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LES TÉLÉPHAGES ANONYMES

Il était une fois Lurdo & Sygbab, deux internautes passionnés de séries tv et de cinéma, et qui cherchaient un endroit où archiver leurs avis (semi) éclairés...

Articles avec #amazon catégorie

Les bilans de Lurdo - Halloween Oktorrorfest 2021 - Truth Seekers, saison 1 (2020)

Publié le 26 Septembre 2021 par Lurdo dans Comédie, Fantastique, Halloween, Horreur, Les bilans de Lurdo, Oktorrorfest, Review, Thriller, Télévision, UK, Amazon, Science Fiction, Science-Fiction

L'Halloween Oktorrorfest touche aussi le petit écran, avec chaque week-end, durant tout le mois d'octobre, des critiques de séries fantastiques et horrifiques...

Truth Seekers, saison 1 (2020) :

Meilleur technicien de l'opérateur Smyle, dirigé par David (Simon Pegg), Gus (Nick Frost) est aussi un chasseur de fantômes et de phénomènes paranormaux qui publie ses vidéos sur YouTube, au grand dam de son beau-père Richard (Malcolm McDowell), qui vit avec lui. Mais lorsqu'on lui associe un nouveau partenaire de travail, Elton John (Samson Kayo), Gus va soudain être directement mis en contact avec un monde surnaturel qu'il n'avait jusqu'alors vu qu'en imagination, notamment lorsque les deux hommes croisent le chemin d'Astrid (Emma D'Arcy), et sont impliqués dans une conspiration des plus funestes...

Une production Amazon produite par Simon Pegg et Nick Frost, et co-écrite par le duo, ainsi que par James Serafinowicz (frère de Peter) et Nat Saunders (scénariste de comédies télévisées et du film SOS : Save our Skins). Au programme, huit épisodes d'une petite demi-heure mêlant horreur, fantastique et comédie, pour un résultat un peu inégal, sans être pour autant désagréable.

Le problème, en fait, c'est que le ton global de la série semble parfois hésitant : l'humour n'est pas aussi appuyé que dans la plupart des autres collaborations Pegg/Frost, et cède ainsi fréquemment la place à une horreur plus frontale et marquée.

On sent que la fine équipe a voulu mêler les genres et produire quelque chose de différent, notamment au niveau de la réalisation très "voyeuriste" (la caméra est fréquemment en mode fish-eye avec contours floutés). Et la série passe donc constamment d'un humour léger à un surnaturel macabre, pour revenir à du fantastique très Doctor Who, et repartir à nouveau dans une autre direction.

Ce n'est pas totalement maîtrisé, c'est relativement brouillon, mais ça se regarde, notamment parce que la distribution est motivée et qu'il y a toujours un certain savoir-faire typiquement british... Je mentirais cependant en disant avoir totalement accroché au programme, malgré la présence de multiples visages familiers (Kevin Eldon, Malcolm McDowell, Kelly Macdonald...).

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Retrouvez aussi toutes les autres séries passées en revue sur ce blog en cliquant ici.

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Un film, un jour (ou presque) #1524 : Troop Zero (2019)

Publié le 8 Septembre 2021 par Lurdo dans Amazon, Cinéma, Comédie, Critiques éclair, Drame, Jeunesse, Review, USA

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Troop Zero (2019) :

En 1977, en Georgie, la petite Christmas Flint (Mckenna Grace) est passionnée d'espace et persuadée que sa mère récemment décédée a rejoint les extraterrestres ; un jour, elle décide de former sa propre troupe de scouts avec ses amis excentriques (Charlie Shotwell, Johanna Colón, Milan Ray, Bella Higginbotham) afin de prendre part à un concours et de, peut-être, gagner la chance d'enregistrer leurs voix pour les envoyer dans l'espace, à bord de la sonde Voyager. Face au petit groupe, Krystal Massey (Allison Janney), la responsable des scouts, qui voit d'un mauvais œil cette initiative. Heureusement, Christmas et ses amis ont le soutien de Rayleen (Viola Davis), la secrétaire désabusée du père de Christmas (Jim Gaffigan), qui connaît Massey depuis leur plus tendre enfance...

Une comédie sympathique et gentillette distribuée par Amazon, pas forcément surprenante ni ne déviant beaucoup de la formule du feel-good movie indépendant américain, mais qui fonctionne néanmoins, grâce à sa distribution efficace - les enfants, notamment, sont très attachants.

On suit donc avec plaisir les tribulations de ces apprentis-scouts maladroits et incapables, qui évoluent dans une atmosphère très particulière, celle du Sud américain, avec sa chaleur pesante et ses accents très appuyés.

Alors certes, on est en terrain relativement familier, et il est préférable pour les cyniques de s'abstenir tant tout est ici très sincère et plein de bons sentiments, mais le tout reste agréable, et la petite Mckenna s'avère très convaincante dans ce rôle pas si facile que ça, celui d'une petite fille un peu à part, par moments simplette et naïve, et marquée par le deuil de sa mère.

Après, la caractérisation reste assez basique (la troupe rivale et le personnage d'Allison Janney sont un peu trop caricaturaux), et la toute fin (le "geste de solidarité" sur scène, sur fond de David Bowie) est un peu too much pour vraiment fonctionner et être crédible, mais rien de forcément rédhibitoire, pour peu que l'on accroche au postulat de départ et à l'ambiance générale.

3.75/6

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Et comme toujours, vous pouvez retrouver la liste complète de tous les films passés en revue sur ce blog dans le menu Index de haut de page, ou en cliquant directement sur ce lien (000-1000) et sur celui-ci (1001-2000)...

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Un film, un jour (ou presque) #1510 : Jolt (2021)

Publié le 20 Août 2021 par Lurdo dans Action, Cinéma, Comédie, Critiques éclair, Fantastique, Review, Romance, Science-Fiction, Thriller, USA, UK, Amazon, Science Fiction

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Jolt (2021) :

Victime de trouble explosif intermittent, Lindy (Kate Beckinsale) est incapable de se contrôler, et sombre dans une rage destructrice et surhumaine dès qu'elle est un peu énervée. Pour éviter le pire, elle utilise un traitement expérimental conçu par le Dr Ivan Munchin (Stanley Tucci) : des électrodes fixées sur son corps, qu'elle active manuellement pour déclencher une brève électrocution apaisante et éviter les crises. Mais lorsqu'elle s'éprend de Justin (Jay Courtney), qui l'accepte pour ce qu'elle est, et qui est assassiné peu de temps après, elle décide de le venger et de trouver le responsable de ce meurtre...

Une production Millennium Films (ce qui donne déjà une bonne idée de ce à quoi s'attendre) diffusée sur Amazon et réalisée par Tanya Wexler, réalisatrice de Oh My God ! et de Buffaloed, deux métrages bien éloignés de cet actioner basique et simpliste, lorgnant très fortement sur un mélange de Hulk, de la duologie Hyper Tension et d'Anger Management.

Seul point commun des films de la réalisatrice, des protagonistes principaux féminins et forts, et leurs rapports aux hommes et à la société : ici, une Lindy désabusée, en manque d'amour, mais qui finit le film sur fond musical de "I don't need a man, i need a manucure" qui veut tout dire.

Et donc, voilà à peu près tout le film : un sous-Jason Statham avec une Kate Beckinsale botoxée dans le rôle principal, dont la doublure cascade à la perruque voyante casse des têtes lors de combats mal montés, au fil d'un récit cousu de fil blanc aux rebondissements tous télégraphiés (le sort de Courtney) et à la post-synchro parfois approximative.

Ça se regarde comme un DTV basique et quelconque, et Beckinsale y met du sien, avec un petit second degré britannique qui passe bien, mais c'est ultra-quelconque, ça manque de folie, le rythme est inégal et c'est assez laid visuellement. Et puis la fin, en mode Nick Fury qui tease une suite, mouais bof.

2.5/6​​​​​​

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Un film, un jour (ou presque) #1493 : The Tomorrow War (2021)

Publié le 28 Juillet 2021 par Lurdo dans Review, Critiques éclair, Cinéma, Fantastique, Action, Thriller, Science-Fiction, USA, Amazon, Science Fiction

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

The Tomorrow War (2021) :

En 2022, en pleine Coupe du monde, un groupe de soldats venus du futur se matérialise devant les caméras de tous les médias, pour annoncer une apocalypse imminente : en 2051, l'humanité perd la guerre contre une race extraterrestre qui a envahi la Terre, et le seul moyen d'empêcher l'extinction de notre race est d'envoyer dans le futur d'innombrables recrues venues du passé. Parmi celles-ci, Dan Forester (Chris Pratt) ancien militaire et père de famille aux nombreux talents... 

Bon, on va dire que pour vraiment apprécier ce Tomorrow War, il faut débrancher son cerveau, et surtout ne pas tenter de réfléchir aux tenants et aux aboutissants de cette histoire capillotractée, aux nombreuses coïncidences et grosses ficelles assez voyantes ; assez logique, somme toute, puisqu'à trop lorgner sur du Michael Bay (sans en avoir l'énergie ni le sens de la décomplexion WTF), ce Tomorrow War finit par être au même niveau de logique et d'intellect.

Ce n'est pas faute de tenter de brouiller les pistes, en rajoutant çà et là des personnages et des répliques tentant de poser les mêmes questions que celles que le spectateur attentif a en tête (notamment sur les règles arbitraires et le pourquoi du comment de ce voyage dans le temps) ; mais le lampshading ne fonctionne pas vraiment, dès lors qu'on lui répond "ta gueule, c'est magique c'est comme ça".

Le résultat, c'est que le spectateur finit par émettre tellement d'objections logiques à cette histoire d'enrôlement temporel qu'il peine à accrocher au récit, et ne s'implique pas vraiment. D'autant que ce qui intéresse le scénariste et le réalisateur, c'est le concept de père absent, traité sur plusieurs générations.

Ce qui aurait pu fonctionner, si le personnage de Chris Pratt n'était pas un tel super-héros en puissance : super-militaire, super-scientifique, super-papa, super-intelligent, capable de se battre à mains nues contre une reine alien, Dan est tellement parfait qu'il en devient insipide, malgré un Pratt qui fait son numéro habituel.

D'ailleurs les acteurs s'en sortent plutôt bien (Yvonne Strahovski se donne à fond dans des séquences émotion™ certes gentiment forcées par le script, mais qui restent efficaces grâce à elle), et s'il faut bien admettre quelque chose, c'est que les effets spéciaux des créatures et des affrontements sont très réussis (sauf les rafales piteuses des armes à feu).

Mais dans l'ensemble, la mayonnaise reste assez fade, pas aidée par une dernière partie (après le retour de Dan dans le présent) à rallonge, pas très bien structurée et avec un ton qui tranche par rapport au mélodrame apocalyptique de ce qui précédait.

Dans l'ensemble, donc, malgré un postulat de départ qui aurait pu être intéressant s'il avait été bien traité, le tout reste très moyen à tendance faiblard, évoquant constamment d'autres métrages similaires, sans rien apporter de vraiment probant au genre. Comme je le disais, ça se regarde, pour peu qu'on éteigne son cerveau...

3 - 0.25 pour la voix off finale clairement enregistrée à l'arrache et mixée avec les pieds = 2.75/6

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Un film, un jour (ou presque) #1481 : SEMAINE COMÉDIE FRANÇAISE - Brutus vs César (2020)

Publié le 12 Juillet 2021 par Lurdo dans Aventure, Cinéma, Comédie, Critiques éclair, France, Histoire, Review, Amazon, Romance, Action

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Brutus vs César (2020) :

Envoyé en Gaule, parmi les légionnaires, pour avoir tenté d'assassiner son père César (Ramzy Bédia), Brutus (Kheiron), jeune marionnettiste pacifiste, échappe à ses compères légionnaires et rencontre les Gaulois locaux (Pierre Richard, Rheem Kherici, etc), chez lesquels il retrouve Albana (Lina El Arabi), une ex-esclave éprise de lui. Contre toute attente, il va alors rejoindre les rangs de la rebellion, pour s'élever contre les Romains...

Qui dit 14 juillet dit cinéma français, comme tous les ans, même si, cette année, je réduis l'habituelle semaine française à une seule journée, faute de motivation et (aussi) de production cinématographique adéquate.

On commence donc par ce film de et avec l'humoriste Kheiron, sorti directement sur Amazon pour cause de pandémie, et qui semble vouloir lorgner fortement sur Jean Yanne et Alain Chabat pour nous livrer un péplum parodique... péplum parodique qui, malheureusement, tombe nettement à plat, incapable de se doser correctement entre comédie et premier degré imperturbable.

On se retrouve donc devant un pastiche du genre aux Gaulois très typés (sauf Pierre Richard), où Vercingétorix est interprété par Youssef Hadji, où Ramzy-César fait exécuter tout ce qui bouge, où tous les potes et collègues de Kheiron viennent dire bonjour (Artus, Bérengère Krief, Issa Doumbia, Jérémy Ferrari, Laura Laune, et beaucoup d'autres), où Thierry Lhermitte et Gérard Darmon cachetonnent, et où le ton dérive progressivement, passant de la comédie pas très inspirée et à l'interprétation très inégale, à un mélange de romance plate et de combats guerriers ultra-sérieux bourrés de ralentis.

La mayonnaise ne prend pas vraiment, ça s'éparpille, et si ça se regarde vaguement, ça n'arrive pas à la cheville de ses modèles, faute d'énergie et d'inspiration.

