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LES TÉLÉPHAGES ANONYMES

Il était une fois Lurdo & Sygbab, deux internautes passionnés de séries tv et de cinéma, et qui cherchaient un endroit où archiver leurs avis (semi) éclairés...

Articles avec #apple catégorie

Les bilans de Lurdo : Mythic Quest, saison 2 (2021)

Publié le 25 Juillet 2021 par Lurdo dans Comédie, Critiques éclair, Les bilans de Lurdo, Review, Romance, Sitcom, Télévision, USA, Apple

Après une saison 1 agréable, marquée par un épisode unitaire clairement un bon niveau au-dessus du reste, et deux épisodes pandémiques assez réussis, la série d'Apple TV+ revient pour 9 épisodes de 25 minutes, diffusés en mai et juin derniers...

Mythic Quest, saison 2 (2021) :

Lorsque Ian (Rob McElhenney) décide de prendre un congé sabbatique, il laisse à Poppy (Charlotte Nicdao) la charge de développer la nouvelle extension de Mythic Quest... ce qui va rapidement mener à des complications et à des divisions au sein du studio.

Et je ne sais pas si c'est moi, mais la série m'a semblé différente, cette année. Après une saison 1 axée sur la sortie d'une grosse expansion au jeu, et sur la montée en puissance de Poppy, passée de simple programmeuse à co-directrice créative du jeu, voilà qu'on se retrouve avec une saison 2... centrée sur la sortie d'une grosse expansion au jeu, et sur une Poppy au pouvoir, quasi-flanderisée.

C'est peut-être ma mémoire qui me joue des tours (et je ne dis pas que Poppy était un ange en saison 1), mais j'ai eu un peu de mal à reconnaître le personnage workhaholique et manquant d'assurance de la première année et des épisodes spéciaux, la quasi-straight woman au sein d'un studio de fous, qui ici semble avoir été mis au diapason du reste du cast : en tant que boss, elle est ultra-autoritaire, capricieuse, bitchy, excentrique, méprisante, et, comme souvent, la transition est tellement brutale qu'on se demande si c'est un souci d'écriture.

Certes, c'est partiellement voulu, afin d'illustrer l'adage "le pouvoir corrompt", mais aussi de souligner le fait que toutes les insécurités de Poppy prennent le dessus sur elle lorsqu'elle est en position de grand stress... mais la transition reste très brusque, et fait immédiatement basculer le personnage dans le camp des antipathiques.

L'écriture, d'ailleurs, fait des choix intrigants, qui ne paient pas toujours : Ian (et donc Rob McElhenney, acteur, showrunner, scénariste) est mis en retrait, tant dans ses caprices que dans ses folies, et se retrouve à remettre à leur place Poppy et Rachel en leur disant leurs quatre vérités (on est parfois à deux doigts du mansplaining de Gen X-er, notamment lorsqu'il explique la vie à Rachel la SJW clichée) ; la relation de Rachel (Ashly Burch) et de Dana (Imani Hakim) passe au premier plan, tentant de jouer la carte du shipping LGBTQ+ mais (comme le soulignent les autres personnages) tout le monde s'en contrefiche... y compris le spectateur ; et Brad (Danny Pudi) prend (inévitablement) plus de place, associé à Jo (Jessie Ennis) dans une relation mentor/protégée qui dégénère rapidement en rivalité sans pitié.

De quoi développer certains des personnages secondaires, ce qui est l'objectif de toute saison 2. Mais tout est une question de dosage : l'opposition artistique et la séparation créative de Ian et Poppy, traitée sur le mode du divorce amical, n'est pas un fil conducteur forcément assez fort pour tenir toute la saison, d'autant qu'il se déroule de manière très prévisible.

Un sentiment encore plus renforcé par l'épisode "spécial" de la saison, l'équivalent de l'excellent A Dark Quiet Death de la saison 1 : ici consacré à CW Longbottom, le scénariste du jeu Mythic Quest habituellement interprété par F. Murray Abraham, l'épisode décrit une rivalité créative entre trois jeunes auteurs (Josh Brener, Shelley Hennig, Michael Cassidy), dans les années 70, rivalité finissant par mener à leur séparation, et à une réconciliation, cinquante ans plus tard, dans l'épisode suivant.

