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LES TÉLÉPHAGES ANONYMES

Il était une fois Lurdo & Sygbab, deux internautes passionnés de séries tv et de cinéma, et qui cherchaient un endroit où archiver leurs avis (semi) éclairés...

Articles avec #amc catégorie

Les bilans de Lurdo : NOS4A2, saison 1 (2019)

Publié le 10 Novembre 2019 par Lurdo dans Critiques éclair, Drame, Fantastique, Horreur, Les bilans de Lurdo, Noël, Halloween, Review, Télévision, Thriller, Christmas, AMC

Alors j'aurais clairement pu publier cette critique dans le cadre de l'Oktorrorfest fraîchement terminée, tant l'orientation horrifique du tout correspondrait parfaitement à Halloween, ou j'aurais pu attendre la Christmas Yulefest pour l'intégrer à mon marathon de Noël (puisqu'une grosse partie de ce récit tourne autour de Noël et de tous ses codes)... mais non.

J'ai préféré opter pour une publication "entre deux", qui reflète bien le côté "postérieur entre deux chaises" de cette série AMC en 10 épisodes de 45 minutes, adaptée du roman de Joe Hill, le fils de Stephen King.

NOS4A2, saison 1 (2019) :

Tiraillée entre ses parents séparés, en conflit permanent, la jeune Vic McQueen (Ashleigh Cummings) ne rêve que d'une chose : faire des études artistiques. Mais elle n'a ni l'argent, ni les contacts pour y parvenir, et lorsqu'elle découvre qu'elle a des capacités étranges (au guidon de sa moto, elle est capable de créer, sous la forme d'un pont délabré, un portail instantané vers ce qu'elle recherche le plus à un moment donné), sa vie est totalement bouleversée. D'autant qu'un autre être surnaturel, Charlie Manx (Zachary Quinto), un vampire psychique qui kidnappe des enfants pour les enfermer dans son parc privé, Christmasland, est sur les traces de la jeune femme, fasciné par son pouvoir. Vic ne peut compter que sur elle-même et sur l'aide de Maggie Leigh (Jahkara J. Smith), une médium excentrique, pour espérer empêcher Manx de faire encore plus de dégâts...

Et par "postérieur entre deux chaises", j'entends que NOS4A2 n'est ni particulièrement convaincant dans le registre de l'horreur, ni dans celui des festivités de fin d'année, que ce soit au niveau thématique ou visuel. Je préfère préciser tout de suite que je n'ai jamais lu le roman de Hill : tout au plus ai-je survolé les comic-books dérivés du livre, sans jamais être convaincu par ce que je lisais.

J'ai donc abordé cette série avec une certaine curiosité, mais très rapidement, j'ai déchanté.

Car l'essentiel des problèmes de la série peut se résumer en quelques points, voire en quelques mots : "parti-pris artistique". Sous la direction de son showrunner Jami O'Brien (Hells on Wheels, Fear the Walking Dead, Flesh and Bone), la série propose dix épisodes au formatage très particulier, un peu comme si l'on avait pris un drame intimiste indépendant sur une jeune apprentie-artiste tentant d'échapper à sa condition sociale, et qu'on y avait incorporé quelques touches de surnaturel, en guise de garniture.

En effet, le drame intimiste indépendant constitue l'essentiel de ces 10 épisodes, dix épisodes visuellement délibérément ternes et fades, sans grande fantaisie ni inspiration, y compris au niveau des scènes illustrant Christmasland.

Tout est filmé de manière "réaliste", ce qui est assez logique compte tenu de l'orientation du scénario : une réalité terne, insipide, malheureuse et sinistre, où le surnaturel s'invite progressivement, pour offrir à son héroïne une échappatoire et un nouveau futur. Et donc, pendant le plus clair de ces 10 épisodes, la série se concentre sur la vie de Vic, sur ses problèmes familiaux, sur son père alcoolique et infidèle, sur sa mère pleine de défauts, sur ses amies plus riches qu'elle, sur sa romance naissante, sur ses aspirations artistiques, etc, etc, etc.

En filigrane, il y a bien un peu de surnaturel, un Zachary Quinto menaçant, quelques scènes plus tendues, mais c'est dilué dans la réalité du quotidien de Vic, au point de perdre la majeure partie de son impact, et de rendre les cinq ou six premiers épisodes assez peu engageants.

