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LES TÉLÉPHAGES ANONYMES

Il était une fois Lurdo & Sygbab, deux internautes passionnés de séries tv et de cinéma, et qui cherchaient un endroit où archiver leurs avis (semi) éclairés...

Résultat pour "good place"

Les bilans de Sygbab - American Gothic, saison 1 (1995-1996)

Publié le 30 Août 2012 par Sygbab dans Les bilans de Sygbab, Télévision, Horreur, Fantastique, Critiques éclair, Review, Thriller, Drame

Masochisme : Attitude d'une personne qui recherche la souffrance, l'humiliation ou qui s'y complaît.

Cette définition pourrait fort bien s'appliquer à votre serviteur, celui-ci ayant eu la formidable idée de se lancer pour la cinquième fois dans le visionnage de cette seule et unique saison d'American Gothic, les quatre premières ayant été infructueuses et n'ayant pas dépassé le stade des cinq ou six premiers épisodes. Plus que de l'abnégation ou de la persévérance, il s'agit ici d'une volonté perverse de juger sur pièces une série désignée comme culte. Et, chose étonnante, j'ai réussi à survivre - difficilement, il faut bien l'avouer - à ce qui est considéré comme une perle du fantastique.

Souvent désignée comme étant à part dans les productions de Renaissance Pictures, American Gothic l'est très certainement puisque les thèmes traités sont bien loin d'être aussi joyeux que dans Hercules ou Xena, même si cette dernière possède deux dernières saisons bien plus sérieuses (et largement moins maîtrisées que les précédentes). C'est évidemment beaucoup plus sombre puisqu'il est ici question de lutte entre le Bien et le Mal, mais surtout d'une sorte d'essai sur l'emprise psychologique du Mal sur une communauté.

Canal de forces mystiques et démoniaques, le shérif Lucas Buck imprime sa marque sur la petite bourgade de Trinity avec une volonté et une poigne de fer. Ne se laissant jamais guider par une quelconque conscience qui serait de toute façon encombrante, il apporte son aide à ses ouailles mais en ayant toujours son propre intérêt à l'esprit. Malgré ses crimes, son absence flagrante de morale et tout ce qui fait de lui un être détestable, les gens sont sous sa coupe. Et si beaucoup le haïssent sans être capables de réagir, d'autres en viennent à l'aimer ou faire preuve d'une déférence soumise envers lui. Il faut dire qu'il a un certain charisme...

Interprété par un impeccable Gary Cole, ce personnage est en fait l'atout principal de la série. Et presque le seul, d'ailleurs. A côté de lui, ce ne sont pas les acteurs qui font pâle figure (le cast est somme toute homogène au niveau des prestations, si ce n'est une insupportable Sarah Paulson), mais bien les personnages. Ceux-ci sont développés de manière trop chaotique pour donner vraiment l'impression d'exister, à l'exception de Ben, son adjoint, et de Caleb, le gamin qui tient lieu de personnage central et qui attire toute l'attention du shérif. Ils apparaissent et disparaissent au gré des envies des scénaristes, et le travail effectué est trop inconsistant pour que cela ait un réel impact quand ils sont confrontés à des évènements d'envergure censés surprendre le téléspectateur.

Un simple exemple serait celui de Gail, qui est présentée dès le pilote comme une journaliste, et dont les motivations principales pour revenir à Trinity sont d'une part de découvrir les raisons mystérieuses entourant la mort de ses parents dans le bâtiment qui leur servait de journal, et d'autre part de soustraire Caleb à l'influence de Lucas. Au final, son statut de journaliste est utilisé à trois reprises à peine, elle découvre très tôt la vérité à propos de ses parents, n'est quasiment pas en contact avec Caleb (en tout cas pas suffisamment pour le protéger), et se retrouve du jour au lendemain la petite amie du shérif sans que cela soit amené finement.

Ce type de manquements dans l'écriture se retrouve également dans la description de la relation père-fils entre Lucas et Caleb. Certes, dans la vie quotidienne, les jours ne se ressemblent pas, et il arrive que la veille soit synonyme de dispute et de noms d'oiseaux distillés quand le lendemain est synonyme de réconciliation. De là à constater d'un épisode sur l'autre (et ce même dans un ordre de visionnage à peu près correct, celui de diffusion étant bordélique au possible) que Caleb hait Lucas Buck et est ensuite son meilleur pote, non.

En plus d'être déstabilisant parce que cela donne l'impression qu'il n'y a pas de continuité (ou vaguement), cela fait preuve d'hésitations coupables et d'une intrigue loin d'être maîtrisée. Et c'est bien dommage puisque les scénaristes se focalisent sur ces deux personnages en oubliant parfois d'approfondir ceux qui gravitent autour d'eux, comme évoqué précédemment. C'est le cas pour Merlyn, qui va et vient dans un rôle de guide spirituel/ange-gardien/fantôme/être de lumière/force du Bien (choisir la mention qui convient le mieux puisque l'équipe en place n'a pas su le déterminer) : sa situation aurait eu bien plus de poids si les forces en présence avaient été mieux exposées.

Car rien n'est expliqué à propos de la mythologie de la série, si ce n'est que Caleb est le fils de Lucas Buck et qu'il est au centre de ce qui semble être une lutte de pouvoir entre le Bien et le Mal. Malheureusement, les enjeux sont très mal mis en place et la série est handicapée par le manque d'ampleur qui leur est conféré. C'est très facilement compréhensible, puisque les scénaristes ont privilégié un Caleb tiraillé par ses sentiments envers son père et sa soeur avant de faire un choix sur sa destinée, plutôt que de développer la mythologie en expliquant certains phénomènes fantastiques. C'était peut-être louable dans l'esprit, mais cela pose quelques problèmes.

Ce manque de règles établies donne aux scénaristes la possibilité de faire un peu tout et n'importe quoi, et Merlyn passe son temps entre être immatériel et personne de chair et de sang. Une fois en prenant possession d'un esprit (mais quid du corps ?), une fois en prenant son apparence sans que personne la reconnaisse (n'oublions pas qu'elle a fait la Une de la presse lors de son meurtre dans le pilote...), une fois en ayant l'apparence que chacun veut bien lui donner... Tout cela manque de crédibilité, et ce n'est pas arrangé par le fait que le personnage est très mal écrit.

Il est donc primordial de se poser la question suivante : mais pourquoi cette série est considérée comme culte et bénéficie d'une si bonne réputation ? La réponse pourrait être la suivante : son ambiance parfois lancinante, mystique et fascinante. Mais encore faut-il supporter l'accent sudiste si particulier, qui peut être soit charmant, soit horripilant selon les sensibilités de chacun. Encore faut-il s'intéresser à la vie d'une petite bourgade dont la vie dans la chaleur moite de la Californie semble arrêtée. Encore faut-il que l'impression de voir vivre une communauté se fasse sentir. Loin d'un Twin Peaks ou d'un Gilmore Girls peuplés de personnages variés et hauts en couleur, le téléspectateur se heurte ici à une petite ville dont on ne voit quasiment jamais les habitants. Dans ces conditions, difficile de ressentir la supériorité psychologique du shérif sur l'ensemble, même s'il est convaincant lors de ses entrevues en tête-à-tête.

Certes, ce sont des choix scénaristiques sûrement volontaires afin de privilégier un traitement sans doute plus intimiste, en conservant un côté dérangeant. Ce que confirme la musique de Joseph LoDuca, pour peu qu'on ne la trouve pas lourde et redondante au lieu d'être riche. En effet, la subtilité n'est parfois pas au rendez-vous, comme ces surimpositions d'images foireuses pour évoquer les forces maléfiques à l'oeuvre quand Lucas Buck prépare un mauvais coup.

Ce n'est donc pas l'ambiance ou le ton de la série qui la sauvent de ces multiples erreurs, et ils ne cachent certainement pas une écriture qui manque d'une certaine rigueur. Au moins le final est-il intéressant de par ce qu'il propose avec une entrevue du véritable potentiel de Caleb - bien flippante au demeurant -, mais il est bien trop tard pour redonner un intérêt quelconque à ce qui se déroule sous nos yeux tant l'intrigue a traîné en route.

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Les bilans de Lurdo : Star Trek Voyager, saison 2 (suite et fin)

Publié le 29 Juillet 2013 par Lurdo dans Les bilans de Lurdo, Critiques éclair, Review, Télévision, Science-Fiction, Star Trek

2x15 - Threshold :

NO COMMENT.

2x16 - Meld :

Brad Dourif en bétazoïde psychotique, Tuvok qui se laisse contaminer par des envies de meurtre... ça fait un épisode assez réussi, tout ça. On aurait enlevé l'intrigue secondaire inutile sur Paris qui organise des paris illégaux, on aurait probablement eu un des meilleurs épisodes du show jusqu'à présent. Très bien interprété, en tous cas.

2x17 - Dreadnought :

Encore un B'elanna-centric (je ne me plains pas), avec cette arme cardassienne massive autrefois bidouillée par B'el, qui revient pour la hanter. On ferme les yeux sur la grosse coïncidence qui fait que le Voyager tombe dessus au milieu de nulle part (on n'est plus à ça près, après tout), et sur le côté prévisible du tout, pour se dire que finalement, ça tient plutôt bien la route, au final.

2x18 - Death Wish :

Ah, oui, le premier Qsode de Voyager. Je le connais presque par coeur, celui-là... et c'est bien normal, parce qu'il est excellent, comme souvent lorsque Trek s'empare d'un débat philosophique, et le rejoue sous forme de courtshow drama.

2x19 - Lifesigns :

Le docteur tombe amoureux de l'hologramme d'une vidiienne reconstituée. Un autre épisode réussi, assez joli et tout en finesse. Bon, cela dit, les intrigues secondaires récurrentes (saluons déjà leur intégration, c'est un progrès) font particulièrement pièces rapportées, et même si je ne crois jamais avoir eu l'occasion de voir leurs conclusions, je ne pense pas me mouiller particulièrement en disant qu'elles sont probablement toutéliées.

2x20 - Investigations :

Ah, ben voilà, je m'en doutais. Donc, Paris faisait semblant d'être un rebelle, pour mieux tromper Seska et le traître. Cool. Dommage que tout ça soit révélé dans un épisode... faiblard sur le fond, et plein de grosses ficelles sur la forme. Et avec Neelix qui se prend pour un reporter. Meh. Cela dit, l'adieu à Paris par Neelix était assez réussi.

2x21 - Deadlock :

Encore une histoire d'anomalie spatiale, qui dédouble l'équipage du Voyager. Le reboot final devient rapidement évident, dès la mort du bébé et de Kim en moins de trente secondes, donc forcément, je ne suis pas très fan de l'épisode (assez bavard malgré ses vidiiens) ou de la résolution finale, qui m'a aussitôt rappelé pourquoi je n'aime pas Janeway en tant que Capitaine : son écriture est souvent calamiteuse, et fait d'elle un dictateur en puissance (ici, elle décide d'autodétruire le vaisseau sans demander l'avis de son équipage, ni lui laisser une chance de proposer une autre solution, ou de s'échapper dans un escape pod).

2x22 - Innocence :

Tuvok et un trio de gamins isolés dans une jungle de studio (je commence à regretter les forêts canadiennes des Stargate)... mais à la fin, ouhlàlà, on découvre que les gamins sont des vieux rajeunis, envoyés là pour mourir. Mouais. Mouais mouais mouais. C'est très mollasson et convenu, tout ça. Tim Russ asssure le minimum d'intérêt syndical de l'épisode, m'enfin bon, le reste, bof.

2x23 - The Thaw :

Kim & Torres en stase, pour entrer dans l'univers virtuel de survivants d'une catastrophe planétaire. Ouhlà, je ne sais pas vraiment quoi penser de cet épisode, avec ses clowns qui jouent sur les peurs de Kim & co et son esthétique 80s, très vidéo clip fauché multicolore... d'un côté, c'est assez amusant à regarder (surtout quand le Doc se pointe enfin), tant tout le monde cabotine et en fait trois tonnes, et de l'autre... c'est affreusement fauché, répétitif et daté. Limite, ça aurait été tout à fait à sa place dans TOS, avec ce que ça comporte de défauts.

Sans compter que quitte à envoyer quelqu'un dans un espace virtuel inconnu via une technologie inconnue, autant envoyer dès le début l'hologramme de bord plutôt que l'ingénieure en chef et Kim....

2x24 - Tuvix :

Tuvok et Neelix fusionnent. Les scénaristes, eux, se félicitent de cette idée qui a dû leur demander dix minutes de réflexion, et qui est traitée de manière assez inégale. À nouveau, l'ouverture de l'épisode me fait regretter les forêts de Stargate, et sinon, quelques bugs de scénar ("jamais deux formes de vie distinctes n'ont été fusionnées par téléportation, de toute l'histoire de cette technologie !" - et Evil Kirk vs Nice Kirk ? ), et un scénario qui paradoxalement, devient plus intéressant dans son dernier quart, tout en étant alors particulièrement précipité et manichéen (voire même détestable) : Tuvix veut vivre, Janeway ordonne de le "tuer" (alors que dans Phage, elle affirmait qu'à contrario des Vidiiens, elle ne pouvait pas se résoudre à tuer quelqu'un pour sauver quelqu'un d'autre, ici, elle ne se gêne pas), le reste de l'équipage se retourne contre Tuvix et fait preuve d'égoïsme, tout revient à la normale sans conséquences pour personne, et zou, générique de fin, tout ça en moins de trois minutes. :facepalm:

2x25 - Resolutions :

Ah, oui, l'épisode de Janeway et Chakotay contaminés, et obligés de finir leurs jours ensemble, seuls sur une planète idyllique. Shipping à gogo au programme, ce qui est à la fois la force et la faiblesse de l'épisode : si tout ce développement de personnage avait eu des conséquences sur la suite du show, sur les relations entre Janeway et Chakotay, etc, ça aurait rendu tout cela utile.

Là, en l'état, c'est juste un épisode de meublage, avec une pseudo-mutinerie sans grande importance à bord du Voyager, et Janeway qui parle à un petit singe dans les bois.

2x26 - Basics pt 1 :

La continuité et le retour de Seska sont appréciables, mais le tout est rendu particulièrement agaçant par la crédulité improbable de l'équipage du Voyager. Jamais Chakotay ne doute de sa paternité, jamais ils n'hésitent à partir en territoire ennemi pour sauver le bébé sur la base d'une transmission vidéo brouillée, jamais ils ne se méfient des attaques inoffensives des Kazons sur une partie bien précise du vaisseau, jamais ils ne songent que le Kazon au sang étrange qu'ils ont à bord est suspect... donc forcément, quand ils tombent dans le piège de Seska, c'est facepalm immédiat.

La brève réapparition de Suder dans l'épisode fait plaisir, cela dit, même si elle semble très clairement une mise en place pour un sacrifice ultérieur "pour le bien du vaisseau", avec rédemption du criminel, tout ça.

Mini bilan s2 : une saison où se côtoie le (très rarement) bon comme le très mauvais.... et qui est, finalement assez représentative de la série dans son ensemble. Une impression tenace, cependant : celle d'épisodes au rythme étrange. La production a clairement troqué le format habituel intro/4 actes/conclusion pour un format différent, consistant en une intro et cinq actes. Résultat, beaucoup d'épisodes semblent se terminer en queue de poisson, avec une histoire qui trouve sa résolution dans les 60 dernières secondes... et c'est tout. Assez perturbant, ça empêche toute possibilité de conséquences aux événements des épisodes, et ça donne un rythme bancal à pas mal de scripts.

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Les bilans de Lurdo - Tween Wars II : Jonas & Rush

Publié le 18 Avril 2012 par Lurdo dans Les bilans de Lurdo, Critiques éclair, Review, Télévision, Comédie, Sitcom, Musique, Tween, Jeunesse, Disney, Nickelodeon

Episode II : The Parker Lewis Effect

Loi n°3 de la Tweencom : si chez Mickey tu veux prospérer, les talents musicaux de tes interprètes aux épisodes tu devras intégrer, pour la promotion croisée avec Disney Records assurer.

Loi n°4 de la Tweencom : à l’identique, pas plus d’un bruit organique (pet, vomi, etc) par épisode tu ne pourras employer.

Loi n°5 de la Tweencom : si le shipping à tout prix tu devras favoriser, pas plus d’un seul baiser par saison tu ne pourras utiliser : chastes et purs tes personnages à tout prix devront rester.

 
Exception : si chez Nickelodeon tu es employé, les lois 3 à 5 tu peux oublier, et comme bon te semble tu peux faire.

 



Jonas (2009-2010)
 

Un clown, une blonde, un tombeur à sourcils, une fangirl obsessive, et un romantique introverti : le plus supportable n’est pas forcément celui qu'on croit… 

Koicé ?

Les frères Jonas qui jouent le rôle des frères Lucas qui forment le groupe Jonas qui sont des superstars mégacélèbres qui vont quand même au lycée, mais qui sont trop beaux, trop populaires, trop occupés, et trop talentueux.

Aveckicé ?
Les frangins Jonas, plutôt bons acteurs ; une blonde quelconque, pas mauvaise, mais sans aucun charisme, dans le rôle de leur styliste/amie d’enfance ; une fangirl hystérique, jouée par Nicole Anderson, qui assure son personnage ; des agents, des parents, un petit frère… qui tous disparaissent en saison 2.

Koiçavo ?
Initialement conçue comme une version masculine de Hannah Montana – où Miley Cyrus est superstar de la musique la nuit, et lycéenne incognito le jour – la série Jonas était sensée mettre en scène les Jonas, trois musiciens qui se servent de leur carrière musicale pour couvrir leur double vie de super-espions.

Pas de bol, entre la conception du projet, et son tournage, les Jonas deviennent les nouvelles méga-stars de la chaîne : plus question de les représenter comme de simples musiciens en galère. La solution de Disney ? Un show à la Entourage, sur leur quotidien de superstars.

Reste qu’avec un sujet comme "le dernier groupe à la mode pour tweens en chaleur", on pouvait craindre le pire : en l’occurrence, un soap pour ados insipide, dans lequel les trois frangins seraient adulés et irrésistibles.

Aussi, grosse surprise en découvrant la saison 1 du show, tant l’influence de Parker Lewis y est présente : alors oui, les Jonas sont des superstars adulées qui vont encore au lycée, et leurs clips occupent deux bonnes minutes par épisode (merci l’avance rapide), mais le reste du temps, c’est filmé à la caméra mobile, sans rires enregistrés, avec des effets musicaux et vidéos absurdes, des persos qui parlent à la caméra, des péripéties rythmées, et pas mal de gags visuels.

Bref, c’est regardable et gentillet, bien que loin d’être dénué de scories, et le thème musical a un refrain qui s’avère finalement assez ronge-crâne au bout d’une poignée d’épisodes.

Malheureusement, le show se fait pilonner au baromètre d’audience par Nickelodeon, que ce soit par iCarly, ou par la série concurrente, Big Time Rush. Résultat : Disney décide de tout chambouler pour la saison 2.

Adieu les parents et le frère, bonjour une tante saoulante et un voisin envahissant, les Jonas débarquent à LA, et tout le show ne tourne plus qu’autour de leurs histoires d’amour super méga trop compliquées avec les deux filles, leur carrière, etc… le tout filmé au premier degré, comme un mauvais épisode d’Entourage. À se pendre, donc. Et il faut attendre un caméo de David Henrie (de Wizards of Waverly Place) dans les derniers épisodes, pour enfin retrouver un peu du cartoon de la saison 1, le temps de quelques scènes.

Perte de Santé mentale :
Relativement négligeable en s1 ; ambulance directe vers l’asile d’Arkham en s2.
 



Big Time Rush (2009 - ?)
 

Le mec normal, l’intello, le producteur has-been, le beau gosse égocentrique, et le teubé qui porte toujours un casque... sauf sur la photo :\ 

Koicé ?

Quatre ados joueurs de hockey un peu teubés passent un casting, et deviennent le nouveau boys band/projet d’un producteur has-been en perte de vitesse. Ils emménagent alors à L.A., dans un hôtel, accompagnés de la mère de l’un d’entre eux, et de sa petite sœur précoce et machiavélique.

Aveckicé ?
Une foultitude de persos. En tête d’affiche, le quatuor du boys band : ils chantent juste, il dansent bien, ils sont assez bons comédiens, et n’ont pas peur de passer pour des idiots… mais ça s’arrête là (ça manque pas mal de charisme tout de même, dans un premier temps). La mère de famille, gentiment déjantée. Ciara Bravo, géniale et très attachante dans le rôle de la petite sœur ambitieuse et manipulatrice. Les petites amies des quatre mecs, toutes dans le ton du show. Le producteur has-been, sorte de clone du catcheur Bully Ray, avec le même caractère, et une assistante/bras droit/souffre douleur qui le mêne pourtant à la baguette. Un trio de mannequins méprisantes et distantes, qui fascinent les mecs du groupe. Le responsable de l’hôtel, machiavélique. Guitar Dude, un dude qui joue de la guitare en arrière plan. Buddha Bob, le responsable de l’entretien de l’hôtel, une sorte d’homme des bois assez particulier. Et Mr Griffin, le big boss de la maison de disques, un mec bodybuildé et autoritaire toujours entouré d’une armée de sbires.
Sans oublier des dizaines de guests, de Snoop Dogg à Fabio en passant par Erik Estrada, Russell Brand, John Cena, ou Lorenzo Lamas en Dr Hollywood, le playboy-chirurgien des stars.

Koiçavo ?
Pour comprendre le show, il faut savoir qu’il a été mis en chantier par la chaîne Nickelodéon quelques mois après le début de la saison 1 de Jonas ; par conséquent, comme souvent dans la guéguerre qui oppose les deux chaînes, BTR est directement inspiré du show concurrent : ton décalé, caméra fixe, pas de rires enregistrés, et un ton qui ressemble fortement à ce qui pouvait se faire dans Parker Lewis.

Sauf que voilà : là où Jonas a toujours été limité par les barrières imposées par Disney Channel, Nickelodeon lâche totalement la bride à l’équipe de BTR. Le résultat est immédiat : Big Time Rush tient plus du cartoon vivant (un mélange improbable de Parker, de Stella, de Spinal Tap, de Big Wolf on Campus, et des épisodes concepts de Community) que de la série de boys band pour minettes.

Attention : ça reste un produit pensé pour établir en parallèle la carrière musicale de BTR. Et qui dit boys band, dit soupe musicale (encore que là aussi, le générique finit par être assez accrocheur… probablement parce que sa mélodie revient régulièrement en ponctuation musicale, durant les épisodes). Mais là, contrairement à la série Jonas, il n'y a que très rarement de clip musical de deux minutes en milieu d’épisode : au pire, on voit vaguement la conception des chansons dans une scène, vingt secondes d’enregistrement, et l’épisode continue. Et ce de manière infréquente (ou alors, les chansons du groupe servent d’accompagnement à un mini-montage qui fait avancer l’épisode).

Parce qu’à vrai dire, il n’y a pas vraiment le temps de souffler, ou de s’attarder, avec ce show. Tout va vraiment à 200 à l’heure, appuyé par des bruitages omniprésents, et un score là aussi cartoonesque, qui fait sienne la technique du mickeymousing, parfois jusqu’à l’overdose.

Mais ça joue toujours avec le médium télévisé (le bon vieux "personnage sort une demi-seconde du cadre = changement de costume", notamment), ça n’hésite pas à en briser les conventions, ça esquive les clichés, les relations (même amoureuses) sont assez bien traîtées, il y a des tonnes de personnages secondaires et récurrents, et puis bon, outre la gamine excellente (qui me rappelle une jeune Selena Gomez, dans son jeu), les quatre leads sont écrits comme de gros boulets gentiment débiles (le teubé du groupe, qui porte un casque de hockey vissé sur la tête pendant toute la saison 1), qui s’en prennent régullièrement plein la tronche (vive le slapstick !). Ça change des Jonas.

Bref, c’est joyeusement absurde, l’épisode spécial Halloween est très fun (avec l'intello du groupe zombifié qui perd tous ses membres un à un), ça ne se prend jamais au sérieux, ça place des références ciné et 80s assez bien vues, et de toute façon, une série qui ne coupe pas au montage Russell Brand en train de demander à ce qu’on lui organise une fête privée pleine de "saucisses", qu’elles soient petites ou grosses, du moment qu’il y en a partout, ça mérite le coup d’œil.

Et n'oublions pas, début 2012, un téléfilm/super-épisode d'une heure, Big Time Movie : ici, les influences sont plus qu'évidentes. Le quatuor (et son entourage) part en concert à Londres, et se trouve embarqué dans une improbable histoire d'espionnage à la James Bond/Johnny English, les quatre chanteurs en profitant pour reprendre de nombreux titres des Beatles. On pense donc forcément constamment aux Fab Four, aux Monkees, et le tout se rejoint dans une ambiance joyeusement légère et décomplexée, au croisement d'une ambiance british, et du ton BTR. Ça fait toujours plaisir.

Perte de Santé mentale :
Aucune, à moins d’une allergie mortelle à quelques secondes de musique boys-band par épisode. Au contraire, même, j'avoue m'être plus marré devant une saison et demi de ce show nawak et déjanté (pour moi un héritier tout à fait digne à Parker Lewis) que devant les trois dernières de HIMYM… mais bon, tout le monde n'accrochera pas au rythme survolté.

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Un film, un jour (ou presque) #805 : MOIS FRANÇAIS - Gaston Lagaffe (2018), Les Aventures de Spirou et Fantasio (2018) & Taxi 5 (2018)

Publié le 19 Août 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Comédie, France, Action, Aventure, Science-Fiction

Pendant un mois, à l'occasion de la Fête Nationale, retour sur un cinéma que je délaisse trop souvent : la comédie française... ​​

Gaston Lagaffe (2018) :

Lorsqu'il rentre de congés, Prunelle (Pierre-François Martin-Laval), le directeur d'Au Petit Coin, une startup de reconversion, découvre la présence d'un nouveau stagiaire, Gaston (Théo Fernandez), particulièrement gaffeur. Et alors que Prunelle tente désespérément de négocier la vente de l'entreprise à Monsieur de Mesmaeker (Jérôme Commandeur), les bêtises de Gaston s'accumule, et menacent de mettre en péril la survie d'Au Petit Coin. Mais Prunelle, persuadé que Gaston est le fils du PDG, en immersion dans le monde du travail, ne peut se résoudre à le renvoyer...

