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LES TÉLÉPHAGES ANONYMES

Il était une fois Lurdo & Sygbab, deux internautes passionnés de séries tv et de cinéma, et qui cherchaient un endroit où archiver leurs avis (semi) éclairés...

Articles avec #dc catégorie

Un film, un jour (ou presque) #1743 : Batman et Superman - La bataille des super fils (2022)

Publié le 17 Novembre 2022 par Lurdo dans Animation, Action, Aventure, Ciné, Cinéma, Critiques éclair, Jeunesse, DC, Review, Fantastique, Science Fiction, Science-Fiction, USA

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Batman et Superman - La bataille des super fils (Batman and Superman : Battle of the Super Sons - 2022) :

Lorsque Starro commence à prendre le contrôle de l'humanité, et notamment de Batman et de Superman, seuls les fils de ces superhéros peuvent arrêter cette menace : Jonathan Kent (qui vient de découvrir que son père est Superman et que lui aussi a des superpouvoirs) et Damian Wayne font alors équipe pour mettre un terme aux plans de l'étoile géante venue de l'espace...

Après un métrage Green Lantern assez quelconque et générique, les films d'animation DC continuent leur petit bonhomme de chemin, en s'intéressant cette fois-ci aux enfants de leurs superhéros, clairement en partie motivés par le succès de la série Superman et Loïs et par l'utilisation de Starro dans le Suicide Squad de James Gunn.

Ce qui, pour moi qui ai toujours eu du mal avec Damian Wayne, en plus de n'avoir aucun intérêt pour le personnage de Jonathan, n'était pas forcément le postulat le plus intrigant.

Et puis finalement, ce métrage s'est avéré une bonne surprise. On pourra toujours débattre du bien fondé du toutéliage des origines de Starro et de Kal-El (même s'il est suivi d'un joli générique rétro, en images fixes), reste que dans l'ensemble, ce Battle of the Super Sons a la bonne idée de rester toujours ludique et léger.

Et ce dès sa première demi-heure, en réalité une origin story de Jonathan, qui découvre ses pouvoirs et son héritage, avant de s'associer à un Damian toujours grincheux pour sauver le monde.

Le tout avec un style graphique en 3D cell-shadée qui n'est pas sans rappeler celui de Iron Man : Armored Adventures, ce qui est loin d'être une mauvaise chose et change un peu des métrages DC précédents. 

Bref, c'est sympathique, optimiste, positif et assez attachant, ce qui fait assez plaisir. 

4.25 + 0.25 pour Batcow = 4.5/6

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Et comme toujours, vous pouvez retrouver la liste complète de tous les films passés en revue sur ce blog dans le menu Index de haut de page, ou en cliquant directement sur ce lien (000-1000) et sur celui-ci (1001-2000)...

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Un film, un jour (ou presque) #1740 : Black Adam (2022)

Publié le 14 Novembre 2022 par Lurdo dans Action, Cinéma, Critiques éclair, DC, DCEU, Fantastique, Science Fiction, Science-Fiction, USA, Review

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Black Adam (2022) :

À Kahndaq, pays du Proche-Orient occupé par les forces militaires d'Intergang, Teth Adam (Dwayne Johnson), un antique héros de légende, est libéré de sa prison par une archéologue (Sarah Shahi) et son équipe. Rapidement, cependant, il s'avère qu'Adam est violent et radical, prêt à tuer et à éliminer tous ceux qui tentent d'opprimer son pays. Amanda Waller (Viola Davis) envoie alors la Justice Society - Hawkman (Aldis Hodge), Docteur Fate (Pierce Brosnan), Atom Smasher (Noah Centineo) et Cyclone (Quintessa Swindell) - pour tenter de l'arrêter...

Mouais. Project DC né il y a des années et porté à bout de bras (musclés) par The Rock pendant tout ce temps, Black Adam était une tentative de donner ce rôle de libérateur superhéroïque à Johnson, sans forcément l'intégrer directement à la mythologie de Shazam (dont provient le méchant Black Adam), traitée sur un ton nettement plus léger par David F. Sandberg et Zachary Levi. Pour Dwayne, son Black Adam est une figure tragique,  sérieuse et sombre, digne d'être le sujet de son propre film... mais ça ne marche pas vraiment.

Attention, ce n'est pas un échec, et il y a quelque chose d'intéressant au cœur de ce métrage, sur la manière dont les superhéros délaissent habituellement les peuples étrangers, sur l'interventionnisme des superhéros, etc. Mais Black Adam se veut tellement dark et gritty (sans vraiment l'être, en réalité, ni rien oser de radical - si ce n'est Adam qui exécute des dizaines de sous-fifres anonymes sans broncher, en ponctuant le tout de quelques punchlines, soit une vision très immature de la radicalité et de la badassitude), tente tellement d'être un récit dramatique et sérieux (mais pas trop quand même), qu'il en vient à étouffer le charisme de Dwayne Johnson, et à ressembler à une suite sans grande saveur de scènes d'action numériques toutes plus bourrines les unes que les autres.

C'est notamment vrai dans le climax final contre un démon très très moche et mal finalisé (qui n'est pas sans évoquer le dernier acte tout aussi médiocre du premier Wonder Woman, avec son Ares numérique), mais avec quelques moments sympathiques : à l'image du film, un film trop générique, trop serious shit, trop souvent en pilotage automatiqueprobablement aussi trop influencé par d'autres œuvres du même genre (toute la présentation de la Justice Society, en plus d'être affreusement précipitée, lorgne fortement sur les X-men), et dont la bande originale est insipide (en tout cas à l'écran)... mais qui, l'espace d'une scène ou d'un dialogue, semble reprendre vie de ci de là.

Hodge, Brosnan et Swindell, notamment, sont efficaces, les muscles de Dwayne aussi, et le toutéliage à l'univers de Shazam (ainsi qu'au DCEU avec le caméo final) fonctionne... mais le reste laisse de marbre.

Un petit 3/6, et encore...

(bilan Marvel/DC mis à jour !)

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Un film, un jour (ou presque) #1739 : SEMAINE ANIMATION - Mortal Kombat Legends : Snow Blind (2022)

Publié le 11 Novembre 2022 par Lurdo dans Action, Aventure, Cinéma, Critiques éclair, Animation, Fantastique, Horreur, USA, DC, Review

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Mortal Kombat Legends - Snow Blind (2022) :

Dans un futur post-apocalyptique dominé par Cyber-Kano (David Wenham) et son gang cruel, Kenshi (Manny Jacinto), un guerrier arrogant devenu aveugle, doit apprendre à se reconstruire en suivant l'enseignement de Kuai-Liang (Ron Yuan), ancien guerrier ninja aux pouvoirs de glace...

Le premier Mortal Kombat animé, La revanche de Scorpion, était une extension intéressante, bien que gratuitement ultra-violente, de la franchise vidéoludique, qui reprenait plusieurs des grandes lignes du film de Paul WS Anderson, en y développant nettement la rivalité Scorpion/Sub-Zero : une bonne surprise suivie par le nettement moins probant La Bataille des Royaumes, qui lui reprenait plus ou moins les grandes lignes du second film, déjà un bon cran en dessous.

Là, pour ce troisième volet, visiblement, les scénaristes et animateurs ont été chercher du côté de Mad Max et de Ken le Survivant (avec une touche de Daredevil) pour un métrage post-apocalyptique lorgnant fortement sur les films de samurais aveugles... et qui, finalement, ressemble presque à un What If ? très dérivatif qui verrait les personnages de MK transposés dans un univers post-apo générique.

Ajoutez à cela une petite dose d'inspiration tirée des délires de voyages temporels et de panthéon titanesque des jeux, histoire de justifier ce côté What If, et de permettre d'injecter un peu de zombies dans le tout, et voilà, un gros bordel forcément ultra-violent (mais vraiment, ça atteint des sommets de gratuité et de têtes qui explosent en gros plan, dès la première scène), pas très intéressant, et qui retombe, une fois de plus, sur Sub-Zero et Scorpion comme équivalents du Wolverine de la franchise MK : la production se sent obligée de les mettre partout, à toutes les sauces, jusqu'à plus soif.

2.5/6

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Un film, un jour (ou presque) #1727 : Green Lantern - Méfiez-vous de mon pouvoir (2022)

Publié le 31 Août 2022 par Lurdo dans Action, DC, Animation, Science Fiction, Science-Fiction, Fantastique, Jeunesse, Cinéma, USA, Critiques éclair, Review

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Green Lantern - Méfiez-vous de mon pouvoir (Beware My Power - 2022) :

Ancien sniper d'élite traumatisé par ses années sur le terrain, John Stewart (Aldis Hodge) assiste au crash d'un vaisseau extraterrestre, et à la mort d'un alien qui lui confie alors un anneau magique faisant de lui un Green Lantern. En compagnie de Green Arrow (Jimmi Simpson), d'Adam Strange (Brian Bloom) et de Hawkgirl (Jamie Gray Hyder), Stewart part alors pour l'espace lointain, afin de tenter de mettre fin à une guerre entre Rann et Thanagar, orchestrée par une force encore plus maléfique...

Énorme bof que cette pseudo-origin story animée de Green Lantern qui, très rapidement, oublie l'origin story de son protagoniste pour vire à l'aventure intergalactique assez terne et molle, pleine d'extraterrestres génériques, bourrée d'exposition, et qui ne parvient guère à développer son personnage principal au delà du cliché du vétéran traumatisé.

Cela dit, je l'avoue : je n'en ai jamais eu grand chose à faire des Thanagariens, et le choix de tuer tous les Green Lanterns dès le début, pour ne laisser que Stewart, ne m'a pas franchement convaincu. En fait, on a parfois trop l'impression que ce métrage marche dans les pas du film de Ryan Reynolds, et comme ce récit survolé se finit en tuant sommairement ses deux méchants principaux, on reste plutôt sur sa faim.

2.5/6, parce que visuellement, c'est assez réussi, malgré quelques moments DBZ qui font un peu tâche.

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Un film, un jour (ou presque) #1722 : Krypto et les Super-animaux (2022)

Publié le 24 Août 2022 par Lurdo dans Animation, Action, Aventure, Comédie, Critiques éclair, Jeunesse, DC, Science Fiction, Science-Fiction, Fantastique, USA, Review

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Krypto et les Super-animaux (DC League of Super-Pets - 2022) :

Lorsque Superman (John Krasinski) et la Justice League sont pris au piège par Lulu (Kate McKinnon), l'ancien hamster domestique de Lex Luthor (Marc Maron), Krypto (Dwayne Johnson) fait tout son possible pour secourir son maître et ses coéquipiers. Mais privé de ses pouvoirs, il doit compter sur l'aide d'Ace (Kevin Hart) et d'un groupe d'animaux à l'adoption, dotés de superpouvoirs suite à une expérience de Lulu...

Un film d'animation DC pas désagréable à suivre, mais qui ne passe pas trois pattes à un canard unijambiste. Pourtant, ça commençait plutôt bien, avec un film qui tente de prendre le spectateur nostalgique par les sentiments en utilisant les thèmes de John Williams pour Superman et Krypton... et dans l'absolu, le tout est plutôt sympathique, avec un bon travail de doublage de The Rock et d'un Kevin Hart agréablement moins excentrique et criard que d'habitude.

Après... il faut supporter Kate McKinnon qui en fait vraiment trois tonnes en méchante (là, j'ai du mal), et il ne faut pas être gêné par le gros ventre mou du métrage, qui lui fait perdre pas mal d'intérêt en cours de route.

Une version superhéroïque de Comme des bêtes, en somme, un peu plus aboutie, mais pas forcément très mémorable.

3.5/6

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Un film, un jour (ou presque) #1713 : The Batman (2022)

Publié le 11 Août 2022 par Lurdo dans Review, Critiques éclair, Cinéma, Romance, Action, USA, Thriller, Policier, DC

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

The Batman (2022) :

Lorsque le Riddler (Paul Dano), un psychopathe fasciné par les devinettes, commence à kidnapper et à éliminer de façon spectaculaire les notables de Gotham, Batman (Robert Pattinson) décide de mener l'enquête, assisté par le policier Jim Gordon (Jeffrey Wright)...

Mouais. J'ai eu du mal, avec ce Batman sous influence David Fincher. En fait, pour chaque élément plus ou moins réussi, il y a là un élément opposé qui m'a frustré ou déplu, ce qui donne au final un film m'ayant laissé vraiment mitigé, à la durée abusive, et me perdant progressivement dans sa seconde moitié.

