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LES TÉLÉPHAGES ANONYMES

Il était une fois Lurdo & Sygbab, deux internautes passionnés de séries tv et de cinéma, et qui cherchaient un endroit où archiver leurs avis (semi) éclairés...

Articles avec #usa catégorie

Un film, un jour (ou presque) #711 : Pierre Lapin (2018)

Publié le 11 Mai 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Animation, Jeunesse, Comédie, Sony, USA, Australie

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus. ​​ 

Pierre Lapin (Peter Rabbit) :

Lorsque Joe McGregor (Sam Neill), leur voisin acariâtre, décède d'une crise cardiaque, Peter Rabbit (James Corden), ses trois soeurs (Daisy Ridley, Margot Robbie & Elizabeth Debicki) et leur cousin (Colin Moody) se réjouissent d'avoir son jardin et sa propriété pour eux-seuls. Jusqu'à l'arrivée de Thomas (Domhnall Gleeson), le neveu de Joe, qui s'installe là, et décide de mener la vie dure aux lapins. Heureusement, ces derniers peuvent compter sur l'aide de Bea (Rose Byrne), une artiste peintre habitant la maison d'à côté...

Adaptation des ouvrages de Beatrix Potter, mêlant prises de vue réelles et animaux de synthèse, ce Peter Rabbit ne fonctionne qu'à moitié. Au nombre des bons points, les effets spéciaux sont très réussis, et la réalisation à hauteur de lapin s'avère des plus dynamiques et efficaces.

La première moitié du film se déroule ainsi tranquillement, et se regarde même assez sympathiquement, malgré un léger abus de chansons modernes, et de coups de coude appuyés au spectateur, comme dans bon nombre de films d'animation actuels.

Et puis progressivement, une fois Domhnall Gleeson bien installé dans sa nouvelle demeure, le film a tendance à succomber aux travers habituels des films du genre Alvin & les Chipmunks : beaucoup de poursuites hystériques, beaucoup de violence absurde et de slapstick, de l'émotion forcée, et un déroulement particulièrement linéaire.

Dommage, parce qu'encore une fois, les animaux sont très réussis, et du côté humain, Gleeson et Byrne ont une assez bonne alchimie, très british. Quant aux doubleurs, disons qu'on se demande un peu ce que certains, comme Corden ou Robbie, apportent vraiment à leurs personnages respectifs, mais bon... ça aide d'être à la mode, je suppose.

3.5/6

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Et comme toujours, vous pouvez retrouver la liste complète de tous les films passés en revue sur ce blog dans le menu Index de haut de page, ou en cliquant directement sur ce lien...

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Un film, un jour (ou presque) #695 : Betting on Zero (2016)

Publié le 19 Avril 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Documentaire, USA, Économie

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Betting on Zero :

Documentaire américain sur le combat mené par Bill Ackman, un milliardaire gestionnaire de fonds d'investissement, ainsi que bon nombre d'anciens clients et représentants, contre l'entreprise internationale Herbalife, une compagnie de vente de compléments alimentaires fonctionnant selon le principe de la vente pyramidale, et s'avérant, selon ses critiques, une arnaque monumentale s'en prenant particulièrement aux populations immigrantes et défavorisées, en leur faisant miroiter le rêve américain.

Le problème, ici, étant que Bill Ackman a tout à gagner en dénonçant la compagnie, puisque qu'il a un milliard de dollars investis en bourse, qu'il ne récupérera avec bénéfices que si les actions de la compagnie s'effondrent, une fois que ce scandale aura fait boule de neige.

Autrement dit, Ackman, en dépit de ses affirmations, semble forcément loin d'être impartial et sincère dans tout ça, et ses coups médiatiques visant à "dénoncer" la compagnie l'aident clairement, en parallèle, à atteindre son objectif, en sabotant la valeur boursière des actions Herbalife.

Le documentaire, lui, tente de montrer un peu les deux facettes de cette histoire, en donnant la parole à Herbalife (qui a néanmoins l'air affreusement louche et peu digne de confiance, avec toutes ses pratiques douteuses, et ses tentatives pitoyables de régler l'affaire à l'amiable, en offrant 10$ à chaque personne impliquée dans le recours collectif), et aux innombrables victimes de la compagnie, le tout sans passer sous silence le caractère controversé d'Ackman, ses partis-pris, ses conflits avec d'autres investisseurs et sa personnalité polarisante.

Intéressant, bien qu'un peu redondant dans les témoignages, et forcément frustrant car il peine à totalement convaincre de la sincérité d'Ackman, et n'apporte pas de réelle résolution à son sujet, autre que quelques cartons-titres de conclusion (normal, puisque l'affaire est toujours en cours).

3.5/6

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Un film, un jour (ou presque) #683 : Les Zévadés de l'Espace (2013)

Publié le 3 Avril 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Aventure, Animation, Science-Fiction, Comédie, Jeunesse, Canada, USA

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus. ​​ 

Les Zévadés de l'Espace (Escape From Planet Earth) :

Superstar intergalactique, Scorch Supernova (Brendan Fraser) est un héros de l'espace originaire de la planète Baab, et est aidé dans ses missions par son frère Gary (Rob Corddry), responsable de mission au QG de la BASA. Jusqu'au jour où le duo se brouille, et où Scorch décide de partir seul en mission sur Terre, la planète la plus dangereuse de l'univers, où il est capturé par le maléfique Général Shanker (William Shatner). À Gary de partir à son tour sur le terrain, pour secourir son frère...

Un film d'animation tellement générique et insipide qu'on passe son temps à se dire que ça ressemble vraiment à du Dreamworks bas de gamme, à l'époque où le studio se cherchait, et se contentait de faire des récits interchangeables et basiques.

Ici, que ce soit l'écriture, l'humour, la musique d'Aaron Zigman, les chansons pop, ou les choix artistiques très maladroits (toute la conclusion en voix off, au secours !), ça ronronne instantanément, et ça finit par n'avoir pas grand intérêt intrinsèque.

C'est dommage, parce que techniquement, même si ça ne déborde pas d'originalité, ça tient à peu près la route, malgré un doublage très inégal (quelques choix amusants - Ricky Gervais, les aliens -, quelques autres pertinents - Brendan Fraser, Rob Corddry -, et d'autres hors-sujet ou mal exploités - Sarah Jessica Parker, Sofia Vergara, William Shatner, Jane Lynch, etc).

2.5/6 (aussitôt vu, aussitôt oublié, mais ça plaira peut-être aux plus petits)

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Un film, un jour (ou presque) #682 : Call Me Lucky (2015)

Publié le 2 Avril 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Comédie, Documentaire, USA

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Call Me Lucky :

Documentaire de Bobcat Goldthwait sur Barry Crimmins, comédien américain culte des années 80, corrosif, controversé, engagé, torturé, et vénéré par ses pairs, mais particulièrement oublié du grand public.

Un portait hagiographique d'un comique engagé qui a quasiment fondé, à lui seul, la scène comique de Boston, mais a aussi, progressivement, fini par se laisser porter par sa colère et par ses tourments intérieurs (violé à de multiples reprises durant son enfance, il en a gardé des séquelles psychologiques importantes, frôlant par ailleurs l'alcoolisme prononcé), et s'est totalement détaché de son métier, pour devenir un activiste cynique et mordant, reclus dans un chalet au fond des bois, éloigné de tout et de tous.

Pas désagréable, et assez bien mené dans sa forme (la réalisation est efficace, avec en prime des scènes animées, çà et là, pour illustrer certaines anecdotes) et dans son fond pour rester intéressant, même pour quelqu'un qui, comme moi, n'a qu'un intérêt et une connaissance très limités du bonhomme, et de son domaine d'activité.

Cela dit, je ne suis pas certain que la structure même de ce documentaire soit totalement pertinente : en effet, non seulement l'accumulation de compliments extatiques finit par lasser, mais en plus, tenter de faire des sévices sexuels subis par Crimmins une révélation centrale du documentaire, comme un rebondissement inattendu et exclusif, alors que c'est un fait connu de tous, depuis très longtemps, et qu'on peut même très facilement deviner si on ne connaît rien du personnage, dessert le film dans son ensemble, en lui donnant un côté un peu racoleur et vain.

D'autant qu'ensuite, le film finit par trainer un peu la patte, en s'attardant (trop ?) longuement sur le combat de Crimmins contre la pédopornographie et la religion, jusqu'à devenir répétitif.

En l'état, Call me Lucky est un documentaire inégal, mais pas inintéressant, sur une figure fondatrice d'une partie de la scène comique américaine actuelle, et sur le mentor méconnu de nombreux comiques en activité.

3.5/6

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Un film, un jour (ou presque) #678 : Back in Time (2015)

Publié le 27 Mars 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Documentaire, USA

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Back in Time :

Un documentaire américain sur le film Retour vers le Futur, la dévotion de ses fans, et la lucrative franchise qui a découlé du succès de ce métrage.

Pendant un premier tiers de ces 90 minutes, on se dit que ce documentaire est assez sympathique : concentré sur le premier métrage de la trilogie, le métrage bénéficie d'interviews de presque tout le monde, de Silvestri à Spielberg et Zemeckis, en passant par toute la distribution (Thomas F. Wilson et Crispin Glover exceptés), et par bon nombre d'invités, qui permettent tous de retracer de manière plutôt intéressante la genèse du film, sa production, et son influence.

