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LES TÉLÉPHAGES ANONYMES

Il était une fois Lurdo & Sygbab, deux internautes passionnés de séries tv et de cinéma, et qui cherchaient un endroit où archiver leurs avis (semi) éclairés...

Articles avec #usa catégorie

Un film, un jour (ou presque) #1259 : The Old Guard (2020)

Publié le 22 Juillet 2020 par Lurdo dans Action, Cinéma, Critiques éclair, Fantastique, Review, Thriller, USA, Netflix

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

The Old Guard (2020) :

Lorsqu'elle meurt en mission en Afghanistan, Nile (KiKi Layne) revient à la vie, et découvre qu'elle est immortelle. Bien vite, elle est recrutée par un groupe de guerriers immortels menés par Andy (Charlize Theron), qui tentent de faire le bien depuis l'aube des temps. Mais Steven Merrick (Harry Melling), PDG d'un grand laboratoire pharmaceutique, à des vues sur l'immortalité de ces guerriers...

Grosse sortie Netflix de cet été, The Old Guard a été immédiatement accueilli à grands renforts de louanges par la critique US, trop contente d'avoir là un métrage d'action cochant toutes les cases de la wokeness en vigueur : une réalisatrice afro-américaine, des personnages principaux féminins forts et existant à la fois dans l'action et dans la réflexion, des personnages masculins allant à contre-courant des protagonistes mâles-blancs-hétéros habituels (outre le couple d'immortels gays, les seuls autres personnages masculins de premier plan, dans le film, sont le méchant, Chiwetel Ejiofor qui commence méchant et finit veuf éploré au service des gentils, et un traître), et une sensibilité différente de la norme des films d'action.

Et dans l'absolu, même si tout cela fait un peu liste d'éléments à placer pour avoir l'assentiment des faiseurs d'opinion des réseaux sociaux, pourquoi pas. Si le tout était bien mené, original et dynamique, pourquoi pas.

Le problème, en fait, c'est que The Old Guard, adaptation d'un comic-book de Greg Rucka, est affreusement générique et dérivatif. Toutes les idées du script proviennent d'ailleurs, et l'on a constamment l'impression d'assister à un spin-off bourrin de la franchise Highlander, depuis la sensation étrange que les immortels partagent lorsque "naît" un nouvel immortel, jusqu'aux atermoiements génériques sur les travers de l'immortalité, blablabla, who wants to live forever et compagnie.

Pire : non content d'évoquer constamment un ersatz d'Highlander, les duels à l'épée en moins, The Old Guard ressemble surtout à un pilote de série, en cela qu'il pose énormément d'éléments en vue d'une suite hypothétique (dont la scène de post-générique, télégraphiée au possible), et que sa distribution est atrocement falote. C'est bien simple, Theron exceptée, personne n'a grand charisme dans le casting, et le métrage finit par ressembler à un DTV, avec son méchant surjoué au possible et ses personnages quelconques (un peu le même problème que Michael Bay avait rencontré avec son Six Underground, déjà pour Netflix : un lead charismatique, et autour de lui, le néant).

Bref, c'est ultra-dérivatif (les téléphages penseront aussi à certains aspects de Buffy et d'Angel), prévisible et maladroit, l'illustration musicale est fréquemment hors-sujet (est-ce dû à la sensibilité différente de la réalisatrice ?), et hormis les scènes d'action, effectivement bien menées mais limitées à des fusillades ou à quelques passes d'armes/de combat rapproché, il n'y a pas grand chose à se mettre sous la dent.

C'est quand même désespérant de réaliser que sur un sujet comme l'immortalité, tout ce que Rucka (aussi au scénario du film) trouve à faire, c'est un super-commando militaire gentiment bourrin.

2.5/6

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Et comme toujours, vous pouvez retrouver la liste complète de tous les films passés en revue sur ce blog dans le menu Index de haut de page, ou en cliquant directement sur ce lien (000-1000) et sur celui-ci (1001-2000)...

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Les bilans de Lurdo : Dummy, saison 1 (2020)

Publié le 12 Juillet 2020 par Lurdo dans Biographie, Comédie, Critiques éclair, Fantastique, Drame, Les bilans de Lurdo, Review, Télévision, USA, Quibi

L'une des séries de lancement de la plateforme Quibi, projet de Jeffrey Katzenberg ayant pour but de produire des programmes courts de 7 à 10 minutes à destination des smartphones (avec des épisodes tournés à la fois en mode portrait et en mode paysage, whouhou !) , ce Dummy se veut une comédie semi-autobiographique en 10 x 6-8 minutes, créée par Cody Heller, la compagne de Dan Harmon.

Un projet initialement conçu comme un pilote de série normale, puis comme un long-métrage, avant de finir découpé en tronçons pour Quibi...

Dummy, saison 1 (2020) :

Scénariste névrosée et à la dérive, Cody Heller (Anna Kendrick) vit dans l'ombre de son compagnon, Dan Harmon (Donal Logue), scénariste et producteur génial multi-récompensé. Lorsqu'elle découvre que ce dernier possède une sex-doll dans un placard, toutes les certitudes de Cody sur son couple vacillent. Pire : lorsque Cody commence à discuter avec la poupée, celle-ci lui répond, et devient progressivement la meilleure ennemie de la jeune femme, expression improbable de son subconscient et de ses angoisses...