Et cette dualité frustrante se retrouve à de multiples niveaux : la réalisation est parfois très jolie et travaillée, et parfois très générique et mollassonne ; la photographie pluvieuse est appropriée à Gotham, mais aussi parfois délavée et terne, assez lassante sur la durée ; la musique de Giacchino sait se faire discrète, avant de lorgner de manière pataude sur du Elfman ou sur du Daniel Licht grinçant ; le film se concentre enfin sur le travail de détective de Batman, mais cela se fait au détriment du rythme et de la structure du scénario...

D'ailleurs, parlons-en, de cette version de Batman. Un Batman en year 2 de sa carrière, immature, impulsif et en colère, à deux doigts de l'émo, et qui en prime n'est compétent que lorsque cela arrange le scénario (ça me rappelle le Batman de Scott Snyder, tiens). Un Batman tour à tour présenté comme intelligent et perspicace, ou comme un gros bourrin qui fonce tête baissée et s'en prend plein la tête. Un Batman capable d'encaisser énormément de tirs à bouts portants... jusqu'à ce que le scénario décide que non. Un Batman à géométrie variable, donc, qui entre en scène comme un cowboy aux éperons clinquants, mais qui peine à vraiment impressionner (le costume est réussi, mais manque d'une silhouette frappante, pas aidé par le casque un peu trop fin).

À côté, Bruce Wayne est inexistant ; Alfred peu utilisé (dommage, parce que Serkis) ; le Pingouin est réussi (le maquillage de Colin Farrell est bluffant) mais ne fait guère plus que de la figuration ; Zoe Kravitz est très bien en Selina, mais n'a aucune alchimie avec Pattinson, et son personnage est bien trop adouci (en plus d'avoir un masque assez raté) ; Gordon n'est pas désagréable, mais un peu trop balbutiant ; et puis il y a Paul Dano en Riddler, un Riddler en mode Jigsaw psychopathe, tour à tour convaincant et menaçant, puis cabotin et kitsch, et aux énigmes assez quelconques.

En fait, tout se résume à l'écriture du film, un film coécrit par Matt Reeves et par le fils de Sally Field (par ailleurs scénariste de deux Hunger Games et de Bad Boys for Life) : une écriture très studieuse, probablement trop sage et appliquée, gentiment maladroite, qui toutélie le meurtre des Wayne à la pègre, qui tente d'esquiver les figures habituelles des films Batman (sans les remplacer par quelque chose d'intéressant), qui parle de vengeance, et qui tente tellement de coller à une certaine vision des comics que ça en devient presque risible (la narration en voix off de Pattinson, façon film noir à clichés).

Bref, mitigé. Il y a du bon, il y a du mauvais, il y a du vraiment insipide, mais au moins, on peut reconnaître que Matt Reeves avait une vision, et qu'il s'y est tenu. Et tant pis si cette vision est d'une durée inutile (2h50 et quelques, dont une grosse demi-heure aurait facilement pu être coupée), se conclue de manière un peu mécanique, et inclue à deux reprises un morceau de Nirvana, comme si Bruce était un ado de 14 ans en pleine rébellion.

3/6

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Les bilans de Lurdo : Peacemaker, saison 1 (2022)

Publié le 26 Juin 2022 par Lurdo dans Action, Comédie, DCEU, DC, Thriller, Télévision, Les bilans de Lurdo, Critiques éclair, USA, HBO Max, Fantastique, Science-Fiction, Science Fiction

Première série télévisée de James Gunn, Peacemaker promettait quelque chose d'intéressant : réussir à prendre l'un des antagonistes de son Suicide Squad, interprété par le catcheur John Cena, pour en faire le quasi-héros de cette série improbable en 8 épisodes d'une petite heure...

Peacemaker, saison 1 (2022) :

À peine remis de ses blessures subies au Corto Maltese, Peacemaker (John Cena) est recruté par une équipe d'ARGUS (Danielle Brooks, Chukwudi Iwuji, Jennifer Holland, Steve Agee) pour prendre part au Projet Butterfly, qui a pour mission d'éliminer un certain nombre d'hommes et de femmes de pouvoir supposément possédés par des extraterrestres...

Première série télévisée chapeautée et écrite par James Gunn, un réalisateur/scénariste au style et aux gimmicks récurrents auxquels on accroche ou pas : brutalité assez frontale, sens de l'humour prononcé et souvent potache/graveleux, musique rétro utilisée façon juke-box, et sentimentalité assez prononcée - autant d'éléments que l'on retrouve ici, dans ce spin-off de son The Suicide Squad.

Un spin-off qui placera les fans de Gunn (et notamment de ses Gardiens de la Galaxie) en terrain familier, puisqu'on retrouve ici le même type de groupe disparate dysfonctionnel, les mêmes notions de famille recomposée, de traumatisme infantile, de daddy issues/rapport conflictuel à un père hostile et malfaisant, les mêmes archétypes au sein du groupe (un héros un peu bête, un sidekick ultraviolent comic-relief, un personnage féminin badass qui est la seule compétente du lot...), le même type d'illustration musicale (le personnage principal est fan d'un type de musique particulier, et passe son temps à en écouter) et d'ouverture (ici complètement chorégraphiée, et qui est instantanément devenue un meme en ligne), etc.

Un projet dans la droite continuité des œuvres précédentes de Gunn, donc, et qui bénéficie des mêmes qualités et des mêmes défauts : c'est amusant, rythmé, bourré d'idées décalées, ça donne sa chance à des interprètes inattendus (Freddie Stroma est plutôt drôle en fanboy/sidekick sociopathe, John Cena se donne totalement à son rôle), mais ça use et abuse aussi un peu trop du côté juke-box de la bande originale, au point que les morceaux rock paraissent un peu envahissants, pour ne pas dire forcés.

Ce qui a affaibli un peu pour moi certains passages se voulant plus émotionnels ou mémorables ; la toute fin de la saison, notamment, m'a un peu déçu, tout comme la tendance de Gunn à structurer son groupe de bras cassés incapables autour d'une "maman" badass qui gère tout le monde (ailleurs, c'était Gamora ou Waller, ici, c'est la compagne de Gunn). Et puis l'humour graveleux a aussi ses limites, honnêtement.

Reste que, malgré tous ces défauts inhérents à la carte blanche laissée à Gunn par la Warner/HBO Max, le tout fonctionne plutôt bien comme entreprise de réhabilitation d'un Peacemaker bourré de failles psychologiques. Adieu le Peacemaker vantard et radical de The Suicide Squad, place à un Peacemaker qui se remet en question, qui fait face aux démons de son passé (dont un visuellement très littéral), et qui est très attaché à son pygargue domestique, Eagly (une vraie réussite de la saison, que ce soit au niveau des gags ou de l'animation du volatile numérique).

Effets spéciaux convaincants, interprétation plutôt solide (quelques moments un peu en dessous, mais rien de bien méchant), un John Cena qui porte la série sur ses épaules, bref, ça se regarde plutôt sympathiquement, pour peu que l'on ne soit pas trop gêné par les tics habituels d'écriture de Gunn.

(bilan Marvel/DC mis à jour !)

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Retrouvez aussi toutes les autres séries passées en revue sur ce blog en cliquant ici.

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Un film, un jour (ou presque) #1629 : DC Showcase - Constantine : La maison du mystère (2022)

Publié le 26 Avril 2022 par Lurdo dans Animation, Action, Cinéma, Comédie, Critiques éclair, DC, Fantastique, Horreur, Review, USA

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

DC Showcase - Constantine : La maison du mystère (Constantine : House of Mystery - 2022) :

Peu de temps après avoir provoqué un nouveau Flashpoint, Constantine (Matt Ryan) se réveille dans la Maison du mystère, une demeure surnaturelle où il est confronté, en boucle, à ses pires cauchemars...

Un court-métrage DC Showcase (ici accompagné de trois autres courts déjà sortis et franchement pas très mémorables - Kamandi dans sa jungle, les Losers dans le Pacifique, et Blue Beetle et La Question qui font équipe pour un court très rétro) qui s'inspire de la House of Mystery de DC pour concocter un récit assez classique s'inscrivant dans la continuité du Justice League Dark - Apokolips War de 2020, avec narration de Matt Ryan, et un style graphique assez inégal...

Pas inintéressant à suivre, mais pas ultra-mémorable non-plus, malgré une résolution amusante : la conclusion est un peu prévisible, et c'est finalement assez limité dans ses ambitions, uniquement là pour servir de transition vers un prochain métrage...

3.75/6

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Un film, un jour (ou presque) #1611 : Teen Titans Go ! See Space Jam (2021)

Publié le 4 Avril 2022 par Lurdo dans Action, Aventure, Animation, Cinéma, Comédie, Critiques éclair, DC, Fantastique, Jeunesse, Review, Science Fiction, Science-Fiction, USA, Sport

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Teen Titans Go ! See Space Jam (2021) :

Lorsque les Nerdlucks arrivent sur Terre, ils croisent le chemin des Teen Titans, et ensemble, ils décident de regarder une vieille copie de Space Jam...

Après deux premiers longs-métrages Teen Titans Go ! (Teen Titans Go ! To The Movies et Teen Titans Go ! vs. Teen Titans) très réussis, bourrés d'humour, de références et de second degré, la Warner remet le couvert... mais cette fois-ci, malheureusement, la synergie corporate parasite le tout, puisque ce métrage n'a d'autre but que de faire la promotion indirecte de Space Jam - Nouvelle Ère ; comment ? En faisant, à l'occasion de la sortie de ce film, un revisionnage du Space Jam original en mode Mystery Science Theater 3000 : comprendre qu'on rediffuse le film original en y ajoutant des commentaires plus ou moins inspirés et des anecdotes en voix off, histoire de dynamiser un peu le tout et de justifier l'existence de ce TTGSSJ.

Malheureusement, cette justification est loin d'être suffisante pour moi, d'autant que j'ai revu Space Jam juste avant la sortie de la suite : ici, les commentaires des Titans sont globalement fades, peu percutants ou intéressants (les quelques anecdotes sortent tout droit d'imdb, et les moments méta où le film se moque gentiment des problèmes de logique et de scénario du film sont inoffensifs), les passages animés avec les personnages de TTG semblent d'une qualité assez faiblarde, et le bricolage de la bande-originale du film de 1996 (pour ne pas avoir à payer les droits musicaux) est bien trop flagrant pour passer inaperçu.

Résultat, on voit bien le temps passer, si l'on excepte quelques moments amusants çà et là (les Mean Titans). Décevant.

1.75/6

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Un film, un jour (ou presque) #1590 : Catwoman - Hunted (2022)

Publié le 8 Mars 2022 par Lurdo dans Action, Animation, Cinéma, Critiques éclair, DC, Review, USA, Fantastique, Jeunesse, Science Fiction, Science-Fiction, Japon

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Catwoman - Hunted (2022) :

Alors qu'elle tente de dérober d'un diamant lors d'une réception costumée donnée par la pègre, Catwoman (Elizabeth Gillies) devient la cible de l'organisation criminelle Leviathan, dirigée par Barbara Minnerva (Kirby Howell-Baptiste). Avec l'aide de Batwoman (Stephanie Beatriz ), elle tente alors de faire tomber cette dernière, tout en échappant aux assassins lancés contre elles par le cartel...

Un long-métrage d'animation DC regardé à l'aveugle, sans savoir la moindre chose du projet... et j'aurais mieux fait de m'abstenir. Non pas que ce soit désastreux, mais c'est un de ces films d'animation DC lorgnant très fortement sur de l'anime, dirigé par un ex-animateur japonais de Lupin III, mis en musique par un compositeur japonais qui a décidé de faire du free jazz 60s pendant tout le film, et avec un graphisme et une direction artistique très japanimation sommaire, qui ne m'a pas du tout plu.

Pour ne rien arranger, le script n'est pas très intéressant : c'est cousu de fil blanc, c'est assez lourd sur tout ce qui est sous-entendus sexuels, les personnages sont très basiques, les one-liners et les vannes félines sont dignes d'un Joel Schumacher, et le film donne l'impression de se terminer au bout d'une heure, par un gros combat contre des démons et des mecs en armure à la transformation sentai... avant de repartir pour un épilogue de trois nouveaux affrontements gratuits et artificiels, l'un contre des ninjas sur la Tour Eiffel, puis contre Solomon Grundy, puis contre une Cheetah assez immonde visuellement.

