Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
LES TÉLÉPHAGES ANONYMES

Il était une fois Lurdo & Sygbab, deux internautes passionnés de séries tv et de cinéma, et qui cherchaient un endroit où archiver leurs avis (semi) éclairés...

Résultat pour ""the good place""

Les bilans de Lurdo : Amandine Malabul / The Worst Witch, saison 1 (1998-1999)

Publié le 1 Décembre 2011 par Lurdo dans Les bilans de Lurdo, Critiques éclair, Review, Télévision, Oktorrorfest, Halloween, Fantastique, Worst Witch, Jeunesse, Comédie, Drame

[Attention, semi hors-sujet inside]

Très amusant. Très amusant de constater que cette petite série anglo-canadienne sans prétention aucune réussit facilement à accomplir ce que sa "copie" (Harry Potter, pour ne pas la nommer) a gentiment lutté à réussir pendant plus de 10 ans : à adapter une série de livres sans en dénaturer le propos ou l'atmosphère, ni sacrifier au copier-coller indigeste.

Je ne reviens pas sur le photocopillage de Rowling, tant au niveau :

- du postulat de départ (les aventures d'une jeune sorcière débutante à l'école de magie, a.k.a. un château brumeux au sommet d'une colline, bordée de forêts) ;

- des personnages (le trio de Potter, ainsi que les quelques personnages principaux les entourant se retrouvent quasiment à l'identique dans TWW : la gentille et sage directrice aux longs cheveux gris qui prend l'héroïne sous son aile ; la méchante enseignante en potions, sévère, pâle et vêtue de noir, qui prend l'héroïne en grippe ; sa chouchoute, une peste blonde de bonne famille qui déteste elle aussi l'héroïne, et traîne toujours avec des sbires) ;

- de leurs attributs physiques et caractéristiques à peine intervertis : l'héroine, grande brune dégingandée et maladroite (-> Neville) "sang-de-bourbe" (-> Hermione) ; sa meilleure amie, la petite brunette à frange et aux lunettes rondes, sage et studieuse (-> un joli mélange de Harry et Hermione) ;

- de la mascotte de l'école (les chouettes de Potter remplacées ici par des chats) ;

- des similitudes dans l'intrigue du premier roman (une menace ressurgie du passé, et étroitement liée à la directrice, ourdit un plan machiavélique pour s'en prendre à l'école, et seule l'héroïne et ses amies s'en rendent compte, bravant tous les interdits, ainsi que les punitions de l'enseignant en potions, pour repousser le Mal, le tout se finissant par une grande cérémonie de récompense dans la salle commune, durant laquelle l'héroïne mal-aimée et sous-estimée est enfin applaudie et appréciée à sa juste valeur)...

De toute façon, refaire une nouvelle fois le procès de l'absence d'originalité des bases du récit de Potter ne sert pas à grand chose, et d'autres l'ont déjà fait mieux que moi (cf. la page wiki anglaise, avec des "influences" longues comme le bras).

Je ne surprendrai par contre personne en disant qu'un de mes gros reproches envers la saga Potter au ciné, c'est l'adaptation très... "aléatoire"... subie par les romans avant le passage au grand écran. De la même manière, je sais que je ne suis pas le seul à trouver que le médium rêvé pour adapter Harry Potter aurait été la télévision.

Forcément, 7 romans = 7 ans = 7 saisons, soit la durée de vie normale d'une série solide... ça aurait dû couler de source, quitte à réduire un peu les ambitions dans un premier temps, ou à couvrir les deux premiers livres dans une première saison plus courte (ce qui aurait permis d'en partager les coûts).

Mais non, ils ont choisi la case ciné et box-office, quitte à frustrer les lecteurs et à faire des coupes drastiques dans le matériel. Soit.

Je trouve donc très intéressant de revenir sur l'adaptation (plutôt réussie) des romans Worst Witch pour cette série tv de 1998 (un an à peine après la sortie en librairie et le début du succès du premier Potter).

La version papier des aventures de Mildred Hubble (Amandine Malabul, en VF), par Jill Murphy, ce sont 6 romans (1974, 1980, 1982, 1993, 2005, 2007) d'une centaine de pages par volume (200 pour les derniers), chacun couvrant un semestre de classe.

Dans cette saison 1, de 13x22 minutes, les deux premiers romans sont adaptés (couvrant donc une année entière de scolarité), leurs intrigues étant réparties de manière globalement homogène sur toute la saison. Autour, les scénaristes ont brodé des histoires plus ou moins heureuses sur le quotidien de l'école (le seul épisode vraiment raté à mon goût étant celui traitant d'ordinateurs, qu'on aurait crû sorti d'un mauvais Sarah Jane Adventures), et les mésaventures de Mildred (Georgina Sherrington) face à sa nemesis Ethel Hallow (une Felicity Jones alors débutante).

Autrement dit, en 13x22 minutes, la série a largement eu le temps d'adapter fidèlement (parfois même à la lettre) un peu plus de 200 pages (soit l'équivalent en volume du premier roman Harry Potter), tout en meublant avec des épisodes indépendants (totalement détachés du texte), en créant des personnages secondaires mémorables : la professeur de chant déjantée qui passe son temps enfermée dans le placard, la professeur de sport "moldue", le gardien du château et ses inventions débiles, les deux élèves de seconde année, les autres amies des héroïnes...

Sans oublier les personnages préexistants (y compris ceux qui ne faisaient qu'une apparition en coup de vent dans les romans), suffisamment étoffés pour qu'ils soient attachants et crédibles (l'interprétation de certaines actrices aide aussi pas mal, la distribution quasi-intégralement anglaise n'étant pas mauvaise du tout, voire même meilleure qu'un certain sorcier interprété avec un Nimbus 4000 carré dans le fondement).

Une série qui ne révolutionne rien, mais qui s'avère tout à fait honorable et sympathique, en somme.

Alors, en ce qui concerne Potter, imaginons... si 13x22min couvrent (largement !) 200 pages... alors 800 pages (la longueur maximale d'un Potter en vo) demanderaient au pire 52x22min... ce qui nous ferait 26x45 minutes (voire même beaucoup moins avec un showrunner malin), soit pile une saison classique de série tv.

Une série tv forcément plus malléable, et donc moins sujette à des choix mal avisés qui parasiteraient ensuite définitivement la saga cinéma (réalisateur, compositeur, acteurs, scénaristes...).

Non, franchement, la Warner est vraiment passée à côté de quelque chose, là... :S

commentaires

Les bilans de Lurdo - Gilmore Girls - Une Nouvelle Année - Hiver (2016)

Publié le 3 Décembre 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Télévision, Les bilans de Lurdo, Comédie, Romance, Netflix, Gilmore Girls

Retrouvez l'intégralité des critiques des Gilmore Girls par les Téléphages Anonymes, en cliquant ici !

Le mois de décembre est là, l'hiver aussi (plus ou moins), et à défaut de neige, le moment est venu de se blottir au coin du feu devant les femmes de Stars Hollow, un an tout juste après la diffusion de la mini-série Gilmore Girls - Une Nouvelle Année sur Netflix.

Gilmore Girls - A Year in the Life 1x01 - Winter :

Alors que la carrière de journaliste de Rory (Alexis Bledel) est florissante, et qu'elle passe tout son temps entre Londres, Brooklyn et Stars Hollow, à entretenir une relation adultère avec son amant Logan (Matt Czuchry), la jeune femme se rapproche de Naomi Shropshire (Alex Kingston), sujet potentiel d'un nouveau livre. De son côté, Lorelai (Lauren Graham) et sa mère (Kelly Bishop) ne se parlent plus depuis la mort de Richard : une situation intenable, qui amène Lorelai à envisager d'avoir un bébé avec Luke (Scott Patterson), et qui la pousse à conseiller à sa mère de voir un thérapeute...

Ce qui est très bien, avec les Gilmore Girls, c'est qu'instantanément, on est replongé dans le bain, comme si on n'avait pas quitté Stars Hollow, et que la vie y était toujours la même.

La série a conscience de cette effet "boule à neige", et s'en moque même un peu. Mais c'est aussi pour ça qu'on apprécie le travail des Palladino : il y a une certaine familiarité qui est posée, et qui fait qu'on retrouve cette petite ville, ce petit univers, et tous ses personnages atypiques, avec un confort et une affection indubitables.

Ce premier chapitre saisonnier du revival 2016 de la série n'est guère plus qu'un épisode classique des Gilmore, étendu à 90 minutes : pas de surprise dans l'écriture, dans la forme, dans le rythme ou dans les personnages, par conséquent.

On retrouve donc toute cette petite troupe avec un certain bonheur, et le tout est très efficace, même si, il faut bien l'avouer, cet épisode de reprise frôle parfois le trop plein de personnages à réintroduire, et de caméos façon "hey, regardez, on n'a pas oublié untel ou untel !".

Mais dans l'ensemble, comme d'habitude, on oscille toujours entre amusement et émotion, notamment lorsque vient le sujet de la mort de Richard/Edward Hermann. Une mort qui a éprouvé tant les acteurs que les personnages, et qui se trouve au coeur des scènes les plus fortes de l'épisode, des scènes toujours parfaitement interprétées par Kelly Bishop et Lauren Graham.

Passées les quelques premières minutes de l'épisode, nécessaires pour se remettre dans le bain et dans la cadence si particulière du show, les 90 minutes de cet épisode passent donc globalement comme une lettre à la poste, entre les excentricités de Kirk, Paris et son business d'insémination artificielle (clin d'oeil à Danny Strong, devenu scénariste à succès IRL et dans l'univers Gilmore), ou encore Taylor et ses égouts : pas vraiment le temps de s'ennuyer, chez les Gilmore.

Sauf, peut-être, du côté de Rory.

Il faut être réaliste : le maillon faible de cet épisode, comme elle l'a souvent été dans la série, c'est Rory. Une Rory qui a toujours été ultra-privilégiée et ultra-capricieuse, qui a toujours pris les pires décisions au monde, qui a toujours eu une conception trop idéalisée du monde/de la vie/de l'art, et qui, ici aussi, se contente de profiter de l'aura positive entourant un article qu'elle a publiée, pour ne rien faire d'autre de sa vie, et chercher sa vocation.

Encore une fois, Rory se cherche, Rory ne sait pas ce qu'elle veut faire, Rory voudrait bien qu'on la soutienne dans sa quête de sens, mais Rory joue tout de même les jet-setteuses autour du globe, prenant l'avion de Londres à New York et vice-versa sur un coup de tête, avant de passer 48 heures à Stars Hollow et de repartir. Parce qu'elle en a les moyens, et qu'être bohème, c'est in quand on est une journaliste/auteure.

Et comme d'habitude, Rory a une vie amoureuse calamiteuse : elle sort depuis deux ans avec Paul, qu'elle trompe pourtant avec Logan (lui-même fiancé), et qu'elle traite donc comme un moins que rien (en soi, le running gag sur Paul, une sorte de Ann Veal - cf. Arrested Development - au masculin, est assez amusant... mais du point de vue du personnage, cela rend vraiment Rory détestable).

Bref. Difficile de s'intéresser vraiment ou de s'attacher à Rory et à ses sous-intrigues, ici, comme dans la série originale.

Espérons donc qu'au fil de cette saison inhabituelle, les Palladino auront autre chose à nous proposer sur la durée, notamment pour les autres personnages, car sinon, le personnage de Rory risque bien d'éclipser tous les points positifs de ce revival par ailleurs très réussi...

commentaires

Les bilans de Lurdo - Gilmore Girls - Une Nouvelle Année - Automne (2016)

Publié le 31 Décembre 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Télévision, Les bilans de Lurdo, Comédie, Romance, Drame, Netflix, Gilmore Girls

Retrouvez l'intégralité des critiques des Gilmore Girls par les Téléphages Anonymes, en cliquant ici !​​​

Gilmore Girls - A Year in the Life 1x04 - Fall :

Partie seule en randonnée, Lorelai remet son couple et sa vie en question : exactement ce que redoute Luke, resté seul au diner, et totalement perdu sans sa compagne. Rory, elle, met un terme à sa relation avec Logan, et décide d'entamer l'écriture du livre portant sur sa famille...

Un téléfilm de conclusion à cette nouvelle année en compagnie des Gilmore Girls, et à cette occasion, Amy Sherman-Palladino reprend les reines de ses personnages, pour nous offrir ce qui ressemble plus à deux épisodes de 50 minutes (avec coupure pensive bien délimitée au milieu, sur Rory qui revient dans la maison de ses grands-parents, et s'installe là) qu'à un récit unitaire de 100 minutes.

Ce n'est pas forcément un mal, tant ça permet de bien séparer les deux phases importantes de la vie des femmes Gilmore : le premier "épisode" permet à tout le monde de faire le point, et de prendre des décisions, tandis que le second sert de conclusion plus légère et heureuse aux personnages, une conclusion centrée sur le mariage de Lorelai et de Luke.

La première partie bilan permet à Lorelai de réaliser qu'elle n'est pas faite pour la randonnée : on s'en doutait tous depuis bien longtemps, mais cette excursion en pleine nature donne lieu à des scénettes amusantes, à des caméos de Jason Ritter (Parenthood), de Stacey Oristano (Bunheads) et de Peter Krause (Parenthood, et le compagnon de Lauren Graham IRL), ainsi qu'à un coup de téléphone touchant de Lorelai à sa mère.

Lorelai avait besoin de faire le bilan de sa vie, et de passer un cap : ce sera celui du mariage (qui intervient au terme d'une scène-monologue mémorable de Luke/Scott Patterson, très motivé) mais aussi de l'expansion du Dragonfly Inn, histoire de garder Michel sous contrat, quitte à demander un peu d'argent à Emily.

Une Emily qui se cherche elle aussi, mais finit par comprendre durant ses vacances en compagnie de son nouveau beau (auquel elle ne semble pas particulièrement attaché ^^) et de toute la famille de sa gouvernante (interprétée depuis le début de la saison par Rose Abdoo, aka Gypsy), qu'elle n'a plus grand chose en commun avec la haute société qu'elle fréquentait du vivant de Richard.

Une rupture franche, qui est confirmée durant la seconde moitié de cet Automne, et qui semble partie pour durer, puisque Emily vend la demeure familiale, plaque le comité DAR, et part s'installer à Nantucket pour y entamer sa vie de femme libérée (et y pourrir la vie des visiteurs d'un musée local !). Une émancipation bienvenue et logique, pour un personnage qui aura su se réinventer après la mort de Richard...

Et puis reste le problème Rory. *soupir* 

Pour de nombreux spectateurs (et surtout spectatrices), il a toujours existé une certaine identification au personnage de Rory, alias "l'adolescente jeune, pâle, intelligente, timide, mécomprise, réservée, passionnée par les livres et ambitieuse, promise à une brillante carrière de journaliste, et qui en plus parvient à séduire tous les hommes qui attirent son regard, tant elle est charmante". En ce qui me concerne, je n'ai jamais été concerné par une telle identification, d'autant que très rapidement, dans la série, on pouvait comprendre que Rory prenait, comme sa mère avant elle, de nombreuses décisions peu inspirées et judicieuses.

Mais contrairement à sa mère (qui, si elle n'est pas exempte de défauts, a pendant le plus gros de sa vie adulte et dès l'âge de 16 ans, su grandir, s'affranchir des avantages liés à sa famille, et devenir une adulte plus ou moins responsable à la carrière florissante), Rory a eu un parcours bien différent. Malgré ce qu'elle a beau affirmer, Rory a, depuis l'âge de 16 ans, commis autant d'erreurs que sa mère, mais ce que cette mini-série nous montre, c'est qu'elle n'a pas su capitaliser dessus, ni en tirer la moindre leçon : à 32 ans, elle est toujours aussi immature, toujours aussi dépendante de sa famille, de son héritage, et d'autrui, et n'a jamais eu la douche froide qu'a connu sa mère adolescente, et qui a fait redescendre cette dernière sur Terre.

Tout cela s'inscrit donc plutôt bien dans la continuité du personnage tel qu'il existe depuis le pilote, et il est donc difficile pour moi de voir dans l'évolution de Rory aux mains des Palladino la trahison que bon nombre de fans ont cru déceler. En même temps, si on s'identifie au personnage, et qu'on espère pour elle (comme pour soi) le meilleur, je peux comprendre qu'on s'estime blessé en la voyant totalement paumée, entretenue, et immature à l'âge de 32 ans (c'est frustrant, on ne peut le nier).

Et si l'on rajoute, en plus, le rebondissement des trois mots finaux (assez prévisibles), on comprend que la boucle est bouclée, et qu'il faudra peut-être que Rory marche littéralement dans les pas de sa mère pour qu'elle devienne enfin une adulte responsable.

Mais à part ça, que dire de plus sur cet épisode, et sur ce revival ?

Qu'il était imparfait, mais dans l'ensemble assez réussi et touchant.

Que le mariage de Luke et Lorelai était à l'image de cette dernière : improbable et dégoulinant de guimauve.

Que toute la séquence quasi-onirique de Rory et de la Life and Death Brigade était à vomir (malgré quelques visages familiers de Bunheads parmi les danseuses du club de tango), et tout ce que je détestais déjà, à l'époque de la série, dans l'environnement bourgeois-bohème- irresponsable de Logan & compagnie.

Que le caméo d'Alex Borstein en Miss Cécile était gratuit ; que celui de Dean était très efficace ; et que le retour de Sookie a réussi à me toucher.

Et que je doute que l'on ait droit à une suite, un jour, donc autant profiter de ce revival agréable : le circle of life a repris ses droits, tout le monde passe à autre chose, et une page se tourne sur la petite bourgade de Stars Hollow.

commentaires

Les bilans de Lurdo : Iron Fist, saison 2 (2018)

Publié le 25 Novembre 2018 par Lurdo dans Review, Critiques éclair, Télévision, Les bilans de Lurdo, Marvel, MCU, Action, Thriller, Drame, Religion, Netflix

Après une première saison pauvre en action et souffrant d'un protagoniste transparent et guère convaincant, puis une apparition guère plus reluisante dans Defenders, Iron Fist avait commencé, avec son épisode de Luke Cage saison 2, à évoluer dans une direction enfin intéressante et plus légère. Et avec le changement de showrunner pour sa saison 2, on pouvait s'attendre à quelque chose de plus réussi, de plus nerveux, et de moins insipide. D'autant que les critiques nettement plus enthousiastes portant sur cette saison 2 pouvaient permettre d'être un minimum optimiste...

