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LES TÉLÉPHAGES ANONYMES

Il était une fois Lurdo & Sygbab, deux internautes passionnés de séries tv et de cinéma, et qui cherchaient un endroit où archiver leurs avis (semi) éclairés...

Les bilans de Lurdo - Tween Wars X : Charlie

Publié le 20 Mai 2012 par Lurdo dans Les bilans de Lurdo, Critiques éclair, Review, Télévision, Comédie, Sitcom, Jeunesse, Tween, Disney, Musique

Episode X : Family Business

Loi n°1 de la Tweencom (rappel) : Chez Mickey, on n’aime pas les ados normaux, et leur quotidien. Résultat : tous les persos des séries Disney ont des pouvoirs, viennent du futur, sont des méga-stars, sont über-talentueux, chanceux, etc…

Loi n°2 de la Tweencom (rappel) : La maison de production It’s A Laugh s’occupe de toutes les sitcoms Disney depuis 2005. En règle générale, leurs shows sont des sitcoms de studio, à caméras multiples, rires enregistrés, dans des décors assez peu convaincants, au générique chanté par une star de la série et/ou de la chaîne, et à la distribution plutôt solide et diverse.

Loi n°3 de la Tweencom (rappel) : si chez Mickey tu veux prospérer, les talents musicaux de tes interprètes aux épisodes tu devras intégrer, pour la promotion croisée avec Disney Records assurer.

 


Good Luck Charlie (2010 - ?)
 

La fête à la maison de notre belle famille…

Koicé ?
La vie quotidienne de la famille Duncan, vaguement centrée autour de Charlie, la dernière-née de la famille. Sa grande sœur Teddy lui enregistre des v-logs chroniquant son quotidien, son plus grand frère PJ est un idiot fini, le plus jeune frère Gabe manigance et glande, quant aux parents, ce n’est guère mieux : Amy a deux passions (sa famille… et devenir célèbre), tandis que le massif Bob, lui, aimerait bien passer une journée sans qu’une nouvelle crise n’éclate chez lui…

Aveckicé ?
Par temps de présence à l’écran : Bridgit Mendler (Teddy, la grande sœur adolescente), auparavant remarquée dans Wizards of Waverly Place, où elle jouait la petite amie vampire de Justin. Donc pas de problème, la demoiselle s’en sort bien, et est très expressive, même si elle frôle parfois l’excessif dans les premiers épisodes ; dans le rôle de son frangin PJ, Jason Dolley, un habitué des téléfilms Disney. Il s’en sort lui aussi, même si son rôle d’idiot de la famille ne demande pas toujours un grand talent ; le jeune Bradley Steven Perry (Gabe) leur vole bien souvent la vedette, du haut de ses 11 ans ; Maman Duncan, elle, est interprétée par la poumonnée Leigh-Allyn Baker, une boule d’énergie au CV long comme le bras, et apparue dans des projets aussi divers que Leprechaun 3, Charmed, My Name is Earl, Hannah Montana, ou encore Boston Legal. Pas de souci à se faire de son côté, elle cartonne, dans son rôle de mère envahissante qui n’en rate pas une pour tenter de voler la vedette à ses enfants ; idem pour Bob Duncan, alias Eric Allan Kramer, alias Thor de Thor vs Hulk, alias Bear de American Pie 3, alias Petit-Jean de Mel Brooks’ Men In Tights : il est grand, il est massif, il est viking, et il n’a pas peur d’être ridicule ; à part ça, la Charlie du titre est jouée par l’adorable Mia Talerico, une puce supra réactive en saison 1 (nettement moins en s2, où elle commence à être plus facilement distraite) ; la meilleure amie de Teddy est une grosse black nommée Ivy, qui cumule tous les clichés de la meilleure copine noire ; le meilleur pote de PJ est un Steve Urkel en puissance ; il y a aussi une voisine râleuse, le meilleur copain du petit frère (le fils de "Al Bundy" dans Modern Family) et Skyler, la petite-amie de PJ, aussi idiote que lui, mais dont l’actrice (Samantha Boscarino) s’en va en cours de s2, pour aller intégrer la distribution d’une future série de Nickelodeon, How To Rock.

Koiçavo ?
Après les scandales médiatiques entourant Miley Cyrus et Demi Lovato, et devant les velléités de départ de Selena Gomez, Disney décide en 2010 de changer radicalement de fusil d’épaule, et de se trouver une nouvelle égérie/un nouveau visage innocent à promouvoir.

De plus, histoire de décourager la future élue de se chopper la grosse tête, la compagnie choisit d’aller dans une direction surprenante, en se tournant vers les succès des 80s/90s : les sitcoms familiales de studio, à la Notre Belle Famille, La Vie de Famille, La Fête à la Maison, Papa Bricole, Quoi de neuf Docteur ?, etc…

Good Luck Charlie s’inscrit donc directement dans cette optique de série familiale classique, avec des intrigues assez formatées et tous publics. Mais comme toute série de ce genre, ce qui fait la différence, c’est la distribution. Et là, force est de constater que le cast est excellent, et possède une vraie alchimie familiale.

La série est donc basique, mais elle remplit parfaitement son office de divertissement familial, centré avant tout sur l’unité des Duncan, et sur les mésaventures de ses différents membres. Maintenant, ça a aussi les défauts de ses qualités, et une fois mis de côté le capital sympathie de la distribution (ou le jeu du "comptons combien de canards en plastique sont dissimulés dans chaque scène cette semaine"), il est vrai que le tout reste très conventionnel. Seule petite exception, les scènes de conclusion d’épisode, qui se permettent de verser dans l’absurde et le nawak, totalement détaché de la réalité de série.

Reste que généralement, ce sont les scènes de Teddy/Bridgit Mendler qui agacent le plus. Pas parce que l’actrice est mauvaise (au contraire, comme Miley Cyrus dans HM, Mendler n’a pas peur du ridicule, des déguisements foireux ou de la comédie physique, ce qui est appréciable), mais plutôt parce que les intrigues données à son personnage sont insipides : de la romance, de la chanson (forcément, Disney oblige), des scènes avec sa meilleure-amie-le-cliché-ambulant...

Bref, on se surprend souvent à avoir envie de zapper les scènes relatives aux intrigues de Mendler. Dommage pour Disney Channel, et sa tentative d’imposer l’actrice comme nouveau visage de la chaîne…

Perte de Santé mentale :
Si l’on est allergique aux sitcoms famililales old-school, ça peut rapidement faire des dégâts. Sinon, ça se laisse regarder, et c’est même assez sympatoche… mais finalement totalement anecdotique. D'autant que le tournant pris par le show avec sa fin de saison 2 et son road-movie spécial Noël ressemble fortement à un saut de requin anticipé : la mère est à nouveau enceinte, un nouveau bébé va faire son apparition dans la série... c'est généralement le signe d'un manque d'inspiration des scénaristes, et d'un show en perte de vitesse. Wait & See...

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Critique éclair : True Blood, saison 1

Publié le 18 Mai 2012 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Télévision, Drame, Comédie, Thriller, Fantastique, Horreur, Romance, HBO

Mieux vaut tard que jamais : sérieusement rebuté par le pilote à l'époque de sa diffusion, mais confronté à une pénurie de série typique de cette période de l'année, j'ai fini par enchaîner les 12 épisodes de la saison 1 de True Blood, et ce en quelques jours. 

Et honnêtement, j'ai bien ri. Merci HBO.

En même temps, je savais à quoi m'attendre : je suis revenu il y a bien longtemps du genre bit-lit, de ses Mary-Sues transparentes, et de ses clichés de fanfiction, et c'est donc sans surprise aucune que je les ai tous retrouvés dans ce True Blood : l'héroïne innocente mais spéciale, au coeur d'un triangle amoureux entre un vamp et un garou ; la société vampirique ; les clichés ; le sud profond des USA, blablabla... 

Ajouté à cela une dose sérieuse de rebondissements évidents clairement téléphonés par le récit, la réalisation, ou par les choix d'illustration musicale : ooh, c'est un chien-garou ! Oooh, c'est une sorcière (fée ?) ! Oooh, c'est lui le tueur ! Et on se retrouve devant une saison pépère, qui se contente d'accumuler les clichés de la bit-lit, en les saupoudrant d'une bonne dose d'acteurs qui cabotinent (voire jouent mal), et qui passent plus de temps à se concentrer sur leur accent que sur leur jeu, ainsi que de nudité gentiment gratuite (le cachet HBO©®™). 

Bref, ce n'est pas bon. Loin de là. Sookie est un personnage principal particulièrement agaçant, à la limite de l'attardée mentale (pas aidée par le jeu de Paquin), Tara est une tête à claques insupportable, et la majorité des autres persos sont des archétypes ambulants, sans la moindre qualité pour les rendre attachants. 

Mais heureusement, Alan Ball a suffisamment de métier pour ne pas se prendre au sérieux. Et c'est ça qui sauve True Blood, en fin de compte : c'est tellement con, et volontairement kitchouille/overzetaupe (Jason et ses mésaventures sexuelles... huhuhuhu), que ça en devient étrangement amusant à regarder. 

Clairement pas de la tv de qualité... mais un guilty pleasure bas-de-plafond plutôt rigolo. Place à la saison 2.

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Les bilans de Lurdo - Tween Wars IX : Troop & Stone

Publié le 16 Mai 2012 par Lurdo dans Les bilans de Lurdo, Critiques éclair, Review, Télévision, Comédie, Sitcom, Fantastique, Science-Fiction, Action, Disney, Nickelodeon, Tween, Jeunesse

Episode IX : Action Men, the greatest heroes of them all !

Loi n°1 de la Tweencom (rappel) : Chez Mickey, on n’aime pas les ados normaux, et leur quotidien. Résultat : tous les persos des séries Disney ont des pouvoirs, viennent du futur, sont des méga-stars, sont über-talentueux, chanceux, etc…

Loi n°10 de la Tweencom (rappel) : Règle du sidekick : bien souvent, le/la lead de la tweencom est affublé(e) d’un(e) sidekick comique, faire valoir au physique moins conventionnel, à l’interprétation plus exagérée, et délibérément laissé en retrait. Et presque aussi souvent, c’est parce que le/la sidekick est bien plus talentueux(se), attachant(e), et tout simplement charismatique que le/la lead.

Corollaire (rappel) : Lorsqu’un sidekick commence à éclipser son lead, le moment est venu de lui donner sa propre série… pour, bien souvent, que l'on s’aperçoive qu'il ne fonctionne pas en solo ou en lead.
 


The Troop (2009 - ?)
 

The Middlemen (not) in Black, version s1 : charisme écrasant, et décors hors de prix...

Koicé ?
Le monde qui nous entoure est empli de monstres en tous genres, tous plus dangereux les uns que les autres… à Lakewood, une équipe de chasseurs de monstres protège la communauté en secret : The Troop, composée de trois adolescents, supervisés par le directeur-adjoint du lycée, par ailleurs ancien Trooper à la retraite…

Aveckicé ?
Nicholas Purcell, dans le rôle du comic-book geek maladroit qui rejoint l’équipe dans le pilote : pas particulièrement charismatique, mais il remplit son office de référent pour le jeune public ; David Del Rio en Felix Garcia, nerd latino (il porte des lunettes, c’est forcément un nerd !) gaffeur et inventeur de génie, qui est kelleyrisé au début de la s2. L’acteur se donne à fond dans son rôle, et reste le plus intéressant de la bande ; Gage Golightly est Hayley, la cheerleader surbookée, intelligente, talentueuse, parfaite, blablabla… une actrice solide aux faux airs occasionnels d’Ashley Judd, en plus joufflue, mais bon, ça ne va pas beaucoup plus loin ; John Marshall Jones (Mr. Stockley), en proviseur peureux/chef de la Troop, très fun et clairement l’acteur le plus sympa du lot ; Cadence Nash (la sympathique Malese Jow, de la série Unfabulous, sur laquelle je reviendrai plus tard), qui débarque en s2, dans le rôle d’une Faith-bis qui cache en fait des origines métissées monstre-humaine, et se transforme occasionnellement ; et enfin Matt Shively (de True Jackson VP), dans le rôle du remplaçant de Felix, un certain Kirby, clown maladroit et enthousiaste, issu d’une famille fortunée, et qui adore déguisements ridicules et looks improbables…

Koiçavo ?
Amusant de découvrir ce show après Supah Ninjas, tant le schéma global, et certains personnages sont globalement identiques. Mais là où Supah Ninjas s’inspire des classiques du comic-book pour les réinterpréter sans se prendre au sérieux, The Troop lorgne plutôt du côté de Men In Black et de The Middleman, saupoudré d’un peu des loners de Buffy saison 1, voire du Loup-Garou du Campus pour le ton général.

Avec le créateur de The Secret World of Alex Mack (un teen show fantastique des 90s) à la barre, Nickelodeon se tourne ainsi une nouvelle fois vers un format court, en caméra mobile, écrit avec un second degré certain : chaque épisode est une nouvelle chasse au monstre, des monstres en images de synthèse plus ou moins réussies (budget limité oblige), tandis que les trois protagonistes tentent de mener de front leur vie de monster hunters et leur quotidien scolaire.

Et force est de constater que ça se regarde plutôt bien, en théorie : c’est dynamique, les personnages secondaires ont une existence (même si on doit voir la petite soeur de Jake dans une demi douzaine d’épis maximum, en une saison et demi), c’est relativement bien joué, ça se permet régulièrement de l’absurde (les épisodes festifs, avec génériques modifiés ; le génie du mal/éponge spontex parlante, qui a un accent anglais, et met sur pieds un plan d’évasion digne de Minus et Cortex ; les vampsters, mi-vampires, mi-hamsters, au look Jersey Shore, etc), ça minimise au maximum le shipping en s1 (en s2, déjà nettement moins), et la prod semble éprouver un malin plaisir à recouvrir de slime ses acteurs à la moindre occasion…

De plus, le show assume joyeusement son côté référentiel : les monstres et les situations sont très souvent volontairement dérivatifs (en vrac : un jabberwocky ; des Tremors ; une dryade poisonivyesque, avec des arbres à la Evil Dead ; un cube de gelée acide tout droit sorti de Ad&d ; un mini-godzilla ; des poupées possédées qui détruisent tout le jour de Noël, Gremlins-style ; des Trolls ; un épisode à la The Thing/Bodysnatchers ; une maison hantée avec une créature qui se nourrit de la peur ; le lapin de Sacré Graal ; un double robotique ; les Martiens de Mars Attacks ; des créatures qui vivent dans les miroirs ; l’équipe qui utilise un flashouilleur de mémoire pour effacer leurs traces des esprits des témoins… sauf que là, le flashouilleur est une bestiole adorable en CGI...).

Tout devrait donc être aussi enthousiasmant que l’est Supah Ninjas... et pourtant, ce n’est pas le cas. Je pourrais très bien incriminer la musique quelconque, le générique insipide, ou les scénarios finalement assez convenus. Mais en réalité, le vrai problème, c’est le trio principal, affreusement dénué de charisme (encore que, à la limite, Del Rio s’en sort).

Les deux recrues de la saison 2, et le duo de la s1 : petit effort de présentation...

Ce qui pose forcément un certain problème d’attachement du spectateur à la distribution : on regarde les épisodes distraitement, sans s’ennuyer, mais sans non plus s’intéresser particulièrement au sort des personnages, dont les interprètes n’ont pas de véritable présence à l’écran.

Un problème que la prod semble avoir remarqué, puisqu’après leur première saison, et malgré une fin de s1 façon "réunion de tous les monstres vus précédemment, et vengeance d’un ennemi récurrent", le show est repensé de fond en comble. Exit Felix (le moins transparent du groupe), qui est kelleyrisé après deux épisodes, sans réelle explication, et place à Malese Jow et Matt Shively : pas forcément une mauvaise idée en soi, les deux acteurs ayant déjà fait leurs preuves, et étant assez sympathiques.

Avec eux, nouveau générique (encore plus naze et sans rapport, musicalement : la chanson autotunée parle de devenir riche et célèbre, d'être une superstar... hors sujet total!), nouvelles dynamiques entre les personnages (beaucoup plus de shipping, notamment) et nouvelle réalisation, à base de split-screens, de ralentis, et d’effets visuels dynamiques. Pas forcément toujours ultra-convaincant, dans un premier temps : les sfx semblent en prendre un petit coup dans l’aile au passage, le récit se fait beaucoup plus premier degré (pendant quelques épisodes uniquement), et Shively est rapidement remplacé, pendant deux épisodes, par Étienne, l'un des persos récurrents du show.

Et juste ensuite, le show enquille les guest stars made in Nick : si Gibby de iCarly est assez fun en monstre pêteur à queue baladeuse, Daniella Monnet, de Victorious, doit se contenter de reprendre le rôle tenu par Victoria Justice en s1, avec quelques variations. Puis c’est Ashley Argota, de True Jackson, qui s’invite, dans un rôle assez moyen…. Tout ça, c’est bien gentil, mais comme à côté, le shipping devient envahissant, Malese Jow ne sert à rien, et les sfx continuent d’être faiblards, ça n’aide pas. Essai loin d’être transformé, donc, pour cette seconde saison suspendue en cours de diffusion…

Perte de Santé mentale :
Rien de bien méchant, même si occasionnellement, on grimace un peu devant la pauvreté de certains effets, des décors, et les astuces de montage et de caméra utilisées pour cacher la misère. Mais ça reste globalement honorable visuellement, à défaut d’être très ambitieux ou original.

Et c’est probablement pour cette raison que, contrairement à Supah Ninjas, ça ne m’a pas plus séduit que ça. Ça, et le fait que les épisodes les plus sérieux (notamment le début de s2) tournent assez souvent à vide, peinant à vraiment décoller (ce qui contraste d’autant plus avec les épisodes les plus délirants, souvent funs).



Aaron Stone (2009 - 2010)
 

Aaron Stone saison 1 : c’te tronche…

Koicé ?
Charlie Landers est un super gamer, le meilleur joueur du monde du jeu Hero Rising, où il apparaît sous les traits d’Aaron Stone le super combattant. Il a un frère un peu plus jeune, Jason, qui lui attire toujours des ennuis, Emma une voisine asiatique batteuse-gameuse, et une mère compréhensive... un jour, Mr Hall, le mystérieux patron de Hall industries, et créateur du jeu Hero Rising, enlève Charlie, et fait de lui "Aaron Stone", super espion à l’équipement futuriste, identique en tous points à l’avatar de Stone dans le jeu. Sa mission : défendre le monde libre contre les forces de l’Omega Defiance, un groupe d'anciens associés de Hall voués à sa destruction, et à l’exploitation maléfique de la technologie de Hall. Pour aider Aaron, STAN, un androïde chauve déjanté, et Emma, en réalité une super techno-geek-scientifique, qui crée tous les gadgets d’Aaron Stone.

Aveckicé ?
L’excellent Kelly Blatz dans le rôle titre : l’acteur est dynamique, expressif, juste, et athlétique. Et comme en plus il se débarrasse de sa coupe de cheveux ridicule avec la s2, tout va bien ; Jean-Paul Manoux en STAN, un hybride de Data et du doyen de Community : là aussi, l’acteur est tout à fait à la hauteur, et tient très bien son rôle ; Tania Gunadi en Emma, la techno-geek-inventeuse : pas mauvaise non plus, mais le personnage est tellement cliché et convenu, avec perruque multicolore, etc, qu’elle devient rapidement transparente et sans intérêt ; David Lambert, solide en Jason, le little bro’ envahissant et énervant, mais pas trop ; Martin Roach en Mr Hall, dont le rôle consiste à avoir une grosse voix et à jouer tout le temps dans l’ombre.

En s1, le Big Bad est le Dr Necros (Mif), un vilain chauve qui ressemble beaucoup à Hall, et est assez bien interprété ; autre antagoniste, Elias Powers (interprété solidement par Malcolm Travis), qui a créé le jeu Hero Rising pour Hall, avant de virer psychopathe.

En s2, le big bad est Damaged (Greg Byrd), un psychopathe aux pouvoirs télékinétiques, se cachant derrière un masque d’Halloween déchiqueté. Là aussi, l’acteur assure le perso.

Autour de Charlie/Aaron, un paquet de persos secondaires plus ou moins récurrents : les deux sidekicks comiques indiens, qui passent de joueurs de Hero Rising à überhackerz/spécialistes informatiques qui aident Aaron dans ses missions ; plusieurs girlfriends potentielles de Charlie, qui apparaissent dans une poignée d’épisodes ; la girlfriend potentielle collante de Jason ; la proprio du comic-book shop où travaille Charlie le jour ; un übernerd cliché qui bosse au comic-book store….

Koiçavo ?
En fait, Aaron Stone a connu, à mes yeux, un peu le cheminement inverse de The Troop : là où The Troop a un capital sympathie immédiat (dû à son ton décalé), mais finit par tourner parfois à vide, tout en manquant de focus, Aaron Stone connaît une première saison très très moyenne, voire quelconque, pour commencer à trouver son rythme de croisière à la fin de celle-ci.

La première saison d’AS raconte ainsi le combat d’Aaron contre l’Omega Defiance de Cronos et de ses lieutenants. Jamais vraiment convaincants, ceux-ci ont des looks assez cheaps, les scénarios sont assez moyens, et niveau action, ça assure le strict minimum. Rien de mauvais, mais rien d’exceptionnel non plus. Blatz fait son truc, mais son personnage reste un Marty Stu en puissance : super gamer, super skateur, super yamakasi, super chanteur, super sportif, super guerrier, super biker, blablabla ; STAN nous refait tout Data en moins inspiré ; le grand méchant cabotine... et si les sfx sont assez bons, les séquences 3D du jeu vidéo Hero Rising sont fauchées : bref, le tout se regarde très distraitement, d’autant que le ton très premier degré du show contraste un peu avec le budget du tout (bon, il y a un caméo de Chris Jericho, mais ça ne suffit pas).

Et puis, à la fin de la saison 1 (21 épisodes), les scénaristes ont la bonne idée de développer un semblant d’arc et de continuité. Ils commencent enfin à révéler les origines de Hero Rising, à expliquer celles de l’Omega Defiance, bref, ça commence à acquérir un semblant de substance.

En s2 (14 épisodes), la tendance se confirme. En changeant d’optique, la série devient encore plus premier degré, mais avec un budget mieux maîtrisé : les effets s’améliorent, le jeu en 3D aussi, et surtout la série introduit de nouveaux ennemis, évadés des laboratoires de l’Omega Defiance : une bandes de mutants freaks aux pouvoirs et aux looks improbables, qui se réfugient brièvement dans un cirque abandonné, et y décident de détruire Hall et l’Omega Defiance, chacun de leur côté.

Aaron Stone saison 2 : impossible de regarder STAN sans s’imaginer les costumes du proviseur de Community.

Stone se trouve alors contraint de lutter contre ces êtres étranges, éparpillés aux quatre coins du globe, tandis que Damaged, un freak aux pouvoirs de télékinésie, fait de même de son côté, essayant quant à lui de recruter les évadés dans son combat contre Hall. On a ainsi une intrigue de fond, assez sympathiquement menée, et très comic-book dans l’âme, qui se déroule en parallèle de la vie quotidienne de Charlie & son frère, rythmée par les updates du jeu vidéo Hero Rising.

Alors certes, l’über-nerd du comic-book store est assez gonflant, avec sa coupe de cheveux playmobil, et le recours systématique aux images du jeu vidéo n’apporte pas grand-chose, mais ça passe encore…

Perte de Santé mentale :
Regardable en s1, mais très dispensable, la série est assez sympa à suivre en s2, son format court, et son budget augmenté assurant un show action/aventure assez sérieux et divertissant, avec une continuité agréable.

Maintenant, c’est aussi ce qui a signé la perte de la série : production indépendante diffusée par Disney (d’où le caméo de Jason Earles, le frangin de Hannah Montana, dans un épisode), le show coûtait clairement trop cher à produire, en regard de son audience limitée (diffusion sur Disney XD - la chaîne pour garçons de Disney - oblige) et de son genre moyennement fédérateur et fidélisateur.

Bref, pas de perte de santé mentale, et un show honorable, sans le moindre shipping, bouclé en 35x20 minutes à peine, avec une fin réussie, pleine d’action et d’énergie, et avec un cliff assez frustrant. Dommage qu'il mette juste un certain temps avant de trouver son équilibre...

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Les bilans de Lurdo - Tween Wars VIII : True & Bucket

Publié le 12 Mai 2012 par Lurdo dans Les bilans de Lurdo, Critiques éclair, Review, Télévision, Comédie, Sitcom, Jeunesse, Tween, Sport, Nickelodeon

Episode VIII : Nick. Just watch it ?

Loi n°10 de la Tweencom (rappel) : Règle du sidekick : bien souvent, le/la lead de la tweencom est affublé(e) d’un(e) sidekick comique, faire valoir au physique moins conventionnel, à l’interprétation plus exagérée, et délibérément laissé en retrait. Et presque aussi souvent, c’est parce que le/la sidekick est bien plus talentueux(se), attachant(e), et tout simplement charismatique que le/la lead.

Corollaire (rappel) : Lorsqu’un sidekick commence à éclipser son lead, le moment est venu de lui donner sa propre série… pour, bien souvent, que l'on s’aperçoive qu'il ne fonctionne pas en solo ou en lead.
 


True Jackson VP (2008 – 2011)
 

La biatch du bureau, les deux sidekicks teubés, le couturier excentrique et flamboyant, l’héroïne, le réceptionniste efféminé et flamboyant, et le love interest.

Koicé ?
Lycéenne talentueuse âgée de 15 ans, True Jackson décroche le poste de Vice-Présidente de Mad Style, une maison de couture supra-huppée, lorsque son président excentrique, le couturier Max Madigan l’embauche à l’improviste après l’avoir croisée dans la rue. Là, elle fait la connaissance de l’équipe de la maison de couture, soutenue par ses amis Lulu et Ryan.

Aveckicé ?
Keke Palmer (True) commence assez bien, et juste. Malheureusement, l’actrice développe assez rapidement des tics de jeu à mi-chemin entre l’attitude black horripilante, les grimaces et catchphrases à la Hannah Montana, et le surjeu pur et simple ; Danielle Busutti (une récurrente de The OC, Without a Trace, et Raising The Bar) assure le perso de la rivale de True, une trentenaire jalouse et autoritaire ; Ron Butler fait de même avec son perso de réceptionniste efféminé, assez cliché ; Greg Proops, un comédien d’impro, est excellent en boss excentrique au grand cœur ; Robbie Amell (le Fred des préquelles Scooby, et le Scooby de Robin dans HIMYM) s’amuse en mail-boy pas très finaud, obsédé par son job, et amoureux de True ; et enfin, last but not least, Ashley Argota (une jeune philipine qui louche un peu, et joue comme McCurdy) et Matt Shively (un glandeur caucasien genre skateur), deux acteurs qui tiennent par ailleurs d’autres rôles en parallèle dans Bucket & Skinner's Epic Adventures et The Troop, et qui ici assurent des personnages très similaires, ceux des meilleurs amis de True, pas très futés, mais qui répondent toujours présents.

Koiçavo ?
True Jackson VP, c’est un peu comme si Nickelodeon avait décidé, un jour, de s’inspirer du modèle "wunderkind" de Disney, et d’y fusionner Hannah Montana et iCarly.

Pas de surprise, le résultat est par conséquent assez familier : sitcom de studio, TJVP s’axe principalement sur les mésaventures de True au travail, et les excentricités de l’équipe qui l’entoure. Ses deux sidekicks ne sont pas très futés, assez excités, et provoquent bon nombre de catastrophes ; la rivale de True est jalouse et lui met des bâtons dans les roues ; True a du mal à concilier vie professionnelle, vie scolaire, et vie amoureuse… bref, c’est la grosse routine de ce genre de sitcom.

Sauf que là, problème, c’est ultra-plat. Mais vraiment. J’ai regardé la majorité des épisodes des deux saisons existantes, et je serais bien en peine de citer un moment marquant ou hilarant. Pendant une saison, une saison et demi, tout est en effet affreusement insipide. Même pas mauvais, mais transparent, c’est de la sitcom en pilotage automatique.

Ne reste alors qu’un véritable intérêt : la distribution. Les acteurs ont en effet une alchimie indéniable, et je subodore que si Keke Palmer a commencé à surjouer au bout d’un moment, c’est parce qu’elle se faisait clairement éclipser par le reste du cast, à commencer par ses sidekicks.