Et puis je me dois de mentionner le doublage assez bancal, qui m'a laissé perplexe : autant Elizabeth Gillies est très bien en Catwoman, autant Stephanie Beatriz adopte un ton désabusé et sarcastique qui ne fonctionne jamais totalement... sans oublier tous les personnages masculins, à la voix rauque et forcée, y compris ce bon vieux Jonathan Frakes. Je ne sais pas si le problème vient du casting, de la direction ou des conditions d'enregistrement, mais dans l'ensemble, ça sonne... faux.

Un énorme bof, en ce qui me concerne (et Black Mask, en couverture, fait de la figuration)

2.5/6

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Un film, un jour (ou presque) #1542 : Injustice (2021)

Publié le 15 Novembre 2021 par Lurdo dans Action, Animation, Cinéma, Critiques éclair, DC, Fantastique, Jeunesse, Review, Science Fiction, Science-Fiction, USA

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Injustice (2021) :

Dans une dimension parallèle, lorsque le Joker (Kevin Pollak), après avoir tué Jimmy Olsen et détruit Métropolis, parvient à amener un Superman (Justin Hartley) sous l'emprise d'un mélange de toxine de la peur et de kryptonite, à tuer une Lois (Laura Bailey) enceinte, le super-héros s'écroule, et perd pied. Fou de rage, et désormais persuadé qu'il est inutile de respecter un code super-héroïque pour protéger la Terre et les humains, Superman s'érige alors en dictateur implacable, et s'oppose directement au reste de la Justice League...

Un film animé librement adapté de l'histoire des jeux vidéos Injustice (et des comic-books qui les ont accompagnés), des jeux vidéos qui ont fortement inspiré la vision sombre et réaliste de Zack Snyder, et qui ici se trouvent résumés en 78 minutes à peine.

Une durée limitée qui ne fait que souligner les défauts évidents de l'histoire d'origine, et sa noirceur forcée et immature : les morts se succèdent à un rythme effréné (10 minutes de film, et on a déjà Olsen, Scarecrow, Flash, Lois et l'intégralité de Metropolis qui sont morts) pour créer du mélodrame artificiel, tout l'élément "univers parallèles" est résumé à une simple conclusion Snyderienne (Batman & co ramènent in extremis la Lois enceinte d'un univers parallèle, qui calme Superman en quelques mots), la caractérisation est sommaire et approximative, et le scénario fait de multiples choix improbables, choisissant de privilégier certains personnages (Elongated man, Ras al Ghul, Amazo), d'en ignorer d'autres (Luthor n'est même pas mentionné), et de partir dans des directions WTF (l'embryon de délire métaphysique autour de Nightwing/Deadwing)...

Ajoutez à cela une direction artistique pas terrible, et un doublage ponctuellement frustrant (habituellement, j'aime bien Janet Varney, mais sa Wonder Woman ne fonctionne pas du tout - pas aidée par sa caractérisation), et voilà, un film animé DC qui ne m'a pas du tout convaincu, et qui ne parvient pas à transcender un matériau de base déjà assez simpliste et limité.

2.25/6

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Un film, un jour (ou presque) #1521 : Man of Steel (2013)

Publié le 3 Septembre 2021 par Lurdo dans Action, Cinéma, Critiques éclair, DC, DCEU, Drame, Review, Romance, Science-Fiction, USA, Science Fiction

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Man of Steel (2013) :

À l'âge de 33 ans, Clark Kent (Henry Cavill) se cherche toujours, arpentant le globe et tentant de concilier ses pouvoirs extraordinaires avec les conseils de feu son père (Kevin Costner), qui lui a toujours conseillé de les cacher pour ne pas effrayer le reste de l'humanité. Mais la découverte d'un vaisseau écrasé sous les glaces va lui révéler ses origines kryptoniennes, et envoyer un signal dans l'espace, attirant sur Terre le maléfique Général Zod (Michael Shannon) et ses sbires. Avec l'aide de Lois Lane (Amy Adams), journaliste aventureuse, Clark va devoir accepter son héritage et défendre la Terre contre ses semblables...

Le seul film du DCEU a ne pas avoir eu de critique en ces pages, car sorti en salles peu de temps avant les débuts du blog, et m'ayant alors tellement frustré et agacé que je n'ai jamais eu envie de m'étendre plus avant sur ce métrage.

Avec du recul, désormais, que reste-t-il de ce Man of Steel, tentative de relecture "sérieuse" et "réaliste" du personnage de Superman, une relecture coécrite par Goyer et Nolan suite au succès de leur trilogie Dark Knight, et confiée à un Zack Snyder très inspiré d'un naturalisme à la Malick pour sa réalisation ?

Un film bipolaire et polarisant, qui tente à la fois d'être intimiste et spectaculairement débridé, de combiner les impulsions bourrines de Snyder à une origin story toute en retenue, de satisfaire les fanboys déçus par le manque d'action de Superman Returns tout en se donnant de faux airs de film d'auteur sérieux (les prétentions d'artiste mécompris de Snyder étaient déjà là à l'époque), bref... c'est un beau bordel.

Et pourtant, je me retrouve à faire preuve de plus d'indulgence devant cet opus, maintenant que j'ai vu ce qu'a donné la suite du Snyderverse.

Oui, les défauts que tout le monde cite habituellement sont bels et bien présents, tirant le film vers le bas.

Oui, le destruction porn de la dernière demi-heure du film est épuisant et lassant, et fait toujours tâche, surtout mis en contraste avec les réactions indifférentes des personnages principaux dans les minutes qui suivent.

Oui, la caractérisation de Clark ou de Jonathan Kent sont fréquemment hors-sujet.

Oui, la métaphore christique (déjà présente dans les versions précédentes) est ici encore plus balourde et appuyée (merci Goyer et Snyder), et l'opposition science vs religion est assez piteuse.

Oui, le personnage de Jor-El est un facepalm ambulant (difficile de prendre au sérieux le "Je suis un soldat entraîné, moi ! Personne ne t'a entraîné !" fanfaron de Zod à Superman quand ce même Zod s'est fait démolir en combat à mains nues par Jor-El, un scientifique, au début du film).

Oui, l'introduction space fantasy sur Krypton est superflue.

Oui, visuellement, c'est souvent délavé et terne.

Oui, le film est totalement déséquilibré, entre deux premiers tiers bourrés d'exposition, et une dernière ligne droite bourrine...

Etc, etc, etc... le film est bourré de défauts en tous genres, de problèmes d'écriture, de dialogues ronflants, de noirceur inutile, et tout et tout.

Mais il a aussi des qualités. Henry Cavill. Amy Adams. Laurence Fishburn. Les effets spéciaux de qualité (sauf lorsque Superman se bat contre la machine à terraformer, c'est alors assez moche). Les thèmes de Zimmer restent en tête (même si son approche "mur de son" est là aussi souvent fatigante). Malgré tous ses défauts de réalisateur et de conteur d'histoire, Snyder conserve un sens de l'image et de l'épique qu'on ne peut nier. Certaines thématiques sont pertinentes, à défaut d'être originales (l'opposition entre les deux figures paternelles de Clark...).

Bref, en revoyant ce Man of Steel des années plus tard, j'arrive à mettre de côté ma déception initiale : effectivement, la vision qu'a Snyder de Superman n'est pas la mienne, loin de là - c'est un What If...?, en somme, et en le prenant comme tel, ça passe.

C'est toujours bancal sous de nombreux aspects (et là, je parle d'écriture, de logique, et de production, pas de choix artistiques subjectifs), particulièrement frustrant, mais au moins, on ne peut pas nier qu'il y ait une vision semi-homogène à l'origine de cette version de l'Homme d'acier.

On aime ou pas, et nul doute que si ce film avait été suivi d'un Man of Steel 2 plus lumineux et héroïque, ce premier métrage dépressif aurait laissé un meilleur souvenir.

En l'état... un petit 3/6.

 

(et maintenant, je peux enfin mettre à jour la page Marvel Cinematic Universe vs DC Extended Universe : le bilan avec cette ultime note manquante)

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Un film, un jour (ou presque) #1506 : The Suicide Squad (2021)

Publié le 16 Août 2021 par Lurdo dans Action, Aventure, Cinéma, Comédie, Critiques éclair, DC, DCEU, Fantastique, Review, Science-Fiction, Thriller, USA

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

The Suicide Squad (2021) :

Aux ordres d'Amanda Waller (Viola Davis), un groupe de super-vilains - Harley Quinn (Margot Robbie), Peacemaker (John Cena), Bloodsport (Idris Elba), le Polka Dot Man (David Dastmalchian), Rick Flag (Joel Kinnaman), Ratcatcher 2 (Daniela Melchior), King Shark (Sylvester Stallone)... - part pour le Corto Maltese, un petit pays sud-américain victime d'un coup d'état militaire, afin d'y détruire toute preuve du Projet Starfish. Mais rapidement, les choses se compliquent...

Reboot du titre Suicide Squad après l'échec critique du premier opus faisandé de David Ayer (un Ayer qui, depuis, a tenté un Zack Snyder en affirmant que la version salles de son film n'était pas sa vision, blablabla ; de toute façon, même une Ayer Cut ne changerait pas les erreurs de casting et l'ambiance globale de son métrage), un premier opus qui lorgnait fortement sur un cinéma à la James Gunn, pour le meilleur et pour le pire.

Pas surprenant de voir Warner se tourner directement vers James Gunn pour cette réinvention, qui conserve une poignée de personnages du premier film (sans surprise, ce sont des apparitions contractuelles, à l'issue souvent funeste), leur ajoute un tas de seconds couteaux improbables et ringards, une menace typique des comic-books (Starro le Conquérant) et plonge le tout dans un bain de sang rigolard et décomplexé plutôt agréable.

J'ai eu un peu peur au début, en voyant Gunn s'amuser à faire des mini-zooms lors du débarquement de l'équipe sur la plage, mais j'ai rapidement compris le clin d'œil, et lorsque les premières morts se produisent, moins de dix minutes après le début du film, on réalise aussitôt que Gunn a choisi de faire un film Troma (ses premières amours) avec le budget d'un blockbuster : les morts sont particulièrement graphiques et explosives, les personnages ont un langage peu châtié, l'humour est gratuit et parfois un peu trash, et on est effectivement loin du formatage habituel du genre super-héroïque.

Ou presque : car film DC oblige, on retrouve, un peu comme dans le premier, une obligation de faire de ces anti-héros des héros à proprement parler, qui finissent par sauver le monde. Certes, ils le font pour des raisons plus ou moins égoïstes, mais finalement, ces méchants qui dézinguent des anonymes à tour de bras ne sont pas si méchants - c'était déjà établi pour Harley (qui fait un peu pièce rapportée dans le film, je dois dire), Ratcatcher n'est jamais animée d'intention malfaisantes (et son rat est adorable), King Shark est simplet et innocent (mais reste un requin sanguinaire), Polka Dot Man a été traumatisé par les expériences menées par sa mère (visuellement, c'est assez amusant, d'ailleurs), et Bloodsport est un peu un Deadshot bis, avec des capacités et un background similaires (mais il est traité avec nettement plus d'attitude et moins de pincettes que le personnage de Will Smith).

Après, il faut bien avouer qu'il serait difficile de faire un film composé d'ordures immorales, tout en restant dans le cadre de l'univers DC et de ses impératifs commerciaux : Gunn s'en tire plutôt bien, composant un film décalé à la dernière demi-heure improbable.

On pourra regretter une bande originale totalement éclipsée par les morceaux de la soundtrack, quelques errances de rythme (le film est probablement un peu trop long) et de structure (les "x minutes plus tôt" sont un gimmick inutile), ainsi que quelques rebondissements ou effets prévisibles (le sort de Polka Dot, notamment), mais dans l'ensemble, c'est probablement là, à date, le film le plus ludique et appréciable de l'univers cinématographique DC.

4.25/6

(bilan Marvel/DC mis à jour !)

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Un film, un jour (ou presque) #1498 : Batman - Un Long Halloween, deuxième partie (2021)

Publié le 4 Août 2021 par Lurdo dans Action, Animation, Cinéma, Critiques éclair, DC, Halloween, Jeunesse, Review, Thriller, USA

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Batman - Un Long Halloween, deuxième partie (2021) :

Alors que le tueur en série Holiday continue d'abattre un à un les membres de la famille Falcone, son identité reste mystérieuse... mais Batman a peut-être une idée de qui se cache derrière ces meurtres.

Après une première partie m'ayant laissé relativement dubitatif - plus pour des raisons inhérentes au récit en lui-même qu'à son adaptation animée somme toute assez honorable, voici la suite de ce Long Halloween, un long-métrage d'animation qui est, effectivement, assez... long.

