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LES TÉLÉPHAGES ANONYMES

Il était une fois Lurdo & Sygbab, deux internautes passionnés de séries tv et de cinéma, et qui cherchaient un endroit où archiver leurs avis (semi) éclairés...

Halloween Oktorrorfest 2016 - 91 - S.O.S. Fantômes (2016)

Publié le 23 Octobre 2016 par Lurdo in Critiques éclair, Cinéma, Oktorrorfest, Review, Fantastique, Comédie, Halloween

Halloween approche lentement, et comme tous les ans, c'est l'heure de l'Oktorrorfest sur le blog des Téléphages Anonymes, avec au programme un marathon de cinéma fantastique et d'horreur pendant un peu moins de deux mois, de mi-Septembre à début Novembre...

S.O.S. Fantômes (Ghostbusters) :

Récemment renvoyée de son poste universitaire, la physicienne Erin Gilbert (Kristen Wiig) est contrainte de s'associer à une ancienne collègue, Abby (Melissa McCarthy), et à l'excentrique Jillian Holtzmann (Kate McKinnon), deux scientifiques parapsychologues enquêtant sur l'existence des fantômes à New York. Bientôt rejointes par Patty (Leslie Jones), une employée des transports en commun, les trois femmes vont alors découvrir les plans machiavéliques du maléfique Rowan (Neil Casey), qui a prévu de libérer dans la ville tous les esprits tourmentées du passé de New York...

Petit rappel des faits : après des décennies de stagnation d'un éventuel Ghostbusters 3, Sony voit le succès de Mes Meilleures Amies, comédie de Paul Feig avec un casting intégralement féminin. Aussitôt, les exécutifs du studio décident de confier à Feig le reboot de la franchise Ghostbusters, avec pour seule idée motrice "un casting entièrement féminin".

Une idée à l'opportunisme commercial tellement transparent que le débat fait aussitôt rage sur le web, se cristallisant tour à tour sur la distribution hautement prévisible, sur les défauts habituels des films du réalisateur, et, oui, sur le sexe des actrices, un point de contention particulièrement inadmissible pour une poignée d'abrutis du web à tendance trollesque.

Et malheureusement, c'est autour de cette minorité particulièrement bruyante que tout le projet Ghostbusters 2016 et sa promo finissent par s'articuler, pas aidés par une première bande-annonce objectivement ratée, et devenue la cible d'une campagne pas si organisée que ça de commentaires négatifs.

Immédiatement, la presse et les chevaliers blancs du web sont passés à l'assaut, trop contents d'avoir une bande de boulets sexistes à pourfendre de leur plume vertueuse, et il n'a pas fallu longtemps pour que les publicistes et l'équipe du film sautent sur l'occasion : en quelques mois, toute critique (légitime ou non) faite à l'égard du projet s'est vue automatiquement classée dans la case "sexisme réactionnaire", et le débat ultra-polarisé est devenu un échange d'insultes et de raccourcis hâtifs, aggravés par une production jouant la carte de la victimisation à outrance (tout en en rajoutant une nouvelle couche à chaque intervention, ainsi que dans l'écriture du film).

Bref : tout ce qui a entouré la genèse de ce Ghostbusters 2016 n'était qu'un cercle vicieux, une tornade d'excréments supposée créer un buzz, mais qui en réalité a eu l'effet inverse : SOS Fantômes 2016 s'est tout simplement vautré au box-office, handicapé par des critiques et un bouche à oreille très mitigés, et par cette polémique, qui a tout simplement fini par donner une très mauvaise image de marque à la franchise et au film.

Et quand on voit enfin ce dernier, on se dit "tout ça pour ça" ?

Car tous les défauts de ce film étaient prévisibles dès son annonce, tant ils sont endémiques au cinéma de Feig.

À l'époque de l'annonce du projet, avec Feig aux commandes, et ces quatres actrices, voilà ce que l'on pouvait redouter :

- un film trop long, et assez mal rythmé.