Sans oublier les personnages secondaires (la petite amie bitchy de Ryan, la prof asiatique cynique et mordante), assez développés, et des guests à gogo : Vivica Fox, Andy Richter, Julie Bowen, Dave Foley, Julie Warner, Rachael Harris, Philip Baker Hall, Nicole Sullivan, Justin Bieber, les Care Bears on Fire, Wendie Malick, John Cena, French Stewart, Melanie Paxson, Jennette McCurdy et Nathan Kress de iCarly, et encore pleins d’autres, qui forment une liste d’invités longue comme le bras.

"Sam" on rollers…

Alors ça se regarde, oui, ce n’est pas insupportable, et parfois, ça se décoince même (en seconde moitié de s2) quand ça ose un peu de slapstick et de nawak à la iCarly dans certains épisodes, ou quand le gag récurrent de Kopelman, le souffre douleur de l’entreprise (et accessoirement scénariste et producteur du show) part dans le grotesque et l’absurde.

Et, à l’identique, c’est assez intriguant de voir, dans une série pour ados, certaines touches d’humour noir (le cadavre d’un personnage secondaire apparu en s1, et retrouvé dans les conduits d’aération en s2), ainsi qu’une relation sentimentale sérieuse entre une ado de 15 ans et le mail-boy de 20+ ans (le shipping, notamment, est inexistant au sein du trio de tête, et, en dehors, ne se fait ressentir que ponctuellement)...

Mais bon, tout ça reste tout de même affreusement dérivatif, tant stylistiquement, qu’au niveau du contenu. D’autant qu’il y a toujours d'étranges problèmes de rythme par moments, avec des épisodes qui se finissent abruptement, un générique de début qui commence dans un style 80s avant d’autotuner à gogo, un générique de fin façon easy-listening, et un épisode étrange (True Mall) qui semble être un backdoor pilot pour un spin-off dans un centre commercial, mais qui n'assume pas son statut, ni n'est particulièrement réussi...

Perte de Santé mentale :
Assez inoffensif pour le cerveau, mais souvent soporifique. D’autant plus dommage qu’il y a un potentiel indéniable, et que les personnages sont finalement assez sympas... mais il aurait fallu une autre équipe plus inspirée (et drôle) au scénario, pour vraiment exploiter le grain de folie typique de Nickelodeon. Le problème étant, bien sûr, que Nick a annulé la série avec la seconde saison…il faudra donc se contenter d'un happy end pour tout le monde, et puis voilà...



Bucket & Skinner's Epic Adventures (2011)
 

Epic & gnarly, dude…

 Koicé ?
Le quotidien de Bucket & Skinner, deux jeunes surfeurs californiens teubés (aux allures de Keanu et de Swayze ou de Bill & Ted), dont l’oncle Three Pieces tient une boutique locale d’équipement de surf. Autour d’eux, Kelly, leur amie surfeuse ; Piper, la petite sœur précoce, ambitieuse et calculatrice de cette dernière ; Aloe, le rival de la bande, et son sbire teubé Sven.

Aveckicé ?
Taylor Gray et Dillon Lane dans les deux rôles principaux, en mode stoners-qu'on-ne-voit-pas-fumer-parce-qu’on-est-dans-un-tween-show, bien caricaturaux à souhait ; Glenn McCuen dans le rôle d’Aloe, le nemesis gymnaste/danseur à grande gueule, qui joue dans le même registre que les leads ; Ashley Argota, de True Jackson, en surfeuse sérieuse et normale ; Tiffany Espensen dans le rôle de sa sœur, un croisement entre Rico de Hannah Montana, et la frangine de Big Time Rush ; George Back, un gros trentenaire excentrique, dans le rôle de l’adulte idiot de service ; DC Cody, dans le rôle (supra difficile à jouer) du sbire idiot.

Koiçavo ?
Pas grand-chose. En fait, ça ressemble vraiment à du Disney : d’un côté les intrigues des deux débiles sont bien souvent laborieuses, avec un jeu particulièrement outrancier et des péripéties basiques, façon slapstick et gags visuels, ainsi que du shipping assez bof ; de l’autre, la petite soeur, dans des intrigues parallèles regardables, et un peu moins surjouées.

Ponctuellement, quelques moments amusants surnagent (des séquences imaginaires à la Scrubs), on retrouve quelques touches de nawak Nickelodeonien (dès le second épisode, les deux persos se travestissent, avec un numéro de danse à la clef ; une comédie musicale finit par un baiser entre Buckett et Skinner), le générique n'est pas désagréable et Ashley Argota reste toujours sympathique et douée, mais bon…

Perte de Santé mentale :
Modérée, mais existante. La série, aux audiences peu convaincantes, a été suspendue en cours de saison 1, laissant une grosse incertitude sur l'avenir du show, qui a vaguement repris courant 2012, avec une diffusion aléatoire. Reste que pour l’instant, c’est assez commun et anecdotique, sans compter que ça joue assez moyennement par moments...

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Les bilans de Lurdo - Tween Wars VII : Kings & Skaters

Publié le 8 Mai 2012 par Lurdo dans Les bilans de Lurdo, Critiques éclair, Review, Télévision, Sitcom, Comédie, Sport, Jeunesse, Tween, Disney

Episode VII : Recycle. Everybody’s Doing it.

Loi n°1 de la Tweencom (rappel) : Chez Mickey, on n’aime pas les ados normaux, et leur quotidien. Résultat : tous les persos des séries Disney ont des pouvoirs, viennent du futur, sont des méga-stars, sont über-talentueux, chanceux, etc…

Loi n°2 de la Tweencom (rappel) : La maison de production It’s A Laugh s’occupe de toutes les sitcoms Disney depuis 2005. En règle générale, leurs shows sont des sitcoms de studio, à caméras multiples, rires enregistrés, dans des décors assez peu convaincants, au générique chanté par une star de la série et/ou de la chaîne, et à la distribution plutôt solide et diverse.

Corollaire (rappel) : Lorsque It’s A Laugh trouve un format/sujet facile à exploiter, il le garde. Et le répète ad nauseam, en en variant à peine le style.

Loi n°3 de la Tweencom (rappel) : si chez Mickey tu veux prospérer, les talents musicaux de tes interprètes aux épisodes tu devras intégrer, pour la promotion croisée avec Disney Records assurer.

Loi n°7 de la Tweecom (rappel) : Le monde de la sitcom Disney est comme un vase clos, vivant en autarcie : tous les acteurs tournent sur des plateaux voisins, tout le monde se connaît, tout le monde couche avec tout le monde, tout le monde se dispute avec tout le monde, et les crossovers sont innombrables. (cf AB Productions)

Loi n°10 de la Tweencom (rappel) : Règle du sidekick : bien souvent, le/la lead de la tweencom est affublé(e) d’un(e) sidekick comique, faire valoir au physique moins conventionnel, à l’interprétation plus exagérée, et délibérément laissé en retrait. Et presque aussi souvent, c’est parce que le/la sidekick est bien plus talentueux(se), attachant(e), et tout simplement charismatique que le/la lead.

Corollaire (rappel) : Lorsqu’un sidekick commence à éclipser son lead, le moment est venu de lui donner sa propre série… pour, bien souvent, que l'on s’aperçoive qu'il ne fonctionne pas en solo ou en lead.
 


Pair of Kings (2010 - ?)
 

Des décors somptueux, des costumes de qualité, une distribution enthousiasmante : Pair of Kings, c’est trop bien.

Koicé ?
Deux jumeaux, Boomer et Brady (un noir enrobé et un blanc maigrichon) apprennent qu’ils sont les héritiers du trône de l’île exotique de Kinkow. Ils embarquent alors pour leur royaume, où ils deviennent l’autorité suprême, sous le tutelage de leur conseiller, le puissant Mason, de sa fille Mikaela, experte en combat, et sous l’œil jaloux de Lanny, un cousin éloigné complotant en compagnie de son poisson parlant.

Aveckicé ?
La grande parade des sidekicks ! En commençant par un échappé de Hannah Montana : Mitchel Musso, en Brady, qui reprend basiquement un rôle similaire à celui d’Oliver dans HM, et qui s’en sort exactement pareil. Autre sidekick promu lead, Doc Shaw, qui débarque de son rôle foireux en guest dans The Suite Life on Deck, et devient ici Boomer... le même, en tout aussi peu intéressant ; De iCarly, où il jouait le fils d’un des voisins, nemesis de Spencer, Ryan Ochoa… qui en gros, reprend un rôle identique à celui de Rico dans HM ; apparaissant aussi dans Zeke & Luther, Geno Segers, décrit à juste titre comme la voix de James Earl Jones dans le corps de The Rock ; et enfin, elle aussi débarquée de The Suite Life on Deck, Kelsey Chow, jeune métisse sino-américaine qui assure son rôle sans problème.

Koiçavo ?
Absolument rien. Sur la saison que j’ai regardée (une grosse vingtaine d'épisodes, pris au hasard sur la s1 et le début de la s2), c’est cheapissime, pas drôle, sans intérêt et assez bas de plafond, avec une marionnette-poisson ridicule, et des décors de studio encore plus fauchés que la norme Disney. De plus, tout l’intérêt du show repose (théoriquement) sur l’attachement des spectateurs aux acteurs, depuis leurs rôles précédents : or comme Musso, Ochoa et Shaw, sans être mauvais, sont absolument transparents et oubliables, ça n'aide guère... (et leur chanson de générique est naze).

Perte de Santé mentale :
J’ai zappé avant d’avoir eu le temps de mesurer.



Zeke and Luther (2009 - 2011)
 

Lords of Dumbtown...

Koicé ?
Le quotidien d’un duo de glandeurs-skateurs, Zeke & Luther, qui tentent de devenir les meilleurs skateurs du monde, et font face à leur rival Kojo, et aux manigances de Ginger, la petite sœur machiavélique de Zeke.

Aveckicé ?
Hutch Dano (Zeke), issu de The Suite Life on Deck, où il jouait le petit ami campagnard de Bailey ; Adam Hicks (Luther), le rouquin qui jouait le voisin envahissant des Jonas dans la s2 de leur show ; Daniel Curtis Lee (Kojo), issu quand à lui du Ned's Declassified School Survival Guide de Nickelodeon ; et Ryan Newman (Ginger), qui jouait jusque là la mini-Miley dans les flashbacks d’enfance de Hannah Montana.

Koiçavo ?
En 1996, Dan Schneider (de Nickelodeon) participe à la création de Kenan & Kel, une sitcom centrée sur le quotidien de deux jeunes afro-américains, et de la peste de petite sœur de l’un d’entre eux. Une série dans laquelle les deux personnages s’adressaient régulièrement directement au public du studio où la sitcom était tournée.

En 2004, Schneider, toujours lui, recycle ce concept (composante afro-américaine exceptée), dans Drake & Josh, un carton absolu de la chaîne Nickelodeon, qui mettait donc en scène deux ados (blancs, cette fois-ci) et la petite sœur machiavélique de l’un d’entre eux (interprétée à l’époque, par une jeune Miranda Cosgrove, la Carly de iCarly). Comme dans Kenan & Kel, Drake & Josh s’adressaient ponctuellement au public du studio.

En 2009, Disney décide de recycler le tout, à son tour, en y intégrant une composante "sk8er". Sauf que, comme le show ne peut être tourné en studio (les cascades de skates, dans des décors fermés et minimalistes, ce n’est pas top), Disney délaisse exceptionnellement It’s A Laugh pour se tourner vers une autre maison de production, Turtle Rock : le choix est alors fait de tourner en caméra unique. Et donc Zeke et Luther de s’adresser régulièrement à la caméra, façon reportage à la The Office, en lieu et place d’un public de studio.

On se retrouve ainsi avec une comédie affreusement plate et peu inspirée, honorablement interprétée, mais écrite sans talent ou originalité. Parfois, une pointe de décalage à la Scrubs/Parker Lewis semble surgir, mais elle est très rapidement étouffée au profit de cascades en skate, et d’intrigues insipides. Trois saisons, donc, et puis s’en va, la faute à des audiences déclinantes... et probablement à ce générique bancal, vaguement chanté à la mode ska-punk par les deux leads qui, malheureusement, ne savent pas chanter (et encore, la version postée est une version réenregistrée pour la s2, l'originale est pire).

Perte de Santé mentale :
Pas particulièrement perdu de points de Q.I. devant la trentaine d’épisodes regardés... mais c’est parce que je faisais autre chose en même temps tant c’était sans intérêt.

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Les bilans de Lurdo - Tween Wars VI : Karate & Ninjas

Publié le 4 Mai 2012 par Lurdo dans Les bilans de Lurdo, Critiques éclair, Review, Télévision, Comédie, Sitcom, Disney, Nickelodeon, Action, Aventure, Jeunesse, Tween

Episode VI : Everybody was Kung-Fu Fighting !

Loi n°2 de la Tweencom (rappel) : La maison de production It’s A Laugh s’occupe de toutes les sitcoms Disney depuis 2005. En règle générale, leurs shows sont des sitcoms de studio, à caméras multiples, rires enregistrés, dans des décors assez peu convaincants, au générique chanté par une star de la série et/ou de la chaîne, et à la distribution plutôt solide et diverse.

Corollaire : Lorsque It’s A Laugh trouve un format/sujet facile à exploiter, il le garde. Et le répète ad nauseam, en en variant à peine le style.

Loi n°10 de la Tweencom (rappel) : Règle du sidekick : bien souvent, le/la lead de la tweencom est affublé(e) d’un(e) sidekick comique, faire valoir au physique moins conventionnel, à l’interprétation plus exagérée, et délibérément laissé en retrait. Et presque aussi souvent, c’est parce que le/la sidekick est bien plus talentueux(se), attachant(e), et tout simplement charismatique que le/la lead.

Corollaire : Lorsqu’un sidekick commence à éclipser son lead, le moment est venu de lui donner sa propre série… pour, bien souvent, que l'on s’aperçoive qu'il ne fonctionne pas en solo ou en lead.
 


Kickin’ It (2011 - ?)
 

Le frangin d'Hannah Montana, un nerd, le héros, un wannabe-Fonzie, la blonde, et un gros.

Koicé ?
Un jeune métis asiatique spécialiste en arts martiaux rejoint un club de karaté bancal, tenu par un prof incapable, et avec des membres pas doués… tout ça pour les beaux yeux d’une jolie karateka blonde.

Aveckicé ?
Leo Howard (le jeune Conan du remake, et le jeune Snake Eyes de GI Joe), qui n’est pas mauvais acteur (sans plus), et est un artiste martial assez doué ; Jason Earles en sensei du dojo Wasabi, qui refait en gros le même perso que dans Hannah Montana, et est donc à peu près aussi fatiguant ; plein de nerds, gros, petits, asthmatiques, squelettiques, à lunettes, dans le dojo ; une blonde quelconque dans le rôle du love interest du héros.

Koiçavo ?
Hmmm… pas grand-chose. Hormis quelques scènes de combat assez bien chorégraphiées (pour ce que c’est), ça reste de la sitcom Disney bas-de-plafond, avec des gags plats, redondants, voire pipi-caca, des décors de studios pas géniaux, un public féminin qui couine de plaisir dès que le héros fait une cabriole, et des épisodes totalement insipides.

Un clin d’œil amusant, cela dit : quand Bobby Wasabi (la superstar hollywoodienne de films d’action, proprio de tous les dojos portant son nom) refait surface, il est obèse, prétentieux, supra mou, et avec une queue de cheval. Remind you of anyone ?

Perte de Santé mentale :
Importante. Ou du moins, assez pour perdre connaissance devant la série, et s’endormir profondément en rêvant à mieux.



Supah Ninjas (2011 - ?)
 

Un titre, deux couleurs, une esthétique...

Koicé ?
Mike, un jeune métis asiatique fils de policier, découvre sous sa chambre une cave secrète, ancien dojo de son grand-père décédé. En compagnie de son meilleur pote, un black à grande gueule, et d’une cheerleader du lycée pour qui il a un faible, Mike va devenir un ninja redresseur de torts, et affronter les super-criminels de la ville…

Aveckicé ?
Ryan Potter/Mike, un jeune acteur qui assure son rôle, celui du Jackie Chan de service ; Carlos Knight, en mini-Chris Tucker, nettement plus supportable que le modèle original ; Gracie Dzienny, une sorte de mini ScarJo mimi tout plein (elle n’a que 15 ans aux débuts du show, mais bon...), qui joue très bien la cheerleader obsessive et ultra-organisée ; Randall Park en père policier totalement à côté de la plaque ; and last but not least, Mr Sulu himself, George Takei, en grand-père ninja holographique qui coache son petit fils depuis sa batcave.

Chris Tucker, Scarlett Johansson, Jackie Chan... et Mr. Sulu.

Koiçavo ?
Coup de cœur surprise… et comme par hasard, c’est encore une série Nickelodeon.

Dès le générique, le ton est donné : musique héroïque et symphonique de John Debney (très Elfmanienne), esthétique comic-book, action et comédie. Et le reste du show est à cette image, une sorte d’hybride entre Rush Hour (pour le duo principal et leur dynamique), Batman : The Animated Series (pour l’esthétique, les ennemis, les gadgets, et les aventures), soupoudré d’une touche de The Flash, et de Middleman (pour le second degré, et le côté comic-book assumé).

On se retrouve donc avec une série d'action, avec caméra mobiles, effets spéciaux et musique orchestrale, créée et showrunnée par les scénaristes/showrunners de la série télévisée Afro Samuraï, et avec un prod design signé Anthony "Necronomicon/Return of the Living Dead 3/Leprechaun 2/Army of Darkness/Addams Family Reunion/Rob Zombie's Halloween" Tremblay.

Et les deux showrunners ne se privent pas pour citer leurs influences : avec leurs batgrappins, et leurs sauts de buildings en buildings au bout d’une corde, les trois ninjas sont à deux doigts de ressembler à Batman.

Leur ennemis ? Une collection de freaks dignes de la Rogue’s Gallery de Batman ou de Spidey. Dans l’ordre : un braqueur de banques, The Rhymer, en costume de pimp, avec une canne-micro, et qui fait ses braquages en rappant, accompagné de trois sbires, Melody, Bass & Vibrato ; une super-vilaine, cambrioleuse de musée en tenue moulante en cuir ; le Big Show en biker obèse à la force colossale ; Checkmate, un génie des échecs qui pose des énigmes aux ninjas et possède des sbires déguisés en pièces d’échec ; un gang de yamakazis masqués vivant dans les égoûts ; un Lezard-bis, mais qui mute en insecte au lieu d’un reptile ; un scientifique pyromane du nom de Komodo, impliqué dans l’entreprise des Osborn d’un riche industriel et de son fils, ce dernier disputant le coeur de la cheerleader au héros ; un mec qui utilise de la nanotech pour changer de visage ; un supervillain qui collectionne les gens pour en faire des action figures vivantes à son service, dans une maison de poupées géante (moment assez fun avec les deux cheerleaders bimboïsées par le criminel, et les deux ninjas qui préfèrent les regarder se battre à coup de polochon plutôt que de les sauver) ; ou encore un duo de voleurs indus/cyborgs, un gang rival de ninjas (l'occasion pour le show de développer sa mythologie), un acteur râté, un Captain Cold-bis... etc.

The Rhymer, le super-vilain cambrioleur de banques. Nice bling...

Bref, les influences sont totalement assumées, et pour qui connaît ses classiques, on a ainsi droit à des variations assez amusantes sur les piliers du genre.

Perte de Santé mentale :
Pas de perte, en ce qui me concerne, bien au contraire. L'humour n'est pas trop lourd, les combats pas mal foutus pour ce que c’est, et le format court de 20 minutes permet à la série de ne pas se prendre trop au sérieux, avec ses ninjas débutants, son shipping ultra léger, et son style appuyé. Très bonne surprise, donc, en ce qui me concerne… et probablement ce qu’aurait pu (et dû) être The Cape : un show bigger than life, qui cite ses classiques avec humour et originalité. Malheureusement, il en a été autrement...

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Les bilans de Lurdo - Tween Wars V : Montana & A.N.T.s.

Publié le 30 Avril 2012 par Lurdo dans Les bilans de Lurdo, Critiques éclair, Review, Télévision, Disney, Musique, Comédie, Sitcom, Romance, Jeunesse, Tween

Episode V : Maximum Clonage

Loi n°1 de la Tweencom (rappel) : Chez Mickey, on n’aime pas les ados normaux, et leur quotidien. Résultat : tous les persos des séries Disney ont des pouvoirs, viennent du futur, sont des méga-stars, sont über-talentueux, chanceux, etc…

Loi n°2 de la Tweencom (rappel) : La maison de production It’s A Laugh s’occupe de toutes les sitcoms Disney depuis 2005. En règle générale, leurs shows sont des sitcoms de studio, à caméras multiples, rires enregistrés, dans des décors assez peu convaincants, au générique chanté par une star de la série et/ou de la chaîne, et à la distribution plutôt solide et diverse.

 
Corollaire (rappel) : Lorsque It’s A Laugh trouve un format/sujet facile à exploiter, elle le garde. Et le répète ad nauseam, en en variant à peine le style.

Loi n°3 de la Tweencom (rappel) : si chez Mickey tu veux prospérer, les talents musicaux de tes interprètes aux épisodes tu devras intégrer, pour la promotion croisée avec Disney Records assurer.

Loi n°5 de la Tweencom (rappel) : si le shipping à tout prix tu devras favoriser, pas plus d’un seul baiser par saison tu ne pourras utiliser : chastes et purs tes personnages à tout prix devront rester.

Loi n°6 de la Tweencom (rappel) : Toujours choisir des comédiens les plus jeunes possibles, sous peine de devoir arrêter la série à leur majorité.
 
Corollaire (rappel) : Si les jeunes acteurs jouent très mal dans la première saison de ton show, pas de panique : ils vont s’améliorer avec le temps. Ou pas.

Loi n°10 de la Tweencom (rappel) : Règle du sidekick : bien souvent, le/la lead de la tweencom est affublé(e) d’un(e) sidekick comique, faire valoir au physique moins conventionnel, à l’interprétation plus exagérée, et délibérément laissé en retrait. Et presque aussi souvent, c’est parce que le/la sidekick est bien plus talentueux(se), attachant(e), et tout simplement charismatique que le/la lead. 
 


Hannah Montana (2006-2011)
 

Billy Ray "I want my mullet back" Cyrus, le "grand" frère de 30 balais, Miley période "appareil dentaire", le meilleur pote maladroit, et la frangine de Haley Joel, période "skateuse"…

Koicé ?
La double vie de Miley Stewart, ado impertinente et dissipée de 13-14 ans qui, entourée de sa meilleure amie sportive Lilly, de son père Robby, de son frangin Jackson, et de son pote Oliver, met une perruque blonde, et devient la superstar de la pop Hannah Montana, adulée dans le monde entier.

Aveckicé ?
Miley Cyrus en Miley Stewart/Hannah Montana : une Miley étonnamment attachante, douée d’un certain talent vocal, et d’un timing comique intéressant, mais qui change radicalement, tant physiquement que musicalement et dans son jeu, au cours du show ; Emily Osment (la frangine du I See Dead People kid), qui connaît un peu un cheminement inverse à celui de Miley : elle grandit elle aussi plutôt bien, mais il lui faut un certain temps pour trouver son perso ; Billy Ray Cyrus/Robbie Ray Stewart, alias le papa de Miley IRL, pas le plus grand acteur du monde, mais il s’en sort honorablement dans son propre rôle ;

Jason Earles, dans le rôle du "grand" frère Jackson, un cas assez troublant : l’acteur a trente ans, mais il en paraît 20, avec la taille d’un mec de 13 ans… et il joue un mec de 16 balais surexcité et cabotin qui drague les ados du lycée. Assez glauque ; Moises Arias, dans le rôle de Rico Suave, un nabot tyrannique et machiavélique qui emploie Jackson ; Mitchel Musso (Oliver, le pote), à peu près dans le ton général, pas très marquant, mais pas pire qu’un autre ; autour d’eux… pas grand monde, en fait : une bodyguard noire rondouillarde qui disparaît en s2, un voisin obèse, présent de temps en temps, une Jennifer-Tilly-bis en amie de la haute-société, et la petite sœur de Miley dans de nombreux petits caméos pendant les 4 saisons du programme.

Koiçavo ?
Ouhlà. Hannah Montana, c’est la série qui m’a posé le plus de difficultés à cerner, jusqu’à présent, tant par son statut de série-phare de Disney que parce qu'elle est inégale, et s’éparpille dans tous les sens.

La série commence assez normalement, avec une s1 basique, et pas franchement mémorable : les filles sont au lycée, il y a des intrigues simples et classiques, ça joue sur les quiproquos et les secrets, blablabla… le ton est clairement donné, avec un Jackson collé dans des intrigues nazes et grand-guignolesques avec Rico, et en parallèle, des moments de sagesse country made in Papa Cyrus. La musique country-rock-pop est supportable, Miley s’en sort plutôt bien et est naturelle, même si elle chuinte affreusement à cause de son appareil dentaire ; Osment est calamiteuse dans la première moitié de saison, débitant son texte à 200 à l’heure, mais elle se calme brutalement à mi-saison pour devenir aussitôt juste et crédible ; et ça tente un peu de shipping avec le perso de Jake, une superstar de la tv qui va au même lycée qu’Hannah : pas de bol, l’acteur n’a absolument aucune alchimie avec Miley (gaydar alert !!) et les scénaristes s’en aperçoivent rapidement, évacuant leur romance hors-champ les 3/4 du temps pendant les trois saisons suivantes.

Les mêmes, avec un an ou deux de plus au compteur, et Rico, le rejeton de Satan, à gauche…

En saison 2, même combat, si ce n’est que progressivement, Miley grandit, se féminise… et se fait refaire les dents. Le résultat est immédiat, et, libérée de son appareil chuintant, Miley commence à adopter un style de jeu outré et ultra-physique, à base de grimaces appuyées, de mimiques, etc.

Un jeu très théâtre de boulevard (ou Fran Drescher, au choix), pas très bien canalisé par les différents réalisateurs de la série, et qui donne alors le ton à toute la série : Osment se met à suivre son exemple, et tous les persos secondaires cabotinent. Le seul qui reste sobre, c’est Papa Cyrus, probablement parce qu’il est assez limité à la base.

La s2, c’est aussi la saison du shipping avec Jake, sans intérêt, et de plusieurs caméos assez WTF : outre les Jonas, assez logiques, on a ainsi le droit à The Rock travesti, Brooke Shields en Maman Stewart, Ray Romano, Corbin "High School Musical" Bleu, Gilbert Gottfried, David Koechner en rock star à 2€, Dolly Parton, Heather Locklear, Selena Gomez en pop star rivale biatch préfigurant son perso d’Alex dans Wizards of Waverly Place, and last but not least, Larry "Curb Your Enthusiasm" David, dans son propre rôle, celui d’un père de famille qui râle (comme d’hab).

En s3, le show semble trouver son rythme de croisière… et il s’essoufle aussitôt. La garde du corps de Miley est kelleyrisée, Jon Cryer et Rob Reiner font une apparition, et après une demi-saison sympatoche, la prod décide de mettre ensemble Lilly et Oliver. Un couple sorti de nulle part, sans aucune alchimie, et qui est juste là pour ne pas avoir à écrire d’intrigues pour Osment (forcément, ça risquerait d’empiéter sur le temps d’antenne de Cyrus...).

It’s just a jump to the left…

En mi-saison, shipping à gogo, avec le retour de Jake, toujours sans intérêt, si ce n’est une narration chantée amusante par Rico et Jackson, façon chœurs grecs. Puis le show semble retrouver un second souffle, bien qu’étant de plus en plus caricatural et slapstick.

Un second souffle foudroyé par le long-métrage Hannah Montana, et les deux derniers épisodes de la saison, qui prennent place juste ensuite : Miley en a assez de son secret, elle reprend goût aux choses simples de la vie lorsqu’elle retourne dans sa ville rurale du Tennessee, et lorsqu’elle en revient, elle a envie de changement. Supaire. D’autant qu’à part Miley et Papa Cyrus, les autres persos de la série sont aux abonnés absents dans le film.

Arrive enfin la s4, ultime saison de 13 épisodes… et là, c’est le drame.

La saison 4 : les filles sont devenues de jeunes femmes, les nabots sont toujours nabots, et Papa Cyrus change encore de coupe de cheveux…

La saison 4 est un vrai carnage, assez insupportable. En cause : probablement la carte blanche donnée à la prod et aux Cyrus pour boucler le programme comme bon leur semble. Résultat : non seulement Miley interprète une chanson dans chaque épisode (dans un style autotuné loin des ballades country-pop de ses débuts), mais en plus, la série se calque sur les autres shows Disney.

