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LES TÉLÉPHAGES ANONYMES

Il était une fois Lurdo & Sygbab, deux internautes passionnés de séries tv et de cinéma, et qui cherchaient un endroit où archiver leurs avis (hautement?) éclairés...

Halloween Oktorrorfest 2016 - 03 - Emelie (2015)

Publié le 20 Septembre 2016 par Lurdo in Critiques éclair, Cinéma, Oktorrorfest, Review, Thriller, Halloween, Horreur

Halloween approche lentement, et comme tous les ans, c'est l'heure de l'Oktorrorfest sur le blog des Téléphages Anonymes, avec au programme un marathon de cinéma fantastique et d'horreur pendant un peu moins de deux mois, de mi-Septembre à début Novembre...

Emelie :

Lorsque Dan (Chris Beetem) et Joyce (Susan Pourfar) décident de sortir un soir pour fêter leur anniversaire de mariage, le couple a recours à une babysitter qu'ils ne connaissent pas, mais dont ils ont entendu le plus grand bien. Rapidement, cependant, Emelie (Sarah Bolger) fait preuve de méthodes assez étranges et laxistes pour s'occuper des trois enfants... des méthodes qui finissent par prendre un tournant particulièrement sadique et sinistre.

Un métrage reposant entièrement sur l'excellente Sarah Bolger, et sur trois enfants acteurs convaincants, enfermés avec elle dans ce thriller assez tendu et pesant, plutôt réussi. Du moins, pendant une bonne moitié de film.

Pendant cette moitié, on observe ainsi avec une certaine fascination cette baby-sitter prédatrice tisser lentement sa toile, et prendre son temps, à l'instar du réalisateur, qui ne cède pas aux sirènes du jump scare et autres effets faciles : la tension monte lentement, le rythme est délibérément calculé pour créer une atmosphère menaçante, et l'on se demande jusqu'où Emelie (jouée par une Sarah Bolger qui a la bonne idée d'interpréter alors son rôle avec beaucoup de retenue, tout en sachant laisser paraître, çà et là, quelques aperçus de la folie qui l'habite) est prête à aller, et surtout pourquoi.

Si le film avait su continuer sur cette lancée, en faisant monter la pression jusqu'à virer dans l'horreur, ça aurait été une excellente surprise. Malheureusement, à la moitié du film, les motivations d'Emelie sont révélées (au travers d'un conte de fées pas forcément idiot), ses objectifs aussi, et aussitôt, le récit perd grandement de son intérêt... principalement parce que toutes ces révélations sont particulièrement convenues et prévisibles.

Le film peine alors véritablement à monter en tension, le jeu du chat et de la souris s'engageant finalement entre le fils aîné et Emelie étant sérieusement handicapé par une mise en scène plaçant le tout dans l'obscurité, pendant près de 25 minutes. Ce qui, plutôt que de renforcer le suspense et l'angoisse, désamorce le tout, puisqu'on passe plus de temps à se demander ce qui se passe à l'écran qu'à s'immerger dans le récit.

Sans oublier le fait que le métrage prend, sur sa fin, de faux airs d'un Maman, j'ai raté l'avion plus sérieux, avec le jeune héros qui aveugle la babysitter avec des feux d'artifice, et l'achève en prenant le volant de la voiture de son père, un casque vissé sur la tête.

D'ailleurs, cette voiture est, justement, symptomatique des problèmes d'une écriture qui prend un peu trop le principe du fusil de Tchekhov au pied de la lettre : le jeune voisin, les talkies-walkies, la cabane, la voiture, etc, autant d'éléments amenées de manière un peu trop voyante en cours de récit, clairement pour préfigurer leur retour ultérieur.

Et paradoxalement, cette même écriture brouille un peu trop les pistes avec la scène de la sex-tape du père de famille - le script explique texto que la femme sur la vidéo n'est pas la mère des enfants, Emelie force ces derniers à regarder la vidéo, un sourire aux lèvres, on se dit qu'il y a peut-être là un rebondissement de scénario à venir.... mais non, c'était une piste qui ne débouche sur rien, et qui a clairement troublé plus d'un spectateur, à en juger les retours critiques lus sur le web.

Bref, un film qui, plutôt que de finir de manière explosive, préfère se conclure dans un quasi-murmure frustrant, succombant en plus au syndrome du "le bad guy n'est pas mort, il s'est échappé", totalement inutile.

Vraiment dommage que l'essai ne soit que partiellement transformé.

3 + 0.25 pour Sarah = 3.25/6

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