Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
LES TÉLÉPHAGES ANONYMES

Il était une fois Lurdo & Sygbab, deux internautes passionnés de séries tv et de cinéma, et qui cherchaient un endroit où archiver leurs avis (semi) éclairés...

Résultat pour "good place"

Un film, un jour (ou presque) #889 - QUINZAINE SAINT VALENTIN : Juliet, Naked (2018) & Time Freak (2018)

Publié le 13 Février 2019 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Télévision, Comédie, Romance, St Valentin, Musique, Science-Fiction, Jeunesse

Pendant deux semaines, à l'occasion de la Saint Valentin, place aux grands sentiments et à la séduction, avec chaque jour plusieurs critiques de films romantiques...

Juliet, Naked (2018) :

Malheureuse et ressentant le besoin d'avoir un bébé, Annie (Rose Byrne) a l'impression de perdre son temps aux côté de Duncan (Chris O'Dowd), avec qui elle vit depuis des années, et dont elle ne partage pas la fascination obsédante et envahissante pour Tucker Crowe (Ethan Hawke), un obscur musicien américain ayant disparu des radars. Jusqu'au jour où Duncan la trompe, et, désormais seule, Annie reçoit un e-mail de Crowe. Bien vite, une romance épistolaire débute entre Annie et le musicien, un musicien paumé et has-been vivant dans le garage d'une ex, et dont les nombreux enfants sont éparpillés aux quatre coins de la planète...

Mouais. En théorie, on a un peu l'impression que Juliet Naked, adapté d'un roman de Nick Hornby, et produit par Judd Apatow, lorgne un peu sur le cinéma de Cameron Crowe, passionné par la musique, etc.

Ce qui, avec cette distribution sympathique, devrait donner quelque chose d'agréable à suivre... sauf qu'en fait, je suis vraiment resté de marbre face à cette histoire jamais très crédible, jamais très originale, jamais très drôle ou très romantique, et surtout, qui souffre de personnages peu attachants, entre la protagoniste passive coincée dans une vie malheureuse, et qui entame une relation sentimentale à distance avec l'idole de son compagnon ; ce dernier, un fanboy assez agaçant, et relativement mesquin (il n'y a qu'à voir la critique finale du nouveau disque de Crowe, une scène d'ailleurs assez amusante) ; et Crowe, un musicien tourmenté et n'assumant pas son talent, ni ses enfants.

Sans oublier la meilleure copine lesbienne, et les ex-femmes toutes plus acariâtres les unes que les autres.

Impossible de m'attacher autrement que superficiellement à ces personnages, et donc impossible de vraiment adhérer à ce métrage.

3/6 (parce que c'est regardable, et que ça ne dure pas trop longtemps)

Time Freak :

Stillman (Asa Butterfield), un petit prodige scientifique, invente une machine à remonter le temps, dont il se sert pour empêcher sa petite amie Debbie (Sophie Turner), une apprentie musicienne, de se séparer de lui. Avec son meilleur ami Evan (Skyler Gisondo), Stillman passe ainsi de moment marquant en moment marquant de sa vie de couple, espérant transformer cette dernière... pour le meilleur et pour le pire.

Hmmm.

Dans l'absolu, pourquoi pas : ce métrage indépendant, adapté d'un court par son créateur, n'est pas forcément d'une originalité folle (le voyage temporel comme moyen de retrouver l'élue de son cœur et d'éviter les erreurs du passé, c'est classique, ne serait-ce que l'année dernière, avec le When We First Met de Netflix), mais il est globalement bien filmé et interprété, et se regarde tranquillement. Le problème, en réalité, c'est le cœur même de ce métrage, la relation entre ce Stillman caractériel, coincé, manipulateur et jaloux, et une Debbie artiste, totalement victime des manipulations temporelles de son cher et tendre.

Avec un personnage principal moins irritant, ou avec un couple principal dont l'alchimie serait plus évidente (Butterfield ressemble plus au petit frère de Sophie Turner qu'à son compagnon), peut-être que tout ça aurait pu fonctionner sans problème.

Là, en l'état, ça coince un peu, et on se surprend à regretter la fin du film, en se disant que le personnage principal méritait un autre sort (alors que le personnage de Skyler Gisondo, lui, nettement plus attachant, connaît une véritable trajectoire intéressante).

Dommage.

3/6 - 0.25 pour le côté énervant du personnage principal = 2.75/6

​--

Et comme toujours, vous pouvez retrouver la liste complète de tous les films passés en revue sur ce blog dans le menu Index de haut de page, ou en cliquant directement sur ce lien....

commentaires

Halloween Oktorrorfest 2018 - 77 - Look Away (2018) & Stephanie (2017)

Publié le 6 Novembre 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Oktorrorfest, Halloween, Horreur, Fantastique, Thriller, Science-Fiction

Chez les Téléphages Anonymes, du 1er octobre à début novembre, on fête Halloween et l'Oktorrorfest, un marathon quotidien de cinéma fantastique et d'horreur....

Look Away (2018) :

Maria (India Eisley), adolescente déprimée, anorexique et angoissée, vit une vie misérable auprès de son père chirurgien esthétique (Jason Isaacs), infidèle, et de sa mère (Mira Sorvino), qui noie son désespoir dans l'alcool. Jusqu'au jour où elle s'aperçoit que son reflet dans le miroir s'adresse à elle, et quand "Airam" lui propose d'échanger un temps sa place dans le monde réel, Maria voit là un moyen d'échapper à tous ses problèmes. Mais Airam s'avère bien plus incontrôlable qu'il n'y paraît...

Un long métrage horrifique écrit, réalisé et produit par un réalisateur israélien, et  qui ne transcende jamais son postulat de départ finalement assez classique (très rapidement, on se doute que le surnaturel ne se cache pas forcément derrière tout ça, et qu'on est face à quelque chose de plus psychologique), faute d'une écriture particulièrement subtile : tout ce qui concerne le harcèlement scolaire souffre ainsi d'un trait vraiment forcé, un peu à l'instar du personnage de Jason Isaacs, lui aussi très caricatural.

Ce qui fait qu'on regarde cette histoire de manière assez passive, sans vraiment s'impliquer.

C'est dommage, puisque le tout est bien interprété, et plutôt bien filmé, bénéficiant au passage de jolis paysages hivernaux et enneigés.

Mais non, c'est cousu de fil blanc, et ça aurait mérité un peu plus d'originalité et de maîtrise.

3/6 (en étant généreux)

Stephanie (2017) :

Seule chez elle alors que la planète est en proie à une mystérieuse épidémie provenant d'un autre monde, et que ses parents (Frank Grillo, Anna Torv) ont disparu, Stephanie (Shree Crooks) tente de survivre, menacée par une étrange créature qui, occasionnellement, vient lui rendre visite. Pour seule compagnie, elle n'a que sa tortue en peluche, et le cadavre de son frère, qui se dessèche dans sa chambre...

Réalisé (de manière tout à fait compétente) par Akiva Goldsman, sur la base d'un script des scénaristes de Super Dark Times et de SiREN, Stephanie est un film fantastique à petit budget produit par Blumhouse. Ce qui signifie donc qu'il est assez économe en effets, et globalement assez roublard, notamment au niveau de l'exploitation de ses ressources : pendant la première demi-heure, la jeune Shree Crooks est seule à l'écran, dans une maison déserte... et pourtant ça fonctionne.

J'en suis le premier surpris, sincèrement, compte tenu des personnes impliquées derrière la caméra, mais le métrage est plutôt intéressant, dans son ensemble. Stephanie est typiquement le genre de film pour lequel il est préférable d'en savoir le moins possible au delà du postulat résumé ci-dessus : en effet, l'approche des scénaristes et du réalisateur est assez judicieuse, et en cache le plus possible, laissant la narration faire son office et dévoiler progressivement les tenants et aboutissants du récit.

Bon, on ne va pas se voiler la face : dans l'absolu, ce n'est pas d'une originalité folle, et les spectateurs avisés ayant déjà lu John Wyndham (et ses adaptations), par exemple, devineront très (trop ?) tôt ce qu'il en est réellement.

Mais l'interprétation est globalement très solide (surtout la fillette, et même Anna Torv, dont je ne suis pourtant pas un très grand fan), le script n'hésite pas à aller dans des directions ponctuellement assez glauques, et dans l'ensemble, c'est plus intrigant et maîtrisé que bon nombre de sorties en salles, dans le registre de l'horreur et du surnaturel. 

On ne pourra cependant s'empêcher de se dire que le tout aurait mieux fonctionné dans le cadre d'une anthologie télévisée, réduit au format 60 minutes. Et il est d'ailleurs amusant de constater que, lors de sa projection en festival, le métrage était accompagné d'un prologue et d'une conclusion futuristes, replaçant tous ces événements dans un contexte dystopien totalement inutile (avec caméo d'Harold Perrineau en prime), qui avait valu au film pas mal de critiques mitigées. Une preuve de plus que la production a longtemps cherché le format idéal à leur film, sans totalement parvenir à le trouver.

Mais cette version finale reste, toutefois, assez agréable à regarder, et la petite Shree Crooks y est pour beaucoup.

3.5/6 

​--

Et comme toujours, vous pouvez retrouver la liste complète de tous les films passés en revue dans le cadre de l'Oktorrorfest dans le menu Index de haut de page, ou en cliquant directement sur ce lien...

commentaires

Halloween Oktorrorfest 2018 - 81 - Chair de Poule 2 : Les Fantômes d'Halloween (2018) & Errementari : Le Forgeron et le Diable (2017)

Publié le 7 Novembre 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Oktorrorfest, Horreur, Halloween, Fantastique, Jeunesse, Comédie, Espagne, France

Chez les Téléphages Anonymes, du 1er octobre à début novembre, on fête Halloween et l'Oktorrorfest, un marathon quotidien de cinéma fantastique et d'horreur....

Chair de Poule 2 - Les Fantômes d'Halloween (Goosebumps 2 : Haunted Halloween - 2018) :

Pour gagner un peu d'argent de poche à l'approche d'Halloween, Sonny (Jeremy Ray Taylor) et Sam (Caleel Harris) proposent leurs services de ramassage d'objets à leurs voisins : alors qu'ils vident une maison, ils tombent sur un livre étrange, écrit par R.L. Stine, et qui réveille Slappy, une marionnette maléfique à la recherche d'une famille. Avec l'aide de Sarah (Madison Iseman), la grande soeur de Sonny, les deux enfants vont devoir combattre Slappy, et empêcher qu'il ne libère toutes les créatures de Stine sur la petite ville paisible...

N'étant pas très sensible à la nostalgie Goosebumps, le premier Chair de Poule m'avait laissé assez mitigé : entre son Jack Black en roue libre, et son histoire assez quelconque et mal rythmée, le film avait principalement pour lui ses effets spéciaux... et c'était à peu près tout (3/6).

Ici, on prend (quasiment) les mêmes, et on recommence, au point de paraître par moments une redite du premier métrage, avec des créatures un peu différentes.

Jack Black est aux abonnés absents (il  ne fait qu'un caméo, et sort de la franchise à la toute fin du film), Danny Elfman aussi, les adolescents du premier film sont remplacés par un trio pas désagréable (les deux garçons sont efficaces, et Madison Iseman - déjà aperçue dans Jumanji - est finalement assez convaincante en grande sœur débrouillarde), mais au niveau de l'histoire, c'est grosso modo la même chose : c'est gentillet, inoffensif, ça manque de punch ou de péripéties, et c'est très générique, malgré des effets spéciaux et une ambiance d'Halloween plutôt sympathiques.

Très anecdotique, avec des défauts et des qualités différents du premier, pour un résultat assez équivalent.

3/6 (en étant gentil et en gardant à l'esprit le public visé, parce que sinon, c'est un peu en dessous de la moyenne)

Errementari : Le Forgeron et le Diable (Errementari : El herrero y el diablo - 2017) :

Au milieu du 19è siècle, en Espagne, un envoyé du gouvernement (Ortzi Acosta) tente de retrouver un mystérieux forgeron, Patxi (Kandido Uranga), ermite vivant au milieu de la forêt, redouté de tous. Car, selon tous les habitants de la région, Patxi a passé un pacte avec un démon (Eneko Sagardoy), et celui-ci vit avec lui dans sa forge retranchée. Jusqu'à ce qu'Usue (Uma Bracaglia), une fillette désespérée, libère accidentellement le démon, et force le forgeron à prendre les choses en main, alors même que les villageois et le fonctionnaire tentent de s'introduire dans sa forge...

Une excellente surprise que ce film espagnol/basque mélangeant les genres, et produit par Alex de la Iglesia : au carrefour du conte de fées sombre et baroque, de l'horreur, de la fantasy, des peintures infernales de Jérôme Bosch et du film historique, ce métrage s'avère des plus étonnants, notamment lorsque, après une mise en place indispensable, le surnaturel arrive de manière frontale dans le récit, avec ce démon captif et râleur qui tente de s'évader - et plus le film avance, plus le surnaturel est présent, puisqu'on a même droit à une descente aux enfers assez marquante, visuellement parlant.

Le travail visuel du réalisateur est d'ailleurs ce que l'on retient le plus de cet Errementari qui, ponctuellement,  m'a évoqué les meilleurs moments de Monstres et Merveilles : même sens du merveilleux, même sens de l'improbable, même sens du conte, mêmes visuels très travaillés.

