Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
LES TÉLÉPHAGES ANONYMES

Il était une fois Lurdo & Sygbab, deux internautes passionnés de séries tv et de cinéma, et qui cherchaient un endroit où archiver leurs avis (semi) éclairés...

Les bilans de Sygbab - LEXX : saison 1 (1997)

Publié le 17 Juin 2017 par Sygbab dans Critiques éclair, Review, Télévision, Les bilans de Sygbab, Science-Fiction, Allemagne, Canada

Sygbab regarde (beaucoup) la tv, Sygbab écrit (parfois) des bilans : retrouvez-les sur le blog des Téléphages Anonymes !

LEXX - Saison 1 :

S'il n'y avait pas eu de suite, on aurait pu considérer Lexx comme une mini-série. Cette saison est en effet composée de quatre téléfilms d'une heure et demie, et aurait très bien pu se suffire à elle-même puisque la conclusion boucle l'intrigue principale lancée dans le pilote. Elle dépeint un monde particulier, puisqu'il existe deux univers parallèles : celui de la Lumière (The Light Universe) et celui des Ténèbres (The Dark Zone).

Pourtant, le premier est sous le joug d'une entité composée de l'essence du dernier insecte vivant et surnommée The Divine Shadow. Son objectif est simple : asservir l'humanité et l'éradiquer, afin de se venger de l'extermination de son espèce lors de la grande guerre des insectes.

Ce pitch assez hallucinant donne tout de suite le ton : ce programme sort de l'ordinaire. Et ce n'est pas la présentation du système en place sur les divers mondes d'une alliance qui comporte 20000 planètes qui fera penser le contraire : procès formatés avec des avocats et procureurs holographiques dont le déroulement aboutit toujours à la culpabilité de l'accusé, décapitations, récupération des organes et de la chair des désignés coupables, transformation des femmes indignes en esclaves sexuelles, condamnés jetés en pâture dans une arène remplie de vers géants... Une touche de gore bien soulignée par une musique aux sons perturbants, qui s'ajoute à une atmosphère déjà bien oppressante.

C'est dans ce contexte que sont donc présentés les principaux protagonistes de l'histoire. Stanley Tweedle - garde du niveau le plus bas dans la hiérarchie - devient fugitif contre son gré, ainsi que la seule personne capable de diriger le Lexx, vaisseau vivant en forme d'insecte et accessoirement l'arme la plus puissante des deux univers réunis.

Qu'il soit entre les mains d'un loser patenté considéré comme un traître car il a provoqué la destruction d'une centaines de planètes est ironique, et laisse déjà entrevoir l'autre facette de la série : son humour noir et déjanté. Un point qui la démarque de Farscape, l'autre série mettant en scène une bande de fugitifs à bord d'un vaisseau vivant.

La composition de l'équipage ne dément pas cette impression : Zev a subi la transformation en esclave sexuelle seulement physiquement (avec en prime de l'ADN de lézard) car son conditionnement psychologique a été transféré sur la tête d'un robot de modèle 790 qui devient transi amoureux de la belle. Kai, lui, est un ex-assassin à la solde de The Divine Shadow, mort depuis plus de 2000 ans et dernier des Brunnen-G, portant sur ses épaules le poids d'une prophétie dans laquelle il est censé détruire son ancien maître ainsi que son ordre.

Leur fuite les amène à s'infiltrer dans la Dark Zone, afin de rechercher un nouveau lieu d'habitation, Mais les planètes qu'ils visitent ne sont pas très accueillantes... Les deux téléfilms intermédiaires sont consacrés à ces aventures, pas forcément passionnantes car le format entraîne un manque de rythme criant.

L'intérêt se situe au niveau des interactions entre les personnages, clairement portées sur le sexe. Jugez plutôt : Stan est bien entendu attiré par la bombe sexuelle qu'est devenue Zev (et on ne s'embarrasse pas avec Eva Habermann : elle est nue dès le deuxième épisode), dont la libido est désormais insatiable. Mais celle-ci a des sentiments pour Kai, sans que cela puisse être réciproque. Quant à 790, il ne cesse de déclarer sa flamme à Zev et d'humilier Stan. L'ambiance est au beau fixe.

Cette façon de traiter leurs relations est tellement atypique qu'elle fascine, tout comme les horreurs auxquelles ils sont confrontés et qui sont parfois bien déstabilisantes, au point de pousser le téléspectateur à se demander ce qu'i est en train de remarquer. L'exemple le plus marquant concerne Kai : les scénaristes jouent de son statut de mort-vivant avec un plaisir presque pervers : il se fait souvent décapiter et se fait couper en deux sur toute la longueur du corps, entre autres joyeusetés. Rarement un personnage important aura été malmené de la sorte.

Cette liberté de ton est appréciable mais nécessite un temps d'adaptation car l'écriture n'est pas habituelle. Il faut réussir à rentrer dans les délires des scénaristes, afin de tirer le meilleur partie du côté déjanté de cette saison, jusqu'aux éléments qui composent l'intrigue principale.

Il serait facile de rejeter l'idée d'une guerre entre les insectes et les humains, mais à partir du moment où cette donnée est intégrée le reste se tient plutôt bien, de l'exposition du contexte jusqu'à la réalisation de la prophétie.

Il faut aussi passer outre certains décors intérieurs qui font assez cheap (ou certains look, comme la choucroute sur la tête de Kai), mais à l'inverse certains effets spéciaux (dont le Lexx lui-même) sont plutôt bien réussis. En conclusion, il est indispensable d'avoir l'esprit ouvert pour aborder cette série. Si c'est le cas, il est tout à fait possible de passer un bon moment.

commentaires

Un film, un jour (ou presque) #538 : Wonder Woman (2017)

Publié le 16 Juin 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Fantastique, DC, Action, Aventure, DCU, DCEU

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Wonder Woman :

Lorsque Steve Trevor (Chris Pine), un espion américain détaché auprès des services secrets anglais, s'écrase sur l'île mystérieuse de Themyscira, Diana (Gal Gadot), princesse des Amazones y vivant cachées en harmonie, ne connait rien du monde des Hommes. Mais en apprenant que la Première Guerre Mondiale fait rage, elle croit comprendre qu'Ares, le Dieu de la Guerre, en est responsable, et qu'il est de son devoir sacré de le vaincre. Contre l'avis de sa mère Hippolyte (Connie Nielsen), elle s'arme alors, et accompagne Steve chez les humains... pour le meilleur, et pour le pire.

Honnêtemtent, cette critique m'a posé des problèmes d'écriture. Et après l'avoir retournée dans tous les sens sans parvenir à trouver un angle ou une structure qui me convienne, j'ai décidé de faire simple.

Wonder Woman, c'est le meilleur film du DCU actuel.

Mais c'est aussi un film affreusement médiocre.

Alors je sais, ça va à l'encontre de l'emballement médiatique absolu que connaît le métrage outre-Atlantique, où ça parle de meilleur film de super-héros depuis 20 ans, de porte-étendard de la cause féministe, de futur film oscarisé, de film qui transforme le tissu sociétal et générationnel des USA, etc, etc, etc, avec une critique unanime qui a vite fait d'écraser le moindre avis dissident sous des accusations de misogynie, de mauvaise foi, etc....

Mais pourtant, c'est le cas : Wonder Woman, c'est du niveau d'un film Marvel très moyen, et ce sur tous les plans.

Le film se divise en trois parties distinctes : l'île de Themyscira, Londres, et le champ de bataille. Trois parties bien séparées, tant stylistiquement qu'au niveau de l'intérêt et du rythme.

- Sur Themyscira, on a droit à l'origin story de Diana, c'est assez bavard, l'exposition est maladroite, ce n'est pas très passionnant, mais visuellement, c'est coloré, c'est agréable, et ça fonctionne. On se dit que, peut-être, Patty Jenkins, la réalisatrice, a tiré la leçon des erreurs du reste d'un DCU particulièrement sombre et dépressif. Malheureusement, on y comprend aussi très vite les problèmes récurrents du film : ses effets spéciaux régulièrement calamiteux, et ses ralentis innombrables (à la Snyder) qui cependant, font alors encore illusion à ce moment-là du film. Arrive alors Steve Trevor (Chris Pine qui nous refait Kirk, en fait), et qui révèle que Gadot possède un assez bon timing comique : leur duo fonctionne, et cela va se confirmer durant la seconde partie du film, à Londres.

- Là, on nage en pleine comédie (façon Thor chez les humains), avec musique primesautière et mickeymousing pataud, une comédie parfois un peu forcée, mais pas désagréable, notamment au niveau des rapports détendus du couple. Mais plus le film se rapproche des tranchées, et plus il devient problématique : les ralentis continuent à se multiplier jusqu'à insensibiliser le spectateur (même la grande scène du No Man's Land, tant louée ici ou là, est tombée un peu à plat pour moi tant elle manque de réel point d'orgue, et qu'elle souffre de trop de ralentis), les motivations et la caractérisation des personnages se font de plus en plus sommaires (les méchants qui caquettent de rire façon Rita Repulsa dans un épisode des Power Rangers, pour montrer qu'ils sont machiavéliques ; la fine équipe de Trevor composée d'un arabe menteur, d'un écossais bagarreur et ivre, et d'un natif-américain appelé Chef qui fait des signaux de fumée... *soupir*), et l'action... dont quasiment toutes les scènes marquantes étaient dans la bande-annonce. 

- Toutes, sauf... le dernier acte du film.

Lorsque Wonder Woman affronte, dans un déluge d'effets spéciaux immondes et de doublures numériques en caoutchouc, le dieu Ares (une fin de film digne, dans sa médiocrité, de celle de Batman v Superman). Lorsque Steve Rogers prend l'avion bourré d'explosifs, et se sacrifie en le pilotant jusque dans un glacier pour éviter qu'il ne s'écrase sur une grande ville. Lorsque l'écriture toujours aussi pataude et maladroite se joint à l'interprétation très inégale de Gadot (pas mauvaise dans l'action et dans l'humour, très limitée dans l'émotion, et qui a tendance à dodeliner de la tête pour exprimer le moindre sentiment autre que la confiance en soi) pour nous axer tout ça sur le pouvoir de l'amour...

Alors je veux bien qu'on soutienne le film parce que c'est le premier film du DCU à ne pas être totalement raté (c'est vrai), parce que c'est le premier film de super-héros réalisé par une femme (pauvre Lexi Alexander, tout le monde a oublié son Punisher : Zone de Guerre, au budget certes moins important), parce que c'est le premier long-métrage centré sur Wonder Woman (le film animé de 2009 était cependant très réussi, nettement plus que cette version 2017), ou que sais-je encore... mais lorsque l'on démolit certains films Marvel, à tort ou à raison, pour des défauts (de scénario, d'originalité, d'effets spéciaux, d'antagonistes faiblards, etc) que l'on retrouve systématiquement dans Wonder Woman, mais qu'ici, on décide de fermer les yeux sur ces défauts "parce que c'est réalisé par une femme/ça met une femme en vedette/c'est une date dans l'histoire du cinéma"... là, j'ai nettement plus de mal.

Les défauts de Wonder Woman sont pourtant bien réels, et d'ailleurs, j'irai même plus loin : j'ai trouvé que Patty Jenkins, la réalisatrice, n'était pas particulièrement inspirée. À de nombreuses reprises, j'ai trouvé que son travail, à l'image du script et des effets, était maladroit, manquait de personnalité et de punch, et que tout cela aurait mérité nettement plus de subtilité.

Ajoutez à cela le dernier acte pourri, les effets spéciaux médiocres, la bande originale quelconque (à l'exception du thème guerrier de WW hérité de Zimmer), le script dérivatif, et le rythme inégal, et l'on se retrouve donc avec un film assez bancal : en résumé, on a un premier acte à 3.5/6, un second acte à 4/6, et un dernier acte à 1.5/6...

