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LES TÉLÉPHAGES ANONYMES

Il était une fois Lurdo & Sygbab, deux internautes passionnés de séries tv et de cinéma, et qui cherchaient un endroit où archiver leurs avis (semi) éclairés...

Résultat pour ""the good place""

Un film, un jour (ou presque) #116 : Avengers 2 - L'Ère d'Ultron (2015)

Publié le 26 Avril 2015 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Action, Aventure, Fantastique, Science-Fiction, Marvel, MCU

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine (tant que j'arriverai à tenir la cadence ^^), et des mini critiques d'une dizaine de lignes, tout au plus.

Avengers 2 - L'Ère d'Ultron (Avengers 2 - Age of Ultron) :

Lorsque Tony Stark (Robert Downey Jr.) et Bruce Banner (Mark Ruffalo) lancent prématurément un programme de défense planétaire globale à l'intelligence artificielle nommé Ultron (James Spader), celui-ci prend vie et devient une menace indépendante décidée à éradiquer la race humaine. Aux Avengers de se réunir et d'empêcher le pire de se produire, avec l'aide inattendue de deux humains aux pouvoirs improbables, Pietro (Aaron Taylor-Johnson) et Wanda Maximoff (Elizabeth Olsen)...

Dans ses interviews promotionnelles pour le film, un Whedon épuisé expliquait que Age of Ultron avait failli le tuer, que le film lui avait un peu échappé, et que c'était un combat de chaque instant, tant contre Marvel que contre ses instincts, et contre le film en lui-même. Un Age of Ultron qui, dans son premier montage, faisait donc 3h30, et a été remonté pour donner, au final, un long-métrage de 2h20.

On a donc perdu plus d'une heure de film... et ça se sent. Car si les 2h20 finales fonctionnent très bien, étant nettement mieux rythmées que le film original, elles sont aussi affreusement brouillonnes et bordéliques, avec des coupes franches & ellipses flagrantes qui sont très dommageables au récit (la vision quest de Thor, Ultron qui se refait une nouvelle peau sortie de nulle part hors-champ après son évasion).

Le film, à vrai dire, correspond presque à la définition d'un film "touche à tout, mais bon à rien". Non pas qu'il soit mauvais, mais il tente de réussir tant de choses à la fois qu'au final, il ne parvient qu'à être acceptable dans toutes les catégories.

C'est ainsi un film qui tente de mettre en place de nouvelles relations entre les membres actuels, de développer les membres existants n'ayant pas droit à leurs films, de créer de nouveaux héros, de lancer des pistes pour le prochain Captain America et pour le prochain Avengers, tout en établissant un nouveau super-méchant, et un autre méchant secondaire pour le film Black Panther.

Le problème étant que toutes ces intrigues se parasitent entre elles, et finissent par affaiblir le tout, Ultron (déjà pas aidé par des dialogues manquant de direction, et par un chara design assez déplorable, avec bouche "à la Optimus Prime", qui casse totalement la plausibilité d'un robot parlant) finissant par n'être qu'un élément de plus, une roue dans la machine Avengers, jamais particulièrement impressionnant ou menaçant.

Après, le métrage reste dans la droite lignée du premier film, avec une combinaison de réussites et d'échecs, tant sur le plan créatif que sur le plan technique.

- l'humour whédonien fonctionne, mais manque parfois de désamorcer des scènes importantes ;

- la réalisation est assez quelconque, avec un abus de plans bancals (en plongée/contre-plongée tordues, en dutch angles, etc) et peu efficaces ;

- le montage est un peu cache-misère durant certains moments d'action (en 2D, certains affrontements se résument à des silhouettes difficilement lisibles qui s'affrontent vaguement en gros plan ; je n'ose imaginer en 3D) ;

- Whedon est toujours très attaché à ses personnages et à l'univers Marvel, jusqu'à l'overdose de références. Néanmoins, les personnages existent, cohabitent, sont crédibles, et les acteurs leur donnent désormais vie avec une certaine aisance et décontraction qui fait plaisir à voir ;

- Le cliché whédonien agaçant de la "mort gratuite d'un personnage secondaire pour réaffirmer la gravité de la situation" est malheureusement présent ;

- les choix esthétiques restent très très aléatoires et/ou discutables : l'uniforme actuel de Cap est excellent (contrairement au pyjama du premier Avengers), la tenue de Thor après le premier affrontement, idem ; Ultron est donc particulièrement moche ; les jumeaux ont des looks assez quelconques ; et la Vision manque étrangement de carrure et de présence (pas aidée par un temps de présence à l'écran somme toute limité) ;

- Les effets numériques sont inégaux : autant le design de Hulk est impeccable et ressemble à Ruffalo, avec une animation très réussie niveau émotions, autant son intégration dans certaines scènes - surtout la scène d'ouverture - est simplement ratée ; d'ailleurs, c'est toute la scène d'ouverture qui est forcée, et pas au point, niveau SFX) ;

- Plutôt que de laisser Brian Tyler faire son truc à la musique, et reprendre allègrement ses thèmes et ceux de Silvestri, on lui a demandé de travailler avec Danny Elfman : le résultat est bâtard, assez homogène stylistiquement, mais jamais passionnant, et se refusant systématiquement à utiliser pleinement les thèmes établis, au profit de quelques notes ici ou là.

- L'écriture globale est donc un peu éparpillée et maladroite, avec par exemple des scènes intimistes et du développement de personnages insérés au forceps dans le récit, et une narration qui peine à véritablement donner du poids réel à Ultron. Peut-être est-ce dû au fait que le script se consacre beaucoup au sauvetage de civils (ce qui est une bonne chose), au point de faire des robots d'Ultron des tas de ferraille facilement destructibles et faciles à battre.

À noter aussi, un étrange paradoxe : en s'efforçant de placer un maximum de caméos des personnages secondaires de l'univers (Falcon, Rhodes, Selvig, Agent Carter, Heimdall...), Whedon ne fait que souligner l'absence bizarre des autres personnages, que ce soit ceux au salaire plus important (Portman, Paltrow) ou ceux dont la présence aurait été abordable et amusante (Kat Dennings aurait pu être là durant la soirée, par exemple, mais je pense surtout à toute la team Coulson d'Agents of Shield, qui n'a définitivement aucune importance dans le MCU).

Bref... c'était sympathique à regarder et spectaculaire, bien que bourré de défauts et un peu en roue libre dans sa narration boursouflée. La note remontra peut-être un peu lorsque je le reverrai, en VO cette fois-ci (et espérons-le avec des scènes en plus)... mais si ça fait comme le premier opus, les défauts du métrage risquent de ressortir encore plus à la seconde vision, donc... on verra bien.

3.5/6

 

Mise à jour du 18/01/2017 :

Après avoir revu le métrage, les défauts de celui-ci sautent encore plus aux yeux (bon nombre ayant déjà été mentionnés plus haut) : début bordélique et laid au possible ; moments gratuits totalement inutiles, et qui coûtent cher en effets spéciaux sans vraiment rentabiliser l'investissement (le début, donc, mais aussi la dernière défense circulaire des Avengers) ; un peu trop d'humour et de one-liners rajoutés en post-synchronisation de manière évidente et maladroite ; un énorme coup de mou lors du passage dans la ferme de Hawkeye ; un Ultron vraiment raté tant dans son animation que dans ses upgrades (tout simplement impossibles à distinguer les unes des autres) et dans son rendu visuel ; la mort risible de Quicksilver ; un Thor qui disparaît de manière maladroite pendant un bout du film ; un Hulk qui fait de même (trop cher à animer ?) pendant le plus gros de la bataille en Sokovie ; l'absence flagrante de la Team Coulson à bord de l'hélicarrier du SHIELD...

Bref, beaucoup de points faibles qui sont surlignés par un revisionnage tardif. Et paradoxalement, deux gros points forts, directement hérités de Joss Whedon : l'alchimie de toute l'équipe, qui fonctionne très bien du début à la fin, notamment dans les combats en équipe (Thor/Cap, notamment) ; et la relation Romanov/Banner, touchante, et aidée par des effets numériques impeccables lorsque cela compte vraiment.

Mais au final, les volets Avengers du MCU signés Whedon sont vraiment décevants, en regard de leur potentiel. Espérons que les frères Russo sauront corriger ces erreurs pour le grand final de 2018/2019.

3/6

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Les bilans de Lurdo : Perdus dans l'Espace, saison 2 - deuxième partie (2020)

Publié le 23 Mai 2020 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Télévision, Drame, Science-Fiction, Les bilans de Lurdo, Aventure, Jeunesse, Netflix, Lost In Space

Après un premier épisode assez mauvais, tout droit issu de la plume des showrunners, la deuxième saison de Lost in Space a plus ou moins réussi à se reprendre dans sa première moitié, pour finir par être relativement intéressante - ou du moins, par être plus ou moins regardable, en fonction des scénaristes à l'œuvre sur chaque épisode. Reste à voir comme tout cela va se conclure...

Lost in Space, saison 2 - deuxième partie (2020) :

2x06 - Severed : Contaminés, le Resolute et la colonie sont placés en quarantaine, le temps de trouver une solution à cette bactérie hautement corrosive : Penny, Smith, Vijay et un civil se retrouvent bloqués dans une section condamnée du Resolute, sur le point d'être amputée. Maureen, Will et Ben Adler, eux, explorent la planète à dos de cheval, pour tenter de retrouver le Robot...

Un épisode un peu précipité, notamment sur le plan des Robots, où les péripéties se multiplient sans une seconde de répit (Will découvre la grotte, le Robot, tente d'interpréter les symboles, comprend que le robot est méchant, le robot est éliminé, Will repart explorer, retrouve le vrai Robot, tout ça en quelques minutes à peine, puisque le gros de l'épisode est consacré au Resolute), mais dans l'ensemble, c'est plutôt agréable à suivre, notamment à bord du vaisseau.

L'écriture sait en effet ménager ses effets, et éviter de prendre les chemins les plus évidents : le red shirt qui survit, Smith qui change un peu au contact de Penny... Tout ça évite de tomber dans de gros clichés trop prévisibles, et se montre même ponctuellement assez subtil, notamment dans l'écriture des personnages.

2x07 - Evolution : Alors que tout l'équipage du Resolute cherche une solution pour décontaminer les réserves d'eau, et permettre aux colons de tous monter à bord, les autorités découvrent que des vaisseaux extraterrestres ont mis le cap sur les humains. Hastings décide alors d'abandonner les colons encore sur la planète, mais les Robinson s'opposent à lui...

Des épisodes de plus en plus courts (38 minutes), et une saison qui se cristallise de plus en plus autour des manigances du méchant Hastings, prêt à sacrifier une partie des colons pour sauver le reste et rentrer chez lui. Alors ça reste toujours un peu précipité, mais la dynamique globale du tout rend le récit assez intéressant, notamment au niveau des Robinson qui se mutinent et complotent contre les autorités de bord.

Les manigances de John et de Smith, en particulier, sont plutôt amusantes à suivre, et le développement du Robot (qui s'attache aux chevaux) est bien amené : en comparaison du début de saison, c'est le jour et la nuit, et ça rend le tout nettement plus agréable à suivre.

2x08 - Unknown : Maureen et ses alliées prennent le commandement du Resolute, et emmènent ce dernier au cœur d'une géante gazeuse toute proche, pour reconstituer les stocks d'ammonium, et sauver ainsi les derniers colons en éliminant la bactérie. Mais ses erreurs passées la rattrapent lorsque Hastings sabote l'opération. Don, lui, est victime de ce sabotage, et Maureen n'a d'autre choix que de monter seule une opération de secours...

Encore un épisode relativement court, mais bourré de moments spectaculaires, avec une grosse partie du budget effets spéciaux consacrée à la mutinerie (même si le côté girl power est un peu forcé, Maureen est impressionnante), une Smith qui tente de changer (en vain), un Robot qui effectue des réparations en pleine plongée dans la géante gazeuse, puis se révolte en découvrant l'état de Scarecrow, un sauvetage épique effectué par Maureen, et un méchant très méchant : ça fonctionne bien, tout ça.

2x09 - Shell Game : Alors que les parents Robinson sont à bord de navettes de maintenance, au beau milieu des turbulences de la géante gazeuse, Hastings tente de les faire disparaître. À bord, les enfants font tout leur possible pour aider le Robot à secourir Scarecrow, alors même que tout l'équipage est après eux...

On continue dans la droite lignée des épisodes précécents : c'est spectaculaire, visuellement réussi (les Robinson qui découvrent une forme de vie inconnue dans la géante gazeuse, c'était très joli), ça parvient à surprendre avec des rebondissements, de la trahison, du suspense, et même si ce n'est pas parfait - Hastings est un méchant parfois un peu trop caricatural, et certains rebondissements sont prévisibles - ça continue d'être très agréable à suivre.

2x10 - Ninety-Seven : Ben Adler et Will emmènent Scarecrow dans la faille extraterrestre pour qu'il s'y régénère ; à bord du Resolute, les Robinson reprennent le contrôle, mais réalisent bien vite qu'une armée de robots tueurs est à leurs trousses...

Et qui dit retour des showrunners à l'écriture dit aussi retour des grosses ficelles d'écriture, des raccourcis approximatifs, et de cette impression constante qu'il manque des scènes entières d'explication entre les différentes parties de l'épisode.

Le sacrifice d'Adler et la régénération de Scarecrow ? Cinq minutes en pré-générique, sans autre explication. Hastings ? Évacué de l'épisode en une scène de dix secondes. Les décisions dramatiques prises par les uns et les autres ? Débattues de manière larmoyante pendant une scène, et aussitôt acceptées par tout le monde. La tentative de négociation avec les robots ? Expédiée. Le plan de Maureen visant à figer les robots ? Visuellement réussi, mais mis en place en quelques minutes. La conclusion de la saison ? Encore un cliffhanger "choc" comme les scénaristes les adorent...

Bref, pas le temps de s'ennuyer, et l'interprétation est très solide, comme toujours, mais c'est bien dommage que l'épisode ne soit pas mieux écrit.

Bilan saisonnier :

Une nouvelle année qui a vu une sérieuse montée en gamme des effets numériques, souvent spectaculaires et réussis, ainsi qu'une amélioration globale de l'écriture - sauf lorsque les showrunners s'en mêlent. Et c'est assez regrettable, je dois dire, d'autant que ça souligne bien l'un des soucis des productions Netflix, qui confie souvent ses séries à des showrunners inexpérimentés, souvent des scénaristes pas très éprouvés, ayant pour seule qualification un peu d'expérience à l'écriture d'un ou deux épisodes d'un autre show.

On me rétorquera que c'est un processus qui n'est pas si différent des habitudes des grands networks, mais il y a une différence de taille : contrairement aux networks, souvent très (trop) présents, le contrôle qualité de Netflix est généralement inexistant. L'important, pour Netflix, c'est le nombre et la variété des programmes proposés, pas leur qualité technique : ce qui se ressent directement lorsque l'on regarde de nombreuses séries de la plate-forme, au budget et à la direction artistique conséquents, mais à l'écriture balbutiante et défaillante.

Bref. Je m'égare. Je suis le premier à m'en étonner, mais j'ai préféré cette seconde saison de Lost In Space à la première. Et ce en dépit de ses quelques errances d'écriture. La distribution est toujours compétente et attachante, les effets spéciaux sont de qualité, c'est rythmé, et effectivement, c'est une série familiale tout à fait honorable, qui met en avant le travail d'équipe, l'intellect, la réflexion et l'empathie.

Par conséquent, ça se regarde, pour peu qu'on ne soit pas trop gêné par les quelques épisodes signés de la plume des showrunners...

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Les bilans de Lurdo : Jessica Jones, saison 3 (2019)

Publié le 8 Septembre 2019 par Lurdo dans Action, Critiques éclair, Drame, Les bilans de Lurdo, Thriller, Marvel, Netflix, Science-Fiction, Télévision, Review

Parce que je suis un complétiste, et que cette troisième saison de Jessica Jones est aussi la dernière du cycle Marvel/Netflix, je ne pouvais décemment pas faire l'impasse dessus, malgré mon indifférence croissante envers ce personnage, cette série, et ses partis-pris créatifs et narratifs...

Jessica Jones, saison 3 (2019) :

Alors qu'elle se rapproche d'Erik (Benjamin Walker), un empathe capable de percevoir le mal chez autrui, Jessica Jones (Krysten Ritter) est confrontée aux agissements de Salinger (Jeremy Bobb), un tueur en série qui semble toujours avoir plusieurs coups d'avance sur elle, et qui lui en veut personnellement...

Et honnêtement, sans grande surprise, j'ai vraiment eu l'envie de jeter l'éponge après trois épisodes. C'est triste à dire, mais les sous-intrigues envahissantes centrées sur les personnages secondaires, la narration pseudo-noir de Ritter, sa moue constante, les grosses ficelles de l'écriture, etc, tout ça n'est pas passé loin de me faire abandonner la saison à peine commencée.

Je ne m'en suis jamais caché : alors que certains se sont immédiatement rangés dans le camp des appréciateurs de la saison sur la simple base de la sexualité de Hogarth (ou de la présence d'une actrice trans dans le rôle de la secrétaire (inutile) de Jessica), je n'ai jamais réussi à m'intéresser au personnage de Carrie Ann Moss qui, comme souvent chez Netflix, donne l'impression d'être un bouche-trou né de l'incapacité des scénaristes à faire de leur protagoniste principal la star du show.

Il en va de même avec les autres séries Marvel/Netflix : les scénaristes développent outre mesure les personnages secondaires, et on se retrouve avec une série qui leur est souvent consacrée à plus de 50%, avec des intrigues souvent insipides et peu inspirées.

Ici, c'est Hogarth qui tente de renouer avec une ex, ce qui cause le suicide du mari de celle-ci, et place Hogarth dans la tourmente, l'entraînant dans une spirale infernale. Ce qui aurait pu fonctionner si Hogarth était un personnage intéressant, et pas une caricature d'avocate aux dents longues prête à trahir père et mère pour parvenir à ses fins. Et qu'on ne me parle pas de sa maladie, tentative bancale et évidente d'humaniser un personnage assez détestable.

