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LES TÉLÉPHAGES ANONYMES

Il était une fois Lurdo & Sygbab, deux internautes passionnés de séries tv et de cinéma, et qui cherchaient un endroit où archiver leurs avis (semi) éclairés...

Les bilans de Sygbab - Farscape : saison 1 (1999-2000)

Publié le 22 Juillet 2017 par Sygbab dans Critiques éclair, Review, Télévision, Les bilans de Sygbab, Science-Fiction, Farscape, Aventure, USA, Australie, Action, Comédie, Drame

Sygbab regarde (beaucoup) la tv, et quand il revient de vacances, Sygbab écrit (parfois) des bilans : retrouvez-les sur le blog des Téléphages Anonymes !

Farscape, saison 1 :

Le point de départ de la série est simple, et le pilote ne perd pas de temps à tout mettre en place : en testant une théorie consistant à profiter de la friction de l'atmosphère terrestre pour permettre à une navette de gagner de la vitesse, l'astronaute John Crichton s'engouffre dans un vortex qui s'ouvre juste devant lui et se retrouve propulsé à l'autre bout de la galaxie. Il percute alors un astronef qui se crashe et se retrouve dans un vaisseau vivant qui transporte des prisonniers aliens en pleine tentative d'évasion, qui finit par réussir. Mais Crichton ayant par accident tué le frère du capitaine Crais, ce dernier se met à leur poursuite et jure qu'il se vengera. Tout cela est parfaitement résumé dans le générique.

C'est un bon prétexte pour justifier les aventures de Moya dans les territoires inconnus de cette galaxie (The Uncharted Territories), avec un équipage disparate à son bord. Comme leur fuite perpétuelle les oblige à ne jamais rester longtemps sur une même planète, cela explique également qu'une bonne moitié des épisodes se déroulent dans le vaisseau plutôt qu'en l'extérieur - ce qui permet, entre autres, d'économiser sur les décors (attention cependant à ne pas être claustrophobe, car on voit très souvent les coursives de Moya).

La menace de Crais n'étant pas vraiment omniprésente - c'est même tout le contraire vu le peu d'épisodes où il apparaît -, il en découle une longue succession de loners pas toujours inspirés, et surtout interminables à cause d'un format de 50 minutes pas du tout adapté, que les scénaristes ne réussissent jamais à maîtriser tant cela plombe le rythme des épisodes. C'est d'ailleurs le plus grand défaut de cette première saison, avant même certains décors un peu cheap et quelques costumes et maquillages qui ne sont pas du plus bel effet. Et même s'il y a toujours un côté décalé propre à la série, certains épisodes peinent à être véritablement intéressants.

Il faut également s'habituer à une écriture qui peut déstabiliser au départ, puisque les ellipses sont très souvent utilisées. Mais ne soyons pas mauvaise langue : d'autres épisodes sont très bons (même s'ils souffrent également de ces 6-7 minutes en trop) et les fondations de la mythologie sont construites peu à peu, en distillant quelques informations ça et là avant de les relier lors de grandes avancées.

A Human Reaction est véritablement le premier épisode à laisser entrevoir le potentiel de celle-ci. En créant accidentellement un vortex, Crichton a attiré l'attention des Anciens, en charge de leur surveillance. Outre la justesse du traitement du thème "que feraient les humains si des aliens débarquaient ?" (réponse : ils auraient plutôt tendance à penser qu'ils les envahissent et ne croiraient pas un seul instant qu'ils aient des intentions pacifiques de cohabitation), l'élément le plus important concerne le cadeau que ces derniers font à Crichton : la connaissance inconsciente de la technologie des vortex.

Ils se sont en effet rendus compte qu'il a les capacités pour découvrir comment les créer, puisqu'il réédite la performance dans Till the Blood Runs Clear, même si le vortex est alors instable. Mais ils ne veulent pas lui donner les solutions, car ils considèrent que s'il n'est pas assez intelligent pour en comprendre le fonctionnement, alors il ne saura pas les utiliser à bon escient. Le fait qu'ils puissent constituer une arme est d'ailleurs confirmé ensuite par les recherches de Scorpius à ce sujet, qui n'hésitera pas à fouiller les moindres recoins de l'esprit de l'astronaute afin de lui soutirer les informations qu'il désire. Cela démontre que les enjeux dépassent le cadre de l'envie de Crichton de rentrer chez lui.

On apprend également que Scorpius est un croisement entre Sébacéens et Scarrans. Sa force physique laisse penser que les Scarrans sont bien plus effrayants que les Pacificateurs, alors même que depuis le début de la série ces derniers sont décrits comme les maîtres du secteur, imposant leur volonté à tous les peuples. Leur soif de conquête les amène à tenter de créer un Leviathan hybride doté d'armes, et ces manipulations génétiques donnent naissance à Talyn, qui n'est autre que la progéniture de Moya. Une idée intéressante qui explique rétroactivement pourquoi des particules avaient été libérées dans They've Got a Secret, qui évoquait le concept pour la première fois.

Cet épisode marque un tournant, en levant le voile sur les raisons de l'incarcération de D'Argo : celui-ci était marié à une Sébacéenne et ont eu un fils, Jothee, mais son beau-frère a tué sa femme et le Luxan s'est retrouvé accusé du crime. Quelques épisodes plus tard, dans Rhapsody In Blue, le mystère entourant Zhaan est également évacué : elle a tué son amant lors d'une fusion spirituelle car ce dernier, assoiffé de pouvoir, avait demandé l'aide des Pacificateurs pour réprimer son peuple. Cela remet en perspective le personnage, qui représentait juisqu'alors la tendresse, la sagesse et la gentillesse incarnées : la constante quête spirituelle des Delviens peut les amener à trouver en deux la noirceur de leur âme, ce qui peut les conduire à la folie. Ce côté plus sombre avait déjà été entrevu dans That Old Black Magic.

C'est une bonne chose que ces révélations n'aient pas trop tardé, et on peut s'apercevoir que la situation de chacun est complètement différente : D'Argo est innocent et a perdu sa famille, Zhaan est coupable et a dû lutter pour se contrôler. Mais le but est le même pour tous : rentrer chez soi, retrouver sa liberté. Tous, sauf Aeryn, qui ne pourra pas réintégrer sa société en l'état actuel des choses car elle est considérée comme une traîtresse. Cette motivation commune amène un drôle de paradoxe : c'est ce qui les unit et leur permet de se serrer les coudes dans l'adversité, mais c'est aussi ce qui les amène à des actes égoïstes ou radicaux comme l'amputation du bras de Pilot dans DNA Mad Scientist (qui introduit un élément intéressant, puisqu'Aeryn sert de cobaye à des expérimentations génétiques et conserve quelques traces de l'ADN de Pilot après cela), ou la trahison ratée de Rygel dans le final.

Au regard de la saison, la dualité de leurs sentiments est assez présente, car les moments de camaraderie alternent avec des conflits répétés qui n'arrangent pas l'ambiance sur Moya. Celui qui en souffre le plus, c'est bien entendu Crichton, qui se retrouve dans une situation peu enviable : l'alien, c'est lui, et rien ne lui est pardonné, pas même le fait qu'il lui faille un temps d'adaptation afin de comprendre comment les choses fonctionnent dans cet univers qui lui est totalement étranger. Ceci étant, il s'attire souvent les foudres de ses compagnons à cause d'une propension assez incroyable à imaginer des plans qui échouent toujours lamentablement...

Les relations sont surtout tendues avec D'Argo qui a aussi des problèmes avec Rygel, l'élement perturbateur. Il rote, il pète, il vomit, il pisse (et des fois ça explose), il sue, il est pervers et vicieux, sa déchéance après avoir été Dominar ne l'empêche pas d'être abominablement prétentieux : pour résumer il n'a vraiment rien qui puisse donner envie de voyager avec lui. Et c'est plutôt bien vu de la part des scénaristes, car la plupart du temps, le téléspectateur aime bien avoir un personnage à détester, et c'est peut-être ce qui le rend crédible alors que c'était une vraie gageure de faire en sorte qu'une marionnette soit un membre à part entière de l'équipage.

Dans l'ensemble, les personnages sont bien écrits. Mais il manque un élément : la romance. Celle qui naît petit à petit entre Aeryn et Crichton est toute en sous-entendus, en non-dits, en regards, et elle est fort bien évoquée. Elle amène cependant à un gros ratage... Le doublé Nerve - The Hidden Memory revient sur le baiser échangé entre Crichton et Gilina, ce qui motive cette dernière à sauver l'homme qu'elle aime. Comprenant qu'il n'a d'yeux que pour Aeryn, elle décide de ne pas s'échapper de la base Gammak avant de changer d'avis mais elle se fait tirer dessus par Scorpius.

Le problème ne se situe pas au niveau de ses hésitations, qui sont compréhensibles, mais c'est surtout le traitement de sa mort qui laisse franchement à désirer : elle demande un dernier baiser à Crichton, et... c'est tout. Il n'est fait aucune mention d'elle dans les deux derniers épisodes de la saison. Que tout le monde soit occupé à autre chose parce que Scorpius et Crais les poursuivent, ça se tient ; que les ellipses soient un procédé récurrent, d'accord ; mais de là à ne pas évoquer le personnage, c'est un sacré oubli. Ce n'est pas le seul : mais où est passé Stark ? Heureusement, Crais opère un revirement lors de ce double épisode et passe au-delà de son statut d'homme aveuglé par la vengeance. Sa fuite avec Talyn promet de beaux développements.

Si cela n'était pas suffisamment clair, cette première saison souffre de bon nombre de défauts mais il est indéniable que des qualités s'en dégagent. Il faut parfois s'armer d'un peu de courage et de patience pour venir à bout de certains épisodes, mais ça reste plaisant dans l'ensemble.

 

(retrouvez aussi le bilan - nettement plus sommaire et décousu - de cette même saison 1, publié dans ces pages par Lurdo en 2012)

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Un film, un jour (ou presque) #563 : Batman et Bill (2017)

Publié le 21 Juillet 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Documentaire, DC, USA, Hulu, Biographie

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Batman et Bill (Batman and Bill) : 

Documentaire américain retraçant le combat d'un homme, Marc Tyler Nobleman (un auteur s'étant déjà penché sur la biographie des de Siegel & Shuster, les créateurs de Superman) pour parvenir à faire reconnaître la véritable paternité du personnage de Batman.

Traditionnellement attribuée à Bob Kane, qui a fait sa carrière et sa fortune grâce à elle, la création de Batman tient tout autant (si ce n'est plus) à Bill Finger, créateur et scénariste du Dark Knight, qui lui doit l'immense majorité de ses attributs : son apparence, ses gadgets, ses origines tragiques, ses motivations, ses partenaires et ses ennemis...

Mais Finger était, en quelque sorte, le nègre de Kane, un homme de l'ombre que son partenaire dessinateur a eu tôt fait d'écarter de toute reconnaissance. Après toutes ces années, Nobleman a donc entrepris de réhabiliter Finger, dont le rôle oublié dans l'histoire de DC Comics a eu des conséquences sérieuses : tandis que Kane connaissait gloire et succès, apparaissait au cinéma et à la télévision, etc, Finger était sans le sou, malade, et il s'est éteint dans l'indifférence générale, chez lui, seul.

