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LES TÉLÉPHAGES ANONYMES

Il était une fois Lurdo & Sygbab, deux internautes passionnés de séries tv et de cinéma, et qui cherchaient un endroit où archiver leurs avis (semi) éclairés...

Un film, un jour (ou presque) #770 : MOIS FRANÇAIS - Il Reste du Jambon ? (2010) & De l'Huile sur le Feu (2011)

Publié le 23 Juillet 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, France, Comédie, Romance, Action, Religion

Pendant un mois, à l'occasion de la Fête Nationale, retour sur un cinéma que je délaisse trop souvent : la comédie française... ​​ 

Il Reste du Jambon ? (2010) :

Envoyée aux urgences suite à une allergie alimentaire, Justine (Anne Marivin), une journaliste, y est soignée par Djalil (Ramzy Bédia), dont elle s'éprend aussitôt. Mais cette relation idyllique est rapidement compliquée par les différences culturelles et religieuses entre leurs deux familles...

Une comédie romantique signée Anne Depétrini, qui s'est ainsi inspirée de sa vie aux côtés de son conjoint, Ramzy, pour nourrir son film d'anecdotes et de moments véridiques. Malheureusement, ça n'a pas suffi à convaincre la critique ou les spectateurs, puisque le métrage s'est fait démolir par ces deux groupes, le fait que Ramzy joue un personnage romantique et relativement sérieux s'étant montré rédhibitoire pour beaucoup.

Et pourtant, j'ai trouvé le tout assez amusante et rafraîchissant, notamment parce que la présence évidente de Ramzy à la co-écriture apporte une touche de fantaisie et d'absurde assez typique du bonhomme, et parce que son couple avec Anne Marivin fonctionne très bien, et a une vraie alchimie.

Alors certes, ce n'est pas le summum de l'originalité dans son côté choc des cultures, c'est gentiment naïf, et ça enfonce parfois des portes ouvertes dans ses clichés, mais dans l'ensemble, j'ai trouvé que le tout avait un certain charme, et méritait bien mieux que cette hostilité ouverte qui a cueilli le métrage à sa sortie.

3.5/6

De l'Huile sur le Feu (2011) :

Entre le restaurant halal de la famille Chouffry, et le restaurant asiatique de la famille Zi, qui se partagent une même terrasse, la cohabitation est parfois difficile. Et la tension monte d'un cran après la disparition du chien des Chouffry, qui se combine bientôt à la mort de la propriétaire de ce coin de rue (Claude Gensac)...

Une comédie française à l'humour communautaire pas désagréable, premier long-métrage du réalisateur des deux Babysitting et de À Fond.

Ça reste très gentillet et inoffensif, forcément assez cliché et caricatural, ça ne vole pas forcément très haut, mais ça reste très regardable, principalement parce que le film passe à la vitesse supérieure dans sa deuxième moitié, et finit par totalement dégénérer en quelque chose de très improbable, à la limite du cartoon, à mesure que le conflit entre les voisins s'amplifie...

Et la relation naissante entre la fille Chouffry et le livreur déglingué interprété par Vincent Lacoste, qui avait tendance à alourdir la première partie du métrage, trouve enfin son sens, et sa raison d'être.

Bref, c'est potache, amusant, et pour un premier long-métrage, c'est assez honorable.

3/6

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Et comme toujours, vous pouvez retrouver la liste complète de tous les films passés en revue sur ce blog dans le menu Index de haut de page, ou en cliquant directement sur ce lien...

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Les bilans de Lurdo : Luke Cage, saison 2 (2018)

Publié le 23 Juillet 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Télévision, Netflix, Marvel, Action, Thriller, Fantastique, Les bilans de Lurdo

Malgré ses défauts évidents, la première saison de Luke Cage ne m'avait pas laissé un trop mauvais souvenir, notamment grâce à son identité forte, à son style assumé, et à ses personnages secondaires intéressants.

Et pourtant, ces défauts étaient multiples, et très perceptibles. Outre les problèmes inhérents aux séries Netflix (rythme, écriture), il y avait en saison 1 une rupture très franche à mi-parcours, à la mort de Cottonmouth, le mémorable antagoniste du héros. Un antagoniste qui faisait alors place à un méchant de seconde zone lié par le sang à Luke Cage (le thème de la famille était un incontournable de la saison 1), et à une montée en puissance des personnages de Black Mariah et de Shades...

C'est donc sans surprise que la saison 2 continue directement sur cette lancée, pour le meilleur et pour le pire...

Luke Cage, saison 2 :

Alors que Mariah Dillard (Alfre Woodard) règne sur Harlem aux côtés de Shades (Theo Rossi), une nouvelle menace place sur le quartier : Bushmaster (Mustafa Shakir), un Jamaïcain doté de capacités surhumaines et d'une brutalité sans nom, qui semble en vouloir personnellement à Mariah. Et tandis que Mariah et Bushmaster se font la guerre, Luke Cage (Mike Colter), lui, tente de trouver sa place sur ce champ de bataille, et de protéger les habitants de son quartier...

En théorie, la saison 2 de Luke Cage aborde de nombreuses thématiques, comme la famille, les péchés des ancêtres, la respectabilité, le succès afro-américain dans la société US, le pardon, etc. Luke Cage, lui, passe la saison à tenter de trouver sa place dans la société qui l'entoure : las de jouer les bons samaritains sans que cela ne débouche sur quoi que ce soit de positif, il est tenté de mettre de côté son code de l'honneur, qu'il suit constamment, pour ne plus prendre de pincettes avec le crime.

Une tentation d'autant plus grande que face à lui se trouve Bushmaster, un antagoniste qui est son double négatif : de grands pouvoirs, utilisés pour faire régner l'ordre et la paix de manière brutale et protéger sa communauté de ses ennemis. Un Bushmaster (au demeurant bien interprété et convaincant, après une première apparition assez moyenne) obsédé par le passé - comme Luke, dont le retour de son père prêcheur (Reg E. Cathey) dans sa vie ranime une colère enfouie - et qui laisse sa rage le guider, ce qui semble assez tentant au héros de Harlem; d'autant plus que Claire (Rosario Dawson, au personnage réduit ici au rôle de "petite amie inquiète et moralisatrice") le quitte rapidement, le laissant seul face à son questionnement.

En théorie, donc, il y a là de quoi développer de manière intéressante le personnage, pour le faire évoluer en parallèle de Bushmaster, mais aussi de Misty Knight (qui traverse une crise similaire suite à la perte de son bras, et qui est tentée de falsifier des preuves pour pouvoir arrêter un criminel, comme l'avait fait son mentor avant elle) et de Mariah & Shades.

Le seul problème, en fait, c'est que les scénaristes ont choisi de prendre le problème à l'envers. Plutôt que de placer Luke Cage au centre de tout, comme le point autour duquel gravitent tous les autres personnages, ils ont fait de Luke Cage un satellite en orbite de son propre show : la saison est ainsi très largement dominée par Mariah et Shades, par leurs états d'âme, leur romance, et leurs manigances... on apprend tout sur Mariah, sur sa jeunesse, sur sa fille cachée, Tilda (Gabrielle Dennis), etc ; on découvre que Shades et son meilleur ami avaient une relation fusionnelle, notamment en prison ; on comprend que les Stokes ont trahi la famille de Bushmaster ; on voit une Mariah tour à tour manipulatrice, triomphante, sans pitié, meurtrière, amoureuse, terrifiée, inquiète, sincère, menteuse, etc, etc, etc.

De quoi laisser le champ totalement libre à Alfre Woodard pour faire ce qu'elle veut de son personnage. Et elle ne s'en prive pas, ayant droit à de longs monologues, et ayant largement là de quoi se composer une bande démo pour de futurs rôles (bien qu'elle n'en ait pas besoin)... pour peu que l'on adhère au jeu parfois très particulier de Woodard (dont l'interprétation donne parfois l'impression que Mariah est ivre morte), il y a beaucoup de bonnes choses du côté de Mariah et Shades.

Le souci, c'est que ces choses se répètent, en boucle, de manière assez lassante, tout au long de ces 13 épisodes. Car à nouveau, 13 épisodes, c'est beaucoup trop. Surtout quand, lorsque l'on y regarde de plus près, on s'aperçoit qu'il n'y a guère plus que l'équivalent de 6 ou 7 épisodes de contenu dans cette saison.

Alors la production fait du remplissage : elle développe plus que de mesure les sous-intrigues de tous les personnages secondaires, elle rajoute des personnages inutiles (la fliquette rivale de Misty est à ce titre ridicule, un vrai personnage de mean girl façon lycéenne sans la moindre subtilité), elle place toujours plus de performances musicales, toujours plus de ralentis, elle télégraphie souvent ses rebondissements et ses révélations, elle passe son temps à isoler ses personnages pour qu'ils aient de longues discussions, etc, etc, etc

Sans oublier les connexions avec le reste de l'univers Marvel/Netflix : Luke Cage est probablement le show le plus relié à cet univers partagé, que ce soit par le biais de Foggy Nelson (Elden Henson), qui joue les avocats pour Luke le temps d'un épisode, de Colleen (Jessica Henwick), qui vient redonner un peu de peps à Misty, ou par cet épisode 10, qui voit Danny Rand (Finn Jones) s'inviter dans la série, pour la transformer en backdoor pilot pour un spin-off potentiel Heroes For Hire.

Première conséquence de tout ce remplissage : la saison est terminée à l'épisode 09. Bushmaster est vaincu, Mariah ruinée, Luke est réconcilié avec son père, tout va bien dans le meilleur des mondes. Mais comme il reste encore 4 épisodes à produire, les scénaristes rebootent tout ça de manière gentiment artificielle et peu convaincante, et ça repart pour un tour.

Seconde conséquence : comme je le disais plus haut, les scénaristes rajoutent tellement de sous-intrigues, de personnages, etc, que Luke Cage semble faire de la figuration dans son propre show. Toute la saison tourne autour de Mariah, donc (ce qui n'est pas forcément surprenant compte tenu de la manière dont la saison se termine), et Cage se retrouve en spectateur quasi-impuissant du conflit de celle-ci et de Bushmaster. Cage affronte brièvement ce dernier à deux reprises, perd, et retourne panser ses blessures en menant l'enquête dans son coin, pendant que l'avenir de Harlem se joue sans lui...

Quelque part, c'est très pertinent au vu de l'arc narratif de Luke, cette saison. S'il finit par prendre une décision qui n'est pas sans rappeler celle d'Angel à la fin de la saison 4/au début de la saison 5 du show de Joss Whedon, c'est pour ne plus être ainsi mis de côté. Thématiquement, cette mise à l'écart de Cage fonctionne... mais dans les faits, on a simplement l'impression que la série aurait dû s'intituler Black Mariah & Shades vs. the world, feat. Misty Knight (with special appearances by Luke Cage).

Troisième conséquence de cette saison à rallonge : l'écriture ne parvient pas toujours à suivre. Elle téléphone ses effets, donc (le baiser de l'araignée), elle étire ses intrigues principales jusqu'au point de rupture sans jamais leur apporter suffisamment de rebondissements pour surprendre le spectateur (Mariah/Comanche/Shades et ses conséquences, c'est cousu de fil blanc du début à la fin de saison), et elle impose parfois une caractérisation à géométrie variable, avec des personnages qui font un virage à 180° en l'espace d'un épisode, et une étrange impression, par moments, d'un manque de cohérence interne.

En résumé, on regrettera, encore une fois, que le format Netflix affaiblisse à ce point ses programmes : une saison à l'anglaise, de 8-10 épisodes, aurait amplement suffi pour développer les mêmes thèmes, les mêmes personnages, et pour arriver au même point (surtout avec des épisodes approchant ponctuellement les 70 minutes).

Là, en l'état, tout est trop dilué, répétitif, et redondant pour vraiment convaincre, malgré les efforts de la distribution, Woodard en tête.

Du point de vue production, on regrettera toujours une certaine mollesse dans les affrontements et dans leur mise en images : déjà que ces derniers sont assez rares et peu variés (Luke Cage passe le plus clair de son temps à donner des baffes à des petites frappes), mais en prime, le manque de langage corporel de Mike Colter transforme la nonchalance voulue de Luke Cage en sorte de maladresse involontaire. Ce n'est alors pas surprenant de voir que les combats les mieux réalisés et les plus dynamiques de la saison impliquent Bushmaster et Danny Rand, qui imposent un rythme et une énergie nécessaires à Colter.

Au niveau musical, j'ai été moins convaincu cette saison : le reggae se prête moyennement à l'instauration d'une tension à l'écran, et il y a un peu trop de morceaux dont les paroles sont censées illustrer les thématiques et l'action : au bout d'un moment, les montages musicaux lassent vraiment.

En fin de compte, cette saison 2 s'inscrit totalement dans la lignée de la saison 1, tant dans ses qualités (style, ambiance, point de vue, Misty) que dans ses défauts (Luke Cage de plus en plus mis de côté et au développement erratique/incohérent, Alfre Woodard au centre de tout, combats et action assez anecdotiques, thématiques envahissantes, rythme bancal, méchant charismatique évacué de manière faiblarde) ; la série évite heureusement le gouffre qualitatif à mi-parcours, mais tombe dans le piège de la répétition et oublie trop souvent que son personnage principal peut aussi être fun et divertissant.