...ce qui nous fait un tout à 3/6, avec 0.5 de bonus pour certains moments plus efficaces = 3.5/6

 

(sur l'échelle des films super-héroïques actuels, je le placerais au niveau d'un Iron Man 2, Avengers 2 : l'Ère d'Ultron ou des Thor : ça se regarde, mais ça s'oublie instantanément)

 

(EDIT de 12/2018 : revu récemment, et la critique ci-dessus reste globalement inchangée ; j'avoue toutefois avoir eu du mal à rester intéressé par le récit dans sa deuxième moitié, alors que les longueurs se faisaient de plus en plus évidentes, et que les doublures numériques étaient de moins en moins travaillées... de quoi redescendre le tout à 3.25/6)

commentaires

Un film, un jour (ou presque) #537 : Paganini, le Violon du Diable (2013)

Publié le 15 Juin 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Drame, Histoire, Biographie, Fantastique

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Paganini, le Violon du Diable (The Devil's Violonist) :

En 1830, au sommet de sa carrière, Paganini (David Garrett) est une superstar passant de scandales en scandales, sous l'influence de son imprésario, le diabolique Urbani (Jared Harris), qui manipule l'opinion publique comme personne. Jusqu'au jour où le violoniste arrive à Londres pour s'y produire, et loge chez John Watson (Christian McKay) : là, Paganini s'éprend de la fille de Watson, Charlotte (Andrea Deck), une jeune chanteuse à la voix d'or qui va bouleverser à jamais la carrière et la vie du virtuose...

Biopic pseudo-historique façon Amadeus, décrivant une période de la vie de Paganini, interprété ici par David Garrett, un violoniste-star de renom. Et ce choix de casting est assez logique, tous comptes faits, compte tenu de l'orientation du film : ici, Paganini est représenté comme une rock-star de son temps, avec groupie, drogue, sexe, solos de violon déchaînés et crises de conscience... donc choisir une rock-star de la musique classique actuelle pour l'interpréter, c'est assez cohérent.

D'autant plus logique que lors des séquences musicales de ce film, Garrett est impressionnant, et crédible de bout en bout. Dommage alors qu'il n'ait pas une once de charisme ou de présence lorsqu'il s'agit de jouer la comédie : malgré ses efforts, le personnage de Paganini est inexistant dès qu'il ne joue pas de son instrument, ce qui tire irrémédiablement vers le bas ce métrage, au script déjà assez vacillant.

Toute aussi vacillante, l'illustration musicale globale (la bande originale n'a pas grande logique ni cohérence), et la manière dont la majorité des personnages est écrite et interprétée : il y aurait pu avoir quelque chose de vraiment fascinant derrière l'idée qu'Urbani, peut-être, était véritablement le Diable, tentant de corrompre Paganini et ses auditeurs. Certes, cela aurait fait basculer le film dans quelque chose de plus surnaturel, mais ici, c'est une idée à peine effleurée : trop pour laisser le tout à l'état d'ébauche, et pas assez pour convaincre.

En résumé, le film est esthétiquement réussi, musicalement convaincant, mais son script est trop brouillon et superficiel, son lead pas assez charismatique, et le tout finit par manquer de direction et de cohérence. Dommage.

2.75/6

commentaires

Un film, un jour (ou presque) #536 : Louis Theroux - My Scientology Movie (2016)

Publié le 14 Juin 2017 par Lurdo dans Cinéma, Critiques éclair, Review, Documentaire, Religion, UK

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Louis Theroux - My Scientology Movie :

Installé à Los Angeles, Louis Theroux décide de se mesurer à l'Église de Scientologie, et de tenter de mieux comprendre ce mouvement "religieux", aidé en cela par Marty Rathbun, un repenti anciennement membre de l'organisation, désormais son opposant farouche.

Un documentaire cinématographique (le premier pour Theroux) coproduit par la BBC, et qui opte pour une approche assez légère et décalée de son sujet, avec un Theroux qui choisit de reconstituer (en engageant des acteurs) diverses scènes et autres interviews données par Miscavige, Cruise, et compagnie.

Malheureusement, l'intérêt du documentaire est assez limité, à vrai dire : pas assez exhaustif (Going Clear, le documentaire HBO de 2015, l'était bien plus), pas assez drôle, on n'apprend pas grand chose en regardant ce métrage, pour peu qu'on soit déjà un peu familier avec le dossier Scientologie.

Tout au plus le film trouve-t-il un intérêt dans les moments tendus entre Theroux et Rathbun, moments qui révèlent une personnalité torturée, qui semble refuser de vraiment assumer son passé et ses actes d'antan : c'était probablement là le véritable sujet à traiter (un portrait de Rathbun), mais le film s'y refuse, et préfère rester à la surface des choses.

À peine 3/6

commentaires

Un film, un jour (ou presque) #535 : Baby Boss (2017)

Publié le 13 Juin 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Animation, Jeunesse, Dreamworks, Comédie, Aventure

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Baby Boss (The Boss Baby) :

Débordant d'imagination, Tim (Miles Christopher Bakshi) est un garçon  âgé de 7 ans, et parfaitement content d'être fils unique. Il voit donc d'un oeil particulièrement sombre l'arrivée d'un petit frère (Alec Baldwin), qu'il perçoit aussitôt comme le nouveau patron de la maisonnée, faisant se plier leurs parents (Lisa Kudrow, Jimmy Kimmel) à ses moindres désirs. D'autant que dès qu'ils ont le dos tourné, ce mini-boss est capable de parole, et semble avoir des objectifs mystérieux et sinistres...

Un dessin animé Dreamworks adapté d'un livre pour enfants, et qui trahit assez vite ses origines, avec un scénario au fil conducteur assez malingre et télégraphié, et une direction artistique particulièrement simpliste et colorée, à la limite du fluorescent.

Le film se regarde assez tranquillement, en partie parce qu'il a bon fond, mais aussi parce que Baldwin assure le doublage de son personnage, et qu'il y a occasionnellement des idées plutôt amusantes, qui font sourire ; mais sur la longueur, malheureusement, ça rame un peu à maintenir le rythme et l'intérêt, et ça opte pour du slapstick, des blagues pipi-caca-prout (inhérentes aux bébés, je suppose) et de l'émotion facile, alors que le script aurait mérité un peu plus de profondeur.

On pense en effet régulièrement à d'autres métrages pour enfants ou personnages (Comme Chiens et Chats, par exemple, ou Baby Herman), l'illustration musicale est assez décousue et fainéante (Zimmer et son sbire semblent incapables d'opter pour un style ou un autre, et on a droit à pas mal de recyclage, notamment de Holst), et la métaphore principale sur laquelle est bâtie le film finit par tourner à vide, et par dégénérer en une grande poursuite inaboutie et un peu creuse.

Ça n'est pas catastrophique (les dix premières minutes sont très sympathiques, et il y a suffisamment de bons moments pour donner envie d'être indulgent), mais ça ne rentrera pas vraiment dans les mémoires non plus.

3/6

commentaires

Un film, un jour (ou presque) #534 : Free Fire (2017)

Publié le 12 Juin 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Thriller, Action, UK

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Free Fire :

En 1978, à Boston, Justine (Brie Larson) organise une vente d'armes entre une équipe de l'IRA (Michael Smilet, Cillian Murphy, Sam Riley, Enzo Cilenti) et des sud-africains (Sharlto Copley, Arnie Hammer, Babou Ceesay, Jack Treynor). Rapidement, cependant, la tension monte dans l'entrepôt où se tient la vente, et une fusillade finit par éclater.

Ben Wheatley se prend pour Guy Ritchie ou Tarantino, et décide de nous offrir un huis-clos de 90 minutes se déroulant entièrement dans une usine désaffectée, 90 minutes dont les deux derniers tiers consistent en une suite de fusillades entre des personnages assez quelconques et sous-développés, toujours à deux doigts de la parodie avec leurs postiches et leurs accoutrements 70s.

Dans l'ensemble, le film se regarde assez passivement : compte tenu du postulat de départ, la durée du métrage est un peu abusive, et le film devient rapidement monotone et redondant, d'autant que Wheatley (aussi au scénario), n'a pas forcément le mordant ou le sens des dialogues d'un Tarantino, nécessaires pour rendre le tout captivant ou amusant de bout en bout.

Plus problématique : alors que le coeur du projet est un huis clos dans un décor unique (ou presque, puisque dans le dernier tiers, la fusillade se déplace un peu), la gestion de l'espace par le réalisateur est tout simplement inexistante. On n'a pas la moindre idée de la configuration des lieux, les personnages sont tous filmés en plans serrés, à la caméra portée, il y a des changements d'axe et d'angles fréquents, bref, on ignore trop souvent qui se trouve où, est allié avec qui et tire sur qui.

Autant dire que ce Free Fire perd assez rapidement son intérêt et tourne alors à vide, et qu'à part les répliques et l'accent improbable de Copley, il n'y a vraiment pas grand chose à retenir de ce métrage.

2.5/6 (ça aurait fait un court ou moyen métrage sympathique, et probablement moins prévisible)

commentaires

Les bilans de Lurdo : Dimension 404, saison 1 (2017)

Publié le 11 Juin 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Télévision, Les bilans de Lurdo, Science-Fiction, Fantastique, Hulu, Anthologie, Comédie, YouTube, Horreur

Anthologie de 6x45 minutes, produite par RocketJump, une équipe créative originaire de YouTube (et par le créateur des séries Siberia et Emerald City, ouch), et diffusée sur Hulu, Dimension 404 se veut un hommage référentiel et nostalgique aux anthologies du type Quatrième Dimension ou Au Delà du Réel.

Un hommage assez transparent dès le générique de début, narré par Mark Hamill de sa voix la plus dramatique, et qui reprend exactement les codes visuels et narratifs de ses modèles, en prétendant (sans forcément faire illusion) les remettre au goût du jour pour la génération internet.

1x01 - Matchmaker :

Adam (Robert Buckley), blogueur musical exigeant vivant à New-York, rêve de trouver l'âme soeur, en vain. À l'initiative de son colocataire (Matt Jones), il s'inscrit sur une application de rencontres créée par le Dr. Matthew Maker (Joel McHale), et fait la connaissance d'Amanda (Lea Michele), une femme parfaite à ses yeux. Mais à l'instant où il lui avoue ses sentiments, le monde d'Adam bascule...

Un premier épisode écrit par cinq personnes différentes, réalisé par un duo, et qui trahit assez rapidement ses origines et ses influences, en imposant des rebondissements successifs, toutes les 10 minutes, quitte à affaiblir le tout.

Si je devais trouver un mot pour définir cet épisode, en fait, je dirais "anecdotique" : les différents segments de l'épisode ont des intérêts assez inégaux, les réalisation/mise en scène/photographie/éclairage sont assez fauchés et médiocres, et dans l'ensemble, le ton globalement optimiste et enjoué du tout (y compris de la musique) font que ce segment n'a pas de véritable impact, et finit par paraître trop superficiel et dilué pour fonctionner, notamment au niveau message/thématique. Bof. 2.5/6

1x02 - Cinethrax :

Dusty (Patton Oswalt), un fanboy quadragénaire, accompagne sa nièce Chloe (Sarah Hyland) et ses amis millennials au cinéma, mais il s'aperçoit bien vite que le film 3D qu'ils découvrent en "Cinethrax", un format inédit et mystérieux, invoque en réalité une entité pandimensionnelle monstrueuse et meurtrière...

Nettement plus compétent (techniquement parlant) que le premier épisode (le réalisateur est différent), même si, sur le plan du scénario (là aussi écrit par cinq scénaristes différents), on est dans la grosse satire bien baveuse, gentiment surjouée, blindée de fanservice pataud et ultra-référentiel (Carpenter, etc), et tout droit sortie d'un épisode de Fais-Moi Peur.

