que ça donne de se laisser emporter par les spéculations.

Pour des raisons thématiques, Marvel pourrait aussi bien opter pour un variant Loki maléfique, ou pour une gigantesque manipulation de Sylvie (ou même de Miss Minutes, IA ayant décidé de suivre sa programmation à la lettre, par exemple).

On devrait rapidement être fixés dès la semaine prochaine, en tout cas.

- 1x06 : Les Loki entrent dans la forteresse se trouvant dans le Néant, et y confrontent le créateur de la TVA...

Fin de partie pour Loki, avec un épisode final chargé en exposition, et qui nous présente enfin le big bad de sa série... Kang le Conquérant.

Pas forcément une surprise pour l'amateur de comic-books avisé, mais une apparition qui fait plaisir, portée par un Jonathan Majors assez exubérant en "Celui qui demeure", une incarnation de Kang ayant choisi de faire régner la loi et l'ordre dans l'univers, pour éviter une guerre multidimensionnelle entre ses divers variants.

Une manière intéressante de réinterpréter le personnage de Kang et ses multiples versions, et qui laisse la porte ouverte à son retour, encore et encore, dans diverses incarnations à l'avenir (notamment dans le prochain Ant-man).

Après, je ne dirais pas non plus que j'ai été particulièrement surpris par la décision finale des deux Loki, et leur affrontement : cette histoire ne pouvait pas connaître de fin heureuse, et voir Loki expulsé sans hésitation par Sylvie dans une autre réalité est finalement assez logique (tout en évitant une séparation dans le sang et la douleur).

Reste que la porte est finalement grande ouverte pour une saison 2 qui, peut-être verra encore plus de mondes parallèles et de variants de Loki toujours plus déglingués...

- Bilan saisonnier -

Probablement, à mon goût, la série la plus réussie et homogène du MCU. Ou du moins, la mieux maîtrisée par ses scénaristes et sa production. Ce n'est pas parfait, et comme souvent, on sent que la COVID est passée par là, mais le tout m'a paru moins décousu que Falcon..., et mieux rythmé que Wandavision.

Et puis, bien entendu, il y a cette porte vers le Multivers, qui a été largement défoncée par la série, et qui devrait être explorée en long, en large et en travers dans les films à venir, et dans la saison 2 de Loki. Car oui, contrairement aux deux mini-séries précédentes, le récit de Loki se poursuivra dans une prochaine saison... ce qui est particulièrement intrigant, surtout compte tenu des événements de ce final, qui laissent beaucoup de choses en suspens.

Dans l'ensemble, donc, une série plutôt agréable et excentrique, qui a osé partir dans des directions intéressantes, et s'établir comme une charnière importante du MCU à venir (enfin, du Marvel Cinematic Multiverse, MCM, devrait-on dire désormais).

Reste à Marvel à mieux structurer ses saisons : actuellement, les séries sont écrites et produites comme des longs-métrages de 5 ou 6 heures, ensuite découpés au format hebdomadaire pour donner des épisodes plus ou moins longs. Ce qui coince parfois, et donne lieu à des passages mous ou de remplissage. Et sans surprise, c'est le scénariste habitué à la télévision qui s'en est sorti le mieux pour rythmer le tout, et donner envie de revenir de semaine en semaine.

Espérons que la tendance ira en se confirmant, pour que les productions télévisées du MCM soient de plus en plus homogènes dans leur production...

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Un film, un jour (ou presque) #1486 : Black Widow (2021)

Publié le 19 Juillet 2021 par Lurdo dans Action, Aventure, Cinéma, Comédie, Critiques éclair, Disney, MCU, Marvel, Review, Science-Fiction, Thriller, USA

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Black Widow (2021) :

En 2016, peu de temps après la guerre civile ayant divisé les Avengers et leurs alliés, Natasha Romanoff (Scarlett Johansson) part en urgence pour Budapest après être entrée en possession d'un antidote au lavage de cerveau subi par les espionnes de la Chambre Rouge dans leur jeunesse. Là, traquée par le mystérieux Taskmaster, elle retrouve Yelena Belova (Florence Pugh), sa sœur d'adoption, qui lui a fait parvenir l'antidote, et qui lui explique que la Chambre Rouge est toujours active, sous le contrôle du sinistre Dreykov (Ray Winstone)...

Après des années d'attente, le voilà enfin ce film solo consacré à Black Widow, un film ma foi assez sympathique, à défaut d'être parfait, et qui penche nettement plus vers le côté actioner sérieux du MCU que vers ses métrages plus légers.

Cela le rendra certainement moins accessible que d'autres films du MCU, puisque ce Black Widow s'oriente fréquemment dans une direction très Bondienne, avec un méchant mégalomaniaque qui vit dans une base volante, entouré d'une armée de femmes espionnes lobotomisées... on accroche ou pas à ce délire, et à la bande originale assez terne de Lorne Balfe (sans surprise).

Pour les moins portés sur l'action décomplexé, spectaculaire et (parfois trop) numérique, heureusement, le script se permet des écart façon famille dysfonctionnelle, entre David Harbour (excellent en homologue russe bedonnant du Capitaine America), Rachel Weisz, Scarlett et Florence Pugh, qui compose un personnage de petite sœur dure à cuire et sarcastique assez amusant.

L'équilibre entre l'action, les dialogues sérieux et l'humour n'est donc pas parfait, comme je le disais, mais dans l'ensemble, on ne s'ennuie pas, le scénario comble bon nombre des trous laissés par le mystère planant sur la vie de Natasha, et au final, le tout se rattache assez bien à la fin de Falcon et le Soldat de l'Hiver, ainsi qu'avec la série Hawkeye à venir.

Quelle note donner à ce métrage ? Sa nature de flashback en fait quelque chose qui n'est pas indispensable, mais il reste globalement efficace ; il y a plein de petits détails techniques un peu agaçants (certains effets moins bien finalisés, un recours un peu trop insistant au numérique, une ellipse frustrant quand arrive le Général Ross) mais dans l'ensemble, ça reste bien mené, l'action est assez sèche (plus que dans d'autres Marvel), c'est bien interprété, donc...

4 - 0.25 pour la reprise de Nirvana qui m'a agacé = 3.75/6

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Et comme toujours, vous pouvez retrouver la liste complète de tous les films passés en revue sur ce blog dans le menu Index de haut de page, ou en cliquant directement sur ce lien (000-1000) et sur celui-ci (1001-2000)...

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Critiques éclair - Loki, saison 1 : épisode 3 et 4 (2021)

Publié le 17 Juillet 2021 par Lurdo dans Action, Aventure, Comédie, Critiques éclair, Fantastique, Les bilans de Lurdo, MCU, Marvel, Review, Science-Fiction, Science Fiction, Télévision, USA, Disney, Loki

Avec ses deux premiers épisodes, la série Loki a réussi a se créer une place bien à elle dans cette phase 4 du MCU : une sorte de bulle temporelle étrange, au sens de l'humour bien particulier, et qui remet en question tout ce que le spectateur pense savoir du fonctionnement de l'univers Marvel...

Loki, saison 1 :

- 1x03 : Bien décidé à ne pas se laisser reprendre par la TVA, Loki (Tom Hiddleston) suit son variant, Sylvie (Sophia Di Martino), au travers d'un portail, et se retrouve coincé avec elle sur Lamentis 1, une planète sur le point d'être détruite...

Un épisode de transition assez bref (moins de 40 minutes, tout compris) qui consiste essentiellement en un tête à tête entre Loki et Sylvie, deux incarnations d'un même personnage aux parcours bien différents. De quoi comparer leurs vies, leurs familles, leurs expériences, et apprendre à dépasser le stade de simples ennemis - même s'il semble évident qu'ils se trahiront à la moindre occasion.

Les deux acteurs principaux s'amusent clairement beaucoup, et l'épisode est plutôt réussi sur ce front, bien qu'un peu bavard pour les plus impatients : on sent que cet épisode a été remanié en post-production au niveau du rythme, de manière assez inégale, d'autant que le tout débouche sur une grosse scène d'action spectaculaire assez gratuite (façon "on filme tout en une prise avec la caméra portée qui navigue autour des acteurs").

Un peu frustrante, d'ailleurs, cette scène finale, puisqu'elle manque non seulement de raison d'être (les gardes qui retrouvent les Lokis au milieu de l'apocalypse, mwébof), mais aussi un peu de punch et de nervosité dans sa chorégraphie et sa mise en images.

Cela dit, au détour de ses dialogues, l'épisode se permet de semer quelques indices sur la véritable nature de la TVA, composé de variants issus de diverses lignes temporelles, et pas créés ex-nihilo par les Gardiens du Temps ; autrement dit, ces derniers ont clairement reformaté l'esprit de leurs employés... si tant est qu'ils existent réellement.

- 1x04 : Retrouvés in extremis par la TVA alors qu'ils étaient sur le point d'être détruits, Loki et Sylvie redeviennent les captifs de l'organisation. Mais les mensonges de cette dernière commencent à refaire surface, suscitant le doute chez certains des employés de l'agence...

Un épisode charnière dans la saison, qui confirme un certain nombre de suspicions du spectateur, tout en développant un peu plus le personnage de Loki, sa relation avec Sylvie, et sa place dans l'univers Marvel.

Et c'est plutôt sympathique, à vrai dire : toujours un peu bavard (mais c'est le personnage qui veut ça), l'épisode entérine le côté Magicien d'Oz des Gardiens du Temps (des animatroniques créés par... ?), confirme que Loki ne peut tomber amoureux que de lui-même (dans une version féminine, certes), que l'on devrait avoir des réponses très rapidement, et que, plutôt que d'être désintégrés, les variants Loki sont en fait expédié sur un plan d'existence ressemblant étrangement à un New York en ruines, peuplé de leurs semblables (en l'occurrence, le vieux Loki dans son costume en spandex jaune et vert, Kid Loki, un Loki noir maniant un marteau asgardien, et Lokicodile, adorable avec sa petite couronne).

Ajoutez à cela un caméo amusant de Sif, et voilà, un épisode plutôt agréable, que j'ai clairement préféré au précédent, et qui annonce une fin de saison spectaculaire (tous les Lokis contre la TVA ?).

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Critiques éclair - Loki, saison 1 : épisode 1 et 2 (2021)

Publié le 10 Juillet 2021 par Lurdo dans Action, Aventure, Comédie, Critiques éclair, Fantastique, Les bilans de Lurdo, MCU, Marvel, Review, Science-Fiction, Télévision, USA, Disney, Loki, Science Fiction

Troisième série faisant officiellement partie de la Phase 4 du Marvel Cinematic Universe, Loki se veut une suite directe à Avengers : Endgame, qui voyait un Loki issu d'un univers parallèle entrer en possession du Tesseract, et l'utiliser pour s'enfuir et éviter les conséquences de la Bataille de New-York.

Au programme, six épisodes d'une série décalée envoyant Tom Hiddleston aux quatre coins de l'espace, du temps et du multivers, série chapeautée par Michael Waldron, protégé de Dan Harmon et scénariste sur Rick et Morty.

Loki, saison 1 :

- 1x01 : Alors qu'il échappe tout juste aux mains des Avengers à l'aide du Tesseract, Loki (Tom Hiddleston) se retrouve prisonnier de Mobius (Owen Wilson) et de la Time Variance Authority, une organisation bureaucratique qui surveille et protège le continuum espace-temps. Là, en tant que variant temporel n'étant pas supposé exister, un choix lui est proposé : soit il est effacé de la réalité, soit il aide la TVA à traquer et à arrêter une menace plus importante... lui-même.

Un premier épisode très naturellement chargé en exposition, puisqu'il faut présenter la TVA, expliquer son fonctionnement, son rôle, amener la possibilité d'un multivers, expliquer pourquoi, jusqu'à présent, ce dernier ne s'est jamais vraiment manifesté, et surtout, profiter du tout pour se livrer à un examen de conscience de Loki, une sorte de séance de thérapie d'un Dieu du mensonge encore empli de colère et de haine...

Mais dans l'ensemble, ce premier épisode de Loki fonctionne plutôt bien, avec son esthétique rétro-60s/70s d'une TVA figée dans le temps (difficile de ne pas penser à Doctor Who, notamment en entendant certaines notes de la bande originale), ces escapades improbables de Loki dans le temps, et ce duo amusant avec Owen Wilson. On pense à Gilliam, à Kubrick, à Rick et Morty, à plein de choses, et ces influences se marient plutôt bien dans un tout ludique et pertinent.

Ça se regarde d'une traite, on ne voit pas le temps passer, c'est cohérent avec tout ce qui est venu avant (et viendra après), et même si l'on devine très clairement que ce n'est pas Loki, mais Lady Loki ou Old Loki qui se cache sous la capuche du Variant traqué, on attend la suite avec impatience.

- 1x02 : Loki et Mobius continuent de traquer le Variant meurtrier de Loki, et ils finissent par comprendre que leur proie se cache dans les grandes catastrophes de l'Histoire...

Un épisode en deux parties, qui commence de manière assez procédurale, façon Loki le profiler qui mène l'enquête, tout en tentant d'arnaquer Mobius et la TVA (qui ne sont pas dupes), et la traque à proprement parler, qui débouche sur la révélation de l'identité du variant : Lady Loki (ou du moins, un personnage qui semble l'être au premier abord - une surprise ultérieure n'est pas impossible).

Le résultat, c'est que la première moitié de l'épisode est assez bavarde : ce n'est pas forcément un mal, puisque cela permet aux scénaristes d'insister sur les thématiques de la série (rédemption, libre-arbitre, tout ça), et, il faut bien l'avouer, de laisser fortement sous-entendre que tout n'est pas rose au pays des Gardiens du Temps et de leur Ligne Temporelle Sacrée (en même temps, on s'en doutait, vues les tenues de stormtroopers des agents de la TVA, leurs méthodes de brutes, les règles arbitraires et intraitables de l'organisation et le flou artistique qui entoure les Gardiens, Ravenna, etc).

Je n'irai pas jusqu'à théoriser un possible toutéliage avec Kang le Conquérant (même si, honnêtement, ce serait une jolie pirouette de faire de lui le seul et unique "Gardien du Temps", qui aurait créé la TVA de toutes pièces et l'exploiterait dans l'ombre pour s'assurer que son empire futur ne soit pas mis en danger par des univers parallèles ou par des variants quelconques), mais la TVA est clairement louche, et plus la série avance, plus la balance penche du côté des Lokis et de leurs plans.

Des plans qui, avec l'explosion de la ligne temporelle, pourraient bien nous avoir donné là la création du Multiverse of Madness de Docteur Strange 2, du Spider-verse, et ouvrir officiellement la voie à l'univers partagé de la Phase 4... Wait and see...

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Les bilans de Lurdo : M.O.D.O.K. saison 1 (2021)

Publié le 5 Juin 2021 par Lurdo dans Action, Animation, Comédie, Critiques éclair, Fantastique, Jeunesse, Les bilans de Lurdo, Marvel, MCU, Review, Science-Fiction, Télévision, USA, Science Fiction, Romance

Série d'animation Marvel initialement conçue pour faire part d'une flopée de shows d'animation diffusés sur Hulu et mis en chantier en 2016, M.O.D.O.K. est l'ultime survivant de ces programmes de Marvel TV, avant que ce studio ne soit fermé et que la production des programmes tv de la marque ne revienne à Kevin Feige.

Au programme, une comédie supervisée par le studio Stoopid Monkey (les créateurs de Robot Chicken), par l'acteur Patton Oswalt et par Jason Blum (American Dad!), qui s'intéresse à l'un des super-méchants improbables de l'univers Marvel.

M.O.D.O.K., saison 1 (2021) :

Super-méchant aux commandes d'AIM, MODOK (Patton Oswalt) tente tant bien que mal de conquérir le monde et de vaincre les Avengers, malgré ses disputes constantes avec Monica (Wendi McLendon-Covey), son bras droit de génie, et ses subordonnés incapables. D'autant qu'en parallèle, la famille de MODOK bat de l'aile : la carrière médiatique de Jodie (Aimee Garcia), son épouse auteur, décolle en flèche, le petit Lou (Ben Schwartz) veut devenir magicien, et Melissa (Melissa Fumero) est une adolescente qui se rebelle. Et lorsque AIM est partiellement racheté par GRUMBL, une multinationale dirigée par Austin (Beck Bennet), un vingtenaire insupportable, la vie professionnelle de MODOK s'écroule au moment même où sa vie privée se met à vaciller...

Une série animée en stop-motion qui repose donc sur un gag principal : et si MODOK, ennemi difforme et machiavélique des Avengers, était à la fois un patron d'entreprise incapable et un père de famille de sitcom, dépassé par ses enfants et par son épouse ?

Le tout porté par l'interprétation habitée de Patton Oswald en MODOK, et par un humour forcément très Robot Chicken ; de quoi séduire la critique américaine, ravie de trouver là une série mêlant humour absurde et sentimentalisme familial.

Mais c'est peut-être aussi là que la série a peiné un peu à me convaincre : MODOK est une série animée amusante, mais inégale. Et pour mieux comprendre les raisons de mon ambivalence vis à vis du programme, il faut bien comprendre ses quatre axes principaux : 1) les interactions de MODOK avec le reste de l'univers Marvel, 2) ses problèmes familiaux et ses relations difficiles avec sa femme et ses deux enfants, 3) une comédie de bureau classique avec MODOK en Michael Scott maléfique mais totalement incapable et balbutiant, et enfin 4), en filigrane, une double intrigue de fond, cumulant la menace du Comité de direction de GRUMBL, et celle d'un double temporel de MODOK voulant détruire son pathétique moi futur.

