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LES TÉLÉPHAGES ANONYMES

Il était une fois Lurdo & Sygbab, deux internautes passionnés de séries tv et de cinéma, et qui cherchaient un endroit où archiver leurs avis (hautement?) éclairés...

Articles avec #horreur catégorie

Un film, un jour (ou presque) #548 : La Momie (2017)

Publié le 30 Juin 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Action, Aventure, Fantastique, Horreur

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

La Momie (The Mummy) :

Nick Morton (Tom Cruise), mercenaire américain pilleur de tombes, découvre, au cours d'une mission au Moyen-Orient en compagnie de son compère de toujours, Chris (Jake Johnson), la tombe d'Ahmanet (Sofia Boutella), une princesse égyptienne maudite. Mais lorsque Jennifer Halsey (Annabelle Wallis), une archéologue, intervient pour en extirper le sarcophage, l'équipe réveille la momie d'Ahmanet, qui n'a plus qu'un seul objectif : retrouver suffisamment de forces pour sacrifier Morton au dieu Set...

J'ai été tenté de placer cet énième remake de La Momie en lisière de l'Oktorrorfest du mois d'octobre prochain, parce que momie, zombies, monstres Universal, tout ça... mais en fait, non. Cette version de La Momie, signée Alex Kurtzman, est un film d'action fantastique plus qu'un film d'horreur, et je préfère autant me débarrasser de cette critique au plus vite, avant que le métrage ne disparaisse totalement de ma mémoire.

Pour faire simple, cette Momie, c'est La Momie de Brendan Fraser (énormément de passages renvoient directement au film de 1999, généralement avec une petite modification ou deux à peine suffisantes pour éviter l'impression de photocopillage

- auquel on aurait enlevé tout charme, toute personnalité et tout souffle d'aventure en le plaçant à l'époque moderne, en remplaçant le couple Fraser/Weisz par Tom Cruise en mode roublard invulnérable, et Annabelle Wallis en archéologue inutile et insipide, et en troquant son score de Jerry Goldsmith (ou même celui de la suite, made in Silvestri) par une bande originale passe-partout de Brian Tyler (du moins, dans le film ; sur cd, elle est plus intéressante) ;

- dans lequel on aurait fusionné le personnage féminin d'Anck-su-Namun et celui d'Imhotep, pour en faire une méchante sans la moindre épaisseur ;

- que l'on tenterait de faire entrer à la  truelle dans un univers partagé à la Marvel, avec le Prodigium du Docteur Jekyll - calamiteux Russell Crowe - en lieu et place du SHIELD et de Nick Fury ;

- et auquel on aurait rajouté un personnage tout droit photocopié sur Le Loup-Garou de Londres, interprété par un Johnson sympathique, mais totalement inutile.

Bref, en résumé, alors que j'avais commencé le film agréablement surpris par le ton un peu déconneur de l'ensemble, rapidement, on retombe dans du blockbuster ultra-formaté, ultra-dérivatif, ultra-plat, clairement écrit à grands coups de compromis et de notes du studio, et dans lequel les filles s'arrachent le corps de Tom Cruise, qui tire intégralement la couverture à lui.

Sans surprise, une nouvelle adaptation décevante et quelconque, qui se regarde gentiment, mais n'arrive pas un seul instant à la cheville des deux films de Stephen Sommers.

2/6

(étrangement, j'avais préféré Dracula Untold, alors supposé lancer cet univers partagé, mais apparemment, depuis, passé à la trappe)

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Les bilans de Lurdo : Dimension 404, saison 1 (2017)

Publié le 11 Juin 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Télévision, Les bilans de Lurdo, Science-Fiction, Fantastique, Hulu, Anthologie, Comédie, YouTube, Horreur

Anthologie de 6x45 minutes, produite par RocketJump, une équipe créative originaire de YouTube (et par le créateur des séries Siberia et Emerald City, ouch), et diffusée sur Hulu, Dimension 404 se veut un hommage référentiel et nostalgique aux anthologies du type Quatrième Dimension ou Au Delà du Réel.

