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LES TÉLÉPHAGES ANONYMES

Il était une fois Lurdo & Sygbab, deux internautes passionnés de séries tv et de cinéma, et qui cherchaient un endroit où archiver leurs avis (semi) éclairés...

Un film, un jour (ou presque) #827 : Pourquoi J'ai Pas Mangé mon Père (2015)

Publié le 19 Septembre 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Animation, France, Comédie, Aventure, Italie, Chine, Belgique, Histoire

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus. ​​ 

Pourquoi J'ai Pas Mangé mon Père :

Fils aîné du roi des simiens, Édouard (Jamel Debbouze) est chétif et handicapé, mais déborde d'imagination et de bienveillance. Aux côtés de Ian (Arié Elmaleh), son meilleur ami simplet, Édouard grandit ainsi à l'écart des siens, et découvre le feu, la marche bipède, la savane, les animaux sauvages, et trouve même l'amour auprès de Lucy (Mélissa Theuriau)...

Film d'animation français co-écrit et réalisé par Jamel Debbouze, tourné en performance capture, vaguement inspiré d'un roman et ayant demandé des années de gestation et plus d'une demi-douzaine de scénaristes, pour plusieurs dizaines de millions d'euros de budget... et un résultat très mitigé.

Visuellement assez discutable (non seulement au niveau de la direction artistique, mais aussi parce que les limites de l'animation française sont rapidement évidentes, même avec l'apport limité de la performance capture), avec un doublage très inégal (bon nombre de personnages secondaires sont vraiment mal doublés), un bestiaire qui n'est pas loin de rappeler les animaux de RRRrrrr ! (tous basés sur des variations du machin-mouth) et l'intégration d'un clone numérique de De Funès à l'imitation médiocre et forcée, le film paraît rapidement bruyant et surchargé... à l'image de Debbouze, en fait.

Mais paradoxalement, c'est quand Debbouze entre en jeu à l'âge adulte, que le film se concentre sur lui, et qu'il fait tout simplement son numéro habituel, que le tout décolle un peu. Pour faire simple, le film repose entièrement sur les épaules de Jamel et sur son jeu agité, pour le meilleur et pour le pire.

Si on supporte le comédien, son jeu, et son vocabulaire moderne, ça se regarde assez facilement, et ça a bon fond, malgré des défauts évidents. Si l'on a du mal avec Debbouze, sa gestuelle et ses expressions, par contre, ce sera plus difficile.

3 - 0.25 pour l'inévitable (et superflu) numéro musical/dansé sur de la musique moderne, et pour l'illustration musicale dans son ensemble, très oubliable - 0.25 pour les 20 dernières minutes brouillonnes et fatigantes (notamment à cause des nombreux personnages secondaires médiocres) = 2.5/6

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Et comme toujours, vous pouvez retrouver la liste complète de tous les films passés en revue sur ce blog dans le menu Index de haut de page, ou en cliquant directement sur ce lien...

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Un film, un jour (ou presque) #826 : iBoy (2016)

Publié le 18 Septembre 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Fantastique, Science-Fiction, UK, Thriller, Romance, Jeunesse, Netflix

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus. ​​ 

iBoy :

Lorsqu'il surprend les violeurs de son amie Lucy (Maisie Williams) sur le fait, Tom (Bill Milner) est abattu d'une balle en pleine tête, qui loge des débris de smartphone dans son cerveau. Désormais en possession de pouvoirs étranges sur les appareils électriques, Tom décide alors de se venger du gang qui a fait du mal à Lucy...

Une origin story superhéroïque urbaine à l'anglaise, avec une Maisie Williams attachante (et convaincante) dans un petit rôle secondaire, une Miranda Richardson amusante en grand-mère écrivant des récits très particuliers, et Rory Kinnear en grand méchant, qui fait son apparition dans les trente dernières minutes.

Pas désagréable à regarder, ça fait très comic-book ou jeu vidéo dans sa représentation visuelle (le héros qui se promène à vélo avec une mini-carte intégrée), mais ça manque d'un protagoniste vraiment charismatique (ici, son jeu est vraiment en mode minimaliste), et d'un script un peu plus fort et solide (le dernier quart d'heure, notamment, est assez faiblard et sous-développé).

3/6

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Un film, un jour (ou presque) #825 : Solo - A Star Wars Story (2018)

Publié le 17 Septembre 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Action, Aventure, Science-Fiction, Star Wars

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus. ​​ 

Solo - A Star Wars Story :

Les débuts du jeune Han Solo (Alden Ehrenreich), qui trouve l'aventure au sein d'une équipe de contrebandiers (Woody Harrelson, Thandie Newton) prêts à tout pour éponger leurs dettes auprès du dangereux Dryden Vos (Paul Bettany). Pour y parvenir, ils ont besoin d'un vaisseau, afin d'accomplir un casse spectaculaire et improbable : ils se tournent ainsi vers Lando Calrissian (Donald Glover), propriétaire du Faucon Millenium...

On ne présente plus ce Solo, le premier film de la saga Star Wars a s'être planté en salles, après une gestation très compliquée, un changement de réalisateurs à mi-parcours, et un buzz particulièrement négatif entourant le métrage. Mais Solo, c'est aussi le premier film Star Wars que je n'ai pas vu en salles, tant rien dans la promotion du film ne m'a incité à me déplacer ni ne m'a donné envie : l'acteur principal, la musique insipide du trailer, le visuel globalement terne et sombre, l'absence d'intérêt (de ma part) pour les origines de Han, les séquelles du mauvais moment passé devant Les Derniers Jedi, etc...

Mais maintenant que le film est sorti en vidéo, retour sur un métrage des plus controversés, et qui pourrait bien tout changer pour l'avenir de la franchise Star Wars au cinéma.

Et déjà, posons-nous la question : est-ce que, conformément à ce que les bandes-annonces laissaient présager, Solo est un film mou, terne, et sans intérêt intrinsèque hormis celui du pur fanservice gratuit et inutile expliquant comment Solo a acquis tout ce qui le caractérise ?

La réponse à toutes ces questions est sans appel : oui.

Oui, Ron Howard filme Solo de manière compétente, mais plate et insipide.

Oui, la photographie est sombre, délavée, et terne, du début à la fin du métrage.

Oui, le script se plie en quatre pour expliquer les origines des moindres détails de la vie de Solo, souvent de manière forcée, artificielle et peu inspirée (cf l'explication de son nom).

Oui, l'équipe de Kathleen Kennedy continue d'ajouter maladroitement des personnages-messages à l'univers Star Wars (après Rose Tico, ici, on a droit à L3-37, l'androïde insupportable, rebelle et militante qui défend les droits des robots), sans avoir la finesse nécessaire pour les faire fonctionner.

Et histoire d'en rajouter une couche, oui, comme prévu, Donald Glover vole largement la vedette à tous ses collègues, en incarnant littéralement Lando Calrissian, alors qu'Ehrenreich (pas mauvais acteur en soi) peine à sortir de l'ombre de Harrison Ford.

En résumé, comme l'a décrit une critique anglo-saxonne, ce Solo est un peu comme une page Wikipédia filmée : une suite d'anecdotes relatives à Han Solo, mises bout à bout sans grand panache ni grand spectacle, avec une direction artistique peu inspirée, et des péripéties qui le sont encore moins (les proto-rebelles sont tout simplement risibles).

Reste tout de même un ensemble d'effets spéciaux réussis, et une distribution sympathique (y compris Ehrenreich) qui évitent que le film ne sombre totalement, et n'ait pas le moindre intérêt.

Mais pour quelqu'un qui, comme moi, me trouve de moins en moins en phase avec la direction actuelle de la franchise Star Wars, ce métrage n'est qu'une pierre instable de plus ajoutée à une structure de plus en plus branlante : je doute que dans six mois, je me souviendrai du moindre détail de ce métrage.

2.5/6

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Les bilans de Lurdo : Trial & Error, saison 1 (2017) et 2 (2018)

Publié le 16 Septembre 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Télévision, Comédie, Sitcom, Policier, NBC, Documentaire, Les bilans de Lurdo

Sitcom de deux saisons de 23 épisodes (13 épisodes pour la s1, 10 épisodes pour la 2) diffusées sur NBC, Trial & Error surfe sur la vague du genre du true crime télévisuel, ces séries documentaires américaines qui suivent des affaires criminelles en temps réel, et qui, avec l'avènement du câble et de Netflix, ont connu un récent regain de popularité (cf The Jinx, Making a Murderer, etc).

Trial & Error, saison 1 (2017) :

Accusé d'avoir tué son épouse, Larry Henderson (John Lithgow), un professeur de poésie excentrique vivant dans le sud profond, est défendu par Josh Segal (Nicolas D'Agosto), jeune avocat new-yorkais dépassé par les événements, et par son équipe des plus incapables (Sherri Shepherd, Steven Boyer), contre les accusations d'un procureur ambitieux (Jayma Mays)...

Un mockumentaire (façon The Office ou Parks and Recreation) conçu et écrit par Jeff Astrof, scénariste d'Angie Tribeca, de Ground Floor, et de nombreuses autres sitcoms en tous genres, et qui se propose de retracer l'enquête et le procès de Larry Henderson (huhuhu le jeu de mots... et il a un frère jumeau appelé Harry ^^), pendant une saison.