Honnêtement, difficile de trouver un véritable intérêt dans ce projet gentiment nombriliste, un vanity project qui raconte (de manière romancée et fantastique) sa propre genèse et les névroses de sa créatrice.

Peut-être est-ce dû au format, qui empêche le récit de se développer, et donne l'impression d'un long épisode constamment entrecoupé de coupures pub. Peut-être est-ce la poupée, doublée de manière stridente par Meredith Hagner (dont je ne suis pas le plus grand fan) et animée de manière très sommaire. Peut-être est-ce l'illustration musical synth-wave ; le côté méta/auto-biographique pseudo-féministe qui tente de dénoncer des choses (le running gag des agents victimes de #metoo, le renvoi constant au fait que l'héroïne est "la petite-ami de Dan Harmon, qui est génial", la discussion sur le test de Bechdel, etc) tout en les exploitant constamment (Harmon y est omniprésent, ses œuvres et ses acteurs aussi, et la série a clairement vu le jour grâce à son nom) ; le passage assez glauque durant lequel Cody tente d'organiser un plan cul à la poupée avec un jeune voisin de 14 ans (ça se veut provoquant, caustique et drôle, c'est seulement malsain) ; l'auto-apitoiement constant dont Heller fait preuve au travers du personnage de la poupée, représentation et expression de ses névroses, qui passe la moitié de la saison à insulter et à manipuler la scénariste...

Ou bien est-ce tout simplement un mélange de tout cela, et le ton nonchalant, qui font que je n'ai pas vraiment accroché à ce qui n'est, en fin de compte, guère plus qu'un moyen, pour Heller, de faire sa psychothérapie à moindre frais, et de confronter ses failles et ses inquiétudes.

Kendrick y met pourtant de l'énergie et du sien, mais dans l'ensemble, ça ne décolle pas vraiment.

(je me demande aussi si les ressemblances avec Wilfred, série sur laquelle Cody Heller a travaillé, ainsi que le mauvais souvenir que je garde de la série Deadbeat, créée et écrite par Heller, n'ont pas joué en défaveur du programme)

Mwébof, en somme.

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Les bilans de Lurdo : Miracle Workers, saison 2 (2020)

Publié le 11 Juillet 2020 par Lurdo dans Les bilans de Lurdo, Religion, Review, Romance, Sitcom, Critiques éclair, Comédie, Télévision, Histoire, USA, Anthologie, TBS

La première saison de Miracle Workers, diffusée en 2019 et chroniquée il y a peu en ces pages, portait sur le quotidien d'un Dieu désabusé et fainéant (Steve Buscemi) et de ses anges responsables des petits miracles du quotidien (Daniel Radcliffe et Géraldine Viswanathan) ; deux anges qui, bien décidés à empêcher Dieu de détruire la Terre, faisaient tout pour unir un couple d'humains (John Bass, Sasha Compère) et prouver ainsi au Tout-puissant qu'il restait un peu d'espoir en ce bas-monde.

Une première cuvée un peu anecdotique (7 épisodes à peine), produite par Lorne Michaels du SNL, et moins rusée et intelligente que ce que l'on pouvait espérer sur la base de son pitch (ce n'est pas The Good Place, en somme).

Miracle Workers, saison 2 (2020) :

Au Moyen-Âge, les destins croisés d'Alexandra Shitshoveler (Geraldine Viswanathan), jeune femme intelligente, inventive et progressiste rêvant d'échapper à la vie de ramasseuse de défections que son père (Steve Buscemi) a prévu pour elle, et de Chauncley (Daniel Radcliffe), Prince du royaume local, qui n'a rien en commun avec son père, le terrifiant Roi Cragnoor (Peter Serafinowicz)...

Et pour cette saison 2, on prend les mêmes... et on fait quelque chose de totalement différent. Car apparemment, Miracle Workers a toujours été conçue comme une anthologie à la American Horror Story, à savoir des saisons sans aucun rapport, mais partageant une même distribution.

Là, cette saison 2 adapte à nouveau une nouvelle de Simon Rich, et envoie (presque) tous ses personnages au Moyen-Âge, pour un récit dont l'essentiel de l'humour repose sur le contraste entre l'univers primitif dans lequel évoluent les personnages, et leurs dialogues et attitudes parfois modernes et décalés.

On a ainsi un crieur local présenté face caméra comme un présentateur de journal, des nonnes (dont Lolly Adefope, de la saison 1) qui gèrent leur religion comme une méga-corporation, l'immigration incontrôlable de druides, un "gang" de Joyeux Compagnons, une vieille folle qui fait office de téléviseur, une convention avec présentation de nouvelle technologie façon Apple ("le trou dans le sol" !), le Thanksgiving local avec réunion familiale qui dégénère à cause de différends politiques, etc, etc.

Et à ma grande surprise, le tout fonctionne plutôt bien. Mieux, à mes yeux, que la saison 1, au concept plus ambitieux, mais au résultat finalement décevant.

Dans cette saison 2, malgré des ambitions revues à la baisse - les thèmes ici abordés sont assez classiques : le besoin d'épanouissement, le désir d'émancipation, le refus du status-quo, le poids des attentes d'autrui, etc -, les personnages deviennent rapidement nettement plus attachants que ces anges et créatures célestes de la s1.

