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LES TÉLÉPHAGES ANONYMES

Il était une fois Lurdo & Sygbab, deux internautes passionnés de séries tv et de cinéma, et qui cherchaient un endroit où archiver leurs avis (semi) éclairés...

Résultat pour "good place"

Un film, un jour (ou presque) #1638 - SEMAINE FANTASY RÉTRO : L'Histoire sans fin 2 - Un nouveau chapitre (1990)

Publié le 7 Mai 2022 par Lurdo dans Aventure, Cinéma, Comédie, Critiques éclair, Fantastique, Jeunesse, Review, USA, Allemagne

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus

L'Histoire sans fin 2 - Un nouveau chapitre (The NeverEnding Story II : The Next Chapter - 1990) :

Parce qu'il estime manquer de courage, et n'ose pas sauter du plongeoir à la piscine, Bastian (Jonathan Brandis) retourne voir Mr. Coreander, et lui emprunte à nouveau l'Histoire sans fin. Rapidement, il se retrouve transporté dans l'univers magique de Fantasia, cette fois-ci en proie au Vide, que la maléfique sorcière Xayide (Clarissa Burt) utilise pour prendre le pouvoir : Bastian doit apprendre à conquérir ses peurs, pour sauver Fantasia aux côtés d'Atreyu (Kenny Morrisson) et de tous leurs alliés...

On prend les mêmes, et on recommence... ou plutôt non. Parce que cette suite ne conserve, du premier volet, que l'interprète du libraire, quelques créatures, et la chanson-titre devenue un tube : tout le reste change, des acteurs au réalisateur, en passant par la scénariste.

Parfois pour le meilleur, parfois pour le pire, ce qui fait que cette suite, si elle n'est pas aussi désastreuse que ce à quoi je m'attendais, reste tout de même un bon cran en dessous du premier volet.

Au rayon des points positifs, on peut citer le nouveau casting, bien souvent plus attachant et compétent (pas convaincu par la nouvelle Impératrice, par contre), ou la finition globale du tout, sans vrai problème de post-synchronisation, d'interprétation, de rythme ou de structure ; à l'inverse, les effets spéciaux sont un peu plus approximatifs que dans le premier film (les arrière-plans, notamment), le bestiaire moins probant, et il y a un côté kitsch dans la direction artistique qui n'aide pas (la méchante avec sa robe en lamé rouge, les danseurs vénitiens de la Silver City, la ville en elle-même façon papier alu).

Et puis le film perd totalement cette sensibilité européenne/allemande qui faisait du premier quelque chose d'un peu mélancolique, et donnait le sentiment d'un monde partant en morceaux. À la place, on a droit à une histoire de souhaits assez casse-gueule, dont les enjeux auraient pu être résolus en trois secondes avec un protagoniste plus débrouillard.

Dans l'ensemble, donc, une expérience très mitigée, nettement plus que le premier volet, mais pas non plus aussi désastreuse que les critiques voulaient bien l'entendre.

3/6

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Et comme toujours, vous pouvez retrouver la liste complète de tous les films passés en revue sur ce blog dans le menu Index de haut de page, ou en cliquant directement sur ce lien (000-1000) et sur celui-ci (1001-2000)...

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Un film, un jour (ou presque) #1662 : SEMAINE MIKE MYERS - Austin Powers 2 - L'Espion qui m'a tirée (1999)

Publié le 8 Juin 2022 par Lurdo dans Action, Cinéma, Comédie, Critiques éclair, Histoire, Musique, Review, Romance, Science Fiction, Science-Fiction, UK, USA

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Austin Powers 2 - L'Espion qui m'a tirée (Austin Powers : The Spy Who Shagged Me - 1999) :

Bien décidé à se venger d'Austin Powers, le Dr. Evil utilise une machine à voyager dans le temps pour remonter en 1969 et dérober le mojo d'Austin, alors cryogénisé. Austin fait alors de même et, avec l'aide de la séduisante Felicity Shagwell (Heather Graham), il tente d'empêcher Evil et son clone, Mini-Me, de changer le cours de l'Histoire...

On prend les mêmes (personnages, concepts, mise en forme et, fréquemment, gags) et on recommence, en bénéficiant d'un budget deux fois plus important que précédemment et mettant les bouchées doubles à tous les niveaux : plus d'années 60, plus de sous-entendus et de vannes graveleuses, plus de moments chorégraphiés, plus de musique, plus de tout, en fait.

Et honnêtement, ça fonctionne peu ou prou autant que le premier film, même si ce n'est pas exempt de scories : toujours une propension à laisser certains gags ou certaines scènes durer un peu trop longtemps, certains personnages sont légèrement trop poussés (Fat Bastard, avec Myers qui refait son accent écossais, a quelques répliques amusantes, mais reste assez limité en intérêt), il y a du placement produit maladroit, et un abus (délibéré) de références pop modernes.

Mais les nouveaux personnages, comme Mini Me, joyeusement absurde et psychopathe, Rob Lowe en jeune Robert Wagner, Frau Farbissina ou encore Felicity Shagwell (une Heather Graham qui a l'air de s'éclater, et donne plus de personnalité à son personnage que Hurley dans le premier), l'époque, et toujours cette tendance à partir dans l'absurde, le méta, le décalé, qui assure que Myers et son équipe ne prennent jamais trop au sérieux leur personnage principal et ses aventures, et ont conscience des défauts de leur écriture.

Bref, ça reste sympathique, le final est plutôt efficace, et le gag récurrent du montage "Regardez, là haut, ça ressemble à une grosse..." fonctionne vraiment trop bien pour faire la fine bouche.

4/6

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Les bilans de Lurdo - Halloween Oktorrorfest 2020 - Wellington Paranormal, saison 2 (2019)

Publié le 26 Septembre 2020 par Lurdo dans Action, Comédie, Critiques éclair, Fantastique, Halloween, Horreur, Les bilans de Lurdo, Oktorrorfest, Review, Science-Fiction, Thriller, Policier, Télévision, Nouvelle-Zélande, Wellington

L'Halloween Oktorrorfest touche aussi le petit écran, avec chaque week-end, tout le mois d'octobre, des critiques de séries fantastiques et horrifiques...

Wellington Paranormal, saison 2 (2019) :

La suite des enquêtes de Minogue (Mike Minogue) et O'Leary (Karen O'Leary), officiers de police pas très doués de la ville de Wellington, en Nouvelle-Zélande, accompagnés du Sergent Maaka (Maaka Pohatu), et qui sont chaque jour confrontés au surnaturel...

Deuxième saison de ce spin-off indirect du film Vampires en toute intimité, après une première saison très sympathique, mais parfois un peu superficielle et inégale : cette fois-ci, on remarque que les épisodes semblent plus solides, et ce dès le début de la saison.

Celle-ci commence en effet avec une histoire de monstre marin plutôt amusante, qui se finit dans une débauche d'effets spéciaux (voire dans une débauche tout court) ; ensuite, un lycée où sévissent trois sorcières adolescentes, dans une sorte de remake décalé de Dangereuse Alliance : à nouveau, de nombreux détails absurdes, de l'humour kiwi, ça fonctionne bien.

Petit coup de mou pour l'épisode du policier fantôme qui hante un tunnel, mais la série se reprend rapidement en revenant sur un épisode de la saison 1, celui des clones produits par des extraterrestres depuis une ferme isolée. Des clones encore plus stupides que les policiers originaux, et qui donnent lieu à un épisode plutôt drôle. Le suivant, sur un fantôme resté bloqué dans les années 80, et hantant sa voiture d'alors, est moins percutant, mais heureusement, la série a gardé le meilleur pour la fin, avec un épisode signé Jemaine Clement, sur la révolte des machines.

Mais pas de Terminators au programme, ici : à la place, ce sont de vieux appareils Nokia miteux et des objets délaissés qui se réunissent par magie, formant des mini-robots, jouant au serpent, puis s'assemblant enfin en une sorte de Transformer de taille humaine. Effets spéciaux convaincants, humour qui fonctionne, bref, un sixième et dernier épisode qui se termine sur une note convaincante.

Et puis il reste le Christmas Special, septième épisode officieux de la saison. Un Christmas Special en mode patchwork, avec une succession de cas plus ou moins probants : un responsable de centre commercial dyslexique qui embauche Satan au lieu de Santa, un barbecue perturbé par des portails dimensionnels aspirant les invités, un jouet vivant, une photocopieuse aspirant les personnes posant leurs fesses sur la vitre... un peu inégal, mais le flegme typiquement néozélandais fait que le tout fonctionne.

Dans l'ensemble, une saison 2 que j'ai préférée à la première : mieux maîtrisée, avec (apparemment) plus de moyens, le tout est tout simplement plus homogène qu'en saison 1. Il reste tout de même quelques flottements, ici ou là, mais dans l'ensemble, tout le monde semble plus à l'aise avec ce programme, et avec sa direction créative. En attendant la saison 3 !

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Un film, un jour (ou presque) #1646 : Docteur Strange (1978)

Publié le 17 Mai 2022 par Lurdo dans Review, Critiques éclair, Cinéma, Fantastique, Télévision, Romance, USA, Aventure, Marvel

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Docteur Strange (1978) :

Trois jours : voilà le délai qu'il reste à la malfaisante sorcière Morgan Le Fay (Jessica Walter) pour se débarrasser de Thomas Lindmer (John Mills), le Sorcier Suprême protégeant la Terre des menaces surnaturelles, avant qu'il ne transmette ses pouvoirs à Stephen Strange (Peter Hooten), interne en psychiatrie dans un hôpital new-yorkais. Après avoir possédé une certaine Clea (Anne-Marie Martin) pour tenter de tuer Lindmer, en vain, Morgan se rabat alors sur Strange, qu'elle tente de vaincre, par la force ou par le charme...

Avant d'aborder le dernier volet de Strange dans le MCU, retour en arrière, pour un téléfilm de 1978 supposé servir de pilote à une série dans la lignée de Hulk : au programme, 90 minutes d'un métrage forcément fauché, forcément très daté (la musique, dont Giacchino s'est certainement inspiré pour certaines orchestrations de la version Cumberbatch, mais aussi les effets, aux bruitages dignes de Star Trek TOS, les costumes approximatifs et cheaps, les look et les coiffures - entre les brushings volumineux et les frisouilles de mouton de Strange...), et surtout étrangement rythmé, au point de ronronner sans jamais être intéressant.

En fait, c'est bien simple, c'est véritablement un pilote de série, et une origin story au cours de laquelle un jeune Strange, présenté ici comme un quasi-Harry Potter au cœur pur, destiné à la grandeur et dont les parents se sont sacrifiés pour qu'il survive et accomplisse sa destinée, est totalement passif et n'obtient des pouvoirs qu'à la toute dernière minute, après avoir vaincu Morgan grâce à son sex appeal irrésistible (oui, sérieusement).

Ajoutez à cela des coupures publicitaires flagrantes, un script parfois plus intéressé par la vie professionnelle de Strange à l'hôpital que par le surnaturel, et un vrai manque de charisme et de maturité de Houten, et voilà, un téléfilm médiocre, qui n'a pas connu de suite, et qui se place un peu au-dessus des épisodes spéciaux de Hulk contre Thor ou Daredevil, principalement parce qu'il est plus atmosphérique et homogène.

Et paradoxalement... ça se regarde tout de même, principalement parce que les acteurs sont investis, et parce que le tout a un certain charme rétro et suranné qui n'est pas désagréable, pour peu que l'on sache à quoi s'attendre.

Ce n'est pas bon, mais ce n'est pas non plus un désastre.

2.75/6 

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Un film, un jour (ou presque) #1652 : Ambulance (2022)

Publié le 25 Mai 2022 par Lurdo dans Action, Cinéma, Critiques éclair, Review, Thriller, USA

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Ambulance (2022) :

Parce qu'il a besoin d'argent pour l'opération de son épouse, Sam (Yahya Abdul-Mateen II), ancien militaire, accepte d'aider son frère Danny (Jake Gyllenhaal) à réaliser le braquage d'une banque. Mais ce dernier tourne au désastre, et les deux frères se retrouvent à voler une ambulance avec à son bord Cam (Eiza González), une ambulancière volontaire, et un policier blessé abattu par Sam : une poursuite gigantesque s'engage alors avec toutes les forces de police de Los Angeles...

Après un 6 Underground bancal pour Netflix, Michael Bay remet le couvert avec un budget nettement plus limité (40 millions à peine), pour une adaptation d'un film danois, transformé en thriller d'action imparfait, mais nettement plus intéressant et pêchu que son œuvre précédente.

J'ai eu un peu peur pendant la première demi-heure, principalement de mise en place et de présentation, assez maladroite et mal structurée, avec un Michael Bay qui tente de donner de l'énergie et du style à son métrage avec des plans virevoltants en drone, des dialogues toujours en mouvement, un montage nerveux qui taille dans des dialogues et des scènes qui auraient pu rendre le braquage plus crédible et moins approximatif, etc : ça trébuche un peu, on a parfois la nausée, et la mayonnaise ne prend pas vraiment.

Et puis la poursuite en ambulance se déclenche, et là, immédiatement, ça démarre et ça s'emballe. Il y a bien quelques baisses de rythme, quelques rebondissements WTF (l'opération à rate ouverte, le van invisible peint en vert fluo), quelques digressions inabouties, quelques faiblesses narratives évidentes (le personnage du flic afro-américain revanchard est inutile et sous-développé, en plus de manquer de charisme) et plusieurs faux raccords flagrants dans le montage, mais bizarrement, les trois acteurs principaux très impliqués (notamment Gyllenhaal, À FOND DEDANS !!!) et le savoir-faire global de Bay suffisent à rendre ce thriller improbable assez agréable à suivre.

Alors ce n'est pas un chef d'œuvre, et dans les mains de quelqu'un d'autre, ce script aurait donné un DTV assez basique, mais ça se regarde plutôt bien.

3.75/6 (dont 0.25 pour le chien de Michael Bay, très sympathique)

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Critiques éclair - The Orville 2x11 (2019) & Star Trek Discovery 2x11 (2019)

Publié le 31 Mars 2019 par Lurdo dans Action, Aventure, Comédie, Critiques éclair, Drame, Review, Science-Fiction, Star Trek, Télévision, Orville, CBS, Fox, Netflix, Discovery

Après plusieurs semaines de séparation des critiques de Star Trek Discovery et de The Orville, retour à des critiques combinées collant à peu près au rythme de diffusion...

The Orville 2x11 - Lasting Impressons : 

Lorsqu'il parvient à réactiver un smartphone trouvé lors d'une expédition archéologique, Gordon s'éprend de Laura (Leighton Meister), sa propriétaire new-yorkaise de 2015, qui a laissé de nombreuses photos, vidéos et messages dans l'appareil. Sur un coup de tête, il recrée la jeune femme et son univers dans le simulateur holographique, et commence une relation sentimentale avec elle. En parallèle, Bortus et son mari s'essaient aux cigarettes, et tombent accros...

