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LES TÉLÉPHAGES ANONYMES

Il était une fois Lurdo & Sygbab, deux internautes passionnés de séries tv et de cinéma, et qui cherchaient un endroit où archiver leurs avis (semi) éclairés...

Halloween Oktorrorfest 2022 - 43 - Hocus Pocus 2 (2022)

Publié le 31 Octobre 2022 par Lurdo dans Comédie, Disney, Fantastique, Horreur, Halloween, Oktorrorfest, Jeunesse, USA, Cinéma, Review, Critiques éclair

Chez les Téléphages Anonymes, de fin septembre à début novembre, on fête Halloween et l'Oktorrorfest, un marathon quotidien de cinéma fantastique et d'horreur...

Hocus Pocus 2 (2022) :

Apprentie wiccane vivant à Salem, Becca (Whitney Peak) allume, le jour de ses 16 ans, une bougie à flamme noire offerte par Gilbert (Sam Richardson), le propriétaire d'une boutique pour touristes située dans l'ancienne demeure des sœurs Sanderson. Aussitôt, les trois sorcières reviennent à la vie, bien décidées à se venger des habitants de Salem, et seules se dressent, devant elles, Becca et ses deux amies Izzy (Belissa Escobedo) et Cassie (Lilia Buckingham)...

Une suite près de trois décennies après la sortie du film original, avec la moitié de la distribution aux abonnés absents, une scénariste de sitcom et une réalisatrice de comédies romantiques et de films féminins à la barre, directement produite pour une plateforme de streaming ?

Je mentirais en disant que mes attentes envers Hocus Pocus 2 étaient très élevées, surtout après avoir revu l'original quelques jours plus tôt. Et puis, encouragé par quelques critiques américaines ultra-enthousiastes, j'ai repris un peu d'espoir. Un espoir bien vain, à vrai dire, puisque très rapidement, il s'est avéré que ce Hocus Pocus 2, franchement décevant, est un pur produit de son époque.

Autrement dit, on reprend directement les grandes lignes et la structure de l'original, on double la dose de certains éléments du premier film et on fait du fanservice (plus de Billy, deux chansons), on pousse le curseur de la diversité au maximum pour tenter de compenser un film original très caucasien, on place quelques commentaires sociaux sur la patriarchie et la sororité, on filme le tout de manière plus sobre, et on rajoute de la nuance et de la "profondeur" aux antagonistes au travers d'une origin story inutile.

Le problème, c'est qu'aucun de ces éléments ne s'avère probant, au final : le film est mal rythmé (gros coup de mou dans la dernière ligne droite, qui tente de faire dans l'émotion), les chansons sont hors-sujet (la première, dans les bois, ne rime à rien, et la deuxième n'a même pas la justification logique des sorcières qui viennent d'entendre la mélodie originale sur scène) et mal mixées, le fanservice tourne à vide (le chat inutile, Billy qui fait de la figuration, et mention spéciale aux deux jeunes qui regardent le film de 1993 à la télévision et aux deux autres jeunes déguisés comme les Marshall - une touche méta qui n'a aucun sens) ; le trio d'héroïnes n'a pas la moindre présence ou personnalité, mais peu importe, les quotas ethniques sont remplis (assez typique de certaines productions actuelles, qui semblent penser que l'ethnicité des personnages remplace leur développement) ; la réalisation est quelconque (ponctuellement, il y a des plans débullés aléatoires, on ne sait pas trop pourquoi) et la photographie très terne ; et puis il y a toute cette origin story, donc, et ce grand final en mode émotion, qui tombe totalement a plat et affadit considérablement les sœurs Sanderson, en en faisant des victimes de la société patriarcale, blablabla.

Mais pire que tout, je crois, pire que ces adolescentes génériques, transparentes et interchangeables façon reboot de Charmed ou de Dangereuse Alliance, et pire que ce récit plat au possible, c'est vraiment le manque de fun du métrage qui pose problème.

L'original était fun, kitsch et décomplexé, il avait conscience de son excentricité et ne se prenait pas au sérieux. Cette suite, comme Bette Midler, Sarah Jessica Parker et Kathy Najimy, tente de retrouver cette énergie d'antan, mais se contente de la copier de manière assez artificielle, en la lissant, en la formatant et en la rendant plus "actuelle".

Raté, cela ne fait que sembler particulièrement creux et calculé, un peu à l'image des trois drag queens sur scène pendant le concours de sosies : ça ressemble à une pâle copie caricaturale de l'original tout en brossant certaines communautés dans le sens du poil (historiquement, le kitsch de Hocus Pocus a toujours beaucoup plu à la communauté gay et à la scène drag), histoire de paraître plus moderne et à la page... mais ça ne fait pas illusion.

2/6

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Et comme toujours, vous pouvez retrouver la liste complète de tous les films passés en revue dans le cadre de l'Oktorrorfest dans le menu Index de haut de page, ou en cliquant directement sur ce lien...

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Halloween Oktorrorfest 2022 - 42 - Wendell et Wild (2022)

Publié le 31 Octobre 2022 par Lurdo dans Animation, Cinéma, Comédie, Critiques éclair, Netflix, Jeunesse, Fantastique, Horreur, Oktorrorfest, Halloween, Review, Religion, USA

Chez les Téléphages Anonymes, de fin septembre à début novembre, on fête Halloween et l'Oktorrorfest, un marathon quotidien de cinéma fantastique et d'horreur...

Wendell et Wild (2022) :

Depuis la mort de ses parents dans un accident pour lequel elle se sent responsable, Kat (Lyric Ross) est devenue une adolescente rebelle qui passe son temps dans des établissements pénitentiaires pour mineurs. Peu de temps après son retour dans sa ville natale, et son arrivée dans une école religieuse pour filles, elle découvre qu'elle est une Hellmaiden, capable d'invoquer des démons, Wendell et Wild (Key, Peele), qui lui promettent de ramener ses parents à la vie si elle leur permet d'investir le monde des vivants, et d'y ouvrir un parc d'attractions pour y accueillir des âmes humaines...

Nouveau film d'animation en stop-motion de Henry Selick, réalisateur de L'Étrange Noël de Mr Jack, ou encore de Monkeybone et de James et la pêche géante, près de 15 ans après son dernier film (Coraline), produit pour Netflix en collaboration avec Jordan Peele (qui a décidément le vent en poupe), Wendell et Wild était attendu au tournant.

Mais avant même de parler du film en lui-même, voyons ce que l'on pouvait attendre d'une telle collaboration. De Selick, un monde à l'imaginaire débridé, aux visuels excentriques et macabres, à la facture technique impeccable, mais aussi un récit un peu brouillon, débordant d'idées innombrables pas toujours très bien canalisées. De Peele, un focus sur des protagonistes afro-américains, et un message social, ainsi qu'un sens de l'humour et du cabotinage prononcé. De Netflix, une carte blanche budgétaire, et un inévitable quota diversité à respecter.

Et sans surprise, c'est exactement ce que l'on retrouve dans ce Wendell et Wild relativement inégal, bourré d'idées et de visuels inventifs, mais aussi débordant de sous-intrigues inutiles et parasites, de personnages peu attachants (désolé, mais Kat la punkette rebelle m'a laissé totalement de marbre), proposant tout un propos sur la corruption de l'église, sur l'insuffisance chronique des programmes de familles d'accueil qui exploitent et broient les délinquants juvéniles pour alimenter le système pénitentiaire américaine, sur la privatisation de ce dernier, sur les minorités qui sont écrasées par les privilégiés, etc... et qui, Netflix oblige, semble vraiment cocher toutes les cases du bingo de la diversité représentative à l'américaine, entre l'héroïne et ses parents afro-américains (ainsi que tous les démons, d'ailleurs, typés afro-américains), ses amies (une asiatique, une indienne, une métisse, un latinx transgenre), ses "guides" (une nonne afro-américaine, une conseillère native-américaine), et de multiples autres personnages secondaires tous issus de minorités (ici un sous-Marlon Brando handicapé, en fauteuil roulant, là une policière musulmane portant le hijab). 

Seule exception, la méchante (une sorte de Cruella DeVille blonde), mariée à une parodie de Boris Johnson noir, assez étranges et sous-développés. 

Dans l'absolu, rien de rédhibitoire, c'est simplement hyper-maladroit, comme souvent chez Netflix, et surtout ça cache un manque de développement de tout ce petit monde, qui se retrouve dans l'écriture du film : oui, c'est artistiquement intéressant, plein d'excentricité visuelle amusante et d'éléments réussis, mais dans l'ensemble, outre certains partis-pris esthétiques polarisants, j'ai eu l'impression que tout était assez superficiel, tant dans les règles et la "mythologie" de cet univers que dans l'histoire en soi, qui multiplie tant de bouts d'intrigue, çà et là, de manière décousue, qu'au final, on se dit tout ça pour ça (la résolution, notamment, est assez faiblarde).

Et puis la musique de Bruno Coulais, tantôt en mode sous-Danny Elfman, tantôt en mode Choristes, mwébof.

Je suis donc resté assez dubitatif devant le résultat global, un sentiment que semblent partager pas mal de critiques anglo-saxons, même si ils prennent pas mal de pincettes dans leurs textes.

3.75/6 (parce que le travail d'animation est quand même admirable) 

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Halloween Oktorrorfest 2022 - 41 - Solar Opposites : A Sinister Halloween Scary Opposites Solar Special (2022)

Publié le 31 Octobre 2022 par Lurdo dans Review, Critiques éclair, Comédie, Fantastique, Télévision, Animation, Action, Science Fiction, Science-Fiction, Hulu, USA, Aventure, Oktorrorfest, Horreur, Halloween

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Solar Opposites  - A Sinister Halloween Scary Opposites Solar Special (2022) :

Les Solar Opposites décident de fêter Halloween, mais la phobie de Korvo, qui a peur du mois d'octobre et de tout ce qui est effrayant, menace de faire capoter le concours de décoration du quartier, surtout lorsqu'il fait disparaître le Gardien de la crypte que Terry et Jesse ont déterré dans le cimetière local...