Rien de bien exceptionnel, donc, jusqu'aux dix dernières minutes et leurs nombreux effets spéciaux, qui donnent lieu à un dernier acte apocalyptique plutôt sympathique. Ça ne fait pas de l'épisode un chef d'oeuvre, mais ça le sauve de la médiocrité pour en faire quelque chose de tout à fait honorable, bien qu'étant méga-dérivatif. 4/6

1x03 - Chronos :

Susan (Ashley Rickards), une étudiante en physique passionnée par Time Ryder, un dessin animé des années 90, s'aperçoit soudain qu'elle est la dernière personne à se souvenir de ce cartoon ; avec l'aide d'Alex (Utkarsh Ambudkar), un ami étudiant, elle découvre alors qu'elle est victime d'un paradoxe temporel...

Un épisode qui donne fortement l'impression d'un postulat de court-métrage plus ou moins rallongé artificiellement pour atteindre les 40 minutes.

En résulte un récit assez décousu et bordélique, qui change de cap de manière anarchique et inaboutie, et peine à vraiment garder un rythme satisfaisant : ce n'est pas désagréable à regarder, les effets et certains gags fonctionnent, mais dans l'ensemble, ça ressemble vraiment beaucoup à un épisode de Fais-moi peur trop ambitieux pour le manque de rigueur de son scénariste.

Ajoutez à cela une interprétation très inégale, des costumes et accessoires un peu fauchés, et surtout, plus agaçant, un script qui joue une nouvelle fois la carte de la nostalgie et du fanservice des années 80 (pourtant, on semble deviner une esquisse de propos sur le besoin de se débarrasser de sa nostalgie et des restes de son enfance pour pouvoir avancer dans sa vie d'adulte... un propos pas vraiment développé et jamais très probant), et on se retrouve au final avec quelque chose de très peu satisfaisant et d'un peu ennuyeux. 2.5/6

1x04 - Polybius :

Dans les années 80, Andrew (Ryan Lee), un jeune garçon homosexuel, timide et religieux, trouve le réconfort dans la salle d'arcade de Wilma (Adrienne Barbeau), où il tente désespérément d'obtenir un killscreen sur Frogger, et où il rêve en admirant le beau Jess (Sterling Beaumon). Mais alors qu'il fait la connaissance d'Amy (Gabrielle Elyse), il découvre un nouveau jeu, Polybius, qui déclenche bientôt chez lui d'étranges cauchemars...

Et encore un épisode axé nostalgie 80s, cette fois-ci sur une borne d'arcade faisant l'objet d'une légende urbaine déjà utilisée par divers autres médias en tous genres (y compris, il me semble, une autre anthologie fantastique pour adolescents, qui s'était contentée de changer le nom de la borne d'arcade). Bref. Un postulat de départ qui fleure bon le déjà vu, pour un résultat assez frustrant, car bourré de bonnes idées et d'un traitement intéressant, qui sont malheureusement un peu desservis par l'exécution.

Pourtant, visuellement, ça fait illusion pendant un bon moment, tout en lorgnant gentiment sur Stranger Things, notamment au niveau de la musique ; l'interprétation est correcte (Barbeau et Foree font à peine plus que la figuration, cela dit) ; et l'ajout de tout un propos sur l'homosexualité refoulée du héros avait du potentiel... mais on retombe assez rapidement dans les clichés des films estampillés 80s, avec ses brutes, son prof de sport vaniteux et indifférent, la nerd qui vient d'arriver en ville et devient l'amie du héros, le beau gosse dont le héros est épris, et qui fait un retour in extremis pour l'aider (à la Han Solo), etc.

Cela dit, ce n'est pas rédhibitoire, loin de là, et le tout se regarde très facilement, malgré une exposition un peu maladroite, et un rythme toujours inégal. Le vrai problème, par contre, arrive lorsque la situation devient sérieuse, et que Polybius apparaît.

Un Polybius en latex figé, plus risible et grotesque que menaçant, et qui finit noyé dans un déluge d'effets vidéos verts fluos du plus mauvais goût (et là, la caution "rétro 80s" ne tient pas forcément, puisque les effets sont parfois trop modernes).

Bref, du bon et du moins bon, mais au moins, le tout est suffisamment homogène et solide pour se placer dans le top 2 de cette anthologie (du moins pour l'instant). 3.75/6

1x05 - Bob :

La veille de Noël, Jane (Constance Wu), une psychologue militaire n'ayant qu'une envie - rentrer chez elle pour retrouver sa compagne et leur fille - est assignée à un projet urgent : tenter de comprendre pourquoi Bob (Tom Noonan), une intelligence artificielle omnisciente créée par la NSA, est déprimé, et pourquoi il ne parvient pas à localiser un dangereux terroriste sur le point de passer à l'acte.

Un épisode une nouvelle fois très gentillet, probablement même trop, puisqu'il abat ses cartes bien trop tôt sur la table, téléphonant ainsi directement sa résolution, et son parallèle bien trop évident entre Bob et Santa Claus.

C'est un peu le problème principal de l'épisode, en fait : c'est un petit conte de Noël assez sympathique, qui tente ponctuellement d'être sérieux (l'attentat) et touchant (Constance Wu, comme toujours, se démène pour rendre le tout sincère et émouvant, malgré le grotesque inhérent à l'apparence de Bob et à son doublage nonchalant), mais ne va jamais assez ouvertement dans ces directions pour se défaire de sa légèreté, et faire oublier que le tout est sans surprise, et un peu trop long pour son propre bien.

Sympathique en théorie, mais un peu trop maladroit dans la pratique. 3.25/6

1x06 - Impulse :

Val "Speedrun" Hernandez (Lorenza Izzo), une joueuse de FPS ambitieuse, est prête à tout pour gagner, et éviter de finir comme son père. Ainsi, lorsqu'un inconnu, "Kojima" (Kenneth Choi) lui propose un produit dopant lui permettant d'être imbattable en accélérant sa perception, elle se rue sur cette occasion, sans se douter que c'est toute sa vie qui va en être accélérée...

Alors là, on est vraiment en plein dans du Fais-moi Peur et compagnie, tant au niveau des enjeux (avec l'héroïne qui apprend une leçon sur les responsabilités, blablabla) que du ton (pas trop sérieux).

Le problème, c'est que du Fais-moi Peur de 46 minutes, tourné pour pas cher dans le désert californien, et gentiment surjoué de bout en bout par la femme d'Eli Roth, ça n'a malheureusement pas grand intérêt.

Et ce n'est pas le coup de coude maladroit "hey, regardez, il s'appelle Kojima" ou la fusillade bancale de la fin (qui ressemble à une scène d'action de fan-film) qui rehaussent l'intérêt du tout. 2.25/6

Bilan :

Avec du recul, on s'aperçoit que le mot d'ordre de Dimension 404 était donné dès son générique d'ouverture : de la nostalgie, du fanservice (deux facettes d'un même mal qui est la plaie des médias américains actuels), le tout agrémenté d'un ton globalement léger et déconneur, qui rapproche clairement plus cette anthologie d'oeuvres jeunesse comme Chair de Poule ou Fais-moi Peur, que de leurs homologues "adultes" (plus travaillés, plus profonds, ou plus cruels et sombres, c'est selon).

Ici, tout est assez inoffensif, anecdotique, et les bonnes idées que l'on trouve çà ou là ne survivent pas forcément au traitement qui en fait. Néanmoins, le tout reste relativement regardable, et même assez bien produit pour un petit budget.

Cela est loin d'en faire une oeuvre incontournable, cependant, et elle est finalement assez caractéristique de la génération YouTube. Mais pour peu qu'on ferme les yeux sur la superficialité globale du tout, et que l'on accepte de se laisser porter par ce qui ressemble presque plus à un pastiche gentiment ironique du genre qu'à autre chose, Dimension 404 s'avère relativement divertissant. 

Totalement oubliable, et très inégal, mais relativement divertissant.

3/6

commentaires

Les bilans de Sygbab - Legend (1995)

Publié le 10 Juin 2017 par Sygbab dans Critiques éclair, Review, Télévision, Les bilans de Sygbab, Action, Aventure, Histoire

Sygbab regarde (beaucoup) la tv, Sygbab écrit (parfois) des bilans : retrouvez-les sur le blog des Téléphages Anonymes !

Legend, saison 1 :

On connaît Richard Dean Anderson pour ses rôles dans Mac Gyver et Stargate. De même, quand on évoque John de Lancie, on pense surtout au personnage de Q dans Star Trek. Mails il est peu probable que beaucoup sachent qu'ils ont été associés dans cette série datant de 1995, qui se déroule dans l'Ouest américain des années 1870.

RDA y campe Ernest Pratt, un écrivain dont la série de bouquins basée sur Nicodemus Legend lui cause bien des soucis : son visage apparaissant sur les couvertures des nouvelles publiées par son éditeur, il est sans cesse confondu avec son alter-ego fictif. Cela le place plus souvent qu'à son tour dans des situations rocambolesques, qui l'obligent à se faire passer pour un héros - à l'image de son personnage - alors qu'il en est bien loin.

Bon vivant, aimant les femmes et l'alcool (parfois un peu trop), c'est aussi un couard et ce décalage constant entre Pratt et sa création est assez amusant. Heureusement pour lui, il est assisté par le professeur Janos Bartok (John de Lancie, donc) et son acolyte Ramos.

Outre la géniale inventivité du savant hongrois, son don de clairvoyance est prétexte à des inventions complètement anachroniques et à un mode de déplacement hors du commun : une montgolfière portant le nom Legend floqué en lettres géantes et rouges. Voilà de quoi inspirer la crainte chez les ennemis du légendaire cow-boy qui n'ont pas compris qu'il s'agit d'une invention, tout en renforçant l'aspect divertissement de la série.

Il y a cependant un gros hic à tout cela : une série qui mélange le western et les anachronismes et jouant sur le second degré avant tout, ça rappelle vaguement quelque chose. Comme par exemple une série annulée à peine un an plus tôt, en l'occurrence Brisco County Jr.

Il devient donc difficile de considérer Legend comme une entité séparée, tant elle semble vouloir surfer sur la vague. En effet, Nicodemus Legend ressemble beaucoup à Brisco, mais Bruce Campbell a bien plus de charisme et est nettement plus à l'aise dans la veine humoristique qu'un RDA dont le visage est quelque peu figé. Bartok, quant à lui, reprend le flambeau du professeur Wickwire, mais en fait trop.

C'est le défaut principal de la série : à vouloir marcher dans les traces de son prédécesseur, la série finit par se prendre les pieds dans le tapis. Là où les éléments futuristes de Brisco finissaient par être imbriqués dans une intrigue solide, ils ne sont ici soutenus que par le génie de Bartok et, il faut bien l'avouer, ça frôle parfois le ridicule.

C'est également dommage que le développement des personnages soit réduit à peau de chagrin au cours des 12 épisodes existants : Skeeter n'est qu'un faire-valoir sans intérêt - ce qui est gênant puisque les scénaristes essaient souvent d'en faire un de leurs ressorts comiques -, et Ramos ne fait que de la figuration la plupart du temps.

Il y a bien un gimmick qui consiste à faire de lui successivement un ancien étudiant en littérature, en physique, en philosophie et dans d'autres domaines, mais il est difficile de s'en amuser alors que l'individu concerné n'a jamais été caractérisé. C'et surtout Pratt qui est mis en avant, avec une dualité naissante : il accepte au fur et à mesure de jouer le rôle de Legend dans la réalité et se découvre des ressources insoupçonnées, ce qui a un impact direct sur la qualité de son écriture (à l'évidence, ce n'est pas forcément le cas des scénaristes).

Pourtant, les bonnes idées sont présentes, et la série essaie de jouer avec les traditions indiennes (mais le bison cracheur de flammes sur rulettes qui est censé représenter un esprit en colère est bien risible), offre une relecture de la mort de Wild Bill Hicock (mais le scénario de l'épisode est dévoilé dans le titre, et celui qui joue l'un des plus grands noms de cette époque a une moustache postiche absolument honteuse), évoque les charlatans qui assurent parler au nom de Dieu (mais on a juste envie de foutre des claques au prêcheur qui s'avère être un escroc, de manière bien surprenante), ou encore introduit le général Custer (mais... non, il s'en tire plutôt bien, finalement).