Un épisode signé MacFarlane, qui (comme d'habitude) évoque beaucoup ce qui a déjà été fait dans le genre par Star Trek (que ce soit avec Riker et Minuet, Geordi et Leah Brahms, ou Janeway et Michael Sullivan...) sans vraiment apporter grand chose de passionnant qui justifierait une nouvelle version de cette histoire.

Enfin, ce n'est pas tout à fait vrai : il apporte à ce type d'histoire une narration et une forme très "comédie romantique américaine contemporaine", comme il l'avait déjà fait, il y a peu, pour le Doc et pour Isaac (d'ailleurs, Isaac a totalement disparu de la série depuis quelques semaines...). Ce n'est pas forcément désagréable, c'est assez bien interprété, mais dans l'absolu, c'est loin d'être captivant, et c'est cousu de fil blanc.

Heureusement, à côté, il y a Bortus et ses cigarettes, une sous-intrigue ouvertement comique et parodique, qui ne fait pas dans la subtilité, mais s'avère plutôt drôle.

Reste que ce serait tout de même bien que MacFarlane cesse de photocopier d'anciens épisodes de Trek s'il n'a rien de vraiment novateur à apporter à leur postulat de départ.

Star Trek Discovery 2x11 - Perpetual Infinity :

Alors que Burnham renoue avec sa mère (Sonja Sohn), écartelée entre plusieurs époques, Giorgiou et Tyler s'aperçoivent que Leland a été contaminé par Control, et qu'il n'est plus responsable de ses actes...

Passons sur le pléonasme du titre de l'épisode, pour nous attarder sur... euh... pas grand chose, en fait, puisque je dois bien avouer m'être profondément ennuyé devant cet épisode brouillon, qui fait énormément de remplissage sur le front de Burnham et de sa mère, qui laisse énormément (trop !) de place au surjeu de SMG, qui flirte considérablement (et de bien trop près pour que je sois en confiance) avec une "borgification" de Leland, et surtout, qui dissimule derrière trois tonnes de platitudes pseudo-philosophiques et de technobabble le fait que le scénario prenne l'eau de toutes parts, et ne soit qu'un enchaînement de rebondissements et d'idées approximatives.

Je... en réalité, je n'ai même pas envie de développer. Cet épisode m'a été vraiment pénible à suivre, il ne fait vraiment pas avancer le schmilblick dans une direction intéressante à mes yeux, et il m'a vraiment donné envie d'arrêter en cours de route - ce qui est assez mauvais signe, à une poignée d'épisodes de la fin de saison.

(j'espère vraiment qu'ils ne vont pas nous envoyer Leland dans le passé, dans le Delta Quadrant, d'une manière ou d'une autre, pour en faire le premier Borg...)

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Critiques éclair - Star Trek Discovery 1x14

Publié le 10 Février 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Télévision, Star Trek, Science-Fiction, Action, Aventure, CBS, Drame, Discovery

On voit enfin le bout de la saison 1 de Star Trek Discovery, après un épisode se terminant par le retour du vaisseau dans son univers d'origine, et qui se concluait par ce moment inoubliable, symptomatique de l'écriture incompétente de la série :

"- Mr Saru, nous sommes de retour dans notre univers, mais neuf mois dans le futur.
- Contactez Starfleet au plus vite, pour les informer de notre retour, et pour mettre à jour nos cartes tactiques afin de connaître les progrès de la guerre contre les Klingons.
- ... Monsieur, impossible de joindre Starfleet, nous ne recevons aucune réponse, pas même automatique !"
 
(pendant ce temps, en arrière-plan, les cartes tactiques se mettent à jour, n'ayant visiblement aucun problème à contacter Starfleet et à se connecter aux banques de données de la flotte pourtant ravagée et/ou conquise par les Klingons)

​Star Trek Discovery 1x14 :

De retour dans leur univers d'origine, les membres d'équipage du Discovery font le point, et reçoivent la visite de Sarek et de l'Amirale Cornwell...

45 minutes d'exposition particulièrement bavarde, avec son quota de moments qui ne fonctionnent pas (le bilan de Ash et de Burnham sur leur relation), et d'autres gentiment WTF :

- Sarek qui arrive à bord et fait aussitôt un mind-meld à autrui sans lui demander son avis (d'ailleurs, toute la caractérisation de Sarek est complètement à l'ouest, comme lorsqu'il se met à parler d'amour et de sentiments à Burnham) ;

- Ash qui est laissé quasiment libre dans le vaisseau sans que personne ne sache comment il a été guéri, ou s'il a bien été guéri, mais qui en parallèle se fait opposer une fin de non-recevoir par quasiment tout le monde à bord (paradoxe, quand tu nous tiens) ;

- la terraformation d'une planète en quelques minutes, pour y refaire le plein de spores ;

- et bien entendu, le plan final du Discovery : télésporer directement le Discovery dans la planète Qo'onos, apparemment creuse (!?), scanner toutes les installations grâce aux spores magiques (!?), faire un carnage (!?), et gagner la guerre pour le compte d'une Fédération qui, même avec l'algorithme de détection des vaisseaux camouflés, mais avec seulement 1/3 de vaisseaux en moins, ne semble pas capable de vaincre ses adversaires (!?).

Ah, et j'oubliais : pour réussir tout cela, apparemment, il faut faire croire à l'équipage du Discovery que Giorgiou est toujours vivante (!?), et laisser le champ libre à Mirror Giorgiou, placée aux commandes du vaisseau (!?).

Je me doute bien que l'objectif des scénaristes et showrunners, c'est d'avoir une fin de saison qui reflète son ouverture, avec une Burnham qui se mutine contre une Giorgiou, et met ainsi un terme à la guerre qu'elle a déclenchée, mais bon... c'est écrit avec tellement peu de finesse et de fluidité qu'on sent qu'ils avaient l'idée de base, la conclusion de l'arc, mais rien d'autre entre deux, et qu'ils ont brodé au fur et à mesure.

Vraiment toujours aussi décevant, et je redoute le pire pour le grand final de la semaine prochaine.

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Christmas Yulefest 2021 - 22 - Un Noël saupoudré d'amour (2021)

Publié le 14 Décembre 2021 par Lurdo dans Cinéma, Christmas, Comédie, Critiques éclair, Noël, Review, Romance, Télévision, USA, Yulefest, Food

C'est bientôt Noël : chez les Téléphages Anonymesc'est l'heure du marathon de cinéma festif de la Christmas Yulefest, et ce jusque début janvier...

Un Noël saupoudré d'amour (Candy Coated Christmas - 2021) :

Parce que sa famille très aisée est en faillite, Molly (Molly McCook) part pour la petite ville de Peppermint Hollow pour y vendre la maison d'enfance de sa mère, espérant ainsi renflouer un peu les finances familiales et ses investissements. Mais sur place, elle découvre une ville fascinée par Noël et par les festivités, ainsi que la famille de Noah (Aaron O'Connell), sa mère (Lee Garlington) et sa sœur d'adoption (Landry Townsend), qui louent actuellement la maison, et dont les affaires sont au plus mal.

Premier long-métrage de Noël de Food Network et de Discovery +, l'une de ses chaînes sœurs, Candy Coated Christmas est... une production MarVista, la maison de production qui, pendant des années, était le principal fournisseur de téléfilms de Noël sirupeux et assemblés à la chaîne de Hallmark.

Le résultat (qui ne surprendra personne) est donc un téléfilm ultra-générique et balisé, qui cumule tous les clichés possibles et imaginables des films de Noël de type Hallmark, depuis l'héroïne superficielle cadre dans le marketing jusqu'à l'entreprise familiale qui périclite, la rivale jalouse, la meilleure copine ethnique, le beau célibataire, le village obsédé par Noël, la fausse neige, etc, etc, etc.

Et pourtant, surprise, j'ai trouvé le tout plutôt agréable à regarder. Probablement parce que la distribution du métrage est globalement attachante, avec un couple principal qui a une bonne alchimie, une meilleure copine asiatique amusante (avec son bébé), et Dakota, une adolescente métissée naturelle et sympathique (Landry Townsend, que l'on devrait revoir dans un ou deux films Hallmark, cette saison).

Mais aussi parce que le film est plus décontracté que les autres productions MarVista pour Hallmark, avec notamment une réflexion amusante de Dakota qui, confrontée aux avertissements de Molly sur les hommes, qui sont selon elle tous pourris, lui réplique "oui, mais est-ce que tu as essayé les filles, alors ?".

Ça ne passerait pas sur le Hallmark d'il y a un an ou deux, et encore moins sur GAC Family.

Après, ça reste très limité dans son intérêt, surtout si l'on a déjà vu un autre téléfilm Hallmark au moins une fois dans sa vie... mais ça aurait pu être pire.

2.75 + 0.25 pour la distribution = un petit 3/6

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Christmas Yulefest 2021 - 20 - Coup de foudre avant Noël (2021)

Publié le 13 Décembre 2021 par Lurdo dans Christmas, Cinéma, Comédie, Critiques éclair, Fantastique, Hallmark, Noël, Review, Romance, Télévision, USA, Yulefest

C'est bientôt Noël : chez les Téléphages Anonymesc'est l'heure du marathon de cinéma festif de la Christmas Yulefest, et ce jusque début janvier...

Coup de foudre avant Noël (A Kiss Before Christmas - 2021) :

Agent immobilier sur le point de décrocher une promotion, Ethan Holt (James Denton) tente de concilier sa vie professionnelle surbookée avec sa vie de famille, composée de Joyce (Teri Hatcher) et de leurs deux enfants adoptés. Placé dans une situation délicate l'obligeant à compromettre son sens moral, Ethan fait alors le souhait de ne pas avoir à choisir entre famille et argent... mais lorsqu'un étrange Santa Claus de rue exauce son vœu, il se retrouve célibataire, à la tête de son cabinet, embarqué dans une affaire compliquée contre Joyce, qui le déteste. Pire : il n'a que quelque jours pour trouver le bonheur...

La preuve, s'il en fallait encore une, que même la comédie romantique festive la plus générique et prévisible (et dieu sait pourtant que ce Kiss Before Christmas est bourré de clichés : la promotion, la business party du 24/12, le lieu communautaire à sauver avant sa destruction, le protagoniste qui fait passer sa carrière avant son bonheur, le Santa magique, le vœu façon It's a Wonderful Life, le rival professionnel manipulateur, etc, etc, etc) peut être tirée vers le haut par un couple principal à l'alchimie efficace, ici Teri Hatcher et James Denton (qui se connaissent très bien depuis Desperate Housewives).

Ensemble, les deux acteurs ont un rythme familier, une cadence qui fait que tout semble naturel, même les moments de dialogue à l'écriture un peu lourde (il y en a plusieurs, et il n'y a qu'à voir comment Rod Wilson paraît rigide et faux dans son jeu pour comprendre que Hatcher et Denton font parfois des miracles). Et cette alchimie porte tout le métrage, permettant aussi d'éviter les moments les plus clichés (le quiproquo de fin, résolu en trois lignes de dialogues intelligentes), et de jouer un peu avec ces derniers (Hatcher qui se moque allègrement du cliché de la fête de bureau la veille de Noël, par exemple).

Alors ce n'est pas exceptionnel, l'écriture est parfois un peu faiblarde et les seconds rôles peu mémorables (Marilu Henner exceptée), mais malgré un récit très balisé, je ne me suis pas ennuyé. Et puis le fait d'avoir un personnage principal masculin, pas féminin, change un peu du tout venant des rom-coms Hallmark.

3.75/6 (par contre, le flashback 20 ans plus tôt, avec rajeunissement numérique approximatif... il vaut mieux éviter)

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Les bilans de Lurdo - Halloween Oktorrorfest 2022 - What We Do In The Shadows, saison 4 (2022)

Publié le 22 Octobre 2022 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Comédie, Fantastique, Télévision, Romance, USA, Halloween, Horreur, Oktorrorfest, Sitcom, Les bilans de Lurdo

L'Halloween Oktorrorfest touche aussi le petit écran, avec chaque week-end, durant tout le mois d'octobre, des critiques de séries fantastiques et horrifiques...

What We Do In The Shadows, saison 4 (2022) :

Nouvelle saison des mésaventures de ces chers vampires de Staten Island, et une qualité toujours à peu près égale, avec des hauts et des bas, des moments inutilement graveleux et des personnages qui se cherchent sans se trouver.

Si la saison 3 était celle de l'évolution, avec nos vampires qui accédaient à la direction du grand Conseil des Vampires, et une séparation finale inattendue (ainsi que la "mort" de Colin), la saison 4 est celle du retour au status quo.

D'un côté, Nandor, toujours en quête de sens et se sentant seul, décide de se marier. Pour cela, il fait appel à un génie de la lampe (en mode expert comptable ^^) aux innombrables vœux, et ramène à la vie ses 37 époux et épouses, pour en choisir un ou une définitif(ve). Une sous-intrigue saisonnière qui souligne le côté LGBTQ de la série, qui renforce les liens entre Nandor et Guillermo, et qui se conclue sur une note fataliste un peu décevante.

Nadja, elle, revient rapidement d'Europe et décide de se lancer dans le milieu de la nuit, en transformant le site du Conseil en night-club vampirique. De quoi laisser plus de place au personnage de la Guide (Kristen Schaal), qui devient son acolyte, et donner plus de choses à faire à Natasia Demetriou, qui se lâche totalement, devient une patronne sans pitié, et finit par faire faillite.

Guillermo, lui, fait son coming-out (attendu) en cours de saison, mais le sort de son petit-ami britannique finit par être survolé vers la fin de saison, et il faut attendre les derniers moments de cette année pour envisager un véritable changement du personnage.

Reste Colin, à la croissance accélérée, et qui devient un enfant star managé par Laszlo : une sous-intrigue de fond aux rebondissements un peu prévisibles (les coups de marteau dans les murs), pas toujours aussi probante qu'elle aurait pu l'être, mais qui finit par synthétiser toute la saison dans une conclusion finalement appropriée.

Ajoutez à cela une digression parodiant une émission de télévision de rénovation de maison, avec un retour inattendu à la fin, et une visite à un marché nocturne bourré de créatures excentriques, très Guillermo Del Toro dans l'esprit, et voilà, une saison parfois inégale mais plutôt sympathique, qui tombe par moments un peu trop dans des ressorts sitcom basiques (la visite de l'inspecteur de l'école privée, la partie de chasse, la soirée entre filles) tout en restant très agréable à suivre, principalement grâce à ses interprètes qui s'amusent toujours beaucoup.