Pas désagréable, en soi, mais assez convenu et redondant, et n'ayant pas l'efficacité de l'épisode "spécial" de la saison 1, ce Backstory a le mérite d'éclairer un peu le parcours de CW (d'une manière finalement très Lostienne), et de donner de quoi s'amuser à William Hurt et à F. Murray Abraham, dans l'épisode suivant.

Mais ça téléphone aussi largement la conclusion de l'arc Ian/Poppy, déjà très prévisible, et qui suit alors son petit bonhomme de chemin (en passant par la case "Ian est à l'hôpital, tout le monde s'inquiète", assez facile).

Un peu faible créativement, la série reste cependant agréable à regarder, est assez ludique. On pourra reprocher, comme toujours, les inserts de jeux Ubi Soft et autres (Horizon Zero Dawn) pour illustrer le jeu Mythic Quest, ou encore un David globalement inexistant...

Et puis il y a cette fin de saison, qui voit Poppy et Ian quitter le studio de Mythic Quest pour aller créer un autre jeu ailleurs. Une fin qui sonne très fin de série, qui arrive un peu comme un cheveu sur la soupe, et qui manque d'un véritable crescendo probant.

Après... ça reste Mythic Quest, c'est (comme je le disais plus haut) toujours agréable à suivre, et de toute façon je suis clairement minoritaire à penser que cette saison 2 manquait de cohésion et de véritable direction : la majorité des critiques et des fans (qui viennent souvent du public d'It's Always Sunny... dont je ne faisais pas partie) ont apprécié cette nouvelle fournée d'épisodes, et sont nettement plus attachés aux personnages que je ne le suis actuellement.

Néanmoins, certains des choix créatifs de cette saison ne m'ont pas vraiment convaincu, et j'en ressors donc globalement mitigé.

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Les bilans de Lurdo : Ted Lasso, saison 1 (2020)

Publié le 22 Mai 2021 par Lurdo dans Comédie, Critiques éclair, Les bilans de Lurdo, Review, Romance, Sport, Télévision, USA, Drame, Apple

Sitcom Apple Tv+ signée Bill Lawrence (Scrubs, Cougar Town) en 10 épisodes de 25 minutes, Ted Lasso s'inspire directement (quitte à en reprendre texto des passages dans son pilote) de segments publicitaires de quelques minutes, commandés par NBC pour annoncer l'arrivée du football anglais sur la chaîne. Au programme de la série, les mésaventures de Ted Lasso, coach américain engagé pour s'occuper d'une équipe de foot miteuse du Championnat d'Angleterre...

Ted Lasso, saison 1 (2020) :

Coach universitaire de football américain, Ted Lasso (Jason Sudeikis) accepte, pour oublier un temps ses problèmes de couple, de devenir entraîneur de l'équipe de football de l'AFC Richmond, un obscur club anglais à la traîne. Mais il ignore que Rebecca Welton (Hannah Waddingham), la nouvelle propriétaire du club, dont elle a hérité lors de son divorce, ne l'a engagé que pour couler le club, et se venger ainsi de son ex-mari infidèle (Anthony Head)...

Une série louée par beaucoup de critiques comme la révélation de la saison, et une fois ces dix épisodes visionnés, il est facile de voir pourquoi, en pleine pandémie, ce programme résolument optimiste et gentil a su trouver un public.

En effet, il ne faut pas chercher l'hilarité et les gags effrénés dans ce Ted Lasso, mais plutôt une atmosphère globalement bon enfant, dans laquelle baigne cette histoire de poisson hors de l'eau légère et agréable à suivre.

Il faut dire que Bill Lawrence, à la production et à la co-écriture du pilote, n'a plus à faire ses preuves dans le genre, et ici, en mode dramédie au format court, il laisse ses acteurs confirmés incarner leurs personnages, sans jamais forcer la comédie.