Afin de rendre à Finger ce qui appartenait à Finger, et de convaincre DC Comics de créditer Finger pour sa création, Nobleman s'est ainsi lancé dans une campagne de mobilisation, contactant de nombreux noms de l'industrie (dont Kevin Smith), et tentant de trouver les éventuels héritiers de Finger.

Plus facile à dire qu'à faire, puisque Finger ayant totalement disparu des radars, sa vie de famille a fini par être aussi compliquée et déprimante que sa carrière. Enfin, Nobleman a réussi à retrouver la petite-fille de Finger, et a fini par se confronter frontalement à DC : un geste qui n'est pas sans déplaire à la compagnie, qui tente brièvement de pousser Mme Finger à lui céder tous les droits de Batman, avant d'abdiquer.

Un métrage assez fascinant, notamment dans l'opposition totale qu'il décrit entre les personnalités de Finger et de Kane, l'un discret et dédié à son métier, l'autre flamboyant, vantard et opportuniste, prêt à tout pour être célèbre.

Et une belle leçon de courage et de persévérance de la part de Nobleman, qui s'est consacré à une cause qui en valait la peine, et a permis à une famille de retrouver un peu de paix d'esprit, tout en renouant avec l'héritage (tant financier que spirituel) de son ancêtre.

4.5/6 (j'ai bien aimé les multiples intermèdes animés utilisés pour retracer la vie et les événements ayant mené à la naissance de Batman)

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Un film, un jour (ou presque) #562 : Moi, Moche et Méchant 3 (2017)

Publié le 20 Juillet 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Comédie, Animation, Jeunesse, Illumination, Action

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus. ​​ 

Moi, Moche et Méchant 3 (Despicable Me 3) :

Alors que Gru (Steve Carell) et Lucy (Kristen Wiig) sont renvoyés de l'AVL pour n'avoir pas réussi à arrêter Balthazar Bratt (Trey Parker), un ancien enfant acteur des années 80 devenu super-criminel, ils décident d'aller rendre visite à Dru (Steve Carell), le frère jumeau de Gru, dont ils viennent d'apprendre l'existence. Mais ce dernier aimerait être un super-méchant, comme son frère l'était, et alors même que les Minions se rebellent et abandonnent leur patron, Dru et Gru font équipe pour tenter de mettre un terme à la carrière de Bratt, en lui dérobant un énorme diamant...

Troisième volet de la série des Despicable Me, un troisième volet assez décevant, car particulièrement décousu et inabouti : en un peu plus de 90 minutes, le film tente de développer un bon paquet de sous-intrigues, entre la révolte des Minions qui finissent en prison, le frère jumeau disparu, le méchant des années 80, les problèmes professionnels de Gru et Lucy, Lucy qui tente d'être mère de famille, Margo et son "fiancé", Agnes et ses licornes, etc... ce qui fait que le métrage finit par toutes les survoler, voire par en bâcler un grand nombre.

Les Minions, notamment, sont totalement passés à la trappe, et séparés du reste de l'équipe pendant les 3/4 du film ; les sous-intrigues des enfants sont insignifiantes, précipitées et n'apportent rien, ni n'ont de véritable portée émotionnelle (Agnes et les licornes, ça reste mignon et amusant, mais ça s'arrête là) ; et la combinaison de Dru et de Bratt fait que l'intrigue principale se contente de se dérouler sous les yeux du spectateur en passant de rebondissement prévisible en rebondissement prévisible, de référence 80s en référence 80s, sans réellement fonctionner ou innover dans le genre (ça n'aide pas que le méchant, Bratt, soit volontairement un cliché sur pattes jouant sur la nostalgie années 80 tellement à la mode en ce moment, sans y apporter quoi que ce soit d'original dans son approche).

Bref, Despicable Me, c'était gentillet et sympathique ; Despicable Me 2, c'était regardable, mais pas exceptionnel ; Despicable Me 3, c'est encore un cran en dessous. Peut-être qu'Illumination devrait se concentrer sur Les Minions 2 (le premier volet était une bonne surprise), et laisser se reposer Gru et compagnie, dont les aventures n'ont pas vraiment besoin de suite...

2.5/6 (vu en VF, mais pas sûr que la VO soit suffisante pour remonter la note et arriver à la moyenne)

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Un film, un jour (ou presque) #561 : Super Capers (2009)

Publié le 19 Juillet 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Comédie, Action, Fantastique

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Super Capers: The Origins of Ed and the Missing Bullion :

Incapable, et dépourvu du moindre pouvoir, Ed Gruberman (Justin Whalin) joue les apprentis-justiciers dans les rues de la ville, se calquant sur son modèle, le Dark Winged Vesper (Michael Rooker). Après avoir sauvé la belle et mystérieuse Red (Christine Lakin), Ed intègre une équipe de super-héros amateurs, menée par Will Powers (Ryan McPartlin), et composée de personnalités diverses et variées (Danielle Harris, Samuel Lloyd, Ray Griggs, Tiny Lister, Oliver Muirhead). Mais bien vite, l'équipe devient la victime d'une manipulation obscure, qui fait d'elle le suspect numéro 1 dans un braquage particulièrement médiatisé...

Une parodie de film super-héroïque qui tente d'être un cartoon live, avec bruitages exagérés et référentiels, interprétation outrancière, budget ultra-limité, flashbacks semi-animés, etc.

Les intentions sont bonnes, la distribution est sympathique, et le tout ne se prend pas au sérieux, mais malheureusement, la mayonnaise ne prend jamais totalement, la faute à des influences omniprésentes et envahissantes qui, initialement, font sourire (la caravane/Delorean tunée trop lente et massive pour atteindre les 88 mph), mais finissent par devenir trop présentes, comme cet hommage pataud au Retour du Jedi, qui frôle le Austin Powers.

Musicalement, c'est la même chose, ça photocopie volontairement Retour vers le Futur, Superman, Star Wars, etc, sous couvert de clin d'oeil, mais ça finit par ressembler à du fan-service creux et sans intérêt, et ça donne au film de faux airs de sketch à rallonge.

En somme, trop dérivatif, trop fauché, et trop sous influences pour vraiment convaincre, ça n'arrive jamais à la hauteur de The Specials, de Mystery Men, ou de la série The Tick.

Dommage.

3/6 (en étant très généreux, parce que ça vaut honnêtement nettement moins)

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Un film, un jour (ou presque) #560 : Dumb - L'histoire de Big Brother Magazine (2017)

Publié le 18 Juillet 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Documentaire, USA, Sport, Télévision, Hulu

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Dumb - The Story of Big Brother Magazine :

Documentaire Hulu revenant sur la genèse et la vie du magazine Big Brother qui, à l'origine guère plus qu'un fanzine, a su redonner un coup de fouet au monde du skate-board, qui était agonisant au début des années 90. 

Amateur, rebelle, impertinent, bourrin, vulgaire, idiot, immature, débile, scatologique, et tout simplement punk dans l'âme, Big Brother a injecté une bonne dose de provocation dans le monde du skate, rendant à celui-ci son statut de contre-culture, et ouvrant la porte à de nombreux noms désormais connus : Johnny Knoxville, Spike Jonze, Steve-O, Tony Hawk, et toute la bande des Jackass.

Une troupe Jackass directement sortie des vidéos et des articles de Big Brother, qui a survécu à la faillite du magazine (un magazine qui n'a jamais gagné d'argent, même après son rachat par Larry Flint), et qui témoigne dans le cadre de ce métrage assez amusant à suivre.

Plutôt intéressant et complet, même si, comme moi, on n'a jamais vraiment fait partie ou adhéré à ce monde du skate de rue, des cascades débiles, et autres gags pipi-caca-vomi.

4.5/6

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Un film, un jour (ou presque) #559 : Menace d'État (2012)

Publié le 17 Juillet 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Thriller, Action, UK

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Menace d'État (Cleanskin) :

Après l'échec d'une mission au cours de laquelle des explosifs ont été dérobés par des terroristes, et employés à des fins d'attentat en plein Londres, Ewan (Sean Bean), un agent gouvernemental, reçoit une nouvelle mission de la part de sa supérieur Charlotte (Charlotte Rampling) : il doit faire équipe avec Mark (Tom Burke), et arrêter discrètement cette cellule terroriste avant les prochaines élections. De son côté, Ash (Abhin Galeya), le terroriste, renoue avec Kate (Tuppence Middleton), sa petite-amie d'antant, avant qu'il ne se radicalise, et commence à remettre en question sa mission-suicide...

Un thriller bien mené et intelligent, qui prend la peine d'exposer en parallèle les motivations des deux camps en présence, sans jamais donner raison à l'un ou l'autre, ou même les présenter sous un jour favorable.

Sean Bean est convaincant dans son rôle de Jack Bauer anglais, et tous les seconds rôles sont au diapason, efficaces et crédibles ; la réalisation est plutôt bonne, et parfois même inspirée ; et les retournements finaux sont plutôt bien amenés.

Reste cependant un petit bémol, les flashbacks, qui auraient pu être mieux maîtrisés, et mieux intégrés au reste du récit. Mais dans l'ensemble, c'est tout à fait honorable pour ce que c'est.

3.5/6

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Les bilans de Lurdo : American Gods, saison 1 (2017)

Publié le 16 Juillet 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Télévision, Les bilans de Lurdo, Starz, Fantastique, Drame, Religion

Série Starz pilotée par Bryan Fuller (Dead Like Me, Wonderfalls, Pushing Daisies, Hannibal), et adaptée d'un roman de Neil Gaiman, American Gods narre le destin improbable de Shadow Moon (Ricky Whittle), arnaqueur à la petite semaine qui, à sa sortie de prison, apprend que son épouse Laura (Emily Browning) est décédée dans un accident de voiture en compagnie de son amant.

Perdu, il est alors recruté par le mystérieux et roublard Mr. Wednesday (Ian McShane), qui l'emmène en road-trip à travers les États-Unis, afin de recruter une armée de personnages tous plus étranges les uns que les autres. Avec pour objectif une guerre ouverte entre puissances surnaturelles modernes et dieux anciens, affrontement au coeur duquel se trouve plongé Shadow...

American Gods - saison 1 :

J'avoue que j'ai mis un peu de temps à me motiver avant de m'attaquer à cette nouvelle série de "prestige tv" (tel que les Américains aiment qualifier ces séries du câble aux prétentions artistiques et au budget conséquent) faisant le buzz. J'aime habituellement beaucoup Fuller, mais rien de ce que j'avais vu d'American Gods ne m'avait donné envie, d'autant que je n'ai jamais été particulièrement friand de la plume de Gaiman.

J'ai donc attendu la fin de la diffusion avant de m'attaquer à cette série de 8 épisodes d'une heure... et je dois dire que je reste particulièrement mitigé sur le résultat final. À tel point que je ne sais pas vraiment par quel bout attaquer cette critique, et que je vais donc tenter de la synthétiser au maximum.

En commençant par la distribution : une distribution globalement excellente, entre McShane, formidable en Odin ; Pablo Schreiber, attachant (un peu malgré lui, et malgré son look très artificiel) en Sweeney ; Glover, menaçant et rare en Mr World ; Emily Browning, qui se donne à fond dans un rôle difficile ; ou encore bon nombre de seconds rôles, de Cloris Leachman à Gillian Anderson, en passant par Orlando Jones, Corbin Bernsen ou Kristin Chenoweth. Tout le monde incarne bien son personnage, tout le monde semble bien à sa place... tout le monde, sauf Ricky Whittle. Et là, premier problème de la série : son protagoniste inexpressif, terne, sans personnalité, qui se fait systématiquement dévorer par tous les autres acteurs, et qui n'apporte absolument rien à ses scènes, hormis son physique de mannequin athlétique.

