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LES TÉLÉPHAGES ANONYMES

Il était une fois Lurdo & Sygbab, deux internautes passionnés de séries tv et de cinéma, et qui cherchaient un endroit où archiver leurs avis (semi) éclairés...

Résultat pour "good place"

Les bilans de Lurdo : Star Trek Voyager, saison 3 (suite)

Publié le 13 Février 2016 par Lurdo dans Les bilans de Lurdo, Télévision, Critiques éclair, Review, Science-Fiction, Star Trek

En Novembre 2013, je publiais ici-même un bilan de la première mi-saison 3 de Star Trek Voyager, tout décidé que j'étais alors à me refaire l'intégrale de la série sur la lancée.

Malheureusement, le niveau qualitatif de la série, et le manque d'intérêt chronique des épisodes à ce point du show avaient alors eu raison de ma détermination... et il m'a fallu près de deux ans et demi pour trouver le courage de m'y remettre.

Cette fois-ci, cependant, je vais faire ça de manière plus progressive, avec des mini-reviews plus régulières, de trois épisodes à la fois.

Et pour commencer...

3x13 - Fair Trade :

Pas de continuité avec l'épisode précédent : Janeway voulait y faire de Neelix un ambassadeur, tout le monde était content, mais là, Neelix se sent mal, il trouve qu'il n'a pas sa place à bord, il veut soudain être officier de sécurité, ingénieur, ou que sais-je encore.

Bon, sinon, un épisode sur Neelix et son passé trouble, lorsqu'il retrouve un de ses anciens compères contrebandiers. Pas désagréable, même si Neelix a un peu tendance à être incapable et hésitant dans cet épisode, et à se laisser influencer par tout le monde. Ce qui peut être agaçant. M'enfin la dernière scène était réussie. On peut toutefois se demander où était Kes pendant tout ça...

3x14 - Alter Ego :

Un Kim-centric - hey, revenez, partez pas comme ça ! - sur Kim qui tombe amoureux de l'une des bimbos holographiques du Club Med holographique du vaisseau (assez quelconque, d'ailleurs, la demoiselle), et demande à Tuvok de l'aider, mais l'hologramme, elle, tombe amoureuse du gros... hum... cerveau du Vulcain.

Hormis les quelques scénettes amusantes de certains personnages hors du cadre professionnel (la soirée de l'équipage au Club Med, avec notamment B'elanna qui se fait draguer par son collègue vulcain sous les yeux d'un Tom interloqué, ou encore le Doc qui découvre les charmes des serveuses), pas grand chose de mémorable.

Rien de honteux non plus (si ce n'est Kim, qui réagit comme un ado de 14 ans pendant tout l'épisode ; et bien sûr, le Club Med qui ressemble toujours ponctuellement à un mauvais décor de studio, surtout avec les brushings parfaits des figurantes), mais le script donne vraiment l'impression d'être un script de Next Generation mettant en scène Wesley Crusher et Data, transposé dans l'univers de Voyager.

3x15 - Coda :

Un épisode assez frustrant, puisqu'il commence par Chakotay et Janeway qui partent seuls en navette (pourquoi ? Ce n'est jamais expliqué), et s'écrasent (forcément) ; puis l'épisode joue la carte de la boucle temporelle, avant de changer de direction, de faire de Janeway un fantôme refusant de quitter ce plan d'existence pour rejoindre l'au-delà, et de la confronter à l'esprit de son père qui en fait est un alien maléfique/démon qui veut dévorer son âme (retournement de situation involontairement téléphoné par la production, qui met l'acteur dans un vieil uniforme de Next Generation - logique, le personnage est mort 15 ans plus tôt -, mais lui colle un combadge moderne apparu avec DS9/VGR... Oups).

C'est bien rythmé, et c'est assez bien interprété (notamment par Roxann Dawson ; Mulgrew, elle, est en roue libre), mais ça reste un bon gros bordel pourtant écrit par Jeri Taylor (habituellement bien meilleure) et qui ressemble à trois ou quatre idées différentes mélangées au hasard, jusqu'à obtenir un récit se déroulant intégralement dans la tête de Janeway, et donc sans conséquences (ni véritable intensité dramatique).

(intéressant de constater que c'est le second épisode à la suite où le postulat de départ, clairement recyclé - "un personnage holographique devient indépendant" et "les protagonistes sont pris dans une boucle temporelle" - est foutu à la poubelle à mi parcours, pour partir sur un autre postulat tout aussi recyclé)

(à suivre...)

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Les bilans de Lurdo : Star Trek Voyager, saison 3 (fin)

Publié le 5 Mars 2016 par Lurdo dans Les bilans de Lurdo, Télévision, Critiques éclair, Review, Science-Fiction, Star Trek

Je continue mes mini-reviews de l'intégrale de Star Trek Voyager, une intégrale commencée il y a bien longtemps, et une saison 3 qui commence à peine à prendre de la vitesse, avec l'arrivée des Borgs !

3x25 - Worst Case Scenario :

Un épisode sympathique, bien qu'inégal, sur l'équipage du Voyager qui se passionne pour une simulation holographique anonyme récemment redécouverte dans les archives du vaisseau, et mettant en scène la mutinerie du Maquis à bord.

Pendant les deux premiers tiers de l'épisode, le tout est agréable, assez léger, centré sur Paris et Torres, et le récit avance à un rythme soutenu et efficace ; aux 2/3, cependant, on retombe dans les clichés habituels de l'épisode holo-centrique, avec une méchante holographique (ici, en l'occurrence, Seska) qui prend le contrôle de la simulation et menace la vie des officiers. Rien d'exceptionnel, au final, mais un tout assez agréable à suivre, et bien mené.

3x26 - Scorpion, part 1 :

Enfin l'arrivée tonitruante des Borgs... qui se font démolir en cinq secondes dès le pré-générique par l'espèce 8472. Difficile de faire plus efficace, et d'ailleurs, l'épisode tout entier est plutôt bien mené, profitant du format double pour développer un peu plus ses autres personnages (Janeway/Chakotay) et pour se ménager des moments de calme bienvenus (bon, cinq minutes d'ouverture sur Janeway/Leonardo Da Vinci, c'était peut-être un peu trop).

Cela dit, malgré l'efficacité de l'épisode et de son cliffhanger, force est de reconnaître que l'espèce 4872 est assez datée dans son imagerie numérique, que le plan de Janeway (négocier un traité de paix avec les Borgs en échange d'un moyen d'assimiler les 4872) est très très mal avisé (offrir aux Borgs un moyen d'assimiler une technologie surpuissante... je ne vois pas comment ça ne pourrait pas ne pas mal tourner), et que c'est la première étape dans l'affaiblissement malheureusement systématique des Borgs dans Voyager, qui passent ainsi de menace ultime de l'univers Trek à race vaguement méchante que l'on peut repousser et avec laquelle on peut négocier.

Bilan :

Je vais me contenter d'un bilan de mi-saison, puisque la première moitié de la saison 3 est beaucoup trop vague dans mon esprit... et donc, une seconde moitié de saison 3 très inégale. Pendant un bon moment, les épisodes sont (au mieux) anecdotiques, jusqu'à ce que, pour une raison ou une autre, la production retrouve du poil de la bête, à peu près au moment où ils décident d'utiliser les Borgs, dans la dernière ligne droite de la saison.

En parallèle, alors que la majorité de l'équipage reste inexistante et transparente, soudain, B'elanna et Tom Paris prennent de l'importance, deviennent attachants, et existent en tant que personnages à part entière (et plus seulement en tant qu'archétypes-fonctions). Probablement parce que Roxann Dawson est l'interprète la plus solide du cast féminin de la série (en face, c'est clairement Picardo), et que les scénaristes n'hésitent plus à se reposer lourdement sur elle, quitte à faire passer Kate Mulgrew au second plan.

Bref, une saison 3 qui ne m'a pas marqué (c'est le moins que l'on puisse dire, vu que je m'ennuyais tellement que j'ai fais un break de deux ans et demi), mais qui se termine de manière intéressante et intrigante, avec l'arrivée des Borgs, et le passage du Voyager en territoire ennemi. Place à la s4, et à l'uniforme argenté de Seven trois tailles trop petit.

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Halloween Oktorrorfest 2016 - 06 - The Veil (2016)

Publié le 21 Septembre 2016 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Oktorrorfest, Review, Halloween, Horreur, Fantastique

Halloween approche lentement, et comme tous les ans, c'est l'heure de l'Oktorrorfest sur le blog des Téléphages Anonymes, avec au programme un marathon de cinéma fantastique et d'horreur pendant un peu moins de deux mois, de mi-Septembre à début Novembre...

The Veil :

Dans les années 80, Jim Jacobs (Thomas Jane), le gourou d'une secte étrange appelée Heaven's Veil, a emporté avec lui tous les membres de sa communauté lorsqu'il s'est donné la mort au terme de nombreuses expérimentations visant à séparer l'âme humaine de son enveloppe corporelle. 25 ans plus tard, Maggie (Jessica Alba), la fille d'un agent du FBI ayant découvert les cadavres de Jacobs et de ses adeptes, décide de réaliser un documentaire sur la tragédie, en ramenant la seule survivante de celle-ci, Sarah (Lily Rabe), sur les lieux du suicide collectif. Mais sur place, ils s'aperçoivent bien vite que les expérimentations de Jacobs ont peut-être bien porté leurs fruits...

Une production Blumhouse ultra-frustrante puisque son fond est totalement desservi, pour ne pas dire saboté, par sa forme particulièrement médiocre et laide.

Le fond, c'est, pour faire simple, encore une nouvelle relecture fictive du massacre de Jonestown qui avait déjà donné naissance, en 2013 et 2014, à The Sacrament et à Apocalyptic, deux found-footages aux réussites diverses et inégales.

Ici, cependant, le script a la bonne idée de faire de cette relecture (attention SPOILERS) une histoire intéressante de secte menée par un gourou charismatique (excellent Thomas Jane, pourtant en roue libre et relooké à la Jim Morrison) doté de pouvoirs réels, et capable de ramener les morts à la vie, mais qui voit le rituel de renaissance de ses fidèles interrompu par le FBI juste après leur suicide collectif, et meurt donc sans avoir le temps de ressusciter ses disciples.

Et donc, 25 ans plus tard, ces disciples, réduits à l'état d'esprits furieux, prennent possession, un à un, de l'équipe de tournage du documentaire, pour exercer la vengeance de Jacob en levant une armée de possédés.

Un concept pas dénué de défauts (toute la structure du film, en flashbacks/images d'archive, ne fait que rappeler que le métrage était, initialement, conçu pour être lui aussi un found footage ; les personnages ont des réactions souvent stupides et improbables, sont tous interchangeables, et ont une caractérisation inexistante), mais qui serait resté intrigant si les choix du réalisateur ne le tiraient pas constamment vers le bas.

Ainsi, visuellement, tout est gris, monochrome, désaturé et sans contraste, au point que l'on ne fasse pas la différence entre les flashbacks des années 80 et les scènes du présent ; histoire de rajouter une couche de médiocrité inutile, le tout est régulièrement filmé avec une caméra à la limite du fish-eye, ce qui implique une distorsion visible de l'image sur ses côtés ; le rythme est assez pépère, pas aidé par des jump scares téléphonées au possible, et donc, par ces personnages génériques et sous-exploités (Alba est tout simplement inexistante dans le rôle principale, voire même en devient antipathique tant ses motivations sont mal définies, alors que Shannon Woodward n'a absolument rien à faire, si ce n'est débiter les clichés habituels du personnage de la fille prudente et peureuse qui veut partir de là au plus vite, mais que personne n'écoute).

En somme, le potentiel du récit est totalement gâché par sa mise en images particulièrement plate et insipide, et l'on finit par regretter qu'un autre réalisateur ne se soit pas chargé du même script, quitte à garder Alba en rôle principal.

2.25/6 pour la trame de fond et pour Jane.

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Halloween Oktorrorfest 2016 - 43 - Hôtel Transylvanie 2 (2015)

Publié le 7 Octobre 2016 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Oktorrorfest, Review, Halloween, Fantastique, Animation, Jeunesse

Halloween approche lentement, et comme tous les ans, c'est l'heure de l'Oktorrorfest sur le blog des Téléphages Anonymes, avec au programme un marathon de cinéma fantastique et d'horreur pendant un peu moins de deux mois, de mi-Septembre à début Novembre...

Hôtel Transylvania 2 :

Maintenant que Dracula (Adam Sandler) a ouvert les portes de l'Hôtel Transylvania aux humains, et que sa fille Mavis (Selena Gomez) est mariée à l'humain Jonathan (Andy Samberg), tout va pour le mieux au royaumes des monstres. Tout, ou presque, puisque Dennis, le fils de Mavis et de Johnny, tarde à montrer les crocs, et que Dracula est prêt à tout pour s'assurer qu'il est bien un vampire.. mais lorsque Vlad (Mel Brooks), le père traditionnaliste de Dracula, s'en mêle, les choses tournent vite à la catastrophe.

En 2012, lors de mon premier visionnage d'Hôtel Transylvania, je lui avais mis un 3/6 : le film regorgeait d'idées et de trouvailles visuelles, le bestiaire, l'univers et les personnages étaient particulièrement attachants, la direction artistique impeccable, mais le rythme était très inégal, et le récit finalement assez creux et convenu, même s'il avait bon fond.

En 2014, lors de mon revisionnage du film, celui-ci était un peu mieux passé, mais les défauts étant toujours les mêmes, je n'étais monté qu'à 3.25/6.

Et aujourd'hui, en 2016, j'ai bien envie de lui rajouter encore un quart de point, pour atteindre les 3.5/6 ; néanmoins, j'ai enfin fini par comprendre ce qui me posait vraiment problème dans ce premier opus : le personnage de Jonathan. Dès qu'il arrive dans le récit, mon intérêt pour ce métrage retombe. Il est terne, transparent, générique, son apparence est basique, et malgré toute mon affection pour Samberg, son doublage est peu mémorable.

Alors en voyant arriver cette suite, et sa promesse de placer le bébé de Mavis et Johnny au coeur de l'intrigue, j'ai eu très peur.

J'ai redouté toujours plus de Jonathan, mais heureusement, il n'en est rien. Mieux encore : le personnage de Johnny passe plus ou moins au second plan, puisque le film se structure en deux intrigues parallèles. D'un côté, Dracula et ses amis, qui partent à l'aventure avec le petit Dennis, pour tenter de réveiller son côté vampirique ; et de l'autre Mavis et Jonathan, qui vont en Californie chez les parents de Johnny.

La première intrigue est assez sympathique, les personnages sont bien exploités, les environnements pas désagréables, bien que l'on retrouve çà et là certains des rouages habituels des films familiaux de Sandler (ici passé à la co-écriture) ; l'autre intrigue, malgré la présence de Jonathan, s'avère tout aussi regardable, bénéficiant de personnages secondaires improbables (et bien doublés), et d'une Mavis qui devient le point focal de cette sous-intrigue. Jonathan s'efface ainsi, et avec lui, bon nombre de mes problèmes.

Le métrage est par ailleurs mieux rythmé, l'alternance des intrigues permettant une structure mieux articulée : malheureusement, tout ça a un peu tendance à vaciller lorsqu'arrive le dernier quart du film, en même temps que Papy Vlad et son armée de chauves-souris stéroïdées. Là, le film commence à patauger un peu, ces nouveaux personnages sont un peu baclés, ils sont survolés, n'ont pas grande substance, et le film opte alors pour une conclusion prenant la forme d'une grosse scène de combat mettant en scène tous les personnages, scène amusante et bien réalisée, certes, mais finalement assez creuse, et au dénouement très prévisible.

