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LES TÉLÉPHAGES ANONYMES

Il était une fois Lurdo & Sygbab, deux internautes passionnés de séries tv et de cinéma, et qui cherchaient un endroit où archiver leurs avis (semi) éclairés...

Articles avec #youtube catégorie

Les bilans de Lurdo : Ryan Hansen Solves Crimes on Television, saison 2 (2019)

Publié le 16 Juin 2019 par Lurdo dans Comédie, Les bilans de Lurdo, Review, Policier, Sitcom, Télévision, YouTube

Avec sa saison 1 de 8 x 25 minutes (critique ici), Ryan Hansen Solves Crimes on Television avait de quoi surprendre : une parodie particulièrement méta des séries policières façon Castle, chapeautée par Rawson Marshall Thurber, réalisateur et scénariste de Dodgeball, d'Agents Presque Secrets, et de Skyscraper, et qui mélangeait les genres, les formats, les caméos, les styles d'humour, etc, pour un tout très inégal, mais pas forcément antipathique.

Contre toute attente (YouTube Red est devenu YouTube Premium, une grande partie de ses programmes originaux a été annulée), la série revient donc pour une seconde saison, et  les personnages du programme en sont aussi surpris que nous...

Ryan Hansen Solves Crimes on Television, saison 2 :

Alors que Mathers (Samira Wiley) est victime d'une fusillade, et dans le coma, Ryan Hansen se retrouve à faire équipe avec un officier de police rebelle et solitaire, Vince Vincente (Wood Harris), et tente d'identifier les responsables de ce crime...

Nouvelle saison, mais toujours la même décontraction et le même décalage : plus que jamais, Ryan Hansen et son équipe assument leur impertinence, et tout au long de la saison, ce sont d'innombrables piques et vannes en tous genres que les scénaristes et l'acteur adressent à YouTube (notamment au travers du personnage de la nouvelle chef de la police/ex-cadre de chaîne de télévision, interprétée par Jessica St. Clair), que ce soit au sujet de leur service premium, de son nom, de la qualité des programmes de ce dernier, des tarifs du service, de l'audience, ou du fait que les acteurs de la série aimeraient être ailleurs (comme Samira Wiley, placée dans le coma et recouverte de bandages pour cause de rôle récurrent dans The Handmaid's Tale, ce qui devient un running gag saisonnier).

À l'identique, l'écriture se moque très sérieusement de la culture américaine actuelle : depuis Black Panther - The Musical, jusqu'au trafic de screeners de longs-métrages au moment des cérémonies de récompenses, en passant par la mode des reboots télévisuels (ici, Party Down, avec caméo de Ken Marino), le succès de Cobra Kai, le milieu des vineurs devenus YouTubeurs, le fitness à la californienne, et la tendance à imposer par la force une certaine idée de la diversité "woke" (ici illustrée par le remplacement, le temps d'un épisode, de Ryan et Vince par deux femmes, Lucy Hale et Jillian Bell, et par le remplacement constant des interprètes des parents de Ryan par des minorités).

Et puis, bien entendu, ces fins d'épisodes façon sitcom de studio, toujours plus décalées, méta et jouant avec les codes du genre : de quoi s'amuser dans cette saison qui, consciente de son annulation imminente, semble n'avoir plus rien à perdre, et tire donc toutes ses cartouches.

Ainsi que tous ses guests : Stephen Merchant, Ken Marino, Karen David, Rhys Darby, Rob Corddry, Lucy Hale, Jillian Bell, Thomas Lennon, Jane Lynch, Jon Cryer, Donald Faison, Dax Shepard (assez marrant en gay vivant confortablement dans le mensonge de son mariage avec Kristen Bell), Ben Schwartz...

Tout ça pour un monologue de fin doux-amer, qui conclut joliment une saison plus sérialisée que la précédente, et plus efficace à mon goût.

Désormais annulée par YouTube, Ryan Hansen Solves Crimes on Television ne connaîtra donc pas de suite, mais au moins, elle aura eu la bonne idée de partir en beauté, et selon ses propres termes : toutes les séries télévisées ne peuvent pas en dire autant.

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Les bilans de Lurdo : Weird City, saison 1 (2019)

Publié le 20 Avril 2019 par Lurdo dans Anthologie, Comédie, Critiques éclair, Drame, Les bilans de Lurdo, Review, Science-Fiction, Télévision, YouTube

Série anthologique d'anticipation produite pour YouTube par Jordan Peele et Charlie Sanders (scénariste et acteur de Death Valley, et co-producteur de Key & Peele), Weird City se veut une réponse plus comique à Black Mirror, reprenant des thèmes et une approche très similaires, traités à la sauce américaine et bien plus décalée que la satire anglaise. Tout cela au fil de 6 épisodes de 25 minutes, chapeautés par Jose Molina, un showrunner spécialisé dans les séries de genre...

Weird City, saison 1 (2019) :

À Weird City, les riches et les pauvres vivent divisés par la Ligne, un mur séparant les beaux quartiers et le centre-ville, situés au-dessus de la Ligne, et les banlieues dangereuses, situées sous celle-ci. Et dans ce monde dominé par la technologie omniprésente, et par les inventions du Dr Negari (LeVar Burton), chacun essaie de trouver le bonheur...

Très rapidement, en regardant le premier épisode, on comprend à quoi s'attendre : une sorte d'hybride étrange entre Black Mirror et une série à sketches, un programme un peu bâtard, qui tente de construire (pour le meilleur et pour le pire) un univers partagé pour ses histoires décalées, à l'aide de personnages secondaires récurrents assez déjantés...

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# 1x01 - The One : Stu (Dylan O'Brien), né sous la Ligne, mais vivant au-dessus, décide de trouver l'âme soeur en s'inscrivant à un service de rencontres conçu par le Dr. Negari. Mais à sa grande surprise, voilà que son âme sœur est Burt (Ed O'Neill), un vieil homme avec lequel il a effectivement beaucoup en commun...

Un épisode d'ouverture assez plat, qui repose uniquement sur le décalage créé par la nature réelle du couple principal, passant par toutes les étapes habituelles d'une romance. Et c'est à peu près tout ce que raconte l'épisode, qui aurait très bien pu être résumé en un montage de 3 minutes lors d'un sketch de Key & Peele, avec le même résultat final. Inoffensif, mais aussi totalement oubliable.