Un Shadow qui, pourtant, est au coeur de toute la série, une série qui semble s'attendre à ce qu'on prenne au sérieux (et qui repose fortement sur) son mariage avec Laura (et la tragédie qui s'en suit), qu'on s'attache à ce couple, à la force de leur amour, etc : le show consacre ainsi un épisode entier, façon flashback à la Lost, à leur couple... et tout ce que cela parvient à accomplir, c'est montrer à quel point Whittle est inexistant à l'écran, et à quel point le personnage de Laura (bien que très bien interprété par Browning) est antipathique au possible. Alors entre le lead insipide et sa femme dépressive/suicidaire/individualiste et ingrate, qui constituent une part majeure de cette première saison, on se retrouve tout de suite face à un problème de taille.

Heureusement, les personnages secondaires sont là pour donner de l'intérêt : on touche là directement à la structure intrinsèque de la série, une sorte de succession de vignettes présentant chacun des Dieux de l'histoire, que ce soit en flashbacks, ou à l'époque moderne, le tout lié par le road-trip de Wednesday/Shadow (et un peu plus tard, de Sweeney/Laura). Et là, ça passe ou ça casse, selon les épisodes et les personnages, et ce pour deux raisons principales.

Tout d'abord, la mise en images : déjà dans Pushing Daisies, mais de manière plus prononcée depuis Hannibal, Bryan Fuller se lâche sur ses penchants artistiques. Il met de plus en plus l'accent sur des expérimentations visuelles (pas toujours pertinentes ou réussies, il faut bien l'avouer), et American Gods est un peu la quintessence de cette approche. C'est une série qui tente beaucoup de choses, qui utilise énormément d'effets, et qui en est fière. L'équipe technique d'American Gods aime clairement se regarder filmer et se félicite de son travail d'avant-garde, qu'accompagne une bande sonore très bruitiste et éclectique.

Parfois, ça fonctionne, et ça donne lieu à des scènes oniriques et assez jolies, tout à fait en adéquation avec l'ambiance étrange de l'oeuvre de Gaiman. Et parfois, ça ne fonctionne pas du tout, et on a l'impression de regarder une publicité clinquante, kitsch et toc pour du parfum, avec des effets spéciaux inégaux (tant les effets numériques - lapins, lifting numérique - que pratiques - faux chat décédé, prothèses en latex, postiches et autres perruques fauchées), une bande son insupportable (voire contre-productive, comme le recours systématique à des morceaux rock 50s/60s durant les flashbacks en Irlande, vers la fin de la saison), et un propos/message (que ce soit sur la religion, le sexe, la femme, les armes, Jesus, le destin, blablabla) bien trop pataud et lourd, qui plus est agrémenté de provoc' gratuite pas forcément mal intentionnée, mais tellement dépourvue de toute finesse qu'elle agace plus qu'elle ne force à la réflexion.

Et l'autre point qui pose problème, avec tous ces dieux, c'est qu'ils n'ont pas forcément grande utilité durant la saison. Je pense notamment à Bilquis, la déesse de l'Amour, qui est bien pratique pour rajouter un quota de nudité féminine dans la série (et un quota de symbolisme joyeusement kitschouille, donc), mais qui n'a absolument aucune utilité cette saison, et n'est donc pas du tout intéressante.

On rejoint là un problème que j'ai avec ces huit premiers épisodes : ils se laissent tellement aller à tous ces excès visuels, auditifs et thématiques, qu'au final, cette première saison n'est qu'une grosse introduction avec pas mal de redondances, de superflu, et de style qui l'emporte sur la substance. On aurait probablement très bien pu condenser ces huit heures en cinq, voire six heures, sans rien perdre du récit. 

Un récit qui, d'ailleurs, a tendance à se croire plus subtil, original et profond qu'il ne l'est vraiment : ce concept d'affrontement des dieux modernes vs les dieux anciens dans une époque contemporaine, j'ai l'impression de l'avoir déjà vu traité des dizaines de fois (littérature, tv, comics) auparavant, et il suffit de toute façon d'un strict minimum de jugeote pour comprendre très tôt les tenants et les aboutissants de la série...

Mais j'ai beau critiquer la série sur de nombreux plans, je ne peux pas nier qu'elle soit ambitieuse et intéressante, voire même assez amusante lorsqu'elle cesse de se prendre trop au sérieux (Sweeney, mais aussi Easter). Quel dommage cependant que la forme y prime autant sur le fond, que Fuller (autrefois particulièrement doué pour combiner drame, pathos, humour, casting réussi et postulats originaux) semble désormais préférer se concentrer sur le visuel et la production, plutôt que sur l'écriture (pas un seul épisode écrit en solo), et que le programme soit autant axé sur un couple de personnages aussi peu intéressants.

Est-ce que je serai de la saison 2 ? Pas sûr.

Les quelques pistes laissées dans cette saison 1 semblent indiquer que Shadow est lui-même d'essence divine, et je soupçonne fortement Odin d'avoir autre chose en tête qu'une simple guerre des dieux (depuis le début, il manipule tout le monde, et je ne serais pas surpris qu'on apprenne plus tard que le compagnon de cellule de Shadow, dans le pilote, était lui aussi un sbire d'Odin)... mais même si l'affrontement réel des déités, dans le dernier épisode, était sympathique, ce n'est pas forcément une perspective assez fascinante pour me convaincre de revenir à temps plein.

On verra bien.

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Les bilans de Lurdo : Hollywood Darlings, saison 1 (2017)

Publié le 15 Juillet 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Télévision, PopTV, Comédie, Sitcom, Documentaire, Les bilans de Lurdo

Anciennes gloires du petit écran, dans les années 90, Christine Lakin (Notre Belle Famille), Jodie Sweetin (La Fête à la Maison) et Beverley Mitchell (7 à la Maison) sont amies dans la vie, et désormais de jeunes mamans, qui tentent de concilier vie de famille, carrière au point mort, et mésaventures du quotidien...

Hollywood Darlings - saison 1 :

Une sitcom mockumentaire (façon The Office) en huit épisodes, diffusés sur Pop Tv, et qui rappelle beaucoup la web-série de Christine Lakin, Lovin' Lakin (2012 - visible sur YouTube), qui fonctionnait sur le même concept - d'ailleurs, je ne serais pas surpris que Hollywood Darlings ait commencé comme une extension de cette web-série, et ait reçu un coup de fouet suite au succès du revival de La Fête à la Maison, sur Netflix.

Bref, on retrouve là les mêmes ressorts comiques et narratifs, le même style de réalisation, le même recours aux innombrables caméos des amis des trois actrices (entre autres, on a Patrick Duffy et Stacy Keanan de Notre Belle Famille, Andrea Barber de La Fête à la Maison, Nicholle Tom de Une Nounou d'Enfer, Jaleel White aka "Steve Urkel", Soleil Moon Frye de Punky Brewster, Lance Bass de N'Sync, Tamera Mowry des Twitches, Andrew Keegan de 7 à la Maison - "he did a lot of shows, back then. He did a lot of actresses, too."...), pour un résultat sympatoche pour peu qu'on sache à quoi s'attendre.

On est clairement là dans de la cringe comedy semi-improvisée jouant fortement sur la fibre nostalgique, avec un format pseudo-tv réalité (avec interviews sur canapé) pas forcément toujours maîtrisé (certains épisodes assument pleinement la filiation avec The Office & co, à base de regards caméra désespérés des protagonistes, etc, mais d'autres font comme si les caméras étaient invisibles, ce qui casse un peu la suspension d'incrédulité et l'homogénéité du concept), et des actrices n'ayant pas peur du ridicule, et qui campent des versions un peu caricaturales d'elles-mêmes - Mitchell est la mère de famille un peu naïve, sage et mal fagotée, Lakin la Californienne égocentrique toujours victime de la dernière mode et prête à tout pour trouver un rôle, et Sweetin est la grande blonde sculpturale, poumonnée et rebelle, revenue de tout, qui ronchonne et qui jure comme un charretier. 

Cela dit, bien que le show reste somme tout assez superficiel et anecdotique, le capital sympathie et l'énergie des trois actrices font que le tout fonctionne plutôt bien dans le genre : Lakin se retrouve notamment, par défaut, dans le rôle de l'"héroïne" du show, ou du moins, de celle qui se donne le plus, puisque comme à son habitude, l'actrice n'a pas peur de donner dans le slapstick ou dans le ridicule pour rendre son personnage mémorable.

De plus, comme les deux autres actrices tiennent bien leurs rôles respectifs, et que le trio n'a pas peur de donner occasionnellement dans un humour plus cru et mordant, on finit par se dire qu'il est bien dommage qu'on ne leur propose pas de rôles plus prestigieux, dans des sitcoms ou des séries de networks...

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Un film, un jour (ou presque) #558 : The Image Revolution (2014)

Publié le 14 Juillet 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Documentaire, Biographie, Histoire

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

La Révolution Image (The Image Revolution) :

Il y a 25 ans, insatisfaites par le traitement que leur réservait Marvel, pour qui elles travaillaient, sept des plus grandes stars de l'industrie de la bande dessinée américaine - Jim Lee, Marc Silvestri, Rob Liefeld, Todd McFarlane, Erik Larsen, Jim Valentino et Whilce Portacio - décidaient de faire sécession, et de fonder leur propre maison d'édition, Image.

Contre toute attente, et contre toute prédiction, l'opération est un succès retentissant, qui propulse ces talents au firmament de l'industrie, les rend immensément riches, et change à jamais la face du monde des comics.

Aujourd'hui, Image est toujours en activité, et connaît un succès toujours plus florissant, le produit d'une évolution qui ne s'est pas faite sans heurts : entre conflits d'intérêts, égos démesurés, résistance de l'industrie et des jeunes talents, folie des grandeurs, et crash économique, la vie d'Image a été secouée de nombreux séismes, et il a fallu le départ de plusieurs membres fondateurs (dont Jim Lee, désormais grand patron de DC Comics), pour qu'Image se réoriente et se positionne comme une alternative indépendante aux deux géants que sont DC et Marvel. Désormais, face aux super-héros de la concurrence (et contrairement à ses débuts), Image propose des récits différents, créés et contrôlés par leurs auteurs, au nombre desquels le fameux Robert Kirkman, et son Walking Dead.

Ce documentaire résume donc l'essentiel de la genèse de la compagnie, et de son histoire, au travers d'innombrables vidéos d'archive, et autres interviews avec tous les membres fondateurs d'Image.

Parmi ces derniers, c'est Rob Liefeld, qui, paradoxalement, s'en sort le mieux, tant son caractère rigolard, déconneur et sympathique le rend éminemment attachant, et compense le fait qu'il est un piètre imitateur, qu'il n'est pas très drôle, et qu'à l'époque, il était totalement immature, égocentrique et bordélique, tout en étant responsable des plus gros problèmes de ce collectif. Jim Lee, lui, paraît vraiment discret, humble et travailleur, tandis que Silvestri est le grand frère plus détaché, Larsen l'artiste excentrique, Valentino le vétéran, et McFarlane, le businessman ambitieux, calculateur, malin et meneur d'hommes. 

