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LES TÉLÉPHAGES ANONYMES

Il était une fois Lurdo & Sygbab, deux internautes passionnés de séries tv et de cinéma, et qui cherchaient un endroit où archiver leurs avis (semi) éclairés...

Articles avec #usa catégorie

Les bilans de Lurdo : Altered Carbon, saison 2 (2020)

Publié le 18 Avril 2020 par Lurdo dans Les bilans de Lurdo, Netflix, Review, Science-Fiction, Romance, Thriller, Télévision, USA, Drame, Critiques éclair

Derrière ses atours de série blockbuster friquée racolant sur tous les plans, à la nudité généreuse et souvent gratuite (n'en déplaise aux showrunners, qui avaient alors passé des interviews entières à tenter de la justifier comme "égalitaire et faisant partie intégrante de la vision créative de la série et de son propos thématique" - j'en ris encore) et aux effets visuels spectaculaires, Altered Carbon ne m'avait pas particulièrement convaincu, en saison 1 (bilans ici et ).

Une série gentiment creuse, bourrée de clichés, et souffrant d'une écriture pas à la hauteur de l'univers et du genre, pas aidée par une mise en images peu inspirée (illustration musicale hors-sujet, action souvent moyenne) et par une distribution très inégale.

Heureusement, qui dit nouvelle saison dit aussi nouvelle distribution, nouveaux scénaristes, nouveau format (8 épisodes seulement)... et nouvelle direction ?

Altered Carbon, saison 2 (2020) :

Trente ans après l'affaire Bankcroft, Takeshi Kovacs découvre que Quellcrist Falconer (Renée Elise Goldsberry) est toujours en vie, et qu'elle semble avoir pour objectif d'abattre un à un les Fondateurs. Armé d'un nouveau corps aux capacités de combat optimisées (Anthony Mackie) et aidé par sa fidèle intelligence artificielle Poe (Chris Conner), Kovacs reprend du service, mais se heurte aux manigances politiques de Danica Harlan (Lela Loren) et de ses commandos...

Pour la saison 1, j'avais opté pour un découpage de la saison en deux parties, histoire de développer un peu mon avis sur le contenu de la série... là, avec 8 épisodes seulement, j'ai préféré me limiter à un seul et unique bilan, d'autant que pour être franc, je n'ai pas énormément de choses à dire sur cette nouvelle fournée d'Altered Carbon.

Pas énormément, si ce n'est que j'ai eu beaucoup de mal à venir à bout de cette seconde année, à commencer par ses deux premiers épisodes, assez symptomatiques des problèmes de cette saison 2 : c'est lent, c'est mou, c'est faussement profond et solennel (certains échanges sont sur le mode une réplique/trois secondes de pause/une réplique/trois secondes de pause, pour donner une impression de serious business), et surtout, ça s'oriente dans des directions particulièrement peu intéressantes à mes yeux.

Je le disais en saison 1, Quellcrist Falconer (Renée Elise Goldsberry), la meneuse révolutionnaire, ne m'a jamais convaincu. Gros manque de charisme et de présence, pas grande alchimie avec Kinnaman, personnage qui débite des platitudes pseudo-philosophiques insipides, c'était à mes yeux l'un des éléments les plus faibles de la saison 1.

Et donc, forcément, comme elle devient l'un des points centraux de cette saison 2, j'ai eu bien du mal à m'intéresser à toute cette intrigue, qui voit Quell, amnésique, ressurgir dans la vie de Kovacs, lequel découvre qu'elle abrite en elle l'âme d'un Elder, dont la libération sème le chaos en fin de saison.

Le problème principal étant qu'une grosse partie de la saison s'axe ainsi autour de la romance impossible Falconer/Kovacs : c'est plat, c'est générique, c'est dépourvu de la moindre tension (sexuelle ou autre), bref, ça n'a pas fonctionné un seul instant à mes yeux. D'autant que, pour ne rien arranger, Anthony Mackie est particulièrement décevant et transparent en Kovacs : trop souvent passif, il sous-joue et grommelle la majorité de ses scènes, s'avère assez peu convaincant dans les scènes d'action (de toute façon montées et filmées de manière peu probante), et finit par faire une impression encore plus faible que Kinnaman en saison 1.

Bon, j'avoue, il n'est pas aidé par une série qui erre un peu sans direction, privée de l'angle "cyberpunk néo-noir" de sa saison 1, et dépouillée de sa nudité gratuite qui, au minimum, rendait le tout mémorable. Là, on se retrouve avec des intrigues politiques peu intéressantes (Lela Loren n'est pas très marquante, son personnage de méchante est assez classique), avec un commando aux tenues un peu cheap mené par un soldat revanchard (Torben Liebrecht, compétent mais guère plus remarquable), une chasseuse de primes (Simone Missick, qui ne fait pas grande impression) qui cherche son frère...

Bref, c'est particulièrement terne et insipide, sur tous les plans. Faut-il y voir là le résultat du départ de Steve Blackman, parti chapeauter The Umbrella Academy ? Les conséquences d'une baisse de budget (une bonne partie de la saison fait du surplace et est assez fauchée, visuellement, notamment toute la fin de saison dans des grottes et en forêt, ou encore le passage dans la retraite spirituelle virtuelle, assez immonde à l'écran) ? Un problème de world-building évident cette année, une année qui, dès son premier épisode, balance tous ses termes, ses noms, ses événements, sans jamais chercher à les expliquer ou à les rendre accessibles à de nouveaux spectateurs (ou à des spectateurs ayant oublié la saison 1) ? Le fruit de ces affrontements mal filmés, cadrés de loin et dans l'obscurité, pour ne pas montrer à quel point Mackie n'est pas doué en ce domaine (à contrario d'Hiro Kanagawa, meilleur sur tous les plans) ?

Difficile à dire. C'est un peu de tout, je dirais. Un tout gentiment brouillon et décousu, qui ponctuellement semble vouloir capitaliser sur son potentiel sans y parvenir (Kovacs vs Kovacs, c'est sympa, mais ça ne se concrétise jamais vraiment), qui sous-utilise bon nombre de personnages secondaires (Neal McDonough fait un caméo éclair, et c'est bien dommage), qui souffre de quelques passages de technoblabla forcé et en pilotage automatique...

Reste heureusement Poe (Chris Conner) qui, cette saison, s'avère le seul vrai vecteur d'émotion, opposé à un Mackie à 95% impassible. Poe qui peine à se remettre des événements de la saison 1, qui souffre de problèmes de corruption de son code, et qui s'éprend d'une autre intelligence artificielle, qui finit par l'aider dans son combat. En comparaison du reste de la saison, les aventures de Poe sont une bouffée d'air frais, et probablement la seule chose qui m'ait vraiment plu/intéressé cette saison.

Altered Carbon 2 m'a ainsi paru étrangement soporifique, bizarrement prude, avec une écriture et un rythme défaillants (qui démarre toutefois un peu sur la fin de saison)... une saison un bon cran en-dessous de la première au niveau de l'intérêt et du rendu à l'écran, mais une saison qui, étrangement, bénéficie une nouvelle fois de l'indulgence des critiques outre-atlantique.

Pas sûr cependant qu'il y ait une saison 3 au programme (surtout compte tenu de la conclusion de ces 8 épisodes), mais dans l'intervalle, il faudra compter sur Altered Carbon : Resleeved, un téléfilm animé narrant une aventure de Kovacs, et diffusée sur Netflix en mars dernier.

Critique dans ces pages dès lundi.

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Un film, un jour (ou presque) #1184 : Buffaloed (2020)

Publié le 14 Avril 2020 par Lurdo dans Cinéma, Comédie, Critiques éclair, Review, Romance, USA

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus. ​​

Buffaloed (2020) :

Jeune femme dotée d'une répartie fulgurante et d'un sens de la magouille particulièrement développé, Peg (Zoey Deutch) découvre un beau jour le merveilleux monde des collecteurs de dettes de Buffalo, au Texas, et trouve là sa vocation. Mais rapidement, elle réalise que son patron, Wiz (Jai Courtney), l'exploite et ne la paie pas à sa juste mesure : Peg décide alors de se mettre à son compte, quitte à entrer en conflit ouvert avec son ex-boss, et à flirter avec l'illégalité. Si seulement elle ne flirtait pas aussi avec Graham (Jermaine Fowler), un jeune procureur local enquêtant sur son secteur, les choses seraient probablement plus simple...

Une comédie indépendante américaine de la réalisatrice du film Hysteria et qui, de par son ton, son milieu et son héroïne débrouillarde, m'a beaucoup évoqué la série Shameless : c'est dynamique, amusant à suivre, une sorte de Big Short ou de Loup de Wall Street dans le milieu des collecteurs de dettes, qui repose, comme le Loup sur Leonardo, entièrement sur les épaules de son interprète principale.

Une Zoey Deutch attachante, forcément, mais dont l'interprétation ultra-énergique, gueularde et teigneuse ne m'a pas totalement convaincu. Il est difficile, en effet, de ne pas avoir l'impression d'un personnage un peu forcé, d'une comédienne empilant les attitudes et les affectations caricaturales pour rendre son personnage crédible (surtout en comparaison du reste de sa famille, moins outré), mais manquant d'une touche de vulnérabilité ou de subtilité pour la rendre vraiment sympathique (et éviter de la faire passer pour une vraie sociopathe).

Ou alors c'était peut-être à la réalisatrice de canaliser un peu mieux cette boule d'énergie qui en fait toujours trois tonnes, d'avoir une poigne un peu plus ferme sur les rênes de son film, afin de rendre ce dernier plus harmonieux et d'affiner un peu les traits de ses personnages.

Reste que dans l'ensemble, on ne s'ennuie pas, que le métrage reste enjoué et ludique, et que Deutch, par la force des choses et de son énergie, finit quand même par emporter l'adhésion du spectateur.

3.75/6

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Un film, un jour (ou presque) #1183 : The Show Must Go On - The Queen + Adam Lambert Story (2019)

Publié le 13 Avril 2020 par Lurdo dans Biographie, Cinéma, Critiques éclair, Documentaire, Musique, Review, Télévision, UK, USA, ABC

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

The Show Must Go On - The Queen + Adam Lambert Story (2019) :

Documentaire co-produit pour la télévision anglaise et américaine (à l'image du groupe Queen, désormais composé de ses musiciens anglais, et de son chanteur américain) consacré à la renaissance du groupe, et à ses années creuses après la mort de Freddie Mercury.

Un documentaire qui a la bonne idée de mettre en parallèle, à base de montage alterné, le parcours de Queen sans Freddie, et celui d'Adam Lambert, le tout illustré de nombreux extraits des concerts de Queen + AL, et d'intervention de musiciens et de célébrités (Foo Fighters, Def Leppard, Rami Malek, Simon Cowell...).

On y redécouvre rapidement la carrière de Queen, le concert-hommage de Wembley en 1992, puis la séparation du groupe, leurs embryons de carrières solo, la comédie musicale We Will Rock You (que Roger Taylor déteste cordialement), le concert de Capetown, en 2003, pour Nelson Mandela (qui leur a redonné le goût de tourner), le projet Queen + Paul Rodgers (pas forcément fructueux, de l'avis de tout le monde), etc, tout ça jusqu'à la découverte, lors d'un épisode d'American Idol, d'Adam Lambert, un musical theater kid ouvertement gay, à la voix tonitruante.

Un Adam Lambert qui, mal conseillé à la sortie d'American Idol (qu'il n'a pas gagné, car entouré d'un pseudo-scandale sur sa sexualité, qu'il aurait supposément caché aux médias), connaît une période de doute après avoir ultra-sexualisé son image... jusqu'à ce qu'une remise en question l'amène à accepter l'offre de Queen, avec le résultat que l'on connaît : une seconde jeunesse pour le groupe, qui visite désormais des pays autrefois inconnus à la formation, pour la plus grande joie de ses membres.

D'ailleurs, il est assez amusant d'entendre les explications de Roger Taylor au sujet du recrutement de Lambert : comment lui et May ne voulaient absolument pas d'un clone de Freddie, d'un imitateur se teignant les cheveux ou se plaquant une fausse moustache, ni d'un clone vocal parfait sans la moindre personnalité - le message est clair, et arrive en réponse aux complaintes sempiternelles des fans, qui critiquent toujours le groupe pour ne pas avoir sélectionné un ou deux chanteurs bien particuliers pour remplacer Mercury "parce qu'ils ressemblent à/chantent exactement comme Freddie et ils méritent donc plus sa place".

Mais May et Taylor sont clairs : ils ne veulent pas de quelqu'un qui transforme le groupe en tribute band cherchant à singer au plus proche le Queen de la grande époque; ils veulent s'amuser, et Lambert, aussi flamboyant que Freddie, mais doté d'une personnalité résolument moderne et dynamique, est parfait, à leurs yeux, pour emmener Queen + AL dans le 21è siècle.

Un documentaire intéressant, parfois touchant (le Who Wants to Live Forever de cette version de Queen+ me met toujours la larme à l’œil), et voir les répétitions et les harmonies vocales du groupe en coulisses, avant un morceau, est un joli moment pour le fan que je suis.

