Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
LES TÉLÉPHAGES ANONYMES

Il était une fois Lurdo & Sygbab, deux internautes passionnés de séries tv et de cinéma, et qui cherchaient un endroit où archiver leurs avis (semi) éclairés...

Résultat pour ""the good place""

Les bilans de Lurdo : Superstore, saison 3 (2017)

Publié le 18 Juillet 2021 par Lurdo dans Comédie, Critiques éclair, Les bilans de Lurdo, Review, Romance, Sitcom, Télévision, USA, NBC, Superstore

Sympathique mais se cherchant un peu, la première saison de Superstore bénéficiait d'un format assez court de 11 épisodes ; en doublant ce nombre d'épisodes, la saison 2 faisait le choix inverse : utiliser tout ce temps d'antenne supplémentaire pour développer ses personnages secondaires, leurs relations... et malheureusement, pour accentuer le shipping entre Jonah et Amy, ses deux personnages principaux.

Et la saison 3, elle aussi constituée de 22 épisodes, continue (à mon grand dam) dans cette direction...

Superstore, saison 3 (2017) :

Après la tornade qui a ravagé le magasin, les employés du Cloud 9 se serrent les coudes et sont plus soudés que jamais - ou pas. Car Amy, fraîchement divorcée, tente de se reconstruire, alors même que Jonah, lui, trouve l'amour dans les bras de Kelly (Kelly Stables), une nouvelle employée. Et puis il y a Glenn, ébranlé par les événements qui ont détruit son magasin, et qui décide qu'il veut un enfant biologique... quitte à ce que Dina en soit la mère porteuse.

Superstore saison 3 ou, pour moi, la saison du malaise.

Je ne sais pas ce qui s'est passé, et j'ai pleinement conscience qu'encore une fois, mon avis est largement minoritaire (il suffit de voir l'enthousiasme critique global, au fil des ans, pour le programme et ses rebondissements sentimentaux), mais j'ai totalement décroché pendant une grosse partie de la saison, et j'ai eu bien du mal à rester présent jusqu'au bout.

Pourtant, les deux précédentes saisons avaient su rester amusantes et plaisantes, malgré des défauts récurrents qui me gênaient (dont le shipping Amy/Jonah, qui ne m'a jamais convaincu). Mais là, à plusieurs reprises, j'ai eu l'impression d'assister à une série en pilotage automatique, parvenant à peine à m'arracher plus qu'un sourire çà et là, et bien en deçà des saisons précédentes.

À commencer par la première dizaine d'épisodes, des épisodes qui, malgré des moments amusants (Mateo en Sal pour Halloween, Sandra et sa rivale Carol, les séquences de réunion toujours déjantées, l'épisode de Noël alcoolisé), finissent toujours par se prendre les pieds dans le tapis à un moment ou un autre, lestés par un besoin étrange des scénaristes de faire d'Amy la protagoniste principale de la série.

Et cette tendance ne fait que se confirmer au gré de la saison : manque de structure globale (on retrouve quelques épisodes thématiques - Halloween, Noël - mais c'est tout), manque de conséquences de la saison précédente (Dina souffre de PTSD pendant un épisode et demi, et c'est oublié), intrigues quelconques (Glenn qui demande à Dina de porter son bébé, ça a provoqué chez moi de mauvais flashbacks de Phoebe dans Friends ; la grossesse surprise d'Amy, ce n'est guère mieux) ou sous-développées (la grossesse de Dina, le renvoi de Myrtle, Jonah et Garrett colocataires, autant d'éléments que les scénaristes n'utilisent qu'une fois ou deux, avant de les ranger dans un placard, pour les ressortir bien plus tard au moment de leur apporter une conclusion sommaire), le show conserve des scènes ou des sous-intrigues qui fonctionnent, mais qui toutes s'effacent derrière Amy, sa vie amoureuse, et son quotidien pathétique.

Parce qu'en effet, non contents de passer Amy au premier plan de la plupart des épisodes, les scénaristes ont commencé à forcer le trait, à deux doigts de la flanderisation : Amy est tour à tout jalouse, autoritaire, manipulatrice, menteuse, stridente, gaffeuse, maladroite, arrogante, etc, elle frôle fréquemment le niveau Michael Scott de l'embourbement spontané dans des situations improbables, et elle ne supporte absolument pas le couple que Jonah forme désormais avec Kelly (un personnage assez quelconque et au brushing improbable, qui aurait pu fonctionner avec quelqu'un d'autre dans le rôle, peut-être une Dreama Walker, ou quelqu'un du genre).

Résultat, le plus clair de la saison est centré sur Amy et ses rapports avec les autres personnages (Cheyenne, Tate, Dina, Glenn, le livreur de boissons, Kelly), ainsi que sur sa relation pseudo-sentimentale avec Jonah. Une relation qui culmine malheureusement dans la seconde moitié de saison, et se conclue de manière prévisible, par une combo je suis enceinte de mon ex/je te déteste/en fait je t'aime/couchons ensemble des plus horripilantes si, comme moi, on n'adhère pas particulièrement à ce couple.

Et donc, forcément, la saison passe très lentement, particulièrement axée sur cette relation qui fait beaucoup de surplace, laissant tellement de place à Amy qu'elle en oublie certains autres personnages (Cheyenne, notamment, mais aussi Garrett, plus en retrait, Myrtle, qui disparaît logiquement...) et délaissant un peu trop sa fibre sociale (même si elle ressurgit ponctuellement autour de Myrtle - notamment dans le final -, de la sécurité sociale des employés, et de Cheyenne, qui travaille à mi-temps pour Target, la concurrence de Cloud 9 - l'occasion d'un épisode sponsorisé un peu honteux).

Je ne dirais pas que j'ai détesté le programme, il lui reste (ainsi qu'à sa distribution) suffisamment de capital-sympathie pour que le tout se regarde facilement, mais j'ai tout de même plus souvent grimacé devant mon écran qu'éclaté de rire.

Encore une fois, je sais pertinemment que c'est un avis très minoritaire, et que la romance Jonah/Amy plaît à la plus grande partie des spectateurs du show.

Néanmoins, je pense qu'une pause dans ma rétrospective s'impose, si je ne veux pas être "dégoûté" de la série - d'autant que c'est à partir de la saison 4 que le programme semble commencer à muter et à diviser les fans : la quatrième année du programme est aussi la dernière de son showrunner et créateur, Justin Spitzer, et apparemment, son départ va laisser des traces sur le ton et l'écriture du show.

Donc pour l'instant, pendant quelques semaines, je laisse la série en pause, exactement à la moitié de cette rétrospective.

Je reprendrai probablement début août...

---

Retrouvez aussi toutes les autres séries passées en revue sur ce blog en cliquant ici.

commentaires

Les bilans de Lurdo : CYCLE SCI-FI - Final Space, saison 2 (2019)

Publié le 19 Juin 2021 par Lurdo dans Action, Animation, Aventure, Comédie, Critiques éclair, Jeunesse, Les bilans de Lurdo, Review, Science-Fiction, Télévision, USA, Science Fiction, Adult Swim, Final Space

Chroniqués en ces pages la semaine dernière, les 10 épisodes de la première saison de Final Space, série comique d'aventures spatiales produite par Conan O'Brien, m'avaient laissé mitigé, partagé entre, d'un côté, une appréciation pour le rendu visuel du programme et son ambition, et de l'autre, un doute certain devant le rythme frénétique typiquement "Youtubesque" de la série, et sa tendance à vouloir concilier un humour parfois absurde et puéril à de l'émotion très appuyée.

La série a cependant été renouvelée pour deux autres saisons, dont cette seconde année de 13 épisodes...

Final Space, saison 2 (2019) :

Gary et ses compères reçoivent une mission capitale de Bolo, le Titan enfermé dans une autre dimension : ils doivent trouver les cinq cristaux temporels qui, avec l'aide de Mooncake, pourront libérer Bolo de sa prison, pour lui permettre d'affronter ses congénères maléfiques. Mais sur leur chemin se dresse Sheryl, la mère de Gary...

Et là, première déconvenue : de l'aveu même d'Olan Rogers (fervent utilisateur de Reddit et du web, ainsi que d'un verbiage 2.0 qui ressurgit çà et là dans les épisodes de cette saison), cette saison 2 est le produit de l'influence prononcée d'Adult Swim (nouvelle chaîne de diffusion de la série) et des cadres de la maison-mère, la Warner, qui ont apparemment demandé à Rogers d'orienter la série vers quelque chose de différent de la s1.

À priori, en voyant cette saison 2, on devine que ce "quelque chose" avait pour titre "un simili-Gardiens de la Galaxie", tant dans le ton que dans l'ampleur : la saison lorgne ainsi fortement vers le pan spatial de l'univers Marvel, avec l'équipage de Gary qui doit retrouver cinq pierres mystiques éparpillées dans la galaxie, et plein d'autres moments qui renvoient directement à la franchise du MCU (je pense notamment à un certain sacrifice nécessaire pour obtenir la dernière pierre, ou à un certain épisode de voyage temporel, etc).

À l'identique, autre impératif du studio, les épisodes se voient désormais dotés d'un pré-générique souvent absurde et hystérique, qui montre par exemple l'équipage s'uriner dessus afin de marquer leur territoire à bord de leur nouveau vaisseau, faire une chorégraphie sur Footloose ou encore fouetter à tour de rôle l'un des leurs pour lui faire retrouver la mémoire. L'humour général du programme continue donc de plus en plus dans cette direction immature, parfois très Rick et Morty (Adult Swim, on vous dit), amplifiée par l'ajout de plusieurs membres d'équipages sortis de nulle part, dont Clarence, doublé par Conan O'Brien.

Clarence, accompagné de ses "enfants" Ash (qui lorgne fortement sur une pseudo Raven de Teen Titans) et Fox, prennent ainsi beaucoup de place dans la saison, tout en étant paradoxalement sommairement développés - pas forcément surprenant, puisque la chaîne a exigé du programme un format moins sérialisé.

Le fil conducteur des cristaux temporels à récupérer devient ainsi prétexte à une suite d'épisodes semi-indépendants vaguement reliés par des sous-intrigues de remplissage, ce qui n'aide pas le programme à éviter l'impression de précipitation qui dominait déjà en saison 1.

Pendant une bonne moitié de cette saison 2, Final Space peine ainsi à convaincre, s'éparpillant dans de nombreuses directions, délaissant ce qui faisait le succès de la saison 1 (la relation Gary/Mooncake, notamment), donnant l'impression que Rogers ne sait pas vraiment où il va (le sort d'Avocato en est un bon exemple - il est mort, on le ramène à la vie, on le re-tue, on le ramène à nouveau), et préfère se rabattre sur de la science-fiction déglinguée et décomplexée plutôt que de développer plus avant le ton et l'atmosphère si particuliers de la première fournée d'épisodes.

Ça reste ponctuellement amusant, mais il faut bien avouer que le tout est aussi assez frustrant, les quelques moments réussis étant fréquemment éclipsés par des sous-intrigues inutiles, uniquement là pour donner quelque chose à faire aux personnages secondaires délaissés (honnêtement, je ne supporte plus Tribore et sa flamboyance efféminée ultra-forcée).

Et puis la série tente aussi de rejouer la partition des daddy issues de Gary, mais avec sa mère (Claudia Black) : pas certain que cela fonctionne vraiment, même si le personnage devient une part importante de la fin de saison.

Une fin de saison (enfin, une seconde moitié) qui reprend un peu de poil de la bête, en se concentrant de nouveau sur sa mythologie, et sur ses enjeux.

Bon, il reste toujours des épisodes filler (Clarence et la reine poulpe, une sous-intrigue clairement imposée par les exécutifs de la chaîne), qui n'apportent rien à l'intrigue générale, et certaines pistes sont totalement bâclées (Oreskis, le rival de Bolo, qui affirme à Sheryl que Bolo est maléfique) mais le tout prend progressivement de l'ampleur, tant visuellement que thématiquement, pour se terminer sur un cliffhanger efficace et intrigant.

Reste que voilà : la série est encore plus inégale qu'en saison 1, tiraillée entre sa mythologie épique, ses sentiments sincères, et son côté déconne immature et random lolmdr.

Le plus frustrant reste tout de même le fait que cette série a, en son cœur, quelque chose d'unique et d'attachant. Malheureusement, c'est trop souvent éclipsé par un manque de maîtrise ou, dans le cas de cette saison 2, par l'influence directe du network.

Espérons que la saison 3 en sera libérée, et que Olan Rogers pourra produire quelque chose de plus conforme à sa vision...

---

Retrouvez aussi toutes les autres séries passées en revue sur ce blog en cliquant ici.

commentaires

Les bilans de Sygbab - Invasion Planète Terre : Saison 3 (1999-2000)

Publié le 15 Avril 2017 par Sygbab dans Critiques éclair, Review, Télévision, Les bilans de Sygbab, Science-Fiction, EFC

Sygbab regarde (beaucoup) la tv, Sygbab écrit (parfois) des bilans : retrouvez-les sur le blog des Téléphages Anonymes !

Invasion Planète Terre (Earth : Final Conflict) - Saison 3 :

Blablabla. Zzzzz. Oh, 22 épisodes sont passés ? Bien, bien. Mais est-ce que le schmilblick a avancé ? Non, pas vraiment, il serait même assez judicieux de dire qu'il est rare de voir une saison qui raconte si peu de choses. Cette troisième saison sonne le glas des intentions scénaristiques de l'équipe en charge, et l'impression donnée à l'écran se mue rapidement en certitude absolue : ils ne savent plus comment faire avancer leur histoire.

La seule chose à mettre à leur crédit, c'est la continuité : toutes les intrigues développées sont basées sur des éléments déjà introduits auparavant. Au moins ont-ils le courage d'assumer ce qu'ils ont mis en place, même si ce n'est pas toujours brillant. Pour autant, l'absence de prise de risques et un délayage criant sont désolants.

Ça l'est d'autant plus que la fin de saison 2 se terminait par un état d'urgence qui mettait la résistance dans la panade. Mais il est déjà levé à la fin du season premiere avec un pseudo retournement de veste de Doors auquel personne ne croit, et qui a pour conséquence de complètement évacuer la résistance.

La série est ainsi amputée de l'un des aspects les plus enthousiasmants de la première saison, en réduisant le traitement du mouvement libératoire au minimum syndical. Cela se résume à en montrer les trois protagonistes principaux que sont Augure, Renée Palmer - fraîchement arrivée dans la série et à la tête de Doors International - et Liam. Assez ridicule donc, puisque toute notion d'ampleur est inexistante.

Mais ce qui fait vraiment rager, ce sont les missions d'infiltration incessantes de Liam et Renée. Ce n'est pas crédible une seule seconde car il est impossible que Renée ne soit jamais reconnue, avec la position qu'elle occupe auprès des Taelons qui fait d'elle une figure publique présentée mondialement par Jonathan Doors lui-même. Encore une grossière erreur de la part des scénaristes, qui ne savent de toute façon pas gérer leurs personnages la plupart du temps.

En effet, ils s'empêtrent souvent dans des contradictions et ne vont pas au bout de leurs idées, quand ils ne décident pas tout simplement de se débarrasser arbitrairement de l'un des protagonistes. L'exemple le plus flagrant concerne Augur : dans un premier temps, celui-ci ne veut plus faire partie de la résistance afin de revenir à ses activités de hacker et d'être à la tête d'un immense empire financier qu'il a perdu de vue. La saison 1 l'ayant présenté tel quel,cela n'a rien d'incohérent en soi. Sauf que cette décison ne change rien :on le voit toujours en train de donner des coups de main à chaque épisode, avant que son passé de hacker le rattrape et le pousse à trahir ses anciens acolytes.

