Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
LES TÉLÉPHAGES ANONYMES

Il était une fois Lurdo & Sygbab, deux internautes passionnés de séries tv et de cinéma, et qui cherchaient un endroit où archiver leurs avis (semi) éclairés...

Les bilans de Lurdo - Reba, saison 1 à saison 3 (2001-2004)

Publié le 26 Janvier 2013 par Lurdo dans Les bilans de Lurdo, Critiques éclair, Review, Télévision, Comédie, Sitcom, WB, Musique

Reba s1:

Alors dans l'absolu, en soi, rien de bien passionnant dans la série : c'est du show familial typique, formaté sitcom tous publics, à large diffusion, qui plus est politiquement correct (CW oblige). D'ailleurs, à vrai dire, je me demande franchement pourquoi ça n'a jamais connu de diffusion française, tant ça s'inscrirait parfaitement dans la case horaire 20h de M6.

Cela dit, Reba est tout de même un cas d'école assez fascinant pour qui s'intéresse un peu à la psychologie américaine.

Rappelons le pitch: Reba (interprétée par Reba McEntire, chanteuse country connue aux States) est une quadragénaire texane, mère de famille aux répliques mordantes, fraîchement séparée d'un mari adultère, Brock (Christopher Rich), qui l'a trompée avec son assistante dentaire envahissante, la bien nommée BJ, depuis enceinte de lui. À Reba de gérer son divorce, ainsi que ses trois enfants, le tout petit Jake, la cynique Kira, et la cheerleader Cheyenne (Joanna Garcia)... qui est enceinte de son boyfriend Van, un footballeur un peu idiot. Et tout ce petit monde de cohabiter plus ou moins dans le même voisinage, voire la même maison, tant bien que mal.

Alors pourquoi est-ce que j'ai trouvé ça passionnant d'un point de vue sociologique ? Parce que le show est tout simplement tiraillé entre les deux facettes de l'Amérique. D'un côté, on a le sujet du show, intrinsèquement polémique : la grossesse d'une fille de 17 ans dans le Sud des USA (et donc ce que ça peut entraîner de discours sur la sexualité, la religion, etc). Et de l'autre, les obligations politiquement correctes d'une série diffusé sur un network conservateur et familial, dont le grand succès de l'époque était 7th heaven, série cul-béni s'il en est.

Et alors que cette combinaison de facteurs aurait pu donner naissance à un pur produit de propagande républicaine, façon Secret Life of The American Teenager, en fait, on s'aperçoit que la production de Reba essaie tant bien que mal de marcher sur le fil du rasoir, et de conjuguer deux points de vue à priori contradictoires.

D'un côté, le conservatisme à la texane, pour qui la grossesse d'une femme est obligatoirement menée à son terme, et donc accompagnée d'un mariage. Ainsi, Cheyenne et Van sont encore au lycée, et ne sont pas ensemble depuis très longtemps, mais qu'à cela ne tienne : le mariage est la seule solution envisagée dans le pilote, et personne n'y songe plus à deux fois. Idem pour Brock et son assistante - dont on apprend pourtant ensuite qu'elle couchait plus ou moins avec tous les docteurs de la ville - : mariage direct, boum.

Il y a forcément de quoi grincer un peu des dents pour un spectateur européen, surtout lorsque BJ insiste lourdement en précisant que ces grossesses sont la volonté de Dieu. À l'identique, on a le droit, dans un épisode, à un couple de lycéens amis de Van & Cheyenne, et qui veulent se marier... pour pouvoir enfin coucher ensemble sans risquer de concevoir un enfant hors mariage.

Et lorsque Reba (pourtant présentée dans la série comme une mère cool, décontractée, et assez "libérale") leur explique que ce n'est pas la solution, ce n'est pas pour parler contraception, ou sexe prémarital, mais bien pour les inciter à s'abstenir jusqu'à ce qu'ils soient sûrs d'être faits l'un pour l'autre. unsure.gif

Mais paradoxalement, la série s'efforce de contrebalancer tout ça de manière étrangement insidieuse pour un show de ce type. Si ça ne parle jamais ouvertement de sexe ou de contraception (alors qu'à côté ça ne se prive pas pour donner de grandes leçons sur l'amitié, l'amour, les responsabilités, la famille, bref, les sujets habituels de ce genre de sitcom), ça se permet par moments des blagues assez amusantes sur ces sujets, dans lesquelles les sous-entendus sont pléthore, et où Reba fait clairement comprendre que les deux ados ont été des abrutis de ne pas avoir utilisé de capotes ou de pilule (du genre Van potentiellement signé par l'équipe des Trojans, Cheyenne, enceinte jusqu'aux yeux, qui demande "mais au fait, qu'est ce que c'est qu'un trojan ?", et Reba de répliquer "si seulement tu t'étais posée la question plus tôt, peut-être que tu ne serais pas en train de peser 10 kilos de trop").