4.5 - 0.25 pour les coupures pub = 4.25/6

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Les bilans de Sygbab : Supernatural, saison 5 (2009)

Publié le 12 Avril 2020 par Lurdo dans Action, Aventure, Critiques éclair, Comédie, Drame, Fantastique, Horreur, Les bilans de Sygbab, Review, Télévision, Thriller, Supernatural, CW, USA

Après près de deux ans et demi d'absence sur ce blog, Sygbab revient en force à l'occasion de la conclusion de la série Supernatural : une épopée de 15 saisons qu'il va passer en revue à raison d'un bilan par semaine... Et quand on le prend pour un con, il se fâche !

Supernatural, saison 5 (2009) :

Après avoir involontairement libéré Lucifer (Mark Pellegrino) de sa prison infernale, Sam et Dean font tout leur possible pour le retrouver, et empêcher l'Apocalypse. Mais le Ciel et l'Enfer ont chacun leur mot à dire dans cette histoire, et les relations des frères Winchester ne sont plus au beau fixe...

Une célèbre citation de Joss Whedon illustre parfaitement ce que les scénaristes de Supernatural n'ont pas osé faire cette année : "Don't give people what they want, give them what they need" ("Ne donnez pas aux spectateurs ce qu'ils réclament, mais plutôt ce dont ils ont besoin").

Une fois de plus, cette saison démontre en effet que l'intrigue proposée est bien trop ambitieuse par rapport à leurs capacités limitées. Tous les moyens sont bons pour aboutir à une conclusion mollassonne : rétrocontinuité foireuse (le trickster qui se révèle être l'archange Gabriel, les Winchester descendants directs d'Abel et Cain, Sam transformé en pauvre victime dont les relations sociales ont toujours été supervisées par le Yellow Eyed Demon), portes de secours débiles pour ralentir un rythme déjà pas folichon (Adam en tant qu'hôte au rabais pour Michael, les bagues des quatre cavaliers de l'Apocalypse - ces derniers n'ont d'ailleurs aucun impact dans tout ce bordel - qui servent de poudre aux yeux), quand ce ne sont pas des facilités scénaristiques assez énormes (réapparition du colt car une groupie qui a lu tous les bouquins de Chuck se souvient de ce qu'en a fait Bela).

Il n'y a aucune gestion de l'intrigue : on ne cesse de nous vendre un affrontement entre les deux frères pour finir sur un duel en plein jour dans un cimetière pourri, avec Sam qui reprend le contrôle sur Lucifer grâce à l'amour fraternel qui le lie à Dean. Bonjour l'anti-climax par excellence.

Une autre preuve que rien ne va plus : pour une raison inconnue, Ben Edlund est désormais en charge d'épisodes plus sérieux et parfois à tendance mythologique, alors que les épisodes un peu plus décalés sont réservés à d'autres. Le premier se débrouille comme il peut mais ne peut pas transformer de la merde en or, les autres n'ont pas sa vista pour côtoyer la limite du ridicule sans jamais la franchir, tout en restant fun. Dans cette veine, tout au plus peut-on retenir le 5.08 Changing Channels sui permet de voir Sam et Dean dans une multitude de programmés télé (mention spéciale à l'émission japonaise complètement barrée), mais la révélation finale concernant Gabriel gâche le tout.

En revanche, la convention des fans de Supernatural est assez gênante... L'auto-dérision et les mea culpa via certains dialogues sont appréciables dans une série, mais seulement quand c'est distillé avec parcimonie. Ici, c'est surligné au stabilo, et ce n'est d'ailleurs pas la seule occasion : dans le final, la complaisance du discours de Kripke, exprimé par la bouche de Chuck, est presque à gerber.

Mais bon, ce n'est pas grave, il y a de quoi se consoler : Castiel est enfin devenu bad ass, ce qui permet de passer outre son inutilité la plupart du temps. En deux saisons, les anges n'ont jamais été à leur avantage : plus fourbes que les démons (Zachariah est la pire enflure qui soit), nazes en baston, aucun charisme ; voilà un tableau bien sympathique. On peut aussi se réjouir de voir assez tôt d'anciens personnages comme Rufus, Ellen et Jo, pour mieux tuer les deux dernières histoire de faire croire à une prise de risques (alors qu'en réalité, se débarrasser de personnages au préalable kelleyrisés constitue avant tout une commodité à peu de frais).

Le summum reste bien évidemment Lucifer : enfin un adversaire digne de ce nom ! Tellement puissant que son hôte initial se décompose et qu'il est capable de tuer des dieux païens, hindous et nordiques avec son petit doigt (encore une idée à la con). Sauf qu'en fait, le diable ne fait peur à personne ! Heureusement qu'il y a Crowley, cet enfoiré de classe mondiale servi par un acteur génial...

Le pire dans tout ça, c'est que Sam, Dean et même Bobby ne sont quasiment jamais cohérents dans leurs discours et/ou motivations, les rendant même par moments assez détestables. Un ratage monumental, en somme. Dire que cela devait constituer la fin de la série dans les plans initiaux de Kripke, qui délaisse, au terme de cette saison, son poste de showrunner...

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Les bilans de Lurdo : Harley Quinn, saison 1 (2019)

Publié le 11 Avril 2020 par Lurdo dans Action, Animation, Comédie, Critiques éclair, DC, Fantastique, Les bilans de Lurdo, Review, Science-Fiction, Télévision, USA

Pour le meilleur ou pour le pire, Harley Quinn est à la mode, et DC/Warner sont prêts à tout pour en faire le porte-étendard de leur gamme, un porte-étendard violent, sanguinaire, déséquilibré et criminel... mais ce n'est pas grave, c'est un symbole d'émancipation féminine et un modèle à suivre pour les femme, vive le girl power !

Après une version cinématographique plus que discutable (que ce soit dans Suicide Squad ou dans Birds of Prey), et alors que la saison 2 de la série a débuté la semaine dernière, retour sur la saison 1 de la version animée, diffusée fin 2019, et clairement conçue en parallèle/avec les mêmes intentions que la version de Margot Robbie...

Harley Quinn, saison 1 (2019) :

Décidée à s'émanciper du Joker (Alan Tudyk) et à forger sa propre carrière de criminelle à Gotham, Harley Quinn (Kaley Cuoco) s'installe chez son amie Poison Ivy (Lake Bell), et commence à réunir un gang de criminels pour accomplir ses basses œuvres...

Un proverbe me vient à l'esprit quand je pense à cette première saison de Harley Quinn, série animée diffusée sur la plateforme de streaming DC Universe : "la première impression est toujours la plus importante".

En effet, c'est bien simple : Harley Quinn, confiée aux créateurs/scénaristes des sitcoms ratées $#*! My Dad Says, Surviving Jack, How to be a Gentleman (que de la qualité !)... fait une première impression désastreuse. 

Pas visuellement, puisque la direction artistique de la série est plutôt réussie et dynamique ; pas non plus au niveau du doublage, plutôt de qualité, notamment Cuoco dans le rôle-titre, et Tudyk en Joker (je suis un peu moins convaincu par certains des seconds rôles récurrents) ; mais bien au niveau de l'écriture de son premier épisode, un épisode écrit par les personnes sus-nommées. Un épisode vulgaire (plus de 6 ou 7 "fuck" et "shit" dans les deux premières minutes de diffusion), ultra-violent, gratuit, racoleur et pseudo-rebelle, bref, de la provocation adolescente bas-de-plafond, et jamais particulièrement drôle, mais qui bizarrement a été particulièrement applaudie par les critiques et les spectateurs.

Autant dire que j'étais tout prêt à jeter l'éponge sur la simple base du pilote... mais heureusement, la suite s'améliore grandement (probablement parce que les showrunners n'écrivent plus le moindre épisode, et que l'écriture cesse de jouer la carte de la provoc immature). Pendant une grosse moitié de saison, la série se concentre ainsi sur les efforts de Harley pour se constituer une bande, pour développer sa réputation en solo, se trouver une nemesis, et pour oublier le Joker.

Alors ce n'est pas toujours très inspiré (beaucoup d'humour juif cliché, des personnages masculins tous stupides), pas toujours très fin (des vannes sur le doigtage pendant une bar-mitzvah, Big Barda qui parle de cunnilingus), les choix créatifs sont fréquemment discutables (l'utilisation de Sy Borgman, de Frank la plante carnivore, le ton globalement immature qui se moque ouvertement de tous les personnages de l'univers Batman - Gordon en cocu dépressif en bromance imaginaire avec Batman, Bane avec l'accent de Tom Hardy, Robin sur son segway), et le côté pseudo-féministe est amené à la truelle (entre la Legion of Doom qui ne veut pas de femme, Maxie Zeus en mode Weinstein, ou encore la Reine des Fables - Wanda Sykes - rabaissée par la patriarchie...), mais dans l'ensemble, une fois passé son pilote désastreux, la première moitié de saison (voire même ses deux premiers tiers) est assez ludique et amusante, et surtout suffisamment dynamique pour conserver l'intérêt du spectateur.

Et puis, à partir du moment où Harley est acceptée par la Legion of Doom, le show semble trébucher. Harley retombe brièvement sous le charme de Joker, se met son crew à dos, retourne dans sa famille pour faire le point, Ivy est capturée par la Legion, et Harley doit se faire pardonner de son équipe pour monter une opération de sauvetage : un arc narratif vraiment convenu, qui manque fréquemment de punch, retombe dans ses travers d'une ultra-violence gratuite, et qui, à l'approche des deux derniers épisodes de la saison, a les yeux plus gros que le ventre.

Les deux derniers épisodes sont en effet un déluge de n'importe quoi grandiloquent, puisque Joker y construit une tour mécanisée et décide de prendre le contrôle de Gotham : il y a de la torture, des morts par dizaines (y compris des personnages de premier plan, comme la Legion of Doom, éradiquée !), Gotham devient un champ de bataille, Batman est un incapable (et est démasqué), la Batfamily est absente, et le tout prend des atours de monde post-apocalyptique avec une Harley en tank girl.

Soit. Les choix créatifs de la série laissent perplexe, et leur mise en images n'est pas forcément à la hauteur des ambitions scénaristiques, mais soit. Ça plaira à certains. De là à applaudir l'écriture, notamment pour ses thématiques d'émancipation et de girl-power, mouais bof. Ça a été fait mieux, ailleurs, et sans tout le racolage ultra-violent et immature qui enrobe cette version de Harley.

D'ailleurs, au rayon des problèmes, impossible de ne pas mentionner le queerbaiting dont la série a fait preuve durant sa promotion, mettant en avant le duo Ivy/Harley et leur relation... seul problème : dans la série, Ivy est en couple avec Kiteman, loser parmi les losers, et a pour lui des sentiments sincères et profonds. Ivy et Harley sont proches comme des sœurs, mais ça s'arrête là, et nul doute que ce choix artistique devrait en froisser plus d'un.

Dans l'ensemble, cette première saison de Harley Quinn se regarde tranquillement... mais sans vraiment tenir la distance. Peut-être est-ce que les choix effectués ne correspondent pas du tout à ce qui fait, pour moi, une bonne série d'animation, ou peut-être que tout le fanservice et la wokeness qui accompagnent désormais le personnage de Harley (et, de manière générale, valent au moindre programme actuel des bons points automatiques auprès de nombreux critiques de la génération Y) me fatiguent plus qu'autre chose.

En tout cas, à en juger par les déluges de louanges qui ont accueilli la série (un peu comme pour le film Birds of Prey, d'ailleurs), je ne suis clairement pas le public visé, donc...

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Un film, un jour (ou presque) #1182 : Ad Astra (2019)

Publié le 10 Avril 2020 par Lurdo dans Aventure, Cinéma, Critiques éclair, Drame, Review, Science-Fiction, USA

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Ad Astra (2019) :

Lorsque la Terre est victime d'impulsions électro-magnétiques récurrentes issues de l'espace, Roy McBride (Brad Pitt), un astronaute stoïque et impassible, est recruté pour partir à l'autre bout du système solaire, afin d'y retrouver son père Clifford (Tommy Lee Jones), porté disparu lors d'une mission vers Neptune à la recherche de l'existence d'une forme de vie extraterrestre ; un Clifford qui pourrait bien être responsable de ces impulsions destructrices, et que Roy n'a pas revu depuis son adolescence...

Après The Lost City of Z, je crois que c'est désormais très clair : je n'accroche pas au style James Gray, réalisateur et co-scénariste de ce métrage. Un métrage qui, sous prétexte de raconter une grande aventure spatiale dans la lignée de Solaris, Interstellar, Gravity, 2001, et tutti quanti, narre en fait le parcours d'un homme seul, froid et distant, qui a consacré sa vie à son travail, et qui est alors confronté à son père, aux choix similaires et à la réputation écrasante. Une quête de sens contemplative, un face à face avec la solitude, une redécouverte des émotions masculines, une confrontation des thématiques de l'abandon, de la vulnérabilité, etc, etc, etc : on peut voir plein de choses dans Ad Astra.

Le problème, en fait, c'est que toutes ces choses sont a) amenées avec la subtilité d'un tractopelle (la voix off constante de Brad Pitt, ses examens psychiatriques, les platitudes lénifiantes que le script lui fait dire, les références symboliques...) et b) qu'elles ont toutes été abordées ailleurs, parfois sous d'autres angles, et en mieux.