Et puis soudain, passé la première demi-heure, on a droit à un immense coup de frein, puisque le documentaire s'intéresse alors à la DeLorean, aux fans obsessifs qui la collectionnent et la restaurent, etc. Back in Time devient alors totalement redondant, et assez plat, basculant d'un documentaire sur Retour vers le Futur, à un documentaire sur les fans de Retour vers le Futur. On commence à s'ennuyer, on remarque que le temps commence à passer, et on finit par se dire qu'il ne reste qu'une petite demi-heure pour traiter de Retour vers le Futur 2 et 3, ce qui est peu.

Et effectivement, les deux suites sont résumées par Dan Harmon, interrogé face caméra, et qui, toujours aussi cynique et lourd, nous explique que BTTF 2 et 3 sont de grosses merdes qui n'existent pas (un peu comme les fans d'Indiana Jones qui aiment à faire l'impasse sur le quatrième opus, dont on apprend d'ailleurs que la scène du réfrigérateur provient du script du premier Retour vers le Futur). C'est à peu près là toute l'étendue du traitement critique et du retour sur les deux suites de la franchise, qui sont presque plus ignorées que tous les produits dérivés produits depuis.

Tout au plus le documentaire revient-il sur les innovations technologiques du deuxième film (l'hoverboard, les voitures volantes, etc), mais ça s'arrête là.

Très décevant, en fin de compte, Back in Time ressemble à une ébauche de rétrospective, totalement incomplète, et peu satisfaisante, que ce soit pour les fans ou pour les novices.

Un minuscule 3/6 (et encore, je suis généreux)

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Un film, un jour (ou presque) #674 : Battle of the Sexes (2017)

Publié le 21 Mars 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Biographie, Drame, Histoire, Sport, UK, USA

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Battle of the Sexes :

En 1973, alors même qu'elle commence à peine à assumer son homosexualité dans les bras de Marilyn (Andrea Riseborough), Billie Jean King (Emma Stone), meilleure tenniswoman de la planète, décide de s'engager dans un combat contre le sexisme de sa fédération nationale, réclamant salaire égal pour travail égal. Et pour prouver qu'elle vaut autant que n'importe quel joueur, elle accepte d'affronter Bobby Riggs (Steve Carell), ancien champion de tennis provocateur, manipulateur et showman sexiste, dans un match qui fera date dans l'histoire de la télévision américaine....

Un biopic anglo-américain gentillet et inoffensif, réalisé par le duo à l'origine de Little Miss Sunshine et de Elle s'appelle Ruby, et au sujet qui résonne plutôt bien aujourd'hui, avec ses thèmes d'égalité, de parité, de féminisme, d'homosexualité, de sexisme, etc.

Malheureusement, ça s'arrête un peu à ça, puisque si le tout est très bien interprété (d'ailleurs, il y a d'innombrables visages familiers parmi les seconds rôles, ça fait plaisir : Sarah Silverman, Bill Pullman, Alan Cumming, Natalie Morales, Eric Christian Olsen, Chris Parnell, John C. McGinley), et que les deux heures se regardent très facilement, BotS manque d'un réel point focal, s'éparpille, et peine à exister au delà de la surface de son message et de ses thèmes : on devine qu'il y a plus à dire, qu'il existe probablement des approches plus intéressantes et pertinentes, mais que le film se contente de dérouler son histoire sans trop vouloir sortir des sentiers battus, en jouant fortement la carte du sentiment et de l'émotion.

King, est ainsi présentée comme une joueuse féministe et militante, mal à l'aise dans sa peau, rongée de doutes quant à sa sexualité, mais décidée à imposer la parité dans son sport, coûte que coûte, quitte à se donner en spectacle. Bobby, lui, est  montré comme un pseudo-sexiste raté et pathétique, parieur invétéré qui voit là une occasion de se refaire, quitte à en faire trois tonnes et à se ridiculiser ; C'est bien, tout ça, mais paradoxalement, le tennis passe totalement à la trappe, tant tout se concentre sur les personnalités de deux protagonistes, sur leurs vies privées, sur les problèmes qu'ils rencontrent, sur leurs hésitations, etc, plus que sur les enjeux pour leur sport.

La passion du tennis, le contexte sociétal plus large, tout ça, finissent par être éclipsés par la vie personnelle des protagonistes, et quand arrive le grand match, le tout finit par être très plat, sans imagination ni ampleur, avec des doublures visibles, et un suspense forcément inexistant. La réalisation, d'ailleurs, manque régulièrement d'énergie ou d'originalité, avec des cadrages ultra-serrés sur les visages dès que l'émotion est censée poindre le bout de son nez.

En fait, on a l'impression d'un biopic agréable et compétent, mais très anecdotique et manquant un peu de subtilité dans l'écriture ; un film parfait pour décrocher des récompenses, mais qui reste à la surface des choses, donnant beaucoup trop d'importance à ce qui ressemble, ni plus ni moins, à un coup publicitaire guère différent de ce que Andy Kaufman a fait avec des catcheuses, quelques années plus tard.

Cela dit, ça m'a donné envie d'en savoir plus, et donc, dès demain, je passe au documentaire de 2013 détaillant cette "Guerre des Sexes" de 1973...

3.5/6

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Un film, un jour (ou presque) #671b : SEMAINE ST-PATRICK - The Luck of The Irish (1948), St. Patrick : The Irish Legend (2000) & Patrick (2004)

Publié le 17 Mars 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Irlande, Télévision, USA, Fantastique, Religion, Drame, Biographie, Documentaire, Fox, Histoire, Comédie, Romance, Politique

C'est aujourd'hui la Saint Patrick, et à cette occasion, notre semaine spéciale dédiée à l'Irlande se conclue par un petit bonus très à propos... ​​ 

The Luck of the Irish (1948) :

De passage en Irlande, Fitz (Tyrone Power), un journaliste new-yorkais, croise le chemin d'un farfadet, Horace (Cecil Kellaway), avec lequel il sympathise lorsqu'il lui rend son chaudron d'or. De retour au pays, cependant, alors que Fitz retrouve sa fiancée (Jayne Meadows) et le père de celle-ci (Lee J. Cobb), aux ambitions politiques radicalement opposées aux convictions de Fitz, le farfadet réapparaît, et décide de devenir le majordome du reporter, afin d'améliorer sa vie, et de le pousser dans les bras de la jolie Nora (Anne Baxter), jeune irlandaise rencontrée durant son voyage...

Une comédie en noir et blanc de 1948, pas forcément désagréable, mais qui ne dépasse pas le stade de l'anecdotique. En effet, le métrage met malheureusement un certain temps à démarrer (toute la partie irlandaise - en studio - est bien trop longuette, et le film ne démarre réellement qu'à partir de 40 minutes, lorsque le leprechaun arrive en ville), et s'encombre d'une sous-intrigue politique qui aurait pu être traitée avec plus de subtilité ou d'originalité.

Ce n'est pas forcément mauvais, mais ce n'est pas non plus particulièrement mémorable.

3/6

St. Patrick - The Irish Legend (2000) :

Au quatrième siècle, en Angleterre, le jeune Patrick (Luke Griffin), fils de décurion, est enlevé par des envahisseurs irlandais, et ramené en Irlande en tant qu’esclave. Sur place, il trouve la Foi, et devient un émissaire de Dieu, jusqu'à son évasion. Des années plus tard, Patrick (Patrick Bergin) n'a plus qu'une intention : retourner en Irlande et convertir le pays à la Foi chrétienne, en dépit de conflits avec l'Église britannique, qui n'approuve pas ses méthodes radicales...

Un téléfilm Fox Family écrit et réalisé par un habitué de Saban et des Power Rangers, ce métrage ouvertement fantastique est très clair sur ce qu'il raconte : une légende, à la véracité historique très très ténue, et aux nombreux anachronismes.

Il ne faut donc pas se concentrer sur le script, assez bordélique, et prenant la forme d'une narration en flashbacks ; ni sur la plausibilité de ce qui nous est montré - on a droit à des pouvoirs magiques à gogo (Patrick est un véritable Jedi), du surnaturel, de la religion, des clichés à gogo ; ni sur l'interprétation (ce n'est pas désastreux, mais c'est inégal et peu remarquable, dans l'ensemble) ; ni sur les effets spéciaux et la direction artistique (globalement fauchés et laids, surtout lorsque l'on a droit à des montages d'images tout en surimpression et en transparence) ; ni sur la réalisation, très télévisuelle et bancale ; ni sur le prosélytisme du tout, inévitable.

Que reste-t-il, alors ? La bande originale d'Inon Zur (compositeur de jeux vidéo), assez réussie, bien qu'ayant trop d'ampleur compte tenu de ce qu'il y a à l'écran. Toute la partie "conversion de l'Irlande", qui n'est qu'un enchaînement de miracles visuellement immondes, au point que ça en devient amusant à suivre. Et l'histoire en elle-même, intéressante si l'on ne connaît rien du personnage de Saint Patrick.

Mais d'un autre côté, si l'on n'en connaît rien, peut-être vaut-il mieux tout simplement se tourner vers un documentaire, pour tenter d'en apprendre un peu plus sur la vérité historique, plutôt que ce gloubiboulga de métamorphoses, de lumière divine, de vierges sacrifiées, de visions divines, d'autochtones primitifs et de serpents qui s'enfuient...