C'est ainsi assez paradoxal que l'épisode le plus réussi et mémorable de la saison soit l'épisode Heroes For Hire, avec Danny Rand. Certes, c'est un épisode quasi-unitaire, durant lequel l'intrigue générale n'avance pas, et l'écriture reste faiblarde (les échanges Danny/Luke manquent de punch), mais la présence d'Iron Fist apporte une vraie bouffée d'air frais dans ce Black Mariah-show étouffant et répétitif, et rappelle qu'on se trouve aussi dans une série de super-héros.

En conclusion, il est plus que temps que Netflix et Marvel revoient leur copie : après une saison 2 de Jessica Jones qui a divisé ceux qui l'ont vue (ce n'est pas mon cas), une saison 2 de Daredevil qui n'a pas vraiment convaincu, et cette saison 2 de Luke Cage, répétitive au possible, il serait temps de se secouer un peu, avant que Punisher ne connaisse le même sort.

 

Retrouvez les autres séries de l'univers Marvel/Netflix passées en revue sur ce blog en cliquant ici...

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Un film, un jour (ou presque) #769 : MOIS FRANÇAIS - Fastlife (2014) & Coexister (2017)

Publié le 22 Juillet 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Comédie, France, Musique, Sport, Religion, Drame

Pendant un mois, à l'occasion de la Fête Nationale, retour sur un cinéma que je délaisse trop souvent : la comédie française... ​​

Fastlife (2014) :

Ancien coureur olympique du 100 mètres, Franklin Ébagé (Thomas N'Gijol) est désormais un raté sans le sou, flambeur prétentieux et parasite fini s'accrochant aux dernières miettes de sa gloire. Sans autre choix, décidé à remonter la pente, il accepte alors le sponsoring d'un grand producteur de volaille caractériel (Olivier Marchal), et finit par repartir en Afrique pour se ressourcer...

Première comédie solo de Thomas N'Gijol (à la réalisation, l'écriture et l'interprétation), qui s'essaie ici à un style de métrage à mi-chemin entre la cringe comedy/le pathétisme à l'anglaise, et les pantalonnades sportives façon Will Ferrell (la quête de rédemption d'une grande gueule arrogante ayant connu les sommets), en nettement plus sérieux, à la limite de la comédie dramatique.

Malheureusement, faute de jamais rendre son personnage attachant (ou au minimum suffisamment excentrique pour être intéressant), il est difficile de s'intéresser à ce métrage jamais particulièrement drôle ou rythmé, ou à ce protagoniste à la limite de l'enflure absolue.

Et je dois dire que la toute fin, en plus d'être prévisible, achève de donner envie de hausser les épaules, et de dire "tout ça pour ça".

2/6

    CoeXister (2017) :

    Producteur de musique à la recherche d'un hit instantané, Nicolas Lejeune (Fabrice Éboué) a l'idée de créer un groupe composé d'un imam, d'un rabbin et d'un prêtre catholique. Seul problème, Moncef (Ramzy Bédia) est un chanteur arabe tout sauf religieux, Samuel (Jonathan Cohen) est un juif paranoïaque et dépressif, et Benoit (Guillaume de Tonquédec), lui, n'est pas insensible au charme de Sabrina (Audrey Lamy), l'assistante de Nicolas...

    Dernière comédie en date écrite et réalisée par Fabrice Éboué (sans Thomas N'gijol, cela dit, ni Lionel Steketee, qui a préféré réaliser le mauvais Les Nouvelles Aventures de Cendrillon), dont on retrouve immédiatement le cynisme et l'humour, et ce dans la moindre des scènes de ce métrage.

    Un peu trop, d'ailleurs, puisqu'un peu comme dans Case Départ, le film tape (à raison) sur toutes les religions, toutes les ethnies, tous les préjugés et autres stéréotypes raciaux sous couvert de dénonciation, mais dès qu'il s'agit de l'homosexualité, les vannes se font purement gratuites et lourdes (le clip de rap gay, *soupir*).

    À part ça, le tout se regarde sans trop de problème, c'est assez bien interprété, mais comme Case Départ, ça finit par ronronner assez rapidement et par être globalement prévisible, en plus de perdre son mordant à mesure que le métrage prend les mésaventures et la carrière de ses protagonistes au sérieux.

    Gentillet et vaguement amusant, sans plus.

    2.75 ou 3/6, en étant gentil.

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    Un film, un jour (ou presque) #768 : MOIS FRANÇAIS - Case Départ (2011) & Le Crocodile du Botswanga (2014)

    Publié le 22 Juillet 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Comédie, France, Sport, Fantastique

    Pendant un mois, à l'occasion de la Fête Nationale, retour sur un cinéma que je délaisse trop souvent : la comédie française... ​​

    Case Départ (2011) :

    Régis (Fabrice Éboué), métis marié et conseiller municipal, est bien intégré, et n'a que peu de respect pour son héritage ; Joël (Thomas Ngijol), est un petit délinquant bon à rien, à l'insulte facile, et (supposément) converti à l'Islam. Ces demi-frères se retrouvent aux Antilles, à l'occasion de la mort de leur père... mais lorsqu'ils insultent l'héritage familial, un sort les renvoie en 1780, où ils découvrent la vie d'esclave, et doivent amener leurs ancêtres à se rencontrer...

    Comédie française de Fabrice Éboué, Thomas Ngijol, Jérôme L'Hotsky et Lionel Steketee, qui joue d'un humour très noir (sans mauvais jeu de mots) pour dénoncer la banalité du racisme ordinaire de l'époque, et de l'esclavage.

    Et à ma grande surprise, ça ne fonctionne pas trop mal : bon, d'accord, ça s'essouffle un peu sur la durée, le côté "profitons du racisme de l'époque pour pousser le bouchon encore plus loin" finit par lasser (d'autant que le métrage ne se prive pas d'avoir recours, lui, à un certain humour homophobe gratuit sans réellement lui apporter le même contexte ou désamorçage que pour le côté raciste), et certains moments sont très lourds, mais dans l'ensemble, ça se regarde tranquillement, et l'interprétation globale est assez naturelle (c'est souvent l'un de mes problèmes avec les comédies françaises, mais là, ça fonctionne).

    Rien d'exceptionnel, mais avec un sujet casse-gueule de ce genre, ça aurait pu être bien pire.

    3/6

    Le Crocodile du Botswanga (2014) :

    En visite dans le pays de ses ancêtres, le Botswanga, le jeune footballeur Leslie Konda (Ibrahim Koma) désire répandre les cendres de sa mère dans le village natal de celle-ci. Accompagné de Didier (Fabrice Éboué), son agent sans foi ni loi, il rencontre alors le dictateur Bobo Babimbi (Thomas N'gijol), un homme excentrique et imprévisible, qui est bien décidé à l'ajouter à l'effectif de l'équipe nationale des Crocodiles du Botswanga...

    Deuxième comédie du trio N'gijol-Éboué-Steketee, ce film part en Afrique, pour des aventures déjantées clairement dominées par N'gijol, impeccable en dictateur déjanté et dangereux, et portant le film sur ses épaules.

    Bon, ce n'est pas non plus de la plus grande originalité - remplacez l'Afrique par un autre pays, et vous aurez Le Dictateur de Chaplin, The Dictator de Sasha Baron Cohen, ou encore L'interview qui tue !, entre autres - et il y a quelques baisses de rythme, problèmes de structure et passages inutiles (toute la romance du footballeur avec la "fille" de Frank De Lapersonne) ou inutilement graveleux, mais dans l'ensemble, la bonne humeur générale de l'ensemble fait que le tout fonctionne plutôt bien, que ce soit au niveau de la critique sous-jacente (du colonialisme, des dictatures africaines, du racisme, du football, etc), que de l'univers dépeint.

    D'autant que sur la fin, le film sait redevenir un peu plus sérieux, et que cela lui permet de fonctionner d'autant mieux. Ajoutez à cela des caméos qui font plaisir (Claudia Tagbo, Issa Doumbia, etc), et on se retrouve avec mon film préféré de cette petite bande.

    3.75 ou 4/6, parce que c'est vraiment sympathique.

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    Un film, un jour (ou presque) #767 : BELGIQUE - Les Barons (2009), Il était une fois, une fois (2012) & Good Luck Algeria (2015)

    Publié le 21 Juillet 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Comédie, Belgique, Sport, France

    Pendant un mois Aujourd'hui, à l'occasion de la Fête Nationale belge, retour sur un cinéma que je délaisse trop souvent : la comédie française franco-belge... ​​

    Les Barons (2009) :

    Hassan (Nader Boussandel), Mounir (Mourade Zeguendi), Aziz (Mounir Ait Hamou) et Franck (Julien Courbey), quatre amis de la banlieue de Bruxelles, se font appeler les Barons : un moyen pour eux de se prétendre au-dessus du lot, et de justifier leur vie oisive et fainéante. Mais Hassan, apprenti comédien de stand-up, aimerait trouver sa voie, en dépit du carcan de sa vie de banlieue, et des stéréotypes qu'elle charrie. D'autant qu'il n'est pas insensible à Malika (Amelle Chahbi), la sœur de Mounir, et présentatrice d'une chaîne d'informations...

    Comédie semi-dramatique belge façon tranche de vie de banlieue, avec une distribution plutôt sympathique (que ce soit au niveau des premiers rôles que des caméos - Édouard Baer, Virginie Efira), et qui s'avère plutôt inventive et amusante, notamment dans sa mise en formes visuelle (artifices de montage, de transition, etc).

    Le problème, en fait, c'est que le film se retrouve un peu le postérieur entre deux chaises : d'un côté la comédie de banlieue, avec donc une réalisation dynamique, un personnage qui s'adresse directement au spectateur, brise le quatrième mur, etc, et de l'autre, des moments plus sérieux et dramatiques, qui sont alors formellement ultra-basiques et simples et semblent oublier toute la fantaisie et l'inventivité du reste du film.

    C'est dommage, d'autant qu'en prime, la photographie globale est assez terne et délavée, et que le métrage est probablement un peu longuet (plus d'1h45) : ce déséquilibre tire un peu le récit vers le bas, et empêche les moments les plus sérieux de totalement fonctionner.

    Une meilleure gestion de ces deux facettes aurait probablement permis de donner un peu plus d'énergie globale au film, et d'impact à la fin douce-amère, qui n'est pourtant pas désagréable en l'état.

    3.25/6

    Il était une fois, une fois (2012) :

    Lorsque sa candidature de concierge d'un grand hôtel parisien est refusée à cause de ses origines belges, Willy Vanderbrook (François-Xavier Demaison) décide de se venger en débarquant dans l'établissement avec tous ses amis, et en se faisant passer pour un Prince belge le temps d'une soirée. Mais le lendemain, à son réveil, il découvre qu'il a été victime d'une arnaqueuse professionnelle (Anne Marivin) qui, rapidement, décide de se joindre à eux, et les amène à répéter l'imposture, avec à la clef, une fortune en bijoux...

    Une comédie française produite par Dominique Farrugia, et qui voit tout un défilé d'acteurs et de visages belges mémorables, dans ce qui s'avère un film de casse décalé à la mode belge.

    Assez dynamique, ça se joue des clichés habituels sur les Belges avec une bonne humeur certaine, mais cela n'empêche pas ce film - du réalisateur des Portes de la Gloire, et des scénaristes de RTT - de ressembler régulièrement à un gros sketch un peu décousu, mettant en scène des caricatures très outrancières, aux mésaventures improbables.

    Amusant, sans plus, et se terminant un peu en queue de poisson.

    Un tout petit 3/6

    Good Luck Algeria (2015) :

    Stéphane Duval (Franck Gastambide) et son associé et ami Samir Zitouni (Sami Bouajila) fabriquent ensemble des skis de fond de compétition, mais lorsqu'un athlète réputé leur fait faux bond, ils se retrouvent au bord de la faillite. Seule solution : que Samir se remette au ski de fond, et se présente aux Jeux Olympiques d'Hiver sous la bannière algérienne, afin de créer un peu de buzz autour de leur marque...

    Métrage inspiré par une histoire vraie, et réalisé par le frère de l'athlète à l'origine de toute cette histoire, cette comédie dramatique sociale et sportive n'est pas désagréable du tout, malgré une réalisation réaliste, façon caméra à l'épaule, assez typique du genre, et malgré une Chiara Mastroianni qui m'a laissé assez indifférent.

    J'ai nettement préféré Gastambide dans un rôle plus sérieux que d'habitude, ainsi que l'interprétation de Sami Bouajila, sincère et convaincante ; quant au film en soi, il se regarde tranquillement, tout en étant assez balisé de bout en bout.

    L'interrogation sur les racines, le retour au pays et l'héritage des émigrés qui se greffe sur l'aspect sportif est plutôt bien vue et pertinente, mais ça ne suffit pas forcément à faire de ce film quelque chose d'exceptionnel ou de particulièrement mémorable.

    Ce n'est pas mauvais, c'est parfois touchant, mais c'est aussi... gentillet et inoffensif.