Là, c'est Erik, l'empathe maître-chanteur dont s'entiche Jessica, et qui finalement n'est rien d'autre qu'un personnage-fonction, qui disparaît d'une partie de la saison quand les scénaristes ne savent quoi en faire.

On a aussi Malcolm, tourmenté par sa masculinité, par l'éthique de son nouveau poste chez Hogarth, un Malcolm qui a des problèmes sentimentaux avec une collègue et couche avec une prostituée. Super.

Et puis Trish qui, après une saison 2 insupportable, est devenue une héroïne aux super-pouvoirs assez peu probants (en gros, elle fait du parkour, et elle voit la nuit ^^), et passe son temps à faire la morale à Jessica, affichant un sens de la justice et du vigilantisme désinhibé (ce qui la rend toujours aussi antipathique). Une Trish qui a droit à deux épisodes entiers lui étant consacrés, des épisodes pas forcément pertinents revisitant les événements des épisodes précédents de son point de vue (et qui, en prime, continuent dans une direction d'anti-fan-service méprisant et à la caractérisation hors-sujet - la scène des changements de costume).

Sans oublier Jessica. Toujours morose, toujours en train de ronchonner, toujours en train d'affirmer bien fort qu'elle "travaille seule", qu'elle "n'a besoin de personne", qu'elle "ne compte que sur elle-même" (quelle écriture pitoyable...), et dont les enquêtes, une fois plus, sont une jolie série de coïncidences, qui la placent sur le chemin d'Erik, le love interest de la saison, et de Salinger/Foolkiller, un tueur en série.

Et là, problème : Salinger, l'antagoniste principal de la saison (ou presque), est un désastre. Cliché ambulant du tueur en série intellectuel qui se croit au-dessus de la plèbe, il est écrit avec les pieds, et cette écriture ampoulée, pédante et arrogante, donne lieu à une interprétation à l'identique. J'ai tout simplement détesté le personnage, dénué de tout charisme, et cela a beaucoup joué dans mon appréciation négative de la saison.

Sans antagoniste digne de ce nom, avec une protagoniste à l'évolution minime (oui, elle commence à accepter l'idée d'héroïsme, mais ça s'arrête là), des personnages secondaires envahissants, et une narration comme toujours décompressée par le format Netflix, la saison est ainsi très laborieuse, surtout dans sa première moitié.

À mi-parcours, cependant, la saison commence enfin à se cristalliser, une fois Salinger arrêté : Hogarth est prête à tout pour éviter de couler, et accepte de le défendre, tandis que les actes de Salinger radicalisent Trish, qui devient encore plus extrémiste dans sa vision de la justice, et redevient un antagoniste, tel qu'on pouvait le deviner en fin de saison 2.

Enfin, après plus de six épisodes, les différentes sous-intrigues commencent à se rejoindre et à être pertinentes / à ressembler à autre chose qu'à du simple remplissage pour un format Netflix à bout de souffle. Les thématiques de la saison - le vigilantisme, les traumatismes du passé qu'il faut vaincre afin d'avancer, les différentes manières de se faire justice, etc - émergent enfin de manière claire, et la série avance... mais elle le fait de manière toujours bancale et laborieuse.

Il faut dire que toutes ces interrogations sur la légitimité de la justice personnelle, sur la nature des justiciers privés, etc, et sur le passage de Trish du côté obscur, arrivent bien trop tard dans le cycle Netflix/Marvel pour être encore pertinentes et originales.

Toutes les autres séries (y compris Luke Cage, qui vient faire coucou dans le series finale, et joue - de manière totalement inappropriée - le rôle de conscience morale pour JJ) sont déjà passées par là, ont épuisé le sujet, et le conflit entre Jessica et sa soeur est d'autant moins pertinent que l'univers Netflix/Marvel est bourré de vigilantes n'hésitant pas à tuer.

Franchement, tout le mélodrame final de la saison aurait pu être évité en passant un coup de téléphone à Frank Castle.

Et d'ailleurs, c'est un peu le problème récurrent de la saison : les personnages deviennent tous stupides et incompétents lorsque cela arrange les scénaristes, les solutions évidentes sont ignorées au profit des rebondissements forcés, et certaines péripéties sont tout simplement oubliées en cours de route (toute la mise en place de la saison, du coup de poignard à l'ablation de la rate de Jessica, n'a aucune incidence sur la fin de saison, et est même paradoxale compte tenu de la description de Salinger comme un tueur méthodique, implacable et ultra-intelligent).

Bref, entre des personnages au capital-sympathie insuffisant, des sous-intrigues inintéressantes, un antagoniste en carton, des pouvoirs inutilisés, une continuité bancale, un manque de rigueur dans l'écriture, et une obstination à débattre du concept éventé de justice, la saison 3 de Jessica Jones s'avère redondante et finalement tout aussi peu mémorable que la précédente.

Une fin de saison et de série à l'image de tout le cycle Marvel/Netflix, en fait : à trop se prendre au sérieux, à trop vouloir être différent et présenter un produit mature, adulte, sombre et profond, les séries Marvel/Netflix se sont tiré une balle dans le pied, et ont fait le reste du parcours en boitant et en tirant derrière elle le boulet d'un format rigide et boursouflé de 13 épisodes.

Pas aidées par des directions créatives à géométrie variable, ces séries ne laisseront donc pas grand souvenir, et l'on ne pourra qu'attendre un éventuel reboot des personnages sous l'égide des Marvel Studios...

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Les bilans de Sygbab : Total Recall 2070, saison 1 (1999)

Publié le 21 Mars 2021 par Sygbab dans Action, Critiques éclair, Les bilans de Sygbab, Review, Science-Fiction, Télévision, USA, Thriller, Policier, Showtime

Et si la critique positive qui va suivre était la conséquence directe d’un implant mémoriel forçant Sygbab à croire que la série est géniale ? Non, Sygbab est une machine, et seuls les humains peuvent être atteints par cette technologie ! Mais si les androïdes sont humains, peut-être que cela peut fonctionner aussi…

Total Recall 2070, saison 1 (1999) :

Diffusée sur la chaîne Showtime durant la première moitié de l'année 1999 et créée par Art Monterastelli (qui avait déjà travaillé en tant que scénariste sur la série L'Homme de Nulle Part), Total Recall 2070 est un hybride des films Total Recall de Paul Verhoeven et Blade Runner de Ridley Scott, dont l’ambiance et les décors - une grande cité multi-ethnique aux bâtiments gigantesques - sont une influence évidente. C’est également une sorte de melting-pot regroupant la plupart des thèmes de prédilection de Phillip K. Dick.

Le postulat de départ est le suivant : en 2070, le monde est plongé dans le chaos après avoir subi les conséquences de la pollution et du nucléaire, ce qui a eu des répercussions écologiques dramatiques et des conséquences politiques dévastatrices, puisque les gouvernements nationaux ont disparu.

Malgré cela, la marche en avant de la technologie n’a pas pour autant été freinée, bien au contraire : dans ce contexte propice, les puissantes corporations ont tenté d’occuper la place vacante en formant une alliance, le Consortium, et en fondant l’IPC avec l’idée d’en faire le nouveau pouvoir exécutif.

Or, cette administration est devenue indépendante et a créé une nouvelle police composée de deux divisions. Le CPB (Citizens Protection Bureau) est celle qui est la plus mise en avant puisque le personnage principal David Hume (Michael Easton) en fait partie, les 22 épisodes de la série suivant son parcours aux côtés de Farve (Karl Pruner), son partenaire androïde.

En regroupant les trames des deux films précités, les intentions ambitieuses du créateur de la série sont mises en application avec maîtrise et brio et cette unique saison est cohérente de bout en bout. L’épisode 18, Assessment, en est la meilleure preuve : par le biais de plusieurs flashbacks, il permet au téléspectateur de se remémorer divers éléments disséminés ici et là et de se rendre compte que tout se tient.

Les scénaristes tirent parti au mieux du format pour développer des arcs sur la longueur, et le final est une très bonne conclusion. Il y a toutefois un bémol : pour pleinement apprécier, il faut être un grand amateur de la science-fiction à l’état pur, à savoir celle qui implique des intrigues complexes et qui, par exemple, s’interroge et s'inquiète de l’influence de la technologie sur notre civilisation, dans le futur.

En alliant avec intelligence la question des androïdes pouvant être dotés de conscience et la manipulation des souvenirs via les implants mémoriels de la société Rekall, les ingrédients sont réunis pour proposer une intrigue aux ramifications nombreuses ; en étant plus terre-à-terre, cette intrigue offre l’opportunité d’apporter un peu de classicisme avec la machiavélique corporation qui est impliquée dans presque toutes les affaires louches sur lesquelles les deux protagonistes principaux sont amenés à travailler.

Celles-ci permettent d’aborder les dérives d’une société pervertie par la technologie et dont les conséquences comme la pollution sont inquiétantes : manipulations génétiques, mutations, réalité virtuelle et télépathie sont (entre autres) au programme. Mais, pour en revenir aux androïdes, déterminer s’ils peuvent être humains reste la thématique principale et c’est pour cette raison que Farve est souvent au centre de l’attention : personne ne connaît ses origines et cela suscite bien des questionnements.

Cet aspect policier est une composante essentielle de la série. Les enquêtes sont crédibles - d’autant plus que le côté scientifique est intégré grâce à la présence d’Olan (Judith Krant) qui assure aussi bien les autopsies que les recherches dans les domaines de la génétique ou de la cybernétique - et la panoplie des méthodes employées pour obtenir des renseignements est assez variée : entretiens avec les personnes liées à l’affaire de près ou de loin, recherches informatiques, interrogatoires au QG du CPB, voire même passage à tabac de petits malfrats par Hume qui n’hésite pas à faire preuve de violence pour leur soutirer quelques informations. Chacune apporte des résultats différents, et l’ensemble est efficace.

Qualité d’écriture, maîtrise des intrigues, univers riche et bien retranscrit (à l’instar de Blade Runner, il n’y a aucune couleur vive, tout se passe de nuit ou sous la lumière artificielle d’ampoules ou de néons, il pleut souvent, et les grands bâtiments imposants achèvent de rendre l’ambiance étouffante), il ne manque plus que des personnages réussis.

Et c’est le cas ! Calley (Matthew Bennett) a beau être vicieux et indigne de confiance, il n’en veut pas moins la même chose que Hume : mettre fin au règne du Consortium. Olan est plus qu’une simple scientifique, elle est aussi l’amie de David et de sa femme Olivia (Cynthia Preston) et se retrouvera au cœur de la tourmente en fin de saison.

Ehrenthal (Michael Anthony Rawlins) est placide, froid et ne laisse pas passer beaucoup d’émotions mais il dirige sa division d’une main de fer, avec justesse et intelligence puisqu’il fait preuve d’une diplomatie infinie envers les membres des corporations contre lesquelles il lutte ; mais surtout il soutient Hume à 100% et est toujours prêt à l’aider.

Olivia a vu son père tué par un androïde mais travaille à Uber Braun, la société qui les produit (ce qui provoque quelques conflits avec David), et va elle aussi se retrouver au centre des intrigues par la suite. Chacun a une utilité et est doté d’une psychologie travaillée ainsi que d’un développement remarquable qui prend en compte tous les événements qui se produisent. Mais le traitement qui est réservé aux deux plus importants personnages est encore plus réussi.

En passant son temps aux côtés de David, Farve va apprendre à connaître les humains, à comprendre comment ils « fonctionnent », mais il va également tisser des liens forts avec son coéquipier au point de réellement tenir à lui. Leur relation est un des points d’ancrage de la série et c’est un drôle de paradoxe en ce qui concerne Hume, dans la mesure où il ressent une haine profonde envers les androïdes, responsables de la mort de son ancien partenaire.

Si Farve est un personnage intéressant auquel on finit par s’attacher en oubliant complètement qu’il s’agit d’une machine (Ehrenthal se charge de le rappeler à Hume tout en interpellant le téléspectateur à ce sujet), le protagoniste principal est néanmoins David Hume. À force de se retrouver confronté à tant de perversions, de côtoyer des gens qui manipulent la réalité, les souvenirs, il finit par douter de tout.

Pourquoi ce monde est-il si injuste ? Qui croire ? Que croire ? Et ces doutes influent forcément sur son comportement, qui devient plus imprévisible. Mais ces doutes sont aussi l’essence même de l’humanité... Dans un monde tel que le sien, cela n’a pas de prix, et c’est finalement la principale leçon à retenir.

Total Recall 2070 est donc une série intelligente, qui traite de sujets sérieux tout en possédant des épisodes intéressants (voire passionnants) et qui bénéficie de très bons personnages servis par une distribution impressionnant - Michael Easton et Karl Pruner en tête.

Certes, ça ne fait pas rire, mais ça fait réfléchir et c’est tant mieux. Le seul reproche que l’on pourrait faire est la réutilisation abusive de certains plans et les images de synthèse pas toujours très réussies ; mais dans la mesure où ce ne sont que des plans intermédiaires qui servent de transitions entre deux scènes et surtout, qui permettent de placer l’action, ce n’est pas particulièrement gênant.

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Critique éclair : Deadbeat, saison 3 (suite et fin)

Publié le 1 Mai 2016 par Lurdo dans Critiques éclair, Télévision, Review, Comédie, Fantastique, Les bilans de Lurdo

RIP : Fauchés et sans repos (Deadbeat) , saison 3 (suite et fin) :

Kevin Pacalioglu (Tyler Labine) est un stoner/slacker new-yorkais, bon à rien sans avenir, et qui n'a qu'un seul talent : celui de voir et de parler aux esprits ne parvenant pas à trouver la paix dans l'au-delà. Après avoir affronté et triomphé de Camomile White (Cat Deeley), une fausse médium médiatisée bien décidée à exploiter les dons de Kevin à son propre bénéfice, Kevin se retrouve de nouveau seul...

Et là, tout de suite, bonne nouvelle, puisque comme je l'espérais, les scénaristes ont nettement levé le pied sur la provoc' graveleuse et creuse dans la suite de cette saison.

Pas totalement non plus, cela dit, puisque le recours à de l'humour bas-de-plafond a toujours fait partie de l'ADN de la série, et qu'ici, ils se lâchent peut-être un peu plus qu'avant dans les scènes scatologiques (on assiste à une étrange récurrence des scènes de WCs et de diarrhées, dans cette saison, ainsi que d'une fausse nudité pixelisée). Mais dans l'ensemble, pour le meilleur et pour le pire, le show revient rapidement à son schéma habituel du fantôme de la semaine, et de semi-parodies hebdomadaires d'un genre ou d'un film.

On se retrouve tout de même - avec l'arrivée de Kal Penn - devant un tournant créatif. Les deux premières saisons du show reposaient sur la rivalité de Kevin et de Camomile, l'autre voyante, et finissaient par développer une jolie relation de couple entre Kevin et une fantômette.

Ici, on reboote tout ça, et on transforme le show en Harold et Kumar 2.0. Et c'est vraiment ça, tout du long : les aventures enfumées de deux stoners aux idées stupides, qui tentent de gagner de l'argent en en faisant le moins possible. Pas forcément le type de show qui m'intéresse le plus au monde, à vrai dire, même si la relation quasi-fusionnelle de "Kumar" et Kevin est assez sympathique et naturelle.

Et sans surprises, ce sont les épisodes les moins axés "marijuana" qui m'ont intéressé :

- le 3x02, par exemple, voit Kevin & Kumar tenter de participer à un concours d'inventions pour enfants (avec comme produit révolutionnaire une armure anti-bullies), recruter un gamin rencontré sur le web pour présenter l'invention, et finir par passer dans To Catch a Predator.

- le 03, par contre, aucun intérêt pour moi, avec son fantôme stoner qui demande aux deux protagonistes de convaincre son ancien pote de fumette (devenu chirurgien) de gagner pour lui un tournoi de bong-pong : de quoi donner lieu à une parodie de film de sport des 80s, avec montage, etc. Rien de révolutionnaire, et bon nombre de shows l'ont fait avant, d'autant que le tout est assez tiré vers le bas par l'intrigue secondaire de Kumar qui se fait passer pour un vendeur d'aspirateur, et étale des excréments de chien sur un tapis, blablabla.

- le 04 retombe dans le graveleux et le lourd, puisque le duo se lance dans le monde du porno, afin de retrouver quel acteur a mis enceinte la star d'un gang-bang, désormais décédée, et qui aimerait connaître le père de sa fille avant de rejoindre l'au-delà. C'est vulgaire, pas très inspiré, assez générique, mais paradoxalement, ça passe encore.

- le 05 est une parodie de Week-end chez Bernie, avec un pseudo-Skrillex, mort d'auto-asphyxie érotique dans sa chambre d'hôtel, et que K&K baladent pendant tout l'épisode, afin d'avoir accès à un night club où un mégachampion de poker doit apparaître. Un épisode amusant, mais con, avec malheureusement le retour de l'employée de morgue nécrophile qui surjoue, mais aussi avec un début de fil conducteur (comme Kevin, le joueur de poker voit et parle aux morts) qui restera malheureusement sous-exploité durant la saison.

- le 06, lui, donne dans la parodie de super-héros assez moyenne, avec un wannabe-vigilante qui réclame vengeance pour sa mort accidentelle. Le tout culminant (malheureusement) dans une poursuite en costumes rythmée par la diarrhée fourdroyante de K&K, qui se vident par tous les orifices tous les trois mètres, dans la rue. Trop drôle. :mellow:

- Un épisode 07 assez quelconque, qui se déroule quasi-intégralement chez les amish (l'épisode est bien moins drôle qu'il ne semble penser l'être, et encore une fois, ça a déjà été fait ailleurs, en plus amusant), et qui parvient tout de même à placer un gag à base de vomi, forcément.