2.25/6

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Un film, un jour (ou presque) #1442 : Greenland - Le dernier refuge (2020)

Publié le 19 Mai 2021 par Lurdo dans Action, Thriller, Science-Fiction, Cinéma, Review, Amazon, Critiques éclair, USA, Drame

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Greenland - Le dernier refuge (2020) :

Lorsqu'une comète et ses débris menacent de s'écraser sur Terre, John Garrity (Gerard Butler) fait tout son possible pour mettre son fils diabétique (Roger Dale Floyd) et son épouse (Morena Baccarin) à l'abri tandis que la civilisation vire au chaos...

J'avoue que j'ai du mal à comprendre l'engouement critique et public ayant entouré, à sa sortie, ce film catastrophe tout ce qu'il y a de plus banal.

Peut-être est-ce l'effet pandémie, qui a trouvé un écho dans la conclusion pleine d'espoir du film (SPOILER - une fin forcément heureuse, qui voit les survivants de l'humanité sortir, dépenaillés et fatigués, après 9 mois de confinement dans un bunker, et qui retrouvent alors la liberté dans un monde ravagé, mais dans lequel la nature a su trouver un chemin)... mais honnêtement, ce Greenland n'est qu'un énième film à la Roland Emmerich, une sorte de version économique de 2012 saupoudrée du point de vue familial/à hauteur d'homme de la Guerre des Mondes de Spielberg.

Alors comme d'habitude, on a un couple dans la tourmente qui se ressoude dans un crise, un enfant malade dont les médicaments deviennent un problème, des citoyens lambda qui deviennent méchants, égocentriques et paniquent dès le début de la crise, des militaires implacables mais pas trop, et une catastrophe qui donne l'impression de toucher principalement l'Amérique (même si quelques scènes mentionnent d'autres pays), avec une comète qui se fracture en tellement de morceaux qu'on a l'impression qu'elle est de la taille de la Lune.

De toute façon, d'un point de vue scientifique, le film ne tient que vaguement la route (à nouveau, comme dans les films d'Emmerich), et le récit, s'il se regarde, traîne aussi en longueur (comme les films d'Emmerich), avec près de deux heures au compteur.

Bref, j'ai vraiment du mal à comprendre l'accueil positif qui a entouré ce métrage (3/4 de critiques positives sur Rottentomatoes, tout de même) : ce n'est pas mauvais en soi, c'est simplement extrêmement générique et basique.

2.75 ou 3/6, en étant indulgent.

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Les bilans de Lurdo : Invincible, saison 1 (2021)

Publié le 8 Mai 2021 par Lurdo dans Action, Animation, Aventure, Comédie, Critiques éclair, Drame, Fantastique, Les bilans de Lurdo, Review, Romance, Science-Fiction, Télévision, USA, Amazon

Adaptation en 8 épisodes de 45 minutes des comics de Robert Kirkman (créateur de The Walking Dead), Invincible est chapeautée par Seth Rogen et Evan Goldberg, déjà à la production d'autres séries du genre comme Preacher, Future Man et The Boys. Au programme : un portage animé fidèle au comics, dans ce qu'il avait de bon et de moins bon...

Invincible, saison 1 (2021) :

Nolan Grayson (J.K. Simmons) a une double identité : marié à Debbie (Sandra Oh), il est le père du jeune Mark (Steven Yeun), mais en parallèle, il est aussi Omni-man super-héros tout-puissant qui protège la Terre. Lorsque Mark développe ses propres pouvoirs, cependant, la donne change, et la vie des Grayson en est à jamais bouleversée...

Avec ses 144 numéros au compteur, Invincible est la deuxième grande réussite de la carrière de Robert Kirkman, aux côtés de The Walking Dead. À la fois parodie, satire et hommage au média du comic-book super-héroïque, Invincible est considérée, par beaucoup, comme une œuvre d'une grande qualité, aidée par un certain savoir-faire de l'auteur en matière de rebondissements brutaux déconstruisant les codes de ce genre, et un recours implacable au gore et à la violence totalement gratuits ("pour retranscrire la puissance qu'auraient de tels personnages IRL").

Mais 144 numéros (et de multiples séries et mini-séries dérivées), soit l'équivalent de 12 années de publication, ça a forcement ses hauts et ses bas, avec des schémas répétitifs (Invincible et ses alliés se font démolir, dans un bain de sang de plusieurs numéros, par un ennemi surpuissant, se remettent pendant plusieurs autres numéros, et reviennent plus forts et plus décidés que jamais - ce que j'appelle le syndrome shonen/DBZ), ses résolutions faiblardes (Kirkman ayant une fâcheuse tendance, au fil du temps, à se désintéresser de telle ou telle intrigue, au profit d'un personnage secondaire qui l'amuse, ou d'un idée qui le titille), ses coups de buzz pas toujours très pertinents ou probants (avortement, viol, mort surprise rapidement désamorcée, etc), ses personnages féminins au développement discutable (Atom Eve, notamment), ses digressions inutiles, ses crossovers et tie-ins un peu creux avec tout le catalogue Image, bref, il y a du bon et du mauvais au fil de ces nombreux numéros d'Invincible, et ce quand bien même les fans de comics auraient tendance à refuser de voir les défauts du titre.

Cela dit, j'ai beau ne pas être aussi enthousiaste que beaucoup de lecteurs de la bande dessinée, je dois bien admettre sa longévité. Et s'il y a bien une chose que je ne peux retirer à cette adaptation animée, c'est sa fidélité aux grandes lignes de l'œuvre originale.

Et c'est probablement pour cela que je n'ai pas grand chose à dire sur le programme dans son ensemble : il adapte assez fidèlement les premiers arcs de la série, en changeant quelques détails çà et là, en modifiant la temporalité et l'ordre de certains événements, et en faisant des choix créatifs finalement assez vains : on pourrait discuter de la manière dont la série affaiblit considérablement le twist fondateur de la version papier (la nature réelle de Nolan) dès son pilote, voire même dès son affiche promotionnelle originale, en en faisant une sous-intrigue saisonnière (les autres personnages vont-ils découvrir à temps que c'est un maychant ?) et en impliquant Damien Darkblood, un pseudo-Hellboy ; tout comme l'on pourrait se demander si c'était bien utile d'avoir fait une sorte de tri dans les sous-intrigues des deux ou trois premières années de la bd, d'avoir tout condensé en huit épisodes, tout ça pour retomber au même point qu'à la fin du premier gros arc du comic-book (à savoir les douze premiers numéros) - ça donne un peu l'impression que Kirkman (qui a écrit deux épisodes de la saison, et pas forcément les meilleurs), voulait simplement profiter de l'occasion pour faire son George Lucas ou son Zack Snyder, et revenir sur son œuvre passée pour "l'améliorer".

Mais bon, tout cela est clairement un choix assumé, et le spectateur lambda, qui n'a pas lu la bd originale, ne verra pas la différence.

À l'identique, il ne percevra pas forcément les efforts de la série pour être plus "de son temps", avec l'ajout d'une dose perceptible et gratuite (mais pas gênante) d'inclusivité et de diversité ethnique et sexuelle : Amber devient afro-américaine, Mark et sa mère sont asiatiques, Rex a la peau mate, le meilleur ami de Mark est ouvertement gay (et flamboyant), Black Sampson est nettement plus présent, certains personnages secondaires ont été genderswapped pour accroître le nombre de personnages féminins, les motivations des uns et des autres ont été modifiées pour leur donner plus à faire (ici, tout le monde se doute très tôt du caractère malfaisant de Nolan)...

Par contre, s'il y a bien un point qui ne change pas, c'est le côté gore décomplexé du récit, encore amplifié par le média de l'animation (et parfois tout aussi lassant que sur le papier), et un certain trait un peu simplifié (qui n'est pas sans rappeler l'animation DC comme Young Justice).

C'est peut-être d'ailleurs au niveau technique que j'aurais le plus à redire : l'animation, fluide et dynamique durant les combats, est beaucoup plus statique et plate le reste du temps ; le doublage, plutôt compétent (beaucoup d'acteurs connus, peut-être même trop tant bon nombre d'entre eux n'ont guère plus de trois ou quatre lignes de dialogue), m'a parfois semblé hors-sujet (j'aime beaucoup JK Simmons, mais quelque chose ne colle pas entre sa voix et le physique de Nolan ; idem pour Walton Goggins en Cecil) ; et l'illustration musicale (principalement les chansons choisies) n'ont pas du tout fonctionné sur moi.

Mais à part ça ? C'est un mélange de sang, d'hommages aux récits de super-héros d'antan, de combats, de soap adolescent, de digressions pas toujours utiles, et ça a un rythme très inégal... comme le comic-book.

Adaptation plutôt réussie, donc, et si l'on est fan de la bande dessinée, l'on devrait être fan de cette version.

Après... on peut se demander si cette déconstruction ultra-violente de la figure super-héroïque est toujours très pertinente aujourd’hui, vu qu'elle est dorénavant devenue plus ou moins la norme du genre sur le câble et en salles (The Boys est déjà passé par là pour montrer un simili-Superman ultra-violent, Snyder idem, Millar aussi, et d'ailleurs Jupiter's Legacy arrive bientôt). Mais les fans semblent en redemander, donc au point où nous en sommes, c'est plutôt une question d'offre et de demande que de réelle pertinence.

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Un film, un jour (ou presque) #1390 : Un Prince à New-York 2 (2021)

Publié le 11 Mars 2021 par Lurdo dans Cinéma, Comédie, Critiques éclair, Review, USA, Amazon

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Un Prince à New-York 2 (Coming 2 America - 2021) :

Lorsqu'il hérite du trône du Zamunda à la mort de son père, le Prince Akeem (Eddie Murphy) se trouve confronté à un problème inédit : père de trois filles, il n'a pas d'héritier mâle pour assurer sa succession, l'une des conditions pour qu'il accède au trône. Sous la menace du Général Izzi (Wesley Snipes), dirigeant d'un royaume rival, il part alors pour New-York, afin d'y retrouver Lavelle (Jermaine Fowler), son fils caché dont il ignorait jusque là l'existence...

À un moment de ce Prince à New-York 2, deux personnages (l'équivalent du couple formé par Eddie Murphy et Shari Headley dans le premier film) discutent, et parlent cinéma, se moquant de toutes ces suites creuses et inutiles qui pullulent en salles ou sur les plateformes de streaming... un moment de lampshading (probablement signé Kenya "Black-ish" Barris, à la coécriture du film) qui se veut méta et malicieux, mais qui, en réalité, ne fait que souligner à quel point ce Coming 2 America est précisément une suite creuse et inutile, qui se contente de reprendre les grandes lignes du premier film, en en inversant le cadre et en faisant passer Murphy au second plan.

Le résultat, c'est quelque chose qui ressemble assez fortement à un film de Tyler Perry, avec une famille afro-américaine du Queens caricaturale au possible (Tracy Morgan et Leslie Jones font leur numéro habituel) catapultée dans le palais de la famille royale du Zamunda, et qui apporte le ghetto à la monarchie, blablabla.

Une approche pas forcément surprenante (Un Prince à New-York est devenu, depuis sa sortie, un classique de la comédie afro-américaine, et cette suite a été tournée en grande partie dans les studios de Tyler Perry) mais qui réduit immédiatement l'intérêt de ce nouveau volet.

Un volet ultra-convenu, ultra-basique, reposant sur un jeune Jermaine Fowler très loin d'avoir le charisme d'Eddie Murphy dans le premier film (les trois filles d'Akeem, là pour justifier un certain propos féministe et woke du film, sont notamment plus charismatiques et mémorables que le couple de Lavelle et Mirembe), et qui tente de retrouver le mélange comédie sociétale satirique et comédie romantique du premier film.

Malheureusement, si le réalisateur de Dolemite is my Name a su ramener Eddie Murphy sur le devant de la scène avec son métrage précédent, ici, il ne parvient pas à apporter un rythme ou une énergie à son film, un film qui enchaîne les caméos gratuits (Salt 'n' Peppa, Morgan Freeman, En Vogue, Trevor Noah...), les seconds rôles superflus (même si Wesley Snipes s'amuse beaucoup dans son rôle, il sert principalement d'élément déclencheur sous-développé et anecdotique), qui ne passe pas assez de temps avec Murphy et Hall, et qui rejoue tous les passages mémorables du premier film en les changeant à peine.

Ce n'est pas mauvais, en soi (la musique est efficace, les costumes de la costumière de Black Panther idem), c'est ponctuellement amusant et c'est plus court que le premier film, mais à moins d'avoir une vraie nostalgie pour Un Prince à New-York (cette suite n'est ni plus ni moins que du gros fanservice), ce qui n'est pas vraiment le cas pour moi (cf ma critique publiée en début de semaine), difficile d'être satisfait par ce Coming 2 America...  

3/6 (en étant gentil)

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Les bilans de Lurdo : The Boys, saison 2 (2020)

Publié le 14 Novembre 2020 par Lurdo dans Action, Comédie, Critiques éclair, Drame, Fantastique, Les bilans de Lurdo, Review, Science-Fiction, Thriller, Télévision, USA, Amazon

Encore trop influencé par une relecture récente du comic-book, j'avais été laissé sur ma faim par la première saison des Boys d'Amazon (critique ici), une saison chapeautée par Eric Kripke (Supernatural), et qui partait dans une direction radicalement différente de la version papier.

Contrairement à l'œuvre de Garth Ennis, qui utilisait son récit pour parler de l'industrie des comics, de ses liens historiques avec la propagande, et pour casser tous les tabous en poussant la provocation toujours plus loin, Kripke avait fait le choix étrange de délaisser les Boys du titre pour se concentrer sur les super-héros de la série : des Supes nettement plus détaillés, développés, présents à l'écran et humanisés que l'équipe de Butcher, ce qui changeait drastiquement la donne, les intentions et l'approche d'un programme plus lisse, et ce pour le meilleur et pour le pire.

