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LES TÉLÉPHAGES ANONYMES

Il était une fois Lurdo & Sygbab, deux internautes passionnés de séries tv et de cinéma, et qui cherchaient un endroit où archiver leurs avis (semi) éclairés...

Un film, un jour (ou presque) #446 : Jack Reacher - Never Go Back (2016)

Publié le 8 Février 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Action, Thriller, Review

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Jack Reacher - Never Go Back :

De retour de mission, Jack Reacher (Tom Cruise) arrive à Washington pour inviter son contact militaire, le Major Susan Turner (Cobie Smulders) à dîner. Il découvre alors qu'elle a été arrêtée et inculpée d'espionnage, ainsi que du meurtre de deux soldats, en Afghanistan. Convaincu de son innocence, Reacher décide de mener l'enquête, mais se trouve bientôt lui aussi accusé de meurtre ; comprenant que lui et Susan sont les victimes de sinistres machinations militaires, Reacher tente alors de résoudre cette affaire, tout en essayant de déterminer si la jeune Samantha (Danika Yarosk) est bel et bien la fille qu'il n'a jamais connu...

Je me souviens avoir vu Jack Reacher, en 2012 ou 2013. Je me souviens aussi d'un certain enthousiasme, d'une certaine hype dans certains cercles, principalement dûs à Christopher McQuarrie, le scénariste d'Usual Suspects qui s'occupait là de la réalisation, et à l'approche très polar rétro-70s du métrage, qui tentait de renouer avec un certain âge d'or du genre.

La seule chose dont je ne me souviens absolument pas, c'est du film. À peine me reste-t-il un vague souvenir d'un Cruise qui balançait des répliques pseudo-badass, de Rosamund Pike en avocate insipide, et d'un Werner Herzog en grand méchant cabotin et improbable : tout le reste a été instantanément oublié, et je n'ai jamais eu la moindre envie de le revoir.

Donc forcément, une suite... disons que je ne l'ai regardée que pour Cobie Smulders (cruellement sous-exploitée dans le Marvel-verse cinématique) dans un rôle d'action. Et la demoiselle est bien le seul intérêt de ce thriller ultra-poussif et générique, qu'on dirait tout droit sorti d'un bac à dvd des années 90, avec un Seagal ou un Van Damme en tête d'affiche : même script basique et blindé de clichés, même musique insipide, même réalisation médiocre, même montage cache-misère (les quelques scènes d'action, déjà faiblardes, manquent cruellement d'impact ou d'efficacité tant le montage sabote tout), même cadre "exotique" jamais exploité correctement (du côté de chez Seagal & co, ce sont les pays de l'Est, ici, c'est la Nouvelle-Orléans), mêmes méchants caricaturaux, et même rythme anémique.

Autrement dit, absolument aucun intérêt, et on s'ennuie pas mal devant ce récit générique au possible, pour ne se réveiller brièvement que lorsqu'on aperçoit un visage familier ici ou là (comme Jessica Stroup, ou ce bon vieux Robert Knepper). C'est peu.

1.75/6

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Un film, un jour (ou presque) #445 : Le B.G.G - le Bon Gros Géant (2016)

Publié le 7 Février 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Fantastique, Jeunesse, Aventure, Review, Disney

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Le Bon Gros Géant (The BFG) :

Orpheline âgée de 10 ans, Sophie (Ruby Barnhill) est insomniaque. Une nuit, par la fenêtre de son orphelinat, elle aperçoit un géant qui se promène dans les rues de Londres. Mécontent d'avoir été surpris, ce Bon Gros Géant (Mark Rylance) enlève alors la fillette, et la ramène avec lui au Pays des Géants. Là, Sophie découvre que le BGG est le plus petit de tous les géants, et que ses semblables sont tous agressifs et mangeurs d'homme. Avec l'aide du BGG et de la Reine d'Angleterre (Penelope Wilton), Sophie va alors tenter de mettre un terme à cette menace improbable...

Adaptation d'un roman pour enfants de Roald Dahl par Steven Spielberg, ce BGG (quel titre affreux) est aussi l'un des rares plantages financiers du réalisateur, tant le film a été mal reçu par le public, à sa sortie en plein été 2016.

Les critiques, elles aussi, n'ont pas vraiment été beaucoup plus tendres, et pas forcément à raison : si le rythme du métrage est en effet très inégal (il y a facilement 15 minutes de trop), la plupart des défauts soulevés par les critiques étaient inhérents au récit de Dahl.

D'ailleurs Roald Dahl a toujours été difficile à adapter de manière satisfaisante à l'écran, et les adaptations les plus fidèles de ses oeuvres ont souvent initialement été mal accueillis : ici, pour peu que l'on adhère un minimum à la direction artistique, notamment des créatures de synthèse (joli boulot d'animation et de rendu made in ILM et Weta, même si l'on finit par remarquer quel plan a été fait par quelle compagnie ^^), le tout est très bien filmé, bien interprété, très fidèle au récit originel, le score de Williams est très Potterien, et ça finit même par devenir assez amusant dès que la Reine d'Angleterre débarque dans l'histoire.

Alors certes, le récit est très simpliste, parfois puéril, et le langage du géant peut finir par lasser, mais la plupart de ces problèmes sont, encore une fois, inhérents au livre de Dahl. Cela dit, je peux comprendre qu'on fasse une allergie au tout-numérique, ou à la tonalité clairement enfantine (et assumée comme telle) du métrage.

Une chose est sûre : ce BGG est fréquemment comparé, en mal, à Peter et Elliott le Dragon (2016), que j'ai critiqué ici-même la semaine dernière... mais j'ai préféré ce Bon Gros Géant qui, au moins, a des couleurs et de l'imagination.

3.75/6

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Un film, un jour (ou presque) #444 : Les Voyages de Gulliver (2010)

Publié le 6 Février 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Comédie, Fantastique, Aventure, Review

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Les Voyages de Gulliver (Gulliver's Travels) :

Responsable courrier au sein de la rédaction d'un journal, Lemuel Gulliver (Jack Black) ment à la femme de ses rêves (Amanda Peet), rédactrice de la rubrique voyage, et reçoit pour mission de couvrir les mystères du Triangle des Bermudes pour le magazine. Là, un tourbillon surnaturel l'emporte, et l'emmène au royaume de Lilliput, dont les habitants miniatures sont en proie à un conflit contre un pays voisin. Grâce à de nouveaux mensonges, Gulliver obtient la confiance des Lilliputiens, et s'improvise alors défenseur du royaume...

Une comédie fantastique assez brève (84 minutes tout compris), plutôt simpliste, et qui semble étrangement creuse et précipitée, comme s'il y avait eu des coupes franches sur le banc de montage.

Le film est néanmoins plus sympathique que dans mes souvenirs, notamment grâce à sa distribution attachante, entre Black, Peet, Segel, Blunt, Connolly, Miller, O'Dowd, et Catherine Tate.

On regrettera des effets spéciaux inégaux dans leur intégration (un problème récurrent chez WETA digital), un Jack Black en pilotage automatique (il tient bien son personnage, mais c'est toujours le même personnage de film en film), ainsi qu'un numéro musical final totalement forcé et superflu. 

3/6

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Catch Review : WWE United Kingdom Championship Tournament - Round 1 (14/01/2017)

Publié le 5 Février 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Catch, WWE

Suite au succès du tournoi Cruiserweight Classic, chroniqué sur ce blog (et qui a donné naissance à la Cruiserweight Division et au show WWE 205 Live consacré à celle-ci), la WWE tente de renouveler l'exploit en marchant à nouveau sur ce qui était autrefois les plates-bandes de la TNA : après la X-Division, place à la Grande-Bretagne, qui était terre conquise pour la compagnie de Dixie Carter, jusqu'à ce qu'ils se plantent en beauté.

La WWE tente donc de voler sa place à la compétition, en organisant un nouveau tournoi, dédié cette fois-ci aux catcheurs anglais, avec à terme, une intégration de certains des compétiteurs dans le roster de la compagnie...

WWE United Kingdom Championship Tournament 2017 - Round 1 :

- Trent Seven vs H.C. Dyer 

Un barbu qui devrait passer un poil plus de temps à la salle de sport (ou changer de tenue de lutte) contre un pseudo-boxeur au coup de poing fatal. Match assez quelconque et mollasson.

- Jordan Devlin vs Danny Burch

Le protégé de Finn Balor (c'est un peu son clone, mais en plus petit) contre un chauve intense et brutal autrefois membre de la NXT. Un peu pareil que le premier combat, avec en prime un finish botché par l'arbitre, et un Burch qui s'ouvre le crâne en tombant sur le sol.

- Sam Gradwell vs Saxon Huxley

Un grand chauve qui ressemble un peu au fils caché de Steven Regal, contre Jesus Christ superstar du catch. Le public passe tout le match à chanter "Jesus" d'une manière ou d'une autre, et l'affrontement est dans la droite lignée des deux précédents : pas très marquant, et avec un finish décevant.

- Pete Dunne vs Roy Johnson

Un bagarreur trapu et agressif, contre une sorte de D-Lo Brown anglais misant tout sur la force (supposément un ex-haltérophile, malgré son physique assez basique pour un catcheur indépendant). Un peu meilleur, mais pas de beaucoup : Dunne torture son adverse avec plein de prises tordues, ce qui est très sympathique à regarder, mais Roy Johnson se contente de faire acte de présence.

- Wolfgang vs Tyson T-Bone

Un biker rondouillard écossais contre un gitan irlandais couvert de tatouages, et à l'accent médiocre. Clairement conçu pour mettre Wolfgang en valeur, ce match est assez simple et bourrin, mais Wolfgang s'avère plutôt rapide, agile et acrobatique pour un poids-lourd.

- Joseph Conners vs James Drake

Deux poids-moyens qui se ressemblent beaucoup trop pour leur propre bien, tant dans le ring que physiquement. Résultat, un match assez quelconque et basique, probablement l'un des moins intéressants de la soirée. 

- Mark Andrews vs Dan Moloney

Pas besoin de présenter Mandrews, honteusement sous-exploité lors de son passage à la TNA ; face à lui, Moloney, une brute supposée venue de la rue, mais en fait jamais totalement crédible en mec dangereux. Un match plutôt honorable, qui ne fait cependant pas forcément d'étincelles : Moloney est ici trop limité, et Mandrews est un high-flyer compétent, mais pas forcément ultra-original, donc les deux hommes ont un affrontement assez fluide, sans plus.

- Tyler Bate vs Tucker

Tyler Bate, mon moustachu préféré dans ce tournoi, qui m'avait impressionné il y a un peu plus d'un an (lors de la Chikara King of Trios 2015), alors qu'il n'avait que 18 ans à peine : un véritable mini-Cesaro mémorable et charismatique, qui convainc instantanément. Face à lui, Tucker, un Irlandais, entraîné par Finn Balor, et qui lui ressemble beaucoup physiquement (décidément, Finn a vraiment un certain type pour ses... hum... élèves). Un match plus long très équilibré, qui oppose à Tyler Bate un Irlandais tout dans l'impact et l'agilité.

- En post-show, les adversaires du prochain round sont mis face à face, et Dunne attaque Gradwell.

 

Un premier round de tournoi plutôt moyen, dans l'ensemble, comme souvent lors des premiers rounds de tels événements : Nigel McGuinness et Cole sont excellents aux commentaires, le public est motivé, mais hormis Tyler Bate et Pete Dunne, personne ne se démarque vraiment du lot. 

(suite et fin la semaine prochaine)

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Les bilans de Lurdo - Les Désastreuses Aventures des Orphelins Baudelaire, saison 1 (2017)

Publié le 5 Février 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Télévision, Les bilans de Lurdo, Netflix, Review, Jeunesse, Drame

Les Désastreuses Aventures des Orphelins Baudelaire (Lemony Snicket's A Series of Unfortunate Events) :

À la mort mystérieuse de leurs parents dans un incendie criminel, l'inventive Violet Baudelaire (Malina Weissman), l'intelligent Klaus (Louis Hynes), son frère, et leur petite soeur Sunny (Presley Smith) aux dents indestructibles, sont confiés par Mr Poe (K. Todd Freeman), exécuteur testamentaire, à la bonne garde du Comte Olaf (Neil Patrick Harris), supposément un parent éloigné. Mais rapidement, il apparaît qu'Olaf est un criminel de la pire espèce, prêt à tout pour faire main basse sur la fortune Baudelaire...

Les Désastreuses Aventures des Orphelins Baudelaire, sorti en salles de cinéma en 2004, était un film plutôt réussi et sous-estimé, qui n'a pas connu un énorme succès en salles, malgré un Oscar pour ses maquillages, et plusieurs autres nominations.

Pourtant, il avait beaucoup pour plaire : un réalisateur à la vision affirmée (Brad Silberling, réalisateur de Casper), un ton original et corrosif (tout droit tiré des romans), une direction artistique somptueuse (signée Rich Heinrichs et Coleen Atwood, habitués de Tim Burton), un Jim Carrey mémorable en Comte Olaf (un acteur personnellement courtisé par Daniel Handler, l'auteur des romans), et dans l'ensemble, une distribution très réussie.