Au vu des bandes-annonces, je m'attendais à pire. Notamment à cause de Gaston, dont la posture voutée, tout droit tirée de la bd, faisait particulièrement artificielle et forcée dans les images présentées lors de la promotion du métrage. Et puis, en fin de compte, ce Gaston s'est avéré probablement le point fort du métrage, puisque Théo Fernandez incarne bien (et avec un naturel certain) ce personnage décalé mais bienveillant.

Là où ça coince plus, c'est autour de Pef.

Pef, l'acteur, qui surjoue et sonne faux de manière récurrente, dans une scène sur deux ; Pef, le scénariste, qui peine - ici comme sur les Profs - à donner une véritable structure à son film, succession de vignettes et de gags fidèles à la bande dessinée, mais assez décousus, et liés par des fils conducteurs prétextes ; et Pef, le réalisateur, qui échoue à dynamiser le tout, et livre donc un produit mollasson et peu remarquable.

Ce n'est pas désastreux, et l'on sent que le réalisateur est fan de l'oeuvre de Franquin, mais ça reste une adaptation scolaire et terne, qui n'exploite jamais son postulat de départ. Et la transformation de ce qui était les éditions Dupuis en une start-up appelée "Au Petit Coin" est assez représentative d'une certaine dérive de l'humour de Gaston vers quelque chose de plus bas de plafond/pipi-caca, pas forcément pertinent (d'ailleurs, c'est parlant de constater qu'un moment de post-synchro évident remplace justement dans la bouche de Gaston le mot "flatulence" par "prout" : ça donne le ton).

2.5 + 0.5 pour Théo Fernandez = un minuscule 3/6, de justesse.

(par contre, les choix musicaux, bon gros bof, et toute la fin tombe assez à plat, précipitée, en plus de se conclure avec une chanson chorégraphiée, le bon gros cliché insupportable de ce genre de comédie...)

Les Aventures de Spirou et Fantasio (2018) :

Quand Spirou (Thomas Solivérès), jeune pickpocket se faisant passer pour un groom, croise le chemin de Fantasio (Alex Lutz), reporter incapable, dans les couloirs d'un hôtel, il ignore qu'il est sur le point de s'embarquer dans une aventure improbable : Seccotine (Géraldine Nakache), rivale et ex-compagne de Fantasio, est en effet enlevée, en compagnie du Comte de Champignac (Christian Clavier), par le maléfique Zorglub (Ramzy Bedia), qui a besoin de Champignac pour accomplir ses projets de domination de la planète...

Décidément, après un Petit Spirou terne, quasi-mélancolique et vieillot (et sans Spip), le groom-aventurier est bien mal servi par ses adaptations cinématographiques.

Ici, ces Aventures s'avèrent particulièrement mal rythmées, débutant sur les chapeaux de roues, avec un rythme frénétique et une bande originale symphonique endiablée, qui font un temps illusion... mais rapidement, une fois la première demi-heure passée, le film s'embourbe, ralentit, n'a plus aucune énergie, et le spectateur assiste alors au numéro habituel de comédiens français en pilotage automatique : Ramzy, Clavier, Mr Poulpe, Charlotte Gabris (décidément partout), Desagnat...

Face à eux, Lutz et Nakache s'en sortent, mais c'est du côté de Spirou que ça coince : Solivérès ne pose pas problème, mais son personnage, si. Ici, Spirou est un petit jeune menteur et voleur, déguisé en groom, qui ne se lance dans cette aventure que par appât du gain, et qui n'hésite pas une seconde, goguenard, à envoyer Zorglub vers une mort certaine.

Autant dire qu'on est loin, très loin du Spirou des bandes-dessinées, et ce quand bien même le script considère cette histoire comme un "Spirou begins", le héros décidant spontanément, à la fin, de rentrer dans le droit chemin et de devenir groom (et Zorglub n'étant pas vraiment mort).

Reste que l'on passe tout le film à suivre des protagonistes peu attachants, embarqués dans une aventure assez plate et rythmée de choix musicaux insipides et "publicitaires", bref, on a du mal à se passionner pour ce qu'il y a à l'écran.

Spirou méritait mieux.

2 + 0.5 pour Spip = 2.5/6

Taxi 5 (2018) :

Super flic parisien et as du volant, Sylvain (Franck Gastambide) est muté contre son gré à la Police Municipale de Marseille où le Maire (Berard Farcy) le place à la tête d'une mission collective d'importance : arrêter un gang d'Italiens qui s'en prend à des bijouteries, et prend la fuite à bord de Ferraris. Mais pour y parvenir, Sylvain a besoin d'un véhicule à la hauteur : il est contraint de demander l'aide d'Eddy Maklouf (Malik Bentalha), un chauffeur de VTC incapable et insupportable, petit-neveu d'un certain Daniel, et seule personne sachant où se trouve le taxi blanc mythique à Marseille...

Le dernier film de la bande de Franck Gastambide, après Les Kaira et Pattaya, un film qui se veut donc un relaunch de la franchise Taxi, sans Naceri, Cotillard ou Diefenthal. Ou du moins, il est préférable de parler au passé de ces intentions, puisque le carton escompté par Besson, Gastambide et compagnie n'a pas eu lieu, au final.

En même temps, pas forcément surprenant, puisque le film n'est tout simplement pas exceptionnel ou mémorable.

Pire, c'est même une belle occasion ratée, entre son rythme nonchalant faisant une place trop importante au copinage, et trop faible aux poursuites ; son Malik Bentalha tout simplement peu attachant dans un personnage façon Jamel au rabais ; ses seconds rôles qui font tous leur numéro respectif (parfois, ça marche - Ramzy, Farcy -, parfois, nettement moins - Poulpe) ; ses méchants transparents ; ses gags qui traînent en longueur ; et sa fin à rallonge après un climax assez plat...

Bref, il y avait là un potentiel certain de relance de la franchise avec un Gastambide sympathique, et un concept de nouvelle génération modernisant le fameux taxi, avec potentiellement un nouveau modèle, et quelque chose de moins kitsch dans ses effets... mais le film échoue à atteindre ses objectifs, et, dans ses grandes largeurs, il tombe à plat.

2.25/6 

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Et comme toujours, vous pouvez retrouver la liste complète de tous les films passés en revue sur ce blog dans le menu Index de haut de page, ou en cliquant directement sur ce lien...

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Les bilans de Lurdo : The Punisher, saison 2 (2019)

Publié le 9 Mars 2019 par Lurdo dans Action, Critiques éclair, Drame, Les bilans de Lurdo, Marvel, Netflix, Policier, Review, Thriller, Télévision, Punisher

Malgré des défauts inhérents au format Netflix, et à l'écriture des séries Marvel diffusées sur cette plate-forme, je dois dire que j'avais plutôt apprécié la première saison de Punisher (chroniquée ici), portée par un Bernthal bestial, à l'interprétation viscérale et intense, par un Ben Barnes excellent en proto-Jigsaw, et par une approche intéressante du milieu des vétérans de l'armée.

Néanmoins, au terme de la saison 1, j'espérais ne pas revoir Jigsaw dès la saison 2, afin de lui laisser plutôt le temps de se "reconstruire", et de développer sa personnalité de méchant, pour en faire un méchant de saison 3.

Sans surprise, Marvel/Netflix ont eu une toute autre idée en tête...

Punisher, saison 2 :

Alors qu'il vient de prendre sous son aile une jeune orpheline des rues (Giorgia Whigham) traquée par un mystérieux fanatique religieux (Josh Stewart), Frank Castle (Jon Bernthal) apprend qu'il doit aussi faire face à l'évasion de Billy Russo (Ben Barnes), amnésique et traumatisé par ce que Frank lui a fait subir...
 
Ça me peine de le dire, mais la saison 2 de Punisher m'a semblé nettement en dessous de la saison 1.

Probablement parce que, contre toute attente, elle ne semble pas savoir quoi faire de son Punisher. Le véritable personnage central, du moins aux yeux de ses scénaristes, c'est Russo, un Russo traumatisé, un Russo amnésique, soigné par Dumont, une psychiatre sexy (Floriana Lima), dans les bras de laquelle il finit (forcément) par tomber avant de se souvenir de ce qu'il a subi aux mains de Frank Castle.
 
Et donc, toute la saison tourne autour de Russo. Un pseudo-Jigsaw déséquilibré, à peine balafré, aux cicatrices physiques réduites à des cicatrices émotionnelles/psychologiques, qui arbore un masque peinturluré façon kabuki du pauvre, et dont l'intrigue (qui s'étend sur toute la saison), ressemble presque au destin d'un sous-Joker, accompagné de sa Harley Quinn et de son gang masqué.
 
Frank Castle, lui, n'est guère mieux servi par les scénaristes, et comme en saison 1, il semble passer au second plan de sa propre série.

Après deux-trois premiers épisodes de mise en place efficaces, mais qui semblent tout droit sortis d'un mauvais film d'action 80s de Steven Seagal ou de Jean-Claude Van Damme (on a droit à tous les clichés : le héros traumatisé et bourru qui arpente les routes, et qui, presque en paix avec lui-même, rencontre dans un bar une serveuse/mère célibataire séduisante et compréhensive ; il s'en éprend, s'attache à elle, mais la violence le retrouve, coûte la vie à sa nouvelle dulcinée, et le refait plonger dans le carnage, en l'impliquant dans une conspiration politique qui fait de lui une cible collatérale ; une adolescente rebelle et impertinente façon Leon, en fuite car ce qu'elle sait pose un risque à des personnes importantes, et qui finit par devenir le sidekick du héros ténébreux, etc, etc, etc), Frank est globalement mis en stand-by, punissant assez peu de criminels et menant son enquête pendant que, autour de lui, son meilleur pote afro-américain tient le rôle de meilleur pote afro-américain, et Madani et un collègue rival débattent de la nature du bien, du mal, et de Frank Castle.

C'est bien simple, cette saison, il ne se passe absolument rien entre les trois premiers épisodes de la saison, et les deux derniers. Tout comme son personnage principal, la série fait du surplace, phagocytée par la relation de Russo et de sa psychiatre, téléphonant systématiquement tous ses rebondissements et toutes ses sous-intrigues (au point de parfois donner l'impression que ses personnages sont tous plus bêtes les uns que les autres, tant le spectateur a vingt longueurs d'avance sur eux) et oubliant de donner quelque chose d'intéressant à faire à Frank, hormis une bagarre ou une fusillade de temps en temps.

Il en va de même pour l'autre antagoniste de la saison, John Pilgrim, interprété par Josh Stewart. Un Pilgrim qui connaît peu ou prou le même sort que Frank, étant introduit dans les premiers épisodes, où il est présenté comme traquant la jeune Amy (et donc Castle), mais n'évoluant, pendant l'immense majorité de la saison, qu'à la marge des autres protagonistes, et ne finissant par rencontrer Frank Castle qu'à la toute fin de la saison.

Sous-développé, le Pilgrim parvient tout de même à faire une impression, partiellement grâce au charisme de son interprète marmonnant, mais aussi parce qu'il se démarque un peu du tout venant, en tant qu'ancien tueur à gage devenu religieux et contraint d'effectuer les basses œuvres d'un grand patron et de son épouse (Corbin Bernsen & Annette O'Toole).

Et d'ailleurs, pour être tout à fait franc, la saison n'est pas irregardable. Les scènes d'action, lorsqu'elles se produisent, sont assez efficaces et brutales, et dans l'ensemble, c'est bien joué : Jon Bernthal est toujours excellent, idem pour Ben Barnes, et Giorgia Whigham, la jeune actrice interprète d'Amy, est elle aussi très juste (malgré un personnage cliché au possible et à l'écriture faiblarde).

Mais voilà. C'est tout simplement insuffisant. La saison 2 de Punisher n'est qu'un gros ventre mou et creux, trop préoccupée par ses personnages de vétérans psychologiquement instables et par son face-à-face final Frank Castle/Billy Russo - un face-à-face à la conclusion particulièrement décevante - pour vraiment construire quelque chose d'inédit et d'intéressant.

D'innombrables parasites viennent, en plus, se greffer sur la série, entre la rivalité de Madani et de son collègue, l'existence même de la psychiatre pas très stable (une existence qui ne semble vraiment justifiée que par la présence de Madani au casting : en effet, comme dans tout blockbuster générique qui se respecte, la présence d'une "gentille" dure à cuire entraîne obligatoirement celle d'une "méchante", histoire que les deux femmes puissent se crêper le chignon à un moment ou à un autre du grand final), le passage éclair de Karen Page (je ne déteste pas l'actrice, mais là, Page était de trop), l'illustration musicale un peu trop évidente (à base de chansons aux paroles décrivant l'état d'esprit des personnages), ou encore le refus d'assumer la nature pulp et violente de la série (le sort de la psychiatre et de Madani est assez parlant, dans le genre "on n'assume pas d'aller jusqu'au bout").
 
Et donc, comme je le pressentais en fin de saison 1, la présence de Billy Russo est vraiment de trop cette saison. Ou alors, plutôt que de structurer cette année de cette manière (à savoir en développant à ce point, dans son coin, un Billy Russo affaibli et en laissant le Pilgrim de côté pendant les trois quarts de la saison), il aurait peut-être fallu entrelacer les deux sous intrigues, quitte à faire s'opposer Russo et le Pilgrim, ou à faire du premier une cible du second. n match à trois se serait avéré bien plus intéressant et intrigant que les choix effectués ici, et même une saison centrée uniquement sur le Pilgrim, mieux développé, aurait pu donner quelque chose d'original (une opposition justice divine/justice vengeresse, par exemple).

En résumé, la saison est une déception, et comme le Punisher n'aura probablement pas de saison 3, la série se termine donc sur un semi constat d'échec, assez frustrant, et sur l'incapacité chronique de faire de Frank Castle l'anti-héros qu'il est réellement. À la place, on se retrouve avec un Castle torturé et émotif, incertain d'être un héros ou un criminel, un psychopathe ou un justicier, et finissant par n'être ni l'un ni l'autre, le postérieur entre deux chaises, assis dans l'ombre de trop nombreux personnages secondaires inintéressants.

Vraiment dommage.

 

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Retrouvez aussi toutes les autres séries passées en revue sur ce blog en cliquant ici et ici.

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Halloween Novembrrrfest 2015 - Bonus en vrac ! (1)

Publié le 16 Novembre 2015 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Oktorrorfest, Télévision, Review, Animation, Jeunesse, Fantastique, Halloween, Horreur

L'Oktorrorfest 2015 est désormais terminée sur le blog des Téléphages Anonymes, et avant de partir pour de bon, la Grande Citrouille a laissé derrière elle tout un assortiment de micro-critiques en vrac, qui n'ont pas trouvé leur place dans le calendrier de ce marathon...

Grosse Citrouille (It's The Great Pumpkin, Charlie Brown - 1966) :

Charlie Brown et ses amis se préparent pour Halloween : Linus écrit ainsi une lettre à la Grande Citrouille, malgré l'opposition et le scepticisme de tous ses amis, qui ne croient pas à cette entité surnaturelle.

Téléfilm animé de 25 minutes, diffusé en 1966 sur CBS, et aujourd'hui considéré, outre-Atlantique, comme un classique d'Halloween. Malheureusement, si ce court-métrage a un certain charme suranné, et une musique sympathique (mais particulièrement ronge-crâne, car répétée en boucle), il se heurte à l'écueil principal qui m'a toujours posé problème avec Peanuts, le comic-strip, et ses adaptations animées : c'est bien souvent trop antipathique à mes yeux.

Car la vision de l'enfance de Peanuts, c'est celle d'un groupe de personnages précoces, aux discours d'adultes existentialistes, et aux réactions froides et cruelles, voire même parfois sadiques.

Charlie Brown est déprimé, et il lui arrive les pires crasses du monde, mais aucun de ses amis ou de ses proches ne s'en préoccupe, au contraire : on se moque de lui, on abuse physiquement de lui, etc. Et il en va de même pour tous les personnages de Peanuts, tous plus ou moins neurotiques, chacun à leur niveau...

Bref, certaines des raisons mêmes qui ont fait de Peanuts l'empire qu'il est aujourd'hui (le fait que le strip adopte le point de vue des enfants, en en faisant des protagonistes dépourvus d'adultes, concept révolutionnaire à l'époque ; cette vision de la vie tout droit héritée des périodes pleines de doutes et de questionnement traversées par l'auteur dépressif du comic-strip...) font que je n'ai jamais adhéré à cet univers, à cette ambiance si particulière, et que je n'arrive toujours pas à y trouver mon compte.

J'essaierai probablement l'épisode spécial de Noël, pour voir, sans grand espoir...

The Simpsons' Treehouse of Horror I-XXVI :

À une certaine époque, dans le monde des fans de dessins animés, il fallait être fan de South Park ou des Simpsons. Et dans cette grande guéguerre, je l'avoue, j'étais (et je suis toujours) plutôt South Park. Je n'ai jamais vraiment suivi les Simpsons, et bien que je n'aie rien contre l'univers, ou les personnages, je n'avais jamais vu ces fameux épisodes spéciaux d'Halloween, les "Treehouse of Horror".

J'ai donc rattrapé mon retard à l'occasion d'Halloween, mais plutôt que de détailler chaque épisode (je réserve ce traitement à l'épisode de cette année), je vais surtout m'attarder sur la tendance principale des Treehouse of Horror (qui apparemment, est aussi celle de la série en général, à en croire ce que j'ai lu) : une chute qualitative considérable de cette série d'épisodes spéciaux, qui, de particulièrement inspirés dans les années 90 (The Shinning, The Raven...) sont devenus des adaptations/parodies de blockbusters à la mode dans les années 2000/2010, blockbusters n'ayant bien souvent plus rien à voir avec Halloween (Avatar, Mr & Mrs Smith...).

Et si la parodie a toujours été au coeur des Treehouse of Horror, celle des années 2000-2010 est particulièrement plate, facile, et médiocre, digne d'un Scary Movie ou d'un Machintruc Movie plus que d'un bon épisode des Simpsons.

Bilan globalement assez mitigé, donc, puisque les quelques chefs-d'oeuvre de la série sont malheureusement contrebalancés par des étrons fumants à oublier très rapidement.

Et donc, ce Simpsons' T.O.H. XXVI (2015) suit la tendance générale des TOH récents : c'est un épisode globalement creux et sans inspiration, qui préfère les parodies superficielles et quelconques à de l'originalité ou à quelque chose d'effrayant.

On a ainsi droit à une parodie de Godzilla (comprendre : à un photocopiage de King Homer - TOH 3 qui se sert qu'à se moquer du remake récent et utilise les clichés habituels sur le Japon), et à une parodie de Chronicle, qui est trop brève et anecdotique pour accomplir quoi que ce soit.

Seul segment qui ne soit pas une parodie : Sideshow Bob qui parvient enfin à tuer Bart Simpson. Et qui utilise son cadavre pour s'amuser, puis pour le ramener à la vie, et le tuer encore. Et encore. Pas drôle, gratuit, et ne va nulle part.

À nouveau, comme lors du TOH 24, le couch gag est le moment le plus intéressant et créatif de l'épisode, avec ici le créateur de Ren & Stimpy qui s'en donne à coeur joie et livre un travail intéressant et dynamique, pour peu que l'on apprécie son style.

Scooby-Doo et l'Épouvantable Épouvantail (Scooby-Doo and the Spooky Scarecrow - 2013) :

Peu avant Halloween, la petite bourgade de Cobb Corners tremble sous la menace d'un épouvantail maléfique, ramené à la vie par la malédiction d'une sorcière, lancée il y a plusieurs centaines d'années. Terrorisés, les citoyens en appellent au maire, qui décide alors de suspendre toutes les festivités d'Halloween, plutôt que de risquer un incident : à Scooby et à ses amis de résoudre ce mystère au plus vite afin d'éviter qu'Halloween ne soit, cette année, tout simplement annulé...

Un épisode de 2013 à la direction artistique qui n'est pas désagréable, mais dans l'absolu, il faut bien avouer que le scénario est cousu de fil blanc, et que l'écriture est assez quelconque.

Difficile pour Scooby de passer désormais après l'excellence de Mystery Inc...

Ash vs Evil Dead 1x01-03 (2015) :

30 ans après les événements des deux premiers films, Ash (Bruce Campbell) commet l'erreur de lire des pages du Necronomicon alors qu'il a fumé de la marijuana : aussitôt, le Mal se remet à ses trousses, et notre héros malgré lui va devoir retrouver sa tronçonneuse et son fusil pour vaincre les Deadites qui veulent dévorer son âme...

1x01 : Très sympathique.

Drôle, déconnant, assez fidèle à son modèle, et avec un Bruce Campbell qui s'éclate, cette déclinaison sérielle de la trilogie Evil Dead (enfin, pour être précis, des deux premiers films, puisqu'apparemment, Evil Dead 3 - L'armée des ténèbres est hors limites pour des questions de droits) tient plutôt bien la route, du moins sur son pilote débordant d'énergie (Sam Raimi oblige).

Seul vrai bémol à mes yeux (et je l'avais déjà mentionné dans ce sujet), la fliquette de service qui, si elle permet de placer une autre scène d'attaque de Deadite pas désagréable, ne m'intéresse pas du tout en tant que personnage, tant elle semble être une triple concession, ethnique, procédurale et structurelle, aux standards des séries tv actuelles. En espérant que la présence de Lucy Lawless (ainsi que le format 25 minutes des prochains épisodes) suffira à rendre cette intrigue secondaire intéressante.

Sinon, au niveau des seconds rôles, les deux sidekicks de Ash font l'affaire, même si je n'ai pas pu m'empêcher de penser tour à tour à Tania Raymonde (Death Valley me manque un peu, je dois dire) et à Stephanie Beatriz (Rosa de Brooklyn 99) face à la demoiselle ; mais bon, je pense que l'impression s'estompera progressivement.

Ah, et le gore numérique, ce n'est pas terrible, mais ça passe dans cette ambiance cartoony et pas sérieuse...

1x02 : Pas désagréable, bien qu'un poil en dessous du pilote, pour moi (principalement parce que c'est nettement plus passe-partout dans sa réalisation, et moins énergique).

De plus, autant le pilote pouvait donner l'impression d'un best-of Evil Dead, autant celui-là me fait redouter une série aux épisodes construits de manière systématique, afin d'avoir un Deadite bien sanglant découpé avant le carton-titre, un big fight final, et la fliquette dans des petites scénettes inutiles et détachées du reste.

1x03 : Bien aimé cet épisode qui fait avancer les choses, avec enfin un peu de temps de présence à l'écran pour Lucy Lawless, une scène animée sympatoche, une invocation d'un démon Hellraiseresque, et un cliffhanger assez téléphoné, mais bon, pas grave. Toujours pas forcément très convaincu par l'intérêt d'avoir la fliquette dans le lot (même dans un débardeur moulant), m'enfin bon.

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Halloween Novembrrrfest 2015 - Bonus en vrac ! (2)

Publié le 16 Novembre 2015 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Oktorrorfest, Télévision, Review, Thriller, Halloween, Horreur, Fantastique, Syfy, UK

L'Oktorrorfest 2015 est désormais terminée sur le blog des Téléphages Anonymes, et avant de partir pour de bon, la Grande Citrouille a laissé derrière elle tout un assortiment de micro-critiques en vrac, qui n'ont pas trouvé leur place dans le calendrier de ce marathon...

They Found Hell (2015) :

Lorsque l'expérience de téléportation d'un groupe d'étudiants tourne mal, ils ouvrent accidentellement un portail dimensionnel qui les aspire, et les envoie directement en Enfer. Là, ils sont traqués et tués, les uns après les autres, par les entités démoniaques qui habitent ce plan d'existence infernal...

Un téléfilm diffusé sur Syfy, et qui bénéficie donc d'un budget microscopique, se traduisant à l'écran par une distribution d'inconnus (pour la plupart des acteurs potables, mais beaucoup trop séduisants et à la mode pour être crédibles en nerds scientifiques), des flammes et effets numériques médiocres (grand final excepté), et des décors relativement sommaires et limités.

On a donc de l'horreur au rabais, et un gloubiboulga d'influences improbables, d'idées bizarres (pourquoi la dimension infernale est partiellement modelée sur l'Enfer de Dante, allez savoir), et de scénettes mollassonnes, pour un tout qui finit par ressembler à une grosse maison hantée typiquement américaine, avec des personnages qui passent d'un environnement à un autre (la jungle, l'usine désaffectée, le tunnel, la forêt canadienne, le lac, l'église, la salle de classe, la table d'opération, le terrain vague...) et rencontrent des monstres à chaque étape, ce qui donne au film une structure quasi-épisodique, étrangement appropriée à la diffusion tv et à ses coupures publicitaires.

Difficile de s'intéresser au récit, en tout cas, malgré des effets pratiques pas désagréables, et des créatures numériques honorables : en effet, tous ces personnages ne sont que des pantins transparents et interchangeables, jamais vraiment caractérisés, et à l'interprétation inégale. Et pour ne rien arranger, le tout est parasité par des scènes "dans le monde réel", qui suivent un professeur violent et l'un des étudiants (qui a l'air d'avoir 14 ans) essayant de rouvrir le portail vers l'enfer : ça meuble, c'est inutile, et ça rallonge encore plus un récit qui n'en avait pas besoin.

Mais paradoxalement, ce They Found Hell n'est pas totalement désastreux (malgré du racolage évident, comme cette scène pseudo-lesbienne garantie tous publics), et fonctionne même brièvement, par intermittence, ne serait-ce que visuellement. C'est peu, mais c'est toujours ça de pris.

1.75/6

The Sand (2015) :

Après une fête déchaînée sur la plage, au cours de laquelle Vance (Hector David Jr.) et Gilbert (Cleo Berry) découvrent un énorme oeuf gluant et étrange, tout un groupe de vingtenaires se réveille le lendemain matin pour se trouver en nombre très réduit. La plage est désormais déserte, et pour cause : l'oeuf a éclos, et la créature qu'il abritait est désormais enfouie sous les sables. Le moindre contact avec ceux-ci est à présent mortel, et une poignée de fêtards doit maintenant tenter de survivre à cette menace tentaculaire venue d'un autre monde.

