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LES TÉLÉPHAGES ANONYMES

Il était une fois Lurdo & Sygbab, deux internautes passionnés de séries tv et de cinéma, et qui cherchaient un endroit où archiver leurs avis (semi) éclairés...

Résultat pour "good place"

Un film, un jour (ou presque) #861 : Vintage Tomorrows (2015)

Publié le 22 Janvier 2019 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Histoire, Documentaire, Fantastique, Science-Fiction

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus. ​​

Vintage Tomorrows :

Un documentaire d'à peine une heure s'intéressant au mouvement steampunk, à ses origines, à ses intérêts, à son futur, et à ce que cette tendance peut apporter au reste de la société...

Au programme, de nombreux intervenants, artistes, auteurs, musiciens, inventeurs, couturières, tailleurs, etc, qui expliquent leur passion du genre steampunk, et les raisons de cette passion, ainsi que leurs motivations philosophiques et idéologiques.

Et alors que le documentaire se veut une exploration positive du mouvement, un métrage supposé montrer au monde toutes les qualités du steampunk, ce que j'en retire, c'est que le steampunk (du moins, celui qui est présenté dans le film, très californien) est bourré de contradictions, incapable de se définir, et qu'il n'est, au final, pas si éloigné que ça des ren-fairs, les renaissance fairs américaines très à la mode dans les années 60-80.

Comme dans les ren-fairs, ces steampunkers (steampunks ?) sont attirés par l'idée de s'immerger dans un monde imaginaire, dans une autre époque qu'ils n'ont pas connue, et qui leur est étrangère ; une époque qu'ils revivent au travers de costumes, de jeux-de-rôles, de projets artistiques, et qu'ils s'approprient en se livrant à une bonne dose de révisionnisme historique.

La composante raciale du mouvement est ainsi assez problématique : 98% des intervenants du documentaire sont blancs, libéraux (dans le sens américain du terme), et semblent vraiment hésiter à assumer pleinement le caractère discutable de cette vénération d'une époque coloniale pleine d'injustices (certains intervenants militent pour un steampunk réécrivant l'histoire par le prisme du politiquement correct actuel, d'autres trouvent que c'est une aberration) ; une intervenante afro-américaine aborde justement ce point, pour expliquer pourquoi elle n'est pas à l'aise avec le steampunk tel que beaucoup le pratiquent.

Comme bon nombre de participants aux ren-fairs, la composante artisanale est importante, tout comme le confort nostalgique d'une époque plus simple : les amateurs de steampunk adorent la technologie, mais pas celle d'aujourd'hui, trop compliquée ; ils veulent une technologie plus basique, qu'ils sont en mesure de démonter et de comprendre.

Un retour aux choses simples, un désir de fabrication manuelle, de reprise de contrôle sur son existence, etc... qui passe par la construction d'un monde imaginaire idéalisé ; une recherche d'une technologie personnalisée et d'un style unique... qui passe par l'intégration à un mouvement où tout le monde a tendance à coller des rouages sur tout ce qui bouge, et à aimer les mêmes choses/livres/œuvres, etc.

Et il y a aussi cette sorte de prétention qui se dégage des "intellectuels" du mouvement, une prétention artistique qui refuse l'appellation "simpliste et méprisante" de cosplay, impose et invoque à sa place une philosophie de vie, un mouvement révolutionnaire et contestataire pouvant changer l'avenir du monde, comme le Flower Power l'a fait à son époque.

C'est cette intellectualisation du mouvement qui domine ici, et qui a la parole. Une intellectualisation qui, lorsque l'on se renseigne un peu, a clairement divisé le mouvement steampunk américain il y a quelques années, entre les "artistes & philosophes" voulant associer au mouvement des valeurs progressistes, de justice sociale, et de révolution sociétale, et les participants lambda, des amateurs voulant prendre part à un fandom un peu différent des autres, avec son esthétique particulière, sa communauté, ses fêtes, etc.

Avec sa petite heure de métrage, Vintage Tomorrows ne semble pas vouloir explorer toutes les contradictions et tous les courants de pensée du mouvement steampunk ; c'est bien dommage, et on ressort du documentaire avec une impression d'inachevé.

Cela dit, pour une introduction à ce milieu (ou du moins, à une partie de ce qu'était ce milieu il y a 5 ou 6 ans), Vintage Tomorrows devrait faire l'affaire.

3.75/6

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Et comme toujours, vous pouvez retrouver la liste complète de tous les films passés en revue sur ce blog dans le menu Index de haut de page, ou en cliquant directement sur ce lien...

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Un film, un jour (ou presque) #719 : Ready Player One (2018)

Publié le 23 Mai 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Action, Aventure, Science-Fiction, Drame, Comédie

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus. ​​ 

Ready Player One :

En 2045, alors que le monde est au bord de l'effondrement, une seule chose motive les humains : l'Oasis, une réalité virtuelle créée par un génie excentrique (Mark Rylance) qui a laissé, derrière lui, un héritage de taille. Celui qui parviendra à résoudre trois énigmes et à trouver le secret caché au cœur de l'Oasis deviendra en effet l'héritier de son immense fortune, et le nouveau propriétaire de l'Oasis. Parzival (Tye Sheridan), Art3mis (Olivia Cooke), Aech (Lena Waithe), Sho (Philip Zhao) et Daito (Win Morisaki) unissent alors leurs forces pour percer à jour le mystère de l'Oasis avant le machiavélique Nolan Sorrento (Ben Mendelshon), grand patron ayant à sa disposition toutes les ressources de cette multi-nationale technologique...

Moui.

Je ne sais pas trop quoi penser de ce nouveau film de Steven Spielberg, en fait. D'un côté, c'est du Spielberg, c'est donc visuellement particulièrement technique et maîtrisé, les effets spéciaux sont excellents (l'animation, l'émotivité et l'expressivité des personnages numériques sont impeccables), on ne s'ennuie pas, et la bande originale de Silvestri est très bonne (bien qu'un peu envahissante çà et là, lorsque ce qu'il y a à l'écran se marie mal à l'enthousiasme du score, ou que ce dernier joue la carte du mickey-mousing).

Et de l'autre... c'est Ready Player One. Une adaptation d'un roman quelconque, sous la forme d'un quasi-film d'animation à la direction artistique franchement discutable (Parzival et Art3mis sont vraiment laids), au récit assez linéaire, au recours gratuit au fan-service (jusqu'à l'overdose), aux antagonistes ridicules, aux personnages peu attachants et à l'écriture simpliste (le Créateur autiste, Art3mis "défigurée" par sa tâche de vin, l'asiatique qui fait du kung-fu) et à l'univers (le monde réel, pas l'Oasis) dans lequel on ne croit pas une seule seconde, tant ses détails sont inaboutis et manquent de plausibilité.

On devine en filigrane un propos (sur la nostalgie, le virtuel, les corporations, le rapport créateur/création/public, la désacralisation et réappropriation des chefs-d’œuvre, etc), ou du moins ce qui a pu motiver Spielberg à réaliser ce film, mais étrangement, ces idées ne sont pas claires, parasitées par le reste du film (et très probablement par le matériau de base), par sa propension à placer d'innombrables références gratuites comme autant de paillettes jetées aux yeux du spectateur (à ce titre, si la scène Shining permet à Spielberg de se faire plaisir, finalement, elle ne sert pas à grand chose de plus que la majorité des autres moments de fan-service).

Un peu à l'image de ce moment où le méchant tente de faire croire qu'il est lui aussi un fanboy, pour se mettre le héros dans la poche, mais celui-ci n'est pas dupe : il y a là quelque chose de métadiscursif vis à vis du reste du film, qui fait exactement la même chose et surfe sur la vague nostalgie 80s pour se mettre les spectateurs dans la poche. Intéressant, mais à peine effleuré, et ça ne va jamais plus loin que ce bref instant.

En fait, je crois que c'est la maladresse de l'écriture et des dialogues (cf les dernières répliques et toute l'exposition récurrente qui parsème le film, que ce soit en voix off pour présenter l'univers, ou pour surligner et expliciter certaines références) qui brouille les cartes, et empêche ce film de communiquer clairement son message.

On se retrouve ainsi avec quelque chose d'esthétiquement discutable, et qui, sur le fond, a le postérieur entre deux chaises, à mi-chemin entre un Spielberg old-school (aventure, énergie, jeunesse, optimisme) et un Spielberg moderne (plus réaliste, avec un point de vue plus sombre et mordant du monde réel, ou du moins de l'avenir) : c'est pratique, ça permet à tout le monde de se lancer dans sa propre analyse (souvent totalement capillotractée et détachée de la réalité du film et de sa production) selon que l'on a aimé ou détesté, mais en soi, ça n'en fait pas un bon film.

Ça n'en fait pas non plus pour autant un mauvais film, puisque RPO est sauvé par son aspect technique et par sa réalisation...

En résumé, un résultat vraiment mitigé, un peu creux, mais pas désagréable à regarder.

3.75/6 (dont 0.25 pour le petit caméo de Perdita Weeks)

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Halloween Oktorrorfest 2018 - 23 - Goal of the Dead (2014)

Publié le 15 Octobre 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Horreur, Halloween, Fantastique, Oktorrorfest, France, Comédie, Sport, Drame, Thriller

Chez les Téléphages Anonymes, du 1er octobre à début novembre, on fête Halloween et l'Oktorrorfest, un marathon quotidien de cinéma fantastique et d'horreur...

Goal of the Dead (première et deuxième mi-temps) :

Lorsque l'Olympique de Paris, un club majeur, arrive à Capelongue pour affronter l'équipe locale pour ce qui devait être un match gagné d'avance, ses joueurs ne se doutent pas qu'ils vont être les victimes d'une épidémie de rage, qui se propage à la vitesse de l'éclair dans le stade. Bientôt, un petit groupe de survivants - Samuel Lorit (Alban Lenoir), Idriss (Ahmed Sylla), Solène (Charlie Bruneau), Cléo (Tiphaine Daviot), et une poignée de supporters - tente d'échapper aux enragés avant qu'il ne soit trop tard...

Un long-métrage français qui lorgne fortement sur le format grindhouse, avec son récit découpé en deux moitiés, chacune confiée à un scénariste et à un réalisateur différent.

Et malheureusement, pour rester dans la métaphore sportive, l'essai n'est pas transformé, puisque le produit fini, d'environ deux heures, est affreusement inégal.

La première partie, réalisée par Benjamin Rocher, consiste en 85% de comédie semi-dramatique française sur le retour d'un joueur dans son village natal, et 15% d'enragés (principalement vers la fin de cette première "mi-temps"). Ce n'est pas particulièrement drôle, c'est énormément de mise en place et de présentation des personnages, et hormis quelques effets de montage et de zooms numériques pour accentuer les impacts, sur la fin, ainsi qu'une jolie atmosphère dans le stade enfumé, la réalisation est assez passe-partout.

Bref, une première moitié oubliable, qui aurait facilement pu être condensée en quelque chose de 20-25 minutes, et qui peine à surprendre, que ce soit dans sa mise en images ou dans son écriture (l'identité réelle de Cléo est ainsi particulièrement téléphonée).

La seconde moitié, réalisée par Thierry Poiraud (Atomik Circus), est tout l'inverse : principalement de l'action, du film de zombies et d'assiégés très classique, un peu plus comique que la première moitié, notamment grâce à Bruno Salomone, parfait en agent aux dents longues.

On note aussi une réalisation plus affirmée (ralentis et effets numériques lors de l'action) et beaucoup plus de dialogues humoristiques (notamment au niveau des rapports familiaux de Lorit), ce qui, étrangement, permet de remarquer une sorte de discontinuité au niveau de la caractérisation de certains personnages : le scénariste change, et la personnalité des personnages n'est plus exactement la même.

Idem pour les enragés, d'ailleurs, qui en première partie passaient tout leur temps à vomir sur les humains pour les contaminer, et là, dans cette seconde mi-temps, semblent tout simplement oublier de le faire quatre fois sur cinq pour préférer les massacrer brutalement.

Si cette seconde moitié de film s'avère plus rythmée et sympathique, malheureusement, elle a elle-aussi tendance à sous-exploiter tout son potentiel footballistique. Et ce n'est pas ce bref passage sur le terrain, à la toute fin, et cet affrontement final peu convaincant, qui empêchent le spectateur de quitter le film un peu déçu.

Déçu par un ensemble très inégal, par un potentiel partiellement inexploité, par une intrigue trop banale... bref, déçu.

2.75/6 (parce que c'est globalement assez bien interprété)

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Les bilans de Lurdo - Halloween Oktorrorfest 2018 - Ash vs Evil Dead, saisons 1 à 3 (2015-2018)

Publié le 13 Octobre 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Les bilans de Lurdo, Horreur, Halloween, Fantastique, Comédie, Action, Télévision, Starz

L'Halloween Oktorrorfest touche aussi le petit écran, avec chaque week-end, du 1er octobre à début novembre, des critiques de séries fantastiques et horrifiques...

Ash vs Evil Dead, saison 1 (2015-2016) :

Après 30 ans de tranquillité et de médiocrité, Ash (Bruce Campbell), fortement alcoolisé,  commet l'erreur de lire une page du Necronomicon pour impressionner une femme. Aussitôt, les Cadavéreux recommencent à le traquer, et c'est aidé de Pablo (Ray Santiago) et de Kelly (Dana DeLorenzo), deux jeunes collègues, que le héros-malgré-lui va devoir tenter de réparer son erreur, alors même qu'une policière (Jill Marie Jones) et que la dangereuse Ruby (Lucy Lawless) sont à leurs trousses.

Une première saison à peine abordée sur ce blog à l'époque de sa diffusion, et qui, dans l'ensemble, s'avère assez inégale. Chapeautée par Sam Raimi, Robert Tapert, Tom Spezialy et Craig DiGregorio (Reaper, Chuck, Workaholics), cette saison de 8x25 minutes (+ un pilote et un final plus longs) trahit assez fréquemment les errances de la production, et la vision tout à fait différente que chacun des producteurs a de la série.

Après un pilote tourné par Raimi (paradoxalement, pas forcément la réalisation la plus efficace de la saison, tant l'épisode ressemblait un peu trop à un best-of des films), le show adopte en effet rapidement un schéma un peu répétitif : Ash & co arrivent quelque part pour trouver de l'aide, un démon survient, l'aide supposée est massacrée, Ash & co triomphent et repartent, et Ruby et la fliquette arrivent à leur tour, constamment sur leurs traces.

Autant dire que ça ronronne assez vite, d'autant que le budget assez limité mène souvent à des huis-clos fréquents (la caravane, le bunker souterrain, la boutique de livres rares, le diner, la maison familiale de Kelly, la demeure de l'oncle de Pablo, la cabane dans les bois...), et que tout ce qui touche à Amanda, la policière, s'avère particulièrement insipide (on se demande lequel des producteurs a vu la série Sleepy Hollow, et s'est dit qu'il serait pertinent - et progressiste - de la copier, pour en faire le love interest du héros).

Ajoutez à cela quelques fautes de goûts assez malvenues (la scène de sexe du pilote, la demon-cam subjective montrée sous l'aspect d'un nuage numérique à la Lost, l'overdose de sang et d'effets numériques un peu fauchés à certains moments), du remplissage évident (le passage par le diner, et celui dans la milice), et de multiples personnages secondaires sous-exploités - Amanda est sans intérêt, donc, mais il en va de même pour les campeurs des trois derniers épisodes, uniquement là pour servir de chair à canon (même si Samara Weaving est sympathique), et même pour Ruby, assez mal utilisée durant la saison, car n'ayant une véritable utilité que dans les deux derniers épisodes - et l'on se retrouve avec une saison inaugurale qui s'éparpille, qui patauge un peu, et qui peine un peu à se dégager du cadre des films Evil Dead, voire même à retrouver leur folie.

