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LES TÉLÉPHAGES ANONYMES

Il était une fois Lurdo & Sygbab, deux internautes passionnés de séries tv et de cinéma, et qui cherchaient un endroit où archiver leurs avis (semi) éclairés...

Articles avec #oktorrorfest catégorie

Halloween Oktorrorfest 2021 - 01 - Come Play (2020)

Publié le 27 Septembre 2021 par Lurdo dans Cinéma, Critiques éclair, Fantastique, Halloween, Horreur, Oktorrorfest, Thriller, USA

Chez les Téléphages Anonymes, de fin septembre à début novembre, on fête Halloween et l'Oktorrorfest, un marathon quotidien de cinéma fantastique et d'horreur...

Come Play (2020) :

Autiste et enfant d'un couple dans la tourmente, Oliver (Azhy Robertson) ne s'exprime qu'au travers de sa tablette tactile, et vit une existence bien solitaire. Jusqu'à ce que Larry, une créature sortie d'un étrange récit pour enfants contenu dans la tablette, commence à s'adresser au garçon, et à se faire de plus en plus menaçant. Sarah (Gillian Jacobs), la mère d'Oliver, est alors confrontée à cette menace d'un autre monde, qui cherche à entrer dans le nôtre et à enlever son fils...

Une co-production Amblin qui ressemble un peu à un Mister Babadook plus high-tech, avec cette mère épuisée confrontée à une créature surnaturelle, un monstre imaginaire tout droit sortie d'un livre d'enfant de son fils, lequel souffre d'une pathologie psychiatrique compliquée à gérer, etc.

C'est d'ailleurs probablement sur ce front-là que Come Play coince un peu : non seulement le titre est ultra-générique, mais le récit, en lui-même, semble lui aussi fréquemment familier et dérivatif, avec une certaine tendance à introduire mécaniquement des éléments dans le récit (la tablette, le vocodeur, le mètre numérique, etc) de manière un peu trop évidente et artificielle, pour les réutiliser ultérieurement dans des conditions similaires, afin de "détecter" la présence de la créature.

C'est dommage, car il y a une certaine efficacité dans la mise en images de Larry, avec sa silhouette d'échalas inhumain, ses cartilages qui craquent, et la manière dont il est présenté à l'écran. À l'identique, c'est plutôt bien interprété, et même si, dans la dernière ligne droite, les personnages adultes ont un peu tendance à croire à la menace et à échafauder des hypothèses un peu trop rapidement, le tout reste plutôt sympathique à suivre.

Reste qu'il n'y a pas grande originalité dans ce film à la métaphore convenue et maladroite sur "la solitude de l'être humain plongé dans ses écrans". Ce n'est pas forcément rédhibitoire, tout comme la fin douce-amère-mais-pas-trop n'est pas non plus trop problématique, mais ça empêche cette adaptation de court-métrage de s'élever bien au-delà de la moyenne.

3.25/6

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Et comme toujours, vous pouvez retrouver la liste complète de tous les films passés en revue dans le cadre de l'Oktorrorfest dans le menu Index de haut de page, ou en cliquant directement sur ce lien...

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Les bilans de Lurdo - Halloween Oktorrorfest 2021 - Truth Seekers, saison 1 (2020)

Publié le 26 Septembre 2021 par Lurdo dans Comédie, Fantastique, Halloween, Horreur, Les bilans de Lurdo, Oktorrorfest, Review, Thriller, Télévision, UK, Amazon, Science Fiction, Science-Fiction

L'Halloween Oktorrorfest touche aussi le petit écran, avec chaque week-end, durant tout le mois d'octobre, des critiques de séries fantastiques et horrifiques...

Truth Seekers, saison 1 (2020) :

Meilleur technicien de l'opérateur Smyle, dirigé par David (Simon Pegg), Gus (Nick Frost) est aussi un chasseur de fantômes et de phénomènes paranormaux qui publie ses vidéos sur YouTube, au grand dam de son beau-père Richard (Malcolm McDowell), qui vit avec lui. Mais lorsqu'on lui associe un nouveau partenaire de travail, Elton John (Samson Kayo), Gus va soudain être directement mis en contact avec un monde surnaturel qu'il n'avait jusqu'alors vu qu'en imagination, notamment lorsque les deux hommes croisent le chemin d'Astrid (Emma D'Arcy), et sont impliqués dans une conspiration des plus funestes...

Une production Amazon produite par Simon Pegg et Nick Frost, et co-écrite par le duo, ainsi que par James Serafinowicz (frère de Peter) et Nat Saunders (scénariste de comédies télévisées et du film SOS : Save our Skins). Au programme, huit épisodes d'une petite demi-heure mêlant horreur, fantastique et comédie, pour un résultat un peu inégal, sans être pour autant désagréable.

Le problème, en fait, c'est que le ton global de la série semble parfois hésitant : l'humour n'est pas aussi appuyé que dans la plupart des autres collaborations Pegg/Frost, et cède ainsi fréquemment la place à une horreur plus frontale et marquée.

On sent que la fine équipe a voulu mêler les genres et produire quelque chose de différent, notamment au niveau de la réalisation très "voyeuriste" (la caméra est fréquemment en mode fish-eye avec contours floutés). Et la série passe donc constamment d'un humour léger à un surnaturel macabre, pour revenir à du fantastique très Doctor Who, et repartir à nouveau dans une autre direction.

Ce n'est pas totalement maîtrisé, c'est relativement brouillon, mais ça se regarde, notamment parce que la distribution est motivée et qu'il y a toujours un certain savoir-faire typiquement british... Je mentirais cependant en disant avoir totalement accroché au programme, malgré la présence de multiples visages familiers (Kevin Eldon, Malcolm McDowell, Kelly Macdonald...).

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Retrouvez aussi toutes les autres séries passées en revue sur ce blog en cliquant ici.

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Blog Update ! - Octobre 2020 - Bilan Halloween Oktorrorfest 2020

Publié le 2 Novembre 2020 par Lurdo dans Cinéma, Critiques éclair, Fantastique, Halloween, Horreur, Les bilans de Lurdo, Oktorrorfest, Review, Télévision, Update

En octobre, retour au calme chez les Téléphages Anonymes : l'algorithme Google a retrouvé le chemin de notre blog, et avec lui, les visiteurs sont revenus en nombre normal... C'est donc l'esprit plus tranquille que j'ai pu me concentrer sur cette édition de l'Halloween Oktorrorfest, le marathon annuel de films et de séries d'horreur et fantastiques auxquelles je consacre systématiquement ce mois d'octobre...

01 - Isabelle (2019) - 2/6

02 - Extra Ordinary (2019) - 4/6

03 - The Banana Splits Movie (2019) - 2.25/6

04 - Scooby-Doo et la Malédiction du 13e Fantôme (2019) - 2.5/6

05 - La Couleur tombée du Ciel (2020) - 4.5/6

06 - Cleaning up The Town : Remembering Ghostbusters (2020) - 4.5/6

07 - Abnormal Attraction (2019) - 2/6

08 - Underwater (2020) - 2/6

09 - The Hunt (2020) - 2.75/6

10 - Murder Manual (2020) - 1.5/6

11 - Snatchers (2019) - 3/6

12 - Lego Scooby-Doo : Terreur au Temps des Chevaliers (2015) & Le Fantôme d'Hollywood (2016) - 3/6

13 - Two Heads Creek (2020) - 3/6

14 - Sea Fever (2019) - 3.75/6

15 - You Should Have Left (2020) - 2/6

16 - After Midnight (2020) - 3/6

17 - We Summon The Darkness (2020) - 3/6

18 - Smoke and Mirrors : The Story of Tom Savini (2015) - 4.5/6

19 - Peninsula : Dernier Train pour Busan 2 (2020) - 2/6

20 - Scare Package (2020) - 3.5/6

21 - The Rental (2020) - 2/6

22 - Becky (2020) - 2/6

23 - In Search of Darkness (2019) - 3/6

24 - Scooby-Doo et la Créature des Ténèbres (2008) - 3.75/6

25 - Vampire, vous avez dit vampire ? (1985) - 3.5/6

26 - Vampire, vous avez dit vampire ? 2 (1988) - 2.5/6

27 - Génération Perdue (1987) - 3.75/6

28 - Scary Stories (2018) - 2.5/6

29 - Come to Daddy (2020) - 3.25/6

30 - Portals (2019) - 2/6

31 - Lego Scooby-Doo : Mystère sur la plage ! (2017) - 2/6

32 - Fright Night (2011) - 3/6

33 - Uncle Peckerhead (2020) - 4/6

34 - The Invisible Man (2020) - 4/6

35 - La Baby-sitter 2 : Killer Queen (2020) - 2/6

36 - Antebellum (2020) - 1/6

37 - Gretel et Hansel (2020) - 3.75/6

38 - Génération Perdue 2 (2008) - 1.5/6

39 - The Lighthouse (2019) - ?/6

40 - The Room (2020) - 2/6

41 - Génération Perdue 3 : l'Origine du Mal (2010) - 2.75/6

42 - Des Vampires dans le Bronx (2020) - 2.25/6

43 - Amulet (2020) - 3/6

44 - Yummy (2019) - 2.25/6

45 - Relic (2020) - 3/6

46 - The Beach House (2020) - 3/6

47 - Aux Frontières de l'Aube (1987) - 3.75/6

48 - Ghosts of War (2020) - 3/6

49 - #Alive (2020) - 3.5/6

50 - The Deep Ones (2020) - 1/6

51 - Get Duked ! (2020) - 4/6

52 - Dracula 3D (2012) - 1.5/6

53 - Sputnik (2020) - 3.75/6

54 - Nightmare Island (2020) - 1.5/6

55 - Hubie Halloween (2020) - 3.5/6

56 - The Turning (2020) - 2/6

57 - Doctor Sleep - Director's Cut (2019) - 4/6

58 - Books of Blood (2020) - 2.5/6

59 - Love and Monsters (2020) - 3.5/6

60 - Petit Guide de la Chasseuse de Monstres (2020) - 2/6

61 - The Halloween Family (2019) - 1/6

62 - Joyeuse Halloween, Scooby-Doo ! (2020) - 4/6

63 - Sacrées Sorcières (2020) - 2/6

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# Bilan :

L'année dernière, j'avais passé 60 films en revue dans le cadre de l'Halloween Oktorrorfest 2019 ; cette année, ce sont 64 moyens et longs-métrages que j'ai visionnés - pas une grande différence du point de vue de la quantité, mais une amélioration qualitative globale.

En effet, alors qu'en 2019, pas un film ne dépassait la barre des 3.5/6, 2020 nous offre une quinzaine de films au-dessus de cette barre : des documentaires (Smoke and Mirrors, consacré à Savini et Cleaning up the Town, dédié à Ghostbusters), des dessins-animés (Joyeuse Halloween, Scooby-Doo et Scooby-Doo et la Créature des Ténèbres), des classiques du genre (Aux Frontières de l'Aube, Génération Perdue), de la comédie (Get Duked !, Uncle Peckerhead, Extra Ordinary), et de l'horreur beaucoup plus sérieuse (Sputnik, The Invisible Man, Sea Fever, La Couleur tombée du ciel, Gretel et Hansel, Doctor Sleep).

De quoi plaire à chacun, d'autant que le nombre de films à la note inférieure ou égale à 2.5/6 est, mécaniquement, lui aussi légèrement à la baisse.