C'est dommage, car le monde surnaturel créé par Joe Hill, bien qu'évoquant fortement les œuvres de son père (de manière directe ou indirecte, d'ailleurs - clins d'oeil à Pennywise...), n'est pas inintéressant. Et à l'identique, l'interprétation (notamment de ses deux acteurs principaux) est globalement tout à fait solide et convaincante.

Mais malheureusement, alourdi par les choix créatifs de la production, et par son aspect "mélodramatique", le programme ne décolle jamais, chaque moment potentiellement captivant étant rapidement noyé dans un retour assez frustrant à la réalité et à la médiocrité d'un quotidien délavé.

D'autant plus frustrant que, lorsqu'il se passe quelque chose (vers la fin de saison), l'intérêt remonte notablement, et le ton et la direction de la série semblent devenir plus homogènes.

Mais même là, l'écriture est assez maladroite, téléphonant ses effets et ses rebondissements (tous les problèmes sentimentaux de l'héroïne, les choix faits par celle-ci, par la médium, par le petit-ami de Vic...), et forçant ses personnages dans des situations dramatiques assez agaçantes (tout l'incendie de la maison de Manx est à ce titre un beau moment narratif très artificiel).

Un bon exemple étant cet ultime épisode de la saison, qui, en un petit quart d'heure (à la réalisation assez laide en gros plans serrés) montre Vic en train de s'échapper, d'être secourue par des inconnus qui la croient instantanément et deviennent ses sidekicks, résout le conflit Vic/Manx, et la plupart des enjeux de la saison... puis la série repart dans le mélodrame familial, pour une grosse demi-heure de protagonistes qui se parlent, qui se réconcilient, qui découvrent une grossesse inattendue (pourtant un véritable cliché bien honteux, à ce point) et qui, pour finir, se remettent en route, via un flash-forward de plusieurs mois, histoire de relancer la machine pour une nouvelle saison déjà commandée.

Honnêtement, alors que je retrouvais un peu d'espoir à l'approche de la conclusion, celle-ci a achevé de me détourner du programme.

Je suppose que si l'on adhère à la vision artistique de la série, ou si l'on se retrouve dans le personnage de Vic, il est possible de vraiment adhérer à la proposition de NOS4A2.

Ce n'est pas le cas en ce qui me concerne. Pire, d'un point de vue formel, je reste persuadé que, sous la plume de quelqu'un de plus compétent et de plus concis (car l'immense majorité des scènes "réalistes" sont particulièrement redondantes), la plupart des épisodes de la saison pourraient être résumés en quelques scènes, une quinzaine de minutes chacun, tout au plus, et réunis sous forme de mini-série de 2x90 minutes... ça n'aurait pas été parfait, mais ça aurait été, sans nul doute, nettement plus efficace.

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Retrouvez aussi toutes les autres séries passées en revue sur ce blog en cliquant ici.

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Les bilans de Lurdo - Halloween Oktorrorfest 2018 - The Terror, saison 1 (2018)

Publié le 28 Octobre 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Télévision, Oktorrorfest, Halloween, Horreur, Fantastique, Les bilans de Lurdo, Histoire, Amazon, AMC

L'Halloween Oktorrorfest touche aussi le petit écran, avec chaque week-end, du 1er octobre à début novembre, des critiques de séries fantastiques et horrifiques...

The Terror, saison 1 (2018) :

En 1846, deux navires anglais de la Royal Navy, le Terror et l'Erebus, s'embarquent, sous le commandement de leurs capitaines respectifs, le vétéran alcoolique Francis Crozier (Jared Harris) et le pompeux et arrogant John Franklin (Ciarán Hinds), pour une périlleuse expédition maritime dans le Grand Nord canadien, à la recherche d'un passage reliant l'Atlantique au Pacifique. Mais bien vite, alors que les navires sont pris par les glaces et que les semaines se transforment en mois et en années, les membres des deux équipages, déjà éprouvés par les éléments, la maladie et les conflits internes, réalisent qu'ils ne sont pas seuls, et qu'une créature féroce et sanguinaire, issue du folklore inuit, les a pris pour proies...

Une série AMC de dix épisodes d'une heure (même si, comme souvent avec de telles séries, les épisodes oscilent entre 40 et 60 minutes), adaptée d'un roman de Dan Simmons, et chapeautée par le scénariste de Blood Creek (de Joel Schumacher, aïe), et d'Invasion (le remake de 2007 de l'Invasion des Profanateurs de Sépultures, avec Nicole Kidman et Daniel Craig, re-aïe), et par des scénaristes de séries tv fantastiques médiocres.

