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LES TÉLÉPHAGES ANONYMES

Il était une fois Lurdo & Sygbab, deux internautes passionnés de séries tv et de cinéma, et qui cherchaient un endroit où archiver leurs avis (semi) éclairés...

Articles avec #horreur catégorie

Halloween Oktorrorfest 2021 - 01 - Come Play (2020)

Publié le 27 Septembre 2021 par Lurdo dans Cinéma, Critiques éclair, Fantastique, Halloween, Horreur, Oktorrorfest, Thriller, USA

Chez les Téléphages Anonymes, de fin septembre à début novembre, on fête Halloween et l'Oktorrorfest, un marathon quotidien de cinéma fantastique et d'horreur...

Come Play (2020) :

Autiste et enfant d'un couple dans la tourmente, Oliver (Azhy Robertson) ne s'exprime qu'au travers de sa tablette tactile, et vit une existence bien solitaire. Jusqu'à ce que Larry, une créature sortie d'un étrange récit pour enfants contenu dans la tablette, commence à s'adresser au garçon, et à se faire de plus en plus menaçant. Sarah (Gillian Jacobs), la mère d'Oliver, est alors confrontée à cette menace d'un autre monde, qui cherche à entrer dans le nôtre et à enlever son fils...

Une co-production Amblin qui ressemble un peu à un Mister Babadook plus high-tech, avec cette mère épuisée confrontée à une créature surnaturelle, un monstre imaginaire tout droit sortie d'un livre d'enfant de son fils, lequel souffre d'une pathologie psychiatrique compliquée à gérer, etc.

C'est d'ailleurs probablement sur ce front-là que Come Play coince un peu : non seulement le titre est ultra-générique, mais le récit, en lui-même, semble lui aussi fréquemment familier et dérivatif, avec une certaine tendance à introduire mécaniquement des éléments dans le récit (la tablette, le vocodeur, le mètre numérique, etc) de manière un peu trop évidente et artificielle, pour les réutiliser ultérieurement dans des conditions similaires, afin de "détecter" la présence de la créature.

C'est dommage, car il y a une certaine efficacité dans la mise en images de Larry, avec sa silhouette d'échalas inhumain, ses cartilages qui craquent, et la manière dont il est présenté à l'écran. À l'identique, c'est plutôt bien interprété, et même si, dans la dernière ligne droite, les personnages adultes ont un peu tendance à croire à la menace et à échafauder des hypothèses un peu trop rapidement, le tout reste plutôt sympathique à suivre.

Reste qu'il n'y a pas grande originalité dans ce film à la métaphore convenue et maladroite sur "la solitude de l'être humain plongé dans ses écrans". Ce n'est pas forcément rédhibitoire, tout comme la fin douce-amère-mais-pas-trop n'est pas non plus trop problématique, mais ça empêche cette adaptation de court-métrage de s'élever bien au-delà de la moyenne.

3.25/6

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Et comme toujours, vous pouvez retrouver la liste complète de tous les films passés en revue dans le cadre de l'Oktorrorfest dans le menu Index de haut de page, ou en cliquant directement sur ce lien...

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Les bilans de Lurdo - Halloween Oktorrorfest 2021 - Truth Seekers, saison 1 (2020)

Publié le 26 Septembre 2021 par Lurdo dans Comédie, Fantastique, Halloween, Horreur, Les bilans de Lurdo, Oktorrorfest, Review, Thriller, Télévision, UK, Amazon, Science Fiction, Science-Fiction

L'Halloween Oktorrorfest touche aussi le petit écran, avec chaque week-end, durant tout le mois d'octobre, des critiques de séries fantastiques et horrifiques...

Truth Seekers, saison 1 (2020) :

Meilleur technicien de l'opérateur Smyle, dirigé par David (Simon Pegg), Gus (Nick Frost) est aussi un chasseur de fantômes et de phénomènes paranormaux qui publie ses vidéos sur YouTube, au grand dam de son beau-père Richard (Malcolm McDowell), qui vit avec lui. Mais lorsqu'on lui associe un nouveau partenaire de travail, Elton John (Samson Kayo), Gus va soudain être directement mis en contact avec un monde surnaturel qu'il n'avait jusqu'alors vu qu'en imagination, notamment lorsque les deux hommes croisent le chemin d'Astrid (Emma D'Arcy), et sont impliqués dans une conspiration des plus funestes...

Une production Amazon produite par Simon Pegg et Nick Frost, et co-écrite par le duo, ainsi que par James Serafinowicz (frère de Peter) et Nat Saunders (scénariste de comédies télévisées et du film SOS : Save our Skins). Au programme, huit épisodes d'une petite demi-heure mêlant horreur, fantastique et comédie, pour un résultat un peu inégal, sans être pour autant désagréable.

Le problème, en fait, c'est que le ton global de la série semble parfois hésitant : l'humour n'est pas aussi appuyé que dans la plupart des autres collaborations Pegg/Frost, et cède ainsi fréquemment la place à une horreur plus frontale et marquée.

On sent que la fine équipe a voulu mêler les genres et produire quelque chose de différent, notamment au niveau de la réalisation très "voyeuriste" (la caméra est fréquemment en mode fish-eye avec contours floutés). Et la série passe donc constamment d'un humour léger à un surnaturel macabre, pour revenir à du fantastique très Doctor Who, et repartir à nouveau dans une autre direction.

Ce n'est pas totalement maîtrisé, c'est relativement brouillon, mais ça se regarde, notamment parce que la distribution est motivée et qu'il y a toujours un certain savoir-faire typiquement british... Je mentirais cependant en disant avoir totalement accroché au programme, malgré la présence de multiples visages familiers (Kevin Eldon, Malcolm McDowell, Kelly Macdonald...).

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Un film, un jour (ou presque) #1533 : The Witcher - Le Cauchemar du loup (2021)

Publié le 21 Septembre 2021 par Lurdo dans Action, Animation, Aventure, Critiques éclair, Cinéma, Fantastique, Horreur, Netflix, Review, Romance, USA

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

The Witcher - Le Cauchemar du loup (The Witcher : Nightmare of the Wolf - 2021) :

Vesemir (Theo James), un Witcher, reçoit la mission de traquer un monstre sanguinaire qui hante les forêts du royaume de Kaedwen, mais rapidement, il découvre l'origine de ces monstres, ce qui remet totalement en question ce qu'il croyait savoir jusque là. En parallèle, Tetra (Lara Pulver), une sorcière, tente de convaincre la cour de Kaedwen que les Witchers font plus de mal que de bien, et qu'il serait bon de les éradiquer définitivement...

Pour être tout à fait franc, la première saison du Witcher de Netflix ne m'a pas laissé un souvenir particulièrement impérissable... tout au plus ai-je de vagues souvenirs des grandes lignes de l'intrigue, et surtout de son écriture inutilement déstructurée, ainsi que de sa dose de diversité à la Netflix, amenée sans aucune finesse ni demi-mesure.

Rien de dramatique, mais rien d'exceptionnel non plus, et c'est avec une certaine indifférence que j'attends la seconde saison de la série-mère ; autant dire que ce spin-off animé servant de préquelle suscitait encore moins d'attente chez moi, qui ne suis déjà pas hyper fan d'animation asiatique, et en particulier des productions Netflix dans le domaine.

Et le résultat, s'il reste intéressant (surtout par ce qu'il révèle des origines des monstres et ce qu'il montre de la création des Witchers), est dans la droite lignée de ce à quoi l'on pouvait s'attendre de la part d'un film d'animation de ce type : ça déborde d'action surnaturelle, de looks improbables (Vesemir a l'air bien trop moderne), de monstres difformes (mais pas assez mémorables), de gore et de sang, ça souffre un peu d'un doublage très inégal (que l'on devine en partie réalisé pendant la pandémie) et d'un rythme qui souffle le chaud et le froid.

En soi, ce n'est pas rédhibitoire, et les fans du Witcher et de l'univers trouveront clairement là un spin-off efficace et bourrin (d'ailleurs, la petite touche de romance impossible fonctionne relativement bien). Les néophytes, eux, risquent d'être un peu plus perdus, et de trouver le tout "sans plus".

Je n'ai pas détesté, ça reste compétent, mais je n'ai pas non plus été passionné.

3.25/6

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Les bilans de Lurdo : What If...?, saison 1 - deuxième partie : 1x04-06 (2021)

Publié le 18 Septembre 2021 par Lurdo dans Action, Animation, Aventure, Anthologie, Comédie, Critiques éclair, Disney, Fantastique, Horreur, Jeunesse, Les bilans de Lurdo, MCU, Marvel, Review, Science-Fiction, Science Fiction, Télévision, USA

Avec ses trois premiers épisodes, What If... ?, la série d'animation de Marvel, a su poser les bases de son multivers : une variation sur Captain America, avec Peggy Carter en vedette ; une fusion de Black Panther et des Gardiens de la Galaxie, en mode film de casse ; et enfin un murder mystery servant de relecture de Fury's Big Week - de quoi satisfaire les fans du MCU, tout en leur offrant suffisamment d'approches différentes pour ouvrir autant de portes sur un multivers intrigant...

What If...?, saison 1 - deuxième partie - 1x04 à 1x07 (2021) :

- 1x04 - What If... Doctor Strange Lost His Heart Instead of His Hands ? : lorsque le Dr. Strange (Benedict Cumberbatch) perd sa petite amie Christine Palmer (Rachel McAdams) dans un accident de voiture, il se tourne vers les arts mystiques pour tenter de trouver un moyen de la ramener à la vie. Mais progressivement, cette quête impossible tourne à l'obsession, et Strange s'engage sur un chemin particulièrement dangereux, qui met en danger son univers...

Un épisode plus sombre et sérieux que la norme, qui revisite le premier métrage Docteur Strange pour le transformer en spirale infernale au cours de laquelle Strange bascule du côté obscur, et devient un Sorcier une créature assoiffée de puissance et de ténèbres.

Strange reste cependant une figure tragique, incapable de faire passer le bien de son univers avant les sentiments qu'il éprouve pour Palmer (jolie boucle funeste façon Un jour sans fin), mais réalisant néanmoins l'étendue des dégâts qu'il a provoqué, lors d'une conclusion sombre et défaitiste.

Plutôt réussi, je dois dire, avec une musique inspiré du thème de Giacchino, des acteurs tous motivés (Cumberbatch, notamment, est très impliqué), une utilisation de la magie assez spectaculaire, et une quasi-intervention du Gardien, qui laisse augurer du meilleur pour la suite.

- 1x05 - What If... Zombies !? : lorsque Hank Pym retrouve son épouse dans le monde quantique, celle-ci est infectée par un virus la transformant en zombie. Rapidement, l'épidémie se propage au reste de l'Amérique, et aux Avengers. Tout juste revenu de l'espace, Bruce Banner (Mark Ruffalo) découvre donc une Terre ravagée, et tente de survivre alors même que la menace de Thanos se profile à l'horizon...

Une adaptation officieuse des comic-books Marvel Zombies, assez populaires il y a quelques années, et qui, à nouveau, décide d'opter pour une direction assez sombre (qui conserve cependant l'humour inhérent au MCU - Scott et la cape, par exemple), proposant une conclusion sans appel.

Une nouvelle fois, en effet, pas de happy end pour les protagonistes (un groupe assez éclectique, qui permet de revisiter Ant-Man, Wandavision, Spider-man, Falcon & the Winter Soldier, etc), mais une planète où une immense majorité des humains est désormais assoiffée de sang et de chair fraîche. De quoi donner lieu à de multiples visuels assez frappants, très bien animés, et à un propos sur l'espoir, logiquement incarné par Spidey.

Plutôt réussi, tout ça, même si on aurait bien aimé en voir un peu plus encore.

Et la fin (que je ne spoilerai pas) laisse présager d'une menace potentiellement plus importante pour le reste du multivers... wait & see.

- 1x06 - What If... Killmonger Rescued Tony Stark ? : lorsque Tony Stark est sauvé in extremis par Killmonger en Afghanistan, le destin de la planète toute entière est bouleversé ; Tony ne devient pas Iron Man, les Avengers ne sont jamais formés, et Killmonger rejoint Stark Industries, dont il devient un élément indispensable... tout en manipulant autrui, dans l'ombre, afin de reprendre sa place au Wakanda.

Un épisode plus sérieux et "classique" que les précédents, qui choisit le postulat d'une intervention de Killmonger dans la vie de Tony Stark, pour réécrire Iron Man et avec lui, une grande partie du MCU tel qu'on le connaît.

Killmonger y devient le meilleur ami de Tony en lieu et place de Rhodey, il est son confident, et il exploite ceci pour mettre en place son grand plan : conquérir le Wakanda, quel qu'en soit le prix. En soi, rien de mauvais, et l'épisode pris dans sa globalité est plutôt agréable à suivre... mais il souffre un peu de grosses ficelles narratives, qui exigent que tout se passe exactement (et de manière improbable) comme Killmonger l'a prévu pour qu'il arrive enfin à ses fins.