Et le souci, c'est que toutes ces directions ne sont pas traitées ne manière égale, et n'ont donc pas un intérêt égal.

Le showrunner de la série vient d'American Dad!, et ça se sent : l'accent est fortement mis sur les relations familiales de MODOK, plus ou moins réussies, et qui ont tendance à prendre le dessus sur tout le reste - divorce, garde des enfants, jalousies, réconciliation, etc, etc, etc.

Ensuite vient la comédie de bureau, gentillette, mais pas forcément ultra-originale (ce qui n'aide pas, c'est qu'on pense fortement aux Venture Bros à certains niveaux). Puis les sous-intrigues de fond, qui consistent, la plupart du temps, en des scénettes de fin dans lesquelles l'un ou l'autre des méchants teasent des actions menaçantes (pas très intéressant, tout ça).

Et enfin, seulement, les interactions de MODOK avec l'univers Marvel. C'est d'ailleurs bien dommage que ces éléments soient à ce point limités, puisque le meilleur épisode de la saison (ou du moins, le plus drôle à mes yeux), était justement celui de la visite de MODOK à Asgard, et de sa participation à une guerre contre les Kobolds, aux commandes d'un char tiré par deux chèvres idiotes.

C'était déjanté, réussi, et il en va de même pour les scènes de MODOK et d'Iron Man (Jon Hamm), ou encore pour cet épisode centré sur les seconds-seconds-couteaux que MODOK recrute après avoir perdu le contrôle d'AIM.

Le reste de la saison, par contre, finit par être plus inégal, trop centré sur les émotions et le couple de MODOK pour vraiment être efficace. Certes, cela donne lieu à un caméo de Nathan Fillion en Wonder Man (un rôle qu'il "tenait" déjà chez James Gunn) en rival amoureux de MODOK, mais cela apporte aussi des longueurs et des platitudes au récit.

La fin de saison, notamment, après le passage chez Arcade, est assez quelconque, la série tentant de résoudre toutes ses sous-intrigues et de ramener un status-quo logique, mais pas très captivant.

Dans l'ensemble, le programme reste cependant divertissant, et techniquement maîtrisé, tout en étant bourré de fanservice à l'intention des fans de Marvel (sans toutefois atteindre les excès d'un Star Trek : Lower Decks pour la franchise Star Trek).

Et il faut bien reconnaître que certains des éléments plus sentimentaux et familiaux fonctionnent, comme ils peuvent aussi fonctionner ponctuellement dans une sitcom lambda.

De là à encenser la série comme bon nombre de médias outre-atlantique l'on fait... mouais. Le tout était malheureusement trop inégal pour vraiment me convaincre.

Mais peut-être qu'une saison 2, si elle a lieu (c'est loin d'être sûr au moment où j'écris ces lignes), parviendra à un meilleur équilibre entre les différentes facettes de son approche...

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Critiques éclair - Falcon et le Soldat de l'Hiver, saison 1 : épisode 5 et 6 + bilan (2021)

Publié le 24 Avril 2021 par Lurdo dans Falcon, Aventure, Action, Thriller, MCU, Marvel, Review, Critiques éclair, Comédie, Télévision, Fantastique, Science-Fiction, Les bilans de Lurdo, USA

Dernière ligne droite pour cette série Marvel faisant la jonction entre Endgame et la suite du MCU, et un bilan pour le moment inégal : avec 6 épisodes seulement, le moindre problème d'écriture se ressent plus que de mesure, et c'était notamment le cas des deux précédents épisodes signés Derek Kolstad, au rythme, à la caractérisation et à la fluidité un peu brinquebalants...

Pas forcément surprenant, compte tenu de la production compliquée de la série, interrompue par la pandémie, et repensée sur certains points pendant cette pause forcée, mais reste à voir comment la série va retomber sur ces pieds durant ces deux ultimes épisodes, aux enjeux conséquents.

Falcon et le Soldat de l'Hiver, saison 1 (The Falcon & The Winter Soldier : season 1 - 2021) :

- 1x05 : Suite aux actions de Walker, Sam et Bucky l'obligent à rendre son bouclier, avant de retourner en Amérique, pour faire le point. Mais bien vite, les Flag Smashers fomentent une nouvelle attaque, avec l'aide d'un certain Batroc, dépêché par... Sharon Carter.

Un épisode plutôt agréable, qui résout pas mal de thématiques de la saison, tout en mettant en place un final probablement explosif. C'est le calme avant la tempête, en quelque sorte, avec ce que ça a de bon - les échange Isaiah/Sam et Sam/Bucky, le training montage, la scène d'action d'ouverture - et ce que ça a de moins bon - beaucoup de temps consacré à Sam et à sa famille, son bateau, tout ça.

Certes, ce dernier point est inhérent au fil narratif de la série, avec une mise en parallèle évidente entre la reconstruction de Sam et celle de son bateau ; et par ailleurs, le tout est fait avec suffisamment de bonne humeur pour ne jamais devenir trop lourd. Mais il reste tout de même des problèmes de rythme et de structure des épisodes, qui de plus en plus semblent avoir été remontés et ré-articulés à postériori, plutôt que de la manière dont ils avaient été écrits (ce qui est somme toute logique, puisque c'est exactement ce qui s'est produit, COVID-19 oblige).

Cela dit, la série réserve toujours son lot de surprises, au nombre desquels Julia Louis-Dreyfus en Comtesse Allegra de Fontaine (aka Madame Hydra, dans les comic books) qui semble ici jouer le rôle d'Anti-Nick Fury, pour mettre sur pied un anti-Avengers (Les Thunderbolts ? Les Dark Avengers ?).

Ou encore, le retour inattendu de Batroc, apparemment en collaboration avec Sharon Carter, dont les allégeances réelles semblent de plus en plus floues.

Reste à voir ce que les scénaristes nous ont concocté pour le grand final... mais une chose est sûre : le bouclier en toc de l'US Agent ne fera pas long feu !

- 1x06 : Alors que la menace des Flag Smashers se concrétise et que le conseil du GRC est pris en otage, Sam, Bucky, Sharon et Walker convergent tous sur New York, pour un affrontement dans les airs et sur terre...

Un épisode satisfaisant principalement centré sur de l'action plutôt réussie (léger bémol sur le montage un peu cut des scènes d'affrontement rapprochés, cela dit), entre un Falcon qui endosse son nouvel uniforme made in Wakanda, très fidèle au comic-book (un peu trop, peut-être : je ne serais pas surpris de voir Marvel repenser quelques éléments de la tenue, notamment la cagoule, à l'avenir), Walker qui n'a pas encore totalement sombré dans le côté obscur de la Force (mais cela n'est qu'une question de temps, vu son recrutement par "Val"), et Sharon Carter... qui trahit tout le monde.

J'avoue que sur ce dernier point, je reste un peu dubitatif, tant le changement d'attitude de Sharon est radical par rapport à ses premières apparitions à l'écran... mais je n'ignore pas que Secret Invasion se profile à l'horizon, et que les Skrulls peuvent se cacher partout. À l'identique, je ne m'inquiète pas trop du sort de Batroc, qui pourra toujours revenir un jour ou l'autre, en jouant la carte du "j'avais un gilet pare-balles".

Quoiqu'il en soit, l'épisode se déroule à un rythme plutôt soutenu, jusqu'à son segment de conclusion, qui voit un nouveau status-quo plutôt radical : oui, le nouveau Captain America est un Noir à la tenue fabriquée en Afrique, qui descend du ciel tel un ange, préfère la négociation au combat, et est entouré de toute une communauté d'amis et de proches qui le soutiennent au quotidien. On est loin de Steve Rogers, l'homme hors du temps, qui vivait seul dans son appartement et n'avait d'autre ami réel que son compagnon d'armes, Bucky...

Et puis n'oublions pas ce moment touchant, centré sur Isaiah Bradley, qui a enfin droit à une reconnaissance qu'il pensait inespérée.

Après... je ne peux pas nier que toute la série aurait probablement été plus efficace si les motivations des Flag Smashers avaient été mieux définies, dès le début, et s'il n'y avait pas eu tout ce bricolage en post-production. Mais je vais revenir là-dessus dans le bilan saisonnier.

- Bilan saisonnier -

Un peu comme dans le cas de Wandavision, un bilan mitigé positif pour ce Falcon and the Winter Soldier. Et un peu comme pour la précédente série du MCU, si ce bilan n'est pas totalement enthousiaste, c'est en grande partie dû aux conditions particulières du tournage et de l'écriture du programme.

Il fallait s'y attendre : interrompre le tournage à mi-parcours, et repenser une partie de la série en post-production pour éviter potentiellement un sujet trop d'actualité (la pandémie ?) ne pouvait que donner lieu à des épisodes un peu décousus, au montage laborieux (doublage en post-prod oblige) et au rythme bancal.

En effet, si l'on en croit de multiples indices et sources concordantes (y compris au niveau de la production, qui se contredit allègrement - le showrunner confirme qu'une sous-intrigue importante a été coupée et que la série a été restructurée de 8 à 6 épisodes, la réalisatrice nie en bloc), tout ce qui concerne les Flag Smashers et leurs motivations, notamment, semble avoir été en grande partie retravaillé durant la pause COVID : toutes les scènes tournées en Europe de l'Est après la reprise de la production ont ainsi été repensées et/ou redoublées pour faire disparaître certains éléments de l'écran, et d'autres, présents dans les premiers épisodes (les Flag Smashers qui volent des vaccins, Mama Donya qui meurt d'une maladie pulmonaire...) finissent par être effacés/corrigés en cours de route, à grand renfort de dialogues clairement réenregistrés à postériori et montés sur des reaction shots des autres personnages,

On ne saura probablement jamais vraiment dans quelle mesure la deuxième moitié de saison a été réécrite et transformée en post-production, après la "pause" COVID, mais une chose est sûre : cela expliquerait sans problème combien les motivations des Flag Smashers sont floues, leurs actes manquent de logique, et les rebondissements les concernant sont un peu brouillons.

Heureusement, les Flag Smashers ne sont qu'une partie de la série (certes, la partie la plus faible et décousue), et le reste est nettement plus homogène et compétent : la prise de conscience de Sam, la descente aux enfers de l'US Agent, Bucky qui tire un trait sur son passé, les scènes d'action, les effets spéciaux, etc. Et il y a bien sûr la Comtesse, qui semble monter sa propre équipe de super-héros...

Dans l'ensemble, donc, les points forts de la série (notamment son propos sur le racisme systémique et institutionnel) compensent heureusement pour moi ses faiblesses, des faiblesses inhérentes à la production chaotique du programme.

Deux séries MCU, deux semi-réussites, pour le moment, handicapées à un degré ou un autre par la pandémie. J'attends désormais de voir ce que le studio nous offrira lorsqu'il tournera à plein régime, libéré des contraintes de production et d'écriture imposées par la situation actuelle.

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Critiques éclair - Falcon et le Soldat de l'Hiver, saison 1 : épisode 3 et 4 (2021)

Publié le 17 Avril 2021 par Lurdo dans Falcon, Action, Aventure, Thriller, MCU, Marvel, Review, Critiques éclair, Comédie, Télévision, Fantastique, Science-Fiction, Les bilans de Lurdo, USA

Sans atteindre le même niveau d'intérêt que Wandavision, les deux premiers épisodes de Falcon et le Soldat de l'Hiver ont réussi à convaincre, en donnant une suite intrigante à Avengers Endgame, et en ramenant au premier plan le personnage de Zemo, décidément des plus mémorables...

Falcon et le Soldat de l'Hiver, saison 1 (The Falcon & The Winter Soldier : season 1 - 2021) :

- 1x03 : Décidés à retrouver l'origine du nouveau sérum des super-soldats, Sam et Bucky se tournent vers le Baron Zemo (Daniel Brühl), toujours en prison. Un choix qui les amène ensuite à Madripoor, une ville asiatique rongée par la corruption et le crime...

Un épisode qui fait avancer beaucoup de choses, même s'il m'a paru un peu plus décousu et brouillon qu'à l'accoutumée dans son écriture (signée du créateur et scénariste des John Wick).

Probablement parce qu'il avance à une vitesse assez conséquente, sans se laisser le temps de respirer, ou sans laisser le temps à ses personnages d'exister et d'interagir : ici, on passe de l'Allemagne à Madripoor, puis aux Pays de l'Est, avec de multiples scènes d'actions (pas toujours ultra abouties - la fusillade à Madripoor, avec les coups de feu numériques), etc - en fait, ça donne presque l'impression d'un double épisode condensé en un, une fois dégraissé de tout son tissu connectif.

Pas forcément rédhibitoire, puisqu'il reste suffisamment d'éléments intéressants et dynamiques en place (le retour de Sharon Carter, qui ne semble pas dire toute la vérité à ses compères - serait-elle toujours aux ordres de Fury ? Ou est-elle le Power Broker ?) ou amenés progressivement (les véritables motivations des Flag Smashers, l'histoire du sérum, le caméo de fin d'épisode) pour maintenir l'attention du spectateur.

Mais ça reste un peu décevant, et probablement l'épisode que j'ai le moins apprécié depuis le début de la saison.

Heureusement que Zemo danse comme un dieu.

- 1x04 : Alors que la menace des Dora Milaje plane sur Bucky, Sam et Zemo, le trio retrouve Karli Morgenthau et tente de parler avec elle. Mais Walker et son coéquipier interviennent, et c'est le chaos...

Même scénariste que le précédent, et même impression d'un récit un peu trop décousu, et amputé de transitions ou de scènes plus connectives... mais là, ça passe un peu mieux, parce que le tout avance assez bien, et que Zemo reste un électron libre plutôt sympathique.

Dans l'ensemble, globalement, ça allait, entre l'intro au Wakanda (durant laquelle Sebastian Stan se donne totalement), la visite des Dora Milaje, la frustration croissante de l'US Agent, et la conclusion de l'épisode, logique et joliment sanglante.

Le tout saupoudré de Zemo qui manipule à droite et à gauche, en conservant un flegme assez imparable.

Reste que le problème de cette saison, pour l'instant, ce sont les Flag Smashers : je ne sais pas si c'est dû à un manque de charisme global, à un flou trop longtemps entretenu sur leurs motivations, et à une interprétation inégale (peut-être un peu des trois), mais les Flag Smashers peinent à convaincre en tant que réelle menace. Et comme de nombreuses scènes de dialogues sont ici consacrées à Karli et à ses doutes, ça tire un peu le tout vers le bas.

Bref, un épisode un peu inabouti, à nouveau, mais moins que le précédent, et qui avance nettement sur de multiples fronts. Les deux derniers épisodes de la saison devraient s'avérer plus qu'intéressants.

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Critiques éclair - Falcon et le Soldat de l'Hiver, saison 1 : épisode 1 et 2 (2021)

Publié le 10 Avril 2021 par Lurdo dans Falcon, Action, Aventure, Thriller, MCU, Marvel, Review, Critiques éclair, Comédie, Télévision, Fantastique, Science-Fiction, Les bilans de Lurdo, USA

Après la première saison de Wandavision, un coup d'essai réussi mais auquel le tourbillon de spéculations du web a fini par faire du mal, place à la nouvelle série du MCU, une série emboîtant directement le pas à Avengers Endgame, et centrée sur Sam Wilson et Bucky Barnes, pour un programme plus axé sur les buddy movies d'antan...

Falcon et le Soldat de l'Hiver, saison 1 (The Falcon & The Winter Soldier : season 1 - 2021) :

- 1x01 : Alors que le monde peine à se remettre du Blip et de l'absence de Capitaine America, Bucky Barnes (Sebastian Stan) et Sam Wilson (Anthony Mackie) tentent de retrouver une vie normale, et de sortir de l'ombre du héros défunt. Le premier est ainsi en thérapie imposée par le gouvernement, tandis que le second, lui, continue d'aider les autorités à traquer des terroristes, avec l'aide de Joaquin Torres (Danny Ramirez), de l'Air Force. Mais bientôt, la menace d'un nouveau groupe terroriste, les Flag Smashers, se fait de plus en plus pesante...

Un épisode de mise en place au ton plus sombre et plus dramatique que la moyenne des métrages Marvel : en reprenant juste après Endgame, la série fait le choix de faire le point sur le monde post-Blip, un monde qui, visiblement, est plus tendu et chaotique que jamais, avec des menaces terroristes inédites qui surgissent à droite et à gauche.

Ce qui donne lieu à une ouverture dans l'action, façon James Bond, qui voit Falcon affronter les troupes de Batroc en Tunisie : c'est spectaculaire, digne d'un long-métrage, et ça permet de donner au spectateur une bonne dose d'action, avant de retourner vers quelque chose de plus posé.

En l'occurrence, Sam, qui d'un côté peine à aider financièrement sa sœur, et de l'autre renonce à l'héritage de Cap en offrant le bouclier de ce dernier au Smithsonian ; et en parallèle, Bucky, en pleine thérapie, qui tente de faire amende honorable auprès de ses anciennes victimes, et de retrouver une vie "normale".

Pour l'instant, les deux hommes sont encore séparés, et évoluent en parallèle. Mais nul doute que l'arrivée des Flag Smashers (apparemment dotés de super-pouvoirs) et celle de l'US Agent (désigné par le gouvernement comme remplaçant de Cap, et héritier de son bouclier) vont rapidement changer la donne.

- 1x02 : Toujours à la poursuite des Flag Smashers, Sam reçoit l'assistance inattendue de Bucky, qui lui reproche d'avoir abandonné le bouclier de Cap au gouvernement. Et justement, le nouveau Captain America (Wyatt Russell) intervient pour les aider, alors même qu'ils sont confrontés à des terroristes aux pouvoirs surhumains, dignes d'un super-soldat.