Forcément, adapter 13 numéros de comic-book en deux films de 90 minutes, ça donne un résultat qui prend ses aises, et qui, naturellement, a un peu tendance à traine en longueur pour peu que, comme moi, on n'accroche pas trop au récit de base.

Cela dit, cette seconde partie, après un premier tiers exclusivement en mode "Batman est un peu un incapable qui se fait avoir par tout le monde, et doit systématiquement être sauvé par Catwoman", reprend du poil de la bête, et finit par être plus maîtrisée que le métrage précédent.

Il y a toujours un peu trop de manigances mafieuses quelconques, la genèse de Double Face prend toujours un peu trop de temps, et le grand combat final de Bat & Cat vs toute la Rogue's Gallery reste assez forcé (on voit mal le Joker jouer les sous-fifres comme ça, par exemple)... mais ça reste agréable à regarder.

Loin d'être mon récit préféré de Batman, mais c'était plus sympathique que le premier opus.

3.5/6

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Un film, un jour (ou presque) #1495 : Batman - Un Long Halloween, première partie (2021)

Publié le 30 Juillet 2021 par Lurdo dans Action, Animation, Cinéma, Critiques éclair, DC, Halloween, Jeunesse, Review, Thriller, USA

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Batman - Un Long Halloween, première partie (2021) :

Alors que Batman (Jensen Ackles) tente toujours de s'habituer à sa nouvelle carrière de vigilante, il doit faire équipe avec James Gordon (Billy Burke) et le procureur Harvey Dent (Josh Duhamel) pour s'en prendre à la pègre de Gotham. Mais bien vite, un mystérieux tueur en série frappe le monde mafieux, en éliminant ses membres à des dates bien précises du calendrier, lors de chaque fête importante...

J'avoue ne pas être le plus grand fan du Long Halloween de Tim Sale et de Jeph Loeb, un classique des comic-books Batman, mais qui ne m'a jamais particulièrement convaincu, entre l'écriture assez étirée et parfois simpliste (notamment dans la caractérisation des méchants et dans le mystère global) de Loeb, et le style très particulier de Tim Sale.

Donc forcément, une adaptation avait de quoi m'inquiéter, même si... premier soulagement, le métrage ne tente pas vraiment d'imiter le style graphique de Sale, optant pour un mélange de rétro-noir et du style des précédents films DC (Superman, Justice Society...), pour un résultat qui n'est pas si loin, niveau ambiance et style, de la série animée de Timm et Dini. On regrettera tout de même que les personnages masculins manquent un peu de style, justement, et soient assez génériques.

Mais dans l'ensemble, sur le plan visuel, ça fonctionne plutôt bien, c'est joli, et tout et tout. Après... ça reste Un long Halloween : ça lorgne fortement sur Le Parrain, ça prend très largement son temps, ça n'est pas forcément très captivant et, découpé en deux chapitres, ça peine à maintenir un suspense probant quand à l'identité du tueur.

Et puis honnêtement, ça arrive un peu trop tard, avec son origin story de Double Face (un Josh Duhamel qui surjoue un peu), son Batman semi-débutant, et son propos ("avant Batman, la pègre contrôlait la ville, maintenant, ce sont des cinglés en costume qui font la loi") dans lesquels Nolan a bien pioché pour sa trilogie - ce qui donne un air de déjà vu au fond du récit.

Après, ça reste compétent, mais dans l'absolu, ça ne restera pas beaucoup plus dans ma mémoire que la bande dessinée d'origine.

3/6

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Un film, un jour (ou presque) #1434 : Justice Society - World War II (2021)

Publié le 7 Mai 2021 par Lurdo dans Action, Animation, Aventure, Cinéma, Comédie, Critiques éclair, DC, Fantastique, Jeunesse, Review, Science-Fiction, USA

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Justice Society - World War II (2021) :

Alors qu'il tente d'aider Superman (Darren Criss) à vaincre Brainiac (Darin De Paul), Flash se retrouve projeté durant la Seconde Guerre Mondiale, où il rencontre Wonder Woman (Stana Katic), à la tête de la Justice Society. À leurs côtés, Barry Allen (Matt Bomer) va affronter les Nazis puis les Atlantes d'Aquaman (Liam McIntyre), contrôlés par un mystérieux antagoniste...

Un long-métrage d'animation DC assez décousu, et pour cause : une partie des idées de ce scénario provient d'une série d'animation Wonder Woman avortée, ce qui explique que l'on a fréquemment l'impression d'un récit épisodique aux chapitres collés bout à bout : une introduction sur Wonder Woman à la recherche d'artefacts nazis (qui ne seront plus mentionnés de tout le film), puis le présent (avec Barry et Iris, Superman, tout ça), puis retour en arrière pour l'intégration de Barry au sein de la Society, puis un passage en sous-marin à la recherche d'un signal étrange, puis l'Atlantide contrôlée par un méchant, puis une invasion terrestre par les Atlantes et leurs Kaijus, puis retour au présent pour la fin de Superman/Brainiac, etc, etc...

Alors certes, dans l'absolu, tous ces éléments restent liés avec plus ou moins de bonheur dans un tout qui se regarde facilement ; mais cela n'empêche pas une vrai impression de patchwork, comme si l'on avait assemblé plusieurs intrigues de films, un peu à l'arrache, en mettant fortement l'accent sur Wonder Woman, Aquaman et Flash, sur la simple base de leur popularité actuelle au box-office et à la télévision.

À l'identique, on s'aperçoit rapidement que certains choix créatifs découlent directement d'un format sériel, où les personnages auraient été naturellement plus développés, notamment au niveau de la Society : ainsi, le film insiste sur la romance Hawkman/Black Canary... avant de tuer Hawkman en cours de route, sans que le tout n'ait vraiment d'impact émotionnel. Plus embêtant, il fait ensuite à nouveau de même avec Steve Trevor/Diana, pour un rebondissement tragique affaibli par les événements préalables.

Il y a aussi cette affaire de Clark Kent, reporter de guerre individualiste qui cache ses pouvoirs et refuse de s'impliquer dans la guerre contre les Nazis... sauf à la toute fin du film, dans un Deus Ex Superman particulièrement télégraphié (qui n'est pas sans rappeler à la Justice League de Snyder/Whedon) : ça aurait pu fonctionner avec plus de développement, plus de place pour respirer (honnêtement, toute la sous-intrigue sur Aquaman est vraiment de trop, il aurait été aussi simple d'avoir un méchant Nazi qui réussit à réveiller un Kaiju ou quelque chose du genre, plutôt que ce que l'on a là) ou moins de personnages secondaires.

Ce qui est frustrant, en fait, c'est que malgré tous ces défauts structurels et narratifs, j'ai plutôt apprécié cette proposition : en fait de Justice Society, c'est plutôt une version alternative de la JLA, et le contexte historique donne lieu à un trait presque cell-shadé, à un générique délibérément rétro, et à un univers intrigant, pas loin de celui de DC Bombshells.

Mais toute cette histoire de "Barry retourne dans le passé qui n'est pas le passé mais un univers parallèle et y découvre qu'ensemble, on est plus fort que tout seul, juste à temps pour retourner fonder la JLA dans son univers d'origine" fait honnêtement pièce rapportée, un dispositif narratif alourdissant malheureusement un film qui aurait pu être quelque chose de similaire à Justice League : The New Frontier, à une époque différente.

3.25/6

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Un film, un jour (ou presque) #1398 : Zack Snyder's Justice League (2021)

Publié le 23 Mars 2021 par Lurdo dans Action, Aventure, Cinéma, Critiques éclair, DC, DCEU, Drame, Fantastique, Review, Science-Fiction, USA, HBO

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Zack Snyder's Justice League (2021) :

Les efforts de Batman (Ben Affleck) et de Wonder Wolan (Gal Gadot) pour former la Justice League avant que Steppenwolf, émissaire de Darkseid, ne parvienne à réunir les trois Mother Boxes lui ouvrant la porte de notre planète...

# LE CONTEXTE #

On connaît l'histoire de cette Snyder Cut :

- comment Snyder, endeuillé par la mort de sa fille, a quitté le tournage de son Justice League en cours de route, laissant derrière lui une Assembly Cut non terminée de plus de 5 heures, là où il s'était contractuellement engagé à réaliser un film de 120-150 minutes ;

- comment la Warner, face à cette situation, a ouvert son chéquier pour que Joss Whedon, auréolé du succès des deux premiers Avengers, s'occupe de finaliser le film, et de le rendre commercialement viable (comprendre : de le rapprocher un peu des standards Marvel) ;

- comment la version Whedon, hybride de deux styles incompatibles, a été fraîchement reçue par la critique et les spectateurs, et a déçu au box-office ;

- comment les fans les plus hardcore de Snyder (un véritable Snyder Cult, pour qui Snyder est un Dieu vivant du cinéma, la Warner le pire des démons, et Whedon un disciple de Satan) ont fait campagne pendant des années pour forcer le studio à #ReleaseTheSnyderCut, allant jusqu'à harceler, doxxer, insulter, etc, toute personne vaguement liée de près ou de loin à la Warner ou au monde des superhéros ;

- comment Snyder, gros roublard et provocateur assumé, a soigneusement entretenu cette campagne à grands renforts d'affirmations approximatives et parfois contradictoires (sur la durée de sa Cut, sur son état de finalisation, sur son contenu), de photos de tournage, et de sous-entendus ;

- et enfin comment, à la recherche de contenu à buzz à diffuser sur leur plateforme de streaming naissante, les studios Warner ont fini par céder, et par donner 70 millions de dollars à Snyder pour produire cette Snyder Cut.

Pour certains, donc, il faut voir dans cette Zack Snyder's Justice League une victoire concédée à un réalisateur arrogant, persuadé de la profondeur de son œuvre et de l'avant-gardisme de sa vision grimdark des comics (vision adolescente et immature périmée depuis les années 90), ainsi qu'au pan le plus radical et toxique de sa fanbase, équivalent de QAnon pour le cinéma de divertissement - même complexe de persécution, même tendance à voir des conspirations partout, même vénération d'une figure messianique, même recoupement avec les cercles les plus alt-right du web (MRA, Comicgate, Gamergate, 4chan, Parler, etc, dont certains membres les plus médiatiques ont même droit à des remerciements dans le générique de fin de cette version), même tendance à brandir quelques bonnes causes comme autant de boucliers leur permettant de détourner l'attention de leurs actes les plus odieux et même certitude de détenir la vérité unique sur le monde, sur les valeurs vraies de la société, etc.

Pour d'autres, la réhabilitation d'un auteur visionnaire à l’œuvre fondatrice sacrifiée sur l'autel de l'argent par un studio incompétent, manipulateur, raciste et idiot, trop préoccupé par le succès indigent des blockbusters bas-de-plafond et gamins de la concurrence pour appréhender l'intelligence et la profondeur mythologique de l'approche Snyder.

Et puis il y a ceux qui considèrent ce Justice League comme une expérience intéressante, très similaire à la Donner Cut de Superman 2, qui permet à un film clairement malade et charcuté de renaître de ses cendres, et de présenter une vision homogène de son projet artistique.

Bon, pas de surprise, ce projet artistique est un projet made in Snyder : c'est ultra-pompeux, ultra-sérieux, bourré de ralentis et d'images désaturées, c'est dark and gritty, bref, si l'on est réfractaire au style du bonhomme, ce n'est pas ce Justice League 2.0 qui va y changer grand chose.

Mais, sans véritable surprise aussi, ce JL 2.0 est nettement meilleur que la version salles.

# LE FILM #

Quatre heures de métrage, six chapitres et un épilogue, un format 4/3 étriqué (et encore, on a échappé au noir et blanc !) : cette Justice League n'est pas un film à proprement parler. C'est un concept, un projet artistique, un fourre-tout décadent impossible à sortir en salles, bourrés de moments superflus (durant les premières parties, surtout), dans lequel Snyder a mis tout ce qui lui faisait plaisir, et tout ce que les fans lui ont demandé au fil des ans. Ça tombe bien : depuis Batman vs Superman, les fans de Snyder ont pour mot d'ordre « plus il y en a, mieux c'est », et Zackounet ne fait que répondre à leur demande.

Cela dit, on comprend sans peine que la Warner ait paniqué en découvrant les cinq heures de la copie de travail de Snyder.