Après la saison 3 de la série, et l'épisode spécial Noël la précédant, place à un autre épisode spécial, prenant bien naturellement place à Halloween, histoire de changer un peu d'ambiance (l'année prochaine, à Pâques, ou à Thanksgiving ?).

Avec d'un côté, Terry et Jesse qui raniment un Gardien de la crypte gâteux qui raconte des histoires en boucle, Korvo qui finit par se battre en duel contre le voisin et ses décorations d'Halloween, une leçon de morale de la Grande Citrouille, un morceau d'Oingo Boingo, un montage parodique, et une visite de Yumyulack en Enfer, ce qui ne l'impressionne guère.

Globalement, un épisode spécial à l'ambiance macabre, plutôt amusant, qui ne déroge pas au reste du programme, même si pour une fois, le format 25 minutes est peut-être un peu trop court (il y aurait eu tant d'autres choses à faire avec les personnages et la fête d'Halloween)...

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Les bilans de Lurdo - Halloween Oktorrorfest 2022 - Le Cabinet de Curiosités de Guillermo Del Toro, saison 1 - première partie (2022)

Publié le 30 Octobre 2022 par Lurdo dans Anthologie, Horreur, Fantastique, Halloween, Oktorrorfest, Les bilans de Lurdo, Télévision, Netflix, Comédie, Critiques éclair, Review, USA

L'Halloween Oktorrorfest touche aussi le petit écran, avec chaque week-end, durant tout le mois d'octobre, des critiques de séries fantastiques et horrifiques...

Le Cabinet de Curiosités de Guillermo Del Toro, saison 1 - première partie (2022) :

Anthologie en huit épisodes de 40-60 minutes, diffusés à raison de deux épisodes par jour en cette fin octobre, et supervisés par Guillermo Del Toro, qui a co-écrit deux des récits adaptés ici, a choisi lui-même les réalisateurs, scénaristes et interprètes de tous ces segments éclectiques, en a conçu le bestiaire, et présente les épisodes, à la manière d'Hitchcock ou de Rod Serling, avec un petit laïus (un peu raide et scolaire) en début de chaque heure de métrage...

1x01 - Lot 36 : Nick (Tim Blake Nelson), un vétéran réactionnaire, cynique et endetté achète un garde-meuble aux enchères, dans lequel il découvre des objets remarquables, hérités d'un fabriquant d'armes pour les Nazis, et renfermant des textes occultes permettant d'invoquer un Démon afin de signer un pacte avec ce dernier...

Une version sataniste de Storage Wars, adaptée d'une nouvelle de Del Toro, et réalisée par son directeur de la photographie habituel, Guillermo Navarro. Paradoxalement, c'est visuellement que l'épisode déçoit, avec sa photographie jaunâtre assez laide ; après, c'est un épisode des Contes de la Crypte, ni plus ni moins, qui met probablement un peu trop de temps à démarrer, et ne parvient pas totalement à imposer un rythme suffisant pour créer le suspense ou l'angoisse. Le démon tentaculaire est assez réussi, cela dit, même si au final, il n'y avait pas forcément dans ce récit de quoi remplir 45 minutes.

1x02 - The Graveyard Rats : à Salem, au début du siècle dernier, Masson (David Hewlett) tente de survivre en dépouillant les cadavres du cimetière dont il est le fossoyeur. Mais sous terre, les rats sont de plus en plus voraces, et, endetté et contaminé par la morsure d'un rat lui faisant perdre toute raison, il s'engouffre dans les tunnels creusés par les rongeurs sous le cimetière...

Vincenzo Natali et l'un de ses acteurs de Cube pour une adaptation de moins de 40 minutes d'une nouvelle d'un membre du Cercle de Lovecraft, et une histoire qui, pour être très honnête, ressemble beaucoup à un succédané de Lovecraft, pas totalement convaincant.

Peut-être est-ce dû à des dialogues au style très littéraire que Natali échoue à rendre naturels ou intéressants ; peut-être est-ce un problème de mise en images - les tunnels des rats sont trop larges, trop spacieux, trop éclairés, il n'y a jamais le moindre sentiment de claustrophobie, et encore moins quand, au détour d'un mouvement de Hewlett, les parois des tunnels se déforment comme du polystyrène ou de la mousse ; peut-être est-ce un problème d'effets spéciaux, entre les petits rats numériques assez moyens, le rat géant aveugle animatronique trop rigide, ou encore le demi-squelette du temple souterrain, dont le retour à la vie est téléphoné par la respiration de l'acteur.

Quoi qu'il en soit, ça ressemblait beaucoup à un épisode de Masters of Horror, avec malheureusement les mêmes qualités et les mêmes défauts.

1x03 - The Autopsy : atteint d'un cancer incurable, le Dr. Carl Winters (F. Murray Abraham), médecin légiste, est appelé par un ami shérif (Glynn Turman), pour tenter de résoudre le mystère d'une explosion minière supposément déclenchée par une bombe, mais en réalité peut-être liée à une série de disparitions non résolues dans la région...

Un scénario de David Goyer adapté d'une nouvelle, pour un épisode d'une heure mis en images par le réalisateur de The Empty Man ; un épisode un peu mitigé, à nouveau, ne nécessitant pas forcément ces 58 minutes et quelques de récit ou cette ambiance 70 qui n'apporte pas grand chose.

En fait, ce qui m'a un peu dérangé, c'est la structure globale du tout, formellement éparpillée, mêlant in media res explosif, flashbacks, narration par le shérif, et point de vue omniscient, pour un résultat un peu brouillon et télégraphié, pas forcément surprenant de la part de Goyer.

Reste l'autopsie en elle-même, qui arrive dans les dix dernières minutes, et qui est elle aussi un peu inégale, avec des éléments superflus (la plongée numérique dans le corps et ses cellules), et d'autres qui convainquent pas autant qu'ils le devraient (tout le côté sanglant de l'autopsie en elle-même m'a paru un peu trop propre et caoutchouteux). Pas un épisode exceptionnel, malgré un tête à tête final pas désagréable.

1x04 - The Outside : complexée par son physique, Stacey (Kate Micucci) découvre qu'elle est allergique à une crème de beauté populaire, mais lorsque le vendeur du produit (Dan Stevens), qui apparaît sur son écran de télévision lors des publicités, se met à l'interpeler directement, Stacey commence à être obsédée par le produit, au grand dam de son mari Keith (Martin Starr) qui s'inquiète de voir son état physique empirer à chaque utilisation de la crème...

Près de 65 minutes réalisées par Ana Lily Amirpour (A Girl Walks Home Alone at Night), qui produit ici un récit très caricatural et satirique se déroulant à Noël, avec réalisation en fish-eye, maquillages et postiches outranciers, illustration musicale goguenarde et interprétation très forcée.

Je vais être franc, je n'ai pas du tout accroché à cette histoire assez grotesque, tant sur un plan conceptuel que formel, au « il faut souffrir pour être belle » satirique, et au propos finalement assez basique sur l'acceptation de soi, la superficialité de l'apparence, tout ça. D'autant que c'est assez long pour ce que ça raconte, et que ça tire vraiment à la ligne sur la fin.

(à suivre...)

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Les bilans de Lurdo - Halloween Oktorrorfest 2022 - Don't Hug Me I'm Scared, saison 1 (2022)

Publié le 29 Octobre 2022 par Lurdo dans Comédie, Fantastique, Halloween, Oktorrorfest, Télévision, Critiques éclair, Les bilans de Lurdo, Horreur, Channel 4, Review, UK

L'Halloween Oktorrorfest touche aussi le petit écran, avec chaque week-end, durant tout le mois d'octobre, des critiques de séries fantastiques et horrifiques...

Don't Hug Me I'm Scared, saison 1 (2022) :

Trois amis étranges, Yellow Guy, Duck et Red Guy, habitent ensemble et, régulièrement, ils apprennent des leçons de vie données par des objets animés qui s'adressent à eux en chanson...

On ne présente plus DHMIS, série de six courts-métrages de quelques minutes à peine diffusés entre 2011 et 2016 sur YouTube, et qui ont aussitôt fait sensation dans les milieux informés, de par leur mélange malsain et surréaliste d'émissions pour enfants, d'horreur existentielle, de chansons entêtantes et de marionnettes.

DHMIS, c'est à la fois une satire de la télé éducative pour enfants, une critique du monde de la télévision et du divertissement au sens large, une analyse corrosive de la société moderne, du capitalisme et de concepts globaux comme le temps, l'amour, la créativité, ou encore les rêves, au travers d'un prisme totalement british... et maintenant, c'est aussi une série télévisée en six épisodes d'une petite vingtaine de minutes, diffusés sur Channel 4.

Et la grande question, avec ce passage au petit écran, plus professionnel et mieux financé, c'était clairement : est-ce que DHMIS a su conserver l'essence de ce qui faisait tout son charme ?

Soyons très clairs, la réponse est oui. Certes, le nouveau format donne parfois lieux à quelques flottements, et nécessite un petit temps d'acclimatation, mais dès le premier épisode, on retrouve là tout ce qui faisait la "magie" (ou plutôt le malaise) de Don't Hug Me I'm Scared : les trois amis découvrent l'importance d'avoir un "emploi", et ils finissent à l'usine, l'un à un poste de direction, l'autre en tant que manutentionnaire, et le troisième en pleine réorientation professionnelle.