- Parodie de L'Affaire Thomas Crown (et autres films de cambrioleurs) dans le 08, avec le fantôme d'une duchesse obèse nue et pixélisée qui a honte de son portrait vendu aux enchères, car elle ne s'y trouve pas assez grosse ; encore un épisode très très inégal, dont le summum des vannes c'est "la duchesse est une chaudasse obèse aux allusions graveleuses constantes", et "le cambrioleur anglais s'appelle Hugh Anuss".

- Parodie de Prison Break dans le 09, avec Kevin qui doit se faire passer pour un prisonnier dans un pénitencier, afin d'approcher un néo-nazi, et de finir son tatouage, pour le compte d'une fantômette Suicide Girl tatoueuse. Un bon paquet de clichés, et Kumar est quasiment absent de l'épisode, mais c'était regardable et assez rythmé.

- 10 : Remake de Very Bad Trip, qui se transforme encore une fois, à mi-chemin, en film de sport, avec un fight club de sumos, de l'entrainement, etc. Assez redondant et creux.

- 11 : le fantôme d'un LARPer se prend pour un véritable roi trahi par un sbire, et K&K doivent intégrer son groupe de rôlistes, parmi lesquels (encore une fois) l'employée de la morgue. Bon, là, pas de surprises, on a beaucoup des clichés habituels sur les nerds qui jouent aux JDRs grandeur nature, mais le tout finit par être assez léger et sympatoche.

- La série se souvient que la saison est presque terminée, et décide de développer un semblant d'arc et de continuité dans le 12, avec K&K qui se brouillent, Kevin qui part en solo, et s'occupe de dizaines de fantômes à la suite grâce à un gadget emprunté au joueur de poker. Pas forcément intrinsèquement intéressant, avec une histoire d'illusioniste fantôme, qui ne vaut vraiment que pour un petit duel de magiciens amusant.

- 13 : season finale, avec un Kevin qui comprend que tous les fantômes "libérés" avec le gadget du joueur de poker ont en fait été emprisonnés dans celui-ci, car le joueur de poker a prévu d'utiliser l'énergie fantômatique de ces derniers pour alimenter sa future gamme de vibromasseurs révolutionnaires. Un concept absurde qui aurait pu fonctionner et avoir plus de punch si le show avait utilisé le gadget en question plus tôt dans la saison, et si le joueur de poker avait été mieux caractérisé et développé. À part ça, l'épisode refait Buried (le film avec Ryan Reynolds) et Kill Bill, mais sans être forcément très inspiré. Et il parvient à nous placer le fantôme de Benjamin Franklin, qui possède Kumar, et n'a alors qu'une envie : s'auto-sucer. Forcément.

Bref, une saison qui a perdu beaucoup de son charme surnaturel (fini le petit fantôme en plastoc à la Slimer, etc), pour vraiment privilégier l'humour de stoner à la Harold et Kumar. Personnages pas assez développés, parodies trop superficielles, recours au pipi-caca trop fréquent, intrigues et arcs narratifs jamais vraiment aboutis, on sent un peu les scénaristes/showrunners fatigués ; mais bon, là, au moins, on se dit que le show ne pourrait pas passer comme tel sur un grand network, et qu'il exploite donc au maximum son statut de série indépendante diffusée sur le web... je suppose que ça justifie cette direction plus radicale ?

 

(ou pas)

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Halloween Oktorrorfest 2014 - 15 - Torment (2013), Black Rock (2012) & The Mist (2007)

Publié le 4 Octobre 2014 par Lurdo dans Oktorrorfest, Cinéma, Critiques éclair, Review, Halloween, Horreur, Fantastique, Thriller

Halloween approche, et comme tous les ans, c'est l'heure de l'Oktorrorfest sur le blog des Téléphages Anonymes, avec au programme un marathon de cinéma fantastique et d'horreur pendant un peu moins de deux mois, de mi-Septembre à mi-Novembre...

Torment :

En vacances à la campagne dans une maison confortable, Sarah (Katharine Isabelle), son nouveau mari Cory (Robin Dunne), et Liam, le fils de ce dernier, découvrent bien vite qu'une famille de psychopathes habitent avec eux, et veulent ajouter un nouveau membre à leur clan difforme...

Slasher assez basique et prévisible (on devine dès le début que Sarah va finir le film seule, à protéger Liam, et qu'à la fin, ils seront plus unis qu'une mère et son fils biologique, blablabla), Torment bénéficie néanmoins d'une durée suffisamment brève (80 minutes tout compris) qui devrait lui confèrer, en théorie, un rythme assez soutenu et nerveux.

Malheureusement, et malgré la présence toujours sympathique de Katharine Isabelle, dans un rôle ici plus doux (ou, du moins, moins frontal et abrasif) que d'habitude, le tout reste totalement dérivatif et transparent, enchaînant les scènes clichées les unes après les autres, et échouant à faire fructifier les quelques bonnes idées (la scène de torture psychologique est soudainement captivante... mais elle ne débouche sur rien, et les motivations de la famille de tueurs ne sont jamais développées, à l'image de leur caractérisation, limitée à "ombres tueuses avec un masque").

Résultat : on reste franchement passif, à la limite du désintérêt, devant ce métrage trop banal pour convaincre. Dommage, d'autant que ce n'est pas trop mal filmé.

2/6

Black Rock :

Trois amies d'enfance (Lake Bell, Kate Bosworth et Katie Aselton, par ailleurs réalisatrice, co-scénariste et premier rôle du film) se retrouvent pour passer quelques jours sur une petite île, Black Rock. Là, elles croisent le chemin de trois chasseurs, ex-soldats, avec qui elles se saoulent et flirtent. Mais lorsque la soirée tourne mal, elles deviennent les proies de leurs compagnons.

Un survival problématique, en cela qu'il ne commençait pas trop mal, avec trois actrices à l'aise, et une relation assez naturelle entre elles.

Mais dès qu'elles arrivent sur l'île, le script perd pied : les filles deviennent insupportables et profondément stupides, les clichés se multiplient, les sous-entendus caricaturaux du scénario sont très discutables (les hommes soldats sont forcément brutaux, violents, meurtriers et des violeurs en puissance, et les femmes des victimes innocentes qui ne peuvent survivre que si elles s'unissent et rejettent les problèmes de mecs qui les divisent) et le tout est tellement cliché et basique que cela perd rapidement tout intérêt.

Et non, mettre Lake Bell nue dans l'obscurité, ce n'est pas suffisant pour sauver le tout.

1.5/6

The Mist :

Après un violent orage électrique, une ville du Maine est enveloppée dans un brouillard opaque et inexplicable, au sein duquel vivent des créatures indicibles qui ont décidé de faire de l'humanité leur proie. Retranché dans une superette, un groupe de survivants tente de s'organiser, et de survivre aux monstres, ainsi qu'aux tensions internes qui les entre-déchirent.

Une adaptation de Stephen King à la réputation particulièrement élogieuse et aux inspirations lovecraftiennes, mais qui paradoxalement m'a toujours laissé particulièrement de marbre.

Peut-être est-ce dû à la réalisation ultra-académique, qui frôle même parfois le téléfilm ; peut-être est-ce dû au rythme mollasson, là encore digne d'une mini-série tv estampillée Stephen King ; peut-être encore est-ce dû à cette accumulation de personnages-archétypes assez clichés et superficiels, qui pêtent immédiatement un cable à la moindre contrariété, pour devenir de vrais psychopathes improbablement hostiles et fanatiques ; peut-être est-ce plutôt dû à cette distribution intéressante, mais qui succombe à la maladie du surjeu non-contrôlé ; ou bien à cette caricature de croyante hystérique qui, dès qu'elle ouvre la bouche, donne envie de se flinguer (ou de la flinguer) tant elle est écrite et jouée sans la moindre subtilité.

Plus simplement, je pense que c'est dû à un mélange de tout ça, et à des effets spéciaux parfois assez quelconques (la scène du tentacule), qui fait que je n'ai jamais accroché au film, lequel m'a de plus toujours beaucoup trop rappelé La Tempête du Siècle.

125 minutes, c'est affreusement long, les personnages sont assez agaçants, et le tout aurait pu être plus efficace que le produit fini.

Cela dit, j'ai eu exactement la même réaction face au Walking Dead de Darabont, alors que d'autres criaient, de la même manière, au génie, donc... m'enfin la fin dépressive était sympathique.

Un tout petit 3/6

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Halloween Oktorrorfest 2014 - 33 - The Echo (2008), Catacombes (Catacombs - 2007) & Le Territoire des Ombres : Le Secret des Valdemar & Le Monde Interdit (2010)

Publié le 29 Octobre 2014 par Lurdo dans Oktorrorfest, Cinéma, Critiques éclair, Review, Halloween, Horreur, Fantastique, Lovecraft, Thriller

Halloween approche, et comme tous les ans, c'est l'heure de l'Oktorrorfest sur le blog des Téléphages Anonymes, avec au programme un marathon de cinéma fantastique et d'horreur pendant un peu moins de deux mois, de mi-Septembre à mi-Novembre...

The Echo :

Ancien détenu autrefois accusé de meurtre, Bobby (Jesse Bradford) sort de prison, et s'installe dans l'appartement new-yorkais de sa mère mystérieusement décédée, à l'étage d'un vieil immeuble fatigué, où tout le monde vit dans la crainte. Bien vite, il y est confronté à des bruits étranges, et à un cas de violence conjugale chez son voisin (Kevin Durand), mais lorsqu'il enquête, le voilà soudain impliqué dans un drame surnaturel qui le dépasse...

Un remake US d'un film d'horreur asiatique (Sigaw) qui est un peu problématique : d'un côté, le film est très atmosphérique, et ne repose pas sur des jump scares, ce qui est appréciable ; mais de l'autre, ce n'est qu'une histoire de fantômes assez classique, prévisible, et très faiblarde au niveau frayeur et angoisse.

Bref, très mitigé, d'autant que le générique d'ouverture, sur fond de murmures désespérés, est très réussi, et nettement plus prenant que tout ce qui suit ensuite. M'enfin ça se regarde.

2/6

Catacombes :

Maigrichonne, névrosée et légèrement psychotique, Victoria (Shannyn Sossamon) arrive à Paris pour y rendre visite à sa soeur Carolyn (la chanteuse Pink) ; là, elle découvre le manque d'hospitalité des Français, et les amis fêtards et blagueurs de Carolyn. Mais après une rave illégale dans les catacombes parisiennes, Victoria s'y retrouve seule, perdue, et à la merci d'un tueur sanguinaire...

Purement et simplement un navet, qui échoue sur tous les niveaux. On pourrait facilement passer outre le scénario téléphoné et plat au possible, avec son héroïne qui galère seule dans des couloirs clairement tournés en studio, pendant des plombes, à crier sans raison... si seulement le reste était mieux foutu.

Là, on a une France et des Français on-ne-peut-plus-caricaturaux (cigarettes, agressivité, impolitesse, sexe, philosophie, etc), un rendu visuel fauché, des personnages écrits avec les pieds (l'héroïne est antipathique, sa fragine une tête à claques), une distribution médiocre (Sossamon crie constamment, Pink est transparente, et tous les autres sont des acteurs roumains qui font semblant de parler français), et une illustration musicale insupportable. Bref, il n'y a rien à sauver, même pas un moment de tension réussi.

0.25/6

La Herencia Valdemar :

En 1874, Lazaro Valdemar (Daniele Liotti), un photographe ayant fait fortune grâce à de fausses photos psychiques, finit en prison, accusé de fraude. Il en est sorti par Aleister Crowley (Paco MAestre), un sorcier et nécromancien qui est persuadé des dons réels de Lazaro. Mais la première cérémonie d'incantation de Crowley, Lazaro et de leurs semblables tourne au cauchemar, et le manoir Valdemar devient le lieu d'une malédiction innommable, qui hante le bâtiment pendant des siècles, jusqu'à ce que Luisa (Silvia Abascal), une spécialiste en assurances, se perde dans la bâtisse alors qu'elle en fait l'estimation...

Un film d'épouvante gothique espagnol assez frustrant, car inégal.

Après une première partie contemporaine assez quelconque et peu subtile, le film prend son envol dans sa seconde partie historique : les décors, l'interprétation, les effets spéciaux, le visuel, la musique, les costumes, tout est plutôt réussi... mais cela ne reste qu'un (très long) flashback, parfois un peu mollasson (il aurait été clairement possible de dynamiser le tout par quelques coupes dans le scénario), et qui, au retour à l'époque présente pour un "à suivre" agaçant, frustre vraiment plus qu'il ne satisfait.

3.25/6 car le film est techniquement très convaincant.

La Herencia Valdemar II - La Sombra Prohibida :

À la recherche de Luisa, disparue dans le premier film, un petit groupe doit faire face aux troupes de cultistes d'une organisation funeste en possession du Necronomicon, grimoire maudit capables d'invoquer les entités les plus maléfiques...

Ouhlà quelle déception après ce premier opus sympathique mais imparfait ; ici, ce sont tous les défauts du premier film qui sont décuplés, sans rien pour les contrebalancer : résumé maladroit du premier film, enquête sans intérêt, flashback inutile avec Lovecraft en guest, rythme encore plus mollasson, interactions ternes et répétitives entre les personnages... bref, si le budget reste présent (et le Cthulhu est assez réussi pour une prod européenne), la maîtrise et le scénario ne sont pas là.

En coupant une heure de métrage, et en fusionnant les deux films, ça aurait probablement été nettement meilleur.

1.5/6

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Halloween Oktorrorfest 2014 - 34 - Trilogie Frère de Sang (1982/1990/1991) & La Maison de l'Étrange (Inhabited - 2003)

Publié le 31 Octobre 2014 par Lurdo dans Oktorrorfest, Cinéma, Critiques éclair, Review, Halloween, Horreur, Fantastique, Comédie, Jeunesse

Halloween est là, et comme tous les ans, c'est l'heure de l'Oktorrorfest sur le blog des Téléphages Anonymes, avec au programme un marathon de cinéma fantastique et d'horreur pendant un peu moins de deux mois, de mi-Septembre à mi-Novembre...

Basket Case 1 :

Lorsque Duane (Kevin Van Hentenryck) s'installe dans un hôtel new-yorkais avec pour seul bagage un panier en osier fermé, rien ne laisse présager la série de meurtres qui va suivre. Car dans le panier se trouve Belial, le frère siamois de Duane, séparé par des médecins brutaux que Belial et Duane sont bien décidés à faire payer...

Un film très daté, très fauché, très mal joué, mais qui pourtant parvient à tout même emporter l'adhésion, malgré tous ces défauts techniques évidents.

Principalement parce que Henelotter, le réalisateur, parvient à instaurer une ambiance particulièrement pesante, poisseuse et glauque, dans ce NYC fauché du début des années 80.

Bref, c'est mal foutu, certes, mais c'est original, inventif, amusant et assez bien mené, ce qui rééquilibre le tout.

3.25/6

Basket Case 2 :

Après avoir survécu à leur chute depuis leur chambre d'hôtel, Duane et Belial parviennent à s'échapper de l'hôpital, et trouvent refuge dans une demeure cossue, tenue par leur tante Ruth (Annie Ross). Là, ils forment une nouvelle famille avec les nombreux autres freaks hébergés par Ruth, jusqu'à ce que des journalistes un peu trop curieux viennent bousculer ce fragile équilibre...

Un métrage radicalement différent du précédent : exit le glauque, le fauché, le cheap, le poisseux, et New York. Ici, le budget est plus important, les acteurs jouent mieux, c'est moins daté dans sa forme et dans son fond, bref, le tout est nettement plus maîtrisé, abouti, et remplace l'atmosphère si particulière du premier épisode par un côté défilé de freaks grandiloquent et burlesque, à mi-chemin entre du Tod Browning et Nightbreed/Cabal.

Avec une thématique très axée "séparation" et "acceptation de l'autre et de soi", le métrage continue ainsi à être intrigant et original, tout en se permettant plus de légèreté et d'humour, ainsi que des effets spéciaux nettement plus convaincants.

C'est moins gore (quoique...), mais ça fourmille tout autant d'idées (le photographe dans le grenier, qui éclaire la scène à coups de flashes, avec les créatures qui se rapprochent un peu plus à chaque fois), et le finish WTF achève de faire de ce métrage une suite peut-être meilleure que l'original, dans un style différent (un peu à la manière d'Evil Dead/Evil Dead 2).

4/6

Basket Case 3 - The Progeny :

En compagnie de Ruth et des autres freaks, Belial et Duane partent en road trip dans le Sud profond, pour célébrer la future naissance des enfants de Belial. Mais bien vite, la situation se complique, et les freaks doivent prendre les armes contre la police locale...

Ouhlà, la belle casserole que voilà. Après un premier volet poisseux, et un second plus décomplexé, celui-ci donne dans... euh... le grand bordel non-sensique.

Et c'est précisément pour ça que le film ne fonctionne pas : non seulement le surjeu général est de retour ; non seulement le tout donne encore plus dans la caricature et le grotesque ; mais en plus, ça met un temps fou à se mettre en marche, avec plus de 35 minutes avant que l'accouchement ne se produise.

Bref, c'est mou, c'est décousu, il y a de la nudité gratuite, des idées assez débiles jetées n'importe comment à l'écran (Robo-bélial, l'inventeur, etc), et le personnage principal n'est plus vraiment Duane ou Belial, loin de là, puisque Ruth prend le devant, pousse la chansonnette, etc.

En fait, hormis la scène d'évasion du commissariat, joliment gore, je crois que j'ai vraiment détesté le reste du film.

1.75/6

La Maison de l'Étrange (Inhabited) :

Lorsque Brad (Eric Lutes) & Meg (Megan Gallagher) emménagent avec leur fils adolescent Tyler (Greg Cipes) et la petite Gina (Sofai Vassilieva) dans une nouvelle demeure un peu délabrée, ils ignorent qu'ils s'installent sur le territoire de gnomes maléfiques vivant sous terre... et bien vite, alors que Gina devient leur compagne de jeu, les morts mystérieuses se succèdent.