Avec, en prime, cette tendance récurrente (mais finalement assez logique, compte tenu du format de la série) de conclure l'épisode par une ellipse, ou du moins de laisser les choses en suspens. De quoi frustrer plus d'un spectateur. Au final, un épisode intéressant, et avec de jolies scènes d'action, mais finalement assez mineur dans la série.

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Les bilans de Lurdo : What If...?, saison 1 - première partie : 1x01-03 (2021)

Publié le 4 Septembre 2021 par Lurdo dans Action, Animation, Aventure, Anthologie, Comédie, Critiques éclair, Disney, Fantastique, Horreur, Jeunesse, Les bilans de Lurdo, MCU, Marvel, Review, Science-Fiction, Télévision, USA, Science Fiction

Maintenant que le multivers Marvel (le MCM) est officiellement canon (cf Loki), Marvel se lâche, et nous propose sa première série d'animation, What If...?, inspirée des comic-books du même nom (l'équivalent des Elseworlds de DC Comics).

Au programme, neuf épisode de 30-40 minutes, consacrés à différentes réalités alternatives de l'univers Marvel, telles qu'observées (et narrées) par Uatu le Gardien (Jeffrey Wright), observateur pandimensionnel supposément neutre, dont le destin est d'observer les univers sans jamais intervenir...

What If...?, saison 1 - première partie - 1x01 à 1x03 (2021) :

- 1x01 - What If... Captain Carter Were The First Avenger ? : Lorsque Steve Rogers (Josh Keaton) est abattu juste avant de recevoir le sérum du Dr Erskine (Stanley Tucci), Peggy Carter (Hayley Atwell) est contrainte de se porter volontaire pour l'expérience, et devient Captain Carter, supersoldat arborant les couleurs de l'Angleterre. À ses côtés, engoncé dans une armure robotique conçue par Stark (Dominic Cooper), Rogers l'accompagne sur le champ de bataille, pour affronter le Crâne Rouge (Ross Marquand), qui veut déchaîner une créature tentaculaire sur Terre...

Une relecture très agréable du premier film Captain America, avec une touche féminine et un flegme british bienvenus, idéaux pour bien mettre à plat les tenants et aboutissants de cette série, et pour se lâcher au travers de scènes d'action fluides et dynamiques, où l'on casse du Nazi à tour de bras.

Est-ce que c'est parfait ? Non, la direction artistique et la synchronisation labiale seront probablement polarisantes, même si personnellement, cela ne m'a pas dérangé outre mesure. Mais l'énergie du tout, et le fait que l'épisode condense en une petite demi-heure un long-métrage de 2 heures fait que l'on ne s'ennuie pas, et que l'on sourit fréquemment, que ce soit devant les pirouettes impressionnantes de Carter en plein combat, les clins d'œil à la continuité établie, ou les répliques des différents personnages.

Dans l'ensemble, un bon point de départ pour What If...?, qui laisse augurer du meilleur pour la suite.

- 1x02 : What If... T'Challa Became a Star-Lord ? : Envoyés par Ego (Kurt Russell) pour enlever son fils sur Terre, les Ravagers de Yondu (Michael Rooker) se trompent et capturent le jeune T'Challa (Chadwick Bozeman).  Vingt ans plus tard, persuadé que le Wakanda a été détruit, T'Challa est devenu Star-Lord, une sorte de Robin des Bois de l'espace, et lorsque Nebula (Karen Gillan) vient trouver les Ravagers pour leur proposer un casse, ceux-ci acceptent. Leur cible : les Ambres de la Genèse, un objet cosmique en possession de Tivan (Benicio del Toro), sur Knowhere...

Un What If bien plus léger et déconneur, qui aligne une quantité de caméos improbables au travers d'une variation sur le thème des Gardiens de la Galaxie. Et ça fonctionne plutôt bien, en plus de susciter forcément un petit pincement au cœur en entendant pour la dernière fois Chadwick Boseman dans son rôle iconique.

Ici, libérés de la structure de Captain America imposée à l'épisode 1, les changements apportés à la continuité sont plus francs et plus nombreux. Thanos est devenu pacifiste, Nebula est une femme fatale, Tivan est bodybuildé et très méchant, l'Ordre noir travaille pour lui (l'occasion d'une bataille rangée contre Thanos), Korath est un fanboy de Star-Lord, le récit prend des atours de film de braquage... et l'importance de la famille, qu'elle soit naturelle, adoptive ou de substitution, est une nouvelle fois soulignée, comme elle l'était déjà dans les GotG de Gunn.

Un épisode très sympathique, qui fait honneur à Chadwick et à son personnage, et qui bénéficie grandement d'un doublage assuré par la quasi-totalité des acteurs originaux (Batista excepté - mais mention spéciale à Howard The Duck/Seth Green).

- 1x03 : What If... the World Lost Its Mightiest Heroes ? : Alors que Nick Fury (Samuel L. Jackson) est sur le point de créer les Avengers, ces derniers sont assassinés, un à un, par un tueur invisible. Accusée du premier meurtre, Natasha Romanoff (Lake Bell) s'échappe, et mène l'enquête, alors même qu'une armée d'Asgard menée par Loki (Tom Hiddleston) arrive sur Terre pour venger Thor...

Un épisode en mode whodunit qui, étrangement, semble avoir laissé de marbre bon nombre de critiques anglosaxons, qui ont apparemment même trouvé le tout "ennuyeux à mourir".

Je dis "étrangement", car j'ai plutôt apprécié cette réinvention funeste de Fury's Big Week, une série de comic-books publiés à l'époque des premiers films du MCU, et qui narrait l'emploi du temps surchargé de Nick Fury et du Shield pendant la semaine où se déroulaient, simultanément, Iron Man 2, L'Incroyable Hulk et Thor. On pense aussi au Marvel One Shot mettant en scène Coulson durant la découverte du marteau de Thor...

Ici, l'assassinat de tous les Avengers, les uns après les autres, fonctionne assez bien (le meurtre de Hulk est notamment assez marquant, visuellement), et la mise en avant de Fury et de Natasha permet aux deux personnages de prendre un peu plus d'épaisseur.

Quant au mystère en question, et au responsable de toutes ces morts, il est assez bien trouvé et change un peu la donne (le véritable What If... ? n'est pas vraiment celui du titre de l'épisode), sans être toutefois totalement imprévisible ou surprenant.

Plutôt réussi, donc, comme les deux épisodes précédents.

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Christmas Yulefest 2020 - 63 - Letters to Satan Claus (2020)

Publié le 3 Janvier 2021 par Lurdo dans Christmas, Cinéma, Comédie, Critiques éclair, Fantastique, Horreur, Noël, Review, Romance, Télévision, USA, Yulefest, SyFy

2020 est (enfin) terminé mais chez les Téléphages Anonymes, le marathon de cinéma festif de la Christmas Yulefest continue jusqu'à mi-janvier...

Letters to Satan Claus (2020) :

Holly Frost, née Winters (Karen Knox), est une journaliste télévisée dans une grande ville américaine. Froide, ambitieuse et distante, elle déteste Noël depuis qu'une tragédie a coûté la vie à ses parents, lorsqu'elle était petite. Pourtant, cette année, elle reçoit pour mission de retourner dans sa ville natale, Ornaments, pour y faire un reportage sur les festivités locales. L'occasion pour elle de renouer avec sa sœur, avec ses anciens amis, de trouver l'amour... et d'affronter Satan, qu'elle a invoqué par erreur bien des années plus tôt, en orthographiant mal sa lettre à Santa Claus.

En regardant cette comédie horrifique festive diffusée sur SyFy, on soupçonne tout de suite les intentions de la chaîne : faire le même coup qu'avec les Sharknado, et faire le buzz en réalisant un pseudo-film d'horreur, qui est en réalité une parodie des comédies romantiques de Noël à la manière Hallmark... une de plus.

Qui plus est, en confiant le tout à un scénariste ouvertement LGBTQ, la chaîne espérait sans doute bénéficier d'un certain côté kitsch et campy - et effectivement, on peut dire que ce Satan androgyne et à la voix quasi-féminine est très flamboyant. Et il y a bien une romance gay au second plan de l'intrigue principale.

Malheureusement, l'intérêt du métrage s'arrête là : oui, le scénariste est clairement un spectateur habitué des productions Hallmark, Lifetime et compagnie, tant tous les clichés du genre sont bien présents et parodiés (la reporter qui ne croit plus à l'amour ni à Noël, la sœur folle de Noël, le veuf séduisant, la tante excentrique qui cuisine tout le temps, le père célibataire séduisant et sa fille précoce, le gay de service, la black de service, la rivale bitchy, les parents morts, les prénoms, les divers rebondissements, les passages obligés, le grand discours final, l'absence relative de minorités, la chanson, la square dance, la petite ville traditionnelle, le prince, etc, etc, etc)... mais ce Letters to Satan Claus laisse malheureusement la parodie prendre largement le dessus sur le reste.

Résultat : on se retrouve avec un mélange indigeste de 80 % de parodie assez balourde (la fillette est interprétée par une adulte, ça surjoue allègrement) et trashy (l'héroïne est volontairement détestable, couche avec tout ce qui bouge, vide bouteilles après bouteilles, a les dents qui rayent le plancher ; l'humour tape souvent très bas) et 20 % de slasher à tendance Leprechaun, ultra-fauché, et avec un Satan pas très réussi, qui balance des one-liners peu inspirés.

On sent que ce qui intéressait la production, c'était plutôt l'humour et le pastiche que le sang et l'horreur ; pas de budget, un film très approximatif et outrancier, une parodie facile... bref, Letters to Santa Claus est un métrage déglingué à plus d'un sens, bien moins drôle qu'il ne pense l'être, qui fracasse son rythme avec des allers et retours fréquents entre séquences "comiques" et meurtres (pas très) sanglants, et qui rappelle effectivement les Sharknado dans ce qu'ils avaient d'opportunistes et de faisandés.

Cela dit, je pense néanmoins que le scénariste et la réalisatrice avaient ici l'ambition de faire quelque chose de bon enfant et de plus... "sincère", mais ils auront largement eu les yeux plus gros que le ventre. Je n'ai pourtant pas envie de me montrer méchant : contrairement à un Cup of Cheer qui a un côté plus agressif et méprisant, ici, c'est effectivement fait avec une certaine bonne humeur campy, qui était probablement délibérée.

Reste que l'on est devant un film très amateur, et que même avec toute la bonne volonté du monde, ça ne suffit pas.

2/6

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Et comme toujours, vous pouvez retrouver la liste complète de tous les films de Noël passés en revue sur ce blog dans le cadre de la Christmas Yulefest en cliquant directement sur ce lien (classement alphabétique), ou celui-ci (classement saisonnier)...

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Christmas Yulefest 2020 - 19 - Deathcember (2020)

Publié le 9 Décembre 2020 par Lurdo dans Anthologie, Christmas, Cinéma, Comédie, Critiques éclair, Fantastique, Horreur, Noël, Review, Thriller, Yulefest, Allemagne, Animation

Noël est en chemin : chez les Téléphages Anonymesc'est l'heure du marathon de cinéma festif de la Christmas Yulefestet ce jusqu'à mi-janvier...

Deathcember (2020) :

Un long-métrage anthologique festif réunissant 26 courts horrifiques, de 2 à 5 minutes, dirigés par 26 réalisateurs plus ou moins connus, et présentés, lors d'une introduction joliment animée, sous la forme d'un calendrier de l'avent sinistre et menaçant, pour une durée totale de près de 2h30.

- 01 - A Door Too Far : le 1er décembre, un ado goinfre ne peut s'empêcher d'ouvrir toutes les fenêtres de son calendrier de l'avent... puis de celui de sa sœur, puis de tous ceux qu'il trouve sur son chemin, jusqu'à ce qu'une malédiction le frappe de plein fouet.

Un segment en allemand, pas exceptionnel, et à la chute un peu téléphonée.

- 02 - All Sales Fatal : après Noël, une cliente difficile tente de rendre un produit à une boutique sans en avoir le ticket de caisse, et la situation dégénère bien vite en bagarre générale des plus sanglantes.

Amusant mais très caricatural (et assez flamboyant, je dois dire).

- 03 - Aurora : en 2389, sur une planète lointaine, une contamination de l'air respirable déclenche une crise inattendue...

Un court d'anticipation stylisé et assez ambitieux visuellement, bien que très abstrait et sans grand rapport avec Noël.

- 04 - X-mas on Fire : déguisés en Pères Noël, cinq criminels tentent de braquer une bijouterie en pleine nuit...