Reste que, malgré tout, j'ai trouvé ce second opus plus agréable et réussi que le premier (ce qui n'est pas une opinion partagée par beaucoup de monde, visiblement).

Par conséquent, zou, un 3.75/6, et je serai là pour l'épisode 3 (2018), voire même pour la série animée (2017).

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Halloween Oktorrorfest 2016 - 50 - Before I Wake (2016)

Publié le 9 Octobre 2016 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Oktorrorfest, Review, Halloween, Horreur, Fantastique

Halloween approche lentement, et comme tous les ans, c'est l'heure de l'Oktorrorfest sur le blog des Téléphages Anonymes, avec au programme un marathon de cinéma fantastique et d'horreur pendant un peu moins de deux mois, de mi-Septembre à début Novembre...

Before I Wake :

Parents d'un enfant récemment décédé dans un accident domestique, Jessie (Kate Bosworth) et Mark (Thomas Jane) tentent de se remettre de ce drame, et finissent par adopter le petit Cody (Jacob Tremblay), un garçonnet adorable et fasciné par les papillons. Mais rapidement, les deux adultes découvrent que les rêves de Cody deviennent réalité lorsqu'il dort... ses rêves, mais aussi ses cauchemars, hantés par une créature squelettique qu'il a baptisée Kankerman...

Rah là là quel dommage que ce film soit vendu comme un film d'horreur intense et palpitant, quand en fait, il s'agit, au mieux, d'un conte fantastique doux-amer qui, uniquement dans ses dernières 20 minutes, s'essaie un peu à l'horreur.

Troisième film de Mike Flanagan après Absentia et Oculus (et avant Hush), ce Before I Wake (initialement baptisé Somnia) est resté inédit depuis la fin de son tournage, en 2013, suite à la faillite de son distributeur.

Et c'est bien dommage, car bien qu'il ne soit pas sans défauts, ce petit film est une fois de plus relativement sympathique (et dans la droite continuité qualitative des trois autres films de Flanagan) ; pendant une grosse partie du métrage, le scénariste/réalisateur sait ménager son pitch (très Quatrième Dimension dans l'esprit), rendre Cody attachant (sa passion pour les lépidoptères, sa tendance à toujours s'excuser, et son amitié avec sa copine de classe y sont pour beaucoup) et réserve des moments assez poétiques grâce aux manifestations des pouvoirs de Cody : des papillons multicolores qui virevoltent en tous sens, et un peu plus tard, une reconstruction féérique d'un matin de Noël improbable, avec ces mêmes papillons qui se changent en boules lumineuses volantes et qui se posent sur un sapin.

Pour faire simple, j'ai vraiment adhéré à toute cette partie du film (sa première heure), et ce malgré une caractérisation assez discutable du personnage de Kate Bosworth, limite manipulatrice et assez détestable dans la manière dont elle choisit d'abuser égoïstement des pouvoirs de son fils adoptif (je comprends pourquoi Flanagan l'a écrite comme ça, et ça met en place une sorte de rédemption finale du personnage, mais ça participe de cette tendance à décrire les mères en deuil comme des créatures égocentriques dévorées par le chagrin, prêtes à tout pour retrouver leur enfant, et qui blâment leur mari pour tout et pour rien, comme dans The Door, par exemple).

Et puis arrive progressivement le boogeyman, une sorte de mélange du Slenderman et de Mr. Jack, assez réussi visuellement, notamment lorsque la scène de Noël vire au cauchemar, et qu'il s'extirpe d'un paquet cadeau pourrissant. À partir de là, le script s'engage sur un chemin nettement plus balisé, qui lorgne fortement sur un Freddy : Les Griffes de la Nuit (et ses suites) : les médecins forcent Cody à dormir, Jessie est seule contre le boogeyman, elle doit lui faire face, elle pénètre plus ou moins dans le monde des rêves, et elle doit sauver Cody, faisant ainsi pour de bon le deuil de son fils précédent en cessant de ne penser qu'à son trauma, et en accueillant sincèrement cet enfant adoptif dans son coeur. Assez convenu, dans l'absolu, et manquant un peu de punch et d'angoisse, mais je ne pense pas que l'horreur soit vraiment ce que Flanagan cherchait à accomplir.

La résolution du film, ainsi, sous forme de conte de fées à la conclusion douce-amère, renforce les intentions du scénariste/réalisateur : tenter de combiner peurs et insécurités infantiles à celles d'un couple frappé par le deuil, en lui rajoutant une couche de fantastique et de surnaturel qui, par la force des choses et du monde commercial du cinéma, a donné cet hybride de conte et de film d'horreur assez inégal.

Un métrage très imparfait, qui aurait bénéficié à partir encore plus ouvertement dans le fantastique et dans le conte irréel, plutôt que dans le film de monstres, mais aussi un film globalement attachant, bien joué (malgré un Jane parfois un peu trop en intériorisation) et qui bénéfie de quelques très belles images dont Flanagan n'a pas à rougir.

(Je vois cependant que son prochain film est OuiJa 2... mwé. Il mérite mieux que ça)

3.5/6 (une note dans la droite lignée de ses films précédents, tous solides sans être exceptionnels)

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Un film, un jour (ou presque) #748 : G.I. Joe - Conspiration : Version Longue (2013)

Publié le 3 Juillet 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Action, Aventure, Thriller, Science-Fiction

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus. ​​ 

G.I. Joe : Conspiration - Version Longue (G.I. Joe : Retaliation - Extended Action Cut) :

Lorsque Zartan (Arnold Vosloo), sous les traits du Président des USA (Jonathan Pryce), démilitarise la planète et élimine les Joes, trois survivants (Dwayne Johnson, Adrianne Palicki, DJ Cotrona) tentent de renverser la situation, avec l'aide de Snake Eyes (Ray Park), de Jinx (Élodie Yung), et du Général Colton (Bruce Willis), à la retraite. Mais les choses se compliquent lorsque Storm Shadow (Byung-hun Lee) refait surface, et quand, aidé par Firefly (Ray Stevenson), il libère le Cobra Commander de sa prison...

Version longue de deux heures pour cette suite tardive du premier GI Joe, dont quasiment toute la distribution est évacuée hors-champ, y compris Channing Tatum (qui a cependant la chance d'avoir une mort à l'écran, après quelques scènes avec The Rock, dans lesquelles Tatum montre qu'il a développé un peu de charisme et d'expressivité en quelques années). Reste cependant Arnold Vosloo, dans quelques scènes, et les deux ninjas, qui reviennent, et se taillent une belle part du métrage.

Le bon point de cette suite (notamment dans sa version longue), c'est son action : les erreurs de direction artistique du premier film ont été corrigées (Snake Eyes, les uniformes, les véhicules, le Cobra Commander), et le film est généreux en séquences d'action, principalement dans sa première heure, relativement bien rythmée.

On fermera les yeux sur DJ Cotrona (insipide et qui ne sert à rien) et sur RZA, hors sujet, et on s'amusera tout de suite beaucoup plus à suivre les aventures de The Rock, qui semble vraiment à son aise dans cet univers de gros bras et de destruction massive.

La première heure, donc, parvient à maintenir l'intérêt du spectateur, rebondissant d'une scène d'action à une autre, avec une progression assez harmonieuse de l'intrigue entre deux. Bien entendu, cela reste du GI Joe, et il ne faut pas s'attendre à quelque chose de très subtil ou recherché, mais ça fonctionne globalement, malgré quelques micro-coups de mou, notamment quand Bruce Willis fait son apparition.

Un Bruce Willis qui est clairement là en lieu et place du Sergent Slaughter (il a même son mini-tank dans le garage), et qui fait le strict minimum, comme à son habitude. Et l'arrivée de Bruce Willis donne, en quelque sorte, le signal du début des vrais problèmes structurels du film : une fois passée la barre de la première heure, en effet, Retaliation commence à trainer de plus en plus la patte, et se termine à bout de souffle, pas aidé par un plan machiavélique de Cobra assez creux et quelconque, et par un score de Henry Jackman des plus médiocres.

Dommage, donc, que le tout finisse par sérieusement piquer du nez, et par gaspiller tous les points positifs du film.

4/6 pour la fidélité, 2/6 pour la deuxième heure = 3/6 au total.

En étant généreux.

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Un film, un jour (ou presque) #751 : Girl 27 (2007)

Publié le 6 Juillet 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Documentaire, Drame, Thriller, Policier, USA

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus. ​​ 

Girl 27 :

En 1937, à l'occasion d'une convention organisée par la MGM pour remercier ses représentants de commerce, Patricia Douglas, l'une des 120 danseuses/figurantes mineures employées par le studio, est violée par un employé. Rapidement, elle porte plainte, et l'affaire fait les gros titres des journaux américains, mais tant la justice que l'industrie cinématographique font alors tout pour la discréditer, et pour étouffer le scandale... avec succès.

Un documentaire que j'avais déjà vu en partie il y a sept ou huit ans, et qui a retrouvé une certaine popularité dans le cadre du mouvement #MeToo, tant ce récit assez glauque illustre bien un système souffrant de problèmes endémiques qui existent depuis la création du Vieil Hollywood.

Et ce métrage est effectivement plutôt intéressant dans sa première partie, tant qu'il narre les événements et reconstitue le puzzle de ce qui est arrivé à Patricia Douglas en 1937, à grands renforts d'images et d'archives d'époque, et de témoignages en tous genres (même si l'on peut se demander s'il n'y avait pas plus pertinent comme expert que la spécialiste juridique de Fox News).

Le problème, à vrai dire, c'est que rapidement, on en vient à percevoir un certain côté manipulateur dans ce Girl 27, à mesure que le réalisateur, David Stenn, un scénariste et journaliste spécialisé dans le Vieil Hollywood et dans la vie de ces stars d'antan, se met en scène, ou qu'il utilise de multiples images et extraits d'actualité et de vieux films, sortis de leur contexte, pour illustrer ses propos, ses conclusions ou certains témoignages.

À l'identique, on devine une dramatisation un peu superflue et forcée, comme lorsque Stenn attend dans une chambre d'hôtel un coup de téléphone, avec musique tendue en prime, ou quand il rajoute systématiquement des bruitages de téléphone brutalement raccroché lorsque Douglas décide d'interrompre à plusieurs reprises son témoignage (un témoignage clairement pas effectué par téléphone, mais bien enregistré de visu).

Cette forme et cette omniprésence de Stenn (non seulement sert-il de voix off, mais on le voit donc aussi dans sa chambre d'hôtel, marcher dans la rue, se rendre sur les lieux des événements, danser sur la tombe du violeur (!)...), finissent par prendre le pas sur le fond, notamment quand, dans sa seconde partie, le documentaire historique qui tentait de développer le contexte historique de cette histoire cède la place à une interview de Patricia Douglas, et à l'histoire de Patricia et de Stenn, et de leur relation chaotique.

Une Douglas qui ne s'est jamais vraiment remise de ce qu'elle a traversé, et qui a désormais son petit caractère (un caractère qui la coupe de tous et de toute sa famille), mais qui répète beaucoup de choses déjà abordées dans la première partie du documentaire. Pire, la réalisation se limite alors à une caméra fixe, et à des plans de coupe de mauvais goût, qui illustrent le témoignage ému et brutal de Douglas par des extraits de films montrant des violences faites à des personnages féminins. L'effet est contre-productif, et affaiblit le témoignage plus qu'il ne le renforce.

En somme, un documentaire au sujet très intéressant, mais à la réalisation et à l'écriture vraiment pas à la hauteur de ce dernier.

Malheureusement, Stenn semble être aussi intéressé par l'histoire de Douglas qu'il ne l'est par l'idée de raconter comment lui seul a su dénicher cette histoire (à plusieurs reprises, il laisse des commentaires très flatteurs pour sa personne, le genre de moments qu'un autre documentariste digne de ce nom aurait coupé au montage), et en fin de compte, cela dessert le témoignage de Douglas, tout en donnant parfois l'impression que le journaliste exploite celle-ci pour faire sa publicité.

3.25/6

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Les bilans de Lurdo : Santa Clarita Diet, saison 2 (2018)

Publié le 29 Avril 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Télévision, Les bilans de Lurdo, Comédie, Sitcom, Netflix, Horreur, Fantastique

Il y a un peu plus d'un an, au terme du visionnage de la première saison de cette Santa Clarita Diet, une sitcom fantastique décalée signé Victor Fresco (Better Off Ted, Le Monde Merveilleux d'Andy Richter, Earl), j'avais conclu que si ce programme zombiesque était plutôt amusant et agréable à suivre (car la distribution y mettait vraiment du sien), il était aussi assez anecdotique ; de plus, paradoxalement, le show me paraissait manquer de mordant, pour se reposer sur les lauriers de son postulat de départ ("et si on faisait une comédie sur une famille dont la mère est une zombie ?") finalement pas si frais que ça...

Santa Clarita Diet, saison 2 :

Après avoir réussi à interrompre la détérioration de l'état de Sheila, la famille Hammond (et Eric) tente de trouver l'origine de ce qui semble être une épidémie zombiesque en train de se propager...

Au terme de cette seconde saison de la Santa Clarita Diet, une expression me vient à l'esprit : potentiel inexploité.

En effet, si, à son niveau fondamental, la série est une sitcom sympatoche centrée sur une vie de couple et de famille improbable, avec la "zombification" comme élément perturbateur et comme catalyseur de changement chez les personnages, quels qu'ils soient, le programme en lui-même semble peiner à trouver son chemin, ainsi qu'une structure solide et cohérente.

Difficile de vraiment développer ce qui se produit durant cette saison au delà des deux lignes de résumé ci-dessus : en effet, l'intrigue de fond se limite plus ou moins à cela, et la "mythologie" de la série reste ainsi en suspens pendant le plus clair de la saison, ne progressant qu'au compte-gouttes, par à coup, la série s'empressant aussitôt de repartir dans des sous-intrigues secondaires pas particulièrement indispensables.

C'est clairement assez frustrant, et ce dès le début de la saison : les cliffhangers de la saison précédente sont résolus en quelques minutes ; toute la sous-intrigue de Ramona est évacuée avant la fin de la mi-saison ; tant la tête coupée de Gary (Nathan Fillion) que la boule sur pattes sont plus ou moins oubliées en cours de route, et ne servent pas à grand chose ; les Chevaliers de Serbie (Zachary Knighton !) font de la figuration-éclair et disparaissent avant la fin ; le problème des palourdes serbes est réglé en deux épisodes ; etc, etc, etc...

Bref : le tout est un étrange mélange de pistes potentielles catapultées et bâclées, et de sous-intrigues de sitcom mollassonnes, aux rebondissements particulièrement classiques et trop souvent prévisibles. Ce qui provoque des ventres mous regrettables, durant lesquels on attend que telle ou telle mini-intrigue trouve sa conclusion (sans la moindre conséquence sur le reste du show) pour que le tout avance un peu.

Par exemple, les deux adolescents (par ailleurs parmi les très bons points du show, et plutôt attachants) passent une bonne moitié de la saison totalement déconnectés du reste des personnages, puisque embarqués dans une sous-intrigue de manifestations et d'activisme anti-fracking. Une sous-intrigue qui, à en juger par la conclusion de la saison, n'était pour les scénaristes qu'une énorme mise en place pour une punchline explosive, mais étrangement télégraphiée.