On suit donc toute cette petite équipe de leurs débuts de poids lourds chez Marvel, à leurs premiers pas enthousiastes mais précipités, en tant qu'Image, avant de passer à leur succès de rock-stars... et c'est là que ça se gâte, puisque personne au sein de l'équipe (hormis McFarlane) ne savait dans quoi ils mettaient les pieds, ou comment gérer une entreprise.

Sans surprise, Image a alors connu une traversée du désert, parallèle à l'éclatement de la bulle spéculative du marché du comic-book, que la compagnie avait bien alimentée pendant un temps. Et c'est lorsque l'on aborde vraiment cette période difficile que l'on s'aperçoit que ce qui est sympathique avec ce documentaire, c'est que malgré les brouilles, malgré les disputes de l'époque, tout le monde assume ses erreurs, et tout le monde est resté en contact.

Le documentaire peint donc un portrait très sympathique de tout ce petit monde, mais malheureusement, le métrage n'est pas très long (80 minutes), et le temps qu'il consacre à ces personnalités est autant de temps qui aurait pu être utilisé pour mieux replacer la "révolution Image" dans son contexte, et pour bien en décrire ses conséquences. À l'identique, le film fait un peu l'impasse sur la dernière décennie d'Image, avant le succès Walking Dead, et manque d'un point de vue extérieur, peut-être plus objectif, sur la compagnie et sur son influence réelle, tant au niveau artistique que commercial, contractuel et professionnel.

Mais dans l'ensemble, ça reste un documentaire intéressant pour quiconque s'intéresse à l'industrie, et a grandi avec les comic-books Image. Il ne faut simplement pas s'attendre à quelque chose de forcément totalement exhaustif, ou de totalement neutre sur le sujet.

4.25/6   

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Un film, un jour (ou presque) #557 : Cet été-là (2013)

Publié le 13 Juillet 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Comédie, Drame, Review

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Cet été-là (The Way Way Back) :

Duncan (Liam James), un ado mal dans sa peau, est contraint de passer l'été au bord de la mer avec sa mère (Toni Collette), son petit-ami Trent (Steve Carell), et la fille de celui-ci. Problème :  Trent est infidèle, sa fille est insupportable, et la mère de Duncan préfère fermer les yeux sur ses problèmes et sur ceux de son fils. L'adolescent trouve alors refuge dans un parc aquatique tout proche, où il décroche un job, et sympathise avec Owen (Sam Rockwell), le manager sarcastique et décomplexé de l'établissement.

Une chronique estivale douce-amère, en forme de passage à l'âge quasi-adulte, et signée par Nat Faxon et Jim Rash (voir aussi The Descendants).

Rien de particulièrement original (on pense un peu à Meatballs, dans sa relation entre un moniteur grande gueule et assuré, et un adolescent timide et complexé), Liam James frôle un peu trop l'autisme dans sa prestation, et le tout est parfois un peu forcé/artificiel, mais dans l'ensemble, ce n'est pas désagréable, notamment grâce à sa distribution excellente (Allison Janney est géniale, Rockwell fait du Rockwell, et Steve Carrell est surprenant à contre-emploi).

3.5/6

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Un film, un jour (ou presque) #556 : Holy Hell (2016)

Publié le 12 Juillet 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Documentaire, USA, Religion, CNN, Biographie

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Holy Hell :

En 1985, mis à la porte de chez ses parents à cause de son homosexualité, Will Allen, 22 ans, finit par suivre sa soeur, et par rejoindre le Buddhafield, une communauté new-age pseudo-spirituelle établie dans le secteur très gay de West Hollywood, et menée par "Michel", un gourou charismatique et bodybuildé se promenant constamment en slip. En dépit des apparences, toute sexualité est proscrite au sein du groupe, et le seul objectif semble être l'éveil spirituel de ses membres grâce aux pouvoirs étranges de Michel.

Là, pendant 22 ans, Will (diplômé d'une école de cinéma) sert de documentaliste et de réalisateur pour le mouvement, chroniquant tous les faits et gestes de son gourou, immortalisant tous les spectacles que Michel - ancien danseur de ballet - adore chorégraphier et mettre en scène (en plus d'en être la vedette), servant d'agent de propagande pour son maître, et se liant profondément avec tous les membres, qui forment rapidement sa nouvelle famille.

Et puis progressivement, la vérité se fait jour : Michel est en réalité un acteur raté d'origine latino, ayant eu un bref rôle muet dans Rosemary's Baby, et ayant joué dans des pornos gays ; c'est un hypnothérapeute diplômé, qui utilise son savoir pour manipuler et exploiter tous ses membres ; il abuse sexuellement de ses nombreux disciples, qu'ils soient homosexuels ou hétérosexuels ; il impose un culte du corps et de la beauté perpétuelle à ses adeptes, exigeant avortements et opérations de chirurgie esthétique à ces derniers, en plus d'un régime sportif soutenu...

Et plus "Michel" vieillit, plus il devient flamboyant, caractériel et excentrique, se donnant constamment en spectacle, travesti, et faisant basculer le Buddhafield d'un mouvement hippie à un culte religieux de la personnalité, dont il est la vedette incontestée : la majeure partie de ce qui est clairement une secte le suit lorsqu'il fuit au Texas et change de nom, mais bien vite, les membres se rebellent, et Will, en compagnie de la plupart de ses amis, rompt tout lien avec le mouvement. Un mouvement anémique désormais retranché à Hawaii, autour de ce vieux beau botoxé et lifté, raide comme un piquet, et qui se déplace en bombant le torse comme Aldo Maccione sur une plage.

Un documentaire assez tragique, co-produit par Jared Leto, et qui montre bien (au travers de toutes les images filmés au fil des ans par Will Allen, le réalisateur) toute la folie et la mégalomanie de ce gourou improbable, qui a trouvé là le rôle de sa vie, et entend bien ne jamais plus le lâcher.

Assez triste de voir toutes ces vies ruinées par cet homme, d'autant que dans bon nombre des déclarations et témoignages faits durant le documentaire par les anciens membres, on sent parfois poindre des regrets de ne plus vivre dans cette communauté, de ne plus bénéficier de la magie de ces premières années, lorsqu'ils étaient tous encore sous le charme de l'illusion "Michel" (le syndrome de Stockholm n'est pas loin...) 

4.5/6

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Un film, un jour (ou presque) #555 : A Little Help (2010)

Publié le 11 Juillet 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Comédie, Drame, Review

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

A Little Help :

Le mariage de Laura Pehlke (Jenna Fischer), une assistante dentaire mère d'un enfant difficile (Daniel Yelsky), est en pleine débandade : son mari Bob (Chris O'Donnell) la trompe car il ne la trouve plus désirable, et Laura boit et fume désormais trop pour son propre bien. D'autant que sa mère et sa soeur tentent de contrôler son quotidien... Soudain, cependant, Bob décède d'un problème cardiaque, laissant son épouse seule, sans autre moyen d'assurer sa subsistance que de faire un procès au médecin qui n'a pas su diagnostiquer à temps la maladie de Bob. Et voilà en plus que son fils raconte partout que Bob est un pompier héroïque mort durant le 11 Septembre...

Une dramédie indépendante qui traite du malaise de couple, des occasions manquées et des petits choix que l'on fait par confort, et qui finissent par vous rendre malheureux ; dans ce film, la vie est une suite de désastres auxquels il faut survivre tant bien que mal, et tout le monde est contre vous, ou presque... une vision un peu caricaturale et forcée, je dois dire, notamment dans le fait que tous les personnages du film, des adultes aux enfants, sont assez détestables... sauf Laura (pleine de problèmes, certes, mais découlant de sa dépression et de sa vie malheureuse) et son beau-frère (qui au contraire est quasiment parfait, mais lui aussi malheureux).

Pas surprenant donc de voir ces deux-là se tourner autour, et trouver dans leur passivité identique face aux événements un symptôme de leur malaise, et un dénominateur commun qui les unit.

Rien de révolutionnaire dans cette dramédie, mais c'est assez bien mené et interprété, notamment par Jenna Fischer qui mérite clairement une carrière différente de celle qu'elle a actuellement.

3.25/6 

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Un film, un jour (ou presque) #554 : Pharmacy Road (2017)

Publié le 10 Juillet 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Télévision, HBO, Comédie, Documentaire

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Pharmacy Road (Tour de Pharmacy) :

Entaché par la mort dramatique, en pleine étape, de JuJu Peppi (Orlando Bloom), coureur dopé, le Tour de France 1982 est entré dans les mémoires pour ses scandales et ses controverses. 35 ans après, une équipe documentaire se penche sur l'événement, au travers d'images d'archive, et d'interviews des différents cyclistes - Marty Hass (Andy Samberg/Jeff Goldblum), Adrian Baton (Freddie Highmore/Julia Ormond), Slim Robinson (Daveed Diggs/Danny Glover), Gustav Ditters (John Cena/Dolph Lundgren) - et autres officiels...

Mockumentaire HBO de 40 minutes, produit et écrit par Andy Samberg, les Lonely Island & compagnie, la même équipe à l'origine de Sept Jours en Enfer, le mockumentaire sur un match de tennis épique diffusé en 2015.

On retrouve le même sens de l'humour assez graveleux et vulgaire, le même côté absurde et improbable, les mêmes moments de nudité gratuite estampillée HBO, et les mêmes multiples caméos de noms connus, de la distribution principale aux intervenants secondaires (James Marsden, Will Forte, Maya Rudolph, Kevin Bacon, Phylicia Rashad, Adewale Akinnuoye-Agbaje, Jon Hamm, J.J. Abrams, Mike Tyson, et Lance Armstrong).

Bref, on est dans la continuité directe de Sept Jours en Enfer, et il n'est donc pas surprenant qu'on en ressorte avec la même impression d'inabouti, et le même sentiment de frustration, comme si l'on "regardait un long sketch du SNL étiré jusqu'à ses limites", pour citer ce que je disait du moyen-métrage de 2015.

Un peu moins drôle que le match de tennis, mais un peu plus court, je lui mets donc, sans surprise, la même note, à savoir

3.75/6

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Les bilans de Lurdo : Unbreakable Kimmy Schmidt, saison 3 (2017)

Publié le 9 Juillet 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Télévision, Les bilans de Lurdo, Comédie, Sitcom, Netflix

Après une première saison très attachante, et une seconde saison plus sérieuse, et en demi-teinte (dont j'avais brièvement fait des critiques éclair ici et ), je passe à la troisième saison des mésaventures de Kimmy Schmidt, récemment diffusées sur Netflix.

Unbreakable Kimmy Schmidt - saison 3 :

Cette année, Kimmy Schmidt et ses compères ont décidé de grandir, d'évoluer, et de trouver une direction à leur vie. Plus facile à dire qu'à faire pour tous ces personnages plus improbables que jamais...

 

3x01 - Le Révérend veut forcer Kimmy à divorcer, mais elle hésite, et Titus passe une audition pour Rue Sésame, avant de retrouver son petit ami.

