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LES TÉLÉPHAGES ANONYMES

Il était une fois Lurdo & Sygbab, deux internautes passionnés de séries tv et de cinéma, et qui cherchaient un endroit où archiver leurs avis (semi) éclairés...

Articles avec #bond catégorie

Un film, un jour (ou presque) #988 : SkyFall (2012)

Publié le 18 Juin 2019 par Lurdo dans Action, Cinéma, Critiques éclair, Drame, Review, Thriller, Bond

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus. ​​

Skyfall :

Laissé pour mort après une mission ratée, Bond (Daniel Craig) reprend du service lorsqu'un dangereux terroriste, Silva (Javier Bardem), s'en prend au MI6 et à M (Judi Dench) : ancien agent des services secrets, Silva est bien décidé à se venger de cette dernière, et seul Bond et sa collègue Eve (Naomie Harris) peuvent encore s'interposer...

Film anniversaire célébrant les 50 ans de la franchise Bond, ce Skyfall était présenté comme un film événement, une sorte de boucle bouclée concluant l'origin story de Bond entamée avec Casino Royale, et faisant le point sur la saga, avec de nombreux clins d’œil et pas mal de fanservice.

Et pour cela, EON productions a eu recours aux services de John Logan, scénariste multi-récompensé, qui avait déjà largement fait dans le recyclage de franchise peu inspiré avec Star Trek Nemesis. Ici, il reprend sa formule Trek, avec un méchant-double négatif corrompu et abimé du héros, épris de vengeance, et à la profondeur psychologique finalement assez superficielle (pour faire simple, le personnage répond au cliché gentiment honteux du méchant décoloré et efféminé).

Il ne faut donc pas s'attendre à quoi que ce soit de vraiment mémorable, au niveau de l'écriture, puisque le rythme est très inégal, que le plan de Silva est défaillant et improbable, que Bond a une conception très particulière de la défense d'un lieu assiégé, et que les clins d’œil sont amenés sans la moindre finesse.

Et pourtant, paradoxalement, le tout marche nettement mieux que dans les deux films précédents, puisque, sous la caméra de Sam Mendes, le tout est bien filmé et dynamique, et surtout, c'est bien interprété : Javier Bardem semble s'amuser, Judi Dench a droit à un baroud d'honneur, et Daniel Craig - même s'il commence à prendre un coup de vieux, et ressemble toujours autant à un agent de la Spetsnaz - a enfin choisi d'adopter un peu du flegme et de l'humour de Bond.

C'est d'ailleurs le cas du film dans son ensemble, qui semble enfin assumer son héritage : voiture, musique, humour, chanson d'ouverture, Q, Moneypenny, poursuites enfin spectaculaires... bref, Bond retrouve un peu de panache, même si c'est loin d'être parfait, ça fait déjà plus plaisir à voir que Quantum et Casino.

3.5/6

(dommage que la franchise se soit ensuite désintégrée avec Spectre, qui, malgré la même équipe créative, s'est totalement vautré - cf critique ici)

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Et comme toujours, vous pouvez retrouver la liste complète de tous les films passés en revue sur ce blog dans le menu Index de haut de page, ou en cliquant directement sur ce lien...

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Un film, un jour (ou presque) #985 : Quantum of Solace (2008)

Publié le 13 Juin 2019 par Lurdo dans Action, Cinéma, Critiques éclair, Review, Thriller, Bond

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus. ​​

Quantum of Solace :

Après avoir été trahi par Vesper et fait face à une tentative d'assassinat sur la personne de M, Bond (Daniel Craig) part sur les traces de l'organisation criminelle connectée au Chiffre, à Haiti : là, il croise le chemin de Dominic Greene (Mathieu Amalric), un homme d'affaires dangereux officiant dans les technologies vertes, et finançant un coup d'état en Bolivie. Pour le faire tomber, et malgré  l'indifférence de la CIA, Bond ne peut compter que sur Camille (Olga Kurylenko), l'ex-maîtresse de Greene, qui veut elle-même se venger de lui et de ses associés...

Un plantage spectaculaire, en grande partie due au fait que le film, qui se veut une suite directe à Casino Royale, ait été tourné pendant la grève des scénaristes de 2007-2008, et n'avait donc pas de scénario complet lors de son tournage.

Le résultat : un film largement raccourci (106 minutes au lieu des 140+ minutes du précédent), bourré d'astuces de montages et de remplissage, et qui enchaîne fréquemment les scènes d'actions génériques les unes après les autres, à peine reliées par des ellipses narratives creuses, et par une intrigue inintéressante.

Plus symptomatique encore, les personnages sous-développés, entre les méchants insipides (Mathieu Amalric), les Bond girls inexistantes (Olga Kurylenko est toujours charmante, mais son personnage est quelconque ; Gemma Arterton donne l'impression d'avoir été rajoutée à la dernière minute après que la production se soit aperçue que sans elle, Bond n'avait pas de scène d'amour dans le film), et Craig lui-même, qui n'a rien d'autre à faire que de serrer la mâchoire et casser du méchant pendant tout le métrage.

