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LES TÉLÉPHAGES ANONYMES

Il était une fois Lurdo & Sygbab, deux internautes passionnés de séries tv et de cinéma, et qui cherchaient un endroit où archiver leurs avis (semi) éclairés...

Un film, un jour (ou presque) #811 : Dernier été à Staten Island (2015)

Publié le 28 Août 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Comédie, Netflix, SNL, Jeunesse, Biographie

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus. ​​ 

Dernier été à Staten Island (Staten Island Summer) :

Alors qu'il est sur le point de partir faire ses études à Harvard, Danny (Graham Phillips) passe un dernier été avec ses amis et collègues maîtres nageurs (Zack Pearlman, John DeLuca, Bobby Moynihan, Cecily Strong, Fred Armisen, Mike O'Brien) autour de la piscine municipale, à Staten Island. Un été qu'ils comptent bien terminer par une fête mémorable, en dépit de la surveillance de leur supérieur hiérarchique (Mike O'Brien). Mais Danny est distrait : épris de la belle Krystal (Ashley Greene), la fille d'un mafieux local (Vincent Pastore), il est prêt à tout pour la séduire...

Une comédie produite par Lorne Michaels, du Saturday Night Live, écrite par Michael Jost, du Saturday Night Live, mettant en vedette une grosse partie de la distribution du Saturday Night Live, et réalisée par l'un des réalisateurs du Saturday Night Live.

Bref, en d'autres temps, cela se serait appelé National Lampoon's Staten Island Summer, mais là, on doit se contenter d'une version romancée de la jeunesse de Michael Jost, ou plutôt, de son alter-ego Danny (ce qui n'empêche pas Jost et son frère d'apparaître dans de petits rôles de policiers).

Et comme l'est souvent le SNL depuis que Jost en est le rédacteur en chef, ce film est très inégal. Comme au SNL, ça regorge de visages familiers dans les seconds rôles (Will Forte, Kate Walsh, Gina Gershon, Jim Gaffigan, Method Man, Kate McKinnon, Penny Marshall...) ; comme au SNL, c'est assez bien filmé (c'est assez lumineux et ensoleillé, ce qui est approprié au sujet du film), bien qu'à la limite du vidéo-clip dans ses effets (ralentis, visuels ultra-contrastés, mouvements de caméra, montage, etc) ; comme au SNL, certains gags et/ou sous-intrigues fonctionnent très bien, d'autres ont des chutes affreusement téléphonées, et d'autres enfin trainent en longueur jusqu'à tomber à plat ; et comme au SNL, certains moments sont totalement improbables, comme ce délire animé qui illustre l'hallucination stupéfiante de Mike O'Brien, ou encore tout ce qui tourne autour de Fred Armisen et du petit Jackson Nicoll.

Un film très inégal, donc, relativement convenu, et au rythme assez bancal (ça traine en longueur, avec un gros coup de mou aux 2/3), mais qui étrangement n'est pas désagréable à suivre. Et puis comme Kate McKinnon n'a qu'un rôle minuscule, alors que Cecily Strong, elle, a l'un des rôles principaux, j'ai envie de me montrer gentil.

3.25/6 (dommage qu'Ashley Greene soit à ce point transparente, et que Graham Phillips ne fasse pas forcément plus forte impression - cela n'aide pas à s'intéresser au couple principal)

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Et comme toujours, vous pouvez retrouver la liste complète de tous les films passés en revue sur ce blog dans le menu Index de haut de page, ou en cliquant directement sur ce lien...

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Un film, un jour (ou presque) #810 : Liberation Day (2016)

Publié le 27 Août 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Documentaire, Musique, Politique

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus. ​​ 

Liberation Day :

Surréaliste.

C'est vraiment le mot qui définit le plus ce documentaire retraçant la visite de Laibach, groupe slovène provocateur, connu pour sa satire très prononcée et son utilisation des codes des régimes totalitaires, ainsi que pour ses reprises militaristes de morceaux pop, en Corée du Nord, pour y tenir un concert à l'occasion du 70ème anniversaire de la "libération" du pays du joug japonais.

Surréaliste, depuis son ouverture reprenant la Mélodie du Bonheur, illustrant une juxtaposition d'images de propagande et de guerre, et d'innombrables images d'artistes occidentaux en concert, pour montrer les similitudes entre ces deux types d'adoration de masse.

Surréaliste, pour la volonté du groupe de rester en retrait, toujours in character, ce qui laisse Morten Traavik, réalisateur du tout, et organisateur de ce concert, sur le devant de la scène, à lutter contre la censure et les impératifs d'un régime dépassé (tant technologiquement qu'idéologiquement) par ce que propose le groupe.

Surréaliste, parce qu'on a droit, par moments, à de véritables interrogations de la part de certains membres de la délégation occidentale, qui se demandent si les gens qu'ils voient autour d'eux, tous souriants et polis, sont véritablement opprimés et lobotomisés par leur régime (la réponse est oui, clairement, mais ponctuellement, l'utopie nord-coréenne semble crédible).

Surréaliste, enfin, pour le bref aperçu que l'on a du concert (une seule chanson), et du gouffre existant entre ce groupe conceptuel et d'avant-garde, et un public policé et raide, qui ne comprend pas vraiment ce qu'il à sous les yeux, et qui ne sait pas comment réagir autrement que par des applaudissements polis et modérés.

On regrettera néanmoins que le film manque d'un petit quelque chose : pas assez de Laibach ou de musique, un peu trop de problèmes et d'incompréhensions techniques, pas assez de recul et de recontextualisation du tout, pour redonner un peu de sens à ce film de tournée...

Dans l'ensemble, cependant, c'est assez fascinant, intrigant, et on se demande encore comment diable tout ceci a bien pu s'organiser sans virer à l'incident diplomatique...

4.25/6

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Les bilans de Lurdo : Ryan Hansen Solves Crimes on Television, saison 1 (2017)

Publié le 26 Août 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Télévision, Les bilans de Lurdo, Comédie, Sitcom, YouTube, Policier

Sitcom YouTube Red en 8 épisodes de 25-30 minutes, Ryan Hansen Solves Crimes on Television marche directement dans les traces de Play It Again, Dick, série spin-off de Veronica Mars dans laquelle Ryan Hansen, interprète de Dick Casablancas, essayait de convaincre ses amis et l'industrie de lancer une série dérivée le mettant en vedette.

Ryan Hansen Solves Crime on Television, saison 1 :

Alors qu'une vague de meurtres et de crimes frappe Hollywood, le maire de Los Angeles décide d'avoir recours à des acteurs plus ou moins connus pour assister les forces de police sur le terrain. Parmi ces acteurs, Ryan Hansen, qui assiste donc Jessica Mathers (Samira Wiley), et emmène avec lui une équipe de tournage pour en faire un show pour YouTube Red...

Les ficelles de ce Ryan Hansen solves... (créée et supervisée par le réalisateur et scénariste d'Agents presque secrets, de Dodgeball et de Les Miller, une famille en herbe) sont ainsi globalement les mêmes que dans Play It Again, Dick : Ryan Hansen joue son propre rôle d'acteur insupportable, idiot et imbu de lui-même, il est entouré de nombreux visages familiers (Karen David !), et plusieurs de ses amis IRL font des caméos, que ce soit dans leur propre rôle ou non (Jon Cryer, Aly Michalka, Eric Christian Olsen, Donald Faison, Yvette Nicole Brown, Kristen Bell, Peter Berg, Joel McHale).

Le tout se coulant dans le moule de la série Castle, avec cette fliquette dure à cuire et professionnelle, qui doit supporter la présence d'un boulet sans la moindre expérience de terrain, mais dont la connaissance d'un certain milieu lui donne (parfois) des intuitions pertinentes.

Rajoutez là-dessus une couche de second degré et de parodie des conventions du genre (un peu comme dans Angie Tribeca), parfois directement amenés par les répliques et les dialogues de Hansen (YouTube Red s'en prend plein la tête pendant une bonne partie de la saison) qui soulignent le caractère artificiel et les clichés de tels récits (le Commissaire Jackson qui change d'interprète à chaque épisode), et parfois mis en évidence au niveau visuel (il y a ainsi de constants changements de formats, la série basculant en mode "cinématographique" lors des moments les plus nerveux, et revenant à quelque chose de plus télévisuel à d'autres moments).

Sans oublier chaque fin d'épisode, en mode sitcom familiale de studio (décors fauchés, public qui rit sur commande, éclairages saturés, multi-cam, etc), avec Aly Michalka dans le rôle de la femme de Ryan Hansen, mère de leurs trois filles, et Jon Cryer dans son propre rôle... celui du voisin envahissant.

Des expérimentations formelles et stylistiques qui se marient bien à l'humour méta du tout, et donnent de l'intérêt à la série.

À l'identique, difficile de ne pas s'amuser devant l'épisode mettant en scène Kristen Bell jouant son propre rôle, et gérant d'une main de fer, à ses heures perdues, une entreprise de sosies de "princesses génériques et non copyrightées pour fêtes d'anniversaires", un épisode se concluant par un tonitruant "Elsa can suck my d*ck !" ; ou encore en découvrant la bromance progressive entre Olsen et Hansen ; voire même lorsque Hansen est viré de la série, et remplacé, dans le rôle de Ryan Hansen, par Joel McHale.

Autant de scénarios improbables qui se moquent souvent de l'univers de Los Angeles (la folie des escape rooms, la vacuité des acteurs, les embouteillages, les food bloggers, le street art, le carpool karaoke, etc) et qui s'avèrent sympathiques à suivre... sans plus.

Car malgré ses 8 épisodes et sa durée globale assez courte, la série peine à convaincre sur l'ensemble. Ponctuellement, on s'amuse, on rit bien, on trouve ça réussi, mais le rythme global fait que, bien souvent, les moments les plus efficaces se trouvent dilués dans le tout, un tout assez quelconque et peu mémorable.

C'est dommage, parce que le double épisode final parvient à relier plusieurs sous-intrigues de manière assez réussie et amusante, et promet le meilleur. Mais la série n'a, pour l'instant, pas vraiment trouvé son équilibre, et il est peu probable que YouTube Red la renouvelle, vu le peu de succès de la plate-forme.

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Les bilans de Lurdo : Corporate, saison 1 (2018)

Publié le 25 Août 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Télévision, Les bilans de Lurdo, Comédie, Sitcom, Comedy Central

Comédie corrosive en 10 épisodes de 20-22 minutes, Corporate a été créée par Pat Bishop, Matt Ingebretson, et Jake Weisman, auteurs et réalisateurs de courts comiques pour la chaîne et pour le web. Au programme, une satire mordante, décalée et dépressive du monde du travail en entreprise, avec ce que cela comporte de manipulations, d'exploitation, d'immoralité, d'apathie et de problèmes psychologiques...

Corporate, saison 1 :

Dirigée par le tyrannique et amoral Christian DeVille (Lance Reddick), la multinationale Hampton DeVille domine son industrie et traite ses employés comme une main d’œuvre impersonnelle et interchangeable. Matt (Matt Ingebretson) et Jake (Jake Weisman), deux futurs cadres en formation, tentent de tirer leur épingle du jeu, et de naviguer les eaux tumultueuses de l'entreprise, tout en s'efforçant de gérer leur dépression, et d'échapper aux caprices de leurs supérieurs, John (Adam Lustick) et Kate (Anne Dudek), subordonnés directs du PDG...

D'office, dès son générique étrangement glaçant et malsain, façon film d'entreprise où tout le monde sourit de manière artificielle et forcée, le ton est donné : on est dans une vision très cynique et glauque du monde de l'entreprise, vision qui ne fait que se confirmer au fil des épisodes.

Pendant les 200 et quelques minutes du show, on suit ainsi le quotidien insipide et écrasant de Jake et de Matt, les deux protagonistes pâles, amorphes, et dépressifs, qui doivent composer avec leur métier, leur hiérarchie caractérielle, et autres incidents qui émaillent leur vie.

En vrac, on assiste donc à un lancement raté d'un méga-pseudo-iPad ; à une présentation Powerpoint qui devient l'enjeu d'un conflit entre Hampton Deville et un concurrent ; à un trafic d'anti-dépresseurs et d'antalgiques organisé par Jake, tandis que Matt, en manque de sommeil, parle à des fantômes ; au recrutement d'un artiste pseudo-rebelle (croisement de Banksy et d'un Daft Punk) qui veut rejoindre les rangs de l'ennemi pour gagner de l'argent ; à un week-end détente avec tous les collègues, qui voit Matt humilié par des conférenciers ; à la visite d'une représentante d'une méga-église, au moment même où le personnel de l'entreprise se rebelle ; à une réunion interminable qui amène tous les personnages à se poser des questions existentielles ; à un vendredi soir entre collègues, qui rapidement dégénère ; à la mode soudaine d'une série façon Netflix, dont tout le monde parle sauf Jake ; et, last but not least, au Remember Day, un jour inventé par Hampton Deville pour célébrer le souvenir du 9/11, et exploiter la sentimentalité du petit peuple - l'occasion pour la série de nous gratifier d'un épisode "festif", façon Christmas Special... où le miracle de Noël du 9/11 n'a jamais lieu.