Cette sous-intrigue est assez symptomatique de la saison dans son ensemble : puisqu'elle refuse de vraiment faire avancer son intrigue de fond, SCD se rabat sur les relations entre les personnages : ce qui est loin d'être désagréable, et donne une véritable cohésion à cette famille (ainsi qu'à leurs proches), mais est néanmoins desservi par un surjeu parfois outré et caricatural du couple vedette, à la limite du théâtre de Guignol (comme en saison 1, le rictus constamment goguenard de Timothy Olyphant n'aide pas vraiment).

On finit par se trouver, avec SCD, devant une sitcom qui ne semble pas savoir sur quel pied danser, refusant (ou incapable ?) de prendre trop au sérieux sa mythologie et son intrigue de fond, et préférant s'intéresser à du relationnel et à des sous-intrigues un peu éventées, quitte à donner l'impression de survoler son sujet.

Autrement dit, malgré ses nombreux moments amusants et décalés, sa distribution qui se donne totalement aux personnages, et ses idées improbables, malgré son ton ouvertement déconneur et ses quelques notes sanguinolentes (un peu en retrait, cette saison), Santa Clarita Diet reste étrangement peu mémorable, dans son ensemble, une série poids-léger au rythme nonchalant, et qui, si elle est plaisante à suivre... laisse un peu sur sa faim (sans mauvais jeu de mots).

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Un film, un jour (ou presque) #699 : Pacific Rim 2 - Uprising (2018)

Publié le 25 Avril 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Science-Fiction, Action

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus. ​​ 

Pacific Rim 2 - Uprising :

Alors qu'il a tourné le dos à l'héritage de son père Stacker, qui a sauvé le monde de l'invasion des Kaijus il a bien des années, Jake (John Boyega) est contraint de reprendre du service lorsqu'une menace encore plus importante s'en prend à la Terre. Mais Jake ne peut plus compter que sur une poignée de Jaegers, et le nombre de pilotes disponibles est des plus réduits...

Cette suite du premier Pacific Rim (un film assez creux signé Guillermo Del Toro, peu inspiré au niveau direction artistique, au concept sous-développé et qui peinait étrangement à rendre ses robots et ses monstres mémorables et/ou impressionnants) a clairement été tournée pour le marché asiatique, et ça se voit immédiatement : l'action prend principalement place en Asie, les acteurs asiatiques sont nombreux, dans des rôles proéminents, et le grand final se déroule sur les pentes du Mont Fuji, après un passage en ville, au pied d'une statue Gundam.

Et effectivement, bon nombre de codes des animes de méchas se retrouvent dans ce métrage signé Steven S. DeKnight : les robots sont plus agiles, certaines poses et scènes semblent clairement sous influence anime, et les Kaijus finissent par fusionner pour faire un Mega Kaiju aux allures de Godzilla.

Ce qui serait amusant si le film n'était pas à ce point quelconque, et ne lorgnait pas tant vers les Transformers de Bay (jusqu'à reprendre un plan rotatif au ralenti, typiquement Bayien, autour de la jeune héroïne - excellente Cailee Spaeny, d'ailleurs - qui contemple la dévastation autour d'elle).

Score insipide d'un sbire de Hans Zimmer, personnages sous-développés, script cousu de fil blanc, direction artistique des Jaegers et Kaijus toujours assez générique, duo de scientifiques en roue libre et qui en font toujours trois tonnes, distribution globalement insipide : rien de vraiment surprenant, c'est dans la droite lignée du premier Pacific Rim.

Là où ça change un peu, c'est que, contrairement au premier film qui échouait constamment à donner la moindre sensation de gigantisme à ses robots en les faisant évoluer, la plupart du temps, de nuit et sous la pluie, ici, tout se passe en plein jour, et en pleine ville.

Les jeux d'échelle fonctionnent nettement mieux, l'action est plus variée... mais en contrepartie, on y perd nettement en poids, en impact, et en intérêt : les scènes d'action deviennent vite répétitives, pas franchement aidées par des effets numériques vraiment aléatoires, qui donnent parfois aux robots le rendu de jouets en plastiques.
 
Sans oublier des idées totalement idiotes, comme le décollage des Jaegers dans le ciel sur fond de Trololo, ou tout simplement maladroites, comme le montage façon Agence Tous Risques, seul moment du film où le thème musical du premier Pacific Rim pointe le bout de son nez.

Bref, un film assez typique de son réalisateur/scénariste (regardable, mais jamais très subtil, jamais très original, toujours un peu brut de décoffrage et manquant de raffinement) : c'est quelconque, avec des défauts et qualités différents du premier (le duo principal - Boyega & Spaeny - est nettement plus attachant que les acteurs principaux du Del Toro, par exemple), mais au final, c'est aussi peu mémorable.

2.5/6

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Un film, un jour (ou presque) #721 : Annihilation (2018)

Publié le 25 Mai 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Thriller, Science-Fiction, Drame, Netflix

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus. ​​ 

Annihilation :

Lorsque son époux militaire, Kane (Oscar Isaac), rentre de mission distant et gravement malade, Lena (Natalie Portman) et lui se trouvent amenés de force dans une zone militaire non-répertoriée, en bordure du Miroitement, un périmètre interdit et chatoyant créé par la chute d'un météore sur Terre. Après avoir découvert que Kane a visité cette zone, et qu'elle est responsable de son état, Lena accompagne quatre autres chercheuses (Jennifer Jason Leigh, Tessa Thompson, Gina Rodriguez, et Tuva Novotny) au coeur du Miroitement, pour découvrir ce qui s'y passe...

À nouveau un réalisateur très apprécié par les amateurs de genre (ici, Alex Garland, scénariste de 28 Jours Plus Tard, Sunshine, Dredd, et du relativement surestimé Ex Machina - autant de concepts forts, ayant tendance à user, dans leurs dernières lignes droites, de grosses ficelles typiques de film du genre, quitte à largement affaiblir ce qui précède, et à tomber dans la série B) pour une production sortie en salles aux USA, et sur Netflix dans le reste du monde.

Ici, en adaptant un roman de science-fiction lorgnant vaguement sur la Couleur Tombée du Ciel de Lovecraft, en nettement plus contemplatif et métaphysique (façon Tarkovsky), Garland continue sur sa lancée, celle d'un film pas inintéressant et bien produit, mais qui pèche çà et là par son écriture.

Toute la première partie du film est ainsi assez prenante : la mise en place, l'explication du Miroitement, l'expédition, etc. Malheureusement, à partir du moment où les personnages arrivent dans la base militaire abandonnée, et commencent à être attaqués par l'ours, le film tombe dans une sorte de survival assez classique ; un survival bien exécuté et gentiment sanglant, mais pas forcément plus intéressant que ça, notamment à cause de l'écriture défaillante de ces personnages creux et sous-développés (la lesbienne de service, forcément hostile ; les problèmes de couple et d'infidélité de Natalie Portman ; les premières victimes, qui ont droit à deux lignes de caractérisation, pas plus ; Tessa Thompson, assez moyenne).

Et puis, dans sa dernière demi-heure, le film repart dans quelque chose d'à la fois plus concret (Portman vs un alien) et vague (pourquoi ? comment ?), pour se finir en queue de poisson, d'une manière pas particulièrement convaincante ou surprenante.

Le vrai problème, en fait, c'est que le film ne fait qu'effleurer de nombreux concepts et de nombreuses thématiques à la résonance potentiellement passionnante, et il le fait de manière assez pataude ou maladroite (toute la structure en flashbacks sur la vie de couple de Portman, donc ; les plans bien soulignés sur les reflets dans les verres d'eau ; tout le propos sur la division cellulaire, le cancer, blablabla).

Ce qui donne la fausse impression (à en juger par les critiques et analyses dithyrambiques du web) que le film est d'une profondeur incroyable, alors qu'en fait, c'est simplement que toute cette profondeur est restée sur le papier, et n'apparaît jamais à l'écran.

C'est dommage, parce que dans l'ensemble, ce n'est pas désagréable à regarder, la direction artistique est relativement intéressante, et il y a là énormément de potentiel. Mais c'est trop lent pour ce que ça raconte, trop vague, et pas assez abouti pour me convaincre.

(je comprends tout à fait que les distributeurs cinématographiques aient hésité à le sortir en salles, celui-là)

3.5/6

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Un film, un jour (ou presque) #861 : Vintage Tomorrows (2015)

Publié le 22 Janvier 2019 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Histoire, Documentaire, Fantastique, Science-Fiction

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus. ​​

Vintage Tomorrows :

Un documentaire d'à peine une heure s'intéressant au mouvement steampunk, à ses origines, à ses intérêts, à son futur, et à ce que cette tendance peut apporter au reste de la société...

Au programme, de nombreux intervenants, artistes, auteurs, musiciens, inventeurs, couturières, tailleurs, etc, qui expliquent leur passion du genre steampunk, et les raisons de cette passion, ainsi que leurs motivations philosophiques et idéologiques.

Et alors que le documentaire se veut une exploration positive du mouvement, un métrage supposé montrer au monde toutes les qualités du steampunk, ce que j'en retire, c'est que le steampunk (du moins, celui qui est présenté dans le film, très californien) est bourré de contradictions, incapable de se définir, et qu'il n'est, au final, pas si éloigné que ça des ren-fairs, les renaissance fairs américaines très à la mode dans les années 60-80.

Comme dans les ren-fairs, ces steampunkers (steampunks ?) sont attirés par l'idée de s'immerger dans un monde imaginaire, dans une autre époque qu'ils n'ont pas connue, et qui leur est étrangère ; une époque qu'ils revivent au travers de costumes, de jeux-de-rôles, de projets artistiques, et qu'ils s'approprient en se livrant à une bonne dose de révisionnisme historique.

La composante raciale du mouvement est ainsi assez problématique : 98% des intervenants du documentaire sont blancs, libéraux (dans le sens américain du terme), et semblent vraiment hésiter à assumer pleinement le caractère discutable de cette vénération d'une époque coloniale pleine d'injustices (certains intervenants militent pour un steampunk réécrivant l'histoire par le prisme du politiquement correct actuel, d'autres trouvent que c'est une aberration) ; une intervenante afro-américaine aborde justement ce point, pour expliquer pourquoi elle n'est pas à l'aise avec le steampunk tel que beaucoup le pratiquent.

Comme bon nombre de participants aux ren-fairs, la composante artisanale est importante, tout comme le confort nostalgique d'une époque plus simple : les amateurs de steampunk adorent la technologie, mais pas celle d'aujourd'hui, trop compliquée ; ils veulent une technologie plus basique, qu'ils sont en mesure de démonter et de comprendre.

Un retour aux choses simples, un désir de fabrication manuelle, de reprise de contrôle sur son existence, etc... qui passe par la construction d'un monde imaginaire idéalisé ; une recherche d'une technologie personnalisée et d'un style unique... qui passe par l'intégration à un mouvement où tout le monde a tendance à coller des rouages sur tout ce qui bouge, et à aimer les mêmes choses/livres/œuvres, etc.

Et il y a aussi cette sorte de prétention qui se dégage des "intellectuels" du mouvement, une prétention artistique qui refuse l'appellation "simpliste et méprisante" de cosplay, impose et invoque à sa place une philosophie de vie, un mouvement révolutionnaire et contestataire pouvant changer l'avenir du monde, comme le Flower Power l'a fait à son époque.

C'est cette intellectualisation du mouvement qui domine ici, et qui a la parole. Une intellectualisation qui, lorsque l'on se renseigne un peu, a clairement divisé le mouvement steampunk américain il y a quelques années, entre les "artistes & philosophes" voulant associer au mouvement des valeurs progressistes, de justice sociale, et de révolution sociétale, et les participants lambda, des amateurs voulant prendre part à un fandom un peu différent des autres, avec son esthétique particulière, sa communauté, ses fêtes, etc.

Avec sa petite heure de métrage, Vintage Tomorrows ne semble pas vouloir explorer toutes les contradictions et tous les courants de pensée du mouvement steampunk ; c'est bien dommage, et on ressort du documentaire avec une impression d'inachevé.

Cela dit, pour une introduction à ce milieu (ou du moins, à une partie de ce qu'était ce milieu il y a 5 ou 6 ans), Vintage Tomorrows devrait faire l'affaire.

3.75/6

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Un film, un jour (ou presque) #719 : Ready Player One (2018)

Publié le 23 Mai 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Action, Aventure, Science-Fiction, Drame, Comédie

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus. ​​ 

Ready Player One :

En 2045, alors que le monde est au bord de l'effondrement, une seule chose motive les humains : l'Oasis, une réalité virtuelle créée par un génie excentrique (Mark Rylance) qui a laissé, derrière lui, un héritage de taille. Celui qui parviendra à résoudre trois énigmes et à trouver le secret caché au cœur de l'Oasis deviendra en effet l'héritier de son immense fortune, et le nouveau propriétaire de l'Oasis. Parzival (Tye Sheridan), Art3mis (Olivia Cooke), Aech (Lena Waithe), Sho (Philip Zhao) et Daito (Win Morisaki) unissent alors leurs forces pour percer à jour le mystère de l'Oasis avant le machiavélique Nolan Sorrento (Ben Mendelshon), grand patron ayant à sa disposition toutes les ressources de cette multi-nationale technologique...

Moui.

Je ne sais pas trop quoi penser de ce nouveau film de Steven Spielberg, en fait. D'un côté, c'est du Spielberg, c'est donc visuellement particulièrement technique et maîtrisé, les effets spéciaux sont excellents (l'animation, l'émotivité et l'expressivité des personnages numériques sont impeccables), on ne s'ennuie pas, et la bande originale de Silvestri est très bonne (bien qu'un peu envahissante çà et là, lorsque ce qu'il y a à l'écran se marie mal à l'enthousiasme du score, ou que ce dernier joue la carte du mickey-mousing).

Et de l'autre... c'est Ready Player One. Une adaptation d'un roman quelconque, sous la forme d'un quasi-film d'animation à la direction artistique franchement discutable (Parzival et Art3mis sont vraiment laids), au récit assez linéaire, au recours gratuit au fan-service (jusqu'à l'overdose), aux antagonistes ridicules, aux personnages peu attachants et à l'écriture simpliste (le Créateur autiste, Art3mis "défigurée" par sa tâche de vin, l'asiatique qui fait du kung-fu) et à l'univers (le monde réel, pas l'Oasis) dans lequel on ne croit pas une seule seconde, tant ses détails sont inaboutis et manquent de plausibilité.

On devine en filigrane un propos (sur la nostalgie, le virtuel, les corporations, le rapport créateur/création/public, la désacralisation et réappropriation des chefs-d’œuvre, etc), ou du moins ce qui a pu motiver Spielberg à réaliser ce film, mais étrangement, ces idées ne sont pas claires, parasitées par le reste du film (et très probablement par le matériau de base), par sa propension à placer d'innombrables références gratuites comme autant de paillettes jetées aux yeux du spectateur (à ce titre, si la scène Shining permet à Spielberg de se faire plaisir, finalement, elle ne sert pas à grand chose de plus que la majorité des autres moments de fan-service).

