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LES TÉLÉPHAGES ANONYMES

Il était une fois Lurdo & Sygbab, deux internautes passionnés de séries tv et de cinéma, et qui cherchaient un endroit où archiver leurs avis (semi) éclairés...

Un film, un jour (ou presque) #573 : Sleight (2016)

Publié le 4 Août 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Drame, Science-Fiction, Fantastique, Thriller, WWE

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Sleight :

À la mort de sa mère, Bo (Jacob Latimore), un jeune magicien de rue, est contraint de se tourner vers la vente de drogues dans les rues de LA, pour le compte d'Angelo (Dulé Hill), afin d'assurer la subsistance de sa petite soeur (Storm Reid). Mais alors qu'il se rapproche de la belle Holly (Seychelle Gabriel), les exigences de son fournisseur se font de plus en plus importantes, et la vie de sa soeur finit par être mise en danger...

Pendant une quarantaine de minutes, ce métrage produit par la WWE et par Blumhouse ne fonctionne pas trop mal, mélangeant habilement thriller urbain dans un milieu afro-américain (les rues, la drogue, les gangs, etc) et magie/illusion (et ce, quand bien même les illusions et les tours de close-up présentés tombent dans la même catégorie que les tours dans les Insaisissables : de la magie de cinéma, infaisable dans la vrai vie, mais qui rend bien à l'écran).

Et puis l'élément "science-fictif" du film arrive, et le tout commence sérieusement à prendre l'eau.

On apprend ainsi que le héros, tel un Tony Stark du ghetto, s'est implanté (tout seul, comme un grand) un électro-aimant dans l'épaule (qui est bien infectée et qui, IRL, devrait rapidement lui coûter la vie), ainsi que des fils sous la peau, le long de ses bras, jusque dans ses doigts (le tout sans cicatrice visible !), et qu'il l'utilise pour réaliser des tours de magie impossibles (d'autant plus impossibles que les électro-aimants basiques ne fonctionnent pas sur tous les métaux qu'il manipule dans le film - dents en or, plombages, balles, serrures de menottes, coffres de voiture, etc...).

Bref, on est dans de la pure science-fiction pleine de trous de logique, qui impose que l'on ferme les yeux sur de nombreuses choses, notamment le grand final quasi-superhéroïque du métrage... d'autant plus que le héros est tout sauf attachant : oui, le film veut nous le présenter comme un petit gars intelligent (il a inventé cet aimant) et attachant (il tient à sa famille), mais l'acteur est un peu trop souvent en sous-jeu (face à lui, Dulé Hill est excellent), et le personnage est désagréable à suivre, n'hésitant pas à trahir tout le monde, clients, amis, etc, pour récupérer un peu d'argent et payer les dettes qu'il a justement contractées en trahissant son fournisseur.

À la limite, je crois que j'aurais préféré que le film garde le mystère sur l'origine des "pouvoirs" du héros, et finisse par être quelque chose de purement fantastique et/ou super-héroïque (la toute fin tend vers une suite plus spectaculaire, mais bon...), plutôt que ce gruyère de pseudo-science impossible entourant un récit bancal et un protagoniste antipathique.

Ça échoue sur le front de l'illusion et de la magie, ça ne marche pas vraiment sur celui du crime urbain, ça oublie totalement la science dans "science-fiction", bref, ça rate globalement son coup, ça manque totalement de maîtrise et je ne comprends pas trop l'accueil ultra-positif de la critique US (si ce n'est, peut-être, pour l'aspect "diversité et représentation ethnique").

2.5/6 (principalement pour la durée relativement brève du film, pour son potentiel de départ, pour Seychelle, et pour Dulé)

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Un film, un jour (ou presque) #572 : Cars (2006)

Publié le 3 Août 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Action, Animation, Sport, Pixar, Disney, Jeunesse

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Cars :

Alors qu'il voyage jusqu'en Californie, pour y remporter la course la plus importante de la Piston Cup, Lightning McQueen (Owen Wilson), une voiture de course arrogante et ultra-talentueuse, se perd en route, et finit par avoir un accident dans la petite ville endormie de Radiator Springs. Contraint d'y rester le temps d'avoir réparé les dégâts qu'il y a provoqués, McQueen finit par sympathiser avec les nombreux habitants de la ville, au nombre desquelles la belle Sally (Bonnie Hunt), le campagnard Mater (Larry the Cable Guy), et Doc Hudson (Paul Newman), un ancien pilote. Mais la compétition n'attend pas...

L'un des rares Pixar auxquels je ne me sois jamais intéressé, pour la simple et bonne raison qu'il cumule de nombreux thèmes et sujets qui ne me parlent guère : les courses de voiture, qui plus est le Nascar & co ; les voitures qui parlent ; le côté country/Americana omniprésent, avec sa nostalgie des petites villes oubliées par le progrès et la modernité ; les accents du Sud des USA ; la musique de Randy Newman ;  etc...

Et effectivement, maintenant que j'ai vu le film, je peux dire que mon instinct ne m'avait pas trompé : je me suis ennuyé.

Certes, certains personnages, certaines scènes et certains gags fonctionnent ; certes, au niveau technique, c'est impeccable et très bien produit (forcément, c'est du Pixar) ; certes, vers la toute fin, ça fonctionne à peu près ; mais près de deux heures d'une variation officieuse de Doc Hollywood (1991, avec Michael J Fox) avec des voitures, c'est beaucoup trop long pour ce que ça raconte, et je suis resté constamment de marbre devant cet univers, son ambiance très particulière, son récit initiatique assez convenu, et son rythme nonchalant.

C'est clairement un projet qui tenait à coeur à Lasseter (surtout vu que le film a eu deux suites - d'ailleurs, curieux de voir ce qu'ils ont fait du 2), mais comme je m'y attendais, ça ne m'a pas du tout parlé.

3/6, pour la technique.

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Un film, un jour (ou presque) #571 : Sex and Death 101 (2007)

Publié le 2 Août 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Drame, Comédie, Romance, Fantastique

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Sex and Death 101 :

Une semaine avant d'épouser Fiona (Julie Bowen), Roderick (Simon Baker), un cadre de l'industrie de la restauration rapide, reçoit un email mystérieux listant 101 noms de femmes : 29 avec lesquelles il a déjà couché, et 72 qu'il ne connaît pas encore. Comprenant alors qu'il s'agit d'une prédiction de son futur, Roderick décide d'en profiter au maximum, et de coucher au plus vite avec toutes ces inconnues. Jusqu'à ce qu'il s'aperçoive que le dernier nom sur la liste est celui d'une tueuse en série (Winona Ryder)...

Une sex comedy écrite et réalisée par Daniel Waters (American Campers, Fatal Games, Hudson Hawk, Batman le défi, Demolition Man), mais qui ne fonctionne jamais vraiment, la faute à une durée abusive (pas loin de deux heures), à un script téléphoné au possible (on voit tous les rebondissements venir bien trop longtemps à l'avance), et à un ton particulièrement aléatoire : ce n'est pas assez drôle pour fonctionner en tant que comédie, pas assez racoleur et sexy pour être une bonne sex-comedy, pas assez pertinent ou original pour réussir à transmettre un message quel qu'il soit, pas assez sarcastique ou cynique pour être une comédie noire, pas assez décalé et conceptuel pour être du fantastique métaphysique...

Bref, ce métrage est un semi-échec au script laborieux et prévisible de bout en bout, ce qui est d'autant plus regrettable que toute la distribution est plutôt sympathique et attachante...

2/6

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Un film, un jour (ou presque) #570 : Men In Suits (2012)

Publié le 1 Août 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Histoire, Fantastique, Horreur, USA

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Men in Suits :

Un très bon documentaire consacré aux men in suits, littéralement les "hommes dans les costumes", ces acteurs et cascadeurs ayant interprété les plus grands noms du cinéma fantastique et d'horreur : Tom Woodruff Jr. (Alien 3), Brian Steele (Underworld), Harua Nakajima (Godzilla & co), Misty Rosas (Congo), Doug Jones (tous les Guillermo Del Toro), John Alexander (Gorilles dans la Brume), etc, etc, etc.

Un joli mélange de vétérans et d'acteurs plus récents, qui donnent leurs impressions de leur métier, rendent hommage aux créateurs de ces monstres, et soulignent par là-même l'importance de leur profession, ainsi que le manque de reconnaissance par rapport aux autres membres de l'équipe de tournage.

En parallèle, le documentaire revient sur l'histoire de cette profession, depuis les premiers costumes de gorilles en passant par Jim Henson, sans oublier les kaijus japonais, et aborde même le concept de motion capture et de mélange avec des effets numériques, comme des alternatives modernes à un art qui se perd un peu.

On regrettera simplement la note finale sur laquelle se conclut le métrage, une chute un peu amère soulignant que la dernière version de la Planète des Singes (sortie en salles durant la production du documentaire) ne se composait que d'images de synthèse (ce qui minimise un peu trop le travail d'Andy Serkis à mon goût).

4.5/6

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Blog Update ! - Juillet 2017

Publié le 31 Juillet 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Les bilans de Lurdo, Update, Télévision

Juillet est terminé, place au bilan mensuel des films et séries visionnés ce mois-ci par les Téléphages Anonymes...

#549 : Transformers 5 - The Last Knight 2/6

#550 : Desperate Teachers 2.5/6

#551 : Curtain Call 3/6

#552 : Doomed 4/6

#553 : Ma Soeur est Invisible ! 2.5/6

#554 : Pharmacy Road 3.75/6

#555 : A Little Help 3.25/6

#556 : Holy Hell 4.5/6

#557 : Cet été-là 3.5/6

#558 : The Image Revolution 4.25/6

#559 : Menace d'État 3.5/6

#560 : Dumb - L'histoire de Big Brother Magazine 4.5/6

#561 : Super Capers 3/6

#562 : Moi, Moche et Méchant 3 2.5/6

#563 : Batman et Bill 4.5/6

#564 : Spider-Man - Homecoming 4.25/6

#565 : Le Meilleur Ami de la Femme 3.5/6

#566 : Beverly Hills 90210 - l'histoire interdite 2.5/6

#567 : Le Saint 2/6

#568 : GLOW - The Story of the Gorgeous Ladies of Wrestling 3.5/6

#569 : Chokeslam 2/6

 

Que dire de ce début d'été 2017 ? Pas grand chose, en fait.

Au rayon des sorties de ce mois-ci, la dernière production Marvel se dégage clairement du lot, avec un Spider-Man Homecoming très réussi et rafraîchissant. Sans surprise, Transformers 5 est un ratage, et Despicable Me 3 n'est guère meilleur : ces deux franchises auraient mieux fait de s'arrêter bien plus tôt, et continuent à être de moins en moins intéressantes.