Comme la meilleure copine dans Wizards, Lilly emménage avec les Stewart en cours de saison 3 ; comme dans les Jonas, toute la famille emménage dans une nouvelle demeure pour la s4, une demeure avec un voisin envahissant (du moins dans le premier épisode) ; comme dans The Suite Life on Deck, le frangin (célibataire indécrottable aux habitudes corporelles dégoûtantes) se trouve une petite amie improbable (un mannequin pour bikini) avec qui l’acteur n’a aucune alchimie, et qui est transparente au possible.

Ajoutés à cela, des personnages qui deviennent assez énervants (Lilly devient exigeante et râleuse) ; des guests à gogo qui n’apportent pas grand-chose (Ray Liotta, Sheryl Crow, John Cena, Christine Taylor, Jay Leno, le Dr Phil, la copine d’Oprah) ; un retour forcé de tous les persos (sauf la garde-du-corps, étrangement) et gimmicks de la série depuis son début, à grands renforts de flashbacks et de clip-show bien lourd ; et une écriture qui tente de se la jouer double niveau de lecture lorsque Miley décide d’annoncer publiquement qu’elle est Hannah Montana, façon "oui, Hannah Montana, le personnage/le show c’est fini, mais il faut grandir, les enfants, évoluer, et je ne suis plus à l’aise dans ce rôle, blablabla"…

...et on se retrouve devant 13 épisodes plus agaçants qu’autre chose, alors qu’ils étaient supposés être émouvants. Mouais.

Perte de Santé mentale :
Déjà, l’atmosphère redneck/country risque d’en rebuter plus d’un : les Cyrus ont construit leur carrière sur la country (Billy Ray Cyrus était un chanteur populaire dans les 90s), et le tout fait très Reba, la sitcom familiale de la CW ayant mis en scène la famille de Reba, star de la country, pendant plusieurs années.

La mise en avant des valeurs familiales et rurales est donc bien présente, ce qui n’est pas forcément un mal en soi... mais pour être honnête, il faut avoir une certaine tolérance pour digérer le tout. Après, ça reste un show à destination des fillettes-de-12-ans-qui-rêvent-d’être-comme-Miley... et par conséquent, il ne faut pas en attendre grand-chose.

C’est souvent redondant, convenu, et extrèmement dispensable, sans même parler de la censure (à croire que Papa Cyrus était opposé à ce que sa fille flirte à l’écran, parce que le show est étonnamment léger en shipping - ce qui n'est pas un mal - et parce que le moindre baiser est hors champ, ou bien caché de manière flagrante par des objets qui passent, etc). Et, comme Wizards l'a fait lorsque son tour est venu, la série dégénère en saison 4, en une caricature de plus en plus outrée.

Maintenant, malgré tous ces défauts, j’avoue avoir été surpris par le trio de tête de la série. Osment est sympathique, les rapports Miley/Papa Cyrus sont sincères et sympathiques (encore heureux !), quant à Miley, elle a une belle énergie, est juste et touchante dans le drame, et n’a pas peur de la comédie physique ou du ridicule : dans un rôle plus consistant, dirigée et canalisée par un bon réalisateur, nul doute qu’elle pourrait surprendre.

Seulement voilà : elle est tellement marquée par l’image Disney qu’elle ne trouvera probablement pas de rôle de ce type… un peu à la manière de Zak Efron, qui malgré son talent reste handicapé par son image publique made in Mickey.



A.N.T. Farm (2011 - ?)
 

La biatch blonde inutile, le clone de Mitchell Musso, l’héroïne que j’ai parfois envie de baffer, la petite blonde joufflue et sympathique, le « grand » frère con comme la lune…

Koicé ?
Ce que l’on obtient lorsque l’on mélange les personnages d’Hannah Montana à l’impertinence et l’attitude black de Phénomène Raven, le tout saupoudré des têtes d’ampoule de Malcolm, et d’un peu d’iCarly et de Victorious.

Aveckicé ?
China Anne McClain dans le rôle principal, celui de Chyna, une prodige musicale qui débarque au lycée à 11 ans. L’actrice, transférée de petits rôles dans Jonas, Hannah Montana, et d’un mini-arc dans Wizards of Waverly Place est clairement douée, mais impossible de ne pas avoir parfois envie, dans les premiers épisodes, de lui coller une baffe pour qu’elle arrête ses poses et son attitude. Heureusement, elle se calme rapidement ; la sympathique Sierra McCormick (La mini-Lilith de Supernatural, par ailleurs déjà vue dans un épisode de HM, où elle apparaissait déjà en compagnie de China) est Olive, la meilleure amie à la mémoire absolue ; Jake Short est Fletcher, le pote maladroit amoureux de l’héroïne, clone du Oliver de HM ; et pour compléter le tout, il y a le père un peu dépassé, le « grand » frère, et la biatch de service, une grande cheerleader blonde hostile. Et Frau Farbissina (Mindy Sterling) en proviseur acariâtre.

Koiçavo ?
Comme dit un peu au dessus, ce show est un gros patchwork. On a des personnages photocopiés sur Hannah Montana : l’héroïne impertinente et talentueuse, sa meilleure amie blonde, son grand frère (petit par la taille et par l’intelligence), leur père pas très futé (ici, il n’est pas célibataire, mais c’est tout comme, tant la mère est absente des épisodes), l’environnement du lycée (je me demande même si ce n’est pas le même décor que dans HM), le meilleur pote maladroit et mal coiffé, les deux méchantes biatches (dont une avec un QI de poulpe mort desséché sur une plage californienne)... bref, on est dans le recyclage évident.

Par-dessus, outre l’attitude black finalement typique de toutes les jeunes actrices afro-américaines que je peux voir dans les sitcoms, on rajoute une bonne grosse couche de Nickelodeon : les protagonistes font tous partie d’un programme de surdoués/super-talentueux, qui ont leur propre section de l’école.

Oui, elle chante. Pas trop mal. Mais un peu trop souvent.

Talentueux en arts, en sciences (têtes d’ampoules power), en tout ce que l’on veut : Victorious n’est pas loin. L’influence iCarly, elle se trouve dans le petit gros de service, copain avec la bande, et qui est la victime de la majorité des gags visuels du show (Gibby de iCarly doit être content de faire des émules).

Bref, c’est hautement dérivatif de Hannah Montana (l’humour de redneck remplacé par de l’humour de surdoué) & co. Et une fois les influences évidentes du show évacuées, que reste-t’il ?

Une sitcom regardable pour ce qu’elle est : un programme rythmé, pas trop mal joué (les leads sont meilleures que leurs comparses de Shake It Up ou d'Hannah Montana à leurs débuts) à destination des 10-13 ans, de l’âge des protagonistes.

Et puis le générique, forcément interprété par l’actrice principale, n’est pas désagréable, avec une légère inspiration Motown/Jackson 5.

(ça se sent que pour moi, un bon générique est une chose primordiale dans une série tv ?)

Perte de Santé mentale :
Pour l’instant, le show est assez inoffensif, et sa distribution attachante. Qui plus est, la série semble prête à se livrer à des excentricités occasionnelles (l'épisode d'Halloween, très amusant), ce qui fait toujours plaisir. Mais difficile de se prononcer après seulement une saison : reste à voir comment la série va évoluer si elle se prolonge encore un an ou deux, et comment le cast va grandir et/ou progresser en vieillissant...

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Les bilans de Lurdo - Tween Wars IV : Carly & Tori

Publié le 26 Avril 2012 par Lurdo dans Les bilans de Lurdo, Critiques éclair, Review, Télévision, Comédie, Sitcom, Tween, Jeunesse, Nickelodeon

Episode IV : Schneider’s Law

Loi n°3 de la Tweencom (rappel) : si chez Mickey tu veux prospérer, les talents musicaux de tes interprètes aux épisodes tu devras intégrer, pour la promotion croisée avec Disney Records assurer.

Loi n°4 de la Tweencom (rappel) : à l’identique, pas plus d’un bruit organique (pet, vomi, etc) par épisode tu ne pourras employer.

Loi n°5 de la Tweencom (rappel) : si le shipping à tout prix tu devras favoriser, pas plus d’un seul baiser par saison tu ne pourras utiliser : chastes et purs tes personnages à tout prix devront rester.

 
Exception (rappel) : si chez Nickelodeon tu es employé, les lois 3 à 5 tu peux oublier, et comme bon te semble tu peux faire. 
 
Loi n°7 de la Tweecom : le monde de la sitcom Disney est comme un vase clos, vivant en autarcie : tous les acteurs tournent sur des plateaux voisins, tout le monde se connaît, tout le monde couche avec tout le monde, tout le monde se dispute avec tout le monde, et les crossovers sont innombrables. (cf AB Productions)

Corollaire : la vie et la carrière des stars Disney est intégralement contrôlée par/dépendante du bon vouloir de la maison mère. Le moindre écart de conduite est sanctionné.

Loi n°8 de la Tweencom : chez Nickelodeon, les séries les plus populaires sont créées par Dan Schneider, scénariste replet lui-même ancien enfant acteur de sitcom.
 
Corollaire # 1 : traditionnellement, Schneider repère ses actrices principales très jeunes, et les suit – d’aucuns diraient d’un peu trop près – tout au long de leur carrière future, comme un pervers oncle un peu envahissant. Il en a été ainsi pour Amanda Bynes, pour Miranda Cosgrove, et plus récemment, pour Victoria Justice, systématiquement repérées lors d’une apparition ou d’un petit rôle préalable.

Corollaire # 2 : très protecteur et omniprésent, Schneider fait donc règner une ambiance familiale et décontractée sur le tournage de ses shows, atmosphère qui se ressent dans le produit fini.

Loi n°9 de la Tweencom : contrairement à Disney, la chaîne Nickelodeon ne cherche pas à contrôler les carrières musicales ou la vie privée de ses acteurs.

Corollaire # 1 : contrairement à la concurrence, il n’y a donc pas de scandale public du côté de Nickelodeon, où tous les acteurs semblent plus naturels, et mieux dans leur peau.

Loi n°10 de la Tweencom : dite "règle du sidekick" : bien souvent, le/la lead de la tweencom est affublé(e) d’un(e) sidekick comique, faire valoir au physique moins conventionnel, à l’interprétation plus exagérée, et délibérément laissé en retrait. Et presque aussi souvent, c’est parce que le/la sidekick est bien plus talentueux(se), attachant(e), et tout simplement charismatique que le/la lead. 
 


iCarly (2007- ? )
 

Un nerd, un grand con, la chouchoute de la prod', Gibby, et une mini-terroriste blonde... 

Koicé ?
Trois ados - Carly, sa meilleure amie Sam et le geek Freddie, initialement désespérément amoureux de Carly - font leur web-show chez eux (anfin, de l’appartement du grand frère de Carly) et, au fil des mois, deviennent de plus en plus populaires.

Aveckicé ?
Miranda Cosgrove dans le rôle de Carly, la lead sérieuse et droite dans ses bottes ; Nathan Kress, en Fred, le geek technophile de service ; la géniale Jennette McCurdy, en Sam, la meilleure copine de Carly, une délinquante juvénile violente, paresseuse, agressive, constamment affamée et affreusement attachante ; Jerry Trainor, une sorte de Jim Carrey-light, en Spencer, grand frère sculpteur glandeur de 3X ans ; Noah Munck en Gibbby, le petit gros de service, qui passe de gag récurrent (il se fout toujours à poil) à personnage à part entière au fil des saisons ; son petit frère Ethan en Guppy (le même, mais en version miniature) ; et des personnages secondaires gentiment déjantés, comme la mère envahissante de Freddie qui lui a implanté une puce GPS dans le crâne, ou Mandy, la fangirl hystérique d’iCarly.

Koiçavo ?
Plus tôt sur le blog, j’avais mentionné Sonny with a Chance, et comment l’associé de Dan Schneider avait quitté Nickelodeon pour Disney Channel, en emportant avec lui le concept de la série. Un concept que Dan Schneider, scénariste phare de la chaîne, avait donc dû repenser pour le proposer de nouveau aux exécutifs.

Le résultat : iCarly. Dans la forme, rien de bien innovant, puisque c’est une sitcom de studio assez traditionnelle, avec rires, décors moyennement convaincants (bien qu’assez spacieux, on voit que c’est la série phare de Nick), et jeu globalement un peu théâtral.

C’est en fait dans le fond que le show s’avère une bonne surprise. Comme je l’ai déjà dit plus haut, Nick est clairement plus décontracté que Disney, et, en particulier chez Schneider, il existe une vraie alchimie qui fait que les personnages fonctionnent : on croit aux liens familiaux entre Carly et son grand frère, on croit à l’amitié des deux filles, on croit à la relation de "haine" viscérale entre Sam et Freddie… bref, ça sonne relativement vrai (en tout cas autant que les moments père-fille d’Hannah Montana entre Miley Cyrus et son père IRL).

Pourtant, au premier abord, iCarly peut rebuter, avec ses deux ados qui parlent en criant dans le caméscope de leur web-show, qui font des trucs absurdes, et qui sont surexcitées. Et puis en fait, au bout d’un moment, on s’aperçoit que l’hystérie est voulue, et que l’ensemble est très rarement réaliste : iCarly, c’est de la sitcom cartoonesque et slapstick, qui se permet même certains trucs impensables chez Disney (comme certaines références tordues, et pas mal de dialogues à double sens, y compris parfois assez chargés).

POV de Spencer en train d’essayer d’emballer la mère de Gibby... malheureusement Gibby et sa mère ont un certain air de famille.

De plus, la distribution emporte la donne. Et ce même si un défaut récurrent de Schneider est là aussi présent : son personnage principal (en l’occurrence, Carly/Cosgrove, la protégée du bonhomme) est fade. Pas tout à fait Mary Sue, pas tout fait inexistante, mais souvent fade. Un problème pas totalement dû à l’écriture : si Carly est bien droite dans ses bottes, elle se permet occasionnellement des remarques ironiques cinglantes, et un humour à froid qui fonctionne.

Sauf que Cosgrove a, dans les premières saisons, la posture d’une élève récitant une récitation : raide comme un piquet, les bras le long du corps, elle a parfois l’apparence d’une prisonnière anorexique, qui se force à être exubérante et drôle. Et pour ne rien arranger, elle se fait totalement écraser à l’écran par Jennette McCurdy, tant dans son interprétation que par sa présence physique.

McCurdy, pour les téléphages, c’est une petite demoiselle aux longues boucles blondes, qui faisait déjà forte impression en gamine psychopathe dans des épisodes de L&O, CSI, The Inside, et pleins d’autres procedurals, avant qu’elle ne rejoigne iCarly. Et force est de constater que McCurdy est extrèmement talentueuse, et possède un timing comique aussi pointu que son jeu dramatique.

Kress grandit, McCurdy mange, Cosgrove joue la peur, et Jack Black conclue un duel chanté épique à thématique Warcraftienne, dans l’enceinte de la Comic-con, face à Spencer.

Alors forcément, quand on lui confie le rôle d’une délinquante juvénile au physique angélique, brutale, rebelle, sans sens des convenances, et dont la principale occupation dans iCarly, c’est de manger, et de frapper/insulter/causer des problèmes au geek de service, elle s’en donne à cœur joie, et en ressort comme la véritable star du show.

Non pas que les autres acteurs (Kress, Trainor, etc) soient mauvais, au contraire. Ils sont dans le ton général, gentiment excentriques, et accompagnent efficacement McCurdy dans ses délires (Kress, notamment, développe au fil des ans un bon timing comique, et le ton adéquat pour son perso… même si là aussi, comme dans Wizards of Waverly Place, le geek de service se met à prendre du volume musculaire une fois la puberté passée, ce qui pose problème pour un perso qui déteste le sport).

Reste que finalement, avec son second degré affiché, ses personnages secondaires bien développés, son shipping intelligent (l’obsession de Freddie pour Carly est rapidement transformée en running-gag sans fondement, tandis que l’hostilité Sam/Freddie a clairement un côté shipping voulu, malheureusement trop rapidement survolé en début de saison 4) et son ton bon-enfant-mais-pas-trop-et-paf-on-place-une-vanne-assez-limite-que-seuls-les-parents-comprendront (cf les pages Radar et Ho-Yay de TvTropes), iCarly s’avère être le dessus du panier des séries pour tweens, en matière de production, à égalité avec Wizards niveau popularité, mais tout de même plus consistant et attachant à mes yeux. Du moins en ce qui concerne le format sitcom classique à caméra fixe.

Et puis mine de rien, iCarly a longtemps fait à chaque diffusion entre 5 et 11 millions de spectateurs, selon l’importance de la promotion, la programmation aléatoire, et le degré de shipping de l’épisode. Pas si mal, pour une sitcom au budget dérisoire en comparaison de celui des grands networks…

Perte de Santé mentale :
Comme pour Wizards, ça dépend des épisodes (voire de la saison) que l'on regarde pour se faire un avis. Mais en ce qui me concerne, compte tenu de mon sado-masochisme intellectuel, j’aime bien voir Sam martyriser Freddie, et les persos sont suffisamment attachants pour que je ferme les yeux sur les quelques défauts.

Et si l'on peut parfois regretter certaines décisions de Schneider (la relation Sam/Freddy avait un potentiel de taille, mais le retour au status-quo a été bien trop rapide), Icarly reste le mastodonte de la tv pour tweens, invitant des guests remarquables, comme Michelle Obama, Jack Black ou Jim Parsons.

MAIS (car il y a toujours un mais), à mesure que la série continue, et que les acteurs vieillissent, une évidence se fait jour : menant de front iCarly et Victorious, Schneider s'éparpille. Et les deux séries d'en être autant affaiblies : le ton devient un peu inégal, les épisodes parfois moins inspirés et structurés, certaines ficelles évidentes sont utilisées (principalement au niveau shipping) et la promotion/diffusion de la série se fait encore plus aléatoire et imprévisible qu'avant.

Forcément, donc, les audiences de la saison actuelle (diffusée depuis Mars) en pâtissent sérieusement, et l'annonce d'une nouvelle série, à la rentrée prochaine, écrite pour McCurdy par Schneider (ainsi que la participation de Trainor dans un autre projet), semble signaler la fin imminente du programme. Une fin que l'on espère tout de même à la hauteur du phénomène iCarly...



Victorious (2010- ? )
 

Un nerd ventriloque, une ravissante idiote, une grande sœur ambitieuse mais guère plus intelligente, l’héroïne, un black cool, la biatch de service, et un bôgoss au regard vide...

Koicé ?
Le quotidien des élèves d’une école californienne à la Fame, pour talents artistiques en tous genres.

Aveckicé ?
Victoria Justice en héroïne maigrichonne, au caractère impatient, et qui fait de son mieux pour vendre un perso souvent trop quelconque et mesuré pour convaincre ; Daniella Monet, sympathique et expansive dans le rôle de sa grande soeur teubée mais prête à tout pour réussir ; Ariana Grande, qui en faire trois tonnes en naïve pas très futée au grand cœur, et sans inhibitions ; trois acteurs masculins assez transparents ; un prof de comédie excentrique ; et Elizabeth Gillies, dans le rôle initialement convenu de la biatch de service, rivale de l’héroïne.

Koiçavo ?
Pas grand-chose. Enfin, je devrais dire, pendant une grande partie de ses deux premières saisons, ça ne vaut pas grand chose plus que Fame. Si on aime la musique, la chanson, la danse, saupoudré d’un peu de comédie et de slapstick made in Schneider, à la limite, pourquoi pas, mais dans l’ensemble, c’est alors souvent assez insipide.

La musique est soupesque et vocodée, ça recycle pas mal de caractérisations d’iCarly, et les acteurs (enfin, les actrices, surtout) ont beau faire de leur mieux pour pimenter la sauce et donner du peps au tout, ça reste très plat et dispensable.

Cela dit, on sent clairement que Nickelodeon lâche la bride à Schneider, et petit à petit, un courant anticonformiste et rebelle apparaît en filigrane : les personnages de Victorious, âgés de 16-18 ans, passent pas mal de leur temps en petite tenue, et il y a régulièrement des moments WTF compte tenu du public ciblé (ou plutôt, je devrais dire "des moments clairement destinés à attirer les garçons de 15 ans devant une série qui ne leur est pas forcément destinée"), du genre "mettons une Ariana Grande gloussante en bikini au milieu d’un cercle de garçons surexcités qui l’éclaboussent tous de leurs gros super soakers en poussant des grognements bestiaux". Forcément, tout de suite, on ne joue plus dans la même catégorie.

À mesure que le show avance, et que les acteurs trouvent leurs marques (Ariana Grande exceptée : toute adorable qu'elle puisse être, son interprétation de Cat est de plus en plus caricaturale et insupportable... ou alors elle est comme ça IRL, et c'est sa personnalité qui transparaît ?), Schneider enchaîne ainsi les scènes à double-sens, chargées en sous-entendus sexuels, et autres gags visuels osés. Pour un spectateur adulte, c'est assez amusant à décortiquer...

Perte de Santé mentale :
Boarf… je ne sais même pas si les pertes de QI sont vraiment importantes, tant c’est souvent quelconque. Du papier peint télévisé, en somme, avec quelques éclairs de génie. Mais la série reste nettement inférieure à iCarly, y compris lors de l'épisode crossover entre les deux séries.

Qui plus est, comme sa consoeur (voire peut-être même plus encore), Victorious souffre vraiment de l'éparpillement de Schneider entre ses deux séries. En alternant épisodes ternes de sitcom basiques, et hommages plus pointus, la série finit par ressembler à une version ado de Community, la rigueur de l'écriture en moins. Ce qui peut être très amusant, comme particulièrement raté. Et de par sa distribution plus nombreuse, le show souffre aussi d'une répartition des rôles très inégale.

Vehicule pour promouvoir la carrière de Victoria Justice, Victorious en oublie parfois ses personnages secondaires, qui disparaissent littéralement de l'écran pendant un ou deux épisodes. Je pense notamment à Daniella Monet, qui n'a parfois droit qu'à une minute ou deux de temps de présence, sur une poignée d'épisodes combinés. D'autant plus dommage que la demoiselle parvient à s'imposer, dans ce maigre délai, comme un talent à suivre, de par son abattage comique mémorable. Et en contrepartie, Cat sombre vraiment dans l'abrutissement le plus total, atteignant rapidement des profondeurs dont n'aurait même pas imaginé Joey de Friends. C'est dire.

Dommage.

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Les bilans de Lurdo - Tween Wars III : Wizards & Suite

Publié le 22 Avril 2012 par Lurdo dans Les bilans de Lurdo, Critiques éclair, Review, Télévision, Comédie, Sitcom, Fantastique, Disney, Tween

Episode III : Normal is Overrated

Loi n°1 de la Tweencom (rappel) : Chez Mickey, on n’aime pas les ados normaux, et leur quotidien. Résultat : tous les persos des séries Disney ont des pouvoirs, viennent du futur, sont des méga-stars, sont über-talentueux, chanceux, etc…

Loi n°6 de la Tweencom : Toujours choisir des comédiens les plus jeunes possibles, sous peine de devoir arrêter la série à leur majorité.

 
Corollaire : Si les jeunes acteurs jouent très mal dans la première saison de ton show, pas de panique : ils vont s’améliorer avec le temps. Ou pas.

Corollaire #2 : Passée la puberté des acteurs, toujours faire évoluer la série en y ajoutant un gros élément shipping, quitte à ce que cela déséquilibre totalement le show : les jeunes spectatrices seront ravies.
 


Wizards of Waverly Place (2007-2011)
 

Nourriture, autorité, cerveau, caractère, stupidité… et couleurs criardes !

Koicé ?
Le quotidien d’une famille de sorciers, les Russo, qui tiennent un restaurant et cachent leurs pouvoirs aux mortels.

Aveckicé ?
Une distribution globalement assez bonne : les membres de la famille sont bien castés, et tous plus au moins au même niveau de jeu. Les parents (un DeLuise et une latino), incarnent bien leurs personnages (le père sorcier, gaffeur et grand gamin/la mère « moldu » qui tient les rènes de la famille) ; la lead, Selena Gomez, en plus d’être mimi comme tout, tient parfaitement son personnage d'ado fainéante et je-m'en-foutiste, un peu garçon manqué ; le frangin nerd, Justin, joué par David Henrie, est excellent en second rôle comique, et a un timing impeccable (par contre, à l’approche des 17/18 ans, il se met à prendre sérieusement du muscle, ce qui clashe un peu avec son perso, mais bon, les spectatrices de 15 ans doivent être ravies) ; l’autre frangin, plus jeune et teubé, frôle parfois la caricature, mais l’acteur parvient à faire du perso un Joey-bis assez attachant… par contre, la meilleure amie rondouillarde excentrique, si elle est interprétée conformément au texte, elle est surtout plus souvent à baffer qu’autre chose.

Koiçavo ?
Wizards, c’est un peu le dessus du panier des séries Disney : plus gros budget, cast plus expérimenté, scénaristes vétérans, etc… ce qui ne veut pas dire pour autant que c’est exceptionnel en tous points, tant la série varie en intérêt selon les saisons.
Déjà, gros avantage, en commençant la série avec une Alex (Selena Gomez) âgée de 15 ans, les scénaristes évitent la transition bâtarde qu'endurent beaucoup de shows Disney, entre tweencoms (avec romances innocentes) et teencoms (avec shipping déjà plus sexuellement chargé). Là, le ton est beaucoup cohérent sur la durée, et esquive (un temps seulement) le focus shipping qui donne habituellement envie de se pendre.

En saison 1, la série est ainsi assez fauchée et totalement anecdotique, se contentant d’aligner ses clichés de sitcom surnaturelle, piochés au choix dans Harry Potter, dans Ma Sorcière Bien Aimée, ou dans Sabrina. Au fil du temps, cependant, le show trouve son ton et son rythme, et commence à aligner des mini-arcs plus ou moins réussis.

Résultat : la s2 est déjà nettement plus solide et inspirée, et fait parfois même preuve de maturité. Puis arrive le téléfilm Wizards, pas franchement intéressant, et surtout une excuse pour la prod et le cast de quitter leur studio fauché pour aller passer deux semaines de vacances au soleil, à jouer à la carte au trésor. Passons.

En s3, ça shippe un peu plus, avec Alex qui fréquente un garou, pendant que son frère nerd sort avec une vampirette (toute ressemblance avec Twilight est volontaire, et gentiment parodiée). Les deux relations (avec ruptures, réconciliations, etc) servent de trame de fond aux persos pendant toute la saison, qui est donc assez inégale, alternant entre loners et épisodes shippers. Dommage, car Alex et Justin évoluent joliment pendant la saison.

En fin de saison, sorti de nulle part, un cliffhanger de taille : le gouvernement arrête les Russo, et les force à tout avouer sur le monde des sorciers. Intéressant, en théorie… sauf que le tout est résolu en un coup de baguette magique (c’est le cas de le dire) en début de s4, et que le cliff n’aura servi, en fin de compte, qu’à rebooter le status-quo entre les trois enfants de la famille.

La s4, ultime saison du show, est aussi celle de tous les changements : remix dance foireux et autotuné du générique (pourtant pas forcément désagréable dans le genre, à la base), relookage des décors, intégration d’un arc foireux sur les anges gardiens/démons, et transformation du jeune frère en une gamine de 11 ans (Bailee Madison, impeccable, et toujours adorable depuis Terabithia) pendant un arc de plusieurs épisodes, assez agaçant.

Pire : progressivement, la série fait sombrer ses personnages dans la caricature la plus extrème, de manière à rehausser d'autant celui d'Alex. On assiste donc à une lente dégradation de toute la famille Russo, pendant qu'Alex est de plus en plus mise sur un piédestal, et ramenée à un statut d'héroïne au grand coeur juste à temps pour conclure la série d'une manière très peu satisfaisante.

Perte de Santé mentale :
Relativement modérée, tous comptes faits. Ça dépend principalement de la période de la série que l’on regarde, voire de l’épisode, mais globalement, c’est assez bon enfant (ce n’est pas pire que Bewitched, en tout cas), et le personnage d’Alex, fainéant, menteur et glandeur, fait toujours plaisir à voir dans un show de ce genre... du moins jusqu'aux derniers épisodes.
 



The Suite Life with Zack & Cody (2005-2008)
 

Hooch, un Denis la Malice enrobé, un intello, un clone de Fez, une mère de famille dépassée, une réserve inépuisable de talent, un homme à tout faire, et Sharpay…

Koicé ?
Deux jumeaux, un intello et un bourrin décérébré, qui vivent avec leur mère, chanteuse, dans un hôtel luxueux, entourés de Moseby, le gérant râleur, d'une héritière teubé façon Paris Hilton, et d'une réceptionniste.