Cela dit, ça reste très agréable à regarder (car le format est assez court, c'est sanglant à souhait, et ça ne se prend pas trop au sérieux), l'humour fait mouche, le trio principal s'amuse et trouve sa place assez rapidement (Campbell semble ravi de rendre Ash toujours plus bas de plafond ^^), l'illustration musicale est plutôt bonne, et les créatures réussies (mention spéciale au démon Eligos) : bilan mitigé positif, en somme, pour une première année qui se cherche clairement.

Ash vs Evil Dead, saison 2 (2016) :

Coulant désormais des jours heureux à Jacksonville, Ash, Pablo et Kelly sont cependant contraints de reprendre la chasse aux démons lorsque Ruby, désormais mortelle et traquée par ses "enfants", leur explique que ceux-ci l'ont trahie, et n'ont que faire de la trêve en vigueur, puisqu'ils ont pour objectif de ramener leur père, Baal (Joel Tobeck), à la vie...

Une saison assez difficile à évaluer dans sa globalité, car si elle est beaucoup plus réussie et homogène que la première année, elle souffre aussi de querelles intestines entre les producteurs, qui ont fini par saborder un peu, vers sa fin, tout ce que la saison avait réussi à construire.

Car sous l'égide de Craig DiGregorio, showrunner de cette saison 2, la série a trouvé son ton, et renoué avec le slapstick sanguinolent et la comédie décomplexée d'Evil Dead 2. Dès ses premiers épisodes, la saison 2 joue ainsi carte sur table, avec un montage plus dynamique, une atmosphère plus décontractée, et des scénaristes qui se lâchent nettement plus ; il n'y a qu'à voir la scène de la morgue, joliment écœurante, ou encore des idées comme la marionnette Ash, ou la voiture possédée, pour comprendre que DiGregorio a bien saisi ce qui faisait le succès de la franchise : ne pas hésiter à partir dans l'improbable, dans le décalé, et toujours faire face aux Cadavéreux dans la bonne humeur, et dans des gerbes de sang démesurées.

On a donc droit à une saison qui s'articule autour du retour de Ash dans sa ville natale, avec tout ce que cela comporte - un père (Lee Majors) pire que son fils, des ex-compagnes, des rivaux, beaucoup de regrets, et une population locale qui traite Ash comme un tueur en série depuis les évènements du premier film.

De quoi faire revenir des visages familiers (Ted Raimi !), d'autres plus inédits (Michelle Hurd), ainsi que des visages décédés (la sœur de Ash !), histoire de confronter notre héros aux erreurs de son passé, et de le rendre un peu plus vulnérable.

Pablo et Kelly, eux, continuent de s'affirmer de bien belle manière, notamment dans leurs interactions avec une Ruby semi-repentante - Kelly, en particulier, gagne énormément en charisme et en envergure, se transformant progressivement, au fil de la saison, en version féminine de Ash, et ayant même droit, en cours de saison, à son propre duel contre sa "main".

D'ailleurs, il apparaît vite évident que DiGregorio avait quelque chose de précis en tête pour sa fin de saison, et pour Kelly. À de multiples reprises au fil des deux premières années, on nous répète ainsi que Kelly est plus dure à cuire que Ash, qu'elle pourrait être El Jefe, et Ash lui-même affirme à plusieurs reprises qu'elle est comme la fille qu'il n'a jamais eu.

Aussi, quand arrivent les deux derniers épisodes et que la notion de voyage temporel dans les années 80 (désormais rendue possible par la réintégration de L'Armée des Ténèbres au sein du canon de la série) entre en jeu, on se dit que quelque chose risque de se produire sur ce front-là. Et lorsque Ash & co reviennent à la cabane juste avant que Ash, jeune, ne découvre le Necronomicon, on se surprend à espérer l'utilisation d'images d'époque, pour une rencontre numérique à la Forrest Gump, ou à la Retour vers le Futur.

Et sans surprise, c'est exactement ce que le showrunner avait en tête : une suite d'évènements menant à la révélation de la paternité réelle de Kelly, qui serait devenue la fille de Ash suite à un paradoxe temporel... une idée logique, compte tenu de la saison 2, mais une idée qui a été totalement sabordée au dernier moment, lorsque Robert Tapert, producteur sur la franchise depuis le tout premier opus, proche de Raimi, époux de Lucy Lawless et partisan d'une approche "plus de sérieux, moins de délire" a tout simplement mis le script à la poubelle, pour tout reprendre de zéro peu avant le tournage.

Ce qui explique clairement pourquoi DiGregorio a choisi de quitter alors la série, et pourquoi cet épisode final est bourré de raccourcis malvenus, d'éléments et de résolutions improbables, et de choses un peu bâclées (tout le marché que Ash passe avec Baal se résume à une grosse bagarre basique, les réactions de 80s Ruby face à ce marché sont peu claires, tout le côté voyage temporel est incohérent, la tronçonneuse dans la baignoire arrive comme un cheveu sur la soupe, et bien sûr, ces fantômes finaux n'ont aucun sens si Ash a changé le passé...), qui affaiblissent rétrospectivement le reste de la saison.

Ce n'est pas désastreux, et ça fait illusion (notamment parce que Bruce et Tobeck se donnent à fond, et qu'il y a quelques bonnes idées visuelles), mais ça reste un peu trop approximatif pour vraiment convaincre - et ça se remarque d'autant plus lorsque l'on revoit les épisodes à la chaîne).

Vraiment dommage que cette seconde année se termine ainsi, dans un murmure, alors que son déroulement semblait mener à quelque chose de bien plus tonitruant et spectaculaire.

Cela dit, cette saison reste des plus agréables à regarder, et est à mes yeux nettement supérieure à la première année, tout en souffrant toujours, çà et là, de soucis de ton trahissant les divergences d'opinion des divers responsables du programme.

Ash vs Evil Dead, saison 3 (2018) :

Désormais une star à Elk Grove, Ash a repris la quincaillerie de son père, tandis que Pablo a ouvert son taco truck, et que Kelly est serveuse dans un bar. Mais rapidement, Ash apprend qu'il a une fille lycéenne, Brandy (Arielle Carver-O'Neill), et que Ruby veut sa mort : heureusement, Ash peut compter sur l'aide de Dalton (Lindsay Farris), un Chevalier de Sumer dévoué au combat contre les forces du mal...

Comme je le disais ci-dessus, exit Craig DiGregorio, et avec lui, exit le rythme, le dynamisme et les idées improbables de la saison 2. Exit aussi la notion de Kelly en tant que fille de Ash, et exit toute cohérence en rapport avec le voyage temporel de toute la petite bande.

À la place de DiGregorio, Mark Verheiden devient le showrunner de la série, un Verheiden au cv de scénariste très très inégal, de Battlestar Galactica à Smallville en passant par Caprica, Heroes, Hemlock Grove, Daredevil, Timecop, The Mask, et My Name is Bruce, et qui a décroché ce job pour sa familiarité avec Bruce Campbell, et le personnage de Ash Campbell, dont il a écrit des aventures pour la série de comic-books adaptés de l'un des films. À ses côtés, Rob Fresco, ex-scénariste de Heroes, de Touch, et de pas mal de séries sérieuses et plates.

On le voit tout de suite : au niveau créatif, on est loin de la comédie décomplexée de DiGregorio, et on s'inscrit nettement plus dans une sérialisation telle que Robert Tapert la préfère.

Et Verheiden (un yes-man au style assez discret) impose sa patte dès le début de saison, un début de saison qui fait très rapidement craindre le pire (en plus de donner une étrange impression d'imposture avec l'introduction de cette fille cachée, alors que ce même concept avait été rejeté en bloc par Tapert la saison précédente - idem pour l'idée du médaillon, qui ressurgit à la fin de la saison) : rythme particulièrement nonchalant, une sorte de pilotage automatique dans la narration, des personnages inutiles (Dalton), des retours encore plus inutiles (Zombie-Brock), des scènes d'action basiques, et surtout, un manque cruel de folie et de jusqu'au-boutisme : les idées improbables sont là (le bébé Ash), elles ont du potentiel, mais à l'image de cet affrontement dans la banque du sperme, ça ne décolle jamais vraiment, et ça s'arrête alors que ça devrait passer la seconde.

À l'identique, le début de saison préfère mettre l'accent sur le sérieux, l'horreur, et le mélodrame familial de Ash, ce qui laisse peu de place, tous comptes faits, à l'humour. Ajoutez à cela une Ruby maléfique qui commence à se répéter et à perdre en intérêt, et une Kelly totalement mise de côté, dans un semblant de triangle amoureux/jalousie avec Pablo et Dalton, et la première moitié de saison s'avère vraiment laborieuse et décevante.

Malheureusement, la suite est du même acabit, avec une saison qui, dans sa globalité, semble vouloir totalement se détacher de ce qui est venu auparavant. Ici, semblent dire les showrunners, on est dans l'action épique, dans les affrontements cataclysmiques, dans les grandes émotions, dans la mythologie complexe, etc.

La saison semble ainsi un reflet inversé de la saison 2 : là où cette dernière construisait quelque chose sur 8 épisodes, pour s'essouffler sur la fin, ici, c'est l'inverse. Pendant 8 épisodes, cette saison 3 va et vient sans réelle direction, avec beaucoup d'idées potentiellement délirantes (tel ou tel monstre, tel ou tel affrontement, une scène ou une autre), qui ne sont qu'effleurées, un peu de racolage (plus de nudité féminine ici qu'auparavant) et un ton globalement dramatique et horrifique, jouant beaucoup sur un semblant de suspense et d'angoisse jamais vraiment convaincants.

Tous les personnages meurent et ressuscitent à un moment ou à un autre (pas toujours de manière très cohérente), et on sent que les scénaristes utilisent l'au-delà comme un endroit où placer des protagonistes dont ils ne savent plus que faire (Kelly, notamment) : pourquoi pas, mais alors que le script tente de mettre la barre toujours plus haut en matière de menace, on finit paradoxalement par ne plus craindre pour la vie de quiconque.

Et quand arrivent les deux derniers épisodes, et que l'Apocalypse arrive sur Terre avec les Dark Ones (qui ne ressemblent absolument à rien et sont ratés), les scénaristes se lâchent, et misent tout sur le "sacrifice" de Ash, et sur son attachement (démesuré) à sa fille : on a droit à de l'émotion pataude, à une destruction à grande échelle, aux civils impuissants que tous nos héros doivent sauver, aux gros violons larmoyants, etc. C'est presque gênant de voir à quel point le show se prend alors au sérieux, et oublie son sens de l'humour.

La menace, cependant (un méga-Cadavéreux gigantesque, aux proportions godzillesques), est très réussie, visuellement, et le budget effets spéciaux de ce final a dû être conséquent : contrairement à la saison 2, et malgré leur émotion forcée, les deux derniers épisodes de la saison 3 fonctionnent, notamment grâce à sa conclusion totalement appropriée à la franchise (avec caméo de Jessica Green en guerrière cyborg).

Quel dommage cependant que le reste de la saison, avec sa structure plate alternant mécaniquement les sous-intrigues (quitte à casser le rythme et l'énergie des scènes), ses personnages à l'écriture très inégale (Brandy ne sert pas à grand chose, si ce n'est à se méfier de son père ; Kelly est largement mise de côté, et affublée de réactions pas toujours logiques), et son manque d'humour, ne m'ait pas du tout convaincu, et ait refusé de s'inscrire dans la lignée de la très sympathique saison 2.

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Voilà, Ash vs Evil Dead, c'est terminé. Une série forcément attachante (le trio de personnages principaux fonctionne très bien), mais qui aura toujours eu des problèmes de ton - un peu comme les films, d'ailleurs.

La saison 1, ainsi, avait un ratio sérieux/comédie de 60/40 ; rapidement, en saison 2, on est passé à un ratio totalement inverse (30/70), avec un résultat nettement plus déconneur, énergique et gratuitement sanguinolent. Et puis, pour cette saison 3 plus préoccupée par l'idée de rendre sa prestance et son aura de héros à Ash, tout en lui donnant un côté sensible, on a rebasculé dans quelque chose de nettement plus sérieux, façon 80/20.

De quoi donner un bon torticolis aux spectateurs qui, en fonction du Ash qu'ils préfèrent, trouveront plus leur bonheur dans une saison ou une autre. Une série dramatique classique, une comédie horrifique décomplexée, de l'horreur pure, une suite de combats épiques et héroïques ? Evil Dead, ça peut être un peu tout cela à la fois... pour peu que les showrunners en aient pleinement conscience. Et malheureusement, il n'est pas du tout certain que les responsables de la franchise (en l'occurrence, Tapert) l'aient vraiment compris...

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Halloween Oktorrorfest 2018 - 63 - Otoshimono : Ghost Train (2006) & The Lodgers (2017)

Publié le 1 Novembre 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Oktorrorfest, Halloween, Horreur, Fantastique, Japon, Irlande, Lovecraft, Romance, Histoire

Chez les Téléphages Anonymes, du 1er octobre à début novembre, on fête Halloween et l'Oktorrorfest, un marathon quotidien de cinéma fantastique et d'horreur....

Otoshimono (2006) :

Lorsque sa petite sœur est portée disparue dans la gare de Mizunashi, Nana (Erika Sawajiri), une lycéenne japonaise, remarque que de nombreux passagers se sont eux aussi mystérieusement volatilisés le long d'une ligne passant par cette gare. Elle décide alors de mener l'enquête, aidée de Kuga (Shun Oguri), un conducteur de train mis à pied après avoir assisté à une apparition fantômatique...

Un long-métrage horrifique japonais aux composantes lovecraftiennes indubitables (ça mentionne la Miskatonic University, la source du mal est un autel dédié à une déité antique et maléfique, enfouie au cœur des tunnels d'une montagne, et vivant sur un tas de cadavres réanimés), mais qui souffre aussi de sa forme décousue, et de son budget que l'on devine assez limité.

Formellement, en effet, on a droit à de nombreux effets de réalisation inutiles et assez amateurs (ralentis, replay, etc) qui alourdissent des plans pourtant intéressants, et parvenant à rendre lugubres les gares vides et les voies de chemin de fer du Japon. À cela, s'ajoute une interprétation assez inégale, pour ne pas dire médiocre, et un récit manquant cruellement de rigueur et de concision : ça s'éparpille, ça filme l'amitié naissante entre deux lycéennes comme une histoire d'amour tragique, et ça perd fortement en efficacité à mesure que le film avance...

... jusqu'au dernier quart d'heure, lorsque l'héroïne découvre enfin la source du mal. Le film gagne alors en intensité, et se permet quelques plans réussis sur cette armée de cadavres rampants sur les murs et les plafonds.

Mais ce n'est pas assez pour faire de ce Ghost Train une réussite, tant le film est trop inégal pour convaincre, et repose encore trop sur des clichés de film de fantômes japonais pour être vraiment efficace.

2.25/6

The Lodgers (2017) :

Éprise de liberté et venant tout juste de fêter ses 18 ans, Rachel (Charlotte Vega) n'a qu'une envie : quitter le manoir familial délabré où elle vit recluse avec son frère jumeau névrosé, Edward (Bill Milner), sous l'emprise d'une force surnaturelle vivant sous le manoir, et qui les héberge, à trois conditions. Les jumeaux doivent en effet être couchés avant minuit, ils ne doivent jamais laisser un inconnu entrer dans le manoir, et toute tentative, par l'un d'entre eux, de fuir pour de bon le bâtiment, place aussitôt l'autre en danger de mort... Mais lorsque Sean (Eugene Simon), un jeune vétéran handicapé, revient dans le village voisin, il ne laisse pas Rachel insensible.