Un second épisode des plus intrigants, puisqu'il joue ouvertement la carte de la nuance, à la fois au niveau des réactions de Sam (qui analyse et prend toutes les situations avec du recul) qu'au sujet de tous ses personnages secondaires, ce qui déjoue un peu les attentes du spectateur.

John Walker, l'US Agent ? Un militaire doué, mais tout ce qu'il y a de plus normal, et fidèle à son drapeau. Les Flag Smashers ? Des terroristes super-soldats un peu dépassés par les événements, qui volent des ressources médicales pour les apporter à des camps de réfugiés, et qui semblent agir en contact avec un mystérieux Power Broker (et qui reçoivent des menaces par texto ?). Zemo ? Toujours en prison, et donc loin de toute cette agitation.

Et en établissant des parallèles évidents entre Walker et Steve Rogers (un sidekick afro-américain, un patriotisme sans faille, une volonté de bien faire, les relations publiques que son nouveau titre entraîne, et même la réutilisation du thème Star-Spangled Man en mode marching band), le show évite de placer le Cap 2.0 en position d'antagoniste direct (même si la menace persiste çà et là) : une décision intelligente pour brouiller les pistes à de multiples niveaux.

Le tout dans un épisode plus léger, aidé par les disputes constantes de Sam et Bucky, par une jolie scène d'action sur le toit de deux camions, et par l'apparition inattendue d'Isaiah Bradley (Carl Lumbly), aka le Black Cap des comic books, un super-soldat noir utilisé par le gouvernement américain durant la guerre de Corée.

De quoi remettre une nouvelle fois la race de ses protagonistes sur le devant de la scène, tout comme le rappelle au passage l'intervention des policiers lors d'une dispute publique entre Sam et Bucky, lorsque les officiers s'en prennent immédiatement à Falcon et traitent Bucky comme une victime sur la simple base de la couleur de leur peau respective.

Efficace, et je me demande comment Zemo va s'intégrer à tout ça - si ce n'est en révélant de nouveaux secrets relatifs aux expériences sur les super-soldats aux deux héros.

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Critiques éclair - Wandavision, saison 1 : épisodes 1x09 + bilan (2021)

Publié le 13 Mars 2021 par Lurdo dans Action, Comédie, Critiques éclair, Drame, Fantastique, Les bilans de Lurdo, MCU, Marvel, Disney, Review, Romance, Science-Fiction, Télévision, Thriller, USA, Sitcom, Wandavision

Ultime épisode de la saison 1 de Wandavision, après des épisodes 7 et 8 lourds en révélations en tous genres...

Wandavision, saison 1 (2021) :

- 1x09 :  Alors que Wanda et Agatha s'affrontent, le SWORD libère White Vision, une version de Vision dénuée de conscience afin de prendre d'assaut Westview... 

Hmm... un fin de saison qui, amha, a certainement dû diviser les spectateurs.

Exit en effet l'artifice de la sitcom et de l'humour, qui laisse ici place à un final typiquement Marvel, pour le meilleur et pour le pire : à savoir un déluge d'effets spéciaux, un ton plus sérieux et deux duels finaux opposant longuement Wanda/Agatha et Vision/White Vision.

Peut-être trop longuement, honnêtement, même si le duel des Vision trouve une conclusion astucieuse et efficace prenant l'idée de conflit à contre-pied, et que celui des sorcières débouche sur la naissance officielle de la Scarlet Witch. Et "trop longuement", car il reste toujours un certain problème inhérent à la manière dont la sorcellerie a été amenée et présentée à l'écran - un côté kitschouille et un peu hors-sujet dans cet univers Marvel très scientifique (même les Pierres d'Infinité ont toujours été présentées avec des atours scientifiques plus que mystiques), qui en rebutera plus d'un, comme j'ai pu le constater dans mon entourage.

Et donc, si l'on n'accroche pas à ce mysticisme sauce Marvel (ou du moins, à ces sorcières assez clichées, visuellement parlant), le gros affrontement Wanta/Agatha pourrait bien frustrer.

Pourtant, il y a plein de bonnes choses dans ce final : le duel des Visions, notamment, mais aussi le côté Incredibles de la cellule familiale Wandavision, toute la résolution de l'épisode (assez triste du point de vue de Wanda, et avec un très joli dialogue d'adieux entre elle et Vision), les deux scènes post-générique, la porte ouverte au retour d'Agatha ("- Tu n'as aucune idée de ce que tu viens de déclencher, tu auras besoin de moi... - Si c'est le cas, je saurai où te trouver.") et de manière globale, la conclusion douce-amère de toute la saison.

Mais (sans même m'aventurer dans les théories abracadabrantesques échafaudées par de nombreux internautes) je mentirais en disant que je m'attendais à un peu plus. Un peu moins de baston, un peu plus de surprises, en somme.

Après, il faut aussi prendre en compte le fait que le tournage de la fin de saison a été interrompu pendant six mois par la pandémie, et que le tout s'est, de l'aveu de la showrunneuse et du réalisateur, nettement répercuté sur la disponibilité de certains acteurs (je pense notamment à Kat Dennings, qui n'a que trois secondes d'apparition dans ce final) et sur l'écriture de certaines sous-intrigues (il a notamment mentionné une scène n'ayant pas pu être finalisée, sur Darcy, les enfants, Monica et Ralph tentant de récupérer le grimoire, et confrontés au lapin démoniaque d'Agatha)...

Bilan saisonnier :

Entre la diffusion de ce final, et la rédaction de ce bilan saisonnier, une petite semaine s'est écoulée, et j'ai eu le temps de faire le point sur cette saison de Wandavision - ainsi que de prendre connaissance de la réaction globale du web et des critiques...

Et sans surprise, je me rapproche plus de l'avis des critiques que de celui des fanboys hardcore les plus outrés par cette fin de saison ; mon bilan saisonnier, malgré quelques réserves que je pourrais émettre sur le rythme global du début de saison, et sur la conclusion de celle-ci (encore une fois, je ne suis pas très fan du côté sorcellerie basique d'Agatha, un peu trop cheesy à mon goût, et qui aurait mérité plus de nuance), s'avère donc globalement assez positif.

Alors bien sûr, ça aide que je ne me sois pas totalement pris au jeu de la théorisation à outrance, comme bon nombre de pseudo-analystes du web qui voyaient dans le moindre élément de décor une preuve que Marvel avait laissé des couches et des couches d'indices sur la véritable nature de tout ça, sur la présence de Mephisto, de Reed Richards, de Magneto, etc...

Il fallait s'y attendre, compte tenu de la nature adaptative du média, de l'histoire chargée des personnages, des conditions ultra-connectées d'un public en pleine pandémie, et du caractère roublard de Marvel, qui a multiplié les fausses pistes (AIM, le Beekeeper, Mephisto, etc).

Mais comme souvent, les fans mélodramatiques n'ont pas su maîtriser leurs attentes et faire preuve de modération - persuadés que le programme leur appartient et décidés à prouver qu'ils sont plus intelligents que le scénaristes en théorisant à outrance, ils se sont sentis trahis, alors que l'évidence était clairement là dès le pilote : pour son premier réel coup d'essai à la télévision, Marvel n'allait pas non plus se lancer dans une exploration complète du multivers, de l'Enfer façon Marvel, ni partir dans des délires imbitables et trop excentriques (à la Legion) ou introduire tout un pan de l'univers mutant.

Entendons-nous bien : Marvel aurait pu le faire. Le studio aurait très bien pu surcharger son programme de fanservice correspondant plus ou moins à toutes les théories en vogue sur le web, et on aurait pu sortir de Wandavision avec un univers Marvel bouleversé, fragmenté par le deuil de Wanda, fusionnant diverses continuités cinématographiques, et transformant une part de l'humanité en mutants.

Tout cela bouclé en 50 minutes, dans un épisode au budget limité et à la production handicapée par le coronavirus (la post-production du final s'est achevée moins de deux semaines avant sa diffusion !!), et dans une série qui n'atteindra jamais le même nombre de spectateurs qu'un film du MCU.

Ça aurait pu se faire, mais est-ce que ça aurait vraiment été judicieux ou pertinent, en tout début de Phase 4, (sans même parler du côté commercial) ?

Non, la série était clairement centrée sur Wanda et son traumatisme, et c'est à cette échelle que le tout devait se terminer, pas à un niveau galactique ou "multiversel". Le sujet de la série, c'est le deuil de Wanda, un deuil multiple (elle perd aussi ses enfants) finalement traité de manière plutôt convaincante et réussie, et porté par une interprétation excellente de toute la distribution.

Mais je dois bien avouer que, quelque part, je comprends aussi les fans les plus déçus : moi aussi, je me suis laissé piéger par Pietro ; un Pietro déjà bien desservi par la chronologie du MCU, et qui aurait pu servir de porte d'entrée au multivers et à l'intégration des Mutants dans cet univers, d'une manière ou d'une autre.

Là aussi, Marvel a joué la carte de la fausse piste et du clin d'œil (un peu comme avec Mysterio dans le dernier Spider-man !), en faisant de ce Pietro un acteur ensorcelé par Agatha... dommage, mais pas forcément rédhibitoire (d'autant qu'au final, on ne connaît pas la véritable identité de Ralph Boehner - qui est apparemment le nom de son personnage dans la bulle de Wanda... mais pas forcément son nom réel). Je regrette tout de même que l'on n'ait même pas eu un caméo d'Aaron Taylor-Johnson à un moment ou un autre... ou que White Vision n'ait pas eu, par exemple, la voix de James Spader.

C'est surtout ça qui frustre les fans, je pense : quelques occasions manquées, qui auraient pu donner une dimension supplémentaire à une série certes déjà assez chargée en thématiques sérieuses et en excentricités. Mais en toute honnêteté, ces éléments n'auraient été guère plus que du fanservice de niche, soit tout le contraire de ce que ce genre de programme devrait accomplir.

Marvel n'allait clairement pas introduire la notion de multivers ou de mutants dans une série Disney + ; le studio va clairement conserver de tels bouleversements pour ses longs-métrages, comme le Docteur Strange 2 en cours de tournage, et se servir des séries comme d'un tissu connectif permettant de développer des personnages sous-utilisés (après, il n'est pas impossible que les éléments de Wandavision soient mentionnés et aient une importance ou des répercussions ultérieures).

Et une fois ce côté fanboy frustré mis de côté, force est de constater que pour un coup d'essai télévisuel (qui plus est produit en pleine pandémie), Wandavision est plutôt réussi et ouvre des portes inattendues, là où le fan en attendait d'autres.

De manière plus globale, enfin, le coronavirus aura à la fois été un avantage et un obstacle pour Marvel, en obligeant le studio à se recentrer sur ses projets Disney + pour amener en douceur sa nouvelle phase (et les concepts qui l'accompagneront)... et ce n'est pas fini (je pense que, plus que la série du Faucon, celle sur Loki devrait ouvrir d'autres portes encore plus improbables).

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Les bilans de Sygbab - Marvel : Les Agents du SHIELD, saison 7 (2020)

Publié le 7 Mars 2021 par Sygbab dans Action, Aventure, Critiques éclair, Fantastique, Comédie, Marvel, MCU, Review, Science-Fiction, Télévision, USA, ABC, Les bilans de Sygbab

Après le changement de format de la saison 6, l'intégrale Agents of SHIELD de Sygbab touche enfin à sa fin, en même temps que la série...

Marvel : Les Agents du SHIELD, saison 7 (Marvel's Agents of SHIELD, season 7 - 2020) :

Bien décidés à empêcher l'invasion de la Terre, Coulson et son équipe remontent le temps pour tenter d'intercepter les Chromicons et d'empêcher ces derniers d'altérer l'histoire établie à leur profit...

Alors que les Chromicons étaient presque en arrière-plan lors de la précédente saison, leur volonté de faire de la Terre leur nouvelle planète d'accueil devient le fil rouge de cette nouvelle année. Leur stratégie pour accomplir cette mission sans s’engager dans un conflit ouvert est ambitieuse : en altérant la ligne temporelle, ils souhaitent se débarrasser du S.H.I.E.L.D. car visiblement, ce serait la seule organisation susceptible de les gêner dans l'atteinte de leur objectif...

L'enjeu est de taille, ce qui oblige donc nos héros - presque ordinaires mais pas tous humains - à être une fois de plus sur le pont pour préserver ce pour quoi ils se sont battus. Il y a de quoi être sceptique car le concept est casse-gueule, d'autant que jusqu'à présent, les voyages dans le temps n'ont pas été gérés au mieux dans la série. Or, de manière assez miraculeuse - ou dans un sursaut d'orgueil -, l'équipe créative décide enfin d'adopter un ton plus léger en proposant des épisodes qui se distinguent en grande majorité les uns des autres, même si la trame de fond est toujours présente.

Le prétexte est assez malin : afin de suivre les Chromicons dans le passé, la fine équipe embarque dans le Zephyr, amélioré pour l'occasion par Enoch, Fitz et Simmons dans le futur. Doté de technologies très avancées, il permet de localiser l'époque et le lieu où seront leurs ennemis, avec toutefois un défaut majeur : les sauts temporels peuvent intervenir à tout moment à cause d'un dysfonctionnement.

Enoch en est d'ailleurs victime dès le deuxième épisode, se retrouvant seul en 1931 car il n'a pas pu monter à temps dans le vaisseau. Il réintègre l'équipage près de 40 ans plus tard, alors qu'il aurait pu retrouver ses compagnons d'infortune dès 1955, mais ces derniers étaient trop occupés à se servir de lui comme relais téléphonique plutôt que de le localiser. Ce comique de répétition présent dans le 7.04 Out of the Past est bien senti, et c'est l'une des rares fois où Enoch s'approche de l'exaspération.

Cet épisode a la particularité d'être tourné en noir et blanc - ce qui lui donne un certain cachet - et de réécrire la mort de Daniel Sousa, figure déjà connue dans cet univers par le biais du spin-off centré sur Peggy Carter. Apparu dans le 7.03 (dans lequel il démasque Simmons qui se faisait passer pour la célèbre agente du SSR), il devient malgré lui membre de l'expédition qui doit garantir un futur dont il n'est pas censé faire partie.

Son arrivée est une bonne idée car il est issu d'une époque où les méthodes sont différentes et cela rend savoureuses ses interactions avec ses nouveaux collègues. Il sait se rendre utile, sauve Daisy d'un mauvais pas, et donne l'impression d'avoir toujours été là. De la même manière, sa relation naissante avec Daisy semble couler de source. Une vraie réussite, grâce au charisme et au jeu sobre d'Enver Gokaj, très bon dans le rôle.

Pendant qu'il apprend à s'adapter, d'autres doivent composer avec le passé. C'est le cas de Mack et Deke, qui restent bloqués plusieurs mois en 1976. Le 7.07 The Totally Excellent Adventures of Mack and the D raconte leurs déboires et se transforme rapidement en festival de références croustillantes avec des Chromicons reconstruits façon Short Circuit ou encore Coulson emprisonné dans une télé et doté d'un avatar à la Max Headroom.

C'est également l'occasion de voir le Deke Squad, une belle brochette de bras cassés rassemblés dans l'optique de reconstruire le S.H.I.E.L.D. De prime abord, Mack a de sérieux doutes sur le bien-fondé de l'opération et en fait part à son comparse sur un ton virulent, avant de s'apercevoir que celui qu'on pourrait considérer comme le boulet de service s'occupe régulièrement de son alter-ego plus jeune.

C'est le début de la réhabilitation du personnage de Deke, beaucoup plus supportable quand sa sensibilité et son altruisme sont mis en avant, et qui trouvera une conclusion satisfaisante à l'approche du final en restant dans cette nouvelle chronologie pour que ses amis puissent retrouver la leur.

Il était évident que toutes ces incursions dans le passé finiraient par chambouler le déroulement de certains évènements, et ce dès le début puisque la première action des Chromicons est de prévenir Wilfred Malick de sa déchéance à venir afin d’accélérer la prise de pouvoir d'Hydra. Le débat est vif : faut-il le tuer ? Mack s'y oppose fermement, mais Daisy va à l'encontre de ses directives en demandant à Deke de l'éliminer. Celui-ci ne peut s'y résoudre mais finit par prendre cette lourde responsabilité bien plus tard, alors que Freddy est bien établi à la tête du S.H.I.E.L.D et d'Hydra.

Outre les implications morales de ce choix, les conséquences sont catastrophiques car cela donne de bonnes raisons à Nathaniel Malick - encore en vie dans cette ligne temporelle - de s'allier aux Chromicons et d'appliquer le fameux adage Discovery requires experimentation de Whitehall pour s'approprier les pouvoirs de Daisy. Cette variation intéressante est rendue possible par la volonté des scénaristes de revisiter la série, et il s'avère être un adversaire très dangereux.

Pour pimenter le tout, ll se rend à Afterlife pour disposer des inhumains à sa guise et surtout pour convaincre Kora de rejoindre sa cause. Il s'agit ni plus ni moins de la sœur de Daisy et la confrontation qui s'annonce est un crève-cœur pour cette dernière car l'occasion de reconstruire sa famille - sans son père toutefois puisque Calvin est aux abonnés absents - fait long feu : Jiaying meurt également dans cette ligne temporelle, alors qu'elle n'était pas aveuglée par une haine sans limite et qu'elle avait aidé Yo-Yo à retrouver ses pouvoirs en identifiant la cause comme étant psychologique et non physiologique.