2/6

(amusant de voir que l'immense majorité des critiques et des avis disponibles en ligne débordent de louanges... et proviennent de sites chrétiens et/ou de croyants)

Patrick (2004) :

Documentaire historique retraçant la vie de Saint Patrick, narré par Gabriel Byrne et Liam Neeson, et faisant le tri entre mythe et réalité entourant le personnage, et sa réputation démesurée.

Comme d'habitude pour ce genre de docu-drama, on a droit à des reconstitutions qui, pour être franc, sont probablement moins honteuses que le téléfilm avec Patrick Bergen, et sont tout aussi efficaces dans leur narration de la vie avérée du Saint.

Si cela fonctionne, c'est probablement parce que ça évite le prosélytisme niais et hollywoodien du téléfilm Fox, en rationalisant ou faisant l'impasse sur tout ce que ce dernier présentait comme divin et surnaturel ; et aussi parce que ça n'oublie pas de développer l'importance de Saint Patrick dans l'histoire de la chrétienté européenne, notamment dans les conséquences de son évangélisation du pays (les moines, les enluminures, etc).

Intéressant, et suffisamment bien mené et rythmé pour rester intéressant jusqu'à la fin.

4/6

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Un film, un jour (ou presque) #671 : SEMAINE ST-PATRICK - Le Lutin (2001) & The Yank (2014)

Publié le 16 Mars 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Irlande, USA, Comédie, Romance, Jeunesse, Disney, Sport

Cette semaine, en l'honneur de la Saint Patrick, le 17 Mars, place au cinéma irlandais, dans tout ce qu'il a de plus festif et de plus réjouissant...

Le Lutin (Luck of the Irish - 2001) :

Jeune lycéen basketteur toujours chanceux, Kyle (Ryan Merriman) voit sa vie bouleversée lorsqu'il perd le sou magique offert par sa mère (Marita Geraghty) lorsqu'il était petit : aussitôt, sa chance l'abandonne, et toute sa famille commence alors à régresser, révélant sa véritable nature. Car Kyle, sa mère, et leur grand-père (Henry Gibson) sont des farfadets, et ils doivent récupérer leur or au plus vite, sous peine de voir le cruel Seamus McTiernen (Timothy Omundson) devenir le roi des farfadets...

Une DCom qui a de faux airs de Teen Wolf/Teen Wolf Too, et qui, si elle se regarde et possède un vrai message pro-immigration et intégration, tourne aussi un bon moment en rond. Il faut dire que les effets spéciaux et l'intégration des farfadets sont assez médiocres (les effets équivalents de Darby O'Gill étaient meilleurs), et que la première heure de métrage est banale au possible, avec quelques poursuites quelconques, et des accents irlandais assez inégaux.

Cela dit, une fois que Omundson intervient vraiment et se lâche, ça décolle un peu (en virant au film sportif, malheureusement), avec en prime quelques idées de réalisation et de transitions amusantes.

Regardable, sans plus (et le côté "l'Amérique est le plus beau pays du monde, on accueille tout le monde, c'est formidable", finit par être lassant).

3/6 (sur l'échelle des DComs)

The Yank (2014) :

À l'occasion du mariage d'un ami, Tom Murphy (Sean Lackey), un américain d'origine irlandaise, part pour l'Irlande en compagnie de ses amis, et de la demoiselle d'honneur de la mariée (Niki Spiridakos), qu'il ne supporte pas. Il découvre ainsi le pays de ses ancêtres, et doit alors choisir entre les attentes de ses parents (Charlotte Bradley, Fred Willard) et ce que son cœur désire vraiment...

Une comédie indépendante assez fauchée, pas très bien filmée, assez mal rythmée (plus d'une demi-heure avant l'arrivée en Irlande) et cousue de fil blanc.

Pire, par moments, ça frôle le documentaire touristique sur l'Irlande, sponsorisé par l'office du tourisme local, avec mélodies locales en fond sonore, stock shots de paysages locaux filmés depuis un hélicoptère et narration en voix off ; la romance transparente entre la jolie grecque séduisante et le protagoniste bedonnant ne fonctionne pas du tout ; et dans l'ensemble, ce n'est pas particulièrement drôle, à quelques moments près.

Cela dit, la présence de Colm Meaney est toujours un plus...

1.5/6 (j'ai eu du mal à aller jusqu'au bout)

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Un film, un jour (ou presque) #661 : Le Faussaire (2014)

Publié le 2 Mars 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Documentaire, USA

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Le Faussaire (Art and Craft) :

Pendant plus de trente ans, Mark Landis, un mythomane solitaire à tendances schizophrènes et autistes a trompé les plus grands musées de part le monde en leur donnant gratuitement des oeuvres théoriquement de valeur, mais en réalité créées par ses soins en photocopiant et en copiant des tableaux existants. Désormais démasqué, et traqué par un commissaire d'exposition pugnace, Landis doit faire face à la fin de sa carrière de faussaire, et à l'exposition, dans une galerie, de tout son "art"...

Un documentaire un poil longuet et neurasthénique (à l'image de son protagoniste principal), qui n'est pas désagréable, mais est loin d'être captivant pour autant.

Plutôt que de se concentrer à ce point sur le portrait d'un personnage pathétique et déséquilibré, le documentaire aurait peut-être gagné à équilibrer le tout avec une description plus approfondie de ses techniques, et à s'attarder sur comment tous ces musées ont pu être à ce point crédules...

3/6

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Un film, un jour (ou presque) #660 : Starship Troopers - Traitor of Mars (2017)

Publié le 1 Mars 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Action, Animation, Science-Fiction, Japon, USA

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Starship Troopers - Traitor of Mars :

Assigné à une base en orbite de Mars, Johnny Rico (Casper Van Dien) ne peut qu'assister, de loin, à l'attaque de la Fédération sur la planète mère des insectes, à l'autre bout de la galaxie. Mais soudain, des hordes d'insectes surgissent sur Mars, à deux pas de la Terre : une présence inexplicable, qui pourrait bien être le fruit d'une étrange conspiration...

Nouveau métrage d'animation, qui s'inscrit dans la continuité du film original, et de Starship Troopers - Invasion (2012), un métrage assez mauvais, qui n'apportait absolument rien à la franchise, et souffrait d'un premier degré regrettable, totalement à côté de la plaque.

Ici, malgré le retour d'Edward Neumeier (scénariste du film de Verhoeven) au script, et l'utilisation de multiples personnages familiers (Rico, Dizzy, Carmen, Carl - seuls Casper Van Dien et Dina Meyer reprennent leurs rôles), on retombe exactement dans les mêmes problèmes que le précédent : c'est spectaculaire, oui, mais c'est aussi ultra-creux et premier degré, avec une caractérisation et des dialogues particulièrement clichés et médiocres, et un rythme bancal ; l'animation labiale est globalement mauvaise, le rendu physique inégal, et l'apparence des personnages toujours débatable (la méchante et ses faux airs d'Emma Watson, mouarf) ; et dans l'ensemble, le script est assez basique, voire même improbablement capillotracté.

À nouveau, on se dit que la hargne satirique de Verhoeven manque cruellement au cinéma de genre, mais bon, s'il préfère tourner un drame religieux sur Virginie Efira en nonne lesbienne, c'est son choix...

2.5 - 0.5 pour l'intégration de mauvais acteurs réels (l'équipe technique ?) dans certains flashs infos = 2/6

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Un film, un jour (ou presque) #652 : Happy Valley (2014)

Publié le 19 Février 2018 par Lurdo dans Cinéma, Critiques éclair, Review, Documentaire, Sport, USA

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Happy Valley :

"Happy Valley", c'est le surnom donné à la région qui abrite la ville de State College, où est établie l'Université de Penn State, et son équipe de football américain. À la tête de cette dernière pendant plus de 40 ans, l'iconique Joe Paterno, un emblème d'idéalisme, de pureté et de victoire, et un homme virtuellement sanctifié par toute la ville, tant pour son palmarès que pour son code de conduite. Un homme qui, pendant plus d'une décennie, a fermé les yeux sur les agissements de Jerry Sandusky, l'entraîneur assistant, qui a violé et abusé de tous les enfants qui sont passés sous sa juridiction. Lorsque le scandale éclate, en 2012, c'est toute la ville qui sombre dans le cauchemar, et qui prend partie, faisant souvent passer son amour du football et de son histoire avant le bien-être des siens...

Un documentaire assez glaçant sur une ville où le football est une religion, où Paterno est innocent aux yeux de beaucoup... et quand bien même il serait coupable d'avoir fermé les yeux (et négocié un départ en retraite très confortable mais précipité juste avant que les choses ne deviennent publiques), "il aurait dû être laissé tranquille, en souvenir de sa carrière formidable et mémorable."

WHAT. THE. FUCK.

C'est à peu près tout ce qui m'est venu à l'esprit pendant cette chronique des évènements, qui a la bonne idée de ne pas forcément imposer son point de vue, mais de laisser plutôt les intervenants s'enterrer eux-mêmes.

On découvre ainsi des hordes d'habitants de State College qui descendent dans les rues, cassent et renversent des autos en insultant les médias qui osent dire du mal de leur "Saint" local, des fans qui préfèreraient qu'on oublie tout ça, et qu'on se concentre sur ce qui est important (le football), des supporteurs qui commencent à siffler une minute de silence en début de match pour les victimes de ce scandale, des responsables de l'Université qui ont enterré l'affaire et se plaignent désormais que tout ça a ruiné l'industrie du football local, un père de famille qui, voulant sa photo avec la statue de Paterno, vient menacer physiquement un manifestant pacifique qui se tenait à côté avec une pancarte rappelant les crimes de l'entraîneur...

