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LES TÉLÉPHAGES ANONYMES

Il était une fois Lurdo & Sygbab, deux internautes passionnés de séries tv et de cinéma, et qui cherchaient un endroit où archiver leurs avis (hautement?) éclairés...

Un film, un jour (ou presque) #502 : La Grande Muraille (2016)

Publié le 27 Avril 2017 par Lurdo in Critiques éclair, Cinéma, Review, Action, Aventure, Fantastique, Chine

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

La Grande Muraille (The Great Wall) :

Mercenaires européens à la recherche de poudre à canon, William Garin (Matt Damon) et Pero Tovar (Pedro Pascal) sont faits prisonniers par les troupes de l'Empereur Chinois (Karry Wang), qui gardent la Grande Muraille de Chine. Parmi ces soldats d'élite, la belle Lin Mae (Jing Tian), et Wang (Andy Lau), le stratège de la garnison, qui se trouvent aux prises avec des forces qui les dépassent : des créatures extraterrestres menées par une reine vorace, et qui sont bien décidées à ravager l'Empire Chinois. Un peu malgré eux, William et Pero vont donc devoir prêter main forte aux garnisons chinoises, et tenter de repousser les vagues de monstres qui se ruent, les unes après les autres, sur la Grande Muraille...

Un blockbuster américano-chinois qui, avant même sa sortie, avait fait scandale à cause de la présence de Matt Damon à l'affiche : comme souvent sur le web, les chevaliers blancs de la diversité et du politiquement correct se sont mobilisés en masse, et ont protesté, et comme souvent, ils étaient totalement à côté de la plaque.

Au final, en effet, The Great Wall est certes un blockbuster à l'américaine, écrit par six Américains, et bourré de clichés typiques du genre du film de siège, ce qui le rend hautement prévisible de bout en bout... mais les protestations en tous genres, qui ont vu d'innombrables personnes (généralement d'origine caucasienne, ou sino-américaine) s'indigner (au nom des Asiatiques du monde entier, bien entendu) de voir un Caucasien en tête d'affiche d'un film sur l'histoire de la Chine, et faire un scandale sur la simple base d'une affiche et d'une bande-annonce, s'avèrent (sans surprise) hors-sujet, puisque dans ce film, Damon est presque le faire-valoir de Jing Tian, et que les Européens sont sales, brutaux, souvent fourbes, uniquement bons à se battre, et qu'ils passent leur temps à admirer la puissance et l'organisation des armées chinoises multicolores et impeccables.

Ce film ne fait pas du tout dans la finesse et la subtilité, donc, et les clichés abondent, notamment au niveau de la caractérisation des personnages, qu'ils soit asiatiques (la guerrière belle et froide dont Damon s'éprend, son mentor qui ne fait pas long-feu, le sage, l'obséquieux émissaire de la cour, l'Empereur couard, le jeune soldat peureux qui se révèle au cours de l'aventure et se sacrifie, le chef de la garde arrogant) ou européens (le héros bandit au grand coeur, son acolyte qui le trahit, le magouilleur) : on est dans de l'archétype générique et basique, qui ne dévie jamais de sa route.

On a même droit à une romance bancale et jamais concrétisée entre Damon et l'actrice principale, romance qui ne fonctionne pas du tout, d'ailleurs, tant Jing Tian est terne, inexpressive et froide.

En bref, on se retrouve devant une sorte de Treizième Guerrier mâtiné d'Outlander, balisé du début à la fin, et noyé dans un déluge d'effets numériques inégaux, de thèmes musicaux répétitifs (après tout, c'est du Ramin Djawadi : un ou deux thèmes forts, répétés jusqu'à l'écoeurement, le tout entouré d'underscore oubliable) et de direction artistique kitschouille typiquement asiatique (les différents corps d'armée façon Power Rangers, le saut à l'élastique, toutes les stratégies de défense ridicules et contre-productives mais qui rendent bien à l'écran, etc).

Et pourtant, le fait que ce soit à ce point balisé et formaté est exactement la raison pour laquelle le tout n'est jamais ennuyeux à regarder.

Avec son montage d'1h45 (quelques coupes brutales laissent deviner un montage original plus long, mais je ne me suis pas renseigné), le film n'a pas le temps d'être boursouflé ou de devenir lassant, comme bon nombre de films "épiques" américains.

Et les moyens investis par la production chinoise font qu'il y a toujours quelque chose de sympathique à l'écran, pour faire passer la pilule d'une interprétation parfois bancale (l'accent de Damon, en VO, ouille), ou de créatures extraterrestres au design et au rendu assez quelconque, par exemple.

Par conséquent, alors que je n'attendais absolument rien du film, j'ai fini par passer un moment relativement agréable. Absolument rien de génial, de mémorable, ou de très bon au programme, mais un blockbuster asiatique court et divertissant, ce qui n'est déjà pas mal.

3.25/6 (dommage que le film quitte la Muraille pour se finir dans un gloubiboulga numérique dans la Cité Impériale)

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