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LES TÉLÉPHAGES ANONYMES

Il était une fois Lurdo & Sygbab, deux internautes passionnés de séries tv et de cinéma, et qui cherchaient un endroit où archiver leurs avis (semi) éclairés...

Résultat pour "good place"

SEMAINE SÉRIES - Les bilans de Lurdo : Marvel's Hit-Monkey, saison 1 (2021)

Publié le 28 Février 2022 par Lurdo dans Action, Animation, Aventure, Comédie, Critiques éclair, Disney, Fantastique, Drame, Les bilans de Lurdo, Marvel, Review, Thriller, Télévision, USA, Hulu

Un peu à l'instar de MODOK, voici une nouvelle production Marvel Animation mise en chantier bien avant la fusion Fox/Disney, et qui, suite à la fermeture des studios Marvel TV, a été ensuite conservée par le studio de Mickey pour une diffusion sur Hulu.

Au programme, 10 épisodes d'une vingtaine de minutes, chapeautés par les réalisateurs de Blades of Glory et de Joyeux Bordel !, pour une histoire improbable de singe tueur à gages accompagné d'un fantôme très bavard...

Marvel's Hit-Monkey (2021) :

Parce que son clan a été massacré par des assassins traquant Bryce Fowler (Jason Sudeikis), un tueur à gages blessé caché au milieu des montagnes enneigées du Japon, Hit-Monkey (Fred Tatasciore), un macaque en colère, décide de se venger des yakuzas responsables de cet acte et, accompagné par le fantôme sarcastique de Fowler, qui lui fait découvrir le monde des humains, il part pour Tokyo, alors en pleine élection du nouveau Premier Ministre japonais, afin de nettoyer les rues de la ville de la pègre qui l'envahit...

N'étant pas très fans de tout ce qui est ambiance japonaise et histoires de yakuza et de pègre asiatique, j'avoue avoir entamé cette série d'animation avec une certaine méfiance, d'autant plus que j'ignorais tout de l'histoire et des personnages.

Et puis, finalement, malgré une animation parfois inégale (certains épisodes semblent un peu sommaires, d'autres sont nettement plus expérimentaux), certains personnages inutiles (du côté de la police, notamment) et un aspect finalement assez dérivatif (Kill Bill est passé par là, dans le genre hommage et références à tout cet univers), j'ai fini par me laisser séduire par cette histoire improbable de macaque tueur à gages réticent et tourmenté, accompagné d'un fantôme humain à la langue bien pendue (Archer n'est pas loin, et si la série avait été adaptée en prises de vue réelles, nul doute que Ryan Reynolds aurait eu le rôle), et qui évolue dans un Tokyo peuplé d'esprits (Yuki, le fantôme protecteur de la ville), de super-méchants (Lady Bullseye, le Silver Samuraï) et de caïds déglingués aux capacités surhumaines (Ogun, par exemple).

Une histoire qui, bizarrement, n'oublie pas de se montrer plus sensible et émouvante entre deux gerbes de sang, des scènes d'action très violentes et un humour qui fonctionne : Monkey ne se sent pas à sa place chez les humains ou chez les singes, sa relation avec Bryce devient de plus en plus compliquée, il s'éprend vaguement de la nièce du candidat aux élections, et lorsqu'il tente de renouer avec son espèce en partant dans les montagnes, il n'amène avec lui que violence et désolation.

D'ailleurs, c'est peut-être là mon seul vrai bémol en ce qui concerne cet aspect de la série : l'épisode 08, plus "émotionnel", se consacre donc au retour de Monkey chez les singes, mis en parallèle de l'origin story de Bryce, avec son enfance difficile, etc. Et ces deux sous-intrigues m'ont semblé un peu trop faciles et convenues, une manière simpliste d'expliquer les traumatismes des deux personnages - après, peut-être était-ce déjà comme ça dans les comic-books, mais bon...

(et puis il faut reconnaître que la série ne brille pas forcément par son originalité, donc ces clichés sont finalement assez logiques, je suppose)

Le reste de la série s'articule autour des différents "caïds" de la pègre, dont Monkey et Bryce remontent les échelons un par un, passant par des environnements assez variés : pas le temps de s'ennuyer, tout est plutôt bien géré, c'est dynamique et bien doublé, bref, ça marche plutôt bien, même si par moments, l'illustration musicale un peu hipster cool rétro-60s (chansons en français, etc) se marie mal avec le reste du programme.

Ça mérite un coup d'œil, donc, si on aime le genre, en regrettant tout de même que la porte ouverte sur une saison 2 ne débouchera probablement sur rien.

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Les bilans de Lurdo : The Boys presents - Diabolical, saison 1 (2022)

Publié le 10 Avril 2022 par Lurdo dans Action, Animation, Anthologie, Comédie, Critiques éclair, Fantastique, Les bilans de Lurdo, Review, Science Fiction, Science-Fiction, Télévision, USA, Amazon, Boys

Anthologie animée en 8 épisodes de 11 minutes, The Boys presents : Diabolical se propose de raconter de petites histoires prenant place dans l'univers des Boys, la série d'Amazon... ou presque, puisqu'on est plus là dans une série de courts-métrages inspirés de l'univers de The Boys, sans forcément appartenir à la même continuité.

The Boys presents - Diabolical, saison 1 (2022) :

- 1x01 - "Laser Baby's Day Out" : un employé de Vought tente de sauver un bébé doté de pouvoirs incontrôlables...

Plutôt sympathique, ce court muet écrit par Evan Goldberg et Seth Rogen, et animé dans le style des vieux cartoons façon Warner et compagnie. C'est ultra-gore et violent, mais le contraste fonctionne bien avec le style innocent, et le slapstick inhérent au genre.

- 1x02 - "An Animated Short Where Pissed-Off Supes Kill Their Parents" : un groupe de supers aux pouvoirs lamentables décide de se venger de Vought et de leurs parents en tuant ces derniers...

Parodie de Red Band Society par Justin Roiland, on retrouve ici le style et le ton des œuvres de ce dernier, comme Rick et Morty, ainsi qu'un paquet de noms familiers au doublage (Roiland, Kevin Smith, Kenan Thompson, Gary Anthony Williams, Christian Slater, Ben Schwartz, etc), pour un résultat amusant et bourrin, sans plus.

- 1x03 - "I'm Your Pusher" : Butcher s'introduit chez OD, dealer de drogues des plus grands superhéros...

Un épisode dans le style et la continuité des comic-books d'origine, écrit par Garth Ennis himself, avec là encore un casting vocal mémorable (Kieran Culkin, Dominique McElligott, Kevin Michael Richardson, Michael Cera, Jason Isaacs, Simon Pegg, Antony Starr), pour un résultat efficace dans la droite lignée de la bande dessinée.

- 1x04 - "Boyd in 3D" : un homme timide essaie un produit expérimental Vought qui lui confère un physique d'Apollon, ce qui lui permet de séduire sa voisine...

Chris Diamantopoulos, Kumail Nanjiani et Nasim Pedrad (entre autres), au casting vocal de cet épisode écrit par la scénariste de la série Broad City, au style visuel supposément européen, et qui adopte globalement un ton comique pour une satire des réseaux sociaux et du culte de l'apparence. Pas désagréable, même si anecdotique, et manquant un peu de mordant (sauf sur la toute fin).

- 1x05 - "BFFS" : une jeune femme consomme du Compound V, et découvre qu'elle peut parler à ses déjections...

Aïe. Un style anime, et Awkwafina au scénario et au doublage (ainsi que Seth Rogen et Chace Crawford), pour un épisode à l'humour de stoner pipi-caca qui ne m'a pas du convaincu.

- 1x06 - "Nubian vs Nubian" : une fillette tente d'empêcher le divorce de ses parents superhéros avec l'aide de leur adversaire de toujours.

Amusant, ce segment écrit par Aisha Tyler, qui double l'un des personnages principaux aux côtés de Don Cheadle. Sans plus.

- 1x07 - "John and Sun-Hee" : un homme de ménage de Vought dérobe du Compound V pour soigner sa femme, atteinte d'un cancer... mais ce dernier prend vie et devient incontrôlable.

Andy Samberg surprend à l'écriture d'un segment d'inspiration asiatique à la fois poétique, grotesque et violent. Plutôt réussi.

- 1x08 - "One Plus One Equals Two" : la première mission de Homelander vire au désastre...

Un épisode in-continuity, doublé par les acteurs de la série, et qui s'avère plutôt efficace, à défaut de surprendre.

- Bilan -

Dans l'ensemble, une anthologie intéressante à suivre, principalement parce qu'elle propose des styles visuels et narratifs totalement différents, mais qui s'intègrent bien dans l'univers de The Boys. Une bonne surprise, donc, même si le tout reste forcément un peu inégal, reposant fréquemment sur un gore et une violence immatures pour choquer le spectateur, sans forcément aller beaucoup plus loin que cela.

Mais bon, c'est un peu devenu la marque de fabrique de tout ce que produisent Goldberg et Rogen (et donc de la série The Boys, déjà assez grâtinée sur ce plan dans sa forme papier) donc on ne peut décemment pas être surpris quand ces caractéristiques (ainsi que l'humour en dessous de la ceinture) se trouvent un peu amplifiées par le format animé.

Et puis honnêtement, même pas 90 minutes au total, ça passe comme une lettre à la poste.

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Halloween Oktorrorfest 2021 - 13 - Fear Street, partie 2 : 1978 (2021)

Publié le 13 Octobre 2021 par Lurdo dans Cinéma, Critiques éclair, Fantastique, Halloween, Horreur, Jeunesse, Netflix, Oktorrorfest, Review, Romance, Thriller, USA

Chez les Téléphages Anonymes, de fin septembre à début novembre, on fête Halloween et l'Oktorrorfest, un marathon quotidien de cinéma fantastique et d'horreur...

Fear Street, partie 2 : 1978 (Fear Street, part 2 : 1978 - 2021) :

En 1978, au camp de vacances Nightwing, les adolescents de Sunnyvale et de Shadyside passent un été tranquille, jusqu'à ce que l'esprit de Sarah Fier ne se réveille, et ne déclenche une nouvelle série de meurtres. Prises au milieu de cette tourmente, Cindy Berman (Emily Rudd), l'une des monitrices, et sa sœur Ziggy (Sadie Sink), rebelle et caractérielle...

On prend les mêmes et on recommence, pour une suite du premier Fear Street ayant inexplicablement reçu le même accueil critique et public que celui-ci : enthousiaste, indulgent et admiratif. Alors que les défauts sont exactement les mêmes, mais ici transposés dans les années 70, et dans un pastiche des slashers de camp de vacances à la Vendredi 13.

On a donc droit à 45 bonnes minutes d'exposition et de mise en place, assez interminables et peu passionnantes, avant que le tout ne commence à s'énerver un peu : les personnages ne sont guère plus intéressants que dans le premier film (l'écriture a cette même tendance à rendre tous les protagonistes étrangement criards et agressifs, et à forcer le trait sur leurs actions quitte à les faire paraître très caricaturales et simplistes - par ex, la mean girl qui ligote et torture l'héroïne au briquet, et les moniteurs de colonie qui s'en offusquent à peine : même dans un monde polarisé comme celui de Fear Street, ça manque de nuances), la mythologie n'est pas particulièrement approfondie, et le métrage tente une feinte inexplicable en essayant de laisse le doute sur l'identité réelle du personnage de Gillian Jacobs... sauf que ça ne fonctionne pas du tout, et que le spectateur comprend immédiatement que l'adolescente rousse au caractère bien trempé et l'adulte rousse au caractère bien trempé ne font qu'une.

Et j'ai lu ici ou là qu'une fois que le film démarrait enfin, au bout de 3/4 d'heure, ça avait le bon goût d'être un peu plus nerveux et sanglant, renvoyant directement aux meurtres assez graphiques des films de l'époque. Ce à quoi je réponds... mouais.

Parce qu'effectivement, il y a des meurtres un peu plus graphiques et tout le monde y passe... mais le tout est tellement dilué par des scènes d'exposition et de dialogues insipides entre ados génériques qu'en fait, ça traîne la patte jusqu'à la conclusion du film, un film qui se révèle finalement plus décousu, moins bien structuré, et moins intéressant que son prédécesseur.

(c'est encore plus évident après avoir vu le dernier chapitre de la trilogie, qui souligne à quel point ce second épisode ne raconte rien qui n'aurait pu être présenté dans un flashback de dix minutes)

Ajoutez à cela une mise en musique à nouveau en mode jukebox, avec une compilation des meilleurs hits des années 70 qui défile encore et encore, et une reconstitution assez peu convaincante de l'époque (à nouveau, les ados sont écrits comme des ados modernes, et il y a quelque chose qui sonne faux, visuellement - c'est plus les années 70 telles que se les imagine le public visé par cette série qu'autre chose de vraisemblable), et on se retrouve là avec ce qui est probablement le film le plus faible de cette trilogie.