Alors est-ce que cette amélioration globale n'est qu'une impression erronée de ma part, produit d'une année 2020 globalement désastreuse qui incite à l'indulgence ? Difficile à dire. En tout cas, cette Oktorrorfest était loin d'être désagréable.

Pour un aperçu de ce à quoi ressemblait l'Halloween Oktorrorfest les années précédentes, direction l'index dédié, en cliquant ici !

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# Film(s) du mois :

En mettant de côté les documentaires, mon trio de tête se constitue donc de La Couleur tombée du Ciel, une adaptation déglinguée de Lovecraft avec un Nicolas Cage en roue libre et qui ne plaira clairement pas à tout le monde ; le Director's Cut de Doctor Sleep, un projet très ambitieux, polarisant, et intéressant signé du toujours efficace Mike Flanagan ; et The Invisible Man, une relecture efficace et nerveuse de la figure de l'Homme invisible.

# Flop(s) du mois :

Là, c'est encore plus simple : Antebellum est un plantage notable, une relecture idiote du Village de Shyamalan à la sauce woke façon Jordan Peele ; The Halloween Family, un film d'animation sans budget et sans intérêt ; et The Deep Ones, une adaptation fauchée de Lovecraft, racoleuse et approximative.

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# Petit écran :

Beaucoup de séries dans l'Oktorrorfest, cette année : de l'animation de plus ou moins bonne qualité (La Forêt de l'étrange, excellent ; Castlevania, nettement moins), de la comédie anglo-saxonne amusante (Wellington Paranormal, What We Do In the Shadows, Inside No. 9), des anthologies peu probantes (Monsterland, Bloodride, Creepshow) et des séries plus classiques, aux résultats inégaux (Dracula, Locke and Key, Les Héritiers de la Nuit, Lovecraft Country).

Un peu comme du côté des films, il y en a donc pour tous les goûts, pour peu qu'on ne soit pas trop à cheval sur la qualité...

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# À venir :

En novembre, retour à un programme plus classique (et confiné), avant d'entamer, dès la fin du mois, la Christmas Yulefest 2020 et son marathon de films festifs en tous genres !

Dans l'intervalle, ce mois-ci, place à Borat, à Jackie Chan, à Christopher Nolan, à Bill Murray, à Buckaroo Banzaï, à Jessica Chastain, à un gorille parlant, et à bien plus encore. Et niveau séries, on couvrira la fin de Star Trek Lower Decks, la nouvelle saison de Star Trek Discovery, le Mandalorien, quelques super-héros déglingués... et peut-être même la fin des aventures surnaturelles des frères Winchester !

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Et comme toujours, vous pouvez retrouver la liste complète de tous les films passés en revue sur ce blog dans le menu Index de haut de page, ou en cliquant directement sur ce lien (000-1000) et sur celui-ci (1001-2000)...

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Les bilans de Lurdo - Halloween Oktorrorfest 2020 - Lovecraft Country, saison 1 (2020)

Publié le 1 Novembre 2020 par Lurdo dans Anthologie, Aventure, Critiques éclair, Drame, Fantastique, Halloween, Horreur, Les bilans de Lurdo, Oktorrorfest, Review, Romance, Science-Fiction, Thriller, Télévision, USA, HBO

L'Halloween Oktorrorfest touche aussi le petit écran, avec chaque week-end, tout le mois d'octobre, des critiques de séries fantastiques et horrifiques...

Lovecraft Country, saison 1 (2020) :

Lorsque son père Montrose (Michael K. Williams) disparaît, Atticus (Jonathan Majors), jeune vétéran de la guerre de Corée, part pour Ardham, dans le Massachusetts, en compagnie de son oncle George (Courtney B. Vance) et de Letitia (Jurnee Smollett), une amie d'enfance. Là, confronté au racisme de la société des années 50, le trio découvre les origines réelles de Atticus, liées à une mystérieuse société secrète, et à l'étrange famille Braithwhite...

Pour être franc, j'ai abordé cette série HBO avec de grosses pincettes, un peu échaudé par de multiples facteurs : non seulement la présence de Jordan Peele (spécialisé dans les productions de genre woke, comme Get Out, Us et la Twilight Zone, généralement trop pataudes pour vraiment convaincre au-delà du cercle des déjà convaincus) m'incitait à la méfiance, mais aussi le concept même de cette série, qui participe de la tendance actuelle à réécrire une certaine histoire raciale, à reconquérir un certain héritage (comme le dit le slogan même de la série, cf. l'affiche), et à produire des programmes afro-américano-centriques pointant ouvertement du doigt les errances de la société blanche américaine... au détriment de figures du passé cancelled à l'aune de notre jugement moderne.

Ici, Lovecraft Country, série adaptée du roman du même nom de Matt Ruff, est donc une production HBO chapeautée par Jordan Peele et confiée à la jeune scénariste Misha Green (ancienne scénariste sur Heroes, et showrunneuse d'une série câblée sur l'esclavage et les réseaux clandestins de l'époque). Comme le roman de Ruff (suite de mini-récits parfois sans lien, mais se donnant pour but de réinventer le genre pulp sous le prisme de protagonistes noirs et du racisme sociétal), la série se veut une exploration de la littérature de genre, confrontée à son racisme et à ses préjugés inhérents, et en plaçant en son centre des personnages noirs.

Une relecture de l'histoire de l'Amérique qui, soyons francs, n'a vraiment pas grand chose à voir avec l'horreur lovecraftienne : oui, il y a des tentacules sur l'affiche, oui, on aperçoit un Cthulhu imaginaire dans le pilote, oui, ce dernier suit une trame vaguement lovecraftienne du protagoniste qui se découvre des origines sinistres et surnaturelles en revenant sur la terre de ses ancêtres... mais honnêtement, ça s'arrête là, et l'accroche "Lovecraft" tient presque plus de l'effet de manche qu'autre chose.

Le prisme afro-américain impose en effet à la série des éléments totalement étrangers à l'horreur lovecraftienne : danse, musique, sexe, passion, sentiments, oppression, racisme, attitude, religion, etc... et une horreur beaucoup plus frontale, avec des monstres numériques montrés à l'écran, et pas la moindre tension prégnante.

Qui s'attend à de l'horreur lovecraftienne sera déçu. Qui veut voir le genre de l'horreur déconstruit selon une grille de lecture dénonçant le racisme sera déjà plus satisfait.

Malheureusement, même en abordant le programme sous cet angle, je dois dire que je n'ai pas aimé (à l'exception d'un épisode sur lequel je reviendrai). En fait, malgré les déluges de compliments critiques reçus par la série (principalement pour son côté engagé et dénonce, mais aussi parce que les œuvres afro-américaines bénéficient, ces temps-ci, d'un totem d'immunité critique, comme le soulignait Kenya Barris dans un épisode de #BlackAF), Lovecraft Country est une série où la forme affaiblit grandement le fond.

Et par la forme, j'entends les décisions créatives de la showrunneuse : décisions musicales (non seulement la bande originale orchestrale est vraiment envahissante, mais les chansons modernes se succèdent, de Rihanna à Frank Ocean en passant par Cardi B et Marilyn Manson, et le contraste reconstitution historique/hip-hop ne passe tout simplement pas - sans même mentionner l'utilisation récurrente de poésie récitée ou de discours politiques comme illustration sonores de certaines scènes), visuelles (les manifestations surnaturelles sont souvent assez cheap, à quelques exceptions près), la caractérisation (Atticus est monolithique pendant 80% de la saison, Leti est un cliché trop moderne du personnage féminin afro-américain fort à attitude qui quitte toutes les pièces en tapant du pied) et surtout l'écriture.

Une écriture jamais particulièrement subtile (tout ce qui a trait à la race, à la ségrégation, etc, est abordé avec de gros sabots, les traits sont grossiers et épais, le récit est très manichéen et donneur de leçons, les rebondissements sont télégraphiés bien à l'avance), souvent décousue (de nombreuses scénettes ne semblent là que pour servir de transitions, plusieurs personnages finissent par ne faire que de la figuration dans le final), qui parfois s'effondre totalement (l'épisode 02 est à ce titre un véritable désastre, un festival de raccourcis narratifs honteux et bâclés, d'éléments inexpliqués, de déductions improbables, qui condense en une heure l'équivalent d'une saison d'intrigues et tombe totalement à plat), et qui tente de rajouter encore une couche de wokeness au roman de Ruff.

Au point de paraître parfois cocher mécaniquement des cases sur la liste de la représentativité des minorités : afro-américains opprimés, homosexuel refoulé, esprit hermaphrodite (avec nudité intégrale totalement gratuite), femme bisexuelle blanche confrontée au sexisme patriarcal de la société (et qui change de sexe à volonté grâce à ses pouvoirs), lesbienne communiste, toute la gamme LGBTQ est couverte par les personnages secondaires, de manière parfois bien artificielle.

Il faut dire que le tout n'est pas aidé par la forme semi-anthologique de la série, qui singe le déroulement du roman, sans toutefois oser détacher vraiment ses récits de ses personnages principaux. Après son double épisode d'ouverture (un pilote road-movie honorable, un deuxième épisode catastrophique), les bases sont posées, et la série fait le choix de consacrer ses épisodes suivants à un genre ou à un personnage secondaire distinct.

On a ainsi le genre de la maison hantée, prétexte pour souligner les exactions commises par des blancs (ici, un médecin juif nommé Epstein) sur leurs patients noirs ; l'aventure pulp façon Indiana Jones, bourrée de raccourcis et d'approximations, mais pas désagréable à suivre (bien que totalement surjoué) ; le voyage temporel, avec un retour (encore un, après la série Watchmen) dans le Tulsa de 1921, pour assister au Massacre ; l'aventure à la John Carter, avec Hippolyta (la tante de Tic, interprétée par Aunjanue Ellis) qui ouvre un portail dimensionnel, s'émancipe de sa condition de femme noire opprimée et devient une super-exploratrice aux cheveux bleus qui arpente l'espace et le temps, façon Doctor Who...

Sans oublier des épisodes plus centrés sur les personnages secondaires : Ruby (Wunmi Mosaku), la sœur de Leti, qui se rapproche de William/Christina (Jordan Patrick Smith/Abbey Lee), et découvre, en changeant temporairement d'apparence, ce qu'est la vie du point de vue d'une femme blanche ; Montrose, qui assume sa sexualité ; la petite Diana (Jada Harris), littéralement hantée par ses démons (que je n'ai pas trouvé très réussis, bizarrement, puisque ces démons sont deux danseuses au langage corporel assez artificiel et forcé, bien trop chorégraphié à mon goût)...

Et donc, comme je le disais, il y a aussi le seul véritable épisode de la série à m'avoir convaincu, un épisode historique consacré au passage d'Atticus en Corée, et à sa romance avec Ji-Ah (Jamie Chung), un être surnaturel tiraillée entre ses sentiments pour Tic et sa nature démoniaque la forçant à dévorer les hommes avec lesquels elle couche. Un récit unitaire efficace, convaincant, bien écrit et développé... mais qui malheureusement ne sert que de digression dans cette saison : Ji-Ah est une invention des scénaristes, une invention qui finit par ne servir que de deus ex machina très maladroit dans l'épisode final de la saison.

Parce que, j'y reviens encore, mais le véritable problème de cette série, c'est vraiment son écriture : Misha Harris est à l'écriture/co-écriture de tous les épisodes, et l'on retrouve ses gimmicks d'écriture partout - facilités scénaristiques, logique approximative, montages à l'illustration musicale décalée ou pompeuse, et protagonistes tous plus ou moins antipathiques.