Une parodie de film tarentinesque plutôt bien menée et décalée, avec caméo de Steve E. de Souza (scénariste réputé de films d'action des années 80), et action qui dégénère en fusillade générale.

- 05 - Villancicos : le cœur d'un petit garçon à l'agonie se remet soudain à battre dès qu'il entend des chants de Noël - ce qui ne laisse pas d'autre choix à sa famille que de chanter non-stop pour espérer garder l'enfant en vie, et ce même en pleine apocalypse.

Un sens de l'humour très mexicain, assez absurde (le passage des décennies ^^), malheureusement filmé en fish-eye assez désagréable.

- 06 - Joy to the Girls : invité à une fête de Noël dans un grand hôtel, un homme y tombe sur trois femmes séduisantes et assoiffées...

Assez bof et prévisible, celui-là.

- 07 - The Hunchback of Burg Hayn : condamné au bûcher, un bossu est gracié in extremis à l'occasion des fêtes de Noël...

Un segment comique façon film muet en noir et blanc, avec carton titre, musique au piano, etc, malheureusement trop prévisible pour son propre bien.

- 08 - Family Matters : pour Noël, un homme rend visite, avec sa compagne, aux parents de celle-ci... des parents aux mœurs très étranges.

Un court minimaliste aux relents lovecraftiens, pas désagréable du tout.

- 09 - Crappy Christmas - Operation Christmas Child : à Noël, un petit garçon est enlevé et violé, encore et encore, par des hommes d'église, jusqu'à ce que Krampus vienne lui apporter un présent...

Ouhlà, un segment de très très mauvais goût, à l'humour très noir et transgressif, qui ne passe à peu près que parce que le tout est en stop-motion absurde et techniquement impeccable.

- 10 - Five Deaths in Blood Red : la famille d'une riche excentrique malade se réunit pour les fêtes, et le sang commence à couler...

Un côté délibérément slasher rétro à tendance giallo italien, avec la présence de Barbara Magnolfi en mère de famille, de la nudité gratuite, et une intrigue assez creuse. Mwébof.

- 11 - Kill Santa : dans un magasin de bricolage, une jeune fille et sa petite sœur, traumatisées, décident de tuer le Père Noël...

Une segment peu convaincant, avec des personnages aux réactions que l'on devine motivées par des abus sexuels (ou quelque chose du genre - ce n'est jamais explicité) et qui se termine de manière fauchée. Bof.

- 12 - Bad Santa : un garçon dissipé et sa petite sœur reçoivent la visite de Krampus, mais ne sont pas décidés à se laisser faire par le démon.

Encore une exploitation du personnage de Krampus par des anglo-saxons, et un segment au déroulement très prévisible. Mouais.

- 13 - Santa is Coming : la fille d'un passionné d'horreur devient incontrôlable...

Un segment difficile à résumer, car cette réalisation coréenne est assez absconse, au point d'être difficilement compréhensible.

- 14 - A Christmas Miracle : une jeune mère éplorée suite à la mort de son bébé reçoit la visite d'une apparition mystérieuse lui offrant une chance de le retrouver...

Plutôt maîtrisé visuellement, un court qui utilise Barbara Crampton dans le rôle de l'entité mystérieuse, et qui développe une atmosphère assez jolie et efficace.

- 15 - Casetta sperduta in campagna : une jeune femme revient dans sa famille, pour découvrir sa mère en pleine crise de nerfs...

Ruggero Deodato aux commandes d'un segment pas très marquant, qui utilise l'idée d'une blague ayant mal tourné pour se conclure platement, la faute à de jeunes acteurs mal dirigés.

- 16 - Milk and Cookies : parce qu'il vit avec son père divorcé qui le traite comme un moins que rien, le petit Jack demande chaque soir au Père Noël de l'aider à résoudre ce problème...

Un segment sympathique principalement centré sur le petit garçon et sur ses souhaits, qui trouvent une résolution dans une variation sur le thème de l'étranger dans la maison.

- 17 - Pig : un groupe de femmes se venge d'un violeur croisé dans un night-club.

Un court-métrage assez malsain dans son approche du rape and revenge, et qui n'a absolument rien à voir avec Noël.

- 18 - They once had horses : dans l'Ouest, deux cowboys sont réfugiés autour d'un feu de camp, après avoir été attaqués par une créature inconnue...

Lucky McKee pour un segment en noir et blanc qui, à nouveau, n'a de Noël que deux ou trois mentions. Un peu frustrant.

- 19 - December the 19th : deux cousines se rencontrent lors d'un repas de famille, et décident de s'esquiver pour aller faire du patinage ensemble...

Un segment qui commence comme une romance LGBTQ semi-incestueuse, et qui bascule rapidement, après un peu de nudité racoleuse, dans un déluge de slapstick gore un peu creux. Mwébof. 

- 20 - Getting away from it all : un homme tente d'échapper à Noël en se réfugiant dans une maison de location, mais ses hôtes ont tout préparé pour les fêtes...

Polyanna McIntosh a la réalisation d'un court-métrage qui vire au grotesque, mais le fait avec bonne humeur. Pas désagréable, sans plus.

- 21 - Family Feast : une jeune femme passe les fêtes de fin d'année avec sa famille, mais la soirée vire progressivement au cauchemar...

Un court québécois simple mais plutôt amusant.

- 22 - Before Sundown : un trio de jeunes juifs trainent dans les rues après le coucher du soleil et sont attaqués par une créature de légende...

Plutôt efficace, une simple histoire de tradition judaïque, assez bien menée.

- 23 - Cracker : alors que le repas de Noël touche à sa fin, le moment de faire éclater les crackers approche. Au grand dam de tout le monde...

Un segment ouvertement comique, avec couleurs très saturées, famille nucléaire façon 60s, un petit côté Fallout et un rebondissement final sanglant. Amusant.

- 24 - Operation Dolph : Santa arrive dans le Sud profond des USA, et il n'est pas content.

Très approximatif et médiocre.

- 25 - Christmas Corp.se : lors d'une fête de Noël dans une entreprise allemande, un suicide déclenche une réaction en chaîne inattendue...

Pas désagréable, à nouveau, mais un peu trop vague et oubliable.

- 26 - They Used to Laugh and Call Him Names : un père et son fils partent à la chasse, mais deviennent bien vite les proies d'une créature inconnue...

Gentiment amateur, pas très sérieux, et assez prévisible.

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Dans l'ensemble, une anthologie avec suffisamment de variété pour que l'on ne s'ennuie pas, mais sans véritable segment se démarquant nettement du reste.

Un petit 3/6

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Christmas Yulefest 2020 - 11 - Toys of Terror (2020)

Publié le 5 Décembre 2020 par Lurdo dans Cinéma, Critiques éclair, Christmas, Fantastique, Horreur, Noël, Review, Thriller, USA, Yulefest

Noël est en chemin : chez les Téléphages Anonymesc'est l'heure du marathon de cinéma festif de la Christmas Yulefestet ce jusqu'à mi-janvier...

Toys of Terror (2020) :

Peu de temps avant Noël, David (Dayo Ade) et Hannah (Kyana Teresa) installent leur famille dans leur nouvelle demeure, un vieux manoir abandonné qu'ils ont prévu de rénover et de revendre. Sur place, au grenier, Alicia (Verity Marks), son petit frère et sa petite sœur (Saul Elias, Zoe Fish) découvrent un vieux coffre à jouets plein à ras-bord. Mais bien vite, ces jouets commencent à prendre vie, et les plus jeunes enfants deviennent étrangement distants...

Un film fantastique/horrifique de Noël bourré de petite imperfections, mais paradoxalement bien meilleur que ce à quoi l'on pouvait s'attendre d'un film de calibre DTV. Écrit et produit par le showrunner de la série Stan against Evil, ce Toys of Terror se veut en effet un hommage direct aux films des années 90 (on pense aux productions Full Moon), avec animation en stop-motion, sens du macabre familial, et clichés inhérents au genre.

Mais ici, un travail notable a été apporté au visuel : lumières, intérieurs, tout est un bon niveau au-dessus du DTV lambda, au point que l'on se demande parfois si la production n'a pas profité des décors d'un film au budget plus confortable pour tourner son scénario (et si ce n'est pas le cas, félicitations au directeur artistique, car le manoir est particulièrement crédible et gothique à souhait).

Les jouets, à l'identique, sont un mélange de vintage 80s crédible (vieille console de jeu, abeille rétro) et d'objets victoriens assez glauques, et leur animation volontairement un peu datée leur donne un certain charme.

C'est d'ailleurs ce charme qui fait que le film fonctionne mieux qu'il ne le devrait sur la seule base de son script. Entre sa famille recomposée et pluri-ethnique, sa nounou étrange mais pas tant que ça, ses mises à mort volontairement cheesy (l'attaque du sapin tueur !), l'illustration musicale et le soin apporté à la composition de ses plans, Toys of Terror a un charme certain.

Ça n'en fait pas un bon film, mais en comparaison de la plupart des DTV, c'est suffisant pour atteindre la moyenne.

3.25/6

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Les bilans de Sygbab : Supernatural, saison 15 (2019-2020)

Publié le 28 Novembre 2020 par Sygbab dans Action, Aventure, Critiques éclair, Comédie, Drame, Fantastique, Horreur, Les bilans de Lurdo, Review, Télévision, Thriller, CW, USA, Supernatural

En juin dernier, alors que la crise de la COVID-19 avait suspendu le tournage et la diffusion de la saison 15 de Supernatural, Sygbab avait fait de même pour son intégrale de la série ; depuis la rentrée, Supernatural est cependant de retour, et l'heure est donc venue de rédiger un ultime bilan...

Supernatural, saison 15 (2019-2020) :

Après avoir combattu anges, démons, créatures mythiques et monstres en tous genres, Sam et Dean se mesurent désormais à Dieu (Rob Benedict) lui-même, lorsqu'ils refusent de tuer Jack (Alexander Calvert), et déclenchent la colère du tout-puissant...

Il y a plusieurs façons de terminer une série, mais il est possible de distinguer deux grandes tendances : rester cohérent avec ce qui a été fait auparavant ou jouer la carte tape-à-l’œil pour attirer le chaland en comptant sur sa nostalgie. En l’occurrence, le choix a sans doute été très simple puisque la première option est impossible à appliquer dans le cas de Supernatural, qui détient probablement le record de contradictions opérées au sein d’un même univers.

Très rapidement, donc, cette ultime saison s’oriente vers une intrigue remplie de rebondissements pour y inclure le plus de caméos possible, au détriment de toute rigueur d’écriture. Bien malheureusement, cette méthode se traduit par des justifications laborieuses, voire complétement foireuses par instants.

Prenons l’exemple de Rowena : alors que le personnage était imbuvable à ses débuts, elle avait pris de l’épaisseur grâce à un développement intéressant et son sacrifice dans le 15.03 The Rupture lui offre une belle porte de sortie, même si la raison pour laquelle elle demande à Sam de la tuer n’est pas crédible (comme par hasard, le sort qu’elle utilise pour retenir les démons lui demande de perdre la vie pour être plus puissant ; c'est une ficelle un peu grossière). 

Mais c’était trop demander que de s’en arrêter là : il fallait impérativement la faire revenir en tant que reine de l’Enfer, pour le fun, sans se préoccuper du fait que cela va à l’encontre de son état d’esprit avant de mourir.

Il vaut quand même mieux cela plutôt que les apparitions sporadiques d’autres protagonistes, dont la présence à l’écran sert surtout à remplir le quota nostalgie évoqué précédemment. Kevin, Donatello, Lilith ou encore Charlie et même Ruby sont à compter dans cette catégorie. Ça n’apporte rien de concret, mais bon, ils sont là, alors c’est le principal ! Ou pas, parce que pendant ce temps-là, ça ne fait pas avancer le schmilblick.

Dans cette configuration, il ne fallait pas s’attendre à ce que le fil rouge soit d’une clarté absolue. L’idée principale est pourtant simple : Chuck veut conclure son histoire coûte que coûte, de préférence en apothéose en affrontant les deux frères, mais il est obligé de s’y reprendre à plusieurs reprises pour trouver la meilleure fin possible après avoir éliminé tous les mondes parallèles.

Depuis que le personnage a été introduit, le sous-texte méta a toujours existé et il a souvent été utilisé en tant que métaphore du processus de création, mais ses atermoiements censés souligner les difficultés éprouvées par les scénaristes ressemblent à un prétexte fallacieux pour se dédouaner d’une inconstance devenue chronique.