Tout comme on comprend aussi la colère de Ray Fisher en voyant le plus gros de l'intrigue de Cyborg, son personnage, être condensée au maximum par Whedon, alors qu'elle est développée en long, en large et en travers chez Snyder (malheureusement, elle n'y dépasse pas vraiment le stade du double cliché "jeune Afroaméricain en colère" souffrant d'un "père absent", et Fisher ne fait pas vraiment preuve d'un grand charisme au travers de ce personnage numérique et perpétuellement mécontent).

Par contre, on comprendra un peu moins toutes ces critiques ébaubies qui voient ici un métrage radicalement différent de la version Whedon. Les grandes lignes et le déroulement de la version 1.0 sont les mêmes, les rebondissements aussi, la caractérisation idem, et, au pire, la version Whedon apparaît comme une version abridged de celle de Snyder, qui a toujours quelques problèmes de logique interne et d'éléments inexplicables.

En rajoutant énormément de tissu connectif, la Snyder Cut rend son récit nettement plus cohérent et fluide, ce qui n'est pas forcément surprenant pour qui avait vu la version longue de Batman vs Superman : avec sa demi-heure supplémentaire, celle-ci développait plus ses personnages et son récit, rendant ce dernier plus logique et homogène. Ici, notamment, des scènes comme la prise des Boîtes par Steppenwolf se trouvent étoffées, et fonctionnent nettement mieux.

Mais comme la VL de BvS, la Snyder Cut souffre aussi des choix créatifs de ses auteurs : les événements de la JL 2.0 découlent toujours des idées stupides de BvS, sans jamais vraiment les corriger (même par rapport à la Whedon Cut). Batman reste un Ben Affleck engoncé dans une tenue pataude en mousse, à la traîne derrière ses collègues ; Superman reste une figure messianique qui prend des poses chrétiennes et arrive juste à temps pour démolir sans efforts le big bad ; le film doit toujours intégrer tous les membres secondaires de la League à son récit sans qu'ils aient eu droit à des origin stories ; Flash continue d'être un nerd asocial aux traits d'humour bancals ; et, Snyder oblige, Wonder Woman reste ultra-violente, explosant des mercenaires contre les murs dans des gerbes de sang avant de se tourner vers une fillette terrorisée et de lui asséner en souriant un message girl power se voulant rassurant.

Il faut être très clair : à la vision de cette version longue, n'importe quel spectateur un peu objectif et ayant des notions de rythme et de montage repère immédiatement pléthore de scènes à couper ou à raccourcir. Que ce soit du côté d'Aquaman (les chanteuses qui reniflent son pull, son plongeon au ralenti façon pub de parfum), de Themyscira (la flèche et son rituel, certains dialogues redondants), de Cyborg (qui a deux flashbacks différents pour raconter ses deux traumas - son accident, et l'absence de son père à son match de foot), de Lois (qui passe tout le film à déprimer), de Steppenwolf (qui a plusieurs appels en visio avec DeSaad, histoire d'insister sur le fait que Steppenwolf est bien un sbire incapable se trouvant en bas de l'échelle hiérarchique des maychants, comme si le fait qu'il batte en retraite à chaque confrontation contre la League ne rendait déjà pas tout cela évident), de Flash (le sauvetage d'Iris et de la saucisse), de Silas Stone (énormément de scènes à Starlabs, qui n'apportent pas grand chose au récit), du Martian Manhunter (deux scènes totalement inutiles), etc.

C'est bien simple, en combinant tous ces moments (typiques d'un director's cut où le réalisateur a carte blanche et ne se préoccupe pas du rythme et de la durée du film) aux innombrables ralentis snyderiens qui occupent le plus clair de la première moitié du film, ainsi qu'aux visions baptisées Knightmare sans intérêt intrinsèque (si ce n'est ouvrir la porte à une nouvelle campagne en ligne du Cult, toujours plus toxique), il est probablement possible d'exciser entre 30 et 45 minutes de cette Justice League 2, si ce n'est une bonne heure en redynamisant un peu de nombreuses scènes qui trainent en longueur.

Soit un métrage final qui ferait dans les trois heures : nettement plus acceptable, d'un point de vue narratif, et mieux rythmé. Alors certes, cela resterait une version visuellement étriquée par le 4/3, et dont l'approche ultra-sombre et violente, interdite aux moins de 17 ans, rendrait une exploitation salle impossible (prendre des personnages superhéroïques emblématiques, et se débrouiller pour en faire un film que les enfants ne peuvent pas voir, c'est la méthode Snyder), mais l'unité thématique et conceptuelle du tout aurait probablement plus convaincu que le côté patchwork déglingué de la version salles.

Et contrairement à la VL de BvS, qui perdait en rythme et en énergie ce qu'elle gagnait en cohésion et en logique, cette VL de Justice League reste globalement meilleure que la version cinéma. Mais Snyder a clairement eu un avantage de taille, ici : il a pu s'appuyer sur toutes les critiques adressées à la version Whedon, et sur tous les désidératas des fans, pour tenter de bricoler une version bâtarde combinant son Assembly Cut, la version salles et une hypothétique version rêvée, le tout pour relancer la machine et amener son Cult à poursuivre sa campagne et à #RestoreTheSnyderVerse.

Mouais. Tout ça pour en arriver là, en somme. Zack Snyder's Justice League est un bien meilleur film que la version Whedon, c'est indubitable (pas difficile, cela dit), mais reste un métrage malade, toujours tiraillé entre diverses intentions commerciales, prétentions artistiques et exigences de fans totalement incompatibles. C'est mieux que rien (ou que la 1..0), mais ce n'est commercialement pas viable (le film est impossible à sortir en salles en l'état), et ça demande que l'on adhère à l'approche très polarisante de Snyder, à ses choix "artistiques" et musicaux et à sa vision des superhéros DC... ce qui est loin d'être le cas de tout le monde.

3.5/6

 

(grosse déception que le Darkseid de Snyder, un Darkseid qui bat en retraite après avoir pris un coup de hache, et au design trop élancé)

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Les bilans de Lurdo : Titans, saison 2 (2020)

Publié le 20 Mars 2021 par Lurdo dans Review, Télévision, Fantastique, Drame, Romance, Action, Jeunesse, Science-Fiction, Les bilans de Lurdo, USA, DC

La saison 1 des Titans, adaptation grimdark des Teen Titans de DC Comics, chapeautée par Geoff Johns, Akiva Goldsman et Greg Berlanti, ne m'avait pas convaincu (critique ici) : violence forcée, provoc pseudo-adulte, casting inégal, costumes souvent risibles, et surtout, un déroulement particulièrement bancal de la saison, plus préoccupée par le placement d'un backdoor pilot pour Doom Patrol et par les atermoiements de Hawk et Dove que par sa structure globale, mollassonne et décousue.

Le tout finissait par donner l'impression de vouloir faire tout et son contraire, sans parvenir à exceller dans la moindre catégorie : un programme conciliant les qualités et les défauts des séries Berlanti, avec les faiblesses de l'écriture de Johns et Goldsman, l'attitude immature du Snyderverse et les limites d'un budget tv... et rien n'est plus caractéristique de ces soucis que les choix effectués en fin de saison 1, des choix qui se répercutent directement en début de saison 2.

Titans, saison 2 (2020) :

Lorsque Rose (Chelsea Zhang), une jeune femme aux pouvoirs étranges, est recueillie par Dick Grayson (Brenton Thwaites) et logée dans la tour des Titans, à San Francisco, c'est le début d'une spirale infernale : car Rose est la fille de Slade Wilson (Esai Morales), un vieil ennemi de Dick et de la première génération de Titans... et Slade, un mercenaire aux super-pouvoirs plus connu sous le nom de Deathstroke, est bien décidé à se venger de l'ex-Robin et de ses collègues.

Car cette saison 2, c'est surtout la saison du reboot, de la réinvention, et de la rétrocontinuité. La série a réalisé que sa saison 1 n'était pas terrible, et décide soudain de changer de cap...

Mais avant d'aller plus loin, mentionnons un point qui explique beaucoup de choses : le showrunner officiel de cette saison 2 (alors qu'en saison 1, il était au second plan), c'est Greg Walker... un ancien de Smallville et des Defenders. À partir de là, forcément, il ne fallait pas s'attendre à des miracles, et une grande partie des problèmes de la série trouvent une explication.

La s1 se concluait ainsi par un épisode dans la tête de Dick Grayson, hanté par un Batman meurtrier : pour une raison ou une autre, les producteurs avaient fait le choix d'amputer la saison 1 de son épisode final, qui aurait dû mettre en scène l'affrontement des Titans contre Trigon, le père démoniaque de Raven.

L'objectif avoué de la production, à l'origine de cette manœuvre : finir la saison sur un cliffhanger (Dick succombant à son côté obscur) et démarrer la saison suivante sur les chapeaux de roue, en mélangeant les restes du final de la s1 avec de nouvelles scènes fraîchement tournées.

Malheureusement, Titans a préféré la jouer à la Smallville - toutes les sous-intrigues de la saison 1 sont ainsi bouclées en une petite demi-heure, Trigon (aux effets numériques ratés) est éliminé en trente secondes, et le programme repart aussitôt dans une nouvelle direction, présentant, en l'intervalle de 20 minutes, le Bruce Wayne de cet univers (un Iain Glen à la limite de l'erreur de casting et plus près d'Alfred que de Batman), le Deathstroke de cet univers (nettement plus convaincant), et en réécrivant l'histoire des Titans : désormais, on nous explique que Dick, Hawk, Dove et Donna étaient autrefois les Titans 1.0, qu'ils se sont séparés suite à une histoire impliquant Deathstroke, et que les Titans 2.0 sont un moyen, pour Dick, d'expier les fautes du passé en formant une nouvelle équipe, dans une tour ultra-moderne financée par Bruce Wayne.

Autant dire que ce soft reboot maladroit fait un peu un choc lorsqu'il se produit. La bonne nouvelle, cependant, c'est que ce changement de direction ne perd pas de temps, narrativement, et oppose aussitôt les Titans à Deathstroke et à son sbire, Doctor Light.

Bien vite, cependant, les problèmes des productions Berlanti rattrapent le show : les costumes, les perruques et les combats chorégraphiés sont toujours aussi approximatifs, le rythme se fait en dents de scie, pour laisser la place à énormément de scènes mélodramatiques et de disputes façon CW, la menace Deathstroke (plutôt réussie) est affaiblie par l'inutilité d'un Doctor Light au look risible (et qui est rapidement éliminé) et la série a tellement de personnages secondaires qu'elle peine à tous les exploiter (Raven et Beast Boy font de la figuration pendant 80 % de la saison, Aqualad apparait dans un épisode flashback et est immédiatement "évacué", Starfire passe un tiers de la saison loin du groupe, etc).

Et pour ne rien arranger, on a aussi l'entrée en scène de Superboy (Joshua Orpin), à mi-saison. Un Superboy teasé en post-générique de saison 1, qui revient ici sous un nouveau visage (nettement moins bodybuildé),  qui a droit à son épisode flashback (et une relation maternelle compliquée avec une scientifique de Cadmus à l'interprétation fébrile qui ne m'a pas convaincu), qui est accompagné de Krypto (excellent !), qui discute avec un Lionel Luthor décati (malheureusement, personne ne parviendra à égaler John Glover dans ce rôle), et qui se pointe in extremis, tel un deus ex kryptonia bien pratique, pour sauver Jason Todd d'une chute mortelle.

Honnêtement, ce Connor est peut-être la vraie réussite de cette saison, innocent torturé entre ses deux héritages génétiques (Luthor et Superman), accompagné de son toutou, et qui donne enfin quelque chose à faire à Beast Boy, qui devient son ami. Et surtout, il permet de remplir un peu la seconde moitié de la saison, alors que les scénaristes succombent à leurs pires instincts et que la saison s'essouffle considérablement, pour terminer totalement sur les rotules.

L'intrigue principale de la saison (Deathstroke qui veut se venger des Titans, qu'il rend responsable de la "mort" de son fils Jericho) est ainsi narrée de manière décousue, ici par un épisode flashback, ici par des sous-entendus dans les dialogues, ici par des mini-flashbacks, et se paie une grosse pause narrative, durant laquelle les Titans se séparent, vexés (de manière bien mélodramatique et forcée) par les mensonges de Dick.

Chacun part alors dans son coin pendant plusieurs épisodes : Hawk et Dove retournent chez eux, pour s'y disputer et sombrer de nouveau dans l'alcool et la drogue (Hawk qui s'essaie au cage fighting, c'est un moment assez piteux) ; Raven fugue et se rapproche d'une sdf ; Donna se prend pour Jessica Jones ; Jason couche avec Rose ; Starfire prépare la saison 3 avec l'arrivée de sa sœur ; et Dick, lui attaque des policiers pour être envoyé en prison, et y expier ses fautes.

