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LES TÉLÉPHAGES ANONYMES

Il était une fois Lurdo & Sygbab, deux internautes passionnés de séries tv et de cinéma, et qui cherchaient un endroit où archiver leurs avis (semi) éclairés...

Résultat pour ""the good place""

Christmas Yulefest 2014 - 84 - Trilogie Donna VanLiere : Les Souliers de Noël, Le Miracle du Coeur & De l'Espoir pour Noël

Publié le 11 Janvier 2015 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Yulefest, Review, Télévision, Christmas, Noël, CBS, Lifetime, Drame, Romance

Noël est passé, les Rois sont arrivés, mais avant de tirer sa révérence, la Christmas Yulefest 2014 joue les prolongations sur le blog des Téléphages Anonymes, avec un Bonus Round d'une semaine afin de boucler dignement ce marathon de cinéma festif de fin d'année...

Les Souliers de Noël (The Christmas Shoes) :

À l'approche de Noël, Maggie Andrews (Kimberly Williams-Paisley), professeur de musique au coeur défaillant, est contrainte de confier son poste à Kate Layton (Maria DelMar), l'épouse de Robert (Rob Lowe), un avocat carriériste dont le couple bat de l'aile.

Mais Robert n'apprécie guère cette idée, et entre les disputes et la mort de sa mère, l'avocat caractériel commence à perdre pied. Jusqu'au soir de Noël, lorsque, au bout du rouleau, il croise le chemin du fils de Maggie, désespéré par l'état critique de sa mère : Nathan (Max Morrow) tente d'acheter des chaussures pour faire plaisir à sa mère, mais il n'a pas l'argent nécessaire. Robert décide alors de l'aider...

Un téléfilm mélodramatique diffusé sur CBS en 2002, et qui, à l'origine, est adapté d'une chanson déprimante de NewSong, un groupe chrétien. Succès inattendu des fêtes 2000, la chanson est aussitôt adaptée en roman par Donna VanLiere, et en téléfilm par CBS : sans surprise, le tout est particulièrement larmoyant et déprimant, mais minimise les sous-entendus religieux un peu agaçants inhérents à la chanson (qui souffre de cet égocentrisme assez récurrent dans la religion made in America : "Dieu est là pour m'aider, Dieu est là pour m'envoyer un signe, parce que je crois plus en lui que les autres, et que j'ai une relation privilégiée avec lui, Dieu est grand, et s'il m'arrive de bonnes choses pendant que les autres souffrent, c'est que Dieu existe et qu'il a un oeil sur moi.").

Bref... ce téléfilm tire très fort (trop fort, en fait) sur les cordes sensibles, joue à fond la carte des caractérisations caricaturales, des traits forcés, et des clichés mélodramatiques (la mère qui meure, l'autre mère qui meure, l'enfant miséreux, l'opposition "famille pauvre mais heureuse, travailleuse et artistique/famille plus riche, mais carriériste, intellectuelle, et en crise"), et repose sur un postulat de départ tellement larmoyant et forcé qu'il en devient contre-productif.

Surtout quand arrive la chanson en question, illustrant une course au ralenti du gamin sous la neige, avec ses chaussures moches sous le bras...

2/6 (parce que c'est globalement tout de même compétent dans l'interprétation et la mise en images)

Le Miracle du Coeur (The Christmas Blessing) :

Désormais adulte après les évènements du film précédent, et devenu un médecin urgentiste las de sa carrière actuelle, Nathan Andrews (Neil Patrick Harris) rentre chez son père pour les vacances de Noël ; là, il tombe amoureux de Meghan (Rebecca Gayheart), une institutrice au foie défaillant, et s'attache à l'un de ses élèves, Charlie (Angus T. Jones), orphelin de mère et malade du coeur. Mais alors qu'approche Noël, la santé de Meghan et de Charlie se dégrade soudainement...

La suite "directe" du téléfilm précédent, à nouveau diffusée sur CBS, et bénéficiant à nouveau d'une adaptation de Donna VanLiere, ainsi que d'un accompagnement musical de NewSong.

La continuité relativement réussie (Rob Lowe, les chaussures, la casquette, certains personnages, les flashbacks) n'est pas désagréable, mais comme dans Les Souliers de Noël, le tout souffre d'un trait tellement forcé et caricatural que ça enlève beaucoup d'intérêt au récit.

Les clichés abondent en effet jusqu'à l'overdose : le père du gamin est veuf, dépressif, alcoolique, menteur et voleur ; le gamin est mourant et en surpoids ; la petite amie est malade et un peu autoritaire ; le héros est déprimé par sa carrière et son éducation, et préfèrerait retrouver une vie de mécano auprès de son père, dont il veut racheter la maison ; le père n'arrive plus à gérer sa vie sans sa femme, et veut tout plaquer... etc, etc, etc.

Et comme en plus le déroulement de l'intrigue est particulièrement téléphoné (on voit venir les dernières minutes très très loin en amont, que ce soit sur le front des maladies "croisées" et de leurs conséquences, que sur celui de l'avenir des personnages et des maisons...), voilà encore un métrage qui peine à convaincre, malgré des qualités équivalentes à celles du premier opus (interprétation, réalisation, etc), et un héros plus attachant que les personnages du film original.

Par contre, -0.25 d'office pour avoir NewSong et Blake Shelton qui se pointent en fin de film pour enchaîner deux chansons countrys insipides sur une scène devant les acteurs...

2/6

De l'Espoir pour Noël (The Christmas Hope) :

Patty Addison (Madeleine Stowe) a perdu son fils aux urgences où officie Nathan Andrews (Ian Ziering) ; depuis, elle se consacre à sa carrière de travailleuse sociale, préférant travailler plutôt que de faire face à sa vie de couple en perdition avec Mark (James Remar) qui, de son côté, tente d'aider le fils d'un ami. Un jour, cependant, à l'approche de Noël, Mark et Patty doivent accueillir une fillette orpheline : c'est là le déclic qui remet leur vie en place, et relie la destinée des divers personnages de la saga.

Troisième et dernier épisode de la série des Christmas Shoes, cette fois-ci diffusé sur Lifetime, et immédiatement, même si ça fonctionne sur le même principe global, on sent le changement d'orientation, Lifetime n'ayant pas les mêmes réserves que CBS sur tout ce qui touche à la religion.

Pour être franc, j'ai manqué de m'endormir devant cet épisode : la photographie est terne, le rythme anémique, les personnages ne sont jamais vraiment intéressants, et Ian Zering parvient à rendre insipide le personnage interprété par NPH dans le volet précédent.

Pire, le tout n'est que très faiblement relié aux deux autres épisodes (problème de droits, certainement), et donc n'a finalement pas grand intérêt, puisque, dépourvu de cette continuité, le récit n'est qu'une trame basique et générique, qui joue elle aussi beaucoup trop sur la corde sensible.

Bref, autant les deux précédents étaient médiocres, mais gardaient un niveau similaire, tant en intérêt qu'en qualité, autant là... zzzzz.

1/6

 

Voilà, c'en est fini de la Yulefest 2014, en espérant que vous aurez tous passé de bonnes fêtes, et vu plein de bons films. Les Téléphages Anonymes partent en vacances jusqu'à début février, mais ils reviendront avec leur rubrique habituelle : Un film, un jour... (ou presque) !

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Les bilans de Lurdo - Halloween Oktorrorfest 2018 - Amandine Malabul, Sorcière Maladroite - Saison 2 (2018)

Publié le 27 Octobre 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Télévision, Oktorrorfest, Halloween, Fantastique, Jeunesse, CBBC, Netflix, Les bilans de Lurdo, Comédie

L'Halloween Oktorrorfest touche aussi le petit écran, avec chaque week-end, du 1er octobre à début novembre, des critiques de séries fantastiques et horrifiques...

Amandine Malabul, Sorcière Maladroite - saison 2 (The Worst Witch - 2018) :

Désormais en deuxième année, Amandine (Bella Ramsey) n'est cependant guère plus chanceuse ou adroite. Et tandis que ses bêtises involontaires continuent de valoir à la fillette et à ses amies Maud (Megan Hughes) et Enyd (Tamara Smart) les remontrances de ses enseignants, ces derniers doivent aussi gérer l'arrivée d'un professeur d'art excentrique, Miss Mould (Mina Anwar), et de nouvelles étudiantes, parmi lesquelles Sybil (Trixie Hyde), la plus jeune soeur d'Ethel, et ses deux amies Clarice Twigg (Kitty Slack) et Beatrice Bunch (Ynez Williams)...

Plutôt agréable, à défaut d'être très mémorable et révolutionnaire, la première saison d'Amandine Malabul (diffusée sur la CBBC et Netflix ; critique ici) avait surtout pour elle une Amandine/Mildred (Bella Ramsey, remarquée dans Le Trône de Fer) très attachante et juste, et des scénaristes collant au plus près aux romans de Jill Murphy, tout en les modernisant suffisamment pour leur jeune public.

Autour de Ramsey, cependant, l'interprétation inégale, et les effets spéciaux très très moyens tiraient un peu le tout vers le bas, donnant une série gentillette et tout à fait recommandable pour les enfants... mais pas forcément bien plus remarquable que les versions précédentes de cette même histoire.

Pour cette saison 2, on commence par faire un peu de ménage dans la distribution, avec des changements multiples dans les personnages secondaires. La sœur aînée d'Ethel, Esmeralda, "a perdu ses pouvoirs", ce qui permet aux scénaristes de l'évacuer pendant le plus gros de la saison, pour ne la ramener que ponctuellement, au gré des disponibilités de l'actrice (?), et ce pour motiver Ethel dans ses actions, pour le meilleur et pour le pire ; Drusilla, l'une des sbires d'Ethel, "a été transférée dans une autre école" ; Maud a changé d'interprète "car un sort de déguisement a mal tourné"... bref, certains visages changent, c'est expliqué de manière plus ou moins convaincante, mais au moins, l'effort est fait de justifier ces changements.

Des changements qui permettent d'ailleurs d'avoir une interprétation plus homogène et convaincante de la part des fillettes : si Ramsey est toujours à un niveau au-dessus de ses consœurs, Megan Hughes est plus convaincante que la première Maud, et Tamara Smart a trouvé sa voix. À l'identique, les trois nouvelles élèves s'en sortent plutôt bien, notamment Kitty Slack, qui compose un personnage pas si éloigné que ça de la Sucy de Little Witch Academia (ou de Mercredi Addams, c'est au choix).

D'ailleurs, ce nouveau trio prend une place assez surprenante, cette saison, se trouvant souvent au cœur de plusieurs sous-intrigues conséquentes, et remplaçant alors Mildred dans le rôle du personnage maladroit. Ces choix créatifs sont assez troublants, puisque Amandine finit presque par se retrouver dans un rôle secondaire au sein de sa propre série... à se demander si Bella Ramsey n'avait pas un emploi du temps compliqué l'empêchant d'être de toutes les intrigues de la série.

Durant sa première moitié, la saison 2 marche dans les traces de la précédente, puisqu'elle adapte approximativement The Worst Witch to the Rescue, et sa tortue qui parle. Et puis, rapidement, la série se démarque des romans, pour partir dans sa propre direction : une direction centrée sur la pierre de fondation magique de l'école, qui passe de main en main. Il faut cependant attendre la seconde moitié de saison, plus sérialisée, pour que les enjeux et les thématiques saisonnières deviennent plus évidents.

Les différentes sous-intrigues, qui jusque là paraissaient décousues et anecdotiques (la pierre de fondation, l'obsession d'Ethel pour sa sœur sans pouvoirs, les doutes de Miss Hardbroom envers la nouvelle enseignante d'art, le trio des premières années, l'insistance sur le besoin pour sorciers et sorcières de ne pas rester engoncés dans leurs traditions, etc), commencent à se cristalliser : les péripéties entourant la pierre mettent les élèves en danger, la mère Hallow porte plainte auprès du grand conseil, Miss Cackle est renvoyée de l'Académie, Ethel tente d'utiliser la pierre pour rendre ses pouvoirs à sa sœur, et tout l'établissement menace alors d'être détruit, privé de magie... l'occasion rêvée pour Miss Mould de révéler ses véritables intentions.

De quoi donner lieu à un triple épisode final se déroulant à Halloween, plein d'action et de révélations... même s'il faut bien l'avouer, il n'y a là pas grand suspense ou grande surprise pour un spectateur adulte.

Reste que le tout fonctionne, tout en revenant sur l'un des fils conducteurs de la saison 1 : les origines de Mildred, enfin révélées (même si cela finit par totalement annihiler tout le côté "intégration humains/sorciers" sur lequel reposait la première saison, et le conflit Ethel/Mildred), finissent par amener une résolution pertinente au tout, et par faire passer la petite sorcière de "Worst Witch" à "Best Witch".

Cela dit, difficile de se départir d'un étrange sentiment de fin de série, et de boucle bouclée : je ne serais pas surpris d'apprendre que le programme n'aura pas de saison 3, car, après cette saison 2 un peu inégale (mais finissant par être assez homogène et agréable dans sa dernière ligne droite), il ne reste plus grand chose à dire sur Mildred et son école sans sombrer dans la répétition...

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Et comme toujours, vous pouvez retrouver la liste complète de toutes les séries passées en revue dans le cadre de l'Oktorrorfest dans le menu Index de haut de page, ou en cliquant directement sur ce lien...

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Les bilans de Lurdo : Trial & Error, saison 1 (2017) et 2 (2018)

Publié le 16 Septembre 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Télévision, Comédie, Sitcom, Policier, NBC, Documentaire, Les bilans de Lurdo

Sitcom de deux saisons de 23 épisodes (13 épisodes pour la s1, 10 épisodes pour la 2) diffusées sur NBC, Trial & Error surfe sur la vague du genre du true crime télévisuel, ces séries documentaires américaines qui suivent des affaires criminelles en temps réel, et qui, avec l'avènement du câble et de Netflix, ont connu un récent regain de popularité (cf The Jinx, Making a Murderer, etc).

Trial & Error, saison 1 (2017) :

Accusé d'avoir tué son épouse, Larry Henderson (John Lithgow), un professeur de poésie excentrique vivant dans le sud profond, est défendu par Josh Segal (Nicolas D'Agosto), jeune avocat new-yorkais dépassé par les événements, et par son équipe des plus incapables (Sherri Shepherd, Steven Boyer), contre les accusations d'un procureur ambitieux (Jayma Mays)...

Un mockumentaire (façon The Office ou Parks and Recreation) conçu et écrit par Jeff Astrof, scénariste d'Angie Tribeca, de Ground Floor, et de nombreuses autres sitcoms en tous genres, et qui se propose de retracer l'enquête et le procès de Larry Henderson (huhuhu le jeu de mots... et il a un frère jumeau appelé Harry ^^), pendant une saison.

En soi, pourquoi pas, mais je dois bien admettre que j'ai trouvé le tout souvent plat et décevant, ce qui m'a d'autant plus surpris que la série jouissait d'une réputation assez positive, sur le web.

Mais dans les faits, entre son protagoniste principal peu charismatique ou intéressant, son format déjà vu, ses personnages secondaires assez quelconques (outre Lithgow, toujours impeccable, seule Jayma Mays tire son épingle du jeu, les autres étant tous assez peu intéressants et/ou trop caricaturaux pour fonctionner - Krysta Rodriguez, notamment, ne sert vraiment pas à grand chose), son humour en demi-teinte (ça ne pousse pas le curseur suffisamment loin dans l'absurde, malgré une légère montée en puissance vers la fin de la saison) et son rythme assez tranquille, je n'ai pas particulièrement accroché à cette première année.

D'autant qu'il faut bien l'avouer, il y a eu nettement mieux en matière de série comique de tribunal, notamment du côté de chez David E. Kelley. Ici, le show souffre du syndrome de la saison 1, et il tâtonne, constamment à mi-chemin entre la parodie, la sitcom décalée façon Parks and Rec, et l'enquête policière plus sérieuse (à l'issue pourtant cousue de fil blanc), sans jamais vraiment réussir à conjuguer ces différentes approches de manière harmonieuse.

Rien de désastreux, et par moments, ça fonctionne, mais le tout m'a simplement déçu, et est loin de m'avoir convaincu.

Trial & Error, saison 2 : Lady, Killer (2018) :

Désormais installé à East Peck, Josh est engagé par Lavinia Peck-Foster (Kristin Chenoweth), grande dame de la ville, vénérée par tous ses habitants, et qui a été arrêtée alors qu'elle roulait, de nuit, avec le cadavre de son époux dans son coffre. Et pour compliquer un peu plus la tâche à l'avocat, voilà que Carol Ann Keane est enceinte... de lui ?

Exit John Lithgow, exit Krysta Rodriguez, et place à une Kristin Chenoweth qui en fait trois tonnes dans le rôle de la tueuse, pour une version plus ou moins gender-switched de The Jinx.

Et l'interprétation de Chenoweth est un peu à l'image du reste de cette saison : un trait plus forcé, et une série plus caricaturale, plus cartoonesque, avec une accusée qui cabotine, un juge inintelligible, une ville toujours plus folle et excentrique, un semblant de triangle amoureux entre Carol Ann Keane (enceinte jusqu'aux yeux), Josh et une podcasteuse new-yorkaise de passage en ville, une Anne aux maladies de plus en plus surnaturelles, un Dwayne de plus en plus redneck, etc...

Donc pour le coup, en comparaison de la saison 1, le show a clairement choisi une direction, et il s'y tient : celle de la folie, et d'un univers déjanté et très improbable (façon Angie Tribeca). Au point de parfois sembler forcer le trait jusqu'à aller presque trop loin dans le délire assumé : régulièrement, la série paraît ainsi perdre sa sincérité, et donne l'impression d'une grosse parodie très appuyée, où les scénaristes sont prêts à toutes les excentricités, pour le meilleur et pour le pire.

Ce qui amène des scories assez évidentes : le triangle amoureux et la romance impossible entre Keane et Josh ne fonctionnent jamais vraiment, et ressemblent un peu trop à du remplissage qui tranche radicalement avec le grand n'importe quoi ambiant (un peu comme dans le cas de Krysta Rodriguez en saison 1, le personnage de la podcasteuse, sous-développé, ne sert ici absolument à rien) ; et surtout, le vrai problème de cette saison est le caractère abrasif, antipathique et prétentieux de l'accusée, qui change la dynamique de la série, en privant celle-ci du capital-sympathie instantané de John Lithgow : sans ce quota sincérité, le programme peine à intéresser le spectateur à son enquête et à ses enjeux.

Par chance, à mi-parcours, le show change de direction, et fait de Kristin Chenoweth une antagoniste méprisante, ce qui, sur le papier, semble une solution parfaite au caractère agaçant de ce personnage. Mais ce revirement se fait au moment même où le show passe à la vitesse supérieure dans le n'importe quoi et le grotesque, avec des personnages toujours plus caricaturaux, des rebondissements invraisemblabes et une enquête (cette fois-ci à charge) tellement irréaliste qu'on finit par regarder ça en levant les yeux au ciel.

Mais attention : mon avis sur ces deux premières saisons a beau ne pas être très positif, c'est principalement une histoire de goût. Je n'accroche tout simplement pas à l'écriture de la série, un peu trop excentrique pour moi, mais j'admets que si l'on adhère à la proposition du programme, à son style, et que l'on se laisse porter par la folie ambiante, le show est amusant, bien mené et compétent.

Si l'on a des réserves sur la distribution, le ton, les personnages sous-développés ou l'écriture, par contre... c'est plus compliqué.

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Retrouvez aussi toutes les autres séries passées en revue sur ce blog en cliquant ici et ici.

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Halloween Oktorrorfest 2016 - 127 - After.Life (2009), Les Témoins (2003) & The Unspoken (2015)

Publié le 4 Novembre 2016 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Oktorrorfest, Review, Horreur, Halloween, Canada, Thriller, Fantastique

Halloween, c'est terminé, et jusqu'à la fin de la semaine, on achève l'Oktorrorfest sur le blog des Téléphages Anonymes, avec au programme la fin de ce marathon de cinéma fantastique et d'horreur qui a duré un peu moins de deux mois, de mi-Septembre à début Novembre...

After.Life :

Dépressive et bipolaire, Anna (Christina Ricci) a des problèmes dans le couple qu'elle forme avec Paul (Justin Long), un jeune avocat : frustrée par ce dernier, elle quitte le restaurant où ils dînaient, et prend le volant sur une route pluvieuse. Lorsqu'elle se réveille, cependant, c'est dans une morgue, étendue sur une table métallique, alors que Deacon (Liam Neeson), le croque-mort, s'occupe d'elle. Il lui explique alors qu'elle est morte dans un accident de voiture, et qu'il va la préparer pour son enterrement, prévu dans trois jours... mais Anna est-elle vraiment morte, ou bien est-elle tombée dans les mains d'un psychopathe ?

Bah, je suis bien embêté par ce thriller psychologique, au postulat macabre assez intéressant, mais à l'exécution insuffisante : en effet, à en croire le web, ce film serait un summum d'ambiguïté et de mystère au sujet de l'état réel d'Anna, et on ne compte plus les commentaires et les messages tentant de décider si, oui ou non, Neeson avait des pouvoirs de médium.

Et là où ça m'embête, c'est que justement, j'ai trouvé que le film manquait totalement de subtilité ou d'ambiguïté, et jouait clairement cartes sur table, en montrant de manière évidente que Neeson était manipulateur, dérangé et louche, et ce dès le début du film.

Résultat : alors que justement, le récit aurait pu se montrer passionnant s'il avait joué de manière intelligente sur cette ambiguïté, et maintenu le doute jusqu'à sa concluson, il s'avère tout simplement mécanique et froid (ce qui est approprié au sujet, en fin de compte), utilisant des dialogues pontifiants sur la mortalité et sur le sens de la vie pour tenter de dissimuler ses grosses ficelles narratives.

Autre problème, si les trois acteurs principaux s'abandonnent complètement à leurs rôles respectifs, leur direction n'est pas forcément toujours très pertinente : Long en fait un peu trop, et Ricci (qui pourtant se donne corps et âme à son personnage) est inégale, un peu fausse dans ses moments les plus énervés.

Certes, elle n'est pas aidée par un personnage peu attachant ou vif d'esprit (lorsqu'elle dérobe la clef de la morgue, parvient à aller jusqu'à la porte d'entrée du funérarium, l'ouvre... et fait demi-tour, retourne s'enfermer, et tente d'appeler son compagnon plutôt que la police, j'ai abandonné tout espoir)... mais tout de même : n'est pas Scream Queen qui veut.

En fin de compte, cet After.Life donne vraiment l'impression d'un scénario de Contes de la Crypte tiré vers le bas par le format long-métrage, et par le manque de subtilité de l'écriture (toute la sous-intrigue concernant l'élève d'Anna, son poussin, et le fait que Deacon le prend sous son aile... c'est vraiment inutile).

Je ne comprends donc vraiment pas pourquoi autant de spectateurs pensent que le film est vraiment un thriller surnaturel, et trouvent donc ce métrage captivant et ingénieux.

2.75/6 (formellement, ça vaut plus que la moyenne, mais l'écriture et ses maladresses m'ont vraiment agacé)

Les Témoins (The Gathering) :

Jeune femme vagabonde, Cassie Grant (Christina Ricci) est percutée par une automobile en se rendant au village de Ashby Wake, et se réveille amnésique. Elle est alors recueillie par la conductrice l'ayant renversée, Marion (Kerry Fox), qui l'invite à se remettre d'aplomb chez elle, dans sa confortable demeure familiale. Cassie sympathise aussitôt avec le beau-fils de Marion, Michael (Harry Forrester), dont le père étudie actuellement une vieille église en ruines récemment redécouverte, aux fresques étranges et inhabituelles. Bientôt, Cassie commence alors à avoir des visions et prémonitions étranges concernant des habitants de la région, au nombre desquels le menaçant Frederick Michael Argyle (Peter McNamara)...

Un thriller horrifico-fantastico-religieux assez plat et soporifique, resté sur le banc de touche pendant des années après avoir été terminé, et qui est l'oeuvre d'Anthony Horowitz, une valeur sûre de la télévision anglaise.