The Terror, donc, a connu un accueil public et critique unanime, notamment auprès des lecteurs du roman, qui tous ont loué le programme pour son ambiance pesante, pour son angoisse, pour son écriture, son rythme, ses personnages fouillés, etc...

Le problème étant que, justement, ce sont tous ces points qui m'ont posé problème, en tant que non-lecteur du roman. Je suis bien embêté, en réalité, puisque je partais conquis d'avance par le thème, l'ambiance, l'époque et la distribution (Hinds, Harris, Tobias Menzies, Ian Hart)... mais au final, je reste très très mitigé devant le produit final.

Pour faire simple, je suis resté totalement hermétique à l'approche de cette série, à son rythme décousu, et à ses choix créatifs - j'ignore s'ils sont directement issus du roman, ou découlent d'une volonté de rallonger la sauce télévisuelle, mais ils ne m'ont vraiment pas convaincu.

Et une grosse partie de cette déception est clairement due à mes attentes : j'espérais quelque chose de prenant, de tendu et de surnaturel, alors qu'en réalité, la série est plus intéressée par la nature humaine, et par toutes les peurs qui en découlent : la peur de la mort, la peur de l'inconnu, la peur du mensonge et de la trahison, la peur du froid, la peur d'autrui, la peur de la maladie, la peur de la faim, la peur de la folie, etc...

Le surnaturel (et la mythologie inuit, donc), ne sont ainsi utilisés qu'en filigrane, voire mis de côté la plupart du temps : le personnage de Lady Silence est à deux doigts de faire de la figuration, et ses scènes, dans les derniers épisodes, semblent rajoutées à l'arrache plus qu'autre chose) ; la créature (assez laide, d'ailleurs, une sorte d'ours blanc vaguement humanoïde qui paraît plus pathétique que menaçant, surtout qu'il est rapidement blessé et affaibli) disparaît pendant plusieurs épisodes ; et de manière générale, le plus gros de la série se concentre sur un monstre "à visage humain", à savoir le personnage de Cornelius Hickey (Adam Nagaitis), traître individualiste et manipulateur qui fomente une mutinerie, tue et massacre à tour de bras pour parvenir à ses fins.

Un personnage qui bouffe l'écran, au rictus permanent qui rappelle le Shades de Luke Cage, et qui fait un antagoniste mémorable au Capitaine Crozier... mais un personnage qui n'est pas sans problèmes : non seulement sa caractérisation est assez familière - le manipulateur invétéré persuadé d'être destiné à de plus grandes choses, à la limite de la folie des grandeurs à vocation divine - mais en plus, il est, dès le début, présenté comme un personnage négatif... une caractérisation peu subtile, qui reste assez basique (à l'instar de la caractérisation de tous les autres personnages, d'ailleurs), et qui associe initialement (j'ose espérer de manière involontaire) sa personnalité à son homosexualité.

Une association maladroite et involontaire (en réalité, Hickey est un "méchant", qui est accessoirement homosexuel, sans réel lien entre les deux, si ce n'est un moyen supplémentaire pour lui de manipuler les autres hommes) qui aurait pu être contrebalancée par un meilleur développement de l'autre couple supposément gay de l'histoire (les deux amateurs de livres), mais comme ces derniers sont anecdotiques, on doit se contenter de Hickey, et de sa caractérisation sommaire.

À l'identique, toujours au niveau de l'écriture, il est difficile de ne pas se dire que la série aurait nettement mieux fonctionné au format mini-série de luxe, de 3 x 90-120 minutes.

Le récit est en effet découpé en trois grandes parties (la mise en place, jusqu'à la première attaque ; l'entre deux, avec les attaques répétées de la créature, pendant plusieurs mois ; et l'expédition à pied, quand tout le monde quitte les navires pour tenter sa chance sur les étendues rocailleuses du Grand Nord), assez mal réparties sur les 10 épisodes de la série - on a ainsi droit à un peu de remplissage, çà et là (les scènes en Angleterre, avec les épouses des capitaines, sont tout simplement inutiles et/ou sous-développées), à d'immenses plages de récit uniquement centrées sur la lente descente dans la folie des personnages confrontés à eux-même, à de la contemplation... bref, il ne faut pas s'attendre à quelque chose qui bouge, qui soit rythmé, ou qui soit dynamique, et le passage du temps (qui aurait pu être nettement plus marqué avec une structure plus maîtrisée) n'est pas particulièrement bien retranscrit (beaucoup trop de "xxx mois plus tard" affichés à l'écran, alors que des astuces de réalisation et de scénarisation auraient facilement pu marquer de manière plus franche le temps qui passe).