Un peu à l'image de ce moment où le méchant tente de faire croire qu'il est lui aussi un fanboy, pour se mettre le héros dans la poche, mais celui-ci n'est pas dupe : il y a là quelque chose de métadiscursif vis à vis du reste du film, qui fait exactement la même chose et surfe sur la vague nostalgie 80s pour se mettre les spectateurs dans la poche. Intéressant, mais à peine effleuré, et ça ne va jamais plus loin que ce bref instant.

En fait, je crois que c'est la maladresse de l'écriture et des dialogues (cf les dernières répliques et toute l'exposition récurrente qui parsème le film, que ce soit en voix off pour présenter l'univers, ou pour surligner et expliciter certaines références) qui brouille les cartes, et empêche ce film de communiquer clairement son message.

On se retrouve ainsi avec quelque chose d'esthétiquement discutable, et qui, sur le fond, a le postérieur entre deux chaises, à mi-chemin entre un Spielberg old-school (aventure, énergie, jeunesse, optimisme) et un Spielberg moderne (plus réaliste, avec un point de vue plus sombre et mordant du monde réel, ou du moins de l'avenir) : c'est pratique, ça permet à tout le monde de se lancer dans sa propre analyse (souvent totalement capillotractée et détachée de la réalité du film et de sa production) selon que l'on a aimé ou détesté, mais en soi, ça n'en fait pas un bon film.

Ça n'en fait pas non plus pour autant un mauvais film, puisque RPO est sauvé par son aspect technique et par sa réalisation...

En résumé, un résultat vraiment mitigé, un peu creux, mais pas désagréable à regarder.

3.75/6 (dont 0.25 pour le petit caméo de Perdita Weeks)

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Halloween Oktorrorfest 2018 - 23 - Goal of the Dead (2014)

Publié le 15 Octobre 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Horreur, Halloween, Fantastique, Oktorrorfest, France, Comédie, Sport, Drame, Thriller

Chez les Téléphages Anonymes, du 1er octobre à début novembre, on fête Halloween et l'Oktorrorfest, un marathon quotidien de cinéma fantastique et d'horreur...

Goal of the Dead (première et deuxième mi-temps) :

Lorsque l'Olympique de Paris, un club majeur, arrive à Capelongue pour affronter l'équipe locale pour ce qui devait être un match gagné d'avance, ses joueurs ne se doutent pas qu'ils vont être les victimes d'une épidémie de rage, qui se propage à la vitesse de l'éclair dans le stade. Bientôt, un petit groupe de survivants - Samuel Lorit (Alban Lenoir), Idriss (Ahmed Sylla), Solène (Charlie Bruneau), Cléo (Tiphaine Daviot), et une poignée de supporters - tente d'échapper aux enragés avant qu'il ne soit trop tard...

Un long-métrage français qui lorgne fortement sur le format grindhouse, avec son récit découpé en deux moitiés, chacune confiée à un scénariste et à un réalisateur différent.

Et malheureusement, pour rester dans la métaphore sportive, l'essai n'est pas transformé, puisque le produit fini, d'environ deux heures, est affreusement inégal.

La première partie, réalisée par Benjamin Rocher, consiste en 85% de comédie semi-dramatique française sur le retour d'un joueur dans son village natal, et 15% d'enragés (principalement vers la fin de cette première "mi-temps"). Ce n'est pas particulièrement drôle, c'est énormément de mise en place et de présentation des personnages, et hormis quelques effets de montage et de zooms numériques pour accentuer les impacts, sur la fin, ainsi qu'une jolie atmosphère dans le stade enfumé, la réalisation est assez passe-partout.

Bref, une première moitié oubliable, qui aurait facilement pu être condensée en quelque chose de 20-25 minutes, et qui peine à surprendre, que ce soit dans sa mise en images ou dans son écriture (l'identité réelle de Cléo est ainsi particulièrement téléphonée).

La seconde moitié, réalisée par Thierry Poiraud (Atomik Circus), est tout l'inverse : principalement de l'action, du film de zombies et d'assiégés très classique, un peu plus comique que la première moitié, notamment grâce à Bruno Salomone, parfait en agent aux dents longues.

On note aussi une réalisation plus affirmée (ralentis et effets numériques lors de l'action) et beaucoup plus de dialogues humoristiques (notamment au niveau des rapports familiaux de Lorit), ce qui, étrangement, permet de remarquer une sorte de discontinuité au niveau de la caractérisation de certains personnages : le scénariste change, et la personnalité des personnages n'est plus exactement la même.

Idem pour les enragés, d'ailleurs, qui en première partie passaient tout leur temps à vomir sur les humains pour les contaminer, et là, dans cette seconde mi-temps, semblent tout simplement oublier de le faire quatre fois sur cinq pour préférer les massacrer brutalement.

Si cette seconde moitié de film s'avère plus rythmée et sympathique, malheureusement, elle a elle-aussi tendance à sous-exploiter tout son potentiel footballistique. Et ce n'est pas ce bref passage sur le terrain, à la toute fin, et cet affrontement final peu convaincant, qui empêchent le spectateur de quitter le film un peu déçu.

Déçu par un ensemble très inégal, par un potentiel partiellement inexploité, par une intrigue trop banale... bref, déçu.

2.75/6 (parce que c'est globalement assez bien interprété)

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Les bilans de Lurdo - Halloween Oktorrorfest 2018 - Ash vs Evil Dead, saisons 1 à 3 (2015-2018)

Publié le 13 Octobre 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Les bilans de Lurdo, Horreur, Halloween, Fantastique, Comédie, Action, Télévision, Starz

L'Halloween Oktorrorfest touche aussi le petit écran, avec chaque week-end, du 1er octobre à début novembre, des critiques de séries fantastiques et horrifiques...

Ash vs Evil Dead, saison 1 (2015-2016) :

Après 30 ans de tranquillité et de médiocrité, Ash (Bruce Campbell), fortement alcoolisé,  commet l'erreur de lire une page du Necronomicon pour impressionner une femme. Aussitôt, les Cadavéreux recommencent à le traquer, et c'est aidé de Pablo (Ray Santiago) et de Kelly (Dana DeLorenzo), deux jeunes collègues, que le héros-malgré-lui va devoir tenter de réparer son erreur, alors même qu'une policière (Jill Marie Jones) et que la dangereuse Ruby (Lucy Lawless) sont à leurs trousses.

Une première saison à peine abordée sur ce blog à l'époque de sa diffusion, et qui, dans l'ensemble, s'avère assez inégale. Chapeautée par Sam Raimi, Robert Tapert, Tom Spezialy et Craig DiGregorio (Reaper, Chuck, Workaholics), cette saison de 8x25 minutes (+ un pilote et un final plus longs) trahit assez fréquemment les errances de la production, et la vision tout à fait différente que chacun des producteurs a de la série.

Après un pilote tourné par Raimi (paradoxalement, pas forcément la réalisation la plus efficace de la saison, tant l'épisode ressemblait un peu trop à un best-of des films), le show adopte en effet rapidement un schéma un peu répétitif : Ash & co arrivent quelque part pour trouver de l'aide, un démon survient, l'aide supposée est massacrée, Ash & co triomphent et repartent, et Ruby et la fliquette arrivent à leur tour, constamment sur leurs traces.

Autant dire que ça ronronne assez vite, d'autant que le budget assez limité mène souvent à des huis-clos fréquents (la caravane, le bunker souterrain, la boutique de livres rares, le diner, la maison familiale de Kelly, la demeure de l'oncle de Pablo, la cabane dans les bois...), et que tout ce qui touche à Amanda, la policière, s'avère particulièrement insipide (on se demande lequel des producteurs a vu la série Sleepy Hollow, et s'est dit qu'il serait pertinent - et progressiste - de la copier, pour en faire le love interest du héros).

Ajoutez à cela quelques fautes de goûts assez malvenues (la scène de sexe du pilote, la demon-cam subjective montrée sous l'aspect d'un nuage numérique à la Lost, l'overdose de sang et d'effets numériques un peu fauchés à certains moments), du remplissage évident (le passage par le diner, et celui dans la milice), et de multiples personnages secondaires sous-exploités - Amanda est sans intérêt, donc, mais il en va de même pour les campeurs des trois derniers épisodes, uniquement là pour servir de chair à canon (même si Samara Weaving est sympathique), et même pour Ruby, assez mal utilisée durant la saison, car n'ayant une véritable utilité que dans les deux derniers épisodes - et l'on se retrouve avec une saison inaugurale qui s'éparpille, qui patauge un peu, et qui peine un peu à se dégager du cadre des films Evil Dead, voire même à retrouver leur folie.

Cela dit, ça reste très agréable à regarder (car le format est assez court, c'est sanglant à souhait, et ça ne se prend pas trop au sérieux), l'humour fait mouche, le trio principal s'amuse et trouve sa place assez rapidement (Campbell semble ravi de rendre Ash toujours plus bas de plafond ^^), l'illustration musicale est plutôt bonne, et les créatures réussies (mention spéciale au démon Eligos) : bilan mitigé positif, en somme, pour une première année qui se cherche clairement.

Ash vs Evil Dead, saison 2 (2016) :

Coulant désormais des jours heureux à Jacksonville, Ash, Pablo et Kelly sont cependant contraints de reprendre la chasse aux démons lorsque Ruby, désormais mortelle et traquée par ses "enfants", leur explique que ceux-ci l'ont trahie, et n'ont que faire de la trêve en vigueur, puisqu'ils ont pour objectif de ramener leur père, Baal (Joel Tobeck), à la vie...

Une saison assez difficile à évaluer dans sa globalité, car si elle est beaucoup plus réussie et homogène que la première année, elle souffre aussi de querelles intestines entre les producteurs, qui ont fini par saborder un peu, vers sa fin, tout ce que la saison avait réussi à construire.

Car sous l'égide de Craig DiGregorio, showrunner de cette saison 2, la série a trouvé son ton, et renoué avec le slapstick sanguinolent et la comédie décomplexée d'Evil Dead 2. Dès ses premiers épisodes, la saison 2 joue ainsi carte sur table, avec un montage plus dynamique, une atmosphère plus décontractée, et des scénaristes qui se lâchent nettement plus ; il n'y a qu'à voir la scène de la morgue, joliment écœurante, ou encore des idées comme la marionnette Ash, ou la voiture possédée, pour comprendre que DiGregorio a bien saisi ce qui faisait le succès de la franchise : ne pas hésiter à partir dans l'improbable, dans le décalé, et toujours faire face aux Cadavéreux dans la bonne humeur, et dans des gerbes de sang démesurées.

On a donc droit à une saison qui s'articule autour du retour de Ash dans sa ville natale, avec tout ce que cela comporte - un père (Lee Majors) pire que son fils, des ex-compagnes, des rivaux, beaucoup de regrets, et une population locale qui traite Ash comme un tueur en série depuis les évènements du premier film.

De quoi faire revenir des visages familiers (Ted Raimi !), d'autres plus inédits (Michelle Hurd), ainsi que des visages décédés (la sœur de Ash !), histoire de confronter notre héros aux erreurs de son passé, et de le rendre un peu plus vulnérable.

Pablo et Kelly, eux, continuent de s'affirmer de bien belle manière, notamment dans leurs interactions avec une Ruby semi-repentante - Kelly, en particulier, gagne énormément en charisme et en envergure, se transformant progressivement, au fil de la saison, en version féminine de Ash, et ayant même droit, en cours de saison, à son propre duel contre sa "main".

D'ailleurs, il apparaît vite évident que DiGregorio avait quelque chose de précis en tête pour sa fin de saison, et pour Kelly. À de multiples reprises au fil des deux premières années, on nous répète ainsi que Kelly est plus dure à cuire que Ash, qu'elle pourrait être El Jefe, et Ash lui-même affirme à plusieurs reprises qu'elle est comme la fille qu'il n'a jamais eu.

Aussi, quand arrivent les deux derniers épisodes et que la notion de voyage temporel dans les années 80 (désormais rendue possible par la réintégration de L'Armée des Ténèbres au sein du canon de la série) entre en jeu, on se dit que quelque chose risque de se produire sur ce front-là. Et lorsque Ash & co reviennent à la cabane juste avant que Ash, jeune, ne découvre le Necronomicon, on se surprend à espérer l'utilisation d'images d'époque, pour une rencontre numérique à la Forrest Gump, ou à la Retour vers le Futur.

Et sans surprise, c'est exactement ce que le showrunner avait en tête : une suite d'évènements menant à la révélation de la paternité réelle de Kelly, qui serait devenue la fille de Ash suite à un paradoxe temporel... une idée logique, compte tenu de la saison 2, mais une idée qui a été totalement sabordée au dernier moment, lorsque Robert Tapert, producteur sur la franchise depuis le tout premier opus, proche de Raimi, époux de Lucy Lawless et partisan d'une approche "plus de sérieux, moins de délire" a tout simplement mis le script à la poubelle, pour tout reprendre de zéro peu avant le tournage.

Ce qui explique clairement pourquoi DiGregorio a choisi de quitter alors la série, et pourquoi cet épisode final est bourré de raccourcis malvenus, d'éléments et de résolutions improbables, et de choses un peu bâclées (tout le marché que Ash passe avec Baal se résume à une grosse bagarre basique, les réactions de 80s Ruby face à ce marché sont peu claires, tout le côté voyage temporel est incohérent, la tronçonneuse dans la baignoire arrive comme un cheveu sur la soupe, et bien sûr, ces fantômes finaux n'ont aucun sens si Ash a changé le passé...), qui affaiblissent rétrospectivement le reste de la saison.

Ce n'est pas désastreux, et ça fait illusion (notamment parce que Bruce et Tobeck se donnent à fond, et qu'il y a quelques bonnes idées visuelles), mais ça reste un peu trop approximatif pour vraiment convaincre - et ça se remarque d'autant plus lorsque l'on revoit les épisodes à la chaîne).

Vraiment dommage que cette seconde année se termine ainsi, dans un murmure, alors que son déroulement semblait mener à quelque chose de bien plus tonitruant et spectaculaire.

Cela dit, cette saison reste des plus agréables à regarder, et est à mes yeux nettement supérieure à la première année, tout en souffrant toujours, çà et là, de soucis de ton trahissant les divergences d'opinion des divers responsables du programme.

Ash vs Evil Dead, saison 3 (2018) :

Désormais une star à Elk Grove, Ash a repris la quincaillerie de son père, tandis que Pablo a ouvert son taco truck, et que Kelly est serveuse dans un bar. Mais rapidement, Ash apprend qu'il a une fille lycéenne, Brandy (Arielle Carver-O'Neill), et que Ruby veut sa mort : heureusement, Ash peut compter sur l'aide de Dalton (Lindsay Farris), un Chevalier de Sumer dévoué au combat contre les forces du mal...

Comme je le disais ci-dessus, exit Craig DiGregorio, et avec lui, exit le rythme, le dynamisme et les idées improbables de la saison 2. Exit aussi la notion de Kelly en tant que fille de Ash, et exit toute cohérence en rapport avec le voyage temporel de toute la petite bande.

À la place de DiGregorio, Mark Verheiden devient le showrunner de la série, un Verheiden au cv de scénariste très très inégal, de Battlestar Galactica à Smallville en passant par Caprica, Heroes, Hemlock Grove, Daredevil, Timecop, The Mask, et My Name is Bruce, et qui a décroché ce job pour sa familiarité avec Bruce Campbell, et le personnage de Ash Campbell, dont il a écrit des aventures pour la série de comic-books adaptés de l'un des films. À ses côtés, Rob Fresco, ex-scénariste de Heroes, de Touch, et de pas mal de séries sérieuses et plates.