Iron Fist, saison 2 (2018) :

Bien décidé à défendre la ville après la disparition de Matt Murdock, Danny Rand (Finn Jones) tente de faire régner la loi et l'ordre à New York aux côtés de Colleen (Jessica Henwick)... mais Davos (Sacha Dhawan) et Joy (Jessica Stroup) se sont alliés pour se venger de lui, et ils ont engagé les services de Mary (Alice Eve), une ex-militaire aux personnalités multiples, pour se débarrasser de l'Iron Fist.

Nouveau showrunner (M. Raven Metzner, au CV de scénariste assez... hum... discutable), format plus court, nouveau chorégraphe pour les combats et cascades : après le tollé critique ayant touché la saison 1, la saison 2 d'Iron Fist semblait décidée à changer de cap.

Malheureusement, s'il y a effectivement du mieux par rapport à la saison 1 de la série, Iron Fist saison 2 reste une saison assez faible. Déjà, parce qu'elle souffre du syndrome Luke Cage : pour mieux gérer leur héros, les scénaristes optent pour le priver de ses pouvoirs pendant une grosse partie de la saison.

C'est plus pratique : pas d'effets spéciaux ni de combats à gérer (on garde les affrontements pour la toute fin de la saison, et encore...), uniquement des tunnels de dialogues (maladroits) entre les personnages. Le problème, c'est que cela ne fait que souligner à quel point Danny est un personnage creux et inexistant. En le privant de ses pouvoirs, les scénaristes laissent la part belle aux autres protagonistes, notamment Colleen et Misty Knight, qui ressurgit ici et aide son amie à mener l'enquête pendant que Danny est convalescent.

L'occasion pour les scénaristes de tâter le terrain pour un potentiel show Daughters of the Dragon mettant en scène les deux femmes... et force est de constater que ce serait nettement plus intéressant que Danny Bland contre son double négatif, Davos l'inexpressif en manque d'amour maternel.

Au point que l'on se dit que l'affrontement Iron Fist vs son grand rival aurait vraiment dû être mis de côté pendant une bonne demi-saison, si ce n'est plus : c'est plat, générique, et aucun des deux hommes n'a le charisme et l'énergie suffisantes pour faire fonctionner cette rivalité.

Du côté des autres personnages secondaires, rien à signaler, si ce n'est la caractérisation de Joy, totalement fluctuante sous la plume de la nouvelle équipe et du nouveau showrunner (au point que l'on ait parfois du mal à la rattacher à la Joy de la saison 1... sans même parler de la Joy de la fin de saison 2, qui fait un 180° par rapport au début).

Mary, elle, est plutôt convaincante, même si son personnage demande tout de même que le spectateur ferme les yeux sur le fait qu'elle parvienne physiquement, du haut de son mètre 65, à tenir tête/à maîtriser des experts en arts martiaux comme Danny et Davos. Mais Alice Eve fait tout son possible pour rendre ses deux personnalités distinctes, et cela fonctionne assez bien.

Et là, après quelques paragraphes, je m'aperçois que je n'ai pas grand chose à dire de plus au sujet de cette saison. Oui, c'est plus court, et les combats sont mieux chorégraphiés (mais rares). Oui, la fin est intéressante (même si l'on sait désormais qu'Iron Fist n'aura pas de suite sur Netflix) et logique, compte tenu du parcours de Colleen durant ces épisodes (mais cette fin est aussi relativement bâclée, et franchement assez mal écrite, notamment au niveau des dialogues).

Mais dans l'absolu, avec son écriture gentiment pataude (toute la sous-intrigue de Ward et de son addiction/son histoire avec son sponsor sont la définition même de remplissage, ne servant qu'à créer un parallèle maladroit avec Danny/le Fist, et à donner quelque chose à faire à l'acteur), qui peine à caractériser ses personnages de manière convaincante et à imposer un rythme cohérent à la série, la saison, assez décousue, se regarde tout aussi passivement que la précédente, sans jamais passionner ou captiver.

Moins insipide que la saison 1, certes, mais guère plus probant.

 

Retrouvez les autres séries de l'univers Marvel/Netflix passées en revue sur ce blog en cliquant ici...

commentaires

Critiques éclair - Marvel's Inhumans 1x01-03 (premières impressions)

Publié le 8 Octobre 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Télévision, Action, Fantastique, Marvel, Drame, ABC, Science-Fiction

Marvel's Inhumans, c'est le bébé d'Ike Perlmutter, l'un des pontes de Marvel (et désormais conseiller de Trump), qui a toujours vu dans ces Inhumains une poule aux oeufs d'or inexploitée, et une alternative bon marché aux mutants des X-men.

Et pour cause : alors que les X-men sont exploités, au cinéma, par la Fox, et ne rapportent pas beaucoup d'argent à Marvel (qui ne peut pas les utiliser au cinéma ou à la télévision), les Inhumains sont totalement sous l'égide de la Maison des Idées, et peuvent être résumés à "une peuplade d'êtres aux pouvoirs surhumains, martyrisés et traqués par les humains, et qui doivent vivre dans l'ombre".

Ça tombe bien, c'est comme ça que les X-men sont vendus au grand public depuis des décennies, et Perlmutter espérait, par un tour de passe-passe, minimiser l'importance des mutants au sein de sa firme, et accroître celle des Inhumains, pour en faire les nouveaux porte-étendards de Marvel.

Dans les faits, cela s'est traduit par une mise en avant très prononcée de ces personnages dans les comics, par une intégration du concept des Inhumains dans Marvel's Agents of SHIELD, et par un projet de long-métrage Inhumans, imposé par Perlmutter à la branche cinéma de Marvel.

Seul problème... les Inhumains n'intéressent pas grand monde, et certainement pas Kevin Feige, le patron de Marvel Studios qui, dès le rachat de Marvel par Disney, a court-circuité Perlmutter, et a obtenu l'indépendance de sa branche.

Le projet de film a aussitôt été annulé, et Marvel's Inhumans a été refourgué à la branche tv de Marvel, toujours sous contrôle de Perlmutter. Une branche au succès très inégal avec ses projets, sans le budget nécessaire pour réaliser quelque chose ayant l'ampleur nécessaire au succès de l'adaptation des Inhumains, et qui a confié le tout à Scott Buck, responsable des plantages Dexter et Iron Fist.

Et pour couronner le tout, la production de ce Marvel's Inhumans a été lancée de manière précipitée, avec des délais intenables, car Perlmutter ne voulait pas s'avouer vaincu, et tenait à voir les Inhumains en salle : les deux premiers épisodes de la série ont donc été produits précipitamment pour pouvoir être diffusés dans les salles IMAX, une expérience qui s'est soldée par un échec financier, et, à en juger par le produit fini, qui ne devait pas franchement valoir le prix des billets.

Marvel's Inhumans 1x01-03 :

Sur la Lune vivent les Inhumains, dotés de pouvoirs surhumains, et réunis en une société monarchique hautement stratifiée. En bas de l'échelle, les sans-pouvoirs, contraints de travailler dans les mines. Au sommet, la famille royale de Black Bolt (Anson Mount) et Medusa (Serinda Swan). Jusqu'au jour où le frère de Black Bolt, Maximus (Iwan Rheon), dépourvu de pouvoirs, décide de se rebeller contre l'ordre établi, et de monter un coup d'état : la famille royale a tout juste le temps de s'échapper, et de se réfugier sur Terre, à Hawaï, où ils sont séparés...

On peut se demander pourquoi j'ai passé autant de temps à faire ce récapitulatif historique de la genèse de la série... ? Et bien tout simplement parce que je n'ai pas grand chose à dire sur les premiers épisodes.

C'est mauvais, tout simplement. En fait, c'est bien simple, si on enlève les paysages naturels d'Hawaï, et le capital-sympathie de Lockjaw, l'énorme chien téléporteur en images de synthèse, il ne reste absolument rien de valable.

Certainement pas la direction artistique, entre les costumes dignes d'un cosplay basique, les couleurs beiges, kakies et ternes d'Attilan, l'illustration médiocre des pouvoirs de chacun, les effets numériques inégaux, la réalisation plate, la musique hors-sujet, le carton-titre bâclé, les scènes d'action miteuses, et l'apparence de tous les personnages, avec des maquillages simplistes et basiques...

Certainement pas non plus l'écriture, ultra-laborieuse et bancale, notamment dans les dialogues... ou dans le fait que le script s'attende à ce que le spectateur se range instinctivement du côté d'une famille royale qui traite clairement certains de ses sujets comme des citoyens de seconde zone, en accord avec les traditions injustes et éculées d'une société ségrégationniste, et qui prend autrui de haut, comme si elle était supérieure à tous les êtres humains.

Et l'interprétation n'aide pas vraiment. Rheon est, comme toujours, plutôt bon, mais les autres sont très inégaux, ce qui donne lieu à des personnages souvent peu convaincants - mention spéciale à Karnak, qui est 1) mal casté, 2) mis en image comme Cassandra dans The Librarians/Flynn Carson (mâtiné de Sherlock Downey Jr. et de Docteur Strange), et 3) n'a absolument pas une once du charisme, du mordant ou de l'ambiguïté du personnage de comics... bref, il est hors-sujet.

(et je ne parle même pas de Nicola Peltz, qui se fait tuer au bout de deux lignes de dialogue, en ouverture de pilote)

Bref, ça ne ressemble à rien, c'est bavard et bancal, ça tente de faire dans la tragédie épique sans jamais dépasser le stade du "laborieux fauché façon Mutant X", ça met en scène des personnages antipathiques, et c'est bel et bien l'échec auquel tout le monde s'attendait. Je m'arrête là.

commentaires

Les bilans de Sygbab - Spartacus, saison 1 : Le Sang des Gladiateurs (2010)

Publié le 10 Décembre 2017 par Sygbab dans Critiques éclair, Review, Télévision, Les bilans de Sygbab, Action, Aventure, Histoire, Starz

Sygbab regarde (beaucoup) la tv, Sygbab écrit (parfois) des bilans : retrouvez-les sur le blog des Téléphages Anonymes !

Spartacus, saison 1 : Le Sang des Gladiateurs (Spartacus : Blood and Sand) :

Avant que ce projet ne se concrétise, la liste des séries produites par Sam Raimi et ses fidèles collaborateurs - tel Rob Tapert - était déjà éloquente. Parmi elles, Hercules et Xena sont les plus connues, et celles qui se rapprochent le plus de Spartacus si on se focalise uniquement sur la réécriture d'évènements historiques ou mythologiques. Mais le parti pris n'est pas le même : le second degré des deux premières citées contraste avec le premier degré de l'histoire du gladiateur Thrace.

Pour autant, Xena avait parfois un ton plus sérieux, mais cela ne coïncidait pas avec les meilleurs moments de la série. D'ailleurs, contrairement à la qualité intrinsèque de leurs productions déjantées (Cleopatra 2525, Jack of All Trades), celles qui ont été abordées sous un angle plus sérieux ne sont pas de grandes réussites (American Gothic est le parfait exemple : les bonnes idées y sont noyées par une écriture mal maîtrisée).

Ce passif peut donc laisser dubitatif au vu de la note d'intention de cette énième version de la rébellion des gladiateurs contre l'Emprie Romain, et le pilote ne fait que renforcer la défiance vis-à-vis de ce projet. Débilitant à souhait, celui-ci dévoile les ingrédients d'une recette simpliste : entre le gore grand-guignolesque des batailles - avec des gerbes de sang numériques de mauvais goût - et la dépravation sexuelle, l'aspect outrancier prend le dessus.

Par conséquent, la présentation des personnages est bâclée, comme si le seul contexte historique servait à les connaître. Une fainéantise extrême qui rebute, et qui est presque rédhibitoire.

Fort heureusement, le tir est rectifié assez rapidement, si toutefois le second épisode n'a pas achevé les plus exigeants. Que cela soit volontaire ou non, l'arrogance initiale de Spartacus le rend presque insupportable, et cela permet à d'autres personnages de tirer leur épingle du jeu grâce à un temps de présence bien réparti.

Que ce soit la brute Crixus, le charismatique doctore, cet enfoiré de Batiatus ou bien d'autres encore, chacun prend de l'épaisseur au fur et à mesure. C'est d'ailleurs une nécessité : l'action se déroulant principalement au Ludus Magnus, il faut bien que la vie qui y est décrite soit un tant soit peu intéressante.

L'histoire commence à prendre corps, et l'univers dépeint dénote par sa violence et sa brutalité extrêmes, même si la manière de le montrer est souvent exagérée. Il vaut mieux occulter également le côté soap de la série, parfois trop développé.

Pourtant, les scénaristes réussissent également à trouver un certain équilibre pour traiter les différents aspects de la série : états d'âme des protagonistes, machinations politiques, relations tumultueuses, combats dans l'arène qui deviennent mieux chorégraphiés au fil du temps sans l'emporter sur le reste, le programme est chargé. Ces éléments sont utilisés à bon escient, notamment dans l'épisode Revelations qui s'avère être une véritable démonstration dans le fameux exercice du toutéliage.

Un autre moment intéressant se situe dans l'épisode Mark of the Brotherhood : à l'occasion de l'arrivée nouvelles recrues fraîchement achetées par Batiatus, Œnomaüs effectue le même discours que lors de l'arrivée de Spartacus, qui se faisait rosser par Crixus en guise d'exemple.

Mais cette fois-ci, les rôles sont inversés puisque le Thrace est désormais le champion de Capula et donne la leçon à son rival diminué mais rongé par l'orgueil et déterminé à prouver de nouveau sa valeur. L'ascension de l'un et la déchéance - provisoire - de l'autre sont la conséquence directe du combat contre le géant Theokoles, qui tient en haleine par son intensité et ses rebondissements.

Être un champion octroie certains honneurs, qui ne sont malheureusement qu'illusoires. Les gladiateurs combattent pour la gloire au péril de leur vie, sont adulés, et vivent certes dans de bien meilleures conditions que certains misérables qui bénéficient de leur liberté, mais ils restent des esclaves, dont la vie n'a aucune importance pour leurs maîtres du moment que leurs performances rapportent énormément d'argent.

Spartacus s'en aperçoit lorsqu'il découvre dans quelles conditions sa femme a été tuée, et rendu fou de rage par les machinations de Batiatus (un bel enfoiré dans toute sa splendeur, parfaitement interprété), il décide alors de mener ses compagnons dans une révolte sanglante.

Si ses raisons sont parfaitement valables, cet élément déclencheur accélère l'intrigue trop brutalement. En dehors de Crixus qui en veut à Lucretia, les autres gladiateurs n'ont jamais vraiment rejeté leur nouvelle vie. Les voir subitement prêt à suivre le Thrace dans ce qui peut être considéré comme une folie rend donc ce soulèvement peu crédible.

On retrouve là la fainéantise entrevue dans le pilote : les scénaristes ont tendance à se reposer sur le contexte historique mais semblent oublier que même en connaissant les grandes lignes de cette histoire, le téléspectateur a besoin d'être impliqué. Cela nécessite donc une plus grande rigueur dans l'écriture.

Malgré ces scories, la série a une véritable identité, aussi bien au niveau visuel - malgré des choix discutables déjà évoqués auparavant - que dans le ton, et brosse le portrait de personnages qui finissent par s'avérer intéressants. C'est inégal, mais respectable.

commentaires

Christmas Yulefest 2017 - 59 - Casse-Noisette et Le Roi des Souris (2015) & Le Prince Casse-Noisette (1990)

Publié le 25 Décembre 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Télévision, Christmas, Noël, Yulefest, Jeunesse, Allemagne, Animation, Fantastique

Noël est là, et chez les Téléphages Anonymes, la Christmas Yulefest continue avec son marathon de cinéma festif pendant tout le mois de décembre...

Casse-Noisettes et le Roi des Souris (Nussknacker und Mausekönig) :

Comme chaque année, Maria (Mala Emde) et son petit frère Fritz (Leonard Seyd) attendent Noël avec impatience, pour découvrir le cadeau improbable et magique de leur oncle Drosselmeier (Anatole Taubman). Maria, notamment, tombe sous le charme du diorama mécanique animé qu'il leur offre, cette année, et elle se fascine pour un Casse-Noisettes sculpté à la main. D'autant que, lorsque la nuit tombe sur la demeure des Stahlbaum, un phénomène magique se produit, et la figurine prend vie, pour livrer un combat incroyable contre le maléfique Roi des Souris...

Téléfilm allemand diffusé sur Das Erste, cette version de Casse-Noisette s'avère plutôt réussie, visuellement parlant, car produite avec un budget confortable d'1.5 million d'euros. Résultat : niveau atmosphère et direction artistique, le tout est très convaincant, frôlant même parfois l'horreur (pour enfants, bien entendu), avec une atmosphère assez pesante et glauque (joli travail sur les éclairages et la mise en scène) qui capitalise de manière intéressante sur la musique familière de Tchaïkovski.

Après, c'est loin d'être parfait, puisque le tout reste assez confiné entre quatre murs, sans grande ampleur (le pays des friandises et des bonbons est un peu fauché, franchement), que la résolution est un peu expédiée (forcément, vu le format du programme) et que face au Roi des Souris cabotin, le Casse-Noisettes blond est particulièrement fade et transparent.

Néanmoins, dans l'ensemble, c'est encore la preuve que la télévision allemande (tout comme les télévisions nordiques et anglaises, d'ailleurs) investissent de l'argent dans des programmes pour enfants de qualité. On ne peut pas en dire autant de la France.

3.5/6

Le Prince Casse-Noisettes (The Nutcracker Prince) :

Dans l'Allemagne de 1850, Clara s'apprête à fêter Noël en famille, mais elle est jalouse de toute l'attention que sa soeur aînée Louise reçoit de son petit-ami. Heureusement, son oncle Drosselmeier arrive enfin, et avec lui, il apporte un cadeau des plus mémorables...

Un long-métrage d'animation canadien relativement fidèle au déroulement du récit de ETA Hoffmann, mais qui souffre malheureusement d'une direction artistique des plus inégales.

