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LES TÉLÉPHAGES ANONYMES

Il était une fois Lurdo & Sygbab, deux internautes passionnés de séries tv et de cinéma, et qui cherchaient un endroit où archiver leurs avis (hautement?) éclairés...

Un film, un jour (ou presque) #456 : Le Fondateur (2016)

Publié le 22 Février 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Drame, Comédie, Biographie

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Le Fondateur (The Founder) : 

Dans les années 1950, Ray Kroc (Michael Keaton), un représentant de commerce roublard et malchanceux, croise le chemin des frères McDonald (Nick Offerman et John Carroll Lynch), propriétaires d'un restaurant révolutionnaire, où les clients n'attendent plus qu'on les serve. Rapidement, Kroc décide de faire de cet établissement une franchise, mais devant les nombreuses réticences des deux frères, il choisit de les manipuler pour parvenir à ses fins, et établir ainsi l'une des chaînes de restauration les plus rentables de la planète...

Un peu déçu par ce biopic signé du réalisateur de Mary : La promesse de Walt Disney (et scénariste de Blanche Neige et le Chasseur), biopic qui, malgré un casting impeccable, ne décolle jamais vraiment, et semble un peu inabouti.

La première demi-heure souffre ainsi d'une structure un peu maladroite, qui, en s'attardant sur Kroc plutôt que sur les frères McDonald, oblige le script à se contorsionner en tous sens pour raconter les débuts de la compagnie, par le biais de flashbacks et de photos d'archive narrés en voix off par les deux McDonald.

Et alors qu'on aurait pu s'attendre à ce que les choses décollent un peu dès que Kroc commence à baratiner son monde pour tenter d'arriver à ses fins, le métrage ne passe jamais la seconde, restant assez froid et détaché, une impression renforcée par la bande originale "décalée" de Carter Burwell.

On reste donc assez passif et indifférent devant cette histoire relativement terne de magouilles et de contrats louches, pourtant portée à bout de bras par un Keaton impérial. Tellement impérial, d'ailleurs, qu'il en éclipse les autres acteurs (Offerman et Lynch passent leur temps à râler au téléphone ; BJ Novak, Laura Dern, Patrick Wilson et surtout Linda Cardellini sont affreusement sous-exploités) et qu'il semble être le seul point focal du film.

Lui, et bien entendu la marque McDonald's, qui a droit à un tel coup de brosse à reluire dans ce métrage, qu'on se demande parfois si le département marketing de la compagnie n'a pas directement écrit une partie du script...

3/6

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Un film, un jour (ou presque) #455 : Mr. Wolff (2016)

Publié le 21 Février 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Thriller, Action

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Mr. Wolff (The Accountant) :

Autiste particulièrement doué pour les mathématiques, Christian Wolff (Ben Affleck) a, dès son plus jeune âge, été entraîné par son père militaire à se défendre seul contre toute adversité. Désormais adulte, il travaille régulièrement comme comptable pour les organisations criminelles les plus dangereuses. Et tandis que les agents du Trésor Public (J.K. Simmons & Cynthia Addai-Robinson) mènent l'enquête à son sujet, Christian est engagé par une firme de robotique dirigée par Mr. Blackburn (John Lithgow) pour étudier des irrégularités budgétaires découvertes par Dana (Anna Kendrick), une comptable de l'entreprise. Bien vite, cependant, un groupe de mercenaires menés par Braxton (Jon Bernthal) tente de faire disparaître Christian et Dana, et le comptable n'a d'autre choix que d'éliminer cette menace tout en protégeant la jeune femme...

Un thriller mollasson et longuet, dans lequel Ben Affleck joue (enfin... "non-joue") un croisement entre Jason Bourne et Rain Man, qui démolit des mercenaires à tour de bras, tout faisant des calculs mentaux improbables.

Et sorti de ce postulat de départ, il n'y a pas grand chose à ajouter au métrage, qui s'avère assez brouillon, et se prend particulièrement au sérieux. En fait, on a un peu l'impression que le script était suffisamment long pour remplir trois heures de film, et qu'il a fallu tailler dans la masse pour arriver à deux heures de métrage ; par conséquent, aucune des intrigues secondaires n'est satisfaisante, que ce soit l'enquête inintéressante du Trésor Public, uniquement là pour permettre à J.K. Simmons de débiter des kilomètres d'exposition en voix off sur des flashbacks, ou la sous-intrigue d'Anna Kendrick, qui disparaît du film aussi vite qu'elle est arrivée.