L’impression générale, c’est qu’ils n’ont pas l’air d’avoir planifié grand-chose. Les premiers épisodes sont d’ailleurs très instructifs à ce sujet : l’énorme cliffhanger du 14.20 est évacué assez rapidement alors qu’avec toutes ces âmes échappées, il laissait espérer un retour aux sources qui aurait pu s’avérer bénéfique. Au lieu de cela, le démon Belphegor possède le corps de Jack - Alexander Calvert cabotine et ce n’est pas une réussite, n’est pas Jensen Ackles qui veut - et roule dans la farine des Winchester bien crédules malgré leur expérience.

Ce qui suit n’est pas plus glorieux et se résume vulgairement à une histoire de destinée écrite dans le Livre de chacun, tous conservés précieusement dans la librairie de Billie. Le nouvel avatar de la Mort se présente comme le seul espoir car elle a un plan : par le biais d’épreuves à endurer (concept utilisé à de trop nombreuses occasions auparavant), elle compte endurcir Jack pour qu’il puisse tuer Dieu. En effet, grâce à Adam (celui du Jardin d’Eden, pas le demi-frère des Winchester) qui lui offre une côte (?), le Nephilim pourra déclencher un trou noir d’énergie divine (??) et se transformer en bombe (???).

Présenté comme ça, ça peut paraître stupide. C’est normal, ça l’est ! Faire de Jack l’élément clé de la réussite est en soi une évidence vu sa nature particulière, mais il y avait sans doute des motifs plus valables pour mettre en avant son questionnement intérieur sur la place qu’il a dans le monde et la façon dont il est perçu - notamment par Dean.

Ce n'est pas que l'intention soit mauvaise, mais comme souvent la subtilité n'est pas au rendez-vous. Il aurait par exemple été plus intéressant qu'il décide d'apprendre à maîtriser ses pouvoirs, donnant ainsi de réels enjeux à son affrontement final contre son grand-père. La version du pantin manipulé est malheureusement bien plus fade et atténue fortement l'impact émotionnel qu'aurait dû provoquer le 15.19 Inherit The Earth, dans lequel il devient le nouveau Tout-Puissant.

Ce vrai-faux final qui précède la véritable conclusion est d'ailleurs une catastrophe à tous les points de vue. Si la pandémie liée à la Covid-19 explique les interactions limitées à l'écran, cela n'excuse en rien un script bâclé qui tente de justifier par tous les moyens la raison pour laquelle Jack est capable de tenir tête à Dieu et de le vaincre en le privant de ses pouvoirs. Pire encore, le plan improbable des Winchester prévoit l'infanticide de Michael, ces derniers ne faisant que peu de cas de son hôte Adam...

Cette situation n'aurait jamais dû se produire à deux épisodes de la fin, mais n'est pas étonnante au regard du temps perdu tout au long de la saison, comme cela a été évoqué précédemment. Par conséquent, les derniers épisodes contiennent une concentration d'idées qui ne font pas bon ménage car elles n'ont pas été préparées correctement en amont : l'alliance entre la Mort et The Empty (qui prend les traits de la dernière itération de Meg, histoire de recycler l'actrice), Billie qui veut enfumer tout le monde en prenant la place de Dieu, Chuck qui fusionne avec Amara... C'est indigeste, et ça démontre un manque criant d'inventivité.

Malgré tout, l'ultime aventure de nos deux héros est satisfaisante. L'empalement de Dean alors qu'ils sont en train de nettoyer un foyer de vampires - soit la routine pour eux - a tout de l'accident bête, mais c'est la seule chose qui pouvait leur arriver tant ils étaient devenus des experts. Bien qu'un peu longue, la scène où Dean fait ses adieux est touchante car elle respire la sincérité, avec un Jensen Ackles qui donne tout ce qu'il a.

La suite voit Sam se faire violence pour continuer sa vie, puis fonder une famille avant de rejoindre son frère dans l'au-delà. Là encore, c'est plutôt bien vu : sa volonté d'avoir une vie normale est établie depuis le pilote, ce n'est que justice qu'il ait pu y goûter. Quant au Paradis, après tout ce qu'ils ont fait, ils ont bien le droit d'y être...

Ainsi s'achève une épopée invraisemblable, forte de 327 épisodes dans un genre où une telle longévité reste un accomplissement exceptionnel. Il faut le saluer, même si la qualité n'a pas toujours été au rendez-vous. C'est même plutôt l'inverse, à vrai dire, car le nombre de saisons vraiment enthousiasmantes se compte sur les doigts d'une main (et encore). 

Il reste cependant un fort capital sympathie grâce à la relation fraternelle qui unit non seulement les deux protagonistes principaux, mais aussi les deux acteurs dont l'alchimie est indéniable à l'écran. Cela s'est souvent fait au détriment des personnages secondaires, mais bravo à eux d'avoir assuré le show pendant si longtemps.

 

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Un film, un jour (ou presque) #1317 : Les Nouveaux Mutants (2020)

Publié le 13 Novembre 2020 par Lurdo dans Action, Cinéma, Critiques éclair, Drame, Fantastique, Horreur, Jeunesse, Marvel, Review, Science-Fiction, Thriller, USA

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Les Nouveaux Mutants (The New Mutants - 2020) :

Traumatisée par une étrange tornade ayant ravagé sa réserve, Danielle Moonstar (Blu Hunt) se réveille dans un hôpital inconnu, géré par le Dr Cecilia Reyes (Alice Braga) ; elle y découvre quatre autres adolescents, tous mutants détenteurs de pouvoirs improbables : Illyana Rasputin (Anya Taylor-Joy), capable de se téléporter, Rahne (Maisie Williams), lycanthrope, Sam Guthrie (Charlie Heaton), pouvant se propulser de manière explosive dans les airs, et Roberto da Costa (Henry Zaga), qui manipule l'énergie solaire. Mais bien vite, des hallucinations horribles commencent à hanter les pensionnaires de l'école...

On ne présente plus The New Mutants, ultime métrage Fox de la franchise X-men, confié à Josh Boone (les mélodrames L'amour malgré tout et Nos étoiles contraires), et qui était supposé constituer un spin-off adolescent semi-horrifique de l'univers des mutants du professeur Xavier... un film à la gestation chaotique, longtemps resté en development hell, pas aidé par le rachat de Fox par Disney, et handicapé par une sortie en pleine crise de la COVID.

Bref : un film qui quittait les starting blocks en claudiquant, et qui, sans surprise, s'avère au final des plus boiteux. En fait, le problème, c'est que tout est insipide au possible, sans la moindre personnalité : Moonstar est insipide, Alice Braga est insipide, les manifestations surnaturelles sont globalement insipides (les Hommes souriants semblent issus d'un creepypasta générique, l'ours n'est pas ultra-convaincant), le semblant de romance Rahne/Moonstar est insipide, les pouvoirs des mutants sont insipides, la bande-originale de Mark Snow est insipide, le déroulement global du film est insipide...

Difficile de trouver grand chose de mémorable à quoi se raccrocher : quelques effets visuels, dans la toute dernière ligne droite du film (dont Lockheed), et l'interprétation d'Anya Taylor-Joy... mais même dans ce cas, le personnage d'Illyana est une caricature ambulante de mean girl, sans la moindre subtilité.

En soi, The New Mutants n'est donc même pas particulièrement mauvais, il est simplement ultra-anecdotique, et s'avère un champ du cygne plutôt médiocre pour la franchise X-men de la Fox (déjà que Dark Phoenix était assez piteux).

Un petit 2.5/6, et encore...

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Blog Update ! - Octobre 2020 - Bilan Halloween Oktorrorfest 2020

Publié le 2 Novembre 2020 par Lurdo dans Cinéma, Critiques éclair, Fantastique, Halloween, Horreur, Les bilans de Lurdo, Oktorrorfest, Review, Télévision, Update

En octobre, retour au calme chez les Téléphages Anonymes : l'algorithme Google a retrouvé le chemin de notre blog, et avec lui, les visiteurs sont revenus en nombre normal... C'est donc l'esprit plus tranquille que j'ai pu me concentrer sur cette édition de l'Halloween Oktorrorfest, le marathon annuel de films et de séries d'horreur et fantastiques auxquelles je consacre systématiquement ce mois d'octobre...

01 - Isabelle (2019) - 2/6

02 - Extra Ordinary (2019) - 4/6

03 - The Banana Splits Movie (2019) - 2.25/6

04 - Scooby-Doo et la Malédiction du 13e Fantôme (2019) - 2.5/6

05 - La Couleur tombée du Ciel (2020) - 4.5/6

06 - Cleaning up The Town : Remembering Ghostbusters (2020) - 4.5/6

07 - Abnormal Attraction (2019) - 2/6

08 - Underwater (2020) - 2/6

09 - The Hunt (2020) - 2.75/6

10 - Murder Manual (2020) - 1.5/6

11 - Snatchers (2019) - 3/6

12 - Lego Scooby-Doo : Terreur au Temps des Chevaliers (2015) & Le Fantôme d'Hollywood (2016) - 3/6

13 - Two Heads Creek (2020) - 3/6

14 - Sea Fever (2019) - 3.75/6

15 - You Should Have Left (2020) - 2/6

16 - After Midnight (2020) - 3/6

17 - We Summon The Darkness (2020) - 3/6

18 - Smoke and Mirrors : The Story of Tom Savini (2015) - 4.5/6

19 - Peninsula : Dernier Train pour Busan 2 (2020) - 2/6

20 - Scare Package (2020) - 3.5/6

21 - The Rental (2020) - 2/6

22 - Becky (2020) - 2/6

23 - In Search of Darkness (2019) - 3/6

24 - Scooby-Doo et la Créature des Ténèbres (2008) - 3.75/6

25 - Vampire, vous avez dit vampire ? (1985) - 3.5/6

26 - Vampire, vous avez dit vampire ? 2 (1988) - 2.5/6

27 - Génération Perdue (1987) - 3.75/6

28 - Scary Stories (2018) - 2.5/6

29 - Come to Daddy (2020) - 3.25/6

30 - Portals (2019) - 2/6

31 - Lego Scooby-Doo : Mystère sur la plage ! (2017) - 2/6

32 - Fright Night (2011) - 3/6

33 - Uncle Peckerhead (2020) - 4/6

34 - The Invisible Man (2020) - 4/6

35 - La Baby-sitter 2 : Killer Queen (2020) - 2/6

36 - Antebellum (2020) - 1/6

37 - Gretel et Hansel (2020) - 3.75/6

38 - Génération Perdue 2 (2008) - 1.5/6

39 - The Lighthouse (2019) - ?/6

40 - The Room (2020) - 2/6

41 - Génération Perdue 3 : l'Origine du Mal (2010) - 2.75/6

42 - Des Vampires dans le Bronx (2020) - 2.25/6

43 - Amulet (2020) - 3/6

44 - Yummy (2019) - 2.25/6

45 - Relic (2020) - 3/6

46 - The Beach House (2020) - 3/6

47 - Aux Frontières de l'Aube (1987) - 3.75/6

48 - Ghosts of War (2020) - 3/6

49 - #Alive (2020) - 3.5/6

50 - The Deep Ones (2020) - 1/6

51 - Get Duked ! (2020) - 4/6

52 - Dracula 3D (2012) - 1.5/6

53 - Sputnik (2020) - 3.75/6

54 - Nightmare Island (2020) - 1.5/6

55 - Hubie Halloween (2020) - 3.5/6

56 - The Turning (2020) - 2/6

57 - Doctor Sleep - Director's Cut (2019) - 4/6

58 - Books of Blood (2020) - 2.5/6

59 - Love and Monsters (2020) - 3.5/6

60 - Petit Guide de la Chasseuse de Monstres (2020) - 2/6

61 - The Halloween Family (2019) - 1/6

62 - Joyeuse Halloween, Scooby-Doo ! (2020) - 4/6

63 - Sacrées Sorcières (2020) - 2/6

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# Bilan :

L'année dernière, j'avais passé 60 films en revue dans le cadre de l'Halloween Oktorrorfest 2019 ; cette année, ce sont 64 moyens et longs-métrages que j'ai visionnés - pas une grande différence du point de vue de la quantité, mais une amélioration qualitative globale.

En effet, alors qu'en 2019, pas un film ne dépassait la barre des 3.5/6, 2020 nous offre une quinzaine de films au-dessus de cette barre : des documentaires (Smoke and Mirrors, consacré à Savini et Cleaning up the Town, dédié à Ghostbusters), des dessins-animés (Joyeuse Halloween, Scooby-Doo et Scooby-Doo et la Créature des Ténèbres), des classiques du genre (Aux Frontières de l'Aube, Génération Perdue), de la comédie (Get Duked !, Uncle Peckerhead, Extra Ordinary), et de l'horreur beaucoup plus sérieuse (Sputnik, The Invisible Man, Sea Fever, La Couleur tombée du ciel, Gretel et Hansel, Doctor Sleep).