Bref : c'est réussi, ce n'est jamais trop long ou trop mal rythmé, ça n'hésite pas à garder un certain sens de l'humour (le masochiste aux enfers ^^), à utiliser une violence sèche et sanglante, et dans l'ensemble, je conseille vivement.

4.25/6

​--

Et comme toujours, vous pouvez retrouver la liste complète de tous les films passés en revue dans le cadre de l'Oktorrorfest dans le menu Index de haut de page, ou en cliquant directement sur ce lien...

commentaires

Blog Update ! - Novembre 2018

Publié le 1 Décembre 2018 par Lurdo dans Cinéma, Review, Les bilans de Lurdo, Critiques éclair, Update

Un mois de novembre assez bref et anecdotique sur le blog des Téléphages Anonymes, tant par sa durée relativement courte que par son contenu...

#835 : Venom (2018) - 2.25/6

#836 : Wrestling with Satan (2009) - 4.25/6

#837 : Mon Oncle Rafael (2012) - 1/6

#838 : Marvel Rising - Secret Warriors (2018) - 2.5/6

#839 : Moi, Belle et Jolie (2018) - 2/6

#840 : Operation Odessa (2018) - 4.5/6

#841 : Supercon (2018) - 1.5/6

#842 : Johnny English Contre-Attaque (2018) - 2.25/6

#843 : Drôles de Dindes (2013) - 2.75/6

#844 : Une Femme Disparaît (2013) - 3/6

#845 : Ideal Home (2018) - 3/6

#846 : The Rise and Fall of ECW (2004) - 5/6

#847 : Les Indestructibles 2 (2018) - 3.75/6

#848 : Constantine - La Cité des Démons (2018) - 4/6

#849 : Prophet's Prey (2015) - 2.5/6

---

# Grand écran :

Faisons simple : ce mois a été très pauvre en films de qualité, et seuls les documentaires se démarquent un peu, ainsi que quelques films d'animation. Venom, notamment, une grosse sortie de ces dernières semaines, s'est avéré un ratage créatif assez notable, à défaut de se planter au box-office.

À noter que j'ai raté plusieurs grosses sorties de ce mois (Les Animaux Fantastiques 2, Bohemian Rhapsody, Casse-Noisettes et les 4 Royaumes) qu'il faudra que je rattrape en janvier, aux côtés d'Aquamomoa et des Mondes de Ralph 2.

---

# Film et flop du mois :

Un mois assez paradoxal, puisque le film du mois est aussi sa plus grande déception, et donc son flop : les Indestructibles 2.

Un film attendu au tournant, une suite à l'un des métrages marquants de Pixar, un projet qui a mis du temps à arriver... et au final, un résultat qui déçoit clairement, et ressemble à une redite du premier opus, sans grande inspiration ni panache.

Néanmoins, la technique Pixar est toujours présente, et assure suffisamment le spectacle en ce mois pauvre en qualité.

---

# Petit écran :

Pas énormément de séries au programme, ce mois-ci, et surtout, pas grand chose de mémorable, entre trois saisons de The Detour pourtant pleines de potentiel, et qui finissent malheureusement par virer à la caricature forcée ; une saison 2 d'Iron Fist - qui sera la dernière du programme - et qui souffre toujours des mêmes problèmes (malgré quelques pas dans la bonne direction) ; et deux courts-métrages de Star Trek Discovery, mini-épisodes honorables, mais qui donnent l'impression désagréable d'être des chutes d'épisodes, des sous-intrigues qui auraient pu donner quelque chose de bien meilleur en plus développé, au sein de la série-mère.

---

# À venir :

Dès aujourd'hui, le blog des Téléphages Anonymes se met officiellement à l'heure de Noël, et entame la Christmas Yulefest 2018, avec chaque jour une ou plusieurs critiques de film de Noël publiées en ces pages : place aux bons sentiments, à la romance, à la neige et aux guirlandes clignotantes, et ce jusqu'au début du mois de janvier.

Et comme toujours, vous pouvez retrouver la liste complète de tous les films de Noël déjà passés en revue sur ce blog dans le cadre de la Christmas Yulefest en cliquant directement sur ce lien...

commentaires

Les bilans de Lurdo : Santa Clarita Diet, saison 3 (2019)

Publié le 4 Mai 2019 par Lurdo dans Comédie, Fantastique, Horreur, Les bilans de Lurdo, Netflix, Review, Sitcom, Télévision

Avec déjà deux saisons au compteur, Santa Clarita Diet faisait, début 2019, figure d'outsider parmi les nombreuses séries exclusives à Netflix. Discrète et passant totalement sous le radar de la plupart des critiques, cette comédie signée Victor Fresco (Earl, Better off Ted, Andy Richter, etc...) continuait de surfer sur la vague de popularité (pourtant quasi-agonisante) des zombies, en proposant une sitcom familiale un peu décousue, pas toujours maîtrisée, et pourtant assez sympathique, portée par l'interprétation décomplexée de Drew Barrymore et de Timothy Olyphant....

Santa Clarita, saison 3 :

Influencée par Anne (Natalie Morales), qui s'invite de plus en plus dans leur vie, Sheila (Drew Barrymore) remet son existence en question, et se cherche une vocation. Pendant ce temps, les Chevaliers de Serbie se rapprochent de Santa Clarita, à la recherche de morts-vivants, alors que les autorités, elles, mènent l'enquête sur l'acte écoterroriste causé par Abby (Liv Hewson) et Eric (Skyler Gisondo)...

À la fin de la saison 2 de SCD, j'avais un avis un peu mitigé sur la série. La faute à une saison pleine de pistes inexploitées - ou mal exploitées - séparant les Hammond du duo de jeunes pendant toute la saison, s'éparpillant dans des directions pas toujours convaincantes, et peinant à équilibrer le mélange sitcom familiale et fil conducteur surnaturel.

Au vu de la saison 3, je pense qu'on peut dire que Fresco & compagnie n'avaient tout simplement pas vraiment eu le temps de planifier leur seconde saison, et l'avaient peut-être écrite dans la précipitation. En troisième année, ils corrigent bon nombre de ces erreurs, et structurent nettement mieux le tout : les éléments délaissés de la saison précédente reviennent sur le devant de la scène (Mr Ball-Legs, la tête de Nathan Fillion - désormais décomposée et méconnaissable, ce qui permet à la production de remplacer l'acteur par Alan Tudyk - , les Chevaliers de Serbie, Anne, Ramona), Abby finit par réintégrer la cellule familiale, la maladie zombiesque se propage... bref, ça évolue dans une direction intéressante.

Cela ne se fait cependant pas sans quelques heurts : les traits sont toujours plus gros et forcés, au point de donner parfois l'impression que tous les personnages féminins de la série sont impulsifs, autoritaires et castrateurs (et, réciproquement, que les personnages masculins sont tous émasculés, incapables et névrosés) : ce n'est pas forcément délibéré de la part de la série, mais c'est parfois assez agaçant, notamment au niveau de Sheila, de plus en plus égocentrique et énervante.

À l'identique, on retrouve certains des défauts des saisons précédentes : Anne disparaît tout simplement de la série après quelques épisodes (pour permettre à Natalie Morales de tourner sa sitcom ?), les adolescents passent encore la moitié de la saison à se tourner autour, embarqués dans une sous-intrigue totalement détachée des autres personnages, et les trois Serbes (menés par Goran Visnjic) font à peine plus que de la figuration dans cette saison, dont ils étaient pourtant présentés comme les méchants.

Heureusement, la série multiplie les idées excentriques, les guest stars motivées (Ethan Suplee de Earl, qui prend la succession de Zachary Knighton ; Malcolm Barrett, de Better Off Ted...), et finit par placer Sheila à la tête d'une armée grandissante de "disciples" voués à la protéger.

Au terme de cette saison 3 , il y avait donc là le potentiel d'une quatrième année intéressante, partant dans une direction intrigante... pour peu que la série réussisse à ne pas trop partir dans la caricature grossière et forcée, et à conserver un certain équilibre qu'elle peine pourtant déjà trop souvent à atteindre.

Cependant, avec l'annulation du programme, la question ne se posera pas vraiment. Ce que l'on peut se demander, par contre, c'est si la série manquera vraiment dans le paysage audiovisuel des séries tv/en streaming.

Pas sûr, car en plus d'arriver un peu après la bataille des séries de zombies, et malgré son approche plus légère et caricaturale du genre, Santa Clarita Diet n'a jamais semblé trouver son rythme de croisière, tiraillée entre un format sitcom, un désir de continuité et d'intrigues de fond, et une diffusion en mode binge watching, qui s’accommodent mal les uns des autres.

In fine, SCD n'est guère plus qu'une série amusante et divertissante, qui se regarde d'un oeil, mais qui manque un peu trop de rigueur, de structure et de direction pour être vraiment convaincante. Sympathique, mais loin d'être indispensable.

---

Retrouvez aussi toutes les autres séries passées en revue sur ce blog en cliquant ici et ici.

commentaires

Les bilans de Lurdo : Ryan Hansen Solves Crimes on Television, saison 2 (2019)

Publié le 16 Juin 2019 par Lurdo dans Comédie, Les bilans de Lurdo, Review, Policier, Sitcom, Télévision, YouTube

Avec sa saison 1 de 8 x 25 minutes (critique ici), Ryan Hansen Solves Crimes on Television avait de quoi surprendre : une parodie particulièrement méta des séries policières façon Castle, chapeautée par Rawson Marshall Thurber, réalisateur et scénariste de Dodgeball, d'Agents Presque Secrets, et de Skyscraper, et qui mélangeait les genres, les formats, les caméos, les styles d'humour, etc, pour un tout très inégal, mais pas forcément antipathique.

Contre toute attente (YouTube Red est devenu YouTube Premium, une grande partie de ses programmes originaux a été annulée), la série revient donc pour une seconde saison, et  les personnages du programme en sont aussi surpris que nous...

Ryan Hansen Solves Crimes on Television, saison 2 :

Alors que Mathers (Samira Wiley) est victime d'une fusillade, et dans le coma, Ryan Hansen se retrouve à faire équipe avec un officier de police rebelle et solitaire, Vince Vincente (Wood Harris), et tente d'identifier les responsables de ce crime...

Nouvelle saison, mais toujours la même décontraction et le même décalage : plus que jamais, Ryan Hansen et son équipe assument leur impertinence, et tout au long de la saison, ce sont d'innombrables piques et vannes en tous genres que les scénaristes et l'acteur adressent à YouTube (notamment au travers du personnage de la nouvelle chef de la police/ex-cadre de chaîne de télévision, interprétée par Jessica St. Clair), que ce soit au sujet de leur service premium, de son nom, de la qualité des programmes de ce dernier, des tarifs du service, de l'audience, ou du fait que les acteurs de la série aimeraient être ailleurs (comme Samira Wiley, placée dans le coma et recouverte de bandages pour cause de rôle récurrent dans The Handmaid's Tale, ce qui devient un running gag saisonnier).

À l'identique, l'écriture se moque très sérieusement de la culture américaine actuelle : depuis Black Panther - The Musical, jusqu'au trafic de screeners de longs-métrages au moment des cérémonies de récompenses, en passant par la mode des reboots télévisuels (ici, Party Down, avec caméo de Ken Marino), le succès de Cobra Kai, le milieu des vineurs devenus YouTubeurs, le fitness à la californienne, et la tendance à imposer par la force une certaine idée de la diversité "woke" (ici illustrée par le remplacement, le temps d'un épisode, de Ryan et Vince par deux femmes, Lucy Hale et Jillian Bell, et par le remplacement constant des interprètes des parents de Ryan par des minorités).

Et puis, bien entendu, ces fins d'épisodes façon sitcom de studio, toujours plus décalées, méta et jouant avec les codes du genre : de quoi s'amuser dans cette saison qui, consciente de son annulation imminente, semble n'avoir plus rien à perdre, et tire donc toutes ses cartouches.

Ainsi que tous ses guests : Stephen Merchant, Ken Marino, Karen David, Rhys Darby, Rob Corddry, Lucy Hale, Jillian Bell, Thomas Lennon, Jane Lynch, Jon Cryer, Donald Faison, Dax Shepard (assez marrant en gay vivant confortablement dans le mensonge de son mariage avec Kristen Bell), Ben Schwartz...

Tout ça pour un monologue de fin doux-amer, qui conclut joliment une saison plus sérialisée que la précédente, et plus efficace à mon goût.

Désormais annulée par YouTube, Ryan Hansen Solves Crimes on Television ne connaîtra donc pas de suite, mais au moins, elle aura eu la bonne idée de partir en beauté, et selon ses propres termes : toutes les séries télévisées ne peuvent pas en dire autant.

---

Retrouvez aussi toutes les autres séries passées en revue sur ce blog en cliquant ici et ici.

commentaires

Christmas Yulefest 2018 - 42 - Casse-Noisette et les Quatre Royaumes (2018)

Publié le 24 Décembre 2018 par Lurdo dans Christmas, Cinéma, Critiques éclair, Disney, Drame, Fantastique, Jeunesse, Musique, Noël, Review, Yulefest, Action, Aventure

Chez les Téléphages Anonymes, la Christmas Yulefest et son marathon de cinéma de Noël continuent jusque début janvier...