Apparemment, cependant, à en croire les innombrables avis qui ont pullulé en ligne à l'occasion de l'annonce et de la diffusion de cette série Netflix, le film de 2004 était médiocre et inintéressant, une adaptation ratée, bordélique, avec un Jim Carrey trop cabotin et comique pour son rôle, et de manière générale, la version 2004 méritait son échec au box-office

Il est toujours "amusant" de voir les avis "des masses populaires du web" évoluer ainsi en fonction des modes et des générations (la franchise Star Trek souffre des mêmes maux), d'autant que le film avait, à l'époque, été plutôt bien reçu ; il est donc difficile de ne pas y voir un mouvement de foule un peu hypocrite, motivé par le fait que cette fois-ci, la série Baudelaire est un projet plus "prestigieux", étant dirigé/showrunné par Barry Sonnenfeld (La Famille Addams), co-écrit par Daniel Handler, co-produit par Neil Patrick Harris (qui joue aussi Olaf et chante le générique), et diffusé sur Netflix (qui malgré tous les défauts de ses productions, semble toujours bénéficier d'un totem d'immunité inexplicable).

Un duo Sonnenfeld/Handler qui était déjà à l'origine du film de 2004, avant un départ suite à des problèmes de budget, et qui, dans l'esprit des fans, allait pouvoir se venger de cet affront en produisant une série nettement plus fidèle aux romans que le film (qui condensait les trois premiers livres en 110 minutes, contre 8 épisodes ici, couvrant les quatre premiers livres). Du moins, ça, c'était en théorie. Parce qu'en pratique... 

Saison 1 :

En pratique, cette version télévisée de Baudelaire ressemble (du moins, pour ses 6 premiers épisodes) à un portage télévisé du film, portage assez réussi au niveau de la production, mais finalement assez inutile.

La direction artistique est très similaire (avec en prime une petite touche colorée de Pushing Daisies, la série de Bryan Fuller produite par Sonnenfeld), le ton est globalement identique, l'adaptation des romans aussi fidèle, et, peut-être plus gênant, plutôt que d'incarner un Comte Olaf plus sombre et menaçant (comme l'espérait le web), Neil Patrick Harris cabotine tout autant que Jim Carrey, tout en donnant constamment l'impression de faire un cosplay du Comte Olaf de Carrey.

(assez moyen, le cosplay, d'ailleurs, puisque la perruque de NPH déséquilibre sa silhouette en lui faisant une grosse tête disproportionnée, alors que le Olaf de Carrey avait une silhouette toute en longueur et menaçante)

C'est vraiment un problème récurrent de la série : l'impression d'assister à une sorte d'adaptation télévisée du film, une sorte de remake/suite, aux rôles principaux recastés au plus près, et sans réelle plus-value.

Alors certes, il y a bien des sous-intrigues secondaires centrées sur la société secrète VFD, et sur Will Arnett/Cobie Smulders (que l'on tente un temps de nous faire passer pour le Père/la Mère Baudelaire, une feinte qui ne fonctionne pas vraiment, même si c'est assez amusant que Cobie soit créditée en tant que "Mother") ; il y a bien un Lemony Snicket nettement plus présent que dans le film, et intégré de manière originale au récit et à l'écran ; et il y a bien quelques digressions rajoutées spécialement pour étoffer la série et les épisodes.

Mais tout cela participe à un autre problème récurrent de cette série : son rythme défaillant. Malgré ses huit épisodes à peine, Baudelaire est en effet atteinte du syndrome Netflix : tout est trop long, les romans (assez courts) sont délayés en deux parties pouvant aller de 38 à 65 minutes, la narration de Snicket finit par être saoulante et redondante (tout comme les gags à base de définition de tel ou tel mot, ou de répétition par les personnages de ce que vient de dire le narrateur, gags qui deviennent systématiques et répétitifs de par la manière dont ils sont intégrés au script), bref, ça manque cruellement de dynamisme et de rythme (à contrario de Pushing Daisies, qui avait la touche de folie et l'énergie de Fuller pour faire fonctionner son univers décalé).

Et comme les six premiers épisodes ne sont qu'une redite du film, difficile de ne pas commencer à s'ennuyer au bout d'un moment.

D'autant que le ton très particulier de l'ensemble est assez fluctuant et inabouti : on sent que la série tente de trouver un juste équilibre entre pseudo-macabre mélancolique et satire décalée, entre humour littéraire et narratif et pastiche des récits victoriens, entre détails subtils et gags répétés ad nauseum... mais l'équilibre n'est pas vraiment là, et le show oscille constamment entre les deux extrêmes, sans jamais trouver comment parvenir à les fusionner de manière satisfaisante (ce qui ramène au problème de rythme récurrent de la série). Mention spéciale aux vannes ponctuelles faisant référence à Uber ou au mode de streaming de la série, vannes qui seront clairement dépassées dans 5 ans, incompréhensibles dans 10 ans, et qui jurent particulièrement avec l'univers intemporel du show.

Au niveau de la distribution, pas grand chose à dire : les acteurs sont bien choisis, même si tout le monde a tendance à se mettre au diapason de Neil Patrick Harris, pour cabotiner allègrement, quitte à faire passer tous ces adultes pour des bouffons (ce qui est un peu le but, quelque part). Tout le monde... sauf les orphelins Baudelaire.

Malheureusement, le trio est tellement terne et en retrait qu'il se fait totalement éclipser par tout ce qui l'entoure, que ce soit la direction artistique ou le jeu des autres personnages (notamment l'entourage d'Olaf, ici plus développé) ; un peu regrettable, d'autant que l'interprète de Klaus est un peu transparent (le personnage n'est pas des plus faciles à mettre en valeur, cela dit), et que Sunny est (pour être gentil) assez ratée : contrairement à la Sunny du film, la fillette est ici beaucoup plus jeune, et par conséquent, nettement moins réactive.

Les 3/4 du temps, lorsqu'elle n'est pas remplacée par un poupon inanimé dans les bras de Violet, ou intégrée numériquement dans les plans pour espérer avoir une réaction utilisable, la fillette reste totalement indifférente à ce qui l'entoure, et son babillage numérique ne fonctionne pas vraiment à l'écran.

En résumé, Baudelaire ne bénéficie pas du tout du binge watching popularisé par Netflix : longs et bavards, les épisodes souffrent aussi du caractère répétitif des romans, qui est d'autant plus souligné par ce format Netflix. Et les faiblesses de rythme se répercutent directement sur l'écriture, à tous les niveaux : humour inégal d'un scénariste à l'autre, déséquilibre entre premier et second degré, personnages principaux éclipsés par toute la folie qui les entoure, menace trop diluée pour être efficace, etc...

En fait, en regardant la série, plus encore qu'en lisant les ouvrages, on a par moments presque l'impression d'un auteur (et ici, d'une équipe composée de Daniel Handler et de trois scénaristes débutants) ayant trouvé un gimmick d'humour littéraire, et l'appliquant systématiquement à chaque épisode et à chaque scène, ce qui en atténue à chaque utilisation l'impact et l'efficacité : vers la fin de la saison, je commençais vraiment à en avoir assez de ces répétitions et explications incessantes, de ces effets de style mécaniques et de ces dialogues à rallonge, alors même que le script faisait par ailleurs du surplace.

Et malgré l'accueil unanimement positif des critiques, qui se sont empressés de proclamer la supériorité indubitable de la série sur le film... je ne peux m'empêcher de penser que si les deux oeuvres partagent 90% de leur ADN, les 10% restant sont à l'avantage du long-métrage : Olaf y reste plus menaçant (Carrey est naturellement plus inquiétant que NPH, désolé), péripéties plus rythmées, musique plus mémorable (quoique le générique d'ouverture du show est assez mémorable, un peu comme l'était la chanson du petit Elfe dans le film), effets spéciaux forcément plus convaincants (la maison qui se casse en deux, au secours), rendu forcément moins factice et artificiel... et surtout, script écrit par un véritable scénariste (le scénariste de Galaxy Quest !!!). 

Et je ne peux que me demander quel est le public visé par cette saison 1 : les enfants s'ennuieront probablement, les fans du film risquent de trouver le tout redondant, les binge watchers de trouver le show répétitif et mou, le grand public risque de rester à la porte d'un mélange inégal de tons et de genres... ne reste alors que les fans hardcore des livres, qui forment, sans surprise, l'essentiel des critiques dithyrambiques de ce show. 

Personnellement, me trouvant au croisement de plusieurs de ces catégories, je dois dire que le visionnage de la première saison des Orphelins Baudelaire a été bien moins enthousiasmant que ce à quoi je m'attendais : j'ai lu les livres, j'apprécie le film, j'aime l'univers, mais je suis resté assez déçu par l'adaptation de Sonnenfeld, qui tombe plus souvent à plat qu'elle ne fonctionne. Cela dit, ce n'est pas mauvais, en soi, c'est très bien produit, et je me demande comment j'aurais réagi si j'avais découvert cet univers plus jeune, sans avoir lu les premiers romans ni vu le film (à en juger par les réactions très dubitatives dans mon entourage, le charme n'opère pas forcément sur ce type de public). 

D'ailleurs, il est assez parlant de voir que les deux derniers épisodes de la saison permettent enfin à Baudelaire de s'écarter un peu de l'ombre du métrage, pour aborder de l'inédit. Bon, là aussi, c'est toujours très mal rythmé, trop bavard, et pas toujours très pertinent (la chanson de fin totalement WTF, qui transforme subitement le show en comédie musicale), mais cela permet de sortir un peu des sentiers battus (l'arrivée de Catherine O'Hara en ex du Comte Olaf y fait pour beaucoup dans ce regain d'intérêt, en changeant un peu la dynamique de la série et de ses personnages), et je reste tout de même curieux de voir ce que la saison 2 pourra donner, libérée de cet héritage filmique encombrant, et ayant de nouveaux protagonistes avec lesquels jouer. 

En espérant que la production apprenne de ses erreurs... mais vu que les critiques américains ne trouvent que des qualités à ce Baudelaire, j'en doute.

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Les bilans de Sygbab - Gilmore Girls, saison 4 (2003-2004)

Publié le 4 Février 2017 par Sygbab dans Télévision, Critiques éclair, Review, Gilmore Girls, Les bilans de Sygbab, Comédie, Romance

Sygbab regarde (beaucoup) la tv, Sygbab écrit (parfois) des bilans : retrouvez-les sur le blog des Téléphages Anonymes !

Gilmore Girls, Saison 4 : 

Entre l'ouverture du Dragonfly Inn à gérer pour Lorelai et l'adaptation à l'Université pour Rory, les nouveaux défis que doivent relever les deux jeunes femmes sont immenses et ont un impact sur leur relation fusionnelle. Si dans les premiers épisodes Rory revient très souvent à Stars Hollow le week-end, elle se retrouve rapidement débordée par les cours, et n'a presque pas le temps d'appeler sa mère. De son côté, Lorelai monte son nouveau business quasiment à elle seule, ne pouvant compter sur Sookie. Cette période est donc une épreuve pour les deux protagonistes, puisqu'elles ne peuvent plus se soutenir comme auparavant.

C'est la limite de leur dépendance affective : elles se manquent mutuellement, et l'épisode où elles craquent toutes les deux - Rory sur l'épaule de Dean et Lorelai sur l'épaule de Luke - en est la parfaite représentation. La façon dont le thème est traité réconcilie quelque peu le téléspectateur avec les scénaristes quant au choix de Yale : il est évident que mère et fille ont du mal à couper le cordon, et l'éloignement qu'aurait entraîné un départ de Rory à Harvard aurait sans doute été destructeur. De toute évidence, elles ne sont pas prêtes pour gérer une telle situation.

Si cet aspect est mis en avant, il est en revanche assez paradoxal de constater que la construction du Dragonfly et la vie de Rory à l'Université constituent des intrigues assez diffuses, dans le sens où certaines idées développées ici et là ne sont pas poursuivies. Il suffit de penser à Marty pour s'en convaincre : alors qu'une amitié semble se développer entre lui et Rory, il est par la suite oublié. Il en est de même pour le journal de Yale : après les critiques de Doyle concernant l'article que Rory a écrit à propos d'un ballet, la transformation de son style d'écriture n'est jamais évoquée de nouveau. Ce dernier point est d'ailleurs particulièrement gênant, car le journalisme est son rêve et au bout de quatre saisons, il est difficile de savoir où elle en est exactement; si ce n'est qu'elle doit encore progresser.

Enfin, sa colocation avec Paris - pourtant pleine de potentiel - n'apporte strictement rien. Au contraire, cette dernière est horripilante, et sa relation avec Asher Fleming n'a aucun intérêt. Cette histoire entre un professeur âgé et une jeune femme "innocente" était un écueil tout à fait évitable... S'il avait encore été là, Terrance lui aurait sans doute conseillé de ne pas se lancer dans cette aventure... Mais comme d'autres, il disparaît aussi vite qu'il est apparu.