Pas exceptionnelle, cette reprise : il y a un étrange manque de rythme dans le montage de certaines scènes, et tout ce qui a trait à Lillian et à Fred Armisen ne fonctionne pas vraiment, que ce soit dans l'interprétation ou dans l'écriture. À part ça, Kimmy reste adorable (d'autant plus avec sa coupe de cheveux courte), et quelques répliques font vraiment mouche, mais dans l'ensemble, le tout s'avère assez inégal.

 

3x02 - Titus se prend pour Beyonce et parodie Lemonade, Kimmy visite des facs, et Lillian et Jacqueline tentent de se faire élire au conseil municipal.

Alors je sais que Lemonade est devenu une institution et un incontournable aux USA, mais moi, je n'ai que faire de Beyonce, je n'ai jamais vu le clip/la vidéo, et donc, la parodie est totalement tombée à plat en ce qui me concerne. Le reste, classique et peu mémorable, d'autant plus que le tout est paradoxalement assez daté (entre les références à Lemonade, le "lock her up", la mention des "deplorables", on sent que Tina Fey a écrit l'épisode mi-2016), qu'il y a des vannes prévisibles, et que la sous-intrigue des élections municipales est assez quelconque.

 

3x03 - Jacqueline et Russ tentent de convaincre le père de Russ de rebaptiser les Redskins par le biais de tout un stratagème improbable ; Kimmy reçoit la visite de la fiancée (Laura Linney) du Révérend qui veut l'amener à signer les papiers de divorce.

À nouveau un peu mitigé : les "Redskins", ça date aussi pas mal l'épisode, la manière peu cavalière dont la série évacue David Cross est assez décevante, et l'intrigue est moyenne ; du côté de Kimmy, c'est ponctuellement amusant, mais dans l'ensemble, l'épisode est assez plat.

 

3x04 - Kimmy accepte de petits jobs pour payer la Fac ; Titus devient le choriste de Judah Friedlander, conspirationniste reclus mais qui paie bien.

Pas désagréable du tout, cet épisode : mis à part le retour de Xan, insipide, les petits jobs de Kimmy étaient drôles, et tout ce qui avait trait aux chansons de Titus & du conspirationniste fonctionnait bien, malgré une chute très prévisible.

3x05 - Kimmy réquisitionnée par le FBI pour convaincre Gretchen de ne pas se faire sauter avec sa secte d'adolescents glandeurs ; Jacqueline fait de la cuisine avec un fantôme ; Lillian aide Titus, atteint de scorbut. 

Un épisode assez équilibré, rythmé et drôle, malgré un féminisme assez pataud chez Kimmy/Gretchen ; avec en prime un crossover avec Orange is the new Black. 

 

3x06 - Kimmy découvre sa première fête universitaire, et y retrouve Perry (Daveed Diggs) ; Jacqueline, Titus et Lillian tentent de tromper le frère de Russ (Josh Charles).

Épisode longuet, qui manque de punch et de subtilité, avec une caricature pataude et facile des millennials et des universités libérales. Le seul truc qui fonctionne vraiment, dans tout ça, c'est la relation de Kimmy et de Perry, et encore, on a droit à un obstacle gentiment artificiel inséré par les scénaristes pour rendre cette relation impossible.

 

3x07 - Kimmy découvre les fake news devant une alerte météo, et Titus comprend qu'il n'est pas un mec bien lorsqu'il découvre qu'il est devenu, à son insu, le méchant d'une publicité pour un médicament.

Mwé. La romance de Lillian et d'Artie n'est pas désagréable, bien que l'interprétation de Carol Kane soit toujours assez agaçante, mais le reste m'a paru plutôt laborieux et mollasson. 

 

3x08 - Cloîtrés dans l'appartement pour cause de tempête, Titus raconte enfin ce qui s'est passé durant sa croisière à Kimmy & co : il a dévoré Dionne Warwick (Maya Rudolph).

Avec une Maya Rudolph en pilotage automatique dans la peau de Dionne Warwick, pour un résultat relativement mitigé : trop de Rudolph en roue libre, trop de Titus manipulateur et mesquin, pas assez de Kimmy, une réconciliation finale précipitée, mais quelques scènes et gags très efficaces. J'attendais mieux de Tina Fey.

3x09 - Kimmy s'intéresse à la religion, et accompagne Titus à l'église, où ce dernier rencontre une grand-mère médisante, et le directeur du choeur ; Jacqueline relooke Lillian.

Pas désagréable, malgré une résolution globale un peu attendue, et précipitée, ainsi qu'une Anna Camp affreusement sous-exploitée.

 

3x10 - Titus et Kimmy tentent de tromper le propriétaire d'une station service (Ray Liotta), pour accéder gratuitement à ses toilettes ; Jacqueline tente de faire chanter les propriétaires des Redskins avec sa vidéo volée.

Pas aimé du tout, celui-là : très forcé, surjoué et épuisant du côté de T&K ; d'ailleurs, ça aurait très bien pu se dérouler en saison 1 ou 2 sans problème, il n'y a pas la moindre continuité avec le reste, et les études de Kimmy (notamment sa bourse pour aviron) ne sont quasiment pas prises en compte.

 

3x11 - Une des enseignantes (Rachel Dracht) de Kimmy & Perry les invite à un dîner de cons, Kimmy découvre le web, et Titus part dans un délire sur le prénom de la fille de son nouveau compagnon.

Rachel Dracht, un peu comme Maya Rudolph, n'est là que pour faire son numéro, et n'est pas particulièrement convaincante ; de manière générale, un épisode parfois longuet, notamment pour Jacqueline qui se fait la main sur Mimi, et récupère un séducteur en lieu et place de David Cross ; la résolution de la sous-intrigue du rap philosophique était assez sympathique, cela dit.

 

3x12 - Kimmy apprend la philosophie, et hésite à apparaître dans le show de Xan ; Jacqueline découvre que Russ n'a pas changé que physiquement ; Lillian découvre les mystères de la technologie avec Artie.

Un Titus pas très présent, une conclusion évidente et prévisible pour Jacqueline/Russ (Jacqueline a changé, ça fait plaisir), et Artie/Lillian restent touchants, eux aussi.

3-13 - Titus gagne de l'argent grâce à sa chanson, et Jacqueline le prend sous son aile pour impressionner Mikey ; Lillian et Artie se séparent ; Kimmy est renvoyée de l'université, et décide de se fier à son test d'orientation pour trouver une carrière.

Un final mi-figue mi-raisin : le tout semble vraiment précipité, notamment dans la manière dont Kimmie est renvoyée/se reconvertit/se fait à nouveau virer à cause du Révérend/trouve une carrière-miracle bien pratique, une sorte de deux ex machina qui sort de nulle part. On regrettera aussi la disparition totale de Perry, mais on saluera le caméo de Jim Gaffigan, amusant, la prise de conscience de Kimmy, et le clin d'oeil à Retour vers le Futur, gratuit et superflu, mais pas forcément désagréable.

 

Bilan :

Une saison manquant étrangement de liant et de direction : si les thématiques initiales étaient intéressantes, et si certains des personnages ont effectivement évolué dans des directions originales, dans l'ensemble, le nombre de pistes abandonnées en cours de route est assez frustrant. Outre le couple Artie/Lillian, on peut aussi citer la fiancée du Révérend, qui disparaît, David Cross et Fred Armisen, qui font de même, la relation de Perry et de Kimmie, qui ne débouche sur rien, le divorce de Kimmy, les études de Kimmy, etc.

Autant d'idées délaissées (peut-être par la force des choses - Ellie Kemper était enceinte) qui, ajoutées à des guests pas toujours très pertinents, à des références qui datent un peu trop le récit, à un manque d'homogénéité, de structure, et à une présence de plus en plus envahissante de Titus, peuvent frustrer : par moment, on a l'impression de regarder Unbearable Titus Andromedon, tant il vole la vedette à tout le monde, et tant les scénaristes semblent parfois se dire que laisser Tituss Burgess improviser suffit à créer l'hilarité.

Dans l'absolu, pourquoi pas, si le personnage évolue... je ne suis cependant pas convaincu que cela va vraiment se produire au final.

Tout comme je ne suis pas vraiment convaincu par ce que laisse deviner la prochaine saison : Kimmy Schmidt entourée de millennials privilégiés dans une start-up, ça risque d'amener Tina Fey et ses scénaristes à ressortir tous les gros clichés et leurs préjugés sur cette génération, ce qui n'augure pas forcément de quelque chose de très frais et original.

Mais bon, nous verrons bien. Dans l'intervalle, je placerai probablement cette troisième saison au même niveau que la seconde : sympathique, sans plus, et je persiste à penser qu'il y a un problème de format inhérent au passage de la saison 1, conçue pour NBC, à la saison 2, pour Netflix : le show est désormais trop à son aise, ses épisodes dépassent la demi-heure, et ils y perdent en énergie et en concision.

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Les bilans de Sygbab - LEXX : saison 4 (2001-2002)

Publié le 8 Juillet 2017 par Sygbab dans Critiques éclair, Review, Télévision, Les bilans de Sygbab, Science-Fiction, Allemagne, Canada

Sygbab regarde (beaucoup) la tv, Sygbab écrit (parfois) des bilans : retrouvez-les sur le blog des Téléphages Anonymes !

Lexx - Saison 4 :

Dans la foulée du final de la troisième saison, l'équipage du Lexx se dirige vers la Terre pour que le vaisseau vivant puisse se sustenter : c'est l'origine des événements de la saison. En effet, toute la saison se déroule sur notre planète, et ce pour des raisons évidentes puisque le manque de budget est criant. Mais les scénaristes s'en accommodent et optent pour une satire quasi permanente de la société moderne, notamment celles des États-Unis qui en prend pour son grade. Le fait que le pays soit dirigé par l'abruti congénital qu'est Reginald G. Priest est suffisamment parlant, d'autant qu'il est manipulé par l'agence gouvernementale ATF (Alcohol, Tobacco and Fire Arms).

La Terre est au coeur de la Dark Zone, et le tableau est noir : oui, l'argent est le nerf de la guerre, et les trois commerces cités précédemment sont ceux qui en brassent le plus. Ce n'est pas pour rien que celui qui se trouve à la tête de l'ATF ne soit autre que Prince, dont l'essence vitale a migré après la destruction des planètes Fire et Water. La multiplication des agences américaines est aussi une source de moquerie dans cette saison, avec le détournement de la plus connue d'entre toutes : le FBI devient le Free Beef Industries...

Beaucoup d'éléments de la culture américaine sont passés au crible, du Texas à la télé-réalité (Xevivor est une parodie hilarante de Survivor) en passant par le monde du porno dans Fluff Daddy. Cet épisode est l'objet de multiples références à Star Trek, contre toute attente : le film X en tournage se nomme Deep Space 69 et le réalisateur dit à Stan - reconverti pour l'occasion en fluffer sans savoir de quoi il en retourne - qu'il faut aller "where no man has fluffed before". La liste est loin d'être exhaustive (Apocalypse Now est également revisité), ce qui permet d'affirmer que le ton de la saison 2 est de nouveau présent.

C'est avec bonheur que le téléspectateur retrouve cet esprit complètement déjanté, mais parfois il est tellement poussé à l'extrême qu'il faut faire un effort pour véritablement apprécier certains épisodes qui sont totalement absurdes. Dans toute autre série, ce serait tout simplement nul, mais il y a toujours une réserve à être aussi catégorique dans le cas de Lexx tant l'écriture est à des années-lumières de ce qu'on a l'habitude de voir. Mais de temps en temps, un épisode plus sérieux pointe le bout de son nez, et le changement de ton est plutôt bien géré.