De quoi plaire à chacun, d'autant que le nombre de films à la note inférieure ou égale à 2.5/6 est, mécaniquement, lui aussi légèrement à la baisse.

Alors est-ce que cette amélioration globale n'est qu'une impression erronée de ma part, produit d'une année 2020 globalement désastreuse qui incite à l'indulgence ? Difficile à dire. En tout cas, cette Oktorrorfest était loin d'être désagréable.

Pour un aperçu de ce à quoi ressemblait l'Halloween Oktorrorfest les années précédentes, direction l'index dédié, en cliquant ici !

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# Film(s) du mois :

En mettant de côté les documentaires, mon trio de tête se constitue donc de La Couleur tombée du Ciel, une adaptation déglinguée de Lovecraft avec un Nicolas Cage en roue libre et qui ne plaira clairement pas à tout le monde ; le Director's Cut de Doctor Sleep, un projet très ambitieux, polarisant, et intéressant signé du toujours efficace Mike Flanagan ; et The Invisible Man, une relecture efficace et nerveuse de la figure de l'Homme invisible.

# Flop(s) du mois :

Là, c'est encore plus simple : Antebellum est un plantage notable, une relecture idiote du Village de Shyamalan à la sauce woke façon Jordan Peele ; The Halloween Family, un film d'animation sans budget et sans intérêt ; et The Deep Ones, une adaptation fauchée de Lovecraft, racoleuse et approximative.

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# Petit écran :

Beaucoup de séries dans l'Oktorrorfest, cette année : de l'animation de plus ou moins bonne qualité (La Forêt de l'étrange, excellent ; Castlevania, nettement moins), de la comédie anglo-saxonne amusante (Wellington Paranormal, What We Do In the Shadows, Inside No. 9), des anthologies peu probantes (Monsterland, Bloodride, Creepshow) et des séries plus classiques, aux résultats inégaux (Dracula, Locke and Key, Les Héritiers de la Nuit, Lovecraft Country).

Un peu comme du côté des films, il y en a donc pour tous les goûts, pour peu qu'on ne soit pas trop à cheval sur la qualité...

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# À venir :

En novembre, retour à un programme plus classique (et confiné), avant d'entamer, dès la fin du mois, la Christmas Yulefest 2020 et son marathon de films festifs en tous genres !

Dans l'intervalle, ce mois-ci, place à Borat, à Jackie Chan, à Christopher Nolan, à Bill Murray, à Buckaroo Banzaï, à Jessica Chastain, à un gorille parlant, et à bien plus encore. Et niveau séries, on couvrira la fin de Star Trek Lower Decks, la nouvelle saison de Star Trek Discovery, le Mandalorien, quelques super-héros déglingués... et peut-être même la fin des aventures surnaturelles des frères Winchester !

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Les bilans de Lurdo - Halloween Oktorrorfest 2020 - Lovecraft Country, saison 1 (2020)

Publié le 1 Novembre 2020 par Lurdo dans Anthologie, Aventure, Critiques éclair, Drame, Fantastique, Halloween, Horreur, Les bilans de Lurdo, Oktorrorfest, Review, Romance, Science-Fiction, Thriller, Télévision, USA, HBO

L'Halloween Oktorrorfest touche aussi le petit écran, avec chaque week-end, tout le mois d'octobre, des critiques de séries fantastiques et horrifiques...

Lovecraft Country, saison 1 (2020) :

Lorsque son père Montrose (Michael K. Williams) disparaît, Atticus (Jonathan Majors), jeune vétéran de la guerre de Corée, part pour Ardham, dans le Massachusetts, en compagnie de son oncle George (Courtney B. Vance) et de Letitia (Jurnee Smollett), une amie d'enfance. Là, confronté au racisme de la société des années 50, le trio découvre les origines réelles de Atticus, liées à une mystérieuse société secrète, et à l'étrange famille Braithwhite...

Pour être franc, j'ai abordé cette série HBO avec de grosses pincettes, un peu échaudé par de multiples facteurs : non seulement la présence de Jordan Peele (spécialisé dans les productions de genre woke, comme Get Out, Us et la Twilight Zone, généralement trop pataudes pour vraiment convaincre au-delà du cercle des déjà convaincus) m'incitait à la méfiance, mais aussi le concept même de cette série, qui participe de la tendance actuelle à réécrire une certaine histoire raciale, à reconquérir un certain héritage (comme le dit le slogan même de la série, cf. l'affiche), et à produire des programmes afro-américano-centriques pointant ouvertement du doigt les errances de la société blanche américaine... au détriment de figures du passé cancelled à l'aune de notre jugement moderne.

Ici, Lovecraft Country, série adaptée du roman du même nom de Matt Ruff, est donc une production HBO chapeautée par Jordan Peele et confiée à la jeune scénariste Misha Green (ancienne scénariste sur Heroes, et showrunneuse d'une série câblée sur l'esclavage et les réseaux clandestins de l'époque). Comme le roman de Ruff (suite de mini-récits parfois sans lien, mais se donnant pour but de réinventer le genre pulp sous le prisme de protagonistes noirs et du racisme sociétal), la série se veut une exploration de la littérature de genre, confrontée à son racisme et à ses préjugés inhérents, et en plaçant en son centre des personnages noirs.

Une relecture de l'histoire de l'Amérique qui, soyons francs, n'a vraiment pas grand chose à voir avec l'horreur lovecraftienne : oui, il y a des tentacules sur l'affiche, oui, on aperçoit un Cthulhu imaginaire dans le pilote, oui, ce dernier suit une trame vaguement lovecraftienne du protagoniste qui se découvre des origines sinistres et surnaturelles en revenant sur la terre de ses ancêtres... mais honnêtement, ça s'arrête là, et l'accroche "Lovecraft" tient presque plus de l'effet de manche qu'autre chose.

Le prisme afro-américain impose en effet à la série des éléments totalement étrangers à l'horreur lovecraftienne : danse, musique, sexe, passion, sentiments, oppression, racisme, attitude, religion, etc... et une horreur beaucoup plus frontale, avec des monstres numériques montrés à l'écran, et pas la moindre tension prégnante.

Qui s'attend à de l'horreur lovecraftienne sera déçu. Qui veut voir le genre de l'horreur déconstruit selon une grille de lecture dénonçant le racisme sera déjà plus satisfait.

Malheureusement, même en abordant le programme sous cet angle, je dois dire que je n'ai pas aimé (à l'exception d'un épisode sur lequel je reviendrai). En fait, malgré les déluges de compliments critiques reçus par la série (principalement pour son côté engagé et dénonce, mais aussi parce que les œuvres afro-américaines bénéficient, ces temps-ci, d'un totem d'immunité critique, comme le soulignait Kenya Barris dans un épisode de #BlackAF), Lovecraft Country est une série où la forme affaiblit grandement le fond.

Et par la forme, j'entends les décisions créatives de la showrunneuse : décisions musicales (non seulement la bande originale orchestrale est vraiment envahissante, mais les chansons modernes se succèdent, de Rihanna à Frank Ocean en passant par Cardi B et Marilyn Manson, et le contraste reconstitution historique/hip-hop ne passe tout simplement pas - sans même mentionner l'utilisation récurrente de poésie récitée ou de discours politiques comme illustration sonores de certaines scènes), visuelles (les manifestations surnaturelles sont souvent assez cheap, à quelques exceptions près), la caractérisation (Atticus est monolithique pendant 80% de la saison, Leti est un cliché trop moderne du personnage féminin afro-américain fort à attitude qui quitte toutes les pièces en tapant du pied) et surtout l'écriture.

Une écriture jamais particulièrement subtile (tout ce qui a trait à la race, à la ségrégation, etc, est abordé avec de gros sabots, les traits sont grossiers et épais, le récit est très manichéen et donneur de leçons, les rebondissements sont télégraphiés bien à l'avance), souvent décousue (de nombreuses scénettes ne semblent là que pour servir de transitions, plusieurs personnages finissent par ne faire que de la figuration dans le final), qui parfois s'effondre totalement (l'épisode 02 est à ce titre un véritable désastre, un festival de raccourcis narratifs honteux et bâclés, d'éléments inexpliqués, de déductions improbables, qui condense en une heure l'équivalent d'une saison d'intrigues et tombe totalement à plat), et qui tente de rajouter encore une couche de wokeness au roman de Ruff.

Au point de paraître parfois cocher mécaniquement des cases sur la liste de la représentativité des minorités : afro-américains opprimés, homosexuel refoulé, esprit hermaphrodite (avec nudité intégrale totalement gratuite), femme bisexuelle blanche confrontée au sexisme patriarcal de la société (et qui change de sexe à volonté grâce à ses pouvoirs), lesbienne communiste, toute la gamme LGBTQ est couverte par les personnages secondaires, de manière parfois bien artificielle.

Il faut dire que le tout n'est pas aidé par la forme semi-anthologique de la série, qui singe le déroulement du roman, sans toutefois oser détacher vraiment ses récits de ses personnages principaux. Après son double épisode d'ouverture (un pilote road-movie honorable, un deuxième épisode catastrophique), les bases sont posées, et la série fait le choix de consacrer ses épisodes suivants à un genre ou à un personnage secondaire distinct.

On a ainsi le genre de la maison hantée, prétexte pour souligner les exactions commises par des blancs (ici, un médecin juif nommé Epstein) sur leurs patients noirs ; l'aventure pulp façon Indiana Jones, bourrée de raccourcis et d'approximations, mais pas désagréable à suivre (bien que totalement surjoué) ; le voyage temporel, avec un retour (encore un, après la série Watchmen) dans le Tulsa de 1921, pour assister au Massacre ; l'aventure à la John Carter, avec Hippolyta (la tante de Tic, interprétée par Aunjanue Ellis) qui ouvre un portail dimensionnel, s'émancipe de sa condition de femme noire opprimée et devient une super-exploratrice aux cheveux bleus qui arpente l'espace et le temps, façon Doctor Who...

Sans oublier des épisodes plus centrés sur les personnages secondaires : Ruby (Wunmi Mosaku), la sœur de Leti, qui se rapproche de William/Christina (Jordan Patrick Smith/Abbey Lee), et découvre, en changeant temporairement d'apparence, ce qu'est la vie du point de vue d'une femme blanche ; Montrose, qui assume sa sexualité ; la petite Diana (Jada Harris), littéralement hantée par ses démons (que je n'ai pas trouvé très réussis, bizarrement, puisque ces démons sont deux danseuses au langage corporel assez artificiel et forcé, bien trop chorégraphié à mon goût)...

Et donc, comme je le disais, il y a aussi le seul véritable épisode de la série à m'avoir convaincu, un épisode historique consacré au passage d'Atticus en Corée, et à sa romance avec Ji-Ah (Jamie Chung), un être surnaturel tiraillée entre ses sentiments pour Tic et sa nature démoniaque la forçant à dévorer les hommes avec lesquels elle couche. Un récit unitaire efficace, convaincant, bien écrit et développé... mais qui malheureusement ne sert que de digression dans cette saison : Ji-Ah est une invention des scénaristes, une invention qui finit par ne servir que de deus ex machina très maladroit dans l'épisode final de la saison.

Parce que, j'y reviens encore, mais le véritable problème de cette série, c'est vraiment son écriture : Misha Harris est à l'écriture/co-écriture de tous les épisodes, et l'on retrouve ses gimmicks d'écriture partout - facilités scénaristiques, logique approximative, montages à l'illustration musicale décalée ou pompeuse, et protagonistes tous plus ou moins antipathiques.

C'est d'ailleurs un gros paradoxe de cette saison, qui tente de nous émouvoir du sort de Montrose, de nous attacher à la romance de Tic et Leti, de nous faire compatir au traumatisme de Diana, de Ruby ou d'autres personnages... tout en les rendant particulièrement peu attachants et en les équipant d'une plot armor frustrante.

Montrose tue une inconnue de sang-froid, Tic a des réactions constamment intolérantes et violentes (vis à vis de son père, de Ji-Ah...), Leti passe son temps à n'en faire qu'à sa tête et à agir sans consulter les autres, Ruby viole son patron avec un talon aiguille... c'est bien simple, à la fin de la saison, lorsque Christina trouve la mort (d'une manière assez naze, tuée par une Diana au bras cybernétique, alors que les deux personnages se connaissent à peine), on en vient (presque) à se ranger de son côté : après tout, en comparaison du reste de la distribution, les péchés de Christina sont (presque) moindres, et sa relation avec Ruby est la mieux développée de la série.

Mais elle est blanche, et elle doit donc mourir. C'est un peu la morale de cette saison, d'ailleurs : tous les Blancs qui apparaissent dans le show sont violents/racistes/maléfiques/manipulateurs/brutaux/rayez la mention inutile, et les Afro-américains doivent donc reprendre le pouvoir pour que les choses s'améliorent - c'est même la conclusion littérale de l'épisode final, qui voit Leti (apparemment devenue experte en magie, principalement hors-champ) priver de pouvoirs magiques l'intégralité de la population blanche de la planète, au profit des Noirs opprimés.