Un film d'horreur indépendant particulièrement frustrant, car doté d'un postulat de départ relativement fort (bien qu'un peu dérivatif de La Plage Sanglante - 1980) et globalement bien exploité, d'une unité de lieu efficace, et d'un rythme plutôt bien géré, qui permet au film de rester assez intéressant sur sa durée... mais ça ne suffit pas.

Le même métrage, sorti dans les années 80 (comme La Plage Sanglante), avec le savoir faire technique de l'époque (= des effets spéciaux physiques plutôt que numériques), serait probablement devenu aujourd'hui une série B horrifique semi-culte, que l'on se repasserait avec nostalgie... malheureusement, nous sommes dans les années 2010, et l'heure est au tout numérique.

Et alors que des effets spéciaux physiques auraient pu faire oublier la caractérisation générique (voire antipathique) des protagonistes (qui s'arrêtent pour parler de leurs histoires de coeur en plein milieu d'une scène pleine de suspense), leur interprétation très inégale, le racolage à base de filles topless, et l'écriture médiocre de certains dialogues, le gore numérique façon Syfy Channel a au contraire tendance à souligner ces défauts, et à renforcer le côté téléfilm fauché du tout.

Vraiment dommage, car le métrage se regarde très facilement, et qu'il y a de bonnes idées (et un bon film) là-dedans. Mais outre les problèmes de script, il y a aussi un problème de ton : Jamie Kennedy est amusant en policier de plage obtus, et le gros dans son bidon (l'unique personnage sympathique du film) avait un potentiel comique énorme, mais le film ne les utilise pas assez, semblant hésiter à faire de l'humour dans un film d'horreur "sérieux". Tant pis.

2.5/6

Howl (2015) :

Joe (Ed Speleers), un contrôleur ferroviaire épuisé et surmené, est contraint de s'occuper d'un train de nuit traversant la campagne anglaise, et empli de passagers agaçants. Mais lorsque le train percute quelque chose sur les rails, et se retrouve en panne au beau milieu de nulle part, il apparaît rapidement que quelque chose rôde aux alentours... quelque chose de poilu, de massif, et d'affamé.

Un film de garous anglais qui est beaucoup trop balisé pour convaincre : les personnages sont tous des archétypes ambulants (l'ado rebelle, le couple de personnes âgées, l'opportuniste, le héros malgré lui, la mère de famille stressée, la jolie fille, le gros, blablablabla) qui, de par leurs jérémiades, font presque plus peur que la menace garoue, le récit est assez balisé et prévisible, le premier garou que l'on aperçoit ressemble à un catcheur écorché avec un masque, et le tout souffre de bruitages assez piteux (notamment les hurlements de loups tout droit tirés d'une sonothèque au rabais).

Malgré des maquillages finaux plutôt intéressants, le tout finit par s'essouffler, et s'avère en fin de compte assez décevant pour un film ayant reçu des critiques pourtant assez enthousiastes, qui allaient jusqu'à comparer ce Howl avec Dog Soldiers.

2.25/6

Knock Knock (2015) :

Le week-end de la Fête des Pères, Evan (Keanu Reeves), un architecte père de famille, se retrouve seul chez lui, et ouvre la porte à deux jeunes femmes Genesis et Bel (Lorenza Izzo et Ana de Armas) détrempées par les éléments déchaînés. Rapidement, alors qu'il se montre un hôte serviable et poli, les deux femmes lui font des avances très poussées, et le trio finit par passer une nuit torride. Mais dès le lendemain, Genesis et Bel changent d'attitude, devenant incontrôlables, agressives et manipulatrices : bien vite, Evan devient le pion des deux psychopathes, prêtes à tout pour le punir de son infidélité, et pour ruiner sa vie.

Un sous-Hollywood Night assez moralisateur signé Eli Roth (qui remake ici "Death Game" de 1977), lequel a décidément une obsession assez maladive avec la souffrance et l'humiliation de ses protagonistes.

Ça fait presque illusion pendant toute la mise en place (tout en étant assez inoffensif et basique sur tous les plans), mais dès que ça bascule dans le thriller, ça devient particulièrement caricatural (l'interprétation de Keanu Reeves est... parfois risible), et ça n'est jamais ni tendu, ni drôle (les quelques notes d'humour noir, volontaire ou non, tombent souvent à plat).

Bref, un thriller générique, qui par moments tente de faire croire à un sous-Hard Candy, avec un propos sur la pédophilie qui ne fonctionne pas (en même temps, les deux actrices - charmantes au demeurant - font clairement leur âge réel, et pas du tout des ados de 15 ans), et qui finit par être affreusement creux et quelconque.

2/6

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Les bilans de Lurdo - Halloween Oktorrorfest 2018 - Inside No. 9, saisons 1 (2014) et 2 (2015)

Publié le 29 Septembre 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Télévision, Comédie, Thriller, Policier, Drame, Sitcom, UK, Anthologie, BBC, Horreur, Halloween, Oktorrorfest, Fantastique, Les bilans de Lurdo

L'Halloween Oktorrorfest touche aussi le petit écran, avec chaque week-end, du 1er octobre à début novembre, des critiques de séries fantastiques et horrifiques...

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Petit passage par la case anglaise, pour cette anthologie sombre et décalée créée par Reece Shearsmith et Steve Pemberton, deux des membres de la troupe déjà responsable de Psychoville et du Club des Gentlemen.

Sans surprise, cette anthologie de quatre saisons (pour l'instant) donne dans le glauque, dans l'humour noir, et dans le malsain, au travers de six épisodes d'une petite demi-heure par année de diffusion : des épisodes totalement déconnectés, mais qui partagent un lien avec le chiffre 9, et qui sont l'occasion pour bon nombre d'acteurs de se joindre aux showrunners/acteurs/scénaristes, pour s'essayer à des concepts et des scénarios frôlant parfois l'expérimental...

- Saison 1 -

1x01 - Sardines : Dans la demeure familiale de Rebecca (Katherine Parkinson), la jeune femme et son compagnon (Ben Willbond) organisent une fête pour célébrer leurs fiançailles. Mais rapidement, une partie de cache-cache sardine commence à dégénérer à mesure que plusieurs de leurs proches les rejoignent dans leur cachette, et que les langues se délient...

Un premier épisode sympathique, qui donne assez bien le ton de la série, et montre sa volonté de jouer avec les formats, mêlant le théâtre à la télévision et au cinéma. Ici, en l'occurrence, tout se déroule dans une armoire, avec une unité de lieu qui permet de faire monter la pression, et de révéler progressivement des secrets et des vérités toujours plus malsaines.

On saluera la présence toujours agréable de Katherine Parkinson (The IT Crowd), et on regrettera une chute finale un peu faiblarde.

1x02 - A Quiet Night In : Eddie et Ray (Pemberton et Shearsmith), deux cambrioleurs incapables, tentent de dérober un tableau dans la demeure de Gerald (Denis Lawson) et Sabrina (Oona Chaplin), un couple au bord de l'explosion.

Un nouvel épisode très expérimental, puisque presque intégralement dépourvu de dialogues, et pourtant jamais ennuyeux ou répétitif : les deux acteurs principaux parviennent à rendre le tout drôle et prenant, faisant de cet épisode l'un des plus mémorables et réussis de ces deux premières saisons.

1x03 - Tom & Gerri : Auteur frustré et instituteur mécontent, Tom (Shearsmith) croise le chemin de Migg (Pemberton), le sans-abri vivant devant chez lui, lorsque ce dernier lui ramène son porte-feuille perdu. Rapidement, cependant, Migg exerce de plus en plus d'influence sur Tom, au grand dam de la petite amie de ce dernier, Gerri (Gemma Arterton)...

Un troisième épisode nettement plus sombre et moins drôle que les précédents, mais néanmoins sympathique, notamment pour ses invités (Arterton, notamment, mais aussi Conleth Hill, dans un tout petit rôle). On regrettera cependant un déroulement plutôt prévisible, et une conclusion qu'on voit largement venir à l'avance...

1x04 - Last Gasp : Lors d'une visite hospitalière en compagnie de son assistant Si (Adam Deacon) et d'une responsable d'association caritative (Tamsin Greig), Frankie Parsons (David Bedella), une pop-star, décède subitement dans la chambre de la petite Tamsin (Lucy Hutchinson), alors qu'il vient de gonfler un ballon. Rapidement, les adultes présents réalisent que le dernier souffle de Frankie vaut une fortune, et ils commencent à se disputer...

Un épisode regardable, avec notamment un moment amusant (lorsque les personnages tentent de prononcer le prénom de la fillette... prénom qui est aussi celui de l'une des actrices) qui sent vraiment le vécu, mais dans l'ensemble, c'est l'un des épisodes les plus faibles de la saison, en partie à cause d'un manque évident de chute marquante et percutante.

1x05 - The Understudy : Tony (Pemberton) est une star du West End, et la vedette de Macbeth. Jim (Shearsmith), sa doublure, rêve quant à lui d'un rôle plus conséquent, et, motivé par sa fiancée Laura (Lyndsey Marshal), elle-même dans la pièce, il décide de faire tout son possible pour se faire une place sous les projecteurs...

Un épisode inspiré par Macbeth, et construit en cinq actes, pour un tout qui n'est pas désagréable, mais qui peut paraître un peu décousu (on sent que le script a été réécrit encore et encore par les scénaristes, à la recherche d'un angle d'attaque pertinent), et prévisible. Rien de mauvais, mais rien d'exceptionnel.

1x06 - The Harrowing : Engagée par Hector (Shearsmith) et Tabitha (Helen McCrory), un couple étrange, pour surveiller leur demeure gothique en leur absence d'un soir, Katy (Aimee-Ffion Edwards) découvre bien vite que la demeure glaciale abrite à l'étage le frère handicapé du couple, Andras (Sean Buckley), qui ne doit être dérangé sous aucun prétexte...

Dernier épisode de la saison 1. Et quel épisode, puisque Shearsmith et Pemberton se lâchent totalement et produisent ici un récit d'horreur gothique totalement premier degré et jusqu'au- boutiste, joliment glauque et oppressant. Très réussi.

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Deux épisodes excellents (le second et le dernier), quatre autres épisodes nettement plus moyens et/ou prévisibles, mais pas désagréables pour autant : de quoi donner une première saison sympathique, sans être exceptionnelle. Place à la suite...

- Saison 2 -

2x01 - La Couchette : À bord d'un wagon-lit français, Maxwell (Shearsmith), un médecin anglais, tente de dormir, mais il est constamment dérangé, tout d'abord par Jorg (Pemberton), un Allemand ivre et flatulent, puis par Kath (Julie Hesmondhalgh) et Les (Mark Benton), un couple anglais, et enfin par Shona (Jessica Gunning), une Australienne, Hugo (Jack Whitehall)... et par un cadavre.

Un épisode de reprise qui renvoie au premier épisode de la saison précédente, avec un fort sentiment de claustrophobie, accentué par la présence du cadavre encombrant. Plutôt amusant, mais aussi plus anecdotique et léger que d'autres, à nouveau à cause d'un script un peu prévisible.

2x02 - The 12 Days of Christine : À intervalles réguliers de 13 mois, douze jours marquants de la vie de Christine (Sheridan Smith) aux côtés d'Adam (Tom Riley), qu'elle rencontre lors des fêtes de la Nouvelle Année. Une vie qui, rapidement, sombre dans un chaos étrange, alors qu'un homme inconnu (Shearsmith) apparaît et disparaît de chez elle, sans explication.

Pas très inspiré, celui-là, avec son parti-pris Échelle de Jacob/Carnival of Souls, qui oriente clairement l'épisode vers quelque chose de nettement plus dramatique, et de très peu comique ou macabre.

Pour peu qu'on ait une certaine connaissance du genre, on devine rapidement comment tout cela va se dérouler, ainsi que le fin mot de cette histoire. Et il faut dire aussi que l'actrice principale arbore une perruque particulièrement laide pendant tout l'épisode, pour faciliter ses changements de coupe de cheveux au fil du temps, ce qui n'aide pas franchement à crédibiliser le tout, ou à brouiller les pistes.

Pas mauvais, en soi, mais très frustrant.

2x03 - The Trial of Elizabeth Gadge : Au 17ème siècle, deux chasseurs de sorcières réputés, Warren (Shearsmith) & Clarke (Pemberton) sont convoqués par le Magistrat (David Warner) de la petite bourgade de Little Happens, pour enquêter sur le sort d'Elizabeth (Ruth Sheen), accusée de sorcellerie...

Une farce totalement absurde, à mi-chemin entre les Monty Python et les films de la Warner, et qui prend le contre-pied total de l'épisode précédent, en optant pour de la comédie pure et dure (avec en prime une pointe de surnaturel), et en opposant ses deux chasseurs de sorcières à un village de profonds abrutis. Plutôt agréable, tout ça.

2x04 - Cold Comfort : Andy (Pemberton) rejoint le personnel d'une ligne de soutien psychologique, où il côtoie son superviseur George (Shearsmith), la pipelette Liz (Jane Horrocks), et Joanne (Nikki Amuka-Bird), employée consciencieuse. Mais lorsqu'une adolescente suicidaire les contacte, les choses dégénèrent rapidement...

Un épisode filmé en mode caméra de surveillance avec split-screen, beaucoup plus sérieux que drôle, et qui possède une conclusion vraiment noire et sans appel. Pas forcément l'épisode le plus mémorable, en fin de compte, mais néanmoins assez intéressant.

2x05 - Nana's Party : Angela (Claire Skinner) accueille sa famille à l'occasion de l'anniversaire de sa mère de 79 ans, Maggie (Elsie Kelly) ; mais Jim (Pemberton), le mari d'Angela, est bien décidé à faire une blague à Pat (Shearsmith), son beau-frère farceur, et il se cache dans un faux gâteau d'anniversaire...

Un épisode avec une structure d'in media res pas forcément pertinente ou efficace, puisque tout ce qui à trait à l'ambulancier est particulièrement prévisible, et que le tout finit par manquer de mordant.

De manière globale, la montée en pression de tout l'épisode est assez réussie, mais la chute, malheureusement, n'est pas à la hauteur, et déçoit un peu.

2x06 - Séance Time : Accueillie par Hives (Shearsmith), Tina (Sophie McShera) arrive dans la villa victorienne de Madame Talbot (Alison Steadman), une voyante, pour que cette dernière lui lise l'avenir. La séance semble alors basculer dans le surnaturel, jusqu'à ce que Hives révèle que Tina est la victime d'une caméra cachée dont il est le producteur. Mais lorsque Pete (Pemberton), une nouvelle victime, entre en scène, le canular dégénère, et un véritable esprit vengeur s'invite dans l'émission...

Un épisode très réussi (plan final excepté), qui parvient à ménager comédie et épouvante, et à instaurer une ambiance prenante et angoissante. Bien joué.

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Une jolie fin de saison, pour une cuvée 2015 assez inégale, car légèrement trop prévisible, et manquant un peu d'expérimentations. Certes, Pemberton et Shearsmith jouent occasionnellement avec la structure narrative de certains épisodes, mais c'est fait de manière un peu trop évidente pour convaincre totalement, et ça manque d'humour pour compenser (2x03 excepté).

Cela dit, le 2x02 est considéré par beaucoup comme un chef-d’œuvre tragique et glaçant, alors qu'il m'a vraiment laissé de marbre, donc...

(à suivre...)

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Halloween Oktorrorfest 2018 - 54 - En Plein Cauchemar (1983) & Petits Cauchemars avant la Nuit (1993)

Publié le 30 Octobre 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Oktorrorfest, Halloween, Horreur, Fantastique, Anthologie, Télévision, Comédie, Thriller, Showtime

Chez les Téléphages Anonymes, du 1er octobre à début novembre, on fête Halloween et l'Oktorrorfest, un marathon quotidien de cinéma fantastique et d'horreur....

En Plein Cauchemar (Nightmares - 1983) :

Initialement conçu comme un pilote de série anthologique pour NBC, Nightmares est un long-métrage anthologie en quatre segments, réalisés par Joseph Sargent, et écrit par deux scénaristes de télévision.

- Terror in Topanga : malgré les recommandations de son époux (Joe Lambie), inquiété par le tueur en série hantant la région, Lisa (Cristina Raines) s'éclipse en pleine nuit pour aller acheter un paquet de cigarettes dans une station-service. Mais sur place, elle fait une rencontre des plus effrayantes...

Un segment assez peu convaincant, car très bref (un petit quart d'heure à peine), souffrant d'un rebondissement final prévisible au possible (une légende urbaine assez basique, en fait), et d'un déroulement vraiment pépère.

- The Bishop of Battle : champion de jeux vidéo, J.J. Cooney (Emilio Estevez) retourne dans sa salle d'arcade sur un coup de tête pour tenter d'atteindre le mythique 13è niveau du jeu The Bishop of Battle : un objectif improbable et une obsession aux conséquences inimaginables...

Six bonnes minutes de remplissage en ouverture, le temps qu'un Estevez décoloré et son copain arnaquent une bande de latinos, et on passe enfin aux choses sérieuses. Ça fonctionne plutôt bien, d'ailleurs, avec son ambiance shopping mall 80s, et sa mise en images plutôt réussie de la partie d'arcade (chouettes effets, pour l'époque) - cela dit, ça rappelle très fortement The Last Starfighter, sorti un an plus tard et dont le thème a été depuis exploité encore et encore dans de nombreuses anthologies de ce genre, notamment pour plus jeunes. 

- The Benediction : hanté par la mort d'un jeune garçon, MacLeod (Lance Henriksen), un prêtre, a perdu la foi, et quitte son église pour de bon, pour prendre la route. Mais en chemin, il se trouve confronté à un pickup noir au conducteur invisible et aux intentions maléfiques, qui tente de mettre fin aux jours de l'ex-croyant...

Relecture assez studieuse d'Enfer Mécanique et de Duel, avec un Lance Henriksen qui se donne toujours à fond, et des effets assez faiblards pour ce que ça veut raconter... Assez moyen, dans l'ensemble.

- Night of the Rat : le foyer paisible de Claire (Veronica Cartwright), de son époux Steven (Richard Masur) et de leur fille Brooke (Bridgette Andersen) est soudain confronté à une infestation très particulière : un rat colossal et particulièrement agressif... 

Un segment joliment tendu, mais qui malheureusement a tendance à échouer sur tous les autres plans : les bruitages sont fauchés au possible, les personnages antipathiques (le père est arrogant, la mère hystérique), le tout finit par devenir particulièrement criard, et l'incrustation finale, à l'image, d'une pauvre souris rugissante à taille humaine ne fonctionne tout simplement pas. Dommage.

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Une anthologie inégale, qui ne restera pas dans les mémoires, mais qui est suffisamment bien produite pour faire illusion à la télévision : effectivement, on sent bien le côté "épisodes de série anthologique" typique des années 80, avec leur aspect technique très approximatif, qui leur confère cependant un charme certain.

Après... l'intérêt global reste tout de même très limité.

2.75/6

Petits Cauchemars avant la Nuit (Body Bags - 1993) :

Au début des années 1990, pour tenter de concurrencer les Contes de la Crypte, Showtime demande à John Carpenter et à Tobe Hooper de concevoir une anthologie télévisée similaire au programme de HBO. Le résultat, compilé sous forme de long-métrage lorsque la chaîne a fini par annuler le projet, se fond totalement dans le moule des Tales from the Crypt, allant jusqu'à reprendre son format narratif : ici, en lieu et place d'un Gardien de la Crypte squelettique et goguenard, on a droit à John Carpenter en médecin légiste décharné et sarcastique, qui présente chacun de ces segments avec un sens de l'humour des plus macabres.

Un John Carpenter qui semble vraiment prendre un immense plaisir à cabotiner dans ce rôle, et qui est pour beaucoup dans l'intérêt de cette anthologie amusante, mais assez mineure dans la carrière de toutes les personnes impliquées.

- The Gas Station : Anne (Alex Datcher), une jeune étudiante en psychologie, débute son nouvel emploi de caissière de nuit dans une station service ouverte 24h/24, alors même qu'un sinistre tueur en série sévit dans la région : seule, Anne commence alors à se méfier de chacun de ses clients.

Un slasher assez classique réalisé et mis en musique par John Carpenter, avec des caméos de Wes Craven, de David Naughton, de Sam Raimi, et de Robert Carradine. Rien d'exceptionnel, mais le tout est assez efficace pour ce que c'est.

- Hair : obsédé par la perte de ses cheveux, Richard Coberts (Stacy Keach) décide, après avoir été plaquée par sa compagne (Sheena Easton), de se livrer à un traitement expérimental de repousse capillaire, vendu par le Dr. Lock (David Warner), et son assistance (Debbie Harry). Mais si les résultats sont spectaculaires, les apparences sont, elles, trompeuses.

Un segment signé Carpenter, plus axé comédie noire, avec un Stacy Keach en roue libre, qui s'éclate dans un rôle improbable, des créatures amusantes en stop-motion (?), et un récit décalé, peut-être un peu trop ouvertement nonchalant et parodique pour son propre bien, mais qui est tout de même très agréable à suivre. Avec en prime un caméo de Greg Nicotero (de KNB) qui promène son chien. 

- Eye : après un accident de voiture, Brent Matthews (Mark Hamill), joueur de baseball, perd un œil. Pour ne pas perdre sa carrière, il subit une opération expérimentale, qui lui greffe l’œil d'un psychopathe... un psychopathe dont le passé hante Brent, et qui commence à prendre possession du reste de son corps.

Tout le contraire du segment précédent, pour cette histoire gentiment laborieuse, réalisée sans grande finesse par Tobe Hooper : c'est prévisible, creux, gentiment racoleur, surjoué au possible par Mark Hamill, et musicalement illustré de manière grinçante et fauchée. Gros bof, malgré des caméos de Twiggy, de Roger Corman et de Charles Napier. 

- Fil conducteur : comme je le disais plus haut, un fil rouge amusant, avec un Carpenter motivé et rigolard, qui se conclue par une pirouette sympathique, et par un caméo de Tobe Hooper et de Tom Arnold.

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Une anthologie qui vaut principalement pour le travail de John Carpenter (sans grande surprise), et pour les multiples apparitions de visages familiers du monde du cinéma. Pas désagréable, mais anecdotique.

3/6

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Les bilans de Sygbab - Gilmore Girls, saison 2 (2001-2002)

Publié le 21 Janvier 2017 par Sygbab dans Télévision, Les bilans de Sygbab, Comédie, Romance, Gilmore Girls

Sygbab regarde (beaucoup) la tv, Sygbab écrit (parfois) des bilans : retrouvez-les sur le blog des Téléphages Anonymes !

Gilmore Girls, Saison 2 : 

Pour qu'un drama fonctionne, il est impératif que le statu quo ne s'installe pas, sous peine de perdre l'intérêt des téléspectateurs. C'est donc sans surprise que Lorelai ne va pas au bout de son engagement avec Max et annule leur mariage au dernier moment. L'installer aussi prématurément dans une relation durable aurait été une erreur et aurait impacté deux éléments clés de la réussite de la série : ses errements sentimentaux et sa dynamique avec Rory.

Ce faisant, Lorelai ne déçoit pas seulement le pauvre Max, qui paie le fait d'être l'homme parfait et qui va peu à peu disparaître des radars, mais également sa mère. Dans le cas d'Emily, la déception est double :  elle avait déjà dû digérer le fait que tout le monde soit au courant de cet événement avant elle et de ne pas l'avoir appris de la bouche de sa fille.

Bien évidemment, cela ne facilite pas leur relation compliquée, malgré les efforts de l'une et de l'autre pour créer un lien qui n'a jamais existé. Malheureusement, l'ingérence d'Emily dans la vie de sa fille est beaucoup trop axée sur une extravagance financière que Lorelai rejette, puisqu'elle a tout fait pour s'extirper de ce faste et qu'elle s'en est toujours sortie par ses propres moyens.

Elle cherche essentiellement une reconnaissance pour ce qu'elle a accompli, ce qu'elle n'a que trop rarement, et à demi-mots. Elle la trouvera peut-être auprès de son père, qui s'avoue impressionné par ses capacités lorsqu'il essaie de lancer sa propre entreprise, après avoir pourtant critiqué la façon dont elle se conduit lors d'un entretien téléphonique avec un des fournisseurs de l'Independance Inn.

Richard a d'ailleurs la part belle dans cette saison, avec un développement pour le moins inattendu. Il ne s'agit pas seulement de la remise en question de toute une vie dédiée à la même compagnie - il la balaie d'un revers de la main - qui l'amène à se redéfinir, mais également de la bonne humeur qui en découle et d'un trait qu'on ne lui connaissait pas vraiment jusqu'alors : un sens de l'humour assez fin, plutôt étonnant pour un homme souvent si guindé et à cheval sur les principes. Tout cela provoque des remous dans son couple, avec une réflexion assez juste sur l'ajustement nécessaire lorsqu'un des conjoints a l'habitude d'être seul au domicile conjugal et doit de nouveau composer avec la présente permanente de l'autre.

Les intrigues mentionnées remplissent donc leur rôle en rompant un certain équilibre, tout en conservant une règle immuable qui est de ne pas tendre vers le spectaculaire. De plus, cela se fait au service des personnages, en les étoffant un peu plus à chaque fois. Pourtant, la limite est parfois très fine et il est difficile d'éviter certains écueils. À ce titre, l'arrivée de Jess aurait pu être une catastrophe : ballotté entre une mère qui ne veut pas de lui et un oncle qui a du mal à s'adapter, dans une ville où il ne connaît personne, il devient une sorte d'électron libre qui perturbe la tranquillité de Stars Hollow, sans jamais être véritablement agaçant.

Certes, il provoque des dissensions dans la communauté, et joue beaucoup sur la provocation. Mais derrière se cache un jeune homme doué, cultivé, cependant trop libre et indépendant pour essayer de se conformer à des règles édictées par la société, et doté d'une certaine forme d'humour lorsqu'il réalise ses "farces".