Idem, il est clairement sous-entendu que la petite soeur de Cheyenne a, à 13 ans, été briefée en long, en large et en travers (mais hors-champ) sur les tenants et aboutissants d'une sexualité active par sa mère ; Reba, justement, qui fait preuve, dans la majorité des épisodes, de très peu de patience envers les esprits obtus choqués par la situation de sa fille, et qui n'hésite pas une seule seconde à se moquer ouvertement de toutes les remarques bondieusardes de BJ.

D'ailleurs, le perso de BJ, seule croyante de tout le groupe, est clairement présentée comme naïve, un peu stupide et archaïque, bref, la blonde pas très finaude du sud profond des USA... et elle est donc constamment tournée en ridicule par les autres. Tout comme le sont les comportements et traditions texanes archaïques qui entourent Reba & co.

D'où une dichotomie assez amusante entre un show obligé de coller à certains principes bien-pensants (pour des raisons démographiques, publicitaires, et autres), mais qui tente constamment de faire passer quelques milligrammes de subversion au détour d'une réplique ou d'une scène, probablement trop discrètes pour soulever la colère des associations puritaines.

Ça ne fait pas de la grande télé, loin de là, mais c'est assez intrigant, et j'attends de voir si l'une ou l'autre tendance va l'emporter dans les saisons suivantes...

Reba s2 :

Finalement, ça s'enchaîne plutôt bien, c'est assez rythmé, BJ en fait trois tonnes (et est régulièrement marrante, tout comme le sont les vannes de Reba à son sujet), bref, c'est classique, mais pas honteux pour autant, comme sitcom familiale.

Reba s3:

Bah voilà, tout de suite, c'est nettement plus solide, maintenant que les acteurs se lâchent, que les scénaristes ont trouvé leur rythme, et qu'ils ont pris conscience de tout le potentiel comique de Van et BJ. Très sympathique, donc. Et en plus ça se permet d'être un peu plus sérieux par moments, ce qui est toujours appréciable.

commentaires

Humour, sitcom et... 8 - Parks & Rec, The Office 2.0 ?

Publié le 20 Janvier 2013 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Télévision, Comédie, Sitcom, NBC, Romance

À l'origine, il y avait The Office UK, un bijou d'humour à la fois absurde et dépressif. Puis il y eut The Office US, un bijou d'humour de bureau, plus absurde et mainstream, mais tout aussi réussi... et puis, progressivement, The Office US s'est perdu en chemin, à mesure que le nombre de saisons augmentait, et que la distribution changeait. Et alors même que la série touche actuellement à sa fin, se traînant lamentablement jusqu'à sa ligne d'arrivée, l'heure est venue de se tourner vers la petite soeur de The Office, Parks & Recreation

P&R, qu'est-ce que c'est ? Et bien, de la même manière que The Office narrait le quotidien d'une entreprise de papeterie sous la direction de Michael Scott (Steve Carrell), un incapable un peu niais mais au bon fond, Parks & Rec narre le quotidien d'un département municipal (celui de l'aménagement public), sous la direction de Leslie Knope (Amy Poehler), une incapable un peu niaise mais au bon fond. 

Au sein de cette équipe, des personnages très familiers : outre Leslie, homologue évident de Michael Scott, on a droit à un assortiment d'archétypes très similaires aux protagonistes de The Office. La brave fille, normale et pleine de bons sentiments (Pam, devenue Ann dans P&R, et jouée par Rashida Jones, déjà dans The Office), embarquée dans une relation amoureuse sans avenir avec un grand con glandeur (Roy, qui devient Andy dans P&R, un Andy qui progressivement devient de plus en plus idiot, à la Kevin de The Office), et qui se rapproche du grand dadais du bureau (Jim, qui devient Mark dans P&R) ; le douchebag qui se croit séducteur branché, et qui enchaîne les remarques misogynes et ridicules (Ryan/Tom) ; l'afro-américaine rondouillarde au répondant affirmé, et à la vie sexuelle débridée (P&R's Donna, une fusion de Stanley et Meredith de The Office) ; le gros pas très doué et naïf (Jerry, une version moins stupide de Kevin de The Office) ; le libertaire excentrique, qui vit dans son monde sans se soucier des conventions de la société (Ron, qui est un peu le Dwight de P&R, en moins rural et en plus viril) ; et la fille sarcastique, April, qui n'a pas vraiment d'équivalent direct, mais joue bien souvent un rôle équivalent à celui de Dwight dans The Office, à savoir celui du personnage aux valeurs morales et aux réactions misanthropes en contraste avec ses semblables.