Dommage, parce que c'est plutôt bien interprété.

2/6

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Et comme toujours, vous pouvez retrouver la liste complète de tous les films passés en revue dans le cadre de l'Oktorrorfest dans le menu Index de haut de page, ou en cliquant directement sur ce lien...

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Halloween Oktorrorfest 2021 - 25 - Candyman (2021)

Publié le 27 Octobre 2021 par Lurdo dans Cinéma, Critiques éclair, Drame, Fantastique, Halloween, Horreur, Oktorrorfest, Review, Thriller, USA

Chez les Téléphages Anonymes, de fin septembre à début novembre, on fête Halloween et l'Oktorrorfest, un marathon quotidien de cinéma fantastique et d'horreur...

Candyman (2021) :

Victime de leur terrible réputation, le quartier de Cabrini-Green et ses HLM, à Chicago, ont été rasés et gentrifiés, accueillant désormais artistes et bobos en tous genres en lieu et place de familles afro-américaines défavorisées. Peintre en panne d'inspiration, Anthony (Yahya Abdul-Mateen II) entend alors parler de la légende urbaine du Candyman, symbole vengeur de l'oppression blanche sur le peuple noir, qui aurait traumatisé le quartier des décennies plus tôt : revigoré, l'artiste reprend alors son travail, alors même que son corps se transforme progressivement, et qu'autour de lui, des meurtres sanglants se produisent...

Ouhlà que j'avais peur, avant de lancer ce film : encore une production Jordan Peele (incapable de faire un film ou une série sans la transformer en plaidoyer militant, pataud et maladroit de justice sociale) et encore un remake d'un film semi-culte (je ne suis pas le plus grand fan de l'original, qui avait cependant pour lui une bande originale de Philip Glass et un Tony Todd impérial), bref, de quoi être méfiant, et s'attendre à un métrage balourd insistant lourdement sur l'opposition blanc/noir, sur les différences de classe, sur la violence et le racisme, les préjugés, etc.

Et c'est effectivement un peu le cas, entre cette description de la violence policière ambiante, ces dialogues maladroits et didactiques, une certaine prétention artistique de ces personnages (la critique caucasienne qui ne s'intéresse à l'art afro-américain qu'à partir du moment où il est imprégné de souffrance et de douleur, c'est du discours vis à vis des critiques du niveau de Shyamalan dans la Jeune fille de l'eau *soupir*) et cette réécriture du mythe du Candyman, pour lui donner de multiples visages, et en faire l'incarnation de l'âme noire opprimée, de la violence aveugle générée par le racisme systémique et sociétal américain, blablabla.

Mais les problèmes de race sont, pour une fois, logiques et pertinents, car présents depuis le début de la franchise ; certes, ils sont toujours traités maladroitement, comme souvent dans les films produits par Peele, mais ils font sens, et permettent de ramener le mythe du Candyman à la vie de manière plus ou moins intéressante.

Et puis j'avoue, avec 90 minutes au compteur, pas le temps de trop s'ennuyer avec ce film, qui se permet quelques jolis interludes en ombres chinoises/marionnettes, et se lie directement (bien qu'à nouveau assez maladroitement) au film de 1992.

Assez agréablement surpris, en somme, sans être totalement convaincu.

C'est bien interprété (Yahya Abdul-Mateen II est un peu sous-exploité, cela dit... comme la majorité de la distribution, en fait), l'ambiance est plutôt pesante et efficace, la réalisation travaillée (beaucoup de jeux de miroirs) et les quelques meurtres sanglants (même si l'on sent que faire un slasher de base n'intéressait clairement pas la production), mais l'écriture bancale sacrifie la peur et la tension au propos social, et tire un peu le tout vers le bas, en produisant in fine un film probablement trop ambitieux et pas assez maîtrisé pour son propre bien.

Mais je m'attendais à bien pire.

3.75/6

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Halloween Oktorrorfest 2021 - 26 - Détour Mortel : la Fondation (2021)

Publié le 27 Octobre 2021 par Lurdo dans Cinéma, Critiques éclair, Halloween, Horreur, Oktorrorfest, Review, Thriller, USA

Chez les Téléphages Anonymes, de fin septembre à début novembre, on fête Halloween et l'Oktorrorfest, un marathon quotidien de cinéma fantastique et d'horreur...

Détour Mortel : la Fondation (Wrong Turn : The Foundation - 2021) :

Six semaines après avoir perdu contact avec sa fille Jennifer (Charlotte Vega), Scott Shaw (Matthew Modine) arrive dans une petite bourgade de Virginie, et tente de découvrir ce qui est arrivé à Jen et à son groupe d'amis (Adain Bradle, Emma Dumont, Dylan McTee, Vardaan Arora, Adrian Favela), qui arpentait les pistes forestières du secteur...

Le premier Wrong Turn, en 2003, proposait un concept simple : un retour au slasher/survival à l'ancienne, avec des tueurs cannibales difformes, une bonne dose de gore décomplexé, une réalisation efficace, et une final girl charismatique (Eliza Dushku) - rien de révolutionnaire ou d'exceptionnel, en soi, mais lorsque l'on était familier des dizaines de navets similaires qui sortent en DTV chaque année, on réalisait vite que ce premier Wrong Turn était un bon cran au-dessus, et plutôt divertissant. On ne pouvait pas en dire autant de ses innombrables suites, dont l'existence ne faisait que souligner les manières dont l'original réussissait là où tant d'autres avaient échoué.

En théorie, donc, cette version 2021 est supposée être un remake/reboot de la franchise, avec le créateur du film original au scénario de cet épisode. Problème : on réalise rapidement que McElroy, ici, semble plutôt avoir voulu refourguer un autre script sous l'appellation Détour Mortel, tant La Fondation n'a de commun avec son modèle que son titre.

En fait, ce Wrong Turn, c'est un peu le syndrome Ryan Johnson : déconstruire un mythe/un film/des archétypes, c'est bien, pour peu qu'on propose quelque chose d'autre à la place. Déconstruire une œuvre et se jouer des attentes du spectateur n'est cependant pas une fin en soi, et le résultat peut facilement apparaître très creux et vain.

C'est en partie le cas ici. Pour rompre avec les clichés habituels des ados débiles et en manque de sexe typiques du slasher, le scénariste en fait un groupe de jeunes millennials hipsters ultra-compétents, divers et woke, qui font la leçon aux rednecks racistes dès le début du film, et sont responsables de leur sort - un moyen étrange de les rendre immédiatement antipathiques, et de ranger instinctivement le spectateur aux côtés des méchants.

D'autant plus que les "méchants" sont simplement une communauté ultra-fondamentaliste qui applique la loi du Talion, vit en autarcie, et ne demande qu'une chose : qu'on ne les dérange pas. Pas de mutants, pas de dégénérés, mais simplement des libertaires farouchement indépendants, qui parle une langue étrangère (du danois, peut-être ?) et qui se déguisent avec des peaux et des crânes d'animaux pour aller chasser (une justification pas franchement crédible, mais bon).

Le problème étant qu'à partir de là, le film n'a plus rien d'un Détour mortel : pas vraiment un survival, pas vraiment un slasher, la plupart des meurtres ne sont jamais filmés directement, et tout le métrage est, en prime, mis en perspective par une introduction relatant la quête du père de l'héroïne, qui cherche sa fille disparue, et la retrouve en cours de route.

À mi-parcours, donc, ce Détour Mortel de près de deux heures se transforme ainsi en film de type "communauté sectaire", à laquelle deux des personnages s'intègrent bizarrement, jusqu'à un final en pseudo-rape & revenge, qui voit l'héroïne (transformée en badass façon Rambo) se débarrasser de manière bien bancale de celui qui l'a mise enceinte.

Bref. Un film qui part dans plein de directions opposées, qui sent les réécritures de dernière minute ("ce n'est pas assez sanglant, rajoute une scène imaginaire bien gore à la fin !"), qui propose des personnages antipathiques (le script ne parvient jamais à ranger le spectateur du côté de son "héroïne"), un désir de s'éloigner à tout prix des clichés de la franchise quitte à délaisser totalement tout ce qui faisait sa personnalité... bref, on peut saluer l'ambition, et formellement, ce n'est pas honteux, mais le résultat, lui, est soporifique.

(En même temps, la combo Saban Films et Constantin Film, à la production, n'augurait pas vraiment du meilleur...)

2.5/6, et encore...

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Un film, un jour (ou presque) #1555 : Mourir peut attendre (2021)

Publié le 13 Janvier 2022 par Lurdo dans Action, Aventure, Cinéma, Critiques éclair, Review, Romance, Science Fiction, Science-Fiction, Thriller, UK, USA

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Mourir peut attendre (No Time To Die - 2021) :

Séparé de Madeleine (Léa Seydoux), James Bond (Daniel Craig) est désormais à la retraite, coulant des jours heureux (mais solitaires) en Jamaïque. Jusqu'à ce que Felix Leiter (Jeffrey Wright), de la CIA, vienne le chercher pour une ultime mission : récupérer un scientifique russe kidnappé par le Spectre. Mais lorsque la mission tourne court, et que tous les membres de Spectre sont éliminés par les hommes de Lyutsifer Safin (Rami Malek), Bond se retrouve face à une menace d'une ampleur inédite...

Ultime volet de ce qui est, en fin de compte, presque une mini-série consacrée à James Bond, entamée par Casino Royale en 2006, et ayant depuis enchaîné bien des hauts et des bas, dans sa recherche d'humanisation et de modernisation du personnage de Bond.

Une quête bien vaine visant à réinventer Bond pour une nouvelle génération, mais qui m'a très souvent laissé de marbre, comme l'attestent les notes que j'ai mises aux précédents films de la saga : à se prendre trop au sérieux, à investir trop fortement dans l'émotion masculine et dans le premier degré, dans le dark and gritty réaliste de mise en 2005 (remember Batman Begins), la série a perdu une grande partie de ce qui faisait le charme de la franchise Bond, son style et sa fantaisie.

À la place, un Bond qui souffre (émotionnellement et physiquement), un Bond qui pleure, et des films toujours aussi mal rythmés, tentant de concilier maladroitement cette nouvelle direction avec les passages incontournables de la franchise.

Ici, le résultat reste très mitigé. Au nombre des défauts, on peut citer un récit longuet et fragmenté, qui semble compiler les idées d'au moins trois scénarios différents ; un méchant insipide et sous-développé, qui n'a pour seule caractéristique qu'une vague esthétique asiatique/zen assez clichée ; une relation Bond/Madeleine toujours aussi plate et fade (en même temps, je me répète, mais je n'ai jamais trouvé Léa Seydoux particulièrement charismatique, et son alchimie avec Craig est, au mieux, faiblarde) ; une Ana de Armas affreusement sous-exploitée, alors que toute la séquence la mettant en scène est probablement le point fort du film, un point fort pêchu, dynamique et amusant (mais qui, il faut bien l'avouer, fait pièce rapportée et n'est jamais indispensable au reste du récit) ; des morts totalement gratuites, uniquement là pour dire "on tourne la page" ; une remplaçante de 007 transparente et sans grand charisme ; des effets spéciaux inégaux (notamment lors des poursuites en voiture) ; un score de Hans Zimmer vraiment peu marquant ; de grosses ficelles maladroites dans le récit...

Il y a de quoi soupirer, donc, même si tout n'est pas à jeter : désormais à la retraite, Bond/Craig retrouve un peu du flegme et de la décontraction qui lui faisaient trop souvent défaut dans certains des épisodes précédents ; s'il a pris un coup de vieux, il est toujours très convaincant dans l'action, notamment au cours d'une scène continue dans une cage d'escalier, qui permet à Cary Fukunaga de nous refaire True Detective ; et la fille de Bond est assez adorable, dans le genre (tout en étant un artifice scénaristique assez grossier).

Bref, un ultime James Bond à la conclusion assez définitive (enfin, toute aussi définitive que celle de la trilogie Batman de Nolan, puisque "James Bond will return") mais frustrante, car très imparfaite, à l'image de cette version de la franchise qui n'est jamais parvenue à doser l'émotion, l'action brutale, et la décontraction sans verser dans l'une ou dans l'autre de manière abusive.

2.75/6

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Les bilans de Lurdo : Hawkeye, saison 1 (2021)

Publié le 16 Janvier 2022 par Lurdo dans Action, Christmas, Comédie, Critiques éclair, Drame, Les bilans de Lurdo, MCU, Marvel, Noël, Review, Télévision, USA, Disney

Le MCU continue son petit bonhomme de chemin avec ces 6 épisodes de 50 minutes diffusés en fin d'année dernière, et consacrés au personnage d'Hawkeye, dans un programme librement adapté des comic-books d'Aja et de Fraction, qui ont redonné un coup de fouet au personnage à leur publication, en 2012.