La relation de Chauncley et d'Alex, notamment, toujours aussi chargée en romance impossible, fonctionne nettement mieux, avec une évolution plus naturelle et plausible. Et puis il y a la mise en images : c'est paradoxal à dire, mais ce petit village médiéval, son quotidien poisseux, les costumes et compagnie, tout cela est assez crédible à l'écran. Bien plus que nombre de séries américaines en costumes, en fait.

Alors certes, en tant que telle, la série n'a plus rien à voir avec son titre d'origine, et l'on se dit qu'il aurait peut-être fallu trouver un autre titre plus global à la saison 1, quitte à la sous-titrer Miracle Workers.

Mais dans l'ensemble, avec ses dix épisodes, MW saison 2 s'avère une bonne surprise. Moins précipitée que la saison 1, ses personnages ont le temps d'exister et le spectateur de s'y attacher, et le tout finit par être plus satisfaisant que le concept ambitieux de la saison 1, qui finissait par passer au second plan de la romance.

Malgré des audiences stables, une saison 3 n'a pas encore été annoncée au moment où j'écris ces lignes : si la série ne revient pas, elle se sera au moins terminée sur une note très sympathique.

(et mention spéciale à Daniel Radcliffe, excellent en Prince couard et névrosé)

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Les bilans de Lurdo : Le show de Big Show, saison 1 (2020)

Publié le 5 Juillet 2020 par Lurdo dans Biographie, Comédie, Critiques éclair, Jeunesse, Les bilans de Lurdo, Netflix, Review, Sitcom, Sport, Télévision, USA, WWE, Catch

Sitcom Netflix en 8 x 25 minutes environ, coproduite par la WWE, et confiée à deux showrunners ayant travaillé sur Happy Endings et LA to Vegas, The Big Show Show se veut un programme ultra-calibré et rétro, aux rires enregistrés et aux décors de studio, comme on en trouve encore sur CBS et ailleurs...

Le show de Big Show, saison 1 (The Big Show Show, season 1 - 2020) :

Désormais retraité de sa carrière de catcheur, le Big Show découvre les joies de la vie de père famille, auprès de sa femme Cassy (Allison Munn), qui travaille dans l'immobilier, et de ses trois filles, Lola (Reylynn Caster), adolescente issue d'un premier mariage, Mandy (Lily Brooks O'Briant), studieuse et ambitieuse, et JJ (Juliet Donenfeld), précoce, géniale, mais très turbulente.

Et il est là, le problème : TBSS n'est rien de plus qu'une énième sitcom familiale de studio sans grand budget ni grande originalité, et surtout, bourrée de clichés et d'interprétation approximative.

Pourtant, je sais ne pas me montrer trop exigeant avec mes sitcoms, pour peu que la distribution soit charismatique ou talentueuse (je regarde toujours Fuller House, après tout). Mais là, le produit fini est trop inégal pour être convaincant.

À commencer par l'interprétation. Si Reylynn Caster est compétente, si Jaleel White (Steve Urkel) compose un personnage excentrique et magouilleur, et si Allison Munn s'avère la MVP de la série, dynamique, excentrique et juste, les deux autres fillettes sont assez brutes de décoffrage : occasionnellement un peu trop en mode récitation, occasionnellement en surjeu, occasionnellement à prendre des poses et des mimiques forcées dignes des années 80, on sent qu'elles débutent plus ou moins, et qu'elles s'amélioreront avec l'expérience.

Cela dit, elles n'ont pas la chance d'incarner autre chose que des clichés de sitcoms, à savoir la jeune adolescente prête à tout pour être présidente de sa classe, et la fillette précoce et surdouée (Max de Fuller House, en somme), qui fait constamment des bêtises et échafaude des plans toujours plus improbables (là aussi, un personnage habituel des sitcoms, notamment du côté de chez Disney et Nickelodeon).

Les actrices y mettent de l'énergie, mais ça n'aboutit donc pas toujours, et leurs sous-intrigues sont des plus clichées. Et il en va un peu de même avec Show : on sent que les épisodes ont été filmés dans le désordre, et qu'il s'est habitué au format sitcom au fur et à mesure de la saison, car à l'instar des fillettes, Show est très inégal. Dans certains épisodes, il s'avère plutôt naturel et à l'aise ; dans d'autres, il est raide, récitatif, et son jeu est caricatural. Heureusement, le bonhomme possède toujours un capital sympathie certain, même si au niveau de la forme physique, ce n'est plus tout à fait ça (l'âge et les blessures ont fait leur office).

Après, il n'y a vraiment pas grand chose à dire de plus sur ce programme : diffusé en plein confinement généralisé, le show n'a pas d'autre ambition que de vider l'esprit par tranches de 25 minutes de gags éventés et de bons sentiments.

Il n'a pas d'intrigue de fond (forcément), si ce n'est, vaguement, les problèmes rencontrés par la mère dans la vente d'une maison supposément hantée, et le rapprochement de Show avec sa fille aînée ; son écriture est assez faiblarde, avec notamment une tendance à finir les épisodes sur un gag ou une réplique trop plats pour être efficaces ; les quelques caméos sont peu mémorables - un présentateur de Queer Eye, le trio Mark Henry/Rikishi/Mick Foley, qui jouent mal - ; et le show présente la WWE comme un véritable sport de combat...