Casse-Noisette et les Quatre Royaumes (The Nutcracker and the Four Realms - 2018) :

À la recherche d'une clé lui permettant d'ouvrir le dernier cadeau de sa défunte mère, Clara (Mackenzie Foy) suit un fil doré tendu, à l'occasion de Noël, par son parrain, Drosselmeyer (Morgan Freeman), et aboutit dans un monde magique et improbable. Là, elle rencontre un soldat, Phillip (Jayden Fowora-Knight), et les figures royales qui dirigent trois des quatre Royaumes, au nombre desquelles l'excentrique Fée Dragée (Keira Knightley). Bien vite, Clara découvre alors que sa mère était la Reine de ce pays étrange, et qu'en son absence, la maléfique Mère Gingembre (Helen Mirren) y fait régner le chaos. Une Mère Gingembre qui possède justement la clé que cherche Clara...

Bon. Alors visiblement, en guise d'adaptation de Casse-Noisette, Disney a ici opté pour quelque chose de totalement différent : à la fois une suite, une fusion du récit original et du ballet, et un mélange bancal entre les Alice de Tim Burton (l'esthétique étrange du monde de Mère Gingembre, la destinée de l'héroïne qui finit par endosser une armure et par partir au combat, la grande bataille finale...), Star Wars Épisode VII (difficile de ne pas penser au duo Rey/Finn quand on découvre cette Clara dotée de toutes les qualités - volontaire, ingénieuse, dynamique, capable de se battre, de tout réparer, etc - accompagnée de ce Casse-Noisettes afro-américain qui ne sert à rien de tout le film), Pirates des Caraïbes (les deux gardes/cautions comiques du film), Un Raccourci dans le Temps (l'esthétique très clinquante, et la volonté évidente de "diversifier" certains personnages pour assurer les quotas) et Narnia (certains décors, et le schéma global du récit). Que des films Disney, d'ailleurs, ce qui donne vraiment l'impression que la Souris possède un générateur automatique de scripts pour ces blockbusters pour enfants...

Et le résultat est malheureusement particulièrement creux et brouillon : un film d'aventure aux personnages souvent sous-développés, sans substance, ni la moindre magie, malgré des décors physiques assez impressionnants. Faut-il y voir là le résultat de la genèse compliquée du film (le réalisateur original, suédois, a fini par céder la place à Joe Johnston pour un mois de tournage complémentaire) ? Ou bien de la volonté de Mickey & co de transformer le récit pour éviter de faire des souris/rats les grands méchants du récit, contrairement à l'original ? ^^

Quoi qu'il en soit, le film ne fonctionne jamais vraiment. C'est certes un beau spectacle visuel (pour peu que l'on adhère au rococo ambiant et aux visuels surchargés), et Keira Knightley porte le film sur ses épaules en cabotinant ouvertement, avec une interprétation maniérée et une voix de Betty Boop, mais la mayonnaise ne prend jamais, et ce Casse-Noisette et les Quatre Royaumes (titre d'autant plus paradoxal qu'encore une fois, Casse-Noisette fait ici de la figuration) ressemble in fine à un film créé par comité, sans réelle direction créative ou visuelle, et visant à satisfaire le plus grand nombre.

C'est plat, ça n'a pas grande identité, ça n'a pas grand rapport avec le récit initial, et c'est creux : on oublie.

2 + 0.25 pour Mackenzie Foy, qui, dans le rôle principal, n'a rien à se reprocher = 2.25/6

​--

Et comme toujours, vous pouvez retrouver la liste complète de tous les films de Noël passés en revue sur ce blog dans le cadre de la Christmas Yulefest en cliquant directement sur ce lien...

commentaires

Un film, un jour (ou presque) #616 : Baby Driver (2017)

Publié le 16 Novembre 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Thriller, Action, UK, USA, Musique

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus. ​​

Baby Driver :

Conducteur hors-pair basant toute son existence sur le rythme des morceaux qu'il écoute dans ses nombreux ipods, Baby (Ansel Elgort) travaille malgré lui pour un criminel (Kevin Spacey), le temps de rembourser ses dettes ; il aide tous les hommes de mains de ce dernier à s'enfuir lors de braquages, jusqu'au jour où un casse tourne mal, et menace de faire s'écrouler toute son existence, notamment sa nouvelle relation avec Deborah (Lily James), une serveuse innocente.

Le problème que j'avais avec Scott Pilgrim, le précédent film d'Edgar Wright, c'est qu'il était un exemple parfait de style primant sur le contenu : oui, Edgar Wright est un excellent réalisateur, inventif, dynamique, drôle, décalé, et aux références le rendant immédiatement sympathique aux yeux d'une certaine génération... mais en adaptant Scott Pilgrim pour le grand écran et en confiant le rôle principal du film à Michael Cera, Wright rendait instantanément son héros antipathique, ce qui sabordait l'aspect romantique du métrage (pourtant essentiel et primordial à ce récit), et transformait le film en coquille vide, plus proche d'un exercice de style hipster que d'un hommage sincère et touchant à une certaine esthétique jeu vidéo/bd.

Et là, on retrouve un peu ce même problème (en heureusement moins prononcé), avec ce Baby Driver qui utilise un postulat basique ("le dernier casse avant la retraite"), nourri d'influences très claires (Heat, Driver, Drive...) pour agrémenter une romance qui ne fonctionne pas (pas forcément pour les mêmes raisons que dans Pilgrim, cela dit), et le concept fort du film ("un personnage qui perçoit le monde comme un enchaînement non-stop de morceaux musicaux, qui rythment le moindre de ses faits et gestes").

Or, comme pour Pilgrim, une fois le métrage vidé de sa composante émotionnelle, et victime de personnages secondaires creux (les personnages féminins sont inexistants, les personnages masculins des caricatures) combinés à de grosses ficelles narratives, il ne reste plus que l'exercice de style, avec en lieu et place du référentiel jeux vidéo de Pilgrim un référentiel musical (à plusieurs niveaux).

Alors oui, techniquement, c'est réussi, c'est dynamique, les poursuites en musique sont impeccables, les fusillades synchronisées avec les morceaux, c'est amusant, et le début façon comédie musicale (avec long plan séquence où musique et environnement se répondent) laisse présager d'un métrage plus décalé que ce qu'il est vraiment (le film manque à ce titre d'humour et de fantaisie, contrairement aux autres métrages de Wright)... mais voilà, tout l'intérêt du film se limite à ses poursuites musicales et à son action bien menée, alors que tout ce qu'il y a autour laisse de marbre, et notamment la romance catapultée de Baby et de sa serveuse.

En partie parce que je ne trouve pas grand charisme à Lily James (déjà, dans Cendrillon, elle ne m'avait pas du tout marqué, mais alors là, avec son personnage au développement inexistant, c'est encore pire), mais aussi parce que Baby est délibérément un personnage introverti (le jeu d'Elgort, dans la première moitié du film, n'est pas loin de celui de Cera, d'ailleurs), et que par conséquent, toutes leurs scènes de séduction semblent particulièrement forcées et artificielles.

Il faut dire que les dialogues maladroits n'aident pas vraiment, et que l'interprétation de certains non plus (je pense à Jamie Foxx, là)... cela dit, s'il faut bien reconnaître au film une chose, c'est son énergie. Certes, le film aurait clairement bénéficié de 15 minutes de moins, mais une fois que les choses s'emballent, ça le fait, et de bien belle manière.

C'est donc une impression de coquille un peu vide, ou d'occasion manquée, qui se dégage de ce Baby Driver, à mille lieues de l'extase critique entourant ce métrage depuis sa sortie. À voir pour la maîtrise technique de l'action et de la musique, mais pas beaucoup plus...

3.75/6

commentaires

Les bilans de Lurdo : Halloween Oktorrorfest 2017 - Scooby-Doo et la Carte au Trésor (2013) & Scooby-Doo : Aventures en Transylvanie (2014)

Publié le 1 Octobre 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Télévision, Animation, Jeunesse, Fantastique, Thriller, Halloween, Oktorrorfest

L'Halloween Oktorrorfest touche aussi le petit écran, avec chaque week-end, de mi-Septembre à début Novembre, des critiques de séries fantastiques et horrifiques...

Scooby-Doo et la Carte au Trésor (Scooby-Doo ! Adventures - The Mystery Map) :

Alors qu'ils passent un peu de temps à se détendre dans leur cabane sylvestre, Fred (Frank Welker), Shaggy (Matthew Lillard), Velma (Stephanie D'Abruzzo), Daphne (Grey DeLisle Griffin) et Scooby (Frank Welker) découvrent une carte au trésor dans le carton d'une pizza qu'ils se font livrer. Rapidement, le Gang se met en quête du trésor perdu de Gnarlybeard le pirate, mais ils trouvent, sur leur chemin, le Maléfique Perroquet Fantôme (Dee Bradley Baker), et Gnarlybeard (John Rhys-Davies) en personne...

Un moyen-métrage de 43 minutes, qui se divise en deux parties de 20 minutes (en réalité des mini-épisodes liés par l'histoire de la carte au trésor), adaptant au format prises de vue réelles avec marionnettes les personnages et le ton de la série Scooby-Doo : Agence Toutou Risques (1988-1991).

Autrement dit : le tout est assez enfantin, à l'image de ses personnages rajeunis et de la série de l'époque, et ce n'est pas forcément captivant pour un adulte ; néanmoins, c'est globalement bien produit (cela dit, j'aurais pu me passer des montages musicaux recyclant des chansons issues d'autres métrages Scooby-Doo), et assez intéressant d'un point de vue technique (j'ai notamment vraiment apprécié Gnarlybeard le pirate, et son apparence visiblement inspirée par un certain personnage des Muppets).

Scooby-Doo : Aventures en Transylvanie (Scooby-Doo ! Frankencreepy) :

Velma découvre un beau jour qu'elle a hérité d'un château maudit situé en Transylvanie Pennsylvanienne : de quoi paniquer la jeune femme, qui cache apparemment depuis des années un sombre secret quant à ses origines. Une fois sur place, le Scooby Gang est alors confronté à ses pires phobies, au cours d'un séjour des plus éprouvants pour Velma, Fred, Shaggy, Daphne et Scooby...

Un long-métrage Scooby Doo de 73 minutes, au générique de début intéressant et travaillé, et au rendu visuel et à l'animation plutôt réussis, mais qui au final m'a laissé particulièrement mitigé.

Le problème, en fait, c'est que le tout n'est pas forcément mauvais, mais que la production essaie de paraître cool et moderne, et les scénaristes d'être des petits malins : on a ainsi énormément d'ironie et d'autodérision (au point de faire ressembler le récit et ses personnages à de la parodie caricaturale), une tendance qui culmine, dans le générique de fin, par un nerd qui critique tous les problèmes de continuité du film sur un ton goguenard.

Et c'est bien là le souci : les vannes métadiscursives et référentielles, pourquoi pas, mais Frankencreepy en use et abuse, et très rapidement, le tout devient ultra-répétitif et lassant, à l'image de tous ces plans sur Fred traumatisé par la destruction de la Mystery Machine (avec flashbacks de son explosion à la clef, systématiques), ou de ses innombrables fast cuts façon Edgar Wright, qui se produisent toutes les deux minutes environ.

Entre ça, le rythme gentiment pépère (à base de remplissage sur un postulat de départ pas forcément très original), et la manière assez peu finaude dont les phobies des membres du Scooby Gang sont mises en images (Daphne qui s'imagine faire une taille 40, et la production qui la dessine comme un bibendum souffrant d'obésité morbide), Frankencreepy finit par frustrer aussi souvent qu'il n'amuse. Dommage.

commentaires

Les bilans de Lurdo : Halloween Oktorrorfest 2017 - Channel Zero, saison 2 : No-End House (2017)

Publié le 5 Novembre 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Télévision, Les bilans de Lurdo, Oktorrorfest, Halloween, Horreur, Fantastique, Thriller, Syfy

L'Halloween Oktorrorfest touche aussi le petit écran, avec chaque week-end, de mi-Septembre à début Novembre, des critiques de séries fantastiques et horrifiques...

Channel Zero, saison 2 - No-End House :

Lorsque trois amis - Margot (Amy Forsyth), Jules (Aisha Dee), & J.D. (Seamus Patterson) - reçoivent une invitation pour la No-End House, une maison hantée mythique et introuvable, ils n'hésitent pas un seul instant, et s'y rendent en compagnie de Seth (Jeff Ward), récemment rencontré. Mais la maison a des règles précises, et lorsqu'ils en ressortent, les quatre adolescents se retrouvent pris au piège d'une réalité étrange, où les souvenirs prennent corps et dévorent d'autres souvenirs...

La première saison de Channel Zero se démarquait du tout venant par son imagerie étrange, sa réalisation travaillée, ses protagonistes adultes, et son atmosphère très lourde et pesante ; en abandonnant totalement le creepypasta d'origine dès son second épisode, pour partir dans quelque chose de différent, Candle Cove n'était pas dénuée d'ambition... ce qui fonctionnait plus ou moins bien.