Une conclusion grandiloquente, radicale et manichéenne, qui caractérise bien la série Lovecraft Country : un programme aux intentions louables, mais aux méthodes pataudes et maladroites, qui finissent par desservir le propos et le récit.

Lovecraft Country se veut ainsi une affirmation de l'afro-américanité, une reconquête d'un genre littéraire (le pulp) par ses lecteurs noirs, un éloge de la représentativité et une critique incendiaire de la société américaine et de ses rapports avec les minorités.

Dans les faits, c'est un patchwork décousu d'influences et de styles, un ensemble de variations tonales constantes, d'effets spéciaux très inégaux (certains maquillages pratiques et/ou numériques, comme le changement de peau très Barkerien, sont réussis ; d'autres, comme Hippolyta qui se branche dans la machine, sont ratés et risibles ; d'autres encore, comme les créatures, sont très peu inspirés) de mythologie brouillonne et de personnages sommaires, aux décisions arbitraires et aux réactions parfois étranges.

Le tout, baigné dans des références culturelles permanentes à l'histoire afro-américaine, références rarement explicitées qui échapperont probablement à la plupart des spectateurs européens, et qui sont parfois revisitées de manière assez malhabile, à la limite de l'exploitation facile et honteuse (je pense notamment à la scène durant laquelle Christina rejoue le lynchage d'un jeune Noir pour tester ses pouvoirs et son immortalité : une scène qui sort un peu de nulle part et frôle le mauvais goût).

Bref, à moins de faire déjà partie du camp des convaincus, je ne peux pas vraiment conseiller ce Lovecraft Country. L'écriture d'une série est son élément le plus important à mes yeux, et c'est le point le plus défaillant de ce programme : Lovecraft Country se voudrait une série du calibre de Watchmen, mais force est de constater qu'on est, au final, plus proche d'une série CW ou d'un True Blood - la même absence de rigueur et les mêmes approximations, sans le côté fun et décomplexé.

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Les bilans de Lurdo - Halloween Oktorrorfest 2020 - A Creepshow Animated Special (2020)

Publié le 1 Novembre 2020 par Lurdo dans Anthologie, Animation, Comédie, Critiques éclair, Fantastique, Halloween, Horreur, Les bilans de Lurdo, Oktorrorfest, Review, Thriller, Télévision, USA, Shudder

L'Halloween Oktorrorfest touche aussi le petit écran, avec chaque week-end, tout le mois d'octobre, des critiques de séries fantastiques et horrifiques...

A Creepshow Animated Special (2020) :

Épisode spécial Halloween de l'anthologie Creepshow de Shudder, une anthologie qui, dans sa première saison, était très loin de m'avoir convaincu : fauchée et très approximative, cette saison 1 donnait l'impression d'un programme conçu à la va-vite et manquant clairement de finition, à tous les niveaux de la production.

Cependant, le programme avait reçu un accueil particulièrement enthousiaste de la part des critiques américains, et Shudder remet donc le couvert en gardant la même équipe de production, mais en optant pour des économies de budget avec un format animé (en réalité, c'est du motion comic, la version bon marché de l'animation classique ^^) et deux épisodes de 22 minutes environ, basés sur des intrigues de Stephen King et de son fils, Joe Hill.

Et après une introduction en prises de vue réelles sur la marionnette du Creep (toujours aussi rigide) qui dessine les personnages des histoires à venir, on commence donc par...

# Survivor Type : Richard (Keith Sutherland), chirurgien réputé, se retrouve échoué sur une île déserte où, affamé, confronté à une fracture du pied, et n'ayant que de l'héroïne et son équipement médical pour s'occuper, il opte pour une solution drastique...

Un segment assez inégal : malgré un style graphique plutôt appréciable, le récit semble un peu précipité (la narration de Sutherland n'a pas le temps de respirer, et connaît, çà et là, des rapiéçages audio qui trahissent un enregistrement compliqué) et son format déstructuré n'est pas forcément ultra-pertinent.

C'est bien interprété, certes, mais ça s'arrête là.

# Twittering from the Circus of the Dead : Lors d'un road trip avec sa famille, Blake (Joey King) s'ennuie totalement et passe son temps à tweeter. Jusqu'à ce qu'ils s'arrêtent au Cirque des Morts, un cirque où tous les artistes sont des zombies, aux numéros des plus sinistres...

Dans un premier temps, une narration gentiment monotone, pas forcément la faute de Joey King, mais plus de l'écriture, exclusivement au format tweet de 140 caractères, ce qui donne une mise en place assez peu intéressante.

Quand ça démarre enfin, cela dit, au bout de 7-8 minutes, c'est plutôt amusant à suivre, avec une Joey King qui s'investit, tant dans l'enthousiasme que dans la terreur, et un style graphique qui fonctionne bien.

Le tout s'essouffle néanmoins un peu vers la fin, mais bon.

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Bref, dans l'ensemble, un épisode spécial Halloween qui n'est pas désagréable, mais qui reste un peu inégal, avec un premier segment inabouti, et un second bien plus sympathique. Dans la droite lignée de la première saison du show, en somme.

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Halloween Oktorrorfest 2020 - 63 - Sacrées Sorcières (2020)

Publié le 31 Octobre 2020 par Lurdo dans Cinéma, Comédie, Critiques éclair, Fantastique, Halloween, Horreur, Jeunesse, Oktorrorfest, Review, USA, HBO Max

Chez les Téléphages Anonymes, de fin septembre à début novembre, on fête Halloween et l'Oktorrorfest, un marathon quotidien de cinéma fantastique et d'horreur...

Sacrées Sorcières (The Witches - 2020) :

En 1968, dans l'Alabama, un jeune garçon (Jahzir Kadeem Bruno) accompagne sa grand-mère (Octavia Spencer) pour un séjour dans un grand hôtel de luxe, où il découvre un couvent de sorcières dirigées par la Grande Sorcière (Anne Hathaway). Leur objectif : distribuer une potion à l'échelle mondiale, et transformer tous les enfants en rongeurs...

Robert Zemeckis. Guillermo Del Toro. Alfonso Cuaron. Kenya Barris : quatre créateurs de talent, dans leurs genres respectifs, auxquels s'ajoute Alan Silvestri à la musique. Roald Dahl et Sacrées sorcières : un roman pour enfants mondialement connu et apprécié et dont la première adaptation (Les Sorcières, 1990), nostalgie aidant, est devenue un semi-classique, globalement salué pour ses effets spéciaux et pour son ton macabre.

Avec tant de talents derrière la caméra, et tant de potentiel, comment expliquer alors que ce remake cette nouvelle adaptation du récit soit à ce point plate et insipide ?

Parce que j'ai beau ne pas forcément être le plus grand fan de la version de 1990, mais je reconnais sans peine que les maquillages et effets signés Jim Henson étaient mémorables (de quoi donner des cauchemars aux plus jeunes), qu'Anjelica Huston faisait une sorcière glaçante et menaçante, et que le tout avait un charme typiquement british plutôt sympathique (et Mr Bean !).

Mais là, rien ne fonctionne vraiment. Déjà, évacuons tout de suite la contribution de Kenya Barris (Black-ish) : je vais peut-être m'avancer, mais je dirais que sa contribution a largement été évacuée au fil des révisions, et qu'il ne reste plus de son apport que le cadre du film (l'Alabama des années 60) et l'ethnicité du héros et de sa grand-mère. Deux facteurs qui auraient pu donner lieu à un propos sur le racisme de l'époque, etc... mais qui n'est pas exploité un seul instant, si ce n'est peut-être en filigrane, pendant quelques secondes, dans les regards du personnel de l'établissement, étonné de voir une afro-américaine avec de l'argent.

Mais c'est tout : peut-être que le premier jet du scénario était plus engagé socialement, et que ça s'est perdu en cours de route... car sinon, il n'y a absolument aucun intérêt dans la transposition du récit dans le sud des USA, dans les 60s. Pire : cela enlève tout le charme british et le flegme du récit original, qui se retrouve bien plat et générique.

Toute la mise en place du récit, avant l'arrivée dans l'hôtel, est ainsi laborieuse et mécanique ; pour ne rien arranger, le film a droit à une narration ponctuelle assez joviale de Chris Rock, totalement en décalage avec le ton du film, et qui ressemble plus à son travail sur Tout le monde déteste Chris qu'à autre chose (là aussi, un reste de l'influence de Kenya Barris ?).

Et puis, une fois dans l'hôtel, le film devient le show d'Anne Hathaway. Que l'on ne s'y méprenne pas : Hathaway est l'un des points forts du film, avec Octavia Spencer. Les deux actrices dominent le film dans des genres très différents, l'une en cabotinant, l'autre en mode grand-mère tendre et attachante.

Mais, un peu comme dans la version de 1990, les mésaventures des enfants-souris à l'hôtel ne sont pas des plus intéressantes, pas aidées par des effets spéciaux assez médiocres : depuis le chat d'Hathaway jusqu'aux souris, en passant par les transformations en rongeurs et par le maquillage des sorcières (au sourire carnassier façon Vampire, vous avez dit vampire ou monstre asiatique), tout est numérique et très approximatif, avec un rendu bien trop caricatural et forcé pour convaincre.

Dépourvu de ses effets, de son atmosphère et de son humour, Sacrées sorcières est affreusement anonyme, et n'a donc d'intérêt que pour la prestation d'Hathaway, qui s'amuse, ainsi que pour la présence de Spencer. On pourra aussi citer la fin douce-amère, qui était absente de la version 1990... pas de panique, cependant : si elle est bien présente ici, elle est aussi désamorcée par une scène finale sur les souris en train de danser sur We are family de Sister Sledge.

Ouaip. À se demander si le studio n'a pas passé son temps à fourrer son nez dans le projet original, jusqu'à le vider de sa moelle.

2/6

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Halloween Oktorrorfest 2020 - 62 - Joyeuse Halloween, Scooby-Doo ! (2020)

Publié le 31 Octobre 2020 par Lurdo dans Animation, Cinéma, Comédie, Critiques éclair, Fantastique, Halloween, Horreur, Jeunesse, Review, USA

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Joyeuse Halloween, Scooby-Doo ! (Happy Halloween, Scooby-Doo - 2020) :

Alors que le Scooby Gang vient tout juste d'arrêter le Dr. Jonathan Crane, qui tentait de faire régner la terreur à Crystal Cove pour Halloween, d'étranges citrouilles tentaculaires mutantes apparaissent, et s'en prennent à la ville...

Je partais vraiment méfiant, avant d'entamer ce téléfilm Scooby-Doo, que la campagne promotionnelle mensongère vantait comme "le premier téléfilm spécial Halloween de la franchise". Méfiant, non seulement à cause de cette astuce publicitaire mensongère, mais aussi de la présence de plusieurs guest stars que je pressentais inutiles, comme Elvira, Scarecrow ou encore Bill Nye (qui ici offre une nouvelle Mystery Machine high-tech et robotisée au Gang lorsque l'originale est accidentée).

Et puis finalement, le tout s'avère une bonne surprise. Oui, les personnages invités ne servent pas à grand chose ; oui, l'histoire ne fonctionne que si l'on débranche un peu son cerveau ; et oui, l'humour est parfois un peu puéril et slapstick ; mais dans l'absolu, le tout bénéficie d'un ton joyeusement second degré (l'illustration musicale l'est de manière évidente), que l'on doit très clairement à Maxwell Atoms, à la réalisation et au script. Un Maxwell Atoms déjà à l'origine de Bill et Mandy, aventuriers de l'au-delà, de Ça bulle ! et de Bunnycula, des séries dont on retrouve l'humour et le sens de l'absurde dans ce Scooby-doo.

La caractérisation de Daphné, notamment, y gagne beaucoup, faisant de la jeune femme un personnage un peu excentrique et goofy ; et dans l'ensemble, le film semble plus moderne et dynamique que beaucoup de Scooby adhérant trop fidèlement à la formule habituelle (ou s'en détournant radicalement pour partir dans du surnaturel débridé).

Une modernité que l'on retrouve dans son ton, dans sa réalisation (les cinq minutes d'ouverture), dans son utilisation de la continuité globale de la franchise, ou dans ses références (comme ce moment où Fred bascule en mode Schwarzenegger dans Predator, avec pièges en bois, peintures de guerre et cri primal... sous le regard admirateur de Daphné).

Bref, un Scooby-doo décomplexé et amusant, qui m'a rappelé, par certains aspects modernes, Mystères associés, et qui, sans être un chef-d'œuvre, m'a donc agréablement surpris.

