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LES TÉLÉPHAGES ANONYMES

Il était une fois Lurdo & Sygbab, deux internautes passionnés de séries tv et de cinéma, et qui cherchaient un endroit où archiver leurs avis (semi) éclairés...

Articles avec #usa catégorie

Un film, un jour (ou presque) #1153 : Cats (2019)

Publié le 2 Mars 2020 par Lurdo dans Cinéma, Critiques éclair, Drame, Fantastique, Musique, Review, USA

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus. ​​

Cats (2019) :

Lorsque Victoria (Francesca Hayward), une jeune chatte, est abandonnée dans la rue par ses maîtres humains, elle trouve refuge au sein de la communauté des Jellicle Cats, des chats dirigés par Old Deuteronomy (Judy Dench) et qui, en cette nuit magique, vont décider de quel membre de leur troupe va pouvoir accéder au paradis de la Jellicosphère, et obtenir le droit à une vie meilleure. Mais le machiavélique Macavity (Idris Elba) est prêt à tout pour obtenir cet récompense...

Il faut être franc : déjà, à la base, Cats est loin d'être la comédie musicale la plus facile à adapter du répertoire d'Andrew Lloyd Webber. Basé sur de la poésie semi-abstraite de TS Elliott, le show n'a pas de véritable trame narrative, mais un enchaînement de chansons/présentations des divers félins présents : il possède des chansons très inégales dominées par le morceau Memories, et sa renommée s'est principalement faite sur ses costumes et ses chorégraphies scéniques... franchement, sur le papier, adapter Cats au cinéma, c'était déjà particulièrement casse-gueule.

Donc forcément, quand Tom Hooper, un réalisateur déjà responsable des Misérables, et possédant une vision très particulière de la réalisation des comédies musicales, s'attelle au projet, et décide de repenser à la fois les chorégraphies (pour les confier au chorégraphe de Hamilton, plus orienté hip-hop) et les costumes (ici intégralement numériques), forcément... ça se casse la gueule.

Pourtant, ce n'est pas un désastre intégral : tout le monde, à l'écran, semble y croire, notamment Francesca Hayward, au visage de jeune féline ingénue assez charmant ; ponctuellement, l'alchimie opère, et les décors, les mouvements et la musique parviennent à retranscrire la vision de Webber et de Hooper ; et çà et là, on se dit que ça aurait pu fonctionner, si par exemple Hooper avait opté pour un film intégralement en motion capture, et pas pour un métrage bâtard mi-numérique, mi réel.

Car c'est bien là le problème principal du film : son aspect visuel brouillon, son monde tout-numérique approximatif, où les proportions des objets n'ont aucun sens, où les visages humains des chats semblent constamment mal proportionnés et mal incrustés sur des corps félins lisses et asexués, où la physique n'a pas sa place, et où les danseurs semblent souvent à peine être présents dans les décors (puisque filmés sur fond vert).

Un monde filmé sans inspiration par Hooper, qui monte ses chorégraphies de manière trop découpée, sans jamais les mettre en valeur ; un Hooper qui tente de répliquer le numéro larmoyant d'Anne Hathaway dans les Misérables avec le Memory de Jennifer Hudson, et qui semble s'amuser (beaucoup plus que le spectateur, je dois dire) à filmer le slapstick des personnages de Rebel Wilson et de James Corden (honnêtement, le film ne me dérangeait pas... jusqu'à ce que Rebel Wilson débarque et fasse son numéro habituel - c'est là que ça a commencé à coincer).

Pour son film, Hooper a donc choisi de faire passer Victoria (une danseuse secondaire du show scénique) au premier plan, pour en faire le référent du spectateur et expliquer l'univers du film ; il a changé un peu le personnage de Macavity, grand méchant kidnappant les autres candidats à l'ascension, et dont Bombalurina (Taylor Swift) devient une "adepte" ; pas de transformations véritablement bouleversantes au programme, donc, et une tentative de structurer un peu la comédie musicale... mais ça ne fonctionne pas vraiment : il aurait fallu que le scénariste (aussi derrière Rocketman et Cheval de Guerre) structure encore plus le tout, et développe un véritable récit de cinéma.

Ces efforts disparaissent en effet derrière la succession épuisante des chansons très inégales, derrière les effets spéciaux vraiment bancals (les souris et les cafards sont immondes et donnent l'impression de n'avoir jamais été finalisés), derrière la sensualité bizarre de ces chats qui devraient plaire à bon nombre de furries, et derrière certains de ces choix créatifs qui laissent perplexe, comme ce grand final laid au possible, au petit matin, avec une Judy Dench qui s'adresse face caméra au spectateur.

Il serait trop simple de dire que cette adaptation est un plantage total : en réalité, c'est bien plus mitigé, et par certains aspects, c'est même plutôt intéressant (le numéro de McKellen, par exemple). Mais il reste un véritable problème de direction artistique et de mise en images, à la fois inhérent aux choix effectués par Hooper, et à la qualité des effets spéciaux.

2/6

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Et comme toujours, vous pouvez retrouver la liste complète de tous les films passés en revue sur ce blog dans le menu Index de haut de page, ou en cliquant directement sur ce lien (000-1000) et sur celui-ci (1001-2000)...

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Critiques éclair - Star Trek : Picard 1x01-1x02 (2020)

Publié le 28 Février 2020 par Lurdo dans Télévision, Star Trek, Action, Aventure, CBS, Critiques éclair, Drame, Les bilans de Lurdo, Review, Science-Fiction, USA, Picard

Bien décidé à rentabiliser sa plate-forme de streaming, et à exploiter sa franchise Star Trek au maximum, quitte à l'épuiser, CBS a lancé, en début d'année 2020, une nouvelle série dérivée en 10 épisodes de 45 minutes : Star Trek - Picard, un programme prenant place dans le futur de la Nouvelle Génération, chapeauté par Michael Chabon, Alex Kurtzman, Akiva Goldsman et d'autres, et délibérément plus sombre et dramatique.

Star Trek : Picard - Saison 1 (2020) :

- 1x01 - Remembrance : Lorsqu'il reçoit la visite de Dhaj (Isa Briones), une jeune femme perdue récemment attaquée par de mystérieux assassins et dotée de capacités surhumaines, Jean-Luc Picard (Patrick Stewart), amiral à la retraite, ne sait sur quel pied danser. Et lorsque les origines de Dhaj commencent à refaire surface, Picard n'a d'autre choix que d'aider celle qui, peut-être, est la descendante de l'un de ses meilleurs amis...

Pour l'instant, tout va bien, comme dirait l'autre. C'est avec beaucoup d'appréhensions que j'ai abordé cette série CBS (Amazon, dans le reste du monde), échaudé par la médiocrité générale de Discovery, par le fanservice évident du matériel promotionnel (Data, Seven of Nine, les Borgs, etc, etc, etc), par le dernier Short Trek nous rejouant la partition du 11 Septembre, et par les déclarations de la production et de Stewart, annonçant vouloir faire de cette série l'équivalent de Logan pour les X-men : un récit sombre, désespéré, reflétant le monde actuel et abordant des problématiques sociétales contemporaines de manière dramatique... soit tout l'opposé d'un Star Trek lumineux, optimiste et aventureux, comme je préfèrerais le voir.

Mais pour l'instant, tout va bien. Je pourrais pinailler sur Harry Treadaway en romulien beau gosse mal rasé (pas du tout convaincant dans sa brève apparition, avec son look à la Spock de Discovery) ; sur certains dialogues un peu laborieux ; sur le français calamiteux de Patrick Stewart ; sur le côté "des méchants androïdes rebelles ont attaqué la terre" déjà peu probant, à la base ; ou sur certaines facilités, çà et là...

Mais dans l'ensemble, avec 45 minutes à peine au compteur, le tout s'avère, pour le moment, un programme posé et intéressant, porté par Stewart, avec une Alison Pill qui fait plaisir à voir, une Dhaj plutôt compétente, et un récit qui fait son choix parmi les éléments de continuité de la franchise : oui à nuTrek, oui à Nemesis, mais non à B-4... et ce n'est pas plus mal (même si ce n'est pas fait de la manière la plus élégante et subtile possible).

Pour l'instant, tout va bien.

- 1x02 - Maps and Legends : Alors que Picard mène l'enquête sur la mort et le parcours de Zhat, avec l'aide de Laris (Orla Brady), il est confronté à l'hostilité ouverte de Starfleet, qui lui claque la porte au nez...

Hum... ça va déjà moins bien. Le problème étant principalement une écriture plus laborieuse, qui se paume dans des plombes de technoblabla laborieux lors d'une scène de reconstitution de scène de crime inutile, qui utilise de gros traits pour dessiner le portrait d'un Starfleet corrompu de l'intérieur et hostile à Picard, et qui en rajoute encore une couche avec un duo frère/sœur romuliens aux relations compliquées.

Bon, j'avoue, ça n'aide pas que le tout fasse vraiment du surplace, et que l'actrice interprétant Rizzo ne m'ait pas du tout convaincu, donnant l'impression de tenter de composer une Cercei Lannister du pauvre.

À part ça, le trekkie qui sommeille en moi a apprécié que la série mentionne les problèmes de dégénérescence cérébrale de Picard (cf All Good Things, le final de TNG), mais honnêtement, après un premier épisode honorable, je suis désormais nettement plus sur la défensive.

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Retrouvez aussi toutes les critiques de la saga Star Trek publiées sur ce blog en cliquant ici ou en passant par notre Index Séries alphabétique...

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Un film, un jour (ou presque) #1151 : 6 Underground (2019)

Publié le 27 Février 2020 par Lurdo dans Action, Cinéma, Comédie, Critiques éclair, Netflix, Review, Thriller, USA

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus. ​​

6 Underground (2019) :

Après avoir assisté aux horreurs perpétrées par un régime totalitaire, un milliardaire américain, "Un" (Ryan Reynolds) issu des nouvelles technologies décide de mettre sa fortune au service de la justice, en se faisant passer pour mort, et en recrutant un groupe de mercenaires, pour mener à bien des missions dangereuses et totalement illégales à l'autre bout du monde. Il y a Deux (Mélanie Laurent), un ancienne espionne ; Trois (Manuel Garcia-Rulfo), un tueur à gages ; Quatre (Ben Hardy), spécialiste en parkour ; Cinq (Adria Arjona), médecin ; et Sept (Corey Hawkins), ancien sniper. Leur mission actuelle ? Organiser un coup d'état au Turgistan, et remplacer le dictateur en place (Lior Raz) par son frère plus pacifiste (Payman Maadi)...

Grosse production Netflix réalisée par Michael Bay et écrite par les scénaristes de Deadpool, 6 Underground est arrivée en décembre dernier sur la plate-forme de streaming avec un certain impact, notamment parmi les amateurs de genre. La promesse du sens de l'humour de Deadpool, du charisme de Ryan Reynolds, et de la destruction apocalyptique d'un Michael Bay en roue libre, débarrassé des impératifs d'une franchise comme Transformers et des limites de la censure, augurait de quelque chose de potentiellement enthousiasmant.

Et effectivement, avec ses premières vingt minutes décapantes, une longue poursuite automobile à la fois sanglante, nerveuse, amusante et efficace, on pouvait se surprendre à espérer.

Rapidement, cependant, des problèmes évidents commencent à faire surface. Certains inhérents au style Bay (caméra constamment en mouvement, effets pyrotechniques éventés, faux raccords à gogo, rythme bancal, fascination pour la violence débridé et pour la force armée, placements produits), d'autres à un script peu inspiré et totalement décousu : partant constamment dans de longs flashbacks plats relatant le parcours des divers membres du groupe (des flashbacks qui ne sont pas sans rappeler la structure des Deadpool), le récit enchaîne ces derniers avec des scènes d'action effectivement débridées, mais longuettes et/ou peu marquantes.

Ajoutez à cela une distribution assez inégale (Reynolds tient son rôle, mais le reste de l'équipe est très inégal, tant au niveau charisme qu'au niveau intérêt) et ce métrage de deux heures finit par être spectaculaire et décomplexé, certes, avec des effets spéciaux ILM de qualité, mais aussi assez brouillon et finalement lassant/épuisant.