D'autant que, pour ne rien arranger, la série se concentre sur deux décors extérieurs principaux, la banquise, et les étendues rocailleuses ; deux décors qui peinent à transmettre au spectateur une sensation de froid, pour des raisons différentes : la banquise, car elle est filmée et mise en images, trop souvent, comme le décor de studio qu'elle est réellement, avec des murs de glace visiblement artificiels/sculptés à la main, et des éclairages trop parfaits ; et la rocaille, parce qu'elle est tout simplement inintéressante à l'écran, et globalement très ensoleillée (on devine souvent les acteurs en train de lutter contre la chaleur).

Le programme n'est cependant pas dénué de qualités indubitables : l'interprétation, notamment, est excellente de bout en bout, et globalement, c'est très bien produit (par Ridley Scott, via sa maison de production). Mais encore une fois, je suis vraiment resté sur ma faim devant la série : pas assez de tension, pas assez de terreur, pas assez de froid, pas assez de subtilité dans l'écriture ou la réalisation, pas assez de maîtrise dans le passage du temps, pas assez de fantastique, une bande originale trop orientée grincements, dissonances et droning, trop de digressions, trop de ruptures narratives (les "coupures pub") aléatoires et malavisées...

Ça plaira sans nul doute à beaucoup de monde (notamment aux lecteurs du roman, auquel la série semble coller d'assez près), mais je n'ai tout simplement pas du tout adhéré à cette proposition, dont j'ai fini par ne plus voir que les défauts. Tant pis.

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Et comme toujours, vous pouvez retrouver la liste complète de toutes les séries passées en revue dans le cadre de l'Oktorrorfest dans le menu Index de haut de page, ou en cliquant directement sur ce lien...

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Les bilans de Lurdo : Breaking Bad - Le Film (2017)

Publié le 2 Juillet 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Télévision, Les bilans de Lurdo, AMC, Drame, Thriller, Action

Que se passe-t-il lorsque Lucas Stoll et Gaylor Morestin, deux fans français de Breaking Bad (2008-2013), la série culte de Vince Gilligan (multi-primée, et considérée par beaucoup comme l'une des meilleures séries de l'histoire de la télévision) décident de se livrer à une expérience improbable : prendre sur leur temps libre pendant plusieurs années, et résumer les 62 épisodes de la série diffusée sur AMC en un long-métrage de deux heures à peine ?

Breaking Bad - Le Film :

Walter White (Bryan Cranston), un professeur de chimie dont l'épouse (Anna Gunn) attend un second enfant, apprend soudain qu'il est atteint d'un cancer incurable des poumons, qui ne lui laisse, au mieux qu'un an ou deux à vivre s'il se soigne. Mais pour cela, il a besoin d'argent, et il se tourne alors vers Jesse Pinkman (Aaron Paul), l'un de ses anciens élèves devenu petite frappe : ensemble, les deux hommes se lancent ainsi dans la fabrication et le commerce de methamphétamine, un trafic qui va leur apporter énormément d'argent, mais aussi énormément de problèmes, et les transformer radicalement...

Je l'avoue sans peine : je n'ai jamais regardé la série Breaking Bad. À l'époque de sa diffusion, je n'étais pas vraiment intéressé par le postulat de départ (trop similaire à d'autres séries câblées US, comme Weeds, que j'avais fini par délaisser), par l'univers des trafiquants de drogue, par l'environnement du Nouveau Mexique, par la maladie de Walter, par la distribution (notamment Anna Gunn, qui m'avait horripilé dans les quelques scènes que j'avais vues de la série), etc, etc, etc...

Et plus la série gagnait en popularité et en influence, plus mon esprit de contradiction et ma fainéantise se sont imposés : cinq saisons de Breaking Bad, ce n'était pas pour moi.

Mais en découvrant cette version condensée créée par des fans, je me suis dit : pourquoi pas ? Pourquoi ne pas tenter l'expérience, tout en ayant totalement conscience des limites de l'aventure ?