- une comédie jamais effrayante, semi-improvisée, avec des pets, du vomi, du caca et des vannes lourdes et peu subtiles, comme tous les Feig, dont seulement un gag sur deux ou trois fonctionne.

- une réalisation fonctionnelle mais ultra-basique et plate.

- un pseudo-remake/décalque du premier Ghostbusters, et qui, comme bon nombre de remakes, abuse du fanservice, et ne fonctionne réellement que lorsqu'il ose se détacher de son modèle.

- une sorte de version longue d'une parodie du Saturday Night Live, dans laquelle Melissa McCarthy est "la grosse, victime de slapstick mal cablé/doublé, avec option répartie cinglante", Leslie Jones "l'afro-américaine urbaine à grande gueule et à attitude", Kristen Wiig "l'héroïne guère mémorable", et Kate McKinnon "l'excentrique à l'accent/la diction bizarre, qui en fait constamment trois tonnes, et qui fait plein de grimaces et de mouvements bizarres dans chaque scène".

Et sans surprise, c'est exactement ce que l'on retrouve ici : une comédie inerte, bourrée de références aux premiers films, d'humour lourdingue, de scènes de dialogues plates qui durent trop longtemps, et de raccourcis narratifs problématiques.

Un film tellement concerné par son féminisme supposé qu'il fait de tous les personnages mâles des antagonistes, des idiots, des incapables ou des caricatures (Chris Hemsworth dont le personnage est tellement stupide qu'il se couvre les yeux quand il y a un bruit fort, parce qu'il pense que ce sont ses oreilles) ; qu'il place une ou deux piques anti-internet au passage, via des commentaires YouTube repris IRL ; et qu'il affronte le grand méchant en l'émasculant littéralement à coups de blasters...

Un métrage bourré de pseudo-jargon technique qui ne sert absolument à rien, à l'illustration musicale contre-productive (l'excellent score de Tim Shapiro est ici complètement noyé dans le reste), aux idées amenées avec la finesse d'un tractopelle (le logo, notamment) ou inutiles (toute la fin avec le saut en rappel dans le vortex), et qui a troqué tous les bruitages emblématiques de la saga (la sirène d'Ecto 1, l'allumage des packs à protons....) contre des sons passe-partout et instantanément oubliables.

Tout n'est cependant pas à jeter, dans ce remake, à commencer (comme je l'ai déjà mentionné) par le score de Ted Shapiro ; les effets spéciaux sont un peu trop axés "fantômes Disney et Scooby Doo" pour être satisfaisants, mais assurent tout de même, de par leur nombre et leur ampleur, le quota de spectacle ; Chris Hemsworth se donne à fond dans un rôle pourtant outrancier, stupide et caricatural ; et la chasse aux fantômes, en soi, est visuellement plutôt réussie, ce que l'on doit sans doute au réalisateur de seconde équipe, et aux studios d'effets spéciaux.

Tout cela n'est cependant pas suffisant pour contrer les énormes problèmes de rythme et de script du film, ainsi que son manque total de subtilité ou de demi-mesure (McKinnon est la coqueluche des critiques, mais je l'ai trouvé complètement hors-sujet). Le pire étant tout de même que l'échec retentissant de ce Ghostbusters 2016 met probablement un terme à tout espoir de franchise SOS Fantômes, qui va donc retourner au placard pendant quelques décennies...

2.25/6 (une sorte de Pixels-bis... mais avec le handicap de manquer totalement d'originalité ou de fraîcheur)

 

EDIT : et la version longue (un quart d'heure de plus) est totalement inutile, réintégrant la scène de danse du générique de fin dans le métrage, rajoutant de multiples scènes d'improvisation et de dialogues qui n'ajoutent pas grand chose au métrage, un peu plus de slime/vomi, ainsi qu'un peu de développement du personnage de Wiig... qui reste très anecdotique.

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