En effet, durant le plus clair du métrage, ce Casse-Noisette a un style très Disney/Bluth, avec des décors soignés et des personnages au design un peu plus polarisant, mais homogène ; et puis, le temps d'un long interlude relatant la légende de la Princesse, du Casse-Noisette et des Rats, le tout bascule dans du cartoon ultra-caricatural et outré, au doublage et aux visuels criards, et à l'humour bas-de-plafond.

Le choc est rude, et risque de perdre plus d'un spectateur.

Cela dit, non seulement il permet de bien démarquer le conte fantastique du reste du métrage et de son univers plus réaliste, mais il s'accompagne aussi d'une amélioration notable de l'animation, qui devient plus fluide et convaincante. On devine alors rapidement que certaines parties du métrage ont été nettement plus travaillées que d'autres, ce qui se remarque clairement.

La troisième partie du métrage (le retour à la réalité et l'affrontement Rats/soldats, ainsi que tout ce qui s'ensuit) mélange les deux styles de manière plutôt convaincante, visuellement parlant. À vrai dire, ce qui gêne le plus dans l'ensemble du métrage, c'est le doublage inégal d'un personnage à l'autre, entre accents inutiles et clichés, et Kiefer Sutherland en pilotage automatique dans le rôle du Casse-Noisettes.

La musique, elle, est reprise de Tchaïkovski, donc aucun problème sur ce plan-là... si ce n'est cette hideuse chanson finale, qui apparaît d'ailleurs brièvement en cours de film : une version d'une mélodie de Tchaïkovski, reprise façon pop années 80-90 à la Whitney Houston du pauvre, et qui donne vraiment envie de se crever les tympans pour arrêter le massacre.

Dans l'ensemble, cependant, ce dessin animé est tout à fait honorable. Rien d'exceptionnel, et on est très loin de la qualité des grands studios d'animation, mais ce n'est pas non plus un métrage fait à la va-vite, sans la moindre idée ou le moindre talent.

Imparfait, mais ça aurait pu être bien pire.

3.5/6

--

Comme toujours, retrouvez la liste complète (et mise à jour avec les titres français) des films de Noël déjà passés en revue sur ce blog les années précédentes, en consultant notre Index Christmas Yulefest disponible ici...

commentaires

Les bilans de Lurdo : Black Mirror - Saison 3, première partie (2016)

Publié le 22 Avril 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Télévision, Les bilans de Lurdo, UK, Drame, Fantastique, Science-Fiction, Netflix, Anthologie, Black Mirror

Au bout de deux saisons mitigées, et d'un Christmas Special reposant intégralement sur le charme de Jon Hamm, Black Mirror, anthologie anglaise conçue, écrite et supervisée par Charlie Brooker, quitte Channel 4 pour atterrir sur Netflix...

Au programme, une saison de 6 épisodes toujours écrits par Brooker, et qui attirent encore et toujours des noms familiers devant la caméra ; de plus, le passage chez Netflix a rallongé d'autant les épisodes, qui atteignent désormais, pour la plupart, l'heure de métrage.

Black Mirror - Saison 3.1 :

3x01 - Nosedive :

Dans le monde de Lacie (Bryce Dallas Howard), tout le monde dépend d'une note attribuée par autrui pour chaque interaction et action. Mais pour pouvoir accéder à des avantages financiers lors de l'achat d'une maison, elle doit obtenir la moyenne de 4.5/5. Pour cela, elle fait tout son possible pour devenir la demoiselle d'honneur d'une amie d'enfance désormais populaire (Alice Eve), quitte à mettre en péril toute son quotidien.

Bon, alors là, problème : avec cet épisode de 63 minutes centré sur les réseaux sociaux et l'importance de l'approbation d'autrui et des inconnus dans la vie des gens (un épisode qui a clairement inspiré Seth MacFarlane pour The Orville, et qui lui-même ressemble fortement à l'épisode 5x08 de Community), Black Mirror met dans le mille, et remplit parfaitement son rôle de critique satirique de la société et de la technologie.

Sauf qu'en fait, l'épisode m'a rapidement énervé.

Non seulement parce que je ne me suis pas du tout senti concerné par ce problème des réseaux sociaux (j'ai conscience que les réseaux sont indispensables à certaines personnes, mais je n'utilise aucun compte de ce type, et je vis très bien sans), mais aussi parce que, comme à son habitude, l'écriture est volontairement caricaturale et forcée.

Une écriture à plusieurs mains, puisque Mike Schur a apparemment écrit la première partie de l'épisode (environ 45 minutes de visuels et couleurs pastels, de personnages horripilants, et d'interprétation gentiment forcée - j'ai bien compris que c'était pour souligner l'hypocrisie générale, mais bon...), Rashida Jones les 20 minutes restantes (qui dégénèrent en une farce grotesque et improbable), le tout à partir d'une idée de base de Brooker.

Je me demande combien Jones et Schur ont réellement influencé le concept de base et le ton général de l'épisode, et combien Joe Wright, à la réalisation, a influencé la direction artistique... mais une chose est sûre, j'ai trouvé l'épisode (dans son ensemble) assez désagréable, et tournant gentiment à vide (plus de 60 minutes, c'est trop).

Et pourtant, sa fin quasi-optimiste (toutes proportions gardées) et sa pertinence ne le rendent pas inintéressant pour autant (même si le message global est assez basique et générique).

(ça fait plaisir de voir passer James Norton en glandeur assez loin de son personnage de Granchester)

3x02 - Playtest :

Cooper (Wyatt Russell), un globe-trotter américain qui tente de couper tout lien avec sa mère, arrive à Londres, où il rencontre Sonja (Hannah John-Kamen), et décroche un emploi temporaire auprès d'un studio de jeux vidéo. Sa mission : tester un nouveau concept de réalité augmentée, qui le confrontera à toutes ses peurs...

Enfin un épisode totalement réussi... ou presque. J'étais pourtant totalement dedans, depuis son quart d'heure d'introduction utile et efficace, jusqu'à ses personnages pour une fois relativement sympathiques, en passant par la mise en image compétente du réalisateur de 10, Cloverfield Lane.

Une jolie ambiance, un déroulement agréable, une direction artistique lugubre... et puis malheureusement, vers la fin, Brooker tente d'en faire trop, enchaîne retournement de situation sur retournement de situation, pour finalement retomber là où on l'attendait inévitablement, de manière assez plate et prévisible.

Forcément : l'écriture de Brooker est telle que généralement, le moindre élément de ses scripts est un fusil de Tchekhov, uniquement là pour revenir ultérieurement dans l'intrigue. Il devient donc rapidement évident de prévoir à l'avance quels éléments de ses épisodes ne sont là que pour être réutilisés ensuite, et de deviner comment ils le seront ; et sans surprise, dans cet épisode, Brooker empile les fusils de Tchekhov les uns sur les autres, pour les utiliser de la manière la plus évidente possible dans son grand final... mouais.

C'est dommage, parce que les trois-quarts de l'épisode sont intéressants, et le gag final a suffisamment de mordant pour arracher un sourire - quand bien même il arrive un peu comme un cheveu sur la soupe après cet épisode ultra-sérieux et premier degré.

3x03 - Shut Up And Dance :

Kenny (Alex Lawther), un adolescent mal dans sa peau, devient la victime de maîtres-chanteurs anonymes qui l'obligent à commettre des tâches basiques, puis des actes criminels, sous peine de publier une vidéo le montrant en train de se masturber. Bien vite, cette situation l'amène à rencontrer Hector (Jerome Flynn), lui aussi victime de chantage...

Un épisode réalisé par James Watkins (Eden Lake, La Dame en Noir), et qui a polarisé les spectateurs de Black Mirror.

Ce qui n'est pas forcément surprenant, tant c'est effectivement un script qui marche beaucoup trop dans la droite lignée de l'épisode White Bear pour vraiment convaincre : on y retrouve ces personnages constamment en mouvement et sous tension, victimes d'individus qu'ils ne comprennent pas, et on retrouve ce même twist final, qui révèle que le protagoniste que l'on suit depuis le début, et pour lequel on est supposé avoir de la compassion, est responsable d'horreurs impardonnables.

Un fonctionnement narratif éprouvé, donc, mais qui ne surprend guère et est assez dérivatif, d'autant que Brooker, à nouveau, laisse des indices évidents dès le début de l'épisode.

L'autre problème de cet épisode (au demeurant très bien interprété), c'est son propos : on peut deviner des questions de société que l'épisode semble vaguement vouloir effleurer, comme en filigrane : le comportement des trolls du web, poussé dans ses retranchements ; le bien-fondé et les motivations des personnes s'érigeant justiciers du web ; l'irresponsabilité du comportement de chacun sur internet ; ou encore la position du spectateur devant ce déséquilibré "passif", victime d'autres criminels tout aussi répréhensibles - dans quel camp se ranger ? Et y-a-t'il une bonne réponse à cette question ? Pas sûr.

Shut Up And Dance, cependant, ne semble pas forcément intéressé par ces questions, préférant se conclure par un bon gros TROLOLOL des familles. C'est regrettable, car il manque quelque chose pour que le tout fonctionne réellement, et soit vraiment efficace.

(à suivre...)

commentaires

Les bilans de Lurdo : Philip K. Dick's Electric Dreams, dernière partie (2017)

Publié le 17 Juin 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Télévision, Anthologie, UK, Amazon, Science-Fiction, Fantastique, Drame, Thriller, Les bilans de Lurdo

Je conclue l'intégrale de cette anthologie Channel 4/Amazon, supervisée par Ron D. Moore (Battlestar Galactica, etc), et adaptant directement des récits de Philip K. Dick pour le petit écran...

Après quatre premiers épisodes peu convaincants, et quatre autres guère plus homogènes, l'anthologie se termine, et laisse toujours aussi dubitatif...

- The Commuter -

Ed Jacobson (Timothy Spall) ne vit pas une vie très reluisante. Employé ferroviaire, il vit dans un quartier miteux, et son couple est déchiré par leur fils et ses problèmes mentaux. Jusqu'au jour où Ed remarque que certains passagers d'un train descendent au milieu de nulle part, pour rejoindre une ville inconnue qui se trouve là : Macon Heights. Curieux, il s'y rend, et découvre une bourgade mystérieuse, où tous les problèmes semblent disparaître... y compris ceux de Jacobson.

Alors là, très bonne surprise. Adaptation de Le Banlieusard, ce Commuter s'avère un épisode touchant et maîtrisé, qui reste énigmatique et largement ouvert à interprétation, mais qui se permet aussi quelques excentricités visuelles intéressantes : le tout reste constamment intrigant, à la limite d'un concept de la Quatrième Dimension.

On pourra toujours regretter la coupe de cheveux affreuse (et visiblement factice) de Tuppence Middleton, mais l'interprétation globale est excellente, et le postulat de cette ville imaginaire, dont on nous rappelle constamment qu'elle peut être assimilée à une drogue permettant d'oublier tous ses soucis, fonctionne très bien, donnant probablement lieu à ce qui est, jusqu'à présent, mon épisode préféré de cette anthologie.

Il était temps.

- K.A.O. (Kill All Others) -

Dans une Amérique du Nord unifiée, où n'existe plus qu'un seul parti et une seule candidate (Vera Farmiga), Philbert Noyce (Mel Rodriguez) remarque soudain qu'autour de lui, et dans les discours de la Candidate, un message se répète : "Tuez tous les Autres". De plus en plus paniqué et stressé, Phil tente alors d'en savoir plus, et de comprendre qui sont "les Autres"...

Un épisode assez mitigé, qui évoque, dans sa structure et ses thématiques, l'épisode Safe and Sound, avec son personnage principal qui finit par devenir un pion d'une société manipulatrice et totalitariste.

Alors certes, en ces temps de Trumpisme et de discours fascisants, le "Tuez tous les Autres" a des échos assez glaçants, puisque l'épisode, basé sur la nouvelle Le Pendu dans le Square, choisit de se défaire de la composante extra-terrestre de la nouvelle (qui aurait probablement donné à l'épisode des échos de Invasion Los Angeles un peu trop flagrants) pour rester sur quelque chose de plus terre à terre : un gouvernement qui incite ses citoyens formatés à faire le ménage parmi la population, et qui les désensibilise progressivement à la violence et aux discours haineux.

C'est intéressant, mais ça s'arrête malheureusement là. Le ton global de l'épisode est en effet assez inégal, tour à tour ultra-sérieux et paranoïaque, et pseudo-comique (les hologrammes), et son déroulement est un peu parasité par des scènes inutiles et par du remplissage.

C'est regrettable, car le même récit condensé en 25/30 minutes aurait été particulièrement efficace. En l'état, ce n'est pas forcément mauvais, mais ça tourne un peu à vide.

 ---

Bilan global :

Une anthologie des plus frustrantes. On sent que Channel 4 et Amazon veulent devenir la compétition de Black Mirror (autrefois sur Channel 4), mais malheureusement, ces Electric Dreams en sont loin.

Le problème, comme je l'ai déjà mentionné dans un des bilans précédents, c'est que les récits de Dick - du moins, ceux qui ont été ici choisis - sont assez datés, en cela que leurs idées ont été pillées encore et encore par le cinéma et la télévision de genre, depuis les années 50.

C'est problématique, puisque cela demande alors énormément de savoir-faire et d'originalité dans le traitement et l'adaptation, chose qui manque clairement à ces Rêves Électriques : l'anthologie est très très inégale, bien trop basique et générique dans son approche des nouvelles originales, et les épisodes tombent donc bien souvent à plat, manquant d'originalité, ou de punch.

Et puis il faut bien avouer qu'il y a un certain problème de direction artistique dans certains épisodes, trop kitschs et/ou fauchés pour vraiment donner vie aux univers décrits.

Ce n'est pas rédhibitoire, et on peut tout de même trouver son compte dans Philip K. Dick's Electric Dreams, mais si l'on a déjà de l'expérience en matière d'anthologie fantastique/science-fiction, il est probable que l'on reste sur sa faim.

Car au final, Philip K. Dick's Electric Dreams est bien plus près du médiocre Masters of Sci-Fi que de Black Mirror (et je l'admets sans peine, malgré mon peu d'affinités avec l'anthologie de Charlie Brooker).

commentaires

Un film, un jour (ou presque) #656 : My Wonder Women (2017)

Publié le 23 Février 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Biographie, Drame, DC, Histoire

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

My Wonder Women (Professor Marston and The Wonder Women) :

Psychologue à Harvard dans les années 40 et inventeur du détecteur de mensonge, William Marston (Luke Evans) possède des idées d'avant-garde sur la domination, la soumission, et les rapports humains. Lorsqu'il rencontre Olive Byrne (Bella Heathcote), l'une de ses étudiantes, il s'éprend d'elle, mais découvre rapidement que son épouse Elizabeth (Rebecca Hall), n'est pas insensible au charme de l'étudiante. Le trio s'installe bientôt ensemble, et de cette union improbable portée sur le bondage va naître le personnage de Wonder Woman, héroïne de comic-book au succès démesuré...

Sur le papier, ce biopic avait tout pour me plaire : des acteurs sympathiques, un genre que j'apprécie (la biographie), un sujet intrigant (un ménage à trois aux tendances fétichistes, dans les années 40, en parallèle de la création de Wonder Woman), une réalisatrice pas inintéressante (Angela Robinson, réalisatrice de l'amusant D.E.B.S.)...

Et pourtant, dans les faits, ça n'a pas vraiment fonctionné sur moi. En fait, le problème principal que j'ai eu devant ce métrage, c'est son académisme formel, façon biopic à Oscars produit par les Weinstein : tout est calibré, formaté, balisé, c'est propre, c'est léché, c'est carré, et ça ne sort jamais des sentiers battus, avec un artifice de narration (le récit est encadré par le témoignage de Marston face à Josette Frank - Connie Britton - qui accuse les comics de Wonder Woman de perversité, et Marston raconte donc sa vie et la création du personnage en flashbacks) assez maladroit et pataud.

D'ailleurs, c'est l'un des autres problèmes du film : ça manque cruellement de finesse et de subtilité, que ce soit dans l'écriture (dialogues, structure, passage du temps très mal retranscrit), dans la réalisation (très académique, donc, mais il y a aussi des passages qui se veulent sensuels et emplis de tension sexuelle... et qui ne le sont tout simplement pas), dans l'interprétation (Hall et Evans sont très bien, Heathcote est malheureusement constamment frémissante, à fleur de peau et sur le point de pleurer, sans grande nuance de jeu), dans l'illustration musicale...

Et puis il y a aussi l'argument de la véracité du tout.

Je suppose que c'est assez approprié, pour un film sur l'inventeur d'une arnaque comme le détecteur de mensonges (d'ailleurs, Marston ne l'est pas vraiment, il a simplement développé une partie de l'appareil), mais on est là dans la biographie très romancée, à la limite du récit totalement fictif.

Si l'on en croit la famille Marston (et leur biographe), le film est en effet une complète invention omettant bien des faits importants, pour mieux sombrer dans de la propagande LGBT + BDSM sans réel fondement : Marston était un bonimenteur qui recherchait constamment les coups de pub ; Marston avait imposé à sa femme la présence d'Olive, sous peine de divorce ; ils vivaient déjà occasionnellement avec une autre maîtresse de Marston, rencontrée bien plus tôt, séjournant à l'étage, et c'est elle qui a fait découvrir le bondage à Marston ; il n'y a aucune preuve formelle d'un ménage à trois ou d'une relation amoureuse ou sexuelle durable entre Olive et Elizabeth, qui ne partageaient pas de lit ou de chambre ; Marston avait des idées très excentriques et infondées sur de nombreux sujets, qu'il faisait passer pour du féminisme d'avant-garde ; en parallèle de Wonder Woman et de son enseignement, il était impliqué dans le monde du cinéma et était avocat... etc.

Si l'on en croit la réalisatrice/scénariste, par contre, c'est une lecture certes subjective, mais tout à fait valide, d'une vie compliquée et énigmatique...

Bref, le résultat est particulièrement mitigé, tant sur la forme que sur le fond. Oui, ça se regarde tranquillement, mais c'est tellement plat et ronronnant, formellement, que ça finit par desservir le propos du film, et la relation excentrique qui est son noyau (qu'elle soit réelle ou non).