Un hommage assez transparent dès le générique de début, narré par Mark Hamill de sa voix la plus dramatique, et qui reprend exactement les codes visuels et narratifs de ses modèles, en prétendant (sans forcément faire illusion) les remettre au goût du jour pour la génération internet.

1x01 - Matchmaker :

Adam (Robert Buckley), blogueur musical exigeant vivant à New-York, rêve de trouver l'âme soeur, en vain. À l'initiative de son colocataire (Matt Jones), il s'inscrit sur une application de rencontres créée par le Dr. Matthew Maker (Joel McHale), et fait la connaissance d'Amanda (Lea Michele), une femme parfaite à ses yeux. Mais à l'instant où il lui avoue ses sentiments, le monde d'Adam bascule...

Un premier épisode écrit par cinq personnes différentes, réalisé par un duo, et qui trahit assez rapidement ses origines et ses influences, en imposant des rebondissements successifs, toutes les 10 minutes, quitte à affaiblir le tout.

Si je devais trouver un mot pour définir cet épisode, en fait, je dirais "anecdotique" : les différents segments de l'épisode ont des intérêts assez inégaux, les réalisation/mise en scène/photographie/éclairage sont assez fauchés et médiocres, et dans l'ensemble, le ton globalement optimiste et enjoué du tout (y compris de la musique) font que ce segment n'a pas de véritable impact, et finit par paraître trop superficiel et dilué pour fonctionner, notamment au niveau message/thématique. Bof. 2.5/6

1x02 - Cinethrax :

Dusty (Patton Oswalt), un fanboy quadragénaire, accompagne sa nièce Chloe (Sarah Hyland) et ses amis millennials au cinéma, mais il s'aperçoit bien vite que le film 3D qu'ils découvrent en "Cinethrax", un format inédit et mystérieux, invoque en réalité une entité pandimensionnelle monstrueuse et meurtrière...

Nettement plus compétent (techniquement parlant) que le premier épisode (le réalisateur est différent), même si, sur le plan du scénario (là aussi écrit par cinq scénaristes différents), on est dans la grosse satire bien baveuse, gentiment surjouée, blindée de fanservice pataud et ultra-référentiel (Carpenter, etc), et tout droit sortie d'un épisode de Fais-Moi Peur.

Rien de bien exceptionnel, donc, jusqu'aux dix dernières minutes et leurs nombreux effets spéciaux, qui donnent lieu à un dernier acte apocalyptique plutôt sympathique. Ça ne fait pas de l'épisode un chef d'oeuvre, mais ça le sauve de la médiocrité pour en faire quelque chose de tout à fait honorable, bien qu'étant méga-dérivatif. 4/6

1x03 - Chronos :

Susan (Ashley Rickards), une étudiante en physique passionnée par Time Ryder, un dessin animé des années 90, s'aperçoit soudain qu'elle est la dernière personne à se souvenir de ce cartoon ; avec l'aide d'Alex (Utkarsh Ambudkar), un ami étudiant, elle découvre alors qu'elle est victime d'un paradoxe temporel...

Un épisode qui donne fortement l'impression d'un postulat de court-métrage plus ou moins rallongé artificiellement pour atteindre les 40 minutes.

En résulte un récit assez décousu et bordélique, qui change de cap de manière anarchique et inaboutie, et peine à vraiment garder un rythme satisfaisant : ce n'est pas désagréable à regarder, les effets et certains gags fonctionnent, mais dans l'ensemble, ça ressemble vraiment beaucoup à un épisode de Fais-moi peur trop ambitieux pour le manque de rigueur de son scénariste.

Ajoutez à cela une interprétation très inégale, des costumes et accessoires un peu fauchés, et surtout, plus agaçant, un script qui joue une nouvelle fois la carte de la nostalgie et du fanservice des années 80 (pourtant, on semble deviner une esquisse de propos sur le besoin de se débarrasser de sa nostalgie et des restes de son enfance pour pouvoir avancer dans sa vie d'adulte... un propos pas vraiment développé et jamais très probant), et on se retrouve au final avec quelque chose de très peu satisfaisant et d'un peu ennuyeux. 2.5/6

1x04 - Polybius :

Dans les années 80, Andrew (Ryan Lee), un jeune garçon homosexuel, timide et religieux, trouve le réconfort dans la salle d'arcade de Wilma (Adrienne Barbeau), où il tente désespérément d'obtenir un killscreen sur Frogger, et où il rêve en admirant le beau Jess (Sterling Beaumon). Mais alors qu'il fait la connaissance d'Amy (Gabrielle Elyse), il découvre un nouveau jeu, Polybius, qui déclenche bientôt chez lui d'étranges cauchemars...