On le voit tout de suite : au niveau créatif, on est loin de la comédie décomplexée de DiGregorio, et on s'inscrit nettement plus dans une sérialisation telle que Robert Tapert la préfère.

Et Verheiden (un yes-man au style assez discret) impose sa patte dès le début de saison, un début de saison qui fait très rapidement craindre le pire (en plus de donner une étrange impression d'imposture avec l'introduction de cette fille cachée, alors que ce même concept avait été rejeté en bloc par Tapert la saison précédente - idem pour l'idée du médaillon, qui ressurgit à la fin de la saison) : rythme particulièrement nonchalant, une sorte de pilotage automatique dans la narration, des personnages inutiles (Dalton), des retours encore plus inutiles (Zombie-Brock), des scènes d'action basiques, et surtout, un manque cruel de folie et de jusqu'au-boutisme : les idées improbables sont là (le bébé Ash), elles ont du potentiel, mais à l'image de cet affrontement dans la banque du sperme, ça ne décolle jamais vraiment, et ça s'arrête alors que ça devrait passer la seconde.

À l'identique, le début de saison préfère mettre l'accent sur le sérieux, l'horreur, et le mélodrame familial de Ash, ce qui laisse peu de place, tous comptes faits, à l'humour. Ajoutez à cela une Ruby maléfique qui commence à se répéter et à perdre en intérêt, et une Kelly totalement mise de côté, dans un semblant de triangle amoureux/jalousie avec Pablo et Dalton, et la première moitié de saison s'avère vraiment laborieuse et décevante.

Malheureusement, la suite est du même acabit, avec une saison qui, dans sa globalité, semble vouloir totalement se détacher de ce qui est venu auparavant. Ici, semblent dire les showrunners, on est dans l'action épique, dans les affrontements cataclysmiques, dans les grandes émotions, dans la mythologie complexe, etc.

La saison semble ainsi un reflet inversé de la saison 2 : là où cette dernière construisait quelque chose sur 8 épisodes, pour s'essouffler sur la fin, ici, c'est l'inverse. Pendant 8 épisodes, cette saison 3 va et vient sans réelle direction, avec beaucoup d'idées potentiellement délirantes (tel ou tel monstre, tel ou tel affrontement, une scène ou une autre), qui ne sont qu'effleurées, un peu de racolage (plus de nudité féminine ici qu'auparavant) et un ton globalement dramatique et horrifique, jouant beaucoup sur un semblant de suspense et d'angoisse jamais vraiment convaincants.

Tous les personnages meurent et ressuscitent à un moment ou à un autre (pas toujours de manière très cohérente), et on sent que les scénaristes utilisent l'au-delà comme un endroit où placer des protagonistes dont ils ne savent plus que faire (Kelly, notamment) : pourquoi pas, mais alors que le script tente de mettre la barre toujours plus haut en matière de menace, on finit paradoxalement par ne plus craindre pour la vie de quiconque.

Et quand arrivent les deux derniers épisodes, et que l'Apocalypse arrive sur Terre avec les Dark Ones (qui ne ressemblent absolument à rien et sont ratés), les scénaristes se lâchent, et misent tout sur le "sacrifice" de Ash, et sur son attachement (démesuré) à sa fille : on a droit à de l'émotion pataude, à une destruction à grande échelle, aux civils impuissants que tous nos héros doivent sauver, aux gros violons larmoyants, etc. C'est presque gênant de voir à quel point le show se prend alors au sérieux, et oublie son sens de l'humour.

La menace, cependant (un méga-Cadavéreux gigantesque, aux proportions godzillesques), est très réussie, visuellement, et le budget effets spéciaux de ce final a dû être conséquent : contrairement à la saison 2, et malgré leur émotion forcée, les deux derniers épisodes de la saison 3 fonctionnent, notamment grâce à sa conclusion totalement appropriée à la franchise (avec caméo de Jessica Green en guerrière cyborg).

Quel dommage cependant que le reste de la saison, avec sa structure plate alternant mécaniquement les sous-intrigues (quitte à casser le rythme et l'énergie des scènes), ses personnages à l'écriture très inégale (Brandy ne sert pas à grand chose, si ce n'est à se méfier de son père ; Kelly est largement mise de côté, et affublée de réactions pas toujours logiques), et son manque d'humour, ne m'ait pas du tout convaincu, et ait refusé de s'inscrire dans la lignée de la très sympathique saison 2.

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Voilà, Ash vs Evil Dead, c'est terminé. Une série forcément attachante (le trio de personnages principaux fonctionne très bien), mais qui aura toujours eu des problèmes de ton - un peu comme les films, d'ailleurs.

La saison 1, ainsi, avait un ratio sérieux/comédie de 60/40 ; rapidement, en saison 2, on est passé à un ratio totalement inverse (30/70), avec un résultat nettement plus déconneur, énergique et gratuitement sanguinolent. Et puis, pour cette saison 3 plus préoccupée par l'idée de rendre sa prestance et son aura de héros à Ash, tout en lui donnant un côté sensible, on a rebasculé dans quelque chose de nettement plus sérieux, façon 80/20.

De quoi donner un bon torticolis aux spectateurs qui, en fonction du Ash qu'ils préfèrent, trouveront plus leur bonheur dans une saison ou une autre. Une série dramatique classique, une comédie horrifique décomplexée, de l'horreur pure, une suite de combats épiques et héroïques ? Evil Dead, ça peut être un peu tout cela à la fois... pour peu que les showrunners en aient pleinement conscience. Et malheureusement, il n'est pas du tout certain que les responsables de la franchise (en l'occurrence, Tapert) l'aient vraiment compris...

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Halloween Oktorrorfest 2018 - 63 - Otoshimono : Ghost Train (2006) & The Lodgers (2017)

Publié le 1 Novembre 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Oktorrorfest, Halloween, Horreur, Fantastique, Japon, Irlande, Lovecraft, Romance, Histoire

Chez les Téléphages Anonymes, du 1er octobre à début novembre, on fête Halloween et l'Oktorrorfest, un marathon quotidien de cinéma fantastique et d'horreur....

Otoshimono (2006) :

Lorsque sa petite sœur est portée disparue dans la gare de Mizunashi, Nana (Erika Sawajiri), une lycéenne japonaise, remarque que de nombreux passagers se sont eux aussi mystérieusement volatilisés le long d'une ligne passant par cette gare. Elle décide alors de mener l'enquête, aidée de Kuga (Shun Oguri), un conducteur de train mis à pied après avoir assisté à une apparition fantômatique...

Un long-métrage horrifique japonais aux composantes lovecraftiennes indubitables (ça mentionne la Miskatonic University, la source du mal est un autel dédié à une déité antique et maléfique, enfouie au cœur des tunnels d'une montagne, et vivant sur un tas de cadavres réanimés), mais qui souffre aussi de sa forme décousue, et de son budget que l'on devine assez limité.

Formellement, en effet, on a droit à de nombreux effets de réalisation inutiles et assez amateurs (ralentis, replay, etc) qui alourdissent des plans pourtant intéressants, et parvenant à rendre lugubres les gares vides et les voies de chemin de fer du Japon. À cela, s'ajoute une interprétation assez inégale, pour ne pas dire médiocre, et un récit manquant cruellement de rigueur et de concision : ça s'éparpille, ça filme l'amitié naissante entre deux lycéennes comme une histoire d'amour tragique, et ça perd fortement en efficacité à mesure que le film avance...

... jusqu'au dernier quart d'heure, lorsque l'héroïne découvre enfin la source du mal. Le film gagne alors en intensité, et se permet quelques plans réussis sur cette armée de cadavres rampants sur les murs et les plafonds.

Mais ce n'est pas assez pour faire de ce Ghost Train une réussite, tant le film est trop inégal pour convaincre, et repose encore trop sur des clichés de film de fantômes japonais pour être vraiment efficace.

2.25/6

The Lodgers (2017) :

Éprise de liberté et venant tout juste de fêter ses 18 ans, Rachel (Charlotte Vega) n'a qu'une envie : quitter le manoir familial délabré où elle vit recluse avec son frère jumeau névrosé, Edward (Bill Milner), sous l'emprise d'une force surnaturelle vivant sous le manoir, et qui les héberge, à trois conditions. Les jumeaux doivent en effet être couchés avant minuit, ils ne doivent jamais laisser un inconnu entrer dans le manoir, et toute tentative, par l'un d'entre eux, de fuir pour de bon le bâtiment, place aussitôt l'autre en danger de mort... Mais lorsque Sean (Eugene Simon), un jeune vétéran handicapé, revient dans le village voisin, il ne laisse pas Rachel insensible.

Un film d'horreur gothique se déroulant dans l'Irlande de 1920, optant pour une approche minimaliste, et pour des décors naturels (forêt, manoir, village, ruines, etc) qui sont pour beaucoup dans la très jolie ambiance que le film parvient à établir.

Néanmoins, le film est tellement classique dans son approche de l'horreur gothique et de ses thèmes (inceste, consanguinité, éveil à la sexualité, malédiction familiale, lourds secrets et non-dits pesants, ombres menaçantes et grincements inquiétants) qu'il en est presque un peu poussiéreux.

Forcément, on pense en effet aussi à Crimson Peak (pas franchement meilleur, mais nettement plus stylisé et chatoyant) ou à La Dame en Noir, et on se dit qu'il manque tout de même un certain charme à toute cette vague de revival du style épouvante gothique.

Et pourtant, malgré tout cela, malgré un récit assez prévisible, une photographie ultra-sobre (à la limite d'être terne), ainsi qu'une interprétation un peu inégale, je n'ai pas détesté. Je le placerais même probablement à égalité avec Crimson Peak (mais pas forcément pour les mêmes raisons).

3/6 pour l'atmosphère et l'ambiance, ainsi que pour les effets aquatiques (et pour le petit rôle de David Bradley).

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Un film, un jour (ou presque) #885 - QUINZAINE SAINT VALENTIN : Rip Tide (2017) & How to Train Your Husband (2018)

Publié le 11 Février 2019 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Comédie, Romance, Télévision, Netflix, Jeunesse, Sport, Australie, Disney, St Valentin

Pendant deux semaines, à l'occasion de la Saint Valentin, place aux grands sentiments et à la séduction, avec chaque jour plusieurs critiques de films romantiques...

Rip Tide (2017) :

Lasse de voir sa carrière de mannequin totalement dirigée par sa mère (Danielle Carter), et suite à un incident embarrassant devenu viral, Cora (Debby Ryan) fuit pour l'Australie, pour passer quelque temps chez sa tante Margot (Genevieve Hegney), qu'elle n'a pas revue depuis bien longtemps. Là, elle comprend que Margot ne s'est pas remise de la mort de son époux, elle sympathise avec l'excentrique Chicka (Naomi Sequeira), et elle tombe sous le charme de Tom (Andrew Creer), un surfeur qu'elle connaissait dans son enfance, et qui va l'inciter à prendre en main son destin...

Une comédie romantique australienne diffusée sur Netflix et distribuée par Marvista, avec une ex-Disney en tête d'affiche (et une autre dans un second rôle plus décalé). Et honnêtement, cela suffit à comprendre à quoi s'attendre avec ce métrage : une sorte de croisement entre un téléfilm romantique Marvista, et une comédie adolescente Disney Channel, le tout un peu mieux filmé que la moyenne, et avec de très jolies images aquatiques et de l'Australie (c'est lumineux, tout ça, peut-être même trop).

Au niveau de l'intérêt, ça s'arrête à peu près là, cependant, puisque le tout reste assez superficiel sur tous les plans, malgré un moment ou deux qui tentent d'être un peu plus subtils (la tante, hantée par le souvenir de son époux décédé ; la gestion des flashbacks, et leur symbolique), et une pudeur assez prononcée à tous les niveaux.

2.5/6 (parce que j'ai de la sympathie pour la moue boudeuse de Ryan, et parce que la copine excentrique m'a rappelé une jeune Danica McKellar, en plus agitée)

How to Train Your Puppy Husband (or How to Pick Your Second Husband First - 2018) :

Thérapeute réputée et auteur de best-sellers, Jillian (Julie Gonzalo) a pourtant des problèmes de couple assez conséquents, que ni la jeune femme ni son époux (Jonathan Chase) ne savent comment régler. À l'occasion d'un déplacement de son époux, cependant, Jillian accueille chez elle un jeune chiot, à l'initiative de sa meilleure amie Nicole (Karla Mosley) : elle découvre alors comment s'occuper d'autrui, et réalise qu'elle a peut-être trouvé là une solution aux problèmes de son mariage...

Une comédie romantique indépendante qui finira probablement sur ION, UpTV ou Lifetime (sans même parler des chaînes françaises), tant elle est calibrée, par sa maison de production (la même que celle qui a produit Fugue Sentimentale, entre autres), pour se couler dans le moule des romances télévisées façon Hallmark.

Le seul problème, en fait, c'est que le personnage de Julie Gonzalo n'est vraiment pas particulièrement engageant, notamment au début du métrage, lors des moments de tension au sein de son couple. C'est un problème d'écriture, mais aussi de visuel, puisque le tout est filmé de manière assez clinique, dans des environnements assez froids et stériles, ce qui n'aide pas vraiment à s'attacher à cette thérapeute finalement relativement mauvaise et immature.

Il faut attendre l'arrivée du chien (un adorable petit Beagle), au bout d'une demi-heure, pour que le tout se décoince un peu, et qu'on commence à s'attacher aux mésaventures de Julie Gonzalo. Mais là encore, c'est plus grâce au capital-sympathie du chien que grâce à l'écriture de la réalisatrice/scénariste, dont c'est là le second long-métrage. Et ensuite, avec le retour du mari dans la vie de Jillian, le film s'embourbe dans des mensonges, de la jalousie et des quiproquos quelconques...

Dans l'ensemble, une comédie romantique assez plate, qui manque vraiment de peps et d'énergie, et qui ronronne assez rapidement (ce qui est assez paradoxal, vu la thématique canine du tout).

2 + 0.25 pour le chien = 2.25/6

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Un film, un jour (ou presque) #839 : Moi, Belle et Jolie (2018)

Publié le 16 Novembre 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Comédie, Romance, Netflix

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus. ​​ 

Moi, Belle et jolie (I Feel Pretty) :

Ronde et mal dans sa peau, Renee (Amy Schumer) se persuade soudain, après avoir reçu un coup sur la tête, qu'elle a été transformée, comme par magie, en bombe anatomique. Désormais pleine de confiance en soi, Renee commence alors à s'épanouir tant dans sa vie amoureuse que professionnelle, alors qu'elle gagne la confiance d'Avery LeClaire (Michelle Williams), sa patronne et directrice d'une grande marque de cosmétiques...

Après Crazy Amy et Larguées, le premier fim tout public d'Amy Schumer, écrit et réalisé par le duo de réalisateurs/scénaristes à l'origine de Collège Attitude, Ce que pensent les hommes, Valentine's Day, Célibataire, mode d'emploi, ou encore Je te promets... et c'est ultra-insipide.

Le problème, en fait, c'est qu'on a l'impression que ce métrage sort tout droit des années 90, avec en plus un message à la fois ultra-brouillon et simpliste : le scénario tient sur une feuille de papier à cigarettes (et pourtant, le film dure près d'1h50 !), le propos est basique et générique ("les femmes doivent s'accepter telles qu'elles sont, et ne plus subir le dictat du regard d'autrui"), mais en plus, en faisant du personnage de Renee une new-yorkaise névrosée qui devient instantanément antipathique, arrogante et méprisante dès qu'elle prend confiance en elle, le film empêche que l'on s'attache à sa protagoniste.