C'est pour toutes ces raisons que Rory s'attache à lui, devenant avec Luke la seule personne à le défendre alors que tout le monde se ligue contre lui, y compris sa mère. Cette attirance avait déjà été quelque peu ébauchée lorsqu'elle avait embrassée Tristan, mais il fallait un autre type de bad boy, plus sensible, plus crédible, et aussi plus charismatique. À ce propos, Tristan évacue rapidement la scène pour laisser de la place, il aurait en effet été inutile de gérer trois soupirants.

Pour autant, cela rend Rory parfois assez insupportable dans le rôle de l'adolescente qui n'écoute pas les conseils des plus âgées, qui lui disent de se méfier car elles sont toutes passées par cette phase-là, et son comportement avec Dean est parfois indigne. Telle mère, telle fille : apparemment, un homme qui fait tout pour les rendre heureuses ne leur suffit pas. Heureusement qu'elles sont belles, drôles, et qu'elles ont un immense capital sympathie : on leur pardonne aisément ces défauts.

Ces éléments se retrouvent ans la situation de Lorelai : outre sa rupture avec Max, elle nie l'attachement évident qu'elle a pour Luke et se rapproche au fur et à mesure de Chris. Sans que celui-ci soit véritablement un bad boy au même titre que Jess, il n'en reste pas moins qu'il ne représente pas non plus un modèle de stabilité. Difficile cependant de lui reprocher quoi que ce soit dans cette saison : souhaitant être actif dans la vie de sa fille, il tient ses engagements (alors qu'à plusieurs moments, tout porte à croire qu'il va une fois de plus décevoir) et il remet de l'ordre dans sa vie en trouvant un emploi fixe.

Si ce n'est le petit détail Sherry, tout est en place pour que Lorelai soit séduite par la possibilité de constituer avec lui la famille dont elle et Rory ont toujours rêvé. À ceci près que le détail se transforme en responsabilité gigantesque pour Christopher. Ce retournement de situation est somme toute assez convenu, mais il faut bien admettre que les raisons que Chris avance pour retourner auprès de Sherry sont tout à fait justifiées : comment pourrait-il manquer à nouveau l'évolution d'un enfant, alors qu'il n'a pas été là pour Rory et qu'il cherche à rattraper le temps perdu ? C'est ce qui sauve souvent la série : la justesse du propos permet de ne pas s'attarder sur le caractère commun d'un événement.

Sur le plan de la structure, il faut noter quelques tentatives de sortir le show de sa routine : entre l'épisode où Richard visite Stars Hollow, Lorelai qui emmène Rory à Harvard au détour d'un road-trip inopiné ou Emily qui emmène sa fille au spa, l'idée fait son chemin. On peut observer aussi une sorte d'alternance pour les intrigues qui concernent Rory : en général, si un épisode se concentre sur ses déboires sentimentaux, le suivant s'intéresse à sa scolarité, sans manquer de la confronter à la diabolique Paris.

Cette dernière ne rate jamais une occasion de lui pourrir la vie d'une manière ou d'une autre dans son délire compétitif toujours aussi exacerbé. Il est en tout cas assez rare que les deux facettes de la vie de Rory entrent en collision. Ce qui ne fait que renforcer l'aspect impossible de la relation entre Lane et Henry, qu'on ne voit finalement jamais ensemble.

Le développement de cette dernière est sans doute l'élément le moins réussi, car finalement assez chaotique : difficile de savoir vers quoi s'oriente le personnage, entre cheerleader et batteuse. Enfin, il n'est pas innocent que la saison se termine sur un mariage (Sookie et Jackson font leur petit bonhomme de chemin tranquillement et sont absolument adorables) alors que celui promis la saison d'avant n'a pas eu lieu.

Malgré les petits défauts évoqués ici et là, cette seconde saison entérine la réussite de la première en réussissant à se renouveler, ce qui n'est pas toujours mince affaire. Mais il faut dire qu'elle a un atout imparable : Kirk. Tout est dit.

 

 

(voir aussi le bilan de Lurdo - nettement plus sommaire - des saisons 1 à 4 de la série, publié sur ce blog en 2012)

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Les bilans de Sygbab - Gilmore Girls, saison 5 (2004-2005)

Publié le 11 Février 2017 par Sygbab dans Télévision, Review, Romance, Critiques éclair, Comédie, Les bilans de Sygbab, Gilmore Girls

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Gilmore Girls, Saison 5 : 

Comme s'il y avait eu une prise de conscience à propos de la difficulté grandissante de maîtriser une multitude de personnages en même temps, l'écriture se resserre et se concentre de plus en plus sur la famille Gilmore. Certes, Paris est toujours aussi irritante, et sa relation naissante avec Doyle présage de bonnes choses pour l'avenir, tant leur couple est improbable. Oui, Lane Et Zack vont bien ensemble, et il est un peu question du groupe de temps en temps. Et Kirk est toujours aussi bizarre, mais drôle.

Il ne faut cependant pas se voiler la face : ce sont des histoires annexes, dont l'intérêt principal est de ne pas laisser en plan les autres protagonistes. Ils deviennent ainsi des accessoires et sont de plus en plus secondaires. À tel point que Jason est évacué sans autre forme de procès dans le premier épisode, alors que ce dernier est une suite directe du final de la saison précédente.

Cela pourrait être gênant, mais il faut bien admettre que le programme est chargé pour les Gilmore. Il semblerait que chez eux, la dramaturgie soit une seconde nature, et les rebondissements ne sont pas des moindres. La source de ce chaos est unique, et bien identifiée : l'ingérence d'Emily. Cela commence avec son intervention auprès de Christopher, en lui intimant presque l'ordre de faire ce qu'il faut pour être de nouveau avec sa fille, maintenant que Sherry l'a abandonné.

Elle est tellement convaincue que sa fille ne sait pas ce qu'elle fait en développant - enfin - une relation avec Luke qu'elle ne prête aucune attention aux conséquences de ses actes. Pour les autres, mais aussi pour elle, puisqu'elle s'attire les foudres de Lorelai. Alors qu'elle était la première à dire à Richard que ses actions pouvaient leur faire perdre leur fille, elle s'en charge d'elle-même en ne comprenant pas que celle-ci est indépendante et qu'elle avait coupé les ponts pour une bonne raison.

Il n'en faut pas tellement plus pour que Luke se pose des questions. Sa réaction est compréhensible : la propension de Lorelai à cacher les choses - une sorte de réflexe vis-à-vis de ses parents, qu'elle applique malheureusement à toutes les situations - ne peut que le faire douter vis-à-vis de Chris. À plusieurs reprises, elle ne lui dit pas qu'elle a vu le père de son enfant, et au vu de leur passif il est difficile pour l'homme à la casquette vissée sur le crâne d'accorder une totale confiance à sa dulcinée, et surtout d'accepter un tel poids. Pas seulement par rapport à un ex qui ne disparaîtra jamais, mais aussi parce qu'il n'est pas apprécié par Richard et Emily, qui ne le jugent pas dignes d'être avec leur fille.

Le plus désolant, finalement, c'est que leur monde est tellement à part qu'ils ne font même pas preuve de mépris : pour eux, il s'agit simplement un constat. Un sentiment d'insuffisance s'installe en lui, sans qu'il n'ose le formuler, et il le prend de plein fouet quand Dean lui explique qu'il ne peut pas offrir à Lorelai ce dont elle a besoin. Selon lui, leur combat est le même, futile et voué à l'échec.

Emily prend également de plus en plus de place dans la vie de Rory, et son voyage en Europe avec sa petite-fille est en quelque sorte l'élément déclencheur d'une transformation qui couvait. La jeune femme autrefois simple prend de plus en plus goût au luxe, au faste, et commence à se sentir à l'aise dans un monde que sa mère a rejeté. Il n'est pas innocent qu'elle s'intéresse à Logan plutôt qu'à Marty : le premier peut lui faire vivre des aventures grâce à ses ressources quasi illimitées, le second n'est qu'un énième avatar du charmant garçon avec lequel on s'ennuie.

Ironique, puisque le comportement de Logan n'est pas si lointain de celui que pouvait avoir un certain Tristan. De même, l'ancienne Rory n'aurait pas accepté le poste que lui propose Mitch, et ce pour deux raisons : elle aurait tenu à le mériter, et elle aurait trouvé futile cette tentative de se rattraper aux branches après avoir été humiliée par la famille Huntzberger.

Alors qu'elle semblait faire des progrès avec un rôle plus actif dans le journal de Yale, cette mission s'avère être un échec total. Mitch Huntzberger n'est pas un homme sympathique qui est là pour faire plaisir aux gens, et il n'hésite pas à dire ce qu'il pense sans ambages : selon lui, Rory est une très bonne assistante mais n'a pas ce qu'il faut pour être une bonne journaliste. Les propos sont durs, mais il a au moins raison sur un point : malgré tous les apports de l'éducation de Lorelai, Rory est trop gentille et ne sait pas aller au-delà ce qu'on lui demande.

Une qualité pourtant essentielle pour évoluer et se démarquer des autres. Et surtout, elle n'a pas la même force que sa mère, qui a dû faire face à l'adversité très jeune et n'a reculé devant rien pour que son rêve aboutisse. Ce revers est pour elle une catastrophe, et elle remet complètement en question son avenir.

Tous ces évènements sont rudes pour Lorelai, car la relation fusionnelle qui l'unit à sa fille bat de l'aile. Ce qu'elle a essayé de lui inculquer part petit à petit en fumée, et elle s'aperçoit que le rôle de meilleure amie qu'elle tenait tourne maintenant en sa défaveur puisqu'elle ne se fait pas entendre en tant que mère. Pourtant, alors qu'elle passe la plupart du temps pour une irresponsable immature, elle gère les hauts et les bas de sa fille de manière assez remarquable, en prenant sur elle.

Mais entre le premier rapport de Rory avec Dean encore marié ou son petit séjour en prison, elle aurait pu - et dû - mettre un cadre et faire valoir son autorité, en étant plus ferme. Derrière cela se cache la peur de perdre sa fille, qui lui échappe inexorablement au profit de ses parents. Ce sentiment est latent depuis les premières saisons : même si elle ne l'avoue pas, elle souhaiterait que sa fille s'éloigne de leur monde. Mais il est sans doute déjà trop tard pour ça.

Ce n'est pas la décision prise par Richard et Emily en fin de saison qui vient contredire ce point : après avoir pourtant assuré à Lorelai qu'ils allaient l'aider pour que Rory ne quitte pas Yale, ils la trahissent en donnant leur bénédiction à leur petite-fille, tout en l'invitant à venir vivre chez eux. C'est peut-être le point de non-retour pour Lorelai, alors qu'elle commençait à gagner le respect et la fierté de son père. Plutôt que de l'emplir de colère, c'est un affront qui l'abat totalement au point qu'elle demande à Luke de l'épouser dans la foulée. Une proposition effectuée pour d'aussi mauvaises raisons ne peut qu'entraîner des conséquences fâcheuses, et le couple pourrait vite imploser.

Il a donc beaucoup de turbulences dans cette saison, car elle exacerbe les sentiments de chacun. Se concentrer sur les personnages clés était une bonne option pour amener des situations déterminantes pour l'avenir, tout en développant des relations toujours plus complexes. Dans le même temps, le changement d'ère qui avait du mal à s'amorcer est maintenant bien en place, avec notamment un Dragon Fly opérationnel. Un lieu toutefois rapidement déserté, avec un Michel de plus en plus transparent (un gâchis, à n'en pas douter) et une Sookie encore enceinte.

Il faudra attendre encore un peu pour revoir ses engueulades en cuisine avec Jackson. La ville de Stars Hollow est aussi moins mise en avant, mais il y a encore quelques bons moments, comme quand Taylor distribue des rubans rose et bleu pour diviser la ville selon deux groupes pro-Lorelai ou pro-Luke. Il y a quand même une constante : les références à la pop-culture sont toujours aussi présentes, et sont toujours très appréciables (mentionner une intégrale Cop Rock, il fallait vraiment y penser tant cette série est un OVNI télévisuel).

En quelques mots, pour conclure : c'est un très bon cru.

 

(voir aussi le bilan - un peu plus sommaire - de Lurdo de la saison 5 de la série, publié sur ce blog en 2012)

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Halloween Oktorrorfest 2017 - 30 - Anthologies UK 70s (3/5) - Asylum (1972) & Le Caveau de la Terreur (1973)

Publié le 6 Octobre 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Oktorrorfest, Halloween, Horreur, Thriller, Fantastique, UK, Anthologie, Amicus

Chez les Téléphages Anonymes, Octobre est synonyme d'Halloween et d'Oktorrorfest, notre marathon de cinéma fantastique et d'horreur, qui continue jusqu'en Novembre... ​​​​​​

Asylum (1972) :

Cinquième anthologie horrifique Amicus, avec un Robert Bloch de retour pour adapter ses propres nouvelles... et ramener avec lui, malheureusement, son style assez bavard et lourd en exposition.

# Le Dr. Martin (Robert Powell), arrive dans un asile d'aliénés, où il rencontre le Dr. Rutherford (Patrick Magee), le directeur, et Max Reynolds (Geoffrey Bayldon), un infirmier. Il apprend alors que le précédent directeur fait partie des internés actuels, et que s'il veut un poste dans l'asile, Martin va devoir l'identifier parmi une série de patients.

Un fil conducteur qui est directement relié au quatrième segment, et qui ne fonctionne pas vraiment en tant que tel. Notamment parce que c'est gentiment surjoué (surtout à la toute fin), et que ça n'a pas grande épaisseur. 2/6

# Porté sur l'alcool, Walter (Richard Todd) décide de tuer sa femme (Sylvia Syms) pour vivre heureux avec sa maîtresse (Barbara Parkins). Il découpe ainsi son épouse en morceaux au sous-sol, et l'enferme dans son congélateur flambant neuf. Mais tandis qu'il attend l'arrivée de son amante, sa femme semble revenir à la vie, bien décidée à se venger...

On reconnaît bien là la plume de Bloch, toujours très bavarde et (parfois inutilement) chargée en exposition. Ici, après une première partie maladroite, heureusement, l'accent est mis sur l'ambiance et le suspense, aidé par une bande originale efficace. Rien d'exceptionnel, ça dure un peu trop longtemps, et la chute finale (dans l'asile) est un peu trop prévisible, mais ce n'est pas désagréable pour autant, notamment parce qu'il y a quelque chose d'involontairement comique dans ces morceaux coupés qui tous s'animent un à un. 3.5/6 

# Bruno (Barry Morse), un tailleur endetté, reçoit la visite de "Mr Smith" (Peter Cushing), un homme mystérieux proposant au tailleur un marché étrange : en échange d'une somme considérable, le tailleur doit confectionner pour le fils de Smith un costume à des heures précises de la nuit, à partir d'un tissu bizarre et lumineux...

Plutôt intéressant, comme segment, même si à nouveau, on se doute du déroulement de l'histoire des kilomètres avant que le récit n'y arrive. Dommage, parce qu'il y avait là un certain potentiel. Cela dit, le rebondissement final fonctionne plus ou moins. 3.25/6

# De retour d'un séjour à l'asile, Barbara (Charlotte Rampling) s'installe chez son frère (James Villiers), qui la place sous la surveillance d'une infirmière, Miss Higgins (Megs Jenkins). Mais rapidement, Lucy (Britt Ekland), une amie de Barbara, vient lui rendre visite en secret, et l'incite à s'enfuir avec elle...

Un bon gros ratage agaçant tant il est bavard et éventé dès les premières secondes, et que le spectateur devine alors le rebondissement final. C'est bien interprété, notamment par Rampling, mais qu'est-ce que c'est creux et inutile. 1/6

# Interné, le Dr. Byron (Herbert Lom) travaille, dans sa cellule, à transférer sa conscience dans une réplique miniature et robotique de sa personne...

Et il n'y a rien d'autre à dire sur ce segment, qui ne consiste qu'en une brève présentation de Byron, pour mettre en place la conclusion du film. Bien peu inspiré, tout ça. 0.5/6

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Honnêtement assez décevant, cet Asylum, pourtant loué comme un excellent exemple du genre par le web et les critiques outre-manche.

Malheureusement, outre les problèmes habituels de Bloch (trop de blabla, pas assez de surprises), et les problèmes techniques (la bande originale du film est en grande partie composée de morceaux classiques, dont la Nuit sur le Mont Chauve, et ces morceaux trop familiers semblent régulièrement déplacés, envahissants, et trop grandiloquents pour ce qu'il y a à l'écran ; l'intérieur de l'asile semble souvent sous-éclairé), on a surtout un peu l'impression que le métrage a été particulièrement chargé dans sa première moitié, et qu'il perd tout simplement toute son énergie dès la fin du segment de Cushing.

Vraiment frustrant, et je commence à croire qu'aucune anthologie Amicus ne va parvenir à tenir la distance...

2/6

Le Caveau de la Terreur (The Vault of Horror - 1973) :

Avant-dernière anthologie Amicus, écrite par le même scénariste qu'Histoires d'Outre-Tombe, et qui, à nouveau, adapté de récits tirés des EC Comics. Par conséquent, on se retrouve une nouvelle fois avec des histoires plus moralisatrices, à tendance humour noir, et nettement moins bavardes que sous la plume de Robert Bloch...

# Dans un immeuble, cinq hommes (Daniel Massey, Terry-Thomas, Curd Jürgens, Michael Craig & Tom Baker) prennent l'ascenseur pour redescendre au rez-de-chaussée. Mais la cabine continue son chemin jusqu'à un sous-sol étrange aux allures de club privé, où les passagers sont seuls, et décident de se raconter leurs pires cauchemars autour d'un bon verre...

Un fil conducteur assez faiblard et éventé, qui rappelle fortement d'autres fils conducteurs des anthologies préalables, et qui en plus, n'est jamais vraiment inquiétant : l'ouverture sur une vue panoramique de Londres, pendant que l'orchestre symphonique reprend Dies Irae, n'a pas grand chose d'inquiétant, et tout le reste des scénettes reste étrangement décontracté, et sous-exploité. 2/6

# Bien décidé à mettre la main sur l'héritage familial, Harold Rogers (Daniel Massey) retrouve sa soeur (Anna Massey) dans un village reculé, où tout ferme au crépuscule, car "ils sortent à la tombée de la nuit". Et après avoir mis fin aux jours de sa soeur, Harold découvre soudain qui se cache derrière ce "Ils" mystérieux...

Un segment à l'ambiance intéressante, et qui vire à la comédie dans ses dernières minutes, avec ce restaurant très particulier, empli de clients aux crocs en plastiques assez risibles. L'idée est amusante, mais le segment abat ses cartes un peu trop tôt. 3.5/6

# Arthur Critchit (Terry-Thomas), particulièrement à cheval sur l'ordre et la propreté, décide d'épouser Eleanor (Glynis Johns), une femme assez désordonnée et maladroite, qui chamboule son intérieur. Et il ne faut pas très longtemps pour que le caractère maniaque du gentleman lui coûte très cher...

Ouhlà, ça cabotine pas mal, on est dans une farce tout sauf inquiétante et menaçante, avec une musique à deux doigts du mickey-mousing, et des personnages caricaturaux qui rendent le tout vaguement amusant, mais aussi particulièrement cartoonesque. 2.5/6

# L'arrogant illusionniste Sebastian (Curd Jürgens) et son épouse Inez (Dawn Addams) sont en Inde, à la recherche d'un tour inédit. Lorsqu'ils aperçoivent une femme (Jasmina Hilton) en train d'exécuter le tour de la corde en lévitation, ils décident de le lui voler, et la tuent après l'avoir invitée dans leur chambre d'hôtel... mais lorsqu'ils tentent de reproduire le tour, les conséquences leur sont fatales.

Généralement, j'aime assez ce genre de récit portant sur le monde de l'illusion, et ici, la disparition d'Inez dans un cri terrible et le spectacle du plafond couvert de sang sont assez mémorables et réussis, comme la toute fin du segment, mais dans l'ensemble, le tout est un peu trop mollasson et longuet pour convaincre. 3/6

# Afin de procéder à une arnaque à l'assurance, Maitland (Michael Craig) et son ami Alex (Edward Judd) décident de simuler la mort de Maitland en l'enterrant vivant. Mais la situation dégénère très rapidement dès que Tom (Robin Nedwell) et Jerry (Geoffrey Davies), deux apprentis-médecins incapables à la recherche d'un cadavre frais, se mêlent à l'affaire.

De la comédie ratée, avec du slapstick et des gags médiocres (les deux médecins qui ont les cheveux qui se dressent littéralement sur la tête), qui font que ce segment traîne en longueur et ne débouche pas sur grand chose. 2.5/6

# Lorsqu'il découvre que ses tableaux sont vendus à Londres à son insu, et qu'il n'en profite pas le moins du monde, Moore (Tom Baker), un peintre vivant à Haïti, décide de se tourner vers le vaudou pour se venger de ceux qui l'ont trompé. Il obtient alors le pouvoir de faire du mal aux sujets qu'il peint en détruisant ses oeuvres ; le seul problème étant qu'il vient d'achever son auto-portrait, et que la toile possède les mêmes pouvoirs risqués que ses autres tableaux...

Le segment le plus satisfaisant du lot, bien développé et pas désagréable du tout, avec un Tom Baker très impliqué, et des mises à mort inventives. Ça aurait mérité un peu plus d'énergie et de rythme, cela dit. 4/6

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On se retrouve donc cette fois-ci avec une anthologie nettement axée comédie qu'horreur ou suspense... ce qui aurait pu fonctionner si la comédie était particulièrement drôle. Malheureusement, ce n'est pas vraiment le cas, et s'il n'y a pas vraiment de segment calamiteux (d'autant que techniquement, c'est mieux produit que certains des opus précédents), il n'y a pas non plus grand chose de mémorable : l'humour tombe à plat, l'horreur est rarement percutante, et le passage de la bande dessinée au grand écran semble rendre bon nombre de ces récits assez inoffensifs...

3/6

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Un film, un jour (ou presque) #619 : L'Histoire de Disney (1/3) - American Experience - Walt Disney (2015), La Main derrière la Souris (1999) & Frank et Ollie (1995)

Publié le 10 Décembre 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Documentaire, Disney, USA, Histoire, Animation, Télévision, PBS

Parce que le mois de décembre, c'est aussi le mois de l'enfance et du merveilleux, retour sur l'histoire de la compagnie Disney, ainsi que sur ses hauts et ses bas...

American Experience - Walt Disney (2015) :

Documentaire télévisé marathon de près de quatre heures retraçant la vie et la carrière de Walt Disney, dans ses moindres détails, à grands renforts d'images en tous genres, d'archives exclusives, d'interviews uniques, etc. 

La première partie du documentaire retrace ainsi les début de Disney, depuis son enfance peu chaleureuse, ses début d'animateurs, son arrivée en Californie, la création des Studios Disney, sa dualité (Walt était à la fois un visionnaire créatif et enthousiaste, et un businessman insistant, implacable et exigeant), la création d'Oswald le lapin, celle de Mickey (on notera par ailleurs que Ub Iwerks n'est quasiment pas mentionné dans ce documentaire, malgré son importance), et le début du succès.

(d'ailleurs, assez amusant de comparer cette réalité à la fiction du film Walt Avant Mickey)

Le métrage revient alors sur la genèse de Blanche Neige, compliquée, mais donnant lieu à un succès absolu critique et commercial, qui lance les studios Disney au firmament, et qui place aussi la barre extrêmement haut, à une hauteur que Walt n'estimera jamais avoir de nouveau atteint ; puis vient la création des studios de Burbank, un vase clos et stérile, qui devient progressivement une usine à animation mécanique et isolée, avec des inégalités salariales énormes, des conflits, des jalousies. Ce qui, combiné à de gros problèmes financiers provoqués par les pertes d'argents de Pinocchio et de Fantasia, ainsi qu'à un Walt s'enfermant de plus en plus dans sa bulle, et ne voulant rien entendre des revendications de ses employés, débouche sur une grève générale en 1941 suite au renvoi d'un pilier du studio.

La seconde partie du documentaire reprend sur un Walt marqué et transformé, s'estimant trahi par tous ses employés, et ne faisant plus confiance à personne. Un Walt rancunier, qui, quelques années plus tard, dénonce la plupart des meneurs de cette grève lors de la chasse aux sorcières anti-communistes. Un Walt aux prétentions revues à la baisse, désenchanté, et qui commence de plus en plus à blâmer ses échecs sur des cibles faciles, comme les communistes, etc. Et un Walt qui se désintéresse tout simplement de plus en plus de l'animation pure et dure, un domaine où il pense ne jamais pouvoir retrouver le succès et la reconnaissance de Blanche Neige, et qu'il confie aux Neuf Sages, ses animateurs vétérans.

Il se tourne alors, à la fin des années 40, vers le documentaire animalier, qui lui vaut un Oscar, et vers les films en prises de vue réelle. En parallèle, pendant que son studio travaille d'arrache pied sur Cendrillon, lui préfère se consacrer à sa passion pour les trains et le modélisme ferroviaire... puis il décide de créer Disneyland, un projet qui, aux côtés de la production télévisée florissante de Disney (Davy Crockett, regardé par plus d'un Américain sur 4), le remotive, et dans lequel il s'investit complètement. 

Cherchant toujours à présenter à l'Amérique un univers propre et sûr pour toute la famille, il inaugure le parc, et trouve ainsi une source inépuisable de revenus pour sa compagnie. Dans les années 60, il produit enfin Mary Poppins, un projet sur la famille qui lui tenait à coeur depuis des décennies, et lui vaut de renouer avec un succès total, qui est multi-oscarisé. Mais alors que les critiques commencent à reprocher à Disney son monde trop propre, kitsch et WASP, Walt n'en a que faire, et s'inquiète de ce qu'il va laisser comme héritage à l'humanité.

Il décide alors de se lancer dans le projet Disneyworld, et surtout de concevoir EPCOT, la ville parfaite du futur, où tout le monde vivrait en parfaite harmonie. Un projet ambitieux, dont il ne verra jamais le résultat, puisqu'il décède d'un cancer du poumon en 1966.