# 1x02 - A Family : Loser bon à rien et asocial, Tawny (Michael Cera) finit par rejoindre un club de remise en forme, espérant y trouver là une famille de substitution. Là, Tawny gagne une masse musculaire énorme et rapide, à la grande surprise de Delt (Rosario Dawson), coach sportive du club, qui s'inquiète du caractère possessif de Tawny...

Une belle catastrophe mettant en scène un Michael Cera en roue libre, qui mange des vers stéroïdiens, porte un muscle suit en latex bien visible, et se veut inventeur en recyclage. L'épisode vanne le Crossfit, le "mieux-vivre écolo" californien, et est tellement surjoué par moments que ça en devient gênant. À oublier très vite, même si l'absurde total du tout pourrait bien séduire un esprit déviant ou deux.

# 1x03 - Go to College : Rayna (Auli’i Cravalho), issue des régions pauvres de Sous la ligne, arrive dans une université Au-dessus de la ligne, où elle fait la connaissance d'une colocataire envahissante, d'un séduisant étudiant, et où elle découvre les mœurs inhabituelles des gens de la haute société...

Une relecture très prévisible, gentiment surjouée, et pas très mémorable de Rosemary's Baby, version technologique, qui mélange un certain nombre d'idées et de gags sans vraiment leur laisser le temps fonctionner. À la limite, le grand final, façon farce caricaturale qui enchaîne les révélations, sauve presque le tout, mais dans l'ensemble, c'est vraiment quelconque.

# 1x04 - Smart House : Liquia (Laverne Cox) et Jathryn (Sara Gilbert) emménagent dans une super-smart house conçue par le Dr. Negari, à l'intelligence artificielle ultra-développée (Mark Hamill). Mais rapidement, la maison devient possessive et incontrôlable...

Alors là, encore un énorme bof, puisque c'est clairement une idée de sketch pas très originale, délayée jusqu'à perdre tout intérêt, et prévisible de bout. Comme dans les autres épisodes, ça ne tient pas la route sur la durée, il y a une poignée de gags/moments amusants, avec des acteurs qui se donnent à fond (Mark Hamill s'amuse beaucoup), et plein de moments WTF qui tombent totalement à plat (le combat de pseudo-arts martiaux foireux).

# 1x05 - Chonathan & Mulia & Barsley & Phephanie :

Un groupe (Gillian Jacobs, Hannah Simone, Malcolm Barrett, Steven Yeun) vivant au-dessus de la Ligne décide, dans une quête permanente de bonnes actions à effectuer, de partir sous la Ligne pour "sponsoriser" un enfant défavorisé... autrement dit, le kidnapper.

Comme d'habitude, de la satire du milieu hipster/écolo/vegan californien, forcée et surjouée au possible (Gillian Jacobs ici est affreusement fausse), étirée sur 25 minutes, et qui tire toutes ses cartouches bien avant de dépasser sa première moitié. C'est plat, ça traine la patte, le caméo de Charlie Sanders en flic est inutile, bref, sans intérêt.

# 1x06 - Below :

Charlotta (Awkwafina) et Glail (Yvette Nicole Brown) découvrent soudain qu'elles ne sont que des personnages dans une série sur le point de se conclure...

Un épisode de 17 minutes seulement (par manque de budget, à en croire la voix off de Charlie Sanders, en fin d'épisode), tourné dans un unique studio, et qui joue fortement la carte du méta : plus que jamais, le côté sketch rallongé se fait ressentir, notamment dans le format (avec coupures publicitaires liant l'épisode aux personnages secondaires des récits précédents), et ce n'est pas désagréable, même si la conclusion (qui accumule un paquet de références à des fins "à twist") tombe relativement à plat.

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Voilà, c'est terminé. Et pour être tout à fait franc, ce fut très laborieux.

En réalité, Weird City ressemble beaucoup à une succession d'idées de sketches refusées de Key & Peele, qui auraient été recyclées, et artificiellement délayées pour tenir à chaque fois 25 minutes sur un seul concept de base (pas toujours très inspiré, qui plus est).

D'ailleurs, c'est bien simple, comme je l'ai mentionné plus haut, chacun des épisodes de la série pourrait être résumé en un segment de 4 ou 5 minutes, voire en un montage de 3 minutes, sans rien y perdre - c'est probablement pour ça que le dernier épisode, le plus court, est celui qui fonctionne le mieux.

Mais malheureusement, à aucun moment l'impression d'assister à des sketchs surjoués et caricaturaux ne disparaît, ce qui plombe totalement la satire employée, déjà très (trop) centrée sur l'écosystème bobo-hipster-vegan-californien.

En résumé, c'est surjoué, c'est forcé, c'est mal rythmé, ce n'est pas particulièrement original ni intéressant, mais reconnaissons au moins à Peele et à Sanders d'avoir su créer un monde à part entière. Un monde étrange, un monde désagréable, un monde dérivatif, certes, mais au moins, le world building est présent.

(il faut simplement espérer que le reboot de la Quatrième Dimension par Jordan Peele n'aura absolument rien en commun avec cette anthologie ratée...)

 

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Les bilans de Lurdo : Lifeline, saison 1 (2017)

Publié le 13 Avril 2019 par Lurdo dans Action, Critiques éclair, Drame, Les bilans de Lurdo, Review, Science-Fiction, Thriller, Télévision, YouTube

Série d'anticipation produite pour YouTube Red par la maison de production de The Rock et de son épouse (Dwayne fait d'ailleurs une apparition dans le rôle d'un client de la société Lifeline, dans le pilote), ce programme en 8 épisode de 25 minutes tente de jouer la carte du voyage temporel et des concepts ambitieux, en montant en parallèle deux sous-intrigues principales, celle d'un héros traumatisé par la mort de sa femme, et commençant à avoir des remords quant à sa profession, et celle d'une jeune adolescente afro-américaine que Connor, au cours pour de la mission ayant coûté la vie de sa femme, a involontairement fait orpheline.