Et donc, comme je le disais, cette fin de saison qui boucle tout de manière un peu facile, en jouant la carte de l'émotion, et du retour à la case départ. Pas forcément rédhibitoire en soi, notamment lorsque l'on parle de vampires pour qui le passage du temps et l'immuabilité n'ont pas le même sens que pour le commun des mortels.

Cela dit, la saison m'a tout de même paru un peu moins structurée et un peu plus décousue et brouillonne que la saison 3, ce qui est toujours frustrant sur la durée. En attendant la saison 5 !

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Les bilans de Lurdo - Halloween Oktorrorfest 2022 - Fais-moi peur ! : L'Île aux fantômes (2022)

Publié le 8 Octobre 2022 par Lurdo dans Critiques éclair, Les bilans de Lurdo, Télévision, Halloween, Horreur, Oktorrorfest, Fantastique, Jeunesse, USA, Nickelodeon, Review

L'Halloween Oktorrorfest touche aussi le petit écran, avec chaque week-end, durant tout le mois d'octobre, des critiques de séries fantastiques et horrifiques...

Fais-moi peur ! : L'Île aux fantômes (Are You Afraid of the Dark ? : Ghost Island - 2022) :

Encore marquée par la disparition tragique de Bella, sa sœur jumelle, Kayla (Telci Huynh) et ses amis de la Société de Minuit (Luca Padovan, Dior Goodjohn, Chance Hurstfield) partent en vacances sur l'Île aux fantômes, où ils séjournent dans un hôtel paradisiaque et ensoleillé. Rapidement, cependant, le mystère de la Chambre 13 de l'hôtel attire leur attention...

Et avec ces 4 épisodes d'une quarantaine de minutes, le revival Fais-moi Peur ! continue de plus belle, s'éloignant chaque année un peu plus de ce qui faisait l'essence de la série originale, pour se transformer en série fantastique générique au possible et assez frustrante : les bases de Fais-moi peur ! (un format anthologique où un groupe d'adolescents formant la Société de Minuit se raconte des histoires qui font peur la nuit auprès d'un feu de camp) sont désormais totalement oubliées (ou presque : on comprend brièvement que la Société de Minuit de cette mini-série a cessé toute activité suite à la mort de la sœur de l'héroïne, et Max se moque, en passant, du rituel de la poudre jetée dans les flammes) pour, une nouvelle fois, confronter les personnages à une réelle menace surnaturelle, ici dans un hôtel hanté, en vacances sur une île tropicale ensoleillée.

Et forcément, malgré la structure en quatre épisodes de la mini-série, avec des épisodes portant tous des noms évoquant le programme original ("L'histoire de la Chambre 13", etc), ce ne sont que de vagues descriptifs des divers éléments de ce récit unitaire, uniquement là pour jouer la carte du fanservice et rappeler les épisodes indépendants de la série originale.

Mais si l'on met de côté toutes ces frustrations, que valent les quatre épisodes de L'Île aux fantômes ? Et bien ce n'est pas très probant : oui, les moments de hantise sont assez réussis visuellement, mais entre les extérieurs ensoleillés, les personnages qui se prélassent sur la plage, la musique pop omniprésente (beaucoup de chansons placées çà et là), le côté très mélodramatique et criard de l'interprétation, le quota diversité de la distribution (avec sa relation LGBTQ impossible entre un fantôme et le gay flamboyant de la bande), l'écriture assez moyenne (vocabulaire woke et rebondissements télégraphiés sont au programme) et le simple fait qu'au final, c'est une relecture adolescente du film Miroirs (et de tous ces récits avec des entités maléfiques emprisonnées dans des miroirs)... ce n'est pas très convaincant ou mémorable.

Ça plaira sans doute à certains, mais dans la droite lignée de La Malédiction des Ombres (la saison précédente, plus réussie et intéressante), le tout s'éloigne tellement de la série originale que je ne m'y retrouve plus du tout. Et si le nombre réduit d'épisodes est bienvenu (contrairement à La Malédiction des Ombres, qui trainait un peu en longueur), ça m'a paru un bon degré en dessous de la cuvée précédente.

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Halloween Oktorrorfest 2022 - 06 - Scream (2022)

Publié le 3 Octobre 2022 par Lurdo dans Review, Critiques éclair, Cinéma, Comédie, Fantastique, Thriller, Horreur, Oktorrorfest, USA, Halloween

Chez les Téléphages Anonymes, de fin septembre à début novembre, on fête Halloween et l'Oktorrorfest, un marathon quotidien de cinéma fantastique et d'horreur...

Scream (2022) :

Vingt-cinq ans après la vague de meurtres perpétrés par Woodsboro par le Ghostface Killer, celui-ci ressurgit et fait de nouvelles victimes : parmi elles, Tara (Jenna Ortega) parvient à survivre, et reçoit alors la visite de sa sœur Sam (Melissa Barrera), à laquelle elle ne parlait plus. Car Sam est en réalité la fille de feu Billy Loomis, l'un des tueurs masqués originaux, et cela va rapidement attirer sur elle de multiples soupçons, alors même que les cadavres s'accumulent à Woodsboro...

J'avoue, je ne m'y attendais pas : n'ayant jamais été particulièrement fan de la franchise Scream (à la sortie du premier, je n'adhérais déjà pas à son cynisme très fin 90s/début 2000, et je n'ai que de vagues souvenirs des épisodes 2, 3 et 4), je n'avais aucune espérance ni envie vis à vis de ce reboot/séquelle de la franchise de Wes Craven. D'autant que Craven n'est plus, remplacé ici par Radio Silence (duo responsable de V/H/S, 666 Road : Southbound, Wedding Nightmare, The Baby), avec leurs scénaristes habituels en lieu et place de Kevin Williamson.

Et pourtant, ce Scream 2022 est plutôt regardable, malgré un certain manque de charisme de sa distribution (sans surprise, le nom le plus connu et l'acteur plus expérimenté de la bande de jeunes est le tueur), une approche méta du genre de l'horreur assez pataude dans son écriture (ça se pignole sur l'elevated horror façon A24, ça explique maladroitement ce qu'est un(e) réquelle, ça se moque allègrement des "trve fans" toxiques, bref, ça se croit fréquemment plus malin que ça ne l'est vraiment) et des scènes qui semblent un peu forcées et calculées pour donner un dernier moment de bravoure aux anciens de la série (et justifier leur implication dans le projet).

Rien d'exceptionnel, honnêtement, mais ça remplit son office : les meurtres sont brutaux, c'est cynique sans l'être trop, et ça obéit à la formule de la série, en se permettant en prime quelques moments intéressants (la symbolique de l'héroïne hantée par le souvenir de son père, et qui finit par succomber à ses pulsions... génétiques ?). Avec une distribution un peu moins générique (anciens exceptés), ça aurait même pu être meilleur.

3.5/6

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Les bilans de Lurdo - Halloween Oktorrorfest 2022 - Wellington Paranormal, saison 4 (2022)

Publié le 25 Septembre 2022 par Lurdo dans Comédie, Critiques éclair, Fantastique, Horreur, Les bilans de Lurdo, Halloween, Oktorrorfest, Review, Science Fiction, Science-Fiction, Nouvelle Zélande, Wellington, Thriller, Télévision

L'Halloween Oktorrorfest touche aussi le petit écran, avec chaque week-end, durant tout le mois d'octobre, des critiques de séries fantastiques et horrifiques...

Wellington Paranormal, saison 4 (2022) :

La suite des enquêtes de Minogue (Mike Minogue) et O'Leary (Karen O'Leary), officiers de police pas très doués de la ville de Wellington, en Nouvelle-Zélande, accompagnés du Sergent Maaka (Maaka Pohatu), et qui sont chaque jour confrontés au surnaturel...

Ultime saison de cette série comique néo-zélandaise déjantée et décalée, qui au fil des ans et malgré des conditions de production parfois difficiles, avait su se faire une place dans le paysage audiovisuel, aux côtés de What We Do in the Shadows, sa série sœur nettement plus populaire...

Au programme, six petits épisodes à peine, ce qui est bien peu pour conclure les mésaventures de Minogue et O'Leary, mais fonctionne néanmoins plutôt bien, avec notamment une utilisation plus modérée de Parker (Thomas Sainsbury), la cinquième roue du carrosse (enfin, techniquement, la quatrième roue du tricycle), dont les gags et les interventions sont rarement drôles ou inspirées (sauf, bizarrement, dans le cas de sa sous-intrigue de l'avant-dernier épisode de la saison, qui le voit connaître des aventures improbables au sein du SWAT local... avec une utilisation du hors-champ et du "on n'a clairement pas le budget pour montrer ça à l'écran" franchement rigolote).

Cette saison, donc, les officiers de Wellington sont confrontés à une femme-oiseau issue du folklore locale (plutôt amusant), à une relecture néozélandaise et satanique de Wicker Man, à une veste en cuir possédée par un esprit resté coincé dans les années 80, à la découverte que le commissariat est construit sur un cimetière de vieux caucasiens râleurs et mécontents (un épisode drôle sur le papier, pas exceptionnel dans les faits), au retour du Satan de l'épisode de Noël (ici patron d'un club de dubsteb, dans un épisode un peu décousu), et enfin, mais non des moindres, à un ver géant capable de voyager dans le temps, ce qui amène les deux policiers à changer involontairement le cours de l'histoire, et à transformer Wellington en zone de guerre envahie de monstres, d'aliens et de zombies.

Une fin de saison (et de série) en forme de bilan sur l'action du Wellington Police Department, et qui fonctionne assez bien, au terme de cette nouvelle fournée d'épisodes assez brève.

Pas forcément la saison la plus aboutie, ni la plus hilarante (encore une fois, j'ai du mal avec Parker), mais le programme se termine comme il a commencé : dans une excentricité et une folie douce typiquement néozélandaise, qui fait toujours plaisir à voir.

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Halloween Oktorrorfest 2022 - 38 - Esther 2 : Les Origines (2022)

Publié le 27 Octobre 2022 par Lurdo dans Cinéma, Critiques éclair, Halloween, Horreur, Oktorrorfest, Thriller, USA, Review

Chez les Téléphages Anonymes, de fin septembre à début novembre, on fête Halloween et l'Oktorrorfest, un marathon quotidien de cinéma fantastique et d'horreur...

Esther 2 : Les Origines (Orphan : First Kill - 2022) :

Évadée de l'hôpital psychiatrique estonien où elle était enfermée, Leena (Isabelle Fuhrman) jette son dévolu sur la famille Albright - Tricia (Julia Stiles), Allen (Rossif Sutherland), et leur fils Gunnar (Matthew Finlan) - en se faisant passer pour Esther, leur petite fille disparue. Mais rapidement, alors que Leena est acceptée à bras ouverts par les Albright, elle s'aperçoit que cette famille a des secrets tout aussi sombres que les siens...

Heu... comment dire ? Je n'ai pas grand souvenir du premier Esther (2009), joliment réalisé par Jaume Collet-Serrat, et qui jouait de l'âge de sa protagoniste (une fillette de 9 ans qui en avait en réalité 33, interprétée par une actrice de 12 ans) pour créer le malaise et la peur. Ce n'était pas mauvais, en soi, mais ça s'arrêtait là, et le film est très loin d'être cette œuvre culte que certains journalistes web se plaisent désormais à décrire avec nostalgie.

Ici, 13 ans plus tard, Esther 2 part déjà avec un handicap : Isabelle Fuhrman a désormais 25 ans, et l'illusion ne fonctionne plus vraiment. D'autant que le film prend le parti d'être une préquelle au film de 2009, avec une Esther théoriquement plus jeune, que le scénariste du premier film n'est plus là, et que Jaume n'est plus non plus à la réalisation.

À sa place, William Brent Bell, réalisateur de The Devil Inside et des deux The Boy : on est loin d'une filmographie mémorable. Résultat : Esther 2 est assez laid et générique, visuellement, à la limite du téléfilm fauché, ce qui n'aide guère à rendre intéressant son récit mollasson - il faut ainsi attendre près d'une heure pour que le scénario démarre enfin, avec un twist qui tente de renverser la donne et de faire d'Esther une sorte d'anti-héroïne improbable.

Pas vraiment un choix très probant, d'autant que le spectateur sait déjà comment toute cette histoire va se terminer : par un incendie (numérique et cheapouille) et par la victoire d'Esther.

Aucun suspense, donc, et pas grand intérêt à cette suite qui ne fonctionne jamais vraiment, malgré les efforts de la distribution.

2/6

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Un film, un jour (ou presque) #1708 : Thor - Love and Thunder (2022)

Publié le 4 Août 2022 par Lurdo dans Action, Aventure, Comédie, Cinéma, Critiques éclair, Review, Fantastique, Science Fiction, Science-Fiction, Romance, MCU, Disney, Marvel, USA, Nouvelle Zélande

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Thor - Love and Thunder (2022) :

Lorsqu'il apprend que Gorr (Christian Bale), furieux, a décidé de mettre fin à l'existence de tous les Dieux de la galaxie, Thor (Chris Hemsworth) part en mission accompagné de Valkyrie (Tessa Thompson), de Korg (Taika Waititi)... et de Jane Foster (Natalie Portman), atteinte d'un cancer, et qui a trouvé dans un Mjolnir reconstitué une source de pouvoir et de vie inespérée.

Après Thor Ragnarok, plutôt fun mais hissé sur un piédestal par beaucoup de critiques et de spectateurs, alors dans leur phase "Waititi est un génie qui ne peut pas commettre d'erreur", voici le nouveau volet de la saga Thor du MCU, un volet nettement plus critiqué et accueilli fraîchement par la presse et le web (la lune de miel avec Waititi est terminée, maintenant, on s'amuse à le casser plus que de mesure), au point de parler de flop dans certains médias.

En réalité, c'est loin d'être un flop, mais il est évident que ce métrage souligne les défauts du style Waititi, un style et un humour qu'il est préférable de bien doser et de canaliser pour qu'il atteigne son plein potentiel : ici, Taika est en roue libre, nous concocte un hommage aux films d'aventure des années 80, et tout ce qui va avec : esthétique, musique (Waititi est partisan de l'utilisation de morceaux thématiquement liés au scénario, d'où Sweet Child of Mine, entre autres), rythme, références (Thor qui se prend pour JCVD), etc

Pour le meilleur et pour le pire, car si ça fonctionne globalement, ça tombe aussi de manière plus ponctuelle dans le too much, dans la parodie rigolarde un peu trop poussée, qui contraste assez sévèrement avec le sérieux de certains autres moments (qu'ils soient plus menaçants ou plus émotionnels). On peut par exemple citer Russell Crowe en Zeus goguenard et arrogant, qui en fait trois tonnes, la narration de Korg, inutile, ou encore le côté jaloux de Stormbreaker, amusant, sans plus.