Bref, un splendide ratage décousu, au montage souvent défaillant (bel abus de montages ultra-cuts et mis en parallèle d'autres scènes - concert, course - supposément pour cacher la misère du script en rallongeant la sauce des scènes d'action et autres), au générique de début musicalement calamiteux, et au grand final assez piteux, façon ballon qui se dégonfle.

1.5/6

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Et comme toujours, vous pouvez retrouver la liste complète de tous les films passés en revue sur ce blog dans le menu Index de haut de page, ou en cliquant directement sur ce lien...

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Un film, un jour (ou presque) #980 : Casino Royale (2006)

Publié le 6 Juin 2019 par Lurdo dans Action, Cinéma, Critiques éclair, Review, Thriller, Bond

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus. ​​

Casino Royale :

Ayant récemment reçu son permis de tuer, James Bond (Daniel Craig) part en mission pour enquêter sur Le Chiffre (Mads Mikkelsen), un mystérieux banquier international qui finance des organisations terroristes. Après avoir saboté l'un des plans machiavéliques du Chiffre, Bond l'affronte alors dans une partie de poker aux enjeux vertigineux, sous le regard inquiet de Vesper Lynd (Eva Green), charmante attachée au Trésor britannique, qui accompagne Bond sur le terrain, et surveille ses dépenses...

Premier long-métrage de cette réinvention de la franchise Bond, une réinvention "sérieuse" et "moderne", qui lorgne sur les Jason Bourne, et qui s'est débarrassé de bon nombre des oripeaux habituels des Bond : le charme, le flegme, l'humour, la musique, les gadgets, les one-liners récurrents (systématiquement contournés), et les méchants mémorables.

À la place, donc, un Bond apre, violent et brut de décoffrage, qui commence sa carrière sous les traits d'un Daniel Craig musclé et monolithique, et se fait remettre en place, à la moindre occasion, par tous les personnages féminins qu'il rencontre. Il n'y a pas grand charme à trouver chez Craig, avec sa tête d'agent soviétique bodybuildé serrant constamment la mâchoire, et pourtant, çà et là, on devine une personnalité dotée d'humour et d'un certain potentiel de séduction : malheureusement, ce Casino Royale, pourtant unanimement salué par la critique, ne lui laisse pas vraiment l'occasion de s'exprimer.

C'est bien simple, avec sa durée de plus de 2h20, Casino Royale est affreusement déséquilibré, commençant par 45-50 minutes plus ou moins dynamiques et intéressantes, avant de freiner littéralement des quatre fers à l'entrée en scène d'Eva Green.

Car non seulement le plus gros du film se déroule à un rythme nonchalant (les parties de poker improbables, avec commentaires en direct par un personnage secondaire, ce n'est pas particulièrement passionnant ou cinégénique ; la torture gratuite, idem), mais en plus, le film de Martin Campbell (déjà réalisateur de Goldeneye) fait le choix de plonger Bond dans une histoire d'amour passionnée avec Green, histoire d'amour à l'écriture particulièrement pataude et médiocre (les 5-10 minutes de film à Venise, avec Bond déjà prêt à démissionner par amour alors qu'il commence à peine sa carrière, sont à grincer des dents tant les dialogues sont mauvais) et tragique qui évoque forcément Au Service Secret de Sa Majesté, et qui paraît donc assez redondante : been there, seen that, d'autant que le tout est traité avec de gros sabots, la romance étant détaillée en long, en large et en travers, avec des violons, et un rythme d'escargot.

Et comme, en prime, Eva Green amène toujours avec elle une aura un peu venimeuse, la vérité sur son personnage ne surprend pas, et son sort final laisse totalement de marbre (c'est bien le problème de cette romance : on n'y croit jamais vraiment).

Finalement, c'est l'ennui qui domine lors de ce revisionnage du film, un ennui un peu dû aux prétentions de ce "dépoussiérage" bondien (jamais plus évidentes que lors du pré-générique "arty" filmé en noir et blanc, ou du bref instant ultra-saturé pendant l'empoisonnement), mais aussi à son cruel manque de fun.

Entre ses nombreuses sous-intrigues de remplissage, son héros constipé, ses placements produits toujours aussi forcés, et sa romance anémique, le film ne m'a jamais séduit, malgré une Judy Dench excellente en M, un score honorable de David Arnold et un générique de début plutôt réussi.

3/6 à l'époque, mais depuis, les Mission Impossible de Tom Cruise ont su retrouver le goût de la folie et du divertissement de la franchise Bond, et Casino Royale a assez mal vieilli.

2.75/6

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Un film, un jour (ou presque) #228 : 007 Spectre (2015)

Publié le 14 Janvier 2016 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Action, Thriller, Bond

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine (tant que j'arriverai à tenir la cadence ^^), et des mini critiques d'une dizaine de lignes, tout au plus.

007 Spectre :

Après avoir fait la connaissance de la veuve (Monica Bellucci) d'un criminel recherché, James Bond (Daniel Craig) découvre l'existence d'une organisation criminelle internationale, le SPECTRE, dirigée par le maléfique Blofeld (Christoph Waltz). Privé du soutien du MI6, l'espion doit alors protéger la fille (Léa Seydoux) d'un ancien ennemi des griffes du SPECTRE, et de leur homme de main, Mr Hinx (Dave Bautista).