En revanche, le pouvoir de Kora qui consiste à manipuler l'énergie est un peu fourre-tout : elle peut créer des rayons surpuissants qui détruisent tout sur leur passage, redonner la vie, et même servir d'amplificateur pour n'importe quel signal... Ce dernier point est d'une importance capitale dans le final puisqu'elle diffuse aux Chromicons le don d'empathie dont May s'est retrouvée nouvellement dotée depuis qu'elle est elle aussi revenue à la vie (même si sa mort fut de courte durée).

C'était donc le grand plan de Fitz et Simmons, qui n'ont vu qu'une seule solution après avoir longuement étudié toutes les possibilités qui s'offraient à eux : foutre la timeline en l'air dans le but que Kora donne des émotions à leurs adversaires au dernier moment pour les inciter à rendre les armes, tout en s'assurant que leurs camarades survivent afin qu'ils puissent utiliser le voyage quantique pour retourner dans leur chronologie...

Il y a des réminiscences d'Avengers Endgame dans tout ça, mais c'est encore plus tiré par les cheveux. Tout au plus peut-on admettre qu'il était effectivement préférable que Simmons ne puisse pas se souvenir des détails, sinon elle aurait eu des migraines au quotidien, tout en se demandant comment un plan aussi précis a pu se dérouler comme prévu sans qu'elle puisse donner de directives.

Même si Fitz est un génie - miraculé, les séquelles apparues suite à son séjour au fond de l'océan ont vite été évacuées de la série - et qu'il a disposé de plusieurs années pour étudier le timestream (suffisamment pour avoir une fille avec Gemma), c'est tout de même étrange qu'il ait pu entrevoir ce que Sybil n'a pas prédit avec le même outil, alors qu'elle le maîtrise à la perfection depuis bien plus longtemps. En l'état, les explications données ne sont pas vraiment convaincantes, mais il faut malheureusement s'en contenter.

Reprogrammé à cette occasion pour protéger le secret de Gemma quel qu'en soit le prix, Enoch est prêt à tuer pour suivre ses instructions. Il le fait d'ailleurs à plusieurs reprises, sans que cela soit définitif puisque le 7.09 As I Have Always Been est un exercice de style bien connu, un Groundhog Day (jour sans fin) bien tenu dans lequel il se sacrifie en donnant de son plein gré une pièce qui fait partie intégrante de sa machinerie pour réparer le Zephyr. Même si la résolution est un peu facile (les personnages nous y préparent en répétant à plusieurs reprises le terme Phlebotinum dans l'épisode), cela offre une belle sortie au personnage, qui fait là ce qu'il y a de plus humain.

Pour les autres protagonistes, le final fait un tour d'horizon du devenir de chacun lors d'une réunion virtuelle : May est professeur dans une académie nommée en hommage à Coulson, Leo et Gemma se sont retirés et construisent leur vie de famille, Mack est toujours directeur et compte Yo-Yo dans son équipe, et Daisy continue à explorer l'espace en compagnie de Kora et Sousa, probablement au sein de l'organisation S.W.O.R.D. sans toutefois que cela soit mentionné.

Des fortunes diverses qui semblent parfois imposées (le cas de May est le meilleur exemple) mais qui confèrent une note positive à cette conclusion. Quant à Coulson, il profite de la vie et peut s'envoler une dernière fois avec une nouvelle version de L.O.L.A., histoire de rappeler qu'il a la classe en toutes circonstances.

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Critiques éclair - Wandavision, saison 1 : épisodes 1x07-08 (2021)

Publié le 6 Mars 2021 par Lurdo dans Review, Critiques éclair, Comédie, Sitcom, Télévision, Fantastique, Romance, Drame, Action, Thriller, Science-Fiction, Les bilans de Lurdo, USA, Disney, MCU, Marvel, Wandavision

La saison 1 de Wandavision continue sur une belle lancée, se rapprochant progressivement de sa conclusion, une conclusion au potentiel certain...

Wandavision, saison 1 (2021) :

- 1x07 : Alors que l'univers télévisuel qui l'entoure se rapproche lentement du présent, Wanda commence à perdre le contrôle de cette réalité improbable ; à l'extérieur, Monica et ses collègues conçoivent un moyen de pénétrer dans la bulle de Wanda, pour tenter d'y retrouver Darcy...

Les choses se décantent dans l'univers de Wandavision, pour un épisode parodiant les sitcoms 2000 façon Modern Family et The Office, avec interviews et réactions face caméra des protagonistes.

Et ça fonctionne plutôt bien, même si l'intrigue de fond prend progressivement le dessus sur l'hommage à l'univers des séries, avec des sous-intrigues qui convergent progressivement vers quelque chose de plutôt intéressant, entre Darcy et Vision qui font le point, Monica qui évolue en Photon, et Wanda qui perd progressivement pied, au grand dam de ses deux fils.

Sans oublier ce grand reveal final, qui confirme ce que l'on pouvait deviner si l'on connaissait déjà un peu le monde des comics : Agnes (Kathryn Hahn) est Agatha Harkness, une sorcière aux pouvoirs menaçants, capable d'influencer Wanda (joli générique/séquence de fin inspirée des Munsters, d'ailleurs) et responsable de bien des événements dans cette série.

Ce qui fait donc d'elle la grande méchante du programme... en théorie.

Car je ne vois pas Marvel innocenter ainsi Wanda de ses actions, et je ne serais pas surpris, par exemple, qu'Agnes soit une création pure et simple du subconscient de Wanda, incapable d'admettre qu'elle soit elle-même la méchante de sa propre histoire. Ou bien qu'Agatha, réalisant l'ampleur des pouvoirs de Wanda, ait décidé d'endosser ce rôle de méchante et d'aiguiller Wanda au fil du temps, dans sa bulle, pour l'amener à prendre conscience de ses actes et de leur valeur (im)morale, afin qu'elle finisse par mettre fin à Wandavision. Ou encore qu'elle soit une sorcière possédée par une entité malfaisante que l'on retrouverait ultérieurement dans Doctor Strange 2, par exemple.

En somme : je ne prends pas forcément ce qu'on a vu ici au premier degré, et je m'attends à ce que Marvel ait encore un ou deux atouts et retournements de situation dans sa manche.

- 1x08 : Aux mains d'Agatha, Wanda est contrainte de revivre les pires moments de son existence, alors que la sorcière tente de comprendre comment la jeune Sokovienne a bien pu donner naissance à Westview...

Un épisode nettement plus sérieux et dramatique, chargé en mythologie, qui revisite le passé de Wanda pour lui apporter un nouvel éclairage, et réécrire son histoire : si elle est devenue ce qu'elle est, et si elle a pu maîtriser les pouvoirs de la Pierre de l'Esprit, c'est qu'elle est naturellement dotée de capacités magiques (mutante ?), qui ont été amplifiées par la Pierre.

Un pas de géant de Marvel en direction de son pan le plus surnaturel, quitte à verser par moments dans une imagerie un peu kitschouille : toute l'intro de l'épisode, en mode "Sorcières de Salem", dure un peu trop longtemps pour son propre bien, et la conclusion, avec Agatha qui vole dans un costume façon Hocus Pocus, ne fonctionne pas totalement à mes yeux (on pourra toujours arguer que, puisque tout se déroule toujours à Westview, c'est une vision qu'à Wanda de la sorcellerie et des sorcières tout droit héritée de Ma Sorcière Bien-aimée).

Cela dit, j'avais raison - Agatha n'est pas vraiment la Grande Méchante de cette histoire, et Marvel ne s'est pas dégonflé : oui, Wanda a créé spontanément la bulle de Westview, elle en est la seule responsable, et elle devra faire face aux conséquences. Et quelque chose me dit qu'une fois toute cette affaire terminée, une fois que Wanda aura rejoint Strange pour apprendre à maîtriser ses pouvoirs, on pourrait bien revoir Agatha en tant qu'alliée, dans le camp du bien.

Ah, oui, dernier détail de cet épisode un peu plus long (43 minutes), mais qui fait plaisir : le costume final de la Scarlet Witch, entraperçu lorsque Wanda et la Pierre de l'Esprit entrent pour la première fois en contact.

(reste désormais un unique épisode, qui devrait être chargé en affrontements et en ultimes rebondissements...)

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Les bilans de Sygbab - Marvel : Les Agents du SHIELD, saison 6 (2019)

Publié le 28 Février 2021 par Lurdo dans Action, Aventure, Comédie, Critiques éclair, Fantastique, Les bilans de Sygbab, Marvel, MCU, Review, Science-Fiction, Télévision, USA, ABC

Après une saison 5 assez mitigée, l'intégrale Agents of SHIELD de Sygbab se poursuit et s'approche de sa conclusion...

Marvel : Les Agents du SHIELD, saison 6 (Marvel's Agents of SHIELD, season 6 - 2019) :

Un an après la mort de Coulson, le SHIELD se reconstruit lentement sous la direction de Mack ; de leur côté, Daisy, Jemma et les autres tentent de retrouver Fitz, perdu dans l'espace dans une stase cryogénique...

Cette saison se démarque tout d'abord par son format plus court que les précédentes, puisqu'elle est dotée de seulement 13 épisodes au lieu des 22 habituels sur les grands networks américains. Cela présente normalement deux avantages : une réduction des coûts d'ensemble qui permettent éventuellement d'investir un peu plus dans les effets spéciaux, et une intrigue qui va à l'essentiel.

Ce qui se traduit d'ailleurs à l'écran par (enfin) des scènes en extérieur (après la claustrophobie extrême de la saison 5, ça fait du bien de voir la lumière du jour), et quelques plans dans l'espace un peu plus réussis même si ce n'est pas non plus extraordinaire. L'écriture, quant à elle, est parfois assez bancale - ce qui n’a plus rien d’étonnant.

Trop d'éléments reposent sur une suspension d'incrédulité accrue, à commencer par la recherche de Fitz qui pose plusieurs problèmes majeurs. Le premier est évidemment le paradoxe temporel que cela crée : cette version de Léo est celle qui est cryogénisée à bord du vaisseau d'Enoch afin de pouvoir sauver ses amis dans le futur.

Plutôt que de s'embarrasser à répondre à des interrogations légitimes, seul la théorie du multivers de Deke est avancée comme explication, cette dernière partant du principe que chaque choix engendre une dimension parallèle dans laquelle les évènements se déroulent d'une manière différente. C'est un peu tiré par les cheveux mais c'est le lot des voyages temporels.

L'autre point à relever concerne la gestion des voyages interstellaires : en l'espace d'un an, l'équipage constitué autour de Simmons et Daisy a parcouru la totalité de la galaxie, et le retour de l'Inhumaine sur Terre est très rapide. Visiblement, le S.H.I.E.L.D. a réussi à développer une technologie plus efficace que le warp...

Que la Lighthouse dispose d'une certaine richesse de connaissances est une chose, mais il est difficile de croire que l'agence se soit restructurée en si peu de temps alors qu'elle était considérée comme une organisation terroriste et qu'elle n'avait plus de soutiens politiques.

Alors que cela atténue également l'impact de sa mort lors du final de la saison 5, Il faut cependant reconnaître que les scénaristes réussissent à compenser en rendant le personnage de Fitz jaloux de lui-même puisqu'il a raté beaucoup de moments importants, surtout son propre mariage.

C'est amusant de le voir considérer qu'il ne sera jamais le premier mari de Gemma, et de s'enquérir de la nuit de noces. Cette révélation est amenée de manière intéressante grâce au 6.06 Inescapable, dans lequel les deux tourtereaux partagent une prison mentale créée par les Chronicoms, qui voient en ces deux Terriens une possibilité d'inventer une machine temporelle leur permettant de sauver leur planète.

Ce dernier est construit pour jouer sur leurs peurs et leurs doutes, exacerbe certaines tensions, et met surtout en avant le lien qui les unit. C'est appréciable de constater que l'aspect feuilletonnesque est enfin associé à des épisodes sortant un peu de l'ordinaire, même si ce n'est pas toujours réussi.

C'est le cas du 6.03 Fear and Loathing on the Planet of Kitson qui ressemble à du Farscape au rabais avec des personnages qui délirent sous l'influence d'une drogue hallucinogène, ou du 6.04 Code Yellow qui a la mauvaise idée d'être centré sur Deke, patron richissime d'une start-up dont toutes les idées ont été volées.

Cela prouve une fois de plus l'incompétence du S.H.I.E.L.D., si toutefois c'était encore nécessaire. Avoir laissé Radcliffe s'approprier la Framework par le passé n'a visiblement pas servi de leçon, personne n'a imaginé qu'il était dangereux qu'une autre personne connaissant l'existence de cette technologie soit dans la nature, sans autre surveillance qu'un agent infiltré pour garder un oeil sur lui.

Un dispositif qui ne sert d'ailleurs à rien puisque même Mack - le nouveau patron, faut-il le rappeler - ne semble pas au courant des agissements du petit-fils de Fitz et Simmons. Quant à ses motivations pour avoir monté sa compagnie en monnayant des idées qui appartiennent en grande partie à son grand-père, elles ne sont pas convaincantes.

Il se plaint d'être mal aimé et d'avoir perdu tous ses repères car le monde dans lequel il vivait n'existe plus, mais ce n'est pas évident de s'en émouvoir dans la mesure où le personnage est ouvertement écrit comme un boulet insupportable, et ce depuis son apparition dans la saison précédente. Il oublie également qu'il a commencé par trahir ceux qu'il considère aujourd'hui comme sa famille...

Dans la lignée des choix étranges, on peut se demander s'il était utile de faire réapparaître Coulson sans que ce soit vraiment lui, alors que sa mort est encore fraîche dans les mémoires. C'est presque de l'acharnement thérapeutique envers les différents protagonistes, qui doivent faire face à un individu qui a le même visage, la même voix, mais qui est un tueur sans vergogne et dont l'enveloppe corporelle contient en réalité une entité venant d'une autre dimension, dotée de surcroît de pouvoirs immenses...

L'idée était visiblement de proposer un personnage aux antipodes de Coulson pour souligner l'ironie de la situation, mais c'est abordé sous un angle beaucoup trop sérieux et les tentatives pour nous faire croire qu'il reste quelques traces de l'ancien directeur ne fonctionnent pas. Quant à ses acolytes, ils peinent à exister, ce qui n'est pas étonnant puisque même l'étape de la caractérisation n'est pas franchie.

L'effet est raté, à tel point que la perspective de revoir Coulson en tant qu'androïde qui possède sa mémoire semble nettement plus intéressante.

Toutefois, l'explication de l'origine de Sarge - puisque c’est le nom de ce « double » - est reliée aux monolithes. Les propriétés de deux d'entre eux étaient déjà connues (un portail spatial pour l'un et temporel pour l'autre), le troisième serait celui de la création. C'est pour les retrouver qu'Izel traverse la galaxie et qu'elle veut aller sur Terre, après avoir tenté sa chance sur Chronyca-3, la planète des Chromicons.

Ce sont les deux fils rouges, bien que celui des Chromicons soit un peu plus secondaire car il sert surtout à établir le cliffangher du dernier épisode, qui donne une nouvelle orientation pour la saison finale. L'accent est plus mis sur la quête d'Izel, entité non corporelle provenant d'un royaume où ont été créés les monolithes.

Développer cette partie de la mythologie part d'une bonne intention, mais comme souvent l'exécution n'est pas au rendez-vous. Son pouvoir de possession, lié à sa nature, est redondant par rapport à Hive. La seule différence, c’est qu’elle a aussi donné cette capacité aux Shrike, créatures qui transforment leurs hôtes en zombie…

La belle aubaine pour faire des référence à Romero et se dédouaner en faisant des personnages des porte-paroles pour dire : "Hé, mais après tout, pourquoi pas, vu qu'on ratisse large et qu'on ne cherche plus à essayer de trouver un sens à tout ça".

Dans sa structure, cette saison ne ressemble pas aux autres, elle ne peut pas vraiment être comparée sur les mêmes critères. Dans l'intervalle, il faut noter les efforts consentis pour relancer l'intrigue, même si tout est loin d'être parfait.

Il y a encore trop de facilités, et ces constants changements de direction n'aident pas à donner l'impression d'une grande cohésion interne malgré un nouveau « toutéliage ». En revanche, pour une fois, les évènements de la saison suivante semblent devoir se dérouler dans la foulée, sans avoir besoin de recourir aux ellipses habituelles.

Espérons qu'elle offre une conclusion satisfaisante à une série plus que chaotique.

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Critiques éclair - Wandavision, saison 1 : épisodes 1x05-06 (2021)

Publié le 27 Février 2021 par Lurdo dans Review, Critiques éclair, Comédie, Sitcom, Télévision, Fantastique, Romance, Drame, Action, Science-Fiction, Thriller, Les bilans de Lurdo, USA, Disney, MCU, Marvel, Wandavision

Progressive montée en puissance de la saison 1 de Wandavision, avec un épisode 4 qui a joliment changé la donne, même s'il n'a pas forcément surpris le spectateur le plus attentif...

Wandavision, saison 1 (2021) :

- 1x05 : Alors que le Sword tente de résoudre le mystère qui entoure l'hexagone, Wanda et sa famille traversent les années 80 et adoptent un chien. Mais Vision commence à avoir des soupçons sur la réalité qui l'entoure...

Ah, les petits malins ! Je parle bien sûr de la fin de l'épisode, une fin d'épisode qui se permet de fusionner deux univers cinématographiques Marvel en amenant le Quicksilver de la Fox et des X-men dans la bulle irréelle de Wanda.

Un rebondissement de fin d'épisode qui fonctionne très bien, et qui arrive en conclusion d'une trentaine de minutes navigant assez habilement entre la reconstitution de sitcom 80s (la musique, les vêtements, le générique sont parfaits) et le thriller fantastique, avec de plus en plus de ces moments durant lesquels l'illusion maintenue par Wanda se fissure, et les captifs retrouvent leur libre-arbitre.