C'est d'ailleurs un gros paradoxe de cette saison, qui tente de nous émouvoir du sort de Montrose, de nous attacher à la romance de Tic et Leti, de nous faire compatir au traumatisme de Diana, de Ruby ou d'autres personnages... tout en les rendant particulièrement peu attachants et en les équipant d'une plot armor frustrante.

Montrose tue une inconnue de sang-froid, Tic a des réactions constamment intolérantes et violentes (vis à vis de son père, de Ji-Ah...), Leti passe son temps à n'en faire qu'à sa tête et à agir sans consulter les autres, Ruby viole son patron avec un talon aiguille... c'est bien simple, à la fin de la saison, lorsque Christina trouve la mort (d'une manière assez naze, tuée par une Diana au bras cybernétique, alors que les deux personnages se connaissent à peine), on en vient (presque) à se ranger de son côté : après tout, en comparaison du reste de la distribution, les péchés de Christina sont (presque) moindres, et sa relation avec Ruby est la mieux développée de la série.

Mais elle est blanche, et elle doit donc mourir. C'est un peu la morale de cette saison, d'ailleurs : tous les Blancs qui apparaissent dans le show sont violents/racistes/maléfiques/manipulateurs/brutaux/rayez la mention inutile, et les Afro-américains doivent donc reprendre le pouvoir pour que les choses s'améliorent - c'est même la conclusion littérale de l'épisode final, qui voit Leti (apparemment devenue experte en magie, principalement hors-champ) priver de pouvoirs magiques l'intégralité de la population blanche de la planète, au profit des Noirs opprimés.

Une conclusion grandiloquente, radicale et manichéenne, qui caractérise bien la série Lovecraft Country : un programme aux intentions louables, mais aux méthodes pataudes et maladroites, qui finissent par desservir le propos et le récit.

Lovecraft Country se veut ainsi une affirmation de l'afro-américanité, une reconquête d'un genre littéraire (le pulp) par ses lecteurs noirs, un éloge de la représentativité et une critique incendiaire de la société américaine et de ses rapports avec les minorités.

Dans les faits, c'est un patchwork décousu d'influences et de styles, un ensemble de variations tonales constantes, d'effets spéciaux très inégaux (certains maquillages pratiques et/ou numériques, comme le changement de peau très Barkerien, sont réussis ; d'autres, comme Hippolyta qui se branche dans la machine, sont ratés et risibles ; d'autres encore, comme les créatures, sont très peu inspirés) de mythologie brouillonne et de personnages sommaires, aux décisions arbitraires et aux réactions parfois étranges.

Le tout, baigné dans des références culturelles permanentes à l'histoire afro-américaine, références rarement explicitées qui échapperont probablement à la plupart des spectateurs européens, et qui sont parfois revisitées de manière assez malhabile, à la limite de l'exploitation facile et honteuse (je pense notamment à la scène durant laquelle Christina rejoue le lynchage d'un jeune Noir pour tester ses pouvoirs et son immortalité : une scène qui sort un peu de nulle part et frôle le mauvais goût).

Bref, à moins de faire déjà partie du camp des convaincus, je ne peux pas vraiment conseiller ce Lovecraft Country. L'écriture d'une série est son élément le plus important à mes yeux, et c'est le point le plus défaillant de ce programme : Lovecraft Country se voudrait une série du calibre de Watchmen, mais force est de constater qu'on est, au final, plus proche d'une série CW ou d'un True Blood - la même absence de rigueur et les mêmes approximations, sans le côté fun et décomplexé.

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Retrouvez aussi toutes les autres séries passées en revue sur ce blog en cliquant ici.

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Les bilans de Lurdo - Halloween Oktorrorfest 2020 - A Creepshow Animated Special (2020)

Publié le 1 Novembre 2020 par Lurdo dans Anthologie, Animation, Comédie, Critiques éclair, Fantastique, Halloween, Horreur, Les bilans de Lurdo, Oktorrorfest, Review, Thriller, Télévision, USA, Shudder

L'Halloween Oktorrorfest touche aussi le petit écran, avec chaque week-end, tout le mois d'octobre, des critiques de séries fantastiques et horrifiques...

A Creepshow Animated Special (2020) :

Épisode spécial Halloween de l'anthologie Creepshow de Shudder, une anthologie qui, dans sa première saison, était très loin de m'avoir convaincu : fauchée et très approximative, cette saison 1 donnait l'impression d'un programme conçu à la va-vite et manquant clairement de finition, à tous les niveaux de la production.

Cependant, le programme avait reçu un accueil particulièrement enthousiaste de la part des critiques américains, et Shudder remet donc le couvert en gardant la même équipe de production, mais en optant pour des économies de budget avec un format animé (en réalité, c'est du motion comic, la version bon marché de l'animation classique ^^) et deux épisodes de 22 minutes environ, basés sur des intrigues de Stephen King et de son fils, Joe Hill.

Et après une introduction en prises de vue réelles sur la marionnette du Creep (toujours aussi rigide) qui dessine les personnages des histoires à venir, on commence donc par...

# Survivor Type : Richard (Keith Sutherland), chirurgien réputé, se retrouve échoué sur une île déserte où, affamé, confronté à une fracture du pied, et n'ayant que de l'héroïne et son équipement médical pour s'occuper, il opte pour une solution drastique...

Un segment assez inégal : malgré un style graphique plutôt appréciable, le récit semble un peu précipité (la narration de Sutherland n'a pas le temps de respirer, et connaît, çà et là, des rapiéçages audio qui trahissent un enregistrement compliqué) et son format déstructuré n'est pas forcément ultra-pertinent.

C'est bien interprété, certes, mais ça s'arrête là.

# Twittering from the Circus of the Dead : Lors d'un road trip avec sa famille, Blake (Joey King) s'ennuie totalement et passe son temps à tweeter. Jusqu'à ce qu'ils s'arrêtent au Cirque des Morts, un cirque où tous les artistes sont des zombies, aux numéros des plus sinistres...

Dans un premier temps, une narration gentiment monotone, pas forcément la faute de Joey King, mais plus de l'écriture, exclusivement au format tweet de 140 caractères, ce qui donne une mise en place assez peu intéressante.

Quand ça démarre enfin, cela dit, au bout de 7-8 minutes, c'est plutôt amusant à suivre, avec une Joey King qui s'investit, tant dans l'enthousiasme que dans la terreur, et un style graphique qui fonctionne bien.

Le tout s'essouffle néanmoins un peu vers la fin, mais bon.

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Bref, dans l'ensemble, un épisode spécial Halloween qui n'est pas désagréable, mais qui reste un peu inégal, avec un premier segment inabouti, et un second bien plus sympathique. Dans la droite lignée de la première saison du show, en somme.

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Et comme toujours, vous pouvez retrouver la liste complète de tous les films passés en revue dans le cadre de l'Oktorrorfest dans le menu Index de haut de page, ou en cliquant directement sur ce lien...

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Halloween Oktorrorfest 2020 - 63 - Sacrées Sorcières (2020)

Publié le 31 Octobre 2020 par Lurdo dans Cinéma, Comédie, Critiques éclair, Fantastique, Halloween, Horreur, Jeunesse, Oktorrorfest, Review, USA, HBO Max

Chez les Téléphages Anonymes, de fin septembre à début novembre, on fête Halloween et l'Oktorrorfest, un marathon quotidien de cinéma fantastique et d'horreur...

Sacrées Sorcières (The Witches - 2020) :

En 1968, dans l'Alabama, un jeune garçon (Jahzir Kadeem Bruno) accompagne sa grand-mère (Octavia Spencer) pour un séjour dans un grand hôtel de luxe, où il découvre un couvent de sorcières dirigées par la Grande Sorcière (Anne Hathaway). Leur objectif : distribuer une potion à l'échelle mondiale, et transformer tous les enfants en rongeurs...

Robert Zemeckis. Guillermo Del Toro. Alfonso Cuaron. Kenya Barris : quatre créateurs de talent, dans leurs genres respectifs, auxquels s'ajoute Alan Silvestri à la musique. Roald Dahl et Sacrées sorcières : un roman pour enfants mondialement connu et apprécié et dont la première adaptation (Les Sorcières, 1990), nostalgie aidant, est devenue un semi-classique, globalement salué pour ses effets spéciaux et pour son ton macabre.

Avec tant de talents derrière la caméra, et tant de potentiel, comment expliquer alors que ce remake cette nouvelle adaptation du récit soit à ce point plate et insipide ?

Parce que j'ai beau ne pas forcément être le plus grand fan de la version de 1990, mais je reconnais sans peine que les maquillages et effets signés Jim Henson étaient mémorables (de quoi donner des cauchemars aux plus jeunes), qu'Anjelica Huston faisait une sorcière glaçante et menaçante, et que le tout avait un charme typiquement british plutôt sympathique (et Mr Bean !).

Mais là, rien ne fonctionne vraiment. Déjà, évacuons tout de suite la contribution de Kenya Barris (Black-ish) : je vais peut-être m'avancer, mais je dirais que sa contribution a largement été évacuée au fil des révisions, et qu'il ne reste plus de son apport que le cadre du film (l'Alabama des années 60) et l'ethnicité du héros et de sa grand-mère. Deux facteurs qui auraient pu donner lieu à un propos sur le racisme de l'époque, etc... mais qui n'est pas exploité un seul instant, si ce n'est peut-être en filigrane, pendant quelques secondes, dans les regards du personnel de l'établissement, étonné de voir une afro-américaine avec de l'argent.

Mais c'est tout : peut-être que le premier jet du scénario était plus engagé socialement, et que ça s'est perdu en cours de route... car sinon, il n'y a absolument aucun intérêt dans la transposition du récit dans le sud des USA, dans les 60s. Pire : cela enlève tout le charme british et le flegme du récit original, qui se retrouve bien plat et générique.

Toute la mise en place du récit, avant l'arrivée dans l'hôtel, est ainsi laborieuse et mécanique ; pour ne rien arranger, le film a droit à une narration ponctuelle assez joviale de Chris Rock, totalement en décalage avec le ton du film, et qui ressemble plus à son travail sur Tout le monde déteste Chris qu'à autre chose (là aussi, un reste de l'influence de Kenya Barris ?).

Et puis, une fois dans l'hôtel, le film devient le show d'Anne Hathaway. Que l'on ne s'y méprenne pas : Hathaway est l'un des points forts du film, avec Octavia Spencer. Les deux actrices dominent le film dans des genres très différents, l'une en cabotinant, l'autre en mode grand-mère tendre et attachante.

Mais, un peu comme dans la version de 1990, les mésaventures des enfants-souris à l'hôtel ne sont pas des plus intéressantes, pas aidées par des effets spéciaux assez médiocres : depuis le chat d'Hathaway jusqu'aux souris, en passant par les transformations en rongeurs et par le maquillage des sorcières (au sourire carnassier façon Vampire, vous avez dit vampire ou monstre asiatique), tout est numérique et très approximatif, avec un rendu bien trop caricatural et forcé pour convaincre.

Dépourvu de ses effets, de son atmosphère et de son humour, Sacrées sorcières est affreusement anonyme, et n'a donc d'intérêt que pour la prestation d'Hathaway, qui s'amuse, ainsi que pour la présence de Spencer. On pourra aussi citer la fin douce-amère, qui était absente de la version 1990... pas de panique, cependant : si elle est bien présente ici, elle est aussi désamorcée par une scène finale sur les souris en train de danser sur We are family de Sister Sledge.