La plus belle réussite reste The Game, dont le concept est absolument génial : Kai et Prince jouent une partie d'échecs - l'enjeu est primordial pour le Brunnen-G car son adversaire lui a promis de lui rendre la vie s'il l'emporte - avec des pièces représentées par les têtes des différents personnages de la série. Le déroulement de la partie est passionnant (si tant est qu'on ait un certain goût pour l'aspect tactique), mais elle est rendue encore plus intense avec les commentaires en direct des pièces-personnages sur l'échiquier, et son dénouement réserve un retournement de situation totalement improbable.

En réussissant à concilier le sérieux et le grand n'importe quoi généralisé, les scénaristes font preuve de maturité : ils ont appris de leurs erreurs - notamment celles de la saison 3 - et ont trouvé la manière de réunir les divers facettes de la série. On retrouve même l'ambiance particulière de la saison 1 le temps d'un épisode, dans Vlad. Kai y est confronté à un exécuteur divin, chargé du temps du règne de The Divine Shadow d'éliminer les... assassins divins. C'est une façon d'explorer le mythe des vampires, puisque ce personnage féminin se nomme Vlad et vit en Transylvanie. Ce n'est pas la seule incursion dans le monde fantastique, puisque le monde féérique est vu à travers le prisme de Lexx dans A Midsummer's Nightmare et le résultat est pour le moins original.

Toutes ces expérimentations peuvent facilement donner l'impression d'une saison qui n'a aucune direction précise (parfois, c'est tellement bordélique qu'on en est intimement convaincu), et pourtant il y a une réelle continuité, quasiment du début jusqu'à la fin. C'est encore une fois une conséquence directe de la saison 3 : cette dernière était tellement concentrée que les rebondissements de l'intrigue faisaient parfois office de remplissage. L'optique est ici différente : il y a plusieurs sous-intrigues, mais elles sont éparpillées.

Comme les enjeux et les ambitions ne sont pas aussi importants (ce ne sont pas des questions existentielles sur la nature du Bien et du Mal ou sur l'après-vie), elles sont plus diffuses mais elles donnent la possibilité d'alterner, de les recouper, de les utiliser comme ressort comique ou de les ressortir au moment opportun. À part les intrigues passagères (Vlad qui est l'ennemi numéro un de manière éphémère) ou les intrigues très secondaires (le Lexx qui doit absolument manger pour avoir enfin de quoi détruire la Terre), deux fils rouges se distinguent : les tentatives répétées de Prince pour prendre le contrôle du Lexx, et les sondes aliens en forme de carottes qui contrôlent leurs victimes en rentrant dans leur corps par l'anus (si si...).

Les deux sujets sont traités avec une grosse dose de second degré (c'était d'ailleurs clairement nécessaire pour le second). Les scénaristes s'amusent beaucoup avec la clé du Lexx, qui change de propriétaire régulièrement selon que ces derniers soient tués ou proches de l'extase sexuelle. Il est tout de même dommage que le concept ne soit pas totalement exploité car tout le monde la perd très vite alors que certains personnages seraient en position de faire bien plus de dégâts en possession de l'arme la plus puissante de l'univers.

En ce qui concerne les sondes carottes, leurs apparitions sont plus sporadiques, mais elles sont la clé de l'invasion d'une race de plante vivant sur un astéroïde qui progresse vers la Terre. Cela amène à une bataille finale contre l'équipage du Lexx, et la conclusion est tragique et définitive puisque Kai retrouve la vie pendant 5 minutes avant de la sacrifier  entonnant une dernière fois le Yo Way Yo, accompagné par Stan et Xev. Comme pour symboliser le comble de l'ironie, cet acte héroïque ne sauve même pas la Terre, qui finit détruite comme Stan l'a toujours souhaité.

Il faut dire que ce n'est pas la planète la plus accueillante dont ils ont croisé le chemin, et il est assez drôle de voir Stan et Xev dégoûtés des perversions de ses habitants alors qu'ils sont bien gratinés eux-mêmes, entre le vieil obsédé et la nymphomane chronique. Mais autant les Terriens sont stupides, autant la fameuse représentation d'aliens technologiquement et intellectuellement supérieurs débarquant sur Terre est mise à mal : l'équipage du Lexx a bien la technologie, mais n'a pas de cerveau.

Stan, par exemple, répète constamment les mêmes erreurs, et déballe sans arrêt les petits secrets du Lexx (et surtout celui de la clé) pour impressionner ses interlocuteurs. Ce n'est pas de la naïveté mais un complexe de supériorité malvenu puisque ça lui retombe toujours dessus. Xev n'est pas tellement mieux, Kai reste fidèle à lui-même, et 790 est définitivement une pourriture puisqu'il passe son temps à comploter pour éliminer Stan et Xev du paysage. Parfois, on se demande vraiment ce qui les sépare de Reginald G. Priest et de Bunny, ou même de Prince. Difficile de faire des personnages plus humains, puisqu'ils en ont tous les vices.

Excepté 790 qui est insupportable et dont les scénaristes n'ont plus su quoi faire dès la saison 3 (sa violence verbale était encore drôle dans les deux premières, mais dès que son obsession s'est reportée sur Kai, le résultat a été catastrophique), ils ne sont pourtant pas antipathiques et leurs aventures se suivent agréablement quand ce n'est pas trop tiré par les cheveux. Il est tout de même dommage que certains éléments développés dans la saison 3 aient été oubliés : le procès de Stan aurait dû lui mettre du plomb dans la tête mais il n'en a rien été, et le conditionnement de Xev pour être une femme modèle était intéressant mais a été utilisé pour justifier sa nymphomanie. Du trop sérieux, la bascule s'est effectuée d'un coup vers le peut-être trop déjanté.

Lexx est finalement une série qui n'aura cessé d'expérimenter, et qui n'aura jamais proposé deux saisons identiques tant dans leur structure qu'au niveau des thèmes abordés. Il en résulte une série de science-fiction réellement atypique, à laquelle il faut savoir s'adapter pour l'apprécier car l'esprit qui y règne est très particulier. Ça peut être complètement décomplexé, gore, bourré de scènes suggestives, parfois génial, parfois à la limite du ridicule : le moins que l'on puisse dire, c'est que c'est créatif. Elle n'est bien entendu pas exempte de défauts, que ses qualités ne compensent pas toujours, mais elle est intéressante à regarder.

 

(voir aussi : bilan saison 1 ; saison 2 ; saison 3)

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Un film, un jour (ou presque) #553 : Ma Soeur est Invisible ! (2015)

Publié le 7 Juillet 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Télévision, Review, Comédie, Disney, Fantastique, DCOM, Halloween

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Ma Soeur est Invisible ! (Invisible Sister) :

Jeune adolescente discrète, sarcastique et portée sur les sciences, Clea (Rowan Blanchard) ne s'entend pas avec sa soeur Molly (Paris Berelc), belle, populaire, sportive et superficielle. Le soir d'Halloween, alors qu'elle travaille sur un projet scolaire, elle met involontairement au point un moyen de rendre autrui invisible. Et lorsque sa soeur devient la victime de cette expérience, Clea doit conclure une trêve avec celle-ci, pour tenter de régler au plus vite cette situation.

Une DCOM diffusée à Halloween 2015, mais qui n'a quasiment rien d'Halloween, et qui n'a comme principaux intérêts que le tournage à la Nouvelle Orléans, et Rowan Blanchard, assez sympathique.

Le reste, c'est du déjà vu pour Disney, avec cette histoire de soeurs radicalement différentes qui apprennent à se comprendre en traversant une épreuve surnaturelle, blablabla (voir aussi L'Étoile Filante - 1996, et bon nombre d'autres téléfilms similaires).

Avec ici, en prime, une Paris Berelc jolie mais fade, ainsi qu'un postulat totalement inexploité (l'invisibilité n'est jamais utilisée de manière intéressante, légère ou créative), et finalement assez vain (le film n'atteint même pas les 80 minutes, à se demander s'il n'y a pas eu des coupes sévères dans le script ou au montage). Bof.

2.5/6

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Un film, un jour (ou presque) #552 : Doomed - The Untold Story of Roger Corman's The Fantastic Four (2015)

Publié le 6 Juillet 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Documentaire, Fantastique, Science-Fiction, Marvel, USA

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Doomed - The Untold Story of Roger Corman's The Fantastic Four :

En 1992, Bernd Eichinger, un producteur, comprend qu'il doit à tout prix produire, avant la fin de l'année, un long-métrage inspiré des Quatre Fantastiques de Marvel, s'il ne veut pas en perdre définitivement les droits. Il se tourne alors vers Roger Corman, spécialiste des films de genre à petit prix, et c'est alors le début de la production d'un film mythique, pour la somme d'1 million de dollars. Un film mythique, car une fois terminé, le film ne sortira jamais en salles, et disparaîtra à jamais dans les archives de Marvel...

Documentaire de Marty Langford retraçant intégralement le parcours de la production de ce film maudit, Doomed s'avère très intéressant à suivre, car bénéficiant d'interviews de quasiment toutes les personnes impliquées dans le tournage : de Corman à la distribution principale au grand complet, on comprend alors que tout le monde s'est lancé dans ce projet en y croyant complètement, persuadé que ça allait être là la petite porte par laquelle ils allaient rentrer dans le monde d'Hollywood et des films à succès. Par conséquent, toute l'équipe s'est complètement donnée au métrage, allant même jusqu'à assurer une grosse partie de sa promotion de sa propre poche...

Il se dégage donc de ces 90 minutes une impression très claire de sincérité et de passion, particulièrement contagieuse, et qui ne peut que mener à une certaine compassion lorsque vient le moment où tout s'effondre. On apprend ainsi que si le film a été "tué" dans l'oeuf, c'est parce que le fameux (pas pour les bonnes raisons) Avi Arad (qui a refusé d'être interviewé) avait de bien plus grandes ambitions pour la branche cinématographique de Marvel : il n'avait d'ailleurs tout simplement aucune considération pour l'équipe technique et créative, se contentant de signer un gros chèque à Corman et Eichinger, et laissant tous les subalternes de ces derniers sans même une chance de découvrir à quoi ressemblait le film dans sa version finale.

Un documentaire très sympathique et instructif, mais qui perd un demi-point pour l'utilisation non-stop, en fond sonore, d'un morceau clairement photocopié sur le thème des Pirates des Caraïbes, en nettement plus fauché.

4/6

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Un film, un jour (ou presque) #551 : Curtain Call (1998)

Publié le 5 Juillet 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Comédie, Fantastique, Review, Romance

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Curtain Call :

Directeur d'une maison de publication récemment intégrée à une firme plus importante, Stevenson Lowe (James Spader) refuse de s'engager auprès de sa compagne Julia (Polly Walker), qui voudrait bien se marier. Alors que Lowe s'installe dans leur nouvelle maison, Julia en a assez, et claque la porte. Lowe se retrouve alors seul dans la demeure, une demeure occupée par les fantômes d'un couple d'anciens acteurs décédés, Max (Michael Caine) et Lily (Maggie Smith), qui entre deux disputes vont aider Stevenson à reconquérir le coeur de sa belle.