Quant à la création de Wonder Woman à proprement parler (elle aussi fortement romancée et inexacte), elle n'arrive vraiment que dans la dernière demi-heure, et est, une nouvelle fois, replacée dans un contexte propagandiste (le personnage de Marston le dit lui-même lors de son pitch aux éditeurs), et dans le contexte de cette relation, au point d'être presque anecdotique dans le cadre du métrage.

Si l'on parvient à faire abstraction de la véracité très relative des faits, et de ses maladresses techniques, My Wonder Women devient le portrait mélodramatique d'un couple polyamoureux et fétichiste, qui tente de survivre à une époque hostile et à l'esprit étriqué.

Ce n'est pas désagréable, et ça explique sans doute l'avalanche de critiques positives que l'on peut lire un peu partout (d'autant que l'enthousiasme démesuré relatif à Wonder Woman n'était pas retombé au moment de la sortie de ce biopic), mais c'est loin d'être totalement satisfaisant.

Un minuscule 3/6

​--

Et comme toujours, vous pouvez retrouver la liste complète de tous les films passés en revue sur ce blog dans le menu Index de haut de page, ou en cliquant directement sur ce lien....

commentaires

Les bilans de Lurdo : Wrecked, saison 1 & 2 (2016-2017)

Publié le 23 Septembre 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Télévision, Comédie, TBS, Les bilans de Lurdo, Drame, Aventure

Sitcom TBS créée et produite par les frères Shipley, précédemment scénaristes sur Deadbeat / RIP : Fauchés et sans repos, cette comédie découpée en saisons de 10x20 minutes se présente ouvertement comme une parodie (très tardive) de Lost, et de shows télévisés comme Survivor/Koh-Lanta : des étrangers, perdus sur une île déserte, et confrontés à un environnement hostile aux nombreux secrets...

Wrecked, saison 1 (2016) :

Lorsqu'il se réveille sur une île tropicale, Danny (Brian Sacca), fils d'un milliardaire, réalise que son avion de ligne s'est écrasé au milieu de nulle part. Entouré d'Owen (Zach Gregger), un stewart avec lequel il sympathise immédiatement, de Pack (Asif Ali), un agent de star, de Florence et Emma (Jessica Lowe & Ginger Gonzaga), deux meilleures amies, de Todd et Jess (Will Greenberg & Ally Maki), un couple dans la tourmente, de Steve (Rhys Darby), un néozélandais excentrique, de Karen (Brooke Dillman), une cadre très intense, et de multiples autres survivants anonymes, Danny doit apprendre à survivre sur l'île, et pour cela, il se fait passer pour un officier de la loi...

Une comédie passée totalement inaperçue, et pour cause : lorsque l'on regarde sa première saison, on s'aperçoit vite que le programme ne sait pas vraiment ce qu'il veut être. La distribution est pourtant bonne, et se prête bien volontiers au grand n'importe quoi de la série, mais ça ne suit malheureusement pas au niveau de l'écriture.

Wrecked tente en effet de concilier parodie/pastiche de Lost (on reconnaît là certaines astuces de mise en scène, une structure occasionnellement en flashbacks, des personnages familiers, des motivations, des sous-intrigues), sitcom gentiment surjouée et occasionnellement en dessous de la ceinture, et quelque chose de nettement plus sérieux (avec des morts, de la tension dramatique, des conflits, etc) et de hautement sérialisé.

Pris séparément, ces éléments ne sont pas désagréables, et certains épisodes fonctionnent plus ou moins (l'épisode avec Eliza Coupe en hôtesse de l'air psychotique est assez amusant, notamment), mais progressivement, au fil de la saison, le ton se fait plus dramatique, la tension croît à mesure que les naufragés cherchent à élire un nouveau leader (l'élection de Trump n'est pas loin).

D'autant que, contrairement à Lost, ici, pas de fantastique ou de véritables mystères, on est dans de la survie basique, et des problèmes du quotidien. Alors avec des personnages assez peu attachants, un ton très fluctuant, et un humour assez inégal, on finit assez mitigé devant cette première saison qui semble trop hésitante pour son propre bien, n'osant pas assez souvent pousser le bouchon suffisamment loin, ni se lâcher complètement.

Wrecked, saison 2 (2017) :

Alors que la société de l'île est en ruines suite au règne de Steve, un navire arrive à l'horizon, avec à son bord Barracuda (Ebonee Noel) et ses hommes, des mercenaires venus kidnapper Danny. Mais lorsque leur tentative de rançon échoue, les criminels décident de s'installer un temps sur l'île, pour y prendre des vacances...

Une saison 2 qui continue dans la voie de la sérialisation... et qui reste toujours le postérieur entre deux chaises, jamais suffisamment dramatique pour qu'on prenne au sérieux les mésaventures des personnages, jamais suffisamment drôle pour verser dans le délire total, et jamais suffisamment attachante pour qu'on s'intéresse vraiment à ses personnages.

Pourtant, il s'en passe, des choses, dans le quotidien de ces naufragés : ils tentent de cohabiter avec les pirates, allant même, pour certains (Todd et Jess), jusqu'à s'offrir à l'un d'entre eux (un épisode assez amusant, et à la censure graphique assez osée) ; ils prennent le navire de ces derniers d'assaut ; ils s'entredéchirent (un épisode de lutte des classes entre ceux qui ont une douche à bord, et les autres : pas désagréable, mais ça m'a vraiment trop rappelé Community et ses épisodes similaires pour me convaincre totalement) ; ils sont trahis par l'un des leurs ( ) ; et ils finissent donc la saison là où ils l'ont commencée (sur une île déserte).

Malheureusement, pour chaque bonne idée ou gag qui fait mouche, il y a son pendant négatif : l'épisode centré sur le retour de l'hôtesse de l'air cinglée ne fonctionne pas, par exemple, car Eliza Coupe ne rempile pas, et est remplacée par une actrice qui surjoue au possible ; les flashbacks lostiens sont eux aussi assez inégaux, car de plus en plus rares, et trop rarement efficaces - les flashbacks du hippie n'amènent pas grand chose, ceux de Karen dans une secte vaguement amish ne servent qu'à tenter de feinter le spectateur (en vain) ; autre idée qui tombe à plat, la rédemption de Steve, au travers de son sauvetage d'un marin interprété par Jemaine Clement (oui, ça fait plaisir d'avoir une réunion de deux Flight of the Conchords, mais c'est une digression finalement assez dispensable).

Et puis, comme en saison 1, plus la saison avance, plus le script tente de développer une dramaturgie et des enjeux  importants (à base de manipulations, de jalousies, de sabotage et de bateau qui coule), pour donner de l'ampleur au tout... tout en se moquant allègrement de ses personnages et des situations.

Résultat, on regarde ça sans grande implication, ni sans grande affection pour les personnages, et on sourit occasionnellement, plus qu'on ne rit.

À la fin de la saison, les naufragés ont donc retrouvé une île, une île aux plages truffées de mines explosives et de caméras, et sous le contrôle apparent d'un chasseur aimant s'adonner à la chasse à l'homme. La prochaine saison (ou, pour être plus précis, la saison dont la diffusion a commencé fin juillet dernier, et qui est sur le point de se terminer) devrait donc lorgner sur les Chasses du Comte Zaroff, ce qui pourrait être amusant... mais ne m'intéresse pas vraiment.

Comme je l'ai dit, je ne suis guère attaché à ces bras-cassés, la série ne m'a pas plus convaincu que ça, et je vais donc faire l'impasse sur la saison 3, sans grands regrets.

En soi, le show n'est pas mauvais, il me paraît simplement bien trop anecdotique et inabouti (sans oublier toujours un peu brouillon au niveau de son ton et de sa direction).  

---

Retrouvez aussi toutes les autres séries passées en revue sur ce blog en cliquant ici et ici.

commentaires

Halloween Oktorrorfest 2016 - 128 - Un Ange aux Deux Visages (2016), Prémonitions (1999) & Le Masque de la Mort Rouge (1964)

Publié le 4 Novembre 2016 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Oktorrorfest, Review, Horreur, Fantastique, Thriller, Halloween, Télévision, Lifetime

Halloween, c'est terminé, et jusqu'à la fin de la semaine, on achève l'Oktorrorfest sur le blog des Téléphages Anonymes, avec au programme la fin de ce marathon de cinéma fantastique et d'horreur qui a duré un peu moins de deux mois, de mi-Septembre à début Novembre...

Un Ange aux Deux Visages (Mommy's Little Girl / Mommy's Little Monster) :

Après trois années de sobriété, Theresa (Fiona Gubelmann) peut enfin assumer la garde de sa fille Sadie (Emma Hentschel), qui, jusque là, a vécu chez la belle-mère de Theresa, une vieille femme acariâtre et fondamentaliste. Theresa est ravie de s'installer chez sa mère, en compagnie du fiancé de celle-ci, et de son fils adolescent. Mais rapidement, il s'avère que Sadie peine à s'adapter à une vie normale, qu'elle souffre d'un déséquilibre mental, et qu'elle règle tous ses conflits d'une manière brutale et définitive...

Un thriller diffusé sur la chaîne Lifetime, assez mauvais, écrit avec les pieds, à la structure un peu bancale, à la réalisation et au montage basiques au possible, et à l'interprétation en roue libre de la jeune Emma Hentschel, qui fait de son mieux, mais n'est pas du tout aidée par le script et la direction d'acteurs inexistante.

Tout est décousu, la fillette ne semble jamais vraiment sincère ou naturelle, même lorsque son personnage l'est, et la belle-mère fondamentaliste maléfique est une caricature sur pattes.

Heureusement que Fiona Gubelmann est toujours très attachante et sympathique, ça aide un peu à faire passer la pilule.

1.25/6

Prémonitions (In Dreams) :

Douée de pouvoirs de clairvoyance, Claire (Annette Bening) a tendance à prévoir le futur dans ses rêves, des rêves qui deviennent de plus en plus sinistres, à mesure qu'un tueur en série mystérieux (Robert Downey Jr.) sévit dans la région. Jusqu'au jour où Rebecca, la fille de Claire, est retrouvée noyée dans un lac artificiel. Perturbée, et frustrée par le refus de la police de croire en ses visions, Claire se tourne alors vers Silverman (Stephen Rea), un thérapeute qui finit par la faire interner. Mais alors que les rêves de Claire se transforment en cauchemars de plus en plus intenses, la mère éplorée comprend qu'elle est télépathiquement liée au tueur dans son sommeil, et qu'elle est actuellement enfermée dans son ancienne cellule...

Un thriller fantastique intéressant, car adapté d'un roman par Neil Jordan, ce qui garantit, d'office, un rendu visuel assez artistique et fascinant.

C'est le cas ici, avec des visions oniriques sous-marines, des cauchemars étranges et abscons... au point de l'être justement un peu trop.

Si l'intrigue est assez simple dans son déroulement, toutes ces séquences oniriques et ces visions finissent par l'embrouiller un peu trop, au point qu'une bonne partie des spectateurs semble aujourd'hui persuadée que Claire et le tueur ne sont qu'une seule et même personne, et qu'elle souffre de dédoublement de personnalité. Une théorie qui ne tient pas vraiment la route, mais qui profite des nombreuses zones d'ombre du métrage pour gagner en popularité.

Hormis ce côté un peu brouillon du produit fini, sinon, le film est assez bien produit, et bien interprété, même si j'aurais préféré un peu plus de retenue à certains moments dans le jeu de Bening et de Downey Jr.

De même, au bout d'un moment, une fois que Downey apparaît à l'écran, le film perd en tension, en mystère et en énergie, et débouche sur une résolution un peu décevante. Rien de calamiteux, mais ça empêche ce Prémonitions d'être un vrai bon film, et ça le limite à un

3.25/6

Le Masque de la Mort Rouge (Masque of the Red Death) :

Alors que la Mort Rouge, une épidémie meurtrière, ravage le pays, le Prince Prospero (Vincent Price), cruel et sataniste, invite tous les nobles de la région à se réfugier dans son chateau, à l'abri de la plèbe contaminée. Là, il organise un bal costumé décadent et dépravé, auquel la pauvre Francesca (Jane Asher), récemment kidnappée par le Prince, ne peut qu'assister, impuissante. Mais lorsqu'une silhouette drapée de rouge se joint à la fête, Prospero ne sait s'il s'agit là de son maître démoniaque, ou d'une menace bien plus sinistre encore...

Septième des huit adaptations d'Edgar Allan Poe par Roger Corman, ce Masque de la Mort Rouge n'a absolument rien d'un film bon marché et fauché : tout y est chatoyant, luxueux, splendide et fascinant, c'est un vrai régal pour les yeux.

Sans surprise, Vincent Price y est excellent en despote mesquin et cruel, et avec une durée de 90 minutes à peine, pas le temps de s'ennuyer, même si le script se permet quelques digressions pas forcément indispensables au récit.

Dans l'ensemble, une réussite intelligente et plus subtile qu'il n'y paraît (qui profite d'ailleurs de son récit pour adapter, en passant, la nouvelle Hop-Frog de Poe).

4.5/6

commentaires

Halloween Oktorrorfest 2016 - 129 - Legion (2010), Accidental Exorcist (2016) & Ghost Team (2016)

Publié le 4 Novembre 2016 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Oktorrorfest, Review, Action, Fantastique, Horreur, Comédie, Halloween

Halloween, c'est terminé, et jusqu'à la fin de la semaine, on achève l'Oktorrorfest sur le blog des Téléphages Anonymes, avec au programme la fin de ce marathon de cinéma fantastique et d'horreur qui a duré un peu moins de deux mois, de mi-Septembre à début Novembre...

Legion :

Dans un diner routier poussiéreux, les clients et le personnel (Lucas Black, Tyrese Gibson, Adrianne Palicki, Charles S. Dutton, Jon Tenney, Willa Holland, Kate Walsh, Dennis Quaid) sont confrontés à des assaillants difformes et grotesques : des humains, possédés par les anges du Seigneur, qui a décidé de purger la Terre de l'Humanité. Seul l'Archange Gabriel (Paul Bettany) peut alors aider ce petit groupe de survivants - parmi lesquels, le sauveur de  l'Humanité, encore bébé -  à lutter contre les légions du Paradis.

Mouais... c'est quand même assez médiocre, tout ça.

En fait, c'est juste une mauvaise copie de The Prophecy, mais avec un budget effets spéciaux triplé.

Les 40 premières minutes tiennent la route, ce n'est pas désagréable (même si la scène de la grand-mère perd 90% de son impact, tant elle est téléphonée), et puis arrive un gros couloir d'une vingtaine/trentaine de minutes (le siège proprement dit) absolument sans tension ni intérêt (forcément, un siège sans assaut, c'est décevant), beaucoup trop bavard, et finalement assez rédhibitoire.

D'autant que, lorsque ça redémarre enfin un peu, c'est tellement mal écrit au niveau des dialogues que ça empiète sur le plaisir de voir deux anges bien castés et interprétés s'en mettre plein la tête.

À vrai dire, à part les effets numériques, plutôt réussis, c'est un scénario et une production de DTV, avec de la caractérisation à la truelle, des punchlines débiles, un script qui tient littéralement en deux lignes, une réalisation très moyenne, des choix créatifs discutables (les voix des "démons"), un rythme bancal, et des acteurs globalement médiocres, Bettany et Palicki exceptés (Quaid est calamiteux, son "fils" donne l'impression d'être simplet).

Bref, un 2/6, parce que le score de Frizzell est sympathique, et que visuellement, ça ne fonctionne pas trop mal. 

Accidental Exorcist :

Trentenaire alcoolique et instable, Richard Vanuck (Daniel Falicki) est aussi un exorciste hors pair, souffrant des stigmates du Christ, mais capable d'exorciser n'importe quel cas de possession sans le moindre effort. Cette destinée improbable a cependant un impact considérable sur sa santé mentale, et lentement, Vanuck sombre dans une spirale infernale de dépression...

Une comédie noire horrifique indépendante, écrite, réalisée et interprétée par Falicki, cet Accidental Exorcist s'avère une approche intéressante d'un genre bien balisé : c'est original, c'est assez sarcastique, c'est relativement bien filmé compte tenu du budget et de ses limites, les effets sont compétents, l'ambiance est poisseuse... mais on sent que c'est le travail d'un seul homme : en effet, le tout manque de... de retenue.

Falicki est au centre de tout le métrage, il en fait ce qu'il en a envie, mais çà et là, on se dit que le film aurait bénéficié à être recadré, que Falicki aurait bénéficié de quelqu'un pour lui dire "non, ça, c'est inutile" ou "coupe ça, c'est de trop, c'est contre-productif".

Résultat : le film souffre d'un rythme particulièrement peu maîtrisé, et est à la fois trop long et décousu, jusqu'à lasser totalement le spectateur.

Dommage, car avec un peu plus de maîtrise, on aurait pu tenir là un futur film culte... mais en l'état, plus le film avance, et plus la note baisse, lentement mais sûrement.

2.5/6

Ghost Team :

Après avoir reçu la visite d'un vieil homme grincheux propriétaire d'une ferme hantée, Louis (Jon Heder), propriétaire d'un magasin de photocopie, décide de s'extirper de sa routine habituelle, en postulant pour un rôle dans une série de télé réalité de chasse aux fantômes. Afin de tourner une démo, il s'entoure de son meilleur ami dépressif, Stan (David Krumholtz), de son neveu Zak (Paul W. Downs), d'une employée du salon de beauté voisin (Melonie Diaz), d'un agent de sécurité complexé (Justin Long), et d'une médium télévisée (Amy Sedaris), et part explorer la ferme, caméras au poing. Et rapidement, il s'avère qu'ils n'y sont pas seuls...

Comédie indépendante américaine assez typique, qui n'est dans cette Oktorrorfest que par son sujet, tant tout le reste est ultra-balisé, dans le genre "des slackers que tout oppose se réunissent dans le cadre d'un projet, et finissent par trouver là un groupe d'amis soudé, qui leur permet de se transcender et d'être enfin eux-mêmes".