En matière de documentaires, à l'inverse, cette cuvée a été des plus agréables : Batman et Bill et The Image Revolution sont deux approches instructives et réussies de l'industrie des comic-books, Doomed étend cette même approche à l'industrie hollywoodienne des adaptations de super-héros, GLOW survole un peu trop le monde du catch féminin, Holy Hell est un portrait frappant de la vie dans une secte, et Dumb lève le voile sur la genèse d'un magazine des plus influents.

Restent alors des comédies, drames et autres téléfilms tous mineurs, qui ne valent pas plus qu'un coup d'oeil distrait.

Film du mois : Spider-Man - Homecoming, ou l'un des nombreux documentaires mentionnés plus haut, quasiment tous aussi solides et intéressants..

Flop du mois : Transformers 5 et Moi, Moche et Méchant 3 sont à égalité, des plantages prévisibles, mais pas forcément surprenants, et par conséquent, ce ne sont pas vraiment des déceptions, en tant que telles.

 

Mini-bilan TV : quelques séries passées en revue par mes soins (j'omets volontairement les travaux de Sygbab de ce bilan), en juillet, pour un mois assez mitigé. La saison 3 de Kimmy Schmidt était ainsi un peu décousue et manquait de direction, tandis qu'American Gods m'a laissé particulièrement mitigé (la faute à des personnages principaux antipathiques, et à une impression de prologue moyennement satisfaisant) ; à l'opposé, Hollywood Darlings était amusant, mais peu mémorable en l'état... heureusement, GLOW était là pour remonter un peu le niveau global, avec une première saison directe, efficace et bien interprétée.

Enfin, pour conclure, une brève note : suite au... hum... "suicide" de Photobucket en tant qu'hébergeur d'images, j'ai dû reprendre une grosse partie des images du blog, depuis sa création (2012), et Les Téléphages Anonymes sont désormais à 100% illustrés (voire même, dans certains cas, j'ai retravaillé certaines critiques, afin d'harmoniser le style des articles).

Autrement dit, pour vous replonger dans la préhistoire de ce blog, direction l'Index, en haut de page, et pour la première fois depuis des années, tous les articles que vous lirez seront illustrés en bonne et due forme !

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Un film, un jour (ou presque) #569 : Chokeslam (2016)

Publié le 31 Juillet 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Télévision, Comédie, Drame, Sport, Catch, Canada

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Chokeslam :

Lorsque Sheena (Amanda Crew), une superstar du catch, revient en ville à l'occasion de la réunion des 10 ans de sa classe de lycée, son ex, le timide Corey (Chris Marquette), voit là l'occasion de renouer avec elle. Mais il ne l'a pas vue depuis leur rupture, et quand il apprend qu'elle veut prendre sa retraite, il décide de forcer le destin, et d'organiser un ultime match pour Smasheena la destructrice...

Une comédie (forcément canadienne) sur fond de catch féminin, un sujet décidément à la mode, ces jours-ci (^^), mais qui déçoit fortement.

Ce n'est pas la faute d'Amanda Crew (qui se donne totalement à son rôle, et dont la différence de taille avec Marquette est assez amusante), ou des seconds rôles et autres caméos (Mick Foley, Michael Eklund, Meghan Heffern, Lance Storm, Chelsea "Laurel Van Ness" Green, Harry Smith...), qui font tout leur possible pour faire fonctionner cette histoire.

C'est plutôt un problème de script, en fait, un script qui semble constamment hésiter entre comédie parodique sur le monde du catch, drame indépendant relationnel, comédie romantique balisée et clichée au possible, et film sportif, sans jamais oser s'engager pleinement dans une direction ou une autre.

Et pour ne rien arranger, le film souffre d'un montage assez médiocre, notamment lors des scènes d'action, ce qui achève de rendre le tout plus frustrant que sympathique.

2/6

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Les bilans de Lurdo : GLOW, saison 1 (2017)

Publié le 30 Juillet 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Catch, Review, Télévision, Netflix, Comédie, Drame, Action, Histoire

En 1985, à Los Angeles, Ruth (Alison Brie), une actrice au chômage, répond à une annonce de casting, et découvre sur place qu'elle auditionne pour G.L.O.W., un show de catch féminin réalisé par Sam Sylvia (Marc Maron) et financé par Bash Howard (Chris Lowell).

Contre toute attente, la timide Ruth décroche un rôle, et entame alors la préparation du tournage aux côtés de Machu Picchu (Britney Young), de Melrose (Jackie Tohn), de Britannica (Kate Nash), de Scab (Britt Baron), d'Ethel et Edna (Kimmy Gatewood et Rebekka Johnson), de Beirut (Sunita Mani), de la Welfare Queen (Kia "Awesome Kong" Stevens), de la Louve (Gayle Rankin), de Fortune Cookie (Ellen Wong), de Vicky la Viking (Marianna Palka), et de Junkchain (Sydelle Noel). Sans oublier Liberty Belle (Betty Gilpin), la star du show, une actrice de soap récemment séparée de son mari, après que Ruth ait couché avec lui...

GLOW - saison 1 :

Une série Netflix à côté de laquelle je ne pouvais définitivement pas passer : j'aime le catch, j'apprécie beaucoup Alison Brie, je suis très client des années 80, et de manière générale, j'ai toujours accroché au format court de 30 minutes des comédies dramatiques du câble, notamment à l'époque de Weeds.

Et donc, forcément, en apprenant que Jenji Kohan (la créatrice de Weeds et d'Orange Is The New Black), ainsi que deux scénaristes et productrices de ces deux séries, de Nurse Jackie et de Homeland, avaient choisi Alison Brie (entre autres) pour réaliser une adaptation très libre de la genèse des Gorgeous Ladies of Wrestling (dont elles avaient pris connaissance grâce au documentaire que j'ai chroniqué ici cette semaine), je n'ai pas hésité.

Et j'ai bien fait, puisque les 10 épisodes de GLOW s'avèrent une réussite globale. Une réussite globale n'évitant pas l'aseptisation de son sujet, certes (déjà un problème qui hantait le documentaire), ce qui est assez normal : l'angle d'approche principal de la série, c'est comment ses protagonistes mises à l'écart de la société pour des raisons diverses et variées (race, physique, sexe, obsessions, etc) finissent par former une véritable famille d'adoption grâce à GLOW, par devenir des soeurs, et par s'émanciper au travers de ce projet.

C'était déjà le thème du documentaire, et on le retrouve dans de nombreuses sous-intrigues du show (Macchu Picchu et sa famille ; Liberty Belle et son ex-mari ; Ruth qui prend le contrôle du projet lorsque les mecs s'effondrent ; Justine et ce dernier....) : l'approche est pertinente, elle fonctionne ici grâce au caractère assez léger de la série, et à ses personnages tous bien développés.

D'ailleurs, j'en profite pour souligner le travail des scénaristes et des responsables du casting, qui ont vraiment mis dans le mille à tous les niveaux : il n'y a pas de véritable maillon faible dans la distribution qui, si elle est clairement dominée par Brie, Maron et Gilpin, tous trois excellents, parvient toujours à faire vivre des personnages attachants et bien développés (mention spéciale à Awesome Kong, qui fait preuve d'une personnalité mémorable, et devrait donner lieu à une seconde saison spectaculaire).

Cependant, cette optique "féministe" fait tout de même abstraction des problèmes de G.L.O.W., en idéalisant un peu l'organisation : oui, Sylvia se comporte comme un connard avec ses employées, mais on est loin des insultes et humiliations constantes que subissaient les véritables catcheuses de G.L.O.W. à l'époque. À l'identique, l'exploitation et le sexisme de l'époque et de l'industrie ne sont finalement pas si présents que ça une fois les premiers épisodes passés : les filles se prêtent au jeu, et on passe à autre chose.

D'un autre côté, difficile de faire de GLOW une critique du sexisme des médias américains quand la série se doit, en parallèle, d'obéir par exemple à un quota nudité finalement franchement superflu. C'est à un numéro d'équilibriste que se livre la production, tiraillée entre réalités de l'époque et concessions aux normes contemporaines, et bien qu'on puisse toujours critiquer tel ou tel choix éditorial, il faut reconnaître que l'essence de G.L.O.W. reste présente.

Quoiqu'il en soit, la série fonctionne bien, voire même très bien à partir du moment où toutes les filles emménagent (comme en réalité) dans un même motel. Cela permet des rapprochements inattendus, et de rendre attachantes quasiment toutes les catcheuses, ce qui n'est pas un mince exploit vue la taille de la distribution.

(et là, je pense à un show comme American Gods, qui peine à rendre son couple principal attachant ou intéressant malgré deux fois plus de temps d'antenne ^^)

À partir de là, la série s'enchaîne sans réel temps mort, se permettant des passages impressionnants (le match solo d'Alison Brie est une petite performance d'actrice), des passages inévitables (le training montage tellement 80s !), de nombreuses apparitions plus ou moins importantes de catcheurs et catcheuses connu(e)s (John Morrison, Brodus Clay, Carlito, Joey Ryan, Christopher Daniels et Kazarian, Alex Riley, Brooke Hogan)... et aussi, il faut bien l'avouer, quelques sous-intrigues dont on aurait pu se passer, surtout vers la fin de la saison.

On retombe alors dans des digressions et des rebondissements un peu plus convenus et clichés, et finalement assez dispensables : je pense notamment à tout le passage de Ruth chez les Russes, pas très drôle, aux personnages secondaires masculins (le livreur de pizza, le concierge russe, les frères et le père de Machu Picchu), guère plus que des figurants, ou même à tout le faux suspense du dernier épisode, que ce soit sur Justine et Sam, ou sur Debbie et son époux.

Il en va un peu de même pour l'histoire de l'avortement, qui apparaît comme une manière de créer du drame gratuitement, et de forcer un rapprochement entre Ruth et Sam. Heureusement, le tout est assez bien écrit pour faire oublier cet aspect un peu artificiel, et il faut féliciter le show d'avoir abordé le problème de l'avortement de manière frontale, sobre, et intelligente, sans en avoir fait une histoire de morale ou de conviction religieuse.

La toute fin de la série, elle, marche dans les pas de tous les films sportifs des années 80 : finalement assez logique, compte tenu de la série, mais aussi un peu trop prévisible dans son happy end intégral.

Mais trêve de pinaillage : dans l'ensemble, GLOW est une relecture engagée et féministe de l'histoire du véritable G.L.O.W., et ça fonctionne plutôt bien. J'espère vraiment que Netflix va laisser libre court à l'équipe en place pour continuer dans cette direction, et monter la barre un peu plus haut encore pour la suite.

Car entre les conditions de sécurité discutables, les blessures mémorables, les conflits, le niveau de catch qui monte en puissance, les nouveaux personnages, et le succès croissant des lutteuses, il y a de quoi faire, avec tout ce petit monde.