Dans le rayon des disparitions, le fait qu'Adam Brody ne soit plus présent nécessite de trouver une explication, et de dénicher un autre membre pour le groupe de rock de Lane & co. Et là, c'est un véritable contre-pied, avec l'introduction de Gil, dont l'âge pose quelques problèmes au départ. Cette intrigue prend au fur et à mesure un peu plus d'importance et c'est une bonne chose : outre Brian et Zack qui sont assez drôles ensemble, cela s'inscrit dans la continuité du développement de Lane.

Les changements dans sa vie sont radicaux : elle travaille en tant que serveuse chez Luke, décide de se consacrer à la musique, et finit par emménager avec Brian et Zack après avoir été plus ou moins expulsée de chez elle par sa mère. Malgré le peu de liberté dont elle jouissait, la réalité de ce qu'elle a perdu la rattrape vite, ce qui annonce là aussi une adaptation difficile. Il est en tout cas intéressant de s'apercevoir que Mrs Kim a des failles, même si montrer ses sentiments est pour elle une faiblesse qu'elle ne peut se permettre.

Ce que ne peut pas se permettre Richard, c'est de perdre ses clients. Pour ne pas se retrouver devant cette possibilité, il réintègre son ancienne compagnie après les menaces du père de Jason, laissant le fils avec une réputation complètement ruinée. À vouloir jouer avec le feu et vouloir mettre son père en colère en rejoignant Richard, il fallait sûrement s'attendre à ce dénouement pour Jason.

Cette volonté de vouloir s'émanciper de ses parents tout en recherchant ce qui pourrait les rendre fous se retranscrit aussi dans la décision de Lorelai de poursuivre sa relation avec ce dernier. Tout les oppose, et il fait partie d'un monde qu'elle a toujours rejeté : cela ne pouvait pas fonctionner, et le fait que Jason veuille intenter un procès contre Richard tombe à point pour rompre avec lui. Mais les remous de cette histoire qu'elle a voulu cacher sont bien plus importants qu'elle ne pouvait l'imaginer et sont sans doute à l'origine de la séparation de ses parents. Une fois encore, malgré son énergie et sa bonne humeur, Lorelai apparaît comme une égocentrique immature.

Peut-on donc en vouloir à Rory de ne pas savoir où elle en est au niveau sentimental, quand sa mère est elle-même perdue ? Alors qu'elle semblait avoir retrouvé de la stabilité, Dean et Jess réapparaissent tour à tour. Le premier se rapproche de plus en plus et finit dans son lit - ce qui ne fait que confirmer que son mariage était tout sauf honnête -, le second lui avoue qu'il l'aime avant de lui proposer de venir vivre avec lui.

De quoi rendre la jeune femme confuse et incapable de prendre une décision raisonnée. Mais les apparitions sporadiques des deux rivaux - qui n'en seront pas venu aux mains cette fois-ci - ainsi que leur absence au générique laissent penser qu'une conclusion ne saurait tarder, pour que Rory passe à autre chose et ne s'embarque pas dans des relations trop compliquées à gérer.

La multiplication des intrigues a cependant un effet pervers : la maîtrise des scénaristes n'est plus la même qu'auparavant. La preuve en est avec Nicole, qu'on ne voit quasiment pas alors qu'elle est la femme (!) de Luke, ou encore Jackson, qui est presque absent alors qu'il vient de devenir père. Ce manque de fluidité peut aussi s'expliquer par des ajustements nécessaires entre les personnages qui s'en vont et ceux qui arrivent (parmi eux Liz et TJ, une perspective peu réjouissante puisqu'ils sont aussitôt agaçants), mais un recadrage s'impose.

À trop se focaliser sur le côté drama, Stars Hollow est mis de côté alors que la vie de cette communauté est l'essence même de la série. Heureusement, l'épisode centré sur les peintures vivantes offre des scènes fabuleuses en nous replongeant dans cette atmosphère unique, mélange d'excentricité et de joie de vivre.

La lumière viendra peut-être de la relation naissante entre Lorelai et Luke, qui a enfin franchi le pas après bien des tergiversations. Ou peut-être de Kirk, qui a enfin une petite amie et qui se charge bien entendu de le faire savoir à tout le monde, avec force répétition. Quand il n'est pas en train de se ridiculiser comme il sait si bien le faire.

Quoi qu'il en soit, il va falloir faire mieux car cette saison donne, comme la précédente, l'impression d'être une transition vers une nouvelle ère qui a du mal à se mettre en place. Et il faudrait penser à développer Michel un peu plus : Kirk est largement suffisant comme sidekick.

 

 

(voir aussi le bilan de Lurdo - nettement plus sommaire - des saisons 1 à 4 de la série, publié sur ce blog en 2012)

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Critiques éclair - Pilotes en vrac (2017) - Powerless 1x01 (premières impressions)

Publié le 3 Février 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Télévision, NBC, DC, Sitcom, Pilote

Powerless 1x01 :

Lorsqu'elle arrive à Charm City pour y devenir Directrice de Recherche au sein de Wayne Security, Emily Locke (Vanessa Hudgens) découvre, émerveillée, le quotidien des habitants de la ville, confrontés chaque jour aux combats des super-héros et de leurs ennemis. Mais pour les autres employés de Wayne Security - parmi lesquels Teddy (Danny Pudi), Ron (Ron Funches), et Jackie (Christina Kirk)... - et pour son patron Van Wayne (Alan Tudyk), la seule chose qui importe, c'est la survie de l'entreprise, qui passe par les idées d'Emily...

Un plagiat de Damage Control (une entreprise de l'univers Marvel, spécialisée dans les réparations et les reconstructions des bâtiments et autres biens détruits lors de combats super-héroïques - un concept que Marvel tente d'adapter à la tv depuis des années), conçu par Ben Queen (un showrunner créateur de multiples séries médiocres, et scénariste de Cars 2 (!)) et au pilote projeté lors de la dernière Comicon, mettant en scène les employés de Retcon Insurance, une compagnie d'assurance s'efforçant de protéger les citoyens des conséquences de combats super-héroïques....

Ah, non, on me fait signe que le projet a été mis à la poubelle entre-temps, que Ben Queen a été viré et remplacé par les showrunners de $#*! My Dad Says & Surviving Jack, et que tout le cast a été réutilisé pour tourner une nouvelle version de la série : celle-ci tend désormais plus vers une copie de (l'excellent) Better Off Ted, où les employés de Wayne Security passent leur temps à inventer des gadgets toujours plus improbables pour contrer les actions des super-méchants de l'univers DC, en permettant aux personnes lambda de s'en protéger.

Le cast est sympathique (Tudyk, Hudgens, Pudi), le générique est réussi, et le budget effets spéciaux est malheureusement très limité... mais ça fonctionne à peu près, même si ça reste de la sitcom de network assez basique, avec des vannes faiblardes, beaucoup de fanservice, et des personnages assez classiques.

Le problème, en fait, c'est qu'il n'y a absolument aucune chance de voir des super-héros de premier ordre dans ce show (aucun des personnages des séries CW, par exemple, ou de la Justice League apparaissant pourtant dans le générique - il y a bien Starro, qui se fait désintégrer en arrière plan dans un flashback, mais bon...), donc l'intérêt intrinsèque du tout sera probablement assez limité.

Reste à voir si ça devient plus drôle, si ça trouve son public, et si les DC fanboys, premiers à monter au créneau pour défendre les films de la compagnie, répondront à l'appel d'une série sans leurs Batman ou Superman adorés...

 

President Elect Luthor Vows To Make Metropolis Super Again !

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Un film, un jour (ou presque) #443 : Famille Recomposée (2014)

Publié le 3 Février 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Comédie, Romance, Review

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Famille recomposée :

Lauren (Drew Barrymore) est divorcée, et élève seule ses deux garçons turbulents ; Jim (Adam Sandler), veuf, a trois filles qu'il élève comme des garçons manqués ; par un concours de circonstances, les deux familles vont se retrouver dans un centre de vacances en Afrique du Sud, et apprendre à se connaître...

Déjà chroniqué en ces pages à sa sortie américaine, je profite d'un revisionnage familial pour confirmer mon avis précédent : comme la plupart des collaborations Sandler/Barrymore, ce Blended s'avère un film sympathique, cependant plus axé sur la famille que sur la romance (même si elle reste toujours présente), et dans lequel le duo principal d'acteurs se paie, encore une fois, des vacances au soleil sous le prétexte d'un tournage dans des lieux exotiques.

On sait forcément à quoi s'attendre avant de commencer le métrage, il n'y a pas de grande surprise au rendez-vous et si l'on pourra critiquer le pré et post-Afrique un peu longuets et laborieux, une fois sur place, c'est drôle, bon enfant, et sans prétentions (malgré les clichés inévitables qui font tant jaser outre-Atlantique).

Bref, du 4/6 + 0.25 points dédiés à Terry Crews, comme toujours hilarant et à fond dans son personnage.

4.25/6

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Un film, un jour (ou presque) #442 : The Exploding Girl (2010)

Publié le 2 Février 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Romance, Drame, Review

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

The Exploding Girl :

Pendant les vacances d'été, séparée de son petit-ami de plus en plus distant, Ivy (Zoe Kazan), une jeune new-yorkaise épileptique, se rapproche de son meilleur ami Al (Mark Rendall), qu'elle héberge pendant quelques semaines...

Un film indépendant très atmosphérique, mélancolique et contemplatif, à deux doigts du mumblecore, et qui n'a pas d'autre axe narratif que la relation du duo principal, au travers de nombreuses scènes de promenade dans un New-York estival pas désagréable du tout.

Ça ne plaira clairement pas à tout le monde, c'est une étude de personnage plus qu'autre chose, et le tout est absolument prévisible dans son déroulement, mais étrangement, j'ai plutôt adhéré à cette ambiance particulière, facilitée par la présence magnétique de Zoe Kazan, qui parvient à rendre son personnage fragile et captivant à la fois.

Ah, et la dernière scène, toute en subtilité et en finesse, est très jolie.

4/6

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Un film, un jour (ou presque) #441 : Peter et Elliott le Dragon (2016)

Publié le 1 Février 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Jeunesse, Fantastique, Disney, Review

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Peter et Elliott le Dragon (Pete's Dragon) :

À la suite d'un accident de voiture, Peter (Oakes Fegley), un petit garçon, se perd dans les immenses forêts du Nord Ouest Pacifique des USA. Là, il rencontre Elliott, un dragon bienveillant qui le prend sous son aile. Bien des années plus tard, Grace (Bryce Dallas Howard), garde-forestier, et sa belle-fille Natalie (Oona Laurence) découvrent le jeune enfant sauvage dans la forêt, et le recueillent. Reste alors à percer à jour les secrets de ce mystérieux Elliott...

Pas vraiment accroché à cette relecture/remake très libre du Peter et Elliott le dragon de 1977 (dont je n'ai absolument aucun souvenir), principalement à cause des partis-pris artistiques de cette production.

En l'occurrence, le film a une tonalité très folk/country, avec une sorte de réalisme qui fait que tout est terne, délavé, sombre et assez gris (et ça, c'est en 2D, alors avec des lunettes 3D sur le nez, je n'imagine même pas le résultat), que ce soit les décors pourtant naturellement féeriques et multicolores de la Nouvelle-Zélande (où a été tourné le film), ou même Elliott le dragon en personne, ici d'un vert moussu assez passe-partout.

Et c'est vraiment dommage, parce que les acteurs sont compétents, les effets plutôt réussis (Elliott est très attachant, même si son intégration et son rendu, notamment au niveau du poids, sont parfois inégaux, comme souvent chez Weta) et dans l'absolu, si l'histoire est cousue de fil blanc et particulièrement classique (trop ?), elle est aussi parfaite pour de jeunes enfants, qui s'identifieront certainement à l'un ou l'autre protagoniste, rêveront d'avoir un gros chien/dragon comme Elliott, et n'auront pas toutes les références qui font qu'un spectateur plus âgé peut avoir une forte impression de déjà vu pendant tout le film.

Mais je dis ça, alors même que ce Pete's Dragon a fait l'unanimité critique outre-atlantique, et a été fréquemment qualifié de chef-d'oeuvre mécompris de cette année 2016 : je suis donc clairement dans la minorité à ne pas avoir accroché à cette direction artistique "terreuse" et manquant de contraste, et a ne pas avoir fondu en larmes devant ce qui se résume à "un garçon et son chien".

Une chose est sûre, je ne garderai probablement pas grand souvenir de ce métrage au rythme nonchalant, à la musique quelconque, et aux personnages secondaires tous plus transparents les uns que les autres.

3.25/6 (pour quelques plans qui se détachent un minimum de l'étalonnage numérique fade made in Weta)

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Un film, un jour (ou presque) #440 : Tous en Scène (2016)

Publié le 31 Janvier 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Animation, Musical, Comédie, Review, Musique

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Tous en Scène (Sing):

Magouilleur désespéré de rendre à son théâtre sa gloire d'antan, Buster Moon (Matthew McConaughey), un koala, décide de tenter le tout pour le tout, et d'organiser un concours de chant, avec un prix de 1000$ à la clef. Mais une erreur d'impression fait croire à tous les apprentis-chanteurs de la région que le prix est de 100000$, et aussitôt, c'est la folie. Dépassé, Buster finit par sélectionner une poignée de candidats finalistes : Mike (Seth MacFarlane), une souris à la voix de crooner ; Ash (Scarlett Johansson), une femelle porc-épic punk rockeuse ; Meena (Tori Kelly), une jeune éléphante timide ; Johnny (Taron Egerton), un jeune gorille criminel à la voix d'or ; et Rosita (Reese Witherspoon), une truie mère de famille ayant mis de côté la musique pour se concentrer sur ses enfants...