Bref, en résumé, difficile de faire plus exhaustif sur la vie et l'oeuvre de Walt que ces quatre heures, non ? Et bien pas tant que ça, en fait.

J'ai bien conscience que ce documentaire se concentre principalement sur Walt, et accessoirement sur son empire, mais malheureusement, j'ai trouvé le virage pris par la seconde partie du métrage assez frustrant. D'accord, Walt s'est un peu désintéressé de l'animation à la fin des années 40, mais le documentaire donne l'impression qu'il n'en avait tout simplement plus rien à faire, et qu'il n'avait rien à voir avec toute la production Disney post-Cendrillon.

Difficile à croire, et le manque de temps ou de place n'excuse pas tout : j'aurais bien volontiers troqué 10 minutes de la construction et de l'ouverture de Disneyland contre plus de détails sur son influence sur Alice, Peter Pan, etc, ou contre une présentation des Neuf Sages, même pas mentionnés en tant que tels dans le documentaire.

Cela dit, je dois bien reconnaître une qualité à ce travail titanesque : il ne cache pas du tout les mauvais côtés de Walt Disney, et ne présente pas le portrait d'un dieu de l'animation parfait et intouchable. Walt était faillible, Walt était par moment détestable et arrogant, Walt avait des valeurs de son temps et une ambition démesurée, mais Walt était aussi un visionnaire aux intentions bienveillantes, obsédé par l'idée de présenter une image de l'enfance et d'une vie de famille parfaites, qu'il n'avait pas vraiment connues lors de ses jeunes années.

Un documentaire inégal, un peu trop long, et souffrant de s'attarder un peu trop sur Disneyland, mais néanmoins très intéressant, pour peu qu'on sache à quoi s'attendre.

4.25/6

La Main derrière la Souris : l'histoire d'Ub Iwerks (The Hand Behind The Mouse - The Ub Iwerks Story - 1999) :

Documentaire de 1999 réalisé par Leslie Iwerks, et consacré au grand-père de la réalisatrice, Ub Iwerks, l'un des membres fondateurs du studio Disney, et le créateur de Mickey Mouse.

Grâce à d'innombrables extraits, images d'archive, photographies, et témoignages de bon nombre de figures incontournables du milieu, on y découvre comment ce fils d'inventeur, toujours plus passionné par la technique que par le business, était l'un des premiers compères de Disney, et l'animateur le mieux payé de son studio naissant ; on y apprend comment, véritable bourreau de travail, Iwerks a créé Oswald le lapin, puis, lorsqu'il a fallu le remplacer, comment il a créé Mickey et, au rythme de plus de 700 dessins par jour, comment il a réalisé seul le premier court métrage animé de Mickey, Plane Crazy.

Rapidement, Mickey a connu le succès, et avec lui, les tensions professionnelles et les jalousies ont commencé à croître. Et bien qu'il ait refusé à plusieurs reprises de quitter Walt, Iwerks finit par s'établir à son propre compte, et par fonder les studios Iwerks en 1930 (où a travaillé le célèbre Chuck Jones). Avec son style plus franc, son humour étrange, ses personnages impertinents et son animation bondissante, Iwerks connaît à son tour le succès, et innove dans de nombreuses directions... jusqu'à ce que le Code Hays, la Grande Dépression, et des problèmes financiers finissent par tuer le studio.

En 1940, Iwerks revient chez Disney, mais se désintéresse de l'animation, pour se concentrer sur la technique : il innove à nouveau dans le domaine de la réalisation, de l'intégration d'images réelles aux images animées, il officie dans les parcs Disney, et finit par décrocher deux Oscars techniques, et une nomination pour les effets spéciaux des Oiseaux d'Hitchcock.

Bref, Ub Iwerks était un homme incontournable de l'histoire de Disney, et ce documentaire lui rend joliment hommage, sans sombrer dans l'hagiographie excessive.

Bien rythmé, dynamique, ludique, la forme est globalement impeccable ; on pourra pinailler en regrettant que la première moitié du documentaire couvre plutôt les débuts de Walt Disney que ceux d'Iwerks (et par conséquent, fait double emploi avec les innombrables documentaires sur la vie de Disney), mais c'est inévitable, compte tenu des liens très étroits unissant les deux hommes.

Un métrage très intéressant, que je conseille vivement.

4.5/6

Frank et Ollie (Frank and Ollie - 1995) :

Documentaire de 90 minutes réalisé en 1995 par Theodore Thomas, et consacré au père de ce dernier, Frank Thomas, et au meilleur ami et collègue de celui-ci, Ollie Johnston, deux des quatre membres alors encore en vie du groupe des Neuf Sages de Disney, ces animateurs de légende qui entouraient Walt Disney durant l'âge d'or du studio.

Les deux hommes, alors octogénaires, mais toujours aussi proches, soudés et malicieux que durant leurs jeunes années, nous racontent ainsi leur vie, leur carrière, leurs techniques d'animation, leur amitié, etc, entrecoupés d'images d'archive, d'animations embryonnaires, et de scènes du quotidien de ces deux vieux sages, génies de l'animation.

Et c'est probablement là que le documentaire pèche notablement : car s'il est très intéressant d'écouter ces deux bonhommes sympathiques et attachants, le film reste un documentaire de 90 minutes, et tire par conséquent en longueur.

On ne peut s'empêcher (et c'est d'autant plus vrai si l'on a regardé par ailleurs d'autres documentaires sur cette petite bande et sur cette période) de se dire qu'en retirant une bonne demi-heure de métrage (toutes les scènes du quotidien des deux hommes sont bien gentilles, mais elles n'apportent pas grand chose au delà de "ils vivent une retraite heureuse et bien méritée") et en variant un peu le format des interviews (peut-être en ajoutant d'autres intervenants, ou en intégrant un récapitulatif global du travail des Neuf Sages), Frank and Ollie aurait été tout aussi instructif, touchant, et probablement plus efficace.

En l'état, ce n'est pas désagréable, sans plus, et la réalisation est parfois un peu maladroite.

3.25/6

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Les bilans de Lurdo : GLOW, saison 1 (2017)

Publié le 30 Juillet 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Catch, Review, Télévision, Netflix, Comédie, Drame, Action, Histoire

En 1985, à Los Angeles, Ruth (Alison Brie), une actrice au chômage, répond à une annonce de casting, et découvre sur place qu'elle auditionne pour G.L.O.W., un show de catch féminin réalisé par Sam Sylvia (Marc Maron) et financé par Bash Howard (Chris Lowell).

Contre toute attente, la timide Ruth décroche un rôle, et entame alors la préparation du tournage aux côtés de Machu Picchu (Britney Young), de Melrose (Jackie Tohn), de Britannica (Kate Nash), de Scab (Britt Baron), d'Ethel et Edna (Kimmy Gatewood et Rebekka Johnson), de Beirut (Sunita Mani), de la Welfare Queen (Kia "Awesome Kong" Stevens), de la Louve (Gayle Rankin), de Fortune Cookie (Ellen Wong), de Vicky la Viking (Marianna Palka), et de Junkchain (Sydelle Noel). Sans oublier Liberty Belle (Betty Gilpin), la star du show, une actrice de soap récemment séparée de son mari, après que Ruth ait couché avec lui...

GLOW - saison 1 :

Une série Netflix à côté de laquelle je ne pouvais définitivement pas passer : j'aime le catch, j'apprécie beaucoup Alison Brie, je suis très client des années 80, et de manière générale, j'ai toujours accroché au format court de 30 minutes des comédies dramatiques du câble, notamment à l'époque de Weeds.

Et donc, forcément, en apprenant que Jenji Kohan (la créatrice de Weeds et d'Orange Is The New Black), ainsi que deux scénaristes et productrices de ces deux séries, de Nurse Jackie et de Homeland, avaient choisi Alison Brie (entre autres) pour réaliser une adaptation très libre de la genèse des Gorgeous Ladies of Wrestling (dont elles avaient pris connaissance grâce au documentaire que j'ai chroniqué ici cette semaine), je n'ai pas hésité.

Et j'ai bien fait, puisque les 10 épisodes de GLOW s'avèrent une réussite globale. Une réussite globale n'évitant pas l'aseptisation de son sujet, certes (déjà un problème qui hantait le documentaire), ce qui est assez normal : l'angle d'approche principal de la série, c'est comment ses protagonistes mises à l'écart de la société pour des raisons diverses et variées (race, physique, sexe, obsessions, etc) finissent par former une véritable famille d'adoption grâce à GLOW, par devenir des soeurs, et par s'émanciper au travers de ce projet.

C'était déjà le thème du documentaire, et on le retrouve dans de nombreuses sous-intrigues du show (Macchu Picchu et sa famille ; Liberty Belle et son ex-mari ; Ruth qui prend le contrôle du projet lorsque les mecs s'effondrent ; Justine et ce dernier....) : l'approche est pertinente, elle fonctionne ici grâce au caractère assez léger de la série, et à ses personnages tous bien développés.

D'ailleurs, j'en profite pour souligner le travail des scénaristes et des responsables du casting, qui ont vraiment mis dans le mille à tous les niveaux : il n'y a pas de véritable maillon faible dans la distribution qui, si elle est clairement dominée par Brie, Maron et Gilpin, tous trois excellents, parvient toujours à faire vivre des personnages attachants et bien développés (mention spéciale à Awesome Kong, qui fait preuve d'une personnalité mémorable, et devrait donner lieu à une seconde saison spectaculaire).

Cependant, cette optique "féministe" fait tout de même abstraction des problèmes de G.L.O.W., en idéalisant un peu l'organisation : oui, Sylvia se comporte comme un connard avec ses employées, mais on est loin des insultes et humiliations constantes que subissaient les véritables catcheuses de G.L.O.W. à l'époque. À l'identique, l'exploitation et le sexisme de l'époque et de l'industrie ne sont finalement pas si présents que ça une fois les premiers épisodes passés : les filles se prêtent au jeu, et on passe à autre chose.

D'un autre côté, difficile de faire de GLOW une critique du sexisme des médias américains quand la série se doit, en parallèle, d'obéir par exemple à un quota nudité finalement franchement superflu. C'est à un numéro d'équilibriste que se livre la production, tiraillée entre réalités de l'époque et concessions aux normes contemporaines, et bien qu'on puisse toujours critiquer tel ou tel choix éditorial, il faut reconnaître que l'essence de G.L.O.W. reste présente.

Quoiqu'il en soit, la série fonctionne bien, voire même très bien à partir du moment où toutes les filles emménagent (comme en réalité) dans un même motel. Cela permet des rapprochements inattendus, et de rendre attachantes quasiment toutes les catcheuses, ce qui n'est pas un mince exploit vue la taille de la distribution.

(et là, je pense à un show comme American Gods, qui peine à rendre son couple principal attachant ou intéressant malgré deux fois plus de temps d'antenne ^^)

À partir de là, la série s'enchaîne sans réel temps mort, se permettant des passages impressionnants (le match solo d'Alison Brie est une petite performance d'actrice), des passages inévitables (le training montage tellement 80s !), de nombreuses apparitions plus ou moins importantes de catcheurs et catcheuses connu(e)s (John Morrison, Brodus Clay, Carlito, Joey Ryan, Christopher Daniels et Kazarian, Alex Riley, Brooke Hogan)... et aussi, il faut bien l'avouer, quelques sous-intrigues dont on aurait pu se passer, surtout vers la fin de la saison.

On retombe alors dans des digressions et des rebondissements un peu plus convenus et clichés, et finalement assez dispensables : je pense notamment à tout le passage de Ruth chez les Russes, pas très drôle, aux personnages secondaires masculins (le livreur de pizza, le concierge russe, les frères et le père de Machu Picchu), guère plus que des figurants, ou même à tout le faux suspense du dernier épisode, que ce soit sur Justine et Sam, ou sur Debbie et son époux.

Il en va un peu de même pour l'histoire de l'avortement, qui apparaît comme une manière de créer du drame gratuitement, et de forcer un rapprochement entre Ruth et Sam. Heureusement, le tout est assez bien écrit pour faire oublier cet aspect un peu artificiel, et il faut féliciter le show d'avoir abordé le problème de l'avortement de manière frontale, sobre, et intelligente, sans en avoir fait une histoire de morale ou de conviction religieuse.

La toute fin de la série, elle, marche dans les pas de tous les films sportifs des années 80 : finalement assez logique, compte tenu de la série, mais aussi un peu trop prévisible dans son happy end intégral.

Mais trêve de pinaillage : dans l'ensemble, GLOW est une relecture engagée et féministe de l'histoire du véritable G.L.O.W., et ça fonctionne plutôt bien. J'espère vraiment que Netflix va laisser libre court à l'équipe en place pour continuer dans cette direction, et monter la barre un peu plus haut encore pour la suite.

Car entre les conditions de sécurité discutables, les blessures mémorables, les conflits, le niveau de catch qui monte en puissance, les nouveaux personnages, et le succès croissant des lutteuses, il y a de quoi faire, avec tout ce petit monde.

Et si l'on pouvait en rajouter encore une couche dans les paillettes, le mauvais goût, les couleurs fluos et la caricature, ce serait parfait (bien qu'encore un niveau en dessous de la réalité :p)

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Les bilans de Sygbab - Farscape : saison 3 (2001-2002)

Publié le 5 Août 2017 par Sygbab dans Critiques éclair, Review, Télévision, Les bilans de Sygbab, Action, Aventure, Comédie, Drame, USA, Australie, Farscape, Science-Fiction

Sygbab regarde (beaucoup) la tv, Sygbab écrit (parfois) des bilans : retrouvez-les sur le blog des Téléphages Anonymes !

Farscape, saison 3 :

Cette troisième saison se démarque des deux précédentes en étant plus feuilletonnante, tout en donnant un coup de fouet aux loners puisque le dédoublement de Crichton est exploité à fond : l'équipage est scindé en deux groupes afin de constituer un équipage pour Moya et Talyn, et l'alternance des épisodes permet de suivre les aventures des uns et des autres.

Bien entendu, ils sont composés de telle sorte que leurs interactions provoquent des frictions, afin d'épicer un peu le tout. Sur le plan pratique, c'est également plus simple de gérer cinq personnages plutôt que dix... L'objectif de ce parti pris n'est pas uniquement d'apporter un côté ludique à la série puisque les scénaristes utilisent ce format pour approfondir la psyché de John ainsi que se relation avec Aeryn.

Mais avant que le groupe ne soit éclaté, il est encore au complet dans un premier tiers de saison déjà bien riche en évènements. Faisant directement suite à la fin de saison 2, le season premiere se déroule dans l'antre de Grunchlk. Outre l'étau qui se resserre autour de Crichton avec la présence d'un Scarran et surtout un Scorpius qui possède désormais la puce qui contient des informations sur la technologie des vortex, le plus marquant reste le sacrifice de Zhaan qui se condamne elle-même dans un futur proche, en faisant revenir Aeryn d'entre les morts.

Ce qui aurait pu passer pour un subterfuge la place en tant que protectrice de la vie de ses compagnons, et c'est sa condition qui va l'amener à les sauver une fois de plus dans le dyptique Self Inflicted Wounds.

Le niveau de spiritualité qu'elle a atteint lui permet d'effacer ses erreurs passées et la noirceur qui jadis l'a habitée, ainsi elle part en paix avec elle-même. La série perd alors un personnage aimant, et ce n'est pas sans conséquence sur le comportement de Stark, alors qu'il n'était déjà pas très stable lui qui n'était déjà pas très stable à force d'absorber une partie de l'âme et de la mémoire des personnes qu'il aide à passer dans l'au-delà.

Il finit par se mettre tout le monde à dos sur Talyn, et disparaît une fois de plus (cette fois-ci, les scénaristes pensent à l'expliquer...). Même si son traitement est chaotique, ce n'est pas forcément un mal : son âme tourmentée le rend attachant dans les scènes où il fait usage de son talent particulier, mais il peut vite être irritant quand il pète les plombs.

Il n'arrive cependant pas à la cheville de Jool, qui passe son temps à casser les pieds - et surtout les oreilles - de tout le monde. Mais comment lui en vouloir, elle qui se réveille plus de 22 ans après avoir été cryogénisée, loin de son monde et sur un vaisseau où personne ne lui facilite la tâche pour s'intégrer. Surtout pas Chiana, qui ne fait que la rabaisser.

Cette dernière a d'ailleurs couché avec Jothee pour s'éloigner de D'Argo, obligeant le fils du Luxan à quitter le vaisseau pour en apprendre plus sur les valeurs d'un peuple guerrier dont le courage, l'honneur et la loyauté sont des fondements... Ce qui laisse D'Argo esseulé, préférant passer la majeure partie de son temps à étudier le vaisseau qu'il a récupéré dans Suns and Lovers.

Les personnages de Farscape sont donc loin d'être parfaits, et font passer leurs intérêts avant celui des autres assez régulièrement (la preuve vivante de cet état de fait établi dès la première saison n'est autre que Rygel, peu avares en coups bas). Les rivalités ou divergences d'opinion qui peuvent exister donnent l'occasion aux scénaristes d'en jouer pour proposer de nouvelles situations.

Par exemple, les chamailleries incessantes de D'Argo et Crichton sont décryptées à la loupe et amènent les deux "épisodes concept" totalement délirants que sont Scratch N' Sniff - avec sa narration complètement éclatée et une réalisation qui donnent l'impression d'halluciner - et Revenging Angel, qui revisite les cartoons en étant truffé de détails hilarants.

Sur Talyn, c'est l'alliance forcée de Crichton et Crais qui est savoureuse, d'autant qu'elle permet de faire le point sur l'évolution des deux hommes. Dans le cas de l'ex-capitaine, il faut bien se rendre à l'évidence : c'est un homme désespéré, déchu d'une position importante, et qui trouve en Talyn un moyen d'expier ses péchés puisqu'il protège les Pacificateurs d'un des projets dont il était en charge et qui était censé avoir des répercussions militaires bénéfiques.

Leur lien de circonstance connaît son apogée dans le final, lorsqu'ils se sacrifient ensemble pour détruire le vaisseau de Scorpius. Cela règle définitivement les problèmes comportementaux de Talyn, qui n'aura jamais réussi à concilier les velléités guerrières de son ADN Pacificateur et le pacifisme de son ADN Leviathan. Si les personnages ne sont pas parfaits, il savent en tout cas être héroïques... Et Crichton, en a-t-il l'étoffe ?

Le diptyque Infinite Possibilities nous prouve que cela peut être le cas, mais quand les conditions sont réunies. Le Crichton de Moya est plus prudent car il ne risque pas sa vie inutilement et tente de saboter les recherches de Scorpius de l'intérieur. L'idée est de montrer que ce qui nous forge, ce sont avant tout les évènements que l'on vit, mais également les gens que l'on rencontre.

La comparaison de l'évolution des deux Crichton est assez parlante à cet égard : celui de Talyn est plus apaisé car il a trouvé de la stabilité auprès d'Aeryn (la pauvre n'est pas épargnée : poursuivie par sa mère qui finira par mourir, elle perd également l'homme de sa vie dans ses bras et doit ensuite endurer le calvaire de revoir son visage chaque jour lorsqu'elle retrouve son alter ego). De fait, il gère peut-être mieux Harvey.

Le clone de Scorpius est resté dans l'esprit de l'astronaute même après le retrait de la puce et a le don d'apparaître dans les endroits les plus incongrus de la mémoire de John, mais il se révèle être un atout en certaines occasions, notamment dans Different Destinations. Il y fait part d'une donnée intéressante : à partir du moment où des évènements passés sont assez proches de leur déroulement initial, l'intrusion de quelques personnes venues du futur n'aura que peu d'incidence car le temps se rectifiera de lui-même.

Farscape s'écarte le plus souvent de la science-fiction conventionnelle, mais quand la série s'y attarde c'est souvent intéressant et les fondamentaux du genre sont légion : voyage dans le temps, dimensions parallèles dans A Bug's Life, portail sur une autre dimension dans My Three Crichtons...

Cet élément s'ajoute à d'autres informations distillées au long de la saison, comme dans Self Inflicted Wounds. Moya entre en collision avec un vaisseau scientifique dans la zone turbulente d'un vortex - la région qui en sépare l'intérieur de l'espace normal - et l'un de ses membres apprend à John que chaque vortex comporte une faille qui se présente de manière périodique et que celle-ci permet de déboucher sur une multitude de mondes.

La Terre n'est d'ailleurs pas si loin... Une autre surprise - désagréable - l'attend : les vortex sont infestés de serpents qui ne sont visibles que lorsqu'il y a des changements de phase. Cela fait le pont avec les recherches de Scorpius, qui tente de mettre au point un appareil afin de conserver son intégrité physique lorsque ce phénomène se produit.

Crichton, quant à lui, est sur le point de solutionner les équations que les Anciens lui avaient fournies, avec l'aide de son alter ego décédé. En effet, ce savoir a été débloqué dans Infinite Possibilites, dans lequel Furlow réapparaît. Il empêche Scorpy de posséder cette technologie, mais ce n'est pas lui le véritable ennemi.

Comme le montre si bien le formidable épisode Incubus, l'hybride a des origines douloureuses et son éducation ne s'est pas faite dans la douceur ; la seule chose qui l'intéresse n'est pas de contrôler l'univers mais de prendre sa revanche sur les Scarrans.

John réalise alors qu'après avoir été chassé par Crais puis par Scorpius, il est devenu le centre d'intérêt d'une race violente qui ne reculera devant rien pour assouvir sa soif de domination grâce aux vortex. Et s'ils s'intéressent à lui, ils ne tarderont pas à trouver la Terre... Alors que ses compagnons vont retourner chez eux (Chiana souhaiterait rejoindre la résistance Nébari menée par son frère, Rygel se voit déjà reprendre possession du trône de Dominar, D'Argo est déterminé à partir à la recherche de Macton), l'étau se resserre une fois de plus sur lui. Seulement, la Terre ne sera pas forcément le seul élément dans la balance, car Aeryn ést enceinte. Aura-t-il les épaules assez solides pour supporter cette pression ?

Que ce soit au niveau du développement des personnages ou de la mythologie, de la construction de la saison ou même de l'intérêt de chaque épisode, cette saison surpasse largement les deux premières. La série est définitivement lancée, et le potentiel est exploité à son maximum pour donner à la série une dimension épique.

Et les éléments mis en place laissent penser que la suite peut être encore plus grandiose... Une des meilleures saisons toutes séries confondues, qui récompense amplement le téléspectateur qui aura su s'investir malgré deux premières saisons inégales.

 

 

(bilan saison 1 et 2, par Sygbab ; et bilan saison 3, publié dans ces pages par Lurdo en 2012)

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Les bilans de Sygbab - Farscape : saison 4 (2002-2003)

Publié le 12 Août 2017 par Sygbab dans Critiques éclair, Review, Télévision, Les bilans de Sygbab, Comédie, Action, Aventure, Science-Fiction, USA, Australie, Farscape, Drame

Sygbab regarde (beaucoup) la tv, Sygbab écrit (parfois) des bilans : retrouvez-les sur le blog des Téléphages Anonymes !

Farscape, saison 4 :

Après une fin de saison 3 qui voyait Moya absorbée par un vortex, abandonnant Crichton et son module seuls dans l'espace, le temps de la reconstruction est arrivé. Pas seulement pour les personnages, mais également pour les scénaristes, qui repartent sur de nouvelles bases en réunissant petit à petit les membres de l'équipage non sans quelques surprises.

Stark n'est plus là, Jool est débarquée peu de temps après le début de saison ; Moya se repeuple donc avec deux nouveaux arrivants (sans compter Noranti qui est présente depuis le 3.22) : Sikozu, et Scorpius.

La première, dotée d'une grande intelligence et d'une connaissance étendue des Leviathans - mais uniquement théorique -, ne réussit pas à s'intégrer à cause d'opinions bien tranchées et d'un entêtement sans limite. Et comme elle considère Pilot inexpérimenté et son équipage trop naïf, cela n'aide pas sa cause.

Mais elle peut compter sur le soutien de Scorpius (leur duo est vraiment excellent), dont la présence à bord est une très bonne idée : cela crée une nouvelle dynamique et ses confrontations régulières avec John sont un pur régal puisqu'on doute constamment de sa sincérité.

Ces bouleversements entraînent une première partie de saison parfois laborieuse, le temps de s'adapter à de nouvelles interactions. Quelques épisodes retombent dans les travers des deux premières saisons en jouant un peu trop sur l'aspect "créatures bizarroïdes" et sur l'humour pipi-caca, qui ont certes toujours été présents mais qui ne sont drôles qu'à petites doses.

Mais il y a des perles, dont John Quixote - écrit par Ben Browder lui-même - fait partie : le concept de jeu vidéo grandeur nature couplé à une multitude de références (Max Headroom ou Monty Python and the Holy Grail pour ne citer qu'elles) réserve de bons moments.

La seconde partie de la saison remet en revanche la série sur les rails de l'excellence atteinte la saison précédente, à commencer par Unrealized Reality. Un épisode atypique, puisque l'action fait ici place à des explications de texte sur les vortex, qui offrent des possibilités infinies puisqu'ils permettent de naviguer à la fois dans l'espace et dans le temps. Une entrée ne correspond pas à une sortie unique : il en existe un nombre incalculables.

Mais comme l'indique Einstein (une entité appartenant à une race dont les Anciens sont issus, sachant que ces derniers ont été génétiquement modifiés afin de pouvoir vivre dans l'environnement d'autres espèces), le problème n'est pas d'aller d'un point A à un point B, mais de revenir au point A après l'avoir quitté chronologiquement parlant.

Si un voyageur imprudent le rejoint avant, il crée alors une réalité non réalisée, et les multiples voyages d'un John ignorant en la matière en ont engendré une pléthore. Mais si les événements de cette réalité sont assez proches de ceux qui se sont déroulés dans la réalité précédente, le temps se rectifiera de lui-même. Cette notion est bien entendu familière, puisqu'elle avait déjà été énoncée par Harvey dans Different Destinations.

Cet épisode donne aussi l'opportunité à Kemper - auteur de l'épisode - de créer une réalité non réalisée complètement loufoque dans laquelle les personnages sont dans la peau des autres. Ce n'est d'ailleurs pas totalement innocent : Sikozu/Stark se révèle être la clé pour trouver Katratzi, une base militaire où l'Empereur des Scarrans a ses quartiers.