Après, il y a du bon, le passage dans le monde des Ombres, en noir et blanc, est plutôt réussi ; Bale est très investi, ses créatures joyeusement repoussantes ; Thor et son armée d'enfants, c'est rigolo ; et toute la relation Jane/Thor fonctionne assez bien, notamment parce que Portman se décoince et semble s'amuser.

Après, ça reste un peu en dessous de Ragnarok (c'est plus simple et brouillon, Gorr aurait bénéficié à paraître un peu plus alien, le score co-écrit par Giacchino mèle hard rock et symphonique choral mais ne parvient pas à marquer les esprits et à trouver sa place entre les chansons - en plus de ne pas assurer la continuité thématique), mais ça reste tout à fait sympathique, pour peu qu'on ne soit pas allergique au versant humoristique du MCU.

3.75/6

(bilan Marvel/DC mis à jour !)

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Un film, un jour (ou presque) #1701 : SEMAINE SF RÉTRO - L'aventure intérieure (1987)

Publié le 28 Juillet 2022 par Lurdo dans Aventure, Cinéma, Comédie, Critiques éclair, Review, Romance, Science Fiction, Science-Fiction, USA

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

L'aventure intérieure (Innerspace - 1987) :

Pilote rebelle et sarcastique, Tuck Pendleton (Dennis Quaid) participe à un projet révolutionnaire de miniaturisation devant mener à son injection dans le corps d'un lapin. Mais lorsqu'une organisation rivale, menée par le Dr. Margaret Canker (Fiona Lewis), interrompt les opérations, Tuck finit injecté dans le corps de Jack (Martin Short), un caissier névrosé et hypocondriaque qui se retrouve alors à devoir échapper aux hommes de Canker, en demandant l'aide de Lydia (Meg Ryan), l'ex-petite-amie de Tuck...

On prend les mêmes, et on recommence : deux ans après Explorers, Joe Dante s'associe de nouveau à Rob Bottin et Jerry Goldsmith, pour une production Amblin qui, encore une fois, a une légère tendance à se perdre en digression en tous genres, et à s'éparpiller un peu - sauf qu'ici, c'est nettement plus cadré et maîtrisé que dans le film précédent de Dante.

Innerspace est ainsi un one-man show de Martin Short - on accroche ou pas à son numéro d'homme téléguidé - mâtiné de comédie romantique entre Quaid et Meg Ryan (qui, honnêtement, m'a toujours laissé de marbre), et saupoudré d'un argument de science-fiction étrangement passé en filigrane : c'est peut-être ça qui m'a le plus surpris, dans ce métrage.

En effet, passé le début dynamique en mode thriller scientifique, la côté miniaturisation et injection dans le corps humain est quasiment réduit à un gimmick d'une petite voix dans la tête de Jack, pour l'aider à gérer sa nouvelle situation, et à convaincre Lydia de l'aider.

Là, la comédie fantastique s'écarte alors pour céder à la romance, et en guise d'aventure intérieure, on se retrouve plutôt avec une comédie extérieure, tandis que Jack et Lydia sont traqués par des méchants très méchants (l'occasion de placer des caméos des habitués de Dante, ici ou là).

En soi, ça permet au film de rester dynamique et léger, mais on peut s'étonner de voir le côté Voyage fantastique du récit autant en demi-teinte, d'autant que les effets spéciaux de l'intérieur du corps humain sont très réussis. Mais Dante privilégie clairement la romance et le côté comédie décomplexée et caricaturale de son métrage, et encore une fois, on accroche ou pas.

3.75/6

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Christmas Yulefest 2021 - 47 - Noël chez les Mitchell ! 2 : Duel à Noël chez les Mitchell (2021)

Publié le 29 Décembre 2021 par Lurdo dans Christmas, Cinéma, Comédie, Critiques éclair, Hallmark, Noël, Review, Romance, Télévision, USA, Yulefest

Noël est derrière nous, mais chez les Téléphages Anonymes, le marathon de cinéma festif de la Christmas Yulefest continue jusque début janvier...

Noël chez les Mitchell ! 2 : Duel à Noël chez les Mitchell (The Christmas House 2 : Deck Those Halls - 2021) :

Quelques années après que les Mitchell aient traversé leur dernière crise familiale, Mike (Robert Buckley) l'acteur est invité par sa chaîne à prendre part à un concours de décorations télévisé présenté par Macie Stevens (Teryl Rothery), une star dans son domaine, et l'opposant à un autre acteur. Mais lorsque ce rival déclare forfait avant l'émission, c'est Brandon (Jonathan Bennett), le frère de Mike, qui prend sa place : de quoi réveiller la rivalité immature et enfantine qui existe entre les deux hommes, et qui dégénère assez rapidement...

Le précédent Noël chez les Mitchell !, co-écrit par son interprète principal, avait pour lui un sens de l'humour assumé, et un ton plus moderne que la moyenne des productions Hallmark : rien d'exceptionnel, mais un métrage sympathique, qui se regardait sans trop de difficultés malgré une distribution parfois inégale des personnages secondaires.

Ici, pour cette suite, toujours co-écrite par Robert Buckley, on force encore un peu plus le trait, en combinant une Guerre des Guirlandes façon Voisin contre voisin à un concours de télé-réalité singeant Christmas Battle : les illuminés de noël, et à un format lorgnant ouvertement sur Modern Family, avec des personnages qui s'adressent directement à la caméra pour des apartés dans le cadre de l'émission télévisée à laquelle ils prennent part.

Et le résultat est plutôt honorable, dans la droite lignée du précédent volet : rien d'exceptionnel, pas forcément à la hauteur de ses modèles (tout le côté Modern Family, notamment, aurait mérité d'être plus nerveux et dynamique), et souffrant toujours de personnages secondaires assez inégaux (je trouve toujours les conjoints des deux frères assez ternes et génériques), mais bénéficiant d'un développement délibéré et intéressant de la plupart des personnages, notamment celui de Jonathan Bennett.

Après, quand bien même le téléfilm tenterait d'éviter les clichés habituels des productions Hallmark (avec notamment un quota romance quasi-inexistant), on n'évite pas un ex-mari anglais cliché et vantard, ou encore un personnage de quasi-Santa magique qui n'apporte pas grand chose au tout (mais à le mérite d'exister).

3.75/6 (même note que le premier volet)

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Christmas Yulefest 2019 - 64 - A Christmas Carol (2019)

Publié le 1 Janvier 2020 par Lurdo dans Critiques éclair, Fantastique, Drame, Horreur, Les bilans de Lurdo, Noël, Christmas, Review, Religion, Télévision, USA, Yulefest, FX, BBC

Noël est terminé, mais chez les Téléphages Anonymesc'est toujours l'heure du marathon de cinéma festif de la Christmas Yulefestet ce jusqu'à mi-janvier...

A Christmas Carol (2019) :

Dans le Londres du 19è siècle, la veille de Noël, Ebenezer Scrooge (Guy Pearce), un avare exploitant ses employés et détestant Noël, reçoit la visite du fantôme de Jacob Marley (Stephen Graham). Celui avertit alors Scrooge qu'il va recevoir, durant les nuits à venir, la visite de trois autres esprits - l'esprit des Noëls passés (Andy Serkis), celui des Noëls présents (Charlotte Riley), et celui des Noëls futurs (Jason Flemyng)- pour l'inciter à faire le point sur son existence, au risque de subir le même sort que Marley à sa mort...

Si pour vous, le Conte de Noël de Dickens a toujours été trop joyeux, trop optimiste et trop coloré ; si vous avez toujours voulu que ce récit soit plus sombre, plus torturé, plus violent et plus dépressif ; si à vos yeux, ce qu'il manque à ce récit classique, c'est de la pédophilie, de la sorcellerie, du harcèlement sexuel, de l'humiliation, des morts par dizaines, du chômage, etc, le tout sur près de trois heures ; si vous avez toujours pensé que la structure du récit de Dickens méritait d'être repensée, et ne devait plus se terminer sur une rédemption optimiste ; si pour vous, ce que devrait être le Christmas Carol de Dickens, c'est une origin story grimdark d'Ebenezer Scrooge... alors cette relecture de Dickens par Steven Knight, le showrunner de Peaky Blinders, et co-produite par F/X et la BBC, est faite pour vous.

Car dès les premières minutes du premier épisode, le ton est donné : un jeune s'introduit dans le cimetière où est enterré Jacob Marley, se soulage sur sa tombe tout en insultant le défunt, et l'urine traverse le sol pour tomber, goutte à goutte, sur le fantôme de Marley qui proteste et réclame qu'on le laisse reposer en paix.

Tout le reste de la mini-série sera du même acabit, avec un trait toujours plus grossier, et poussé dans des retranchements d'une noirceur forcée, presque caricaturale : si Scrooge est méchant et avare, c'est parce que son père ultra-violent l'a maltraité depuis sa plus tendre enfance, décapitant devant ses yeux sa souris blanche reçue en cadeau de Noël ; s'il est psychologiquement brisé (ce Scrooge souffre de troubles obsessionnels compulsifs et voit tout par le prisme du capital et de l'économie), c'est parce que ce même père l'a "vendu" au directeur de la pension où Ebenezer était contraint de passer Noël en solitaire, un directeur qui en profitait pour violer l'enfant avec l'assentiment tacite du père de ce dernier.

Mais Scrooge n'est pas qu'un usurier méchant et grincheux, contrairement au récit de Dickens : ici, il est banquier d'investissement sans scrupules, directement responsable, par sa négligence, son avarice, son caractère implacable et ses montages financiers, de centaines de personnes mises au chômage et de dizaines de morts dans un accident de mine. Cruel et manipulateur, il pousse la femme de Cratchit (Vinette Robinson) à lui offrir des faveurs sexuelles en échange d'un paiement des soins du petit Tim... avant de refuser de passer à l'acte et de se moquer de la pauvre femme, expliquant qu'il voulait simplement voir jusqu'où elle était prête à se rabaisser (la série en profite pour placer de la nudité gratuite à ce moment-là, parce qu'après tout, au point où on en est...).

La femme de Cratchit, justement, est ici noire... et visiblement, pour le scénariste, cela justifie le fait qu'elle soit un peu sorcière, capable de voir et d'invoquer les esprits (le film la rend clairement responsable des apparitions qui hantent Scrooge, tout en doublant le tout d'un message #MeToo/BalanceTonPorc assez pataud, faisant littéralement dire au personnage "je suis une femme, j'ai le pouvoir de faire éclater au grand jour la vérité à votre sujet, et je ne vais pas m'en priver"). Et puis il y a tous ces personnages secondaires qui sont passés à la trappe (Fezziwig, Belle), car probablement trop positifs pour cette relecture dark et edgy©.

Une relecture qui, donc, délaisse le format habituel du récit, pour quelque chose de nettement plus bancal. Ce Christmas Carol consacre en effet le premier de ses trois épisodes d'une heure à de la mise en place : présentation de Scrooge, de son monde, des personnages secondaires... et mésaventures de Jacob Marley au Purgatoire, où il rencontre un forgeron menaçant, puis l'esprit des Noël passés. La deuxième heure, elle, est dédiée à ce dernier, et à tous les flashbacks sur la jeunesse de Scrooge, avant de se terminer sur un cliffhanger de très mauvais goût : la prostitution de Mme Cratchit.

Et le troisième épisode de se consacrer à la fin de ce retour dans le passé (non content d'humilier Mme Cratchit, Scrooge a recours à un chantage vis à vis de cette dernière, en échange de son silence), et au survol des deux esprits suivants et de la conclusion, condensés en 40 minutes, et prenant place dans les jours suivant Noël (un choix étrange, qui va totalement à l'encontre du récit original, de son titre, etc) ; un dernier épisode qui remplace l'esprit des Noëls présents par le fantôme de la défunte sœur de Scrooge (une sœur qui se lance dans des déblatérations philosophico-scientifiques sur la nature humaine, la société, son fonctionnement, le capitalisme...), qui s'attarde sur les problèmes de couple des Cratchit, qui garde Jason Flemyng muet, et qui se sent bien obligé de rattacher les wagons au récit original en confrontant Scrooge à la mort de Tiny Tim.

Seul problème : le scénariste (et Scrooge, indirectement) a déjà guéri Tim plus tôt dans le récit. Il est donc obligé de mettre en scène maladroitement un accident de patins à glace coûtant la vie de Tim, un Tim qui a passé si peu de temps à l'écran que le changement d'attitude de Scrooge à son égard paraît gentiment artificiel (et ce malgré le capital sympathie du garçonnet).

En résumé, ce Christmas Carol 2019 est une relecture dark et gritty du conte de Dickens, où tous les curseurs sont poussés au maximum en direction de la déprime, du malheur, de la cruauté et du glauque, et où Scrooge est une véritable ordure. Et c'est sans surprise que la rédemption de Scrooge est ici minorée tant par ce dernier (qui explique qu'il ne changera probablement pas malgré ses efforts, et qu'il mérite ce qui va lui arriver) que par Mme Cratchit, qui conclut le film en s'adressant directement aux esprits, et en leur disant qu'il reste encore beaucoup de travail à faire sur Scrooge.

Pas de fin véritablement heureuse chez Steven Knight, pour un Chant de Noël qui, reconnaissons-le, a le mérite de prendre des risques. Des risques qui confondent profondeur et développement avec noirceur immature et irrévérence adolescente (tous les personnages balancent un "fuck" à un moment ou un autre, y compris l'un des fantômes de Noël), mais au moins, l'ambition est là : on ne peut pas en dire autant de l'immense majorité des adaptations de Dickens, qui se contentent d'adapter ce récit à la lettre, sans rien lui apporter (cf le Scrooge de Zemeckis, que je vais passer en revue dans les jours à venir).

Par ailleurs, difficile de reprocher quoi que ce soit à la direction artistique, à la musique (minimaliste et évoquant un peu le travail de Zimmer sur Man of Steel), et à l'interprétation impeccable : sur ce front-là, c'est du beau boulot, il y a des images très réussies, les moyens sont là.

Reste que l'orientation unique de cette adaptation pourra toujours plaire : personnellement, je ne suis pas particulièrement fan de la provocation gratuite, de l'anticonformisme iconoclaste et de la noirceur superficielle en tant que fins en soi (ces approches faciles et creuses sont en effet trop souvent prises, par un certain public, pour de l'audace intellectuelle, pour du génie artistique, et pour un traitement adulte et mature de leur sujet), mais à en juger par l'accueil réservé au programme par ses spectateurs anglophones, ce type d'approche a tout de même ses amateurs...

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Les bilans de Lurdo - Tween Wars I : Sonny, Shake & Band

Publié le 14 Avril 2012 par Lurdo dans Les bilans de Lurdo, Critiques éclair, Review, Télévision, Disney, Comédie, Sitcom, Musique, Tween, Jeunesse

Tween : néologisme américain désignant une catégorie de préadolescentes répondant à la définition "too old for toys, too young for boys", et possédant une susceptibilité accrue au marketing et à la publicité. Depuis étendu à la tranche d’âge 10-15 ans, sans différence de sexe.