Ouaip. À se demander si le studio n'a pas passé son temps à fourrer son nez dans le projet original, jusqu'à le vider de sa moelle.

2/6

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Halloween Oktorrorfest 2020 - 61 - The Halloween Family (2019)

Publié le 31 Octobre 2020 par Lurdo dans Animation, Cinéma, Comédie, Critiques éclair, Fantastique, Halloween, Horreur, Jeunesse, Oktorrorfest, USA

Chez les Téléphages Anonymes, de fin septembre à début novembre, on fête Halloween et l'Oktorrorfest, un marathon quotidien de cinéma fantastique et d'horreur...

The Halloween Family (2019) :

La nuit d'Halloween, Larry le zombie et Fred la momie se lancent dans une quête étrange, à la recherche du mythique Goul...

Aïe. Un film d'animation d'environ 80 minutes, et qui consiste, en gros, en 80 minutes de dialogues interprétés de manière caricaturale et fatigante par des doubleurs, et plaqués sur des personnages à l'animation sommaire, qui marchent dans des décors répétitifs.

Je vais être franc : après avoir été agréablement surpris par l'esthétique du décor global, dans les premières minutes, j'ai très rapidement déchanté, et j'ai même fini par totalement décrocher du film en cours de route - ce n'est pas intéressant, ce n'est pas drôle, ce n'est absolument pas rythmé, et ça a clairement été produit avec un budget microscopique... ce qui n'est pas forcément surprenant, quand on regarde les filmographies de son réalisateur et du studio, bourrées de mockbusters miteux.

Un généreux 1/6

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Halloween Oktorrorfest 2020 - 59 - Love and Monsters (2020)

Publié le 30 Octobre 2020 par Lurdo dans Action, Cinéma, Comédie, Critiques éclair, Fantastique, Halloween, Horreur, Oktorrorfest, Review, Romance, USA

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Love and Monsters (2020) :

Sept ans après qu'un désastre écologique ait éradiqué 95% de la population humaine et transformé insectes et animaux en mutants carnivores gigantesques, les survivants vivent en groupe, terrés dans des bunker. Joel (Dylan O'Brien), perpétuellement terrifié et se sentant inutile, ne rêve que d'une chose : retrouver Aimee (Jessica Henwick), sa petite-amie, qui vit dans un autre bunker, à plusieurs dizaines de kilomètres de là. Sur un coup de tête, il décide alors de tenter seul l'aventure... croisant en chemin Minnow (Ariana Greenblatt), Clyde (Michael Rooker), Mav1s le robot, et un brave toutou qui devient son compagnon.

Une comédie fantastique qui ressemble fortement au croisement de la franchise Fallout avec les Zombieland, auxquels ce Love and Monsters, plus sage, emprunte beaucoup, tant dans les personnages que dans leurs relations, dans les règles de survie, dans la mise en images, dans le côté road trip, etc.

À partir de là, il n'y a pas grand chose de surprenant dans ce métrage : c'est plutôt efficace (principalement parce que le ton est relativement décontracté, et les effets spéciaux convaincants), c'est bien interprété (je suis un peu plus mitigé sur la petite Ariana Greenblatt) mais ça reste globalement assez dérivatif et cousu de fil blanc.

Pas désagréable, mais très convenu (notamment son grand final, qui se rappelle in extremis qu'il serait dommage d'avoir Jessica Henwick au casting sans lui donner une scène d'action).

3.5/6

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Halloween Oktorrorfest 2020 - 58 - Books of Blood (2020)

Publié le 30 Octobre 2020 par Lurdo dans Anthologie, Cinéma, Critiques éclair, Drame, Fantastique, Halloween, Horreur, Oktorrorfest, Review, Thriller, Télévision, USA, Hulu

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Books of Blood (2020) :

Une pseudo-anthologie faiblarde adaptant (en théorie) les écrits de Clive Barker (en réalité, quasiment pas, si l'on excepte le fil conducteur très ténu) et ressemblant fortement à un téléfilm ou à projet de série anthologique bricolé à la dernière minute pour faire un long-métrage alimentant la plate-forme.

Et pour cause ! C'est justement ça : un projet de série anthologique produite par Touchstone Television, et chapeautée par Brannon Braga (tous les Star Trek depuis Next Generation jusqu'à Nemesis) et Adam Simon (Salem, Carnosaur, Le dernier rite), mais qui a été annulée en cours de route, et recyclée pour fournir du contenu à Hulu.

Le résultat : un métrage composé de deux segments et demi assez bancals, jamais particulièrement bien rythmés ou écrits, et qui frustrent plus qu'ils ne convainquent. En somme, un film qui donne le ton dès son carton d'ouverture, assez ridicule et forcé, et qui ne se montre jamais à la hauteur de l'œuvre dont il s'inspire.

- Jenna : Jenna (Britt Richardson), une jeune femme traumatisée atteinte de tocs et d'anxiété paranoïaque, s'enfuit de chez ses parents après avoir cessé de prendre ses médicaments, et trouve refuge dans un bed & breakfast tenu par un couple accueillant (Freda Foh Shen, Nicholas Campbell). Mais progressivement, Jenna se persuade que quelque chose ne tourne pas rond chez eux...

Mouais, un segment longuet (pour ne pas dire : un premier épisode de 45 minutes) jamais suffisamment abouti pour être satisfaisant, notamment dans l'utilisation de la maladie de Jenna pour faire monter le suspense. Le couple est immédiatement suspect aux yeux du spectateur, de nombreux éléments restent sous-développés (l'incident à l'école, etc), les effets spéciaux sont inégaux, et le grand final traîne en longueur malgré quelques maquillages réussis, avec monologues d'exposition maladroits à la clef et chute assez plate.

- Simon : Traumatisée par la mort de son fils leucémique, Mary (Anna Friel), une chercheuse sceptique spécialisée dans le debunking de charlatans, tombe sous le charme de Simon (Rafi Gavron), un séduisant médium dont les pouvoirs semblent bien réels...

Un peu de nudité masculine au programme de ce segment prévisible de bout en bout et pas très intéressant, entre son interprétation inégale, une Anna Friel liftée de partout, ses effets spéciaux inégaux, et sa chute télégraphiée. Un bon gros bof.

- Bennett : Petite frappe violente, Bennett (Yul Vazquez) décide de partir récupérer un ouvrage rarissime, le Livre de Sang, en guise de paiement d'une dette.

Un segment un peu creux, puisqu'il est supposé lier les trois histoires en une seule et même conclusion sanglante : un pari semi-réussi et semi-bâclé, qui a quelques moments sympathiques, mais qui frustre aussi beaucoup plus qu'il ne convainc, d'autant que...

- Jenna : Hantée par ses souvenirs, par ses phobies, et parce qu'elle a vécu chez ce couple étrange, Jenna prend une décision radicale.

Alors que le tout semblait plus ou moins bouclé, voilà que le film revient sur le personnage de Jenna, pour lui offrir un passé tragique (mais pas surprenant pour qui a prêté attention au film), et une fin qui l'est encore plus. Pas désagréable, mais ça arrive un peu comme un cheveu sur la soupe, avant de basculer sur un générique de fin sur fond de Marilyn Manson bien daté.

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Bref : ce n'est pas très bon. Pour une anthologie télévisuelle, ça aurait pu passer, même si l'on est très loin du côté sulfureux et inventif de Clive Barker : Books of Blood est assez moyen sur de nombreux plans, que ce soit l'écriture, l'interprétation (Britt Richardson est excellente, cela dit), la réalisation, les effets, les idées...

Encore une fois, ça aurait pu passer à la télévision, au format hebdomadaire. En film, ça coince déjà nettement plus, et ça reste bien trop superficiel et creux pour laisser la moindre impression.

2.5/6

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Halloween Oktorrorfest 2020 - 57 - Doctor Sleep - Director's Cut (2019)

Publié le 29 Octobre 2020 par Lurdo dans Cinéma, Critiques éclair, Drame, Fantastique, Halloween, Horreur, Oktorrorfest, Review, Thriller, USA

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Stephen King's Doctor Sleep - Director's Cut (2019) :

Depuis les événements de l'Overlook, Danny Torrance (Ewan McGregor) a sombré dans l'alcool, profondément traumatisé par le drame qu'il a vécu à l'hôtel, et il fait tout pour réprimer ses pouvoirs psychiques. Jusqu'à ce qu'Abra (Kyliegh Curran), une fillette, le contacte télépathiquement : dotée de pouvoirs exceptionnels, elle est désormais traquée par le True Knot, un groupe de vampires psychiques se nourrissant du Shine et mené par Rose (Rebecca Ferguson)...

Énorme travail d'adaptation et d'écriture de Mike Flanagan pour ce Doctor Sleep, qui tente de réconcilier le The Shining de Kubrick avec Docteur Sleep de King, la suite que l'auteur a apportée à son propre roman culte.

Un travail ambitieux et quasi-suicidaire (on a échappé à une adaptation signé Akiva Goldsman !), forcément ultra-tributaire du travail de Kubrick, mais aussi malheureusement de King et de ses idées, bonnes comme mauvaises.

Autrement dit, malgré tout le talent de Flanagan (qui n'est plus à prouver), malgré sa réalisation inspirée et élégante, malgré ses plans à la composition travaillée, malgré ses choix créatifs pertinents, et malgré une distribution tout ce qu'il y a de plus efficace (tant au niveau de sa distribution principale que des choix effectués pour certains rôles iconiques), ce Doctor Sleep ne pouvait que diviser, surtout dans cette version Director's Cut de 3 heures.

Tout en reconnaissant toutes ses qualités, j'ai l'avantage de ne pas vénérer The Shining de Kubrick, et de n'avoir jamais trouvé le film particulièrement angoissant ou effrayant : par conséquent, je n'avais pas comme attente d'être terrorisé par cette suite - d'autant que le roman de King n'avait pas une réputation particulièrement illustre.

Par conséquent, et à ma grande surprise, j'ai plutôt adhéré au choix de faire de ce métrage un thriller fantastique, et pas "un film d'horreur". Un thriller fantastique pétri des obsessions et des thèmes habituels de King (dans ce qu'ils ont de pire et de meilleur), mais qui, grâce à son rythme et à son atmosphère très particuliers, a bien fonctionné sur moi, notamment lors de séquences de voyage astral des plus esthétiques.

Alors certes, la dernière partie en mode "retour à l'Overlook" évolue clairement dans les sphères du fanservice, mais elle permet aussi de boucler la boucle et de réconcilier les héritages de King et de Kubrick en une conclusion touchante et appropriée.

Encore une fois, compte tenu du budget du métrage (seulement 50 millions de dollars) et du caractère follement ambitieux et compliqué du projet, je trouve que tout ça est plutôt réussi (sans forcément parvenir à transcender le matériau de base écrit par King).

Un bon 4/6, si ce n'est un peu plus.

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Halloween Oktorrorfest 2020 - 56 - The Turning (2020)

Publié le 29 Octobre 2020 par Lurdo dans Cinéma, Critiques éclair, Fantastique, Drame, Halloween, Horreur, Oktorrorfest, Review, Thriller, USA

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The Turning (2020) :

Dans les années 90, Kate (Mackenzie Davis) arrive dans le manoir familial de Flora (Brooklynn Prince) et Miles (Finn Wolfhard), deux orphelins supervisée par la bonne de la famille (Barbara Marten). Mais rapidement, l'enseignante découvre que des présences menaçantes rodent dans la demeure, et l'hostilité de Miles commence à la faire douter de sa santé mentale...