On ne s'ennuie jamais chez Hampton Deville : la série est méchante, cynique, osée, drôle, elle joue avec les formats, n'hésite pas à partir dans des délires visuels et conceptuels toujours plus improbables, tout en restant à la fois absurde, désespérée, et suffisamment caricaturale pour que l'on n'oublie jamais que Corporate n'est pas un reflet fidèle de la réalité, mais son miroir déformant. Du moins, en théorie, parce qu'en pratique, la réalité rattrape bien souvent la fiction...

Bref, pour résumer, Corporate est une série bien écrite, percutante, et très maligne, qui parlera instantanément à quiconque a déjà travaillé en entreprise - et très probablement aussi à ceux qui n'ont jamais mis les pieds dans les bureaux d'une multinationale, même en tant que stagiaire.

La série a été renouvelée pour une seconde saison, et c'est une très bonne nouvelle : je serai sans hésiter au rendez-vous de ce programme décalé et très noir, en espérant que la formule ne changera pas, et que ses auteurs bénéficieront toujours de la même liberté créative...

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Un film, un jour (ou presque) #809 : Forgetting the Girl (2012)

Publié le 24 Août 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Thriller

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Forgetting the Girl :

Traumatisé par la mort de sa soeur durant leur enfance, Kevin Wolfe (Christopher Denham) est devenu photographe professionnel à New York, un moyen pour lui de rencontrer d'innombrables femmes en espérant enfin trouver l'âme soeur. Mais malheureusement, Kevin s'attache vite, trop vite, et n'a aucun savoir faire avec le beau sexe. Il erre donc d'histoire d'amour ratée en histoire d'amour ratée, jusqu'à ce que l'une de ses "conquêtes", Adrienne (Anna Camp) disparaisse mystérieusement : qui de Kevin, de son assistante gothique, dépressive, et jalousement possessive, ou de leur propriétaire à la sexualité déviante et perverse, peut bien être responsable de cette disparition ?

Un thriller plutôt intéressant, entièrement narré en flashbacks et en voix off par l'interprète principal qui, comme tous les autres membres du casting, s'avère très compétent et crédible.

On appréciera l'ambiance assez sombre et glauque, ainsi que les tentatives de brouillages de piste du scénario, qui s'efforce de présenter tous les suspects de manière plus ou moins équivalente, pour les rendre plausibles, et ce sans jamais trop surligner les choses au spectateur, qui se demande pendant une bonne moitié de métrage à quel genre appartient réellement l'oeuvre qu'il regarde : horreur ? Drame ? Thriller ? Romance ?

Cela dit, malgré cette forme globalement maîtrisée, le script reste assez prévisible, et n'offre pas de grande surprise au spectateur un peu aguerri : une fois les réponses apportées, le récit connaît ainsi un petit coup de mou dans son dernier quart, et perd alors de sa force et de son intérêt.

Un peu dommage, mais pas rédhibitoire.

3.5/6

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Un film, un jour (ou presque) #808 : The Problem With Apu (2017)

Publié le 23 Août 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Télévision, Animation, Documentaire, Comédie, truTV

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus. ​​ 

The Problem With Apu (2017) :

Documentaire engagé signé Hari Kondabolu, qui attaque frontalement la série Les Simpsons sur le supposé racisme implicite du personnage d'Apu ; ce qui a fait grand bruit lors de la diffusion initiale du programme, fin 2017, ainsi qu'en avril 2018, lors de la réponse maladroite des Simpsons au documentaire au cours d'un épisode.

La thèse du réalisateur (un comique/activiste à l'humour et aux spectacles très orientés justice sociale) est donc que le personnage d'Apu est raciste, négatif, et responsable de plusieurs décennies de clichés et de harcèlement des minorités indiennes dans la société américaine.

Un problème encore aggravé par le fait qu'Apu est doublé par Hank Azaria, un acteur caucasien, ce qui amène donc Kondabalu a assimiler le personnage d'Apu à du blackface - ou, dans le cas présent, a du brownface.

Pour reprendre la conclusion du documentaire, "Les Simpsons, c'est comme votre vieux grand-père raciste : vous l'aimez bien, il a eu des bons moments, mais régulièrement, il dit des choses racistes, et il serait donc préférable pour tout le monde qu'il meure".

Voilà voilà. Certes.

Il n'est donc guère surprenant de constater que ce documentaire d'une heure m'a vraiment hérissé le poil, tant il est représentatif d'une certaine vision du monde assez typique de cette décennie et de cette nouvelle génération d'activistes connectés.

Difficile de se départir, en effet, d'une impression de bulle lorsque l'on découvre les comiques interviewés par le réalisateur dans le cadre du documentaire : tous amis du réalisateur ("on se connaît tous"), à 95% fils et filles d'immigrés indiens ayant entre 25 et 35 ans, ayant grandi en pleine Simpsons-mania et ne se reconnaissant pas du tout dans le portrait d'Apu.

Et ce n'est pas surprenant, puisque Apu est une caricature d'immigré des années 70/80 : l'immigré travailleur, diplômé, intelligent, venu aux USA pour profiter du rêve américain, et confronté à la réalité de ce dernier, qui le force à travailler dans une supérette. Sans surprise, cela ne parle pas aux millenials ultra-connectés qui ont grandi ici, et qui se sont affranchis, pour certains, des traditions de leurs ancêtres.

Ce gouffre générationnel est d'ailleurs involontairement souligné lorsque Kondabolu fait écouter Apu à ses parents, afin de montrer que ces derniers ne se retrouvent pas dans le cliché du personnage et de son accent... mais lorsqu'ils donnent leur avis, non seulement ils ne s'offusquent pas du personnage, mais en plus, leur accent est presque aussi prononcé que celui d'Apu.

Mais non : Kondabolu, clairement traumatisé par ce personnage depuis son enfance, semble avoir trouvé là un moyen d'attirer l'attention sur son travail (il s'est fait remarquer lors d'une émission tv, en 2012, par une tirade sur ce même sujet), et il est bien décidé à se faire entendre...

On a ainsi droit à un Kondabalu qui ouvre son documentaire en désamorçant immédiatement toute critique, qu'il affuble en quelques secondes de tout un vocabulaire et d'un argumentaire chargés, employés par l'alt-right trumpiste, les républicains et autres conservateurs rétrogrades : de quoi tuer immédiatement le débat en assimilant d'éventuels détracteurs à des racistes, ce qui permet d'éviter d'avoir à répondre à leurs objections ou contre-arguments.

D'ailleurs, il en va de même dans le reste du documentaire : s'il reconnaît à demi-mot les qualités du personnage d'Apu, tout cela est éclipsé par l'obsession de Kondabolu pour Azaria et pour le travail du doubleur.

Le film admet par exemple qu'Apu est loin d'être un stéréotype sur pattes, qu'il a bien été développé (c'est effectivement l'un des personnages les moins stupides des Simpsons, ainsi que l'un des plus équilibrés) et, plus important, qu'à l'époque de son apparition à l'écran, il était l'un des seuls (si ce n'est le seul) indiens présents sur le petit écran. Ce qui, en matière de représentativité, était inédit, et très justement applaudi.

Mais c'est justement cette représentativité rarissime qui fait qu'aujourd'hui, Apu devient une cible facile : selon ses détracteurs, le personnage n'aurait pas évolué, serait toujours aussi caricatural qu'à ses débuts (comme le sont tous les autres personnages des Simpsons, à vrai dire), et sa "représentation" ne serait donc aujourd'hui plus valide, plus désirable ni désirée, et totalement raciste (c'est amusant, mais quand je regarde des films réalisés et écrits par des indiens d'origine américaine, les clichés sont pourtant tout aussi nombreux, et bien souvent similaires)

Pire : le documentariste - et ceux qui se reconnaissent dans ses propos - semblent ravis d'attribuer à la série la responsabilité de la bêtise et du racisme de l'Américain moyen avec lequel il a grandi. Un Américain moyen qui a fait de "Thank You, Come Again" un cliché ethnique associé à Apu, alors même que ce dernier ne la prononce que 8 fois en plus de 600 épisodes de la série.

Il y a donc une certaine malhonnêteté intellectuelle, derrière tout ça, qui se ressent d'autant plus que Kondabulu articule tout le documentaire autour de ses tentatives insistantes d'obtenir une interview d'Azaria. Des tentatives vaines, et qui mènent à des moments assez agaçants pour le spectateur : gags pas drôles (Kondabolu qui s'énerve et fait semblant de casser des trucs hors-champ), ou déclaration hypocrite face caméra après lecture d'un mail de refus.

Bref, pour résumer, ce documentaire semble symptomatique d'un politiquement correct un peu trop envahissant en matière d'humour, qui envahit peu à peu notre société (et qui est d'autant plus présent outre-atlantique) : l'humour ne doit plus choquer personne, on ne doit plus utiliser de stéréotypes (à moins d'appartenir à la communauté caricaturée), on ne doit plus être gratuit et méchant, on ne doit être que woke.

Une heure de métrage assez typique, donc, des réactions épidermiques d'une génération qui trouve dans des causes superficielles des raisons de s'indigner (principalement sur les réseaux sociaux - Kondabolu nous montre son flux Twitter pour justifier ses dires), et croit ainsi faire autre chose que d'aborder ces problèmes par le petit bout de la lorgnette, alors même qu'elle ne leur apporte (comme Kondabolu dans ce film, d'ailleurs) absolument aucun début de solution viable ou intéressante.

La cause est juste, en soi (et le documentaire est plutôt bien produit, dynamique et coloré), mais les méthodes, comme souvent outre-atlantique, sont disproportionnées et mal avisées.

2.5/6

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Un film, un jour (ou presque) #807 : Mariage à Long Island (2018)

Publié le 22 Août 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Comédie, Romance, Netflix

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Mariage à Long Island (The Week Of) :

Kenny Lustig (Adam Sandler), un petit salarié juif, et Kirby Cordice (Chris Rock), prestigieux chirurgien afro-américain, n'ont rien en commun... sauf leurs enfants respectifs, qui vont se marier ensemble. Les deux hommes n'ont plus qu'une semaine pour organiser le tout, ce qui est plus facile à dire qu'à faire...

Je suis généralement assez tolérant et client des productions Happy Madison, y compris celles produites spécialement pour Netflix, malgré leurs nombreux défauts.

Mais là, avec ce métrage écrit et réalisé par Robert Smigel (et co-écrit par Adam Sandler), j'ai vraiment eu du mal.

Deux heures nonchalantes, filmées à la caméra portée naturaliste, sans réelle structure ni réels gags, mais simplement un film qui suit la dernière semaine de préparatifs d'un mariage, avec famille envahissante, maison surpeuplée façon Noël des Griswold, interprétation semi-sobre, accents du New Jersey, quelques visages familiers (Rachel Dratch, Steve Buscemi) et un ou deux moments "émotion" vers la fin (trop évidents et forcés pour vraiment fonctionner).

Rien de vraiment mémorable, rien de vraiment passionnant, rien de vraiment drôle (à part une scène ou deux qui font sourire), et dans l'ensemble, une production qui semble constamment en pilotage automatique, ce qui en fait probablement le métrage Sandler le plus faible de tout le catalogue Netflix (paradoxalement, si le film a reçu un accueil très hostile des critiques, comme souvent, certains trouvent que c'est au contraire le meilleur film Happy Madison depuis une dizaine d'années...)

1.75/6 (et comme à chaque fois, ça aurait été nettement meilleur avec une demi-heure en moins)

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Un film, un jour (ou presque) #806 : Tag (2018)

Publié le 21 Août 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Comédie, Action

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Tag :

Depuis leur plus tendre enfance, Hogan (Ed Helms), Bob (Jon Hamm), Randy (Jake Johnson) et Kevin (Hannibal Buress) jouent à chat, une fois par an, pendant tout le mois de mai : l'occasion pour eux de ne pas perdre contact, et de tenter, avec l'aide d'Anna (Isla Fischer), l'épouse de Hogan, d'attraper Jerry (Jeremy Renner), le dernier membre du groupe, un athlète surentraîné capable de tout pour éviter d'être le "chat". Mais cette année, Jerry se marie avec Susan (Leslie Bibb), et la bande (qui n'est pas invitée à la cérémonie) décide de profiter de cet instant unique pour frapper...

Un casting quatre étoiles pour une comédie assez typique de la scène américaine actuelle, avec ses grands enfants immatures, et ses visages très familiers. Ici, cependant, dans ce métrage inspiré d'une histoire improbablement vraie, et écrit par le scénariste de Service Non Compris et de sa suite, on suit cette bande de grands imbéciles avec un certain amusement.

En effet, en poussant le bouchon un peu plus loin que la norme, et en s'aventurant ouvertement dans le territoire du quasi-cartoon, avec bonne dose de slapstick (il faut voir Jeremy Renner en ninja un peu beauf adepte du crossfit, qui virevolte dans tous les sens, et analyse toutes les attaques en mode Sherlock Holmes de Guy Ritchie, pour les contrer de manière démesurément violente ^^), le film donne un peu d'ampleur à un concept amusant, mais finalement assez simpliste.

Les scènes d'action s'avèrent ainsi plutôt divertissantes et convaincantes, et l'on passe un bon moment devant les mésaventures rocambolesques de ces bras-cassés qui jouent à Chat.