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Il n'y a pas très longtemps, sur un écran pas si éloigné que ça...

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  Episode I : It's Easy Being Green.

Loi n°1 de la Tweencom : Chez Mickey, on n’aime pas les ados normaux, et leur quotidien. Résultat : tous les persos des séries Disney ont des pouvoirs, viennent du futur, sont des méga-stars, sont über-talentueux, chanceux, etc…

Loi n°2 de la Tweencom : La maison de production It’s A Laugh s’occupe de toutes les sitcoms Disney depuis 2005. En règle générale, leurs shows sont des sitcoms de studio, à caméras multiples, rires enregistrés, dans des décors assez peu convaincants, au générique chanté par une star de la série et/ou de la chaîne, et à la distribution plutôt solide et diverse.
 
Corollaire : Lorsque It’s A Laugh trouve un format/sujet facile à exploiter, elle le garde. Et le répète ad nauseam, en en variant à peine le style.


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Sonny with a Chance (2009-2011)

La magie des quotas : une blonde, un gros, une droguée, un gay, l'antéchrist, et un black de service. 

Koicé ?
Le 30 Rock/Studio 60 des tweens, sur le quotidien des jeunes acteurs superstars d'un show à sketches, So Random, et leur rivalité avec Mackenzie Falls, le Gossip Girl-bis du studio d’à côté.

Aveckicé ?
Une distribution qui ne lésigne pas sur la dépense d’énergie (comprendre, ça surjoue, mais ça reste assez correct dans l'ensemble), dominée par Demi Lovato dans le rôle titre (très attachante une fois passée le premier tiers d’épisodes, mais qui passe de "campagnarde naïve arrivant à la ville" à "L.A. girl sophistiquée, auto-bronzée et ultramaquillée qui est une star de la chanson" en saison 2, un relookage inutile qui saborde le personnage), et par Sterling Knight dans celui du playboy superstar égocentrique de Mackenzie Falls.

Koiçavo ?
Pas grand-chose. Le show dans le show, comme souvent, est calamiteux ; l’humour est très basique ; la saison 1 est parasitée par la benjamine de la troupe, une gamine insupportable à la voix stridente qui disparaît quasiment en s2, pour faire place à du shipping à gogo, guère plus intéressant ; ça sert souvent de placement produit pour les chansons de ses stars ; l’ambiance de la première saison est souvent hystérique et surexcitée (dans le mauvais sens du terme) ;

Bref, ça ne tient bien souvent que grâce aux efforts du cast et à son énergie... mais maintenant que Lovato est partie en désintox IRL, et a quitté la série, le show a été annulé, et remplacé par "So Random" : même cast (sans Lovato), même humour pas drôle, sauf que là, on ne voit plus les coulisses du show, uniquement les sketches et des chansons pop insupportables.

À la limite, l'histoire de la création de "Sonny" est plus intéressante que le show lui-même : quand Dan Schneider, producteur et créateur de "All That" (show à sketches des années 90-2000 diffusé sur Nickelodeon, ultra-populaire, et ayant lancé la carrière d'Amanda Bynes) échoue à vendre son nouveau concept à Nick, il choisit d'altérer son idée. De "une jeune fille fait un web-show qui devient populaire, elle est remarquée par l'équipe de son émission à sketches préférée, et choisie pour en intégrer la distribution", son projet devient "une bande de jeunes fait un web-show qui devient populaire", et donne "iCarly", carton incontesté de Nick ; l'ancien partenaire de production de Schneider, lui, préfère prendre l'idée de base de son collègue, et aller directement la vendre à l'ennemi, qui saute sur l'occasion, et produit immédiatement "Sonny", sans changer une ligne au pitch de base de Schneider. Depuis, c'est la guéguerre, et Disney n'en sort pas vainqueur.

Perte de Santé mentale :
Variable, mais non-négligeable.

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Shake It Up (2010 - ?)

 Sur cette photo se trouve un(e) seul(e) acteur(trice) qui ne soit pas tête à claques. Ami lecteur, parviendras-tu à l'identifier ?

Koicé ?
En gros, la même chose que "Sonny with a Chance", mais avec de la danse en lieu et place de comédie : deux ados têtes à claques et égocentriques qui se font remarquer, et embaucher comme danseuses dans leur show musical préféré, une carrière qu'elles tentent de concilier avec leur scolarité et leur vie amoureuse.

Aveckicé ?
La lead, Bella Thorne (pas désagréable, mais au jeu assez difficile dans les premiers épisodes), un gamin de 7-8 ans un peu agaçant dans le rôle de son petit frère, et… euh… d’autres jeunes de douze/quinze ans qui dansent. Et flirtent. Leur identité ? Franchement, who cares ? Ils sont tous à baffer, et en surjeu constant.

Koiçavo ?
Euh… si l'on n'a aucun intérêt dans la danse moderne, difficile de s'intéresser plus de quelques épisodes aux deux saisons diffusées pour le moment. Et pourtant, "Shake It Up" est la nouvelle série phare de Disney, malgré le fait qu'à part les deux "étudiants jumeaux d’Europe de l’Est" quasi-photocopiés sur Sharpay et son frangin efféminé de "High School Musical", le tout n'ait aucun intérêt.

Ça cabotine de partout, le jeu oscille entre approximatif, honorable et calamiteux (même si ça s'améliore en allant), et franchement… la danse et de la soupe musicale (les chansons de Selena Gomez, whouhou) dans tous les épisodes, au secours. Et puis il y a quelque chose de glauque dans le décalage réel entre l'âge des actrices (Thorne avait un peu plus de 12 ans pendant le tournage de la s1), et la manière dont elles s'habillent et agissent dans le show (le comble étant probablement l'inconsistance entre les épisodes : dans l'un d'entre eux, elle s'habille sexy pour séduire un étudiant de fac, et dans l'autre, une relation avec un mec de 15 ans lui paraît aberrante parce qu'il est trop vieux).

Et c’est donc pour cela que les deux leads sont les nouvelles stars du network. Au secours.

Perte de Santé mentale :
Critique.

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I'm in the Band (2009-2011)

Un teubé, un buveur de bière bourrin, un ado, et un égo surdimensionné : la norme pour tous les groupes de métal à succès. 

Koicé ?
Un ado superfan d’Iron Weasel, groupe de métal démodé, gagne un concours, rencontre le groupe, se fait remarquer et devient le guitariste de la formation. Une formation qui, fauchée, s’installe chez lui, et tente une lente remontée vers le haut des charts. Autrement dit, c’est "Sonny with a Chance"/"Shake it up", mais dans le milieu du métal.

Aveckicé ?
Avec le médecin de "Crossing Jordan" en lead singer british arrogant, deux caricatures chevelues en zikos attardés mal dégrossis, et des ados quelconques en lead, ainsi qu’en vague love interest.

Koiçavo ?
Assez bas de plafond, et extrèmement old-school... mais en réalité, ce n’est pas vraiment une sitcom ado. C’est une sitcom traditionnelle, façon "Three Stooges", dans laquelle les trois zikos sont des incapables finis, gaffeurs, bourrins et has-beens, qui entraînent le jeune héros dans les pires péripéties imaginables, à forte tendance slapstick décomplexé. Pas très fin, mais avec une énergie telle que, finalement, ces pieds nickelés s’avèrent assez attachants, et la série se transforme en Spinal Tap-light pas forcément désagréable, à défaut d'autre chose.

Et puis si elles volent assez bas au niveau du texte, les chansons du groupe (composées et interprétées par des métalleux de session, dont le guitariste de Rock Sugar et le bassiste d'Ace Frehley/Kiss) sont forcément toujours plus sympas à écouter que les bouses pop dance autotunée qui sont la norme du genre tweencom.

 

Perte de Santé mentale :
Modérée à faible, selon le degré de métallitude du spectateur.

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Les bilans de Lurdo - Halloween Oktorrorfest 2020 - Locke and Key, saison 1 (2020)

Publié le 11 Octobre 2020 par Lurdo dans Critiques éclair, Drame, Fantastique, Halloween, Horreur, Les bilans de Lurdo, Netflix, Oktorrorfest, Review, Thriller, Télévision, USA

L'Halloween Oktorrorfest touche aussi le petit écran, avec chaque week-end, tout le mois d'octobre, des critiques de séries fantastiques et horrifiques...

Locke & Key, saison 1 (2020) :

Lorsqu'ils arrivent dans le manoir familial, encore marqués par la mort dramatique du père de famille (Bill Heck), les membres de la famille Locke - Tyler (Connor Jessup), Kinsey (Emilia Jones), Bode (Jackson Robert Scott) et leur mère Nina (Darby Stanchfield) - découvrent bien vite l'héritage de la famille Locke : une bâtisse emplie de secrets et de clés magiques capables d'exploits incroyables... mais aussi une menace insistante prenant l'apparence de Dodge (Laysla de Oliveira), une jeune femme dangereuse enfermée dans le puits du manoir.

Adaptation en 10 épisode de 50 minutes des bandes dessinées de Joe Hill et de Gabriel Rodriguez, Locke & Key est chapeautée par Carlton Cuse (Lost), Aron Eli Coleite (Star Trek Discovery, Heroes, Daybreak) et Meredith Averill (Star-Crossed, The Haunting of Hill House) : un palmarès très mitigé pour un projet à la gestation longue et très compliquée (plusieurs pilotes différents au fil des ans, avec plusieurs distributions différentes, pour plusieurs chaînes différentes), centré sur le portage à l'écran d'un récit du fiston King brassant influences lovecraftiennes et obsessions Kingiennes de manière très sombre, sanglante et macabre.

Autant être très clair : si la série se regarde assez facilement, principalement grâce à une distribution plutôt réussie et à une direction artistique de qualité, le programme n'a pas un quart du macabre et de la bizarrerie de l'œuvre originale. Il est très clair (et paradoxal, compte tenu des libertés offertes par Netflix) que le mot d'ordre a été, ici, d'adoucir au maximum le matériau de base pour en faire quelque chose de plus abordable, voire même, de diffusable sur une chaîne lambda.

La série met ainsi très fortement l'accent sur les romances de ses protagonistes adolescents (un élément déjà présent dans le comics original, mais alors moins prononcé), et effectue des choix créatifs et artistiques qui simplifient un peu le récit des bandes-dessinées : ici, les héros trouvent rapidement la majorité des clefs cachées, aidés par des murmures qui se déclenchent à proximité ; là, l'alcoolisme de leur mère est une chose du passé, à peine mentionnée, qui ressurgit brièvement le temps d'un épisode et demi, et est vite surmonté ; là encore, Dodge s'avère incapable de voler les clefs aux enfants, et passe son temps à exiger qu'ils les lui donnent.

L'ethnicité de certains change (Scot Cavendish - Petrice Jones - passe ainsi de punk anglais tatoué excentrique à apprenti-réalisateur à la tête d'une bande de misfits passionnés de cinéma d'horreur, gentiment sous-développés et inutiles, et uniquement là pour justifier un caméo de Tom Savini), l'importance de certains personnages secondaires varie (Steven Williams, le proviseur du lycée, prend ainsi une place inédite ; Genevieve Kang incarne un personnage à des lieues de la petite amie de Tyler dans le comics), et la place réservée au mystère et à l'atmosphère particulière de l'histoire se trouve un peu affaiblie, remplacée par un formatage plus conventionnel et télévisuel.

Encore une fois, ce n'est pas désagréable, même si j'ai des réserves, çà et là, tant sur le format global inhérent aux séries Netflix (qui donne des épisodes à la durée pouvant aller de 40 minutes tout compris à plus d'une heure) que sur certains choix de casting (je ne sais pas pourquoi, mais je n'ai pas été vraiment convaincu par cette incarnation de Dodge - en partie à cause de l'actrice, compétente mais me rappelant étrangement une version moins charismatique d'un autre actrice dont le nom m'échappe pour le moment, mais aussi de la manière dont le personnage évolue trop à la marge du récit) et sur certaines décisions créatives (déjà un peu antipathique dans le comics, par moments, Kinsey est ici fréquemment à baffer).

Et puis il y a ce facteur "surprise", forcément difficile à gérer pour l'équipe créative : à trop vouloir satisfaire à la fois les lecteurs de la bande dessinée et les néophytes, on finit par frustrer les deux. Le show s'efforce ainsi d'être fidèle aux intrigues du comic-book et à ses rebondissements (les différents visages de Dodge, notamment), mais se plie par ailleurs en quatre pour tenter d'y parvenir de manière surprenante et inattendue pour le fan.

En théorie, pourquoi pas. Mais dans la pratique, cela se traduit par un script qui se contorsionne de manière rarement convaincante, téléphonant des effets et des rebondissements (l'assaut des ombres/l'expulsion de Dodge par la porte oméga) uniquement là pour tenter de surprendre le lecteur aguerri, qui conserve malheureusement systématiquement une longueur d'avance sur le script. Voire même pire : à trop se donner du mal pour rajouter des rebondissements surprenants (les scénaristes rajoutent ainsi des clés et des pouvoirs inédits... pour arriver au même résultat), le scénario est parfois un peu incohérent, ou du moins, plutôt capillotracté dans les motivations de ses personnages, qui semblent fréquemment prendre des décisions assez idiotes.

Ajoutez à cela des effets visuels manquant parfois de budget ou de créativité (la peur de Kinsey est un ratage), des personnages secondaires uniquement là pour ouvrir des pistes pour les saisons suivantes (Duncan, interprété par Aaron Ashmore, ne sert à rien cette année ; Eden - Hallea Jones - le cliché ambulant de la queen bee du lycée, se rallie de manière bien artificielle aux Locke pour mettre en place la scène finale ; la peur de Kinsey est toujours dans la nature), d'autres trop effacés pour fonctionner (Nina Locke), et une fin de saison un peu bâclée, réglée en moins de 40 minutes, passant sous silence de multiples points (les serrures marquées au fer rouge sur la peau) avec en prime une grosse explication en flashback bien clichée et pataude sur Lucas/Dodge, et voilà, une première saison qui fonctionne sur la force de son casting, de sa direction artistique et de son concept de base, mais qui peine à transposer ce qui faisait le charme de la bande dessinée.

On me dira que ce n'est pas la première fois qu'une adaptation finit par ressembler à une pâle copie du matériau d'origine... mais ce n'est pas une excuse. Locke & Key de Netflix se regarde facilement, certes, mais la série est bourrée de menus défauts qu'un showrunner plus avisé aurait probablement su corriger.

Ce qui est un constat très similaire à celui auquel j'étais parvenu l'année dernière, avec l'adaptation de NOS4A2, autre série adaptée de Joe Hill.

Espérons que la seconde saison saura redresser la barre...