Sans oublier les moments extérieurs à la bulle, qui laissent subodorer que Sword (ou quelqu'un d'autre ?) ne serait pas totalement innocent, dans tout cela...

Mais c'est bel et bien la présence d'Evan Peters dans l'épisode qui ouvre les portes au Multiverse of Madness du prochain Doctor Strange.

Car maintenant que ce Quicksilver existe dans le MCU, et est identifié comme frère de Wanda (qui ne le reconnaît pourtant pas, ce qui laisse sous-entendre que son subconscient a été chercher ce Quicksilver... "ailleurs"), qu'est-ce qui empêche Feige et compagnie de nous ramener leur père dans un prochain épisode ? Les possibilités sont infinies.

- 1x06 : Halloween bat son plein à Westview, alors même que Vision mène son enquête, tentant de comprendre les tenants et les aboutissants du monde qui l'entoure, contrôlé par Wanda...

Un épisode plus court que le précédent, et plus mineur, qui arrive en réponse à la remarque émise dans l'épisode précédent ("il n'y a pas d'enfants à Westview, c'est bizarre"), et qui permet de mettre en place une dynamique de fond qui va sans nul doute culminer dans les semaines à venir.

Mais avant cela, on a droit à une reconstitution de sitcom 90-00s façon Malcolm, avec générique à la musique pop-punk dynamique, enfants qui parlent face caméra et s'adressent au spectateur, ponctuations musicales typiques à chaque scène, et personnage d'oncle déconneur et slacker qu'Evan Peters se fait un plaisir d'interpréter.

L'amateur de comics sera aussi comblé par de nombreux clins d'œil, des costumes originaux de Vision, Quicksilver, Wanda et des deux enfants, aux pouvoirs de ces derniers, qui laissent potentiellement présager d'un avenir pour les deux personnages... ou pas.

Car après tout, si les scénaristes peuvent toujours décider de trouver un moyen pour Wanda de conserver ses deux enfants une fois cette intrigue résolue, cela me paraît difficile à envisager sans tomber dans les histoires de Mephisto et compagnie (malgré les nombreux clins d'œil des scénaristes au diable et à l'enfer, je n'y crois pas vraiment).

Reste que pour l'instant, à trois épisodes de la fin, Wandavision tient bien la barre, évolue dans une direction de plus en plus sinistre, et que la fin de l'épisode, avec Wanda qui étend un peu plus la bulle de Westview pour sauver Vision, absorbant au passage tout le camp du SWORD (et Darcy), promet du lourd (a-t-elle les capacités d'étendre la bulle et de réécrire la réalité... à l'échelle de la planète ?).

(maintenant, c'est quand ils veulent pour une série dérivée Darcy & Woo, avec un Jimmy qui m'a surpris par son efficacité au combat)

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Les bilans de Sygbab - Marvel : Les Agents du SHIELD, saison 5 (2017)

Publié le 21 Février 2021 par Sygbab dans Action, Aventure, Comédie, Critiques éclair, Fantastique, Marvel, MCU, Review, Science-Fiction, Télévision, USA, Les bilans de Sygbab

L'intégrale Agents of SHIELD de Sygbab continue, avec cette semaine, un petit coup de mou dans le programme...

Marvel : Les Agents du SHIELD, saison 5 (Marvel's Agents of SHIELD, season 5 - 2017) :

Après leur victoire sur Aida, Coulson et ses agents sont enlevés et se réveillent à bord d'un vaisseau spatial, en 2091 : la Terre a été détruite, et l'humanité est au mains des Krees...

Claustrophobes, s'abstenir ! Placée sous le signe de restrictions budgétaires évidentes, cette saison se déroule de manière quasiment exclusive dans des décors intérieurs étriqués et avec une photographie sombre qui va de pair. Bien entendu, l'intrigue doit être ajustée en fonction pour le justifier et c'est tout d'abord l'option d'une excursion dans l'espace qui est retenue, faisant écho au cliffhangher du final de la saison 4.

Il y a un twist : l'équipe se retrouve projetée dans un futur dystopique où la Terre a été détruite, obligeant les derniers survivants à vivre sur une de ses parcelles contenant la Lighthouse, un méga bunker créé par le S.H.I.E.L.D. Ce dernier renferme une société dirigée d’une main de fer par les Kree en la personne de Kasius, secondé par Sinara.

Neuf épisodes durant, l’asservissement de l'espèce humaine - qui accepte son sort sans broncher car elle est au bord de l'extinction - entraîne une accumulation de clichés, soit autant de raisons de mettre des bâtons dans les roues des principaux protagonistes qui veulent mettre un grand coup de pied dans la fourmilière.

Mais le fait qu'aucune résistance ne se soit jamais organisée est compréhensible : Kasius est un lâche qui inhibe les Inhumains pour mieux les vendre au plus offrant - se débarrassant de la menace qu'ils peuvent représenter de la même manière - et dont les tendances psychopathes l’amènent à commettre un fratricide sans aucun remord.

Quant à Sinara, elle ne recule devant rien pour inspirer la crainte. Le gros bémol, c'est que leur caractérisation n'est pas très fine, surtout en ce qui concerne la seconde nommée : il n'était peut-être pas nécessaire qu'elle contrôle des boules de métal, histoire de souligner de manière appuyée que c'est elle qui porte des couilles.

Le voyage dans le temps n'aide pas non plus à apprécier cette première partie car il est difficilement compréhensible. D'ailleurs, si les scénaristes se sentent obligés de rappeler par la voix de Noah qu'ils ont déjà expliqué les tenants et les aboutissants en long, en large et en travers lorsque l'équipe retourne à son époque, c'est bien qu'il y a un problème.

Ça ne tient pas la route pour plusieurs raisons. La première, c'est que ce futur repose sur les prédictions de Robin, la fille de l'Inhumain au contact duquel Daisy avait eu une vision de la mort d'un de ses collègues en fin de saison 3. Étant donné qu'elle est censée voir des évènements qui vont se produire avec certitude, comment imaginer que ceux-ci peuvent être empêchés ? Ensuite, le concept d'une boucle temporelle dans laquelle les personnages se retrouvent bloqués suite à de nombreuses tentatives pour modifier leur déroulement n'est pas très convaincant.

Le point qui bloque le plus concerne l’ancienne prophétie évoquant leur apparition dans le futur. Elle a inspiré la croyance qu'ils seraient les sauveurs du monde, mais comme la Terre est déjà en morceaux et que la seule option est de s'assurer que ce futur n'ait jamais lieu pas, en quoi le fait de ne plus exister peut-il constituer un motif d'espoir ?

La suite n'est pas tellement plus reluisante. Recherchés par les autorités car ils sont de nouveau considérés comme des terroristes, Coulson & Cie sont bien contents de rester planqués dans... la Lighthouse, qui devient la principale unité de lieu. Leur nouveau défi est de trouver une solution pour stopper la destruction du monde, sans avoir de pistes à ce sujet. Les mauvaises idées s'enchaînent alors, comme la révélation à propos du général Hale, à la tête d'Hydra.

Malgré un flashback revenant sur son endoctrinement au sein de l'organisation alors menée par Whitehall, le personnage n'intéresse pas et souffre de la comparaison avec les leaders qui l'ont précédée. Que dire de sa fille Ruby, complètement ratée ? Qu'elle est cruelle et sadique, que c'est une adolescente immature et colérique, et c'est à peu près tout. La seule chose qu'elle a à son actif, c'est de couper les bras de Yo-Yo (une scène d'ailleurs choquante) et d'éclater la tête de Werner von Strucker, réapparu de manière bien éphémère. Dans ces circonstances, difficile de s'émouvoir de sa mort.

Pour couronner le tout, l'équipe créative semble à bout de souffle en multipliant les références aux saisons précédentes, réintroduisant d'anciens éléments comme des clés de l'intrigue : le projet Deathlok, le sérum Centipede qui donnait sa force à Garrett, le gravitonium que Talbot s'approprie pour devenir un super vilain en un temps record, réussissant à maîtriser ses nouveaux pouvoirs alors que d'autres galèrent pendant des mois ou des années...

Même le 5.12 The Real Deal souffre d'un défaut d'écriture alors qu'il s'agit du centième épisode, un événement marquant toujours très important dans une série. Le concept de la manifestation physique des peurs des personnages n'est pas mauvais en soi, mais ça flirte plus d'une fois avec la ligne jaune et plus particulièrement quand Coulson fait face à un avatar de Mike Peterson. L'échange qui suit remet en question la réalité de tout ce qui lui est arrivé, rappelant d'autres exercices de style similaires comme l'épisode Normal Again dans Buffy. Un manque d'originalité regrettable dans cet épisode symbolique, aggravé par le mariage à l'arrache de Fitz et Simmons qui fait office de conclusion. Il faut bien donner un peu de bonheur aux shippers...

À l’inverse, la cohabitation forcée des personnages principaux a une conséquence directe sur leur relation car ils se heurtent plus régulièrement aux opinions contraires de leur collègues, et leurs nerfs sont mis à rude épreuve. Dans la foulée, des conflits depuis longtemps larvés éclatent au grand jour, et le moral des troupes est au plus bas.

Fitz est toujours hanté par son double maléfique dans la Framework et dérive en prenant des décisions radicales, Yo-Yo doit gérer le traumatisme provoqué par la perte de ses bras, Coulson se délite peu à peu et refuse une deuxième extension de vie par des voies non naturelles, May se montre plus vulnérable et humaine...

Tout part à vau-l'eau, et Daisy est incapable de diriger l'équipe. Dans l'adversité, Mack se révèle alors comme un socle moral en critiquant durement les actions de ses amis et en répétant à qui veut l'entendre que le S.H.I.E.L.D. a d'autres valeurs, ce qui rend son choix en tant que nouveau leader plutôt logique.

Ce côté plus intimiste permet donc une véritable évolution des personnages, et donne un réel impact aux adieux de Coulson dans le final. Par ailleurs, sa relation avec May est finalement très bien traitée, plus subtilement qu'on aurait pu le penser.

Malgré ce point positif, dans l'ensemble, cette saison est un coup d'arrêt, d'autant plus regrettable que, jusqu'à présent, la série s'améliorait constamment.

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Critiques éclair - Wandavision, saison 1 : épisodes 1x03-04 (2021)

Publié le 20 Février 2021 par Lurdo dans Review, Critiques éclair, Comédie, Télévision, Fantastique, Drame, Romance, Action, Science-Fiction, Thriller, Les bilans de Lurdo, USA, Sitcom, Disney, Marvel, MCU, Wandavision

Après une petite pause de deux semaines, je reprends (avec un peu de retard sur la diffusion) les critiques hebdomadaires de la saison 1 de Wandavision, une saison 1 qui a commencé mi-janvier dernier, et ce de manière particulièrement prometteuse...

Wandavision, saison 1 (2021) :

- 1x03 : Alors que la grossesse de Wanda progresse à une vitesse inattendue, Vision et elle commencent à se demander si tout tourne bien rond à Westview...

Un épisode très années 70, avec une nouvelle fois un générique aux couleurs et à l'image des sitcoms de cette époque (cela dit, j'ai quelques lacunes au niveau des sitcoms américaines 70s, donc je ne saurais trop identifier quels sont les hommages directs faits par l'épisode... hormis potentiellement le Brady Bunch), pour un épisode de 29 minutes qui, pendant sa majeure partie, suit assez fidèlement la formule sitcom, mettant en scène la grossesse accélérée de Wanda, et les problèmes que cela provoque vis à vis de son contrôle sur ses pouvoirs (ce qui renvoie clairement, à nouveau, à Ma Sorcière Bien-aimée, et à la grossesse de Samantha).

Et puis, vers la fin, l'ambiance change. Wanda évoque Pietro, Geraldine évoque Ultron, et l'on commence à avoir une confirmation de ce que l'on pouvait supposer : les habitants de Westview ne sont pas forcément là de leur plein gré, Wanda est responsable de cette bulle "sitcom", et à l'extérieur, SWORD garde un œil attentif sur la petite communauté, et sur ce qui s'y passe. Logique.

Reste qu'il est probable que cet épisode passe un peu moins bien auprès des spectateurs les moins patients, et les moins favorables à l'exercice de style de l'hommage aux sitcoms du passé. Personnellement, je suis client, mais je conçois que le tout puisse frustrer si l'on s'attend à quelque chose de plus super-héroïque ou de plus limpide.

- 1x04 : Lorsqu'elle se rematérialise, cinq ans après le claquement de doigts de Thanos, Monica Rambeau (Teyonah Parris) retrouve son poste au sein de SWORD, une agence gouvernementale. Aussitôt, elle est envoyée dans le New Jersey où, aux côtés de l'Agent Woo (Randall Park), du FBI, et de nombreux scientifiques, dont Darcy (Kat Dennings), elle doit enquêter sur un champ de force étrange entourant une ville pourtant tranquille...

Un épisode plein de révélations, et qui, paradoxalement, m'a un peu laissé sur ma faim. Principalement parce qu'il ne réservait pas grande surprise à qui avait déjà une bonne idée des tenants et aboutissants de la série.

Mais commençons par les bons points de cet épisode : l'ouverture sur la réaction de Monica Rambeau suite au Blip comble l'un des aspects manquants de la chronologie du MCU et aborde le sujet à contre-pied, ce qui est toujours intéressant ; la présence de Darcy est toujours amusante ; celle de l'agent Woo aussi.

Et dans l'ensemble, le script toutélie de manière logique tous les éléments que l'on pouvait déjà associer, afin d'aboutir à la conclusion dont on se doutait (cf la fin de l'épisode précédent) : en déni de réalité, Wanda s'est construit une bulle, une zone de confort, retenant prisonniers en celle-ci tous les habitants de la ville de Westview, et réécrivant la réalité pour avoir enfin droit à une vie idyllique aux côtés de (feu) Vision.

Pas de surprise, donc pour qui était observateur, et avait quelques connaissances sur l'arc House of M du comic-book. Reste que maintenant, la série a abattu ses cartes, et que les enjeux du programme sont clairs : d'un côté, une Wanda instable et toute-puissante qui a la main-mise sur Westview, et n'accepte aucune entorse à son "monde parfait" ; de l'autre, les agents du Sword qui tentent de maîtriser le phénomène, et peut-être, de canaliser les pouvoirs de Wanda à de nouvelles fins ?

La suite devrait être intéressante, pour peu que la série ne retombe pas uniquement dans le format un épisode = une époque de sitcom.

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Les bilans de Sygbab - Marvel : Les Agents du SHIELD, saison 4 (2016)

Publié le 31 Janvier 2021 par Sygbab dans Action, Aventure, Comédie, Critiques éclair, Fantastique, Les bilans de Sygbab, Marvel, MCU, Review, Science-Fiction, Télévision, USA

Après son intégrale Highlander, et quelques digressions rétro, Sygbab continue, avec une nouvelle intégrale d'une série terminée courant 2020...

Marvel : Les Agents du SHIELD, saison 4 (Marvel's Agents of SHIELD, season 4 - 2016) :

Peu après la signature des accords de Sokovie, les Agents du SHIELD, toujours dirigés par Coulson, doivent faire face à de nouvelles menaces, tour à tour surnaturelles, artificielles et virtuelles...

Advienne que pourra : malgré une gestion du rythme aléatoire au moment de conclure, la structure feuilletonnante des deux dernières saisons est reconduite, en étant cette fois poussée à l'extrême dans la mesure où les épisodes indépendants sont inexistants.

Il existe cependant une différence : là où auparavant plusieurs intrigues se mêlaient au point de créer la confusion quand il s'agissait de relier tous les fils, le déroulement des évènements est ici plus linéaire avec trois parties distinctes qui s'enchaînent néanmoins : la tentative de réhabilitation du S.H.I.E.L.D. et la collaboration avec Ghost Rider, les réplicants et la réalité virtuelle.

Le début de saison reprend sur la recherche de Daisy - que la presse a affublée d'un nouveau surnom, un sujet de moquerie pour ses collègues et amis tant elle collectionne nombre d’identités différentes - et met un peu de piment en nous apprenant que l'agence a désormais un nouveau directeur, faisant de Coulson un simple agent.

Une situation qu'il a déjà connue du temps de Fury mais qui ne modifie pas réellement ses habitudes étant donné qu'il s'oppose régulièrement aux décisions de non nouveau patron, en la personne de Jeffrey Mace.

Nouvelle figure de l'organisation choisie dans le but de redorer le blason de celle-ci auprès du public, il est d'abord présenté comme un Inhumain doté d'une très grande force physique, mais il est en réalité sous influence d'un sérum que Talbot expérimente en espérant que cela aura les mêmes effets que pour Captain America. Il lui manque tout de même du charisme, et on peut se demander pourquoi inventer un tel mensonge à son sujet car il aurait été plus fédérateur de dire la vérité à son sujet. The Patriot n'est pas à son avantage la plupart du temps, et son sacrifice dans la réalité virtuelle ne change pas vraiment la donne.

Outre la résurgence des Watchdogs qui se font plus virulents pour éliminer les Inhumains, l'aspect le plus intéressant des 9 premiers épisodes concerne Ghost Rider. Paradoxalement, il aura fallu une série pour rendre le personnage intéressant après deux films catastrophiques centrés sur lui, même s'il ne s'agit pas de la même incarnation. Gabriel Luna est crédible dans le rôle, son histoire n'est pas trop tirée par les cheveux, et les effets spéciaux sont honorables.