... bref, tout ça fait assez peur, et pour quelqu'un qui n'a pas la culture du football américain universitaire, c'est assez incompréhensible de voir un tel fanatisme aveugle et abruti, qui préfère reporter le blâme sur les victimes des actes, et sur les médias qui en parlent.

Pas parfait (on aurait aimé un peu plus de recul, et de détails), mais assez effrayant de voir comment le culte de la personnalité et la starification des participants à un sport peuvent amener à de telles extrémités.

4/6

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Un film, un jour (ou presque) #646 : Red Trousers - Anthologie du cinéma de Hong Kong (2003)

Publié le 9 Février 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Documentaire, Chine, USA, Action

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Red Trousers - Anthologie du cinéma de Hong Kong (Red Trousers : The Life of the Hong Kong Stuntmen) :

Un documentaire réalisé et narré par Robin Shou, et qui utilise le prétexte d'un court-métrage dont il est le héros pour revenir sur la base même de l'industrie cinématographique de Hong-Kong : les cascadeurs.

Des cascadeurs interviewés en long, en large et en travers par Shou, dans tout ce qu'ils ont de fascinant, mais aussi de vraiment embrigadés : bon nombre de cascadeurs ne rêvent que d'une chose, marcher dans les pas de Jackie Chan, Sammo Hung et compagnie, et parvenir à les égaler. Quitte à, pour cela, accepter une formation et un fonctionnement dans la lignée de l'Opéra de Pékin, où les brimades et les humiliations étaient monnaie courante, et où il n'y avait pas de place pour l'individualité, pour la douleur, et pour les plaintes.

Résultat : bon nombre de cascadeurs (mais aussi de jeunes étudiants des Écoles d'art, etc) ne fonctionnent qu'en se donnant corps et âme à leur métier, quitte à se briser physiquement et mentalement, et à se pousser au delà de leur limites.

Un état d'esprit et une vocation très particuliers, clairement inscrits dans les gènes des jeunes Chinois, et qui s'avère assez intéressants à découvrir, notamment dans ce jusqu'au-boutisme assez radical.

Cela dit, le documentaire n'est pas parfait pour autant, puisque le court-métrage de Shou est assez inintéressant (avance rapide !), et que, de manière générale, sa voix off, lorsqu'elle intervient (heureusement assez rarement) sonne franchement assez faux.

4/6

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Un film, un jour (ou presque) #639 : American Grindhouse (2010)

Publié le 31 Janvier 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Documentaire, Histoire, USA

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

American Grindhouse :

Documentaire américain qui revient en détail sur l'histoire du cinéma d'exploitation américain, un peu à l'instar de Schlock, mais qui s'avère nettement plus complet et satisfaisant à regarder.

En effet, là où Schlock s'attardait longuement sur les années 50-70, négligeant fortement l'avant, et l'après, ici, on a droit à un passage en revue de toute l'histoire du cinéma d'exploitation, moins pointu et limité que Schlock, mais plus intéressant et instructif.

Le film retrace ainsi toute la genèse du genre de l'exploitation, depuis Edison, jusqu'aux cinémas grindhouse (qui ne fermaient jamais), en passant par le Code Hays, son application, et ce que la fin du Code Hays a signifié pour les films d'exploitation : une évolution, à mesure que les thèmes qui étaient jusque là limités aux films d'exploitation racoleurs étaient intégrés dans les longs-métrages de studio. 

De là, on passe pas les teen movies, les beach movies, les nudie cuties, les roughies, puis (comme détaillé dans Schlock), le gore, avec Hershell Gordon Lewis, puis Corman, la contre culture des années 70, etc.

Et là où Schlock s'arrêtait, cet American Grindhouse continue, en nous parlant de l'horreur produite dans les années 70, de la blaxploitation, du genre des femmes en prison, de la nazisploitation, et bien entendu, aboutissement logique de tout cela, du porno.

Une histoire mouvementée, qui, à nouveau, aboutit sur une récupération des genres du cinéma d'exploitation par les grands studios (comme par exemple avec Les Dents de la Mer).

Bref, un documentaire à peu près complet, ludique, avec beaucoup de témoignages et de commentaires apportés par des noms réputés (John Landis, Joe Dante, Larry Cohen, etc), et énormément d'images et d'extraits, qui permettent d'avoir un bon aperçu de tous ces sous-genres mentionnés par les intervenants.

Un quart d'heure de plus n'aurait pas forcément été de refus.

4.25/6

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Un film, un jour (ou presque) #636 : Schlock ! - The Secret History of American Movies (2001)

Publié le 26 Janvier 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Documentaire, USA

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Schlock ! - The Secret History of American Movies :

Documentaire américain qui retrace l'histoire du cinéma d'exploitation US dans ses moindres détails, à l'aide de nombreux extraits et images d'archive, et d'interviews de leurs participants encore en vie.

On y apprend comment, dès le baby boom d'après guerre, période débordant d'une énergie euphorique et sexuelle réprimée, le studio AIP a compris qu'il fallait s'adresser à la jeunesse de l'époque, une jeunesse méfiante de ses parents et du gouvernement... et ce quitte à vendre d'innombrables projets sur la simple base d'une affiche et d'un titre.

Malgré quelques perles devenues mémorables (Le Carnaval des âmes, Un Baquet de sang), et quelques films plus ambitieux (en couleur, avec un plus gros budget, etc), ces producteurs malins ont rapidement basculé dans la sexploitation, avec notamment toute une série de films de nudistes ; puis viennent Hershell Gordon Lewis et Russ Meyer, porte-étendards de deux sous-genres, le gore et les nudie-cuties ; le cinéma d'exploitation prend alors un tour plus sombre, avec les roughies (violence et femmes maltraitées), reflétant une société progressivement plus sombre et désabusée : celle-là même qui, dans les années 60-70, voit l'ascension de Roger Corman, et de toute une génération de talents - Bogdanovich, Coppola, Fonda, Nicholson, etc - sous son aile...

Un documentaire intéressant et instructif, mais parfois un peu austère dans son propos, notamment lorsqu'il rentre vraiment dans les profondeurs des sous-genres et de leurs auteurs... tout en ignorant volontairement plusieurs pans du cinéma d'exploitation (blaxploitation, kung fu, etc).

D'autant plus que le métrage tente d'adopter une étrange posture bâtarde, avec un propos et un commentaire intellectuel et universitaire tentant de souligner l'importance et la signification profonde de ce cinéma d'exploitation... tandis qu'en parallèle, tous les intervenants responsables de ces mêmes films en rigolent, et affirment encore et encore qu'ils ne prenaient pas le moins du monde leur production au sérieux, et qu'il ne faut pas y chercher le moindre sens.

Cette position s'avère assez frustrante, en fin de compte, d'autant que s'il y a une chose que l'on ne peut pas nier, c'est bien le fait que ces "exploiteurs" ont tout simplement ouvert la porte au cinéma indépendant des années 70, qui n'a fait que rendre "acceptable" bien des audaces impensables de ces films d'exploitation plus confidentiels...

3/6

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Un film, un jour (ou presque) #633 : Kingsman 2 - Le Cercle Doré (2017)

Publié le 23 Janvier 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Action, Aventure, Thriller, UK, USA, Comédie

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Kingsman 2 - Le Cercle Doré (The Golden Circle) :

Lorsque l'agence Kingsman est anéantie par la maléfique Poppy Adams (Julianne Moore), seuls Eggsy (Taron Egerton) et "Merlin" (Mark Strong) en réchappent. Ils sont alors contraints de se tourner vers l'agence Statesman, l'équivalent américain de Kingsman, pour tenter d'arrêter la criminelle... et ils découvrent, en chemin, que "Galahad" (Colin Firth) est toujours en vie, mais amnésique.

Le premier Kingsman était une comédie d'espionnage un peu sale gosse et rebelle, adaptée avec énergie et second degré par Matthew Vaughn, à partir d'un comic-book de Mark Millar : rien d'excellent, et souffrant de défauts inhérents aux travaux des deux hommes, mais avec suffisamment de bonne humeur pour emporter l'adhésion, notamment grâce à sa distribution dynamique et enthousiaste.

Suite au succès du premier opus, voici donc la suite. Et ici, le mot d'ordre est bigger, louder... mais pas better. C'est plus bordélique, plus caricatural, plus bourrin, plus parodique, mais ça n'a jamais la matière, les personnages ou l'intrigue nécessaires pour justifier ce "plus".

En résumé, le problème de ce Kingsman 2, c'est qu'il n'a pas grand chose à raconter.