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Et comme toujours, vous pouvez retrouver la liste complète de toutes les séries passées en revue sur ce blog en cliquant directement sur ce lien...

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Les bilans de Lurdo : Scooby-Doo, Mystery Incorporated - Saison 2 (1/2)

Publié le 18 Octobre 2013 par Lurdo dans Les bilans de Lurdo, Critiques éclair, Review, Télévision, Comédie, Animation, Jeunesse, Fantastique, Science-Fiction, Horreur

Deux ans après mon bilan de la prometteuse saison 1, je rattrape mon retard en publiant sa suite : la seconde et ultime saison de la série, diffusée très aléatoirement par Cartoon Network courant 2012.

- 01 :

 Wow. Une reprise assez sombre : le Scooby Gang s'est séparé ; Daphné a tourné la page, retombant dans ses travers de riche bimbo superficielle, et sort avec l'acteur principal du Twilight de service ; Fred est un clochard inconsolable (et porte une barbe de trois kilomètres) ; Scooby est dans un Stalag pour animaux ; et Shaggy sort de l'école militaire, le crâne rasé. Le gang est alors obligé de se réunir pour tenter d'arrêter un Clown Pleureur déguisé en nourrisson (Mark Hamill) qui terrorise la ville. Le tout traité sur un ton étrangement sérieux et mélancolique, avec une fin assez peu commune pour un Scooby Doo. Une reprise qui confirme le côté atypique de cette série, sombre, et qui se termine par un échec du Gang ; les clins d'oeil à Jaws, Dawn of the Dead, Watchmen et Twilight fonctionnent bien, et Mark Hamill s'amuse à composer un autre clown psychopathe.

- 02 :

Le Gang se tourne vers Hot Dog Water (Linda Cardellini reprend son rôle de la s1, obsédée par Velma) pour remplacer Daphne au sein du gang, pendant qu'ils se mesurent à Baba Yaga, et à sa maison-poulet. En parallèle, retour de l'arc de Mr. E, et de l'artefact mystérieux de la s1, via une parodie de Mission Impossible au Kremlin. Un épi de transition et de mise en place.

- 03 :

La suite du 2x01, avec le retour du clown doublé par Mark Hamill, qui cette fois-ci enlève des gens et les stocke dans des cocons en barbe à papa (:mrgreen:) ; un nouveau générique qui intègre, en lieu et place de Daphne admirant la photo de son Fred adoré, une Hot Dog Water admirant la photo de Velma, sur qui elle fait une fixette romantique (d'ailleurs, les animateurs s'amusent à lui coller de petits gestes assez... significatifs lorsqu'elle n'est pas au centre de l'action... comme une main qui repose longuement sur le bras de Velma lorsqu'elles sont côte à côte dans le canapé); Fred qui est toujours aussi obsédé par Daphne, mais qui finit l'épisode en quasi-super-héros, accroché au train d'atterrissage puis aux commandes d'un 747 plein d'otages, en plein ciel ; John Billingsley en medecin ; le Dean de Community en publiciste chauve ; un épisode de retour à la normale, à la fin douce-amère pour Hot Dog Water.

- 04 :

Un épisode blindé de références en tous genres, puisque le gang se frotte à un criminel agissant dans les cauchemars de ses victimes ; autant dire qu'on a droit à une combo de Freddy, de plusieurs persos de comics (Dream, Nightmare, etc), et sans oublier un gros clin d'oeil à Labyrinth, avec un labyrinthe onirique très familier, et un bad guy à l'accent british, une boule de cristal à la main, une tenue très moulante, et une silhouette Bowiesque. Ah, et bien sûr, la clef du mystère réside dans les rulebooks du Dungeons & Dragons de service... au rendu visuel très LOTR. Par contre, le Gang dégage Hot Dog Water comme une malpropre (ce qui est un peu honteux et égoïste de leur part), et les parents biologiques (et membres de l'ancien Mystery Inc) de Fred refont surface, ce qui risque d'amener des développements de fond intéressants (en plus d'amener Tia Carrere au doublage).

- 05 :

Un épisode chargé en mythologie, entre Pericles qui réunit l'ancien Gang pour s'occuper du nouveau, les parents de Fred qui font leur grand retour en ville, Scooby qui tombe amoureux d'une chienne nommée Nova (clone de la Belle de Belle et le Clochard), et un mystérieux cabinet des curiosités qui arrive en ville (façon Something Wicked This Way Comes) hébergeant entre autres un certain masque de hockey venant de Crystal Lake, et un Hodag miteux qui attaque les habitants de Crystal Cove... et leurs chiens (une affaire à la résolution très Rue Morgue).

Ah, et j'ai failli oublier un certain objet aux pouvoirs mystérieux...

Et, oui, Pinhead fait un caméo (en quelque sorte) juste ensuite.

- 06 :

Pas génial, cet épisode, centré sur une parodie d'Andy Warhol et de son entourage, ainsi que du groupe Velvet Underground, qui sont tous attaqués par une sculpture moderne animée. Quelques moments amusants, mais le sujet et le récit étaient un peu trop quelconques.

- 07 :

La projection publique d'un film de Vincent Van Ghoul est interrompue par une vraie goule sortie de la tombe, et l'enquête du Gang les mène dans une petite chaumière traditionnelles où vivent quatre bavaroises sexy et très accueillantes. Un épisode amusant, avec du profilage de maychant, un flashback nostalgique sur la première rencontre entre Mr. E et Pericles, le Sherif qui fait équipe avec Velma, et Daphne qui succombe à son addiction au chocolat.

- 08 :

Enquête dans un bled paumé de l'Arizona, peuplé de nombreux rednecks à la Hills Have Eyes, sur une montagne désolée où règne une démone maléfique (au look très Demona de Gargoyles). Un épisode qui renforce encore la relation très particulière entre Velma & Hot Dog Water, qui nous donne un peu de background sur l'artefact que le Gang recherche depuis le début du show (apparemment lié à Nibiru), et qui fait un petit clin d'oeil à Seul au Monde au passage.

- 09 :

Parodie de Vendredi 13, avec un bad guy très Solomon Grundy mâtiné de Mr Boogedy qui punit les péchés des jeunes de la ville, et une grosse parodie du générique de L'Amour du Risque au milieu.

- 10 :

Gros gros hommage à The Shining, avec hôtel hanté au milieu de nulle part dans un paysage enneigé, vieux concierge black mystérieux, visions horrifiques, possessions, salles de bain inquiétantes et longs couloirs déserts ; par ailleurs, on en apprend plus sur l'histoire du Mystery Gang, qui s'avère en fait une tradition pluriséculaire mettant en jeu des groupes de 4 jeunes enquêteurs accompagnés d'un animal, qui oeuvrent pour le bien de l'humanité.

- 11 :

L'animatrice radio est agressée par des robots nazis amphibies au design très familier, et le Gang a recours à l'aide de plusieurs personnages des vieux dessins animés Hannah Barbera pour aller enquêter sous l'eau. Un peu fatiguant tant que les gamins sont là (les vieux persos sont constamment en mode "hyperactifs"), mais assez utile au niveau de l'avancée globale de l'arc scénaristique du show, et particulièrement sérieux et dramatique pour du Scooby. Et puis Udo Kier s'éclate toujours autant en Pericles, ça fait plaisir à entendre.

- 12 :

Un ours-garou (aux griffes obtenues lors d'un séjour dans une "school for gifted children") sévit aux alentours de la ville, dans une nature polluée pleine d'animaux mutants. Un épisode de semi-meublage, au message écolo, et avec juste un peu de continuité pas forcément indispensable.

- 13 :

Du toutéliage avec le mythe de Nibiru, tandis que le Krampus des légendes germaniques s'en prend aux ados turbulents de Crystal Cove. Un épisode sérieux, avec quelques clins d'oeil vintage, mais un récit surtout là pour mettre en place la fin de saison, grace à son twist final très réussi.

- 14 :

Blue Falcon, Dynomutt, le tout dans le style (visuel et dans les dialogues) de The Dark Knight Returns de Miller, avec en prime des personnages de Jonny Quest, et une semi-parodie de Ra's, Talia et Ubu (mâtiné de Mandarin et de James Bond), pour un épisode crossover très très sympa, qui sert de détente avant le final de la mi-saison.

- 15 :

Une pièce de théâtre locale rejoue l'histoire de l'immersion de Crystal Cove, liée au mystère de Nibiru (qui semble être "quelqu'un")... mais le fantôme d'un vieux moine espagnol s'interpose. Et Vincent Van Ghoul demande l'aide du Gang. Cliffhanger final efficace.

(à suivre...)

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Les bilans de Lurdo : Battlestar Galactica, pt. 5 - Saison 3.0

Publié le 21 Février 2012 par Lurdo dans Les bilans de Lurdo, Critiques éclair, Review, Télévision, Drame, Science-Fiction, BSG, SyFy

Battlestar Galactica - The Resistance (10 épisodes) : Mouais. Ça raconte pas grand chose. Le seul intérêt, c'est que ça m'a fait me dire que si Tyrol était un Cylon, alors ça ferait de son bébé le deuxième hybride humain/Cylon. Sauf si Callie est une Cylonne elle aussi. Ce qui n'aurait pas grand sens. M'enfin bon.

- 3x01-02 : Un double épisode de reprise très solide, qui sert à la fois d'exposition, de présentation, d'avancée scénaristique, et de mise en place pour la suite. Et puis la "fille" de Starbuck est mimi comme tout.

Par contre, ça me fait tout drôle de réaliser que les deux personnages que je soupçonne être Cylons - Tyrol & Anders - sont deux des trois leaders de la résistance, avec Tigh. Je suis troublé. Soit je me plante totalement, soit les scénaristes préparent un retournement de situation à un moment critique de la mission de sauvetage du BSG. Et j'ai peur pour Tigh... surtout que, au point où j'en suis, Tyrol et Anders passent rapidement au second plan après le sauvetage/tribunal de guerre, comme pour les faire oublier un peu avant une éventuelle surprise, et que Tigh continue sa descente aux enfers...

- 3x03-04 : Pas hyperconvaincu par la résolution du cliffhanger du 3x02, et son peloton d'exécution cylon qui disparait comme par magie, mais bon, ce n'est qu'un détail par rapport à l'intensité générale de ce double épisode, qui assure plutôt pas mal (surtout la deuxième partie, la première n'étant  qu'une manière de faire monter lentement la pression avec de la mise en place).

En tout cas, je ne suis pas mécontent de voir que Moore & co. ont préféré dégager l'arc scénaristique sur l'occupation de New Caprica le plus vite possible, ça évite que l'on s'ennuie trop : sur le papier, c'était une bonne idée, dans les faits, nettement moins.

Sinon, dans le détail, la mort d'Ellen est joliment écrite (même si je ne peux pas dire que je vais regretter le perso, qui était d'ailleurs tout désigné pour être un beau Cylon, au moins ça a une influence sur Tigh, de plus en plus attachant), les scènes d'assauts sont géniales, et le coup de Kacey/Kara est réussi.

- 3x05 : Ça fait plaisir de voir qu'on évite le reboot smallvillien, et que l'arc New Caprica va avoir des conséquences sérieuses sur les personnages. En l'occurence, ces procès sommaires pour collaboration, cette haine viscérale et aveugle de l'équipage pour Gaeta, Baltar chez les Cylons, Kara totalement perturbée (peut-être même un peu trop en regard de ce qu'elle a vraiment subi, mais bon...). Bref, c'était bien.

- 3x06 : Les Final Five, des Cylons ayant décidé de vivre en tant qu'humain sans arrière-pensées belliqueuses ? Des pacifistes ethnologues de l'humanité ? Les premiers Cylons humanoides ? Les possibilités sont nombreuses et intéressantes, tout comme l'est cette visite chez les Cylons par Baltar, cette histoire de virus, la réalisation totalement space, et les descentes aux enfers de Tigh (normale et compréhensible) et Kara (à nouveau un peu trop prononcée en comparaison de son expérience sur Caprica - cela dit, même si le coup de la coupe de cheveux à l'arrache était téléphoné, il est appréciable de voir que Kara remonte la pente, vu qu'elle n'avait en fait pas perdu grand chose en comparaison de quelqu'un comme Tigh). Bon épisode.

- 3x07 : Mitigé, sur celui-là. Pourquoi ? Parce que le mélodrame m'est apparu comme artificiel. Sur un postulat classique très Trekkien (découverte d'un virus capable de se transmettre et d'éradiquer les Borgs Cylons : les gentils vont-ils l'utiliser pour détruire la race ennemie ?), les scénaristes ont recours à la solution la plus basique, celle du "on bourrine sans réfléchir, et on foire notre plan".

Franchement, on aurait été dans Star Trek, non seulement le capitaine (que ce soit Picard ou Janeway) se serait opposé à un tel plan, mais en plus il aurait certainement mis en place un plan beaucoup plus efficace, du genre "éparpiller secrètement les Cylons porteurs du virus sur différents vaisseaux de la flotte coloniale, et annoncer publiquement aux Cylons que s'ils ne laissent pas les humains tranquilles, ils encourent le risque de tuer eux-mêmes l'un des porteurs et/ou des représailles, et ainsi de déclencher l'extinction de leur propre race". Une sorte de dissuasion passive ou de guerre froide, en somme, qui ménagerait les deux points de vue. Mais non, ils préfèrent foncer et échouer.

Deux de QI, sur le Galactica (et en plus, ils ne font même pas passer Helo en cour-martiale... bande de nazes ; par contre, Baltar torturé, excellent)

- 3x08 : Yay, Dixon d'Alias en pilote héroique ayant une lourde histoire commune avec Adama ! Bon, honnêtement, le coup du personnage sorti de nulle part en fait agent indirect des cylons était assez téléphoné, mais la révélation sur le passé d'Adama est plutôt sympatoche (bien que la culpabilité d'Adama apparaisse un peu trop prononcée et soudaine pour motiver une démission ; à la limite, si Adama avait été hanté par un sombre secret depuis le début de la série, pourquoi pas, mais là, ça faisait un peu rétro-continuité sortie d'un chapeau magique), Tigh cartonne, et les états d'âme/obsessions morbides de Lucy Lawless (entre deux threesomes) intéressants.

- 3x09 : Plutôt sympathique, cet épisode spécial boxe & "previously on New Caprica". Bon, plus que le mélodrame pas passionnant de Starbuck (Anders ne sert toujours à rien, il doit donc être là pour une raison autre... un Final Five ?), ce sont surtout les quelques moments d'Adama & Roslin qui m'ont marqué, comme si les scénaristes venaient juste de se souvenir que ces deux-là ne s'étaient pas retrouvés seuls dans une situation autre que professionnelle depuis une demi-saison. Résultat, tout passe par les regards, et par des scènes tout en retenue. Très joli.