    3.25/6

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    Un film, un jour (ou presque) #766 : MOIS FRANÇAIS - Un Homme à la Hauteur (2016) & Brice 3 (2016)

    Publié le 21 Juillet 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, France, Comédie, Romance, Aventure

    Pendant un mois, à l'occasion de la Fête Nationale, retour sur un cinéma que je délaisse trop souvent : la comédie française... ​​

    Un Homme à la Hauteur (2016) :

    Avocate talentueuse et sculpturale, Diane (Virginie Efira) reçoit un soir un appel d'Alexandre (Jean Dujardin), un homme drôle, intelligent, riche et cultivé, qui a retrouvé le téléphone portable qu'elle avait perdu. Rapidement, le duo se rapproche, mais il subsiste un problème : Alexandre mesure 1m36, et cela complique fortement les relations de Diane avec ses proches.

    Adaptation d'un film argentin, cette comédie romantique française repose entièrement sur deux choses : son couple principal, et les effets spéciaux permettant de rendre crédible la taille de Dujardin.

    Et si le couple Dujardin/Efira fonctionne plutôt bien (malgré des dialogues et un script parfois assez laborieux), les effets spéciaux posent un gros problème. Problème de cadrages, de rapetissage, de proportions, de tenues, de positions, la taille de Dujardin change constamment, n'est jamais homogène et tout simplement jamais vraiment crédible (dans l'immense majorité des scènes de romance et de dialogue, Dujardin semble simplement être assis 50 centimètres plus bas qu'Efira, et le reste du temps, il semble sur fond vert).

    Ce qui pourrait passer, à la limite, si le reste du film était prenant, attachant et réussi. Malheureusement, il est assez difficile de s'identifier ou d'apprécier cette romance de personnages richissimes et privilégiés, avocate et chefs de cabinet d'architecte très aisés, qui dépensent sans compter, à base de jets privés, d'argent à gogo, de soirées privées, de vernissages, etc

    Et comme à part ça, le film est particulièrement balisé et mollasson, avec des personnages secondaires assez moyens (tout ce à trait à Cédric Kahn est forcé au possible), une illustration musicale assez "publicitaire" et un propos basique et simpliste sur le handicap et la différence... on se retrouve avec un film inégal, qui aurait bénéficié d'être moins élitiste et plus abouti d'un point de vue technique.

    2.5/6

    Brice 3 (2016) :

    Une décennie après avoir trouvé sa vague et sa sirène, Brice (Jean Dujardin) est retombé dans ses mauvaises habitudes, et vit à nouveau une routine des plus insipides, à attendre une vague qui ne vient jamais. Mais lorsqu'il reçoit un appel à l'aide de Marius (Clovis Cornillac), et qu'on l'expulse de sa caravane, il n'a d'autre choix que de rejoindre son ami à l'autre bout du monde... après un détour par Hossegor, pour y confronter Igor (Bruno Salomone).

    Le premier Brice de Nice était une comédie sympathique et décalée, qui partait d'un best-of des sketches du personnages pour développer, avec une certaine poésie absurde, l'histoire d'un personnage immature et benêt à la recherche de ses rêves ; avec en prime des numéros musicaux amusants, un travail plutôt drôle sur les bruitages, et un Cornillac à fond dans son personnage. Du 3.75 ou 4/6, en somme, pour peu qu'on adhère au personnage et à son style d'humour.

    Cette suite, qui arrive 12 ans plus tard (Dujardin est un peu fatigué, mais ça passe à peu près), adopte dès son introduction un tout autre angle d'attaque : celui du narrateur non fiable, en l'occurrence un vieux Brice grabataire qui raconte sa vie à une bande d'enfants sceptiques (ça donne un peu l'impression de se retrouver devant l'une des vidéos de Papy Grenier, mais bon...).

    Ce qui permet bon nombre de ruptures dans le récit, et d'innombrables fantaisies numériques et imaginaires (comme un passage animé façon Dragon Ball Z) durant lesquelles Brice raconte n'importe quoi.

    C'est bien dommage, franchement, parce que ça retire toute forme de réalisme au récit, qui devient un gros cartoon du début à la fin, notamment dans sa seconde partie, lorsque Brice affronte son double maléfique qui a créé un Briceland à Hawaii, où il règne en maître incontesté : le film perd tout enjeu réel, et on se doute très rapidement de la pirouette finale, qui tombe un peu à plat.

    Après, ça reste sympatoche à regarder, sans rien d'exceptionnel, même s'il faut signaler que Bruno Salomone a plus à faire que dans le précédent (ce qui est toujours appréciable), qu'on a droit à une mini-réunion des Nous Ç Nous (ce qui fait toujours plaisir), et que ni Alexandra Lamy ni Élodie Bouchez ne reprennent leurs rôles (dommage... mais même Cornillac ne fait guère plus ici que de la figuration, éclipsé par le double rôle de Dujardin).

    En somme, c'est très moyen, tout ça, c'est une suite tout à fait superflue, et un peu comme pour le premier film, ça mérite un

    2.75 ou 3/6, selon que l'on adhère à cette nouvelle direction ou non.

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    Un film, un jour (ou presque) #765 : MOIS FRANÇAIS - Bis (2015) & Les Visiteurs 3 - La Révolution (2016)

    Publié le 20 Juillet 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Comédie, France, Romance, Science-Fiction, Fantastique, Histoire

    Pendant un mois, à l'occasion de la Fête Nationale, retour sur un cinéma que je délaisse trop souvent : la comédie française... ​​  

    Bis (2015) :

    Séducteur impénitent, Éric (Franck Dubosc) connaît son meilleur ami Patrice (Kad Merad), gynécologue et père de famille, depuis le lycée. Mécontents de leur vie actuelle, ils finissent par abuser de l'alcool, et, à leur réveil, le lendemain, ils réalisent qu'ils ont été propulsés en 1986, dans leur corps d'alors : de quoi leur offrir une chance de changer le cours de leur vie... ou pas.

    Comédie fantastique de Dominique Farrugia, qui lorgne très fortement sur une version masculine de Camille Redouble/Peggy Sue s'est mariée (ou sur une version française de La Machine à Démonter le Temps), et qui déroule sa narration très classique sans grande ambition ou grande originalité.

    Ça se regarde tranquillement, le passage en ville en mode Take On Me trahit un budget plutôt limité, et c'est globalement très dérivatif, mais ça se regarde facilement, les interprètes n'en font pas trois tonnes, et ça parvient même à amener un peu d'émotion vis à vis du personnage de Gérard Darmon. Je m'attendais à pire.

    3/6 + 0.25 pour le côté touchant + la jeune doublure d'Alexandra Lamy, convaincante = 3.25/6

    Les Visiteurs 3 - La Révolution (2016) :  

    Arrivés en pleine Révolution française, Godefroy de Montmirail (Jean Reno) et son écuyer Jacquouille la Fripouille (Christian Clavier) sont confrontés à la Terreur et, aidés par certains de leurs descendants, ils tentent de retrouver un enchanteur avant qu'il ne soit trop tard...

    Mais... mais... mais... c'est encore pire que ce que je redoutais. Photographie de téléfilm claustrophobe, rythme anémique, dialogues soûlants, gags répétitifs et plats, script interminable (près d'1h50), un montage et une réalisation aux fraises, et une interprétation en pilotage automatique, bref, même en s'attendant à quelque chose de très faible, j'ai vraiment été surpris par l'incompétence totale de ce métrage.

    Même la toute fin (chez les Nazis), pourtant difficile à rater en théorie, tombe totalement à plat, trop longue, trop bavarde, sans le moindre humour ni la moindre chute.

    À la place de Jean-Marie Poiré, j'aurais honte.

    (mais quelque chose me dit qu'à 72 ans, il n'en a plus rien à faire)

    0.25/6

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    Un film, un jour (ou presque) #764 : MOIS FRANÇAIS - Robin des Bois : la véritable Histoire (2015) & Les Nouvelles Aventures de Cendrillon (2017)

    Publié le 19 Juillet 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, France, Comédie, Histoire, Fantastique, Aventure

    Pendant un mois, à l'occasion de la Fête Nationale, retour sur un cinéma que je délaisse trop souvent : la comédie française... ​​ ​​

    Robin des Bois - La Véritable Histoire (2015) :

    Escrocs à la petite semaine, Robin des Bois (Max Boublil) & Tuck (Malik Bentalha) n'ont qu'un rêve : racheter le Pussycat, une maison close. Mais leur plan pour y parvenir - dérober les impôts du Royaume - les amène à croiser le chemin de Petit Jean (Ary Abittan), Marianne (Géraldine Nakache), et du maléfique Shérif de Nottingham (Gérard Darmon)...

    Une version parodique de Robin des Bois, made in France, avec un Robin voleur, menteur, pleutre, arnaqueur, idiot ; un Tuck homosexuel, asiatique, juif et arabe, désespérément amoureux de son compère ; une Marianne mère célibataire en manque de sexe, qui cherche à coucher avec Robin, sans succès ; un Nottingham en roue libre et aux tendances cannibales... mouais.

    Ça se veut impertinent, original, drôle et corrosif, mais ça ne parvient qu'à être plat, relativement générique et vulgaire (les vannes piteuses sur l'homosexualité de Tuck, la flèche dans le postérieur...), en plus d'être visuellement assez laid (comprendre : terne, boueux, enfumé et gris).

    Quant à l'aspect musical, bof, avec une alternance d'un score orchestral dérivatif et pas très mémorable, et de chansons et de passages plus modernes (notamment un moment Daft Punk amusant, qui dure malheureusement un peu trop longtemps).

    À oublier au plus vite.

    1.25/6

    Les Nouvelles Aventures de Cendrillon (2017) :

    Lasse d'être considérée comme une boniche par tous ses proches, Julie (Marilou Berry) doit une fois de plus jouer les baby-sitters pour le fils de Marco (Arnaud Ducret), l'homme qu'elle aime en secret. Pour occuper l'enfant, elle lui raconte alors l'histoire de Cendrillon, dans laquelle elle se transpose, elle, et tout son entourage...

    Alors, que se passe-t-il lorsque l'on prend le même producteur, le même scénariste, et les mêmes compositeurs que sur Les Nouvelles Aventures d'Aladin, et que l'on décline le concept du "conte de fée réinventé et narré par des personnages contemporains" en l'appliquant à Cendrillon ?

    Un film tout aussi raté qu'Aladin, à l'humour lourd, bas-de-plafond et facile, et à la structure brouillonne, en allers-et-retours fréquents entre le présent et le conte, qui donne un rythme artificiel au tout, mais ne cache jamais vraiment le manque de rythme et de maîtrise du métrage.

    Un peu comme dans Aladin, ça cachetonne beaucoup, avec un certain nombre de visages familiers, et Marilou Berry y met de l'énergie, mais dans l'ensemble, ça souffre des mêmes problèmes que le film de Kev Adams, avec en prime une forte tendance au recyclage : recyclage de bande originale, qui copie Danny Elfman ; d'illustration musicale, avec des morceaux modernes maintes fois entendus au cinéma ; de séquences et de gags, parfois repris directement d'autres films ; et ça recycle aussi le sempiternel numéro chanté et chorégraphié, apparemment (et malheureusement) désormais inévitable au sein des comédies françaises de ce type.

    Bref, une parodie de contes de fées sans grand intérêt, et qui n'a même pas le capital sympathie de Kev Adams et de sa bande.

    (et, encore une fois, c'est un personnage secondaire qui emporte l'adhésion plutôt que le personnage principal - en l'occurrence, ici, Desagnat)

    1.5/6

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    Un film, un jour (ou presque) #763 : MOIS FRANÇAIS - Les Kaïra (2012) & Pattaya (2016)

    Publié le 18 Juillet 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Comédie, France, Musique, Aventure

    Pendant un mois, à l'occasion de la Fête Nationale, retour sur un cinéma que je délaisse trop souvent : la comédie française... ​​  

    Les Kaïra (2012) :

    Glandeurs de banlieue, Mousten (Franck Gastambide), Abdelkrim (Medi Sadoun) et Momo (Jib Pocthier) vivent à Melun, et ne font rien de leur vie. Jusqu'au jour où ils repèrent une annonce proposant de devenir acteurs de films pornographiques : voyant là l'occasion rêvée de devenir riches, célèbres, et de séduire de nombreuses femmes, le trio décide alors de tourner au plus vite leurs bandes démos... 

    Adaptation par Franck Gastambide du programme court Kaïra Shopping, ce long-métrage ne fait clairement pas dans la finesse, la subtilité, et le bon goût. Cela dit, une fois qu'on a pris ça en compte... c'est assez amusant.

    Et je ne sais pas si c'est parce que j'ai connu des mecs comme ce trio improbable, ou si tout simplement, parce que le film sait rester attachant et sincère avec ses personnages, mais j'ai véritablement trouvé le tout sympathique, avec de nombreux détails amusants, un Ramzy plutôt drôle en caïd de banlieue, une Pom Klementieff charmante (bien avant les Gardiens de la Galaxie 2), des caméos en tous genres...

    Bref, si l'on excepte un rythme un peu inégal parfois à la limite d'une succession de sketches, et un abus de gags à base de smash cuts, Les Kaïra s'avère une comédie tout à fait honorable et bien interprétée.