Sans conséquence : Lam et Renée lui en veulent (logique), mais se réconcilient avec lui dans le même épisode sans que cela n'ait d'impact par la suite sur leurs relations (pas logique du tout). En terme de développement, il y a sûrement moyen de faire mieux..La palme revient au traitement de Doors, qui est dans le générique alors qu'il n'apparaît qu'une demi-douzaine de fois, et qui disparaît d'une manière assez honteuse, sans aucune émotion. C'est d'ailleurs bien là le problème : il n'y a aucun attachement aux personnages.

L'élément le plus intéressant dans la saison reste l'opposition toujours aussi marquée entre Da'an et Zo'or, empreinte d'une révélation sur leur relation. Da'an est toujours aussi ambigu, mais c'est Zo'or qui se révèle puisqu'il commence à remettre en question les fondements même de sa civilisation. Il passe de plus en plus pour un extrémiste, et il ébranle les convictions les plus profondes en affirmant que la faiblesse de sa race vient de ce qui fait depuis longtemps leur fierté : leur communalité.

Bien que considérant toujours les humains comme une espèce inférieure, il est impressionné par leur instinct de survie qui à son sens ne peut provenir que du fait qu'ils sont avant tout une entité individuelle qui cherche à se sauver soi-même avant de sauver sa communauté. Un point de vue, selon Da'an, qui mènera leur civilisation à sa perte car Zo'or ne semble pas avoir compris toutes les subtilités de l'être humain et notamment sa capacité à se regrouper derrière une même cause, lorsqu'elle est juste et noble. Leurs dialogues ont donc généralement du poids, et il vaut mieux en profiter car les motifs de satisfaction ne sont pas légion.

Venons en au coeur même du schmilblick qui n'avance pas, puisque la fin de la deuxième saison accélérait les choses en laissant penser que l'on verrait plus de Juridiens, et que la résistance ne saurait plus où donner de la tête puisque des Taelons dissidents avaient également fait leur apparition. De tout ça, nous ne verrons que Sandoval kidnappant Lily Marquette pour l'envoyer dans l'espace à la rencontre des Juridiens. Ceux-ci l'interceptent en milieu de saison, et elle leur donne accès bien malgré elle à la technologie interdimensionnelle qu'il leur manquait pour arriver sur Terre.

Ça soulève beaucoup de questions sur la manière dont Sandoval a communiqué avec les Juridiens (mais ça lève le voile sur ses intentions), et le dernier épisode lance quelque chose qui laisse perplexe concernant Lily. Si le traitement qui y est réservé est aussi moyen que ce qui est proposé depuis le début de la deuxième saison, il n'y a pas de quoi être rassuré : le coup de l'hybride, ça a déjà été fait avec Liam, et ça a donné un personnage dont tous les attributs ont été oubliés (sûrement pour réapparaître à la convenance des scénaristes d'ailleurs...).

Enfin, maintenant que les Juridiens ont mis pied à Terre et ont les moyens de venir titiller des Taelons qui tergiversent un peu trop sur leur ligne de conduite, ça devrait peut-être bouger un peu... Wait & See, selon l'expression consacrée.

commentaires

Les bilans de Sygbab - Invasion Planète Terre : Saison 1 (1997-1998)

Publié le 1 Avril 2017 par Sygbab dans Critiques éclair, Review, Télévision, Les bilans de Sygbab, Science-Fiction, EFC

Sygbab regarde (beaucoup) la tv, Sygbab écrit (parfois) des bilans : retrouvez-les sur le blog des Téléphages Anonymes !

Invasion Planète Terre (Earth : Final Conflict) - Saison 1 :

Œuvre posthume reprenant l’héritage de Gene Roddenberry et développée par  sa veuve Majel Roddenberry, le postulat de départ est le suivant : une race extra-terrestre a atterri sur Terre, mais au lieu d’envahir la planète par la force, la méthode des Taelons est plus insidieuse. Ils font dans un premier temps bénéficier les humains de leur technologie bien plus avancée en permettant des progrès faramineux dans des domaines aussi cruciaux que la science et la médecine, et s'installent au plus haut de la hiérarchie en introduisant un conseiller appelé Compagnon au sein des gouvernements de chaque grand pays.

Même si ces Compagnons ne sont pas à la tête de l'exécutif, il est pourtant très clair que le pouvoir est entre leurs mains et cette manière de procéder évoque le thème de l'occupation. En effet, ces aliens sont beaucoup trop généreux pour que leurs motivations ne soient pas suspectes, ce qui n'est pas sans rappeler V. À la différence près que celles des Taelons sont très floues : en parallèle de tout ce qu'ils ont apporté à la race humaine, ils développent également un panel de recherches ayant pour but de mieux comprendre la physiologie de leurs "hôtes", et dont l'objectif ultime serait une hybridation entre les deux races.

En effet, quand ils ne testent pas la régénération des membres humains ou qu'ils n'implantent pas d'embryons lors des transports interdimensionnels, ils injectent à l'un de leurs membres des séquences d'ADN ne comportant que les gènes de la violence pour constater les conséquences sur leur métabolisme complètement différent du nôtre (leur corps n'est constitué que d'énergie pure, le libérant ainsi de toute contrainte physique, soit une idée chère à Roddenberry).

Lorsque ces expérimentations échouent, ils font le maximum pour étouffer l'affaire et préserver l'agenda mis en place par le Synod, sorte de conseil de sages qui est voué à sauver sa race de l'extinction. Malgré ces indices qui laissent penser que les Taelons ne pourront survivre que si cette hybridation fonctionne - ce qu'ils ont déjà fait auparavant avec une autre race qu'ils ont ensuite éradiquée - il est difficile de comprendre pourquoi, et ce qui a pu les mener là.

Il y a donc une ambiguïté permanente qui plane au-dessus de la série, renforcée par le personnage fascinant qu'est Da'an, le Compagnon américain. Composé par une actrice dont les attitudes et les gestes - étudiés au millimètre - confèrent au personnage une aura énigmatique, son désir de compréhension de la race humaine le met souvent en position de contester les décisions du Synod ou de s'opposer ouvertement à Zo'or, qui n'a lui aucun scrupule. Sa relation avec William Boone est significative de cette curiosité. Il semble plus apprécier sa présence que celle de Sandoval, certainement parce qu'il remet souvent en question les positions des Taelons et représente un défi à la fois spirituel et intellectuel. Leurs dialogues sont teintés d'une réflexion permanente sur le bien-fondé des actions des aliens.

Boone est également très intéressant, malgré une caractérisation bâclée dans le pilote : deux minutes après son introduction, sa femme est tuée dans une explosion orchestrée par Sandoval. Cela le le pousse à rejoindre le mouvement libératoire qui lutte contre les aliens, mais la ficelle scénaristique est assez grossière. Nommé chez de la sécurité de Da'an, il se voit doté d'un CVI (Cyber Viral Implant) que la résistance a modifié afin d'en retirer l'impératif visant à ne servir que les intérêts des Taelons. L'amélioration cérébrale que cela entraîne lui sert notamment à justifier des actions parfois suspicieuses en développant des points de vue inédits et crédibles. Sa position l'amène à être partagé entre son devoir de protection envers Da'an et son rôle d'espion en faveur d'une organisation avec laquelle il n'est pas toujours en accord.

Ce n'est pas une série centrée sur l'action, malgré la présence de la résistance menée par le milliardaire Jonathan Doors qui a maquillé sa mort pour n'en être que plus redoutable en travaillant dans l'ombre. Leur QG donne un cachet différent et tranche avec les réunions du Synod; ce qui donne la possibilité de varier les intrigues. Mais généralement, le rythme est plutôt lancinant, voire presque contemplatif par moments.

L'univers proposé est également assez fourni et certains éléments ne demandent qu'à être développés : les Skrills, organismes génétiquement modifiés par les Taelons qui en ont fait une arme vivant en symbiose avec son hôte, la communalité qui est relie tous les esprits des la race alien, le fait que ces derniers avaient déjà envoyé un émissaire 2000 ans auparavant qui aurait donné aux humains des capacités psychiques leur permettant de s'y introduire, une sonde répliquant l'ADN à l'envie...

Il y a tout de même des défauts, comme les effets spéciaux qui sont régulièrement d'une profonde laideur, ou le côté "enquête de la semaine" des investigations de Boone. L'utilisation des caractéristiques du CVI est également agaçante, notamment en ce qui concerne sa capacité à donner à celui qui le porte une mémoire illimitée : au lieu de faire référence à des événements antérieurs au détour d'un dialogue, les images défilent de nouveau à l'écran. Rien de très subtil, donc.

Mais dans l'ensemble, la balance penche vers le positif puisque cette première saison est de bonne facture.

commentaires

Critiques éclair - Star Trek Discovery 4x13 + bilan (2021)

Publié le 3 Avril 2022 par Lurdo dans Action, Aventure, Critiques éclair, Les bilans de Lurdo, Review, Science Fiction, Science-Fiction, Star Trek, Télévision, USA, CBS, Discovery

Toujours un grand néant que cette saison 4 de Star Trek Discovery, qui semble raconter en 13 épisodes ce que l'une des séries Trek de l'époque (Next Generation ou même Voyager) aurait bouclé en un double épisode bien plus efficace et intéressant.

Mais bon, voilà, il faut laisser de la place aux atermoiements sans fin des protagonistes, à l'émotion très émouvante, et autres digressions qui permettent au programme de meubler pendant plus de douze heures... (on la sent bien, ma lassitude ?)

Star Trek Discovery, saison 4 (2021) :

- 4x13 - La Terre, Ni'var et Titan sont sur le point d'être détruits par l'anomalie, et le Discovery tente une dernière fois d'établir un contact fructueux avec l'espèce 10-c...

Voilà voilà, final de la saison, et comme toujours avec Discovery, ça pète dans tous les sens, ça donne dans le larmoyant et les gros violons, ça s'envole dans de grands discours pleins d'espoir et d'unité, etc, etc, etc. Ah, ça, c'est sûr qu'en comparaison du reste de la saison, ce treizième épisode est plus énervé...

Mais qui dit plus d'action et d'énervement dit aussi plus de facilités, plus de grosses ficelles narratives, et plus de sauts de logique improbables, qui font qu'au final, on est très passif et désintéressé par ce qui se déroule à l'écran - le happy end saisonnier étant forcément inévitable, et les rares pertes du récit annulées à la fin (Book, forcément, mais aussi la Terre et les autres planètes bombardées de météorites... "heureusement qu'il n'y a pas eu de dégâts").

En fait, l'intention et le message de ce season finale (besoin d'unité, besoin d'abattre les murs entre les nations, besoin de protéger l'environnement et les plus faibles) sont pertinents, et tout à fait dans la tradition trekkienne. Cependant, non seulement ils sont aussi très redondants (ça a déjà été traité en long, en large et en travers par la franchise, voire même par Discovery), mais leur exécution pêche vraiment, avec des dialogues ronflants, et un épisode qui traîne en longueur, pour caser un caméo d'une politicienne démocrate en présidente de la Terre... c'était bien la peine.

- Bilan -

Passons sur les menaces saisonnières grandiloquentes qui mettent toujours la Terre ou la galaxie en danger. Passons sur les personnages secondaires à peine nommés qui vont, qui viennent et qui disparaissent souvent pendant de nombreux épisodes, façon jeu des chaises musicales. Passons aussi sur les innombrables épisodes de remplissage qui permettent à la production de faire du surplace, sans avancer sur le fond de l'intrigue saisonnière. Passons sur les problèmes récurrents de mise en forme du programme, entre ses money shots gratuits, ses visuels tourbillonnants, ses scènes d'action ponctuées par des jets d'étincelles et de flammes risibles, ou ses maquillages toujours trop caoutchouteux. Passons sur la happy end qui règle tous les problèmes de la saison en un clin d'œil, comme si de rien n'était...

Non, le vrai problème de Star Trek Discovery, désormais, c'est que sous la direction de Michelle Paradise, ex-scénariste et showrunneuse LGBTQ d'une série de vampires de la CW, Discovery a lentement muté, passant d'une série très orientée action et effets spéciaux décérébrés (pas terrible en soi), à ce que j'ai surnommé un Star Trek Therapy, où tous les personnages (y compris les ordinateurs !) sont constamment à fleur de peau, passent tout leur temps à parler de leurs sentiments et de leur émotions, et se soulagent de leurs troubles émotionnels et psychologiques en les partageant à longueur d'épisode avec leurs collègues, leur amis et les spectateurs.

Une approche sans la moindre nuance ni subtilité, certes probablement très intéressante pour les acteurs et pour les scénaristes préoccupés par des métaphores sociétales actuelles, mais très peu probante pour le spectateur que je suis, et imposant ce surplace narratif très frustrant qui touche la série.

Et avant qu'on ne me le fasse remarquer, ce ne sont pas les thématiques sociétales actuelles qui me dérangent en tant que telles, mais bien la manière bancale et cahotante dont elles sont écrites par l'équipe de Discovery, incapable de faire preuve de retenue ou de finesse. On se retrouve avec des personnages qui énoncent toujours leurs problèmes à voix haute, utilisent un jargon très connoté et actuel ("i feel seen"), et ne semblent jamais vraiment exister au delà de ce que les scénaristes ont choisi de raconter ou de représenter.

Alors entre personnages larmoyants, intrigue anémique, et casting à géométrie variable, difficile de s'y retrouver.

D'autant que, je me répète, mais il n'aurait fallu que 90 minutes à Picard et son équipe pour régler cette histoire d'anomalie, sauver l'univers, établir un premier contact, et ce, tout en trouvant le temps d'une virée dans l'holodeck ou d'une partie de poker...

---

Retrouvez aussi toutes les autres séries passées en revue sur ce blog en cliquant ici.

commentaires

Critiques éclair - Star Trek Discovery 3x11-12 (2020)

Publié le 23 Janvier 2021 par Lurdo dans Action, Aventure, CBS, Critiques éclair, Drame, Netflix, Review, Science-Fiction, Star Trek, Télévision, Discovery

Après un double épisode totalement inutile consacré à Georgiou et à l'Univers Miroir, Star Trek Discovery a attaqué la dernière ligne droite de sa saison 3 : une saison 3 qui, pour le moment, est retombée dans les pires travers de ce programme... mais avec un peu de chance, la résolution du mystère du Burn permettra de remonter un peu le niveau global.

Star Trek Discovery 3x11-12 (2020) :

- 3x11 - Su'Kal : Le Discovery part pour la nébuleuse de Verubin, d'où le Burn a émané, et l'équipage y découvre une forme de vie : celle de Su'Kal, un Kelpien né sur place, et qui a grandi protégé du monde extérieur par un environnement holographique. Saru, Burnham et Culber s'y rendent, en dépit des radiations, pour mener l'enquête...

Et encore une fois, Discovery explique le grand mystère de sa saison d'une manière insipide, improbable, et assez risible, toutéliant le tout à l'un de ses personnages principaux, comme s'ils étaient le centre de l'univers. Je suppose que je devrais m'estimer heureux que tout ne soit pas lié à Burnham, comme on aurait pu le redouter - pourtant, difficile de se contenter d'une résolution aussi bancale, liée à Saru et à son espèce.