Un film de 2003 qui ressemble plutôt, à vrai dire, à un téléfilm fantastique pour enfants des années 80, dans la droite lignée de Troll, de Les Créatures de l'Ombre, ou de The Gate ; l'interprétation est inégale, les jump scares agaçantes, et le tout est au final assez quelconque, sans réels enjeux mémorables ou convaincants. Malcolm McDowell ne sert d'ailleurs pas à grand chose.

2/6

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Les bilans de Lurdo - Seaquest DSV, saison 1 (1993-1994)

Publié le 22 Mars 2012 par Lurdo dans Les bilans de Lurdo, Critiques éclair, Review, Télévision, Science-Fiction, Aventure

Lorsque j'étais plus jeune, que je regardais encore TF1, et que je ne connaissais pas encore les univers de Star Trek ou de Babylon 5, j'aimais beaucoup Seaquest. J'en gardais un bon souvenir, souvent déjanté, à base de Dieux Grecs, d'extraterrestres, de voyages dans le temps, de monstres marins, etc... et surtout, je me souvenais d'un équipage ma foi bien sympathique. 

Et je me souvenais aussi d'épisodes beaucoup plus soporifiques, avec peu d'action, beaucoup de blabla, et plein de dialogues pseudo-scientifiques. Ceux-là, lorsque j'étais plus jeune, ils ne me plaisaient pas du tout... Maintenant, près de 20 ans après la création du show, qu'est-ce que ça donne ?

Bon, d'office, on ne peut pas nier la filiation avec Star Trek (notamment avec The Next Generation, qui entamait à l'époque sa dernière saison). Que ce soit au niveau des personnages (le capitaine, la doctoresse séduisante qui n'est pas insensible à son charme, l'adolescent prodige, etc), ou au niveau de l'univers (l'UEO, qui est un copié-collé de la Fédération ; le vaisseau, porte-étendard de sa flotte) et des thèmes (on retrouve cette même ambition de délivrer un message "moral", une réflexion dans chaque épisode)....

La filiation est même clairement assumée, avec un épisode qui a William Shatner en guest star, dans la peau moustachue d'un Seigneur de Guerre serbo-croate en fuite, et qui apparaît sur un écran avec la mention "JTK NCC1701" puis "NCC1701A" : les amateurs de Star Trek apprécieront (du moins, ils apprécieront la référence, hein, parce que l'épisode en lui-même est l'un des moins réussis de la saison, et Shatner n'y est pas franchement bon).

Les différences avec Next Generation ?

Déjà, une différence fondamentale : le Wesley Crusher de bord n'est pas antipathique. Dans les premiers épisodes, il peut paraître saoulant, d'autant que l'interprète est alors parfois faux, mais il devient rapidement attachant, et n'est pas surexploité à la Crusher. D'ailleurs, c'est le cas de quasiment tous les personnages du navire : il ne leur faut pas 4 ou 5 saisons pour devenir intéressants ou sympathiques.

La distribution est immédiatement chaleureuse, les personnages bien écrits - ils ont tous leur histoire, leurs relations, qui sont développées à un degré ou un autre durant la saison. Que ce soit le morale officer toujours à l'affût des magouilles et autres coups douteux, son ex-femme (Stacy Haiduk :love:), le premier officier assez raide, la doctoresse qui râle tout le temps, Ted Raimi, etc, ils ont tous quelque chose qui fait que l'alchimie entre les persos fonctionne très bien. Et ils évoluent.

Quid alors des souvenirs mitigés que j'avais ?

J'ai réalisé une chose : la saison 1 est une excellente saison de science-fact. Pas science-fiction, mais sci-fact.

Parce que les thèmes traités ne sont quasiment pas de la science-fiction. Pas de monstres tentaculaires (du moins, pas dans le sens "film de monstres"), pas d'extraterrestres, pas de surnaturel dans 95% des épisodes de la saison.

Ici, on parle science, géopolitique, problèmes de bureaucratie, de hiérarchie, d'écologie et de terrorisme, avec un mot d'ordre guère éloigné de ce que James Cameron fait à longueur de temps : faire partager le merveilleux et la beauté du monde sous-marin. D'ailleurs, la petite minute éducative présente dans chaque générique de fin aide à cerner les intentions de la production (Steven Spielberg inside, d'ailleurs).

Même les épisodes à priori plus "ésotériques" se voient traités de manière réaliste et intelligente (comme l'épisode se déroulant dans le Triangle des Bermudes), sans toutefois verser dans le trop sérieux, grâce à une pointe de second degré toujours présente...

Il y a cependant quelques exceptions, dans cette saison 1. En effet, comme de la sci-fact intelligente et engagée, ça fonctionnait très moyennement niveau audience, NBC a demandé à la team Seaquest de revoir totalement sa copie.

Aussi,en fin de saison, alors que jusqu'à présent, les seuls éléments "fantastiques" avaient été un épisode parodique spécial Halloween à base de fantômes, et une vague mention de capacités psychiques (semblables à l'empathie dans Star Trek) chez l'homme et le dauphin, on voit soudain débarquer dans deux épisodes successifs un vaisseau extraterrestre enfoui au fond de l'océan, et un "Dr Moreau"-bis, en la personne de Charlton Heston, qui crée des humains amphibies par mutation génétiques et greffe de branchies. O_o

Et le n'importe quoi m'ayant plu plus jeune (aliens, mutants, Atlantide, Poseïdon, monstres) est en fait directement issu de la saison 2, qui part clairement dans cette direction. Mais là où c'est amusant, c'est que je me retrouve à adorer les épisodes "sérieux" que je détestais étant jeune, et à difficilement supporter les épisodes plus "fantastiques" que j'adorais autrefois, et qui me paraissent désormais franchement à côté de la plaque/de ce qu'était le show en saison 1.

Sans oublier que ce fameux changement d'orientation entre les deux premières saisons se traduit aussi par une disparition des 2/3 du personnel de la saison 1. En cela, le final de la saison 1 à quelque chose de Whedonesque : il boucle les intrigues de tous les personnages, conclut celle du Seaquest de manière explosive, tout en laissant la porte ouverte à une suite potentielle... qui aura lieu.

Bref, une bonne première année pour ce show, une saison qui rivalise sans trop de difficultés avec la première de Star Trek : The Next Generation. Elle n'est pas parfaite, loin de là : il y a l'occasionnel épisode soporifique (l'avant dernier de la saison, qui n'est intéressant que par le personnage du Général Luis Guzmano... interprété par Luis Guzman :p ), quelques clichés typiquement américains sur les autres pays (notamment la France, mais aussi l'Amérique Latine), et des idées qui auraient mérité d'être mieux développées.

Mais dans l'ensemble, la saison 1 est assez homogène, et se regarde facilement à raison de plusieurs épisodes par jour, ce qui est généralement bon signe quand à la qualité du programme.

Et puis une série dans laquelle le Président des USA, c'est Steven "Mr X" Williams, ça force le respect !

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Pilotes - Saison 2014-2015 - Dramas & Sitcoms

Publié le 19 Octobre 2014 par Lurdo dans Télévision, Critiques éclair, Review, Comédie, Sitcom, Drame, Fox, CW, USA Network, NBC, Fantastique, Science-Fiction

Passage en revue de quelques-uns des pilotes des nouveaux dramas de cette rentrée télévisée américaine 2014-2015 :

Red Band Society (Preair) 1x01:

Un Breakfast Club à la sauce "service pédiatrique d'un hopital", produit par Spielberg à partir d'une série dramatique catalane, narrée en voix off par un gamin comateux qui parle aux autres patients lorsqu'ils sont inconscients. C'est assez sirupeux et mélodramatique, le cast est très inégal, les personnages gentiment clichés (la cheerleader bitchy, la nerd lesbienne à lunettes, le jeune rebelle cancéreux, le médecin séduisant, l'infirmière black à attitude, l'interne souriante et pleine d'enthousiasme, l'infirmier latino efféminé, la relation amour/haine entre l'anorexique et l'amputé au stade terminal de sa maladie, le sidekick black dragueur à casquette) et l'écriture est suffisamment laborieuse pour que je n'aie pas vraiment envie de remettre le couvert avec un second épisode.

Gotham 1x01 :

Splendide erreur de continuité dès la première scène, avec Catgirl qui vole une bouteille de lait neuve et pleine et qui, dès le plan suivant, lorsqu'elle redescend du toit et verse le lait aux chats, n'a plus qu'un demi-centimètre dans sa bouteille. On va être charitable, et dire que c'est une grosse ellipse un peu foirée... M'enfin entre ça, la caractérisation à la truelle, et les effets de lumière dans toutes les scènes... j'ai grincé des dents dès le début.

Après, on nous rajoute un triangle amoureux potentiel entre Montoya/Gordon/sa femme (facepalm), une illustration musicale hors-sujet et pataude au possible (on se croirait devant un cop-show des années 80, avec cette guitare électrique), des gros coups de coude réguliers et tout aussi patauds aux lecteurs de comics, du toutéliage abusif, des acteurs très très inégaux (Jim "je suis un badass" Gordon en tête) et une Jada Smith qui nous joue son personnage comme une méchante de Batman 60s (paradoxalement, ça ne m'a pas déplu, en contraste avec la platitude du reste)... pfff.

J'ai beau être un DC-guy, je n'ai pas continué après ce pilote... parce que là, j'ai trouvé ça particulièrement médiocre.

The Flash 2014 1x01 :

Ouaip. Donc ça se confirme bien : le feeling Smallville 2.0 de la bande-annonce étendue - clins d'oeil appuyés, script télégraphié et laborieux, cast particulièrement terne et transparent (à une exception près), sfx inégaux, bullet-time & gros plans moches et flous pour simuler la vitesse de la course, repompage de trucs mieux faits ailleurs (le visuel à la Sherlock sur la scène de crime), toutéliage - est omniprésent, et le tout est particulièrement médiocre et précipité (vlà les ellipses à partir du moment de l'accident). Voire mauvais et baclé.

(Honnêtement, il y a plus d'ambiance et de style dans les soixante premières secondes du pilote de 1990 que dans tout cet épisode.)

(rooh et puis les dialogues... notamment dans la scène crossover avec Arrow, où Amell est monolithique au possible)

Bref, ce n'est pas bon, mais je suis certain que ça va plaire au même public qui considère qu'Arrow est la meilleure série tv de tous les temps. *soupir*

Benched 1x01 :

Série comique made in USA Network, sur (quelle surprise ! ) un duo d'avocats excentriques  une avocate stressée et névrosée (Eliza Coupe, qui refait toujours le même personnage depuis Scrubs), super avocate qui pête un cable à la suite d'une non-promotion, et se retrouve à devoir travailler en tant qu'avocate commise d'office aux côté de Jay Harrington (Better Off Ted) et Oscar Nunez (The Office). Mwé. Ça se regarde, mais c'est du déjà vu, tout ça.

Marry Me 1x01 :

Le showrunner de Happy Endings, pour une sitcom sur Casey Wilson (épouse du showrunner) & Ken Marino en couple établi, qui va bientôt se marier.

Parce que malheureusement, le showrunner a gardé le pire de Happy Endings, pour cette sitcom : l'hystérie épuisante. On a donc Casey Wilson en drama queen qui en fait trois tonnes, qui se plaint tout le temps, qui crie, qui court dans tous les sens, et qui n'a qu'une idée en tête : se marier, pendant que Ken Marino subit... un peu comme si on devait se farcir des épisodes entiers de la vie de Penny, dans Happy Endings, sans les autres personnages pour contrebalancer ses intrigues.

Parce que les autres personnages sont ici assez ternes et clichés (les parents gays qui portent des petits gilets fuschia et lavande ; le best friend gros, barbu et comique ; la belle-mère autoritaire ; la copine blonde célibataire et indépendante, la voisine black à attitude)... et j'ai beau être content de revoir Sarah Wright-Olsen, le tout ne possède pas le capital sympathie de Happy Endings, loin de là : c'est nettement plus fatigant. Et puis j'en ai ras-le-bol des sitcoms romantiques (généralement new-yorkaises) de ce style.

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Un film, un jour (ou presque) - SPÉCIAL PÂQUES - Moyens-métrages Rankin/Bass (1971-1977)

Publié le 1 Avril 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Télévision, Pâques, Animation, Jeunesse, Fantastique, Musique, NBC, ABC, Rankin-Bass

Comme aujourd'hui, c'est Pâques, et que j'ai déjà passé en revue, l'année dernière, l'un des rares films de Pâques qui existe (à ma connaissance), à savoir Hop, j'ai décidé cette année de profiter de ce dimanche festif pour m'intéresser à trois classiques de l'animation américaine télévisée pour enfants, tous trois issus de l’œuvre de Rankin/Bass (oeuvre déjà abordée en ces pages à l'occasion des fêtes de Noël).

Au programme, trois moyens-métrages tous disponibles en ligne, et à l'intérêt inégal.

Here Comes Peter Cottontail (1971) :

Lorsque le Lapin de Pâques en chef décide de prendre sa retraite, il choisit Peter Cottontail (Casey Kasem) pour le remplacer. Mais le maléfique January Irontail (Vincent Price) est bien décidé à ruiner les fêtes de Pâques, et défie Peter en duel singulier, avec comme enjeu son poste de Lapin de Pâques. Vaincu, Peter doit désormais trouver un moyen de sauver les fêtes de Pâques en distribuant ses œufs au plus vite, grâce à l'aide de Seymour Sassafras (Danny Kaye), d'une machine à voyager dans le temps, et du Père Noël...

Téléfilm d'animation en stop-motion de 50 minutes environ, et basé sur un roman de 1957 narrant les aventures du Lapin de Pâques, Here Comes Peter Cottontail s'avère une jolie réussite technique et visuelle, bénéficiant du savoir-faire de Rankin/Bass en matière d'animation image par image.

On y retrouve le schéma désormais familier des œuvres du studio, avec un narrateur prestigieux qui raconte aux jeunes spectateurs une histoire fantastique, des doubleurs réputés, et des chansons fréquentes, plus ou moins datées et convaincantes (on est loin des chansons présentes dans les Rankin/Bass de Noël, par exemple).

Globalement, cependant, le tout se suit tranquillement, aidé par un Peter Cottontail aux faux airs de Sammy de Scooby-Doo (même doubleur), par un doublage compétent et par une épopée temporelle qui passe de fête en fête (certes américano-centriques, mais bon...), apportant au film un "bestiaire" très varié et agréable (sorcières, fantômes, dinde, farfadets, Santa...). Plutôt sympathique, dans l'ensemble.

(en 2006, ce téléfilm a connu une suite animée laide, en images de synthèse, avec une Reine des Glaces, une pieuvre géante, Roger Moore et Christopher Lloyd au doublage, et le fils de Peter qui doit sauver le Printemps avec l'aide de ses amis animaux)

The First Easter Bunny (1976) :

Lapin en velours offert à la petite Glinda pour Noël, Stuffy (Robert Morse) est jeté à la poubelle lorsqu'elle tombe malade. Il est alors sauvé par une fée, Calliope (Joan Gardner), qui lui donne vie, et l'envoie dans la Vallée de Pâques, pour qu'il y devienne le Lapin de Pâques. Mais le maléfique Zéro (Paul Frees), maître de l'Hiver, entend bien mettre des bâtons dans les roues du petit lapin...

Une adaptation vraiment très libre du Lapin de Velours de Margery Williams, animée en 2d dans un style assez particulier, avec un doublage inégal, et qui rajoute à l'histoire originale tout un tas de personnages et de lieux inutiles (le Père Noël, Zero le maître du froid, son acolyte Bruce, le Pôle Nord, les rennes, le trio de lapins bons à rien, etc).

En fait, on a l'impression d'une production assez datée (les chansons) et sous-développée, comme si Rankin/Bass avaient un script de moyen-métrage de stop-motion de 45-50 minutes qu'ils n'avaient jamais terminé et qui traînait dans les placards, et qu'ils avaient donc décidé de le produire en animation traditionnelle, au format 25 minutes.

Ça fait donc patchwork un peu bâclé, pas très convaincant, et gentiment creux.

The Easter Bunny is Coming to Town (1977) :

S.D. Kluger (Fred Astaire), le facteur, est de retour, pour répondre à toutes les questions que se posent les enfants au sujet du Lapin de Pâques, dont il conte l'histoire : comment  Sunny (Skip Hinnant), un lapereau orphelin adopté par la ville de Kidville, et qui, en grandissant, découvre bien vite que la ville voisine est dépourvue d'enfants... hormis son jeune roi (James Spies), opprimé par sa tante maléfique (Meg Sargent). Il décide alors de lui livrer des œufs multicolores, mais le terrifiant Gadzooks (Allen Swift), un ours géant détestant les fêtes en tous genres, se dresse sur son chemin...

Troisième origin story pour le Lapin de Pâques, et troisième version différente produite par Rankin/Bass... une version en stop-motion très largement inspirée de Santa Claus is Coming to Town (sorti 7 ans plus tôt), au point d'en être un remake à peine déguisé, puisqu'il en reprend toutes les grandes lignes de manière évidente.

Après, ce n'est pas forcément désagréable à suivre pour autant, même s'il faut bien l'avouer : privés de la neige inhérente aux fêtes de fin d'année, ou des aventures temporelles de Here Comes Peter Cottontail, les décors et les environnements de ce métrage font un peu vides et trop propres.

Ce qui va de pair avec une production et une direction artistique qui semblent moins abouties que d'habitude, moins soignées, avec des chansons assez quelconques, un côté country qui ressurgit çà et là, un Lapin de Pâques qui sonne parfois comme Owen Wilson, et des références religieuses et bibliques ponctuelles, pas vraiment pertinentes.