Une sous-intrigue assez ridicule (son grand pêché est d'avoir affronter seul Deathstroke, de s'être pris une tannée, et d'avoir été sauvé par le sacrifice de Jericho, qui a intercepté le coup fatal porté par son père), qui frôle l'appropriation culturelle lorsqu'il choisit pour emblème et pour nom des idées "empruntées" à ses compagnons de cellule latinos, qui n'hésite pas à partir dans la semi-parodie (Dick est hanté par l'incarnation de sa culpabilité, qui prend l'image de Bruce Wayne, un Bruce Wayne cabotin qui en fait trois tonnes, dansant notamment le Batusi dans un strip-club...) et qui se finit de manière vraiment naze, par une évasion bancale, et par une explication moyennement convaincante - tout était prévu depuis le début par Deathstroke et par sa fille, qui travaillaient ensemble.

Une relecture capillotractée du Judas Contract du comic-book, qui se conclue de manière bâclée lorsque Rose Wilson (la fille de Slade) transperce son père de son épée. Deathstroke meurt immédiatement, paf, on passe à autre chose.

Cette autre chose étant les manipulations de Cadmus et de Mercy Graves (Natalie Gumede incarne ici une Mercy Graves implacable - sauf lors de sa vie de famille avec ses deux enfants adolescents et sa femme, qui ne la respectent pas), qui capturent Beast Boy et Connor, les lobotomisent, et les envoient se battre contre les Titans fraîchement réunis.

Résultat : les Titans triomphent, mais pas avant que Donna Troy ne se sacrifie de manière totalement forcée et clichée (en tentant de sauver quelqu'un, elle est victime d'un pylône électrifié qui tombe, alors même que Connor et les autres Titans l'observent sans bouger, à un mètre de là), et après une brève période de deuil, l'équipe se reforme officiellement, la série nous gratifiant d'un générique de fin sur fond de "We are fa-mi-ly !".

Difficile de faire plus frustrant et pataud, à vrai dire, et c'est un peu ce qui caractérise la saison dans son ensemble : ponctuellement, ça fonctionne. Ponctuellement, c'est amusant et dynamique. Ponctuellement, ça en jette un peu (Nightwing est ainsi visuellement assez réussi... malgré la chorégraphie faiblarde des combats).

Mais le plus clair du temps, les problèmes habituels des séries Berlanti, les facilités scénaristiques (la temporalité de la fin de saison est bancale, au mieux) et les approximations de Smallville, le mélodrame sombre et edgy du Snyderverse (tout le monde se fait la gueule, les non-dits abondent, on voit Beast Boy se faire torturer à cerveau ouvert) et les limites budgétaires de la télévision (Beast Boy ne se transforme qu'une fois et demi de toute la saison, en tigre) tirent le tout vers le bas.

Et puis il y a cette tendance toujours aussi agaçante qu'a la série de tenter d'avoir le beurre et l'argent du beurre : le show passe son temps à montrer "Bruce Wayne" (d'ailleurs, tout le monde le tutoie, même les nouveaux arrivants au sein des Titans, ça fait bizarre), à parler de Superman, de Batman, de Lex, etc, etc, etc... mais lorsque les Titans sont confrontés à des situations qui les dépassent, lorsque Aqualad est abattu d'une balle dans la tête par Deathstroke, la Justice League est aux abonnés absents. Lorsqu'un clone surpuissant de Superman se fait connaître et attaque des policiers en arborant le symbole de Superman... ce dernier est étrangement injoignable. Lorsque Jason Todd, le Robin en place, est kidnappé et torturé par Deathstroke, Batman ignore totalement la situation.

Il arrive un moment où les limites de la série deviennent vraiment gênantes, et tout cela finit par se combiner pour donner un programme trop brouillon et trop frustrant pour vraiment être satisfait par ce qu'il nous propose.

En soi, la saison 2 de Titans n'est pas désastreuse, et pour peu qu'on ait conscience des défauts nettement prononcés du programme, il est possible de s'amuser et de trouver ce programme agréable à suivre, surtout pour voir les différentes incarnations de ces personnages iconiques.

Mais il ne faut pas rêver : sur l'échelle des adaptations télévisées super-héroïques, Titans se trouve plutôt dans la moitié basse... et c'est la faute d'un véritable manque de direction et de rigueur à de nombreux échelons de la production.

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Un film, un jour (ou presque) #1329 : Wonder Woman 1984 (2020)

Publié le 12 Janvier 2021 par Lurdo dans Action, Aventure, Cinéma, Comédie, Critiques éclair, Fantastique, Review, Romance, Science-Fiction, USA, DC, DCEU

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Wonder Woman 1984 (2020) :

En 1984, Wonder Woman (Gal Gadot) continue d'œuvrer plus ou moins dans l'ombre, jusqu'à ce qu'elle apprenne l'existence de la Pierre des rêves, un ancien artefact capable d'exaucer les souhaits et de ramener Steve Trevor (Chris Pine) à la vie. Mais Maxwell Lord (Pedro Pascal), un businessman de l'industrie pétrolière, a lui aussi des vues sur la pierre, tout comme Barbara (Kristen Wiig), une scientifique réservée, qui rêve d'avoir l'assurance et le physique de Diana Prince...

Animal étrange se trouvant au carrefour du style imposé par Zack Snyder, et de celui, plus anonyme, proposé par Patty Jenkins, sa réalisatrice, le premier Wonder Woman avait reçu un accueil triomphal des critiques... mais honnêtement, il ne méritait pas tant d'éloges : gentiment bancal dans sa structure, occasionnellement tiré vers le bas par les effets spéciaux très inégaux, par les impératifs du studio et par, soyons francs, l'interprétation inégale de Gadot, le premier WW finissait par être un métrage assez moyen en son genre.

Autant dire que pour cette suite, certains attendaient Jenkins au tournant : débarrassée de l'influence Snyder et à la fois co-scénariste et réalisatrice, elle avait carte blanche pour réinventer encore une fois Diana Prince, cette fois-ci dans les années 80.

Malheureusement, le résultat est tout aussi inégal que le premier film... sans en avoir l'attrait de la nouveauté et l'aura de "premier film de super-héroïne".

Les problèmes commencent ainsi par sa durée abusive de 2h30, qui inclut une intro de dix minutes, totalement inutile, sur Themyscira (uniquement là pour asséner dans ses derniers instants, de manière assez balourde, les thématiques du récit - et je ne parle même par des collants en spandex doré et lamé des Amazones qui font des plis disgracieux au moindre mouvement, et des sauts câblés approximatifs) et une heure complète de film sans action ni Wonder Woman en costume (par contre, si vous aviez aimé "Diana découvre le monde moderne" dans le premier film, vous aimerez "Steve découvre le monde moderne" dans celui-ci).

Ensuite, comme on pouvait le deviner dans le premier film, Jenkins et Geoff Johns (son co-scénariste) ne savent pas vraiment faire dans la subtilité : ils se sont, pour ce Wonder Woman II, très clairement inspirés des Superman des années 80, et notamment de Superman II (la version Lester, avec de l'humour, etc) ; on y retrouve un même ton léger et déconneur, une même logique approximative, une même caractérisation à la truelle (que ce soit Maxwell Lord ou Barbara, ils semblent avoir été écrits dans les années 70/80 - ou bien sortir d'un Batman de Joel Schumacher), un même choix "renoncer à ses pouvoirs ou au grand amour", une même inspiration Richard Donner (la première scène d'action, où WW intervient dans un centre commercial, évoque immédiatement les Superman de Chris Reeve), bref, le film paraît fréquemment assez daté, cette histoire de pierre exauçant les vœux n'étant pas, bizarrement, sans rappeler le Supergirl de Szwarc.

On se retrouve donc avec un film assez pataud, qui passe sous silence certains points problématiques de son script (personne ne demande jamais son avis au pauvre gars qui se fait posséder par l'esprit de Steve Trevor, lequel couche alors avec Diana et se met en danger pendant tout le film, sans jamais poser la question de l'éthique ou de la responsabilité de ces gestes), qui oublie de cacher les faiblesses d'interprétation de son actrice principale (80 % du temps, Gadot est très bien ; 20 % du temps, son interprétation sonne faux), qui laisse libre cours à son méchant (Pedro Pascal est ici l'équivalent de Gene Hackman dans les Superman : un businessman cabotin, pathétique et magouilleur, prêt à tout pour arriver à ses fins, mais auquel Pascal se donne totalement, comme s'il était dans un film oscarisable), et qui se permet des écarts totalement inutiles (l'armure dorée ne sert absolument à rien, si ce n'est à faire joli à l'écran, et à amener une scène post-générique final à la fois prévisible et totalement gratuite ; le détour au Moyen-Orient est... prétexte à une scène d'action bourrée de problèmes de logique interne, et assez discutable dans la manière dont la région est représentée).

Il y a pourtant du bon, çà et là, des moments qui fonctionnent (la scène du jet invisible est amusante, même si laisser un pilote de 1914-18 aux commandes d'un avion de chasse des 80s, au beau milieu des feux d'artifice du 4 juillet, c'est intéressant en théorie, mais c'est aussi suicidaire en pratique ; la scène où WW réapprend à voler, elle, est jolie comme tout - mais renvoie à nouveau à Superman, et suscitera sans nul doute des débats sur le fait qu'elle n'apprend à se servir de ce pouvoir que grâce à un homme), et d'autres, nettement moins (toute la fin est interminable, à partir du moment où, sous couvert de faire changer le méchant d'avis, Diana fait un grand discours face caméra, s'adressant directement au spectateur pour lui transmettre un message de paix et de solidarité didactique et pseudo-profond).

Et puis il y a Barbara/Kristen Wiig. Qui fait du Wiig lorsque son personnage est en mode nerdy (Jamie Foxx dans Amazing Spider-man 2 n'est pas loin ^^) ; qui est plus sérieuse lorsqu'elle commence à se transformer (son évolution est assez brusque, d'ailleurs, et pas toujours très bien maîtrisée logiquement) ; et qui est totalement méconnaissable lorsqu'elle est en Cheetah, un mélange de numérique et de maquillage vraiment pas réussi, et conservé (à juste titre) dans la pénombre pendant tout son affrontement contre Diana - un affrontement qui, d'ailleurs, vire au numéro façon Cirque du Soleil (un aspect récurrent de la plupart des mouvements et des poses de Diana au bout de son lasso).

En somme, ce Wonder Woman 1984 ressemble vraiment à un film brouillon, qui a couché toutes ses idées sur une feuille de papier et n'a jamais vraiment su lesquelles conserver, qui a des thématiques mais n'a jamais vraiment su comment les exprimer avec subtilité, bref, Wonder Woman 1984 est un gentil bordel (un peu comme cette critique à chaud, je le reconnais).

Ce n'est pas désastreux, ça se regarde, et ça a même permis à Hans Zimmer de nous livrer une partition surprenant et mélodieuse, mais ce n'est pas un bon film, ça manque pas mal de style et de personnalité (je n'aurais jamais cru dire cela, mais l'influence visuelle de Snyder manque un peu) et l'on comprend finalement les reports de sortie (surtout que tous les défauts et problèmes de logique interne du film étaient déjà présents, et mentionnés comme tels, par les personnes ayant assisté aux projections tests, il y a plus d'un an).

2.5/6

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Un film, un jour (ou presque) #1306 : The Dark Knight Rises (2012)

Publié le 24 Septembre 2020 par Lurdo dans Action, Cinéma, Critiques éclair, DC, Drame, Fantastique, Review, Thriller, USA

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus. ​​

The Dark Knight Rises (2012) :

Brisé par son combat contre le Joker, huit ans plus tôt, Bruce Wayne (Christian Bale) vit comme un reclus dans son manoir. Jusqu'à ce que Bane (Tom Hardy), un dangereux terroriste fanatique, arrive à Gotham et menace de détruire la ville avec une arme atomique. Confronté à cette menace inédite, Batman est contraint de reprendre du service, mais bien vite, il va réaliser que Bane est bien plus fort et dangereux qu'il ne le pensait...

Une conclusion de trilogie qui arrive tardivement, et qui donne constamment l'impression que personne au sein de la production n'avait la moindre motivation (autre que contractuelle et financière) à créer ce troisième opus.