Et si l'on pouvait en rajouter encore une couche dans les paillettes, le mauvais goût, les couleurs fluos et la caricature, ce serait parfait (bien qu'encore un niveau en dessous de la réalité :p)

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Les bilans de Sygbab - Farscape : saison 2 (2000-2001)

Publié le 29 Juillet 2017 par Sygbab dans Critiques éclair, Review, Télévision, Les bilans de Sygbab, Science-Fiction, Farscape, Aventure, USA, Australie, Action, Comédie, Drame

Sygbab regarde (beaucoup) la tv, Sygbab écrit (parfois) des bilans : retrouvez-les sur le blog des Téléphages Anonymes !

Farscape, saison 2 :

Dès le season premiere, un constat s'impose : afin de régler les problèmes de rythme de la première saison, le format des épisodes passe de 50 à 45 minutes. Une décision nécessaire, qui nécessite cependant certains ajustements dans l'écriture, et qui ne porte pas ses fruits immédiatement dans la mesure où l'interêt des épisodes est très variable. Certains sont même dispensables, comme Taking The Stone ou Home on The Remains, dont le point commun est d'être centrés sur Chiana (autant dire que pour le moment, le développement de son personnage est pour le moins raté).

Il y a cependant quelques réussites, comme The Way We Weren't qui approfondit la relation particulière entre Aeryn et Pilot - qui partagent désormais une partie du même ADN - en revenant sur leur trouble passé et qui jette un nouvel éclairage sur le bouclier protégeant la fécondation de Moya, détruit par D'Argo dans la première saison. D'autres épisodes prennent une tournure un peu plus déjantée, comme Out of Their Minds qui est une variation sur le thème de l'échange de corps puisque cela concerne l'intégralité de l'équipage de Moya (ce qui donne des situations hilarantes) ou encore Crackers Don't Matter, qui introduit sous ses airs de comédie le début de la folie de Crichton (avec un Scorpius sorti tout droit de son esprit).

Cette capacité à rebondir avec brio sur des éléments laissés en suspens et ce goût prononcé pour le délire se rejoignent avec bonheur dans Won't Get Fooled Again, qui revisite de manière intelligente l'épisode de la première saison A Human Reaction. Les Scarrans, qui ont enfin fait leur apparition peu de temps auparavant dans la trilogie Look At The Princess, s'intéressent à Crichton depuis qu'ils sont au courant que corpius le poursuit, et veulent lui soutirer des informations en créant des illusions comme l'avaient fait les Anciens. John est alors sauvé par le clone mental de Scorpius, souvenir des nombreuses séances de torture subies sur l'Aurora Chair.

Les visions de Crichton prennent ainsi tout leur sens, et ne sont pas qu'une simple folie de l'astronaute dûe à une trop longue période d'exposition dans l'espace. C'est le début d'une relation complexe entre les deux individus - qui va mettre Crichton au bord de la crise de nerfs à de nombreuses reprises - et un véritable tournant puisque Scorpius prend de l'envergure et s'installe comme un ennemi plus complexe qu'à première vue de par son statut d'hybride, qui lui confère autant de forces que de faiblesses (son côté Scarran cherche la chaleur mais son côté Sébacéen la fuit, tout un paradoxe).

La série se démarque également en maltraitant son personnage principal, bien loin d'un héros affrontant toutes ses peurs avec courage. Que dire de ce cliffangher, qui laisse John allongé sur une table, incapable de parler car une partie de son cerveau vient de lui être enlevée pour retirer une puce... Cela conclue sur une bonne note un final pourtant peu inspiré, dans lequel le mort d'Aeryn n'est pas crédible une seule seconde (de ce fait, la scène des funérailles ne fonctionne pas).

Ce dernier épisode suit directement la trilogie Liars, Guns and Money, qui demande une également une sacrée suspension d'incrédulité. Pour l'occasion, chaque membre de l'équipage est chargé d'enrôler comme mercenaire des ennemis rencontrés lors de la première saison, alors que ceux-ci sont éparpillés et que Moya n'a même plus de Starbust. Difficile d'imaginer qu'ils puissent être retrouvés si facilement... C'est d'autant plus dommage que ces personnages sont utilisés de manière purement fonctionnelle, sans autre but que de faire rebondir l'intrigue.

Il s'agit en fait de sauver Jothee, suite à des informations donnés par Stark, qui revient comme un cheveu sur la soupe dans The Locket après avoir été oublié pendant 17 épisodes. Celui-ci ferait partie d'une population d'esclaves Baniik, le peuple de Stark massacré par Scorpius (mais ce sujet est évoqué de manière très succinte). Une ficelle scénaristique assez grossière pour intégrer les deux personnages à l'équipage, ce qui n'est pas sans conséquences.

Si ce n'est Zhaan, personne ne fait confiance à Stark, et la relation entre D'Argo et son fils reprend dans un contexte difficile, ce qui rejaillit sur le couple qu'il forme avec Chiana. Ce n'est pas réellement une surprise, puisqu'à part une compatibilité sexuelle indéniable, ils ont souvent des difficultés à communiquer. C'est aussi le cas pour Crichton et Aeryn, qui combat ses émotions car elle est effrayée par ce qu'elle ressent.

Ici se trouve donc l'une des forces de la série : les personnages, et les relations qu'ils entretiennent. Zhaan et Stark ont un lien fort depuis qu'ils ont partagé leurs esprits, Chiana et Rygel sont de connivence sur les questions matérielles, la Nébari est toujours attachée à John car il lui a sauvé la vie... Chaque interaction a ses particularités. Celui qui attire le plus d'antipathie aux yeux de presque tous reste Crais, surtout depuis qu'il est à bord de Talyn.

Les deux ne sont pas très présents dans cette saison car Talyn a clairement affiché la volonté de suivre son propre chemin avec l'aide du capitaine Pacificateur réformé. Cela permet d'attendre avec impatience la présence plus récurrente du Leviathan guerrier, en espérant qu'elle soit exploitée comme il se doit. Crais prend ainsi une envergure différente, et dépasse enfin la vengance aveugle qui aurait fini par le rendre fade. Sa relation avec Aeryn devient plus complexe, dans le sens où il juge qu'elle est nécessaire à l'éducation de Talyn puisque ce dernier lui fait confiance. A plusieurs reprises il cherche à s'assurer ses services, mais n'y est pas encore parvenu.

Par petites touches, la série s'enrichit, et distille quantité d'éléments qui laissent penser que le résultat peut être exceptionnel. Il est simplement dommage que cette saison, comme la précédente, ressemble plus à de la mise en place qu'autre chose.

 

 

(bilan saison 1, par Sygbab ; et bilan saison 2, publié dans ces pages par Lurdo en 2012)

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Un film, un jour (ou presque) #568 : GLOW - The Story of the Gorgeous Ladies of Wrestling (2012)

Publié le 28 Juillet 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Documentaire, Sport, Catch

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

G.L.O.W. - The Story of the Gorgeous Ladies of Wrestling (2012) :

Documentaire consacré à G.L.O.W (Gorgeous Ladies of Wrestling), une émission de catch féminin diffusée à la fin des années 90 et devenue culte, car unique en son genre, assumant totalement son kitsch et son sens de l'autodérision, et surtout annulée dans des circonstances mystérieuses et inexpliquées.

C'est cette même émission et ce documentaire qui ont inspiré l'équipe de Jenji Kohan et de Netflix pour la série GLOW (que je chroniquerai en ces pages dès ce week-end), qui est (en somme) une adaptation très libre du concept de l'émission et de sa genèse.

Paradoxalement (et je reviendrai un peu plus dessus lors de mon bilan de la série), on s'aperçoit vite que la série ne va pas assez loin : pas assez loin dans l'humiliation et la manipulation des actrices/catcheuses par le réalisateur et le producteur ; pas assez loin dans les paillettes, le glamour kitsch, les brushings, les couleurs ; pas assez loin dans le niveau global de catch... et pas assez loin dans les conditions de travail et de vie assez brutales des employées de G.L.O.W...

Mais là n'était pas le but, je suppose (du moins, pas encore ; peut-être dans les saisons suivantes ?). Une chose est sûre, ce documentaire survole un peu trop son sujet, avec sa durée somme toute assez limitée, et ses intervenants principaux manquants. Avec à peine 75 minutes au compteur, G.L.O.W. tente de présenter cette émission de catch comme une force positive pour les femmes qui y ont participé (c'est probablement cet aspect qui a vraiment plus aux showrunneuses de la série), tout en minimisant une grande part de ce qui aurait pu prêter à controverse (sexisme, racisme, politique, drogues, condition de la femme, etc).

On se retrouve donc avec un métrage assez bref et nostalgique, qui s'attarde longuement sur les interviews actuelles de toutes les participantes, mises en parallèle de multiples images d'archive, et sur leurs retrouvailles finales, qui occupent la fin du film, lorsque Mt. Fiji, la catcheuse la plus appréciée de toute l'équipe, désormais alitée en maison de retraite, revoie toutes ses ex-collègues à l'occasion d'une réunion, et avoue au passage ses sentiments enfouis à l'ex-réalisateur de G.L.O.W. (l'émission).

C'est donc par moments touchant, intéressant, et amusant, mais dans l'ensemble, on ne peut s'empêcher de se dire que le documentaire ne fait qu'effleurer son sujet, tant il y aurait d'angles supplémentaires passionnants sous lesquels l'aborder.

3.5/6

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Un film, un jour (ou presque) #567 : Le Saint (2013/2017)

Publié le 27 Juillet 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Télévision, Action, Thriller

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Le Saint (The Saint) :

Lorsqu'un businessman (James Remar), responsable d'avoir détourné des milliards de dollars pour le compte du Fixer (Ian Ogilvy), décide de vendre ce dernier aux autorités, il n'a d'autre choix que de se tourner vers Simon Templar (Adam Rayner), voleur d'envergure internationale, pour l'aider à secourir sa fille (Sammy Hanratty) enlevée en guise de représailles par son patron. Aidé par Patricia Holm (Eliza Dushku), sa collègue experte en technologie, Templar se trouve soudain traqué par le FBI et par les sbires du Fixer, alors qu'il s'embarque dans une affaire complexe, liée à l'histoire de sa famille...

Une tentative de reboot de la franchise The Saint, tournée en 2013, et qui a été proposée à toutes les chaînes américaines en tant que pilote de série... mais qui s'est vu opposer une fin de non-recevoir assez définitive par tous les networks démarchés.