Après, ça reste un film de Michael Bay, et tout spectateur sait à quoi s'attendre avant de le regarder : c'est bourré d'idées visuelles mais approximatif, c'est d'une connerie abyssale (tout le propos politique, notamment) mais débordant d'action inédite, c'est putassier mais jamais totalement au premier degré, bref, c'est ce que c'est.

Avec une distribution plus mémorable, et une écriture moins pétée, ça aurait pu être assez fun et jouissif. Là, en l'état, c'est assez anecdotique.

3/6 2.5/6 (après revisionnage)

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Un film, un jour (ou presque) #1149 : Abominable (2019)

Publié le 25 Février 2020 par Lurdo dans Animation, Aventure, Cinéma, Comédie, Critiques éclair, Fantastique, Jeunesse, Review, USA, Chine, Dreamworks

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus. ​​

Abominable (2019) :

Lorsque la jeune Yi (Chloe Bennett) découvre un jeune Yéti sur le toit de sa demeure de Shangaï, elle ignore que ce dernier va l'embarquer dans une aventure improbable jusqu'au mont Everest, en compagnie de Jin (Tenzing Norgay Trainor) et de son cousin Peng (Albert Tsai). D'autant que les hommes du maléfique Mr. Burnish (Eddie Izzard) sont aux trousses de l'animal, échappé de son laboratoire...

Un film d'animation sino-américain, co-produit par Dreamworks, et qui lorgne fortement sur un Dragons avec un protagoniste de sexe féminin, et prenant place en Chine.

On se trouve donc en terrain assez familier, de bout en bout, avec un script dont les grandes lignes un peu approximatives (quelques changements de direction peu probants, un yéti aux pouvoirs à géométrie variable...) semblent un peu dérivatives, une bande originale qui lorgne sur du John Powell, des chansons pop insipides, et des personnages gentiment sous-développés (de manière générale, les personnages humains ne sont ici pas très mémorables).

Malgré cela, le film s'avère assez agréable à suivre, principalement grâce à son monstre très attachant, et à son Eddie Izzard qui semble s'amuser. Dans l'ensemble, c'est trop générique pour vraiment rester dans les mémoires (et c'est la raison pour laquelle je n'ai pas grand chose à en dire), mais ça occupe cependant 90 minutes sans trop de difficultés.

3.25 + 0.25 pour les serpents = 3.5/6

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Un film, un jour (ou presque) #1148 : Opération Funky 2 (2019)

Publié le 24 Février 2020 par Lurdo dans Action, Cinéma, Comédie, Critiques éclair, Review, USA

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus. ​​

Opération Funky 2 (Undercover Brother 2 - 2019) :

Peu de temps après avoir pris son petit frère Lionel (Vince Swann) sous son aile, l'Undercover Brother (Michael Jai White) disparaît avec ce dernier dans une avalanche en Autriche, alors même qu'il poursuivait The Man (Barry Bostwick). Réanimé 16 ans plus tard, en 2019, Lionel doit alors aider les forces de la Brotherhood à lutter contre le racisme ambiant et le politiquement correct, tandis que l'Undercover Brother reste dans le coma...

Le premier Undercover Brother, sorti en 2002, n'était pas forcément un classique de la comédie américaine mais, entre sa distribution efficace (Eddie Griffin, Chris Kattan, Denise Richards, Dave Chappelle, Chi McBride, Neil Patrick Harris, Gary Anthony Williams, Billy Dee Williams, James Brown, Robert Trumbull...) et son script signé de l'un des co-scénaristes de la franchise Austin Powers, on passait tout de même un moment agréable devant cette parodie des films de blaxploitation à la fois décomplexée et engagée.

Pour cette suite, le département DTV d'Universal s'est tourné vers des auteurs de sitcom, et vers le scénariste des suites vidéo de La Course au Jouet, de Jusqu'au Cou, et de La Revanche des Losers, pour nous pondre une suite qui lorgne encore plus vers Austin Powers (les deux protagonistes sont décongelés à notre époque, et découvrent le monde moderne), et qui troque une grosse partie de son militantisme anti-racisme pour une critique de la culture woke, du politiquement correct, et des hipsters.

On est donc dans de l'humour assez éventé, mis en images de manière quelconque et approximative (pas mal de problèmes de continuité capillaire), souffrant d'un budget clairement minuscule, et qui commet l'erreur d'avoir une distribution globalement insipide, troquant l'Undercover Brother du titre (ici joué par un Michael Jai White impliqué, qui nous fait une variation de Black Dynamite) contre son petit frère, qui est le vrai protagoniste du film.

Un petit frère qui nous refait la partition d'un frère Wayans (y compris au niveau du déguisement whiteface), et qui achève de persuader le spectateur que cette suite décousue et peu inspirée n'était ni faite, ni à faire.

1.5/6

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Un film, un jour (ou presque) #1146 : Playing with Fire (2019)

Publié le 20 Février 2020 par Lurdo dans Cinéma, Comédie, Critiques éclair, Jeunesse, Review, USA

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus. ​​

Playing with Fire (2019) :

Strict et droit dans ses bottes, Jake Carson (John Cena) est à la tête d'une brigade de pompiers d'élite (Keegan-Michael Key, John Leguizamo et Tyler Mane) qui, en plein incendie, découvrent trois orphelins (Brianna Hildebrand, Christian Convery et Finley Rose Slater). Dans l'attente des services sociaux, les trois enfants vont alors séjourner à la caserne, au grand dam des pompiers dépassés par cette "menace" imprévisible...

C'est désormais une évidence, la carrière cinématographique de John Cena est arrivée au stade Flic à la Maternelle/Baby-Sittor/Fée malgré lui, un passage obligé, apparemment, pour tout acteur un peu musclé et viril...

Ici, sous la caméra d'Andy Fickman (qui est quand même passé de l'amusant et corrosif Reefer Madness à Le Choc des Générations, La Montagne Ensorcelée ou encore Paul Blart : Super Vigile 2), John Cena a donc droit à son "film avec des enfants turbulents", un film qui semble tout droit sorti des années 90, co-écrit par le scénariste des Chroniques de Noël et de la Famille Addams 2019.

Et quand je dis "tout droit sorti des années 90", j'entends que le tout est bourré de clichés du début à la fin, de slapstick pataud dans lequel Cena subit toutes les humiliations possibles et imaginables, d'humour pipi-caca, de bruitages de cartoon (notamment à chaque fois de Keegan-Michael Key entre ou sort de l'écran), d'une relation amoureuse pas très convaincante de Cena avec Judy Greer (comme toujours sous-exploitée, et avec qui Cena n'a pas grande alchimie), d'une adolescente rebelle transparente au possible (difficile à croire que c'est la Teenage Negasonic Warhead de Deadpool, tant son charisme s'est ici évaporé), et de personnages secondaires caricaturaux. Ah, et une étrange obsession pour Mon Petit Poney, qui semble avoir quelques années de retard.

On va être franc : ce Playing with Fire est un film pour enfants, pour les moins de 10 ans, et il est difficile d'y trouver quelque chose de vraiment intéressant et mémorable, pour peu que l'on ait déjà vu les titres cités plus haut. C'est cousu de fil blanc, c'est un film en pilotage automatique, et si l'on peut saluer la progression d'acteur de John Cena, de plus en plus naturel (même si le rôle de psycho-rigide n'est rien de plus qu'une extension de sa personnalité IRL ^^), il n'y a vraiment rien de mémorable là-dedans...

2/6

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Un film, un jour (ou presque) #1138 - QUINZAINE SAINT VALENTIN : L'Année des mariages (2019)

Publié le 14 Février 2020 par Lurdo dans Comédie, Cinéma, Critiques éclair, Review, Romance, USA, St Valentin

Pendant deux semaines, à l'occasion de la Saint Valentin, place aux grands sentiments et à la séduction, avec des critiques quotidiennes de films romantiques...

L'Année des mariages (The Wedding Year - 2019) :

Apprentie photographe insouciante et refusant de s'engager, Mara (Sarah Hyland) rencontre Jake (Tyler James Williams), un apprenti chef, et c'est le coup de foudre. Mais lorsque le jeune couple est invité à assister à de nombreux mariages dans les mois à venir, la situation se complique : Mara et Jake acceptent de prendre part à sept d'entre eux... mais leur relation va-t'elle tenir jusque là ?

Que se passe-t'il lorsque l'héroïne de votre comédie romantique est ouvertement un trainwreck (une épave, un désastre), pour paraphraser le titre d'une comédie d'Amy Schumer ?

Maquillée comme un camion volé, dangereuse au volant, portée sur le cannabis et sur l'alcool, malpolie, irrespectueuse, égocentrique, vaniteuse, cynique, fainéante, geignarde, mesquine, revancharde, volage, jalouse, trashy et manipulatrice, Mara est ici un cliché de millenial peu fiable, paumée, et assumant totalement sa superficialité. En somme, Sarah Hyland nous refait (à peu de choses près) son personnage de Modern Family, et le spectateur est supposé trouver tous ses défauts attachants, voire même charmants.

C'est bien là que ce métrage coince, il faut l'avouer. Si Sarah Hyland reste sympathique, Mara ne l'est pas du tout, et phagocyte littéralement tout le métrage : face à elle, Tyler James Williams finit par être transparent, sous-développé par le script, et le film se contente alors de dérouler, de manière épisodique et superficielle, ses différents mariages comme autant de chapitres manquant d'originalité.

Alors oui, les seconds rôles sont agréables et parfois amusants (Matt Shively, Anna Camp, Wanda Sykes, Keith David, Grace Helbig), mais le film, du réalisateur de La Revanche d'une Blonde, de Sa Mère ou Moi !, de L'Abominable Vérité et de Kiss & Kill, ne sort jamais des sentiers battus, ne capitalisant pas sur ses quelques moments de fantaisie plus décomplexés, et se renfermant sur son couple principal qui n'emporte pas vraiment l'adhésion.

En somme, c'est bien interprété et compétent dans la forme (encore que, les montages, les flashbacks, c'est gentiment périmé, tout ça), mais ultra générique sur le fond, et surtout, le film souffre d'un couple principal problématique.

2.5 - 0.25 pour la caractérisation de Mara = 2.25/6

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Un film, un jour (ou presque) #1134 - QUINZAINE SAINT VALENTIN : Quand Charlie tombe amoureux (2019)

Publié le 12 Février 2020 par Lurdo dans Cinéma, Comédie, Critiques éclair, Drame, Review, Romance, USA

Pendant deux semaines, à l'occasion de la Saint Valentin, place aux grands sentiments et à la séduction, avec des critiques quotidiennes de films romantiques...

Quand Charlie tombe amoureux (Ode To Joy - 2019) :

Victime de cataplexie lui faisant perdre connaissance dès qu'il ressent une émotion joyeuse, Charlie (Martin Freeman) tente d'éviter au maximum tout enthousiasme et toute émotion forte, avec l'aide de son frère Cooper (Jake Lacy). Jusqu'au jour où il rencontre la pétillante et spontanée Francesca (Morena Baccarin), dont l'énergie et la joie de vivre contrastent fortement avec le quotidien du bibliothécaire...

Une comédie romantique américaine indépendante écrite et réalisée par des scénaristes de sitcom (dont le réalisateur du médiocre remake d’Arthur, avec Russell Brand) et qui, après un premier quart d'heure amusant et prometteur, finit par s'avérer assez inégale ; principalement parce qu'elle ressemble beaucoup trop à son personnage principal pour son propre bien : étrangement rigide et distant, ce métrage refuse d'assumer sincèrement sa romance (assez basique), et se place des bâtons dans les roues en passant par des digressions forcées et assez artificielles.

À l'image du personnage interprété par Melissa Rauch, une actrice au demeurant talentueuse et sympathique, qui ici compose un personnage amusant, mais qui n'est pas souvent crédible, et semble sorti d'un sketch du SNL plutôt que d'être un véritable être humain.

C'est d'autant plus dommage que la distribution est de qualité, que ce soit au niveau des rôles principaux (Freeman et Baccarin ont une bonne alchimie) qu'au niveau des personnages secondaires (notamment Shannon Woodward dans un petit rôle).

Mais dans l'ensemble, si le métrage se regarde sans grande difficulté, le tout ne trouve jamais vraiment son rythme de croisière, et reste assez laborieux, un peu tiré vers le bas par son protagoniste désabusé et cynique, qui est constamment tiraillé entre son caractère peu attachant, et le capital-sympathie de son interprète.