The Boys, saison 2 (2020) :

Désormais traqués par Vought, les Boys se terrent, tentant de rendre publique l'existence du Composé V, alors même que la multinationale passe aux mains d'un nouveau cadre impassible et calculateur, Stan Edgar (Giancarlo Esposito). De leurs côtés, les super-héros continuent leur petit bonhomme de chemin, Homelander (Antony Starr) trouvant bien vite une compagne digne de lui en la personne de Stormfront (Aya Cash), une super-héroïne intégrant les Sept, et possédant un caractère bien trempé...

Nouvelle saison de The Boys, donc, avec toujours Kripke aux commandes, pour huit épisodes d'une heure. Et malheureusement, les grandes lignes de la saison 1 sont ici préservées, avec des Supers qui monopolisent l'essentiel du temps du programme.

On l'a compris, ce qui intéresse Kripke, ce n'est pas tant le parcours de ses personnages humains, de ses Boys, la radicalisation de Hughie ou le développement organique de son opposition à Butcher (des éléments clés du comic-book), que l'occasion de produire une grosse satire super-héroïque lui permettant de parodier à volonté les univers Marvel et DC (sans jamais oser aller aussi loin que le comics sur ce point, cependant) et de se moquer de la popularité du genre, en leur associant au passage un propos assez problématique.

Kripke l'a dit en interview : pour lui, Trump, l'alt-right, tout ça, c'est une conséquence plus ou moins directe de la popularité des films Marvel, et de l'omniprésence de la figure super-héroïque dans notre société ; une figure qui, selon lui, infantiliserait le spectateur, et le placerait en position de victime attendant un sauveur, qu'il soit doté de super-pouvoirs ou d'une rhétorique populiste.

C'est une opinion hautement discutable, qu'il évoque dans la série par le biais de Stormfront, la super-héroïne dissimulant initialement ses opinions d'extrême-droite sous une ironie et un cynisme d'influenceuse millenial qui utilise les réseaux sociaux pour se présenter comme une rebelle au franc-parler, contrastant ainsi avec l'establishment et le côté policé des autres Supers.

Une Stormfront qui, malgré quelques modifications (dont un gender-swapping assez caractéristique de la série, qui tente visiblement de donner une place plus importante aux femmes dans un récit paradoxalement appelé The Boys), garde l'esprit de son pendant dessiné (un véritable super-nazi ayant rejoint Vought) et devient la compagne de Homelander, dans une relation malsaine qui occupe une bonne moitié de saison.

Car oui, comme je le disais en ouverture, on a à nouveau fréquemment l'impression que la série devrait s'intituler The Seven, et pas The Boys : contrairement aux comics, le protagoniste principal de la série, c'est ici Homelander, pas Hughie. Le programme consacre ainsi le plus clair de son temps aux super-héros, toujours plus humanisés et "adoucis", entre la paternité de Homelander, sa relation avec Stormfront, ses jeux de pouvoirs, les errances de Deep et de A-Train au sein d'une simili-Scientologie, le mystère Black Noir, les problèmes sentimentaux et moraux de Maeve (qui tourne un peu en rond depuis le début de la série), le désenchantement de Starlight, et tout ce qui est centré sur Vought.

Les Boys, eux, restent aussi anecdotiques qu'en saison 1, voire plus encore : totalement dépassés par les événements, ils restent particulièrement passifs, planqués, et les scénaristes décident d'en profiter pour développer un peu leurs motivations et leur passé... mais ça ne fonctionne pas vraiment. Trop sérieux, trop mélodramatique, on peine à s'intéresser à ces personnages parfois sous-développés (Mother's Milk est toujours totalement inexistant) qui sont totalement inefficaces face à leurs ennemis. La romance de Hughie et Annie ? Frenchie et son traumatisme ? Génériques au possible. Kumiko et son frère ? Une digression trop brève. Butcher et sa femme ? Inutile, surtout compte tenu de la fin de cette sous-intrigue.

Privés du Compound V et de l'invulnérabilité qu'il leur confère dans les comics, les Boys de la série sont encore trop souvent superflus et spectateurs, ne survivant que parce que les scénaristes les ont dotés de plot armor, et ne parvenant à leurs fins que grâce à l'aide de super-héros plus ou moins bienveillants (ce qui va un peu à l'encontre du concept même des Boys, une équipe de barbouzes supposément dangereux et redoutables, prêts à tout pour dézinguer du Supes).

Si elle se regarde assez facilement, cette saison frustre, pas très bien gérée au niveau du rythme (gros ventre mou malgré le nombre d'épisodes limité), des thématiques (la série n'a jamais été très subtile dans sa satire, et la mise en images de certains passages, cette saison, est plutôt balourde - je pense notamment à cette ouverture d'épisode consacré à un fan de Stormfront qui se radicalise à force de trop regarder Faux News, et de lire les réseaux sociaux, le tout sur une reprise dépressive de What a Wonderful World), des choix créatifs (la série tente constamment de jongler entre ses propres intrigues, et une fidélité aux grandes lignes du comics - le résultat est inégal, au mieux, et parfois décevant, cf. Black Noir) et de ses péripéties.

D'autant que la série semble aussi revenir sur certaines décisions de la saison 1 : le personnage de Jennifer Esposito est ainsi immédiatement kelleyrisé de manière sanglante, et Stan Edgar, lui, est tout simplement un copier-coller du Stillwell du comic-book - mais comme la série a déjà utilisé Stillwell pour Elizabeth Shue, en s1, les voilà bien embêtés en saison 2, et contraints de créer un nouveau personnage (ce qui ne les empêche pas de continuer à gender-swapper les personnages du comic-book, avec cette fois-ci Mallory ; je suppose qu'ils ont un certain quota de personnages féminins principaux à respecter !)

Pourtant, il y a du bon, dans tout ça : Antony Starr est toujours excellentissime, Aya Cash fait du Aya Cash, Shawn Ashmore est convaincant dans un petit rôle (l'interprétation est globalement solide, de toute façon), il y a un certain contraste intéressant dans toutes ces notions de paternité récurrentes tout au long de la saison, et de manière globale, le show est très bien produit et visuellement convaincant, avec une fin de saison dynamique.

Mais The Boys, c'est aussi une série qui parodie et critique ouvertement (tant à l'écran qu'en interviews) certains éléments et clichés de la culture super-héroïques ("Dans Avengers Endgame, le moment où toutes les super-héroïnes se retrouvent simultanément à l'écran pour un moment de féminisme forcé, c'était très naze !"), avant de les utiliser exactement à l'identique un peu plus tard, au premier degré (le passage à tabac de Stormfront par les trois héroïnes, ou toute la conclusion de la sous-intrigue des pouvoirs de Ryan, notamment, qui renvoie au fils de Superman dans Superman Returns).

Une sorte de moyen un peu hypocrite d'avoir le beurre et l'argent du beurre, de ménager la chèvre et le chou, qui participe de cette approche qui me dérange toujours un peu dans la satire de ce programme : cette satire, souvent facile, un peu superficielle et creuse, prêche les convaincus (en ligne, la moindre critique un peu mitigée de The Boys reçoit des volées de bois vert et de "c'est trop intelligent et corrosif pour vous, vous n'avez pas dû comprendre la subtilité du programme", souvent en provenance d'un public qui, justement, prend de haut les films Marvel ou DC), tout en cédant fréquemment à ce qu'elle dénonce.

Critiquer le fanservice et les défauts de la concurrence, c'est amusant, mais quand on y a soi-même recours à longueur de saison (Love Sausage, Terror le chien, etc), ça dessert un peu le propos.

Et la conclusion de la saison 2 est un peu à cette image : après un épisode un peu bordélique et bâclé, fin heureuse pour tout le monde (ou presque), mais l'un des rares personnages secondaires positifs de la saison (un clone de la politicienne progressiste AOC) se révèle être soudain un grand méchant aux pouvoirs jusque là cachés ; un twist de dernière minute pas forcément ultra-cohérent sur tous les plans, et assez cliché dans l'absolu, mais l'honneur est sauf, et la thèse de Kripke est rendue transparente : "Le pouvoir corrompt, et tout le monde est pourri, surtout ceux qui se présentent comme vertueux".

Une morale assez cynique et désabusée, finalement plutôt en phase avec l'Amérique de notre époque. Et au delà de toutes les digressions inutiles du programme, cette vision cynique du monde est peut-être le point sur lequel la version télévisée de The Boys ressemble le plus au comic-book dont elle s'inspire...

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Un film, un jour (ou presque) #1308 : Borat - Nouvelle Mission (2020)

Publié le 2 Novembre 2020 par Lurdo dans Aventure, Cinéma, Comédie, Critiques éclair, Documentaire, Religion, Review, Politique, USA, Amazon

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Borat : Nouvelle Mission (Borat Subsequent Moviefilm : Delivery of Prodigious Bribe to American Regime for Make Benefit Once Glorious Nation of Kazakhstan - 2020) :

Suite aux événements du premier film, Borat (Sasha Baron Cohen) est devenu un paria dans son pays natal. Jusqu'au jour où son gouvernement décide de le renvoyer aux USA pour offrir un cadeau au vice-président Mike Pence... mais contre toute attente, Borat se retrouve sur place avec Tutar (Maria Bakalova) une fille dont il ignore tout.

Confession : je n'ai jamais été ultra-fan de tout ce qui est caméra cachée, et par conséquent, les films de Sasha Baron Cohen n'ont jamais particulièrement fonctionné sur moi - tout en reconnaissant sans problème leurs qualités, leur message, et l'intérêt de présenter un miroir semi-déformant au visage d'une Amérique trop satisfaite et hypocrite.

En 2020, à l'aube d'une élection décisive, Borat et ses pérégrinations politiquement incorrectes sont d'autant plus pertinentes, et il faut bien avouer qu'en regardant certaines des séquences du film (l'avortement, Rudy Giuliani...), on retrouve bien le mordant du premier film, et son désir de pousser le bouchon toujours plus loin, pour voir jusqu'où les Américains sont prêts à tolérer les dérives idéologiques d'autrui, tant qu'elles n'empiètent pas sur leur petite vie.

Et ça fonctionne globalement, d'autant que le tout est ancré par une ligne narrative, en filigrane, celle de Borat et de sa fille (excellente Maria Bakalova, qui vole la vedette à Cohen) : une histoire de paternité, de féminisme, d'acceptation et de tolérance toujours traitée à la sauce Borat, certes, mais qui donne une sorte de sincérité à ce récit plutôt absurde.

Après, il reste toujours le problème récurrent de ce type de films, qui effectue un travail d'équilibriste constant entre séquences scénarisées et caméras cachées, au point de brouiller parfois un peu trop les cartes...

Mais bon, dans l'ensemble, c'était tout de même plutôt amusant à suivre.

4/6

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Les bilans de Lurdo - Halloween Oktorrorfest 2020 - Les Héritiers de la Nuit, saison 1 (2019)

Publié le 24 Octobre 2020 par Lurdo dans Review, Critiques éclair, Télévision, Fantastique, Horreur, Drame, Romance, Halloween, Oktorrorfest, Jeunesse, Les bilans de Lurdo, Aventure, Amazon, Norvège, Pays-Bas

L'Halloween Oktorrorfest touche aussi le petit écran, avec chaque week-end, tout le mois d'octobre, des critiques de séries fantastiques et horrifiques...

Cette année, en lieu et place de The Worst Witch (qui a apparemment décidé de changer son interprète principale par un tour de passe-passe scénaristique - ce qui m'offre une jolie porte de sortie pour quitter le programme), je me tourne vers une autre série fantastique jeunesse disponible sur les plateformes de VOD : les Héritiers de la Nuit, une coproduction néerlando-norvégienne adaptée d'un roman jeunesse, et dont la première saison compte 13 épisodes de 25 minutes.

Les Héritiers de la Nuit, saison 1 (Nattens Arvinger - 2019) :

Des 13 clans vampiriques ayant vaincu Dracula (Julian Bleach) et s'étant ensuite affrontés pour se partager ses pouvoirs, seule une poignée subsiste à ce jour. Menacés par les Masques Rouges, des chasseurs de vampires humains dont Calvina (Christina Chang) est la plus farouche combattante, les chefs de clan survivants décident de réunir leurs héritiers pour les initier aux secrets de leur race. Parmi ceux-ci, la jeune Alisa (Anastasia Martin), issue d'un clan inférieur, est secrètement en possession de l'Étincelle, une force qu'elle ne contrôle pas, et qui la lie directement à l'esprit de Dracula... un Dracula qui vient de se réveiller de son sommeil et crie vengeance.

Une série jeunesse dont je ne savais absolument rien avant de la commencer, et qui finalement, s'est avérée une bonne surprise, dans le genre.

Alors oui, d'office, évacuons les quelques points qui fâchent, à commencer par le plus visible : tout ça est fortement sous influence. Les principales étant clairement les Avengers (avec le grand méchant et les héros qui tentent de trouver au plus vite des pierres magiques conférant chacune un pouvoir différent à son porteur), mais aussi et surtout Harry Potter : l'héroïne qui possède le pouvoir "de l'amour" qui la rend unique, qui est porteuse d'un Horcrux de l'Étincelle - un morceau d'âme de Voldemort Dracula qui les lie par des visions partagées - et que personne ne croit lorsqu'elle tente d'avertir les adultes en charge de l'école surnaturelle où elle vit, avec sa meilleure amie rousse, son rival blond et nordique, etc...

Il faut être très clair : l'influence Potter est indubitable, et l'on sent que la production s'est bien inspirée de la franchise de JK Rowling pour concevoir ce projet... mais pourtant, cette influence ne gêne jamais, car rapidement, les codes de Potter sont cassés, et l'identité propre de la série parvient à s'établir.