Un film d'horreur gothique se déroulant dans l'Irlande de 1920, optant pour une approche minimaliste, et pour des décors naturels (forêt, manoir, village, ruines, etc) qui sont pour beaucoup dans la très jolie ambiance que le film parvient à établir.

Néanmoins, le film est tellement classique dans son approche de l'horreur gothique et de ses thèmes (inceste, consanguinité, éveil à la sexualité, malédiction familiale, lourds secrets et non-dits pesants, ombres menaçantes et grincements inquiétants) qu'il en est presque un peu poussiéreux.

Forcément, on pense en effet aussi à Crimson Peak (pas franchement meilleur, mais nettement plus stylisé et chatoyant) ou à La Dame en Noir, et on se dit qu'il manque tout de même un certain charme à toute cette vague de revival du style épouvante gothique.

Et pourtant, malgré tout cela, malgré un récit assez prévisible, une photographie ultra-sobre (à la limite d'être terne), ainsi qu'une interprétation un peu inégale, je n'ai pas détesté. Je le placerais même probablement à égalité avec Crimson Peak (mais pas forcément pour les mêmes raisons).

3/6 pour l'atmosphère et l'ambiance, ainsi que pour les effets aquatiques (et pour le petit rôle de David Bradley).

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Un film, un jour (ou presque) #885 - QUINZAINE SAINT VALENTIN : Rip Tide (2017) & How to Train Your Husband (2018)

Publié le 11 Février 2019 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Comédie, Romance, Télévision, Netflix, Jeunesse, Sport, Australie, Disney, St Valentin

Pendant deux semaines, à l'occasion de la Saint Valentin, place aux grands sentiments et à la séduction, avec chaque jour plusieurs critiques de films romantiques...

Rip Tide (2017) :

Lasse de voir sa carrière de mannequin totalement dirigée par sa mère (Danielle Carter), et suite à un incident embarrassant devenu viral, Cora (Debby Ryan) fuit pour l'Australie, pour passer quelque temps chez sa tante Margot (Genevieve Hegney), qu'elle n'a pas revue depuis bien longtemps. Là, elle comprend que Margot ne s'est pas remise de la mort de son époux, elle sympathise avec l'excentrique Chicka (Naomi Sequeira), et elle tombe sous le charme de Tom (Andrew Creer), un surfeur qu'elle connaissait dans son enfance, et qui va l'inciter à prendre en main son destin...

Une comédie romantique australienne diffusée sur Netflix et distribuée par Marvista, avec une ex-Disney en tête d'affiche (et une autre dans un second rôle plus décalé). Et honnêtement, cela suffit à comprendre à quoi s'attendre avec ce métrage : une sorte de croisement entre un téléfilm romantique Marvista, et une comédie adolescente Disney Channel, le tout un peu mieux filmé que la moyenne, et avec de très jolies images aquatiques et de l'Australie (c'est lumineux, tout ça, peut-être même trop).

Au niveau de l'intérêt, ça s'arrête à peu près là, cependant, puisque le tout reste assez superficiel sur tous les plans, malgré un moment ou deux qui tentent d'être un peu plus subtils (la tante, hantée par le souvenir de son époux décédé ; la gestion des flashbacks, et leur symbolique), et une pudeur assez prononcée à tous les niveaux.

2.5/6 (parce que j'ai de la sympathie pour la moue boudeuse de Ryan, et parce que la copine excentrique m'a rappelé une jeune Danica McKellar, en plus agitée)

How to Train Your Puppy Husband (or How to Pick Your Second Husband First - 2018) :

Thérapeute réputée et auteur de best-sellers, Jillian (Julie Gonzalo) a pourtant des problèmes de couple assez conséquents, que ni la jeune femme ni son époux (Jonathan Chase) ne savent comment régler. À l'occasion d'un déplacement de son époux, cependant, Jillian accueille chez elle un jeune chiot, à l'initiative de sa meilleure amie Nicole (Karla Mosley) : elle découvre alors comment s'occuper d'autrui, et réalise qu'elle a peut-être trouvé là une solution aux problèmes de son mariage...

Une comédie romantique indépendante qui finira probablement sur ION, UpTV ou Lifetime (sans même parler des chaînes françaises), tant elle est calibrée, par sa maison de production (la même que celle qui a produit Fugue Sentimentale, entre autres), pour se couler dans le moule des romances télévisées façon Hallmark.

Le seul problème, en fait, c'est que le personnage de Julie Gonzalo n'est vraiment pas particulièrement engageant, notamment au début du métrage, lors des moments de tension au sein de son couple. C'est un problème d'écriture, mais aussi de visuel, puisque le tout est filmé de manière assez clinique, dans des environnements assez froids et stériles, ce qui n'aide pas vraiment à s'attacher à cette thérapeute finalement relativement mauvaise et immature.

Il faut attendre l'arrivée du chien (un adorable petit Beagle), au bout d'une demi-heure, pour que le tout se décoince un peu, et qu'on commence à s'attacher aux mésaventures de Julie Gonzalo. Mais là encore, c'est plus grâce au capital-sympathie du chien que grâce à l'écriture de la réalisatrice/scénariste, dont c'est là le second long-métrage. Et ensuite, avec le retour du mari dans la vie de Jillian, le film s'embourbe dans des mensonges, de la jalousie et des quiproquos quelconques...

Dans l'ensemble, une comédie romantique assez plate, qui manque vraiment de peps et d'énergie, et qui ronronne assez rapidement (ce qui est assez paradoxal, vu la thématique canine du tout).

2 + 0.25 pour le chien = 2.25/6

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Un film, un jour (ou presque) #839 : Moi, Belle et Jolie (2018)

Publié le 16 Novembre 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Comédie, Romance, Netflix

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus. ​​ 

Moi, Belle et jolie (I Feel Pretty) :

Ronde et mal dans sa peau, Renee (Amy Schumer) se persuade soudain, après avoir reçu un coup sur la tête, qu'elle a été transformée, comme par magie, en bombe anatomique. Désormais pleine de confiance en soi, Renee commence alors à s'épanouir tant dans sa vie amoureuse que professionnelle, alors qu'elle gagne la confiance d'Avery LeClaire (Michelle Williams), sa patronne et directrice d'une grande marque de cosmétiques...

Après Crazy Amy et Larguées, le premier fim tout public d'Amy Schumer, écrit et réalisé par le duo de réalisateurs/scénaristes à l'origine de Collège Attitude, Ce que pensent les hommes, Valentine's Day, Célibataire, mode d'emploi, ou encore Je te promets... et c'est ultra-insipide.

Le problème, en fait, c'est qu'on a l'impression que ce métrage sort tout droit des années 90, avec en plus un message à la fois ultra-brouillon et simpliste : le scénario tient sur une feuille de papier à cigarettes (et pourtant, le film dure près d'1h50 !), le propos est basique et générique ("les femmes doivent s'accepter telles qu'elles sont, et ne plus subir le dictat du regard d'autrui"), mais en plus, en faisant du personnage de Renee une new-yorkaise névrosée qui devient instantanément antipathique, arrogante et méprisante dès qu'elle prend confiance en elle, le film empêche que l'on s'attache à sa protagoniste.

Lorsqu'elle devient "belle", Renee devient donc Amy Schumer, ou du moins, le personnage que Schumer compose habituellement sur scène. Une Schumer plus policée et moins vulgaire (film tout public oblige), mais tout aussi épuisante et faussement provocante, vraiment peu agréable à fréquenter, et qui parvient pourtant à séduire deux hommes très différents (Rory Scovel et Tom Hopper) par la magie de sa franchise et de sa confiance en soi.

Sauf qu'en parallèle, le film ne rate pas la moindre occasion de rendre Renee ridicule, en jouant notamment sur le fait qu'elle n'a pas conscience de son physique. C'est là que le bât blesse, puisque le film tente d'avoir le beurre et l'argent du beurre, en assénant un message d'acceptation de soi et de respect très basique, et en parallèle, en faisant de Schumer l'objet d'un certain ridicule, souvent sur la base de son physique, comme lorsqu'elle se présente à un concours de bikini.

Il y a donc un certain côté hypocrite dans ce métrage, où l'on se moque un peu des gros sans s'en moquer, le tout sans éviter le moindre cliché de ce genre de comédie pseudo-romantique à tendance féministe.

Schumer s'en sort pourtant plutôt pas mal, niveau interprétation, malgré certaines limites en matière d'émotion ; au niveau des seconds rôles, par contre, tout le monde fait de la figuration sauf Michelle Williams, amusante en patronne à la voix de souris.

Enfin, les placements-produits sont gentiment honteux, et on a presque l'impression que le film est sponsorisé par Target et SoulCycle, tant les deux marques sont omniprésentes.

En résumé, un film qui cite les Kardashian, les Hadid et Emily Ratajkowski comme canons de beauté, qui demande au spectateur de ne pas se moquer des personnes en surpoids - tout en plaçant Schumer dans les tenues et les situations les plus ridicules possibles, et qui, tout simplement, enchaîne tous les clichés des comédies romantiques sans jamais s'avérer particulièrement drôle ou attachant.

2/6

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Les bilans de Lurdo : LA to Vegas, saison 1 (2018)

Publié le 8 Septembre 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Télévision, Comédie, Sitcom, Fox, Les bilans de Lurdo

Une sitcom Fox produite par Will Ferrell et Adam McKay, conçue et écrite par Lon Zimmet (Unbreakable Kimmy Schmidt, Happy Endings, Superstore), et qui a été annulée au terme de ses 15 épisodes diffusés entre janvier et mai dernier.

LA to Vegas, saison 1 (2018) :

Le quotidien et les mésaventures des passagers habituels et de l'équipage du vol économique Jackpot Airlines assurant la correspondance entre Los Angeles et Las Vegas : Capitaine Dave (Dylan McDermott), le pilote flambeur et séducteur ; Bernard (Nathan Lee Graham), le stewart flamboyant et intransigeant ; Ronnie (Kim Matula), l'hôtesse un peu névrosée et caractérielle ; Alan (Amir Talai), le copilote discret et étrange ; Colin (Ed Weeks), un professeur d'économie anglais et donc coincé ; Artem (Peter Stormare), un bookmaker russe excentrique ; Nichole (Olivia Macklin), une strip-teaseuse débrouillarde et pleine de ressources...

Plutôt une bonne surprise que cette sitcom sans prétention, et joyeusement décalée ; l'ensemble des personnages fonctionne très bien, et semble vraiment s'amuser avec des scénarios toujours plus improbables : duel entre Dave et son grand rival, Capitaine Steve (Dermot Mulroney) ; fête d'anniversaire pour enfants au strip club ; paris insensés ; communauté hippie installée sur parking de l'aéroport ; visite du patron de Jackpot Airlines (Don Johnson) qui détourne son propre avion pour échapper à la justice ; grève ; séminaire, etc...

De quoi assurer un quota de vannes et de situations rocambolesques assez conséquent, même si la série met quelques épisodes avant de trouver son rythme de croisière et son ton. À l'identique, à mesure que la série progresse, on sent les scénaristes désireux (sous l'influence de la chaîne ?) d'aller en direction de quelque chose d'un peu plus balisé au niveau des rapports humains.

Ainsi, l'attraction entre Ronnie et Colin, vaguement mise en place dès le pilote, mais restée en filigrane pendant de nombreux épisodes, finit par repasser sur le devant de la scène, et par se trouver confrontée à un triangle amoureux (avec Zachary Knighton à l'autre extrémité du triangle) assez classique.

Dommage, car le shipping de cette relation n'est clairement pas le point fort de la saison. On sent d'ailleurs les scénaristes un peu mal à l'aise à l'idée de restructurer la fin de cette première année : initialement de 12 épisodes, la série s'est vue greffer trois épisodes supplémentaires à l'issue de la diffusion du pilote et de l'épisode suivant. Et il n'est guère surprenant alors de constater que les trois épisodes en question sont plus faibles et moins percutants, comme s'ils avaient été écrits et structurés dans la précipitation.

Ce n'est pas bien grave, cela dit : le point fort de la série, c'est sa distribution, et celle-ci s'avère plus que capable de concrétiser le sens de l'humour très particulier de Zimmet. Çà et là, on reconnaît bien le style Happy Endings, et si McDermott, Stormare et Macklin ont tendance à éclipser leurs collègues, ces derniers parviennent tout de même à laisser leur marque sur la série, et à se rendre sympathiques (je suis notamment fan de la vie très mouvementée et incroyable du copilote).

Je ne le dis pas souvent, mais c'est dommage que la Fox ait choisi d'annuler cette sitcom somme toute divertissante, à la distribution très réussie, et à l'environnement original. Ce n'était pas la série du siècle, mais dans le genre, j'ai déjà vu bien pire.

Et c'est d'autant plus dommage que la série est passée tellement inaperçue qu'elle n'a aucune chance d'être reprise par une autre chaîne ou une plate-forme de streaming... *soupir*

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Christmas Yulefest 2018 - 01 - Un Noël Émouvant (2017) & Pottersville (2017)

Publié le 1 Décembre 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Noël, Christmas, Yulefest, Comédie, Netflix, Romance, Télévision, Hallmark, Drame

Noël approche, et chez les Téléphages Anonymesc'est donc l'heure de la Christmas Yulefestet de son marathon de cinéma festif pendant tout le mois de décembre...

Un Noël Émouvant (Home For Christmas Day - 2017) :

Veuve de soldat et mère célibataire très protectrice, Jane (Catherine Bell) ne voit pas d'un très bon œil la relation naissante entre Betsy (Matreya Fedor), et Tyler (Anthony Konechny), un jeune militaire de passage en ville. Et à l'approche de Noël, malgré les conseils de son ami Jackson (Victor Webster), Jane commence à s'inquiéter pour sa fille...

Home For Christmas Day, ou Gilmore Girls à la sauce Hallmark Movies & Mysteries : la vie d'une mère célibataire et de sa fille adolescente dans une petite ville, alors que cette dernière découvre l'amour dans les bras d'un grand blond un peu insipide, et que sa mère protectrice mais complice flirte avec le patron du diner local. Le tout transposé à Noël.

Sauf que, comme on est sur HMM, tout le monde est en pleine déprime, en deuil, tout le monde tire des têtes d'enterrement, il n'y a pas un gramme d'atmosphère festive, tout est sombre, sous-éclairé, dépressif, bref, totalement insupportable et mélodramatique au possible (mention spéciale à la feinte des scénaristes quant à la mort du jeune soldat, pas un seul instant crédible).

Ajoutez à cela un propos patriotique et pro-militaire comme les Américains savent le faire, et on se retrouve au final avec un téléfilm qui m'a véritablement donné des boutons (d'autant qu'en plus, Catherine Bell est de moins en moins reconnaissable, que Chanelle Peloso et Aliyah O'Brien doivent avoir cinq répliques à elles deux dans tout le film, et que l'affiche est mensongère).

1.25/6 (et ce n'est pas surprenant que Hallmark ait sacrifié le métrage au mois de juillet lors de sa première diffusion)

Pottersville (2017) :

Ivre mort après avoir surpris les ébats costumés de sa femme Connie (Christina Hendricks) et du shérif Jack (Ron Perlman), tous deux furries, Maynard Grieger (Michael Shannon), le propriétaire de l'épicerie de Pottersville, se fabrique un costume de fortune, et part arpenter les rues enneigées de la ville. Dès le lendemain, cependant, il comprend qu'on l'a pris pour Bigfoot, et que cette attention médiatique pourrait bien être une manne financière inespérée pour la bourgade en crise... notamment lorsque Brock Masterson (Thomas Lennon), l'animateur d'une émission télévisée de chasse aux monstres, arrive sur place.

Une comédie indépendante distribuée par Netflix, et dans laquelle Noël n'est, pour être tout à fait franc, qu'une toile de fond générale, à base de neige omniprésente, de chansons de Noël, et de score musical chargé en grelots, en carillons et en mélodies primesautières.