Ici, pour cette seconde saison, Channel Zero opte pour une approche similaire, s'inspirant du postulat de départ du creepypasta No-End House pour s'en détacher en cours de route, et la développer dans une direction un peu différente : les scénaristes créent ainsi un monde parallèle à l'intérieur de la maison, une réalité emplie de "zombies", des entités créées à partir des souvenirs des visiteurs de la maison, et dévorées par d'autres souvenirs qui ne veulent pas disparaître.

En soi, pourquoi pas. Mais le problème, à vrai dire, c'est que cette seconde saison de CZ échoue totalement à créer le moindre malaise ou frisson. Ponctuellement, certains visuels étranges et absurdes peuvent troubler, mais dans l'ensemble, l'intrigue principale est cousue de fil blanc, et il en va de même pour ses thématiques sur l'oubli, le pardon, la responsabilité parentale, l'amour et le sacrifice d'un père dévoué, etc.

L'écriture est donc assez transparente, et cela a un impact direct sur l'intérêt de la saison, qui semble souffrir de beaucoup de remplissage contemplatif : l'intention est clairement d'instaurer un malaise, une atmosphère pesante, et de créer des moments abstraits (toute la sous-intrigue de Jules tourne ainsi à vide, sans la moindre explication, car, de leur propre aveu, les scénaristes voulaient rester "mystérieux") mais comme le tout est nettement plus balisé et plat, visuellement parlant, cela ne fonctionne pas autant qu'en première saison.

Et le fait que les protagonistes soient de jeunes étudiants (avec des problèmes de leur âge, et un accent mis sur la romance de Seth et Margot) a l'inconvénient supplémentaire de donner à ce récit de faux-airs d'un Fais-moi peur ou Chair de Poule un peu friqué, un peu artistique et un peu plus adulte (pas de beaucoup, cela dit). En fait, c'est typiquement le genre de récit qui aurait été à sa place, au format 45 minutes, dans une anthologie comme Fear Itself.

Au final, on se retrouve donc avec une seconde saison une nouvelle fois applaudie plus que de mesure par la critique (m'enfin bon, on parle de ces mêmes critiques qui, tous les six mois, parlent de "nouveau meilleur film d'horreur de la décennie" à propos d'une nouvelle production Blumhouse, d'un film indépendant vaguement arty ou de Ça, et qui vénèrent Stranger Things comme un chef d’œuvre, donc...), mais qui semble perpétuellement jouer la carte du remplissage, prolongeant à plusieurs reprises son récit au delà de points qui auraient pourtant fait de très bonnes conclusions naturelles.

Pas particulièrement troublant, pas particulièrement effrayant, pas particulièrement tendu, pas particulièrement joli (visuellement) ni bien filmé (la manière dont les souvenirs et l'esprit des personnages sont représentés est très laide), pas particulièrement innovant ou original... bof, donc.

Mais au moins, c'est plutôt bien joué par Forsyth, Dee et John Carroll Lynch.

commentaires

Les bilans de Lurdo : Rick et Morty, saison 3 (2017)

Publié le 18 Mars 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Télévision, Les bilans de Lurdo, Action, Aventure, Animation, Science-Fiction, Fantastique, Comédie

Après une saison 1 convaincante (malgré quelques bémols), et une saison 2 toujours plus jusqu'au-boutiste (pour le meilleur et pour le pire), les aventures de Morty et de Rick continuent dans des directions toujours plus sombres et dysfonctionnelles...

Rick and Morty, saison 3 :

La saison de trop, en ce qui me concerne.

On pouvait le pressentir en regardant la saison 2 de la série, mais là, ça se confirme : Rick & Morty est désormais totalement Harmonisée. En cela, j'entends que Dan Harmon se sert désormais totalement de la série pour faire sa thérapie personnelle et travailler sur ses problèmes psychologiques au travers de ses personnages, pour le meilleur et pour le pire.

La bonne nouvelle, c'est que ça donne effectivement une dimension supplémentaire à Rick, Morty, et à tout le reste de la bande. Comme dans Community, à l'époque, les délires de surface ne sont qu'un prétexte pour toucher une certaine vérité émotionnelle des protagonistes, et cette épaisseur se ressent immédiatement, expliquant clairement le succès du programme auprès d'un certain public.

La mauvaise nouvelle, c'est que les problèmes psychologiques de Dan Harmon (et par extension, de ses personnages) ne m'intéressent guère (ou du moins, ne m'intéressent plus, j'ai déjà donné), et qu'ils ont souvent tendance à prendre le pas sur le reste des composants de ses séries, notamment sur son humour.

Ici, cela se traduit par des sous-intrigues prenant toujours plus de place, et centrées sur le divorce de Jerry & Beth, ainsi que sur les conséquences de ce dernier sur le reste de la famille. Par exemple, difficile de faire plus Harmonien que cet épisode parodiant Mad Max, gros prétexte pour que Morty & Summer expriment leur mal-être ; ou encore, l'épisode suivant, Pickle Rick, pastiche de Die Hard (le film préféré de Harmon) mis en parallèle d'une thérapie familiale désastreuse.

Il n'est pas surprenant d'apprendre que toutes ces sous-intrigues centrées sur le divorce et ses conséquences sont supervisées par Harmon, et que Justin Roiland s'en détache totalement : la patte Harmon est évidente, tant dans ses qualités que ses défauts.

Et parmi les défauts, il y a le fait que Beth devient tout simplement détestable, au fil de ce divorce et de ces épisodes, tandis que Jerry, lui, n'est plus qu'un punching bag systématiquement tourné en dérision, et dont l'humiliation devient un gag récurrent.

D'ailleurs, c'est bien là mon problème principal avec cette troisième saison : le cynisme et le nihilisme de Rick tirent tous les autres personnages vers le bas, au point que je les trouve désormais tous repoussants et agaçants. C'est problématique, d'autant que la saison se termine par une pirouette qui réunit toute la famille, désormais réconciliée, et mettant un peu Rick à l'écart : le show nous promet un retour à la dynamique de la saison 1, mais pour moi, le mal est fait, et j'aurai du mal à m'intéresser à des personnages désormais tous pourris de l'intérieur.

D'autant que Rick, lui, est désormais vraiment invulnérable et intouchable : que ce soit en Pickle Rick invincible, contre le Président des USA, ou en tant que Jigsaw-bis qui massacre une équipe de super-héros, plus rien ne l'atteint, et il agit en toute impunité, débitant çà et là des grandes tirades harmoniennes sur l'intelligence et la supériorité des cyniques nihilistes sur le reste du monde, trop stupide pour les comprendre.

Quelque part, à un moment de la série, Harmon semble avoir décidé de céder à ses pulsions : la série donne dans l'ultra-violence gratuite, dans le cynisme et l'arrogance, sans plus avoir autant de contre-poids comique qu'avant, puisque le show se prend très souvent au sérieux, entre ses séances d'auto-thérapie harmonienne et ses scripts plus premier degré (The Ricklantis Mixup/Tales from the Citadel en est un bon exemple : ce n'est pas mauvais, en soi, ça regorge d'idées et de références, mais ça m'a laissé totalement de marbre ; ce n'est pas particulièrement drôle, c'est du fanservice, ça se complait dans ce que ça raconte...)

Bref, comme je le disais plus haut, je crois que cette saison sera ma dernière de Rick and Morty (bon, en même temps, la prochaine saison n'arrivera pas avant un an ou deux, j'ai le temps de changer d'avis).

Je n'adhère tout simplement plus à la vision du monde qu'ont Harmon et son compère, une vision du monde qui me paraît de plus en plus déséquilibrée et radicale à mesure que la série est populaire, que ses créateurs ont le champ libre, et que leur fanbase (très intense, extrème et aux opinions bien arrêtées) les brosse dans le sens du poil.

Tant pis.

commentaires

Les bilans de Lurdo : Black Mirror - White Christmas (2014)

Publié le 8 Avril 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Télévision, Christmas, Noël, Yulefest, Fantastique, Science-Fiction, Drame, UK, Les bilans de Lurdo, Anthologie, Black Mirror

Après deux saisons mitigées de cette anthologie anglaise conçue, écrite et supervisée par Charlie Brooker, place à son premier Christmas Special de 73 minutes, diffusé sur Channel 4 en fin d'année 2014...

Au programme, plusieurs récits que se racontent deux hommes (Jon Hamm & Rafe Spall) enfermés dans un chalet, au milieu d'étendues hostiles et enneigées, et qui ont en commun une même technologie oculaire, le Z-Eye, qui permet à son porteur de filmer autrui, de le bloquer, et bien plus encore...

Black Mirror - Blanc Comme Neige (White Christmas) :

#1 : Matt (Jon Hamm) raconte qu'il avait l'habitude d'utiliser le Z-Eye pour aider des célibataires à trouver l'amour, en leur servant de coach de séduction à distance. Jusqu'au jour où une telle session tourne mal pour Harry (Rasmus Hardiker), lorsqu'il rencontre la mystérieuse Jennifer (Natalia Tena)...

Énorme bof pour ce premier segment, vraiment télégraphié de bout en bout par l'écriture, qui manquait cruellement de finesse. La conclusion, façon Contes de la Crypte, est donc évidente et décevante.

#1.5 : Matt explique qu'après les événements qu'il vient de raconter, sa femme a utilisé le Z-Eye pour le bloquer...

Pas vraiment un segment en soi, juste une présentation du système de blocage... et là, c'est moi qui ai bloqué. Le concept même du blocage oculaire et auditif est tellement contre-productif et improbable qu'il m'a été impossible de suspendre mon incrédulité : l'idée même de la sourdine est tellement inaboutie et bancale qu'elle pose plus de questions qu'elle n'apporte de solutions, et la première chose qu'on se dit, c'est qu'un tel blocage ne peut qu'entraîner une recrudescence de violence de la part de personnes frustrées d'avoir été bloquées sans avoir leur mot à dire. M'enfin bon.

#2 : Matt raconte que son véritable métier est de "programmer" des "cookies", clones virtuels de clients aisés qui les exploitent pour gérer leur quotidien et leur domicile...

Oona Chaplin en clone virtuel/esclave de sa version biologique, et un Hamm qui fait son numéro. Pas désagréable, malgré des personnages assez antipathiques, et une fin manquant un peu de punch.

#3 : Joe (Rafe Spall) prend enfin la parole et explique comment il a été bloqué par sa compagne lorsque celle-ci est tombée enceinte, et comment il n'a rencontré sa fille que des années plus tard...

Alors là, paf, on retombe en plein dans les travers de Black Mirror et de Charlie Brooker, à savoir une espèce de misanthropie agaçante et sans nuances : outre la technologie aberrante du blocage, qui n'a décidément aucun sens ni aucune logique, les personnages s'avèrent hostiles et haïssables. Le beau-père, qui déteste le protagoniste ; la compagne infidèle qui condamne spontanément le héros à l'oubli ; ce dernier, qui réagit soudain de manière ultra-violente, avant de s'enfuir, laissant sa fille seule...

Bref, un segment pas forcément inintéressant dans sa forme, mais qui prend un peu l'eau de partout dans son fond, en plus d'être vraiment prévisible.

#3.5 : De retour dans le chalet, Joe comprend qu'il n'est qu'un "cookie", interrogé par Matt pour le compte de la police, afin d'obtenir ses aveux...

Et on continue avec la misanthropie de Brooker, puisque les forces de police sont ici des personnages mesquins et cruels, qui s'amusent à torturer un clone numérique sans la moindre hésitation, et reviennent sur leur parole pour infliger à Hamm une punition totalement disproportionnée par rapport à son crime.

Alors non seulement le tout manque vraiment de subtilité (depuis le début de cet épisode spécial, l'illustration musicale du chalet rendait ces rebondissements finaux totalement prévisibles), mais en plus ce nihilisme et cette noirceur finissent presque par paraître forcés, et particulièrement agaçants.

---

Bilan :

Je n'ai pas aimé ce Christmas Special. Oui, il y a des idées plus ou moins inspirées ; oui, c'est globalement assez bien réalisé, et bien interprété ; oui, Jon Hamm déborde vraiment de charisme, et porte une grande partie de ce Special sur ses épaules... mais j'ai vraiment beaucoup de mal avec l'écriture de Brooker, avec son point de vue sur l'humanité & la technologie, et avec son manque de subtilité ou de finesse dans ce qui finit, une fois de plus, par ressembler à de la mauvaise satire un peu simpliste.

Encore deux saisons, mais je suis vraiment tenté de me contenter de les survoler, en me limitant à une poignée d'épisodes de ci de là...

commentaires

Un film, un jour (ou presque) - INTÉGRALE MARVEL CINEMATIC UNIVERSE - Phase 2.2 : Captain America 2 - Le Soldat de l'Hiver (2014) & Les Gardiens de la Galaxie (2014)

Publié le 3 Février 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Action, Aventure, Fantastique, Science-Fiction, Marvel, MCU, Thriller

Avengers : Infinity War, la conclusion de 10 années de films Marvel, arrive à grand pas, et le moment est donc idéal pour revoir tous les films du MCU, dans leur ordre de diffusion initial...

La Phase 2 du MCU a commencé avec les faiblards Iron Man 3 et Thor 2 : Le Monde des Ténèbres ; heureusement, Marvel est rapidement passé à la vitesse supérieure, avec les deux productions suivantes...