L'occasion pour la série de partir dans une critique du monde du travail, qui broie (littéralement) ses employés robotiques, et engloutit l'être humain jusqu'à le recracher, des décennies plus tard, tout cela pour une maigre pitance (une pièce !). Vient ensuite un épisode un peu plus faible consacré au concept de la mort, du deuil et des souvenirs (même si le cercueil qui se recompose façon Hellraiser fonctionne toujours très bien), suivi d'un summum de glauque et de malaise dans l'épisode consacré à la notion de famille, avec une famille recomposée et des jumeaux maléfiques qui tentent d'attirer nos trois amis en leur sein.

Dans l'épisode 4, on visite le cerveau de Yellow Guy, avec clin d'œil en claymation aux émissions pour enfants tournées devant un public, et incarnation sinistre de l'anxiété qui ronge tout un chacun à un degré ou à un autre. Puis Red Guy en a assez, et dans l'épisode 5, il décide de quitter la maison pour explorer le monde, même s'il n'en a pas le droit : la série revient à sa dimension métadiscursive, qui se confirme dans l'épisode 6, consacré à l'électricité, lorsque Yellow Guy change ses piles, ce qui lui ouvre les yeux sur la réalité de son univers : il a une illumination, il effectue une ascension (il monte à l'étage de la maison, qu'il n'avait jamais remarqué jusqu'à présent), et il rencontre "Dieu", aka Lesley, une humaine excentrique qui compose et écrit tout ce qui se déroule dans la maison.

De quoi conclure sur une note mémorable, pour une première saison qui parvient à gérer les limites de son nouveau format sans se dénaturer, sans édulcorer son côté cauchemardesque et sanglant, et sans perdre son propos absurde et engagé.

DHMIS, c'est bien, et espérons qu'ils auront droit à une saison 2.

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Halloween Oktorrorfest 2022 - 40 - Raven's Hollow (2022)

Publié le 28 Octobre 2022 par Lurdo dans Cinéma, Histoire, Horreur, Fantastique, Oktorrorfest, Halloween, Thriller, USA, Review, Critiques éclair

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Raven's Hollow (2022) :

En 1830, le jeune Edgar Allan Poe (William Moseley) et plusieurs autres soldats de l'académie de West Point découvrent un homme mutilé à l'agonie alors qu'ils terminent un exercice militaire dans l'état de New York. La victime les envoie à Raven's Hollow, une bourgade reculée, où les habitants redoutent "le Corbeau", une force surnaturelle meurtrière qui hanterait les bois alentours...

Mouais. Disons que rien qu'avec le titre, on pouvait deviner ce sur quoi ce métrage lorgnait : un certain film historico-fantastique de Tim Burton, où un enquêteur un peu original arrivait dans une bourgade coloniale reculée pour tenter d'y résoudre des meurtres mystérieux, alors même qu'une séduisante et énigmatique jeune femme locale lui tapait dans l'œil - et rapidement, il était confronté là à une force surnaturelle légendaire, étroitement liée à un arbre difforme, et à l'histoire de la bourgade et des familles qui la composent...

Remplacez Ichabod Crane par un jeune Edgar Allan Poe, le cavalier sans tête par une entité surnommée le Corbeau, et voilà, Raven's Hollow, un film indépendant qui photocopie sans vergogne Sleepy Hollow, sans en avoir un tiers du rythme, de l'excentricité, de l'originalité, du style ou de l'intérêt.

Après, ce n'est pas désastreux pour autant, c'est simplement extrêmement dérivatif et particulièrement mollasson, peinant à susciter l'intérêt du spectateur, ou à proposer des rebondissements intrigants.

Mwébof, en résumé, et le toutéliage avec les œuvres de Poe est assez maladroit.

2.25/6

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Halloween Oktorrorfest 2022 - 39 - Vivarium (2019)

Publié le 28 Octobre 2022 par Lurdo dans Cinéma, Critiques éclair, Review, Halloween, Horreur, Fantastique, Oktorrorfest, Thriller, Science Fiction, Science-Fiction, Irlande, Belgique, Danemark

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Vivarium (2019) :

Gemma (Imogen Poots), une jeune institutrice, et son petit ami Tom (Jesse Eisenberg), homme à tout faire, acceptent, sur un coup de tête, de visiter une maison témoin, présentée par un bien étrange agent immobilier (Jonathan Aris), dans un lotissement désert, labyrinthique et menaçant. Rapidement, ils s'y trouvent prisonniers, et reçoivent un bébé dans une boîte, accompagné d'un message succin : s'ils veulent être libérés, ils doivent élever cet enfant sans quitter cette maison... un enfant qui grandit à vue d'œil, et aux origines clairement inhumaines.

Un long-métrage au croisement de l'horreur et de la science-fiction, qui évoque très fortement la Quatrième dimension ou Au delà du réel... et qui malheureusement ne parvient jamais vraiment à justifier sa durée.

C'est globalement bien produit et bien interprété, mais le script prend largement son temps, apparemment trop content de sous-entendre de multiples degrés de lecture thématiques sous-développés (on pourrait en dire, des choses, sur ce que tel ou tel élément représente de la vie de couple, du mariage, du rôle de parent, de l'accession à la propriété, etc... surtout que le film évite délibérément de le faire autrement que de manière superficielle) et de dérouler son récit assez balisé (on devine sans trop de problèmes à l'avance certains rebondissements, voire même le contenu de certains dialogues) jusqu'à une fin forcément fataliste et sombre.

Encore une fois, ce n'est pas désagréable, c'est assez européens par certains aspects, et ça reste un projet intrigant à l'ambiance pesante, mais il faut bien reconnaître que ça tourne à vide au bout d'un moment.

3.5/6

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Halloween Oktorrorfest 2022 - 38 - Esther 2 : Les Origines (2022)

Publié le 27 Octobre 2022 par Lurdo dans Cinéma, Critiques éclair, Halloween, Horreur, Oktorrorfest, Thriller, USA, Review

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Esther 2 : Les Origines (Orphan : First Kill - 2022) :

Évadée de l'hôpital psychiatrique estonien où elle était enfermée, Leena (Isabelle Fuhrman) jette son dévolu sur la famille Albright - Tricia (Julia Stiles), Allen (Rossif Sutherland), et leur fils Gunnar (Matthew Finlan) - en se faisant passer pour Esther, leur petite fille disparue. Mais rapidement, alors que Leena est acceptée à bras ouverts par les Albright, elle s'aperçoit que cette famille a des secrets tout aussi sombres que les siens...

Heu... comment dire ? Je n'ai pas grand souvenir du premier Esther (2009), joliment réalisé par Jaume Collet-Serrat, et qui jouait de l'âge de sa protagoniste (une fillette de 9 ans qui en avait en réalité 33, interprétée par une actrice de 12 ans) pour créer le malaise et la peur. Ce n'était pas mauvais, en soi, mais ça s'arrêtait là, et le film est très loin d'être cette œuvre culte que certains journalistes web se plaisent désormais à décrire avec nostalgie.

Ici, 13 ans plus tard, Esther 2 part déjà avec un handicap : Isabelle Fuhrman a désormais 25 ans, et l'illusion ne fonctionne plus vraiment. D'autant que le film prend le parti d'être une préquelle au film de 2009, avec une Esther théoriquement plus jeune, que le scénariste du premier film n'est plus là, et que Jaume n'est plus non plus à la réalisation.

À sa place, William Brent Bell, réalisateur de The Devil Inside et des deux The Boy : on est loin d'une filmographie mémorable. Résultat : Esther 2 est assez laid et générique, visuellement, à la limite du téléfilm fauché, ce qui n'aide guère à rendre intéressant son récit mollasson - il faut ainsi attendre près d'une heure pour que le scénario démarre enfin, avec un twist qui tente de renverser la donne et de faire d'Esther une sorte d'anti-héroïne improbable.

Pas vraiment un choix très probant, d'autant que le spectateur sait déjà comment toute cette histoire va se terminer : par un incendie (numérique et cheapouille) et par la victoire d'Esther.

Aucun suspense, donc, et pas grand intérêt à cette suite qui ne fonctionne jamais vraiment, malgré les efforts de la distribution.

2/6

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Halloween Oktorrorfest 2022 - 37 - Black Phone (2022)

Publié le 27 Octobre 2022 par Lurdo dans Cinéma, Critiques éclair, Thriller, Halloween, Horreur, Fantastique, Oktorrorfest, Jeunesse, USA, Review

Chez les Téléphages Anonymes, de fin septembre à début novembre, on fête Halloween et l'Oktorrorfest, un marathon quotidien de cinéma fantastique et d'horreur...

Black Phone (The Black Phone - 2022) :

En 1978, un tueur en série surnommé le Grabber (Ethan Hawke) kidnappe et tue plusieurs enfants d'une petite banlieue américaine tranquille. Mais sa dernière proie, Finney (Mason Thames), un enfant timide et maltraité, n'est pas comme les autres : enfermé dans le sous-sol du Grabber, il découvre qu'il est capable de parler aux esprits des autres victimes du tueur par l'intermédiaire d'un vieux téléphone hors service fixé au mur. Il commence alors à échafauder un plan pour se libérer, alors même que les dons latents de voyance de sa petite sœur Gwen (Madeleine McGraw) dirigent les autorités dans sa direction...

Je n'avais pas été particulièrement marqué par le film précédent de l'équipe Scott Derrickson/C. Robert Cargill/Blumhouse/Ethan Hawke (Sinister), malgré les innombrables éloges critiques dont il avait fait l'objet, et je n'attendais donc rien de ce Black Phone, adapté d'une nouvelle de Joe Hill (le fiston de Stephen King).

Et bien m'en a pris, car finalement, ce Black Phone est typiquement une production à la Stephen King, dont on retrouve les tendances et les habitudes : cadre rétro nostalgique (les années 70, la musique, les mœurs, etc), côté légende urbaine (les enfants qui parlent du Grabber comme d'un boogeyman), père alcoolique, fillette aux pouvoirs psychiques, enfant maltraité qui finit par trouver une force intérieure dans un évènement surnaturel, etc...