Ici, on navigue dans de l'humour un peu décalé et absurde, mis en images de manière assez mollassonne et moyenne par ce réalisateur dont c'est le premier long métrage de fiction : ses choix esthétiques sont relativement discutables, avec des angles de caméra, des gros plans et un filtre jaunâtre occasionnel qui font parfois très Jeunet, et je ne suis pas vraiment surpris d'apprendre que le tout s'est fait démolir par la critique américaine.

Cela dit, je n'ai pas détesté pour autant, même si le film finit par tourner au numéro à rallonge de Thomas Lennon - j'aime bien l'acteur, mais ici, il est grosso modo en roue libre ; j'ai cependant apprécié les petits rôles de Judy Greer et de Ian McShane, d'autant que, de manière générale, tout le monde semble s'amuser.

Dommage que cette bonne humeur ne se communique pas vraiment au spectateur.

Un petit 3/6, parce que la distribution est sympathique et compétente, et que le petit côté La Vie est Belle n'est pas désagréable.

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Halloween Oktorrorfest 2018 - 72 - Office Uprising (2018) & The Monster Project (2017)

Publié le 4 Novembre 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Halloween, Horreur, Fantastique, Oktorrorfest, Télévision, Crackle, Comédie, Documentaire, Found Footage

Chez les Téléphages Anonymes, du 1er octobre à début novembre, on fête Halloween et l'Oktorrorfest, un marathon quotidien de cinéma fantastique et d'horreur....

Office Uprising (2018) :

Lorsque la distribution de canettes d'une boisson énergétique frelatée contamine tous les employés du building d'un fabricant d'armes, ces derniers deviennent incontrôlables, et en proie à des poussées de violence débridée. Desmond (Brenton Thwaites), un glandeur du département comptabilité, Samantha (Jane Levy), sa meilleure amie en partie contaminée, et Mourad (Karan Soni), leur compère, doivent alors réussir à survivre au beau milieu de ce chaos indescriptible, et à échapper à la fureur d'Adam Nusbaum (Zachary Levi), le responsable du département comptabilité...

Une comédie horrifique de bureau disponible en streaming sur la plate-forme Crackle de Sony (avec fondus au noir pour coupures publicitaires, tous les quarts d'heure), ce métrage lorgne fortement sur des films comme The Belko Experiment, Mayhem : Légitime Vengeance, et autres satires du genre sur la vie de bureau, mais adopte un ton nettement plus déconneur et ouvertement caricatural pour en faire un film d'enragés plutôt agréable à regarder.

C'est notamment dû en grande partie au capital-sympathie de la distribution, avec bon nombre de premiers et seconds rôles plutôt sympathiques : Thwaites (Pirates des Caraïbes 5, Gods of Egypt), Jane Levy (Suburgatory et Evil Dead 2013), Zachary Levi (Chuck, qui ici cabotine affreusement en über bad guy tyrannique), Kran Soni (Dopinder de Deadpool 1 et 2), Kurt Fuller, Gregg Henry, etc...

D'autant que l'on sent clairement que le tout est réalisé par un ancien cascadeur (réalisateur de télévision, et de Braven, avec Jason Momoa) : il y a pas mal de scènes d'action, qui sont dynamiques, et dont les acteurs principaux du film semblent s'amuser à faire eux-mêmes les cascades.

Après, c'est loin d'être parfait. On a beau être dans le registre de la comédie décomplexée, ça a tendance à surjouer beaucoup, et la réalisation/les effets/la post-synchronisation parfois approximatifs ont tendance à trahir un budget que l'on imagine limité.

Mais le tout reste agréable à suivre, le trio de tête a une bonne alchimie, et c'est suffisamment enjoué et sympathique pour que l'on ne s'ennuie pas.

3.5/6

The Monster Project (2017) :

Un groupe d'apprentis-réalisateurs (Toby Hemingway, Justin Bruening, Murielle Zuker, Jamal Quezaire) décide de créer le buzz en tournant un documentaire consacré aux monstres : pour cela, ils interviewent, dans un manoir abandonné, une jeune femme se prétendant vampire (Yvonne Zima), un natif-américain affirmant être un skinwalker (Steven Flores), et une asiatique supposément possédée par un démon (Shiori Ideta). Mais rapidement, les choses se compliquent lorsque les monstres s'en prennent à eux...

Un found footage au postulat pas forcément inintéressant, mais au traitement globalement bien trop inégal pour convaincre, avec une première heure de mise en place et de présentation des personnages (et de leurs relations) des plus insipides et molles.

Ensuite, ça s'active un peu, et ça s'énerve même assez sérieusement dans les dernières vingt cinq minutes, mais malheureusement, il est un peu trop tard pour vraiment sauver le tout, d'autant que le tout repose sur un rebondissement final assez forcé, et que certaines "créatures" sont vraiment sous-exploitées.

Cela dit, ce métrage est suffisamment inventif pour se démarquer du tout-venant du genre, et on saluera le travail apporté aux effets numériques : à l'opposé, on regrettera les voix trafiquées au vocodeur, assez fauchées, ainsi que les personnages antipathiques, et l'interprétation parfois forcée de ces derniers (je pense notamment au black de service™, qui joue assez mal) ; sans oublier la justification du dispositif found footage, qui ne tient pas la route une seule seconde, et qui demande à ce que l'on éteigne assez rapidement son cerveau plutôt que de se demander qui filme, pourquoi, et qui a monté les images à un moment T.

2.5/6

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Un film, un jour (ou presque) #814 : Mission Impossible 6 - Fallout (2018)

Publié le 31 Août 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Action, Thriller, Aventure

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus. ​​ 

Mission Impossible 6 - Fallout :

Contraints de faire équipe avec un agent brutal de la CIA, Walker (Henry Cavill), Ethan Hunt (Tom Cruise) et son équipe tentent d'empêcher le mystérieux John Lark et les Apôtres, un groupe de terroristes, de déclencher trois têtes nucléaires sur des lieux de culte internationaux. Mais rapidement, de nombreux éléments du passé de Hunt se trouvent liés à cette affaire, lorsque Ilsa (Rebecca Ferguson) ressurgit avec une mission qui la place dans le chemin de Hunt...

Je n'avais pas aimé le précédent Mission Impossible, Rogue Nation, écrit et réalisé par le même Christopher McQuarrie : écriture pataude et télégraphiée, dialogues assez lourds en exposition et en tirades prétentieuses, bande originale fonctionnant mieux sur cd que dans le film, et cascades un peu trop portées sur les effets numériques flagrants retirant tout intérêt ou toute plausibilité aux exploits d'Ethan Hunt (tout le passage immergé, notamment).

RN finissait par ressembler (plus que d'autres Mission Impossible) à un sous-James Bond trop centré sur Cruise, sur sa relation (sans grande alchimie) avec Rebecca Ferguson, sur ses exploits, et délaissant un peu trop son équipe pour me convaincre.

Ce nouvel opus de la franchise, tout aussi applaudi par la critique, partage bon nombre de défauts du précédent volet : l'écriture est toujours aussi inégale, avec son lot de grosses plages d'exposition forcée, de rebondissements et retournements de situation éventés, et de répliques peu naturelles ; l'alchimie de Cruise avec les personnages féminins est toujours faiblarde (Vanessa Kirby ne fait pas grande impression) ; la bande originale de Lorne Balfe (un élève de Hans Zimmer) est immonde et dérivative ; et le grand final du film (duel d'hélicoptère au dessus des montagnes), tout en étant ultra-spectaculaire, est un peu trop bricolé par ordinateur et capillotracté pour vraiment fonctionner à plein tube.

Mais (car il y a un mais) malgré tous ces défauts récurrents, MI6 est nettement plus maîtrisé et abouti que son prédécesseur. McQuarrie est plus à l'aise derrière la caméra, et ça se ressent à de multiples niveaux, notamment au point de vue du rythme : malgré ses 2h20, le film ne se traîne jamais vraiment, et passe de scène d'action en scène d'action d'une manière assez assurée et agréable.

D'autant que ces scènes d'action sont bien souvent impressionnantes - à ce titre, la grosse poursuite à moto parisienne (bien que clairement trafiquée par ordinateur) est presque toujours crédible (la chute est un peu limite, et quiconque a déjà roulé à Paris/du côté de l'Arc de Triomphe lèvera un peu les yeux au ciel à certains moments) et surtout, très bien filmée.

Et puis McQuarrie a eu la bonne idée de se servir de ce film comme d'un bilan de la saga MI, en ramenant des éléments issus de nombreux films précédents, pour les intégrer au récit. Ça frôle parfois le fanservice gratuit, mais ça fonctionne néanmoins, et on se surprend à regretter que le scénariste n'ait pas été encore plus loin dans cette direction.

On regrettera aussi quelques choix mal avisés - faire courir Cruise comme un dératé est désormais un gimmick récurrent de la franchise, mais là, le bouchon est poussé un peu trop loin ; Cruise est encore et toujours trop indestructible pour être vraiment crédible, même s'il a tendance, de plus en plus, à le jouer façon Jackie Chan ou Harrison Ford, à mesure que l'âge le rattrape ; le sort de Baldwin est téléphoné au possible, et sa grande scène un peu forcée... - qui sont cependant compensés par un vrai travail d'équipe agréable à suivre.

Dans l'ensemble, ce MI6 m'a paru nettement plus intéressant et maîtrisé, comme je le disais : ce n'est pas parfait, loin de là, et il reste des problèmes d'écriture évidents, mais les progrès sont notables par rapport au cinquième épisode. Ce qui augure du meilleur pour un éventuel sixième métrage de la saga.

4/6 - 0.25 pour la musique vraiment calamiteuse = 3.75/6

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Catch Review : WWE Royal Rumble 2017 (29/01/2017)

Publié le 30 Janvier 2017 par Lurdo dans Catch, Review, Télévision, WWE

Nouvelle année, nouveau Royal Rumble... et comme c'est l'un des rares PPVs de catch encore incontournables, c'est l'un des rares que je prends la peine de regarder, ces jours-ci. D'autant que 2017, c'est l'année du retour de Goldberg, c'est l'année de plusieurs gros noms intéressants annoncés pour le Rumble (Lesnar, Undertaker, Big Show...), et c'est aussi l'année de surprises potentielles, qui pourraient bien tout changer dans le match (Samoa Joe, Kurt Angle, etc...)

- Bailey vs Charlotte, Raw Womens Title : un match compétent, car les deux femmes se connaissent par coeur, mais honnêtement, ras-le-bol de Charlotte et de ses victoires toujours nettes et sans bavure. D'autant qu'ici, elle a mal dosé son salto arrière et a failli manquer Bailey, et que le finish du match était assez quelconque.

- Owens vs Reigns (+ Y2J en cage), No DQ, Universal Title : voir le résumé pré-match de tout ce feud m'a donné mal à la tête... je ne suis pas mécontent de ne plus regarder Raw, moi. Owens et Jericho ont l'air de s'amuser avec cette storyline, mais Reigns, Reigns, toujours plus de Reigns, le push interminable le plus saoulant depuis John Cena. Et d'ailleurs, le match, c'est la même chose : Reigns survit à tout, se relève de tout, d'un stunner, d'un coup de poing américain, etc, et il est aussi frais à la fin du match qu'au début. La John Cena School of Selling©®, en somme. L'affrontement était assez inégal, sinon, notamment au niveau du rythme, malgré quelques moments amusants.

- Segment backstage de publicité pour KFC, avec les New Age Outlaws 2.0, Enzo & Cass. *soupir*

- Segment de meublage de deux ou trois minutes sur l'histoire du Rumble.

- Tirage au sort pour un spot dans le Rumble, avec Sami Zayn qui apparemment, s'il est désormais affublé d'un rôle de névrosé, c'est parce qu'il n'est pas assez servile et obéissant backstage, IRL.

- Énormément de meublage avant le début du match.

- Neville vs Rich Swann - CW title. Rich est toujours tête à claques, Neville est toujours stéroïdé jusqu'aux oreilles. Le match est étrangement lent et méthodique (le style WWE, donc), alors que ça devrait être du cruiserweight acrobatique. Ça décolle un peu sur la fin, malgré un abus de superkicks, mais c'est loin - très loin -  de l'âge d'or de la X-division.

- Récap de Cena et Styles, qui tente de faire de Cena la victime du feud. Lulz.

- Cena vs Styles, WWE Title. Un match avec énormément de meublage dans son premier tiers, à la limite du ralenti, mais qui s'avère plutôt sympa et réussi (bien que totalement Cenaesque) une fois qu'il démarre. Par contre, le finish... *soupir* ... Pas forcément surprenant, mais bon, match of the night, jusqu'à présent.

- Encore du meublage.

- Royal Rumble. Dans un premier temps, un Rumble tranquille, avec une dynamique sympa thique centrée autour de Braun Strauman, et ce jusqu'à ce que Big Show arrive, et se fasse éliminer comme une buse. Et puis dès que Braun est éliminé, patatras, le match se casse la gueule, commence à ronronner, subit un énorme ventre mou alors qu'on attend un minimum de surprises... et puis non, absolument aucune surprise, aucun des noms que l'on murmurait dans les milieux autorisés, un Undertaker grabataire, des Goldberg et Lesnar qui ne dépassent pas trois ou quatre minutes de présence dans un match de plus d'une heure, des final four vraiment nazes, des final two encore pires, et une fin de match insipide au possible.

 

Roh la vache, cette déception incroyable. Je ne regarde plus que trois PPVs de la WWE par an, mes attentes sont ultra-faibles, et ils arrivent à me décevoir. Et ma déception a un nom : Roman Reigns. Il faut vraiment qu'ils arrêtent avec Reigns, le côté passation de pouvoir avec Taker, son indestructibilité, etc, il faut qu'ils arrêtent, ce n'est plus possible, là.

C'est la troisième année que la WWE tente de faire de Reigns une superstar, c'est la troisième année que le public se rebelle, et finit encore une fois un PPV important en chantant "bullshit"...

(et je ne parle bien entendu même pas de Cena et d'Orton, qui sont toujours là, indéboulonnables, invincibles, à truster le haut de l'affiche et à gagner les matches qui comptent)

(une pensée émue pour les 3/4 de la carte côté Smackdown, qui ont été repoussés en pré-show, histoire de laisser la place à Raw et au Rumble)

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Catch Review : Chikara - King of Trios 2016 : Night 1 (02/09/2016)

Publié le 26 Février 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Télévision, Catch, Chikara, Review

Un public très motivé, et relativement dense, pour une soirée à thématique Pokemon Go, pourquoi pas... Le Party Tsar fait les présentations, accueille Bryce l'arbitre et Joey Styles, qui fait son truc habituel. Bon, la prise de son est assez médiocre, comme souvent, mais en guise d'introduction, ça fonctionne plutôt bien.

Chikara - King of Trios 2016 - Night 1 - 02/09/2016 :

- Huitièmes de finale -

- Team Major League Moustache (Dasher Hatfield + Tyler Bate + Trent Seven) vs Team Batiri (Obariyon + Kodama + Kobald). Première partie de match très solide, avec la Team Moustache qui domine, puis passage beaucoup plus brouillon une fois que le Batiri prend le contrôle, et fin de match assez moyenne.

- Team United Nations (Juan Francisco de Corono + Prakash Sabar + Boar of Moldova) vs Team Police Squad (Supercop Dick Justice + Officer Warren Barksdale + Bill Carr). Un match comique sans réel moment très mémorable, et plus intéressé par l'humour que par l'action.

- Hornswoggle/The Big Deal n'est pas là ce soir, donc tirage au sort d'un remplaçant, avec des noms improbables, comme toujours, malheureusement à moitié incompréhensibles à cause de la prise de son médiocre.