Assez quelconque, au final, même si on doit tout de même saluer les efforts techniques du studio.

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Un film, un jour (ou presque) #808 : The Problem With Apu (2017)

Publié le 23 Août 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Télévision, Animation, Documentaire, Comédie, truTV

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus. ​​ 

The Problem With Apu (2017) :

Documentaire engagé signé Hari Kondabolu, qui attaque frontalement la série Les Simpsons sur le supposé racisme implicite du personnage d'Apu ; ce qui a fait grand bruit lors de la diffusion initiale du programme, fin 2017, ainsi qu'en avril 2018, lors de la réponse maladroite des Simpsons au documentaire au cours d'un épisode.

La thèse du réalisateur (un comique/activiste à l'humour et aux spectacles très orientés justice sociale) est donc que le personnage d'Apu est raciste, négatif, et responsable de plusieurs décennies de clichés et de harcèlement des minorités indiennes dans la société américaine.

Un problème encore aggravé par le fait qu'Apu est doublé par Hank Azaria, un acteur caucasien, ce qui amène donc Kondabalu a assimiler le personnage d'Apu à du blackface - ou, dans le cas présent, a du brownface.

Pour reprendre la conclusion du documentaire, "Les Simpsons, c'est comme votre vieux grand-père raciste : vous l'aimez bien, il a eu des bons moments, mais régulièrement, il dit des choses racistes, et il serait donc préférable pour tout le monde qu'il meure".

Voilà voilà. Certes.

Il n'est donc guère surprenant de constater que ce documentaire d'une heure m'a vraiment hérissé le poil, tant il est représentatif d'une certaine vision du monde assez typique de cette décennie et de cette nouvelle génération d'activistes connectés.

Difficile de se départir, en effet, d'une impression de bulle lorsque l'on découvre les comiques interviewés par le réalisateur dans le cadre du documentaire : tous amis du réalisateur ("on se connaît tous"), à 95% fils et filles d'immigrés indiens ayant entre 25 et 35 ans, ayant grandi en pleine Simpsons-mania et ne se reconnaissant pas du tout dans le portrait d'Apu.

Et ce n'est pas surprenant, puisque Apu est une caricature d'immigré des années 70/80 : l'immigré travailleur, diplômé, intelligent, venu aux USA pour profiter du rêve américain, et confronté à la réalité de ce dernier, qui le force à travailler dans une supérette. Sans surprise, cela ne parle pas aux millenials ultra-connectés qui ont grandi ici, et qui se sont affranchis, pour certains, des traditions de leurs ancêtres.

Ce gouffre générationnel est d'ailleurs involontairement souligné lorsque Kondabolu fait écouter Apu à ses parents, afin de montrer que ces derniers ne se retrouvent pas dans le cliché du personnage et de son accent... mais lorsqu'ils donnent leur avis, non seulement ils ne s'offusquent pas du personnage, mais en plus, leur accent est presque aussi prononcé que celui d'Apu.

Mais non : Kondabolu, clairement traumatisé par ce personnage depuis son enfance, semble avoir trouvé là un moyen d'attirer l'attention sur son travail (il s'est fait remarquer lors d'une émission tv, en 2012, par une tirade sur ce même sujet), et il est bien décidé à se faire entendre...

On a ainsi droit à un Kondabalu qui ouvre son documentaire en désamorçant immédiatement toute critique, qu'il affuble en quelques secondes de tout un vocabulaire et d'un argumentaire chargés, employés par l'alt-right trumpiste, les républicains et autres conservateurs rétrogrades : de quoi tuer immédiatement le débat en assimilant d'éventuels détracteurs à des racistes, ce qui permet d'éviter d'avoir à répondre à leurs objections ou contre-arguments.

D'ailleurs, il en va de même dans le reste du documentaire : s'il reconnaît à demi-mot les qualités du personnage d'Apu, tout cela est éclipsé par l'obsession de Kondabolu pour Azaria et pour le travail du doubleur.

Le film admet par exemple qu'Apu est loin d'être un stéréotype sur pattes, qu'il a bien été développé (c'est effectivement l'un des personnages les moins stupides des Simpsons, ainsi que l'un des plus équilibrés) et, plus important, qu'à l'époque de son apparition à l'écran, il était l'un des seuls (si ce n'est le seul) indiens présents sur le petit écran. Ce qui, en matière de représentativité, était inédit, et très justement applaudi.

Mais c'est justement cette représentativité rarissime qui fait qu'aujourd'hui, Apu devient une cible facile : selon ses détracteurs, le personnage n'aurait pas évolué, serait toujours aussi caricatural qu'à ses débuts (comme le sont tous les autres personnages des Simpsons, à vrai dire), et sa "représentation" ne serait donc aujourd'hui plus valide, plus désirable ni désirée, et totalement raciste (c'est amusant, mais quand je regarde des films réalisés et écrits par des indiens d'origine américaine, les clichés sont pourtant tout aussi nombreux, et bien souvent similaires)

Pire : le documentariste - et ceux qui se reconnaissent dans ses propos - semblent ravis d'attribuer à la série la responsabilité de la bêtise et du racisme de l'Américain moyen avec lequel il a grandi. Un Américain moyen qui a fait de "Thank You, Come Again" un cliché ethnique associé à Apu, alors même que ce dernier ne la prononce que 8 fois en plus de 600 épisodes de la série.

Il y a donc une certaine malhonnêteté intellectuelle, derrière tout ça, qui se ressent d'autant plus que Kondabulu articule tout le documentaire autour de ses tentatives insistantes d'obtenir une interview d'Azaria. Des tentatives vaines, et qui mènent à des moments assez agaçants pour le spectateur : gags pas drôles (Kondabolu qui s'énerve et fait semblant de casser des trucs hors-champ), ou déclaration hypocrite face caméra après lecture d'un mail de refus.

Bref, pour résumer, ce documentaire semble symptomatique d'un politiquement correct un peu trop envahissant en matière d'humour, qui envahit peu à peu notre société (et qui est d'autant plus présent outre-atlantique) : l'humour ne doit plus choquer personne, on ne doit plus utiliser de stéréotypes (à moins d'appartenir à la communauté caricaturée), on ne doit plus être gratuit et méchant, on ne doit être que woke.

Une heure de métrage assez typique, donc, des réactions épidermiques d'une génération qui trouve dans des causes superficielles des raisons de s'indigner (principalement sur les réseaux sociaux - Kondabolu nous montre son flux Twitter pour justifier ses dires), et croit ainsi faire autre chose que d'aborder ces problèmes par le petit bout de la lorgnette, alors même qu'elle ne leur apporte (comme Kondabolu dans ce film, d'ailleurs) absolument aucun début de solution viable ou intéressante.

La cause est juste, en soi (et le documentaire est plutôt bien produit, dynamique et coloré), mais les méthodes, comme souvent outre-atlantique, sont disproportionnées et mal avisées.

2.5/6

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Et comme toujours, vous pouvez retrouver la liste complète de tous les films passés en revue sur ce blog dans le menu Index de haut de page, ou en cliquant directement sur ce lien...

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Halloween Oktorrorfest 2016 - 132 - In The Deep/47 Meters Down (2016), Dernier Train pour Busan (2016) & I Am Not A Serial Killer (2016)

Publié le 5 Novembre 2016 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Oktorrorfest, Review, Thriller, Horreur, Fantastique, Comédie, Halloween

Halloween, c'est terminé, et jusqu'à la fin de la semaine, on achève l'Oktorrorfest sur le blog des Téléphages Anonymes, avec au programme la fin de ce marathon de cinéma fantastique et d'horreur qui a duré un peu moins de deux mois, de mi-Septembre à début Novembre...

In The Deep/47 Meters Down :

En vacances au Mexique, Lisa (Mandy Moore) et Kate (Claire Holt), deux soeurs, décident d'aller observer les requins au fond de l'océan, grâce à une cage de plongée. Mais lorsque l'attache de la cage cède, les deux jeunes femmes se retrouvent prises au piège sous la mer, entourées de grands blancs affamés, et avec des réserves d'oxygène en chute libre...

Un long-métrage distribué par les Weinstein, produit par Alexandre Aja, mis en musique (pour le meilleur et pour le pire) par Tomandandy, et qui se résume à un huis-clos sous-marin confrontant deux demoiselles criardes et pas très malignes aux ténèbres de l'océan, et à quelques requins à la recherche d'un casse-croûte.

En soi, ce n'est pas forcément désagréable, c'est assez bien filmé, et les effets sont convaincants ; on regrettera néanmoins le script très prévisible, bourré de rebondissements téléphonés (la cage qui se décroche à deux reprises, la frangine qui disparaît... et réapparaît, le sauvetage qui tourne court, la décompression, etc) et souffrant d'une exposition très balisée qui dure près de 30 minutes.

Si, en comparaison d'Instinct de Survie, qui arrive à la même période, ce métrage arrive à imposer nettement plus de pression et de tension, il reste assez anecdotique (à moins d'avoir naturellement peur des profondeurs, de l'eau, du noir ou des squales, ce qui, j'en conviens, couvre un assez large éventail de phobies), et tente, sur la fin, un rebondissement façon "tout était dans sa tête" qui ne fonctionne que moyennement, d'autant que tout cela se termine par une semi-happy end de trop pour moi.

3/6

(par contre, je ne suis toujours pas certain de savoir comment les deux filles font pour discuter ensemble sous l'eau avec leur équipement ultra-basique, alors qu'elles n'ont ni oreillettes, ni masque intégral...)

Dernier train pour Busan (Busanhaeng/Train to Busan - 2016) :

Seok-Woo (Gong Yoo), divorcé sud-coréen et gérant de portefeuille boursier obnubilé par son travail, accepte d'emmener sa fille Soo-an (Kim Su-an) voir sa mère à Busan pour son anniversaire. Ils embarquent donc à bord du KTX, un train à grande vitesse, en compagnie d'une équipe de baseball lycéenne, d'un sans-abri (Choi Gwi-hwa), de deux soeurs âgées (Ye Soo-jung et Park Myung-sin), d'un grand patron (Kim Eui-Sung) et d'un couple qui attend un bébé (Ma Dong-seok et Jung Yu-mi). Mais bien vite, il apparaît qu'une épidémie meurtrière frappe la Corée, et que le train, qui a quitté le quai, contient à son bord une infectée... qui propage rapidement sa maladie.

Un film de zombies carré, professionnel et dynamique, avec des personnages assez attachants et qui ont une bonne alchimie (facteurs trop souvent sous-estimés dans les films d'horreur), des hordes d'infectés désarticulés et parfois comiques (rappelant un peu World War Z, mais en réussi et en plus drôle - excellente gestuelle des acteurs zombifiés), et un environnement qui rappelle évidemment Snowpiercer (y compris, et à un degré très moindre, au niveau de la critique sociale).

On passe donc un très bon moment devant ce Dernier Train pour Busan, même si, forcément, le métrage n'est pas dépourvu de défauts : on peut notamment citer un déroulement un peu trop prévisible (on devine qui facilement va mourir, et dans quel ordre), conséquence du caractère relativement caricatural de certains personnages, et d'un métrage à la durée un peu trop longue pour son propre bien.

Ce qui, en conséquence, rend les occasionnels ralentis larmoyants un peu trop superflus et forcés, et peut agacer.

Mais dans l'ensemble, Train to Busan est une très bonne surprise sud-coréenne, qui, pour une fois, est à la hauteur de sa réception enthousiaste parmi les amateurs de genre.

4.25/6

I am not a Serial Killer (2016) :

Morbide, fasciné par les cadavres, la mort, les tueurs en série, et arborant lui-même tous les signes annonciateurs d'une futur carrière de sociopathe tueur en série, John (Max Records) vit une vie pénible, constamment torturé par ses penchants obscurs à peine contrôlés par des règles de vie qu'il s'impose, et passant son temps entre séances de psychothérapie, travail avec sa mère (Laura Fraser) dans la morgue familiale, et lycée, où il n'a quasiment aucun ami. Mais lorsque des meurtres sanglants se multiplient dans sa petite ville, John décide de mener l'enquête, fasciné, et en vient à soupçonner son voisin, Mr Crowley (Christopher Lloyd), un vieillard aux habitudes étranges...

Un film indépendant qui pourrait se résumer à une sorte de croisement assez premier degré et sombre entre Un élève doué, Dexter et Vampire, vous avez dit vampire ?, adapté du premier roman d'une série young adult consacrée à son protagoniste principal, cet adolescent luttant constamment contre ses pulsions meurtrières.

Le métrage, lui, parvient à établir une ambiance très particulière et déroutante, aidée par une illustration musicale globalement inattendue (du synthé Moog, du grunge, du punk, du rock 70s, de la dissonance, des plages sonores à la limite de Philip Glass, etc), par une interprétation impeccable, et par des moments un peu excentriques (toutes les réactions de la mère de John, notamment, semblent étrangement peu normales, ce qui est à la fois un défaut et une qualité.)

Si le film s'avère finalement assez classique dans son déroulement (la bascule s'opère au bout de trente minutes, et ensuite, ça file droit sur ses rails, avec un rythme néanmoins assez mesuré), il n'en reste pas moins intéressant, grâce à un improbable jeu du chat et de la souris entre deux êtres qui, en fin de compte, ont plus de similarités que de différences... seul vrai reproche, les effets numériques, qui trahissent le budget limité du métrage, et n'ont pas l'impact souhaité.

4/6

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Les bilans de Lurdo : La Fête à la Maison - 20 ans après, saison 2 (2016)

Publié le 5 Mars 2017 par Lurdo dans Les bilans de Lurdo, Télévision, Comédie, Sitcom, Netflix, Review, Critiques éclair

La première saison de La Fête à la Maison - 20 ans après, diffusée sur Netflix en début d'année dernière, avait été (soyons francs) totalement démolie par les critiques à sa sortie (un peu comme l'est chaque film d'Adam Sandler produit par Netflix, justement). Comme je l'avais mentionné dans mon bilan de cette première saison, un tel accueil critique avait tout du lynchage médiatique, et était la conséquence d'une confluence de facteurs négatifs.

À commencer par un certain mépris évident des critiques américains pour le genre sitcom de studio : combien de critiques ai-je pu lire affirmant que Fuller House était bien la preuve que les sitcoms multi-caméras étaient un genre mort et enterré, qui n'avait aucun avenir... alors même que les plus grosses audiences tv, ces dernières années, ont toutes été faites par The Big Bang Theory, sur CBS ! Mais non, pour les critiques cyniques et raffinés, une sitcom multi-caméras part forcément avec un handicap : c'est ainsi que toutes les sitcoms de ce type diffusées sur TvLand se sont faites systématiquement démolir, et ainsi de suite.

Pas assez profond, pas assez raffiné, pas assez prestigieux : typiquement le genre de projet trop populaire pour entrer dans les bonnes grâces d'une certaine critique qui pourtant se prosterne devant tous les drames de la chaîne, y compris ceux qui ont des défauts particulièrement flagrants (les séries Marvel, Stranger Things, etc).

Ajoutez à cela le problème du revival de La Fête à la Maison, une série qui n'a jamais été appréciée par la critique, et qui aujourd'hui, est regardée avec une certaine ironie et un certain cynisme moqueur, typique de la génération internet : les années 80/90, c'est amusant et nostalgique, mais uniquement si on peut s'en moquer allègrement.

Or Fuller House refuse de céder au cynisme, et reste toujours relativement premier degré. Ce qui ne veut pas dire que la série refuse les clins d'oeil ou le fanservice aux années 80/90... mais elle le fait avec une nostalgie sincère, ce qui est assez rédhibitoire pour bon nombre de spectateurs et critiques modernes.

Bref, les critiques détestent la saison 1 de La Fête à la Maison - 20 ans après (une saison 1 pourtant très fidèle à ce qu'était la série originelle, dans ce que ça avait de bon et de mauvais), Netflix s'en moque allègrement, et commande une seconde saison, diffusée début décembre dernier.

La Fête à la Maison - 20 ans après (Fuller House), saison 2 :

À l'instar de la saison 1 de la série, la saison 2 marche donc dans des sentiers bien battus, sans rien leur apporter de vraiment très neuf. Chaque personnage/couple a droit à quelques développements plus ou moins pertinents et intéressants, les anciens font quelques apparitions le temps d'un épisode ou deux, et dans l'ensemble, on est à nouveau dans de la sitcom nostalgique middle-of-the-road, jamais particulièrement bonne, mais jamais non plus particulièrement mauvaise.

# Une grosse partie de la saison est centrée autour de TJ, et de sa vie amoureuse compliquée. Pas de chance, c'est aussi la partie la moins intéressante du lot, malgré l'énergie et la bonne volonté de Candace Cameron-Bure.

# Les enfants, eux aussi, ont droit à une grosse part de l'attention générale. Les plus âgés, ça passe, même si ça frôle régulièrement les D-coms de chez Disney ; le bébé a des réactions adorables ; et le petit Max, lui, malheureusement, en fait toujours un peu trop (et a tendance à confondre "interpréter" et "crier"). Cela dit, sa relation avec la fille de CJ, bien qu'ultra-forcée (et bien que le jeune acteur, depuis le début du show, ait tendance à... flamboyer), fonctionne étrangement bien. Assez mitigé, néanmoins, sur l'ensemble.

# Steph tente de se lancer dans une carrière musicale (assez moyen, mais l'occasion de revoir Marla Sokoloff le temps d'un épisode), et finit par trouver l'amour dans les bras du frère de Kimmy Gibbler, un clone de Kelso du 70s show, en à peu près aussi intelligent. Le couple est amusant, fonctionne, mais Steph - qui était l'actrice/le personnage le plus intéressant du show en s1 - a tendance à passer au second plan sur la fin de saison.

# Les Gibbler restent égaux à eux-mêmes, toujours excentriques, toujours débiles, mais un peu moins envahissants qu'avant, voire même, oserais-je le dire, plus développés et humains.