Une comédie fantastique sans prétention et sans génie, dont le seul intérêt repose sur sa distribution sympatique, entre Michael Caine et Maggie Smith qui semblent s'amuser, Spader toujours excellent (sauf peut-être lorsqu'il est ivre sur le banc, et en surjeu total), et un petit caméo de Julianne Nicholson.

Regardable, mais néanmoins très très anecdotique.

3/6

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Un film, un jour (ou presque) #550 : Desperate Teachers (2008)

Publié le 4 Juillet 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Comédie, Review, Starz

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Desperate Teachers (Lower Learning) :

À l'école élémentaire Geraldine Ferraro, le chaos règne, sous la direction de Billings (Rob Corddry), le proviseur manipulateur, qui laisse délibérément l'établissement dégénérer dans le cadre d'une machination financière considérable. Mais lors d'une inspection de routine, Rebecca (Eva Longoria) croise le chemin du sous-proviseur, Tom (Jason Biggs), qu'elle connaît depuis longtemps. Ensemble, ils découvrent les plans sinistres de Billings, et ils entreprennent alors de motiver élèves comme professeurs - tous plus déjantés et glandeurs les uns que les autres - afin de sauver l'école.

Une comédie diffusée sur Starz, écrite/réalisée par un scénariste de Jimmy Kimmel, et avec tout un assortiment de comédiens aux têtes très familières, dans la majorité des rôles principaux et secondaires du film.

Le problème étant, avec cette distribution, qu'il faut alors laisser à tous ces talents le temps de s'exprimer. Traduction : ça improvise pas mal, le rythme est particulièrement bancal et brouillon, il y a plein de postes et de sous-intrigues laissées en suspens, et le film, dans sa globalité, est beaucoup trop inégal pour convaincre.

D'autant que la direction globale du métrage est "faisons dans la vulgarité et dans le politiquement incorrect, parce que parler de cul et dire des insultes en présence d'enfants de sept ans, c'est le comble de l'hilarité"... une approche qui ne fonctionne que 50% du temps, au mieux, et qui finit par paraître forcée plus que sincère.

Pas un désastre, mais pas non plus quelque chose de très mémorable. Dommage.

2.5/6

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Un film, un jour (ou presque) #549 : Transformers 5 - The Last Knight (2017)

Publié le 3 Juillet 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Action, Science-Fiction

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Transformers 5 - The Last Knight :

Après le départ d'Optimus Prime, l'Humanité a déclaré la guerre aux Transformers, qui se cachent un peu partout sur Terre. Aidé par Bumblebee, Cade Yeager (Mark Walhberg) fait tout son possible pour protéger les robots de l'espace, mais cette tâche se complique un peu plus lorsqu'il doit gérer simultanément la présence d'une jeune orpheline débrouillarde, Izabella (Isabela Moner), la collaboration des Decepticons et du gouvernement américain décidés à le retrouver, et l'existence d'une ancienne prophétie liée à Merlin (Stanley Tucci) et aux Chevaliers de la Table Ronde : la grande confrontation entre la Terre et Cybertron, désormais en ruines et contrôlée par Quintessa, est inéluctable, et seul l'un des deux astres survivra à cette rencontre.

Cette critique-ci, je vais la faire très courte : si vous en aviez déjà assez des scénarios bordéliques des épisodes précédents, de leurs personnages innombrables et paradoxalement totalement inutiles et pour la plupart insipides, et que vous espérez un changement pour ce qui est supposément le dernier film Transformers de Michael Bay, passez votre chemin.

Ici, c'est plus bordélique et confus que jamais, et pour ne rien arranger, Bay semble ne plus en avoir rien à faire de cette franchise.

Si par contre, vous êtes prêts à subir tous les défauts habituels des Transformers, étalés sur deux heures boursouflées emplis de personnages superflus, de dialogues interminables et d'action quelconque (un comble pour du Bay !), d'occasions ratées, d'idées bâclées, etc, en échange d'une dernière demi-heure visuellement spectaculaire et proposant même des moments impressionnants dans le genre, alors faites-vous plaisir.

Personnellement, j'avais déjà eu beaucoup de mal avec le précédent chapitre, et ici, je me suis vraiment ennuyé comme un rat mort pendant ces deux premières heures, donc...

2/6 pour le travail de malade d'ILM, et le jemenfoutisme la désinhibition totale de Michael Bay

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Les bilans de Lurdo : Breaking Bad - Le Film (2017)

Publié le 2 Juillet 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Télévision, Les bilans de Lurdo, AMC, Drame, Thriller, Action

Que se passe-t-il lorsque Lucas Stoll et Gaylor Morestin, deux fans français de Breaking Bad (2008-2013), la série culte de Vince Gilligan (multi-primée, et considérée par beaucoup comme l'une des meilleures séries de l'histoire de la télévision) décident de se livrer à une expérience improbable : prendre sur leur temps libre pendant plusieurs années, et résumer les 62 épisodes de la série diffusée sur AMC en un long-métrage de deux heures à peine ?

Breaking Bad - Le Film :

Walter White (Bryan Cranston), un professeur de chimie dont l'épouse (Anna Gunn) attend un second enfant, apprend soudain qu'il est atteint d'un cancer incurable des poumons, qui ne lui laisse, au mieux qu'un an ou deux à vivre s'il se soigne. Mais pour cela, il a besoin d'argent, et il se tourne alors vers Jesse Pinkman (Aaron Paul), l'un de ses anciens élèves devenu petite frappe : ensemble, les deux hommes se lancent ainsi dans la fabrication et le commerce de methamphétamine, un trafic qui va leur apporter énormément d'argent, mais aussi énormément de problèmes, et les transformer radicalement...

Je l'avoue sans peine : je n'ai jamais regardé la série Breaking Bad. À l'époque de sa diffusion, je n'étais pas vraiment intéressé par le postulat de départ (trop similaire à d'autres séries câblées US, comme Weeds, que j'avais fini par délaisser), par l'univers des trafiquants de drogue, par l'environnement du Nouveau Mexique, par la maladie de Walter, par la distribution (notamment Anna Gunn, qui m'avait horripilé dans les quelques scènes que j'avais vues de la série), etc, etc, etc...

Et plus la série gagnait en popularité et en influence, plus mon esprit de contradiction et ma fainéantise se sont imposés : cinq saisons de Breaking Bad, ce n'était pas pour moi.

Mais en découvrant cette version condensée créée par des fans, je me suis dit : pourquoi pas ? Pourquoi ne pas tenter l'expérience, tout en ayant totalement conscience des limites de l'aventure ?

Il est évident qu'en 120 minutes, il était impossible de résumer 62 heures de série : ne serait-ce qu'au niveau du développement des personnages, de leurs relations, et de l'attachement du spectateur à ces derniers (que ce soit un attachement positif, pour les bonnes séries, ou digne d'un syndrôme de Stockholm, pour les mauvaises), la version long-métrage de Breaking Bad ne pouvait pas, sur papier, rendre justice aux personnages et à l'écriture de la série.

Et cela se perçoit notamment dans le cas de Jesse Pinkman, qui est largement passé au second, voire au troisième plan du récit dans la version "cinéma" : Aaron Paul y a tout de même le temps d'impressionner par son charisme, mais il fait presque de la figuration durant le plus gros du film, et n'est qu'un pion dans un métrage intégralement centré (sans surprise) sur Walter White.

Un Walter White au parcours plutôt cohérent et bien retranscris (même si, vers la fin, il manque clairement de quoi vraiment expliciter son évolution finale), bien aidé en cela par la prestation habitée de Cranston. Face à lui, dans la version de deux heures, seul Hank (Dean Norris) existe réellement, étant l'antagoniste principal de Walter, et le plus proche de lui.

Si les deux heures de métrage parviennent à bien équilibrer l'évolution de la relation Walter/Hank, et l'ensemble des événements de la série, elles ne sont pas sans défaut. Tout le monde n'est pas logé à la même enseigne, et autant je peux comprendre l'intégration des spots de pub pour Saul, qui sont des fan-favorites, autant je me dis que ces quelques minutes auraient pu être consacrées à Jesse, ou à approfondir certaines des relations résumées à l'écran (en tout cas, la femme de Walter n'est toujours pas attachante ou touchante).

Bref, au final, cette version de deux heures m'est apparue globalement compréhensible et intéressante, bien que n'étant clairement qu'un squelette sur lequel 60 heures supplémentaires de développement viennent se greffer. Je suppose que pour les fans de la série, cette version est un blasphème qui coupe tout ce qui est important, mais malgré l'aspect "résumé" indéniable, on s'attache tout de même à Walter et à ses mésaventures, tant la présence de Cranston est incontournable ; ce qui, en soi, est bien la preuve de quelque chose de très spécial au niveau de l'alchimie entre un personnage et son interprète.

Cela dit, bien que j'aie apprécié ces deux heures, ce n'est pas pour autant que je vais m'attaquer à l'intégrale de la série. Mes réserves initiales sont toujours présentes, et ce qui est supportable et intéressant en 120 minutes, ne le sera probablement pas pour moi sur toute la durée.

4/6, bitch.

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Blog Update ! - Juin 2017

Publié le 1 Juillet 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Update, Les bilans de Lurdo

​Le mois de Juin est terminé, l'été est là, les vacances ne sont pas loin... j'ai donc enfin un peu de temps à consacrer aux Téléphages Anonymes, et notamment à l'administration du blog : de quoi me permettre de mettre en place des bilans mensuels faisant le point sur tous les films visionnés durant le mois précédent, afin d'en tirer des tendances, et de mettre en valeur un ou plusieurs films m'ayant vraiment plu...

​Je vais donc reprendre, en quelque sorte, le format que j'utilise déjà en fin d'année, que ce soit pour l'Halloween Oktorrorfest, le Christmas Yulefest, ou pour le bilan annuel, à commencer par une liste récapitulative de tous les films visionnés durant ce mois de Juin : 

#527 : Le Labyrinthe - La Terre Brûlée 1.5/6

#528 : Breathe In 2.25/6

#529 : Brother Nature 2/6

#530 : Un Été Secret 2.25/6

#531 : Celluloid Closet 4/6

#532 : Railroad Tigers 2.25/6

#533 : Pirates des Caraïbes 5 - La Vengeance de Salazar 3.25/6

#534 : Free Fire 2.5/6

#535 : Baby Boss 3/6

#536 : Louis Theroux - My Scientology Movie 3/6

#537 : Paganini, le Violon du Diable 2.75/6

#538 : Wonder Woman 3/6

#539 : CHIPS 1.5/6

#540 : L'Appel du Devoir 1.75/6

#541 : Dans l'ombre de mon mari 3/6

#542 : Becoming Bond 2.75/6

#543 : Power Rangers 3.25/6

#544 : C'était à Rome 2.5/6

#545 : Bleeding Heart 1.5/6

#546 : John Tucker Doit Mourir 3/6

#547 : La Résurrection de Jake The Snake 4/6

#548 : La Momie 2/6

Un mois somme toute assez peu productif, à tous les niveaux.

Sans grande surprise, c'est la catégorie Documentaire qui obtient la note la plus élevée de ce mois de juin, avec le métrage Celluloid Closet, sur la représentation de l'homosexualité dans l'histoire du cinéma américain, à égalité avec La Résurrection de Jake the Snake, sur la rédemption et la désintoxication du célèbre catcheur.