Si le léger triangle amoureux entre Alisa, Lars (Ulrik William Græsli) et Nicu (Lance West), le fils de la chasseuse de vampires de service, n'est jamais totalement convaincant, ce n'est pas la faute des jeunes interprètes : Anastasia Martin est attachante, tout le monde joue plutôt juste (malgré les différentes nationalités et les lentilles de contact vampiriques peu confortables) et ce n'est que ponctuellement que l'on remarque un choix d'interprétation mal avisé ou forcé (la jeune Aisling Sharkey, notamment, est parfois trop enthousiaste).

Visuellement, à l'identique, le tout est plutôt efficace, que ce soit au niveau de la réalisation, de la direction artistique ou des effets spéciaux (la chauve-souris numérique est notamment impeccable, et son interprète humaine, Sallie Harmsen, parvient à donner à son personnage quelque chose de malsain et de bestial, très à propos) ; la série avance à un bon rythme, ne perd pas de temps à mettre en place ses éléments (ça aide d'avoir un roman sur lequel se baser), et dans l'ensemble, le tout fonctionne bien, avec des visions étranges, des rebondissements dynamiques, un contexte historique qui apporte une atmosphère particulière, et un Dracula plutôt menaçant (bien que la version Gary Oldman ne soit pas loin, par moments).

Plus intéressant, on sent que les scénaristes connaissent leurs classiques, et sont fans du genre vampirique. Ce qui permet au programme d'avoir un certain capital sympathie, et en retour, au spectateur de se montrer indulgent envers certaines facilités scénaristiques, çà et là, des facilités nécessaires pour faire avancer un tel récit pour adolescents dans le cadre des 13 épisodes impartis.

En somme, une série teen qui, sans être exceptionnelle et parfaite sous tous rapports, s'avère plutôt solide et intéressante, rappelant par certains aspects le Young Dracula de la BBC, en nettement moins léger, mais en tout aussi pertinent pour l'approche des thématiques liant l'adolescence au vampirisme.

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Un film, un jour (ou presque) #1296 : The Vast of Night (2019)

Publié le 10 Septembre 2020 par Lurdo dans Cinéma, Critiques éclair, Drame, Review, Science-Fiction, Thriller, USA, Amazon

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus. ​​

The Vast of Night (2019) :

À la fin des années 50, au Nouveau-Mexique, alors que toute la ville est réunie autour d'un match de basket dans le gymnase municipal, Fay Crocker (Sierra McCormick), une jeune standardiste téléphonique, capte un signal étrange. Avec l'aide d'Everett (Jake Horowitz), animateur radio local, elle va alors tenter de trouver l'origine de ce son venu d'ailleurs...

Long-métrage qui a fait le buzz à son arrivée chez Amazon Studios, The Vast of Night est un film indépendant au budget microscopique (700 000 $), premier métrage de son réalisateur, qui a voulu rendre ici hommage aux films de science-fiction des années 50 et à la Quatrième Dimension (le film tout entier est d'ailleurs présenté comme un épisode du Paradox Theater, un pseudo-Twilight Zone fictif avec narration d'ouverture, etc).

Et sur le papier, l'ambition du projet est des plus louables. D'ailleurs, on ne peut s'empêcher de dire que le réalisateur a une longue carrière devant lui, ne serait que pour la manière dont il exploite son budget limité, met en images ce scénario (très joli travelling avant qui traverse toute la ville, le gymnase, etc), et parvient à créer de la tension et du suspense avec seulement deux acteurs et une caméra.

Après, en pratique, c'est plus compliqué : contrairement aux récits de la Quatrième Dimension dont il s'inspire, ce film dure 90 minutes, et est donc contraint d'avoir recours à énormément de remplissage, d'artifices de mise en scène et de montage pour tenir la longueur.

Car The Vast of Night aurait fait un épisode intéressant de la Twilight Zone... avec 25-30 minutes au compteur. À la limite, un Outer Limits d'une heure. Mais là, à 90 minutes, le tout tire fréquemment à la ligne, ce qui affaiblit d'autant le récit - un récit reposant déjà, à la base, sur énormément de dialogues et de monologues statiques.

Dommage, parce que les deux acteurs sont efficaces et ont une bonne alchimie (même si quelques moments d'hystérie collective sont assez fatigants). Cela dit, reconnaissons que pour un premier film ambitieux, ça reste très honorable.

3.5/6

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Un film, un jour (ou presque) #1246 : QUINZAINE FRANÇAISE - Forte (2020)

Publié le 9 Juillet 2020 par Lurdo dans Cinéma, Comédie, Critiques éclair, France, Review, Romance, Sport, Amazon

Pendant deux semaines, comme tous les ans à l'occasion de la Fête Nationale, retour sur un cinéma que je délaisse trop souvent : la comédie française...

Forte (2020) :

Dotée d'un fort caractère et véritable garçon manqué aux 20 kilos en trop, Nour (Melha Bedia) aimerait bien être plus féminine, et séduire Gianni (Jonathan Cohen), coach à la salle de sport dont elle tient la réception. En secret, et malgré sa fierté, elle se tourne alors vers Sissi (Valérie Lemercier), une cliente de la salle, pour apprendre la pole dance, et renouer le contact avec sa féminité... le tout, à la grande surprise de sa mère (Nanou Garcia) et de ses meilleurs amis (Alison Wheeler, Bastien Ughetto), qui eux aussi se cherchent un peu.

Une comédie diffusée sur Amazon Prime (suite à une sortie salles avortée pour cause de pandémie), et co-écrite par Melha Bedia, dont le naturel et le capital sympathie font une grande partie du film et de son intérêt : le message est positif, la structure du récit évoque The Full Mounty, les personnages sont attachants et sympathiques, avec juste ce qu'il faut d'excentricité et de folie pour fonctionner... mais malheureusement, le tout se casse un peu la figure à la fin du métrage.

Alors que tout le film tendait en effet vers un spectacle de pole dance au cours duquel Nour, devant tous ses proches, aurait révélé sa féminité et son acceptation de soi, le résultat final semble indiquer que Melha Bedia s'est peut-être dégonflée au dernier moment : le spectacle a lieu, mais Nour s'y produit en survêtement, sans jamais s'approcher sur la barre, et la fait de manière comique, grimaçante et outrée, comme on pourrait le faire au cours d'une soirée un peu alcoolisée entre potes, en boîte.

Un choix qui, finalement, évacue totalement l'élément pole-dance de la résolution du métrage, et prive ce dernier d'un dénouement cathartique, tant la différence entre la Nour du début du film et celle de la conclusion est minime.

Autrement dit, malgré toute la bonne volonté du film et son cheminement, il trébuche juste avant la ligne d'arrivée, s'aplatissant de tout son long quelques mètres avant celle-ci.

Dommage.

2.5/6

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Les bilans de Lurdo : Upload, saison 1 (2020)

Publié le 27 Juin 2020 par Lurdo dans Comédie, Critiques éclair, Drame, Les bilans de Lurdo, Religion, Review, Romance, Science-Fiction, Sitcom, Télévision, USA, Amazon

Série en 10 x 25-30 minutes de Greg Daniels, l'une des deux têtes pensantes de The Office et de Parks & Recreation (avec Michael Schur parti créer The Good Place), ce programme diffusé sur Amazon Prime se propose de nous présenter un futur proche, dans lequel la mort n'est plus qu'un transfert de conscience vers un monde virtuel géré par des entreprises privées...

Upload, saison 1 (2020) :

Dans un monde où, moyennant finances, la conscience des mourants peut être transférée dans un univers virtuel pour y mener une seconde vie, Nathan (Robbie Amell), arrive à Lakeview, une résidence virtuelle de luxe, après avoir trouvé la mort dans un accident impossible. Là, il s'attache rapidement à Nora (Andy Allo), son "ange-gardien" - la responsable clientèle en charge de son dossier dans le monde réel - et le duo va commencer à se rapprocher, malgré les interdits et malgré les souvenirs manquants de Nathan, qui semblent cacher une mort suspecte...

Une satire SF un peu étrange, en cela qu'elle semble souvent être au carrefour de plusieurs autres séries déjà existantes, tentant d'en mêler les thématiques et les approches pour former un tout cohérent, sans jamais y parvenir de manière totalement satisfaisante.

De The Good Place, on a tout un propos sur la mort, l'après-vie, le changement et la rédemption, ainsi qu'une romance entre l'un des protagonistes et son assistante virtuelle. De The Office, on a la comédie de bureau et la relation "impossible", pleine de regards alanguis, entre les deux personnages principaux. De Weird City, l'anthologie d'anticipation de Peele, on a l'opposition des classes face à la technologie et le futur proche hypra-connecté, ainsi que le ton global du programme.

On pourrait aussi citer Altered Carbon, avec laquelle Upload flirte brièvement (le temps d'un caméo explosif de Creed Bratton), ou encore tout le côté enquête et conspiration technologique, premier degré, et qui prend de plus en plus de place au fil de la saison... et puis bien sûr, Black Mirror, et en particulier son épisode San Junipero, qui traitait d'une histoire d'amour improbable dans un au-delà virtuel.

Attention : je ne dis pas que Upload manque d'idées. Au contraire, même, la série déborde d'idées plus ou moins improbables et décalées, qui sont mises en image de manière convaincante et amusante. Malheureusement (et malgré le fait que le projet soit en gestation dans l'esprit de Daniels depuis les années 90), le tout paraît trop souvent dérivatif et familier.

Pris épisode par épisode, ce n'est pas trop gênant, principalement parce que la distribution est attachante et sympathique (Andy Allo, l'ex-guitariste de Prince, est une excellente découverte), avec de nombreux visages familiers dans les seconds rôles (Kevin Bigley, William B. Davis, Teryl Rothery, Chris Williams, Chloe Coleman...), et que le format du tout est suffisamment maîtrisé pour que l'on ne s'ennuie pas.

Mais dans sa globalité, les différents angles de la série se parasitent gentiment, l'enquête sur la conspiration n'ayant vraiment qu'un intérêt très limité, et certains personnages finissant par être assez lassants (je pense notamment à Ingrid, trop souvent une caricature insupportable, ou encore Aleesha, la collègue de Nora, jamais particulièrement intéressante ou drôle).

Dans l'ensemble, Upload se regarde sans problème : Greg Daniels est un professionnel qui maîtrise bien son domaine, et il sait généralement comment y faire pour impliquer le spectateur dans ses séries. Cependant, il manque tout de même quelque chose pour parvenir à véritablement imposer une identité propre à cet Upload, dont la triple orientation de comédie romantique, de satire d'anticipation et de techno-thriller est trop déséquilibrée pour vraiment convaincre.

À voir si la saison 2 parviendra à une meilleure harmonie tonale, ou, au contraire, continuera dans une direction trop sérieuse et dramatique pour son propre bien.

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Les bilans de Lurdo : Good Omens, saison 1 (2019)

Publié le 9 Mai 2020 par Lurdo dans Aventure, Comédie, Critiques éclair, Fantastique, Les bilans de Lurdo, Religion, Review, Science-Fiction, Télévision, UK, Amazon

Adaptation en 6 épisodes de 55-60 minutes du roman De Bons Présages de Terry Pratchett et de Neil Gaiman, produite et chapeautée par Neil Gaiman lui-même pour la BBC et Amazon Studios, Good Omens était attendue avec une certaine impatience par les amateurs d'un certain style d'humour décalé, et de ces auteurs réputés. Un peu moins d'un an après sa diffusion sur Amazon, fin mai 2019, passage en revue d'un programme vraiment très british...

Good Omens, saison 1 (2019) :

Depuis l'aube des temps, Crowley (David Tennant), un démon, et Aziraphale (Michael Sheen), un ange, veillent d'un œil bienveillant sur l'humanité, trop attachés aux humains et à leur amitié réciproque pour vraiment se livrer le combat éternel qui oppose le Paradis à l'Enfer. Jusqu'au jour où l'Apocalypse frappe à la porte du monde, lorsque Crawley reçoit la mission de livrer l'Antéchrist à une famille humaine : c'est là le début d'un concours de circonstances improbables qui va voir d'innombrables forces aux intérêts contraires s'opposer, et déboucher sur un conflit que les deux amis immortels vont tout faire pour saboter...

Difficile pour moi de critiquer l'adaptation des Bons Présages de Gaiman et Pratchett, tant ce livre a fait partie de mes jeunes années (avec la trilogie du Concours du Millénaire de Zelazny et Sheckley) et tant j'ai énormément de sympathie pour l'équipe derrière cette adaptation - Gaiman, Tennant, Sheen, David Arnold, la BBC, etc - et pour le format adopté, celui de la mini-série britannique de 6 épisodes d'une heure.

Et pourtant, il faut bien que je l'écrive, cette critique. D'autant qu'il y a des choses à en dire, de cette adaptation.

Une adaptation assez fidèle du roman original (heureusement), drôle et so british, baignée de l'écriture absurde mais structurée de Pratchett, du sens de la fantaisie anarchique de Gaiman, et de la musique de Queen... mais aussi une adaptation un peu brouillonne et bordélique, qui trahit régulièrement le manque d'expérience, en tant que showrunner, de Neil Gaiman.

Être showrunner est en effet un métier à part entière : c'est ainsi que d'excellents scénaristes font des showrunners médiocres, et vice-versa. Il faut savoir maîtriser le rythme global d'une saison, l'avancée de ses arcs narratifs, il faut choisir judicieusement ses acteurs, ménager les susceptibilités de chacun, etc, etc, etc. Et dans le cas d'une adaptation de ce type, il faut savoir jongler entre la fidélité absolue à l’œuvre originale, et un apport original nécessité par le support télévisé.