Second film Illumination Entertainment de 2016, après Comme des Bêtes, ce métrage d'animation écrit et réalisé par Garth Jennings (H2G2) souffre un peu des mêmes problèmes que Comme des bêtes : un casting vocal de qualité, une animation et un rendu maîtrisés, mais un script assez faible, particulièrement générique et calibré, et sans la moindre touche émotionnelle sincère (l'émotion, ici, est comme le script : calculée et prévisible).

En somme, ça manque de folie, ça manque d'humour, ça manque de fond et de coeur, et ça peine à se démarquer du reste de la production animée américaine. D'ailleurs, dans le genre "film d'animation juke-box autotuné", je dois dire que Trolls était au moins plus travaillé et plus original, visuellement parlant. 

Bref, un film un peu creux et anecdotique, qui fonctionne principalement sur la force de ses numéros musicaux, particulièrement dépendants des chansons choisies (paradoxalement la chanson de l'éléphante est la plus gueularde et insipide du lot, et le My Way de MacFarlane est plutôt médiocre)...

J'ai envie de lui mettre la moyenne pour la technique, mais non :

2.75/6, parce qu'au bout d'un moment, le film est tellement en pilotage automatique que j'ai à moitié décroché (même si ça plaira clairement à un public plus jeune, qui en prime n'aura pas trop à réfléchir à un éventuel message)

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Catch Review : WWE Royal Rumble 2017 (29/01/2017)

Publié le 30 Janvier 2017 par Lurdo dans Catch, Review, Télévision, WWE

Nouvelle année, nouveau Royal Rumble... et comme c'est l'un des rares PPVs de catch encore incontournables, c'est l'un des rares que je prends la peine de regarder, ces jours-ci. D'autant que 2017, c'est l'année du retour de Goldberg, c'est l'année de plusieurs gros noms intéressants annoncés pour le Rumble (Lesnar, Undertaker, Big Show...), et c'est aussi l'année de surprises potentielles, qui pourraient bien tout changer dans le match (Samoa Joe, Kurt Angle, etc...)

- Bailey vs Charlotte, Raw Womens Title : un match compétent, car les deux femmes se connaissent par coeur, mais honnêtement, ras-le-bol de Charlotte et de ses victoires toujours nettes et sans bavure. D'autant qu'ici, elle a mal dosé son salto arrière et a failli manquer Bailey, et que le finish du match était assez quelconque.

- Owens vs Reigns (+ Y2J en cage), No DQ, Universal Title : voir le résumé pré-match de tout ce feud m'a donné mal à la tête... je ne suis pas mécontent de ne plus regarder Raw, moi. Owens et Jericho ont l'air de s'amuser avec cette storyline, mais Reigns, Reigns, toujours plus de Reigns, le push interminable le plus saoulant depuis John Cena. Et d'ailleurs, le match, c'est la même chose : Reigns survit à tout, se relève de tout, d'un stunner, d'un coup de poing américain, etc, et il est aussi frais à la fin du match qu'au début. La John Cena School of Selling©®, en somme. L'affrontement était assez inégal, sinon, notamment au niveau du rythme, malgré quelques moments amusants.

- Segment backstage de publicité pour KFC, avec les New Age Outlaws 2.0, Enzo & Cass. *soupir*

- Segment de meublage de deux ou trois minutes sur l'histoire du Rumble.

- Tirage au sort pour un spot dans le Rumble, avec Sami Zayn qui apparemment, s'il est désormais affublé d'un rôle de névrosé, c'est parce qu'il n'est pas assez servile et obéissant backstage, IRL.

- Énormément de meublage avant le début du match.

- Neville vs Rich Swann - CW title. Rich est toujours tête à claques, Neville est toujours stéroïdé jusqu'aux oreilles. Le match est étrangement lent et méthodique (le style WWE, donc), alors que ça devrait être du cruiserweight acrobatique. Ça décolle un peu sur la fin, malgré un abus de superkicks, mais c'est loin - très loin -  de l'âge d'or de la X-division.

- Récap de Cena et Styles, qui tente de faire de Cena la victime du feud. Lulz.

- Cena vs Styles, WWE Title. Un match avec énormément de meublage dans son premier tiers, à la limite du ralenti, mais qui s'avère plutôt sympa et réussi (bien que totalement Cenaesque) une fois qu'il démarre. Par contre, le finish... *soupir* ... Pas forcément surprenant, mais bon, match of the night, jusqu'à présent.

- Encore du meublage.

- Royal Rumble. Dans un premier temps, un Rumble tranquille, avec une dynamique sympa thique centrée autour de Braun Strauman, et ce jusqu'à ce que Big Show arrive, et se fasse éliminer comme une buse. Et puis dès que Braun est éliminé, patatras, le match se casse la gueule, commence à ronronner, subit un énorme ventre mou alors qu'on attend un minimum de surprises... et puis non, absolument aucune surprise, aucun des noms que l'on murmurait dans les milieux autorisés, un Undertaker grabataire, des Goldberg et Lesnar qui ne dépassent pas trois ou quatre minutes de présence dans un match de plus d'une heure, des final four vraiment nazes, des final two encore pires, et une fin de match insipide au possible.

 

Roh la vache, cette déception incroyable. Je ne regarde plus que trois PPVs de la WWE par an, mes attentes sont ultra-faibles, et ils arrivent à me décevoir. Et ma déception a un nom : Roman Reigns. Il faut vraiment qu'ils arrêtent avec Reigns, le côté passation de pouvoir avec Taker, son indestructibilité, etc, il faut qu'ils arrêtent, ce n'est plus possible, là.

C'est la troisième année que la WWE tente de faire de Reigns une superstar, c'est la troisième année que le public se rebelle, et finit encore une fois un PPV important en chantant "bullshit"...

(et je ne parle bien entendu même pas de Cena et d'Orton, qui sont toujours là, indéboulonnables, invincibles, à truster le haut de l'affiche et à gagner les matches qui comptent)

(une pensée émue pour les 3/4 de la carte côté Smackdown, qui ont été repoussés en pré-show, histoire de laisser la place à Raw et au Rumble)

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Un film, un jour (ou presque) #439 : Operation Avalanche (2016)

Publié le 30 Janvier 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Documentaire, Found Footage, Comédie, Drame, Review

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Operation Avalanche :

En 1967, Matt Johnson et Owen Williams, deux agents de la CIA, découvrent que, contrairement à ce qu'affirme le Président Kennedy, les USA ne sont pas prêts à se poser sur la Lune dans les délais impartis. Désireux d'impressionner leurs supérieurs et de sauver l'honneur de la nation, les deux hommes décident alors de proposer l'Opération Avalanche, qui vise à simuler en studio l'alunissage des Américains, et à diffuser ces images en direct pour tromper le reste de la planète...

Un mockumentaire qui m'a laissé des plus mitigés.

Déjà, à cause de la manière dont il a été tourné : en mentant à la NASA, en prétendant tourner un vrai documentaire avec reconstitutions, et en filmant des scènes à l'arrache, avec détournement d'interviews, etc. Un procédé assez discutable, qui risque bien de rendre la NASA nettement moins favorable à d'autres tournages, et n'était de toute façon pas du tout utile.

Ensuite, si le mockumentaire est assez réussi, techniquement parlant (la reconstitution de l'époque, tant visuelle qu'au niveau des costumes et de la technologie, est globalement un succès ; au niveau des dialogues et des comportements, un peu moins), il souffre de beaucoup de problèmes d'écriture : les personnages sont insipides et sous-développés, le film tourne rapidement à vide, et bien que quelques moments fonctionnent sur le front du drame et de la tension, vers la fin (la poursuite est très réussie), on se retrouve néanmoins à regarder ce documenteur mollasson de manière très passive.

Ce qui est généralement une mauvaise nouvelle pour un film façon found footage, puisque le spectateur commence alors à se poser des questions sur la vraisemblance de ce qu'on lui montre. Et ici, entre l'écriture, le rythme, la technique, et le concept même du métrage - une conspiration idiote visant à simuler l'alunissage des Américains (qui à ce jour trouve toujours beaucoup d'adeptes aux USA) -, la suspension d'incrédulité est à l'agonie, et cela rebutera plus d'un spectateur (tandis que les complotistes seront ravis de voir tous leurs soupçons validés).

En somme, un film qui souffre de nombreux défauts (jamais vraiment drôle, et le côté dramatique pâtit des personnages inintéressants), et dont on ne peut s'empêcher de se dire qu'il souffre de son aspect "found footage" plus qu'il n'en bénéficie.

(Mais d'un autre côté, s'il avait été tourné sans cet artifice, ça aurait probablement donné quelque chose comme Moonwalkers, ce qui n'est pas forcément mieux)

À peine la moyenne, pour son aspect technique : 3/6

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Les bilans de Lurdo : Daredevil, saison 1 (2015) - suite et fin

Publié le 29 Janvier 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Les bilans de Lurdo, Télévision, Action, Marvel, Netflix, Review

Le week-end dernier, je faisais un premier bilan partiel de cette première saison de Daredevil. Une première saison avec des points positifs, des points négatifs, et des "entre-deux", mais qui m'avait laissé, en fin compte, particulièrement mitigé : problèmes de rythme, de remplissage, et un très évident manque de rythme et d'énergie.

Après avoir terminé cette saison, me voilà confronté au problème du bilan saisonnier plus complet : en effet, après avoir regardé les sept épisodes restants, je suis bien obligé de constater que, malheureusement, ces derniers ne font que renforcer les défauts récurrents de ce Daredevil, tout en affaiblissant d'autant plus ses qualités.

Daredevil, saison 1 - épisodes 07 à 13 :

Mais reprenons la liste de la semaine dernière. 

# À commencer par les points positifs : la fidélité et le respect de l'adaptation, Wilson Fisk, Claire Temple et sa relation avec Murdock, l'interprétation, et la réalisation. 

- Là, premier problème : Claire Temple disparaît quasi-totalement de la seconde moitié de saison, et avec elle, le charisme et le capital-sympathique que Rosario Dawson apportait au show. 

- Autre problème : Wilson Fisk. Si le charisme de D'Onofrio assure toujours le minimum syndical, des failles certaines apparaissent dans son jeu : trop émotif, ce Wilson Fisk n'est jamais vraiment aussi menaçant qu'il devrait l'être (on frôle cette menace dans le tout dernier épisode, juste avant qu'il ne se fasse rétamer par Daredevil), et la diction très particulière adoptée par D'Onofrio rend ses monologues et ses tirades parfois redondantes et sur-écrites (et je ne parle même pas de son accent "j'ai appris mon texte phonétiquement, syllabe par syllabe" lorsqu'il parle mandarin ou japonais).

Sans oublier un défaut intrinsèque du personnage tel que porté à l'écran : c'est un bourrin qui a du mal à contenir sa rage, point. À comparer avec le boss de la pègre calculateur et sur-entrainé du comic-book, qui cache derrière sa corpulence un corps tout en muscle et en puissance, et qui démolit une demi-douzaine de ninjas au petit déjeuner pour se mettre en forme. 

- Troisième point positif qui s'évapore, la réalisation. Ça tente bien des choses, de temps en temps, mais ça se plante beaucoup plus souvent que ça ne fonctionne. Je pense notamment à Matt Murdock qui fait du parkour sur les toits pour suivre une automobile en contrebas : sur le papier, pourquoi pas, mais dans les faits, bof, surtout mis en images sur de la musique classique.

Et quand Steven S. DeKnight, showrunner et scénariste, décide de passer à la réalisation pour le grand final, on se retrouve avec quelque chose d'un peu maladroit (le montage de l'arrestation des mafieux sur fond de Nessun Dorma) voire de médiocre (l'affrontement final, et la mise en images du costume).

- La fidélité, le respect de l'adaptation, l'interprétation, pas de grand changement dans cette demi-saison ; j'ai bien aimé l'ajout de quelques détails, comme la mamie asiatique qui repousse Daredevil à l'autre bout de la pièce d'un simple coup, et qui vient "de beaucoup plus loin" que l'Asie (K'un-Lun ?).

# Les points mitigés, maintenant : Foggy et Karen, Matt Murdock, le costume, les combats.

- Rien à signaler sur Foggy et Karen : leurs sous-intrigues, nécessaires, sont toujours assez quelconques, pas forcément très passionnantes, et Karen/Matt est une relation potentielle qui ne m'intéresse toujours pas du tout. Mais je dois bien avouer que le trio Foggy/Karen/Matt fonctionne très très bien, car les trois acteurs ont une excellente alchimie.

- Matt Murdock/Charlie Cox : pas de changement non plus sur ce front. Autant j'aime bien son alchimie avec les autres acteurs (et en soi, Cox est quelqu'un de sympathique), autant il n'est pas du tout imposant en Daredevil... d'autant que son Daredevil est constamment essoufflé (même lors d'un effort minime), constamment en position de faiblesse, et il se fait constamment démolir, avant de gagner in extremis. 