Limite, on m'aurait dit "c'est une production Netflix adapté d'une obscure nouvelle de King", j'aurais très bien pu l'accepter sans être surpris. On est ici en effet clairement plus dans un thriller psychologique à budget très limité que dans de l'horreur surnaturelle pure et dure, et il n'y a pas grande angoisse ou suspense particulier à trouver ici : tout se déroule tranquillement, à un rythme très littéraire, sans jamais vraiment développer ses personnages ou leurs motivations au delà du strict nécessaire, et en se permettant quelques touches plus légères et incongrues qui viennent un peu casser l'ambiance générale (le frangin conspirationniste sous cocaïne, la petite sœur qui jure pendant ses prières).

Après, c'est bien interprété, notamment du côté des enfants, mais le tout ne va jamais plus loin que l'exercice de style "faisons un thriller fantastique façon Stephen King se déroulant dans le passé", sans forcément apporter quoi que ce soit de très mémorable visuellement.

3.5/6

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Halloween Oktorrorfest 2022 - 36 - Agnes (2021)

Publié le 26 Octobre 2022 par Lurdo dans Comédie, Cinéma, Horreur, Drame, Halloween, Oktorrorfest, Fantastique, USA, Review

Chez les Téléphages Anonymes, de fin septembre à début novembre, on fête Halloween et l'Oktorrorfest, un marathon quotidien de cinéma fantastique et d'horreur...

Agnes (2021) :

Le Père Donaghue (Ben Hall), un prêtre désabusé et cynique, accusé de pédophilie, arrive en compagnie de son novice, Ben (Jake Horowitz) dans le couvent de Santa Theresa, pour y pratiquer l'exorcisme de sœur Agnes (Hayley McFarland), possédée par le démon. Bien vite, il fait appel au Père Black (Chris Browning), un exorciste flamboyant et charismatique, mais la cérémonie vire au bain de sang. Marquée par les évènements, Sœur Mary (Molly C. Quinn) finit par quitter le couvent, et par tenter de renouer avec la vie civile...

Attention, filouterie. Oui, il y a bien un exorcisme dans ce film (enfin, plusieurs tentatives), et oui, il y a bien du sang, mais Agnes est tout sauf un film d'horreur religieux et de démons. Déjà, parce que toute la première partie du film, centrée sur le couvent et l'exorcisme, possède un ton goguenard et satirique qui désamorce le récit et ses effets : l'Église est bourrée d'incapables, Donaghue est résigné, le Père Black est un prêtre bling qui défile sur les plateaux de télévision et a une assistante maquillée comme un camion volé, les nonnes pourraient sortir tout droit de Sister Act, etc...

Rien n'est très sérieux, donc, ce qui crée un contraste assez violent avec la dernière partie du film, très premier degré et drame social indépendant, centrée sur une Mary en pleine crise de foi, qui tente de se réinsérer dans la vie civile, de trouver un emploi, et qui flirte avec un comédien de stand-up (Sean Gunn) qui connaissait autrefois Agnes avant son entrée au couvent.

Et c'est à peu près tout. Les deux parties sont tellement distinctes qu'elles semblent provenir de films différents, la leçon de catholicisme de Ben, vers la fin, n'apporte pas grand chose, et la possession démoniaque est oubliée en cours de route, même si Mary semble elle aussi posséder en elle une force maléfique (un démon, ou bien l'expression d'un traumatisme plus profond lié à la perte de son fils, allez savoir : le film ne décide pas, ne semble pas intéressé à l'idée de le faire et finalement ça n'a pas grande importance).

C'est bien interprété, globalement bien filmé, mais ça n'a d'horreur que les atours, et c'est trop confus (notamment au niveau du ton et du message) pour être satisfaisant. Du moins, en ce qui me concerne.

2.5/6

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Halloween Oktorrorfest 2022 - 35 - V/H/S/99 (2022)

Publié le 26 Octobre 2022 par Lurdo dans Anthologie, Cinéma, Horreur, Fantastique, Comédie, Critiques éclair, Halloween, Oktorrorfest, USA, Shudder, Review, Found Footage

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V/H/S/99 (2022) :

Nouvelle déclinaison de la "franchise" anthologique V/H/S consacrée au cinéma found footage, voici qu'arrive V/H/S/99 qui, comme son nom l'indique, prend place à l'aube de l'an 2000, avec ce que cela sous-entend de peur du bug, de l'apocalypse, et tout et tout.

Enfin, en théorie, parce qu'en pratique, ce métrage a été mis en production de manière très précipitée, suite au succès (immérité) de V/H/S/94 à sa sortie, l'année dernière, sur Shudder. Le résultat, c'est un V/H/S/99 très inégal, qui ne vaut principalement que pour son dernier segment.

D'autant que, pour une fois, il n'y a aucun fil conducteur ou prétexte pour les cinq segments présentés par cette anthologie, si ce n'est quelques séquences de petits soldats en plastique doublés en post-synchro, et aux aventures parfois sanglantes.

- Shredding : quatre adolescents musiciens, farceurs et skateurs (Jesse LaTourette, Jackson Kelly, Keanush Tafreshi, Dashiell Derrickson) se filment alors qu'ils tentent de s'introduire dans une salle de concert abandonnée où un groupe pop punk féminin a connu un sort tragique...

Esthétique très MTV 90s/Jackass pour ce premier segment en mode shaky cam, assez quelconque, délibérément bruyant et sous-éclairé, brouillon et très oubliable. Ça parlera probablement aux nostalgiques d'une certaine époque et d'une certaine télévision, mais bon... les maquillages sont assez réussis, pour ce qu'on en voit.

- Suicide Bid : désireuse de rejoindre une sororité populaire, Lily (Ally Ioannides) accepte de se faire bizuter et de passer une nuit enfermée dans un cercueil, six pieds sous terre... mais un orage chamboule alors les plans de la sororité, et Lily se retrouve confrontée aux éléments, à ses peurs et à un esprit vengeur.

Encore un segment moyen, qui fonctionne assez bien dans sa première partie, mais perd nettement en intérêt et en efficacité dès que la créature apparaît... et ne ressemble qu'à un masque d'Halloween en caoutchouc à l'expression figée. Forcément, ça n'aide pas à prendre toute la fin de ce court au sérieux.

- Ozzy's Dungeon : au cours d'une émission télévisée de jeux pour enfants, Donna (Amelia Ann) se blesse grièvement, et perd la partie. Des années plus tard, le présentateur sans scrupules (Steven Ogg) est kidnappé par la famille de Donna, qui veut se venger, et l'humilie en lui faisant passer les épreuves de son jeu...

Mouais. Un jeu façon En route pour l'aventure assez cheap, une famille qui a pété un câble (on ne sait pas trop pourquoi la jambe de la fillette a fini dans cet état) et qui humilie mollement le présentateur, et une fin d'épisode en mode nawak, lorsque tout le monde pénètre dans les studios et découvre que ceux-ci sont construits sur une grotte où vit un être tentaculaire exauçant les vœux (on devine sans peine que le tout a été conçu en regardant le jeu Legends of the Hidden Temple, et en se disant "et si c'était réellement un temple abritant une vraie déité surnaturelle") pour une fin de court-métrage en queue de poisson.

La fin est intrigante et grotesque, honnêtement, mais le rythme global est trop bancal, et le tout semble tiraillé entre diverses directions qui finissent par paraître inabouties.

- The Gawkers : un groupe d'adolescents installe un logiciel espion sur l'ordinateur de la séduisante voisine, mais celle-ci finit par révéler sa nature réelle...

Un segment totalement générique et sans intérêt, même si la créature finale est visuellement assez réussie.

- To Hell and Back : alors qu'ils filment un rituel d'invocation démoniaque prenant place aux douze coups de minuit, deux hommes (Joseph Winter, Archelaus Crisanto) se retrouvent transportés en Enfer, où ils doivent survivre avec l'aide d'une étrange sauvageonne (Melanie Stone), et tenter de rejoindre le Démon invoqué avant qu'il ne soit transporté sur Terre...

L'équipe du très sympathique Deadstream remet le couvert, et ce segment est tout aussi divertissant, s'érigeant sans aucune difficulté comme le meilleur métrage de ce V/H/S/99, à la fois grotesque, drôle, dynamique, sanglant et bien rythmé et produit.

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Bref, comme je le disais en introduction, une anthologie qui vaut principalement pour le segment To Hell and Back, et pour quelques moments çà et là. C'est peu, et la franchise ferait bien de prendre un peu de repos, pour s'assurer de proposer des segments plus intéressants que "des ados font les cons en se filmant".

2.25/6

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Halloween Oktorrorfest 2022 - 34 - Deadstream (2022)

Publié le 25 Octobre 2022 par Lurdo dans Cinéma, Comédie, Horreur, Fantastique, Oktorrorfest, Halloween, Shudder, Critiques éclair, Review, USA, Found Footage

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Deadstream (2022) :

Streamer réputé pour ses blagues et ses vidéos controversées, Shawn (Joseph Winter) décide de revenir sur le devant de la scène après avoir été canceled, en passant live-streamant une nuit entière passée dans une maison hantée. Mais rapidement, lorsque cette demeure s'avère réellement occupée par une entité sanguinaire, le stream tourne au cauchemar...