On retrouve çà ou là certaines dynamiques typiques de Lawrence - les deux meilleurs potes inséparables et fusionnels, le personnage taciturne et impassible, la patronne manipulatrice et son souffre-douleur effacé, les personnages féminins qui se soutiennent malgré leurs différences, une petite touche d'émotion, des seconds rôles mémorables -, et le tout, s'il ne révolutionne rien, s'avère très sympathique à suivre, porté par l'optimisme indéboulonnable et l'absence totale de méchanceté ou de rancune de Lasso.

Les personnages secondaires, cela dit, ne sont pas à négliger, et tout le monde s'acquitte très bien de son rôle : mention spéciale à Nathan (Nick Mohammed), l'assistant effacé qui connaît un parcours intéressant, ou encore à Keeley (Juno Temple), dont le pseudo-triangle amoureux entre deux joueurs - Rory (Brett Goldstein), le vétéran en fin de carrière, et Jamie (Phil Dunster), la superstar montante - s'efface progressivement devant un développement sincère des deux hommes, qui finissent ainsi la saison à une bien meilleure place qu'au début.

Trois saisons de la série sont déjà prévues, avec une conclusion programmée au terme de la saison 3 : je serai au rendez-vous, tout en sachant à l'avance que la série ne s'inscrira pas forcément au panthéon des séries comiques incontournables.

Mais en cette période anxiogène, Ted Lasso reste une bouffé d'oxygène plutôt agréable, et qui fait du bien.

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Critiques éclair - Mythic Quest : Everlight (2021)

Publié le 15 Mai 2021 par Lurdo dans Comédie, Critiques éclair, Les bilans de Lurdo, Review, Romance, Sitcom, Télévision, USA, Apple

Après une première saison sympathique (mais anecdotique, un épisode bien précis mis à part), et un épisode spécial quarantaine qui a su jouer avec les limites imposées par la pandémie, retour de Mythic Quest, la comédie Apple TV+, pour un autre épisode spécial, une sorte de mise en bouche avant le lancement de la saison 2, diffusée de manière hebdomadaire depuis la semaine dernière, et qui sera chroniquée en ces pages courant juillet, au terme de sa diffusion.

Mythic Quest - Everlight (2021) :

Après un confinement interminable, l'équipe du MMO Mythic Quest revient enfin dans ses locaux, à l'occasion de leur fête annuelle Everlight ; comme chaque année, au programme, un tournoi de LARPing truqué par Ian, afin qu'un employé habituellement ignoré ait droit, enfin, à son jour de gloire...

Un épisode de retour au travail... ou presque, puisque tout est centré sur cette fête annuelle conçue pour redonner le moral aux employés, par le biais d'un tournoi de LARP assez improbable.

Et ça fonctionne plutôt pas mal, tout ça, à la fois pour remettre tout le monde dans le bain (y compris le spectateur) en préparant le terrain à la saison 2, mais aussi pour exprimer un message d'espoir au sortir de la crise de la COVID (même si bon, on est toujours en plein dedans).

Sans oublier ce virage final vers quelque chose de plus cinématographique et fantastique, avec un ultime duel tourné à grands renforts d'effets spéciaux et de musique épique.

Un bon retour en selle pour le programme, en espérant que la qualité soit au rendez-vous d'une saison 2 au tournage forcément impacté par la pandémie.

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Un film, un jour (ou presque) #1392 : SEMAINE SAINT PATRICK - Le Peuple loup (2020)

Publié le 15 Mars 2021 par Lurdo dans St Patrick, Apple, Action, Animation, Aventure, Cinéma, Comédie, Critiques éclair, Fantastique, Jeunesse, Review, UK, Irlande

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Et cette semaine, le blog se met à l'heure de l'Irlande, pour célébrer la Saint Patrick !

Le Peuple loup (Wolfwalkers - 2020) :

En 1650, sous l'autorité de l'implacable Lord Cromwell, la ville irlandaise de Kilkenny vit cloîtrée derrière des murs, à l'abri des hordes de loups vivant dans la forêt toute proche. Mais Robyn, la fille de Bill Goodfellowe, le chasseur de loups de la ville, n'a qu'une idée en tête : accompagner son père en forêt, malgré son refus, et l'aider dans sa chasse. Elle brave alors l'interdit, et croise le chemin de Mebh, une fillette vivant avec les loups, car capable, comme sa mère, de se transformer la nuit en l'un de ces animaux...