- Le costume : alors là, pas de chance, le costume finale de Daredevil est assez réussi... sauf le masque, à l'expression renfrognée/boudeuse pas vraiment convaincante. Décidément, Murdock n'a pas de chance avec les masques.

- Quand aux combats, ils se font plus rares en seconde saison, puisque Matt passe un bon moment à se faire démolir et à se remettre. Le combat contre Nobu le ninja est assez réussi ; celui contre Fisk, nettement moins (Daredevil fait des pirouettes inutiles dans tous les sens, Fisk se contente de cogner), et il se termine par un mouvement assez risible qui achève de le rendre décevant ; celui contre Stick souffre d'un abus de doublures évidentes.

# Et enfin les points négatifs : le rythme, les sous-intrigues à gogo, le côté procédural, la musique, l'écriture, et la photographie sombre.

Malheureusement, pas de réelle évolution au programme, en fait : le rythme est toujours ultra délayé (en 13 épisodes de 50/55 minutes, on raconte un Daredevil/Fisk Begins qui aurait pu être résumé à quatre ou cinq épisodes, sans aucun problème) ; les sous-intrigues sont toujours là (Ben Urich... arg), plombées par une écriture particulièrement agaçante et évidente (les discussions théologiques pataudes pour arriver au concept de Daredevil ; la trahison télégraphiée de Leland, que seul un aveugle n'avait pas vue venir ; l'origin story convenue de Fisk ; le combat inutile contre le tailleur simplet qui devient un allié), surtout quand DeKnight s'en charge ; la musique est toujours aussi insipide, sauf sur le dernier épisode, quand elle décide soudain de basculer en mode "super-héros nolanien" ; bref, dans l'ensemble, les points négatifs restent les mêmes, et même si la série tente enfin d'assumer son côté super-héroïque dans son dernier épisode, ça n'empêche pas qu'elle retombe dans ses mêmes travers le reste du temps.

Bref, cette seconde demi-saison a achevé de confirmer mes impressions sur la saison 1 de Daredevil : peu de vraies qualités franches et indiscutables, et beaucoup d'impressions mitigées pour cette adaptation "réaliste" (dans le sens nolanien du terme) de Daredevil, très très moyenne en fin de compte.

Le vrai problème étant l'écriture, tout simplement inutilement bavarde, et qui amène, en conséquence, un rythme particulièrement mollasson, et énormément de meublage. Difficile d'y changer grand chose, à vrai dire, tant cela est inhérent au choix initial de développer une origin story sur plus de dix heures de métrage : forcément, ça ne pouvait que peiner à tenir la distance.

D'autant plus frustrant que, lorsque la série se décide enfin à avancer, généralement, ça fonctionne : les rebondissements ponctuels sont intéressants, et la fin a une jolie montée en tension, avec un début d'ampleur comic-book. Les défauts du show le rattrapent cependant trop facilement, et malgré tous mes efforts, je ne vois pas Daredevil lorsque je vois Charlie Cox, désolé.

Mes attentes pour la saison 2 : DeKnight n'est plus là, à priori, donc j'espère une écriture plus rigoureuse et rythmée, et un show qui assume enfin son côté comic-book (notamment au niveau du Punisher).

Bon, malheureusement, ça risque bien d'aller de pair avec l'arrivée officielle de The Hand, et de toujours plus de ninjas, et ça... pour parler franchement et crûment, je m'en fous un peu. Black Sky, Nobu, The Hand, les ninjas, ça me laisse de marbre (et c'est aussi pour cela que je n'ai jamais été particulièrement passionné par Daredevil, ou par les segments de l'histoire de Wolverine se déroulant en Asie).

En attendant, il ne me reste plus qu'à enchaîner avec Jessica Jones...

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Les bilans de Sygbab - Gilmore Girls, saison 3 (2002-2003)

Publié le 28 Janvier 2017 par Sygbab dans Télévision, Les bilans de Sygbab, Comédie, Romance, Gilmore Girls, Critiques éclair, Review

Sygbab regarde (beaucoup) la tv, Sygbab écrit (parfois) des bilans : retrouvez-les sur le blog des Téléphages Anonymes !

Gilmore Girls, Saison 3 : 

Contrairement aux deux précédentes saisons, celle troisième fournée est moins structurée et se perd dans des considérations qui vont parfois à l'encontre de l'effet escompté. Le premier exemple concerne l'un des fils rouges depuis le début de la série, à savoir le rêve commun qui motive Lorelai et Rory : Harvard. En effet, après l'intervention de Richard qui manipule toute sa famille pour arranger un entretien entre le directeur de Yale et sa petite-fille, cette dernière change d'avis et décide de tourner son avenir vers l'université qui a façonné celui de son grand-père.

Les scénaristes essaient tant bien que mal de nous convaincre que c'est un choix raisonnable et pratique, mais ce revirement n'est pas très crédible. La volonté de Richard et Emily de pousser Rory à être ce que leur fille n'a jamais été est beaucoup trop évidente pour que Lorelai puisse être d'accord avec ce choix aussi facilement. Ensuite, Rory est une jeune fille déterminée, et tout ce qu'elle a entrepris était dans l'unique but d'aller à Harvard. Il est donc assez étonnant qu'elle n'aille pas au bout de son projet alors qu'elle en a la possibilité.

Il est toujours possible d'arguer sur le fait que cela permet de ne pas trop éloigner Rory de sa mère, afin de ne pas briser leur relation fusionnelle. Mais cela passe pour un manque de prise de risque, et donne l'impression qu'il s'agit purement d'égoïsme de la part de Lorelai. Ce n'est d'ailleurs pas la seule situation qui laisse entrevoir ce défaut chez elle : suite à un investissement rentabilisé, son père lui donne de l'argent. Elle se précipite alors pour rembourser sa mère afin de se débarrasser de son influence et des dîners du vendredi soir, avant même de savoir si sa fille aura droit à une bourse.

Au final, ce n'est pas le cas, et cela oblige Rory à demander à ses grands-parents de leur prêter de l'argent, et les dîners sont réinstaurés... Statu quo, avec en prime un personnage principal qui dégrade son image avec sa fierté mal placée et son irresponsabilité : ce n'était clairement pas la meilleure option.

Certes, cet enchaînement d'évènements permet aussi à Lorelai de racheter le Dragon Fly avec Sookie - les voir négocier pendant l'enterrement de Fran est quand même assez limite : même si l'évènement est traité avec humour et baigne dans l'excentricité avec notamment la fanfare que Taylor avait engagée pour l'ouverture de son magasin, on aurait pu penser qu'elles étaient capables de respecter l'un des membres de leur communauté, aimé de tous -, mais le cheminement est un peu tarabiscoté.

En effet, l'incendie qui se déclare dans l'Independance Inn est abrupt, et la situation est beaucoup trop rapidement résolue. Ce qui ressort de tout cela, c'est que là où auparavant les intrigues semblaient couler de source avec l'évolution des personnages, elles sont ici mises en place pour forcer le destin. En résumé, les protagonistes sont victimes du bon gré des scénaristes, dont la précipitation à mettre en place certains éléments avant la fin de la saison est un peu trop flagrante.

Ces problèmes d'écriture se ressentent aussi au niveau de la scolarité de Rory. Le journal est complètement mis de côté pour se concentrer sur son rôle au sein du gouvernement étudiant de Chilton, et les difficultés liées à de telles responsabilités. Seulement, l'opposition de Francie n'est pas aussi forte que le laissent entendre ses intimidations ou autres tentatives de manipulation et de déstabilisation. Tout au plus réussit-elle à mettre Rory en porte-à-faux pour que Paris se sente trahie et perde toute raison, mais ça ne va pas plus loin.

En revanche, la raison invoquée pour cette crise de nerfs (le fait de parler de son petit-ami, alors qu'elle aurait préféré que cela reste secret) accentue le caractère fragile de Paris. Quand la carapace s'effrite, elle n'est plus animée d'aucune volonté, et sa non-admission à Harvard lui porte un coup monumental. Malgré tout, la cérémonie de remise des diplômes offre une belle conclusion et redore le blason : l'hommage rendu par Rory à sa mère est absolument magnifique et poignant. À n'en pas douter un des meilleurs moments de la série, sans conteste possible.

Sur le plan sentimental, sa relation avec Jess se concrétise enfin, après que Dean ait une fois de pus rompu avec elle, étant fatigué d'essayer de se convaincre qu'elle avait encore envie d'être avec lui. Et il faut dire que c'est une catastrophe : alors qu'il était presque sous-entendu en fin de saison 2 que Jess changerait à son contact, c'est tout le contraire qui se produit. Son comportement est toujours plus borderline, et il passe d'un statut de bad boy modéré et plutôt sympathique à celui d'un jeune con qui préfère foutre sa vie en l'air alors qu'il a une chance inouïe d'être avec une telle jeune femme et d'avoir un oncle qui le soutient toujours contre vents et marées.

L'humiliation qu'il fait subir à Rory devant sa grand-mère aurait normalement dû être le point de non-retour, après cela il est difficile de comprendre qu'elle puisse encore être avec quelqu'un qui la traite de manière aussi odieuse. Et la façon dont il s'en va une fois de plus est un total manque de classe. Surtout pour aller voir un père qui n'a jamais affronté ses responsabilités. Là encore, une intrigue prétexte un peu abrupte...

Dans cette histoire, Dean est un peu le dindon de la farce. Il aurait pu sortir grandi de cette rupture, puisqu'il tente de rester ami avec Rory. Son comportement envers Jess est en effet amplement mérité : le provoquer mais de manière plus intelligente que son rival le faisait n'est que justice. En revanche, c'est envers Lindsay qu'il semble ne pas être honnête. Cette nouvelle relation semble totalement fausse, pour essayer d'oublier la peine que lui a infligée Rory, alors qu'il est évident qu'il est toujours amoureux d'elle. Ça l'est encore plus quand il tente de se convaincre qu'il est heureux, en fustigeant Rory de ne pas l'être pour lui parce qu'elle est dans une relation malsaine.

Finalement, celle qui s'en sort le mieux dans toutes ces turpitudes, c'est Lane. Elle a enfin une direction : la musique devient sa vocation, et sa relation avec Dave est sur le point d'être acceptée par sa mère. Dave se fond d'ailleurs très vite dans le moule de la série (grâce à un excellent Adam Brody, débordant d'humour), et les autres membres du groupe apportent une touche un peu décalée qui se marie bien avec la folie douce de Lane. C'est la très bonne surprise de la saison, et cela ouvre des perspectives intéressantes.

Toutes ces complications amoureuses ne sont pas l'apanage des jeunes, Sookie et Jackson sont là pour en attester. Le fait de vivre ensemble et d'être amenés à se côtoyer également dans le cadre du travail rend parfois les choses difficiles, car il est dur de tracer une limite claire entre les deux et de ne pas tout mélanger. Les disputes sont donc fréquentes, mais pour l'instant le couple tient bon. Pour combien de temps ?

C'est toute la différence entre le fait d'idéaliser une relation et de la vivre, et c'est sans doute cela qui fait hésiter Lorelai et Luke, toujours à se tourner autour sans vraiment admettre qu'ils sont attirés l'un par l'autre. Mais les indices laissés ici et là - notamment le rêve de Lorelai en début de saison, complété par le rêve de Luke en fin de saison histoire de boucler la boucle - sont clairs à ce sujet. Il ne faudrait peut-être pas tarder, maintenant que Chris - dont les apparitions sont très limitées dans cette saison - n'est plus dans le paysage.

Ces multiples hésitations scénaristiques peuvent s'expliquer en considérant qu'il s'agit d'une saison de transition. Il faut préparer l'entrée de Rory à l'Université et cela va sans doute modifier la dynamique. Mais même si certains choix ne sont pas forcément heureux, la série possède la même énergie et la même bonne humeur, ce qui la rend toujours aussi agréable à regarder.

Mais c'est bien sûr grâce à la présence de Kirk au générique. Sa maladresse légendaire et sa vie misérable le rendent absolument génial quand il accomplit un exploit : son tour d'honneur trophée en main lorsqu'il remporte le marathon de la danse est impayable.

 

 

(voir aussi le bilan de Lurdo - nettement plus sommaire - des saisons 1 à 4 de la série, publié sur ce blog en 2012)

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Un film, un jour (ou presque) #438 : La Légende de Manolo (2014)

Publié le 27 Janvier 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Animation, Musical, Review, Musique, Comédie

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

La Légende de Manolo (The Book of Life) :

Dans la ville mexicaine de San Angel, Manolo (Diego Luna) et Joaquin (Channing Tatum) ont grandi avec la belle Maria (Zoe Saldana), dont ils sont tous deux épris. Manolo est fils de matador, mais plutôt que de suivre la tradition familiale, il préfèrerait passer son temps à chanter et à jouer de la guitare ; Joaquin, lui, est devenu militaire, et un héros de son peuple. Mais lorsque le maléfique Chakal menace la ville, les deux hommes se trouvent pris au coeur de ce conflit ; d'autant que Xibalba (Ron Perlman) et La Muerte (Kate Del Castillo), deux déités querelleuses, ont fait de leur triangle amoureux l'objet d'un pari céleste...