Malgré cela, tout le monde y semble en pilotage automatique, y compris au niveau de l'écriture, qui prend un sujet au potentiel énorme (un groupe de témoins de la crucifixion de Jesus, maudits pour n'être pas intervenus, et qui sont condamnés à assister à jamais à toutes les pires catastrophes qui frappent l'Humanité), et réduit le tout à une histoire de vengeance et de pédophilie dans un bled paumé de la campagne anglaise.

Forcément, ça manque cruellement d'ampleur, de rythme, et tout simplement d'intérêt, d'autant que le tout est assez cousu de fil blanc. Reste bien des sculptures assez réussies dans l'Église... mais c'est peu.

1.5/6

The Unspoken :

Lorsque Jeanie (Pascale Hutton) et son fils de neuf ans, Adrian (Sunny Suljic) s'installent dans une petite maison à la réputation sinistre, la communauté locale s'en étonne. Angela (Jodelle Ferland), elle, est d'autant plus surprise que Jeanie la demande expressément pour servir de babysitter à Adrian : traumatisée par la mort de sa mère durant son enfance, complexée par sa relation amoureuse avec Pandy (Chanelle Peloso), qui n'assume pas sa sexualité, et martyrisée par un groupe de trois brutes locales (Jake Croker, Jonathan Whitesell & Anthony Konechny), Angela est loin d'être populaire ou à l'aise en société. Et rapidement, alors qu'elle tisse des liens avec le garçon un peu autiste, les phénomènes surnaturels et sanglants se multiplient autour de la jeune fille...

Un film d'horreur canadien qui abat clairement ses cartes dès le début - les évènements surnaturels sont clairs et ne laissent pas de place au doute - pour ensuite mieux brouiller les pistes en tentant de manger à tous les râteliers : ici, de l'horreur satanique et de la possession démoniaque, ici un enfant psychopathe, ici un poltergeist ou une histoire de hantise... et à la fin, que nenni, on tombe encore dans un autre genre, avec une explication finale à la limite du ridicule.

Il est dommage que le film n'ait pas choisi une seule direction à laquelle s'en tenir, car les scènes d'horreur peuvent s'avérer assez brutales, ce n'est pas trop mal filmé, il y a quelques points inhabituels soulevés çà ou là (l'homosexualité de l'héroïne et de son amie, etc) et la distribution est plutôt sympathique (Jodelle fait une protagoniste très efficace).

Mais le mélange incontrôlé des genres, les détours de la narration, et le rythme global assez mollasson, font que le film ne fonctionne pas vraiment, et ressemble presque parfois à un téléfilm Lifetime ou assimilé.

2.5/6 -0.25 pour le twist stupide = 2.25/6

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Les bilans de Lurdo : The Detour, saison 4 (2019)

Publié le 9 Novembre 2019 par Lurdo dans Comédie, Critiques éclair, Les bilans de Lurdo, Review, Sitcom, Télévision, USA, Canada, TBS

Ultime saison de ce programme chapeauté par Samantha Bee et Jason Jones, une sitcom TBS qui, au fil des saisons, a connu un parcours assez compliqué : une saison 1 sympathique, une saison 2 nettement plus mitigée, car (très) décomplexée et (trop) caricaturale, une saison 3 gentiment décousue et chaotique... et cette dernière saison, donc, pas vraiment conçue comme telle, et qui continue de n'avoir plus grand chose à voir avec son postulat de départ - le détour sur la route des vacances.

The Detour, saison 4 (2019) :

Séparés de leur fille Delilah (Ashley Gerasimovich) depuis que cette dernière s'est enfuie, les Parker (Jason Jones, Natalie Zea, Liam Carroll) parcourent le monde pour tenter de la retrouver, mais ils finissent à Syracuse, où ils croisent le chemin de la sœur jumelle de Robin...

Et donc, sans surprise, cette quatrième saison s'inscrit dans la continuité directe du reste de la série : c'est un peu peu brouillon et décousu, ce n'est pas toujours du meilleur goût (les moments scatologiques et graveleux lassent plus qu'ils n'amusent), c'est bourré de slapstick (Jason Jones passe toujours son temps à se prendre des coups, à se vautrer, et à être humilié, encore et encore), c'est surjoué (Gerasimovich est souvent en roue libre, malgré son temps de présence limité à l'écran), et les tangentes inutiles ou pas très abouties du scénario sont assez frustrantes.

Pourtant, cette année dispose d'un fil conducteur plus affirmé que dans les saisons précédentes : les recherches internationales des Parker pour tenter de retrouver leur fille. L'occasion pour la famille de visiter le Tibet, le Paraguay, la Nouvelle Zélande, la Russie, et le Japon - et pour les scénaristes, de confronter brièvement les Parker aux clichés récurrents sur ces pays.

C'est notamment vrai pour le Japon, qui donne lieu, après une demi-saison de teasing, à un épisode totalement gratuit, façon game show à la japonaise, avec générique, cartons-titres et sous-titres appropriés, dans lequel Jones est une fois de plus humilié en public (se faisant notamment masturber en direct par un clown caché dans une boîte... amis du bon goût, bonsoir). Idem pour la Russie, d'ailleurs, puisque toute la fin de saison s'y déroule, et place Jones dans la position de l'Américain dont s'est entichée la fille d'un magnat russe : encore une fois, Jones déguste, en slip rose pendant le plus clair de cette aventure, tandis que le reste de sa famille est quasi-absent de ces épisodes.

On a ainsi souvent l'impression que la production a tout un tas d'idées et de gags en stock, mais qu'elle ne sait pas bien comment les organiser pour donner un tout narratif cohérent : la saison passe ainsi d'un séjour à l'étranger, à une visite à Syracuse, dans une maison de retraite où vit la mère de Nate (épisode assez raté, d'ailleurs, car reposant sur des gags particulièrement téléphonés et prévisibles), puis s'attarde, pendant deux épisodes, sur la sœur jumelle de Robin. Une sœur sortie de nulle part, (forcément) maléfique, psychopathe et manipulatrice, et qui tente (forcément) de dérober Nate à Robin. Parce que Nate est clairement irrésistible, dans son genre (mouais), et que Natalie Zea voulait apparemment montrer ses talents de pole dancer à l'écran.

Et puis on part pour deux épisodes en flashback, un sur Delilah, qui raconte son année de cavale, et donc l'épisode japonais. Avant de rebasculer sur les fausses funérailles de Nate, qui voient toute sa famille se réunir, et son père, interprété par Jere Burns, ressurgir à cette occasion (encore un épisode qui ne fonctionne pas, toutes les vannes autour de Burns étant clairement trop canadiennes pour être vraiment drôles et percutantes). Enfin, on aborde la Russie, et tous les clichés qui vont avec.

Je vais être franc : il était temps que ça s'arrête. Sans vraie direction, The Detour semblait avancer à tâtons, en roue libre, en fonction des inspirations et des vannes passant par l'esprit des scénaristes à un moment donné, sans jamais vraiment se remettre en questions.

C'est bien simple, en quatre saisons (voire même moins, puisque c'était déjà perceptible en saison 2), la série a atteint un point que la majorité des sitcoms n'atteignent qu'après 6 ou 7 ans : le moment où les personnages ne sont plus que des caricatures d'eux-mêmes, où le trait est tellement forcé qu'ils passent de mésaventures en mésaventures toujours plus improbables sans être particulièrement affectés, où la production fait un peu tout et n'importe quoi sans se soucier de la cohérence ou de la concision, et où le spectateur finit par se désintéresser du tout.

Là, c'était clairement mon cas, et je quitte donc la famille Parker sans regrets.

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Retrouvez aussi toutes les autres séries passées en revue sur ce blog en cliquant ici.

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Blog Update ! - Août 2020

Publié le 31 Août 2020 par Lurdo dans Cinéma, Critiques éclair, Les bilans de Lurdo, Review, Télévision, Update

Un mois d'août hétéroclite et caniculaire sur le blog des Téléphages Anonymes, qui résistent aux températures, coûte que coûte (et quoi qu'il en coûte) !

#1267 : SEMAINE AVENTURE - Hercule et les Amazones (1994)

#1268 : SEMAINE AVENTURE - Hercule et le Royaume Oublié (1994)

#1269 : SEMAINE AVENTURE - Hercule et le Cercle de Feu (1994)

#1270 : SEMAINE AVENTURE - Hercule et le Monde des Ténèbres (1994)

#1271 : SEMAINE AVENTURE - Hercule et le Labyrinthe du Minotaure (1994)

#1272 : SEMAINE AVENTURE - Kull le Conquérant (1997) - 1.5/6

#1273 : Dino De Laurentiis - The Last Movie Mogul (2001) - 4/6

#1274 : Mister Dynamite (1986) - 2.5/6

#1275 : Expendables 3 (2014) - 2.5/6

#1276 : Justice League Dark - Apokolips War (2020) - 3/6

#1277 : Le Mans 66 (2019) - 4.25/6

#1278 : Le Flingueur (2011) - 3.75/6

#1279 : Artemis Fowl (2020) - 2/6

#1280 : Wunderkammer - World of Wonder (2019) - 3/6

#1281 : An American Pickle (2020) - 2.5/6

#1282 : Opération Condor (1991) - 5/6

#1283 : Mechanic - Résurrection (2016) - 2.25/6

#1284 : Chinese Zodiac (2012) - 2.25/6

#1285 : Misbehaviour (2020) - 3/6

#1286 : Fahrenheit 11/9 (2018) - 2.5/6

#1287 : Far Cry (2008) - 1.5/6

#1288 : La formidable aventure de Bill et Ted (1989) - 3.5/6

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# Bilan :

Pas vraiment d'actualité en ce mois d'août toujours placé sous le signe de la COVID (hormis le décevant Artemis Fowl), mais l'occasion de liquider un peu les stocks de films plus anciens qui s'accumulent.

Et qui dit "vider les fonds de tiroir" dit aussi beaucoup de métrages quelconques ou médiocres, qu'il faut bien regarder un jour ou un autre. Un mois faiblard, donc, avec plusieurs films de Jackie Chan et autres films d'action, des documentaires, et une semaine AVENTURE qui m'a permis de redécouvrir les premiers métrages de la série Hercule.

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# Film(s) du mois :

Opération Condor domine largement la compétition, avec son mélange de comédie, d'aventure et d'arts martiaux que Jackie Chan a, depuis, tenté de reproduire à maintes reprises, sans succès. Un incontournable de sa carrière, cela dit.

Le Mans 66 m'a, lui, agréablement surpris, malgré sa réécriture parfois fantaisiste de l'Histoire.

 

# Flop(s) du mois :

Far Cry, forcément (on ne refait pas Uwe Boll) ; Kull le Conquérant, forcément (Sorbo aurait mieux fait de s'abstenir) ; et malheureusement, Artemis Fowl, sacrifié par Disney sur sa plate-forme de VOD, non sans raisons, puisque l'adaptation signée Kenneth Branagh est totalement anémique, générique et dépourvue d'intérêt. Si le film est resté si longtemps en development hell, ce n'était pas innocent...

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# Petit écran :

Énormément de séries passées en revue, ce mois-ci, à commencer par l'intégrale Conan, en trois parties, et par les téléfilms de la série Hercules : The Legendary Journeys (voir les liens plus haut) : de la fantasy inégale, tout ça, mais dont l'innocence et la sincérité peut rendre nostalgique d'une époque où toutes les séries de genre n'étaient pas censées être des blockbusters sérieux conçus pour être le nouveau Game of Thrones, mais osaient la bonne humeur, la légèreté et les scénarios simples et directs.

En parallèle, bonne surprise que l'intégrale de la série Future Man (saison 1, 2 et 3), une comédie de science-fiction gentiment graveleuse mais qui ose de nombreuses choses et des idées improbables ; excellente surprise que la première partie de la série animée Primal, sauvage, brutale et touchante à la fois ; amusante surprise que Year of the Rabbit, parodie de série policière historique britannique ; et mauvaise surprise que les premiers épisodes de Star Trek Lower Decks, nouvelle déclinaison de la franchise, qui semble penser que l'hystérie et le fanservice constant suffisent pour rendre une série drôle et pertinente.

Et puis il y a bien entendu les bilans de Sygbab, qui a entamé ce mois-ci une intégrale de la série Highlander, entreprise des plus courageuses et téméraires.

Tous ces bilans sont, bien sûr, directement accessibles depuis l'index Séries alphabétique qui leur est consacré.

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# À venir :

En septembre, avec les premières notes de l'automne, les Téléphages Anonymes voyageront dans le temps avec Bill et Ted, iront à Marwen, enfileront la cape du Chevalier Noir, rejoindront les Boys, se prendront pour des stars de film d'action avec Kevin Hart, et bien plus encore !

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Et comme toujours, vous pouvez retrouver la liste complète de tous les films passés en revue sur ce blog dans le menu Index de haut de page, ou en cliquant directement sur ce lien (000-1000) et sur celui-ci (1001-2000)...

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Les bilans de Sygbab : CYCLE SCI-FI - Andromeda, saison 3 (2002)

Publié le 27 Juin 2021 par Sygbab dans Action, Aventure, Critiques éclair, Comédie, Fantastique, Les bilans de Sygbab, Review, Science-Fiction, Science Fiction, Télévision, USA, Andromeda

À l'instar du reste du blog, pendant quelques semaines, Sygbab est lui aussi en plein cycle science-fiction, avec la suite de son intégrale Andromeda...

Andromeda, saison 3 (2002) :

Nouvelle saison, nouveau générique : Kevin Sorbo reprend du service pour assurer la voix-off, et le discours change nettement. Plutôt que de réunir les galaxies pour reconstruire la civilisation perdue du Commonwealth, il est désormais question d’assurer la sécurité de ce futur. Mais c’est surtout la dernière partie qui donne une bonne idée de ce à quoi s’attendre : « I am Dylan Hunt, Captain of the Andromeda Ascendant, and these are our adventures ».

Il faut dire qu’en deux saisons, les scénaristes n’ont jamais réussi à donner l’impression qu’il y avait un réel engouement autour de la quête de Dylan, et qu’ils se sont contentés de faire bonne figure en l’évoquant de temps en temps par le biais de quelques sommets diplomatiques disséminés ici et là. Ils en sont donc arrivés à la conclusion qu’il fallait arrêter les frais, et ont décidé suite au final de la saison précédente que cette folle entreprise est réussie : le Commonwealth est de nouveau sur pied.

Passer d’un univers plongé dans le chaos à une alliance de planètes qui possède déjà une structure avec une chaîne de commandement et qui est capable de lancer un nouveau vaisseau flambant neuf (un évènement qu’évoque Dylan au détour d’un dialogue) en l’espace de trois ans a de quoi faire sourire, et constitue un aveu d’échec assez monumental.

Malgré toute la bonne volonté du monde, cela demande une suspension d’incrédulité beaucoup trop importante pour y croire un seul instant. Ce parti-pris n’est même pas totalement assumé : l’équipage accueille parfois des recrues qui disparaissent aussi vite qu’elles sont venues (sans savoir d’où, d’ailleurs).

Ce flou (qui n’a rien d’artistique) a pour conséquence de jeter le doute sur le rôle de l’équipage d’Andromeda, d’autant que ces derniers passent le plus clair de leur temps à s’embarquer dans ces fameuses aventures annoncées dans le générique, sans qu’on sache pourquoi ni comment.

Bien entendu, il n’est jamais question de découvrir d’autres cultures, ce qui serait bien trop compliqué à mettre en place étant donné qu’on n’en sait déjà pas beaucoup plus sur les principaux peuples dont on entend parler depuis le début. Il s’agit plutôt de proposer des épisodes creux et linéaires, qui n’offrent aucune surprise et qui sont juste bons pour avoir un peu de castagne.

Ce n’est qu’une façon de diluer l’intrigue principale, pour laquelle on a l’impression que les idées ne se bousculent pas tant la continuité est difficilement établie. Il y a cependant quelques soubresauts, à commencer par le triptyque des épisodes 3.10, 3.11 et 3.12 qui proposent des variations sur le concept d’espace-temps, avec notamment une réécriture des origines des évènements qui se sont produits il y a 300 ans, suggérant que Rhade (Steve Bacic) aurait initialement tué Dylan et vu le futur et serait ensuite retourné dans le passé pour se substituer à son alter ego afin de se sacrifier et de laisser son capitaine œuvrer pour restaurer l’ordre.

Ce n’est pas totalement inintéressant mais ça paraît un peu vain et forcé, et ça ne fait que souligner que la série a du mal à aller de l’avant.

Depuis la première saison, il n’est pas rare de voir Dylan confronté à son passé d’une manière ou d’une autre, jusqu’à croiser son ancien mentor dans le 3.20, ce dernier ayant eu sa conscience transférée au sein de plusieurs hôtes successifs pendant les trois siècles écoulés depuis leur dernière rencontre. Le thème est récurrent dans la science-fiction, mais il est traité sans finesse : Constantine Stark (Michael Ironside) s’est radicalisé et n’a plus une once de bon sens, car il ne pouvait que devenir fou en assistant à la chute du Commonwealth. Cela manque cruellement de nuances, mais il n’y a là rien d’étonnant.

En effet, c’est dans la droite lignée du fil rouge, destiné à être une lutte entre le Bien et le Mal, ce qui était à craindre. Pour autant, le menace ne se fait pas réellement sentir : pas de traces des Magogs ou de The Abyss, dont on n’entend parler qu’au détour de certains dialogues histoire de ne pas les oublier. Ceci dit, ils sont bien dans l’esprit de Trance, puisque qu’elle tente par tous les moyens possibles de manipuler le temps afin de choisir le meilleur futur possible dans le 3.12 The Dark Backward où elle la joue façon Groundhod Day.

Ou plutôt d’éviter le pire, celui où l’intégralité de l’équipage meurt. Au moins, c’est raccord avec ce le don de précognition qu’on lui connaît, et avec son statut d’être supérieur. Les motivations des membres de son espèce semblent paraissent un peu plus claires, dans le sens où leur volonté est que l’Univers survive aux Magogs.

Même si d’autres questions se posent, il y a au moins une tentative de faire évoluer Trance, ce qui n’est pas le cas pour la plupart des personnages, puisque même la quête d’humanité de l’avatar androïde d’Andromeda est mise de côté. L’attention est plus poussée sur Tyr et tout ce qui tourne autour de la réincarnation de Drago Museveni, et, contre toute attente, Rev Bem a droit à un épisode qui lui est consacré pour expliquer ce qu’il est devenu.

Réapparition de courte durée puisqu’il quitte ses amis venus le sauver, avec au passage une transformation physique et spirituelle comme récompense pour sa foi. Peut-être aura-t-il encore son mot à dire par la suite ?

C’est donc une fois de plus, dans l'ensemble, une saison chaotique et plate, qui ne décolle quasiment jamais. La seule chose à en tirer, c’est que bizarrement le niveau de la série reste constant dans la médiocrité. Il n’y a jamais de coups de génie rendant un épisode plus exceptionnel que les autres, mais pour l’instant ça ne tombe pas non plus dans la nullité absolue. Ceci dit, il y a plus de chances que ça aille dans ce sens plutôt que d’espérer constater une réelle amélioration…

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Critiques éclair - The Orville 2x12 (2019) & Star Trek Discovery 2x14 (2019)

Publié le 21 Avril 2019 par Lurdo dans Action, Aventure, Comédie, Critiques éclair, Drame, Netflix, Review, Science-Fiction, Star Trek, Télévision, Orville, Fox, CBS, Discovery

Dernière ligne droite, tant pour The Orville que pour Star Trek Discovery, après plusieurs semaines de pause pour la première, et une succession d'épisodes toujours plus brouillons pour la seconde...

The Orville 2x12 - Sanctuary : 

Lorsque Bortus facilite le passage de deux ingénieurs moclans (Regi Davis, Shawn Andrew) et de leur fille sur l'Orville, sans en avertir ses supérieurs, il encourt la colère de ces derniers, jusqu'à ce que l'équipage découvre une colonie reculée où 6000 femmes moclannes vivent, réfugiées. Soudain, l'existence même de la colonie est en péril lorsque le gouvernement moclan découvre son existence, et veut l'exterminer...

Un peu mitigé, sur cet épisode signé Joe Menosky, et réalisé par Jonathan Frakes, un épisode qui a indéniablement bon fond, mais qui pèche un peu sur sa forme.

D'un côté, j'apprécie le propos de l'épisode, trekkien en diable, sa continuité avec le reste de la série, les différentes guest stars issues de l'univers Trek (F. Murray Abraham, Tony Todd, Marina Sirtis, et bien sûr Kelly Hu, Victor Garber et Ted Danson), l'utilisation de Dolly Parton comme d'un gimmick décalé (coucou, Deadpool 2 !), et la bataille spatiale plutôt joliment mise en images.

Mais de l'autre, j'ai trouvé le tout assez mollasson et bavard : la mise en place prenait vraiment trop son temps, et surtout, je dois dire que j'ai eu un peu ma dose des épisodes centrés sur les Moclans et sur leurs mœurs rétrogrades (beaucoup trop d'épisodes similaires, en trop peu de temps). Ce n'est pas forcément rédhibitoire, mais le tout est souvent tellement manichéen que ça en devient caricaturale et lassant.

Dans l'ensemble, cependant, un épisode mitigé (comme je le disais), mais mitigé positif, surtout en comparaison de ce qui se fait du côté de Discovery en ce moment (c'est amusant, mais j'ai l'impression de redire exactement la même chose que la saison dernière, à la même période).

Star Trek Discovery 2x14 - Such Sweet Sorrow, deuxième partie :

L'équipage du Discovery et l'Enterprise affrontent la flotte de la Section 31, au service de Control, alors que Burnham tente de partir dans le futur avec le navire pour mettre les informations de la Sphère hors de portée de l'Intelligence Artificielle...

Voilà voilà. CQFD.

Nous avons là le plus bel aveu d'échec des scénaristes et showrunners de Star Trek Discovery : un reboot complet de la série, qui finit par faire ce que l'on pouvait deviner depuis plusieurs semaines, à savoir envoyer le Discovery et son équipage dans le futur, pour y vivre de nouvelles aventures détachées de la continuité historique de Trek.

Adieu, Klingons, Spore Drive, Enterprise, Pike, Spock, relations familiales impossibles, cristaux temporels, Section 31, et Skynet : tout ça est joyeusement mis au rebut par la production, de la manière la plus "Discovery" qui soit - comprendre : une débauche d'action et d'effets spéciaux spectaculaires (mais creux) supposés cacher la vacuité d'un script bavard et bourré de répliques et d'explications approximatives (voire incohérentes), des scènes émotionnelles forcées centrées sur le visage de SMG filmé en plan serré - ou sur des seconds rôles qui se sacrifient platement -, une réalisation bourrée d'effets maniérés, de flous artistiques et de pirouettes, et une résolution téléphonée de bout en bout, qui ne surprendra que les spectateurs les plus naïfs.

Voilà. Je n'ai pas grand chose de positif à dire sur ce season finale, d'autant plus que le temps m'a paru vraiment longuet durant le visionnage. Heureusement, Discovery, dans sa forme actuelle, c'est terminé. Et s'il y avait bien du mieux en saison 2, en comparaison de la première année, c'était principalement dû à la présence d'Anson Mount en Capitaine Pike.

Alors qu'attendre d'une saison 3 se déroulant dans un futur lointain (si tant est que c'est bien là que le Discovery est arrivé), et probablement grandement dénuée du fanservice habituel/du recours constant à une nostalgie totalement éventée (même si l'on n'est jamais à l'abri de la visite de descendants de Picard, Janeway et compagnie) ?

Personnellement, je n'en attends grand chose, tant les problèmes de Discovery se situent avant tout à un autre niveau, plus intrinsèque et fondamental (l'écriture, la réalisation, les idées) ; mais il sera intéressant de voir comment cette saison 3 parviendra à se réinventer. Car la même écriture, sans le facteur doudou nostalgique, ça ne fonctionnera pas.

La saison 3 sera peut-être la saison la plus cruciale de Discovery, celle où tout sera remis en question, et où les scénaristes joueront le futur du programme (surtout si, en parallèle, les autres séries Trek s'avèrent mieux écrites, et plus convaincantes).