Lifeline, saison 1 (2017) :

Dans un futur proche, l'entreprise Lifeline vend des assurances vie très particulières : connectés à une machine à voyager dans le temps, les ordinateurs de la société sont capables de détecter, à l'avance, la mort imminente de leurs clients, et d'envoyer alors un agent dans le futur pour l'empêcher in extremis. Mais lorsque Haley (Amanda Crew), la compagne du meilleur agent de Lifeline, Connor (Zach Gilford), trouve la mort en mission, ce dernier ne s'en remet pas. D'autant qu'il commence à remettre en question le bien fondé de l'entreprise et de son fondateur, Nathan (Usman Ally)....

Le vrai problème, dans Lifeline, outre le manque de rigueur et de développement du postulat temporel de la série, c'est que le programme n'est tout simplement pas très intéressant.

Trop précipité pour avoir le temps de développer ses personnages et d'effectuer un récit aux transitions naturelles, trop vide pour vraiment intéresser le spectateur au sort de ses protagonistes relativement creux (mention spéciale à Zach Gilford, dont le jeu très inégal se limite souvent à une mâchoire serrée et à un regard intense), le résultat est une mini-série qui s'éparpille, tentant de compenser ses limites budgétaires par une multiplication de personnages secondaires tous plus insipides les uns que les autres.

Le héros, notamment, est comme je le disais assez peu engageant. À ses côtés, la jeune adolescente (Sydney Park) est assez générique, entourée d'une bande de jeunes de son âge, là aussi très inégaux (Tom Maden, notamment, joue son personnage comme s'il était Jason de The Good Place). Ajoutez à cela un big boss très méchant, un collègue sympa et nerd très intelligent, un agent rival à l'attitude très abrupte et brutale, une employée séduisante mais très carriériste (Lilan Bowden), dont on ignore dans quel camp elle se trouve, sans oublier une voix très mystérieuse qui, depuis l'autre bout d'un téléphone, s'adresse à la fois au héros et la jeune adolescente, pour leur faire découvrir les manigances de la société Lifeline... et l'on se retrouve avec une distribution quelconque et fréquemment interchangeable.

Mais malgré tous ces personnages assez peu mémorables, il y aurait pourtant de quoi développer une série potable (par exemple pour SyFy), pour peu que le concept de base soit un peu plus étoffé ou travaillé. Ici, malheureusement, tout se limite à un vague débat moral pas totalement convaincant sur le bien-fondé de Lifeline, sur le libre-arbitre, et sur la destinée, et le spectateur exigeant ne trouve pas vraiment son bonheur, tant tout semble superficiel, maladroit et sous-développé.

Cela dit, visuellement parlant, c'est tout à fait honorable, notamment dans ses effets visuels. Mais l'intérêt de Lifeline s'arrête là.  

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Halloween Oktorrorfest 2018 - 20 - Le Manoir (2017)

Publié le 12 Octobre 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Oktorrorfest, Halloween, Horreur, Fantastique, Comédie, France, YouTube

Chez les Téléphages Anonymes, du 1er octobre à début novembre, on fête Halloween et l'Oktorrorfest, un marathon quotidien de cinéma fantastique et d'horreur...

Le Manoir :

À l'occasion du Nouvel An, un groupe d'amis (Natoo, Kemar, Mister V, Ludovik, Jérôme Niel, Vincent Tirel, Vanessa Guide, Delphne Baril, Baptiste Lorber, Lila Lacombe) se retrouvent pour faire la fête dans un vieux manoir... où rapidement, des événements mystérieux commencent à se produire.

Honnêtement, pour un film de genre français tourné par et avec des Youtubeurs (que je n'ai jamais vus de ma vie), je m'attendais à bien pire. En fait, on est presque dans quelque chose de compétent, notamment dans la forme globale du tout : c'est assez bien filmé, et suffisamment rythmé pour qu'on ne s'ennuie pas.

À l'identique, la présentation des personnages, et la demi-heure d'ouverture, ne fonctionnent pas trop mal, quelques moments graveleux exceptés. Ensuite, ça se complique, ça vire un peu à la succession de personnages faisant leurs numéros respectifs, rarement dans le bon goût et la légèreté, et trop en surjeu pour convaincre...

Et puis la dernière demi-heure, malheureusement, ne fonctionne pas vraiment, et tombe un peu un plat, faute d'interprètes suffisamment doués dans certains rôles clefs.

Mais pour un slasher parodique clairement tourné entre potes, les intentions sont louables, et c'est meilleur que prévu. Et nul doute que les fans de ces Youtubeurs (le public visé) ont trouvé le film bien meilleur que moi, puisque je n'ai aucune sympathie préalable pour les interprètes.

2.25/6

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Et comme toujours, vous pouvez retrouver la liste complète de tous les films passés en revue dans le cadre de l'Oktorrorfest dans le menu Index de haut de page, ou en cliquant directement sur ce lien...

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Les bilans de Lurdo : Youth & Consequences, saison 1 (2018)

Publié le 22 Septembre 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Télévision, Les bilans de Lurdo, Jeunesse, Drame, Comédie, YouTube

Série dramatique pour ados en 8x25-30 minutes, diffusée en exclusivité sur YouTube Red, la plate-forme payante du diffuseur de contenu...

Youth & Consequences, saison 1 :

À Central Rochester High, Farrah Cutney (Anna Akana) est la reine incontestée du lycée, manipulatrice et rusée, entourée de ses amies & sous-fifres Sara (Katie Sarife), Jayne (Kara Royster)  et Jane (Sophie Reynolds). Mais si elle fait la pluie et le beau temps au lycée, c'est parce qu'elle connaît l'identité du responsable de The Crotch, le site de gossip particulièrement puissant de l'établissement : Colin (Sean Grandillo), le fils asocial du proviseur (Marcia Cross), qui en pince pour elle...

Allergiques aux comédies dramatiques et autres séries lycéennes façon Gossip Girl, passez votre chemin : ici, on est vraiment dans quelque chose de balisé au possible, pour ne pas dire de dérivatif, avec le parcours de cette diva de lycée, manipulatrice et bitchy, qui progressivement finit par se faire rattraper par le monde qui l'entoure, et par s'effondrer.