Le Burn est donc apparemment la conséquence des colères d'un enfant kelpien laissé seul sur une planète composée de dilithium... okay. Il reste à espérer que les deux derniers épisodes de la saison nuanceront le tout, parce qu'en l'état, ça ressemble un peu à une solution obtenue, faute de mieux, en lançant des fléchettes sur un tableau de mots aléatoires, et en utilisant les quelques premiers résultats.

D'autant que le tout s'inscrit dans un épisode de 55 minutes pas très rythmé, se partageant entre un holodeck sombre et quelconque (avec quelques plans numériques sur un environnement façon temple en ruines pas très inspiré) et la passerelle du Discovery où, forcément, Tilly est confrontée aux Orions, qui lui dérobent le commandement du vaisseau sans qu'aucun membre de l'équipage ne lève le petit doigt.

Alors certes, le passage holodeck, tout convenu et dérivatif qu'il soit, permet à Doug Jones d'échapper un temps à son maquillage, ce qui fait toujours plaisir à voir ; et certes, l'interprète de Su'Kal est plutôt convaincant ; mais malheureusement, les grosses ficelles narratives sont de plus en plus voyantes pour amener Burnham à reprendre le poste de Capitaine (elle en vient même à faire la leçon à Saru, en remettant en cause son objectivité et son manque de recul sur les événements - c'est un peu l'hôpital qui se moque de la charité), la moindre scène de dialogue prend des atours mélodramatiques inutiles, j'ai toujours énormément de mal à voir à quoi servent les scènes consacrées à Adira et Grey, la continuité visuelle est assez médiocre (la coiffure de Tilly change de plan en plan), et plus personne ne suit le règlement à bord du Discovery...

De quoi en ressortir frustré, d'autant que je m'attends toujours à une trahison de dernière minute, à un moment ou à un autre (Vance ? Book ? Grudge ?).

- 3x12 - There is a Tide... : Alors que les troupes d'Osyraa ont pris le contrôle du Discovery, Book et Burnham s'y introduisent, pour tenter de libérer le vaisseau de l'intérieur. L'Amiral Vance, lui, accepte de discuter avec Osyraa, qui lui propose un traité de paix des plus inattendus...

Pour être franc, jusqu'à la dernière minute de cet épisode, je n'étais pas particulièrement convaincu, mais au moins je ne m'ennuyais pas.

Entre les motivations bancales d'Osyraa (qui affirme vouloir signer un traité de paix, mais massacre, attaque et retient des otages à tour de bras) ; Burnham qui, pieds nus, nous refait Die Hard dans les tubes de Jefferies du vaisseau ; les thématiques effleurées par l'épisode (alors que la série n'a jamais été foutue de développer correctement la moindre thématique) ; la réalisation dynamique mais constamment débullée de Jonathan Frakes ; les maquillages toujours approximatifs et caoutchouteux des extraterrestres ; le mélodrame de Burnham/Stamets ; le retour inutile de Zareh ; le "je t'aime" de Burnham/Book (doit-on y voir un signe annonciateur de la mort imminente de Book ?) ; et l'énorme ficelle du conduit de transdistorsion qui relie justement la Terre à la planète de dilithium, il n'y avait pas vraiment de quoi s'enthousiasmer.

Et puis est arrivée la dernière minute, durant laquelle le proverbial requin est arrivé, et la série a fait un superbe triple lutz piqué au-dessus de celui-ci, grâce aux trois robots tout droit sortis de Wall-E, des robots représentant chacun un département de Starfleet, et s'unissant, mus par la conscience de la Sphère, pour reprendre le vaisseau aux maychants pirates. En faisant un salut vulcain robotique.

*soupir*

(l'hypothèse des fléchettes et du tableau d'idées en vrac devient vraiment de plus en plus probable)

--

Retrouvez aussi toutes les critiques de la saga Star Trek publiées sur ce blog en cliquant ici ou en passant par notre Index Séries alphabétique...

commentaires

Critiques éclair - Star Trek Discovery 3x09-10 (2020)

Publié le 16 Janvier 2021 par Lurdo dans Action, Aventure, CBS, Critiques éclair, Drame, Netflix, Review, Science-Fiction, Star Trek, Télévision, Discovery

Grosse perte d'intérêt et d'énergie dans cette saison 3, depuis que j'ai repris son visionnage. En espérant que le tout trouve une direction intéressante, maintenant que l'on aborde le dernier tiers de cette nouvelle fournée...

Star Trek Discovery 3x09-10 (2020) :

- 3x09 - Terra Firma, part 1 : Pour tenter de guérir Georgiou, Burnham et elle se rendent sur une planète reculée, où elles trouvent Carl (Paul Guilfoyle), un homme étrange gardant une porte magique. Celle-ci renvoie Georgiou dans le passé de l'Univers Miroir, où elle va tenter de changer son histoire...

Première moitié d'un épisode en deux parties dont l'intérêt, pour le spectateur, repose entièrement sur l'intérêt que ce dernier porte à l'Univers Miroir dans son ensemble, et à la relation de Georgiou et Burnham en particulier. Tout repose en effet ici sur ces deux points, sur la survie de Georgiou, sur l'émotion qu'elle suscite chez les autres personnages, etc.

Et là, forcément, pour moi qui n'ai jamais eu le moindre intérêt pour Georgiou/Burnham, ça coince franchement. D'autant que le tout ressemble franchement à un début de pseudo-rédemption du personnage, histoire de montrer qu'elle a changé au contact de l'univers principal, qu'elle est désormais humaine, etc, juste avant de l'évacuer probablement vers son spin-off dédié, consacré à la Section 31.

Tout ça est très transparent dans ses intentions, assez cheap (non, mais le numéro façon Cirque du Soleil pour le baptême du nouveau vaisseau de Georgiou, au secours), plutôt surjoué (autant le côté bad girl sied plutôt bien à Burnham, autant SMG finit par cabotiner totalement vers la fin d'épisode), et, à part le bref moment avec Doctor Who Carl, plutôt intrigant, le tout tombe assez à plat, toujours pour le même problème : faire de l'émotion avec Space Hitler, ça ne fonctionne pas.

Pourtant, ce n'est pas faute d'essayer, et Michelle Yeoh est nettement meilleure et plus subtile ici que dans tout le reste de la série (forcément, dès que l'écriture lui permet de jouer de manière moins caricaturale). Mais ça reste un début de double épisode sans le moindre impact sur le reste du show, ce qui est problématique à ce niveau de la saison.

(ah, et j'ai eu du mal avec Cronenberg qui explique que Yor - au maquillage très plastique, à nouveau - était jusque là le seul humain à avoir traversé le temps et les dimensions en même temps... oubliant au passage Spock, passé du futur de l'univers principal au passé de nuTrek)

- 3x10 - Terra Firma, part 2 : Toujours dans son univers d'origine, Philippa tente de corriger son destin et celui de Burnham...

Un vrai calvaire. Parce que que les scénaristes tentent de rendre Georgiou attachante, de la faire changer, de rendre son départ émouvant, etc... tout en lui faisant torturer sa "fille" sans broncher.

Parce que la dissonance entre la manière dont Georgiou est écrite et la manière dont tout le monde parle d'elle à la fin, comme d'une ex-collègue un peu compliquée mais qui avait bon fond, est tout simplement WTF.

Parce qu'on a droit à des adieux larmoyants entre elle et Burnham, adieux qui, in fine, voient les deux femmes se passer mutuellement la brosse à reluire, et se dire à quel point elles sont formidables l'une et l'autre - mais surtout Burnham, hein, qui est tellement formidable qu'elle a réussi à faire changer l'Impératrice, et qu'elle devrait être aux commandes du Discovery à la place de Saru.

Parce que les scénaristes décident de faire de Carl le Gardien de l'Éternité de la Série Originale, faisant passer ce dernier de portail temporel neutre capable d'envoyer des voyageurs dans le temps, à entité consciente et douée de volonté propre, capable de transcender temps, espace et dimensions, et qui juge Philippa Georgiou pour décider de son sort.

Parce que SMG ne sait clairement pas ce que signifie le mot demi-mesure, passant directement d'une expression neutre à une interprétation forcée et caricaturale, que ce soit lorsqu'elle doit pleurer ou lorsqu'elle joue la colère.

Parce que l'intrigue saisonnière avance à peine, et que j'attends désormais de voir qui de l'Amiral ou de Booker va trahir l'équipage du Discovery dans l'un de ces rebondissements de dernière minute dont la série a malheureusement le secret.

Et parce que tous ces larmoiements abusifs et ces gros violons, supposés déclencher l'émotion, tombent totalement à plat - d'autant plus que j'ai regardé cet épisode le lendemain du final du Mandalorien, qui lui réussissait vraiment tout ce que Discovery échoue systématiquement à faire sur le plan de l'émotion.

--

Retrouvez aussi toutes les critiques de la saga Star Trek publiées sur ce blog en cliquant ici ou en passant par notre Index Séries alphabétique...

commentaires

Critiques éclair - Star Trek Discovery 1x15 (épisode final)

Publié le 17 Février 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Télévision, Science-Fiction, Star Trek, Action, Aventure, CBS, Drame, Discovery

Après le gros épisode récapitulatif diffusé la semaine dernière, place au final de cette première saison des plus polarisantes... un épisode final signé Akiva Goldsman (aïe), qui réalise et co-écrit l'épisode avec les deux showrunners (ouch)...

​Star Trek Discovery 1x15 :

Sous le commandement de la maléfique Impératrice Giorgiou, le Discovery fait route vers Qo'nos, pour y mettre un terme à la guerre de Starfleet contre les Klingons, de manière totalement radicale...

Ma première réaction, en regardant ce season finale, ça a été de me dire "par le Grand Oiseau de la Galaxie... quelle sombre merde !"

Et puis, en lisant des avis positifs ici et là, des avis aux argumentaires toujours plus convaincants, à base de "visuellement c'est superbe, le reste je m'en fous", de "arrêtez de dire du mal de la série, vous préféreriez quoi ? Pas de Star Trek du tout ?", "de toute façon, aucune autre série Trek n'a eu de première saison réussie, donc en comparaison, c'est génial" et autres "c'était excellent, probablement la meilleure série Star Trek depuis vingt ans", j'ai réfléchi.

Serait-il possible que je sois totalement passé à côté d'un chef d’œuvre complet ? Peut-être était ma rigidité de fanboy dogmatique qui m'a empêché de percevoir le génie de cette réinterprétation radicale de tout Trek ? Peut-être que ces personnages quasiment tous sous-caractérisés, toutes ces sous-intrigues abandonnées en cours de route, ou bâclées de manière précipitée, tous ces rebondissements prévisibles et télégraphiés, toutes ces entorses à la continuité, tout ce fanservice non-sensique, c'est (à l'instar de ce que les défenseurs de Star Wars - Les Derniers Jedis affirment) une manière de détruire le mythe pour mieux le reconstruire et l'inscrire dans la modernité ?

Ou alors, c'est tout simplement que l'équipe créative qui s'occupe de la série (une équipe créative, je le rappelle, quasi-intégralement en provenance de séries type Reign, GCB, et Revenge) est incapable de gérer de front le cahier des charges de la franchise, le développement de ses personnages, et une intrigue solide et cohérente.

Cet épisode final est ainsi symptomatique de tout le reste de la saison, avec une écriture indigente (la guerre est réglée en un clin d’œil, pour des raisons qui ne tiennent pas vraiment la route ; l'Impératrice est laissée en liberté ; comme prévu, Burnham se mutine, et atteint le statut d'ultra-héroïne qui sauve l'univers et fait un grand discours pontifiant ; Tyler est évacué de la série sous un prétexte bancal) dissimulée derrière des visuels clinquants et travaillés (pas forcément aidés par la réalisation tremblotante de Goldsman, et par un montage étrange, cela dit), du blabla inutile (Burnham et Tyler qui se racontent leurs origin stories respectives), et surtout, énormément de fanservice qui va de l'anecdotique - Clint Howard - au risible - tout le passage sur Qo'nos, avec strip-teaseuses orionnes, drogues, jeux illégaux, et melting-pot de races - jusqu'à l'insultant - la scène finale de l'épisode, que bon nombre de spectateurs avaient prédite dès l'épisode pilote, et qui n'est là que pour flatter les fanboys dans le sens du poil, et les inciter à renouveler leur abonnement payant, pour la saison 2.

Le plus triste, en fait, c'est que cette scène finale résume bien toute la série, et ne fait que renforcer son statut de produit conçu pour plaire au plus grand nombre, en jouant à la fois la carte de la nostalgie facile, et des rebondissements à tout va : les spectateurs qui veulent une série moderne (comprendre très rythmée, sombre et pleine d'action) drapée des oripeaux de Star Trek sont ravis, on flatte leurs instincts, on leur montre ce qu'ils veulent voir, ils n'ont pas le temps de réfléchir, et tant pis si le tout est, en réalité, creux et bâclé (l'affichage "END SIMULTATION" fait vraiment honte, même s'ils ont tenté de le camoufler en inversant l'écran).

Les autres, eux, ne peuvent que souffrir devant un show aussi mal écrit, aussi mal caractérisé, aux rebondissements éventés, et au fanservice tellement flargrant qu'il en est risible. Mais attention, il faut souffrir en silence, car la moindre critique un peu trop virulente se voit aussitôt noyée sous les insultes et les reproches : visiblement, il ne fait pas bon se montrer trop exigeant envers une série, de nos jours, car cela fait de vous un "faux fan" qui ne sait pas de quoi il parle, et qui ferait mieux de cesser de regarder un programme s'il ne l'aime pas à 200%.

Bref. Une saison bancale, décevante, qui a été clairement écrite à la va-vite et à rebours en prenant pour point de départ sa conclusion (de l'aveu même de la production), et qui souffre donc d'énormément de problèmes de structure et de résolutions tout simplement insatisfaisantes.

Le problème n'est ainsi même pas vraiment que la série ne s'inscrit pas du tout dans l'univers Star Trek tel qu'on le connaît actuel, non. Même sous un nom générique façon Space Adventure MachinTruc, ce serait une série à l'écriture médiocre, digne d'une production SyFy, et guère plus.

Ça fait peut-être illusion visuellement parlant (encore heureux), mais on est très loin des standards de la prestige tv que la série était supposée atteindre...

commentaires

Critiques éclair - Star Trek Strange New Worlds 1x04-06 (2022)

Publié le 18 Juin 2022 par Lurdo dans Action, Aventure, Critiques éclair, Drame, Les bilans de Lurdo, Review, Science Fiction, Science-Fiction, Star Trek, Télévision, CBS, USA, Strange New Worlds

Après trois premiers épisodes non dénués de défauts, mais qui volent à 20 années lumière au dessus de leurs homologues de Discovery et de Picard, on peut dire que Star Trek Strange New Worlds est une assez bonne surprise, mélange agréable de modernité et de classicisme trekkien.

Reste à voir si, sur la durée, la série saura laisser derrière elle ses quelques éléments inaboutis, et se forger une identité propre...

Star Trek - Strange New Worlds, saison 1 (2022) :

- 1x04 : Alors que le vaisseau enquête sur l'attaque d'une colonie reculée par un ennemi inconnu, l'Enterprise est gravement endommagé par les Gorns, dont on ne sait rien. Le vaisseau se réfugie alors dans le nuage entourant un trou noir, où il se retrouve dissimulé à la vue de ses ennemis... mais aveugle et incapable de se défendre.