Captain America 2 - The Winter Soldier (2014) :

Désormais installé à Washington après la Bataille de New York, Steve Rogers (Chris Evans) est contraint de se rebeller contre le SHIELD, aux côtés de la Veuve Noire (Scarlett Johansson), de Nick Fury (Samuel L. Jackson) et du Faucon (Anthony Mackie). Car l'organisation est en réalité corrompue de l'intérieur par HYDRA, sous la direction du machiavélique Alexander Pierce (Robert Redford), qui commande le dangereux Soldat de l'Hiver (Sebastian Stan)...

Le meilleur film de la Phase 1 du MCU, c'était Captain America. Sans surprise, le meilleur film de la Phase 2, c'est aussi Captain America. Un Captain America bien différent de son aîné, puisque nettement plus moderne et sérieux, en mode thriller politico-conspirationniste, pour un film qui chamboule radicalement la donne de l'univers Marvel cinématographique.

Fini le Shield tout puissant, place à un duo Cap/Widow traqué par leurs anciens collègues, et à une ambiance paranoïaque qui fonctionne très bien, renforcée par de l'action tendue et mémorable (Fury en voiture, notamment), par un Falcon qui est très bien choisi et par un Robert Redford convaincant en bad guy (spoilers !).

Alors tout n'est pas parfait : la réalisation de l'action est parfois un peu tremblotante, le nouveau look de Scarlett est discutable, et la bande originale de Henry Jackman est relativement quelconque (et pas aidée par le fait que le bonhomme a, depuis, recyclé les mêmes sonorités militaires dans bon nombre de ses béos), mais dans l'ensemble, c'est un succès... et ça fait vraiment plaisir de retrouver l'uniforme vintage du Captain.

4.5/6

Guardians of the Galaxy (2014) :

Après avoir mis la main sur une sphère étrange à l'importance insoupçonnée, l'aventurier humain Peter Quill (Chris Pratt) se trouve contraint de faire équipe avec la tueuse Gamora (Zoe Saldana), Drax le Destructeur (David Bautista), Rocket le raton-laveur inventeur (Bradley Cooper), et Groot l'arbre bipède (Vin Diesel), pour affronter les forces du maléfique Ronan l'accusateur (Lee Pace), sbire de Thanos...

Autre prise de risques pour le MCU, avec ce space opera déjanté et décalé mettant en scène des personnages de seconde (voire de troisième) zone. Et pourtant, avec du recul, ce Guardians of the Galaxy s'avère une pièce essentielle de la construction du MCU, qu'elle ouvre vers des perspectives galactiques, tout en rajoutant des pierres à l'édifice de l'Infinity War à venir, en faisant apparaître Thanos et ses enfants.

Confié à l'esprit corrosif de James Gunn, GotG est donc tour à tour prenant, spectaculaire, et surtout drôle, baignant ses personnages attachants dans un univers baroque et multicolore, aux effets spéciaux convaincants, et à l'illustration musicale rétro-pop.

Le film plonge directement ses spectateurs dans ce monde, sans le prendre par la main, et ça fonctionne, malgré quelques faiblesses de rythme, çà et là : rien de rédhibitoire, quand bien même on ressentirait les limites du formatage Marvel, notamment dans ce Ronan gentiment sacrifié, ou dans cette ébauche de romance forcée et pas forcément convaincante entre Peter et Gamora (en même temps, je me répète, mais Zoe Saldana, bof ; j'aurais largement préféré Olivia Wilde dans le rôle, comme prévu).

Reste que ce pari improbable est réussi, et les Gardiens ont fini par donner une nouvelle impulsion à l'univers Marvel, l'envoyant dans une direction plus humoristique, mais aussi plus spectaculaire et spatiale.

4.25/6

(critique originale publiée sur ce blog en 2014, à lire ici)

commentaires

Un film, un jour (ou presque) - INTÉGRALE MARVEL CINEMATIC UNIVERSE - Phase 2.3 : Avengers 2 - L'Ère d'Ultron (2015) & Ant-Man (2015)

Publié le 10 Février 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Action, Aventure, Fantastique, Science-Fiction, Marvel, MCU, Comédie

Avengers : Infinity War, la conclusion de 10 années de films Marvel, arrive à grand pas, et le moment est donc idéal pour revoir tous les films du MCU, dans leur ordre de diffusion initial...

Après des débuts un peu faiblards, la Phase 2 a atteint sa vitesse de croisière avec les très bons Captain America - Le Soldat de l'Hiver et les Gardiens de la Galaxie. il est temps désormais pour cette Phase de se conclure...

Avengers 2 : Age of Ultron (2015) :

Lorsque Tony Stark (Robert Downey Jr.) et Bruce Banner (Mark Ruffalo) lancent prématurément un programme de défense planétaire globale à l'intelligence artificielle nommé Ultron (James Spader), celui-ci prend vie et devient une menace indépendante décidée à éradiquer la race humaine. Aux Avengers de se réunir et d'empêcher le pire de se produire, avec l'aide inattendue de deux humains aux pouvoirs improbables, Pietro (Aaron Taylor-Johnson) et Wanda Maximoff (Elizabeth Olsen)...

J'ai déjà fait une critique détaillée de ce film, en long, en large et en travers (voir le lien juste en dessous de la note), expliquant pourquoi je n'étais pas le plus grand fan au monde de cet Avengers 2 signé Whedon.

Cette fois-ci, je vais donc résumer mes avis précédents, et faire bref : les qualités et les défauts de ce film sont peu ou prou les mêmes que ceux & celles du premier Avengers, exacerbés par la présence d'un méchant très faible et raté visuellement, ainsi que par la nécessité de lancer des pistes et de préparer le terrain pour toute la suite du MCU, de Thor à Infinity War en passant par Black Panther et Captain America 3.

Le tout s'avère finalement rythmé mais brouillon, spectaculaire mais plein de trous, intéressant mais décousu, et s'il n'y avait pas l'alchimie et la bonne humeur existant entre les membres de cette équipe pour donner de la substance et de l'homogénéité à tout ça, le métrage se rapprocherait dangereusement de ce qu'est devenue la Justice League, plus récemment (mais avec les mêmes Whedon et Elfman aux commandes).

Nul doute que les frères Russo parviendront à faire d'Avengers 3 et 4 quelque chose de plus structuré, et de plus convaincant.

Un petit 3/6

(critique originale plus complète publiée sur ce blog en 2015, et mise à jour en 2017, à lire ici)

Ant-Man (2015) :

Dépossédé de sa propre compagnie par son ancien bras droit et protégé, Darren Cross (Corey Stoll), le Dr Hank Pym (Michael Douglas) recrute le cambrioleur Scott Lang (Paul Rudd) pour s'introduire dans les laboratoires Cross, saboter leurs archives, et empêcher qu'une technologie de pointe inspirée des travaux de Pym ne soit vendue à Hydra. Pour cela, Scott va devoir s'entendre avec Hope (Evangeline Lilly), la fille de Hank, apprendre à contrôler les fourmis, et à maîtriser les extraordinaires pouvoirs miniaturiseurs du costume d'Ant-man...

Une comédie fantastique sympathique, façon film de casse, avec une distribution plutôt bonne et attachante (mention spéciale à la petite qui joue la fille de Lang), des effets spéciaux convaincants, et un sens de l'humour qui fonctionne.

Quel dommage alors que la genèse compliquée du métrage (voir ma critique plus complète) se sente autant dans son exposition, et dans sa mise en place : le rattachement au reste du MCU, la présentation des personnages, le premier tiers du film, tout ça manque de finesse et d'énergie, pour enfin décoller une fois que les effets spéciaux (et les fourmis) entrent en jeu.

Le métrage s'avère néanmoins efficace dans les bases qu'il pose pour ses personnages, et s'il manque de la folie qu'Edgar Wright aurait pu lui insuffler, cet Ant-Man reste néanmoins tout à fait honorable.

3.75/6

(critique originale plus complète publiée sur ce blog en 2015, et mise à jour en 2017, à lire ici)

commentaires

Les bilans de Lurdo : The Tick, saison 1 - suite et fin (2017-2018)

Publié le 15 Avril 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Télévision, Les bilans de Lurdo, Comédie, Action, Aventure, Science-Fiction, Fantastique, Amazon

Au terme des six premiers épisodes de cette nouvelle version des aventures de cette chère Tique, diffusés en août dernier par Amazon, j'avais conclu de manière optimiste, en espérant que le délicat équilibre sérialisation sérieuse/comédie absurde/action super-héroïque décalée que le programme semblait avoir enfin trouvé, à la mi-saison, allait être le mot d'ordre de ses six derniers épisodes.

The Tick 2017 - Saison 1 - suite et fin (1x07-12) :

Capturé, Arthur tente de s'échapper et d'emmener avec lui le Professeur Karamazov (John Pirkis), qui détient les secrets du VLM, et des plans machiavéliques de la Terreur...

Et d'office, premier souci : bien que j'aie (tardivement) passé en revue la première moitié de la saison courant février, je m'aperçois que, deux mois plus tard, je n'en ai pas retenu grand chose. La faute à un format de 20-25 minutes vraiment pas fait pour des demi-saisons séparées, et à un ton initialement trop hésitant, qui empêchait tant la comédie que les moments plus sérieux d'être vraiment mémorables et marquants.

Ensuite, il apparaît très rapidement que la série, à mesure qu'elle progresse dans sa première saison, continue de délaisser progressivement l'humour, pour insister sur son intrigue et son action super-héroïque.

Ce n'est pas forcément un mal (ça permet de finir la saison sur un affrontement final assez réussi), et ça ne veut pas dire pour autant que le show perd totalement son sens de l'absurde et des vannes improbables (entre Danger Boat amoureux d'Arthur, le robot soviétique, Baby Karamazov, ou encore la campagne publicitaire de la Terreur, il y a de quoi faire)... mais dans l'ensemble, on est nettement moins dans la déconnade et la parodie que ce que l'on aurait pu espérer.

Selon les épisodes, l'équilibre humour/sérieux est ainsi assez inégal : après les deux premiers épisodes de cette demi-saison, relativement sérieux, Ben Edlund repasse à la co-écriture, pour quelque chose de plus léger, le temps d'un épisode. Puis c'est retour au sérieux et aux intrigues de fond pour les trois derniers chapitres, les plus chargés en action...

Mais qui dit épisodes plus sérieux et dramatiques demande aussi des personnages convaincants. Et là, je dois bien avouer que j'ai toujours autant de mal à prendre Overkill ou Superian au sérieux, tant les acteurs me paraissent compétents, mais peu charismatiques (et pas aidés par leurs costumes).

J'ai été nettement plus convaincu par Dot, la sœur d'Arthur, et par ce dernier, deux personnages qui se réalisent vraiment dans cette demi-saison.

Quant à la Tique, problème, puisque le personnage de The Tick semble relégué au second plan, et au rôle de distributeur de punchlines décalées : la série a clairement choisi de parler d'Arthur, et de faire de lui son héros, ce qui, malheureusement, signifie que The Tick fait parfois un peu de figuration dans son propre programme.

Ce n'est pas rédhibitoire, mais difficile de ne pas regretter cette situation. Dans l'ensemble, cette version de The Tick m'a paru nettement moins attachante que la version sitcom de 2001, ce qui est paradoxal, puisque les personnages sont ici plus développés et approfondis, et que leurs relations le sont tout autant.

Mais l'accent mis sur l'intrigue de fond, au détriment de la Tique et d'un humour plus prononcé, ainsi que les seconds rôles moins charismatiques et mémorables (en 2001, on avait Liz Vassey, Nestor Carbonell, Ron Perlman, Kurt Fuller, Dave Foley, Armin Shimerman...) font que j'ai eu du mal à m'attacher à la moitié de ces nouveaux personnages, alors que je partais plutôt conquis d'avance.

Cela dit, cette nouvelle version de The Tick est loin d'être un ratage, et on ne peut qu'espérer que la saison 2, déjà commandée, saura ménager un peu plus de place à l'excentricité et à la comédie, ainsi qu'au personnage titre de la série.

commentaires

Un film, un jour (ou presque) #1031 : MOIS AVENTURE - Le Roi Scorpion 4 : La Quête du Pouvoir (2015)

Publié le 11 Août 2019 par Lurdo dans Action, Aventure, Cinéma, Comédie, Critiques éclair, Fantastique, Histoire, Review, Romance

C'est le mois d'août, il fait chaud, et les Téléphages Anonymes partent explorer des contrées lointaines à la recherche de l'aventure...

Le Roi Scorpion 4 - La Quête du Pouvoir (Scorpion King 4 : Quest For Power - 2015) :

Trahi par son protégé Drazen (Will Kemp), au service d'une puissance rivale, Mathayus (Victor Webster) part pour les royaumes du Nord, afin d'y conclure un accord de paix. Mais sur place, il tombe dans un nouveau piège tendu par Drazen, qui lui fait porter la responsabilité de la mort de son père, le Roi (Michael Biehn) : bien vite, Mathayus s'évade de prison avec l'aide de la belle Valina (Ellen Hollman), héritière légitime du trône, et, en compagnie du père inventeur de celle-ci (Barry Bostwick), il part en quête d'une couronne mystique permettant à son porteur de régner sur toute la planète...