# L'accent est un peu trop souvent mis sur la danse/la chanson/etc, bref, sur les talents secondaires des actrices. J'ai bien conscience que ça permet de meubler un peu, mais bon.

# Les "anciens" de la série originale ont des destins un peu plus inégaux : la famille de Joey est insupportable (et donc tout à fait appropriée pour lui) ; Jesse et Becky adoptent un petit bébé (une sous-intrigue pas très développée) ; Danny ne sert à rien ; néanmoins, la confrontation finale du trio masculin était assez sympathique, et tout à fait dans l'esprit de la série.

# L'absence de Michelle (les soeurs Olsen refusent toujours de revenir) ne se fait quasiment pas ressentir.

Bref, une saison 2 plus homogène que la première, principalement parce qu'elle joue nettement moins la carte du fanservice nostalgique, et qu'elle a intégré son passé pour pouvoir aller de l'avant, et développer quelque chose de plus cohérent et spontané.

Et comme en plus, l'humour est plus mesuré et moins caricatural, le tout passe mieux.

Mais... ça reste de la sitcom multi-cam tournée en public, typée années 80/90, et avec une distribution qui est presque trop importante pour son propre bien. Ça n'est pas de la télévision prestigieuse, ça n'est pas le dessus du panier dans le genre, mais ça n'en a pas non plus la prétention.

Fuller House, c'est du comfort food télévisuel qui a conscience d'en être, et qui, au moins, fait un petit effort pour se moderniser, et partir dans des direction plus progressistes.

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Les bilans de Sygbab - L'Homme de Nulle Part (1995-1996)

Publié le 27 Mai 2017 par Sygbab dans Critiques éclair, Review, Télévision, Les bilans de Sygbab, Fantastique, Thriller

Sygbab regarde (beaucoup) la tv, Sygbab écrit (parfois) des bilans : retrouvez-les sur le blog des Téléphages Anonymes !

L'Homme de Nulle Part (The Nowhere Man) :

The truth is out there.

Trust no one.

Si ces deux slogans sont fortement attachés à l'en-tête des épisodes de X-Files, ils auraient tout aussi bien pu être pleinement intégrés à un show qui surfe d'ailleurs sur la vague du succès rencontré par le monument télévisuel pré-cité. En effet, le concept du grand complot et la paranoïa qui y est liée sont des fondements majeurs de cette série créée en 1995 (soit un an après celle de Chris Carter). La grande différence provient du fait qu'au lieu de la délayer avec des loners baignant dans le fantastique, chaque épisode participe ici à la construction de l'intrigue générale, toujours plus complexe.

Dans un exercice aussi casse-gueule que de développer le thème de la conspiration, il faut féliciter les scénaristes pour avoir su conserver l'intérêt de chaque instant en évitant l'écueil de la prévisibilité, grâce à une perpétuelle remise en question de faits qui nous semblent acquis. L'évolution psychologique du personnage principal est à ce titre utilisée de manière remarquable pour brouiller les pistes et perturber le téléspectateur, qui s'identifie forcément à Tom Veil. Dès le pilote, le voir ainsi dépouillé des éléments qui représentent l'essence même de son existence à cause d'une simple photographie, et ce par une organisation à priori malsaine, ne peut que faire adhérer à sa quête de la vérité et à la lutte qu'il engage pour retrouver sa vie telle qu'elle était.

S'instaure alors un climat oppressant baigné d'une paranoïa aiguë, dans lequel Tom ne peut plus faire confiance à personne (ou alors, à ses risques et périls), d'autant que chaque moment de sa vie ou chaque personne qu'il a pu rencontrer par le passé semblent n'avoir jamais existé. Les événements pourraient commencer à devenir prévisibles à force de répétition d'un même schéma, mais la bascule s'opère lorsque est évoquée la possibilité que Tom aurait pu inventer les souvenirs auxquels il se raccroche tant.

Le doute ne s'installe pas que dans l'esprit du protagoniste mais également dans celui du public. Si ce n'était pas suffisant, l'idée d'une technologie pouvant aider à contrôler l'esprit des gens est introduite. Cela bouleverse à nouveau la tendance : et si celui que l'on voit évoluer depuis le début n'était en fait qu'un pantin dont les souvenirs ont été fabriqués de toutes pièces ? Le final semble aller en ce sens, mais peut-être n'était-ce qu'une nouvelle voie sans issue...

Ce jeu permanent influe bien évidemment sur la vision générale du personnage, qui passe du statut de héros prêt à tout pour défendre la vérité à celui de martyr victime d'une machination dont les ramifications dépassent l'entendement, et contre laquelle il ne peut rien faire. Son cheminement est une longue route vers l'enfer : après avoir été privé de sa famille, de ses amis, il est amené à douter de sa propre santé mentale, de ses souvenirs. Petit à petit, il est vidé de toute substance, mais il réussit à tenir encore et encore en se rattachant à l'importance des négatifs qu'il possède, sans pour autant en comprendre l'importance la plupart du temps.

C'est finalement sa quête qui lui donne la force d'avancer, un objectif en lequel il est bien obligé de croire. L'introduction de chaque épisode est représentative de cet état d'esprit : "I keep this journal to prove these events are real. I know they are. They... have to be."

Sa volonté de poursuivre ce but y est clairement affichée, mais ses doutes également, et cela démontre l'habileté des scénaristes : il est assez osé de nous dévoiler la trame principale de cette manière. La voix-off permet également, après le générique, de faire le point sur les états-d'âme d'un personnage qui se désociabilise de plus en plus, et pour nous informer sur ce qu'il compte faire afin de poser le contexte.

Ce procédé est essentiel dans la mesure où la série repose sur un seul et unique protagoniste dont la crédibilité est assurée par un Bruce Greenwood à la performance remarquable de bout en bout : il fait pleinement ressentir la perte de repères de son personnage ainsi que sa longue descente aux enfers. Mais il n'est pas le seul à exceller car de nombreux autres personnages - forcément éphémères - sont portés par des acteurs généralement impeccables.

Ces rencontres se font au gré des pérégrinations de Tom, ce dernier étant constamment en fuite. De fait, outre un manque de repères évident puisqu'il évolue toujours dans un environnement différent, cela l'oblige à naviguer entre les petits boulots afin de subvenir à ses besoins. Les scénaristes en tirent parti au mieux en n'hésitant pas à proposer des épisodes un peu différents, notamment en effectuant quelques incursions dans le monde du fantastique ou de la science-fiction.

Entre la rencontre avec un gamin doté de pouvoirs divinatoires, celle avec un adolescent génie de l'informatique et adepte de la réalité virtuelle, ou encore une histoire d'OVNI un peu alambiquée, les idées ne manquent pas. La présence de tels éléments peut étonner dans un premier temps, mais au vu des révélations finales il s'avère que c'est une manière supplémentaire de nous prévenir que la série n'est pas ce qu'elle semble être.

Malgré un acteur charismatique, une histoire solide et une ambiance étouffante, la série n'a malheureusement jamais trouvé son public et s'est trouvée stoppée dans son élan. Elle avait pourtant réussi à se démarquer admirablement de X-Files, prouvant une fois de plus que le traitement, ici sérieux et rigoureux, est plus important que le thème.

Encore l'une de ces trop nombreuses séries sacrifiées sur l'autel de l'audience, alors qu'elle avait un potentiel incroyable. Il n'en reste pas moins qu'elle marque les esprits, même si cette fin de saison prometteuse provoque une immense frustration de ne jamais pouvoir regarder une suite qui n'existe pas.

Un peu à l'image de son personnage principal...

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Les bilans de Lurdo : Avenue 5, saison 1 (2020)

Publié le 4 Avril 2020 par Lurdo dans Aventure, Comédie, Critiques éclair, Les bilans de Lurdo, Science-Fiction, Review, Sitcom, Télévision, HBO

Une comédie spatiale crée par Armando Iannucci, de Veep, et avec une distribution de qualité, le tout sur HBO : forcément, un chef d'œuvre instantané, et un show capable de faire la leçon à The Orville sur comment bien mêler comédie, science-fiction et propos social ? En théorie, peut-être... mais dans la pratique, on en est loin.

Avenue 5, saison 1 (2020) :

Lorsqu'un incident technique rallonge leur croisière spatiale de trois ans, les milliers de passagers de l'Avenue 5 paniquent. Face à eux, l'équipage - Ryan Clark (Hugh Laurie), le capitaine, Billie McEvoy (Lenora Crichlow), une ingénieure, Matt Spencer (Zach Woods), responsable des relations clientèle, ou encore Herman Judd (Josh Gad), le milliardaire capricieux possédant le navire, et son bras droit Iris Kimura (Suzy Nakamura), froide et calculatrice. Seul problème : le vaisseau est totalement automatisé, et l'immense majorité de son équipage, capitaine inclus, est composée d'acteurs. Des acteurs qui vont devoir désormais gérer une crise bien réelle...

Avec ses 9 épisodes de 25-30 minutes et le CV de ses créateurs et acteurs, Avenue 5 avait tout pour plaire. Le produit fini, cependant, est assez laborieux et plat, une impression que l'on ressent dès le pilote, et qui ne fait que se confirmer à mesure que la saison avance.

Jamais particulièrement drôle, jamais particulièrement rythmée, jamais particulièrement pertinente dans sa critique sociale ou politique, jamais particulièrement bien structurée, Avenue 5 semble constamment se chercher, n'osant aller frontalement ni dans un Lord of the Flies spatial, ni dans une sitcom futuriste, ni dans une satire noire et semi-dramatique.

Le résultat est un programme hésitant, aux ruptures de ton bancales, et qui souffre - en ce qui me concerne - d'un problème de taille : des personnages délibérément tous antipathiques, que ce soit au niveau des clients - le couple au bord du divorce (Jessica St. Clair et Kyle Bornheimer), tout droit sorti d'une mauvaise sitcom, en passant par un comédien de stand-up (Himesh Patel) qui n'apporte rien à la série, un ex-astronaute en rut (Ethan Phillips), une cliente envahissante (Rebecca Front) et son mari effacé (Andy Buckley), la spécialiste en effets spéciaux, etc, etc, etc - que de l'équipage - Matt le nihiliste et son humour très noir, Judd qui est écrit comme un mini-Trump gueulard...

Des personnages qui agacent, et qui, malheureusement, souffrent quasiment tous du syndrome de la Flanderisation précoce - un syndrome qui, généralement, ne touche les personnages d'une sitcom qu'au fil du temps, aux alentours de la troisième ou quatrième saison, et qui les réduit progressivement à leurs traits de caractère principaux, toujours plus grossis et mis en avant de manière caricaturale (par exemple, Joey dans Friends, qui perd 30 points de QI en plus à chaque saison). Ici, tous les personnages sont déjà réduits à des traits de personnalités caricaturaux, exprimés de manière intempestive et hystérique, et ils sont tous plus bêtes que leurs pieds.

On ne peut donc pas s'attacher au moindre d'entre eux, pas même aux plus "normaux", à savoir Hugh Laurie (par ailleurs excellent), Suzy Nakamura et Lenora Crichlow.

Pourtant, çà et là, on trouve dans Avenue 5 des idées amusantes, ou des répliques qui font mouche. Mais le tout fait tellement du surplace, à l'image du navire, que finalement, on les oublie aussitôt. Les seuls moments où la série semble décoller un peu, c'est quand elle crée un peu de tension et de suspense : la fin de l'épisode 4, par exemple, voit le capitaine effectuer une sortie extravéhiculaire pour réparer quelque chose.

Un cliffhanger de fin d'épisode... malheureusement réglé en trois minutes dans l'épisode suivant, qui retombe dans quelque chose d'assez peu intéressant (notamment centré sur le comédien de stand-up). Idem pour l'épisode suivant, consacré à un bip récurrent qui rend tout le monde fou, et qui semble annoncer une pénurie d'oxygène : de quoi rajouter une dose de stress et des moments amusants... qui retombent rapidement en fin d'épisode, lorsque l'explication de ce bip tombe totalement à plat (notamment pour des raisons de logique : le bip est censé avertir l'équipage de la nécessité urgente de recalibrer les systèmes de survie du vaisseau pour prendre en compte une naissance à bord... mais quand, dans les épisodes précédents ou suivants, les corps des passagers passés de vie à trépas ont été expulsés dans le vide, personne n'a pris la peine de recalibrer le vaisseau un seul instant).

Et c'est ainsi tout au long de la saison, un enchaînement d'idées sous-exploitées et de mollesse globale, une mayonnaise qui ne prend pas vraiment (même si le tout s'améliore un peu à mesure que la saison progresse) et ne s'élève jamais au dessus d'une certaine médiocrité frustrante, surtout en regard des moyens et des talents impliqués.

Assez dommage, je dois dire, d'autant que le tout a du potentiel, dans cette illustration de la bêtise absolue du genre humain, mais les scénaristes semblent encore avancer à l'aveugle, incertains de ce qu'ils veulent faire de leur série. À voir si la suite saura redresser la barre de l'Avenue 5...

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Halloween Oktorrorfest 2018 - 59 - Les Sorcières (1990) & Troll (1986)

Publié le 31 Octobre 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Oktorrorfest, Horreur, Halloween, Fantastique, Jeunesse, Comédie, UK, USA

Chez les Téléphages Anonymes, du 1er octobre à début novembre, on fête Halloween et l'Oktorrorfest, un marathon quotidien de cinéma fantastique et d'horreur....

Les Sorcières (The Witches - 1990) :

Lorsqu'il part se reposer avec sa grand-mère Helga (Mai Zetterling) dans un grand hôtel anglais, le petit Luke (Jasen Fisher) ne se doute pas qu'il va se retrouver au cœur d'une réunion de toutes les sorcières du pays, menées par la cruelle et maléfique Miss Ernst (Anjelica Huston)...

Un long-métrage pour enfants adapté de Roald Dahl (Sacrées Sorcières), assez typique de son auteur, puisqu'il mêle une sensibilité à la fois typiquement british, tout en étant très nordique dans son détachement. Aux commandes, Jim Henson (producteur), Nicolas Roeg (Don't Look Now), et Allan Scott (Don't Look Now), pour un film dont je ne garde, étrangement, pas grand souvenir, ni en bien ni en mal.

Pourtant, il est sorti exactement à la bonne période pour moi, mais pour une raison ou pour une autre, il ne m'a pas fait une grande impression à l'époque... et en le revoyant pour la première fois depuis au moins 25 ans, je comprends facilement pourquoi.

De manière globale, le film s'avère plutôt sympathique et amusant durant toute sa première partie, à la fois macabre et facile d'accès, avec des seconds rôles agréables, et un sens de l'humour anglais évident. Huston semble vraiment s'amuser, sa scène de métamorphose en sorcière immonde est joliment cauchemardesque, et malgré un petit côté "réalisation de télévision", le tout tient plutôt la route... même s'il faut fermer les yeux sur le fait que 70% de l'assemblée des sorcières chauves sont en fait composés de figurants masculins travestis !

Et puis, lorsque les transformations en souris commencent à se produire, l'intérêt retombe sérieusement pour le spectateur adulte. On se retrouve alors devant un film mettant en scène des souris/marionnettes parlantes, qui courent dans tous les sens au sein de l'hôtel, et le tout devient assez rapidement répétitif... le grand final redonne un peu de mordant au métrage (Mr Bean qui chasse les sorcières-souris au hachoir, c'est toujours amusant), mais la happy end finale ne convainc pas vraiment, et le film finit par rester trop inoffensif pour rester dans les mémoires.

Ajoutez à cela une post-synchronisation parfois approximative, et une musique qui utilise Dies Irae (et rappelle ainsi The Shining), et l'on se retrouve avec une adaptation moyennement mémorable, parfois assez générique, malgré quelques scènes et effets très réussis.

À réserver aux plus jeunes (pour peu qu'ils ne soient pas facilement impressionnés).

3.5/6

Troll (1986) :

Alors que sa famille emménage dans un nouvel immeuble, la petite Wendy Anne Potter (Jenny Beck) est remplacée par le maléfique Torok (Phil Fondacaro), un troll qui commence à métamorphoser un à un les occupants du building en créatures surnaturelles à ses ordres. Inquiet pour sa petite soeur, Harry (Noah Hathaway) trouve alors une aide inattendue en la personne de Dame Eunice (June Lockhart), une vieille femme impertinente vivant dans l'un des appartements, et qui semble en savoir énormément au sujet de Torok...

Ah, l'époque bénie des années 80, où les monstres en latex se multipliaient sans vergogne, et où l'on savait encore faire des films fantastiques à tendance horrifique pour enfants, films qui restaient parfaitement regardables et appréciables par les parents.

Troll en est un exemple parfait : dans l'absolu, c'est un peu kitschouille et peu crédible, avec toutes ses créatures caoutchouteuses et aux mouvements très limités, avec ses caméos improbables - Sonny Bono, Julia Louis-Dreyfus -, et avec son interprétation parfois assez inégale.

Et pourtant, entre son bestiaire au design réussi, ses personnages principaux attachants ("Harry Potter Jr" !), sa musique entêtante de Richard Band (ah, ce moment où le Cantos Profanae est lentement entonné par toutes les créatures pendant le conte de fées), son ton parfois léger et plein d'autodérision (les parents !) et ses moments étrangement poétiques et envoûtants (j'apprécie ainsi le fait que Torok, tel que joué par la fillette, est parfois plus curieux du monde des hommes qu'il n'est voué à le détruire, et qu'il a occasionnellement des moments durant lesquels il se montre plus sincère et bienveillant que simplement maléfique - notamment durant les instants touchants avec Malcolm, le nain malade), Troll fonctionne, et m'accompagne depuis ma plus tendre enfance comme l'un de ces films qui me sont chers, et que je ne me lasse jamais de revoir.