Aveckicé ?
Les jumeaux Sprouse, calamiteux dans la première saison (ils avaient 12 ans à peine à l’époque, mais en faisaient 10, physiquement), mais qui s’améliorent au fil du temps ; à noter qu’ils ont en plus un problème de taille, celui de se ressembler de moins en moins en grandissant, l’ « intello » prenant une demi-tête de plus que son frère, qui lui prend 10 kilos de plus… alors qu’il est sensé être le sportif/dragueur du duo. Ça le fait donc très moyen ; Phill "Hooch" Lewis, excellent en souffre-douleur/gérant légèrement maniéré ; un pseudo Wilmer Valderrama en garçon d’étage gaffeur ; Ashley Tisdale qui cabotine affreusement en réceptionniste sans le sou ; une illustre inconnue en mère de famille inexistante ; et last but not least, Brenda Song (vue depuis dans The Social Network) en London Tipton, une Paris Hilton-bis à la stupidité sans limites ; ah, et j'ai failli oublier le Djeezeus de Reefer Madness en père absent et rockeur des jumeaux.

Koiçavo ?
Ouhlà… TSLwZ&C, c’est écrit pour des spectateurs de l’âge des deux protagonistes. Ou plutôt : on prend une dose de Denis la Malice, une dose d’Arnold et Willy, et on saupoudre de séries old-schools pour enfants des 80s (les scénaristes de Suite Life sont des vétérans du business), on abêtit le tout, et zou, on a ce show. Ce qui pourrait passer, si les héros, ou encore les persos secondaires, jouaient juste. Seulement vu que tout le monde cabotine, c’est très rapidement insupportable.

Sans compter que ça enchaîne les caméos d’acteurs Disney venus promouvoir leur projet (tout le cast de High School Musical défile un à un), ça se permet des digressions fantastiques/sf peu inspirées (à base de vœux exaucés, de fantômes, etc) ; et il y a finalement quelque chose de glauque dans ces jumeaux semblant physiquement avoir 10-11 ans qui tentent de draguer toutes les adultes qui passent à proximité, et font des allusions salaces à ces dernières… un peu comme si les scénaristes tentaient désespérément d’accrocher un public un peu plus âgé que la tranche 10-12 ans.

Perte de Santé mentale :
Instantanée, et possiblement fatale si l’on a l’envie suicidaire de s’enchaîner les trois saisons dans leur intégralité. En ce qui me concerne, je n’ai même pas osé.
 



The Suite Life on Deck (2008-2011)
 

Les deux spécialistes en abattage comique du show, les deux comédiens en devenir, et la petite nouvelle...

Koicé ?
La suite directe de la série précédente : on prend les mêmes personnages, on se débarasse des adultes gênants (la mère, les employés de l’hôtel, Tisdale qui est trop chère, désormais), et on relocalise le tout sur un paquebot-école appartenant à Mr Tipton, l’occasion pour London et pour Moseby de reprendre leurs rôles à bord.

Aveckicé ?
Les Sprouse, donc, qui sont devenus ados, ont appris a jouer, et développent même un certain timing comique assez surprenant ; Brenda Song, toujours la MVP de la série, avec son abattage comique impressionnant ; Phill Lewis, idem ; Erin Cardillo, dans le rôle de la prof trentenaire vieille fille qui élève des chats ; un ado black, qui se tape l’incruste pendant une saison et demi ou deux, et ne sert strictement à rien ; un gros ados aux cheveux frisés, qui commence comme un faire-valoir cradingue, et qui lui aussi finit par développer son personnage d’assez belle manière ; une ado maigrichonne ultra-excitée dans un rôle récurrent ; et Debby Ryan, dans le rôle de Bailey, paysanne intello qui s’incruste sur la croisière, et finit par devenir la petite-amie du jumeau cultivé.

Koiçavo ?
En comparaison de la série-mère, c’est plutôt une bonne surprise. Jeunes acteurs comme scénaristes ont grandi et mûri, et le show finit par ressembler un peu à La Croisière Fol’Amour (et ses péripéties improbables), mais en réussi (toutes proportions gardées, hein, ça reste dans la moyenne des séries ados Disney).

Les personnages sont attachants, Debby Ryan est plus agréable à l’oeil que Tisdale (tant parce qu’elle a une bonne bouille que parce qu’elle tranche avec les ados maigrichonnes de mise à la tv US), le thème principal aux accents skas est assez ronge-crâne, et la série finit par trouver un ton qui fait qu’on s’attache finalement à tout ce petit monde, notamment lorsqu’ils se lancent dans des délires improbables beaucoup plus maîtrisés que dans la première série (je pense notamment à un épisode Star Trek meets Terminator, dans lequel toute la bande est envoyée dans le futur par un robot voyageur temporal, sur le vaisseau spatial USS Tipton – pyjamas et téléportation de rigueur – pour y résoudre une histoire de paradoxe temporel… le tout avec George Takei dans le rôle du petit fils de London Tipton. Du grand nawak, presque égalé par l’épisode Anchorman, avec une bonne prestation de Dylan Sprouse en clone ado de Will Ferrell.)

Les jumeaux, le fils caché de Penn Jillette, Debby Ryan, la maigrichonne ultra-excitée (en jaune)... et l'autre potiche inutile.

Après, reste un problème de taille : le shipping. Car forcément, avec des protagonistes devenus ados (dont un particulièrement dragueur), il fallait bien en passer par là. Et il est d’ailleurs assez bien mené pendant deux saisons : Zack le dragueur enchaîne les conquêtes tous les deux épisodes, pendant que Cody en pince pour Bailey pendant six mois, avant de finir avec elle pendant toute la s2. Malheureusement, la s3 est la saison de trop : séparation, jalousie, réconciliation, disputes, tous les clichés y passent, et le soufflé retombe d’autant plus que Zack se trouve lui aussi affublé d’une copine régulière, sur ordre direct de Disney Channel. Une fille qui n’est jamais vraiment développée, et qui ne sert qu’à faire un peu mûrir Zack. Mouais.

Quant au final du show… et bien il arrive après un téléfilm sans intérêt, si ce n’est de voir les acteurs sortir de leur studio pour tourner en décors réels, à terre (j'ai l'impression de me répêter, là), dans une histoire de savant fou et de télépathie ultra-bancale. L’ultime épisode, lui, ne conclut pas grand-chose, malgré sa scène de fin en forme d’adieux, et ressemble presque plus à une mise en pause de la série, dans l’attente d’une suite qui ne viendra pas avant un bon moment. Mouais (bis).

Perte de Santé mentale :
Acceptable sur les deux premières saisons, plus importante sur la troisième. Mais compte tenu du niveau de la série-mère, le show est assez honorable… bien que totalement dispensable. Reste que ça aurait pu être bien pire.

commentaires

Les bilans de Lurdo - Tween Wars II : Jonas & Rush

Publié le 18 Avril 2012 par Lurdo dans Les bilans de Lurdo, Critiques éclair, Review, Télévision, Comédie, Sitcom, Musique, Tween, Jeunesse, Disney, Nickelodeon

Episode II : The Parker Lewis Effect

Loi n°3 de la Tweencom : si chez Mickey tu veux prospérer, les talents musicaux de tes interprètes aux épisodes tu devras intégrer, pour la promotion croisée avec Disney Records assurer.

Loi n°4 de la Tweencom : à l’identique, pas plus d’un bruit organique (pet, vomi, etc) par épisode tu ne pourras employer.

Loi n°5 de la Tweencom : si le shipping à tout prix tu devras favoriser, pas plus d’un seul baiser par saison tu ne pourras utiliser : chastes et purs tes personnages à tout prix devront rester.

 
Exception : si chez Nickelodeon tu es employé, les lois 3 à 5 tu peux oublier, et comme bon te semble tu peux faire.

 



Jonas (2009-2010)
 

Un clown, une blonde, un tombeur à sourcils, une fangirl obsessive, et un romantique introverti : le plus supportable n’est pas forcément celui qu'on croit… 

Koicé ?

Les frères Jonas qui jouent le rôle des frères Lucas qui forment le groupe Jonas qui sont des superstars mégacélèbres qui vont quand même au lycée, mais qui sont trop beaux, trop populaires, trop occupés, et trop talentueux.

Aveckicé ?
Les frangins Jonas, plutôt bons acteurs ; une blonde quelconque, pas mauvaise, mais sans aucun charisme, dans le rôle de leur styliste/amie d’enfance ; une fangirl hystérique, jouée par Nicole Anderson, qui assure son personnage ; des agents, des parents, un petit frère… qui tous disparaissent en saison 2.

Koiçavo ?
Initialement conçue comme une version masculine de Hannah Montana – où Miley Cyrus est superstar de la musique la nuit, et lycéenne incognito le jour – la série Jonas était sensée mettre en scène les Jonas, trois musiciens qui se servent de leur carrière musicale pour couvrir leur double vie de super-espions.

Pas de bol, entre la conception du projet, et son tournage, les Jonas deviennent les nouvelles méga-stars de la chaîne : plus question de les représenter comme de simples musiciens en galère. La solution de Disney ? Un show à la Entourage, sur leur quotidien de superstars.

Reste qu’avec un sujet comme "le dernier groupe à la mode pour tweens en chaleur", on pouvait craindre le pire : en l’occurrence, un soap pour ados insipide, dans lequel les trois frangins seraient adulés et irrésistibles.

Aussi, grosse surprise en découvrant la saison 1 du show, tant l’influence de Parker Lewis y est présente : alors oui, les Jonas sont des superstars adulées qui vont encore au lycée, et leurs clips occupent deux bonnes minutes par épisode (merci l’avance rapide), mais le reste du temps, c’est filmé à la caméra mobile, sans rires enregistrés, avec des effets musicaux et vidéos absurdes, des persos qui parlent à la caméra, des péripéties rythmées, et pas mal de gags visuels.

Bref, c’est regardable et gentillet, bien que loin d’être dénué de scories, et le thème musical a un refrain qui s’avère finalement assez ronge-crâne au bout d’une poignée d’épisodes.

Malheureusement, le show se fait pilonner au baromètre d’audience par Nickelodeon, que ce soit par iCarly, ou par la série concurrente, Big Time Rush. Résultat : Disney décide de tout chambouler pour la saison 2.

Adieu les parents et le frère, bonjour une tante saoulante et un voisin envahissant, les Jonas débarquent à LA, et tout le show ne tourne plus qu’autour de leurs histoires d’amour super méga trop compliquées avec les deux filles, leur carrière, etc… le tout filmé au premier degré, comme un mauvais épisode d’Entourage. À se pendre, donc. Et il faut attendre un caméo de David Henrie (de Wizards of Waverly Place) dans les derniers épisodes, pour enfin retrouver un peu du cartoon de la saison 1, le temps de quelques scènes.

Perte de Santé mentale :
Relativement négligeable en s1 ; ambulance directe vers l’asile d’Arkham en s2.
 



Big Time Rush (2009 - ?)
 

Le mec normal, l’intello, le producteur has-been, le beau gosse égocentrique, et le teubé qui porte toujours un casque... sauf sur la photo :\ 

Koicé ?

Quatre ados joueurs de hockey un peu teubés passent un casting, et deviennent le nouveau boys band/projet d’un producteur has-been en perte de vitesse. Ils emménagent alors à L.A., dans un hôtel, accompagnés de la mère de l’un d’entre eux, et de sa petite sœur précoce et machiavélique.

Aveckicé ?
Une foultitude de persos. En tête d’affiche, le quatuor du boys band : ils chantent juste, il dansent bien, ils sont assez bons comédiens, et n’ont pas peur de passer pour des idiots… mais ça s’arrête là (ça manque pas mal de charisme tout de même, dans un premier temps). La mère de famille, gentiment déjantée. Ciara Bravo, géniale et très attachante dans le rôle de la petite sœur ambitieuse et manipulatrice. Les petites amies des quatre mecs, toutes dans le ton du show. Le producteur has-been, sorte de clone du catcheur Bully Ray, avec le même caractère, et une assistante/bras droit/souffre douleur qui le mêne pourtant à la baguette. Un trio de mannequins méprisantes et distantes, qui fascinent les mecs du groupe. Le responsable de l’hôtel, machiavélique. Guitar Dude, un dude qui joue de la guitare en arrière plan. Buddha Bob, le responsable de l’entretien de l’hôtel, une sorte d’homme des bois assez particulier. Et Mr Griffin, le big boss de la maison de disques, un mec bodybuildé et autoritaire toujours entouré d’une armée de sbires.
Sans oublier des dizaines de guests, de Snoop Dogg à Fabio en passant par Erik Estrada, Russell Brand, John Cena, ou Lorenzo Lamas en Dr Hollywood, le playboy-chirurgien des stars.

Koiçavo ?
Pour comprendre le show, il faut savoir qu’il a été mis en chantier par la chaîne Nickelodéon quelques mois après le début de la saison 1 de Jonas ; par conséquent, comme souvent dans la guéguerre qui oppose les deux chaînes, BTR est directement inspiré du show concurrent : ton décalé, caméra fixe, pas de rires enregistrés, et un ton qui ressemble fortement à ce qui pouvait se faire dans Parker Lewis.

Sauf que voilà : là où Jonas a toujours été limité par les barrières imposées par Disney Channel, Nickelodeon lâche totalement la bride à l’équipe de BTR. Le résultat est immédiat : Big Time Rush tient plus du cartoon vivant (un mélange improbable de Parker, de Stella, de Spinal Tap, de Big Wolf on Campus, et des épisodes concepts de Community) que de la série de boys band pour minettes.

Attention : ça reste un produit pensé pour établir en parallèle la carrière musicale de BTR. Et qui dit boys band, dit soupe musicale (encore que là aussi, le générique finit par être assez accrocheur… probablement parce que sa mélodie revient régulièrement en ponctuation musicale, durant les épisodes). Mais là, contrairement à la série Jonas, il n'y a que très rarement de clip musical de deux minutes en milieu d’épisode : au pire, on voit vaguement la conception des chansons dans une scène, vingt secondes d’enregistrement, et l’épisode continue. Et ce de manière infréquente (ou alors, les chansons du groupe servent d’accompagnement à un mini-montage qui fait avancer l’épisode).

Parce qu’à vrai dire, il n’y a pas vraiment le temps de souffler, ou de s’attarder, avec ce show. Tout va vraiment à 200 à l’heure, appuyé par des bruitages omniprésents, et un score là aussi cartoonesque, qui fait sienne la technique du mickeymousing, parfois jusqu’à l’overdose.

Mais ça joue toujours avec le médium télévisé (le bon vieux "personnage sort une demi-seconde du cadre = changement de costume", notamment), ça n’hésite pas à en briser les conventions, ça esquive les clichés, les relations (même amoureuses) sont assez bien traîtées, il y a des tonnes de personnages secondaires et récurrents, et puis bon, outre la gamine excellente (qui me rappelle une jeune Selena Gomez, dans son jeu), les quatre leads sont écrits comme de gros boulets gentiment débiles (le teubé du groupe, qui porte un casque de hockey vissé sur la tête pendant toute la saison 1), qui s’en prennent régullièrement plein la tronche (vive le slapstick !). Ça change des Jonas.

Bref, c’est joyeusement absurde, l’épisode spécial Halloween est très fun (avec l'intello du groupe zombifié qui perd tous ses membres un à un), ça ne se prend jamais au sérieux, ça place des références ciné et 80s assez bien vues, et de toute façon, une série qui ne coupe pas au montage Russell Brand en train de demander à ce qu’on lui organise une fête privée pleine de "saucisses", qu’elles soient petites ou grosses, du moment qu’il y en a partout, ça mérite le coup d’œil.

Et n'oublions pas, début 2012, un téléfilm/super-épisode d'une heure, Big Time Movie : ici, les influences sont plus qu'évidentes. Le quatuor (et son entourage) part en concert à Londres, et se trouve embarqué dans une improbable histoire d'espionnage à la James Bond/Johnny English, les quatre chanteurs en profitant pour reprendre de nombreux titres des Beatles. On pense donc forcément constamment aux Fab Four, aux Monkees, et le tout se rejoint dans une ambiance joyeusement légère et décomplexée, au croisement d'une ambiance british, et du ton BTR. Ça fait toujours plaisir.

Perte de Santé mentale :
Aucune, à moins d’une allergie mortelle à quelques secondes de musique boys-band par épisode. Au contraire, même, j'avoue m'être plus marré devant une saison et demi de ce show nawak et déjanté (pour moi un héritier tout à fait digne à Parker Lewis) que devant les trois dernières de HIMYM… mais bon, tout le monde n'accrochera pas au rythme survolté.

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Les bilans de Lurdo - Tween Wars I : Sonny, Shake & Band

Publié le 14 Avril 2012 par Lurdo dans Les bilans de Lurdo, Critiques éclair, Review, Télévision, Disney, Comédie, Sitcom, Musique, Tween, Jeunesse

Tween : néologisme américain désignant une catégorie de préadolescentes répondant à la définition "too old for toys, too young for boys", et possédant une susceptibilité accrue au marketing et à la publicité. Depuis étendu à la tranche d’âge 10-15 ans, sans différence de sexe.


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Il n'y a pas très longtemps, sur un écran pas si éloigné que ça...

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  Episode I : It's Easy Being Green.

Loi n°1 de la Tweencom : Chez Mickey, on n’aime pas les ados normaux, et leur quotidien. Résultat : tous les persos des séries Disney ont des pouvoirs, viennent du futur, sont des méga-stars, sont über-talentueux, chanceux, etc…

Loi n°2 de la Tweencom : La maison de production It’s A Laugh s’occupe de toutes les sitcoms Disney depuis 2005. En règle générale, leurs shows sont des sitcoms de studio, à caméras multiples, rires enregistrés, dans des décors assez peu convaincants, au générique chanté par une star de la série et/ou de la chaîne, et à la distribution plutôt solide et diverse.
 
Corollaire : Lorsque It’s A Laugh trouve un format/sujet facile à exploiter, elle le garde. Et le répète ad nauseam, en en variant à peine le style.


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Sonny with a Chance (2009-2011)

La magie des quotas : une blonde, un gros, une droguée, un gay, l'antéchrist, et un black de service. 

Koicé ?
Le 30 Rock/Studio 60 des tweens, sur le quotidien des jeunes acteurs superstars d'un show à sketches, So Random, et leur rivalité avec Mackenzie Falls, le Gossip Girl-bis du studio d’à côté.

Aveckicé ?
Une distribution qui ne lésigne pas sur la dépense d’énergie (comprendre, ça surjoue, mais ça reste assez correct dans l'ensemble), dominée par Demi Lovato dans le rôle titre (très attachante une fois passée le premier tiers d’épisodes, mais qui passe de "campagnarde naïve arrivant à la ville" à "L.A. girl sophistiquée, auto-bronzée et ultramaquillée qui est une star de la chanson" en saison 2, un relookage inutile qui saborde le personnage), et par Sterling Knight dans celui du playboy superstar égocentrique de Mackenzie Falls.

Koiçavo ?
Pas grand-chose. Le show dans le show, comme souvent, est calamiteux ; l’humour est très basique ; la saison 1 est parasitée par la benjamine de la troupe, une gamine insupportable à la voix stridente qui disparaît quasiment en s2, pour faire place à du shipping à gogo, guère plus intéressant ; ça sert souvent de placement produit pour les chansons de ses stars ; l’ambiance de la première saison est souvent hystérique et surexcitée (dans le mauvais sens du terme) ;

Bref, ça ne tient bien souvent que grâce aux efforts du cast et à son énergie... mais maintenant que Lovato est partie en désintox IRL, et a quitté la série, le show a été annulé, et remplacé par "So Random" : même cast (sans Lovato), même humour pas drôle, sauf que là, on ne voit plus les coulisses du show, uniquement les sketches et des chansons pop insupportables.

À la limite, l'histoire de la création de "Sonny" est plus intéressante que le show lui-même : quand Dan Schneider, producteur et créateur de "All That" (show à sketches des années 90-2000 diffusé sur Nickelodeon, ultra-populaire, et ayant lancé la carrière d'Amanda Bynes) échoue à vendre son nouveau concept à Nick, il choisit d'altérer son idée. De "une jeune fille fait un web-show qui devient populaire, elle est remarquée par l'équipe de son émission à sketches préférée, et choisie pour en intégrer la distribution", son projet devient "une bande de jeunes fait un web-show qui devient populaire", et donne "iCarly", carton incontesté de Nick ; l'ancien partenaire de production de Schneider, lui, préfère prendre l'idée de base de son collègue, et aller directement la vendre à l'ennemi, qui saute sur l'occasion, et produit immédiatement "Sonny", sans changer une ligne au pitch de base de Schneider. Depuis, c'est la guéguerre, et Disney n'en sort pas vainqueur.

Perte de Santé mentale :
Variable, mais non-négligeable.

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Shake It Up (2010 - ?)

 Sur cette photo se trouve un(e) seul(e) acteur(trice) qui ne soit pas tête à claques. Ami lecteur, parviendras-tu à l'identifier ?

Koicé ?
En gros, la même chose que "Sonny with a Chance", mais avec de la danse en lieu et place de comédie : deux ados têtes à claques et égocentriques qui se font remarquer, et embaucher comme danseuses dans leur show musical préféré, une carrière qu'elles tentent de concilier avec leur scolarité et leur vie amoureuse.

Aveckicé ?
La lead, Bella Thorne (pas désagréable, mais au jeu assez difficile dans les premiers épisodes), un gamin de 7-8 ans un peu agaçant dans le rôle de son petit frère, et… euh… d’autres jeunes de douze/quinze ans qui dansent. Et flirtent. Leur identité ? Franchement, who cares ? Ils sont tous à baffer, et en surjeu constant.

Koiçavo ?
Euh… si l'on n'a aucun intérêt dans la danse moderne, difficile de s'intéresser plus de quelques épisodes aux deux saisons diffusées pour le moment. Et pourtant, "Shake It Up" est la nouvelle série phare de Disney, malgré le fait qu'à part les deux "étudiants jumeaux d’Europe de l’Est" quasi-photocopiés sur Sharpay et son frangin efféminé de "High School Musical", le tout n'ait aucun intérêt.

Ça cabotine de partout, le jeu oscille entre approximatif, honorable et calamiteux (même si ça s'améliore en allant), et franchement… la danse et de la soupe musicale (les chansons de Selena Gomez, whouhou) dans tous les épisodes, au secours. Et puis il y a quelque chose de glauque dans le décalage réel entre l'âge des actrices (Thorne avait un peu plus de 12 ans pendant le tournage de la s1), et la manière dont elles s'habillent et agissent dans le show (le comble étant probablement l'inconsistance entre les épisodes : dans l'un d'entre eux, elle s'habille sexy pour séduire un étudiant de fac, et dans l'autre, une relation avec un mec de 15 ans lui paraît aberrante parce qu'il est trop vieux).

Et c’est donc pour cela que les deux leads sont les nouvelles stars du network. Au secours.

Perte de Santé mentale :
Critique.

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I'm in the Band (2009-2011)

Un teubé, un buveur de bière bourrin, un ado, et un égo surdimensionné : la norme pour tous les groupes de métal à succès. 

Koicé ?
Un ado superfan d’Iron Weasel, groupe de métal démodé, gagne un concours, rencontre le groupe, se fait remarquer et devient le guitariste de la formation. Une formation qui, fauchée, s’installe chez lui, et tente une lente remontée vers le haut des charts. Autrement dit, c’est "Sonny with a Chance"/"Shake it up", mais dans le milieu du métal.

Aveckicé ?
Avec le médecin de "Crossing Jordan" en lead singer british arrogant, deux caricatures chevelues en zikos attardés mal dégrossis, et des ados quelconques en lead, ainsi qu’en vague love interest.

Koiçavo ?
Assez bas de plafond, et extrèmement old-school... mais en réalité, ce n’est pas vraiment une sitcom ado. C’est une sitcom traditionnelle, façon "Three Stooges", dans laquelle les trois zikos sont des incapables finis, gaffeurs, bourrins et has-beens, qui entraînent le jeune héros dans les pires péripéties imaginables, à forte tendance slapstick décomplexé. Pas très fin, mais avec une énergie telle que, finalement, ces pieds nickelés s’avèrent assez attachants, et la série se transforme en Spinal Tap-light pas forcément désagréable, à défaut d'autre chose.

Et puis si elles volent assez bas au niveau du texte, les chansons du groupe (composées et interprétées par des métalleux de session, dont le guitariste de Rock Sugar et le bassiste d'Ace Frehley/Kiss) sont forcément toujours plus sympas à écouter que les bouses pop dance autotunée qui sont la norme du genre tweencom.

 

Perte de Santé mentale :
Modérée à faible, selon le degré de métallitude du spectateur.

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Les bilans de Lurdo : Farscape, The Peacekeeper Wars (2004)

Publié le 11 Avril 2012 par Lurdo dans Les bilans de Lurdo, Critiques éclair, Review, Télévision, Drame, Science-Fiction, Comédie, Australie, USA, Aventure, Action, Farscape

Deux ans après l'annulation prématurée de la série Farscape, l'équipe du show se retrouve enfin, pour donner une conclusion digne de ce nom aux aventures de Crichton et compagnie.

Débarrassée des impératifs d'une diffusion sérielle sur Sci-Fi Channel, l'équipe choisit alors de consacrer deux épisodes de ~90 minutes à cette conclusion, des épisodes écrits par Rockne S. O'Bannon et David Kemper.

Farscape - The Peacekeeper Wars :

Première partie : Rygel qui nage, Rygel enceinte, Rygel et le bébé, tout ça, c'est bien. D'ailleurs, voir Grayza elle aussi enceinte, c'était rigolo (pas hyper cohérent niveau continuité, mais on fait ce qu'on peut avec les acteurs...). Toujours au sujet des acteurs, on regrettera le remplacement partiel de Mémé Noranti, dans la grande majorité de ses scènes, par sa doublure (réaction allergique de l'actrice à son maquillage oblige), même si finalement, moins de Noranti ne nuit pas forcément au tout.

Les cérémonies de mariage constamment interrompues, c'est un running gag amusant, là aussi, tout comme le retour de 1812 qui chantonne. Par contre, le retour de Dargo Jr, mouais, bof, et le passage éclair de Jool idem, surtout que son nouveau look, pour le coup, était réussi.

Seconde partie : là, je suis nettement plus mitigé. Il y a facilement une moitié de cette deuxième partie qui est de trop, assez molle, et plutôt gentillette pour ce qui est sensé être des "Peacekeeper Wars".

Heureusement qu'à partir de l'enchaînement mariage/accouchement/départ (bourrin) du champ de bataille, ça devient excellent, avec un wormhole rouge de toute beauté, une fin assez classique mais efficace pour D'argo, et une conclusion très jolie, très Roi Lion dans l'esprit.

Bilan mitigé à tendance positive, donc.

Cette mini-série aurait clairement bénéficié d'un peu de dégraissage, tant certaines scènes ne servent qu'à meubler. Au lieu de 3 heures, un format téléfilm de 2h30 aurait probablement été plus judicieux, et aurait permis d'éviter des gunfights interminables.

Au rang des déceptions, aussi, le sort réservé à Sikozu. Non seulement sa nouvelle apparence n'est pas terrible, mais en faire la méchante espionne de service, c'était tellement gros comme une maison que ça tombe dans le cliché. Sikozu est clairement l'un des personnages les plus maltraités de toute la série, en ce qui me concerne.

Malgré tout, c'était une fin de série satisfaisante. Je préfère toujours la fin de Deep Space Nine (Farscape peut les remercier pour le travelling arrière de fin... ), mais c'était somme toute une conclusion réussie.

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Les bilans de Lurdo : Farscape, saison 4 (2002)

Publié le 8 Avril 2012 par Lurdo dans Les bilans de Lurdo, Critiques éclair, Review, Télévision, Comédie, Aventure, Drame, Action, Science-Fiction, Australie, USA, Farscape

Farscape, saison 4 :

Satisfaction of the year : Sikozu. Scorpy. Siko/Scorpy. Le couple déchire tout.

Deception of the year : La vieille. Noranti m'est insupportable. Elle ne sert que de Zhaan au rabais dans le domaine de l'herboristerie, et le reste du temps ne mérite que des baffes. Le scénariste qui l'a créée devrait être flagellé avec des orties.