En soi, pourquoi pas, mais je dois bien admettre que j'ai trouvé le tout souvent plat et décevant, ce qui m'a d'autant plus surpris que la série jouissait d'une réputation assez positive, sur le web.

Mais dans les faits, entre son protagoniste principal peu charismatique ou intéressant, son format déjà vu, ses personnages secondaires assez quelconques (outre Lithgow, toujours impeccable, seule Jayma Mays tire son épingle du jeu, les autres étant tous assez peu intéressants et/ou trop caricaturaux pour fonctionner - Krysta Rodriguez, notamment, ne sert vraiment pas à grand chose), son humour en demi-teinte (ça ne pousse pas le curseur suffisamment loin dans l'absurde, malgré une légère montée en puissance vers la fin de la saison) et son rythme assez tranquille, je n'ai pas particulièrement accroché à cette première année.

D'autant qu'il faut bien l'avouer, il y a eu nettement mieux en matière de série comique de tribunal, notamment du côté de chez David E. Kelley. Ici, le show souffre du syndrome de la saison 1, et il tâtonne, constamment à mi-chemin entre la parodie, la sitcom décalée façon Parks and Rec, et l'enquête policière plus sérieuse (à l'issue pourtant cousue de fil blanc), sans jamais vraiment réussir à conjuguer ces différentes approches de manière harmonieuse.

Rien de désastreux, et par moments, ça fonctionne, mais le tout m'a simplement déçu, et est loin de m'avoir convaincu.

Trial & Error, saison 2 : Lady, Killer (2018) :

Désormais installé à East Peck, Josh est engagé par Lavinia Peck-Foster (Kristin Chenoweth), grande dame de la ville, vénérée par tous ses habitants, et qui a été arrêtée alors qu'elle roulait, de nuit, avec le cadavre de son époux dans son coffre. Et pour compliquer un peu plus la tâche à l'avocat, voilà que Carol Ann Keane est enceinte... de lui ?

Exit John Lithgow, exit Krysta Rodriguez, et place à une Kristin Chenoweth qui en fait trois tonnes dans le rôle de la tueuse, pour une version plus ou moins gender-switched de The Jinx.

Et l'interprétation de Chenoweth est un peu à l'image du reste de cette saison : un trait plus forcé, et une série plus caricaturale, plus cartoonesque, avec une accusée qui cabotine, un juge inintelligible, une ville toujours plus folle et excentrique, un semblant de triangle amoureux entre Carol Ann Keane (enceinte jusqu'aux yeux), Josh et une podcasteuse new-yorkaise de passage en ville, une Anne aux maladies de plus en plus surnaturelles, un Dwayne de plus en plus redneck, etc...

Donc pour le coup, en comparaison de la saison 1, le show a clairement choisi une direction, et il s'y tient : celle de la folie, et d'un univers déjanté et très improbable (façon Angie Tribeca). Au point de parfois sembler forcer le trait jusqu'à aller presque trop loin dans le délire assumé : régulièrement, la série paraît ainsi perdre sa sincérité, et donne l'impression d'une grosse parodie très appuyée, où les scénaristes sont prêts à toutes les excentricités, pour le meilleur et pour le pire.

Ce qui amène des scories assez évidentes : le triangle amoureux et la romance impossible entre Keane et Josh ne fonctionnent jamais vraiment, et ressemblent un peu trop à du remplissage qui tranche radicalement avec le grand n'importe quoi ambiant (un peu comme dans le cas de Krysta Rodriguez en saison 1, le personnage de la podcasteuse, sous-développé, ne sert ici absolument à rien) ; et surtout, le vrai problème de cette saison est le caractère abrasif, antipathique et prétentieux de l'accusée, qui change la dynamique de la série, en privant celle-ci du capital-sympathie instantané de John Lithgow : sans ce quota sincérité, le programme peine à intéresser le spectateur à son enquête et à ses enjeux.

Par chance, à mi-parcours, le show change de direction, et fait de Kristin Chenoweth une antagoniste méprisante, ce qui, sur le papier, semble une solution parfaite au caractère agaçant de ce personnage. Mais ce revirement se fait au moment même où le show passe à la vitesse supérieure dans le n'importe quoi et le grotesque, avec des personnages toujours plus caricaturaux, des rebondissements invraisemblabes et une enquête (cette fois-ci à charge) tellement irréaliste qu'on finit par regarder ça en levant les yeux au ciel.

Mais attention : mon avis sur ces deux premières saisons a beau ne pas être très positif, c'est principalement une histoire de goût. Je n'accroche tout simplement pas à l'écriture de la série, un peu trop excentrique pour moi, mais j'admets que si l'on adhère à la proposition du programme, à son style, et que l'on se laisse porter par la folie ambiante, le show est amusant, bien mené et compétent.

Si l'on a des réserves sur la distribution, le ton, les personnages sous-développés ou l'écriture, par contre... c'est plus compliqué.

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Les bilans de Lurdo : Selfie, saison 1 (2014)

Publié le 15 Septembre 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Télévision, Les bilans de Lurdo, Comédie, Sitcom, ABC, Romance

Sitcom ABC de la saison 2014 en 13x20 minutes, Selfie a été créée et chapeautée par Emily Krapnek (productrice sur Parks & Recreation, et showrunneuse de Suburgatory), et a été annulée au terme de 7 épisodes (les six épisodes restants ayant été diffusés sur Hulu). Au programme, une relecture de Pygmalion/My Fair Lady, à la sauce millennials et réseaux sociaux...

Selfie, saison 1 :

Jeune vendeuse en produits pharmaceutiques, Eliza Dooley (Karen Gillan) est une millennial typique, égocentrique, obsédée par son image sur les réseaux sociaux et sa vie numérique 2.0. Mais lorsqu'un incident provoque son humiliation publique, Eliza réalise qu'elle a besoin de changer d'image. Elle se tourne alors vers Henry (John Cho), l'un des responsables du marketing de son laboratoire, pour qu'il la réinvente. Mais c'est plus facile à dire qu'à faire, et malgré le gouffre qui les sépare, la jeune femme superficielle et le publicitaire coincé vont progressivement se rapprocher...

Une sitcom qui, très rapidement, abat ses cartes, et trahit ses points faibles. Dès le pilote, en effet, ces derniers sont évidents : le show est déjà très daté, notamment dans ses choix musicaux et ses références constantes aux réseaux sociaux et à des memes déjà périmés au moment du tournage, le propos est convenu au possible ("les réseaux sociaux et internet, ce n'est pas la vraie vie") et surtout, le tout manque cruellement de subtilité et de finesse.

Entre Karen Gillan, avec son personnage caricatural de bimbo agaçante mais complexée qui commente tout en voix off d'une voix marquée d'un vocal fry californien forcé (heureusement, cet accent se tasse un peu après le pilote), et qui, se donnant à fond dans la comédie physique, finit par faire ressembler Eliza à un grand échalas roux et dégingandé, plutôt qu'à son personnage supposé être sexy et irrésistible ; Henry, et son balais dans le fondement ; Julia (Allison Miller), qui ne fait que passer dans la vie d'Henry, et dont le personnage est surjoué au possible ; les voisines hipsters d'Eliza (dont une grande rousse dégingandée, bien trop semblable physiquement à Karen Gillan pour ne pas être une erreur de casting) ; Charmonique (Da'Vine Joy Randolph), la secrétaire black clichée ; tous les autres collègues du laboratoire pharmaceutique (notamment le patron, interprété par un David Harewood en roue libre)... autant de personnages aux traits épais et aux personnalités déjantées.

Ce qui n'est pas un problème en soi : après tout, on est dans une sitcom, et il est normal de forcer le trait çà et là. Mais le souci, c'est que la série semble étrangement précipitée et bâclée, trop intéressée par le développement du shipping entre Eliza et Henry (un shipping qui ne fonctionne que très moyennement, tant Eliza n'est pas un personnage attachant) pour vraiment prendre son temps : résultat, la série a à peine atteint la moitié de sa saison qu'elle donne déjà ouvertement dans la jalousie, le triangle (voire même le carré) amoureux, et ce tout en passant une bonne moitié d'épisode, à chaque fois, sur certains des personnages secondaires.

L'inconvénient de cette approche, c'est qu'en 20 minutes, on ne peut pas tout faire : tant la romance que le développement des personnages secondaires paraissent tour à tour précipités, prématurés et survolés : un bon exemple est ainsi le personnage de Julia, qui n'a probablement que 5-10 minutes de présence cumulée dans la saison, et est évacuée de manière peu élégante, sans avoir été développée correctement.

Assez frustrant, donc, et on peut se demander si les scénaristes savaient, dès le début, qu'ils ne dépasseraient pas les 13 épisodes, et ont donc tenté de caser toutes leurs idées avant d'être annulés.

D'autant que, çà et là, la série a un sens de l'absurde qui n'est pas désagréable, qu'elle a un message secondaire (apprendre à s'accepter tel que l'on est, et à prendre des risques, etc) pertinent, et qu'elle n'est pas désagréable à suivre... mais les défauts sont bien présents, et difficiles à ignorer.

Treize épisodes peu mémorables, donc, malgré une distribution sympathique : l'écriture ne parvient jamais totalement à concilier satire et sentiments, et le show finit par n'être qu'une autre de ces sitcoms romantiques quasi-interchangeables, qui étaient à ce point à la mode au début des années 2010.