Un long-métrage animé produit par Guillermo Del Toro, pas désagréable, mais au fond assez basique, pas forcément compensé par une forme souffrant de problèmes très clairs à mes yeux.

Déjà, le character design et la direction artistique globale sont très tranchés, et peuvent laisser de marbre : ce fut globalement le cas pour moi, du moins jusqu'à ce que le film s'énerve un peu, et visite l'Au-Delà, dans sa seconde moitié.

Et on touche là à l'autre problème du film : son rythme et sa structure, très très inégaux.

Toute la première partie est ainsi assez générique, pas aidée par des chansons modernes revisitées à la sauce mexicaine, et par un artifice de narration tout simplement inutile ; la seconde moitié tient nettement plus la route, et est plus mouvementée/divertissante, mais c'est franchement un peu tard.

En l'état, un métrage assez moyen, surtout si l'on n'accroche pas trop à la direction artistique.

3.25/6

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Un film, un jour (ou presque) #437 : Les Espions d'à Côté (2016)

Publié le 26 Janvier 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Comédie, Action, Review, Thriller

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus. 

Les Espions d'à Côté (Keeping Up With the Joneses) :

Jeff et Karen Gaffney (Zach Galifianakis & Isla Fisher) ont une vie de famille bien rangée dans leur petite banlieue, jusqu'à ce que leurs nouveaux voisins, les Jones (Jon Hamm & Gal Gadot), s'installent dans le quartier. Rapidement, Karen se méfie de ces arrivants trop beaux et parfaits pour être sincères, et lorsqu'elle découvre que ce sont des espions, les Gaffney se retrouvent embarqués dans une spirale infernale dont il ne ressortiront pas indemnes.

Et encore une comédie d'action/espionnage qui marche sur les plates-bandes de La Totale, True Lies, Mr & Mme Smith, etc, avec une dose de Les Banlieusards en prime... et encore un résultat ultra-générique et assez insipide.

Ici, les problèmes sont multiples, à commencer par une écriture tout sauf inspirée et originale : c'est plat, basique, dérivatif, et on a déjà tout vu des dizaines de fois, que ce soit au cinéma ou à la télévision.

Ce qui fait donc reposer tout le poids du film sur les épaules de la distribution : et là, ça ne fonctionne qu'en partie. Jon Hamm fait du Jon Hamm, ni plus ni moins, tout comme Galifianakis : de ce côté là on sait à quoi s'attendre, donc pas de surprise ; du côté des femmes, par contre, ça coince un peu plus.

Déjà, parce que le script (comme tout le reste d'Hollywood, d'ailleurs) tente désespérément d'établir Gal Gadot comme un sex symbol, en l'habillant n'importe comment, en la mettant en lingerie, en lui faisant embrasser Fisher, etc... or Gadot est grande, certes, mais elle a un physique et une posture que je qualifierais de "porte-manteau de podium" : elle est grande, très mince, assez plate, longiligne, bref, elle a le physique d'un mannequin de haute-couture, et pas d'un mannequin Victoria's Secret. Et la production, ici, ne semble pas le comprendre.

Résultat, qu'elle soit vêtue ou dévêtue, ici, elle a toujours l'air de porter des vêtements mal ajustés, ce qui casse un peu l'illusion de la super-espionne au sex-appeal dévorant. Une illusion déjà pas aidée par le jeu monocorde et mono-expressif de Gadot, qui n'augure pas du meilleur pour Wonder Woman, et par la présence d'Isla Fisher dans le rôle de "la mère de famille qui se néglige"... ou du moins, c'est ce dont le script tente de nous convaincre.

Car Isla Fisher se donne en effet tellement à son personnage qu'elle éclipse littéralement Gadot dès qu'elles sont ensemble à l'écran, et ce que ce soit par son jeu, ou par son physique (Fisher porte quelques tenues... mémorables, dirons-nous). 

Au point qu'on en vient à se dire que Hamm/Fisher auraient fait un couple d'espions nettement plus glamour que celui formé avec Gadot.

Mais bon, peu importe : de toute façon, le film n'aurait pas plus survécu au gros coup de mou dont il souffre à mi-parcours. Un coup de mou dont il ne se remet jamais vraiment, même lorsque l'action démarre sérieusement, que les deux couples font équipe malgré eux, et que Patton Oswald débarque en bad guy.

1.75/6 + 1 point rien que pour Isla = 2.75/6

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Un film, un jour (ou presque) #436 : Passengers (2016)

Publié le 25 Janvier 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Drame, Science-Fiction, Romance, Review

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Passengers :

Passager d'un vaisseau spatial dormant embarqué dans un voyage de plus d'un siècle, Jim (Chris Pratt), un technicien voyageant en classe économique, est arraché à son hibernation lorsque le vaisseau traverse un champ de météorites qui endommage ses équipements. Seul à bord de ce navire luxueux, à 90 ans de sa destination, il tente alors de s'occuper, puis il rencontre Aurora (Jennifer Lawrence), elle aussi passagère, et le couple se rapproche, alors même que les pannes techniques se multiplient autour d'eux...

Attention, SPOILERS : ce résumé officiel (ainsi que la bande-annonce du film) est totalement mensonger.

Car Passengers est un film étrange et très frustrant, vendu comme une romance dans l'espace entre deux acteurs charismatiques et attachants, mais qui en fait, s'avère plutôt une sorte de 10, Cloverfield Lane qui ne s'assumerait pas, avec un homme séduisant et athlétique en lieu et place de John Goodman.

Je caricature un peu, bien entendu, mais contrairement à la comédie romantique spatiale sur fond de catastrophe (Titanic in Space, en somme) décrite dans le résumé et les bandes-annonces, on est plus ici, dans un "Syndrome de Stockholm - le film", avec ce mécanicien lambda qui, au bout d'un an de solitude, et plutôt que de se suicider ou d'envisager de passer 89 autres années seul, commence à fantasmer sur une autre passagère endormie ("Aurora", comme dans La Belle au Bois Dormant, quelle subtilité), qu'il finit par réveiller/condamner à une vie solitaire en sa compagnie, puis qu'il séduit après lui avoir caché la vérité, et expliqué qu'ils n'avaient pas d'autre choix que de rester seuls... assez glauque, en fin de compte, et je comprends que le département promotionnel du studio ait tout fait pour cacher ce malaise, et pour vendre un film plus glamour et spectaculaire.

D'ailleurs, je me suis constamment demandé à quel point cet aspect du script avait été étouffé par la production au fil du tournage, à mesure que le projet prenait de l'ampleur, que Jennifer Lawrence était choisie pour le rôle féminin, etc.

Car ponctuellement, le script semble vouloir aborder frontalement ces questions de morale ambiguë, ainsi que des notions comme les différences de classe, etc... mais systématiquement, elles sont désamorcées par des explications superficielles (pourquoi telle ou telle chose ? Parce que telle ou telle pseudo-raison totalement arbitraire), ou par des rebondissements qui font office de distraction.

C'est bien simple, lorsque Jim avoue à Aurora que depuis un an, il lui ment, et qu'il est responsable de ce qui lui est arrivé, le film ne passe pas plus de cinq minutes sur les conséquences de ce mensonge : elle s'indigne, elle le frappe, elle boude, il lui fait des "excuses" tout en la surveillant via le système de vidéo de bord (glauque, bis), il tente de la reconquérir, et... Laurence Fishburne débarque, pour la dernière demi-heure de film, dans laquelle le récit devient un survival à effets spéciaux qui ne revient plus vraiment jamais sur les actes de Jim, et au terme duquel les deux amants sont réconciliés.

Distraction !

(d'ailleurs, la réaction de Fishburne aux aveux de Jim est tellement peu marquée qu'elle en devient risible)

On se retrouve donc avec un script qui ne semble jamais vraiment certain de vouloir assumer ses choix narratifs, et qui, par conséquent, donne un peu l'impression d'avoir des personnalités multiples. D'un côté, l'homme seul face à l'espace et à une mort certaine ; ensuite, une romance futuriste ; à côté, un survival de science-fiction, bourré de jargon technique sans intérêt ; sans oublier ce côté un peu malsain du personnage de Pratt... En n'assumant pas pleinement chacun de ces aspects, et en tentant de tous les combiner, le film finit par sembler bancal, victime de grosses ficelles narratives censées faire passer des transitions et des rebondissements un peu trop gros.

N'importe quel spectateur, en voyant le film, se posera certainement des questions à certains sujets (pourquoi ne réveiller personne d'autre - des ingénieurs ou techniciens civils - pour aider à ouvrir la porte du cockpit, alors même que le navire part en morceaux autour d'eux ? Pourquoi n'y a-t-il qu'un lit médical pour plusieurs milliers de passagers ? Pourquoi n'y a-t-il aucun caisson d'hibernation de rechange ? Pourquoi n'y a-t-il aucun système automatisé qui réveillerait l'équipage en cas de problème technique ?, etc, etc, etc), et envisagera probablement de nombreuses manières d'améliorer le script, en le faisant basculer plus franchement dans une direction ou une autre : thriller (ouvrir le film sur le réveil d'Aurora, garder son point de vue pendant tout le récit, et révéler que Jim a totalement perdu la tête, l'a réveillée après plusieurs années... et qu'elle n'est pas la première à lui avoir servi de Belle au Bois Dormant), romance (laisser Aurora se réveiller suite à un vrai dysfonctionnement technique, ce qui placerait les deux protagonistes sur un pied d'égalité), film d'aventures (comment une journaliste et un mécanicien vont-ils réussir à sauver tous les passagers endormis de ce navire avant une collision fatale ?), etc...

Et je ne parle même pas de la happy end prévisible du film, une fin rendue possible par de grosses ficelles scénaristiques qui placent Jim dans la position du héros qui se sacrifie, et qui justifie à posteriori son geste en montrant que s'il n'avait pas réveillé Aurora, le duo n'aurait pas pu sauver le vaisseau, whouhou, c'est beau l'amour, le destin, etc... *facepalm* 

2.5/6 (parce que c'est bien produit, réalisé, interprété, que les effets spéciaux sont réussis, et tout et tout... ça aurait même pu être 3/6 si le score de Thomas Newman n'était pas aussi insipide et dérivatif)

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Un film, un jour (ou presque) #435 : Inferno (2016)

Publié le 24 Janvier 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Thriller, Review

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Inferno :

Lorsqu'il se réveille, blessé et amnésique, dans une chambre de l'hôpital où travaille le Dr. Sienna Brooks (Felicity Jones), Robert Langdon (Tom Hanks) découvre qu'il se trouve à Florence, en Italie, et qu'il est impliqué dans une course contre la montre : Zobrist (Ben Foster), un chercheur récemment décédé, a mis au point et libéré un virus capable de décimer la population mondiale, et Langdon est peut-être la seule personne capable d'empêcher une épidémie meurtrière de ravager la planète...

Troisième adaptation des romans de Dan Brown par Ron Howard, ce...

Zzzzz.... ZZZZZzzzzzzz....

Oups, désolé, je me suis endormi en écrivant cette critique.

Car c'est bien tout ce que m'a évoqué cet Inferno : un jeu de pistes encore plus forcé et capillotracté que d'habitude, une conspiration plus proche de James Bond ou Mission Impossible que de Da Vinci & co, une réalisation et une interprétation en pilotage automatique, un Hans Zimmer (et ses nombreux "assistants") qui a totalement jeté l'éponge, Omar Sy qui se contente d'aboyer des ordres à droite et à gauche, et des effets numériques assez laids... soit une formidable combinaison qui débouche sur un long métrage soporifique au possible, aux rebondissements particulièrement télégraphiés et/ou stupides, mais qui au moins, a pour lui de jolis paysages, monuments et vues touristiques.

ZzzzzZzzzz/6

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Un film, un jour (ou presque) #434 : New York Melody (2014)

Publié le 23 Janvier 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Musical, Romance, Comédie, Review, Musique

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

New York Melody (Begin Again) :

Dan (Mark Ruffalo), un producteur de disques aigri et déprimé, se fait éjecter du label qu'il a fondé faute de nouveaux talents ; Gretta (Keira Knightley), une compositrice-interprète, arrive avec son compagnon Dave (Adam Levine) à New York, mais se retrouve rapidement seule lorsque la carrière de celui-ci décolle, et qu'il l'abandonne. Dan et Gretta se rencontrent alors dans un club, et aussitôt, c'est un coup de foudre artistique entre les deux artistes à la dérive : sans budget mais avec l'aide de Steve (James Corden) et des contacts de Dan, ils travaillent alors au premier album de la jeune femme, et finissent par se rapprocher...

Une comédie romantico-musicale plutôt sympathique et assez feutrée, très orientée sur les performances musicales de Keira et d'Adam Levine, et sur la relation platonique entre Gretta et Dan.