- Team Submission Squad (Gary the Barn Owl, Davy Vega & Pierre Abernathy) vs Team Colony (Soldier Ant, Fire Ant & Silver Ant). Joli séquence de soumissions par Davy Vega sur un Silver Ant blessé, mais sinon, la Colony fait le gros du boulot, comme d'habitude.

- Team Shimmer (Candice LeRae, Solo Darling & Crazy Marie Dobson) vs Team Original Divas Revolution (Lisa Marie, Mickie James & Jazz). Joey Styles qui se permet des vannes à l'encontre de la TNA et de la WWE, c'est toujours amusant. Un affrontement bordélique, mais pas désagréable, et qui permet de voir des visages inhabituels face à des vétérans de la discipline. Cela dit, j'aurais préféré une victoire de la Team Shimmer, plus jeune et dynamique.

- Team Just a Lot of Ant (Missile Assault Man, Bullet Ant & Worker Ant) & Team heXed Man (Icarus, Jigsaw & Hallowicked). Un match à la limite du squash à rallonges avec une opposition de styles intéressante, puisque la Team Hexed est über-heel et über-brutale, préférant démolir ses adversaires plutôt que de tenter de les épinger. Cela dit, c'était suffisamment bien mené pour ne pas être soporifique, comme les squashes à rallonges peuvent parfois l'être.

- Team JPW (Command Bolshoi & Hanako Nakamori & Manami Katsu) vs Team Serpentine (Ophidian, Amasis & Argus). Trois joshis contre un trio ayant fait ses preuves, pour un match globalement équilibré, malgré quelques moments brouillons de la part des joshis.

- Team NRG (Heidi Lovelace & N_R_G) vs Team Sendai Girls (Cassandra Miyagi & Dash Chisako & Meiko Satomura). Pas fan de Lovelace ou de N_R_G, j'étais plutôt  intéressé par l'équipe japonaise, assez atypique et improbable. Quelques approximations de cette équipe, un peu de no-selling, mais un affrontement intéressant, néanmoins.

- Team Warriors Three (ThunderFrog & Princess KimberLee & Oleg the Usurper) vs. Team #CWC (Cedric Alexander & Johnny Gargano & Drew Gulak). Un match bien nerveux et long, avec une team CWC qui s'amuse avec son nom (CWC pour le Cruiserweight Championship de la WWE, auquel les trois membres de l'équipe ont pris part), et place des finishers de la WWE, et une Princess Kimberlee qui tient tête aux hommes qui l'entourent.

 

Dans l'ensemble, une première soirée un peu brouillonne, mais loin d'être désagréable, et un peu meilleure que certaines "Night 1" ne l'ont été de par le passé. Quelques résultats surprenants (l'élimination de la Team Shimmer et de la Team Serpentine au profit des guests), mais rien de vraiment dramatique, pour le moment. Joey Styles, aux commentaires, a mis un peu de temps à s'habituer à l'univers étrange de la compagnie, mais il finit par s'y immerger, et par faire son travail de manière tout à fait compétente.

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Un film, un jour (ou presque) #461 : Les Animaux Fantastiques (2016) & la saga Harry Potter (2001-2011)

Publié le 1 Mars 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Fantastique, Jeunesse, Aventure, Comédie

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Les Animaux Fantastiques (Fantastic Beasts and Where to Find Them) :

Lorsqu'il arrive à New York, en 1926, avec pour seul bagage une valise pleine d'animaux merveilleux au sujet desquels il écrit un livre, Newt Scamander (Eddie Redmayne), un sorcier anglais et excentrique, ignore où il met les pieds. Car la ville est actuellement secouée par des événements inexplicables sur lequel enquête le MACUSA, supervisé par Percival Graves (Colin Farrell). Mais lorsque Newt égare sa valise au contact d'un No-Maj, Jacob (Dan Fogler), le voilà contraint de retrouver au plus vite ses animaux échappés, alors même que Tina Goldstein (Katherine Waterston), ancienne Auror au service du MACUSA, le surveille de très près. Et pour ne rien arranger, Graves est loin d'être innocent, et il est bien décidé à profiter de l'incident pour mener ses sinistres plans à bien...

Il m'en aura fallu, du temps, pour rédiger cette critique. C'est probablement parce que j'ai voulu revoir une seconde fois le film à tête reposée, et profiter de cet intervalle pour revoir les derniers Potter cinématographiques, avant de me mettre devant mon clavier.

Potter - les livres

Car je ne m'en suis jamais caché, mais j'ai toujours été très ambivalent au sujet de la franchise Harry Potter. Déjà, à l'époque des premiers romans, j'avais des difficultés avec les innombrables emprunts effectués par J.K. Rowling pour l'univers Potter, une Rowling qui était alors pourtant couverte de lauriers pour son "originalité" et son "imagination" ; et puis, un peu plus tard, à mesure que les tomes s'épaississaient, et que JKR construisait son univers, j'ai commencé à être de moins en moins impressionné par le style de l'auteur, ainsi que par ses instincts créatifs, qui se sont traduits par des choix souvent assez plats et prévisibles.

Une évolution pas forcément intéressante et très bien réfléchie (plus la saga avance, et plus certains personnages sont laissés de côté), probablement effectués par une Rowling sentant de plus en plus la pression de l'univers cinématographique et de sa popularité. Reste que la franchise littéraire a commencé à me perdre aux environs du cinquième épisode, au point que je n'ai lu le dernier roman que plusieurs années après sa sortie, tant l'univers de Potter et son évolution darker & grittier m'avaient lassé.

Potter - les films

Mon appréciation de la franchise cinéma a connu une évolution similaire, voire peut-être même encore plus prononcée, puisqu'en lieu et place de prendre des libertés avec les romans, et de les adapter de manière plus efficace (voire en faisant des choix créatifs plus intéressants au sujet de certains personnages - Neville, Luna, etc), la franchise Potter s'est tellement emboîtée sur son modèle papier qu'à aucun moment, elle n'a su en transcender les défauts.

Rapide passage en revue de la franchise :

- Harry Potter à l'école des Sorciers, de Chris Colombus (2001). Columbus n'est pas un grand réalisateur. C'est un bon faiseur, qui possède un certain sens du merveilleux et du visuel, et pour ce premier opus, décalqué sur le premier roman, c'est ce qu'il fallait : quelqu'un d'appliqué, qui parvienne à retranscrire le merveilleux du récit, ni plus, ni moins. Une bonne introduction à l'univers, portée par la musique de John Williams. 4/6

- Harry Potter et la Chambre des secrets, de Chris Columbus (2002). Là, premier problème. Une suite précipitée et faiblarde, une adaptation (trop) fidèle d'un roman plus épais, adaptation plus sombre et moins bien structurée, pour un film nettement moins merveilleux, nettement moins intéressant... un peu comme le livre. Williams se contente de superviser le score, et ça se sent. Pas revu depuis longtemps, et je pense que la note baisserait un peu si je devais revoir le métrage, mais en l'état, 3/6

- Harry Potter et le Prisonnier d’Azkaban, de Alfonso Cuarón (2004). L'artillerie lourde, et probablement le meilleur Potter de la saga, transcendé par un réalisateur formidable et inventif, et par un Williams qui revient en grande forme : c'est maîtrisé, crédible, inventif, bref, c'est bien, même si Emma Watson commence là à adopter des tics d'actrice assez regrettables. 4.5/6

- Harry Potter et la Coupe de feu, de Mike Newell (2005). Dans la catégorie faiseur, Newell se pose là, et sans la moindre expérience en matière de blockbuster, il livre un film moins impressionnant et épique qu'il n'aurait dû l'être, surtout en passant après le Cuarón. Heureusement, le métrage est porté par la structure et le concept du roman (le film conserve néanmoins un côté patchwork qui trahit les coupes faites au livre), ainsi que par son final, et par le score dynamique et ample de Doyle, qui le rendent assez agréable à suivre, sans plus. 3.5/6

- Harry Potter et l’Ordre du Phénix, de David Yates (2007). David Yates arrive sur la franchise, un David Yates dans la droite lignée de Newell, à savoir un réalisateur télévisuel sans grand sens du rythme ou de la concision, et sans réel penchant pour le spectaculaire ou le merveilleux. Bref, Yates arrive sur la franchise et les pires aspects de celle-ci en sont décuplés, puisque Potter devient aussitôt de plus en plus sombre et angsty. Dans ce cinquième chapitre, on a ainsi un Potter qui fait sa crise d'adolescence, une Dolores Umbridge (volontairement) détestable, et un film assez pataud et mollasson, pas aidé par un roman à l'identique, par un score honorable (mais parfois déplacé et anonyme) de Hooper, et par un nouvel adaptateur qui remplace Steve Kloves le temps d'un film. 2.5/6

- Harry Potter et le Prince de sang-mêlé, de David Yates (2009). Le film qui a motivé ce revisionnage des derniers opus, car je ne gardais aucun souvenir du Prince de Sang-mêlé, si ce n'est le fait que ce Prince de Sang-mêlé n'était qu'un immense McGuffin sans réelle importance. Trop long, trop de sentiments adolescents, pas vraiment d'intérêt ou de fond captivant, et un score de Hooper à l'identique, pour un récit que j'avais déjà peu apprécié sur papier. 2.5/6

- Harry Potter et les Reliques de la Mort, première partie, de David Yates (2010). Harry Potter fait du camping. Un calvaire à chaque visionnage, malgré quelques séquences sympathiques, çà et là, et le score de Desplat, détaché et compétent mais peu engageant, n'aide pas. D'ailleurs, ça refuse tellement de s'éloigner du point de vue d'Harry qu'on a de plus en plus l'impression que les événements les plus intéressants de l'univers Potter se sont déroulés ailleurs, hors champ, loin des héros. Pauvre Hedwige. 2/6

- Harry Potter et les Reliques de la Mort, seconde partie, de David Yates (2011). La franchise oublie toute mesure, donne dans le débordement d'effets pyrotechniques et numériques, c'est la guerre, c'est (presque) épique, Desplat s'énerve un peu, mais les problèmes habituels sont toujours là, et les choix narratifs (j'ai découvert ces deux films avant d'avoir lu le roman, comme je l'ai dit) sont ultra-frustrants. Et l'épilogue 20 ans après, totalement raté. 3.5/6

Bref, voilà : si j'apprécie l'univers, que je reconnais le succès de sa création et de son développement, que je salue la qualité constante de production des films, et que je respecte la dévotion des fans (qui vénèrent cette franchise avec laquelle ils ont grandi, un peu comme les générations précédentes vénéraient Star Wars), je n'ai jamais été vraiment très attaché aux aventures de Harry Potter et de ses amis.

Que ce soit sur papier ou au cinéma, je préfère amplement le potentiel inexploité de l'univers, ses possibilités infinies, son merveilleux inépuisable, à l'exécution proprement dire de JKR et de David Yates, qui a fait de cette franchise, au cinéma, quelque chose d'étrangement étriqué (tant de créatures, tant de races, tant d'alliés et d'ennemis potentiels... il y avait là la possibilité de mettre sur pieds un grand final à mi-chemin entre le Gouffre de Helm, la Bataille des Cinq Armées, les Champs du Pelennor, et les affrontements de Narnia, mais non, on devra se contenter de gentils sorciers sans stratégie, assiégés par des méchants sorciers sans stratégie, et d'une bataille rangée assez peu inspirée), de sombre, de méga-sérieux, sans la moindre fantaisie, un univers débordant d'étalonnage numérique laid, et qui sacrifie son personnage emblématique (Hedwige la chouette, dont le thème musical est la colonne vertébrale de la saga) de manière bâclée et précipitée, sans le moindre impact émotionnel, dans l'avant-dernier chapitre de la saga (oui, ça m'est resté en travers de la gorge, surtout que c'est assez emblématique des problèmes globaux de l'adaptation des Potter).

Et puis honnêtement, je ne me suis jamais vraiment attaché au trio principal de la saga : je n'ai aucun problème avec Ron Weasley, ni avec Daniel Radcliffe - mais le personnage de Harry est trop souvent tête à claques et passif à mon goût ; quant à Emma Watson, honnêtement, je ne vois toujours pas son attrait, que ce soit en tant qu'actrice, ou qu'objet de fantasmes romantiques pour une certaine génération. Ajoutez à cela une tendance à forcer des relations amoureuses entre certains personnages, alors que leurs acteurs ont plus d'alchimie avec d'autres de leurs camarades, et voilà comment me lasser rapidement des héros de la saga.

Les Animaux Fantastiques

Autant dire que l'annonce des Animaux Fantastiques m'a laissé dubitatif.

Un nouveau récit placé dans l'univers Potter, mais sans Potter, sa clique, Voldemort et compagnie ? Ouais ! David Yates, Rowling et Kloves ? Mouais... Les aventures de Newt Scamander, à la recherche d'animaux fantastiques partout dans le monde ? Ouais ! Le premier volet d'une saga de cinq films relatant l'ascension et la chute de Grindelwald, le Voldemort de son époque ? Mouais... James Newton Howard à la musique ? Ouais ! Une aventure se déroulant dans les années 20, à New York ? .... mouais ?

À nouveau, je me suis retrouvé ambivalent. D'un côté, les animaux fantastiques, de nouveaux personnages, de nouvelles aventures, la possibilité de toujours plus de merveilleux, ainsi que la curiosité de voir Rowling s'essayer en solo à l'exercice scénaristique, sans avoir de roman sur lequel s'appuyer, ou à devoir adapter trop fidèlement ; et de l'autre, New York, un über-antagoniste maléfique, et la perspective d'une franchise qui risque de devenir, là aussi, toujours plus sérieuse, surtout sous la supervision de Yates.

Et effectivement, lorsque l'on regarde le film, deux choses sautent aux yeux.

Tout d'abord, le fait que Rowling ait plus ou moins repris les grandes lignes du premier Harry Potter pour ce récit, avec ce héros outsider (Harry/Newt) qui arrive dans un lieu qu'il ne connaît pas, avec des règles et des lois qu'il ne connaît pas (Poudlard/New York), pour y accomplir une tâche bien précise (ses études/relâcher le Thunderbird) ; il y forme un trio avec un faire-valoir comique (Ron/Jacob) et une femme intelligente et perspicace (Hermione/Tina) ; et se trouve là embarqué dans une aventure qui le dépasse, à la recherche d'une mystérieuse force magique (la Pierre Philosophale/l'Obscurus) ; recherche qui va en faire un bâton dans les roues d'un grand méchant cabotin et légendaire (Voldemort/Grindelwald), qui tentait de mettre la main sur cette force magique en question, et qui se cachait au vu et au su de tous, sous l'apparence de l'un des membres des autorités actuellement en fonction (Quirrel/Graves).

Donc forcément, on est en terrain connu et assez balisé, et il n'y a pas de grande surprise dans le récit.

Et l'autre chose qui saute au yeux, c'est que les deux aspects du projet (le merveilleux et le sérieux) se côtoient de manière assez inégale dans ce film, qui semble une combinaison parfois maladroite de deux longs-métrages distincts. Le premier étant léger, dynamique, amusant, se concentrant sur la chasse aux bestioles par "Norbert" et ses amis ; et le deuxième plus sombre, sérieux, laborieux, sur les magouilles de Graves, sur la famille Barebone, etc, un second film qui est là pour mettre en place le reste de la franchise, et son grand méchant (l'apparition d'un certain acteur dans le rôle de Grindenwald me laisse dubitatif, pour l'instant, et sa seule véritable phrase de dialogue me laisse redouter quelque chose du genre Horcrux 2.0).

Malheureusement, ces deux salles/deux ambiances ont tendance à s'alourdir mutuellement, et auraient probablement dues être séparées : quitte à lancer une franchise de 5 films, autant consacrer le premier à son sujet principal, Les Animaux Fantastiques, et garder la menace Grindenwald pour la suite, plutôt que de précipiter la première confrontation de manière artificielle, au terme d'un affrontement qui tombe un peu à plat.