4/6

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Halloween Oktorrorfest 2020 - 61 - The Halloween Family (2019)

Publié le 31 Octobre 2020 par Lurdo dans Animation, Cinéma, Comédie, Critiques éclair, Fantastique, Halloween, Horreur, Jeunesse, Oktorrorfest, USA

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The Halloween Family (2019) :

La nuit d'Halloween, Larry le zombie et Fred la momie se lancent dans une quête étrange, à la recherche du mythique Goul...

Aïe. Un film d'animation d'environ 80 minutes, et qui consiste, en gros, en 80 minutes de dialogues interprétés de manière caricaturale et fatigante par des doubleurs, et plaqués sur des personnages à l'animation sommaire, qui marchent dans des décors répétitifs.

Je vais être franc : après avoir été agréablement surpris par l'esthétique du décor global, dans les premières minutes, j'ai très rapidement déchanté, et j'ai même fini par totalement décrocher du film en cours de route - ce n'est pas intéressant, ce n'est pas drôle, ce n'est absolument pas rythmé, et ça a clairement été produit avec un budget microscopique... ce qui n'est pas forcément surprenant, quand on regarde les filmographies de son réalisateur et du studio, bourrées de mockbusters miteux.

Un généreux 1/6

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Halloween Oktorrorfest 2020 - 60 - Petit Guide de la Chasseuse de Monstres (2020)

Publié le 30 Octobre 2020 par Lurdo dans Action, Aventure, Cinéma, Comédie, Critiques éclair, Fantastique, Halloween, Horreur, Jeunesse, Netflix, Review, Télévision, USA

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Petit Guide de la Chasseuse de Monstres (A Babysitter's Guide to Monster Hunting - 2020) :

Lorsque Jacob (Ian Ho), le petit garçon dont elle est la baby-sitter à Halloween, est enlevé par des monstres difformes, Kelly (Tamara Smart) découvre l'existence d'un monde surnaturel improbable où règne le Grand Guignol (Tom Felton), un être cruel voulant utiliser les cauchemars des enfants pour dominer le monde. Avec l'aide de Liz (Oona Laurence) et de sa société secrète des baby-sitters, Kelly va alors partir à l'aventure pour sauver le jeune Jacob...

Un film fantastique Netflix, adapté d'une série de livres pour enfants par leur auteur et par Rachel Talalay, produit par Ivan Reitman, et qui, pour être totalement franc, n'a pas grand intérêt pour les plus de 10 ans.

On est vraiment, ici, dans un métrage assez plat et insipide, sans réelle énergie ni rythme, qui évoque constamment d'autres histoires similaires, et surtout, qui souffre d'un vrai manque de charme, tant visuel qu'au niveau du casting : tout est ultra-lumineux et saturé (ça ressemble souvent à une production tv Disney ou Nickelodeon), les intérieurs font vraiment décors de cinéma, les effets spéciaux sont oubliables, l'interprétation des plus jeunes est par moments inégale (Tamara Smart - déjà vue dans Amandine Malabul, Fais-moi Peur, et dans Artemis Fowl - n'est pas mauvaise, mais elle n'est pas non plus exceptionnelle), et il n'y a guère que Tom Felton qui sorte un peu du lot en grand méchant décalé au croisement de Johnny Depp, de Russell Brand et de Dan Stevens... mais même lui finit par être sous-exploité.

Dans l'ensemble, donc, ça occupera les plus jeunes pendant 90 minutes, mais il aurait fallu un scénario mieux construit et une distribution plus charismatique (ainsi qu'un peu plus de budget, et plus d'inventivité devant et derrière la caméra) pour que le tout ne donne pas envie aux moins jeunes de passer le reste du film en avance-rapide.

2/6

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Halloween Oktorrorfest 2020 - 59 - Love and Monsters (2020)

Publié le 30 Octobre 2020 par Lurdo dans Action, Cinéma, Comédie, Critiques éclair, Fantastique, Halloween, Horreur, Oktorrorfest, Review, Romance, USA

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Love and Monsters (2020) :

Sept ans après qu'un désastre écologique ait éradiqué 95% de la population humaine et transformé insectes et animaux en mutants carnivores gigantesques, les survivants vivent en groupe, terrés dans des bunker. Joel (Dylan O'Brien), perpétuellement terrifié et se sentant inutile, ne rêve que d'une chose : retrouver Aimee (Jessica Henwick), sa petite-amie, qui vit dans un autre bunker, à plusieurs dizaines de kilomètres de là. Sur un coup de tête, il décide alors de tenter seul l'aventure... croisant en chemin Minnow (Ariana Greenblatt), Clyde (Michael Rooker), Mav1s le robot, et un brave toutou qui devient son compagnon.

Une comédie fantastique qui ressemble fortement au croisement de la franchise Fallout avec les Zombieland, auxquels ce Love and Monsters, plus sage, emprunte beaucoup, tant dans les personnages que dans leurs relations, dans les règles de survie, dans la mise en images, dans le côté road trip, etc.

À partir de là, il n'y a pas grand chose de surprenant dans ce métrage : c'est plutôt efficace (principalement parce que le ton est relativement décontracté, et les effets spéciaux convaincants), c'est bien interprété (je suis un peu plus mitigé sur la petite Ariana Greenblatt) mais ça reste globalement assez dérivatif et cousu de fil blanc.

Pas désagréable, mais très convenu (notamment son grand final, qui se rappelle in extremis qu'il serait dommage d'avoir Jessica Henwick au casting sans lui donner une scène d'action).

3.5/6

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Halloween Oktorrorfest 2020 - 58 - Books of Blood (2020)

Publié le 30 Octobre 2020 par Lurdo dans Anthologie, Cinéma, Critiques éclair, Drame, Fantastique, Halloween, Horreur, Oktorrorfest, Review, Thriller, Télévision, USA, Hulu

Chez les Téléphages Anonymes, de fin septembre à début novembre, on fête Halloween et l'Oktorrorfest, un marathon quotidien de cinéma fantastique et d'horreur...

Books of Blood (2020) :

Une pseudo-anthologie faiblarde adaptant (en théorie) les écrits de Clive Barker (en réalité, quasiment pas, si l'on excepte le fil conducteur très ténu) et ressemblant fortement à un téléfilm ou à projet de série anthologique bricolé à la dernière minute pour faire un long-métrage alimentant la plate-forme.

Et pour cause ! C'est justement ça : un projet de série anthologique produite par Touchstone Television, et chapeautée par Brannon Braga (tous les Star Trek depuis Next Generation jusqu'à Nemesis) et Adam Simon (Salem, Carnosaur, Le dernier rite), mais qui a été annulée en cours de route, et recyclée pour fournir du contenu à Hulu.

Le résultat : un métrage composé de deux segments et demi assez bancals, jamais particulièrement bien rythmés ou écrits, et qui frustrent plus qu'ils ne convainquent. En somme, un film qui donne le ton dès son carton d'ouverture, assez ridicule et forcé, et qui ne se montre jamais à la hauteur de l'œuvre dont il s'inspire.

- Jenna : Jenna (Britt Richardson), une jeune femme traumatisée atteinte de tocs et d'anxiété paranoïaque, s'enfuit de chez ses parents après avoir cessé de prendre ses médicaments, et trouve refuge dans un bed & breakfast tenu par un couple accueillant (Freda Foh Shen, Nicholas Campbell). Mais progressivement, Jenna se persuade que quelque chose ne tourne pas rond chez eux...

Mouais, un segment longuet (pour ne pas dire : un premier épisode de 45 minutes) jamais suffisamment abouti pour être satisfaisant, notamment dans l'utilisation de la maladie de Jenna pour faire monter le suspense. Le couple est immédiatement suspect aux yeux du spectateur, de nombreux éléments restent sous-développés (l'incident à l'école, etc), les effets spéciaux sont inégaux, et le grand final traîne en longueur malgré quelques maquillages réussis, avec monologues d'exposition maladroits à la clef et chute assez plate.

- Simon : Traumatisée par la mort de son fils leucémique, Mary (Anna Friel), une chercheuse sceptique spécialisée dans le debunking de charlatans, tombe sous le charme de Simon (Rafi Gavron), un séduisant médium dont les pouvoirs semblent bien réels...

Un peu de nudité masculine au programme de ce segment prévisible de bout en bout et pas très intéressant, entre son interprétation inégale, une Anna Friel liftée de partout, ses effets spéciaux inégaux, et sa chute télégraphiée. Un bon gros bof.

- Bennett : Petite frappe violente, Bennett (Yul Vazquez) décide de partir récupérer un ouvrage rarissime, le Livre de Sang, en guise de paiement d'une dette.

Un segment un peu creux, puisqu'il est supposé lier les trois histoires en une seule et même conclusion sanglante : un pari semi-réussi et semi-bâclé, qui a quelques moments sympathiques, mais qui frustre aussi beaucoup plus qu'il ne convainc, d'autant que...

- Jenna : Hantée par ses souvenirs, par ses phobies, et parce qu'elle a vécu chez ce couple étrange, Jenna prend une décision radicale.

Alors que le tout semblait plus ou moins bouclé, voilà que le film revient sur le personnage de Jenna, pour lui offrir un passé tragique (mais pas surprenant pour qui a prêté attention au film), et une fin qui l'est encore plus. Pas désagréable, mais ça arrive un peu comme un cheveu sur la soupe, avant de basculer sur un générique de fin sur fond de Marilyn Manson bien daté.

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Bref : ce n'est pas très bon. Pour une anthologie télévisuelle, ça aurait pu passer, même si l'on est très loin du côté sulfureux et inventif de Clive Barker : Books of Blood est assez moyen sur de nombreux plans, que ce soit l'écriture, l'interprétation (Britt Richardson est excellente, cela dit), la réalisation, les effets, les idées...

Encore une fois, ça aurait pu passer à la télévision, au format hebdomadaire. En film, ça coince déjà nettement plus, et ça reste bien trop superficiel et creux pour laisser la moindre impression.

2.5/6

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Halloween Oktorrorfest 2020 - 57 - Doctor Sleep - Director's Cut (2019)

Publié le 29 Octobre 2020 par Lurdo dans Cinéma, Critiques éclair, Drame, Fantastique, Halloween, Horreur, Oktorrorfest, Review, Thriller, USA

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Stephen King's Doctor Sleep - Director's Cut (2019) :

Depuis les événements de l'Overlook, Danny Torrance (Ewan McGregor) a sombré dans l'alcool, profondément traumatisé par le drame qu'il a vécu à l'hôtel, et il fait tout pour réprimer ses pouvoirs psychiques. Jusqu'à ce qu'Abra (Kyliegh Curran), une fillette, le contacte télépathiquement : dotée de pouvoirs exceptionnels, elle est désormais traquée par le True Knot, un groupe de vampires psychiques se nourrissant du Shine et mené par Rose (Rebecca Ferguson)...

Énorme travail d'adaptation et d'écriture de Mike Flanagan pour ce Doctor Sleep, qui tente de réconcilier le The Shining de Kubrick avec Docteur Sleep de King, la suite que l'auteur a apportée à son propre roman culte.

Un travail ambitieux et quasi-suicidaire (on a échappé à une adaptation signé Akiva Goldsman !), forcément ultra-tributaire du travail de Kubrick, mais aussi malheureusement de King et de ses idées, bonnes comme mauvaises.

Autrement dit, malgré tout le talent de Flanagan (qui n'est plus à prouver), malgré sa réalisation inspirée et élégante, malgré ses plans à la composition travaillée, malgré ses choix créatifs pertinents, et malgré une distribution tout ce qu'il y a de plus efficace (tant au niveau de sa distribution principale que des choix effectués pour certains rôles iconiques), ce Doctor Sleep ne pouvait que diviser, surtout dans cette version Director's Cut de 3 heures.

Tout en reconnaissant toutes ses qualités, j'ai l'avantage de ne pas vénérer The Shining de Kubrick, et de n'avoir jamais trouvé le film particulièrement angoissant ou effrayant : par conséquent, je n'avais pas comme attente d'être terrorisé par cette suite - d'autant que le roman de King n'avait pas une réputation particulièrement illustre.

Par conséquent, et à ma grande surprise, j'ai plutôt adhéré au choix de faire de ce métrage un thriller fantastique, et pas "un film d'horreur". Un thriller fantastique pétri des obsessions et des thèmes habituels de King (dans ce qu'ils ont de pire et de meilleur), mais qui, grâce à son rythme et à son atmosphère très particuliers, a bien fonctionné sur moi, notamment lors de séquences de voyage astral des plus esthétiques.

Alors certes, la dernière partie en mode "retour à l'Overlook" évolue clairement dans les sphères du fanservice, mais elle permet aussi de boucler la boucle et de réconcilier les héritages de King et de Kubrick en une conclusion touchante et appropriée.