    3.5/6

    Pattaya (2016) :

    Las de la routine de leur vie de banlieue, Franky (Franck Gastambide) et Krimo (Malik Bentala) rêvent de partir pour Pattaya, une station balnéaire de Thaïlande où Reza (Ramzy Bédia), le cousin de Krimo, s'est installé et connaît la gloire et le succès. Pour s'y rendre sans dépenser un sou, le duo inscrit alors Karim (Anouar Toubali), le nain de leur quartier, au championnat du monde de Boxe Thaï des Nains organisé par le Marocain (Gad Elmaleh) à Pattaya. Mais rapidement, sur place, la situation dégénère...

    Sorte de suite spirituelle aux Kaira, mâtinée de Very Bad Trip 2 et de Kickboxer, cette comédie à nouveau signée Franck Gastambide s'inscrit donc dans la droite lignée du film précédent, reprenant un trio principal très similaire, et l'envoyant à l'autre bout du monde, dans des décors paradisiaques plutôt bien mis en valeur.

    Et dans l'ensemble, ça fonctionne assez bien, du moins, autant que le film de 2012. Gastambide semble plus assuré, derrière et devant la caméra, et ça fourmille toujours autant d'idées et de gags absurdes, assurant le quota de rires.

    Malheureusement, cela s'agrémente de multiples caméos inutiles, qui parasitent un peu le tout (Hanouna, Quarteron), d'une seconde moitié au rythme plus inégal, et de quelques pointes d'humour graveleux/scato pas forcément indispensables.

    Au final, on s'amuse, le délire est assuré, mais ça manque d'un petit quelque chose pour vraiment rester dans les mémoires.

    3.5/6

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    Un film, un jour (ou presque) #762 : MOIS FRANÇAIS - Un Ticket pour l'Espace (2005) & RTT (2009)

    Publié le 17 Juillet 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, France, Comédie, Science-Fiction, Aventure, Histoire, Fantastique, Action, Thriller, Policier, Romance

    Pendant un mois, à l'occasion de la Fête Nationale, retour sur un cinéma que je délaisse trop souvent : la comédie française... ​​ 

    Un Ticket pour l'Espace (2005) :

    Pour convaincre les Français de l'intérêt de la recherche spatiale, un jeu de grattage est organisé, avec à la clef deux places à bord de la navette française, aux côtés du Colonel Beaulieu (Olivier Baroux), du Capitaine Soizic (Marina Foïs) et du Professeur Rochette (Frédéric Proust). Mais les deux gagnants sont assez improbables : Stéphane Cardoux (Kad Merad), un acteur raté et mythomane, et Alexandre Yonis (Guillaume Canet), un psychopathe voulant se venger de Beaulieu...

    Non, ce n'est pas fin. Non, ce n'est pas le summum de l'humour et de la subtilité. Non, ce n'est pas toujours très bien joué (entre autres, j'ai toujours du mal avec l'interprétation de Marina Foïs) ni bien rythmé (ça prend son temps à démarrer). Oui, c'est bordélique, inégal, et ça ne fonctionne réellement que ponctuellement, comme un sketch étiré sur plus de 90 minutes.

    Mais un film qui joue à ce point la carte de l'absurde, qui se paie une telle bande originale (chapeau bas, Erwann Kermorvant), et qui se permet de refaire Alien avec un dindon géant mutant, le tout dans une station à l'intelligence artificielle doublée par Enrico Macias... ça force un minimum le respect.

    Allez, 3/6

    RTT (2009) :

    Plaqué par sa compagne, Arthur (Kad Merad) décide de partir pour Miami, afin d'empêcher le mariage de celle-ci avec un riche inconnu. En chemin, cependant, il est utilisé par Émilie (Mélanie Doutey), une cambrioleuse, pour faire passer à son insu un tableau volé à l'aéroport. Arrêtés par un policier français (Manu Payet) à leur arrivée aux USA, le duo improbable prend alors la fuite dans les Everglades, les autorités sur les talons...

    Une comédie d'aventures façon La Chèvre/Pierre Richard qui peine à convaincre, puisqu'elle tente de mélanger tous les genres (thriller, action, aventure, romance, policier, comédie, cambriolage), mais se limite en fait à plusieurs grosses courses-poursuites liées par une succession de grosses ficelles et de coïncidences assez honteuses et improbables, censées servir de script.

    Ce n'est pas la faute de la distribution, qui fait de son mieux (même si Mélanie Doutey manque un peu de punch ou de présence pour totalement convaincre), et qui a eu droit à des vacances en Floride ; et la réalisation est d'ailleurs tout à fait honorable.

    Mais c'est vraiment le script qui pêche, un script qui ne parvient pas vraiment à faire se développer la romance principale de manière naturelle et crédible, et qui use de raccourcis narratifs et de personnages clichés (le flic qui se découvre homosexuel à Miami) qui sonnent assez creux.

    Loin d'être satisfaisant, donc, même si ce n'est pas trop mal rythmé.

    2 + 0.25 pour les paysages de Floride et Miami = un petit 2.25/6

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    Un film, un jour (ou presque) #761 : MOIS FRANÇAIS - Halal, Police d'État (2010) & Beur sur la Ville (2011)

    Publié le 16 Juillet 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, France, Comédie, Policier, Science-Fiction

    Pendant un mois, à l'occasion de la Fête Nationale, retour sur un cinéma que je délaisse trop souvent : la comédie française... ​​

    Halal, Police d'État (2010) :

    Lorsqu'un tueur en série s'en prend aux épiciers arabes de Paris, deux enquêteurs algériens, l'indéboulonnable Inspecteur Nerh-Nerh (Ramzy Bédia) et son associé "le Kabyle" (Eric Judor) - traumatisé par un enlèvement extra-terrestre, sont dépêchés par leur gouvernement pour prêter assistance aux forces de police française, qui soupçonnent la communauté asiatique de Paris...

    Eric et Ramzy décident de faire leur Pamela Rose, en s'inspirant des films de l'Inspecteur Tahar, pour un résultat globalement démoli par la critique. Sans surprise, à vrai dire, puisque cette comédie policière est effectivement très bordélique et bancale, mêlant constamment de l'absurdité totale à une enquête prétexte, comme autant de micro-sketches qui s'enchaînent.

    Et pourtant, je n'ai pas détesté, loin de là. Pour peu qu'on se laisse embarquer par le délire ambiant (l'extra-terrestre ^^), ça fonctionne étrangement plus ou moins bien, grâce à des vannes qui font régulièrement mouche et du WTF constant, et ce malgré son interprétation inégale, son rythme aléatoire et son illustration musicale pop un peu forcée. :p

    Ce n'est pas forcément bon, en soi, mais ça reste amusant.

    3.25/6

    Beur sur la Ville (2011) :

    Flic incapable, Khalid (Booder) végète en banlieue parisienne, en compagnie de ses collègues et compère, Mamadou (Issa Doumbia) et Henri (Steve Tran). Mais un tueur en série assassine les femmes de la ville, et pour des raisons de discrimination positive, Khalid se retrouve à la tête de l'enquête, à collaborer avec Diane Darden (Sandrine Kiberlain) et son équipe, persuadés que le tueur est musulman...

    Une comédie policière banlieusarde de Djamel Bensalah abordant plein de sujets de société pertinents (discrimination, communautarisme, religion, différences, racisme ordinaire, islam, etc) en les abordant frontalement avec un maximum de clichés caricaturaux, tout en les détournant de manière assez sympathique.

    Et comme en plus il y a à l'écran une sacré bande de comédiens (qu'ils soient jeunes ou plus confirmés), des guests stars amusantes (JCVD !?), et que tout le monde joue correctement (sauf le fils Belmondo, qui récite son texte), on se retrouve avec un film attachant, qui n'est pas trop à prendre au sérieux...

    ... sauf que le film, justement, se prend un peu trop au sérieux. À contrario de Halal, Police d'État, l'enquête est ici très premier degré, et il y a un vrai fond de film policier qui se dissimule sous les atours de la comédie. Ce qui aurait pu être une bonne chose si le métrage n'était pas aussi laborieux, dans son rythme, et brouillon dans sa structure.

    Ça manque de rigueur, tout ça, ce qui tire le film vers le bas et le ralentit considérablement, l'empêchant d'être autre chose que très moyen.

    3.25/6 (ah, et les rétro-projections foireuses, en voiture... aïe)

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    Les bilans de Lurdo : Bajillion Dollar Propertie$ saisons 1 à 3 (2016-2017)

    Publié le 16 Juillet 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Télévision, Les bilans de Lurdo, Comédie, Seeso, NBC, Sitcom, Documentaire

    Désireuse de se tailler une part du gâteau de la VOD et du streaming, NBC a lancé, en 2016, Seeso, sa propre plate-forme de streaming payant, à thématique comique : au programme, des rediffusions de sitcoms, de talk-shows, de spectacles de stand-up, et des séries inédites, au nombre desquelles Harmonquest et ce Bajillion Dollar Propertie$...

    (sans surprise, la plate-forme a fermé ses portes fin 2017)

    Bajillion Dollar Propertie$ saisons 1-3 :

    Chez Platinum Reality, une prestigieuse agence immobilière de Los Angeles, tout le monde se méprise, ou presque. Dean Rosedragon (Paul F. Tompkins) est un patron excentrique qui aime mettre ses subordonnés en compétition ; Glenn (Tim Baltz), qui vient d'arriver, est naïf et un peu benêt - en plus d'être le fils caché de Rosedragon ; Andrew (Ryan Gaul) et Baxter (Drew Tarver) forment un duo inséparable ; Chelsea (Tawny Newsome) repose sur ses millions d'abonnés sur les réseaux sociaux pour trouver des maisons à vendre ; Amir (Dan Ahdoot) semble convaincu que Glenn est le fils caché de Rosedragon ; et Victoria (Mandell Maughan), elle, est prête à tout pour écraser ses collègues et prendre du galon...

    Un programme au format sitcom de 25 minutes, et qui parodie ouvertement le format et le style des émissions de télé-réalité immobilière comme Property Brothers, Million Dollar Listing, etc.

    On retrouve donc les codes de ces émissions, comme les interviews face caméra, le montage ultra-nerveux, les plans de coupe, etc, le tout semi-improvisé par les acteurs (c'est d'ailleurs assez amusant de les sentir toujours au bord du fou-rire quand l'un des guests commence à improviser et à partir dans des directions improbables), et showrunné par une femme (chose assez rare pour être remarquée, dans le monde de la comédie).

    Au fil des 26 épisodes de ces trois premières saisons (une quatrième saison est déjà tournée, mais n'a pas de diffuseur), on suit donc le quotidien de cette équipe de bras cassés, qui tentent de vendre d'innombrables propriétés de Los Angeles aux prix vertigineux, à des clients toujours plus excentriques et déjantés.

    Chaque saison est axée autour de quelques lignes directrices vaguement développées, et qui permettent de donner un semblant de structure au tout : la première année, ainsi, repose sur une compétition organisée par Dean, pour choisir qui sera son associé à la tête de la compagnie. Tout le monde passe ainsi la saison à se tirer dans les pattes, jusqu'à ce que Dean change la donne, et choisisse son fils caché, Glenn.

    En seconde année, Dean veut à tout prix décrocher un prix prestigieux, et met la pression à tous ses subordonnés pour impressionner le reste de la profession : un arc narratif qui passe un peu à la trappe en cours de route, mais qui finit par tout chambouler dans le season finale, un épisode qui divise tout le monde, et sème la zizanie dans l'équipe.

    Enfin, en s3, Dean choisit un associé, son fils légitime, DJ (Eugene Cordero). Un fils qui finit par profiter d'une crise cardiaque de son père pour prendre le contrôle de la compagnie, alors même que tous les employés se battaient pour pouvoir écrire la préface de l'autobiographie de Dean.

    Là-dessus se brodent pas mal de sous-intrigues improbables (des brouilles, des histoires d'amour avortées, des magouilles, la rivalité d'une agence concurrente), et de ventes de maisons toujours plus luxueuses et hors de prix.

    L'occasion pour de nombreux visages familiers de faire des apparitions de quelques minutes pouvant aller de l'anecdotique au totalement barré : Adam Scott en superstar droguée, Jason Mantzoukas en photographe, Andy Richter en divorcé dépressif, David Koechner en consultant, Thomas Lennon (par ailleurs producteur) en rival mafieux, Paul Scheer en révérend, Zack Galifianakis en renifleur, Casey Wilson en cliente amatrice de roleplay, Busy Philipps en décoratrice arrogante, Dave Foley, Patton Oswalt, Deanna Russo, Weird Al Yankovic, Nick Kroll, John Morrisson, Randall Park, John McBrayer, Rhys Darby, Lauren Lapkus, Nicole Parker en agente, Sarah Silverman en rockeuse, Gillian Jacobs, Keiko Agena, Steven Yeun, June Diane Raphael, Jessica St Clair, Brett McKenzie en homme ayant une peur bleue des baleines...

    La liste est longue, et il est impossible de tous les citer en détail, mais une chose est sûre : plus la série avance, plus les visages et les noms sont reconnaissables, et plus la série se permet d'audaces et d'excentricités.

    Ce qui ne veut pas dire pour autant que la série fonctionne systématiquement : en effet, de par son format et son côté semi-improvisé, BDP est un programme assez inégal. Autant les personnages sont assez réussis et attachants, et on s'amuse à les suivre d'épisode en épisode, autant certains épisodes ont un intérêt très limité, passant un quart d'heure sur telle ou telle idée de gag qui tombe totalement à plat.