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Critiques éclair - The Orville 2x01 (2019) & Star Trek Discovery 2x01 (2019)

Publié le 26 Janvier 2019 par Lurdo dans Action, Aventure, Comédie, Critiques éclair, Review, Star Trek, Science-Fiction, Télévision, Orville, Drame, Discovery

Durant la saison 1 de la série (critiques disponibles ici), Seth MacFarlane, le scénariste, créateur, acteur principal et showrunner de The Orville, s'était toujours avéré l'un des points faibles de sa série, principalement lorsqu'il était au scénario : incapable de sortir de l'ombre de son modèle (Star Trek), ou de se détacher d'une écriture pataude centrée sur son personnage et ses relations amoureuses, il avait tendance à produire des épisodes dérivatifs et mal rythmés, qui n'exploitaient jamais le plein potentiel du show. Et là, pas de chance, c'est lui qui est à la plume de cet épisode de reprise...

The Orville 2x01 - Ja'loja :

Alors que Bortus doit rentrer chez lui pour prendre part à une cérémonie traditionnelle, les autres officiers vaquent à leurs occupations : Gordon tente de séduire une nouvelle venue, Alara accepte une blind date, Claire doit gérer les mauvaises influences subies par son fils à l'école, et Ed, lui, peine à gérer la nouvelle relation de Kelly...

Pile tout ce que je ne voulais pas voir dans cet épisode de reprise, un épisode qui donne l'impression d'être entièrement composé de sous-intrigues de développement des personnages, sans qu'il y ait d'intrigue principale pour lier le tout et lui donner de l'énergie. Ce qui en fait, je suppose, le total opposé des épisodes de Star Trek Discovery, qui sont généralement à 100% centrés sur leur intrigue et protagoniste principaux, sans laisser de temps aux autres personnages pour exister.

Et ce patchwork de b-stories, comme aiment à les appeler nos amis américains, est problématique, puisqu'aucune de ces sous-intrigues n'est particulièrement intéressante, drôle ou bien rythmée. On se trouve ici dans une sorte d'assemblage de moments assez routiniers et dérivatifs, avec encore une fois la vie sentimentale/les peines de coeur du Capitaine qui prennent une place certaine, quelques moments vaguement amusants, et un tout qui s'avère particulièrement bavard et oubliable... d'autant que ça culmine sur une cérémonie insipide et plate (l'équivalent Orvillien du Pon Farr qui ouvrait la saison 2 de Star Trek TOS), qui n'est pas à la hauteur de ce à quoi l'on pouvait s'attendre.

Je ne peux pas dire que je sois déçu (c'est du niveau des scripts de MacFarlane de la saison 1), mais bon, j'en attendais tout de même un peu plus, dommage. Pour une reprise, c'est faiblard et insignifiant (et même un caméo de George Costanza en barman alien ne suffit pas à relever la sauce).

Star Trek Discovery 2x01 - Brother :

Lorsque le Capitaine Pike (Anson Mount), de l'Enterprise, monte à bord pour prendre le commandement du Discovery, l'équipage est surpris ; mais d'étranges phénomènes lumineux se produisent aux quatre coins de la galaxie, et le Discovery part aussitôt enquêter sur ceux-ci... d'autant que Spock (Ethan Peck), le frère adoptif de Burnham, est lié à ces manifestations rougêatres inexpliquées.

Après une première saison particulièrement frustrante et bancale, misant tout sur la réinvention dark et edgy de l'univers Star Trek, avec de la violence, du sang, et une narration totalement axée sur l'action et les rebondissements improbables (mais particulièrement téléphonés), Discovery avait fort à faire pour me convaincre de remettre le couvert.

Le renvoi des showrunners de la saison 1, remplacés par Alex Kurtzman, pouvait laisser présager du pire comme du meilleur, tout comme l'utilisation de Spock, de l'Enterprise, etc...

Et je suis soulagé de voir qu'avec ce premier épisode saisonnier, le show reprend du poil de la bête. J'irais même plus loin : si cet épisode de reprise avait été le premier de la série (avec de menues modifications), j'aurais été nettement plus enthousiaste pour ce programme.

Ici, tout fonctionne plus ou moins : visuellement, c'est spectaculaire comme toujours ; Anson Mount est excellent en Capitaine Pike (un Capitaine Pike qui, à plusieurs reprises, semble directement servir de porte-parole aux scénaristes pour expliquer le changement de cap de la série) ; le ton plus léger est nettement plus agréable ; il n'y a pas de Klingons ; les autres membres d'équipage sont présentés et actifs ; il n'y a pas trop de Burnham ou de ses états d'âme...

Bref, tout cela est nettement plus équilibré et appréciable.

Ce n'est pas parfait pour autant, puisque Kurtzman & co ne peuvent s'empêcher de recycler des scènes de Star Trek 09 (la découverte de Reno rappelle fortement celle de Scotty, ici affublé du caractère de Pulaski dans STTNG) et d'Into Darkness (la traversée du champ d'astéroïdes), que l'humour est parfois un peu forcé (Tilly, mais aussi l'éternuement dans le turbolift), que ça reste très chargé en action, que SMG a toujours tendance a un peu surjouer, et que l'arc saisonnier, à peine effleuré ici, pourrait aussi bien donner quelque chose d'intéressant que quelque chose d'éventé (l'ange rouge entraperçu a vraiment l'air d'avoir une silhouette féminine, alors j'espère qu'ils ne vont pas nous faire le coup de Burnham face à elle-même - que ce soit la version Miroir, ou une version venue du futur)... mais c'est nettement meilleur que l'année dernière.

En espérant que ça se confirme.

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Un film, un jour (ou presque) #665 : Good Kids (2016)

Publié le 8 Mars 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Comédie, Jeunesse, Romance

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus. ​​ 

Good Kids :

Nora (Zoey Deutch), Andy (Nicholas Braun), Lion (Mateo Arias), et Spice (Israel Broussard), meilleurs amis depuis l'enfance, sont particulièrement sages et studieux. Sur le point de partir à la fac, ils décident cependant de passer un été de folie, et de rattraper en quelques semaines tout ce qu'ils n'ont jamais fait durant leur adolescence : Nora se laisse séduire par un trentenaire, Lion met de côté ses arts martiaux pour s'essayer à la drogue, Spice tente de trouver l'âme soeur, et Andy, lui, s'improvise gigolo auprès des riches quadragénaires à la libido surdéveloppée auxquelles il enseigne le tennis...

Premier film et scénario de son réalisateur, cette teen comedy s'avère particulièrement médiocre et plate, avec un cast pourtant pas désagréable et compétent, embourbé dans un récit plat et générique, sans rythme, ni beaucoup d'humour.

Bref, ça tombe trop souvent à plat, malgré quelques scènes sympathiques de-ci de-là, et malgré une distribution agréable (le caméo d'Ashley Judd en femme au foyer ultra-sexy qui s'ennuie était surprenant), qui a une bonne alchimie.

2.25/6

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Les bilans de Lurdo - Halloween Oktorrorfest 2021 - Creepshow, saison 2 (2021)

Publié le 9 Octobre 2021 par Lurdo dans Anthologie, Comédie, Critiques éclair, Fantastique, Halloween, Horreur, Les bilans de Lurdo, Oktorrorfest, Review, Science-Fiction, Télévision, USA, Thriller, Shutter, Science Fiction

L'Halloween Oktorrorfest touche aussi le petit écran, avec chaque week-end, durant tout le mois d'octobre, des critiques de séries fantastiques et horrifiques...

Creepshow, saison 2 (2021) :

Après une première saison assez décevante, car très inégale et assez fauchée, et deux épisodes spéciaux un peu à l'identique (un premier épisode animé, et un second, en live action, bordélique et déglingué), retour de la série chapeautée par Greg Nicotero, avec apparemment un peu plus de budget, pour 5 épisodes diffusés au printemps dernier, et 9 segments de 20-25 minutes au total.

- 01 - Model Kid ! : En 1972, lorsque sa mère décède du cancer, le jeune Joe Aurora (Brock Duncan) est confié à sa tante (Jana Allen) et à son oncle (Kevin Dillon), un homme colérique, violent et qui déteste la passion de Joe pour les vieux films d'horreur et les maquettes de monstres. Jusqu'à ce que Joe décide qu'il en a assez...

Un premier récit qui se regarde, sans plus - on devine que le tout est un peu autobiographique à un niveau ou un autre, et les créatures sont sympathiques, mais Dillon cabotine comme ce n'est pas permis, et la chute ne fonctionne que partiellement. Ce n'est pas mauvais pour autant, cela dit.

- 02 - Public Television of the Dead : Lorsque Ted Raimi rend visite à une chaîne locale de Pittsburgh pour y faire expertiser en direct son exemplaire du Necronomicon, il réveille involontairement la malédiction du livre, et déchaîne des Cadavéreux sur le studio...

Un gros clin d'œil parodique et rétro à la franchise Evil Dead (mais aussi aux télévisions locales et publiques américaines, et à Bob Ross), plutôt amusant et décomplexé, signée d'un scénariste de Rick et Morty. Bon, Greg Nicotero (toujours à la réalisation) n'est pas Sam Raimi, donc la mise en images est parfois un peu sommaire et molle, mais dans l'ensemble, c'était plutôt amusant.

- 03 - Dead and Breakfast : Alors que leur bed & breakfast peine à connaître le succès commercial, Pamela Spinster (Ali Larter) et son frère Samuel (Thomas C. Howell) décident d'inviter une influenceuse (Iman Benson) spécialisée dans les anciennes demeures de serial killer. Leur but : la convaincre que leur établissement, hérité de leur grand-mère, a été le lieu de multiples meurtres jamais élucidés...

Un épisode un peu évident et téléphoné, même si Ali Larter se donne à fond dans son rôle, et parvient à donner un peu de punch au tout. La chute de l'épisode, plutôt amusante, fait très Contes de la Crypte.

- 04 - Pesticide : Harlan King (Josh McDermitt), un exterminateur arrogant et grande gueule, accepte le contrat proposé par le mystérieux Mr Murdoch (Keith David) : exterminer les vagabonds qui occupent illégalement un terrain. Mais bien vite, King commence à être hanté par des visions de cauchemar...

Pas du tout aimé, celui-là, un épisode au protagoniste cabotin, gentiment surjoué, avec des bestioles numériques, une structure décousue... bref, c'est assez bordélique, et ça m'a agacé plus qu'autre chose.

- 05 - The Right Snuff : Dans des années 60 alternatives, les deux spécialistes de la mission spatiale Ocula échappent de justesse à une collision avec un objet inconnu : une sonde envoyée par des extraterrestres, avec lesquels ils vont devoir effectuer un premier contact. Mais la jalousie prend de l'ampleur entre le Capitaine Alex Toomey (Ryan Kwanten) et le Major Ted Lockwood (Breckin Meyer)...

Un épisode co-écrit par Paul Dini, réalisé par Joe Lynch, et malheureusement bien trop fauché et cheap pour vraiment fonctionner. C'est dommage, parce que ce sous-Outer Limits n'était pas forcément désagréable à suivre, mais le manque de moyens et le côté approximatif des effets spéciaux (les aliens... aïe) tire vraiment le tout vers le bas.

- 06 - Sibling Rivalry : Lola (Maddie Nichols) est persuadée que son frère Andrew (Andrew Brodeur) cherche à la tuer depuis qu'elle est rentrée d'une pyjama party avec sa meilleure amie Grace (Ja'ness Tate)... mais elle ne sait pas pourquoi.

Un épisode amusant, façon high-school drama raconté en flashback par l'héroïne (excellente Maddie Nichols) à sa conseillère d'éducation (Molly Ringwald). Ce n'est pas particulièrement original (on devine la plupart des rebondissements bien à l'avance, et l'inversion des points de vue ne surprend guère), et la chute finale semble un peu sorte de nulle part, mais le tout fonctionne bien grâce à l'interprétation de l'héroïne, aux effets efficaces et au ton peu sérieux du tout.

- 07 - Pipe Screams : Linus (Eric Edelstein), un plombier, est engagé par Victoria Smoot (Barbara Crampton), une propriétaire raciste et arrogante, pour nettoyer les canalisations bouchées d'un immeuble vétuste... mais le bouchon est vivant.

Un épisode qui m'a fortement agacé, tant pour son absence cruelle de budget (les éclairages au néon pour faire comic-book, ça va cinq minutes, mais ça ne cache pas le manque de moyens) que pour son écriture pataude, et son interprétation à l'identique.

Crampton cabotine affreusement, est très mal écrite et dirigée, le tout est simpliste au possible, et la chute finale, comme souvent dans cette version de la série, semble sortir un peu de nulle part, comme si la caractérisation des personnages changeait subitement pour permettre un twist final cruel.

- 08 - Within the Walls of Madness : Dans une station en Antarctique, un étudiant (Drew Matthews) est accusé d'avoir massacré ses collègues et le Dr Trollenberg (Denise Crosby) à coups de hache. Lui, cependant, affirme être innocent, et être la victime d'une machination du Dr, qui aurait découvert sur place une forme de vie venue des étoiles, et aurait tenté d'ouvrir un portail aux Grands Anciens...

Un épisode clairement lovecraftien et inspiré par The Thing et Terreur sur le Trollenberg, entre autres, mais qui une nouvelle fois, souffre des limites de budget drastiques de la série, et est obligé de recourir à une narration cache-misère pour éviter de dévoiler ses créatures jusqu'à la toute fin. Cette toute fin, cela dit, est plutôt amusante, à défaut d'être surprenante.

09 - Night of the Living Late Show : Simon Sherman (Justin Long) a inventé un appareil de réalité virtuelle permettant de se plonger dans de vieux films, comme si l'on faisait partie de l'histoire. Obsédé par "Terreur dans le Shangaï Express" et par la belle Comtesse Petrovski (Silvia Tortosa/Hannah Fierman), il délaisse ainsi son épouse, la richissime Renee (D'Arcy Carden), qui va commencer à éprouver de la jalousie...

Aïe. Un épisode de 45 minutes, pour un récit qui n'en méritait que 25, et encore : tout est cousu de fil blanc, et prétexte à un recyclage abusif des images du film, dans lesquelles Justin Long est incrusté de manière approximative et gratuite, jamais vraiment convaincante.

Et il en va de même tout du long, avec des scènes entière de Terreur dans... dans lesquelles Long apparait une demi-seconde, pour échanger une réplique avec un personnage - mais même là, le montage et les répliques font que ça ne fonctionne jamais vraiment.

Une actrice de remplacement est utilisée pour jouer le rôle de la Comtesse dans une scène ou deux et interagir avec Carden et Long, mais elle ne ressemble pas franchement à l'originale, et le tout finit par être un exercice de style creux au possible, n'ayant ni les moyens, ni la technologie, ni l'attention du détail nécessaires pour que le résultat soit autre chose que du fanservice.

Ah, et une nouvelle fois, cette chute finale cruelle qui tranche avec la caractérisation préalable...

- Bilan saisonnier -

Nouvelle saison de Creepshow, nouvel accueil enthousiaste des critiques et bloggeurs spécialisés... et nouvelle déception pour ma part. Ce n'est pas surprenant, en fait : cette série vise un public bien précis, celui des amateurs de genre connaissant leurs classiques, nostalgiques d'une horreur à l'ancienne, et d'effets simples et basiques.

D'où les nombreux clins d'œil et coups de coude référentiels au genre, du premier épisode à l'enfant passionné d'horreur et de monstres, au final dans lequel le protagoniste s'incruste dans de vieux films, en passant par une relecture d'Evil Dead, un caméo de Barbara Crampton, un épisode avec des aliens en caoutchouc, une revisite de The Thing...

On est dans le fanservice qui brosse ses spectateurs dans le sens du poil, ce qui assure à la série une grosse indulgence de leur part, notamment vis à vis de tout ce qui est limites budgétaires et effets très approximatifs.

Ce qui est dommage, c'est que cela semble aussi justifier une écriture faiblarde et une réalisation guère plus probante : la série force sa caractérisation pour aboutir à ses conclusions tranchantes, et finit par frustrer, plus qu'autre chose, avec une qualité globale très inégale. N'est pas les Contes de la Crypte qui veut...

M'enfin bon, ça plaira forcément au public visé. Moi qui suit généralement allergique au fanservice trop évident, par contre, j'ai plus de mal avec le manque d'homogénéité et d'originalité du tout...

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Les bilans de Lurdo : Luke Cage, saison 2 (2018)

Publié le 23 Juillet 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Télévision, Netflix, Marvel, Action, Thriller, Fantastique, Les bilans de Lurdo

Malgré ses défauts évidents, la première saison de Luke Cage ne m'avait pas laissé un trop mauvais souvenir, notamment grâce à son identité forte, à son style assumé, et à ses personnages secondaires intéressants.

Et pourtant, ces défauts étaient multiples, et très perceptibles. Outre les problèmes inhérents aux séries Netflix (rythme, écriture), il y avait en saison 1 une rupture très franche à mi-parcours, à la mort de Cottonmouth, le mémorable antagoniste du héros. Un antagoniste qui faisait alors place à un méchant de seconde zone lié par le sang à Luke Cage (le thème de la famille était un incontournable de la saison 1), et à une montée en puissance des personnages de Black Mariah et de Shades...

C'est donc sans surprise que la saison 2 continue directement sur cette lancée, pour le meilleur et pour le pire...

Luke Cage, saison 2 :

Alors que Mariah Dillard (Alfre Woodard) règne sur Harlem aux côtés de Shades (Theo Rossi), une nouvelle menace place sur le quartier : Bushmaster (Mustafa Shakir), un Jamaïcain doté de capacités surhumaines et d'une brutalité sans nom, qui semble en vouloir personnellement à Mariah. Et tandis que Mariah et Bushmaster se font la guerre, Luke Cage (Mike Colter), lui, tente de trouver sa place sur ce champ de bataille, et de protéger les habitants de son quartier...

En théorie, la saison 2 de Luke Cage aborde de nombreuses thématiques, comme la famille, les péchés des ancêtres, la respectabilité, le succès afro-américain dans la société US, le pardon, etc. Luke Cage, lui, passe la saison à tenter de trouver sa place dans la société qui l'entoure : las de jouer les bons samaritains sans que cela ne débouche sur quoi que ce soit de positif, il est tenté de mettre de côté son code de l'honneur, qu'il suit constamment, pour ne plus prendre de pincettes avec le crime.

Une tentation d'autant plus grande que face à lui se trouve Bushmaster, un antagoniste qui est son double négatif : de grands pouvoirs, utilisés pour faire régner l'ordre et la paix de manière brutale et protéger sa communauté de ses ennemis. Un Bushmaster (au demeurant bien interprété et convaincant, après une première apparition assez moyenne) obsédé par le passé - comme Luke, dont le retour de son père prêcheur (Reg E. Cathey) dans sa vie ranime une colère enfouie - et qui laisse sa rage le guider, ce qui semble assez tentant au héros de Harlem; d'autant plus que Claire (Rosario Dawson, au personnage réduit ici au rôle de "petite amie inquiète et moralisatrice") le quitte rapidement, le laissant seul face à son questionnement.

En théorie, donc, il y a là de quoi développer de manière intéressante le personnage, pour le faire évoluer en parallèle de Bushmaster, mais aussi de Misty Knight (qui traverse une crise similaire suite à la perte de son bras, et qui est tentée de falsifier des preuves pour pouvoir arrêter un criminel, comme l'avait fait son mentor avant elle) et de Mariah & Shades.

Le seul problème, en fait, c'est que les scénaristes ont choisi de prendre le problème à l'envers. Plutôt que de placer Luke Cage au centre de tout, comme le point autour duquel gravitent tous les autres personnages, ils ont fait de Luke Cage un satellite en orbite de son propre show : la saison est ainsi très largement dominée par Mariah et Shades, par leurs états d'âme, leur romance, et leurs manigances... on apprend tout sur Mariah, sur sa jeunesse, sur sa fille cachée, Tilda (Gabrielle Dennis), etc ; on découvre que Shades et son meilleur ami avaient une relation fusionnelle, notamment en prison ; on comprend que les Stokes ont trahi la famille de Bushmaster ; on voit une Mariah tour à tour manipulatrice, triomphante, sans pitié, meurtrière, amoureuse, terrifiée, inquiète, sincère, menteuse, etc, etc, etc.

De quoi laisser le champ totalement libre à Alfre Woodard pour faire ce qu'elle veut de son personnage. Et elle ne s'en prive pas, ayant droit à de longs monologues, et ayant largement là de quoi se composer une bande démo pour de futurs rôles (bien qu'elle n'en ait pas besoin)... pour peu que l'on adhère au jeu parfois très particulier de Woodard (dont l'interprétation donne parfois l'impression que Mariah est ivre morte), il y a beaucoup de bonnes choses du côté de Mariah et Shades.

Le souci, c'est que ces choses se répètent, en boucle, de manière assez lassante, tout au long de ces 13 épisodes. Car à nouveau, 13 épisodes, c'est beaucoup trop. Surtout quand, lorsque l'on y regarde de plus près, on s'aperçoit qu'il n'y a guère plus que l'équivalent de 6 ou 7 épisodes de contenu dans cette saison.

Alors la production fait du remplissage : elle développe plus que de mesure les sous-intrigues de tous les personnages secondaires, elle rajoute des personnages inutiles (la fliquette rivale de Misty est à ce titre ridicule, un vrai personnage de mean girl façon lycéenne sans la moindre subtilité), elle place toujours plus de performances musicales, toujours plus de ralentis, elle télégraphie souvent ses rebondissements et ses révélations, elle passe son temps à isoler ses personnages pour qu'ils aient de longues discussions, etc, etc, etc

Sans oublier les connexions avec le reste de l'univers Marvel/Netflix : Luke Cage est probablement le show le plus relié à cet univers partagé, que ce soit par le biais de Foggy Nelson (Elden Henson), qui joue les avocats pour Luke le temps d'un épisode, de Colleen (Jessica Henwick), qui vient redonner un peu de peps à Misty, ou par cet épisode 10, qui voit Danny Rand (Finn Jones) s'inviter dans la série, pour la transformer en backdoor pilot pour un spin-off potentiel Heroes For Hire.

Première conséquence de tout ce remplissage : la saison est terminée à l'épisode 09. Bushmaster est vaincu, Mariah ruinée, Luke est réconcilié avec son père, tout va bien dans le meilleur des mondes. Mais comme il reste encore 4 épisodes à produire, les scénaristes rebootent tout ça de manière gentiment artificielle et peu convaincante, et ça repart pour un tour.

Seconde conséquence : comme je le disais plus haut, les scénaristes rajoutent tellement de sous-intrigues, de personnages, etc, que Luke Cage semble faire de la figuration dans son propre show. Toute la saison tourne autour de Mariah, donc (ce qui n'est pas forcément surprenant compte tenu de la manière dont la saison se termine), et Cage se retrouve en spectateur quasi-impuissant du conflit de celle-ci et de Bushmaster. Cage affronte brièvement ce dernier à deux reprises, perd, et retourne panser ses blessures en menant l'enquête dans son coin, pendant que l'avenir de Harlem se joue sans lui...

Quelque part, c'est très pertinent au vu de l'arc narratif de Luke, cette saison. S'il finit par prendre une décision qui n'est pas sans rappeler celle d'Angel à la fin de la saison 4/au début de la saison 5 du show de Joss Whedon, c'est pour ne plus être ainsi mis de côté. Thématiquement, cette mise à l'écart de Cage fonctionne... mais dans les faits, on a simplement l'impression que la série aurait dû s'intituler Black Mariah & Shades vs. the world, feat. Misty Knight (with special appearances by Luke Cage).

Troisième conséquence de cette saison à rallonge : l'écriture ne parvient pas toujours à suivre. Elle téléphone ses effets, donc (le baiser de l'araignée), elle étire ses intrigues principales jusqu'au point de rupture sans jamais leur apporter suffisamment de rebondissements pour surprendre le spectateur (Mariah/Comanche/Shades et ses conséquences, c'est cousu de fil blanc du début à la fin de saison), et elle impose parfois une caractérisation à géométrie variable, avec des personnages qui font un virage à 180° en l'espace d'un épisode, et une étrange impression, par moments, d'un manque de cohérence interne.