Un épisode de SNW qui rappellera bien des choses aux amateurs de la franchise (Balance of Terror, Star Trek II, Starship Down), en les remixant à sa sauce, non sans quelques facilités et abus scénaristiques assez typiques de nuTrek (ça commence à bien faire, les passés ultra-traumatiques de tous les personnages, en lieu et place d'un réel développement ; on aurait aussi pu se passer de la référence à Burnham)... mais qui fonctionne néanmoins plutôt sympathiquement, à mi-chemin entre un duel de sous-marin et un combat spatial plus classique.

Autre point évident : la série continue d'utiliser sa première saison pour approfondir chacun des personnages secondaires, tour à tour - soit la direction totalement opposée de Picard et de Discovery, qui se centraient de manière nombriliste sur leur protagoniste principal.

Quoiqu'il en soit, au bout de 4 épisodes, SNW continue d'être plus qu'agréable à suivre : c'est une bonne lancée, espérons que le show ne va pas se prendre les pieds dans le tapis en fin de saison, avec des enjeux galactiques ultra-mélodramatiques...

- 1x05 : Le temps des réparations de l'Enterprise, tout l'équipage s'offre une permission bien méritée : Spock retrouve T'Pring, Chapel a des problèmes de cœur, M'Benga part à la pêche, Pike doit négocier avec une race inconnue, et Una et Soong essaient de découvrir comment s'amuser...

Un épisode polarisant : certains le trouveront rafraîchissant, à la fois léger et décomplexé, un récit qui utilise le prétexte de la permission de tout le monde pour proposer quelque chose de presque parodique, comme Star Trek sait si bien le faire. D'autres le trouveront totalement naze et forcé, Vvoire déplacé, à l'humour raté et à l'intérêt inexistant.

Je me range nettement plus dans le premier camp, non sans quelques réserves.

Outre les références évidentes à Amok Time (toute l'ouverture de l'épisode, le titre, et le fait que tout tourne autour de la relation Spock/T'Pring), ce scénario moins sérieux a le bénéfice de donner de quoi faire à tout le monde, y compris aux jeunes enseignes qui apparaissent fréquemment dans la série.

Et quand bien même certaines ficelles seraient un peu grosses (le prétexte de l'échange de corps et sa résolution), le ton plus immature et décontracté froisserait un peu les tenants d'un Starfleet rigide et très hiérarchique, et que ça manquerait paradoxalement peut-être un peu de folie pour vraiment être mémorable, ce Spock Amok bénéficie d'une bonne humeur générale, et contribue à tisser des liens entre les personnages, qui ne sont pas que collègues, mais aussi amis. Ce qui fait toujours plaisir.

- 1x06 : Lorsqu'un transport de la planète Majalan, attaqué par un ennemi, appelle à l'aide l'Entreprise, Pike renoue avec Alora (Lindy Booth), chef d'état de la planète, qui accompagnait un médecin (Huse Madhavji) et son fils, le Premier Servant de Majalan : ce dernier, un jeune garçon (Ian Ho) surdoué, est en effet sur le point d'accéder au trône de la planète, et de régner sur une société isolationniste d'apparence idyllique...

Un épisode (très inspiré par Ceux qui partent d'Omelas d'Ursula Le Guin) qui s'inscrit directement, dans son fond et dans sa forme, dans la continuité du TOS d'antan, entre Pike et sa romance avec une extraterrestre, la société idyllique qui cache un sombre secret, et l'ambiance globale du récit.

Et ce n'est pas plus mal, à défaut de surprendre : on est en effet habitué au côté "cette société est trop parfaite" de Star Trek, et l'on attend forcément de découvrir le revers de la médaille, un revers ici assez sombre et sinistre, qui fonctionne bien tout en restant assez attendu.

Alors certes, Pike est ici un peu trop passif dans l'ensemble, sous le charme de Lindy Booth (ça fait toujours plaisir de la revoir, cela dit), Uhura est peut-être un peu trop mise en avant pour le moment, et la poursuite dans les jardins de Majalan était assez médiocre, mais ceux qui réclamaient un nouveau monde étrange seront servis.

J'ai apprécié ce retour à quelque chose de très sérieux après l'épisode plus léger de la semaine précédente.

 

(à suivre...)

---

Retrouvez aussi toutes les autres séries passées en revue sur ce blog en cliquant ici.

commentaires

Les bilans de Lurdo : Poltergeist : The Legacy, saison 4

Publié le 6 Janvier 2012 par Lurdo dans Les bilans de Lurdo, Critiques éclair, Review, Télévision, Fantastique, Horreur, Drame, Thriller, SyFy

Une ultime année très troublante que cette saison 4. Troublante, car la série est passée sur Sci-fi, et par conséquent, on aurait pu craindre le pire, avec une auto-censure évidente de la série, et/ou une baisse sensible du budget.

Mais en fait, non. C'est même le contraire, puisque cette saison 4 s'avère au final l'un des meilleurs crus de la série. Le budget n'est certes pas supérieur à celui déjà réduit de la saison 3, et l'on a toujours cette désagréable rotation de l'équipe (avec la moitié du cast qui est aux abonnés absents dans chaque épisode), ainsi que ces deux clip-shows de conclusion à la fin de la saison.

Pas de surprise non plus, on a ponctuellement des loners sans intérêt, généralement uniquement écrits pour donner leur temps d'antenne aux membres du cast les moins présents.

Mais là où la team de production se rattrape considérablement, c'est qu'elle a clairement planifié toute la saison en avance. Il ne fait aucun doute que la prod savait pertinemment que cette s4 était leur dernière saison, et ils ont tout mis en oeuvre pour qu'elle soit mémorable. En renouant avec la continuité et les arcs clairs de la première saison, notamment : là où en saison 1 les arcs narratifs de la saison étaient hésitants, mais présents et suivis, ici, ils sont bien affirmés, et dans leur grande majorité maîtrisés de bout en bout, que ce soit Alex et ses rapports ambiguës avec les forces du Mal, Kat et la sorcellerie, la lutte sempiternelle de Derek contre le Mal, etc. De plus, pour la première fois, on remarque l'apparition de nombreux épisodes en deux parties (plus ou moins maîtrisés) qui permettent de développer un peu plus certaines intrigues, de manière bienvenue.

De même l'apparition d'antagonistes récurrents aide à établir un vrai sentiment de continuité entre les épisodes, voire entre les saisons. Nombreuses sont les histoires de s4 renvoyant directement à des épisodes des saisons précédentes, avec apparition des guests de ces dits-épisodes : en vrac, on peut citer le shaman d'Alex et sa grand-mère, Fionnula Flanagan, la succube, Auberjonois, le prêtre de la s1, etc.

Bref, on a vraiment l'impression que les scénaristes ont fait leur boulot de documentation, qu'ils ont consulté la bible de la série, et qu'ils ont exploité toutes les pistes non encore explorées. Ça fait plaisir.

4x01-02 : Excellent Jeff Kober en condamné à mort (nommé Corvus) qui invoque un corbeau (laule) pour se venger de ceux qui l'on mis en prison, avant de s'en prendre (après son exécution) à Rachel, sous la forme d'un esprit possédant des corps ; Mouais, bof : le contenu d'un épisode simple délayé pour en remplir deux, agrémenté d'une réflexion bancale sur la peine de mort, de spiritualité indienne, et de Derek qui drague une journaliste (le début de l'un des rares arcs bancals de la saison). Par contre, le conflit entre Rachel et Derek est une sympathique réminiscence de la fin de saison précédente.

4x03 : Tout le cast aux abonnés absents, sauf Derek et Kristin, dans une histoire de fantôme vengeur dans le sud profond... un fantôme qui ressemble justement étrangement à Kristin. Très classique, voire trop, et le coup de la ressemblance physique n'est jamais expliqué (à moins que je ne l'aie ratée, ce qui est possible, vu le peu d'intérêt de l'épisode), si ce n'est pour faire l'économie d'une guest star supplémentaire. La mamie jouait plutôt bien, par contre.

4x04 : Intrigue A : Rachel qui enquête avec Derek sur un tableau qui aspire les gens en son sein. Bof. Le côté romance à la Harlequin du tableau est franchement gonflant. Intrigue B : Kat qui se fait une nouvelle copine... copine un peu agitée et qui pratique la sorcellerie ; sympa, mais surécrit, les dialogues des gamines ne sont pas vraiment naturels. De plus, problème : les deux intrigues ne s'enchaînent jamais vraiment organiquement, ce qui donne un effet patchwork assez agaçant.

4x05 : La grand-mère d'Alex lui rend une visite, inquiète pour elle, et tombe dans le coma, attaquée par une Iiiiveul Voodoo Curse. Pour l'en guérir, Alex se voit obligé de libérer l'esprit du shaman maléfique de la saison 1. Continuité sympa dans la faiblesse d'Alex face au côté obscur, et une fin douce-amère. Un épisode beaucoup plus digeste que l'épisode initial sur le sujet.

4x06-07 : Un two-parter, avec Fionnula Flanagan (la méchante représentante du côté obscur à la fin de la saison 3) qui ramène un ancien ennemi de Derek à la vie (le Manimal Simon MacCorkindale), pour que ce dernier infiltre la Legacy, et la retourne contre Derek en exploitant leur parano. Alex continue de flirter avec les ténèbres et la trahison, manipulée par Flanagan & MacCorkindale, ce dernier s'avérant un ennemi récurrent franchement excellent. Double épisode très réussi, de la continuité bienvenue, et tout le groupe est présent ! Mazeltov !

4x08 : Le frère oublié de Nick, mentionné précédemment dans la série revient, poursuivi par l'Undertaker. Nuff said. Une épi sympa, à la musique plus réussie que d'habitude.

Alex vs l'Undertaker, ring the bell ! 

4x09 : À nouveau, un Kat-centric plutôt sympa, avec le retour de Miranda (excellente actrice), qui l'emmène un peu plus loin sur le chemin de la sorcellerie. Cela dit, faire jouer l'ado rebelle à Purvis qui a à peine 11 ans, c'est moyennement crédible.

4x10 : Après le calamiteux Irish Jug de la saison dernière, le retour d'Auberjonois qui trouve une autre bouteille magique, renfermant une djinn qui s'échappe, éprise de vengeance. Comme pour la bouteille irlandaise, même ton débile, dans un Derek-centric se déroulant dans un Paris de pacotille, et mettant en avant sa relation avec la journaliste du début de la saison. Et comme pour Irish Jug, plus risible que réellement efficace, même au second degré, on pense pas mal à Charmed pour le ton général du truc, la jalousie, et le côté quand même un peu con-con.

4x11 : Bof, une histoire de fantôme banale, et la mamie décédée d'Alex qui la guide pour aider la famille concernée.

4x12-13 : Double retour, celui de Philip le prêtre, et de Manimal, qui s'associe à un Docteur-manipulateur-gourou-maléfique pour s'en prendre à la Legacy. Kristin abandonne donc la Maison de San Francisco, pour retourner à Boston retrouver son frangin, et elle remet en question sa dévotion à la Fondation, etc. Un Kristin-centric écrit par le créateur de la série, plutôt intéressant et bien foutu, bien qu'un peu long, et qui se termine par deux morts inattendues. Par contre, Philip joue toujours aussi moyennement.

4x14 : Retour de la succube-with-a-conscience de la saison 2 ! Retour de Rachel après 4 épisodes d'absence ! Retour du pote alcoolique de Nick, from l'épisode du phare hanté ! Forcément plus soft que le premier épisode, Sci-fi oblige, mais pas forcément plus mauvais pour autant (pour le coup, ni Nick ni Rachel ne sortent grandis de l'épisode, en plus).

4x15 : Un teaser qui commence fort, avec la mort de la copine reporter de Derek dans une explosion de voiture. Et le retour once again de Manimal. Dommage qu'ensuite le reste de l'épisode ne soit malheureusement pas à la hauteur, avec un Derek on a rampage qui se fait bien vite capturer et torturer par Manimal. Un peu mou et plat.

4x16 : Continuité again, avec Miranda la petite sorcière qui se venge de la Legacy en ramenant à la vie une fillette "Ringu-esque" sur les videos de famille de Rachel & Kat. Un peu de background pour Rachel, et un chouette épi, à la fin douce-amère.

4x17 : Un épisode exclusivement féminin, et une opposition foi/science via Rachel vs Alex, dans une enquête sur un prêtre meurtrier désirant ouvrir la Hellmouth se trouvant sous la manoir de la Legacy. En parallèle, Kristin vient prévenir Alex, et Kat continue sa crise d'ado. Pas mauvais, mais assez moyen, et pas génialement rythmé, avec en plus une prise de position pro-religion (pas forcément étonnante vue l'univers du show, certes, mais pas super finaude non plus).

4x18 : Une histoire de maison hantée (plus que) téléphonée, avec Rachel et Derek qui font équipe, et un twist hypra prévisible ; en plus, l'interprétation asthmatique de la guest est franchement horripilante.

4x19 : L'ultime retour de Miranda, dont la véritable nature est enfin révélée. De la continuité, les deux gamines jouent bien, c'est intéressant, même si Shaver surjoue un peu (comme d'hab) la mère paniquée et/ou la sorcière possédée (ça vire presque au Charmed, sur la fin).

4x20 : Clip-show n°1, aka Frame of Mind de Trek Next Gen, avec Nick (absent depuis un paquet d'épisodes) contaminé par un virus qui lui fait voir des grands méchants partout. D'où les flashbacks nick-centrics, qui, de manière appropriée, n'oublient pas la fille morte dans le pilote de la série. Par contre, pas de réelle fin à l'épisode, ou plutôt une fin catapultée.

4x21 : Clip-show n°2: des cartes de tarot ensorcelées (celle de Fionnula Flanagan ?) arrivent à la Legacy un soir de tempête, et Nick/Derek/Alex les passent en revue, à base de flashbacks à chaque fois. Un peu trop détendu pour être vraiment efficace compte tenu des aventures vécues par l'équipe. mais le présage final de mort imminente n'est pas inintéressant.

4x22 : Un series finale à la fois explosif, et pourtant assez bizarre. On sent clairement que l'équipe savait que c'était son final, et l'ambiance est assez mélancolique, inéluctable, voire déprimante... La Hellmouth s'ouvre, les sépulcres du pilote font leur grand retour, Derek affronte son père... et le plan de l'équipe est un échec. Une fin réussie.

Malgré les défauts habituels, une saison facilement à 4/6, voire 4.5, pour la volonté de tout boucler en restant fidèle aux personnages et à leur combat.

Donc voilà, après quatre saisons de Poltergeist...

 

Bilan général de la série :

En bref, et pour comparer à ce qui est comparable, toutes proportions budgétaires, technologiques, et d'époque gardées, Poltergeist The Legacy, c'est au pire du niveau de Supernatural saison 1 ; ça frôle à son meilleur le Supernatural saison 2; et c'est généralement dans la moyenne d'un Supernatural saison 3 ou 4, avec l'avantage d'un cast plus fourni, et donc reposant moins sur la performance d'un acteur en particulier, comme Supernatural peut le faire avec Jensen Ackles.

Bref, malgré d'évidents défauts, c'est une anthologie surnaturelle qui n'a pas à rougir de son existence (sauf dans de très rares moments impliquant jarres irlandaises et génies en bouteille), avec des personnages attachants, dont la "famille recomposée" est beaucoup plus naturelle et crédible que dans d'autres shows à cast d'ensemble.