    Et réciproquement, d'autres sont hilarants de bout en bout, comme cet épisode à thématique horrifique, dans lequel une poupée maléfique hante l'agence et possède des employés, alors même que Glenn va visiter le manoir d'un pseudo-Vincent Price : c'est totalement déjanté, hors-continuité, et improbable, mais ça marche.

    En fin de compte, Bajillion Dollar Propertie$ s'avère un programme amusant et bien mené, mais qui souffre aussi des limites de son format. C'est typiquement le genre de série comique qui aurait trouvé sa place sur Comedy Central, TBS ou Adult Swim, à l'époque de NTSF:SD::SUV et autres Childrens Hospital, mais qui est maintenant reléguée au web : un sort regrettable, qui voit la série se terminer en cliffhanger insoutenable, faute de diffusion de sa dernière saison déjà tournée...

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    Retrouvez aussi toutes les autres séries passées en revue sur ce blog en cliquant ici et ici.

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    Un film, un jour (ou presque) #760 : MOIS FRANÇAIS - Eyjafjallojökull (2013) & Raid Dingue (2016)

    Publié le 15 Juillet 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Comédie, France, Romance, Action, Policier

    Pendant un mois, à l'occasion de la Fête Nationale, retour sur un cinéma que je délaisse trop souvent : la comédie française... ​​

    Eyjafjallojökull (2013) :

    Lorsque l'éruption d'un volcan islandais bouleverse les plans d'Alain (Dany Boon) et de Valérie (Valérie Bonneton) - un couple de divorcés ne se supportant pas, et traversant l'Europe pour rejoindre la Grèce, où se déroule le mariage de leur fille - , le duo n'a d'autre choix que de faire route ensemble, pour le meilleur et surtout pour le pire...

    Une comédie romantique reposant intégralement sur les épaules du duo Boon/Bonneton, qui fonctionne heureusement très bien, malgré une écriture globale pas à la hauteur : la caractérisation d'Alain et Valérie est très inégale (le personnage féminin écope de tous les défauts - menteuse, fourbe, mère absente, sarcastique, agressive - et des coups les plus bas, la rendant nettement plus antipathique que Boon), les personnages secondaires sont inexistants, et, outre quelques gags téléphonés, les disputes constantes des deux personnages rendent la première moitié du film assez fatigante.

    D'autant qu'occasionnellement, se présentent des ruptures de ton, durant lesquelles les deux personnages tentent littéralement de se tuer dans des scènes à l'ultra-violence et au slapstick outranciers, qui tranchent énormément avec le "réalisme" du reste du métrage.

    Cela dit, le film reste rythmé, et les acteurs sympathiques, donc...

    Un 3/6 indulgent

    Raid Dingue (2016) :

    Fille du ministre de l'Intérieur (Michel Blanc), Johanna (Alice Pol) ne rêve que d'une chose : intégrer le RAID et devenir officier d'élite. Mais la jeune femme est maladroite et incapable. Jusqu'au jour où son père joue de ses contacts pour qu'elle rejoigne l'école de formation du RAID, où elle est placée sous la supervision d'Eugène Froissard (Dany Boon), un officier taciturne, machiste et misogyne particulièrement malchanceux et déprimé...

    Une comédie écrite et réalisée par Dany Boon, qui se met donc en scène dans un rôle d'apparence relativement peu sympathique... mais ce n'est rien en comparaison de l'héroïne du film.

    Alors que Johanna aurait dû être maladroite mais attachante, sympathique tout en étant malchanceuse, Alice Pol la surjoue complètement, et en fait une sorte de Mr. Bean au féminin, un véritable cartoon sur pattes, une idiote indisciplinée, bornée et insupportable qui fait des grimaces, sème la pagaille autour d'elle, provoque catastrophes sur catastrophes, etc, sans jamais paraître s'en apercevoir, ou s'en émouvoir, tant elle semble dans sa bulle.

    Ça rend le personnage instantanément agaçant, et forcément, ça plombe une grosse partie de l'intérêt potentiel du film. Déjà qu'à la base, le surjeu est l'un des problèmes récurrents de ce film (Yvan Attal est lui aussi totalement calamiteux en grand méchant cabotin et travesti)...

    Une héroïne antipathique, des problèmes évidents de rythme et de ton, des gags très faibles, une dernière partie mêlant romance forcée et action superflue, un Florent Peyre sous-exploité : ce n'est vraiment pas bon.

    1.5/6

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    Un film, un jour (ou presque) #759 : MOIS FRANÇAIS - Comme un Chef (2012) & Les Têtes de l'Emploi (2016)

    Publié le 15 Juillet 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Comédie, France, Drame

    Pendant un mois, à l'occasion de la Fête Nationale, retour sur un cinéma que je délaisse trop souvent : la comédie française... ​​

    Comme un Chef (2012) :

    Depuis son divorce, Alexandre Vauclair (Jean Reno), grand chef parisien, a perdu toute inspiration. Et alors qu'il est sur le point de perdre son restaurant, il rencontre Jacky Bonnot (Michael Youn), un jeune amateur de grande cuisine au chômage, dont le talent hors-du-commun pourrait bien permettre à Vauclair de se refaire...

    Une comédie typiquement française qui, si elle se regarde tranquillement (elle est d'ailleurs assez courte, 80-85 minutes tout compris), est aussi particulièrement basique et générique.

    Youn est en mode mineur, Jean Reno et Julien Boisselier récitent parfois leur texte (la fameuse diction "à la française"), Issa Doumbia fait de la figuration, le script est nonchalant et cousu de fil blanc, et la scène des déguisements japonais est assez piteuse, mais bon, dans l'ensemble, c'est gentillet et inoffensif.

    Un minuscule 3/6

    (et encore, c'est en étant généreux, car je ne suis pas sûr que ça les vaille)

    Les Têtes de l'Emploi (2016) :

    Stéphane (Franck Dubosc), Cathy (Elsa Zylberstein) et Thierry (François-Xavier Demaison) sont trois employés de l'ANPE de Sablé. Jusqu'au jour où on leur annonce qu'ils vont être licenciés, car leur agence s'avère trop performante dans leur secteur : ils décident alors de trouver un moyen de mettre plus de personnes au chômage, afin de sauver leur agence et leur emploi...

    En 2012, Jérémy Ferrari conçoit, avec deux co-scénaristes, une comédie noire et mordante sur le monde de l'emploi, qu'il compte réaliser et interpréter, le film devant à priori servir de véhicule à la bande des comédiens de l'émission On n'demande qu'à en rire. Mais entre 2012 et 2016, le script est acheté par une société de production, et connaît des révisions toujours plus importantes à mesure que des noms prestigieux s'ajoutent à la distribution, et demandent un droit de regard sur le scénario.

    Débarrassé de son humour mordant et de sa méchanceté (ainsi que de Ferrari, même pas crédité au générique, et ayant depuis attaqué la production en justice pour avoir tourné le film sans son accord), le film s'avère désormais une comédie dramatique franchouillarde assez classique, pour ne pas dire banale, qui tente de jouer la carte de l'émotion et du drame social, pour finir par ne blesser personne, en offrant à tout le monde une fin à peu près heureuse.

    En prime, on a une photographie terne et vaporeuse assez laide, un rythme inexistant, et une interprétation très inégale (certains surjouent, comme Demaison, d'autres sous-jouent, comme Dubosc).

    Autant dire que je n'ai pas du tout accroché, surtout compte tenu de ce que le film aurait pu être...

    1.75/6

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    Un film, un jour (ou presque) #758 : MOIS FRANÇAIS - Vive la France (2013) & Tout Schuss (2015)

    Publié le 14 Juillet 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Comédie, France, Sport, Jeunesse

    Pendant un mois, à l'occasion de la Fête Nationale, retour sur un cinéma que je délaisse trop souvent : la comédie française... ​​

    Vive la France (2013) :

    Muzafar (José Garcia) et Feruz (Michaël Youn), deux gentils bergers du Taboulistan, un petit pays d’Asie centrale méconnu, sont recrutés par leur gouvernement pour faire connaître leur nation, en commettant un attentat à Paris, contre la Tour Eiffel. Mais une fois arrivés en France, les deux étrangers rencontrent la sympathique Marianne (Isabelle Funaro), journaliste, qui les prend sous son aile, et leur fait découvrir son beau pays...

    Seconde réalisation de Michaël Youn (d'ailleurs à la co-écriture du film, là-aussi), cette comédie à mi-chemin entre Borat et We Are Four Lions s'avère une proposition de cinéma bancale, et assez difficile à cerner.

    Le problème, en fait, c'est que le film ressemble plus à une carte postale, celle des vacances de Youn et de sa compagne (qui y met du sien, mais n'est pas particulièrement attachante ou intéressante, à l'écran) à travers la France : les paysages et les régions de France se succèdent, leurs habitants (toujours plus clichés et génériques) aussi, et le tout se déroule des plus mollement, sans grande inspiration, jusqu'à l'arrivée des deux immigrants à Paris.

    Le peu de fond (sur l'immigration, la manière dont la France traite les étrangers, le terrorisme, le fanatisme, ou encore la mise en avant de ce que la France représente et a de bon) est totalement noyé dans l'accumulation de moments "tourisme", et dans un sens de l'humour bien trop sage et plat (les accents, les personnages de Youn et Garcia, leur pays d'origine, tout ça, ça ne fonctionne pas vraiment, ça ressemble à un sketch semi-improvisé et pas totalement abouti).

    Le plus frustrant, dans tout ça, c'est vraiment le fait que Youn et Garcia n'ont finalement, au long du métrage, qu'une alchimie toute relative, qui fait que ce duo pourtant théoriquement explosif finit par décevoir (hormis quelques scènes plus sincères vers la fin).

    Énorme bof, donc, et une déception certaine après Fatal.

    2/6

    Tout Schuss (2015) :

    Écrivain égocentrique, immature et déjanté, Max Salinger (José Garcia) est contraint de s'improviser "parent accompagnateur" en classe de neige afin de récupérer son dernier manuscrit, que sa fille adolescente lui a dérobé, avant de partir au ski, pour se venger de son manque d'attention. Rapidement, entouré d'ados tous plus surexcités les uns que les autres, cette classe de neiges se complique pour l'auteur arrogant...

    Comédie française à tendance colonie de vacances, plombée par un José Garcia en roue libre et en mode Jack Sparrow + Philippe Manoeuvre + Tony Stark + bobo parisien défoncé. En soi, pourquoi pas, ce personnage pourrait fonctionner dans un sketch, ou dans une comédie plus barrée, qui se serait mise au diapason de son interprétation.

    Le problème, c'est que le reste du métrage tient plus de la comédie adolescente potache très classique et banale, avec un humour parfois graveleux, scatologique et bas-de-plafond, et des références étrangement vieillottes, qui trahissent l'âge des scénaristes. Cela crée donc un gouffre improbable entre Garcia et le reste de la distribution, et le film ne s'en remet jamais vraiment.

    Un métrage raté, donc, qui ressemble fortement (en plus forcé) à ces comédies gentillettes mais totalement anecdotiques dans lesquelles Vince Vaughn ou Owen Wilson jouent occasionnellement, et qui tente, sans grande conviction, d'injecter un peu d'émotion dans tout ça, à grand renfort de piano mélancolique.  

    1.75/6

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    Un film, un jour (ou presque) #757 : MOIS FRANÇAIS - Fatal (2010) & Coursier (2010)

    Publié le 14 Juillet 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, France, Comédie, Musique, Action, Thriller, Policier

    Pendant un mois, à l'occasion de la Fête Nationale, retour sur un cinéma que je délaisse trop souvent : la comédie française... ​​

    Fatal (2010) :

    Fatal Bazooka (Michaël Youn) est un rappeur au sommet de sa gloire et de sa fortune... jusqu'au jour où Chris Prolls (Stéphane Rousseau), valeur montante de l'électro-pop, s'impose sur la scène musicale, et lui vole la vedette. Soudain ruiné et déchu de son trône, Fatal va devoir se ressourcer pour pouvoir retrouver l'inspiration, et remonter au plus haut.

    Que dire de plus au sujet de Fatal, premier film écrit et réalisé par Michaël Youn, sur la base de son personnage de Fatal Bazooka, rappeur déjanté et trash conçu pour le Morning Live ?

    Que c'est du grand n'importe quoi parodiant allègrement le monde du rap, de la musique, et s'inspirant ouvertement de multiples films américains, au premier lieu desquels Zoolander ?

    Que c'est drôle, absurde, déjanté, très bien produit, à la réalisation dynamique, et aux personnages improbables (Jérome Le Banner en garde du corps/masseur refoulé, Stéphane Rousseau excellent en Chris Prolls vandammien ; bémol sur Isabelle Funaro en Athena Novotel trop transparente) ?

    Le film est drôle, les morceaux mémorables, le parcours de Fatal convenu mais amusant (le retour aux sources en Savoie ^^), et si le rythme n'est pas parfait, l'humour parfois un peu lourd (mais bon, c'est inhérent au sujet et aux personnes impliquées), et si l'on sent un peu trop parfois le tournage au Québec (les accents de certains personnages secondaires), ça reste une réussite sympathique fourmillant de détails en tout genre.