En résumé, on regrettera, encore une fois, que le format Netflix affaiblisse à ce point ses programmes : une saison à l'anglaise, de 8-10 épisodes, aurait amplement suffi pour développer les mêmes thèmes, les mêmes personnages, et pour arriver au même point (surtout avec des épisodes approchant ponctuellement les 70 minutes).

Là, en l'état, tout est trop dilué, répétitif, et redondant pour vraiment convaincre, malgré les efforts de la distribution, Woodard en tête.

Du point de vue production, on regrettera toujours une certaine mollesse dans les affrontements et dans leur mise en images : déjà que ces derniers sont assez rares et peu variés (Luke Cage passe le plus clair de son temps à donner des baffes à des petites frappes), mais en prime, le manque de langage corporel de Mike Colter transforme la nonchalance voulue de Luke Cage en sorte de maladresse involontaire. Ce n'est alors pas surprenant de voir que les combats les mieux réalisés et les plus dynamiques de la saison impliquent Bushmaster et Danny Rand, qui imposent un rythme et une énergie nécessaires à Colter.

Au niveau musical, j'ai été moins convaincu cette saison : le reggae se prête moyennement à l'instauration d'une tension à l'écran, et il y a un peu trop de morceaux dont les paroles sont censées illustrer les thématiques et l'action : au bout d'un moment, les montages musicaux lassent vraiment.

En fin de compte, cette saison 2 s'inscrit totalement dans la lignée de la saison 1, tant dans ses qualités (style, ambiance, point de vue, Misty) que dans ses défauts (Luke Cage de plus en plus mis de côté et au développement erratique/incohérent, Alfre Woodard au centre de tout, combats et action assez anecdotiques, thématiques envahissantes, rythme bancal, méchant charismatique évacué de manière faiblarde) ; la série évite heureusement le gouffre qualitatif à mi-parcours, mais tombe dans le piège de la répétition et oublie trop souvent que son personnage principal peut aussi être fun et divertissant.

C'est ainsi assez paradoxal que l'épisode le plus réussi et mémorable de la saison soit l'épisode Heroes For Hire, avec Danny Rand. Certes, c'est un épisode quasi-unitaire, durant lequel l'intrigue générale n'avance pas, et l'écriture reste faiblarde (les échanges Danny/Luke manquent de punch), mais la présence d'Iron Fist apporte une vraie bouffée d'air frais dans ce Black Mariah-show étouffant et répétitif, et rappelle qu'on se trouve aussi dans une série de super-héros.

En conclusion, il est plus que temps que Netflix et Marvel revoient leur copie : après une saison 2 de Jessica Jones qui a divisé ceux qui l'ont vue (ce n'est pas mon cas), une saison 2 de Daredevil qui n'a pas vraiment convaincu, et cette saison 2 de Luke Cage, répétitive au possible, il serait temps de se secouer un peu, avant que Punisher ne connaisse le même sort.

 

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Les bilans de Lurdo : Battlestar Galactica, pt. 9 - Saison 4.5

Publié le 4 Mars 2012 par Lurdo dans Les bilans de Lurdo, Critiques éclair, Review, Télévision, SyFy, Science-Fiction, Drame, BSG

The Face Of The Enemy (10 webisodes) :
Un pseudo-whodunit dans une navette avec Gaeta en lead... mouais. Heureusement, les scénaristes ont l'air de vouloir rattacher ça à ce qui va arriver en saison 4.5, donc ça peut donner quelque chose d'intéressant. Felix vs les Cylons ? Pourquoi pas... 

- 4x11 : C'était sympa. Pas ultime (il y a quelques trucs qui m'ennuient, outre le choix calamiteux du Final Fifth sur lequel je ne vais pas forcément revenir), mais sympa.

Au rayon des trucs qui ne m'ont pas convaincus... principalement Dualla. Sa mort m'a fait à peu près le même effet que celle de Billy, à savoir l'impression d'une réunion de scénaristes, un soir, et d'un échange de ce genre :

"- Ron, il faut qu'on fasse un truc inattendu, pour cette reprise de janvier !
- Ouép : on va révéler le dernier Cylon.
- Nan, encore plus inattendu que ça...
- Tuer quelqu'un ?
- Yup, ça pourrait être fun. Mais faut trouver un personnage secondaire dont tout le monde se fout, et qui n'a rien eu d'intéressant à faire depuis trois plombes, comme ça on ne perd rien...
- On a déjà dégagé Billy, Cally, et l'autre pilote tête à claques, comme ça, tu ne crois pas qu'on devrait tuer quelqu'un d'important, et de surprenant ?
- On ne peut pas, Ron, ils ont tous des contrats en béton armé. Nan, je propose Duella, elle correspond pile poil à ce que je décrivais.
- Dualla, pas duella.
- Tu es sûr ? J'ai un doute, on l'utilise tellement peu souvent..."

Plus sérieusement, voilà, j'ai vraiment eu l'impression qu'ils nous faisaient un suicide histoire de dire, juste pour l'effet choc. Surtout qu'après je ne sais combien d'épisodes où ils l'avaient quasiment oubliée, voilà qu'ils insistent bien lourdement sur le personnage pendant tout l'épisode, ramenant sa relation über-pénible avec Lee sur le devant de la scène, etc... il n'y avait plus le choix : soit elle allait mourir, soit elle était le final fifth, tellement c'était surligné par le manque de finesse de l'écriture...

Donc tout le mélodrame autour de sa mort, etc, ça m'a pas particulièrement convaincu, ce qui, avec la navigation à vue au sujet des Final Five (on pouvait toujours faire des hypothèses, Moore a confirmé dans une interview qu'ils avaient plus ou moins improvisé quant à la nature des Final Five, et que l'idée d'Ellen en tant que Final Fifth ne leur était venue qu'après avoir révélé l'identité des 4 autres...), fait que l'épisode n'était pas parmi les plus passionnants.

Reste que la mythologie avance à grands pas, et ça, c'est bien. J'ai bien aimé tout ce qui concerne Kara, Leoben flippé, etc, même si je redoute un peu une explication wormhole/voyage temporel de la nébuleuse à la Terre pour expliquer la présence de la Viper détruite et du cadavre de Kara (ça serait cohérent, ça tiendrait la route, mais pour le coup, ça ferait un peu trop Trekkien à mon goût pour un univers qui jusque là a éviter les béquilles technoblabla pseudo-scientifiques...).

Alors maintenant, j'ai un peu peur de la direction générale du schmilblick, peur d'une semi-happy end qui verrait tous les persos morts revenir à la vie (sauf si ça s'inscrit dans une optique de fin des temps/ Jesus Baltar/ Monothéisme, etc), peur d'être saoûlé par un retour d'Ellen, peur que ça parte en vrille, en somme. C'est casse-gueule, tout ça.

- 4x12 : Bah bizarrement, j'ai beau avoir très peu d'affection pour la majorité des personnages du show, j'ai bien aimé cet épisode, et je n'ai pas vu le temps passer. Ce n'est pas le best. episode. ever. de BSG, mais ça tenait bien la route tout de même, pour de la mise en place.

Le conflit politico-civil interne à la flotte est logique et cohérent (même si parfois je ne peux m'empêcher de me demander si tout cela n'est pas une manipulation à grande échelle des cylons, qui auraient décidé de saboter l'unité de la flotte de l'intérieur, en mettant sur pieds une pseudo-rebellion...), l'évolution de Gaeta découle directement des pistes lancées dans Face Of The Enemy, je suis content de revoir un Baltar qui prêche à nouveau aux masses, Tyrol s'en remange encore une fois plein la tronche (pour une fois que ce n'est pas Tigh), le problème du deuxième hybride est évacué de manière un peu facile (surtout qu'à l'instant où le doc a annoncé que Tyrol n'était pas le père, j'ai directement pensé au seul pilote masculin à avoir un minimum d'existence dans la série... et bingo, c'était lui le papa !), Saul semble s'habituer au rôle de père de manière un peu trop rapide pour être crédible (et donc il va encore morfler si on apprend forcément que c'est l'enfant de Baltar), Adama et Roslin qui se rebellent et finissent enfin par franchir le pas, c'était sympa... et Zarek est un Magnificent Bastard, comme on dit in english (dommage qu'il sorte bientôt de tôle, j'aurais adoré le voir défendu par Romo). Ah, et grose poilade devant la course de la Présidente dans les couloirs, je sais pas pourquoi.

- 4x13 : Un bottle show supratendu (ce qui d'ailleurs me laisse supposer que la fin de saison sera riche en sfx, avec notamment le retour des maychants cylons pour détruire les traîtres à leur race et le reste des humains). Bon, le cliffhanger est un peu artificiel au niveau des enjeux, comme d'habitude, même si à ce point de la série, on n'est pas à l'abri d'une mort imprévue d'un perso important... mais la fin a de la gueule, quand même.

Sinon, rien à voir, mais sur le front de l'explication générale du show, en y réfléchissant, je penche définitivement pour l'option "sur Terre, il y avait des humains et des Cylons, ils se sont exterminés, et seuls sont restés 5 hybrides, qui ont quitté la Terre pour se mêler aux colonies, et empêcher que cela ne se reproduise (ou, selon l'orientation individuelle des hybrides, gentils ou maychants, s'assurer que cela se reproduise, mais à l'avantage des cylons)". Ça expliquerait pourquoi les Cylons traîtent les FF avec tant de révérence, pourquoi ils sont obsédés par l'idée d'hybridation, pourquoi les FF pourraient revenir à la vie, pourquoi ils vieillissent et pourquoi ils semblent détenir les secrets du passé, tout ça.

- 4x14 : Zarek, noooooooooooooon !!! Romo, yeaaaaaaaaaaaaah !!! Gaeta ? Yaaaaaaaaaaaay !!!

J'aime beaucoup la manière dont Gaeta est totalement dépassé par les évênements, ça lui pendait au nez avec son arrogance, son obstination et sa vengeance aveugle. Quand on n'a pas les bollocks d'aller jusqu'au bout de ses actes, on n'initie pas une mutinerie. C'est aussi pour ça que j'ai largement plus de regrets quant à l'exécution de Zarek, qui est resté fidèle à ses convictions et à ses méthodes jusqu'au bout, et ce même si cela impliquait faire le sale boulot à la place de Gaeta.

Après, Anders entre la vie et la mort, je reste circonspect, surtout avec cette possibilité de résurrection qui reste en suspens (si Anders décède, je suis quasiment sûr qu'il reviendra à la vie... comme Ellen, Kara...)

Bon sinon les cliffhangers de l'épisode précédent passent plus ou moins à la trappe, pas de surprise, et puis en fin de compte, ce n'est pas vraiment gênant ; le retour au premier plan de Baltar fait plaisir ; Laura Roslin qui s'énerve et menace les mutins via l'intercom, mouais, pas convaincu, j'ai trouvé ça too much dans l'interprétation. Ah, et une fissure dans la salle des réacteurs ? Ça sent mauvais pour le Galactica. Je prédis sa destruction dans le series finale, voire même avant.

- 4x15 : Un toutéliage de taille qui peut gêner, mais que j'ai apprécié. Au contraire, même, je le trouve tellement cohérent et réussi que j'en viens à me demander si Moore & co n'ont pas fait un peu d'intox dans leurs interviews, prétendant improviser la moitié de leurs storylines pour dissuader les fans de trop chercher à deviner leurs plans d'ensemble. Ou alors ils sont juste brillants, ce qui n'est pas impossible.

Parce que le fait que Cavill soit au courant de l'identité des FF depuis un bail, cela ne fait que rendre sa première apparition, face à Tyrol, et son "peut-être est-ce que vous êtes un Cylon, après tout ?" d'autant plus jouissive.
Parce que le mystère du Treizième Cylon, Daniel, répond enfin aux questions qu'on se posait sur l'erreur de numérotation dans les séries Cylonnes... et ouvre de nouvelles portes quant à un caméo ou une révélation de dernière minute. (je sais qu'il n'est pas fan du reboot, mais j'adorerais voir Dirk Benedict dans la peau de l'ultime Cylon.)
Parce que la chaîne humains créent cylons - cylons apprennent à se reproduire, mais oublient le principe de la résurrection - cylons et humains en guerre - hybrides retrouvent le secret de la résurrection pour s'échapper, survivre, et tenter de tout reconstruire une nouvelle fois en espérant que la cata ne se reproduise pas est absolument cohérente, logique avec ce dont on pouvait se douter, et s'inscrit directement dans la possibilité que les humains du Galactica sont possiblement eux-mêmes les descendants d'une génération de cylons ayant oubliés comment se régénérer... ou quelque chose de ce genre.
Parce que la résurrection de Starbuck ne peut s'expliquer que par des origines cylons plus ou moins distantes (fille de Daniel ?).
Parce que l'explication de l'arrêt soudain de la première guerre contre les cylons me fait penser à celle de l'arrêt de la guerre contre les Minbaris, dans l'esprit, et que tout ce qui me fait penser à Babylon 5 est bien.
Parce qu'il reste toujours la question du créateur des Final Five, The One True God.
Parce que Baltar est tellement en retrait ( et en l'occurence absent dans cet épisode) que ça ne peut qu'amener à une révélation imminente, du genre c'est lui le One True God (et paf, ça justifierait son statut de Messie tourmentée aux faux airs de Jesus)
Parce que Dean Stockwell roxxe.
Parce qu'avoir un correspondant du Daily Show en chirurgien, c'est fendard.

Le seul vrai problème - et effectivement, je peux comprendre que cela coince auprès de certains - c'est que le show est tellement pressé par le temps, que le destin d'Anders, son opération, tout ça, ça paraît un peu précipité, alors qu'un épisode de plus passé entre deux eaux, à halluciner ou à flotter entre vie et mort, aurait probablement été suffisant pour rendre le tout plus fluide et naturel. Donc là, ça fait un peu tunnel d'exposition nécessaire, mais pas forcément super fin dans l'écriture.

- 4x16 : Et comme par hasard, ça s'effondre lorsque Jane Espenson revient à l'écriture. Encore une fois, j'aime beaucoup Jane, mais pas quand elle se prend au sérieux dans BSG. Et en plus c'est elle qui va écrire The Plan.

Bref, Ellen redevient la biatch acerbe et mordante qu'on détestait tous, Baltar se remet à voir 6, Adama ne fait rien d'autre que de regarder les réparations et filer des flingues aux groupies de Baltar, et l'épisode, comme les précédents de Jane, ne m'a jamais semblé vraiment convaincant, s'éparpillant dans plein de directions, et avec un rythme un peu trop mou pour son propre bien. Décevant.

- 4x17 : Sentiments mitigés. D'un côté, je n'ai juste rien à faire de Boomer/Chief/Helo, donc toutes les scènes émotionnelles à leur sujet m'ont laissé de marbre ; mais bizarrement, l'épisode en lui-même était plutôt bien fichu, avec une manipulation absolue de la part de Cavill et Boomer, et une remise en avant de l'importance d'Hera.

Après, pas vraiment surpris par la virtualité du perso du pianiste, je sentais venir le truc depuis la moitié de l'épisode, et j'ai eu un petit frisson quand All along the watchtower a commencé à retentir, mais j'ai juste détesté le son du piano. C'est tout bête, mais ça m'a gâché l'illustration musicale de la moitié des scènes. (bon, donc Starbuck fille de Daniel, c'est quasiment sûr, ou du moins elle en est une descendante... et si Daniel est le créateur des skinjobs capricans, alors probablement que Starbuck = hybride humain/skinjob, ce qui expliquerait pourquoi elle a certaines des capacités cylonnes, mais reste différente...)

(et à ce moment là... les autres persos "à visions" comme Baltar et la Présidente seraient-ils eux aussi des skinjobs capricans ?)

Par contre, j'attends de voir les ultimes épisodes, mais je ne suis pas certain qu'il ait été très judicieux de préférer faire un tel épisode character-centric si près de la fin de la série, alors qu'il reste tant de trucs à boucler. Ça me fait même un peu peur : je crains qu'ils n'optent pour la solution "laissons la moitié des réponses en suspens, pour obliger les fans à mater The Plan et Caprica."...

- 4x18 : Ça meuble, ça meuble. Bon, d'accord, ça ne meuble pas trop mal, et c'est clairement de la mise en place pour le finale, mais je commence sérieusement à craindre que les trois derniers épisodes soient soit bordéliques au possible, avec trois tonnes d'infos balancées dans tous les sens, soit totalement dépourvus de réponses. Dans un cas comme dans l'autre, ce serait franchement décevant.

Après, en ce qui concerne cet épisode en particulier, je crois que j'ai compris ce qui me dérangeait dans cette fin de saison, depuis deux-trois épisodes : la narration ressemble plus à un patchwork de scènes mises bout à bout qu'à un récit organique dans lequel les évènements et les scènes s'enchaîneraient naturellement, comme ça a pu être le cas dans les meilleurs épisodes de la série. Là, j'ai vraiment l'impression qu'ils ont chaque semaine 60-70 minutes de scènes d'écrites, et qu'ils sont obligés d'en virer un bon tiers pour faire leur épisode de 43 minutes. Résultat, ça saute d'une intrigue à l'autre sans réel enchaînement, et la sauce prend donc très moyennement.

Ici en l'occurence, ça faisait vraiment suite de scénettes centrées sur divers personnages, sans rien pour les unir de manière suffisamment forte et prenante. Et puis franchement, stop avec Adama qui pleure (encore une fois, ce n'est pas la meilleure interprétation de Olmos, et là, ça commence à bien faire).

Après, le vaisseau de Cavill a un chouette design, et Baltar a enfin quelque chose à faire, mais je regrette clairement le Gaius Christ du début de saison, et toute la thématique monothéisme vs polythéisme qui était alors développée. D'ailleurs on m'enlèvera pas de l'idée que la subite disparition de toute cette composante, et le retour de Gaius à un trip plus classique a quelque chose à voir avec les désidératas de Sci-fi Channel...

- 4x19 : Un épisode Lostien dans l'âme.

Parce que les flashbacks qui frôlent le toutéliage (là, on est à deux doigts de Lee qui se bourre la gueule et a un accident de voiture qui emporte toute la famille de Roslin, le truc vachement utile et pas du tout artificiel), c'est mieux quand ça n'arrive pas à la toute fin de la série, quand tout le monde exige des réponses, et que les scénaristes décident que c'est plus rigolo de rajouter encore une couche de pathos à l'ensemble, histoire de faire durer le suspense.

M'enfin bon... entre Baltar-qui-est-comme-son-père, le drama de Lee/Kara/Zack, Roslin-qui-a-un-coeur-et-qui-est-gentille-en-fait, et le fiston Olmos qui part en mission suicide (sympa pour son gamin)... je peux pas dire que ça m'ait passionné.

Du moins jusqu'à la toute fin, vu que brusquement, le show reprend alors un peu de momentum, arrive à se montrer touchant, et retrouve pas mal d'intérêt, malgré un concept de mission-suicide assez redondant avec la mort déjà programmée du BSG et d'un bon paquet des persos. M'enfin, c'est le concept du show, de toujours choisir l'option la plus sombre, dépressive et dramatique possible, donc je suppose que c'est somme toute logique.

- 4x20 : Head Gaius ? Head Six ? (Head?) Kara ? Les prophéties ? Le destin ? God did it.

C'est ce qui s'appelle botter en touche. This is bullshit.

En ce qui me concerne, la question en se pose même plus : BSG, c'était sympa tant que ça a duré, mais je ne suis pas prêt d'avoir envie de remater la série, de regarder The Plan, ou de tenter Caprica (quoique, à la limite, pour ce dernier, je tenterai juste le pilote, pour voir le cast). Parce qu'en prenant ainsi la décision d'évacuer la plus grande partie des mystères restants via (littéralement) un Deus Ex Machina, le show a juste franchi la limite qu'il n'aurait pas dû franchir.

Alors certes, le finale était sympa à regarder, avec du dogfight à gogo (limite trop, d'ailleurs, au bout d'un moment, j'ai un peu décroché des trouzemille fusillades et vaisseaux qui explosent, d'autant que les sfx n'avaient pas toujours le rendu qualitatif habituel), et quelques moments bien trouvés (l'explication de l'Opera House, la rupture de la trève après la réaction géniale de Tyrol, la mort de Cavill, Lampkin président, les dernières images, la mort de Laura, Hendrix, Moore).

Et bon, vu que semaine après semaine, Moore n'a cessé de minimiser les espoirs des fans quant à un toutéliage magistral ("mais non, Daniel le 7ème cylon n'a rien à voir avec le père de Starbuck, on l'a juste introduit pour pas laisser un trou dans la numérotation des cylons"), je ne peux pas dire que j'en attendais grand chose.

Ça tombe bien, c'est ce que j'ai eu :

Les réponses les plus évidentes étaient déjà toutes tracées (trou noir et histoire qui se répête ; dogfight dans tous les sens ; nous sommes tous des cylons), donc pas de surprise de ce côté-là ; les mystères et autres notions les plus intéressantes de la série (polythéiste/monothéisme, Jesus Baltar, la rebellion des centurions, le Septième cylon, etc, etc, etc) ont été évacués, donc pas de réponse de ce coté-là ; restait juste à boucler les destinées respectives des persos, façon Retour du Roi, avec une conclusion à rallonge. Et là, forcément, vu que je n'ai rien à faire des 3/4 des personnages, je peux pas dire que ce finale ait vraiment réussi à me captiver.

 

Bilan global :

Je considère BSG comme un semi-échec... bizarrement, ce n'est pas une surprise pour moi, puisqu'encore une fois, depuis le début, j'ai toujours eu un problème d'attachement au cast, et les errances de l'équipe de prod (errances parfois causées par la chaîne, parfois par des circonstances indépendantes de leur volonté, parfois juste à cause de choix calamiteux) n'ont pas aidé. Mais franchement, la solution magique de Dieu l'omnipotent, elle me laisse un goût amer dans la bouche...

Lorsque l'on y pense, en effet, on pourrait presque caricaturer le message du show comme un "la technologie et la science ne mènent qu'à la destruction/l'homme ne doit pas jouer à Dieu en créant une nouvelle race/le salut et la survie de la race humaine ne passent que par l'écoute de signes divins et de prophéties ancestrales/Dieu vous observe".

C'est plus complexe que ça, j'en suis bien conscient, mais alors que toute la série marchait jusque là sur la fine ligne entre science et religion (y compris pour les visions de Baltar & co, qui étaient pour la plupart volontairement ambigües), ce choix final de virer toute ambiguïté pour laisser place à un concept ouvertement religieux (avec ce que ça comporte de portes de sortie bien pratiques et de mystères non résolus), et à une conclusion limite hippie ("ouais, séparons nous, redevenons des cultivateurs, et faisons des bébés avec les primitifs !") est un peu le saut de requin de la série, en ce qui me concerne. Heureusement, c'était aussi le final du show.

À part ce problème de religion, BSG est aussi symptomatique de l'approche habituelle de Moore, et de sa faiblesse principale de showrunner : les persos partent déjà souvent avec un handicap de par leur casting (là, c'est une partie subjective, je suis d'accord), avec des choix pas forcément toujours faciles et attachants (les persos castés par Moore, que ce soit dans BSG, Caprica, ou Virtuality, ont souvent pour point commun de ne pas être des acteurs "connus", ou particulièrement doués et/ou charismatiques. Résultat, il y a souvent une ou deux têtes qui s'imposent au dessus du lot, tandis que le reste reste transparent, ou pire, énervant) et derrière, Moore s'échine à les rendre en effet antipathiques, sans leur apporter de balance émotionnelle ou de moment de répit.

Ils sont embourbés dans les problèmes, et ils s'y enfoncent chaque fois un peu plus jusqu'à la fin, généralement sans avoir l'occasion de regagner un peu de capital sympathie. Ce qui fait que l'attachement émotionnel est loin d'être un succès. Et lorsque l'attachement fonctionne (un Tigh qui commence alcoolique dépressif, perd sa femme dans un moment affreusement dramatique, etc, mais fait preuve de loyauté dans son amitié avec Adama, ce à quoi le public peut s'identifier), généralement, Moore en rajoute une couche de trop par derrière, histoire d'achever le personnage et sa crédibilité (Tigh qui perd un oeil, devient un Final Five, sa femme qui revient, qui en est un aussi, Saul qui met enceinte la Six, qui perd le bébé, etc, bref, c'est The Passion of The Tigh par Moore Gibson).