4x01 : Un épisode déjà vu hors continuité - ce qui n'était pas le top pour en profiter ... Mais John qui pète un cable dans un vieux Leviathan mourant, ça m'avait déjà plu à l'époque, et ça me fait toujours autant rire. Surtout quand il parle Klingon. 1812 rocks, Sikozu aussi, par contre, Chiana est légèrement gonflante. Le final de l'épisode est excellent, néanmoins, avec la musique à plein volume, et la chute de John in the shit.

4x02 : Joooooooool !!! Scorpy qui se fait torturer ! Chiana me fatigue de plus en plus, et voilà, youpi, Noranti is back . Evil Phéromone girl est sympathiquement tordue, et fait une bonne méchante, mais le reste de l'épisode est assez quelconque.

4x03 : Comme le précédent. Quelques scènes sympathiques, mais la désagréable impression que la sauce ne prend pas, et que le double épisode est finalement assez bancal. Et en plus, Jool n'est plus là.

4x04 : Sikozu rocks (décidément, les rousses de Farscape ), Harvey's Back, le méchant a un bon look de tueur, bref, un loner sympathiquement écrit... MAIS la vieille gâche tout. Arg.

4x05 : Scorpy's back ! Harvey aussi, Pulp Reservoir Dogs style ! Aeryn aussi est de retour en Scorpy-bis. Quasiment pas de vieille folle, et un très bon épisode, qui amène un rapprochement John/Scorpy plus qu'intéressant.

4x06 : Histoire pas exceptionnelle d'un énième parasite, mais qui sert en fait plus de prétexte à l'information sur la grossesse de Aeryn qu'autre chose. Et ça, ça fonctionne plutôt bien. Tout comme les relations interpersonnelles très réussies. Il faudrait juste, encore une fois, balancer Mémé hors du Leviathan.

4x07 : Merci Mr Cronenberg pour le début de cet épi, très "Nouvelle Chair", avec de la réalité virtuelle très étrange ; En somme, c'est Existenz version Farscape. Un épisode très amusant, avec Aeryn en princesse blonde qui zozote, Jool en sorcière, Crais en ogre, et Zhaan, of course.

4x08 : Chérie, j'ai rétréci McClane, sympathique. Les Upperclass Scarrans ont une sale tête, et ça promet pour la suite..

4x09 : Mouais, pas convaincu par cet épisode aux multiples points de vue sur une même histoire. Par contre, Sikozu qui se lâche, et les imitations Crichtoniennes de Scotty, c'est amusant, même si c'est un peu du meublage.

4x10 : Kill the old bitch. Please. Épisode amusant, sinon, avec John en femme. Et Scorpy rulez.

4x11 : Aeryn en Chiana-bis, c'est rigolo, tout comme les autres réalités parallèles (Yeah, Crais & Jool !) Très bon cliffhanger.

4x12 : Très bon épisode de voyage temporel, avec un cliffhanger qui tue, à nouveau.

4x13 : Scorpy/Sikozu, c'est donc une relation que j'apprécie beaucoup, tout comme le reste de l'épisode se déroulant sur Terre, avec des retrouvailles touchantes.

4x14 : J'ai eu peur en voyant venir le baiser Chiana/Veuve Noire, mais la suite m'a rassuré. Par contre, le John n'a pas l'air super traumatisé par le fait qu'il ait laissé toute son ancienne vie derrière lui la semaine dernière...

4x15 : Moyennement convaincu par ce Dargo-centric façon Kung-Fu/Petit Scarabée.

4x16 : On retrouve un peu la dynamique 1 épisode/1 équipe avec cette histoire centrée sur l'équipe féminine de Moya en mission. Sympathique pour ce qui est de la continuité et des Scarrans, mais à part ça, rien d'exceptionnel dans les deux premiers tiers. La fin de l'épisode est très bonne, cela dit.

4x17 : Aaaaah, le contrecoup de l'épisode sur Terre. Excellent à tous points de vue, avec une fin formidable.

4x18 : Très bon épisode, avec d'un côté une Aeryn torturée, et de l'autre John et Scorpy dans l'un des univers parallèles.

4x19 : Bon épisode, et le retour d'Harvey en Nosferatu m'a plié en deux.

4x20 : Le Crichton-show à la conférence des dirigeants : L'empereur Scarran est vraiment distingué. Par contre, WTF !? Sikozu est une bioloïde !? Naaaaaaaan.... J'espère qu'ils ne vont pas nous faire un rebondissement bancal façon "c'est une traîtresse"... pas Sikozu, s'il-vous plait. Et Stark qui revient ! J'ai bien apprécié le côté chien fou de John dans cet épisode... (tout comme la petite pique contre Windaube)

4x21 : Au final, le concept des bioloïdes m'apparaît comme un peu forcé, et pas forcément bien amené, mais bon... joli retournement de veste de Braca. Un épisode explosif, avec une fin des plus réussies.

4x22 : Holy previously ! Le speech du générique trouve ici tout son sens. Le combat des deux Lapins de Pâques est excellent. Par contre, les pouvoirs de Chiana qui, une fois de plus, resurgissent quand ça arrange les scénaristes... bof. Très jolie scène d'adieu avec Crichton Sr. Ça fait plaisir de voir Stark redevenir barge...

Quand à la fin, je suis mitigé. Le final est un peu comme dans les saisons précédentes : en dessous de l'épisode qui le précède. Un peu trop orienté shipping pour moi, mais c'est heureusement sauvé par une conclusion bien sauvage, qui donne envie de voir les Peacekeeper Wars de suite.

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Les bilans de Lurdo : Farscape, saison 3 (2001)

Publié le 5 Avril 2012 par Lurdo dans Les bilans de Lurdo, Critiques éclair, Review, Télévision, Action, Aventure, Drame, Science-Fiction, Australie, USA, Comédie, Farscape

Farscape, saison 3 :

- Nouvelle saison, et immédiatement, les améliorations sautent aux yeux : les effers sont nettement meilleurs, et ce dès les premiers épisodes ; la musique, elle aussi, connaît une upgrade remarquable, avec notamment des petites mélodies au piano, simples mais mémorables. Et n'oublions pas Jool, qui est simplement excellente, et devient rapidement un personnage favori du spectateur.

Néanmoins, je dois avouer être resté un peu mitigé devant le 3x01 : le nouveau thème musical de la série m'a instantanément hérissé le poil, j'ai eu une furieuse envie de passer le fiston de Kadargo par la fenêtre dès que je l'ai vu, et la résurrection d'Aeryn était limite Smallvillienne dans sa rapidité et son inutilité. Par contre, le tournant pris dans la relation Crichton/Harvey était très amusant, avec citations de catch à l'appui.

Le 3x02, heureusement, m'a profondément soulagé : en tant que tel, ce Dargo-centric n'était pas exceptionnel, mais on est enfin débarrassé de son fils, ce qui fait un bien fou. À partir de là, ce n'est presque que du bonheur. Le seul détail agaçant étant Zhaan, limite soûlante.

3x03 : sympathique, puisque, de toute façon, il introduit le perso de Jool, et que le cliffhanger est efficace.

3x04 : Idem. Entre Jool qui passe son temps à beugler, et la citation "Welcome to the SS Starship Buttcrack !!" qui est très . Ah, et Zhaan qui y passe enfin en faisant son Spock, ça soulage.

3x05 : Un voyage temporel qui altère le passé, un héros légendaire qui s'avère n'être qu'un gamin inexpérimenté, c'est du déjà vu, mais c'est regardable et efficace, notamment grâce à la fin assez sombre, qui change un peu de ces équipages qui arrivent toujours à régler les paradoxes temporels à la fin des épisodes.

3x06 : Le retour de Crais, donc je suis content. Un épisode très plaisant, plein de zombies cannibales, avec un vilain qui a de la gueule, même si l'astuce du dédoublement est un peu facile, surtout quand on nous fait une pseudo-mort de Dargo, pas crédible pour un sou. La fin est très amusante, par contre, avec ses deux Crichton jouant à shifumi. Cela dit, les deux Crichton permettent ensuite de faire une alternance dans les épisodes, ce qui donne l'impression plutôt agréable de mater deux spin-offs d'un même show (même si l'un des deux shows n'a pas Jool, malheureusement.)

3x07 : Un épisode à la limite du meublage, avec son équipage qui a besoin d'un objet et qui s'attire des ennuis en descendant le chercher sur une planète... mais vu que ça intègre de la continuité, et pose des bases pour la suite de la saison, ça donne au final un épi plutôt sympa. Je préfère d'ailleurs Stark comme il est dans cette saison : un peu barge et allumé. Ah, et Crais rulez.

3x08 : La reprise de Star Wars "That's no Moon" est très rigolote. Un Crais/Talyn-centric plutôt bon, et écrit par Mr Browder himself.

Ensuite on enchaîne trois épisodes des plus agréables (3x09-10-11), avec notamment l'Aeryn-centric qui parle de sa mère, et surtout l'excellent Scorpy-centric, avec ces flashbacks qui révèlent une toute autre facette du perso.

Donc au final, une première moitié de saison bien meilleure que la saison 2, et qui promet une seconde moitié assez jouissive. Et puis vive Jool !

- Excellente deuxième moitié de saison, qui se regarde d'un bloc, avec des scènes de plus en plus exceptionnelles à mesure que l'on se rapproche de la fin de la saison.

3x12 : Un épisode très amusant, notamment pour toute la dynamique Aeryn/Crichton sous l'influence du trucbizarredelasemaine, avec saxophone en fond sonore dès qu'ils se jettent l'un sur l'autre. Stark aussi était très marrant, à s'improviser défenseur de l'âme d'une demoiselle en détresse...

3x13 : Du grand n'importe quoi, avec une narration à la Guy Ritchie, totalement décalée, et un épisode qui vire au grand bordel organisé. J'aime beaucoup. Et John en porte-jarretelles dans une vitrine, c'est tellement barré que ça en devient génial.

3x14-15 : Un two-parter sympathique, avec de la continuité, un assaut sur un bunker, une fin adéquate pour Harvey-A, et de superbes SFX. La mort de Crichton-A devait arriver un jour ou l'autre, c'est fait, et bien fait, avec une scène touchante d'adieux à Aeryn. Bon doublé.

3x16 : Encore une fois du grand n'importe quoi, avec cet épisode à moitié cartoon, un D'argo coyote, un Enterprise qui passe, Harvey-B, des vannes sur Shatner. Énorme. Seul petit reproche, le vaisseau de D'argo, qui réapparaît un peu de nulle part, genre "Tiens, on a totalement oublié qu'il avait récupéré un vaisseau en début de saison, si on en reparlait"....

3x17 : Un Aeryn-centric très sombre, en comparaison du 16. Le petit monstre façon Total Recall est moche, mais efficace, et l'épisode est en fin de compte joliment écrit. (Et Stark met les voiles pile quand il redevient sérieux et agaçant, donc c'est parfait.)

3x18 : Des retrouvailles à la fois drôles (les nouveaux arrivants, Crais & Jool, façon ER, la fusillade) et froides (Crichton-B/Aeryn). Un bon épisode, malgré la surabondance de ralentis.

3x19 : Le seul épisode que j'aie vraiment trouvé raté dans cette fin de saison : les deux boulets bleus sont hyper soûlants, et les négociations Scorpy/Rygel assez quelconques. Par contre, toute la partie Talyn est plutôt bonne, et sauve l'épisode du désastre.

3x20 : Autre élément assez limite de cette saison, les visions de Chiana, qui arrivent quand bon semble aux scénaristes. Un peu le genre de facilités scénaristiques déplorables dans une saison de ce calibre. Sinon, l'épisode est bon, avec un love-interest pour Crais, et des scènes plutôt tendues sur la base des PKs. La "Nemesis" de Scorpy amène un bref instant un rapprochement intéressant entre Scorpy et John. Mais le combat avec les jet-packs est ultra-fauché, par contre.

3x21 : Un Crais-centric, donc forcément excellent, mais le sacrifier, lui et Talyn, ça va pas la tête !? Bande de malades ! Sans oublier LA scène avec Scorpy dans son labo qui part en morceau. Pour la première fois depuis le début du show, j'ai vu là quelque chose d'épique. La musique, l'image, tout s'accordait parfaitement dans la fin de cet épisode, qui frôlait la tragédie grecque, et qui m'a donné des frissons.

3x22 : Alors forcément, en comparaison de l'épisode précédent, ce season-finale fait un peu pâle figure, avec son histoire de Léviathan revanchard... mais l'épisode reste assez efficace, cela dit, avec son lot de révélations, et son cliffhanger.

 

Bref, en conclusion, une saison 3 durant laquelle le show a vraiment trouvé son rythme de croisière, bénéficiant de l'alternance entre les deux équipages pour faire des épisodes mythologiques, et d'autres plus détendus, et amenant aux shippers de quoi se mettre sous la dent. Je retiens tout de même que Crais a la méga-classe, et que Scorpy aussi.

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Les bilans de Lurdo : Farscape, saison 2 (2000)

Publié le 2 Avril 2012 par Lurdo dans Les bilans de Lurdo, Critiques éclair, Review, Télévision, Comédie, Science-Fiction, Drame, Action, Aventure, Australie, USA, Farscape

Farscape, saison 2 :

- Un premier tiers de saison 2 assez décevant : un épisode excellent (2x04 - Crackers don't Matters), un seulement bon (2x05 - The Way We Weren't), un regardable, mais franchement moyen (celui avec la mine et le gorille à grandes dents), et quatre plutôt moyens à tendance mauvais (les trois premiers, notamment).

En fait, il se dégage de ce début de saison un étrange sentiment de bordel général, comme si la série venait tout juste de débuter et qu'elle se cherchait encore : les nouveaux looks ne sont pas vraiment probants, que ce soit au niveau des tenues ou des maquillages, la nouvelle marionnette de Rygel est franchement moyenne, la musique sonne toujours aussi faux, et le rythme des premiers épisodes est bancal au possible (probablement à cause du changement de format du show, il faut un temps d'adaptation pour tout le monde).

Donc pas vraiment convaincu en ce qui me concerne, mais bon, ce n'est pas bien grave, puisque tout cela s'améliore rapidement... 

- En effet, deuxième tiers de la saison, et deux constatations : non seulement c'est déjà nettement mieux que le premier tiers, mais en plus, ça devient tout de suite beaucoup plus intéressant dès qu'ils abandonnent les loners et qu'ils passent à des arcs narratifs de 2 ou 3 épisodes.

Là, c'est clairement le cas: la trilogie de la Princesse (2x11 à 2x13) est nettement le point fort de cette partie de la saison (malgré quelques faiblesses, comme les intrigues des personnages secondaires qui servent un peu de meublage, l'énième personnage omnipotent qui fait passer un test à Zhaan, ou bien la "romance" de Crichton avec la PK, qui fait un peu trop artificielle et forcée). Ce qui ne veut pas dire pour autant que les loners sont mauvais, puisqu'ils sont seulement un peu trop classiques.

Rien de vraiment exceptionnel en tout cas dans l'épisode procédurier 2x08, qui ne vaut que pour une jolie interprétation de Virginia Hey (et pour le juge dans une tenue très "Q"), ou dans le standard "Out of their minds" (2x09), avec son échange de corps amusant et efficace, mais surexploité par toutes les séries du genre. Le 2x10 n'est pas vraiment plus original, avec ses trois versions de Crichton, et souffre surtout d'un déroulement hyper-prévisible et d'une conclusion téléphonée. Quand au 2x14, avec le parasite façon Bodysnatchers, il est amusant (la tronche du Vork vaut le détour), mais au final lui aussi très classique.

Je retiens tout de même la storyline de l'implant probable de Scorpy dans la tête de John, que je sentais venir dès Princess I, et qui semble se confirmer. J'espère juste que l'inévitable épisode où John perdra l'esprit, manipulé par Scorpy, ne sera pas trop cliché...

- Dernier tiers qui, malheureusement, retombe dans une certaine torpeur décevante. Deux ou trois épisodes exceptés, tout semble en effet, au mieux, moyen et superflu. Dans les bons épisodes, il y a le 2x15, cette amusante auto-parodie de Human Reaction, qui part sympathiquement en vrille.

Le suivant, par contre, est déjà nettement moins sympathique. Entre la réapparition totalement artificielle et ratée de Stark, et le fait que le scénario ne soit qu'un copié-collé d'un épisode de Star Trek, The Locket (2x16) m'a profondément gonflé. Le 2x17 n'est pas mauvais, mais bon, Rashomon version Farscape, ce n'est pas vraiment exceptionnel, tant le format a été surexploité dans toutes sortes de films et de séries. Cela dit, j'aime bien les flashbacks de Ka'Dargo, dans lesquels il se place inévitablement en position de leader, et où Crichton passe pour un abruti qui ne sait que dire des phrases de maximum 3 mots.

Le 2x18, A Clockwork Nebari... hmm... un Chiana-centric pas inintéressant, mais qui fait monstrueusement tache, et qui sent le remplissage à plein nez. Sans compter qu'il y a un bon paquet de moments : Zhaan qui ne résiste pas une seconde au cleansing, et qui disparaît pendant tout le reste de l'épisode, notamment... mais aussi et surtout pourquoi diable est-ce que John & co, une fois Ka'dargo et Sun neutralisés, se fatiguent à mettre au point toute une simulation alors qu'il suffisait d'assommer l'autre idiote, ou au pire de lui immobiliser les bras ? Cela dit, j'ai bien aimé le Crichton-stoner... "dude"...

Arrive alors la trilogie des "Lies,....", et l'impression désagréable qu'ils se sont ratés en beauté, avec ces épisodes 2x19/20/21. Enfin pas tout à fait, parce que j'aime bien le 2x21. Mais le 2x19 commence très mal, avec un Stark ex-machina, qui arrive pile-poil avec un plan, et tout ce qu'il faut pour l'exécuter... mouais. Des ficelles narratives dans ce genre là, ça passe déjà très mal dans des séries comme Smallville, alors dans Farscape, ça devrait être interdit. Bref, tout cela paraît forcé et vraiment précipité. Je ne retiens juste que le face à face Scorpy/John.

Le 2x20 est à l'identique : über précipité et bâclé. Quel intérêt de faire un pseudo suspense sur le sort de Scorpy, si c'est pour le ramener directement en pleine forme dès l'épisode suivant, qui plus est avec 5 longueurs d'avance sur l'équipage de Moya !? L'intrigue des araignées est du pur remplissage, encore une fois, juste histoire de donner quelque chose à faire à Rygel et Chiana, et celle des mercenaires, bien que distrayante, à un arrière-goût de "on doit économiser un maximum de budget pour les deux derniers épisodes, alors recyclons tous les costumes qu'on a utilisés depuis le début du show". Bref, quand arrive la fin, l'on se dit "Tout ça pour ça", et l'on aurait pu se passer de cet épisode.

Le 2x21, comme je le disais, m'a bien plu. Forcément : la production a dépensé tout le budget pyrotechnie et effets spéciaux dans cet épisode, donc c'est déjà tout de suite beaucoup plus rigolo. Et autant je ne vois toujours pas l'intérêt du personnage de Stark, qui ne sert à rien, autant j'adore ce qu'est devenu Crais. La grande classe.

Quand au season finale (2x22), j'ai plutôt bien aimé aussi. Le Crichpius est un peu moyen niveau maquillage, la mort de Sun est digne de Smallville (= reboot probable dès le prochain épisode), mais ça reste très sympathique quand même.

 

Bilan d'une saison 2 en demi-teinte : franchement, à part une demi-douzaine d'épisodes, il n'y a rien qui sorte vraiment de l'ordinaire dans cette saison.

Les débuts chaotiques, où l'on avait l'impression que le show se cherchait à nouveau, se sont rapidement calmés, mais il y a très nettement une faiblesse des scénaristes sur les loners, qui sont trop souvent des redites ou des récits totalement quelconques, déjà vus maintes et maintes fois... exactement comme durant la saison 1, en fait.

Par contre, je dois dire que je suis agréablement surpris par la tournure prise par l'arc narratif de la puce de Scorpy, qui est en fait plutôt bien géré, avec beaucoup plus d'intelligence que ce à quoi je m'attendais.

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Critique éclair : Game of Thrones (Le Trône de Fer), saison 1

Publié le 30 Mars 2012 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Télévision, Fantastique, Drame, HBO

Alors que la nouvelle saison du Trône de Fer, dernier phénomène télévisuel à agiter la sphère internet geek, est sur le point d'arriver sur nos écrans sur HBO ce 1er Avril, revenons brièvement sur la première saison de ce programme, une année audacieuse qui, malgré l'enthousiasme collectif des fans et des critiques, n'était cependant pas totalement dénuée de défauts...

En effet, après avoir regardé d'une traite les dix épisodes de la saison 1, je suis resté légèrement circonspect et mitigé. Pas forcément à propos de la série en elle-même : je n'ai rien à reprocher au rendu visuel (excellent... et dire que Camelot coûtait 1M/1.5M de $ de plus par épisode, pour un résultat nettement plus fauché et artificiel ), à la distribution (bien au contraire, même, les rôles sont très bien castés), ou à la mise en scène, très appropriée. J'émettrais bien quelques réserves sur la gratuité évidente des scènes de sexe, mais bon, c'est la chaîne qui veut ça...

Là où la série a un peu peiné à me convaincre, c'est au niveau du scénario & de l'adaptation du récit. N'ayant pas lu les romans initiaux, et me fiant à ce qu'on m'en disait, je m'attendais à quelque chose qui soit, d'entrée de jeu, relativement complexe, original, et/ou captivant (malgré le fait que cette année ne soit, en fin de compte, qu'une grosse introduction).

Le problème, c'est que je me suis trouvé devant un récit somme toute assez convenu, sur lequel j'avais vingt longueurs d'avance (le nombre de fois où les scénaristes téléphonent la disparition imminente d'un personnage par un "oui, ce que j'ai à te dire est très important, mais on en discutera à mon retour"), et surtout qui se traîne gentiment en longueur, histoire de meubler ses dix épisodes.

Pour le coup, j'aurais nettement préféré voir le même récit réduit à 7 ou 8 épisodes, au format anglais : peut-être que ça nous aurait ainsi épargné un épisode brouillon et mal foutu de Jane Espenson - et avant qu'on ne m'accuse de lui en vouloir particulièrement, je précise que c'est précisément parce que je trouvais l'épisode laborieux et bancal que j'ai cherché qui l'avait écrit... pour découvrir sans grande surprise que c'était Jane (excellente scénariste de comédie/dramédie, mais particulièrement peu convaincante sur des séries dramatiques pures comme Galactica, ce Trône de Fer, ou Caprica, entre autres) et que d'autres que moi avaient fait la même remarque ailleurs.

Alors la faute au roman originel ? Au travail d'adaptation ? À la hype générale ? Je ne sais pas trop, en fait, même si je doute que les rebondissements (morts, rencontres, secrets de succession, dragons, etc) apparaissent aussi évidents/téléphonés dans le livre, ne serait-ce que par la simple densité du récit papier, et son nombre de pages : ces rebondissements sont alors probablement noyés dans la masse du récit, et pas autant mis en avant par le format et la trame narrative imposés par le petit écran.

Reste que malgré ces quelques réserves, le Trône de Fer est clairement, avec sa saison 1, une adaptation réussie. Toutes les séries ne peuvent pas en dire autant (The Walking Dead...), et HBO peut s'enorgueillir de ce programme très sympathique, à la distribution sans failles, et à la production impeccable.

(c'est quand ils veulent pour faire un film d'aventures façon Sinbad, ou Jason et les Argonautes, avec Iain Glen en capitaine de navire charismatique)

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Les bilans de Lurdo : Farscape, saison 1 (1999)

Publié le 30 Mars 2012 par Lurdo dans Les bilans de Lurdo, Critiques éclair, Review, Télévision, Comédie, Drame, Science-Fiction, Action, Aventure, Australie, USA, Farscape

Après des années d'hésitation, et confronté à une pénurie totale de série de space-opéra, un jour, j'ai fini par m'essayer à Farscape. Et si les premières semaines n'ont pas forcément été convaincantes, bien vite, j'ai été conquis par le talent et la bonne humeur de Crichton & co. Retour sur ma découverte de ce qui est aujourd'hui l'un des piliers du genre...

​Farscape, saison 1 :

1x01 : Au premier abord, ça me rappelle un peu trop d'autres séries : les prisonniers évadés en compagnie d'un des ennemis, à bord d'un vaisseau vivant, c'est clairement Lexx, par exemple, mais c'est tout de même assez sympathique...

1x02 : Ouhlà, c'est déjà beaucoup moins bien... voire même assez mauvais... du niveau d'un SG1 vide.... déjà le scénario est quelconque au possible, dans la catégorie "déjà vu dans chacune des séries Trek", et en plus, quand on axe une grosse partie de l'épisode sur une anima-puppet, ça va ressembler forcément au Muppet Show à un moment ou un autre...

Je précise néanmoins que les Muppets ne me dérangent pas, en temps normal, mais là, visiblement, comme c'est le début de Farscape, les marionnettes ne devaient pas être totalement au point. En tout cas, passer tout un épisode sur le nabot à moustache qui essaie de détacher l'alarme du vaisseau, ce n'est pas le top.... tout simplement parce que le nabot en question a des gestes et des expressions limitées qui ne fonctionnent pas vraiment... principalement parce que l'on retrouve de temps en temps une posture ou une expression typiquement Muppet...

Quant au scénario, "On part à la recherche de quelque chose de vital sur une planète, et on se retrouve capturé par les indigènes qui ne connaissent aucune vie extraterrestre", c'est effectivement du vu, vu, et revu, y compris dans les SG1... et malheureusement, ici, ça n'a pas le ton humoristique d'un "Little Green Men" de Deep Space Nine, ce qui aurait pu faire toute la différence.

1x03 : celui avec les bestioles qui envahissent le vaisseau et font des clones. Amusant, notamment pour Crichton qui s'en prend plein la tête pour pas un rond.

1x04 : celui où Rygel se fait capturer par des Predator-like qui fonctionnent à une drogue injectée par leur bracelet de combat. C'est divertissant. Même si c'est très dérivatif, si les scènes d'action sont ultra mal réalisées depuis le début de la série, et si les feuilles d'arbres peintes en bleu, ça fait fauché. Mais il y a un poulpe géant extraterrestre, donc ça ne peut pas être mauvais.

1x05 : à peine 5 épisodes, et déjà une histoire de "voyage" temporel, avec Crichton qui voit le futur proche.... ces scénaristes sont courageux... l'épisode aurait pu être bon, d'ailleurs, si la méchante en chef ne jouait pas comme un pied... reste que Crichton est très marrant quand il mime l'attaque neurale scorvienne...  

Pour la suite, je ne vais pas forcément détailler tous les épisodes par le menu : disons plus simplement qu'à la mi-saison, le bilan de la série est assez mitigé.

Dans les points forts de Farscape, il y a clairement les acteurs principaux, leurs personnages, les relations qui existent et se créent entre eux, le côté décomplexé/second degré du tout, bref, tout ce qui touche aux personnages.

Dans les points faibles, il faut quand même avouer que le format 50 min de cette saison 1 est particulièrement mou et mal fichu : les épisodes ont régulièrement de fâcheuses baisses de rythme, voire sont soporifiques, surtout avec la musique trop souvent faiblarde. De même, les épisodes que j'ai vus sont à 80% des loners sans réel lien entre eux, et qui plus est des idées déjà vues ailleurs, que ce soit en mieux (dans du Trek & co) ou en pire (dans du SG1) :  Moya qui ne se comporte pas normalement parce qu'elle est malade, le Q de service qui fait s'affronter les personnages, la planète hospitalière qui cache un sombre secret, etc... Bref, on a vu plus original.

Cela dit, à la mi-saison, ça commence à prendre de la vitesse niveau scénario, à se structurer et à se peaufiner un peu (parce que certains décors ou maquillages de la saison 1 sont quand même plus fauchés que tout). Place à une fin de saison bien meilleure, donc...

Bilan de fin de saison 1 :

Comme je disais à la mi-saison, la saison 1 est loin d'être parfaite. Les 3/4 des scénarii des loners sont tout sauf originaux, la réalisation a tendance à ne pas suivre (ralentis bancals à gogo, etc), la musique est trop souvent synthétique et horripilante, et ça manque - pour la majeure partie de la saison - d'un arc directeur convenable et intéressant... sans oublier le manque flagrant de rythme inhérent au format.