Pas grand chose à dire de ce film, en fait : c'est agréable à suivre, c'est bien joué, la musique est assez réussie... mais ça s'arrête plus ou moins là, en fait, et je ne pense pas en retenir grand chose au final. :haussement d'épaules:

3.5/6

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Les bilans de Lurdo : Daredevil, saison 1 (2015) - première partie

Publié le 22 Janvier 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Les bilans de Lurdo, Télévision, Action, Marvel, Netflix

Après avoir jeté l'éponge face au Marvel's Agents of SHIELD d'ABC juste à temps pour ne pas succomber au syndrome de Stockholm que ressentent souvent les spectateurs de séries médiocres ("mais si, ça s'améliore considérablement au bout de la x-ième saison, et de toute façon, je ne vais pas m'arrêter maintenant, je me suis attaché à tous les personnages"), j'ai tout de même décidé de tenter de combler le vide laissé dans ma téléphagie par l'univers télévisuel Marvel made in Netflix.

Car si, jusqu'à présent, je n'avais jamais franchi le pas du microcosme Marvel/Netflix, ce n'était pas sans raisons : a) le manque total de continuité cinéma/tv ne m'incitait pas à m'y intéresser, b) les personnages sont tout sauf au nombre de mes favoris de l'écurie Marvel (à la base, je n'ai absolument aucun intérêt pour les personnages de Daredevil, de Luke Cage, ou de Jessica Jones, ainsi que pour tout ce qui se déroule à Hell's Kitchen), c) les retours critiques de personnes de confiance étaient au mieux mitigés, notamment à cause des défauts récurrents de rythme de toutes les séries Netflix, et d) les histoires de pègre et de crime organisé, et le côté réalisme dark & gritty ne m'intéressent généralement pas en matière de super-héros (sauf si l'on parle de personnages bien précis comme le Punisher... et encore !).

Mais bon, il faut bien se jeter à l'eau un jour ou l'autre... dont acte.

Daredevil, saison 1 - épisodes 01 à 06 :

Depuis qu'il perdu la vue, enfant, dans un accident, Matt Murdock (Charlie Cox) mène une double vie : le jour, il est avocat aux côtés de son ami Foggy Nelson (Elden Henson), et la nuit, il est Daredevil, un justicier vengeur aux capacités surhumaines, qui tente de rétablir l'ordre dans les rues de Hell's Kitchen, à New York...

Mouais. Je crois que c'est le terme qui qualifie le mieux mon avis, pour le moment. "Mouais".

Les plus : 

- La fidélité et le respect de l'adaptation : Daredevil, showrunné par Steven S. DeKnight, est un travail fait dans le respect de l'oeuvre originale, notamment dans la représentation des pouvoirs de Daredevil (j'aurais aimé plus d'écholocation à l'écran, mais bon). Toutes les adaptations ne peuvent pas en dire autant.

- Wilson Fisk : D'Onofrio en impose par son charisme, et l'approche du personnage (le présenter comme un homme hésitant, raisonnable, timide, à la recherche d'une compagne... avant de révéler son côté obscur et brutal) fonctionne, bien qu'elle soit immédiatement identifiable par les spectateurs avisés, et donc relativement téléphonée.

- Claire Temple et sa relation avec Matt Murdock : les deux acteurs ont de l'alchimie, ils fonctionnent très bien ensemble, et Rosario Dawson apporte à chacune de ses scènes une vraisemblance qui leur permet d'être crédibles.

- L'interprétation : tout le monde est globalement juste, tout simplement, sauf peut-être Foggy dans les premiers épisodes.

- La réalisation : bien que la photographie soit hyper-sombre et terne, certains des réalisateurs tentent des choses, et parviennent à rendre certaines scènes (pourtant trop longues) visuellement intéressantes, quitte à télégraphier un peu, parfois, ce qui va se produire (je pense notamment à la caméra fixe et tournoyante, dans un des épisodes, à l'intérieur d'une automobile).

Les ni plus/ni moins :  

- Foggy Nelson : pas tant le personnage, techniquement, que l'acteur, assez inégal (dans les premiers épisodes, j'ai eu un peu de mal avec son interprétation, ainsi que l'impression qu'il récitait son texte de manière un peu artificielle), et ses sous-intrigues ne m'intéressent pas du tout.

- Karen Page : Deborah Ann Woll est très attachante, elle est plutôt juste, mais... Karen n'a pas grand intérêt, pour le moment. Ses sous-intrigues sont insipides (cf Foggy Nelson), et ce qui semble être son attirance pour Murdock laisse augurer du pire (j'espère qu'on va éviter le triangle amoureux).

- Matt Murdock : alors là, problème - je trouve que Charlie Cox n'a pas une once de charisme dans son rôle. En Matt Murdock, passe encore, même s'il fait parfois trop jeune et innocent ; en Daredevil, par contre, il manque cruellement de poids et de présence, est souvent trop émotif et hésitant, bref, il fait tout sauf un vigilante imposant et menaçant. Le pire étant qu'il est loin d'être un mauvais acteur, et qu'il fonctionne bien avec le reste du cast... mais en le voyant, à aucun moment, je n'ai l'impression de voir une tête d'affiche super-héroïque. Espérons qu'une fois débarrassé de son masque actuel, il récupèrera un peu de prestance et de charisme.

- Le costume : justement, le costume, qui est relativement fidèle aux débuts du personnage, mais qui ne fonctionne pas totalement devant les caméras, et rappelle malheureusement le Daredevil du Procès de l'Incroyable Hulk, dans les années 80.

- Les combats : là aussi, j'ai un problème. Car autant la volonté de faire des combats travaillés et fréquents est assez louable, autant ces derniers ont tendance à me laisser assez mitigés. Tour à tour, j'ai eu l'impression qu'ils étaient soit trop chorégraphiés (les pirouettes inutiles), soit trop brouillons, avec fréquemment un manque d'impact réel, puisque tous les personnages passent leur temps à se frapper et à se contrer sans jamais vraiment accuser la moitié des coups. Au final, ça fait beaucoup d'énergie dépensée pour rien, et comme pour les dialogues (et le reste du show), on se dit qu'un peu d'élagage n'aurait pas fait de mal.

Les moins : 

- Le rythme : comme souvent chez Netflix, les showrunners et scénaristes profitent de l'absence de format imposé pour s'étendre en longueur... et comme souvent, ça donne lieu à des épisodes trop longs, trop mous, remplis de meublage et de scènes inutiles (ou qui auraient pu et dû être largement raccourcies). Ici, le show fait beaucoup de surplace, pour l'instant, et certains épisodes sont un vrai calvaire (le 03, notamment, mais aussi le 06, qui partait pourtant bien, avec son Daredevil assiégé par la police corrompue, mais qui finit par échouer totalement à capitaliser sur ce postulat prometteur).

- Les sous-intrigues à gogo : malheureusement, qui dit meublage dit multiplications des sous-intrigues, et donc beaucoup de digressions inutiles, qui auraient pu être coupées. En vrac, je pense donc à la majorité des scènes Karen/Foggy, et à un certain nombre de flashbacks (ceux sur les russes, notamment).

- Le côté procédural juridico-légal : dans cette première moitié de saison, il n'y a vraiment eu qu'un épisode centré sur un procès, le second... et c'était particulièrement médiocre et sans vie. N'est pas David E. Kelley qui veut.

- La musique : volontairement minimaliste, discrète, et donc insipide. Une occasion ratée. Tout comme le générique d'ailleurs, qui rappelle fortement celui de Black Sails, visuellement, sans en avoir l'impact et la musique entêtante.

- L'écriture : très inégale. Certains épisodes bénéficient de dialogues concis, qui vont droit au but ; d'autres souffrent d'échanges patauds, voire même pompeux et forcés, dans lesquels les personnages débitent des pensées improbables sur leur mission, sur leur ville, etc, pensées qui sonnent tout sauf naturelles. Et je ne parle pas des grosses ficelles scénaristiques, comme lorsque Matt se rapproche du russe pour mieux l'entendre murmurer ses dernières paroles (et tomber dans son piège), alors même qu'il peut généralement, sans le moindre effort, entendre une mouche péter à l'autre bout de la ville... 

- Quelques effets ratés : je pense notamment au bras cassé, dans l'épisode 3, et à sa prothèse en latex assez peu réaliste.

- La photographie dark & gritty : c'est terne, c'est désaturé, c'est "réaliste"... mouais, hormis les jeux d'ombre et de lumière, c'est surtout assez laid.

 

En résumé, cette demi-saison me laisse particulièrement mitigé. Les défauts que je redoutais sont bel et bien présents (ce qui ne me surprend guère), et je trouve cette première saison très inégale, pour l'instant, avec beaucoup trop de remplissage et de dialogues inutiles, et avec un étrange manque de punch et d'énergie. On sent que la production veut bien faire, mais l'étincelle nécessaire pour faire d'un tel show une réussite n'est que trop rarement là, noyée par le manque de maîtrise du format et de l'écriture, et par l'incapacité de la série à conserver son dynamisme et son élan au sein de chaque épisode (dès que la mayonnaise commence à prendre, que la tension commence à monter, paf, ça retombe aussitôt pour passer à autre chose).

Reste maintenant à voir comment le show va évoluer... et j'espère en tout cas que les autres shows Marvel/Netflix auront retenu la leçon des défauts de cette première série.

(suite et fin de la saison, la semaine prochaine)

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Les bilans de Sygbab - Gilmore Girls, saison 2 (2001-2002)

Publié le 21 Janvier 2017 par Sygbab dans Télévision, Les bilans de Sygbab, Comédie, Romance, Gilmore Girls

Sygbab regarde (beaucoup) la tv, Sygbab écrit (parfois) des bilans : retrouvez-les sur le blog des Téléphages Anonymes !

Gilmore Girls, Saison 2 : 

Pour qu'un drama fonctionne, il est impératif que le statu quo ne s'installe pas, sous peine de perdre l'intérêt des téléspectateurs. C'est donc sans surprise que Lorelai ne va pas au bout de son engagement avec Max et annule leur mariage au dernier moment. L'installer aussi prématurément dans une relation durable aurait été une erreur et aurait impacté deux éléments clés de la réussite de la série : ses errements sentimentaux et sa dynamique avec Rory.

Ce faisant, Lorelai ne déçoit pas seulement le pauvre Max, qui paie le fait d'être l'homme parfait et qui va peu à peu disparaître des radars, mais également sa mère. Dans le cas d'Emily, la déception est double :  elle avait déjà dû digérer le fait que tout le monde soit au courant de cet événement avant elle et de ne pas l'avoir appris de la bouche de sa fille.

Bien évidemment, cela ne facilite pas leur relation compliquée, malgré les efforts de l'une et de l'autre pour créer un lien qui n'a jamais existé. Malheureusement, l'ingérence d'Emily dans la vie de sa fille est beaucoup trop axée sur une extravagance financière que Lorelai rejette, puisqu'elle a tout fait pour s'extirper de ce faste et qu'elle s'en est toujours sortie par ses propres moyens.

Elle cherche essentiellement une reconnaissance pour ce qu'elle a accompli, ce qu'elle n'a que trop rarement, et à demi-mots. Elle la trouvera peut-être auprès de son père, qui s'avoue impressionné par ses capacités lorsqu'il essaie de lancer sa propre entreprise, après avoir pourtant critiqué la façon dont elle se conduit lors d'un entretien téléphonique avec un des fournisseurs de l'Independance Inn.

Richard a d'ailleurs la part belle dans cette saison, avec un développement pour le moins inattendu. Il ne s'agit pas seulement de la remise en question de toute une vie dédiée à la même compagnie - il la balaie d'un revers de la main - qui l'amène à se redéfinir, mais également de la bonne humeur qui en découle et d'un trait qu'on ne lui connaissait pas vraiment jusqu'alors : un sens de l'humour assez fin, plutôt étonnant pour un homme souvent si guindé et à cheval sur les principes. Tout cela provoque des remous dans son couple, avec une réflexion assez juste sur l'ajustement nécessaire lorsqu'un des conjoints a l'habitude d'être seul au domicile conjugal et doit de nouveau composer avec la présente permanente de l'autre.

Les intrigues mentionnées remplissent donc leur rôle en rompant un certain équilibre, tout en conservant une règle immuable qui est de ne pas tendre vers le spectaculaire. De plus, cela se fait au service des personnages, en les étoffant un peu plus à chaque fois. Pourtant, la limite est parfois très fine et il est difficile d'éviter certains écueils. À ce titre, l'arrivée de Jess aurait pu être une catastrophe : ballotté entre une mère qui ne veut pas de lui et un oncle qui a du mal à s'adapter, dans une ville où il ne connaît personne, il devient une sorte d'électron libre qui perturbe la tranquillité de Stars Hollow, sans jamais être véritablement agaçant.

Certes, il provoque des dissensions dans la communauté, et joue beaucoup sur la provocation. Mais derrière se cache un jeune homme doué, cultivé, cependant trop libre et indépendant pour essayer de se conformer à des règles édictées par la société, et doté d'une certaine forme d'humour lorsqu'il réalise ses "farces".

C'est pour toutes ces raisons que Rory s'attache à lui, devenant avec Luke la seule personne à le défendre alors que tout le monde se ligue contre lui, y compris sa mère. Cette attirance avait déjà été quelque peu ébauchée lorsqu'elle avait embrassée Tristan, mais il fallait un autre type de bad boy, plus sensible, plus crédible, et aussi plus charismatique. À ce propos, Tristan évacue rapidement la scène pour laisser de la place, il aurait en effet été inutile de gérer trois soupirants.