Et encore un épisode axé nostalgie 80s, cette fois-ci sur une borne d'arcade faisant l'objet d'une légende urbaine déjà utilisée par divers autres médias en tous genres (y compris, il me semble, une autre anthologie fantastique pour adolescents, qui s'était contentée de changer le nom de la borne d'arcade). Bref. Un postulat de départ qui fleure bon le déjà vu, pour un résultat assez frustrant, car bourré de bonnes idées et d'un traitement intéressant, qui sont malheureusement un peu desservis par l'exécution.

Pourtant, visuellement, ça fait illusion pendant un bon moment, tout en lorgnant gentiment sur Stranger Things, notamment au niveau de la musique ; l'interprétation est correcte (Barbeau et Foree font à peine plus que la figuration, cela dit) ; et l'ajout de tout un propos sur l'homosexualité refoulée du héros avait du potentiel... mais on retombe assez rapidement dans les clichés des films estampillés 80s, avec ses brutes, son prof de sport vaniteux et indifférent, la nerd qui vient d'arriver en ville et devient l'amie du héros, le beau gosse dont le héros est épris, et qui fait un retour in extremis pour l'aider (à la Han Solo), etc.

Cela dit, ce n'est pas rédhibitoire, loin de là, et le tout se regarde très facilement, malgré une exposition un peu maladroite, et un rythme toujours inégal. Le vrai problème, par contre, arrive lorsque la situation devient sérieuse, et que Polybius apparaît.

Un Polybius en latex figé, plus risible et grotesque que menaçant, et qui finit noyé dans un déluge d'effets vidéos verts fluos du plus mauvais goût (et là, la caution "rétro 80s" ne tient pas forcément, puisque les effets sont parfois trop modernes).

Bref, du bon et du moins bon, mais au moins, le tout est suffisamment homogène et solide pour se placer dans le top 2 de cette anthologie (du moins pour l'instant). 3.75/6

1x05 - Bob :

La veille de Noël, Jane (Constance Wu), une psychologue militaire n'ayant qu'une envie - rentrer chez elle pour retrouver sa compagne et leur fille - est assignée à un projet urgent : tenter de comprendre pourquoi Bob (Tom Noonan), une intelligence artificielle omnisciente créée par la NSA, est déprimé, et pourquoi il ne parvient pas à localiser un dangereux terroriste sur le point de passer à l'acte.

Un épisode une nouvelle fois très gentillet, probablement même trop, puisqu'il abat ses cartes bien trop tôt sur la table, téléphonant ainsi directement sa résolution, et son parallèle bien trop évident entre Bob et Santa Claus.

C'est un peu le problème principal de l'épisode, en fait : c'est un petit conte de Noël assez sympathique, qui tente ponctuellement d'être sérieux (l'attentat) et touchant (Constance Wu, comme toujours, se démène pour rendre le tout sincère et émouvant, malgré le grotesque inhérent à l'apparence de Bob et à son doublage nonchalant), mais ne va jamais assez ouvertement dans ces directions pour se défaire de sa légèreté, et faire oublier que le tout est sans surprise, et un peu trop long pour son propre bien.

Sympathique en théorie, mais un peu trop maladroit dans la pratique. 3.25/6

1x06 - Impulse :

Val "Speedrun" Hernandez (Lorenza Izzo), une joueuse de FPS ambitieuse, est prête à tout pour gagner, et éviter de finir comme son père. Ainsi, lorsqu'un inconnu, "Kojima" (Kenneth Choi) lui propose un produit dopant lui permettant d'être imbattable en accélérant sa perception, elle se rue sur cette occasion, sans se douter que c'est toute sa vie qui va en être accélérée...