Le script n'est guère plus qu'un scénario de Scooby-Doo (le dessin animé, pas les films), qui peine à imposer la moindre tension, qui est illustré par un score musical assez agaçant, et qui, s'il a quelques idées de réalisation et de mise en scène intéressantes, ne va jamais au bout des concepts qu'il amène (l'attaque des zombies meth-heads, le passage "simulation de hantise", etc).

Résultat : la comédie n'est pas particulièrement drôle, le côté fantastique est inexistant, le déroulement du script est très prévisible et mécanique, et au final, le film est basique, très quelconque, et totalement oubliable.

1.5/6

commentaires

Christmas Yulefest 2016 - 59 - Animation en vrac (3) : Mickey, Il était deux fois Noël (2004), Mickey, la Magie de Noël (2001) & La Reine des Neiges - Une Fête Givrée (2015)

Publié le 30 Décembre 2016 par Lurdo dans Cinéma, Critiques éclair, Christmas, Yulefest, Noël, Review, Jeunesse, Disney, Animation

Noël est passé, mais comme tous les ans, la Christmas Yulefest continue sur le blog des Téléphages Anonymes, avec au programme un marathon de cinéma festif pendant toutes les fêtes de fin d'année, et ce jusqu'à l'arrivée des Rois Mages...

Mickey, Il était deux fois Noël (Mickey's Twice Upon Christmas - 2004) :

Suite du Il était une fois Noël de 1999 (assez inégal - cf ici), réalisée en images de synthèse, ce qui s'avère un choix polarisant : si l'on accroche au rendu, pas de problème, sinon, rejet instantané. En ce qui me concerne, c'est assez bien passé, et je me suis même surpris à trouver le tout plus homogène, inventif et travaillé que tout le premier volet. D'ailleurs, les séquences qui servent d'interlude entre les segments sont globalement très jolies, avec un rendu "livre d'images en pop-up" qui fonctionne parfaitement.

- Belles on Ice : Accompagnée des danseurs crocodiles et hippopotames de Fantasia, Minnie et Daisy s'affrontent dans un duel de patinage artistique, durant un spectacle municipal. 

Une réalisation dynamique, un rendu visuel convaincant, une musique convaincante : ça fonctionne.

- Christmas : Impossible : Riri, Fifi et Loulou partent pour le Pôle Nord pour tenter d'infiltrer la base d'opérations du Père Noël, et de faire passer leurs noms sur la liste des enfants sages.

Plutôt rythmé, là aussi assez joli visuellement, un autre segment réussi et sympathique.

- Christmas Maximus : Max, le fils de Dingo, rentre chez son père pour y passer les fêtes, et il ramène à cette occasion sa petite-amie... mais Max a honte de son père.

Alors là, c'est plutôt joli, techniquement, ça a bon fond, mais en fait, c'est surtout un segment assez creux qui ne sert qu'à faire un montage musical sur de la pop peu inspirée. Dommage.

- Donald's Gift : Donald en a assez des fêtes de Noël, et tout ce qu'il voudrait, c'est rester au calme, avec un bon chocolat chaud. Mais malheureusement, Daisy et ses neveux ont décidé de l'emmener faire du shopping...

Un segment très réussi, et assez drôle, qui rappelle fortement les histoires en une page de Donald, et autres courts animés de quelques minutes de la grande époque.

- Mickey's Dog-Gone Christmas : Après avoir involontairement ruiné toutes les décorations de Noël de Mickey peu de temps avant qu'il ne reçoive des invités, Pluto est temporairement mis à la porte, et, vexé, il décide de partir pour le Pôle Nord, pour être adopté par le Père Noël et ses rennes...

À nouveau un segment assez mignon, et très bien réalisé.

En résumé, un métrage anthologique qui s'avère une très bonne surprise : j'avais été déçu par le premier opus, pourtant récompensé à plusieurs reprises, et je craignais le pire pour ces personnages en images de synthèse tridimensionnelles, mais en fait, ça fonctionne, c'est visuellement très joli, et c'est typiquement le genre d'anthologie Disney que j'aurais appréciée chaque année durant mon enfance. Dommage que le studio n'en ait pas produit d'autres depuis...

4.5/6

Mickey, la Magie de Noël (Mickey's Magical Christmas - 2001) :

Alors là, tout de suite, on est dix bons niveaux en dessous du film précédent. Le problème étant que ce Mickey's Magical Christmas n'est qu'une vague compilation de dessins-animés pré-existants (datant de 1952 à 1999), réunis par une vague intrigue prétexte à l'animation immonde et aux visuels à peu près aussi réussis. 

- Donald on Ice (1999) : Donald fait du patin, et forcément, ça se finit mal. 

Un dessin animé récent, assez mal rythmé et illustré musicalement, et qui tente de recapturer l'ambiance des anciens cartoons de Donald, sans y parvenir. Bof.

- Pluto's Christmas Tree (1952) : Mickey fait son arbre de Noël, mais Pluto s'aperçoit que Tic et Tac y ont élu résidence.

Un classique, vu et revu sur d'innombrables compilations de Noël et/ou Disney, et qui, s'il n'a plus aucune surprise, reste très agréable à suivre.

- The Nutcracker (1999) : Casse-Noisette revu et corrigé par Disney.

Une version anémique de Casse-Noisette, avec trois personnages et demi, une voix-off sarcastique, et un ballet revisité à la guitare électrique, très datée. À nouveau, bof.

- Mickey's Christmas Carol (1983) : le conte de Dickens revu et corrigé par Disney.

À nouveau, un classique, qui compose le plus gros de ce Magical Christmas, mais qui, là aussi, a été tellement vu et revu qu'il n'apporte pas grand plus-value à ce dernier.

Bref, deux dessins animés insipides et médiocres, deux classiques malheureusement déjà trop vus... et des interludes laids, sans intérêt, mal animés, et qui se terminent par une chanson de Noël pop typiquement années 90, et des plus mauvaises.

2.5/6

La Reine des Neiges - Une Fête Givrée (Frozen Fever - 2015) :

Avec l'aide d'Olaf, de Sven et de Kristoff, Elsa est décidée à organiser à sa soeur Anna un anniversaire qu'elle n'oubliera jamais. Mais contre toute attente, Elsa s'enrhume, et chacun de ses éternuements donne naissance à un Snowgie, mini-bonhomme de neige au comportement des plus turbulents...

Un très court métrage diffusé avant l'adaptation de Cendrillon, et qui réunit toute l'équipe du long-métrage (un long-métrage gentillet, mais pas sans défauts, notamment scénaristiques et musicaux - Olaf est inutile, les Trolls ratés, les chansons sont mises en scène et sonnent comme des chansons de Broadway à peine adaptées pour le grand écran, la voix d'Idina Menzel reste discutable...), et dont le script tient, très logiquement, sur une feuille de papier à cigarettes.

Pas grand intérêt, donc, même si les petites bestioles sont sympathiques.

3/6

commentaires

Halloween Oktorrorfest 2017 - 77 - Saga Wishmaster : Wishmaster (1997) & Wishmaster 2 (1999)

Publié le 9 Novembre 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Halloween, Horreur, Fantastique, Oktorrorfest, Thriller, 1001 nuits

Chez les Téléphages Anonymes, l'Halloween Oktorrorfest - notre marathon de cinéma fantastique et d'horreur - continue jusqu'à la fin de la semaine...

Wishmaster :

Lorsqu'une pierre précieuse datant de la Perse antique refait surface aux USA, une spécialiste, Alexandra (Tammy Lauren), doit l'examiner pour le compte de son patron (Chris Lemmon). Mais rapidement, alors que les morts se succèdent en ville, et qu'elle a des visions de cauchemar, Alex apprend qu'un génie maléfique (Andrew Divoff), autrefois contenu dans la pierre, a été libéré, qu'il tente de la retrouver, et qu'il exauce désormais des vœux... à sa manière.

Long-métrage réalisé par Robert Kurtzman (de KNB, spécialistes en maquillages et effets spéciaux), produit par Wes Craven, et écrit par Peter Atkins (scénariste de plusieurs films Hellraiser), Wishmaster est principalement réputé pour ses nombreux caméos de noms et visages connus du monde de l'horreur cinématographique : Englund, Divoff, Ted Raimi, Angus Scrimm, Reggie Bannister, George Buck Flower, Tony Todd, Kane Hodder, etc...

Le film, en soi, est la parfaite illustration de la différence fondamentale entre théorie et pratique : en théorie, l'intrigue n'est pas inintéressante, et l'introduction du film, en Perse, est sur papier instantanément captivante, au point que l'on aurait bien voulu en voir plus à cette époque.

Mais rapidement, les problèmes d'interprétation, de réalisation datée et peu inspirée, de mise en image amateure et de budget font que le tout paraît souvent plus kitsch et maladroit que convaincant, et que l'exécution dessert donc le script.

Non pas que ce dernier soit nécessairement un chef d’œuvre, lui non plus, mais il y a là de nombreuses idées, un boogeyman charismatique (Divoff est mémorable dans le rôle, même s'il cabotine beaucoup... comme tout le monde), et des effets pratiques généreux et sanglants - notamment lors du final grand-guignolesque - qui méritaient probablement mieux que ce qu'on a à l'écran (on ne peut pas forcément en dire autant des effets numériques, vraiment dépassés).

Un minuscule 3/6 (ça ne les vaut pas forcément, mais je me laisse un peu de marge pour les trois suivants, qui sont, dans mes souvenirs, nettement pires)

Wishmaster 2 - Evil Never Sleeps :

Libéré par Morgana (Holly Fields), une voleuse, au cours d'un cambriolage, le Djinn se laisse arrêter par les autorités, et finit en prison : là, il collecte lentement, une à une, les âmes des criminels en exauçant leurs souhaits, et en se rapprochant de la pègre russe. Son objectif : réunir 1001 âmes, avant de retrouver Morgana, et de la convaincre de formuler ses trois vœux fatidiques...

Contrairement au précédent, sorti en salles, ce Wishmaster 2 est directement sorti en vidéo, et a été écrit et réalisé par Jack Sholder (Freddy II, The Hidden), qui a l'aplomb de défendre son film en expliquant que faire une suite à un film de m*rde, ce n'est pas facile.

Soit. Le problème, en fait, c'est qu'on est ici dans une redite du précédent, une redite aux maquillages et aux effets numériques nettement inférieurs (voire même calamiteux, lorsque le carnage de fin de métrage pointe son nez, plus cheap que jamais), et au script particulièrement statique.

Le film passe ainsi une grosse partie de son temps à montrer le Djinn en prison, sous forme humaine, à passer de détenu en détenu, etc, pendant qu'Holly Fields, de son côté, se tortille en petite tenue dans son lit en faisant des cauchemars, et tente de renouer avec son ex, Paul Johansson, un prêtre orthodoxe.

L'intérêt global est donc assez limité, même si cela permet à Andrew Divoff d'avoir le champ libre, et de faire un peu ce qu'il veut, pour le meilleur et pour le pire. Le meilleur, car il a toujours un charisme monstre, même s'il n'est pas vraiment mis en valeur par la réalisation (qui oriente un peu trop le Djinn dans la direction d'un diable ricanant), et le pire, car son rictus figé a aussi ses limites, et que de manière générale, les souhaits formulés ont une résolution puérile et ridicule, digne d'un mauvais Freddy ou Leprechaun (je pense par exemple à l'avocat qui "va se faire foutre", pas aidé par une interprétation médiocre).

Et pourtant, le tout se regarde : paradoxalement, malgré l'évidente perte de qualité du maquillage du djinn, le nouveau design de sa tenue et sa silhouette sont nettement plus marquants et réussis que la carapace générique made in KNB ; et le fait de détailler un peu plus les règles auxquelles obéit le génie rend le tout un peu plus structuré, à défaut d'être totalement cohérent avec le film précédent.

Mais dans l'ensemble, on est clairement en dessous du premier Wishmaster. Pas forcément de beaucoup (on ne part pas forcément de très haut, à la base), mais tout de même : c'est plus fauché, c'est moins inspiré ou original, et ça recopie un peu trop le premier opus...

2.25/6

commentaires

Catch Review : TNA Impact (15/07/2015)

Publié le 18 Juillet 2015 par Lurdo dans Catch, Critiques éclair, Review, Télévision, TNA

Sans grande motivation (bis)...

Impact du 15/07/2015 :

- Dixie dans le ring en ouverture, avec tout le roster réuni pour l'écouter se confondre en excuse de manière larmoyante et forcée = ça commence mal.

- Dixie qui donne le contrôle d'Impact à Bully, un mec qui l'a trahie à 25 reprises, qui a mené les Aces n Eights pour tenter de conquérir la compagnie, qui a eu possiblement LE plus gros spot de ces 5 dernières années, a mis les voiles juste après, et qui dès qu'il est parti, a commencé à se plaindre de la TNA, pour faire un 180° après avoir compris que ni le Japon ni la WWE ne voulaient de lui... ça continue mal.

- Bully qui nous fait un truc bien racoleur, à base de "je suis humble, je vais être un bon GM, vous pouvez me faire confiance, nous sommes tous égaux, la TNA est importante pour moi tant que Velvet continue d'être pushée, et que moi je peux avoir mes 10 minutes hebdomadaires à l'écran", c'est possiblement encore pire.

Vraiment énormément de mal avec ce segment de 14 minutes (et ce depuis que j'ai appris qu'il allait avoir lieu via les spoilers), malgré les talents d'orateur de Bully, tant ça ressemble à ce que la compagnie fait systématiquement à chaque nouveau changement de direction créative, et que c'est le genre de truc qui ne débouche sur rien, généralement.

Le problème étant en plus que le public de l'IZ est un public particulièrement formaté et pas forcément représentatif (les smarks sont partis dans le public de la NXT, qui se tourne à quelques kilomètres, et il ne reste plus que les touristes), ce qui amène des décisions créatives assez frustrantes pour le spectateur devant sa tv. En plus, la promo de Dixie avait par moments une vibe assez étrange, un peu comme si Dixie shootait à moitié, pour dire que "le monde du catch a besoin de la TNA, faites-moi confiance, je vous promets de ne plus vous décevoir, il faut qu'on reste soudés", face aux innombrables rumeurs parlant d'une fin de contrat tv dès Septembre... :\

- 30 men Battle Royale for the #1 cont. spot. Travail de caméra agaçant (l'un des caméramen ringside fait des micro-zooms et dézooms constants, ça donne la nausée), majorité des éliminations pendant la pub à cause du problème Hernandez, vainqueur assez prévisible (c'était soit lui, soit Hardy) = gentille perte de temps.

- Ouhlàlà, quel suspense... qui pourrait bien être le nouvel entrant dans le HOF ? Peut-être le mec que Dixie a déjà annoncé sur twitter comme étant le nouvel entrant, il y a trois semaines ? Mais si, vous savez bien, le mec qui a gagné le KOTM, récemment... *soupir*

- Bram et Anderson, "deux catcheurs à la dérive, sans direction ni storyline", comme je le disais la semaine dernière. Après, toute cette histoire d'Anderson qui a peur pour sa carrière face à Bram, mwé... j'ai du mal à prendre tout ça au sérieux, surtout que Bram ne remporte généralement ses matches et ses feuds que d'extrème justesse. Ah, et puis le retour de la musique dramatique en arrière-plan = mwé².

- Sympathique, ce segment backstage entre Bully et Spud.

- Effectivement, gros téléphonage du heel turn de Eli Drake.

- Tigre Uno qui va s'exprimer la semaine prochaine au sujet des conneries débitées par Donald Trump... il y a un mois. C'est typiquement WWE, ces conneries... je crains le pire.

- Spud vs Grado vs Z vs Uno - X-div 4-way. Un match médiocre, un Grado qui ralentit tout de manière abusive, et un finish totalement botché. Yay !

- Encore une promo surjouée de la Dollhouse, en montage alterné avec la promo de Gail Kim.

- Taryn vs Brooke, KO Title. Match pas particulièrement trépidant, un changement de championne pas forcément utile et assez plat, pas aidé par l'intervention assez moyenne de Ninja Gail, et par un finish botché.

- Angle au micro pour annoncer sa tumeur, EY se pointe, brawl, et EY démolit Melendez. Mwé.

- Je suis certain que ceux qui ont payé 50$ pour le PPV sont ravis d'en revoir gratuitement un match à la tv.

- James Storm, tu me manqueras, d'autant qu'on pouvait toujours compter sur toi pour faire fonctionner les intrigues les plus bancales.

- Bully et EC3, face à face, sympa.

- EC3 vs Drew, HW title. Match assez générique, sans être mauvais, et finish prévisible, avec encore un ref bump (décidément, je sens que tout le règne d'EC3 va consister en des matches se terminant en queue de poisson... parce que ça a si bien fonctionné avec Magnus...*soupir*), et un heel turn d'Eli Drake, qui devrait s'avérer plus intéressant à l'avenir que quoi que ce soit d'autre des trois dernières semaines d'Impact.

 

Depuis que la compagnie s'est réinstallée dans l'IZ, le niveau a tellement chuté, et le booking est tellement aléatoire et fainéant, que c'est difficile de trouver quelque chose de vraiment enthousiasmant. Et ce qui n'arrange pas les choses, c'est qu'à la fin du mois, ils enregistrent huit jours consécutifs dans l'IZ, ce qui peut signifier deux mois de tv + des ONOs & des matches pour Xplosion, ou bien carrément trois mois complets de tv, jusqu'à BFG et/ou l'arrêt de leur contrat. Ça fait un peu froid dans le dos, je dois dire.

commentaires

Halloween Oktorrorfest 2016 - 59 - Home Movie (2008)

Publié le 12 Octobre 2016 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Oktorrorfest, Review, Halloween, Horreur, Fantastique, Found Footage

Halloween approche lentement, et comme tous les ans, c'est l'heure de l'Oktorrorfest sur le blog des Téléphages Anonymes, avec au programme un marathon de cinéma fantastique et d'horreur pendant un peu moins de deux mois, de mi-Septembre à début Novembre...

Home Movie :

David Poe (Adrian Pasdar), pasteur, et son épouse psychologue, Clare (Cady MCClain) s'installent à la campagne avec leurs deux enfants, Jack et Emily (Austin & Amber Joy Williams), des jumeaux, nés le 31 Octobre. Mais un soir d'Halloween, voilà que Jack et Emily commencent à se comporter bizarrement, une attitude qui ne fait qu'empirer au fil des semaines, et que leurs parents chroniquent au quotidien par le biais de leur caméra familiale.