Une série à 3.5/6, en somme.

commentaires

Humour, sitcom et... 4 - Modern Family, famille recomposée

Publié le 12 Décembre 2012 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Télévision, Sitcom, Comédie, ABC

Soyons clair : Modern Family est une bonne sitcom.

La réalisation pseudo-documentaire est dynamique ; le rythme et l'écriture sont solides ; la distribution est éminemment attachante et talentueuse ; le sujet des familles recomposées est traité avec finesse et bonne humeur, au point de faire de la série une oeuvre populaire et dans le zeitgeist ; bref, pour faire simple, Modern Family est un show qui mérite un certain succès.

Est-ce pour autant vraiment ce nouveau classique instantané du genre, ce chef d'oeuvre encensé par les médias, et qui rafle toutes les récompenses de la profession ? Pas vraiment.

Car une grande partie du succès de Modern Family, c'est son caractère familier. Retirons en effet le gimmick de la famille "recomposée", et le vernis de la forme documentaire de la réalisation (qui n'est guère plus qu'un gimmick d'apparat), et l'on s'aperçoit bien vite que Modern Family n'a de "Modern" que le titre.

Les acteurs, tout excellents qu'ils soient, sont ainsi dans leur "comfort zone", et quiconque a un peu d'expérience dans le domaine des séries US aura du mal à se défaire d'une impression de déjà vu quand apparaissent les personnages à l'écran : Julie Bowen en névrosée coincée ? Boston Legal. Sofia Vergara en latina hystérique ? Knights of Prosperity. Ty Burrell en mec balbutiant et incapable ? Out of Practice. Jesse Tyler Ferguson en gay un peu coincé ? Do Not Disturb ou The Class. Même Ed O'Neill finit par évoquer parfois Ted Bundy (en nettement moins idiot, certes)...

Femmes au foyer, hommes au boulot ; gays flamboyants ; ado coincée plongée dans les bouquins ; ado idiote et superficielle ; garnement pas très finaud ; père balbutiant ; mère autoritaire ; différence d'âge dans le couple ; etc, etc, etc : tous les archétypes de la sitcom familiale américaine sont présents, et, finalement, on n'est pas très loin d'un Step by Step (Notre belle famille).

Seul change l'enrobage, à vrai dire, car les scénarii fonctionnent, eux aussi, sur des ficelles bien éprouvées, et pas forcément très originales. Et c'est là la force de la série : cette familiarité permet à tout le monde de s'y retrouver, ou d'y retrouver l'un  ou l'autre des membres de sa propre famille. En brassant très large tous les archétypes de la comédie télévisuelle familiale, MF touche ainsi des cases démographiques totalement opposées : d'un côté, les libéraux gays ravis de voir un couple homo adopter un enfant, et de l'autre (véridique), toutes les familles conservatrices républicaines, qui sont prêtes à fermer les yeux sur "les gays" tant que de bonnes valeurs familiales sont inculquées aux enfants Dunphy, et résumées en fin d'épisode par une petite morale en voix off.

De quoi faire du show un succès commercial indéniable. Maintenant, de là à crier au chef d'oeuvre ou au coup de génie, il y a un gouffre que je suis loin d'être prêt à franchir...

En bref : Malgré son nom, Modern Family, c'est très très classique, et ça n'a de vraiment moderne que sa forme. Mais en s'affranchissant des rires enregistrés et des décors de studio de mise dans le genre, la série a su se démarquer de la concurrence, et donner une impression de renouveau. Efficace ? Oui. Amusant ? Sans nul doute. Parfois même touchant ? Tout à fait. Original ? Déjà nettement moins, tant on est en terrain nettement rôdé et défriché par des décennies de shows similaires. MF, c'est bien, mais ce n'est pas exceptionnel.

commentaires

Christmas Yulefest 2013 - 29 - Trois Voeux Pour Noël (2006), Un Défi pour Noël (2005), Le Costume du Père Noël (2010) & Silver Bells (2013)

Publié le 25 Décembre 2013 par Lurdo dans Yulefest, Cinéma, Critiques éclair, Review, Noël, Christmas, Comédie, Romance, Télévision, Hallmark, Lifetime, Fantastique, UpTV

Noël est là, et comme tous les ans, c'est l'heure de la Christmas Yulefest sur le blog des Téléphages Anonymes, avec au programme un marathon de cinéma festif pendant tout le mois précédant les fêtes de fin d'année...

Trois Voeux Pour Noël (Holiday Wishes) :

Une jeune organisatrice de Fêtes de Noël, orpheline et à la recherche de sa soeur perdue, se retrouve embarquée dans une histoire d'adolescentes ayant échangé leur corps respectif après un voeu étrange.

Holy sh*t quel plantage magistral que ce téléfilm Lifetime qui ne fonctionne sur aucun plan.

Au niveau du scénario, c'est un grand bordel sans structure, ni écriture cohérente, qui ne sait pas s'il veut raconter l'histoire de la party planner, ou celle des deux adolescentes ; résultat, ça passe de l'un à l'autre de manière totalement forcée et artificielle, sans même mentionner prévisible au possible ; ça manque de temps pour développer tous ses personnages ; ça multiplie les personnages secondaires caricaturaux et inutiles, ainsi que les raccourcis dans la narration ; la caractérisation des héroïnes est défaillante ; la musique est comique, et en décalage total avec le récit ; et enfin l'interprétation... disons qu'Amber Benson se limite à trois expressions (essouflée/émue, sarcastique, et en larmes) et qu'elle y est, au mieux, médiocre.

Les deux ados (dont Britt McKillip) s'en sortent mieux, mais la direction d'acteurs est approximative et grossière, donc elles ne peuvent pas faire de miracle... Bref, un bon gros échec.

1/6 (pour Britt)

Un Défi pour Noël (Recipe For A Perfect Christmas) :

Jeune critique gastronomique débutante, JJ se voit envahie par sa mère bohème, exubérante et critique, peu de temps avant Noël... pour s'en débarrasser, elle conclut alors un marché avec un chef désireux d'obtenir une bonne critique pour son restaurant : il doit sortir avec la mère de JJ pendant deux semaines, le temps que cette dernière finisse ses articles.

Une rom-com Lifetime assez sympathique, dynamique et bien interprétée, à la distribution solide (Carly Pope, Bobby Cannavale et Christine Baranski), et qui, hormis un côté prévisible inhérent au genre, n'a comme vrai défaut qu'une intemporalité relative, qui fait que la période de Noël n'est qu'un prétexte sans réelle influence sur le récit.

3.5/6 

Le Costume du Père Noël (The Santa Suit) :

Le patron d'une entreprise de jouets, avide et ambitieux, redécouvre la magie de Noël lorsque Santa lui jette un sort, et le fait apparaître, aux yeux de tous, sous l'apparence d'un vieux Père Noël...

Un téléfilm Hallmark plein de bons sentiments, mais jamais niais, et finalement plutôt réussi, notamment parce que Kevin Sorbo est convaincant, et toujours attachant.

3.75/6

Silver Bells (2013) :

Un présentateur tv ultra-compétitif (Bruce Boxleitner) spécialisé dans le sport redécouvre le vrai sens des fêtes de fin d'année lorsqu'il est condamné, suite à une échauffourée, à passer Noël à réunir des fonds pour l'Armée du Salut, aux côtés d'un vieil homme sage (Antonio Fargas)...

Un téléfilm Up Tv, ce qui signifie, forcément, que le tout est très connoté bonnes valeurs chrétiennes, et fait ici la promotion de l'Armée du Salut, qui a aidé à produire le métrage.

On aurait pu craindre du prosélytisme religieux à gogo, mais heureusement, le tout met plutôt l'accent sur les bonnes actions et sur la charité envers son prochain plus que sur la Foi et sur Dieu, donc ça passe assez bien, d'autant que la distribution est suffisamment sympathique (outre Boxleitner et Fargas, il y a aussi Laura Spencer dans un petit rôle, et de manière générale, le cast est plutôt agréable ; le fils est un peu transparent, cela dit) pour rendre le message très supportable.

Rien de transcendant ou d'exceptionnel, mais pour du UpTV, c'est assez réussi. Et puis c'est filmé en hiver, avec de la neige partout, ce qui fait toujours plaisir.

3.5/6

commentaires

Catch Review : TNA Lockdown 2014

Publié le 10 Mars 2014 par Lurdo dans Catch, Critiques éclair, Review, Télévision, TNA, PPV

TNA Lockdown 2014 :

- Bad Influence en mode Kabuki + Sabin vs X-Div Champion Sanada, Yasu & The Great Muta. Le public est très content de voir Muta, et le match est un tag match d'ouverture tout ce qu'il y a de plus solide et honorable. Bon début de PPV.

- Spud avec un costume splendide, pour introduire Dixie, qui prévient tout le monde qu'elle a encore un atout dans sa manche, et que Hardy ne rentrera pas dans le stade. Le public n'est pas fan. Un peu trop long.

- Video récap de Shaw, avec une musique bien glauque.

- Shaw vs Anderson, Escape Cage match. Shaw veut absolument voir Hemme, et menace de se suicider si elle ne vient pas, ce qui lui vaut les moqueries d'Anderson. Un cage match par moments un peu brouillon (notamment le finish), mais le public est à fond dedans. Shaw tient bien son personnage, en tous cas.

- Team Dixie tente de se rassurer, mais se dispute.

- EC3 dans le ring, pour son open challenge, afin de trouver un remplaçant à Angle... remplaçant qui s'avère être Bobby Lashley.

- Lashley vs EC3. Powerslam, spear, et retraite stratégique d'EC3. Un retour efficace.

- Kenny King in Vegas.

- Magnus qui se prend pour un chevalier solitaire contre l'adversité, confiant en ses capacités.

- Tigre Uno vs Manik. De la X-div acrobatique et très sympathique.

- Storm vs Gunner, Last Man Standing. Heel Storm avec un nouveau thème, et un look plus... "IIIIIVEUL" (aka de la teinture sombre pour son bouc et ses cheveux). Un match joliment bourrin et convaincant.

- Les Wolves sont motivés, MVP est confiant.

- Madison vs Gail, KO Title. Excellent match en cage, avec deux compétitrices qui se donnent à fond.

- Joe est prêt.

- Joe vs Magnus, HW Title. Gros soutien du public pour Joe. Un match captivant, avec un Joe exemplaire, et un finish forcément tordu... mais qui change clairement la donne, tout en donnant à Joe une aura de tueur absolu qui résiste à tout sauf à Janice.

- EY tente de comprendre l'alliance Magnus/Abyss.

- L'atout secret de Dixie est arrivé.

- Lethal Lockdown. Un Bobby Roode dominant, un MVP qui assure, un match dynamique et bordélique, un Willow qui "remplace" Hardy, Bully Ray en arbitre, et un face turn de dernière minute pour ce dernier. Main event satisfaisant (pas plus, à mes yeux, principalement parce que je ne suis pas méga-fan du gimmick Lethal Lockdown, à la base), et qui change pas mal de trucs dans la compagnie.



Un PPV de trois heures exactement (fait assez rare pour être souligné, quand la majorité des PPVs durent 2h40-45 au mieux), aux conséquences multiples : maintenant qu'il s'est trouvé un nouvel associé, Magnus va peut-être se détacher de Dixie, d'autant que la position de cette dernière est plus précaire ; quid de Bully ? ; Et que va faire MVP ?

Bref, comme pour Impact, il se passe plus de choses en trois heures de PPV qu'en trois mois de WWE, et la qualité des matches est au rendez-vous : passée une première heure honorable, mais un peu inégale, la seconde heure du show était en béton armé, et la troisième heure tout à fait solide. Bon, bien sûr, ça n'empêchera pas les ronchons habituels de jeter le PPV à la poubelle sur la seule base de l'intervention d'Abyss, principalement parce qu'ils voulaient voir Joe gagner (genre, le truc totalement improbable)...

commentaires

Les bilans de Lurdo : La Famille Addams, saison 1 (1964-1965)

Publié le 11 Novembre 2011 par Lurdo dans Les bilans de Lurdo, Critiques éclair, Review, Télévision, Fantastique, Horreur, Comédie, Sitcom, Addams

La Famille Addams, saison 1 :

Séquence nostalgie, avec cette première saison (1964), qui fonctionne toujours aussi bien plus de 45 ans après sa diffusion.

La distribution est excellente, et ne fait que s'améliorer à mesure des épisodes ; les acteurs ont une alchimie indéniable, l'humour Marx Brothers à la sauce morbide fonctionne extrêmement bien (les scripts étaient supervisés et réécrits par un proche collaborateur de Groucho Marx) et si la première fournée d'épisodes n'est pas toujours ultra originale (sur les 34 épisodes de la série, il y en a bien une douzaine de redondants, façon "un mec normal/nouveau voisin/officiel de la ville ou du gouvernement arrive dans l'enceinte de la maison, et découvre les bizarreries des Addams, avant de s'enfuir en courant" ; logique pour un pilote, moins pour un énième épisode saisonnier), l'attention est rapidement portée sur les membres de la famille, qui se voient tour à tour étoffés et développés, avec des épisodes centrés sur eux. Et la série n'est jamais meilleure que lors de tels épisodes.

On a ainsi des épisodes sur Fester (en panne d'électricité ; à la recherche d'un job d'assureur ; qui a une blind-date avec une veuve noire aux 5 maris décédés ; avec une perruque), sur Mémé (qui se fait passer pour Mme de Bovary, grande voyante devant l'éternel), sur la Chose (qui fugue et fait croire à son kidnapping), sur Gomez (amnésique, avocat, etc), sur Morticia (qui décide de se trouver un job pour éviter la ruine de sa famille), Pugsley ("transformé" en chimpanzé) ou encore sur la Cousine Melancholia (que le reste de la famille essaye de caser en la relookant à la Morticia)...

Si bien évidemment, les épisodes avec le Cousin Machin sont forcément très drôles (la bestiole a un gros capital sympathie, notamment lorsqu'elle passe des tests d'orientation), c'est surtout Lurch qui gagne énormément à ce traitement, et qui finit par apparaître vraiment comme le Spock de cette série, le haussement de sourcil de Nimoy étant ici remplacé par le profond soupir de lassitude de Ted Cassidy, tout simplement génial (et bien plus subtil que ses successeurs dans le rôle).

Et les épisodes Lurch-centric de rapidement devenir des favoris, que ce soit Lurch qui apprend à danser, la mère de Lurch qui lui rend visite (ce qui force la Famille Addams à jouer les domestiques, pendant que Ted Cassidy s'éclate à en faire trois tonnes en maître de maison), Lurch qui démissionne après que Gomez ait vendu son clavecin fétiche, Lurch la pop-star... Bref, le potentiel comique de Lurch est bien exploité, ce qui rend d'ailleurs regrettable son rôle plus en retrait dans les adaptations suivantes (probablement dû au manque de charisme de certains des acteurs ayant repris le rôle).

D'ailleurs, en parlant d'adaptation, revoir ces épisodes m'a permis de remarquer à quel point les deux opus de Sonnenfeld étaient fidèles à la série et aux comic-strips d'origine, reprenant à l'image près certains des gags visuels et scénaristiques, et s'inspirant très clairement de certaines intrigues pour bâtir leur scénario (la correspondante de Fester, aux cinq maris décédés, et qui veut épouser Fester au plus vite ; l'amnésie d'un des personnages ; les Addams expulsés....) en les poussant à l'extrême.