Et puis, encore une fois, Tag a la chance de bénéficier d'une distribution très motivée et de qualité - mention spéciale à Isla Fischer, à fond dans son personnage ; on regrettera néanmoins que Rashida Jones ne fasse qu'une petite apparition sous-développée, qu'Annabelle Wallis ne serve tout simplement à rien du tout dans ce métrage (comme dans La Momie, elle est affreusement transparente et insipide), et que les dix dernières minutes semblent un peu bâclées, avec un virage dramatique pas exceptionnellement convaincant, et une fin un peu en queue de poisson.

3.5/6

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Les bilans de Lurdo : Picnic at Hanging Rock (2018)

Publié le 20 Août 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Télévision, Les bilans de Lurdo, Fantastique, Drame, Australie, Amazon, Showcase

Classique de la littérature australienne, Pique-nique à Hanging Rock est devenu une œuvre culte lorsqu'elle a été adaptée au cinéma par Peter Weir, en 1975. Narrant l'histoire "vraie" de la disparition inexpliquée de plusieurs jeunes filles et de leur enseignante, le jour de la Saint Valentin 1900, au fin fond du bush australien, le métrage, onirique, étrange, éthéré et mystérieux a profondément marqué les mémoires de par son étrangeté et son ambiance si particulière.

Et donc, forcément, en cette époque d'adaptations, de reboots et de remakes à tout va, la décision a été prise d'adapter à nouveau cet ouvrage, sous forme d'une mini-série de 6 épisodes d'une heure, diffusés sur Showcase en Australie, sur la BBC en Angleterre, Amazon aux USA, et Canal + chez nous...

Pique-Nique à Hanging Rock (Picnic at Hanging Rock - 2018) :

Le jour de la Saint Valentin 1900, à l'occasion d'un pique-nique au milieu de la forêt australienne, trois des jeunes pensionnaires (Madeline Madden, Lily Sullivan, Samara Weaving) de l'Appleyard College, une école privée pour filles, disparaissent sans laisser de traces, en compagnie de l'une de leurs enseignantes, Miss McGraw (Anna McGahan). Aussitôt, cette disparition provoque le chaos dans l'établissement, et révèle les nombreux secrets des habitants de la région, parmi lesquels la mystérieuse Hester Appleyard (Natalie Dormer), directrice de l'école...

Franchement, je ne sais pas par où commencer.

J'ai abordé cette adaptation télévisée du roman original avec une certaine curiosité positive : si j'adore le film de Peter Weir, je n'en attendais pas une copie, et j'espérais que la série allait parvenir à retrouver un sens similaire de l'étrange et de l'inexpliqué, tout en se forgeant une identité propre. Et c'est le cas : la série a sa propre identité, on ne peut le nier.

Quel dommage cependant que ce soit une identité ayant provoqué chez moi un rejet quasi-physique, tant quasiment rien ne fonctionne à mes yeux dans cette mini-série.

Et pourtant, il y avait là un certain potentiel : avec sa réalisation et son écriture confiées à des femmes, la série avait de quoi aborder ce récit sous un angle différent, en se concentrant sur la féminité de ses protagonistes, sur leur sexualité naissante, sur les pressions diverses et variées de la société et des hommes, etc. De quoi rajouter encore des couches supplémentaires au mystère Hanging Rock, et à ses motivations.

C'est ce que les scénaristes tentent de faire, d'ailleurs, en développant en long, en large et en travers, par le biais de flashbacks, d'une narration déstructurée, etc, la personnalité des enseignantes, des élèves, de leur entourage, de la directrice... on devine même, ici ou là, des idées pertinentes, qui auraient pu donner quelque chose d'intéressant.

Malheureusement, premier gros défaut de la série : l'écriture n'a aucune finesse. Tout est surligné, tout est appuyé, les relations des personnages sont forcées (avec une bonne dose de relations homosexuelles inassouvies, d'inceste/de mauvais traitements, de romances superflues), et tous les mystères autour de Natalie Dormer tombent à plat, inutiles, principalement là pour justifier la présence de l'actrice et lui donner quelque chose à faire.

Le problème, en fait, c'est que tous ces développements éclipsent totalement le mystère au cœur du récit : le pique-nique, et la disparition. D'ailleurs, pendant plusieurs épisodes, ces deux éléments passent à la trappe, tant la série est plus intéressée par les réactions de Sara, la petite orpheline punie par la directrice, par les hallucinations de Dormer, ou par la romance impossible de deux hommes de la région.

Plus intéressée par tous les personnages qu'elle a à traiter, donc, la série se trouve ainsi dépourvue, pendant les 2/3 de sa durée, du moindre mystère relatif au Hanging Rock, et il faut attendre le dernier épisode pour retrouver le pique-nique, et un peu d'inexplicable.

Si l'écriture était le seul problème de la série, cependant, ce ne serait pas forcément rédhibitoire. Malheureusement, il en va autrement, puisque c'est toute la réalisation et la direction artistique qui sont en roue libre, et rendent la série imbuvable.

Entre son esthétique et ses effets de style risibles, dignes d'une sous-Sofia Coppola ou d'un mauvais vidéo-clip (ralentis inutiles, zooms, caméra constamment penchée, angles étranges, flous, etc, etc, etc), son illustration musicale moderne abusant des rythmiques électro-pop, et des carillons pour signifier le mystère, ses costumes et ses visuels saturés et clinquants, on se retrouve avec quelque chose de mauvais goût, de maniéré et d'assez laid, et qui, pour ne rien arranger, rend son scénario déjà assez brouillon encore plus flou, grâce à un montage qui joue de manière assez décousue avec la narration et la chronologie du tout.

Et puis, bien entendu, l'interprétation. Si elle n'est pas mauvaise en soi, elle est au diapason de la direction artistique et de l'écriture : sans la moindre finesse. Les personnages secondaires sont des clichés ambulants (la grenouille de bénitier) souvent surjoués (notamment du côté des autres élèves), et si les personnages principaux sont un peu plus mesurés, ça ne suffit jamais à les rendre attachants ou particulièrement intéressants (tous les personnages masculins, notamment, ont l'épaisseur d'une feuille de papier à cigarette).

Ce qui s'avère problématique, puisque l'on nous demande de nous intéresser au sort de ces trois adolescentes disparues, qui s'avèrent finalement assez antipathiques et creuses.

En résumé, un vrai ratage, qui sacrifie tout le mystère et l'atmosphère du film de Weir sur l'autel d'un féminisme moderne mal maîtrisé, mal écrit, à la symbolique lourde, et visuellement assez laid et pataud.

La réalité rejoint ainsi la fiction : à l'instar de la formation rocheuse du récit, les six épisodes de ce Picnic at Hanging Rock 2018 donnent envie de dormir à ses spectateurs, tant ils se traînent, errent et se perdent en route, finissant par ne jamais refaire surface... un peu comme ses héroïnes ; mais je ne suis pas sûr que cela ait vraiment été l'intention de départ.

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Retrouvez aussi toutes les autres séries passées en revue sur ce blog en cliquant ici et ici.

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Les bilans de Lurdo : Dexter, saison 8 (2013)

Publié le 20 Août 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Télévision, Drame, Thriller, Policier, Showtime, Les bilans de Lurdo

Récemment, j'ai retrouvé mes notes de 2013, et je me suis aperçu que je n'avais jamais publié sur ce blog de bilan de la saison finale de Dexter, tant j'avais été dégoûté par cette ultime année. Cinq ans après le bilan de la saison 7, je corrige donc cette erreur, au travers d'un carnet de visionnage datant de l'époque : vous excuserez donc le format décousu et le manque de structure, surtout vers la fin, mais... je n'ai pas eu le courage de m'infliger de nouveau cette saison.

Dexter, saison 8 :

8x01-02 : Six mois après la mort de LaGuerta, Debra est désormais détective privé, remplacée au sein de la brigade par un Batista sorti de sa retraite, et qui enquête désormais sur un nouveau tueur en série, le Brain Surgeon. C'est à cette occasion que Dexter rencontre Evelyn Vogel (Charlotte Rampling), une experte en psychiatrie qui semble au courant des pulsions de Dexter : elle lui affirme avor aidé Harry à créer son Code, et demande l'aide de Dexter pour traquer le Brain Surgeon, qu'elle pense être l'un de ses anciens patients...

Pour l'instant, de quoi tranquillement roupiller. Le traumatisme de Debra, après le meurtre de LaGuerta, est déjà redondant et agaçant en moins de deux épisodes ; tous les autres personnages secondaires sont des parasites inutiles plus qu'autre chose ; il y a toujours ces bonnes vieilles ficelles d'écriture qui font tache ; Charlotte Rampling n'est pas mauvaise dans son rôle, et le personnage pourrait être intéressant, s'il ne semblait pas aussi louche, et s'il n'était pas une tentative évidente de faire de la rétro-continuité facile, comme Manny Coto aime tant en faire (et, ô surprise, c'est lui écrit le deuxième épisode ^^). Bref, pour l'instant, un bon gros bof.

8x03 : Alors que les autorités referment le dossier du Brain Surgeon, persuadées de sa mort, celui-ci continue de harceler Vogel en laissant des trophées sur son perron. Dexter, lui, continue sa traque des patients de Vogel, et parvient à empêcher Debra - qui perd pied et sombre dans l'alcool - de révéler sa culpabilité dans la mort de LaGuerta : il la confie à Vogel, pour que cette dernière l'aide avec ses problèmes.

Zzzzzz.... J'aime beaucoup Jennifer Carpenter, et elle se démène dans ce rôle, mais honnêtement, sa sous-intrigue est soûlante (sans mauvais jeu de mots) et son patron inutile ; d'ailleurs, en parlant d'inutile, la fliquette black se pose là.

En parallèle, Vogel semble à la fois plus sincère que prévu (elle n'a pas l'air de commanditer le Brain Surgeon, et semble vraiment effrayée) tout en étant particulièrement louche (la manière dont elle traite Dexter comme son fils, et rebascule en mode "thérapeute manipulatrice" sans prévenir, laisse entendre qu'elle manipule tranquillement Dexter pour qu'il élimine tous ses ex-patients, ou quelque chose du genre) ; Quinn m'amuse toujours autant de par ses mésaventures amoureuses inintéressantes au possible et son incompétence (quoi que ça m'amuserait beaucoup que la production décide d'utiliser la technique Manny Coto et de jouer la carte de la rétro-continuité, en prétendant à la toute fin que cette incompétence était voulue depuis le début par les scénaristes, et que Quinn était en fait en train de monter un dossier en béton armé contre Dexter, en secret, pendant deux ou trois ans) ; Dexter fait n'importe quoi (ses méthodes d'investigation sont toujours risibles) et est soudain ultra-proche de Vogel, après deux épisodes à peine ; et, plus gênant, tout le monde surjoue allègrement (Dexter, quand il découvre les aliments dans la cuisine de sa victime ^^)...

8x04-06 : Alors qu'une nouvelle voisine s'installe à côté de chez lui, Dexter continue de mener l'enquête sur les patients de Vogel ; cette dernière, de son côté, révèle à Debra que son père s'est suicidé à cause de Dexter. Malgré des tensions, Debra et Dexter se réconcilient enfin, pour tenter de sauver Vogel, enlevée par l'un de ses patients. Puis Dexter décide de prendre sous son aile un jeune meurtrier, pour lui apprendre le Code... mais Hannah McKay ressurgit alors dans sa vie.

Malgré certains épisodes qui dépassent à peine les 42 minutes, ça ronronne énormément.

Bon, je passe sur les grosses ficelles habituelles bien honteuses et les rebondissements improbables, sur le non-jeu de Michael C. Hall (heureusement que Jennifer Carpenter y croit encore, et que Harrison 2.0 a une bonne bouille), sur les personnages secondaires inutiles (la fille de Masuka est sympathique, mais elle décroche la palme de l'inutilité ; la voisine de Dexter, idem ; le patron de Debra ; par contre, je me demande s'ils ne mettent pas en place quelque chose avec Quinn, vu combien ils insistent sur sa promotion, et sur ses allusions pleines de sous-entendus à Dexter, etc...), sur le retour d'Hannah (pourquoi ? POURQUOI !!!?) et je m'attarde sur la thématique évidente de la saison : les relations parentales/familiales difficiles.

Que ce soit Dexter/Harrison, Dexter/Deb, (Dexter+Deb)/Vogel, (Dexter+Deb)/Harry, Masuka/sa fille, Batista qui se comporte comme un père avec sa soeur (et Quinn), Yates/son père, Yates/Vogel, Zack/son père, Zack/Dexter, les scénaristes semblent clairement décidés à jouer cette carte "famille" jusqu'au bout... je ne serais donc pas surpris que le Brain Surgeon (parce que je ne crois pas une seule seconde au fait que le Brain Surgeon ait déjà été évacué avant la mi-saison) soit le fils de Vogel, qu'il soit un fils biologique ou un ancien patient qu'elle traitait comme son fils, et qui est furieux d'avoir été délaissé et remplacé par son nouveau "frère" Dexter dans les affections de sa "mère". Pas particulièrement original ou intéressant, mais ça collerait bien avec la thématique saisonnière.

(et je suppose que Oliver, le nouveau petit ami de la voisine, va être un méchant, pour ne pas dire LE méchant de la saison)

8x07-09 : Hannah est de retour, et elle demande à Dexter de tuer pour elle son nouveau mari, un millionnaire violent. Mais Dexter a d'autres problèmes : sa voisine vient d'être assassinée, et Zack, son protégé, semble être coupable... jusqu'à ce qu'il soit lui aussi tué par le Brain Surgeon, qui laisse son cadavre chez Dexter. Ce dernier mène alors l'enquête, et découvre l'identité réelle du Brain Surgeon, intimement lié à Vogel...