Tous les clichés du genre y passent, de l'ancienne meilleure amie (Savannah Jayde) devenue ennemie jurée suite à une trahison, à la création (Grace Ho) qui finit par remplacer sa créatrice, en passant par les problèmes familiaux justifiant le caractère (faussement) froid et manipulateur de l'héroïne, le shipping de l'héroïne et du nerd asocial pour lequel elle a un faible, les jalousies, les coups de couteau dans le dos, le mystérieux maître-chanteur qui menace l'héroïne et ses secrets, la clique de Farrah vêtue et stylée de manière tout sauf adolescente ou lycéenne, etc, etc, etc.

On a droit à toutes ces ficelles plutôt convenues, saupoudrées d'une bonne couche de justice sociale estampillée millennial et post-millennial (malgré son caractère froid et manipulateur, Farrah est de toutes les grandes causes, et on passe donc par la défense de l'égalité des sexes, des droits LGBTQ, par les problèmes de commotions cérébrales sportives...), et d'une héroïne qui déclame tout à fait sérieusement, en voix off, que la génération actuelle de lycéens a une vie bien plus dure, compliquée et sous pression que toutes les générations précédentes, principalement à cause des réseaux sociaux.

(ce à quoi on a envie de leur répondre qu'ils feraient mieux de sortir un peu leur bulle... m'enfin bon)

Youth & Consequences est une série assez frustrante, puisqu'elle est produite de manière compétente, assez bien interprétée, que le casting est réussi, et que les huit épisodes forment un ensemble assez dynamique pour que l'on ne s'ennuie pas trop devant... mais voilà : tout ça, c'est du déjà vu, c'est de l'éventé, et ça n'apporte vraiment pas grand chose au genre.

Vraiment rien de neuf sous le soleil des high schools américaines.

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Les bilans de Lurdo : Ryan Hansen Solves Crimes on Television, saison 1 (2017)

Publié le 26 Août 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Télévision, Les bilans de Lurdo, Comédie, Sitcom, YouTube, Policier

Sitcom YouTube Red en 8 épisodes de 25-30 minutes, Ryan Hansen Solves Crimes on Television marche directement dans les traces de Play It Again, Dick, série spin-off de Veronica Mars dans laquelle Ryan Hansen, interprète de Dick Casablancas, essayait de convaincre ses amis et l'industrie de lancer une série dérivée le mettant en vedette.

Ryan Hansen Solves Crime on Television, saison 1 :

Alors qu'une vague de meurtres et de crimes frappe Hollywood, le maire de Los Angeles décide d'avoir recours à des acteurs plus ou moins connus pour assister les forces de police sur le terrain. Parmi ces acteurs, Ryan Hansen, qui assiste donc Jessica Mathers (Samira Wiley), et emmène avec lui une équipe de tournage pour en faire un show pour YouTube Red...

Les ficelles de ce Ryan Hansen solves... (créée et supervisée par le réalisateur et scénariste d'Agents presque secrets, de Dodgeball et de Les Miller, une famille en herbe) sont ainsi globalement les mêmes que dans Play It Again, Dick : Ryan Hansen joue son propre rôle d'acteur insupportable, idiot et imbu de lui-même, il est entouré de nombreux visages familiers (Karen David !), et plusieurs de ses amis IRL font des caméos, que ce soit dans leur propre rôle ou non (Jon Cryer, Aly Michalka, Eric Christian Olsen, Donald Faison, Yvette Nicole Brown, Kristen Bell, Peter Berg, Joel McHale).

Le tout se coulant dans le moule de la série Castle, avec cette fliquette dure à cuire et professionnelle, qui doit supporter la présence d'un boulet sans la moindre expérience de terrain, mais dont la connaissance d'un certain milieu lui donne (parfois) des intuitions pertinentes.

Rajoutez là-dessus une couche de second degré et de parodie des conventions du genre (un peu comme dans Angie Tribeca), parfois directement amenés par les répliques et les dialogues de Hansen (YouTube Red s'en prend plein la tête pendant une bonne partie de la saison) qui soulignent le caractère artificiel et les clichés de tels récits (le Commissaire Jackson qui change d'interprète à chaque épisode), et parfois mis en évidence au niveau visuel (il y a ainsi de constants changements de formats, la série basculant en mode "cinématographique" lors des moments les plus nerveux, et revenant à quelque chose de plus télévisuel à d'autres moments).

Sans oublier chaque fin d'épisode, en mode sitcom familiale de studio (décors fauchés, public qui rit sur commande, éclairages saturés, multi-cam, etc), avec Aly Michalka dans le rôle de la femme de Ryan Hansen, mère de leurs trois filles, et Jon Cryer dans son propre rôle... celui du voisin envahissant.

Des expérimentations formelles et stylistiques qui se marient bien à l'humour méta du tout, et donnent de l'intérêt à la série.

À l'identique, difficile de ne pas s'amuser devant l'épisode mettant en scène Kristen Bell jouant son propre rôle, et gérant d'une main de fer, à ses heures perdues, une entreprise de sosies de "princesses génériques et non copyrightées pour fêtes d'anniversaires", un épisode se concluant par un tonitruant "Elsa can suck my d*ck !" ; ou encore en découvrant la bromance progressive entre Olsen et Hansen ; voire même lorsque Hansen est viré de la série, et remplacé, dans le rôle de Ryan Hansen, par Joel McHale.

Autant de scénarios improbables qui se moquent souvent de l'univers de Los Angeles (la folie des escape rooms, la vacuité des acteurs, les embouteillages, les food bloggers, le street art, le carpool karaoke, etc) et qui s'avèrent sympathiques à suivre... sans plus.

Car malgré ses 8 épisodes et sa durée globale assez courte, la série peine à convaincre sur l'ensemble. Ponctuellement, on s'amuse, on rit bien, on trouve ça réussi, mais le rythme global fait que, bien souvent, les moments les plus efficaces se trouvent dilués dans le tout, un tout assez quelconque et peu mémorable.

C'est dommage, parce que le double épisode final parvient à relier plusieurs sous-intrigues de manière assez réussie et amusante, et promet le meilleur. Mais la série n'a, pour l'instant, pas vraiment trouvé son équilibre, et il est peu probable que YouTube Red la renouvelle, vu le peu de succès de la plate-forme.