Et il n'est pas difficile de comprendre pourquoi, en fait, tant le tout est insipide : ici, on enchaîne les clichés des récits d'espionnage et autres techno-thrillers les plus génériques ; la réalisation de Simon West est quelconque, ne mettant jamais en valeur les nombreux pays européens où est tourné le téléfilm, ni les scènes d'action de ce dernier ; Adam Rayner n'a pas le moindre charisme, qu'il soit vêtu ou torse nu en train de se battre dans une cage de MMA ; l'écriture est plate et quelconque (avec traumatisme fondateur, toutéliage familial, etc) ; Eliza Dushku reste sympathique, mais devrait manger un sandwich (le maillot de bain sexy avec côtes apparentes, ça ne le fait pas trop) ; et la plupart des seconds rôles familiers - Thomas Kretschmann, Sammy Hanratty, Greg Grunberg, James Remar et même Roger Moore - sont affreusement sous-exploités et creux.

Bref, pas grand chose de valable à se mettre sous la dent, et même le célèbre thème musical du Saint se fait quasi-inexistant, limité à quelques notes timides et éthérées au clavier, çà ou là.

2/6

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Un film, un jour (ou presque) #566 : Beverly Hills 90210 - l'histoire interdite (2015)

Publié le 26 Juillet 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Télévision, Biographie, Comédie, Drame, Lifetime

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Beverly Hills 90210 : l'histoire interdite (The Unauthorized Beverly Hills 90210 Story) :

La création et le succès international de la série Beverly Hills 90210, ainsi que l'ascension et la célébrité mondiale de ses interprètes, Jason Priestley (Max Lloyd-Jones), Luke Perry (Jesy McKinney), Shannen Doherty (Samantha Munro), Jennie Garth (Abby Cobb), Gabrielle Carteris (Michele Goyns), Brian Austin Green (Ross Linton), Ian Ziering (David Lennon), et Tori Spelling (Abby Ross).

Lifetime continue ses téléfilms nostalgiques façon "les coulisses de...", mais cette fois-ci, à contrario des opus consacrés à Sauvés par le Gong et à La Fête à la Maison, ce 90210 a parfaitement conscience de l'absurdité de son existence, et par conséquent, le script délaisse tout premier degré, et traite son sujet de manière presque parodique.

Musique cartoonesque, acteurs à l'interprétation improbable (le père et la fille Spelling sont assez mauvais), vannes foireuses et références méta (Sharknado...), tout est réuni pour que l'on ne puisse pas prendre ce métrage au sérieux.

Et ce dès le casting : si "Jennie Garth" et "Shannen Doherty" sont parfaites dans leurs rôles respectifs (et ressemblent vraiment à leurs modèles), on ne peut que se gausser devant une Tori Spelling séduisante (!), intelligente, perspicace, douce, généreuse, innocente, etc... une Tori Spelling qui est clairement épargnée par le script, puisque présentée comme à l'origine de toutes les bonnes idées, depuis la genèse du show jusqu'à son casting. On y croit à fond.

(gros moment de rigolade lorsque "Tori" se plaint auprès de son père que personne ne lui donne sa chance, que le monde est trop injuste... et que son paternel ferait bien de concevoir des projets pour jeunes, afin qu'elle ait enfin une chance de briller).

À l'inverse, le film fait de Shannen Doherty sa grande méchante, et aurait pu s'intituler "Shannen : grandeur et décadence", tant elle est présentée sous un mauvais jour.

Bref, on n'apprend pas forcément grand chose (si ce n'est que tout le monde couchait avec tout le monde), et ce n'est pas forcément très bien rythmé, mais paradoxalement, c'est probablement le plus regardable et amusant des trois téléfilms de ce genre que j'ai chroniqués jusqu'à présent.

Il y a donc du progrès !

2.5/6

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Un film, un jour (ou presque) #565 : Le Meilleur Ami de la Femme (2014)

Publié le 25 Juillet 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Comédie, Romance, Hallmark, Télévision

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Le Meilleur Ami de la Femme (My Boyfriends' Dogs) :

Un soir pluvieux, Bailey (Erika Christensen), une trentenaire vêtue d'une robe de mariée, débarque dans un diner sur le point de fermer, accompagnée de trois chiens. Interrogée par les propriétaires curieux, elle leur raconte alors comment elle a récupéré chacun des chiens auprès de ses petits-amis successifs : le premier, Adam, appartenait à un professeur de sport infidèle (Jesse Hutch) ; Eve, elle, était la chienne d'un dramaturge pompeux et arrogant (Oliver Rice) ; et Shirley, enfin, a été offerte à Bailey par Eric (Jeremy Guilbaut), son fiancé, un riche héritier avec lequel elle n'avait pas grand chose en commun...

Une rom-com Hallmark pas désagréable, principalement parce qu'Erika Christensen fait une protagoniste sympathique, dynamique et attachante, et que le script est suffisamment bien structuré et mené pour maintenir l'attention du spectateur.

Bon, il faut bien admettre que le tout reste tout de même très prévisible, et que de choisir Teryl Rothery, 52 ans, pour jouer le rôle de la mère de Christensen, 33 ans, nécessite l'intervention de lunettes de grand-mère caricaturales pour être un minimum crédible, physiquement parlant...

...mais ce My Boyfriends' Dogs est tout à fait le genre de métrage qui, en remplaçant simplement certains acteurs par des noms et visages plus connus, aurait pu avoir une sortie en salles sans rien changer d'autre.

Ça n'en fait pas un chef d'oeuvre, mais ça sous-entend néanmoins un certain professionnalisme global dans la production, et une absence de certains des trop nombreux clichés habituels des téléfilms de la chaîne.

3.5/6

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Un film, un jour (ou presque) #564 : Spider-Man - Homecoming (2017)

Publié le 24 Juillet 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Action, Aventure, Fantastique, Science-Fiction, Jeunesse, Marvel, MCU, Comédie

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Spider-Man - Homecoming :

Après son intervention durant la Guerre Civile des Avengers, Peter Parker (Tom Holland) retourne à sa vie de jeune lycéen, où il s'ennuie de plus en plus, espérant désespérément que Tony Stark (Robert Downey Jr.) le contacte à nouveau. Décidé à se montrer héroïque, à son petit niveau, Parker utilise donc ses pouvoirs pour aider son quartier de New York contre les petites frappes en tout genre. Jusqu'à ce qu'il découvre les machinations d'Adrian Toomes (Michael Keaton), qui pille depuis des années les chantiers et les entrepôts de la compagnie Damage Control, et récupère ainsi d'innombrables pièces de technologie extra-terrestre, qu'il transforme en armes revendues aux criminels...

Parfois, le hasard fait vraiment bien les choses. Traîné à l'insu de mon plein gré dans une salle de ciné pour voir Dunkerque, le dernier Nolan (qui combine tout ce qui ne m'intéresse pas au cinéma : Nolan, un film de guerre, et Dunkerque), une panne technique de projecteur a redirigé gratuitement tous les spectateurs vers la séance suivante, dans la salle voisine... Spider-Man Homecoming.

Et là, bonne surprise (surtout pour moi, qui place généralement Spider-Man en bas de ma liste de super-héros préférés, voir qui ne l'y place pas du tout) : un film volontairement à plus petite échelle que les autres Spider-Man récents et que les autres films du MCU, un hybride de teen comedy et de film super-héroïque, et dans l'ensemble, quelque chose de nettement plus frais et différent que les deux ou trois derniers Spider-Man sortis en salle.

Ici, on se retrouve avec un Spider-Man maladroit et débutant, l'humour est constant, l'environnement de Spidey est cosmopolite et moderne, le Vautour est probablement l'un des méchants les plus réussis de l'univers Marvel cinématographique (Keaton est impérial), et dans l'ensemble, on ne s'ennuie pas, le film réussissant un habile mélange de fidélité aux comics, et de modernisation du personnage pour l'adapter à l'univers un peu différent du MCU.

Bref, malgré un premier tiers formellement un peu décousu (on sent qu'il y a dû y avoir quelques coupes au montage et lors de l'écriture), un petit souci de lisibilité de certaines scènes d'action (non pas qu'elles soient incompréhensibles, loin de là, mais on devine que beaucoup d'effets de lumières, d'étincelles, de fumée, de texture, etc, ont été rajoutés pour la 3D, et ça surcharge un peu inutilement le tout, tout en empêchant ces scènes d'avoir une réelle ampleur visuelle), et un Michael Giacchino qui se sent obligé (ou qui a été obligé, allez savoir) de nous pondre encore un nouveau thème musical (médiocre) pour Iron Man (alors que le reste de cette bande originale est très réussi, notamment le logo Marvel), le tout s'avère drôle, entraînant, attachant, et globalement réussi. 

4.25/6

(je l'ai clairement préféré à Guardians of the Galaxy 2)

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Les bilans de Lurdo : Star Trek Voyager, saison 7 (1/7)

Publié le 23 Juillet 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Télévision, Les bilans de Lurdo, Science-Fiction, Star Trek

Ultime saison de Star Trek Voyager, une saison globalement inédite pour moi, et pour laquelle j'espère (comme à chaque fois) un peu plus de continuité, un peu plus de personnages récurrents, et un peu moins de Borgs surexploités... on peut toujours rêver, non ?

 

Star Trek Voyager, saison 7

 

- 7x01 - Unimatrix Zero Part 2 : Infiltrés à bord d'un cube borg et partiellement assimilés, Janeway, Tuvok et Torres tentent de contaminer le collectif de l'intérieur avec un virus permettant de libérer les drones menacés de destruction par la Reine...

La suite directe de la fin de saison précédente, une fin de saison tellement peu mémorable que je n'en gardais quasiment aucun souvenir précis.

Et ici, ce n'est guère plus mémorable... la faute à l'écriture, qui demande de faire abstraction de toute logique (Janeway a plusieurs fois le choix entre laisser la Reine auto-détruire tout le collectif pour exterminer les mutants, ou laisser les Borgs détruire encore des milliards de peuples et de vies à l'avenir... et forcément, elle prend la décision la moins pertinente ; les trois assimilés qui se comportent exactement comme des personnes normales malgré avoir été borgifiés, et qui n'en gardent aucune autre séquelle qu'un peu de courbatures ; la Reine qui explique avoir été assimilée !?), qui endort avec la romance insipide de Seven, et la faute au fait que les Borgs ne représentent vraiment plus la moindre menace, désormais, avec cette guerre civile borg, ces factions qui s'affrontent, etc.

Assez frustrant, donc, bien qu'étant bien produit, et ayant occasionnellement une scène ou deux sauvées par l'interprétation (je pense notamment à la scène de la Reine et de l'enfant, assez sinistre).

 

- 7x02 - Drive : Tom Paris et Harry Kim parviennent à convaincre Janeway de participer à une course de navettes stellaires, l'occasion pour eux de tester le nouveau Delta Flyer, et pour Tom de faire le point sur sa relation avec B'elanna.