2.5 + 0.5 pour la distribution = 3/6

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Un film, un jour (ou presque) #1113 - QUINZAINE SAINT VALENTIN : Un Amour de Chef (2019)

Publié le 2 Février 2020 par Lurdo dans Cinéma, Comédie, Critiques éclair, Hallmark, Review, Romance, Télévision, St Valentin, USA

Pendant deux semaines, à l'occasion de la Saint Valentin, place aux grands sentiments et à la séduction, avec des critiques quotidiennes de films romantiques...​ 

Un Amour de Chef (Love on the Menu - 2019) :

Cadre dans une entreprise multinationale de fabrication de surgelés, Maggie (Autumn Reeser) a dans sa ligne de mire une nouvelle acquisition : les recettes de Hank Daniels (Kavan Smith), chef d'un restaurant étoilé en difficultés financières. Malgré les réticences initiales du chef, elle parvient à convaincre ce dernier de collaborer avec son entreprise, en échange de son savoir-faire en manière d'organisation et de gestion - mais tandis qu'elle aide Daniels à redresser son établissement, elle s'attache au restaurateur bourru, et à sa fille adolescente (Jordyn Ashley Olson)...

Ah, que c'est dommage. Une comédie romantique Hallmark sympathique, dynamique, avec un couple principal à l'alchimie ludique et à la bonne humeur prononcée, des seconds rôles agréables, et un script qui évite la plupart des clichés et des quiproquos habituels du format... mais qui ne parvient pas à totalement négocier son atterrissage.

Assez frustrant de constater qu'après une première heure plutôt agréable à suivre (malgré quelques petits moments un peu forcés, comme le rapprochement de l'héroïne avec la fille du restaurateur, un rapprochement qui se résume à faire du shopping et à parler fringues et coiffure, ou encore ces moments balourds de promotion des aliments congelés), le film trébuche sur la fin, lorsque vient le moment du rebondissement du troisième acte.

Ici, c'est la patronne de Maggie (Barbara Niven), qui révèle son visage de "méchante", et amène les quelques moments dramatiques de rigueur dans les dernières minutes des rom-coms de ce genre...

Seul problème : toute cette sous-intrigue n'a ni queue ni tête (ni dans les réactions de la protagoniste, ni dans les décisions prises par sa patronne), et semble avoir été écrite précipitamment, sans grand effort apporté à la plausibilité du tout (Kavan Smith, l'interprète principal, est à l'écriture, et clairement responsable du ton décontracté du métrage, mais il est accompagné d'une scénariste habituelle de la chaîne, aux résultats jamais très probants).

Résultat, la toute fin perd énormément de son efficacité, puisqu'elle n'est jamais vraiment justifiée par des rebondissements ou des obstacles crédibles (et que la dégustation finale du critique est encore plus improbable).

Encore une fois, dommage, car le reste était agréable à regarder.

3.75/6

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Un film, un jour (ou presque) #1111 - QUINZAINE SAINT VALENTIN : Amour, Romance et Chocolat (2019)

Publié le 1 Février 2020 par Lurdo dans Cinéma, Comédie, Critiques éclair, Hallmark, Romance, Review, Télévision, USA, St Valentin

Pendant deux semaines, à l'occasion de la Saint Valentin, place aux grands sentiments et à la séduction, avec des critiques quotidiennes de films romantiques...

Amour, Romance et Chocolat (Love, Romance and Chocolate - 2019) :

Styliste alimentaire pour un magazine et apprentie pâtissière, Emma (Lacey Chabert) est abandonnée par son compagnon peu de temps avant la Saint Valentin, alors qu'ils avaient prévu un voyage à Bruges. Partant seule pour la ville belge, Emma rencontre sur place Luc Simon (Will Kemp), un chocolatier tentant de décrocher le seau d'approbation de la famille royale, à l'occasion d'un concours organisé par le palais. Malgré leur relation tendue, Emma se propose alors pour aider Luc, et le duo se met en quête d'une recette inédite...

Comédie romantique Hallmark de la Saint Valentin 2019, ce LRC suit la formule éprouvée du genre, son format immuable, avec ex-compagnon insipide et goujat, héroïne spontanée et talentueuse, love interest un peu trop rigide dans ses méthodes de travail et manquant de créativité, quiproquo de dernière minute, et même un bal princier, histoire de cocher toutes les cases de la liste Hallmark.

Ici, cependant, le film sort un peu du lot par son food porn, et par ses décors naturels, tournés à Bruges : ça donne un charme pittoresque à cette escapade par ailleurs assez banale, pas forcément aidée par un casting inégal (Chabert retrouve Brittany Bristow de Coup de Coeur Sauvage, et Will Kemp n'est pas désagréable, mais tout le monde est affublé de coupes de cheveux ratées, et le grand rival de Kemp n'est pas du tout convaincant), et par un script cousu de fil blanc.

3 + 0.25 pour les décors = 3.25/6, en étant généreux.

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Un film, un jour (ou presque) #1101 : Do I Sound Gay ? (2015)

Publié le 21 Janvier 2020 par Lurdo dans Biographie, Cinéma, Critiques éclair, Documentaire, Review, USA

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus... ​​

Do I Sound Gay ? (2015) :

Documentaire indépendant centré sur David Thorpe, un jeune quadragénaire homosexuel new-yorkais qui, après une rupture, commence à faire le point sur sa vie, en se posant une question qui lui semble essentielle : d'où lui vient la voix efféminée, aux accents particulièrement prononcés, qu'il semble partager avec bon nombre de gays anglo-saxons (voire internationaux) ?

Thorpe va alors interroger spécialistes, amis et célébrités (George Takei, David Sedaris, Tim Gunn, Margaret Cho, Don Lemon) pour tenter de déterminer les origines biologiques, psychologiques, sociales, etc, de ce phénomène, ainsi que sa signification et son importance historique.

Et sur le papier, ce n'est pas une mauvaise idée. Le problème, en réalité, c'est que ce documentaire appartient à cette catégorie de documentaires transformatifs, qui suivent le parcours de leur protagoniste alors qu'il effectue une transition dans son existence, que ce soit en tentant de manger du fast food pendant un an, ou, ici, en tentant de perdre ses affectations vocales au profit d'une voix virile.

Résultat, si le film passe en effet par les étapes explicatives, les avis d'experts, etc, ceux-ci se contentent d'émettre de vagues suppositions éclairées, qui se résument, in fine, à dire à Thorpe qu'il devrait s'accepter tel qu'il est, et ne pas avoir honte de parler de manière aussi stéréotypée, qui lui permettent d'appartenir à une communauté formidable.

Soit. C'est effectivement un message aussi valable qu'un autre, mais pour qui voulait en savoir un peu plus sur le sujet, d'un point de vue scientifique et linguistique, il faudra attendre quelque chose de plus approfondi.

3.5/6

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Les bilans de Lurdo : The Rook - Au Service Surnaturel de Sa Majesté, saison 1 (2019)

Publié le 19 Janvier 2020 par Lurdo dans Critiques éclair, Drame, Fantastique, Les bilans de Lurdo, Review, Science-Fiction, Thriller, Starz, UK, USA

Que se passe-t-il lorsque la chaîne Starz décide d'adapter le roman australien The Rook - Au Service Surnaturel de Sa Majesté, un livre mêlant urban fantasy et espionnage avec un sens très prononcé de l'excentricité et un caractère (ainsi qu'un humour) très anglo-saxon... mais charge Stephenie Meyer (Twilight) de l'adaptation ?

Une Stephenie Meyer qui quitte la série durant le tournage des deux premiers épisodes, pour des raisons de "divergences artistiques" avec ses collègues, à savoir un producteur anglais issu de la série d'espionnage Spooks, et des scénaristes et producteurs de séries américaines médiocres (Flashforward, The Event, Prison Break, Touch)... ?

On se retrouve avec un mini-série de 8 épisodes totalement terne et insipide, qui passe à côté de tout ce qui faisait l'intérêt du livre et de son univers.

The Rook - Au Service Surnaturel de Sa Majesté, saison 1 (2019) :

Lorsqu'elle reprend conscience au milieu d'un pont londonien, entourée de cadavres, Myfanwy Thomas (Emma Greenwell) n'a aucun souvenir de comment elle est arrivée là. Pire, elle est totalement amnésique, et ne peut que s'enfuir... jusqu'à ce qu'elle trouve un message qu'elle s'était laissé avant de perdre la mémoire : elle appartient au Checquy, un service secret britannique dirigé par Linda Farrier (Joely Richardson), qui se charge des phénomènes paranormaux, et des individus dotés de pouvoirs surhumains. Mais quelqu'un a trahi Myfanwy, et la jeune femme, qui tente de reconstruire son identité et ses souvenirs, ne sait plus en qui avoir confiance...

Exit, en effet, l'humour et le mélange improbable des genres du roman original (qui avait, notamment un canard télépathe prédisant l'avenir ^^), entre les mutants à la Marvel, l'UNIT de Doctor Who, les Men In Black, l'urban fantasy décalée ; exit l'héroïne attachante, à la répartie très british, et qui trouvait dans cette amnésie un moyen de se réinventer, de s'épanouir et de trouver la sérénité ; exit l'univers farfelu, avec des vampires, des terroristes belges, des œufs de dragon, des pouvoirs improbables, etc ; exit le rythme du récit original, imparfait mais sympathique...

À la place, on a droit à une sorte de croisement bâtard entre Jason Bourne/La Mémoire dans la Peau, et les X-men, enrobé dans un procédural assez générique et glacial : tout le surnaturel et le paranormal se résument ici à des pouvoirs de mutants, rarement exploités à l'écran, encadrés par des agences gouvernementales manipulatrices et des syndicats du crime qui se font des guéguerres assez creuses.

Visuellement, The Rook est bien filmé, mais froid, stérile et terne (à l'image de son illustration musicale, avec électro et pop vaporeuse çà et là) ; on est en plein dans du show d'espionnage glacial et ultra-lissé, dépourvu de charme ou d'humour, avec une héroïne fragile, névrosée et complexée, qui passe son temps au bord des larmes à retracer ses pas sans vraiment avancer (l'actrice évoque un peu Clea DuVall, sans le sourire ni le capital sympathie), et à interagir avec des personnages secondaires peu mémorables ;

On a ainsi une assistante en fauteuil roulant, une patronne mystérieuse (forcément louche), un patron honnête (mais à la sous-intrigue romantique inutile), une sœur rebelle clichée au possible (avec piercings et dreadlocks), un agent américain inutile (Olivia Munn, dont le personnage cliché d'Américaine sarcastique, badass et arrogante, développée pour la série, n'est clairement là que pour faire un appel du pied au public US, au point qu'elle passe le plus clair de la saison à évoluer dans son coin, et qu'on pourrait très bien remonter tous les épisodes en coupant ses scènes, sans rien y perdre), et Gestalt.

Gestalt, un personnage justement assez intéressant sur le papier : quatre corps (trois hommes, une femme, à la chevelure blond platine), mais un seul esprit, qui agissent, pensent et parlent de concert. Dans la série, ce quatuor reste peu ou prou identique, mais est globalement totalement sous-exploité, ses capacités étant retranscrites de manière assez peu inventive à l'écran, et les quatre personnages se trouvant affublés d'une histoire d'amour jamais crédible avec Myfanwy.

Jamais crédible, mais bien pratique pour faire du Sense 8 du pauvre, et montrer un baiser lesbien entre Myfanwy et l'incarnation féminine de Gestalt (une Catherine Steadman affreusement sous-exploitée, et affublée, comme ses trois compères, d'une capillarité peu convaincante), ou encore une scène de sexe aux effets de montage simplistes (un fondu au noir = changement d'acteur dans le rôle de Gestalt).

De manière générale, la série ne garde du roman qu'une trame très vague, et les personnages principaux : tout le reste change, des mafieux russes en lieu et place des belges adeptes de la Chair cronenbergienne, au caractère de Myfanwy, fébrile et apeurée du début à la fin (une inversion bizarre, qui donne l'impression, à l'écran, qu'elle était plus libérée avant son amnésie, ce qui sabote la conclusion girl power de la série), en passant par l'identité des traîtres et du big bad.