Il faut dire que tenter de résumer plusieurs arcs narratifs entiers de l'univers Batman (Knightfall, No Man's Land, Dark Knight Returns) en 2h30, et ce sans mettre Batman plus de 30-45 minutes à l'écran, c'est compliqué, et c'est un défi qui demanderait quelqu'un d'autre que le duo Goyer/Nolan à l'écriture.

Déjà, parce que les choix créatifs sont peu probants : la voix de Bane est plus ou moins risible dès sa première apparition, le personnage de Miranda Tate arrive comme un cheveu sur la soupe (et répète le twist éventé du premier film sur l'identité de "Ducard"), le personnage de Wayne/Batman finit par paraître bien peu héroïque (pour un chevalier en croisade contre le crime, ce Bruce Wayne n'aura finalement endossé le masque qu'un an ou deux, et aura jeté l'éponge bien vite avant de partir en retraite), et la décision de faire disparaître Alfred du film à mi-parcours (Michael Caine était trop cher ?) après avoir passé un savon à Bruce n'est guère plus convaincante.

Et puis il y a l'orientation globale du métrage : en l'absence de Bruce Wayne/Batman, il faut bien meubler, et ce remplissage passe par une place accrue laissée à Gordon et à "Blake", un jeune policier idéaliste (dont on apprend, à la fin du film, que son prénom est Robin... parce que visiblement, les scénaristes pensaient qu'ils avaient trop bien brouillé les pistes en changeant son nom, et qu'un jeune héros idéaliste qui découvre la batcave et l'héritage de Batman une fois celui-ci disparu, ce n'était pas assez clair).

Le film prend donc fréquemment des airs de Gotham Central approximatif, plus intéressé par le quotidien d'un Gotham sous occupation que par le héros principal de la série. Un héros cassé de partout, grabataire, mais qui se remet comme par enchantement après six mois de musculation magique et spirituelle au fond d'un trou (on sent que Nolan/Goyer voulaient utiliser les Lazarus Pits de Ras Al Ghul, mais qu'ils étaient coincés par leur pseudo-réalisme... ce qui, paradoxalement, a rendu leur solution encore moins convaincante).

De manière assez intéressante, cela dit, le personnage de Catwoman est plutôt réussi et convaincant (un spin-off sur son duo formé avec Juno Temple aurait été le bienvenu, à l'époque) et il y a quelques moments plutôt réussis et spectaculaires, çà et là.

Le problème, à nouveau, reste cependant l'écriture. Une écriture pataude au niveau de ses métaphores (le puits, la psychologie de Bruce), de ses thématiques (la révolte du peuple contre les élites, transcender la souffrance et le traumatisme pour en ressortir plus fort, etc), de ses dialogues, qui fait de Batman, plus que jamais, un super-CRS, allant même jusqu'à lui faire prendre part à la charge de la Police contre les troupes de Bane (constituées de tous les criminels de la ville).

Une conclusion de trilogie qui continue de souligner les soucis de l'approche Nolan, qui n'a jamais vraiment réussi à gérer son personnage principal, à le mettre en valeur autrement que comme un vecteur de thématiques pseudo-profondes sur l'héroïsme, et tout et tout, et à atteindre un dynamisme visuel que Batman, plus grand artiste martial de la planète et détective hors-pair, aurait mérité.

Le plus faible épisode de la trilogie, un film faiblard, un Batman sans Batman, bourré d'approximations et de choix créatifs vraiment discutables.

2.25/6

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Un film, un jour (ou presque) #1305 : The Dark Knight - Le Chevalier Noir (2008)

Publié le 23 Septembre 2020 par Lurdo dans Action, Cinéma, Critiques éclair, Drame, Fantastique, Jeunesse, Review, Thriller, USA, DC

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The Dark Knight - Le Chevalier noir (2008) :

Avec l'aide du procureur Harvey Dent (Aaron Eckhart), de l'Inspecteur Gordon (Gary Oldman) et de Rachel (Maggie Gyllenhaal), Bruce Wayne/Batman (Christian Bale) se bat contre le crime organisé de Gotham, alors même que le mystérieux Joker (Heath Ledger) sème le chaos dans la ville, incontrôlable et imprévisible...

Un film incontournable du genre super-héroïque, vénéré par une certaine génération de cinéphiles, et qui pourtant m'a toujours laissé ambivalent.

Un peu à l'image du film, en fait, qui est étrangement divisé en deux parties principales : à commencer par une première grosse moitié assez maîtrisée, qui décrit l'ascension du Joker (un Heath Ledger excellent), celle de Harvey Dent (Eckhart tout aussi bon), la montée en puissance du conflit entre Batman et son ennemi, etc.

Ça fonctionne plutôt bien, évitant les dialogues trop laborieux et pseudo-philosophiques, et restant globalement dans l'action, même si cela doit passer par une séquence en Asie, digression que l'on devine comme une concession au marché et aux investisseurs chinois. Certes, les défauts formels et créatifs du premier film ressurgissent, çà et là (ces plans tournoyants sur Batman, raide comme un piquet sur une corniche ; la voix enrouée de Bale ; le manque de présence de Batman à l'écran, jamais mis en valeur par la caméra, l'éclairage ou la mise en scène ; le côté GIGN du costume), et l'on devine déjà ce qui posera problème dans l'épisode suivant : un Batman qui, après un an à peine de service, est déjà prêt à tout plaquer pour les beaux yeux de Rachel (une Maggie Gyllenhaal qui remplace Katie Holmes, et apporte plus de présence et de répondant à son personnage). Pour sa Croisade contre le crime, ce Batman repassera.

Mais dans l'ensemble, c'est maîtrisé et intéressant.

Et puis, arrive la capture du Joker, et là, lentement, le film commence à se déliter. Les dialogues pseudo-profonds de Goyer et Nolan refont surface, de plus en plus pesants (et présents) ; Batman est encore moins mis en valeur que dans le reste du film (la scène de l'interrogatoire ne fait que souligner tous les défauts de son apparence) ; le Joker devient un Jigsaw du pauvre, imposant des choix (théoriquement) cornéliens à Batman et à Gotham ; le développement de Two-Face est artificiel et forcé, sans jamais vraiment convaincre - un peu à l'image des effets numériques de son visage, qui lui placent occasionnellement un œil à cinq centimètres au dessus de l'autre ; le script décide d'ajouter un dilemme moral inutile à l'emploi du Batsonar (on sent que c'était là une idée autrefois plus développée, et réduite à peau de chagrin dans cette version du script) ; et puis la fin, bien entendu, achève d'affaiblir le récit, avec un propos pompeux et un plan pas très malin de la part de tout ce petit monde.

C'est un peu le problème récurrent des Batman de Nolan/Goyer : plutôt que d'intégrer des thématiques et un message à un film de Batman, le duo a clairement commencé par poser des thématiques et des idées philosophiques, avant de modeler le récit de leur film sur celles-ci, quitte à forcer un peu ou à utiliser des grosses ficelles narratives pour que ça rentre.

C'est toujours ce qui m'a gêné dans cette approche : je suis totalement pour qu'on apporte un deuxième degré de lecture à un film de super-héros... mais quand ce deuxième degré de lecture passe au premier plan, que le tout se transforme en pensum pour les nuls, et que le film de super-héros devient secondaire (et n'intéresse pas vraiment le réalisateur et le scénariste), ça coince.

The Dark Knight est ainsi en équilibre constamment précaire, mais parvient à ne tomber que partiellement dans les pièges du premier film. Pas totalement réussi, le film reste agréable à suivre (même si mon avis sur ce dernier a tendance à changer au fil du temps), et aurait fait une bonne conclusion au dyptique Batman de Nolan. Malheureusement, The Dark Knight Rises est arrivé ensuite...

3.75/6

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Un film, un jour (ou presque) #1304 : Batman Begins (2005)

Publié le 22 Septembre 2020 par Lurdo dans Action, Cinéma, Critiques éclair, Drame, Fantastique, Jeunesse, Review, Thriller, USA, DC

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus. ​​

Batman Begins (2005) :

Alors qu'il revient de plusieurs années d'entraînement au sein de la Ligue des Ombres de Ra's Al Ghul, le milliardaire Bruce Wayne (Christian Bale) découvre que sa ville natale, Gotham, est en proie à la corruption et à la déliquescence. Bien décidé à utiliser ses larges finances pour changer la situation, il endosse la tenue de Batman et s'associe à l'Inspecteur Gordon (Gary Oldman) pour imposer la loi et l'ordre à Gotham....

Plus de 10 ans après sa sortie, retour sur la trilogie Batman de Nolan et Goyer, qui a marqué les esprits, mais pas forcément pour le meilleur. À commencer par ce Batman Begins, un film qui, définitivement, est bourré de problèmes et de maladresses pas forcément rédhibitoire, mais bien présents.

C'est toujours une origin story pas particulièrement intéressante, avec un premier tiers plutôt mollasson en Asie ; c'est toujours un métrage aux thèmes assénés avec la lourdeur d'un pachyderme ivre, avec de la philosophie de comptoir et un laïus d'étudiant de première année en psychologie sur la PEUR.

C'est toujours un métrage où Gotham n'a aucune identité visuelle, où la volonté de réalisme se marie mal avec une imagerie comic-book que Nolan peine à rendre crédible (les plans tournoyants où Batman est au sommet d'un immeuble, accroché à son flanc, ou lorsqu'il se déplace en mode chauve-souris avec sa cape, sont clairement censés paraître spectaculaires, mais semblent étrangement artificiels et laborieux), et où le costume de Batman reste problématique (la Batminerve, la grosse voix enrouée, etc).

C'est toujours un film où les choix créatifs sont rarement les plus pertinents (Scarecrow est inexistant, les visions horrifiques sous son emprise ne sont guère plus probantes, le toutéliage avec la Ligue des Ombres est forcé, le rebondissement sur l'identité de Ra's Al Ghul est télégraphié au possible, l'hypocrisie du "je ne te tuerai pas, mais je ne te sauverai pas non plus" tire le film vers le bas), où certains choix de casting laissent dubitatifs (Katie Holmes), où les scènes d'action sont rarement percutantes et bien montées (certaines frôlent même l'illisible).

Bref, Batman Begins est toujours un film ayant constamment le postérieur entre deux chaises, et trahissant une certaine hésitation, de la part de Nolan, à se mesurer frontalement au film de comic-book. Et pourtant, une fois débarrassé de son prologue interminable, et une fois Bruce Wayne de retour à Gotham, ça fonctionne bon gré mal gré.

Ce Year One reste en effet suffisamment spectaculaire et compétent pour maintenir l'attention du spectateur et du fan, même s'il y a parfois de quoi grincer des dents, comme par exemple devant la poursuite avec le Tumbler, assez peu optimisée au niveau montage, rythme, dynamisme et gestion de l'espace (sans même parler de la plausibilité du Tumbler roulant sur les toits de la ville).

Pas un désastre, mais loin d'être un chef d'œuvre, un film finalement tout ce qu'il y a de plus moyen.

3/6 (et bizarrement, j'ai presque apprécié la bande originale de Zimmer, cette fois-ci - probablement parce que depuis la sortie, je l'ai tellement entendue çà et là que j'y suis désormais immunisé)

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Les bilans de Lurdo : Harley Quinn, saison 2 (2020)

Publié le 19 Septembre 2020 par Lurdo dans Action, Animation, Critiques éclair, Comédie, DC, Fantastique, Les bilans de Lurdo, Review, Science-Fiction, Télévision, USA

En dépit de l'engouement critique outre-atlantique (comme toujours dès que le personnage de Harley Quinn est concerné, avec son supposé message d'émancipation), la première saison de cette série d'animation m'avait laissé plutôt dubitatif, rendu perplexe par un programme aussi schizophrène que son héroïne : un début immature et vulgaire, une première moitié de saison parfois discutable (mais globalement amusante), et une deuxième moitié partant en vrille dans des directions pas forcément toutes probantes, mais où l'ultra-violence rigolarde dominait pour accompagner les aventures post-apocalyptiques de Harley...

Place à la saison 2, une saison dont je ne sais pas vraiment quoi attendre, si ce n'est à la très forte probabilité d'une bonne dose de shipping entre Ivy et Harley, l'un des points de la saison 1 les plus critiqués par les fans (Ivy avait été placée dans une relation amoureuse, sortie de nulle part, avec... Kiteman !?)...