C'est un peu à ce niveau que le bât blesse. Très fidèle, la série adopte ainsi bon nombre des atours du roman, pour le meilleur et pour le pire, notamment une narration intermittente en voix off (effectuée par "Dieu"), qui intervient ponctuellement, de manière pas totalement utile ou convaincante. À l'identique, le script se permet beaucoup de digressions excentriques assez amusantes, mais à nouveau pas forcément indispensables au récit global, et qui ont tendance à alourdir et embrouiller le tout.

Rien de rédhibitoire, soyons clairs : la série reste très sympathique de bout en bout, et est totalement portée par le charisme, l'alchimie et le talent de David Tennant et de Michael Sheen, parfaits dans les rôles d'Aziraphale et de Crowley.

À un point tel, en fait, que le reste du cast est un bon cran en-dessous, voire deux, et que la mini-série perd nettement en intérêt dès que les deux têtes d'affiche ne sont pas à l'écran : si les occasionnels caméos sont plutôt amusants (Nick Offerman, Jon Hamm, David Morrissey, La League of Gentlemen, Derek Jacobi, la voix de Cumberbatch...), et si Adria Arjona campe une sorcière assez charmante (mais à l'intrigue et à la romance sous-développées), le reste de la distribution ne fait pas forcément grande impression, que ce soit pour des raisons d'interprétation (les enfants sont assez moyens/transparents), de direction artistique (les démons souffrent de visuels un peu cheaps et ternes), de charisme (les cavaliers de l'Apocalypse manquent un peu de présence, tout comme Jack Whitehall, en fait), ou plus simplement d'écriture (tout ce qui tourne autour des Chasseurs de Sorcière, et de la relation entre Michael McKean et Miranda Richardson, ne fonctionne pas aussi bien que cela le devrait).

Et puis, bien sûr, le souci global de structure est assez perceptible, notamment vers la fin : alors que la tension monte progressivement, que l'Apocalypse se rapproche, le tout semble perdre en énergie, à mesure que Gaiman s'éloigne un peu du roman pour improviser et que les limites du budget se font sentir, et la fin du monde finit par être réglée de manière un peu plate en une petite vingtaine de minutes, dans le dernier épisode. Viennent ensuite vingt-cinq autres minutes de "conclusion", avec un échange de visage assez téléphoné, et une fin appropriée... mais un peu faiblarde.

Dans l'ensemble, cependant, cette adaptation de De Bons Présages sait rester toujours sympathique et amusante, à défaut d'être particulièrement maîtrisée. Un petit 4/6 global, en somme, qui aurait probablement bénéficié à prendre un peu plus de distance via à vis de l’œuvre d'origine. Voire même, pour un résultat optimal, peut-être aurait-il mieux valu que Gaiman se limite à un rôle de co-showrunner, accompagné de quelqu'un ayant fait ses preuves à ce poste sur le petit écran britannique (du côté de Doctor Who, par exemple... ou avec l'un des Python).

TL;DR : Assez bien, mais peut mieux faire.

(le générique d'ouverture et la bande originale de David Arnold sont excellents, cela dit)

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Un film, un jour (ou presque) #1202 : Les Aéronautes (2019)

Publié le 8 Mai 2020 par Lurdo dans Aventure, Biographie, Cinéma, Critiques éclair, Drame, Histoire, Review, UK, Amazon

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Les Aéronautes (The Aeronauts - 2019) :

En 1862, bien décidé à prouver qu'une étude de l'atmosphère permettrait de prédire les grandes tendances météorologiques, James Glaisher (Eddie Redmayne) prend place dans une montgolfière, accompagné d'Amelia Wren (Felicity Jones), une experte en pilotage. Leur objectif : grimper plus haut que jamais, au péril de leur vie et de leur santé mentale...

Il y a, dans cet Aeronauts produit par Amazon, le potentiel de quelque chose de mémorable, un métrage en temps réel (l'expédition dont le film est très librement inspiré a duré dans les deux heures), un exercice de style et d'interprétation tendu et nerveux renforcé par des effets spéciaux compétents.

Là, sous la plume et l'œil de Tom Harper, le tout est "seulement" un film d'aventures sympathique et spectaculaire, mais très convenu dans sa structure : avec ses nombreux flashbacks visant à développer les deux personnages principaux et leur bagage émotionnel, le rythme est un peu cassé, et évoque par moments les mini-séries Hallmark de la grande époque, chaque flashback semblant signaler une coupure pub imminente.

Ce n'est pas forcément rédhibitoire, cela dit, puisque le tout est très bien filmé, de manière inventive, et que le duo vedette (qui se retrouve après Une Merveilleuse Histoire du Temps) est impeccable et attachant.

Bref, un petit film agréable, qui aurait pu être bien meilleur avec d'autres choix narratifs. 

3.75/6

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Les bilans de Lurdo : La Fabuleuse Mme Maisel, saison 3 (2019)

Publié le 26 Janvier 2020 par Lurdo dans Comédie, Critiques éclair, Drame, Histoire, Les bilans de Lurdo, Review, Romance, Amazon, Télévision

Débordant toujours de qualités formelles incontestables, la saison 2 de The Marvelous Mrs. Maisel s'était avérée une expérience un peu plus mitigée que prévu : progressivement, les traits les moins agréables de son personnage principal privilégié, capricieux et assez égocentré (et par extension, les défauts les plus récurrents de l'écriture de Amy Sherman-Palladino) refaisaient surface et dominaient sa caractérisation, rendant le visionnage parfois assez compliqué (en tout cas, au niveau de la sympathie que l'on pouvait avoir pour son héroïne).

La série, cependant, restait particulièrement enthousiasmante, malgré une gestion difficile de la temporalité saisonnière, et des dix épisodes de cette seconde cuvée. Là, pour la troisième saison, retour à huit épisodes, pour une année que l'on espère plus maîtrisée, et plus consciente des défauts de Midge (que ce soit en les assumant pleinement et en faisant de Midge une anti-héroïne ambitieuse et prête à marcher sur autrui pour connaître le succès, ou à l'opposé, en la confrontant aux conséquences de ses actions et de ses paroles).

La Fabuleuse Mme Maisel, saison 3 (2019) :

Midge Maisel (Rachel Brosnahan) est en tournée avec Shy Baldwin (Leroy McClain), loin de sa famille et de ses enfants ; Joel (Michael Zegen), lui, décide d'acheter un club, mais se retrouve dans une situation problématique lorsqu'il découvre, au sous-sol, un casino clandestin ; les parents de Midge, pendant ce temps, tentent de gérer leur vie maintenant que Abe (Tony Shalhoub) n'est plus professeur à l'université, et que leurs revenus sont diminués d'autant...

Et cette nouvelle saison s'inscrit, pour le meilleur et pour le pire, dans la directe continuité de la saison 2. Comme motivés par les multiples nominations et récompenses obtenues par la série pour l'ensemble de son casting (et notamment par Shalhoub et Jane Lynch), les Palladino redoublent d'efforts pour tenter d’accommoder une distribution croissante, aux seconds rôles toujours plus nombreux, en leur donnant toujours plus à faire à l'écran.

Les sous-intrigues se multiplient donc, et la série en vient à traiter sur un pied d'égalité la carrière de Midge et le devenir de tous ses proches et amis (voire à passer plus de temps sur ceux-ci que sur Midge). Cette année, on assiste ainsi, entre autres, à de multiples intrigues parallèles, qui prennent parfois un peu trop de place, et posent quelques problèmes de ton.

Joel qui cherche un établissement miteux, le rénove, et ouvre son night-club tout en retrouvant l'amour dans les bras d'une mystérieuse asiatique au caractère bien trempé (Stephanie Hsu), passe encore ; les problèmes de couple d'Imogen et d'Archie (Bailey De Young et Joel Johnstone), c'est déjà nettement moins pertinent (même si ça fait toujours plaisir de retrouver De Young).

Les parents de Midge qui se cherchent, en théorie, pourquoi pas. Dans les faits, cependant, le trait est tellement forcé que les mésaventures des parents de Midge deviennent une part envahissante de cette saison, avec un Abe qui vire révolutionnaire/communiste, avant de se reprendre, et de se recycler en critique de théâtre ; une Rose toujours plus difficile, voire même antipathique, qui en veut à mort à sa fille pour son choix de carrière (elle considère que sa fille est une prostituée), qui renonce à son héritage sur un coup de tête, et passe son temps à se plaindre de son sort.

Les Weissman, donc, prennent une place importante, cette année, s'installant provisoirement chez les parents de Joel (pour des scènes très sitcom, qui rappellent que Amy Sherman-Palladino a fait ses armes sur des sitcoms familiales), où ils se montrent arrogants et malpolis, puis s'incrustant en tournée avec Midge, avant de trouver un semblant d'équilibre vers la fin de la saison, quand Midge rachète le vieil appartement familial pour y installer toute la famille.

Et puis il y a Susie, une Susie qui développe une addiction au jeu, et passe la moitié de la saison à tenter de gérer la carrière de Sophie Lennon (Jane Lynch). Lennon, qui décide de monter sur les planches pour devenir une comédienne "sérieuse" face à Cary Elwes, et qui s'effondre lors de la première - une sous-intrigue qui prend à nouveau beaucoup de place, pour un résultat prévisible et peu probant à mes yeux, si ce n'est de développer la carrière et le personnage de Susie.

C'est un peu ce qui ressort de la saison dans son ensemble, à vrai dire : tout le monde évolue et passe à autre chose, avec plus ou moins de succès et d'efforts... tout le monde, sauf Mme Maisel.

Midge reste en effet égale à elle-même : toujours amusante, toujours pétillante, mais toujours aussi particulièrement égocentrée, ambitieuse et inconstante. Une Maisel spontanée qui débranche son cerveau et son bon sens dès qu'elle monte sur scène, une Maisel immature qui se décourage facilement au moindre imprévu, une Maisel privilégiée qui n'a aucun sens des réalités, n'a pas grande empathie pour autrui, et n'a pas grand chose à faire de ses enfants, confiés à Joel pendant le plus clair de la saison. Une Maisel narcissique qui, finalement, n'est pas si différente que ça de Sophie Lennon, qui pourrait aussi bien être un aperçu de ce qui l'attend si elle laisse libre court à ses défauts.

Niveau cœur, cette année, Maisel se rapproche vaguement de Lenny Bruce, sans oser franchir le pas... mais cela ne l'empêche pas de se remarier avec Joel à Vegas (malheureusement, les Palladino aiment vraiment ce couple, ça se sent, et ils jouent à fond la carte du shipping). Ce cher Benjamin (Zachary Levi), abandonné la saison dernière ? Il réapparaît brièvement dans deux ou trois scènes, en fin de saison, pour dire ses quatre vérités à Midge.

Et là, pendant quelques instants, on se prend à espérer qu'enfin, Midge va devoir faire face aux conséquences de ses actes. Oui, elle est égoïste, elle ne pense qu'à sa carrière et à sa passion, elle exige un certain standard de vie, un certain luxe, et elle n'a pas la moindre idée de ce qui se déroule dans la vie des autres : l'addiction au jeu de Susie, les sentiments de Benjamin, la vie de Joel, leurs enfants, la situation de ses parents, les problèmes de couple de sa meilleure amie, ou encore l'homosexualité de Shy Baldwin, tout lui passe au-dessus de la tête, tant elle est obsédée par sa carrière et sa comédie.

Ce qui mène, bien naturellement, à la fin de la saison, une fin de saison qui redonne espoir : un peu comme lors du face à face avec Benjamin, Midge doit gérer les conséquences de ses actes, et quels actes ! Lors de son spectacle à l'Apollo, salle mythique de New York, Midge décide de débrancher son cerveau, et de faire tout un monologue sur Shy Baldwin, un sketch entier chargé de sous-entendus et de références à l'homosexualité cachée du chanteur.

Sauf que Midge, qui est dans sa bulle privilégiée, n'a pas la moindre idée de ce qu'elle vient de faire (Susie, elle, le comprend en une phrase seulement). Et elle tombe donc de très haut lorsqu'elle se fait renvoyer de la tournée par Shy.

En tant que spectateur, j'ai donc de l'espoir pour La Fabuleuse Mme Maisel. L'espoir que les Palladino ont conscience des défauts occasionnels de leur écriture (ce n'était pas forcément le cas sur les Gilmore Girls) et vont enfin "faire payer" à Midge ses erreurs, et les traits négatifs qui sont les siens, et qui sont de plus en plus prononcés depuis le début de la série. Une saison 4 avec une Midge devant faire le point, se reconstruire en partant de rien, blacklistée des clubs de New York par Lennon et de sa tournée par Shy, et enfin réaliser qu'elle est bourrée de défauts, cela pourrait être intéressant.

Par contre, une saison 4 avec, comme cette année, toujours plus de place laissée aux personnages secondaires de plus en plus caricaturaux, aux longues séquences musicales chorégraphiées qui servent de meublage, et à des solutions miraculeuses qui résolvent tous les problèmes des protagonistes à la dernière minute (l'article d'Abe, l'assurance/héritage de Susie pour éponger ses dettes, la vocation d'entremetteuse de Rose...), déjà nettement moins.

Heureusement, malgré les problèmes que j'ai avec la caractérisation du show et avec le remplissage gratuit dont il fait parfois l'objet, ce dernier reste toujours exemplaire au niveau de sa production : c'est visuellement splendide, très bien interprété (plusieurs scènes sont vraiment superbes et touchantes - la discussion douce-amère de Jason Alexander et Tony Shalhoub, le coming out de Shy Baldwin, Susie qui perd tout son argent), les caméos sont toujours intéressants (Sterling K. Brown, Liza Weil, Wanda Sykes) et l'on ne s'ennuie jamais, quand bien même on aurait parfois envie de dire aux Palladino de freiner un peu l'excentricité de leur plume, qui donne occasionnellement lieu à des scènes trop fantaisistes et à des dialogues trop artificiels.