    4.25/6

    Coursier (2010) :

    Alors que Sam (Michaël Youn), coursier, doit assister à un mariage avec sa petite amie Nadia (Géraldine Nakache), le voilà embarqué dans une course de dernière minute, qui va se transformer en course-poursuite parisienne impliquant Sam, ses amis, et une organisation criminelle aux trafics en tout genre...

    La première demi-heure de ce Coursier m'a fait très peur : ça ressemblait à une production Europa Corp basique, façon comédie policière d'action à la Taxi et en pilotage automatique, ça ronronnait, bref, ce n'était pas particulièrement intéressant, et j'avais l'impression que le couple Youn/Nakache était assez sous-exploité, et trop premier degré.

    Et puis progressivement, à partir de la demi-heure, le métrage se décoince un peu, et laisse s'exprimer le potentiel comique de ses interprètes. Le rythme reste inégal, mais ça fonctionne tout de suite mieux, le film peinant à convaincre dans ses moments les plus sérieux.

    Ça aurait donc pu être pire, et ça finit même par emporter l'adhésion grâce au capital sympathie de ses interprètes.

    3.5/6

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    Blog Update ! - Juillet 2018 (première quinzaine)

    Publié le 13 Juillet 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Cinéma, Télévision, Les bilans de Lurdo, Update

    C'est l'été, la Coupe du Monde bat son plein, et exceptionnellement, le blog des Téléphages Anonymes fait son bilan de juillet avec un peu d'avance, avant d'entamer un mois très spécial...

    #747 : G.I. Joe - Le Réveil du Cobra (2009) 3/6

    #748 : G.I. Joe - Conspiration : Version Longue (2013) 3/6

    #749 : The Perfect Score (2004) 3.5/6

    #750 : Cover Versions (2018) 3.5/6

    #751 : Girl 27 (2007) 3.25/6

    #752 : Super Troopers (2001) & Super Troopers 2 (2018) 3/6 & 2.75/6

    #753 : Owen - Hart of Gold (2015) 4/6

    #754 : Life of the Party (2018) 2.75/6

    #755 : The Debt Collector (2018) 2.25/6

    #756 : Rebelle (2012) 4/6

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    # Grand écran :

    Pas grand chose à signaler, pour cette première quinzaine : un documentaire très dans l'air du temps, mais inégal (Girl 27), de l'action décérébrée (les G.I. Joe et The Debt Collector), de la comédie peu inspirée (Life of the Party et Super Troopers 2), un Pixar sous-estimé (Rebelle), et un documentaire biographique touchant (Owen - Hart of Gold).

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    - Film de la quinzaine :

    Mention spéciale au documentaire de la WWE sur Owen Hart, touchant, mais qui aurait mérité d'être plus long...

    - Flop de la quinzaine :

    Pas de vrai flop, même si The Debt Collector s'avère instantanément oubliable...

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    # Petit écran :

    Un seul week-end au programme, pour un bilan séries rapide à effectuer : une saison 2 de Hollywood Darlings anecdotique, mais amusante, une première moitié de saison militante et inégale pour Kimmy Schmidt, et la saison 1 d'Altered Carbon, à la fois racoleuse, bancale, et au potentiel inexploité, faute de scénaristes à la hauteur. Rien de bien marquant, en somme.

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    # À venir :

    Comme je l'avais annoncé lors du bilan de fin juin, ce mois de juillet est un mois un peu spécial sur le blog des Téléphages Anonymes, car dès demain, 14 juillet, nous allons nous intéresser à un genre qui n'est habituellement pas du tout représenté sur ce blog, celui de la comédie française.

    En l'honneur de la Fête Nationale, de la Finale de la Coupe du Monde, ou que sais-je encore, les Téléphages Anonymes débranchent donc leur cerveau jusqu'au 19 août, pour un marathon de films comiques français (deux par jour, quatre le week-end, tout de même saupoudrés de quelques critiques de séries étrangères, histoire de respirer un peu) qui risque bien de laisser des séquelles...

     

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    Un film, un jour (ou presque) #756 : Rebelle (2012)

    Publié le 13 Juillet 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Comédie, Aventure, Animation, Jeunesse, Disney, Drame, Pixar

    Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus. ​​ 

    Rebelle (Brave) :

    Merida (Kelly Macdonald), fille du roi écossais Fergus (Billy Connolly) et de la Reine Elinor (Emma Thompson), se moque bien de la vie de château, et des impératifs que lui impose son rôle de princesse. Elle n'a qu'une envie : partir à l'aventure, et développer ses talents d'archère... mais lorsque les traditions la rattrapent, et que plusieurs seigneurs locaux - Lord MacGuffin (Kevin McKidd), Lord Macintosh (Craig Ferguson) et Lord Dingwall (Robbie Coltrane) - se battent pour que l'un de leurs descendants épousent Merida, la jeune femme s'enfuit, et décide de demander l'aide d'une sorcière excentrique (Julie Walters) pour régler ses problèmes...

    Un film d'animation réputé pour faire partie de ces Pixar mineurs et négligeables, plombé par une production chaotique, et supposément affublé d'un scénario insipide et générique lui valant souvent des critiques assassines... et pourtant, avec du recul et dans les faits, ce métrage n'est pas pire qu'un Raiponce, dont il se rapproche d'ailleurs assez notablement sur certains points.

    Seulement voilà : Rebelle (titre français au demeurant hors-sujet puisque le film montre bien que la rébellion de l'héroïne ne mène à rien, alors que son courage, lui, y parvient) est un film essentiellement féminin dans ses thématiques. Ça parle du désir d'émancipation et d'aventure, du refus de se confirmer aux normes sociétales, des rapports mère-fille, et de plein d'autres choses pas forcément inédites chez Disney, mais qui ne parlent clairement pas de la même manière à un public masculin et à un public féminin. D'autant qu'ici, pas de Prince charmant, puisque tous les personnages masculins sont présentés comme des bouffons incapables, ou, au mieux, bas-de-plafond.

    Faut-il y voir là une des raisons du rejet du film par certains ? Probablement, mais pas seulement. Car effectivement, l'écriture du métrage, sa symbolique un peu lourde et évidente, son "échelle" limitée (pas de grande épopée, mais une petite aventure locale), ainsi que son humour à géométrie variable (la sorcière, son corbeau, les trois frères), trahissent une écriture un peu compliquée, et manquant légèrement de cohésion.

    Heureusement, visuellement, Rebelle est superbe pour son époque, l'animation est impeccable (l'animation de la mère/ours est vraiment réussie et drôle), la musique très appropriée, et le doublage anglo-saxon est idéal (j'avoue, j'ai toujours eu un gros faible pour l'accent de Kelly Macdonald, donc là, je suis aux anges). De plus, pour peu qu'on accroche un minimum au récit malgré sa forme assez classique, le tout passe comme une lettre à la poste, et s'avère même très divertissant.

    Ce n'est clairement pas un classique instantané de Pixar, mais on est loin du ratage. Très loin, même.

    4/6

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    Un film, un jour (ou presque) #755 : The Debt Collector (2018)

    Publié le 12 Juillet 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Action, Thriller, Drame, Comédie

    Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus. ​​

    The Debt Collector :

    Instructeur en arts martiaux, French (Scott Adkins) est contraint de travailler pour le redouté Tommy (Vladimir Kulich), un criminel local pour le compte duquel il doit jouer les chasseurs de créances. Pour ce faire, French est confié aux bons soins de Sue (Louis Mandylor), un ancien boxeur désabusé et nonchalant, qui le prend sous son aile et l'emmène de débiteur en débiteur, dans des opérations toujours plus violentes...

    Film d'action du même réalisateur que Profession Tueur, déjà avec Scott Adkins, dont on retrouve la même décontraction, notamment dans l'interprétation d'Adkins, qui n'hésite plus à jouer la carte de la comédie, et du héros qui se fait progressivement démolir au cours du film.

    On se retrouve ainsi devant un buddy movie pas désagréable à suivre, malgré des problèmes de rythme, d'interprétation et de prise de son, qui sont tous en dents de scie ; sans oublier une grosse métaphore bancale consistant en des images noir et blanc de vaches menées à l'abattoir, supposées symboliser le parcours du héros, et qui sont ponctuellement insérées, çà et là, tout au long du film : ça n'apporte pas grand chose, et ça se conjugue à une fin de métrage un peu bâclée (après plus de 80 minutes, soudain, French décide de laisser un débiteur partir : moins de 10 minutes plus tard, le film est terminé dans un bain de sang), qui fait que l'on ressort de tout ça assez frustré, malgré une illustration musicale pas inintéressante, et quelques caméos sympatoches (Kulich, Tony Todd, Michael Paré - mauvais comme un cochon)...

    2.25/6

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    Un film, un jour (ou presque) #754 : Life of the Party (2018)

    Publié le 11 Juillet 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Comédie

    Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus. ​​ 

    Life of the Party :

    Alors que sa fille Maddie (Molly Gordon) rejoint sa sororité universitaire pour sa dernière année de fac, Deanna (Melissa McCarthy) découvre que son mari la trompe et exige le divorce, la laissant sans le sou. Contrainte de reprendre ses études pour obtenir un diplôme, Deanna s'inscrit donc à la fac de sa fille et, rapidement, elle devient la mère poule de sa sororité, et de toutes les jeunes femmes excentriques qui la composent (Gillian Jacobs, Jessie Ennies, Adria Arjona...).

    Tammy et The Boss, les deux collaborations précédentes de Melissa McCarthy et de Ben Falcone, son mari réalisateur et co-scénariste, étaient tout sauf convaincantes : numéro habituel de "grosse vulgaire et provoc qui cache un fond sensible" de McCarthy, rythme particulièrement inégal, seconds rôles sous-exploités... la formule était récurrente, et de moins en moins convaincante de film en film.

    Ici, changement de programme : McCarthy ne joue plus ce personnage habituel brut de décoffrage, mais celui d'une mère de famille affectueuse, au débit de parole épuisant, mais étrangement douée en tout. Sa fille l'aime, et se remet rapidement de l'embarras causé par la présence de cette quadragénaire envahissante ; toutes les filles de la sororité l'accueillent à bras ouverts ; elle est excellente en classe, elle danse parfaitement et met à l'amende ses rivales lors de la soirée 80s, elle s'entend parfaitement avec tout le monde, est la chouchoute de son professeur, et une fois son relooking moderne fait par sa fille en trente secondes chrono, elle séduit en un claquement de doigt un jeune étudiant charmant, qui devient son amant, et à qui elle fait découvrir les plaisirs d'ébats sexuels (forcément) hors-du-commun.

    Difficile de s'intéresser à ce personnage qui ne rencontre pas grand obstacle durant le film, et surmonte sans problème le peu de problèmes qui se pose au fil de ce récit assez mou et générique.

    Malgré de multiples visages familiers à l'écran (Maya Rudolph, en surjeu total ; Christina Aguilera, qui vient faire sa promotion ; Debby Ryan, qui porte bien le spandex 80s ; Chris Parnell, Nat Faxon et Stephen Root, qui passent dire bonjour ; Julie Bowen, dans le rôle de la maîtresse du mari ; Heidi Gardner du SNL en goth), le tout se déroule à un rythme mollasson et nonchalant, sans jamais s'avérer particulièrement drôle ou original, et la plupart des personnages secondaires ne sont là que pour une poignée de vannes, et pour servir de toile de fond à McCarthy, et à sa relation avec sa fille.

    Beaucoup trop de moments improvisés (ou qui auraient mérité d'être raccourcis au montage), un bon quart d'heure superflu, des bons sentiments jamais contre-balancés par des idées, de la folie ou des moments plus mordants, bref, ça tourne à vide, sans toutefois atteindre un niveau insupportable ou agaçant : c'est simplement totalement insipide et inoffensif, malgré toute l'énergie que Melissa McCarthy y met.

    2.75/6

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    Un film, un jour (ou presque) #753 : Owen - Hart of Gold (2015)

    Publié le 10 Juillet 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Documentaire, Action, Catch, Biographie, WWE, Sport

    Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus. ​​ 

    Owen - Hart of Gold :

    Documentaire WWE d'une petite heure à peine retraçant la carrière d'Owen Hart, de ses débuts au Canada, dans les années 80, à sa mort tragique, dans le ring, en 1999, et alternant interviews de tout le roster (actuel et d'époque) avec de nombreuses vidéos d'archive de matches, de promos et autres moments de la carrière du catcheur.

    Un peu trop court pour être totalement convaincant et exhaustif, mais vu que la veuve d'Owen Hart refuse toujours d'apporter sa coopération et de donner son autorisation à de tels documentaires, c'était probablement là ce que la WWE pouvait produire de mieux, compte tenu des circonstances.

    Et honnêtement, c'est loin d'être honteux : on a un aperçu assez détaillé de la carrière d'Owen, de sa personnalité, de ses motivations, et si on aurait pu se passer des interruptions "Owen Tales" qui ponctuent chaque fin de chapitre (ce sont tout simplement des anecdotes illustrant le sens de l'humour d'Owen, mais elles ont un peu tendance à casser le rythme et le format du documentaire), ça reste un portrait assez réussi d'un lutteur ultra-talentueux et polyvalent, trop souvent resté dans l'ombre de son frère aîné, et dont la disparition, survolée à la fin du métrage, parvient à émouvoir le spectateur, presque autant qu'elle émeut encore clairement les athlètes ayant connu Owen.