Il est évident qu'en 120 minutes, il était impossible de résumer 62 heures de série : ne serait-ce qu'au niveau du développement des personnages, de leurs relations, et de l'attachement du spectateur à ces derniers (que ce soit un attachement positif, pour les bonnes séries, ou digne d'un syndrôme de Stockholm, pour les mauvaises), la version long-métrage de Breaking Bad ne pouvait pas, sur papier, rendre justice aux personnages et à l'écriture de la série.

Et cela se perçoit notamment dans le cas de Jesse Pinkman, qui est largement passé au second, voire au troisième plan du récit dans la version "cinéma" : Aaron Paul y a tout de même le temps d'impressionner par son charisme, mais il fait presque de la figuration durant le plus gros du film, et n'est qu'un pion dans un métrage intégralement centré (sans surprise) sur Walter White.

Un Walter White au parcours plutôt cohérent et bien retranscris (même si, vers la fin, il manque clairement de quoi vraiment expliciter son évolution finale), bien aidé en cela par la prestation habitée de Cranston. Face à lui, dans la version de deux heures, seul Hank (Dean Norris) existe réellement, étant l'antagoniste principal de Walter, et le plus proche de lui.

Si les deux heures de métrage parviennent à bien équilibrer l'évolution de la relation Walter/Hank, et l'ensemble des événements de la série, elles ne sont pas sans défaut. Tout le monde n'est pas logé à la même enseigne, et autant je peux comprendre l'intégration des spots de pub pour Saul, qui sont des fan-favorites, autant je me dis que ces quelques minutes auraient pu être consacrées à Jesse, ou à approfondir certaines des relations résumées à l'écran (en tout cas, la femme de Walter n'est toujours pas attachante ou touchante).

Bref, au final, cette version de deux heures m'est apparue globalement compréhensible et intéressante, bien que n'étant clairement qu'un squelette sur lequel 60 heures supplémentaires de développement viennent se greffer. Je suppose que pour les fans de la série, cette version est un blasphème qui coupe tout ce qui est important, mais malgré l'aspect "résumé" indéniable, on s'attache tout de même à Walter et à ses mésaventures, tant la présence de Cranston est incontournable ; ce qui, en soi, est bien la preuve de quelque chose de très spécial au niveau de l'alchimie entre un personnage et son interprète.

Cela dit, bien que j'aie apprécié ces deux heures, ce n'est pas pour autant que je vais m'attaquer à l'intégrale de la série. Mes réserves initiales sont toujours présentes, et ce qui est supportable et intéressant en 120 minutes, ne le sera probablement pas pour moi sur toute la durée.

4/6, bitch.

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Oktorrorfest 2012 - 04 : The Walking Dead, saison 2

Publié le 17 Octobre 2012 par Lurdo dans Oktorrorfest, Halloween, Horreur, Fantastique, Drame, AMC, Critiques éclair, Review, Télévision

Aaaah... The Walking Dead. Sa saison 1 (comme je l'avais mentionné en ces pages) m'avait tout sauf convaincu : rythme soporifique, manque total de progression et de rebondissements intéressants, distribution terne et passe-partout, développement inexistant des personnages, qui ne dépassaient pas le stade de caricatures, bruitages outranciers... autant dire que la s1 de la série d'AMC était loin de m'avoir séduit.

Quid de cette seconde s2, alors ?

Et bien mêmes motifs, même punition : à nouveau, ça se traîne. À nouveau, la moitié des personnages sont transparents. À nouveau, le show préfère s'attarder pendant 6 ou 7 épisodes sur la disparition d'une fillette, et faire ainsi du surplace, alors que le spectateur, lui, a déjà deviné depuis le début comment l'intrigue va se conclure...

Bref, ce n'est guère reluisant. Et pourtant, cette nouvelle saison est déjà un peu regardable que la précédente. Et cela grâce à un nombre d'épisodes doublé, et au départ de Frank Darabont, incapable de se plier aux impératifs et aux besoins du monde de la télévision.