En fait, j'ai l'impression que les persos de Moore existent plus par et pour leurs défauts que pour leurs qualités. C'est un choix narratif, j'en conviens, et une manière d'aborder le genre dramatique, mais personnellement je n'y souscris pas franchement.

Ajoutez cela à une incapacité de retomber sur ses pattes à long-terme, ou d'improviser sans se perdre en cours de route, et l'on comprend mieux pourquoi, au final, BSG a des allures de pétard mouillé.

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Les bilans de Lurdo - Halloween Oktorrorfest 2018 - Inside No. 9, saisons 3 (2016-2017) et 4 (2018)

Publié le 30 Septembre 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Télévision, Christmas, Anthologie, Comédie, Horreur, Thriller, Policier, Drame, Sitcom, BBC, Halloween, Oktorrorfest, Fantastique, Les bilans de Lurdo

L'Halloween Oktorrorfest touche aussi le petit écran, avec chaque week-end, du 1er octobre à début novembre, des critiques de séries fantastiques et horrifiques...

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Après deux premières saisons forcément un peu inégales, comme il en va de toutes les anthologies, place à la suite de cette anthologie macabre made in BBC, signée des esprits tordus derrière Psychoville et le Club des Gentlemen.

- Saison 3 -

3x01 - The Devil of Christmas : Le réalisateur du téléfilm Le Diable de Noël (Derek Jacobi) raconte, par le biais d'un commentaire audio des images, le tournage compliqué de ce métrage narrant les mésaventures d'une famille anglaise (Pemberton, Rula Lenska, Jessica Raine & George Bedford) séjournant dans un chalet autrichien en 1977, et découvrant, de la bouche de leur guide (Shearsmith), la légende de Krampus...

Plutôt amusant, cet épisode spécial Noël, diffusé à l'occasion des fêtes de fin d'année 2016, et ce bien que j'aie eu, avant le visionnage, de grosses appréhensions dues à la thématique Krampus, qui commence vraiment à me sortir par les oreilles tant elle est surexploitée dans les pays anglo-saxons, ces derniers temps.

Mais comme d'habitude, Inside n°9 assure le spectacle, avec une reconstitution impeccable des productions télévisées en direct de la BBC, dans les années 70, tant au niveau du rendu visuel que de l'interprétation, des bugs techniques, des looks, etc.

Et puis bien sûr, cette conclusion finale qui fait toujours mouche. Une réussite sinistre et festive à la fois.

3x02 - The Bill : Quatre amis (Shearsmith, Pemberton, Jason Watkins et Philip Glenister) se retrouvent à l'occasion d'un dîner dans un restaurant, mais lorsque vient le moment de payer l'addition, les esprits s'échauffent, et la soirée dégénère...

Très bien interprété, et pas désagréable du tout, même si, pour nous autres frenchies, un certain sketch de Muriel Robin peut se rappeler à nous durant le visionnage de l'épisode. Cela dit, l'ensemble est bien mené, malgré une toute dernière scène qui ne m'a pas totalement convaincu.

3x03 - The Riddle of the Sphinx : Squires (Pemberton), un expert cruciverbiste de Cambridge, reçoit la visite nocturne et inattendue d'une jeune femme peu intelligente (Alexandra Roach), élève d'un ami de Squires, Jacob Tyler (Shearsmith), et qui lui demande de l'aide en matière de mots croisés. Très heureux d'avoir une si charmante compagnie, Squires décide alors d'expliquer cette science exquise à la demoiselle...

Un épisode assez noir et macabre, dont on devine certaines ficelles et rebondissements à l'avance, sans que cela ne soit vraiment dommageable. Peut-être plus problématique : un nombre incroyable de jeux de mots et de déductions cruciverbistes tout simplement imbitables pour qui n'est pas parfaitement bilingue, et qui pourraient bien en perdre plus d'un en cours de route...

3x04 - Empty Orchestra : Greg (Shearsmith), Fran (Sarah Hadland), Connie (Tamzin Outhwaite), Janet (Emily Howlett) et Duane (Javone Prince), des collègues, organisent une soirée karaoké avec leur supérieur Roger (Pemberton), à l'occasion de la promotion de l'un d'entre eux. Mais progressivement, la soirée s'envenime...

Un épisode se déroulant entièrement dans le karaoké, et qui utilise bon nombre de chansons et de morceaux pour remplacer les dialogues et les interactions directes entre certains personnages.

C'est intéressant, à la lisière de la comédie musicale, c'est beaucoup plus positif et optimiste que les autres épisodes, ce n'est pas du tout macabre ou sinistre, et c'est presque romantique... bref, ça change, mais ça manque quand même pas mal de mordant.

3x05 - Diddle Diddle Dumpling : Lorsqu'il découvre une chaussure d'homme abandonnée sur le chemin de son jogging, David (Shearsmith), père au foyer, devient obsédé à l'idée d'en retrouver le propriétaire, au grand dam de son épouse Louise (Keeley Hawes).

Un épisode en quatre parties, pour quatre saisons de l'année, et pour les Quatre Saisons de Vivaldi, qui leur servent respectivement d'illustration musicale. Nettement plus sombre et efficace que l'épisode précédent, et qui se conclue sur une note assez déprimante.

3x06 - Private View : Un groupe d'invités aux profils tous différents - Carrie (Morgana Robinson), Patricia (Felicity Kendal), Maurice (Shearsmith), Kenneth (Pemberton) et  Jean (Fiona Shaw) - est convié au vernissage d'une exposition mystérieuse, où ils sont reçus par Bea (Montserrat Lombard), une serveuse, qui ignore tout autant qu'eux pourquoi ils ont été invités...

Un slasher giallesque dans une galerie d'art, où sévit un tueur brutal, pour un épisode qui rappelle plein de choses, dont notamment les films Amicus, mais aussi et bien sûr les Dix Petits Nègres d'Agatha Christie. Assez glauque et premier degré, mais avec une conclusion un peu trop brusque pour être totalement efficace.

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Une troisième saison assez solide, et plus homogène que d'habitude, qui laisse les deux scénaristes s'amuser avec la forme de certains épisodes, sans que cela ne se fasse au détriment du fond (l'épisode de Noël, notamment). Seul l'épisode 3x04 se détache un peu du lot, avec son orientation plus ouvertement romantique et positive, qui tranche radicalement avec ce qui l'entoure...

- Saison 4 -

4x01 - Zanzibar : Au neuvième étage de l'hôtel Zanzibar, l'arrivée d'un Prince (Rory Kinnear) déclenche un chaos inimaginable parmi tous les autres clients, parmi lesquels le frère jumeau de l'héritier royal...

Hmm... Un épisode qui me laisse vraiment dubitatif, tant il illustre le piège de la forme qui prime sur le fond.

La forme, c'est celle d'une pièce de théâtre de boulevard, façon Feydeau... mais écrite en pentamètre iambique, pour singer les pièces de Shakespeare : et il faut bien avouer que sur ce plan-là, c'est particulièrement maîtrisé et convaincant, avec apartés face caméra, etc, et ça a probablement dû demander énormément de travail.

Le fond, cependant, est bien trop léger, en comparaison : ce n'est pas vraiment sombre et dramatique (on est clairement dans la farce comique), mais ce n'est pas non plus particulièrement drôle, les blagues s'effaçant derrière le dialogue parfois ampoulé, et les situations s'avérant globalement trop basiques (des quiproquos prévisibles, tous axés sur la présence des jumeaux à une porte d'écart) pour être intéressantes.

Encore une fois, ce n'est pas mauvais, c'est un tour de force d'écriture, mais pour une reprise, ce dispositif et cette approche ne m'ont pas du tout parlé.

4x02 - Bernie Clifton's Dressing Room : Deux chansonniers ratés, Cheese (Shearsmith) et Crackers (Pemberton) se retrouvent après plus de 30 ans pour un dernier spectacle. Le premier, froid et distant, est désormais cadre dans le marketing ; le second, lui, est toujours aussi enthousiaste à l'idée de se produire sur scène... malgré l'événement mystérieux qui, des décennies plus tôt, a mené à leur séparation.

Un épisode très mélancolique et doux-amer, dont on devine rapidement qu'il va reposer sur un retournement de situation de dernière minute, et qui pourtant parvient néanmoins à cueillir le spectateur (et ce quand bien même ce retournement de situation ne soit pas forcément inédit ou très original, cf Scrubs, par exemple).

Pas macabre pour un sou, délibérément peu drôle, mais très travaillé, très bien interprété, et assez touchant, en dépit de nombreuses références à des comiques et à des programmes tv anglais vieillots, qui laisseront sans doute les spectateurs français dans le brouillard.

4x03 - Once Removed : Lorsqu'il arrive dans une demeure en vente pour procéder au déménagement de ses propriétaires, Spike (Nick Moran) ne s'attend pas à découvrir autant de cadavres...

On revient à quelque chose de plus classique pour du Inside No°9 : un format expérimental (l'histoire est racontée dans un sens chronologique inversé) pour une histoire de meurtres à la chaîne à la fois macabre et pleine d'humour noir, avec des sous-entendus et des jeux de mots, des références pointues à Andrew Lloyd Weber et à son œuvre, et quelques moments joyeusement absurdes (le papier bulle). Amusant.

4x04 - To Have and to Hold : Depuis l'infidélité de son épouse (Nicola Walker), le couple d'Adrian (Pemberton), un photographe de mariage, bat de l'aile. Mais les raisons du désintérêt d'Adrian pour sa femme sont bien plus profondes... et sinistres.

Pendant la plus grande partie de cet épisode, on a droit ici au portrait d'un couple en crise, à la sexualité inexistante, hanté par une infidélité jamais pardonnée. Et puis, soudain, tout bascule dans quelque chose de nettement plus glauque et malsain, pour se finir par une leçon de morale assez tordue, que n'auraient pas renié Les Contes de la Crypte. Une réussite.

4x05 - And The Winner Is... : Un groupe d'acteurs, de réalisateurs, de scénaristes et de journalistes est rejoint par une téléspectatrice timide, gagnante d'un concours, pour former le jury devant élire la meilleure actrice tv de l'année...

Un épisode assez plat, qui consiste en 28 minutes d'échanges plus ou moins amusants et inspirés entre les membres du jury (on y trouve Zoë Wanamaker, Noel Clarke, Fenella Woolgar...) avant de se conclure par un twist banal, et qui ne fonctionne pas vraiment, faute d'avoir été bien mis en place et préparé en amont. Décevant.

4x06 - Tempting Fate : Trois employés municipaux (Pemberton, Shearsmith & Weruche Opia) pénètrent dans la demeure d'un accumulateur compulsif décédé, pour en faire l'inventaire, et ils découvrent rapidement dans son coffre une statuette exauçant des vœux...

Un épisode assez macabre et ouvertement surnaturel, façon Contes de la Crypte, qui lorgne vraiment sur La Patte de Singe et sur une ambiance à la Poe, ce qui, malheureusement, le rend un peu trop prévisible de bout en bout : le spectateur a constamment quelques minutes d'avance sur les personnages et sur les événements, ce qui affaiblit un peu le tout. Dommage, parce que c'était bien mené.

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Une quatrième saison plus inégale et faible que la précédente, notamment à cause d'épisodes où l'exercice de style prend le pas sur l'humour, qu'il soit noir ou non, et sur le macabre. Rien de calamiteux, cependant, et on peut espérer que le duo de scénariste se reprenne un peu pour la saison 5, maintenant qu'ils n'auront plus à gérer, en parallèle, l'anniversaire du Club des Gentlemen (bientôt critiqué en ces pages !).

(retrouvez aussi la critique des saisons 1 et 2 en cliquant ici...)

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Et comme toujours, vous pouvez retrouver la liste complète de toutes les séries passées en revue dans le cadre de l'Oktorrorfest dans le menu Index de haut de page, ou en cliquant directement sur ce lien...

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Un film, un jour (ou presque) #619 : L'Histoire de Disney (1/3) - American Experience - Walt Disney (2015), La Main derrière la Souris (1999) & Frank et Ollie (1995)

Publié le 10 Décembre 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Documentaire, Disney, USA, Histoire, Animation, Télévision, PBS

Parce que le mois de décembre, c'est aussi le mois de l'enfance et du merveilleux, retour sur l'histoire de la compagnie Disney, ainsi que sur ses hauts et ses bas...

American Experience - Walt Disney (2015) :

Documentaire télévisé marathon de près de quatre heures retraçant la vie et la carrière de Walt Disney, dans ses moindres détails, à grands renforts d'images en tous genres, d'archives exclusives, d'interviews uniques, etc. 

La première partie du documentaire retrace ainsi les début de Disney, depuis son enfance peu chaleureuse, ses début d'animateurs, son arrivée en Californie, la création des Studios Disney, sa dualité (Walt était à la fois un visionnaire créatif et enthousiaste, et un businessman insistant, implacable et exigeant), la création d'Oswald le lapin, celle de Mickey (on notera par ailleurs que Ub Iwerks n'est quasiment pas mentionné dans ce documentaire, malgré son importance), et le début du succès.

(d'ailleurs, assez amusant de comparer cette réalité à la fiction du film Walt Avant Mickey)

Le métrage revient alors sur la genèse de Blanche Neige, compliquée, mais donnant lieu à un succès absolu critique et commercial, qui lance les studios Disney au firmament, et qui place aussi la barre extrêmement haut, à une hauteur que Walt n'estimera jamais avoir de nouveau atteint ; puis vient la création des studios de Burbank, un vase clos et stérile, qui devient progressivement une usine à animation mécanique et isolée, avec des inégalités salariales énormes, des conflits, des jalousies. Ce qui, combiné à de gros problèmes financiers provoqués par les pertes d'argents de Pinocchio et de Fantasia, ainsi qu'à un Walt s'enfermant de plus en plus dans sa bulle, et ne voulant rien entendre des revendications de ses employés, débouche sur une grève générale en 1941 suite au renvoi d'un pilier du studio.

La seconde partie du documentaire reprend sur un Walt marqué et transformé, s'estimant trahi par tous ses employés, et ne faisant plus confiance à personne. Un Walt rancunier, qui, quelques années plus tard, dénonce la plupart des meneurs de cette grève lors de la chasse aux sorcières anti-communistes. Un Walt aux prétentions revues à la baisse, désenchanté, et qui commence de plus en plus à blâmer ses échecs sur des cibles faciles, comme les communistes, etc. Et un Walt qui se désintéresse tout simplement de plus en plus de l'animation pure et dure, un domaine où il pense ne jamais pouvoir retrouver le succès et la reconnaissance de Blanche Neige, et qu'il confie aux Neuf Sages, ses animateurs vétérans.

Il se tourne alors, à la fin des années 40, vers le documentaire animalier, qui lui vaut un Oscar, et vers les films en prises de vue réelle. En parallèle, pendant que son studio travaille d'arrache pied sur Cendrillon, lui préfère se consacrer à sa passion pour les trains et le modélisme ferroviaire... puis il décide de créer Disneyland, un projet qui, aux côtés de la production télévisée florissante de Disney (Davy Crockett, regardé par plus d'un Américain sur 4), le remotive, et dans lequel il s'investit complètement. 

Cherchant toujours à présenter à l'Amérique un univers propre et sûr pour toute la famille, il inaugure le parc, et trouve ainsi une source inépuisable de revenus pour sa compagnie. Dans les années 60, il produit enfin Mary Poppins, un projet sur la famille qui lui tenait à coeur depuis des décennies, et lui vaut de renouer avec un succès total, qui est multi-oscarisé. Mais alors que les critiques commencent à reprocher à Disney son monde trop propre, kitsch et WASP, Walt n'en a que faire, et s'inquiète de ce qu'il va laisser comme héritage à l'humanité.

Il décide alors de se lancer dans le projet Disneyworld, et surtout de concevoir EPCOT, la ville parfaite du futur, où tout le monde vivrait en parfaite harmonie. Un projet ambitieux, dont il ne verra jamais le résultat, puisqu'il décède d'un cancer du poumon en 1966.

Bref, en résumé, difficile de faire plus exhaustif sur la vie et l'oeuvre de Walt que ces quatre heures, non ? Et bien pas tant que ça, en fait.

J'ai bien conscience que ce documentaire se concentre principalement sur Walt, et accessoirement sur son empire, mais malheureusement, j'ai trouvé le virage pris par la seconde partie du métrage assez frustrant. D'accord, Walt s'est un peu désintéressé de l'animation à la fin des années 40, mais le documentaire donne l'impression qu'il n'en avait tout simplement plus rien à faire, et qu'il n'avait rien à voir avec toute la production Disney post-Cendrillon.

Difficile à croire, et le manque de temps ou de place n'excuse pas tout : j'aurais bien volontiers troqué 10 minutes de la construction et de l'ouverture de Disneyland contre plus de détails sur son influence sur Alice, Peter Pan, etc, ou contre une présentation des Neuf Sages, même pas mentionnés en tant que tels dans le documentaire.

Cela dit, je dois bien reconnaître une qualité à ce travail titanesque : il ne cache pas du tout les mauvais côtés de Walt Disney, et ne présente pas le portrait d'un dieu de l'animation parfait et intouchable. Walt était faillible, Walt était par moment détestable et arrogant, Walt avait des valeurs de son temps et une ambition démesurée, mais Walt était aussi un visionnaire aux intentions bienveillantes, obsédé par l'idée de présenter une image de l'enfance et d'une vie de famille parfaites, qu'il n'avait pas vraiment connues lors de ses jeunes années.

Un documentaire inégal, un peu trop long, et souffrant de s'attarder un peu trop sur Disneyland, mais néanmoins très intéressant, pour peu qu'on sache à quoi s'attendre.

4.25/6

La Main derrière la Souris : l'histoire d'Ub Iwerks (The Hand Behind The Mouse - The Ub Iwerks Story - 1999) :

Documentaire de 1999 réalisé par Leslie Iwerks, et consacré au grand-père de la réalisatrice, Ub Iwerks, l'un des membres fondateurs du studio Disney, et le créateur de Mickey Mouse.

Grâce à d'innombrables extraits, images d'archive, photographies, et témoignages de bon nombre de figures incontournables du milieu, on y découvre comment ce fils d'inventeur, toujours plus passionné par la technique que par le business, était l'un des premiers compères de Disney, et l'animateur le mieux payé de son studio naissant ; on y apprend comment, véritable bourreau de travail, Iwerks a créé Oswald le lapin, puis, lorsqu'il a fallu le remplacer, comment il a créé Mickey et, au rythme de plus de 700 dessins par jour, comment il a réalisé seul le premier court métrage animé de Mickey, Plane Crazy.

Rapidement, Mickey a connu le succès, et avec lui, les tensions professionnelles et les jalousies ont commencé à croître. Et bien qu'il ait refusé à plusieurs reprises de quitter Walt, Iwerks finit par s'établir à son propre compte, et par fonder les studios Iwerks en 1930 (où a travaillé le célèbre Chuck Jones). Avec son style plus franc, son humour étrange, ses personnages impertinents et son animation bondissante, Iwerks connaît à son tour le succès, et innove dans de nombreuses directions... jusqu'à ce que le Code Hays, la Grande Dépression, et des problèmes financiers finissent par tuer le studio.

En 1940, Iwerks revient chez Disney, mais se désintéresse de l'animation, pour se concentrer sur la technique : il innove à nouveau dans le domaine de la réalisation, de l'intégration d'images réelles aux images animées, il officie dans les parcs Disney, et finit par décrocher deux Oscars techniques, et une nomination pour les effets spéciaux des Oiseaux d'Hitchcock.

Bref, Ub Iwerks était un homme incontournable de l'histoire de Disney, et ce documentaire lui rend joliment hommage, sans sombrer dans l'hagiographie excessive.

Bien rythmé, dynamique, ludique, la forme est globalement impeccable ; on pourra pinailler en regrettant que la première moitié du documentaire couvre plutôt les débuts de Walt Disney que ceux d'Iwerks (et par conséquent, fait double emploi avec les innombrables documentaires sur la vie de Disney), mais c'est inévitable, compte tenu des liens très étroits unissant les deux hommes.

Un métrage très intéressant, que je conseille vivement.

4.5/6

Frank et Ollie (Frank and Ollie - 1995) :

Documentaire de 90 minutes réalisé en 1995 par Theodore Thomas, et consacré au père de ce dernier, Frank Thomas, et au meilleur ami et collègue de celui-ci, Ollie Johnston, deux des quatre membres alors encore en vie du groupe des Neuf Sages de Disney, ces animateurs de légende qui entouraient Walt Disney durant l'âge d'or du studio.

Les deux hommes, alors octogénaires, mais toujours aussi proches, soudés et malicieux que durant leurs jeunes années, nous racontent ainsi leur vie, leur carrière, leurs techniques d'animation, leur amitié, etc, entrecoupés d'images d'archive, d'animations embryonnaires, et de scènes du quotidien de ces deux vieux sages, génies de l'animation.

Et c'est probablement là que le documentaire pèche notablement : car s'il est très intéressant d'écouter ces deux bonhommes sympathiques et attachants, le film reste un documentaire de 90 minutes, et tire par conséquent en longueur.

On ne peut s'empêcher (et c'est d'autant plus vrai si l'on a regardé par ailleurs d'autres documentaires sur cette petite bande et sur cette période) de se dire qu'en retirant une bonne demi-heure de métrage (toutes les scènes du quotidien des deux hommes sont bien gentilles, mais elles n'apportent pas grand chose au delà de "ils vivent une retraite heureuse et bien méritée") et en variant un peu le format des interviews (peut-être en ajoutant d'autres intervenants, ou en intégrant un récapitulatif global du travail des Neuf Sages), Frank and Ollie aurait été tout aussi instructif, touchant, et probablement plus efficace.

En l'état, ce n'est pas désagréable, sans plus, et la réalisation est parfois un peu maladroite.

3.25/6

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Les bilans de Sygbab : Supernatural, saison 15 (2019-2020)

Publié le 28 Novembre 2020 par Sygbab dans Action, Aventure, Critiques éclair, Comédie, Drame, Fantastique, Horreur, Les bilans de Lurdo, Review, Télévision, Thriller, CW, USA, Supernatural

En juin dernier, alors que la crise de la COVID-19 avait suspendu le tournage et la diffusion de la saison 15 de Supernatural, Sygbab avait fait de même pour son intégrale de la série ; depuis la rentrée, Supernatural est cependant de retour, et l'heure est donc venue de rédiger un ultime bilan...

Supernatural, saison 15 (2019-2020) :

Après avoir combattu anges, démons, créatures mythiques et monstres en tous genres, Sam et Dean se mesurent désormais à Dieu (Rob Benedict) lui-même, lorsqu'ils refusent de tuer Jack (Alexander Calvert), et déclenchent la colère du tout-puissant...

Il y a plusieurs façons de terminer une série, mais il est possible de distinguer deux grandes tendances : rester cohérent avec ce qui a été fait auparavant ou jouer la carte tape-à-l’œil pour attirer le chaland en comptant sur sa nostalgie. En l’occurrence, le choix a sans doute été très simple puisque la première option est impossible à appliquer dans le cas de Supernatural, qui détient probablement le record de contradictions opérées au sein d’un même univers.

Très rapidement, donc, cette ultime saison s’oriente vers une intrigue remplie de rebondissements pour y inclure le plus de caméos possible, au détriment de toute rigueur d’écriture. Bien malheureusement, cette méthode se traduit par des justifications laborieuses, voire complétement foireuses par instants.

Prenons l’exemple de Rowena : alors que le personnage était imbuvable à ses débuts, elle avait pris de l’épaisseur grâce à un développement intéressant et son sacrifice dans le 15.03 The Rupture lui offre une belle porte de sortie, même si la raison pour laquelle elle demande à Sam de la tuer n’est pas crédible (comme par hasard, le sort qu’elle utilise pour retenir les démons lui demande de perdre la vie pour être plus puissant ; c'est une ficelle un peu grossière). 