Alors là, on est vraiment en plein dans du Fais-moi Peur et compagnie, tant au niveau des enjeux (avec l'héroïne qui apprend une leçon sur les responsabilités, blablabla) que du ton (pas trop sérieux).

Le problème, c'est que du Fais-moi Peur de 46 minutes, tourné pour pas cher dans le désert californien, et gentiment surjoué de bout en bout par la femme d'Eli Roth, ça n'a malheureusement pas grand intérêt.

Et ce n'est pas le coup de coude maladroit "hey, regardez, il s'appelle Kojima" ou la fusillade bancale de la fin (qui ressemble à une scène d'action de fan-film) qui rehaussent l'intérêt du tout. 2.25/6

Bilan :

Avec du recul, on s'aperçoit que le mot d'ordre de Dimension 404 était donné dès son générique d'ouverture : de la nostalgie, du fanservice (deux facettes d'un même mal qui est la plaie des médias américains actuels), le tout agrémenté d'un ton globalement léger et déconneur, qui rapproche clairement plus cette anthologie d'oeuvres jeunesse comme Chair de Poule ou Fais-moi Peur, que de leurs homologues "adultes" (plus travaillés, plus profonds, ou plus cruels et sombres, c'est selon).

Ici, tout est assez inoffensif, anecdotique, et les bonnes idées que l'on trouve çà ou là ne survivent pas forcément au traitement qui en fait. Néanmoins, le tout reste relativement regardable, et même assez bien produit pour un petit budget.

Cela est loin d'en faire une oeuvre incontournable, cependant, et elle est finalement assez caractéristique de la génération YouTube. Mais pour peu qu'on ferme les yeux sur la superficialité globale du tout, et que l'on accepte de se laisser porter par ce qui ressemble presque plus à un pastiche gentiment ironique du genre qu'à autre chose, Dimension 404 s'avère relativement divertissant. 

Totalement oubliable, et très inégal, mais relativement divertissant.

3/6

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Un film, un jour (ou presque) #453 : Split (2017)

Publié le 17 Février 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Thriller, Fantastique, Horreur

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Split :

Trois adolescentes - Claire (Haley Lu Richardson), Marcia (Jessica Sula) et Casey (Anya Taylor-Joy), une jeune fille au passé difficile - sont enlevées par Dennis, l'une des 23 personnalités de Kevin Wendell Crumb (James McAvoy), un homme à l'enfance traumatisante, habituellement soigné par le Dr Fletcher (Betty Buckley). L'objectif de Dennis : sacrifier les trois adolescentes à "la Bête", une 24ème personnalités inédite, qui ne s'est encore jamais manifestée chez Kevin, mais que toutes les autres personnalités attendent...

Alors, à en croire les milieux informés, M. Night Shyamalan serait à nouveau sur le chemin de l'état de grâce, et aurait enfin retrouvé la voie du succès, après avoir touché le fond avec Phénomènes, Le Dernier Maître de l'Air, et After Earth.

C'est probablement vrai... si l'on considère comme certains que The Visit est un film réussi - or, comme je le disais ici, The Visit est (au mieux) un film malade et paradoxal, un found-footage au script tout droit tiré d'un Chair de Poule, constamment tiraillé entre l'auto-parodie et le premier degré, et qui rate la majorité, pour ne pas dire tous ses objectifs.

Et donc ce Split est supposé être une nouvelle étape sur le chemin de la rédemption, un thriller fantastique prenant et intense, avec, en prime, un twist final qui a fait l'unanimité.

Je vais être très clair : ce n'est pas le cas. Déjà, il n'y a pas de twist au sens propre du terme : je ne vais pas spoiler (je donnerai un gros indice en fin de chronique), mais on est nettement plus dans la catégorie de la scène post-générique façon Marvel, que dans le retournement final qui change tout à ce qu'on vient de voir. Et donc, une fois qu'on met cette scène finale (d'ailleurs assez mal jouée par la figurante y apparaît) de côté, que reste-t-il ?

Quelque chose d'assez quelconque, en fait.