Peut-être plus gênant, la dernière demi-heure du film (et la confrontation Affleck/Bernthal) tombe joliment à plat, couronnée par des twists ultra-prévisibles, qui tiennent plus des coïncidences fortuites et improbables que du rebondissement crédible.

Et pourtant, malgré tous ces défauts d'écriture, le tout se regarde plutôt facilement, c'est assez bien filmé, les scènes d'action sont honorables, et c'est globalement bien joué (même si encore une fois, le non-jeu volontaire d'Affleck ne demande pas trop d'effort, et Anna Kendrick se contente de jouer Anna Kendrick).

C'est générique, peu mémorable, bordélique, et ça demande énormément de suspension d'incrédulité (pour être gentil, on va dire que c'est capillotracté), mais ça se regarde.

3.25/6

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Un film, un jour (ou presque) #454 : Premier Contact (2016)

Publié le 20 Février 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Drame, Science-Fiction

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Premier Contact (Arrival) :

Lorsque des vaisseaux extraterrestres arrivent sur Terre et se positionnent, immobiles, en 12 points du globe, l'humanité s'inquiète. Aux USA, Louise Banks (Amy Adams), spécialiste en linguistique, est choisie par l'armée pour accompagner le physicien Ian Donnelly (Jeremy Renner), et tenter de communiquer avec les aliens, d'apparence pacifique. Mais tous les pays du monde ne sont pas aussi confiants, et les tensions géopolitiques menacent de faire échouer ce premier contact...

Une adaptation d'une nouvelle de SF par Denis Villeneuve qui, sous sa forme filmique, souffle un peu le chaud et le froid.

Pas tant sur un plan technique, puisque Amy Adams est impeccable, que la réalisation est sobre, intimiste, et lorgne parfois sur du Terrence Malick, que le score est pesant et discordant (ce qui rajoute beaucoup à l'ambiance particulière du métrage), et que les effets spéciaux sont tout à fait honorables.

Non, là où le film pêche un peu plus, c'est dans son écriture, fruit du travail du scénariste des remakes de Freddy - Les Griffes de la Nuit et de The Thing, ainsi que de Destination Finale 5 et de Dans le Noir. Pas vraiment des chefs-d'oeuvre d'écriture, et on retrouve en effet ici une certaine propension aux grosses ficelles narratives et à l'absence de subtilité : je pense notamment à toute la situation géopolitique décrite dans le script (les gentils Occidentaux, les méchants Russes et Chinois tous belliqueux, les militaires vs les scientifiques), ainsi qu'à l'embryon maladroit de romance entre Adams et un Jeremy Renner totalement sous-développé (pour ne pas dire inexistant).

À l'identique, tout le concept des flashbacks-qui-n'en-sont-pas est intéressant, mais pas si compliqué que ça à comprendre (une fois que l'on a assimilé le fait que les aliens pensent circulairement, on commence déjà à avoir une assez bonne idée du pourquoi et du comment des visions de l'héroïne). Et pourtant, le script insiste très lourdement dessus, même une fois qu'il a explicité son concept, jusqu'à ce que ces dialogues et ces scènes deviennent redondantes, et forcent une résolution à base de tension et de suspense un peu artificiels.

Bref, le film aurait mérité un scénariste un peu plus affûté et aguerri, et aurait probablement dû éviter de faire basculer le tout dans un sentimentalisme larmoyant (à grands renforts de violons) sur la toute fin.

Mais bon, dans l'ensemble et malgré ses défauts d'écriture, ce métrage est tout à fait regardable, et son approche plus littéraire de la SF ne fait pas de mal dans le paysage cinématographique actuel.

Un petit 4/6

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Les bilans de Lurdo : Sweet/Vicious saison 1, suite et fin (1x07-10)

Publié le 19 Février 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Télévision, Les bilans de Lurdo, Sweet-Vicious, MTV, Comédie, Drame

Suite et fin de cette première saison surprenante, qui après trois premiers épisodes laissant augurer d'une série assez basique et simpliste, a évolué en quelque chose de plus intelligent et construit, taclant frontalement et de manière assez pertinente le problème des viols sur les campus américains...