Mais c’était trop demander que de s’en arrêter là : il fallait impérativement la faire revenir en tant que reine de l’Enfer, pour le fun, sans se préoccuper du fait que cela va à l’encontre de son état d’esprit avant de mourir.

Il vaut quand même mieux cela plutôt que les apparitions sporadiques d’autres protagonistes, dont la présence à l’écran sert surtout à remplir le quota nostalgie évoqué précédemment. Kevin, Donatello, Lilith ou encore Charlie et même Ruby sont à compter dans cette catégorie. Ça n’apporte rien de concret, mais bon, ils sont là, alors c’est le principal ! Ou pas, parce que pendant ce temps-là, ça ne fait pas avancer le schmilblick.

Dans cette configuration, il ne fallait pas s’attendre à ce que le fil rouge soit d’une clarté absolue. L’idée principale est pourtant simple : Chuck veut conclure son histoire coûte que coûte, de préférence en apothéose en affrontant les deux frères, mais il est obligé de s’y reprendre à plusieurs reprises pour trouver la meilleure fin possible après avoir éliminé tous les mondes parallèles.

Depuis que le personnage a été introduit, le sous-texte méta a toujours existé et il a souvent été utilisé en tant que métaphore du processus de création, mais ses atermoiements censés souligner les difficultés éprouvées par les scénaristes ressemblent à un prétexte fallacieux pour se dédouaner d’une inconstance devenue chronique.

L’impression générale, c’est qu’ils n’ont pas l’air d’avoir planifié grand-chose. Les premiers épisodes sont d’ailleurs très instructifs à ce sujet : l’énorme cliffhanger du 14.20 est évacué assez rapidement alors qu’avec toutes ces âmes échappées, il laissait espérer un retour aux sources qui aurait pu s’avérer bénéfique. Au lieu de cela, le démon Belphegor possède le corps de Jack - Alexander Calvert cabotine et ce n’est pas une réussite, n’est pas Jensen Ackles qui veut - et roule dans la farine des Winchester bien crédules malgré leur expérience.

Ce qui suit n’est pas plus glorieux et se résume vulgairement à une histoire de destinée écrite dans le Livre de chacun, tous conservés précieusement dans la librairie de Billie. Le nouvel avatar de la Mort se présente comme le seul espoir car elle a un plan : par le biais d’épreuves à endurer (concept utilisé à de trop nombreuses occasions auparavant), elle compte endurcir Jack pour qu’il puisse tuer Dieu. En effet, grâce à Adam (celui du Jardin d’Eden, pas le demi-frère des Winchester) qui lui offre une côte (?), le Nephilim pourra déclencher un trou noir d’énergie divine (??) et se transformer en bombe (???).

Présenté comme ça, ça peut paraître stupide. C’est normal, ça l’est ! Faire de Jack l’élément clé de la réussite est en soi une évidence vu sa nature particulière, mais il y avait sans doute des motifs plus valables pour mettre en avant son questionnement intérieur sur la place qu’il a dans le monde et la façon dont il est perçu - notamment par Dean.

Ce n'est pas que l'intention soit mauvaise, mais comme souvent la subtilité n'est pas au rendez-vous. Il aurait par exemple été plus intéressant qu'il décide d'apprendre à maîtriser ses pouvoirs, donnant ainsi de réels enjeux à son affrontement final contre son grand-père. La version du pantin manipulé est malheureusement bien plus fade et atténue fortement l'impact émotionnel qu'aurait dû provoquer le 15.19 Inherit The Earth, dans lequel il devient le nouveau Tout-Puissant.

Ce vrai-faux final qui précède la véritable conclusion est d'ailleurs une catastrophe à tous les points de vue. Si la pandémie liée à la Covid-19 explique les interactions limitées à l'écran, cela n'excuse en rien un script bâclé qui tente de justifier par tous les moyens la raison pour laquelle Jack est capable de tenir tête à Dieu et de le vaincre en le privant de ses pouvoirs. Pire encore, le plan improbable des Winchester prévoit l'infanticide de Michael, ces derniers ne faisant que peu de cas de son hôte Adam...

Cette situation n'aurait jamais dû se produire à deux épisodes de la fin, mais n'est pas étonnante au regard du temps perdu tout au long de la saison, comme cela a été évoqué précédemment. Par conséquent, les derniers épisodes contiennent une concentration d'idées qui ne font pas bon ménage car elles n'ont pas été préparées correctement en amont : l'alliance entre la Mort et The Empty (qui prend les traits de la dernière itération de Meg, histoire de recycler l'actrice), Billie qui veut enfumer tout le monde en prenant la place de Dieu, Chuck qui fusionne avec Amara... C'est indigeste, et ça démontre un manque criant d'inventivité.

Malgré tout, l'ultime aventure de nos deux héros est satisfaisante. L'empalement de Dean alors qu'ils sont en train de nettoyer un foyer de vampires - soit la routine pour eux - a tout de l'accident bête, mais c'est la seule chose qui pouvait leur arriver tant ils étaient devenus des experts. Bien qu'un peu longue, la scène où Dean fait ses adieux est touchante car elle respire la sincérité, avec un Jensen Ackles qui donne tout ce qu'il a.

La suite voit Sam se faire violence pour continuer sa vie, puis fonder une famille avant de rejoindre son frère dans l'au-delà. Là encore, c'est plutôt bien vu : sa volonté d'avoir une vie normale est établie depuis le pilote, ce n'est que justice qu'il ait pu y goûter. Quant au Paradis, après tout ce qu'ils ont fait, ils ont bien le droit d'y être...

Ainsi s'achève une épopée invraisemblable, forte de 327 épisodes dans un genre où une telle longévité reste un accomplissement exceptionnel. Il faut le saluer, même si la qualité n'a pas toujours été au rendez-vous. C'est même plutôt l'inverse, à vrai dire, car le nombre de saisons vraiment enthousiasmantes se compte sur les doigts d'une main (et encore). 

Il reste cependant un fort capital sympathie grâce à la relation fraternelle qui unit non seulement les deux protagonistes principaux, mais aussi les deux acteurs dont l'alchimie est indéniable à l'écran. Cela s'est souvent fait au détriment des personnages secondaires, mais bravo à eux d'avoir assuré le show pendant si longtemps.

 

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Les bilans de Lurdo : SEMAINE AVENTURE - Conan, saison 1 - troisième et dernière partie (1997)

Publié le 9 Août 2020 par Lurdo dans Action, Aventure, Comédie, Critiques éclair, Fantastique, Les bilans de Lurdo, Histoire, Review, Romance, Télévision, USA, Allemagne, Mexique

Pendant une semaine, place à l'héroïsme, à la fantasy, aux mythes et à l'aventure sur le blog des Téléphages Anonymes... ​​

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Après deux premiers tiers à l'intérêt très inégal, suite et fin de l'unique saison de cette série internationale en 22 x 45-60 minutes adaptant de façon assez libre les aventures de Conan le barbare...

Conan, saison 1 (Conan The Adventurer, season 1 - 1997) - troisième et dernière partie :

Armé de son épée atlantéenne et épaulé par ses amis Otli (Danny Woodburn), Bayu (T.J. Storm) et Zzeban (Robert McRay), Conan continue d'arpenter le royaume à la recherche du maléfique Hissah Zuhl (Jeremy Kemp)...

1x17 - The Crystal Arrow : Lorsque Conan et ses amis croisent le chemin de Rykon Pol (Jack Gwillim), un vieil archer assiégé par les forces du sorcier Khartan (Pierre Du Lat), ils font leur possible pour l'aider, mais échouent. Ils héritent cependant d'une flèche de cristal aux pouvoirs magiques, seule capable d'ouvrir les Portes de brouillard menant au royaume de l'archer... un royaume qui pourrait bien être la terre natale de Karella, et d'une mystérieuse gitane aux pouvoirs magiques (Justina Vail).

Aïe. Un épisode approximatif à plein de niveaux, entre la post-synchro bancale et approximative, les costumes vraiment fauchés (que ce soit les costumes de la troupe gitane, façon cirque sans budget, ou ceux des sbires de Khartan, en tenues moulantes noires recouvertes de bandes d'adhésif blanc, pour les faire ressembler à des squelettes), ou même l'interprétation de Moeller, pas très motivé, et de Pierre du Lat (à l'accent prononcé).

Déjà que l'histoire en elle-même n'est pas très intéressante, malgré le fait qu'elle développe un peu le personnage de Karella... un bon gros bof, dans l'ensemble.

1x18 - Labyrinth : Piégés par des bandits menés par Barr (Scott Eberlein) et envoyés par Hissah Zhul, Conan et ses amis sont séparés, et Otli est capturé par les criminels, pour être sacrifié à une bête mystérieuse et sanguinaire qui rôde dans les collines. Mais avec l'aide d'un faux aveugle (Jack Donner) et de deux guerrières (Jolie Jackunas, Evelyn Iocolano) à la recherche d'un enfant enlevé dans des circonstances similaires, Conan va retrouver son ami, avant d'affronter la Bête.

Ah là là quel dommage. Ça partait plus ou moins bien, de la continuité, des méchants cabotins et têtes à claques, une bête mystérieuse, un script un peu plus fouillé que d'habitude, et puis patatras, ça s'effondre dans la dernière ligne droite, quand l'épisode enchaîne un combat de trente secondes chrono contre la Bête (un coup d'épée, et c'est fini), et un échange magique en face à face entre Conan et Zhul, discussion qui semble sortie d'un autre script, tant elle n'a pas sa place dans le déroulement de cet épisode.

Ah, et le labyrinthe du titre, je le cherche encore (par contre, les figurantes en bikini en peau de bête, ça, il y en a).

1x19 - The Cavern : Réfugiés dans une grotte pour échapper à des intempéries surnaturelles provoquées par Zhul, Conan et ses amis sont séparés par un éboulement qui précipite Conan dans une faille. Là, il est confronté à Kamikon (Joe Lara), soldat de Zhul, entraîné à tuer depuis son enfance, mais avec lequel Conan va devoir collaborer quand la montagne se révèle être un volcan en éruption...

Un bottle-episode s'il en est, puisque tout se passe dans des grottes de studio ornées de fonds verts, et que l'essentiel de l'épisode consiste en des échanges de dialogues entre les compères de Conan, qui creusent de leur côté en se désespérant de ne jamais revoir le héros, entre Conan et Kamikon (Joe Lara, interprète de Tarzan dans la série produite par la même équipe), et bien sûr, entre Zhul et son crâne démoniaque, qui passent tout l'épisode à commenter l'action et à faire des paris sur l'issue des événements.

De ces trois axes principaux, le premier est intéressant, le second parfois répétitif, et le troisième ressemble à du remplissage surjoué par Jeremy Kemp : dans l'ensemble, un épisode inégal, mais qui change un peu de la routine habituelle. 

1x20 - Antidote : Lorsque Conan est frappé d'une flèche empoisonnée, ses amis se rallient pour lui trouver un antidote - l'occasion pour eux de se remémorer leurs aventures auprès du barbare...

Aïe. Un clip-show médiocre au possible, comme on avait l'habitude d'en faire dans les années 90, qui meuble beaucoup à l'aide de passages au ralenti sur les personnages qui courent, chevauchent, regardent au loin ou se battent contre des anonymes qui se dressent sur leur chemin, et qui, en prime, se paie le luxe de faire un flash-forward involontaire en insérant des images du season finale.

Preuve d'une production bordélique, et d'une diffusion à l'identique... d'autant pour ne rien arranger, le tout se conclue sur un montage musical de plusieurs minutes de flashbacks illustrés par une chanson lamentable.

1x21 - Heir Apparent : Accompagné d'Otli, de Zzeban et de Vulkar, Conan arrive dans un village de bord de mer terrorisé par un monstre aquatique dévorant tout le poisson. Le petit groupe décide alors d'aider la Reine Veeta (Mariette Hartley), en exil dans une grotte suite aux manigances d'Hissah Zhul et d'Achtel, son représentant local...

Techniquement listé et diffusé outre atlantique comme le dernier épisode de la saison, tout s'explique lorsque l'on réalise que cet épisode est un reste du début de saison, avant l'arrivée de Bayu, alors que Vulkar était toujours là (et était effectivement totalement transparent et insipide).

Un épisode tourné à la plage, avec une prise de son affreuse, un monstre numérique informe, une écriture bancale, et beaucoup trop de personnages secondaires, entre la barmaid bimbo, Veeta, la fille de Veeta, Achtel, la femme d'Achtel (qui ne sert absolument à rien), Zhul, son crâne, etc, etc, etc.

Sans oublier les scènes d'action à la continuité pire que tout : entre le combat de la doublure de Conan qui tient une grosse épée tordue, entrecoupé de gros plans sur Moeller, coiffé différemment et avec l'épée d'Atlantis, les positions qui changent à chaque changement de caméra, le sang qui disparaît d'un plan à l'autre... c'est un gros bordel de production, et il n'est pas surprenant qu'ils aient préféré évacuer cet épisode à la fin de la saison.

(dommage, car dans l'absolu, le scénario n'était pas désagréable)

1x22 - Lethal Wizards : Lorsque trois rois-sorciers, Gero (Scott Ripley), Penor II (Michael Berryman) et Norbu (David Jean-Thomas), anciens alliés de Zhul, viennent à la rencontre de Conan pour lui proposer leurs services contre leur ancien maître, le barbare est dubitatif. Mais bientôt, l'ultime combat contre le Sorcier approche, et l'aide de magiciens pourrait bien s'avérer décisive...

Clairement un season finale à l'issue indiscutable, ce Lethal Wizards pas désagréable à suivre a pourtant été diffusé en avant-dernière position outre-atlantique, ce qui n'a aucune logique.

Peu importe, cela dit, il suffit de regarder les épisodes dans l'ordre le plus cohérent pour assister ici à la fin précipitée de Hissah Zhul, à un duel de sorcier durant lequel Jeremy Kemp fait clairement "pew pew" avec sa bouche lorsqu'il tire des boules de feu, et aux manigances pataudes des trois sorciers, qui tentent de convaincre les compagnons de Conan de se ranger à leurs côtés (l'un en promettant de rendre la parole à Zzeban, l'autre en promettant de faire grandir Otli, et le troisième en tentant de jouer sur la fibre militante noire de Bayu).

Pas totalement convaincant, mais le tout est suffisamment rythmé pour que l'on ne s'ennuie pas.

Bilan saisonnier :

Difficile de trouver grand chose de vraiment positif à dire sur cette seule et unique saison de Conan : c'est fauché, c'est approximatif dans la réalisation, dans l'interprétation, dans les combats, etc, les effets spéciaux sont assez mauvais et (c'est probablement le fait d'avoir revu dans l'intervalle quelques épisodes d'Hercules qui, en comparaison de Conan, semble trois niveaux au-dessus), c'est vraiment de la télévision low-cost, tournée au Mexique pour pas cher.

Reste la distribution, étrangement sympathique et efficace, et avec une bonne alchimie globale. C'est peu, mais vu que le projet plus récent de série Conan par Amazon est tombé à l'eau, il faudra se contenter du souvenir de Ralf Moeller, finalement assez honorable dans ce rôle musclé...

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Les bilans de Lurdo : GLOW, saison 3 (2019)

Publié le 15 Septembre 2019 par Lurdo dans Action, Comédie, Critiques éclair, Drame, Catch, Les bilans de Lurdo, Netflix, Review, Romance, Télévision

En saison 1, les filles de GLOW découvraient le monde du catch (à peu près) professionnel ; en saison 2, c'était la production d'un show tv régulier qui occupait le centre de leurs vies ; en saison 3, les catcheuses de GLOW partent s'établir à Las Vegas, et... elles s'ennuient ferme ?

GLOW, saison 3 (2019) :

Alors que les membres de GLOW se produisent chaque soir à Vegas, dans le casino de Sandy Devereaux St. Clair (Geena Davis), la routine s'installe, et les relations évoluent peu à peu : Sheila (Gayle Rankin) se découvre un mentor en la personne de Bobby Barnes (Kevin Cahoon), drag queen donnant un spectacle sur le Strip ; Tammé (Kia Stevens) souffre d'une blessure récurrente au dos ; Debbie (Betty Gilpin) supporte de moins en moins la séparation d'avec son fils ; Cherry (Sydelle Noel) se sépare de son compagnon ; Carmen (Britney Young) veut prendre son catch plus au sérieux ; Et Ruth (Alison Brie) semble prise dans un triangle sentimental, entre Russell (Victor Quinaz) et Sam (Marc Maron), dont la proximité constante devient problématique...

Troisième saison (et peut-être bien la dernière, si l'on suit le modèle habituel Netflix d'annuler ses séries au bout de trois ans, surtout si la série n'est pas un gros succès d'audience) de ce programme très 80s, un programme au capital-sympathie énorme à mes yeux, et qui change cette année de cadre pour s'installer à Las Vegas.

Malheureusement, ce nouveau cadre s'accompagne aussi d'un changement de direction assez évident, qui fait de cette fournée d'épisodes une saison un peu décousue et assez frustrante : la saison 3 de GLOW est paradoxalement une saison sans GLOW, le monde du catch disparaissant presque totalement de la série.

Le sort réservé à Tammé/Kia Stevens/Awesome Kong est ainsi assez emblématique de cette nouvelle direction : physiquement usée par le show, elle devient incapable de bouger, et est contrainte d'adopter (hors-champ) un rôle de manager. La seule vraie catcheuse de la distribution se retrouve ainsi à ne pas catcher, ce qui est assez symptomatique d'une saison où le catch, le show et l'action sont presque totalement évacués, au profit des relations interpersonnelles des filles de la bande, et de leur évolution.

Dans son écriture et son approche de ses personnages, la série n'a ainsi jamais été plus proche d'Orange is The New Black, l'autre programme de Jenji Kohan, productrice exécutive de GLOW ; ce qui n'est pas forcément un mal, attention : la distribution est toujours attachante, plus que compétente, et lorsque les scénaristes parviennent à cristalliser leurs intentions, le show fonctionne toujours très bien.

Mais il est difficile de ne pas remarquer que le tout s'éparpille vraiment, privé de véritable moteur narratif : pas de "il faut entraîner ces femmes qui n'y connaissent rien" ou de "il faut sauver notre show", mais une succession d'épisodes-vignettes, façon "les filles font du camping", "les filles font de la danse", "Sam et Justine à Hollywood", etc, et de sous-intrigues pas toujours probantes, car souvent sous-développées et anecdotiques (les problèmes de jeu de Cherry, la relation de Melrose avec un gigolo, la boulimie de Debbie, la relation de Sheryl avec la drag queen, l'ambition de costumière de Jenny, etc), et parfois trop "modernes" et "2019" dans leur traitement (notamment la place prise, dans la saison, par l'homosexualité d'Arthie et sa relation avec Yolanda, par tout ce qui tourne autour du spectacle de Bobby et de son bal caritatif, le mécontentement de Jenny vis à vis du racisme supposé de Melrose et des clichés ethniques) pour être convaincantes. 

On a ainsi souvent l'impression que les scénaristes de la série (qui sont souvent deux ou trois sur chaque épisode de 25-35 minutes) s'occupent séparément de certains personnages, et qu'ils tentent de fusionner des sous-intrigues disparates pour obtenir un épisode complet : une stratégie qui ne fonctionne pas totalement, alors que les personnages secondaires se multiplient, et que l'orientation de la série change.

Qui plus est, la série se tire un peu une balle dans le pied en effectuant un saut temporel de six mois aux deux tiers de sa saison : c'est pratique, ça permet d'évacuer des sous-intrigues en suspens, et de passer à autre chose, mais ça frustre aussi beaucoup, et ça rajoute à l'impression de saison naviguant à vue, sans intrigue forte, et sans énergie.

Le thème principal de la saison est l'ennui, la routine, et ses différentes conséquences émotionnelles, physiques et relationnelles - et il faut dire que c'est réussi : effectivement, cette cuvée de GLOW, avec son rythme inerte et décousu, son absence de catch, ses environnements claustrophobiques (Vegas n'est jamais mis en valeur, et le show passe le plus clair son temps à l'intérieur de l'hôtel), son focus placé sur les relations amoureuses de ses personnages (notamment Sam/Ruth, une relation qui ne fonctionne vraiment pas pour moi sur le plan amoureux) et sur leur vie en dehors de GLOW, parvient à bien retranscrire le manque de fun et de passion ressenti par les protagonistes.

Dommage que pour y parvenir, les scénaristes n'aient pas trouvé d'autre moyen que de placer le spectateur dans une position similaire : on finit par regarder passivement tout ça, sans passion, voire même on s'ennuie ponctuellement (l'épisode du camping, et ses échanges larmoyants entre les filles, m'a gentiment donné envie de faire avance rapide - alors même qu'il est cité par de nombreuses critiques comme l'un des meilleurs de la saison), et lorsqu'il y a enfin un peu de catch (l'épisode de mi-saison, où tout le monde endosse le rôle de quelqu'un d'autre, est amusant ; l'épisode final, avec quelques minutes de revisite du Conte de Noël de Dickens à la sauce catch, propose un beau moment de comédie et d'action, principalement pour Ruth), on se réveille, et on regrette que cette troisième année ne soit pas plus équilibrée.

Et puis il y a cette fin, une sorte de double heel turn pour les personnages de Debbie (qui trahit son compagnon, et manipule un Bash vulnérable pour l'amener à acheter une chaîne de tv, afin de rebooter GLOW sous un autre nom, et de placer le show sous son contrôle) et de Ruth (de plus en plus antipathique, ce qui ne surprend guère, puisque le personnage de Ruth n'a de cesse de prendre les pires décisions imaginables), qui apporte une sorte de conclusion douce-amère à la série : alors que jusqu'à présent, GLOW était décrit comme un facteur bénéfique dans la vie des femmes y participant, un élément leur permettant de se réunir, de constituer une famille soudée, de s'exprimer et de s'amuser, désormais, GLOW est un élément perturbateur, moteur de frustration, de division, et d'ennui.

Ça change tout, et ça laisse assez dubitatif sur l'avenir éventuel de la série.

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Les bilans de Lurdo : La Fabuleuse Mme Maisel, saison 3 (2019)

Publié le 26 Janvier 2020 par Lurdo dans Comédie, Critiques éclair, Drame, Histoire, Les bilans de Lurdo, Review, Romance, Amazon, Télévision

Débordant toujours de qualités formelles incontestables, la saison 2 de The Marvelous Mrs. Maisel s'était avérée une expérience un peu plus mitigée que prévu : progressivement, les traits les moins agréables de son personnage principal privilégié, capricieux et assez égocentré (et par extension, les défauts les plus récurrents de l'écriture de Amy Sherman-Palladino) refaisaient surface et dominaient sa caractérisation, rendant le visionnage parfois assez compliqué (en tout cas, au niveau de la sympathie que l'on pouvait avoir pour son héroïne).

La série, cependant, restait particulièrement enthousiasmante, malgré une gestion difficile de la temporalité saisonnière, et des dix épisodes de cette seconde cuvée. Là, pour la troisième saison, retour à huit épisodes, pour une année que l'on espère plus maîtrisée, et plus consciente des défauts de Midge (que ce soit en les assumant pleinement et en faisant de Midge une anti-héroïne ambitieuse et prête à marcher sur autrui pour connaître le succès, ou à l'opposé, en la confrontant aux conséquences de ses actions et de ses paroles).

La Fabuleuse Mme Maisel, saison 3 (2019) :

Midge Maisel (Rachel Brosnahan) est en tournée avec Shy Baldwin (Leroy McClain), loin de sa famille et de ses enfants ; Joel (Michael Zegen), lui, décide d'acheter un club, mais se retrouve dans une situation problématique lorsqu'il découvre, au sous-sol, un casino clandestin ; les parents de Midge, pendant ce temps, tentent de gérer leur vie maintenant que Abe (Tony Shalhoub) n'est plus professeur à l'université, et que leurs revenus sont diminués d'autant...

Et cette nouvelle saison s'inscrit, pour le meilleur et pour le pire, dans la directe continuité de la saison 2. Comme motivés par les multiples nominations et récompenses obtenues par la série pour l'ensemble de son casting (et notamment par Shalhoub et Jane Lynch), les Palladino redoublent d'efforts pour tenter d’accommoder une distribution croissante, aux seconds rôles toujours plus nombreux, en leur donnant toujours plus à faire à l'écran.