Nouvelle adaptation du Tour d'Écrou d'Henry James, après Les Innocents (1961) et avant le Haunting of Bly Manor de Flanagan, cette version a connu un développement assez chaotique chez Amblin Entertainment, depuis 2016 : initialement envisagé sous le titre Haunted, avec Juan Carlos Fresnadillo aux commandes, le projet a été annulé puis ressuscité en tant que premier film de Floria Sigismondi, clippeuse et réalisatrice tv à qui l'on doit aussi The Runaways.

Le résultat, écrit par les scénaristes de La Maison de Cire, Les Châtiments, The Crucifixion et des deux premiers Conjuring, est malheureusement un film assez insipide, qui peine à susciter la moindre tension ou la moindre frayeur, même lorsque tout s'énerve dans le dernier quart d'heure.

Ce n'est pas la faute de la direction artistique, plutôt réussie, ni de l'interprétation : la distribution est plutôt bonne, et Finn Wolfhard joue très bien l'adolescent tête à claques aux regards malaisants. Le vrai problème, c'est que le script est véritablement cousu de fil blanc, et que la plupart des manifestations surnaturelles ou des moments conçus comme angoissants sont désamorcés par une réalisation assez plate et générique.

Et pour ne rien arranger, il y a cette fin en queue de poisson, délibérément absconse (comme la conclusion de The Crucifixion, tiens), qui semble vouloir faire basculer le film dans une direction "en fait, elle a toujours été folle, et elle a hérité ça de sa mère", mais qui donne tellement l'impression d'avoir été rajoutée à l'arrache qu'elle tombe totalement à plat.

Énorme bof.

2/6

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Halloween Oktorrorfest 2020 - 55 - Hubie Halloween (2020)

Publié le 29 Octobre 2020 par Lurdo dans Action, Cinéma, Comédie, Critiques éclair, Fantastique, Halloween, Horreur, Netflix, Oktorrorfest, Review, USA, Romance, Jeunesse

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Hubie Halloween (2020) :

À Salem, Hubie Dubois (Adam Sandler) est la risée de tous pour son caractère timide et excentrique. De tous, sauf de sa mère (June Squibb) et de la jolie Violet Valentine (Julie Bowen), qui connaît Hubie depuis leur plus tendre enfance. Mais cette année, à l'approche d'Halloween, Hubie découvre que son nouveau voisin, Walter Lambert (Steve Buscemi) a un comportement étrange, digne d'un lycanthrope. Pire, alors même que diverses personnes disparaissent en ville, il se murmure que Richie Hartman, un ami d'enfance de Hubie, s'est échappé de l'asile voisin...

Le dernier métrage issu de l'association Adam Sandler/Netflix, Murder Mystery, était une comédie semi-policière sympatoche, sans plus, qui souffrait surtout d'un rythme et d'une énergie un peu inégaux, avec un récit qui ne décollait vraiment que dans sa dernière partie.

Ici, pour ce Hubie Halloween, c'est un peu la même histoire : pendant une grosse moitié du film, c'est très moyen, entre personnage principal un peu attardé et aux traits forcés (comme à chaque fois que Sandler "compose" un personnage, avec une diction incompréhensible et des expressions ahuries), gags parfois bas de plafond, ficelles narratives évidentes et écriture basique, etc.

Et puis, aux alentours de l'heure de métrage, ça se débloque, à mesure que la menace se fait plus tangible, que les péripéties se succèdent, que le film se fait plus décomplexé, et que les suspects se multiplient. Un peu à l'image de ce gag récurrent de Hubie qui, à chaque fois qu'il prend son vélo, esquive trois objets jetés à son visage par les gens de Salem qui le détestent. Au début, lorsque c'est une citrouille ou une décoration d'Halloween, c'est un gag quelconque ; à la fin du film, quand Hubie esquive des parpaings, de l'électroménager ou un harpon enflammé, ça devient de l'humour absurde, presque ZAZ, et c'est là que le film fonctionne le mieux.

Alors ça ne convaincra pas les réfractaires aux productions Sandler, loin de là, et ça reste la même formule du film de copains où tournent tous les potes de Sandler et sa famille (ses filles ont d'ailleurs un rôle un peu plus important, cette fois-ci), mais bizarrement, après avoir été plutôt dubitatif durant la première demi-heure, j'ai fini par progressivement me laisser charmer par ce qui est une comédie familiale d'Halloween au message positif (bien qu'amené de manière un peu lourde) made in Sandler, comédie qui n'aurait probablement pas vu le jour sans Netflix (les films "festifs" n'ont pas la côte en salles, ceux de Noël exceptés... et encore).

3.5/6 (si Sandler n'avait pas autant forcé le trait sur son personnage, j'aurais peut-être mis une meilleure note)

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Halloween Oktorrorfest 2020 - 54 - Nightmare Island (2020)

Publié le 28 Octobre 2020 par Lurdo dans Anthologie, Cinéma, Comédie, Critiques éclair, Fantastique, Halloween, Horreur, Oktorrorfest, Review, Thriller, USA

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Nightmare Island (Blumhouse's Fantasy Island - 2020) :

Grands gagnants d'un concours, un groupe de touristes arrivent sur une île étrange, baptisée l'Île Fantastique, où ils sont accueillis par Mr. Roarke (Michael Peña). Ce dernier leur explique que l'île exauce le souhait le plus profond de chacun : pour Bradley (Ryan Hansen) et Brax (Jimmy O. Yang), c'est une fête sans fin ; pour le policier Patrick (Austin Stowell), c'est s'engager dans l'armée, comme son père ; pour Elena (Maggie Q), c'est accepter une demande en mariage autrefois refusée ; Melanie (Lucy Hale), enfin, veut se venger d'une ancienne rivale. Mais ces souhaits prennent un tour sinistre, car l'île recèle un sombre secret...

Adaptation très libre de la série l'Île Fantastique par la maison de production Blumhouse, ce métrage écrit et filmé par le réalisateur de Kick-Ass 2, d'Action ou Vérité, et des Mémoires d'un Assassin International ne semble jamais savoir ce qu'il veut être.

Assez long (1 h 50), le film tente de se placer au carrefour des genres, un temps comédie pas drôle, un temps portage fidèle de la série originale avec émotion®™© et larmoiements, avant d'entamer un virage vers le film d'horreur/slasher à twist tendance Souviens-toi l'été dernier, qui toutélie tous les personnages de manière assez artificielle (et honnêtement peu convaincante).

Bref, ça ne fonctionne jamais vraiment : à la limite, la première partie se regarde, mais le reste du film ne décolle jamais, tentant (en vain) de créer le suspense et la tension, assénant quelques coups de coude au spectateur à la recherche de références à la série originale (la toute fin, notamment), et déroulant un récit assez générique, trop souvent prévisible et éventé, et aux effets spéciaux quelconques.

À oublier très vite, donc.

1.5/6

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Halloween Oktorrorfest 2020 - 53 - Sputnik (2020)

Publié le 28 Octobre 2020 par Lurdo dans Cinéma, Critiques éclair, Drame, Fantastique, Halloween, Horreur, Oktorrorfest, Review, Romance, Science-Fiction, Thriller, Russie

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Sputnik (2020) :

Au début des années 80, malgré ses méthodes controversées, Tatiana Yurievna (Oksana Akinshina) est recrutée par l'armée soviétique pour s'intéresser à Konstantin Sergeyevich (Pyotr Fyodorov), un cosmonaute revenu sur Terre avec un étrange parasite : toutes les nuits, pendant une période de temps limitée, Sergeyevich perd connaissance alors qu'une forme de vie extraterrestre s'extirpe de son corps, se déploie, et dévore des victimes qui lui sont offertes par l'armée. Intriguée, Tatiana se penche sur le cas du cosmonaute captif...

Un film d'horreur/science-fiction russe qui revisite la conquête spatiale soviétique en mode "il est revenu de l'espace, mais il n'est pas revenu seul" assez classique, mais plutôt efficace. Probablement parce que le produit fini fait très professionnel, voire américain (et évite les approximations des blockbusters russes récents) : effets spéciaux très convaincants, interprètes solides, atmosphère pesante et illustration musicale intéressante - on est dans quelque chose de tout à fait probant, même si ce n'est pas sans défauts.

J'ai ainsi eu un peu de mal avec certains éléments de caractérisation (le scientifique couard, par exemple, mais aussi le côté abrasif du caractère de Konstantin), avec l'évolution de la relation entre Tatiana et le cosmonaute, avec la durée du film (près de deux heures) et avec quelques tentatives d'établir un parallèle thématique entre l'enfant abandonné de Sergeyevich et l'extraterrestre, qui se traînent tous deux sur le sol, etc : une métaphore sur la paternité pas assez développée pour convaincre, malgré un embryon de bonne idée.

Des défauts assez limités, cependant, puisque le tout reste néanmoins plutôt agréable à suivre, notamment en fin d'Oktorrorfest.

3.75/6  

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Halloween Oktorrorfest 2020 - 52 - Dracula 3D (2012)

Publié le 28 Octobre 2020 par Lurdo dans Cinéma, Critiques éclair, Drame, Fantastique, Horreur, Halloween, Oktorrorfest, Review, Romance, Thriller, Italie

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Dracula 3D (Dario Argento's Dracula 3D - 2012) :

Parce qu'elle s'inquiète pour le sort de Jonathan Harker (Unax Ugalde), récemment installé chez le Comte Dracula (Thomas Kretschmann) pour lui servir de bibliothécaire, Mina (Marta Gastini), l'épouse de Harker, arrive au village de Passburg, où elle retrouve sa meilleure amie Lucy (Asia Argento). Mais rapidement, la menace surnaturelle de Dracula plane sur la bourgade, et seul Abraham Van Helsing (Rutger Hauer) semble en mesure de l'arrêter avant que le vampire ne jette son dévolu sur la jolie Mina...

"Sélection officielle du Festival de Cannes 2012"... mouarf.

Quand on voit le résultat de cette adaptation libre de Dracula par Dario Argento, on peut se dire que l'étiquette "Sélection Officielle" n'a plus aucune valeur : cette version du récit de Stoker est approximative du début à la fin, depuis sa musique ultra-datée au thérémin/à la scie musicale rappelant plus l'Inspecteur Barnarby qu'autre chose, jusqu'à sa nudité racoleuse (pas sûr que la scène topless d'Asia ait été bien nécessaire), en passant par son montage décousu, ses effets numériques et 3D ratés (la mante religieuse - arg), et son scénario plein de trous signé de la plume de quatre personnes différentes.

Hormis une scène ou deux, il n'y a là aucune tension (en même temps, être poursuivi par des loups en forêt est nettement moins stressant lorsque c'est en plein jour, dans des bois clairsemés et bien ensoleillés), et la distribution a, en majorité, un charisme négatif et/ou un talent au même niveau.

Rutger Hauer tente bien d'apporter un peu de sérieux au film, mais il arrive bien trop tard, et Van Helsing passe son temps à s'en prendre plein la tête. À l'identique, le côté "les habitants de la bourgade ferment les yeux sur les agissements de Dracula, car ils ont passé un accord avec lui pour assurer la prospérité de la ville" est intéressant, mais en parallèle, Dracula retombe dans le cliché du vampire romantique et tragique, amoureux de sa femme dont il voit la réincarnation en Mina, blablabla (soit cette idée totalement éventée qui a vu le jour dans les années 1970, avec Dan Curtis).