Et, même pris indépendamment du livre, ces changements ne sont jamais vraiment intéressants : l'exposition est laborieuse, formatée, et l'ambiance tellement aseptisée qu'on peine à se captiver pour le récit, pour le parcours de cette héroïne guère attachante, ou pour l'atmosphère pseudo-paranoïaque qui règne sur le show.

Au final, on se retrouve en effet devant un produit qui aurait très bien pu passer sur la Fox ou sur NBC, un show inoffensif, générique, quelconque, et surtout, sans le moindre élément mémorable.

(La disparition du canard prédisant l'avenir est ainsi assez symptomatique de l'approche de la série : ici, il est remplacé par une autiste douée de pouvoirs prophétiques, notamment boursiers, qui apparaît brièvement dans un épisode flashback, et est aussitôt mise au placard par le personnel du Checquy. Il ne faudrait pas que la série soit trop excentrique et surnaturelle, non plus !)

Bref. Nul doute que si le projet avait été produit et écrit par des Britanniques, le résultat aurait été bien différent, et beaucoup plus original ; et l'on peut même se demander ce qu'aurait donné la série si Meyer était restée aux commandes.

En l'état, une chose est sûre : si ce n'est pas mauvais, en soi (ça reste bien produit), The Rook est simplement totalement médiocre, et particulièrement oubliable.

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Un film, un jour (ou presque) #1099 : Driven (2018)

Publié le 17 Janvier 2020 par Lurdo dans Biographie, Cinéma, Comédie, Critiques éclair, Drame, Histoire, Review, Thriller, UK, USA

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Driven (2018) :

L'histoire à peu près réelle de Jim Hoffman (Jason Sudeikis), pilote/trafiquant devenu informateur du FBI et qui, à la fin des années 70, croise le chemin du célèbre ingénieur automobile John DeLorean (Lee Pace), à la recherche de fonds pour financer sa nouvelle entreprise. Rapidement, les deux hommes s'associent, mais le passé de Hoffman le rattrape bien vite, et l'argent de la drogue met en péril les projets de DeLorean...

Un semi-biopic étrangement écrit et réalisé par des Irlandais, et qui, s'il est plutôt sympathique à regarder (la distribution est excellente - Sudeikis, Pace, Judy Greer, Corey Stoll), souffre aussi d'un ton général assez hétérogène (on passe de la comédie à la reconstitution historique, puis au drame, puis au thriller, avant de revenir à la comédie, etc), et d'un rythme plutôt inégal (coup de mou notable passée la barre de la première heure).

En fait, on sent très clairement que ce qui intéresse l'équipe derrière le film, c'est Hoffman et ses magouilles, plus que DeLorean, décrit ici comme distant, arrogant, et imbu de sa personne. Avec sa structure en flashbacks, et son narrateur non fiable, le film met clairement Hoffman au premier plan de son récit, et c'est un choix qui plaira ou pas.

En ce qui me concerne, je n'ai pas détesté, mais il manque tout de même quelque chose pour que ce métrage soit vraiment réussi. Peut-être un peu plus de rythme, de folie, de style ou, à l'inverse, de rigueur dans la narration, je ne sais pas.

3.25/6 (amusant, mais anecdotique)

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Christmas Yulefest 2019 - 64 - A Christmas Carol (2019)

Publié le 1 Janvier 2020 par Lurdo dans Critiques éclair, Fantastique, Drame, Horreur, Les bilans de Lurdo, Noël, Christmas, Review, Religion, Télévision, USA, Yulefest, FX, BBC

Noël est terminé, mais chez les Téléphages Anonymesc'est toujours l'heure du marathon de cinéma festif de la Christmas Yulefestet ce jusqu'à mi-janvier...

A Christmas Carol (2019) :

Dans le Londres du 19è siècle, la veille de Noël, Ebenezer Scrooge (Guy Pearce), un avare exploitant ses employés et détestant Noël, reçoit la visite du fantôme de Jacob Marley (Stephen Graham). Celui avertit alors Scrooge qu'il va recevoir, durant les nuits à venir, la visite de trois autres esprits - l'esprit des Noëls passés (Andy Serkis), celui des Noëls présents (Charlotte Riley), et celui des Noëls futurs (Jason Flemyng)- pour l'inciter à faire le point sur son existence, au risque de subir le même sort que Marley à sa mort...

Si pour vous, le Conte de Noël de Dickens a toujours été trop joyeux, trop optimiste et trop coloré ; si vous avez toujours voulu que ce récit soit plus sombre, plus torturé, plus violent et plus dépressif ; si à vos yeux, ce qu'il manque à ce récit classique, c'est de la pédophilie, de la sorcellerie, du harcèlement sexuel, de l'humiliation, des morts par dizaines, du chômage, etc, le tout sur près de trois heures ; si vous avez toujours pensé que la structure du récit de Dickens méritait d'être repensée, et ne devait plus se terminer sur une rédemption optimiste ; si pour vous, ce que devrait être le Christmas Carol de Dickens, c'est une origin story grimdark d'Ebenezer Scrooge... alors cette relecture de Dickens par Steven Knight, le showrunner de Peaky Blinders, et co-produite par F/X et la BBC, est faite pour vous.

Car dès les premières minutes du premier épisode, le ton est donné : un jeune s'introduit dans le cimetière où est enterré Jacob Marley, se soulage sur sa tombe tout en insultant le défunt, et l'urine traverse le sol pour tomber, goutte à goutte, sur le fantôme de Marley qui proteste et réclame qu'on le laisse reposer en paix.

Tout le reste de la mini-série sera du même acabit, avec un trait toujours plus grossier, et poussé dans des retranchements d'une noirceur forcée, presque caricaturale : si Scrooge est méchant et avare, c'est parce que son père ultra-violent l'a maltraité depuis sa plus tendre enfance, décapitant devant ses yeux sa souris blanche reçue en cadeau de Noël ; s'il est psychologiquement brisé (ce Scrooge souffre de troubles obsessionnels compulsifs et voit tout par le prisme du capital et de l'économie), c'est parce que ce même père l'a "vendu" au directeur de la pension où Ebenezer était contraint de passer Noël en solitaire, un directeur qui en profitait pour violer l'enfant avec l'assentiment tacite du père de ce dernier.

Mais Scrooge n'est pas qu'un usurier méchant et grincheux, contrairement au récit de Dickens : ici, il est banquier d'investissement sans scrupules, directement responsable, par sa négligence, son avarice, son caractère implacable et ses montages financiers, de centaines de personnes mises au chômage et de dizaines de morts dans un accident de mine. Cruel et manipulateur, il pousse la femme de Cratchit (Vinette Robinson) à lui offrir des faveurs sexuelles en échange d'un paiement des soins du petit Tim... avant de refuser de passer à l'acte et de se moquer de la pauvre femme, expliquant qu'il voulait simplement voir jusqu'où elle était prête à se rabaisser (la série en profite pour placer de la nudité gratuite à ce moment-là, parce qu'après tout, au point où on en est...).

La femme de Cratchit, justement, est ici noire... et visiblement, pour le scénariste, cela justifie le fait qu'elle soit un peu sorcière, capable de voir et d'invoquer les esprits (le film la rend clairement responsable des apparitions qui hantent Scrooge, tout en doublant le tout d'un message #MeToo/BalanceTonPorc assez pataud, faisant littéralement dire au personnage "je suis une femme, j'ai le pouvoir de faire éclater au grand jour la vérité à votre sujet, et je ne vais pas m'en priver"). Et puis il y a tous ces personnages secondaires qui sont passés à la trappe (Fezziwig, Belle), car probablement trop positifs pour cette relecture dark et edgy©.

Une relecture qui, donc, délaisse le format habituel du récit, pour quelque chose de nettement plus bancal. Ce Christmas Carol consacre en effet le premier de ses trois épisodes d'une heure à de la mise en place : présentation de Scrooge, de son monde, des personnages secondaires... et mésaventures de Jacob Marley au Purgatoire, où il rencontre un forgeron menaçant, puis l'esprit des Noël passés. La deuxième heure, elle, est dédiée à ce dernier, et à tous les flashbacks sur la jeunesse de Scrooge, avant de se terminer sur un cliffhanger de très mauvais goût : la prostitution de Mme Cratchit.

Et le troisième épisode de se consacrer à la fin de ce retour dans le passé (non content d'humilier Mme Cratchit, Scrooge a recours à un chantage vis à vis de cette dernière, en échange de son silence), et au survol des deux esprits suivants et de la conclusion, condensés en 40 minutes, et prenant place dans les jours suivant Noël (un choix étrange, qui va totalement à l'encontre du récit original, de son titre, etc) ; un dernier épisode qui remplace l'esprit des Noëls présents par le fantôme de la défunte sœur de Scrooge (une sœur qui se lance dans des déblatérations philosophico-scientifiques sur la nature humaine, la société, son fonctionnement, le capitalisme...), qui s'attarde sur les problèmes de couple des Cratchit, qui garde Jason Flemyng muet, et qui se sent bien obligé de rattacher les wagons au récit original en confrontant Scrooge à la mort de Tiny Tim.

Seul problème : le scénariste (et Scrooge, indirectement) a déjà guéri Tim plus tôt dans le récit. Il est donc obligé de mettre en scène maladroitement un accident de patins à glace coûtant la vie de Tim, un Tim qui a passé si peu de temps à l'écran que le changement d'attitude de Scrooge à son égard paraît gentiment artificiel (et ce malgré le capital sympathie du garçonnet).

En résumé, ce Christmas Carol 2019 est une relecture dark et gritty du conte de Dickens, où tous les curseurs sont poussés au maximum en direction de la déprime, du malheur, de la cruauté et du glauque, et où Scrooge est une véritable ordure. Et c'est sans surprise que la rédemption de Scrooge est ici minorée tant par ce dernier (qui explique qu'il ne changera probablement pas malgré ses efforts, et qu'il mérite ce qui va lui arriver) que par Mme Cratchit, qui conclut le film en s'adressant directement aux esprits, et en leur disant qu'il reste encore beaucoup de travail à faire sur Scrooge.

Pas de fin véritablement heureuse chez Steven Knight, pour un Chant de Noël qui, reconnaissons-le, a le mérite de prendre des risques. Des risques qui confondent profondeur et développement avec noirceur immature et irrévérence adolescente (tous les personnages balancent un "fuck" à un moment ou un autre, y compris l'un des fantômes de Noël), mais au moins, l'ambition est là : on ne peut pas en dire autant de l'immense majorité des adaptations de Dickens, qui se contentent d'adapter ce récit à la lettre, sans rien lui apporter (cf le Scrooge de Zemeckis, que je vais passer en revue dans les jours à venir).

Par ailleurs, difficile de reprocher quoi que ce soit à la direction artistique, à la musique (minimaliste et évoquant un peu le travail de Zimmer sur Man of Steel), et à l'interprétation impeccable : sur ce front-là, c'est du beau boulot, il y a des images très réussies, les moyens sont là.

Reste que l'orientation unique de cette adaptation pourra toujours plaire : personnellement, je ne suis pas particulièrement fan de la provocation gratuite, de l'anticonformisme iconoclaste et de la noirceur superficielle en tant que fins en soi (ces approches faciles et creuses sont en effet trop souvent prises, par un certain public, pour de l'audace intellectuelle, pour du génie artistique, et pour un traitement adulte et mature de leur sujet), mais à en juger par l'accueil réservé au programme par ses spectateurs anglophones, ce type d'approche a tout de même ses amateurs...

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Un film, un jour (ou presque) #1094 : The Turkey Bowl (2019)

Publié le 29 Novembre 2019 par Lurdo dans Cinéma, Comédie, Critiques éclair, Drame, Review, Sport, Thanksgiving, USA

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The Turkey Bowl (2019) :

Patrick Hodges (Ryan Hansen), ancienne star de football de sa petite ville de l'Oklahoma, est désormais bien rangé, et sur le point d'épouser la fille d'un futur candidat à la Maison-Blanche. Jusqu'à ce qu'il reçoive un message l'informant de la mort de Mitchell (Matt Jones), son meilleur ami : contre toute attente, Patrick retourne dans sa ville natale à l'occasion de Thanksgiving, mais il découvre bientôt que Mitchell est en pleine forme, et qu'il a simulé sa mort pour forcer Patrick à revenir, et à prendre part à un match de football américain contre une équipe rivale, menée par leur ennemi juré, Ronnie (Alan Ritchson)...