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Un film, un jour (ou presque) #793 : MOIS FRANÇAIS - N'importe Qui (2014) & Connasse, Princesse des Coeurs (2015)

Publié le 11 Août 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Comédie, France, YouTube, UK

Pendant un mois, à l'occasion de la Fête Nationale, retour sur un cinéma que je délaisse trop souvent : la comédie française... ​​

N'importe Qui (2014) :

Remi Gaillard, le trublion des caméras cachées du web, est en crise. Ses amis (Franc Bruneau, Alban Ivanov, Sylvain Katan & Quentin Jodar) en ont assez de son égo et sa compagne (Nicole Ferroni) voudrait qu'il soit plus mûr et adulte. Gaillard décide alors de tenter de se comporter en adulte responsable, pour le meilleur et pour le pire...

Un métrage bancal, qui rappelle un peu les Onze Commandements de Michael Youn, en cela qu'il tente de donner une structure narrative aux gags en caméra cachée de Gaillard, avec plus ou moins de succès.

Il est amusant d'apprendre que Gaillard a renié le film et son réalisateur, mécontent du format actuel du film : on a ainsi une bonne heure de narration retraçant la crise de Gaillard, ses relations de couple, sa dépression, etc, puis 10 minutes de caméras cachées inédites, pour conclure.

Là où il y a un paradoxe, c'est que le film fonctionne à peu près lors de son heure de narration, absurde, décalée, avec un second degré et un recul salvateur sur le personnage de Gaillard, et une Nicole Ferroni impeccable.

Dès que les caméras cachées reviennent, cependant, le côté sale gosse impertinent et mal élevé de Gaillard ressurgit, et avec lui, on rappelle au spectateur que systématiquement, malgré les costumes d'animaux et compagnie et les occasionnels gags purement visuels, les prestations de Gaillard sont souvent "méchantes", en cela qu'elles se font au détriment d'autrui, et qu'elles reposent pour la plupart sur un concept : "faire ch*er le monde".

(on me dira que c'est le concept même de la caméra cachée, mais il y a l'art et la manière de le faire sans que ce ce soit violent ou que ça paraisse "hostile")

Résultat : on passe tout le film à se dire qu'il semble y avoir là une tentative de prise de conscience de Gaillard, d'évolution de son personnage vraiment pas sympathique à la vase, et puis en fait non, on retombe de manière pataude dans les caméras cachées du bonhomme, menant à une conclusion un peu précipitée, et à un retour au status-quo.

Dommage.

2.5/6 (néanmoins meilleur que ce que je craignais)

Connasse, Princesse des Coeurs (2015) :

Parisienne imbuvable, Camilla (Camille Cottin) découvre un jour qu'elle n'aime pas sa vie, et qu'elle est faite pour une vie de princesse. Elle décide alors de partir pour l'Angleterre, et de tenter de séduire le Prince Harry...

Mouais.

Là, sur un postulat similaire - utilisation d'une pseudo-trame narrative pour mettre en scène des caméras cachées - on a tout l'inverse de N'importe Qui : la trame narrative est quasi-inexistante, à peine alimentée par la voix off (très inégale) de Cottin, qui illustre une suite de caméras cachées très moyennes (voire nulles - pauvres chiens), mettant en scène Camille Cottin en connasse absolue et arrogante (normal, c'est son personnage).

Et puis c'est tout. Ce qui fonctionnait plus ou moins au format pastille comique sur Canal + s'avère épuisant et agaçant sur la durée d'un long-métrage - ça n'a pas le décalage et l'excentricité d'un Borat, ni sa pertinence ou son fond - , et une fois en Angleterre, le dispositif de la caméra cachée trouve ses limites.

Le film se résume donc à Cottin qui fait des caprices pendant 80+ minutes, et donne une image déplorable de la France à l'étranger... ce qui est peu.

(heureusement, le générique de fin, avec toute l'équipe qui s'excuse à chaque gag, permet de désamorcer un peu la mauvaise impression générale, et d'adoucir le tout, mais bon)

1/6

(décidément, j'ai vraiment beaucoup de mal avec le genre de la caméra cachée)

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Un film, un jour (ou presque) #741 : Bad Night (2015)

Publié le 22 Juin 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Comédie, Review, Jeunesse, YouTube

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Bad Night :

En excursion scolaire, Abby (Jenn McAllister) et Kate (Lauren Elizabeth Luthringshausen), deux lycéennes, profitent d'une soirée passée dans un motel pour s'éclipser de leur côté et partir en ville. À la suite d'un malheureux concours de circonstances, elles sont prises pour un duo de voleuses d'art (Julianna Guill et Judy Marte), et sont embarquées dans un monde qui les dépasse, celui de la pègre internationale.

Une comédie indépendante castée avant même d'être écrite, et conçue pour profiter de la popularité des youtubeuses Jennxpenn et LoveLaurenElizabeth, entourées ici de nombreux visages connus, de Molly Ringwald à Adam Pally, en passant par June Diane Raphael, Casey Wilson, ou encore Jack McBrayer.

Le film n'est malheureusement pas très bien rythmé, ni très drôle, en plus d'être assez générique et dérivatif, dans le genre "aventures nocturnes débridées" (on pense beaucoup à Nuit de Folie, ou plus récemment, à Fun Size). Loin d'être exceptionnel, donc, et assez juvénile, même si les deux youtubeuses s'en tirent très bien.

2/6

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Un film, un jour (ou presque) #676 : Lazer Team (2015)

Publié le 23 Mars 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Comédie, YouTube, Science-Fiction, Fantastique

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Lazer Team :

Depuis des décennies, le gouvernement américain est en contact avec des entités extraterrestres bienveillantes, inquiètes pour l'avenir de la Terre. Afin de préparer le peuple humain à une éventuelle attaque hostile, ces aliens envoient une armure composite surpuissante sur Terre, armure destinée à un super-combattant entraîné depuis sa naissance (Alan Ritchson). Mais à son arrivée, l'armure est découverte par quatre incapables (Brunie Burns, Gavin Free, Michael Jones, et Colton Dunn) qui récupèrent chacun une pièce de cet équipement : un bouclier, un casque, une arme, et des bottes. Désormais dotés de super-pouvoirs, ce quatuor de bras cassés va devoir travailler avec le gouvernement pour sauver la Terre d'une menace venue des étoiles...

Un long-métrage indépendant financé via IndieGogo (sorti en salle et sur YouTube Red, la plate-forme payante de YouTube) et réalisé/écrit/interprété par le collectif Rooster Teeth, plus connu pour sa série de courts-métrages Red vs Blue.