Bref, ce n'est pas bon du tout, et c'est même tellement mal foutu, dans l'ensemble, que j'ai commencé à bailler bien avant la fin du métrage.

1.5/6

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Halloween Oktorrorfest 2020 - 51 - Get Duked ! (2020)

Publié le 27 Octobre 2020 par Lurdo dans Aventure, Cinéma, Comédie, Critiques éclair, Fantastique, Halloween, Horreur, Oktorrorfest, Review, Jeunesse, Thriller, UK, Écosse

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Get Duked ! (aka Boyz in the Wood - 2020) :

En excursion scolaire au fin fond des Highlands écossais, quatre adolescents citadins pas très doués (Viraj Juneja, Lewis Gribben, Samuel Bottomley, Rian Gordon) deviennent la proie d'un chasseur menaçant et masqué (Eddie Izzard) qui les a pris pour cible...

Une comédie distribuée par Amazon Studios, et qui, pour être résumée, ressemble un peu à un croisement entre la série comique The Inbetweeners, Délivrance et Le plus dangereux des gibiers : une chasse à l'homme dans laquelle le gibier est plus bête que ses pieds, sous l'influence de produits stupéfiants, le chasseur est typiquement aristocratique, et la lutte des classes s'inscrit constamment en filigrane, avec en prime une escouade de policiers ruraux très peu efficaces et persuadés d'avoir affaire à un gang de pédophiles terroristes rappeurs satanistes (rien que ça).

Bref, un métrage gentiment décalé, qui ne se prend jamais au sérieux, et qui, première réalisation de son scénariste clippeur, se permet des fantaisies plutôt agréables à l'écran, entre un montage dynamique, des effets visuels comiques, et une illustration musicale efficace.

Efficace, c'est d'ailleurs le mot qui vient à l'esprit pour qualifier l'ensemble du métrage : ça ne révolutionne rien, mais le mélange humour/thriller prend bien, avec de jolis moments absurdes, notamment grâce à ces forces de police totalement incapables (le toutéliage final avec le voleur de pain est franchement amusant).

Rien d'exceptionnel, mais un métrage amusant et sympathique.

4/6

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Halloween Oktorrorfest 2020 - 50 - The Deep Ones (2020)

Publié le 27 Octobre 2020 par Lurdo dans Cinéma, Critiques éclair, Fantastique, Halloween, Horreur, Oktorrorfest, Religion, Review, Science-Fiction, Thriller, USA

Chez les Téléphages Anonymes, de fin septembre à début novembre, on fête Halloween et l'Oktorrorfest, un marathon quotidien de cinéma fantastique et d'horreur...

The Deep Ones (2020) :

Alex (Gina La Piana) et Petri (Johann Urb) louent une résidence balnéaire, et découvrent bien vite que la communauté locale, un peu étrange et très accueillante, a des croyances des plus archaïques et sinistres...

Un long-métrage à l'inspiration lovecraftienne revendiquée, mais d'une facture très... amateure, qui finit par priver le film de son intérêt.

Distribution très inégale et collagénée, direction d'acteurs approximative, écriture et prise de son très faiblardes, nudité racoleuse, bande originale synthétique de Richard Band, on est dans une relecture tentaculaire de Rosemary's Baby, et tout s'écroule complètement sur la fin, quand les cultistes invoquent Dagon, et qu'un pauvre mec en costume en caoutchouc, façon L'Étrange créature du lac noir (mais en plus cheap) sort de l'eau en agitant les bras.

1/6

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Halloween Oktorrorfest 2020 - 49 - #Alive (2020)

Publié le 27 Octobre 2020 par Lurdo dans Action, Cinéma, Critiques éclair, Comédie, Fantastique, Halloween, Horreur, Oktorrorfest, Review, Thriller, Corée

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#Alive (#Saraitda - 2020) :

Alors qu'une épidémie mystérieuse ravage la Corée du sud et transforme ses habitants en êtres enragés, assoiffés de sang, Oh Joon-woo (Yoo Ah-in), un jeune homme cloîtré chez lui, doit faire face à la solitude et à des stocks de nourriture s'amenuisant de jour en jour. Jusqu'à ce qu'il repère une survivante (Kim Yoo-bin) dans le bloc d'immeubles lui faisant face...

Un film de zombies coréen pas désagréable du tout, mais qui ne parvient pas à maintenir suffisamment de tension ou d'originalité pour reste intéressant sur la durée.

Pendant les 40 premières minutes, alors que le protagoniste est seul face à l'isolement, la solitude, la mort potentielle de ses parents, l'ennui, voire le suicide, ça fonctionne plutôt bien. Ça évoque un peu le film français La Nuit a Dévoré le Monde (2018) dans son traitement de la folie et de l'isolation, mais ça fait illusion, notamment grâce à l'intensité du jeu de l'acteur principal.

Et puis, à la barre des 40 minutes, la voisine arrive dans le récit. Une voisine forcément charmante, forcément débrouillarde, forcément mieux préparée que le héros, et qui finit par paraître assez clichée... d'autant qu'à partir de la moitié du film, le métrage les accumule, ces clichés : tentative de traversée, voisin malfaisant, poursuite de dernière minute, et face à face sur les toits, avec ultime rebondissement télégraphié - tout est sur des rails, bien mené mais trop prévisible pour son propre bien.

Ce n'est pas mauvais, en soi, et ce n'est pas désagréable à suivre (j'ai préféré sans problème à Peninsula), mais ça ne casse pas pour autant trois pattes à un canard unijambiste.

3.5/6

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Halloween Oktorrorfest 2020 - 48 - Ghosts of War (2020)

Publié le 26 Octobre 2020 par Lurdo dans Action, Cinéma, Critiques éclair, Drame, Fantastique, Halloween, Horreur, Oktorrorfest, Review, UK, Guerre

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Ghosts of War (2020) :

En pleine Seconde Guerre Mondiale, un commando allié (Brendon Thwaites, Theo Rossi, Skylar Astin, Kyle Gallner, Alan Ritchson) reçoit pour ordre d'occuper un château français afin d'éviter que les Nazis ne s'y établissent. Mais rapidement, des phénomènes étranges se produisent entre les murs de ce bâtiment abandonné...

Un film de guerre du scénariste de Destination Finale 2, 4, de la série Kyle XY et de l'Effet Papillon, et qui se démarque du tout venant des films de guerre surnaturels (comme il y en a tant avec des zombies) par une distribution principale plutôt sympathique et convaincante : Brenton Thwaites (Titans, Gods of Egypt), Theo Rossi (Luke Cage), Skylar Astin (les Pitch Perfect et plein de séries), Kyle Gallner (Veronica Mars) et Alan Ritchson (Titans, Smallville, etc).

Rajoutez à cela un caméo de Billy Zane (qui pose problème, mais j'y reviendrai) et un déroulement classique, mais efficace dans le genre escouade de soldats vs une menace surnaturelle, et le tout se regarde plutôt tranquillement... ou presque.

Parce qu'en lieu et place d'un crescendo aboutissant sur un grand final résolvant tous les éléments paranormaux, comme dans tout film de fantômes qui se respecte, Ghosts of war préfère se la jouer petit malin.

Pas forcément surprenant, compte tenu du passif du scénariste, mais tout de même (attention, spoilers) : alors que le grand face à face final entre les soldats et les forces surnaturelles a enfin lieu, Chris est arraché au chateau pour se réveiller dans un lit d'hôpital, branché à une simulation virtuelle. Tout le film n'était ainsi qu'une simulation pour soldats traumatisés sur le champ de bataille, simulation dirigée par Billy Zane (et là, souci : forcément, quand avant cela, il n'apparaît que 25 secondes dans tout le film, sans dire plus de deux phrases, on se doute qu'il va revenir à un moment ou un autre, pour un rebondissement final plus développé)... et simulation hantée par une malédiction lancée en Afghanistan sur Chris et les autres.

Une sorte de double effet kiss cool sur la fin du métrage, qui agace plus qu'elle ne convainc, et qui laisse un sentiment de frustration et d'inabouti. Dommage, parce qu'une histoire de fantômes basique et directe aurait probablement été plus efficace, même avec ces effets numériques faiblards.

3.75 - 0.75 pour cette fin = 3/6

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Halloween Oktorrorfest 2020 - 47 - Aux Frontières de l'Aube (1987)

Publié le 26 Octobre 2020 par Lurdo dans Cinéma, Critiques éclair, Fantastique, Halloween, Horreur, Oktorrorfest, Review, Romance, USA

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Aux Frontières de l'Aube (Near Dark - 1987) :

Dans une petite ville désertique, Caleb (Adrian Pasdar) s'éprend un soir de la mystérieuse Mae (Jenny Wright). Juste avant l'aube, celle-ci le mord et boit son sang : transformé en vampire, Caleb est contraint de rejoindre le groupe de Mae, constitué de Jesse Hooker (Lance Henriksen), le leader, de Diamondback (Jenette Goldstein), sa compagne, de Severen (Bill Paxton), le chien fou, de Homer (Joshua John Miller), un jeune garçon, et de Mae. Mais alors qu'il tente de se faire accepter par le groupe, il découvre les penchants de ses membres pour la violence et la destruction de l'espèce humaine...

Signée Kathleen Bigelow et Eric Red, une approche plutôt intéressante du mythe vampirique, très poisseuse, poussiéreuse, et sale, qui donne lieu à un métrage à l'ambiance semi-western gentiment étouffante, et ramène un sens du danger et de la violence trop souvent absent des films de vampires.

La contrepartie de cette atmosphère très particulière, c'est qu'elle est polarisante : on accroche ou pas à cette histoire de jeune cow-boy amoureux, d'autant que Jenny Wright est assez inégale dans son jeu, notamment au début du film. En ce qui me concerne, je n'ai pas totalement adhéré à cette proposition, tout en reconnaissant ses qualités.

À l'identique, j'aurais bien quelques réserves à émettre sur le montage trop nerveux de certaines scènes de dialogues en champ/contre-champ, dans le premier tiers du film, et sur certains problèmes de continuité à l'écran (le van, notamment, est un festival de fenêtres brisées/intactes/brisées/intactes, selon les plans), mais bon.

Après, on ne peut nier que le film contraste (en bien) avec les Fright Night et Lost Boys sortis à la même période : plus sérieux, plus sec et brutal, il se prive des artifices habituels des films de vampires, pour un résultat efficace. Et puis la présence de trois membres de la distribution d'Aliens, dans des rôles bien différents, fait toujours plaisir.

3.75/6

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Halloween Oktorrorfest 2020 - 46 - The Beach House (2020)

Publié le 26 Octobre 2020 par Lurdo dans Cinéma, Critiques éclair, Fantastique, Halloween, Horreur, Oktorrorfest, Review, Science-Fiction, Thriller, USA

Chez les Téléphages Anonymes, de fin septembre à début novembre, on fête Halloween et l'Oktorrorfest, un marathon quotidien de cinéma fantastique et d'horreur...

The Beach House (2020) :

Pendant quelques jours, Emily (Liana Liberato) et son petit ami Randall (Noah Le Gros) séjournent dans la maison de plage appartenant à la famille de ce dernier ; là, ils découvrent qu'ils doivent partager les lieux avec Jane et Mitch (Maryann Nagel, Jake Weber), un couple plus âgé, amis des parents de Randall. Cependant, une forme de vie étrange et microscopique semble se propager sur la côte et dans l'air : contaminés, les quatre vacanciers se transforment lentement...