Bref, c'est vite regardé, vite oublié, et s'il ne fallait pas non plus s'attendre à grand chose de plus, on peut regretter tout de même que le tout ne soit pas plus intéressant à suivre.

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Les bilans de Lurdo : Miracle Workers, saison 1 (2019)

Publié le 5 Juillet 2020 par Lurdo dans Les bilans de Lurdo, Religion, Review, Romance, Sitcom, Comédie, Critiques éclair, Fantastique, Science-Fiction, Télévision, USA, Anthologie, TBS

À l'occasion de la diffusion, à partir de janvier dernier, de la seconde saison de cette sitcom "céleste" adaptée des idées de Simon Rich (déjà créateur de la série décalée Man Seeking Woman), retour sur la première année de ces Miracle Workers, une année composée de 7 épisodes d'une vingtaine de minutes, constituant une sorte de compte à rebours de deux semaines avant la destruction de la Terre...

Miracle Workers, saison 1 (2019) :

Après des millénaires, Dieu (Steve Buscemi) en a assez. Décidé à chambouler un peu les choses, il a prévu de détruire la Terre, pour mettre fin à toute souffrance et se consacrer à un nouveau projet : un restaurant. Pour l'en empêcher, Craig (Daniel Radcliffe) et Eliza (Géraldine Viswanathan), deux employés du département "Prières exaucées" décident de jouer le tout pour le tout, et obtiennent un délai de deux semaines. S'ils parviennent à unir un couple (John Bass, Sasha Compère) cherchant l'âme sœur, la Terre sera sauvée ; dans le cas contraire, adieu l'humanité...

Une série reposant entièrement sur le concept d'action et de réaction, d'actes et de conséquences, de son générique d'ouverture (une machine à la Rube Goldberg, sur fond de plagiat de Ecstasy of Gold) aux actions de ses protagonistes, qui tentent d'influencer le destin et d'exaucer les souhaits des humains en intervenant à un niveau microscopique, et en appliquant le concept de l'effet papillon.

S'il est une chose que l'on ne peut retirer à cette série, c'est son dynamisme : 7x20 minutes, ça fait à peine un film de deux heures, et le rythme imposé par ce format permet à cette première saison de rester constamment sympathique, aidée par son duo de tête très agréable (Radcliffe est notamment excellent, bien que sous-exploité).

Et heureusement, puisqu'il faut bien avouer qu'il manque quelque chose à cette première saison pour être particulièrement mémorable. La vision du paradis comme une bureaucratie bancale est assez dérivative (et évoque forcément un peu The Good Place ou encore Dead Like Me), le tout manque un peu de folie, et Buscemi, en dieu stoner slacker glandeur analphabète désabusé, est amusant, mais tourne un peu en rond (on peut se demander ce qu'aurait fait Owen Wilson de ce rôle, dans lequel il était initialement casté).

Et puis il faut dire que très rapidement, la série s'installe dans un cadre de sitcom romantique, dont elle ne sort pas assez : un cadre qui repose essentiellement sur le couple Bass/Compère, pas forcément le plus attachant du lot, et manquant un peu d'alchimie (les scénaristes tentent bien d'établir un parallèle avec le semblant de rapprochement et de shipping entre Craig et Eliza, mais c'est tellement survolé que ça ne convainc jamais)

Ponctuellement, pourtant, le show fait preuve d'une fantaisie amusante : la recherche d'un nouveau prophète (Tim Meadows) façon Tinder, ou encore la visite de Dieu dans sa famille (Margaret Cho, Chris Parnell, Tituss Burgess...) afin qu'elle investisse dans son projet de restaurant... Et la manière dont l'équipe des Prières exaucées se complète, progressivement, de Sanjay (Karan Soni), le bras droit de Dieu, de Rosie (Lolly Adefope), la secrétaire de Dieu, et enfin de Dieu lui-même, et de tout le Paradis, est plutôt agréable à suivre.

Mais dans l'ensemble, le show reste anecdotique. C'est dommage : trop sage, trop classique, moins malin et original qu'elle ne pense l'être, la saison 1 de la série se regarde facilement, mais ne laisse pas beaucoup de traces dans la mémoire. Reste que les bases sont posées, et qu'il faut désormais voir dans quelle direction tout cela va évoluer en seconde année.

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Les bilans de Lurdo : Space Force, saison 1 (2020)

Publié le 4 Juillet 2020 par Lurdo dans Comédie, Critiques éclair, Drame, Les bilans de Lurdo, Netflix, Review, Science-Fiction, Sitcom, Télévision, USA

Retrouvailles de Steve Carell avec Greg Daniels, l'un des deux producteurs/showrunners/scénaristes de The Office et de Parks & Recreation, pour ce qui est le deuxième nouveau programme de Daniels en 2020, après le mitigé Upload.

Un programme en 10 x 30 minutes, conçu pour Netflix, et qui adopte, pour postulat de départ, la création par le Président des États-Unis de la Space Force, une branche des forces armées sensée protéger l'espace américain...

Space Force, saison 1 (2020) :

Ancien pilote à la carrière exemplaire, le général Mark Naird (Steve Carell) rêve de diriger l'Air Force, mais reçoit, à la place, le commandement de la Space Force, fraîchement créée. Avec sa fille Erin (Diana Silvers), il part donc s'installer dans le Colorado, où se trouve la base de la Space Force et, aux côtés de scientifiques menés par le Dr. Mallory (John Malkovich), il va alors tenter de remettre sur pieds le programme spatial américain, afin de prendre de vitesse les Russes et les Chinois...