C'est bien simple, Ad Astra m'a constamment renvoyé aux références citées plus haut (ainsi qu'à Apocalypse Now), mais à aucun moment je me suis dit "tiens, c'est une approche intéressante de telle ou telle thématique". Paradoxalement, ce sont dans les à côtés que le film m'a le plus intéressé : sa séquence sur la Lune, avec les pirates, m'a un peu rappelé les bandes dessinées de Picsou et compagnie à la recherche de roches précieuses, un petit côté pulp pas désagréable du tout, mais bien trop bref ; sa représentation du voyage spatial comme une industrie ultra-commerciale, avec de grandes enseignes, etc, m'a intrigué.

Malheureusement, tout tourne autour de McBride, de sa dépression et de son traumatisme œdipien, et en retour, tout le reste en pâtit : l'aspect scientifique du film est une vaste pantalonnade à géométrie variable (un peu comme la fidélité historique de City of Z), les personnages secondaires sont tous sous-développés (Donald Sutherland, Ruth Negga, Liv Tyler) ou délibérément abêtis (l'équipage de la fusée martienne), le rythme est (au mieux) nonchalant, avec une ou deux séquences d'action un peu forcées et placées çà et là pour réveiller le spectateur (la Lune, donc, mais aussi le singe), et Gray semble totalement adhérer à une philosophie opposée au "show, don't tell" que l'on recommande aux réalisateurs, puisqu'il passe son temps à expliquer verbatim les sentiments, les gestes et la psychologie de son héros, plutôt que de laisser le spectateur tirer ses propres conclusions des images.

En résumé, autant je n'ai absolument rien à reprocher au film sur son aspect visuel (c'est beau, c'est maîtrisé, c'est spectaculaire - nettement moins sur petit écran, cela dit) mais tout le reste m'a laissé de marbre, et pas parce que "je n'ai rien compris". J'ai compris le fond du film, mais je l'ai trouvé le tout vraiment générique - et honnêtement, je commence à en avoir un peu assez de ce type de métrages, façon "un homme paumé part à l'autre bout du monde/de l'univers pour faire sa psychanalyse et trouver, au final, une sorte de paix intérieure".

2.5/6

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Un film, un jour (ou presque) #1181 : Coffee & Kareem (2020)

Publié le 9 Avril 2020 par Lurdo dans Action, Cinéma, Comédie, Critiques éclair, Netflix, Policier, Review, Thriller, USA

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Coffee & Kareem (2020) :

Policier maladroit et balbutiant, James Coffee (Ed Helms) est publiquement humilié lorsqu'un criminel sous sa garde s'évade, sous l'œil des caméras et des médias. Pour ne rien arranger, il doit faire face à l'hostilité de sa collègue (Betty Gilpin), et doit gérer Kareem (Terrence Little Gardenhigh), le fils de sa compagne (Taraji P. Henson). Un adolescent de 12 ans qui s'imagine rappeur et dur à cuire, qui déteste la police et que Coffee tente d'amadouer... jusqu'à ce que le duo se retrouve embarqué dans une histoire de meurtre et de corruption policière.

Une comédie policière façon buddy cop movie, filmée pour Netflix par le réalisateur du peu convaincant Stuber, et qui s'avère un peu meilleure que ce dernier, sans vraiment cependant proposer grand chose de mémorable.

Le vrai problème, ce sont les personnages : Ed Helms fait du Ed Helms (incapable, incompétent, balbutiant et totalement émasculé), le jeune Terrence Little Gardenhigh joue les gamins impertinents et précoces (qui mérite bien souvent des baffes, mais n'en reçoit jamais), Taraji Henson joue les mères afro-américaines clichées, à grande gueule, à grande attitude et dominantes, et le tout ne sort jamais de ce cadre vraiment très convenu d'un Ed Helms constamment humilié par tous les autres personnages, de sa compagne aux autres policiers en passant par tous ceux qu'il croise.

Et occasionnellement, ça fonctionne, avec un Helms qui se donne totalement à son personnage. Mais 90 minutes de Helms, c'est beaucoup quand ce protagoniste ne repose que sur un seul ressort comique, sans même réellement avoir droit à un moment cathartique sur la fin.

Heureusement, l'avantage certain de Coffee & Kareem sur Stuber, c'est Betty Gilpin (déjà dans Stuber, cela dit), ici dans l'un des rôles principaux, celui d'une policière rivale de Helms. Une Gilpin qui, tout comme Helms, se donne à fond, ce qui débouche sur des moments vraiment drôles dans le dernier tiers du métrage.

Dommage que le script soit à ce point cousu de fil blanc, et qu'à l'instar des humiliations subies par Helms, le ressort comique du petit Kareem qui se prend pour un grand, jure, parle de sexe et se montre impertinent, n'a d'intérêt que jusqu'à un certain point ; ensuite, ça devient répétitif, et ça lasse.

3/6 (parce que contrairement à Stuber, ce n'est pas trop mou) 

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Un film, un jour (ou presque) #1180 : In Search of the Last Action Heroes (2019)

Publié le 8 Avril 2020 par Lurdo dans Action, Aventure, Cinéma, Critiques éclair, Comédie, Documentaire, Histoire, Review, USA

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus. ​​

In Search of the Last Action Heroes (2019) :

Un long documentaire écrit et réalisé par un critique cinéma habitué de YouTube, financé de manière participative, et qui revient en détail sur la genèse du genre des films d'action, sur son explosion dans les années 80, et sur sa lente agonie au fil des décennies, à mesure que les action heroes musculeux d'autrefois (ces Schwarzie, Stallone, Van Damme, Norris, Seagal, Rothrock, Chan, etc) ont cédé la place à des acteurs plus "normaux", que le genre s'est démocratisé, que les effets numériques se sont perfectionnés, et que n'importe quel acteur hollywoodien peut désormais devenir un action hero avec un peu de bagout, quelques semaines d'entraînement et de bonnes doublures (qu'elles soient réelles ou numériques).

Deux heures et vingt minutes au compteur pour un documentaire assez complet, qui aborde chronologiquement toutes les grandes dates et les incontournables du genre - Bruce Lee, Indiana Jones, les Mad Max, Conan, Rambo, la Cannon, les VHS, James Cameron, Jackie Chan, l'oeuvre de Verhoeven, celle de McTiernan, les buddy comedies, etc -, s'éparpille un peu vers le milieu (quand il perd le fil de son récit chronologique), et se conclue sur un constat doux-amer sur l'évolution du genre et du métier.

Énormément d'intervenants, là aussi, avec beaucoup de premiers et de seconds couteaux de la réalisation (Verhoeven !), de l'interprétation, un Brian Tyler qui nous livre ses impressions sur la musique de film de l'époque (ça fait plaisir à entendre), un Shane Black égal à lui-même (un peu de prétention intellectuelle, beaucoup de passion pour le genre), un peu de mauvaise foi et d'amertume de la part de certains au sujet de certains projets, et une lueur d'espoir quant à l'avenir, avec des intervenants plus récents - Scott Adkins - qui placent de l'espoir en The Rock, ou qui reconnaissent que, même s'ils n'ont pas le physique des colosses de l'époque, Keanu Reeves et Tom Cruise font des action stars crédibles car ils se donnent totalement à leurs films et à leurs cascades.

Intéressant, passionné, bien qu'un poil longuet par moments, et manquant un certain nombre de films importants du genre (quitte à parler d'Alien et des Dents de la Mer, autant parler aussi de certains films de Carpenter).

4/6

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Les bilans de Sygbab : Supernatural, saison 4 (2008)

Publié le 5 Avril 2020 par Sygbab dans Action, Aventure, Critiques éclair, Comédie, Drame, Fantastique, Horreur, Les bilans de Sygbab, Review, Télévision, Thriller, USA, Supernatural, CW

Après près de deux ans et demi d'absence sur ce blog, Sygbab revient en force à l'occasion de la conclusion de la série Supernatural : une épopée de 15 saisons qu'il va passer en revue à raison d'un bilan par semaine... Mais parfois, il est un peu plus fainéant, d'où le texte plus concis qui va suivre. On ne lui en voudra pas, pour une fois... ^^

Supernatural, saison 4 (2008) :

De retour des enfers sans vraiment savoir comment, Dean découvre qu'il se trouve désormais au cœur d'un combat épique entre les forces du Ciel et de l'Enfer. D'un côté, les anges, parmi lesquels Castiel (Misha Collins), qui tentent d'empêcher l'Apocalypse et la libération de Lucifer ; face à eux, Lilith (Katherine Boecher/Sierra McCormick) et ses démons, ainsi que Ruby (Genevieve Cortese), qui attisent le doute et le malaise entre les deux frères...

Tout comme pour la saison précédente, les ambitions initiales sont assez élevées puisque l’enjeu n'est ni plus ni moins que de libérer Lucifer. Mais le constat que l'on pouvait faire auparavant et pour lequel le bénéfice du doute lié à la grève pouvait s'appliquer se confirme : les scénaristes ne réussissent jamais à vraiment en tirer profit.

En effet, pendant la majeure partie des 22 épisodes, ils essaient de mettre en place une confrontation entre les deux frères en semant les germes de la discorde, avec Sam dans le rôle du vilain et Dean dans le rôle du héros. Si l'idée peut paraître intéressante sur le papier, le traitement des personnages rend le tout indigeste : le premier cité devient clairement antipathique, et son aîné lasse à se lamenter sur son sort. Ce qu'il a vécu en Enfer a certes de quoi tourmenter une âme, mais il n'était pas nécessaire d'appuyer autant le propos.

Ce manque de rigueur d'écriture se manifeste également en ce qui concerne les anges, qui font leur apparition. Rien d'inattendu dans un univers où les démons sont présents depuis le début, ce n'était qu'une question de temps avant que leurs ennemis jurés débarquent. Les thématiques les concernant ont du potentiel : entre les doutes que Castiel nourrit quant aux ordres de Dieu, son père et chef de guerre et les velléités de rébellion d'Uriel, la confrontation entre les deux auraient pu être passionnante.

Pour cela, il aurait fallu qu'ils soient charismatiques mais c'est un gros ratage sur ce plan car le jeu des deux acteurs est souvent figé, et la gestion de leur pouvoir est assez catastrophique. Quand ils affrontent des démons, leur pouvoir n'est que rarement dévoilé (et si c'est le cas, leur représentation n'est pas des plus heureuses) et cela donne lieu à des combats tout à fait classiques. Leur gloire en prend un sacré coup, la faute à une caractérisation approximative (pour ne pas dire grossière par moments).

Il y a tout de même une certaine forme d'unité, puisque la mythologie est au diapason des éléments précités.

Bancale et parsemée d'incohérences, elle semble entériner l'hypothèse selon laquelle elle a été a été modifié au fur et à mesure, sans véritable plan. Un exemple parmi d'autres : Anna (Julie McNiven) évoque lors de sa première apparition l'existence de pas moins de 600 sceaux, en précisant qu'il suffit d'en briser 66 pour libérer Lucifer.

Or, en fin de saison, on nous explique d'abord que seule Lilith peut briser le "dernier sceau". Déjà, c'est difficile à croire : y a-t-il un compteur cosmique quelque part, qui se bloque à 65 tant qu'elle ne fait rien, même si entretemps 100, voire 200 supplémentaires sont brisés ? Mais c'est encore pire quand le twist révèle que c'est en fait la mort de Lilith qui déclenche tout : que se serait-il passé si elle était morte alors que le compteur était à 5, 10, 15 ou 20 ? Ou alors, la solution est de ne pas du tout essayer de comprendre la logique derrière tout ça, sous peine de se donner mal à la tête.

À la rigueur, cela aurait pu se justifier par le fait que les Winchester ne peuvent pas prédire quel sera le prochain mouvement de leur adversaire : avec autant de sceaux disséminés un peu partout, sans savoir même où ils se trouvent, la tâche est ardue. Sauf que la plupart du temps, il est difficile de les sentir concernés puisqu'ils passent leur temps sur des affaires lambdas, à gauche et à droite, au lieu d'effectuer des recherches afin d'être mieux documentés sur le sujet.

Cette structure qui laisse la part belle aux loners ne permet pas de ressentir une réelle menace, même si ces derniers sont souvent rattachés à l'intrigue principale (et souvent n'importe comment, d'ailleurs). Il y a tout de même quelques fulgurances : les épisodes de Ben Edlund restent une valeur sûre (le 4.08 Wishful Thinking et son Teddy Bear qui se fait exploser la cervelle est hilarant, le 4.05 Monster Movie et son tournage en noir et blanc sur fond d'histoire vampirique est excellent), et certains concepts comme la réalité alternative ont amusants.

C'est assez léger pour rehausser l'intérêt plus que poli qui doit être accordé à cette saison, dont l'orientation peut faire craindre le pire maintenant que le divin est de la partie.

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Un film, un jour (ou presque) #1177 : Avengement (2019)

Publié le 3 Avril 2020 par Lurdo dans Action, Cinéma, Critiques éclair, Review, Policier, Thriller, UK, USA

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Avengement (2019) :

Trahi par son frère Lincoln (Craig Fairbrass) et ses associés et transformé en machine à tuer par un séjour de sept ans dans l'une des prisons les plus dangereuses d'Angleterre, Cain (Scott Adkins) n'a qu'une idée en tête à son évasion : se venger. Et pour arriver à ses fins, il prend en otage tous les sbires de Lincoln, et en attendant l'arrivée de ce dernier, il leur raconte son histoire...