Bref, P&R, avec sa forme pseudo-documentaire, ses interviews face caméra, et sa distribution extrèmement balisée, c'est un show particulièrement familier et peu innovant, et il est difficile de ne pas penser à sa série soeur lorsque l'on regarde le show.

Du moins, dans sa première saison, très laborieuse.

Une première saison qui peine fortement à convaincre : à trois ou quatre reprises différentes, j'ai tenté de la dépasser, à plusieurs années d'intervalle, et à chaque fois, je suis resté à la porte de la série, sans grande envie de poursuivre en saison 2. Trop de ressemblances avec The Office, trop de personnages antipathiques, trop d'intrigues quelconques : la s1 de P&R, qui ne dure que six épisodes, est tout sauf un succès.

Et pourtant, dès la saison 2, le show trouve ses marques : les personnalités ont été recalibrées, les intrigues aussi, le ton se fait plus constant, et surtout, la série se trouve un coeur. Plus qu'une Michael Scott-bis, qui serait un peu idiote et incapable, Leslie Knope se mue en une indéboulonnable optimiste et idéaliste, dévouée à sa ville, et assez douée. Elle s'avère une mère poule pour ses collègues, et progressivement, se crée l'image d'une véritable famille : au sein des P&Rs, tout le monde s'apprécie à un degré ou un autre, et tout le monde a l'occasion de montrer son côté sensible, et les liens qui unissent tous les personnages.

Un coeur sincère et touchant, globalement absent de The Office, et qui fait ici toute la différence, au risque de parfois verser dans les bons sentiments. Mais ça fonctionne, notamment grâce à cet ours bourru de Ron Swanson, qui sous ses allures de misanthrope cache en fait un coeur gros comme ça, et tisse progressivement avec April et Andy des liens de père de substitution assez efficaces.

Ce qui ne veut pas dire pour autant que tout est rose : la série est très orientée shipping, ce qui peut s'avérer assez agaçant, en particulier lorsque l'on n'apprécie pas forcément certains personnages ou acteurs. Et les scénaristes n'hésitent par à exploiter certains filons (la bétise d'Andy) jusqu'à la moelle, au risque de lasser. Mais dans l'ensemble, le show a su rectifier sa direction, et n'en est que meilleur.

En saison 3, exit Mark, qui fait place au duo d'Adam Scott (le nouveau love interest de Leslie) et Rob Lowe, en health-freak assez amusant. Les liens April/Ron continuent de se tisser, pour le meilleur, mais les relations amoureuses continuent d'être au centre des attentions des scénaristes, pour le pire : Adam Scott/Poehler n'ont aucune alchimie, April/Andy est forcé, Tom est insupportable... la série continue de fonctionner assez solidement, mais le shipping menace parfois d'engloutir le tout.

Puis, en saison 4, la série est phagocytée par la course à la mairie de Leslie, qui plombe un peu le tout, avec un Paul Rudd un peu trop caricatural et idiot pour le bien de la série. Pire, le couple Ann/Tom ne fonctionne pas du tout, et donne l'impression que les scénaristes ne savent pas quoi faire des personnages.

En bref : désormais en saison 5, le show a clairement évolué depuis ses débuts faiblards. Néanmoins, sa positivité intrinsèque n'a pas changé, et permet au show de se démarquer clairement de son modèle. Ce qui n'est pas un mal, vu le niveau actuel de ce dernier...

commentaires

Humour, sitcom et... 7 - New Girl, adorkable ?

Publié le 14 Janvier 2013 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Télévision, Comédie, Sitcom, Fox

Au terme d'un rattrapage de la saison 1, que dire ? Que la série a changé, depuis ses débuts. Un changement progressif, à mesure que les scénaristes comme les acteurs trouvaient leurs marques... et un changement qui, progressivement, a amené la série à ressembler de plus en plus à un How I Met your Mother hipster (ou, comme Vulture, l'un des sites références hipsters, le dit "un Friends2k", ce qu'était déja, à la base, HIMYM : tout se recoupe), tourné en caméra libre.