Lorsqu'elle devient "belle", Renee devient donc Amy Schumer, ou du moins, le personnage que Schumer compose habituellement sur scène. Une Schumer plus policée et moins vulgaire (film tout public oblige), mais tout aussi épuisante et faussement provocante, vraiment peu agréable à fréquenter, et qui parvient pourtant à séduire deux hommes très différents (Rory Scovel et Tom Hopper) par la magie de sa franchise et de sa confiance en soi.

Sauf qu'en parallèle, le film ne rate pas la moindre occasion de rendre Renee ridicule, en jouant notamment sur le fait qu'elle n'a pas conscience de son physique. C'est là que le bât blesse, puisque le film tente d'avoir le beurre et l'argent du beurre, en assénant un message d'acceptation de soi et de respect très basique, et en parallèle, en faisant de Schumer l'objet d'un certain ridicule, souvent sur la base de son physique, comme lorsqu'elle se présente à un concours de bikini.

Il y a donc un certain côté hypocrite dans ce métrage, où l'on se moque un peu des gros sans s'en moquer, le tout sans éviter le moindre cliché de ce genre de comédie pseudo-romantique à tendance féministe.

Schumer s'en sort pourtant plutôt pas mal, niveau interprétation, malgré certaines limites en matière d'émotion ; au niveau des seconds rôles, par contre, tout le monde fait de la figuration sauf Michelle Williams, amusante en patronne à la voix de souris.

Enfin, les placements-produits sont gentiment honteux, et on a presque l'impression que le film est sponsorisé par Target et SoulCycle, tant les deux marques sont omniprésentes.

En résumé, un film qui cite les Kardashian, les Hadid et Emily Ratajkowski comme canons de beauté, qui demande au spectateur de ne pas se moquer des personnes en surpoids - tout en plaçant Schumer dans les tenues et les situations les plus ridicules possibles, et qui, tout simplement, enchaîne tous les clichés des comédies romantiques sans jamais s'avérer particulièrement drôle ou attachant.

2/6

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Les bilans de Lurdo : LA to Vegas, saison 1 (2018)

Publié le 8 Septembre 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Télévision, Comédie, Sitcom, Fox, Les bilans de Lurdo

Une sitcom Fox produite par Will Ferrell et Adam McKay, conçue et écrite par Lon Zimmet (Unbreakable Kimmy Schmidt, Happy Endings, Superstore), et qui a été annulée au terme de ses 15 épisodes diffusés entre janvier et mai dernier.

LA to Vegas, saison 1 (2018) :

Le quotidien et les mésaventures des passagers habituels et de l'équipage du vol économique Jackpot Airlines assurant la correspondance entre Los Angeles et Las Vegas : Capitaine Dave (Dylan McDermott), le pilote flambeur et séducteur ; Bernard (Nathan Lee Graham), le stewart flamboyant et intransigeant ; Ronnie (Kim Matula), l'hôtesse un peu névrosée et caractérielle ; Alan (Amir Talai), le copilote discret et étrange ; Colin (Ed Weeks), un professeur d'économie anglais et donc coincé ; Artem (Peter Stormare), un bookmaker russe excentrique ; Nichole (Olivia Macklin), une strip-teaseuse débrouillarde et pleine de ressources...

Plutôt une bonne surprise que cette sitcom sans prétention, et joyeusement décalée ; l'ensemble des personnages fonctionne très bien, et semble vraiment s'amuser avec des scénarios toujours plus improbables : duel entre Dave et son grand rival, Capitaine Steve (Dermot Mulroney) ; fête d'anniversaire pour enfants au strip club ; paris insensés ; communauté hippie installée sur parking de l'aéroport ; visite du patron de Jackpot Airlines (Don Johnson) qui détourne son propre avion pour échapper à la justice ; grève ; séminaire, etc...

De quoi assurer un quota de vannes et de situations rocambolesques assez conséquent, même si la série met quelques épisodes avant de trouver son rythme de croisière et son ton. À l'identique, à mesure que la série progresse, on sent les scénaristes désireux (sous l'influence de la chaîne ?) d'aller en direction de quelque chose d'un peu plus balisé au niveau des rapports humains.

Ainsi, l'attraction entre Ronnie et Colin, vaguement mise en place dès le pilote, mais restée en filigrane pendant de nombreux épisodes, finit par repasser sur le devant de la scène, et par se trouver confrontée à un triangle amoureux (avec Zachary Knighton à l'autre extrémité du triangle) assez classique.

Dommage, car le shipping de cette relation n'est clairement pas le point fort de la saison. On sent d'ailleurs les scénaristes un peu mal à l'aise à l'idée de restructurer la fin de cette première année : initialement de 12 épisodes, la série s'est vue greffer trois épisodes supplémentaires à l'issue de la diffusion du pilote et de l'épisode suivant. Et il n'est guère surprenant alors de constater que les trois épisodes en question sont plus faibles et moins percutants, comme s'ils avaient été écrits et structurés dans la précipitation.

Ce n'est pas bien grave, cela dit : le point fort de la série, c'est sa distribution, et celle-ci s'avère plus que capable de concrétiser le sens de l'humour très particulier de Zimmet. Çà et là, on reconnaît bien le style Happy Endings, et si McDermott, Stormare et Macklin ont tendance à éclipser leurs collègues, ces derniers parviennent tout de même à laisser leur marque sur la série, et à se rendre sympathiques (je suis notamment fan de la vie très mouvementée et incroyable du copilote).

Je ne le dis pas souvent, mais c'est dommage que la Fox ait choisi d'annuler cette sitcom somme toute divertissante, à la distribution très réussie, et à l'environnement original. Ce n'était pas la série du siècle, mais dans le genre, j'ai déjà vu bien pire.

Et c'est d'autant plus dommage que la série est passée tellement inaperçue qu'elle n'a aucune chance d'être reprise par une autre chaîne ou une plate-forme de streaming... *soupir*

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Christmas Yulefest 2018 - 01 - Un Noël Émouvant (2017) & Pottersville (2017)

Publié le 1 Décembre 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Noël, Christmas, Yulefest, Comédie, Netflix, Romance, Télévision, Hallmark, Drame

Noël approche, et chez les Téléphages Anonymesc'est donc l'heure de la Christmas Yulefestet de son marathon de cinéma festif pendant tout le mois de décembre...

Un Noël Émouvant (Home For Christmas Day - 2017) :

Veuve de soldat et mère célibataire très protectrice, Jane (Catherine Bell) ne voit pas d'un très bon œil la relation naissante entre Betsy (Matreya Fedor), et Tyler (Anthony Konechny), un jeune militaire de passage en ville. Et à l'approche de Noël, malgré les conseils de son ami Jackson (Victor Webster), Jane commence à s'inquiéter pour sa fille...

Home For Christmas Day, ou Gilmore Girls à la sauce Hallmark Movies & Mysteries : la vie d'une mère célibataire et de sa fille adolescente dans une petite ville, alors que cette dernière découvre l'amour dans les bras d'un grand blond un peu insipide, et que sa mère protectrice mais complice flirte avec le patron du diner local. Le tout transposé à Noël.

Sauf que, comme on est sur HMM, tout le monde est en pleine déprime, en deuil, tout le monde tire des têtes d'enterrement, il n'y a pas un gramme d'atmosphère festive, tout est sombre, sous-éclairé, dépressif, bref, totalement insupportable et mélodramatique au possible (mention spéciale à la feinte des scénaristes quant à la mort du jeune soldat, pas un seul instant crédible).

Ajoutez à cela un propos patriotique et pro-militaire comme les Américains savent le faire, et on se retrouve au final avec un téléfilm qui m'a véritablement donné des boutons (d'autant qu'en plus, Catherine Bell est de moins en moins reconnaissable, que Chanelle Peloso et Aliyah O'Brien doivent avoir cinq répliques à elles deux dans tout le film, et que l'affiche est mensongère).

1.25/6 (et ce n'est pas surprenant que Hallmark ait sacrifié le métrage au mois de juillet lors de sa première diffusion)

Pottersville (2017) :

Ivre mort après avoir surpris les ébats costumés de sa femme Connie (Christina Hendricks) et du shérif Jack (Ron Perlman), tous deux furries, Maynard Grieger (Michael Shannon), le propriétaire de l'épicerie de Pottersville, se fabrique un costume de fortune, et part arpenter les rues enneigées de la ville. Dès le lendemain, cependant, il comprend qu'on l'a pris pour Bigfoot, et que cette attention médiatique pourrait bien être une manne financière inespérée pour la bourgade en crise... notamment lorsque Brock Masterson (Thomas Lennon), l'animateur d'une émission télévisée de chasse aux monstres, arrive sur place.

Une comédie indépendante distribuée par Netflix, et dans laquelle Noël n'est, pour être tout à fait franc, qu'une toile de fond générale, à base de neige omniprésente, de chansons de Noël, et de score musical chargé en grelots, en carillons et en mélodies primesautières.

Ici, on navigue dans de l'humour un peu décalé et absurde, mis en images de manière assez mollassonne et moyenne par ce réalisateur dont c'est le premier long métrage de fiction : ses choix esthétiques sont relativement discutables, avec des angles de caméra, des gros plans et un filtre jaunâtre occasionnel qui font parfois très Jeunet, et je ne suis pas vraiment surpris d'apprendre que le tout s'est fait démolir par la critique américaine.

Cela dit, je n'ai pas détesté pour autant, même si le film finit par tourner au numéro à rallonge de Thomas Lennon - j'aime bien l'acteur, mais ici, il est grosso modo en roue libre ; j'ai cependant apprécié les petits rôles de Judy Greer et de Ian McShane, d'autant que, de manière générale, tout le monde semble s'amuser.

Dommage que cette bonne humeur ne se communique pas vraiment au spectateur.

Un petit 3/6, parce que la distribution est sympathique et compétente, et que le petit côté La Vie est Belle n'est pas désagréable.

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Catch Review : WWE Royal Rumble 2017 (29/01/2017)

Publié le 30 Janvier 2017 par Lurdo dans Catch, Review, Télévision, WWE

Nouvelle année, nouveau Royal Rumble... et comme c'est l'un des rares PPVs de catch encore incontournables, c'est l'un des rares que je prends la peine de regarder, ces jours-ci. D'autant que 2017, c'est l'année du retour de Goldberg, c'est l'année de plusieurs gros noms intéressants annoncés pour le Rumble (Lesnar, Undertaker, Big Show...), et c'est aussi l'année de surprises potentielles, qui pourraient bien tout changer dans le match (Samoa Joe, Kurt Angle, etc...)

- Bailey vs Charlotte, Raw Womens Title : un match compétent, car les deux femmes se connaissent par coeur, mais honnêtement, ras-le-bol de Charlotte et de ses victoires toujours nettes et sans bavure. D'autant qu'ici, elle a mal dosé son salto arrière et a failli manquer Bailey, et que le finish du match était assez quelconque.

- Owens vs Reigns (+ Y2J en cage), No DQ, Universal Title : voir le résumé pré-match de tout ce feud m'a donné mal à la tête... je ne suis pas mécontent de ne plus regarder Raw, moi. Owens et Jericho ont l'air de s'amuser avec cette storyline, mais Reigns, Reigns, toujours plus de Reigns, le push interminable le plus saoulant depuis John Cena. Et d'ailleurs, le match, c'est la même chose : Reigns survit à tout, se relève de tout, d'un stunner, d'un coup de poing américain, etc, et il est aussi frais à la fin du match qu'au début. La John Cena School of Selling©®, en somme. L'affrontement était assez inégal, sinon, notamment au niveau du rythme, malgré quelques moments amusants.

- Segment backstage de publicité pour KFC, avec les New Age Outlaws 2.0, Enzo & Cass. *soupir*

- Segment de meublage de deux ou trois minutes sur l'histoire du Rumble.

- Tirage au sort pour un spot dans le Rumble, avec Sami Zayn qui apparemment, s'il est désormais affublé d'un rôle de névrosé, c'est parce qu'il n'est pas assez servile et obéissant backstage, IRL.

- Énormément de meublage avant le début du match.

- Neville vs Rich Swann - CW title. Rich est toujours tête à claques, Neville est toujours stéroïdé jusqu'aux oreilles. Le match est étrangement lent et méthodique (le style WWE, donc), alors que ça devrait être du cruiserweight acrobatique. Ça décolle un peu sur la fin, malgré un abus de superkicks, mais c'est loin - très loin -  de l'âge d'or de la X-division.

- Récap de Cena et Styles, qui tente de faire de Cena la victime du feud. Lulz.

- Cena vs Styles, WWE Title. Un match avec énormément de meublage dans son premier tiers, à la limite du ralenti, mais qui s'avère plutôt sympa et réussi (bien que totalement Cenaesque) une fois qu'il démarre. Par contre, le finish... *soupir* ... Pas forcément surprenant, mais bon, match of the night, jusqu'à présent.

- Encore du meublage.

- Royal Rumble. Dans un premier temps, un Rumble tranquille, avec une dynamique sympa thique centrée autour de Braun Strauman, et ce jusqu'à ce que Big Show arrive, et se fasse éliminer comme une buse. Et puis dès que Braun est éliminé, patatras, le match se casse la gueule, commence à ronronner, subit un énorme ventre mou alors qu'on attend un minimum de surprises... et puis non, absolument aucune surprise, aucun des noms que l'on murmurait dans les milieux autorisés, un Undertaker grabataire, des Goldberg et Lesnar qui ne dépassent pas trois ou quatre minutes de présence dans un match de plus d'une heure, des final four vraiment nazes, des final two encore pires, et une fin de match insipide au possible.

 

Roh la vache, cette déception incroyable. Je ne regarde plus que trois PPVs de la WWE par an, mes attentes sont ultra-faibles, et ils arrivent à me décevoir. Et ma déception a un nom : Roman Reigns. Il faut vraiment qu'ils arrêtent avec Reigns, le côté passation de pouvoir avec Taker, son indestructibilité, etc, il faut qu'ils arrêtent, ce n'est plus possible, là.

C'est la troisième année que la WWE tente de faire de Reigns une superstar, c'est la troisième année que le public se rebelle, et finit encore une fois un PPV important en chantant "bullshit"...

(et je ne parle bien entendu même pas de Cena et d'Orton, qui sont toujours là, indéboulonnables, invincibles, à truster le haut de l'affiche et à gagner les matches qui comptent)

(une pensée émue pour les 3/4 de la carte côté Smackdown, qui ont été repoussés en pré-show, histoire de laisser la place à Raw et au Rumble)

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Catch Review : Chikara - King of Trios 2016 : Night 1 (02/09/2016)

Publié le 26 Février 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Télévision, Catch, Chikara, Review

Un public très motivé, et relativement dense, pour une soirée à thématique Pokemon Go, pourquoi pas... Le Party Tsar fait les présentations, accueille Bryce l'arbitre et Joey Styles, qui fait son truc habituel. Bon, la prise de son est assez médiocre, comme souvent, mais en guise d'introduction, ça fonctionne plutôt bien.