Difficile, devant cette Beach House, de ne pas penser à une version balnéaire de la Couleur tombée du Ciel de Lovecraft, la folie en moins, et les zombies en plus.

Et effectivement, la dernière demi-heure apocalyptique est visuellement et narrativement très convaincante, surtout pour un premier film (et malgré une conclusion assez plate).

Le seul problème, en réalité, c'est toute la mise en place que le scénario fait dans sa première demi-heure. Une première demi-heure mollassonne, pas vraiment intéressante, avec des personnages quelconques, à la caractérisation inégale et aux dialogues pontifiants... de quoi bien s'ennuyer avant que la contamination ne commence (lentement).

Et ces problèmes de caractérisation se répercutent directement sur la suite du film : avec uniquement quatre personnages insipides au compteur, difficile de se passionner pour leur sort, et d'être impliqué émotionnellement par le récit.

C'est dommage, encore une fois, car une fois le basculement effectué dans l'horreur et dans le brouillard (jolis échos de The Fog), ça fonctionne. Il aurait simplement fallu un peu plus de maîtrise dans l'écriture de la mise en place.

En étant gentil, 3/6

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Les bilans de Lurdo - Halloween Oktorrorfest 2020 - Monsterland, saison 1 (2020)

Publié le 25 Octobre 2020 par Lurdo dans Anthologie, Critiques éclair, Drame, Fantastique, Halloween, Horreur, Les bilans de Lurdo, Oktorrorfest, Review, Thriller, USA, Télévision, Hulu

L'Halloween Oktorrorfest touche aussi le petit écran, avec chaque week-end, tout le mois d'octobre, des critiques de séries fantastiques et horrifiques...

Monsterland, saison 1 (2020) :

Encore une de ces anthologies horrifiques (cette fois-ci pour Hulu et chapeautée par la scénariste de The Neon Demon et de la série Preacher, adaptant ici une série de nouvelles) qui tente de "transcender le genre" et d'en faire quelque chose d'engagé, de profond et de révélateur sur la nature humaine. Une approche très intellectuelle et arty de l'horreur, calibrée pour plaire aux critiques américaines (beaucoup de minorités et de femmes en vedette), et où le fantastique n'est qu'un prétexte, une métaphore sombre et déprimante utilisée pour aborder et dénoncer des problèmes sociétaux contemporains... au détriment de l'horreur et de l'efficacité de ses scripts.

- 1x01 - Port Fourchon, Lousiana : Serveuse et mère célibataire d'une fillette incontrôlable, Toni (Kaitlyn Dever) passe ses journées à rêver d'une vie meilleure et à remettre en question les choix de vie qui l'ont menée là. Jusqu'à ce qu'elle croise le chemin d'Alex (Jonathan Tucker), un homme étrange qui pourrait bien être un tueur en série...

Grosse dose de misérabilisme redneck au programme, pour un épisode "portrait" dont l'élément surnaturel est assez bref et peu convaincant, tant dans sa mise en images que dans la manière dont il est aussitôt mis de côté pour revenir sur ce qui intéresse vraiment la série : son élément humain, les failles de Toni, et ses choix de vie, déprimants, glauques et radicaux (l'avortement de fortune).

Pourquoi pas... mais honnêtement, autant le propos se marie bien avec les visuels délavés et ternes du programme, autant la fin d'épisode en queue de poisson et la manière dont l'argument fantastique semble finalement faire pièce rapportée (on pourrait écrire exactement le même épisode en évacuant totalement le fantastique et en changeant à peine le personnage d'Alex) frustrent beaucoup. Du drame humain ? Oui. De l'horreur ? Pas vraiment.

- 1x02 - Eugene, Oregon : Nick (Charlie Tahan), un jeune homme paumé vivant et s'occupant de sa mère malade, peine à joindre les deux bouts et sombre dans la dépression. Un jour, il remarque une ombre humanoïde dans sa chambre, et interroge le web à son sujet : rapidement, il entre en contact avec un groupe surnommé The Watch, qui traque ces ombres, explique à Nick qu'elles sont responsables de tous ses malheurs, et qu'il faut se préparer à une guerre contre ces ennemis invisibles...

Encore une dose de misérabilisme working class, encore une dose de dénonce (ici, le système de santé américain), et encore un épisode plus intéressé par le monstre "humain" que par un véritable phénomène surnaturel. En l'occurrence, tout l'épisode est une grosse métaphore très transparente sur la radicalisation en ligne, avec ce jeune homme perdu et en colère qui se défoule sur des FPS, qui rejoint un groupuscule conspirationniste et qui finit par blâmer cet ennemi mystérieux de tous ses problèmes.

Avec plus de subtilité dans l'écriture, ou avec une fin plus probante, ça aurait pu fonctionner. Là, en l'état, c'est balourd et maladroit, bien que bien interprété.

- 1x03 - New Orleans, Louisiana : Jeune épouse de Joe (Hamish Linklater), un pédiatre réputé de la Nouvelle-Orléans, Annie (Nicole Beharie) panique lorsque son fils disparaît lors du Carnaval. Elle le retrouve bien vite, traumatisé par une rencontre avec ce qu'il décrit comme un monstre aux yeux noirs, mais oublie alors progressivement l'incident... 14 ans plus tard, cependant, l'événement ressurgit dans leur vie.

On continue dans les métaphores pataudes et les scripts transparents, avec cette fois-ci, la pédophilie (ce n'est pas véritablement un spoiler, on le devine dès les premières minutes de l'épisode, pour peu qu'on ait compris le fonctionnement de cette anthologie), et un "monstre" trompettiste qui, comme d'habitude, apparaît quelques minutes et symbolise la culpabilité/le secret qu'Annie garde en elle, la rongeant au fil des ans.

Alors certes, comme les autres épisodes jusqu'à présent, c'est plutôt bien interprété (même si j'ai trouvé que la descente dans la folie d'Annie était un peu surjouée) et la production parvient à conférer une atmosphère très particulière (et assez réussie) à la Nouvelle-Orléans, mais entre le saut temporel de 14 ans (pas totalement convaincant), la fin ouverte (une fois de plus) et le refus du surnaturel autrement qu'en tant que métaphore, le tout reste particulièrement frustrant (et inabouti - le sombre secret de Joe est transparent au possible, et le pic à glace de Tchekov, notamment, est bien trop évident).

(ah, et la brève apparition de Kaitlyn Dever pour deux lignes de dialogue est totalement anecdotique)

- 1x04 - New York, New York : Stanley Price (Bill Camp), un riche patron new-yorkais, est à la tête d'une entreprise responsable d'un désastre écologique ; aussitôt, les pêchés de ce PDG remontent à la surface alors que Stanley, rongé de l'intérieur, se persuade, progressivement, qu'il est possédé par un démon... ou par Dieu.

Un gros bordel assez bancal, qui tente de concilier exorcisme, panique religieuse, critique des 1 % et tout et tout, mais finit par n'être que brouillon et inutilement excentrique. En fait, ça ressemble presque à un Conte de la Crypte, mais sans l'humour, et sans le rythme. Et avec encore une fin abrupte.

- 1x05 - Plainfield, Illinois : Amoureuses et mères d'une jeune fille brillante, Kate (Taylor Schilling) et Shawn (Roberta Colindrez) vivent ensemble depuis plus de 15 ans, et ont tout pour être un couple parfait... si ce n'est que Kate est bipolaire et parfois difficilement gérable. Tout bascule le jour où Kate se suicide dans sa baignoire, pour revenir aussitôt à la vie, inconsciente de son geste, et en lente décomposition.

Une utilisation de la figure du zombie en décomposition qui peut être interprétée de multiples manières (les ravages de la maladie sur le corps, sur le couple, sur la psyché, le refus de laisser le souvenir de son compagnon/sa compagne s'estomper, la culpabilité enfouie qui ressurgit, etc) et qui, comme d'habitude avec Monsterland, reçoit principalement un traitement dramatique, avec une structure en flashbacks qui revient en détails sur la vie du couple et ses épreuves, etc (d'ailleurs, on a encore droit à un "14 ans plus tard" pas vraiment convaincant, tant quasiment aucun effort n'est vraiment fait, visuellement, pour démarquer ces deux périodes).

Très bien interprété, comme toujours, même si cela reste clairement un épisode de cette anthologie, avec ce que ça comporte de métaphore, de fin ouverte, et d'horreur finalement assez peu horrifique.

- 1x06 - Palacios, Texas : Marin pécheur handicapé suite à un incident environnemental provoqué par une grande corporation, Sharko (Trieu Tran) est furieux de constater la pollution causée par le naufrage d'un pétrolier sur ses côtes. Mais lorsqu'il trouve sur la rive une sirène mazoutée (Adira Arjona), il la ramène chez lui et décide de prendre soin d'elle... quitte à tomber amoureux.

Vraiment pas convaincu par cette histoire de marin abimé par la vie et par les pollueurs (continuité avec l'épisode 04, et son pélican mazouté), et qui tombe sous le charme de la sirène sauvage qu'il a trouvée : c'est trop basique, classique, prévisible, ça ne dit pas grand chose sur la nature humaine (les thématiques et les métaphores de cet épisode sont largement sous-développées), et si l'élément fantastique est bien présent sur la durée, cela n'évite pas les clichés faciles (l'autre marin redneck violent, alcoolique, drogué, incestueux, etc).

Et puis une fin en suspens, à nouveau (même si là, c'est assez logique).

- 1x07 - Iron River, Michigan : Prise au piège d'une relation abusive avec Elena (Sarah Catherine Hook), sa meilleure amie privilégiée, Lauren (Kelly Marie Tran) profite de la disparition de celle-ci dans une forêt voisine, réputée hantée, pour se réinventer, laissant derrière elle sa mère alcoolique (Joy Osmanski) et remplaçant Elena dans le cœur et dans la vie de sa famille. Mais 10 ans plus tard, le jour de son mariage, Lauren est confrontée à son passé...

Un épisode qui m'a franchement déplu, non seulement à cause de sa structure en flashbacks qui fait durer artificiellement un suspense totalement creux et prévisible (on nous montre trois fois le même flashback, à chaque fois un peu différent) et pour ses 35 premières minutes guère plus passionnantes qu'un téléfilm Lifetime façon "jalouse, j'ai fait disparaître ma meilleure amie pour lui dérober sa vie", mais aussi et surtout pour son virage métaphorique final, très abrupt, qui tente de transformer cet épisode en conte de fées, tout en restant totalement prévisible et transparent.

Et puis il y a ces personnages, unanimement antipathiques ; ce saut temporel xxx années plus tard, un gimmick répétitif de la série ; ces thématiques évidentes ; cette interprétation inégale (Tran est très bien, Osmanski nettement moins, surtout sur la fin), ces "coupures pub" inutiles... non, décidément, je n'ai pas du tout apprécié.

- 1x08 - Newark, New Jersey : Plusieurs mois après que leur fille ait mystérieusement disparu, le couple formé par Brian (Mike Colter) et Amy (Adepero Oduye) bat de l'aile. Lui est dévoré par le chagrin, elle a une aventure extraconjugale... et autour d'eux, en ville, des anges privés d'ailes tombent du ciel, devenant la proie de criminels sans scrupules qui les exploitent pour leur sang aux propriétés psychotropes.