Son intrigue est assez basique ; ses personnages sont survolés ; les choix créatifs laissent souvent perplexes car semblant inaboutis (la romance d'Eggsy et de sa princesse, on s'en contrefiche ; la mort de tous les autres Kingsmen et Kingswomen ; les Statesmen n'apportent absolument rien au récit, si ce n'est des caméos gratuits et des accents forcés, et font presque de la figuration ; tout ce qui tourne autour de Julianne Moore et de ses sbires en carton-pâte frôle le Austin Powers ; le passage dans le festival musical, superflu), et si le film répond toujours présent au niveau de l'action (les scènes de combat et de fusillades sont toujours ébouriffantes, malgré des effets numériques très inégaux, et on se dit régulièrement que James Bond a pris un bon coup de vieux), son rythme accuse sérieusement le coup à mi-parcours, au point de rendre le tout franchement mollasson (pas aidé par un score de Henry Jackman en pilotage totalement automatique, et qui recycle les mêmes sonorités depuis les Captain America)

Et au moment où j'écris ces lignes, quelques heures après avoir vu le film, quelle est la seule chose dont je me rappelle avec un certain plaisir ? Elton John. Elton John qui jure, Elton John qui fait du kung fu numérique, Elton John ex Machina qui sauve un personnage des chiens robots (assez ratés, d'ailleurs), Elton John qui drague Colin Firth...

Bref, 3/6... pour Elton.

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Un film, un jour (ou presque) #627 : The Source Family (2012)

Publié le 15 Janvier 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Documentaire, USA, Musique, Religion

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

The Source Family :

À la fin des années 60, Jim Baker, ancien marine, expert en judo, meurtrier et braqueur de banque, plusieurs fois marié et séparé, investit dans plusieurs restaurant végétariens en Californie, et, après avoir connu un éveil spirituel, il devient Father Yod, un gourou bienveillant vivant, avec sa nouvelle femme de 20 ans et tout un troupeau de plus de 200 disciples, dans un manoir en banlieue de Los Angeles.

Là, père spirituel de toute une famille recomposée, Yod entretient une utopie, entre peace, love (la famille pratiquait l'amour libre, la magie sexuelle, et Yod avait 14 compagnes différentes), drogues (forcément), rock'n'roll (Baker et la famille ont créé le groupe YaHoWha13, qui a enregistré une soixantaine d'albums de rock psychédélique improvisé, et leur servait de passerelle pour recruter de nouveaux membres dans les lycées où ils se produisaient) et philosophie new age... et pendant quelques années, malgré quelques déménagements (notamment à Hawaii), cela fonctionne.

Mais les finances de la Source Family (du nom du restaurant le plus populaire de Baker) viennent à se tarir, les problèmes de santé et les incidents graves se multiplient (accouchements "naturels" qui tournent mal, détournement de mineurs), Baker commence à se prendre pour Dieu, puis à déprimer, et finalement, la famille se dissout à la mort de Baker, dans un "accident" de deltaplane (il s'est volontairement lancé du haut d'une falaise avec un deltaplane sans savoir s'en servir, et il a refusé de partir aux urgences après le crash lui ayant brisé le dos). 

Soit.

Si l'on vous demande d'imaginer un hippie tout ce qu'il y a de plus cliché, il y a 99% de chances que vous ayez quelque chose en tête qui ressemble comme deux gouttes d'eau à Jim Baker, ou aux membres de la Source Family. Et si l'on vous demande maintenant d'imaginer un ex-hippie tout aussi cliché, avec 30 ou 40 ans de plus, vous aurez en tête une bonne image de ces mêmes membres tels qu'ils sont aujourd'hui : tous encore impliqués dans des commerces ou établissements new-age, holistiques, "bio", spirituels et typiquement californiens, au point d'en être une caricature incroyable.

Et c'est vraiment le problème que j'ai avec The Source Family, documentaire basé sur un livre écrit par deux des anciens membres de cette secte, et sur les nombreuses images d'archive de la communauté : c'est un métrage particulièrement frustrant.

Frustrant, car intégralement illustré par la musique de YaHoWha1, particulièrement datée et lassante (malgré les témoignages de personnes comme Billy Corgan, qui trouvent le tout fascinant et quasi-religieux). 

Frustrant, car quasiment admiratif de Jim Baker et de cette période... et pour cause : on sent que tous les ex-membres sont encore, dans leur tête, membres à part entière de la Source Family, qu'ils gardent un très bon souvenir de Baker, le vénèrent encore comme un être illuminé et surnaturel, et qu'ils regrettent vraiment cette période.

Enfin, frustrant car, en fin de compte, le documentaire n'est pas forcément particulièrement intéressant en tant que tel : certes, en tant que représentation d'une certaine époque et d'une certaine culture, ce n'est pas désagréable, mais il y a tellement peu de recul sur les événements qu'on finit par être agacé par le discours du documentaire ; d'ailleurs, si Jim Baker était encore de ce monde, et si la communauté était encore active, on aurait presque l'impression d'un film de propagande visant à recruter de nouveaux membres.

Mouais.

3/6 (en étant gentil, et uniquement parce que formellement, c'est assez bien mené)

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Un film, un jour (ou presque) #622 : Exporting Raymond (2010)

Publié le 8 Janvier 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Documentaire, Sitcom, Comédie, USA, Russie

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Exporting Raymond :

Un documentaire dans lequel Phil Rosenthal, le showrunner et créateur de Tout Le Monde Aime Raymond part en Russie pour superviser l'adaptation de sa sitcom pour la télévision locale. J'avais vu des extraits de ce documentaire il y a bien longtemps dans le Daily Show (période Jon Stewart), et je m'attendais à un choc des cultures assez amusant, d'autant que les critiques louaient toutes ce métrage comme étant hilarant et formidable... mais en fait pas tant que ça.

Probablement parce que le documentaire se résume, en fin de compte, à un Rosenthal en mode "grosses grimaces et remarques moqueuses devant les coutumes primitives de ces barbares russes qui ne comprennent rien au génie de mon show, et à la manière inspirée dont on fait une série en Amérique", qui passe son temps à être atterré par ce qu'il voit, et par la manière dont les Russes font de la télé.

Alors par moments, ça fonctionne, parce qu'effectivement, la Russie reste un pays à part (le chauffeur-garde-du-corps qui explique à Rosenthal comment, dans l'armée à 17 ans, il a tué un homme en Afghanistan, alors qu'il rêvait d'être biologiste marin : assez touchant), mais le problème, en fait, c'est que Rosenthal ne montre que trop rarement l'envers du décors/le point de vue des Russes : ça reste centré sur lui, sur ses vannes et punchlines incessantes que les Russes ne comprennent pas (puisqu'il les fait en anglais), et qui leur donnent certainement l'impression que ce gros con d'américain arrogant est là pour leur donner des leçons et leur apprendre comment faire de la télévision.

En gros, on ressort de ces 90 minutes avec l'impression que la Russie, c'est un Tiers-Monde sauvage, où tous les autochtones sont des psychopathes en puissance, s'empoisonnent joyeusement, ont des vêtements calamiteux, n'ont pas de sens de l'humour, et appartiennent tous au KGB...

... des clichés pas forcément très éloignés d'une certaine réalité, mais qui trouvent immédiatement leurs limites lorsque le documentaire semble expliquer que si les Russes veulent connaître le succès, il leur suffit de suivre les conseils de Rosenthal, ce génie de l'humour juif américain multi-millionnaire - et donc forcément l'étalon absolu du bon goût et de l'humour.

(d'autant plus improbable que les extraits de Tout le monde aime Raymond présentés dans le documentaire sont à pleurer de platitude, malgré les fous-rires forcés du public studio)

2.5/6

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Les bilans de Lurdo - Psych : The Movie (2017)

Publié le 6 Janvier 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Télévision, Les bilans de Lurdo, Comédie, Policier, USA

Épisode-revival de la série Psych : Enquêteur Malgré Lui, ce téléfilm de 90 minutes a été diffusé durant les fêtes de Noël 2017 sur la chaîne USA, réunissant à cette occasion toute l'équipe de la série, y compris Tim Omundson (pourtant récemment touché par une attaque cérébrale).

Psych - The Movie :

Désormais installés à San Francisco, Shawn Spencer (James Roday), Burton Guster (Dulé Hill) et Juliet O'Hara (Maggie Lawson) tentent de découvrir qui a abattu Sam (Sam Huntington), le nouveau partenaire de Juliet, alors même que les fêtes de fin d'année battent leur plein autour d'eux, et qu'un mystérieux criminel (Zachary Levi) tente de faire chanter l'inspectrice...

Un épisode spécial qui, malgré ses nombreux bons côtés, m'a tout de même un peu déçu, ou plutôt, m'a laissé assez mitigé : d'un côté, ces retrouvailles font toujours plaisir, et l'on se trouve ici dans la directe continuité de la série ; mais de l'autre, cette continuité se fait aussi pour le meilleur et pour le pire, puisque Roday et Steve Franks ont décidé de lier directement le scénario de ce spécial à une certaine intrigue récurrente de la série - pas forcément celle qui me passionnait le plus à l'époque.

Résultat : cela confère à ces 90 minutes un ton plus sérieux que prévu, surtout pour un épisode spécial diffusé à Noël. Ce n'est pas forcément rédhibitoire, mais ça déstabilise un peu, sur le coup. Néanmoins, la folie habituelle de Psych reste tout de même présente, et a de multiples occasions de s'exprimer, ne serait-ce qu'au travers de la nouvelle romance de Gus (interprétée par la fiancée de Dulé Hill IRL), ou du rêve improbable de Shawn.

Oui, il y a des longueurs - principalement des scènes qui, dans le cadre d'un épisode au format normal, auraient probablement été montées de manière plus nerveuse et raccourcies de moitié ; oui, il y a un bon paquet de caméos inutiles et gratuits, qui semblent parfois là pour placer un maximum de visages familiers et d'amis de la production (Cena, Macchio, Simpson...) ; oui, certaines sous-intrigues sont gentiment sous-développées (la fille de Karen)...