La saison 3 de Mme Maisel souffle donc le chaud et le froid, peinant à gérer son rythme (à l'instar de la saison 2), se perdant souvent dans des digressions rapidement oubliées, mais parvenant aussi à jouer habilement de la fibre nostalgique pour une époque improbable, mise à l'écran de manière encore plus fantaisiste (la fidélité historique n'est pas la priorité de la série, soyons francs). Si l'on se laisse porter par l'aspect visuel de la production, par la reconstitution, l'énergie du show, et par toutes ces paillettes, alors il y a moyen de passer un très bon moment, porté par une écriture et une interprétation qui restent de qualité.

Il faut simplement avoir conscience que la protagoniste principale de la série est presque devenue une anti-héroïne bourrée de défauts, élitiste et privilégiée (comme ses parents, soit dit en passant... et comme une certaine Rory Gilmore), et que, malgré un parcours qui la confronte à des personnes souffrant de vrais problèmes et de vrais préjudices (raciaux, sexuels, etc), elle ne semble jamais retenir la leçon. Pour elle, tout est bon pour faire rire, même blesser autrui (que ce soit fait avec ou sans méchanceté)...

Difficile de continuer à soutenir aveuglément le personnage, dans une telle situation, malgré des scénaristes qui semblaient vouloir la présenter comme un exemple d'émancipation, et un modèle à suivre. Désormais, avec cette fin de saison, la série semble être à un tournant : reste à voir si elle va réussir à le négocier sans trop de dégâts, ou si elle fera marche arrière, comme si de rien n'était.

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Christmas Yulefest 2019 - 50 - Costume Quest : Heroes on Holiday (2019)

Publié le 25 Décembre 2019 par Lurdo dans Animation, Action, Christmas, Comédie, Critiques éclair, Fantastique, Jeunesse, Les bilans de Lurdo, Noël, Review, Télévision, Yulefest, Amazon

Noël est là, et chez les Téléphages Anonymesc'est donc l'heure de la Christmas Yulefestet de son marathon de cinéma festif pendant tout le mois de décembre...

Costume Quest - Heroes on Holiday (2019) :

Alors que Oona est sur le point de présenter à la ville sa recette spéciale de nougat lors d'une grande célébration de Noël, une chasseuse de monstres arrive à Auburn Hollow, bien décidée à prouver au monde entier qu'elle n'est pas folle. Les enfants doivent alors protéger leurs amis grubbins, en les tenant éloignés du moindre morceau de nougat...

Épisode spécial Noël de cette série d'animation diffusée sur Amazon Prime, Heroes on Holiday s'inscrit dans la continuité directe de la première saison du show, chroniquée en ces pages à l'occasion d'Halloween : même direction artistique, mêmes doubleurs, même énergie, pour un récit de 35 minutes, nettement plus long que les épisodes habituels.

Et c'est un peu là que se situe le problème, puisque le rythme de ce double épisode et demi est gentiment bancal, et affaiblit un peu le récit. Dommage, parce que dans l'ensemble, cet épisode spécial est plutôt agréable à regarder, mais il faut bien avouer que tout cela est très superficiel et anecdotique... quand bien même le grand final serait explosif et plein d'action.

Un bilan mitigé pour un spécial Noël qui aurait bénéficié de rester bref, ou de se limiter, au minimum, à une vingtaine de minutes. Cela dit, la chanson était amusante...

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Et comme toujours, vous pouvez retrouver la liste complète de tous les films de Noël passés en revue sur ce blog dans le cadre de la Christmas Yulefest en cliquant directement sur ce lien (classement alphabétique), ou celui-ci (classement saisonnier)...

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Les bilans de Lurdo : Carnival Row, saison 1 (2019)

Publié le 24 Novembre 2019 par Lurdo dans Critiques éclair, Drame, Fantastique, Histoire, Les bilans de Lurdo, Review, Romance, Télévision, Amazon

Série en 8 épisodes de 60 minutes diffusée sur Amazon, et signée Travis Beacham (Pacific Rim, Le Choc des Titans 2010, l'épisode Autofac d'Electric Dreams), Carnival Row était initialement un script de long métrage, sur lequel Beacham travaillait avec Guillermo Del Toro il y a plus de 10 ans. Depuis, Del Toro s'est éloigné du projet, et a été remplacé, sur cette version télévisée, par René Echevarria (Star Trek Deep Space Nine) et par Mark Guggenheim (toutes les séries Berlanti, sur la CW)...

Carnival Row, saison 1 (2019) :

Suite à l'invasion de leur terre natale par un ennemi implacable, les Fae, des êtres magiques, se sont réfugiés chez les humains, amenant avec eux tensions raciales et sociales qui divisent la société. Dans une ville où humains et Fae cohabitent difficilement, Rycroft Philostrate (Orlando Bloom) enquête sur des meurtres sanguinaires et inexplicables. Mais lorsqu'il retrouve Vignette Stonemoss (Cara Delavigne), une Fae rebelle dont il était épris lorsqu'il était soldat, Rycroft est tiraillé entre son devoir, son enquête, ses origines et cette relation qu'il pensait terminée à jamais...

Voilà voilà. Carnival Row, grosse production Prime Vidéo, au budget clairement conséquent (la direction artistique est assez conséquente), et visiblement en faveur auprès de la chaîne, puisqu'une deuxième saison a déjà été commandée.

Une série qui mange clairement à de nombreux râteliers, entre le film noir, la série policière victorienne façon Ripper Street, la fantasy, l'allégorie sur le racisme/les réfugiés/l'immigration/le colonialisme/l'impérialisme, l'horreur pseudo-lovecraftienne (mais "pseudo", seulement, tant la créature meurtrière qui rôde dans les bas-fonds de la ville s'avère décevante), les manigances politiques et l'inceste à la Trône de Fer, les romances impossibles et conflits de classe à la Jane Austen, le steampunk, Penny Dreadful, etc... et qui malheureusement, finit par ressembler à un gros patchwork inabouti et approximatif.

Pour être tout à fait franc, on sent en effet immédiatement que Carnival Row est un portage du cinéma à la télévision. La série est en effet divisée en trois grosses intrigues différentes : la principale, que l'on devine facilement être l'intrigue du script d'origine, est centrée sur la relation de Vignette et de Rycroft, articulée autour de l'enquête de ce dernier sur la créature qui rode à Carnival Row, et du parcours de la fée au sein des Black Ravens, un groupe aux activités assez louches (des Black Ravens qui disparaissent tout simplement de la série à mi-saison, soit dit en passant).

Et à côté, on a deux sous-intrigues totalement détachées du fil conducteur de la série, et qui ressemblent fortement à du remplissage utilisé pour étoffer le script initial : ici, une affaire politique assez austère et rigide, où l'enlèvement du fils du chef du gouvernement (Jared Harris) provoque une crise politique ; et là, une héritière de bonne famille (Tamzin Merchant, qui semble s'inspirer des héritières débiles de Another Period pour son personnage cliché) outrée par l'arrivée d'un Puck (un faune) dans son voisinage, et qui se voit contrainte de se rapprocher de lui pour assurer ses finances.

Deux intrigues secondaires qui, certes, étoffent l'univers global de Carnival Row, mais ne semblent jamais totalement intégrées au reste de la série. Et ce malgré une tentative, sur la toute fin de la saison, de faire converger tous les personnages et toutes les sous-intrigues, quelle que soit leur importance respective : malheureusement, l'écriture ne se montre jamais à la hauteur de ces ambitions, et cette convergence se fait de manière tellement pataude, avec tellement de clichés et de grosses ficelles, que le tout tombe totalement à plat, puisque le spectateur avisé a constamment un ou deux épisodes d'avance sur le récit et les personnages, voire plus (tout l'épisode final, notamment, est un festival de révélations et de mystères largement éventés).

Parce que c'est bien là l'un des gros problèmes de la série : passe encore que la distribution soit assez moyenne (Bloom et Delavigne s'en sortent, mais leur romance ne convainc jamais, et la plupart des seconds rôles sont affreusement transparents et peu mémorables), que les accents soient très aléatoires, que les noms de tous les personnages soient risibles au possible, que les intrigues soient souvent cousues de fil blanc, avec des personnages bourrés de clichés (l'enquêteur bourru mais juste, hanté par les actions de son passé, torturé par un secret qui le place au carrefour de deux mondes, et autour duquel tout cet univers gravite forcément ; la prostituée au grand cœur ; la mère manipulatrice ; le fils rebelle, blablabla), et que le script semble constamment sous influence : c'est du Beacham, après tout, et le bonhomme n'a jamais été particulièrement original ou inspiré, que ce soit sur Pacific Rim ou sur Electric Dreams.

Là où sa coince, c'est que la série se veut une série à message woke, dénonçant une société où le racisme et le sexisme dominent, où les hommes blancs sont très méchants, les femmes manipulatrices et/ou opprimées, les minorités méprisées, maltraitées, exploitées et réduites en esclavage, etc.

Et malheureusement, de telles ambitions se marient mal avec le côté patchwork du récit, avec sa nature de mélange approximatif de nombreuses sources jamais vraiment assumées - Carnival Row, c'est du pulp/néo-noir/fantasy assez brouillon, qui choisit d'asséner son message et son world-building à la truelle, en espérant que la romance de son couple principal, ses sous-intrigues dérivatives et ses effets spéciaux suffiront à captiver le public pendant 8 heures.

Sur moi, ça n'a pas fonctionné : si la série est visuellement sympathique, elle n'est pas très intéressante sur la durée, le couple vedette n'est pas forcément très engageant, et le tout manque cruellement de la subtilité nécessaire pour marier ses thèmes à son univers, et pour faire fonctionner son mélange des genres assez improbable.

Pas forcément surprenant (je n'ai jamais été convaincu par l'écriture de Beacham), et il reste toujours la possibilité d'une saison 2 mieux structurée, mieux rythmée, mieux maîtrisée et plus originale (surtout que Guggenheim et Beacham ont quitté la série pour cause de différences créatives). Mais dans l'ensemble, je ne suis pas impatient de remettre le couvert.

(cela dit, je n'ai aucun doute sur le succès potentiel du show auprès de certaines tranches démographiques geeks, qui s'empresseront, des paillettes plein les yeux, de louer cette série plus que de mesure, et d'expliquer que c'est trop intelligent pour tous ceux qui n'ont pas aimé...)

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Les bilans de Lurdo - Halloween Oktorrorfest 2019 - Costume Quest, saison 1 (2019)

Publié le 26 Octobre 2019 par Lurdo dans Animation, Action, Comédie, Critiques éclair, Fantastique, Halloween, Horreur, Les bilans de Lurdo, Jeunesse, Oktorrorfest, Review, Amazon

L'Halloween Oktorrorfest touche aussi le petit écran, avec chaque week-end, tout le mois d'octobre, des critiques de séries fantastiques et horrifiques...

Costume Quest, saison 1 (2019) :

Dans la petite ville d'Auburn Hollow, capitale du nougat, quatre enfants - les jumeaux Wren (Gabriella Graves) et Reynold (Sloane Letourneau), Lucy (Allie Urrutia) et Everett (Isaac Ryan Brown) - découvrent que les Répugnants, des monstres issus d'une dimension parallèle, sont bien décidés à mettre la main sur tous les nougats de la ville, et à conquérir le monde en utilisant ces sucreries pour alimenter leurs pouvoirs. Pour les vaincre avant Halloween, les enfants ne peuvent compter que sur leur courage, et sur des costumes magiques découverts dans une boutique abandonnée, tenue par le mystérieux Norm (Fred Tatasciore)...

Adaptation des jeux Costume Quest du studio Double Fine par le studio d'animation Frederator, Costume Quest (la série) a été diffusée sur Amazon en deux parties, en cours d'année 2019, pour une première saison comptant 26 épisodes de 11 minutes (réunis sous la forme de deux demi-saisons de 6 et 7 double-épisodes de 23 minutes.

Au programme, donc, une série d'animation très sérialisée, à l'instar d'un Adventure Time (du même studio), d'un Over the Garden Wall (même scénariste) ou d'un Gravity Falls (auquel on pense très souvent devant ce Costume Quest). Progressivement, au fil de la saison et des costumes dont se parent les protagonistes, on découvre ainsi les secrets d'Auburn Hollow, la capitale mondiale du nougat, assiégée (en secret) par des monstres affamés : l'histoire de ces monstres, celle de Norm (le vendeur de costumes), les origines de ces costumes magiques, et l'existence, autrefois, d'un autre groupe d'enfants costumés, dont faisait alors partie Oona, la présidente actuelle de l'usine de nougats de la ville.

Une mythologie prise au sérieux par la série, assez dramatique et touchante, et qui n'est pas sans évoquer, là aussi, un certain Scoody-Doo : Mystères Associés (qui reste à ce jour la meilleure série Scooby Doo de tous les temps, rappelons-le), et qui reste intéressante, dans l'ensemble, y compris dans la manière dont le programme s'approprie totalement l'univers des jeux pour en faire quelque chose de très différent : dans ces derniers, en effet, pas de nougat, pas de Norm, et une histoire très différente.

Y compris au niveau des personnages, d'ailleurs : pas vraiment développés dans les jeux, les quatre enfants acquièrent ici des caractères plus prononcés, qui gardent les embryons de personnalité des protagonistes des jeux, pour les pousser un peu plus loin. Wren, la meneuse du groupe, est volontaire, abrasive, impulsive, et parfois presque antipathique ; son frère Reynold est peureux, angoissé et constamment sur la défensive ; Lucy reste discrète, passionnée de science ; et Everett est dynamique, admiratif de son grand frère, et un peu vantard.