Chikara - King of Trios 2016 - Night 1 - 02/09/2016 :

- Huitièmes de finale -

- Team Major League Moustache (Dasher Hatfield + Tyler Bate + Trent Seven) vs Team Batiri (Obariyon + Kodama + Kobald). Première partie de match très solide, avec la Team Moustache qui domine, puis passage beaucoup plus brouillon une fois que le Batiri prend le contrôle, et fin de match assez moyenne.

- Team United Nations (Juan Francisco de Corono + Prakash Sabar + Boar of Moldova) vs Team Police Squad (Supercop Dick Justice + Officer Warren Barksdale + Bill Carr). Un match comique sans réel moment très mémorable, et plus intéressé par l'humour que par l'action.

- Hornswoggle/The Big Deal n'est pas là ce soir, donc tirage au sort d'un remplaçant, avec des noms improbables, comme toujours, malheureusement à moitié incompréhensibles à cause de la prise de son médiocre.

- Team Submission Squad (Gary the Barn Owl, Davy Vega & Pierre Abernathy) vs Team Colony (Soldier Ant, Fire Ant & Silver Ant). Joli séquence de soumissions par Davy Vega sur un Silver Ant blessé, mais sinon, la Colony fait le gros du boulot, comme d'habitude.

- Team Shimmer (Candice LeRae, Solo Darling & Crazy Marie Dobson) vs Team Original Divas Revolution (Lisa Marie, Mickie James & Jazz). Joey Styles qui se permet des vannes à l'encontre de la TNA et de la WWE, c'est toujours amusant. Un affrontement bordélique, mais pas désagréable, et qui permet de voir des visages inhabituels face à des vétérans de la discipline. Cela dit, j'aurais préféré une victoire de la Team Shimmer, plus jeune et dynamique.

- Team Just a Lot of Ant (Missile Assault Man, Bullet Ant & Worker Ant) & Team heXed Man (Icarus, Jigsaw & Hallowicked). Un match à la limite du squash à rallonges avec une opposition de styles intéressante, puisque la Team Hexed est über-heel et über-brutale, préférant démolir ses adversaires plutôt que de tenter de les épinger. Cela dit, c'était suffisamment bien mené pour ne pas être soporifique, comme les squashes à rallonges peuvent parfois l'être.

- Team JPW (Command Bolshoi & Hanako Nakamori & Manami Katsu) vs Team Serpentine (Ophidian, Amasis & Argus). Trois joshis contre un trio ayant fait ses preuves, pour un match globalement équilibré, malgré quelques moments brouillons de la part des joshis.

- Team NRG (Heidi Lovelace & N_R_G) vs Team Sendai Girls (Cassandra Miyagi & Dash Chisako & Meiko Satomura). Pas fan de Lovelace ou de N_R_G, j'étais plutôt  intéressé par l'équipe japonaise, assez atypique et improbable. Quelques approximations de cette équipe, un peu de no-selling, mais un affrontement intéressant, néanmoins.

- Team Warriors Three (ThunderFrog & Princess KimberLee & Oleg the Usurper) vs. Team #CWC (Cedric Alexander & Johnny Gargano & Drew Gulak). Un match bien nerveux et long, avec une team CWC qui s'amuse avec son nom (CWC pour le Cruiserweight Championship de la WWE, auquel les trois membres de l'équipe ont pris part), et place des finishers de la WWE, et une Princess Kimberlee qui tient tête aux hommes qui l'entourent.

 

Dans l'ensemble, une première soirée un peu brouillonne, mais loin d'être désagréable, et un peu meilleure que certaines "Night 1" ne l'ont été de par le passé. Quelques résultats surprenants (l'élimination de la Team Shimmer et de la Team Serpentine au profit des guests), mais rien de vraiment dramatique, pour le moment. Joey Styles, aux commentaires, a mis un peu de temps à s'habituer à l'univers étrange de la compagnie, mais il finit par s'y immerger, et par faire son travail de manière tout à fait compétente.

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Un film, un jour (ou presque) #461 : Les Animaux Fantastiques (2016) & la saga Harry Potter (2001-2011)

Publié le 1 Mars 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Fantastique, Jeunesse, Aventure, Comédie

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Les Animaux Fantastiques (Fantastic Beasts and Where to Find Them) :

Lorsqu'il arrive à New York, en 1926, avec pour seul bagage une valise pleine d'animaux merveilleux au sujet desquels il écrit un livre, Newt Scamander (Eddie Redmayne), un sorcier anglais et excentrique, ignore où il met les pieds. Car la ville est actuellement secouée par des événements inexplicables sur lequel enquête le MACUSA, supervisé par Percival Graves (Colin Farrell). Mais lorsque Newt égare sa valise au contact d'un No-Maj, Jacob (Dan Fogler), le voilà contraint de retrouver au plus vite ses animaux échappés, alors même que Tina Goldstein (Katherine Waterston), ancienne Auror au service du MACUSA, le surveille de très près. Et pour ne rien arranger, Graves est loin d'être innocent, et il est bien décidé à profiter de l'incident pour mener ses sinistres plans à bien...

Il m'en aura fallu, du temps, pour rédiger cette critique. C'est probablement parce que j'ai voulu revoir une seconde fois le film à tête reposée, et profiter de cet intervalle pour revoir les derniers Potter cinématographiques, avant de me mettre devant mon clavier.

Potter - les livres

Car je ne m'en suis jamais caché, mais j'ai toujours été très ambivalent au sujet de la franchise Harry Potter. Déjà, à l'époque des premiers romans, j'avais des difficultés avec les innombrables emprunts effectués par J.K. Rowling pour l'univers Potter, une Rowling qui était alors pourtant couverte de lauriers pour son "originalité" et son "imagination" ; et puis, un peu plus tard, à mesure que les tomes s'épaississaient, et que JKR construisait son univers, j'ai commencé à être de moins en moins impressionné par le style de l'auteur, ainsi que par ses instincts créatifs, qui se sont traduits par des choix souvent assez plats et prévisibles.

Une évolution pas forcément intéressante et très bien réfléchie (plus la saga avance, et plus certains personnages sont laissés de côté), probablement effectués par une Rowling sentant de plus en plus la pression de l'univers cinématographique et de sa popularité. Reste que la franchise littéraire a commencé à me perdre aux environs du cinquième épisode, au point que je n'ai lu le dernier roman que plusieurs années après sa sortie, tant l'univers de Potter et son évolution darker & grittier m'avaient lassé.

Potter - les films

Mon appréciation de la franchise cinéma a connu une évolution similaire, voire peut-être même encore plus prononcée, puisqu'en lieu et place de prendre des libertés avec les romans, et de les adapter de manière plus efficace (voire en faisant des choix créatifs plus intéressants au sujet de certains personnages - Neville, Luna, etc), la franchise Potter s'est tellement emboîtée sur son modèle papier qu'à aucun moment, elle n'a su en transcender les défauts.

Rapide passage en revue de la franchise :

- Harry Potter à l'école des Sorciers, de Chris Colombus (2001). Columbus n'est pas un grand réalisateur. C'est un bon faiseur, qui possède un certain sens du merveilleux et du visuel, et pour ce premier opus, décalqué sur le premier roman, c'est ce qu'il fallait : quelqu'un d'appliqué, qui parvienne à retranscrire le merveilleux du récit, ni plus, ni moins. Une bonne introduction à l'univers, portée par la musique de John Williams. 4/6

- Harry Potter et la Chambre des secrets, de Chris Columbus (2002). Là, premier problème. Une suite précipitée et faiblarde, une adaptation (trop) fidèle d'un roman plus épais, adaptation plus sombre et moins bien structurée, pour un film nettement moins merveilleux, nettement moins intéressant... un peu comme le livre. Williams se contente de superviser le score, et ça se sent. Pas revu depuis longtemps, et je pense que la note baisserait un peu si je devais revoir le métrage, mais en l'état, 3/6

- Harry Potter et le Prisonnier d’Azkaban, de Alfonso Cuarón (2004). L'artillerie lourde, et probablement le meilleur Potter de la saga, transcendé par un réalisateur formidable et inventif, et par un Williams qui revient en grande forme : c'est maîtrisé, crédible, inventif, bref, c'est bien, même si Emma Watson commence là à adopter des tics d'actrice assez regrettables. 4.5/6

- Harry Potter et la Coupe de feu, de Mike Newell (2005). Dans la catégorie faiseur, Newell se pose là, et sans la moindre expérience en matière de blockbuster, il livre un film moins impressionnant et épique qu'il n'aurait dû l'être, surtout en passant après le Cuarón. Heureusement, le métrage est porté par la structure et le concept du roman (le film conserve néanmoins un côté patchwork qui trahit les coupes faites au livre), ainsi que par son final, et par le score dynamique et ample de Doyle, qui le rendent assez agréable à suivre, sans plus. 3.5/6

- Harry Potter et l’Ordre du Phénix, de David Yates (2007). David Yates arrive sur la franchise, un David Yates dans la droite lignée de Newell, à savoir un réalisateur télévisuel sans grand sens du rythme ou de la concision, et sans réel penchant pour le spectaculaire ou le merveilleux. Bref, Yates arrive sur la franchise et les pires aspects de celle-ci en sont décuplés, puisque Potter devient aussitôt de plus en plus sombre et angsty. Dans ce cinquième chapitre, on a ainsi un Potter qui fait sa crise d'adolescence, une Dolores Umbridge (volontairement) détestable, et un film assez pataud et mollasson, pas aidé par un roman à l'identique, par un score honorable (mais parfois déplacé et anonyme) de Hooper, et par un nouvel adaptateur qui remplace Steve Kloves le temps d'un film. 2.5/6

- Harry Potter et le Prince de sang-mêlé, de David Yates (2009). Le film qui a motivé ce revisionnage des derniers opus, car je ne gardais aucun souvenir du Prince de Sang-mêlé, si ce n'est le fait que ce Prince de Sang-mêlé n'était qu'un immense McGuffin sans réelle importance. Trop long, trop de sentiments adolescents, pas vraiment d'intérêt ou de fond captivant, et un score de Hooper à l'identique, pour un récit que j'avais déjà peu apprécié sur papier. 2.5/6

- Harry Potter et les Reliques de la Mort, première partie, de David Yates (2010). Harry Potter fait du camping. Un calvaire à chaque visionnage, malgré quelques séquences sympathiques, çà et là, et le score de Desplat, détaché et compétent mais peu engageant, n'aide pas. D'ailleurs, ça refuse tellement de s'éloigner du point de vue d'Harry qu'on a de plus en plus l'impression que les événements les plus intéressants de l'univers Potter se sont déroulés ailleurs, hors champ, loin des héros. Pauvre Hedwige. 2/6

- Harry Potter et les Reliques de la Mort, seconde partie, de David Yates (2011). La franchise oublie toute mesure, donne dans le débordement d'effets pyrotechniques et numériques, c'est la guerre, c'est (presque) épique, Desplat s'énerve un peu, mais les problèmes habituels sont toujours là, et les choix narratifs (j'ai découvert ces deux films avant d'avoir lu le roman, comme je l'ai dit) sont ultra-frustrants. Et l'épilogue 20 ans après, totalement raté. 3.5/6

Bref, voilà : si j'apprécie l'univers, que je reconnais le succès de sa création et de son développement, que je salue la qualité constante de production des films, et que je respecte la dévotion des fans (qui vénèrent cette franchise avec laquelle ils ont grandi, un peu comme les générations précédentes vénéraient Star Wars), je n'ai jamais été vraiment très attaché aux aventures de Harry Potter et de ses amis.

Que ce soit sur papier ou au cinéma, je préfère amplement le potentiel inexploité de l'univers, ses possibilités infinies, son merveilleux inépuisable, à l'exécution proprement dire de JKR et de David Yates, qui a fait de cette franchise, au cinéma, quelque chose d'étrangement étriqué (tant de créatures, tant de races, tant d'alliés et d'ennemis potentiels... il y avait là la possibilité de mettre sur pieds un grand final à mi-chemin entre le Gouffre de Helm, la Bataille des Cinq Armées, les Champs du Pelennor, et les affrontements de Narnia, mais non, on devra se contenter de gentils sorciers sans stratégie, assiégés par des méchants sorciers sans stratégie, et d'une bataille rangée assez peu inspirée), de sombre, de méga-sérieux, sans la moindre fantaisie, un univers débordant d'étalonnage numérique laid, et qui sacrifie son personnage emblématique (Hedwige la chouette, dont le thème musical est la colonne vertébrale de la saga) de manière bâclée et précipitée, sans le moindre impact émotionnel, dans l'avant-dernier chapitre de la saga (oui, ça m'est resté en travers de la gorge, surtout que c'est assez emblématique des problèmes globaux de l'adaptation des Potter).

Et puis honnêtement, je ne me suis jamais vraiment attaché au trio principal de la saga : je n'ai aucun problème avec Ron Weasley, ni avec Daniel Radcliffe - mais le personnage de Harry est trop souvent tête à claques et passif à mon goût ; quant à Emma Watson, honnêtement, je ne vois toujours pas son attrait, que ce soit en tant qu'actrice, ou qu'objet de fantasmes romantiques pour une certaine génération. Ajoutez à cela une tendance à forcer des relations amoureuses entre certains personnages, alors que leurs acteurs ont plus d'alchimie avec d'autres de leurs camarades, et voilà comment me lasser rapidement des héros de la saga.

Les Animaux Fantastiques

Autant dire que l'annonce des Animaux Fantastiques m'a laissé dubitatif.

Un nouveau récit placé dans l'univers Potter, mais sans Potter, sa clique, Voldemort et compagnie ? Ouais ! David Yates, Rowling et Kloves ? Mouais... Les aventures de Newt Scamander, à la recherche d'animaux fantastiques partout dans le monde ? Ouais ! Le premier volet d'une saga de cinq films relatant l'ascension et la chute de Grindelwald, le Voldemort de son époque ? Mouais... James Newton Howard à la musique ? Ouais ! Une aventure se déroulant dans les années 20, à New York ? .... mouais ?

À nouveau, je me suis retrouvé ambivalent. D'un côté, les animaux fantastiques, de nouveaux personnages, de nouvelles aventures, la possibilité de toujours plus de merveilleux, ainsi que la curiosité de voir Rowling s'essayer en solo à l'exercice scénaristique, sans avoir de roman sur lequel s'appuyer, ou à devoir adapter trop fidèlement ; et de l'autre, New York, un über-antagoniste maléfique, et la perspective d'une franchise qui risque de devenir, là aussi, toujours plus sérieuse, surtout sous la supervision de Yates.

Et effectivement, lorsque l'on regarde le film, deux choses sautent aux yeux.

Tout d'abord, le fait que Rowling ait plus ou moins repris les grandes lignes du premier Harry Potter pour ce récit, avec ce héros outsider (Harry/Newt) qui arrive dans un lieu qu'il ne connaît pas, avec des règles et des lois qu'il ne connaît pas (Poudlard/New York), pour y accomplir une tâche bien précise (ses études/relâcher le Thunderbird) ; il y forme un trio avec un faire-valoir comique (Ron/Jacob) et une femme intelligente et perspicace (Hermione/Tina) ; et se trouve là embarqué dans une aventure qui le dépasse, à la recherche d'une mystérieuse force magique (la Pierre Philosophale/l'Obscurus) ; recherche qui va en faire un bâton dans les roues d'un grand méchant cabotin et légendaire (Voldemort/Grindelwald), qui tentait de mettre la main sur cette force magique en question, et qui se cachait au vu et au su de tous, sous l'apparence de l'un des membres des autorités actuellement en fonction (Quirrel/Graves).