Hawkeye, saison 1 (2021) :

Parce que son alter-égo, le Ronin, refait surface à New York au moment des fêtes de Noël, Clint Barton (Jeremy Renner) est contraint de couper court à ses vacances en famille, pour aider la jeune Kate Bishop (Hailee Steinfeld), archère prodige de bonne famille, à se tirer d'une sombre histoire mêlant sa mère, la pègre russe, Yelena Belova (Florence Pugh) et un certain Caïd (Vincent D'Onofrio)...

Une série en six épisodes ma foi plutôt sympathiques et réussis, bénéficiant fortement de l'ambiance de Noël dans lequel baigne le programme (au point de ressembler parfois à du Shane Black) et de son format relativement court et direct.

Sans oublier l'excellente alchimie entre ses deux protagonistes : Renner, fatigué et "trop vieux pour ces conneries", Steinfeld, juste et impliquée - de quoi former un duo improbable et dynamique, surtout face à un gang d'incapables russes.

Hawkeye (la série) parvient ainsi à servir d'origin story à Kate Bishop, de manière assez convaincante, mais aussi à développer Hawkeye (le personnage), et à lui donner une épaisseur et une humanité trop souvent absente des films Avengers : sa surdité, son statut d'Avenger humain et sans pouvoirs, son stress post-traumatique, sa relation avec Natasha, son mariage, sa famille, autant de facettes du personnage que la série se permet d'aborder de manière plus ou moins approfondie, mais suffisamment, en tout cas, pour que le tout soit intéressant.

À côté de cela, Hawkeye réintroduit aussi Yelena, la sœur de Black Widow, dans le MCU, après son apparition dans le film du même nom : une présence pas forcément indispensable (on aurait pu garder cela pour une saison 2 de la série), mais qui fonctionne néanmoins, avec des échanges Yelena/Kate plutôt amusants et prometteurs, et un retour sur son sort pendant les 5 ans du Blip.

Autre élément un peu inégal : Echo (Alaqua Cox), la criminelle sourde qui dirige le gang russe. Un élément qui s'intègre bon gré mal gré au reste du récit, et qui ne convainc pas forcément sur la viabilité d'une série consacrée au personnage, pourtant déjà annoncée (cela dit, je parie que cette série Echo sera en réalité un Daredevil : Echo qui ramènera Daredevil et Fisk sur le devant de la scène).

Et puis il y a Wilson Fisk, qui fait ici son grand retour, fidèle au comic-book, plus qu'à la série Daredevil (en même temps, multivers, tout ça) : ça fait plaisir de revoir D'Onofrio et son physique de tank indestructible, en attendant de voir ce que le MCU va en faire sur le long-terme.

Non, le seul véritable point négatif qui m'ait un peu gêné, dans tout ça, c'est la mise en images de l'action. Je n'ai pas prêté attention au générique (donc je ne sais pas si c'est dû à la réalisation de première/seconde équipe ou au montage), mais dès le premier épisode, j'ai été gêné par le montage et la réalisation des scènes d'action : trop brouillons, trop approximatifs, c'est le point qui m'a paru le plus faible dans ce projet.

Pas au point d'être rédhibitoire, mais suffisamment pour tirer un peu le tout vers le bas, et empêcher la série de se place au sommet de mon classement des séries du MCU : Hawkeye devra se contenter de la deuxième position.

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Les bilans de Lurdo : SEMAINE SWASHBUCKLING - Jack, le vengeur masqué - Intégrale : saison 1 et 2 (2000)

Publié le 29 Août 2021 par Lurdo dans Action, Aventure, Comédie, Critiques éclair, Fantastique, Histoire, Les bilans de Lurdo, Review, Romance, Science-Fiction, Télévision, USA, Science Fiction

Au programme : pendant une semaine, des pirates, de l'aventure, et de la chasse au trésor !

Il y a bien longtemps, de 1994 à 2001, Universal produisait l'Action Pack, un bloc de deux heures de séries conçues par Renaissance Pictures (le studio de Sam Raimi et de Rob Tapert) vendu pour une diffusion en syndication - au programme, Hercule, Xena, TekWar, Cleopatra 2525... et Jack of All Trades, une série historico-comique en deux saisons (pour 22 épisodes d'une vingtaine de minutes environ) qui revisitait les récits de cape et d'épée (et le Zorro de Disney) de manière rigolarde, avec Bruce Campbell dans le rôle titre...

Jack, le vengeur masqué - Intégrale : saison 1 et 2 (Jack of All Trades, season 1 & 2 - 2000) :

À la fin du XIXe siècle, l'agent Jack Stiles (Bruce Campbell) est envoyé sur l'île française de Pulau-Pulau par le Président Jefferson pour y défendre les intérêts américains. Sur place, il rencontre la belle Emilia Rothschild (Angela Dotchin), représentante de la couronne britannique, et ensemble, ils vont se battre contre de multiples menaces, notamment celle de Napoléon Bonaparte (Verne Troyer)... mais pour ce faire et protéger son anonymat, Jack va se déguiser et adopter l'identité du Daring Dragoon, un justicier masqué de légende.

Et difficile de trouver beaucoup de choses à dire sur cette série, tant elle est à la fois simple et efficace, obéissant à une formule bien rodée et joliment décomplexée : un Bruce Campbell au pic de sa Bruce Campbell-itude arrogante, graveleuse et vantarde, une Angela Dotchin charmante et pleine de répondant, du shipping impossible entre les deux protagonistes, un côté exotique assez rafraîchissant, des scènes d'action gérées par les mêmes équipes que le Hercule de Sorbo, des duels à l'épée, des accents français caricaturaux, un ton globalement déconneur et goguenard, et plein de one-liners et de clins d'œil à la petite et la grande Histoire...

À partir de là, on adhère ou pas à ce programme léger, coloré et dynamique, qui ne se prend jamais au sérieux, et qui enchaîne les versions déglinguées des personnages historiques (Verne Troyer en Napoléon sociopathe, le Marquis de Sade en mode club BDSM, Barbe-Noire qui crache du feu et lèche tout ce qui bouge, un sultan très problématique qui fait d'Emilia sa nouvelle épouse, un pseudo-Capitaine Nemo interprété par Michael Hurst de Hercule, l'Impératrice Catherine de Russie à la recherche de son étalon disparu, un Roi George totalement fou, Lewis et Clark totalement paranos...) sans le moindre complexe.

Et puis tout cela, sans même mentionner les personnages les plus récurrents, qui sont pour beaucoup dans le capital sympathie du programme : le Gouverneur Croque (Stuert Devenie), pleutre, couard, cocu, constamment humilié par son frère Napoléon, et j'en passe ; son bras droit Brogard (Stephen Papps), chef de la garde qui veut la mort du Dragoon ; et Jean-Claude, le perroquet alcoolique et fêtard qui transmet tous les messages de Jack et Emilia, et qui possède un accent français digne de Pépé le putois.

Bref, Jack le vengeur masqué est un programme très très agréable à suivre : ce n'est pas forcément très fin (on sent que Campbell était producteur exécutif du show), certains épisodes sont un ton en dessous (l'épisode de l'amnésie d'Emilia est un peu hystérique, celui de Benjamin Franklin et Barbe-Noire est saoulant), mais le format de la série, ainsi que l'alchimie indubitable entre les deux acteurs principaux en font une série rafraîchissante, pour peu que l'on accroche au second degré très prononcé du tout, et que l'on ne se prenne pas trop au sérieux...

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Un film, un jour (ou presque) #1512 : SEMAINE SWASHBUCKLING - Pirates des Caraïbes 2 : Le Secret du Coffre Maudit (2006)

Publié le 24 Août 2021 par Lurdo dans Action, Aventure, Comédie, Critiques éclair, Cinéma, Fantastique, Disney, Review, Jeunesse, Romance, USA, POTC

Au programme : pendant une semaine, des pirates, de l'aventure, et de la chasse au trésor !

Pirates des Caraïbes 2 : Le Secret du Coffre Maudit (Pirates of the Caribbean : Dean Man's Chest - 2006) :

Sous la direction de Lord Beckett (Tom Hollander), la Compagnie des Indes resserre son étau sur le monde des pirates, et tente de mettre la main sur la clé et le coffre de Davy Jones (Bill Nighy), qui lui permettraient de contrôle les sept mers. C'est ainsi que Will Turner (Orlando Bloom) et Elizabeth Swann (Keira Knightley) se retrouvent à nouveau embarqués dans une aventure improbable à la poursuite de Jack Sparrow (Johnny Depp), dont la boussole magique est capable de pointer la direction de ces objets de légende. Mais le Hollandais Volant de Jones rôde, et a lui aussi des vues sur l'âme de Sparrow...

Pirates des Caraïbes 2 : une suite mise en chantier précipitamment suite au succès du premier film, écrite et réécrite dans l'urgence (le tournage a débuté sans script finalisé), et pour laquelle Gore Verbinski et ses scénaristes ont plus ou moins eu carte blanche... le résultat, c'est un métrage en deux parties qui se veut être l'Empire Contre-attaque de sa trilogie, un bigger louder longer gentiment brouillon qui prend un peu l'eau de partout dans sa première heure lourde en exposition, mais parvient à rester à flot grâce à l'énergie de sa seconde moitié, à son sens du spectaculaire, à ses effets spéciaux excellents et à sa distribution.

Le film est donc plus long que le premier, le scénario encore plus capillotracté et bourré de digressions, les protagonistes encore plus nombreux, et Hans Zimmer (probablement frustré que la bande originale du premier film ait connu un tel succès sans qu'il soit crédité) revient à la musique, pour un résultat intéressant, bien que souffrant un peu d'un mixage trop confus à mon goût (les réenregistrements de la musique de la trilogie par le Prague Philharmonic leur redonnent à ce titre une seconde jeunesse).

Le tout est tout de même très sympathique à suivre, bien qu'un niveau en dessous de l'original : la vision atmosphérique et sombre du monde de la piraterie, mise en place dans le film original, reste très présente et efficace (pour ne pas dire macabre dans certains plans, comme ces corbeaux qui dévorent les yeux des prisonniers), le slapstick de Sparrow, véritable électron libre, reste globalement drôle, et certaines scènes sont très réussies, tant visuellement que conceptuellement. Sans oublier Davy Jones et son équipage, somptueux.

Reste que l'on sent que le projet, en prenant tant d'ampleur, a un peu échappé à ses créateurs, et qu'il en résulte des boursouflures et des digressions que l'ultime volet de la trilogie ne feront qu'amplifier ; en l'état, ce Dead Man's Chest est plein de bonnes idées, de direction artistique inspirée, de réussites technologiques, de moments épiques, de personnages secondaires amusants et intéressants (la Compagnie des indes, pas trop, mais j'ai redécouvert Tia Dalma en VO, alors que je n'appréciais pas vraiment son personnage cliché en VF) etc... mais la structure et le squelette du récit sont un peu trop bancals et brouillons pour que chacune de ces qualités ait vraiment le temps de briller ou de se démarquer. Dommage.

3.5/6

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Les bilans de Lurdo : Jurassic World - La Colo du Crétacé, saison 1 (2020)

Publié le 7 Août 2021 par Lurdo dans Action, Aventure, Comédie, Critiques éclair, Jeunesse, Les bilans de Lurdo, Review, Science-Fiction, Thriller, Netflix, USA, Télévision, Science Fiction, Animation

Première saison de cette série d'animation Netflix canonique à l'univers des films Jurassic Park/Jurassic World, ces 8 premiers épisodes de 25 minutes, chapeautés par Colin Trevorrow en personne, s'inscrivent en parallèle du Jurassic World de 2015.

Au programme, une série jeunesse évoquant par moments un Breakfast Club avec des dinosaures, et qui ne faillit pas à la tradition d'incompétence caractérisée des employés du Parc, telle qu'illustrée dans chacun des films de la franchise...

Jurassic World - La Colo du Crétacé, saison 1 (Jurassic World : Camp Cretaceous, season 1 - 2020) :

Un groupe d'adolescents issus d'horizons divers arrive à Jurassic World pour participer à un camp de vacances unique en son genre : Darius (Paul-Mikél Williams), passionné de dinosaures, qui a gagné sa place en jouant à un jeu vidéo ; Kenji (Ryan Potter), riche et arrogant ; Brooklynn (Jenna Ortega), une YouTubeuse populaire qui filme tout le séjour ; Yazmin (Kausar Mohammed), une sportive sponsorisée par le parc ; Sammy (Raini Rodriguez), une jeune fermière enthousiaste et un peu ronde ; et Ben (Sean Giambrone), un nerd angoissé. Pour les superviser, Roxy (Jameela Jamil) et Dave (Glen Powell), deux moniteurs pas très compétents, et qui vont perdre tout contrôle lorsque le parc sombre dans le chaos...

C'est sans rien en attendre, sur la simple base de ma sympathie pour les dinosaures et pour la franchise de Spielberg, que je me suis lancé dans cette première saison animée... et bien m'en a pris, puisque le tout est somme toute plutôt sympathique.