Quand il y a à redire à chaque élément, c'est que le potentiel n'est pas complètement exploité, et c'est frustrant. Par conséquent, cette série reste sympathique à suivre, sans que ce soit réellement satisfaisant.

C'est toute la difficulté de reprendre un concept qui a déjà échoué peu de temps auparavant : si ce qui est proposé ne se démarque pas nettement, la réussite n'est pas au rendez-vous.

Sans avoir vu Brisco County Jr, Legend est un divertissement honorable. Sinon, il s'agit d'une copie assez pâle.

commentaires

Un film, un jour (ou presque) #533 : Pirates des Caraïbes 5 - La Vengeance de Salazar (2017)

Publié le 9 Juin 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Fantastique, Action, Aventure, Disney, Comédie, POTC, Romance

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Pirates des Caraïbes 5 - La Vengeance de Salazar (Pirates of the Caribbean - Dead Men Tell No Tales) :

Sans navire ni équipage, Jack Sparrow (Johnny Depp) touche le fond lorsqu'il apprend que le maléfique Capitaine Salazar (Javier Bardem) et son équipage de fantômes sont à ses trousses. Pour le vaincre, Sparrow a besoin du mythique Trident de Poséïdon, capable de rompre tous les sortilèges des Sept Mers ; mais il n'est pas le seul à le rechercher, puisque le jeune Henry Turner (Brenton Thwaites) en a besoin pour secourir son père, et que Carina Smyth (Kaya Scodelario), une astronome amateure, est bien décidée à résoudre le mystère de ses origines en suivant la carte menant au Trident. Sans oublier Barbossa (Geoffrey Rush), qui a conclu un pacte avec Salazar, pour lui offrir la tête de Sparrow en échange de sa vie...

Cinquième volet de la saga POTC, confié cette fois-ci à un duo de réalisateurs norvégiens, et tentant de boucler la boucle, en revenant aux sources plus de 13 ans après le premier opus, La Malédiction du Black Pearl.

Un retour aux sources qui se fait pour le meilleur et pour le pire : s'il est intéressant de retrouver les personnages de Will Turner et d'Elizabeth Swann, ainsi que d'autres personnages secondaires des volets précédents, leur présence tient plus de la brève apparition clin-d'oeil que d'autre chose ; et il faut bien avouer que les grandes lignes du script sont littéralement photocopiées sur le script du premier opus, de son équipage de fantômes au capitaine rival de Sparrow, en passant par son protagoniste aux origines mystérieuses, sa course au trésor, son couple de jeunes premiers, la situation de Sparrow au début du film, etc, etc, etc... la frontière entre hommage et inspiration est très fine, et ce Pirates 5 la franchit régulièrement.

Et pourtant, ce n'est pas mauvais, surtout en comparaison du film précédent. Ce Pirates 5 se permet même de reprendre une séquence de Fast & Furious 5 - le braquage de banque - à la sauce POTC, avec attelages et bâtiment amovible (ainsi qu'une petite dose d'Assassin's Creed - Black Flag pour les acrobaties de Sparrow dans les rues et sur les toits), ou de proposer des scénettes originales - la guillotine - qui semblent indiquer une vraie recherche de moments mémorables.

Il est alors assez étrange de constater que le métrage rate bizarrement de nombreuses occasions d'être marquant et spectaculaire, en laissant de nombreuses pistes inexplorées : le pouvoir de l'épée de Barbe-Noire reste inexploité, la sorcière au service des Anglais n'a pas grande utilité, Swann et Turner n'ont pas plus d'une minute de présence à l'écran, le Triangle du Diable est survolé, le navire de Salazar ne sert pas assez, et plus surprenant encore, alors que l'on pouvait saliver d'avance à l'idée de tout ce que les personnages allaient pouvoir faire avec le Trident - invoquer le Hollandais Volant pour affronter le navire de Salazar, voire réanimer la malédiction du Black Pearl, que sais-je encore -, ce dernier ne leur sert qu'à tirer des trombes d'eau. Décevant.

(et réciproquement, lorsque le film tente d'être trop spectaculaire, ça tombe parfois à plat, comme lorsque la figure de proue s'anime et chasse Sparrow : c'est inutile, moche, et brouillon)

Au niveau technique, rien à signaler de nouveau : la réalisation est compétente et parfois inventive, les effets sont globalement convaincants, mais pas parfaits, et l'interprétation de tous les acteurs habituels est sans surprise (même si Depp en fait parfois trop, surtout lorsqu'il joue l'ivresse plus que de mesure) ; les petits nouveaux, eux, s'en sortent honorablement, même si leur romance ne fonctionne qu'en partie : comme dans Gods of Egypt, Thwaites est sympathique, et plus attachant que Bloom dans le premier POTC ; Scodelario est très similaire à Knightley ; et Bardem impose sa présence et son charisme, malgré un personnage lourd en effets.

Enfin, la musique, confiée à un sbire de Zimmer : ici, contrairement au grand recyclage sans queue ni tête du film précédent, Zanelli réutilise de manière judicieuse et plus sobre les thèmes préexistants, notamment celui de la romance Swann/Turner. Mais contrairement à Hans Zimmer, il échoue à imposer le moindre nouveau thème marquant ; ses contributions n'ont pas grand relief ou grande énergie, et hormis un passage ou deux, on ne remarque que la musique déjà installée au cours des trois premiers métrages.

Dans l'ensemble, donc, comme je le disais, Dead Men Tell No Tales est meilleur que le quatrième opus... mais ce n'est pas forcément très bon pour autant.

Beaucoup trop similaire au premier film de la saga, assez linéaire, ce Pirates 5 n'en a ni la fraîcheur, ni l'énergie, et il faut bien l'avouer : maintenant que l'on a eu droit à un Jack Sparrow Begins, et que la boucle est bouclée pour les Turner et Swann, il serait temps de mettre un terme à cette franchise plus si fraîche que ça...

3.25/6

commentaires

Un film, un jour (ou presque) #532 : Railroad Tigers (2016)

Publié le 8 Juin 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Comédie, Action, Histoire, Chine

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Railroad Tigers :

En 1941, alors que le Japon étend son occupation de la Chine orientale, un ouvrier ferroviaire (Jackie Chan) et sa bande de résistants pas très doués, surnommés les Tigres Volants, sabotent et pillent les trains qui passent dans la région, pour reverser leur butin aux pauvres paysans chinois dans le besoin. Jusqu'au jour où les Japonais en ont assez de ces incidents, et envoient sur place une garnison en renfort... mais les Tigres ont un dernier atout dans leur manche : faire sauter un pont ferroviaire gardé par les militaires, et repousser ainsi les Japonais à une distance respectable...

Jackie fait de la Résistance ? La Septième Compagnie au clair du Soleil Levant ? Le Pont de la Rivière Chan ? La perspective d'une comédie de guerre opposant la bande de résistants de Jackie Chan à de méchants occupants, avec en prime des braquages de chemins de fer, avait de quoi allécher... malheureusement, au final, on passe plus de temps à être frustré devant ce métrage qu'à profiter de ses quelques brefs moments vraiment réussis.

Pourquoi ?

1) c'est particulièrement mal rythmé : avec plus de deux heures au compteur, et malgré une structure en segment (avec titres à l'écran) et des interludes animés, le tout est particulièrement soporifique et mou.

2) c'est particulièrement mal écrit : énormément de digressions, de moments inutiles, qui donnent un récit globalement particulièrement décousu et bordélique, qui peine à intéresser.

3) c'est particulièrement laid visuellement : tout est kaki ou gris, les images de synthèse sont très inégales, et dans l'ensemble, le tout n'attire pas du tout l'oeil.

4) c'est particulièrement mal mis en musique : entre musique traditionnelle chinoise, musique de blockbuster zimmerienne, et musique... bruitiste, la bande originale ne colle jamais à ce qu'il y a à l'écran, et ça enlève 90% de l'impact des images.

5) ça ne sait pas ce que ça veut être : tour à tour comédie burlesque à la Chan (très peu de cascades et de bagarres de Jackie, cependant, ce qui peut se comprendre), film de guerre violent et dramatique, reconstitution historique, ou propagande nationaliste, les ruptures de ton sont brutales, et totalement injustifiées.

Bref, un film qui, si l'on prend séparément chacune de ses caractéristiques, échoue joyeusement dans ce qu'il entreprend (et encore, je n'ai pas parlé du casting, dont la moitié ne sert à rien).

Et pourtant, si ce Railroad Tigers frustre vraiment, c'est parce que par moments, le temps d'une scène ou d'une séquence d'action, ça fonctionne tout de même, c'est divertissant, ça fait illusion... avant de retomber rapidement, dès la scène suivante.

Autant dire que ce métrage finit par être agaçant, en plus d'être longuet, et qu'il est impossible de lui mettre plus de

2.25/6

commentaires

Un film, un jour (ou presque) #531 : Celluloid Closet (1995)

Publié le 7 Juin 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Histoire, HBO, Channel4, Documentaire, Arte, USA

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Celluloid Closet (The Celluloid Closet) :

Plus ou moins adapté du livre-exposé du même nom, publié en 1981 par Vito Russo, The Celluloid Closet est un documentaire américain (coproduit par HBO, Channel 4 & Arte) qui se propose de retracer l'évolution de la représentation de l'homosexualité au cinéma de ses origines caricaturales, aux représentations plus ouvertes et nuancées des années 80-90.

Et c'est là l'un des problèmes du film, d'ailleurs : il s'arrête aux années 90, forcément, et semble se féliciter des énormes progrès faits par la société et par l'industrie du divertissement en terme de représentation des homosexuels... mais paradoxalement, aujourd'hui, un simple coup d'oeil à Modern Family, ou à n'importe quel personnage gay à la télévision ou au cinéma montre qu'on n'a pas avancé d'un pouce par rapport à 1995, et qu'on navigue toujours souvent dans les clichés bien lourds et parfois nocifs.

Bien que le documentaire ne soit pas à blâmer pour cela, c'est assez regrettable, à postériori, et l'on ne peut s'empêcher de se dire qu'une nouvelle version du documentaire, remise au goût du jour, serait des plus bienvenues pour faire le bilan.

Un peu à l'identique, on peut regretter que, dans son exploration de la visibilité des gays à Hollywood, Celluloid Closet ne s'attarde pas particulièrement sur les innombrables jeunes premiers (et starlettes) de l'Âge d'Or d'Hollywood, vendu(e)s comme hétéros, et ayant depuis fait leur coming-out (comme par exemple Tab Hunter) ; de même, on peut déplorer une tendance à appliquer systématiquement une grille de lecture homosexuelle à d'innombrables vieux films, de manière pas toujours pertinente et parfois forcée (et la justification "ça saute aux yeux si l'on est gay, mais si on ne l'est pas, on ne peut pas comprendre" a ses limites, qui sont ici occasionnellement franchies).

Néanmoins, ces défauts sont assez minimes, tous comptes faits, en regard de la somme de témoignages, de stars interviewées (de Tom Hanks à Shirley Maclaine, en passant par Tony Curtis, etc), et d'images et d'extraits d'archive qui sont ici réunis.

J'avoue sans problème avoir été nettement plus intéressé par toute la première partie du documentaire (les balbutiements du cinéma, l'époque des Grands Studios, l'Âge d'or d'Hollywood) que par les décennies finales, mais dans l'ensemble, ce documentaire reste à voir pour les passionnés d'histoire et de cinéma.

4/6

commentaires

Un film, un jour (ou presque) #530 : Un Été Secret (2016)

Publié le 6 Juin 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Télévision, Comédie, Romance, PixL

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Un Été Secret (Secret Summer) :

Spécialiste en immobilier, la citadine Rachel (Lindsey Shaw) est envoyée dans une petite ville californienne, pour y évaluer la vieille bibliothèque municipale, afin de la remplacer par un complexe touristique moderne. Là, elle croise le chemin de Jake (Derek Theler), un auteur qui étudie la légende d'un célèbre bandit au butin disparu, et qui garde, le temps de quelques semaines, ses neveux (Chiara Aurelia & Max Page). Jake va alors tenter de convaincre la new-yorkaise de renoncer à sa mission...