*soupir*

Le retour de "Hannah femme battue" (et le renouveau de sa romance avec Dexter) est vraiment lamentable (d'autant que le couple n'a jamais fonctionné, à mes yeux), la mort de la voisine inévitable (et toute l'histoire de "Zack est-il coupable ou non" est télégraphiée au possible), la sœur de Batista est agaçante et sans intérêt...

À l'identique, le retour du Brain Surgeon, fils oublié de Vogel... sans commentaires, c'était tout sauf surprenant ; le photoshoppage à 0.02€ de la photo d'enfance du Surgeon était joliment risible, tout comme pas mal de grosses ficelles pitoyables (Dexter qui espionne le tueur depuis l'autre côté de la vitrine, avec des vêtements bien visibles et identifiables - "il t'a probablement remarqué : c'est l'un de ses talents", Harrison qui lance un "oh, si seulement Hannah pouvait être ma maman" *soupir*) ; la résurrection potentielle de la relation Debra/Quinn, au secours ; bref, ce n'était pas bien. Et c'était mou.

Cela dit, la "réunion de famille" de l'épisode 8 était assez amusante, c'est toujours ça de pris.

8x10-11 : Alors que Dexter se prépare à partir avec Harrison et Hannah en Argentine, loin de tout, Vogel décide de trahir son fils, et d'aider Dexter à se débarrasser de lui. Le piège se retourne contre eux : Dexter et le Brain Surgeon finissent par décider d'une trêve, mais Dexter trahit le fils de Vogel et le capture...

*soupir*

De pire en pire. Entre l'accident de Harrison, risible dans sa mise en images et dans sa nature de grosse facilité narrative, la construction laborieuse des deux épisodes, la romance Debra/Quinn, les digressions relatives aux personnages secondaires, le rythme asthmatique, la "panne" de Dexter au moment le plus inopportun (il est guéri de sa psychopathie parce qu'il a enfin trouvé le Grand Amour avec Hannah, vous comprenez !), l'agent fédéral stupide qui libère le méchant, le cliffhanger final bien forcé...

On sent que les scénaristes ne savent plus quoi faire, ne savent plus quoi dire, et qu'ils bouclent leur série n'importe comment... c'est un véritable calvaire.

(pendant ce temps là, Scott Phillips, showrunner de Dexter durant les quatre premières saisons, s'arrache les cheveux sur reddit, et trouve que tout ce qui a trait à Hannah est calamiteux et sans la moindre logique).

8x12 : Mortellement blessée par le Brain Surgeon, Debra meurt à l'hôpital, alors que Dexter, séparé de Hannah et de Harrison, parvient à faire arrêter le tueur. Dexter se venge alors de Saxon, le tuant dans sa cellule - un geste suspect que ses collègues estiment être de la légitime défense (!) Il récupère alors le cadavre de sa sœur, et part en mer pour s'en débarrasser...

Mon dieu quelle bouse.

Non seulement le rythme de cet épisode final est particulièrement faible et insuffisant, mais en plus, il faut clairement faire preuve d'énormément de crédulité et de masochisme pour parvenir à croire, ne serait-ce qu'un instant, que tout ce qu'on a à l'écran ait pu se dérouler sans anicroches.

Les personnages secondaires sont tous absents ou font de la figuration, la tension est inexistante, l'émotion n'est guère plus présente (et c'est un comble, compte tenu de la mort de Debra !), et cette image de fin mal avisée achève de souligner, par une pirouette sans courage ni originalité, que le show est désormais vide de sens, vide d'émotion, vide d'idée, à l'instar de ce Dexter silencieux au regard vide.

Une fin de série à l'image de ses dernières saisons : en mode je-m'en-foutiste, bourrée de facilités, de problèmes logiques, et de scènes de remplissage, pour quelques derniers instants inaboutis et très mal conçus.

Dexter restera donc comme une série aux premières saisons imparfaites tout en étant pleines de potentiel, mais qui se sera rapidement effondrée sous le poids de sa popularité, et devant l'incompétence de ses équipes créatives.

Vraiment dommage, car le charisme de Michael C. Hall, dans ces premières saisons, était indubitable... mais les scénaristes n'ont jamais eu le cran de pousser le personnage et son destin jusque dans leurs derniers retranchements.

*soupir*

(retrouvez aussi les saisons 5, 6 et 7 sur ce blog)

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Blog Update ! - Août 2018 (première quinzaine) & Mois Français (suite et fin)

Publié le 19 Août 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Update, Les bilans de Lurdo, France, Télévision, Comédie

Après sa première partie assez décevante, le mois consacré à la comédie française vient de se conclure sur le blog des Téléphages Anonymes, avec un bilan vraiment des plus mitigés...

MOIS FRANÇAIS - suite et fin :

#781 : Boule & Bill (2013) & Boule & Bill 2 (2017) 2.5/6 & 1.75/6

#782 : Alibi.com (2017) & Épouse-moi mon pote (2017) 2.25/6 & 2.5/6

#783 : Madame Irma (2006) & L'Idéal (2016) 3.25/6 & 3.5/6

#784 : Et ta soeur (2016) & Jour J (2017) 1.5/6 & 2.5/6

#785 : Au Bistro du Coin (2011) & Sales Gosses (2017) 2/6 & 2.75/6

#786 : Fonzy (2013) & La Colle (2017) 3/6 & 3.5/6

#787 : Les Seigneurs (2012) & L'Ascension (2017) 2.25/6 & 3/6

#788 : L'Île aux Trésors (2007) & Benoît Brisefer : Les Taxis Rouges (2014) 1/6 & 2/6

#789 : Victoria (2016) & Bienvenue à Marly-Gomont (2016) 1.5/6 & 4.5/6

#790 : L'Élève Ducobu (2011) & Les Vacances de Ducobu (2012) 2.5/6 & 2.5/6

#791 : Vive la Vie (2005) & Les Trois Frères : Le Retour (2014) 1/6 & 2/6

#792 : Les Profs (2013) & Les Profs 2 (2015) 2.25/6 & 1.75/6

#793 : N'importe Qui (2014) & Connasse, Princesse des Coeurs (2015) 2.5/6 & 1/6

#794 : King Guillaume (2009) & Le Petit Spirou (2017) 2.5/6 & 2.25/6

#795 : 20 Ans d'écart (2013) & Une Famille à Louer (2015) 3.75/6 & 2.5/6

#796 : Le Petit Nicolas (2009) & Les Vacances du Petit Nicolas (2014) 3.75/6 & 2.5/6

#797 : La Personne aux Deux Personnes (2008) & Message à Caractère Pornographique : à la recherche de l'Ultra-Sex (2015) 4/6 & 4.25/6

#798 : Les Francis (2014) & Mission Pays Basque (2017) 2/6 & 3.5/6

#799 : Les Gamins (2013) & À Toute Épreuve (2014) 2.5/6 & 3.5/6

#800 : Qu'est-ce qu'on a fait au Bon Dieu ? (2014) & Un Village Presque Parfait (2015) 3/6 & 2.25/6

#801 : Fiston (2014) & La Dream Team (2016) 2/6 & 3.5/6

#802 : Situation Amoureuse - C'est Compliqué (2014) & Adopte un Veuf (2016) 2/6 & 3.5/6

#803 : Bienvenue à bord (2011) & Ma famille t'adore déjà ! (2016) 1.5/6 & 3.75/6

#804 : Cinéman (2009) & Merlin : L'Enchanteur (2012) 0.25/6 & 1/6

#805 : Gaston Lagaffe (2018), Les Aventures de Spirou et Fantasio (2018) & Taxi 5 (2018) 3/6, 2.5/6 & 2.25/6

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# Grand écran :

Au terme des deux premières semaines de ce mois spécial Comédie Française, j'en étais parvenu à une conclusion pessimiste... conclusion que cette seconde quinzaine n'a fait que confirmer.

Oui, la comédie française est un genre des plus faibles, qui succombe trop souvent au syndrome du comique à la mode et/ou de l'acteur en pilotage automatique, qui répète ad vitam æternam ses vannes et son personnage habituel, le même qu'il endosse en promotion sur les plateaux tv.

Les statistiques ne mentent pas : sur les 100 films passés en revue durant ce mois français, 42 atteignent la moyenne. Et à peine 22% des films critiqués pendant le mois dernier atteignent la barre du 3.5/6.

Des statistiques peu glorieuses, qui soulignent bien à quel point l'industrie cinématographique française aurait bien besoin d'un contrôle qualité, tel que je l'évoquais à la fin du bilan précédent.

Malheureusement, en matière de comédie, le grand public français n'est guère regardant, et tant que des comédies médiocres, voire mauvaises, déplaceront les foules en salle sur la simple base de leur distribution, de leur promotion, ou de la présence de tel ou tel acteur dans la dernière émission d'Arthur ou d'Hanouna, il est peu probable que ça change.

Mais par pitié, mettez un terme à ces adaptations ratés de bandes-dessinées franco-belges !

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- Film de la quinzaine :

Qui aurait cru qu'une comédie comme Bienvenue à Marly-Gomont, inspirée de la chanson de Kamini, finisse par s'avérer le meilleur film de cette quinzaine ? Une comédie touchante, sincère et crédible, aidée en prime par des acteurs toujours justes, et ne faisant jamais de l'ombre à leurs personnages. Une vraie bouffée d'air frais au milieu d'une quinzaine française des plus laborieuses...

- Flop de la quinzaine :

Honnêtement, on a largement le choix, puisque près d'un tiers des films passés en revue durant cette quinzaine ne dépassent pas la note de 2/6.

Énormément de déchet, donc, ce qui n'est pas forcément surprenant vu le genre abordé... entre les comédies sans scénario, se reposant intégralement sur des comiques faisant leur numéro habituel, et les films dépourvus du moindre rythme ou de la moindre originalité, il y a de quoi faire ; la palme revient néanmoins, cette fois-ci, à Cinéman, qui cumule toutes les tares, en plus d'être le fruit du travail d'un réalisateur/scénariste arrogant et imbuvable.

On applaudit bien fort.

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# Petit écran :

Deux séries passées en revue durant cette quinzaine : la seconde saison de GLOW, toujours très sympathique et amusante ; et la première saison de Hit The Road, une sitcom globalement assez inégale, mais pas forcément désagréable à suivre.

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# À venir :

Retour à un planning plus normal jusqu'à la fin du mois de septembre, avant que ne commence, dès le 1er Octobre,  l'Halloween Oktorrorfest 2018 : les Téléphages rattrapent un peu les grosses sorties de l'été, de Tag à Ant-man & The Wasp, en passant par Mission Impossible 6, ou encore Skyscraper, les Teen Titans qui font leur cinéma, et Solo.

Et niveau séries, une variété assez conséquente, allant de Picnic at Hanging Rock 2018 à Tutankahmun, en passant par Howards End, et bon nombre de sitcoms en tous genres (Let's Get Physical, Selfie, LA to Vegas, Wrecked, etc)...

 

Et comme toujours, vous pouvez retrouver la liste complète de tous les films passés en revue sur ce blog dans le menu Index de haut de page, ou en cliquant directement sur ce lien....

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Un film, un jour (ou presque) #805 : MOIS FRANÇAIS - Gaston Lagaffe (2018), Les Aventures de Spirou et Fantasio (2018) & Taxi 5 (2018)

Publié le 19 Août 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Comédie, France, Action, Aventure, Science-Fiction

Pendant un mois, à l'occasion de la Fête Nationale, retour sur un cinéma que je délaisse trop souvent : la comédie française... ​​

Gaston Lagaffe (2018) :

Lorsqu'il rentre de congés, Prunelle (Pierre-François Martin-Laval), le directeur d'Au Petit Coin, une startup de reconversion, découvre la présence d'un nouveau stagiaire, Gaston (Théo Fernandez), particulièrement gaffeur. Et alors que Prunelle tente désespérément de négocier la vente de l'entreprise à Monsieur de Mesmaeker (Jérôme Commandeur), les bêtises de Gaston s'accumule, et menacent de mettre en péril la survie d'Au Petit Coin. Mais Prunelle, persuadé que Gaston est le fils du PDG, en immersion dans le monde du travail, ne peut se résoudre à le renvoyer...

Au vu des bandes-annonces, je m'attendais à pire. Notamment à cause de Gaston, dont la posture voutée, tout droit tirée de la bd, faisait particulièrement artificielle et forcée dans les images présentées lors de la promotion du métrage. Et puis, en fin de compte, ce Gaston s'est avéré probablement le point fort du métrage, puisque Théo Fernandez incarne bien (et avec un naturel certain) ce personnage décalé mais bienveillant.

Là où ça coince plus, c'est autour de Pef.

Pef, l'acteur, qui surjoue et sonne faux de manière récurrente, dans une scène sur deux ; Pef, le scénariste, qui peine - ici comme sur les Profs - à donner une véritable structure à son film, succession de vignettes et de gags fidèles à la bande dessinée, mais assez décousus, et liés par des fils conducteurs prétextes ; et Pef, le réalisateur, qui échoue à dynamiser le tout, et livre donc un produit mollasson et peu remarquable.