Qui dit Irlande et film d'animation dit bien entendu Brendan et le Secret de Kells, ainsi que Le Chant de la Mer, collaborations entre le réalisateur et scénariste irlandais Tomm Moore, et le compositeur Bruno Coulais : des films d'animation empreints de tradition et d'atmosphère celtique, particulièrement réussis tant visuellement que thématiquement.

Et donc Moore et Coulais remettent le couvert avec ce Wolfwalkers, sorti directement sur la plateforme Apple Tv aux USA, et qui s'inscrit directement dans la continuité artistique et thématique des deux autres films du réalisateur : c'est beau, c'est poétique, c'est enchanteur et magique, et ce n'est pas sans rappeler Kells, avec cette ville fortifiée entourée d'une forêt sauvage et pleine de mystère.

Seul bémol, peut-être, un côté très prévisible de son dernier acte, qui fait que l'on voit venir bien à l'avance la dernière ligne droite du film ; et peut-être aussi le manque de communication entre Robyn et son père, qui est parfois tellement forcé (avec les personnages qui s'interrompent systématiquement alors qu'ils sont sur le point de s'expliquer des éléments importants de l'histoire) qu'il en devient un peu frustrant.

Un poil (de loup) en dessous des deux films précédents, donc, en ce qui me concerne, mais cette légère faiblesse est amplement compensée par le graphisme et l'animation du métrage, vraiment remarquables.

4.25/6

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Et comme toujours, vous pouvez retrouver la liste complète de tous les films passés en revue sur ce blog dans le menu Index de haut de page, ou en cliquant directement sur ce lien (000-1000) et sur celui-ci (1001-2000)...

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Un film, un jour (ou presque) #1314 : On the Rocks (2020)

Publié le 10 Novembre 2020 par Lurdo dans Cinéma, Comédie, Critiques éclair, Drame, Review, Romance, USA, Apple

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus. ​​

On the Rocks (2020) :

Mère au foyer et auteure, Laura (Rashida Jones) est en panne d'inspiration. Et la situation se complique lorsqu'elle commence à soupçonner son époux, Dean (Marlon Wayans), toujours absent, d'avoir une aventure avec une collègue, Fiona (Jessica Henwick). Avec l'aide de son père, Felix (Bill Murray), playboy jet-setteur et séducteur invétéré, Laura commence alors à mener l'enquête dans New-York...

Une comédie dramatique signée Sofia Coppola, diffusée sur Apple Tv, et produite par A24, la boîte de production indépendante arty à la mode (Under The Skin, The VVitch, Green Room, The Blackcoat's Daughter, A Ghost Story, Lady Bird, Hereditary, Midsommar, The Lighthouse)... avec pour résultat un long-métrage assez peu probant, malgré des critiques anglo-saxonnes unanimement enthousiastes.

En fait, il y a peu à dire sur cette tranche de vie gentiment creuse et prévisible de bout en bout, qui repose principalement sur l'alchimie entre Rashida Jones et Bill Murray, lesquels forment un duo de buddy comedy pas désagréable - mais bien trop formulaique et mécanique pour être mémorable : Murray fait des remarques sarcastiques et propose des explications historico-biologiques à son comportement rustre et misogyne, Laura lève les yeux au ciel, et le duo continue son petit bonhomme de chemin jusqu'à ce que le moment soit venu de répéter la formule.

À part ça, pas grand chose à se mettre sous la dent dans ce On The Rocks en pilotage automatique : oui, c'est compétent devant et derrière la caméra, mais cette histoire de couple "on the rocks" (en difficulté) sert naturellement de prétexte à un rapprochement père-fille assez classique et sans surprises.

Regardable, mais jamais surprenant, jamais très original et très anecdotique.