Les sous-intrigues se multiplient donc, et la série en vient à traiter sur un pied d'égalité la carrière de Midge et le devenir de tous ses proches et amis (voire à passer plus de temps sur ceux-ci que sur Midge). Cette année, on assiste ainsi, entre autres, à de multiples intrigues parallèles, qui prennent parfois un peu trop de place, et posent quelques problèmes de ton.

Joel qui cherche un établissement miteux, le rénove, et ouvre son night-club tout en retrouvant l'amour dans les bras d'une mystérieuse asiatique au caractère bien trempé (Stephanie Hsu), passe encore ; les problèmes de couple d'Imogen et d'Archie (Bailey De Young et Joel Johnstone), c'est déjà nettement moins pertinent (même si ça fait toujours plaisir de retrouver De Young).

Les parents de Midge qui se cherchent, en théorie, pourquoi pas. Dans les faits, cependant, le trait est tellement forcé que les mésaventures des parents de Midge deviennent une part envahissante de cette saison, avec un Abe qui vire révolutionnaire/communiste, avant de se reprendre, et de se recycler en critique de théâtre ; une Rose toujours plus difficile, voire même antipathique, qui en veut à mort à sa fille pour son choix de carrière (elle considère que sa fille est une prostituée), qui renonce à son héritage sur un coup de tête, et passe son temps à se plaindre de son sort.

Les Weissman, donc, prennent une place importante, cette année, s'installant provisoirement chez les parents de Joel (pour des scènes très sitcom, qui rappellent que Amy Sherman-Palladino a fait ses armes sur des sitcoms familiales), où ils se montrent arrogants et malpolis, puis s'incrustant en tournée avec Midge, avant de trouver un semblant d'équilibre vers la fin de la saison, quand Midge rachète le vieil appartement familial pour y installer toute la famille.

Et puis il y a Susie, une Susie qui développe une addiction au jeu, et passe la moitié de la saison à tenter de gérer la carrière de Sophie Lennon (Jane Lynch). Lennon, qui décide de monter sur les planches pour devenir une comédienne "sérieuse" face à Cary Elwes, et qui s'effondre lors de la première - une sous-intrigue qui prend à nouveau beaucoup de place, pour un résultat prévisible et peu probant à mes yeux, si ce n'est de développer la carrière et le personnage de Susie.

C'est un peu ce qui ressort de la saison dans son ensemble, à vrai dire : tout le monde évolue et passe à autre chose, avec plus ou moins de succès et d'efforts... tout le monde, sauf Mme Maisel.

Midge reste en effet égale à elle-même : toujours amusante, toujours pétillante, mais toujours aussi particulièrement égocentrée, ambitieuse et inconstante. Une Maisel spontanée qui débranche son cerveau et son bon sens dès qu'elle monte sur scène, une Maisel immature qui se décourage facilement au moindre imprévu, une Maisel privilégiée qui n'a aucun sens des réalités, n'a pas grande empathie pour autrui, et n'a pas grand chose à faire de ses enfants, confiés à Joel pendant le plus clair de la saison. Une Maisel narcissique qui, finalement, n'est pas si différente que ça de Sophie Lennon, qui pourrait aussi bien être un aperçu de ce qui l'attend si elle laisse libre court à ses défauts.

Niveau cœur, cette année, Maisel se rapproche vaguement de Lenny Bruce, sans oser franchir le pas... mais cela ne l'empêche pas de se remarier avec Joel à Vegas (malheureusement, les Palladino aiment vraiment ce couple, ça se sent, et ils jouent à fond la carte du shipping). Ce cher Benjamin (Zachary Levi), abandonné la saison dernière ? Il réapparaît brièvement dans deux ou trois scènes, en fin de saison, pour dire ses quatre vérités à Midge.

Et là, pendant quelques instants, on se prend à espérer qu'enfin, Midge va devoir faire face aux conséquences de ses actes. Oui, elle est égoïste, elle ne pense qu'à sa carrière et à sa passion, elle exige un certain standard de vie, un certain luxe, et elle n'a pas la moindre idée de ce qui se déroule dans la vie des autres : l'addiction au jeu de Susie, les sentiments de Benjamin, la vie de Joel, leurs enfants, la situation de ses parents, les problèmes de couple de sa meilleure amie, ou encore l'homosexualité de Shy Baldwin, tout lui passe au-dessus de la tête, tant elle est obsédée par sa carrière et sa comédie.

Ce qui mène, bien naturellement, à la fin de la saison, une fin de saison qui redonne espoir : un peu comme lors du face à face avec Benjamin, Midge doit gérer les conséquences de ses actes, et quels actes ! Lors de son spectacle à l'Apollo, salle mythique de New York, Midge décide de débrancher son cerveau, et de faire tout un monologue sur Shy Baldwin, un sketch entier chargé de sous-entendus et de références à l'homosexualité cachée du chanteur.

Sauf que Midge, qui est dans sa bulle privilégiée, n'a pas la moindre idée de ce qu'elle vient de faire (Susie, elle, le comprend en une phrase seulement). Et elle tombe donc de très haut lorsqu'elle se fait renvoyer de la tournée par Shy.

En tant que spectateur, j'ai donc de l'espoir pour La Fabuleuse Mme Maisel. L'espoir que les Palladino ont conscience des défauts occasionnels de leur écriture (ce n'était pas forcément le cas sur les Gilmore Girls) et vont enfin "faire payer" à Midge ses erreurs, et les traits négatifs qui sont les siens, et qui sont de plus en plus prononcés depuis le début de la série. Une saison 4 avec une Midge devant faire le point, se reconstruire en partant de rien, blacklistée des clubs de New York par Lennon et de sa tournée par Shy, et enfin réaliser qu'elle est bourrée de défauts, cela pourrait être intéressant.

Par contre, une saison 4 avec, comme cette année, toujours plus de place laissée aux personnages secondaires de plus en plus caricaturaux, aux longues séquences musicales chorégraphiées qui servent de meublage, et à des solutions miraculeuses qui résolvent tous les problèmes des protagonistes à la dernière minute (l'article d'Abe, l'assurance/héritage de Susie pour éponger ses dettes, la vocation d'entremetteuse de Rose...), déjà nettement moins.

Heureusement, malgré les problèmes que j'ai avec la caractérisation du show et avec le remplissage gratuit dont il fait parfois l'objet, ce dernier reste toujours exemplaire au niveau de sa production : c'est visuellement splendide, très bien interprété (plusieurs scènes sont vraiment superbes et touchantes - la discussion douce-amère de Jason Alexander et Tony Shalhoub, le coming out de Shy Baldwin, Susie qui perd tout son argent), les caméos sont toujours intéressants (Sterling K. Brown, Liza Weil, Wanda Sykes) et l'on ne s'ennuie jamais, quand bien même on aurait parfois envie de dire aux Palladino de freiner un peu l'excentricité de leur plume, qui donne occasionnellement lieu à des scènes trop fantaisistes et à des dialogues trop artificiels.

La saison 3 de Mme Maisel souffle donc le chaud et le froid, peinant à gérer son rythme (à l'instar de la saison 2), se perdant souvent dans des digressions rapidement oubliées, mais parvenant aussi à jouer habilement de la fibre nostalgique pour une époque improbable, mise à l'écran de manière encore plus fantaisiste (la fidélité historique n'est pas la priorité de la série, soyons francs). Si l'on se laisse porter par l'aspect visuel de la production, par la reconstitution, l'énergie du show, et par toutes ces paillettes, alors il y a moyen de passer un très bon moment, porté par une écriture et une interprétation qui restent de qualité.

Il faut simplement avoir conscience que la protagoniste principale de la série est presque devenue une anti-héroïne bourrée de défauts, élitiste et privilégiée (comme ses parents, soit dit en passant... et comme une certaine Rory Gilmore), et que, malgré un parcours qui la confronte à des personnes souffrant de vrais problèmes et de vrais préjudices (raciaux, sexuels, etc), elle ne semble jamais retenir la leçon. Pour elle, tout est bon pour faire rire, même blesser autrui (que ce soit fait avec ou sans méchanceté)...

Difficile de continuer à soutenir aveuglément le personnage, dans une telle situation, malgré des scénaristes qui semblaient vouloir la présenter comme un exemple d'émancipation, et un modèle à suivre. Désormais, avec cette fin de saison, la série semble être à un tournant : reste à voir si elle va réussir à le négocier sans trop de dégâts, ou si elle fera marche arrière, comme si de rien n'était.

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Les bilans de Lurdo - Tween Wars VII : Kings & Skaters

Publié le 8 Mai 2012 par Lurdo dans Les bilans de Lurdo, Critiques éclair, Review, Télévision, Sitcom, Comédie, Sport, Jeunesse, Tween, Disney

Episode VII : Recycle. Everybody’s Doing it.

Loi n°1 de la Tweencom (rappel) : Chez Mickey, on n’aime pas les ados normaux, et leur quotidien. Résultat : tous les persos des séries Disney ont des pouvoirs, viennent du futur, sont des méga-stars, sont über-talentueux, chanceux, etc…

Loi n°2 de la Tweencom (rappel) : La maison de production It’s A Laugh s’occupe de toutes les sitcoms Disney depuis 2005. En règle générale, leurs shows sont des sitcoms de studio, à caméras multiples, rires enregistrés, dans des décors assez peu convaincants, au générique chanté par une star de la série et/ou de la chaîne, et à la distribution plutôt solide et diverse.

Corollaire (rappel) : Lorsque It’s A Laugh trouve un format/sujet facile à exploiter, il le garde. Et le répète ad nauseam, en en variant à peine le style.

Loi n°3 de la Tweencom (rappel) : si chez Mickey tu veux prospérer, les talents musicaux de tes interprètes aux épisodes tu devras intégrer, pour la promotion croisée avec Disney Records assurer.

Loi n°7 de la Tweecom (rappel) : Le monde de la sitcom Disney est comme un vase clos, vivant en autarcie : tous les acteurs tournent sur des plateaux voisins, tout le monde se connaît, tout le monde couche avec tout le monde, tout le monde se dispute avec tout le monde, et les crossovers sont innombrables. (cf AB Productions)

Loi n°10 de la Tweencom (rappel) : Règle du sidekick : bien souvent, le/la lead de la tweencom est affublé(e) d’un(e) sidekick comique, faire valoir au physique moins conventionnel, à l’interprétation plus exagérée, et délibérément laissé en retrait. Et presque aussi souvent, c’est parce que le/la sidekick est bien plus talentueux(se), attachant(e), et tout simplement charismatique que le/la lead.

Corollaire (rappel) : Lorsqu’un sidekick commence à éclipser son lead, le moment est venu de lui donner sa propre série… pour, bien souvent, que l'on s’aperçoive qu'il ne fonctionne pas en solo ou en lead.
 


Pair of Kings (2010 - ?)
 

Des décors somptueux, des costumes de qualité, une distribution enthousiasmante : Pair of Kings, c’est trop bien.

Koicé ?
Deux jumeaux, Boomer et Brady (un noir enrobé et un blanc maigrichon) apprennent qu’ils sont les héritiers du trône de l’île exotique de Kinkow. Ils embarquent alors pour leur royaume, où ils deviennent l’autorité suprême, sous le tutelage de leur conseiller, le puissant Mason, de sa fille Mikaela, experte en combat, et sous l’œil jaloux de Lanny, un cousin éloigné complotant en compagnie de son poisson parlant.

Aveckicé ?
La grande parade des sidekicks ! En commençant par un échappé de Hannah Montana : Mitchel Musso, en Brady, qui reprend basiquement un rôle similaire à celui d’Oliver dans HM, et qui s’en sort exactement pareil. Autre sidekick promu lead, Doc Shaw, qui débarque de son rôle foireux en guest dans The Suite Life on Deck, et devient ici Boomer... le même, en tout aussi peu intéressant ; De iCarly, où il jouait le fils d’un des voisins, nemesis de Spencer, Ryan Ochoa… qui en gros, reprend un rôle identique à celui de Rico dans HM ; apparaissant aussi dans Zeke & Luther, Geno Segers, décrit à juste titre comme la voix de James Earl Jones dans le corps de The Rock ; et enfin, elle aussi débarquée de The Suite Life on Deck, Kelsey Chow, jeune métisse sino-américaine qui assure son rôle sans problème.

Koiçavo ?
Absolument rien. Sur la saison que j’ai regardée (une grosse vingtaine d'épisodes, pris au hasard sur la s1 et le début de la s2), c’est cheapissime, pas drôle, sans intérêt et assez bas de plafond, avec une marionnette-poisson ridicule, et des décors de studio encore plus fauchés que la norme Disney. De plus, tout l’intérêt du show repose (théoriquement) sur l’attachement des spectateurs aux acteurs, depuis leurs rôles précédents : or comme Musso, Ochoa et Shaw, sans être mauvais, sont absolument transparents et oubliables, ça n'aide guère... (et leur chanson de générique est naze).

Perte de Santé mentale :
J’ai zappé avant d’avoir eu le temps de mesurer.



Zeke and Luther (2009 - 2011)
 

Lords of Dumbtown...

Koicé ?
Le quotidien d’un duo de glandeurs-skateurs, Zeke & Luther, qui tentent de devenir les meilleurs skateurs du monde, et font face à leur rival Kojo, et aux manigances de Ginger, la petite sœur machiavélique de Zeke.

Aveckicé ?
Hutch Dano (Zeke), issu de The Suite Life on Deck, où il jouait le petit ami campagnard de Bailey ; Adam Hicks (Luther), le rouquin qui jouait le voisin envahissant des Jonas dans la s2 de leur show ; Daniel Curtis Lee (Kojo), issu quand à lui du Ned's Declassified School Survival Guide de Nickelodeon ; et Ryan Newman (Ginger), qui jouait jusque là la mini-Miley dans les flashbacks d’enfance de Hannah Montana.

Koiçavo ?
En 1996, Dan Schneider (de Nickelodeon) participe à la création de Kenan & Kel, une sitcom centrée sur le quotidien de deux jeunes afro-américains, et de la peste de petite sœur de l’un d’entre eux. Une série dans laquelle les deux personnages s’adressaient régulièrement directement au public du studio où la sitcom était tournée.

En 2004, Schneider, toujours lui, recycle ce concept (composante afro-américaine exceptée), dans Drake & Josh, un carton absolu de la chaîne Nickelodeon, qui mettait donc en scène deux ados (blancs, cette fois-ci) et la petite sœur machiavélique de l’un d’entre eux (interprétée à l’époque, par une jeune Miranda Cosgrove, la Carly de iCarly). Comme dans Kenan & Kel, Drake & Josh s’adressaient ponctuellement au public du studio.

En 2009, Disney décide de recycler le tout, à son tour, en y intégrant une composante "sk8er". Sauf que, comme le show ne peut être tourné en studio (les cascades de skates, dans des décors fermés et minimalistes, ce n’est pas top), Disney délaisse exceptionnellement It’s A Laugh pour se tourner vers une autre maison de production, Turtle Rock : le choix est alors fait de tourner en caméra unique. Et donc Zeke et Luther de s’adresser régulièrement à la caméra, façon reportage à la The Office, en lieu et place d’un public de studio.

On se retrouve ainsi avec une comédie affreusement plate et peu inspirée, honorablement interprétée, mais écrite sans talent ou originalité. Parfois, une pointe de décalage à la Scrubs/Parker Lewis semble surgir, mais elle est très rapidement étouffée au profit de cascades en skate, et d’intrigues insipides. Trois saisons, donc, et puis s’en va, la faute à des audiences déclinantes... et probablement à ce générique bancal, vaguement chanté à la mode ska-punk par les deux leads qui, malheureusement, ne savent pas chanter (et encore, la version postée est une version réenregistrée pour la s2, l'originale est pire).

Perte de Santé mentale :
Pas particulièrement perdu de points de Q.I. devant la trentaine d’épisodes regardés... mais c’est parce que je faisais autre chose en même temps tant c’était sans intérêt.

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Les bilans de Lurdo : The Witcher, saison 1 (2019)

Publié le 30 Mai 2020 par Lurdo dans Action, Review, Critiques éclair, Comédie, Télévision, Fantastique, Drame, Romance, Les bilans de Lurdo, Aventure, Netflix, USA

Adaptation des romans d'Andrzej Sapkowski (et des jeux vidéo en étant tirés) narrant les aventures de Geralt le Sorceleur, The Witcher est chapeautée, pour Netflix, par Lauren Schmidt Hissrich (Daredevil, The Defenders, The Umbrella Academy... aïe), et a pris la forme, en 2019, d'une première année de 8 épisodes d'une heure à l'ambition très claire : remplir le vide laissé dans le cœur des fans d'heroic fantasy par la fin de Game of Thrones. Mission accomplie ?

The Witcher, saison 1 (2019) :

Les aventures de Geralt de Rive (Henry Cavill), Sorceleur mutant possédant des pouvoirs magiques et mercenaire chasseur de monstres, qui se trouve embarqué dans un conflit qui le dépasse lorsqu'il croise le chemin de Yennefer (Anya Charlotra), sorcière tourmentée, alors même que le royaume de Nilfgaard décide d'envahir violemment les nations voisines...

Résultats assez inégaux, pour cette première saison du Witcher, une première saison qui adapte plus ou moins diverses nouvelles, et adopte donc une approche décousue et déstructurée de sa narration : la plupart de ces épisodes sont des quasi-stand alones, avec des intrigues relativement closes (Geralt accompagne un groupe dans une quête, Geralt doit tuer tel monstre, etc) mais qui, en filigrane, construisent le monde où vit le Witcher, ses relations avec divers personnages secondaires récurrents, et les événements qui mènent au grand final - le siège de Sodden Hill, défendu par l'ordre des sorcières et des mages contre les troupes de Nilfgaard.

En parallèle des aventures de Geralt et de son barde Jaskier (Joey Batey), on suit donc le parcours initiatique de Yennefer, la bossue devenue sorcière toute-puissante en échange de sa fertilité, ainsi que celui de la jeune Ciri (Freya Allan), jeune princesse du royaume de Cintra, en fuite depuis la destruction de son château par les Nilfgaardiens, et destinée à retrouver Geralt.

Contrairement à ce que j'ai pu lire çà ou là, je n'ai pas trouvé la chronologie déstructurée de la série particulièrement difficile à suivre ou inutilement compliquée : au contraire, j'ai trouvé le tout plutôt clair et lisible, de par la présence d'indicateurs temporels visuels, et de personnages récurrents.

Je n'ai pas non plus trouvé que la série était particulièrement honteuse au niveau de ses effets spéciaux (c'est dans la moyenne du genre) ou de l'interprétation d'Henry Cavill (il est effectivement un peu raide dans un premier temps, mais c'est voulu, et il se détend au fil des années et des épisodes).

Là où ça a coincé un peu plus pour moi, c'est au niveau de l'intérêt des diverses sous-intrigues, ainsi que de certains choix de direction artistique, parfois gentiment kitschouilles. Ainsi, les mésaventures de Ciri sont d'un inintérêt chronique, pas aidées par un passage assez raté chez les dryades (des amazones dignes d'un mauvais épisode d'Hercule ou de Xena, dans des décors à la photographie plutôt laide), et par un rythme mollasson, histoire de faire durer le tout jusqu'au final.

À l'identique, les Nilfgaardiens ne paraissent jamais vraiment menaçants ou dangereux, ou du moins, peinent à acquérir une véritable présence à l'écran, engoncés dans des armures fripées très peu probantes, façon cosplay. Et le design des créatures monstrueuses (faune, strige, dragon) est un peu trop générique pour totalement convaincre.

Et puis, je dois bien l'avouer, j'ai toujours du mal avec la diversité forcée façon Netflix, à l'américaine, qui est plus maladroite et pataude qu'autre chose, altérant le récit et les personnages originaux pour leur apporter une ethnicité différente ; je pense notamment à Fringilla, qui, dans les romans, est une sorcière caucasienne pâle aux yeux verts,  ressemblant étrangement à Yennefer au point que Geralt la fréquente un temps, et qui devient ici noire et ouvertement manipulatrice/malfaisante, quitte à rajouter au personnage une caractérisation à la limite du cliché raciste noir = méchant.

À l'identique, le script rajoute de nouveaux personnages exotiques pas franchement utiles (Dara l'elfe), qui souvent ne semblent là que pour assurer un quota de représentativité. Si c'était fait de manière naturelle et plus subtile, aucun problème, mais là, ce n'est pas le cas, et il est difficile de faire abstraction de cette artificialité dans les premiers épisodes de la saison...

Après, l'ensemble reste agréable à suivre : je n'ai pas binge-watché le tout (ce qui explique peut-être pourquoi je n'ai pas eu trop de mal à suivre la chronologie) mais j'ai pris mon temps, au rythme d'un épisode par jour, et je n'ai jamais vraiment eu l'impression que le programme souffrait du syndrome Netflix habituel.

Les acteurs sont, dans l'ensemble, bons, la série conserve un léger sens de l'humour, la nudité n'est pas trop gratuite, les combats à l'épée sont efficaces, et si l'on pourra reprocher un world-building un peu pataud selon les scénaristes, le tout commence à prendre forme une fois que la chronologie se cristallise, à partir de la mi-saison.

Le bilan est donc mitigé positif, avec quelques épisodes qui se démarquent, pas toujours en bien : l'épisode du chevalier hérisson a le souci de recycler un récit traditionnel déjà vu, notamment dans les Monstres et Merveilles de Jim Henson, et d'être tiré vers le bas par la sous-intrigue de Ciri chez les dryades ; à l'inverse, l'épisode de la recherche du dragon dans les montagnes était plutôt amusant, bien que très prévisible ; et puis l'épisode final, particulièrement frustrant, puisque choisissant de placer Geralt dans un semi-coma pendant toute la bataille de Sodden Hill - un choix étrange que de penser que le spectateur est plus intéressé par Yennefer et ses copines défendant d'illustres inconnus, que par le sort et les actions du héros de la série.

C'est peut-être là que la série trahit le fait qu'une showrunneuse soit aux commandes : le programme semble souvent plus intéressé par le destin tragique et les états d'âme de ses protagonistes féminins (au demeurant bien interprétés), plutôt que par Geralt, qui traverse bon nombre d'épisodes en grognant, quasi-impassible.

À nouveau, avec un peu plus de subtilité et de maîtrise, une telle approche pourrait pleinement fonctionner. En l'état, ça reste un peu maladroit, et ça tente parfois trop de lorgner sur le Trône de Fer pour son propre bien.

Ah, et j'ai failli oublier un point important de la série : sa musique. Important, mais plutôt par son absence, car elle ne m'a pas du tout marqué, entre un thème principal et des sonorités m'ayant immédiatement renvoyé au thème principal de Black Sails, et des chansons de fin de générique assez insipides, le tout m'a semblé plat au possible, sur ce front. Y compris au niveau de Toss a Coin..., qui a fait sensation sur le web au moment de la diffusion de la saison 1, mais qui est honnêtement assez pauvre dans son écriture.

Je serai au rendez-vous d'une saison 2, plus par curiosité de voir s'ils vont trouver leur rythme de croisière que par véritable passion pour la série, mais une chose est sûre : il y a eu bien pire dans le genre fantasy télévisuelle, et finalement, cette saison 1 du Witcher est plutôt honorable.

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Retrouvez aussi toutes les autres séries passées en revue sur ce blog en cliquant ici.

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Les bilans de Lurdo : Star Trek Voyager, saison 3 (première partie)

Publié le 20 Novembre 2013 par Lurdo dans Les bilans de Lurdo, Critiques éclair, Review, Télévision, Star Trek, Science-Fiction

Allez, zou. Sans grande motivation après deux premières saisons ternes et peu enthousiasmantes, je continue mon intégrale de la série, avec sa saison 3 :  

3x01 - Basics part 2 :
Lors du bilan de la saison précédente, j'avais dit cela :
"(...) La brève réapparition de Suder dans l'épisode fait plaisir, cea dit, même si elle semble très clairement une mise en place pour un sacrifice ultérieur "pour le bien du vaisseau", avec rédemption du criminel, tout ça."