Je ne m'en suis jamais caché : les Bond période Craig ne m'ont jamais particulièrement convaincus. La faute partielle à l'interprète, monolithique, sans charme, et rarement expressif, qui fait plus tueur du KGB qu'agent flegmatique du MI6 ; mais dans l'absolu il aurait pu etre sauvé par des films de qualité, dynamiques et rythmés.

Malheureusement, Bond période Craig, c'est aussi l'époque du "reboot" sombre et réaliste, où les gadgets sont absents, où le personnage est torturé et introspectif, et où le tout est globalement sérieux et sans joie. Un Bond qui, prétendant faire du neuf, recycle en fait énormément de vieux, et souffre d'énormément de problèmes d'écriture, probablement autant qu'à l'époque de Brosnan.

Casino Royale, ainsi était symptomatique de ces problèmes d'écriture, un film bancal, une romance faisant office de redite, et un film assez moyen, étrangement surcoté pour son style plus que sa substance réelle ; Quantum of Solace... particulièrement médiocre et oubliable ; Skyfall, plein de défauts structurels et formels, éclipsés par un fanservice d'anniversaire, à la fois amusant et frustrant.

Et voilà donc un Spectre qui veut conclure et toutélier (de manière assez forcée, artificielle et peu convaincante) la trilogie des films précédents, en révélant Blofeld, le Spectre, et en en faisant une part intégrale de la vie de Bond. Malheureusement, plutôt que de capitaliser sur les acquis, et d'enfin faire de Bond le Bond qui était en construction depuis Casino (et qui semblait enfin s'assumer, lui et son héritage, dans Skyfall), ici, on capitalise plutôt sur les problèmes de la franchise, et on repart en arrière.

Bond est à nouveau seul, privé du soutien de son gouvernement, et de ses gadgets ; le film a, à nouveau, de faux airs de best-of peu inspiré, dans lequel un Craig vieillissant et fatigué avance en pilotage automatique, indestructible malgré les pires tortures (à la limite de Wolverine, dans cet épisode) ; après trois films refusant l'héritage musical et thématique de James Bond, on fait revenir Thomas Newman, qui fait du Newman et livre ici une partition médiocre et parfois déplacée, nettement inférieure à celle de Skyfall ; le générique, très tentaculaire, a la chance d'être musicalement sympathique ; le rythme est anémique et décousu, passant d'un pays à un autre, enchaînant des scènes d'action pas toujours convaincantes ou abouties, et de l'exposition bavarde guère plus satisfaisante...

Tout cela participe d'ailleurs à cette étrange situation dans laquelle se trouve le film : d'un côté, ultra-stylisé dans sa photographie et sa mise en images (le film est victime dans un étalonnage numérique terne et sans relief - l'introduction, à Mexico, est à ce titre visuellement immonde, baignée dans un jaune pisseux des plus laids, idem pour Tanger), il tente d'être un thriller revanchard et introspectif, et de l'autre, il est obligé de caser ses scènes d'action et de séduction de manière métronomique : le métrage se retrouve le cul entre deux chaises, son style étant paradoxalement trop travaillé et froid pour s'accommoder des cascades improbables de la franchise Bond (Sam Mendes semble tenter de composer de belles images de pubs pour parfum, plutôt que de rendre son récit un tant soit peu dynamique), et vice-versa, puisque ces dernières apparaissent alors molles, bâclées et sans impact (la poursuite automobile en ville, notamment).

Aucun de ces deux aspects n'est suffisamment assumé ni ne convainc, donc, à l'image de ces James Bond girls inévitables et à l'écriture calamiteuse : la première (ici, Bellucci), expédiée en trois minutes chrono, et la seconde (Seydoux, qui continue sa carrière au succès incompréhensible tout en étant fausse dans une scène sur deux), au charisme et à la présence inexistants, et qui pourtant devient celle avec qui Bond part à la fin du film (!?). Mouais.

Et puis il y a les méchants. Batista, tout d'abord, une présence intéressante (mais sous-développée), un affrontement physique crédible (il a clairement le dessus sur Bond, qui est alors vaincu), et une fin... pitoyable. Andrew Scott, en traître ô combien évident et télégraphié. Et Christoph Waltz, alias Blofeld, alias le grand frère adoptif de James Bond jaloux de son petit frère, et qui, complexé, a décidé de devenir sa nemesis, en mocassins sans chaussettes. Un empilement d'idées d'une stupidité confondante, qui instantanément tue toute la crédibilité du personnage, du film et de cet univers "réaliste" (en plus de souffrir d'un Waltz en pilotage automatique).

Avec Spectre, ce nuBond semble vraiment à bout de souffle, et renforce vraiment la nécessité d'une nouvelle équipe, tant devant que derrière la caméra : Bond a besoin de sang frais, et vite !

Reste néanmoins à retenir de ce film l'affrontement dans le train (malgré sa conclusion regrettable). C'est peu.

2/6 

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