Plus intéressant, mais toujours aussi bourré de défauts, cette histoire d'un couple à la dérive, victime de regrets, de chagrins et de pulsions destructrices fonctionne nettement plus sur le front du drame dépressif (comme d'habitude depuis le début de la saison) que lorsqu'il s'essaie au fantastique et au surnaturel (les visions hallucinatoires sont quelconques, les mouvements de l'ange semblent parfois forcés - n'est pas Doug Jones qui veut).

Principalement parce que l'épisode fait le choix d'un grand final grotesque et improbable, avec un déluge de sang, et un couple qui se ressoude grâce à l'intervention d'un ange/extraterrestre bienveillant (snif, c'est beau, même si sur le fond, on n'est pas loin d'un film de Noël d'il y a 15 ans).

Un épisode qui ressemble franchement plus à un Outer Limits qu'à un chapitre d'une anthologie horrifique.

(et puis le caméo de Toni, la serveuse de l'épisode 01, semble un peu amené au forceps)

Bilan saisonnier :

Un bilan très mitigé pour cette anthologie qui n'a vraiment d'horrifique que le nom et la manière dont elle a été vendue. Ce qui n'est pas forcément un défaut, il faut bien l'avouer : l'objectif de ce programme était clairement de faire une anthologie montrant que le véritable monstre, c'est l'être humain, avec toutes ses failles, ses secrets et ses névroses.

Un objectif délibérément très artistique, très terre à terre, où l'horreur et le surnaturel sont souvent effleurés, au profit du mélodrame et de la misère de l'être humain. Je n'irai pas jusqu'à dire que c'est expérimental (ça manque de maîtrise pour cela), mais on sent une véritable volonté de proposer autre chose qu'une anthologie d'horreur basique, en associant métaphores récurrentes, interprétation solide et sujets inhabituels.

Malheureusement, le tout manque cruellement de subtilité ou d'originalité, même dans cette approche ; ce n'est pas aussi profond et pertinent que ça veut bien le penser, ça se répète beaucoup, et une fois que l'on a compris les mécanismes de cette anthologie, il devient difficile de rester passionné quand, épisode après épisode, les ressorts narratifs et thématiques se ressemblent, et tous les épisodes se terminent de manière abrupte et inachevée.

Ça plaira à certains, mais je ne peux pas dire que j'ai vraiment apprécié.

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Les bilans de Lurdo - Halloween Oktorrorfest 2020 - Les Héritiers de la Nuit, saison 1 (2019)

Publié le 24 Octobre 2020 par Lurdo dans Review, Critiques éclair, Télévision, Fantastique, Horreur, Drame, Romance, Halloween, Oktorrorfest, Jeunesse, Les bilans de Lurdo, Aventure, Amazon, Norvège, Pays-Bas

L'Halloween Oktorrorfest touche aussi le petit écran, avec chaque week-end, tout le mois d'octobre, des critiques de séries fantastiques et horrifiques...

Cette année, en lieu et place de The Worst Witch (qui a apparemment décidé de changer son interprète principale par un tour de passe-passe scénaristique - ce qui m'offre une jolie porte de sortie pour quitter le programme), je me tourne vers une autre série fantastique jeunesse disponible sur les plateformes de VOD : les Héritiers de la Nuit, une coproduction néerlando-norvégienne adaptée d'un roman jeunesse, et dont la première saison compte 13 épisodes de 25 minutes.

Les Héritiers de la Nuit, saison 1 (Nattens Arvinger - 2019) :

Des 13 clans vampiriques ayant vaincu Dracula (Julian Bleach) et s'étant ensuite affrontés pour se partager ses pouvoirs, seule une poignée subsiste à ce jour. Menacés par les Masques Rouges, des chasseurs de vampires humains dont Calvina (Christina Chang) est la plus farouche combattante, les chefs de clan survivants décident de réunir leurs héritiers pour les initier aux secrets de leur race. Parmi ceux-ci, la jeune Alisa (Anastasia Martin), issue d'un clan inférieur, est secrètement en possession de l'Étincelle, une force qu'elle ne contrôle pas, et qui la lie directement à l'esprit de Dracula... un Dracula qui vient de se réveiller de son sommeil et crie vengeance.

Une série jeunesse dont je ne savais absolument rien avant de la commencer, et qui finalement, s'est avérée une bonne surprise, dans le genre.

Alors oui, d'office, évacuons les quelques points qui fâchent, à commencer par le plus visible : tout ça est fortement sous influence. Les principales étant clairement les Avengers (avec le grand méchant et les héros qui tentent de trouver au plus vite des pierres magiques conférant chacune un pouvoir différent à son porteur), mais aussi et surtout Harry Potter : l'héroïne qui possède le pouvoir "de l'amour" qui la rend unique, qui est porteuse d'un Horcrux de l'Étincelle - un morceau d'âme de Voldemort Dracula qui les lie par des visions partagées - et que personne ne croit lorsqu'elle tente d'avertir les adultes en charge de l'école surnaturelle où elle vit, avec sa meilleure amie rousse, son rival blond et nordique, etc...

Il faut être très clair : l'influence Potter est indubitable, et l'on sent que la production s'est bien inspirée de la franchise de JK Rowling pour concevoir ce projet... mais pourtant, cette influence ne gêne jamais, car rapidement, les codes de Potter sont cassés, et l'identité propre de la série parvient à s'établir.

Si le léger triangle amoureux entre Alisa, Lars (Ulrik William Græsli) et Nicu (Lance West), le fils de la chasseuse de vampires de service, n'est jamais totalement convaincant, ce n'est pas la faute des jeunes interprètes : Anastasia Martin est attachante, tout le monde joue plutôt juste (malgré les différentes nationalités et les lentilles de contact vampiriques peu confortables) et ce n'est que ponctuellement que l'on remarque un choix d'interprétation mal avisé ou forcé (la jeune Aisling Sharkey, notamment, est parfois trop enthousiaste).

Visuellement, à l'identique, le tout est plutôt efficace, que ce soit au niveau de la réalisation, de la direction artistique ou des effets spéciaux (la chauve-souris numérique est notamment impeccable, et son interprète humaine, Sallie Harmsen, parvient à donner à son personnage quelque chose de malsain et de bestial, très à propos) ; la série avance à un bon rythme, ne perd pas de temps à mettre en place ses éléments (ça aide d'avoir un roman sur lequel se baser), et dans l'ensemble, le tout fonctionne bien, avec des visions étranges, des rebondissements dynamiques, un contexte historique qui apporte une atmosphère particulière, et un Dracula plutôt menaçant (bien que la version Gary Oldman ne soit pas loin, par moments).

Plus intéressant, on sent que les scénaristes connaissent leurs classiques, et sont fans du genre vampirique. Ce qui permet au programme d'avoir un certain capital sympathie, et en retour, au spectateur de se montrer indulgent envers certaines facilités scénaristiques, çà et là, des facilités nécessaires pour faire avancer un tel récit pour adolescents dans le cadre des 13 épisodes impartis.

En somme, une série teen qui, sans être exceptionnelle et parfaite sous tous rapports, s'avère plutôt solide et intéressante, rappelant par certains aspects le Young Dracula de la BBC, en nettement moins léger, mais en tout aussi pertinent pour l'approche des thématiques liant l'adolescence au vampirisme.

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Halloween Oktorrorfest 2020 - 44 - Yummy (2019)

Publié le 23 Octobre 2020 par Lurdo dans Cinéma, Comédie, Critiques éclair, Fantastique, Halloween, Horreur, Oktorrorfest, Review, Belgique

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Yummy (2019) :

À leur arrivée dans la clinique d'Europe de l'Est où Alison (Maaike Neuville) a choisi de subir une réduction mammaire, la jeune femme belge et son mari Michael (Bart Hollanders) découvrent une installation miteuse qui n'inspire pas confiance. Et lorsque, par erreur, Michael libère de ses liens une femme au visage en décomposition, résultat d'expériences étranges, celle-ci commence à semer la terreur dans la clinique, alors qu'un virus zombie se propage de patient en patient...

Une comédie horrifique qui nous vient de Belgique (le film est à moitié en néerlandais et en anglais - avec quelques mots de français) et qui décide de jouer la carte de l'humour graveleux pour justifier l'existence d'un énième film de zombies de ce genre... ce qui ne fonctionne qu'à moitié.

Malgré de nombreuses critiques enthousiastes sur le web, je dois dire que j'ai trouvé le tout assez inégal, tapant trop souvent en dessous de la ceinture pour convaincre, jamais particulièrement drôle en dehors de son côté outrancier, et finalement assez creux.

En fait, c'est typiquement le genre de comédie de zombie sanglante et déconneuse, à prendre au second degré, qui fonctionne bien en festival, devant un public acquis à la cause et (parfois) imbibé... mais qui, une fois visionné en solo (et sobre), a tendance à perdre beaucoup de son énergie et de son côté amusant, victime d'un rythme bancal et d'éclairages fluo fatigants, façon Le Couvent de Mike Mendez (ou du Joel Schumacher, au choix).

Reste alors une illustration musicale décalée, ainsi que peut-être, une bestiole bizarre, plus pokemonesque qu'effrayante, et quelques scènes efficaces.

Mwébof.

2.25/6

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Halloween Oktorrorfest 2020 - 43 - Amulet (2020)

Publié le 23 Octobre 2020 par Lurdo dans Cinéma, Critiques éclair, Drame, Fantastique, Halloween, Horreur, Oktorrorfest, Religion, Review, Romance, Thriller

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Amulet (2020) :

Ancien soldat en Europe de l'Est, Tomaz (Alec Secareanu) est désormais sans domicile, à Londres, lorsqu'une nonne (Imelda Staunton) lui propose de vivre chez Magda (Carla Juri), une femme solitaire qui s'occupe de sa mère malade, et dont la demeure a besoin de réparations. Rapidement, cependant, Tomaz découvre que quelque chose ne tourne pas rond chez la mère de Magda, enfermée à l'étage, et que la jeune femme lui est étrangement dévouée...

Premier film de sa réalisatrice, Amulet risque de diviser par ses choix artistiques, sa structure décousue (beaucoup de flashbacks/rêves renvoyant au passé militaire de Tomaz et à sa relation avec une réfugiée), et ses parti-pris souvent plus axés sur l'artistique et le mystique que sur la clarté narrative.

La bonne nouvelle, c'est que tout ça donne naissance à une atmosphère oppressante et glauque, assez malsaine, et dont les thématiques féminines/féministes, en filigrane, apportent de multiples degrés de lecture à cette œuvre unique.

La mauvaise nouvelle, c'est que le rythme très lent et contemplatif du tout, ainsi que sa volonté de brouiller (parfois inutilement) les pistes, risque de frustrer plus d'un spectateur. À l'identique, la relation étrange qui se noue entre Tomaz (traumatisé par un acte assez prévisible) et Magda (presque écrite et interprétée comme atteinte de trouble du développement, voire d'autisme) ne convainc pas forcément, tant cette dernière apparaît comme étrange et suspecte...

Cela dit, pour un premier film, c'est plus qu'honorable, et c'est par ailleurs très ambitieux dans sa description d'une spiritualité plus ancienne, d'une dualité bien/mal qui ne soit pas judéo-chrétienne, etc, ainsi que dans certaines idées visuelles surprenantes (les créatures sont plutôt réussies, je dois dire) et radicales.

Un film intéressant, mais paradoxalement assez frustrant et déplaisant à regarder.

3/6

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