Malheureusement, ce sont là les limites de ce projet, qui lorgne très fortement vers un Pixels ou un Voisins du Troisième Type : les effets spéciaux sont assez réussis (pour ce que c'est), mais on est en terrain tellement balisé et peu inspiré que le film tombe trop souvent à plat pour être intéressant, d'autant que l'humour des Rooster Teeth est globalement puéril et générique, à base de slapstick et de vannes bas de plafond.

Pas grand chose à voir ici, donc, hormis un quatuor de leads dynamique et motivé, qui fait vraiment de son mieux pour porter ce script faiblard et mollasson sur ses épaules, sans vraiment y parvenir.

1.5/6

(m'enfin, c'est typiquement le genre de film qui va recevoir un accueil triomphal de la part des fans de Rooster Teeth, lesquels critiqueront alors tous ceux qui n'auront pas aimé car "ce n'est pas un film pour vous, vous êtes trop vieux/trop cons/trop sérieux pour comprendre". Un peu à l'instar de ce qui s'est passé pour Not Cool.)

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Et comme toujours, vous pouvez retrouver la liste complète de tous les films passés en revue sur ce blog dans le menu Index de haut de page, ou en cliquant directement sur ce lien....

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Les bilans de Lurdo : Dimension 404, saison 1 (2017)

Publié le 11 Juin 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Télévision, Les bilans de Lurdo, Science-Fiction, Fantastique, Hulu, Anthologie, Comédie, YouTube, Horreur

Anthologie de 6x45 minutes, produite par RocketJump, une équipe créative originaire de YouTube (et par le créateur des séries Siberia et Emerald City, ouch), et diffusée sur Hulu, Dimension 404 se veut un hommage référentiel et nostalgique aux anthologies du type Quatrième Dimension ou Au Delà du Réel.

Un hommage assez transparent dès le générique de début, narré par Mark Hamill de sa voix la plus dramatique, et qui reprend exactement les codes visuels et narratifs de ses modèles, en prétendant (sans forcément faire illusion) les remettre au goût du jour pour la génération internet.

1x01 - Matchmaker :

Adam (Robert Buckley), blogueur musical exigeant vivant à New-York, rêve de trouver l'âme soeur, en vain. À l'initiative de son colocataire (Matt Jones), il s'inscrit sur une application de rencontres créée par le Dr. Matthew Maker (Joel McHale), et fait la connaissance d'Amanda (Lea Michele), une femme parfaite à ses yeux. Mais à l'instant où il lui avoue ses sentiments, le monde d'Adam bascule...

Un premier épisode écrit par cinq personnes différentes, réalisé par un duo, et qui trahit assez rapidement ses origines et ses influences, en imposant des rebondissements successifs, toutes les 10 minutes, quitte à affaiblir le tout.

Si je devais trouver un mot pour définir cet épisode, en fait, je dirais "anecdotique" : les différents segments de l'épisode ont des intérêts assez inégaux, les réalisation/mise en scène/photographie/éclairage sont assez fauchés et médiocres, et dans l'ensemble, le ton globalement optimiste et enjoué du tout (y compris de la musique) font que ce segment n'a pas de véritable impact, et finit par paraître trop superficiel et dilué pour fonctionner, notamment au niveau message/thématique. Bof. 2.5/6

1x02 - Cinethrax :

Dusty (Patton Oswalt), un fanboy quadragénaire, accompagne sa nièce Chloe (Sarah Hyland) et ses amis millennials au cinéma, mais il s'aperçoit bien vite que le film 3D qu'ils découvrent en "Cinethrax", un format inédit et mystérieux, invoque en réalité une entité pandimensionnelle monstrueuse et meurtrière...

Nettement plus compétent (techniquement parlant) que le premier épisode (le réalisateur est différent), même si, sur le plan du scénario (là aussi écrit par cinq scénaristes différents), on est dans la grosse satire bien baveuse, gentiment surjouée, blindée de fanservice pataud et ultra-référentiel (Carpenter, etc), et tout droit sortie d'un épisode de Fais-Moi Peur.

Rien de bien exceptionnel, donc, jusqu'aux dix dernières minutes et leurs nombreux effets spéciaux, qui donnent lieu à un dernier acte apocalyptique plutôt sympathique. Ça ne fait pas de l'épisode un chef d'oeuvre, mais ça le sauve de la médiocrité pour en faire quelque chose de tout à fait honorable, bien qu'étant méga-dérivatif. 4/6

1x03 - Chronos :

Susan (Ashley Rickards), une étudiante en physique passionnée par Time Ryder, un dessin animé des années 90, s'aperçoit soudain qu'elle est la dernière personne à se souvenir de ce cartoon ; avec l'aide d'Alex (Utkarsh Ambudkar), un ami étudiant, elle découvre alors qu'elle est victime d'un paradoxe temporel...

Un épisode qui donne fortement l'impression d'un postulat de court-métrage plus ou moins rallongé artificiellement pour atteindre les 40 minutes.

En résulte un récit assez décousu et bordélique, qui change de cap de manière anarchique et inaboutie, et peine à vraiment garder un rythme satisfaisant : ce n'est pas désagréable à regarder, les effets et certains gags fonctionnent, mais dans l'ensemble, ça ressemble vraiment beaucoup à un épisode de Fais-moi peur trop ambitieux pour le manque de rigueur de son scénariste.

Ajoutez à cela une interprétation très inégale, des costumes et accessoires un peu fauchés, et surtout, plus agaçant, un script qui joue une nouvelle fois la carte de la nostalgie et du fanservice des années 80 (pourtant, on semble deviner une esquisse de propos sur le besoin de se débarrasser de sa nostalgie et des restes de son enfance pour pouvoir avancer dans sa vie d'adulte... un propos pas vraiment développé et jamais très probant), et on se retrouve au final avec quelque chose de très peu satisfaisant et d'un peu ennuyeux. 2.5/6

1x04 - Polybius :

Dans les années 80, Andrew (Ryan Lee), un jeune garçon homosexuel, timide et religieux, trouve le réconfort dans la salle d'arcade de Wilma (Adrienne Barbeau), où il tente désespérément d'obtenir un killscreen sur Frogger, et où il rêve en admirant le beau Jess (Sterling Beaumon). Mais alors qu'il fait la connaissance d'Amy (Gabrielle Elyse), il découvre un nouveau jeu, Polybius, qui déclenche bientôt chez lui d'étranges cauchemars...