Pour autant, cela rend Rory parfois assez insupportable dans le rôle de l'adolescente qui n'écoute pas les conseils des plus âgées, qui lui disent de se méfier car elles sont toutes passées par cette phase-là, et son comportement avec Dean est parfois indigne. Telle mère, telle fille : apparemment, un homme qui fait tout pour les rendre heureuses ne leur suffit pas. Heureusement qu'elles sont belles, drôles, et qu'elles ont un immense capital sympathie : on leur pardonne aisément ces défauts.

Ces éléments se retrouvent ans la situation de Lorelai : outre sa rupture avec Max, elle nie l'attachement évident qu'elle a pour Luke et se rapproche au fur et à mesure de Chris. Sans que celui-ci soit véritablement un bad boy au même titre que Jess, il n'en reste pas moins qu'il ne représente pas non plus un modèle de stabilité. Difficile cependant de lui reprocher quoi que ce soit dans cette saison : souhaitant être actif dans la vie de sa fille, il tient ses engagements (alors qu'à plusieurs moments, tout porte à croire qu'il va une fois de plus décevoir) et il remet de l'ordre dans sa vie en trouvant un emploi fixe.

Si ce n'est le petit détail Sherry, tout est en place pour que Lorelai soit séduite par la possibilité de constituer avec lui la famille dont elle et Rory ont toujours rêvé. À ceci près que le détail se transforme en responsabilité gigantesque pour Christopher. Ce retournement de situation est somme toute assez convenu, mais il faut bien admettre que les raisons que Chris avance pour retourner auprès de Sherry sont tout à fait justifiées : comment pourrait-il manquer à nouveau l'évolution d'un enfant, alors qu'il n'a pas été là pour Rory et qu'il cherche à rattraper le temps perdu ? C'est ce qui sauve souvent la série : la justesse du propos permet de ne pas s'attarder sur le caractère commun d'un événement.

Sur le plan de la structure, il faut noter quelques tentatives de sortir le show de sa routine : entre l'épisode où Richard visite Stars Hollow, Lorelai qui emmène Rory à Harvard au détour d'un road-trip inopiné ou Emily qui emmène sa fille au spa, l'idée fait son chemin. On peut observer aussi une sorte d'alternance pour les intrigues qui concernent Rory : en général, si un épisode se concentre sur ses déboires sentimentaux, le suivant s'intéresse à sa scolarité, sans manquer de la confronter à la diabolique Paris.

Cette dernière ne rate jamais une occasion de lui pourrir la vie d'une manière ou d'une autre dans son délire compétitif toujours aussi exacerbé. Il est en tout cas assez rare que les deux facettes de la vie de Rory entrent en collision. Ce qui ne fait que renforcer l'aspect impossible de la relation entre Lane et Henry, qu'on ne voit finalement jamais ensemble.

Le développement de cette dernière est sans doute l'élément le moins réussi, car finalement assez chaotique : difficile de savoir vers quoi s'oriente le personnage, entre cheerleader et batteuse. Enfin, il n'est pas innocent que la saison se termine sur un mariage (Sookie et Jackson font leur petit bonhomme de chemin tranquillement et sont absolument adorables) alors que celui promis la saison d'avant n'a pas eu lieu.

Malgré les petits défauts évoqués ici et là, cette seconde saison entérine la réussite de la première en réussissant à se renouveler, ce qui n'est pas toujours mince affaire. Mais il faut dire qu'elle a un atout imparable : Kirk. Tout est dit.

 

 

(voir aussi le bilan de Lurdo - nettement plus sommaire - des saisons 1 à 4 de la série, publié sur ce blog en 2012)

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Un film, un jour (ou presque) #433 : Les Cerveaux (2016)

Publié le 20 Janvier 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Comédie, Review

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Les Cerveaux (Masterminds) :

Dans les années 80, David Ghantt (Zach Galifianakis), un transporteur de fonds incapable et un peu lent d'esprit, est manipulé par l'une de ses collègues, Kelly (Kristen Wiig), et par Steve Chambers (Owen Wilson), un criminel à la petite semaine. Leur objectif : détourner 17 millions de dollars, et faire porter le chapeau à David. Mais lorsque David parvient à ses fins, leur remet l'argent, et s'enfuit au Mexique, Steve décide de le faire assassiner par Mike (Jason McKinney), un tueur à gages... sans savoir que Kelly songe à changer de camp, et que les autorités (Leslie Jones) sont sur leurs traces.

J'aurais dû mieux me renseigner avant de commencer le visionnage de ce film sur la seule base des recommandations d'un ami.

Parce qu'en fait, c'est un film de Jared Hess... et qu'aucun des films précédents du bonhomme (Napoleon Dynamite, Super Nacho, Don Verdean) ne m'a jamais convaincu : son travail me paraît constamment inabouti, la faute à un timing comique, à un sens de l'humour, à un langage et un rythme cinématographique très particuliers, qui tombent trop souvent à plat à mon goût.

Et ici, c'est d'autant plus le cas qu'on a droit, au casting, à un Galifianakis en roue libre, et au trio de SOS Fantômes (dont une Kate McKinnon qui, encore une fois, nous fait son numéro surjoué, et place un gag à base de pets *soupir*), tous affublés de perruques et de vêtements au rabais, qui donnent l'impression de regarder un mauvais sketch du SNL, qui durerait trop longtemps (une impression déjà présente dans Don Verdean, par exemple).

Dans le lot, le seul qui s'en sort à peu près honorablement (ou du moins, qui est le plus supportable du film), c'est Owen Wilson, relativement premier degré, et qui parvient à faire exister un minimum son personnage ; Jason Sudeikis, lui aussi, est assez sympathique dans son rôle, bien que celui-ci soit une véritable caricature, comme la plupart des autres protagonistes.

Bref : un script totalement plat et insipide, supposément inspiré d'une histoire vraie, des acteurs qui en font trois tonnes, aucun rythme... J'aurais dû mieux me renseigner avant... et je me serais très clairement abstenu.

1.5/6

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Un film, un jour (ou presque) #432 : Le Monde de Dory (2016)

Publié le 19 Janvier 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Animation, Pixar, Comédie, Aventure, Review

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Le Monde de Dory (Finding Dory) :

Un an après avoir aidé Marlin (Albert Brooks) à retrouver son fils Nemo (Hayden Rolence), Dory (Ellen DeGeneres) commence soudain à se souvenir de sa famille, qu'elle avait oubliée depuis bien longtemps. Aussitôt, elle s'embarque (avec ses deux amis) dans une quête improbable à l'autre bout des océans, jusqu'à l'Institut Océanographique, en Californie, où ses parents se trouvent...

Je vais être franc, je ne suis pas un très grand fan du Monde de Nemo. Non pas que le film soit mauvais, bien au contraire (c'est du 4.5/6, sans problème), mais je suis toujours resté plus ou moins indifférent vis à vis de l'univers, des personnages, de l'ambiance, de la musique, etc.

Donc très logiquement, cette suite n'allait pas me renverser, comme d'autres films Pixar ont pu le faire en leur temps.

Je n'ai pourtant pas grands reproches à faire à ce Monde de Dory : c'est bien réalisé, bien joué, bien animé, c'est drôle, c'est intelligent, les nouveaux personnages sont amusants, etc... je pourrais me plaindre du premier quart du film, assez redondant et mollasson (le métrage ne commence vraiment à décoller qu'une fois Dory arrivée au Centre), ainsi que des flashbacks réguliers, qui sont logiques (et pertinents), mais un peu trop mécaniques.... 

Mais dans l'ensemble, je n'ai pas grand chose à dire sur ce film... si ce n'est que, comme le précédent, il me laisse un peu indifférent, et qu'en prime, il n'a pas forcément la force du premier métrage.

4.25/6

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Un film, un jour (ou presque) #431 : Assassin's Creed (2016)

Publié le 18 Janvier 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Jeu Vidéo, Science-Fiction, Histoire, Review, Action, Aventure

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Assassin's Creed :

Condamné à mort, Callum Lynch (Michael Fassbender) est secouru in extremis par Abstergo, une fondation privée dirigée par Rikkin (Jeremy Irons) et sa fille Sofia (Marion Cotillard). Ensemble, le père et la fille utilisent une technologie révolutionnaire, l'Animus, pour plonger Callum dans la mémoire génétique de son ancètre Aguilar, un Assassin du 15ème siècle, afin d'espérer découvrir l'endroit où ce dernier a caché la Pomme d'Eden, une relique permettant potentiellement d'assurer paix et ordre à l'espèce humaine...

La formule Assassin's Creed n'est pas compliquée : au fil des âges, l'affrontement entre les Assassins (une secte de super-ninjas acrobates et aux pouvoirs surhumains, défenseur du libre arbitre et de la liberté) et les Templiers (un groupe persuadé que l'ordre, le contrôle et la discipline sont la seule voie pertinente pour atteindre la paix), afin de mettre la main sur des reliques magiques éparpillées aux quatre coins du globe par la Première Civilisation, un peuple antique d'origine mystérieuse, et à la technologie incroyable.

Tous les éléments pertinents de la série sont résumés là : des gentils, des méchants, du Parkour, des cascades défiant les lois de la physique, de la chasse au trésor, des mythes improbables, de l'Histoire, et un monde ouvert que le joueur explore à volonté, en long, en large et en travers.

Avec en prime, au grand dam de beaucoup de joueurs qui préféreraient rester en immersion permanente dans le passé, un emballage/mise en abîme moderne de la notion de jeu vidéo, puisque le concept de l'Animus n'est en fin de compte, qu'une console de jeu dans le jeu, avec un joueur qui prend le contrôle d'un personnage, qui lui même prend le contrôle d'un autre personnage.

Bref : avec plus d'une dizaine de jeux (plus ou moins réussis) appartenant à la franchise, l'univers est bien établi, ses codes aussi, et Assassin's Creed est désormais synonyme, pour le joueur lambda, de codes très affirmés, au premier rang desquels le fameux saut de l'ange de l'assassin, depuis le sommet d'un bâtiment, jusque dans un tas de foin.

Et donc, on a droit ici à une adaptation qui semble reprendre les codes de la franchise (le parkour, le saut de l'ange, les reliques, les tenues, le credo, l'Animus)... mais qui en fait, parvient à passer totalement à côté de son sujet, et ce de manière spectaculaire.

Forcément : quand on fait le choix de placer 75% du film dans le présent, chez Abstergo, et qu'on ouvre le film par du rock, ça donne tout de suite le ton et la direction du métrage.

Et tout est à l'identique : les personnages déjà établis sont remplacés par de nouvelles créations, creuses et sans intérêt, et interprétées en pilotage automatique par leurs acteurs ; l'Animus est désormais un bras articulé avec projection holographique ; la musique est insipide et totalement oubliable ; les rares scènes d'action sont médiocres, montées de manière hachée (avec renvois constants au présent, et à Fassbender attaché à l'Animus), sans le moindre sentiment de fluidité ou de maîtrise que l'on peut ressentir en jouant ; le Parkour est étrangement peu satisfaisant, la faute au montage, à du câblage et à des effets numériques évidents, en plus des cascadeurs ; idem pour le Saut de l'Ange, sans cesse inachevé, et ou se transformant en quelque chose de numérique et d'immonde visuellement (lorsque Callum fait une pirouette et "casse" la surface de l'eau avec une dague pour "amortir" sa chute) ; et plutôt que de nous plonger dans un monde historique chatoyant, ici, tout est terne et sans la moindre ambiance (tous les personnages de la section historique sont transparents et anonymes, ce qui n'aide pas).

En résumé, un plantage assez spectaculaire, qui a fait un flop encore plus spectaculaire (et mérité) au box-office, et qui passe systématiquement à côté de tout ce qui fait le fun de la franchise.

Difficile de comprendre comment Ubisoft & co ont pu se planter à ce point, alors qu'il leur aurait suffit d'adapter et de synthétiser les premiers jeux afin d'obtenir une trame satisfaisante pour une trilogie ; et je me suis fait la remarque devant le film, mais comment n'ont-ils pas tenté d'imiter l'angle de caméra du jeu (vue à la troisième personne) pour placer un plan séquence de plusieurs minutes, sans coupes apparentes, montrant la doublure de Fassbender en train de se frayer un chemin sur un champ de bataille en tuant, en esquivant, en bondissant, etc, de manière fluide et impressionnante, jusqu'à conclure par un saut de l'ange accompagné par la caméra.... ? Ça aurait permis de renvoyer directement à la fluidité du jeu, d'établir la maîtrise du combattant, et de faire plaisir à tous les joueurs...

Mais non, il faut croire que c'est trop compliqué, tout ça, et qu'il était plus intéressant de filmer Marion Cotillard débiter des platitudes avec un accent bancal dans des locaux grisâtres, ou de demander à l'équipe des effets spéciaux de produire des dizaines de plans panoramiques inutiles montrant un aigle numérique survolant le paysage.

1.5/6

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