Par contre, lorsque ça attaque sérieusement la mythologie du show, et que les épisodes cessent d'être de simples loners, Farscape devient passionnant. Forcément, puisque les personnages et leur relations sont très bien écrits (même si je regrette que la relation Aeryn/John de l'épisode sur "Terre" passe un peu à la trappe ensuite), que Scorpy a la classe, et qu'on accroche sans problème à cette bande de bras cassés de l'espace.

Un petit bémol, cependant : malgré ces qualités, la fin de saison n'arrive pas vraiment à être surprenante. Qui ne se doutait pas que Crais avait des vues sur mini-Moya ? Ou bien encore, dans l'épisode d'avant, que la frêle "victime" était en fait le méchant monstre ? Etc...

Rien de bien méchant, et le fait d'avoir vu une grosse majorité de ce qui s'est fait avant dans le genre ne doit pas aider non plus, mais bon, c'est un peu embêtant de commencer un épisode et d'aussitôt deviner ce qui va se produire ensuite. Cela dit, Farscape devient vite une série addictive... donc place à la saison 2 !

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Les bilans de Lurdo - Seaquest DSV, saison 3 (1995)

Publié le 27 Mars 2012 par Lurdo dans Les bilans de Lurdo, Critiques éclair, Review, Télévision, Science-Fiction, Aventure

SeaQuest DSV saison 3, la saison de l'ennui :

Nouvelle saison de SeaQuest, et encore une nouvelle orientation pour le show. Après l'exploration et la science en saison 1, le n'importe quoi science-fictif foireux de la 2, voilà la géopolitique guerrière pour une saison 3 de 13 épisodes seulement... et heureusement.

En effet, Roy Scheider en a eu assez de la s-f bancale de la saison 2, il est parti, et est remplacé par Michael Ironside, qui campe un capitaine sévère, strict et autoritaire (ce qui n'empêchera pas Scheider de cachetonner dans un épisode sur 4 de cette saison).

Bref, le 3x01 commence comme une suite directe (d'aucuns diraient un reboot à la Smallville) du final raté de la saison 2, qui voyait le navire envoyé à l'autre bout de la galaxie. Là, 10 ans après, le navire réapparaît au milieu d'un champ, et son équipage - enfin, seulement la distribution principale, puisque tout le reste de l'équipage a été mystérieusement évacué, tout comme la doctoresse à forte poitrine de la saison 2... ("ils sont morts", cool...) - réapparaît un peu partout à la surface du globe, amnésique.

Dès le début, on sent que la nouvelle équipe de production n'en a rien à faire des saisons précédentes: le Capitaine Bridger découvre soudain que son fils n'est pas mort, mais qu'il vivait caché avec sa petite famille (ou comment détruire toute la caractérisation du personnage depuis la saison 1 en 30 secondes), on parachute la geekette ingénieure dans les bras de NumberOne (en même temps, il faut bien justifier leur présence, et ce même si elle a passé la saison 2 à se taper la moitié de l'équipage), et on apprend que la Terre n'a plus rien à voir avec celle que connaissait le SQ 10 ans plus tôt. En résumé, c'est la guerre, limite post-apocalyptique, avec une méchante confédération dictatoriale, la Macronésie, qui menace la liberté du reste du globe... et seul l'UEO et le Seaquest peuvent les en empêcher... Tout ça nous est raconté dans une belle voix-off médiocre qui ouvre l'épisode...

Exit aussi le générique et le thème de John Debney : Tout ça est remplacé par quelque chose de synthétique et de moche, plus guerrier, à l'image de la saison en somme. Car il ne se passe presque pas un épisode sans que l'on ait droit à des dogfights sous-marins entre la nouvelle pilote de combat du SQ - une afro-américaine cybernétique totalement transparente - et des navires ennemis. C'est pratique, ça occupe 5 minutes sans trop se fouler, et ce même si les effets spéciaux sont de plus en plus mauvais.

Dans le 3x02, on découvre l'autre grand méchant de la saison: une vilaine corporation industrielle, DEON, qui provoque la rupture d'un pan de la banquise, et met en danger des réfugiés macronésiens, dans le seul but d'amener le SQ à intervenir hors de son territoire. Des dogfights soporifiques, un caméo de 2 minutes 30 de l'officier magouilleur de la saison 1, et un Capitaine qui se prend pour Kirk et va taper sur les méchants avec ses petits poings.

Le 3x03 continue dans cette orientation, avec une ex du capitaine qui revient à bord, et une histoire bancale de navires qui disparaissent près d'une colonie... ah, et Dagwood qui songe à quitter le SQ pour une histoire de ségrégation... blablabla... la routine s'installe.

3x04 : Un train sous-marin saboté par la méchante corporation, Numberone et la geekette qui sortent ensemble, des dogfights à gogo, et des scènes tout simplement ridicules, sans le vouloir (Numberone et Geekette qui dansent lors d'une soirée... *soupir*). Par contre, il faut saluer l'effort de continuité d'un épisode à l'autre, qui font de cette saison une saison plus feuilletonnante qu'avant.

3x05 : Le SQ est coincé entre les actions de la Macronésie et celle de Deon, lors d'une conférence de paix durant laquelle la cyber-afro-américaine est télécommandée pour assassiner le président de l'UEO. En gros, le postulat de départ de Star Trek VI, avec quelques modifications malvenues, et un Piccolo qui est supportable, pour une fois.

3x06 : Grande nouveauté, le SQ a une vitesse de distorsion sous-marine (!?) et une base macronésienne est détruite par des missiles de l'UEO, missiles en fait lancés par un ancien mentor du Captain, devenu cinglé. Le Séducteur de service, qui avait presque été passé à la trappe jusque là, se retrouve à la tête du SQ, pendant que le Capitaine joue de ses poings, et fait de la musculation... youpi.

3x07 : Une mission de sauvetage échoue, et la geekette, qui n'a jamais joué aussi faux, est capturée par de méchants macronésiens. Mission de sauvetage bis, et paf, le Séducteur passe de vie à trépas. Ça tombe bien, il ne servait à rien depuis une saison, et il avait eu sa grande scène dans l'épisode précédent. Grand moment de ridicule, sa mort, d'ailleurs....

3x08 : Stupéfaction : un bon épisode, qui ne parle ni de DEON, ni de la Macronésie !! Un dépolluant lâché par SQ 10 ans plus tôt a muté, et met en danger tout l'écosystème d'une région du globe. Le SQ arrive, mais est intercepté par plusieurs sous-marins, commandés par le Capitaine Bridger, désormais civil, qui s'oppose aux techniques agressives de résolution de cette crise proposées par le SQ. Un épisode très intéressant, avec un duel entre l'équipage du SQ et Bridger, une opposition forte entre Bridger et Lucas, etc. Le SQ prend l'eau, attaqué par le dépolluant, on parle d'une navette de type D.S.9 (:D), et ça parle enfin science. Rafraîchissant.

3x09 : Comeback du "Capitaine Nemo" de la saison 1, devenu ambassadeur de l'un des états de l'UEO, et de l'ex du Capitaine, qui veut justement tuer cet ambassadeur. Guère passionnant, même si il y a du mieux par rapport au début de saison.

3x10 : Bridger à nouveau de retour, mais dans les services secrets de l'UEO, cette fois-ci, et il réquisitionne le SQ pour se rendre jusqu'à une base secrète en territoire ennemi. Et le passé de Bridger et Numberone est révélé (= ils ont pris part à des expériences illégales de manipulation génétique sur des GELFS), tandis qu'on se farcit encore des dogfights à gogo. Bon, l'épisode contredit deux saisons de continuité sur Bridger, mais ce n'est pas grave (!)

3x11 : Un trou noir (!?) dans le réacteur du SQ (avec effets pourris en prime) envoie le sous-marin en 1962, le dernier jour de la crise des missiles de Cuba. Ouaip, à la Nimitz. Sauf que là, la crise a eu lieu, et est devenue une guerre nucléaire... et donc le SQ remonte en arrière, pour empêcher la fin du monde. Il y a du technoblabla sans queue ni tête, c'est profondément stupide (le SQ n'a que deux choix possibles : rester dans ce 1962 post-apocalyptique où ils sont les seuls survivants et où toute la Terre est irradiée, ou tenter de remonter le temps à nouveau pour en changer le cours, au risque de faire exploser le SQ... et ces idiots hésitent pendant 10 minutes.) Une catastrophe niveau écriture, et Brittany Murphy dans l'un de ses premiers rôles.

3x12 : En mission sur une colonie pénitentiaire, Geekette s'aperçoit que l'un de ses ex y est retenu prisonnier pour des raisons illégitimes, et exploité par les autorités locales. Je me suis endormi devant tellement c'était prenant.

3x13 : C'est la fin de saison, mais ça ne décourage pas les scénaristes, qui introduisent un nouvel état asiatique surpuissant (un croisement entre les Borgs et les Romulans, dans leur technologie et la manière dont l'épisode les présente) qui attaque des outposts de l'UEO et de la Macronésie. RAS... ah, si, la pilote afro-américaine décède, mais vu qu'elle n'a servi à rien de toute la saison, on s'en moque.

 

Bref, voilà. SeaQuest est fini, pour de bon. SeaQuest, ou l'exemple type de ce qu'il ne faut pas faire avec un show tv : une saison 1 assez bonne dans son genre, une saison 2 ratée dans son nouveau genre, et une saison 3 assommante encore dans un autre genre. Tout ça parce que l'audience de la saison 1 n'était pas suffisante... du beau gâchis.

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Les bilans de Lurdo - Seaquest DSV, saison 2 (1994-1995)

Publié le 25 Mars 2012 par Lurdo dans Les bilans de Lurdo, Critiques éclair, Review, Télévision, Science-Fiction, Aventure, Fantastique

SeaQuest DSV saison 2, "ça se casse la gueule" :

Donc après une saison 1 de sci-fact plutôt réussie, la production change totalement, à la demande de NBC, et oriente le show dans une direction totalement opposée. Autrement dit, cette saison 2 délaisse totalement l'aspect scientifique du show et donne dans la science-fiction bancale et simpliste à tendance Stargate SG1.

Et les changements commencent par le casting. On veut rajeunir la série, et donc, on évacue certains réguliers de la saison 1, pour les remplacer par des personnages plus jeunes. Ainsi, exit la Doctoresse, exit Stacy Haiduk ( >:( ) , exit le vieux chef de la sécurité, exit le magouilleur de service. Et place à des personnages d'autant plus exaspérants qu'ils sont transparents au possible.

On commence par les frères DeLuise (quand on vous dit que SG1 n'est pas loin) : Peter DeLuise récupère le rôle de Dagwood, un GELF homme de ménage, qui finit par être l'homme fort du vaisseau... mais forcément, il est simplet (c'est Forrest Gump, en gros). Le personnage est attachant, cela dit, et DeLuise n'est pas mauvais, dans son rôle de gros balourd... sauf qu'il est surexploité jusqu'à l'écoeurement dans quasiment tous les épisodes...

Idem pour son frangin Michael DeLuise, dans le rôle de Piccolo... Piccolo, un mutant italien du Bronx qui a des branchies, et qui reprend le rôle du magouilleur baratineur de bord, en y ajoutant un côté saoulant assez insupportable.

Et bien sûr, les deux acquisitions féminines de l'équipage. D'abord, une jeune brunette à tendance geek en ingénieur, jouée par Kathy Evison, et dont les scénaristes ne savent que faire : ici elle flirte avec Lucas, là avec un pilote, là encore avec Ted Raimi, etc, etc... et celle que j'appelle "Troiaski" (Rosalind Allen), le nouveau médecin de bord, une trentenaire brune télépathe à forte poitrine, mélange irritant de deux personnages de Star Trek The Next Generation, à savoir Pulaski pour le côté râleur et arrogant, et Troi pour le côté télépathe & décolleté. Un personnage énervant, et qui amène dans cette saison bon nombre d'intrigues totalement imbuvables à base de télépathie et de parapsychologie bancales.

Ah, et j'ai failli oublier le nouveau séducteur du navire, le nouveau chef de la sécurité (Edward Kerr), qui est un personnage tellement transparent que sa seul caractéristique, c'est de ressembler vaguement à Futé de L'Agence tous Risques.

Les anciens personnages sont parfois développés (Raimi dans le 5 et le 19), mais grosso modo, ils deviennent tous inintéressants : Bridger n'évolue pas d'un pouce entre le début et la fin de saison, le premier officier (que je surnomme NumberOne) a perdu ce qui le rendait intéressant en saison 1 (à savoir ses interactions avec tous ceux qui sont partis), Lucas fait de la figuration dans les 3/4 des épisodes, Darwin ne sert plus à rien, etc...

Ensuite, le scénario. La majeure partie de l'équipe d'écriture de la saison 1 a quitté le navire, et ça s'en ressent : en fait, la saison 2 ressemble souvent à un worst of de la saison 1. Tous les épisodes intelligents ont disparu, et les 2-3 épisodes faibles de fin de s.1 deviennent le prototype de tous les épisodes de cette saison 2. De plus, quasiment aucun épisode n'est maîtrisé dans sa narration, et on a droit à toutes les facilités narratives qu'un mauvais épisode de SG1 peut avoir.

De même, la production a changé de base d'opérations : résultat, à peine un petit quart de la saison a des scènes à l'intérieur du Seaquest 2.0. Tout le reste se déroule systématiquement sur terre, en extérieur. Et l'on ne peut même pas dire que c'était pour économiser du budget, puisque les effets spéciaux sont tous fauchés au possible, en comparaison de la saison 1. Ce qui est très dommageable pour une série qui vire, avec cette année, à la science-fiction pure et dure.

Bref passage en revue des épisodes, à chaud, dans l'ordre de production :

2x01-02 : Les deux premiers épisodes de la saison (un two parter), illustrent très clairement la rupture de ton et de contenu avec la saison 1. D'office, on remarque quelques changements : Bridger a la barbe, le Seaquest est aménagé comme l'Enterprise, le nouveau générique est hideux au possible, etc...

Le scénar de ce premiere ? Apparemment, si l'on en croit le déroulant qui ouvre l'épisode 1, le futur très proche connaît des sortes de guerres eugéniques, qui aboutissent à la création des GELFS, sortes d'universal soldiers tatoués, des mutants conçus in vitro, plus forts, plus rapides... et plus bêtes.

Ils sont parqués dans des camps, et décident un beau jour de s'évader et de réclamer leur freedoooooooom. Et donc le SQ est envoyé à la rescousse.

Ce two-parter fait peur. Parce que tous les GELFS jouent unanimement mal, parce que le rythme est bancal, parce qu'il y a zero crédibilité scientifique (on apprend que 4 générateurs d'oxygène de la taille d'une usine suffisent à alimenter la planète en oxygène, depuis que la forêt équatoriale a été laminée... certes...), etc. En somme, c'est presque un nouveau pilote, tant un temps incroyable est passé à établir le nouveau "Seaquest"... et la suite est pire...

2x03 : Le retour des ETs de la saison 1, un vieil indien qui est au courant de leur arrivée, Anasazi-style, unplagiat de Borg-cube, et des scènes positivement ridicules : les ETs sur des tapis roulants de cardio-training... O_o

2x04 : Un des épisodes qui contrastent de manière flagrante avec la scientificité de la saison 1: ici, un "Nuage du chaos" (WTF ?) créé par les pensée négatives et maléfiques des occupants d'une station sous-marine s'échappe et les rend tous fous, tout en devenant conscient et en voulant détruire le monde. Du grand n'importe quoi très mal écrit, et qui voit pour la première fois le Seaquest se servir de phasers, à la Star Trek... (WTF bis !?)

2x05 : On a viré Westfallen, donc on met en place de manière totalement artificielle une amourette entre la jeune doctoresse et le Capitaine pour remplacer l'intrigue équivalente de la saison 1... Idem pour Ted Raimi, qui sort soudain avec la geekette... le tout dans un épisode centré sur Piccolo, totalement raté, et qui parle de la mère de celui-ci, qui prend des pilules de jouvence dangereuses... intrigue bouclée à la Smallville, en 30 secondes.

2x06 : N'importe quoi inside, bis : Le Seaquest passe dans un Wormhole aquatique, et se retrouve 230 ans dans le futur, sur une terre dévastée où seuls deux adolescents survivent et se battent à coups de mechas géants téléguidés. Des effets numériques très très nazes, et un paradoxe temporel sans résolution...

2x08 : Des triffides mutants filmés à la Evil Dead déciment une colonie horticultrice, puis le SQ. Ridicule.

2x07 : Le SQ affronte un autre sous-marin commandé par une intelligence artificielle copiée sur les connaissances de Bridger. Classique.

2x09 : Idem que le 5, avec la mère du chef de la sécurité qui revient dans la vie de son fils avec 20 ans de moins, blablabla, dans un épisode ennuyeux au possible.

2x10 : Forrest Gump accusé de meurtre, et  comme d'habitude, son procès, son jumeau maléfique... zzzzzz....

2x11 : Une équipe du SQ se retrouve coincé dans une grotte sous-marine avec un Ver Géant de Dune© qui essaie de les dévorer. Classique, mal écrit, mal rythmé, et ils nous refont la fuite in extremis à la Empire Contre-Attaque. Mais paradoxalement l'un des épisodes les moins science-fictifs de la saison.

2x12 : Là, on tape dans le monster movie, avec un crocodile géant préhistorique. Raté, mais Numberone-centric, ce qui est toujours ça de gagné. Par contre, la fin est impressionnante de stupidité :
"- Non, nous ne pouvons pas tuer cette bête, elle n'agit que par instinct !
- J'ai une idée: on l'endort, on la transporte sous un iceberg, on fait exploser l'iceberg, et zou, elle sera ensevelie sous la glace !
- Génial, on ne lui aura pas fait de mal, comme ça !"

:S

2x13 : SQ découvre un casque atlantéen môôôôôdit, qui rend tout l'équipage cinglé & paranoïaque. En bref, c'est Naked Time version SeaQuest, jusqu'au membre d'équipage torse nu avec son épée, qui se prend pour Sulu... mais le tout est hyper-sérieux et ennuyeux. Et puis quand l'Atlantéen arrive pour nous parler de réincarnation, c'est *soupir*.

2x14 : Le coup classique de la jolie fille qui drague un membre de l'équipage et le baratine pour monter à bord du SQ et en prendre le contrôle... RAS.

2x17 : Dumbest. Episode. Ever.

De toute façon, un épisode qui commence par deux des anciens de la saison 1 en train de râler et de dire "Quand j'ai signé pour le Seaquest, c'était pour la science, pas pour le divertissement.", ça paraît assez clair. Parce que cet épisode, intitulé Watergate, nous compte la découverte par le SQ d'une pyramide égyptienne sous marine, faisant 2 fois la taille de l'Everest, et qui s'avère être en fait le tombeau de Poseïdon (forcément : pyramide égyptienne, dieu grec, super-logique)... et forcément, Popo se réveille, se bat avec le SQ qui lui balance des torpilles dans la tronche, pendant que l'équipage voit des chevaux et se prend pour Méduse... Voilà voilà....

2x15 : Bridger n'a plus de barbe, pour accueillir Mark Hammill en guest star, dans un épisode à base d'aliens, et oui, encore un. Cette fois-ci, une comète faite de "matière absolue" (WTF !?) s'écrase dans l'océan, paralyse le vaisseau, et donne naissance à un monstre. On a alors le droit à un Aliens du pauvre pendant 30 minutes dans les coursives du vaisseau, puis les 10 dernières minutes sont à base de "l'alien a pris possession du corps d'un membre de l'équipage, et est parti pour tuer Hammill, parce qu'en fait lui aussi c'est un alien prophète exilé de chez lui par le pouvoir en place". O_o

2x16 : Un épisode totalement en extérieur, avec un über-télépathe meurtrier et omnipotent qui oblige le gouvernement à parquer les télépathes dans des camps... À Troiaski de se battre en duel contre lui, et de découvrir qu'il n'est qu'une innocente victime d'une expérience secrète du gouvernement... soporifique.

2x18 : Dumbest. Episode. Ever. Ziriteurn.

Ou la découverte d'une boîte antique mystérieuse renfermant un démon ancien (le dieu Seth) cornu et vaporeux... Seth, qui prend possession du personnel d'une base sous-marine et les tue un à un. Super mal foutu, et kitsch au possible, surtout grâce au "jeu" des possédés....

2x19 : On retrouve ici la clairvoyance des scénaristes. Ted Raimi qui ouvre l'épisode en disant "Il arrive des trucs à tout le monde, sauf moi", et qui veut quitter le Seaquest, ça sonne tellement vrai. Ben ouaip, il ne sert à rien, le Ted... Donc un Raimi-centric avec un grand méchant h@ck3rz qui se force à parler comme Mossieur Moviefone, et qui libère la méchante du season premiere avec des androïdes, pour qu'elle aille draguer Raimi. Mal écrit, mal joué, et sans enjeux aucuns, puisqu'ils sont tous réglés en 20 secondes, sans véritable conclusion ni continuité.

2x20 : Un drogué télépathe et bionique manipule les esprits des membres de l'équipage du SQ... zzzzzz....

2x21 : Encore un Piccolo centric, avec l'un de ses anciens codétenus à branchies qui s'évade, embarque Piccolo avec lui en avion, et se crashe en territoire ennemi, dans la jungle... où ils sont chassés par un Predator du pauvre... pas vraiment sci-fi, mais certainement très barbant.

2x22 : Un season finale piteux. Mark Hamill revient, le SQ est enlevé par les extraterrestres (!), et relâché sur une planète aquatique (!!), pour les aider à lutter dans une guerre interstellaire contre leurs ennemis... WTF !!?

Ce qui est amusant, c'est qu'on voit bien dans le jeu de Roy Scheider qu'il se fait profondément ch*er (n'ayons pas peur des mots) dans ces épisodes de science-fiction médiocre. Les maquillages sont fauchés (digne du Star Trek des 60s), et l'épisode se résume à des tirs de lasers dans des corridors. Quand au cliffhanger, huhuhuhu... le SQ est coulé, l'équipage en difficulté, à suivre... whatever.

Donc, bilan saisonnier : une saison très très mauvaise, mais à un point incroyable.

C'est vraiment le cas d'école de "comment couler une série avec du potentiel en moins d'un an". Même la musique perd monstrueusement en qualité entre la saison 1 et la fin de la saison 2, John Debney puis Don Davis mettant successivement les voiles.

Cela dit, maintenant, je suis assez impatient de voir la saison 3, puisque c'est Seaquest, 30 ans après, et qu'il y a cette vieille ganache de Michael Ironside aux commandes... de toute façon, ça ne peut pas être pire que la s2... n'est-ce pas ? :S

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Les bilans de Lurdo - Seaquest DSV, saison 1 (1993-1994)

Publié le 22 Mars 2012 par Lurdo dans Les bilans de Lurdo, Critiques éclair, Review, Télévision, Science-Fiction, Aventure

Lorsque j'étais plus jeune, que je regardais encore TF1, et que je ne connaissais pas encore les univers de Star Trek ou de Babylon 5, j'aimais beaucoup Seaquest. J'en gardais un bon souvenir, souvent déjanté, à base de Dieux Grecs, d'extraterrestres, de voyages dans le temps, de monstres marins, etc... et surtout, je me souvenais d'un équipage ma foi bien sympathique. 

Et je me souvenais aussi d'épisodes beaucoup plus soporifiques, avec peu d'action, beaucoup de blabla, et plein de dialogues pseudo-scientifiques. Ceux-là, lorsque j'étais plus jeune, ils ne me plaisaient pas du tout... Maintenant, près de 20 ans après la création du show, qu'est-ce que ça donne ?

Bon, d'office, on ne peut pas nier la filiation avec Star Trek (notamment avec The Next Generation, qui entamait à l'époque sa dernière saison). Que ce soit au niveau des personnages (le capitaine, la doctoresse séduisante qui n'est pas insensible à son charme, l'adolescent prodige, etc), ou au niveau de l'univers (l'UEO, qui est un copié-collé de la Fédération ; le vaisseau, porte-étendard de sa flotte) et des thèmes (on retrouve cette même ambition de délivrer un message "moral", une réflexion dans chaque épisode)....

La filiation est même clairement assumée, avec un épisode qui a William Shatner en guest star, dans la peau moustachue d'un Seigneur de Guerre serbo-croate en fuite, et qui apparaît sur un écran avec la mention "JTK NCC1701" puis "NCC1701A" : les amateurs de Star Trek apprécieront (du moins, ils apprécieront la référence, hein, parce que l'épisode en lui-même est l'un des moins réussis de la saison, et Shatner n'y est pas franchement bon).

Les différences avec Next Generation ?

Déjà, une différence fondamentale : le Wesley Crusher de bord n'est pas antipathique. Dans les premiers épisodes, il peut paraître saoulant, d'autant que l'interprète est alors parfois faux, mais il devient rapidement attachant, et n'est pas surexploité à la Crusher. D'ailleurs, c'est le cas de quasiment tous les personnages du navire : il ne leur faut pas 4 ou 5 saisons pour devenir intéressants ou sympathiques.

La distribution est immédiatement chaleureuse, les personnages bien écrits - ils ont tous leur histoire, leurs relations, qui sont développées à un degré ou un autre durant la saison. Que ce soit le morale officer toujours à l'affût des magouilles et autres coups douteux, son ex-femme (Stacy Haiduk :love:), le premier officier assez raide, la doctoresse qui râle tout le temps, Ted Raimi, etc, ils ont tous quelque chose qui fait que l'alchimie entre les persos fonctionne très bien. Et ils évoluent.

Quid alors des souvenirs mitigés que j'avais ?

J'ai réalisé une chose : la saison 1 est une excellente saison de science-fact. Pas science-fiction, mais sci-fact.

Parce que les thèmes traités ne sont quasiment pas de la science-fiction. Pas de monstres tentaculaires (du moins, pas dans le sens "film de monstres"), pas d'extraterrestres, pas de surnaturel dans 95% des épisodes de la saison.

Ici, on parle science, géopolitique, problèmes de bureaucratie, de hiérarchie, d'écologie et de terrorisme, avec un mot d'ordre guère éloigné de ce que James Cameron fait à longueur de temps : faire partager le merveilleux et la beauté du monde sous-marin. D'ailleurs, la petite minute éducative présente dans chaque générique de fin aide à cerner les intentions de la production (Steven Spielberg inside, d'ailleurs).

Même les épisodes à priori plus "ésotériques" se voient traités de manière réaliste et intelligente (comme l'épisode se déroulant dans le Triangle des Bermudes), sans toutefois verser dans le trop sérieux, grâce à une pointe de second degré toujours présente...

Il y a cependant quelques exceptions, dans cette saison 1. En effet, comme de la sci-fact intelligente et engagée, ça fonctionnait très moyennement niveau audience, NBC a demandé à la team Seaquest de revoir totalement sa copie.

Aussi,en fin de saison, alors que jusqu'à présent, les seuls éléments "fantastiques" avaient été un épisode parodique spécial Halloween à base de fantômes, et une vague mention de capacités psychiques (semblables à l'empathie dans Star Trek) chez l'homme et le dauphin, on voit soudain débarquer dans deux épisodes successifs un vaisseau extraterrestre enfoui au fond de l'océan, et un "Dr Moreau"-bis, en la personne de Charlton Heston, qui crée des humains amphibies par mutation génétiques et greffe de branchies. O_o

Et le n'importe quoi m'ayant plu plus jeune (aliens, mutants, Atlantide, Poseïdon, monstres) est en fait directement issu de la saison 2, qui part clairement dans cette direction. Mais là où c'est amusant, c'est que je me retrouve à adorer les épisodes "sérieux" que je détestais étant jeune, et à difficilement supporter les épisodes plus "fantastiques" que j'adorais autrefois, et qui me paraissent désormais franchement à côté de la plaque/de ce qu'était le show en saison 1.

Sans oublier que ce fameux changement d'orientation entre les deux premières saisons se traduit aussi par une disparition des 2/3 du personnel de la saison 1. En cela, le final de la saison 1 à quelque chose de Whedonesque : il boucle les intrigues de tous les personnages, conclut celle du Seaquest de manière explosive, tout en laissant la porte ouverte à une suite potentielle... qui aura lieu.

Bref, une bonne première année pour ce show, une saison qui rivalise sans trop de difficultés avec la première de Star Trek : The Next Generation. Elle n'est pas parfaite, loin de là : il y a l'occasionnel épisode soporifique (l'avant dernier de la saison, qui n'est intéressant que par le personnage du Général Luis Guzmano... interprété par Luis Guzman :p ), quelques clichés typiquement américains sur les autres pays (notamment la France, mais aussi l'Amérique Latine), et des idées qui auraient mérité d'être mieux développées.