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Un film, un jour (ou presque) #824 : Walk Like a Panther (2018)

Publié le 14 Septembre 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Comédie, Action, UK, Drame, Catch

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus. ​​ 

Walk Like a Panther :

Lorsque le pub familial, endetté, est contraint de fermer ses portes, Mark (Stephen Graham), fils de catcheur et fan de la discipline, a l'idée de profiter d'un incident devenu viral pour organiser un spectacle caritatif avec tous les anciens lutteurs des Panthères, le groupe de catcheurs de son père. Plus facile à dire qu'à faire quand tous ces derniers n'ont pas lutté depuis les années 80...

Pilote de série tv avortée, reconverti en long-métrage surfant sur la popularité du Full Monty, cette comédie dramatique anglaise souffre d'une réalisation assez désagréable, avec un flou circulaire apparent en bordure de nombreux plans, et des angles de caméra constamment en contre-plongée légère, comme si le caméraman faisait 1m50, et avait en plus tourné tout le film assis par terre, ou sur une chaise.

Ce n'est pas rédhibitoire, en soi, mais une fois que l'on s'en aperçoit, on ne voit plus que ça, d'autant que le film n'est jamais suffisamment divertissant ou drôle pour faire oublier l'aspect technique.

Notamment sur le plan du catch, pourtant au cœur du métrage : malheureusement, du catch, il n'y en a guère dans ce film d'une heure 50 minutes. On est en plein dans de la comédie dramatique anglaise typique, et tout ce qui est catch reste hors-champ, ou limité à un bref montage au bout de 80 minutes, ainsi qu'au grand show final.

Et encore : là aussi, le tout est entrecoupé de sous-intrigues sur les gardes du corps barbus, sur la démolition du pub, etc, des digressions clairement de trop, et assez mal gérées au niveau du rythme, du montage et du cadrage.

Combinez tout cela à des personnages bien trop basiques, jamais particulièrement attachants ou intéressants, à des choix peu pertinents (le réalisateur qui utilise sa compagne, Lena Headey, dans deux scènes, pour placer une référence au Trône de Fer, et qui met en avant Jason Flemyng, lequel n'a qu'une scène et demi dans le film), et à un script (écrit par le réalisateur) assez cousu de fil blanc... et on se retrouve avec un tout particulièrement décevant et terne, qui déçoit inévitablement.

(d'autant plus que le film prétend que le monde du catch est moribond, alors qu'il ne s'est jamais aussi bien porté depuis 30 ans grâce à la nouvelle génération, sans même parler de la WWE, qui recrute à tour de bras en Angleterre)

2/6 (Michael Sosha est amusant, cela dit)

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Un film, un jour (ou presque) #823 : L'Espion qui m'a larguée (2018)

Publié le 13 Septembre 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Action, Thriller, Comédie

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L'Espion qui m'a larguée (The Spy Who Dumped Me) :

Audrey (Mila Kunis) et Morgan (Kate McKinnon), deux amies trentenaires américaines, se trouvent soudainement impliquées dans une conspiration internationale lorsque Drew (Justin Theroux), le petit ami d'Audrey, explique à celle-ci qu'il appartient à la CIA, et qu'il doit à tout prix remettre un objet précieux à son contact. À sa mort, Audrey et Morgan n'ont alors d'autre choix que d'accomplir sa mission à sa place, quitte à traverser l'Europe avec des tueurs aux trousses...

Comédie d'espionnage/action façon True Lies et compagnie, de la réalisatrice/scénariste de Amies malgré lui, qui retrouve ici Kate McKinnon, et qui, malheureusement, ne sait toujours pas canaliser l'énergie de cette dernière.

Une nouvelle fois, en effet, McKinnon est en roue libre, et ce dès sa première apparition ; une McKinnon soûlante, pas particulièrement drôle, et à côté de laquelle Mila Kunis fait presque de la figuration, terne et dans un rôle de clown blanc.

Ce qui n'aide vraiment pas un script et un métrage qui peinent à trouver un ton homogène : le film tente d'être une comédie d'espionnage, mais aussi un film d'action très sérieux et premier degré (tout ce qui est action est assez sec et nerveux, et les morts se succèdent), et une comédie féminine qui tape en dessous de la ceinture (gros plans sur des testicules et un pénis, discussions sur une clé USB cachée dans le vagin, etc), sans vraiment oser aller à fond dans une direction ou une autre.

Ajoutez à cela un rythme assez inégal et parfois nonchalant, des caméos sous-exploités qui n'apportent pas grand chose (Gillian Anderson, Hasan Minhaj, Paul Reiser, "Edward Snowden"... et Kev Adams, qui nous refait Taxi dans une Citröen), une écriture un peu maladroite, un agent anglais (Sam Heughan de Outlander) qui ne fait pas grande impression, et une structure en flashbacks inutiles sur les débuts de la romance de Kunis et Theroux, et l'on se retrouve au final avec une comédie pas très drôle, et surtout, pas très mémorable.

2.5/6

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Un film, un jour (ou presque) #822 : Sahara (2017)

Publié le 12 Septembre 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Animation, Aventure, Comédie, Jeunesse, France, Canada

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Sahara :

Constamment victimisés par leur communauté, Ajar (Omar Sy) le serpent et Pitt (Franck Gastambide) le scorpion partent pour l'oasis voisine, nettement plus huppée, pour tenter d'y retrouver Eva (Louane), une serpente dont Ajar est épris...

Quand la France (et le Canada) tentent de singer Pixar/Dreamworks et de raconter une histoire d'animaux anthropomorphisés, ça donne ce Safari, un film d'animation visuellement relativement agréable, mais qui ne fonctionne jamais vraiment totalement.

À tous les niveaux, en fait, on sent le désir de bien faire, limité par un manque de compétences ou d'efficacité. Le récit, ainsi, une sorte de road trip dans le désert, s'avère globalement mal rythmé, et bourré de petits ventres mous ; la direction artistique est intéressante, mais parfois un peu trop dérivative ; l'illustration musicale est assez transparente ; l'humour est éventé ; et la distribution vocale, malheureusement, est totalement inégale.

Ainsi, autant Gastambide, Michael Youn, Clovis Cornillac ou encore Jean Dujardin s'en sortent parfaitement bien dans leurs rôles respectifs, autant d'autres sont en roue libre (Vincent Lacoste), et d'autres encore sont tout simplement médiocres et/ou mal dirigés (Louane, Grand Corps Malade).

Pire : si Omar Sy n'est pas mauvais, l'animation de son personnage ne colle que rarement à sa voix. L'interprétation d'Omar est nettement plus agitée et dynamique que ne l'est le serpent à l'écran, et cela donne lieu à un décalage qui s'avère parfois problématique, et souvent gênant.

Bref, une tentative bien intentionnée, mais vraiment peu concluante.

2.5/6

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Un film, un jour (ou presque) #821 : Que le Meilleur Gagne (2015)

Publié le 11 Septembre 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Comédie, Drame, Politique

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Que le Meilleur Gagne (Our Brand is Crisis) :

En très mauvaise position dans les sondages, Pedro Castillo (Joaquim de Almeida), un candidat présidentiel bolivien, décide de recruter une équipe de gestion de campagne américaine, ainsi que Jane Bodine (Sandra Bullock), à la réputation sulfureuse. Malgré sa conscience coupable, ses névroses et sa semi-retraite, Bodine accepte alors cette mission lorsqu'elle apprend que Pat Candy (Billy Bob Thornton), son ennemi juré, s'occupe du candidat en tête de la course...

Une satire politique, dramatisation très libre du documentaire de 2005, réalisée par David Gordon Green (Délire Express, Votre Majesté, Baby-Sitter Malgré Lui), et avec une Sandra Bullock en tête d'affiche, une Bullock qui se prête volontiers au jeu, et n'a pas peur du ridicule.

Malheureusement, si ce métrage s'avère gentiment amusant, car sympathique et dynamique, son intérêt se limite aussi un peu à ça.

Non seulement j'ai parfois eu du mal à prendre Bullock au sérieux en spin doctor déglinguée, intraitable, manipulatrice et sans scrupules (ce n'est pas sa faute, c'est simplement que j'ai trop l'habitude de la voir dans des rôles plus légers) mais en plus, au bout d'un moment, le tout commence à ronronner, et à tourner un peu à vide, car reposant toujours sur des ficelles similaires. Des ficelles déjà employées, par exemple, dans Knife Fight.

Au final, ce n'est pas désagréable du tout (et la présence de Zoe Kazan fait toujours plaisir), mais avec près de 110 minutes, c'est un peu trop long et basique pour ce que ça raconte (surtout avec une conclusion aussi sirupeuse et prévisible, qui tente de donner une conscience à l'équivalent fictif d'idéologues sans scrupules).

3.5/6

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Un film, un jour (ou presque) #820 : Our Brand is Crisis (2005)

Publié le 10 Septembre 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Documentaire, Politique, USA

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Our Brand Is Crisis :

En 2003, à l'aube d'une nouvelle élection, Goni Sanchez, ancien président bolivien très impopulaire, recrute GCS, un cabinet américain de stratégie politique, pour changer le cours de sa campagne, en utilisant les techniques médiatiques ayant fait leurs preuves aux USA...