Un épisode diffusé dans le désordre (en troisième position, après Imperfection, malgré les gros problèmes de continuité que cela provoque - mariage de Tom/B'el, nouveau Delta Flyer), et à l'intrigue principale cousue de fil blanc (Harry Kim qui s'éprend d'une extraterrestre rivale, qui finit par s'avérer une terroriste meurtrière, zzzzzz), mais qui vaut principalement (et sans surprise) pour le développement des personnages de B'elanna et de Paris, leurs problèmes de couple, leur réconciliation, et leur demande en mariage.

Ça fonctionne bien, forcément, c'est sympathique, et si ce n'était pour cette course mollassonne, commentée par Neelix, et montée avec les pieds en alternance avec la sous-intrigue de Kim (assez médiocrement interprétée), ça aurait fait un épisode plus léger, mais attachant. En l'état, c'est sympathique, mais inégal.

Cela dit, je dois dire que je suis fan des uniformes de course blancs/gris/noirs, qui ont un design très réussi.

 

- 7x03 - Imperfection : Un composant essentiel de la biologie cybernétique de Seven commence à donner des signes de faiblesse, mettant en danger la vie de l'ex-Borg, qui se trouve soudain confrontée à sa mortalité.

Passons sur la manière bien peu cavalière dont les scénaristes se débarrassent, en début d'épisode, de la plupart des enfants borgs de la saison précédente, en les refilant aux habitants d'une planète de passage : c'est frustrant, mais pas forcément surprenant.

Heureusement, la production se rattrape avec le contenu de l'épisode, dans lequel Seven se trouve confrontée à la possibilité de sa mort imminente, et ressent la peur de n'avoir rien accompli, et de ne laisser aucune trace derrière elle. Un sujet percutant et assez touchant, très bien interprété par Jeri Ryan, comme d'habitude, et qui renforce ses liens et son humanité croissante au contact d'Icheb.

Plutôt solide et efficace, donc... malgré des scènes d'action totalement inutiles, avec des pseudo-Kazons qui viennent meubler un peu, malgré une overdose de borgs en tous genres (ras-le-bol), malgré quelques facilités, et malgré le fait que je ne puisse m'empêcher de penser que toute ce développement des deux personnages sera oublié d'ici le prochain épisode.

 

- 7x04 - Repression : Lorsqu'une vague d'agressions touche les membres du Maquis à bord du Voyager, Tuvok commence à mener l'enquête...

Un whodunnit pas désagréable pendant ses 20 premières minutes, et puis l'épisode abat ses cartes (déjà pas très mystérieuses, puisqu'on se doute rapidement de l'identité de l'agresseur, soulignée par de la musique dramatique un peu trop forcée), et enchaîne raccourcis sur raccourcis, se rappelant après sept saisons que le Maquis existe, et réglant en trois minutes chrono une situation qui aurait pu tenir trois épisodes, si elle avait bien été développée.

Dommage. Mais bon, au moins, on a un peu de la vie de couple marié de B'el/Paris, c'est toujours ça de gagné.
 

À suivre...

(bilan saison 6)

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Les bilans de Sygbab - Farscape : saison 1 (1999-2000)

Publié le 22 Juillet 2017 par Sygbab dans Critiques éclair, Review, Télévision, Les bilans de Sygbab, Science-Fiction, Farscape, Aventure, USA, Australie, Action, Comédie, Drame

Sygbab regarde (beaucoup) la tv, et quand il revient de vacances, Sygbab écrit (parfois) des bilans : retrouvez-les sur le blog des Téléphages Anonymes !

Farscape, saison 1 :

Le point de départ de la série est simple, et le pilote ne perd pas de temps à tout mettre en place : en testant une théorie consistant à profiter de la friction de l'atmosphère terrestre pour permettre à une navette de gagner de la vitesse, l'astronaute John Crichton s'engouffre dans un vortex qui s'ouvre juste devant lui et se retrouve propulsé à l'autre bout de la galaxie. Il percute alors un astronef qui se crashe et se retrouve dans un vaisseau vivant qui transporte des prisonniers aliens en pleine tentative d'évasion, qui finit par réussir. Mais Crichton ayant par accident tué le frère du capitaine Crais, ce dernier se met à leur poursuite et jure qu'il se vengera. Tout cela est parfaitement résumé dans le générique.

C'est un bon prétexte pour justifier les aventures de Moya dans les territoires inconnus de cette galaxie (The Uncharted Territories), avec un équipage disparate à son bord. Comme leur fuite perpétuelle les oblige à ne jamais rester longtemps sur une même planète, cela explique également qu'une bonne moitié des épisodes se déroulent dans le vaisseau plutôt qu'en l'extérieur - ce qui permet, entre autres, d'économiser sur les décors (attention cependant à ne pas être claustrophobe, car on voit très souvent les coursives de Moya).

La menace de Crais n'étant pas vraiment omniprésente - c'est même tout le contraire vu le peu d'épisodes où il apparaît -, il en découle une longue succession de loners pas toujours inspirés, et surtout interminables à cause d'un format de 50 minutes pas du tout adapté, que les scénaristes ne réussissent jamais à maîtriser tant cela plombe le rythme des épisodes. C'est d'ailleurs le plus grand défaut de cette première saison, avant même certains décors un peu cheap et quelques costumes et maquillages qui ne sont pas du plus bel effet. Et même s'il y a toujours un côté décalé propre à la série, certains épisodes peinent à être véritablement intéressants.

Il faut également s'habituer à une écriture qui peut déstabiliser au départ, puisque les ellipses sont très souvent utilisées. Mais ne soyons pas mauvaise langue : d'autres épisodes sont très bons (même s'ils souffrent également de ces 6-7 minutes en trop) et les fondations de la mythologie sont construites peu à peu, en distillant quelques informations ça et là avant de les relier lors de grandes avancées.

A Human Reaction est véritablement le premier épisode à laisser entrevoir le potentiel de celle-ci. En créant accidentellement un vortex, Crichton a attiré l'attention des Anciens, en charge de leur surveillance. Outre la justesse du traitement du thème "que feraient les humains si des aliens débarquaient ?" (réponse : ils auraient plutôt tendance à penser qu'ils les envahissent et ne croiraient pas un seul instant qu'ils aient des intentions pacifiques de cohabitation), l'élément le plus important concerne le cadeau que ces derniers font à Crichton : la connaissance inconsciente de la technologie des vortex.

Ils se sont en effet rendus compte qu'il a les capacités pour découvrir comment les créer, puisqu'il réédite la performance dans Till the Blood Runs Clear, même si le vortex est alors instable. Mais ils ne veulent pas lui donner les solutions, car ils considèrent que s'il n'est pas assez intelligent pour en comprendre le fonctionnement, alors il ne saura pas les utiliser à bon escient. Le fait qu'ils puissent constituer une arme est d'ailleurs confirmé ensuite par les recherches de Scorpius à ce sujet, qui n'hésitera pas à fouiller les moindres recoins de l'esprit de l'astronaute afin de lui soutirer les informations qu'il désire. Cela démontre que les enjeux dépassent le cadre de l'envie de Crichton de rentrer chez lui.

On apprend également que Scorpius est un croisement entre Sébacéens et Scarrans. Sa force physique laisse penser que les Scarrans sont bien plus effrayants que les Pacificateurs, alors même que depuis le début de la série ces derniers sont décrits comme les maîtres du secteur, imposant leur volonté à tous les peuples. Leur soif de conquête les amène à tenter de créer un Leviathan hybride doté d'armes, et ces manipulations génétiques donnent naissance à Talyn, qui n'est autre que la progéniture de Moya. Une idée intéressante qui explique rétroactivement pourquoi des particules avaient été libérées dans They've Got a Secret, qui évoquait le concept pour la première fois.

Cet épisode marque un tournant, en levant le voile sur les raisons de l'incarcération de D'Argo : celui-ci était marié à une Sébacéenne et ont eu un fils, Jothee, mais son beau-frère a tué sa femme et le Luxan s'est retrouvé accusé du crime. Quelques épisodes plus tard, dans Rhapsody In Blue, le mystère entourant Zhaan est également évacué : elle a tué son amant lors d'une fusion spirituelle car ce dernier, assoiffé de pouvoir, avait demandé l'aide des Pacificateurs pour réprimer son peuple. Cela remet en perspective le personnage, qui représentait juisqu'alors la tendresse, la sagesse et la gentillesse incarnées : la constante quête spirituelle des Delviens peut les amener à trouver en deux la noirceur de leur âme, ce qui peut les conduire à la folie. Ce côté plus sombre avait déjà été entrevu dans That Old Black Magic.

C'est une bonne chose que ces révélations n'aient pas trop tardé, et on peut s'apercevoir que la situation de chacun est complètement différente : D'Argo est innocent et a perdu sa famille, Zhaan est coupable et a dû lutter pour se contrôler. Mais le but est le même pour tous : rentrer chez soi, retrouver sa liberté. Tous, sauf Aeryn, qui ne pourra pas réintégrer sa société en l'état actuel des choses car elle est considérée comme une traîtresse. Cette motivation commune amène un drôle de paradoxe : c'est ce qui les unit et leur permet de se serrer les coudes dans l'adversité, mais c'est aussi ce qui les amène à des actes égoïstes ou radicaux comme l'amputation du bras de Pilot dans DNA Mad Scientist (qui introduit un élément intéressant, puisqu'Aeryn sert de cobaye à des expérimentations génétiques et conserve quelques traces de l'ADN de Pilot après cela), ou la trahison ratée de Rygel dans le final.

Au regard de la saison, la dualité de leurs sentiments est assez présente, car les moments de camaraderie alternent avec des conflits répétés qui n'arrangent pas l'ambiance sur Moya. Celui qui en souffre le plus, c'est bien entendu Crichton, qui se retrouve dans une situation peu enviable : l'alien, c'est lui, et rien ne lui est pardonné, pas même le fait qu'il lui faille un temps d'adaptation afin de comprendre comment les choses fonctionnent dans cet univers qui lui est totalement étranger. Ceci étant, il s'attire souvent les foudres de ses compagnons à cause d'une propension assez incroyable à imaginer des plans qui échouent toujours lamentablement...

Les relations sont surtout tendues avec D'Argo qui a aussi des problèmes avec Rygel, l'élement perturbateur. Il rote, il pète, il vomit, il pisse (et des fois ça explose), il sue, il est pervers et vicieux, sa déchéance après avoir été Dominar ne l'empêche pas d'être abominablement prétentieux : pour résumer il n'a vraiment rien qui puisse donner envie de voyager avec lui. Et c'est plutôt bien vu de la part des scénaristes, car la plupart du temps, le téléspectateur aime bien avoir un personnage à détester, et c'est peut-être ce qui le rend crédible alors que c'était une vraie gageure de faire en sorte qu'une marionnette soit un membre à part entière de l'équipage.