Sweet/Vicious 1x07 :

Secouée par tout ce qui vient de se produire, et hantée par le souvenir de son viol, Jules décide d'oublier son code de conduite, et d'évacuer toute pression en faisant la fête avec Ophelia et Harris... pour le meilleur et pour le pire.

Un épisode beaucoup plus dur et sérieux que les précédents, avec de longs flashbacks sur la soirée du viol, illustré ici dans ses moindres détails, mais sans complaisance. Un joli travail de montage passé/présent, Keiko Agena dans un petit rôle, une Ophelia amusante en mode "petite amie", et dans l'ensemble, un épisode courageux et plutôt réussi.

1x08 :

Ophelia et Jules (qui est  de plus en plus incontrôlable) s'attaquent à un nouveau violeur, alors même Harris et l'Officier Barton leur tendent un piège, et que l'amitié des deux jeunes femmes se fracture...

Seul épisode de la saison à avoir été écrit en collaboration par deux scénaristes, et ça se sent malheureusement beaucoup trop : on a l'impression de deux scripts distincts compactés en un, de deux styles pas tout à fait similaires et qui cohabitent tant bien que mal, bref, pour un épisode aussi important, qui avance de manière notable les intrigues de fond du show, ça méritait mieux. Tout est un peu trop précipité, un peu trop bâclé et décousu, et c'est bien dommage, parce que le tout reste intéressant et bien interprété.

1x09 :

Jules décide enfin de porter plainte pour viol auprès de l'administration universitaire, ce qui amène Ophelia, Kennedy et Jules à resserrer les rangs. Mais les choses se compliquent lorsque le verdict, pourtant en sa faveur, est annulé par le doyen, alors même que les autorités se rapprochent dangereusement des deux justicières...

À nouveau, un peu l'impression d'une écriture compressée, comme si le show avait initialement vu sa commande de 13 épisodes réduite à 10, entraînant par la même des coupes sauvages dans l'évolution des intrigues et des rapports entre certains personnages. Rien de vraiment problématique, ici, puisque le témoignage de Jules, sa mise en scène, et la réponse des autorités sentaient vraiment le vécu, et étaient assez douloureux et forts pour soutenir le gros de l'épisode. Sans oublier ce bref moment de flottement plutôt amusant, après le verdict initial, quand les deux justicières remettent soudain en question la pertinence de leurs actions vengeresses...

1x10 :

Prêtes à tout pour innocenter le petit-ami de Jules, accusé à tort du meurtre de son frère, les deux justicières se mettent à la recherche d'un criminel de la région vers lequel rediriger tous les soupçons des autorités, tout en tentant, avec l'aide de toute la sororité et d'autres étudiants, de punir le violeur de Jules...

Les soucis d'écriture compressée et de raccourcis narratifs sont toujours présents (notamment au niveau de Barton, qui a totalement disparu de la série, ou de l'arrestation, liquidée en quelques scènes), mais dans l'ensemble, ça fonctionne plutôt bien, comme conclusion saisonnière, laissant quelques pistes à régler, tout en réglant les intrigues en cours, et en posant un nouveau postulat pour nos deux héroïnes, désormais établies, et bénéficiant d'un bat-signal virtuel...

 

Bilan :

C'est amusant, si on m'avait dit, il y a un an, que les thématiques du viol et du stress post-traumatique, de la manipulation, des rapports homme-femme, de l'amitié féminine, etc, seraient traités avec plus de subtilité, de finesse et d'efficacité dans une série MTV sans prétention que dans un drama "de prestige" estampillé Netflix (Jessica Jones, pour ne pas le nommer), je ne l'aurais pas cru.

Et si en plus on avait rajouté que l'action, le rythme et l'humour seraient eux aussi nettement plus maîtrisés et réussis dans cette série MTV, et que les personnages (principaux comme secondaires) seraient nettement plus attachants (et parfois mieux interprétés), pour un investissement en temps nettement moins moindre de la part du spectateur, je crois que j'aurais demandé qu'on arrête de se payer ma tête.

Et pourtant... Sweet/Vicious a su se débarrasser de son gimmick de départ un épisode/un violeur à punir, pour évoluer en un drama touchant sur les conséquences d'un viol sur sa victime et son entourage, le tout sans jamais se départir de son sens de l'humour ou de son dynamisme de série comic-book.