Un documentaire assez frustrant, en cela qu'il montre un groupe d'Américains idéologues débarquer en Bolivie, dans un pays qu'ils ne connaissent pas du tout, et auquel ils sont persuadés de pouvoir appliquer aveuglément les mêmes stratégies politiques et médiatiques utilisées ailleurs, tout ça dans le seul but "d'exporter la Démocratie capitaliste", qu'ils érigent comme l’alpha et l'oméga de toute forme de société et de gouvernement.

On les voit donc arriver, appliquer leurs techniques sans jamais considérer les Boliviens comme autre chose que des chiffres à manipuler, et, au terme du documentaire, ils parviennent (un peu surpris), à changer le cours des choses, et à faire réélire leur candidat.

Mais comme de vrais idéologues, la mise en pratique leur échappe totalement, et quelques mois après l'élection de leur candidat, le pays sombre dans le feu et le sang, lorsque ce dernier prend des mesures impopulaires, et que le cabinet part s'occuper d'autres campagnes...

C'est frustrant, car le documentaire hésite constamment entre un exposé des techniques politiques américaines, et de l'arrogance de ces représentants qui arrivent sans vraiment se renseigner dans un pays aux antécédents compliqués, et un portrait compatissant de ces spécialistes en stratégie politique qui sont dépassés par un pays en plein chaos, incontrôlable, avec un candidat qui n'en fait occasionnellement qu'à sa tête, etc.

Est-ce que la documentariste a même un point de vue sur tout ça, ou se contente-t-elle de filmer, dépassée elle-aussi par les événements ? Difficile à dire.

Difficile aussi de ne pas regarder le tout sans une certaine méfiance envers ces experts en communication cyniques et hypocrites, qui ont largement le temps de présenter leur cabinet et de faire leur promotion dans ce qui ressemble par moments à un film promotionnel gentiment complaisant...

D'autant qu'il ne fait nulle doute que, malgré les conséquences désastreuses de cette campagne, GCS la compte comme une victoire à son actif, lorsque vient le moment de démarcher d'autres clients...

3/6

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Les bilans de Lurdo : Tutankhamun (2016)

Publié le 9 Septembre 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Télévision, UK, Histoire, Drame, ITV, Romance, Les bilans de Lurdo

Mini-série ITV en 4x45 minutes, Tutankamun se propose de retracer la découverte du tombeau du célèbre pharaon, en remettant cette découverte dans son contexte humain et historique...

Tutankhamun (2016) :

Au début du XXème siècle, en Égypte, Howard Carter (Max Irons) découvre des indices de l'existence d'une tombe inconnue, celle du Pharaon Toutankhamon. Mais malgré l'opposition de ses pairs, et grâce au soutien de la belle Maggie Lewis (Catherine Steadman), une archéologue américaine, il parvient à convaincre Lord Carnarvon (Sam Neill) de financer ses fouilles... avec succès.

Une mini-série prestigieuse, au budget évident, et à la mise en images assez convaincante et luxueuse (c'est le réalisateur de La Jeune Fille à la Perle qui est aux commandes)... mais paradoxalement, c'est l'écriture qui pèche gentiment dans ce programme. Je dis "paradoxalement" car le scénariste, Guy Burt, est un scénariste de télévision assez éprouvé et récompensé ; mais étrangement, le script, ici, est une succession de raccourcis faciles, de grosses ficelles et d'approximations qui donnent lieu à une temporalité bancale, et à des moments assez frustrants.

À commencer par le rajeunissement abusif de Howard Carter. Max Irons a tout juste la trentaine, ce qui fonctionne à peu près lors des premières scènes de la série (qui se déroulent au tout début du siècle), mais commence rapidement à coincer et devient problématique à mesure lors que l'on s'approche de la découverte du tombeau, en 1922 : Irons est toujours aussi jeune et dynamique, sans signe apparent de vieillissement (et toujours avec sa moustache peu convaincante), alors que Carter avait 47/48 ans.

Là-dessus, Burt rajoute en plus une histoire de triangle amoureux. Un triangle amoureux entre Carter, donc, Maggie (la toujours sympathique et radieuse Catherine Steadman, évacuée après le deuxième épisode), et la fille de Lord Carnarvon (Amy Wren) - par "chance", la temporalité de la série est tellement vague que l'on peut raisonnablement supposer que cette dernière est majeure au moment de cette romance...

Reste que cette romance contrariée semble étrangement forcée et inutile, et participe d'une impression de facilité dans l'écriture. Impression que l'on retrouve dans cette vague contextualisation historique (à base de colonialisme et de révolte) totalement éclipsée par cette histoire d'amour impossible sur fond de différences de classe sociale.

Mais on pourrait aussi parler, par exemple, de la découverte des marches de la tombe par le jeune fils orphelin de l'ancien contremaître des fouilles, façon "bonjour, je viens pour travailler, tiens, si je prenais une pioche pour creuser n'importe où, oh, voilà la tombe que vous cherchiez, patron !" en moins de trois minutes chrono.

Ce sont tous ces petits détails frustrants qui font que j'ai vraiment eu du mal à adhérer à l'écriture de cette mini-série, et par extension, à son histoire... ce n'est pas mauvais, en soi (c'est suffisamment bien produit pour rester intéressant ; c'est bien interprété, notamment par Sam Neill), mais il manque quelque chose (moins de remplissage ? Une bande originale plus inspirée ? Une meilleure gestion de la chronologie ?) pour vraiment rendre le programme mémorable.

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Les bilans de Lurdo : LA to Vegas, saison 1 (2018)

Publié le 8 Septembre 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Télévision, Comédie, Sitcom, Fox, Les bilans de Lurdo

Une sitcom Fox produite par Will Ferrell et Adam McKay, conçue et écrite par Lon Zimmet (Unbreakable Kimmy Schmidt, Happy Endings, Superstore), et qui a été annulée au terme de ses 15 épisodes diffusés entre janvier et mai dernier.

LA to Vegas, saison 1 (2018) :

Le quotidien et les mésaventures des passagers habituels et de l'équipage du vol économique Jackpot Airlines assurant la correspondance entre Los Angeles et Las Vegas : Capitaine Dave (Dylan McDermott), le pilote flambeur et séducteur ; Bernard (Nathan Lee Graham), le stewart flamboyant et intransigeant ; Ronnie (Kim Matula), l'hôtesse un peu névrosée et caractérielle ; Alan (Amir Talai), le copilote discret et étrange ; Colin (Ed Weeks), un professeur d'économie anglais et donc coincé ; Artem (Peter Stormare), un bookmaker russe excentrique ; Nichole (Olivia Macklin), une strip-teaseuse débrouillarde et pleine de ressources...

Plutôt une bonne surprise que cette sitcom sans prétention, et joyeusement décalée ; l'ensemble des personnages fonctionne très bien, et semble vraiment s'amuser avec des scénarios toujours plus improbables : duel entre Dave et son grand rival, Capitaine Steve (Dermot Mulroney) ; fête d'anniversaire pour enfants au strip club ; paris insensés ; communauté hippie installée sur parking de l'aéroport ; visite du patron de Jackpot Airlines (Don Johnson) qui détourne son propre avion pour échapper à la justice ; grève ; séminaire, etc...

De quoi assurer un quota de vannes et de situations rocambolesques assez conséquent, même si la série met quelques épisodes avant de trouver son rythme de croisière et son ton. À l'identique, à mesure que la série progresse, on sent les scénaristes désireux (sous l'influence de la chaîne ?) d'aller en direction de quelque chose d'un peu plus balisé au niveau des rapports humains.

Ainsi, l'attraction entre Ronnie et Colin, vaguement mise en place dès le pilote, mais restée en filigrane pendant de nombreux épisodes, finit par repasser sur le devant de la scène, et par se trouver confrontée à un triangle amoureux (avec Zachary Knighton à l'autre extrémité du triangle) assez classique.

Dommage, car le shipping de cette relation n'est clairement pas le point fort de la saison. On sent d'ailleurs les scénaristes un peu mal à l'aise à l'idée de restructurer la fin de cette première année : initialement de 12 épisodes, la série s'est vue greffer trois épisodes supplémentaires à l'issue de la diffusion du pilote et de l'épisode suivant. Et il n'est guère surprenant alors de constater que les trois épisodes en question sont plus faibles et moins percutants, comme s'ils avaient été écrits et structurés dans la précipitation.

Ce n'est pas bien grave, cela dit : le point fort de la série, c'est sa distribution, et celle-ci s'avère plus que capable de concrétiser le sens de l'humour très particulier de Zimmet. Çà et là, on reconnaît bien le style Happy Endings, et si McDermott, Stormare et Macklin ont tendance à éclipser leurs collègues, ces derniers parviennent tout de même à laisser leur marque sur la série, et à se rendre sympathiques (je suis notamment fan de la vie très mouvementée et incroyable du copilote).

Je ne le dis pas souvent, mais c'est dommage que la Fox ait choisi d'annuler cette sitcom somme toute divertissante, à la distribution très réussie, et à l'environnement original. Ce n'était pas la série du siècle, mais dans le genre, j'ai déjà vu bien pire.