Mais dans l'ensemble, on passe néanmoins un très bon moment à retrouver toute la petite bande, d'autant que l'on ne peut que se montrer indulgent quand on connaît les conditions de production chaotique du métrage : lorsque Tim Omundson (qui a d'ailleurs une petite scène touchante, par smartphone interposé) est tombé malade, l'écriture était déjà terminée, et le tournage sur le point d'entamer sa phase principale.

Il a donc fallu tout réécrire en pleine production, ce qui explique bien des soucis de script, et des raccourcis un peu voyants.

Au final, ce Psych - Le Film n'est ni véritablement un film à proprement parler, ni un épisode spécial de Noël, mais plutôt une sorte d'épisode spécial XXL de la série, avec ses qualités habituelles et ses défauts.

Ça n'incitera pas forcément de nouveaux spectateurs à découvrir la série, mais ça devrait permettre aux fans d'avoir une dose suffisante de Shawn & Gus pour tenir jusqu'au prochain téléfilm, qui devrait arriver un de ces jours (si je devais parier, je prédirais un épisode spécial Halloween...)

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Christmas Yulefest 2017 - 77 - Killing Gentleman (2008)

Publié le 1 Janvier 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Christmas, Yulefest, Noël, Drame, Thriller, USA

Noël est passé, mais chez les Téléphages Anonymes, la Christmas Yulefest et son marathon de cinéma festif continuent jusqu'à l'Épiphanie...

Killing Gentleman (The Merry Gentleman) :

Fuyant Michael (Bobby Cannavale), son mari violent et membre des forces de l'ordre, Kate Frazier (Kelly Macdonald) trouve refuge à Chicago, où elle tente de redémarrer une nouvelle vie loin de tout. À l'approche des fêtes de Noël, elle rencontre ainsi Frank Logan (Michael Keaton), un homme distant et dépressif qui cache un lourd secret : c'est un tueur à gages qui peine de plus en plus à accomplir son métier. Une étrange amitié commence alors à se nouer entre ces deux âmes torturées... mais les choses se compliquent lorsque Michael retrouve Kate.

Un thriller/drame réalisé et interprété par Michael Keaton, qui s'en sort finalement assez bien à ce double poste - d'autant que, dans l'absolu, il n'était pas censé réaliser le métrage, et qu'il n'est passé derrière la caméra pour ce film, son tout premier en tant que réalisateur, qu'après que le réalisateur initial ne soit tombé malade à quelques jours du début du tournage.

Rien d'exceptionnel d'un point de vue technique (on note quelques choix de réalisation et de montage discutables, probablement le résultat d'un manque d'expérience de Keaton), mais une jolie ambiance froide et austère, qui fonctionne plutôt bien pour ces personnages meurtris et repliés sur eux-mêmes, et pour cette période de l'année (les deux premiers tiers du film se déroulent à Noël, la suite durant le reste de l'hiver).

On accrochera ou non à cette atmosphère particulière (le film s'ouvre sur 7 ou 8 minutes sans le moindre dialogue) et à tous ces non-dits, mais pour peu que l'on soit intrigué et/ou sensible au charme de l'attachante Kelly Macdonald, le film a de quoi satisfaire (et sa durée de 90 minutes facilite grandement l'expérience).

Après, je mentirais si je disais que tout fonctionne : j'ai notamment trouvé que la grosse scène dramatique et tendue du retour de Cannavale, par exemple, manquait un peu de subtilité et de mesure dans sa mise en images, ce qui a eu pour effet de souligner le côté forcé et artificiel (ou du moins numéro d'acteur en pleine représentation) de ce moment, et m'a sorti pendant quelques minutes du film.

Autre souci : avec sa durée limitée et sa fin en queue de poisson (qui en frustrera plus d'un), on a régulièrement l'impression qu'il manque des morceaux du film, morceaux qui permettraient de développer la relation des deux protagonistes, et d'étoffer un peu l'enquête policière, aux raccourcis inaboutis.

Mais dans l'ensemble, un métrage pas désagréable du tout, bien interprété et filmé (Macdonald est excellente), mais dont le ton inhabituel et l'ambiance glaciale risquent d'en détourner plus d'un.

3.5/6

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Un film, un jour (ou presque) #621 : L'Histoire de Disney (3/3) - Dream On Silly Dreamer (2005) & L'Histoire de Pixar (2007)

Publié le 31 Décembre 2017 par Lurdo dans Cinéma, Critiques éclair, Review, Animation, Documentaire, Disney, USA, Histoire, Pixar

Parce que le mois de décembre, c'est aussi le mois de l'enfance et du merveilleux, retour sur l'histoire de la compagnie Disney, ainsi que sur ses hauts et ses bas...

Dream On Silly Dreamer (2005) :

Documentaire non-autorisé qui, en quelque sorte, enchaîne directement après Waking Sleeping Beauty : tourné en mars 2002, alors même que Disney fermait son département animation 2D, ce court-métrage (moins de 40 minutes) consiste principalement en des interviews face-caméra de certains des 200 dessinateurs, animateurs, et artistes de l'équipe en place, alors même que leurs carrières s'effondraient sous leurs yeux.

On y découvre des artistes rêveurs ayant profité au maximum de la "Renaissance Disney", avec des avantages financiers improbables, et une mini-célébrité des plus plaisantes ; ces mêmes artistes, confrontés aux décisions improbables d'un management toujours de plus en plus présent, incompétent et jaloux de Jeffrey Katzenberg, qui a fini par partir fonder Dreamworks Animation ; on y apprend leurs réactions lorsque Disney décide de diluer son image de marque en sortant des suites bon marché (et réalisées à l'étranger !) de leurs grands classiques, d'abord en salles, puis en vidéo ; et on y assiste aux témoignages émus et tremblants du personnel renvoyé lors de la grande purge de 2002, après que les dirigeants (vexés par le succès le L'Âge de Glace de Dreamworks) aient soudain décrété que l'avenir, c'était la 3D.

En tant que complément à Waking Sleeping Beauty, Dream On... est plutôt honorable, malgré ses nombreux défauts techniques : tourné pour une bouchée de pain, il souffre d'une prise de son très inégale, et si le fil conducteur, en forme d'animation 2D sommaire narrée à la Winnie l'Ourson, est sympathique, le tout manque forcément d'images d'archives et de visuels autres que des têtes qui parlent. De plus, on peut regretter que le statut du film implique qu'il soit forcément très biaisé, et ne puisse pas donner la parole à l'autre camp.

Un documentaire indépendant et objectif reste tout de même à faire sur ces années sombres ayant précédé l'arrivée de Pixar au sein de Disney...

3/6

L'Histoire de Pixar (The Pixar Story - 2007) :

Un documentaire assez complet et exhaustif signé Leslie Iwerks (déjà à l'oeuvre sur La Main derrière la Souris), et qui retrace, avec de nombreuses images d'archive et autres interviews exclusives, toute l'histoire de la compagnie Pixar, jusqu'à son rachat par Disney.

On commence à CalArts, dans les années 70 ; on découvre les premiers courts métrages de John Lasseter, puis on apprend la manière dont, en 1983, alors que Disney traversait une mauvaise passe, Lasseter en a été renvoyé pour s'être trop consacré à The Brave Little Toaster, un concept de film d'animation numérique.

En parallèle, George Lucas nous explique comment Pixar a vu le jour dans son giron, dans le cadre d'ILM et de Lucasfilm, puis comment, après avoir recruté Lasseter et avoir constaté que les ambitions de cette petite bande nécessitaient beaucoup d'argent, Pixar a été cédé à Steve Jobs.

Sous l'égide de Steve Jobs (un Steve Jobs qui parle constamment de Pixar et de ses films comme si c'était lui-même qui en avait animé chaque image, et qui utilise un "nous" collectif qui devait agacer bien des personnes, de son vivant !), la compagnie a collaboré avec Disney, et le documentaire s'attarde longuement sur Toy Story, le premier long-métrage en CGI de l'histoire du cinéma. Un Toy Story qui a failli s'écrouler sous l'influence indirecte de Jeffrey Katzenberg, et son désir de "toujours plus d'humour adulte et provocant".

Puis les hits s'enchaînent dans les années 90, jusqu'au début des années, qui voit l'animation 2D devenir lentement obsolète dans l'esprit des décideurs de Disney et d'ailleurs (comme on a pu le voir dans les documentaires précédents de ce cycle).

Et puis, enfin, on arrive en 2005, lorsque l'éviction de Michael Eisner à la tête de Disney, et l'arrivée de Bob Iger mènent au rachat de Pixar par Disney. Un rachat optimiste, dans lequel on voit une équipe arrivante promettant de continuer à faire de l'animation Disney traditionnelle, en parallèle des métrages 3D Pixar.

Une promesse malheureusement pas tenue très longtemps, mais qui démontre bien toute la bonne volonté et la sincérité de l'équipe Pixar, une équipe de passionnés qui, par leur succès, ont eu l'effet paradoxal de "tuer" l'industrie qui a fait naître leur passion.