Premier long-métrage de Christopher Denham (acteur dans Argo et Forgetting the Girl, entre autres, mais aussi co-scénariste du mauvais Area 51 d'Oren Peli, et scénariste/réalisateur du faiblard Preservation, en 2014), qui est ici à la fois réalisateur et scénariste de ce found footage façon vidéo de famille, au budget clairement limité.

Et malheureusement, Denham n'a pas le talent nécessaire pour compenser ce budget étriqué, puisque le rendu à l'écran est assez faiblard, à la fois trop proche d'une DV mal étalonnée/éclairée (mais bien cadrée) pour vraiment faire "home movie" (peut-être que si le film avait été déplacé dans les 80s/90s, et filmé avec les moyens de l'époque, ça aurait été plus intéressant), et pas assez professionnel pour vraiment rendre le visionnage agréable.

Bref. Un found footage sur des enfants maléfiques, auxquels est confronté Adrian Pasdar et sa femme, et qui, pour une raison que je ne m'explique pas, a reçu énormément de bonnes critiques, notamment de la part des sites spécialisés outre-atlantique.

Alors peut-être que je suis passé totalement à côté, mais j'ai trouvé le tout profondément médiocre, entre :

# Pasdar qui se force à jouer un père pasteur toujours hyperactif, immature, survolté, quasi-insupportable, qui filme tout, tout le temps, sans raison ni logique, se déguise constamment, fait le clown devant l'objectif, et apprend à ses enfants à faire des choses essentielles comme de crocheter des serrures et de faire des noeuds complexes (deux choses qui vont forcément e retourner contre lui plus tard dans le métrage).

# son épouse psychologue qui ne réagit jamais pendant tout le film, et accuse son mari de maltraiter les enfants quand ça commence à dégénérer.

# l'absence totale de réaction des deux parents face aux actes de leurs enfants : à mi-film, les enfants ont déjà tué et torturé toutes sortes d'animaux, et crucifié le chat... et pourtant, les parents ne semblent pas plus troublés que ça, et la vie de famille continue normalement, avec Pasdar qui fait l'idiot, et les parents qui ne réalisent pas que leurs enfants sont des monstres.

# les rebondissements un peu trop capillotractés et/ou prévisibles : les enfants sont retrouvés dans le même lit, couverts de morsures, mais plutôt que d'essayer de découvrir (ne serait-ce que visuellement) si ces morsures en question ont été faites par des enfants ou par un adulte, la mère accuse directement son mari, comme je l'ai mentionné plus haut, et ce sans raison particulière.

# les choix visuels assez discutables : le film est montré dans l'ordre chronologique, mais on n'échappe pas aux moments "omniscients", avec une caméra que personne n'est vraiment en train de tenir, qui n'a aucune raison d'être allumée ; il y a des jump cuts, des avances rapides, des rembobinages, des effets de montage inexpliqués...

# certains effets sont forcés, comme ces gamins qui se téléportent subitement dans une pièce, juste histoire de faire sursauter un personnage, et de laisser sous-entendre qu'ils ont des pouvoirs démoniaques (alors que pas franchement).

# et cette fin un peu bordélique et pas toujours très logique : les enfants sont supposés avoir drogué leurs parents en leur faisant manger de la soupe, mais jamais on ne voit ces derniers la manger, justement...

En résumé, j'avoue avoir regardé le tout sans grande passion, d'autant que les effets assez pauvres, le rythme mollasson malgré la durée très limitée, et les rebondissements prévisibles n'aident pas à s'immerger dans le tout. Mais encore une fois, peut-être que je suis passé à côté, et peut-être que toutes ces scènes anémiques auraient dû me terroriser ou m'angoisser...

(un peu à l'image du dîner en famille durant lequel les jumeaux se rebellent et jettent des couverts par terre : une scène plate, qui n'a pas grand intérêt intrinsèque... si ce n'est que j'ai adoré la réaction du chien familial, dans un coin de l'image, qui après avoir sursauté une fois ou deux, décide qu'il en a ras le bol de ces cons d'humains qui le dérangent pendant sa sieste, et quitte tout simplement le tournage en allant directement rendre visite à l'équipe derrière la caméra)

2.25/6

commentaires

Un film, un jour (ou presque) #357 : Alice - De l'Autre Côté du Miroir (2016)

Publié le 11 Juillet 2016 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Fantastique, Aventure, Disney

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine (tant que j'arriverai à tenir la cadence ^^), et des mini critiques d'une dizaine de lignes, tout au plus.

Alice - De l'Autre Côté du Miroir (Alice Through The Looking Glass) :

Après avoir traversé un miroir à la poursuite d'un papillon très familier, Alice (Mia Wasikowska) se retrouve de nouveau au Pays des Merveilles, où tous ses amis sont troublés : en effet, le Chapelier Fou (Johnny Depp) dépérit à petit feu, persuadé que sa famille est toujours en vie, quelque part. Désireuse de lui donner raison, Alice vole la Chronosphère du Temps (Sacha Baron Cohen), et repart dans le passé pour tenter de le changer...

Alice au Pays des Merveilles (2010) était sorti à un moment particulièrement peu opportun : au croisement d'une lassitude publique et critique concernant les personnages excentriques de Johnny Depp (pile entre deux Pirates des Caraïbes, et juste après un Sweeney Todd qui avait divisé) et d'un sentiment équivalent envers les films de Tim Burton, accusé de livrer des coquilles vides recyclant son esthétique et trahissant les "idéaux" supposés de son cinéma, et ce depuis Charlie et la Chocolaterie.

Le plus amusant, de mon point de vue, étant qu'en reprochant à Burton d'avoir changé depuis le début des années 90 (généralement, Edward aux Mains d'Argent est cité comme film référence par ces critiques), de ne plus uniquement se complaire dans des personnages gothiques torturés et "adolescents" (du moins au niveau de leur évolution psychologique/sentimentale), et d'être passé à un propos un peu moins simpliste - et encore, ça se discute, puisque la plupart du temps, les critiques accusant Burton de s'être renié voient les films du bonhomme avec des oeillères, et passent souvent à côté des thématiques réelles de ceux-ci, souvent moins évidentes - bon nombre de commentateurs en disent beaucoup plus à leur propre sujet (et au fait qu'ils sont restés bloqués dans le passé) qu'au sujet de l'évolution réelle de Burton.

Mais refermons la parenthèse : à sa sortie, Alice (2010) avait laissé plus ou moins de marbre le public et les critiques, mais, propulsé par l'attrait du phénomène flambant neuf de la 3D, rendue ultra-populaire un an plus tôt par Avatar, le film de Burton avait récolté une véritable fortune, et dépassé le milliard de dollars au box office.

Ce qui s'est traduit, donc, malgré un manque de demande chronique, par la mise en chantier de cette suite, Alice - De L'Autre Côté du Miroir, sans Tim Burton, mais avec grosso modo la même distribution.

À sa sortie, donc, le premier Alice ne m'avait pas déplu, bien au contraire, puisque j'avais trouvé le métrage particulièrement sympathique, à la fois thématiquement Burtonien (on pensait aux Noces Funèbres, pour le début - mariage arrangé d'un protagoniste rêveur, qui bascule dans un autre monde ; outsider non-conformiste qui préfère son imagination et l'aventure aux conventions et restriction d'un monde réel, et qui finit par défier toutes les conventions de son époque pour partir seul à l'aventure) et forcément Carrollien (mais pas trop, malheureusement).

Rien que pour le côté visuel, la réussite des effets spéciaux, et l'imagination à l'oeuvre derrière toute la direction artistique, il m'avait été impossible de descendre en dessous de la moyenne, et j'étais même monté jusqu'à un 4.25/6, particulièrement amusé par les scènes de Bonham-Carter, et charmé par le score d'Elfman.

Après revisionnage en vidéo, cependant, les défauts du film avaient malheureusement pris le dessus sur les qualités, notamment au niveau du formatage de l'univers Carrollien pour adhérer au schéma du récit héroïque basique, du rythme un peu défaillant, et de Mia Wasikowska, que je trouve toujours affreusement insipide et transparente, malgré ses efforts indéniables.

(j'avais donc redescendu le film à un petit 3.25/6)

Pour cette suite, la production a eu recours au gimmick du "dans le doute : voyage temporel !", un ressort narratif bien pratique, et qui permet ici aux scénaristes de faire de ce De L'Autre Côté du Miroir (aucun rapport avec le livre, d'ailleurs) une préquelle sans en avoir l'air, en envoyant Alice dans les couloirs du temps, pour découvrir les origines de la Reine de Coeur, de sa soeur, du Chapelier Fou, etc.

Ce qui, déjà, me pose un problème de taille, tant j'en ai assez de ces préquelles expliquant et justifiant les actes des Reines Maléfiques de Disney, comme pour les dédouaner et montrer qu'elles ont bon fond, en fin de compte. Et c'est exactement ce qui se produit ici (attention spoilers), puisque la Reine de Coeur finit par pardonner sa soeur, et par rejoindre le côté lumineux de la Force.

Tout aussi embêtant, je trouve, le postulat même du récit : malgré les avertissements et les interdictions, Alice vole une machine temporelle au Temps (Sacha Baron Cohen, qui s'intègre très bien dans cet univers déjanté), et saute alors d'époque en époque, sans réelle idée de ce qu'elle fait, et de ce qu'elle doit faire, si ce n'est "aider le Chapelier" : c'est là que l'âge de cette Alice pose problème.

En effet, si l'on pourrait sans problèmes pardonner à une Alice fillette d'avoir volé un objet pour tenter de sauver un ami, sans réellement penser aux conséquences de ses actes, cela passe nettement moins bien avec une Alice supposément adulte, responsable, une aventurière héroïque et intelligente montrée comme étant le capitaine de son propre navire (une scène d'ouverture d'ailleurs particulièrement risible, tant elle en fait trop pour tenter d'établir Alice comme une icône féministe et indépendante). Je vois très bien ce que les scénaristes ont voulu accomplir en la faisant réagir ainsi, mais cela a eu l'effet inverse sur moi, et je l'ai trouvée particulièrement immature et impulsive, voire même antipathique (déjà que j'ai du mal avec l'interprète...)

Bref, une Alice qui passe d'époque en époque, sans vraiment rien accomplir, une pléthore de personnages secondaires qui font de la quasi-figuration, une méchante qui finit par ne plus être méchante : si l'on ne s'ennuie pas trop, difficile d'être satisfait par le script de cette suite assez superficielle, et que personne ne demandait.

Et pourtant, l'inventivité visuelle est toujours au rendez-vous : tout le royaume du Temps, empli de rouages, d'horloges, et d'automates attachants, est simplement superbe ; le nouveau palais sauvage de la Reine de Coeur, avec ses servants dignes d'Arcimboldo, est aussi fourmillant d'idées ; les différentes époques temporelles sont assez convaincantes, tout comme le rajeunissement des divers protagonistes (et ce malgré des effets spéciaux plus inégaux que dans le premier volet).

En résumé, encore une fois, malgré des défauts encore plus présents que dans le premier opus, impossible de mettre moins de la moyenne, ne serait-ce que pour la qualité de la direction artistique. Mais cela dit, impossible de mettre plus...

3/6

commentaires

Un film, un jour (ou presque) #471 : Thor 2 - Le Monde des Ténèbres (2013)

Publié le 15 Mars 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Fantastique, Marvel, Action, MCU

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Thor 2 - Le Monde des Ténèbres (Thor - The Dark World) :

Alors qu'une conjonction astrale très particulière est sur le point de se produire, alignant les neuf royaumes d'Yggdrasil, Jane Foster (Natalie Portman) découvre l'Aether, une arme destructrice conçue par Malekith (Christopher Eccleston), le meneur des Elfes Noirs, lors d'une guerre céleste contre les Asgardiens. Désormais la cible de ce dernier, Jane ne peut compter que sur l'assistance de Thor (Chris Hemsworth) et de ses alliés pour survivre, et empêcher la fin du monde.

Revisionnage pour ce Marvel Movie très mineur, et surtout très peu mémorable. Lors du premier visionnage, j'avais pensé ceci :

Hum... c'était... oubliable. À tel point que j'ai déjà oublié la majorité du film, quelques heures après l'avoir vu. Eccleston en méchant caricatural ? Oubliable. Les enjeux de l'histoire ? Oubliables. Portman en pilotage automatique ? Affreusement oubliable. Sa romance avec Thor ? Encore plus oubliable. Etc... Ça se regarde tranquillement (malgré quelques grincements de dents, notamment lorsque Jane Foster, une super-scientifique, ne semble pas plus perturbée/curieuse/intriguée/intéressée/fascinée que ça lorsqu'elle arrive à Asgard, une planète extraterrestre bourrée d'aliens en tous genres, de paysages improbables et de technologie révolutionnaire) mais malheureusement, le manque d'enjeux durables, le manque de prise de risque, le manque de développement des personnages, etc, font que le film reste particulièrement anecdotique.

D'ailleurs, rien à voir, mais je me suis fait la remarque en regardant le film : c'est amusant à quel point, petit à petit, ce pan de l'univers Marvel semble de plus en plus se calibrer pour un public féminin. Là où les autres films du Marvelverse ont un protagoniste principal masculin (et l'éventuelle romance obligatoire est au second plan), ici, c'est Jane Foster qui est au centre de tout, c'est par ses yeux et son point de vue que l'on découvre toujours l'univers de Thor, et ce second film, de manière globale, semble renforcer encore ce female gaze.

Que ce soit Thor (dont le développement se limite à "masse de muscles amoureuse") torse nu qui se lave gratuitement pendant vingt secondes, l'accent mis sur sa romance avec Foster, le fait que Foster soit au centre de toute l'intrigue, qu'elle soit prête à se sacrifier et à mourir pour un Thor inconscient et impuissant à la fin, le pseudo triangle amoureux avec Sif (encore une fois, vu du point de vue des filles, pas de Thor qui n'en a pas vraiment conscience et/ou s'en moque royalement), la mise en avant de Loki le bad boy sarcastique, androgyne et mécompris (devenu le fantasme favori de la fanbase féminine et/ou gay), la présence accrue de Frigga (qui parvient à tenir tête en duel singulier au Méchant méprisant), le soap familial, les vannes de la sarcastique Kat Dennings (qui a un boy toy assistant, désormais, qu'elle renverse virilement pour l'embrasser), les scènes d'action assez sommaires, et les personnages masculins globalement caricaturaux, incapables et sans développement, tout semble orienter le film vers une optique féminine qui tranche en regard du reste de la production Marvel, et qui ne fait que s'accentuer.

Ce qui est intéressant... Du moins, ça le serait si c'était bien fait, si Jane Foster était bien écrite, attachante, si le scénario n'était pas semi-improvisé pendant le tournage (avec interventions ponctuelles de Joss Whedon pour rajouter des vannes ou des scènes dix minutes avant de les tourner), si ce n'était pas la grosse gaudriole constante, et si Thor n'était pas un archétype sans réelle profondeur. Là, le produit fini a le postérieur entre deux chaises, n'étant jamais vraiment convaincant dans aucune catégorie.

En revoyant le métrage, donc, le tout passe nettement mieux qu'au premier visionnage. Si le female gaze reste évident et toujours un peu bancal et forcé, le film paraît tenir nettement mieux la route pendant sa première heure, jusqu'à la mort de Frigga. Ça reste un peu trop porté sur la vanne et le gag, mais ça conserve une certaine énergie, et la direction artistique est rafraîchissante, surtout après tous ces films Marvel qui se déroulent sur Terre ou en milieu urbain.

Malheureusement, passé ce cap, le script perd beaucoup de son liant et de son homogénéité, l'énergie du métrage chute drastiquement, et les passages obligés se succèdent mollement, avec notamment tout une séquence sur le Monde des Ténèbres, assez vilaine visuellement par faute de manque d'inspiration.

L'action est assez intéressante, cependant, grâce au système des portes dimensionnelles, mais le gros affrontement final est particulièrement décevant, n'exploite pas totalement ce gimmick de téléportation, et est vraiment parasité par un recours systématique et mécanique à la vanne, qui casse la moindre tentative de tension ou de suspense.

En résumé, donc, un 4/6 pendant la première heure, qui finit par redescendre, au final à un minuscule 3/6, assez décevant. Thor reste vraiment le maillon faible de l'univers Marvel cinéma, et il reste à espérer que Thor 3 saura remonter la barre.

commentaires

Un film, un jour (ou presque) #385 : Suicide Squad (version cinéma + version longue - 2016)

Publié le 27 Novembre 2016 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Action, Fantastique, DC, DCU

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine (tant que j'arriverai à tenir la cadence ^^), et des mini critiques d'une dizaine de lignes, tout au plus.

Suicide Squad :

Pour contrer l'émergence des métahumains et pallier la mort de Superman, Amanda Waller (Viola Davis), agent du gouvernement, décide de mettre sur pieds un commando de forces spéciales composée des pires criminels connus : Deadshot (Will Smith), Killer Croc (Adewale Akinnuoye-Agbaje), Harley Quinn (Margot Robbie), Captain Boomerang (Jay Courtney), et autres psychopathes aux capacités spéciales font ainsi équipe pour affronter l'une des leurs, l'Enchantresse (Cara Delevingne), alors même qu'en arrière plan plane l'ombre du maléfique Joker (Jared Leto)...

Récapitulons rapidement : Warner/DC Comics est à la traîne derrière Marvel, et tente d'établir son propre univers cinématographique de manière précipitée et baclée, en laissant Zack Snyder superviser le tout. Mais l'approche Snyder est très polarisante, et après un Man Of Steel destructeur, et un Batman v Superman bordélique, sa vision pluvieuse et bourrine de l'univers DC fait sérieusement débat.

Aussi, pour tenter de contrer cette désaffection croissante du grand public et des critiques (les films font de bons scores au box-office, mais n'atteignent jamais les cartons faramineux de la concurrence, et souffrent d'un bouche à oreille négatif), DC a décidé de faire comme Marvel, et de singer l'approche Guardians of The Galaxy : sur papier, un film d'équipe décalé, original, avec des seconds couteaux DC méconnus du grand public, un sens de l'humour, et une bande-son pop-rock légère et amusante.