Ce n'est pas désastreux, et l'on sent que le réalisateur est fan de l'oeuvre de Franquin, mais ça reste une adaptation scolaire et terne, qui n'exploite jamais son postulat de départ. Et la transformation de ce qui était les éditions Dupuis en une start-up appelée "Au Petit Coin" est assez représentative d'une certaine dérive de l'humour de Gaston vers quelque chose de plus bas de plafond/pipi-caca, pas forcément pertinent (d'ailleurs, c'est parlant de constater qu'un moment de post-synchro évident remplace justement dans la bouche de Gaston le mot "flatulence" par "prout" : ça donne le ton).

2.5 + 0.5 pour Théo Fernandez = un minuscule 3/6, de justesse.

(par contre, les choix musicaux, bon gros bof, et toute la fin tombe assez à plat, précipitée, en plus de se conclure avec une chanson chorégraphiée, le bon gros cliché insupportable de ce genre de comédie...)

Les Aventures de Spirou et Fantasio (2018) :

Quand Spirou (Thomas Solivérès), jeune pickpocket se faisant passer pour un groom, croise le chemin de Fantasio (Alex Lutz), reporter incapable, dans les couloirs d'un hôtel, il ignore qu'il est sur le point de s'embarquer dans une aventure improbable : Seccotine (Géraldine Nakache), rivale et ex-compagne de Fantasio, est en effet enlevée, en compagnie du Comte de Champignac (Christian Clavier), par le maléfique Zorglub (Ramzy Bedia), qui a besoin de Champignac pour accomplir ses projets de domination de la planète...

Décidément, après un Petit Spirou terne, quasi-mélancolique et vieillot (et sans Spip), le groom-aventurier est bien mal servi par ses adaptations cinématographiques.

Ici, ces Aventures s'avèrent particulièrement mal rythmées, débutant sur les chapeaux de roues, avec un rythme frénétique et une bande originale symphonique endiablée, qui font un temps illusion... mais rapidement, une fois la première demi-heure passée, le film s'embourbe, ralentit, n'a plus aucune énergie, et le spectateur assiste alors au numéro habituel de comédiens français en pilotage automatique : Ramzy, Clavier, Mr Poulpe, Charlotte Gabris (décidément partout), Desagnat...

Face à eux, Lutz et Nakache s'en sortent, mais c'est du côté de Spirou que ça coince : Solivérès ne pose pas problème, mais son personnage, si. Ici, Spirou est un petit jeune menteur et voleur, déguisé en groom, qui ne se lance dans cette aventure que par appât du gain, et qui n'hésite pas une seconde, goguenard, à envoyer Zorglub vers une mort certaine.

Autant dire qu'on est loin, très loin du Spirou des bandes-dessinées, et ce quand bien même le script considère cette histoire comme un "Spirou begins", le héros décidant spontanément, à la fin, de rentrer dans le droit chemin et de devenir groom (et Zorglub n'étant pas vraiment mort).

Reste que l'on passe tout le film à suivre des protagonistes peu attachants, embarqués dans une aventure assez plate et rythmée de choix musicaux insipides et "publicitaires", bref, on a du mal à se passionner pour ce qu'il y a à l'écran.

Spirou méritait mieux.

2 + 0.5 pour Spip = 2.5/6

Taxi 5 (2018) :

Super flic parisien et as du volant, Sylvain (Franck Gastambide) est muté contre son gré à la Police Municipale de Marseille où le Maire (Berard Farcy) le place à la tête d'une mission collective d'importance : arrêter un gang d'Italiens qui s'en prend à des bijouteries, et prend la fuite à bord de Ferraris. Mais pour y parvenir, Sylvain a besoin d'un véhicule à la hauteur : il est contraint de demander l'aide d'Eddy Maklouf (Malik Bentalha), un chauffeur de VTC incapable et insupportable, petit-neveu d'un certain Daniel, et seule personne sachant où se trouve le taxi blanc mythique à Marseille...

Le dernier film de la bande de Franck Gastambide, après Les Kaira et Pattaya, un film qui se veut donc un relaunch de la franchise Taxi, sans Naceri, Cotillard ou Diefenthal. Ou du moins, il est préférable de parler au passé de ces intentions, puisque le carton escompté par Besson, Gastambide et compagnie n'a pas eu lieu, au final.

En même temps, pas forcément surprenant, puisque le film n'est tout simplement pas exceptionnel ou mémorable.

Pire, c'est même une belle occasion ratée, entre son rythme nonchalant faisant une place trop importante au copinage, et trop faible aux poursuites ; son Malik Bentalha tout simplement peu attachant dans un personnage façon Jamel au rabais ; ses seconds rôles qui font tous leur numéro respectif (parfois, ça marche - Ramzy, Farcy -, parfois, nettement moins - Poulpe) ; ses méchants transparents ; ses gags qui traînent en longueur ; et sa fin à rallonge après un climax assez plat...

Bref, il y avait là un potentiel certain de relance de la franchise avec un Gastambide sympathique, et un concept de nouvelle génération modernisant le fameux taxi, avec potentiellement un nouveau modèle, et quelque chose de moins kitsch dans ses effets... mais le film échoue à atteindre ses objectifs, et, dans ses grandes largeurs, il tombe à plat.

2.25/6 

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Un film, un jour (ou presque) #804 : MOIS FRANÇAIS - Cinéman (2009) & Merlin : L'Enchanteur (2012)

Publié le 19 Août 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Télévision, Comédie, Fantastique, France, TF1, Romance, Histoire

Pendant un mois, à l'occasion de la Fête Nationale, retour sur un cinéma que je délaisse trop souvent : la comédie française... ​​

Cinéman (2009) :

Régis Deloux (Franck Dubosc), un professeur de mathématiques à l'égo surdéveloppé, découvre soudain qu'il a le pouvoir de voyager dans tous les films de son choix, à la place de leur héros. Sa mission : secourir au plus vite la belle Viviane (Lucy Gordon) des griffes du maléfique Douglas Craps (Pef)...

Une bouse spectaculaire, voire même un ratage hors-du-commun, tel qu'on en voit trop rarement, même dans le cinéma français.

C'est bien simple, malgré le postulat de départ intéressant (une variation sur Last Action Hero et La Rose Pourpre du Caire), il n'y a AUCUNE blague, vanne et AUCUN gag qui fonctionne dans ce film ; il n'y a AUCUNE structure narrative digne de ce nom : il n'y a AUCUNE scène intéressante (à part peut-être l'ouverture façon film muet, et encore, c'est plombé par une illustration musicale hors-sujet)...

Et le pire, c'est que Yann Moix, le scénariste/réalisateur de cette daube, en a parfaitement conscience : le film a été un calvaire à tourner, tant Moix était bouffé par son égo, et il a beau reporter une partie du blâme sur les acteurs lui ayant fait défaut (Poelvoorde, Dupontel), sur les techniciens du film, sur les producteurs, sur la météo, etc... le film est tout simplement un plantage. Et il en est totalement responsable.

Le scénario est décousu, plein de trous, l'écriture indigente, la réalisation est plate, insipide, la post-synchronisation est désastreuse (le film a été entièrement remonté et redoublé suite aux premiers montages calamiteux), Dubosc est totalement en roue libre et insupportable, l'illustration musicale ringarde et décalée tombe à plat, la photographie est immonde, la progression narrative est inexistante, les seconds rôles ne servent à rien (Anne Marivin, par exemple)...

Bref, c'est une merde.

0.25/6

Merlin : L'Enchanteur (2012) :

Mini-série française en deux parties, diffusée sur TF1, et revisitant le mythe de Merlin, d'Arthur et de toutes les légendes les entourant, sur un ton vaguement décalé. Par le scénariste de L'Enquête Corse et de Mission Pays Basque, et le réalisateur de... euh... téléfilms et autres séries françaises.

# Première partie : L'Enchanteur désenchanté

Après dix années passées à servir à la cours du Roi Pendragon (Wladimir Yordanoff), en tant que tuteur du prince Arthur (Arthur Molinier), Merlin (Gérard Jugnot) songe à prendre sa retraite. Mais l'arrivée de la Fée Viviane (Josephine de Meaux) et de son fils Lancelot chamboule la donne, et perturbe Merlin, au point de lui faire perdre ses pouvoirs...

Bon, alors tout de suite, ça part très mal. Passons sur la direction artistique (à la fois inexistante et dérivative), sur les costumes (un mauvais cosplay du Seigneur des Anneaux), sur les décors en carton pâte (rochers en polystyrène sur fonds verts, salles mal éclairées), sur les effets spéciaux (tout droit sortis des années 90, avec mention spéciale au simili-Milou transformé en troll), sur la musique synthétique pseudo-épique, etc... qui sont tous indigents et dignes d'une production italienne des années 90 (et encore, je pense que La Caverne de la Rose d'Or était plus réussie et homogène que ce téléfilm).

Passons sur l'interprétation tour à tour ampoulée, ânonnante, fausse, cabotine ou fainéante (Jugnot, notamment, fait du Jugnot, ni plus ni moins, tandis que 80% des autres acteurs sont à côté de la plaque).

Non, le pire, c'est le fait qu'une bonne part de ces premières 90 minutes soit consacrée à la romance insipide de Merlin et Viviane, et que cela soit fait au travers d'exposition maladroite, de scènes plates et inintéressantes, d'un subterfuge initial inutile, et d'une écriture laborieuse.

Tout le reste, Arthur, Guenièvre, Morgane, Excalibur, c'est presque accessoire à côté de l'histoire de Merlin, ce qui, d'un côté, est assez logique, mais de l'autre, pose aussi la question : quel intérêt ?

# Deuxième partie : Le Secret de Brocéliande

Toujours épris de Viviane, Merlin n'a plus de pouvoirs depuis 7 ans. Mais lorsque Morgane (Marilou Berry), jalouse de Guenièvre (Cristiana Capotondi), transforme celle-ci en statue, la sorcière obtient d'Arthur qu'il consomme un philtre d'amour avec elle. Puis Vortigern (Michel Vuillermoz) capture Viviane pour forcer Lancelot (Jean-Baptiste Maunier) à trouver le Graal pour lui, ce qui force Merlin à trouver une solution à sa panne magique...

Je ne pensais pas qu'il soit possible de faire moins intéressant que la première partie, et pourtant, si. Déjà, la résolution du cliffhanger, suivie d'une ellipse de 7 ans et d'une demi-heure de mise en place sur Viviane qui invente le lave-vaisselle (!), casse bien le peu d'énergie que ce téléfilm aurait pu avoir.

Et puis ensuite, ça continue avec tous les défauts de la première moitié, auxquels se rajoutent les agaçants Razmoks (de pseudo-hobbits du pauvres, à la coupe au bol, aux costumes ridicules, au QI de poulpe mort et qui parlent avec un accent risible), Lancelote (Lancelot qui change magiquement de sexe... pourquoi ? L'acteur n'était plus disponible ? M'enfin dans l'absolu, Alexandra Cismondi, sa remplaçante est peut-être la plus juste de tout le lot, donc ce n'est pas forcément un mal), Alice Pol en vendeuse bimbo de Graal, un duo de méchants en roue libre, une narration décousue et bancale, des enjeux en carton, et un rythme inexistant.

En somme, ce n'est toujours pas drôle, toujours assez mal joué, toujours très plat, et franchement (ça vaut pour les deux parties du téléfilm), ça n'a aucun intérêt, surtout quand Kaamelott revisitait les mythes arthuriens avec beaucoup plus d'humour, d'originalité et de pertinence. Et ce pour une once du budget et de la promotion.

Note d'ensemble : 1/6 pour le chien.

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Un film, un jour (ou presque) #803 : MOIS FRANÇAIS - Bienvenue à bord (2011) & Ma famille t'adore déjà ! (2016)

Publié le 18 Août 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Comédie, France, Romance

Pendant un mois, à l'occasion de la Fête Nationale, retour sur un cinéma que je délaisse trop souvent : la comédie française... ​​

Bienvenue à bord (2011) :

Pour se venger de son directeur et amant, Mr Berthelot (Lionnel Astier), Isabelle (Valérie Lemercier) engage Rémy Pasquier (Franck Dubosc), un animateur incapable et simplet, pour s'occuper de l'une de ses croisières. Mais rapidement, Rémy sème la zizanie dans la vie privée des membres de l'équipage (Gérard Darmon, Luisa Ranieri, Philippe Lellouche) et des passagers, en organisant notamment un spectacle avec tous les enfants présents à bord...

L'exemple type d'une comédie formatée pour une diffusion TF1, tant tout y est consensuel, creux, plat et insipide, avec suffisamment de Dubosc en pilotage automatique dans son rôle de benêt au grand cœur, et de bons sentiments amenés à la truelle pour que ces 95 minutes accompagnent parfaitement un dimanche soir somnolent ou un dîner de famille.

Entre la narration occasionnelle en voix off, le spectacle pour enfants supposé émouvoir, Reem Kherici qui fait une apparition éclair, les personnages secondaires sous-développés, le numéro de Dubosc, tout le monde qui fait là le minimum syndical, de la romance télégraphiée, et un humour fainéant, il n'y a pas grand chose à sauver.

Dommage, parce qu'il y aurait probablement de quoi faire une bonne comédie à bord d'un navire de croisière, dans l'absolu.