Une série satirique plus proche d'un Veep que d'un Office ou d'un Parks & Rec dans la forme comme dans le ton, Space Force est à cheval entre comédie et drame. Et, un peu comme Upload, le mélange des tons est un peu trop bancal pour son propre bien.

En s'essayant à la satire façon Docteur Folamour, Daniels semble ne pas vraiment savoir dans quelle direction vraiment forcer le trait, et se retrouve ainsi parfois le postérieur entre plusieurs chaises : ici, la série se veut une workplace comedy dans le milieu de la conquête spatiale. Là, quelque chose de plus sérieux sur un militaire rigide et distant, qui tente de se reconstruire avec sa fille, et sans sa femme (une Lisa Kudrow qui passe la saison emprisonnée pour un acte mystérieux dont on ne saura rien).

Ailleurs, on est dans une parodie grotesque et outrancière, où Naird devient un abruti fini.  Ailleurs encore, une comédie romantique dans laquelle Carell flirte avec Jessica St. Clair. Sans oublier les moments de satire politique sur l'administration Trump et sur les membres du Congrès, une satire trop superficielle, peu inspirée et qui semble avoir été ajoutée sans grande motivation.

En fait, c'est bien simple, j'ai fréquemment eu l'impression que Space Force était une série sous-développée. Ce ne serait pas forcément une surprise, compte tenu des conditions très particulières de la genèse du programme (et son tournage achevé mi-janvier - ce qui, pandémie oblige, n'a pas laissé beaucoup de temps pour la post-production et pour d'éventuels reshoots), mais il semble toujours manquer un ingrédient ou deux pour que la mayonnaise prenne vraiment.

À l'image de la caractérisation de Naird, qui, en fonction des épisodes et des scénaristes, passe de soldat psycho-rigide hanté par son stress post-traumatique et dépassé par la situation dans laquelle il se retrouve, à bouffon balbutiant qui donne des ordres à un chimpanzé cosmonaute comme si ce dernier le comprenait.

À l'image de Ben Schwartz, qui nous refait Jean Ralphio.

À l'image de cette réalisation constamment en légère contre-plongée et en plans serrés, pour accentuer inutilement le grotesque des situations et des personnages.

À l'image aussi de tout ce qui tourne autour du personnage d'Erin, adolescente en crise assez clichée, parvenant à être ponctuellement intéressante au travers de son amitié avec la pilote Angela Ali (Tawny Newsome, probablement le personnage le plus attachant de la saison), mais perdant rapidement tout intérêt lorsqu'elle décide de se rebeller et de suivre des inconnus (une sous-intrigue forcée au possible, uniquement là pour que son père ait droit à un moment héroïque) ou de sortir avec un espion russe.

On peut aussi s'interroger sur toute la fin de saison, avec les Chinois érigés en grands méchants manipulateurs caricaturaux au possible, et les Américains stupides qui vont démonter la base lunaire chinoise avec des clés à molette... la plausibilité et la temporalité de la saison sont ainsi joyeusement capillotractées, et cela se fait au détriment des relations des personnages et de leur évolution.

Pourtant, il y a là de bons moments, comme cet épisode improbable dans une simulation de l'habitat lunaire, lorsque Naird revit son PTSD et finit par trouver là un moyen de sympathiser avec ses collègues. L'épisode du singe dans l'espace, le plus ouvertement comique et parodique du lot (peut-être même trop, d'ailleurs, en comparaison du reste), est amusant. Ou encore toute la montée en puissance de la fin de saison, ambitieuse à défaut d'être totalement maîtrisée.

Mais dans l'ensemble, encore une fois, Space Force semble inaboutie, comme s'il manquait quelques mois de développement des personnages et de la série pour que le tout soit vraiment convaincant, drôle et à la hauteur de ses ambitions (et de son budget).

Ce n'est pas mauvais (le duo Carell/Malkovich fonctionne très bien), mais ça pourrait (et ça aurait dû) être meilleur. Peut-être en saison 2 ?

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Un film, un jour (ou presque) #1242 : Lego DC Shazam - Magie et monstres (2020)

Publié le 3 Juillet 2020 par Lurdo dans Action, Animation, Aventure, Cinéma, Comédie, Critiques éclair, Fantastique, Jeunesse, DC, Review, Science-Fiction, USA, Lego

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Lego DC Shazam : Magie et monstres (Lego DC Shazam : Magic and Monsters - 2020) :

Il y a un nouveau héros en ville : Shazam (Sean Astin), alter-égo surpuissant de Billy Batson (Zach Callison), un jeune orphelin au grand cœur. La Justice League est ravie de faire sa connaissance, même si Batman (Troy Baker) se méfie toujours... mais dans l'ombre, Mr. Mind (Jonny Rees), un ver extraterrestre, contrôle la Monster Society of Evil, composée de divers méchants, qui tous servent un mystérieux maître désincarné (Imari Williams)...

Suite logique du précédent Logo DC (Batman - Family Matters, dont on continue ici la thématique de la famille), Shazam débarque donc dans le Legoverse de DC... et si le résultat n'est pas désagréable, il est un peu mitigé pour moi.