Dans l'ensemble, les personnages sont bien écrits. Mais il manque un élément : la romance. Celle qui naît petit à petit entre Aeryn et Crichton est toute en sous-entendus, en non-dits, en regards, et elle est fort bien évoquée. Elle amène cependant à un gros ratage... Le doublé Nerve - The Hidden Memory revient sur le baiser échangé entre Crichton et Gilina, ce qui motive cette dernière à sauver l'homme qu'elle aime. Comprenant qu'il n'a d'yeux que pour Aeryn, elle décide de ne pas s'échapper de la base Gammak avant de changer d'avis mais elle se fait tirer dessus par Scorpius.

Le problème ne se situe pas au niveau de ses hésitations, qui sont compréhensibles, mais c'est surtout le traitement de sa mort qui laisse franchement à désirer : elle demande un dernier baiser à Crichton, et... c'est tout. Il n'est fait aucune mention d'elle dans les deux derniers épisodes de la saison. Que tout le monde soit occupé à autre chose parce que Scorpius et Crais les poursuivent, ça se tient ; que les ellipses soient un procédé récurrent, d'accord ; mais de là à ne pas évoquer le personnage, c'est un sacré oubli. Ce n'est pas le seul : mais où est passé Stark ? Heureusement, Crais opère un revirement lors de ce double épisode et passe au-delà de son statut d'homme aveuglé par la vengeance. Sa fuite avec Talyn promet de beaux développements.

Si cela n'était pas suffisamment clair, cette première saison souffre de bon nombre de défauts mais il est indéniable que des qualités s'en dégagent. Il faut parfois s'armer d'un peu de courage et de patience pour venir à bout de certains épisodes, mais ça reste plaisant dans l'ensemble.

 

(retrouvez aussi le bilan - nettement plus sommaire et décousu - de cette même saison 1, publié dans ces pages par Lurdo en 2012)

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Un film, un jour (ou presque) #563 : Batman et Bill (2017)

Publié le 21 Juillet 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Documentaire, DC, USA, Hulu, Biographie

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Batman et Bill (Batman and Bill) : 

Documentaire américain retraçant le combat d'un homme, Marc Tyler Nobleman (un auteur s'étant déjà penché sur la biographie des de Siegel & Shuster, les créateurs de Superman) pour parvenir à faire reconnaître la véritable paternité du personnage de Batman.

Traditionnellement attribuée à Bob Kane, qui a fait sa carrière et sa fortune grâce à elle, la création de Batman tient tout autant (si ce n'est plus) à Bill Finger, créateur et scénariste du Dark Knight, qui lui doit l'immense majorité de ses attributs : son apparence, ses gadgets, ses origines tragiques, ses motivations, ses partenaires et ses ennemis...

Mais Finger était, en quelque sorte, le nègre de Kane, un homme de l'ombre que son partenaire dessinateur a eu tôt fait d'écarter de toute reconnaissance. Après toutes ces années, Nobleman a donc entrepris de réhabiliter Finger, dont le rôle oublié dans l'histoire de DC Comics a eu des conséquences sérieuses : tandis que Kane connaissait gloire et succès, apparaissait au cinéma et à la télévision, etc, Finger était sans le sou, malade, et il s'est éteint dans l'indifférence générale, chez lui, seul.

Afin de rendre à Finger ce qui appartenait à Finger, et de convaincre DC Comics de créditer Finger pour sa création, Nobleman s'est ainsi lancé dans une campagne de mobilisation, contactant de nombreux noms de l'industrie (dont Kevin Smith), et tentant de trouver les éventuels héritiers de Finger.

Plus facile à dire qu'à faire, puisque Finger ayant totalement disparu des radars, sa vie de famille a fini par être aussi compliquée et déprimante que sa carrière. Enfin, Nobleman a réussi à retrouver la petite-fille de Finger, et a fini par se confronter frontalement à DC : un geste qui n'est pas sans déplaire à la compagnie, qui tente brièvement de pousser Mme Finger à lui céder tous les droits de Batman, avant d'abdiquer.

Un métrage assez fascinant, notamment dans l'opposition totale qu'il décrit entre les personnalités de Finger et de Kane, l'un discret et dédié à son métier, l'autre flamboyant, vantard et opportuniste, prêt à tout pour être célèbre.

Et une belle leçon de courage et de persévérance de la part de Nobleman, qui s'est consacré à une cause qui en valait la peine, et a permis à une famille de retrouver un peu de paix d'esprit, tout en renouant avec l'héritage (tant financier que spirituel) de son ancêtre.

4.5/6 (j'ai bien aimé les multiples intermèdes animés utilisés pour retracer la vie et les événements ayant mené à la naissance de Batman)

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Un film, un jour (ou presque) #562 : Moi, Moche et Méchant 3 (2017)

Publié le 20 Juillet 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Comédie, Animation, Jeunesse, Illumination, Action

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus. ​​ 

Moi, Moche et Méchant 3 (Despicable Me 3) :

Alors que Gru (Steve Carell) et Lucy (Kristen Wiig) sont renvoyés de l'AVL pour n'avoir pas réussi à arrêter Balthazar Bratt (Trey Parker), un ancien enfant acteur des années 80 devenu super-criminel, ils décident d'aller rendre visite à Dru (Steve Carell), le frère jumeau de Gru, dont ils viennent d'apprendre l'existence. Mais ce dernier aimerait être un super-méchant, comme son frère l'était, et alors même que les Minions se rebellent et abandonnent leur patron, Dru et Gru font équipe pour tenter de mettre un terme à la carrière de Bratt, en lui dérobant un énorme diamant...

Troisième volet de la série des Despicable Me, un troisième volet assez décevant, car particulièrement décousu et inabouti : en un peu plus de 90 minutes, le film tente de développer un bon paquet de sous-intrigues, entre la révolte des Minions qui finissent en prison, le frère jumeau disparu, le méchant des années 80, les problèmes professionnels de Gru et Lucy, Lucy qui tente d'être mère de famille, Margo et son "fiancé", Agnes et ses licornes, etc... ce qui fait que le métrage finit par toutes les survoler, voire par en bâcler un grand nombre.

Les Minions, notamment, sont totalement passés à la trappe, et séparés du reste de l'équipe pendant les 3/4 du film ; les sous-intrigues des enfants sont insignifiantes, précipitées et n'apportent rien, ni n'ont de véritable portée émotionnelle (Agnes et les licornes, ça reste mignon et amusant, mais ça s'arrête là) ; et la combinaison de Dru et de Bratt fait que l'intrigue principale se contente de se dérouler sous les yeux du spectateur en passant de rebondissement prévisible en rebondissement prévisible, de référence 80s en référence 80s, sans réellement fonctionner ou innover dans le genre (ça n'aide pas que le méchant, Bratt, soit volontairement un cliché sur pattes jouant sur la nostalgie années 80 tellement à la mode en ce moment, sans y apporter quoi que ce soit d'original dans son approche).

Bref, Despicable Me, c'était gentillet et sympathique ; Despicable Me 2, c'était regardable, mais pas exceptionnel ; Despicable Me 3, c'est encore un cran en dessous. Peut-être qu'Illumination devrait se concentrer sur Les Minions 2 (le premier volet était une bonne surprise), et laisser se reposer Gru et compagnie, dont les aventures n'ont pas vraiment besoin de suite...

2.5/6 (vu en VF, mais pas sûr que la VO soit suffisante pour remonter la note et arriver à la moyenne)

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Un film, un jour (ou presque) #561 : Super Capers (2009)

Publié le 19 Juillet 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Comédie, Action, Fantastique

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Super Capers: The Origins of Ed and the Missing Bullion :

Incapable, et dépourvu du moindre pouvoir, Ed Gruberman (Justin Whalin) joue les apprentis-justiciers dans les rues de la ville, se calquant sur son modèle, le Dark Winged Vesper (Michael Rooker). Après avoir sauvé la belle et mystérieuse Red (Christine Lakin), Ed intègre une équipe de super-héros amateurs, menée par Will Powers (Ryan McPartlin), et composée de personnalités diverses et variées (Danielle Harris, Samuel Lloyd, Ray Griggs, Tiny Lister, Oliver Muirhead). Mais bien vite, l'équipe devient la victime d'une manipulation obscure, qui fait d'elle le suspect numéro 1 dans un braquage particulièrement médiatisé...

Une parodie de film super-héroïque qui tente d'être un cartoon live, avec bruitages exagérés et référentiels, interprétation outrancière, budget ultra-limité, flashbacks semi-animés, etc.

Les intentions sont bonnes, la distribution est sympathique, et le tout ne se prend pas au sérieux, mais malheureusement, la mayonnaise ne prend jamais totalement, la faute à des influences omniprésentes et envahissantes qui, initialement, font sourire (la caravane/Delorean tunée trop lente et massive pour atteindre les 88 mph), mais finissent par devenir trop présentes, comme cet hommage pataud au Retour du Jedi, qui frôle le Austin Powers.

Musicalement, c'est la même chose, ça photocopie volontairement Retour vers le Futur, Superman, Star Wars, etc, sous couvert de clin d'oeil, mais ça finit par ressembler à du fan-service creux et sans intérêt, et ça donne au film de faux airs de sketch à rallonge.

En somme, trop dérivatif, trop fauché, et trop sous influences pour vraiment convaincre, ça n'arrive jamais à la hauteur de The Specials, de Mystery Men, ou de la série The Tick.

Dommage.

3/6 (en étant très généreux, parce que ça vaut honnêtement nettement moins)

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Un film, un jour (ou presque) #560 : Dumb - L'histoire de Big Brother Magazine (2017)

Publié le 18 Juillet 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Documentaire, USA, Sport, Télévision, Hulu

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Dumb - The Story of Big Brother Magazine :

Documentaire Hulu revenant sur la genèse et la vie du magazine Big Brother qui, à l'origine guère plus qu'un fanzine, a su redonner un coup de fouet au monde du skate-board, qui était agonisant au début des années 90. 

Amateur, rebelle, impertinent, bourrin, vulgaire, idiot, immature, débile, scatologique, et tout simplement punk dans l'âme, Big Brother a injecté une bonne dose de provocation dans le monde du skate, rendant à celui-ci son statut de contre-culture, et ouvrant la porte à de nombreux noms désormais connus : Johnny Knoxville, Spike Jonze, Steve-O, Tony Hawk, et toute la bande des Jackass.

Une troupe Jackass directement sortie des vidéos et des articles de Big Brother, qui a survécu à la faillite du magazine (un magazine qui n'a jamais gagné d'argent, même après son rachat par Larry Flint), et qui témoigne dans le cadre de ce métrage assez amusant à suivre.

Plutôt intéressant et complet, même si, comme moi, on n'a jamais vraiment fait partie ou adhéré à ce monde du skate de rue, des cascades débiles, et autres gags pipi-caca-vomi.