Alors oui, les personnages font clairement simili-Breakfast Club - le gamer, l'asthmatique, la sportive, la rurale, l'ultra-connectée, le bourge - et oui, on reste dans du dessin animé pour enfants (comprendre : il y a de grosses ficelles scénaristiques, le danger reste tout relatif, et les dinosaures ont beau dévorer un ou deux personnages secondaires de passage, le spectateur ne croit jamais vraiment que les protagonistes pourraient y passer eux aussi - même si les scénaristes tentent une feinte de ce type dans le final saisonnier, et que ça fonctionne presque), mais le tout s'intègre plutôt bien au récit du film de 2015, tout en adoptant un point de vue un peu plus distant sur ses événements.

Le doublage est bon, l'animation et la direction artistique sont polarisants (on aime ou pas), les reprises des thèmes de John Williams plutôt correctes (sauf celle, synthétique, du générique de fin) et comme l'investissement en temps s'est avéré finalement assez minime, je ne regrette pas d'avoir tenté l'expérience.

Le rythme du tout est soutenu, ça fait plaisir de voir passer de multiples dinosaures en tous genres, les employés du parc sont incompétents (comme toujours dans Jurassic Park/World), et chacun des enfants a droit à un peu de développement qui lui permet d'avoir des failles et une certaine épaisseur émotionnelle, parfois directement liée aux événements qui touchent le parc ; si Sammy est là, par exemple, c'est parce que la ferme de sa famille est en banqueroute, et qu'une entreprise de biotechnologie rivale d'InGen/Masrani lui a proposé de la renflouer financièrement en échange d'informations collectées par Sammy durant son séjour dans le parc - de l'espionnage industriel par le biais d'une adolescente, en somme, pas forcément des plus réalistes et plausibles, mais qui a le mérite de toutélier un peu tout ça aux problèmes plus généraux du parc, et qui crée des moments de tension entre les membres du groupe.

D'ailleurs, on sent que c'est un scénariste éprouvé (ancien de Marvel Studios, entre autres) qui a créé et développé la série, puisque celle-ci parvient à conserver un fragile équilibre entre passages obligés de la franchise, moments plus posés et contemplatifs, action nerveuse et développement des personnages.

Ce n'est pas parfait, ça n'entrera pas forcément dans l'histoire des dessins animés pour son audace, mais pour ce qui n'est, à la base, qu'une série dérivée visant à établir une synergie entre divers produits franchisés, c'est plutôt agréable à suivre. Et puis Bumpy est adorable.

J'attends de voir si les saisons 2 et 3 confirment l'essai, maintenant que les adolescents sont pris au piège d'une île évacuée, et totalement livrés à eux-mêmes.

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Halloween Oktorrorfest 2021 - 03 - Shadow in the Cloud (2021)

Publié le 29 Septembre 2021 par Lurdo dans Action, Cinéma, Critiques éclair, Fantastique, Halloween, Horreur, Oktorrorfest, Review, Thriller, USA, Guerre, Histoire

Chez les Téléphages Anonymes, de fin septembre à début novembre, on fête Halloween et l'Oktorrorfest, un marathon quotidien de cinéma fantastique et d'horreur...

Shadow in the Cloud (2021) :

Pendant la Seconde Guerre Mondiale, une jeune femme (Chloe Grace Moretz) monte à bord d'un avion militaire, en possession d'un colis et d'ordres top secrets. Confrontée à l'hostilité de l'équipage (Taylor John Smith, Beulah Koale, Nick Robinson, Callan Mulvey, Benedict Wall, Joe Witkowski, Byron Coll), l'inconnue est enfermée dans une tourelle ventrale de l'épisode. Mais rapidement, le vol se complique lorsqu'une créature étrange, un gremlin, commence à s'en prendre à l'avion et aux passagers...

Co-écrit par Max Landis et la réalisatrice, Shadow in the Cloud se veut un film de guerre prenant place durant la Seconde Guerre Mondiale, auquel se greffe un élément surnaturel inattendu.

Et comme tant d'autres films écrits par Max Landis, ça prend l'eau de partout, ça tente trop souvent d'être cool et badass, et c'est globalement très dérivatif : c'est une grosse variation militaire sur l'épisode de La Quatrième Dimension avec Shatner, mais en mode girl power pataud (tous les personnages masculins sont de gros boulets sexistes et stupides, l'héroïne est capable de tout, même avec un bras en bandoulière et un doigt cassé), avec une approche stylistique assez polarisante (musique rétro-synthétique façon Carpenter et Stranger Things, éclairage au néon coloré) et des rebondissements particulièrement idiots (la nature du contenu du colis mystérieux, notamment, est totalement improbable et jamais plausible).

Mais paradoxalement, pendant 50 minutes, ça fonctionne à peu près, avec une Moretz seule à l'écran, et un quasi-huis clos dans la tourelle, seule face à la lourdeur des hommes l'équipage (à la radio) et à la créature qui rampe sur les ailes de l'avion.

Et puis ensuite, quand arrive le dernier acte du film, ça part totalement en vrille, avec un film qui bascule en mode actioner du pauvre : les Japonais attaquent l'avion, Moretz escalade tout l'extérieur de l'avion, la tête en bas et à la force des bras malgré toutes ses blessures (des scènes sur fond vert pas très convaincantes du tout, notamment au niveau du rendu de la vitesse), elle tombe d'un avion et remonte à bord catapultée par l'explosion d'un autre avion, elle donne des ordres à droite et à gauche, elle se bat contre le gremlin sur fond de pop punk, elle pilote seule l'avion, elle abat la créature sans viser, elle l'affronte une dernière fois à mains nues et lui explose la tête avec ses petits poings, etc, etc... bref, Chloe Moretz, dans ce film, c'est Hit-girl en uniforme, ou plutôt c'est Ellen Ripley à la puissance mille, avec les même motivations, mais dans 10 m², en plein vol et totalement indestructible.

Au point que ça en devienne vite risible (et prévisible), surtout dans ses dix dernières minutes.

2.5/6

(l'ouverture animée façon film de propagande est sympathique, cela dit, même si elle téléphone un peu tout le déroulement du film)

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Halloween Oktorrorfest 2021 - 10 - Army of the Dead (2021)

Publié le 8 Octobre 2021 par Lurdo dans Action, Cinéma, Comédie, Critiques éclair, Fantastique, Halloween, Horreur, Netflix, Oktorrorfest, Review, Thriller, USA

Chez les Téléphages Anonymes, de fin septembre à début novembre, on fête Halloween et l'Oktorrorfest, un marathon quotidien de cinéma fantastique et d'horreur...

Army of the Dead (2021) :

Ville murée depuis qu'une épidémie de zombies s'y est déclarée, Las Vegas va être détruite dans quelques jours par une frappe atomique. Juste avant, Bly Tanaka (Hiroyuki Sanada), propriétaire de casino, dépêche sur place une équipe de mercenaires menés par Scott Ward (Dave Bautista) pour y ouvrir le coffre-fort de son établissement, et repartir avec 200 millions de dollars en liquide. Accompagné de Martin (Garret Dillahunt), l'associé de Tanaka, Ward, Cruz (Ana de la Reguera), Vanderohe (Omari Hardwick), Peters (Tig Notaro), Dieter (Matthias Schweighöfer), Guzman (Raul Castillo), Chambers (Samantha Win) ainsi que Kate (Ella Purnell), la fille de Ward, et Lily (Nora Arnezeder), guide connaissant la ville comme sa poche, entrent alors dans la ville dévastée...

Premier projet de Zack Snyder depuis le fiasco Justice League (et son Director's Cut), AOTD voit le retour du réalisateur à une valeur sûre (le film de zombies), qu'il avait déjà abordée en 2004 avec son Dawn of the Dead (malencontreusement traduit chez nous par L'Armée des Morts) alors écrit par James Gunn.

Cette fois-ci, cependant, pas de James Gunn à l'écriture, mais Snyder, accompagné d'un scénariste de John Wick 3 et du scénariste du Roi Arthur - et malheureusement, ça se sent tout de suite. Pas tant parce que le scénario évoque immédiatement celui de Busan 2 : Peninsula, déjà chroniqué en ces pages, mais bien parce que cet Army of the Dead, pour lequel Snyder a eu carte blanche de Netflix, est un gros bordel mal rythmé, bourré de ralentis et de scènes d'émotion™ pataudes, avec des personnages sous-développés, et des idées inabouties.

Un film typique du Zack Snyder actuel, me répliquera-t-on, et il est vrai que le métrage en a de nombreux aspects : humour balourd, un peu de racolage, des choix esthétiques très discutables (la photographie semi-floue), une illustration musicale vraiment évidente, et une incapacité chronique a créer une véritable tension (cf. la scène des zombies en hibernation, qui aurait pu être un summum de tension, et qui en fait finit par dégénérer en une fusillade pseudo-badass)... 

Ajoutez à cela des infectés intelligents évoquant immédiatement le Ghosts of Mars de Carpenter (en même temps, Snyder a repris le même acteur que dans GoM pour incarner le leader des infectés), et dont les déplacements sauvages ne dévient guère de ce qui est désormais la norme du genre, un récit qui met 50 bonnes minutes à démarrer, et des effets spéciaux qui sont totalement à bout de souffle quand arrive la dernière ligne droite du métrage... et voilà, un film de zombies assez typique de Snyder, qui se regarde vaguement, mais qui peine à convaincre.

Et encore, je n'ai pas parlé des idées à la con inexpliquées (les zombies robots, les aliens, la boucle temporelle) qui permettent à Snyder de faire le buzz en interview en teasant des projets futurs (mais semblent simplement avoir été ajoutés au film sur un coup de tête, parce que ça amusait le réalisateur), des rebondissements tous prévisibles au possible (tout ce qui concerne Theo Rossi, par exemple) ou des passages qui évoquent fréquemment d'autres œuvres similaires, bien meilleures...

Un bon gros bof.

2.5/6 (pour une Ella Purnell qui se donne à fond, une Nora Arnezeder efficace et un Batista toujours sympathique)

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Les bilans de Lurdo - Halloween Oktorrorfest 2021 - Fais-moi peur ! La Malédiction des Ombres (2021)

Publié le 16 Octobre 2021 par Lurdo dans Canada, Comédie, Critiques éclair, Fantastique, Halloween, Horreur, Jeunesse, Les bilans de Lurdo, Oktorrorfest, Review, Romance, Télévision, USA, Nickelodeon

L'Halloween Oktorrorfest touche aussi le petit écran, avec chaque week-end, durant tout le mois d'octobre, des critiques de séries fantastiques et horrifiques...

Fais-moi peur ! La Malédiction des Ombres (Are you Afraid of the Dark ? Curse of Shadows - 2021) :

Lorsque Connor (Parker Queenan), le leader de la Société de Minuit de Shadow Bay, disparaît subitement du jour au lendemain, ses amis Luke (Bryce Gheisar), passionné de cinéma d'horreur, Hanna (Beatrice Kitsos), Gabby (Malia Baker), et Jai (Arjun Athalie), s'inquiètent. Rapidement, avec l'aide de Sardo (Ryan Beil), le propriétaire du magasin de magie de la ville, ils découvrent que Connor enquêtait sur le Shadow Man, un croque-mitaine surnaturel qui hante supposément les bois entourant un vieux phare local désaffecté...

En 2019, Nickelodeon a tenté de relancer la série des Fais-moi peur !, par le biais d'une mini-série confiée au scénariste de La filature et de Happily : trois épisodes de 45 minutes qui avaient, pour parti pris, de transposer le surnaturel et la hantise des histoires anthologiques de Fais-moi peur au monde réel, en faisant de la Société de Minuit un groupe de jeunes adolescents confrontés à un phénomène inexplicable.

Un choix vraiment loin de convaincre, puisqu'il passait totalement à côté de la formule de la série originale, et donnait donc lieu à un récit frustrant, dont seule la mise en place (la constitution de la Société) fonctionnait réellement, la faute à des choix de réalisation et de production plutôt dommageables.

Pour cette seconde cuvée de six épisodes, on continue malheureusement dans une direction similaire, avec une nouvelle Société de Minuit (aucun des acteurs de 2019 ne rempile) confrontée, à nouveau, à une menace surnaturelle... une menace qui prend le titre original du programme très littéralement ("As-tu peur de l'obscurité ?"), puisque le Shadow Man est un être (au demeurant visuellement assez réussi) constitué d'ombres, et qui ne frappe qu'en l'absence de lumière.

En soi, pourquoi pas, toute cette histoire de malédiction est plutôt efficace, et comme souvent, les jeunes acteurs de la série sont très compétents dans l'ensemble. Au rayon des points positifs, on peut aussi citer le personnage de Sardo, hommage au Sardo original (qui fait d'ailleurs une apparition en flashback) qui sert de mentor réticent au groupe, et la mise en images globale, efficace et compétente : dans le registre du fantastique jeunesse, la série est tout à fait honorable, et créera probablement le frisson chez les plus jeunes.