C'est vraiment dommage, puisque la partie "animale" du film fonctionne globalement assez bien : c'est drôle, entraînant, les personnages sont attachants et bien interprétés, et les créatures sont plutôt réussies (malgré des effets spéciaux inégaux et des incrustations assez médiocres lors du passage dans la valise). On pourra regretter la bande originale assez dérivative, et l'univers urbain peu engageant, mais dans l'ensemble, cette moitié de film fonctionne.

Par contre, en face, c'est nettement plus laborieux. Outre la mécanique grinçante de l'intrigue de l'Obscurus, il faut bien avouer que ni la famille Barebone, ni la Présidence du MACUSA ne sont très mémorables. Quant à Colin Farrell, il est tellement monotone et quelconque en méchant qu'on se dit que l'acteur n'était là que pour encaisser son chèque. Et puis forcément, le script patauge un peu sur la fin, pour se terminer dans une scène (désormais habituelle dans les blockbusters) de destruction urbaine, histoire de justifier un déluge d'effets spéciaux, et dans une confrontation finale qui ne fonctionne jamais vraiment sur un plan émotionnel, spectaculaire ou narratif.

On se retrouve donc vraiment avec une dichotomie narrative, qui fait que les deux versants du film ont vraiment du mal à se rejoindre et à cohabiter : alors que le script nous indique que le climax émotionnel du film devrait être l'affrontement final, et ce jeune Credence tiraillé entre Graves et Tina, dans les faits, on ressent plus de sincérité et d'émotion lorsque Newt se sépare temporairement de son Botruc... ce qui est quand même révélateur d'un certain problème d'écriture, et d'un gros problème de parasitage du récit par toute la mise en place de la franchise à venir.

Et pourtant... je n'ai pas détesté. Je dirais même que j'ai largement préféré tout ça à une bonne grosse moitié des Harry Potter originaux. Ça ne m'a pas ennuyé, ça ne m'a pas agacé, c'est simplement parfois assez maladroit, et pas totalement satisfaisant.

Mais dans l'ensemble, le divertissement est là, on a plaisir à découvrir un autre versant de l'univers Potter aux USA (un versant qui manque tout de même de fantaisie, de légèreté, et qui aurait pu être nettement plus développé), et si Yates reste égal à lui-même (ce qui n'est pas un compliment), au moins, les personnages inédits font qu'on a plaisir à suivre leurs aventures, quand bien même celles-ci auraient des défauts.

4/6 - 0.25 pour l'étalonnage numérique et l'image toujours très terne, marque de fabrique de Yates sur la franchise = 3.75/6

(maintenant, je redoute la suite...)

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Un film, un jour (ou presque) #481 : La Princesse et la Grenouille (2009)

Publié le 29 Mars 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Animation, Romance, Jeunesse, Disney

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

La Princesse et la Grenouille (The Princess And The Frog) :

Jeune cuisinière à la Nouvelle-Orléans, dans les années 20, Tiana (Anika Noni Rose) fait tout son possible pour réunir des fonds, et ouvrir son propre restaurant. Sa meilleure amie Lottie (Jennifer Cody), une riche héritière, n'a elle qu'une chose à l'esprit : épouser un Prince, et si possible le Prince Naveen (Bruno Campos), bon à rien fêtard originaire d'un lointain royaume, et qui est justement invité chez elle à l'occasion du Mardi-Gras. Mais lorsque le maléfique Dr. Facilier (Keith David) utilise ses pouvoirs vaudou pour transformer Naveen en grenouille, une réaction en chaîne inattendue prend place, et Tiana elle-même est transformée en grenouille : Tiana et Naveen vont devoir faire équipe pour traverser le bayou et tenter de retrouver forme humaine avant qu'il ne soit trop tard...

Dernier Disney à avoir été fait en 2D, La Princesse et la Grenouille est considérée par beaucoup de critiques, aujourd'hui, comme un chef d'oeuvre mécompris, et comme le film a l'origine de la supposée renaissance Disney actuelle post-Pixar (déjà en elle-même très débatable).

Et effectivement, ce métrage a plein de bonnes choses qui jouent à son avantage : l'ambiance, le visuel chatoyant, l'époque, la réalisation (Clements & Musker - Aladdin, La Petite Sirène, Moana...), le doublage VO excellent, la musique jazz, , la diversité ethnique, voire même ces personnages qui, au premier abord, prennent à contre-pied les clichés Disney de manière pas désagréable (l'héroïne travailleuse et qui ne s'intéresse pas à l'amour, le prince glandeur, la meilleure copine fidèle et sympathique, bien qu'étant totalement obsédée par l'amour princier - une princesse Disney traditionnelle, en somme - les blagues au sujet de "quand on prie la bonne étoile", etc)...

Et nul doute que ces facteurs (certains plus que d'autres) ont beaucoup joué dans l'accueil unanime reçu par le film un peu partout.

Malheureusement, j'ai été assez déçu par le résultat final : ce n'est pas mauvais, non, c'est simplement assez basique, surtout au niveau du script. On peut toujours prétendre que ce film prend à contre-pied les clichés Disney, ou s'en moque dans les dialogues, mais dans les faits, le schéma est simple au possible : enfance de l'héroïne/héroïne adulte/héroïne volontaire qui rencontre son prétendant avec lequel elle ne s'entend pas/aventures & chansons/amour/happy end.

Le film s'avère ainsi assez prévisible, y compris dans ses rebondissements plus dramatiques (le sort du personnage le plus attachant du lot rappelle fortement d'autres sorts similaires, notamment celui de Gurgi, dans Taram, et a droit à une conclusion céleste pas particulièrement originale, là non plus), souffre de personnages assez peu développés (surtout le méchant, qui est basique au possible malgré son potentiel) et surtout, il n'est pas aidé par des chansons totalement insipides et inabouties.

Non, je vais reformuler cette dernière phrase : il n'est pas aidé par des chansons amusantes, mais totalement oubliables, et qui donnent constamment l'impression d'avoir été raccourcies au montage, jusqu'à n'être plus que des quasi-extraits.

J'ai donc terminé cette production Disney en étant très très dubitatif : je n'ai pas détesté mais ce métrage avait tellement plus de potentiel qu'en fin de compte, le produit finit par être assez décevant et frustrant.

3.5/6

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Les bilans de Lurdo - Almost Royal, saison 1 et 2 (2014/2016)

Publié le 19 Mars 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Télévision, Les bilans de Lurdo, Comédie, BBCA, Documentaire

Almost Royal, saison 1 & 2 :

Les tribulations de Georgie (Ed Gamble) et Poppy Carlton (Amy Hoggart), aristocrates britanniques assez mal placés dans l'ordre de succession du trône de Grande Bretagne, et qui, à la mort de leur père, grand américanophile, décident de visiter les USA en compagnie de l'urne de leur géniteur, afin de mieux comprendre ce pays étrange.

Je ne suis pas forcément très amateur du genre des caméras cachées, ou de la cringe comedy, qui a pour principe de rire en voyant des personnages se ridiculiser à cause de leur égo ou de leur manque de tact social, entre autres (cf le travail de Ricky Gervais/Stephen Merchant, par exemple), tant ce genre d'humour peut rapidement devenir cruel et gratuit (et exploiter le temps et l'énergie de personnes innocentes dont on se moque).

En effet, quand ces deux styles se combinent, comme dans les longs-métrages de Sasha Baron Cohen (Borat, Bruno), cela peut rapidement s'avérer très inégal, en fonction du talent de l'artiste, de ses intentions, et des réactions que celui-ci parvient à obtenir de ses interlocuteurs.

Ici, Almost Royal marche directement dans les traces de Cohen, avec ces deux aristocrates imbuvables - Georgie, le grand dadais un peu niais et ahuri, à la remarque toujours déplacée, et Poppy, égocentrique absente, vaniteuse et superficielle - qui traversent les USA avec plus ou moins de bonheur.

Dans l'ensemble, les deux acteurs (comédiens de stand-up et, pour Hoggart, correspondante au sein du show Full Frontal with Samantha Bee) s'en sortent très bien, incarnant toujours constamment leurs personnages, même dans les situations les plus compliquées et improbables.

Le programme, lui, est plus inégal. La faute à un schéma structurel qui change à mi-parcours, entre la première et la deuxième saison : la première saison était axée sur des villes, sous un format road trip. Georgie et Poppie visitaient ainsi une ville par épisode, commençant à Los Angeles, pour finir à Nashville, en passant par Boston, le Texas, New York, Detroit et Washington DC. Cela donnait à chaque épisode une unité de ton et de lieu, et une plus grande véracité, puisque les autochtones étaient abordés dans la rue, avec plus ou moins de succès en fonction des régions.

À contrario, la saison 2 fait le choix d'axer ses épisodes autour de thèmes : la beauté, la nature, les sports, la romance, le futur, les forces de l'ordre, le monde du travail et les fêtes américaines. Dans chaque épisode, les deux protagonistes visitent des lieux, des entreprises, des personnes situées aux quatre coins du pays, en rapport avec le thème de la semaine, le tout parsemé de morceaux d'une interview (façon Raphaël Mezrahi) avec un invité hebdomadaire : Mario Lopez, Laura Bell Bundy, Dennis Rodman, Michael Uri, George Takei, Jimmy Tatro, Whitney Port, Liza Vanderpump.

Le problème est immédiatement évident. Non seulement les épisodes semblent plus artificiels, sans réelle unité de lieu ou d'environnement, mais en plus, les interviews sont particulièrement frustrantes, car coupées en micro-extraits de 30 secondes, laissant tout juste le temps d'une ou deux punchlines, sans plus.

Une saison 2 finalement assez décevante, et l'on se demande souvent pourquoi le duo visite tel ou tel endroit, ou interroge telle ou telle star de la D-list, qui semble parfois ne pas être dupe de l'imposture.

Cela dit, le tout reste assez sympathique à suivre, et avec à peine une vingtaine de minutes par épisode, pas le temps de s'ennuyer, ou de se lasser du format. J'avoue avoir ponctuellement été tenté de faire avance rapide sur certains épisodes : non pas par ennui ou agacement, mais plus par gêne pour les personnes à l'écran. Ce qui prouve que le concept marche, mais qu'il frôle les limites de ma tolérance à ce genre de comédie.

Reste que, de manière plus générale, le changement de structure n'était pas une très bonne idée, et, si tant est que le show soit renouvelé par BBC America pour une troisième saison, j'espère qu'il reviendra à quelque chose de plus proche de la saison 1.

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Un film, un jour (ou presque) #542 : Becoming Bond (2017)

Publié le 22 Juin 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Documentaire, Hulu, Biographie

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Becoming Bond :

La vie de George Lazenby, acteur ayant pris la suite de Sean Connery dans le rôle de James Bond, et ayant claqué la porte juste après le tournage de son seul et unique film, Au Service Secret de Sa Majesté...

Déception.

Avec un tel postulat de départ (revenir sur la vie et la carrière du seul acteur à n'avoir tourné qu'un seul James Bond), il y avait probablement de quoi faire une comédie amusante, ou un documentaire intéressant (bien que déjà couvert, en partie, par d'autres documentaires centrés sur la franchise Bond).

Malheureusement, ici, le réalisateur a choisi une approche hybride de docu-fiction pour ce Becoming Bond produit & distribué par Hulu : narration en voix off et/ou face caméra du George Lazenby actuel, illustrée par des reconstitutions de ce qu'il raconte, et occasionnellement une ou deux images d'archives.

Une approche qui, déjà, pose un problème : en nous rappelant constamment à quoi ressemble Lazenby, hier ou aujourd'hui, le film se tire une balle dans le pied, puisque l'acteur l'interprétant a beau y mettre du sien, il ne ressemble pas du tout à son modèle. Ajoutez à cela le fait que l'écriture de ces reconstitutions n'est pas très légère ou subtile (l'humour est assez lourd, et très prévisible), qu'elle est assez répétitive (le gimmick de tous ces personnages qui sont doublé, dans les flashbacks, par le Lazenby narrateur, ça va cinq minutes, mais sur 95 minutes, ça devient épuisant), et que ces reconstitutions sont assez fauchées et caricaturales, et on passe beaucoup de temps à lever les yeux au ciel.

D'autant que les 50 premières minutes de ce film tiennent en une phrase : "Jeune Australien romantique, rebelle et indiscipliné, George Lazenby a toujours eu beaucoup de succès avec les femmes, et ce succès n'a fait que croître lorsque, par hasard, il est devenu mannequin à Londres dans les années 60".

Alors les (forcément innombrables) frasques écolières et amoureuses de Lazenby intéressent peut-être certaines personnes (dont Lazenby lui-même, visiblement ^^), mais la plus grande partie de ces 50 minutes est tout simplement inutile et soporifique (sans compter que bon nombre de ces anecdotes sont probablement inventées ou exagérées par ce cher narrateur).

James Bond, lui, n'entre en jeu qu'après ces 50 minutes, avec quelques têtes familières (Jane Seymour, Jeff Garlin, Dana Carvey, Jonathan Slavin, Jake Johnson), quelques anecdotes de tournage, et une décision finale de refuser le rôle qui arrive quelques minutes avant le générique de fin.

Bref, autant dire qu'on n'apprendra pas grand chose sur le pourquoi du comment (la décision et sa vie post-Bond sont résumées en 60/90 secondes), et qu'on en ressort même avec l'impression d'un septuagénaire qui a pris une décision particulièrement calamiteuse et mal avisée à un moment de sa vie, lorsqu'il était victimes d'influences x ou y, et qui depuis, tente absolument de la rationaliser et de la justifier qu'il en est parvenu à se convaincre lui-même que c'était un choix de vie logique, cohérent, et pertinent. Soit.

Je comprends ce que ce documentaire a tenté d'accomplir, mais entre son exécution presque parodique, sa tendance à jouer sur la corde sensible (le seul moment qui fonctionne un peu, émotionnellement parlant, ce sont les quelques secondes d'un Lazenby ayant les larmes aux yeux en évoquant la fin de sa romance avec son grand amour), et la place particulièrement réduite accordée au sujet même de ce métrage très déséquilibré, le tout n'a pas du tout fonctionné sur moi.

2.75/6

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Un film, un jour (ou presque) #604 : A Cure for Life (2017)

Publié le 17 Septembre 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Fantastique, Horreur, Thriller, USA, Allemagne

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

A Cure For Life (A Cure For Wellness) :

Envoyé par ses patrons à la recherche du PDG de la compagnie, enfermé dans un sanitarium mystérieux, dans les Alpes suisses, Lockhart (Dane DeHaan) comprend, dès son arrivée sur place, que quelque chose ne tourne pas très rond. Et plus il se rapproche de la jeune Hannah (Mia Goth), la seule patiente à avoir moins de 20 ans, plus l'étau se resserre autour de lui, et plus les étranges rites surnaturels du Dr. Heinreich Volmer (Jason Isaacs) et de ses employés font basculer son esprit dans la folie...

On ne peut pas nier que Gore Verbinski, quel que soit le film qu'il tourne, d'un Pirates des Caraïbes à un Lone Ranger, en passant par un Rango, soit désormais suffisamment dégagé des contraintes des studios pour pouvoir se permettre toutes les audaces visuelles, et les idées improbables. En ce sens, il correspond bien à la définition de "réalisateur visionnaire" : il a une vision bien à lui, et elle est immédiatement identifiable lors de moments très particuliers, même au coeur des blockbusters les plus généralistes.

Malheureusement, qui dit "dégagé des contraintes des studios" dit aussi "libre de faire tout et n'importe quoi, et de se laisser déborder par ses envies". Et ce qui s'est produit pour Lone Ranger (ce qui aurait été un bon western original et décalé de 100/110 minutes en faisait malheureusement 150) se répète ici. 