Et encore un épisode axé nostalgie 80s, cette fois-ci sur une borne d'arcade faisant l'objet d'une légende urbaine déjà utilisée par divers autres médias en tous genres (y compris, il me semble, une autre anthologie fantastique pour adolescents, qui s'était contentée de changer le nom de la borne d'arcade). Bref. Un postulat de départ qui fleure bon le déjà vu, pour un résultat assez frustrant, car bourré de bonnes idées et d'un traitement intéressant, qui sont malheureusement un peu desservis par l'exécution.

Pourtant, visuellement, ça fait illusion pendant un bon moment, tout en lorgnant gentiment sur Stranger Things, notamment au niveau de la musique ; l'interprétation est correcte (Barbeau et Foree font à peine plus que la figuration, cela dit) ; et l'ajout de tout un propos sur l'homosexualité refoulée du héros avait du potentiel... mais on retombe assez rapidement dans les clichés des films estampillés 80s, avec ses brutes, son prof de sport vaniteux et indifférent, la nerd qui vient d'arriver en ville et devient l'amie du héros, le beau gosse dont le héros est épris, et qui fait un retour in extremis pour l'aider (à la Han Solo), etc.

Cela dit, ce n'est pas rédhibitoire, loin de là, et le tout se regarde très facilement, malgré une exposition un peu maladroite, et un rythme toujours inégal. Le vrai problème, par contre, arrive lorsque la situation devient sérieuse, et que Polybius apparaît.

Un Polybius en latex figé, plus risible et grotesque que menaçant, et qui finit noyé dans un déluge d'effets vidéos verts fluos du plus mauvais goût (et là, la caution "rétro 80s" ne tient pas forcément, puisque les effets sont parfois trop modernes).

Bref, du bon et du moins bon, mais au moins, le tout est suffisamment homogène et solide pour se placer dans le top 2 de cette anthologie (du moins pour l'instant). 3.75/6

1x05 - Bob :

La veille de Noël, Jane (Constance Wu), une psychologue militaire n'ayant qu'une envie - rentrer chez elle pour retrouver sa compagne et leur fille - est assignée à un projet urgent : tenter de comprendre pourquoi Bob (Tom Noonan), une intelligence artificielle omnisciente créée par la NSA, est déprimé, et pourquoi il ne parvient pas à localiser un dangereux terroriste sur le point de passer à l'acte.

Un épisode une nouvelle fois très gentillet, probablement même trop, puisqu'il abat ses cartes bien trop tôt sur la table, téléphonant ainsi directement sa résolution, et son parallèle bien trop évident entre Bob et Santa Claus.

C'est un peu le problème principal de l'épisode, en fait : c'est un petit conte de Noël assez sympathique, qui tente ponctuellement d'être sérieux (l'attentat) et touchant (Constance Wu, comme toujours, se démène pour rendre le tout sincère et émouvant, malgré le grotesque inhérent à l'apparence de Bob et à son doublage nonchalant), mais ne va jamais assez ouvertement dans ces directions pour se défaire de sa légèreté, et faire oublier que le tout est sans surprise, et un peu trop long pour son propre bien.

Sympathique en théorie, mais un peu trop maladroit dans la pratique. 3.25/6

1x06 - Impulse :

Val "Speedrun" Hernandez (Lorenza Izzo), une joueuse de FPS ambitieuse, est prête à tout pour gagner, et éviter de finir comme son père. Ainsi, lorsqu'un inconnu, "Kojima" (Kenneth Choi) lui propose un produit dopant lui permettant d'être imbattable en accélérant sa perception, elle se rue sur cette occasion, sans se douter que c'est toute sa vie qui va en être accélérée...

Alors là, on est vraiment en plein dans du Fais-moi Peur et compagnie, tant au niveau des enjeux (avec l'héroïne qui apprend une leçon sur les responsabilités, blablabla) que du ton (pas trop sérieux).

Le problème, c'est que du Fais-moi Peur de 46 minutes, tourné pour pas cher dans le désert californien, et gentiment surjoué de bout en bout par la femme d'Eli Roth, ça n'a malheureusement pas grand intérêt.

Et ce n'est pas le coup de coude maladroit "hey, regardez, il s'appelle Kojima" ou la fusillade bancale de la fin (qui ressemble à une scène d'action de fan-film) qui rehaussent l'intérêt du tout. 2.25/6

Bilan :

Avec du recul, on s'aperçoit que le mot d'ordre de Dimension 404 était donné dès son générique d'ouverture : de la nostalgie, du fanservice (deux facettes d'un même mal qui est la plaie des médias américains actuels), le tout agrémenté d'un ton globalement léger et déconneur, qui rapproche clairement plus cette anthologie d'oeuvres jeunesse comme Chair de Poule ou Fais-moi Peur, que de leurs homologues "adultes" (plus travaillés, plus profonds, ou plus cruels et sombres, c'est selon).

Ici, tout est assez inoffensif, anecdotique, et les bonnes idées que l'on trouve çà ou là ne survivent pas forcément au traitement qui en fait. Néanmoins, le tout reste relativement regardable, et même assez bien produit pour un petit budget.

Cela est loin d'en faire une oeuvre incontournable, cependant, et elle est finalement assez caractéristique de la génération YouTube. Mais pour peu qu'on ferme les yeux sur la superficialité globale du tout, et que l'on accepte de se laisser porter par ce qui ressemble presque plus à un pastiche gentiment ironique du genre qu'à autre chose, Dimension 404 s'avère relativement divertissant. 

Totalement oubliable, et très inégal, mais relativement divertissant.

3/6

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Un film, un jour (ou presque) #480 : Dirty 30 (2016)

Publié le 28 Mars 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Comédie, Youtube

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Dirty 30 : 

À l'approche de la trentaine, Kate (Mamrie Hart), Evie (Grace Helbig) et Charlie (Hannah Hart), amies d'enfance, ne sont pas satisfaites de leurs vies respectives. La première est désespérément célibataire, la seconde ne supporte pas son mari et sa belle-famille, et la troisième, fiancée, ne semble pas décidée à se ranger. Aussi, à l'occasion du trentième anniversaire de Kate, les trois femmes décident d'organiser une fête d'enfer, afin d'évacuer toutes les frustrations, passées et présentes...