Après... le problème de la saison précédente reste toujours présent : hormis la musique du générique et une ou deux mentions de la Société de Minuit et de leur tradition de raconter des histoires qui font peur, Curse of Shadows aurait très bien pu porter un tout autre nom, tant le programme n'a plus qu'un rapport très lointain avec l'anthologie dont elle s'inspire.

Ajoutez à cela un rythme un peu trop inégal (six épisodes de 45 minutes, pour un récit qui en méritait trois, au plus), et un gros reset final qui efface tous les événements tragiques du récit... et voilà : une nouvelle cuvée de Are you afraid of the dark ? qui se regarde, mais qui s'éloigne de plus en plus de ce qui faisait le charme du programme original.

À regarder en toute connaissance de cause.

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Les bilans de Lurdo - Christmas Yulefest 2021 - Lutins, saison 1 (2021)

Publié le 2 Janvier 2022 par Lurdo dans Aventure, Christmas, Critiques éclair, Drame, Fantastique, Horreur, Les bilans de Lurdo, Netflix, Noël, Review, Thriller, Yulefest, Danemark

Noël est derrière nous, 2022 est là, mais chez les Téléphages Anonymes, le marathon festif de la Christmas Yulefest continue jusque début janvier...

Lutins, saison 1 (Nisser, season 1 - 2021) :

Pour Noël, une famille citadine composée de Josefine (Sonja Steen), de son frère Kasper (Milo Campanale), et ses parents Mads (Peder Thomas Pedersen) et Charlotte (Lila Nobel) part pour une île danoise reculée. Rapidement, cependant, ils découvrent qu'une clôture électrique sépare les habitants de l'île d'un peuple de lutins carnivores dangereux... et que Josefine, en recueillant un bébé lutin blessé et en l'emmenant en secret, vient de déclencher la colère des habitants de la forêt.

J'ai envie de dire : encore une série Netflix, et encore une production sous-développée, avec ce programme de six épisodes qui ressemble fortement à un script de long-métrage (tout compris, ces six épisodes n'atteignent même pas les 2 heures) découpé de manière inutile pour produire une série de Noël.

Et si à la limite le produit fini était maîtrisé et intéressant ! Mais non, pas de chance, Lutins est un creature feature qui parvient à être totalement frustrant et agaçant, par la faute de son écriture et de son interprétation. À commencer par le problème principal : tous les personnages sont antipathiques, et sont délibérément rendus stupides par le scénario, pour que ce dernier puisse avancer.

On pourrait lister tous les points problématiques, depuis les problèmes de logique basiques (la clôture électrifiée miteuse et clairement insuffisante qui protège les habitants de l'île des lutins, le fait que l'île accueille des touristes alors que les habitants n'en veulent clairement pas et que les lutins sont sanguinaires) jusqu'à la caractérisation balourde (Karen présentée comme la grande méchante de l'histoire, alors que c'est la seule qui a un semblant de jugeote et de cerveau ; les parents de Josefine et Kasper qui n'ont pas la moindre autorité et se laissent marcher sur les pieds), en passant par un récit reposant entièrement sur une jeune protagoniste insupportable et immature (elle n'en fait qu'à sa tête du début à la fin, boude lorsqu'on lui dit non, enlève un bébé lutin, décide d'en faire son animal domestique même après l'avoir vu dévorer un chat, est responsable de la mort de nombreuses personnes sur l'île, tue un lutin adulte... et n'apprend absolument rien de ses erreurs, puisque - spoilers - tout se finit bien pour elle, que sa famille s'en sort indemne, qu'elle est même félicitée par sa mère... et qu'elle repart avec le bébé lutin !), à l'interprétation très inégale (par moments, on frise l'autisme)....

Mais au final, ce qui ressort de ce Nisser, c'est que le tout est assez creux et inabouti, à l'image de la pseudo-romance de Kasper avec une jeune habitante de l'île (guère plus convaincante que Josefine dans son jeu inexpressif). En fait, c'est tellement simpliste qu'on en vient même à se demander si Nisser n'était pas un projet de film familial bricolé après son écriture pour rentrer dans un cadre Netflix plus adulte et sériel...

Bref, difficile de s'inquiéter du sort de personnages antipathiques et sous-développés, qui ne paient jamais leurs erreurs ou leurs choix (les scénaristes voient clairement la famille comme une unité attachante qui doit se ressouder dans l'adversité ; le spectateur, lui, voit plutôt une bande de têtes à claques qui arrivent sur une île, ignorent tous les avertissements et toutes les règles locales, et repartent indemnes après avoir ravagé l'équilibre millénaire qui existait sur place et tué indirectement tout une communauté) et tout aussi difficile de se ranger du côté des lutins qui (à l'image de l'ensemble du programme) sont survolés et rarement mis en valeur à l'écran.

M'enfin bon, au moins le petit lutin est mignon et visuellement réussi (on ne peut pas en dire autant des lutins adultes, joués par des personnes en costumes).

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Christmas Yulefest 2021 - 01 - Maman, j'ai raté l'avion ! Ça recommence (2021)

Publié le 29 Novembre 2021 par Lurdo dans Review, Critiques éclair, Cinéma, Comédie, Action, Jeunesse, USA, Noël, Christmas, Yulefest, Disney

C'est bientôt Noël : chez les Téléphages Anonymesc'est l'heure du marathon de cinéma festif de la Christmas Yulefest, et ce jusque début janvier...

Maman, j'ai raté l'avion ! Ça recommence (Home Alone 6 : Home Sweet Home Alone - 2021) :

Alors que toute sa famille part passer Noël au Japon, Max (Archie Yates) se retrouve seul dans sa luxueuse demeure, et doit apprendre à se débrouiller lorsque deux cambrioleurs, Pam (Ellie Kemper) et Jeff (Rob Delaney), tentent de s'introduire chez lui pour récupérer un objet de valeur...

Énième déclinaison de l'indéboulonnable Home Alone de Chris Colombus et John Hughes, ici confiée à la réalisation de Dan Mazer (Dirty Papy, The Exchange) et de deux comiques du Saturday Night Live, ce reboot/remake du Maman, j'ai raté l'avion ! de 1990 prouve une fois de plus que l'alchimie de l'original est inimitable, après quatre autres suites de moins en moins probantes.

En même temps, le film abat toutes ses cartes dans ses cinq premières minutes : le jeune "héros" est immédiatement insupportable, impertinent, irrespectueux, tête à claques, sa mère n'est guère mieux (elle est du genre à s'incruster dans une maison porte-ouvertes pour que son fils y fasse ses besoins), et les deux "cambrioleurs" de service sont un couple de parents ayant des problèmes d'argent, et cherchant à récupérer une antiquité de valeur que l'antipathique protagoniste gâté leur a apparemment volée.

Oui, cette version de Home Alone fait bien de ses criminels des victimes, et du garçonnet un petit con privilégié... mais le film ne semble jamais avoir conscience de ce côté guerre des classes et de cette inversion des valeurs, trop préoccupé qu'il est à suivre les grandes lignes de l'original, et a présenter le tout comme le combat héroïque d'un enfant contre des intrus incompétents (pendant 15 minutes, pas plus : tout le reste n'est que de la mise en place et du remplissage avant et après la tentative d'effraction).

Des intrus qui sont pourtant humanisés outre-mesure, tant dans leurs problèmes financiers que professionnels, voire même familiaux, puisqu'on a droit à des scènes totalement inutiles avec le frère de Jeff, sa compagne et leur enfant, puis dans la maison de retraite où ils participent à un concert caritatif, à l'Église, avec l'agent immobilier, etc, etc, etc. Ce qui crée un joli paradoxe lorsque vient le moment du slapstick sadique et des pièges dont ils sont victimes, puisque le métrage nous demande alors de nous ranger du côté d'un Max sous-développé et énervant, tandis qu'il brutalise ce couple un peu paumé.

Ajoutez à cela de l'humour assez plat, des caméos inutiles de nombreux collègues des scénaristes (souvent sous-exploités), des chutes téléphonées, des références anachroniques (la parodie de Scarface), et des clins d'œil balourds à la franchise originale (caméo éclair du frère de Kevin McAllister en officier de police du quartier, dialogues médiocres du genre "are you saying they left you.... home alone ?" et "pourquoi ils s'échinent à faire des remakes, c'est toujours moins bien que les films originaux !" accompagnés d'un coup de coude au spectateur), de l'émotion artificielle et forcée vers la fin, et voilà, probablement l'un des plus mauvais épisodes de la franchise.

Reste la musique de John Debney, qui recycle tant bien que mal les thèmes musicaux de John Williams, sans réussir à transcender la platitude absolue de cette production Fox récupérée par Disney.

1.5/6

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Les bilans de Lurdo : Saturday Morning All Star Hits! - saison 1 (2021)

Publié le 21 Mai 2022 par Lurdo dans Animation, Anthologie, Comédie, Critiques éclair, Les bilans de Lurdo, Review, Netflix, USA

Huit épisodes d'une vingtaine de minutes au programme de cette série conçue par Kyle Mooney, produite par Lorne Michaels, et qui évoque énormément les sketches décalés et parfois malaisants de Mooney pour le Saturnay Night Live de Lorne... des concepts un peu bizarres, souvent dépressifs, et qui ici sont développés sur plus de quatre heures, pour le meilleur et pour le pire...

Saturday Morning All Star Hits! - saison 1 (2021) :

Le destin de Skip (Kyle Mooney) et Treybor (Kyle Mooney), frères jumeaux animateurs d'une émission de cartoons pour enfants, le Saturday Morning All Star Hits !, alors même qu'ils sont confrontés au succès, à la jalousie... et à un meurtre.

C'est probablement ce qui saute tout de suite aux yeux : avec ses perruques approximatives et l'omniprésence de Mooney à l'écran, SMASH! donne vraiment l'impression d'être une suite d'idées de sketches proposées par Mooney au SNL, et refusées pour des raisons diverses et variées.

Une suite de sketches qui n'est pas sans évoquer l'étrangeté d'autres courts-métrages, ceux diffusés sur Adult Swim : en mêlant les formats et les supports (dessin animé, émission tv, flash info, publicités, bande-annonces, etc), le côté nostalgique des années 80-90, et en apportant une noirceur notable à ses visuels ultra-flashys, SMASH semble parfois lorgner sur Too Many Cooks et autres productions de ce genre.

La forme et le fond se mêlent ainsi et évoluent au gré de la saison, commençant par une émission jeunesse assez typique de la télévision américaine de l'époque : les jumeaux présentent des cartoons, ces cartoons sont très dérivatifs (une parodie de Denver le dernier dinosaure, une autre des Bisounours, une des Cosmocats), et dès le pilote, on réalise qu'un ton très particulier s'installe dans SMASH : la popularité d'un des jumeaux pèse à son frère, Randy le dinosaure est dépressif et a des problèmes de couple, les Create-A-Crittles sont un quatuor d'oursons artistes pédants fonctionnant à la drogue, les Strongimals sont des guerriers ultra-violents qui prêchent la paix... puis arrivent les ProBros, frères cadets de superstars du sport qui jalousent leurs aînés, Lil' Bruce, un dessin animé racontant l'enfance problématique d'un comique de stand-up raté (personnage issu du SNL, d'ailleurs), etc.

Bref, le show évolue rapidement sur le fond, à mesure que Skip devient une superstar, que son personnage phagocyte totalement le cartoon Strongimals, qu'il tourne un long-métrage avec Johnny Rash (l'équivalent de Johnny Depp), et que son frère devient de plus en plus amer.

En parallèle, au travers de bulletins d'information, on apprend la disparition d'un duo de jeunes acteurs (Geraldine Viswanathan, Dylan Sprouse) liés de près à Rash, et le tout dégénère bien vite, jusqu'à une conclusion absurde et improbable.

Le seul problème, en fait, c'est le format. Avec ses épisodes de plus de 25 minutes, SMASH prend largement son temps (surtout dans la première moitié de la saison), présentant des épisodes entiers de Strongimals, des Crittles et de Randy (doublés par des noms connus - Paul Rudd, Emma Stone)... ce qui, au bout d'un moment, a tendance à lasser. Le programme prend son temps, parfois trop, et la parodie n'est pas toujours suffisamment percutante ou pertinente pour mériter de s'étendre aussi longtemps sur ces cartoons, d'autant que la chute n'est pas toujours à la hauteur de la mise en place.

Probablement qu'avec des épisodes de 20 minutes, tout au plus, j'aurais mieux apprécié le programme et ses ambitions. En l'état, SMASH! m'a globalement diverti, sans jamais vraiment me passionner : il manque à mes yeux un petit quelque chose pour que le tout se défasse vraiment de son image de sketch du SNL en version longue.