Le parallèle le plus évident étant dans le personnage de Schmidt, qui phagocyte rapidement la série, s'imposant immédiatement comme le Barney de cette New Girl. Un Barney qui prend de plus en plus de place, à mesure que le personnage devient populaire, et que les scénaristes capitalisent sur lui : on le met donc en couple avec Cece, la meilleure copine de Jess, une relation purement sexuelle qu'ils tentent tout d'abord de cacher aux autres, avant de leur avouer avec pertes et fracas. Autrement dit, on retrouve totalement le traitement du couple Barney/Robin de HIMYM, jusqu'aux réactions de dégoût du reste de la bande en apprenant l'existence de ce couple.

Les autres personnages, maintenant. Malgré le fait qu'elle ne soit pas en couple pendant les 3/4 de la saison, Zooey/Jesse fait un bon homologue à Lily d'HIMYM : égocentrique, neurotique, instable, fouineuse, son personnage oscille constamment entre le sympathique-mais-fatiguant et l'horripilant ; et quand elle se trouve un mec, ça ne s'arrange pas.

Dans le rôle du Ted Mosby de service, on a Nick. Le mec romantique, parfait pour entretenir la composante shipping de la série, mais aussi bourré de défauts et de névroses. Pas un personnage très intéressant en soi, et pas très attachant, dans un cas comme dans l'autre.

Reste alors à trouver un équivalent à Marshall. Un Marshall débarrassé de son épouse, donc, puisque l'archétype "Lily" est déjà pris, et qui se trouverait ainsi réduit à ses intrigues de travail peu passionnantes : ah, et bien Token Black remplit parfaitement ce rôle ! Il est inexistant dans la moitié des épisodes, à quelques intrigues professionnelles assez ternes, et n'est là que pour faire quelques vannes avec les autres mecs, de temps en temps.

Voilà, la carte de bingo est remplie (la comparaison peut sembler capillotractée, certes, mais c'est vraiment ainsi que je l'ai ressenti à mesure que je regardais les épisodes).

En bref : Est-ce que les acteurs ont une bonne alchimie, et une énergie certaine, qui font passer bien des gags (même les plus absurdes), et s'avèrent à la longue plutôt attachantes ? Oui, clairement. Est-ce que ça suffit à transcender l'écriture, à faire oublier les ressorts narratifs et les gags parfois éculés, les scènes au décalage et à l'excentricité forcés, et à faire fonctionner les occasionnels moments d'émotion ? Malheureusement pas assez.

À mes yeux, loin d'être ce nouveau classique instantané de la sitcom us que certains ont bien voulu y voir, la série est rapidement devenue une sorte de papier peint visuel et auditif, qui fait parfois sourire, mais qui, chez moi, a souvent suscité une indifférence polie, quand ce n'était pas de l'agacement devant les moments les plus hystériques du show.

Suffisamment, en tout cas, pour que je n'aie laissé qu'une poignée d'épisodes à la saison 2 (déjà bien entamée à l'heure de la publication de cette Critique Éclair) pour me convaincre de continuer... en vain.

commentaires

Humour, sitcom et... 6 - Mike & Molly, big big love

Publié le 8 Janvier 2013 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Télévision, Comédie, Sitcom, CBS, Romance

Au programme, une critique éclair particulièrement rapide...parce que pour être franc, il n'y a pas grand chose à dire de Mike & Molly, qui a entamé sa troisième saison fin septembre.

Ou plutôt, si : parlons CBS.

De manière générale, et sans vouloir se montrer insultant ou méprisant, les sitcoms CBS sont généralement vues comme les plus "généralistes" du paysage télévisuel américain, pour ne pas dire les plus populaires.

La subtilité et la finesse d'esprit, on ne connaît pas vraiment, sur CBS, et l'humour y est souvent cliché, basique, et convenu. On a ainsi droit à Mon Oncle Charlie (très orienté mâle de 18-34 ans), 2 Broke Girls (avec ses clichés ethniques à la limite du racisme, et ses vannes sur le viol), The Big Bang Theory (et ses archétypes nerds tout droit sortis des années 80), Rules of Engagement (et son recyclage éhonté de tout ce qui existe dans le genre sitcom de couple) ou, encore plus récemment Partners (un recyclage d'un pilote Fox d'il y a 15 ans, remis au goût du jour en le "gayifiant" de manière pesante).

Autant de sitcoms de studio, avec rires enregistrés, blagues souvent éventées, et, plus bas dénominateur commun oblige, à l'assez beau succès public pour la majorité de ces programmes (encore une fois, éteindre son cerveau devant un programme tv n'est pas un crime... pour peu qu'on ait tout de même conscience de la qualité réelle de ce que l'on regarde). Longtemps, seule How I Met Your Mother a semblé faire de la résistance sur la grille de programmes de la chaîne, tant dans sa forme, plus inventive, que dans son écriture... mais même dans ce cas, la série a fini par lentement se désagréger, par devenir redondante, et par se "simplifier".