Mais dans l'ensemble, la saison 1 est assez homogène, et se regarde facilement à raison de plusieurs épisodes par jour, ce qui est généralement bon signe quand à la qualité du programme.

Et puis une série dans laquelle le Président des USA, c'est Steven "Mr X" Williams, ça force le respect !

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Les bilans de Lurdo : Fear Itself (2008)

Publié le 19 Mars 2012 par Lurdo dans Les bilans de Lurdo, Critiques éclair, Review, Télévision, Horreur, Fantastique, NBC, Anthologie, Drame, Thriller

Fear Itself, c'est en quelque sorte le pendant mainstream de Masters of Horror. Même équipe, même concept, mais 13 épisodes diffusés sur NBC en 2008, avec ce que ça entraîne d'auto-censure : moins de sang, pas de nudité, et un format ramené à 40-45 minutes, la norme de la télévision américaine.

Ce dernier point étant probablement le seul avantage réel de cette suite officieuse aux MOH. En effet, nombreux étaient les épisodes de Masters of Horror à traîner la patte, et à meubler pour atteindre l'heure de métrage. Plus courts, ces épisodes de Fear Itself sont, quant à eux, plus dynamiques et nerveux... néamoins, le véritable problème de MOH, c'était avant tout la faiblessse des divers scénarii, souvent peu inspirés.

Aussi si, en théorie, de nouveaux réalisateurs pouvaient apporter du sang neuf niveau visuel, force est de constater que Fear Itself continue la lente déliquescence du projet Masters of Horror : en conservant Mick Garris comme scénariste/adaptateur/producteur de la moitié des épisodes, et des scripts trop faibles pour remplir une heure de show, l'anthologie s'est rapidement tiré une balle dans le pied, comme un rapide survol des épisodes suffit à s'en apercevoir... 

- 1x01 - The Sacrifice : 4 criminels - dont un grièvement blessé - tombent en panne en pleine cambrousse près d'un vieux fort enneigé, et y découvrent trois soeurs mystérieuses.

Dans la droite lignée du pire de MOH (soit 75% des épisodes de la série ). Faisons abstraction du générique illustré par du Serj Tankian, totalement hors-sujet, et concentrons-nous sur l'épisode... Un épisode à zéro de tension ou d'ambiance pendant tout l'épisode, un scénar convenu et téléphoné (ouuuuh une forteresse où ne vivent que trois filles canons - qui séduisent et piègent les hypothétiques visiteurs - et une créature dangereuse et vampirique maintenue dans une pièce du fort.... ooouh, des criminels (dont deux frangins) qui font un arrêt imprévu en pleine fuite, et qui se retrouvent plongés dans une histoire de vampires qui se finit mal... pourquoi j'ai l'impression d'avoir déjà vu tout ça 250 fois ailleurs, et en bien mieux ? ), c'est soft sur tous les plans, ça joue moyennement, et la réal de Breck Eisner est passe-partout au possible.

- 1x02 - Spooked : Un flic reconverti en détective privé enquête sur une affaire d'adultère, mais commence à entendre des voix dans le bruit blanc de ses micros, avant d'être hanté par l'une de ses anciennes victimes.

Brad Anderson à la réalisation, le scénariste de White Noise 2, Eric Roberts en Dirty Harry de service, un sidekick black, Libby de Lost... et ça s'arrête là.

Amusant de voir Brad Anderson rejouer à nouveau un moment sur le concept de bruit, et il faut bien avouer que comme dans son épisode de MOH, ça fonctionne assez bien tant que ça dure. Ce qui est assez bref, en fin de compte. Parce qu'ensuite, le scénar est banal au possible, et l'on devine les développements dix minutes à l'avance. Sans compter que le passage en vision thermique est franchement foireux, et que le gamin aurait dû reculer de trois mètres en tirant avec un flingue pareil - ou au moins, son bras aurait dû se faire la malle... Donc gros bof.

- 1x03 - Family Man : Échange de corps entre un père de famille et un tueur en série après un accident de voiture.

Dan Knauf au scénario, et Colin Ferguson dans l'un des rôles principaux = capital sympathie non négligeable. Cela dit, ce n'est pas pour autant exceptionnel. C'est relativement efficace (bien que prévisible au possible), et ça ne dépareillerait pas dans un Outer Limits, mais il y a quand même des défauts, et ça m'a pas vraiment passionné (au point de ne pas avoir grand chose d'intéressant à dire dessus). La réalisation de Ronny Yu est au mieux quelconque, rien de particulièrement bon ou vraiment mauvais (encore que, quelques moments sont ratés : le premier coup de matraque dans la cellule, par exemple). Le cauchemar avec la gamine sur scène est efficace, le rythme m'a paru bizarre, assez lent (c'est du Knauf), et parfois précipité (quand est arrivée la fin, je me suis demandé si 40 minutes étaient vraiment passées, alors que quelques instants plus tôt, je regardais ma montre... ), et si c'est quand même meilleur que les deux premiers, ça ne va pas non plus rester dans les mémoires.

Ah, et The following program contains scenes of an intense nature. Laule.

- 1x04 - In Sickness and in Health : Une future mariée reçoit un message énigmatique, qui l'informe que la personne qu'elle va épouser est un serial-killer...

Grosse déception : j'en attendais beaucoup plus, avec James Roday, Maggie Lawson, et John Landis devant et derrière la caméra. Limite leurs épisodes de Psych sont bien plus réussis. Là, non, c'est téléphoné du début à la fin, c'est mou, la réal est trop théâtrale, et ça se prend malheureusement trop au sérieux pour vraiment fonctionner (Roday n'est pas crédible en méchant). Et puis j'ai vraiment le sentiment d'avoir déjà vu cette histoire dans un Tales From the Crypt...

Sinon, la petite qui courait et criait dans tous les sens était mimi comme tout (ouais, je n'ai rien d'autre à mentionner sur l'épisode, c'est dire...)

- 1x05 - Eater : Une jeune fliquette est confrontée à un tueur en série aux pouvoirs surnaturels, enfermé en cellule, et qui pourtant décime un à un les officiers de garde nocturne au commissariat.

Mouais, bof. Le côté visuel est assez réussi, bien glauque comme il faut (en même temps, on dira ce qu'on veut, mais Stuart Gordon réussit souvent ses réals d'un point de vue visuel et ambiance - un peu d'abus de caméras penchées et de lumières stroboscopiques, cela dit, dans cet épisode), mais le scénario (des mecs qui avaient écrit le bancal The Washingtonians) est franchement convenu de bout en bout.

Alors, certes, ça marche un temps, parce que c'est fait sans prétentions, au premier degré, et que ça va au bout de son concept, mais on n'en ressortira pas avec un souvenir impérissable, loin de là (d'autant que l'interprétation n'est pas forcément toujours géniale). La seule chose que je retiens, c'est Zouzou Zouzou Ziza. On a connu plus effrayant, comme incantation.

- 1x06 - New Year's Day : Une jeune femme se réveille avec une gueule de bois carabinée le jour de l'an, et découvre bien vite que la ville est envahie par les zombies...

Une réal de Bousman, ça aurait dû me mettre la puce à l'oreille. Mais non, j'y ai cru, après tout, avec l'auteur original de 30 Days of Night au scénario... ça avait des chances d'être au moins décent. Mais non, c'était mauvais. Bourré de clichés vus et revus au cinoche, et téléphoné de bout en bout. La réal et ses effets étaient clippesques, ça jouait super mal... Quant au twist final... euh... comment dire en restant poli... même les twists des Saw étaient plus solides...

Bref, un épisode par moments presque irregardable (à la Dance of the Dead), et à d'autres franchement ridicule (les cinq minutes de fin, franchement, laule.

- 1x07- Community : Grand classique des anthologies surnaturelles : un jeune couple qui s'installe dans une communauté d'apparence idyllique... mais qui cache en réalité un sinistre secret.

Le couple, c'est Shiri "Roswell" Appleby, et Brandon "Superman" Routh, donc à la base, plutôt sympathique. Le secret sinistre, c'est qu'ils sont tous cinglés, qu'ils s'espionnent tous mutuellement via des caméras, imposent des clauses de fertilité aux résidents et coupent les jambes des gens pour les empêcher de partir. La scène risible de service, c'est la table en verre d'Alias qui fait sa réapparition - ou alors le figurant qui se jette sur la bagnole, façon Body Snatchers. Le mauvais goût involontaire de la semaine, c'est de mettre Superman dans un fauteuil roulant à la fin de l'épisode.

Bref, c'est convenu et prévisible, le rythme est artificiel et ponctué par ces nombreuses ellipses temporelles qui cassent toute immersion, la post-synchro est affreuse, et les persos ont des réactions aberrantes qui te donnent envie de les baffer. Le pire étant qu'avec un peu plus d'originalité, ça aurait pu donner un truc à peu près solide.

- 1x08 - Skin & Bones : Un père de famille fermier part en forêt. Lorsqu'il revient, il est changé, et dangereux...

Un épisode avec Doug Jones dans le rôle du gloumoute (une créature d'ailleurs plutôt réussie). Problème: c'est écrit par Drew "Moriarty" McWeeny, et comme les deux épisodes de Carpenter écrits par le bonhomme, ça n'arrive jamais à se défaire de ses influences (genre le one-liner final, à peine pompé sur Aliens). Et en plus, là, on a pas Carpenter derrière la cam pour sauver les meubles.

Résultat : en moins de cinq minutes on comprend que ça va être un épisode sur le cannibalisme, très très inspiré par le Vorace de Bird, par le Wendigo - qui commence décidément à être foutrement surexploité -, et par les contes de fées à la Grimm (on pense souvent à un ogre, à sa femme humaine forcée de cuisiner pour lui, et au Petit Poucet qui se cache, etc). Et forcément, on se doute rapidement de l'évolution générale du truc...

Dommage, parce que le teaser était assez réussi niveau ambiance. M'enfin ça reste tout de même plus sympa que le reste de la saison... (cela dit, on retire l'interprétation de Doug Jones, et il ne reste plus grand chose).

- 1x09 - Something With Bite : Un vétérinaire est mordu par un animal étrange, et commence à se transformer en garou...

Épisode made in Dickerson/Landis. Pas étonnant que ce soit une histoire de garous, donc, traitée sur le mode comique. Et c'est vrai que c'est frappant : on dirait vraiment une série tv lambda, dans ce que ça a de plus cheap & péjoratif. Pour être même encore plus clair, ça ressemble à un Fais-moi peur & co, niveau réal, rendu visuel, jeu, et tonalité générale. Par contre, je ne suis même pas certain que ça ait vraiment autant d'intérêt qu'un bon épisode de Fais-moi peur, vu que le scénar, déjà assez banal à la base, souffre en plus d'une illustration vraiment pauvrette, à base de caméras systématiquement penchées sur la droite ou la gauche. Ooooh, j'ai peur.

- 1x10 - Chance : Une petite frappe tente de se sortir d'un deal en antiquités ayant mal tourné, mais il se trouve alors confronté à son doppleganger...

John Dahl à la réal, le co-co-scénariste de Dark City au scénario, pour un épisode plutôt sympathique et prenant (avec les 10 minutes de plus d'un MOH, ça aurait été gonflant, cela dit), principalement grâce à une réal sobre et efficace, et une interprétation solide d'Ethan Embry. Après, niveau "peur", il faudra repasser, et la fin est franchement des plus convenues, mais ça aurait fait un bon Twilight Zone (par contre, les antiquités "MARKHAM", niveau finesse, ce n'est pas vraiment ça).

- 1x11 - The Spirit Box : L'esprit d'une jeune femme demande, via ouija en mode sms () , à deux de ses amies de la venger de son meurtrier, le soir d'Halloween. Les deux filles mênent alors l'enquête, tout en étant hantées par des fantômes, des mecs bizarres, et en recevant des textos de l'au-delà ( bis).

Rob Schmidt à la réal, le scénariste de Wind Chill au script, et une réalisation honorable ; Jessica Parker Kennedy est mimi, mais le scénar est juste mauvais au possible, en plus d'être affreusement téléphoné et déjà vu, y compris le twist de fin foireux, le flashback explicatif, et l'ultime scène. Naze.

- 1x12 - Echoes : Aaron Stanford emménage dans une nouvelle maison, et soudain se met à avoir des flashbacks de la vie d 'Eric Balfour, un meurtrier ayant tué sa compagne, Camille Guaty ; Stanford fait part de ses flashbacks à son psy, inquiet d'être une menace potentielle pour sa meilleure amie - Guaty là aussi -, et ce dernier le place sous hypnose pour tenter d'explorer cette vie antérieure ; mais petit à petit, les deux réalités se confondent...

Rupert "Stigmata/The Fog '05" Wainwright à la réal, Sean "Cube 2/The Crow 4/H2K/Sick Girl" Hood au scénario, ça ne pouvait être que mauvais. Et ce malgré Eric Balfour, Camille Guaty et Aaron Stanford, qui font de leur mieux pour y croire. La faute à un scénario transparent et déjà vu des millions de fois, au rythme d'escargot, et qu'on dirait tout droit sorti d'un Tales from The Crypt au rabais.

- 1x13 - The Circle : Encore un épisode situé à Halloween, avec une bande de trentenaires qui se réunissent dans le chalet de l'un d'entre eux, un auteur de romans horrifiques (l'un des deux scénaristes de l'épisode !) hanté par un passé mystérieux, et qui reçoivent un manuscrit relatant précisément la soirée qu'ils sont en train de passer, une soirée qui sombre petit à petit dans l'horreur à mesure que "les ténèbres" attaquent le chalet et transforment ses occupants un à un en zombies.

Un ultime épisode signé d'un illustre inconnu (un Vénézuélien réalisateur d'une web-série d'horreur jamais diffusée), et adaptée d'une nouvelle écrite par l'équipe déjà à l'origine de MOH : The Washingtonians, de Road House 2, et de l'épisode Eater de Fear Itself. Bref, du très lourd.

Visuellement laid (il y a une sorte de filtre de diffusion constant sur l'image), pas super bien joué, les CGI sont très laids... mais bon, on n'a pas vraiment le temps de trop s'ennuyer, et si le tout est quand même bien ridicule, au moins il y a une volonté de faire dans l'épouvante et l'horreur, c'est toujours ça de gagné.

 

Bref, Fear Itself, qu'est-ce que ça vaut, au final...? Et bien si Masters of Horror était au final à peine plus qu'un pétard mouillé (la saison 2 encore plus que la une), Fear Itself tient plus des claque-doigts que l'on jette par terre : ça fait illusion un millième de seconde, ça fait un peu de bruit, et ça occupe les gamins, mais ça ne mérite même pas l'argent investi.

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Les bilans de Lurdo : Masters of Science-Fiction (2007)

Publié le 16 Mars 2012 par Lurdo dans Les bilans de Lurdo, Critiques éclair, Review, Télévision, Science-Fiction, Drame, Thriller, ABC, Anthologie

En 2007, l'équipe de Masters of Horror décide de remettre le couvert, mais cette fois-ci dans le genre de la science-fiction, et sur une chaîne mainstream, ABC. Le résultat, Masters of Sci-fi, met ainsi l'accent sur des récits classiques de la science-fiction littéraire, adaptés avec de nombreux acteurs connus.

Problème : rien ne différencie vraiment MOSF des autres anthologies du genre, comme Outer Limits. Pire : les récits choisis ne sont pas parmi les plus originaux, palpitants, ou réussis.

Autant dire que lors de leur diffusion, en plein été, les quatre premiers épisodes de la série ont fait un flop. Un flop menant immédiatement au retrait de la série de l'antenne, avant la diffusion des deux ultimes épisodes du show...

- 1x01 - A Clean Escape : Une psychiatre tente d'aider le Président des USA à retrouver la mémoire, pour qu'il prenne conscience de l'holocauste nucléaire qu'il a déclenché.

Meh. Heureusement qu'il y avait Allison Hossack, ça aide à maintenir un semblant d'intérêt, en ce qui me concerne. Franchement, c'est du Outer Limits, ni plus ni moins. Avec la voix robotique de Hawking en guise de narrateur... (mouais, pas du tout convaincu, par ce choix... dans une anthologie, un narrateur est synonyme de succès ou d'échec : Rod Serling était excellent ; Henri Rollins en imposait par sa seule présence ; le CryptKeeper est devenu mythique, Forrest Whitaker le faisait très moyennement ; et là, Mister Roboto, c'est pas franchement top...), la musique est inutilement grandiloquente... Et ils ont repris la police de caractère de Star Trek Deep Space Nine pour le générique.

M'enfin, du côté des bons points, ils ont l'air d'avoir mis de l'argent dans le show, et le format 40 minutes laisse moins de place aux baisses de rythme de MOH. C'est toujours ça. Même si ça n'empêche pas que ce soit super bavard, au final.

Sinon, le twist de fin : Mossieur Président a fait exploser sa super arme, a tué tout le monde, a pété un cable, et a oublié tout de l'année où il a appuyé sur le bouton rouge. La psy, c'est une ancienne militaire, qui a survécu aux bombes, mais dont la famille a été tuée par celles-ci. Et elle est malade, donc elle se suicide, mais Hossack prend sa suite, ce qui sous-entend que la torture psychologique du président est devenue, en quelque sorte, un divertissement pour ces 800-et-quelques survivants (voire qu'elle dure depuis des années, et que la psy malade n'était qu'une des nombreuses psy assignées à la torture du président).

- 1x02 - The Awakening : Un hélicoptère militaire se crashe en Irak, après avoir abattu ce qui ressemble très à un être volant non identifié... c'est la panique au gouvernement.
Alias "l'épisode avec Locke, Elizabeth Rohm, l'Homme à la cigarette (en président des States ), et Namaste-man". Problème : le twist de mi-épisode, sur la nature réelle de la créature abattue (un ange) est très rapidement éventé, tant le scénario et la réalisation mettent l'accent sur cette hypothèse dès la première scène, tout en tentant de convaincre le spectateur que la chose est un alien belliqueux.

Les personnages sont de plus assez classiques (j'ai même envie de dire bateau pour le sceptique qui a perdu la foi suite à la mort de sa femme, qui lui a cependant transmis un dernier message mystérieux, qui va l'aider à redevenir croyant, blablabla), et ça frôle clairement le prosélytisme et le préchi-précha, avec Dieu qui se rappelle aux hommes de manière bourrine... mais bon, c'est pas trop grave, à la limite, si on le prend comme on peut prendre Emprise de Paxton.

Bon, au final, c'est presque du Prince Of Darkness inversé, dans la première partie, et ensuite ce n'est pas inintéressant, mais pas franchement génial non plus, et pas super fin dans le message (la guerre c'est mal, les USA sont trop belliqueux, leur Président est un boulet xénophobe, et si l'homme ne se contrôle pas, Dieu viendra lui foutre une fessée).

- 1x03 - Jerry Was A Man : Un esclave créé en laboratoire tente d'obtenir son émancipation et que son statut d'être humain à part entière soit reconnu par tous...

Bon, ça aide d'avoir Anne Heche - qui n'est pas la dernière pour partir en vrille et faire le clown - dans le cast, un production design assez barge, une illustration musicale assez enjouée, un éléphant en CGI, d'adapter du Heinlein, et de s'inspirer aussi un peu de Measure of a Man (Star Trek Next Gen - dont le scénariste a d'ailleurs probablement dû s'inspirer d'Heinlein pour l'épisode ).

Car effectivement, c'était déjà plus sympa que les deux premiers. Bon, la voix de Mr Roboto fait toujours tache comme c'est pas permis, mais sinon, ça allait. J'ai bien aimé le serment juré sur "Dieu, Bouddha, blablablabla... et la grande tortue qui porte l'univers sur son dos". Et puis McDowell qui cachetonne, c'est toujours fun.

Par contre, bémol très clair sur le rythme, le premier quart d'heure pouvant être coupé sans problème et sans rien changer à l'histoire... à la limite, ça aurait même été plus efficace en format 25 minutes.

- 1x04 - The Discarded : Un navire en orbite terrestre, abritant de nombreux mutants exilés là, devient le seul moyen de sauver les terriens d'un virus dangereux.

Un épisode écrit par Harlan Ellison, une légende de la sci-fi (Bab 5, Trek, Outer Limits, Twilight Zone, etc), accessoirement un gros boulet dans la vie de tous les jours... et dirigé assez joliment par Jonathan "Riker" Frakes.

Et pourtant, ça reste décevant. C'est très clairement une histoire qui aurait été largement mieux traitée au format court, parce que là, ça se traîne monumentalement sans que rien de très extraordinaire ne se produise. Le format court aurait certainement masqué le côté convenu de l'histoire, et l'inutilité de plusieurs scènes, qui ne sont là que pour meubler et n'apportent rien au récit... J'ai un peu eu la même impression que devant certains MOH, donc, avec un récit délayé au possible pour un postulat de départ solide, mais mal exploité. Et puis le plombier de Wisteria Lane, il ne sert à rien...

- 1x05 - Little Brother : Une énième société dystopienne, dans laquelle la justice est administrée par des robots inflexibles, et par les consciences numérisées des innocents décédés. Un petit malin défavorisé accusé de meurtre tente alors de vaincre le système judiciaire, pour éviter la peine de mort.

C'est visuellement assez cheap, ça meuble beaucoup (yavait moyen de faire un Outer Limits de 30 minutes solide, plutôt qu'un épisode de 40 assez mou), et la fin est... peu convaincante.

- 1x06 - Watchbird : Sean Astin, moyennement crédible en inventeur de drones aériens intelligents, automatisés et surarmés, utilisés par l'armée qui veut en généraliser l'usage à la société civile pour faire baisser la criminalité et empêcher de potentielles actions terroristes (forcément arabes). Et évidemment, les drones finissent par outrepasser leur programmation...

La musique est , mais l'épisode n'est cependant pas inintéressant, et James Cromwell est très bon en boss de Sean Astin. Dommage que tout cela se termine juste en queue de poisson absolument pas satisfaisante...

 

Bilan global : une belle déception que cette série, donc. Quitte à faire une anthologie de SF/fantastique, franchement, Night Visions était beaucoup plus fun.Mais bon, je suppose qu'il ne fallait pas en attendre beaucoup plus de Mick Garris &co...

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Les bilans de Lurdo : Masters of Horror, saison 2 (2006)

Publié le 13 Mars 2012 par Lurdo dans Les bilans de Lurdo, Critiques éclair, Review, Télévision, Drame, Horreur, Fantastique, Thriller, Showtime, Anthologie

2x01 - The Damned Thing : Une force étrange et invisible décime une petite ville texane, et la famille du shériff...

Alors pour ceux qui connaissent pas, la nouvelle The Damned Thing, à la base, est un excellent récit de 4/5 pages, écrit par Ambrose Bierce, l'un des pères de ce que l'on appellera plus tard l'horreur lovecraftienne. Et ça raconte l'histoire d'un homme qui assiste aux funérailles d'un de ses amis, lequel a décrit dans son journal intime, avant de mourir, sa rencontre avec "That Damned Thing", une créature invisible et mortelle d'une couleur appartenant au spectre invisible à l'oeil nu.

Qu'est-ce que l'épisode de Tobe Hooper garde de cette nouvelle, en fin de compte? Rien. Ou alors juste l'idée d'une bestiole invisible. Et encore, non, puisqu'on la voit à la fin de l'épisode.

Alors de quoi ça parle ? Ça parle d'une ville "pétrolière" qui, périodiquement, devient folle et est le lieu de meurtres collectifs. Ça parle d'une famille qui est sensée en être la cause. Et ça parle du héros, un shériff qui a vu son père massacrer sa famille en clamant que "That Damned Thing" l'a retrouvé. Etc... Youpi. C'est la fête.

Ça ne va pas franchement chercher bien loin, cette histoire. Une banale affaire de monstre qui vient se venger de ceux qui l'ont réveillé, en gros. Ah, si, quand même : de monstre invisible, le monstre est ici devenu le Tar Monster de Scooby Doo 2.

Ouais, passque comprenez bien que chaque apparition de la bestiole est précédée de l'apparition d'une flaque de goudron sur le plafond de la maison du héros... et que si la bestiole a été réveillée, c'est probablement à cause des puits de pétrole du coin. Bah oui, d'une nouvelle simple mais efficace, ils ont fait un truc franchement banal, voire avec un message assez : le pétrole, les enfants, c'est mal, ça rend les gens fous, et ça provoque des morts. Délire.

Niveau réalisation, ça va. Il y a bien deux-trois moments où Tobe frôle le style Dance of the dead, à base de shaky cam et de jump cut, mais dans l'ensemble, c'est assez modéré. Reste un désagréable effet stroboscopique provoqué par les éclairs quasi-constants durant cet épisode, mais on va dire que c'est pour instaurer une ambiance. Bref. Un épisode meilleur que DOTD (ce qui n'est pas dur, en soi), mais qui ne casse pas trois pattes à un canard unijambiste. C'est très moyen, limite soporifique. Donc bof bof bof.

2x02 - Family : Une banlieue à la Desperate Housewives, un jeune couple qui emménage, traumatisé par la mort de sa fille, et un voisin psycho-killer à la Norman Bates.

Ouaip, je sais, c'est hypra banal, comme pitch. Ouaip, le traitement est pile-poil celui auquel on pense en lisant le pitch. Ouaip, il y a un twist, qui est quasiment celui auquel on pense en lisant le pitch (et tout doute pouvant subsister est éliminé après 15 minutes d'épisode). Bref, aucun point pour l'originalité. L'épisode, bien évidemment, en pâtit grandement : il frise carrément le soporifique, et évite à peine le ratage complet grâce aux petites scènes entre le tueur et sa famille virtuelle de squelettes (le clin d'oeil cornu à Deer Woman est sympatoche, sinon).

2x03 - The V Word : Deux gamerz (pourquoi des gamerz ? Aucune idée, Mick Garris doit penser que c'est de la caractérisation solide, de montrer 5 minutes de Doom 3) vont dans une morgue, et y font une rencontre qui change leur vie pour le pire.

Ah, ce bon vieux Mick Garris, toujours à nous pondre des épisodes sans aucun intérêt. Après un quart d'heure d'épisode, je me suis dit "Ce qui se passe est trop gros et trop mal fichu pour être sérieux, ça y est, je sens venir le twist foireux sur "ils sont dans une réalité virtuelle, et ce n'est qu'un jeu""... mais non, en fait, cet épisode est bel et bien une histoire de vampire mal fichue, hyper classique et sans intérêt aucun.

Bon, cela dit, on retrouve un peu la patte du réal de Bones, à de brefs moments... mais les clins d'oeils à Nosferatu et Dracula sont tellement balourds qu'ils tombent à plat (l'autre qui finit l'épisode en nous sortant "I don't drink... wine."... ), ce brave Michael Ironside cachetonne, la petite Jodelle Ferland a toujours une bonne bouille, et ça fait trois MOH ratés à la suite, pour l'instant... Mouais mouais mouais...

2x04 - Sounds Like : Un homme a l'ouïe surdéveloppée commence à manifester une pathologie mentale après avoir échoué à sauver la vie de son fils...

The Machinist de Brad Anderson ne m'avait pas convaincu plus que ça, mais pour le coup, cet épisode est peut-être l'un des mieux produits de ce début de saison... ce qui n'est pas franchement gage de qualité, j'en conviens, mais c'est tout de même mieux que rien.

Donc voilà, ça se suit tranquillement, sans passion, on devine rapidement jusqu'où va aller la folie du bonhomme (bien interprété, soit dit en passant), et l'on regarde l'épisode dérouler son intrigue posément, en profitant des effets sonores plutôt réussis. Moyen, mais c'est toujours ça de gagné.

2x05 - Pro-Life : Une jeune femme enceinte tente d'échapper à sa famille en se réfugiant dans une clinique d'avortement... mais son bébé n'est pas totalement naturel.

Nouvel opus de John Carpenter, et un épisode qui a en fait le même problème que les autres épisodes du show cette saison : un scénario plus que faiblard. Là, en l'occurence, on sent que Moriarty et Carpenter sont partis du pitch "on fait un truc pro-avortement, genre une clinique prise d'assaut par des antis, et à l'intérieur, on fait Rosemary's Baby". Et partant de là, le Moriarty & son collègue (dont je ne me souviens plus du pseudo sur AICN) ont plus ou moins improvisé.

Résultat, un épisode qui part un peu dans tous les sens, sans véritable cohésion interne, avec des scénes sympathiques plutôt désamorcées par ce qu'il y a autour. Les premiers rôles sont bons, là, le casting a été bien fait. Sur tous les seconds rôles, par contre, je mets un gros bémol, notamment sur la fille enceinte, qui crie on ne peut plus faux.