Un programme qui, malgré quelques défauts dus à l'inexpérience de sa showrunneuse, à une fin de saison compressée et à des attentes du public faussées par la chaîne de diffusion (et par la présence de Joseph Kahn à la réalisation des deux premiers épisodes), s'avère en fin de compte une excellente surprise ; malheureusement, elle est restée relativement confidentielle, et par conséquent risque d'être rapidement annulée (si ce n'est pas déjà fait au moment où ce texte sera publié). C'est bien dommage.

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Les bilans de Sygbab - Gilmore Girls, saison 6 (2005-2006)

Publié le 18 Février 2017 par Sygbab dans Télévision, Review, Romance, Critiques éclair, Les bilans de Sygbab, Comédie, Gilmore Girls

Sygbab regarde (beaucoup) la tv, Sygbab écrit (parfois) des bilans : retrouvez-les sur le blog des Téléphages Anonymes !

Gilmore Girls, saison 6 :

La justesse étant un atout depuis ses débuts, à quelques exceptions près, une question s'impose au visionnage de cette saison : les scénaristes auraient-ils perdu leur bon sens ? Cela peut paraître dur d'emblée, mais les choix effectués sont le plus souvent discutables, quand ils ne vont pas à l'encontre de l'esprit de la série. Les rebondissements commencent à être éculés, et la psychologie des personnages devient aléatoire pour satisfaire un semblant de suspense qui devient presque néfaste.

Comme si l'inspiration s'était tarie d'un coup, tout ce qui fait l'originalité de Gilmore Girls disparaît, et le téléspectateur a la désagréable surprise d'être devant un drama plutôt classique. Difficile de l'accepter quand les standards sont habituellement un peu plus élevés.

Au lieu d'influencer les principaux fils rouge, les intrigues secondaires deviennent de plus en plus sporadiques et donnent droit à des évolutions pour le moins étonnantes. Passons Kirk et ses facéties habituelles, qui apporte toujours une nécessaire dose d'humour en étant toujours à côté de la plaque, pour en venir à Sookie et Jackson : leurs enfants sont tout bonnement invisibles, et c'est un petit peu gênant.

Il aurait été intéressant de se pencher un peu plus sur leur vie familiale, étroitement liée à la relation professionnelle que les deux époux entretiennent toujours. Au lieu de ça, ils doivent se débarrasser de la marijuana que Jackson découvre avec stupeur parmi ses plantations. Certes, c'est décalé, mais c'est surtout un aveu d'impuissance concernant leur développement quasi inexistant.

Cela concerne tout aussi bien Lane, dont la relation avec Zack ne colle pas vraiment. D'autant que Mrs Kim semble l'accepter sans plus de difficulté que cela, alors qu'elle menait la vie dure à un Dave bien plus attrayant à ses yeux. Dur d'avaler le fait qu'elle abandonne ses traditions et ses idéaux si rapidement, alors qu'elle a toujours été inflexible. Que dire quand elle s'invente experte dans le domaine de la musique en donnant des avis tranchés sur ce que fait Zack et qu'elle l'aide à écrire un hit...

Ce n'est pas très sérieux, et surtout pas vraiment crédible. Tout au plus, cela permet d'organiser le mariage de Lane, pour qu'une Lorelai complètement ivre s'y ridiculise en annonçant à tout le monde qu'elle ne se mariera pas à son tour. C'est bien là l'enjeu principal : il faut à tout prix empêcher cette fameuse union tant attendue entre Luke et Lorelai. Tous les moyens sont bons pour y parvenir, notamment la dispute qui oppose cette dernière à Rory. En effet, rien ne sera possible tant qu'elles ne seront pas réconciliées.

Par ailleurs, la jeune fille apprend à ses dépens que vivre avec ses grands-parents n'est pas une sinécure, et elle se retrouve confrontée à l'ingérence compulsive d'Emily, à tous les niveaux. Cela a au moins le mérite de remettre en perspective ce que sa mère a enduré pendant sa jeunesse. Le parallèle n'est pas inintéressant, d'autant que Rory pousse l'expérience un peu plus loin en participant pleinement aux réceptions que donne sa grand-mère, avant de s'apercevoir qu'elle prend le mauvais chemin.

Peut-être fallait-il qu'elle en passe par là pour trouver la même force intérieure que sa mère, qui l'autorise à se rebeller et à croire en ses capacités comme jamais auparavant. Il est juste dommage qu'elle ne s'en rende pas compte seule et qu'elle ait besoin d'un bon coup de pied aux fesses de la part de Jess, qui réapparaît ici ou là histoire de dire qu'il s'en sort et qu'il va devenir quelqu'un de bien.