3/6

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Et comme toujours, vous pouvez retrouver la liste complète de tous les films passés en revue sur ce blog dans le menu Index de haut de page, ou en cliquant directement sur ce lien (000-1000) et sur celui-ci (1001-2000)...

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Critiques éclair - Mythic Quest : Quarantaine (2020)

Publié le 30 Mai 2020 par Lurdo dans Comédie, Critiques éclair, Les bilans de Lurdo, Review, Romance, Sitcom, Télévision, AppleTv, Apple

Retour exceptionnel de la sitcom Apple Tv chapeautée par l'équipe de It's Always Sunny in Phialdelphia, après une première saison sympatoche, et à l'occasion du confinement qui touche toute la planète.

Mythic Quest - Quarantaine (Mythic Quest : Quarantine - 2020) :

Contraints de travailler à domicile par le confinement, toute l'équipe de Mythic Quest s'adapte tant bien que mal à cette situation : Poppy le prend assez mal, Brad et David s'affrontent aux jeux vidéo, et Jo tente d'expliquer la visioconférence à CW...

Une bonne surprise en ces temps de coronavirus, ce Mythic Quest : Quarantine s'avère un épisode totalement produit à distance, mais qui n'a rien à envier aux épisodes produits plus traditionnellement : tout le monde bénéficie d'une qualité d'image et de son professionnelle (merci les iPhones), le rythme est bon, le montage aussi, et le tout couvre de manière assez compétente tous les aspects du confinement.

Certains dépriment, certains galèrent à se mettre à la visioconférence, certains en profitent pour s'improviser influenceurs et s'exhiber, d'autres se lancent des défis débiles et jouent aux jeux vidéo et enfin, en guise de travail collaboratif, l'ensemble du staff monte une machine façon Rube Goldberg, avec transitions entre les différents écrans vidéos, le tout monté sur le thème de Rocky/Creed.

Rien de forcément inédit ou original, mais puisque les personnages sont sympathiques et que l'ensemble est bien mené, ça fonctionne.

Ajoutez à cela le fait que l'épisode a réuni plus de 600 000 $ pour des œuvres caritatives, et il devient une bouffée d'oxygène assez rafraîchissante en ces temps compliqués. Bien joué.

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Les bilans de Lurdo : Histoires Fantastiques, saison 1 (2020)

Publié le 2 Mai 2020 par Lurdo dans Anthologie, Comédie, Critiques éclair, Drame, Fantastique, Les bilans de Lurdo, Review, Romance, Science-Fiction, Télévision, AppleTV+, Apple

Nouvelle version de l'anthologie Amazing Stories (Histoires Fantastiques - 1985) de Steven Spielberg, ce programme en 5 épisodes d'une heure était initialement chapeauté par Bryan Fuller pour NBC. Quelques divergences créatives (et une nouvelle plate-forme de streaming) plus tard, le projet renaît de ses cendres pour Apple Tv+, sous l'égide des deux showrunners/créateurs de la série Once Upon a Time...

Histoires Fantastiques (Amazing Stories), saison 1 (2020) :

- 1x01 - The Cellar : Alors que Sam (Dylan O'Brien) et son frère Jake (Micah Stock) rénovent une vieille ferme au fin fond de l'Iowa, une tempête propulse Sam en 1919, où il rencontre et s'éprend d'Evelyn Porter (Victoria Pedretti). Mais bien vite, prêt à tout pour la rendre heureuse, il réalise qu'il va devoir prendre une décision des plus radicales...

Un épisode ultra-classique et gentillet, qui peine un peu à convaincre tant il est convenu et balisé. Pourtant, c'est bien interprété, l'illustration musicale est agréable, et visuellement, ça fonctionne, mais tout est tellement balisé et générique que c'est aussitôt vu, aussitôt oublié.

(par contre, il y a un contraste étrange entre le générique ultra-stylisé, froid et visuellement moderne, et sa musique old-school, chaleureuse et aventureuse, signée John Williams pour la série des années 80)

- 1x02 - The Heat : Tuka (Hailey Kilgore) et Sterling (Emyri Crutchfield) sont deux adolescentes à la relation fusionnelle, qui partagent une même passion pour la course à pieds. Jusqu'au jour où Tuka trouve la mort, renversée par une auto : elle se réveille, désincarnée, et tente alors de trouver le chauffard qui l'a tuée, tout en soutenant moralement une Sterling qui ne peut la voir...