Une comédie horrifique Shudder plutôt réussie, qui a très bien saisi tous les gimmicks et les trucs habituels des streamers YouTube ou Twitch, et qui les exploite pour opposer un pseudo-Logan Paul insupportable à un démon façon Evil Dead, le tout dans le cadre d'un "livestream" qui justifie toutes les extravagances de la réalisation : points de vue multiples, commentaires des utilisateurs affichés à l'écran, insertion de vidéos externes, ajout de musique d'ambiance, etc, etc, etc

Ce qui fonctionne plutôt bien, notamment une fois que la mise en place est passée et que les choses s'emballent : le film ne se défait jamais de son sens de l'humour, et le format found-footage inhérent à son postulat de départ (même si les vidéos ne sont pas "trouvées" en tant que tel, puisqu'elles sont en direct sur le web) n'ennuie jamais le spectateur.

Une très bonne surprise, qui sait assurer le quota de litres de sang versés sur le protagoniste, comme dans un bon Sam Raimi.

4.25/6

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Halloween Oktorrorfest 2022 - 33 - Le bal de l'enfer (2022)

Publié le 25 Octobre 2022 par Lurdo dans Cinéma, Critiques éclair, Thriller, Horreur, Halloween, Fantastique, Oktorrorfest, UK, USA, Review, Romance

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Le bal de l'enfer (The Invitation - 2022) :

Lorsqu'elle apprend qu'elle a de la famille en Angleterre, Evie (Nathalie Emmanuel), une jeune femme new-yorkaise, n'en croit pas ses yeux, d'autant que ses cousins, aisés, l'invitent à un mariage dans le manoir familial, tous frais payés. Là, elle tombe sous le charme du propriétaire des lieux, Walter De Ville (Thomas Doherty), mais découvre rapidement les sombres secrets de ses ancêtres et de la bâtisse...

Mouais. Dans l'absolu, cette Invitation n'est pas désagréable à suivre : c'est compétent, bien interprété, et plutôt joli visuellement... mais ça s'arrête là.

Il faut dire que le tout est tellement balisé et prévisible (même sans avoir visionné la bande-annonce, qui spoile l'intégralité du film et de ses rebondissements, du début à la fin) qu'en fait, on regarde le tout assez passivement : si l'on voulait faire simple, on pourrait dire que The Invitation n'est qu'un croisement très premier degré de Wedding Nightmare et de Dracula, et il n'est jamais particulièrement subtil à ce sujet, enchaînant les noms de personnages et de lieux directement repris à Bram Stoker.

D'ailleurs, le manque de subtilité s'étend aussi aux divers rebondissements du récit, comme les décisions du personnage principal, etc...

Bref, encore une fois, ça se regarde facilement, malgré quelques scories techniques comme un montage raté dans les affrontements finaux, ou de la post-synchronisation maladroite pendant le climax du film : vraiment rien d'exceptionnel, malgré un certain capital sympathie dû à l'interprète principale et à l'atmosphère gothique.

3.25/6 (le titre français est calamiteux, en plus)

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Halloween Oktorrorfest 2022 - 32 - The Munsters (2022)

Publié le 24 Octobre 2022 par Lurdo dans Comédie, Horreur, Halloween, Fantastique, Oktorrorfest, Télévision, USA, Review, Critiques éclair

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The Munsters (2022) :

Lily (Sheri Moon Zombie), une vampiresse de 150 ans, recherche désespérément son âme sœur, et jette son dévolu sur Herman (Jeff Daniel Phillips), un géant artificiel maladroit mais au cœur d'or. Mais cette romance s'oppose aux plans du Conte (Daniel Roebuck), le père de Lily, qui de plus doit se battre pour conserver le château familial...

Au rayon sitcoms fantastiques et familiales, j'ai toujours été plus porté sur la Famille Addams que sur The Munsters, très peu diffusée par chez nous. En effet, que ce soit la série originale (cf aussi le bilan de Sygbab à ce sujet), les téléfilms qui ont suivi, ou encore le reboot avorté de 2012, il a toujours manqué un petit quelque chose à mes yeux pour que les Munsters égalent les Addams en tant que série culte, comme elle peut l'être outre-atlantique.

Et c'est probablement pour cela que j'ai abordé cet énième remake avec une certaine indifférence, d'autant plus que le travail de Rob Zombie sur ses propres longs-métrages n'a fait que dévoiler, au fil du temps, ses faiblesses et ses mauvaises habitudes. Cela dit, j'ai assisté, avec un certain amusement, au retournement de veste collectif des fans et des critiques, entre l'annonce du projet, très bien reçue, et la première vraie bande-annonce, unanimement critiquée et moquée par tous ceux qui l'ont vue.

Il faut dire ce que ce Munsters est, après visionnage... à côté de la plaque, long (près d'une heure 50), visuellement très pauvre et fauché (un rendu DV ultra-net, des couleurs néons, ultra-contrastées et saturées, des décors très studio, une réalisation constamment penchée), plus près de la parodie aux bruitages de cartoon et à la musique moqueuse de que du reboot ou de l'hommage, constamment surjoué par des acteurs cabotins ou jouant faux (Sheri Moon Zombie minaude constamment en adoptant une voix tremblotante très fluctuante), et surtout jamais drôle ni rythmé, un comble pour un métrage qui adapte une sitcom.

Mais non, Rob Zombie, qui s'auto-proclame ultra-fan des The Munsters, a fait ici le choix d'une origin story bancale et particulièrement plate, bourrée de caméos, une comédie romantique paradoxalement à la limite de la série pour enfants, avec des moments parodiques (Sonny et Cher, etc) qui tombent totalement à plat, et dans laquelle seuls surnagent les interprètes de Grandpa et d'Herman (et encore, Jeff Daniel Phillips a un peu tendance à partir dans du Jim Carrey, çà et là). C'est peu.

1.5/6

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Halloween Oktorrorfest 2022 - 31 - Hellraiser (2022)

Publié le 24 Octobre 2022 par Lurdo dans Halloween, Horreur, Fantastique, Cinéma, Critiques éclair, Thriller, USA, Review, Oktorrorfest

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Hellraiser (2022) :

Parce qu'elle a besoin d'argent, Riley (Odessa A'zion), ancienne toxicomane, accepte l'offre de son petit-ami Trevor (Drew Starkey), et s'introduit avec lui dans un entrepôt abandonné où un millionnaire excentrique (Goran Višnjić) conserve des biens de valeur. Là, ils mettent la main sur un étrange puzzle en forme de cube qui, une fois activé, invoque des entités surnaturelles assoiffées de sang et de souffrance...

Je ne m'en suis jamais caché, je suis un grand fan de Clive Barker et j'ai fréquemment chroniqué les films adaptés de ses œuvres dans ces pages, et j'ai notamment vu tous les Hellraiser, pour le meilleur (le premier) mais surtout pour le pire (toutes les suites produites par Dimension au fil des ans, pour garder les droits de la franchise).

Autant dire que j'attendais ce "reboot" avec une grande méfiance, mais aussi avec une certaine curiosité. Et au final, je dois dire que ce nouveau volet réalisé par David Bruckner (The Ritual, The Signal, The Night House, V/H/S) et écrit par les scénaristes de Stephanie, Siren, Super Dark Times, et The Night House est une excellente surprise, peut-être l'un des meilleurs Hellraiser de la franchise, que je placerais probablement au même niveau que le 2, voire un peu au-dessus (j'ai toujours eu quelques problèmes scénaristiques avec Hellraiser 2).

Alors certes, ce n'est pas parfait, et il y a plein d'éléments mineurs du film qui peuvent frustrer, notamment d'un point de vue mythologique : ici, Bruckner et compagnie mettent en place un système de paliers à franchir dans la résolution de la Boîte, des paliers qui doivent s'accompagner, à chaque étape, d'un sacrifice humain. Déjà un choix discutable, d'autant que celui qui ouvre la Boîte peut sacrifier n'importe qui d'autre, y compris un Cénobite de passage (!), ce qui n'a pour effet que de booster le bodycount du film.

En prime, tout cela s'accompagne d'une sorte de glissement de la Boîte et des Cénobites d'entités pandimensionnelles uniquement intéressées par les sensations extrêmes de la douleur et de la souffrance à génies de la lampe qui vénèrent Leviathan, l'entité qui exauce le souhait de celui qui résout la Boîte. Ça change la dynamique de tout le récit et de tout l'univers, ça enlève tout le côté sexuel et plaisir interdit de l'univers Hellraiser... mais bizarrement, ça fonctionne dans le présent contexte.

Ici, Bruckner, fait le choix d'un parallèle entre l'addiction de son héroïne (toujours efficace A'zion, qui décidément, fait un joli 2022 horrifique après The Inhabitant) et la tentation absolue offerte par la Boîte et ses plaisirs : ça fonctionne globalement, même si la thématique est un peu sous-exploitée. À l'identique, on pourra regretter que le récit vire un peu au slasher moyen, par moments, lorsque les Cénobites apparaissent pour tuer tel ou tel personnage secondaire marqué par la Boîte.

Des Cénobites totalement repensés visuellement, avec plus ou moins de réussite (je les trouve un peu pâlichons, et pas assez poisseux), mais qui, miracle, sont accompagnés du célèbre thème de Christopher Young. Et là, c'est un vrai bonheur quand, après une heure et quelques de musique d'horreur générique, retentissent enfin les accords lancinants de Young, qui explosent lors de l'apothéose finale.

Alors voilà : un reboot imparfait, un peu long (2 heures), manquant du côté malsain de l'original, mais ambitieux, bourré d'idées et à l'approche intéressante (surtout si l'on prend le tout comme une version alternative de l'univers établi par Barker au cinéma - et massacré par son ghost writer dans Les évangiles écarlates).

À ce point de la franchise, on n'en attendait plus autant.

4/6

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Les bilans de Lurdo - Halloween Oktorrorfest 2022 - Locke & Key, saison 2 (2021) et saison 3 (2022)

Publié le 23 Octobre 2022 par Lurdo dans Critiques éclair, Drame, Fantastique, Halloween, Horreur, Les bilans de Lurdo, Oktorrorfest, Netflix, Review, Thriller, Télévision, Jeunesse, USA

L'Halloween Oktorrorfest touche aussi le petit écran, avec chaque week-end, durant tout le mois d'octobre, des critiques de séries fantastiques et horrifiques...