Un métrage aux défauts typique de son auteur : l'écriture est très inégale, parfois bancale et ampoulée (de nombreux dialogues de la psychiatre, notamment lors de la scène avec le caméo de Shyamalan ; mais aussi les flashbacks traumatiques lourds et patauds, et, au niveau des personnages, un développement et une caractérisation très discutables/maladroits - pour ne pas dire inexistants dans certains cas), l'interprétation varie grandement (McAvoy est impeccable, la psychiatre est compétente, les autres sont tous oubliables), la structure est assez chaotique, le rythme aussi, et le film est assez laid, visuellement parlant : trop de plans face caméra, de vue subjective, de très gros plans, de caméras inutilement en mouvement, bref, trop de moments où la grammaire cinématographique de Shyamalan devient voyante, artificielle, et agaçante.

Mais pire que tout, je pense, je n'ai jamais ressenti la moindre tension, à aucun moment du métrage, même pas pendant le face à face final typique entre la créature et la final girl (en même temps, je n'ai pas ressenti la moindre empathie envers aucune des trois victimes, tous plus sommairement écrites, caractérisées et jouées les unes que les autres... donc difficile de m'inquiéter pour leur sort).

Et puis, donc, en fin de film, après avoir fait basculer son métrage d'un film d'exploitation assez basique, longuet et laborieux à quelque chose d'un peu plus surnaturel, Shyamalan s'essaie à une scène post-credits.

Comme je ne veux pas spoiler (vu que c'est apparemment ce qui vaut au film tant de louanges), je vais me contenter de donner cet indice : regardez l'affiche de Split, en haut de page. Vous ne remarquez pas quelque chose de familier, un choix graphique bien particulier ?

Allez, la réponse pourtant évidente : 

Spoiler :

Voilà, je n'en dirai pas plus. La seule chose qui me chagrine vraiment, c'est que cela rend la fin du film assez frustrante, en permettant à Shyamalan de botter en touche, et d'éviter d'apporter au récit de Split une véritable conclusion. 

3/6 (principalement pour McAvoy et pour le fanservice final, inutile, mais amusant, et malheureusement typique de la mode actuelle des univers partagés et autres résurrections de franchises enterrées) 

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Les bilans de Lurdo - Santa Clarita Diet, saison 1 (2017)

Publié le 12 Février 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Télévision, Review, Les bilans de Lurdo, Comédie, Netflix, Sitcom, Horreur

Après avoir volontairement laissé dans le flou la véritable nature de cette comédie mettant en vedette Drew Barrymore, Netflix a fini par lever le voile, il y a peu, en publiant l'affiche ci-dessous : une affiche parodie des publicités pour régimes qui pullulent dans les magazines féminins, avec pour seule différence la véritable nature de ce régime Santa Clarita - des morceaux humains empilés dans le cocktail que boit Drew. CQFD : Santa Clarita Diet est donc une comédie horrifique, à mi chemin entre iZombie et Weeds, un ajout inattendu au catalogue du diffuseur...

Santa Clarita Diet, saison 1 :

Couple d'agents immobiliers californiens, Sheila (Drew Barrymore) et Joel Hammond (Timothy Olyphant) ont une fille adolescente, Abby (Liv Hewson), et, ensemble, ils vivent une vie banlieusarde particulièrement routinière et balisée. Jusqu'au jour où Sheila contracte une maladie mystérieuse, qui la désinhibe totalement, mais la force à manger de la chair humaine. Désormais morte-vivante, Sheila doit s'habituer à cette nouvelle existence, une existence qui, étrangement, redonne un second souffle à sa famille : contraints de se serrer les coudes pour faire face à ce problème, les Hammond décident de se mettre à chercher des victimes potentielles pour Sheila parmi les criminels de la région. Plus facile à dire qu'à faire, surtout avec Dan (Ricardo Chavira), leur voisin fouineur, membre des forces de l'ordre, et qui tente de les faire chanter... 

Sitcom single cam Netflix, écrite et pilotée par Victor Fresco (Better Off Ted, Le Monde Merveilleux d'Andy Richter, Earl), et qui s'inscrit totalement dans la lignée de ce que Showtime pouvait faire dans le genre à une certaine époque (Weeds, par exemple), avec une touche de folie et de décalage en plus, et le drama premier degré en moins.