- 3x10 : S'il y a bien quelque chose dont je me contrefous, plus encore que de la couleur des rideaux de la chambre de Tigh, c'est bien de la mort de Kat, alias le personnage dont la seule heure de gloire a été d'être insupportable pendant un épisode tout entier.

Et donc là on est sensés s'émouvoir de son background parachuté de nulle part (j'ai eu un peu le même sentiment que lors du fameux "Roslin est mourante/avortons le bébé de Boomer/le bébé est un vaccin miracle/Roslin est guérie/l'avortement est simulé" bouclé en 40 minutes), et de son sacrifice héroique !?

Pauvre Jane Espenson, j'espère qu'elle n'a pas eu le choix quant au sujet de son premier épisode sur BSG, parce que sinon, là, c'est juste pas bon. Cela dit, heureusement, le reste (tout ce qui n'est pas centré sur Kat, donc) n'est pas désagréable. Mais ce serait bien de faire avancer tout ce petit monde...

- 3x11-12 : Hum, effectivement, je peux voir en quoi ce cliffhanger a pu paraître artificiel et un peu too much : c'est sûr qu'ils ne vont pas buter tout ce petit monde en milieu de saison 3, donc niveau suspense et tension, c'est assez bof.

Mais sinon, c'était plutôt sympa. J'ai souri en voyant Tyrol "suivre son instinct" et découvrir "comme par hasard" le Temple de l'Oeil de Jupiter, devant lequel il se sent "étrange"... ils auraient aussi bien pû lui coller un gros néon "FINAL FIVE" au dessus de sa tête, pour le coup... et j'ai grincé des dents devant le mélodrame Lee/Kara/Anders, qui commence à me gonfler.

À part ça, Sharon qui se tue pour rejoindre son bébé, mouais ; pas franchement passionné par les gunfights à la surface de la planète, mais le mystère de l'identité du Final Five que D'anna reconnaît (clairement pas Baltar, mais un régulier de la série que D'anna a rencontré et à qui elle aurait fait personnellement du mal...? Qui d'autre que Anders, voyons !), le potentiel de Baltar & Caprica 6 sur le BSG, les dissensions politiques au sein des Cylons, et la destinée de Starbuck (jolie continuité sur les peintures de cette dernière) sont des plus intéressants.

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Un film, un jour (ou presque) #280 : Batman v. Superman - L'Aube de la Justice (2016)

Publié le 28 Mars 2016 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Action, Fantastique, Science-Fiction, DC, DCU

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine (tant que j'arriverai à tenir la cadence ^^), et des mini critiques d'une dizaine de lignes, tout au plus.

Batman v. Superman - L'Aube de la Justice :

18 mois après avoir assisté au combat destructeur de Superman (Henry Cavill) et de Zod (Michael Shannon), Bruce Wayne (Ben Affleck) est enfin prêt à affronter le Kryptonien, qu'il considère être une menace pour l'humanité. Mais ce que Batman ignore, c'est que Lex Luthor (Jesse Eisenberg) oeuvre dans l'ombre et manipule les deux hommes pour qu'ils s'entretuent...

"Batman contre Superman, c'est ce qu'on fait quand on n'a plus rien d'autre à faire. (...) C'est admettre que la franchise est à bout de souffle et agonisante." - David Goyer, 2005.

Quelle belle ironie de voir que c'est ce même Goyer qui est à l'origine du plus gros du script de ce BvS, lui-même qui rejetait cette notion il y a dix ans de cela. Mais passée cette ironie douce-amère (car il faut bien l'avouer, c'est l'écriture pataude et bancale de Goyer qui est responsable de bien des problèmes du DCEU), c'est toute la politique cinématographique réactive de DC qui est à remettre en question. La pilule du succès absolu (et exagéré ?) de Marvel Studios, et de leur univers partagé très coloré, plutôt bien construit, et plein d'humour n'est clairement pas bien passée chez DC/Warner, et depuis des années, ils tentent donc de rattraper leur retard considérable au box-office.

Et pour cela, DC a donc décidé de faire le contraire de Marvel, en mettant en scène un univers sombre, dark & gritty (© années 90), où tous les personnages semblent être dépressifs, où les morts gratuites sont légion, et où on tente artificiellement de donner de la profondeur aux films par le biais de dialogues pontifiants et pseudo-profonds, qui servent de cache-misère (et donnent un cachet "intellectuel" qui flatte bien des égos, tant chez les fans que chez les critiques et les exécutifs DC).

Problème : cet univers partagé n'est pas du tout établi, et plutôt que d'assumer son retard sur Marvel, et de faire bien les choses au fil des ans, DC/Warner bacle tout. Le résultat de ce baclage étant ce Batman v. Superman qui souffre de tellement de défauts qu'ils seraient trop longs à vraiment développer.

Avant Man Of Steel, les plus méfiants d'entre nous avaient espéré que ce relaunch de Superman serait l'occasion, pour les personnes impliquées dans la production, de combiner leurs forces, et d'éliminer leurs faiblesses respectives : Goyer connaît bien les comic-books, mais n'est pas très bon scénariste ; Snyder est un bon réalisateur qui a tendance à privilégier l'esthétique et les images épiques à base de ralentis, ainsi que le fanservice, a un script et un film maîtrisés ; les Nolan sont de bons techniciens, mais leurs productions sont bavardes, pseudo-intellectuelles, et souvent froides.

Mais plutôt que de bénéficier des qualités de toutes ces personnes, Man of Steel (dont le casting était par ailleurs très réussi) a fini par être une compilation de leurs défauts, un métrage inutilement stylisé et bourrin, au propos et aux allégories pataudes, filmé dans un style naturaliste hors-sujet, aux hors-sujets absolument aberrants (Pa Kent) et aux personnages-fonctions ni attachants, ni vivants. On en ressortait avec l'impression que la team DCEU était totalement passée à côté du personnage de Superman, lui préférant un avatar christique geignard, hésitant et destructeur, du genre à rouler une galoche à Lois Lane (après avoir eu une demi-douzaine de scènes à peine avec elle dans le film) au milieu des décombres fumants de Metropolis.

Une conception du superhéroïsme étrangement déphasée avec celle, historique, du personnage de Superman, et qui cachait, derrière ses atours de bourrinage intensif voulant faire oublier Superman Returns (jugé trop mou par une certaine frange très bruyante de la fanbase), des scènes totalement WTF, tant dans leur conception que dans leur exécution (la tornade !!).

Mais revenons à BvS. Lancé à l'improviste avec un seul logo pour accompagner l'annonce, décidée quelques jours à peine avant la Comicon, le projet a connu une genèse compliquée, conséquence du désir de DC/Warner de manger à tous les râteliers. Initialement Man of Steel 2, le film est alors devenu BvS (adaptation de la bd The Dark Knight Returns de Miller), puis a muté en BvS : Dawn of Justice un an après, afin de mettre en place le futur film de la Justice League.

Autrement dit, BvS a rapidement eu pour lourde tâche d'englober, en un seul métrage, une suite de Man of Steel, l'introduction d'un nouveau Batman, la mise en scène de l'affrontement Batman vs Superman, et la présentation d'un ou plusieurs membres de la Ligue. Un peu comme si Marvel, plutôt que de dérouler méthodiquement ses Phases, avait décidé d'intégrer à Iron Man 2 les intrigues de Captain America, de Civil War, et de Avengers, sans prendre la peine de développer le tout plus que ça.

Autant dire que ce BvS est un gros bordel, qui tente de faire tout et son contraire, de se faire pardonner du destruction porn de Man of Steel (tout en en remettant une grosse couche), ou d'exploiter en surface Dark Knight Returns et La Mort de Superman sans en avoir posé les bases émotionnelles ou narratives, comme autant de fanservice gratuit et baclé, et de coups de coude à l'amateur de comics, afin de se le mettre dans la poche.

Pour faire simple, ça ne fonctionne pas. Notamment parce que Snyder ne semble pas intéressé par son Superman constipé (c'est Batman le vrai héros du film), et traite donc beaucoup de ses scènes et de leurs enjeux dramatiques par dessus la jambe : Jimmy Olsen, ou Mercy Graves ? De la figuration, et ils sont aussitôt éjectés de la franchise de manière bien gratuite. Lois ? Demoiselle en détresse mal filmée (Snyder est le seul réalisateur que je connaisse qui réussisse à rendre Amy Adams quelconque), avec en prime pseudo-nudité gratuite et racoleuse dans une baignoire. Maman Kent ? Un peu de morale douteuse ("tu ne dois rien aux gens de la Terre"), et demoiselle en détresse. Luthor ? Une catastrophe aussi bouffonne qu'à l'époque de Gene Hackman. Doomsday ? Un troll des cavernes du Seigneur des Anneaux, ni plus, ni moins. La mort de Superman ? Aucun impact, puisque dix minutes plus tard, on montre qu'il n'est pas mort.

En face, Wonder Woman s'en sort (même si elle semble toujours frêle, et qu'elle n'a pas grand chose à faire dans le film sorti d'un combat et de soirées mondaines dans des robes mal ajustées), et c'est le Batfleck show, un Batfleck show très efficace, même si un peu redondant (les origines de Batman, on les connaît, c'est bon). On pourra toujours pinailler que ses visions prémonitoires sont hors-sujet, que la poursuite en Batmobile est une catastrophe de montage et de réalisation, que de placer Gotham de l'autre côté de la baie de Metropolis, à 10 minutes en ferry, n'a aucun sens, que la carrure Milleresque de  Batman, avec ses muscles rembourrés, s'accommode moyennement de certaines scènes de combat (dans lesquelles, comme par magie, l'épaisseur du costume et du cou de Batman diminue pour faciliter les efforts du cascadeur)... mais ce n'est pas bien grave. C'est comme le fait que ce Batman tue allègrement ses proies : c'est le point de vue du réalisateur, je ne le partage pas, mais bon... Affleck est efficace en Batman, et c'est d'autant plus dommage qu'il écope d'un tel univers cinématographique bancal au possible.

Bref, en tant que suite de Man of Steel, c'est insuffisant, c'est inexploité, et ça se perd en palabres ronflantes sur la nature des dieux et des superhéros encapés, au détriment de l'émotion ou du rythme. En tant que Batman Begins 2.0, ça fonctionne relativement bien, grâce à Affleck. L'affrontement Batman vs Superman, lui, ne convainc pas vraiment, relégué au dernier quart du film, juste avant l'arrivée de Doomsday, et réglé par une pirouette scénaristique maladroite et pataude (Martha !!). Quand à la mise en place de la Justice League, elle se fait au forceps, par l'intermédiaire de Wonder Woman, et de vidéos informatiques piratées chez Lex : ce n'est pas très élégant, c'est amené avec la subtilité d'un tractopelle, et ça lorgne tellement sur la méthode Marvel que ça en devient génant.

Ajoutez à cela une musique insipide d'un poulain de Zimmer, des effets inégaux (les transitions acteurs/doublures numériques sont parfois laborieuses, et la gestion à l'écran de la force de Batman l'est encore plus), un film qui, donc, tire à la ligne malgré tout ce qu'il doit couvrir en 2h30, et on se retrouve devant quelque chose qui a de belles images et de beaux moments occasionnels, un métrage qui a quelques beaux restes pleins de potentiel, mais noyés dans un océan de médiocrité et de dépression terne et forcée, une médiocrité résultant à la fois du travail de Snyder, de celui des scénaristes, mais aussi de la gestion du DCEU par DC/Warner, faite en dépit du bon sens.

Toute confrontation Batman/Superman reposant sur le contraste entre les deux protagonistes (l'un heureux, solaire et positif, menant par l'exemple et inspirant les hommes à être meilleurs, l'autre tourmenté, nocturne, sombre et négatif, faisant régner la peur dans le coeur des criminels), quel intérêt alors d'en faire deux êtres tout aussi tourmentés et dépressifs, redoutés par les humains ? Bonne question, à laquelle je serais bien en peine de répondre.

Cela dit, c'était toujours plus divertissant que Man of Steel.

Un petit 2.5/6

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Les bilans de Lurdo : PUNISHER WEEK - 06 - The Punisher, saison 1 (2017)

Publié le 25 Novembre 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Télévision, Les bilans de Lurdo, Action, Netflix, Marvel, MCU, Thriller, Punisher

Toute la semaine, Les Téléphages Anonymes passent la carrière télévisuelle & cinématographique de Frank Castle en revue, pour le meilleur... et pour le pire.

The Punisher, saison 1 :

En cavale après ses actions récentes, Frank Castle, dit "le Punisher" (Jon Bernthal) se cache sous une fausse identité, toujours hanté par le souvenir de sa famille. Mais bien vite, l'ancien militaire torturé est contraint de sortir de son anonymat lorsque Micro (Ebon Moss-Bachrach), un spécialiste de la NSA, le contacte, et met Frank sur la piste d'une conspiration militaire liée aux actes de Castle dans l'armée, et expliquant peut-être ce qui est arrivé à la famille de ce dernier..

Dernière série Marvel/Netflix en date, sortie très récemment, cette version du Punisher continue sur le personnage tel qu'il est apparu dans la saison 2 de Daredevil, interprété avec succès et hargne par un Jon Bernthal surprenant.

Quasi-indépendante du reste du MCU/Netflix (il y a bien quelques caméos - Karen Page, son rédacteur en chef, Turk...), Punisher reste cependant dans la droite lignée des autres séries de la collection, tant au niveau du format (13 épisodes d'une heure... ce qui est trop, comme d'habitude) que du ton (réaliste et relativement mesuré, très axé sur la psychologie du personnage, etc).

Au niveau créatif, on reste aussi dans la continuité du Punisher de Daredevil, pour le meilleur et pour le pire : car si Bernthal compose un Punisher à la souffrance encore très fraîche et à fleur de peau, et qui peine à contenir sa rage, la série confirme et signe l'un des points problématiques de DD saison 2, à savoir tout ce qui entoure les circonstances de la mort des Castle.

Déjà peu convaincante dans Daredevil, la conspiration militaire entourant Frank et ses actes dans l'armée est ici développée en largeur, et sa responsabilité dans la mort des Castle ne fait plus aucun doute. On retombe donc, une fois de plus, dans le cas d'un Frank rendu plus ou moins directement responsable, par ses actions, de la mort de ses proches, et qui tente d'expier ses fautes en s'en prenant aux méchants.

Je l'ai déjà dit au cours de cette semaine, mais cela affaiblit grandement le personnage de Frank, à mes yeux : en en faisant un mec bien (les épisodes s'efforcent d'humaniser au maximum le Frank d'avant le meurtre, comme d'habitude) victime de méchants très méchants lui en voulant personnellement, ce Punisher devient simplement un personnage tragique en quête de vengeance personnelle, loin du fanatique de justice menant une guerre contre le crime sous toutes ses formes que l'on peut trouver dans les comics.