Locke & Key, saison 2 (2021) :

Alors que les Locke sont persuadés d'avoir vaincu Dodge, ils tentent de reprendre une vie normale tout en profitant au maximum du pouvoir des clés... mais le Mal rôde.

Un peu tardivement (la saison 2 est sortie trop tard, l'année dernière, pour pouvoir être incluse dans l'Oktorrorfest 2021), rapide passage en revue de la saison 2 de Locke & Key, une saison qui, de mon point de vue, a l'avantage d'arriver bien après ma lecture des bandes dessinées de Hill et Rodriguez : contrairement à la saison 1, en effet, qui m'avait un peu frustré dans sa tentative de ménager à la fois la chèvre et le chou (d'être à la fois une adaptation fidèle et quelque chose de surprenant pour les spectateurs aguerris), j'ai regardé cette saison 2 plus de deux ans après avoir terminé la relecture du comic book... et je ne garde donc de ce dernier plus de souvenirs très précis.

Autant dire que je ne vais plus comparer BD et série, ce qui devrait être au bénéfice de cette dernière, en théorie.  D'autant que selon les avis glanés ici ou là, cette saison 2 se démarque largement du récit d'origine pour partir dans une direction qui est la sienne.

Malheureusement, cette direction est particulièrement frustrante, toujours centrée sur les relations adolescentes de tout ce petit monde, jusqu'à ce que le récit décide enfin de démarrer un peu à mi-parcours. Sauf qu'il y a constamment un réel manque d'urgence et de tension dans cette nouvelle fournée d'épisodes, avec des personnages (protagonistes comme antagonistes) qui prennent systématiquement des décisions stupides, histoire de créer des rebondissements dramatiques vraiment forcés.

On aurait pu croire que les Locke, en possession d'artefacts magiques aux pouvoirs incommensurables et après avoir survécu à une saison 1 difficile, se seraient montrés plus prudents, ou plus intelligents dans l'utilisation de leurs nouveaux pouvoirs (force surhumaine, maison de poupée magique, etc, ils ne les utilisent quasiment jamais de manière pertinente pour lutter contre Gabe et compagnie)... mais non.

Outre cet aspect tout de même très agaçant de la saison (notamment sur le front de Bode et de sa nouvelle copine - qui accessoirement récite un peu trop son texte), le reste frustre, entre les rebondissements forcés, l'illustration musicale pop envahissante, la réalisation à base de plans serrés semi-flous, la relation Minus et Cortex de Gabe et Eden, les flashbacks répétitifs sur la Guerre d'Indépendance (avec un Kevin Durand à l'accent... discutable), la sous-intrigue inutile du professeur d'histoire séduisant (en même temps, le personnage de la mère ne sert à rien, cette année) ou encore une résolution gentiment bâclée (au parfum étrange de series finale).

Bref, cette saison 2 ne m'a pas vraiment plus convaincu (c'est même l'inverse).

Reste Aaron Ashmore, MVP de la saison du simple fait de son charisme, et la relation tragique Tyler/Jackie, pas désagréable. M'enfin bon.

Locke & Key, saison 3 (2022) :

Débarrassés de Dodge, les enfants Locke doivent désormais faire face à Frederick Gideon (Kevin Durand), le premier humain à avoir ouvert la Porte noire, qui est désormais bien décidé à ouvrir le portail aux entités démoniaques qui vivent de l'autre côté...

Et donc, une saison 3 qui sent clairement la fin de série, ne serait-ce que par son format : 8 épisodes (la nouvelle norme Netflix) dont une grosse moitié ne dépasse pas la trentaine de minutes, histoire de bien trahir le fait que cette nouvelle saison est, en quelque sorte, un moyen pour Netflix de laisser aux showrunners l'occasion de boucler leur histoire sans trop dépenser d'argent.

Un peu plus de 5 heures de récit, donc, pour boucler l'histoire des enfants Locke, des clés, et de tout ce qui les entoure... c'est peu, mais c'est faisable. En théorie.

Parce que dans les faits, cette saison 3 n'est guère plus probante que la 2 : les enfants sont plus imprudents et idiots que jamais (Bode bat des records, cette année, notamment en conservant une description détaillée de toutes les clés et de leurs pouvoirs dans un carnet laissé en évidence), victimes d'une caractérisation plus préoccupée par une fin de série approchant à grands pas que par de la logique ou de la continuité évolutive ; Durand et ses sbires (y compris les deux sœurs sorcières du premier épisode, reparties aussi vite qu'elles sont arrivées) font de bien piètres antagonistes, très manichéens et caricaturaux ; la mère des enfants est probablement aussi imprudente et immature que ces derniers ; le show multiplie les rebondissements involontairement hilarants (le cadavre de Dodge sous le lit ^^) et les problèmes de logique interne ; et l'on sent que tout ce petit monde a décidé de recoller vaguement au final du comic-book en mettant en scène la possession de Bode par Dodge (Jackson Robert Scott s'amuse bien, d'ailleurs, à jouer les méchants), quitte à utiliser toutes les plus grosses ficelles possibles et imaginables pour y parvenir.

Sans oublier cette sous-intrigue assez malaisante (et totalement inutile) de Carly, la collègue de travail de Tyler sur un chantier à l'autre bout du pays : une jeune femme qui se jette au cou de Tyler (au grand dam de ce dernier, pas intéressé car encore en deuil à peine deux mois après la mort de sa petite-amie), qui traverse tout le pays pour s'inviter chez lui lorsqu'il a une journée de retard au travail, qui s'installe chez les Locke quelques temps, et qui continue de faire le forcing pour séduire l'adolescent.

Une relation présentée comme romantique par les scénaristes, mais honnêtement assez bizarre et forcée... ce qui n'est pas forcément très surprenant, puisqu'à mesure que la saison avance, les ressorts scénaristiques se font de plus en plus bâclés et fainéants, et l'on sent que les scénaristes ont choisi de faire plaisir à leurs interprètes (en donnant cette intrigue à Tyler, en faisant pousser la chansonnette à Kinsey à plusieurs reprises, en consacrant un épisode entier au mariage de Duncan et de son compagnon...) plutôt que de se concentrer sur l'important et l'essentiel.

La toute fin du programme retombe à peu près sur ses pattes, cela dit, mais cela n'arrive qu'après d'innombrables facilités d'écriture et approximations, qui font qu'au final, cette adaptation de Locke & Key laisse un goût amer. Depuis sa saison 1, la série n'a pas su remonter la pente descendante sur laquelle elle était engagée, qualitativement (une pente descendant aussi rapidement que le QI de ses protagonistes, et de plus en plus raide), et elle se termine donc de manière faiblarde et peu mémorable.

Dommage, mais encore une fois, pas surprenant : après tout, c'est un programme Netflix, et s'il y a bien une chose à laquelle la plateforme nous a habitués, c'est à privilégier la quantité de son contenu à la qualité, et à ne pas forcément recruter les meilleurs talents pour leurs projets.

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Les bilans de Lurdo - Halloween Oktorrorfest 2022 - What We Do In The Shadows, saison 4 (2022)

Publié le 22 Octobre 2022 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Comédie, Fantastique, Télévision, Romance, USA, Halloween, Horreur, Oktorrorfest, Sitcom, Les bilans de Lurdo

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What We Do In The Shadows, saison 4 (2022) :

Nouvelle saison des mésaventures de ces chers vampires de Staten Island, et une qualité toujours à peu près égale, avec des hauts et des bas, des moments inutilement graveleux et des personnages qui se cherchent sans se trouver.

Si la saison 3 était celle de l'évolution, avec nos vampires qui accédaient à la direction du grand Conseil des Vampires, et une séparation finale inattendue (ainsi que la "mort" de Colin), la saison 4 est celle du retour au status quo.

D'un côté, Nandor, toujours en quête de sens et se sentant seul, décide de se marier. Pour cela, il fait appel à un génie de la lampe (en mode expert comptable ^^) aux innombrables vœux, et ramène à la vie ses 37 époux et épouses, pour en choisir un ou une définitif(ve). Une sous-intrigue saisonnière qui souligne le côté LGBTQ de la série, qui renforce les liens entre Nandor et Guillermo, et qui se conclue sur une note fataliste un peu décevante.

Nadja, elle, revient rapidement d'Europe et décide de se lancer dans le milieu de la nuit, en transformant le site du Conseil en night-club vampirique. De quoi laisser plus de place au personnage de la Guide (Kristen Schaal), qui devient son acolyte, et donner plus de choses à faire à Natasia Demetriou, qui se lâche totalement, devient une patronne sans pitié, et finit par faire faillite.

Guillermo, lui, fait son coming-out (attendu) en cours de saison, mais le sort de son petit-ami britannique finit par être survolé vers la fin de saison, et il faut attendre les derniers moments de cette année pour envisager un véritable changement du personnage.

Reste Colin, à la croissance accélérée, et qui devient un enfant star managé par Laszlo : une sous-intrigue de fond aux rebondissements un peu prévisibles (les coups de marteau dans les murs), pas toujours aussi probante qu'elle aurait pu l'être, mais qui finit par synthétiser toute la saison dans une conclusion finalement appropriée.

Ajoutez à cela une digression parodiant une émission de télévision de rénovation de maison, avec un retour inattendu à la fin, et une visite à un marché nocturne bourré de créatures excentriques, très Guillermo Del Toro dans l'esprit, et voilà, une saison parfois inégale mais plutôt sympathique, qui tombe par moments un peu trop dans des ressorts sitcom basiques (la visite de l'inspecteur de l'école privée, la partie de chasse, la soirée entre filles) tout en restant très agréable à suivre, principalement grâce à ses interprètes qui s'amusent toujours beaucoup.