La série des DTV Scorpion King continue, toujours avec un Victor Webster très à l'aise dans le rôle, toujours avec un sous-fifre de l'école Hans Zimmer à la musique, et toujours dans une direction plus parodique et déconneuse.

Ici, entre l'humour nettement plus puéril (concours de rots, vannes graveleuses), un Will Kemp qui tente de battre le Billy Zane du précédent volet dans le rôle de grand méchant cabotin, le surjeu totalement décomplexé de Barry Bostwick (en inventeur excentrique déguisé en poulet), Esmé Bianco en grande prêtresse très tactile, la scène de travestissement, et le ton général, tout droit sorti de la série Hercule, on est clairement dans de la comédie fantastique parodique... et c'est parfois un peu trop.

En effet, autant je ne suis pas contre l'énergie qu'une telle approche peut insuffler à un métrage (ça fonctionnait plutôt bien dans le Roi Scorpion de The Rock), mais encore faut-il que celui-ci conserve suffisamment d'enjeux ou de personnages intéressants pour que la parodie ne prenne pas le pas sur le reste. Et ici, malheureusement, non seulement la réalisation est assez moyenne, mais Ellen Hollman ne fait pas grande impression (malgré son répondant), et l'intrigue en elle-même est desservie par un budget que l'on devine faiblard : la production est partie tourner en Roumanie, donc adieu les paysages exotiques, et bonjour les décors plus médiévaux qu'antiques, vus un peu partout au cinéma.

Pour ne rien arranger, le script (du scénariste du Voyage au Centre de la Terre de Brendan Fraser) recycle énormément de scènes, notamment des Indiana Jones (l'ouverture, la dernière partie), de Star Wars (la capture par les "Ewoks") mais aussi des Avengers (Mathayus démolit Drazen comme Hulk le faisait avec Loki dans le film de 2012), et son propos opposant science et magie ne va jamais bien loin.

Bref, ça fait plus DTV que jamais, et bien que l'humour du tout fasse passer la pilule sans trop de problème, on peut regretter que Victor Webster n'ait pas de meilleurs scripts, car il tient bien son personnage.

2.25/6

(à nouveau, plein de caméos insignifiants, de Lou Ferrigno à Eve Torres, en passant par Don "The Dragon" Wilson, Rutger Hauer, Roy Nelson, Antonio Silva, Royce Gracie...)

​--

Et comme toujours, vous pouvez retrouver la liste complète de tous les films passés en revue sur ce blog dans le menu Index de haut de page, ou en cliquant directement sur ce lien (000-1000) et sur celui-ci (1001-2000)...

commentaires

Les bilans de Lurdo : SEMAINE FRANÇAISE - Huge in France, saison 1 (2019)

Publié le 13 Juillet 2019 par Lurdo dans Biographie, Comédie, Drame, Les bilans de Lurdo, Netflix, France, Review, Sitcom, Télévision, USA

Comédie dramatique franco-américaine en huit épisodes d'une petite demi-heure, ce Huge in France marche directement dans les pas de séries telles que HBO ou Showtime pouvaient en diffuser il y a une dizaine d'années : le portrait semi-satirique d'un mec égocentrique, arrogant et paumé, qui tente de se reconstruire... la seule différence étant que le mec en question, c'est Gad Elmaleh.

Huge in France, saison 1 (2019) :

Gad Elmaleh, superstar de l'humour en France, est épuisé, et las de ce succès incontesté. Il part donc pour les USA, à la rencontre de son ex-compagne Vivian (Erinn Hayes), influenceuse web, et de leur fils adolescent Luke (Jordan Ver Hoeve). Rapidement, cependant, il va découvrir qu'entre Jason (Matthew Del Negro), l'actuel compagnon de Vivian, un ex-acteur aux méthodes intenses, la carrière de mannequin de Luke, et son anonymat complet sur le territoire américain, cette visite va être plus compliquée que prévue, et ce malgré l'aide de Brian (Scott Keiji Takeda), son nouvel assistant...

Et rapidement, les limites de ce programme, chapeauté par Gad et par les créateurs de The Grinder, deviennent évidentes : la série tente en effet tellement de concilier le mélodrame avec l'humour, de faire du personnage de Gad un loser pathétique et paumé las de sa célébrité, tout en étant un père absent au grand cœur tentant de renouer avec son fils mannequin, qu'elle ne parvient à accomplir ni l'un ni l'autre.

Déjà, parce que la série n'est pas particulièrement drôle. On est un peu dans la cringe comedy façon Merchant/Gervais, un peu dans l'observation façon Seinfeld, un peu dans l'humour façon Curb Your Enthusiasm, un peu dans quelque chose de plus proche des dramédies Showtime, mais au final, tout cela est assez répétitif et plat, ancré autour d'un Gad globalement antipathique, qui s'avère probablement le personnage le moins intéressant de la série.

En effet, tant son fils, que son ex, le compagnon de celle-ci, ou encore l'assistant de Gad aux USA ont des personnalités et une présence plus affirmée que celle du protagoniste principal du show : à trop vouloir être à la fois une caricature arrogante et mesquine de Gad (caricature malheureusement jamais assez poussée et corrosive) et un personnage sincère et authentique dans ses émotions (les moments "j'en ai assez d'être un comique superstar, je suis torturé et en burnout, je me passe la main sur le visage d'un air las" sont légion), ce Gad n'est ni l'un ni l'autre, et finit éclipsé par tout le monde (d'autant plus que Del Negro et Ver Hoeve ne font pas dans la nuance et le réalisme, et interprètent volontairement des personnalités improbables et exubérantes).

Ajoutez à cela des rebondissements téléphonés (à partir du moment où Jason apprend qu'il est stérile, tout le reste se voit venir avec deux épisodes d'avance, au moins), quelques caméos inconséquents (John Stamos, Jerry Seinfeld, Jean-Paul Gaultier, Cyril Hanouna...), et un côté brosse à reluire un peu lassant à la longue (oui, Gad est sans cesse remis à sa place aux USA, mais non seulement il ne change pas beaucoup, mais en plus, dès son retour à Paris, il est à nouveau en position de superstar adulée de tous) et l'on se retrouve avec une série qui ne convainc guère, pas forcément désastreuse, mais instantanément oubliable, et dont le final, forcé, artificiellement sombre et en suspens, agace plus qu'il n'intrigue...

 

---

Retrouvez aussi toutes les autres séries passées en revue sur ce blog en cliquant ici et ici. 

commentaires

Les bilans de Lurdo : Black Mirror, saison 5 (2019) - suite et fin (5x03)

Publié le 28 Juillet 2019 par Lurdo dans Anthologie, Critiques éclair, Drame, Fantastique, Les bilans de Lurdo, Netflix, Review, Science-Fiction, Télévision, USA, UK, Thriller, Black Mirror, Comédie

Suite et fin de cette mini-saison 5 de Black Mirror, mini-saison de trois épisodes diffusée sur Netflix en juin dernier.

Black Mirror 5x03 - Rachel, Jack and Ashley Too :

Superstar de la pop, Ashley O (Miley Cyrus) est lasse de cette vie creuse, et de son image intégralement contrôlée par Catherine (Susan Pourfar), sa tante. Rachel (Angourie Rice), elle, est une jeune adolescente timide, repliée sur elle-même depuis la mort de sa mère : fan d'Ashley O, elle reçoit un petit robot à l'image de la star pour son anniversaire. Mais bien vite, alors qu'Ashley O est placée dans un coma artificiel par sa tante pour empêcher sa rébellion, il s'avère que la personnalité de la popstar a été transplantée dans le robot à son image. Rachel, sa sœur Jack (Madison Davenport), et le robot vont alors tout faire pour aider la véritable Ashley O à échapper à un sort funeste...

Un épisode bancal, considéré par beaucoup comme l'un des pires depuis le début de la série... et il est facile de voir pourquoi. Le ton (globalement positif et plus léger que la norme Black Mirror), les protagonistes adolescents, le côté Amblin de l'aventure, le sens de l'humour, et la présence de Miley Cyrus dans un rôle important sont amplement suffisants pour braquer les spectateurs s'attendant à une réflexion cynique et post-moderne sur les nouvelles technologies, si possible avec une fin dépressive.

Et pourtant, si l'on met de côté des problèmes de rythme flagrants (la structure de la première moitié de l'épisode est grinçante et laborieuse), cet épisode s'avère plutôt agréable à suivre, justement parce qu'il ne se fond pas dans le moule habituel de la série.

D'un côté, le script propose un portrait désenchanté de la gloire, avec une pop-star dépressive, qui cherche à échapper à son image et à sa manager (c'est d'actualité, quand on pense à Britney Spears et au mouvement #FreeBritney). De l'autre, l'épisode dépeint le quotidien d'une adolescente renfermée, qui n'arrive pas à gérer le deuil de sa mère, et n'a d'autre amie qu'un robot commercial et formaté.

Tant Angourie Rice que Miley Cyrus incarnent très bien leurs personnages respectifs (d'autant plus simple qu'on sent une grosse part de vécu chez Cyrus), et si ce n'était pour la structure bancale de l'épisode, le parallèle serait des plus intéressants.

Le reste de la famille de Rachel, par ailleurs, ne gère pas mieux le deuil qui les a frappés, le père s'immergeant dans son projet improbable (une souris mécanique armée d'un taser, pour dératiser des habitations), et la sœur rebelle dans la musique que sa mère écoutait : c'est relativement convenu, mais c'est assez bien traité, et pas asséné lourdement, comme dans certains épisodes de Twilight Zone 2019.

Idem pour tout le propos sur les dérives de l'industrie de la musique : hologrammes, autotuning, intelligence artificielle, drogues, merchandising... rien de vraiment révolutionnaire dans cette dénonciation du milieu, mais ça reste tout à fait honorable, sans imposer sa critique sociale et politique au spectateur de manière explicite.

La seconde partie de l'épisode, façon cambriolage à l'initiative du robot débridé (très amusant d'entendre ce petit robot bien animé balancer des insultes avec la voix de Miley, comme un mini-Chucky sans le côté meurtrier), redonne alors un bon coup d'accélérateur à l'épisode, qui jusque là peinait à trouver son rythme.

Et au final, avec ses morceaux signés Trent Reznor et remixés à la sauce pop, ce 5x03 laisse une bonne impression, pour peu que l'on parvienne à se défaire de ses attentes. Plus facile à dire qu'à faire, j'en conviens...

--

Après... il faut bien reconnaître que dans l'ensemble, cette mini-saison 5 est faiblarde sur le fond comme sur la forme, et que les libertés (de format, de ton, de contenu) accordées à la série depuis son arrivée sur Netflix ne se sont pas transformées en quelque chose de particulièrement probant.

Brooker aurait bien besoin de faire des coupes dans ses scripts, et de pousser le bouchon encore un peu plus loin, s'il ne veut pas décevoir son public...

---

Retrouvez aussi les critiques des saisons précédentes de Black Mirror sur ce blog en cliquant ici...

commentaires

Un film, un jour (ou presque) #1023 : Dumbo (2019)

Publié le 1 Août 2019 par Lurdo dans Animation, Cinéma, Critiques éclair, Drame, Fantastique, Disney, Jeunesse, Review

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus. ​​

Dumbo (2019) :

Lorsque Max Medici (Danny DeVito), propriétaire de cirque en perte de vitesse, confie une éléphante enceinte à la famille Farrier (Colin Farrell, Nico Parker, Finley Hobbins), ces derniers ne se doutent pas que Dumbo, le bébé à naître, va s'avérer capable de s'envoler en utilisant ses immenses oreilles. De quoi attirer l'attention de Vandevere (Michael Keaton), propriétaire de parc d'attraction, qui va rapidement vouloir racheter le cirque de Medici, et faire de Dumbo la star de son spectacle, aux côtés de la belle Colette Marchant (Eva Green), trapéziste française...

Le Dumbo original, de 1941, était un long-métrage d'à peine plus d'une heure, touchant et attachant, narré du point de vue exclusif des animaux, et servant de conte moral sur la différence, l'exclusion, etc. Ce remake de Dumbo, réalisé par Tim Burton, dure près de deux heures, est totalement centré sur les humains (hormis une poignée de plans subjectifs du point de vue de l'éléphant), et se veut une critique des grandes corporations à l'américaine, de l'industrialisation du rêve et du monde du business : assez osé quand on considère que c'est un film Disney... mais aussi totalement hors-sujet.

C'est bien simple : le film ne fonctionne jamais vraiment, et n'a pas une once de l'émotion et de la tendresse de l'original.

Avec son script bancal et décousu signé Ehren Kruger (un scénariste au palmarès guère reluisant ^^), le Dumbo de Burton se perd dans des sous-intrigues inintéressantes, consacrées à une petite famille composée d'un garçonnet tout à fait honorable, d'une mini-Thandie Newton monocorde (la fille de Thandie n'a pas forcément hérité du talent de sa mère), d'un Colin Farrell manchot en pilotage automatique, et d'une Eva Green trop froide pour fonctionner en trapéziste française qui s'attache à Dumbo et aux enfants.

À côté de cette famille recomposée, on a Danny DeVito et Michael Keaton, qui rivalisent de cabotinage, mais restent des caricatures. Et enfin, Dumbo, un éléphant visuellement adorable, très bien animé et réalisé... mais qui a été malheureusement affublé de gazouillis et de bruitages synthétiques dignes de Gizmo, bruitages qui ne fonctionnent pas du tout et sont même contre-productifs.