Du moins, c'est ce que DC a vendu avec la bande-annonce de Suicide Squad. Seul problème : David Ayer, lui, tournait un film de bande façon Les Douze Mercenaires, pluvieux, sombre et bourrin. Et donc DC de paniquer, d'ordonner des reshoots visant à alléger l'ambiance du film, d'axer la promo sur le tournage excentrique et déjanté, et de commander un second montage parallèle au premier, qui ressemblerait plus au film vendu dans la bande-annonce.

Résultat : à l'écran, Suicide Squad est un bordel improbable, un hybride de ces deux directions créatives opposées, constamment tiraillées entre celles-ci, et ce sans jamais que l'une ou l'autre ne parvienne à s'imposer (et à imposer un ton cohérent au film).

Autrement dit, Suicide Squad a constamment le postérieur entre deux chaises, sans jamais convaincre dans une catégorie ou dans l'autre : à la fois terne et forcé (les morceaux musicaux font vraiment datés et insérés de manière automatique par un monteur incapable), plein d'action insipide (des fusillades, et encore des fusillades), mal rythmé, totalement dominé par Will Smith et Margot Robbie (pas forcément surprenant, tant on pouvait très tôt deviner que tout le reste de la squad, au charisme de poulpe mort, ferait de la figuration se limitant même parfois à deux lignes de dialogues ; le Joker, pourtant omniprésent dans la promo, a quant à lui un temps de présence ultra-limité) et aux choix créatifs très discutables (la relation à sens unique Joker/Harley du comic-book et des dessins animés s'est ici changée en relation amoureuse réciproque), avec un antagoniste totalement décevant, oubliable et disproportionné (le film aurait mieux fonctionné avec le Joker comme big bad), et surtout, un "commando de méchants" qui n'ont absolument rien de méchants, et paraissent presque plus sensés, calmes et héroïques que les Batman et Superman de ce même univers...

Et n'oublions pas la réalisation (bourrée de gimmicks et de moments clichés), ou l'interprétation, affreusement inégale : si Robbie et Smith font leur truc de manière assurée, Cara Delevingne en fait trois tonnes, Kinnaman est, au mieux, médiocre, Jared Leto... disons que son Joker gangsta-bling-in-love n'apparaîtra jamais sur ma liste de méchants réussis au cinéma.... et les autres disparaissent sous leur maquillage (pauvre, pauvre Killer Croc).

Bref, on est dans un ratage indubitable (le troisième, créativement parlant, sur trois films de l'univers partagé DC comics : ça commence à faire beaucoup), un film bancal, sans une once de fun, et qui peine à intéresser le spectateur, ou à rester dans sa mémoire.

0.5 pour Harley + 0.5 pour Deadshot (même si Will Smith se contente de faire du Will Smith) + 0.5 pour Waller + 0.5 pour Boomerang (inutile et une vraie caricature ambulante, mais paradoxalement, Jai Courtney fait un bon comic relief dans ce film) = 2 - 0.5 pour le script qui ne raconte rien et tourne à vide une fois sa première moitié écoulée = 1.5/6

 

Initialement publié le 18/08/2016 ; Edit du 26/11/2016 :

Suicide Squad - Version longue :

Un petit quart d'heure supplémentaire pour cette version longue de cette seconde grosse sortie DC Comics de 2016... mais contrairement à Batman vs Superman, où les ajouts apportaient plus de clarté et de limpidité au script (tout en rallongeant le film d'autant, ce qui compensait malheureusement les bons points de ces ajouts), ici, ces minutes supplémentaires ne changent absolument rien au produit fini, déjà trop long pour son propre bien.

Certes, on a droit à un peu plus de Harley et de Deadshot, avec quelques moments pas désagréables, (ainsi qu'à un caméo du réalisateur...) mais dans l'ensemble, ce Suicide Squad est toujours un film profondément raté, au montage redondant et médiocre, à la narration bancale, au script plein de trous, au rythme défaillant, à la distribution globalement très fade, et à la méchante de service risible, à mi-chemin entre la Zuul de Ghostbusters et une publicité de parfum Thierry Mugler (et je ne mentionne même pas la manière pataude dont la production a, en VO, fait jouer l'Enchanteresse en anglais par Cara Delevingne, avant de la redoubler avec une grosse voix synthétique dans une langue fictive, et de sous-titrer le tout à l'écran en anglais ; déjà que son interprétation "ondulante" est plus que discutable...).

La note ne change pas.

commentaires

Les bilans de Lurdo : Solar Opposites, saison 1 (2020)

Publié le 13 Juin 2020 par Lurdo dans Action, Animation, Aventure, Comédie, Critiques éclair, Fantastique, Les bilans de Lurdo, Review, Science-Fiction, USA, Hulu

Série en 8 épisodes d'une vingtaine de minutes, diffusés sur Hulu, Solar Opposites est un side-project de Justin Roiland et Mike McMahan, deux des créatifs derrière Rick et Morty ; initialement vendu à la Fox, le tout a fini sur Hulu, où deux saisons ont directement été commandées, histoire de surfer sur la popularité de R&M... car, on va le voir, Solar Opposites ressemble bien souvent à un spin-off de Rick et Morty, voire à une version plus facile d'accès du programme de Cartoon Network...

Solar Opposites, saison 1 (2020) :

Peu de temps avant la destruction de leur planète, Korvo (Justin Roiland), un scientifique, Terry (Thomas Middleditch), et les deux jeunes Jesse (Mary Mack) et Yumyulack (Sean Giambrone), ont été envoyé sur Terre pour la coloniser avec l'aide de Pupa, un blob jaunâtre destiné à se transformer un jour en créature destructrice. Mais la Terre est habitée par les humains, et en attendant que Pupa adopte sa forme finale, les Shlorpiens doivent s'habituer à la vie au sein de l'humanité...

C'est en effet un ressenti bizarre que l'on éprouve dès les premiers instants de la série, lorsque l'on entend le personnage de Korvo (par ailleurs narrateur du générique) s'exprimer avec la voix si reconnaissable de Roiland. D'autant que, à quelques éructations et tendances alcooliques près, Korvo, le scientifique génial, n'est pas si éloigné que ça de Rick, que ce soit dans sa vision cynique de l'humanité, que dans ses rapports avec Terry, son compère immature et un peu lent.

Il en va de même pour le style graphique, pour la musique, pour le rythme, l'énergie, la violence et pour l'écriture - à un détail près, cependant : il n'y a pas vraiment le côté méta-discursif et le second degré de lecture de Rick et Morty, qui semblent clairement apportés par Dan Harmon.

Ce n'est pas pour autant que Solar Opposites est vide de sens ou creux, attention. C'est simplement que la série, dans l'ensemble, ressemble fréquemment à une version "light" de R&M, une sorte de spin-off officieux dans la forme et dans le style, qui vient se greffer sur un postulat de départ très Troisième Planète après le Soleil.

Idem pour les sujets abordés par Solar Opposites, des sujets qui rappellent, dans leur traitement, bien des équivalents dans la série-mère.

Par exemple, on a Korvo et Terry qui donnent vie à leur personnage de télévision préféré pour qu'ils deviennent leur meilleur ami, une situation qui finit par dégénérer et se transformer en mélange de kaiju movie et de The Thing ; ailleurs, toujours dans un désir d'être acceptés par les humains, ils injectent des nanites espions dans l'eau potable de la ville, pour découvrir les secrets de tous leurs voisins et se faire élire au conseil de quartier... mais les nanites acquièrent l'indépendance et, sous forme humanoïde (et avec la voix d'Alan Tudyk), se présentent eux-aussi aux élections ; on a aussi Korvo qui devient magicien ultra-populaire à l'aide de sa technologie, ou qui crée une femme robot, pour tenter de comprendre la guerre des sexes terriens (un robot qui finit par devenir incontrôlable et par massacrer le patriarcat sur du Katy Perry) ; les deux jeunes, eux, tentent de se faire aimer des autres élèves, et utilisent des spores pour hypnotiser leurs camarades... mais ça dégénère tout autant ; et puis il y a cette fin de saison façon Retour vers le Futur, avec un voyage temporel qui part en vrille...

C'est bien simple, la plupart des épisodes fonctionnent sur le même schéma éprouvé de spirale infernale, où un postulat de départ excentrique dégénère jusqu'à entraîner de la destruction frénétique à grande échelle. Soit peu ou prou une formule qui a fait ses preuves dans Rick et Morty.

C'est probablement là le souci de Solar Opposites : c'est sympathique, c'est compétent, on n'a pas le temps de s'ennuyer, mais ça reste un peu en surface de ce que cela propose, là où R&M a un degré de lecture supplémentaire.

Ce n'est pas rédhibitoire pour autant, pour une raison principale : une sous-intrigue récurrente qui s'étale sur toute la saison, et qui a même droit à un épisode complet. En début de saison, on découvre en effet que les deux jeunes extra-terrestres conservent, dans leur chambre, une sorte de terrarium géant, où vivent des humains miniaturisés. Des humains toujours plus nombreux, et qui finissent par s'organiser en une sorte de société post-apocalyptique, où un dictateur fait régner la terreur, et où une rébellion s'installe.

Et paradoxalement, c'est cette sous-intrigue qui donne un peu d'épaisseur au programme ; utilisant tous les clichés du genre, de l'heroic fantasy au post-apo, cette sous-intrigue parvient à être surprenante, sanglante, touchante, et à donner corps à un univers complet, existant en parallèle des intrigues principales du programme.

Solar Opposites est donc, pour le moment, un projet un peu bâtard : jamais au niveau de Rick & Morty, elle lui ressemble pourtant comme deux gouttes d'eau, mais un peu comme si l'on avait pris Rick et Morty, et qu'on avait tenté de faire rentrer le programme dans un moule "sitcom".

J'ai même envie de dire que certaines sous-intrigues semblent parfois tout droit sorties des Simpsons : Lisa Jesse qui tente de trouver un plafond de verre à briser pour sa classe sur le féminisme, ses rapports avec Bart Yumyulack, ou encore Maggie Pupa, la créature quasi-muette qui rampe en arrière-plan et à qui il arrive bien des mésaventures...

Ce n'est pas mauvais, loin de là, mais avec 8 épisodes à peine, c'est un peu... superficiel. Restera à voir la suite.

---

Retrouvez aussi toutes les autres séries passées en revue sur ce blog en cliquant ici.

commentaires

Les bilans de Lurdo : Altered Carbon, saison 2 (2020)

Publié le 18 Avril 2020 par Lurdo dans Les bilans de Lurdo, Netflix, Review, Science-Fiction, Romance, Thriller, Télévision, USA, Drame, Critiques éclair

Derrière ses atours de série blockbuster friquée racolant sur tous les plans, à la nudité généreuse et souvent gratuite (n'en déplaise aux showrunners, qui avaient alors passé des interviews entières à tenter de la justifier comme "égalitaire et faisant partie intégrante de la vision créative de la série et de son propos thématique" - j'en ris encore) et aux effets visuels spectaculaires, Altered Carbon ne m'avait pas particulièrement convaincu, en saison 1 (bilans ici et ).

Une série gentiment creuse, bourrée de clichés, et souffrant d'une écriture pas à la hauteur de l'univers et du genre, pas aidée par une mise en images peu inspirée (illustration musicale hors-sujet, action souvent moyenne) et par une distribution très inégale.

Heureusement, qui dit nouvelle saison dit aussi nouvelle distribution, nouveaux scénaristes, nouveau format (8 épisodes seulement)... et nouvelle direction ?

Altered Carbon, saison 2 (2020) :

Trente ans après l'affaire Bankcroft, Takeshi Kovacs découvre que Quellcrist Falconer (Renée Elise Goldsberry) est toujours en vie, et qu'elle semble avoir pour objectif d'abattre un à un les Fondateurs. Armé d'un nouveau corps aux capacités de combat optimisées (Anthony Mackie) et aidé par sa fidèle intelligence artificielle Poe (Chris Conner), Kovacs reprend du service, mais se heurte aux manigances politiques de Danica Harlan (Lela Loren) et de ses commandos...

Pour la saison 1, j'avais opté pour un découpage de la saison en deux parties, histoire de développer un peu mon avis sur le contenu de la série... là, avec 8 épisodes seulement, j'ai préféré me limiter à un seul et unique bilan, d'autant que pour être franc, je n'ai pas énormément de choses à dire sur cette nouvelle fournée d'Altered Carbon.

Pas énormément, si ce n'est que j'ai eu beaucoup de mal à venir à bout de cette seconde année, à commencer par ses deux premiers épisodes, assez symptomatiques des problèmes de cette saison 2 : c'est lent, c'est mou, c'est faussement profond et solennel (certains échanges sont sur le mode une réplique/trois secondes de pause/une réplique/trois secondes de pause, pour donner une impression de serious business), et surtout, ça s'oriente dans des directions particulièrement peu intéressantes à mes yeux.

Je le disais en saison 1, Quellcrist Falconer (Renée Elise Goldsberry), la meneuse révolutionnaire, ne m'a jamais convaincu. Gros manque de charisme et de présence, pas grande alchimie avec Kinnaman, personnage qui débite des platitudes pseudo-philosophiques insipides, c'était à mes yeux l'un des éléments les plus faibles de la saison 1.

Et donc, forcément, comme elle devient l'un des points centraux de cette saison 2, j'ai eu bien du mal à m'intéresser à toute cette intrigue, qui voit Quell, amnésique, ressurgir dans la vie de Kovacs, lequel découvre qu'elle abrite en elle l'âme d'un Elder, dont la libération sème le chaos en fin de saison.

Le problème principal étant qu'une grosse partie de la saison s'axe ainsi autour de la romance impossible Falconer/Kovacs : c'est plat, c'est générique, c'est dépourvu de la moindre tension (sexuelle ou autre), bref, ça n'a pas fonctionné un seul instant à mes yeux. D'autant que, pour ne rien arranger, Anthony Mackie est particulièrement décevant et transparent en Kovacs : trop souvent passif, il sous-joue et grommelle la majorité de ses scènes, s'avère assez peu convaincant dans les scènes d'action (de toute façon montées et filmées de manière peu probante), et finit par faire une impression encore plus faible que Kinnaman en saison 1.

Bon, j'avoue, il n'est pas aidé par une série qui erre un peu sans direction, privée de l'angle "cyberpunk néo-noir" de sa saison 1, et dépouillée de sa nudité gratuite qui, au minimum, rendait le tout mémorable. Là, on se retrouve avec des intrigues politiques peu intéressantes (Lela Loren n'est pas très marquante, son personnage de méchante est assez classique), avec un commando aux tenues un peu cheap mené par un soldat revanchard (Torben Liebrecht, compétent mais guère plus remarquable), une chasseuse de primes (Simone Missick, qui ne fait pas grande impression) qui cherche son frère...

Bref, c'est particulièrement terne et insipide, sur tous les plans. Faut-il y voir là le résultat du départ de Steve Blackman, parti chapeauter The Umbrella Academy ? Les conséquences d'une baisse de budget (une bonne partie de la saison fait du surplace et est assez fauchée, visuellement, notamment toute la fin de saison dans des grottes et en forêt, ou encore le passage dans la retraite spirituelle virtuelle, assez immonde à l'écran) ? Un problème de world-building évident cette année, une année qui, dès son premier épisode, balance tous ses termes, ses noms, ses événements, sans jamais chercher à les expliquer ou à les rendre accessibles à de nouveaux spectateurs (ou à des spectateurs ayant oublié la saison 1) ? Le fruit de ces affrontements mal filmés, cadrés de loin et dans l'obscurité, pour ne pas montrer à quel point Mackie n'est pas doué en ce domaine (à contrario d'Hiro Kanagawa, meilleur sur tous les plans) ?

Difficile à dire. C'est un peu de tout, je dirais. Un tout gentiment brouillon et décousu, qui ponctuellement semble vouloir capitaliser sur son potentiel sans y parvenir (Kovacs vs Kovacs, c'est sympa, mais ça ne se concrétise jamais vraiment), qui sous-utilise bon nombre de personnages secondaires (Neal McDonough fait un caméo éclair, et c'est bien dommage), qui souffre de quelques passages de technoblabla forcé et en pilotage automatique...

Reste heureusement Poe (Chris Conner) qui, cette saison, s'avère le seul vrai vecteur d'émotion, opposé à un Mackie à 95% impassible. Poe qui peine à se remettre des événements de la saison 1, qui souffre de problèmes de corruption de son code, et qui s'éprend d'une autre intelligence artificielle, qui finit par l'aider dans son combat. En comparaison du reste de la saison, les aventures de Poe sont une bouffée d'air frais, et probablement la seule chose qui m'ait vraiment plu/intéressé cette saison.

Altered Carbon 2 m'a ainsi paru étrangement soporifique, bizarrement prude, avec une écriture et un rythme défaillants (qui démarre toutefois un peu sur la fin de saison)... une saison un bon cran en-dessous de la première au niveau de l'intérêt et du rendu à l'écran, mais une saison qui, étrangement, bénéficie une nouvelle fois de l'indulgence des critiques outre-atlantique.

Pas sûr cependant qu'il y ait une saison 3 au programme (surtout compte tenu de la conclusion de ces 8 épisodes), mais dans l'intervalle, il faudra compter sur Altered Carbon : Resleeved, un téléfilm animé narrant une aventure de Kovacs, et diffusée sur Netflix en mars dernier.

Critique dans ces pages dès lundi.

---

Retrouvez aussi toutes les autres séries passées en revue sur ce blog en cliquant ici.

commentaires

Les bilans de Lurdo : NOS4A2, saison 1 (2019)

Publié le 10 Novembre 2019 par Lurdo dans Critiques éclair, Drame, Fantastique, Horreur, Les bilans de Lurdo, Noël, Halloween, Review, Télévision, Thriller, Christmas, AMC

Alors j'aurais clairement pu publier cette critique dans le cadre de l'Oktorrorfest fraîchement terminée, tant l'orientation horrifique du tout correspondrait parfaitement à Halloween, ou j'aurais pu attendre la Christmas Yulefest pour l'intégrer à mon marathon de Noël (puisqu'une grosse partie de ce récit tourne autour de Noël et de tous ses codes)... mais non.