L'histoire est typiquement carpenterienne, au point de frôler le best-of, avec un siège, un démon, et une l'araignée monstrueuse. Le démon, d'ailleurs, est plutôt réussi... sauf dans une scène ou deux, où l'on aperçoit la jointure du masque en caoutchouc quand il s'en va, ce qui casse un peu le truc. Par contre, il vaudrait mieux éviter les scènes avec des CGI quand on a un budget hyper-limité : l'explosion de tête du garde est amateure au possible, avec ses sfx ratés. Idem, il vaut mieux éviter les bruitages synthétiques piteux quand les pattes du bestiau sortent d'entre les jambes de la fille...

Sinon, à partir de l'accouchement, c'est sympathiquement bourrin, sans toutefois aller suffisamment loin : la mort de Perlman se fait hors-champ, et même si l'on peut deviner que ça a été fait ainsi par manque de budget, ça agace de se voir priver de telles scènes.

En fin de compte, un épisode assez amusant, mais anecdotique, qui n'est pas sensé être pris totalement au sérieux. Par contre, si Big John voulait nous le refaire en long-métrage, avec un budget conséquent, et un scénar consolidé par ses soins, je ne dirais pas non.

2x06 - Pelts : À la recherche de peaux de bêtes pour faire un manteau de fourrure, un braconnier tombe sur des peaux de ratons laveurs môôôôôôôôdites, qui s'en prennent à leur porteur.

Racoon City

Sympathiquement gore, gentiment sexy, les acteurs sont bons (et bonne ), pour une histoire assez classique d'objet maudit, blablabla... un épisode agréable, made in Dario Argento, et qui pour une fois mérite l'appellation Masters Of Horror, même si ce n'est pas non plus le chef d'oeuvre de l'année... (il faut bien avouer que le gore et le sexe apparaissent par moment un peu gratuits, et que la fin part dans le grand-guignol too much...).

2x07 - The Screwfly Solution : Une étrange épidémie ravage la planète, et transforme tous les hommes en psychopathes tuant les femmes...

Probablement mon épisode préféré de cette saison, jusqu'à présent, certainement à cause de son côté Outer Limits pessimiste (Il faut être honnête, ça aurait fait un épisode de Masters of Sci-fi plus qu'honorable).

Enfin un scénario potable - je dis seulement potable, car il est finalement trop prévisible : dès le début, on devine ce que sera la révélation finale, et que tout ça, c'est un coup des extraterrestres -, et au cas où on ne l'aurait pas devinée, le scénario la téléphone à longueur d'épisode au travers de parallèles pas très fins, de personnages qui regardent le ciel, d'une comète qui s'arrête en pleine chute pour remonter, etc... l'épisode aurait gagné à être moins transparent, et à ménager un semblant de surprise, je pense - , des scènes sexy qui ne sont pas vulgaires, du gore qui n'est pas là juste pour dire qu'il y a du gore (oui, ces deux derniers points s'adressent à toi, Monsieur Argento), des acteurs qui jouent juste, et un peu d'humour.

Seul vrai reproche, le même que pour le Dante de la saison 1, le message - surtout le côté religieux, dans la première moitié - est asséné avec la légéreté d'une enclume ACME s'écrasant sur Will E. Coyote en bas de la falaise. Par moments, c'est hypra lourdingue, et perso j'aurais pu m'en passer, ça m'a distrait plus qu'autre chose.

Par contre, bizarrement, le lecteur de comics que je suis s'est réjoui du tiers de l'épisode "post-apocalypse", qui faisait très clairement "X - The Last Woman", et ce même si ça manquait de singe.

Donc un épi très sympathique. Et bizarrement, alors que le Carpenter et le Argento me laissent au final des souvenirs de plus en plus mitigés, j'ai de plus en plus l'impression que les épisodes qui me resteront plus en mémoire seront celui-ci et le Anderson, qui n'a aucune prétention.

2x08 - Valerie On The Stairs : Un jeune auteur désabusé par l'amour prend une chambre dans un foyer pour auteurs non publiés, et dès son arrivée, il est témoin d'apparitions étranges, celles d'une jeune femme nue dans les escaliers. La dite jeune femme semble appeler à l'aide, comme poursuivie par un méchant démon, et l'auteur va donc tenter de la secourir, malgré le silence mystérieux des autres occupants du foyer, qui en savent plus qu'ils veulent bien vouloir le dire...

Scénario de Clive Barker + musique de Richard Band + Christopher Lloyd + Tony Todd + Clare Grant nue + le barman de Wonderfalls = tout était réuni pour faire un bon épisode.

Sauf que c'est Mick Garris à la réal et à l'adaptation. Garris qui se sent obligé de placer sa caméra de biais dès qu'il s'agit de bien montrer que quelque chose n'est pas normal... Garris qui accumule les jump-scares inefficaces au possible... Garris qui rend ridicules les scènes avec le démon... Bref, Garris.

En voyant l'épisode, on a des réminiscences très claires de Shining ou de Dreams In The Witch House. Mais aussi, on pense beaucoup à l'Antre de la Folie, avec cette barrière fiction/réalité plus que trouble, et cette fin franchement sympathique. Et bien sûr on pense à un conte de fées, pour l'affrontement final Héros/bête, afin de sauver la princesse.

J'ai bien aimé l'épisode, cela dit. C'est déjà un progrès très net par rapport à Chocolate, et je crois qu'il ne faut pas chercher plus loin que le scénario de Barker pour expliquer cette amélioration. Reste qu'avec quelqu'un d'autre à la barre que ce tâcheron de Garris, ça aurait pu donner un des meilleurs épisodes de la saison. En l'état, c'est juste un épisode intéressant.

2x09 - Right To Die : Un dentiste et sa femme à très (!) forte poitrine - une biatch finie et rancunière - ont un accident de voiture. Lui s'en sort relativement indemne, elle est brûlée au 250è degré, et est un légume dans un lit d'hôpital, maintenue en vie par des machines. Se pose alors la question suivante au mari: doit-il la laisser dans cet état, ou autoriser qu'on la débranche? Et la question trouve une réponse rapide lorsqu'à chaque arrêt cardiaque de la patiente, quelqu'un de l'entourage du dentiste (son avocat, sa maîtresse, etc) décède dans d'affreuses souffrances : elle ne doit pas être débranchée, sinon son fantôme reviendra exterminer tous ceux envers qui elle garde rancune.

Un épisode made in Rob "Détour Mortel" Schmidt. Bon, d'office, même problème que pour les autres épisodes, 55+ minutes, c'est un poil trop long. Surtout que cet épisode est en fin de compte assez classique dans son déroulement : le patient paraplégique/dans le coma qui émet une manifestation astrale pour se venger des vivants, ça a été fait et refait.

Là on y rajoute vaguement le propos du Droit à l'euthanasie/à la vie, mais dans l'absolu, c'est toujours la même histoire. Même avec le petit twist de fin bien sympathique. Niveau réalisation, rien de bien transcendant non plus. Bizarrement, j'aurais plus vu ce scénar dans les pattes d'un Joe Dante, ça aurait bénéficié d'un peu d'humour.

Cela dit, ça reste très regardable, comparé à certains autres épisodes. Je le mettrais au même niveau que Sounds Like. Une idée de base traitée de manière efficace, faute de mieux. C'est agréablement gore, avec un faux air d'Hellraiser 2 pour l'écorchée, c'est un poil gratuit au niveau de la nudité mammaire, mais bon, c'est dans le cahier des charges, visiblement. Rien d'exceptionnel, mais ça se laisse regarder.

2x10 - We All Scream for Ice Cream : Un homme revient dans sa ville natale, où il retrouve ses amis d'enfance, avec lesquels il est lié par un secret inavouable. Amis d'enfance qui, un à un, vont commencer à mourir de manière mystérieuse, surnaturellement assassinés par un clown conduisant une camionnette de marchand de glaces.

Un épisode façon Stephen King du pauvre. Par le réalisateur de Child's Play, et de 2/3 adaptations ratées de King. Bon, il ne faut pas bac +12 pour deviner directement qu'ils nous ont adapté une nouvelle très fortement inspirée de King. C'est limite un mélange entre Ça - pour le clown monstrueux, un peu raté, la structure du récit - et I know what you did last summer - pour le mec innocent qui revient de l'au-delà se venger de ceux qui l'ont tué par accident -, avec une petite dose de Nightmare on Elm Street pour l'emprise du tueur sur les enfants, et pour la petite comptine... bref, pour l'originalité, on repassera.

Et c'est le gros problème de l'épisode. Parce qu'avec 57 minutes au compteur d'une histoire vue et revue chez King & co, on s'endort rapidement. C'est assez réussi, pourtant, visuellement. L'écriture, elle, est plutôt limite niveau dialogues et exposition, qui sonnent franchement forcés de temps en temps... Par contre, bon point : pas de scène de sexe gratuite, ça change un peu...

Bref, pas un bon épisode. Ça marchera peut-être chez les spectateurs coulrophobiques, mais bon, franchement... j'ai connu des épisodes de Fais-moi Peur plus effrayants. Et le plan de fin est tellement prévisible qu'il tombe totalement à plat.

2x11 - The Black Cat : Edgar Allan Poe sombre dans la dépression, incapable d'écrire ce que les éditeurs lui demandent, et de faire face à la nouvelle maladie de sa femme. Furieux et légèrement alcoolique, il reporte son agressivité sur le chat familial, qu'il accuse de tous ses maux.

Gordon + Combs = j'ai aimé. Vraiment. Le générique est superbe, Combs exceptionnel, visuellement c'est somptueux, c'est joyeusement bourrin (le chat morfle sévère... ), et la réalisation est efficace, bref, j'ai adoré.

Bon, ce n'est pas non plus hyper imprévisible, surtout si l'on est familier de ce genre de récits macabres, et le début de l'épisode est un poil lent - encore que, pas tant que ça - mais bon sang ce que ça fait du bien un récit simple et solide à la fois, sans scène de sexe inutilement gratuite, ou voiture-qui-roule-la-nuit-sur-une-route-détrempée...

2x12 - The Washingtonians : Le héros et sa petite famille arrivent dans la maison de grand-mère, fraîchement décédée. La gamine de la famille, une tête à claques parano qui joue hypra faux, fait tomber un tableau de George Washington, derrière lequel on découvre un parchemin révélant que le Georgio et ses potes étaient cannibales. Entrent alors en scène les Washingtoniens, des gens en costumes d'époque, qui sont décidés à faire respecter les vrais principes cannibales de Washington dans ce pays corrompu...

Un épisode signé Peter "Species 2" Medak. Et forcément, avec un pitch comme ça, ça avait de grandes chances de se casser la gueule. Ce que ça fait avec diligence. Enfin, pas si rapidement que ça, puisqu'il se passe facilement 20 minutes sans qu'il ne se produise la moindre chose, si ce n'est la gamine qui joue mal. Et quand arrivent enfin les Washingtoniens - pour 30 secondes à l'écran, au bout de 35 minutes - ça sombre dans le grand guignol honteux, notamment les 10 dernières minutes. Encore une preuve, s'il en fallait une, qu'une bonne nouvelle fait un très mauvais moyen-métrage.

Sinon, en vrac, les vieux du village ont de bonnes bouilles, même s'ils en font trois tonnes... la réal est plus que bancale, se la jouant sérieux à des moments hyper ridicules, et virant au ridicule quand c'est sensé être sérieux... et même si c'est clairement conçu à un degré plus que second, c'est quand même profondément bancal. Et cette fin, avec Bush sur le 1 Dollar Bill, c'est du grand n'importe quoi.

Peut-être l'épisode qui m'a le plus déplu depuis le début du show. Parce qu'autant des épis comme les Hooper, ou les Garris, sont médiocres par défaut, faute de mieux, et faute de talent de la part du scénariste ou du réal, autant celui-ci n'est pas récupérable, même en mettant des génies à tous les postes. C'est profondément mauvais, ça se croit drôle et intelligent, et ça n'est que ridicule et ennui (par contre, j'ai l'impression qu'il divise, cet épisode, certains le considérant comme le meilleur épisode de la saison...)

2x13 - Dream Cruise : Un avocat hydrophobe est amoureux de la femme d'un de ses clients, qui l'invite en croisière. Il accepte, et paf, il tombe dans des emmerdes surnaturelles à base d'eau qui fait peur, de bras tranchés qui sautent à la gorge, et de cheveux noirs qui s'empêtrent dans l'hélice du bateau.

L'épisode asiatique de la saison, avec ce que ça implique d'acteurs bancals, et de clichés de l'horreur japonaise. Oui, il y a une femme avec de longs cheveux noirs humides, et qui bouge bizarrement. Oui, il y a le même problème que l'épisode asiatique de la saison 1, à savoir des acteurs nippons qui parlent (très mal) anglais. Oui, il y a aussi un acteur principal pas franchement juste.

Alors pour moi qui suis déjà, à la base, allergique à tout ce qui est horreur japonaise, je peux dire que j'ai souffert. Tout est archi-convenu, du début à la fin, et c'est long, mais long.... L'impression de revoir Dead Calm, mais en encore moins bien, et sans Kidman/Zane/Neil.

 

Bilan saisonnier :

Ce qui nous donne tout de même une saison plus que lamentable, que je classerais ainsi :

1) 2x11 - The Black Cat - Gordon - 4.5/6
2) 2x07 - The Screwfly Solution - Dante - 4/6
3) 2x08 - Josiane dans l'escalier - Garris - 3.5/6
4) 2x06 - Pelts - Argento - 3/6
5) 2x05 - Pro-Life - Carpenter - 3/6
6) 2x04 - Sounds Like - Anderson - 3/6
7) 2x09 - Right to Die - Schmidt - 3/6
8) 2x02 - Family - Landis - 2.5/6
9) 2x01 - The Damned Thing - Hooper - 2/6
10) 2x13 - Dream Cruise - Jesepaki - 2/6
11) 2x10 - We All Scream for Ice Cream - Holland - 1.5/6
12) 2x03 - The V-Word - Dickerson - 1.5/6
13) 2x12 - The Washingtonians - Medak - 1/6

Quand je regarde les notes que j'ai mises (et réajustées avec du recul pour quelques épisodes), qu'est-ce que je vois ? Que sur 13 épisodes... j'ai mis la moyenne à 7 d'entre eux. Ce qui est quand même une honte pour un show sensé nous présenter le meilleur de l'horreur. Et il n'y a qu'un épisode qui dépasse le 4/6, à savoir le Gordon.

Le Mick Garris show, c'est donc une saison 1 relativement regardable (et encore, je suis certain que les épisodes qui m'avaient semblé sympas à l'époque auraient pour la plupart du mal à tenir une nouvelle vision), une saison 2 très faible, un Fear Itself encore pire, et un Masters Of Sci-fi piteux (et techniquement coupable par association, vu que Garris n'était pas vraiment impliqué dessus).

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Les bilans de Lurdo : Masters of Horror, saison 1 (2005)

Publié le 10 Mars 2012 par Lurdo dans Les bilans de Lurdo, Critiques éclair, Review, Télévision, Drame, Horreur, Fantastique, Thriller, Showtime, Anthologie

Masters of Horror 1x01 - Incident On and Off A Mountain Road : Sur une route de montagne, une jeune femme affronte un tueur sanguinaire sur son propre terrain...

Très sympathique. En 45-50 minutes, une histoire qui réussit là où une demi douzaine d'épisodes de Supernatural ou de Kolchak échouent lamentablement : établir de la tension et rester en grande partie original (même si la fin de l'épisode est un peu prévisible) sur des postulats de départs classiques.

De même, réalisation efficace de Don Coscarelli, et un aspect visuel réussi, ce qui prouve bien qu'il faut plus qu'un filtre coloré pour prétendre établir une identité visuelle forte... Bon, d'aucuns pourront toujours râler que la fin est un peu prévisible, ou que la structure de l'épisode fait un peu "Lost" - même si je suis persuadé qu'elle était déjà ainsi dans la nouvelle de départ... mais ce ne sont là que d'insignifiants détails: ce MOH #1 est réussi. Espérons que la suite soit dans cette continuité.

1x02 - Dreams in The Witch House : Un étudiant emménage dans une vieille bâtisse, et découvre rapidement que des forces surnaturelles y sont à l'oeuvre, pour sacrifier le bébé de sa nouvelle voisine...

Stuart Gordon + Lovecraft = toujours très sympathique à regarder, malgré un récit qui marche clairement sur le fil du rasoir, entre crédible et kitsch. Mais si l'on sait à quoi s'attendre, ça passe sans problème.

1x03 - Dance of the Dead : Un futur post-apocalyptique, dans lequel le propriétaire d'un bar se sert de cadavres réanimés comme spectacle dans son établissement...

Tobe Hooper, inspiré par Richard Matheson, avec Robert Englund, pour un épisode clairement mauvais. Entre les acteurs à moitié calamiteux (pendant que l'autre moitié cabotine), la structure bancale, et la mise en scène calamiteurse de Tobe, qui s'essaie à des effets de style donnant la migraine...  À oublier très rapidement.

1x04 - Jenifer : Un officier de police recueille Jenifer, une jeune femme hideusement difforme, qui s'avère rapidement un danger pour tous...

À la base, je suis plutôt client de Steven Weber... il était très bon dans le Shining télévisé et dans Reefer Madness, et puis il est assez sympathique.... là, il est de plus crédité du screenplay de l'épisode, dont il est par ailleurs l'acteur principal. Donc à priori positif avant de regarder l'épisode... Par contre, je ne suis pas forcément méga-fan de Dario Argento, dont le travail ne m'a jamais franchement passionné. Donc léger à priori négatif.

Au final ? Sympathiquement gore et bourrin ... par contre, on sent bien certains raccourcis pris au montage... en gros, avec 30 minutes de plus, nul doute que le récit aurait été moins précipité... et oui, la fin est très prévisible, mais ce n'est pas non plus un gros problème...

1x05 - Chocolate : Un jeune divorcé s'aperçoit, après avoir goûté un morceau de chocolat, qu'il est lié empathiquement et télépathiquement à une inconnue. Il essaie alors de la rencontrer...

Pas mauvais, mais pour moi le plus faible des cinq premiers épisodes, juste après le Hooper. Le problème, c'est que j'ai eu l'impression d'avoir lu et vu le scénar de cet épisode vingt-cinq fois de par le passé.... sans compter que la fin de l'épisode est téléphonée au possible, en plus de tomber totalement à plat dans les 30 dernières secondes. Mais bon, avec ses adaptations de Stephen King, le Garris n'est pas vraiment non plus un "Master Of Horror", donc au mieux il fallait s'attendre à un truc potable, solidement réalisé, sans être exceptionnel. Ce qu'on a eu. La main en plastique faisait vraiment fauchée, par contre.

1x06 - Homecoming : Les cadavres des soldats américains tués en Irak reviennent à la vie, et décident de rentrer au pays, pour influencer les résultats de la nouvelle élection présidentielle...

Excellent. Non seulement c'est marrant comme tout, non seulement ça charge frontalement le camp de Bush et ses hommes, mais en plus ça trouve le temps d'être émouvant - la scène avec le soldat sous la pluie recueilli par le patron de restau. Petit clin d'oeil à Romero au passage, et une fin qui fonctionne parfaitement : meilleur épisode pour le moment, signé Joe Dante.

1x07 - Deer Woman : Dream On version Biche-garou hard boiled.

Un peu idiot, mais très marrant. Et le milieu de l'épisode est à mourir de rire, tellement ça part en vrille. Cela dit, c'est assez léger sur l'"Horror", ou sur le "Master", donc ça peut ne pas plaire. Reste que cette parodie made in John Landis est très sympathique, tout comme l'est le clin d'oeil au Loup Garou de Londres...

108 - John Carpenter's Cigarette Burns : La Fin Absolue du Monde, film mythique et introuvable, est l'objet de toutes les convoitises... mais il rend fou tous ceux qui posent les yeux sur une copie du métrage...

Le meilleur épisode de la serie jusqu'à présent, malgré quelques défauts. Big John Carpenter a toujours la forme, et arrive à distiller dans l'épisode une atmosphere inquiétante, en y introduisant petit à petit des éléments étranges. Très sympathique.

1x09 - Fair Headed Child : Une adolescente est enlevée par un couple, et enfermée à la cave, où vit par ailleurs leur fils, étrange et meurtrier.

À nouveau, un épisode sympathique, signé William Malone : le gloumoute est plutôt amusant à regarder, la fille ressemble beaucoup à Emily de Ravin, Tank Girl est toujours excellente, et une histoire de pacte avec le diable, c'est toujours bon à prendre.

1x10 - Sick Girl : Une passionnée d'insectes tombe amoureuse d'une jeune femme timide, tout en affrontant un insecte agressif...

Pas convaincu. Un épi bof. Je me suis profondément ennuyé pendant la moitié de l'épisode. Je n'y peux rien, mais comme souvent chez Lucky McKee, les problèmes habituels me freinent fortement : à commencer par Angela Battis, dont le surjeu fébrile est horripilant. Puis vient le concept féministe de l'épisode, aussi finaud que le message féministe des autres oeuvres de McKee... le gloumoute mâle et agressif, qui met enceinte les lesbiennes, donne une histoire très peu engageante. Déjà que le monstre ressemble parfois à un tribule à pattes dans certains plans, ce qui est moyennement angoissant. Quant à la fin, elle est très prévisible dans le genre Outer Limits/Tales from the Crypt...

1x11 - Pick me Up : Duel de serial-killers, entre un camionneur meurtrier qui tue les auto-stoppeurs, et un autostoppeur meurtrier qui tue ceux qui le prennent en auto-stop.

Le pitch de base est excellent et le produit fini plutôt sympatoche... à défaut d'être excellent. Les deux tueurs en série, notamment, sont plutôt crédibles, même si ils ont un accent à couper à la tronçonneuse, et Fairuza Balk coincée au milieu s'en tire avec les honneurs.... la réal de Larry Cohen est plutôt bonne, l'humour noir passe bien, le clin d'oeil à la filmographie du réal est bien amené, et la fin est très amusante. Seul bémol, non négligeable, le rythme assez lent.

1x12 - Haeckel's Tale : Dans les années 1850, un homme trouve refuge dans la masure d'un couple étrange, qui fréquente charnellement l'au-delà...

John McNaughton, Clive Barker, un épisode en costumes, de la nécrophilie, bref, c'est excellent, et l'un des meilleurs de la saison.

1x13 - Imprint : Au 19è siècle, Un touriste américain tente de retrouver la prostituée japonaise dont il est tombé amoureux.

J'ai envie de dire bof. Sur une heure d'épisode, ya facilement vingt minutes de cris, + cinq minutes de tortures, ce qui m'a saoûlé. Et personnellement, je me suis un peu ennuyé devant la scène de torture. De plus, Billy Drago n'aura décidément pas d'Oscar pour son interprétation. Un épisode qui, au final, m'est apparu assez vain. Comme si Miike avait précisément fait son épisode en se disant "Listons tout ce qui peut choquer et ce qui est tabou, mélangeons tout ça dans un scénario qui tienne sur une feuille de papier, et espérons que tout ça soit trop extrême pour passer à la tv us, histoire de faire un bon coup de pub".

Je sais, je fais du mauvais esprit : en soi, l'épisode n'est pas mauvais. Et je comprends qu'il ait été jugé too much pour être diffusé (encore qu'il y avait facilement moyen de raccourcir les scènes gênantes, comme la scène de torture, par exemple), mais je n'ai pas réussi à me défaire de cette impression de provocation gratuite. Mais ce n'est probablement qu'une impression.

Bilan saisonnier : en regard de la saison suivante et de Fear Itself, une première année de MOH très satisfaisante, pour ce qu'elle est. Quelques épisodes médiocres, quelques épisodes excellents, et le reste se trouve "entre deux" : ça aurait pu être pire, comme la suite l'a démontré...

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Les bilans de Lurdo : Battlestar Galactica, pt. 10 - The Plan & Caprica

Publié le 7 Mars 2012 par Lurdo dans Les bilans de Lurdo, Critiques éclair, Review, Télévision, Science-Fiction, SyFy, Drame, BSG

Après la conclusion en demi-teinte de leur série, les producteurs de Battlestar Galactica enchaînent les décisions discutables. Non contents de produire un téléfilm de conclusion à leur saga, intitulé The Plan, et confié à Jane Espenson (sorte d'aveu d'impuissance de la part des scénaristes, apparemment incapables de conclure leur récit dans le cadre de leur série), Moore & co décident de ne rendre ce dernier disponible que près de six mois après le series finale de BSG. De quoi agacer un peu plus bon nombre de fans de la saga, déjà échaudés par la fin de BSG, et redoutant un nouveau bottage en touche de la part des scénaristes... des fans qui, à l'arrivée de ce Plan, finissent par le regarder d'un oeil presque indifférent.

Et avec raison, puisque ces 110 minutes sont, au mieux, inutiles, et au pire, dommageables pour l'univers déjà établi.

Car souvenons-nous : depuis le premier épisode de la série, les scénaristes nous affirment que "les Cylons ont un Plan". Pendant quatre saisons, tout le monde a cherché à deviner ce plan... une certaine déception était inévitable, mais nul n'aurait parié sur la réponse donnée dans ce téléfilm.

Le Plan... c'est qu'il n'y a pas de plan.

Depuis le début, le plan des Cylons tient en quelques mots : tuer les humains. Mais malheureusement pour eux, ils n'y parviennent pas, parce qu'ils ont des sentiments. Par conséquent, le téléfilm passe en revue les évènements des premières saisons de la série, du point de vue des Cylons... en particulier Cavill, qui devient presque le personnage central de ce téléfilm. Un personnage omniprésent, qui surveille les Final Five, fait plein de références mystérieuses à leur statut, et a des difficultés à gérer Starbuck...

Problème : non seulement les sentiments des Cylons pour les humains contredisent légèrement les faits déjà établis en saison 1 sur la Cylon-occupied Caprica, mais en plus, le récit manque affreusement de structure et de consistance. Résultat, le téléfilm est assez peu engageant, et totalement inutile pour qui se posait encore des questions après le final de la série...

 

Et bien sûr, en 2009, Sy-fy, Moore et Espenson donnent naissance à Caprica, spin-off/préquelle à l'univers de Battlestar Galactica, prenant place sur la colonie de Caprica, 58 ans avant la série de 2003. Un show décrit par Moore comme Dallas dans l'espace... et c'est bien là que le bât blesse.

En effet, dès son pilote, Caprica pose des problèmes de taille : 15 secondes après le logo universal, paf, une scène d'orgie ! 10 minutes plus tard, paf un suicide bomber qui croit en "one true god" !

Rapidement, on reconnaît là la patte BSG : la majorité des acteurs et des persos sont à baffer... et, privé de scènes d'action ou de tension, c'est soporifique et über-bavard (sur 93 minutes, il doit facilement n'y en avoir qu'une trentaine de vraiment essentielles. Sur un network traditionnel, le pilote aurait été tout simplement refusé au stade du premier draft.)

Qui plus est, Caprica pose, comme postulat de départ, la création de la première forme de vie cybernétique, l'ancêtre des Cylons, en quelque sorte... et là, soudain, on comprend parfaitement le pourquoi et le comment de la faillite intellectuelle des Cylons de BSG : avec son premier Cylon né de la fusion d'une machine et de l'esprit d'une ado capricieuse et saoûlante de 16 ans, c'est normal que tout BSG puisse se résumer à un caca nerveux des cylons envers leurs parents.

Autre problème : le pilote de Caprica choisit de montrer comme opprimés les terroristes monothéistes, qui choisissent de faire exploser des civils au nom de leur Dieu unique... or, avec la fin de BSG leur donnant raison, le pilote de la série cautionne ainsi involontairement le terrorisme religieux !

 

À la simple vision du pilote, échaudés par la fin de BSG, de nombreux spectateurs prédisaient un plantage de la série niveau audience, et ce malgré la dévotion des fans hardcore de BSG et la bienveillance critique envers Moore (qui, d'ailleurs, devrait se calmer avec la réalité virtuelle, parce qu'entre ça et Virtuality, bonjour l'overdose).

Pas de surprise : au terme de 13 épisodes diffusés (des épisodes au rythme lent, à l'esthétique froide et aseptisée, à la rétrocontinuité hésitante, et aux personnages peu attachants), la série est annulée, avec moins de 800000 spectateurs par épisode.

Un bel échec, tant créatif que financier, et qui met un terme (provisoire ?) à l'aventure BSG sur Syfy.

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