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Les bilans de Lurdo : Peacemaker, saison 1 (2022)

Publié le 26 Juin 2022 par Lurdo dans Action, Comédie, DCEU, DC, Thriller, Télévision, Les bilans de Lurdo, Critiques éclair, USA, HBO Max, Fantastique, Science-Fiction, Science Fiction

Première série télévisée de James Gunn, Peacemaker promettait quelque chose d'intéressant : réussir à prendre l'un des antagonistes de son Suicide Squad, interprété par le catcheur John Cena, pour en faire le quasi-héros de cette série improbable en 8 épisodes d'une petite heure...

Peacemaker, saison 1 (2022) :

À peine remis de ses blessures subies au Corto Maltese, Peacemaker (John Cena) est recruté par une équipe d'ARGUS (Danielle Brooks, Chukwudi Iwuji, Jennifer Holland, Steve Agee) pour prendre part au Projet Butterfly, qui a pour mission d'éliminer un certain nombre d'hommes et de femmes de pouvoir supposément possédés par des extraterrestres...

Première série télévisée chapeautée et écrite par James Gunn, un réalisateur/scénariste au style et aux gimmicks récurrents auxquels on accroche ou pas : brutalité assez frontale, sens de l'humour prononcé et souvent potache/graveleux, musique rétro utilisée façon juke-box, et sentimentalité assez prononcée - autant d'éléments que l'on retrouve ici, dans ce spin-off de son The Suicide Squad.

Un spin-off qui placera les fans de Gunn (et notamment de ses Gardiens de la Galaxie) en terrain familier, puisqu'on retrouve ici le même type de groupe disparate dysfonctionnel, les mêmes notions de famille recomposée, de traumatisme infantile, de daddy issues/rapport conflictuel à un père hostile et malfaisant, les mêmes archétypes au sein du groupe (un héros un peu bête, un sidekick ultraviolent comic-relief, un personnage féminin badass qui est la seule compétente du lot...), le même type d'illustration musicale (le personnage principal est fan d'un type de musique particulier, et passe son temps à en écouter) et d'ouverture (ici complètement chorégraphiée, et qui est instantanément devenue un meme en ligne), etc.

Un projet dans la droite continuité des œuvres précédentes de Gunn, donc, et qui bénéficie des mêmes qualités et des mêmes défauts : c'est amusant, rythmé, bourré d'idées décalées, ça donne sa chance à des interprètes inattendus (Freddie Stroma est plutôt drôle en fanboy/sidekick sociopathe, John Cena se donne totalement à son rôle), mais ça use et abuse aussi un peu trop du côté juke-box de la bande originale, au point que les morceaux rock paraissent un peu envahissants, pour ne pas dire forcés.

Ce qui a affaibli un peu pour moi certains passages se voulant plus émotionnels ou mémorables ; la toute fin de la saison, notamment, m'a un peu déçu, tout comme la tendance de Gunn à structurer son groupe de bras cassés incapables autour d'une "maman" badass qui gère tout le monde (ailleurs, c'était Gamora ou Waller, ici, c'est la compagne de Gunn). Et puis l'humour graveleux a aussi ses limites, honnêtement.

Reste que, malgré tous ces défauts inhérents à la carte blanche laissée à Gunn par la Warner/HBO Max, le tout fonctionne plutôt bien comme entreprise de réhabilitation d'un Peacemaker bourré de failles psychologiques. Adieu le Peacemaker vantard et radical de The Suicide Squad, place à un Peacemaker qui se remet en question, qui fait face aux démons de son passé (dont un visuellement très littéral), et qui est très attaché à son pygargue domestique, Eagly (une vraie réussite de la saison, que ce soit au niveau des gags ou de l'animation du volatile numérique).

Effets spéciaux convaincants, interprétation plutôt solide (quelques moments un peu en dessous, mais rien de bien méchant), un John Cena qui porte la série sur ses épaules, bref, ça se regarde plutôt sympathiquement, pour peu que l'on ne soit pas trop gêné par les tics habituels d'écriture de Gunn.

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Les bilans de Lurdo : The Afterparty, saison 1 (2022)

Publié le 10 Juillet 2022 par Lurdo dans Comédie, Critiques éclair, Review, Télévision, Romance, USA, Thriller, Les bilans de Lurdo, Animation, Anthologie, Policier, AppleTV

Initialement conçue comme un long-métrage par Christopher Miller (du duo Lord et Miller - les 21 Jump Street, le film Lego, Spider-man : New Generation), The Afterparty est une série comico-policière en 8 épisodes d'une trentaine de minutes (diffusés sur Apple TV), qui surfe sur la vague des murder-mysteries, pour en proposer une version rigolarde très inspirée du format de Rashomon, et à deux doigts de l'anthologie...

The Afterparty, saison 1 (2022) :

Lors de l'after d'une réunion des 15 ans d'une classe de San Francisco, Xavier (Dave Franco), superstar de la musique, est retrouvé mort dans des circonstances mystérieuses. L'inspecteur Danner (Tiffany Haddish) mène l'enquête, et interroge ainsi toutes les personnes présentes à la fête...

Au programme, donc, 8 épisodes pour de nombreux témoins, l'inspectrice et la victime, avec pour postulat des épisodes narrés du point de vue de chacune des personnes présentes, et faisant référence à un genre cinématographique ou télévisuel différent.

On a ainsi un épisode d'introduction qui présente le concept de deux façons différentes, d'abord au travers du personnage Indigo (Genevieve Angelson), hipster racontant la soirée façon film d'auteur en noir et blanc, puis d'Aniq (Sam Richardson), concepteur d'escape room et suspect principal, à l'approche comédie romantique de sa vie et de ses rapports avec Zoë (Zoë Chao).

Une mise en place assez chargée en références méta pas forcément indispensables (un peu comme si le spectateur était trop bête pour comprendre qu'on parodiait une rom-com, et qu'il fallait lui souligner tout en détail), mais qui se regarde tranquillement.

S'ensuivent un épisode façon film d'action, où Brett (Ike Barinholtz), l'ex de Zoë, à mi chemin entre un Mark Whalberg du pauvre et un Vin Diesel obsédé par "la famille", propose un récit plus graveleux et égocentrique (la poursuite en voiture finale, avec la fillette, était amusante) ; une comédie musicale centrée sur Yasper (Ben Schwartz), dans un épisode surprenant car très réussi ; un thriller psychologique à deux doigts du slasher, consacré à Chelsea (Ilana Glazer), ex-maîtresse de Brett et désireuse de se venger de Xavier pour une humiliation passée ; un teen movie narré en flashback par Walt (Jamie Demetriou), le lycéen transparent et invisible dont personne ne se souvient jamais, mais qui explique tous les tenants et aboutissants des relations des autres suspects.

Puis un épisode entièrement animé par lequel Zoë explique les différentes facettes de sa personnalité, et comment elle tente constamment de les équilibrer ; une série policière, lorsque Danner explique comment elle est devenue inspectrice de police ; et enfin une émission pour enfants (avec marionnettes, bruitages et cabotinage outrancier) lorsque Danner interroge la fille de Brett et de Zoe, avant de parvenir à sa conclusion...

Tout un éventail de genres et d'approches, donc, plus ou moins réussis et intéressants (la série policière m'a laissé de marbre - déjà que le numéro habituel de Tiffany Haddish a tendance à me lasser, mais là, en prime, en mode The Rookie très premier degré et sérieux, mwébof ; l'épisode film d'action ne m'a pas particulièrement séduit ; la comédie musicale, par contre, m'a très agréablement surpris), pour un programme qui n'aurait jamais pu passer tel quel sur une chaîne normale, et est donc idéal pour les plateformes de VOD.

Amusant et bien conçu, ça mérite le coup d'œil si l'on aime les whodunnit ou la distribution, mais ça ne restera pas forcément dans les annales pour autant, car le tout est probablement un peu trop inégal au niveau structure et intérêt de tous les épisodes pour vraiment transformer l'essai.

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Critiques éclair - Star Trek Discovery 4x05-06 (2021)

Publié le 26 Février 2022 par Lurdo dans Action, Aventure, Critiques éclair, Les bilans de Lurdo, Review, Science Fiction, Science-Fiction, Star Trek, Télévision, USA, CBS, Discovery

Après deux premiers épisodes qui retrouvaient (pour le meilleur et pour le pire) la formule habituelle de la série, et deux épisodes suivants particulièrement soporifiques et faisant du surplace, Star Trek Discovery semble bien mal partie pour redresser la barre... mais on n'est jamais à l'abri d'une surprise.

Star Trek Discovery, saison 4 (2021) :

- 4x05 - The Examples : Alors que le Discovery et la Fédération doivent évacuer une colonie menacée par l'anomalie, Burnham et Booker découvrent qu'une poignées de détenus sont encore enfermés dans leur prison. En parallèle, un célèbre scientifique risan (Shawn Doyle) arrive à bord pour tenter de percer les secrets de l'anomalie...

Ah, il y a du mieux, probablement parce que l'épisode est formellement plus Trekkien, dans le sens traditionnel du terme, avec son génie scientifique arrogant d'un côté, et son dilemme moral de l'autre (assez convenu, mais joliment interprété par Michael Greyeyes).

Bon, cela dit, ça n'empêche pas le tout de paraître assez forcé : le raisonnement logique amenant à la découverte des origines artificielles de l'anomalie sort un peu de nulle part et paraît catapulté (quand bien même, Discovery oblige, on s'en doutait), surtout après quatre épisodes durant lesquels on ne savait absolument rien du phénomène : là, soudain, en un claquement de doigts, on en connaît tout le fonctionnement, et on devine qu'elle est fabriquée par quelqu'un ; le délai ultra-serré de l'évacuation paraît bien artificiel, histoire d'imposer un rythme et du suspense à l'épisode ; les scènes de pseudo-action opposant Burnham/Booker aux systèmes de sécurité de la prison ne sont là que pour étoffer un peu l'épisode...

Bref, il y a du mieux, comme je le disais, mais il reste plein de scories, comme ce passage éclair de Tig Notaro, dont la production s'est soudainement souvenue de l'existence, ou encore le fait qu'une fois de plus, c'est Burnham qui sauve tout le monde, pendant que le reste de l'équipage reste à bord du vaisseau...

- 4x06 - Stormy Weather : Le Discovery s'engage dans la faille subspatiale créée par l'anomalie, pour tenter d'en découvrir l'origine. Mais l'espace qui s'y trouve est corrosif, et le vaisseau est rapidement en danger...

Au. Secours.

Pourtant, au début, j'étais enthousiaste : un épisode d'exploration de l'espace occupé par l'anomalie, réalisé par Jonathan Frakes, et qui semblait partie pour adopter une structure assez classique, très SF (le postulat évoque ainsi de multiples épisodes préalables de Star Trek, ce qui n'est pas forcément un mal, en théorie : l'originalité, c'est bien, mais il est toujours possible de parvenir à aborder un sujet familier sous un angle original).

Et puis non, l'épisode retombe rapidement dans le tout-thérapie habituel de la série, avec ces personnages qui se confient en long, en large et en travers sur leurs sentiments et leurs traumatismes émotionnels et psychologiques.

Ici, c'est Zora, l'ordinateur du vaisseau, qui nous fait une crise d'anxiété (!), résolue grâce aux conseils de Gray (il faut bien que le personnage serve à quelque chose) et de Burnham (forcément). Une Zora qui s'épanche sur ses états d'âme, et qui finit même par chanter une petite chanson à Michael lors d'un moment de grande tension (qui est, à l'écran, assez ridicule, honnêtement).

À côté, Booker a aussi des états d'âme dont il débat avec une vision de son père défunt, dans une sous-intrigue qui fait très clairement pièce rapportée... et comme le plus gros de l'épisode est occupé par tous ces dialogues pleins de pathos et d'émotion, ça ne laisse que peu de place à la cohérence et à la logique.

On se retrouve ainsi avec un équipage aux décisions impulsives et discutables, avec énormément de technoblabla encore plus approximatif que d'habitude, avec de grosses ficelles narratives assez bancales, et avec des scènes qui font grincer des dents, comme cette marche au ralenti de Burnham sur fond de musique dramatique et de gerbes d'étincelles, ou encore la chanson de Zora - parce que oui, plus que jamais, seule Burnham est capable de sauver tout l'équipage, en restant seule aux commandes du vaisseau alors que tout le monde se met à l'abri.

C'est assez lassant, et l'hypothèse d'une menace venue d'outre-galaxie me laisse en plus assez dubitatif.

 

(à suivre)

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Les bilans de Lurdo : Star Trek Lower Decks, saison 2 - deuxième partie : 2x04-06 (2021)

Publié le 25 Septembre 2021 par Lurdo dans Action, Animation, Aventure, CBS, Comédie, Critiques éclair, Les bilans de Lurdo, Review, Science Fiction, Science-Fiction, Star Trek, Télévision, USA, Lower Decks

Avec son début de saison 2, Lower Decks semble s'être un peu calmée, du moins en ce qui concerne son rythme frénétique : les épisodes respirent un peu plus, les acteurs ne débitent plus leurs dialogues à 200 à l'heure, et le show devient ainsi plus supportable. Heureusement, d'ailleurs, parce que sinon, la formule ultraréférentielle de la série reste la même, toujours centrée sur Mariner - on adhère ou pas.