Un film du scénariste de Sorority Boys et des deux Mise à l'épreuve, qui utilise des grosses ficelles habituelles du genre pour présenter un récit très convenu, une sorte de romance Hallmark au masculin, avec un peu d'humour "bro" en dessous de la ceinture pour compléter le tout, et une bonne dose de sport.

Les amateurs du genre (et les Américains) apprécieront probablement (c'est compétent, les acteurs sont efficaces, et ça conserve une pointe d'humour pas désagréable), les autres resteront probablement un peu plus de marbre devant la durée du métrage (plus de 2 heures), devant une Kristen Hager assez fade, et devant un déroulement cousu de fil blanc à tous les niveaux.

Mwébof.

3 - 0.25 pour le rythme = 2.75/6 

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Un film, un jour (ou presque) #1093 : The Oath (2018)

Publié le 28 Novembre 2019 par Lurdo dans Cinéma, Comédie, Critiques éclair, Drame, Review, Thriller, USA, Thanksgiving

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

The Oath :

Dans un monde où la politique ultra-partisane divise les USA, le Président a laissé jusqu'au Black Friday à ses concitoyens pour signer le Serment du Patriote, une déclaration d’allégeance au gouvernement en place. Chris (Ike Barinholtz), progressiste et libéral accro aux informations en continu, et son épouse Kai (Tiffany Haddish) refusent fermement de le signer, et se préparent à accueillir leur famille (Jon Barinholtz, Meredith Hagner, Carrie Brownstein, Nora Dunn, Jay Duplass, Chris Ellis) pour Thanksgiving. Plus facile à dire qu'à faire, puisque cette dernière ne partage pas leurs opinions politiques, et que le repas de famille risque bien de dégénérer très rapidement...

Une comédie noire et dystopienne qui prend place dans un 2018 quasi-fictif, où la division politique est toujours plus importante, et où le Président des USA propose un "Serment" qui divise l'opinion publique.

En d'autres termes, une quasi-préquelle spirituelle à la franchise American Nightmare (le terme de "purge" est d'ailleurs mentionné, à un moment), traitée sur le ton de la satire grinçante et du thriller par un Ike Barinholtz (ancien de MadTV) dont c'est ici le premier film, en tant que scénariste et réalisateur.

Et honnêtement, ça se regarde assez bien, même si le trait est forcément assez appuyé et polarisant ; mais la distribution est plutôt bonne (d'ailleurs, le fait que Meredith Hagner soit dans le rôle d'une jeune femme antipathique et stridente m'arrange bien, vu le peu de sympathie que j'ai pour cette actrice), et la tension monte de manière satisfaisante tout au long du récit, jusqu'à culminer au bout de 50-60 minutes.

Ensuite, c'est plus compliqué : le film vire au thriller plus violent, avec kidnapping en prime, et commence à s'essouffler, malgré la présence amusante d'un John Cho blessé. Il se conclut alors par une pirouette façon deus ex machina, qui résout tout de manière un peu plate et décevante, et qui donne l'impression que le scénariste/réalisateur n'ose pas pousser ces idées jusqu'à leur conclusion naturelle, préférant botter en touche in extremis.

Au final, un premier essai pas désagréable, mais inégal, très ancré dans son époque de tournage et dans la présidence trumpienne, et qui ne tient pas totalement la distance. Bien essayé, cela dit.

3/6

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Un film, un jour (ou presque) #1086 : Prescription Thugs (2015)

Publié le 19 Novembre 2019 par Lurdo dans Biographie, Cinéma, Critiques éclair, Documentaire, Review, USA

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Prescription Thugs (2015) :

Bigger, Stronger, Faster (du même réalisateur) se terminait sur un constat assez cynique, découragé et déresponsabilisant : les stéroïdes ne sont pas un problème vraiment sérieux en soi, mais bien un symptôme d'une société ultra-compétitive qui force chacun à prendre des substances pour se dépasser et être le meilleur, et qui ne laisse pas d'autre choix.

Prescription Thugs continue donc sur cette lancée avec, pendant la majeure partie de ses 86 minutes, une charge contre "Big Pharma" et ses médicaments (en vrac, les antidépresseurs, les antalgiques, les opioïdes, etc), charge menée, un peu comme dans le précédent métrage, à grands renforts de témoignages de "victimes" de la société moderne : ici, des catcheurs de seconde zone (Luther Reigns) qui dénoncent la facilité avec laquelle ils pouvaient se droguer aux antalgiques et autres médicaments pour pouvoir continuer leur profession ; là, une lobbyiste dont la nièce fortement dépressive suite à un accident a cessé brusquement tout traitement et s'est suicidée dans les jours qui ont suivi ; là, un expert en psychiatrie qui dénonce les traitements pharmaceutiques à l'aide d'une comparaison fumeuse ("la vraie médecine, c'est bien : les vaccins parviennent à éradiquer des maladies, c'est donc que ça marche. Mais les antidépresseurs et autres ne parviennent pas à éradiquer la dépression au fil du temps, dans la population générale, c'est donc qu'ils sont inefficaces.") ; ou encore, un médecin homéopathe fier de son diplôme ; etc, etc, etc... et systématiquement, ces personnes blâment le système, Big Pharma, le gouvernement, etc, pour leurs problèmes et leurs difficultés.

Idem pour le réalisateur du documentaire : depuis son métrage précédent, son frère catcheur s'est suicidé d'une overdose médicamenteuse. Plutôt que de tenter de mieux comprendre les raisons de ce suicide (elles sont pourtant limpides, transparaissant clairement de toutes les scènes du réalisateur avec sa famille, une famille qui a toujours noyé ses problèmes dans les excès de nourriture et - pour les trois enfants - dans les muscles, le sport à outrance, la compétition, etc : tout ça pour échapper à une condition qu'ils n'ont jamais assumé, et tenter de devenir "une star"...), de remettre en question leur mode de vie, leur passion pour les stéroïdes (qui, rappelons-le, ont tendance à favoriser la dépression), la compétition, etc, leur mal-être chronique, le réalisateur a immédiatement trouvé un bouc-émissaire : les laboratoires pharmaceutiques.

Attention, je ne dis pas que les laboratoires pharmaceutiques sont blancs comme neige, loin de là, ou que les opioïdes sont inoffensifs/la réponse idéale à apporter à tous les problèmes ; mais c'est trop facile d'accuser autrui de ses propres faiblesses. "Si je me drogue, ce n'est pas parce que je suis incapable de me contrôler, que j'ai des problèmes psychologiques, ou que j'ai besoin d'aide, c'est parce que la société me force à me droguer avec la publicité pour les médicaments, que les médecins ne sont là que pour gagner de l'argent, que les laboratoires pharmaceutiques sont inhumains et fabriquent délibérément des médicaments addictifs, que le gouvernement nous manipule, etc, etc, etc."

On retrouve là directement le propos du documentaire sur les stéroïdes, qui faisait reposer toute la culpabilité de leur usage sur une société américaine favorisant les gagnants et normalisant la triche à tous les étages. Ici, on retombe sur cet argumentaire du "tout le monde le fait, donc pourquoi pas moi", un argumentaire d'autant plus présent que le réalisateur avoue lui-même, à mi-parcours, qu'il est accro à de multiples substances.

Un réalisateur qui se met nettement plus en scène que dans le premier documentaire, et qui semble avoir bien appris à l'école Morgan Spurlock : musique cool, extraits fréquents de vieux films et de dessins animés pour illustrer le propos de manière comique et ironique, etc, etc. Ici, cependant, on retrouve le biais du premier documentaire, mais inversé : alors que Bigger, Stronger, Faster s'efforçait de rejeter systématiquement les accusations portées à l'encontre des stéroïdes dans les médias, à base de témoignages biaisés et défenses évasives, ici, "Big Pharma" n'a pas le droit à la parole, et le documentaire est globalement à charge, du début à la quasi-fin.

Mais quoi qu'il en soit, comme son prédécesseur, ce documentaire se termine par une réflexion assez amère et désenchantée du réalisateur sur le monde qui l'entoure : une nouvelle fois, l'homme est présenté comme faible, impuissant, victime d'un système qui l'étouffe et l'oblige à prendre des substances pour espérer atteindre les sommets et accomplir ses ambitions, sous peine de s'écraser et d'en mourir.

Dans ce cas, propose le réalisateur (et son père), ne vaudrait-il mieux pas faire fi de toute ambition, et se contenter d'être quelqu'un de moyen, de médiocre, avec un emploi médiocre, une vie de famille médiocre, et une retraite médiocre, pour ne pas risquer d'être broyé par la société moderne ?

Mouais.

2.5/6 

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Un film, un jour (ou presque) #1085 : Bigger, Stronger, Faster* (2008)

Publié le 18 Novembre 2019 par Lurdo dans Biographie, Cinéma, Action, Documentaire, USA, Sport, Review, Catch

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus. ​​

Bigger, Stronger, Faster* - * The Side Effects of Being American (2008) :

Un documentaire formellement plutôt réussi sur la fascination du muscle chez les Américains, mis en parallèle avec l'effondrement de l'American Dream, la popularisation du dopage stéroïdien, et les destinées de trois frères (Chris, le réalisateur, Mike et Mark), fans de catch, de bodybuilding, de cinéma d'action, et issus d'une famille en surpoids.

Très professionnel dans sa forme (bien monté, pertinent, bien rythmé - même s'il y a peut-être 10 minutes de trop) et intéressant dans son fond, le métrage approche cependant son sujet principal sous un angle assez particulier et problématique, qui finit par le desservir.

Sous prétexte d'une interrogation sincère sur le sujet des stéroïdes anabolisants, effectuée par un Chris ne prenant pas de stéroïdes, contrairement à ses frères, le documentaire semble souvent se ranger du côté des supporters de la pratique stéroïdienne, à grands renforts de fausses équivalences, et de comparaisons discutables.

Les stéroïdes sont-ils dangereux ? Il y a pire, et de toute façon, ils ont plein d'effets médicaux bénéfiques pour certains malades. Les stéroïdes ont-ils des effets secondaires ? Tout le monde ne les subit pas, et de toute façon, d'autres médicaments en ont aussi. Utiliser des stéroïdes, est-ce tricher ? Tout le monde triche, et de toute façon, l'important c'est de gagner. Est-ce que les détracteurs des stéroïdes ont des arguments valides ? Ils n'ont pas de preuves, et de toute façon, ce sont tous des vendus à la solde d'untel ou d'untel. Est-ce que les stéroïdes devraient être interdits dans le sport de haut niveau ? Le grand public demande des performances toujours plus spectaculaires, et de toute façon, tout le monde prend des médicaments en tous genres au quotidien, dans tous les domaines, pour être plus performant. Est-ce que les stéroïdes anabolisants peuvent provoquer des dépressions et de l'agressivité ? Non, au pire, ils ne font que les amplifier, et de toute façon, ce sont des symptômes pré-existants qui sont provoqués par la société.

Etc, etc, etc... systématiquement, le documentaire répond aux critiques les plus communes sur les stéroïdes en bottant en touche, en diagonale, en détournant l'attention, et en donnant la parole à des intervenants choisis avec soin : les détracteurs sont tous présentés comme des bouffons peu honnêtes, et les défenseurs (quasiment tous boursouflés de muscles) ont largement le temps et l'occasion de défendre leur point de vue.

Une position très orientée qui, en temps normal, serait suffisante pour m'agacer. Sauf que tout cela participe au message cynique et désenchanté qui se dégage du film, et qui constitue le sous-titre de ce dernier : les stéroïdes ne sont pas une cause de problèmes en Amérique, mais bien un symptôme du mal-être du pays, un pays uniquement fasciné par la gagne, et pas par les perdants. Un pays où seul compte la victoire et le succès, quels que soient les moyens employés pour y parvenir, et où "que celui qui n'a jamais pêché me jette la première pierre" est sincèrement utilisé comme une défense par tous ceux qui prennent des stéroïdes.