Et c'est d'autant plus dommage que la série est passée tellement inaperçue qu'elle n'a aucune chance d'être reprise par une autre chaîne ou une plate-forme de streaming... *soupir*

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Un film, un jour (ou presque) #819 : Moi, Jennifer Strange, Dernière Tueuse de Dragons (2016)

Publié le 7 Septembre 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Télévision, Fantastique, Action, Aventure, Sky

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus. ​​ 

Moi, Jennifer Strange, Dernière Tueuse de Dragons (The Last Dragonslayer) :

Choisie par le Grand Zambini (Andrew Buchan), l'un des derniers sorciers de la planète, pour être son apprentie, Jennifer Strange (Ellise Chappell) découvre bientôt, à la disparition de son maître, qu'elle est l'élue désignée par une prophétie, et qu'elle est censée mettre fin aux jours du dernier Dragon (Richard E. Grant) pour le compte du roi Snodd (Matt Berry). Mais avec le dragon s'éteindra toute magie dans le monde, et Jennifer refuse d'en être responsable...

Un téléfilm Sky TV adapté du roman du même nom de Jasper Fforde, et diffusé à Noël 2016, juste en face de Doctor Who.

Ici, le récit prend place dans un univers de fantasy où la magie a presque totalement disparu, remplacée par une technologie semi-moderne (voitures, caméras, gramophones, etc).

Un récit ambitieux, à base de dragons qui parlent, de sortilèges et d'effets spéciaux en tous genres, mais qui se traduit malheureusement, à l'écran, par un mélange pas particulièrement convaincant de néons et de décors pseudo-médiévaux qui font un peu carton-pâte.

Un côté un peu fauché et toc qui se retrouve dans l'interprétation gentiment surjouée et caricaturale, dans la bande originale intéressante mais envahissante, et dans les costumes, les accessoires (l'épée magique énorme qui pèse un gramme et demi) et maquillages très moyens.

La narration laborieuse et décousue, et l'actrice principale pâlichonne n'aident pas forcément à s'intéresser vraiment au récit, d'autant que tout semble hésiter à prendre trop au sérieux ce qui est raconté : The Last Dragonslayer se retrouve ainsi le postérieur entre deux chaises, entre fantasy émouvante et épique, et farce satirique à l'anglaise (avec Garth Marenghi en Roi déglingué, difficile de rester crédible...).

Bref, ça se veut dans la lignée de Pratchett, mais ça manque clairement soit de moyens, soit de savoir-faire. Dommage.

2.25/6 (dont 0.25 pour Samwell de Game of Thrones)

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Un film, un jour (ou presque) #818 : Ma Mère et Moi (2015)

Publié le 6 Septembre 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Comédie, Drame, Romance

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus. ​​ 

Ma Mère et Moi (The Meddler) :

Peinant à se remettre de la mort de son mari, Marnie (Susan Sarandon) s'investit désormais de manière envahissante dans la vie de sa fille Lori (Rose Byrne), qui travaille à Hollywood. Elle quitte ainsi New-York pour s'installer à Los Angeles, mais, face à Lori qui est déprimée et toujours plus distante, Marnie se rabat sur des inconnus, dont elle fait la connaissance, et qu'elle décide spontanément d'aider à résoudre leurs problèmes.

Une comédie dramatique semi-autobiographique sur le deuil et les rapports enfant-parent, qui fonctionne principalement grâce à sa distribution remarquable : Sarandon, Byrne, J.K. Simmons, Lucy Punch, Jason Ritter, Shiri Appleby, Randall Park, Robert Picardo, Casey Wilson, Michael McKean, Harry Hamlin, Laura San Giacomo... tous dans des rôles plus ou moins importants, parfois à la limite de la figuration, mais qui font que l'ambiance générale du film est toujours détendue et agréable à suivre.

Sans oublier Cecily Strong, en mariée qui n'a jamais connu sa mère, et qui se montre juste et touchante lorsqu'elle délivre un discours plein d'émotion à Marnie, qui lui offre le mariage de ses rêves. Si seulement Strong n'était pas cantonnée au SNL, elle aurait probablement une carrière solide au cinéma.

Mais passons : le mot touchant décrit bien le film, en fin de compte. Ce n'est pas original, c'est très prévisible, on est clairement en terrain bien balisé, et le personnage de Rose Byrne est assez désagréable, mais ça reste sincère, et bien interprété.

Rien de calamiteux, mais rien d'inédit ou de particulièrement mémorable non plus. Et le placement produit Apple, ainsi que les 10 minutes de trop n'aident pas vraiment le film à s'élever au-dessus de la moyenne du genre.

3.25/6

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Un film, un jour (ou presque) #817 : Intramural (aka Balls Out - 2014)

Publié le 5 Septembre 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Comédie

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Intramural (Balls Out) :

Sur le point de finir ses études, et embarqué dans des fiançailles avec une héritière ambitieuse et envahissante (Kate McKinnon), Caleb (Jake Lacy) hésite à franchir le pas. Il décide alors de reformer son ancienne équipe de football amateur, afin de revivre une dernière fois ses jeunes années perdues.

Long-métrage indépendant produit par Orion Pictures (nostalgie en revoyant le vieux logo de la compagnie), ce film est une parodie de "film de sport" tout à fait basique et quelconque, qui enchaîne tous les clichés du genre sous le prétexte de les détourner... mais en fait, sans oser aller trop loin dans le détournement, puisqu'elle s'avère ultra-balisée de bout en bout, y compris dans son pastiche.

Pire, le métrage mise clairement à fond sur la présence de plusieurs membres du Saturday Night Live au casting... mais malheureusement, ce sont eux qui posent le plus problème, notamment McKinnon, qui est toujours en cabotinage total quoiqu'il arrive.

Bref, pas convaincant, pas très drôle, et donc pas intéressant.

1.5/6

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Un film, un jour (ou presque) #816 : Living on a Razor's Edge - The Scott Hall Story (2016)

Publié le 4 Septembre 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Documentaire, Catch, Action, Biographie, WWE

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus. ​​ 

Living on a Razor's Edge - The Scott Hall Story :

Un documentaire optimiste et émouvant retraçant la carrière mouvementée de Scott Hall, alias Razor Ramon, depuis ses débuts moustachus, à l'époque des territoires, jusqu'à son entrée au Hall of Fame de la compagnie, en passant par la création de Diamond Studd, celle de Razor Ramon, son amitié avec tout le reste de la Kliq (Shawn Michaels, Kevin Nash, Triple H, Sean Waltman) et avec Mr Perfect, son passage à la WCW, sa descente aux enfers dans l'alcool et la drogue, et enfin sa réhabilitation et désintoxication avec l'aide de Diamond Dallas Page, et son programme de DDP Yoga (tels que détaillées dans le documentaire La Résurrection de Jake the Snake).

On y découvre ainsi qu'une bonne partie des démons habitant Scott Hall et le poussant à se noyer dans les substances illicites provient d'un incident ayant eu lieu, en 1983, alors que Scott Hall était un jeune videur de 24 ans, et qu'il a provoqué la mort d'un homme le menaçant d'une arme à feu.

Un drame qui l'a marqué à jamais, et qui n'a eu de cesse de le hanter, y compris alors qu'il côtoyait les sommets à la WCW, et avait carte blanche pour y faire ce qu'il désirait. Et malgré cela, malgré des images bouleversantes de Hall totalement démoli par les médicaments, la drogue et l'alcool, le catcheur est toujours resté quelqu'un de sincère, humble et reconnaissant, au cœur grand comme ça, et qui a été (de l'aveu même de Vince et de Bischoff) exploité par ses patrons sans que ceux-ci ne se préoccupent vraiment de son bien-être.

Heureusement, Hall va mieux, il est toujours proche de ses enfants, et, toujours sur le chemin de la rédemption, il conseille désormais occasionnellement les jeunes lutteurs du Performance Center de la WWE, bref : il a l'air d'avoir laissé le pire derrière lui, et c'est tant mieux.

4.25/6

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Un film, un jour (ou presque) #815 : Skyscraper (2018)

Publié le 3 Septembre 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Action, USA, Chine, Thriller

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Skyscraper :

Ancien agent du FBI ayant perdu une jambe dans l'exercice de ses fonctions, Will Sawyer (Dwayne Johnson) est désormais responsable de la sécurité de grands immeubles, partout dans le monde. Mais lorsque de dangereux terroristes mettent le feu à l'immeuble le plus haut de la planète, où Will et sa famille se trouvent justement, Sawyer doit tout faire pour sauver les siens avant qu'il ne soit trop tard, alors même que les autorités le croient responsable de l'incendie....

Après Jumanji et Rampage, troisième film récent mettant The Rock en vedette, pour une sorte de mélange entre Die Hard et La Tour Infernale, un mélange très premier degré, visant clairement le marché asiatique, et quasiment dépourvu de la moindre touche d'humour.

Guère surprenant, donc, de constater que le résultat est vraiment en demi-teinte : oui, c'est spectaculaire, et oui, Dwayne fait toujours un héros très attachant, mais à part ça, c'est vraiment très cliché, très balisé, et parfois assez décevant (la fin, à ce titre, tombe joliment à plat).

Sans même parler de tout le dispositif de la tour ultra-moderne, frôlant la science-fiction, qui pousse le bouchon un peu trop loin pour que l'on s'imagine à la place de The Rock.

Bref, un film qui se regarde mollement, avec son casting un peu trop basique (les traîtres sont évidents dès leur première apparition à l'écran - cela dit, ça fait plaisir de revoir Byron Mann en policier), sa musique insipide de Jablonsky, et son déroulement cousu de fil blanc.

Du niveau de San Andreas, en fait, avec peut-être un peu plus de moments marquants.