Et pour finir, agréable surprise que l'épisode "la Famille Addams rencontre un beatnik". Car plutôt que de céder aux facilités du gimmick "fish out of the water", l'épisode développe un propos assez joli et sérieux sur la famille et l'acceptation de l'autre, puisque le beatnik en question, fils de grand patron en rebellion contre son père, trouve dans la Famille Addams une famille de substitution qui l'accepte malgré leurs différences radicales, ce qui finit par altérer pour le meilleur la relation entre son père et lui.

D'ailleurs, de manière générale, la cohésion de la Famille est assez bien traitée dans la série, les valeurs des Addams n'étant somme toute pas si éloignées de la norme...

commentaires

Les bilans de Lurdo - Les Désastreuses Aventures des Orphelins Baudelaire, saison 2 (2018) - première partie (2x01-02)

Publié le 28 Avril 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Télévision, Les bilans de Lurdo, Netflix, Jeunesse, Drame

Difficile de nier que la première saison des Orphelins Baudelaire m'ait laissé très mitigé : comme je l'avais développé en long, en large et en travers, dans le bilan de la saison 1 (visionnée et critiquée d'un bloc), le fait que le gimmick littéraire (et scénaristique) de Daniel Handler/Lemony Snicket soit, à la base, très répétitif, n'avait fait que renforcer le sérieux sentiment de déjà-vu provoqué par une saison se contentant, dans son ensemble, de singer tant visuellement que narrativement le film de 2004.

La série finissait donc par ressembler à une pâle copie du film de Silberling, une copie d'autant plus alourdie par le rythme mollasson typique des productions Netflix, qui rendait le visionnage de la saison 1 assez laborieux.

Autant dire que je n'étais pas forcément très impatient de commencer cette saison 2, même si le fait que le show soit enfin détaché du long-métrage joue clairement en sa faveur. Cela dit, cette année, je ne prends pas de risque, et je me contente de deux épisodes par semaine, histoire d'éviter l'overdose...

Lemony Snicket's A Series of Unfortunate Events - Saison 2 - The Austere Academy (2x01-02) :

Les Baudelaire arrivent à la Prufrock Preparatory School, menée d'une main de fer par le vice-principal Nero Feint (Roger Bart), et où sévit la colérique Carmelita Spats (Kitana Turnbull). Par chance, les enfants y font la connaissance des jumeaux Quagmire (Avi Lake & Dylan Kingwell) et de la bienveillante bibliothécaire, Olivia (Sara Rue), qui les aide à retrouver le livre contenant tous les secrets du VFD. Mais le Comte Olaf parvient à rejoindre le personnel de l'école, sous le déguisement du professeur de sport, Genghis, et il mène la vie dure aux élèves de l'établissement...

Une reprise pas désagréable, mais qui, en fin de compte, retombe rapidement dans les travers de la saison précédente : il n'y a pas forcément de quoi remplir 2x50 minutes, le schéma de chaque épisode est toujours aussi répétitif, et il n'y a ni grand suspense ni grande surprise quand au déroulement des événements ; les enfants arrivent quelque part, subissent de mauvais traitements, croisent un personnage bienveillant, mais Olaf arrive déguisé, parvient à tromper tout le monde (sauf les enfants), et finit par s'enfuir après avoir été démasqué.

La routine, en somme.

Ici, avec Sonnenfeld à la réalisation, et Handler au script (ce qui donne lieu à quelques moments improbables, entre une vanne amusante sur le temps écoulé entre les deux saisons, et une référence totalement déplacée aux Spice Girls), on est donc à nouveau en terrain très balisé, avec un NPH qui en fait trois tonnes en mode coach motivationnel à la Sonjay Gupta sportif, et des Baudelaire qui, à nouveau, se font éclipser par toute une panoplie de personnages secondaires toujours plus barrés : Olaf, donc, mais aussi Nero (en surjeu total), la bibliothécaire, Nathan Fillion en frère de Lemony Snicket (joli moment mélancolique entre les deux hommes, d'ailleurs), la petite Carmelita, et bien sûr les jumeaux Quagmire (très bien choisis), qui finissent presque par supplanter les Baudelaire dans le rôle des protagonistes actifs.

Avec tous ces nouveaux venus, les trois héros (la petite Sunny a bien grandi, et est nettement plus expressive et réactive qu'en saison 1) semblent à nouveau souvent victimes passives des événements, si ce n'est lors de la confrontation finale avec Olaf, qui se termine un peu en queue de poisson, et souffre d'une mise en scène un peu maladroite.

À nouveau, ce n'était pas une reprise forcément désagréable, dans l'ensemble, et la direction artistique est toujours remarquable (bien qu'un peu grisâtre, cette fois-ci), mais on reste néanmoins malheureusement dans la directe continuité de la saison précédente, pour le meilleur et pour le pire.

(retrouvez aussi sur ce blog la critique de la saison 1)

commentaires

Un film, un jour (ou presque) #768 : MOIS FRANÇAIS - Case Départ (2011) & Le Crocodile du Botswanga (2014)

Publié le 22 Juillet 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Comédie, France, Sport, Fantastique

Pendant un mois, à l'occasion de la Fête Nationale, retour sur un cinéma que je délaisse trop souvent : la comédie française... ​​

Case Départ (2011) :

Régis (Fabrice Éboué), métis marié et conseiller municipal, est bien intégré, et n'a que peu de respect pour son héritage ; Joël (Thomas Ngijol), est un petit délinquant bon à rien, à l'insulte facile, et (supposément) converti à l'Islam. Ces demi-frères se retrouvent aux Antilles, à l'occasion de la mort de leur père... mais lorsqu'ils insultent l'héritage familial, un sort les renvoie en 1780, où ils découvrent la vie d'esclave, et doivent amener leurs ancêtres à se rencontrer...

Comédie française de Fabrice Éboué, Thomas Ngijol, Jérôme L'Hotsky et Lionel Steketee, qui joue d'un humour très noir (sans mauvais jeu de mots) pour dénoncer la banalité du racisme ordinaire de l'époque, et de l'esclavage.

Et à ma grande surprise, ça ne fonctionne pas trop mal : bon, d'accord, ça s'essouffle un peu sur la durée, le côté "profitons du racisme de l'époque pour pousser le bouchon encore plus loin" finit par lasser (d'autant que le métrage ne se prive pas d'avoir recours, lui, à un certain humour homophobe gratuit sans réellement lui apporter le même contexte ou désamorçage que pour le côté raciste), et certains moments sont très lourds, mais dans l'ensemble, ça se regarde tranquillement, et l'interprétation globale est assez naturelle (c'est souvent l'un de mes problèmes avec les comédies françaises, mais là, ça fonctionne).

Rien d'exceptionnel, mais avec un sujet casse-gueule de ce genre, ça aurait pu être bien pire.

3/6

Le Crocodile du Botswanga (2014) :

En visite dans le pays de ses ancêtres, le Botswanga, le jeune footballeur Leslie Konda (Ibrahim Koma) désire répandre les cendres de sa mère dans le village natal de celle-ci. Accompagné de Didier (Fabrice Éboué), son agent sans foi ni loi, il rencontre alors le dictateur Bobo Babimbi (Thomas N'gijol), un homme excentrique et imprévisible, qui est bien décidé à l'ajouter à l'effectif de l'équipe nationale des Crocodiles du Botswanga...

Deuxième comédie du trio N'gijol-Éboué-Steketee, ce film part en Afrique, pour des aventures déjantées clairement dominées par N'gijol, impeccable en dictateur déjanté et dangereux, et portant le film sur ses épaules.

Bon, ce n'est pas non plus de la plus grande originalité - remplacez l'Afrique par un autre pays, et vous aurez Le Dictateur de Chaplin, The Dictator de Sasha Baron Cohen, ou encore L'interview qui tue !, entre autres - et il y a quelques baisses de rythme, problèmes de structure et passages inutiles (toute la romance du footballeur avec la "fille" de Frank De Lapersonne) ou inutilement graveleux, mais dans l'ensemble, la bonne humeur générale de l'ensemble fait que le tout fonctionne plutôt bien, que ce soit au niveau de la critique sous-jacente (du colonialisme, des dictatures africaines, du racisme, du football, etc), que de l'univers dépeint.

D'autant que sur la fin, le film sait redevenir un peu plus sérieux, et que cela lui permet de fonctionner d'autant mieux. Ajoutez à cela des caméos qui font plaisir (Claudia Tagbo, Issa Doumbia, etc), et on se retrouve avec mon film préféré de cette petite bande.

3.75 ou 4/6, parce que c'est vraiment sympathique.

​--

Et comme toujours, vous pouvez retrouver la liste complète de tous les films passés en revue sur ce blog dans le menu Index de haut de page, ou en cliquant directement sur ce lien...

commentaires

Un film, un jour (ou presque) #860 : Mowgli - La Légende de la Jungle (2018)

Publié le 21 Janvier 2019 par Lurdo dans Action, Animation, Aventure, Cinéma, Critiques éclair, Drame, Fantastique, Jeunesse, Netflix, Review

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Mowgli - La Légende de la Jungle (Mowgli : Legend of the Jungle) :

Recueilli par Bagheera (Christian Bale) et par une famille de loups (Naomie Harris, Eddie Marsan...) , le petit Mowgli (Rohan Chand) est élevé par les animaux de la jungle, et formé par Baloo (Andy Serkis), dans un monde qui change progressivement sous l'influence de humains. Mais bien vite, le maléfique Shere Khan (Benedict Cumberbatch) refait son apparition dans la région, et commence à faire régner la terreur, tant chez les humains que chez les animaux...

Nouvelle adaptation des récits de Rudyard Kipling, chapeautée, réalisée et interprétée par Andy Serkis, et qui se veut une relecture plus sombre et violente du Livre de la Jungle, comme une alternative plus adulte au film de Disney.

Un film de Disney qui a valu bien des déboires de production au métrage de Serkis, en chantier depuis 2012, et qui a dû attendre Netflix pour trouver enfin un moyen de distribution, après avoir été plus ou moins lâché par Warner, son studio de production.

En en voyant le résultat final, on peut comprendre pourquoi : sorti en salles, ce Mowgli se serait fait massacrer, tant c'est une approche bâtarde du récit original, jamais vraiment satisfaisante, trop violente et sans concessions pour les plus jeunes, mais aussi trop familière et approximative pour emporter l'adhésion d'un large public adulte.

En soi, Serkis s'en sort plutôt bien, derrière la caméra : il y a là de jolies idées de réalisation, et visuellement, c'est suffisamment intéressant pour s'imposer comme une alternative au style plus lisse de Favreau.

Malheureusement, la passion de Serkis pour la performance capture pose déjà ici un problème de taille (auquel, j'en conviens, tous les spectateurs ne réagiront pas de la même manière) : comme dans les récents Planètes des Singes, l'anthropomorphisation des animaux numériques est ici poussée à son extrême, notamment au niveau du regard et de la parole. On se retrouve ainsi avec des animaux sauvages visant le photo-réalisme, mais au regard humain, aux expressions clairement animées "à la main", et au rendu inégal : le tout se retrouve le postérieur entre deux chaises, pas assez ouvertement stylisé pour que le cerveau accepte pleinement ces animaux comme des personnages d'animation, et pas assez réaliste ou crédible pour que le spectateur puisse se dire que ce sont des créatures réelles, ou du moins, pour que le photoréalisme et le mélange prises de vue réelles/images de synthèse fonctionne réellement (d'autant que les animaux parlent avec des accents anglais à couper au couteau).

À partir de là, si, comme moi, l'on peine à franchir cette première barrière, difficile de rentrer totalement dans le métrage.

Un métrage qui, en prime, souffre d'effets spéciaux très inégaux - les incrustations sont souvent approximatives, le design des loups leur donne parfois l'apparence de chiens galeux (ou d’opossum, pour le petit albinos), les singes ne semblent pas terminés - et d'un rythme un peu balbutiant (le passage dans le village, notamment, n'est pas forcément des plus captivants), qui achève de faire de lui une version certes intrigante et ambitieuse des récits de Kipling, et, effectivement une alternative plus mature et intense au blockbuster de Disney... mais une alternative assez chaotique et schizophrène, à la dernière ligne droite un peu bordélique, et qui n'a ni le charme ni la magie de son illustre rival (qu'il soit en 2D ou 3D).

3.5/6

​--

Et comme toujours, vous pouvez retrouver la liste complète de tous les films passés en revue sur ce blog dans le menu Index de haut de page, ou en cliquant directement sur ce lien....

commentaires

Un film, un jour (ou presque) #920 - SAINT PATRICK : Leapin' Leprechauns - Les Lutins Sauteurs (1995) & Spellbreaker : Le Secret des Leprechauns (1996)

Publié le 18 Mars 2019 par Lurdo dans Cinéma, Comédie, Critiques éclair, Fantastique, Jeunesse, Review, Irlande

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus. ​​Et pour fêter la Saint Patrick, qui a eu lieu hier, on repart brièvement pour l'Irlande, avec deux mini-critiques !

Leapin' Leprechauns - Les Lutins Sauteurs (1995) :

En Irlande, les terres de Michael Dennehy (John Bluthal) abritent un portail vers le monde des fées et des léprechauns. Son fils John (Grant Cramer), cependant, vit en Amérique avec son épouse et ses deux enfants (Sharon Lee Jones, Gregory Smith, Erica Hess), et a pour projet de transformer la propriété de son père en parc d'attractions célébrant l'Irlande. Pour lui proposer le projet (et profiter de son absence pour étudier le terrain), John invite son père aux USA... mais le vieux Dennehy ne vient pas seul, puisque leprechauns et fées (Sylvester McCoy, Godfrey James, Tina Martin, James Ellis) font le voyage dans sa valise.

Un long-métrage pour enfants tourné en Roumanie par Ted Nicolaou, sur une idée de ce bon vieux Charles Band, et qui consacre 90% de son temps à des digressions assez plates sur les personnages qui voient ou ne voient pas les leprechauns, et sur un duo de voisins insipides.

Et puis soudain, à la toute fin du film, alors qu'il ne reste que 5-10 minutes, le scénario introduit une menace surnaturelle qui traque les Dennehy (Fin Bheara, le Roi des Morts) : si ça fonctionne à peu près au niveau visuel (c'est fauché, comme tout le reste du film, mais ils en ont conscience, et tentent de minimiser cela à l'écran), ça arrive bien trop comme un cheveu sur la soupe pour convaincre un minimum.

Bref, un métrage assez typique des DTV de l'époque, avec une interprétation moyenne, une réalisation moyenne, des effets très moyens, et une écriture générique au possible. Mais je m'attendais honnêtement à bien pire.

3/6 (adultes et enfants de plus de 8-10 ans s'abstenir)

Spellbreaker - Secret of the Leprechauns (1996) :

De passage en Irlande pour rendre visite à son grand-père (John Bluthal), Mikey (Gregory Smith) doit aider les farfadets et les fées du pays à lutter contre Nula (Madeleine Potter), l'épouse du Roi des Ténèbres, pour lequel elle veut ouvrir un passage afin qu'il revienne dans le monde des vivants...

On prend les mêmes et on recommence, pour ce DTV réalisé, écrit et tourné en même temps que le premier épisode. Cette fois-ci, pas de parents, mais uniquement le garçon et son grand-père, ainsi que tous les leprechauns et fées du premier épisode, qui tiennent là le devant de la scène.