CQFD. En tant que conclusion à Basics Part 1, ça ronronne de manière prévisible, et ça a recours à toutes les solutions de facilité imaginables, tant tout tend vers un retour à la normale téléphoné pour l'équipage. De même, on a droit à une mort de red-shirt, et à Suder qui, malheureusement, se sacrifie bel et bien pour la cause. Bref, un show trop attendu, qui n'a comme intérêt que de mettre un terme à l'arc des Kazons (même s'il le fait de manière décevante, en butant Seska, et en faisant de son gamin celui du Kazon). Ah, et autant le gloumoute en cgi dans la grotte était sympa, autant les hommes prehistoriques de la planète sur laquelle l'équipage du Voyager est abandonné étaient risibles.

3x02 - Flashback :
Épisode anniversaire plein de bonnes intentions, avec le gros flashback à bord de l'Excelsior pendant Trek VI - The Undiscovered Country. Problème : tout ça est toutélié au scénar principal par une histoire de virus/souvenir réprimé pas très convaincante, et surtout - sacrilège - Braga se plante joyeusement dans la chronologie des évènements, condensant en quelques jours plusieurs mois des évènements du film. Dommage, parce que tout ce qui a trait à Tuvok fonctionne assez bien.

3x03 - The Chute :
Kim et Paris nous refont Oz & la Grande Évasion dans un pénitencier alien. Assez bien réalisé et joué, y compris par Garrett Wang, mais à part ça, ça ronronne quand même tranquillement par moments, avec un scénario de base convenu et rabaché, des aliens au maquillage minimaliste, et une Janeway intraitable assez agaçante (comme d'habitude, me direz-vous...).

3x04 - The Swarm :
Tout l'intro entre Torres et Paris en train de s'ennuyer en duo dans une navette était très sympa (et souligne bien que les personnages de toute série Trek ont besoin de vivre et d'interagir plus souvent s'ils ne veulent pas paraître froids et isolés) ; Le doc atteint d'alzheimer, et obligé d'avoir recours aux conseils de Zimmerman, n'était pas non plus une mauvaise idée ; mais bizarrement, le tout ne fonctionne que trop moyennement à mon goût, pas aidé par une crise forcée et anecdotique, qui oppose le vaisseau à un peuple hostile et sous-développé, dans une intrigue clairement rajoutée pour remplir l'épisode et meubler un peu. Rien de mauvais, toutefois (à part peut-être Janeway qui, une fois de plus, ignore le règlement quand bon lui semble, pour gagner du temps de voyage). 

3x05 - False Profits :
Aaah, un bon vieil épisode Ferengi, que la fanbase déteste tant !! Perso, j'aime bien l'humour de ces personnages, et cet épisode plus léger et dynamique qu'à l'habitude, ainsi que la continuité globale du truc. Bref, c'était sympa. Rien d'exceptionnel, cela dit... mais sympatoche.

3x06 - Remember :
Un Torres-centric assez consistant, et très bien joué par Roxann Dawson. Mais, car il y a toujours un mais, 1) ça fait toujours bizarre de voir B'elanna expliquer en détails à Chakotay qu'elle fait des rêves érotiques au sujet d'un alien, et qu'elle prend un pied monstre... alors qu'une saison plus tôt, elle était attirée par Chakotay, et ne semblait pas aussi proche de lui que ça, ou même suffisamment à l'aise pour aborder de tels sujets en sa présence. M'enfin bon, la continuité et Voyager, ça fait douze, de toute façon.
Et 2) le scénario en lui-même (le côté "B'el revit les souvenirs d'une alienne télépathe et découvre les secrets de la race-extraterrestre-de-la-semaine") est franchement téléphoné et cousu de fil blanc. Et comme d'habitude, la fin semble précipitée...

3x07 - Sacred Ground :
Arg, paglop, cette histoire de Kes qui profane un temple extraterrestre parce qu'on ne lui a pas appris qu'entrer sans autorisation dans des sites sacrés, ce n'est pas bien... et puis ensuite il faut la soigner, et faire un rituel spirituel à la con... Et Janeway qui engueule les aliens parce qu'ils ne peuvent pas aider... Un épisode gentiment creux de bout en bout dans sa forme, alors que le fond se veut profond et métaphysique. Je suppose qu'en théorie, tout l'épisode était sensé être une discussion sur la religion vs. la science, et sur la remise en question des convictions de Janeway... mais tout ce qu'il a accompli, c'est me donner envie de dormir. Surtout que le questionnement interne de Janeway, il ne resurgira jamais à l'avenir, donc... c'était bien utile.

3x08/09 - Future's End :
Du time-travel dans tous les sens, Sarah Silverman qui court avec enthousiasme (bouncy ! :mrgreen: ) mais qui joue toujours à la Sarah Silverman (comprendre qu'elle minaude beaucoup, avec un ton ironique et moqueur), des figurants qui reviennent toutes les trois minutes à l'écran pendant les scènes de foules, des fringues 90s, des dialogues WTF ("Who are you, people, and what is that thing in your pants !?"), un écran d'ordinateur qui ressemble à de l'Atari 2600, l'holo-émetteur portable du Doc qui fait sa première apparition, Torres et Chakotay qui sont pris en otage par des extrémistes de droite anti-gouvernement (huhuhu, l'intrigue qui ne sert à rien), et un rythme assez bancal, qui me fait dire qu'au lieu de 80 minutes, cette histoire aurait été plus efficace sur 40. M'enfin, ça se regardait (non sans être parfois un peu trop ennuyeux), et c'était même assez fun par moments (en partie parce que c'est déjà supra-daté)... mais le tout finissait quand même par se dégonfler gentiment... 

3x10 - Warlord :
Un running amusant (l'holoprogramme club de vacances de Neelix, à la fois hilarant de par l'esthétique sexy-mais-pas-trop/lamé à paillettes de toutes les potiches siliconées en bikini, et sympathique, parce que B'elanna en maillot :sweat: ), mais une histoire un peu bancale (Kes possédée par un despote alien appelé Tyran, qui veut conquir le mooooooonde, mouhahahahaha *riremaléfique*), sauvée par une Jenn Lien qui en fait trois tonnes, se prend pour l'Intendante Kira dans le Mirror Universe, et rend le tout joyeusement overzetaupe. Par contre, le black corpulent qui joue un moment les aliens sous les ordres de Kes était particulièrement mauvais.

3x11 - The Q and the Grey :
Un épisode apparemment détesté par le fandom (comme la majorité des épisodes "légers", d'ailleurs, parce que "TREK IS SERIOUS BIZNESS"), mais que je trouve toujours sympatoche, voire même réussi, jusqu'à la fin un peu bancale façon fusillade d'actioner forcée.

3x12 - Macrocosm :
Janeway & Neelix qui reviennent à bord, mais le vaisseau est vide, envahi par grosses bestioles virales agressives. Autrement dit, c'est Janeway en mode Ripley grimaçante avec un débardeur trempé et un gros gun. Gros gros bof, et des clichés à la pelle, mais apparemment, le fandom apprécie celui-là "si on met son cerveau de côté". Je retiens juste la scène de Tom & B'el qui s'engueulent à la cantine, et qui souligne une nouvelle fois que les persos secondaires devraient être plus souvent développés dans de petites scènes de ce genre.

(à suivre...)

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Les bilans de Lurdo : Stephen King's Rêves et Cauchemars (2006)

Publié le 13 Décembre 2011 par Lurdo dans Les bilans de Lurdo, Cinéma, Critiques éclair, Review, Télévision, Halloween, Fantastique, Thriller, Drame, Comédie, Anthologie, TNT

Mini-série de huit épisodes diffusés en 2006 sur la chaîne TNT, Rêves et Cauchemars est passée assez inaperçue à son apparition sur les petits écrans américains. Ne bénéficiant ni du budget ni de la publicité des autres adaptations télévisuelles de King, cette mini-série a beau posséder une distribution intéressante, elle est en effet un peu trop inégale pour convaincre totalement.

Dans le désordre, quelques impressions de visionnage :

1x02 - Crouch End :

Un couple en vacances à Londres se perd à Crouch End, portail vers une dimension lovecraftienne...

Je me souvenais un peu de la nouvelle originale, du moins de quelques passages... et là, et bien... c'est Masters of Horror 2.5. Avec ce que ça sous-entend qualitativement. Jeff Beal à la musique, sympathique... le couple est très attachant, c'est assez joli visuellement... mais effectivement, c'est du lovecraftien très classique, en moins bien, et sans réelle tension : les sfx sont moches, les persos ont des réactions peu naturelles face aux évènements (ils perdent instantanément pied... ou alors c'est qu'ils surjouent constamment, je sais pas - surtout Forlani, qui a dû prendre des cours de comédie à la Tom Welling School of Acting), la réal alterne le bon et l'hideux, ça passe d'un truc à un autre sans s'y attarder, et la fin ne fonctionne pas très bien, la faute aux mauvais SFX du chat... Paglop, donc.

2/6

1x01 - Battleground :

L'affrontement sanguinaire entre un tueur à gages, et les petits soldats envoyés par sa dernière victime, patron d'une entreprise de jouets...

Une nouvelle dont je me souvenais très bien... et cette version, écrite par le fils Matheson, et réalisée par le fils Henson, est assez marrante. William Hurt est bon, Mia Sara passe à l'écran, l'absence de dialogue ne gêne pas du tout, les sfx sont plutôt bons... Par contre, l'épisode aurait clairement gagné à être amputé des 10 premières minutes illustrant le meurtre, qui auraient facilement pu être résumées en quelques phrases au début de l'épisode, pendant le passage de Hurt à l'aéroport... et un peu plus de rythme n'aurait pas été le malvenu... mais c'est quand même fun.

4/6

1x05 - The Road Virus Heads North :

Un auteur de romans d'horreur achète un tableau sinistre dont il s'inspire... mais bientôt le tableau commence à montrer les images d'évènements dramatiques réels.

Aucun souvenir de la nouvelle si ce n'est le pitch de base... La version épisode, elle, est très bof. La réalisation est très moyenne, pleine d'effets bancals, le rythme n'est pas génial, et l'adaptation est dénuée de rythme ou de suspense : on devine le dénouement dès le premier changement du tableau, et après, tout se déroule de manière systématique, presque machinale, avec des mini-intrigues secondaires, et des personnages qui ne servent pas à grand chose, si ce n'est à donner un peu de profondeur au perso de Berenger... L'absence de conclusion n'aide pas, tout comme la musique trip-hop/jazz/je sais pas quoi, gentiment soûlante... Bref...

2/6

1x04 - The End of the Whole Mess :

Agonisant, un réalisateur narre l'expérience menée par son frère, un vrai génie, décidé à mettre un terme à la violence de la société, quel qu'en soit le prix...

Absolument aucun souvenir de celui-là non plus, donc un épisode abordé avec un esprit frais... Bon point, la présence de Ron "Office Space" Livingston. Et dans une moindre mesure, celle de Henry "E.T." Thomas, même si sa tête me rappelle trop le désastreux Chocolate. À part ça, des sfx très limités... heureusement, car s'ils devaient tous être comme le bébé qui parle, ça aurait été un vrai carnage. Je me demande d'ailleurs s'ils n'ont pas concentré tous le budget effets spéciaux dans le premier épisode, pour le coup. Sinon, un très chouette épisode, assez touchant, et très bien interprété.

4.5/6 

1x03 - Umney's Last Case :

Un écrivain s'insère dans son nouveau roman, pour tenter d'obliger son personnage principal, Umney, à prendre sa place dans la vie réelle...

Ah, celui-là, je l'ai adoré. En même temps, je suis fan de l'ambiance noire des 30s, et de Macy donc, là, c'était parfait pour moi, avec ce face à face auteur/création. Pas parfait, cela dit, avec quelques moments de surjeu un poil trop flagrant, mais rien de rédhibitoire. Et puis la réal était jolie.

4.5/6

1x06 - The Fifth Quarter :

La chasse au trésor d'un détenu, prêt à tout pour mettre la main sur de l'argent volé et dissimulé...

Aucun souvenir de la nouvelle non plus. Un épisode sans aucun passage surnaturel, ça fait un choc, mais pourquoi pas. Bowman s'amuse à faire comme dans Day Break, il rajoute des effets purement gratuits, comme du ralenti, des jump-cuts, des trucs comme ça... pas utile. Sinon, l'histoire en elle-même est pas déplaisante, mais loin d'être exceptionnelle. C'est solide, porté par de bons acteurs, mais en fin de compte (attention, paradoxe) il se passe plein de choses sans que rien vraiment ne se produise de manière crédible (tout arrive sans réelle difficulté, il arrive, il bute un gars, il repart, le tout en 4 minutes chrono, ça s'enchaîne, c'est trop rapide, et trop survolé... il y aurait pourtant de quoi en faire un long-métrage, de cette histoire, en développant un peu). Un épisode moyen.

3/6

1x08 - You Know They Got A Hell Of A Band :

Un couple arrive à un endroit assez étrange, où les fantômes des stars de la musique sont tous présents...

Beaucoup plus space, celui-là... mais pas moins fun, avec Steven Weber qui débarque avec sa femme dans une ville étrange au milieu de nulle part, où vivent toutes les stars disparues du rock'n'roll... une ville que l'on ne quitte pas facilement. Très (trop ?) Twilight Zone, effectivement, comme ils le font remarquer...

4/6

1x07 - Autopsy Room Four :

Mordu par un serpent venimeux, un homme perd conscience, et entre dans un état catatonique, qui l'amène à assister impuissant à sa propre autopsie...

Voix-off un peu saoûlante, mais ça se laisse regarder, sans plus. La scène du serpent dans l'ascenseur est particulièrement moche et ratée, mais à part ça, c'est parfois amusant. De là à en faire un épisode de 45 minutes....

3/6

 

Bilan :

Sur huit épisodes, le bilan est très mitigé : près de la moitié des épisodes peine à atteindre la moyenne, tandis que l'autre moitié ne s'élève finalement pas très haut (deux épisodes sympas, sans plus, et deux bons épisodes qui ont tout de même des défauts évidents). Cela dit, ce n'est pas pire que le bilan des Masters of Horror et autre Fear Itself, donc après tout... et le générique et sa musique, très Tales from the Crypt dans l'esprit, sont très sympathiques, ça aide.

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Un film, un jour (ou presque) - PUNISHER WEEK - 04 - Punisher : Zone de Guerre (2008)

Publié le 23 Novembre 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Action, Thriller, Marvel, Punisher

Toute la semaine, Les Téléphages Anonymes passent la carrière télévisuelle & cinématographique de Frank Castle en revue, pour le meilleur... et pour le pire.

Punisher : Zone de Guerre (Punisher - War Zone) :

Actif depuis cinq ans, le Punisher (Ray Stevenson) continue d'éliminer un à un les membres de la pègre new-yorkaise. Mais lors d'une mission, après avoir tué par erreur un agent infiltré, il défigure atrocement Billy Russotti (Dominic West), un mafieux vaniteux. Désormais rebaptisé Jigsaw, ce dernier perd la tête, et décide de libérer son frère cannibale (Doug Hutchison) pour l'aider à traquer et à tuer Castle, quitte à utiliser pour cela la veuve (Julie Benz) et la fille de l'agent tué par le Punisher.

Autant le Punisher 2004 est généralement considéré comme un ratage, autant ce Punisher War Zone semble diviser. Conçu par ses producteurs pour être un film comic-book décomplexé et cartoony, PWZ est par ailleurs notable pour avoir été réalisé par une femme, Lexi Alexander.

Au premier abord, le résultat, à l'écran, n'est malheureusement pas à la hauteur des promesses de la production, ni des attentes du spectateur... ou du moins, cela dépend de ce que l'on attend d'un film Punisher.

Si tout ce que l'on demande d'un film Punisher, c'est un héros impassible, badass et bourrin, un Terminator indestructible qui démolit des méchants ultra-caricaturaux à tour de bras de manière toujours plus sanglante et improbable, alors oui, PWZ est une réussite.

Si par contre, on a une tolérance assez faible aux scripts prétextes et dérivatifs (de nombreux moments rappellent, par exemple, la structure du script du Batman de Burton), à une direction artistique et à des méchants en roue libre (façon Joel Schumacher), à une interprétation très inégale, et à un aspect technique (réalisation, montage, effets) parfois très approximatif, alors là, ça risque de coincer.

Il va sans dire qu'entre deux mises à mort sanglantes et les innombrables scènes consacrées au duo de méchants risibles, il n'y a pas beaucoup de place pour développer le personnage de Castle, qui n'est guère plus ici qu'un Jason Voorhees opérant dans le camp du bien. On revient bien en micro-flashback sur ses origines (pour une fois respectées !) et il y a bien une tentative d'adoucir brièvement Castle en lui donnant des remords, et un attachement à la fillette dont il a tué le père, mais rien de vraiment probant.

Pas de place non plus pour un univers plus noir ou réaliste. Car là n'est pas le propos : un peu comme pour Man of Steel (qui tentait de satisfaire les fans de Superman les plus vocaux, qui se plaignaient du manque de bagarres dans Superman Returns), l'objectif était ici de plaire aux fans du Punisher ayant trouvé la version 2004 lamentable, et pas assez extrême (la scène de la torture à la glace est souvent citée en exemple... malgré le fait qu'elle ait directement été tirée des comics).

D'où un côté très bourrin et bas-de-plafond, qui, pour moi, s'avère vite insupportable (et évoque des films comme Crank ou Shoot'em up). Ajoutez à cela un film constamment éclairé aux néons multicolores (on se croirait devant The Defenders, ou, comme mentionné plus haut, chez Schumacher) et un script écrit à plusieurs mains, assez décousu et mal rythmé, et au ton constamment hybride, mi-sérieux mi-cartoon (un peu comme si, en s'inspirant de plusieurs époques et tonalités des comic-books Punisher - du grotesque, de l'über-violence, de la comédie, de l'émotion, etc -, le film finissait par n'être qu'une mayonnaise ne prenant pas), et on se retrouve devant un métrage inabouti, à la dernière fusillade efficace, mais à la boss battle de conclusion assez médiocre.

Ce film a ses fans. Des fans assez nombreux, généralement amateurs de cinéma de genre, et qui ont souvent trouvé là ce qu'ils cherchaient : de l'action, de la violence et du fun.

(c'est d'autant plus vrai par chez nous, où le film est sorti directement en vidéo, ce qui a d'office diminué les attentes des spectateurs, façon "pour du DTV, ce n'est pas mal du tout !")

En l'état, je n'ai pas du tout aimé ce Punisher - War Zone, au point que la vision de ce film m'a presque fait revoir le Punisher de 2004 (aussi fidèle aux comics que celui-ci, n'en déplaise à certains) à la hausse... Au moins, malgré ses innombrables défauts, la version de Thomas Jane ressemblait à un film de cinéma. Et avait un thème musical principal mémorable.

Dommage, parce que Ray Stevenson campait plutôt bien le Punisher (en dépit d'une direction d'acteurs globalement insuffisante) malgré une tenue tactique assez laide, et un crâne à peine plus présent que chez Dolph...

2/6

(mais si l'on aborde ce film comme un DTV de série b fini à la truelle, avec pour objectif de voir un Punisher démolir tout ce qui bouge, il y a moyen de s'amuser... un peu)

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Un film, un jour (ou presque) - INTÉGRALE MARVEL CINEMATIC UNIVERSE - Phase 3.3 : Thor Ragnarok (2017) & Black Panther (2018)

Publié le 10 Mars 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Comédie, Action, Aventure, Fantastique, Science-Fiction, Marvel, MCU

Avengers : Infinity War, la conclusion de 10 années de films Marvel, arrive à grand pas, et le moment est donc idéal pour revoir tous les films du MCU, dans leur ordre de diffusion initial...

La Phase 3 continue de battre son plein, malgré des Gardiens de la Galaxie un peu décevants : pour l'instant, c'est carton-plein pour cette Phase du MCU... et ce n'est pas fini !

Thor 3 - Ragnarok (2017) :

Lorsque Hela (Cate Blanchett), soeur aînée de Thor (Chris Hemsworth), ressurgit pour conquérir le trône d'Asgard - ou le détruire, le cas échéant - ce dernier voit son monde bouleversé : son marteau est pulvérisé, et il est envoyé à l'autre bout de l'univers, sur Sakaar, pour y devenir un gladiateur dans les jeux du cirque du Grand-Maître (Jeff Goldblum). Mais, là, il retrouve (contre toute attente) l'incroyable Hulk (Mark Ruffalo), qu'il va devoir affronter dans l'arène s'il veut s'échapper...

Une comédie spatiale décalée et hautement réjouissante, pour peu qu'on ne soit pas allergique à l'humour absurde et à un second degré certain, typique du réalisateur, Taika Waititi.

Alors c'est sûr que si l'on s'attendait à un crépuscule des dieux ultra-dramatique et sérieux, il y a de quoi être frustré ; néanmoins, si l'on accroche à cette univers de space-opera déglingué façon années 80, néons, pochettes de heavy metal et Flash Gordon, et que l'on sait à quoi s'attendre, c'est un vrai plaisir.

Ce n'est pas sans défauts, certains personnages sont expédiés ad patres trop rapidement, la post-synchro VO de Cate Blanchett est assez ratée, et l'humour prend parfois trop le pas sur le reste, mais dans l'ensemble, ça fonctionne, c'est fun, et ça met en place certaines des dernières pièces du puzzle Infinity War.

D'où la note de 4.25/6 pour cet Asgardians of the Galaxy.

(critique originale plus complète publiée sur ce blog en 2017, à lire ici)

Black Panther (2018) :

De retour au Wakanda après la mort de son père, T'challa (Chadwick Boseman) doit remplacer ce dernier sur le trône, et dans le costume de la Panthère Noire. Mais l'association de deux criminels - Ulysses Klaue (Andy Serkis) et Killmonger (Michael B. Jordan) - menace bien vite de déclencher un coup d'état, et de renverser l'ordre établi...

Pour conclure cette première partie de la Phase 3 du MCU, retour à quelque chose de plus sérieux, avec un film quasi-indépendant du reste de son univers, et qui célèbre l'Afrique sous toutes ses formes.

Acclamé par la critique, et succès au box-office avant même sa sortie, Black Panther est un métrage globalement satisfaisant, aux thèmes pertinents et à la direction artistique spectaculaire (gros travail sur les accents et le phrasé, en VO). Killmonger a ainsi une véritable dimension dramatique qui parle clairement à un certain segment de la population afro-américaine (au risque, malheureusement, de laisser de marbre une grosse partie du public caucasien, pour ne pas dire européen).

Tout n'est pas parfait, loin de là : on peut regretter le sort des deux méchants du film, ainsi que le petit ventre mou, une fois la moitié du récit atteinte. À l'identique, et plus paradoxal de la part du réalisateur de Creed, les affrontements physiques du premier tiers du film (le duel de la cascade, notamment) semblent un peu trop lents, et manquant d'impact (ou d'un montage plus nerveux et percutant). Enfin, on note une certaine redondance dans les scènes finales du film, pré et mi-générique.

Sans oublier, bien sûr, des effets spéciaux relativement inégaux. Si les rhinocéros passent nettement mieux sur petit écran (je me demande même s'ils n'ont pas été retouchés avant la sortie dvd), il n'en va pas de même pour la Panthère et sa tenue : très affairées, en parallèle, sur Avengers - Infinity War, les équipes d'effets spéciaux sont un peu à la peine ici, et il y a toujours un vrai problème de masse et de mouvement des doublures numériques de la Panthère (et de Killmonger). Cela affaiblit donc pas mal le duel final, qui devient un affrontement de synthèse sans réel impact.

Cela dit, après un revisionnage au calme et en VO, j'ai nettement plus apprécié le film, qui m'avait laissé mitigé-positif après une séance cinématographique assez houleuse. Ce n'est pas mon film préféré du MCU, mais il se place néanmoins en bonne position dans mon classement personnel, de par sa fraîcheur et ses thématiques.

4/6

 

(critique éditée et corrigée en 05/2018 ; critique originale plus complète publiée sur ce blog en février, à lire ici)

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