Énorme bof, à nouveau, pour ce qui n'est qu'une version street LGBTQ de Ghost, à l'interprétation et à la réalisation inégales, à l'écriture basique, et au grand final ultra-mélodramatique. Pas forcément mauvais, mais encore moins intéressant et original que le précédent.

- 1x03 - Dynoman and the Volt : Vieillard ronchon, Joe Harris (Robert Forster) se blesse au genou, et est contraint de délaisser son travail pour s'installer dans la famille de son fils. Là, il retrouve Dylan (Tyler Crumley), son petit-fils passionné de superhéros, et finit par trouver des points communs avec le garçon lorsqu'une bague magique arrive par le courrier, leur conférant les pouvoirs de Dynoman, le justicier préféré de Joe.

Ah, il y a du mieux. Un récit de rapprochement familial entre un grand-père, son fils et son petit-fils, sur fond de super-pouvoirs redonnant une seconde jeunesse au vieillard : rien de forcément exceptionnel ni de totalement original, mais au moins ça a bon fond, on ne s'ennuie pas, et c'est (forcément) bien interprété, que ce soit au niveau de Crumley, de Kyle Bornheimer, et bien sûr de Forster, dont c'était là le dernier tournage avant son décès.

Pas particulièrement mémorable, mais un bon étage au-dessus des précédents, au niveau de l'intérêt.

- 1x04 - Signs of Life : Lorsque Sara (Michelle Wilson), la mère d'Alia (Sasha Lane), sort d'un coma de six ans après un accident de voiture, quelque chose ne tourne pas rond : Sara ne semble pas être elle-même, et quand elle commence à mentir à sa fille, tout en se rapprochant de Wayne (Josh Holloway), la situation se complique...

Un épisode assez moyen, qui semble tout droit sorti d'Au Delà du Réel (ou d'une version serious business d'un épisode de Fais-moi Peur), et qui ne surprendra pas vraiment le spectateur avisé, avec son histoire *spoilers* d'entités extraterrestres électromagnétiques possédant le corps de comateux pour tenter de retrouver l'un des leurs, et rentrer chez eux au plus vite.

Le vrai souci, c'est que le tout est un mélo familial assez mollasson et jamais surprenant, en plus de mettre fortement l'accent sur les bons sentiments et sur leur apprentissage par la mère extraterrestre : "Sara" finit par se sacrifier pour que l'histoire de Sara et de sa fille ait droit à une happy end, blablabla.

Et ce qui n'aide pas, c'est cette sous-intrigue de trafic de drogues du petit copain d'Alia, un côté street et gritty qui n'apporte pas grand chose au tout. Un peu comme les deux premiers épisodes, ce n'est pas forcément mauvais, mais c'est très insipide.

- 1x05 - The Rift : Lorsqu'un pilote de la Seconde Guerre Mondiale (Austin Stowell) passe au travers d'une faille dimensionnelle et se retrouve de nos jours, dans l'Ohio, une veuve démunie (Kerry Bishé) et son beau-fils (Duncan Joiner) décident de tout faire pour l'aider à retrouver son époque, malgré une agence gouvernementale mystérieuse et son représentant (Edward Burns), qui se fait de plus en plus pressant...

Encore une fois, ce n'est pas mauvais... mais c'est ultra-basique et convenu (en plus de flirter avec des thèmes très similaires au premier épisode de la saison).

Alors oui, c'est très Spielbergien dans l'âme, ça joue beaucoup sur les bons sentiments, et c'est apparemment adapté d'un roman graphique, mais ça ressemble à trouzemille autres récits de type "un être venu d'ailleurs/du futur/du passé débarque dans la vie morne d'une famille dans la tourmente, qui l'aide à repartir chez lui, et se ressoude par la même occasion", avec une dose de romance impossible en prime (Peggy Carter et Steve Rogers vous passent le bonjour), et une musique un peu trop grandiloquente pour son propre bien.