En cela, ce Punisher est très proche, dans l'esprit, du Punisher de Thomas Jane, et de son Dirty Laundry (qui, sans surprise, est l'une des grosses inspirations de Bernthal pour cette incarnation) : un personnage qui finit paumé et sans direction après avoir accompli sa vengeance, et qui est encore loin d'avoir dépassé le stade du Begins.

Mais outre ces problèmes thématiques récurrents - qui trahissent bien les difficultés inhérentes à l'adaptation du Punisher, un personnage controversé qui semble avoir autant de lectures différentes que de lecteurs (rien que le générique de la série, assez plat, semble vraiment résumer le Punisher à un tas d'armes à feu virevoltantes, ce qui est une lecture assez simpliste et superficielle du personnage) - la série parvient à approcher le monde de Castle d'une manière assez intéressante, en mode thriller/polar paranoïaque.

L'une des thématiques principales de la série, c'est ainsi le stress post-traumatique, qui touche tous les personnages, d'une manière ou d'une autre. Le show semble ainsi très intéressé par l'effet qu'a la violence sur la psychologie, que ce soit au travers du destin de Frank, que de celui de Karen, de la famille de Micro, du futur Jigsaw (Ben Barnes, excellent), de l'agent Madani (Amber Rose Revah), etc.

Tous les personnages de la série ont ainsi, à un degré ou un autre, des cicatrices psychologiques (ou physiques) découlant de l'usage de la violence ou de son impact sur leur vie. Cela a l'avantage certain de les développer en profondeur, et de les rendre, pour la plupart, intéressants...

Malheureusement, cela a aussi l'inconvénient de faire de Castle un personnage secondaire de sa propre série : plus qu'une série Punisher, on se trouve ici devant une série Frank Castle et ses amis les handicapés de la vie. Plus que jamais, Frank est humain, vulnérable, c'est une bête traquée et blessée, et pour qui est habitué à un certain Frank impassible et solitaire, le contraste est rude.

Frank passe son temps à se confier, à tisser des liens, il est sentimentalement et émotionnellement plus ouvert que jamais ; soit, c'est un choix qui participe à l'humanisation d'un personnage qui, sinon, pourrait un peu trop ressembler à un terroriste urbain pour que les Américains soient à l'aise, compte tenu de l'actualité.

Mais là, se posent deux problèmes : le premier, c'est que, paradoxalement, Frank est tout aussi vulnérable dans l'action. Systématiquement, pour fragiliser le personnage, les scénaristes semblent prendre un malin plaisir à placer Frank en position de faiblesse. Durant l'immense majorité des scènes d'action (qui ne sont pas si nombreuses, d'ailleurs), Frank fonce tête baissée, est rapidement blessé de manière idiote (il ne se protège pas, il se tient debout en pleine ligne de mire, etc), et il passe le reste de l'affrontement à tenter de survivre en grimaçant de douleur.

Frank n'est que rarement (pour ne pas dire jamais) en position de force et, pour un militaire super-entraîné/un commando d'élite, il paraît trop souvent brouillon et sous-préparé. En lieu et place du Punisher, Frank passe son temps à se faire punir par autrui, à être grièvement blessé, et à finir alité après avoir été secouru par autrui.

D'autant plus problématique que la série peine à gérer l'état de santé de Frank, qui semble ici affublé des capacités régénératives de Wolverine - il souffre, il encaisse des dizaines de balles, il perd connaissance, il se fait poignarder... et dans l'épisode suivant, il est à 100% de ses capacités, sans même une grimace de douleur.

Autre souci : les autres personnages sont tellement développés et le récit se permet tellement de digressions, qu'au final, alors que le cœur émotionnel de la série aurait dû être Frank (surtout compte tenu de son humanisation affirmée), on ressent plus de souffrance, de traumatisme et de douleur dans les sous-intrigues des autres vétérans, comme par exemple celle du jeune Wilson (Daniel Webber), un jeune vétéran traumatisé qui se radicalise, et sert d'antagoniste à Frank le temps d'un épisode, après toute une saison de développement.

Frustrant. En plus, contrairement à l'enfer du Vietnam et de Forge Valley qui ont marqué à vie l'esprit de Frank dans les comics, ici, Kandahar paraît bien moins extrême et traumatisant : on peine donc à vraiment ressentir ce qui a fragilisé à ce point Frank sur le terrain, d'autant que la série préfère nous montrer la fraternisation de Frank et Billy, entre deux missions, plutôt que l'enfer de ces missions.

L'effet est donc contre-productif : en tentant de trop humaniser Frank, la série finit par brouiller les cartes, et par se perdre dans ses errances, et dans ses treize épisodes à remplir.

Le pire étant que le programme se termine de manière bâtarde, avec un treizième épisode qui rallonge la sauce pour un duel Russo/Castle qui aurait clairement été plus fort et plus désespéré s'il avait pris place à la fin de l'épisode précédent.

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Et pourtant, malgré tous ces problèmes, The Punisher est probablement dans le haut du panier des productions Marvel/Netflix : bien produite, très bien interprétée, avec une approche intéressante du traumatisme des vétérans, la série bénéficie du savoir-faire certain de Steve Lightfoot, le showrunner.

Le programme n'est pas sans défauts, loin de là ; outre ceux cités ci-dessus, relatifs à l'interprétation subjective du personnage du Punisher, on peut aussi mentionner la musique (du blues-rock assez moyen en guise de thème), le rythme bancal inhérent aux séries Marvel/Netflix, la violence jamais totalement convaincante, ou encore certains personnages et sous-intrigues oubliés en cours de route (on aurait aimé revoir Karen Page à la toute fin, par exemple).

Reste que, contrairement à la plupart des autres shows Marvel/Netflix, The Punisher ne se perd pas trop en cours de route. Il n'y a pas ce gouffre qualitatif entre les premiers épisodes et les derniers, ni un moment facepalm qui délimiterait le moment où la série bascule : le tout est plus homogène et cohérent dans son ton et dans son énergie, pour le meilleur et pour le pire.

Une chose est sûre : même si je n'adhère pas totalement à ce Frank paumé et vulnérable qui subit plus qu'il n'agit, je serai de la saison 2, si elle se tourne. Bernthal a su me convaincre, et peut-être qu'enfin, maintenant que ses origines ont été traitées, on aura un Punisher qui ressemblera à quelque chose de menaçant et de satisfaisant...

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Les bilans de Sygbab - Gilmore Girls, saison 3 (2002-2003)

Publié le 28 Janvier 2017 par Sygbab dans Télévision, Les bilans de Sygbab, Comédie, Romance, Gilmore Girls, Critiques éclair, Review

Sygbab regarde (beaucoup) la tv, Sygbab écrit (parfois) des bilans : retrouvez-les sur le blog des Téléphages Anonymes !

Gilmore Girls, Saison 3 : 

Contrairement aux deux précédentes saisons, celle troisième fournée est moins structurée et se perd dans des considérations qui vont parfois à l'encontre de l'effet escompté. Le premier exemple concerne l'un des fils rouges depuis le début de la série, à savoir le rêve commun qui motive Lorelai et Rory : Harvard. En effet, après l'intervention de Richard qui manipule toute sa famille pour arranger un entretien entre le directeur de Yale et sa petite-fille, cette dernière change d'avis et décide de tourner son avenir vers l'université qui a façonné celui de son grand-père.

Les scénaristes essaient tant bien que mal de nous convaincre que c'est un choix raisonnable et pratique, mais ce revirement n'est pas très crédible. La volonté de Richard et Emily de pousser Rory à être ce que leur fille n'a jamais été est beaucoup trop évidente pour que Lorelai puisse être d'accord avec ce choix aussi facilement. Ensuite, Rory est une jeune fille déterminée, et tout ce qu'elle a entrepris était dans l'unique but d'aller à Harvard. Il est donc assez étonnant qu'elle n'aille pas au bout de son projet alors qu'elle en a la possibilité.

Il est toujours possible d'arguer sur le fait que cela permet de ne pas trop éloigner Rory de sa mère, afin de ne pas briser leur relation fusionnelle. Mais cela passe pour un manque de prise de risque, et donne l'impression qu'il s'agit purement d'égoïsme de la part de Lorelai. Ce n'est d'ailleurs pas la seule situation qui laisse entrevoir ce défaut chez elle : suite à un investissement rentabilisé, son père lui donne de l'argent. Elle se précipite alors pour rembourser sa mère afin de se débarrasser de son influence et des dîners du vendredi soir, avant même de savoir si sa fille aura droit à une bourse.

Au final, ce n'est pas le cas, et cela oblige Rory à demander à ses grands-parents de leur prêter de l'argent, et les dîners sont réinstaurés... Statu quo, avec en prime un personnage principal qui dégrade son image avec sa fierté mal placée et son irresponsabilité : ce n'était clairement pas la meilleure option.

Certes, cet enchaînement d'évènements permet aussi à Lorelai de racheter le Dragon Fly avec Sookie - les voir négocier pendant l'enterrement de Fran est quand même assez limite : même si l'évènement est traité avec humour et baigne dans l'excentricité avec notamment la fanfare que Taylor avait engagée pour l'ouverture de son magasin, on aurait pu penser qu'elles étaient capables de respecter l'un des membres de leur communauté, aimé de tous -, mais le cheminement est un peu tarabiscoté.

En effet, l'incendie qui se déclare dans l'Independance Inn est abrupt, et la situation est beaucoup trop rapidement résolue. Ce qui ressort de tout cela, c'est que là où auparavant les intrigues semblaient couler de source avec l'évolution des personnages, elles sont ici mises en place pour forcer le destin. En résumé, les protagonistes sont victimes du bon gré des scénaristes, dont la précipitation à mettre en place certains éléments avant la fin de la saison est un peu trop flagrante.

Ces problèmes d'écriture se ressentent aussi au niveau de la scolarité de Rory. Le journal est complètement mis de côté pour se concentrer sur son rôle au sein du gouvernement étudiant de Chilton, et les difficultés liées à de telles responsabilités. Seulement, l'opposition de Francie n'est pas aussi forte que le laissent entendre ses intimidations ou autres tentatives de manipulation et de déstabilisation. Tout au plus réussit-elle à mettre Rory en porte-à-faux pour que Paris se sente trahie et perde toute raison, mais ça ne va pas plus loin.

En revanche, la raison invoquée pour cette crise de nerfs (le fait de parler de son petit-ami, alors qu'elle aurait préféré que cela reste secret) accentue le caractère fragile de Paris. Quand la carapace s'effrite, elle n'est plus animée d'aucune volonté, et sa non-admission à Harvard lui porte un coup monumental. Malgré tout, la cérémonie de remise des diplômes offre une belle conclusion et redore le blason : l'hommage rendu par Rory à sa mère est absolument magnifique et poignant. À n'en pas douter un des meilleurs moments de la série, sans conteste possible.

Sur le plan sentimental, sa relation avec Jess se concrétise enfin, après que Dean ait une fois de pus rompu avec elle, étant fatigué d'essayer de se convaincre qu'elle avait encore envie d'être avec lui. Et il faut dire que c'est une catastrophe : alors qu'il était presque sous-entendu en fin de saison 2 que Jess changerait à son contact, c'est tout le contraire qui se produit. Son comportement est toujours plus borderline, et il passe d'un statut de bad boy modéré et plutôt sympathique à celui d'un jeune con qui préfère foutre sa vie en l'air alors qu'il a une chance inouïe d'être avec une telle jeune femme et d'avoir un oncle qui le soutient toujours contre vents et marées.

L'humiliation qu'il fait subir à Rory devant sa grand-mère aurait normalement dû être le point de non-retour, après cela il est difficile de comprendre qu'elle puisse encore être avec quelqu'un qui la traite de manière aussi odieuse. Et la façon dont il s'en va une fois de plus est un total manque de classe. Surtout pour aller voir un père qui n'a jamais affronté ses responsabilités. Là encore, une intrigue prétexte un peu abrupte...

Dans cette histoire, Dean est un peu le dindon de la farce. Il aurait pu sortir grandi de cette rupture, puisqu'il tente de rester ami avec Rory. Son comportement envers Jess est en effet amplement mérité : le provoquer mais de manière plus intelligente que son rival le faisait n'est que justice. En revanche, c'est envers Lindsay qu'il semble ne pas être honnête. Cette nouvelle relation semble totalement fausse, pour essayer d'oublier la peine que lui a infligée Rory, alors qu'il est évident qu'il est toujours amoureux d'elle. Ça l'est encore plus quand il tente de se convaincre qu'il est heureux, en fustigeant Rory de ne pas l'être pour lui parce qu'elle est dans une relation malsaine.

Finalement, celle qui s'en sort le mieux dans toutes ces turpitudes, c'est Lane. Elle a enfin une direction : la musique devient sa vocation, et sa relation avec Dave est sur le point d'être acceptée par sa mère. Dave se fond d'ailleurs très vite dans le moule de la série (grâce à un excellent Adam Brody, débordant d'humour), et les autres membres du groupe apportent une touche un peu décalée qui se marie bien avec la folie douce de Lane. C'est la très bonne surprise de la saison, et cela ouvre des perspectives intéressantes.

Toutes ces complications amoureuses ne sont pas l'apanage des jeunes, Sookie et Jackson sont là pour en attester. Le fait de vivre ensemble et d'être amenés à se côtoyer également dans le cadre du travail rend parfois les choses difficiles, car il est dur de tracer une limite claire entre les deux et de ne pas tout mélanger. Les disputes sont donc fréquentes, mais pour l'instant le couple tient bon. Pour combien de temps ?

C'est toute la différence entre le fait d'idéaliser une relation et de la vivre, et c'est sans doute cela qui fait hésiter Lorelai et Luke, toujours à se tourner autour sans vraiment admettre qu'ils sont attirés l'un par l'autre. Mais les indices laissés ici et là - notamment le rêve de Lorelai en début de saison, complété par le rêve de Luke en fin de saison histoire de boucler la boucle - sont clairs à ce sujet. Il ne faudrait peut-être pas tarder, maintenant que Chris - dont les apparitions sont très limitées dans cette saison - n'est plus dans le paysage.

Ces multiples hésitations scénaristiques peuvent s'expliquer en considérant qu'il s'agit d'une saison de transition. Il faut préparer l'entrée de Rory à l'Université et cela va sans doute modifier la dynamique. Mais même si certains choix ne sont pas forcément heureux, la série possède la même énergie et la même bonne humeur, ce qui la rend toujours aussi agréable à regarder.

Mais c'est bien sûr grâce à la présence de Kirk au générique. Sa maladresse légendaire et sa vie misérable le rendent absolument génial quand il accomplit un exploit : son tour d'honneur trophée en main lorsqu'il remporte le marathon de la danse est impayable.

 

 

(voir aussi le bilan de Lurdo - nettement plus sommaire - des saisons 1 à 4 de la série, publié sur ce blog en 2012)

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