Une rom-com PixL TV mettant en scène Derek Theler, déjà très à l'aise dans How Sarah Got Her Wings, fin 2015, et Lindsey Shaw, toujours sympathique.

Ici, la distribution est le seul véritable intérêt de ce récit cousu de fil blanc de bout en bout, et jamais vraiment particulièrement intéressant : on est dans le téléfilm semi-romantique générique, plein de bons sentiments, pas très bien écrit (la mise en place est ultra-précipitée, le script basique au possible, la caractérisation est inégale et le tout n'est pas aidé par une musique envahissante et forcée) typique des chaînes comme Hallmark ou PixL... et totalement oubliable.

2 + 0.25 pour le cast = 2.25/6

commentaires

Un film, un jour (ou presque) #529 : Brother Nature (2016)

Publié le 5 Juin 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Comédie, SNL

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Brother Nature :

Politicien ambitieux sur le point de se présenter pour un poste au Congrès américain, Roger (Taran Killam) va passer de brèves vacances en compagnie de sa compagne Gwen (Gillian Jacobs) dans le chalet lacustre familial de cette dernière. Là, il rencontre la famille nombreuse et excentrique de Gwen, notamment Todd (Bobby Moynihan), un animateur de camp de vacances exubérant et envahissant bien décidé à faire de Roger son meilleur ami, coûte que coûte.

Une comédie américaine estampillée SNL, produite par Lorne Michaels, et mettant en scène plusieurs membres du cast du SNL (Killam, Moynihan, Kenan Thompson, Aidy Bryant), ainsi qu'un bon paquet d'acteurs et actrices au capital sympathie certain (Gillian Jacobs, Rita Wilson, Bill Pullman, Kumail Nanjiani, Rachael Harris, David Wain...).

Seul problème : non seulement le métrage est assez dérivatif et convenu (la configuration "mec coincé et sérieux + petit gros saoûlant et envahissant mais qui a bon fond" est très classique, on pense notamment aux films de John Candy, cf The Great Outdoors), mais en plus, si Moynihan tient bien son personnage de trublion fatigant, Killam s'avère malheureusement trop terne pour faire un protagoniste intéressant.

Un film qui manque d'humour percutant, qui est trop calibré et basique pour son propre bien, et qui finit par lasser.

2/6 (pour la distribution)

commentaires

Les bilans de Lurdo : Legion, saison 1 - suite et fin (2017)

Publié le 4 Juin 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Télévision, Les bilans de Lurdo, Marvel, Action, Science-Fiction, Fantastique, FX

Suite et fin de mon visionnage des huit épisodes de la première saison de cette adaptation libre des comics Marvel centrés sur le personnage de Legion/David Haller, adaptation showrunnée par Noah Hawley (Fargo), et produite par Bryan Singer.

Malgré un épisode 4 en demi-teinte, j'étais ressorti assez convaincu par l'audace visuelle et narrative de ces quatre premiers épisodes. Espérons que les quatre suivants sauront capitaliser sur le potentiel du début de saison, plutôt que de laisser se développer les quelques défauts commençant à poindre le bout de leur nez...

Legion saison 1 - suite et fin

1x05 - Chapitre 5 :

David, soudain empli d'une confiance en soi et d'une arrogance inattendues, décide d'aller secourir sa soeur sans l'aide de l'équipe de Melanie, mais les membres de l'équipe découvre bientôt l'existence du parasite étrange qui occupe l'esprit de David, et qui a apparemment pris le dessus sur son hôte...

À nouveau un épisode qui m'a laissé mitigé : on retrouve un peu le même manque de "structure déstructurée" que dans l'épisode 3, du même scénariste ; la caractérisation est un peu hors sujet, çà et là (pour David, c'est normal ; Syd, par contre, agit comme une ado rebelle ; et Cary, lui, verse dans la comédie surjouée) ; certaines scènes sont un peu forcées (le ralenti inutile sur fond de musique pop lorsque l'équipe part à la recherche de David), ou peu réussies visuellement (lorsque Cary fait son briefing "céleste" au reste de l'équipe, et que Bill Irwin surjoue affreusement) ; Rachel Keller a toujours des postures et une gestuelle maniérées et peu naturelles (même lorsqu'elle est sur le point de succomber à la créature, à la toute fin, elle s'étend sur le lit de manière assez artificielle) ; et il reste encore quelques lignes de dialogues qui arrivent, ici ou là, comme un cheveu sur la soupe (je pense notamment au "who teaches us to be normal when we're one of a kind" de Syd, qui tombe totalement à plat avec sa confession, et sonne assez faux).

Après, il y a toujours du bon, notamment dans la seconde partie de l'épisode, entre la créature qui massacre du soldat sans broncher, ou encore la scène finale, dans la Pièce Blanche. Et bien sûr, Plaza semble se diriger vers quelque chose de plus ouvertement maléfique, et de moins "April Ludgatesque", ce qui est toujours un plus.

M'enfin bon, dans l'ensemble, je m'attendais à un peu mieux, et à un peu plus de contenu.

 

1x06 - Chapitre 6 :

Alors que l'équipe de Melanie est prise au piège dans une hallucination collective - l'hôpital psychiatrique -, tous ses membres subissent, un à un, l'influence et les questions de Lenny, leur psychiatre...

Mouais, l'équivalent d'un bottle épisode à la sauce Legion, qui souffre d'un peu trop de redondances et de diversions esthétiques assez gratuites.

En résumé, à l'image du numéro de danse d'Aubrey Plaza (Plaza qui devient par ailleurs une antagoniste très convaincante, et s'amuse clairement dans ce rôle), ce n'est pas désagréable, ce n'est pas forcément hors sujet, mais c'est aussi relativement anecdotique au niveau de la saison.

Un épisode dispensable, qui fait globalement du surplace, et qui souligne encore un peu plus les points faibles du casting secondaire et de l'écriture de la série (sans surprise, cet épisode est écrit par Halpern, scénariste du 04, jusqu'alors l'épisode que j'ai le moins apprécié de la saison).

 

1x07 - Chapitre 7 : 

Sur le plan astral, Oliver et Gary mettent au point un plan d'attaque pour s'en prendre au parasite de David, le Shadow King. Mais pour cela, ils doivent réussir à réunir les autres, et à les réveiller...

Un épisode plus court que d'habitude, mais qui s'avère captivant de bout en bout : on ne voit pas le temps passer, ça va constamment de l'avant, ça expérimente visuellement, encore et encore, ça passe de petits moments comiques entre Oliver et Cary, à un flashback animé sur tableau noir retraçant la vie de David et du Shadow King, à un passage film muet façon Caligari ou Murnau (avec une Plaza impériale en monstre expressionniste), à un cliffhanger final réussi, en passant par Oliver qui utilise ses pouvoirs musicaux, tel un chef d'orchestre, par David qui retrouve le contrôle, et par des indices très clairs quant à l'identité du père de David.

Bref, après le passage à vide des deux ou trois épisodes précédents, ça fait plaisir. J'espère que le show ne va pas rater son atterrissage dans l'épisode qui suit...

 

1x08 - Chapitre 8 :

Alors que David et son groupe sont aux mains de la Division 3, le Shadow King tente de reprendre le contrôle de l'esprit du mutant, et cherche un nouvel hôte...

Et malheureusement, malgré le retour de Noah Hawley au scénario, ce season finale est une déception.

Pas forcément parce qu'il est beaucoup plus linéaire et sage, formellement parlant : compte tenu de l'évolution de l'état mental de David, c'est cohérent, bien que cela ait pour conséquence de rendre le tout nettement moins ludique et intéressant ; pas forcément non plus pour l'écriture occasionnellement pataude (le "I don't care if you save me... or the world... if you don't save yourself" de Syd est affreusement bancal, tant dans la forme que dans la diction et le jeu de Rachel Keller), ou pour tout ce temps passé sur la vie privée de Clark, l'agent de la Division 3, sans que cela ne débouche sur grand chose.

Non, la vraie frustration, c'est que cette saison 1 de Legion débouche sur un gros "tout ça pour ça", une sorte d'affrontement fauché dans un couloir, formellement médiocre et peu inspiré, et réglé en un claquement de doigts : l'exorcisme du Shadow King, la résolution de toute la situation, les transferts, le départ d'Oliver, tout cela semble précipité, presque bâclé, et particulièrement frustrant.

Quant au post-générique... disons qu'il laisse perplexe.

 

Bilan saison 1

Dans l'ensemble, une première saison frustrante, qui semblait parfois posséder environ 5 ou 6 épisodes de contenu, malheureusement étalé sur 8 épisodes.

Ce n'est pas forcément rédhibitoire (et c'est nettement mieux que les séries Netflix façon "6 à 8 épisodes de contenu délayé pendant 13 épisodes"), et la série bénéficie toujours clairement de grandes qualités graphiques, d'inventivité, et d'une audace certaine, mais globalement, difficile de ne pas avoir l'impression que le show a raté son atterrissage.

Après une saison entière passée à faire monter la pression au sujet du Shadow King et de son emprise sur David, voilà que tout est réglé en quelques minutes, sans grande difficulté, ni réelle résolution digne de ce nom. À se demander si Hawley n'avait tout simplement pas la moindre idée de comment résoudre son intrigue principale sans botter en touche...

De plus, je me répète, mais je n'ai pas été particulièrement convaincu par les seconds rôles. Autant Dan Stevens assure très bien son rôle (malgré quelques moments de surjeu), tout comme Aubrey Plaza, autant l'écriture, la caractérisation et le casting des autres personnages sont nettement plus inégaux : outre Rachel Keller (dont les 3 expressions faciales et le jeu maniéré m'ont suffisamment agacé pour me gâcher pas mal de scène, d'autant que son personnage est étrangement immature impertinent et rentre-dedans, de manière injustifiée), Amber Midthunder reste sous-développée, affichant perpétuellement une même moue boudeuse, et Bill Irwin semble être là pour assurer la caution comique du show, avec plus ou moins de succès.

En fait, Legion semble avoir du mal à trouver un niveau qualitatif régulier : le show atteint parfois des sommets, ou se ramasse totalement dans ce qu'il tente, mais il peine à s'équilibrer sur la longueur, et semble vraiment dépendant de la capacité de chacun des scénaristes de l'équipe à se fondre dans le moule imposé par Hawley.

Mettons cela sur le dos de la saison 1, toujours une saison de rodage pour une nouvelle série, et espérons que Hawley et compagnie apprendront de leur essai.

On peut néanmoins rester dubitatif sur l'avenir de la série : compte tenu des audiences assez faibles de la saison 1 (pas surprenantes, puisque les premiers épisodes de la saison demandaient énormément d'attention et de concentration au spectateur), FX va peut-être imposer aux scénaristes d'écrire quelque chose de plus accessible, de moins excentrique, voire d'intégrer un peu plus le show à l'univers X-men, en insérant par exemple une apparition, le temps d'un épisode, de Patrick Stewart en Xavier.

Dans un cas comme dans l'autre, cependant, la saison 2 risque d'être difficile à gérer : si le show répète un peu trop les expérimentations visuelles et narratives de la saison 1, Hawley sera accusé de céder à la facilité, et de refaire une nouvelle fois la même chose ; s'il part dans une direction nettement plus classique, à la structure basique, alors Legion risque de perdre une grande partie de ce qui la distingue du reste du genre, et qui a tant fasciné son public.

C'est un numéro d'équilibriste complexe qui attend la série et son showrunner, pour l'année prochaine, mais une chose est sûre : malgré les défauts et les problèmes que je peux avoir avec la distribution secondaire de la série, je serai au rendez-vous.

commentaires

Les bilans de Sygbab - Space 2063 (1995-1996)

Publié le 3 Juin 2017 par Sygbab dans Critiques éclair, Review, Télévision, Les bilans de Sygbab, Science-Fiction, Action, Fox

Sygbab regarde (beaucoup) la tv, Sygbab écrit (parfois) des bilans : retrouvez-les sur le blog des Téléphages Anonymes !