Et donc, comme je le disais, cette fin de saison qui boucle tout de manière un peu facile, en jouant la carte de l'émotion, et du retour à la case départ. Pas forcément rédhibitoire en soi, notamment lorsque l'on parle de vampires pour qui le passage du temps et l'immuabilité n'ont pas le même sens que pour le commun des mortels.

Cela dit, la saison m'a tout de même paru un peu moins structurée et un peu plus décousue et brouillonne que la saison 3, ce qui est toujours frustrant sur la durée. En attendant la saison 5 !

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Halloween Oktorrorfest 2022 - 30 - La Maison (2022)

Publié le 21 Octobre 2022 par Lurdo dans Animation, Anthologie, Cinéma, Critiques éclair, Netflix, UK, Review, Fantastique, Horreur, Oktorrorfest, Halloween

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La Maison (The House - 2022) :

Anthologie britannique en animation image par image, The House a initialement été conçue comme une mini-série pour Netflix, avant d'être repensée au format anthologie, une anthologie en trois segments centrée sur les familles habitant une même demeure au fil des ans. Un projet vendu et présenté comme quelque chose de sinistre, à tendance fantastique mais qui, dans les faits, n'entre qu'à peine dans le cadre de l'Oktorrorfest 2022.

- I – And heard within, a lie is spun : Malheureuse et démunie, la famille de Raymond accepte un jour une offre miraculeuse, sortie de nulle part, lorsqu'un architecte excentrique leur propose de construire une Maison somptueuse, à la condition expresse qu'ils y emménagent au plus vite sans poser de question. Mais bien vite, Mabel (Mia Goth), la fille de Raymond, réalise que la maison est plus qu'étrange...

Un premier segment assez lugubre et inquiétant, avec une maison labyrinthique peuplée d'ouvriers zombifiés, un mystérieux architecte, des murs sinistres, et un sort funeste réservé aux parents de Mabel, consumés par le luxe et cette demeure sortie de nulle part.

Avec une distribution vocale très intéressante (outre Goth et Goode, il y a aussi Mark Heap et Miranda Richardson), une illustration musicale grinçante et une ambiance très réussie.

- II – Then lost is truth that can't be won : Un développeur immobilier désespéré (Jarvis Cocker) tente de rénover et de revendre la Maison, mais y découvre rapidement une infestation de coléoptères parasites. Il décide alors de les éradiquer, mais un étrange duo d'acheteurs potentiels parait particulièrement intéressé, au point de s'installer immédiatement sur place...

On prend la même maison, désormais à vendre en centre ville, dans un monde empli de rats anthropomorphiques, pour un récit moins sinistre et glauque, mais avec en prime un numéro musical façon Joe's Apartment. Pas désagréable, et toujours très abouti sur un plan technique.

- III – Listen again and seek the sun : Dans un monde post-apocalyptique ravagé par une inondation, Rosa (Susan Wokoma) tente de rendre à la Maison ses heures de gloire, en la rénovant et en louant ses pièces. Mais ses locataires actuels, Jen (Helena Bonham Carter) et Elias (Will Sharpe), ont une autre idée en tête, alors même que le niveau de l'eau monte...

Mouais. Pas vraiment de l'horreur, de l'angoisse ou du fantastique, si ce n'est le cadre post-apocalyptique, et un propos sur le symbolisme d'une maison en tant qu'évocation de souvenirs plus heureux. Toujours bien animé, mais pas ultra-passionnant, avec un humour hippie peu engageant.

- Bilan -

Dans l'ensemble, une anthologie techniquement très aboutie, avec une animation et une mise en scène efficaces... mais seule une grosse moitié du métrage ne correspond vraiment au genre horreur/fantastique, et les deux segments "animaliers" ne parviennent jamais vraiment à retrouver le même niveau que le premier segment, sombre et malsain. C'est bien écrit et doublé, mais l'intérêt varie vraiment trop de segment en segment pour que je lui mette plus de la moyenne.

Dommage.

3/6

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Halloween Oktorrorfest 2022 - 29 - The Cursed (2021)

Publié le 21 Octobre 2022 par Lurdo dans Cinéma, Critiques éclair, Horreur, Histoire, France, USA, Fantastique, Halloween, Oktorrorfest, Thriller, Review

Chez les Téléphages Anonymes, de fin septembre à début novembre, on fête Halloween et l'Oktorrorfest, un marathon quotidien de cinéma fantastique et d'horreur...

The Cursed, aka Eight for Silver (2021) :

Dans la France rurale du 19e siècle, John McBride (Boyd Holbrook) arrive dans le domaine de la famille Laurent (Kelly Reilly, Alistair Petrie), en proie à des attaques inexplicables d'un animal sauvage : la terre des Laurent a été maudite par des Gitans, et la bête transmet sa malédiction de villageois en villageois, à chaque nouvelle morsure...

Une étrange coproduction historique américano-française, supposée se dérouler en France, mais avec 95 % d'acteurs anglais, et réalisée par Sean Ellis, qui s'était fait connaître pour son Cashback et pour The Broken, avec Lena Headey : autant dire que ce Cursed possède un style visuel particulièrement travaillé, enveloppant ses personnages et ses décors dans des nappes de brouillard gothiques, et soignant son esthétique pour un résultat plutôt convaincant.

C'est en effet là le plus surprenant, je pense : que le tout soit à ce point convaincant, alors que l'histoire n'est pas un summum d'originalité, avec sa malédiction gitane classique, etc.

Mais ça fonctionne effectivement plutôt bien, en partie grâce au soin apporté à l'image, mais aussi grâce à sa générosité en effets sanglants (et pas que, puisque le réalisateur trouve le moyen de mettre brièvement Kelly Reilly topless, de manière totalement gratuite), et à son approche assez intéressante et originale du mythe du loup-garou.

Il reste cependant des scories, comme le design de la bête, assez moche, l'intro Première Guerre Mondiale (intrigante mais inutile, et que l'on devine rajoutée à l'arrache à postériori - en effet, visuellement et narrativement, tout place le film à la fin du 18e siècle, peu après les évènements de la Bête du Gévaudan... mais ce prologue nous explique que tout se déroule 35 ans avant la WW1, ce qui n'a aucun sens), ou encore quelques longueurs et un manque de rythme et de punch qui se ressent : il n'est pas difficile de deviner une version de ce film amputée de dix minutes, plus dynamique, nerveuse et efficace.

Reste que c'est une relativement bonne surprise, et un film (historique) de garou de bonne facture, avec en prime un côté social, en filigrane, pas révolutionnaire mais pas non plus inintéressant.

4/6

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Halloween Oktorrorfest 2022 - 28 - Prey (2022)

Publié le 20 Octobre 2022 par Lurdo dans Action, Aventure, Histoire, Cinéma, Critiques éclair, Horreur, Fantastique, Science Fiction, Science-Fiction, Review, USA, Thriller, Halloween

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Prey (2022) :

En 1719, Naru (Amber Midthunder), une jeune Comanche destinée à devenir soigneuse, vit dans l'ombre de son frère Taabe (Dakota Beavers). Elle ne se doute cependant pas qu'une menace venue de l'espace va s'abattre sur sa tribu, et la forcer à devenir la chasseuse qu'elle a toujours voulu être...

Après un Predators mitigé, et un The Predator très faible, changement de cap pour la franchise, avec un Prey confié à Dan Trachtenberg (10, Cloverfield Lane) qui part ici dans le passé, pour narrer l'affrontement entre une jeune Comanche et un Predator cherchant tous deux à faire leurs preuves en chassant leur proie.

Et honnêtement, ça fonctionne plutôt bien, ça ne prend pas les spectateurs pour des imbéciles, ça n'est pas trop référentiel, et ça exploite correctement son univers et sa période temporelle. D'autant que je ne partais pas forcément convaincu, puisque j'avais de gros doutes sur Midhunter, qui m'avait laissé dubitatif dans Legion. Mais elle est ici très bien, et fait une antagoniste intéressante à un Predator clairement jeune et peu expérimenté.

Après, ce n'est pas parfait : les dialogues sonnent un peu trop modernes, les trappeurs français sont risibles (prendre des québécois + des dialogues en français approximatif, ça ne pardonne pas), les Comanches ont un peu tendance à se battre comme des ninjas (de manière globale, les affrontements sont aussi filmés et chorégraphiés de manière un peu trop moderne), la bande originale est oubliable, le scénario téléphone un peu ses effets (le sable mouvant, la fleur magique) et les effets spéciaux sont assez inégaux (le loup et le lion sont réussis, l'ours nettement moins convaincant, et le Predator, assez laid, n'est pas toujours probant dans ses mouvements numériques ou dans son invisibilité).

Mais en comparaison des suites des deux premiers Predator, ce Prey s'en sort très bien. Pas forcément au point de demander une suite, cela dit.

4.25/6

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Halloween Oktorrorfest 2022 - 27 - The Inhabitant (2022)

Publié le 20 Octobre 2022 par Lurdo dans Cinéma, Halloween, Horreur, Fantastique, Oktorrorfest, Thriller, Policier, USA, Critiques éclair, Review

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The Inhabitant (2022) :

Descendante de Lizzie Borden, la tueuse à la hache devenue légende urbaine, Tara (Odessa A’zion), une lycéenne un peu atypique, commence à avoir, à l'approche d'Halloween, des cauchemars et des visions sinistres l'incitant à tuer à et à faire du mal à sa famille. Sa mère (Leslie Bibb) est persuadée que c'est là une manifestation des problèmes mentaux qui touchent sa famille depuis des générations, mais Tara, elle, commence à se demander si cette malédiction n'est pas surnaturelle... d'autant que des meurtres mystérieux se multiplient dans l'entourage de la jeune fille, et que la police commence à tourner autour de Tara.