Torok/6

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Critiques éclair - Marathon d'Halloween, épisode 5

Publié le 31 Octobre 2011 par Lurdo dans Oktorrorfest, Critiques éclair, Cinéma, Review, Halloween, Horreur, Fantastique, Comédie, Science-Fiction, Jeunesse

Octobre, c'est le mois d'Halloween, de l'horreur et des ténèbres : et comme tous les ans, pour Lurdo, Octobre était le mois d'un marathon de films et de séries de genre, pendant 31 jours, voire plus si affinités...

The Thing (2011), de MVH Jr. :

Remake/préquelle du film culte de John Carpenter, dans lequel une chose protéïforme infiltre une base de l'Antarctique et prend possession de ses occupants, les uns après les autres... 

Quand c'est un clone du Carpenter, le film est quelconque, jouant plus la carte des jump-scares peu inspirées que celle de la tension ou de la menace constante. Quand ça tente de se démarquer du Carpenter, c'est mauvais (la partie dans le vaisseau = *soupir*), et forcé. Le tout affligé d'un rythme mollasson, et d'un score en pilotage automatique de Beltrami, en mode horreur basique.

Bref, ça a constamment le cul entre deux chaises, et ça ne convainc jamais (même les sfx, pourtant pas mauvais, sont pâlichons en comparaison des effets physiques de l'original) : un film qui ne satisfait donc ni les fans de l'original, ni (d'expérience) les fans d'horreur post 90s qui gobent tout ce qui se fait comme remake.

Un petit 2/6, pour M.E.W., et pour quelques moments pas trop vilains. 

Wrong Turn 4 : Bloody Beginnings (2011), de Declan O'Brien :

Une bande de jeunes débiles en rut se retrouve pris au piège dans un asile désaffecté, où vivent les psychopathes tueurs de la saga...

Du gore gratos, du cul gratos, et sinon, ce sont "les dégénérés à la neige", réfugiés dans un asile. Avec des jeunes très cons et très mauvais, des rebondissements quelconques, et un passage assez fatiguant avec les cris d'un acteur comme seule bande originale pendant 5-10 minutes.

1/6

Drag Me To Hell (2009), de Sam Raimi :

Une employée de banque à la recherche d'une promotion refuse un prêt à une vieille gitane, qui jette alors sur elle une malédiction fatale : l'héroïne a trois jours pour parvenir à la briser, sous peine d'être emmenée aux enfers par une Lamie au terme de ce délai... 

Revu récemment, un film qui répond parfaitement à la définition du terme "montagnes russes", tant il y a des hauts et des bas.

Dans l'ensemble, malgré quelques petits moments de flottement, ça se suit sans trop de problèmes, les personnages sont assez attachants, l'interprétation relativement juste (je mets relativement, parce que Lohman, si elle était convaincante dans les scènes intenses, que ce soit de peur ou de déterrage de cadavre, m'a paru un peu moins juste dans les moments plus calmes, comme dans la banque, où elle débitait parfois son texte sans trop y croire ; et d'un autre côté, je ne suis pas certain d'être vraiment objectif, vu que j'ai passé une partie de ces scènes à essayer de retrouver à quelle autre actrice les tics de diction de Lohman me faisaient penser...), et le métrage est dans son ensemble plutôt efficace pour ce que c'est.

Maintenant, c'est loin d'être dénué de points faibles. Niveau scénario, déjà, il faut bien avouer que c'est très basique et prévisible (en plus de recycler un vieux EC Comics/Haunt of Fear), et ce sur tous les plans (à l'instant où le sacrifice d'animal est mentionné, on devine que le chat va y passer ; à partir de l'exorcisme, tout s'enchaîne de manière ultra téléphonée, et ce jusqu'à la dernière image.) Donc ça refroidit un peu. Après, le ton général du film m'a semblé un peu hésitant. Contrairement à un Evil Dead 2, j'ai eu l'impression que Raimi se refusait ici à se lâcher vraiment, et préférait traiter la majeure partie de son film au premier degré, avec ici ou là une pointe d'humour pas trop méchante.

Et autant dans les 3/4 des scènes ça fonctionne, autant parfois, la rupture est vraiment brutale, comme dans cette scène de l'abri de jardin, qui commençait de manière efficace (l'apparition de mémé) avant de virer radicalement au cartoon, avec l'enclume ACME et des effets numériques très moyens. Dans l'absolu, pourquoi pas, mais là, en l'occurrence, la scène m'a semblé sortir de nulle part, et déplacée, alors que jusque là l'humour Raimien s'était fait plus discret (du genre un dentier ou une agrafe ici ou là, pas forcément trop appuyés).

Par contre, le possédé dansant durant l'exorcisme, le nawak du déterrage nocturne, tout cela passe très bien, d'autant qu'on en est alors à un moment du film où la présence assumée du surnaturel (caricatural ou pas) coule de source, et est le résultat d'une montée en puissance de la Lamie dans le film. Il aurait en fait fallu soit plus de sérieux, soit plus de cartoon déjanté, plutôt que de rester ainsi le cul entre deux chaises.

(et d'ailleurs, l'exorcisme aurait été le moment parfait pour caser un "I will swallow your soul"... quelle occasion ratée... )

Donc au final un film amusant à regarder, mais que Raimi aurait dû pousser encore plus loin dans ses retranchements. En l'état, c'est un hybride bancal entre un film d'horreur générique et un Raimi Evil Deadesque, ce qui n'est que moyennement satisfaisant.

3.75/6 

The Howling : Reborn (2011), de Jim Nimziki :

Un adolescent discret apprend qu'il est un loup-garou, et se découvre rapidement tous les avantages et les défauts de sa condition, tandis que le reste de son espèce est mis au courant de son existence.

Aucun souvenir de la saga originale, donc je n'ai dû voir que le premier film, qui m'avait paru bien surestimé et ridicule (l'image finale du film original, notamment, avec sa présentatrice tv garoute).

Là, un DTV en forme de relaunch, mais qui en réalité ressemble comme deux gouttes d'eau à un pilote de série MTV ou CW pour ados, ça en a l'écriture (les déblatérations du meilleur pote du héros, apprenti-scénariste, sur les règles d'or des histoires de garous, ressemblent comme deux gouttes d'eau à du Kevin Williamson), l'interprétation, le budget, et grosso modo l'intérêt.

2/6 (parce que des garous qui se battent et démolissent des murs, c'est toujours sympathique)

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Les bilans de Lurdo - Christmas Yulefest 2021 - Les 12 jours sanglants de Noël, saison 1 : première partie (2016)

Publié le 19 Décembre 2021 par Lurdo dans Anthologie, Christmas, Comédie, Critiques éclair, Fantastique, Horreur, Les bilans de Lurdo, Noël, Review, Télévision, USA, Yulefest, YouTube

C'est bientôt Noël : chez les Téléphages Anonymesc'est l'heure du marathon festif de la Christmas Yulefest, et ce jusque début janvier...

Les 12 jours sanglants de Noël, saison 1 - première partie : 1x01-06 (12 Deadly Days, season 1 - 2016) :

Anthologie en douze épisodes de 25 minutes produits par Blumhouse Television pour YouTube Red (maintenant YouTube Premium), 12 Deadly Days raconte le quotidien des habitants de la ville de Saturn, en Californie, qui, durant les 12 jours précédant Noël, sont confrontés à de nombreux phénomènes surnaturels. Le tout, lié par de petits fils rouges pour faire la transition, et interprété par des YouTubeurs et influenceurs de la plateforme, aux talents d'acteur plus ou moins probants.

- 1x01 - A Haunting at the End of the Street : Hanté chaque Noël par des manifestations inexplicables, Ebenezer Scrooge (Bill Moseley) fait appel aux frères Cratchit (J. Claude Deering, Jon Fletcher), chasseurs de fantômes confirmés récemment installés à Saturn, California...

Un épisode d'ouverture pas désagréable réalisé par Joe Lynch, et qui modernise A Christmas Carol de manière sympathique, même si Bill Moseley y est bien trop caricatural à mon goût et que la YouTubeuse invitée (Meghan Rienks) fait de la figuration en fantôme vengeur.

- 1x02 - Killer Firs : Lorsque son père meure mystérieusement, Willow (Betty Gabriel), une environnementaliste militante, hérite du stand de sapins de ce dernier, mais découvre rapidement que les arbres cachent un sombre secret lié à leur origine...

Plutôt pas mal mené, tout ça, malgré un stand de sapins couvert d'arbres clairement artificiels, et un Burnie de Rooster Teeth assez inégal (il est d'ailleurs souvent filmé de dos, avec des dialogues réenregistrés en post-synchro, ce qui n'est pas une coïncidence).

 - 1x03 - Love Bites : Lizzie (Kaitlin Doubleday), une vampire, en a assez de son quotidien de suceuse de sang, et tombe amoureuse de Nathan (Douglas Smith), le benjamin d'une famille de chasseurs de vampires menés par un patriarche implacable (Jeff Kober)...

Un épisode plus léger et comique sur une romance improbable, ma foi plutôt sympathique. Et Nikki Limo était amusante en meilleure amie vampire de Lizzie.

- 1x04 - Reindeer Games : Gabe (Robert Belushi), un criminel en cavale, renverse et tue un renne du Père Noël. Avec son acolyte Mike (Tré Melvin), ils trouvent refuge chez la mère de Gabe, une excentrique persuadée d'avoir des pouvoirs new-age. Mais lorsque Jeri (Jennifer Elise Cox), un lutin travaillant pour le Pôle Nord, vient avertir Gabe qu'il doit désormais remplacer le renne, et que la transformation a déjà commencé, tout bascule...

Un épisode rigolard et décalé qui est presque trop parodique pour son propre bien, mais qui fonctionne bon gré mal gré, notamment parce que la situation très absurde conserve un fond émotionnel sincère, et que Tré Melvin a des réactions efficaces.

- 1x05 - Coffee Cups : Rebelle et anticonformiste, Judalina (Anna Akana) travaille dans un café indépendant où tout le monde partage sa vision de la vie. Jusqu'au jour où, subitement, le café est transformé en Podd's, succursale formatée d'une grande franchise dont clients et employés semblent tous lobotomisés dès la première gorgée de la boisson festive de la marque...

Un épisode qui ressemble fortement à ce que Chair de poule et Fais-moi peur ! pouvaient produire à la grande époque : de l'épisode anthologique semi-sérieux, façon Body Snatchers, léger et efficace, avec un propos attendu sur le conformisme, une Anna Akana solide et un Sean Gunn mémorable en excentrique complotiste.

- 1x06 - Singers Slaying : Lorsque le garçon qu'elle babysitte s'étouffe en mangeant un bonbon, Morgan (Alexis Zall) fait le choix de faire comme si de rien n'était et de finir sa soirée en feignant la surprise au retour des parents. Mais avant cela, elle doit faire face à un sinistre trio de chanteurs de chants de Noël qui veulent la punir...

Un épisode typiquement Blumhouse dans son approche du genre, une actrice, une maison, des boogeymen efficaces, pour un segment plutôt réussi, même si l'on pourra (vraiment) remettre en question les motivations de la protagoniste. Cela dit, niveau ambiance, ça m'a évoqué, par instants, le cinéma de Dougherty, ce qui n'est pas une mauvaise chose...

(à suivre...)

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Et comme toujours, vous pouvez retrouver la liste complète de tous les films de Noël passés en revue sur ce blog dans le cadre de la Christmas Yulefest en cliquant directement sur ce lien (classement alphabétique), ou celui-ci (classement saisonnier)...

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Critiques éclair - Star Trek Discovery 2x06 & 2x07 (2019)

Publié le 3 Mars 2019 par Lurdo dans Action, Aventure, Comédie, Critiques éclair, Drame, Review, Science-Fiction, Star Trek, Télévision, Discovery

Comme la semaine dernière, je continue de séparer exceptionnellement les critiques de The Orville et de Star Trek Discovery, après une cinquième semaine de diffusion des deux séries qui ne m'avait pas beaucoup plus convaincu que la quatrième.  Discovery, notamment, nous avait proposé un épisode honorable, sans plus, qui voyait le retour de la Section 31 et d'un membre d'équipage décédé...

Star Trek Discovery 2x06 - The Sound of Thunder :

Alors que le Discovery suit la trace du phénomène rouge mystérieux, il arrive en orbite de la planète natale de Saru, un Saru qui, désormais transformé, décide de changer la destinée de son espèce...

Alors là, on est pile dans ce qui ne va pas avec Star Trek Discovery, saison 2.

Non seulement on continue dans les épisodes de retcon (cette semaine, on reboote totalement la race de Saru, histoire de se débarrasser de tout ce qui faisait l'essence du personnage), mais en plus, on le fait de manière totalement précipitée : alors qu'on aurait pu se dire, à la fin du 2x04, qu'une sous-intrigue de fond allait avoir lieu dans la seconde moitié de la saison, une intrigue amenant Saru à retourner spontanément sur sa planète contre l'avis de Starfleet, etc, ici, les scénaristes choisissent de nous catapulter tout ça dès ce 2x06, sans même que Saru ne soit à l'initiative de ce choix (puisque la présence du Discovery en orbite est une "coïncidence", motivée par la présence de l'Ange Rouge) ou qu'il n'ait eu le temps de découvrir à quoi ressemblait vraiment sa nouvelle existence "sans peur".

Mouais. Alors je réalise tout à fait que, sans la moindre surprise, les scénaristes font de l'ange rouge un voyageur temporel aiguillant le Discovery sur son chemin (soit tout ce qu'on pouvait deviner dès le tout premier épisode de la saison...), et que par conséquent, ce n'est pas vraiment une "coïncidence", mais reste que c'est bâcler tout un développement dramatique du personnage de Saru pour pouvoir passer à autre chose, et que c'est typique de Discovery.

D'autant plus typique que l'épisode, en lui-même, enchaîne les moments et les raccourcis narratifs grossiers, comme à la grande heure de la saison 1.

Pas la moindre finesse d'écriture ni la moindre subtilité au programme, il faut avancer à tout prix, et tant pis si, pour cela, il faut fracasser la Prime Directive, en renversant l'équilibre des forces en présence sur la planète de Saru, et en rendant aux Kelpiens leur statut d'hyper-prédateurs incontrôlables ayant manqué d'exterminer les Ba'uls (qui sont une sorte de mélange entre Meg Mucklebones de Legend et Armus de STTNG). Le Discovery a peut-être bien condamné les Ba'uls à être de nouveau massacrés à terme, ce n'est pas grave ! Pas le temps de s'attarder là-dessus, ou sur les implications morales des actions de l'équipage, il faut repartir à la poursuite de Spock !

C'est d'autant plus rageant qu'il n'en faudrait pas beaucoup pour que tout cela soit tout à fait honorable : c'est spectaculaire, c'est dynamique, c'est relativement bien interprété (Saru en tête, Burnham nettement moins), mais non, c'est écrit de manière approximative, et ça ne semble pas vraiment se préoccuper du fond, préférant se concentrer sur la forme.

Et même là, on a de nouveau droit à une caméra constamment virevoltante et en mouvement, histoire d'imposer un rythme artificiel à toutes les scènes, et de donner un mal de mer au spectateur. a a de quoi agacer...

Star Trek Discovery 2x07 - Light and Shadows :

Alors que le Discovery, toujours en orbite de la planète de Saru, est confronté à une anomalie spatio-temporelle qui amène Pike et Tyler à l'explorer en navette, Burnham retourne sur Vulcain pour y trouver son frère...

Un épisode qui n'atteint même pas les 40 minutes, et qui semble à la fois précipité/bâclé dans ses avancées, tout en ne faisant que du surplace de transition assez approximatif. Un joli paradoxe, principalement dû au fait qu'une bonne moitié de l'épisode est consacrée à Pike et Tyler à bord de leur navette, une navette qui, forcément, connaît des problèmes, et que l'autre moitié s'intéresse à Burnham sur Vulcain, puis à bord du vaisseau de la Section 31.

Et là, forcément, problème, puisque les problèmes de famille de Burnham sont 90% moins intéressants que les scénaristes ne semblent le penser : un problème que la série a toujours eu, et qui est systématiquement amplifié par le jeu particulier de SMG (yeux écarquillés, air constipé) dès que l'émotion est supposée poindre, un jeu pas aidé par une réalisation en plan serrés et penchés (quand la caméra arrive à ne pas bouger, ce qui est rare) sur son visage.

Bref, toute l'intrigue de Burnham, et surtout la fin de l'épisode, avec la Section 31, était très approximative (je me répète, je sais) au niveau de l'écriture, avec notamment le recours avec cette référence à Alice au Pays des Merveilles, une référence que les scénaristes tentent d'imposer depuis un moment, histoire de se donner des airs de profondeur littéraire et intellectuelle, et qui ne fonctionne pas vraiment tant elle n'apporte rien au récit ou aux épisodes. Et je m'abstiendrai de parler de cette révélation finale au sujet des parents de Burnham... parce qu'honnêtement, ça ne m'intéresse pas du tout.

En face, l'anomalie temporelle, sa description, ses effets, sa résolution, ses conséquences, tout cela était clairement assez brouillon, mais à la limite, peu importe : c'était assez ludique et dynamique (à contrario de Burnham/ses parents), ce qui aide toujours à faire passer la pilule.

On regrettera néanmoins que Airiam n'ai jamais été développée avant d'être infectée ici (un problème récurrent du show), que Stamets serve désormais de couteau-suisse capable de tirer le vaisseau de toute situation périlleuse grâce à ses pouvoirs magiques, ou que Tilly peine à suivre la cadence de Stamets dans les couloirs, alors qu'elle a gagné un marathon à bord il y a quelques épisodes : c'est du pinaillage, certes, mais c'est assez symptomatique de l'approximation globale des scénaristes et de la production.

Cela dit, on commence à en avoir l'habitude, et d'un épisode à l'autre, les mêmes critiques ont tendance à revenir sur le manque de rigueur de l'équipe scénaristique.

En résumé, un épisode de transition indolore à regarder, assez efficace, mais tout sauf mémorable ou maîtrisé.