Ces derniers devaient peser sur le budget car Robbie Reyes disparaît dans une autre dimension pour mettre un terme aux agissements de son oncle, dont les ambitions démesurées nourries par le Darkhold ont eu pour conséquence l'invalidité de son frère lors d'une tentative de règlement de compte, quand ils étaient plus jeunes. Cet évènement lui a également coûté la vie, avant qu'il ne conclue un marché avec le diable.

Un pacte qui laisse les membres du S.H.I.E.L.D. assez sceptiques dans un premier temps, mais ils finissent par s'en accommoder, tant le monde dans lequel ils vivent est complètement fou. Même si on peut regretter que le personnage soit plus Driver que Rider, son passage remarqué laisse une bonne impression.

Quant au Darkhold, il est au centre de toutes les attentions. Son apparence fait penser à un grimoire, mais plutôt que d’être utilisé pour se plonger dans les arcanes de la magie noire, il représente surtout l'assouvissement d'une soif scientifique inextinguible. Il s’agit donc d’un artefact extrêmement dangereux, qui amène plusieurs concepts : la phase interdimensionnelle des ex-collègues d'Eli Morrow, la folie créatrice de Radcliffe autour des androïdes et la réalité virtuelle d'Aida (Mallory Jansen).

L'initiative est louable, mais pas dénuée de défauts d'écriture. C'est notamment le cas pour Radcliffe, pour lequel il est difficile d'y voir clair car le fait qu'il soit ou non du « bon côté » est aléatoire, en fonction des besoins de l'intrigue. D'ailleurs, le fait qu'il puisse développer ses recherches sans que personne ne supervise quoi que ce soit n'est pas crédible une seule seconde ; en ayant connaissance de ses antécédents, le S.H.I.E.L.D. devrait l'avoir à l’œil.

Tout s'arrange quand on apprend qu'il a fait tout ça pour trouver une porte de sortie à son ex-femme, gravement malade. Tout s'arrange... ou pas, si l'on trouve que cette caractérisation tardive n'existe que pour dédouaner le personnage et le rendre plus sympathique.

En programmant Aida pour qu'elle soit à même de lire le Darkhold et ainsi bénéficier du savoir qu'il renferme sans en subir les conséquences sur sa psyché, ce qu'il pensait être une brillante idée se retourne contre lui. D'abord serviable et obéissant à ses directives, sa création s'approprie la Framework, simulation d'entraînement initialement développée par Fitz et étendue à un monde virtuel par Radcliffe, pour l'utiliser à sa guise.

Les scénaristes combinent alors plusieurs thématiques connues dans le domaine de la science-fiction, avec plus ou moins de succès : le fantasme consistant à numériser la conscience humaine pour s'affranchir des contraintes physiques, la rébellion des machines et leur quête d'humanité. L'âme et l'amour sont les deux éléments mis en avant pour différencier l'homme de la machine, mais les sujets sont évoqués brièvement au détour de quelques dialogues sans les approfondir. L'approche est plus orientée sur le côté ludique, avec le What If engendré par la capture de Coulson, Mack, Mace et Fitz.

Le postulat de départ est intéressant : amputé de son plus grand regret, la vie de chaque individu connaît une trajectoire complètement différente. Là où il faut une sacrée suspension d'incrédulité, c'est pour admettre que tous ces destins radicalement modifiés aboutissent à un monde dans lequel Hydra est au pouvoir et impose son joug (mais il faut avoue que l’écran-titre revisité - Agents of Hydra - est bien senti).

Qu’à cela ne tienne : c'était presque un passage obligé pour redistribuer les cartes et proposer une vision différente des personnages, à commencer par Ward qui fait partie de la résistance, remplacé par Fitz dans le rôle du salaud absolu. Cette expérience va d'ailleurs laisser des traces tant ce dernier est rongé par la culpabilité des horreurs qu'il a commises, bien qu'il s'agisse d'une extrapolation. Même si cela peut paraître agaçant car sa relation avec Simmons est encore remise en question, c'est pour une fois bien amené.

Idem pour Mack : lorsqu'il explique à Yo-Yo qu'il a eu une fille morte au bout de 4 jours, cela passe pour une tentative de mettre de la distance entre les deux, mais comme elle est vivante dans la Framework, il s'agit d'un véritable ressort dramatique qui crée chez lui un dilemme. Partir ou rester, telle est la question, et dans un premier temps il choisit la seconde option.

Il revient à la raison grâce à Yo-Yo, qui paraît déjà éperdument amoureuse alors que leur relation ne fait que commencer. Visiblement, tout le monde se contrefout des recommandations qui visent à limiter la "fraternisation" entre les agents : Bobbi/Hunter auparavant, Fitz/Simmons, Mack/Yo-Yo, et maintenant Coulson/May...

Un possible développement amoureux entre les deux est suggéré de manière plus qu'appuyée, allant jusqu'à un flashback pour montrer que cela ne date pas d'hier. C'est dommage de s'engager sur cette voie, leur relation amicale fondée sur un grand respect mutuel est bien plus enrichissante. Cela démontre en tout cas un flagrant manque d'imagination concernant les interactions entre les protagonistes.

À l'inverse, les références aux évènements passés sont plus récurrentes. Coulson demande à May de lui parler de sa mort car lui ne s'en rappelle pas, le projet T.A.H.I.T.I. est mentionné à plusieurs reprises, les personnages évoquent parfois le caractère abracadabrantesque des évènements qu'ils ont vécu...

C'est un parti-pris qui fait plaisir car cela dissocie peu à peu la série de l'univers cinématographique, tout en créant une cohérence interne. Ces efforts sont à saluer, et s'associent à une volonté de rendre l'intrigue plus limpide : tout n'est pas parfait, mais il y a de bonnes intentions et les ingrédients d'un divertissement tout à fait honorable sont présents.

Après 4 saisons, il était quand même plus que temps !

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Critiques éclair - Wandavision, saison 1 : épisodes 1x01-02 (2021)

Publié le 30 Janvier 2021 par Lurdo dans Review, Critiques éclair, Comédie, Télévision, Fantastique, Drame, Romance, Action, Science-Fiction, Thriller, Les bilans de Lurdo, USA, Sitcom, Disney, Marvel, MCU, Wandavision

Après l'apothéose Endgame, et un peu "grâce" à la COVID, le MCU a été obligé de revoir ses ambitions à la baisse, et de freiner ses plans pour sa Phase 4 : probablement un mal pour un bien, puisque, privés de sorties cinématographiques, Feige et Marvel se sont rabattus sur le petit écran et sur Disney +, pour enfin lancer toute une série de projets parallèles effectuant une transition en douceur entre Endgame et la suite des festivités... à commencer par Wandavision, qui s'attarde sur le couple improbable composé de (feu) l'androïde Vision et de la sorcière Wanda Maximoff.

Wandavision, saison 1 (2021) :

- 1x01 : Dans les années 50, Wanda (Elizabeth Olsen) et Vision (Paul Bettany) emménagent dans la petite bourgade de Westview, et tentent de cacher leurs pouvoirs surnaturels à leur entourage, alors même qu'ils doivent recevoir à dîner Mr. Hart (Fred Melamed), le patron de Vision, et son épouse (Debra Jo Rupp)...

Premier épisode de cette série atypique, première production tv à faire officiellement partie du MCU et à s'inscrire dans la continuité cinématographique... et tout de suite, on est visiblement dans une autre catégorie que les productions ABC comme Agents of SHIELD et compagnie, voire même que les productions Netflix.

À vrai dire, au niveau ambitions et approche du média, Wandavision s'inscrit plus dans la droite ligne d'un Legion (toutes proportions gardées) : c'est étrange, décalé, mystérieux et ça rend hommage à d'autres genres - ici, en l'occurrence, Wandavision s'inscrit totalement dans l'héritage de la sitcom de studio old-school des années 50, façon The Dick Van Dyke Show ou I Love Lucy (saupoudré d'une touche de Ma Sorcière Bien-aimée) avec un tournage en noir et blanc, au format 4/3, et d'innombrables clins d'œil visuels, sonores et techniques renvoyant à cette époque plus "innocente".

Un bon épisode d'ouverture, intrigant à souhait, avec deux acteurs principaux particulièrement motivés et excellents, et qui (outre la publicité pour le toaster Stark) laisse quelques pistes alléchantes pour la suite.

- 1x02 : Dans les années 60, Wanda et Vision doivent préparer un numéro de magie pour l'événement caritatif de la ville. Mais alors que Wanda commence à faire l'expérience de phénomènes étranges, Vision voit ses rouages internes perturbés par un chewing-gum...

Un épisode un peu plus long, mais beaucoup plus léger et comique que le précédent, avec une parodie ouverte de la Sorcière Bien-aimée (y compris au niveau du générique d'ouverture animé, et du passage à la couleur), et deux acteurs principaux qui se donnent à fond à leurs personnages, ici totalement décomplexés et hilarants (Bettany, notamment, se lâche vraiment).

Le tout n'oublie cependant pas d'ajouter des touches de mystère au récit global, comme cette vision d'un apiculteur, cet hélicoptère aux couleurs du S.W.O.R.D., cette grossesse magique, ou encore cette Géraldine un peu louche ; et puis il y a l'utilisation de la couleur très Pleasantville, avec ce que ça implique pour la série dans son ensemble.

Vivement la suite (et j'ai apprécié le clin d'œil aux montres Strücker).

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Les bilans de Sygbab - Marvel : Les Agents du SHIELD, saison 3 (2015)

Publié le 24 Janvier 2021 par Sygbab dans Action, Aventure, Comédie, Critiques éclair, Fantastique, Les bilans de Sygbab, Marvel, MCU, Review, Science-Fiction, Télévision, USA

Après son intégrale Highlander, et quelques digressions rétro, Sygbab continue, avec une nouvelle intégrale d'une série terminée courant 2020...

Marvel : Les Agents du SHIELD, saison 3 (Marvel's Agents of SHIELD, season 3 - 2015) :

Suite à leur bataille contre Jiayinh et ses Inhumains, Coulson, Daisy et les agents du S.H.I.E.L.D. arpentent la planète à la recherche d'autres individus dotés de super-pouvoirs. Mais bien vite, ils réalisent qu'ils ne sont pas les seuls à traquer les Inhumains...

Le S.H.I.E.L.D. doit relever un nouveau défi : alors que les cristaux teratogènes ont déversé la brume qu'ils contiennent au fond de l'océan et que celle-ci s'est dispersée tout autour du monde avec les courants marins (une explication au cliiffhanger de la fin de saison précédente au demeurant fort commode), de nouveaux Inhumains se révèlent un peu partout et il faut contenir cette menace car ces derniers représentent un danger à la fois pour eux-mêmes et pour les autres.

C'est ce qu'illustre le season premiere dans lequel Joey Gutierrez liquéfie les métaux qui l'entourent sans comprendre ce qui se passe. L'équipe essaie alors de le persuader de venir avec eux, mais se heurte sur le terrain à une autre organisation qui l'a pris pour cible. La suite des évènements nous apprend qu'il s'agit d'une organisation gouvernementale, l'Advanced Threat Containment Unit, mise en place pour contrer l'émergence des Inhumains.

Deux points de vue se confrontent alors : Coulson croit fermement qu'il faut aider ces personnes à maîtriser leurs pouvoirs, tout en gardant à l'esprit que ces derniers pourraient s'avérer utiles, alors que Rosalind Price est convaincue qu'il s'agit d'une maladie et que les mettre en animation suspendue le temps de trouver une cure est la meilleure solution. Plutôt que d'engager une lutte qui serait contre-productive, les deux directeurs décident de collaborer en partageant leurs informations, non sans une certaine défiance qui les rapproche malgré tout.

Cette relation naissante - bien aidée par l'alchimie entre les deux acteurs grâce à Constance Zimmer qui assure - est plutôt bien écrite, et la divergence d'opinions des agences amène des dialogues intéressants lorsque Rosalind rend visite au S.H.I.E.L.D. et plus particulièrement quand elle fait face à Daisy (finalement, le téléspectateur n'a plus l'opportunité de choisir comment l'appeler) en lui expliquant qu'il suffit d'un seul Inhumain doté de mauvaises intentions pour justifier ses actions.

Cette alliance implique un côté politique plus marqué que précédemment car, en marge des évènements narrés dans les films et des fameux accords de Sokovie, POTUS lui-même apparaît sous les traits de William Sadler ; par ailleurs, il est aussi question d'une nouvelle Guerre Froide autour des Inhumains même si le terme est jeté sans réelle conviction dans le 3.13 : Parting Shot. Cet épisode pose d'ailleurs un gros problème : il est censé signer l'adieu de Bobbi et de Hunter (dommage pour la première, un soulagement pour le second) mais les circonstances sont assez grotesques.

Au-delà de l'utilisation de la méthode in media res pour raconter son déroulement, l'intrigue débouche sur ce qui nous est présenté comme un sacrifice ultime de leur part : alors qu'ils ont été capturés après avoir assassiné trois soldats russes sur leur sol, et qu'ils sont interrogés par Interpol, ils décident de renier leur appartenance au S.H.I.E.L.D. pour que cela n'ait pas de conséquence pour leur agence. Une organisation secrète, censée avoir été mise à genoux par HYDRA, mais dont tout le monde est visiblement au courant de l'existence : n'y aurait-il pas quelque chose qui cloche ? C'est d'autant plus ridicule qu'ils sont libérés sans autre contrepartie, avec tout ce qu'ils savent. Les autorités russes ne sont plus ce qu'elles étaient...

L'influence de Gideon Malick auprès des grands de ce monde est également mise en avant. Passé maître dans l'art de tirer les ficelles dans l'ombre, il mène le projet de faire revenir sur Terre une entité que sa lignée considère comme un Dieu Inhumain, banni sur la planète Maveth à laquelle le monolithe permet d'accéder via un portail.

Cette croyance est d'ailleurs à la base de la fondation d'HYDRA, qui avec le temps a changé à de nombreuses reprises de forme et de logo (la scène où ce dernier point est expliqué, à l'appui de gravures et de couvertures de livres, n'est pas sans rappeler la révélation sur Wolfram & Hart dans Angel). Résumé comme cela, ça vend presque du rêve, mais l'exécution laisse à désirer.

La planète ? Faute de budget, elle se résume à quelques décors et est à peine exploitée, si ce n'est le temps du 3.05 : 4,722 Hours, un épisode concept revenant sur le temps que Simmons y a passé et où la seule chose qui lui soit arrivée est d'être tombée amoureuse pour mieux retarder le moment où elle se jette dans les bras de Fitz, venue la secourir. Le Dieu ? Un parasite qui prend possession du corps de ses hôtes, mais qui garde tous les souvenirs et les compétences de ses précédentes incarnations. Entre le rêve et la réalité, il y a souvent un gouffre...

C'est une occasion toute trouvée de faire revenir Ward puisque Coulson le tue de sang-froid pour se venger de la mort de Rosalind, et de tous les autres actes atroces commis par son ancien agent. Malheureusement, il aurait été préférable que ce dernier fasse face à ses remords sur le long terme, car le sujet est seulement traité le temps de quelques dialogues et donne l'impression d'être évacué rapidement. Ceci dit, il n'y a pas de rédemption possible pour le personnage et c'est à mettre au crédit de l'équipe créative.

En tout état de cause, Hive - le nom de la fameuse entité - est dangereux par sa capacité à persuader les Inhumains à rejoindre son camp, et il provoque ainsi la trahison de Daisy en jouant sur son désir de rejoindre une famille - elle qui a tant cherché la sienne et qui a de quoi regretter ce qu'elle a découvert de ses parents. Cette astuce pour reformer le duo est très maladroite dans la mesure où le S.H.I.E.L.D. est clairement présenté comme sa famille de substitution.

C'est en effet annoncé de manière explicite quand Coulson admet qu'elle est ce qui s'apparente le plus à une fille pour lui, et de nombreux moyens sont déployés pour la sauver. Heureusement que son objectif est également de se débarrasser de l'entité Hive, autrement on pourrait se poser des questions sur son sens des priorités...

Mack y va également de sa tentative pour la convaincre qu'une partie d'elle se bat contre ce qu'elle est devenue, se révélant pour une fois plus utile que quand il utilise son super pouvoir qui consiste à donner des surnoms rigolos à ses collègues Inhumains (Tremors pour Daisy, Yo-Yo pour Elena, qui a été recrutée en Colombie, afin de conférer une portée internationale à l'action de l'organisation).

Au final, elle est sauvée par Lash/Andrew, dont la seule raison d'être n'était pas de tuer ceux de son espèce mais de la libérer de l'emprise de Hive. Comme deus ex machina, ça se pose là, surtout que le personnage a été géré n'importe comment, de son apparition mystérieuse à la révélation de son identité, avant de disparaître temporairement (car accompagner la transition entre être humain et bête sauvage assoiffée de sang était visiblement un sujet trop compliqué à traiter).

Cette philosophie selon laquelle chaque Inhumain a un but précis est une réminiscence de ce qu'a inculqué Jiaying, et Lincoln s'en fait souvent le porte-parole. Il trouve le sien dans le final, en étant celui qui se sacrifie pour emmener Hive dans l'espace et mourir en héros. Cela met un terme au petit jeu mené depuis le 3.15 : Spacetime, dans lequel Daisy entre en contact avec un Inhumain dont la capacité est de partager une vision du futur lorsqu'on le touche ; elle voit alors quelqu'un mourir sans savoir qui, un des éléments clés étant une croix attachée à une chaîne qui flotte en apesanteur.