1.5/6

Ma famille t'adore déjà ! (2016) :

Créateur raté d'applications pour mobile, Julien (Arthur Dupont) est épris d'Éva (Déborah François), qu'il vient de demander en mariage. Le couple part alors pour l'île de Ré, pour y rencontrer la famille d'Éva (Thierry Lhermitte, Marie-Anne Chazel, Jérôme Commandeur, Valérie Karsenti)... mais il s'avère rapidement que cette famille est particulièrement dysfonctionnelle, et que la jeune femme lui a raconté bien des mensonges au sujet de Julien et de leur vie de couple...

Un film écrit et réalisé par Jérôme Commandeur, dont on reconnaît bien là l'humour mordant et décalé : sur un postulat assez classique ("rencontre de la belle-famille"), Commandeur brode un portrait gentiment corrosif d'une famille vraiment particulière, et bien incarnée par la distribution.

C'est une bonne grosse farce tour à tour déjantée, sarcastique, sexy, décalée et sympathique, et si ça retombe un peu dans les clichés de la rom-com sur la toute fin, ça parvient toujours à conserver une petite touche caustique inattendue, qui relève la sauce globale, et évite la routine.

3.75/6 (ça aurait même mérité d'aller un peu plus loin dans le mordant et la méchanceté)

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Un film, un jour (ou presque) #802 : MOIS FRANÇAIS - Situation Amoureuse - C'est Compliqué (2014) & Adopte un Veuf (2016)

Publié le 18 Août 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Comédie, France, Romance

Pendant un mois, à l'occasion de la Fête Nationale, retour sur un cinéma que je délaisse trop souvent : la comédie française... ​​

Situation Amoureuse - C'est Compliqué (2014) :

Trentenaire parisien immature et fiancé à Juliette (Anaïs Demoustier), Ben (Manu Payet) vit une vie tranquille, jusqu'au jour où son amour d'enfance, Vanessa (Emmanuelle Chriqui), revient des États-Unis et décide de renouer avec lui...

Premier film de Manu Payet en tant que réalisateur et scénariste, SACC s'avère une comédie romantique ultra-basique, dans laquelle Payet se met en scène au cœur des attentions simultanées de deux jeunes femmes séduisantes auxquelles il ne peut pas résister. Rien que ça.

Le problème, c'est que les choix d'acteur de Payet sont assez peu intéressants, et qu'il ne fait pas un protagoniste très attachant. On peine en effet vraiment à s'intéresser à cet ado attardé et passif, à la fidélité toute relative, qui mérite bien tous les problèmes qu'il s'attire. Donc, forcément, lorsque le récit tente de jouer la carte de l'émotion, et de la happy end, ça tombe à plat.

Et alors qu'on aurait pu s'attendre à un côté humoristique plus développé et efficace, qui aurait compensé le tout, on se retrouve en fait avec de brefs moments comiques décalés, certes amusants, mais bien trop rares en regard du reste pour s'avérer convaincants.

Ajoutez à cela un rythme assez mollasson, et une première demi-heure assez inégale au niveau de la cadence des dialogues et de la mise en place, et on se retrouve avec un métrage assez décevant, qui ne m'a jamais particulièrement séduit.

2/6 (dont 0.25 pour Emmanuelle Chriqui jouer dans un français tout à fait respectable (je ne m'y attendais pas)

Adopte un Veuf (2016) :

Déprimé et veuf depuis peu, Hubert Jacquin (André Dussollier) se sent seul dans son immense appartement luxueux. Lorsqu'un quiproquo amène Manuéla (Bérengère Krief), une jeune femme exubérante à la recherche d'un endroit où se loger, à se présenter à sa porte, Jacquin finit par l'héberger chez lui. Et rapidement, le retraité se laisse contaminer par la bonne humeur et l'énergie de la jeune femme, allant même jusqu'à accueillir deux autres colocataires chez lui, Paul-Gérard (Arnaud Ducret) et Marion (Julia Piaton), eux aussi excentriques et improbables...

Une petite comédie sans prétentions et qui fonctionne principalement grâce à sa distribution très attachante, et qui a une bonne alchimie.

On voit passer brièvement Vincent Desagnat, le frère du réalisateur, on s'amuse de la cohabitation chaotique de cette petite bande, on sourit devant le côté "on n'est pas dupe des clichés de la comédie romantique", on soupire un peu devant les petites pointes de surjeu et d'hystérie ponctuelle (jamais suffisamment affirmées pour devenir un choix à part entière), on apprécie les petits moments décalés, çà et là, et on hausse les épaules en découvrant l'histoire du jeune malade, supposée assurer le quota émotion du tout mais qui laisse de marbre... bref : on passe un bon moment, certes imparfait, mais néanmoins agréable.

3.5/6

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Un film, un jour (ou presque) #801 : MOIS FRANÇAIS - Fiston (2014) & La Dream Team (2016)

Publié le 17 Août 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Comédie, France, Sport, Romance

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Fiston (2014) :

Amoureux fou de Sandra Valenti (Nora Arnezeder) depuis sa plus tendre enfance, Alex (Kev Adams) chercher un moyen de la séduire, et fait la connaissance d'Antoine (Franck Dubosc), un auteur reclus qui, vingt ans plus tôt, était le seul à avoir réussi à séduire Monica (Helena Noguerra), la mère de Sandra. Commence alors une leçon de séduction des plus improbables...

Une comédie semi-romantique réalisée par Pascal Bourdiaux (Le Mac, Mes Trésors, Boule et Bill 2), et qui ne fonctionne pas du tout, pour plusieurs raisons évidentes.

Déjà, la première : Kev Adams en mec timide et complexé. Un personnage tellement à l'opposé de la personnalité et de l'image de l'acteur que ces dernières ne peuvent s'empêcher de prendre le dessus au gré du film. Alex a de la répartie, de l'humour, il sait danser, etc, bref, il n'est pas particulièrement crédible en tant que jeune homme gauche et asocial.

Ensuite, si j'ai parlé de comédie "semi-romantique", c'est parce que finalement, le film ne donne pas vraiment envie de croire à cette romance : sous le prétexte d'un garçon timide, Alex se comporte en véritable stalker, et les conseils de séduction d'Antoine sont des plus basiques et machos. On finit par comprendre très vite que la subtilité et la profondeur ne seront pas au rendez-vous, et plus le film avance, plus Dubosc retombe dans ses travers habituels de séducteur raté et prétentieux, rajoutant encore une couche à l'impression de mauvais sketch caricatural.

Mais peut-être plus gênant que tout ce qui précède - et la véritable goutte d'eau qui a fait déborder le vase pour moi -, le film est tout simplement paresseux et téléphoné de bout en bout. Le spectateur a systématiquement vingt minutes d'avance sur le moindre rebondissement du récit, sur les rapports réels de tous les personnages, bref, sur tout ce qui pourrait apporter un minimum de sel au film : un problème d'écriture, clairement, mais aussi de casting, puisque Arnezeder est affreusement transparente dans son rôle, et pas particulièrement crédible en fille de Noguerra.

Bref, c'est creux, c'est fainéant, c'est affreusement prévisible, et ça n'a pas grand intérêt.

2/6

La Dream Team (2016) :

Maxime Belloc (Medi Sadoun), superstar du foot sur la pente descendante, se blesse lors d'un accès de colère, et pendant sa convalescence, à l'initiative de son agente (Chantal Lauby), il retourne dans son village natal, au cœur du Berry, où il retrouve son père (Gérard Depardieu), et devient l'entraîneur de l'équipe des enfants du village...

Une comédie sportive assez prévisible et cousue de fil blanc, mais qui tire un peu son épingle du jeu par sa distribution agréable (Sadoun est très bien dans le rôle principal, Depardieu est dans la subtilité et la mesure, Lauby est amusante en agente aux dents longues, les enfants sont justes, et le chien est attachant), et par une petite touche de folie pas désagréable, tant au niveau de la réalisation que du script (pas forcément surprenante de la part du co-réalisateur et scénariste de La Beuze et des 11 Commandements).

Cela apporte un peu de recul et de second degré au tout, et cela donne un peu d'énergie supplémentaire à un récit assez classique, qui souffre cependant parfois d'avoir le postérieur entre deux chaises, partagé entre décalage et prise (bien trop) au sérieux de ses enjeux footballistiques (notamment au travers de la bande originale symphonique signée Azaria, qui illustre ces matches comme s'ils étaient des confrontations épiques et titanesques).

Bref, c'est gentillet, ça se regarde tranquillement, mais ça n'entrera pas forcément dans les mémoires.

3.5/6

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Un film, un jour (ou presque) #800 : MOIS FRANÇAIS - Qu'est-ce qu'on a fait au Bon Dieu ? (2014) & Un Village Presque Parfait (2015)

Publié le 16 Août 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Comédie, France, Religion

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Qu'est-ce qu'on a fait au Bon Dieu ? (2014) :

Bourgeois catholiques à tendance raciste, Claude et Marie Verneuil (Christian Clavier & Chantal Lauby) ont quatre filles : Isabelle (Frédérique Bel), qui a épousé Rachid (Medi Sadoun), avocat musulman ; Odile (Julia Piaton), qui est mariée à David Benichou (Ary Abittan), entrepreneur juif ; Ségolène (Émilie Caen), mariée à Chao Ling (Frédéric Chau), banquier d'origine chinoise ; et Laure (Élodie Fontan), qui annonce soudain à ses parents qu'elle est fiancée à Charles (Noom Diawara), un comédien africain. Face à ce nouvel arrivant à la couleur de peau différente, les tensions deviennent intenables...

Énorme carton en salles en 2014 pour cette comédie de Philippe de Chauveron (réalisateur de Débarquement Immédiat, des deux Ducobu, et scénariste de Les Seigneurs) qui traite du vivre ensemble, du racisme ordinaire, de l'hypocrisie, etc... mais qui m'a laissé un sentiment mitigé.

Formellement, ce n'est guère plus qu'une comédie populaire franchouillarde du niveau d'un film du dimanche soir de TF1, avec une distribution sympathique (malheureusement loin d'être suffisamment exploitée), et dominée par un Clavier en roue libre ; thématiquement, ce métrage enfonce énormément de portes ouvertes, enquillant d'innombrables clichés et vannes éventées, sous le prétexte de dénoncer le racisme et les préjugés.

C'est une méthode toujours ultra-délicate à utiliser, qui demande beaucoup de finesse et de recul dans son écriture, une subtilité qui n'est pas forcément présente dans le travail du scénariste/réalisateur.

Certes, le tout se regarde gentiment, on sourit même devant certains personnages ou certaines répliques, mais au final, volontairement ou non, la morale de ce film très linéaire et calibré semble être : tout le monde est raciste et empli de préjugés, mais bon, après tout, c'est un point commun comme un autre, et tant qu'il y a de l'alcool, on peut apprendre à se supporter.

Une certaine idée de la France et de la tolérance...

3/6

Un Village Presque Parfait (2015) :

Les habitants de Saint-Loin-la-Mauderne (Didier Bourdon, Lionnel Astier, Denis Podalydès, Élie Seymoun, etc) n'ont plus qu'un seul espoir pour faire survivre leur village : relancer l'usine locale de saumon. Mais pour y parvenir, et toucher une aide de l'Union Européenne, le village doit avoir un médecin. Ils finissent par arrêter leur choix sur Maxime Meyer (Lorànt Deutsch), un médecin parisien arrogant, pour lequel ils transforment le bourg, et sont prêts à tous les mensonges pour le convaincre de rester...

Remake du film québécois La Grande Séduction (du réalisateur de Starbuck, adapté en France sous le titre Fonzy), lui-même inspiré de Doc Hollywood (1991), ce métrage est le premier long-métrage de Stéphane Meunier, réalisateur du documentaire Les Yeux dans les Bleus.

Et ce n'est pas un succès très flagrant : c'est plat, ça fait très téléfilm régional, c'est forcément assez dérivatif (surtout quand on a vu Bienvenue à Marly-Gaumont il y a peu), et surtout, ça manque de folie ou d'énergie.

C'est donc bien trop appliqué ou sage pour convaincre, et ça perd quelques points supplémentaires pour sa dernière ligne droite et ses grosses ficelles mélodramatiques, qui manquent vraiment de finesse et de subtilité.

2.25/6

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Un film, un jour (ou presque) #799 : MOIS FRANÇAIS - Les Gamins (2013) & À Toute Épreuve (2014)

Publié le 15 Août 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Comédie, France

Pendant un mois, à l'occasion de la Fête Nationale, retour sur un cinéma que je délaisse trop souvent : la comédie française... ​​

Les Gamins (2013) :

Très épris de Lola (Mélanie Bernier), sa fiancée, et désireux de faire carrière dans la musique, Thomas (Max Boublil) rencontre enfin Gilbert (Alain Chabat), son futur beau-père, en pleine crise existentielle. Les deux hommes vont alors sympathiser et devenir inséparables, quitte à rejeter toutes leurs responsabilités pour profiter au maximum de la vie...

Premier film du réalisateur/scénariste de Robin des Bois - La Véritable Histoire, coécrit par Max Boublil, qui se met heureusement en mode mineur dans le rôle de l'apprenti-musicien romantique et au sens de l'humour mordant.