Le souci, en fait, c'est qu'il tente de multiples choses, comme autant d'embryons d'idées de métrage plus long et plus homogène, ce qui donne un côté un peu patchwork au tout : d'un côté, on a l'origin story de Shazam, en flashbacks ; de l'autre, ses premiers exploits et sa rencontre avec la Justice League ; à côté, on a les manigances de Mr. Mind et de la Monster Society ; puis on a la Justice League transformée en pré-adolescents, dans des mini-véhicules ; puis on a le retour de Black Adam (uniquement dans les dix dernières minutes) qui oblige Shazam à partager ses pouvoirs... avec la League ; puis Billy qui retrouve sa sœur Mary... et on a même Lobo en post-crédits.

Ça part un peu dans tous les sens, et c'est un peu brinquebalant (comme Family Matters, qui avait le même scénariste), avec un ton fluctuant entre sérieux et one-liners ridicules, une écriture de Superman/Lois/Clark/Perry White tout droit sortie des Superman de Donner (avec en prime un Superman débitant constamment des proverbes de paysan), un Batman enfant qui est, tout simplement, une version miniature du Batman de Will Arnett, et des héros et des méchants qui échafaudent des plans peu convaincants pour parvenir à leurs fins.

Alors encore une fois, c'est loin d'être désastreux, et ça plaira aux plus jeunes, mais entre son origin story redondante, et cette écriture laborieuse, je n'ai pas trouvé ça excessivement convaincant.

3/6

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Un film, un jour (ou presque) #1240 : Les Baronnes (2019)

Publié le 1 Juillet 2020 par Lurdo dans Cinéma, Critiques éclair, Drame, Histoire, Review, Policier, Thriller, USA

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Les Baronnes (The Kitchen - 2019) :

Lorsque leurs compagnons respectifs, membres de la pègre irlandaise, sont arrêtés, trois new-yorkaises décident de prendre les choses en mains, et de poursuivre les affaires de leurs époux : Kathy (Melissa McCarthy), qui voit là l'occasion d'aider la communauté, Ruby (Tiffany Haddish), qui a épousé l'héritier de cet empire du crime, et Claire (Elisabeth Moss), battue par son époux. Mais rapidement, elles se retrouvent dans une situation difficile, prises entre rivalités internes, ambitions démesurées, autorités pressantes et influences extérieures...

Un crime movie adapté d'un comic-book DC/Vertigo et réalisé/écrit par Andrea Berloff (déjà à l'origine de l'écriture de World Trade Center et de Straight Outta Compton, et dont c'est là la première réalisation).

Au programme, un polar en costumes 70s, avec des actrices comiques utilisées à contre-emploi, pour un propos girl-power malheureusement pas très subtil (en même temps, le ton est donné dès l'ouverture du film sur "It's a Men's World"), pas très inspiré (le film semble involontairement tiraillé entre son propos pro-femme et les actes criminels dont ses personnages sont coupables, et ne semble pas en avoir vraiment conscience, comme s'il voulait que le spectateur trouve ces femmes fortes, braves et héroïques alors qu'elles tuent, démembrent et exécutent), et tout simplement pas très intéressant ou crédible (la relation sanguinaire de Moss et de Dohmnall Gleeson n'est pas convaincante du tout).

C'est bien interprété, et la reconstitution 70s est efficace (bien que très hollywoodienne), mais dans l'absolu, ce n'est tout simplement pas très original, surprenant ou intéressant, et une main plus affirmée aurait probablement été la bienvenue.

2.5/6

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Un film, un jour (ou presque) #1239 : Drew - The Man Behind the Poster (2013)

Publié le 30 Juin 2020 par Lurdo dans Biographie, Cinéma, Critiques éclair, Documentaire, Review, USA

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Drew - The Man Behind the Poster (2013) :

Un documentaire entièrement consacré à Drew Struzan, fameux artiste derrière la majorité des affiches de film iconiques des années 80, de Star Wars à Indiana Jones, en passant par Retour vers le Futur et Police Academy.

Un documentaire très complet, qui relate toute la carrière et la vie du peintre : son couple, ses débuts dans le pauvreté, son travail publicitaire, ses pochettes d'album (Alice Cooper, etc), ses premières affiches, ses déconvenues avec des managers peu scrupuleux, son statut culte, ses problèmes avec l'industrie cinématographique actuelle...

Bref, de quoi occuper la centaine de minutes du métrage, un métrage illustré de toutes les œuvres du maître.

Alors certes, le documentaire a une certaine tendance aux louanges effusives, avec des témoignages admiratifs de beaucoup de professionnels de l'industrie (Lucas, Spielberg, Guillermo Del Toro, Thomas Jane, Frank Darabont, Michael J. Fox, Steve Guttenberg, Sam Witwer, et même Harrison Ford) que l'on sent fans absolus plus qu'avis objectifs sur l'influence de Struzan sur l'industrie et sur leurs rapports avec lui. Et il faut être cinéphile (ou du moins, s'intéresser un minimum au milieu) pour vraiment être passionné par un tel documentaire.

Cependant, en ce qui me concerne, j'en suis ressorti satisfait, et ravi d'avoir découvert certaines des affiches les moins connues de Struzan qui reste, quoi qu'on en dise, l'une des figures emblématiques de sa discipline.