    Imparfait, mais dans l'ensemble assez intéressant.

    4/6

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    Un film, un jour (ou presque) #752 : Super Troopers (2001) & Super Troopers 2 (2018)

    Publié le 9 Juillet 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Comédie, Action, Policier

    Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus. ​​ 

    Super Troopers (2001) :

    À Spurbury, dans le Vermont, une guerre implacable fait rage entre la brigade de la police municipale (Daniel von Bargen, Marisa Coughlan, James Grace, Michael Weaver, Dan Fey), sérieuse et professionnelle, et la bande de bras cassés de la police de la route (Brian Cox, Jay Chandrasekhar, Paul Soter, Steve Lemme, Erik Stolhanske, Kevin Heffernan). Mais lorsque l'escouade de la police routière se trouve sur la sellette, cette troupe de fêtards incapables n'a d'autre choix que de mettre fin à un trafic de drogues bien réel si elle veut éviter d'être mise au chômage...

    Généralement, j'ai de la sympathie pour la bande des Broken Lizard, mais je suis le premier à admettre que leur production cinématographique est des plus inégales (mon chouchou restant Club Dread, que j'apprécie un peu plus à chaque vision). À l'occasion de la sortie (et de la critique) du second opus des Super Troopers, j'en profite donc pour revenir sur le premier épisode, sorti il y a déjà 17 ans, et qui était alors le second long-métrage de la troupe, après un Puddle Cruiser confidentiel et tourné sur le campus de leur université.

    Et je dois bien dire que Super Troopers, à contrario de Club Dread, a tendance à passer un peu moins bien à chaque fois que je le revois. Ça reste sympathique à regarder, Marisa Coughlan est toujours attachante, mais il reste des problèmes assez notables de rythme (ça commence mollement, ça prend de la vitesse, ça commence à bien fonctionner, et puis ça s’essouffle dans la dernière demi-heure, malgré le passage film de casse à compte à rebours qui aurait dû dynamiser le tout et lancer un dernier tiers plus nerveux), et un humour assez inégal à de nombreux niveaux.

    Rien de calamiteux, mais rien de très mémorable non plus, malgré le statut de film culte de ce Super Troopers.

    3/6

    Super Troopers 2 (2018) :

    Revenus à la vie civile après un incident ayant mené à la mort de Fred Savage, les ex-officiers de la patrouille routière de Spurbury sont contactés par leur ancien supérieur (Brian Cox) et par le Gouverneur du Vermont (Lynda Carter), qui leur confie une nouvelle mission : reprendre du service en tant que police de la route à la frontière avec le Canada, frontière qui est sur le point d'être étendue vers le nord pour y intégrer une petite ville locale. Mais entre leurs rivalités internes, les différences entre Canadiens et Américains, et l'hostilité de la police montée canadienne (Tyler Labine, Will Sasso, Hayes MacArthur), cette bande d'incapables a bien du mal à remplir sa mission... jusqu'à ce qu'ils tombent sur un trafic d'armes et de drogues des plus sérieux.

    17 ans après, on prend les mêmes, et on recommence, avec un film partiellement financé de manière participative, et donc fait pour les fans, avec l'argent des fans. Le fanservice est donc à l'ordre du jour, puisque l'on retrouve ici tous les participants du film original, que ce soit au niveau des rôles principaux, ou des caméos (Jim Gaffigan, Lynda Carter), pour un résultat malheureusement décevant, car particulièrement redondant.

    En effet, ce Super Troopers 2 répète (volontairement) bon nombre des gags et de la structure du premier film, en saupoudrant le tout de nombreuses vannes sur le Canada et de préjugés raciaux qui rappellent malheureusement beaucoup trop toutes les vannes canadiennes de South Park.

    Cela dit, les Canadiens (le trio de mounties, les autochtones, mais aussi Emmanuelle Chriqui, et Rob Lowe en maire canadien) en ont autant à l'intention des Américains, donc ça équilibre un peu, à défaut d'être très original.

    Et si le reste du film est un peu mieux structuré que l'original, il se déroule mollement, avec quelques moments amusants (l'arrestation d'un véhicule en faux français), quelques clins d'oeil aux autres films Broken Lizard (la musique de Club Dread), quelques idées de trop (les 10 minutes d'introduction onirique qui sont clairement superflues, et ne sont là que pour caser une apparition de Damon Wayans Jr. et de Seann William Scott), des gags qui tombent à plat, et des sous-intrigues qui ne fonctionnent pas trop (Chandrasekhar qui prend des contraceptifs/hormones féminines, ça évoque Kevin Nash dans Mi-temps au Mitard).

    Ça tente bien un gros final plein d'action, mais bon, au final, en dépit du fait que le film s'inscrive totalement dans la continuité du précédent, il s'avère presque moins mémorable que l'épisode original...

    2.75/6

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    Les bilans de Lurdo : Hollywood Darlings, saison 2 (2018)

    Publié le 8 Juillet 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Télévision, Comédie, Sitcom, Documentaire, PopTv, Les bilans de Lurdo

    Deuxième (et dernière ?) saison de huit épisodes pour cette sitcom mockumentaire mettant en scène Christine Lakin (Notre Belle Famille), Jodie Sweetin (La Fête à la Maison) et Beverley Mitchell (7 à la Maison), amies dans la vie, et anciennes stars du petit écran américain.

    Hollywood Darlings - saison 2 :

    Nouvelle fournée d'épisodes pour cette série, donc, qui met ici totalement de côté son aspect "documentaire parodique" (finies, les interviews face caméra) pour aller ouvertement en direction d'une sitcom de plus en plus décomplexée, qui permet aux trois actrices de se lâcher, et à Lakin d'être notamment accompagnée par son époux (Brandon Breault), dans son propre rôle.

    Au programme, cette année, toujours des caméos de multiples visages familiers des années 80-90 - Marla Sokoloff (La Fête à la Maison), Will Friedle (Incorrigible Cory), Soleil Moon Frye (Punky Brewster), Matthew Lawrence (Incorrigible Cory), Liam Kyle Sullivan (Touche pas à mes filles), David Lascher (Petite Fleur), Jordan Christopher Michael (La Fête à a Maison), Tatyana Ali (Le Prince de Bel-Air) - et des intrigues toujours plus improbables.

    En vrac, on a ainsi un épisode flashback, relatant la rencontre des trois amies à l'occasion du passage à l'an 2000 (avec chorégraphie en prime) ; Lakin qui se fait passer pour morte afin de profiter du buzz internet autour de son nom ; les trois filles qui découvrent que la nounou de Beverley est une ex-porn star, et qui tentent de lui donner des cours de comédie ; Lakin et Mitchell qui se croient victimes d'une malédiction lancée par de jeunes sorcières ; ou encore une parodie de Big Little Lies, sur une fête d'anniversaire qui tourne mal...

    À nouveau, comme pour la saison 1, rien de vraiment exceptionnel, mais le tout est mené avec tellement de bonne humeur et d'énergie - et le trio semble tellement bien s'entendre - que la série se regarde d'une traite, et que l'on passe un bon moment.

    Un moment anecdotique, certes, mais un bon moment tout de même.

     

    Retrouvez aussi sur ce blog le bilan de la saison 1 de Hollywood Darlings...

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    Les bilans de Lurdo - Altered Carbon, saison 1 (2018) - deuxième partie (1x06-10) et bilan

    Publié le 8 Juillet 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Télévision, Les bilans de Lurdo, Thriller, Drame, Policier, Science-Fiction, Netflix

    La première moitié de saison d'Altered Carbon a été très loin de me convaincre : clichés énormes, nudité gratuite, action très moyenne, écriture faible, distribution très inégale... bref, la série a encore beaucoup d'efforts à faire si elle veut me convaincre avant la fin de sa première saison.

    Altered Carbon, saison 1 (2018) - suite et fin :

    - 1x06 : Alors qu'Ortega se remet à peine de l'assaut du Ghostwalker, Kovacs explique aux Bancroft les exactions de leur fils, mais Carnage rôde, bien décidé à amener Ortega et Kovacs à se battre pour lui...

    Un épisode plus court (moins de 45 minutes), mais pas bien meilleur, à vrai dire.

    D'un côté, le traitement psychique de la fille de Vernon Elliot par Poe ne sert pour l'instant pas à grand chose, mais parvient à rendre Vernon assez antipathique. De l'autre, la résolution de la sous-intrigue du fils Bancroft, et ses conséquences.

    Là, premier problème : le fiston Bancroft est assez mauvais, et prend des postures un peu théâtrales ; ajoutez à cela une écriture toujours aussi pataude (entre les micro-flashbacks sur l'enfance de Kovacs pour ponctuer les conflits familiaux des Bancroft, et la tentative de créer un semblant de tension lors de la colère de Bancroft, pour faire croire au spectateur qu'il va frapper son fils avec un tisonnier, alors que sa cible réelle est évidente, c'est un festival), et on se retrouve avec un morceau d'épisode assez anecdotique.

    Reste alors le gros morceau Carnage. Matt Frewer en fait trois tonnes, mais ce n'est pas bien grave ; Byron Mann ne fait que de la figuration, passe encore (le vrai problème, c'est qu'il est nettement plus charismatique que l'acteur qui interprète le Ghostwalker, et que les deux rôles auraient dû être inversés) ; le combat mal filmé dans l'arène contre des monstres risibles, semblant sortis de Buffy, et qui arrive pile après qu'Ortega ait été upgradée à la Misty Knight (quelle coïncidence bien pratique !), ça commence à coincer.

    Et là où ça s'effondre, en fait, c'est lorsque Dichen Lachman débarque en ninja badass, que la réalisation semble soudain se rappeler comment cadrer une scène d'action... mais que le tout est illustré par une reprise particulièrement mauvaise d'un morceau de White Zombie, qui fait vraiment tache... bien tenté, mais raté.

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    - 1x07 : Alors que Kovacs se remet auprès de sa soeur Reileen (Dichen Lachman), il se remémore son passé dans la résistance et dans le Protectorat...

    Un épisode de 66 minutes bourré de flashbacks, ça laissait augurer du pire.

    Et effectivement, il y a pas mal de redondances avec des flashbacks déjà vus, de moments qui font lever les yeux au ciel (la romance Tak/Quell, les platitudes que celle-ci assène à ses "disciples", son côté Morpheus du pauvre, la "jalousie" de Reileen), et de facilités scénaristiques qui ont tendance à télégraphier la suite de l'intrigue (tout ce qui a trait à la sœur de Takeshi, notamment : à force de lui faire dire encore et encore que le lien familial entre elle et Tak est plus important que tout, forcément, on devine une trahison inévitable à un moment ou à un autre).

    Cela dit, le budget est là, et sorti de la ville ultra-moderne, le show semble trouver un second souffle, avoir plus de place pour respirer, et pour mettre en valeur des décors naturels intéressants. Finalement, ces 66 minutes passent mieux que je ne le redoutais, et les scènes d'action empêchent que l'on ressente un peu trop la durée de l'épisode.

    Dommage que la réalisation soit assez inégale, avec des effets et gimmicks visuels parfois inutiles, qui viennent parasiter ce qu'il y a à l'écran. Mais dans l'ensemble, c'est probablement l'un des épisodes les plus homogènes et satisfaisants.

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    - 1x08 : Tandis que, de son côté, Ortega tente de découvrir qui est la femme qui a sauvé Kovacs, ce dernier réunit tous les suspects du meurtre de Bancroft, et identifie son avocate (Tamara Taylor) comme la coupable du crime...

    Un épisode assez quelconque, ayant son lot de grosses ficelles (Kovacs qui tente de repousser Ortega en lui mentant et en la rendant triste, c'est un grand moment de facepalm), de remplissage (je ne suis toujours pas certain de l'intérêt intrinsèque du personnage de Vernon et de sa famille, qui semblent plus fonctionnels qu'autre chose, et ne semblent là que pour déboucher sur une implantation de Lizzie dans une nouvelle sleeve, pour en faire une guerrière badass au moment où Kovacs en aura le plus besoin) et de moments ratés (la grande découverte de Kovacs qui comprend enfin la vérité sur la Tête dans les Nuages, à grands renforts de caméra tourbillonnante et de flashbacks auditifs, ça tombe affreusement à plat) mais qui, dans l'ensemble, permet d'avancer un peu (le côté Agatha Christie de la réunion est amusant), et s'avère surtout un prélude au "naked fight" opposant Ortega aux clones de Reileen.

    Une scène courageuse de la part de Dichen Lachman, mais qui souffre d'une réalisation comme souvent très inégale, et d'une caractérisation d'Ortega assez agaçante - elle a de la chance d'avoir récupéré un bras bionique très récemment (quelle coïncidence - bis !) parce que sans lui, elle aurait déjà été tuée à plusieurs reprises, tant elle semble idiote et tête brulée.

    - 1x09 : Après le massacre de toute la famille Ortega par le Ghostwalker aux ordres de Rei (qui retient Ortega prisonnière), Kovacs et ses alliés mettent au point un plan improbable pour infiltrer la Tête dans les Nuages.