Malheureusement, tout ce qui concerne Boublil - la romance, sa carrière musicale, etc - est aussi particulièrement insipide et quelconque (et puis la résolution de sa carrière musicale, avec Iggy Pop, est assez piteuse et arrogante). Ce qui rend une bonne grosse moitié du film assez inintéressante, d'autant qu'on peut y ajouter ses personnages féminins assez sous-développés, et leurs sous-intrigues respectives.

Reste une poignée de gags qui fonctionnent, une certaine énergie, ainsi qu'Alain Chabat, qui semble clairement s'amuser dans son rôle, et est plutôt juste et attachant, en plus d'avoir une bonne alchimie avec Boublil.

Ce n'est pas énorme.

2.5/6

À Toute Épreuve (2014) :

Au lycée Le Corbusier, Greg (Thomas Solivéres), un cancre, est tombé amoureux de la belle Maeva (Mathilde Warnier). Seul problème, s'il veut poursuivre cette relation alors qu'elle part pour une école d'art à Londres, il doit décrocher une bourse. Et pour cela, il doit obtenir une mention Très Bien au bac. Une seule solution : dérober les sujets de l'examen, en compagnie de Yani (Samy Seghir), de Fati (Melha Bedia) et de Scarface (La Fouine)...

Une comédie pour adolescents filmée à l'américaine, avec énormément de rythme, et une réalisation très stylisée, agrémentée d'une bande originale orchestrale étonnamment ample et épique : une assez bonne surprise, donc, malgré un ton un peu gratuitement vulgaire, et un côté un peu cartoon qui pourrait déplaire à certains.

Mais dans l'ensemble, ça fait plaisir de voir des films aussi décomplexés sur le fond que sur la forme, et avec une distribution aussi sympathique - Solivéres passe son temps à s'en prendre plein la tête, La Fouine assure en ex-bachelier raté, la soeur de Ramzy s'amuse, et surtout, Valérie Karsenti s'en donne à coeur joie en mère de famille sexy qui couche avec le proviseur (Marc Lavoine).

Pas parfait, un titre trop passe-partout, un peu brouillon par moments, pas non plus follement original (on pense à plusieurs autres films, que ce soit par chez nous - Les Sous-Doués et compagnie - ou bien outre-atlantique - The Perfect Score), et un récit qui met un certain temps avant d'entrer dans le vif du sujet, mais globalement assez sympathique.

3.5/6

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Un film, un jour (ou presque) #798 : MOIS FRANÇAIS - Les Francis (2014) & Mission Pays Basque (2017)

Publié le 14 Août 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Comédie, France, Aventure, Action, Romance

Pendant un mois, à l'occasion de la Fête Nationale, retour sur un cinéma que je délaisse trop souvent : la comédie française... ​​

Les Francis (2014) :

Afin de respecter la dernière volonté de son grand-père, Jeff (Lannick Gautry) part en Corse à la recherche d'un secret de famille, accompagné de trois amis d'enfance (Medi Sadoun, Thomas VDB, Cyril Gueï). Mais là, rapidement, la petite bande se met les habitants de l'île à dos suite à plusieurs quiproquos, et cette visite en Corse se transforme alors en course-poursuite haletante...

Une comédie d'aventure insipide, ayant un réalisateur de courts-métrages et de clips derrière la caméra, pour un résultat décousu et très plat qui, à l'exception de quelques gags visuels amusants, peine à convaincre ou à intéresser.

Il y a pas mal de clichés, un rendu visuel occasionnellement clippesque (et des problèmes d'axes de caméra et de continuité dans le mouvement, lors des scènes d'action), de l'exposition maladroite en voix-off, et, malheureusement, un gros manque de charisme dans la distribution (et notamment dans le quatuor de tête).

Cela dit, c'est toujours amusant de retrouver Sadoun et Pocthier, deux des trois Kaïra. C'est amusant... mais ça ne fait pas de tout cela un film réussi, loin de là.

2/6

Mission Pays Basque (2017) :

Afin de racheter la quincaillerie de Ferran (Daniel Prévost) pour le compte de son entreprise, Sybille (Élodie Fontan), cadre parisienne ambitieuse, débarque au Pays Basque en compagnie de son stagiaire incapable (Damien Ferdel). Mais là, rapidement, elle tombe sur Ramuntxo (Florent Peyre), le neveu de Ferran, en charge des affaires de ce dernier : basque typique, Ramuntxo est cependant bien décidé à rendre la vie dure à la jeune Parisienne, au charme de laquelle il n'est pourtant pas insensible...

Second film du réalisateur de L'Ascension, cette comédie romantique régionale est l’œuvre du scénariste de L'Enquête Corse, et de celui de multiples téléfilms façon Crime à/en... ; sur papier, rien de vraiment exceptionnel, donc, et à l'écran, la première demi-heure du film ne rassure pas vraiment : rythme artificiel imposé par le montage, script un peu décousu et à la mécanique laborieuse, interprétation inégale de certains seconds rôles... autant de défauts assez visibles, que compense heureusement le duo principal Peyre/Fontan, attachant et sympathique.

Et par chance, une fois que le film décolle vraiment, et que le couple en devient le point focal, ça fonctionne. Bon, ça n'atteint jamais des sommets (toute la sous-intrigue sur l'ETA et les armes est gentiment forcée), et ça repose entièrement sur les épaules de Peyre/Fontan, très naturels (ainsi que sur Prévost, amusant en papy sénile et excentrique), mais ça se regarde tranquillement, et ce n'est pas trop mal rythmé.

Pas désagréable, sans plus.

3.5/6

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Un film, un jour (ou presque) #797 : MOIS FRANÇAIS - La Personne aux Deux Personnes (2008) & Message à Caractère Pornographique : à la recherche de l'Ultra-Sex (2015)

Publié le 13 Août 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Comédie, France, Documentaire, Fantastique, Science-Fiction

Pendant un mois, à l'occasion de la Fête Nationale, retour sur un cinéma que je délaisse trop souvent : la comédie française... ​​

La Personne aux Deux Personnes (2008) :

Comptable à la COGIP, Jean-Christian Ranu (Daniel Auteuil) découvre, suite à un accident de voiture, qu'il abrite désormais l'esprit de Gilles Gabriel (Alain Chabat), chanteur des années 1980, qui l'a renversé. Les deux hommes partagent désormais un même corps, ce qui ne leur facilite pas la tâche...

Une comédie absurde signée Nicolas & Bruno, qui apportent à ce métrage leur amour du kitsch 70s, et d'une certaine esthétique, avec ce personnage principal mentalement coincé à cette époque, et franchement mal dans sa peau.

Un personnage très bien interprété par Daniel Auteuil, et qui rapidement, met un peu mal à l'aise, tant ses réactions occasionnelles, son comportement (le rêve musical à la COGIP), et ses blocages semblent particuliers. Et effectivement, lorsque, bien plus tard dans le film, le parallèle avec un certain métrage de David Fincher est entériné, on comprend mieux toute cette caractérisation.

Une relecture française et rétro assez amusante d'un thème efficace, accompagné d'un Chabat très bien en voix off, pour un film assez bien tenu, notamment pour un premier long-métrage.

4/6

Message à Caractère Pornographique - à la recherche de l'Ultra-Sex (2015) :

Grâce à un assemblage d'images d'archives tirées d'anciens films pornographiques, le FBI a récemment découvert un pan caché de l'histoire humaine : comment une Confédération Intergalactique a volé au secours de la Terre, lorsque celle-ci fut soumise à une frénésie sexuelle incontrôlable et virale...

Après Amour, Gloire et Débats d'Idées, les Messages à Caractère Informatif & le Bureau, pour Canal +, et La Personne aux Deux Personnes, Nicolas & Bruno remettent le couvert dans le domaine du détournement d'images et du doublage déconneur, en s'intéressant ici aux films pornographiques vintage, dans tout ce qu'ils ont de plus kitsch, ridicules et improbables.

Le résultat, d'une petite heure à peine, s'avère à la fois hilarant et gentiment érotique, et tient étonnamment la route au niveau de son intrigue fabriquée de toutes pièces, tout en frôlant de peu une durée abusive.

Amusant, et bien produit.

4.25/6

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Les bilans de Lurdo : Hit The Road, saison 1 (2017)

Publié le 13 Août 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Télévision, Comédie, Musique, Sitcom, AT&T, Les bilans de Lurdo

Aux USA, les chaînes se multiplient, les opérateurs aussi, et avec eux, on trouve de plus en plus de séries exclusives qui servent de produit d'appel, pour inciter les clients potentiels à s'abonner, et à profiter de ces programmes inédits. Ici, c'est le cas, avec AT&T, le géant des communications, qui lance la chaîne Audience, et diffuse cette sitcom décalée.

Hit The Road, saison 1 :

Le quotidien de la famille Swallow, une famille dysfonctionnelle de musiciens qui se produit sur scène et traverse les USA à bord d'un bus bringuebalant, à la recherche du succès et de l'argent...

Sitcom américaine en 10x25min, créée par Jason Alexander et par le scénariste anglais du film Joyeuses Funérailles, Hit The Road se propose de suivre (avec une semi-continuité qui se concrétise surtout vers la fin de la saison) les mésaventures des Swallow, au fil de leur carrière des plus incertaines.

Ici, le ton est clairement au décalage corrosif, au politiquement incorrect et à l'irrévérence, saupoudré d'une touche de cringe comedy anglaise, avec des personnages globalement décomplexés et très identifiables : on a le père de famille, Ken Swallow (Jason Alexander avec un bouc, des pattes et des boucles d'oreille), menteur, voleur, persuadé d'être un génie, et prêt à tout pour que sa famille devienne célèbre ; Meg (Amy Pietz, excellente), son épouse, une mère de famille dévouée, mais malheureuse ; Ria (Natalie Sharp), la fille aînée sexy, allumeuse et ambitieuse, prête à abandonner sa famille si cela lui garantit une carrière, et constamment en conflit avec ses parents ; Alex (Nick Marini), le fils, constamment sous l'emprise de substances illicites, qui lui ont bien attaqué le cerveau ; Casey (Maddie Dixon-Poirier), la plus jeune, une fillette précoce et bien trop intelligente pour son âge ; et Jermaine (Tim Johnson Jr.), le fils afro-américain adopté, hypocondriaque flippé.

Tout ce petit monde vit donc à bord d'un bus, en tournée permanente, et ne se supporte que difficilement : les insultes et jurons fusent constamment, le propos est très cru et décomplexé, et le show s'amuse de ce contraste entre une famille d'apparence totalement américaine et bien pensante, façon Partridge Family, et la réalité d'une unité familiale assez trash et vulgaire.

Le problème, en fait, c'est que l'intérêt de la série s'arrête là. Certes, c'est amusant de voir les Swallow confrontés à leurs rivaux, en festival ; se diviser et s'affronter pour tenter de passer un radio-crochet télévisé ; tomber en panne chez des néo-nazis ; chercher un manager ; partir en désintoxication ; tenter d'organiser un plan à trois pour l'anniversaire de Meg ; etc, etc, etc...

Et d'ailleurs, c'est souvent assez bien mené et drôle... mais c'est aussi souvent assez répétitif, et pas très bien rythmé. Certains épisodes tombent à plat, et pendant une demi-heure, on s'ennuie, d'autres sont très prévisibles, et se regardent distraitement, d'autres encore sont très criards et épuisants.

Sans oublier un humour parfois très graveleux et bas de plafond, qui pourrait en repousser plus d'un - la série n'hésitant pas à humilier Jason Alexander, par exemple, qui masturbe des inconnus dans des toilettes pour parvenir à ses fins, par exemple. Ce ne sera pas du goût de tout le monde.

Au final, la série est très inégale, et manque cruellement de finesse, mais elle reste tout à fait regardable. Notamment parce que sa distribution est très efficace, et se donne à fond , et parce que malgré tout ses atours provocants, la série - et la famille Swallow - a bon fond. On finit par s'attacher à ces personnages décalqués et arrivistes, et leurs aventures se regardent assez facilement... sans pour autant appartenir à la catégorie des immanquables télévisuels.

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Un film, un jour (ou presque) #796 : MOIS FRANÇAIS - Le Petit Nicolas (2009) & Les Vacances du Petit Nicolas (2014)

Publié le 12 Août 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Comédie, France, Histoire, Jeunesse, Romance

Pendant un mois, à l'occasion de la Fête Nationale, retour sur un cinéma que je délaisse trop souvent : la comédie française... ​​

Le Petit Nicolas (2009) :

La vie du Petit Nicolas (Maxime Godart) est bien tranquille, jusqu'au jour où il croit comprendre que ses parents attendent un nouvel enfant. Bien décidé à rester fils unique, Nicolas se tourne vers sa bande de copains pour trouver une solution à ce dilemme...

Un film du scénariste et réalisateur d'Un Homme à la Hauteur et du dernier Astérix, ça avait de quoi faire redouter le pire, et puis, en fait, cette adaptation de l’œuvre de Sempé & Goscinny s'avère l'une des adaptations les plus réussies du genre.

C'est loin d'être parfait (je ne suis vraiment pas fan du personnage de mère psycho-rigide et hystérique de Valérie Lemercier, et le petit Godart est un peu fade), mais dans l'ensemble, on a nettement moins l'impression de se trouver devant une suite de vignettes collées les unes autre, sans véritable structure, comme c'est souvent le cas dans les adaptations d’œuvres dessinées.