Autre différence par rapport aux jeux, les antagonistes : si dans l'esprit, les monstres de la série (les Grubbins des jeux deviennent ici des Répugnants, dont les Grubbins sont une sous-classe) restent des créatures difformes amatrices de bonbons, ici, ils ont droit à un relookage (pas très convaincant, il faut bien le dire) et à de nouvelles capacités, puisque l'ingestion de nougat leur permet de se transformer en super monstres, façon sentai.

Mais c'est bien l'esthétique de la série qui frappe en premier : les jeux avaient déjà un aspect graphique très marqué et délibérément simpliste, et la série le pousse un peu plus loin encore, mélangeant cette esthétique à un style d'animation plus actuel et familier (encore une fois, on pense pas mal à diverses séries d'animation jeunesse assez populaires, déjà citées ici, mais aussi à Rick et Morty).

Ça plaira ou non, et j'avoue avoir eu du mal à adhérer aux premiers épisodes de la série, précisément à cause de la direction artistique de celle-ci. Au fil des épisodes, cependant, on s'habitue à ce graphisme particulier, et à ces monstres assez approximatifs, d'autant que la série est bien doublée, assez amusante, et dotée d'une bande originale efficace.

Sans oublier l'écriture, maîtrisée et sachant se montrer à la fois touchante et drôle ; je dois bien avouer qu'à l'approche de la fin de saison, en voyant toutes les sous-intrigues saisonnières (même les plus anecdotiques, comme celle de Roody Tootz, ou des deux Grubbins avec qui Lucy sympathise) converger de manière cohérente et logique, en voyant les forces en présence s'amasser pour un combat épique, en réalisant à quel point les scénaristes avaient pensé en amont et de concert les thématiques de la série, son propos (en filigrane) sur les réfugiés et l'immigration, et ses rebondissements, je me suis dit que mes réserves sur l'esthétique de la série ne pesaient finalement pas très lourd.

Reste que, comme pour toute œuvre animée, les parti-pris graphiques pourront en rebuter plus d'un ; et je suis d'ailleurs le premier à regretter certains des choix faits par la production, notamment en ce qui concerne les Grubbins. Mais dans l'ensemble, Costume Quest s'avère un programme très sympathique et ludique, qui permet de continuer, sous un autre angle, l'expérience des deux jeux déjà existants. En attendant l'épisode spécial de Noël, à venir très bientôt.

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Les bilans de Lurdo - Halloween Oktorrorfest 2019 - [Dark/Web], saison 1 (2019)

Publié le 28 Septembre 2019 par Lurdo dans Critiques éclair, Drame, Les bilans de Lurdo, Review, Science-Fiction, Thriller, Amazon, Anthologie, Fantastique, Halloween, Horreur, Oktorrorfest

L'Halloween Oktorrorfest touche aussi le petit écran, avec chaque week-end, tout le mois d'octobre, des critiques de séries fantastiques et horrifiques...

[Dark/Web], saison 1 (2019) :

Alors qu'ils reçoivent des mails étranges de Molly (Noemi Gonzalez) , une amie de lycée qu'ils n'ont pas revue depuis des années, des individus aux profils différents - Ethan (Brian Ellerding), journaliste au chômage, Sam (Lana McKissack), influenceuse web, et James (Michael Nardelli), enseignant au fond du trou - décident de mener l'enquête, sans se douter que leurs appareils technologiques vont les trahir...

Pseudo-anthologie en 8 épisodes diffusés sur Amazon, et issue de l'imaginaire des créateurs du film de science-fiction Cercle, [Dark/Web] joue sur les peurs et les incertitudes liées au web, au monde moderne, et à la technologie, pour mettre en place un programme qui semble fortement lorgner sur Black Mirror et compagnie...

Ayant pour fil conducteur l'enquête des amis de Molly, la série s'articule ainsi autour de ces segments, entrecoupés de courts-métrages de 10-15 minutes s'intéressant aux menaces des nouvelles technologies, et supposés être des récits de fiction inclus par Molly dans les mails envoyés à chacun de ses amis. Une structure pas forcément inhabituelle (V/H/S faisait de même avec ses vidéos) mais qui ici est parfois étrangement déséquilibrée, et pas aidée par des épisodes à la durée très variable, pouvant aller de 25 minutes à plus d'une heure...

1x01 - Un conducteur de vtc au bout du rouleau découvre que son appli lui parle directement, lui révèle tous les secrets de ses passagers, et l'incite à les punir...

Pas désagréable, mais une interprétation très inégale des passagers, et un sujet pas forcément très original. À noter Julie Benz, qui fait la voix de l'application.

1x02 - Une serveuse de fast-food devient mondialement connue sur le web lorsqu'une star publie sa photo sur sa page de réseau social - mais cette célébrité inattendue attire sur elle l'attention du dark web...

Assez mauvais, gentiment surjoué (la post-synchro des clients, et de manière générale, les voix-off, sont calamiteuses), et à la conclusion plutôt idiote.

1x03 - Un hôpital empli de zombies, des survivants, et un jeu vidéo...

Un épisode bizarre, plus centré sur les trois protagonistes que sur la "nouvelle", ce qui se traduit par un segment très court écrit, réalisé et interprété par Zelda Williams ; un segment anthologique qui semble se terminer en queue de poisson, et être totalement déconnecté du reste.

1x04 - Un veuf sexagénaire a besoin d'un nouveau cœur en urgence, sa fille lui en trouve un sur le marché noir, mais lorsque le greffé commence à avoir des visions étranges, il ne sait pas s'il est possédé, ou si c'est la culpabilité qui le ronge...

Alors là, un bon gros WTF, puisque l'épisode dure 54 minutes, qu'il est cousu de fil blanc, que le segment en lui-même se termine en queue de poisson après avoir été prévisible de bout en bout, et surtout, qu'une place inutile est laissée aux trois protagonistes habituels qui rendent visite à un patient dans un hôpital psychiatrique.

À noter, un caméo de Robert Davi en chirurgien louche.

1x05 - Un jeune homme arrive chez une cougar, pour passer la nuit avec elle...

Retour à une durée plus classique, pour une histoire cousue de fil blanc (on devine la chute de ce segment très Contes de la Crypte dès son titre pas très finaud), avec Clare Kramer en lingerie, et une réalisation maniérée.

Au niveau du fil conducteur, on a droit à une présentation précipitée d'Amy, la petite amie lesbienne hackeuse rebelle habillée de cuir de Molly, la disparue : un joli cliché ambulant, pas très convaincant, et qui n'apporte pas grand chose à des personnages toujours aussi antipathiques.

1x06 - La vie et la carrière de Molly, avant sa disparition.

Un épisode d'une trentaine de minutes, intégralement narré en flashback, et consacré au personnage de Molly, et à son poste au sein de l'entreprise de sécurité informatique de Nicholas Brendon. Pas forcément désagréable, bien qu'un peu surjoué çà et là.

1x07 - Une jeune femme studieuse se laisse convaincre par sa colocataire bimbo d'essayer une application de rencontre à la mode, et rencontre quelqu'un, mais rapidement, elle devient la victime d'une rumeur virale l'accusant d'être atteinte d'une STD, et elle voit son corps se transformer...

67 minutes d'épisode, plus déconnecté que jamais : le récit (axé body horror) est efficace, mais très balisé et bien trop long (Dora Madison est excellente, cela dit), en plus de se perdre dans un propos bancal sur la créativité, la narration, etc (ça s'ouvre sur une explication du test de Bechdel, quand même) et d'avoir un thème très similaire à celui du 1x04 (la culpabilité, etc) ; et le reste n'est pas très intéressant, avec des personnages toujours plus stupides et agaçants.

1x08 - Accompagnés par Amy, et les autorités à leurs trousses, le trio découvre une trappe secrète menant au cadavre de Molly, décédée devant ses écrans, face à une intelligence artificielle qu'elle avait dérobée à son entreprise...

Une conclusion d'une demi-heure, assez inaboutie, car à la fois télégraphiée (dès le début du premier épisode de la saison, on pouvait déjà plus ou moins deviner les tenants et les aboutissants de l'histoire), et pas très bien écrite ou interprétée. Résultat : lorsque vient le moment de la grande décision des protagonistes, on est très loin de se ranger à leurs côtés, et on a même un peu tendance à les trouver énervants (l'interprétation y est pour beaucoup).

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En résumé, une semi-anthologie vraiment peu convaincante, entre ses personnages antipathiques, son propos gentiment éventé (Black Mirror a déjà fait pareil, en mieux), sa direction d'acteurs mitigée, son rythme décousu, etc.

Dark/Web donne ainsi souvent l'impression que ses créateurs (l'un d'eux est aussi scénariste/réalisateur et interprète de l'un des personnages principaux) ont refourgué leurs courts-métrages à Amazon, et qu'ils ont recyclé un pitch de long-métrage inabouti et/ou brodé autour de leurs courts une vague histoire de conspiration, d'intelligence artificielle et d'e-mails, histoire d'en faire "une anthologie d'anticipation".

Un projet vraiment bâtard et bancal, au final, pas vraiment satisfaisant ou original.

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Un film, un jour (ou presque) #1067 : Late Night (2019)

Publié le 20 Septembre 2019 par Lurdo dans Cinéma, Comédie, Critiques éclair, Review, Amazon, Télévision

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus... ​​

Late Night (2019) :

En perte de vitesse, Katherine Newbury (Emma Thompson), seule femme présentatrice de talk-show à la télévision américaine, est menacée d'être remplacée par un jeune comique à la mode. Accusée d'être froide et de détester les femmes, Newbury décide d'engager alors Molly (Mindy Kaling), une fan ouvrière sans la moindre expérience comique, mais qui remplit tous les quotas. Et contre toute attente, Molly va transformer la manière dont Newbury voit le monde...

Un long-métrage Amazon Studios écrit et interprété par Mindy Kaling, et particulièrement apprécié par les critiques américains en ces temps de #MeToo et de wokeness... malheureusement, je n'ai pas du tout aimé.

Probablement parce que l'intrigue, derrière ses oripeaux engagés et féministes, est tout simplement un Le Diable s'habille en Prada dans le monde de la tv et des talk-show... mais un Prada aux personnages principaux insipides et antipathiques. Nebury est froide, hostile, méprisante et élitiste. Écrite ainsi par Kaling, et dotée d'un humour générique, on peine à croire qu'elle est l'une des animatrices de talk-show les plus connues aux USA, et son arc de rédemption est forcé ; Molly est incompétente, donneuse de leçons, bizarrement irrésistible aux yeux des hommes (comme d'habitude, Mindy Kaling s'écrit un personnage au cou duquel les hommes caucasiens se jettent - malgré son physique "bricolé"), et dotée d'un sens de l'indignation et de sa valeur personnelle très "millenial".

D'autant plus problématique que le film n'est pas particulièrement drôle, y compris lors des extraits du talk show.

C'est assez paradoxal, en fait : sur le fond, on sent que Mindy Kaling veut prouver que la comédie peut surgir de toutes les classes de la société, que la discrimination positive et la diversité sont bénéfiques, que le machisme et le sexisme ne mènent à rien... sauf que le résultat final est contre-productif : oui, les apparences sont sauves, le talk show renoue théoriquement avec le succès grâce à Molly, et le film s'amuse du cliché du white savior, mais dans les faits, le postulat de départ est ultra-forcé, et surtout, Molly n'est pas drôle, ses vannes sont éventées, ses idées sont plates, et sa présence, sur un plan professionnel, est une aberration.

Le personnage de Molly, finalement, sert presque de magical negro, qui arrive dans un monde de blancs, et leur permet de s'ouvrir, d'évoluer et de changer de par sa sagesse de millenial woke.

En se moquant d'un cliché et en voulant dénoncer les travers d'une société masculine et sexiste (toute la sous-intrigue du slut-shaming = un bon gros soupir), Kaling ne fait en fait qu'exploiter un autre cliché, tout aussi éventé et épuisé, et aux ficelles tout aussi grosses. En voulant défendre le processus de discrimination positive, elle en vient presque à en montrer les failles, en privilégiant la forme au fond, l'apparence de la diversité à sa pertinence réelle... et ce n'était très clairement pas le but de l'opération.

Bref : un film donneur de leçons, pas aussi drôle ou pertinent qu'il pense l'être, et avec un personnage principal pas du tout attachant. Dommage, car la distribution secondaire est sympathique.

2/6

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Les bilans de Lurdo : The Tick, saison 2 (2019)

Publié le 4 Août 2019 par Lurdo dans Action, Comédie, Critiques éclair, Fantastique, Les bilans de Lurdo, Review, Télévision, Aventure, Amazon

La première saison du reboot de The Tick m'avait laissé mitigé, mais plein d'espoir : l'origin story d'Arthur, étendue sur 12 épisodes ne m'avait pas forcément convaincu, tout comme ses variations de ton et ses personnages secondaires pas toujours bien développés, mais dans l'ensemble, cette réinvention du personnage et de son monde décalé était prometteuse, pour peu que les scénaristes parviennent à mieux équilibrer le tout.

The Tick, saison 2 :

Alors qu'Aegis rouvre ses portes et cherche à reformer les Flag Five en recrutant de nouveaux héros, The Tick (Peter Serafinowicz) et Arthur (Griffin Newman) se lancent sur les traces de Lobstercules, une immense langouste humanoïde qui commet des braquages de banque...

Une saison 2 de dix épisodes, nettement mieux structurée et homogène que la première fournée, et qui, disons-le tout de suite, est une réussite.