Space 2063 (Space : Above And Beyond) :

Courte série de science-fiction d'une saison seulement - grâce à la FOX dont les habitudes ne sont pourtant pas de couper les pattes d'un programme qui se révèle intéressant (ironie, quand tu nous tiens) -, Space : Above & Beyond est centrée sur la guerre entre les humains et les Chigs. Le conflit est déclenché dans le pilote, lorsque les Chigs déciment une colonie installée sur une planète récemment découverte par des humains complaisants, qui se croyaient seuls dans l'univers.

Alors que le thème est assez classique (au même moment, les Ombres ont fait leur apparition dans Babylon 5 et le Dominion se fait plus pressant dans Star Trek Deep Space Nine), Morgan & Wong choisissent un traitement différent, en s'éloignant des enjeux politiques pour raconter la vie d'un escadron.

Il faut cependant une certaine suspension d'incrédulité pour considérer comme acquis que les Wild Cards soient le meilleur escadron de la flotte, alors qu'il n'est composé que de nouvelles recrues qui ont été parachutées dans une guerre que personne ne pouvait prévoir. Ce qui fait pourtant leur force, c'est d'être avant tout un groupe soudé, malgré leurs différences et des motivations divergentes.

Ces dernières sont établies dès le départ, et en dévoilent suffisamment sur le caractère des personnages pour comprendre leurs comportements ainsi que leurs réactions face aux situations auxquelles ils sont confrontés. Et celles-ci sont parfois terribles : leurs différentes missions vont leur faire subir l'isolement, la torture, et les exposer à une arme qui exacerbe les peurs et pousse les soldats à s'entre-tuer dans un délire paranoïaque. Le traitement intimiste permet cependant d'éviter l'écueil des "clichés guerriers" sans saveur.

De plus, il y a une bonne alchimie entre les personnages, et les liens d'amitié qui se tissent dans l'adversité sont développés de manière assez habile. La relation entre le colonel McQueen et son escadron a d'ailleurs souvent des accents d'amour paternel, notamment quand il défend ses troupes avec ardeur devant ses supérieurs. Une forme d'exploit pour un tank, puisque ce sont des êtres humains nés in vitro après avoir été cultivés six ans dans une cuve et qui, par conséquent, ne sont pas très à l'aise avec les sentiments. C'est aussi le cas de Cooper Hawkes, victime d'un racisme qui s'est développé envers son espèce, qui va trouver en ses compagnons une famille à laquelle il n'a jamais eu droit, avec les joies et les affres que cela entraîne.

Leurs ennemis n'ont pas de visage, car les Chigs possèdent des armures impressionnantes, surmontée de casques qui ne le sont pas moins. Ils sont également plus avancés technologiquement et emploient des tactiques écoeurantes, ce qui fait d'eux des êtres impitoyables.

Un parti-pris qui paraît très manichéen et qui renforce le point de vue nationaliste des troupes américaines qui sont les seules à combattre... Mais le 1.13 (Who Monitors The Birds ?) nuance le propos lorsque Cooper effectue une mission en solo et épargne un soldat Chig, car il réalise qu'il ne fait qu'obéir à des ordres, tout comme lui. Le parallèle est renforcé par l'insertion de nombreux flashbacks évoquant l'endoctrinement des in vitros. Un épisode d'autant plus marquant qu'il est muet.

ll ne faut pas s'attendre à une série à forte mythologie, mais plutôt à une série intimiste dans un contexte de science-fiction.

Bien sûr, des thèmes relatifs au genre sont bien présents en filigrane : la folie technologique de l'être humain l'a poussé à créer des intelligences artificielles à son image - qui se sont retournées contre lui - et à produire en masse les in vitros.

Un troublant complexe, remis en question dans le final qui nous apprend que les Chigs sont également originaires de la Terre mais qu'ils ont suivi une évolution différente. Cette révélation entrouvre d'autres horizons qu'il aurait été intéressant d'explorer, ce qui génère une frustration malheureusement commune à toutes les séries stoppées prématurément...

Malgré tout, cette série est à conseiller, car elle possède des qualités non négligeables.

commentaires

Un film, un jour (ou presque) #528 : Breathe In (2013)

Publié le 2 Juin 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Drame, Romance

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Breathe In :

Violoncelliste frustré par sa carrière de professeur de piano, et par sa vie de couple terne, Keith (Guy Pearce) retrouve soudain goût à la vie lorsque Sophie (Felicity Jones), une étudiante anglaise, s'installe chez eux dans le cadre d'un programme d'échange. Car non seulement la jeune femme est séduisante, mais elle est en plus une musicienne très douée et partageant bon nombre des aspirations de Keith. Tiraillée entre cette relation interdite, une femme (Amy Ryan) trop terre à terre pour lui, et leur fille (Mackenzie Davis) sportive, Keith voit sa vie basculer.

Un drame indépendant intimiste, à la distribution très attachante (raison principale pour laquelle j'ai regardé ce film), mais qui échoue à capitaliser sur celle-ci avec une écriture convaincante : si on comprend la frustration de Keith, il apparaît parfois un peu immature ; Sophie, elle, semble un peu trop distante et fébrile, et ce dès sa première apparition ; quant à Megan, le personnage d'Amy Ryan, il est malheureusement un peu trop caricatural, et manque clairement des nuances et des moments nécessaires pour rendre ce triangle amoureux convaincant (le métrage adopte le point de vue de Keith, ce qui fait de Megan la méchante de cette histoire... alors qu'intrinsèquement, elle ne devrait pas l'être pour que le film soit suffisamment subtil et mesuré).

Pour être franc, ce film aurait très bien pu être un drame français lambda, auquel cas je n'aurais même pas pris la peine de regarder ; en l'état, le cast et la réalisation efficace donnent un peu d'intérêt au film. M'enfin bon, pas très mémorable, tout ça.

2.25/6

commentaires

Un film, un jour (ou presque) #527 : Le Labyrinthe - La Terre Brûlée (2015)

Publié le 1 Juin 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Science-Fiction, Fantastique, Jeunesse, Action, Thriller

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Le Labyrinthe : La Terre Brûlée (Maze Runner 2 - The Scorch Trials) :

Thomas et les autres rescapés du Labyrinthe sont recueillis par Janson (Aiden Gillen) et ses hommes, qui occupent un centre de recherche où de nombreux Blocards sont réunis. Mais bien vite, il apparaît que tout ceci n'est qu'un test de plus organisé par WCKD, et la fuite en avant reprend, au travers de la Terre Brûlée, et à la recherche de l'une ou l'autre faction rebelle pour lutter contre WCKD. Mais une trahison inattendue va tout changer...

Malgré tous ses défauts inhérents au genre young adult (personnages insipides, rebondissements prévisibles, etc), le premier opus de ce Labyrinthe restait encore un minimum intéressant grâce à son postulat de départ intrigant (bien que finalement sous-exploité), et à ses effets spéciaux réussis.

Ici, c'est pire : postulat insipide et générique (une fuite en avant dans un territoire post-apocalyptique empli de zombies), personnages encore plus transparents, rebondissements quelconques et téléphonés, environnements quelconques (des laboratoires, des hangars, et un désert) et un film interminable, qui atteint péniblement les 2h10 sans jamais se montrer intéressant.

Alors oui, ça court dans tous les sens... mais franchement, j'ai piqué du nez à plusieurs reprises tant le tout était constamment et particulièrement médiocre, pour ne pas dire mauvais.

1.5/6

commentaires

Un film, un jour (ou presque) #526 : Dudes & Dragons (2016)

Publié le 31 Mai 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Comédie, Fantasy, Fantastique

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Dudes & Dragons (aka Dragon Warriors) :

Rejeté par la princesse Ennogard (Kaitlin Doubleday), le sorcier Tensley (James Marsters) décide de détruire le royaume, en ordonnant à son dragon de massacrer toute personne exprimant le moindre signe d'amour et d'affection. Ce qui n'arrange pas Camilan (Maclain Nelson), un guerrier arrogant bien décidé à épouser une elfe dont il est épris. Il décide alors d'aller affronter Tensley, et demande l'aide de son frère, Ramicus (Adam Johnson), un chasseur de primes qui n'a pas vraiment envie de risquer sa vie dans une telle quête...

Un film indépendant semi-parodique à microbudget, partiellement financé via plate-forme participative, et globalement tourné sur fond vert.

On peut louer les intentions de l'équipe, mais... malheureusement, le tout est un bon gros plantage. C'est fauché (mais ça, on pouvait s'y attendre), c'est interminable (pas loin de deux heures) et très mal rythmé, ce n'est pas drôle, c'est très moyennement interprété, et ça souffre constamment de la comparaison avec un Votre Majesté ou avec d'autres parodies de fantasy télévisuelle.

La séquence d'introduction avec Luke Perry en preux chevalier queutard est amusante, cela dit, bien qu'ultra-convenue.

1/6

commentaires

Un film, un jour (ou presque) #525 : Pirates des Caraïbes 4 - La Fontaine de Jouvence (2011)

Publié le 30 Mai 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Fantastique, Action, Aventure, Disney, Comédie, POTC, Romance

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Pirates des Caraïbes 4 - La Fontaine de Jouvence (Pirates of the Caribbean - On Stranger Tides) :

Lorsque Jack Sparrow (Johnny Depp) découvre qu'Angelica (Penelope Cruz), l'une de ses anciennes conquêtes, se fait passer pour lui, Sparrow tombe dans le piège de la jeune femme : elle l'oblige alors à rejoindre son équipage, sous la direction de son père, le terrible Barbe-Noire (Ian McShane), et de les aider à découvrir la mythique Fontaine de Jouvence. Mais Barbe-Noire n'est pas le seul à la chercher : Barbossa (Geoffrey Rush) est sur leur piste pour le compte de la couronne anglaise, et les espagnols sont aux aussi de la partie...

Alors que sort le cinquième épisode de la saga en salles, retour sur le quatrième épisode, un épisode qui, ce n'est pas peu dire, n'avait pas marqué les mémoires. Et pour cause : après un premier volet tout à fait regardable, et deux suites boursouflées et assez bordéliques (mais contenant néanmoins bon nombre de scènes spectaculaires et mémorables), ce quatrième volet perdait la majorité de sa distribution habituelle, ainsi que son réalisateur, et choisissait de s'inspirer très librement du roman Sur des Mers Plus Ignorées de Tim Powers.

Résultat, un succès mitigé au box-office (malgré plus d'un milliard de dollars de recettes, le film avait coûté tellement cher à produire qu'il n'a pas fait de gros bénéfices), pour un film moins confus et surchargé que les précédents, mais aussi nettement moins intéressant, moins inspiré et tout aussi bavard.

La première demi-heure fait à peu près illusion, malgré une bande-originale de Zimmer en pilotage automatique, qui se contente d'aligner les deux nouveaux thèmes du films (pas désagréables, d'ailleurs) avec tous les anciens thèmes des films précédents, sans logique ni cohérence (il en ira de même pendant les 2 heures 15 du métrage) ; dès que Barbe-Noire est présenté, cependant, et que la mission de tout ce petit monde est lancée, le film commence à perdre son énergie, petit à petit... et une fois l'attaque des sirènes passée, c'est l'encéphalogramme plat jusqu'à la fin.

Toute la deuxième heure du film est ainsi un gros ventre mou, qui laisse énormément de temps au spectateur pour s'apercevoir des approximations du script, de l'absence totale d'intérêt et de charisme de la relation du prêtre et de sa sirène, de l'inutilité absolue des pouvoirs vaudou sous-exploités de Barbe-Noire (vaguement hérités du roman), du manque de personnages secondaires attachants, de la relation générique et clichée de Sparrow et d'Angelica (ainsi que du manque d'alchimie de Depp et de Cruz), etc, etc, etc...