Lower Decks, saison 2 - deuxième partie (2021) :

- 2x04 - Le Cerritos est dépêché sur une planète où un Mugato sauvage a été repéré, et Mariner découvre aussitôt que des Ferengis sont responsables de cette présence ; Boimler et Rutherford se persuadent que Mariner travaille pour les services secrets de Starfleet ; Tendi reçoit pour mission de traquer, à bord du Cerritos, les officiers refusant de passer leur visite médicale ; un extraterrestre tente d'arnaquer le Capitaine Freeman...

Un épisode frustrant, car il y a du bon (l'intrigue et la résolution des Ferengis/Mugatos, la recherche de confiance en soi de Tendi), malheureusement parasité par le fanservice facile habituel à la série (j'espère qu'un jour, les scénaristes comprendront qu'énumérer littéralement, dans des dialogues, les clichés de la franchise, voire même citer les titres des épisodes auxquels on fait référence, c'est le degré zéro de l'écriture), par son humour facile (les Mugatos qui couchent ensemble pendant qu'un troisième se masturbe, la CMO qui se comporte comme un chat) et prévisible (le spécialiste en Mugatos qui ne fait pas long feu), et par des sous-intrigues multiples uniquement là pour donner quelque chose à faire à tout le monde et remplir un peu le tout (Freeman/l'alien).

Après, le tout se cristallisait plutôt bien vers la fin, donc ça allait encore.

- 2x05 - Le Cerritos accueille à son bord un ambassadeur (Richard Kind) dont la moindre émotion forte provoque la division en deux clones, tandis que Tendi et Rutherford fabriquent un modèle réduit du vaisseau, et que Boimler et Mariner partent assister à une méga-fête donnée à l'occasion d'une conférence entre vaisseaux de Starfleet...

Un épisode qui a bon fond (Boimler et Mariner qui crèvent l'abcès de leur ressentiment, l'équipage du Cerritos qui fraternise dans le bar), mais dont la forme laisse assez à désirer, entre une intrigue dupliquant celle de The Trouble with Tribbles (mais avec un ambassadeur en lieu et place des tribules, et en mode Rick et Morty), une poursuite en voiture totalement inutile et longuette, et une sous-intrigue Tendi/Rutherford qui ne sert à rien...

Pas forcément désagréable à regarder, mais très anecdotique et oubliable.

- 2x06 - Le Cerritos tente de négocier un traité de paix avec les Pakleds, pendant que Tendi, Rutherford et Mariner sont chargés de récolter tous les artefacts dangereux présents à bord, à mettre au rebut ; Boimler, lui, attire l'attention d'un groupe d'enseignes ambitieux et dynamiques, qui le relookent...

Un peu le même problème que le précédent : ce n'était pas mauvais, mais ce n'était pas bon non plus. Et je n'ai pas grand chose à en dire : très quelconque, en somme, entre le relooking de Boimler, le slapstick des trois autres avec leurs objets bizarres, et l'intrigue des Pakleds, assez générique et répétitive.

Les scénaristes semblent trouver ces derniers totalement hilarants, alors qu'en fait, ça se limite trop souvent à un gag récurrent ("les Pakleds sont bêtes") qui tourne rapidement à vide... et ça s'arrête là. Alors oui, pour passer 25 minutes dans le monde de Star Trek, ça va encore, mais globalement, encore un épisode assez peu mémorable.

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Critiques éclair - Star Trek Discovery 1x02 & The Orville 1x03

Publié le 1 Octobre 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Télévision, Science-Fiction, Star Trek, Comédie, Drame, Action, Aventure, CBS, Netflix, Fox, Orville, Discovery

​Après le pilote de Star Trek Discovery, diffusé sur CBS aux USA, la série continue... exclusivement sur la plate-forme de VOD de la chaîne... pour la seconde moitié du pilote... une seconde moitié qui fait à peine 35 minutes une fois dépouillée de ses génériques.

​Star Trek Discovery 1x02 :

Confronté à toute une flotte composée des 24 Maisons de l'Empire Klingon, le Shenzhou et son équipage sont dans une situation périlleuse... aggravée par la trahison de Michael Burnham.

Sans surprise, on a donc là affaire à une seconde moitié de pilote, une moitié tellement courte qu'on ne peut qu'en déduire que CBS a arbitrairement découpé le pilote original pour en optimiser la rentabilité, et inciter les fans à s'abonner à leur service de VOD...

Et sans surprise, toujours, les défauts et qualités du pilote sont toujours présentes : c'est spectaculaire, mais c'est inutilement bavard ; les caméras sont toujours penchées sans raison ; les ficelles narratives sont toujours un peu trop grosses pour leur propre bien (Georgiou qui part seule avec Michael - pourtant suspendue et indigne de confiance - se téléporter sur le vaisseau ennemi pour tenter de placer un Klingon en état d'arrestation.... mouais), les Klingons sont toujours problématiques et caoutchouteux (et, plus ennuyeux, ils sont dépourvus du moindre sens de l'honneur), et Michael Burnham ne me convainc toujours pas, trop émotive, trop tête brûlée, et ne correspondant pas vraiment à l'image qu'en donnent les dialogues et les flashbacks.

(ah, et j'ai un peu de mal avec cette version de Sarek, qui manque un peu du charisme et de la présence de Mark Lenard)

Pour couronner le tout, ce pilote semble ne servir que de gros prologue au reste de la série, une introduction détachée du reste, qui devrait voir Burnham sortie de prison et assignée au Discovery, comme un certain Tom Paris en son temps. Pourquoi pas... mais l'on peut se poser la question de la pertinence d'une telle technique pour vendre la série : on propose au spectateur un pilote coupé en deux, présentant des personnages, un vaisseau et une situation qui ne sont pas vraiment représentatifs de ce que sera la série ensuite, et on espère que cela suffira à convaincre le fan de payer pour voir la suite..

Mouais. Pour l'instant, Star Trek Discovery n'est pas un désastre, mais j'espère tout de même que ça proposera à l'avenir quelque chose de plus.substantiel que des Klingons qui débattent entre eux, et une héroïne qui pourrait en remontrer à Janeway au rayon décisions improbables...

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The Orville, elle, continue son bonhomme de chemin, après deux premiers épisodes particulièrement laborieux et mitigés, peinant à conjuguer humour bas de plafond et pastiche de Star Trek : The Next Generation...

The Orville 1x03 - About a Girl :

Bortus et son époux viennent d'avoir une fille, ce qui va à l'encontre des traditions de leur peuple, et ils décident de l'opérer pour qu'elle devienne un mâle ; l'équipage de l'Orville s'oppose à eux.

Troisième épisode de The Orville, un épisode qui a fait dire à de nombreux critiques et spectateurs que la série était soudain devenue une digne héritière de la franchise Star Trek, et un programme à ne pas rater...

Pourtant, MacFarlane ne fait que continuer à y reprendre à la lettre la formule Next Generation, en la pastichant fidèlement, avec cette semaine, le classique débat philosophique et sociétal qui se finit devant un tribunal, façon La Mesure d'un Homme. Et si l'intention est louable (et que le tout est clairement un pas dans la bonne direction), il faut reconnaître que l'exécution est vraiment trop simpliste pour être à ce point applaudie.

Non seulement les arguments apportés par l'équipage de l'Orville sont particulièrement faibles, mais tout le déroulement de l'intrigue manque de profondeur et de pertinence : en somme, ça ne fait pas vraiment avancer le débat, ça n'est pas particulièrement intelligent ou original, et ça fleure franchement de déjà vu, notamment du côté de chez Trek ou de Babylon 5.

Et comme en plus, il y a toujours cette couche d'humour pas très fin qui enrobe le tout (le blob qui tente de séduire le Docteur en lui montrant l'un de ses gros pseudopodes), et que Halston Sage bénéficie toujours d'un temps de présence indu par rapport à son utilité et à son intérêt (m'enfin bon, ça paie de sortir avec MacFarlane... demandez donc à Palicki), l'ensemble paraît toujours assez moyen, et surtout bien trop simpliste et basique.

Même si, encore une fois, ça avance - très lentement - dans la bonne direction.

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Les bilans de Lurdo - Halloween Oktorrorfest 2021 - Wellington Paranormal, saison 3 (2021)

Publié le 3 Octobre 2021 par Lurdo dans Comédie, Critiques éclair, Fantastique, Horreur, Les bilans de Lurdo, Halloween, Oktorrorfest, Review, Science-Fiction, Thriller, Télévision, Wellington

L'Halloween Oktorrorfest touche aussi le petit écran, avec chaque week-end, durant tout le mois d'octobre, des critiques de séries fantastiques et horrifiques...

Wellington Paranormal, saison 3 (2021) :

La suite des enquêtes de Minogue (Mike Minogue) et O'Leary (Karen O'Leary), officiers de police pas très doués de la ville de Wellington, en Nouvelle-Zélande, accompagnés du Sergent Maaka (Maaka Pohatu), et qui sont chaque jour confrontés au surnaturel...

Mais avant de commencer la saison, place à toute une série de mini-vidéos informatives tournées pour le compte de la police néo-zélandaise, dans la droite lignée du spot publicitaire de recrutement de 2018, et de ces quatre vidéos de prévention estivale. Ici, le sujet est la COVID, avec (très logiquement) 19 petits messages de prévention de deux-trois minutes environ, tous visibles sur YouTube : de quoi se remettre dans le bain, avant d'enchaîner sur les six nouveaux épisodes de cette saison 3.

Une saison tout aussi dense que les précédentes (cf la saison 2), mais qui n'en est pas moins amusante : dès le premier épisode, avec son entité invisible arrêtée par Minogue et O'Leary et ramenée au commissariat, le ton est donné. Un début de saison simple mais efficace et absurde, aux effets spéciaux efficaces. Le show continue ensuite avec une chasse au sasquatch local dans la forêt, l'occasion pour Jemaine Clement (à l'écriture et à la réalisation) de ramener Rhys Darby et de lui faire reprendre son rôle de loup-garou de Vampires en toute intimité.

On passe ensuite à un épisode plus chargé en effets spéciaux, puisque la police est confrontée à ses peurs les plus primordiales, lorsque le gérant d'une maison hantée de Wellington s'avère être un Ça, à savoir une entité protéiforme se nourrissant de la peur d'autrui. Un peu plus sérieux, un peu plus d'effets spéciaux et (malheureusement) un peu plus de Parker, le collègue (encore plus) incapable de Minogue et O'Leary - une tendance qui se confirme au gré de ces six épisodes.

Petite baisse de régime pour l'épisode sur des supporters fantômes bourrés, habillés comme Charlie, et qui se cherchent des partenaires de beuverie en ville : à nouveau, trop de Parker, et un épisode reposant principalement sur le gag de "Où est Charlie ?", qui finit par tourner à vide.

Heureusement, ça repart de plus belle ensuite, avec une météorite qui s'écrase sur Wellington et donne des pouvoirs nazes aux membres d'un groupe de surveillance du voisinage, qui s'improvisent justiciers : plutôt rigolo et gentiment débile, avec un Parker qui devient un aimant vivant ; enfin, pour conclure, une masse de graisse sentiente qui sort des égouts et dévore les habitants du quartier - une fin de saison plus spectaculaire et sérieuse, mais toute aussi déjantée.

Dans l'ensemble, en cette saison 3, la série reste égale à elle-même : amusante, absurde et décalée. Tout au plus regretterai-je la présence accrue de Parker (Thomas Sainsbury), le collègue idiot de l'équipe, et qui a quasiment droit à des sous-intrigues dédiées, souvent en compagnie du sergent Maaka : pas forcément très probant pour moi, ça rappelle un peu trop les sous-intrigues équivalentes autour de Colin, dans What We do in the Shadows - mais sans le côté sociopathe).

Après, ça reste un bémol mineur compte tenu du reste du programme, toujours aussi agréable à suivre et abouti, malgré la crise de la COVID.

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Les bilans de Lurdo : Miss Marvel, saison 1 (2022)

Publié le 24 Juillet 2022 par Lurdo dans Action, Aventure, Comédie, Jeunesse, Review, MCU, Marvel, USA, Critiques éclair, Télévision, Disney, Les bilans de Lurdo, Romance, Drame, Histoire, Inde

Après l'efficace Moon Knight, voici une nouvelle série Marvel prenant place dans la continuité du MCU, une série qui adapte ainsi les comic-books Ms. Marvel, l'un de ces titres issus de cette période durant laquelle Marvel frôlait un peu trop le woke-washing en mettant en avant de manière maladroite des personnages issus de minorités, ou en remplaçant des personnages établis par des versions rajeunies et plus dans l'air du temps.