Là où le tout est assez triste, c'est que le réalisateur (et le documentaire) semble totalement résigné à cette culture de la triche, qu'il considère comme normale et qu'il a intégré dans sa vie : il n'est guère surprenant alors de constater que Bigger, Stronger, Faster est plus intéressant en tant que portrait d'une famille complexée et clairement en souffrance, en quête du Rêve Américain (comme la plupart des utilisateurs de stéroïdes présentés dans le documentaire, qui tous semblent utiliser ces substances pour pallier un manque ou un autre), qu'en tant qu'enquête biaisée sur les stéroïdes.

Au final, le documentaire n'est qu'un demi-succès, et tout l'argumentaire sur les stéroïdes ne parvient vraiment pas à convaincre. Mais ce qu'il dit sur la société américaine est loin d'être inintéressant, quand bien même ce ne serait qu'en filigrane, et même si sa défense bancale des stéroïdes finit par éclipser ce message.

3.5/6

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Les bilans de Lurdo : The Detour, saison 4 (2019)

Publié le 9 Novembre 2019 par Lurdo dans Comédie, Critiques éclair, Les bilans de Lurdo, Review, Sitcom, Télévision, USA, Canada, TBS

Ultime saison de ce programme chapeauté par Samantha Bee et Jason Jones, une sitcom TBS qui, au fil des saisons, a connu un parcours assez compliqué : une saison 1 sympathique, une saison 2 nettement plus mitigée, car (très) décomplexée et (trop) caricaturale, une saison 3 gentiment décousue et chaotique... et cette dernière saison, donc, pas vraiment conçue comme telle, et qui continue de n'avoir plus grand chose à voir avec son postulat de départ - le détour sur la route des vacances.

The Detour, saison 4 (2019) :

Séparés de leur fille Delilah (Ashley Gerasimovich) depuis que cette dernière s'est enfuie, les Parker (Jason Jones, Natalie Zea, Liam Carroll) parcourent le monde pour tenter de la retrouver, mais ils finissent à Syracuse, où ils croisent le chemin de la sœur jumelle de Robin...

Et donc, sans surprise, cette quatrième saison s'inscrit dans la continuité directe du reste de la série : c'est un peu peu brouillon et décousu, ce n'est pas toujours du meilleur goût (les moments scatologiques et graveleux lassent plus qu'ils n'amusent), c'est bourré de slapstick (Jason Jones passe toujours son temps à se prendre des coups, à se vautrer, et à être humilié, encore et encore), c'est surjoué (Gerasimovich est souvent en roue libre, malgré son temps de présence limité à l'écran), et les tangentes inutiles ou pas très abouties du scénario sont assez frustrantes.

Pourtant, cette année dispose d'un fil conducteur plus affirmé que dans les saisons précédentes : les recherches internationales des Parker pour tenter de retrouver leur fille. L'occasion pour la famille de visiter le Tibet, le Paraguay, la Nouvelle Zélande, la Russie, et le Japon - et pour les scénaristes, de confronter brièvement les Parker aux clichés récurrents sur ces pays.

C'est notamment vrai pour le Japon, qui donne lieu, après une demi-saison de teasing, à un épisode totalement gratuit, façon game show à la japonaise, avec générique, cartons-titres et sous-titres appropriés, dans lequel Jones est une fois de plus humilié en public (se faisant notamment masturber en direct par un clown caché dans une boîte... amis du bon goût, bonsoir). Idem pour la Russie, d'ailleurs, puisque toute la fin de saison s'y déroule, et place Jones dans la position de l'Américain dont s'est entichée la fille d'un magnat russe : encore une fois, Jones déguste, en slip rose pendant le plus clair de cette aventure, tandis que le reste de sa famille est quasi-absent de ces épisodes.

On a ainsi souvent l'impression que la production a tout un tas d'idées et de gags en stock, mais qu'elle ne sait pas bien comment les organiser pour donner un tout narratif cohérent : la saison passe ainsi d'un séjour à l'étranger, à une visite à Syracuse, dans une maison de retraite où vit la mère de Nate (épisode assez raté, d'ailleurs, car reposant sur des gags particulièrement téléphonés et prévisibles), puis s'attarde, pendant deux épisodes, sur la sœur jumelle de Robin. Une sœur sortie de nulle part, (forcément) maléfique, psychopathe et manipulatrice, et qui tente (forcément) de dérober Nate à Robin. Parce que Nate est clairement irrésistible, dans son genre (mouais), et que Natalie Zea voulait apparemment montrer ses talents de pole dancer à l'écran.

Et puis on part pour deux épisodes en flashback, un sur Delilah, qui raconte son année de cavale, et donc l'épisode japonais. Avant de rebasculer sur les fausses funérailles de Nate, qui voient toute sa famille se réunir, et son père, interprété par Jere Burns, ressurgir à cette occasion (encore un épisode qui ne fonctionne pas, toutes les vannes autour de Burns étant clairement trop canadiennes pour être vraiment drôles et percutantes). Enfin, on aborde la Russie, et tous les clichés qui vont avec.

Je vais être franc : il était temps que ça s'arrête. Sans vraie direction, The Detour semblait avancer à tâtons, en roue libre, en fonction des inspirations et des vannes passant par l'esprit des scénaristes à un moment donné, sans jamais vraiment se remettre en questions.

C'est bien simple, en quatre saisons (voire même moins, puisque c'était déjà perceptible en saison 2), la série a atteint un point que la majorité des sitcoms n'atteignent qu'après 6 ou 7 ans : le moment où les personnages ne sont plus que des caricatures d'eux-mêmes, où le trait est tellement forcé qu'ils passent de mésaventures en mésaventures toujours plus improbables sans être particulièrement affectés, où la production fait un peu tout et n'importe quoi sans se soucier de la cohérence ou de la concision, et où le spectateur finit par se désintéresser du tout.

Là, c'était clairement mon cas, et je quitte donc la famille Parker sans regrets.

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Les bilans de Lurdo - Halloween Oktorrorfest 2019 - Creepshow, saison 1 (2019)

Publié le 3 Novembre 2019 par Lurdo dans Anthologie, Comédie, Critiques éclair, Fantastique, Halloween, Horreur, Les bilans de Lurdo, Oktorrorfest, Review, Thriller, Télévision, USA, Shudder

L'Halloween Oktorrorfest touche aussi le petit écran, avec chaque week-end, tout le mois d'octobre, des critiques de séries fantastiques et horrifiques...

Creepshow, saison 1 (2019) :

Anthologie en 6 épisodes de 45 minutes, composés chacun de deux récits courts inspirées de diverses nouvelles, ou totalement originales, et chapeautées par Greg Nicotero, du célèbre studio d'effets spéciaux KNB.

Bien évidemment inspirée des deux (ou trois, selon que l'on accepte la canonicité de l'ultime volet) films Creepshow, l'anthologie évoque aussi les Contes de la Crypte (forcément), une comparaison renforcée par l'apparence et l'utilité du Creep, qui agit fortement comme le Crypt Keeper de la série HBO.

Sauf que, premier problème : ce Creep est visuellement assez raté, et totalement inutile. On sent que la série n'a pas été faite avec un gros budget, comme le laisse deviner son affiche approximative, et ses séquences animées très limitées (les transitions façon comic-book, par contre, sont plutôt réussies).

Une impression d'anthologie quasi-discount, qui ne fait que se renforcer lorsque l'on découvre ses premiers segments...

1x01

# Gray Matter : lorsque le fils de Richie, un alcoolique, arrive en pleine tempête dans l'épicerie de sa petite ville, il explique au trio présent (Adrienne Barbeau, Tobin Bell, Giancarlo Esposito) que son père ne va pas bien, et que tout a commencé lorsqu'il a commencé à abuser de la boisson...

Adaptation de King, réalisée par Nicotero, ce segment est regardable, mais souffre d'un fanservice Kingien trop appuyé, d'une réalisation un peu penchée, d'une créature dont le mélange numérique/réel ne fonctionne à moitié, et surtout, d'une scène finale totalement forcée et gênante, où tout le monde surjout affreusement. Bref, bilan très mitigé.

# House of the Dead : la petite Evie (Cailey Fleming) découvre un beau jour, dans sa maison de poupée, une tête de cadavre zombifiée, qui semble se déplacer seule. Bien vite, les autres occupants de la maison de poupée sont alors traqués par la tête, et la situation s'envenime dès qu'Evie détourne le regard...

Écrit par le scénariste de Bird Box, ce récit n'est pas effrayant pour un sou, mais, au contraire, s'avère plutôt ludique et amusant. Est-ce dû à l'apparence de la tête tranchée, tout sauf menaçante, ou au simple fait que tout se concentre sur une maison de poupée, et que le risque est par ailleurs inexistant ? Quoi qu'il en soit, c'était sympathique à regarder, mais hautement anecdotique.

1x02

# Bad Wolf Down : le face à face, pendant la Seconde Guerre Mondiale, entre un commando de soldats américains et une escouade nazie, alors même qu'un loup-garou rode dans les parages...

Un bon gros ratage bisseux d'un compère de Dan Harmon, qui donne dans le grotesque et dans la débauche de lumières et de couleurs agressives, avec des maquillages fauchés, un Jeffrey Combs en roue libre, une "Française" qui parle mal français, et des onomatopées qui éclatent à l'écran comme dans un mauvais Batman.  Je n'ai pas du tout accroché à cette proposition, qui ressemblait plus à un mauvais court-métrage de potes qu'à un segment professionnel.

# The Finger : lorsqu'il trouve un étrange doigt coupé dans la rue, Clark (DJ Qualls) le ramène chez lui, et s'aperçoit progressivement qu'il donne naissance à Bob, une créature sanguinaire, mais finalement assez attachante, qui semble décidée à prouver son affection à Clark en le débarrassant de tous ses ennemis...

Un segment (du scénariste de Critters 3, 4 et de The Crow) reposant entièrement sur DJ Qualls et sur la créature avec laquelle il interagit, une créature plus ou moins réussie selon les plans, mais finalement assez attachante. La narration face caméra et en voix off ne plaira pas à tout le monde, mais elle est justifiée, compte tenu de la conclusion du tout : à l'image du reste de ce récit, ça plaira ou non, mais en ce qui me concerne, j'ai trouvé le tout plutôt amusant et sympathique, à défaut d'être totalement maîtrisé.

1x03 :

# All Hallows Eve : Les Golden Dragons, une bande d'ados (Connor Christie, Madison Thompson, Andrew Eakle, Jasun Jabbar, Michael May) un peu trop âgés et fatigués pour faire la tournée d'Halloween, décident de se déguiser une dernière fois et de réclamer leur dû à un quartier terrifié par leur présence...

Un segment à l'atmosphère Halloweenesque assez agréable, mais à l'interprétation assez inégale, et au fil narratif cousu de fil blanc : on devine très tôt ce qu'il en est réellement, et on attend patiemment que le récit rattrape le spectateur, ce qu'il fait de manière assez basique et quelconque.

# The Man in the Suitcase : Récemment plaqué par Carla (Madison Bailey), Justin (Will Kidrachuck), stoner et glandeur invétéré, s'aperçoit qu'il s'est trompé de valise à l'aéroport, et que dans son bagage se trouve un contorsionniste moyen-oriental (Ravi Naidu) souffrant le martyre. Mais lorsqu'il tente de l'aider, il découvre que la douleur amène l'inconnu à cracher des pièces d'or. Aussitôt, en compagnie de Carla et d'Alex (Ian Gregg), le colocataire de Justin, le jeune homme commence à exploiter cette occasion inespérée...

Personnages antipathiques pour un postulat pourtant amusant, mais au résultat bien trop plat et prévisible, avec en prime une illustration sonore assez médiocre. À l'image de son personnage principal, ça ressemble un peu à un script basé sur une idée de stoner, développée de manière approximative, et qui se finit donc de façon bancale, avec des effets visuels plutôt laids, et un retournement de situation final qui ne surprendra personne.

1x04 :

# The Companion : Harold (Logan Allen), un adolescent harcelé, se réfugie dans une ferme abandonnée pour échapper à son frère aîné qui le maltraite. Là, il découvre un épouvantail sinistre, qui revient à la vie lorsqu'il retire la dague plantée dans son cœur...