Un thriller façon pègre anglaise, avec des tronches toujours plus particulières, et un Adkins qui, lui aussi, se fait une tête recousue de partout, avec en prime des dents à la Joey Starr. C'est simple, efficace, nerveux, et ça se démarque par un récit déstructuré, en flashbacks savamment distillés tout au long du film, par un Adkins qui est un acteur de plus en plus convaincant, et par un gros affrontement final, joliment sanglant.

À noter aussi un thème musical principal qui évoque beaucoup Chi Mai de Morricone, ce qui est loin d'être désagréable.

Un 4/6 tranquille.

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Un film, un jour (ou presque) #1176 : À Couteaux Tirés (2019)

Publié le 2 Avril 2020 par Lurdo dans Thriller, Cinéma, Comédie, Critiques éclair, Policier, Review, USA

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À Couteaux Tirés (2019) :

Lorsque Harlan Thrombey (Christopher Plummer), auteur de romans policiers à succès, est retrouvé la gorge tranchée de sa propre main, tous les occupants de son immense manoir sont soupçonnés par les autorités : Linda (Jamie Lee Curtis), la fille aînée, une businesswoman mariée à Richard (Don Johnson), un bon à rien infidèle ; Walt (Michael Shannon), responsable de la maison d'édition de son père, et son épouse Donna (Riki Lindhome) ; Joni (Toni Collette), belle-fille arnaqueuse ; Ransom (Chris Evans), le fils rebelle du clan ; les plus jeunes, Meg (Katherine Langford), étudiante woke et Jacob (Jaeden Martell), troll alt-right ; la grand-mère sénile (K Callan) ; et Marta (Ana de Armas), l'infirmière privée de Harlan. Rapidement, les mensonges de chacun remontent à la surface, mais une question reste posée : qui a engagé le Détective privé Benoit Blanc (Daniel Craig), qui est là pour trouver le coupable de ce qui n'est apparemment pas un véritable suicide ?

Un long métrage écrit et réalisé par Rian Johnson, déjà à l'œuvre sur Star Wars : The Last Jedi, dont on retrouve ici deux caractéristiques principales : des envies de déconstruction et de subversion d'un genre bien précis, et un propos engagé sous-jacent amené avec la finesse d'un tractopelle.

C'est étrange, car en théorie, ce Knives Out avait tout pour me plaire : une distribution enthousiaste et sympathique (content de voir Ana de Armas avoir enfin un vrai premier rôle), un genre (le murder mystery façon Christie mâtiné de Columbo) que j'affectionne particulièrement, et un scénariste/réalisateur compétent, à défaut de maîtriser totalement ses ambitions.

Et l'accueil critique unanime laissait présager le meilleur. Et puis non, je suis ressorti (je devrais dire "on est ressortis" puisque je ne l'ai pas regardé seul, et que nous avons tous partagé des impressions similaires) un peu déçu.

Un peu déçu par un film qui se croit bien plus malin qu'il ne l'est réellement, par un récit qui souffre de problèmes de rythme (à partir de la lecture du testament/la sous-intrigue de Fran, il y a un joli ventre mou qui laisse amplement le temps au spectateur de devenir comment tout cela va se terminer), par un métrage qui sous-exploite une partie de sa distribution (on aurait pu totalement couper du film les adolescents et Riki Lindhome, ça n'aurait absolument rien changé), par le manque de subtilité de la métaphore sur l'Amérique d'aujourd'hui (littéralement "les immigrants/enfants d'immigrants au grand cœur vont hériter de l'Amérique, pendant que les connards WASP égoïstes qui composent cette dernière se retrouveront à la rue"), et par le vrai manque de charme du produit fini.

Les critiques semblent en pâmoison devant Knives Out, qui est à les en croire un chef d'œuvre de subversion et un script tellement malin et original qu'il a été nommé aux Oscars. Personnellement, j'ai vu là un pastiche gentillet de murder mystery, ayant fâcheusement tendance à exposer les rouages de ce genre à des simples fins de déconstruction et de clins d'œil métadiscursifs (le flic qui se moque ouvertement de la poursuite en voiture, les références pop), et ne les remplaçant malheureusement pas par un récit particulièrement original ou surprenant (même problème que pour son Star Wars en fait : ça déconstruit, mais ça ne reconstruit rien de vraiment intéressant derrière).

J'irais même jusqu'à dire que le tout finit par être assez prévisible, notamment parce que le script a tendance à téléphoner bien souvent ses effets et ses rebondissements (c'est d'autant plus prononcé sur la fin : le couteau, l'appel de l'hôpital...), que ce soit par certaines lignes de dialogues ou plans d'insert incongrus n'ayant d'autre utilité que de préparer le terrain pour le final.

En somme, je suis resté sur ma faim, avec l'impression que le récit aurait pu encore surprendre, avec quelques rebondissements supplémentaires. L'interprétation est globalement compétente (dans le genre un peu outré d'un Cluedo), c'est (sans surprise) plutôt bien filmé, mais je suis resté sur ma faim, et ce n'est pas encore ce métrage qui me réconciliera totalement avec Rian Johnson...

3.5/6

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Un film, un jour (ou presque) #1175 : Joker (2019)

Publié le 1 Avril 2020 par Lurdo dans Cinéma, Comédie, Critiques éclair, DC, Drame, Review, Thriller, USA

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Joker (2020) :

Arthur Fleck (Joaquin Phoenix), comique de stand-up raté vivant avec sa mère (Frances Conroy) dans un appartement miteux de Gotham, souffre de nombreux problèmes psychologiques, et notamment d'une tendance à éclater spontanément de rire aux pires moments possibles. Jusqu'au jour où il ne supporte plus d'être une victime perpétuelle, et trouve dans la violence et le crime un moyen de s'extraire de sa condition...

On ne présente plus ce Joker, carton au box-office qui a fait le buzz pour de bonnes et de mauvaises raisons, à sa sortie. film d'un Todd Phillips controversé, fanboy absolu de Martin Scorsese (comme le prouvait son film précédent, War Dogs, qu'un critique américain avait résumé par "Scorsese for bros"), qui voulait à tout prix rendre hommage à son modèle en mettant en chantier un remake de La Valse des Pantins... sans parvenir à intéresser la Warner, trop préoccupée par l'idée de retrouver le succès avec ses films de super-héros, alors en déroute.

Un Todd Phillips roublard, qui n'a jamais caché son mépris pour les films dits "de comic-book" et qui, en accord avec sa star et son producteur (Scorsese lui-même) a alors décidé de feinter, et de faire son remake en lui apposant le titre Joker (et en l'entourant vaguement d'un décorum Batman/Gotham City) : de quoi satisfaire le studio, ravi de redorer là son blason avec un projet économique et artistique, et le réalisateur lui-même, content d'être pseudo-subversif et de faire un "vrai film" dissimulé derrière des apparences de métrage pop-corn creux.

Autant dire que je n'étais pas pressé à l'idée de regarder ce "cheval de Troie" cinématographie, ce métrage tellement hypé par une certaine frange du public et des critiques que cela en venait à être contre-productif et repoussant... et finalement, cette mauvaise blague passe plus ou moins bien.

Alors ça reste clairement une pâle imitation du style de Scorsese, de ce New-York Gotham 70-80s crasseux, poisseux et corrompu au parcours de Fleck, modelé sur celui de Rupert Pupkin et de Travis Bickle, en passant par la présence de De Niro dans un rôle photocopié sur celui de Jerry Lewis dans La Valse.... Ça reste aussi clairement un film aux prétentions artistiques et poseuses, comme en témoignent de nombreux plans à la symbolique lourde, ou uniquement là pour permettre à Phoenix de faire son numéro d'acteur dansant.

Et effectivement aussi, le toutéliage à l'univers DC semble souvent amené à la truelle, entre la sous-intrigue de la paternité de Wayne Sr, et une énième reconstitution de la mort des parents Wayne, ici indirectement liée au chaos généré par le Joker.

Mais dans l'ensemble, aidé par l'interprétation habitée de Phoenix, le film tient plutôt la route en tant qu'épisode Elseworlds, ces version alternatives des personnages DC Comics, détachées de toute continuité et uniquement là pour permettre aux scénaristes de se lâcher et de réinventer les icônes de la marque.

C'est exactement ce que Phillips a fait ici : réinventer le Joker en en faisant un protagoniste sombre et poisseux d'un film de Scorsese ultra-sérieux, au narrateur peu fiable, le tout sur une musique grinçante assez souvent agaçante.

Est-ce que c'est pour autant un film d'exception méritant tous ces louanges ? Non, franchement pas.

Est-ce que le trait est un peu trop forcé dans le pathétisme et le misérabilisme ? Probablement, oui, avec un Phoenix qui, ponctuellement, tourne un peu à vide en cherchant à rendre son Fleck toujours plus barge.

Est-ce que le tout ressemble un peu trop souvent à du cosplay de Scorsese, une copie studieuse et un peu pataude d'un élève se prosternant aux pieds de son maître ? Tout à fait.

Est-ce que le propos du film sur l'insurrection populaire, la rébellion, les élites pourries et méprisantes, érige (volontairement ou non) le Joker en figure révolutionnaire et anarchique, un modèle à suivre par des hordes de spectateurs ne disposant pas forcément des clés permettant d'analyser le film ? On peut se poser la question et se demander si Phillips, qui aime s'imaginer en pseudo-rebelle d'Hollywood, a bien mesuré l'ampleur de ce qu'il faisait là (ou s'il est resté à la surface de son script).

Mais honnêtement, je m'attendais à pire. Joker reste une relecture intéressante de ce personnage, relecture à la fois ancrée dans son époque, et perpétuellement en recherche de nostalgie. Une relecture un peu hypocrite (puisque tout est du point de vue d'un homme fou et malade, on pourrait éventuellement résumer le tout comme un gros "ce n'était qu'un rêve" rendant la moindre tentative d'analyse du film vaine et inutile) et cynique, pleine de défauts et manquant de subtilité, mais qui aurait pu s'avérer bien pire.

3.5/6

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Les bilans de Sygbab : Supernatural, saison 3 (2007)

Publié le 29 Mars 2020 par Sygbab dans Action, Aventure, Critiques éclair, Comédie, Drame, Fantastique, Horreur, Les bilans de Sygbab, Review, Télévision, Thriller, USA, Supernatural, CW

Après près de deux ans et demi d'absence sur ce blog, Sygbab revient en force à l'occasion de la conclusion de la série Supernatural : une épopée de 15 saisons qu'il va passer en revue à raison d'un bilan par semaine...

Supernatural, saison 3 (2007) :

Contraints de traquer tous les démons évadés des enfers, les frères Winchester croisent le chemin de Ruby (Katie Cassidy), démone affirmant être en mesure de libérer Dean du pacte démoniaque qu'il a conclu, et de Bela (Lauren Cohan), une voleuse professionnelle d'artefacts occultes...

Après la magnifique saison 2 et son final annonciateur d'une guerre ouverte entre les Winchester et les démons, les téléspectateurs étaient en droit de s'attendre à un terrible affrontement. Mais ce n'est pas l'orientation prise par les scénaristes : il s'agit plutôt d'une guerre larvée, sans véritable front.

Même si cela peut s'expliquer par le fait que Azazel ne soit plus là pour mener des troupes qui sont désormais désorganisées, cela manque d'ambition dans la mesure où la menace ne se fait sentir que de manière sporadique. De fait, le côté sombre qui avait été développé précédemment est moins présent, alors que c'était devenu une force de la série.

Malgré cela, le fil rouge de la saison prend une place prépondérante et c'est un changement par rapport à la structure des saisons précédentes. Dans le cas présent, la plupart des épisodes comportent une scène faisant référence au marché qu'a passé Dean pour ressusciter Sam, qui lui donne seulement un an à vivre avant d'aller en Enfer.

Son attitude laisse à penser qu'il ne se préoccupe pas le moins du monde de ce qui va lui arriver alors qu'en réalité il refuse de faire face à son funèbre destin. Ce n'est pas sans énerver Sam, qui se démène pour trouver des solutions permettant de sauver son aîné. La relation fraternelle qui les lie est exploitée à bon escient, et propose des moments chargés en émotion puisque le duo fonctionne très bien.

Ce développement des principaux protagonistes est intéressant, mais c'est beaucoup plus brouillon en ce qui concerne ceux que l'on voit moins régulièrement. Pourtant, deux personnages féminins sont introduits, mais leur traitement laisse un peu à désirer. Tout d'abord, les motivations de Ruby sont plus que floues (le tout explicatif n'est jamais une bonne chose, mais rester volontairement vague n'est pas vraiment une meilleure solution) et sert bien trop souvent de Deus Ex Machina.

Quant à Bela, sa personnalité de garce qui joue sans cesse sur la naïveté des Winchester pour mieux les rouler dans la farine ne plaide pas vraiment en sa faveur : cela la rend (au mieux) antipathique. C'est l'un des grands défauts de la série depuis le début : les femmes ne réussissent pas à exister, et ce ne sont pas les quelques tentatives maladroites de les approfondir qui changent la donne, malheureusement.