Une chose est sûre, ce documentaire est globalement très intéressant à suivre, surtout en contre-point des autres documentaires disponibles sur l'industrie de l'époque : pris tous ensemble, ces métrages parviennent, avec plus ou moins de succès selon les moyens et l'approche, à dépeindre un moment charnière de l'histoire du cinéma d'animation, en en soulignant les tenants et les aboutissants, et en montrant sous tous leurs aspects les divers intervenants et responsables de la situation d'alors.

4.5/6

(on attend désormais un documentaire sur le Revival Disney, à savoir la période de l'intégration de Pixar, jusqu'à nos jours...)

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Christmas Yulefest 2017 - 44 - Clarence (1990)

Publié le 20 Décembre 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Yulefest, Noël, Christmas, Télévision, ABC Family, Comédie, Religion, Drame, Canada, USA, Nouvelle-Zélande

Noël approche, et chez les Téléphages Anonymesc'est donc l'heure de la Christmas Yulefestet de son marathon de cinéma festif pendant tout le mois de décembre...

Clarence :

Lorsque Clarence Odbody (Robert Carradine), l'ange qui avait autrefois aidé George Bailey, accepte de sortir de sa semi-retraite pour empêcher le suicide de Rachel (Kate Trotter), la jeune veuve de Jeremy (Richard Fitzpatrick), un autre ange, il ignore à quoi s'attendre. Et voilà donc Clarence qui découvre l'Amérique urbaine de la fin des années 80, tout en séjournant avec Rachel et ses deux enfants (Nicolas Van Burek & Jamie Rainey), victimes de l'acharnement professionnel d'un businessman ambitieux (Louis Del Grande)....

Au rayon des suites inutiles que personne n'avait jamais demandées, voici donc Clarence, un téléfilm canado-américano-néo-zélandais diffusé sur l'équivalent du ABC Family de la fin des années 80, réalisé par un habitué des productions télévisuelles Henson, et se proposant comme une suite directe au classique de Noël, La Vie est Belle de Capra.

Et comme si cette idée n'était pas déjà assez mauvaise en soi, la production nous place cette suite dans le milieu des jeux vidéo de 1989 (grosse rigolade, avec du recul), avec un ange maladroit et décalé, qui prend brièvement l'apparence d'un adolescent au lycée et qui embrasse la femme qu'il est supposée sauver/protéger, et avec un Joseph (le supérieur hiérarchique de Clarence) incarné par un jeune pré-ado typiquement 80s, sarcastique et horripilant.

Ajoutez à cela une atmosphère festive totalement absente (il y a trois flocons de neige miteux, vers la fin), un rendu visuel particulièrement fauché et daté, une interprétation inégale, un rythme mollasson, et un manque total d'intérêt, et on comprend sans problème que ce téléfilm soit désormais quasiment introuvable, et n'ait jamais été réédité depuis l'époque de la VHS.

1.75/6

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Christmas Yulefest 2017 - 38 - Trois Femmes pour un Destin (2010)

Publié le 18 Décembre 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Yulefest, Noël, Christmas, Télévision, Comédie, Romance, Hallmark, Irlande, USA, UK

Noël approche, et chez les Téléphages Anonymesc'est donc l'heure de la Christmas Yulefestet de son marathon de cinéma festif pendant tout le mois de décembre...

Trois Femmes pour un Destin (Three Wise Women) :

Lorsqu'elle découvre que son père a une aventure avec une inconnue, Ellie (Lauren Coe) s'enfuit en faisant une croix sur l'amour, et un accident altère alors drastiquement le cours de sa vie. Esseulée et de plus en plus froide, Ellie devient une doctoresse carriériste et ambitieuse (Amy Huberman), puis, bien des décennies plus tard, une vieille femme malheureuse et sans famille (Fionnula Flanagan). Heureusement, à l'occasion de Noël, l'ange gardien d'Ellie, Tom (Hugh O'Conor), déplace deux de ses incarnations - adolescente et grand-mère - dans le temps, pour tenter de changer le cours de la vie de la doctoresse...

Une production anglo-irlandaise pour Hallmark, qui se déroule à Dublin, et suit une distribution irlandaise se livrant à une sorte de vague relecture d'Un Conte de Noël de Dickens, en mode déstructuré et inabouti.

On a donc la version adulte de l'héroïne qui est visitée par l'esprit des Noël passés (la version adolescente) et futurs (la mamie), lesquels tentent ainsi de l'influencer et de changer leur histoire.

Sauf que tout ça ne fonctionne pas vraiment, tant c'est brouillon, assez fauché, et globalement dénué d'esprit de Noël (en fait, on est plus dans le drame terne vaguement surnaturel à l'anglaise, qui, étrangement, m'a rappelé un peu le ton et l'ambiance de Lost Christmas).

Autre problème : les trois versions d'Ellie ne se ressemblent pas le moins du monde, et thématiquement, il y a quelque chose de bizarre dans cette réconciliation finale de la fille et du père infidèle, avec la fille qui s'excuse platement pour sa réaction.

Vraiment pas terrible, donc, ça manque d'énergie, de structure et de maîtrise, et à part Lauren Coe (très attachante et naturelle), la distribution s'avère très peu marquante ou intéressante (y compris Flanagan ou John Rhys-Davies en ange-gardien en chef).

2/6

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Comme toujours, retrouvez la liste complète (et mise à jour avec les titres français) des films de Noël déjà passés en revue sur ce blog les années précédentes, en consultant notre Index Christmas Yulefest disponible ici...

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Un film, un jour (ou presque) #620 : L'Histoire de Disney (2/3) - Waking Sleeping Beauty (2009) & The Sweatbox (2002)

Publié le 17 Décembre 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Animation, Documentaire, Disney, Histoire, USA

Parce que le mois de décembre, c'est aussi le mois de l'enfance et du merveilleux, retour sur l'histoire de la compagnie Disney, ainsi que sur ses hauts et ses bas...

Waking Sleeping Beauty (2009) :

Un documentaire passionnant qui retrace toute l'histoire de la Renaissance Disney, des années 80 jusqu'au départ de Jeffrey Katzenberg pour aller fonder Dreamworks, en 1994. 

Passionnant, car tourné avec un budget conséquent, illustré de petits dessins mettant le propos du documentaire en images, et avec un accès total aux archives de Disney et des animateurs, ainsi qu'à tous les intervenants de l'époque, ce qui permet vraiment de revivre toute cette période comme si on y était, et ce dès les années 70.

On retrouve ainsi plein de grands noms de l'animation dans leurs jeunes années - John Lassiter, Ron Clements, John Musker, Glen Keane, Tim Burton (avec une tête d'ahuri improbable), Don Bluth, etc - alors que l'animation Disney était en perte de vitesse et à l'agonie.

On assiste à l'arrivée des exécutifs Hollywoodiens, qui changent la mentalité de la compagnie, pour quelque chose de plus orienté business, et on assiste à la naissance de l'équipe Roy Disney/Michael Eisner/Jeffrey Katzenberg/Frank Wells, qui va redonner ses lettres de noblesse au département animation.

On découvre le caractère de Katzenberg, qui coupe lui-même 15 minutes de Taram et le Chaudron Magique au début des années 80, et s'impose progressivement comme le visage de l'animation Disney aux yeux du grand public ; l'évacuation de tout le département animation dans des locaux en préfabriqué, à Glendale ; le succès de Roger Rabbit, qui redonne un peu d'espoir à Disney, alors même que la compagnie délaissait l'animation pour toujours plus de films en prises de vue réelles.

Et puis arrivent les premières démos de la Petite Sirène (gros frissons en entendant les mélodies !), l'introduction de l'ordinateur (et de Pixar) dans le monde de l'animation, la genèse de La Belle et la Bête, son succès, le carton absolu d'Aladdin, et le retour de l'âge d'or de l'animation Disney qui en a découlé : l'argent, la gloire, la popularité... et les guerres de pouvoir internes.

La mort de Frank Wells, présenté comme le diplomate/médiateur parmi les hommes au pouvoir, sonne alors comme un glas funèbre pour ce succès débridé, avec un Katzenberg qui prend toujours plus de place, trop de place, alors même que le Roi Lion devient le nouveau carton de la compagnie.

Et puis Katzenberg, trop ambitieux, veut hériter de la place de Wells, ce qui l'amène à quitter la compagnie, et à fonder Dreamworks : c'est la fin d'une ère, chez Disney, qui continue d'avoir des succès dans les années suivantes, mais finit par succomber à ses conflits internes, et à la compétition de l'animation par ordinateur.

Et c'est là que le documentaire pèche un peu : en s'arrêtant au départ de Katzenberg, il se concentre exclusivement sur le début de la "Renaissance Disney" ; en cela, il correspond bien à son titre "Le Réveil de la Belle au Bois Dormant", mais s'avère plutôt frustrant.

Il manque clairement de quoi couvrir la suite et la fin de la Renaissance, au moins jusqu'au début des années 2000, voire jusqu'à l'arrivée de Lassiter et Pixar. Néanmoins, d'autres sources permettent de se faire un semblant d'idée à ce sujet (cf ci-dessous, et la partie 3/3 de cette Histoire de Disney), et cela n'entache pas trop la qualité de ce Waking Sleeping Beauty excellent, ouvert, honnête et globalement objectif, qui offre près de 90 minutes captivantes à tout amateur de cinéma et d'animation.