Donc forcément, on est en terrain connu et assez balisé, et il n'y a pas de grande surprise dans le récit.

Et l'autre chose qui saute au yeux, c'est que les deux aspects du projet (le merveilleux et le sérieux) se côtoient de manière assez inégale dans ce film, qui semble une combinaison parfois maladroite de deux longs-métrages distincts. Le premier étant léger, dynamique, amusant, se concentrant sur la chasse aux bestioles par "Norbert" et ses amis ; et le deuxième plus sombre, sérieux, laborieux, sur les magouilles de Graves, sur la famille Barebone, etc, un second film qui est là pour mettre en place le reste de la franchise, et son grand méchant (l'apparition d'un certain acteur dans le rôle de Grindenwald me laisse dubitatif, pour l'instant, et sa seule véritable phrase de dialogue me laisse redouter quelque chose du genre Horcrux 2.0).

Malheureusement, ces deux salles/deux ambiances ont tendance à s'alourdir mutuellement, et auraient probablement dues être séparées : quitte à lancer une franchise de 5 films, autant consacrer le premier à son sujet principal, Les Animaux Fantastiques, et garder la menace Grindenwald pour la suite, plutôt que de précipiter la première confrontation de manière artificielle, au terme d'un affrontement qui tombe un peu à plat.

C'est vraiment dommage, puisque la partie "animale" du film fonctionne globalement assez bien : c'est drôle, entraînant, les personnages sont attachants et bien interprétés, et les créatures sont plutôt réussies (malgré des effets spéciaux inégaux et des incrustations assez médiocres lors du passage dans la valise). On pourra regretter la bande originale assez dérivative, et l'univers urbain peu engageant, mais dans l'ensemble, cette moitié de film fonctionne.

Par contre, en face, c'est nettement plus laborieux. Outre la mécanique grinçante de l'intrigue de l'Obscurus, il faut bien avouer que ni la famille Barebone, ni la Présidence du MACUSA ne sont très mémorables. Quant à Colin Farrell, il est tellement monotone et quelconque en méchant qu'on se dit que l'acteur n'était là que pour encaisser son chèque. Et puis forcément, le script patauge un peu sur la fin, pour se terminer dans une scène (désormais habituelle dans les blockbusters) de destruction urbaine, histoire de justifier un déluge d'effets spéciaux, et dans une confrontation finale qui ne fonctionne jamais vraiment sur un plan émotionnel, spectaculaire ou narratif.

On se retrouve donc vraiment avec une dichotomie narrative, qui fait que les deux versants du film ont vraiment du mal à se rejoindre et à cohabiter : alors que le script nous indique que le climax émotionnel du film devrait être l'affrontement final, et ce jeune Credence tiraillé entre Graves et Tina, dans les faits, on ressent plus de sincérité et d'émotion lorsque Newt se sépare temporairement de son Botruc... ce qui est quand même révélateur d'un certain problème d'écriture, et d'un gros problème de parasitage du récit par toute la mise en place de la franchise à venir.

Et pourtant... je n'ai pas détesté. Je dirais même que j'ai largement préféré tout ça à une bonne grosse moitié des Harry Potter originaux. Ça ne m'a pas ennuyé, ça ne m'a pas agacé, c'est simplement parfois assez maladroit, et pas totalement satisfaisant.

Mais dans l'ensemble, le divertissement est là, on a plaisir à découvrir un autre versant de l'univers Potter aux USA (un versant qui manque tout de même de fantaisie, de légèreté, et qui aurait pu être nettement plus développé), et si Yates reste égal à lui-même (ce qui n'est pas un compliment), au moins, les personnages inédits font qu'on a plaisir à suivre leurs aventures, quand bien même celles-ci auraient des défauts.

4/6 - 0.25 pour l'étalonnage numérique et l'image toujours très terne, marque de fabrique de Yates sur la franchise = 3.75/6

(maintenant, je redoute la suite...)

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Un film, un jour (ou presque) #481 : La Princesse et la Grenouille (2009)

Publié le 29 Mars 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Animation, Romance, Jeunesse, Disney

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

La Princesse et la Grenouille (The Princess And The Frog) :

Jeune cuisinière à la Nouvelle-Orléans, dans les années 20, Tiana (Anika Noni Rose) fait tout son possible pour réunir des fonds, et ouvrir son propre restaurant. Sa meilleure amie Lottie (Jennifer Cody), une riche héritière, n'a elle qu'une chose à l'esprit : épouser un Prince, et si possible le Prince Naveen (Bruno Campos), bon à rien fêtard originaire d'un lointain royaume, et qui est justement invité chez elle à l'occasion du Mardi-Gras. Mais lorsque le maléfique Dr. Facilier (Keith David) utilise ses pouvoirs vaudou pour transformer Naveen en grenouille, une réaction en chaîne inattendue prend place, et Tiana elle-même est transformée en grenouille : Tiana et Naveen vont devoir faire équipe pour traverser le bayou et tenter de retrouver forme humaine avant qu'il ne soit trop tard...

Dernier Disney à avoir été fait en 2D, La Princesse et la Grenouille est considérée par beaucoup de critiques, aujourd'hui, comme un chef d'oeuvre mécompris, et comme le film a l'origine de la supposée renaissance Disney actuelle post-Pixar (déjà en elle-même très débatable).

Et effectivement, ce métrage a plein de bonnes choses qui jouent à son avantage : l'ambiance, le visuel chatoyant, l'époque, la réalisation (Clements & Musker - Aladdin, La Petite Sirène, Moana...), le doublage VO excellent, la musique jazz, , la diversité ethnique, voire même ces personnages qui, au premier abord, prennent à contre-pied les clichés Disney de manière pas désagréable (l'héroïne travailleuse et qui ne s'intéresse pas à l'amour, le prince glandeur, la meilleure copine fidèle et sympathique, bien qu'étant totalement obsédée par l'amour princier - une princesse Disney traditionnelle, en somme - les blagues au sujet de "quand on prie la bonne étoile", etc)...

Et nul doute que ces facteurs (certains plus que d'autres) ont beaucoup joué dans l'accueil unanime reçu par le film un peu partout.

Malheureusement, j'ai été assez déçu par le résultat final : ce n'est pas mauvais, non, c'est simplement assez basique, surtout au niveau du script. On peut toujours prétendre que ce film prend à contre-pied les clichés Disney, ou s'en moque dans les dialogues, mais dans les faits, le schéma est simple au possible : enfance de l'héroïne/héroïne adulte/héroïne volontaire qui rencontre son prétendant avec lequel elle ne s'entend pas/aventures & chansons/amour/happy end.

Le film s'avère ainsi assez prévisible, y compris dans ses rebondissements plus dramatiques (le sort du personnage le plus attachant du lot rappelle fortement d'autres sorts similaires, notamment celui de Gurgi, dans Taram, et a droit à une conclusion céleste pas particulièrement originale, là non plus), souffre de personnages assez peu développés (surtout le méchant, qui est basique au possible malgré son potentiel) et surtout, il n'est pas aidé par des chansons totalement insipides et inabouties.

Non, je vais reformuler cette dernière phrase : il n'est pas aidé par des chansons amusantes, mais totalement oubliables, et qui donnent constamment l'impression d'avoir été raccourcies au montage, jusqu'à n'être plus que des quasi-extraits.

J'ai donc terminé cette production Disney en étant très très dubitatif : je n'ai pas détesté mais ce métrage avait tellement plus de potentiel qu'en fin de compte, le produit finit par être assez décevant et frustrant.

3.5/6

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Les bilans de Lurdo - Almost Royal, saison 1 et 2 (2014/2016)

Publié le 19 Mars 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Télévision, Les bilans de Lurdo, Comédie, BBCA, Documentaire

Almost Royal, saison 1 & 2 :

Les tribulations de Georgie (Ed Gamble) et Poppy Carlton (Amy Hoggart), aristocrates britanniques assez mal placés dans l'ordre de succession du trône de Grande Bretagne, et qui, à la mort de leur père, grand américanophile, décident de visiter les USA en compagnie de l'urne de leur géniteur, afin de mieux comprendre ce pays étrange.

Je ne suis pas forcément très amateur du genre des caméras cachées, ou de la cringe comedy, qui a pour principe de rire en voyant des personnages se ridiculiser à cause de leur égo ou de leur manque de tact social, entre autres (cf le travail de Ricky Gervais/Stephen Merchant, par exemple), tant ce genre d'humour peut rapidement devenir cruel et gratuit (et exploiter le temps et l'énergie de personnes innocentes dont on se moque).

En effet, quand ces deux styles se combinent, comme dans les longs-métrages de Sasha Baron Cohen (Borat, Bruno), cela peut rapidement s'avérer très inégal, en fonction du talent de l'artiste, de ses intentions, et des réactions que celui-ci parvient à obtenir de ses interlocuteurs.

Ici, Almost Royal marche directement dans les traces de Cohen, avec ces deux aristocrates imbuvables - Georgie, le grand dadais un peu niais et ahuri, à la remarque toujours déplacée, et Poppy, égocentrique absente, vaniteuse et superficielle - qui traversent les USA avec plus ou moins de bonheur.

Dans l'ensemble, les deux acteurs (comédiens de stand-up et, pour Hoggart, correspondante au sein du show Full Frontal with Samantha Bee) s'en sortent très bien, incarnant toujours constamment leurs personnages, même dans les situations les plus compliquées et improbables.

Le programme, lui, est plus inégal. La faute à un schéma structurel qui change à mi-parcours, entre la première et la deuxième saison : la première saison était axée sur des villes, sous un format road trip. Georgie et Poppie visitaient ainsi une ville par épisode, commençant à Los Angeles, pour finir à Nashville, en passant par Boston, le Texas, New York, Detroit et Washington DC. Cela donnait à chaque épisode une unité de ton et de lieu, et une plus grande véracité, puisque les autochtones étaient abordés dans la rue, avec plus ou moins de succès en fonction des régions.

À contrario, la saison 2 fait le choix d'axer ses épisodes autour de thèmes : la beauté, la nature, les sports, la romance, le futur, les forces de l'ordre, le monde du travail et les fêtes américaines. Dans chaque épisode, les deux protagonistes visitent des lieux, des entreprises, des personnes situées aux quatre coins du pays, en rapport avec le thème de la semaine, le tout parsemé de morceaux d'une interview (façon Raphaël Mezrahi) avec un invité hebdomadaire : Mario Lopez, Laura Bell Bundy, Dennis Rodman, Michael Uri, George Takei, Jimmy Tatro, Whitney Port, Liza Vanderpump.

Le problème est immédiatement évident. Non seulement les épisodes semblent plus artificiels, sans réelle unité de lieu ou d'environnement, mais en plus, les interviews sont particulièrement frustrantes, car coupées en micro-extraits de 30 secondes, laissant tout juste le temps d'une ou deux punchlines, sans plus.

Une saison 2 finalement assez décevante, et l'on se demande souvent pourquoi le duo visite tel ou tel endroit, ou interroge telle ou telle star de la D-list, qui semble parfois ne pas être dupe de l'imposture.

Cela dit, le tout reste assez sympathique à suivre, et avec à peine une vingtaine de minutes par épisode, pas le temps de s'ennuyer, ou de se lasser du format. J'avoue avoir ponctuellement été tenté de faire avance rapide sur certains épisodes : non pas par ennui ou agacement, mais plus par gêne pour les personnes à l'écran. Ce qui prouve que le concept marche, mais qu'il frôle les limites de ma tolérance à ce genre de comédie.

Reste que, de manière plus générale, le changement de structure n'était pas une très bonne idée, et, si tant est que le show soit renouvelé par BBC America pour une troisième saison, j'espère qu'il reviendra à quelque chose de plus proche de la saison 1.

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Un film, un jour (ou presque) #542 : Becoming Bond (2017)

Publié le 22 Juin 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Documentaire, Hulu, Biographie

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Becoming Bond :

La vie de George Lazenby, acteur ayant pris la suite de Sean Connery dans le rôle de James Bond, et ayant claqué la porte juste après le tournage de son seul et unique film, Au Service Secret de Sa Majesté...

Déception.

Avec un tel postulat de départ (revenir sur la vie et la carrière du seul acteur à n'avoir tourné qu'un seul James Bond), il y avait probablement de quoi faire une comédie amusante, ou un documentaire intéressant (bien que déjà couvert, en partie, par d'autres documentaires centrés sur la franchise Bond).

Malheureusement, ici, le réalisateur a choisi une approche hybride de docu-fiction pour ce Becoming Bond produit & distribué par Hulu : narration en voix off et/ou face caméra du George Lazenby actuel, illustrée par des reconstitutions de ce qu'il raconte, et occasionnellement une ou deux images d'archives.

Une approche qui, déjà, pose un problème : en nous rappelant constamment à quoi ressemble Lazenby, hier ou aujourd'hui, le film se tire une balle dans le pied, puisque l'acteur l'interprétant a beau y mettre du sien, il ne ressemble pas du tout à son modèle. Ajoutez à cela le fait que l'écriture de ces reconstitutions n'est pas très légère ou subtile (l'humour est assez lourd, et très prévisible), qu'elle est assez répétitive (le gimmick de tous ces personnages qui sont doublé, dans les flashbacks, par le Lazenby narrateur, ça va cinq minutes, mais sur 95 minutes, ça devient épuisant), et que ces reconstitutions sont assez fauchées et caricaturales, et on passe beaucoup de temps à lever les yeux au ciel.

D'autant que les 50 premières minutes de ce film tiennent en une phrase : "Jeune Australien romantique, rebelle et indiscipliné, George Lazenby a toujours eu beaucoup de succès avec les femmes, et ce succès n'a fait que croître lorsque, par hasard, il est devenu mannequin à Londres dans les années 60".

Alors les (forcément innombrables) frasques écolières et amoureuses de Lazenby intéressent peut-être certaines personnes (dont Lazenby lui-même, visiblement ^^), mais la plus grande partie de ces 50 minutes est tout simplement inutile et soporifique (sans compter que bon nombre de ces anecdotes sont probablement inventées ou exagérées par ce cher narrateur).

James Bond, lui, n'entre en jeu qu'après ces 50 minutes, avec quelques têtes familières (Jane Seymour, Jeff Garlin, Dana Carvey, Jonathan Slavin, Jake Johnson), quelques anecdotes de tournage, et une décision finale de refuser le rôle qui arrive quelques minutes avant le générique de fin.

Bref, autant dire qu'on n'apprendra pas grand chose sur le pourquoi du comment (la décision et sa vie post-Bond sont résumées en 60/90 secondes), et qu'on en ressort même avec l'impression d'un septuagénaire qui a pris une décision particulièrement calamiteuse et mal avisée à un moment de sa vie, lorsqu'il était victimes d'influences x ou y, et qui depuis, tente absolument de la rationaliser et de la justifier qu'il en est parvenu à se convaincre lui-même que c'était un choix de vie logique, cohérent, et pertinent. Soit.

Je comprends ce que ce documentaire a tenté d'accomplir, mais entre son exécution presque parodique, sa tendance à jouer sur la corde sensible (le seul moment qui fonctionne un peu, émotionnellement parlant, ce sont les quelques secondes d'un Lazenby ayant les larmes aux yeux en évoquant la fin de sa romance avec son grand amour), et la place particulièrement réduite accordée au sujet même de ce métrage très déséquilibré, le tout n'a pas du tout fonctionné sur moi.

2.75/6

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