À l'inverse, Bobby s'impose de plus en plus comme une évidence, dans un rôle bien spécifique puisqu'en plus d'être un puits de connaissances grâce à une expérience immense - et sa dégaine ne fait que mettre en avant le fait qu'il ait bourlingué -, il devient également un père de substitution pour Sam et Dean.

Il n'a pourtant pas du tout la même personnalité : plutôt que d'être un protecteur absent et obsédé par son travail comme John, il est toujours présent pour les Winchester qui savent pouvoir réellement compter sur lui, même s'il a tendance à ronchonner et à les sermonner. C'est une très bonne addition, d'autant que le courant passe entre les acteurs.

Parmi les éléments positifs, les évènements passés ne sont pas oubliés et certaines intrigues sont bouclées. En premier lieu, Gordon revient en force pour éliminer Sam mais se retrouve au passage transformé en vampire, lui qui les chasse avec tant de haine. La menace est évacuée puisqu'il meurt, au terme d'un épisode dont l'ambiance est très glauque mais réussie.

Les démêlés des deux frères avec les autorités trouvent une issue favorable : assiégés par des démons à la solde de Lilith alors qu'ils sont dans un commissariat après avoir été arrêtés par le FBI, leur défense héroïque leur vaut la reconnaissance de l'agent Henriksen qui les laisse partir en promettant de les faire passer pour morts. Ce dernier prend la vérité en pleine tête, et comprend avec violence qu'il est dans l'erreur depuis le début les concernant. Une prise de conscience trop tardive, qui lui sera fatale une fois que Lilith le retrouve avec ceux qui ont aidés Sam et Dean.

Pour notre plus grand bonheur, Ben Edlund se fend également de deux épisodes humoristiques : Bad Day at Black Rock, où les Winchester sont à la poursuite de gredins ayant volé une patte de lapin qui rend chanceux celui qui la possède (mais qui lui fait souvent payer le prix de cette chance puisque l'objet semble être doté d'une volonté propre et changer assez régulièrement de propriétaire) et Ghostfacers, dans lequel ils rencontrent des chasseurs de fantômes amateurs un peu stupides.

C'est l'occasion de s'exercer à une véritable parodie de la série, dans une ambiance bon enfant et hilarante. À côté de cela, il y a des épisodes plus convenus : un épisode sans fin, un épisode de Noël... Cela donne parfois l'impression d'une écriture en mode "pilotage automatique".

La fin de saison va au bout de l'idée en envoyant Dean en Enfer, comme cela était prévu, mais il y a fort à parier que cela ne durera pas longtemps. Il ne s'agit pas d'une réelle prise de risques, mais ça a le mérite d'être moins convenu que s'il avait réussi à échapper à son sort. Néanmoins, les circonstances dans lesquelles cela se produit ne sont pas extrêmement spectaculaires, ce qui reste décevant.

C'est d'ailleurs un mot que l'on peut employer pour la saison dans son ensemble, car les bons moments ne cachent pas certains défauts. Il y a toutefois une circonstance atténuante : réduite à 16 épisodes, cette saison a été perturbée par la grève des scénaristes de 2007.

De quoi laisser le bénéfice du doute à l'égard de cette légère baisse de qualité.

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Critiques éclair - Star Trek : Picard 1x09-1x10 (2020) + Bilan

Publié le 28 Mars 2020 par Lurdo dans Aventure, Action, CBS, Critiques éclair, Drame, Les bilans de Lurdo, Review, Science-Fiction, USA, Télévision, Star Trek, Picard

Dernière ligne droite pour cette première saison de Star Trek Picard, une première saison qui, après un début intéressant, s'est très rapidement engoncée dans une redite de thèmes déjà abordés par Discovery, entre autres, développés de manière assez bancale par des scénaristes finalement très peu inspirés...

Star Trek : Picard - Saison 1 (2020) :

- 1x09 - Et in Arcadia Ego, Part 1 : l'équipage du Sirena fait route vers la planète natale de Soji, Coppelius, où ils découvrent une communauté d'androïdes supervisés par Sutra et par Altan Inigo Soong (Brent Spiner), le fils du créateur de Data...

Écriture à trois plumes (Chabon, sa femme et Akiva Goldsman... aïe) pour un épisode assez raté, qui cumule coïncidences bien pratiques, caractérisation à la truelle (dès sa première apparition à l'écran, Sutra, telle qu'interprétée par Isa Briones, est arrogante, hautaine, antipathique, bref, totalement caractérisée comme une méchante, ce qu'elle devient forcément en fin d'épisode), direction artistique générique au possible (les androïdes peints en dorés, les vêtements façon hippie chic californien des années 80-90, l'architecture), et choix créatifs assez peu probants (Seven of Nine, le cube borg, Elnor... on peine à voir l'intérêt de les utiliser ainsi ; le vulcan mindmeld entre deux androïdes ; le fils caché - très louche, surtout avec les initiales A.I. - de Soong ; le corps artificiel que l'on devine potentiellement destiné à l'un de nos héros - Picard ?).

Ah, et bien sûr, il y a cette histoire de message (en grande partie constitué d'images libres de droit reprises sur Shutterstock) venus de l'outre-espace lointain, sur cette race d'être cybernétiques supérieurs prêts à intervenir pour éliminer toute forme de vie organique pour libérer les androïdes de leur joug, une fois que ces derniers ont atteint un certain niveau de leur évolution. J'ai envie de dire que Mass Effect est bien passé par les studios de CBS, mais bon... ce n'est que juste retour de bâton, vu tout ce que Mass Effect a pompé à Trek, à Babylon 5, et à certains romans.

- 1x10 - Et in Arcadia Ego, Part 2 : tandis que Sutra construit une balise pour contacter les êtres synthétiques supérieurs de légende, et que Picard est captif, la flotte romulienne s'approche de Coppelius...

Aïe. Moins d'une heure pour tout boucler, forcément, ça implique qu'on ait bien fait le travail en amont. Le problème, avec Picard, c'est que le travail en question a été gentiment bâclé sur de nombreux fronts, et que la majorité des personnages et de leurs relations peinent à exister.

Résultat : cette fin de saison est précipitée, bourrée de grosses ficelles honteuses (le gadget magique des androïdes), de transitions approximatives, de rebondissements télégraphiés, "mais ce n'est pas grave, regardez, on vous a mis une grosse bataille spatiale, et de l'émotion avec la mort de Picard, et avec celle de Data !".

Mais même là, ça ne fonctionne pas. La grosse bataille spatiale ? Souvent illisible, principalement à cause d'un abus de clonage numérique des vaisseaux romuliens (idem pour la flotte de Starfleet, qui n'a jamais l'ampleur des flottes d'autrefois : ici, tous les navires sont identiques, copiés-collés par des artistes graphiques fainéants). La mort de Picard, et tous les larmoiements et gros violons qui l'entourent ? Immédiatement désamorcés par l'existence de ce corps numérique façon Altered Carbon dont le spectateur attentif sait pertinemment qu'il est destiné à Picard. La mort de Data ? Plutôt jolie et touchante... mais finalement assez inutile, et souffrant de clichés de scénaristes (sur la mort, la vie, l'immortalité, etc) assez peu originaux.

Et je pourrais continuer longtemps sur les éléments qui ne fonctionnent pas : les Borgs inexistants, Narek qui disparaît en cours de route, Seven of Nine qui finit en couple avec Raffi (!?), la maladie de Picard qui le frappe au pire moment, les revirements de Soong, la Fédération qui change subitement d'avis sur les synthétiques, le retour (télégraphié) de Riker (l'un des seuls bons moments de l'épisode - puisqu'on vous dit, depuis 20 ans, que ce qu'on veut, c'est une série sur les aventures du Capitaine Riker)...

Un vrai gâchis.

Bilan saisonnier :

Que dire de nouveau après toutes ces critiques hebdomadaires ?

Lorsque la franchise Star Trek est passée au cinéma pour les aventures de Picard et compagnie, une mutation s'est opérée. Sous la pression conjuguée des impératifs du format blockbuster moderne, des demandes des exécutifs en charge, et des désidératas de Brent Spiner et de Patrick Stewart (devenus les stars de la franchise, par la force des choses et suite au succès de First Contact), les films Trek sont passés de récits collégiaux sur un équipage soudé, à films d'action centrés principalement sur Picard et Data.

Mais visiblement, Star Trek Nemesis n'a pas déçu que les spectateurs et les fans de la franchise, puisque ce Star Trek Picard semble n'avoir aucune autre justification réelle, pour son existence, que d'apaiser les esprits de Stewart et Spiner, en réécrivant la fin de Picard et Data et en leur offrant des adieux dignes de ce nom. Personne ne le demandait vraiment, à part peut-être les deux acteurs, et l'on se demande régulièrement si ce n'est pas là la seule raison pour laquelle les deux hommes ont accepté de rempiler.

Difficile d'expliquer, sinon, le vide abyssal entourant les deux personnages : les méchants sont transparents, la menace globale n'est qu'une paire de tentacules mécaniques qui disparaît aussitôt, Elnor n'est qu'un cliché ambulant sous-développé et qui ne sert pas plus que les Borgs, leur cube et Seven, et le tout noircit délibérément le tableau de Star Trek, pour pouvoir y appliquer des idées peu abouties repompées à droite et à gauche.

Rien que le postulat de départ pose problème : comment, après des saisons entières de Star Trek au fil desquelles Data, les androïdes, les exocomps, les espèces semi-cybernétiques, les Borgs, les hologrammes, et j'en passe, ont été considérés comme des citoyens et des êtres vivants à part entière, peut-on se retrouver avec ce que l'on voit au début de la saison, à savoir des androïdes exploités en tant que main d'œuvre par la Fédération, et faisant l'objet des moqueries des humains pour lesquels ils travaillent ?

Mais peu importe, visiblement : le mot d'ordre de cette série, à en juger par le nombre de fois où Picard se fait reprendre par les autres personnages et se fait vertement tancer pour ses habitudes, ses réactions et son point de vue sur le monde, c'est un peu un "Ok boomer" spatial. Et malheureusement, ça a à peu près la profondeur et la pertinence de ce meme, une vacuité que trois tonnes de fanservice ne parviendront jamais à cacher...

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Retrouvez aussi toutes les critiques de la saga Star Trek publiées sur ce blog en cliquant ici ou en passant par notre Index Séries alphabétique...

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Un film, un jour (ou presque) #1169 : I am Thor (2015)

Publié le 24 Mars 2020 par Lurdo dans Biographie, Cinéma, Comédie, Critiques éclair, Documentaire, Musique, Review, USA

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus. ​​

I am Thor (2015) :

Documentaire musical revenant sur la carrière de Jon Mikl Thor, ex champion de bodybuilding (Mr Canada et Mr USA), devenu, par passion pour le heavy metal et pour le spectacle scénique, la star du rock Thor, un Monsieur muscle qui, à moitié nu sur scène, tord des barres de fer, frappe des monstres de son marteau, se déguise, etc, etc, etc, entre deux chansons plus ou moins inspirées.

Et ce, à la grande époque, fidèlement retracée dans ce film, notamment au travers d'une narration en voix off de Thor en personne. On y découvre ses débuts dans le bodybuilding, ses premiers spectacles improbables, son passage par la case strip-teaseur queutard (une carrière qui a tourné court à l'arrivée d'un collègue afro-américain mieux membré), ses rôles dans des comédies musicales plus ou moins importantes, et puis ses embrouilles récurrentes dans le monde de la musique.

Tout d'abord, un kidnapping suite à un conflit d'intérêt entre maison de disques et manager, conflit qui a enrayé le succès de son premier album ; ensuite, divers problèmes de gestion, de manager, ou de tournée, comme lorsqu'il était sur le point de se lancer dans la plus grosse tournée pyrotechnique de l'histoire de la musique, mais a tout plaqué parce que son manager (qui avait lancé Bruce Springsteen) était trop ésotérique et excentrique ; puis une tournée en Angleterre, où Thor et son épouse/manager s'installent, délaissant totalement le reste du groupe (un trait récurrent chez Thor, clairement plus intéressé par sa carrière et son personnage que par son ensemble) ; suivi d'un passage avorté par la case cinéma... et d'un gros passage à vide d'une dizaine d'années, avec dépression, tentative de suicide, et retour à une vie de famille plus simple et calme.

Jusqu'à son retour, en 1997, un retour qui a signé la fin de son couple, mais la renaissance laborieuse de sa carrière. Et par renaissance, j'entends une suite de prestations assez misérables, avec un Thor boursouflé et rondouillard qui continue à jouer les hommes forts, des musiciens interchangeables, un public absent, etc...

Un comeback tragicomique qui dure depuis vingt ans, et qui constitue la plus grosse partie du documentaire, un documentaire qui passe par une nouvelle dépression, par une attaque cardio-vasculaire, et culmine par une mini-tournée en Scandinavie, où Thor et ses musiciens de l'époque sont accueillis comme des dieux.

De quoi finir sur une note à peu près positive, malgré un océan de moments pathétiques qui font un peu de peine à voir. Cela dit, loin de moi l'idée de lui jeter la première pierre : en filigrane, on devine que le caractère et la vision artistique de Thor l'ont amené là où il est aujourd'hui, mais il semble en avoir conscience, et avoir du recul sur sa carrière. Sans oublier le fait qu'aucun des intervenants n'a quoi que ce soit de critique à dire à son sujet.