À nouveau, c'est globalement regardable, mais c'est aussi particulièrement quelconque et dérivatif - d'autant que je passe volontairement sous silence les multiples problèmes d'écriture du récit, assez visibles et gênants pour peu qu'on garde son cerveau allumé, entre problèmes de continuité (les vitres du SUV), mélo familial télégraphié (le père militaire décédé, la belle-mère au bout du rouleau, les retrouvailles du militaire avec sa fiancée), personnages un peu agaçants (le gamin précoce à l'interprétation inégale, sa mère à la moue dépressive permanente, le soldat transparent au possible), et grosses ficelles qui sont dures à avaler (la barre de chocolat, les pièces de l'avion, les règles approximatives des failles, etc).

C'est dommage, car le concept du bureau gouvernemental en charge de ces failles avait du potentiel, et aurait pu donner quelque chose de sympathique (voire même être le sujet principal d'une série) si le tout n'était pas à ce point pris au premier degré.

Bilan saisonnier :

Cinq épisodes, c'est bien trop court pour se faire une véritable idée de ce que peut donner cette nouvelle version des Histoires Fantastiques. Mais un peu comme l'originale, qui ne marquait les esprits que très (trop) ponctuellement, en fonction des talents impliqués derrière la caméra, cette nouvelle mouture ne laisse pas la moindre impression, en bien ou en mal.

C'est bien trop générique, bien trop passe-partout, bien trop lisse et carré pour marquer le spectateur, et ça peine donc à susciter ne serait-ce qu'un vague intérêt poli.

Pas forcément surprenant, quand on se souvient qu'Amazing Stories a été l'une des premières séries commandées par Apple, à l'époque où le mot d'ordre était "des programmes les plus familiaux possible, sans sexe, sans violence, et sans trop de thèmes adultes, pour ne pas ternir notre image de marque", et que la série a été confiée aux créateurs de Once Upon a Time, série tout sauf subversive ou audacieuse.

Je ne serais d'ailleurs pas surpris que la première saison ait été raccourcie au dernier moment, pour permettre à la série d'être diffusée le plus vite possible, quitte à reléguer d'autres épisodes, plus travaillés mais pas encore terminés, en saison 2.

Quoiqu'il en soit, pour le moment, Amazing Stories 2020 rejoint la Quatrième Dimension de Jordan Peele (en nettement moins donneur de leçons) et le Creepshow de Nicotero au rang des remakes totalement inutiles d'anthologies nostalgiques. Dommage.

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Les bilans de Lurdo : Mythic Quest - Le festin du corbeau, saison 1 (2020)

Publié le 25 Avril 2020 par Lurdo dans Comédie, Critiques éclair, Les bilans de Lurdo, Review, Romance, Sitcom, Télévision, USA, AppleTV+, Apple

Sitcom en 9 x 25 minutes environ diffusée sur Apple Tv + et chapeautée par Rob McElhenney, Megan Ganz et Charlie Day (l'équipe derrière - et devant - It's Always Sunny in Philadelphia), Mythic Quest se veut une comédie de bureau prenant place dans un studio de développement de jeu vidéo lançant son dernier projet...

Mythic Quest - Le festin du corbeau, saison 1 (Mythic Quest : Raven's Banquet, season 1 - 2020) :

Alors que son studio est sur le point de lancer Reaven's Banquet, une extension capitale du MMO Mythic Quest, Ian Grimm (Rob McElhenney), directeur créatif excentrique et égocentrique, mène la vie dure à ses collègues : David (David Hornsby), producteur exécutif, Poppy (Charlotte Nicdao), programmatrice en chef, Brad (Danny Pudi), responsable de la monétisation, C.W. Longbottom (F. Murray Abraham), auteur de fantasy réputé responsable du scénario, Jo (Jessie Ennis), l'assistante sociopathe de David, et les testeuses, Dana et Rachel (Ashly Burch, Imani Hakim)...