Un récit adapté d'une histoire courte de Joe Lansdale, et qui s'avère affreusement creux, en cela qu'il est cousu de fil blanc, et qu'il manque cruellement de punch, d'énergie et de suspense. On a l'impression d'avoir déjà vu cette histoire à de multiples reprises, ce n'est pas particulièrement bien filmé ou interprété (les éclairages colorés assez fauchés n'aident pas), et il n'y a que la chute qui fonctionne un minimum (tout en étant télégraphiée au possible).

# Lidya Lane's Better Half : Lydia Lane (Tricia Helfer), PDG d'une grande entreprise, doit gérer la colère de sa maîtresse, Celia (Danielle Lyn), lorsque celle-ci apprend qu'elle ne recevra pas la promotion qu'elle attendait. Mais un accident plus tard, et voilà Lydia prise au piège dans un ascenseur avec le corps de Celia, visiblement bien décidé à se venger.

Pas franchement plus original ni mieux filmé (beaucoup de problèmes de continuité, notamment au niveau du cadavre qui change de position en fonction des angles de caméra et des prises - sans que ce soit voulu par le récit), cette histoire bénéficie cependant d'une interprétation nettement plus solide (principalement de Helfer), qui parvient à transcender un peu l'écriture pataude. Ce n'est pas terrible, c'est déjà vu, mais ça se regarde gentiment.

1x05 :

# Night of the Paw : Angela (Hannah Barefoot) réchappe de justesse à un accident de voiture grâce à Avery Whitlock (Bruce Davison), propriétaire d'un salon mortuaire, qui la recueille et la soigne. Rapidement, elle découvre cependant que Whitlock est hanté par ses actions passées, et par les souhaits qu'il a fait grâce à une patte de singe magique...

Rien de vraiment original ou inédit dans cette énième version de la Monkey's Paw de W.W. Jacobs, mais une interprétation fiable de Bruce Davison, et un peu de racolage, avec une Hannah Barefoot en petite tenue. À part ça, on est en terrain vraiment familier et ce segment, plus long que la moyenne, semble paradoxalement souffrir de la stylisation à outrance de sa réalisation (éclairages prononcés, plans débullés, etc) et de sa durée inutile, puisque le tout finit par tomber un peu à plat sur la fin, à bout de souffle. Pas forcément mauvais en soi, mais rien de mémorable.

# Times is Tough in Musky Holler : Menacés par ses concitoyens d'être livrés en pature à des zombies dans de pseudo-jeux du cirque, le maire de la ville de Musky Holler (Dane Rhodes), son shérif (David Arquette), et plusieurs de leurs sbires tentent de se justifier de leurs actes.

Moins de 15 minutes, pour un segment qui semble avoir été tourné à la dernière minute, en fin de saison, une fois que le budget de cette dernière avait été épuisé : avec ses flashbacks narrés et interprétés en voix off, et illustrés par des images fixes façon bande dessinée, l'épisode tombe à plat, surjoué au possible (notamment par Arquette), cachant la plupart de ses effets, et ressemblant plus à une ébauche d'idée qu'à un script vraiment développé.

1x06 :

# Skincrawlers : Henry (Dana Gould), en surpoids et malheureux, décide d'essayer un régime miracle proposé par le Dr. Sloan (Chad Michael Collins) : ingérer une anguille lacustre mutante qui, en quelques jours à peine, semble dévorer toute graisse superflue. Mais l'approche d'une éclipse solaire semble tout changer...

Un segment co-écrit par Paul Dini, et qui déborde de gore jusqu'à en devenir grotesque. Amusant, pour peu que l'on fasse abstraction de tous les acteurs qui cabotinent affreusement, et de son déroulement très prévisible, qui donne presque l'impression que l'épisode tout entier a été construit autour de sa punchline finale.

 

# By The Silver Water of Lake Champlain : Rose (Sydney Wease), une adolescente orpheline de père, vit avec son petit-frère, sa mère Leigh (Gena Shaw) et son beau-père Chet (James Devoti), violent et méprisant. Mais Rose n'a qu'une obsession : le monstre du Lac Champlain, où elle vit, et auquel son père a consacré toute son existence, jusqu'à en perdre la vie. Persuadée que le monstre existe, Rose décide de tout faire pour laver la mémoire de son père...

Un segment mou, éventé et plat réalisé par Tom Savini, à partir d'une nouvelle de Joe Hill, et qui passe tellement de temps sur son mélodrame familial qu'il finit par en sous-exploiter ses créatures (tout le budget est clairement passé dans la bête, avec un résultat très inégal), et par livrer un récit télégraphié et pas du tout convaincant. Et je dois avouer que la jeune Sydney Wease ne m'a pas particulièrement convaincu.

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Bilan :

Voilà voilà.

Ce revival de Creepshow est terminé, et pour être franc, je ne comprends pas. Je ne comprends pas la réception critique et publique totalement extatique outre-atlantique, où, à en croire ce qu'on peut y lire, ce Creepshow est la meilleure anthologie horrifique depuis des décennies.

Je ne comprends pas comment un programme aussi fauché et dépourvu d'idées soit à ce point applaudi, alors que systématiquement, ces épisodes donnent l'impression de premiers jets de scripts tournés à la va-vite avec une réalisation souvent approximative, et des effets de style (animation, etc) trop ambitieux pour les moyens du programme.

Je ne vais pas m'épancher plus que ça sur cette anthologie : je n'ai pas été impressionné par le produit fini, loin de là, et je trouve que le tout est un beau gâchis (à un ou deux épisodes près, peut-être). Cela dit, la série ayant déjà été renouvelée suite à son succès d'audience, il faudra voir si la saison 2 sera plus maîtrisée, ou si elle bénéficiera d'un budget plus confortable.

Une chose est sûre, cependant, on ne pourra pas dire que j'attendrai la suite de ce sous-Contes de la Crypte avec grande impatience...

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Les bilans de Lurdo - Halloween Oktorrorfest 2019 - Fais-moi peur ! (2019)

Publié le 2 Novembre 2019 par Lurdo dans Critiques éclair, Fantastique, Halloween, Horreur, Jeunesse, Les bilans de Lurdo, Oktorrorfest, Review, Télévision, USA, Nickelodeon

L'Halloween Oktorrorfest touche aussi le petit écran, avec chaque week-end, tout le mois d'octobre, des critiques de séries fantastiques et horrifiques...

Fais-moi peur ! (Are You Afraid of The Dark ? - 2019) :

Lorsqu'elle arrive dans un nouveau lycée, Rachel (Lyliana Wray), une adolescente créative, découvre vite l'existence de la Société de Minuit, un groupe de plusieurs élèves partageant une même passion pour les histoires qui font peur : Graham (Jeremy Ray Taylor), germaphobe rondouillard ; Louise (Tamara Smart), cheerleader populaire ; Akiko (Miya Cech), apprentie-réalisatrice cassante ; et Gavin (Sam Ashe Arnold), voisin séduisant de Rachel. Pour être admise dans le groupe, Rachel leur raconte alors l'histoire de Mr Tophat (Rafael Casal) et du Carnival of Doom, un cirque maléfique. Mais dès le lendemain, Rachel et ses amis découvrent que le cirque de Mr Tophat vient de s'installer en ville, et que l'histoire de Rachel semble prendre corps sous leurs yeux...

Relaunch de la fameuse série canadienne Fais-moi peur ! (déjà chroniquée il y a bien longtemps en ces pages), ce téléfilm en trois parties diffusées cet octobre sur Nickelodeon trouve ses origines dans un projet de long-métrage supposément écrit par le scénariste des deux Ça récents. Au fil du temps, le concept a été chamboulé, a changé de forme, le scénariste a quitté le projet, et Nickelodeon a donc commandé ces 3 x 45 minutes qui, comme Chair De Poule ou Scary Stories, prennent le parti de se concentrer sur de jeunes adolescents aux prises avec une histoire effrayante et imaginaire qui envahit le monde réel.

Et malheureusement, en se démarquant à ce point de la série d'origine, pour réinventer le tout en quelque chose de plus métadiscursif, cette mini-série loupe en grande partie le coche ; en effet, il n'est guère surprenant de constater que, des trois épisodes de cette mini-série, seul le premier fonctionne réellement.

Un premier épisode de mise en place, qui voit la jeune Rachel arriver dans son nouveau lycée, et découvrir progressivement les us et coutumes de la Société de Minuit, qui l'invite à faire part de son histoire au coin du feu, etc, comme dans la série originale. Jusque là, ça fonctionne, les acteurs et actrices (dont Jeremy Ray Teylor, de Ça) sont efficaces et attachants, l'écriture est ludique et référentielle (tous les personnages portent les noms de famille de réalisateurs de genre, Fulci, Raimi, Lynch, Coscarelli, etc), et cette mise en contexte de la Midnight Society est plutôt pertinente et réussie (bien que déjà abordée dans la saison 7 de la série originale).

Et puis après, rapidement, l'intérêt de la mini-série décroît, alors que les personnages découvrent le cirque maléfique mené par Mr Tophat. Déjà, parce qu'un cirque maléfique, c'est un concept assez éventé et dérivatif (bonjour, La Foire des Ténèbres !), qui ne fonctionne pas vraiment sur moi, mais en plus parce que la production a fait le choix d'étirer vers le haut toutes les images prenant place dans le cirque.

Résultat : toutes ces scènes sont visuellement fatigantes et désagréables à l’œil, surchargées en couleur criardes, et en visages écrasés. Et puis il y a le problème de Mr. Tophat, qui manque cruellement de charisme et de présence, ressemblant plus à un Chapelier Fou cabotin façon Johnny Depp qu'à un Monsieur Loyal menaçant.

Tout ça se combine pour déboucher sur un troisième épisode assez lourd et pataud, bourré d'exposition maladroite, d'explications assénées par les personnages, et souffrant d'une résolution assez plate.

Assez frustrant, je dois dire, puisque cette réinvention de Fais-moi peur commençait assez bien, avant de succomber à des problèmes d'écriture vraiment agaçants. Par ailleurs, difficile de ne pas avoir l'impression que le script original a été sérieusement dégraissé à un moment ou à un autre, puisque certains personnages secondaires (les parents, le policier, Brandon Routh qui vient dire bonjour le temps d'une scène) sont affreusement sous-développés et sous-exploités, disparaissant aussi vite qu'ils étaient arrivés.

Un revival qui n'est pas à la hauteur de la série originale, donc, malgré les efforts de la distribution, et de la production. Dommage.

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Les bilans de Lurdo - Halloween Oktorrorfest 2019 - Los Espookys, saison 1 (2019)

Publié le 26 Octobre 2019 par Lurdo dans Comédie, Critiques éclair, Fantastique, Halloween, Horreur, Les bilans de Lurdo, Oktorrorfest, Review, Télévision, USA, HBO

L'Halloween Oktorrorfest touche aussi le petit écran, avec chaque week-end, tout le mois d'octobre, des critiques de séries fantastiques et horrifiques...

Los Espookys, saison 1 (2019) :

En Amérique du Sud, Renaldo (Bernardo Velasco), Ursula (Cassandra Ciangherotti), Andrés (Julio Torres) et Tati (Ana Fabrega) sont Los Espookys, un groupe passionné d'horreur qui met ses talents en matières d'effets spéciaux au service de clients privés, pour des soirées, des événements, etc. Mais entre véritables événements paranormaux, problèmes personnels, et rencontres improbables, le quotidien des Espookys est des plus étranges et décalés...

Une série HBO en 6 x 25 minutes, entièrement en espagnol, chapeautée par Lorne Michaels (SNL) et Fred Armisen, ainsi que par deux de ses acteurs principaux, Torres et Fabrega. Et sans surprise, ces deux derniers se donnent le beau rôle dans la série, avec des personnages totalement déjantés et excentriques : Torres, gay flamboyant à la chevelure bleue, seul héritier d'une dynastie de chocolatiers, persuadé d'avoir un sombre passé, fiancé à un autre héritier séduisant, Juan Carlos (José Pablo Minor)), et possédé par un démon aquatique qui l'oblige à voir Le Discours du Roi... et Fabrega, dans le rôle de Tati, la cobaye de toutes les prestations des Espookys, une jeune femme lunaire, sorte de Luna Lovegood qui aurait perdu 50 points de QI, et qui passe toute la saison à chercher un  job, pour finir embarquée dans une histoire d'arnaque pyramidale débouchant sur une prise d'otage.