Quel trublion ce Jess, tout de même. Sa venue ne manque pas de créer une énorme dispute entre Rory et Logan, car il fallait bien ajouter un peu de piment dans une relation qui se déroulait un peu trop bien, alors qu'elle est quelque part assez incongrue. Rory est toujours irrésistiblement attirée par Logan alors qu'il est la représentation d'un monde qu'elle n'apprécie pas.

Et ce dernier a beau justifier son attitude en prétextant qu'il doit profiter de sa vie avant qu'elle ne soit finie car son avenir lui est imposé, il reste tout de même un fils à papa désinvolte et le plus souvent irresponsable. C'est surtout un goujat, qui va se réfugier dans les bras d'autres filles à la moindre difficulté, et qui rachète l'amour avec son argent. Il n'y a guère que Christopher pour le trouver cool, finalement.

Celui-ci réapparaît encore et toujours, cette fois-ci parce qu'il est devenu riche. Une richesse tombée du ciel, bien commode pour qu'il vienne de nouveau jouer les trouble-fêtes tout comme Jess. Les fantômes du passé ne disparaissent jamais, et cela commence à devenir un peu trop répétitif. La ficelle est un peu trop grosse, et dégage Emily et Richard de toute responsabilité puisque Chris va désormais payer pour Yale.

Cela aurait dû sonner le glas des friday night dinners, mais Lorelai est prise de culpabilité et réussit à convaincre sa fille de continuer à y aller. Après tout ce qui s'est passé entre elle et ses parents, notamment l'hébergement de Rory sans avoir été consultée au préalable, cela sonne assez faux de la voir pardonner les multiples trahisons dont elle a été victime. Au moins cela mène-t-il à un dîner assez extraordinaire dans le 6.13 Friday Night's Alright For Fighting, alternant avec brio séquences de rires et de confrontations emplies de ressentiment.

Tout cela n'est rien en comparaison du véritable impair : April. Sans fustiger le personnage - au demeurant plutôt sympathique -, ce nouveau rebondissement imposé après la réconciliation entre Luke et Lorelai est presque une insulte tant cette manoeuvre est digne d'un mauvais soap. Qui plus est, cela rend Luke absolument détestable. Il a attendu Lorelai pendant des années, il lui a reproché de lui cacher ses entrevues avec Christopher, mais au final il fait exactement la même chose, quitte à la perdre.

Ce n'est pas dans l'esprit du personnage, il perd tout sens de la raison alors qu'il est d'un naturel pragmatique. De ce fait, le fossé qui se creuse dans le couple est complètement artificiel, et franchement malvenu. Plus encore quand la discorde pousse Lorelai à poser un ultimatum et à se retrouver dans les bras de Chris car Luke refuse de se laisser imposer quoi que ce soit. Ce qui la rend détestable aussi, par ailleurs.

Heureusement que Liz et TJ nous sont épargnés la majeure partie du temps, il ne manquerait plus que leur présence vienne phagocyter l'écran pour ajouter un soupçon d'antipathie à un show qui prend un bien mauvais tournant. La magie n'opère plus, à tel point que le final de la saison comporte une intrigue totalement secondaire autour d'une invasion de chanteurs de rue consécutive au départ en tournée du troubadour officiel de la ville.

À croire qu'il s'agit d'une tentative désespérée de rappeler le charme de Stars Hollow, dont les habitants deviennent de plus en plus shallow. Le plus malheureux, c'est que cette histoire emporte facilement l'adhésion au détriment du fil rouge : il faut sans doute y voir un signe sur la nécessité de redonner de la légèreté à l'ensemble.

Ceci étant, they will always have Paris, pour faire référence à une réplique de Lorelai dans la saison 4. Sa franchise est toujours autant dépréciée par ses pairs et appréciée par les téléspectateurs, et sa prise de conscience à propos de son incapacité à gérer une position de leader est bénéfique pour la suite. Enfin une évolution qui va dans le bon sens, ce qui n'est pas non plus suffisant pour faire de cette saison une réussite. Loin de là.

 

(voir aussi le bilan de Lurdo de la saison 6 de la série, publié sur ce blog en 2012)

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