Bref, ça rame progressivement de plus en plus, jusqu'à ce grand final faiblard devant la Fontaine de Jouvence... une grotte brumeuse pouvant apparemment accueillir des dizaines et des dizaines de personnes, et au centre de laquelle trônent trois pauvres colonnes, un ruisseau, et le Gardien de l'Éternité de Star Trek.

Autant dire que la déception est effectivement au rendez-vous (d'autant plus au second visionnage) et que l'on finit assez frustré : la distribution était sympathique, le sujet avait du potentiel, le roman dont s'inspire le film est excellent, mais le tout est très fade, ne capitalise pas sur ses bons points, et Rob Marshall, à la réalisation, peine à dynamiser le tout, ou à présenter des idées totalement improbables, comme Gore Verbinski savait le faire de temps à autre.

2.5/6, parce que ça se laisse regarder, sans plus.  

commentaires

Un film, un jour (ou presque) #524 : Fist Fight (2017)

Publié le 29 Mai 2017 par Lurdo dans Cinéma, Critiques éclair, Review, Comédie

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Fist Fight :

Le dernier jour avant les vacances d'été, alors que le chaos règne dans son lycée, Andy Campbell (Charlie Day) est sur le point d'être victime de coupes budgétaires, lorsqu'il décide de sacrifier un collègue, Ron Strickland (Ice Cube), pour garder sa place. Aussitôt, ce dernier, menaçant et violent, défie Campbell en duel, un duel prévu à la fin de la journée, et qui devient rapidement le centre de l'attention de tout l'établissement...

Une comédie américaine très inspirée de 3 heures, l'heure du crime (1987), et qui repose à 90% sur les improvisations d'une grosse partie de la distribution, ainsi que sur les personnalités bien rodées de Charlie Day et d'Ice Cube : ces deux derniers font leurs numéros habituels, et si l'on est client de ces derniers, il est probable que l'on trouve là de quoi s'amuser.

Malheureusement, si l'on reste indifférent à l'impassibilité de Cube, et au débit vocal épuisant de Day, alors il ne reste pas grand chose à se mettre sous la dent : le film est plat, à peu près aussi médiocre dans sa réalisation que dans son script, et il faut attendre la toute fin - le combat à proprement parler, un combat un peu sur-chorégraphié, mais à la réalisation un peu plus travaillée - pour que quelque chose de valable se produise.

Dans l'intervalle, cependant, on ne peut que constater la sous-exploitation de nombreux visages sympathiques (Christina Hendricks, JoAnna Garcia, Tracy Morgan, etc), qui ne font guère plus que de la figuration dans ce film écrit par des compères de Seth Rogen, et qui tape trop souvent en dessous de la ceinture pour mériter plus que 

1.5/6

commentaires

Catch Review : WWE NXT TakeOver - Chicago (20/05/2017)

Publié le 28 Mai 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Télévision, Catch, WWE, NXT

Moins de 24 heures après le WWE UK Championship Special, et 24 heures avant WWE Backlash (que je ne chroniquerai pas dans ces pages, il ne faut pas abuser), place à la NXT.

WWE NXT TakeOver Chicago - 20/05/2017 :

- EY vs Roderick Strong.

Strong toujours avec l'entrée la plus insipide du roster (ça colle à son physique et à sa personnalité), et avec le finisher le plus bancal imaginable, pour un match méthodique et solide, qui ne fait pas d'étincelles, mais ouvre tranquillement la carte.

- Tyler Bate vs Pete Dunne, UK Title.

Match of the night, jusqu'à présent, et probablement match of the year pour la WWE, sans problème. Tellement réussi que le public a même fini par cesser de chanter "Ten !" dès que les catcheurs sont comptés hors du ring (comme ils le font toujours pour la NXT) et leur a fait une standing ovation en cours de match.

- Asuka vs Ruby Riot vs Nikki Cross, Women's Title.

Je n'aime pas du tout Super-Asukana, Ruby me laisse assez indifférent, et j'ai toujours apprécié Cross... donc un match parfois frustrant, parfois approximatif au niveau du timing, mais dans l'ensemble assez homogène et tout à fait honorable. Sauf le finish, assez bof.

- Hideo Itami vs Bobby Roode, NXT Title.

Le placement de ce match sur la carte trahit assez tôt le résultat de l'affrontement, et celui-ci est ce à quoi on pouvait s'attendre entre les deux hommes : un Roode stratégique, un Itami en demi-teinte qui passe son temps à donner des coups de pied, et un public qui s'endort un peu devant le match, çà et là, parce que c'est trop méthodique pour lui.

- Authors of Pain vs DIY, NXT tag titles, ladder match.

Contrairement aux fanboys de la NXT, je ne suis pas forcément grand amateur de DIY, donc le post-match m'a laissé totalement marbre, mais l'affrontement, en soi, était sympatoche. Pas forcément ultime, un peu mollasson çà et là et à la fin un peu décevante, mais sympatoche.

 

Dans l'ensemble, un show assez homogène, mais à la carte totalement éclipsée par Bate/Dunn. C'est dommage, parce que le reste était plutôt compétent, mais tout de même un bon niveau en-dessous du match de championnat UK.. Au final, tout de même, un très bon Takeover.  

commentaires

Les bilans de Lurdo : Legion, saison 1 - première partie (2017)

Publié le 28 Mai 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Télévision, Les bilans de Lurdo, Science-Fiction, Fantastique, Action, Marvel, FX

Adaptation libre des comics Marvel centrés sur le personnage de Legion/David Haller, cette série en 8 épisodes est la première collaboration Marvel/FX, créée et showrunnée par Noah Hawley (Fargo), et produite par Bryan Singer.

Au programme, le destin improbable de David (Dan Stevens), schizophrène depuis son plus jeune âge, et qui découvre, après un séjour en hôpital psychiatrique, qu'il n'est peut-être pas fou : recueilli par Melanie Bird (Jean Smart), qui supervise un groupe de jeunes gens possédant des pouvoirs incroyables, David découvre qu'il est un mutant aux multiples dons psychiques particulièrement puissants et qu'il est la cible du gouvernement, ainsi que d'une présence maléfique qui hante ses souvenirs... 

Legion saison 1 - première partie

1x01 - Chapitre 1 :

Interrogé par le gouvernement, David explique comment, lors de son séjour dans un asile en compagnie de Lenny (Aubrey Plaza), il s'est épris de l'intouchable Syd (Rachel Keller) : une situation qui a rapidement dégénéré, et a débouché sur la mort de Lenny. Heureusement pour David, Melanie Bird et ses troupes veillent sur lui... 

Un pilote ébouriffant écrit et réalisé par Noah Hawley, et qui s'avère une note d'intention parfaite pour le reste de la série : c'est dense, c'est complexe, c'est maîtrisé de bout en bout, ça demande une attention constante du spectateur, et surtout, c'est très ambitieux, à la limite de l'expérimental.

On sent bien que Hawley a réellement pensé et construit ce pilote en amont, pour restituer au maximum sur le spectateur la réalité vacillante de David, au travers d'un jeu de formats visuels, d'effets spéciaux, et de l'interprétation très convaincante de Dan Stevens. Un excellent début, parfois déstabilisant, et qui laisse augurer du meilleur pour la suite.

 

1x02 - Chapitre 2 : 

Désormais entre les mains de Bird et de ses associés, David entame une thérapie grâce aux pouvoirs de Ptonomy (Jeremie Harris), capable d'explorer les souvenirs d'autrui. Mais ce qu'ils trouvent dans les souvenirs de David est des plus confus et sinistres, et il apparaît vite que les pouvoirs du nouvel arrivant dépassent tout entendement...

Le show continue d'être un immense puzzle que l'on continue d'assembler, pièce par pièce, notamment grâce aux explorations des souvenirs du héros. De quoi imposer une ambiance très étrange et pesante, constamment empreinte d'une menace indéfinissable et parfois improbable.

Noah Hawley reste à l'écriture, mais la réalisation de Michael Uppendahl se fait un peu plus posée, et un peu moins expérimentale : rien de bien dramatique, cependant, ni rédhibitoire.

Un bémol pour moi, pourtant : le personnage de Syd. Non seulement ses limites et son handicap sont vraiment trop proches de ceux de Rogue/Malicia pour me convaincre (bien que je me doute qu'à un moment ou à un autre, ils entreront en ligne de compte pour vaincre le Big Bad aux yeux jaunes), je ne suis pas vraiment convaincu par l'actrice, assez terne, et aux choix de jeu parfois assez moyens.

 

1x03 - Chapitre 3 : 

Décidé à mieux contrôler ses pouvoirs avant d'aller secourir sa soeur captive du gouvernement, David se plonge toujours plus profondément dans ses souvenirs, jusqu'à ce que Bird, Syd et Ptonomy découvrent qu'une présence maléfique aux yeux jaunes rode dans l'esprit du jeune homme...

Hawley n'est plus à l'écriture ni à la réalisation, et le tout semble s'assagir un peu, formellement, tout en restant assez inventif et original (mais un peu moins maîtrisé).

La lente montée en puissance de l'être aux yeux jaune est très bien amenée, tout comme l'exploration des souvenirs de David, qui prennent régulièrement un tour assez sinistre (tout ce qui a trait au livre d'enfant).

Je regrette néanmoins qu'Aubrey Plaza reste, pour l'instant, dans son registre habituel de la fille sarcastique, rebelle et ironique, et j'espère que cela va bientôt changer, pour quelque chose de plus intéressant.

 

1x04 - Chapitre 4 : 

Tandis que David est pris au piège sur le plan astral, où il rencontre Oliver Bird (Jemaine Clement), Syd, Ptonomy & Kerry partent mener l'enquête, pour tenter de démêler le vrai du faux de ce qu'ils ont observé dans les souvenirs de David.

Premier épisode qui me laisse un peu mitigé, la faute à un certain déséquilibre entre l'intérieur de l'esprit de David (très réussi visuellement, avec le scaphandrier, et Jemaine Clement totalement excentrique et déjanté), et l'enquête extérieure des compères de David, aux prises avec The Eye.

En théorie, les deux versants de l'épisode auraient pu donner quelque chose d'intéressant, mais en pratique, le temps de présence à l'écran de l'enquête écrase littéralement le reste de l'épisode.

Et là, double problème : non seulement on a l'impression d'une sous-intrigue sans beaucoup de contenu (et donc avec pas mal de meublage graphique et visuel, comme la mise en parallèle un peu pataude combat en pleine nature/pas de danse de Clement, alors que dans les épisodes chapeautés par Hawley, le script et les images n'étaient que rarement gratuits), mais en plus, on se retrouve avec un épisode grandement centré sur Jeremie Harris, Rachel Keller et Amber Midthunder.

Et autant je n'ai rien à redire à la prestation de Harris, classe et mystérieux, autant pour les deux autres, aïe. Midthunder est probablement la moins bien lotie des personnages de la série : les scénaristes ont tenté de jouer le mystère sur sa nature de "siamoise psychique" (malheureusement, on pouvait se douter de quelque chose de ce genre dès l'épisode précédent, si ce n'est avant), et par conséquent, elle est toujours restée en retrait... et finalement ce n'était pas plus mal, parce que l'actrice n'a pas vraiment les épaules pour son rôle. Elle semble un peu perdue et limitée, ses scènes d'action sont assez mal filmées, et par conséquent, on se moque bien de son sort.

Quant à Rachel Keller/Syd... *soupir*. Dès l'épisode 02, je sentais que quelque chose ne passait parfois pas avec son interprétation, et là, ça se confirme, entre sa voix off plate et générique, ses expressions pas toujours en accord avec ce qu'elle dit ou doit exprimer, bref, je ne suis définitivement pas fan.

En résumé, un épisode vraiment en demi-teinte, sauvé par tout ce qui se déroule sur le plan astral.
 

Bilan de mi-saison

Malgré ces réserves vis à vis d'une partie de la distribution féminine de la série, et d'un début de meublage visuel dès que Hawley n'est pas au scénario ou à la réalisation, je reste très optimiste pour la seconde moitié de la saison. De par son approche rétro-futuriste-70s, et son audace visuelle et narrative, Legion est déjà à mille kilomètres au-dessus des autres productions télévisées Marvel, qu'elles soient sur Netflix ou ailleurs.