Les comics Ms. Marvel, cependant, sont parvenus à établir une nouvelle héroïne, assez attachante et adorée des critiques, mais dont les aventures avaient une certaine tendance à tourner un peu à vide par moments, privilégiant le quotidien de Kamala, sa famille, ses origines, etc, à l'exploitation de son potentiel superhéroïque...

Miss Marvel, saison 1 (2022) :

Lorsqu'elle enfile un bracelet offert par sa grand-mère, Kamala Khan (Iman Vellani), jeune lycéenne musulmane du New Jersey, découvre qu'elle possède des pouvoirs incroyables, et qu'elle n'est pas tout à fait humaine. Mais les Djinns, un groupe de réfugiés d'une autre dimension, veulent ces pouvoirs pour retourner chez eux... et le gouvernement voit d'un mauvais œil le chaos causé par l'apparition soudaine d'une nouvelle super-héroïne immature et incontrôlable.

Sans surprise, il en va un peu de même dans cette adaptation télévisuelle assez libre des comics, avec un récit mettant délibérément en avant le côté brown muslim girl from Jersey, plutôt que les exploits de Ms. Marvel. Sauf qu'ici, contrairement au récit papier qui pouvait se montrer inégal dans son rythme et sa gestion du tout, c'est assez judicieux : portée par une distribution très attachante, Ms. Marvel s'intéresse aux notions de famille, d'immigration, de destin, d'héritage, de communauté, enrobant cette origin story dans une esthétique et une musique parfois très bollywoodienne... et c'est plutôt rafraîchissant.

Ça ne se prend pas trop au sérieux, c'est visuellement dynamique et inventif (surtout au début de la saison, un peu moins ensuite), les personnages sont sympathiques, et il se dégage une atmosphère très Spider-man des aventures de cette adolescente "normale", vivant dans un quartier solidaire, et admirative des exploits d'autres super-héros.

Certes, le tout est un peu plus girly que les aventures de Peter Parker, et la Partition indienne teinte toute la saison, comme un traumatisme inscrit dans les gênes de toute un peuple, mais on y retrouve un même sens de la communauté, une même mise en avant du serrage de coudes, et un même ton ludique et sincère qui rendent ces six épisodes très agréables à suivre.

Les origines de Kamala, d'ailleurs, sont réinventées d'une manière assez cohérente avec le reste du MCU : sur papier une Inhumaine (sorte de mutants-bis que Marvel a un temps essayé de faire passer au premier plan pour des questions de droits), Kamala est ici présentée comme la descendante de "Djinns", un surnom donné à des êtres venus d'une autre réalité (et tentant de provoquer une incursion fusion des deux univers). Une manière intéressante de lier le personnage au multivers actuellement développé par le MCU... mais aussi, grâce à un rebondissement de dernière minute dans le final, de faire de Kamala la première mutante, au sens strict du terme (avec thème musical de la série animée X-men en prime).

Une réécriture intrigante et inattendue, mais qui fonctionne, tout comme cette réinvention des pouvoirs de Kamala, qui passent de simili-Mr Fantastic à simili-Green Lantern, sans perdre pour autant leurs fondamentaux.

Malheureusement, tout cela se marie aussi aux antagonistes de la saison, les Clandestins/Djinns, probablement l'un des aspects les moins convaincants de cette première année : motivations basiques, pouvoirs mal définis, affrontement final un peu bâclé et résolution approximative, la sous-intrigue des Clandestins est un vrai point faible de cette saison, un peu comme si la production ne s'y intéressait pas plus que ça au delà de leur résonance thématique de "réfugiés loin de leur terre d'origine", privilégiant le reste de la vie de Kamala, et notamment tout son environnement ethnique, historique et religieux.

Autrement dit, le côté superhéroïque de la série est donc un peu faiblard en comparaison du reste... Soit l'un des problèmes qu'avait déjà le comic-book, comme je le disais au début, et qui se retrouve ici dans ce portage télévisuel.

Pas assez pour vraiment tirer vers le bas cette première saison agréable, mais tout de même à améliorer pour la suite. Car oui, il y aura forcément une suite, qu'elle soit sur le petit écran, ou sur le grand (comme l'entend la scène de post-générique).

(bilan Marvel/DC mis à jour !)

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Critiques éclair - Obi-Wan Kenobi, 1x01-03 (2022)

Publié le 19 Juin 2022 par Lurdo dans Review, Critiques éclair, Télévision, Action, USA, Science-Fiction, Aventure, Les bilans de Lurdo, Disney, Science Fiction, Star Wars, Fantastique, Obi Wan

Mini-série en six épisodes d'une heure chapeautée par Deborah Chow (réalisatrice de certains épisodes du Mandalorian) et par une équipe de scénaristes éclectiques (deux de chez Pixar, le réalisateur australien Stuart Bettie, le scénariste de Roi Arthur et Army of the Dead, et un scénariste récompensé aux faits d'armes  discutables - Blanche-Neige et le chasseur, The Snowman), Obi-Wan Kenobi replonge dans les anciennes trilogies, pour narrer le sort du personnage-titre après la prélogie, et juste avant A New Hope...

Obi-Wan Kenobi, saison 1 (2022) :

- 1x01 : Alors qu'il vit reclus sur Tatooine, loin de tout sauf de Luke Skywalker sur qui il garde un œil attentif, Obi-Wan (Ewan McGregor) est contraint de reprendre du service lorsque la jeune princesse Leia (Vivien Lyra Blair) est enlevée par des mercenaires aux ordres des sinistres Inquisiteurs impériaux...

Pas désagréable du tout, pour le moment, avec une mise en place forcément lente, qui montre un Obi-Wan hanté par les erreurs de son passé, vivant en ermite sur Tatooine, et refusant de s'engager de quelque manière que ce soit ; des Inquisiteurs très méchants et motivés (certains plus que d'autres) ; et surtout une jeune Princesse Leiïa adorable et attachante, particulièrement juste (ah, et il y a aussi Flea en mercenaire, why not ?).

Le tout établit un joli pont entre la fin de la prélogie et la postlogie, c'est plutôt bien rythmé et en faisant exception d'un maquillage ou deux un peu caoutchouteux, on peut être optimiste pour la suite.

- 1x02 : Obi-Wan arrive sur Daiyu, où se cachent les mercenaires ayant capturé Leia, et il y rencontre un arnaqueur (Kumail Nanjiani) se faisant passer pour un Jedi et connaissant l'emplacement de la fillette...

Un épisode à nouveau agréable, mais avec quelques défauts flagrants qu'il faut souligner : déjà, la durée de 38 minutes, tout compris, qui trahit un épisode taillé au montage. Et effectivement, cela se ressent nettement, notamment dans la transition arrivée sur Daiyu/rencontre de Kumail/découverte de Leia, qui est assez précipitée et brouillonne. Ou alors, c'est que les deux épisodes étaient conçu comme un pilote de 90 minutes, avec ce que ça implique de montage pour le diviser en deux.

Ensuite, et ça me peine de le dire, mais la série bénéficierait d'utiliser un peu plus les thèmes de John Williams : le thème composé par Williams pour Obi-Wan est agréable, mais quelques notes du thème de la Force, ou de celui de Vader auraient rendu deux des moments de l'épisode nettement plus puissants.

Après, j'admets que ces critiques sont du pinaillage. Mais cet épisode 2, tout regardable qu'il soit (et le duo Obi-Wan/Leia fonctionne bien), m'a semblé un peu en dessous du premier.

- 1x03 : En fuite, Leia et Obi-Wan arrivent sur une planète d'exploitation minière pour y retrouver un contact (Indira Varma) supposé les aider. Mais les inquisiteurs et Vader sont sur leurs traces...

Pas l'épisode le plus palpitant pour ce qui ressemble souvent à de la transition, qui sert surtout à rapprocher Leia et Obi-Wan (ce qui fonctionne plutôt bien), à offrir un caméo vocal à Zack Braff et à ramener sur le devant de la scène Darth Vader, incarné par le duo Christensen/James Earl Jones.

De quoi mettre en scène un "duel" qui n'en est pas un avec un Obi-Wan apeuré, rouillé et totalement dépassé par le monstre qu'est devenu Anakin, lequel massacre littéralement Obi-Wan sans que ce dernier, coupé de la force, ne puisse y faire quoi que ce soit.

Pas désastreux, mais ça manque un peu de rythme et d'ampleur visuelle - maintenant, je m'attends à ce qu'Obi-Wan, grièvement blessé, passe le prochain épisode entre la vie et la mort, hanté par des visions d'Anakin (et de Qui-Gon ?), avant de se réveiller à nouveau en harmonie avec la Force... ou quelque chose du genre.

 

(à suivre...)

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Un film, un jour (ou presque) #1716 : Being the Ricardos (2021)

Publié le 16 Août 2022 par Lurdo dans Amazon, Biographie, Cinéma, Comédie, Critiques éclair, Drame, Histoire, Review, Romance, Télévision, USA

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Being the Ricardos (2021) :

Au fait de leur gloire, dans les années 50, Lucille Ball (Nicole Kidman) et Desi Arnaz (Javier Bardem) sont frappés par plusieurs scandales simultanés : d'un côté, la rumeur des infidélités de Desi fait les choux gras de la presse à scandale, et inquiète Lucille ; de l'autre, l'appartenance supposée de cette dernière au Parti communiste remet en question tout ce que le couple a pu accomplir au fil des ans ; et puis il y a la grossesse de Lucy, qui chamboule tous leurs plans...

Après le documentaire d'Amy Poehler sur le couple Ball/Arnaz, j'ai eu envie de m'intéresser à ce biopic signé Aaron Sorkin, sorti sur Amazon, et qui tente de retracer la carrière du duo de manière incisive et originale.

Parce que forcément, qui dit Aaron Sorkin dit aussi une écriture très particulière, très bavarde, intelligente, mais aussi parfois hors sujet ou évidente : les grandes plages d'exposition historique et de remise en contexte placées dans la bouche des protagonistes, certains termes très modernes, la déconstruction même du script (qui utilise les scandales comme élément de base pour revenir, en flashbacks, sur les événements les plus importants de la vie du couple et de leur carrière, le tout encadré par des interviews pseudo-mockumentaires des collègues de Lucille et Desi, de nos jours, face caméra), des approximations délibérées à des fins dramatiques (tout le rapport de Desi au communisme, la chronologie globale), les "visions" de Lucille qui s'imagine les scènes à venir de ses épisodes, en noir et blanc, le format "personne géniale confrontée à l'hostilité du monde qui l'entoure, mais qui finit par triompher envers et contre tout", il y a plein d'éléments qui trahissent un peu l'identité du scénariste et son style si particulier, à la fois ambitieux, nerveux et un peu prétentieux.

Et puis il y a le problème Nicole Kidman, rendu encore plus évident après avoir vu le documentaire récemment : Kidman est excellente, et parvient parfaitement à reproduire la voix si particulière de Lucille Ball... mais elle ne lui ressemble pas du tout physiquement, ni dans sa gestuelle. Pire : le visage botoxé et couvert de latex (pour tenter de la faire ressembler un peu plus à Ball), Kidman est constamment un pied dans l'Uncanny Valley, pas assez expressive pour singer Ball, et d'apparence trop lisse pour paraître humaine.

C'est embêtant, malgré tous les efforts de l'actrice pour transmettre les émotions et le tourment d'une Lucille Ball stressée et constamment sous pression. Bardem passe mieux, dans un rôle de latin lover assez ironiquement en retrait par rapport à Kidman, mais tout aussi investi - reste que plusieurs choix créatifs sont problématiques, comme ces scènes où les deux acteurs sont numériquement rajeunis pour raconter leur rencontre.

Heureusement, autour du couple principal, la distribution secondaire est là pour assurer : JK Simmons, mais aussi, Tony Hale, notamment, qui est excellent dans un rôle plus sérieux et dramatique que ceux dans lesquels on a l'habitude de le voir.

Pour un semi-biopic, le style Sorkin ne convainc cependant que partiellement, tour à tour pertinent, surprenant, mais parfois aussi maladroit, fourre-tout ou gênant. Et comme le bonhomme est aussi derrière la caméra, le résultat est visuellement assez quelconque, pas très mémorable ou stylisé.

Plus gênant, peut-être, il ne parvient pas vraiment à retranscrire à l'écran l'énergie comique de Lucille Ball, préférant décrire tous ses autres aspects (professionnelle, exigeante, intelligente, volontaire, autoritaire, amoureuse, etc) - outre son visage figé (alors que Ball était ultra-expressive), Kidman n'a pas les facilités de Ball pour la comédie physique et pour le slapstick, et est donc réduite à exprimer le talent comique de celle-ci au travers de dialogues typiquement sorkiniens, au répondant acéré, mais qu'elle partage avec les autres personnages du film.

Bref, un biopic honorable, mais qui ne m'a que partiellement convaincu, trop brouillon, maladroit dans ses thématiques, et avec un couple principal un peu frustrant. Cela dit, ça reste tout de même intéressant.

3.75/6

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