Bref, en voyant débarquer, en 2010, Mike & Molly, du créateur de Mon Oncle Charlie, on pouvait craindre le pire, une première impression qui ne faisait que s'amplifier à mesure que les premiers épisodes étaient diffusés : une sitcom sur un couple d'obèses, avec des blagues sur les gros, un meilleur pote black et flic, histoire de cumuler les clichés sur les noirs et les policiers, une soeur aîné nympho, et des mères acariatres... bref, le potentiel pour un beau désastre.

Et pourtant, la série évite au final de sombrer dans les pires clichés, en choisissant de se concentrer non pas sur le surpoids de ses personnages, mais sur leur romance : Mike & Molly, c'est une comédie romantique au format sitcom, entre deux personnages qui sont amoureux, et qui se trouvent être gros.

C'est bien là ce qui sauve le show, en réalité. Car si bon nombre de ses épisodes sont assez routiniers et basiques, les personnages secondaires étant là pour assurer le quota de vannes prévisibles et autres grosses ficelles, reste toujours un fond sentimental qui fonctionne bien, tant la relation entre Mike et Molly est traîtée avec une certaine justesse. Ce qui ne veut pas dire pour autant que c'est de la must-see TV, loin de là.

En bref : Mike & Molly est globalement très anecdotique, et finalement peu mémorable. Mais malgré les vannes obligatoires sur les gros, le coeur de la série bat plutôt bien, et empêche le programme de n'être qu'un show CBS de plus, le rendant au contraire un peu plus attachant que la moyenne.

commentaires

Humour, sitcom et... 5 - Community, l'anti Big Bang (ou presque)

Publié le 2 Janvier 2013 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Télévision, Comédie, Sitcom, NBC

Community. Un groupe d'adultes de tous âges et de tous horizons, qui se retrouvent pour suivre des "cours du soir" dans une université publique.

Dit comme ça, rien de très palpitant. Voire même, ça paraît assez banal. À l'image de sa première demi-saison, très convenue et passable...

Et pourtant, derrière Community, se cache l'esprit malade et névrosé de Dan Harmon. Un cinéphile assidu, qui fait du personnage d'Abed (l'équivalent de Sheldon dans l'univers de Community) son porte-parole, et n'hésite pas à transformer sa série en laboratoire à idées, des plus loufoques aux plus sombres.

Car si The Big Bang Theory se veut une série sur les geeks (que ce soit pour les montrer dans leur milieu naturel, pour les caricaturer, pour s'en moquer, etc), Community est une série de geeks. Là où les références sont évidentes et ponctuelles dans TBBT, afin de toucher un public non-geek, Harmon préfère ne pas s'en soucier, et place dans Community des références particulièrement obscures, construisant par exemple un épisode autour du film My Dinner with André de Louis Malle, ou bien utilisant ces mêmes références afin d'approfondir la psyché de ses personnages (la plongée au coeur de la folie d'Abed, via les holodecks).

L'avantage ? Une série qui surprend constamment, imprévisible, intelligente, parfois absurde, et qui demande une attention de tous les instants. L'inconvénient ? Une certaine subtilité du traitement et de l'humour, et un refus de la vanne facile et clichée, qui laisse bon nombre de spectateurs à la porte. Car à force d'épisodes concepts, de citations pop et de références obscures, la série peut paraître difficile à aborder, voire brouillonne, pour quiconque n'est pas familier avec son ton bien particulier. Pire, si l'on n'est pas sur la même longueur d'onde que Dan Harmon, il est probable que l'on reste à la porte de la série, et que l'on ne la trouve pas drôle du tout.

En conséquence, Community n'a toujours eu qu'un public très limité, la série atteignant rapidement un statut de programme culte face au mastodonte TBBT. Et ce qui devait arriver arriva : constamment au bord de l'annulation, et avec le caractériel Dan Harmon ne cachant pas son hostilité pour un Chevy Chase comme toujours impossible, la branche sur laquelle Community reposait a fini par craquer au terme de la saison 3.

C'est donc à une saison 4 sans Dan Harmon, et au nombre d'épisodes limité (= comprendre "annulation imminente") que l'on a droit cette saison : regrettable, compte tenu du potentiel du programme, et du talent de son cast et de son showrunner...

En bref : intelligente, référentielle, schizophrène et parfois difficile d'accès, Community est une série exigeante. Probablement trop, puisque les audiences médiocres et le départ de son showrunner ont signé la fin d'une époque. Mais quelle époque !

commentaires