(tout ce que j'espère, à la vue de cette sonde upgradée et hostile, c'est que la production ne tente pas de recycler la Guerre Froide Temporelle de Star Trek Enterprise...)

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Les bilans de Lurdo - Halloween Oktorrorfest 2020 - Inside No. 9, saison 5 (2020)

Publié le 10 Octobre 2020 par Lurdo dans Anthologie, Comédie, Critiques éclair, Drame, Fantastique, Halloween, Horreur, Les bilans de Lurdo, Oktorrorfest, Review, Thriller, Télévision, UK, BBC, Inside

L'Halloween Oktorrorfest touche aussi le petit écran, avec chaque week-end, tout le mois d'octobre, des critiques de séries fantastiques et horrifiques...

Inside No. 9, saison 5 (2020) :

Retour de cette anthologie macabre des créateurs de la League of Gentlemen, après 4 saisons, pour une nouvelle fournées d'épisodes qui, on l'espère, se disperseront un peu moins qu'en saison 4.

5x01 - The Referee's A W***er :

Alors qu'un match de football décisif, aux enjeux financiers de taille, est sur le point de se tenir en Angleterre, les arbitres (David Morrissey, Steve Pemberton, Reece Shearsmith, Ralph Little) se trouvent pris dans une tourmente de corruption, de scandale et de sexe...

Un épisode de reprise plus calme et moins sinistre que bien d'autres de la série, mais qui fonctionne tout de même grâce à ses interprètes et à sa chute amusante. Pas le meilleure épisode de la série, mais un redémarrage tranquille.

5x02 - Death Be Not Proud :

Lorsqu'elle s'installe avec son compagnon (Kadiff Kirwan) dans un appartement fraîchement acheté à un prix défiant toute concurrence, Beattie (Jenna Coleman) réalise très vite que les lieux sont hantés. Et quand le précédent occupant frappe à sa porte pour lui raconter son histoire, la vie de la jeune femme prend un tour des plus sanglants...

Autant le précédent épisode était léger sur le macabre, autant celui-ci approche le niveau de malsain de la League of Gentlemen, avec cinq personnages différents de Psychoville qui font leur grand retour, et un format histoire dans l'histoire qui permet d'aller toujours plus loin dans le glauque et dans les ruptures de ton efficaces. Une bonne surprise qui fait vraiment plaisir, d'autant que le côté "réunion d'anciens personnages" n'était pas annoncé à l'avance.

5x03 - Love's Great Adventure :

Chaque jour de décembre, la famille de Trevor (Steve Pemberton) et Julia (Debbie Rush) ouvre une case de son calendrier, et tente de concilier ses finances difficiles avec les fêtes de fin d'année. Jusqu'à ce que Patrick (Bobby Schofield), le fils aux problèmes de drogue, resurgisse dans la vie de ses proches...

Un épisode en mode calendrier de l'avent, rythmé par l'ouverture des portes de ce dernier par un petit bout de chou adorable, et qui a le bon goût de ne pas abattre trop vite ses cartes. En effet, même si le spectateur avisé verra venir les quelques rebondissements un peu avant qu'ils n'apparaissent à l'écran, le script a la bonne idée de ne pas confirmer l'évidence par une scène pataude et explicative : en laissant le tout à l'imagination (et à la déduction) du spectateur, les scénaristes rendent le script plus efficace, et renforcent encore la dimension que peut avoir l'amour d'une mère. Pas forcément l'épisode le plus percutant, mais réussi néanmoins.

5x04 - Misdirection :

Lorsqu'un étudiant (Fionn Whitehead) vient l'interviewer dans son atelier, le célèbre illusionniste Neville Griffin (Reece Shearsmith) comprend rapidement que le jeune homme n'est pas ce qu'il paraît être : c'est en réalité le petit-fils d'un magicien à qui Griffin a tout volé, et qu'il a tué dix ans plus tôt...

Duel d'illusionnistes au programme de cet épisode sympathique, qui commence de manière assez sanglante, et se poursuit de manière un peu prévisible, mais néanmoins agréable à suivre. Simple, mais efficace.

5x05 - Thinking Out Loud :

Sept personnages totalement différents, mais pourtant liés, se confient à une caméra : Bill (Phil Davis), qui tente de retrouver l'âme sœur après un mariage à l'issue tragique ; Galen (Steve Pemberton), un tueur en série emprisonné en Louisiane ; Nadia (Maxine Peake), une ménagère malheureuse dans son quotidien de banlieue ; Angel (Ionna Kimbook), une influenceuse web ; Diana (Sandra Gayer), qui chante Amazing Grace dans une église ; et Aiden (Reece Shearsmith), cancéreux mourant qui laisse un message à sa fille sur le point de naître...

Dans sa forme, un épisode techniquement réussi : c'est bien monté, bien interprété, assez rythmé, et tout et tout. Après, au niveau du fond, disons que la combinaison du titre et de certains indices évidents font que le spectateur avisé peut rapidement être aiguillé dans la direction d'un certain film, et de son rebondissement final, réutilisé ici.

Ce n'est pas mauvais pour autant, mais c'est moins efficace que cela aurait pu l'être.

5x06 - The Stakeout :

Thompson et Varney, deux officiers de police (Steve Pemberton et Reece Shearsmith) en planque nocturne dans leur voiture, apprennent à se connaître, mais bien vite, il apparaît que le partenaire précédent de Thompson est mort dans des circonstances étranges, et que l'officier de police ne s'en est jamais vraiment remis...

Un épisode plutôt malicieux (le titre, le nom d'un personnage ^^), qui commence comme un polar basique, et évolue progressivement vers quelque chose de plus surnaturel et sanglant. Un quasi huis-clos plutôt efficace.

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Dans l'ensemble, une saison moins hétérogène que la saison 4, et surtout, qui se laisse moins aller à des expérimentations stylistiques, lesquelles se faisaient alors au détriment de l'efficacité des épisodes.

Ça reste gentiment macabre, agréablement sanglant et sinistre, bref, c'est toujours un programme très sympathique, et qui a été renouvelé pour une saison supplémentaire. Que demander de plus ?

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Et comme toujours, vous pouvez retrouver la liste complète de toutes les séries passées en revue sur ce blog en cliquant directement sur ce lien...

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Humour, sitcom et... 6 - Mike & Molly, big big love

Publié le 8 Janvier 2013 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Télévision, Comédie, Sitcom, CBS, Romance

Au programme, une critique éclair particulièrement rapide...parce que pour être franc, il n'y a pas grand chose à dire de Mike & Molly, qui a entamé sa troisième saison fin septembre.

Ou plutôt, si : parlons CBS.

De manière générale, et sans vouloir se montrer insultant ou méprisant, les sitcoms CBS sont généralement vues comme les plus "généralistes" du paysage télévisuel américain, pour ne pas dire les plus populaires.

La subtilité et la finesse d'esprit, on ne connaît pas vraiment, sur CBS, et l'humour y est souvent cliché, basique, et convenu. On a ainsi droit à Mon Oncle Charlie (très orienté mâle de 18-34 ans), 2 Broke Girls (avec ses clichés ethniques à la limite du racisme, et ses vannes sur le viol), The Big Bang Theory (et ses archétypes nerds tout droit sortis des années 80), Rules of Engagement (et son recyclage éhonté de tout ce qui existe dans le genre sitcom de couple) ou, encore plus récemment Partners (un recyclage d'un pilote Fox d'il y a 15 ans, remis au goût du jour en le "gayifiant" de manière pesante).

Autant de sitcoms de studio, avec rires enregistrés, blagues souvent éventées, et, plus bas dénominateur commun oblige, à l'assez beau succès public pour la majorité de ces programmes (encore une fois, éteindre son cerveau devant un programme tv n'est pas un crime... pour peu qu'on ait tout de même conscience de la qualité réelle de ce que l'on regarde). Longtemps, seule How I Met Your Mother a semblé faire de la résistance sur la grille de programmes de la chaîne, tant dans sa forme, plus inventive, que dans son écriture... mais même dans ce cas, la série a fini par lentement se désagréger, par devenir redondante, et par se "simplifier".

Bref, en voyant débarquer, en 2010, Mike & Molly, du créateur de Mon Oncle Charlie, on pouvait craindre le pire, une première impression qui ne faisait que s'amplifier à mesure que les premiers épisodes étaient diffusés : une sitcom sur un couple d'obèses, avec des blagues sur les gros, un meilleur pote black et flic, histoire de cumuler les clichés sur les noirs et les policiers, une soeur aîné nympho, et des mères acariatres... bref, le potentiel pour un beau désastre.

Et pourtant, la série évite au final de sombrer dans les pires clichés, en choisissant de se concentrer non pas sur le surpoids de ses personnages, mais sur leur romance : Mike & Molly, c'est une comédie romantique au format sitcom, entre deux personnages qui sont amoureux, et qui se trouvent être gros.

C'est bien là ce qui sauve le show, en réalité. Car si bon nombre de ses épisodes sont assez routiniers et basiques, les personnages secondaires étant là pour assurer le quota de vannes prévisibles et autres grosses ficelles, reste toujours un fond sentimental qui fonctionne bien, tant la relation entre Mike et Molly est traîtée avec une certaine justesse. Ce qui ne veut pas dire pour autant que c'est de la must-see TV, loin de là.

En bref : Mike & Molly est globalement très anecdotique, et finalement peu mémorable. Mais malgré les vannes obligatoires sur les gros, le coeur de la série bat plutôt bien, et empêche le programme de n'être qu'un show CBS de plus, le rendant au contraire un peu plus attachant que la moyenne.

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Catch Review : TNA Impact - Live from Manchester (13/02/2014)

Publié le 14 Février 2014 par Lurdo dans Catch, Critiques éclair, Review, Télévision, TNA

La tournée anglaise continue, avec, après Glasgow, les tapings faits à Manchester :

- Team Dixieland dans le ring, pour insulter les (très nombreux) compatriotes de Magnus. MVP vient répondre, accompagné de Joe. Gunner veut encaisser sa valise la semaine prochaine, mais le tout finit par être Gunner vs ECIII, ladder match pour les deux valises.

- Gunner vs ECIII, ladder match. Bref match standard, jusqu'à l'intervention de Magnus, suivie de celle de Storm, et zou, un tag match by MVP.

- Gunner & Storm vs Magnus & Gunner, ladder tag. Des spots sympathiques, Magnus et ECIII qui se disputent, Gunner/Storm qui récupèrent les deux valises.

- Anderson explique que son match vs Bully est important, parce que "famille".

- Les Bromans viennent se plaindre à Spud, MVP booke les Wolves + ? vs Bromans + Zema.

- Bromans & Zema vs Wolves & Joe. Match fun, et public déchaîné. Les Wolves ont fait un début tranquillou, mais efficace.

- Abyss martyrise un pauvre assistant de prod backstage.

- Velvet va se plaindre auprès de Dixie, qui refuse de l'aider. Spud se moque de MVP, et zou, un match entre eux au programme.

- Abyss, sans masque, demande à EY de le rejoindre ; confrontation au sommet, avec un Abyss en colère et paumé. Très bonne promo de Parkbyss, qui explique qu'il ne peut plus être Abyss, ou avoir des matches hardcore. Mais Abyss finit par annoncer son départ à la recherche de quelqu'un pour l'aider (James Mitchell ?). Segment très réussi, et Abyss est vraiment sous-estimé au micro.

- Shaw qui continue de tourner autour de Hemme.

- Spud vs MVP. MVP clairement en forme. Spud clairement hilarant. Et squashé.

- Roode cherche Dixie backstage.

- Un bon gros WTF de Jeff "Willow the Wisp" Hardy.

- Roode en colère après Dixie.

- Sabin qui trolle Velvet durant son entrée, puis au micro.

- Sabin vs Velvel. Micro-botch de Velvet qui rate son coup de pied aux parties de Sabin, puis intervention d'Alpha Female, qui finit par repartir avec Sabin sur ses épaules.

- Ray s'introduit dans le vestiaire d'Anderson, pour troller la femme d'Anderson au téléphone.

- Roode un peu défait, qui se fait expulser par Dixie et ses sbires.

- Ray vs Anderson, Casket Match. Un hardcore match bien bourrin, malgré un cercueil un peu cheap.

- Dixie tente de racheter les parts de MVP, mais se fait opposer une fin de non-recevoir, même si MVP semble sous entendre qu'il n'est pas le seul impliqué dans le rachat des parts de TNA (il ne parle que de "sa part" des profits s'il revendait toutes ses actions, et le sous-entendu du "vous seriez surprise par qui finirait au pouvoir").



Encore un show solide, avec un public très motivé, de l'action... et une toute fin malheureusement un peu plate. Rien de grave, cependant.

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Catch Review : TNA Impact Live (17/07/2014)

Publié le 18 Juillet 2014 par Lurdo dans Catch, Critiques éclair, Review, Télévision, TNA

Enfin la diffusion des tapings de NYC, précédés d'un buzz énorme qui a presque réussi à inverser la vapeur au niveau de la réputation de la compagnie online. Presque.

- Chouette vidéo d'intro.

- Angle dans le public pour ouvrir le show sous les acclamations de la foule. Idem pour Taz, qui semble particulièrement motivé.

- Bully & Dreamer jouent avec le public (un public très... viril et bourrin), EC3 et Rhino viennent troller tout le monde (de bien belle manière), et brawl.

- Bully & Dreamer vs EC3 & Rhino. Tag match tranquille, efficace pour motiver les fans, et sans grande surprise.

- Lashley est en costard.

- Angle met Aries au défi.

- Evil Dark James Storm continue de corrompre Sanada, à grands coups de gifles.

- 8 Men X-Division Elimination Gauntlet. Un match très sympathique dans sa phase #1, et très convaincant en phase #2. Une réussite.

- Roode et EY se rappellent le bon vieux temps.

- Storm trolle un peu plus Sanada, et le passe à tabac, pour le forcer à se défendre.

- Dixie is in the house.

- Hardy explique son retour.

- MVP trolle gentiment NYC, et King se vante + se plaint d'Angle.

- MVP & King vs Roode & EY. Tag match efficace pour ce que c'était, avec un MVP qui joue la carte de l'esquive constante. Gros passage à tabac en post-match.

- Brittany vs Madison Rayne. Street Fight. Match tout à fait honorable et sympathiquement intense, malgré un public parfois un peu distrait.

- Bonne promo de Dixie backstage.

- Angle vient féliciter Aries backstage, et lui rappelle qu'il a un choix à faire la semaine prochaine.

- Hardy vs Lashley. HW title match. Un public totalement réuni derrière Hardy, qui reste un grand malade, et un très bon match entre les deux hommes.

- Dixie se contrefout des fans "dangereux" de NYC.

- Angle booke MVP vs Roode la semaine prochaine.

- Orange Spud dans le ring, pour faire l'intro de Dixie. Dixie trolle et insulte tout le monde, visiblement à l'aise et motivée ; Dreamer et Ray se pointent avec une table au nom de Dixie ; brawl, fuite de Dixie, arrivée de Devon, et 3D sur EC3 au travers d'une table, tandis que la foule explose.

 

 


 

Un show assez jouissif, ne serait-ce que pour son ambiance tonitruante, et qui ne laisse présager que du meilleur pour les autres Impacts de New York. À comparer avec les shows dans l'Impact Zone : c'est le jour et la nuit.

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Catch Review : WWE Battleground 2014 (20/07/2014)

Publié le 21 Juillet 2014 par Lurdo dans Catch, Critiques éclair, Review, Télévision, WWE

*Préshow*

- Adam Rose vs Fandango : micro-match pris en cours de route, sans rien de mémorable du tout.

- Naomi vs Cameron : Aouch.

*PPV*

- Usos vs Wyatts, Best out of three Falls, tag title match. Pas mauvais, voire même efficace sur la fin, mais très formulaïque, et finalement assez classique pour ces deux équipes : deux premiers tombés quelconques, et ensuite, on passe en mode spotfest indy, avec des finishers dans tous lessens, des comptes de deux, etc.

- Promo forcée de Rollins, attaqué par Ambrose, qui se fait virer par HHH (probablement histoire de cacher la blessure de Rollins, que les dirtsheets ont prétendues être un work mais qui semble clairement réelle).

- Aj vs Paige, Divas title match. Match quelconque, RAS, si ce n'est Paige qui tape la discute en plein milieu de match, allongée sur le dos, et quelques autres moments maladroits.

- Orton veut faire la paix avec Kane avant leur match. Sans intérêt.

- Du blabla et des récaps.

- Swagger vs Rusev. Promo sans intérêt et routinière de Lana, feud de mauvais goût, un bourrinage basique entre les deux hommes, et un finish à la con.

- Une promo laborieuse (limite honteuse) de la Team Goldust & Stardust.

- Rollins dans le ring pour exiger d'être annoncé le vainqueur de son match. Ambrose se pointe, et démolit Rollins dans le public, avant d'être expulsé. Un segment digne de Raw.

- Y2J vs Bray Wyatt. Un match assez basique et lent, à la limite de l'anecdotique, avec en prime un mini-botch assez moche sur une des prises de Wyatt.

- Rollins rentre chez lui backstage, et se fait attaquer par Ambrose.

- IC Battle Royale. Des spots sympas, quelques botches durant la phase finale, et une victoire absolument pitoyable et téléphonée à la clef.

- Fatal Four-way for the WWHW title. J'ai raté les deux-trois premières minutes du match, mais bon, c'était de toute façon la routine habituelle : les heels se disputent, Reigns domine avec ses trois moves of doom, et Cenawinslol. Dommage, parce que le match n'était pas mauvais, dans le genre "on enchaîne les finishers, et les comptes de deux, ad lib".


 

Un PPV particulièrement insipide, qui n'est jamais parvenu à égaler et/ou maintenir le niveau de son match d'ouverture. Pas forcément surprenant, mais bon, ce n'est pas en choisissant d'ignorer les fan favorites que la compagnie va réussir à vendre aux fans son Network vacillant.

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