I am Thor s'avère donc un portrait assez doux-amer d'un musicien musculeux, kitschouille et un peu malchanceux, incapable de gérer ses finances ou son groupe, qui a eu une carrière digne de Spinal Tap (ou d'un Manowar raté), mais a su toujours rester humain, malgré son personnage de demi-dieu nordique capable de casser des parpaings sur son torse.

Un métrage divertissant et amusant, dans la droite lignée de Anvil : The Story of Anvil, mais dont on se demande constamment quel est le degré de réalité et celui de fiction (certaines anecdotes sont un peu grosses), d'autant que le documentaire est un peu déséquilibré : en se concentrant à ce point sur la comeback story de Thor, et en compressant la période de son succès au premier tiers du film, le métrage limite celle-ci à son côté théâtral et grand-guignol. La musique, elle, passe un peu à la trappe, et cela n'aide donc pas le spectateur intrigué à comprendre l'adoration que semblent éprouver le documentaire et tous ses intervenants envers la musique de Thor...

4/6

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Un film, un jour (ou presque) #1168 : Unicorn Store (2019)

Publié le 23 Mars 2020 par Lurdo dans Comédie, Cinéma, Critiques éclair, Fantastique, Netflix, Review, USA

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Unicorn Store (2019) :

Immature et rêveuse, Kit (Brie Larson) refuse de passer à l'âge adulte et, lorsque ses rêves d'études artistiques tombent à l'eau, elle retourne s'installer chez ses parents (Joan Cusack, Bradley Whitford), acceptant un poste d'intérimaire dans une entreprise dirigée par l'insistant Gary (Hamish Linklater). Un jour, cependant, elle reçoit une invitation mystérieuse envoyée par un inconnu excentrique (Samuel L. Jackson) et qui lui annonce qu'elle a gagné une licorne...

Je n'ai pas du tout accroché à ce métrage fantastique réalisé par Brie Larson, dont c'est le premier film, écrit par une scénariste de sitcom, dont c'est le premier film, et diffusé par Netflix (dont ce n'est pas le premier film ^^).

Un métrage fantastique qui se veut une ode à l'innocence, à l'imagination et à l'enfance, le portrait d'une jeune femme refusant de grandir et de laisser derrière elle ses rêves et ses aspirations artistiques, une naïve immature qui se confronte aux réalités de la société (le harcèlement sexuel par son patron, etc)... bref, un film excentrique et rose pastel, délibérément décalé et improbable.

Le seul problème, en fait, c'est que tout cela n'est pas maîtrisé un seul instant. C'est bien simple, en repensant au film, un nom m'est venu en tête : Kimmy Schmidt. Même type de personnage, mêmes confrontations, même naïveté, scénariste issu du même milieu...

La différence, c'est qu'en lieu et place de la sincérité et de l'énergie spontanée de Ellie Kemper, qui donnent vie à la plume pétillante de Tina Fey, on se retrouve ici avec un script qui n'a jamais assez de légèreté ou de rythme pour paraître vivant et dynamique, avec un ton twee et forcé qui agace plus qu'il ne charme, avec un côté sinistre et plus sombre qui n'est jamais abordé ou développé, et avec des personnages qui semblent tous atteints de retards développementaux (Kit, notamment, est écrite comme une fillette de 10 ans capricieuse et un peu embarrassante).

Alors oui, l'interprétation est compétente, la réalisation aussi, mais le message globale est ultra-pataud, le déroulement prévisible, et l'on finit par décrocher du film à mesure qu'il rajoute couche sur couche de paillettes et de couleurs pastels (cette présentation professionnelle, au secours).

2/6

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Les bilans de Sygbab : Supernatural, saison 2 (2006)

Publié le 22 Mars 2020 par Sygbab dans Action, Aventure, Critiques éclair, Comédie, Drame, Fantastique, Horreur, Les bilans de Sygbab, Review, Télévision, Thriller, USA, Supernatural, CW

Après près de deux ans et demi d'absence sur ce blog, Sygbab revient en force à l'occasion de la conclusion de la série Supernatural : une épopée de 15 saisons qu'il va passer en revue à raison d'un bilan par semaine...

Supernatural, saison 2 (2006) :

Sam (Jared Padalecki) et Dean Winchester (Jensen Ackles) traquent Azazel (Fredric Lehne), le démon aux yeux jaunes responsable de la mort de leurs parents, et découvrent que l'entité a pour plan d'exploiter les pouvoirs psychiques de nombreux enfants orphelins, dont la mère est souvent morte dans des incendies mystérieux... 

Est-ce vraiment la même série ?

Question tout à fait légitime, dans la mesure où l'écriture fait un bond qualitatif important. En premier lieu, le tissu familial devient véritablement une des grandes forces de la série, si ce n'est même son moteur essentiel. Les interactions entre les Winchester père et fils offrent autant de bons moments de télévision, que ce soit quand ils s'accordent ou quand leurs conflits éclatent au grand jour, et l'implication émotionnelle des téléspectateurs s'en trouve renforcée. C'est pour cette raison que le sacrifice de John, offrant sa vie au Yellow Eyed Demon en échange de celle de Dean, est un véritable choc. Cela vaut surtout pour les deux protagonistes principaux, puisque cet évènement bouleverse tous leurs repères.

Ils se retrouvent donc livrés à eux-mêmes tout en devant gérer leur deuil, sujet qui n'est pas évacué, bien au contraire. C'est en effet ce qui détermine en grande partie leur état d'esprit, et leur permet de porter le flambeau en reprenant le combat là où leur père l'avait laissé. Pour autant, l'union sacrée n'est pas toujours de mise, car ils restent avant tout des humains et ont autant de doutes que de convictions.

Dean, pourtant las de la vie qu'il mène et parfois borderline, considère que sa mission est de protéger son frère coûte que coûte, sans pour autant oublier qu'il a des pouvoirs et qu'en cas de force majeure, il devra l'éliminer. Ces mêmes capacités pour lesquelles Sam se remet constamment en question, car elles proviennent du démon qui a tué leur mère, et il pourrait très bien devenir un de ses soldats dans une guerre qui se profile. Dans un cas comme dans l'autre, le fardeau est lourd à porter.

La psychologie des personnages est donc plus fouillée, et les thématiques abordées étayent l'idée qu'un tournant plus adulte a été amorcé. La tendance se confirme avec des épisodes plus ambigus, qui s'écartent des schémas stéréotypés de la première saison. Par exemple, Sam empêche Dean de tuer des vampires inoffensifs (car ils ont décidé de boire du sang de bétail et non d'humains afin de survivre), mais doit exécuter une jeune femme avec qui il a vécu une passion brève et intense (car celle-ci est devenue un loup-garou).

Cela correspond à un univers qui devient plus sombre à mesure qu'il est développé, mais aussi plus riche et varié. En introduisant d'autres chasseurs - dont le dangereux mais intéressant Gordon, qui ferait un excellent antagoniste s'il pouvait se dépêtrer des mains de la justice -, en se créant un bestiaire bien fourni et en parlant de la foi dans un épisode très Scullyesque dans l'esprit, les scénaristes ajoutent des cordes à leur arc et s'offrent ainsi plus de possibilités.

Ainsi, après une première saison composée pour la grande majorité d'épisodes indépendants, les références commencent à se faire plus présentes, et contribuent à la cohérence de l'univers qui se déploie sous nos yeux. Et si, pour le prouver, il n'était pas suffisant de développer une mythologie qui se révèle solide (alors qu'elle mélange des éléments déjà vus par ailleurs, comme une guerre contre les forces du Mal ou des individus qui se découvrent des pouvoirs surnaturels), des personnages secondaires viennent s'installer durablement (à l'exception de Jo, qui ne fait que quatre apparitions et c'est bien dommage). Certes, ils ne bénéficient pas toujours d'un développement approfondi dans les détails, mais ils sont suffisamment bien caractérisés pour être attachants et agréables à voir évoluer.

Cela fait d'autant plus plaisir que les sous-intrigues entamées ne sont pas laissées de côté. L'étau se resserre autour de nos deux héros : ils sont désormais poursuivis par le FBI, ce qui n'est pas étonnant au vu de tous les évènements qui pourraient être à charge contre eux. Entre les morts qu'ils laissent derrière eux et les profanations de tombes, il y a de quoi... L'intérêt que leur porte la fameuse agence gouvernementale est d'ailleurs assez ironique, puisque c'est le badge que les Winchester utilisent le plus lors de leurs enquêtes. C'est peut-être de ce côté-là qu'un petit reproche pourrait être effectué : les usurpations d'identité pourraient être plus variées.

Malgré cela, l'humour pointe son nez de manière bien plus fréquente qu'auparavant, au point de se lancer dans un épisode parodique. Le 2x18, Hollywood Babylon, est un régal d'auto-dérision, mais il n'aurait pu en être autrement de la part de son auteur Ben Edlund, connu auparavant pour sa série The Tick (un humour non-sensique et désopilant, 9 épisodes durant) et pour l'épisode Smile Time dans Angel, où le héros éponyme se retrouvait transformé en marionnette. N'oubliant pas ses classiques, il se permet même une référence à Gilmore Girls, série dans lequelle Jared Padaleci jouait le rôle de... Dean (mais pas Winchester).

En résumé, cette deuxième saison gomme les défauts récurrents de la première, et même si elle contient elle aussi des épisodes un peu moins intéressants, elle est beaucoup plus créative. Son final ébouriffant, avec son côté Highlander qui met en lumière les motivations du Yellow Eyed Man, fait basculer la série dans ce qui s'annonce une nouvelle ère. Jusqu'à présent, la guerre qui s'annonçait n'était qu'un vague concept, mais avec l'ouverture des Portes de l'Enfer et l'évasion d'un nombre incalculable de démons, cela devient un fait.

Pour répondre à ma question d'ouverture : c'est le même titre, avec les mêmes acteurs, mais ce n'est plus la même série.

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Critiques éclair - Star Trek : Picard 1x07-1x08 (2020)

Publié le 21 Mars 2020 par Lurdo dans Télévision, Star Trek, Aventure, Action, CBS, Critiques éclair, Drame, Les bilans de Lurdo, Review, Science-Fiction, USA, Picard

Plus la saison de Picard avance, et plus j'ai du mal avec l'écriture gratuitement tragique et sombre de la série, qui me déplaît fortement. Néanmoins, la fin de saison approche, et avec elle, le scénario avance enfin un peu : le programme acquiert enfin un peu d'énergie et progresse vers quelque chose... reste à savoir quoi.

Star Trek : Picard - Saison 1 (2020) :

- 1x07 - Nepenthe : Picard et Soji arrivent sur Nepenthe, où ils retrouvent la famille Troi-Riker pour un moment de détente ; à bord de l'Artefact, Hugh et Elnor tentent d'échapper aux Romuliens, tandis que Jurati, elle, est dévorée par les remords...

Un épisode plutôt agréable à regarder, principalement parce qu'il joue (bien) la carte de la nostalgie, et que tout ce qui tourne autour de Soji, de Picard et des Troi-Riker est assez réussi.

Bon, c'est loin d'être parfait, et on pourra toujours critiquer bien des points du script : Narissa, toujours aussi calamiteuse dans son registre méchante de série Z ; la mort de Hugh, gratuite et inutile ; la Vulcaine à lunettes de soleil, toujours inexplicable (le showrunner avait teasé sur ces lunettes, en sous-entendant qu'elles n'étaient pas innocentes, et qu'elles étaient un indice sur la véritable nature - romulienne ? - de Oh, mais le mindmeld, dans cet épisode, prouve qu'elle est Vulcaine, et sabote donc cette théorie ; à moins qu'elle soit de sang mêlé ?) ; l'ellipse un peu bancale entre la fin de l'épisode précédent et le début de celui-ci, à bord du vaisseau borg ; le fait qu'une fois de plus, Picard se fait passer un savon par quelqu'un d'autre ; et bien sûr, cette couche de tragédie et de toutéliage supplémentaires ajoutée à la biographie des Troi-Riker, assez typique de ce qu'est Picard jusqu'à présent : une déconstruction systématique de l'utopie trekienne, bien décidée à montrer que tous les personnages de la franchise ont connu des tragédies après la fin de leur série...

Mais dans l'ensemble, pour une fois, le fanservice a fonctionné sur moi, et donne lieu à de jolis moments sur Nepenthe. Par contre, je redoute le retour triomphant de Seven of Nine la dure à cuire dans les épisodes à venir, comme le laisse sous-entendre l'ultime scène d'Elnor.

- 1x08 - Broken Pieces : l'équipage de La Sirena poursuit sa fuite en avant, tandis que Seven of Nine arrive sur le vaisseau borg pour sauver Elnor...

Un épisode encore assez mitigé et décousu, même s'il a la bonne idée de continuer à avancer un peu en éclaircissant les zones d'ombre du script, et en explicitant bien des choses, pour le meilleur et pour le pire (Oh est donc bien à moitié romulienne).