Les nombreuses sous-intrigues de la saison (Lobstercules et ses adorables bébés ; le pouvoir de Dot et son rapprochement avec Overkill ; le retour d'Aegis ; le secret de Walter ; la "rédemption" de Miss Lint ; Kevin ; le rêve d'enfance d'Arthur vis à vis des Flag Five ; la taupe au sein d'Aegis ; le passé d'Overkill ; l'histoire de Danger Boat ; les errances de Superion,  etc, etc, etc) se mêlent et s'entremêlent ainsi tout au long des dix épisodes, pour construire une intrigue sérialisée très sympathique, liée de bout en bout, et rarement ennuyeuse.

En fait, c'est bien simple, la saison 2 est à l'image de la Tique, cette année : elle a fait peau neuve, et a enfin trouvé sa voie.

Le costume de la Tique a en effet connu un lifting entre les saisons, expliqué par une mue du personnage, et le costume de The Tick n'a jamais paru plus musclé,  athlétique, et surtout naturel. Un costume excellent (qui met gentiment à l'amende bon nombre de muscle suits cinématographiques ou télévisuelles - comme dans The Umbrella Academy, par exemple), et qui va de pair avec un Lobstercules lui aussi très réussi : au niveau effets spéciaux, la série a clairement su capitaliser sur l'économie budgétaire de son nombre d'épisodes, pour améliorer ses visuels.

Et au niveau écriture, les scénaristes ont enfin trouvé le bon mélange entre sérialisation sérieuse, et comédie : tout le propos sur l'héroïsme de la Tique et d'Arthur est ainsi décliné en de multiples variations, au gré des sous-intrigues et des personnages secondaires, sans jamais oublier l'absurdité globale de cet univers.

Une absurdité très bien servie par sa distribution, qu'elle soit principale (toujours excellente, mention spéciale à Dot, crédible dans ses scènes d'action) ou secondaires (John Hodgman, tous les super-héros qui évoluent en périphérie, notamment "Nipple-man" ^^) : malgré le ridicule assumé de cet univers, de ses personnages et de ses événements, les acteurs se donnent à fond, et la mayonnaise prend, tout simplement.

Malheureusement, l'aventure The Tick s'arrête là sur Amazon, malgré les multiples pistes laissées en suspens par la série. On peut le regretter, en espérant que le personnage et son entourage renaissent à nouveau, sous une autre forme, dans quelques années...

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Un film, un jour (ou presque) #877 - QUINZAINE SAINT VALENTIN : Mon Mariage Surprise (2017) & The Big Sick (2017)

Publié le 7 Février 2019 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Télévision, Comédie, Romance, Amazon, St Valentin

Pendant deux semaines, à l'occasion de la Saint Valentin, place aux grands sentiments et à la séduction, avec chaque jour plusieurs critiques de films romantiques...

Mon Mariage Surprise (Surprise Me ! - 2017) :

Organisatrice d'évènements-surprises pour le compte de ses clients, Genie Burns (Fiona Gubelmann) est contactée par un producteur (Charlie Strater) pour organiser un mariage surprise à sa fiancée. En parallèle, elle doit composer avec son meilleur ami Danny (Jonathan Bennett) et sa nouvelle petite amie, ainsi qu'avec Jeff (Sean Faris), un chirurgien esthétique séduisant, direct et un peu arrogant, qui l'emporte dans une romance aussi soudaine qu'imprévisible...

Comédie romantique indépendante adaptée d'un livre, et écrite et réalisée par la romancière en personne, ce métrage s'avère assez routinier et un peu décousu, trahissant ainsi ses origines littéraires, et la maladresse de sa créatrice.

En même temps, tant le livre que le métrage étaient présentés comme traitant du lien entre sentiments et nourriture, d'où l'accroche "a romantic comedy diet"... sauf qu'en réalité, le film se concentre principalement sur une romance bancale, qui ne fonctionne jamais vraiment, et sur un argument particulièrement prévisible : celui des surprises.

Très tôt, on comprend que le film va tenter de jouer la carte des rebondissements inattendus, histoire de justifier la "surprise" du titre original. Mais comme le tout est amené avec la finesse d'un tractopelle, on devine systématiquement les "surprises" du récit, et notamment le gros rebondissement final, avec une bonne heure d'avance.

(mention spéciale, au passage, au titre français, qui spoile gentiment l'intrigue ; cela dit, même en ayant vu comme moi le film en VO, sans connaître ce titre français, la fin se devine bien trop rapidement)

Pire : le personnage de Sean Faris étant relativement désagréable (et ce dès sa première apparition), et sa relation amoureuse avec l'héroïne étant à la fois catapultée et artificielle, on devine tout aussi vite le second rebondissement principal du récit, qui découle du premier.

Résultat, on attend (im)patiemment que le film déroule sa mécanique mollassonne pendant toute sa seconde moitié, jusqu'à une conclusion attendue et quelconque.

Je suppose que si l'on arrive à se laisser porter par le récit, que l'on ferme les yeux sur le manque de subtilité du tout, et que l'on ne voit rien venir, Surprise Me ! peut être agréable - la distribution est effectivement très sympathique, et Fiona Gubelmann y met beaucoup d'énergie - mais personnellement, j'ai eu fortement envie d'user de l'avance rapide, et ce à maintes reprises...

2.5/6 (pour la distribution)

The Big Sick (2017) :

Comédien de stand-up, Kumail Nanjiani cache à ses parents pakistanais et traditionalistes ses envies d'occidentalisation : il ne prie pas, et joue sans y croire le jeu de sa mère, qui lui présente constamment des jeunes femmes pakistanaises, pour tenter de provoquer un mariage. Jusqu'au jour où il rencontre Emily (Zoe Kazan), future thérapeute : c'est aussitôt le coup de foudre, et le début d'une romance chaotique, entre choc des cultures, maladie, et mensonges...

Une comédie romantico-dramatique réalisée par Michael Showalter, distribuée par Amazon, écrite par Kumail Nanjiani et son épouse Emily, et très largement inspirée de leur rencontre et de leur romance.

On se retrouve donc avec un métrage sincère, touchant et attachant, qui commence comme une rom-com dans le milieu du stand-up, pour rapidement évoluer en quelque chose de plus proche de Mon Beau-père et moi, sur fond de maladie, le tout saupoudré de propos sur la tolérance, sur la mixité ethnique, sur la tradition, etc.

Nanjiani est très juste, tout comme Zoe Kazan (forcément adorable et toute en vulnérabilité), et les seconds rôles (notamment Ray Romano) sont globalement au diapason, pour un résultat sympathique comme tout, et bien mené, malgré une durée peut-être un peu superflue.

4/6

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Les bilans de Lurdo : La Fabuleuse Mme Maisel, saison 2 (2018)

Publié le 3 Février 2019 par Lurdo dans Critiques éclair, Comédie, Drame, Histoire, Les bilans de Lurdo, Review, Télévision, Amazon, Romance

Il y a un an environ, Amazon diffusait la première saison de Mme Maisel, une comédie rafraîchissante située dans le milieu du stand-up américain des années 50-60, et chapeautée par le couple Palladino, créateurs des Gilmore Girls et de Bunheads. Excellente surprise, homogène et inventive, cette première fournée de 8 épisodes avait reçu un accueil critique unanime, et d'innombrables récompenses aux Emmys : un succès mérité, même si les spectateurs familiers des productions des Palladino pouvaient percevoir, çà et là, quelques défauts récurrents de l'écriture des scénaristes...

La Fabuleuse Mme Maisel, saison 2 (2018) :

Midge Maisel (Rachel Brosnahan) tente toujours de concilier sa vie de famille, son poste au sein de B. Altman, et sa carrière naissante de comédienne de stand-up, alors même que ses parents (Tony Shalhoub, Marin Hinkle) connaissent une crise existentielle, que Joel (Michael Zegen) tente de se réinventer, et que la fabuleuse Mme Maisel rencontre Benjamin (Zachary Levi), un médecin séduisant qui bouleverse son quotidien...

Série de grande qualité formelle et conceptuelle, Maisel reste, dans cette seconde saison, toujours bourrée de qualités et de bons points, que ce soit au niveau de son écriture pétillante, de son humour impertinent, de sa direction artistique chatoyante, de ses costumes, de sa musique, de son interprétation impeccable, de sa réalisation inventive, etc, etc, etc.

Même avec 10 épisodes (soit 2 de plus qu'en saison 1), la saison se regarde sans le moindre temps mort, c'est fluide, dynamique, il se passe toujours quelque chose d'intéressant et de créatif, bref, Maisel reste, dans sa seconde année, une série très attachante et tout à fait recommandable... mais aussi vraiment frustrante.

Car, plus que jamais, La Fabuleuse Mme Maisel renvoie au Gilmore Girls d'antan, dans ce que ça a de bons côtés et de mauvais...

À plusieurs reprises, Maisel, saison 2, trahit en effet directement certains tics d'écriture des Palladino, et certaines tendances qui affaiblissaient déjà leur série précédente. À commencer par Midge, le personnage principal, qui évoque fréquemment ce que pouvait parfois être le personnage de Rory Gilmore, dans ses pires moments : une fille de bonne famille, privilégiée, qui a toujours vécu confortablement, dans sa bulle, et qui n'a aucune idée de la réalité économique du monde ; une femme capricieuse, inconstante, dilletante facilement découragée, et prompte à prendre des décisions mal-avisées ; une héroïne qui ne pense qu'à elle-même, et ne prend jamais vraiment en compte les conséquences de ses actions sur autrui... bref, c'est un miracle que le personnage reste aussi attachant, et cela est en grande partie du à l'interprétation et à l'énergie de son interprète.

D'autant que si Midge peut être rapprochée de Rory pour tous ces défauts, elle ressemble plus à Lorelei au niveau romance, constamment tiraillée entre son ex, le père de ses enfants, cherchant à se faire pardonner (Joel, l'équivalent du Christopher des Gilmore), et son nouveau compagnon, un peu lisse mais cultivé, et à la situation aisée (Benjamin, le Max Medina de Midge).

Régulièrement, donc, sur le front de la romance, on a l'impression de voir les Palladino rejouer une partition familière, qui se termine, en fin de saison, de la pire manière envisageable (ou du moins, de la manière la plus prévisible et frustrante possible, avec une Midge qui remet tout en question sur un coup de tête).

Outre cette écriture un peu agaçante (au terme de cette saison, je crois qu'il est notamment clair que Midge est une mère indigne, plus préoccupée par sa carrière ou sa vie amoureuse que par ses enfants, qui n'entrent même pas en considération lorsque vient le moment pour elle de décider de partir 6 mois en tournée), et cette sempiternelle fascination d'Amy Sherman-Palladino pour le quotidien et les excentricités des personnes fortunées (déjà un problème récurrent de Gilmore Girls, qui revient ici sur le devant de la scène, notamment lors des quelques épisodes se déroulant dans les Catskills - et ce quand bien même la vision du judaïsme de la série serait volontairement très caricaturale et outrée), on remarque aussi progressivement que les scénaristes semblent mal à l'aise avec le format imposé par le streaming Amazon.

La temporalité de la saison est ainsi totalement chaotique, donnant fréquemment l'impression au spectateur qu'il manque plusieurs épisodes pour bien expliquer l'évolution des relations (le divorce de Midge/Joel, jamais officiellement prononcé à l'écran), de la carrière de Midge (on ne ressent pas vraiment ses galères, ni le boycott imposé par Sophie Lennon), de ses sentiments vis à vis de Joel, de Benjamin ou de sa carrière, ou encore pour bien établir les conséquences de certains événements (le séjour à Paris des parents de Midge, totalement oublié par la suite, alors qu'il aurait été une réponse évidente à l'évolution de la situation d'Abe).

Et paradoxalement, malgré cette impression de manque et de précipitation, la saison semble aussi faire pas mal de remplissage, s'attardant trop longtemps sur certains événements (Paris, les Catskills), comme si les Palladino avaient ressenti le besoin de freiner des quatre fers, cette année, après une première saison compacte et concise, mais qu'ils n'arrivaient pas à trouver le juste milieu entre digressions amusantes et événements importants.

Et puis il reste Joel. L'année dernière, je redoutais un arc narratif de rédemption, et une réconciliation avec Midge, assez typiques de l'écriture des Palladino... et c'est exactement ce à quoi l'on a droit cette année : une grande entreprise de réhabilitation du personnage de Joel, pour tenter de rendre attachant ce personnage infidèle et peu sympathique.

Et ça fonctionne presque, puisque les Palladino font tout leur possible pour faire de Joel un personnage secondaire sincère et paumé, qui se reconstruit en reprenant la succession de son père, et qui est toujours là pour Midge... mais paradoxalement, la fin de saison vient tout saboter, en nous montrant un Joel grand séducteur, qui couche avec toutes les employées de sa boîte, est jaloux de la nouvelle relation de Midge, possessif, et n'hésite pas un seule instant lorsque l'occasion se présente de coucher à nouveau avec elle.

Autant dire que la saison se termine en laissant un goût doux-amer, le tout dernier épisode arrivant un peu de manière abrupte, et détruisant certains des progrès effectués par les personnages durant la saison. Pire : des indices assez évidents laissent penser à une saison 3, en tournée, avec une grossesse imprévue (et au père inconnu - Joel ? Benjamin ?) de Midge. De quoi rajouter encore une couche de mélodrame gentiment forcé et télégraphié, une marque de fabrique des Palladino...

Malgré tous ces bémols, je le répète, la saison 2 de Mme Maisel reste très sympathique, passant de Paris à un camp de vacances juif, puis revenant en ville, avant de repartir en tournée, et de culminer à la télévision : ça virevolte, c'est léger, c'est drôle, c'est pétillant, c'est parfois touchant, et la distribution est excellente (mention spéciale à Justine Lupe, très drôle en belle-sœur convertie, et à Tony Shalhoub).

Dommage que la structure parfois décousue, les errances de rythme, et certains choix narratifs et de caractérisation font que la saison convainc nettement moins qu'elle ne le devrait...

 

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