Une homogénéité favorisée par le format de l'année scolaire, mais aussi par la distribution enfantine du film, très attachante. Mention spéciale à Damien Ferdel et à Victor Carles, respectivement premier de la classe et cancre, immédiatement sympathiques et amusants (et aussi à Vincent Claude, plus juste et naturel ici qu'en Ducobu).

C'est nostalgique, c'est frais, c'est agréable à regarder, et (malgré Lemercier), ce n'est pas parasité par le numéro d'un comique qui phagocyterait tout le métrage (comme Dubosc ou Seymoun sur d'autres adaptations). Une bonne surprise.

3.75/6

Les Vacances du Petit Nicolas (2014) :

Le petit Nicolas (Mathéo Boisselier) part en vacances d'été avec ses parents (Valérie Lemercier et Kad Mérad) et sa grand-mère (Dominique Lavanant). Sur place, il se fait de nouveaux amis, et rencontre la troublante Isabelle (Erja Malatier)...

Après la bonne surprise du premier épisode, je m'attendais au pire pour cette suite mise en chantier près de 5 ans après le premier film. En effet, tout dans cette suite laissait présager d'un métrage mis en chantier sur des bases bancales, et ayant dû faire des concessions pour parvenir à convaincre la distribution adulte de l'original de remettre le couvert.

Car au niveau des enfants, c'est (forcément) le coup de balai. Exit les copains de Nicolas, exit l'interprète original de Nicolas (ici remplacé par un Mathéo Boisselier plus expressif que Maxime Godart dans l'original), exit la Marie-Edwige du premier film (elle est remplacée et de toute façon éclipsée par l'excellente Isabelle/Erja Malatier). Et de manière générale, exit les enfants, puisque le film aurait très bien pu être appelé Les Vacances des Parents du Petit Nicolas : Kad Merad fait du nudisme.

Forcément, le métrage succombe à un problème récurrent dans ces adaptations françaises : le deuxième volet, souvent produit de manière précipitée, délaisse toute subtilité pour se transformer en grand numéro de l'un ou l'autre des membres de la distribution, généralement l'acteur le plus connu ou le plus médiatique. Dans Boule & Bill, c'était Dubosc, dans Ducobu, Seymoun, et ici, c'est le duo Lemercier/Merad, qui phagocyte tout ce second film, se taille la part du lion du scénario et des gags, a même droit à une chorégraphie dansée, bref, il n'y en a que pour eux, et ça soûle très rapidement.

D'autant que l'originalité n'est pas forcément au rendez-vous (Merad qui refait Louis de Funes avec sa belle-mère acariâtre qui ronfle), et que les autres adultes parasitent aussi le film (Demaison qui a droit à des scènes entières, totalement déconnectées du reste du métrage).

Bref, on s'ennuie fréquemment, et c'est dommage, parce qu'autant la nouvelle bande de copains de Nicolas est nettement moins marquante (et juste) que l'originale, autant sa relation avec Isabelle fonctionne bien, et les deux jeunes acteurs ont une bonne alchimie.

Mais tout cela doit céder sa place au couple des parents de Nicolas, malheureusement, ce qui tire vraiment le film vers le bas, et déçoit énormément.

2 + 0.5 pour la bande originale, plus enjouée et malicieuse = 2.5/6

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Un film, un jour (ou presque) #795 : MOIS FRANÇAIS - 20 Ans d'écart (2013) & Une Famille à Louer (2015)

Publié le 12 Août 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Comédie, France, Romance, Drame

Pendant un mois, à l'occasion de la Fête Nationale, retour sur un cinéma que je délaisse trop souvent : la comédie française... ​​

20 Ans d'écart (2013) :

En lice pour le poste de rédactrice en chef d'un magazine branché, Alice (Virginie Efira), 38 ans, n'a qu'un seul problème : elle est rigide, et possède une image de femme coincée, qui déplaît à son patron. Jusqu'à ce qu'elle croise le chemin de Balthazar (Pierre Niney), étudiant de 20 ans, que ses collègues vont prendre pour son amant : voyant là une bonne occasion de redorer son blason professionnel, elle décide ainsi de le séduire, et de feindre un temps cette relation improbable...

Une comédie romantique française pas désagréable du tout, qui fonctionne principalement grâce à son ton assez léger, et à son couple principal, qui a une bonne alchimie.

Après, ça ne va jamais bien plus loin que ça, et l'on pourra toujours trouver quelques-uns des personnages secondaires un peu fatigants, forcés ou surjoués - la (fausse) québécoise, notamment, ou Blanche Gardin - mais bon. C'est assez bien joué, c'est sympathique... et ça s'arrête là. Mais c'est déjà pas mal.

3.75/6

Une Famille à Louer (2015) :

Quadragénaire introverti et isolé, Paul-André (Benoît Poelvoorde) vit seul chez lui, dans le luxe et le confort. Pour pallier sa dépression et à sa solitude, il propose alors à Violette (Virginie Efira), mère célibataire en difficulté financière, de s'installer chez lui avec ses deux enfants et de lui tenir compagnie, en échange d'une somme confortable. Mais entre ces deux mondes, il y a un gouffre, et la cohabitation est difficile...

C'est amusant, le monde de la comédie française : on te propose une affiche colorée, et un postulat (certes dérivatif) qui promet quelque chose d'amusant, et puis en fait, on se retrouve avec une comédie dramatique à tendance sociale, visuellement terne et fade, cousue de fil blanc, et constamment en demi-teinte, jamais particulièrement drôle, jamais particulièrement dramatique, jamais particulièrement mémorable...

Efira et Poelvoorde sont efficaces (et même touchants) dans leurs rôles respectifs, mais ça s'arrête là, ça ne décolle jamais vraiment, les personnages secondaires (les enfants, notamment) sont sous-développés, et au final, ça reste assez basique et prévisible de bout en bout.

2.5/6

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Un film, un jour (ou presque) #794 : MOIS FRANÇAIS - King Guillaume (2009) & Le Petit Spirou (2017)

Publié le 11 Août 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Comédie, France, Jeunesse, Histoire, Belgique, Aventure

Pendant un mois, à l'occasion de la Fête Nationale, retour sur un cinéma que je délaisse trop souvent : la comédie française... ​​

King Guillaume (2009) :

Lorsque le roi de l'île indépendante de Guerrelande, au large de la Bretagne, décède soudain, William-Fernand (Pierre Richard), son intendant, doit au plus vite retrouver l'héritier du trône, sous peine de voir l'île revenir aux mains de la Grande-Bretagne. Il se met donc en route, et trouve Guillaume et Magali Brunel (Pierre-François Martin-Laval & Florence Foresti), un couple tranquille, à qui il promet monts et merveilles pour les convaincre de rejoindre cet île perdue et désolée...

Libre adaptation de la bande dessinée Panique à Londres par Pef, cette comédie absurde et lunaire donne, dans un premier temps, l'impression d'une excellente surprise, notamment au travers de son ouverture façon cours d'histoire donné par Terry Jones, des Monty Python.

On retrouve alors rapidement l'humour décalé des Robins des Bois, notamment au travers de ces répliques non-sensiques qui parsèment la première moitié du film, et l'on se dit "si ça continue comme ça, ça peut être très sympathique". Et puis en fait, pas tant que ça.

Sur la durée, en effet, le film peine à maintenir son rythme, et finit par faire place au Florence Foresti-show, sous-développant systématiquement tous les autres personnages secondaires (notamment Omar Sy), pour laisser la comédienne faire son numéro.

Résultat : ça finit par tourner en rond et à vide, ça lasse, et quand le film tente de jouer la carte de l'émotion et de la sincérité, sur la fin, on n'y croit pas vraiment.

Dommage.

2.5/6

Le Petit Spirou (2017) :

Sur le point de rejoindre une école de grooms, le Petit Spirou (Sacha Pinault) commence à douter de son avenir, et décide de s'enfuir avec Suzette (Lila Poulet-Berenfeld), sa bien-aimée, pour un voyage autour du monde...

Adaptation franco-belge des bandes-dessinées du Petit Spirou par le réalisateur des Enfants de Timpelbach (film que j'avais bien apprécié, à l'époque), ce métrage souffre de problèmes récurrents aux adaptations de ce type.

À commencer par l'interprétation des enfants : si Spirou et Suzette s'en sortent plus ou moins bien, tous leurs compères sont nettement plus inégaux ; du côté des adultes, pas de gros problèmes, même si, comme pour les enfants, on peut se poser des questions quant au choix des acteurs par rapport à leurs personnages (je pense notamment à Maman Spirou, ici blonde, sans raison).

Ensuite, il y a un véritable problème de trame narrative dans toutes ces adaptations de séries de gags unitaires : l'intrigue globale semble toujours bâclée ou artificielle. Ici, les angoisses de Spirou (moteur principal de l'intrigue) sont entrecoupées de gags tirés de la bande dessinée, qui donnent un côté décousu au tout, et un ton globalement étrangement dramatique et mélancolique... ce qui est loin de ce à quoi on pouvait s'attendre du Petit Spirou.

Le résultat : un métrage terne et nostalgique, sage, bon enfant mais presque vieillot, qui n'est jamais particulièrement rythmé et qui manque de mordant. Pas assez d'énergie, pas assez d'impertinence, pas assez de fun... et pas de Spip.

2.25/6

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Un film, un jour (ou presque) #793 : MOIS FRANÇAIS - N'importe Qui (2014) & Connasse, Princesse des Coeurs (2015)

Publié le 11 Août 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Comédie, France, YouTube, UK

Pendant un mois, à l'occasion de la Fête Nationale, retour sur un cinéma que je délaisse trop souvent : la comédie française... ​​

N'importe Qui (2014) :

Remi Gaillard, le trublion des caméras cachées du web, est en crise. Ses amis (Franc Bruneau, Alban Ivanov, Sylvain Katan & Quentin Jodar) en ont assez de son égo et sa compagne (Nicole Ferroni) voudrait qu'il soit plus mûr et adulte. Gaillard décide alors de tenter de se comporter en adulte responsable, pour le meilleur et pour le pire...

Un métrage bancal, qui rappelle un peu les Onze Commandements de Michael Youn, en cela qu'il tente de donner une structure narrative aux gags en caméra cachée de Gaillard, avec plus ou moins de succès.

Il est amusant d'apprendre que Gaillard a renié le film et son réalisateur, mécontent du format actuel du film : on a ainsi une bonne heure de narration retraçant la crise de Gaillard, ses relations de couple, sa dépression, etc, puis 10 minutes de caméras cachées inédites, pour conclure.

Là où il y a un paradoxe, c'est que le film fonctionne à peu près lors de son heure de narration, absurde, décalée, avec un second degré et un recul salvateur sur le personnage de Gaillard, et une Nicole Ferroni impeccable.

Dès que les caméras cachées reviennent, cependant, le côté sale gosse impertinent et mal élevé de Gaillard ressurgit, et avec lui, on rappelle au spectateur que systématiquement, malgré les costumes d'animaux et compagnie et les occasionnels gags purement visuels, les prestations de Gaillard sont souvent "méchantes", en cela qu'elles se font au détriment d'autrui, et qu'elles reposent pour la plupart sur un concept : "faire ch*er le monde".

(on me dira que c'est le concept même de la caméra cachée, mais il y a l'art et la manière de le faire sans que ce ce soit violent ou que ça paraisse "hostile")

Résultat : on passe tout le film à se dire qu'il semble y avoir là une tentative de prise de conscience de Gaillard, d'évolution de son personnage vraiment pas sympathique à la vase, et puis en fait non, on retombe de manière pataude dans les caméras cachées du bonhomme, menant à une conclusion un peu précipitée, et à un retour au status-quo.

Dommage.

2.5/6 (néanmoins meilleur que ce que je craignais)

Connasse, Princesse des Coeurs (2015) :

Parisienne imbuvable, Camilla (Camille Cottin) découvre un jour qu'elle n'aime pas sa vie, et qu'elle est faite pour une vie de princesse. Elle décide alors de partir pour l'Angleterre, et de tenter de séduire le Prince Harry...

Mouais.

Là, sur un postulat similaire - utilisation d'une pseudo-trame narrative pour mettre en scène des caméras cachées - on a tout l'inverse de N'importe Qui : la trame narrative est quasi-inexistante, à peine alimentée par la voix off (très inégale) de Cottin, qui illustre une suite de caméras cachées très moyennes (voire nulles - pauvres chiens), mettant en scène Camille Cottin en connasse absolue et arrogante (normal, c'est son personnage).

Et puis c'est tout. Ce qui fonctionnait plus ou moins au format pastille comique sur Canal + s'avère épuisant et agaçant sur la durée d'un long-métrage - ça n'a pas le décalage et l'excentricité d'un Borat, ni sa pertinence ou son fond - , et une fois en Angleterre, le dispositif de la caméra cachée trouve ses limites.

Le film se résume donc à Cottin qui fait des caprices pendant 80+ minutes, et donne une image déplorable de la France à l'étranger... ce qui est peu.

(heureusement, le générique de fin, avec toute l'équipe qui s'excuse à chaque gag, permet de désamorcer un peu la mauvaise impression générale, et d'adoucir le tout, mais bon)

1/6

(décidément, j'ai vraiment beaucoup de mal avec le genre de la caméra cachée)

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