Ces derniers sont plus que jamais intéressés par les connaissances de John, et sont prêts à tout pour s'en emparer avec comme but ultime le contrôle de l'univers. Ils profitent alors d'une rencontre fortuite avec l'équipage de Moya lors de négociations secrètes entre Grayza - toujours décidée elle aussi à mettre la main sur l'astronaute - et la ministre Ahkna pour capturer Aeryn et lui soutirer des informations, notamment pour savoir si John est bien le père biologique de son foetus fécondé.

C'est à partir de ce moment que les priorités de Crichton se font réellement jour : à ses yeux, sauver l'univers n'est rien comparé à l'idée de la perdre, raison pour laquelle il propose un marché à Scorpius pour lancer une opération de sauvetage.

Cet arc débouche sur une révélation à propos de Sikozu : génétiquement modifiée par la résistance Kalishe afin de produire des rayonnements radioactifs fatals pour les Scarrans, elle est en fait une bioloide. Cela ne vient pas de nulle part, car certains indices ont été disséminés ça et là : Taalika n'absorbe pas son énergie dans Twice Shy, elle ne veut pas passer aux rayons X dans Terra Firma...

Elle lève le voile sur le mystère l'entourant dans un champ de Crysthérium (une plante que mangent les Scarrans et qui leur apporte leurs capacités intellectuelles). Le téléspectateur se prend alors une nouvelle claque : ces fleurs sont la raison de la torture infligée par Scorpius à Stark, car ce dernier vivait auparavant à Katratzi. Ce qui explique que Sikozu/Stark connaissaient également l'emplacement de la base.

Cette volonté de ne rien laisser au hasard est présente à tous les niveaux. Après être enfin retourné sur Terre - dans deux timelines différentes, ce qui lui a donné l'occasion d'appliquer la théorie d'Einstein et Harvey pour les corriger -, John comprend qu'il n'y a plus vraiment sa place à cause de ce qu'il a vécu et du danger encouru par sa planète. Il est également définitivement convaincu que les humains ne sont pas prêts à accueillir des aliens, et encore moins à se défendre contre eux. C'est le sujet central de A Constellation of Doubt.

Sous la forme d'un reportage réutilisant les vidéos tournées par le neveu de Crichton lors du séjour de ses compagnons sur Terre, l'épisode reprend dans les grandes largeurs les thèmes abordés dans A Human Reaction, en mettant en avant l'introspection à laquelle l'humanité devrait se livrer.

C'est ce qui va pousser Crichton à détruire le vortex menant à sa planète avant que les Scarrans ne puissent l'annihiler (cette manoeuvre est périlleuse, et il demande pour cela l'aide de Pilot que l'on voit exceptionnellement hors de Moya), en laissant derrière lui sa famille et une chance de les revoir. La scène d'adieu avec son père au téléphone, quand il est sur la Lune, est d'ailleurs très émouvante.

Force est de constater que cette dernière partie de saison est très dense, et la façon dont les pièces du puzzle s'emboîtent naturellement montre que cette saison était très bien planifiée. Vu qu'elle a été écrite dans l'optique d'une saison 5, ce n'est pas surprenant, et il y a par conséquent une énorme frustration lors du cliffangher final. Certains éléments restent inexpliqués, comme le fait que les Eidolons, les Sébacéens et les Humains soient liés d'une certaine manière, comme cela est suggéré dans What Was Lost.

Ce diptyque est celui qui voit Jool se séparer de ses amis en restant sur Arnessk, puisque le fait de réactiver les sondes de Darnaz a libéré les Eidolons d'une stase qui a duré 12000 cycles. C'est aussi la première fois que sa capacité à faire fondre le métal en criant est utilisée à bon escient, dans une scène jouissive où elle est entourée de Chiana et de Sikozu pour se battre; et qui rappelle le côté sexy que le show possède depuis le début (que la présence de Grayza et son décolleté plus que plongeant n'infirme en rien). Les scénaristes en ont conscience et ont toujours joué dessus, surtout dans cette saison 4 où la libido de la Nébari est plus que jamais mise en avant (au détriment de son don de prescience).

Concernant les autres personnages, Rygel reste fidèle à lui-même et sert souvent de ressort comique, tout comme Noranti qui passe son temps à faire des potions bizarres. Il faut croire que Moya attire les fous car elle est souvent à côté de la plaque, mais dans ses moments de lucidité elle sait apporter sa contribution. Elle cuisine, elle guérit, et ses herbes peuvent parfois se montrer utiles même si elle a la fâcheuse tendance à les utiliser sans prévenir.

Elle est à l'origine de ce que prend Crichton pour oublier ses sentiments envers Aeryn pendant une bonne partie de la saison, car leur relation est bien compliquée lors de son retour sur Moya avec Scorpius. Évidemment, cela ne sert qu'à retarder l'échéance avant qu'ils ne se remettent ensemble.

C'est également avec un certain plaisir que l'on assiste en fin de saison au rapprochement entre Chiana et D'Argo, qui est enfin libéré d'un poids depuis qu'il a rencontré Macton dans Mental As Anything et qu'il a enfin pu assouvir sa vengeance d'une manière bien plus perverse qu'en le tuant simplement. Cela ne fut pas sans heurts, ayant à un moment douté de son innocence car il aurait très bien pu tuer Lo'Laan dans un accès d'hyper rage.

Un seul regret le concernant : son capitanat à bord de Moya n'a pas de réel impact sur le fonctionnement de l'équipage, ce qui enlève du poids à ce qui était pourtant une bonne idée pour montrer qu'il a gagné le respect de ses compagnons d'infortune.

Malgré un départ assez lent, une fois que les événements s'accélèrent on retrouve le rythme et les idées de folie de la saison 3, avec des enjeux bien plus importants qui sont bien amenés et bien exploités. La continuité thématique et le toutéliage mythologique sont impeccables, et on a encore le droit à quelques moments épiques.

Les personnages ont tous connu une évolution cohérente dans l'ensemble, et leur solidarité acquise de haute lutte dans l'adversité fait plaisir à voir. Si ce n'est pas la totale réussite de la saison précédente, ça s'en rapproche sur bien des points, et l'investissement du téléspectateur est récompensé.

 

 

 

(bilan saison 12, et 3 par Sygbab ; bilan saison 4, et PK Wars, publiés dans ces pages par Lurdo en 2012)

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Les bilans de Lurdo : Defenders Week-end (3/4) - Iron Fist (2017)

Publié le 19 Novembre 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Télévision, Les bilans de Lurdo, Marvel, MCU, Action, Thriller, Fantastique, Netflix

Dès lundi, les Téléphages Anonymes entament une semaine Punisher, retraçant chaque jour le parcours cinématographique de ce bon vieux Frank Castle, pour finir par la série Punisher qui lui a été très récemment consacrée par Netflix. Le moment est donc venu pour moi de conclure, en dépit de mes premières impressions mitigées, le visionnage des séries Marvel/Netflix...

Marvel's Iron Fist, saison 1 :

Après avoir été porté disparu pendant 15 ans, Danny Rand (Finn Jones), héritier de la fortune Rand, reparaît à New York, bien décidé à reprendre sa place dans l'entreprise familiale. Mais celle-ci est désormais contrôlée par les Meachum, et en parallèle, Danny a des intentions cachées : possédant le pouvoir de l'Iron Fist après 15 ans d'entraînement en Asie, il est aussi revenu là pour détruire la Main, qui infeste la ville...

Un ratage. Pas un ratage intégral, mais un ratage tout de même. Et Marvel - ou du moins, sa branche tv s'occupant des séries Netflix - en est le principal responsable.

Principal responsable, pour avoir choisi Scott Buck (désastreux showrunner des dernières saisons de Dexter) afin de chapeauter ce projet. Responsable aussi d'avoir validé de choix de Finn Jones comme Iron Fist : un Finn Jones limité dans son jeu et pas toujours juste dès qu'il sort de sa zone de confort du jeune héritier arrogant mais charmeur, un Finn Jones jamais vraiment crédible dans les scènes d'arts martiaux (quelque part, je ne peux pas vraiment lui en vouloir, il n'a eu que deux-trois semaines pour se préparer), un Finn Jones dans une condition physique largement insuffisante pour représenter un moine guerrier qui a passé 15 ans à s'entraîner.

Bref : Finn Jones ne convainc pas, et comme toute la série repose en théorie sur ses épaules, ça ne passe pas.

D'autant plus qu'il y a tromperie sur la marchandise : la série passe ses deux premiers tiers à nous répéter et nous expliquer que l'Iron Fist est un super-guerrier invincible, mais le personnage, lui, s'avère un gamin immature, traumatisé et colérique, dont les pouvoirs sont mal définis (et artificiellement limités), dont les capacités martiales (par la faute de l'acteur, mais aussi de la réalisation souvent cache-misère) paraissent médiocres, et sont systématiquement éclipsées par celles d'autres personnages, que ce soit ses adversaires (Lewis Tan impressionne de charisme et de maîtrise lors de son combat façon drunken master.... et il fait regretter que Marvel ne l'ait pas choisi en tant qu'Iron Fist, alors qu'il était l'un des finalistes pour le rôle ; Sacha Dhawan est plus subtil et convaincant que Jones en exilé de K'un-Lun) ou ses partenaires (Jessica Henwick).

Ce qui m'amène aux personnages secondaires de la série, qui sont une réussite.

Une bonne moitié de la saison repose ainsi sur les nombreuses intrigues de bureau de la famille Meachum, malheureusement. Je dis malheureusement, car les trois acteurs impliqués (David Furr, Jessica Stroup et Faramir) se donnent à fond dans leurs rôles respectifs, et portent bien souvent l'essentiel de leurs sous-intrigues (voire de la série) sur leurs épaules.

Dommage cependant que l'écriture de ces intrigues ne leur fasse pas de cadeau et s'avère souvent insuffisante, voire soporifique.

À l'identique, là où Danny Rand finit par être agaçant, immature, impulsif et idiot, Colleen Wing est longtemps tout son contraire, un personnage de femme forte, décidée, charismatique, qui donnerait presque envie de suivre ses aventures en lieu et place de celles de Danny.

Mais là aussi, l'écriture pose problème : la caractérisation de Colleen fluctue soudain à mi-parcours, quitte à être frustrante (elle passe de sensei sérieuse et un peu distante à adolescente fébrile et amoureuse en un claquement de doigts, à mi-saison) voire incohérente (le retournement de veste dans le dernier tiers de la saison, tiré par les cheveux, et qui affaiblit grandement Colleen, en la transformant en victime des mensonges de la Main).

Et puis il y a aussi Claire Temple, une bouffée d'air frais dans la série, avec son approche plus cynique et critique de tout ce que fait Danny : à nouveau, on a presque plus envie de suivre ses aventures en compagnie de Colleen, que celles d'un Iron Fist qui se jette si souvent tête baissée dans les ennuis, et ne s'en sort que grâce à autrui, et pas parce qu'il a quinze ans d'entraînement martial rigoureux.

Bref : combats médiocres, interprète principal insuffisant, musique hors-sujet (de l'électro rétro façon Tron), personnages secondaires plus intéressants que le protagoniste (Madame Gao, toujours impeccable ; Bakuto, nettement moins convaincant et mémorable, honnêtement)... et donc, l'écriture.

Une écriture globalement très très faible, bourrée de grosses ficelles et de facilités, de caractérisations aléatoires, de remplissage inutile (le passage en Chine-tournée-à-Vancouver, totalement creux et sans raison d'être), d'exposition maladroite, de dialogues bancals, et d'un refus constant d'exploiter au mieux le sujet de l'Iron Fist.

À l'image du dernier épisode de la saison, très symptomatique du problème Iron Fist : alors que tout devrait mener vers un duel final épique (après tout, si Harold est montré, pendant toute la saison, en train de s'entraîner aux MMA dans son loft, c'est bien pour préparer l'affrontement final... non ?), on se retrouve devant un affrontement générique dans la pénombre, très peu satisfaisant, et on conclue sur un duel au cours duquel Danny se fait dominer par son adversaire, qui a une arme à feu ou un objet contondant en main, et il ne gagne que grâce à l'intervention d'autrui.

C'est presque comme si la production, tout au long de la saison, avait honte de son personnage principal, et se refusait à en exploiter la mythologie, les talents, les pouvoirs, etc, n'acceptant de les aborder que de biais (le simple fait de priver Danny de l'Iron Fist pendant plusieurs épisodes est assez parlant, à ce titre).

Et je ne parle même pas de la toute fin, qui montre Danny et Colleen dans un Tibet toujours aussi fauché et carton-pâte, vêtus de tenues de randonnée Quechua à 25€... *soupir*

Difficile aussi de se défaire de l'impression d'un changement de direction créative, à plusieurs reprises durant la gestation de la série : certains personnages, intrigues, ou directions semblent avoir été bâclées et/ou sabotés, çà et là, pour évoluer vers quelques chose de moins probant, et de moins maîtrisé.

Ça, ou bien c'est simplement le fait que Scott Buck est un scénariste et showrunner déplorable, incapable de mener sa barque de manière compétente. 

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En somme, alors que les Defenders sont sur le point de se former, on peut se poser la question de l'intérêt de Danny Rand au sein du groupe : de ce que l'on a pu en voir au terme de cette saison, Daredevil est bien meilleur combattant, Luke Cage est plus résistant, Jessica Jones est plus débrouillarde et intelligente (en plus d'avoir une meilleure maîtrise de soi !), et tous les personnages secondaires de toutes les séries Marvel/Netflix ont plus de jugeote et d'intérêt que lui.

À la limite, il lui reste sa fortune...

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Les bilans de Lurdo : Defenders Week-End (1/4) - Daredevil, saison 2 (2016)

Publié le 18 Novembre 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Télévision, Les bilans de Lurdo, Action, Fantastique, Thriller, Marvel, MCU, Netflix, Punisher

Dès lundi, les Téléphages Anonymes entament une semaine Punisher, retraçant chaque jour le parcours cinématographique de ce bon vieux Frank Castle, pour finir par la série Punisher qui lui a été très récemment consacrée par Netflix.

Et sans surprise, comme je suis complétiste dans l'âme, cela signifie qu'en dépit de mes meilleurs instincts (et de mes mauvaises expériences passées), je me sens obligé de conclure le visionnage des séries Marvel/Netflix, entamé avec Daredevil saison 1, et Jessica Jones.

Daredevil, saison 2 :

Alors que le Punisher (Jon Bernthal) massacre des criminels à tour de bras, New York est lentement envahi par les hordes de ninjas de la Main ; bien décidé à percer à jour le mystère de cette secte étrange, et motivé par le retour, dans sa vie, de la belle Elektra (Elodie Yung), Matt Murdock délaisse alors progressivement sa carrière d'avocat, pour rejoindre le combat de Stick (Scott Glenn) et de ses hommes contre les troupes de la Main...

Après avoir terminé la saison 1 de Daredevil, mon impression générale des aventures du Diable de Hell's Kitchen était assez mitigée. Sous la direction de Steven S. DeKnight, la série avait mis en place les grandes lignes de l'univers Marvel/Netflix, que ce soit dans ses qualités - réalisme, action - ou dans ses défauts - rythme, sous-intrigues inutiles, etc.

Ici, en saison 2, on a droit à un changement de showrunners, ce qui amène de légères différences d'approche et de structure. La saison 2 de Daredevil s'articule ainsi sur la mise en parallèle de deux grandes intrigues : d'un côté, l'arrivée du Punisher en ville, ses massacres, son arrestation, son procès et son évasion ; de l'autre, tout ce qui a trait aux ninjas de la Main, à Elektra, à Stick, etc.

Deux grandes lignes directrices qui occupent tous les personnages de la série, pour le meilleur et pour le pire.

Tout ce qui en est rapport avec le Punisher est ainsi très réussi : à ma grande surprise, alors que j'avais d'énormes appréhensions à son sujet après sa prestation désastreuse dans The Walking Dead, Jon Bernthal est excellent en Frank Castle, un Frank brutal, torturé, implacable et touchant à la fois, ayant la présence physique et l'intensité nécessaires pour rendre justice au personnage.

On pourra toujours regretter certains échanges un peu bavards et maladroits, surtout lorsque l'on aborde les thématiques du vigilantisme, ainsi que la résolution capillotractée de la "conspiration" du Blacksmith - que la présence de Frank dans le parc, avec sa famille, ait été le fruit du hasard, ou qu'il ait délibérément été pris pour cible, le résultat est le même : la coïncidence est bien trop grosse et pataude, et affaiblit la nature même du Punisher.

Mais reste que les quatre premiers épisodes de la saison sont clairement les meilleurs (et les plus courts et dynamiques), une sorte de mini-arc narratif complet et convaincant, qui lance cette seconde année de Daredevil dans une direction efficace.

Le procès du Punisher, à l'identique, fonctionne assez bien, tout comme son incarcération (formidable scène de massacre en prison, brute de décoffrage et intense), son face à face avec Fisk, et son retour à la vie civile. À nouveau, seule la résolution bancale de la conspiration déçoit, ainsi que, çà et là, quelques longueurs et improbabilités dans l'enquête de Karen Page - une Karen Page dont la reconversion en journaliste n'est pas forcément crédible, mais qui s'intègre relativement bien à l'intrigue sur le Punisher ; idem pour Foggy, d'ailleurs, dont l'évolution ne pose pas de problème flagrant.

Il n'est pas surprenant, donc, que dès que la série s'éloigne du Punisher pour s'intéresser à la Main, à Elektra, etc, elle perd pied, et commence à devenir farouchement inintéressante.

Alors que les quatre premiers épisodes de la série lançaient celle-ci dans une direction intéressante, dès la fin du quatrième, Elektra arrive, et c'est presque immédiatement que le show quitte ses rails et se perd en chemin.

On a ainsi droit à tous les clichés de l'ex trop dangereux(se), qui, au final, font de cette Elektra un personnage assez proche de ce que pouvait être Faith dans Buffy : un double négatif, une représentation des pulsions animales du héros, et une tentation perpétuelle qui l'incite à céder à ses penchants violents et débridés.

Rien de vraiment intéressant ou original, en soi, et l'interprétation arrogante d'Elodie Yung rend assez rapidement le personnage antipathique, d'autant qu'elle entraîne avec elle Matt Murdock dans sa chute : Murdock se détourne de tout le monde, et devient lui aussi assez antipathique et agaçant.

Pour ne rien arranger, toute l'intrigue de la Main, de Nobu et du Black Sky n'apporte finalement pas grand chose à la saison : trop souvent, le tout se limite à des affrontements sous-éclairés entre Daredevil/Elektra et des ninjas anonymes, sans réel enjeu autre que "il faut survivre à cet affrontement pour pouvoir en savoir plus sur les mystères mystérieux de la Main".

Autant dire que, pour moi qui ne suis pas du tout passionné par tout ce pan de l'univers Marvel, toujours à la limite de la grosse caricature, la fin de saison centrée sur la Main a été assez laborieuse et frustrante, d'autant que cette intrigue n'était, au final, que de la mise en place pour le reste de l'univers - Iron Fist et The Defenders en tête.

En résumé :

- Une moitié Punisher intéressante, une moitié Elektra insipide.

- Des acteurs désormais à l'aise dans leurs rôles respectifs, notamment Charlie Cox, beaucoup plus crédible en Daredevil, grâce à un beau travail de posture (ce qui n'empêche pas Elden Henson et D'Onofrio de toujours avoir les quelques problèmes d'interprétation que j'avais déjà repérés en saison 1).

- Une bonne alchimie du trio de tête (détruite par le caractère et les choix de Murdock, cette saison).

- Un Clancy Brown malheureusement sous-exploité dans un rôle mal écrit (espérons qu'il revienne en flashbacks dans la série Punisher).

- Une écriture inégale.

- Des combats toujours impressionnants et bien chorégraphiés (mais pas toujours lisibles).

- Un rythme global égal à lui-même (c'est trop long, et sur la fin, c'est laborieux).

- Des thématiques (sur l'héroïsme, le vigilantisme, le destin, etc) au traitement parfois maladroit. 

Tout ça donne une saison mitigée, dont l'appréciation dépendra fortement de ce que le spectateur préfère dans le matériau de base.

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Dans l'ensemble, cependant, je suis loin d'avoir détesté cette saison de Daredevil. Elle bénéficie du travail déjà effectué en saison 1, et si elle n'en corrige pas forcément les défauts, et souffre d'une intrigue asiatique sans intérêt intrinsèque - sauf, peut-être, pour les fans du comics et des personnages - elle bénéficie largement d'un très beau travail d'intégration du Punisher à l'univers Marvel/Netflix.

C'est loin d'être parfait, mais par rapport aux autres saisons de Marvel/Netflix vues jusqu'à présent par mes soins, ça me redonnerait presque l'espoir d'un crossover satisfaisant dans les Defenders... malgré la Main et ses ninjas inintéressants.

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Halloween Oktorrorfest 2017 - 80 - Saga Leprechaun - Leprechaun 4 : Destination Cosmos (1997), Leprechaun 5 : La Malédiction (2000) & Leprechaun 6 : Le Retour (2003) + Leprechaun Origins (2014)

Publié le 10 Novembre 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Oktorrorfest, Horreur, Halloween, Fantastique, Comédie, Science-Fiction, WWE

Chez les Téléphages Anonymes, l'Halloween Oktorrorfest - notre marathon de cinéma fantastique et d'horreur - continue jusqu'à la fin de la semaine...

Leprechaun 4 : Destination Cosmos (Leprechaun 4 - In Space) :

Dans un futur lointain, le Leprechaun kidnappe la belle princesse Zarina (Rebekah Carlton), mais est vaincu par des marines de l'espace. Il parvient cependant à s'en sortir, et décide de traquer les soldats (Jessica Collins, Brent Jasmer, Miguel A. Núñez, Jr....) à bord de leur vaisseau spatial, afin de retrouver son or, et la fiancée qu'on lui a reprise...

Une bouse... intergalactique (!)

Un métrage né d'une mauvaise blague de producteur, qui a lancé le film après qu'un employé ait collé le Leprechaun sur une affiche d'Apollo 13, et ça se sent : le script repompe allègrement à droite et à gauche (la saga Alien, notamment, est ici fréquemment parodiée), c'est laid, c'est globalement très médiocrement interprété, c'est bas-de-plafond et assez idiot (on est dans une parodie basique et immature, ni plus ni moins), et c'est surtout ultra-fauché, depuis les vaisseaux spatiaux jusqu'aux décors et aux tenues en passant par les effets en tout genre, les fusillades, etc.

Pire : le Leprechaun est plutôt insipide, dans ce film. Warwick Davis passe beaucoup de temps à monologuer seul, comme s'il avait tourné la moitié du film séparé du reste de la distribution, le personnage ne parle plus en rimes, il ne cherche plus vraiment à retrouver son or (il passe même parfois au second plan, dans le couple qu'il forme avec la bimbo extra-terrestre ), et à part l'utilisation de son shillelagh-sabre laser, il ne fait rien de mémorable, même lorsqu'il est gigantesque.

1.25/6 (parce que Jessica Collins conserve sa dignité)

Leprechaun 5 : La Malédiction (Leprechaun - In the Hood) :

À Compton, en Californie, le Leprechaun est vaincu par Mack Daddy (Ice-T), un maquereau qui utilise alors la flute magique du lutin pour devenir un producteur de musique richissime. Des années plus tard, un trio de jeunes rappeurs magouilleurs (Anthony Montgomery, Rashaan Nall & Red Grant) décide de se venger de Mack Daddy en lui volant la flute et l'or du Leprechaun, ce qui ramène ce dernier à la vie...

Un épisode presque plus parodique que les précédents, à la limite d'une comédie à la Wayans Bros., avec un script pseudo-gangsta, qui part dans tous les sens : Ice-T qui sort une batte de baseball de son afro... le Leprechaun qui découvre la ganja, qui couche avec des transexuels, qui s'improvise MC Leprechaun et ses Golden Hoes... la chanson dans l'église... Coolio... les armes des trois protagonistes quand ils sont dans l'église... "Leprechauns for Dummies"... le pétard au trèfle à quatre feuilles... le travestissement final... 

Bref, on se retrouve devant une comédie souvent non-sensique, pas très bien filmée, montée ou rythmée, et gentiment fauchée, mais qui suit les règles établies par la série, en y rajoutant des idées intéressantes (la flute magique), et finit par être peut-être l'un des plus sympathiques de la série, malgré un récit très décousu qui sent bon les coupes à l'arrache (ou du moins le montage à l'arrache, vu que la chanson du Leprechaun a été placée en toute fin du générique, au lieu d'être à sa place en moitié de film, là où il y a des trous dans la narration...)

Ce n'est pas bon, mais en comparaison du reste, au moins, c'est fun.

3/6 (ne manquait qu'un caméo de Snoop Dogg, franchement)

Leprechaun 6 : Le Retour (Leprechaun - Back 2 tha Hood) :

Un an après sa défaite aux mains du Père Jacob (Willie C. Carpenter), le Leprechaun ressurgit lorsque son or est découvert par la jeune Emily Woodrow (Tangi Miller), Rory (Laz Alonzo) et leurs amis, qui utilisent alors ce trésor pour exaucer tous leurs souhaits...

Ça commence bien, avec un superbe générique animé qui développe les origines du Leprechaun de manière simple mais efficace... et ensuite, c'est un désastre.

Le film se contente de singer les clichés afro-américains déjà utilisés dans l'épisode précédent, mais au format teen movie horrifique lambda, avec des personnages affreusement insipides, du surjeu, et avec nettement moins d'humour, de recul et de second degré parodique.

Enfin, non, il y a toujours de l'humour, mais le reste du film est tellement dans le slasher premier degré que ces brefs moments comiques tombent à plat.

Certes, on a droit à un Leprechaun (de plus en plus laid, d'ailleurs : le maquillage a évolué au fil des films, le Leprechaun semble avoir vieilli, et est nettement moins convaincant et expressif, alors que c'était là l'un des points forts des films précédents) qui utilise un bong, et est ensuite totalement défoncé, au point de se cogner dans des meubles (le slapstick médiocre, ça, on en a)...