J'ai préféré opter pour une publication "entre deux", qui reflète bien le côté "postérieur entre deux chaises" de cette série AMC en 10 épisodes de 45 minutes, adaptée du roman de Joe Hill, le fils de Stephen King.

NOS4A2, saison 1 (2019) :

Tiraillée entre ses parents séparés, en conflit permanent, la jeune Vic McQueen (Ashleigh Cummings) ne rêve que d'une chose : faire des études artistiques. Mais elle n'a ni l'argent, ni les contacts pour y parvenir, et lorsqu'elle découvre qu'elle a des capacités étranges (au guidon de sa moto, elle est capable de créer, sous la forme d'un pont délabré, un portail instantané vers ce qu'elle recherche le plus à un moment donné), sa vie est totalement bouleversée. D'autant qu'un autre être surnaturel, Charlie Manx (Zachary Quinto), un vampire psychique qui kidnappe des enfants pour les enfermer dans son parc privé, Christmasland, est sur les traces de la jeune femme, fasciné par son pouvoir. Vic ne peut compter que sur elle-même et sur l'aide de Maggie Leigh (Jahkara J. Smith), une médium excentrique, pour espérer empêcher Manx de faire encore plus de dégâts...

Et par "postérieur entre deux chaises", j'entends que NOS4A2 n'est ni particulièrement convaincant dans le registre de l'horreur, ni dans celui des festivités de fin d'année, que ce soit au niveau thématique ou visuel. Je préfère préciser tout de suite que je n'ai jamais lu le roman de Hill : tout au plus ai-je survolé les comic-books dérivés du livre, sans jamais être convaincu par ce que je lisais.

J'ai donc abordé cette série avec une certaine curiosité, mais très rapidement, j'ai déchanté.

Car l'essentiel des problèmes de la série peut se résumer en quelques points, voire en quelques mots : "parti-pris artistique". Sous la direction de son showrunner Jami O'Brien (Hells on Wheels, Fear the Walking Dead, Flesh and Bone), la série propose dix épisodes au formatage très particulier, un peu comme si l'on avait pris un drame intimiste indépendant sur une jeune apprentie-artiste tentant d'échapper à sa condition sociale, et qu'on y avait incorporé quelques touches de surnaturel, en guise de garniture.

En effet, le drame intimiste indépendant constitue l'essentiel de ces 10 épisodes, dix épisodes visuellement délibérément ternes et fades, sans grande fantaisie ni inspiration, y compris au niveau des scènes illustrant Christmasland.

Tout est filmé de manière "réaliste", ce qui est assez logique compte tenu de l'orientation du scénario : une réalité terne, insipide, malheureuse et sinistre, où le surnaturel s'invite progressivement, pour offrir à son héroïne une échappatoire et un nouveau futur. Et donc, pendant le plus clair de ces 10 épisodes, la série se concentre sur la vie de Vic, sur ses problèmes familiaux, sur son père alcoolique et infidèle, sur sa mère pleine de défauts, sur ses amies plus riches qu'elle, sur sa romance naissante, sur ses aspirations artistiques, etc, etc, etc.

En filigrane, il y a bien un peu de surnaturel, un Zachary Quinto menaçant, quelques scènes plus tendues, mais c'est dilué dans la réalité du quotidien de Vic, au point de perdre la majeure partie de son impact, et de rendre les cinq ou six premiers épisodes assez peu engageants.

C'est dommage, car le monde surnaturel créé par Joe Hill, bien qu'évoquant fortement les œuvres de son père (de manière directe ou indirecte, d'ailleurs - clins d'oeil à Pennywise...), n'est pas inintéressant. Et à l'identique, l'interprétation (notamment de ses deux acteurs principaux) est globalement tout à fait solide et convaincante.

Mais malheureusement, alourdi par les choix créatifs de la production, et par son aspect "mélodramatique", le programme ne décolle jamais, chaque moment potentiellement captivant étant rapidement noyé dans un retour assez frustrant à la réalité et à la médiocrité d'un quotidien délavé.

D'autant plus frustrant que, lorsqu'il se passe quelque chose (vers la fin de saison), l'intérêt remonte notablement, et le ton et la direction de la série semblent devenir plus homogènes.

Mais même là, l'écriture est assez maladroite, téléphonant ses effets et ses rebondissements (tous les problèmes sentimentaux de l'héroïne, les choix faits par celle-ci, par la médium, par le petit-ami de Vic...), et forçant ses personnages dans des situations dramatiques assez agaçantes (tout l'incendie de la maison de Manx est à ce titre un beau moment narratif très artificiel).

Un bon exemple étant cet ultime épisode de la saison, qui, en un petit quart d'heure (à la réalisation assez laide en gros plans serrés) montre Vic en train de s'échapper, d'être secourue par des inconnus qui la croient instantanément et deviennent ses sidekicks, résout le conflit Vic/Manx, et la plupart des enjeux de la saison... puis la série repart dans le mélodrame familial, pour une grosse demi-heure de protagonistes qui se parlent, qui se réconcilient, qui découvrent une grossesse inattendue (pourtant un véritable cliché bien honteux, à ce point) et qui, pour finir, se remettent en route, via un flash-forward de plusieurs mois, histoire de relancer la machine pour une nouvelle saison déjà commandée.

Honnêtement, alors que je retrouvais un peu d'espoir à l'approche de la conclusion, celle-ci a achevé de me détourner du programme.

Je suppose que si l'on adhère à la vision artistique de la série, ou si l'on se retrouve dans le personnage de Vic, il est possible de vraiment adhérer à la proposition de NOS4A2.

Ce n'est pas le cas en ce qui me concerne. Pire, d'un point de vue formel, je reste persuadé que, sous la plume de quelqu'un de plus compétent et de plus concis (car l'immense majorité des scènes "réalistes" sont particulièrement redondantes), la plupart des épisodes de la saison pourraient être résumés en quelques scènes, une quinzaine de minutes chacun, tout au plus, et réunis sous forme de mini-série de 2x90 minutes... ça n'aurait pas été parfait, mais ça aurait été, sans nul doute, nettement plus efficace.

---

Retrouvez aussi toutes les autres séries passées en revue sur ce blog en cliquant ici.

commentaires

Les bilans de Sygbab : Supernatural, saison 2 (2006)

Publié le 22 Mars 2020 par Sygbab dans Action, Aventure, Critiques éclair, Comédie, Drame, Fantastique, Horreur, Les bilans de Sygbab, Review, Télévision, Thriller, USA, Supernatural, CW

Après près de deux ans et demi d'absence sur ce blog, Sygbab revient en force à l'occasion de la conclusion de la série Supernatural : une épopée de 15 saisons qu'il va passer en revue à raison d'un bilan par semaine...

Supernatural, saison 2 (2006) :

Sam (Jared Padalecki) et Dean Winchester (Jensen Ackles) traquent Azazel (Fredric Lehne), le démon aux yeux jaunes responsable de la mort de leurs parents, et découvrent que l'entité a pour plan d'exploiter les pouvoirs psychiques de nombreux enfants orphelins, dont la mère est souvent morte dans des incendies mystérieux... 

Est-ce vraiment la même série ?

Question tout à fait légitime, dans la mesure où l'écriture fait un bond qualitatif important. En premier lieu, le tissu familial devient véritablement une des grandes forces de la série, si ce n'est même son moteur essentiel. Les interactions entre les Winchester père et fils offrent autant de bons moments de télévision, que ce soit quand ils s'accordent ou quand leurs conflits éclatent au grand jour, et l'implication émotionnelle des téléspectateurs s'en trouve renforcée. C'est pour cette raison que le sacrifice de John, offrant sa vie au Yellow Eyed Demon en échange de celle de Dean, est un véritable choc. Cela vaut surtout pour les deux protagonistes principaux, puisque cet évènement bouleverse tous leurs repères.

Ils se retrouvent donc livrés à eux-mêmes tout en devant gérer leur deuil, sujet qui n'est pas évacué, bien au contraire. C'est en effet ce qui détermine en grande partie leur état d'esprit, et leur permet de porter le flambeau en reprenant le combat là où leur père l'avait laissé. Pour autant, l'union sacrée n'est pas toujours de mise, car ils restent avant tout des humains et ont autant de doutes que de convictions.

Dean, pourtant las de la vie qu'il mène et parfois borderline, considère que sa mission est de protéger son frère coûte que coûte, sans pour autant oublier qu'il a des pouvoirs et qu'en cas de force majeure, il devra l'éliminer. Ces mêmes capacités pour lesquelles Sam se remet constamment en question, car elles proviennent du démon qui a tué leur mère, et il pourrait très bien devenir un de ses soldats dans une guerre qui se profile. Dans un cas comme dans l'autre, le fardeau est lourd à porter.

La psychologie des personnages est donc plus fouillée, et les thématiques abordées étayent l'idée qu'un tournant plus adulte a été amorcé. La tendance se confirme avec des épisodes plus ambigus, qui s'écartent des schémas stéréotypés de la première saison. Par exemple, Sam empêche Dean de tuer des vampires inoffensifs (car ils ont décidé de boire du sang de bétail et non d'humains afin de survivre), mais doit exécuter une jeune femme avec qui il a vécu une passion brève et intense (car celle-ci est devenue un loup-garou).

Cela correspond à un univers qui devient plus sombre à mesure qu'il est développé, mais aussi plus riche et varié. En introduisant d'autres chasseurs - dont le dangereux mais intéressant Gordon, qui ferait un excellent antagoniste s'il pouvait se dépêtrer des mains de la justice -, en se créant un bestiaire bien fourni et en parlant de la foi dans un épisode très Scullyesque dans l'esprit, les scénaristes ajoutent des cordes à leur arc et s'offrent ainsi plus de possibilités.

Ainsi, après une première saison composée pour la grande majorité d'épisodes indépendants, les références commencent à se faire plus présentes, et contribuent à la cohérence de l'univers qui se déploie sous nos yeux. Et si, pour le prouver, il n'était pas suffisant de développer une mythologie qui se révèle solide (alors qu'elle mélange des éléments déjà vus par ailleurs, comme une guerre contre les forces du Mal ou des individus qui se découvrent des pouvoirs surnaturels), des personnages secondaires viennent s'installer durablement (à l'exception de Jo, qui ne fait que quatre apparitions et c'est bien dommage). Certes, ils ne bénéficient pas toujours d'un développement approfondi dans les détails, mais ils sont suffisamment bien caractérisés pour être attachants et agréables à voir évoluer.

Cela fait d'autant plus plaisir que les sous-intrigues entamées ne sont pas laissées de côté. L'étau se resserre autour de nos deux héros : ils sont désormais poursuivis par le FBI, ce qui n'est pas étonnant au vu de tous les évènements qui pourraient être à charge contre eux. Entre les morts qu'ils laissent derrière eux et les profanations de tombes, il y a de quoi... L'intérêt que leur porte la fameuse agence gouvernementale est d'ailleurs assez ironique, puisque c'est le badge que les Winchester utilisent le plus lors de leurs enquêtes. C'est peut-être de ce côté-là qu'un petit reproche pourrait être effectué : les usurpations d'identité pourraient être plus variées.

Malgré cela, l'humour pointe son nez de manière bien plus fréquente qu'auparavant, au point de se lancer dans un épisode parodique. Le 2x18, Hollywood Babylon, est un régal d'auto-dérision, mais il n'aurait pu en être autrement de la part de son auteur Ben Edlund, connu auparavant pour sa série The Tick (un humour non-sensique et désopilant, 9 épisodes durant) et pour l'épisode Smile Time dans Angel, où le héros éponyme se retrouvait transformé en marionnette. N'oubliant pas ses classiques, il se permet même une référence à Gilmore Girls, série dans lequelle Jared Padaleci jouait le rôle de... Dean (mais pas Winchester).

En résumé, cette deuxième saison gomme les défauts récurrents de la première, et même si elle contient elle aussi des épisodes un peu moins intéressants, elle est beaucoup plus créative. Son final ébouriffant, avec son côté Highlander qui met en lumière les motivations du Yellow Eyed Man, fait basculer la série dans ce qui s'annonce une nouvelle ère. Jusqu'à présent, la guerre qui s'annonçait n'était qu'un vague concept, mais avec l'ouverture des Portes de l'Enfer et l'évasion d'un nombre incalculable de démons, cela devient un fait.

Pour répondre à ma question d'ouverture : c'est le même titre, avec les mêmes acteurs, mais ce n'est plus la même série.

---

Retrouvez aussi toutes les autres séries passées en revue sur ce blog en cliquant ici.

commentaires

Critiques éclair - Star Trek : Picard 1x05-1x06 (2020)

Publié le 14 Mars 2020 par Lurdo dans Télévision, Star Trek, Aventure, CBS, Action, Critiques éclair, Drame, Les bilans de Lurdo, Review, Science-Fiction, USA

Star Trek : Picard me pose bien des problèmes : après un épisode pilote assez honorable, la série n'a fait que baisser en intérêt et en qualité, victime d'une écriture peu probante, de grosses ficelles narratives assez lassantes (la conspiration, les méchants frère et sœur romuliens quasi-incestueux, tous les personnages principaux qui sont traumatisés et bourrés de failles et de défauts), et d'une caractérisation de son personnage principal assez éloignée du Capitaine diplomate, intellectuel et posé de Next Generation.

Je continue néanmoins à espérer que ce ne sont que quelques errances de jeunesse, et que le programme va trouver son rythme de croisière avant la fin de cette première saison...

Star Trek : Picard - Saison 1 (2020) :

- 1x05 - Stardust City Rag : Picard et l'équipage se rendent sur Freecloud, pour y secourir Maddox (John Ales), détenu par Bjayzl (Necar Zadegan), ex-compagne de Seven of Nine (Jeri Ryan). Le petit groupe décide alors de simuler un échange d'otage, qui tourne rapidement court...

Un épisode particulièrement frustrant, tant il part dans toutes les directions possibles et imaginables, sans jamais trouver un ton ou une cohérence d'ensemble.

On se dit, par moments, que c'était censé être un épisode supposément plus léger et déconneur, avec un Jean-Luc Picard en mode pirate borgne à l'accent calamiteux et au béret ridicule, et Rios en space pimp, sur une planète casino tout droit sortie de Blade Runner, avec ses immenses holo-publicités, etc... mais en fait, l'épisode s'avère assez désagréable à regarder, entre la torture et la mise à mort gratuites d'Icheb ; une Seven of Nine devenue vigilante vengeresse qui ignore l'appel au calme de Picard, exécute sans broncher son ex (ressemblant fortement à une jeune Marina Sirtis, et portant un nom prêtant à de mauvais jeux de motsen langue anglaise) et abat tout ses sbires à grands coups de blasters, dans une scène tout droit sortie d'un mauvais film d'action ; une Raffi droguée alcoolique qui tente de se réconcilier avec son fils qu'elle a abandonné (mais qui se voit opposer une fin de non-recevoir, forcément, car dans Picard, noir c'est noir, il n'y a plus d'espoir) ; et puis bien sûr ce rebondissement final durant lequel Agnes tue Maddox car elle est  (sans surprise) de mèche avec les Romuliens...

Bref, on est dans une série dark & gritty, mélodramatique et nihiliste, où la noirceur est forcée, où les personnages sont tous traumatisés, faillibles, déglingués, et qui n'a de Star Trek que l'univers et quelques noms. J'ai bien conscience que c'est voulu, et à la limite, si c'était bien fait, pourquoi pas, mais les scripts sont vraiment bourrés de facilités et de mystères creux, ce qui ne me convainc pas du tout...

(mais visiblement, il suffit d'un peu de fanservice facile - Mot, Quark, etc - pour se mettre une grosse partie des fans de Trek dans la poche, donc bon...)

- 1x06 - The Impossible Box : Picard arrive sur l'Artefact, où il retrouve Hugh, et ensemble, ils tentent d'évacuer Soji, alors même que cette dernière vient de prendre conscience de sa nature d'être synthétique...

Un épisode qui, s'il est meilleur que le précédent, souffle aussi constamment le chaud et le froid, entre idées intéressantes et moments donnant envie de se facepalmer.

Dans le camp des moments réussis, on trouve Picard, hanté par son expérience chez les Borgs, et dont le retour à bord d'un Cube donne lieu à du stress post-traumatique assez frappant. Stewart se donne à fond dans ces moments, la mise en images du cube 2.0 est efficace, les retrouvailles avec Hugh font plaisir, bref, ça fonctionne plutôt bien. À l'identique, la scène de Raffi qui embrouille une ex-collègue pour parvenir à ses fins n'était pas désagréable, et le fait que le récit avance enfin un peu est assez satisfaisant.

Au rang des moments plus problématiques, on a, dans le désordre, la scène de romance entre Rios et Jurati, assez honteuse dans son écriture et sa mise en images ; toujours des manigances peu convaincantes des Lannister romuliens (de toute façon un gros point faible de la série, à mes yeux) ; et toute une séquence centrée sur Narek et Soji, qui retrouve progressivement la mémoire en explorant l'un de ses rêves... une séquence en théorie intéressante, mais sur laquelle le spectateur a constamment dix minutes d'avance, ce qui la prive du moindre impact (en même temps, la romance Soji/Narek n'a jamais vraiment fonctionné à mes yeux).

Enfin, au rayon fanservice, une référence amusante à un portail sikarien, petit morceau de continuité agréable avec Star Trek Voyager.

Reste que l'épisode, s'il est plus long et fait moins de surplace que d'habitude, est tout de même assez inégal : la qualité et l'homogénéité ne sont pas encore au rendez-vous, et j'ai bien peur que Hugh ne survive pas à la scène de bataille présagée à la fin de l'épisode (parce qu'encore une fois, dans Picard, on force bien le trait et la noirceur en tuant tous les personnages secondaires inutiles...)

---

Retrouvez aussi toutes les critiques de la saga Star Trek publiées sur ce blog en cliquant ici ou en passant par notre Index Séries alphabétique...

commentaires
<< < 10 20 30 40 50 60 70 80 90 91 92 93 94 95 96 97 98 99 100 > >>