Si l'épisode en soi est agréable à regarder, cette "prophétie" n'apporte strictement rien par la suite : les scénaristes s'amusent à faire passer la croix de main en main pour essayer de faire croire que tel ou tel personnage va y passer, ce qui crée un suspense artificiel puisqu'on se doute très bien que cela ne concerne aucun des protagonistes principaux.

Dans la liste des mauvaises idées, la relation amoureuse naissante entre Fitz et Simmons est un écueil qui aurait pu être évité, et l'on peut aussi regretter que Mark Dacascos ne soit pas plus utilisé. Quitte à le recruter, autant en profiter pour le mettre en avant mais de ce côté-là c'est très timide ; le combat entre Giyera et May est bien trop court alors qu'il y avait le potentiel pour faire quelque chose de réellement marquant. Les ruptures de ton ne sont pas non plus du meilleur effet : entre Talbot qui se fait l'écho des téléspectateurs quand il avance que ce qui lui raconte Coulson est complètement fou et les tentatives d'humour ratées avec Radcliffe en fin de saison, le résultat est plus que bancal.

Ce n'est rien en comparaison du plan de Hive pour asseoir la domination des Inhumains : il compte utiliser un missile nucléaire pour créer une onde de choc qui permettra de transformer toute la population humaine. C'est complètement débile, mais au moins ça laisse espérer un peu d'ampleur... Il y a cependant de quoi déchanter par la suite, car tout se termine dans les souterrains privés de lumière du S.H.I.E.L.D., contre l'armée de créatures moches engendrées par les expérimentations de Radcliffe.

Ces défauts sont inhérents à la formule de la série, qui constitue son principal problème : elle oblige à faire rebondir sans arrêt l'intrigue, parfois au détriment de toute crédibilité. De plus, cette sorte de frénésie qui s'installe ne favorise pas les épisodes indépendants qui permettraient de souffler, et coupe parfois l'impact - notamment émotionnel - de certains moments.

en est dans le final, où la mort de Lincoln est aussitôt effacée par un bond de plusieurs mois dans le futur montrant Coulson et son équipe à la poursuite de Daisy. Il serait temps d'apporter des changements, car cette troisième saison souffre du même mal que la précédente : une première partie dans l'ensemble bien tenue, alors que dans la seconde tout finit par s'effondrer.

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Les bilans de Sygbab - Marvel : Les Agents du SHIELD, saison 2 (2014)

Publié le 17 Janvier 2021 par Sygbab dans Action, Aventure, Comédie, Critiques éclair, Fantastique, Les bilans de Sygbab, Marvel, MCU, Review, Science-Fiction, Télévision, USA

Après son intégrale Highlander, et quelques digressions rétro, Sygbab continue, avec une nouvelle intégrale d'une série terminée courant 2020...

Marvel : Les Agents du SHIELD, saison 2 (Marvel's Agents of SHIELD, season 2 - 2014) :

Désormais placé à la tête du SHIELD, Coulson essaie de reconstruire l'agence, alors même qu'il est hanté par de mystérieux symboles liés à sa résurrection. En parallèle, Skye tente de percer le secret de ses origines, ce qui va bouleverser son existence...

Lorsque quelque chose ne fonctionne pas, il faut savoir en tirer des leçons. Cela semble être le cas en début de saison : l'existence d'individus dotés de pouvoirs est enfin assumée et l'omniprésence d'Hydra n'est pas occultée. Ce dernier point renforce d'ailleurs l'aspect espionnage - souvent déconnecté de la raison d'être de l'agence dans la première saison - puisque les missions présentent un réel intérêt pour la cause du S.H.I.E.L.D..

À cette occasion, l'équipe se dote de nouveaux membres avec Hunter, Mac et Bobbi Morse qui les rejoint un peu plus tard, une fois que la couverture de Simmons, infiltrée au sein d'Hydra, est sur le point de voler en éclats. Quant à la malheureuse Lucy Lawless, elle ne fait malheureusement pas long feu, son personnage étant victime d'un nouvel artefact qui va devenir l'un des points centraux de l'intrigue.

Toute la partie centrée sur le désir de Whitehall de retrouver le Diviner est plutôt bien tenue, notamment parce que sa confiscation par la Strategic Scientific Division permet quelques flashbacks dans lesquels apparaît Peggy Carter, qui a toujours autant de classe. Ce retour dans le passé donne du contexte et révèle que les expérimentations du savant l'ont placé sur le chemin d'une femme qui ne meurt pas au contact de l'objet. N'ayant pas pu la couper en morceaux avant d'être emprisonné, il s'y adonne 40 ans plus tard quand il s'aperçoit qu'elle n'a pas vieilli, afin de s'approprier ce qui s'apparente à une jeunesse éternelle.

Le personnage n'est certes pas original, mais Reed Diamond est une valeur sûre et il réussit à le faire exister en lui conférant un côté pragmatique qui fait froid dans le dos. Mais malgré son expérience, cet ancien allié de Red Skull ne voit pas venir la trahison du père de Skye, qui prend de plus en plus d'importance.

En complète opposition par rapport à son acolyte, Kyle MacLachlan campe un homme incapable de contrôler ses émotions, aveuglé par son envie de vengeance, et dont le parcours est plus que chaotique : d'abord présenté comme une tête pensante qui a ses propres objectifs - au point de rassembler des personnes qui ont été indexées car elles sont dotées de pouvoirs -, il est ensuite dépeint comme un monstre qui ne recule devant aucune tuerie, pour au final s'avérer être le pantin de sa femme (celle qui a été charcutée par Whitehall).

Cela ne rend pas service au personnage, d'autant que cela donne l'impression qu'il est écrit uniquement dans le but de faire évoluer sa relation avec Daisy Johnson (alors qu'elle n'avait pas de nom de famille, Skye en a maintenant deux : chacun est libre de choisir celui qu'il préfère entre celui-ci et Mary-Sue Poots... ^^) qui lui accordera son pardon. Mais pas à sa mère, qui déclenche une guerre pour protéger les Inhumains.

Voilà donc la vraie nature de Skye : le sang qui coule dans ses veines n'est finalement pas extra-terrestre puisqu'elle est l'héritière d'une espèce génétiquement par les Kree, dont on voit un représentant dans le 2.12 Who You Really Are (qui contient également un nouveau caméo de Lady Sif). Qu'elle soit déjà mise en avant parce qu'elle a des talents incroyables de hackeuse, qu'elle est forcément super sexy, et qu'elle est capable en un temps record d'être un agent redoutable sur le terrain - il faut voir les branlées qu'elle met aux méchants - n'était pas suffisant, il fallait encore en rajouter jusqu'à l'exaspération la plus totale.

Son pouvoir est très mal exploité, surtout quand elle n'arrive pas à garder son sang-froid. Mais pas de panique ! Même si Simmons ne connaît strictement rien à ce phénomène, elle réussit tout de même à mettre au point des gants le neutralisant. Quelle commodité de pouvoir résoudre les problèmes d'un claquement de doigts... C'est si simple qu'on se demande pourquoi Whitehall a dédié sa vie à essayer de percer certains mystères !

C'est le signe que les scénaristes sont retombés dans leurs travers, et plusieurs exemples sont frappants. Pour que Coulson comprenne la signification des dessins qu'il grave un peu partout, il est confronté dans le 2.07 The Writing on the Wall à un ancien patient du projet T.A.H.I.T.I. contre lequel il se bat dans un garage/hangar où un autre des patients a construit une structure en trois dimensions. Il réalise qu'il s'agit du plan d'une ville, et à partir de là le miracle s'opère : il est à priori question d'une cité secrète, et il suffit de consulter la base de données de l'agence pour la localiser en un rien de temps.

Ceci dit, la visite s'écourte car il n'y avait pas grand-chose à y voir : rien de bien folichon à se mettre sous la dent à part quelques couloirs sombres, et une hésitation marquée sur le personnage à tuer : Mac ou Triplett ? Ce sera le second, qui ne servait que de caution comique puisqu'on ne le voyait quasiment que pour faire des vannes (ce qui est bien entendu surligné quand tout le monde se remémore les bons souvenirs qu'il laissera).

De la même manière, les évènements du film Avengers : Age of Ultron sont une aubaine pour que Coulson reprenne la tête du S.H.I.E.L.D. : il y a juste besoin de dire qu'il a joué un rôle prépondérant pour sauver le monde sans préciser comment, et le tour est joué.

Pourtant, ils essaient de traiter l'acceptation de la différence par le biais des changements auxquels doivent faire face Skye, Fitz et Reina. Dans le cas de Daisy/Mary-Sue, le discours visant à blâmer la façon dont ont réagi ses collègues en la fichant et en l'inhibant alors qu'elle pourrait être libre d'apprendre à développer ses pouvoirs est complètement gâché par les manipulations de sa mère, en rien meilleure par rapport à ceux qu'elle considère comme ses ennemis.

Pour Leo, les premiers épisodes abordent les séquelles de son coma après que son cerveau a été privé d'oxygène pendant plusieurs minutes. Cela lui donne un peu d'épaisseur, mais il n'a en réalité rien à faire dans l'équipe à ce moment-là dans la mesure où ses capacités cognitives réduites le rendent inutile la plupart du temps. Son état est surtout mis en exergue au travers de sa relation avec Gemma, ce qui invalide légèrement le propos car cette dernière est vraiment insupportable à cause de sa tendance à pleurer sans arrêt.

Concernant Raina, c'est encore pire : son physique est radicalement différent, le père de Skye la rejette violemment, et elle est assassinée par la mère de Skye. Visiblement, personne ne savait quoi faire d'elle... En résumé, c'est un plantage dans les grandes largeurs sur cette thématique.

Ces approximations sont dues à une propension à multiplier les intrigues et les personnages, alors que le fil rouge était plus épuré dans la première partie de la saison. Les menaces sont trop nombreuses : Hydra, les Inhumains, et même le S.H.I.E.L.D. fractionné en deux factions distinctes. Même si c'est une opportunité de voir Edward James Olmos (il faut tout de même noter que cette saison a un cast très solide), cette lutte intestine souligne une fois de plus le manque de discernement de Coulson qui ne cesse d'être trahi par ceux qu'il recrute.

Ses décisions lui sont d'ailleurs reprochées et on lui prête les plus mauvaises intentions à cause du mystérieux Theta Protocol, alors que ce dernier n'a pas d'impact sur la série dans la mesure où il concerne l'univers cinématographique.

Pour brouiller les pistes, il s'associe même temporairement à Ward, qui est devenu un électron libre alors qu'il était emprisonné dans une cage lors des premiers épisodes. Les talents de manipulateurs qu'il met à contribution à ce moment-là ne sont pas sans rappeler un certain Angelus - Whedon oblige - et auraient pu rendre le personnage intéressant si le fait qu'il soit un psychopathe n'était pas autant appuyé. Était-il vraiment nécessaire qu'il massacre sa famille, mais hors champ pour éviter de heurter les sensibilités ? Il faut cependant admettre qu'au moins, cette nouvelle orientation sied mieux au jeu de Brett Dalton.

Le bilan est également mitigé pour les nouveaux venus. Pour qu'il lui arrive quelque chose de marquant censé faire frémir le téléspectateur, Mac est possédé le temps d'un épisode mais cela est à peine évoqué ensuite. Hunter est immature et ne sait pas faire la part des choses entre son travail et sa vie personnelle, seul son accent anglais peut éventuellement le distinguer des autres. Quant à son ex-femme Bobbi, elle est présentée comme une May 2.0 ultra badass et professionnelle, mais elle enfreint quelques protocoles car elle ne sait pas lui résister.

C'est assez pauvre en termes de caractérisation, et ça s'ajoute à un traitement parfois hasardeux des autres protagonistes. La palme de la plus grosse erreur est d'avoir voulu à tout prix revisiter les évènements qui ont valu à May son surnom lors d'un énième flashback (procédé très souvent utilisé au cours de ces 22 épisodes), cassant ainsi le mythe entourant le personnage.

Malgré toutes ces scories, le rythme est plutôt bon. Il y a de l'action et l'intrigue rebondit en étant vraiment rattachée à l'univers Marvel, même si la série est parfois brouillonne tout en subissant les évènements majeurs qui se déroulent dans les films. C'est une amélioration notable mais Il y a encore du travail à fournir au niveau des personnages pour rendre l'expérience plus agréable.

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Les bilans de Sygbab - Marvel : Les Agents du SHIELD, saison 1 (2013)

Publié le 10 Janvier 2021 par Sygbab dans Action, Aventure, Comédie, Critiques éclair, Fantastique, Les bilans de Sygbab, Marvel, MCU, Review, Science-Fiction, Télévision, USA

Après son intégrale Highlander, et quelques digressions rétro, Sygbab continue, avec une nouvelle intégrale d'une série terminée courant 2020...

Marvel : Les Agents du SHIELD, saison 1 (Marvel's Agents of SHIELD, season 1 - 2013) :

Laissé pour mort suite à l'assaut des Chitauris sur New York, Phil Coulson (Clark Gregg) revient mystérieusement à la vie et prend la tête d'une équipe du SHIELD composée de Melinda MAy (Ming-Na Wen), de Grant Ward (Brett Dalton), de Leo Fitz (Iain De Caestecker), de Jemma Simmons (Elizabeth Henstridge) et de la hackeuse Skye (Chloe Bennet). Face à eux, le CENTIPEDE, une mystérieuse organisation terroriste internationale tentant de créer un super soldat...

Créer une série dérivée d'un univers cinématographique ayant pris de l'ampleur au fil des années était une idée risquée, à plus forte raison quand son champ d'action est restreint, puisque des personnages clés ne peuvent qu'être mentionnés sans apparaître et que l'intrigue doit être modelée en fonction des conséquences d'évènements majeurs se produisant dans les films.

Le principal objectif aurait dû être de trouver un angle d'approche pour l'insérer dans ce vaste univers, mais l'équipe scénaristique d'AOS se plante en prenant la pire option possible : proposer une série d'espionnage en racontant le quotidien d'une équipe dont on peine à croire que les membres font partie d'une agence secrète (d'autant que son responsable a tendance à faire confiance trop facilement), en mettant régulièrement de côté l'aspect extravagant du monde dans lequel ils vivent.

De fait, la première partie de saison est constituée d'une succession d'épisodes souvent inintéressants, à peines sauvés par des personnages cantonnés à des archétypes sans charisme et sans alchimie entre eux. Il faut avouer que les dialogues régulièrement basés sur des références méta à l'univers de Whedon plutôt qu'à celui de Marvel n'aident pas à les faire exister, et que la mise en avant récurrente de Skye finit par fatiguer.

Ses compétences de hackeuse surdouée capable de faire tout et n'importe quoi à partir d'un portable sont ainsi assez risibles, et ne sont qu'un élément parmi tant d'autres de l'inefficacité flagrante de cette cellule, incapable de terminer une mission correctement alors que les qualités de Ward et May sont sans cesse vantées et même rabâchées.

Les exemples sont nombreux, le plus parlant se situant dans le 1.13 T.R.A.C.K.S. : la facilité avec laquelle leur mission capote car ils sont tous démasqués est désespérante (alors que l'intrigue découpée selon plusieurs points de vue apportait pour une fois du changement au niveau de la narration). Heureusement, les vilains méchants qui s'opposent à eux sont encore moins doués : une bénédiction pour nos agents, une malédiction pour la crédibilité de l'ensemble.

L'autre erreur des scénaristes consiste à multiplier les histoires et les mystères : la raison du retour à la vie de Coulson lié au projet T.A.H.I.T.I., les origines de Skye, l'identité du Clairvoyant à la tête de l'organisation Centipede et ses expérimentations bizarres, les plans de Cybertek, l'éventuelle corruption au sein du S.H.I.E.L.D...

Autant d'éléments épars qui sont introduits sans trop s'y appesantir, et qui engendrent des fausses pistes ayant pour seul but de détourner l'attention du téléspectateur - soit une tactique à n'utiliser que lorsqu'on maîtrise son sujet et qu'on sait faire preuve de subtilité, ce qui n'est pas le cas ici, puisque certaines scènes n'ont aucun sens une fois remises en perspective, à l'aune des révélations qui sont effectuées par la suite.

Cette stratégie a en effet pour conséquence de s'adonner à un exercice de style compliqué qui consiste à faire converger toutes ces intrigues. C'est justement l'objet du 1.17 Turn, Turn, Turn qui fait tomber le masque de John Garrett, non sans avoir essayé de faire porter le chapeau à Victoria Hand, recoupant à la fois les trames du Clairvoyant et de la corruption de l'agence gangrénée par Hydra.

On y apprend entre autres que May effectuait des rapports à Fury sur l'état de santé de Coulson, et qu'elle est à l'origine de la composition de l'équipe (cela ressemble d'ailleurs à une justification pour le moins capillotractée du choix des acteurs). Pour une fois, les rebondissements sont légion et il y a de l'action, mais il ne faut pas trop s'attarder sur les détails : ainsi, personne n'aurait remarqué la ligne directe présente dans le cockpit de l'avion, et personne n'a songé un seul instant que les évènements connus par le Clairvoyant étaient tous inscrits dans les dossiers de l'agence. La pilule est quand même difficile à avaler...

Dans la foulée, leurs efforts se concentrent sur le démantèlement de l'opération menée par Garrett, tout en devant gérer la trahison de Ward. Pour que cela fonctionne, encore eût-il fallu qu'il y ait une implication émotionnelle, et c'est là que ça coince : Brett Dalton n'a pas beaucoup d'expressions dans son répertoire, sa relation avec May est pour le moins anecdotique (cette dernière est de plus présentée comme étant en contrôle de ses émotions ; par conséquent, le fait qu'elle lui en veuille ne colle pas), celle qu'il entretient avec Skye est à la fois trop évidente et trop récente pour avoir un réel impact, et l'on peine à voir un réel lien avec Fitz et Simmons (le simple fait de travailler ensemble n'engendre pas nécessairement des liens amicaux).