4/6

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Les bilans de Lurdo : Upload, saison 1 (2020)

Publié le 27 Juin 2020 par Lurdo dans Comédie, Critiques éclair, Drame, Les bilans de Lurdo, Religion, Review, Romance, Science-Fiction, Sitcom, Télévision, USA, Amazon

Série en 10 x 25-30 minutes de Greg Daniels, l'une des deux têtes pensantes de The Office et de Parks & Recreation (avec Michael Schur parti créer The Good Place), ce programme diffusé sur Amazon Prime se propose de nous présenter un futur proche, dans lequel la mort n'est plus qu'un transfert de conscience vers un monde virtuel géré par des entreprises privées...

Upload, saison 1 (2020) :

Dans un monde où, moyennant finances, la conscience des mourants peut être transférée dans un univers virtuel pour y mener une seconde vie, Nathan (Robbie Amell), arrive à Lakeview, une résidence virtuelle de luxe, après avoir trouvé la mort dans un accident impossible. Là, il s'attache rapidement à Nora (Andy Allo), son "ange-gardien" - la responsable clientèle en charge de son dossier dans le monde réel - et le duo va commencer à se rapprocher, malgré les interdits et malgré les souvenirs manquants de Nathan, qui semblent cacher une mort suspecte...

Une satire SF un peu étrange, en cela qu'elle semble souvent être au carrefour de plusieurs autres séries déjà existantes, tentant d'en mêler les thématiques et les approches pour former un tout cohérent, sans jamais y parvenir de manière totalement satisfaisante.

De The Good Place, on a tout un propos sur la mort, l'après-vie, le changement et la rédemption, ainsi qu'une romance entre l'un des protagonistes et son assistante virtuelle. De The Office, on a la comédie de bureau et la relation "impossible", pleine de regards alanguis, entre les deux personnages principaux. De Weird City, l'anthologie d'anticipation de Peele, on a l'opposition des classes face à la technologie et le futur proche hypra-connecté, ainsi que le ton global du programme.

On pourrait aussi citer Altered Carbon, avec laquelle Upload flirte brièvement (le temps d'un caméo explosif de Creed Bratton), ou encore tout le côté enquête et conspiration technologique, premier degré, et qui prend de plus en plus de place au fil de la saison... et puis bien sûr, Black Mirror, et en particulier son épisode San Junipero, qui traitait d'une histoire d'amour improbable dans un au-delà virtuel.

Attention : je ne dis pas que Upload manque d'idées. Au contraire, même, la série déborde d'idées plus ou moins improbables et décalées, qui sont mises en image de manière convaincante et amusante. Malheureusement (et malgré le fait que le projet soit en gestation dans l'esprit de Daniels depuis les années 90), le tout paraît trop souvent dérivatif et familier.

Pris épisode par épisode, ce n'est pas trop gênant, principalement parce que la distribution est attachante et sympathique (Andy Allo, l'ex-guitariste de Prince, est une excellente découverte), avec de nombreux visages familiers dans les seconds rôles (Kevin Bigley, William B. Davis, Teryl Rothery, Chris Williams, Chloe Coleman...), et que le format du tout est suffisamment maîtrisé pour que l'on ne s'ennuie pas.

Mais dans sa globalité, les différents angles de la série se parasitent gentiment, l'enquête sur la conspiration n'ayant vraiment qu'un intérêt très limité, et certains personnages finissant par être assez lassants (je pense notamment à Ingrid, trop souvent une caricature insupportable, ou encore Aleesha, la collègue de Nora, jamais particulièrement intéressante ou drôle).

Dans l'ensemble, Upload se regarde sans problème : Greg Daniels est un professionnel qui maîtrise bien son domaine, et il sait généralement comment y faire pour impliquer le spectateur dans ses séries. Cependant, il manque tout de même quelque chose pour parvenir à véritablement imposer une identité propre à cet Upload, dont la triple orientation de comédie romantique, de satire d'anticipation et de techno-thriller est trop déséquilibrée pour vraiment convaincre.

À voir si la saison 2 parviendra à une meilleure harmonie tonale, ou, au contraire, continuera dans une direction trop sérieuse et dramatique pour son propre bien.

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Un film, un jour (ou presque) #1237 : Never Surrender - A Galaxy Quest Documentary (2019)

Publié le 26 Juin 2020 par Lurdo dans Action, Cinéma, Comédie, Critiques éclair, Documentaire, Review, Science-Fiction, USA

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Never Surrender - A Galaxy Quest Documentary (2019) :

Comme son nom l'indique, un documentaire de 90 minutes environ sur le film Galaxy Quest, sa place dans le cœur des fans de genre, sa genèse, et tout et tout, au travers d'images d'archive et d'interviews de la majorité des acteurs, producteurs, scénaristes et créatifs à l'origine du métrage, ainsi que de quelques visages familiers du petit et du grand écran - Wil Wheaton, Paul Scheer, Greg Berlanti, Damon Lindelof...

Alors certes, par moments, le film menace brièvement de sombrer dans l'auto-congratulation de fans trop contents d'avoir un film célébrant la culture nerd et les conventions, à une époque où ce n'était pas encore devenu la norme de la plupart des projets hollywoodiens (on nous le répète assez souvent : les nerds ont pris le pouvoir... pour le meilleur et pour le pire).