Ça commençait pourtant mal, avec près de deux minutes de cartons-titres tentant de faire des meurtres de Lizzie Borden un vague histoire de malédiction surnaturelle se transmettant de génération en génération parmi ses descendants, blablabla. Maladroit, bancal, j'ai redouté le pire.

Et puis le film m'a surpris. Presque plus proche d'un thriller psychologique mâtiné de slasher en mode whodunit, avec chaque personnage présenté comme potentiellement meurtrier et déséquilibré, une étrange fascination fétichiste pour les tenues de Lizzie Borden, des relations troubles et des tensions entre les protagonistes, etc, et une héroïne (A'Zion est une actrice assez intrigante) aux réactions normales et compréhensibles.

Assez étonnant, à vrai dire, avec un script qui multiplie les fausses pistes (peut-être un peu trop, d'ailleurs, puisque l'identité du tueur n'est guère surprenante au final), une réalisation qui met en valeur son ambiance de banlieue américaine à Halloween, et une distribution atypique mais efficace.

Intéressant.

3.75/6

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Halloween Oktorrorfest 2022 - 26 - Le mauvais esprit d'Halloween (2022)

Publié le 19 Octobre 2022 par Lurdo dans Cinéma, Comédie, Halloween, Horreur, Fantastique, Oktorrorfest, Netflix, Review, Critiques éclair, USA

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Le mauvais esprit d'Halloween (The Curse of Bridge Hollow - 2022) :

Fraîchement arrivé à Bridge Hollow, bourgade typique de la côte est des USA, Howard (Marlon Wayans), un instituteur sceptique, est confronté au surnaturel lorsque sa fille rebelle, Sydney (Priah Ferguson) ramène accidentellement à la vie Stingy Jack, une entité malfaisante qui décide alors de posséder toutes les décorations d'Halloween de la ville, pour étendre son emprise sur le monde des humains...

En 2020, Netflix finançait Hubie Halloween, une comédie familiale d'Halloween mettant en scène Adam Sandler et sa bande, et qui faisait partie dans ce contrat rentable signé par Sandler avec la plateforme, pour des films et des spectacles de stand-up.

En 2022, s'appuyant sur un contrat similaire signé avec Marlon Wayans (et après des représentations scéniques quelconques de Wayans et les très mauvais Naked et Les sextuplés), voici donc Le mauvais esprit d'Halloween, une comédie familiale d'Halloween mettant en scène Marlon Wayans, et la jeune Priah Ferguson (remarquée dans Stranger Things).

Malheureusement, si Hubie Halloween pouvait finir par gagner la sympathie du spectateur par la bonne humeur du tout, ici, on en est loin. En même temps, avec le scénariste de Fatal Festival et du très mauvais Carnage chez les Puppets, il ne fallait pas s'attendre à autre chose qu'à une comédie dérivative, poussive et mal rythmée, aux personnages ternes (en même temps, Wayans semble en pilotage automatique du début à la fin), à l'exposition maladroite et laborieuse, et sans la moindre énergie.

En fait, ça ressemble fortement à un script écrit pour Sandler mais rejeté par ce dernier, et donc recyclé, mais sans avoir les éléments et les qualités qui rendent les films de Sandler (du moins, certains) attachants et divertissants (à défaut d'être de grande qualité).

Un énorme bof, sauvé par des effets spéciaux sympatoches, même si au final, tout cela n'est qu'une grosse resucée de pleins d'autres récits pour enfants (Chair de poule 2 n'est pas loin).

2/6

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Halloween Oktorrorfest 2022 - 25 - Immanence (2022)

Publié le 19 Octobre 2022 par Lurdo dans Cinéma, Critiques éclair, Review, Halloween, Horreur, Fantastique, Oktorrorfest, Religion, Science Fiction, Science-Fiction, USA Network, Thriller

Chez les Téléphages Anonymes, de fin septembre à début novembre, on fête Halloween et l'Oktorrorfest, un marathon quotidien de cinéma fantastique et d'horreur...

Immanence (2022) :

À la recherche d'une preuve de vie extraterrestre, un groupe de scientifiques (Summer Bellessa, Asenneth del Toro, Anthony Ruivivar, Kasia Pilewicz) découvre un signal étrange, en provenance d'une météorite venant de tomber dans le triangle des Bermudes. Aussitôt, l'équipe loue un bateau appartenant à Davis (Eugene Byrd), et dirigé par Jonah (Michael Beach), un homme étrange obsédé par la religion, qui voit dans cet événement un présage funeste et diabolique...

Prenez une dose d'Abyss, un peu d'Exorciste, une grosse louche de Prince des Ténèbres, plein d'autres influences çà et là, noyez le tout dans une piscine de prosélytisme chrétien, et voilà, Immanence, un film qui, formellement, est plutôt compétent (c'est bien interprété et filmé, la musique élégiaque est intéressante), mais qui est insupportable sur le plan de l'écriture, entre ses dialogues pseudo-scientifiques qui ne sont là que pour se donner l'apparence de la science, et ses personnages diablement antipathiques, des hommes de paille qui débitent de gros clichés de scientifiques obtus et anti-religieux, face à un Jonah qui a vu la lumière, et les éclaire de la réalité de l'univers.

Voilà. Ça sermonne beaucoup, et quand, dans la dernière ligne droite, le Diable arrive vraiment (en mode Titus Welliver du pauvre), pour expliquer à tous ces scientifiques arrogants et ambitieux qu'ils ont tout faux, que la seule vérité est celle de la Bible, etc, on finit par lever les yeux au ciel et attendre patiemment que ce calvaire se termine.

Malheureusement, pour en arriver à une fin vague et en queue de poisson, le film décide de jouer la carte du martyr, avec ces méchants scientifiques aux dents longues qui décident de sacrifier le pauvre Jonah pour échapper à la damnation éternelle et connaître le succès, et ce dernier qui est sauvé par la scientifique ex-croyante, qui retrouve la Foi in extremis et se sacrifie à sa place.

*soupir*

Dommage, parce que quelques moments sont plutôt intéressants (toute la partie dans le "bateau fantôme").

1.25/6

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Halloween Oktorrorfest 2022 - 24 - Glorious (2022)

Publié le 18 Octobre 2022 par Lurdo dans Cinéma, Comédie, Fantastique, Horreur, Oktorrorfest, Halloween, Critiques éclair, Review, Science Fiction, Science-Fiction, USA, Shudder

Chez les Téléphages Anonymes, de fin septembre à début novembre, on fête Halloween et l'Oktorrorfest, un marathon quotidien de cinéma fantastique et d'horreur...

Glorious (2022) :

À la dérive depuis qu'il a perdu sa compagne, Wes (Ryan Kwanten) fait un arrêt sur une aire de repos reculée, où il se saoule et perd connaissance. À son réveil, il se rue dans les toilettes publiques, mais lorsqu'une voix mystérieuse (JK Simmons) émane de la cabine voisine, de l'autre côté d'un glory hole aux dessins tentaculaires, Wes se retrouve embarqué dans une situation aux enjeux cosmiques et sanglants...

Une comédie horrifique noire et poisseuse, avec des hectolitres de sang et de substances visqueuses, et qui utilise le cadre de toilettes publiques sur une aire de repos (déjà un environnement assez glauque en soi) pour partir dans un délire cosmique et lovecraftien, dans lequel un demi-dieu informe et destructeur demande un sacrifice à un humain pour éviter la destruction de l'univers.

Plutôt intrigant et amusant, à vrai dire, et assez bien mené, avec notamment un fake-out sur l'utilisation du glory hole qui a failli me faire lever les yeux au ciel, mais se rattrape in extremis. Imparfait, car l'on reste un peu sur sa faim, mais ambitieux et bien mené, et donc plutôt intéressant.

4/6

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Halloween Oktorrorfest 2022 - 23 - Boris Karloff : The Man Behind the Monster (2021)

Publié le 18 Octobre 2022 par Lurdo dans Biographie, Cinéma, Critiques éclair, Halloween, Horreur, Fantastique, Oktorrorfest, Histoire, Review, Shudder

Chez les Téléphages Anonymes, de fin septembre à début novembre, on fête Halloween et l'Oktorrorfest, un marathon quotidien de cinéma fantastique et d'horreur...

Boris Karloff - The Man Behind the Monster (2021) :

Un documentaire d'un peu plus de 90 minutes, co-produit par Shout! Studios (habitués des bonus dvd et autres éditions spéciales), qui revient sur toute la carrière de Boris Karloff, et sur son influence sur le genre du cinéma fantastique et d'horreur.

Avec des interventions de Guillermo Del Toro, de Sara Karloff (la fille de Boris Karloff), de Joe Dante, de John Landis, de Dick Miller, de Roger Corman, de Ron Perlman, de Peter Bogdanovitch, etc.

Un métrage chronologique un peu scolaire et austère, mais intéressant pour les cinéphiles, et qui passe en revue la quasi-totalité des métrages dans lesquels Karloff a joué, de ses débuts muets dans des rôles ethniques, à son doublage du dessin animé The Grinch, en 1966, en passant par sa révélation lors de Frankenstein, Le Masque de Fu Manchu, la Momie, The Black Cat, Charlie Chan, son engagement dans le syndicalisme hollywoodien, ses passages à vide dans les années 30, sa réinvention sur les planches de Broadway avec Arsenic et Vieilles dentelles, et la renaissance de sa popularité dans les années 60, lorsque les films qui ont fait son succès ont commencé à être diffusés à la télévision.

Plutôt agréable, ce portrait, pour peu que l'on s'intéresse à l'industrie.

4.5/6

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