4.5/6

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Un film, un jour (ou presque) #559 : Menace d'État (2012)

Publié le 17 Juillet 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Thriller, Action, UK

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Menace d'État (Cleanskin) :

Après l'échec d'une mission au cours de laquelle des explosifs ont été dérobés par des terroristes, et employés à des fins d'attentat en plein Londres, Ewan (Sean Bean), un agent gouvernemental, reçoit une nouvelle mission de la part de sa supérieur Charlotte (Charlotte Rampling) : il doit faire équipe avec Mark (Tom Burke), et arrêter discrètement cette cellule terroriste avant les prochaines élections. De son côté, Ash (Abhin Galeya), le terroriste, renoue avec Kate (Tuppence Middleton), sa petite-amie d'antant, avant qu'il ne se radicalise, et commence à remettre en question sa mission-suicide...

Un thriller bien mené et intelligent, qui prend la peine d'exposer en parallèle les motivations des deux camps en présence, sans jamais donner raison à l'un ou l'autre, ou même les présenter sous un jour favorable.

Sean Bean est convaincant dans son rôle de Jack Bauer anglais, et tous les seconds rôles sont au diapason, efficaces et crédibles ; la réalisation est plutôt bonne, et parfois même inspirée ; et les retournements finaux sont plutôt bien amenés.

Reste cependant un petit bémol, les flashbacks, qui auraient pu être mieux maîtrisés, et mieux intégrés au reste du récit. Mais dans l'ensemble, c'est tout à fait honorable pour ce que c'est.

3.5/6

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Les bilans de Lurdo : American Gods, saison 1 (2017)

Publié le 16 Juillet 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Télévision, Les bilans de Lurdo, Starz, Fantastique, Drame, Religion

Série Starz pilotée par Bryan Fuller (Dead Like Me, Wonderfalls, Pushing Daisies, Hannibal), et adaptée d'un roman de Neil Gaiman, American Gods narre le destin improbable de Shadow Moon (Ricky Whittle), arnaqueur à la petite semaine qui, à sa sortie de prison, apprend que son épouse Laura (Emily Browning) est décédée dans un accident de voiture en compagnie de son amant.

Perdu, il est alors recruté par le mystérieux et roublard Mr. Wednesday (Ian McShane), qui l'emmène en road-trip à travers les États-Unis, afin de recruter une armée de personnages tous plus étranges les uns que les autres. Avec pour objectif une guerre ouverte entre puissances surnaturelles modernes et dieux anciens, affrontement au coeur duquel se trouve plongé Shadow...

American Gods - saison 1 :

J'avoue que j'ai mis un peu de temps à me motiver avant de m'attaquer à cette nouvelle série de "prestige tv" (tel que les Américains aiment qualifier ces séries du câble aux prétentions artistiques et au budget conséquent) faisant le buzz. J'aime habituellement beaucoup Fuller, mais rien de ce que j'avais vu d'American Gods ne m'avait donné envie, d'autant que je n'ai jamais été particulièrement friand de la plume de Gaiman.

J'ai donc attendu la fin de la diffusion avant de m'attaquer à cette série de 8 épisodes d'une heure... et je dois dire que je reste particulièrement mitigé sur le résultat final. À tel point que je ne sais pas vraiment par quel bout attaquer cette critique, et que je vais donc tenter de la synthétiser au maximum.

En commençant par la distribution : une distribution globalement excellente, entre McShane, formidable en Odin ; Pablo Schreiber, attachant (un peu malgré lui, et malgré son look très artificiel) en Sweeney ; Glover, menaçant et rare en Mr World ; Emily Browning, qui se donne à fond dans un rôle difficile ; ou encore bon nombre de seconds rôles, de Cloris Leachman à Gillian Anderson, en passant par Orlando Jones, Corbin Bernsen ou Kristin Chenoweth. Tout le monde incarne bien son personnage, tout le monde semble bien à sa place... tout le monde, sauf Ricky Whittle. Et là, premier problème de la série : son protagoniste inexpressif, terne, sans personnalité, qui se fait systématiquement dévorer par tous les autres acteurs, et qui n'apporte absolument rien à ses scènes, hormis son physique de mannequin athlétique.

Un Shadow qui, pourtant, est au coeur de toute la série, une série qui semble s'attendre à ce qu'on prenne au sérieux (et qui repose fortement sur) son mariage avec Laura (et la tragédie qui s'en suit), qu'on s'attache à ce couple, à la force de leur amour, etc : le show consacre ainsi un épisode entier, façon flashback à la Lost, à leur couple... et tout ce que cela parvient à accomplir, c'est montrer à quel point Whittle est inexistant à l'écran, et à quel point le personnage de Laura (bien que très bien interprété par Browning) est antipathique au possible. Alors entre le lead insipide et sa femme dépressive/suicidaire/individualiste et ingrate, qui constituent une part majeure de cette première saison, on se retrouve tout de suite face à un problème de taille.

Heureusement, les personnages secondaires sont là pour donner de l'intérêt : on touche là directement à la structure intrinsèque de la série, une sorte de succession de vignettes présentant chacun des Dieux de l'histoire, que ce soit en flashbacks, ou à l'époque moderne, le tout lié par le road-trip de Wednesday/Shadow (et un peu plus tard, de Sweeney/Laura). Et là, ça passe ou ça casse, selon les épisodes et les personnages, et ce pour deux raisons principales.

Tout d'abord, la mise en images : déjà dans Pushing Daisies, mais de manière plus prononcée depuis Hannibal, Bryan Fuller se lâche sur ses penchants artistiques. Il met de plus en plus l'accent sur des expérimentations visuelles (pas toujours pertinentes ou réussies, il faut bien l'avouer), et American Gods est un peu la quintessence de cette approche. C'est une série qui tente beaucoup de choses, qui utilise énormément d'effets, et qui en est fière. L'équipe technique d'American Gods aime clairement se regarder filmer et se félicite de son travail d'avant-garde, qu'accompagne une bande sonore très bruitiste et éclectique.

Parfois, ça fonctionne, et ça donne lieu à des scènes oniriques et assez jolies, tout à fait en adéquation avec l'ambiance étrange de l'oeuvre de Gaiman. Et parfois, ça ne fonctionne pas du tout, et on a l'impression de regarder une publicité clinquante, kitsch et toc pour du parfum, avec des effets spéciaux inégaux (tant les effets numériques - lapins, lifting numérique - que pratiques - faux chat décédé, prothèses en latex, postiches et autres perruques fauchées), une bande son insupportable (voire contre-productive, comme le recours systématique à des morceaux rock 50s/60s durant les flashbacks en Irlande, vers la fin de la saison), et un propos/message (que ce soit sur la religion, le sexe, la femme, les armes, Jesus, le destin, blablabla) bien trop pataud et lourd, qui plus est agrémenté de provoc' gratuite pas forcément mal intentionnée, mais tellement dépourvue de toute finesse qu'elle agace plus qu'elle ne force à la réflexion.

Et l'autre point qui pose problème, avec tous ces dieux, c'est qu'ils n'ont pas forcément grande utilité durant la saison. Je pense notamment à Bilquis, la déesse de l'Amour, qui est bien pratique pour rajouter un quota de nudité féminine dans la série (et un quota de symbolisme joyeusement kitschouille, donc), mais qui n'a absolument aucune utilité cette saison, et n'est donc pas du tout intéressante.

On rejoint là un problème que j'ai avec ces huit premiers épisodes : ils se laissent tellement aller à tous ces excès visuels, auditifs et thématiques, qu'au final, cette première saison n'est qu'une grosse introduction avec pas mal de redondances, de superflu, et de style qui l'emporte sur la substance. On aurait probablement très bien pu condenser ces huit heures en cinq, voire six heures, sans rien perdre du récit. 

Un récit qui, d'ailleurs, a tendance à se croire plus subtil, original et profond qu'il ne l'est vraiment : ce concept d'affrontement des dieux modernes vs les dieux anciens dans une époque contemporaine, j'ai l'impression de l'avoir déjà vu traité des dizaines de fois (littérature, tv, comics) auparavant, et il suffit de toute façon d'un strict minimum de jugeote pour comprendre très tôt les tenants et les aboutissants de la série...

Mais j'ai beau critiquer la série sur de nombreux plans, je ne peux pas nier qu'elle soit ambitieuse et intéressante, voire même assez amusante lorsqu'elle cesse de se prendre trop au sérieux (Sweeney, mais aussi Easter). Quel dommage cependant que la forme y prime autant sur le fond, que Fuller (autrefois particulièrement doué pour combiner drame, pathos, humour, casting réussi et postulats originaux) semble désormais préférer se concentrer sur le visuel et la production, plutôt que sur l'écriture (pas un seul épisode écrit en solo), et que le programme soit autant axé sur un couple de personnages aussi peu intéressants.

Est-ce que je serai de la saison 2 ? Pas sûr.

Les quelques pistes laissées dans cette saison 1 semblent indiquer que Shadow est lui-même d'essence divine, et je soupçonne fortement Odin d'avoir autre chose en tête qu'une simple guerre des dieux (depuis le début, il manipule tout le monde, et je ne serais pas surpris qu'on apprenne plus tard que le compagnon de cellule de Shadow, dans le pilote, était lui aussi un sbire d'Odin)... mais même si l'affrontement réel des déités, dans le dernier épisode, était sympathique, ce n'est pas forcément une perspective assez fascinante pour me convaincre de revenir à temps plein.

On verra bien.

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Les bilans de Lurdo : Hollywood Darlings, saison 1 (2017)

Publié le 15 Juillet 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Télévision, PopTV, Comédie, Sitcom, Documentaire, Les bilans de Lurdo

Anciennes gloires du petit écran, dans les années 90, Christine Lakin (Notre Belle Famille), Jodie Sweetin (La Fête à la Maison) et Beverley Mitchell (7 à la Maison) sont amies dans la vie, et désormais de jeunes mamans, qui tentent de concilier vie de famille, carrière au point mort, et mésaventures du quotidien...

Hollywood Darlings - saison 1 :

Une sitcom mockumentaire (façon The Office) en huit épisodes, diffusés sur Pop Tv, et qui rappelle beaucoup la web-série de Christine Lakin, Lovin' Lakin (2012 - visible sur YouTube), qui fonctionnait sur le même concept - d'ailleurs, je ne serais pas surpris que Hollywood Darlings ait commencé comme une extension de cette web-série, et ait reçu un coup de fouet suite au succès du revival de La Fête à la Maison, sur Netflix.