À côté de ces personnages amusants, décalés et mémorables, Renaldo et Ursula sont nettement plus sages : le passionné de films d'horreur, et sa technicienne lesbienne, qui connaissent leur part de mésaventures, mais ne parviennent jamais à marquer autant les esprits que leurs collègues, ou à vraiment servir de noyau émotionnel de la série.

Car Los Espookys, même si elle est totalement barrée, et dotée d'un ton très particulier, tente aussi d'être sincère et touchante lorsqu'elle aborde la vie de ses protagonistes : l'obsession de Renaldo pour une réalisatrice (Carol Kane) qui a suscité sa vocation est ainsi le fil conducteur de la saison, et le moteur principal de la carrière des Espookys.

Le seul problème, c'est que les 3/4 de ce fil conducteur impliquent Fred Armisen, oncle de Renaldo et chauffeur privé à Los Angeles. Un Armisen qui rencontre la réalisatrice en question, mettant en route les événements de la fin de saison, mais un Armisen qui évolue dans son coin pendant ces six épisodes, sans vraiment apporter grand chose au programme.

À l'identique, çà et là, on sent bien que les showrunners sont issus du monde des sketches télévisés, puisque certaines séquences semblent totalement détachées du reste, et uniquement là pour aboutir à un gag donné.

C'est dommage, car le monde très particulier des Espookys, avec ses miroirs maudits, ses faux monstres aquatiques, ses extraterrestres de pacotille, ses murder parties barrées, ses voisines en chaleur, ses doubles maléfiques, ses ambassadrices rose bonbon, etc, est assez ludique et amusant à regarder.

Ça reste un programme inégal et très particulier, parfois à la limite de la télénovéla dans son approche du genre, de l'interprétation et de la réalisation, mais qui aussi sait partir dans des directions totalement inattendues : ce n'est pas pour tout le monde (je ne suis pas particulièrement fan de l'humour d'Armisen, habituellement, et ici, par moments, j'ai eu un peu de mal), mais c'est suffisamment court et inventif pour mériter un coup d’œil.

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Les bilans de Lurdo : Wu Assassins, saison 1 (2019)

Publié le 22 Septembre 2019 par Lurdo dans Action, Critiques éclair, Fantastique, Les bilans de Lurdo, Netflix, Review, Télévision, USA

Une série Netflix en 10 épisodes de 40-45 minutes environ, et qui ressemble honnêtement à ce genre de séries canadiennes à la Lost Girl, pas forcément très maîtrisées, ou avec un budget conséquent, et qui finissent invariablement sur SyFy ou sur la CW.

Wu Assassins, saison 1 (2019) :

Kai Jin (Iko Uwais), cuisinier dans un food truck de San Francisco, découvre un beau jour qu'il est le Wu Assassin, destiné à canaliser l'énergie et les techniques d'un millier de moines (Marc Dacascos) afin d'affronter les représentants des forces du Mal élémentaires dans un combat sans merci, pour assurer sa survie et celle de ses proches. Plus facile à dire qu'à faire, surtout lorsque, comme Kai, on est issu d'une famille importante des Triades, que la police (Katheryn Winnick) tente d'infiltrer celles-ci, et que le père adoptif de Kai, Uncle Six (Byron Mann), dirige le crime organisé de la ville et possède des pouvoirs surnaturels...

Un programme mettant en scène une distribution à dominante asiatique et une mythologie à l'identique, pour un résultat qui lorgne donc, comme je le disais plus haut, sur ces séries canadiennes que l'on retrouve souvent sur la chaîne SyFy ou CW.

Cela dit, Wu Assassins ressemble aussi beaucoup à ce qui pourrait se produire lorsqu'un distributeur comme Netflix est confronté à un problème de politiquement correct autour de l'un de ses programmes (en l'occurrence, Iron Fist, accusé dès sa mise en chantier de ne pas mettre en valeur un héros asiatique, blablabla), et décide de mettre précipitamment en production, pour pas cher, un succédané de cette série, avec protagonistes asiatiques, et tout et tout. Ici, on a ainsi vraiment l'impression de regarder parfois un sous-Iron Fist, entre le héros aux pouvoirs mystiques, ses deux amis d'enfance (un frère aux problèmes d'addiction et une sœur businesswoman, qui, par ailleurs, participe à des combats en cage sur son temps libre, et finit par hériter de pouvoirs - soit un beau mélange entre les deux personnages féminins principaux d'Iron Fist), sa figure paternelle corrompue et dotée de pouvoirs, etc, etc, etc

Mais cela importe finalement peu, puisque dans un cas comme dans l'autre, le résultat est... très médiocre (en étant gentil). Je suppose que c'est ce qui arrive lorsque des producteurs et scénaristes caucasiens s'attaquent à la mythologie asiatique : c'est approximatif au possible.

Et cette approximation se retrouve à tous les niveaux de la production. L'interprétation est approximative (très inégale en fonction des acteurs, et de la lourdeur de leurs répliques), l'écriture est affreusement approximative (le script multiplie les flashbacks, est complètement déstructuré, oublie en cours de route les règles de son univers, semble changer de direction à mi-saison, les dialogues sont lourds), l'illustration musicale est approximative (pour ne pas dire calamiteuse, avec du hip-hop/gangsta rap et de la pop asiatique aux moments les plus inopportuns, et tant pis si ça démolit le moindre embryon de tension, de dramaturgie ou de suspense), les effets spéciaux sont approximatifs (façon série canadienne de 2000-2010), etc, etc, etc

Il n'y a guère que les combats qui tiennent la route, et encore, cela ne suffit pas : en confiant le rôle principal de la série à Iko Uwais, la série met la barre très haut, et si l'acteur n'est pas le meilleur comédien du monde (et oublie un peu de jouer dans la seconde moitié de la saison), il assure clairement les scènes de combat. Seulement voilà : non seulement tout le postulat de départ (Kai reçoit le savoir et les techniques de mille moines, qui le remplacent dans le monde réel aux yeux d'autrui lorsqu'il se bat) est abandonné à mi-parcours (Dacascos doit être absent des 3/4 des épisodes), mais en plus, la série part du principe que tous ses personnages (Kai, son amie d'enfance, la fliquette interprétée par Katheryn Winnick, le voleur de voitures interprété par Lewis Tan) sont de super combattants (le bon vieux cliché de "tous les asiatiques savent faire du kung-fu", poussé dans ses retranchements), y compris Kai avant même de recevoir ses pouvoirs.

Ce qui, forcément, enlève beaucoup du caractère spécial et unique du Wu Assassin. Mais de toute façon, les règles de l'univers sont tellement mal définies, et mises de côté à mi-saison (Ying Ying, le guide spirituel inutile de Kai, disparaît elle aussi d'un paquet d'épisodes), la caractérisation est tellement à l'ouest (Kai passe toute la saison à refuser de tuer, avant de massacrer des méchants à tour de bras dans les deux derniers épisodes, sans broncher), et le focus de l'écriture délaisse tellement les protagonistes (Kai devient monolithique, une romance sortie de nulle part voit le jour entre Winnick et Tan, bon nombre de personnages secondaires disparaissent, etc), qu'on se contrefout gentiment du sort de Kai et de ses amis.

Les scénaristes semblent de toute façon bien plus intéressés par les guest stars - Summer Glau, Kevin Durand, Tommy Flanagan - qui interprètent leurs antagonistes aux pouvoirs élémentaires, des antagonistes au développement là aussi bancal au possible (seul Flanagan a droit à une vraie caractérisation étendue puisqu'il est le big bad saisonnier, un Écossais immortel dont les flashbacks m'ont immédiatement renvoyé à un Highlander du pauvre).

Bref, arrêtons le massacre : c'est faible sur tous les plans, c'est un peu racoleur (le baiser entre Glau et Winnick, totalement gratuit), c'est totalement décousu (encore une fois, l'impression d'un changement de direction à mi-saison est très présente), c'est mal rythmé, c'est fréquemment peu cohérent, et ça se conclue en cliffhanger, après un final bavard et creux.

Honnêtement, je doute que le show obtienne une saison 2, mais même si c'est le cas, ça sera probablement sans moi.

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Un film, un jour (ou presque) #1057 : Stan et Ollie (2018)

Publié le 6 Septembre 2019 par Lurdo dans Biographie, Cinéma, Comédie, Critiques éclair, Drame, Histoire, Review, BBC, UK, USA, Canada

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus. ​​

Stan et Ollie (2018) :

Plus d'une décennie après leur âge d'or, Laurel (Steve Coogan) et Hardy (John C. Reilly) tentent de renouer avec le succès en faisant la tournée des salles de spectacle de Grande-Bretagne. Mais malgré le soutien de leurs épouses (Shirley Henderson, Nina Arianda), les vieux démons enfouis refont bien vite surface, et les conséquences d'une carrière vécue à 200 à l'heure finissent par peser lourd sur la santé de Hardy, et sur la relation des deux hommes...

Un biopic touchant et mélancolique relatant la fin de carrière de Laurel et Hardy, interprétés avec maestria par un Steve Coogan et un John C. Reilly impériaux (surtout Reilly), qui prouvent une fois de plus que les acteurs comiques font aussi de grands acteurs dramatiques.

Malgré une structure assez convenue, et une main un peu lourde sur les gros violons mélodramatiques, notamment lors de la prestation finale, les deux acteurs - ainsi que leurs deux pendants féminins, Shirley Henderson et Nina Arianda, aussi drôles que leurs "maris" - parviennent à maintenir l'intérêt, aidés par un film qui a la bonne idée de ne pas pousser jusqu'aux deux heures, et par des maquillages impeccables.

En résumé, un joli métrage sur une période méconnue du cinéma et de la carrière des deux hommes.

4.25/6

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Et comme toujours, vous pouvez retrouver la liste complète de tous les films passés en revue sur ce blog dans le menu Index de haut de page, ou en cliquant directement sur ce lien (000-1000) et sur celui-ci (1001-2000)...

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Un film, un jour (ou presque) #1056 : Back To School (2018)

Publié le 5 Septembre 2019 par Lurdo dans Cinéma, Comédie, Critiques éclair, Review, USA

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus. ​​

Back To School (Night School - 2018) :

Vendeur au bagout imparable, Teddy Walker (Kevin Hart) est un jour contraint de prendre des cours du soir, et d'obtenir son GED, s'il veut pouvoir décrocher un nouveau poste. Là, sous la direction de l'autoritaire Carrie (Tiffany Haddish), Teddy étudie aux côtés de plusieurs adultes excentriques (Rob Riggle, Romany Malco, Al Madrigal, Mary Lynn Rajskub, Anne Winters, Fat Joe), dans un établissement dirigé par Stewart (Taran Killam), ancien rival de Teddy...

Une comédie américaine produite et interprétée par Kevin Hart, qui fait ici son numéro habituel, avec face à lui une Tiffany Haddich (nouvelle chouchoute du cinéma comique afro-américain) qui lui rend la pareille. Et d'ailleurs, la joute verbale entre ces deux comédiens, sur laquelle le film est plus ou moins vendu, promettait de faire des étincelles... si elle avait vraiment eu lieu.

Le problème étant que, sur son pitch de sitcom (Night School, c'est Community sur près de deux heures), ce métrage ne construit rien d'autre qu'une suite de sous-intrigues pas très concluantes, dans lesquelles la distribution, pourtant excellente, enchaîne des péripéties assez basiques, et s'avère victime d'une post-synchro assez approximative, et d'un récit sans réelle énergie.

Haddich a bien quelques moments verbaux plus énergiques, mais dans l'ensemble, elle est réduite à un rôle très premier degré et sérieux d'enseignante, et progressivement, le film s'essoufle, perdant en intérêt et en rythme à mesure qu'il s'approche de sa conclusion.

Bref, ça a beau avoir cartonné outre-atlantique sur la base de ses deux stars, ça ne vole pas haut, et on finit par s'ennuyer sur la fin.

2/6

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Et comme toujours, vous pouvez retrouver la liste complète de tous les films passés en revue sur ce blog dans le menu Index de haut de page, ou en cliquant directement sur ce lien (000-1000) et sur celui-ci (1001-2000)...

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