Une comédie de la même équipe que Camp Takota et Electra Woman et Dyna Girl, deux métrages principalement écrits/produits/interprétés par des Youtubeurs et Youtubeuses, qu'on retrouve ici dans d'innombrables petits rôles principaux et secondaires. 

Malheureusement, contrairement aux deux films mentionnés ci-dessus (qui étaient assez sympathiques, dans des genres différents), ce Dirty 30 est beaucoup trop mollasson, dérivatif et générique pour vraiment maintenir l'intérêt du spectateur.

Alors, certes, les petits caméos sont toujours sympathiques (à défaut d'être toujours très bien joués) et amusants à identifier, et le trio de tête fonctionne toujours très bien, mais cette fête incontrôlable ne décolle jamais vraiment, et manque d'une véritable montée en puissance, d'une certaine folie, qui donnerait un intérêt au métrage (niveau énergie, Sisters, avec Tina Fey, fonctionnait nettement mieux sur ce plan).

2.5/6

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Un film, un jour (ou presque) #470 : Internet Famous (2016)

Publié le 14 Mars 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Comédie, Youtube

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Internet Famous :

Cinq célébrités du web (Wendy McColm, Amanda Cerny, Shane Dawson, Steve Green, Richard Ryan) aux talents radicalement différents se réunissent pour concourir dans une compétition présentée par un animateur tv (Roger Bart), avec à la clef, une émission télévisée dédiée au gagnant...

Un mockumentaire écrit et réalisé par Michael J. Gallagher (Totally Sketch), qui lorgne très fortement sur les mockumentaires de Christopher Guest, une impression encore renforcée par les quelques caméos d'acteurs établis (Missi Pyle, Adam Busch, Frank Gerrish, John Michael Higgins), et par le ton général, à mi-chemin entre satire mordante et second degré affectueux.

Ça ne révolutionnera pas le genre, la satire est un peu inégale selon les personnages, mais le tout fonctionne mieux que je ne l'aurais cru, donc ce n'est pas une mauvaise surprise.

3.5/6

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Un film, un jour (ou presque) #335 - Summer Camp Week : Camp Takota (2014)

Publié le 13 Juin 2016 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Comédie, Jeunesse, YouTube, Summer Camp

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine (tant que j'arriverai à tenir la cadence ^^), et des mini critiques d'une dizaine de lignes, tout au plus.


- Summer Camp Week -

L'été approche à grand pas, et le moment est venu de passer en revue quelques-uns de ces films de colonies de vacances au charme typiquement américain...


Camp Takota :

Malgré une carrière de responsable en réseaux sociaux dans une maison d'édition, Elise (Grace Helbig) voit soudain sa vie réduite en miettes lorsque coup sur coup, elle découvre son fiancé Jeff (Chester See) dans les bras d'une autre femme, et sa patronne (Rachel Quaintance) dans ceux de l'acteur principal d'une franchise cinématographique pour adolescentes. Désormais sans emploi ni compagnon, Elise décide de passer l'été au Camp Takota, où elle avait l'habitude d'aller quand elle était adolescente. Là, elle retrouve ses deux amies de l'époque, Allison (Hannah Hart) et Maxine (Mamrie Hart) et, tout en servant de monitrice aux enfants, Elise va remettre de l'ordre dans son existence...

Une comédie indépendante réalisée par les deux réalisateurs de Bad Night, et mettant là aussi en avant des stars de Youtube.

Heureusement, ce métrage est nettement supérieur à la comédie sus-nommée, et ce sur tous les plans.

Certes, le script est cousu de fil blanc, et assez convenu dans le genre "été nostalgique en camp de vacances", mais le trio principal est assez attachant, joue plutôt bien, apporte un point de vue féminin bienvenu sur ce genre habituellement assez masculin, et le fond du film est suffisamment sincère et sympathique pour que le tout fonctionne globalement bien.

Avec un peu plus d'originalité, ça aurait probablement été encore meilleur.

3.75/6

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Un film, un jour (ou presque) #112 : Not Cool (2014)

Publié le 21 Avril 2015 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Comédie, Jeunesse, Starz, YouTube

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine (tant que j'arriverai à tenir la cadence ^^), et des mini critiques d'une dizaine de lignes, tout au plus.

Not Cool :

C'est le moment des vacances de Thanksgiving pour Scott (Shane Dawson), ancienne star du lycée qui rentre dans sa famille, profondément déprimé par son expérience universitaire. À peine rentré, sa petite amie Heather (Jorie Kosel) se sépare de lui, mais rapidement, Scott rencontre Tori (Cherami Leigh), une étudiante sarcastique elle aussi rentrée dans sa famille pour les fêtes. Malgré leurs différences, le couple se rapproche, en parallèle d'un autre couple, formé par Janie (Michelle Veintimilla), la soeur de Scott, et Joel (Drew Monson), l'un des amis de Tori.

Second métrage du concours The Chair de la chaîne Starz, Not Cool est le produit du travail de Shane Dawson sur un script original de Dan Schoffer... et ça se sent tout de suite, dès les premières images.

Le film joue en effet immédiatement cartes sur table : ce sera une comédie crade, stupide, vulgaire et idiote, dans le style caricatural et surjoué des vidéos Youtube de Shane Dawson, et à destination des ados dont il est l'idole.

C'est bien dommage, en fait, parce que visuellement, le film n'a pas à rougir d'autres longs-métrages plus professionnels, que le trio d'acteurs principaux est assez bon (Dawson est une erreur de casting, même s'il fait de son mieux pour être juste), et qu'il y a toute une thématique sur le fait de grandir, de laisser sa gloire passée de côté pour progresser, etc, qui est assez juste, et qui fonctionne même assez bien lors des moments plus sincères.

Seul problème, Dawson casse systématiquement ces moments plus émouvants par une blague peu inspirée ou un gag naze, et le film souffre donc d'un contraste permanent entre humour graveleux et émotion... ce qui, au final, donne corps à un métrage raté, dont la réputation calamiteuse est certes exagérée, mais pas totalement infondée.

2/6

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