2.5/6

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Les bilans de Lurdo : Howard's End (2017)

Publié le 2 Septembre 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Télévision, Les bilans de Lurdo, Drame, Histoire, Romance, UK, BBC

Après un peu de comédie décérébrée, place à quelque chose d'un peu plus distingué, d'un peu plus terre à terre, et d'un peu plus romantique, avec l'adaptation en quatre épisodes d'une heure, par la BBC, du célèbre roman de E.M. Forster.

Howards End :

Dans l'Angleterre du début du XXème siècle, les relations compliquées entretenues par trois familles originaires de milieux différents. Les Wilcox (Matthew Macfadyen, Julia Ormond, Joe Bannister, Jonah Hauer-King, Bessie Carter), une famille aisée de capitalistes ayant fait fortune dans les colonies, et très à cheval sur les conventions et les différences de classes sociales ; Helen et Tibby Schlegel (Philippa Coulthard & Alex Lawther), élevés par leur sœur aînée Margaret (Hailey Atwell), forment une famille d'intellectuels bourgeois idéalistes, qui n'hésitent pas à s'engager pour aider autrui, pour le meilleur et pour le pire ; et les Bast, Leonard et Jacky (Joseph Quinn, Rosalind Eleazar), de basse extraction, qui tentent de se sortir de leur condition en s'instruisant et en travaillant dur...

Adaptation en quatre parties du roman du même nom, cet Howards End a été particulièrement bien reçu en Angleterre, un Royaume-Uni qui, encore à ce jour, reste fasciné et hantée par sa nature de société de classes.

Il y aurait beaucoup à dire sur le symbolisme du roman, sur la représentation de toute la société anglaise du début du siècle, dans ce qu'elle avait de bon et de mauvais, au travers de chacune des familles suivies par le récit, sur la pertinence du roman et de son adaptation à notre époque, etc.... et les journalistes anglais ne se sont pas privés pour le faire, comme le prouve une rapide recherche web.

Mais pour un spectateur étranger comme moi, bien moins imprégné du status-quo social anglais, et pas du tout familier du roman original (ou du film de 1992), que reste-t-il de ce récit, à vrai dire ?

Étrangement, pas grand chose de vraiment passionnant. Ou plutôt, cette mini-série a eu sur moi un effet étrangement contre-productif : avec ses personnages figées dans leurs positions sociales très marquées, et qui n'hésitent pas à défendre celles-ci dans des tirades ou par des remarques pompeuses et pontifiantes, Howards End est rapidement devenu agaçant.

Passons outre le récit global, cousu de fil blanc, et aux rebondissements télégraphiés par une réalisation et un script un peu trop appuyés - à la limite, c'est un problème que l'on peut trouver dans bon nombre de récits anciens, surtout si l'on est très familier du genre. Passons aussi sur la temporalité un peu brouillonne du tout, et sur certains raccourcis narratifs typiques d'adaptations de romans, qui font tout même se demander occasionnellement au spectateur pourquoi telle ou telle réaction des personnages.

Ce qui coince un peu plus, c'est vraiment la caractérisation des protagonistes. Du côté des Schlegel, on a Margaret, totalement obsédée par la propriété Howards End, et qui n'a quasiment aucune alchimie romantique avec son futur époux (Atwell semble s'effacer dès que cette relation débute, et elle reste falote pendant tout le reste de la mini-série) ; Helen, inconstante, indiscrète, qui met son nez dans les affaires des autres, et dont la réaction de fuite en avant est particulièrement frustrante ; et Tibby, l'adolescent fainéant, sarcastique et moqueur (mais paradoxalement, le personnage le plus amusant du lot). Ensemble, Margaret et Helen sont un peu comme des Gilmore Girls du début du siècle, envahissantes, constamment en train de discuter à 200 à l'heure, têtues, tenaces et insistantes, ne laissant jamais autrui placer un mot, et n'écoutant de toute façon pas du tout ce que leurs interlocuteurs ont à dire, tant elles sont absorbées par leurs idéaux, leurs objectifs et leurs aspirations artistiques...

En face, les Wilcox sont engoncés dans leurs principes et leurs positions, inamovibles et distants, rétrogrades et détachés. Et à l'autre bout de l'échelle sociale, les Bast, eux, ne sont guère mieux lotis : Bast est rigide, complexé, peu attachant, obsédé par l'idée de s'améliorer intellectuellement pour grimper l'échelle sociale, et son histoire extra-conjugale ne fait que le rendre encore plus antipathique ; quant à sa femme jalouse et malade, elle, elle est évacuée de l'histoire une fois cette relation extra-conjugale entamée... et ce n'est pas plus mal vu la nature réelle du personnage, et ses relations avec le père Wilcox (vraiment inutiles et superflues d'un point de vue narratif).

Et donc, entre deux lettres échangées et lues en voix off, tous ces personnages se disputent, se dissimulent la vérité "pour préserver les bonnes apparences", se parlent sans s'écouter, le tout dans une cacophonie de dialogues qui se chevauchent et ne mènent nulle part.

Je me suis donc rapidement lassé de cette rigidité perpétuelle des conventions, de ces personnages peu attachants et aux réactions agaçantes, de ce sujet très "daté" (pas forcément dans le sens péjoratif du terme), de ce traitement assez basique, et de ce rythme inégal... d'autant que le tout se conclue par une quasi-happy end un peu douce amère, dans laquelle tout le monde trouve un peu de bonheur et d'apaisement.

Tout le monde, sauf les pauvres, puisque Bast a droit à une fin au symbolisme un peu trop appuyé, et qui laisse un goût amer dans la bouche !

Alors certes, c'est bien filmé, bien interprété (heureusement que la distribution est sympathique), et le ton peu sérieux des deux premiers épisodes permet de donner un peu d'énergie à la mise en place, mais je suis vraiment resté sur ma faim devant cette mini-série.

Est-ce que cela provient du roman original, ou uniquement de l'adaptation ? Je ne saurais le dire. Mais il est probable que je sois simplement passé à côté de ce programme, et que d'autres y trouveront plus largement leur compte...

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Les bilans de Lurdo : Let's Get Physical, saison 1 (2018)

Publié le 1 Septembre 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Télévision, Les bilans de Lurdo, Comédie, Sitcom, Sport, PopTV

L'un des rares programmes originaux scriptés (avec notamment Hollywood Darlings) de la chaîne PopTV, Let's Get Physical est une sitcom en 8x20 minutes, qui semble être née d'une simple idée : et si on basait une série toute entière sur la fameuse vidéo virale du Championnat national d'aérobic Crystal Light 1988 ?

Ce n'est pas forcément nouveau - Key & Peele en avaient fait un sketch assez amusant - mais visiblement, c'est assez pour lancer la production de cette comédie créée et produite par le responsable de Workaholics.

Let's Get Physical, saison 1 :

À la mort de son père, légende du fitness américain, Joe Force (Matt Jones), un slacker loser se rêvant superstar du rock, découvre que pour toucher son héritage, il doit replonger dans le monde de l'aérobic, et remporter une compétition nationale. Face à lui, cependant, se dresse son rival de toujours, Barry Cross (Chris Diamantopoulos), un sportif ayant épousé Claudia (AnnaLynne McCord), l'amour de lycée de Joe, et avec qui il a bâti un empire du fitness et de la salle de sport. Pour parvenir à le vaincre, Joe n'a d'autre choix que de recruter une équipe de danseurs (Misha Rasaiah, Jahmil French, James Cade), et de supporter les remontrances de sa mère dominatrice (Jane Seymour).

Une sitcom qui correspond vraiment au mot "anecdotique". En même temps, difficile, en 8 épisodes de développer des personnages secondaires, et d'aller plus loin que le simple statut de caricature, notamment dans le développement des protagonistes. Dans de telles conditions, il dépend alors vraiment des interprètes d'élever les personnages, et de se démarquer du reste de la distribution : à ce jeu, un seul s'en sort véritablement - Chris Diamantopoulos.

C'est bien simple, on ne retient qu'une chose de toute la saison : la volonté et l'énergie de Diamantopoulos, qui se démène comme un diable dans toutes ses scènes, qu'elles soient comiques, dansées, agressives, etc.

À ses côtés, McCord fait preuve d'un timing comique des plus honorables, mais finit tout de même par être éclipsée par Diamantopoulos... et face à ce dernier, Matt Jones ne fait pas une seule seconde le poids, malgré ses efforts.

Il faut dire que le cliché du slacker bedonnant mais qui a bon fond et que le spectateur est supposé soutenir est un cliché déjà bien usé, et presque agaçant ; ajoutez à cela un Jones à la voix très particulière, et au capital-sympathie assez moyen, et on se retrouve avec une série dans laquelle les good guys sont transparents et tout sauf intéressants.

C'est aussi la faute de l'écriture, à vrai dire : sur les huit épisodes de la saison, seuls deux ou trois s'élèvent au-dessus de la moyenne, et font preuve d'un humour convaincant ; les autres sont assez plats, sous-développés, et survolent leur sujet plutôt que d'en extraire la substantifique moelle.

La série rate donc partiellement sa cible, desservie par une écriture faiblarde et convenue. Heureusement que Diamantopoulos est là pour porter le show sur ses épaules, sinon le tout serait à ranger dans la catégorie "perte de temps".