À un point tel, d'ailleurs, qu'ils en sont soûlants, tant le film passe un temps fou sur les disputes internes de la cour des fées/leprechauns, sur le cabotinage des acteurs, et sur leurs gesticulations. En parallèle, la maléfique Nula s'avère relativement inquiétante, même si, là encore, elle est un peu en roue libre.

Étrangement, cependant, le tout parvient par moments à avoir un certain cachet, notamment le passage dans l'Au-delà, vers la fin du film, un Au-delà sinistre au possible, et à la direction artistique convaincante pour un film pour enfants.

Reste que dans l'ensemble, j'ai trouvé le tout en deçà du premier volet, notamment de par son remplissage abusif.

2.5/6

​--

Et comme toujours, vous pouvez retrouver la liste complète de tous les films passés en revue sur ce blog dans le menu Index de haut de page, ou en cliquant directement sur ce lien...

commentaires

Un film, un jour (ou presque) #929 - Bohemian Rhapsody (2018)

Publié le 29 Mars 2019 par Lurdo dans Biographie, Cinéma, Critiques éclair, Drame, Musique, Review

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus. 

Bohemian Rhapsody :

La vie et l'oeuvre de Freddie Mercury (Rami Malek) qui, avec Brian May (Gwilym Lee), Roger Taylor (Ben Hardy), et John Deacon (Joe Mazzello), ont formé l'un des groupes les plus populaires du vingtième siècle, Queen...

Passons rapidement sur la polémique autour de la paternité réelle du film, initialement réalisé par un Bryan Singer en pleine descente aux enfers, et confié aux 2/3 à Dexter Fletcher (déjà à l'origine du biopic sportif Eddie The Eagle, et futur réalisateur de Rocketman, le biopic consacré à Elton John) pour tenter de sauver les meubles : c'est Singer qui finit par être crédité, pour des raisons syndicales, et donc c'est lui qui récolte tout le crédit du film - et les lauriers qui l'accompagnent.

Car niveau reconstitution visuelle d'une époque et d'un groupe, ce Bohemian Rhapsody est très réussi, avec notamment un Rami Malek exemplaire, qui a bien mérité son Oscar (malgré une dentition artificielle qui aurait clairement gagné à être un peu plus subtile - la subtilité n'est pas un point fort du film, comme on le verra plus loin). Et le tout est un bel hommage à un chanteur hors-du-commun, et à un groupe culte...

Mais le problème, c'est que c'est aussi un hommage tous publics, assez scolaire, lisse et consensuel, qui adhère constamment aux conventions du genre, et manque cruellement de la folie et de la fantaisie indissociables de Queen.

Un problème clairement issu du script d'Anthony McCarten, un scénariste spécialiste des biopics très formatés, et probablement de la supervision directe de Brian May et de Roger Taylor : si les changements apportés à la chronologie des faits réels ne gênent pas forcément, et sont compréhensibles à des fins de narration plus forte, on peut grincer un peu des dents en constatant la manière très manichéenne et caricaturale dont est dépeint Paul, l'amant et manager personnel de Freddie, et qui sert de grand méchant manipulateur au métrage.

À l'identique, on peut trouver que la manière dont le film dépeint (involontairement) l'homosexualité de Freddie comme une pente glissante vers le malheur et la dépression, qui le conduit à succomber à tous les excès et à toutes les tentations, par opposition à la structure et à la paix de l'esprit représentés par les autres membres (hétéros) du groupe, et par sa relation avec Mary (Lucy Boynton).

Diaboliser l'homosexualité du protagoniste n'est clairement pas le propos du film, mais le simple fait que l'écriture du film puisse laisser cette impression à de nombreux spectateurs pose problème.

Et le manque de subtilité de l'écriture se retrouve un peu à tous les niveaux de la production : les dents de Malek, comme je l'ai déjà dit, mais aussi le maquillage des parents de Freddie, assez pataud, les coups de coude au spectateur (Mike Myers), pas très fins, les dialogues, souvent génériques, et la toute fin du film, centrée autour du concert Live Aid, qui dure un bon quart d'heure.

Un bon quart d'heure qui ne parvient jamais à égaler la captation du concert original, et ne sert donc pas à grand chose.

Alors on peut se demander si ce manque de subtilité découle de la production chaotique du film, si elle est inhérente à la supervision du projet par les membres du groupe, ou si elle provient tout simplement d'un script faiblard et peu inspiré... mais peu importe, le résultat est là : un biopic inégal, vraiment très balisé, mais qui se regarde néanmoins très facilement, sur la base d'un acteur principal habité, disparaissant totalement dans son personnage, et d'une musique (forcément) exceptionnelle.

Ce qui fait que, malgré des défauts très présents et évidents, Bohemian Rhapsody reste un bon moment à passer. Ça aurait pu être bien mieux, certes, mais ça aurait pu être pire.

3.25 + 0.5 pour Rami Malek = 3.75/6

​--

Et comme toujours, vous pouvez retrouver la liste complète de tous les films passés en revue sur ce blog dans le menu Index de haut de page, ou en cliquant directement sur ce lien...

commentaires

Les bilans de Lurdo : Les Désastreuses Aventures des Orphelins Baudelaire, saison 3 (2019) - dernière partie (3x07)

Publié le 29 Juin 2019 par Lurdo dans Comédie, Critiques éclair, Drame, Fantastique, Jeunesse, Les bilans de Lurdo, Review, Netflix, Télévision

Les deux précédents épisodes de la saison 3 des Orphelins Baudelaire donnaient l'impression d'une conclusion définitive à la saga, avec une fin déprimante très appropriée à ces personnages et à cet univers. Mais reste encore cette conclusion, qui pourrait bien chambouler bien des choses...

Lemony Snicket's A Series of Unfortunate Events - 3x07 - The End :

À nouveau sous le joug du Comte Olaf, les Baudelaire s'échouent avec lui sur une île paradisiaque où vit une communauté de naufragés amnésiques, dirigés par le sage Ishmael (Peter MacNicol). Mais bien vite, les enfants découvrent que les derniers secrets du VFD se trouvent sur cette île, et qu'il faut la quitter avant qu'il ne soit trop tard...

Un épisode de conclusion à peine plus long que les épisodes précédents, et qui m'a laissé étrangement dubitatif, au point que j'aurais préféré que la série se termine au 3x06, quitte à ce que le tout conserve une conclusion déprimante, et en suspens.

Là, pour une raison ou une autre, Daniel Handler et la production choisissent de troquer l'atmosphère maussade de la série pour un environnement ensoleillé et tropical (partiellement convaincant - les fonds verts se remarquent beaucoup), et pour un épisode particulièrement chargé en références bibliques et religieuses : l'île paradisiaque, le faux prophète, ses disciplines, le ver, la pomme, l'arbre de la connaissance, le couple qui élève un enfant qui n'est pas le leur, etc...

À l'identique, on retrouve là cette sorte de questionnement moral qui a pris le dessus sur la fin de la série, et sur lequel le scénario insiste encore en offrant à Olaf une rédemption de dernière minute, pour en faire un protagoniste tragique et misérable. Avec en prime beaucoup de moments mélodramatiques et larmoyants assez peu probants.

Tout cela ne fonctionne pas vraiment, tout comme le sort réservé à Kit (assez forcé, tout ça), ou encore le fait que la mère des Baudelaire soit loin d'apparaître sous un jour très flatteur en flashbacks (j'aime beaucoup Morena Baccarin, mais elle a laissé Lemony porter le chapeau pour la mort du père d'Olaf, et pendant que ce dernier vivait une vie en cavale, traqué par ses ennemis, elle a trouvé quelqu'un d'autre, est partie s'installer sous les Tropiques, et a eu les enfants Baudelaire, avant de revenir s'installer dans une maison très confortable... difficile de sympathiser).

Bref, un épisode final qui trahit vraiment le fait que Daniel Handler n'avait pas tout planifié à l'avance dans cette série, puisque, outre la sucrière au secret franchement décevant, on se retrouve avec une fin heureuse pour tout le monde, une fin qui évacue tous les personnages originaux créés pour la série, et qui conclut les mésaventures des Baudelaire de manière bien trop propre et optimiste pour son propre bien.

La série est terminée, la boucle est bouclée, ils vécurent heureux, blablabla... mouais.

----

Après trois saisons, on ne peut nier que A Series of Unfortunate Events ait effectué un joli travail d'adaptation de la série d'ouvrages signés Handler : la direction artistique était superbe, l'interprétation plutôt bonne compte tenu des difficultés inhérentes au texte initial, et dans l'ensemble, la série a toujours été amusante à regarder...

Mais il faut aussi reconnaître que le programme était bourré de défauts plus ou moins importants, à commencer par le rythme (pas aidé par le fait que ce soit une série Netflix) : chaque roman aurait pu être résumé à un téléfilm de 90 minutes, plutôt qu'en deux épisodes d'une heure. À l'identique, la série aurait bénéficié à être moins fidèle aux gimmicks littéraires de Dan Handler, ces derniers devenant rapidement répétitifs et lassant à l'écran.

Enfin, on peut regretter que la série ait passé tant de temps à introduire et à présenter des personnages importants dans la première et la deuxième saison, pour les évacuer ou les oublier en cours de route. Ce n'est pas rédhibitoire, mais c'est tout de même regrettable, et la saison 3 peine à rendre Kit ou Dewey Denouement aussi attachants/intéressants que Nathan Fillion, Sara Rue, ou même Will Arnett et Cobie Smulders pouvaient instantanément l'être.

Ne nous montrons cependant pas trop difficiles : en terme d'adaptation de romans pour enfants, ASUE se trouve sur le dessus du panier, malgré ses défauts. Reste maintenant à espérer que Netflix et Sonnenfeld remettront le couvert avec une autre série aux sensibilités similaires... la Famille Addams, peut-être ?

---

(retrouvez aussi sur ce blog les critiques des épisodes 3x01-02, 3x03-04, 3x05-06 et celles des saisons précédentes en cliquant ici...)

commentaires

Catch Review : TNA Impact (16/01/2015)

Publié le 17 Janvier 2015 par Lurdo dans Catch, Critiques éclair, Review, Télévision, TNA

Après l'épisode de la semaine dernière, en quasi-live, qui a servi de transition entre la case horaire de Spike TV et la nouvelle chaîne diffusant le show, Impact s'installe dans sa case horaire finale, boosté par une promotion non-stop sur toutes les chaînes du groupe Discovery, ainsi que des encarts publicitaires dans diverses publications, comme USA Today. Destination America a clairement décidé d'investir un maximum dans le produit, et ça fait plaisir.

- Intro backstage des commentateurs, assez original et différent. Des commentateurs d'ailleurs installés en studio, dans une salle qu'on aperçoit parfois en vignette.

- Roode est furieux, il veut un match contre EY.

- Le Beatdown Clan dans le ring, pour expliquer qu'ils sont potes IRL depuis des plombes, et qu'ils se serrent les coudes. EY, avec une nouvelle coupe de cheveux improbable, qui explique qu'il se sent trahi par Roode : une double promo efficace. Lashley refuse de venir lorsque MVP l'annonce, et est remplacé par Angle, qui trolle un peu, et ça débouche sur Angle vs Joe ce qui fait plaisir aux fans.

- Joe vs Angle. Gros travail de soumission de Joe, bon selling de Kurt, un match assez solide, et un Joe qui finit par prendre un raccourci pour gagner, avant un passage à tabac de la part du BDC+EY. Roode vient sauver la mise à Angle.

- Roode dans le ring, pour répondre aux accusations de EY.

- Oooh, une interview exclusive et semi-shoot de Magnus, demain, dans Impact Unlocked, ça m'intéresse.

- Spud & Baldrash discutent backstage.

- La Revolution de Storm dans le public, ce qui donne lieu à quelques visuels réussis.

- Hardyz vs Wolves. #1 Contenders Match. Quelques moments WTF (Hardy qui fait du funambulisme sur la troisième corde avant de sauter dans le vide sur les Wolves O_o) pour un tag match très efficace.

- Bram très content du retour de Feast or Fired.

- King et MVP sont confiants, EY commence à redevenir psychotique.

- EC3 s'incruste backstage pour faire mumuse avec les caméras, et pour troller JB.

- EY vs Roode, No DQ. Un bon brawl gentiment brutal, et qui se finit de manière surprenante, proprement et sèchement. MVP le trolle en post-match.

- Low Ki pas impressionné pour un sou par le BDC.

- EC3 & Brodus patrouillent les couloirs.

- Assmacher, ultra-hypocrite (parce que oui, j'ai un peu regardé The Amazing Race, et comme tous les spectateurs du show, j'ai trouvé Brooke totalement insupportable, égocentrique et geignarde, tandis que Robbie était un clown sympatoche :p ).

- TBP vs Brooke & Taryn. Un tag match assez bref, mais honorable. En post-match, Kong se pointe, détruit A-Love & Zema, avant de se trouver face à face avec Havok.

- EC3 confronte JB backstage.

- James Storm présente Khoya au public, et explique le pourquoi de son surnom.

- Récap du concept de Feast or Fired.

- Low Ki vs Aries, X-Div Title. Un bon affrontement entre les deux hommes, qui se finit très logiquement par encore un nouveau champion, cette fois-ci par tricherie.

- MVP réintroduit Lashley... qui se pointe, cette fois-ci, endure les vantardises de MVP, mais finit par se rebeller, ce qui lui vaut de se faire passer à tabac par le BDC, qui part avec la ceinture. Un finish logique et efficace, notamment avec un Lashley ensanglanté.


Un Impact très chargé, avec en prime, cette semaine, un gros travail sur la présentation et les visuels, et des commentaires toujours dynamiques, judicieux et instructifs de Josh Matthews, définitivement une très bonne acquisition.

commentaires

Halloween Oktorrorfest 2018 - 71 - La Malédiction de la Vallée des Rois (1980) & Vampire Clay (2017)

Publié le 4 Novembre 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Halloween, Horreur, Oktorrorfest, Fantastique, Histoire, Aventure, Japon, Comédie

Chez les Téléphages Anonymes, du 1er octobre à début novembre, on fête Halloween et l'Oktorrorfest, un marathon quotidien de cinéma fantastique et d'horreur.... 

La Malédiction de la Vallée des Rois (The Awakening - 1980) :

Totalement dévoué à son métier d'égyptologue, Matthew Corbeck (Charlton Heston) néglige sa femme enceinte pour mener à bien des fouilles improbables. Contre toute attente, cependant, il finit par découvrir un tombeau inconnu, celui de la mystérieuse et maudite Reine Kara, supposément détentrice de pouvoirs maléfiques. À l'instant même où il touche la momie, son épouse accouche ainsi prématurément, un événement qui brise à jamais leur couple. Et dix-huit ans plus tard, Corbeck comprend que l'esprit de la Reine a pris possession du corps de sa fille Margaret (Stephanie Zimbalist)...

Un film d'épouvante anglais réalisé par Mike Newell, et co-écrit par Alan Scott, à partir d'une histoire de Bram Stoker... et c'est à peu près tout ce qu'il y a à en dire, je crois.

Ce n'est pas vraiment mal filmé, sauf à quelques moments qui sont un peu risibles ; ce n'est pas particulièrement mauvais ; ce n'est pas particulièrement bien ou mal joué ; la direction artistique est plutôt jolie ; c'est assez sérieux, probablement trop pour son propre bien, et ça n'est jamais vraiment intéressant, bref, c'est l'encéphalogramme plat, tant c'est basique, sec, poussiéreux et que ça ne propose pas grand chose à se mettre sous la dent.