5/6

The Sweatbox (2002) :

En 1994, Disney donne le feu vert la production d'un film épique, Kingdom of the Sun, narrant l'aventure d'un prince inca arrogant (David Spade) et d'un jeune éleveur de lamas (Owen Wilson) qui échangent leurs places respectives, façon Le Prince et le Pauvre. Pour ce projet ambitieux confié au réalisateur du Roi Lion (qui avait là carte blanche), Disney demande à Sting de composer plusieurs chansons, et donne à son épouse l'autorisation de documenter tout le processus créatif de ce métrage d'animation arrivant à la toute fin de la Renaissance Disney.

Et pendant les 35-40 premières minutes de ce documentaire depuis "interdit" par Disney, tout va bien : on assiste à un making-of assez classique et instructif sur la genèse de ce Kingdom of the Sun, de 1994 (date de création du projet) à 1997 (arrivée de Sting), jusqu'en 1998, et la première présentation (pourtant optimiste et confiante) de la copie de travail aux deux responsables du Département Animation, Thomas Schumacher et Peter Schneider (qui sont, il faut bien l'admettre, des têtes à claques assez maniérées faisant, bien malgré eux, des antagonistes assez évidents).

Et là, c'est le drame, rien ne fonctionne pour eux, et c'est le début d'un reboot total du projet, qui devient quelque chose de nettement moins ambitieux (le film était en retard sur son planning de production, et en dépassement de budget suite à un premier changement de direction - "il faut plus d'humour" - conséquent au manque de succès des autres films d'animation de Disney de l'époque, jugés trop sérieux par les exécutifs de la compagnie) ; le métrage change plusieurs fois de titre avant de devenir The Emperor's New Groove, se débarrasse de la moitié de son casting vocal (exit Wilson), élimine un paquet de personnages, en réécrit d'autres, change de réalisateur, de compositeur, d'animateurs, et de direction, à de multiples reprises, en fonction des interlocuteurs, de la date, de l'orientation du soleil, de la position des étoiles dans le ciel, et de l'état du budget.

Tout cela, sans oublier Sting, un Sting amoureusement filmé par sa femme (les plans contemplatifs sur Sting torse nu au soleil en train de composer, ou en train de marcher sur le sable... *soupir*), passant tout le documentaire à se plaindre que tout son travail initial doit être repensé, et jouant la partition de l'artiste capricieux, intellectuel et torturé, qui voudrait plus que tout quitter ce navire en perdition sur le point de s'échouer, qui n'est plus intéressé par l'échelle nettement réduite du récit (ce qui l'intéressait, c'était de faire quelque chose d'épique et de grandiose, à son image) et qui finit par écrire une lettre à Disney expliquant que le film ne correspond plus à ses valeurs, et qu'il n'assume plus l'appropriation culturelle des cultures locales par la compagnie, contraire à son éthique, ou que sais-je encore...

Autant dire que si l'on parvient à mettre de côté une sérieuse envie de mettre des baffes à Sting (d'autant que ses morceaux, franchement, sont des plus oubliables), on a  dans cette Sweatbox un excellent exemple du chaos ambiant qui régnait chez Disney à la fin des années 90, une époque où tout le département animation peinait à se remettre des excès financiers de la Renaissance, et du départ de Jeffrey Katzenberg - qui, malgré tous ses défauts, avait un point de vue très affirmé, et le dernier mot sur toutes les décisions créatives, pour le meilleur et pour le pire.

Un Katzenberg qui, à peine parti de chez Disney en 1994, mettra en chantier La Route d'Eldorado, qui sortira en 2000, après de multiples changements de direction. Quelle coïncidence.

Bref, un documentaire qui passe un peu trop de temps à s'intéresser à Sting, mais qui parvient à bien développer, en 95 minutes, l'histoire de Kuzco, l'Empereur Mégalo (2000), un métrage à la conception chaotique, produit et sorti dans le creux de la vague Disney, très peu de temps après le dernier titre mémorable du studio, Tarzan (1999).

Un Kuzco dont la genèse trahit bien l'agonie imminente du département animation 2D de Disney, en grande partie sacrifié quelques années plus tard (2002).

4.25/6

(documentaire déjà critiqué en ces pages en janvier 2016, et revu ici dans des conditions plus favorables)

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Christmas Yulefest 2017 - 36 - The Christmas That Almost Wasn't (1966)

Publié le 16 Décembre 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Yulefest, Noël, Christmas, Comédie, Musique, Fantastique, Italie, USA

Noël approche, et chez les Téléphages Anonymesc'est donc l'heure de la Christmas Yulefestet de son marathon de cinéma festif pendant tout le mois de décembre...

The Christmas That Almost Wasn't (Il Natale che quasi non fu) :

Sam Whipple (Paul Tripp), un avocat sans le sou mais habité par l'esprit de Noël, rencontre un beau jour Santa Claus (Alberto Rabagliati), qui lui demande son aide : le nouveau propriétaire du Pôle Nord, Phineas T. Prune (Rossano Brazzi), a décidé de réclamer un loyer à Santa, et exige que ce dernier lui paye des siècles d'arriérés... car Prune déteste Noël, et tente d'y mettre un terme, en expulsant Santa, et en saisissant toutes ses installations.

Un film italien de 1966, tourné en anglais/intégralement post-synchronisé (de manière assez laborieuse), et adapté d'un livre de Paul Tripp par son auteur, qui joue par ailleurs le rôle principal, et chante.

Beaucoup.

C'est d'ailleurs le cas de tous les personnages de ce film pour enfants assez daté, qui lorgne très souvent sur la comédie musicale : tout est très coloré, très caricatural (le méchant utilise occasionnellement de gros bâtons de dynamite qu'on dirait sorti d'un cartoon façon Les Fous du Volant), les chansons sont enfantines, le film s'ouvre sur un générique animé (assez réussi, d'ailleurs), et le script lorgne fortement sur de nombreux autres œuvres de Noël (notamment Miracle sur la 34ème Rue, le Grinch, et Un Chant de Noël, mais on pense aussi au Père Noël et au Tambour Magique de Mauri Kunnas), et les limites du budget sont fréquemment évidentes (le décor fauché du Pôle Nord, et son arrière plan trop court qui dévoile les murs du studio, le montage musical sur des photos de tournage pour gagner du temps et économiser sur le temps de doublage, les décorations anémiques sur les arbres...).

Dans l'ensemble, un film qui a bon fond (parfois trop, d'ailleurs, car c'est très naïf et simplet), qui a assez mal vieilli et est probablement à déconseiller aux plus de 8/10 ans.

2.5/6

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Christmas Yulefest 2017 - 30 - TV Rétro : Christmas Snow (1986) & A Child's Christmas in Wales (1987)

Publié le 13 Décembre 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Yulefest, Noël, Christmas, Télévision, Religion, UK, USA, Canada

Noël approche, et chez les Téléphages Anonymesc'est donc l'heure de la Christmas Yulefestet de son marathon de cinéma festif pendant tout le mois de décembre...

Christmas Snow : 

À quelques jours de Noël, la veuve Mutterance (Katherine Helmond) s'occupe de ses deux enfants adoptifs, Amy (Melissa Joan Hart) et Wallace (Kimble Joyner), et gère la confiserie familiale qu'elle a hérité de son père. Mais son propriétaire, le grincheux Mr. Snyder (Sid Caesar), a décidé que le moment était venu de changer un peu les choses, et de transformer le magasin en laverie automatique, quitte à mettre son amie de longue date à la porte....

Un téléfilm NBC de 1986, qui dure un peu moins d'une heure, qui bénéficie de décors enneigés et d'une distribution limitée, mais sympathique et compétente, tant au niveau des adultes que des enfants.

Après, en 45 minutes, ça ne fait vraiment pas dans la complexité : l'histoire est basique, voire même simpliste, et très prévisible... mais elle fonctionne, dans le registre "miracle de Noël", car elle a bon fond, et s'avère plutôt sympathique.

En résumé, un petit divertissement télévisé à l'ancienne, au charme assez rétro, mais loin d'être désagréable à suivre.

A Child's Christmas in Wales :

Le soir de Noël, au Pays de Galles, Geraint (Denholm Elliott) raconte à son petit-fils, Thomas (Mathonway Reeves), comment se déroulaient autrefois les fêtes de Noël, et comment il passait les fêtes de fin d'année lorsqu'il était petit...

Co-production télévisée americano-anglo-canadienne, de moins d'une heure, et qui adapte un récit littéraire d'un poète gallois, Dylan Thomas, récit très célèbre et réputé au Pays de Galles.

Et si c'est assez bien produit, réalisé et interprété, je n'ai pas du tout accroché, je dois dire.

En effet, le respect envers le texte original est tel que le métrage ressemble plus ou moins à un enchaînement de vignettes et de tranches de vie narrées en voix off par Denholm Elliott : une narration très littéraire et ampoulée (puisque directement tirée des écrits du poète) qui est tout sauf naturelle, et qui a tendance à établir une barrière entre le spectateur et ce qui se déroule à l'écran (d'autant plus présente pour les spectateurs qui ne sont pas anglo-saxons, et/ou pas forcément sensibles à la nostalgie de l'époque décrite - les années 20 - ici assez premier degré).

Cela dit, je suis le premier à reconnaître que je ne suis pas du tout le public visé par une telle adaptation, et que je suis très probablement passé à côté du charme de ce métrage - un charme que je lui reconnais, mais qui, contrairement à un A Christmas Story, par exemple, ne m'a vraiment pas parlé.

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