En doublant le nombre de ses épisodes, la production s'impose ainsi une coupure hivernale. Coupure qui, à son tour, oblige les scénaristes à donner un semblant de mouvement à son récit, pour terminer la mi-saison sur un cliffhanger. Résultat : ça fonctionne un peu mieux, le show semblant s'arracher de sa torpeur le temps de quelques scènes efficaces, et de quelques dialogues bien écrits. Malheureusement, ces lueurs d'espoir (l'épisode 10, notamment) ne durent jamais très longtemps, et l'on retombe bien vite dans le marasme sans intérêt qui caractérise tant la série. Un contraste particulièrement agaçant, tant le potentiel est là, mais échoue à être exploité par les scénaristes...

Reconnaissons tout de même que la série n'est pas aidée par sa saison 1 défaillante, qui a échoué à poser des personnages mémorables et intéressants. Aussi est-ce avec un certain soulagement que l'on voit se développer une romance entre Glenn et Maggie, ou un début de rapprochement entre d'autres personnages, qui y gagnent un peu en intérêt... mais là aussi, encore une fois, le triangle amoureux principal revient régulièrement tout gâcher, avec notamment une interprétation particulièrement aléatoire.

En bref :

Pour moi, The Walking Dead est devenu synonyme de "chants de grillons dans la nature", bruitage que l'on retrouve dans la majorité des épisodes (ou presque) de ces deux saisons, et qui caractérise bien l'ennui chronique que le show, lourd en personnages transparents, et en dialogues pesants et omniprésents se mariant mal avec le média tv, suscite chez moi. M'enfin bon, ça pourrait être pire... ça pourrait être la saison 1. :p

2.5/6

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Oktorrorfest 2012 - 01 : The Walking Dead, saison 1

Publié le 10 Octobre 2012 par Lurdo dans Oktorrorfest, Critiques éclair, Review, Télévision, Fantastique, Halloween, Horreur, Drame, AMC

On est en Octobre, Halloween est à nos portes, et comme tous les ans, je me consacre au genre de l'horreur, avec un visionnage de séries tv et de films appropriés à cette période de l'année.

À commencer par le revisionnage des six premiers épisodes de The Walking Dead, série AMC (chouchou des geeks téléphiles) adaptée du comic-book de Robert Kirkman (chouchou des geeks bédéphiles) par Frank Darabont (chouchou des geeks cinéphiles).

Et, pas de surprise, puisque je les avais déjà vus lors de leur diffusion initiale... ce n'est pas bon.

Je ne vais cependant pas développer beaucoup plus que ça, m'étant déjà livré, en mon temps, à bien des joutes verbales et écrites sur le sujet : je n'en ai plus l'énergie, et je vais juste me contenter de lister les problèmes principaux du programme :

- la distribution tout sauf attachante, et parfois assez à côté de la plaque au niveau jeu.

- la lenteur ahurissante de la saison : il n'y a que six épisodes, et pourtant tout ce qui s'y déroule aurait pu être résumé en une grosse heure, heure et demi de métrage bien rythmé (en soi, la lenteur d'une oeuvre n'a rien de rédhibitoire, si elle est voulue, et participe à l'intérêt de l'oeuvre ; ici, on a plus l'impression que c'est du meublage de la part de scénaristes et d'un showrunner sans aucune réelle expérience du monde de la télévision.)

- le manque de cohérence et de logique interne au récit (c'est parfois écrit en dépit du bon sens, et la bêtise atterrante des personnages (innombrables sont les moments durant lesquels on se facepalme joyeusement devant notre écran).

- les personnages archétypaux et basiques au possible (cohérent avec leurs homologues de The Mist de Darabont, à peu près aussi attachants, intelligents et fins).

- Et de manière globale, le manque d'originalité du tout. TWD fonctionnait bien en comics car c'était un concept original et relativement inédit sous cette forme dans ce medium artistique précis. Sur pellicule, cependant, TWD se confronte forcément aux multiples films fondateurs du genre, et à la marée d'oeuvres en tout genre, à la fois au ciné ou à la tv, qui ont depuis vu le jour. Et là, la saison 1 de TWD ne fait clairement pas le poids.

Maintenant, je ne désespère pas d'une amélioration en saison 2, que je vais rattraper incessamment sous peu. Mais bon... c'est là que l'on s'aperçoit qu'une bonne campagne marketing, un genre à la mode, un réalisateur qui a la bienveillance des médias, et un network qui a le vent en poupe, ça suffit bien souvent à faire d'un show (ou d'un film, d'ailleurs) un succès commercial, public et même critique, et ce que l'oeuvre soit en réalité bonne ou mauvaise...

En bref :

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(2/6)

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