Mitigé, car malgré des moments amusants (les hologrammes), en fin de compte, ce qui constitue l'ensemble du récit, à savoir la peur de la Singularité, de la révolte des machines, etc (bref, ce qui était déjà la thématique centrale de la saison 2 de Discovery), ne m'intéresse tout simplement pas tant que ça. Du moins, pas quand elle est traitée ainsi, avec des ficelles narratives énormes, des raccourcis bancals et des éléments à ce point sous-développés (Seven qui surgit de nulle part sur le Cube, Jurati qui souffrait apparemment "d'un blocage télépathique").

Car s'il y a bien une chose que je déteste dans les séries télévisée mal écrites, ce sont les grosses coïncidences bien baveuses qui arrangent bien les scénaristes, et qui ne tiennent pas une seule seconde la route dès que l'on allume son cerveau et que l'on réfléchit un instant au tout.

Cette saison, Picard nous a par exemple déjà fait le coup avec Seven of Nine, l'ex-Borg la plus célèbre de Starfleet, qui a croisé le chemin de Picard et compagnie par le plus grand des hasards, sorte de borg ex machina, quelques instants avant que ces derniers n'aient besoin d'un "otage" ex-borg à échanger avec l'ex de Seven, qui justement détenait Maddox. Une belle accumulation de coïncidences bien pratiques, encore renforcée cet épisode par le retour forcément capillotracté de Seven à bord du Cube, pour y devenir brièvement une mini-Reine et réveiller ce mini-collectif contre les Romuliens (d'ailleurs, c'est amusant, mais les Borgs ont un impact tellement inexistant sur le reste du récit qu'on sent vraiment que les scénaristes ont inséré toute cette sous-intrigue borg à la truelle pour flatter le spectateur et attirer le chaland).

Autre coïncidence bien honteuse : Rios. Un capitaine de navire choisi à peu près au hasard par Raffi pour aider Picard et ses compères, mais qui, forcément, s'avère lié de très près au problème des synthétiques, puisque sa grande tragédie, son origin story, c'est d'avoir assisté au meurtre d'une Soji 0.5 par son capitaine, lors d'un premier contact, près de dix ans plus tôt.

Il faut être franc : le toutéliage abusif que cela représente est tout simplement honteux, et indigne d'une série télévisée qui se veut de qualité, et rigoureuse.

Honnêtement, passe encore qu'une Amirale de Starfleet dise à Jean-Luc Picard de "fermer sa gueule".  Que Seven of Nine décide de s'improviser Reine et de réassimiler tout un Cube après 20 secondes d'hésitation, j'ai déjà plus de mal. D'ici à ce que Picard nous mette en scène un cube borg arrivant à la rescousse de ses héros dans le dernier épisode... je crains le pire.

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Un film, un jour (ou presque) #1166 : Le Voyage du Docteur Dolittle (2020)

Publié le 19 Mars 2020 par Lurdo dans Animation, Aventure, Cinéma, Critiques éclair, Comédie, Fantastique, Jeunesse, Review, USA

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus. ​​

Le Voyage du Docteur Dolittle (Dolittle - 2020) :

Cloîtré avec tous ses animaux dans son manoir depuis la mort de son épouse, sept ans plus tôt, le Dr. John Dolittle (Robert Downey Jr.) refuse désormais d'affronter le monde. Jusqu'à ce que la Reine Victoria fasse appel à ses services : malade, elle a besoin de l'aide de Dolittle qui, avec Tommy, un jeune garçon (Harry Collett) lui servant d'apprenti au pied levé, avec tous ses amis animaux (Emma Thompson, Rami Malek, John Cena, Kumail Nanjiani, Octavia Spencer, Tom Holland, Craig Robinson) et avec la jeune Lady Rose (Carmel Laniado), part alors à la recherche d'une île mythique, sans se douter que son grand rival, le Dr Müdfly (Michael Sheen) va tenter de leur mettre des bâtons dans les roues...

Aïe. Je vais être franc : on m'aurait dit, avant de voir le film, que c'était une production Disney + ou Netflix, et que par conséquent, il ne fallait pas s'attendre à un budget colossal, à des effets spéciaux perfectionnés, ou un script en béton armé, j'aurais dit d'accord, et j'aurais ajusté mes attentes en proportion.

Seulement voilà, Dolittle est le premier gros projet de Downey Jr. depuis la fin de Tony Stark, il a eu les coudées franches pour le tourner, et il a bénéficié de près de 200 millions de dollars de budget.

Le résultat : un quasi-accident industriel, un film qui prend l'eau de partout, qui souffre d'un script bancal à mi-chemin entre film pour les plus petits et film d'aventure familial, étrangement calqué sur une partie de Là-Haut de Pixar (le protagoniste grognon et reclus depuis la mort de sa compagne, contraint de repartir à l'aventure avec un jeune garçon à ses côtés, blablabla) et qui est étouffé par la prestation d'un Downey Jr en roue libre, apparemment persuadé que d'interpréter Dolittle comme un Jack Sparrow sous cocaïne et à l'accent gallois (?) approximatif était une bonne idée.

Le film est ainsi bringuebalant de toutes part : au niveau sonore,  le score de Danny Elfman est oubliable, quand il ne ressemble pas à du John Powell, et si le doublage des animaux est sympathique, tous les dialogues de Downey semblent avoir été redoublés à l'arrache en studio, avec un Downey qui marmonne tous ses mots. Niveau visuel, tout ressemble à un déluge d'étalonnage numérique médiocre et de fonds verts aux incrustations inégales, avec des animaux numériques omniprésents qui, au bout d'un moment, ne tentent même plus de paraître photoréalistes. Et au niveau de l'écriture, donc, ça tombe plus souvent à plat que ça ne fonctionne, et l'humour pipi caca prout a ses limites (toute la conclusion avec le dragon - et je ne parle même pas de la libellule jalouse du scorpion qui lui a piqué sa copine parce qu'il avait un plus gros dard... ).

En résumé, ce n'est pas bon du tout, et on sent que le film a connu un tournage compliqué, avec trouzemille scénaristes et réalisateurs différents : c'est autant le bordel à l'écran que derrière la caméra, et c'est laborieux de bout en bout.

1.75/6 (pour Sheen, qui fait son possible en antagoniste caricatural, et Antonio Banderas, en roi grimé)

(à la limite, peut-être que la VF pourrait être mieux que la VO, pour une fois)

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Un film, un jour (ou presque) #1163 : Starring Adam West (2013)

Publié le 16 Mars 2020 par Lurdo dans Biographie, Cinéma, Comédie, Critiques éclair, Documentaire, Histoire, Review, USA

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus. ​​

Starring Adam West (2013) :

Documentaire retraçant la vie et la carrière d'Adam West, l'interprète de Batman dans la série télévisée de 1966, et réalisé par son beau-fils aux début des années 2010-2011, alors que les proches et amis de West cherchaient à décrocher pour lui une étoile sur le Hollywood Walk of Fame.

Bourré d'images et de vidéos d'archive tournées par la famille de West au fil des décennies, ce métrage porte un regard malicieux et ludique sur cet acteur humble, aux nombreux talents, au sens de l'humour imprévisible, et qui ne s'est jamais particulièrement pris au sérieux.

Un grand séducteur et un bon père de famille dont personne ne semble avoir de mal à dire, et qui a ici un regard assez lucide sur sa carrière, et sur la manière dont il a été mis dans une case à l'annulation de la série Batman : une case d'acteur de série télévisée immature qui l'a mis au banc d'Hollywood, et l'a amené à tout plaquer, jusqu'à ce que la nostalgie des années 60 opère sa magie, trente/quarante ans plus tard : tous les enfants des années 60/70 (comme Seth MacFarlane, par exemple), désormais adultes, se sont souvenus de lui, et lui ont alors redonné une carrière, conscients de l'auto-dérision conséquente du bonhomme (et de sa voix si particulière).

Un documentaire forcément un peu doux-amer, puisque si Adam West prend toujours tout avec le sourire, la "sous-intrigue" de l'étoile du Hall of Fame trahit vraiment le manque de reconnaissance qui touche l'acteur depuis les années 60 : on sent la lassitude de West, on sent la sincérité de l'équipe du film, on sent l'affection des proches pour l'acteur, et si cela induit forcément un manque de recul et d'objectivité globale, Starring Adam West reste une jolie petite rétrospective d'un acteur (et d'un personnage) culte, qui aurait clairement mérité mieux.

4.5/6

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Les bilans de Sygbab : Supernatural, saison 1 (2005)

Publié le 15 Mars 2020 par Sygbab dans Action, Aventure, Comédie, Critiques éclair, Drame, Fantastique, Horreur, Les bilans de Sygbab, Review, Télévision, Thriller, USA, CW, Supernatural

Après près de deux ans et demi d'absence sur ce blog, Sygbab revient en force à l'occasion de la conclusion de la série Supernatural : une épopée de 15 saisons qu'il va passer en revue à raison d'un bilan par semaine...

Supernatural, saison 1 (2005) :

Les aventures des frères Dean (Jensen Ackles) et Sam Winchester (Jared Padalecki), qui tentent de retrouver leur père John (Jeffrey Dean Morgan), un chasseur de démons mystérieusement disparu...

Un pilote est toujours un exercice délicat dans la mesure où il doit présenter les personnages et l'univers dans lequel ils évoluent. Celui de Supernatural remplit plutôt bien son office en étant assez concis et efficace : deux frères ayant un lourd passé, des monstres à chasser, une voiture pour traverser le pays de part en part. Le téléspectateur est prévenu : il aura sûrement affaire à une formule où les loners ont la part belle, avec un soupçon de mythologie de temps à autre. Sans comparaison sur la qualité intrinsèque des deux séries, cela n'est pas sans rappeler X-Files, et il n'est peut-être pas si étonnant de retrouver John Shiban dans l'équipe scénaristique.

Ce dernier bénéficie d'une certaine expérience en la matière, même si les épisodes signés de sa main ne sont pas toujours très intéressants. Mais parmi ceux dont il est l'auteur, il a au moins le mérite de proposer une variante du concept "ancienne malédiction" dans le 1.10 Bugs, bien plus attrayante que l'effroyable Teso Dos Bichos dans X-Files (peut-être l'un des pires épisodes de la série). Ce n'est pas le seul scénariste d'un certain standing à faire partie de l'aventure, puisque Richard Hatem, créateur de la série Miracles, est également présent. Le 1.10 Asylum - huis clos oppressant dans un asile désaffecté - démontre qu'il n'a pas perdu sa rigueur d'écriture.

Le danger d'un tel format, c'est de faire de la redite, surtout dans un filon du paranormal déjà exploité à de nombreuses reprises. Malgré de la variété dans le bestiaire (fantômes, wendigos, vampires), une orientation plutôt horrifique et la réutilisation de certaines légendes urbaines, le schéma finit par devenir répétitif notamment dans ses gimmicks : les Winchester se présentent quelque part, résolvent l'affaire, et l'un des deux a le droit à la gratitude d'une jeune femme qu'ils ont sauvée (généralement Dean car pour Sam, c'est encore trop tôt après la mort de Jessica). Il y a cependant des variations de certains thèmes, comme dans le 1.10 Faith où les miracles d'un guérisseur aveugle sont en fait l’œuvre d'un reaper contrôlé par sa femme, en échange de la vie de personnes qu'elle juge impures. Le 1.15 Benders, quant à lui, nous plonge dans une sordide histoire dans laquelle une famille de rednecks kidnappe des individus pour leur donner la chasse et assouvir leur désir de tuer.

Pour en savoir plus sur les monstres auxquels ils sont confrontés, les deux frères peuvent s'appuyer sur le journal de leur père, sorte de base documentaire qui répertorie les informations qu'il a récoltées tout au long de sa vie de chasseur. Cela peut sembler être une facilité scénaristique, mais c'est quelque chose de fréquent dans ce genre de séries. Dans Buffy, par exemple, nombre de solutions sont trouvées dans les livres de Giles. Cela permet aussi de marquer la présence de John Winchester dans cet univers, en dépit de son absence physique la majorité du temps. Son apparition en fin de saison alors que Sam et Dean étaient sur une affaire de vampires à priori classique est une bonne surprise : ces retrouvailles mettent un terme à la recherche des deux frères, et recentrent l'intrigue sur le fil rouge.

La fin de saison revient donc sur le mystère autour de la mort de leur mère et de Jessica ainsi que de la disparition de leur père, en revenant sur des éléments disséminés ça et là, notamment sur les visions prémonitoires de Sam qui font partie d'un vaste plan du Yellow Eyed Demon. John lui court après depuis de longs mois pour se venger de la mort de sa femme, et l'introduction du colt en tant qu'artefact qui permet de tuer n'importe quel démon est un enjeu supplémentaire.

Cette réunion de famille fait également remonter à la surface des sentiments refoulés depuis longtemps entre John et Sam : le premier reproche à son fils de les avoir abandonnés, le second d'avoir eu un père qui ne s'est jamais comporté en tant que tel - la raison principale de son désir d'avoir une vie normale. Le tout avec Dean qui essaie de jouer le rôle d'arbitre, coincé entre son petit frère qu'il veut protéger et son attitude de bon petit soldat envers son père. Le fait que les deux personnages principaux aient une vision des choses diamétralement opposée à ce propos est dans l'ensemble bien géré, avec les tensions que cela engendre : Sam a du mal à admettre que son aîné suive aveuglément les ordres de John, et Dean pense que son cadet devrait faire preuve de plus de respect. Le duo est complémentaire, et les deux acteurs ont une bonne alchimie entre eux.