Harley Quinn, saison 2 (2020) :

Congelée pendant deux mois, Harley est secourue par ses alliés, et découvre que, en son absence, et en l'absence de Batman, Gotham a été ravagée : les membres de l'Injustice League ont partagé les restes de la ville... mais Harley est bien décidée à leur donner une bonne leçon, l'un après l'autre.

À nouveau, une saison à la structure assez inégale. La première moitié de la saison, en effet, se consacre à la revanche d'Harley sur ses ennemis, une revanche qui commence par Pingouin (violemment exécuté), puis passe à Riddler (qui s'est installé dans l'université locale, et y sert de Doyen), avant d'enchaîner avec le Dr. Trapp, et avec Mr Freeze.

De quoi permettre aux scénaristes de varier les ambiances, de continuer dans la violence gratuite et ultra-sanglante, et de parodier l'univers de Batman, avec son Gordon (vraiment trop) pathétique et loser, son Robin miniature assez risible, etc.

Mais cette première moitié de saison est globalement agréable à suivre, profitant de son cadre improbable (Gotham City est en ruines, et les USA s'en désolidarisent) pour narrer l'origin story de Batgirl (visuellement très proche de la Batgirl of Burnside des comics) et pour réinventer Freeze de manière absurde - tout en conservant son côté tragique.

Agréable à suivre, sans être parfaite : outre les sbires de Harley, aux intrigues secondaires pas toujours probantes, les scénaristes, désireux de contrer les critiques de la saison 1, mettent fortement l'accent sur le côté shipping, avec en ligne de mire, la relation Harley/Ivy. Une relation pourtant longtemps présentée comme celle de deux meilleures copines inséparables, d'autant plus que l'écriture passe toute cette moitié de saison à renforcer la sincérité de la relation Ivy/Kiteman et des sentiments qu'ils éprouvent l'un pour l'autre, alors qu'ils préparent leur mariage.

Et puis, à mi-parcours, c'est le drame. Faut-il blâmer le confinement et le chaos qui en a découlé, difficile à dire, mais la série fait quelques sorties de route, semblant se perdre un peu dans ses errances : un épisode métadiscursif (qui se moque au passage des incels du web critiquant le show et soutenant la Snyder Cut) sans Harley et Ivy, consacré à un Batman handicapé moteur et immature, qui refuse de voir Batgirl lui voler la vedette et endosse une armure à la Iron Man (avec parodie de Knightfall à la clef contre Bane), puis un épisode sur Harley et Ivy qui se persuadent qu'un barman est en fait le Joker revenu à son état normal, amnésique (l'occasion de gros flashbacks sur la première rencontre d'Harley avec Ivy, le Joker, Dent, etc)... et enfin, l'épisode où tout bascule : envoyées dans le "Trou" de Bane pour y être rééduquées par ce dernier, Harley et Ivy finissent par s'embrasser après un sauvetage de dernière minute.

En théorie, pourquoi pas, et d'ailleurs, cette évolution de la relation Harley/Ivy a été (forcément) très bien accueillie par le web.

Le problème, c'est qu'elle est écrite avec la subtilité d'une série pour ados de la CW, comme le prouve la suite de la saison : les deux femmes refusent de parler de ce baiser, Harley (frustrée et jalouse) pique une crise et fait un détour par Apokolips parce qu'elle veut détruire la Terre, et toute la bande part fêter l'enterrement de vie de jeune fille d'Ivy sur l'île de Themiscyra... ce qui mène à deux nuits de passion alcoolisée entre les deux femmes.

À partir de là, on tombe vraiment dans les clichés du genre, les non-dits, les mensonges, le triangle amoureux avec Kiteman qui ignore tout de cette aventure extraconjugale, et n'a pas voix au chapitre... ça aurait pu fonctionner avec plus de subtilité, si la série n'avait pas passé deux saisons à mettre en place Ivy/Kiteman, si le tout ne ressemblait pas aux pires heures de Rachel/Ross dans Friends, et si ce n'était pas d'une simplicité binaire assez typiquement américaine.

(je ne demande pas non plus à ce que Harley, Ivy et Kiteman se mettent en trouple, mais bon, là, on passe presque en un claquement de doigt de "Poison Ivy, hétéro amoureuse et satisfaite sur le point de se marier" à "Poison Ivy, lesbienne menteuse et infidèle incapable de contrôler ses pulsions"... et Kiteman est le dindon de la farce, dans cette affaire)

M'enfin bon. Vu que je suis l'un des rares à émettre une objection sur la manière dont cette relation a été écrite, j'en déduis que pour la plupart des gens, le résultat Ivy+Harley est plus important que la façon d'aboutir à ce résultat (et ce n'est pas la fin de saison, avec Kiteman qui voit le mariage de ses rêves ruiné et préfère partir en laissant Ivy et Harley ensemble, pour un final à la Thelma et Louise, qui y change quoi que ce soit).

Bref, passons sur cette relation fanservice que j'ai trouvée forcée et artificielle, et saluons cependant la manière dont l'ensemble de la saison a été construite : si l'on excepte les errances de mi-parcours, et certaines idées dont on se demande qui les a validées (King Shark a droit à une parodie assez lamentable d'Aquaman et de la Petite Sirène, avec un crabe jamaïcain qui chante sur les différentes manières de faire caca sous la mer ; un caméo de George Lopez ; la caractérisation bitchy de Catwoman ; "Tim Burton"), la seconde moitié de saison parvient à réutiliser de multiples éléments mis en place précédemment, pour conclure le tout de manière cohérente.

L'excursion vers Apokolips, suggérée par Dr. Psycho, amène ainsi Gotham à être envahie par les Paradémons de Darkseid, laissés sans contrôle : de quoi motiver Gordon à cesser de boire, et à reprendre la ville. D'autant que Psycho trahit tout le monde, prend le contrôle des Paradémons, et réduit Gotham à feu et à sang. Ne reste qu'une solution : retrouver la Justice League, enfermée en fin de saison 1 dans le livre de la Reine des Fables. Et le seul à savoir où se trouve ce livre, c'est le Joker, amnésique.

Tout se lie donc plutôt bien, notamment le personnage du Joker qui, une fois de nouveau en possession de ses moyens, décide que finalement, il va essayer de conserver la relation amoureuse qu'il avait, sous son identité de barman, avec une mère de famille. Était-ce bien nécessaire, cependant, de faire ouvrir et fermer un épisode par la plante carnivore en mode discussion de stoner sur canapé, et qui souligne à maintes reprises de manière mi-goguenarde, mi-sérieuse, à quel point la saison est bien écrite et pensée à l'avance ?

En conclusion de ce bilan bien plus long que prévu, j'ai préféré cette saison 1 à la première, et ce malgré la façon dont la relation Ivy/Harley a été écrite. Moins gratuitement vulgaire, moins puérile, plus excentrique et audacieuse, cette saison 2 fonctionne mieux, sans être pour autant un chef d'œuvre du genre. C'est amusant (j'ai un faible pour le Clayface de Tudyk), ça se regarde facilement, mais ça ne vole pas forcément très haut.

Mais en même temps, qu'attendre d'autre d'une version de l'univers DC où tous les personnages, héros comme méchants, sont plus ou moins débiles et caricaturaux... ?

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Un film, un jour (ou presque) #1299 : Superman - Man of Tomorrow (2020)

Publié le 15 Septembre 2020 par Lurdo dans Action, Animation, Aventure, Cinéma, Critiques éclair, DC, Fantastique, Review, Science-Fiction, USA

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Superman - Man of Tomorrow (2020) :

Alors qu'il débute au Daily Planet, et qu'il tente de dissimuler ses pouvoirs, Clark Kent (Darren Criss) doit faire face à Lobo (Ryan Hurst), un chasseur de primes venu de l'espace à la recherche du dernier fils de Krypton. Mais leur affrontement mène à la création du Parasite (Brett Dalton), une forme de vie absorbant l'énergie de tous ceux avec qui elle entre en contact...

Une vraie bonne surprise que ce reboot de l'univers DC animé, après des années de New 52 finalement assez bourrines et lassantes. Ici, on repart de zéro, avec une nouvelle direction artistique plus lumineuse et rafraîchissante, aux traits simples et épais (par moments presque cell shadés), et une quasi-origin story pour Kal-El et pour plusieurs autres personnages.

Alors certes, ce n'est pas sans défauts : si la direction artistique est plutôt intéressante, le design de Lois est assez quelconque, et celui du Parasite empire à mesure que le film avance, alors que le tout commence à ressembler à un Superman vs Godzilla-lite (avec un Parasite qui nous fait une Doomsday du pauvre) ; la musique est un peu faiblarde ; Lois est un peu trop ambitieuse et abrasive ; et l'animation peut parfois sembler très simpliste, notamment au niveau des visages (par moments, on dirait du flash).

Mais le scénario est plutôt bon et maîtrisé, parvenant à lier sans trop forcer les premiers pas de Clark au Daily Planet, la première menace extraplanétaire (Lobo, plutôt amusant), la création du costume (copié par Martha sur "celui de ce brave homme chauve-souris de Gotham City"), le premier face à face avec Luthor, l'apparition du Manhunter (joli design de sa forme martienne), et le destin tragique du Parasite ; le doublage, à l'identique, est très efficace, avec notamment Zachary Quinto en Luthor, Neil Flynn en Papa Kent et Alexandra Daddario en Lois.

À part les menus détails mentionnés plus haut, le tout est donc plutôt positif, et ça change nettement du jeu de massacre décomplexé de Justice League Dark : Apokolips War : on repart dans une direction nettement plus optimiste et enthousiasmante. Reste à voir si cela débouchera sur d'autres métrages dans un univers partagé, ou si ce Man of Tomorrow restera un épisode unitaire.

4.25/6

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Un film, un jour (ou presque) #1292 : Deathstroke - Chevaliers et Dragons (2020)

Publié le 4 Septembre 2020 par Lurdo dans Action, Animation, Aventure, Cinéma, Critiques éclair, DC, Drame, Fantastique, Review, Science-Fiction, USA

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus. ​​

Deathstroke - Chevaliers et Dragons (Deathstroke : Knights & Dragons - 2020) :

Dix ans après que sa double vie de super-mercenaire ait brisé son couple et manqué de coûter la vie à son fils Joseph (Asher Bishop/Griffin Puatu), Slade "Deathstroke" Wilson (Michael Chiklis) découvre que le maléfique Chacal (Chris Jai Alex) a capturé ce dernier, et tente de faire de ses pouvoirs psychiques une arme de destruction massive. Avec l'aide réticente de son ex-femme (Sasha Alexander), Slade va alors tout faire pour secourir son fils.

Alors si j'ai bien compris, ce long-métrage est la version "longue" d'une websérie d'animation consacrée à Slade Wilson le mercenaire, et conçue pour être diffusée en début d'année sur CW Seed - avant d'être suspendue et remontée pour une sortie DTV.

Un long-métrage qui a pour objectif de raconter, à l'aide de nombreux flashbacks et moments d'exposition pataude, l'origine de Slade, mercenaire au grand cœur et au code de l'honneur indéboulonnable, guerrier invincible et implacable, qui massacre joyeusement ses cibles dans un bain de sang particulièrement graphique, et qui est ici présenté comme un anti-héro radical mais admirable et tourmenté.

Un Slade hanté par ses responsabilités de père, et accompagné de son ex-femme revancharde, façon Black Widow au rabais et constamment en train de critiquer son ex-époux.

Mouais mouais mouais. Difficile de trouver grand chose à dire au sujet de ces 90 minutes. C'est visuellement et techniquement compétent (encore que, les séquences dans l'espace psychique sont assez laides), c'est plutôt bien doublé, mais ça reste assez symptomatique de cette fascination qu'ont certains fans de DC pour Slade (une fascination dont est grandement responsable Greg Berlanti, des séries DC/CW, qui produit ce métrage), un méchant sous-exploité selon certains, mais tellement revisité et repensé sous de multiples formes ces dernières années qu'il finit par avoir perdu 95 % de ce qui faisait de lui un antagoniste intéressant.

Ici, c'est un peu pareil, entre son honneur, ses problèmes de paternité et de couple, etc, le tout lasse rapidement. On pourrait prendre le même scénario, transposer ça dans un monde réel avec Statham, Adkins ou un catcheur dans le rôle titre, et on aurait un DTV d'action bourrin mais ultra-cliché, sans grande surprise ni élément particulièrement intéressant.

Les fans de Deathstroke apprécieront. Les autres resteront probablement de marbre.

3 (parce que ce n'est pas intrinsèquement mauvais) - 0.25 (pour la lassitude qu'engendre chez moi le personnage) = 2.75/6

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