Mais le personnage n'a plus le moindre pouvoir, passe son temps à se battre de manière approximative contre ses proies, et à les massacrer physiquement à la manière d'un boogeyman anonyme et bourrin, sans rimes, sans sa fantaisie habituelle et avec un accent de moins en moins présent.

Alors déjà qu'il met une trentaine de minutes avant d'apparaître dans le film...

(et je ne parle même du micro-duel entre le Leprechaun et la voyante de pacotille, risible et hors-sujet, ou des flics qui font du kung-fu contre le Leprechaun)

1.5/6, pour le générique de début.

Leprechaun Origins :

Sophie (Stephanie Bennett), Ben (Andrew Dunbar), Jeni (Melissa Roxburgh) et David (Brendan Fletcher), quatre étudiants américains en vacances en Irlande, passent par une petite bourgade située en lisière d'une mine d'or épuisée, et ils sont alors confrontés à une créature surnaturelle et hostile : un Leprechaun (Dylan (Hornswoggle" Postl), propriétaire de la mine, qui cherche à se venger des villageois...

Un film produit par la WWE, déjà chroniqué en ces lieux lors de l'Oktorrorfest 2014, et supposé relancer la franchise Leprechaun, mais qui en fait préfère faire du gnome moqueur un ersatz de gobelin immonde et difforme, qui traque ses proies avec la sauvagerie d'un vélociraptor, la vision thermique d'un Predator, et n'est jamais bien cadré à l'écran.

Bref, un bon gros étron filmique ultra-dérivatif et sans le moindre intérêt, entre sa distribution transparente au possible, son Irlande ultra-clichée filmée dans un coin de forêt canadienne, son script en carton recyclant la bonne vieille intrigue des "villageois qui sacrifient les étrangers au monstre local", son visuel désaturé, et son quart d'heure de générique de fin inutile.

Si le film n'avait pas été relié à la franchise Leprechaun, je lui aurais peut-être mis un point de plus, mais en l'état :

0.5/6

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Blog Update ! - Décembre 2017 - Christmas Yulefest 2017

Publié le 7 Janvier 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Télévision, Christmas, Noël, Yulefest, Update

Un peu plus de deux semaines se sont écoulées depuis le premier bilan partiel de cette Christmas Yulefest 2017, et c'en est déjà terminé de la nouvelle édition de ce festival annuel de films de Noël. Faisons donc le bilan d'une saison particulièrement mitigée... 

37 - With Love, Christmas 2.25/6

38 - Trois Femmes pour un Destin 2/6

39 - La Plus Belle Étoile de Noël 2.5/6

40 - Le Village du Père Noël 3/6

41 - The Mistletoe Inn 2.25/6

42 - Une Maman pour Noël 2.5/6

43 - Finding Santa 3.5/6

44 - Clarence 1.75/6

45 - Wrapped Up In Christmas 3.75/6

46 - Bad Moms 2 : A Bad Moms Christmas 1.75/6

47 - L'Invité de Noël 2/6

48 - Switched For Christmas 2/6

49 - Le Plus Beau Cadeau de Noël 1.75/6

50 - A Joyous Christmas 2/6

51 - Noël en Péril 3/6

52 - A Very Merry Toy Store 1.5/6

53 - Very Bad Dads 2 2.5/6

54 - Christmas in Evergreen 3.25/6

55 - Le Cadeau de Noël 3/6

56 - 48 Vœux de Noël 3/6

57 - Santa & Cie 3.75/6

58 - Emma and Santa Claus - The Quest for the Elf Queen's Heart 3/6

59 - Casse-Noisette et le Roi des Souris & Le Prince Casse-Noisette 3.5/6

60 - Christmas Solo 2/6

61 - L'Arbre de Noël 3/6

62 - Christmas in Angel Falls 3.5/6

63 - La Promesse de Noël 3.75/6

64 - My Christmas Prince 1/6

65 - Une Nuit très Particulière 3.75/6

66 - Le Noël du Coeur 3.25/6

67 - Un Super Mini-Noël 2.25/6

68 - The Christmas Cottage 2.25/6

69 - Noël à Snow Falls 3.75/6

70 - Christmas Encore 3/6

71 - Animation (1/2) - La Reine des Neiges : Joyeuses Fêtes avec Olaf (2.25/6) & Mariah Carey Présente : Mon Plus Beau Cadeau de Noël (3/6)

72 - Karen Kingsbury's Maggie's Christmas Miracle 2/6

73 - Courts-métrages de Noël Lifetime

74 - Sharing Christmas 1.75/6

75 - Animation (2/2) - L'Étoile de Noël & Hôtel Transylvanie : The Fright Before Creepmas 3/6

76 - Mariage Sous la Neige 2.5/6

77 - Killing Gentleman 3.5/6

78 - Christmas Next Door 2.75/6

79 - A Christmas Story Live ! 2.5/6

80 - On a échangé nos Noëls 2.5/6

81 - Rocky Mountain Christmas 3/6

82 - Un Noël à El Camino 2.75/6

83 - Christmas Getaway 2.25/6

84 - Beauté Cachée 2/6

85 - Snowed-Inn Christmas 4/6

86 - La Course Aux Cadeaux 3/6

87 - Angry Angel 4.25/6

88 - Jour Blanc 2.75/6

89 - Royal New Year's Eve 3.5/6

90 - Les Rois Mages 3/6

Je l'avoue sans problème : cette année, pour des raisons de disponibilité, de santé et aussi tout simplement de préférences personnelles, j'ai délibérément fait l'impasse sur un certain nombre de productions Hallmark/Lifetime/ION et compagnie. Il faut dire qu'après toutes ces années, je commence à avoir un radar bien développé, qui me permet de voir venir les bouses de très loin, en fonction de leur réalisateur, de leur cadre, de leur thème ou de leur distribution.

Et comme en plus, la qualité moyenne des productions festives est en constant déclin, d'année en année, et que Netflix s'est désormais joint à la fête, il a fallu faire des choix.

Je pourrais presque reprendre mon bilan global de l'année dernière, tant peu de choses ont changé :

- Hallmark est toujours à la peine, privilégiant quantité à qualité, et déclinant à l'infini son script de base particulièrement formaté et caucasien.

- Lifetime a tenté de revenir sur le terrain des films de Noël, en achetant des productions indépendantes à droite et à gauche... avec un résultat très inégal et mitigé.

- UpTV & ION continuent de se faire une petite place discrète, avec des comédies parfois plus décalées et décontractées que chez Hallmark, mais qui ne marquent pas particulièrement les esprits pour autant.

- Netflix a créé le buzz avec son Christmas Prince à peine digne de Hallmark, et qui n'avait pour lui que son interprète principale ; ses autres productions de Noël sont, elles, passées un peu plus sous silence, ce qui est dommage...

- Le Canada continue de produire des téléfilms de Noël indépendants : la qualité et le budget ne sont pas encore là, mais petit à petit, à mesure que les standards de production des Hallmark et Lifetime baissent, l'écart diminue...

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Film(s) de la quinzaine :  

Les bonnes surprises ont été limitées, durant cette dernière quinzaine de la Yulefest, et pourtant, il est probable que mes métrages 2017 préférés en soient issus : Snowed-Inn Christmas, de Lifetime, m'a surpris par sa légèreté et sa malice ; Angry Angel, de Freeform, par son impertinence et sa distribution ; Noël à Snow Falls, de Netflix, par les moyens investis dans sa production, et par sa plus grande décontraction ; et dans une moindre mesure, Santa & Cie, de Chabat, et Wrapped Up In Christmas, de Lifetime, pour son mélange ethnique assez rafraîchissant.

Flop(s) de la quinzaine :

Des flops assez faciles à identifier, principalement parce qu'ils sont directement sortis en salle (Bad Moms 2, Beauté Cachée), ou parce que ce sont des bouses évidentes tournées pour pas cher et diffusées sur Lifetime (A Very Merry Toy Store, My Christmas Prince) ou Hallmark (Sharing Christmas).

D'ailleurs, il est assez amusant de constater que la plupart du temps, ces productions télévisées fauchées et ratées sont souvent le fruit des mêmes maisons de production californiennes, mercenaires spécialisés en métrages tournés pour pas cher, et proposés à plusieurs chaînes, parfois même en parallèle.

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Dès demain, la Christmas Yulefest 2017, notre festival de critiques de films de Noël en tout genre, ferme donc ses portes sur le blog des Téléphages Anonymes, et la rubrique Un film... un jour (ou presque) reprend sa place quotidienne, pour rattraper un peu toutes les sorties cinématographiques de ces derniers mois...

Comme toujours, vous pouvez retrouver la liste complète (et mise à jour avec les titres français) des films de Noël déjà passés en revue sur ce blog, en consultant notre Index Christmas Yulefest disponible ici ; et il en va de même pour l'Index de la rubrique Un film... un jour (ou presque), toujours présent ici.

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Un film, un jour (ou presque) - INTÉGRALE MARVEL CINEMATIC UNIVERSE - Tony Stark : bientôt la fin ? (deuxième partie)

Publié le 1 Avril 2018 par Lurdo dans Cinéma, Action, Aventure, Fantastique, Science-Fiction, Marvel, MCU, Comédie, Édito

Avengers : Infinity War, la conclusion de 10 années de films Marvel, arrive chez nous dans moins d'un mois, et maintenant que notre intégrale MCU est achevée, tournons-nous brièvement vers Tony Stark, la pierre angulaire de cet univers, et intéressons-nous à son évolution...

Dans les trois films de la Phase 1 qui l'ont vu apparaître dans le MCU, Tony Stark a connu bien des mésaventures et des bouleversements, qui l'ont drastiquement ramené à la réalité, en lui rappelant sa place dans le monde, et dans l'univers. Tout ceci commence à avoir un impact sur la santé mentale de Tony, et sur son sens des responsabilités...

Iron Man 3 (2013)

Quand débute Iron Man 3, Tony a régressé, et il touche presque le fond. Secoué par son expérience spatiale, et par la réalisation qu'il est désormais insignifiant dans ce nouveau monde qui s'ouvre à lui, Stark est victime de crises de panique, et, comme à l'époque de l'Afghanistan, sa première réaction est de se replier sur lui-même.

À l'époque, il avait construit sa première armure de combat ; cette fois-ci, il en construit une véritable armée, l'Iron Legion, afin de protéger au mieux son entourage, sa ville, son pays, sa planète. Des armures qu'il peut désormais télécommander ou confier à Jarvis, installant ainsi une distance supplémentaire entre lui et toute menace éventuelle, sans toutefois le priver de contrôle.

Mais la dépression de Stark le fait retomber dans ses vieux travers, sa relation avec Pepper se complique, et lorsque Happy est blessé dans une attaque terroriste (une nouvelle preuve, aux yeux de Tony, qu'il est incapable de protéger les siens), l'arrogance et l'impulsivité du génie reprennent le dessus : il menace directement le Mandarin, qui en réponse, détruit prestement la demeure de Tony, son laboratoire, et le laisse pour mort.

Seul, privé de Pepper, privé de soutien, privé de son armure en panne, et perdu à l'autre bout du pays, Stark n'a d'autre choix que de faire le point, et de se reposer sur son ingéniosité et son intuition pour remonter la pente.

Une remontée qui se fait, il est important de le noter, grâce à la compagnie et au regard extérieur d'un jeune garçon inventeur et débrouillard : une figure dans laquelle Tony se reconnaît, et qu'il prend (plus ou moins) sous son aile, le supervisant vaguement tout en le gardant à distance (un peu comme Stark Sr le faisait, de son vivant, avec son fils).

Malgré tous les obstacles se dressant sur son chemin, Stark se prend en main, et prouve que ce n'est pas son armure qui fait de lui un héros : il résout ses problèmes (des problèmes qui, comme toujours, découlent directement des actes passés de Tony et de son caractère impulsif) sans réellement faire appel à son armure (hormis lors du grand affrontement final), et cela déclenche chez lui une certaine prise de conscience : ses armures ne sont pas la réponse miracle qu'il cherche pour protéger la planète et ses proches.

Après son sacrifice new-yorkais et sa victoire contre Killian, Stark comprend qu'il doit chercher ailleurs, et voir plus grand, quitte à repartir de zéro.

C'est ainsi que Tony choisit de détruire tout son stock d'armures : un geste symbolique qui marque son acceptation de son statut de héros, qu'il ait une armure ou non, et le fait qu'il ne se cache désormais plus derrière l'armure d'Iron Man pour assurer la protection de la planète.

Tony Stark est Iron Man, et cette prise de conscience semble indiquer un début de guérison de certaines des failles psychologiques de Tony, qui décide visiblement de réaffirmer le contrôle qu'il a sur sa vie, en soignant tant ses plaies physiques (il se débarrasse de son "coeur") que mentales (à en juger par la séance de "thérapie" de Tony avec Banner, à la fin du film).

Mais, tout comme l'arrogance et le sarcasme permanents de Tony ne sont qu'un masque dissimulant ses fêlures, le fait de faire ainsi table rase du passé n'est, par de nombreux aspects, qu'un geste sans réelle portée, permettant à Tony de récupérer Pepper, et de donner l'impression de passer à autre chose.

Quand viendra Avengers 2, en effet, Stark aura reconstruit son stock d'armures, et aura rebâti l'Iron Legion, sous forme de drones utilisés pour assurer le maintien de la paix à grande échelle.

Pourquoi retomber dans de tels travers ? Une nouvelle fois, à cause de l'usage qu'autrui aura fait de sa technologie...

Captain America - The Winter Soldier (2014)

Si Stark n'est pas à proprement parler dans le film, sa présence se fait drastiquement sentir : dans sa quête d'assurer la protection de la Terre à une échelle plus grande que la sienne, et d'anticiper d'éventuelles menaces, Tony a accepté d'équiper les helicarriers du SHIELD de sa technologie de propulsion révolutionnaire.

Volant désormais à l'aide des répulseurs Stark, les helicarriers du projet Insight sont plus puissants et maniables que jamais...

... mais ils sont aussi aux mains d'Hydra, et sont donc plus dangereux et meurtriers que jamais.

Encore un poids de plus sur la conscience de Tony Stark, qui se trouve à nouveau (indirectement) responsable des actes de ces criminels... et ce, bien que Captain America les ait neutralisés avant qu'il ne soit trop tard.

On peut deviner qu'après un tel détournement de sa technologie à des fins meurtrières, le besoin obsessionnel de contrôle de Stark a ressurgi, plus intense que jamais, et l'a amené à se concentrer sur ses acquis - et sur l'autre personne en laquelle il a le plus confiance au monde : Jarvis - pour tenter d'assurer la paix dans le monde.

Avengers 2 - Age of Ultron (2015)

Arrive alors le second volet des Avengers.

Toujours aussi préoccupé par la sécurité de la planète, et échaudé par l'échec du Projet Insight, Tony Stark a pris la tête des Avengers, et reconstruit son Iron Legion, mais cette fois-ci, il a choisi de minimiser les risques, et de mettre encore plus de distance qu'avant entre lui et ses Légionnaires : plutôt que de concevoir une armée d'armures surpuissantes, il en a fait des drones moins performants, et entièrement confiés au commandement de Jarvis.

Un Jarvis qui, avec Pepper et Happy, est l'une des constantes de la vie de Stark, et ce depuis des années. Logique, par conséquent, que Tony se tourne vers lui pour l'épauler dans la défense de la planète.

D'autant qu'en parallèle, Stark continue de voir plus grand, et travaille sur des projets à l'échelle de la Terre, au nombre desquels le Projet Ultron. Un projet d'Intelligence Artificielle surpuissante, similaire à Jarvis, et capable de défendre la Terre contre toutes sortes d'envahisseurs et d'agresseurs, terrestres et extraterrestres : de quoi supplanter les Avengers, et assurer une paix mondiale à l'humanité.

Un Projet resté dormant, jusqu'à l'entrée en jeu de Wanda Maximoff. Lorsque cette dernière s'introduit dans l'esprit de Tony, elle le rend en effet spectateur impuissant de ses pires terreurs : la fin du monde, la mort des Avengers, l'invasion de la Terre par des forces extraterrestres qui dépassent l'humanité, et la crainte de ne pas en avoir assez fait pour protéger la planète.

De quoi éradiquer tous les progrès (psychologiques) accomplis par Tony, et le remettre sur une pente des plus glissantes : ébranlé, ses failles et son traumatisme rouverts par cette vision, Stark décide de passer outre l'avis des autres Avengers et de mettre en place Ultron, son "armure à l'échelle de la planète".

Et ce qui devait arriver arriva : alors que Tony envisageait Ultron comme une extension de sa personnalité, Ultron devient conscient, et, en bon fils rebelle, se révolte contre son géniteur. Une nouvelle fois, Stark perd le contrôle de ses inventions, et donne naissance à l'un de ses ennemis, un ennemi qui, au passage, lui dérobe son Iron Legion.

Cette fois-ci, cependant, Stark ne tire aucun enseignement de cette leçon, puisque peu de temps après, il décide de réitérer l'expérience, persuadé que ce second essai sera le bon (l'arrogance et l'impulsivité de Stark n'ont jamais vraiment disparu, ni son besoin de réparer seul toutes les situations problématiques en utilisant son génie). Cette fois-ci, sa création, Vision, est une réussite, une fusion d'Ultron et de Jarvis, qui se range aux côtés des Avengers.

Mais la Sokovie est ravagée, les morts sont nombreux, et ils sont tous plus ou moins imputables aux erreurs de Tony Stark : une situation que Stark ne va pas digérer, et qui va le refaire plonger, alors même qu'il semblait remonter la pente quelques mois plus tôt...

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Au cours de la Phase 2 du MCU, Tony Stark a connu des hauts, et des bas.

Après les événements de New York, Stark a sombré, et touché le fond. mais c'était pour mieux rebondir, et entamer - dans un premier temps - une reconstruction tant physique que mentale, alors même que Stark faisait de son mieux pour grandir intérieurement.

Malheureusement, tant le retour d'Hydra que l'incident d'Ultron ont fait replonger Stark dans ses pires travers : il tente à nouveau désespérément de protéger le monde grâce à ses inventions, mais chacune de ses tentatives semble se retourner contre lui, et ajouter toujours un peu plus de poids à sa conscience coupable.

Après Ultron, Tony Stark est fragilisé : les pulsions destructrices d'Ultron, construit "à son image", lui font se demander s'il peut réellement avoir confiance en ses décisions et en son instinct. Et si, quand une nouvelle menace galactique frappera à la porte de la Terre, Tony commettait une nouvelle erreur, aux conséquences toujours plus funestes ?

Comme toujours, cette responsabilité pèse beaucoup trop sur Stark, et le milliardaire aimerait pouvoir s'en débarrasser... mais son égo lui souffle constamment qu'il est le seul à pouvoir trouver une solution.

Tiraillé, Stark va alors prendre du recul, et envisager une solution plus administrative... qui va mener à la Civil War.

(à suivre...)

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Un film, un jour (ou presque) #116 : Avengers 2 - L'Ère d'Ultron (2015)

Publié le 26 Avril 2015 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Action, Aventure, Fantastique, Science-Fiction, Marvel, MCU

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine (tant que j'arriverai à tenir la cadence ^^), et des mini critiques d'une dizaine de lignes, tout au plus.

Avengers 2 - L'Ère d'Ultron (Avengers 2 - Age of Ultron) :

Lorsque Tony Stark (Robert Downey Jr.) et Bruce Banner (Mark Ruffalo) lancent prématurément un programme de défense planétaire globale à l'intelligence artificielle nommé Ultron (James Spader), celui-ci prend vie et devient une menace indépendante décidée à éradiquer la race humaine. Aux Avengers de se réunir et d'empêcher le pire de se produire, avec l'aide inattendue de deux humains aux pouvoirs improbables, Pietro (Aaron Taylor-Johnson) et Wanda Maximoff (Elizabeth Olsen)...

Dans ses interviews promotionnelles pour le film, un Whedon épuisé expliquait que Age of Ultron avait failli le tuer, que le film lui avait un peu échappé, et que c'était un combat de chaque instant, tant contre Marvel que contre ses instincts, et contre le film en lui-même. Un Age of Ultron qui, dans son premier montage, faisait donc 3h30, et a été remonté pour donner, au final, un long-métrage de 2h20.

On a donc perdu plus d'une heure de film... et ça se sent. Car si les 2h20 finales fonctionnent très bien, étant nettement mieux rythmées que le film original, elles sont aussi affreusement brouillonnes et bordéliques, avec des coupes franches & ellipses flagrantes qui sont très dommageables au récit (la vision quest de Thor, Ultron qui se refait une nouvelle peau sortie de nulle part hors-champ après son évasion).

Le film, à vrai dire, correspond presque à la définition d'un film "touche à tout, mais bon à rien". Non pas qu'il soit mauvais, mais il tente de réussir tant de choses à la fois qu'au final, il ne parvient qu'à être acceptable dans toutes les catégories.

C'est ainsi un film qui tente de mettre en place de nouvelles relations entre les membres actuels, de développer les membres existants n'ayant pas droit à leurs films, de créer de nouveaux héros, de lancer des pistes pour le prochain Captain America et pour le prochain Avengers, tout en établissant un nouveau super-méchant, et un autre méchant secondaire pour le film Black Panther.

Le problème étant que toutes ces intrigues se parasitent entre elles, et finissent par affaiblir le tout, Ultron (déjà pas aidé par des dialogues manquant de direction, et par un chara design assez déplorable, avec bouche "à la Optimus Prime", qui casse totalement la plausibilité d'un robot parlant) finissant par n'être qu'un élément de plus, une roue dans la machine Avengers, jamais particulièrement impressionnant ou menaçant.

Après, le métrage reste dans la droite lignée du premier film, avec une combinaison de réussites et d'échecs, tant sur le plan créatif que sur le plan technique.

- l'humour whédonien fonctionne, mais manque parfois de désamorcer des scènes importantes ;

- la réalisation est assez quelconque, avec un abus de plans bancals (en plongée/contre-plongée tordues, en dutch angles, etc) et peu efficaces ;

- le montage est un peu cache-misère durant certains moments d'action (en 2D, certains affrontements se résument à des silhouettes difficilement lisibles qui s'affrontent vaguement en gros plan ; je n'ose imaginer en 3D) ;

- Whedon est toujours très attaché à ses personnages et à l'univers Marvel, jusqu'à l'overdose de références. Néanmoins, les personnages existent, cohabitent, sont crédibles, et les acteurs leur donnent désormais vie avec une certaine aisance et décontraction qui fait plaisir à voir ;

- Le cliché whédonien agaçant de la "mort gratuite d'un personnage secondaire pour réaffirmer la gravité de la situation" est malheureusement présent ;

- les choix esthétiques restent très très aléatoires et/ou discutables : l'uniforme actuel de Cap est excellent (contrairement au pyjama du premier Avengers), la tenue de Thor après le premier affrontement, idem ; Ultron est donc particulièrement moche ; les jumeaux ont des looks assez quelconques ; et la Vision manque étrangement de carrure et de présence (pas aidée par un temps de présence à l'écran somme toute limité) ;

- Les effets numériques sont inégaux : autant le design de Hulk est impeccable et ressemble à Ruffalo, avec une animation très réussie niveau émotions, autant son intégration dans certaines scènes - surtout la scène d'ouverture - est simplement ratée ; d'ailleurs, c'est toute la scène d'ouverture qui est forcée, et pas au point, niveau SFX) ;

- Plutôt que de laisser Brian Tyler faire son truc à la musique, et reprendre allègrement ses thèmes et ceux de Silvestri, on lui a demandé de travailler avec Danny Elfman : le résultat est bâtard, assez homogène stylistiquement, mais jamais passionnant, et se refusant systématiquement à utiliser pleinement les thèmes établis, au profit de quelques notes ici ou là.

- L'écriture globale est donc un peu éparpillée et maladroite, avec par exemple des scènes intimistes et du développement de personnages insérés au forceps dans le récit, et une narration qui peine à véritablement donner du poids réel à Ultron. Peut-être est-ce dû au fait que le script se consacre beaucoup au sauvetage de civils (ce qui est une bonne chose), au point de faire des robots d'Ultron des tas de ferraille facilement destructibles et faciles à battre.

À noter aussi, un étrange paradoxe : en s'efforçant de placer un maximum de caméos des personnages secondaires de l'univers (Falcon, Rhodes, Selvig, Agent Carter, Heimdall...), Whedon ne fait que souligner l'absence bizarre des autres personnages, que ce soit ceux au salaire plus important (Portman, Paltrow) ou ceux dont la présence aurait été abordable et amusante (Kat Dennings aurait pu être là durant la soirée, par exemple, mais je pense surtout à toute la team Coulson d'Agents of Shield, qui n'a définitivement aucune importance dans le MCU).

Bref... c'était sympathique à regarder et spectaculaire, bien que bourré de défauts et un peu en roue libre dans sa narration boursouflée. La note remontra peut-être un peu lorsque je le reverrai, en VO cette fois-ci (et espérons-le avec des scènes en plus)... mais si ça fait comme le premier opus, les défauts du métrage risquent de ressortir encore plus à la seconde vision, donc... on verra bien.

3.5/6

 

Mise à jour du 18/01/2017 :

Après avoir revu le métrage, les défauts de celui-ci sautent encore plus aux yeux (bon nombre ayant déjà été mentionnés plus haut) : début bordélique et laid au possible ; moments gratuits totalement inutiles, et qui coûtent cher en effets spéciaux sans vraiment rentabiliser l'investissement (le début, donc, mais aussi la dernière défense circulaire des Avengers) ; un peu trop d'humour et de one-liners rajoutés en post-synchronisation de manière évidente et maladroite ; un énorme coup de mou lors du passage dans la ferme de Hawkeye ; un Ultron vraiment raté tant dans son animation que dans ses upgrades (tout simplement impossibles à distinguer les unes des autres) et dans son rendu visuel ; la mort risible de Quicksilver ; un Thor qui disparaît de manière maladroite pendant un bout du film ; un Hulk qui fait de même (trop cher à animer ?) pendant le plus gros de la bataille en Sokovie ; l'absence flagrante de la Team Coulson à bord de l'hélicarrier du SHIELD...