Si je ne l'avais pas vu à sa sortie en vidéo, avant l'été, j'aurais probablement attendu Octobre pour le regarder et intégrer directement ce film à l'Oktorrorfest... car ce métrage ressemblant fortement, au premier abord, à un Shutter Island-bis (du thriller psychologique pas vraiment horrifique), s'avère en fait un grand hommage assumé de Gore Verbinski à tout un pan du cinéma et de la littérature d'horreur gothique, dans la lignée de Poe/Lovecraft, mâtiné d'influences transalpines évidentes.

Aidés par des décors naturels somptueux, Verbinski (et son scénariste de Lone Ranger) se lâchent, et produisent ici quelque chose d'ambitieux, de particulièrement travaillé visuellement, d'étrangement malsain, de cotonneux, d'intrigant, de non-sensique, qui se transforme en une oeuvre grandiloquente, glauque... et le problème, c'est que ça fait 2h30.

146 minutes qui prennent bien leur temps pour développer une histoire finalement très classique (cette affaire de comte, de villageois en colère, Hannah... rien de bien surprenant ou original) dont les révélations arrivent facilement 20-30 minutes après que le spectateur ait déjà tout compris.

Résultat : on se retrouve ainsi avec deux premières heures de film qui jouent tellement l'attente, le mystère et le suspense (frôlant même parfois l'imagerie abstraite et lynchienne) que le spectateur a tout le temps du monde d'assembler dans sa tête les pièces d'un puzzle que le script met bien en évidence.

Le film abat paradoxalement ses cartes à la fois bien trop tôt et bien trop tard, sans avoir suffisamment de subtilité pour totalement emporter l'adhésion : on finit frustré par le script, qui n'est jamais à la hauteur des images et des séquences (parfois tendues, cf. le dentiste) que Verbinski propose.

Et pourtant, la dernière demi-heure finit presque par réconcilier avec le film dans son ensemble, entre son bal sinistre, sa musique pompeuse (on sent bien le temp-tracking, çà et là, mais rien de grave), son méchant défiguré (Lon Chaney n'est pas loin), sa perversité, son incendie, et sa conclusion irréelle... c'est un peu de la Hammer ou du Bava, mais avec beaucoup plus de moyens.

En résumé, une expérience mitigée, dont la durée, la structure et les failles (énormément d'éléments du scénario ne servent absolument à rien, si ce n'est à meubler et à faire de jolies images mystérieuses) m'empêchent de lui mettre beaucoup plus que la moyenne.

Néanmoins, Verbinski confirme une nouvelle fois sa folie visuelle et son amour du cinéma, l'interprétation est excellente (Mia Goth, notamment), et le tout s'avère particulièrement surprenant... pour le meilleur et pour le pire.

3.5/6

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Halloween Oktorrorfest 2017 - 65 - Saga House : House (1986) & House 2 - Le Deuxième Étage (1987)

Publié le 1 Novembre 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Fantastique, Oktorrorfest, Halloween, Horreur, Cinéma, Comédie

Chez les Téléphages Anonymes, l'Halloween Oktorrorfest - notre marathon de cinéma fantastique et d'horreur - continue jusqu'à la fin de la semaine prochaine...

House :

Romancier d'horreur à la dérive depuis la disparition de son fils lors d'un séjour dans la demeure de sa tante (Susan French), Roger Cobb (William Katt) a perdu pied, et sa carrière est au point mort. Divorcé de l'actrice Sandy Sinclair (Kay Lenz), et désireux de se lancer dans l'écriture d'un nouveau roman basé sur son expérience au Vietnam, Roger s'installe alors dans la demeure en question, dont il vient d'hériter, et qui recèle bien des mystères surnaturels...

Premier métrage de la série des House, cette comédie horrifique est produite par une partie de l'équipe des premiers Vendredi 13, mais elle lorgne clairement plus vers les Evil Dead de Raimi : un homme seul, dans une maison qui s'anime de manière improbable (monstres en latex difformes et grotesques, objets qui prennent vie, stop-motion, animaux empaillés qui deviennent agressifs, visions étranges, et réactions assez caricaturales et outrées du jeune héros), le tout avec un ton jamais très sérieux.

Du moins, sur le papier, car ce House original est souvent plus prêt d'Evil Dead premier du nom, que de ses suites. La première demi-heure du métrage, ainsi, est bien trop sérieuse pour son propre bien, à grands renforts de flashbacks ultra-fauchés du Vietnam (dans des jungles de cinq mètres carrés, en studio), et d'un personnage torturé par ses erreurs et par son passé.

Par la suite, le métrage reste bien trop fluctuant, avec le postérieur constamment entre deux chaises : ça alterne entre brefs moments d'horreur comique, avec des monstres, des esprits et des réactions surjouées, et énormément de remplissage (les flashbacks, donc, mais aussi le voisin rondouillard - George Wendt -, la police, l'ex-femme, la sous-intrigue mollassonne avec une voisine sexy - Mary Stävin - et son fils...).

Sans oublier la réalisation un peu pataude (et télévisuelle), et aussi, plus problématique, le fait que la demeure-titre soit particulièrement peu effrayante : trop lumineuse, trop moderne, trop cozy, il n'y a là pas la moindre ambiance, ce qui ne pardonne pas.

Bref, malgré ses quelques moments cartoonesques et décalés, le film reste dans l'ensemble vraiment trop quelconque et inégal, mal rythmé, et tiraillé entre le sérieux et la comédie, sans jamais s'avérer totalement convaincant dans l'une ou l'autre catégorie.

3/6, pas plus, et principalement pour les créatures et les maquillages.

House II : Le Deuxième Étage (House II : The Second Story) :

Jesse (Arye Gross) et Kate (Lar Park Lincoln), un jeune couple de citadins branchés, s'installent dans le vieux manoir familial, où ils sont vite rejoints par Charlie (Jonathan Stark), un ami excentrique de Jesse, et Lana (Amy Yasbeck), la petite amie de Charlie, une chanteuse ambitieuse. Mais rapidement, Jesse et Charlie sont entraînés dans une aventure improbable, à mesure que les phénomènes surnaturels se multiplient : cow-boys zombies, crâne de cristal, malédiction maya, créatures difformes, sauvages masqués, barbares bodybuildés, dinosaures, portails interdimensionnels, bébé cracoucass, chenille canine, vengeance d'outre-tombe, princesse indigène et électricien-aventurier (John Ratzenberger)...

Alors là, absolument rien à voir avec le premier film, et c'est tant mieux.

Ici, un peu comme du côté de Raimi et de ses Evil Dead, on passe d'un premier opus semi-sérieux, à quelque chose de totalement délirant et cartoonesque, qui se débarrasse de tout semblant horrifique pour faire place à un divertissement familial d'Halloween tellement déjanté et improbable qu'il en devient attachant.

Dans l'absolu, ce n'est pas du tout un bon film d'horreur, ce n'est pas particulièrement bien rythmé, et ce n'est pas forcément toujours très bien joué par tout le monde, mais ça part tellement dans tous les sens, avec un bestiaire génial et avec une bonne humeur tellement décomplexée que le film est tout simplement mémorable, et l'un de mes métrages préférés à cette période de l'année.

4.5/6 (mention spéciale à Bill Maher en patron yuppie fourbe)

(et pourquoi ne suis-je pas surpris de voir le traducteur de l'affiche originale passer totalement à côté du jeu de mots de "The Second Story", en traduisant le tout littéralement, sans comprendre le double sens Story = Histoire/Étage...?  Ah là là, les années 80... *soupir*)

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Les bilans de Sygbab - Legend (1995)

Publié le 10 Juin 2017 par Sygbab dans Critiques éclair, Review, Télévision, Les bilans de Sygbab, Action, Aventure, Histoire

Sygbab regarde (beaucoup) la tv, Sygbab écrit (parfois) des bilans : retrouvez-les sur le blog des Téléphages Anonymes !

Legend, saison 1 :

On connaît Richard Dean Anderson pour ses rôles dans Mac Gyver et Stargate. De même, quand on évoque John de Lancie, on pense surtout au personnage de Q dans Star Trek. Mails il est peu probable que beaucoup sachent qu'ils ont été associés dans cette série datant de 1995, qui se déroule dans l'Ouest américain des années 1870.

RDA y campe Ernest Pratt, un écrivain dont la série de bouquins basée sur Nicodemus Legend lui cause bien des soucis : son visage apparaissant sur les couvertures des nouvelles publiées par son éditeur, il est sans cesse confondu avec son alter-ego fictif. Cela le place plus souvent qu'à son tour dans des situations rocambolesques, qui l'obligent à se faire passer pour un héros - à l'image de son personnage - alors qu'il en est bien loin.

Bon vivant, aimant les femmes et l'alcool (parfois un peu trop), c'est aussi un couard et ce décalage constant entre Pratt et sa création est assez amusant. Heureusement pour lui, il est assisté par le professeur Janos Bartok (John de Lancie, donc) et son acolyte Ramos.

Outre la géniale inventivité du savant hongrois, son don de clairvoyance est prétexte à des inventions complètement anachroniques et à un mode de déplacement hors du commun : une montgolfière portant le nom Legend floqué en lettres géantes et rouges. Voilà de quoi inspirer la crainte chez les ennemis du légendaire cow-boy qui n'ont pas compris qu'il s'agit d'une invention, tout en renforçant l'aspect divertissement de la série.

Il y a cependant un gros hic à tout cela : une série qui mélange le western et les anachronismes et jouant sur le second degré avant tout, ça rappelle vaguement quelque chose. Comme par exemple une série annulée à peine un an plus tôt, en l'occurrence Brisco County Jr.

Il devient donc difficile de considérer Legend comme une entité séparée, tant elle semble vouloir surfer sur la vague. En effet, Nicodemus Legend ressemble beaucoup à Brisco, mais Bruce Campbell a bien plus de charisme et est nettement plus à l'aise dans la veine humoristique qu'un RDA dont le visage est quelque peu figé. Bartok, quant à lui, reprend le flambeau du professeur Wickwire, mais en fait trop.

C'est le défaut principal de la série : à vouloir marcher dans les traces de son prédécesseur, la série finit par se prendre les pieds dans le tapis. Là où les éléments futuristes de Brisco finissaient par être imbriqués dans une intrigue solide, ils ne sont ici soutenus que par le génie de Bartok et, il faut bien l'avouer, ça frôle parfois le ridicule.

C'est également dommage que le développement des personnages soit réduit à peau de chagrin au cours des 12 épisodes existants : Skeeter n'est qu'un faire-valoir sans intérêt - ce qui est gênant puisque les scénaristes essaient souvent d'en faire un de leurs ressorts comiques -, et Ramos ne fait que de la figuration la plupart du temps.

Il y a bien un gimmick qui consiste à faire de lui successivement un ancien étudiant en littérature, en physique, en philosophie et dans d'autres domaines, mais il est difficile de s'en amuser alors que l'individu concerné n'a jamais été caractérisé. C'et surtout Pratt qui est mis en avant, avec une dualité naissante : il accepte au fur et à mesure de jouer le rôle de Legend dans la réalité et se découvre des ressources insoupçonnées, ce qui a un impact direct sur la qualité de son écriture (à l'évidence, ce n'est pas forcément le cas des scénaristes).

Pourtant, les bonnes idées sont présentes, et la série essaie de jouer avec les traditions indiennes (mais le bison cracheur de flammes sur rulettes qui est censé représenter un esprit en colère est bien risible), offre une relecture de la mort de Wild Bill Hicock (mais le scénario de l'épisode est dévoilé dans le titre, et celui qui joue l'un des plus grands noms de cette époque a une moustache postiche absolument honteuse), évoque les charlatans qui assurent parler au nom de Dieu (mais on a juste envie de foutre des claques au prêcheur qui s'avère être un escroc, de manière bien surprenante), ou encore introduit le général Custer (mais... non, il s'en tire plutôt bien, finalement).

Quand il y a à redire à chaque élément, c'est que le potentiel n'est pas complètement exploité, et c'est frustrant. Par conséquent, cette série reste sympathique à suivre, sans que ce soit réellement satisfaisant.

C'est toute la difficulté de reprendre un concept qui a déjà échoué peu de temps auparavant : si ce qui est proposé ne se démarque pas nettement, la réussite n'est pas au rendez-vous.

Sans avoir vu Brisco County Jr, Legend est un divertissement honorable. Sinon, il s'agit d'une copie assez pâle.

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Blog Update ! - Juillet 2017

Publié le 31 Juillet 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Les bilans de Lurdo, Update, Télévision

Juillet est terminé, place au bilan mensuel des films et séries visionnés ce mois-ci par les Téléphages Anonymes...

#549 : Transformers 5 - The Last Knight 2/6

#550 : Desperate Teachers 2.5/6

#551 : Curtain Call 3/6

#552 : Doomed 4/6

#553 : Ma Soeur est Invisible ! 2.5/6

#554 : Pharmacy Road 3.75/6

#555 : A Little Help 3.25/6

#556 : Holy Hell 4.5/6

#557 : Cet été-là 3.5/6

#558 : The Image Revolution 4.25/6

#559 : Menace d'État 3.5/6

#560 : Dumb - L'histoire de Big Brother Magazine 4.5/6

#561 : Super Capers 3/6

#562 : Moi, Moche et Méchant 3 2.5/6

#563 : Batman et Bill 4.5/6

#564 : Spider-Man - Homecoming 4.25/6

#565 : Le Meilleur Ami de la Femme 3.5/6

#566 : Beverly Hills 90210 - l'histoire interdite 2.5/6

#567 : Le Saint 2/6

#568 : GLOW - The Story of the Gorgeous Ladies of Wrestling 3.5/6

#569 : Chokeslam 2/6

 

Que dire de ce début d'été 2017 ? Pas grand chose, en fait.

Au rayon des sorties de ce mois-ci, la dernière production Marvel se dégage clairement du lot, avec un Spider-Man Homecoming très réussi et rafraîchissant. Sans surprise, Transformers 5 est un ratage, et Despicable Me 3 n'est guère meilleur : ces deux franchises auraient mieux fait de s'arrêter bien plus tôt, et continuent à être de moins en moins intéressantes.

En matière de documentaires, à l'inverse, cette cuvée a été des plus agréables : Batman et Bill et The Image Revolution sont deux approches instructives et réussies de l'industrie des comic-books, Doomed étend cette même approche à l'industrie hollywoodienne des adaptations de super-héros, GLOW survole un peu trop le monde du catch féminin, Holy Hell est un portrait frappant de la vie dans une secte, et Dumb lève le voile sur la genèse d'un magazine des plus influents.

Restent alors des comédies, drames et autres téléfilms tous mineurs, qui ne valent pas plus qu'un coup d'oeil distrait.

Film du mois : Spider-Man - Homecoming, ou l'un des nombreux documentaires mentionnés plus haut, quasiment tous aussi solides et intéressants..

Flop du mois : Transformers 5 et Moi, Moche et Méchant 3 sont à égalité, des plantages prévisibles, mais pas forcément surprenants, et par conséquent, ce ne sont pas vraiment des déceptions, en tant que telles.

 

Mini-bilan TV : quelques séries passées en revue par mes soins (j'omets volontairement les travaux de Sygbab de ce bilan), en juillet, pour un mois assez mitigé. La saison 3 de Kimmy Schmidt était ainsi un peu décousue et manquait de direction, tandis qu'American Gods m'a laissé particulièrement mitigé (la faute à des personnages principaux antipathiques, et à une impression de prologue moyennement satisfaisant) ; à l'opposé, Hollywood Darlings était amusant, mais peu mémorable en l'état... heureusement, GLOW était là pour remonter un peu le niveau global, avec une première saison directe, efficace et bien interprétée.