Et c'est peut-être à la fois la grande qualité et le défaut de ce Santa Clarita Diet : le second degré absurde du show, cette réalité où tout le monde est un peu caricatural, un peu déjanté, et pas forcément très finaud, un peu comme dans My Name is Earl.

C'est une qualité, car ça permet de rendre ces 10 épisodes de 25 minutes plutôt regardables et sympathiques, avec des moments improbables, des guests inattendus (Nathan Fillion, Andy Richter, Patton Oswald, Ryan Hansen, Thomas Lennon, Portia DeRossi, Natalie Morales), des seconds rôles excentriques, ainsi que du gore généreux... le tout sans toutefois éclipser totalement, derrière ces aspects grand-guignolesques, un propos sur les liens indestructibles d'un couple qui s'aime, et est prêt à tout l'un pour l'autre, même au pire.

Et défaut, parce que le tout est tellement outrancier, tellement improbable, les acteurs (Barrymore et Olyphant en tête) prennent tellement le tout à la rigolade (ils se donnent complètement à leurs rôles, mais sont clairement et régulièrement en surjeu, quand ils n'ont tout simplement pas un sourire goguenard sur les lèvres dans les scènes les plus délirantes), qu'au final, il est difficile de vraiment prendre tout ça au sérieux, de vraiment s'attacher à ces personnages, bref, on regarde le tout avec une certaine distance, et on finit par s'apercevoir que la série, en fin de compte, tourne un peu à vide.

Parce qu'après tout, cette satire de la vie de banlieue US, soporifique et formatée, a déjà été faite et refaite à la tv : pas grande originalité sur ce plan là. Sur le plan de l'horreur, le show rappelle aussi un iZombie débarrassé de son sérieux et de son aspect procédural, donc rien de neuf non plus de ce côté (d'ailleurs, le semblant de mythologie, ou la promesse d'une épidémie par contagion, sont rapidement étouffés dans l'oeuf). Et comme le relationnel de cette famille est là encore plutôt convenu (les parents enfermés dans le carcan sociétal, la fille rebelle et sarcastique, etc), au final, ne reste que l'humour et le gore.

Ce qui est déjà pas mal, et suffira sans nul doute à plein de spectateurs ; mais dans l'absolu, Santa Clarita Diet se résume à une digression amusante, qui commence bien, ronronne un peu en milieu de saison, et se finit par un cliffhanger assez plat : en somme, une série amusante, sans plus, et qui paradoxalement manque un peu de mordant et de tripes.

Distrayant, sympathique, mais pas particulièrement mémorable ou exceptionnel.

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Christmas Yulefest 2016 - 11 - Krampus Unleashed (2016)

Publié le 6 Décembre 2016 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Christmas, Noël, Yulefest, Review, Horreur, Fantastique

Noël approche, et comme tous les ans, c'est l'heure de la Christmas Yulefest sur le blog des Téléphages Anonymes, avec au programme un marathon de cinéma festif pendant toutes les fêtes de fin d'année...

Krampus Unleashed : 

En Arizona, deux familles et des chasseurs de trésor sont confrontés au Krampus, un vieux démon germanique réveillé lorsqu'une pierre ancienne, dissimulée par un cow-boy à l'époque du Far-West, est retrouvée...

L'année dernière, le réalisateur de ce Krampus Unleashed avait tourné Krampus : The Reckoning, une histoire de fillette fantômatique contrôlant un démon vengeur en images de synthèse, particulièrement mauvais, racoleur, et sans grand rapport avec les fêtes de fin d'année.

Il remet ça, cette année, avec un métrage qui arrive à faire encore pire : encore plus racoleur, encore plus amateur (jusqu'à l'illustration musicale, cf le générique d'ouverture avec ses chanteurs qui chantent faux), et encore moins relié à Noël ou au Krampus, puisque ici, on pourrait tout aussi bien le remplacer par un garou ou un sasquatch, et le film resterait exactement le même, filmé en plein été en Arizona.

Une bonne grosse bouse bien fumante, très mal rythmée, et qui n'a de bon point que le fait d'avoir remplacé le Krampus numérique du premier film par un homme costumé.

0.5/6

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