Je n'avais pas été particulièrement convaincu par les premières images de la série qui avaient été présentées dans le cadre de l'E3 (il me semble), et qui laissaient présager d'un projet assez basique, une workplace comedy générique prenant place dans le monde des jeux vidéo, produite en collaboration avec Ubisoft, et avec un rendu visuel plus ou moins inégal.

Et dans les faits c'est plus ou moins le cas : comme souvent dès que Hollywood s'attaque au monde des jeux vidéo, le produit présenté à l'écran (ici, comme le MMO le plus populaire de sa génération - alors qu'honnêtement, ces temps-ci, les MMO de type World of Warcraft ont plus ou moins été remplacés dans le cœur des streamers par les Fortnite et autres shooters de type battle royale), la représentation du jeu en elle-même est assez peu convaincante et très générique. Elle n'est pas aidée, honnêtement, par l'utilisation régulière de cut-scenes des jeux Ubisoft (Assassin's Creed, For Honor, etc) en guise d'illustration, cinématiques tellement facilement identifiables (et tellement plus abouties que le rendu du jeu ou que les animations des live-streams) qu'on en vient à regretter leur inclusion.

Après, une fois cet aspect de la série mis de côté, le programme en lui-même est plutôt divertissant. Ça reste une comédie de bureau assez classique, avec ses archétypes (l'égocentrique, la sociopathe, le névrosé, la personne qui n'est pas reconnue à sa juste valeur, l'excentrique, la romance impossible, le businessman, etc), ses clichés (la romance impossible, justement, qui ici cumule en plus un gros quota de diversité bien voyant, puisque c'est une romance inavouée entre deux filles, dont une afro-américaine), ses épisodes consacrés aux thématiques en vogue dans le monde des jeux vidéo (on ne pourra pas leur reprocher de ne pas avoir fait leur travail sur le sujet, puisqu'on a le droit aux thèmes du crunch, de la syndicalisation des studios, des micro-transactions, de la misogynie des gamers, du pouvoir des streamers, la présence de l'alt-right, le doxxing, etc)...

Le tout s'avère assez sympathique à suivre, malgré quelques errances çà et là : tout ce qui a trait à Pootie Shoe, une parodie de PewDiePie, ne fonctionne pas totalement (en dépit du fait que ce soit intrinsèquement lié à l'intrigue saisonnière de l'Homme masqué, et au personnage de Grimm) ; certaines thématiques virent parfois à la leçon de morale l'espace d'une scène ou deux ; la romance et les personnages des deux testeuses ne sont pas très intéressants ; Longbottom est sous-exploité et sous-développé...

Paradoxalement, cependant, un épisode se démarque totalement du reste de la saison, tant il se trouve un bon niveau au dessus du reste : l'épisode 5, réalisé par McElhenney et écrit par sa sœur. Un épisode totalement indépendant du reste de la série, un stand-alone consacré à Jake Johnson et Cristin Milioti, deux développeurs de jeu qui se rencontrent dans les années 90, tombent amoureux, et lancent ainsi une franchise à succès.

Une histoire douce-amère à la conclusion malheureuse, une variation sur le thème de "l'argent ne fait pas le bonheur" et sur l'opposition entre art et commerce, qui parlera beaucoup aux amateurs du genre, et qui est principalement là pour apporter une motivation aux personnages habituels de la série, une résonance thématique qui ressurgit dans l'ultime épisode de la saison... Cela reste cependant un changement de ton particulièrement bienvenu, une pause agréable et plus sérieuse, très bien interprétée et dirigée.

En résumé, Mythic Quest s'avère une sitcom agréable à suivre, mais qui ne révolutionnera rien : un peu trop classique dans sa forme, dans son écriture et dans son propos, elle a cependant le mérite de présenter des personnages attachants (notamment Poppy, la protagoniste), et un univers sans les clichés habituels dont "les jeux vidéo" sont habituellement affublés dans la fiction.

La série conserve heureusement un certain potentiel : si le programme prend un peu plus de risques en saison 2 (comme avec cet épisode 5), le tout pourrait s'avérer des plus intéressants.

Sinon... *haussement d'épaules*

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