C'est d'ailleurs là l'un des problèmes récurrents du film : on sent qu'il est tiraillé dans plusieurs directions créatives et artistiques, et qu'il a le postérieur entre deux ou trois chaises. On devine que Burton a été attiré par cette histoire de freaks qui s'unissent pour aider l'un des leurs, ou par cette thématique de la place de l'artiste dans une industrie dévorante... mais les thématiques ne sont qu'effleurées, et jamais crédibles.

On sent que l'équipe voulait à la fois se démarquer et rendre hommage au Dumbo original (la séquence des éléphants roses, réinventée de jolie manière pour une époque où l'alcool n'est plus acceptable), mais que pléthore de mauvaises idées se sont invitées et n'ont pas été coupées au montage (cette séquence des éléphants, justement, interrompue par Michael Buffer en Monsieur Loyal, qui nous fait un "Let's Get Ready for Dumbooooooo !" totalement hors-sujet).

Scénaristiquement, ça ne marche donc jamais : comme je le disais, la famille au centre de l'histoire est terne et insipide, l'antagoniste principal est caricatural, l'humour est peu probant (à part la réplique "Seulement en cas d'urgence"), l'émotion est constamment sabotée par les bruitages synthétiques de Dumbo, la bande originale de Danny Elfman est générique et/ou hors-sujet, et les effets spéciaux sont tellement inégaux (beaucoup de fonds verts et d'étalonnage numérique assez laids) que ça affaiblit d'autant le film, déjà assez générique et anonyme.

Et pourtant, ce n'est pas forcément un désastre : le squelette de l'histoire est suffisamment solide pour que l'on ne s'ennuie pas trop, le petit Dumbo est très attachant, pour peu qu'on coupe le son, et quelques passages s'avèrent réussis, qu'ils soient burtoniens (Nightmare Island, et ses créatures de pacotille) ou non.

Reste que, comme de nombreux remakes en prises de vue réelles des classiques Disney, ce Dumbo n'était ni fait, ni à faire. Et que Tim Burton devrait se montrer plus exigeant avec ses scénaristes.
 
2.25 + 0.5 pour la bouille adorable de Dumbo = 2.75/6

​--

Et comme toujours, vous pouvez retrouver la liste complète de tous les films passés en revue sur ce blog dans le menu Index de haut de page, ou en cliquant directement sur ce lien (000-1000) et sur celui-ci (1001-2000)...

commentaires

Blog Update ! - Août 2019

Publié le 1 Septembre 2019 par Lurdo dans Cinéma, Critiques éclair, Les bilans de Lurdo, Review, Update

Un mois d'août consacré, sur le blog des Téléphages Anonymes, aux films d'Aventure en tous genres...

#1025 : AVENTURE - La Momie (1999) - 4.5/6

#1026 : AVENTURE - Le Retour de la Momie (2001) - 3.75/6

#1027 : AVENTURE - La Momie : La Tombe de l'Empereur Dragon (2008) - 2/6

#1028 : AVENTURE - Le Roi Scorpion (2002) - 4/6

#1029 : AVENTURE - Le Roi Scorpion 2 : Guerrier de Légende (2008) - 1.75/6

#1030 : AVENTURE - Le Roi Scorpion 3 : Combat pour la Rédemption (2012) - 2.5/6

#1031 : AVENTURE - Le Roi Scorpion 4 : La Quête du Pouvoir (2015) - 2.25/6

#1032 : AVENTURE - Le Roi Scorpion 5 : Le Livre des Âmes (2018) - 3/6

#1033 : AVENTURE - Atlantide, l'Empire Perdu (2001) - 2/6

#1034 : AVENTURE - Allan Quatermain et les Mines du Roi Salomon (1985) - 2/6

#1035 : AVENTURE - Allan Quatermain et la Cité de l'Or Perdu (1986) - 1.5/6

#1036 : AVENTURE - Allan Quatermain et la Pierre des Ancêtres (2004) - 3/6

#1037 : AVENTURE - À la Poursuite du Diamant Vert (1984) - 3/6

#1038 : AVENTURE - Le Diamant du Nil (1985) - 3.25/6

#1039 : AVENTURE - Lara Croft - Tomb Raider (2001) - 2.75/6

#1040 : AVENTURE - Lara Croft - Tomb Raider : Le Berceau de la Vie (2003) - 2/6

#1041 : AVENTURE - Benjamin Gates et le Trésor des Templiers (2004) - 2.5/6

#1042 : AVENTURE - Benjamin Gates et le Livre des Secrets (2007) - 2/6

#1043 : AVENTURE - Crocodile Dundee (1986) - 3.75/6

#1044 : AVENTURE - Crocodile Dundee II (1988) - 2.5/6

#1045 : AVENTURE - Crocodile Dundee III (2001) - 3/6

#1046 : AVENTURE - Le Monde (presque) perdu (2009) - 2/6

#1047 : AVENTURE - Voyage au Centre de la Terre 3D (2008) - 2.5/6

#1048 : AVENTURE - Voyage au Centre de la Terre 2 : L'Île Mystérieuse (2012) - 3.5/6

#1049 : AVENTURE - Tad L'Explorateur : À la Recherche de la Cité Perdue (2012) - 3.75/6

#1050 : AVENTURE - Tad et le Secret du Roi Midas (2017) - 3/6

#1051 : AVENTURE - The Lost City of Z (2017) - 2/6

#1052 : AVENTURE - La Recherche des Dieux (1975) - 2.5/6

---

# Bilan :

 

Pas vraiment besoin de faire le bilan de ce mois consacré au cinéma d'aventure dans toutes ses formes : pas beaucoup de nouveautés dans la liste, ou de films très récents (suites du Roi Scorpion et Lost City of Z exceptés), et tout le monde sait déjà plus ou moins à quoi s'en tenir avec la plupart des métrages que j'ai passés en revue ces dernières semaines (c'est aussi pour cela que je n'ai pas revu les Indiana Jones dans le cadre de ce Mois Aventure).

Pas non plus besoin d'élire un film du mois, ou un flop, tant ce mois en question a fini par s'avérer assez homogène sur la durée : après un début au top, le mois s'est en effet confortablement installé dans une routine très moyenne, entre 2 et 3/6 ; autant de films anecdotiques, tout à fait regardables mais vraiment peu mémorables.

---

# Petit écran :

Pas de séries, ce mois-ci, mais l'inauguration officielle, ce premier septembre, de la nouvelle version de l'index séries (cliquez ici), un index complet et alphabétique qui remplacera désormais les deux précédents index séries (par genre) déjà en place (ils resteront accessibles, mais ne seront plus mis à jour).

---

# À venir :

En septembre, retour à le normale sur le blog des Téléphages Anonymes : Hobbs et Shaw, Laurel et Hardy, Guillermo et Ron, Kevin et Tiffany, Marlon, Marlon, Marlon, Marlon, Marlon et Marlon, ou encore Batman et Robin... et niveau séries, Jessica Jones, les Boys, les girls de GLOW, Corporate, Wu Assassins, etc...

commentaires

Un film, un jour (ou presque) #748 : G.I. Joe - Conspiration : Version Longue (2013)

Publié le 3 Juillet 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Action, Aventure, Thriller, Science-Fiction

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus. ​​ 

G.I. Joe : Conspiration - Version Longue (G.I. Joe : Retaliation - Extended Action Cut) :

Lorsque Zartan (Arnold Vosloo), sous les traits du Président des USA (Jonathan Pryce), démilitarise la planète et élimine les Joes, trois survivants (Dwayne Johnson, Adrianne Palicki, DJ Cotrona) tentent de renverser la situation, avec l'aide de Snake Eyes (Ray Park), de Jinx (Élodie Yung), et du Général Colton (Bruce Willis), à la retraite. Mais les choses se compliquent lorsque Storm Shadow (Byung-hun Lee) refait surface, et quand, aidé par Firefly (Ray Stevenson), il libère le Cobra Commander de sa prison...

Version longue de deux heures pour cette suite tardive du premier GI Joe, dont quasiment toute la distribution est évacuée hors-champ, y compris Channing Tatum (qui a cependant la chance d'avoir une mort à l'écran, après quelques scènes avec The Rock, dans lesquelles Tatum montre qu'il a développé un peu de charisme et d'expressivité en quelques années). Reste cependant Arnold Vosloo, dans quelques scènes, et les deux ninjas, qui reviennent, et se taillent une belle part du métrage.

Le bon point de cette suite (notamment dans sa version longue), c'est son action : les erreurs de direction artistique du premier film ont été corrigées (Snake Eyes, les uniformes, les véhicules, le Cobra Commander), et le film est généreux en séquences d'action, principalement dans sa première heure, relativement bien rythmée.

On fermera les yeux sur DJ Cotrona (insipide et qui ne sert à rien) et sur RZA, hors sujet, et on s'amusera tout de suite beaucoup plus à suivre les aventures de The Rock, qui semble vraiment à son aise dans cet univers de gros bras et de destruction massive.

La première heure, donc, parvient à maintenir l'intérêt du spectateur, rebondissant d'une scène d'action à une autre, avec une progression assez harmonieuse de l'intrigue entre deux. Bien entendu, cela reste du GI Joe, et il ne faut pas s'attendre à quelque chose de très subtil ou recherché, mais ça fonctionne globalement, malgré quelques micro-coups de mou, notamment quand Bruce Willis fait son apparition.

Un Bruce Willis qui est clairement là en lieu et place du Sergent Slaughter (il a même son mini-tank dans le garage), et qui fait le strict minimum, comme à son habitude. Et l'arrivée de Bruce Willis donne, en quelque sorte, le signal du début des vrais problèmes structurels du film : une fois passée la barre de la première heure, en effet, Retaliation commence à trainer de plus en plus la patte, et se termine à bout de souffle, pas aidé par un plan machiavélique de Cobra assez creux et quelconque, et par un score de Henry Jackman des plus médiocres.

Dommage, donc, que le tout finisse par sérieusement piquer du nez, et par gaspiller tous les points positifs du film.

4/6 pour la fidélité, 2/6 pour la deuxième heure = 3/6 au total.

En étant généreux.

​--

Et comme toujours, vous pouvez retrouver la liste complète de tous les films passés en revue sur ce blog dans le menu Index de haut de page, ou en cliquant directement sur ce lien...

commentaires

Un film, un jour (ou presque) #751 : Girl 27 (2007)

Publié le 6 Juillet 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Documentaire, Drame, Thriller, Policier, USA

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus. ​​ 

Girl 27 :

En 1937, à l'occasion d'une convention organisée par la MGM pour remercier ses représentants de commerce, Patricia Douglas, l'une des 120 danseuses/figurantes mineures employées par le studio, est violée par un employé. Rapidement, elle porte plainte, et l'affaire fait les gros titres des journaux américains, mais tant la justice que l'industrie cinématographique font alors tout pour la discréditer, et pour étouffer le scandale... avec succès.

Un documentaire que j'avais déjà vu en partie il y a sept ou huit ans, et qui a retrouvé une certaine popularité dans le cadre du mouvement #MeToo, tant ce récit assez glauque illustre bien un système souffrant de problèmes endémiques qui existent depuis la création du Vieil Hollywood.

Et ce métrage est effectivement plutôt intéressant dans sa première partie, tant qu'il narre les événements et reconstitue le puzzle de ce qui est arrivé à Patricia Douglas en 1937, à grands renforts d'images et d'archives d'époque, et de témoignages en tous genres (même si l'on peut se demander s'il n'y avait pas plus pertinent comme expert que la spécialiste juridique de Fox News).

Le problème, à vrai dire, c'est que rapidement, on en vient à percevoir un certain côté manipulateur dans ce Girl 27, à mesure que le réalisateur, David Stenn, un scénariste et journaliste spécialisé dans le Vieil Hollywood et dans la vie de ces stars d'antan, se met en scène, ou qu'il utilise de multiples images et extraits d'actualité et de vieux films, sortis de leur contexte, pour illustrer ses propos, ses conclusions ou certains témoignages.

À l'identique, on devine une dramatisation un peu superflue et forcée, comme lorsque Stenn attend dans une chambre d'hôtel un coup de téléphone, avec musique tendue en prime, ou quand il rajoute systématiquement des bruitages de téléphone brutalement raccroché lorsque Douglas décide d'interrompre à plusieurs reprises son témoignage (un témoignage clairement pas effectué par téléphone, mais bien enregistré de visu).

Cette forme et cette omniprésence de Stenn (non seulement sert-il de voix off, mais on le voit donc aussi dans sa chambre d'hôtel, marcher dans la rue, se rendre sur les lieux des événements, danser sur la tombe du violeur (!)...), finissent par prendre le pas sur le fond, notamment quand, dans sa seconde partie, le documentaire historique qui tentait de développer le contexte historique de cette histoire cède la place à une interview de Patricia Douglas, et à l'histoire de Patricia et de Stenn, et de leur relation chaotique.