Voire même - sacrilège, je sais - cette série semble nettement plus ambitieuse, créative et intéressante que le travail cinématographique de Bryan Singer sur la franchise mutante.

Certes, ce n'est pas forcément un exploit (la production télévisuelle Marvel est assez médiocre, et les derniers X-men de Singer sont trop souvent boursouflés et creux), mais c'est néanmoins à souligner.

Malheureusement, le revers de la médaille, c'est aussi que l'approche très particulière de Legion fait que cette série ne plaira clairement pas à tout le monde, c'est une évidence. En ce qui me concerne, pour l'instant, j'accroche, et je continue avec grand plaisir.

commentaires

Catch Review : WWE United Kingdom Championship Special (19/05/2017)

Publié le 27 Mai 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Télévision, Catch, WWE, UK

La WWE est bien décidée à dominer l'industrie du catch, partout autour de la planète, et cela passe par tous les styles régionaux : suite au succès de l'United Kingdom Championship Tournament de janvier dernier (cf ici et ), la compagnie se prépare à lancer une émission dédiée à la scène UK (un peu comme ce qu'ils ont fait pour 205 Live/les cruiserweights), et fait donc monter la pression avec cet épisode spécial de 90 minutes, en direct de Norwich, en Angleterre, commenté par Jim Ross et Nigel McGuinness.

WWE United Kingdom Championship Special :

- Wolfgang vs Joseph Conners.

Un affrontement méthodique, pépère, pas particulièrement mémorable, mais pas forcément mauvais pour autant, notamment parce que le selling de Wolfgang était consistant. Wolfgang et Conners ont cependant des apparences trop génériques pour vraiment marquer les esprits.

- Rich Swann & Dan Moloney vs TJP & Brian Kendrick.

Je ne suis pas certain de ce que ce match fait là, on n'est pas dans un 205 Live Special, mais bon... pas de surprise, un tag match solide, avec TJP & Kendrick qui jouent les super-heels, Moloney le favori du public, et Swann qui est de plus en plus un R-Truth 2.0. Solide, donc, mais pas exceptionnel ni mémorable, à nouveau.

- Trent Seven vs Pete Dunn, #1 Contender for the UK Title.

Dunn fait vraiment un méchant formidable, sadique et brutal, qui torture le bras blessé et les articulations de Seven avec un rictus sadique sur le visage. Un très bon match, plein de suspense, malgré les (ou grâce aux) limites imposées par le booking et la blessure de Seven.

- Tyler Bate vs Mark Andrews, UK Title match.

Un très bon match, tour à tour technique, dynamique, acrobatique, etc. Ça prouve encore une fois que s'il reste en bonne santé et évite les blessures, Tyler Bate devrait aller très loin dans ce business, possiblement même jusqu'à un ou plusieurs titres de la WWE. Et ça prouve aussi que la TNA a vraiment gâché le potentiel de Mandrews. 

 

Deux premiers matches anecdotiques, qui servaient de tour de chauffe pour le public anglais (très bruyant, mais aussi très dissipé), et deux matches finaux mettant la barre très haut, 24 heures avant NXT Takeover - Chicago. Les Anglais sont motivés, et si la WWE voulait bien les intégrer au roster principal, nul doute que Tyler Bate et Pete Dunn auraient une carrière en or, jusqu'aux sommets de leur profession.

commentaires

Les bilans de Sygbab - L'Homme de Nulle Part (1995-1996)

Publié le 27 Mai 2017 par Sygbab dans Critiques éclair, Review, Télévision, Les bilans de Sygbab, Fantastique, Thriller

Sygbab regarde (beaucoup) la tv, Sygbab écrit (parfois) des bilans : retrouvez-les sur le blog des Téléphages Anonymes !

L'Homme de Nulle Part (The Nowhere Man) :

The truth is out there.

Trust no one.

Si ces deux slogans sont fortement attachés à l'en-tête des épisodes de X-Files, ils auraient tout aussi bien pu être pleinement intégrés à un show qui surfe d'ailleurs sur la vague du succès rencontré par le monument télévisuel pré-cité. En effet, le concept du grand complot et la paranoïa qui y est liée sont des fondements majeurs de cette série créée en 1995 (soit un an après celle de Chris Carter). La grande différence provient du fait qu'au lieu de la délayer avec des loners baignant dans le fantastique, chaque épisode participe ici à la construction de l'intrigue générale, toujours plus complexe.

Dans un exercice aussi casse-gueule que de développer le thème de la conspiration, il faut féliciter les scénaristes pour avoir su conserver l'intérêt de chaque instant en évitant l'écueil de la prévisibilité, grâce à une perpétuelle remise en question de faits qui nous semblent acquis. L'évolution psychologique du personnage principal est à ce titre utilisée de manière remarquable pour brouiller les pistes et perturber le téléspectateur, qui s'identifie forcément à Tom Veil. Dès le pilote, le voir ainsi dépouillé des éléments qui représentent l'essence même de son existence à cause d'une simple photographie, et ce par une organisation à priori malsaine, ne peut que faire adhérer à sa quête de la vérité et à la lutte qu'il engage pour retrouver sa vie telle qu'elle était.

S'instaure alors un climat oppressant baigné d'une paranoïa aiguë, dans lequel Tom ne peut plus faire confiance à personne (ou alors, à ses risques et périls), d'autant que chaque moment de sa vie ou chaque personne qu'il a pu rencontrer par le passé semblent n'avoir jamais existé. Les événements pourraient commencer à devenir prévisibles à force de répétition d'un même schéma, mais la bascule s'opère lorsque est évoquée la possibilité que Tom aurait pu inventer les souvenirs auxquels il se raccroche tant.

Le doute ne s'installe pas que dans l'esprit du protagoniste mais également dans celui du public. Si ce n'était pas suffisant, l'idée d'une technologie pouvant aider à contrôler l'esprit des gens est introduite. Cela bouleverse à nouveau la tendance : et si celui que l'on voit évoluer depuis le début n'était en fait qu'un pantin dont les souvenirs ont été fabriqués de toutes pièces ? Le final semble aller en ce sens, mais peut-être n'était-ce qu'une nouvelle voie sans issue...

Ce jeu permanent influe bien évidemment sur la vision générale du personnage, qui passe du statut de héros prêt à tout pour défendre la vérité à celui de martyr victime d'une machination dont les ramifications dépassent l'entendement, et contre laquelle il ne peut rien faire. Son cheminement est une longue route vers l'enfer : après avoir été privé de sa famille, de ses amis, il est amené à douter de sa propre santé mentale, de ses souvenirs. Petit à petit, il est vidé de toute substance, mais il réussit à tenir encore et encore en se rattachant à l'importance des négatifs qu'il possède, sans pour autant en comprendre l'importance la plupart du temps.

C'est finalement sa quête qui lui donne la force d'avancer, un objectif en lequel il est bien obligé de croire. L'introduction de chaque épisode est représentative de cet état d'esprit : "I keep this journal to prove these events are real. I know they are. They... have to be."

Sa volonté de poursuivre ce but y est clairement affichée, mais ses doutes également, et cela démontre l'habileté des scénaristes : il est assez osé de nous dévoiler la trame principale de cette manière. La voix-off permet également, après le générique, de faire le point sur les états-d'âme d'un personnage qui se désociabilise de plus en plus, et pour nous informer sur ce qu'il compte faire afin de poser le contexte.

Ce procédé est essentiel dans la mesure où la série repose sur un seul et unique protagoniste dont la crédibilité est assurée par un Bruce Greenwood à la performance remarquable de bout en bout : il fait pleinement ressentir la perte de repères de son personnage ainsi que sa longue descente aux enfers. Mais il n'est pas le seul à exceller car de nombreux autres personnages - forcément éphémères - sont portés par des acteurs généralement impeccables.

Ces rencontres se font au gré des pérégrinations de Tom, ce dernier étant constamment en fuite. De fait, outre un manque de repères évident puisqu'il évolue toujours dans un environnement différent, cela l'oblige à naviguer entre les petits boulots afin de subvenir à ses besoins. Les scénaristes en tirent parti au mieux en n'hésitant pas à proposer des épisodes un peu différents, notamment en effectuant quelques incursions dans le monde du fantastique ou de la science-fiction.

Entre la rencontre avec un gamin doté de pouvoirs divinatoires, celle avec un adolescent génie de l'informatique et adepte de la réalité virtuelle, ou encore une histoire d'OVNI un peu alambiquée, les idées ne manquent pas. La présence de tels éléments peut étonner dans un premier temps, mais au vu des révélations finales il s'avère que c'est une manière supplémentaire de nous prévenir que la série n'est pas ce qu'elle semble être.

Malgré un acteur charismatique, une histoire solide et une ambiance étouffante, la série n'a malheureusement jamais trouvé son public et s'est trouvée stoppée dans son élan. Elle avait pourtant réussi à se démarquer admirablement de X-Files, prouvant une fois de plus que le traitement, ici sérieux et rigoureux, est plus important que le thème.

Encore l'une de ces trop nombreuses séries sacrifiées sur l'autel de l'audience, alors qu'elle avait un potentiel incroyable. Il n'en reste pas moins qu'elle marque les esprits, même si cette fin de saison prometteuse provoque une immense frustration de ne jamais pouvoir regarder une suite qui n'existe pas.

Un peu à l'image de son personnage principal...

commentaires

Un film, un jour (ou presque) #523 : What Goes Up (2009)

Publié le 26 Mai 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Drame, Comédie

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

What Goes Up :

Bouleversé par le suicide de sa compagne - principal sujet de ses articles mensongers -, Campbell (Steve Coogan), un reporter new-yorkais, est envoyé à Concord, dans le New Hampshire, pour y faire un reportage sur le culte voué par la bourgade à l'un des leurs, astronaute dans la navette Challenger, sur le point de décoller en ce mois de janvier 1986. Mais sur place, Campbell apprend la mort de l'un de ses vieux amis, instituteur adoré par ses élèves, et en particulier par un groupe hétéroclite d'élèves dysfonctionnels, parmi lesquels une jeune séductrice (Hilary Duff), un voyeur (Josh Peck), une adolescente violée et enceinte (Olivia Thirlby) et de nombreuses autres personnalités plus étranges les unes que les autres. Captivé par ce groupe, Campbell va finir par prendre la place de son ami dans le coeur des jeunes gens de Concord...

Premier long-métrage de son réalisateur/scénariste, What Goes Up bénéficie vraiment d'une distribution impeccable et très attachante : que ce soit Coogan, Duff, Thirlby, Molly Shannon ou les autres seconds rôles, ils sont tous sympathiques et professionnels, ce qui fait plaisir à voir.

Dommage alors que tout le reste du métrage soit une telle déception : le script est décousu et confus, choisissant d'asséner son propos sur l'héroïsme ("tout le monde peut faire preuve d'héroïsme, mais tout le monde ne peut pas être un héros, et la chute - tant réelle que métaphorique - est souvent bien rude") de manière pataude et maladroite, plutôt que de le montrer dans les faits (rien que le choix de ne jamais justifier cette ferveur débridée que le groupe de jeunes ressentait envers le professeur mort a tendance à rendre tout le métrage creux et artificiel) ; les personnages sont improbables et caricaturaux, avec des destins sordides, et un traitement totalement inégal (sorti du trio de tête, les autres personnages ne sont que des esquisses) ; le rythme est globalement bancal ; l'atmosphère des années 80 ne semble jamais totalement fidèle ou crédible ; et la réalisation appliquée donne l'impression d'un film de fin d'études, qui se voudrait original, pertinent, décalé et drôle, mais resterait toujours inabouti sur tous ces plans.

M'enfin au moins c'est bien joué.

2.5/6

commentaires
<< < 10 20 30 40 50 60 70 80 81 82 83 84 85 86 87 88 89 90 100 > >>