En revanche, c'est une belle claque pour Coulson, après ce qu'il a appris le concernant : entre la drogue d'origine extra-terrestre qui lui a été administrée et la surprise de découvrir qu'il était à la tête du projet qui l'a ramené à la vie, il prend très cher. Si cela peut évidemment causer un traumatisme, cela n'explique pas non plus son comportement erratique depuis le début car il n'en avait aucun souvenir. D'ailleurs, si de sérieuses séquelles s'étaient manifestées, May en aurait informé Fury beaucoup plus tôt.

La confrontation avec Garrett fait donc office de climax, avec un renfort de choix en la personne de Nick Fury qui décide de venir mettre son grain de sel dans l'histoire. Cette apparition devrait faire plaisir, mais elle a un effet pervers sur l'écriture de ce final puisqu'il vient surtout prendre la pose et balancer des vannes avec Coulson, dans un style assez proche de ce que Marvel a mis en place dans ses films. La rupture de ton est flagrante et désamorce les enjeux, même si ceux-ci sont limités.

Ce n'est pas loin d'un aveu d'échec, puisque la série n'a pour le moment aucune identité et dépend de personnages connus pour être appréciable, comme c'était déjà le cas avec le caméo de Lady Sif dans le 1.15 Yes Men (voilà un exemple de ce que la série pourrait proposer, plutôt qu'un ersatz d'Alias). Mieux encore : les protagonistes principaux font pâle figure face à Reina, qui s'avère bien plus intéressante à suivre malgré un temps de présence limité à l'écran. Même Mike Peterson/Deathlok a des motivations plus concrètes et plus de charisme, malgré un costume complètement raté...

Au mieux médiocre pendant très longtemps, cette longue introduction nécessite beaucoup de courage pour s'accrocher, sans autre récompense que le minimum syndical en termes de résolution des intrigues. Celles qui ne l'ont pas été, à savoir la nature de Coulson et de Skye, font l'objet de cliffhangers qui ne prêtent pas à un enthousiasme démesuré, d'autant plus que la nouvelle orientation paraît vraiment bancale : donner le champ libre à Coulson pour recréer l'agence en partant de zéro avec cette équipe-là fait craindre le pire.

Dans ces conditions, un sérieux travail sur les personnages est nécessaire pour donner du corps à l'ensemble, et le manque de rigueur de l'équipe créative n'inspire que de la méfiance.

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Un film, un jour (ou presque) #1317 : Les Nouveaux Mutants (2020)

Publié le 13 Novembre 2020 par Lurdo dans Action, Cinéma, Critiques éclair, Drame, Fantastique, Horreur, Jeunesse, Marvel, Review, Science-Fiction, Thriller, USA

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Les Nouveaux Mutants (The New Mutants - 2020) :

Traumatisée par une étrange tornade ayant ravagé sa réserve, Danielle Moonstar (Blu Hunt) se réveille dans un hôpital inconnu, géré par le Dr Cecilia Reyes (Alice Braga) ; elle y découvre quatre autres adolescents, tous mutants détenteurs de pouvoirs improbables : Illyana Rasputin (Anya Taylor-Joy), capable de se téléporter, Rahne (Maisie Williams), lycanthrope, Sam Guthrie (Charlie Heaton), pouvant se propulser de manière explosive dans les airs, et Roberto da Costa (Henry Zaga), qui manipule l'énergie solaire. Mais bien vite, des hallucinations horribles commencent à hanter les pensionnaires de l'école...

On ne présente plus The New Mutants, ultime métrage Fox de la franchise X-men, confié à Josh Boone (les mélodrames L'amour malgré tout et Nos étoiles contraires), et qui était supposé constituer un spin-off adolescent semi-horrifique de l'univers des mutants du professeur Xavier... un film à la gestation chaotique, longtemps resté en development hell, pas aidé par le rachat de Fox par Disney, et handicapé par une sortie en pleine crise de la COVID.

Bref : un film qui quittait les starting blocks en claudiquant, et qui, sans surprise, s'avère au final des plus boiteux. En fait, le problème, c'est que tout est insipide au possible, sans la moindre personnalité : Moonstar est insipide, Alice Braga est insipide, les manifestations surnaturelles sont globalement insipides (les Hommes souriants semblent issus d'un creepypasta générique, l'ours n'est pas ultra-convaincant), le semblant de romance Rahne/Moonstar est insipide, les pouvoirs des mutants sont insipides, la bande-originale de Mark Snow est insipide, le déroulement global du film est insipide...

Difficile de trouver grand chose de mémorable à quoi se raccrocher : quelques effets visuels, dans la toute dernière ligne droite du film (dont Lockheed), et l'interprétation d'Anya Taylor-Joy... mais même dans ce cas, le personnage d'Illyana est une caricature ambulante de mean girl, sans la moindre subtilité.

En soi, The New Mutants n'est donc même pas particulièrement mauvais, il est simplement ultra-anecdotique, et s'avère un champ du cygne plutôt médiocre pour la franchise X-men de la Fox (déjà que Dark Phoenix était assez piteux).

Un petit 2.5/6, et encore...

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Un film, un jour (ou presque) #1158 : Marvel Stories (Marvel Renaissance - 2014 + Marvel Univers - 2016)

Publié le 9 Mars 2020 par Lurdo dans Cinéma, Critiques éclair, Documentaire, Histoire, MCU, Marvel, Review, France

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus. ​​

Marvel Stories - Marvel Renaissance (2014) :

Documentaire français co-signé par Phillipe Guedj (un habitué de certains sites de genre français) et d'une durée d'une petite heure revenant en détail sur le gros passage à vide financier de la firme Marvel, dans les années 90, et sur la manière dont la compagnie a su remonter la pente pour devenir le colosse que l'on connaît aujourd'hui.

Ici, on ne s'attarde pas vraiment sur le côté créatif des choses, mais vraiment sur l'aspect business et économique de la Maison aux Idées : comment le lent déclin des ventes de comics dans les années 80-90, et la lente transformation des comics en objets spéculatifs plus qu'en œuvres créatives, a mené au rachat de la société par Ron Perelman, un businessman sans le moindre intérêt pour le monde des superhéros, qui a aussitôt mis Marvel en bourse ; comment la bulle spéculative a mené à la faillite de Marvel en 1996, et à l'arrivée de Carl Icahn, un financier aux dents longues ; comment Avi Arad et Ike Perlmutter, associés au sein de Toy Biz, un fabricant de jouets, sont arrivés à bord, le premier pour s'occuper du côté créatif, le second pour gérer les affaires de la boîte ; comment, sous l'impulsion d'Arad, Marvel s'est diversifiée en se tournant vers le cinéma, en développant ses produits dérivés, puis en recrutant de nouveaux talents et en lançant la collection Ultimate permettant de rebooter l'univers Marvel et de le rendre accessible à un nouveau public issu du cinéma.

Et bien sûr, comment les Marvel Studios ont été créés, et comment, progressivement, le succès de ces derniers s'est bâti, grâce au rachat par Disney, et parfois au détriment de certains des protagonistes de cette histoire de gros sous (Avi Arad, notamment, qui a choisi de partir lorsqu'il a vu qu'il tombait en défaveur auprès de Perlmutter).

Tout cela, à grand renforts d'interviews de créateurs et de personnes ayant vécu ces événements, d'Avi Arad à Jimmy Palmiotti en passant par Mark Waid, Louis Leterrier, Mark Millar, Tom DeSanto, et bien d'autres encore, pour un récit assez intéressant, parfois amusant (Ike Perlmutter décrit par tout le monde comme un "Dr Doom" pingre, autoritaire et totalement obsédé par l'argent), et dont on aurait aimé qu'il soit un peu plus long.

4.5/6  

Marvel Stories - Marvel Univers (2016) :

Suite indirecte du précédent métrage, qui développe ici, sur une durée de moins de 80 minutes, trois axes principaux : tout d'abord, un segment consacré à la collectionnite aiguë qui entoure le monde des comics, la bulle spéculatrice qui fait des anciens numéros des objets dans lesquels investir, et qu'il faut stocker dans des conditions impeccables pour qu'ils ne perdent pas de valeur.

Honnêtement pas très intéressant, tout ça : voir des entrepreneurs faire la promotion de leur business, et négocier encore et encore pour conclure des accords de plusieurs centaines de milliers de dollars, ça n'a pas grand chose de fascinant ou de passionnant pour moi.

Le second segment, consacré aux liens intrinsèques et indéfectibles entre Marvel et la ville de New York, partie intégrante de l'identité de l'entreprise, de ses personnages, et du lien tangible existant entre les lecteurs de comics et l'univers Marvel, est déjà beaucoup plus convaincant, avec notamment des interventions de Xavier Fournier (ex Comic Box), entre autres.

Le documentaire effectue enfin un virage vers la Californie, pour s'intéresser à l'histoire cinématographique de Marvel Studios (on rejoint ici un peu la fin de Marvel Renaissance, dont on retrouve certains intervenants et certains morceaux d'interventions) et développer la stratégie et le savoir-faire de Kevin Feige et de Marvel, avec des prédictions assez amusantes à voir aujourd'hui, maintenant que l'on a plusieurs années de recul.

Plutôt agréable à suivre, même si j'ai beaucoup de réserves sur les interventions du journaliste de Deadline, assez cynique et agaçant.

Dans l'ensemble, un documentaire inégal, qui ne m'a pas vraiment intéressé dans sa première partie, mais s'avère pertinent dans les deux suivantes. Après, n'aurait-il pas mieux valu structurer tout ça autrement, en intégrant par exemple la partie MCU à Marvel Renaissance ?

3.5/6

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Les bilans de Lurdo : Jessica Jones, saison 3 (2019)

Publié le 8 Septembre 2019 par Lurdo dans Action, Critiques éclair, Drame, Les bilans de Lurdo, Thriller, Marvel, Netflix, Science-Fiction, Télévision, Review

Parce que je suis un complétiste, et que cette troisième saison de Jessica Jones est aussi la dernière du cycle Marvel/Netflix, je ne pouvais décemment pas faire l'impasse dessus, malgré mon indifférence croissante envers ce personnage, cette série, et ses partis-pris créatifs et narratifs...

Jessica Jones, saison 3 (2019) :

Alors qu'elle se rapproche d'Erik (Benjamin Walker), un empathe capable de percevoir le mal chez autrui, Jessica Jones (Krysten Ritter) est confrontée aux agissements de Salinger (Jeremy Bobb), un tueur en série qui semble toujours avoir plusieurs coups d'avance sur elle, et qui lui en veut personnellement...

Et honnêtement, sans grande surprise, j'ai vraiment eu l'envie de jeter l'éponge après trois épisodes. C'est triste à dire, mais les sous-intrigues envahissantes centrées sur les personnages secondaires, la narration pseudo-noir de Ritter, sa moue constante, les grosses ficelles de l'écriture, etc, tout ça n'est pas passé loin de me faire abandonner la saison à peine commencée.

Je ne m'en suis jamais caché : alors que certains se sont immédiatement rangés dans le camp des appréciateurs de la saison sur la simple base de la sexualité de Hogarth (ou de la présence d'une actrice trans dans le rôle de la secrétaire (inutile) de Jessica), je n'ai jamais réussi à m'intéresser au personnage de Carrie Ann Moss qui, comme souvent chez Netflix, donne l'impression d'être un bouche-trou né de l'incapacité des scénaristes à faire de leur protagoniste principal la star du show.

Il en va de même avec les autres séries Marvel/Netflix : les scénaristes développent outre mesure les personnages secondaires, et on se retrouve avec une série qui leur est souvent consacrée à plus de 50%, avec des intrigues souvent insipides et peu inspirées.

Ici, c'est Hogarth qui tente de renouer avec une ex, ce qui cause le suicide du mari de celle-ci, et place Hogarth dans la tourmente, l'entraînant dans une spirale infernale. Ce qui aurait pu fonctionner si Hogarth était un personnage intéressant, et pas une caricature d'avocate aux dents longues prête à trahir père et mère pour parvenir à ses fins. Et qu'on ne me parle pas de sa maladie, tentative bancale et évidente d'humaniser un personnage assez détestable.

Là, c'est Erik, l'empathe maître-chanteur dont s'entiche Jessica, et qui finalement n'est rien d'autre qu'un personnage-fonction, qui disparaît d'une partie de la saison quand les scénaristes ne savent quoi en faire.

On a aussi Malcolm, tourmenté par sa masculinité, par l'éthique de son nouveau poste chez Hogarth, un Malcolm qui a des problèmes sentimentaux avec une collègue et couche avec une prostituée. Super.

Et puis Trish qui, après une saison 2 insupportable, est devenue une héroïne aux super-pouvoirs assez peu probants (en gros, elle fait du parkour, et elle voit la nuit ^^), et passe son temps à faire la morale à Jessica, affichant un sens de la justice et du vigilantisme désinhibé (ce qui la rend toujours aussi antipathique). Une Trish qui a droit à deux épisodes entiers lui étant consacrés, des épisodes pas forcément pertinents revisitant les événements des épisodes précédents de son point de vue (et qui, en prime, continuent dans une direction d'anti-fan-service méprisant et à la caractérisation hors-sujet - la scène des changements de costume).

Sans oublier Jessica. Toujours morose, toujours en train de ronchonner, toujours en train d'affirmer bien fort qu'elle "travaille seule", qu'elle "n'a besoin de personne", qu'elle "ne compte que sur elle-même" (quelle écriture pitoyable...), et dont les enquêtes, une fois plus, sont une jolie série de coïncidences, qui la placent sur le chemin d'Erik, le love interest de la saison, et de Salinger/Foolkiller, un tueur en série.

Et là, problème : Salinger, l'antagoniste principal de la saison (ou presque), est un désastre. Cliché ambulant du tueur en série intellectuel qui se croit au-dessus de la plèbe, il est écrit avec les pieds, et cette écriture ampoulée, pédante et arrogante, donne lieu à une interprétation à l'identique. J'ai tout simplement détesté le personnage, dénué de tout charisme, et cela a beaucoup joué dans mon appréciation négative de la saison.

Sans antagoniste digne de ce nom, avec une protagoniste à l'évolution minime (oui, elle commence à accepter l'idée d'héroïsme, mais ça s'arrête là), des personnages secondaires envahissants, et une narration comme toujours décompressée par le format Netflix, la saison est ainsi très laborieuse, surtout dans sa première moitié.

À mi-parcours, cependant, la saison commence enfin à se cristalliser, une fois Salinger arrêté : Hogarth est prête à tout pour éviter de couler, et accepte de le défendre, tandis que les actes de Salinger radicalisent Trish, qui devient encore plus extrémiste dans sa vision de la justice, et redevient un antagoniste, tel qu'on pouvait le deviner en fin de saison 2.

Enfin, après plus de six épisodes, les différentes sous-intrigues commencent à se rejoindre et à être pertinentes / à ressembler à autre chose qu'à du simple remplissage pour un format Netflix à bout de souffle. Les thématiques de la saison - le vigilantisme, les traumatismes du passé qu'il faut vaincre afin d'avancer, les différentes manières de se faire justice, etc - émergent enfin de manière claire, et la série avance... mais elle le fait de manière toujours bancale et laborieuse.

Il faut dire que toutes ces interrogations sur la légitimité de la justice personnelle, sur la nature des justiciers privés, etc, et sur le passage de Trish du côté obscur, arrivent bien trop tard dans le cycle Netflix/Marvel pour être encore pertinentes et originales.

Toutes les autres séries (y compris Luke Cage, qui vient faire coucou dans le series finale, et joue - de manière totalement inappropriée - le rôle de conscience morale pour JJ) sont déjà passées par là, ont épuisé le sujet, et le conflit entre Jessica et sa soeur est d'autant moins pertinent que l'univers Netflix/Marvel est bourré de vigilantes n'hésitant pas à tuer.

Franchement, tout le mélodrame final de la saison aurait pu être évité en passant un coup de téléphone à Frank Castle.

Et d'ailleurs, c'est un peu le problème récurrent de la saison : les personnages deviennent tous stupides et incompétents lorsque cela arrange les scénaristes, les solutions évidentes sont ignorées au profit des rebondissements forcés, et certaines péripéties sont tout simplement oubliées en cours de route (toute la mise en place de la saison, du coup de poignard à l'ablation de la rate de Jessica, n'a aucune incidence sur la fin de saison, et est même paradoxale compte tenu de la description de Salinger comme un tueur méthodique, implacable et ultra-intelligent).

Bref, entre des personnages au capital-sympathie insuffisant, des sous-intrigues inintéressantes, un antagoniste en carton, des pouvoirs inutilisés, une continuité bancale, un manque de rigueur dans l'écriture, et une obstination à débattre du concept éventé de justice, la saison 3 de Jessica Jones s'avère redondante et finalement tout aussi peu mémorable que la précédente.

Une fin de saison et de série à l'image de tout le cycle Marvel/Netflix, en fait : à trop se prendre au sérieux, à trop vouloir être différent et présenter un produit mature, adulte, sombre et profond, les séries Marvel/Netflix se sont tiré une balle dans le pied, et ont fait le reste du parcours en boitant et en tirant derrière elle le boulet d'un format rigide et boursouflé de 13 épisodes.

Pas aidées par des directions créatives à géométrie variable, ces séries ne laisseront donc pas grand souvenir, et l'on ne pourra qu'attendre un éventuel reboot des personnages sous l'égide des Marvel Studios...

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