Une Douglas qui ne s'est jamais vraiment remise de ce qu'elle a traversé, et qui a désormais son petit caractère (un caractère qui la coupe de tous et de toute sa famille), mais qui répète beaucoup de choses déjà abordées dans la première partie du documentaire. Pire, la réalisation se limite alors à une caméra fixe, et à des plans de coupe de mauvais goût, qui illustrent le témoignage ému et brutal de Douglas par des extraits de films montrant des violences faites à des personnages féminins. L'effet est contre-productif, et affaiblit le témoignage plus qu'il ne le renforce.

En somme, un documentaire au sujet très intéressant, mais à la réalisation et à l'écriture vraiment pas à la hauteur de ce dernier.

Malheureusement, Stenn semble être aussi intéressé par l'histoire de Douglas qu'il ne l'est par l'idée de raconter comment lui seul a su dénicher cette histoire (à plusieurs reprises, il laisse des commentaires très flatteurs pour sa personne, le genre de moments qu'un autre documentariste digne de ce nom aurait coupé au montage), et en fin de compte, cela dessert le témoignage de Douglas, tout en donnant parfois l'impression que le journaliste exploite celle-ci pour faire sa publicité.

3.25/6

​--

Et comme toujours, vous pouvez retrouver la liste complète de tous les films passés en revue sur ce blog dans le menu Index de haut de page, ou en cliquant directement sur ce lien...

commentaires

Les bilans de Lurdo : Santa Clarita Diet, saison 2 (2018)

Publié le 29 Avril 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Télévision, Les bilans de Lurdo, Comédie, Sitcom, Netflix, Horreur, Fantastique

Il y a un peu plus d'un an, au terme du visionnage de la première saison de cette Santa Clarita Diet, une sitcom fantastique décalée signé Victor Fresco (Better Off Ted, Le Monde Merveilleux d'Andy Richter, Earl), j'avais conclu que si ce programme zombiesque était plutôt amusant et agréable à suivre (car la distribution y mettait vraiment du sien), il était aussi assez anecdotique ; de plus, paradoxalement, le show me paraissait manquer de mordant, pour se reposer sur les lauriers de son postulat de départ ("et si on faisait une comédie sur une famille dont la mère est une zombie ?") finalement pas si frais que ça...

Santa Clarita Diet, saison 2 :

Après avoir réussi à interrompre la détérioration de l'état de Sheila, la famille Hammond (et Eric) tente de trouver l'origine de ce qui semble être une épidémie zombiesque en train de se propager...

Au terme de cette seconde saison de la Santa Clarita Diet, une expression me vient à l'esprit : potentiel inexploité.

En effet, si, à son niveau fondamental, la série est une sitcom sympatoche centrée sur une vie de couple et de famille improbable, avec la "zombification" comme élément perturbateur et comme catalyseur de changement chez les personnages, quels qu'ils soient, le programme en lui-même semble peiner à trouver son chemin, ainsi qu'une structure solide et cohérente.

Difficile de vraiment développer ce qui se produit durant cette saison au delà des deux lignes de résumé ci-dessus : en effet, l'intrigue de fond se limite plus ou moins à cela, et la "mythologie" de la série reste ainsi en suspens pendant le plus clair de la saison, ne progressant qu'au compte-gouttes, par à coup, la série s'empressant aussitôt de repartir dans des sous-intrigues secondaires pas particulièrement indispensables.

C'est clairement assez frustrant, et ce dès le début de la saison : les cliffhangers de la saison précédente sont résolus en quelques minutes ; toute la sous-intrigue de Ramona est évacuée avant la fin de la mi-saison ; tant la tête coupée de Gary (Nathan Fillion) que la boule sur pattes sont plus ou moins oubliées en cours de route, et ne servent pas à grand chose ; les Chevaliers de Serbie (Zachary Knighton !) font de la figuration-éclair et disparaissent avant la fin ; le problème des palourdes serbes est réglé en deux épisodes ; etc, etc, etc...

Bref : le tout est un étrange mélange de pistes potentielles catapultées et bâclées, et de sous-intrigues de sitcom mollassonnes, aux rebondissements particulièrement classiques et trop souvent prévisibles. Ce qui provoque des ventres mous regrettables, durant lesquels on attend que telle ou telle mini-intrigue trouve sa conclusion (sans la moindre conséquence sur le reste du show) pour que le tout avance un peu.

Par exemple, les deux adolescents (par ailleurs parmi les très bons points du show, et plutôt attachants) passent une bonne moitié de la saison totalement déconnectés du reste des personnages, puisque embarqués dans une sous-intrigue de manifestations et d'activisme anti-fracking. Une sous-intrigue qui, à en juger par la conclusion de la saison, n'était pour les scénaristes qu'une énorme mise en place pour une punchline explosive, mais étrangement télégraphiée.

Cette sous-intrigue est assez symptomatique de la saison dans son ensemble : puisqu'elle refuse de vraiment faire avancer son intrigue de fond, SCD se rabat sur les relations entre les personnages : ce qui est loin d'être désagréable, et donne une véritable cohésion à cette famille (ainsi qu'à leurs proches), mais est néanmoins desservi par un surjeu parfois outré et caricatural du couple vedette, à la limite du théâtre de Guignol (comme en saison 1, le rictus constamment goguenard de Timothy Olyphant n'aide pas vraiment).

On finit par se trouver, avec SCD, devant une sitcom qui ne semble pas savoir sur quel pied danser, refusant (ou incapable ?) de prendre trop au sérieux sa mythologie et son intrigue de fond, et préférant s'intéresser à du relationnel et à des sous-intrigues un peu éventées, quitte à donner l'impression de survoler son sujet.

Autrement dit, malgré ses nombreux moments amusants et décalés, sa distribution qui se donne totalement aux personnages, et ses idées improbables, malgré son ton ouvertement déconneur et ses quelques notes sanguinolentes (un peu en retrait, cette saison), Santa Clarita Diet reste étrangement peu mémorable, dans son ensemble, une série poids-léger au rythme nonchalant, et qui, si elle est plaisante à suivre... laisse un peu sur sa faim (sans mauvais jeu de mots).

commentaires

Un film, un jour (ou presque) #699 : Pacific Rim 2 - Uprising (2018)

Publié le 25 Avril 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Science-Fiction, Action

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus. ​​ 

Pacific Rim 2 - Uprising :

Alors qu'il a tourné le dos à l'héritage de son père Stacker, qui a sauvé le monde de l'invasion des Kaijus il a bien des années, Jake (John Boyega) est contraint de reprendre du service lorsqu'une menace encore plus importante s'en prend à la Terre. Mais Jake ne peut plus compter que sur une poignée de Jaegers, et le nombre de pilotes disponibles est des plus réduits...

Cette suite du premier Pacific Rim (un film assez creux signé Guillermo Del Toro, peu inspiré au niveau direction artistique, au concept sous-développé et qui peinait étrangement à rendre ses robots et ses monstres mémorables et/ou impressionnants) a clairement été tournée pour le marché asiatique, et ça se voit immédiatement : l'action prend principalement place en Asie, les acteurs asiatiques sont nombreux, dans des rôles proéminents, et le grand final se déroule sur les pentes du Mont Fuji, après un passage en ville, au pied d'une statue Gundam.

Et effectivement, bon nombre de codes des animes de méchas se retrouvent dans ce métrage signé Steven S. DeKnight : les robots sont plus agiles, certaines poses et scènes semblent clairement sous influence anime, et les Kaijus finissent par fusionner pour faire un Mega Kaiju aux allures de Godzilla.

Ce qui serait amusant si le film n'était pas à ce point quelconque, et ne lorgnait pas tant vers les Transformers de Bay (jusqu'à reprendre un plan rotatif au ralenti, typiquement Bayien, autour de la jeune héroïne - excellente Cailee Spaeny, d'ailleurs - qui contemple la dévastation autour d'elle).

Score insipide d'un sbire de Hans Zimmer, personnages sous-développés, script cousu de fil blanc, direction artistique des Jaegers et Kaijus toujours assez générique, duo de scientifiques en roue libre et qui en font toujours trois tonnes, distribution globalement insipide : rien de vraiment surprenant, c'est dans la droite lignée du premier Pacific Rim.

Là où ça change un peu, c'est que, contrairement au premier film qui échouait constamment à donner la moindre sensation de gigantisme à ses robots en les faisant évoluer, la plupart du temps, de nuit et sous la pluie, ici, tout se passe en plein jour, et en pleine ville.

Les jeux d'échelle fonctionnent nettement mieux, l'action est plus variée... mais en contrepartie, on y perd nettement en poids, en impact, et en intérêt : les scènes d'action deviennent vite répétitives, pas franchement aidées par des effets numériques vraiment aléatoires, qui donnent parfois aux robots le rendu de jouets en plastiques.
 
Sans oublier des idées totalement idiotes, comme le décollage des Jaegers dans le ciel sur fond de Trololo, ou tout simplement maladroites, comme le montage façon Agence Tous Risques, seul moment du film où le thème musical du premier Pacific Rim pointe le bout de son nez.

Bref, un film assez typique de son réalisateur/scénariste (regardable, mais jamais très subtil, jamais très original, toujours un peu brut de décoffrage et manquant de raffinement) : c'est quelconque, avec des défauts et qualités différents du premier (le duo principal - Boyega & Spaeny - est nettement plus attachant que les acteurs principaux du Del Toro, par exemple), mais au final, c'est aussi peu mémorable.

2.5/6

​--

Et comme toujours, vous pouvez retrouver la liste complète de tous les films passés en revue sur ce blog dans le menu Index de haut de page, ou en cliquant directement sur ce lien...

commentaires

Un film, un jour (ou presque) #721 : Annihilation (2018)

Publié le 25 Mai 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Thriller, Science-Fiction, Drame, Netflix

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus. ​​ 

Annihilation :

Lorsque son époux militaire, Kane (Oscar Isaac), rentre de mission distant et gravement malade, Lena (Natalie Portman) et lui se trouvent amenés de force dans une zone militaire non-répertoriée, en bordure du Miroitement, un périmètre interdit et chatoyant créé par la chute d'un météore sur Terre. Après avoir découvert que Kane a visité cette zone, et qu'elle est responsable de son état, Lena accompagne quatre autres chercheuses (Jennifer Jason Leigh, Tessa Thompson, Gina Rodriguez, et Tuva Novotny) au coeur du Miroitement, pour découvrir ce qui s'y passe...

À nouveau un réalisateur très apprécié par les amateurs de genre (ici, Alex Garland, scénariste de 28 Jours Plus Tard, Sunshine, Dredd, et du relativement surestimé Ex Machina - autant de concepts forts, ayant tendance à user, dans leurs dernières lignes droites, de grosses ficelles typiques de film du genre, quitte à largement affaiblir ce qui précède, et à tomber dans la série B) pour une production sortie en salles aux USA, et sur Netflix dans le reste du monde.

Ici, en adaptant un roman de science-fiction lorgnant vaguement sur la Couleur Tombée du Ciel de Lovecraft, en nettement plus contemplatif et métaphysique (façon Tarkovsky), Garland continue sur sa lancée, celle d'un film pas inintéressant et bien produit, mais qui pèche çà et là par son écriture.

Toute la première partie du film est ainsi assez prenante : la mise en place, l'explication du Miroitement, l'expédition, etc. Malheureusement, à partir du moment où les personnages arrivent dans la base militaire abandonnée, et commencent à être attaqués par l'ours, le film tombe dans une sorte de survival assez classique ; un survival bien exécuté et gentiment sanglant, mais pas forcément plus intéressant que ça, notamment à cause de l'écriture défaillante de ces personnages creux et sous-développés (la lesbienne de service, forcément hostile ; les problèmes de couple et d'infidélité de Natalie Portman ; les premières victimes, qui ont droit à deux lignes de caractérisation, pas plus ; Tessa Thompson, assez moyenne).

Et puis, dans sa dernière demi-heure, le film repart dans quelque chose d'à la fois plus concret (Portman vs un alien) et vague (pourquoi ? comment ?), pour se finir en queue de poisson, d'une manière pas particulièrement convaincante ou surprenante.

Le vrai problème, en fait, c'est que le film ne fait qu'effleurer de nombreux concepts et de nombreuses thématiques à la résonance potentiellement passionnante, et il le fait de manière assez pataude ou maladroite (toute la structure en flashbacks sur la vie de couple de Portman, donc ; les plans bien soulignés sur les reflets dans les verres d'eau ; tout le propos sur la division cellulaire, le cancer, blablabla).

Ce qui donne la fausse impression (à en juger par les critiques et analyses dithyrambiques du web) que le film est d'une profondeur incroyable, alors qu'en fait, c'est simplement que toute cette profondeur est restée sur le papier, et n'apparaît jamais à l'écran.

C'est dommage, parce que dans l'ensemble, ce n'est pas désagréable à regarder, la direction artistique est relativement intéressante, et il y a là énormément de potentiel. Mais c'est trop lent pour ce que ça raconte, trop vague, et pas assez abouti pour me convaincre.

(je comprends tout à fait que les distributeurs cinématographiques aient hésité à le sortir en salles, celui-là)

3.5/6

​--

Et comme toujours, vous pouvez retrouver la liste complète de tous les films passés en revue sur ce blog dans le menu Index de haut de page, ou en cliquant directement sur ce lien...

commentaires
<< < 10 20 30 40 41 42 43 44 45 46 47 48 49 50 60 > >>