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Un film, un jour (ou presque) #814 : Mission Impossible 6 - Fallout (2018)

Publié le 31 Août 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Action, Thriller, Aventure

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Mission Impossible 6 - Fallout :

Contraints de faire équipe avec un agent brutal de la CIA, Walker (Henry Cavill), Ethan Hunt (Tom Cruise) et son équipe tentent d'empêcher le mystérieux John Lark et les Apôtres, un groupe de terroristes, de déclencher trois têtes nucléaires sur des lieux de culte internationaux. Mais rapidement, de nombreux éléments du passé de Hunt se trouvent liés à cette affaire, lorsque Ilsa (Rebecca Ferguson) ressurgit avec une mission qui la place dans le chemin de Hunt...

Je n'avais pas aimé le précédent Mission Impossible, Rogue Nation, écrit et réalisé par le même Christopher McQuarrie : écriture pataude et télégraphiée, dialogues assez lourds en exposition et en tirades prétentieuses, bande originale fonctionnant mieux sur cd que dans le film, et cascades un peu trop portées sur les effets numériques flagrants retirant tout intérêt ou toute plausibilité aux exploits d'Ethan Hunt (tout le passage immergé, notamment).

RN finissait par ressembler (plus que d'autres Mission Impossible) à un sous-James Bond trop centré sur Cruise, sur sa relation (sans grande alchimie) avec Rebecca Ferguson, sur ses exploits, et délaissant un peu trop son équipe pour me convaincre.

Ce nouvel opus de la franchise, tout aussi applaudi par la critique, partage bon nombre de défauts du précédent volet : l'écriture est toujours aussi inégale, avec son lot de grosses plages d'exposition forcée, de rebondissements et retournements de situation éventés, et de répliques peu naturelles ; l'alchimie de Cruise avec les personnages féminins est toujours faiblarde (Vanessa Kirby ne fait pas grande impression) ; la bande originale de Lorne Balfe (un élève de Hans Zimmer) est immonde et dérivative ; et le grand final du film (duel d'hélicoptère au dessus des montagnes), tout en étant ultra-spectaculaire, est un peu trop bricolé par ordinateur et capillotracté pour vraiment fonctionner à plein tube.

Mais (car il y a un mais) malgré tous ces défauts récurrents, MI6 est nettement plus maîtrisé et abouti que son prédécesseur. McQuarrie est plus à l'aise derrière la caméra, et ça se ressent à de multiples niveaux, notamment au point de vue du rythme : malgré ses 2h20, le film ne se traîne jamais vraiment, et passe de scène d'action en scène d'action d'une manière assez assurée et agréable.

D'autant que ces scènes d'action sont bien souvent impressionnantes - à ce titre, la grosse poursuite à moto parisienne (bien que clairement trafiquée par ordinateur) est presque toujours crédible (la chute est un peu limite, et quiconque a déjà roulé à Paris/du côté de l'Arc de Triomphe lèvera un peu les yeux au ciel à certains moments) et surtout, très bien filmée.

Et puis McQuarrie a eu la bonne idée de se servir de ce film comme d'un bilan de la saga MI, en ramenant des éléments issus de nombreux films précédents, pour les intégrer au récit. Ça frôle parfois le fanservice gratuit, mais ça fonctionne néanmoins, et on se surprend à regretter que le scénariste n'ait pas été encore plus loin dans cette direction.

On regrettera aussi quelques choix mal avisés - faire courir Cruise comme un dératé est désormais un gimmick récurrent de la franchise, mais là, le bouchon est poussé un peu trop loin ; Cruise est encore et toujours trop indestructible pour être vraiment crédible, même s'il a tendance, de plus en plus, à le jouer façon Jackie Chan ou Harrison Ford, à mesure que l'âge le rattrape ; le sort de Baldwin est téléphoné au possible, et sa grande scène un peu forcée... - qui sont cependant compensés par un vrai travail d'équipe agréable à suivre.

Dans l'ensemble, ce MI6 m'a paru nettement plus intéressant et maîtrisé, comme je le disais : ce n'est pas parfait, loin de là, et il reste des problèmes d'écriture évidents, mais les progrès sont notables par rapport au cinquième épisode. Ce qui augure du meilleur pour un éventuel sixième métrage de la saga.

4/6 - 0.25 pour la musique vraiment calamiteuse = 3.75/6

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Un film, un jour (ou presque) #813 : Vinyl (2012)

Publié le 30 Août 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Comédie, UK, Review, Musique

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Vinyl :

Durant l'âge d'or du punk rock anglais, les Weapons of Happiness dominaient les charts, menés par Johnny Jones (Phil Daniels). Désormais rangés et has-been, les musiciens composent néanmoins une chanson un soir de beuverie, et, persuadés de détenir un hit, tentent alors de convaincre les maisons de disque et les radios d'en faire la promotion... en vain. Pour diffuser leur musique, Johnny a alors l'idée de monter un groupe de toutes pièces, les Single Shots, en recrutant des adolescents photogéniques et dynamiques, plus faciles à vendre et à promouvoir...

Une comédie anglaise sympatoche, mais plutôt inégale.

Le premier tiers, concentré sur ces anciens punks qui continuent de se rebeller contre le système, bien qu'ils en fassent totalement partie, est assez brouillon, manquant de cohésion et de direction. Le second tiers (le canular en lui-même) est nettement plus réussi, avec une énergie certaine apportée par les jeunes acteurs, et par le contraste de ces derniers avec les vieux punks. Malheureusement, le dernier tiers retombe dans les travers d'une dramédie convenue, avec paternité, problèmes de famille et de responsabilité, etc...

Au final, ce film n'est pas désagréable (d'autant qu'étant inspiré de l'histoire vraie du chanteur du groupe The Alarm, il bénéficie de la musique punk de cette formation), mais qui, pour un récit mettant en avant l'énergie et l'attitude punk, manque cruellement de punch, et s'avère bien trop gentillet et prévisible.

Dommage.

3/6

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Un film, un jour (ou presque) #812 : Ant-Man & La Guêpe (2018)

Publié le 29 Août 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Action, Aventure, Fantastique, Science-Fiction, Marvel, MCU, Comédie

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Ant-Man & La Guêpe (Ant-Man & the Wasp) :

Encore secoué par les événements de la "Guerre Civile" entre super-héros, Scott Lang (Paul Rudd) a mis son identité d'Ant-Man de côté, et peine à concilier sa vie de père divorcé assigné à résidence avec son métier de conseiller en sécurité, en compagnie de ses amis Luis, Kurt et Dave (Michael Peña, Tip "T.I." Harris & David Dastmalchian). Lorsque Hope (Evangeline Lilly) et Hank Pym (Michael Douglas) viennent le chercher pour qu'il les aide à pénétrer dans la dimension quantique, afin de retrouver Janet (Michelle Pfeiffer), la mère de Hope, Scott n'hésite pourtant pas... mais entre le FBI (Randall Park), la pègre (Walton Goggins), et un mystérieux antagoniste capable de passer au travers des murs, le Fantôme (Hannah John-Kamen), Ant-Man aura fort à faire pour réussir sa mission.

Suite du premier opus de 2015, un premier opus qui a mis un certain temps à me convaincre totalement (voir ma critique originale ici, et sa révision de février dernier ici), et qui arrive avec la lourde tâche de passer après Avengers : Infinity War, et sa fin sans appel.

Autant dire que la pression était importante sur les épaules de Paul Rudd et compagnie, qui n'avaient que deux choix s'offrant à eux : soit prendre le pari de faire encore plus épique, encore plus spectaculaire et encore plus dramatique qu'Avengers (une mission clairement impossible), soit partir dans une direction opposée, et livrer un métrage léger, amusant et décontracté, servant de pause estivale dans un univers en plein tourment.

Par chance, on se retrouve donc ici avec l'option b, un Ant-Man 2 mieux rythmé (malgré encore quelques scories dans sa première moitié), plus inventif, plus dynamique, plus décomplexé et drôle que son prédécesseur ; un film qui fonctionne très bien en tant que préquelle à l'Infinity War (qu'elle rejoint dans ses scènes post-générique), et qui apporte au prochain Avengers des pistes intéressantes pour vaincre Thanos ("vortex temporel", hmmmm).

Bref, un bon moment à passer en salles, et un Marvel mineur mais rafraîchissant, qui prépare le terrain pour la suite tout en se payant le luxe d'avoir une intrigue bouclée, sans grand méchant connaissant une mort atroce, et avec un protagoniste plus libre dans la comédie qu'il ne l'était dans le premier épisode, où l'on sentait Paul Rudd un peu gêné aux entournures de son personnage de superhéros Marvel.

Ne manquait peut-être qu'une scène d'action supplémentaire à base de fourmis afin de rythmer encore un peu plus le tout, et ça aurait été nettement supérieur au premier épisode. Là, en l'état, c'est tout juste au-dessus.

4/6

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Un film, un jour (ou presque) #811 : Dernier été à Staten Island (2015)

Publié le 28 Août 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Comédie, Netflix, SNL, Jeunesse, Biographie

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Dernier été à Staten Island (Staten Island Summer) :

Alors qu'il est sur le point de partir faire ses études à Harvard, Danny (Graham Phillips) passe un dernier été avec ses amis et collègues maîtres nageurs (Zack Pearlman, John DeLuca, Bobby Moynihan, Cecily Strong, Fred Armisen, Mike O'Brien) autour de la piscine municipale, à Staten Island. Un été qu'ils comptent bien terminer par une fête mémorable, en dépit de la surveillance de leur supérieur hiérarchique (Mike O'Brien). Mais Danny est distrait : épris de la belle Krystal (Ashley Greene), la fille d'un mafieux local (Vincent Pastore), il est prêt à tout pour la séduire...