Bref, beaucoup de points faibles qui sont surlignés par un revisionnage tardif. Et paradoxalement, deux gros points forts, directement hérités de Joss Whedon : l'alchimie de toute l'équipe, qui fonctionne très bien du début à la fin, notamment dans les combats en équipe (Thor/Cap, notamment) ; et la relation Romanov/Banner, touchante, et aidée par des effets numériques impeccables lorsque cela compte vraiment.

Mais au final, les volets Avengers du MCU signés Whedon sont vraiment décevants, en regard de leur potentiel. Espérons que les frères Russo sauront corriger ces erreurs pour le grand final de 2018/2019.

3/6

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Les bilans de Lurdo : SEMAINE AVENTURE - Conan, saison 1 - deuxième partie (1997)

Publié le 2 Août 2020 par Lurdo dans Action, Aventure, Comédie, Critiques éclair, Fantastique, Histoire, Les bilans de Lurdo, Review, Romance, Télévision, USA, Allemagne, Mexique

Pendant une semaine, place à l'héroïsme, à la fantasy, aux mythes et à l'aventure sur le blog des Téléphages Anonymes... ​​

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Suite de la première saison de cette série internationale en 22 x 45 minutes adaptant de façon assez libre les aventures de Conan le barbare, après un premier tiers de saison très chaotique, et à l'intérêt plus que discutable...

Conan, saison 1 (Conan The Adventurer, season 1 - 1997) - deuxième partie :

Armé de son épée atlantéenne et épaulé par ses amis Otli (Danny Woodburn), Bayu (T.J. Storm) et Zzeban (Robert McRay), Conan continue d'arpenter le royaume à la recherche du maléfique Hissah Zuhl (Jeremy Kemp)...

1x09 - The Curse of Afka : Lorsqu'ils rencontrent Katrina (Lydie Denier), une belle danseuse gitane, Conan et ses compères sont dépouillés de leur argent, mais rapidement, ils se trouvent mêlés aux manigances du sorcier Zingara (Scott Ripley) et du Prince Shadizar (Anthony De Longis), rivaux à la recherche d'un artefact maudit...

Une grosse escort quest de 45 minutes, avec des gitans menteurs, une Lydie Denier habituée des séries de la maison de production à l'origine de Conan (et à l'accent assez calamiteux), une roulotte à double fond, un Otli amoureux, un Sorcier maniéré, un Prince interprété par la doublure fouet de Harrison Ford (et le Blade des Maîtres de l'Univers), et une visite de Karella, toujours dans les bons coups.

Pas forcément désagréable, ni mémorable, mais la nonchalance de Conan est assez amusante, dans l'ensemble, et le groupe conserve une bonne alchimie, y compris avec Karella.

1x10 - Impostor : Le sorcier Evad (Joseph Rye), aux ordres de Zhul, crée un double maléfique de Conan qui sème le chaos sur son passage et dans le pays... jusqu'à ce que le véritable Conan soit mis au courant de la situation, et décide de réparer sa réputation. Mais Evad a d'autres plans, et prévoie de trahir son maître...

Un épisode gentiment je-m'en-foutiste, avec une pseudo-intrigue du doppelgänger maléfique qui est évacuée en 15-20 minutes, pour laisser toujours plus de place à Dave Evad le sorcier efféminé (comme la plupart des sorciers de cette série !) et à sa compagne/apprentie/souffre-douleur, Ega (Renee Graham), une écervelée un peu idiote et pas très bonne actrice, avec laquelle il passe son temps à se disputer, comme un Luthor avec Miss Tessmacher (mais en plus débiles).

Ajoutez à cela un Zhul qui improvise des incantations en babillant comme s'il était un nourrisson, un golem métallique qui tire des lasers (et fait très Power Rangers), et un Bayu qui, jusqu'à présent, se battait comme une panthère (avec bruitages félins dignes de Manimal à la clef), mais qui désormais, décide de se battre comme un singe, sans raison... et voilà, un épisode étrangement décomplexé et fait de bric et de broc.

1x11 - Amazon Woman : Conan et compagnie croisent le chemin d'Aura (Jacqueline Collen), une amazone protégeant un bébé, et tentant de protéger le fils de Prada (Brian Cousins). Mais Zorga (Brian Cousins), le frère jumeau de Prada, est prêt à tout pour le tuer, sur les ordres de Zhul...

Pas terrible, cet épisode. Ça commence comme une variation sur Conan and the Amazon, une nouvelle publiée un an ou deux avant l'épisode, et mettant en scène une amazone et des jumeaux, ça continue comme une variation sur le Prince et le Pauvre, et ça se finir en relecture de la mort de Valeria, avec Conan qui pleure sa belle au pied d'un bûcher funéraire.

C'est décousu, l'amazone n'est pas très convaincante (en plus d'être clairement doublée par un homme lorsqu'elle se bat, après s'être transformée dans une armure intégrale cachant son visage), sa relation avec Conan est quelconque, les guests ne sont pas non plus très probants... bof, en somme.

1x12 - Homecoming : Bayu, Otli et Zzeban arrivent dans le village natal de Bayu, où ce dernier reçoit un accueil des plus hostiles : il y retrouve Surette (Mari Morrow), son ancienne petite-amie, désormais en couple avec Drakk (Michael Worth), son rival de toujours, et qui élève Keeta (Kiami Davael), une fillette ressemblant étrangement à Bayu. Et pour ne rien arranger, Lukar (Fawn Reed), la sœur de Bayu, a accepté d'épouser le maléfique Lord Senn (David Amos), pour que ce dernier épargne le village...

Un autre épisode "économie de budget", avec un Conan absent de 95 % de l'épisode (et qui débite ses dialogues sans grande conviction), et un récit centré sur Bayu, sa famille, etc. Et étrangement, ça fonctionne à peu près sur tous les plans, permettant de donner un peu d'épaisseur à un personnage jusque là limité à ses arts martiaux et à son mauvais caractère. On regrettera seulement que la tragédie finale soit un peu redondante avec celle éprouvée par Conan dans l'épisode précédent.

1x13 - The Taming : Redevable du Roi Orad, qui lui a autrefois sauvé la vie, Conan et ses amis secourent sa fille, la Princesse Hana (Julie St. Claire), capturée par un sorcier. Seul problème : non seulement la princesse est une mijaurée insupportable, promise au musculeux Prince Tamul (Xavier Declie), mais en plus, elle est la cible de Lizor (Patrick Lambke), meneur d'un bataillon d'hommes-serpents implacables...

Un épisode plutôt léger et amusant, principalement centré sur les réactions de la bande face à la princesse mégère (ce n'est pas sans raison que le titre anglais renvoie directement à la Mégère apprivoisée de Shakespeare), et sur les combats entre la troupe de Conan et des hommes-serpents.

Le premier point, s'il est rapidement répétitif, fonctionne à peu près, malgré un Conan semi-absent, et un Xavier Declie à l'accent français à couper au couteau. Le second point, lui, est plus inégal, principalement parce que les hommes-serpents sont assez risibles (des cascadeurs encapuchonnés avec un masque de lézard acheté dans un magasin de déguisement), mais aussi parce que Conan, soudain, se prend pour Musclor, brandissant son épée vers le ciel et demandant la toute-puissance de Crom, dans un déluge d'éclairs.

M'enfin dans l'ensemble, ça restait assez distrayant (et il y a un véritable effort de chorégraphie des combats de la part de Robert McRay, ça fait plaisir).

1x14 - Red Sonja : Lorsqu'ils tentent d'aider une caravane en difficulté, Conan et ses amis ignorent qu'elle est envoyée par le vieux Roi Vog (Robert Culp), désireux d'obtenir la vie éternelle grâce aux pouvoirs du jeune sorcier Lutai (Billy Parrish), transporté en captivité. Rapidement, ils croisent alors le chemin de Sonja la rousse (Angelica Bridges), guerrière implacable voulant libérer Lutai, et persuadée que Conan et ses compères ne lui seront d'aucune aide...

Un épisode mollasson et pas très intéressant, avec une Red Sonja bimbo pas très bien interprétée (et à l'origine réinventée), une Baru (Kiki Shepard) qui ne sert à rien en sbire des méchants, un Robert Culp à la fausse barbe risible, et beaucoup de sous-péripéties quelconques.

Tout au plus retiendrai-je le caméo d'Amy Buchwald (l'épouse de Danny Woodburn IRL) en guerrière sauvage qui s'éprend d'Otli pendant quelques scènes. Dommage qu'elle ait été aussi vite évacuée, cela aurait été amusant de la voir apparaître de manière récurrente dans d'autres épisodes.

1x15 - Shadows of Death : Poursuivie par le général Morgot (Jose Escondon), sbire de Zhul, Karella est secourue par Conan et ses amis, qui, désormais traqués par les troupes de Sergeas (Kevin P. Stillwell), sont alors contraints de se réfugier sur l'île voisine de Vilayet, surnommée l'Île des Ombres.

Un épisode adaptant librement la nouvelle Shadows of the Moonlight de Robert Howard, en en conservant les grandes lignes (la malédiction, les statues, les rêves, etc), en se débarrassant des points les plus problématiques à adapter sans argent (à savoir le singe géant, remplacé par l'esprit d'un bodybuilder vengeur qui se téléporte comme dans Star Trek), et en rajoutant une bonne dose de torture des compères de Conan aux mains de Sergeas.

Pas désagréable à suivre, principalement parce que le tout a un peu de structure, et que la relation Karella/Conan est toujours sympathique, mais les ajouts scénaristiques sont régulièrement un peu maladroits, à l'image des cinq dernières minutes de l'épisode, interminables de remplissage.

1x16 - The Child : Ayant à peine échappé à de dangereux cannibales, Conan et sa troupe tombent sur une caravane en flammes, attaquée par des inconnus, et ils y trouvent Mirimane (Mickey Cottrell), une femme mortellement blessée, mais en plein labeur. Car l'enfant qui va naître est le futur Messie d'un Dieu unique à venir, et Hissah Zuhl a ordonné à ses troupes, menées par Sinjin (Deron McBee), de le tuer dès que possible...

Un épisode assez étrange, qui mélange beaucoup de comédie façon Quatre hommes et un couffin à une approche étrangement judéo-chrétienne de la religion, avec ce futur Messie, ce Dieu unique appelé à remplacer Crom et tous les autres Dieux), et Hissah Zuhl qui tente de le tuer dès sa naissance (d'ailleurs, je m'étais fait la remarque plus tôt dans la saison, mais c'est désormais une évidence : Zuhl est monté sur roulettes, et se déplace en glissant dans toutes ses scènes, comme sur un Segway, ce qui est assez involontairement amusant, je dois dire...).

Ajoutez à cela un certain nombre de scènes clairement filmées sur fond vert (probablement pour éviter d'exposer le bébé aux éléments du "désert") et des scènes d'action encore moins convaincantes que d'habitude (Deron McBee donne des coups qui passent systématiquement à trente centimètres de leur cible), et voilà, un épisode bizarre qui conclue de manière bancale ce deuxième tiers de saison.

Suite et fin de la saison, dimanche prochain...

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Les bilans de Lurdo : Perdus dans l'Espace, saison 2 - deuxième partie (2020)

Publié le 23 Mai 2020 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Télévision, Drame, Science-Fiction, Les bilans de Lurdo, Aventure, Jeunesse, Netflix, Lost In Space

Après un premier épisode assez mauvais, tout droit issu de la plume des showrunners, la deuxième saison de Lost in Space a plus ou moins réussi à se reprendre dans sa première moitié, pour finir par être relativement intéressante - ou du moins, par être plus ou moins regardable, en fonction des scénaristes à l'œuvre sur chaque épisode. Reste à voir comme tout cela va se conclure...

Lost in Space, saison 2 - deuxième partie (2020) :

2x06 - Severed : Contaminés, le Resolute et la colonie sont placés en quarantaine, le temps de trouver une solution à cette bactérie hautement corrosive : Penny, Smith, Vijay et un civil se retrouvent bloqués dans une section condamnée du Resolute, sur le point d'être amputée. Maureen, Will et Ben Adler, eux, explorent la planète à dos de cheval, pour tenter de retrouver le Robot...

Un épisode un peu précipité, notamment sur le plan des Robots, où les péripéties se multiplient sans une seconde de répit (Will découvre la grotte, le Robot, tente d'interpréter les symboles, comprend que le robot est méchant, le robot est éliminé, Will repart explorer, retrouve le vrai Robot, tout ça en quelques minutes à peine, puisque le gros de l'épisode est consacré au Resolute), mais dans l'ensemble, c'est plutôt agréable à suivre, notamment à bord du vaisseau.

L'écriture sait en effet ménager ses effets, et éviter de prendre les chemins les plus évidents : le red shirt qui survit, Smith qui change un peu au contact de Penny... Tout ça évite de tomber dans de gros clichés trop prévisibles, et se montre même ponctuellement assez subtil, notamment dans l'écriture des personnages.

2x07 - Evolution : Alors que tout l'équipage du Resolute cherche une solution pour décontaminer les réserves d'eau, et permettre aux colons de tous monter à bord, les autorités découvrent que des vaisseaux extraterrestres ont mis le cap sur les humains. Hastings décide alors d'abandonner les colons encore sur la planète, mais les Robinson s'opposent à lui...

Des épisodes de plus en plus courts (38 minutes), et une saison qui se cristallise de plus en plus autour des manigances du méchant Hastings, prêt à sacrifier une partie des colons pour sauver le reste et rentrer chez lui. Alors ça reste toujours un peu précipité, mais la dynamique globale du tout rend le récit assez intéressant, notamment au niveau des Robinson qui se mutinent et complotent contre les autorités de bord.

Les manigances de John et de Smith, en particulier, sont plutôt amusantes à suivre, et le développement du Robot (qui s'attache aux chevaux) est bien amené : en comparaison du début de saison, c'est le jour et la nuit, et ça rend le tout nettement plus agréable à suivre.

2x08 - Unknown : Maureen et ses alliées prennent le commandement du Resolute, et emmènent ce dernier au cœur d'une géante gazeuse toute proche, pour reconstituer les stocks d'ammonium, et sauver ainsi les derniers colons en éliminant la bactérie. Mais ses erreurs passées la rattrapent lorsque Hastings sabote l'opération. Don, lui, est victime de ce sabotage, et Maureen n'a d'autre choix que de monter seule une opération de secours...

Encore un épisode relativement court, mais bourré de moments spectaculaires, avec une grosse partie du budget effets spéciaux consacrée à la mutinerie (même si le côté girl power est un peu forcé, Maureen est impressionnante), une Smith qui tente de changer (en vain), un Robot qui effectue des réparations en pleine plongée dans la géante gazeuse, puis se révolte en découvrant l'état de Scarecrow, un sauvetage épique effectué par Maureen, et un méchant très méchant : ça fonctionne bien, tout ça.

2x09 - Shell Game : Alors que les parents Robinson sont à bord de navettes de maintenance, au beau milieu des turbulences de la géante gazeuse, Hastings tente de les faire disparaître. À bord, les enfants font tout leur possible pour aider le Robot à secourir Scarecrow, alors même que tout l'équipage est après eux...

On continue dans la droite lignée des épisodes précécents : c'est spectaculaire, visuellement réussi (les Robinson qui découvrent une forme de vie inconnue dans la géante gazeuse, c'était très joli), ça parvient à surprendre avec des rebondissements, de la trahison, du suspense, et même si ce n'est pas parfait - Hastings est un méchant parfois un peu trop caricatural, et certains rebondissements sont prévisibles - ça continue d'être très agréable à suivre.

2x10 - Ninety-Seven : Ben Adler et Will emmènent Scarecrow dans la faille extraterrestre pour qu'il s'y régénère ; à bord du Resolute, les Robinson reprennent le contrôle, mais réalisent bien vite qu'une armée de robots tueurs est à leurs trousses...

Et qui dit retour des showrunners à l'écriture dit aussi retour des grosses ficelles d'écriture, des raccourcis approximatifs, et de cette impression constante qu'il manque des scènes entières d'explication entre les différentes parties de l'épisode.

Le sacrifice d'Adler et la régénération de Scarecrow ? Cinq minutes en pré-générique, sans autre explication. Hastings ? Évacué de l'épisode en une scène de dix secondes. Les décisions dramatiques prises par les uns et les autres ? Débattues de manière larmoyante pendant une scène, et aussitôt acceptées par tout le monde. La tentative de négociation avec les robots ? Expédiée. Le plan de Maureen visant à figer les robots ? Visuellement réussi, mais mis en place en quelques minutes. La conclusion de la saison ? Encore un cliffhanger "choc" comme les scénaristes les adorent...

Bref, pas le temps de s'ennuyer, et l'interprétation est très solide, comme toujours, mais c'est bien dommage que l'épisode ne soit pas mieux écrit.

Bilan saisonnier :

Une nouvelle année qui a vu une sérieuse montée en gamme des effets numériques, souvent spectaculaires et réussis, ainsi qu'une amélioration globale de l'écriture - sauf lorsque les showrunners s'en mêlent. Et c'est assez regrettable, je dois dire, d'autant que ça souligne bien l'un des soucis des productions Netflix, qui confie souvent ses séries à des showrunners inexpérimentés, souvent des scénaristes pas très éprouvés, ayant pour seule qualification un peu d'expérience à l'écriture d'un ou deux épisodes d'un autre show.

On me rétorquera que c'est un processus qui n'est pas si différent des habitudes des grands networks, mais il y a une différence de taille : contrairement aux networks, souvent très (trop) présents, le contrôle qualité de Netflix est généralement inexistant. L'important, pour Netflix, c'est le nombre et la variété des programmes proposés, pas leur qualité technique : ce qui se ressent directement lorsque l'on regarde de nombreuses séries de la plate-forme, au budget et à la direction artistique conséquents, mais à l'écriture balbutiante et défaillante.

Bref. Je m'égare. Je suis le premier à m'en étonner, mais j'ai préféré cette seconde saison de Lost In Space à la première. Et ce en dépit de ses quelques errances d'écriture. La distribution est toujours compétente et attachante, les effets spéciaux sont de qualité, c'est rythmé, et effectivement, c'est une série familiale tout à fait honorable, qui met en avant le travail d'équipe, l'intellect, la réflexion et l'empathie.

Par conséquent, ça se regarde, pour peu qu'on ne soit pas trop gêné par les quelques épisodes signés de la plume des showrunners...

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Les bilans de Lurdo : Jessica Jones, saison 3 (2019)

Publié le 8 Septembre 2019 par Lurdo dans Action, Critiques éclair, Drame, Les bilans de Lurdo, Thriller, Marvel, Netflix, Science-Fiction, Télévision, Review

Parce que je suis un complétiste, et que cette troisième saison de Jessica Jones est aussi la dernière du cycle Marvel/Netflix, je ne pouvais décemment pas faire l'impasse dessus, malgré mon indifférence croissante envers ce personnage, cette série, et ses partis-pris créatifs et narratifs...

Jessica Jones, saison 3 (2019) :

Alors qu'elle se rapproche d'Erik (Benjamin Walker), un empathe capable de percevoir le mal chez autrui, Jessica Jones (Krysten Ritter) est confrontée aux agissements de Salinger (Jeremy Bobb), un tueur en série qui semble toujours avoir plusieurs coups d'avance sur elle, et qui lui en veut personnellement...

Et honnêtement, sans grande surprise, j'ai vraiment eu l'envie de jeter l'éponge après trois épisodes. C'est triste à dire, mais les sous-intrigues envahissantes centrées sur les personnages secondaires, la narration pseudo-noir de Ritter, sa moue constante, les grosses ficelles de l'écriture, etc, tout ça n'est pas passé loin de me faire abandonner la saison à peine commencée.

Je ne m'en suis jamais caché : alors que certains se sont immédiatement rangés dans le camp des appréciateurs de la saison sur la simple base de la sexualité de Hogarth (ou de la présence d'une actrice trans dans le rôle de la secrétaire (inutile) de Jessica), je n'ai jamais réussi à m'intéresser au personnage de Carrie Ann Moss qui, comme souvent chez Netflix, donne l'impression d'être un bouche-trou né de l'incapacité des scénaristes à faire de leur protagoniste principal la star du show.

Il en va de même avec les autres séries Marvel/Netflix : les scénaristes développent outre mesure les personnages secondaires, et on se retrouve avec une série qui leur est souvent consacrée à plus de 50%, avec des intrigues souvent insipides et peu inspirées.

Ici, c'est Hogarth qui tente de renouer avec une ex, ce qui cause le suicide du mari de celle-ci, et place Hogarth dans la tourmente, l'entraînant dans une spirale infernale. Ce qui aurait pu fonctionner si Hogarth était un personnage intéressant, et pas une caricature d'avocate aux dents longues prête à trahir père et mère pour parvenir à ses fins. Et qu'on ne me parle pas de sa maladie, tentative bancale et évidente d'humaniser un personnage assez détestable.

Là, c'est Erik, l'empathe maître-chanteur dont s'entiche Jessica, et qui finalement n'est rien d'autre qu'un personnage-fonction, qui disparaît d'une partie de la saison quand les scénaristes ne savent quoi en faire.

On a aussi Malcolm, tourmenté par sa masculinité, par l'éthique de son nouveau poste chez Hogarth, un Malcolm qui a des problèmes sentimentaux avec une collègue et couche avec une prostituée. Super.

Et puis Trish qui, après une saison 2 insupportable, est devenue une héroïne aux super-pouvoirs assez peu probants (en gros, elle fait du parkour, et elle voit la nuit ^^), et passe son temps à faire la morale à Jessica, affichant un sens de la justice et du vigilantisme désinhibé (ce qui la rend toujours aussi antipathique). Une Trish qui a droit à deux épisodes entiers lui étant consacrés, des épisodes pas forcément pertinents revisitant les événements des épisodes précédents de son point de vue (et qui, en prime, continuent dans une direction d'anti-fan-service méprisant et à la caractérisation hors-sujet - la scène des changements de costume).

Sans oublier Jessica. Toujours morose, toujours en train de ronchonner, toujours en train d'affirmer bien fort qu'elle "travaille seule", qu'elle "n'a besoin de personne", qu'elle "ne compte que sur elle-même" (quelle écriture pitoyable...), et dont les enquêtes, une fois plus, sont une jolie série de coïncidences, qui la placent sur le chemin d'Erik, le love interest de la saison, et de Salinger/Foolkiller, un tueur en série.

Et là, problème : Salinger, l'antagoniste principal de la saison (ou presque), est un désastre. Cliché ambulant du tueur en série intellectuel qui se croit au-dessus de la plèbe, il est écrit avec les pieds, et cette écriture ampoulée, pédante et arrogante, donne lieu à une interprétation à l'identique. J'ai tout simplement détesté le personnage, dénué de tout charisme, et cela a beaucoup joué dans mon appréciation négative de la saison.

Sans antagoniste digne de ce nom, avec une protagoniste à l'évolution minime (oui, elle commence à accepter l'idée d'héroïsme, mais ça s'arrête là), des personnages secondaires envahissants, et une narration comme toujours décompressée par le format Netflix, la saison est ainsi très laborieuse, surtout dans sa première moitié.

À mi-parcours, cependant, la saison commence enfin à se cristalliser, une fois Salinger arrêté : Hogarth est prête à tout pour éviter de couler, et accepte de le défendre, tandis que les actes de Salinger radicalisent Trish, qui devient encore plus extrémiste dans sa vision de la justice, et redevient un antagoniste, tel qu'on pouvait le deviner en fin de saison 2.

Enfin, après plus de six épisodes, les différentes sous-intrigues commencent à se rejoindre et à être pertinentes / à ressembler à autre chose qu'à du simple remplissage pour un format Netflix à bout de souffle. Les thématiques de la saison - le vigilantisme, les traumatismes du passé qu'il faut vaincre afin d'avancer, les différentes manières de se faire justice, etc - émergent enfin de manière claire, et la série avance... mais elle le fait de manière toujours bancale et laborieuse.

Il faut dire que toutes ces interrogations sur la légitimité de la justice personnelle, sur la nature des justiciers privés, etc, et sur le passage de Trish du côté obscur, arrivent bien trop tard dans le cycle Netflix/Marvel pour être encore pertinentes et originales.

Toutes les autres séries (y compris Luke Cage, qui vient faire coucou dans le series finale, et joue - de manière totalement inappropriée - le rôle de conscience morale pour JJ) sont déjà passées par là, ont épuisé le sujet, et le conflit entre Jessica et sa soeur est d'autant moins pertinent que l'univers Netflix/Marvel est bourré de vigilantes n'hésitant pas à tuer.

Franchement, tout le mélodrame final de la saison aurait pu être évité en passant un coup de téléphone à Frank Castle.

Et d'ailleurs, c'est un peu le problème récurrent de la saison : les personnages deviennent tous stupides et incompétents lorsque cela arrange les scénaristes, les solutions évidentes sont ignorées au profit des rebondissements forcés, et certaines péripéties sont tout simplement oubliées en cours de route (toute la mise en place de la saison, du coup de poignard à l'ablation de la rate de Jessica, n'a aucune incidence sur la fin de saison, et est même paradoxale compte tenu de la description de Salinger comme un tueur méthodique, implacable et ultra-intelligent).

Bref, entre des personnages au capital-sympathie insuffisant, des sous-intrigues inintéressantes, un antagoniste en carton, des pouvoirs inutilisés, une continuité bancale, un manque de rigueur dans l'écriture, et une obstination à débattre du concept éventé de justice, la saison 3 de Jessica Jones s'avère redondante et finalement tout aussi peu mémorable que la précédente.

Une fin de saison et de série à l'image de tout le cycle Marvel/Netflix, en fait : à trop se prendre au sérieux, à trop vouloir être différent et présenter un produit mature, adulte, sombre et profond, les séries Marvel/Netflix se sont tiré une balle dans le pied, et ont fait le reste du parcours en boitant et en tirant derrière elle le boulet d'un format rigide et boursouflé de 13 épisodes.

Pas aidées par des directions créatives à géométrie variable, ces séries ne laisseront donc pas grand souvenir, et l'on ne pourra qu'attendre un éventuel reboot des personnages sous l'égide des Marvel Studios...

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