Encore une fois, compte tenu du budget du métrage (seulement 50 millions de dollars) et du caractère follement ambitieux et compliqué du projet, je trouve que tout ça est plutôt réussi (sans forcément parvenir à transcender le matériau de base écrit par King).

Un bon 4/6, si ce n'est un peu plus.

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Halloween Oktorrorfest 2020 - 56 - The Turning (2020)

Publié le 29 Octobre 2020 par Lurdo dans Cinéma, Critiques éclair, Fantastique, Drame, Halloween, Horreur, Oktorrorfest, Review, Thriller, USA

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The Turning (2020) :

Dans les années 90, Kate (Mackenzie Davis) arrive dans le manoir familial de Flora (Brooklynn Prince) et Miles (Finn Wolfhard), deux orphelins supervisée par la bonne de la famille (Barbara Marten). Mais rapidement, l'enseignante découvre que des présences menaçantes rodent dans la demeure, et l'hostilité de Miles commence à la faire douter de sa santé mentale...

Nouvelle adaptation du Tour d'Écrou d'Henry James, après Les Innocents (1961) et avant le Haunting of Bly Manor de Flanagan, cette version a connu un développement assez chaotique chez Amblin Entertainment, depuis 2016 : initialement envisagé sous le titre Haunted, avec Juan Carlos Fresnadillo aux commandes, le projet a été annulé puis ressuscité en tant que premier film de Floria Sigismondi, clippeuse et réalisatrice tv à qui l'on doit aussi The Runaways.

Le résultat, écrit par les scénaristes de La Maison de Cire, Les Châtiments, The Crucifixion et des deux premiers Conjuring, est malheureusement un film assez insipide, qui peine à susciter la moindre tension ou la moindre frayeur, même lorsque tout s'énerve dans le dernier quart d'heure.

Ce n'est pas la faute de la direction artistique, plutôt réussie, ni de l'interprétation : la distribution est plutôt bonne, et Finn Wolfhard joue très bien l'adolescent tête à claques aux regards malaisants. Le vrai problème, c'est que le script est véritablement cousu de fil blanc, et que la plupart des manifestations surnaturelles ou des moments conçus comme angoissants sont désamorcés par une réalisation assez plate et générique.

Et pour ne rien arranger, il y a cette fin en queue de poisson, délibérément absconse (comme la conclusion de The Crucifixion, tiens), qui semble vouloir faire basculer le film dans une direction "en fait, elle a toujours été folle, et elle a hérité ça de sa mère", mais qui donne tellement l'impression d'avoir été rajoutée à l'arrache qu'elle tombe totalement à plat.

Énorme bof.

2/6

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Halloween Oktorrorfest 2020 - 55 - Hubie Halloween (2020)

Publié le 29 Octobre 2020 par Lurdo dans Action, Cinéma, Comédie, Critiques éclair, Fantastique, Halloween, Horreur, Netflix, Oktorrorfest, Review, USA, Romance, Jeunesse

Chez les Téléphages Anonymes, de fin septembre à début novembre, on fête Halloween et l'Oktorrorfest, un marathon quotidien de cinéma fantastique et d'horreur...

Hubie Halloween (2020) :

À Salem, Hubie Dubois (Adam Sandler) est la risée de tous pour son caractère timide et excentrique. De tous, sauf de sa mère (June Squibb) et de la jolie Violet Valentine (Julie Bowen), qui connaît Hubie depuis leur plus tendre enfance. Mais cette année, à l'approche d'Halloween, Hubie découvre que son nouveau voisin, Walter Lambert (Steve Buscemi) a un comportement étrange, digne d'un lycanthrope. Pire, alors même que diverses personnes disparaissent en ville, il se murmure que Richie Hartman, un ami d'enfance de Hubie, s'est échappé de l'asile voisin...

Le dernier métrage issu de l'association Adam Sandler/Netflix, Murder Mystery, était une comédie semi-policière sympatoche, sans plus, qui souffrait surtout d'un rythme et d'une énergie un peu inégaux, avec un récit qui ne décollait vraiment que dans sa dernière partie.

Ici, pour ce Hubie Halloween, c'est un peu la même histoire : pendant une grosse moitié du film, c'est très moyen, entre personnage principal un peu attardé et aux traits forcés (comme à chaque fois que Sandler "compose" un personnage, avec une diction incompréhensible et des expressions ahuries), gags parfois bas de plafond, ficelles narratives évidentes et écriture basique, etc.

Et puis, aux alentours de l'heure de métrage, ça se débloque, à mesure que la menace se fait plus tangible, que les péripéties se succèdent, que le film se fait plus décomplexé, et que les suspects se multiplient. Un peu à l'image de ce gag récurrent de Hubie qui, à chaque fois qu'il prend son vélo, esquive trois objets jetés à son visage par les gens de Salem qui le détestent. Au début, lorsque c'est une citrouille ou une décoration d'Halloween, c'est un gag quelconque ; à la fin du film, quand Hubie esquive des parpaings, de l'électroménager ou un harpon enflammé, ça devient de l'humour absurde, presque ZAZ, et c'est là que le film fonctionne le mieux.

Alors ça ne convaincra pas les réfractaires aux productions Sandler, loin de là, et ça reste la même formule du film de copains où tournent tous les potes de Sandler et sa famille (ses filles ont d'ailleurs un rôle un peu plus important, cette fois-ci), mais bizarrement, après avoir été plutôt dubitatif durant la première demi-heure, j'ai fini par progressivement me laisser charmer par ce qui est une comédie familiale d'Halloween au message positif (bien qu'amené de manière un peu lourde) made in Sandler, comédie qui n'aurait probablement pas vu le jour sans Netflix (les films "festifs" n'ont pas la côte en salles, ceux de Noël exceptés... et encore).

3.5/6 (si Sandler n'avait pas autant forcé le trait sur son personnage, j'aurais peut-être mis une meilleure note)

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Halloween Oktorrorfest 2020 - 54 - Nightmare Island (2020)

Publié le 28 Octobre 2020 par Lurdo dans Anthologie, Cinéma, Comédie, Critiques éclair, Fantastique, Halloween, Horreur, Oktorrorfest, Review, Thriller, USA

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Nightmare Island (Blumhouse's Fantasy Island - 2020) :

Grands gagnants d'un concours, un groupe de touristes arrivent sur une île étrange, baptisée l'Île Fantastique, où ils sont accueillis par Mr. Roarke (Michael Peña). Ce dernier leur explique que l'île exauce le souhait le plus profond de chacun : pour Bradley (Ryan Hansen) et Brax (Jimmy O. Yang), c'est une fête sans fin ; pour le policier Patrick (Austin Stowell), c'est s'engager dans l'armée, comme son père ; pour Elena (Maggie Q), c'est accepter une demande en mariage autrefois refusée ; Melanie (Lucy Hale), enfin, veut se venger d'une ancienne rivale. Mais ces souhaits prennent un tour sinistre, car l'île recèle un sombre secret...

Adaptation très libre de la série l'Île Fantastique par la maison de production Blumhouse, ce métrage écrit et filmé par le réalisateur de Kick-Ass 2, d'Action ou Vérité, et des Mémoires d'un Assassin International ne semble jamais savoir ce qu'il veut être.

Assez long (1 h 50), le film tente de se placer au carrefour des genres, un temps comédie pas drôle, un temps portage fidèle de la série originale avec émotion®™© et larmoiements, avant d'entamer un virage vers le film d'horreur/slasher à twist tendance Souviens-toi l'été dernier, qui toutélie tous les personnages de manière assez artificielle (et honnêtement peu convaincante).

Bref, ça ne fonctionne jamais vraiment : à la limite, la première partie se regarde, mais le reste du film ne décolle jamais, tentant (en vain) de créer le suspense et la tension, assénant quelques coups de coude au spectateur à la recherche de références à la série originale (la toute fin, notamment), et déroulant un récit assez générique, trop souvent prévisible et éventé, et aux effets spéciaux quelconques.

À oublier très vite, donc.

1.5/6

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Halloween Oktorrorfest 2020 - 53 - Sputnik (2020)

Publié le 28 Octobre 2020 par Lurdo dans Cinéma, Critiques éclair, Drame, Fantastique, Halloween, Horreur, Oktorrorfest, Review, Romance, Science-Fiction, Thriller, Russie

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Sputnik (2020) :

Au début des années 80, malgré ses méthodes controversées, Tatiana Yurievna (Oksana Akinshina) est recrutée par l'armée soviétique pour s'intéresser à Konstantin Sergeyevich (Pyotr Fyodorov), un cosmonaute revenu sur Terre avec un étrange parasite : toutes les nuits, pendant une période de temps limitée, Sergeyevich perd connaissance alors qu'une forme de vie extraterrestre s'extirpe de son corps, se déploie, et dévore des victimes qui lui sont offertes par l'armée. Intriguée, Tatiana se penche sur le cas du cosmonaute captif...

Un film d'horreur/science-fiction russe qui revisite la conquête spatiale soviétique en mode "il est revenu de l'espace, mais il n'est pas revenu seul" assez classique, mais plutôt efficace. Probablement parce que le produit fini fait très professionnel, voire américain (et évite les approximations des blockbusters russes récents) : effets spéciaux très convaincants, interprètes solides, atmosphère pesante et illustration musicale intéressante - on est dans quelque chose de tout à fait probant, même si ce n'est pas sans défauts.

J'ai ainsi eu un peu de mal avec certains éléments de caractérisation (le scientifique couard, par exemple, mais aussi le côté abrasif du caractère de Konstantin), avec l'évolution de la relation entre Tatiana et le cosmonaute, avec la durée du film (près de deux heures) et avec quelques tentatives d'établir un parallèle thématique entre l'enfant abandonné de Sergeyevich et l'extraterrestre, qui se traînent tous deux sur le sol, etc : une métaphore sur la paternité pas assez développée pour convaincre, malgré un embryon de bonne idée.

Des défauts assez limités, cependant, puisque le tout reste néanmoins plutôt agréable à suivre, notamment en fin d'Oktorrorfest.

3.75/6  

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Halloween Oktorrorfest 2020 - 52 - Dracula 3D (2012)

Publié le 28 Octobre 2020 par Lurdo dans Cinéma, Critiques éclair, Drame, Fantastique, Horreur, Halloween, Oktorrorfest, Review, Romance, Thriller, Italie

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Dracula 3D (Dario Argento's Dracula 3D - 2012) :

Parce qu'elle s'inquiète pour le sort de Jonathan Harker (Unax Ugalde), récemment installé chez le Comte Dracula (Thomas Kretschmann) pour lui servir de bibliothécaire, Mina (Marta Gastini), l'épouse de Harker, arrive au village de Passburg, où elle retrouve sa meilleure amie Lucy (Asia Argento). Mais rapidement, la menace surnaturelle de Dracula plane sur la bourgade, et seul Abraham Van Helsing (Rutger Hauer) semble en mesure de l'arrêter avant que le vampire ne jette son dévolu sur la jolie Mina...

"Sélection officielle du Festival de Cannes 2012"... mouarf.

Quand on voit le résultat de cette adaptation libre de Dracula par Dario Argento, on peut se dire que l'étiquette "Sélection Officielle" n'a plus aucune valeur : cette version du récit de Stoker est approximative du début à la fin, depuis sa musique ultra-datée au thérémin/à la scie musicale rappelant plus l'Inspecteur Barnarby qu'autre chose, jusqu'à sa nudité racoleuse (pas sûr que la scène topless d'Asia ait été bien nécessaire), en passant par son montage décousu, ses effets numériques et 3D ratés (la mante religieuse - arg), et son scénario plein de trous signé de la plume de quatre personnes différentes.

Hormis une scène ou deux, il n'y a là aucune tension (en même temps, être poursuivi par des loups en forêt est nettement moins stressant lorsque c'est en plein jour, dans des bois clairsemés et bien ensoleillés), et la distribution a, en majorité, un charisme négatif et/ou un talent au même niveau.

Rutger Hauer tente bien d'apporter un peu de sérieux au film, mais il arrive bien trop tard, et Van Helsing passe son temps à s'en prendre plein la tête. À l'identique, le côté "les habitants de la bourgade ferment les yeux sur les agissements de Dracula, car ils ont passé un accord avec lui pour assurer la prospérité de la ville" est intéressant, mais en parallèle, Dracula retombe dans le cliché du vampire romantique et tragique, amoureux de sa femme dont il voit la réincarnation en Mina, blablabla (soit cette idée totalement éventée qui a vu le jour dans les années 1970, avec Dan Curtis).

Bref, ce n'est pas bon du tout, et c'est même tellement mal foutu, dans l'ensemble, que j'ai commencé à bailler bien avant la fin du métrage.

1.5/6

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