    Les choses se concrétisent un peu, mais malheureusement, cela se fait toujours à grands renforts de facilités et de ficelles narratives énormes qui gênent plus qu'autre chose : en vrac, on peut citer la narration déstructurée, uniquement là pour permettre quelques ellipses ; la scène de bain et de nudité ultra-racoleuse ; le sac qui se déchire à l'arrivée de Kovacs sur la Tête, et qui se vide intégralement de son contenu (armes, etc), mais par chance, l'objet indispensable à la mission est toujours là ; le double sleeving de Kovacs, bricolé en trois minutes dans une chambre d'hôtel, et qui tue tout suspens quant à la survie de ce dernier sur la Tête ; le compte à rebours inutile, uniquement là pour imposer un rythme forcé à la mission...

    Bref, inutile de chercher de la subtilité et de la finesse dans l'écriture, ou, à nouveau, dans l'illustration musicale (avec une reprise pataude et hors-sujet de Johnny Cash durant la découvertes des cadavres de la famille Ortega, et ce qui suit).

    Cela dit, ça continue d'avancer un peu, ce qui donne l'impression de quelque chose de plus réussi et efficace que certains des épisodes préalables, c'est toujours ça de pris.

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    - 1x10 : Pris au piège de sa sœur, Kovacs l'affronte une dernière fois, alors que son enquête touche à sa fin.

    Première réaction : Ortega ne sert vraiment à rien de plus qu'à être un love interest/une princesse à secourir, et visiblement, la seule raison pour laquelle le Ghostwalker a été physiquement aussi peu mis en valeur ou rendu impressionnant/menaçant, durant cette saison, c'était pour rendre crédible le moment où Ortega (qui ne dépasse probablement pas le mètre 55) le démolit.

    Mouais. Comme beaucoup de choses dans cette série, on a l'impression que les showrunners ( ou l'auteur du roman ?) avaient une idée précise, un objectif, un moment, une scène "cool" en tête (Ortega qui élimine à mains nues l'assassin de sa famille ; les trois Elliot qui détruisent ensemble la Tête dans les Nuages ; Lizzie en Trinity du pauvre vêtue de latex qui tue des méchants ; Ortega qui contre les coups de katana avec son bras...), et qu'ils se sont alors pliés en quatre pour y arriver, quitte à passer par un maximum de facilités et de rebondissements rétroactifs indignes d'un programme de "prestige tv".

    "Peu importe que le déroulement de l'intrigue soit capillotracté, bâclé, délayé ou improbable, tant qu'on arrive où l'on veut arriver", en somme. Ce qui est un problème assez récurrent chez certains scénaristes manquant d'imagination et/ou de talent.

    Le parcours de Lizzie est ainsi assez symptomatique : après une saison entière durant laquelle son père, sa mère, et sa thérapie n'ont été qu'un enchaînement constant de développement inabouti et de moments forcés par les scénaristes, sans surprise, elle se réincarne en une sorte de Trinity du pauvre, vêtue de latex, et elle démolit du méchant sur fond de pop rock insipide, avant d'avoir droit à un happy end narré en voix off... mouais. Tout ça pour ça.

    L'enquête globale de Kovacs succombe aussi à ce problème : non seulement l'affaire est-elle assez quelconque, au final, mais en plus, le récit semble se contorsionner pour déboucher sur une classique confrontation du détective avec tous les suspects (scène à laquelle on a déjà eu droit il y a quelques épisodes). Pas forcément indispensable, franchement.

    D'ailleurs, tout ce qui se produit après la destruction (spectaculaire) de la Tête dans les Nuages tombe gentiment à plat : abus de Quell et de platitudes débitées en voix off, manque de rythme, manque d'enjeux pour Kovacs, reprise finale de Johnny Cash qui achève d'agacer...

    Bref, on préfèrera oublier les grosses ficelles et les dialogues maladroits, pour rester sur la bonne impression d'un duel au katana façon Highlander, plutôt efficace malgré des bruitages un peu trop présents (et malgré le cliché de ces asiatiques qui se battent tous au katana, forcément, puisqu'on est décidément en plein dans les stéréotypes...).

     

    -- Bilan global --

    Tout ça pour ça.

    C'est vraiment tout ce qui me vient à l'esprit à la fin de cette saison. 10 ans de gestation cinématographique, une hype démesurée, un budget conséquent, et voilà : on aurait pu s'attendre à quelque chose de plus travaillé, de plus original, de plus développé thématiquement, de plus pertinent... mais non.

    On se retrouve avec une série de cyberpunk ultra-basique, qui enchaîne tous les clichés possibles et imaginables du genre (comme autant de madeleines de Proust pour les fans de ce style littéraire) de la manière la plus plate et générique possible, et enveloppe le tout dans un rendu visuel clinquant et efficace, en espérant qu'une bonne dose d'effets numériques, d'atmosphère dérivative, et de nudité, parvienne à faire passer le tout comme une lettre à la cyber-poste.

    Mouais.

    Alors encore une fois, j'ignore totalement si les nombreux défauts que je trouve à l'écriture de la série sont hérités - ou non - du livre original. Cela ne m'étonnerait pas forcément, mais dans le doute, je ne peux que me baser sur ce que j'ai eu sous les yeux : un enchaînement de personnages clichés et de péripéties cousues de fil blanc, qui survole ses thématiques pour leur préférer de l'action moyennement filmée, une mise en image poseuse et de la nudité gratuite.

    J'ai lu que la showrunneuse affirmait que la nudité de sa série n'était pas gratuite, qu'elle participait au rapport détaché et désacralisé des personnages vis à vis de leur chair, et qu'elle avait pris grand soin de mettre en scène une nudité égalitaire : permettez-moi de rire, puisque la nudité d'Altered Carbon est à 80% féminine, et qu'elle reste globalement racoleuse.

    D'un autre côté, la distribution n'aide pas vraiment la série : une grosse partie du casting manque cruellement de charisme, et ne parvient pas à transcender les archétypes que sont leurs personnages, ou les dialogues bancals qui leur sont confiés (même Dichen Lachman, pour qui j'ai énormément de sympathie, galère un peu de temps à autre). D'autres (Martha Higareda, en fait) jouent comme dans un soap mexicain, tout en postures exagérées, et en expressions forcées.

    Bref, on peut résumer les problèmes d'écriture de la série à une absence totale de subtilité... qui n'est pas forcément surprenant lorsque l'on regarde le cv des scénaristes de cette série : outre la showrunneuse, on trouve là énormément de scénaristes peu expérimentés, ou issus de programmes rarement remarqués pour la qualité et l'originalité de leur écriture dramatique.

    Vraiment dommage qu'une telle débauche de moyens visuels et financiers ait été consacrée à un programme à l'écriture aussi médiocre.

     

    (retrouvez aussi sur ce blog la critique des épisodes 1x01-05)

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    Les bilans de Lurdo : Unbreakable Kimmy Schmidt, saison 4 - première partie (2018)

    Publié le 7 Juillet 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Télévision, Comédie, Sitcom, Netflix, Les bilans de Lurdo

    Dernière et ultime saison pour cette sitcom supervisée par Tina Fey, une saison découpée en deux parties, dont la première moitié (six épisodes) a été diffusée à la fin du mois de mai dernier.

    Les bilans de Lurdo : Unbreakable Kimmy Schmidt - Saison 4.1 :

    4x01 : Kimmy, en charge des ressources humaines de la startup où elle travaille, est accusée de harcèlement sexuel par un employé qu'elle devait renvoyer ; Jacqueline et Titus inventent un show tv fictif pour gonfler le CV de l'acteur ; Lillian tente de répandre les cendres d'Artie.

    Un reprise pas désagréable, qui commence par un pseudo-générique de sitcom façon années 80-90, continue avec des sous-intrigues à l’intérêt inégal, place un caméo de Greg Kinnear, et se rattrape bien sur la fin, avec des résolutions systématiquement improbables de ses sous-intrigues.

    4x02 : Lillian et Jacqueline essaient de résoudre les problèmes d'appartement de cette dernière, tandis que Titus tente d'écrire le pilote de sa "série", et que Kimmy découvre le binge-watching, ainsi que le concept de white privilege...

    Quelques moments vraiment absurdes et amusants, et dans l'ensemble, le début d'une tendance plus militante et activiste pour Kimmy, tendance qui, sans être forcément inédite ou originale, ne fait que se renforcer dans le reste de la demi-saison.

    4x03 : Kimmy et Titus regardent un documentaire "Netflix" réalisé par un DJ, qui tente de prouver l'innocence du Révérend...

    Un pastiche intégral des documentaires criminels Netflix, vraiment très réussi sur la forme ; j'émettrai cependant beaucoup plus de réserves sur le fond, puisque les scénaristes ont ici la main très lourde sur la rhétorique anti-Trump, sur les caricatures d'incels, sur les clichés de la masculinité toxique, et sur les activistes des droits des hommes (ici représentés par Bobby Moynihan).

    En soi, c'est pertinent, c'est opportun, c'est toujours bienvenu, et tout et tout... mais honnêtement, ça me fatigue d'entendre toujours la même chose, et surtout, ça manque d'originalité et de nouvel angle d'attaque. Peut-être que si Fey avait elle-même écrit le script, ça serait mieux passé... ou pas.

    4x04 : Kimmy et Lillian partent pour une convention commerciale technologique, où Kimmy fait une rencontre ; Jacqueline, elle, décroche un rôle pour Titus dans une pièce d'utilité publique à destination des écoles.

    Ah, bah en parlant de clichés, le monde des nerds et des technologies vu par Fey et compagnie, ça ne vole pas bien haut. Idem pour le harcèlement scolaire.

    Ça reste amusant, cela dit, même si la prise de conscience de Titus sera probablement oubliée dès le prochain épisode, si la leçon de vie de Lillian sur scène vaut principalement pour tous les quiproquos qui la précèdent, et si le côté "Kimmy rencontre un homme, mais forcément, c'est une ordure" commence à faire beaucoup dans le genre...

    4x05 : Titus tente de monter une représentation scolaire de la Belle et la Bête, pour laquelle Jacqueline et Lillian vendent des places à un public de hipsters (Zosia Mamet...) ; Kimmy, elle, se confronte à Fran (Moynihan), avant de prendre conscience du sexisme des contes de fées.

    À nouveau, avec le personnage de Fran, on retombe dans le discours anti-mra/pro-#metoo qui me lasse franchement (en dépit de sa pertinence) et qui ne me fait pas vraiment rire.

    Là, en prime, on a droit à une Kimmy en mode militante qui s'indigne de la Belle et la Bête et des princes de contes de fées, comme une utilisatrice de tumblr qui découvrirait le féminisme 2.0 et se lancerait dans une tirade particulièrement éventée.

    Heureusement, tout autour, les vannes continuent à fuser et à faire mouche, mais ce fond revendicatif me fatigue un peu.

    4x06 : Lillian est embarquée dans une histoire d'héritage la confrontant aux enfants d'Artie (Busy Philipps, Josh Cooke), pendant que Kimmy retrouve son sac à dos et décide de changer le monde en s'adressant aux petits garçons au travers d'un livre de fantasy ; Jacqueline, elle, doit faire face à la grossesse inattendue de Xan, abandonnée par son petit-ami...

    Tina Fey revient à l'écriture (enfin, à la co-écriture), et... je dois dire que je n'ai pas particulièrement accroché à cet épisode. Principalement parce que les deux sous-intrigues principales, celle de Jacqueline et de Lillian, ne m'ont pas intéressé le moins du monde (je l'ai déjà dit, mais Lillian, Xan et Jacqueline sont loin d'être mes personnages préférés) et, dans le cas de Xan, c'est encore l'occasion d'en rajouter une couche sur le #metoo, avec un commentaire sur les femmes qui ne sont jamais crues par la société quand elles sont victimes d'une ordure, etc.

    Ajoutez à cela une Busy Philipps qui semble là pour rester (mouais, sans plus), et un moment très sombre (trop sombre ?) durant lequel Kimmy est sur le point d'enterrer son âme d'enfant, et on se retrouve avec un mid-season finale en demi-teinte.

    ---

    Une demi-saison engagée, quasiment militante dans ses thématiques, et qui surfe sur le mouvement #metoo, pour confronter Kimmy aux horreurs de la société moderne et du genre masculin, afin de la forcer à grandir et à murir.

    Ce qui, comme je l'ai mentionné plus haut, a un peu tendance à me fatiguer, principalement parce que ce n'est pas fait avec une grande finesse ou une grande subtilité.

    De même, cette prise de conscience et ces thématiques imposent un ton un peu plus sombre et désenchanté aux mésaventures de Kimmy. Ce n'est pas forcement une mauvaise chose si Fey & co doivent boucler la boucle à la fin de la saison, mais ça signifie aussi que le tout n'est plus aussi rafraichissant et optimiste qu'avant - et que Kimmy semble parfois reléguée au second plan de ces épisodes.

    Cela dit, le tout fourmille toujours de gags et de blagues percutantes et inattendues, c'est toujours assez agréable à suivre, et la distribution est toujours impeccable. Néanmoins, un peu comme 30 Rock en son temps, il est peut-être temps que la série touche à sa fin, avant que le niveau global ne continue à baisser lentement, mais surement.

    À suivre en janvier 2019...

     

    Retrouvez aussi sur ce blog les bilans de la saison 1, de la saison 2 et de la saison 3.

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