Du 4/6 gentillet, qui ne sera égalé par aucun autre film, ce mois-ci, et certainement pas par les sorties 2017 : parmi ces dernières, c'est encore Wonder Woman et Power Rangers qui s'en sortent le mieux (plus parce que ces deux films évitent d'être des bouses intégrales, que parce que ce sont réellement de bons films), ainsi que le dernier volet des Pirates des Caraïbes, qui remonte un peu le niveau par rapport à l'opus précédent.

Tout le reste est, au mieux, anecdotique, et il reste à espérer que l'imminent Spider-man : Homecoming va remonter le niveau d'un été assez mal parti.

 

Film du mois : comme mentionné ci-dessus, Celluloid Closet, un passage en revue intéressant et instructif du cinéma hollywoodien vu par le prisme (souvent tabou) de l'homosexualité.

Flop du mois : à égalité, CHIPS, une bonne grosse bouse qui rate totalement sa cible, et, malgré sa note nettement meilleure, My Scientology Movie de Louis Theroux, qui nous avait habitués à beaucoup mieux.

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Les bilans de Sygbab - LEXX : saison 3 (2000)

Publié le 1 Juillet 2017 par Sygbab dans Critiques éclair, Review, Télévision, Les bilans de Sygbab, Science-Fiction, Canada, Allemagne

Sygbab regarde (beaucoup) la tv, Sygbab écrit (parfois) des bilans : retrouvez-les sur le blog des Téléphages Anonymes !

Lexx - Saison 3 :

Après une première saison en forme de mini-série et une deuxième saison composée dans sa grande majorité de loners structurés autour d'un fil rouge, cette troisième saison s'oriente sur un format feuilletonnant. L'action se déroule essentiellement sur deux planètes jumelles dont Lexx croise le chemin après 4000 ans d'errance dans l'espace (l'équipage sort alors de la cryo-stase dans laquelle il était plongé). L'une est entièrement composée d'océans, l'autre est totalement désertique, et chacune possède des villes construites sur des tours.

L'intrigue amène Stan et ses compagnons à effectuer des allers et retours entre les deux planètes, et les scénaristes s'en donnent à coeur joie pour alterner les séparations et les retrouvailles afin de donner une nouvelle dynamique au groupe. Au fur et à mesure de leur découverte des deux mondes, ils rencontrent d'anciennes connaissances à priori décédées (Bunny, Fifi, Mantrid, Jigarata, pour ne citer qu'eux), qui ne connaissent pas le concept de la naissance.

Le voile est levé dans le final : les deux planètes sont des représentations du paradis et de l'enfer, peuplées par l'essence vitale des individus qui ont été jugés après leur mort. Un concept intéressant qui permet de faire le procès de Stan dans l'avant-dernier épisode  - alors que les scénaristes jouaient de son égoïsme exacerbé, il paie ici les conséquences de ses mauvais choix - et qui remet en perspective certains éléments disséminés au cours de la saison comme la différence marquée entre les souffrances endurées sur la planète Fire et les bonheurs de la planète Water - incongrus dans la Dark Zone.

C'est également en cohérence avec la thématique principale, à savoir la distinction entre le Bien et le Mal, ainsi que les choix moraux que doivent effectuer Stan et Xev. Celui qui les met face à leurs reponsabilités est sans doute l'atout principal de la saison : Prince. Il déjoue sans cesse la mort, peut apparaître où et quand il le veut quand il veut, possède la capacité de prendre l'apparence de n'importe qui (un don bien entendu exploité pour proposer des situations improbables, comme Xev qui aurait envie de coucher avec Stan), et veut détruire la planète Water par tous les moyens car il est le mal incarné. Tout cela fait de lui un personnage à la fois charismatique, fascinant et inconsistant. A l'évidence, le ton est plus sérieux, et même si l'humour noir est toujours là, sa portée est bien moindre qu'auparavant.

Cette nouvelle orientation engendre bien évidemment des adaptations dans l'écriture, qui n'est pas exempte de tout défaut. Il est toujours plus difficile de construire une saison autour d'un arc unique, et parfois les ficelles utilisées pour que l'intrigue rebondisse sont assez grossières. L'alternance des villes visitées a également ses limites car les épisodes ne sont pas toujours des plus passionnants (le concept est exploité jusqu'au bout : pas moins de quatre épisodes portent le nom de la ville que le téléspectateur va découvrir en même temps que les protagonistes). Enfin, le conflit perpétuel entre les deux planètes ne se ressent pas vraiment, à quelques exceptions près. Quoi qu'il en soit, il faut saluer cette prise de risque : l'équipe en place ne s'est pas contentée de dupliquer une recette qui avait déjà fonctionné en prenant le parti de tenter tout autre chose.

À côté de ça, il y a un véritable développement des personnages. Outre le cas de Stan qui a déjà été évoqué et 790 qui apparaît moins à l'écran après avoir opéré un revirement à 180° puisqu'il/elle a désormais les yeux roses transis d'amour pour Kai - ce qui n'est pas plus mal tant il est agaçant -, le Brunnen-G et Xev ne sont pas laissés de côté.

Quelques éléments nous sont fournis pour mieux comprendre l'état de mort-vivant du premier cité : il a été décarbonisé, et certaines parties de son corps sont mécaniques (comme son entrejambe, raison pour laquelle il ne peut pas goûter à certains plaisirs). Son statut est représenté de manière symbolique en fin de saison, lorsqu'il est en train de couler vers le centre de la planète Water et qu'il rencontre son essence vitale, coincée entre les deux mondes.

Concernant Xev, il faut signaler une nouveauté : son ADN de lézard sert enfin, et lui confère le même genre de pouvoirs que les reptiles (notamment le roulé-boulé qui leur permet de se déplacer à une allure fulgurante). C'est un élément qui n'avait pas vraiment été exploité jusqu'à présent et il est plaisant de constater qu'il sert enfin.

Son passé sur B3K est l'objet de flashbacks, afin de montrer dans quelles conditions elle a été élevée. Vivant dans une boîte - à la dure donc -, son éducation avait pour seul but de l'entraîner à être une femme parfaite, anticipant tous les désirs de son mari. Finalement, elle était presque prédestinée à être une esclave sexuelle, ce qui remet en perspective sa condamnation initiaie.. Mais elle a su passer au-delà et a réussi à se forger une personnalité forte.

Il est difficile d'évoquer des points de comparaison avec les saisons précédentes puisque le format, la structure et les ambitions sont bien différentes, mais le côté un peu trop sérieux par moments ne convient pas réellement à la série. C'est dommage car la ligne directrice est très intéressante, et en y mettant plus de folie cela aurait donné un traitement original à un thème très classique. Il faudrait que cet esprit déjanté règne dans la saison 4, puisque l'équipage se dirige vers la Terre qui était en orbite inversée avec les planètes jumelles, et sur laquelle devraient se trouver toutes les essences vitales libérées par leur destruction. Il y a de la suite dans les idées, et le potentiel pour faire quelque chose de bien.

 

(voir aussi : bilan saison 1 ; saison 2)

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Un film, un jour (ou presque) #548 : La Momie (2017)

Publié le 30 Juin 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Action, Aventure, Fantastique, Horreur

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

La Momie (The Mummy) :

Nick Morton (Tom Cruise), mercenaire américain pilleur de tombes, découvre, au cours d'une mission au Moyen-Orient en compagnie de son compère de toujours, Chris (Jake Johnson), la tombe d'Ahmanet (Sofia Boutella), une princesse égyptienne maudite. Mais lorsque Jennifer Halsey (Annabelle Wallis), une archéologue, intervient pour en extirper le sarcophage, l'équipe réveille la momie d'Ahmanet, qui n'a plus qu'un seul objectif : retrouver suffisamment de forces pour sacrifier Morton au dieu Set...

J'ai été tenté de placer cet énième remake de La Momie en lisière de l'Oktorrorfest du mois d'octobre prochain, parce que momie, zombies, monstres Universal, tout ça... mais en fait, non. Cette version de La Momie, signée Alex Kurtzman, est un film d'action fantastique plus qu'un film d'horreur, et je préfère autant me débarrasser de cette critique au plus vite, avant que le métrage ne disparaisse totalement de ma mémoire.

Pour faire simple, cette Momie, c'est La Momie de Brendan Fraser (énormément de passages renvoient directement au film de 1999, généralement avec une petite modification ou deux à peine suffisantes pour éviter l'impression de photocopillage

- auquel on aurait enlevé tout charme, toute personnalité et tout souffle d'aventure en le plaçant à l'époque moderne, en remplaçant le couple Fraser/Weisz par Tom Cruise en mode roublard invulnérable, et Annabelle Wallis en archéologue inutile et insipide, et en troquant son score de Jerry Goldsmith (ou même celui de la suite, made in Silvestri) par une bande originale passe-partout de Brian Tyler (du moins, dans le film ; sur cd, elle est plus intéressante) ;

- dans lequel on aurait fusionné le personnage féminin d'Anck-su-Namun et celui d'Imhotep, pour en faire une méchante sans la moindre épaisseur ;

- que l'on tenterait de faire entrer à la  truelle dans un univers partagé à la Marvel, avec le Prodigium du Docteur Jekyll - calamiteux Russell Crowe - en lieu et place du SHIELD et de Nick Fury ;

- et auquel on aurait rajouté un personnage tout droit photocopié sur Le Loup-Garou de Londres, interprété par un Johnson sympathique, mais totalement inutile.

Bref, en résumé, alors que j'avais commencé le film agréablement surpris par le ton un peu déconneur de l'ensemble, rapidement, on retombe dans du blockbuster ultra-formaté, ultra-dérivatif, ultra-plat, clairement écrit à grands coups de compromis et de notes du studio, et dans lequel les filles s'arrachent le corps de Tom Cruise, qui tire intégralement la couverture à lui.

Sans surprise, une nouvelle adaptation décevante et quelconque, qui se regarde gentiment, mais n'arrive pas un seul instant à la cheville des deux films de Stephen Sommers.

2/6

(étrangement, j'avais préféré Dracula Untold, alors supposé lancer cet univers partagé, mais apparemment, depuis, passé à la trappe)

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Un film, un jour (ou presque) #547 : La Résurrection de Jake The Snake (2015)

Publié le 29 Juin 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Catch, Review, Documentaire, Biographie, USA

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

La Résurrection de Jake The Snake (The Resurrection of Jake The Snake) :

Un documentaire assez réussi retraçant la quête de sobriété de Jake The Snake Roberts, passé de légende du monde du catch à épave alcoolique et droguée.

Avec l'aide de Diamond Dallas Page, et de son programme de yoga/life coaching, Jake retrouve progressivement, au fil du temps, des mois, et des rechutes, un semblant de forme, puis carrément toute sa tête et sa santé, pour enfin être intronisé dans le Hall of Fame de la WWE, scellant ainsi son retour en grâce.

Assez touchant, surtout lorsque l'on pense à tous ces catcheurs qui ont fini au fond du trou et n'ont pas réussi, eux, à s'en extirper, certains apparaissant même dans ce documentaire.

Seul bémol, le tout semble parfois un peu forcé niveau émotions et colères, mais je suppose qu'il faut s'attendre à cela lorsque l'on filme des catcheurs...

Un bon 4/6

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