Bref, on retrouve là les mêmes ressorts comiques et narratifs, le même style de réalisation, le même recours aux innombrables caméos des amis des trois actrices (entre autres, on a Patrick Duffy et Stacy Keanan de Notre Belle Famille, Andrea Barber de La Fête à la Maison, Nicholle Tom de Une Nounou d'Enfer, Jaleel White aka "Steve Urkel", Soleil Moon Frye de Punky Brewster, Lance Bass de N'Sync, Tamera Mowry des Twitches, Andrew Keegan de 7 à la Maison - "he did a lot of shows, back then. He did a lot of actresses, too."...), pour un résultat sympatoche pour peu qu'on sache à quoi s'attendre.

On est clairement là dans de la cringe comedy semi-improvisée jouant fortement sur la fibre nostalgique, avec un format pseudo-tv réalité (avec interviews sur canapé) pas forcément toujours maîtrisé (certains épisodes assument pleinement la filiation avec The Office & co, à base de regards caméra désespérés des protagonistes, etc, mais d'autres font comme si les caméras étaient invisibles, ce qui casse un peu la suspension d'incrédulité et l'homogénéité du concept), et des actrices n'ayant pas peur du ridicule, et qui campent des versions un peu caricaturales d'elles-mêmes - Mitchell est la mère de famille un peu naïve, sage et mal fagotée, Lakin la Californienne égocentrique toujours victime de la dernière mode et prête à tout pour trouver un rôle, et Sweetin est la grande blonde sculpturale, poumonnée et rebelle, revenue de tout, qui ronchonne et qui jure comme un charretier. 

Cela dit, bien que le show reste somme tout assez superficiel et anecdotique, le capital sympathie et l'énergie des trois actrices font que le tout fonctionne plutôt bien dans le genre : Lakin se retrouve notamment, par défaut, dans le rôle de l'"héroïne" du show, ou du moins, de celle qui se donne le plus, puisque comme à son habitude, l'actrice n'a pas peur de donner dans le slapstick ou dans le ridicule pour rendre son personnage mémorable.

De plus, comme les deux autres actrices tiennent bien leurs rôles respectifs, et que le trio n'a pas peur de donner occasionnellement dans un humour plus cru et mordant, on finit par se dire qu'il est bien dommage qu'on ne leur propose pas de rôles plus prestigieux, dans des sitcoms ou des séries de networks...

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Un film, un jour (ou presque) #558 : The Image Revolution (2014)

Publié le 14 Juillet 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Documentaire, Biographie, Histoire

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

La Révolution Image (The Image Revolution) :

Il y a 25 ans, insatisfaites par le traitement que leur réservait Marvel, pour qui elles travaillaient, sept des plus grandes stars de l'industrie de la bande dessinée américaine - Jim Lee, Marc Silvestri, Rob Liefeld, Todd McFarlane, Erik Larsen, Jim Valentino et Whilce Portacio - décidaient de faire sécession, et de fonder leur propre maison d'édition, Image.

Contre toute attente, et contre toute prédiction, l'opération est un succès retentissant, qui propulse ces talents au firmament de l'industrie, les rend immensément riches, et change à jamais la face du monde des comics.

Aujourd'hui, Image est toujours en activité, et connaît un succès toujours plus florissant, le produit d'une évolution qui ne s'est pas faite sans heurts : entre conflits d'intérêts, égos démesurés, résistance de l'industrie et des jeunes talents, folie des grandeurs, et crash économique, la vie d'Image a été secouée de nombreux séismes, et il a fallu le départ de plusieurs membres fondateurs (dont Jim Lee, désormais grand patron de DC Comics), pour qu'Image se réoriente et se positionne comme une alternative indépendante aux deux géants que sont DC et Marvel. Désormais, face aux super-héros de la concurrence (et contrairement à ses débuts), Image propose des récits différents, créés et contrôlés par leurs auteurs, au nombre desquels le fameux Robert Kirkman, et son Walking Dead.

Ce documentaire résume donc l'essentiel de la genèse de la compagnie, et de son histoire, au travers d'innombrables vidéos d'archive, et autres interviews avec tous les membres fondateurs d'Image.

Parmi ces derniers, c'est Rob Liefeld, qui, paradoxalement, s'en sort le mieux, tant son caractère rigolard, déconneur et sympathique le rend éminemment attachant, et compense le fait qu'il est un piètre imitateur, qu'il n'est pas très drôle, et qu'à l'époque, il était totalement immature, égocentrique et bordélique, tout en étant responsable des plus gros problèmes de ce collectif. Jim Lee, lui, paraît vraiment discret, humble et travailleur, tandis que Silvestri est le grand frère plus détaché, Larsen l'artiste excentrique, Valentino le vétéran, et McFarlane, le businessman ambitieux, calculateur, malin et meneur d'hommes. 

On suit donc toute cette petite équipe de leurs débuts de poids lourds chez Marvel, à leurs premiers pas enthousiastes mais précipités, en tant qu'Image, avant de passer à leur succès de rock-stars... et c'est là que ça se gâte, puisque personne au sein de l'équipe (hormis McFarlane) ne savait dans quoi ils mettaient les pieds, ou comment gérer une entreprise.

Sans surprise, Image a alors connu une traversée du désert, parallèle à l'éclatement de la bulle spéculative du marché du comic-book, que la compagnie avait bien alimentée pendant un temps. Et c'est lorsque l'on aborde vraiment cette période difficile que l'on s'aperçoit que ce qui est sympathique avec ce documentaire, c'est que malgré les brouilles, malgré les disputes de l'époque, tout le monde assume ses erreurs, et tout le monde est resté en contact.

Le documentaire peint donc un portrait très sympathique de tout ce petit monde, mais malheureusement, le métrage n'est pas très long (80 minutes), et le temps qu'il consacre à ces personnalités est autant de temps qui aurait pu être utilisé pour mieux replacer la "révolution Image" dans son contexte, et pour bien en décrire ses conséquences. À l'identique, le film fait un peu l'impasse sur la dernière décennie d'Image, avant le succès Walking Dead, et manque d'un point de vue extérieur, peut-être plus objectif, sur la compagnie et sur son influence réelle, tant au niveau artistique que commercial, contractuel et professionnel.

Mais dans l'ensemble, ça reste un documentaire intéressant pour quiconque s'intéresse à l'industrie, et a grandi avec les comic-books Image. Il ne faut simplement pas s'attendre à quelque chose de forcément totalement exhaustif, ou de totalement neutre sur le sujet.

4.25/6   

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Un film, un jour (ou presque) #557 : Cet été-là (2013)

Publié le 13 Juillet 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Comédie, Drame, Review

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Cet été-là (The Way Way Back) :

Duncan (Liam James), un ado mal dans sa peau, est contraint de passer l'été au bord de la mer avec sa mère (Toni Collette), son petit-ami Trent (Steve Carell), et la fille de celui-ci. Problème :  Trent est infidèle, sa fille est insupportable, et la mère de Duncan préfère fermer les yeux sur ses problèmes et sur ceux de son fils. L'adolescent trouve alors refuge dans un parc aquatique tout proche, où il décroche un job, et sympathise avec Owen (Sam Rockwell), le manager sarcastique et décomplexé de l'établissement.

Une chronique estivale douce-amère, en forme de passage à l'âge quasi-adulte, et signée par Nat Faxon et Jim Rash (voir aussi The Descendants).

Rien de particulièrement original (on pense un peu à Meatballs, dans sa relation entre un moniteur grande gueule et assuré, et un adolescent timide et complexé), Liam James frôle un peu trop l'autisme dans sa prestation, et le tout est parfois un peu forcé/artificiel, mais dans l'ensemble, ce n'est pas désagréable, notamment grâce à sa distribution excellente (Allison Janney est géniale, Rockwell fait du Rockwell, et Steve Carrell est surprenant à contre-emploi).

3.5/6

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Un film, un jour (ou presque) #556 : Holy Hell (2016)

Publié le 12 Juillet 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Documentaire, USA, Religion, CNN, Biographie

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Holy Hell :

En 1985, mis à la porte de chez ses parents à cause de son homosexualité, Will Allen, 22 ans, finit par suivre sa soeur, et par rejoindre le Buddhafield, une communauté new-age pseudo-spirituelle établie dans le secteur très gay de West Hollywood, et menée par "Michel", un gourou charismatique et bodybuildé se promenant constamment en slip. En dépit des apparences, toute sexualité est proscrite au sein du groupe, et le seul objectif semble être l'éveil spirituel de ses membres grâce aux pouvoirs étranges de Michel.

Là, pendant 22 ans, Will (diplômé d'une école de cinéma) sert de documentaliste et de réalisateur pour le mouvement, chroniquant tous les faits et gestes de son gourou, immortalisant tous les spectacles que Michel - ancien danseur de ballet - adore chorégraphier et mettre en scène (en plus d'en être la vedette), servant d'agent de propagande pour son maître, et se liant profondément avec tous les membres, qui forment rapidement sa nouvelle famille.

Et puis progressivement, la vérité se fait jour : Michel est en réalité un acteur raté d'origine latino, ayant eu un bref rôle muet dans Rosemary's Baby, et ayant joué dans des pornos gays ; c'est un hypnothérapeute diplômé, qui utilise son savoir pour manipuler et exploiter tous ses membres ; il abuse sexuellement de ses nombreux disciples, qu'ils soient homosexuels ou hétérosexuels ; il impose un culte du corps et de la beauté perpétuelle à ses adeptes, exigeant avortements et opérations de chirurgie esthétique à ces derniers, en plus d'un régime sportif soutenu...

Et plus "Michel" vieillit, plus il devient flamboyant, caractériel et excentrique, se donnant constamment en spectacle, travesti, et faisant basculer le Buddhafield d'un mouvement hippie à un culte religieux de la personnalité, dont il est la vedette incontestée : la majeure partie de ce qui est clairement une secte le suit lorsqu'il fuit au Texas et change de nom, mais bien vite, les membres se rebellent, et Will, en compagnie de la plupart de ses amis, rompt tout lien avec le mouvement. Un mouvement anémique désormais retranché à Hawaii, autour de ce vieux beau botoxé et lifté, raide comme un piquet, et qui se déplace en bombant le torse comme Aldo Maccione sur une plage.

Un documentaire assez tragique, co-produit par Jared Leto, et qui montre bien (au travers de toutes les images filmés au fil des ans par Will Allen, le réalisateur) toute la folie et la mégalomanie de ce gourou improbable, qui a trouvé là le rôle de sa vie, et entend bien ne jamais plus le lâcher.

Assez triste de voir toutes ces vies ruinées par cet homme, d'autant que dans bon nombre des déclarations et témoignages faits durant le documentaire par les anciens membres, on sent parfois poindre des regrets de ne plus vivre dans cette communauté, de ne plus bénéficier de la magie de ces premières années, lorsqu'ils étaient tous encore sous le charme de l'illusion "Michel" (le syndrome de Stockholm n'est pas loin...) 

4.5/6

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