Une comédie produite par Lorne Michaels, du Saturday Night Live, écrite par Michael Jost, du Saturday Night Live, mettant en vedette une grosse partie de la distribution du Saturday Night Live, et réalisée par l'un des réalisateurs du Saturday Night Live.

Bref, en d'autres temps, cela se serait appelé National Lampoon's Staten Island Summer, mais là, on doit se contenter d'une version romancée de la jeunesse de Michael Jost, ou plutôt, de son alter-ego Danny (ce qui n'empêche pas Jost et son frère d'apparaître dans de petits rôles de policiers).

Et comme l'est souvent le SNL depuis que Jost en est le rédacteur en chef, ce film est très inégal. Comme au SNL, ça regorge de visages familiers dans les seconds rôles (Will Forte, Kate Walsh, Gina Gershon, Jim Gaffigan, Method Man, Kate McKinnon, Penny Marshall...) ; comme au SNL, c'est assez bien filmé (c'est assez lumineux et ensoleillé, ce qui est approprié au sujet du film), bien qu'à la limite du vidéo-clip dans ses effets (ralentis, visuels ultra-contrastés, mouvements de caméra, montage, etc) ; comme au SNL, certains gags et/ou sous-intrigues fonctionnent très bien, d'autres ont des chutes affreusement téléphonées, et d'autres enfin trainent en longueur jusqu'à tomber à plat ; et comme au SNL, certains moments sont totalement improbables, comme ce délire animé qui illustre l'hallucination stupéfiante de Mike O'Brien, ou encore tout ce qui tourne autour de Fred Armisen et du petit Jackson Nicoll.

Un film très inégal, donc, relativement convenu, et au rythme assez bancal (ça traine en longueur, avec un gros coup de mou aux 2/3), mais qui étrangement n'est pas désagréable à suivre. Et puis comme Kate McKinnon n'a qu'un rôle minuscule, alors que Cecily Strong, elle, a l'un des rôles principaux, j'ai envie de me montrer gentil.

3.25/6 (dommage qu'Ashley Greene soit à ce point transparente, et que Graham Phillips ne fasse pas forcément plus forte impression - cela n'aide pas à s'intéresser au couple principal)

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Un film, un jour (ou presque) #810 : Liberation Day (2016)

Publié le 27 Août 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Documentaire, Musique, Politique

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Liberation Day :

Surréaliste.

C'est vraiment le mot qui définit le plus ce documentaire retraçant la visite de Laibach, groupe slovène provocateur, connu pour sa satire très prononcée et son utilisation des codes des régimes totalitaires, ainsi que pour ses reprises militaristes de morceaux pop, en Corée du Nord, pour y tenir un concert à l'occasion du 70ème anniversaire de la "libération" du pays du joug japonais.

Surréaliste, depuis son ouverture reprenant la Mélodie du Bonheur, illustrant une juxtaposition d'images de propagande et de guerre, et d'innombrables images d'artistes occidentaux en concert, pour montrer les similitudes entre ces deux types d'adoration de masse.

Surréaliste, pour la volonté du groupe de rester en retrait, toujours in character, ce qui laisse Morten Traavik, réalisateur du tout, et organisateur de ce concert, sur le devant de la scène, à lutter contre la censure et les impératifs d'un régime dépassé (tant technologiquement qu'idéologiquement) par ce que propose le groupe.

Surréaliste, parce qu'on a droit, par moments, à de véritables interrogations de la part de certains membres de la délégation occidentale, qui se demandent si les gens qu'ils voient autour d'eux, tous souriants et polis, sont véritablement opprimés et lobotomisés par leur régime (la réponse est oui, clairement, mais ponctuellement, l'utopie nord-coréenne semble crédible).

Surréaliste, enfin, pour le bref aperçu que l'on a du concert (une seule chanson), et du gouffre existant entre ce groupe conceptuel et d'avant-garde, et un public policé et raide, qui ne comprend pas vraiment ce qu'il à sous les yeux, et qui ne sait pas comment réagir autrement que par des applaudissements polis et modérés.

On regrettera néanmoins que le film manque d'un petit quelque chose : pas assez de Laibach ou de musique, un peu trop de problèmes et d'incompréhensions techniques, pas assez de recul et de recontextualisation du tout, pour redonner un peu de sens à ce film de tournée...

Dans l'ensemble, cependant, c'est assez fascinant, intrigant, et on se demande encore comment diable tout ceci a bien pu s'organiser sans virer à l'incident diplomatique...

4.25/6

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Les bilans de Lurdo : Ryan Hansen Solves Crimes on Television, saison 1 (2017)

Publié le 26 Août 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Télévision, Les bilans de Lurdo, Comédie, Sitcom, YouTube, Policier

Sitcom YouTube Red en 8 épisodes de 25-30 minutes, Ryan Hansen Solves Crimes on Television marche directement dans les traces de Play It Again, Dick, série spin-off de Veronica Mars dans laquelle Ryan Hansen, interprète de Dick Casablancas, essayait de convaincre ses amis et l'industrie de lancer une série dérivée le mettant en vedette.

Ryan Hansen Solves Crime on Television, saison 1 :

Alors qu'une vague de meurtres et de crimes frappe Hollywood, le maire de Los Angeles décide d'avoir recours à des acteurs plus ou moins connus pour assister les forces de police sur le terrain. Parmi ces acteurs, Ryan Hansen, qui assiste donc Jessica Mathers (Samira Wiley), et emmène avec lui une équipe de tournage pour en faire un show pour YouTube Red...

Les ficelles de ce Ryan Hansen solves... (créée et supervisée par le réalisateur et scénariste d'Agents presque secrets, de Dodgeball et de Les Miller, une famille en herbe) sont ainsi globalement les mêmes que dans Play It Again, Dick : Ryan Hansen joue son propre rôle d'acteur insupportable, idiot et imbu de lui-même, il est entouré de nombreux visages familiers (Karen David !), et plusieurs de ses amis IRL font des caméos, que ce soit dans leur propre rôle ou non (Jon Cryer, Aly Michalka, Eric Christian Olsen, Donald Faison, Yvette Nicole Brown, Kristen Bell, Peter Berg, Joel McHale).

Le tout se coulant dans le moule de la série Castle, avec cette fliquette dure à cuire et professionnelle, qui doit supporter la présence d'un boulet sans la moindre expérience de terrain, mais dont la connaissance d'un certain milieu lui donne (parfois) des intuitions pertinentes.

Rajoutez là-dessus une couche de second degré et de parodie des conventions du genre (un peu comme dans Angie Tribeca), parfois directement amenés par les répliques et les dialogues de Hansen (YouTube Red s'en prend plein la tête pendant une bonne partie de la saison) qui soulignent le caractère artificiel et les clichés de tels récits (le Commissaire Jackson qui change d'interprète à chaque épisode), et parfois mis en évidence au niveau visuel (il y a ainsi de constants changements de formats, la série basculant en mode "cinématographique" lors des moments les plus nerveux, et revenant à quelque chose de plus télévisuel à d'autres moments).

Sans oublier chaque fin d'épisode, en mode sitcom familiale de studio (décors fauchés, public qui rit sur commande, éclairages saturés, multi-cam, etc), avec Aly Michalka dans le rôle de la femme de Ryan Hansen, mère de leurs trois filles, et Jon Cryer dans son propre rôle... celui du voisin envahissant.

Des expérimentations formelles et stylistiques qui se marient bien à l'humour méta du tout, et donnent de l'intérêt à la série.

À l'identique, difficile de ne pas s'amuser devant l'épisode mettant en scène Kristen Bell jouant son propre rôle, et gérant d'une main de fer, à ses heures perdues, une entreprise de sosies de "princesses génériques et non copyrightées pour fêtes d'anniversaires", un épisode se concluant par un tonitruant "Elsa can suck my d*ck !" ; ou encore en découvrant la bromance progressive entre Olsen et Hansen ; voire même lorsque Hansen est viré de la série, et remplacé, dans le rôle de Ryan Hansen, par Joel McHale.

Autant de scénarios improbables qui se moquent souvent de l'univers de Los Angeles (la folie des escape rooms, la vacuité des acteurs, les embouteillages, les food bloggers, le street art, le carpool karaoke, etc) et qui s'avèrent sympathiques à suivre... sans plus.

Car malgré ses 8 épisodes et sa durée globale assez courte, la série peine à convaincre sur l'ensemble. Ponctuellement, on s'amuse, on rit bien, on trouve ça réussi, mais le rythme global fait que, bien souvent, les moments les plus efficaces se trouvent dilués dans le tout, un tout assez quelconque et peu mémorable.

C'est dommage, parce que le double épisode final parvient à relier plusieurs sous-intrigues de manière assez réussie et amusante, et promet le meilleur. Mais la série n'a, pour l'instant, pas vraiment trouvé son équilibre, et il est peu probable que YouTube Red la renouvelle, vu le peu de succès de la plate-forme.

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Retrouvez aussi toutes les autres séries passées en revue sur ce blog en cliquant ici et ici.

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