Enfin, pour conclure, une brève note : suite au... hum... "suicide" de Photobucket en tant qu'hébergeur d'images, j'ai dû reprendre une grosse partie des images du blog, depuis sa création (2012), et Les Téléphages Anonymes sont désormais à 100% illustrés (voire même, dans certains cas, j'ai retravaillé certaines critiques, afin d'harmoniser le style des articles).

Autrement dit, pour vous replonger dans la préhistoire de ce blog, direction l'Index, en haut de page, et pour la première fois depuis des années, tous les articles que vous lirez seront illustrés en bonne et due forme !

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Halloween Oktorrorfest 2017 - 67 - Saga Children of the Corn : Les Démons du Maïs 1 à 3 (1984-1992-1995)

Publié le 2 Novembre 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Horreur, Fantastique, Halloween, Oktorrorfest

Chez les Téléphages Anonymes, l'Halloween Oktorrorfest - notre marathon de cinéma fantastique et d'horreur - continue jusqu'à la fin de la semaine prochaine...

Children of the Corn (1984) :

Burt Stanton (Peter Horton) et sa compagne Vicky (Linda Hamilton) découvrent le cadavre d'un enfant sur la route, au milieu de nulle part, dans le Midwest américain. Rapidement, alors qu'ils cherchent de l'aide dans la ville la plus proche, ils découvrent là une population d'enfants meurtriers, disciples d'une entité démoniaque vivant dans les champs de maïs, et sous la coupe du jeune Pasteur Isaac (John Franklin)...

Auréolé d'une réputation culte, ce premier opus de la saga déçoit : la musique est sympathique, la distribution aussi, les idées sont intéressantes, l'ambiance est pesante, et toute la première demi-heure est réussie, mais ça s'embourbe rapidement ensuite, avec pas mal de séquences superflues et agaçantes (notamment la fin interminable et un peu risible). 

Pas à la hauteur de sa réputation, ou bien c'est que ça a mal vieilli.

2.5/6

Children of the Corn II - The Final Sacrifice (1992) :

Un journaliste (Terence Knox) et son fils (Paul Scherrer) vont mener l'enquête dans la ville de Gatlin, où des enfants meurtriers ont récemment massacré tous les adultes de la communauté... 

Daniel Licht assure toujours autant, ça fait plaisir de revoir Rosalind Seaquest Allen, et le tout début - les journalistes & autorités qui débarquent sur les lieux du premier film, et comptent les cadavres - fonctionne bien, mais ensuite, c'est une calamité, qui se traîne lamentablement, avec un vieil indien qui se pointe pour balancer des répliques clichées, des enfants tueurs transparents au possible, des mises à morts risibles de personnes-âgées-qui-jouent-mal, des plans thermiques à la Predator, une histoire d'amour adolescente, et tout un final ridicule, pas aidé par un rendu télévisuel et fauché totalement indigne d'une sortie en salles.

1.25/6

Children of the Corn III - Urban Harvest (1995) :

Deux orphelins de Gatlin, Eli (Daniel Cerny) et Joshua (Ron Melendez) sont placés dans un foyer d'accueil, à Chicago. Là, Eli semble bien décidé à poursuivre l'oeuvre du Dieu du Maïs, et replante du maïs dans un terrain vague voisin... mais son frère veut l'en empêcher. 

Guère surprenant de voir les frères Hickox, grands mercenaires du genre dans les années 80,
derrière cet opus urbain de la franchise, très peu inspiré, avec un Amish basketteur qui fait des dunks à peine débarqué du village de Gatlin, et avec un montage parallèle assez mauvais entre un début de scène de sexe, et l'enfant maléfique qui plante un épi de mais dans le jardin.

Effets vidéos fauchés et datés, idées idiotes (le sdf "plantifié", l'afro-américain qui continue à crier alors que sa tête est séparée de son corps), c'est surjoué, et ça se traîne gentiment, en plus de brièvement virer à la Night of the Scarecrow le temps de quelques minutes, et d'avoir un final multipliant les effets spéciaux fauchés et les boules de feu. Sans oublier l'apparition de He-Who-walks-behind-the-rows... un monstre tentaculaire en caoutchouc gélatineux qui pousse des barrissements d'éléphant, en partie animé en stop-motion miniature. Forcément, ça casse le mythe. Surtout en 1995.

1.25/6, dont 0.25 pour la brève apparition d'une jeune Charlize Theron.

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Blog Update ! - Août 2017

Publié le 1 Septembre 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Télévision, Les bilans de Lurdo, Update

On attaque le mois de septembre, donc, place au bilan mensuel des films et séries visionnés ce mois-ci par les Téléphages Anonymes...

#570 : Men In Suits 4.5/6

#571 : Sex and Death 101 2/6

#572 : Cars 3/6

#573 : Sleight 2.5/6

#574 : The Perfect Catch 2.75/6

#575 : That Guy Dick Miller 4.5/6

#576 : Cars 2 3.75/6

#577 : All Nighter 2/6

#578 : Austin Found 2/6

#579 : Marchands de Doute 3.5/6

#580 : Kung Fu Yoga 2.5/6

#581 : Captive 1.75/6

#582 : The Outcasts 3.5/6

#583 : Le Roi Arthur - La Légende d'Excalibur 1.5/6

#584 : Maman par Intérim 3/6

#585 : Plastic Galaxy - The Story of Star Wars Toys 3.5/6

#586 : Larguées 2/6

#587 : Red Knot ?/6

#588 : Boyka - Un Seul deviendra Invincible 4 3.5/6

#589 : Being Canadian 2/6

#590 : Naked 1.5/6

#591 : La Guerre des Cookies 3/6

#592 : 2:22 2.5/6

#593 : White Rabbit 3/6

L'été 2017 continue... et le bilan global reste très très moyen.

Au niveau des sorties récentes, c'est le néant total, dont seuls se tirent (vaguement) le dernier Boyka et The Outcasts, une teen comedy inoffensive, à la distribution sympathique. Tout le reste ? Un flop, notamment le Roi Arthur de Guy Ritchie.

Comme toujours, les documentaires s'avèrent une valeur plus ou moins sûre, dans le domaine du cinéma : Men in Suits et That Guy Dick Miller reviennent de manière intéressante sur des pans peu connus du cinéma de genre, et s'avèrent passionnants. Dans les autres domaines, il en va un peu autrement : si Marchands de Doute et Plastic Galaxy restent intéressants malgré leur forme inégale, Being Canadian est insipide et sans intérêt.

Ne reste alors que des téléfilms peu probants, et deux métrages Pixar : Cars et Cars 2, soit la franchise la moins intéressante de tout le catalogue Disney/Pixar. Et pourtant, Cars 2, malgré sa réputation de suite bâclée, m'a nettement plus intéressé que le premier opus, porteur d'une nostalgie ne me parlant pas du tout. Comme quoi...

Film du mois : Pas vraiment de film du mois, étrangement... à la limite, deux bons documentaires : Men in Suits & That Guy Dick Miller, qui parleront aux amateurs de cinéma.

Flop du mois : Le Roi Arthur de Guy Ritchie, ou quand Ritchie décide de cacher l'immense vide d'un scénario inexistant et d'une relecture inutile derrière d'innombrables effets de manche, de structure et de réalisation.

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Mini-bilan TV : Ce mois-ci, Sygbab a terminé Farscape, et a entamé Zorro - un grand écart télévisuel qui permet de couvrir des genres différents, et d'éviter l'overdose de science-fiction. D'autant que, de mon côté, j'ai continué l'intégrale de la dernière saison de Star Trek Voyager, et, histoire de changer un peu, j'ai passé la première saison du Dirk Gently de Max Landis en review : un programme qui ne m'a pas totalement convaincu, notamment au niveau du ton, mais qui pourra plaire à certains.

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Jusqu'au 17 Septembre, les Téléphages Anonymes vont continuer sur leur lancée habituelle, mais dès le 18, changement de formule, avec le début de notre Halloween Oktorrorfest annuelle, de mi-septembre à début novembre.

Cette année, au programme, une Halloween Oktorrorfest un peu différente et plus variée, mais nous y reviendrons lors du mini-bilan de mi-septembre...

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Un film, un jour (ou presque) #597 : Baywatch - Alerte à Malibu (2017)

Publié le 7 Septembre 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Action, Comédie, Télévision, Thriller

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Baywatch - Alerte à Malibu :

Alors qu'il doit gérer Matt Brody (Zac Efron), une nouvelle recrue arrogante et vaniteuse, Mitch Buchannon (Dwayne Johnson), un sauveteur de légende, tente de préserver sa plage et son équipe (Alexandra Daddario, Kelly Rohrbach, Ilfenesh Hadera, Jon Bass) des agissements de dangereux trafiquants de drogue...

Un peu comme CHIPS, une bonne grosse bouse.

Et pourtant, ce n'est pas comme si Alerte à Malibu (la série originale) était un chef d'œuvre intouchable : c'était une série légère, ensoleillée, un peu creuse, et qui, sous le prétexte de sauvetages et d'action un peu capillotractée (les scénarios n'étaient pas le point fort du show !), proposait une distribution sympathique et agréable à l'œil, dans des tenues minimalistes.

Sans surprise, ce sont ces mêmes physiques avantageux qui, aux côtés du générique, des maillots rouges et de David Hasselhoff, sont restés gravés dans les mémoires comme emblématiques de la série.

Malheureusement, comme trop de remakes de séries cultes avant elle, cette version 2017 de Baywatch (réalisée par Seth Gordon - Arnaques à la Carte, Comment Tuer son Boss, Tout... sauf en famille : que des chefs d'oeuvre ! - et écrite par les scénaristes de Freddy vs. Jason et du remake de Vendredi 13 : que des chefs d'oeuvre !) semble avoir honte de son sujet de base, et n'être capable de traiter la série originale que sous l'angle de la parodie "adulte" - traduction : d'en faire une comédie lourde, vulgaire, et graveleuse, qui donne l'impression d'avoir été écrite par des ados de 13 ans en rut.

On se retrouve donc avec un métrage de deux heures (!!) qui plaque le moule des adaptations parodiques façon Starsky & Hutch, 21 Jump Street et donc CHIPS sur un scénario d'intrigue policière insipide et particulièrement mal rythmé, qui finit par prendre le dessus sur tout le reste du film.

C'est le problème principal du film : le côté buddy cop movie & action/enquête, comme dans CHIPS, est calamiteux, laborieux et sans intérêt. Le côté parodie de Baywatch, lui, prend la tasse : en lieu et place d'une parodie affectueuse, tout ce qui renvoie directement à la série d'origine passe au second plan, et devient victime de l'humour puéril, graveleux et immature des scénaristes.

La musique d'origine ? Jamais utilisée, sauf pendant la microscopique apparition bâclée de David Hasselhoff (durée ? 10 secondes, maximum). Les maillots rouges ? Retaillés pour être plus modestes. Les sauvetages ? Plombés par des cascades numériques et des effets visuels peu convaincants. L'ambiance générale ensoleillée et bon enfant ? Transformée en ambiance bling et poseuse, à la gloire de la musculature de The Rock et d'Efron, et à grand renfort de musique à la mode. Les ralentis et scénarios originaux ? Moqués dans les dialogues. Le quota sexy ? Les personnages féminins sont plus des ressorts comiques qu'autre chose (et paraissent souvent ternes et effacés), et lorsque nudité il y a, elle est assurée par des pénis et des vannes relatives aux érections, etc.

Quelques moments sont amusants, Efron et Rock ont une bonne alchimie, mais dans l'ensemble, Baywatch 2017 est une adaptation éparpillée et brouillonne, interminable et décousue, jamais suffisamment légère, drôle ou sexy, qui ignore si elle veut rendre hommage ou se moquer de la série originale, et qui finit par être totalement générique de bout en bout, en plus d'être particulièrement puérile.

1/6 (au moins, CHIPS plaçait le thème musical, çà et là)

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Catch Review : TNA Impact (12/08/2015)

Publié le 15 Août 2015 par Lurdo dans Catch, Critiques éclair, Review, Télévision, TNA

Place aux nouveaux tapings, et au grand crossover avec la GFW...

Impact Wrestling 12/08/2015 :

- Arrivée des Jarretts, de Scott D'Amore et des catcheurs de la GFW.

- Jarrett qui fait encore et toujours la promotion de sa compagnie ("la meilleure compagnie du monde"), en profite pour montrer TNA sous un jour négatif ("ils étaient dans la merde, et j'étais là, l'homme providentiel, pour les sauver, parce que je suis un homme charitable", etc), booke le show de ce soir, et est interrompu par EY. Ey s'énerve, fait une promo excellente, et Jarrett réplique en bookant le KOTM de ce soir. Youpi (je n'aime pas les KOTM).

- EY attaque JJ, les lutteurs de la GFW débarquent, les lutteurs de la TNA aussi, brawl.

- JJ motive ses troupes.

- Les commentateurs ultra-vagues au sujet de Bully : "il souffre de multiples blessures, on ne sait pas quand il reviendra".

- Tapa vs Kong. Un match quelconque, par moments un peu mou et laborieux, et qui se finit en queue de poisson. Ça commence mal, ce crossover. Le manager de Tapa n'était pas mauvais au micro, cela dit.

- Promo générique de Galloway.

- Roode dans le ring, mécontent des événements de la semaine dernière, demande à être dans le main event, et à parler à Spud. Spud n'est pas impressionné, et tout cela donne lieu à un très bon échange de promos des deux côtés, et à un mini-brawl. Un segment réussi, bien qu'un peu longuet.

- Roode est furieux et s'en prend à Jarrett.

- Godderz, toujours convaincant dans son rôle.

- Godderz vs Lashley. Domination totale de Lashley, malgré une spear finale assez médiocre.

- Galloway assommé backstage. JJ & Karen semblent tout à fait concernés par cette situation, ouhlàlà, on y croit à fond.

- EC3 dans le ring, au micro. La routine, jusqu'à ce que Hardy se pointe, explique qu'il n'abandonne pas ses vues sur le titre (forcément... *soupir*), et donne une promo assez moyenne et inégale. Ec3 fait semblant d'être le champion du peuple, mais trolle joyeusement Hardy, qui se fait démolir par Tyrus et EC3. Rien de particulièrement mauvais, mais rien de particulièrement mémorable non plus.

- Taryn booke un cage match entre Gail et la Dollhouse.

- Donc Chris Masters continue d'utiliser son gimmick d'Adonis ce soir... alors que Godderz a fait de même un peu plus tôt. Awkward.

- Wolves vs Brian Myers (aka Curt Hawkins) & Trevor Lee. Bon tag match.

- Lashley est motivé, et un peu agacé.

- Tigre vs Sonjay. Décevant, car assez bref, et pas particulièrement rythmé et dynamique.

- Ec3 n'a pas confiance en JJ.

- Robbie E vs Justin Gabriel vs Chris Masters vs Lashley vs EY, KOTM. Un match assez précipité (deux tombés en moins de trente secondes après le début du match) et bordélique, avec un finish en deux temps assez moyen : autant la spear de Lashley était superbe, autant le 450 de PJ était botché.

 

Un show qui progresse enfin, bien qu'il reste inégal. D'un côté, l'arrivée de nouveaux talents est toujours appréciable, la production du show semblait upgradée, et le feud TNA/GFW change un peu de la routine habituelle... mais de l'autre, les catcheurs estampillés GFW sont assez moyens, cette storyline semble totalement consacrée à Jarrett et à sa compagnie, au détriment de la TNA, et je ne peux me défaire de l'impression persistante que tout cela n'est qu'un moyen d'obtenir de Jarrett qu'il vende, IRL, le reste de ses parts (comme cela se murmure depuis des mois au sein des dirt sheets) en échange de toute cette hype autour de sa nouvelle compagnie. M'enfin on verra bien.

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