Énorme bof, en somme.

2/6 (pour les paysages égyptiens)

Vampire Clay (Chi o sû nendo - 2017) :

De retour de Tokyo pour réintégrer son école d'art rurale, Kaori suscite bien des jalousies au sein de sa classe, tant elle a apparemment fait des progrès spectaculaires. Mais bien vite, il apparaît que l'argile qu'elle utilise, et qu'elle a trouvée dans la remise de l'école, est responsable de ce talent soudain : animée d'une vie propre, l'argile a soif de sang, et commence bientôt à dévorer les élèves, un à un...

Un film d'horreur japonais réalisé et écrit par un spécialiste en effets spéciaux, et qui met naturellement l'accent sur ses effets matériels, avec une entité maléfique animée principalement devant la caméra, et/ou en stop-motion.

Et c'est à peu près là (et dans le design intéressant de son monstre) que l'intérêt du film s'arrête. Le tout, en effet, est constamment le postérieur entre deux chaises, traitant au premier degré, et comme un film d'horreur tout ce qu'il y a de plus sérieux, un récit grotesque et bancal, qui aurait mérité d'être abordé au second degré (comme à la grande époque de Peter Jackson, de Stuart Gordon/Brian Yuzna ou de Sam Raimi).

Ici, impossible de prendre vraiment au sérieux ces personnages à l'interprétation gentiment inégale, et à l'intérêt assez nul ; impossible de se laisser porter par ce récit bancal, à la structure laborieuse, et à l'illustration musicale hors-sujet et datée ; impossible d'adhérer à ce rythme maladroit (tout l'épilogue est de trop), et à cette absence totale de suspense ou d'angoisse... et réciproquement, impossible de s'amuser devant le côté risible et kitschouille de l'ensemble, tant le ton général est celui d'un film de fantômes asiatique sérieux, vraiment préoccupé par la thématique de la différence entre les écoles d'art de Tokyo et celles de campagne, et ne semblant jamais réaliser son potentiel comique.

C'est déglingué, c'est frustrant, et si ça se regarde sans trop de problèmes (80 minutes à peine), ça ne marquera pas les esprits.

1.75/6

​--

Et comme toujours, vous pouvez retrouver la liste complète de tous les films passés en revue dans le cadre de l'Oktorrorfest dans le menu Index de haut de page, ou en cliquant directement sur ce lien...

commentaires

Christmas Yulefest 2018 - 10 - Le Grinch (2018)

Publié le 8 Décembre 2018 par Lurdo dans Christmas, Cinéma, Critiques éclair, Comédie, Noël, Review, Yulefest, Animation, Jeunesse, Illumination

Noël approche, et chez les Téléphages Anonymesc'est donc l'heure de la Christmas Yulefestet de son marathon de cinéma festif pendant tout le mois de décembre...

Le Grinch (The Grinch - 2018) :

Le Grinch (Benedict Cumberbatch) déteste Noël, et il déteste donc les Chous, qui, eux, adorent cette fête et vivent à côté de chez lui. Bien décidé à leur gâcher leur plaisir, le Grinch décide alors de voler Noël, mais une rencontre avec la petite Cindy Lou (Cameron Seely) va bouleverser les plans du Grinch...

Je le redis à chaque fois : je ne suis pas vraiment sûr de comprendre la fascination des Américains pour le Grinch, et leur tendance à vouloir réadapter ce récit pourtant court (une petite soixantaine de pages, principalement des illustrations, et un texte minimaliste) de manière régulière.

Entre le livre de 1957, son adaptation animée de 1966, le film de Ron Howard de 2000, et cette nouvelle adaptation - de l'équipe responsable de Drôles de Dindes en collaboration avec le studio Illumination - on en est quatre versions différentes du même récit... quatre versions, dont seules les deux premières valent vraiment le coup d'oeil.

Car même si je ne partage pas le mépris et la haine viscérale des Américains envers le film mettant en scène Jim Carrey (j'ai même plutôt de la sympathie pour ce métrage), il faut bien admettre que 90 minutes pour un récit original si court, c'est trop.

Ici, ça se ressent d'autant plus que le Grinch cuvée 2018 est creux au possible : il se déroule facilement une bonne heure avant que le Grinch ne décide de voler Noël, et tout est alors réglé en moins de 10 minutes.

Avant ce passage à l'acte, on a droit à énormément de remplissage, un remplissage qui fait de Cindy Lou une fillette aventureuse membre d'un groupe d'enfants décidés à capturer le Père Noël, et qui met donc en parallèle sa préparation avec celle du Grinch.

Un Grinch qui, à l'instar du reste du récit (la thématique de la surcommercialisation de Noël, ou celle de la mise à l'écart du Grinch du fait de son apparence différente, sont ici totalement inexistantes), perd tout son mordant, pour devenir simplement un voisin un peu ronchon, mais qui a bon fond (le Grinch fait ses courses alimentaires en ville, comme tout le monde ; les Chous n'ont pas peur de lui et le saluent avec un grand sourire ; le Grinch se comporte à peu près gentiment avec son chien ou avec d'autres animaux ; la seule raison de sa haine envers Noël, c'est qu'il a passé un mauvais Noël durant son enfance à l'orphelinat...) : un adoucissement du personnage qui rend son revirement final assez artificiel et forcé, et le prive de tout impact émotionnel.

En même temps, le Grinch n'interagit qu'une poignée de scènes avec Cindy Lou, donc il ne fallait pas s'attendre à quelque chose de sincère ou d'émouvant.

Ajoutez à cela une illustration musicale frustrante, à base de chansons revisitées en mode hip-hop, de Danny Elfman en mode Elfman, et de chants de Noël étrangement religieux, un Pharrel Williams insipide dans la peau du narrateur, un Benedict Cumberbatch étrangement générique et transparent en Grinch, et des personnages secondaires inexistants et sous-développés, et l'on se retrouve vraiment avec une nouvelle adaptation assez inutile, qui n'apporte rien au récit original, et est systématiquement en dessous de la version Howard/Carrey.

2.5/6 (parce que l'aspect technique est compétent)

​--

Et comme toujours, vous pouvez retrouver la liste complète de tous les films de Noël passés en revue sur ce blog dans le cadre de la Christmas Yulefest en cliquant directement sur ce lien...

commentaires

Un film, un jour (ou presque) #1071 : SEMAINE HELLBOY - Hellboy II : Les Légions d'Or Maudites (2008)

Publié le 26 Septembre 2019 par Lurdo dans Action, Aventure, Cinéma, Comédie, Critiques éclair, Fantastique, Horreur, Review, Romance, Thriller

L'Halloween Oktorrorfest 2019 est presque là sur le blog des Téléphages Anonymes, et pour se mettre en douceur dans une ambiance sinistre et fantastique, rien de tel qu'une semaine consacrée au plus célèbre des démons chasseurs de monstres : ce bon vieux Hellboy... ​​

Hellboy II - Les Légions d'Or Maudites (Hellboy II : The Golden Army - 2008) :

Alors que sa relation avec Liz (Selma Blair) se complique, Hellboy (Ron Perlman) et Abe (Doug Jones) sont confrontés aux ambitions du Prince Nuada (Luke Goss), héritier du royaume de faerie, bien décidé à réveiller les Légions d'Or, et à détruire l'humanité. Mais les agents du BPRD peuvent compter sur Nuala, la soeur jumelle de Nuada, et sur Johann Krauss, leur nouveau supérieur, pour lui mettre des bâtons dans les roues...

Une suite là encore signée Guillermo Del Toro, qui corrige quelques-uns des points faibles du premier opus - budget plus confortable, personnages et univers ne nécessitant plus de présentation "à la MIB", un Agent Myers dont l'absence est expliquée d'une vague ligne de dialogue, flammes de Liz redevenues rouges - en amplifiant encore certains de ses points forts, comme sa direction artistique somptueuse.

À nouveau, Hellboy II est un vrai régal visuel : c'est chatoyant, chargé, inventif, le bestiaire est excentrique et omniprésent, les créatures étranges se succèdent... quitte à parfois frôler un peu l'overdose. C'est probablement là le vrai problème du film : tout juste sorti du Labyrinthe de Pan et de ses Oscars, GDT a visiblement eu carte blanche pour faire ce qu'il voulait, et ça se sent.

Del Toro met ainsi l'accent sur l'humour et la romance, deux orientations qui ne plairont pas à tout le monde, notamment parce que GDT n'est pas forcément le réalisateur et le scénariste le plus subtil à ce niveau : plus que jamais, la relation Liz/Hellboy est cruciale au déroulement du scénario, pour le meilleur (la scène de l'oracle fonctionne bien) et pour le pire (certains moments vraiment immatures et puérils, et les thématiques sur la paternité sont un peu maladroites) ; la relation de Abe et de la princesse Nuala est plus réussie, mais reste assez basique ; et l'accent est mis sur le slapstick à la Bud Spencer, les bruitages façon cartoon (à un ou deux moments vraiment WTF), et les répliques plus ou moins drôles (Seth MacFarlane se charge de la voix de Johann Krauss, et ça fonctionne donc plus ou moins bien).

Sans oublier Danny Elfman, qui remplace Marco Beltrami à la musique, et produit une bande-originale totalement insipide et générique, en pilotage automatique.

Hellboy II alterne ainsi le chaud et le froid. Plus décontracté et à l'aise, GDT se fait souvent plaisir, avec une créature somptueuse, une scène d'action mémorable, ou des décors superbes, mais cela se fait parfois au détriment de la cohérence/fluidité narrative (l'arrivée en Irlande, et son gobelin sous-développé) ; l'interprétation est inégale, notamment du côté des femmes ; les quelques bribes de morceaux pop-rock donnent l'impression d'avoir été rajoutés au dernier moment par un cadre du studio pour vendre des compilations ; Hellboy reste égal à lui-même, mais passe le plus clair de son temps en t-shirt moulant, ce qui lui donne une silhouette étrangement fluette (surtout en comparaison de sa carrure massive lorsqu'il porte son trench-coat) ; la post-synchronisation des créatures est parfois moyenne...

Et pourtant, malgré tout ces défauts, et malgré le fait que ce Hellboy II soit clairement à 80% du GDT, et à 20% du Mike Mignola, le film reste divertissant et sympathique, notamment pour ses visuels superbes.

Malheureusement, plus de dix ans après leur sortie en salles, je m'aperçois que j'apprécie nettement moins les Hellboy de GDT qu'à l'époque. Probablement que les innombrables adaptations de comic-books sorties depuis lors ont remis un peu ces deux métrages en perspective, tout comme l'ont fait les longs-métrages de Del Toro sortis en salles (et souvent applaudis plus que de mesure).

Hellboy II reste agréable à suivre, mais je me demande si je ne préfère pas le premier.

3.75/6

​--

Et comme toujours, vous pouvez retrouver la liste complète de tous les films passés en revue sur ce blog dans le menu Index de haut de page, ou en cliquant directement sur ce lien (000-1000) et sur celui-ci (1001-2000)...

commentaires

Christmas Yulefest 2017 - 80 - On a échangé nos Noëls (2017)

Publié le 2 Janvier 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Télévision, Christmas, Noël, Yulefest, Comédie, Jeunesse, Romance

Noël est passé, mais chez les Téléphages Anonymes, la Christmas Yulefest et son marathon de cinéma festif continuent jusqu'à l'Épiphanie...

On a échangé nos Noëls (Christmas in the Heartland) :

Lorsqu'elles se rencontrent dans l'avion les emmenant toutes deux en Oklahoma, Kara (Sierra McCormick) et Jessie (Brighton Sharbino) découvrent qu'elles ont beaucoup en commun : malgré leur milieu social très différent, elles sont toutes deux orphelines de mère, et vont toutes deux passer Noël chez leurs grands-parents respectifs, qu'elles ne connaissent pas. Les deux jeunes filles décident alors d'échanger leur identité le temps des fêtes de fin d'année...

Mouais. Une relecture indépendante du Prince et du Pauvre, en mode country/americana, avec tous les clichés habituels de ces productions qui visent très clairement une certaine catégorie démographique... pourquoi pas.

Le problème, en fait, de ce On a échangé nos Noëls, c'est qu'il n'a pas une once de subtilité : les clichés sont gigantesques, innombrables et épuisants, à l'image de la durée improbable du film (près de deux heures, tout compris).

On a donc une famille à tendance redneck, qui vit dans un trailer park, joue de la country, fait du football, n'a pas d'argent, écume les friperies, est composée d'un père indigne mais musicien et qui a bon fond (JoeDon Rooney, un musicien IRL) ; d'une grand-mère compréhensive et bourreau de travail (Shelley Long), d'une militaire (qui revient au pays in extremis à la fin du film, forcément) et de nombreux cousins ; tout le monde est charitable et généreux, se serre les coudes, contribue à la soupe populaire locale, etc - bref, il ne manque qu'une visite à l'église pour avoir le cliché parfait de l'Amérique profonde, telle que les Américains y vivant aiment se la représenter.

Et en face, on a une famille aisée appelée "Gentry" ("Noblesse"), magnats du pétrole et de l'immobilier, menés par une Bo Derek botoxée, caractérisée façon Vieux Sud, qui insulte les Yankees du Nord, qui vit dans un manoir immense, avec une gouvernante noire, des écuries, et qui dégouline de préjugés, d'égoïsme, d'avidité, et de paraître.

Une opposition tellement caricaturale et forcée que l'on passe son temps à lever les yeux au ciel, et à se dire que ce trait aussi forcé semble tellement fait pour les enfants que ça aurait mérité plus de légèreté et d'énergie, pour faire passer les gros clichés.

Malheureusement, ici, le métrage prend largement son temps (beaucoup de problèmes de rythme, de remplissage, plusieurs montages musicaux, un clip musical final, etc), ça repose sur de trop grosses ficelles (les deux familles participent au même concours de beauté/talent show, les deux familles habitent la même ville, les deux protagonistes sont là pour la même période, personne ne sait à quoi elles ressemblent, etc) et le tout est particulièrement déséquilibré - Brighton Sharbino est assez transparente en comparaison de Sierra McCormick, et le film passe le plus clair de son temps chez les "rednecks", donc la mayonnaise ne prend pas.

Et pire encore : lorsque la conclusion du film arrive avec ses sabots énormes (on a droit à un gros twist à la fois particulièrement télégraphié, tout en étant capillotracté), le manque de finesse et de subtilité de l'écriture se fait d'autant plus ressentir, au point de plomber gentiment le métrage (qui en plus continue pendant 20 bonnes minutes ensuite, alors que tout est réglé).

En bref, ça a de bonnes intentions, mais ça manque d'esprit festif (hormis les décorations du manoir, il n'y a pas grand chose de Noël là-dedans), ça ne fonctionne pas vraiment (l'échange de famille était finalement inutile, puisque les deux filles sont tout aussi généreuses et bienveillantes au début qu'à la fin du film, sans réel développement de leurs personnalités), le budget limité se ressent çà et là (notamment dans la post-production sonore) et la toute fin est forcée au possible.

Bof.

2.5/6

--

Comme toujours, retrouvez la liste complète (et mise à jour avec les titres français) des films de Noël déjà passés en revue sur ce blog les années précédentes, en consultant notre Index Christmas Yulefest disponible ici...

commentaires
<< < 10 20 30 40 50 60 70 80 90 91 92 93 94 95 96 97 98 99 100 > >>