Pour résumer, la structure nécessite d'être retravaillée et les loners sont très inégaux, mais il y a du potentiel sur la partie mythologique. Aux scénaristes de savoir l'exploiter.

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Critiques éclair - Star Trek : Picard 1x05-1x06 (2020)

Publié le 14 Mars 2020 par Lurdo dans Télévision, Star Trek, Aventure, CBS, Action, Critiques éclair, Drame, Les bilans de Lurdo, Review, Science-Fiction, USA, Picard

Star Trek : Picard me pose bien des problèmes : après un épisode pilote assez honorable, la série n'a fait que baisser en intérêt et en qualité, victime d'une écriture peu probante, de grosses ficelles narratives assez lassantes (la conspiration, les méchants frère et sœur romuliens quasi-incestueux, tous les personnages principaux qui sont traumatisés et bourrés de failles et de défauts), et d'une caractérisation de son personnage principal assez éloignée du Capitaine diplomate, intellectuel et posé de Next Generation.

Je continue néanmoins à espérer que ce ne sont que quelques errances de jeunesse, et que le programme va trouver son rythme de croisière avant la fin de cette première saison...

Star Trek : Picard - Saison 1 (2020) :

- 1x05 - Stardust City Rag : Picard et l'équipage se rendent sur Freecloud, pour y secourir Maddox (John Ales), détenu par Bjayzl (Necar Zadegan), ex-compagne de Seven of Nine (Jeri Ryan). Le petit groupe décide alors de simuler un échange d'otage, qui tourne rapidement court...

Un épisode particulièrement frustrant, tant il part dans toutes les directions possibles et imaginables, sans jamais trouver un ton ou une cohérence d'ensemble.

On se dit, par moments, que c'était censé être un épisode supposément plus léger et déconneur, avec un Jean-Luc Picard en mode pirate borgne à l'accent calamiteux et au béret ridicule, et Rios en space pimp, sur une planète casino tout droit sortie de Blade Runner, avec ses immenses holo-publicités, etc... mais en fait, l'épisode s'avère assez désagréable à regarder, entre la torture et la mise à mort gratuites d'Icheb ; une Seven of Nine devenue vigilante vengeresse qui ignore l'appel au calme de Picard, exécute sans broncher son ex (ressemblant fortement à une jeune Marina Sirtis, et portant un nom prêtant à de mauvais jeux de motsen langue anglaise) et abat tout ses sbires à grands coups de blasters, dans une scène tout droit sortie d'un mauvais film d'action ; une Raffi droguée alcoolique qui tente de se réconcilier avec son fils qu'elle a abandonné (mais qui se voit opposer une fin de non-recevoir, forcément, car dans Picard, noir c'est noir, il n'y a plus d'espoir) ; et puis bien sûr ce rebondissement final durant lequel Agnes tue Maddox car elle est  (sans surprise) de mèche avec les Romuliens...

Bref, on est dans une série dark & gritty, mélodramatique et nihiliste, où la noirceur est forcée, où les personnages sont tous traumatisés, faillibles, déglingués, et qui n'a de Star Trek que l'univers et quelques noms. J'ai bien conscience que c'est voulu, et à la limite, si c'était bien fait, pourquoi pas, mais les scripts sont vraiment bourrés de facilités et de mystères creux, ce qui ne me convainc pas du tout...

(mais visiblement, il suffit d'un peu de fanservice facile - Mot, Quark, etc - pour se mettre une grosse partie des fans de Trek dans la poche, donc bon...)

- 1x06 - The Impossible Box : Picard arrive sur l'Artefact, où il retrouve Hugh, et ensemble, ils tentent d'évacuer Soji, alors même que cette dernière vient de prendre conscience de sa nature d'être synthétique...

Un épisode qui, s'il est meilleur que le précédent, souffle aussi constamment le chaud et le froid, entre idées intéressantes et moments donnant envie de se facepalmer.

Dans le camp des moments réussis, on trouve Picard, hanté par son expérience chez les Borgs, et dont le retour à bord d'un Cube donne lieu à du stress post-traumatique assez frappant. Stewart se donne à fond dans ces moments, la mise en images du cube 2.0 est efficace, les retrouvailles avec Hugh font plaisir, bref, ça fonctionne plutôt bien. À l'identique, la scène de Raffi qui embrouille une ex-collègue pour parvenir à ses fins n'était pas désagréable, et le fait que le récit avance enfin un peu est assez satisfaisant.

Au rang des moments plus problématiques, on a, dans le désordre, la scène de romance entre Rios et Jurati, assez honteuse dans son écriture et sa mise en images ; toujours des manigances peu convaincantes des Lannister romuliens (de toute façon un gros point faible de la série, à mes yeux) ; et toute une séquence centrée sur Narek et Soji, qui retrouve progressivement la mémoire en explorant l'un de ses rêves... une séquence en théorie intéressante, mais sur laquelle le spectateur a constamment dix minutes d'avance, ce qui la prive du moindre impact (en même temps, la romance Soji/Narek n'a jamais vraiment fonctionné à mes yeux).

Enfin, au rayon fanservice, une référence amusante à un portail sikarien, petit morceau de continuité agréable avec Star Trek Voyager.

Reste que l'épisode, s'il est plus long et fait moins de surplace que d'habitude, est tout de même assez inégal : la qualité et l'homogénéité ne sont pas encore au rendez-vous, et j'ai bien peur que Hugh ne survive pas à la scène de bataille présagée à la fin de l'épisode (parce qu'encore une fois, dans Picard, on force bien le trait et la noirceur en tuant tous les personnages secondaires inutiles...)

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Un film, un jour (ou presque) #1159 : Bad Boys for Life (2020)

Publié le 10 Mars 2020 par Lurdo dans Action, Cinéma, Comédie, Critiques éclair, Policier, Review, Thriller, USA

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus. ​​

Bad Boys for Life (2020) :

Vieillissants, Mike Lowrey (Will Smith) et Marcus Burnett (Martin Lawrence) approchent de la fin de leur carrière, lorsque Armando (Jacob Scipio), le fils d'Isabel (Kate del Castillo) et d'un baron de la pègre mexicaine que Lowrey a fait tomber durant ses jeunes années, arrive à Miami. Bien décidé à venger son père, Armando abat alors tous les anciens collègues de Mike, les uns après les autres, jusqu'à envoyer enfin ce dernier à l'hôpital. De quoi motiver les Bad Boys à remettre le couvert, en s'associant avec l'AMMO, une brigade de jeunes policiers (Vanessa Hudgens, Alexander Ludwig, Charles Melton) dirigés par Rita (Paola Nuñez), l'ex de Lowrey...

Pas de Michael Bay pour cette suite (hormis une brève apparition à l'écran au moment du mariage), mais deux jeunes réalisateurs belges/marocains qui font tout leur possible pour se couler dans le moule de la franchise, en proposant un film à la photographie colorée et saturée, assez stylisée, et qui singe occasionnellement la réalisation de Bay, pour le meilleur et pour le pire.

Car il faut bien avouer que si le tout n'est pas désagréable, et n'est pas forcément honteux, c'est aussi particulièrement sage et cadré : adieu la folie destructrice et décérébrée de Bay, place à un film d'action plus calibré, plus propre, et avec nettement moins de personnalité, qui voit les deux Bad Boys confrontés à leur âge, à leur héritage, et accompagnés d'un groupe de jeunes flics à la pointe de la technologie.

Rien de vraiment mémorable, et un scénario aux accents délibérés de télénovéla, mais ça se regarde tranquillement, à défaut d'atteindre les sommets dégénérés de Bad Boys II (la dernière grosse scène d'action de ce troisième épisode est agréable, cela dit, et plutôt bien filmée).

3.25/6 (et puis quel gâchis d'intituler le troisième épisode de la franchise Bad Boys 4 Life)

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Un film, un jour (ou presque) #1157 : Lady Business (2020)

Publié le 6 Mars 2020 par Lurdo dans Cinéma, Comédie, Critiques éclair, Review, USA

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus. ​​

Lady Business (Like a Boss - 2020) :

Amies d'enfance inséparables, Mel (Rose Byrne) et Mia (Tiffany Haddish) ont fondé leur propre entreprise de cosmétique, une start-up prometteuse aux finances pourtant en difficulté. Lorsque Claire Luna (Salma Hayek), grande patronne de l'industrie cosmétique, s'intéresse à leur business, et leur propose d'investir dans leur entreprise, l'amitié des deux femmes est remise en question par les choix qui se présentent à elles...

Une comédie écrite par deux scénaristes de Ryan Hansen Solves Crimes on Television (Ryan Hansen a apparaît d'ailleurs dans le film), et qui, sous couvert d'être une friend-com (le nouveau terme à la mode pour décrire ces comédies pour femmes décrivant les hauts et les bas de l'amitié indéfectible de deux copines), s'inscrit en fait dans cette mouvance de bad girls movies entamée par Bridesmaids/Mes Meilleures Amies, qui montrent les femmes comme aussi trash, vulgaires, immatures, graveleuses et déglinguées que peuvent l'être les hommes dans les comédies américaines.

Le problème, en fait, c'est que tout comme du côté masculin, l'immense majorité de ces métrages ne vaut pas grand chose, leurs scénaristes se contentant d'accumuler gros mots, références sexuelles, et péripéties bas-de-plafond, tout en laissant les acteurs improviser, en espérant que cela suffise à faire un métrage convaincant.

Ici, c'est exactement le cas, puisque Like a Boss n'a pas le moindre rythme, que son écriture est faible, et que sa réalisation n'est guère plus dynamique. Pour compenser, on a le droit à une Tiffany Haddish en roue libre, à de l'improvisation, et à un défilé de cabotinage, d'humour de stoner, scatologique et/ou scabreux, et de seconds rôles qui font leur numéro, comme Salma Hayek, Billy Porter, Jennifer Coolidge, Jessica St Clair, etc.

L'avantage, c'est que tout ce petit monde est suffisamment professionnel et doué pour que, ponctuellement, un gag ou une réplique décrochent un sourire, et redonnent espoir dans le reste. L'inconvénient, c'est que dès que le moment est passé, on retombe dans une médiocrité particulièrement plate, pas très drôle ou inspirée, voire même assez ringarde (toute la présentation finale du produit, ou encore la conclusion karaoké) et forcée.

Reste l'amitié improbable des deux protagonistes, qui trouvera peut-être un écho, chez les spectatrices. Mais c'est peu, dans l'ensemble.

2/6

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Un film, un jour (ou presque) #1156 : La Chute du Président (2019)

Publié le 5 Mars 2020 par Lurdo dans Action, Cinéma, Critiques éclair, Review, Thriller, Politique, USA

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus. ​​

La Chute du Président (Angel has Fallen - 2019) :

Sur le point de devenir le Directeur des Services Secrets du Président Trumbull (Morgan Freeman), Mike Banning (Gerard Butler) songe à refuser cette promotion, rattrapé par son âge, par la fatigue et par les commotions cérébrales. Mais lorsqu'une tentative d'assassinat élimine tout le Service de sécurité du Président, et laisse ce dernier dans le coma, Mike est accusé. Victime d'un complot et pointé du doigt comme étant un traître à son pays, Banning s'enfuit, bien décidé à trouver le vrai responsable et à venger son honneur...

Je le mentionnais dans ma critique de l'opus précédent : là où La Chute de la Maison Blanche était un film bas de plafond mais joyeusement bourrin et efficace, La Chute de Londres s'avérait un bon cran en-dessous, plus caricatural et moins pêchu.

Ici, on est probablement dans quelque chose d'encore moins nerveux dans l'action, âge oblige : Butler a vieilli, son personnage est fatigué, etc, et tout cela se retrouve dans le film, un film qui a la bonne idée d'avoir, en filigrane, tout un propos sur l'âge, la retraite, le stress post-traumatique, et les conséquences d'une vie de service sur le corps et le mental humains (notamment au travers du personnage du père de Banning, interprété par Nick Nolte).

Une idée qui est probablement la seule bonne idée du métrage, puisque tout le reste du récit s'avère particulièrement téléphoné et générique, au point d'en devenir agaçant : les mystérieux méchants sont évidents dès leur première apparition à l'écran, leurs motivations sont transparentes, les rebondissements du récit sont cousus de fil blanc, tout comme les feintes du scénario (le cliché du montage alterné entre les protagonistes réfugiés dans une pièce sans autre issue qu'une porte, et les méchants qui s'en rapprochent de plus en plus, pour finir par débouler dans une autre pièce qui est vide, il faut arrêter, maintenant), et ce n'est pas la mise en images qui sauvera le film de ces faiblesses.

La réalisation est en effet fonctionnelle, mais décevante (un peu trop de plans serrés, et les poursuites en pleine nuit sont peu lisibles), et les fonds verts approximatifs se multiplient un peu trop dans la dernière partie pour vraiment convaincre.

Dans l'ensemble, donc, si les défauts du film sont un peu différents de ceux de son prédécesseur, le résultat final n'est guère meilleur. C'est spectaculaire, oui, c'est bas du front, oui, c'est bourrin, oui, mais c'est aussi bien trop banal et générique pour mériter une meilleure note (et ce malgré une distribution efficace).

2.5/6

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