Et quelque part, on ne peut s'empêcher de se demander, çà ou là, si l'affection démesurée éprouvée par le fandom pour ce film (souvent qualifié par ses fans de meilleur film Star Trek de tous les temps) n'est pas, en réalité, de l'affection pour ce qui a su flatter cette fanbase dans le sens du poil, et concrétiser à l'écran ce qui est le rêve de nombreux fans : être contacté par son personnage de fiction préféré, être embarqué dans une de ses aventures, et être la personne la plus importante de cet univers, le temps de quelques péripéties...

Et certes, le documentaire mentionne Star Trek comme influence principale, mais s'efforce consciencieusement de ne jamais citer les Three Amigos de John Landis (et autres variations sur le même thème) comme inspiration directe du récit de Galaxy Quest.

Mais dans l'ensemble, et malgré un mixage sonore un peu inégal, le documentaire est plutôt agréable à suivre, assez instructif (notamment sur toute la période durant laquelle Harold Ramis devait réaliser le tout, et quels acteurs il avait en tête), et l'émotion pointe même le bout de son nez quand tout le monde évoque le projet de série pour Amazon, tombé à l'eau suite à la mort d'Alan Rickman.

4.25/6

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Un film, un jour (ou presque) #1236 : DC Showcase 2020 (2020)

Publié le 25 Juin 2020 par Lurdo dans Action, Animation, Aventure, Cinéma, Critiques éclair, Fantastique, Horreur, Review, Science-Fiction, USA, DC, Anthologie

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus. ​​

DC Showcase 2020 (2020) :

Retour de l'anthologie made in DC Animation, qui avait déjà donné lieu à Superman/Shazam, et qui se consacre, sous la forme de courts-métrages de 15 minutes environ, aux personnages plus obscurs de l'univers DC Comics. À commencer par...

- DC Showcase - Adam Strange : Sur une colonie minière lointaine, les habitants sont attaqués par une race insectoïde sortie de terre. Seul Adam Strange (Charlie Weber) peut les en empêcher, malgré le drame qui l'a plongé dans l'alcoolisme et le désespoir...

Ambiance pure SF pour un récit en flashbacks assez convenu, qui a le problème de ne pas en expliquer assez sur Adam Strange (Qu'est-ce que les rayons zéta ? Pourquoi est-ce que Strange leur est assujetti comme Sam Beckett aux sauts quantiques, ou les Sliders à leur minuteur ? Et pourquoi les Thanagariens sont-ils responsables de la tragédie ayant touché sa famille ?), et de miser principalement sur un protagoniste réticent et noyant ses problèmes dans l'alcool.

Pas forcément rédhibitoire, mais pas non plus totalement probant : ça parlera clairement plus aux fans du personnage, déjà familiers avec son coin de l'univers DC.

- DC Showcase - The Phantom Stranger : Le Phantom Stranger (Peter Serafinovicz) suit le destin d'une jeune femme qui, dans les années 60, rejoint un groupe de hippies pour une fête avec Seth (Michael Rosenbaum), un homme aux pouvoirs étranges vivant dans une demeure en ruines...

Bruce Timm aux commandes de ce court-métrage à l'esthétique Batman : TAS/Superman : TAS, ce qui fait vraiment plaisir : les traits sont épurés, c'est coloré, c'est mémorable, et le tout se marie justement très bien à cette période 60s, frôlant parfois une esthétique Scooby-Doo de l'époque (le montage psychédélique ^^)... en beaucoup plus sombre.

Vraiment beaucoup aimé ce segment avec son introduction façon Rod Serling, et son style très prononcé.

- DC Showcase - Sgt. Rock : Le Sgt. Rock (Karl Urban) est placé à la tête d'un commando de créatures surnaturelles pour une mission au fin fond de l'Allemagne, dans un vieux château où les Nazis tentent de lever une armée de cadavres...

Alors là, malgré Bruce Timm à la réalisation, j'ai trouvé ça vraiment plat et générique. Visuellement, ça aurait mérité d'être plus nerveux et dynamique, notamment lors des scènes de guerre, et d'avoir un style, tout simplement : là, on a l'impression que ce Sgt. Rock a été fait avec des bouts de ficelle, avec les restes du budget des trois autres courts, ce qui se traduit par une animation assez médiocre, un Sgt. Rock ultra-générique, et des monstres à la direction artistique assez quelconque.

Pas très convaincant, donc.

- DC Showcase - Death : Vincent (Leonardo Nam), un artiste tourmenté, croise le chemin d'une jeune femme mystérieuse (Jamie Chung), qui l'aide à faire la paix avec ses démons intérieurs...

Court-métrage chapeauté par Sam Liu, et qui adopte donc le style anime/New 52 des longs-métrages du DCAMU, ce qui, je l'avoue, m'a un peu rebuté. C'est dommage, parce que ce récit à l'ambiance très mélancolique et pluvieuse est plutôt réussi, avec une illustration musicale qui joue pour beaucoup dans l'atmosphère générale.

Après, ça reste très prévisible, et le tableau final aurait mieux fait de rester invisible à l'écran, car pour le coup, ce portrait de la Mort signé Jae Lee est assez quelconque, voire moche.

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Les bilans de Lurdo : La Fête à la Maison, 20 ans après - saison 5, suite et fin (2019)

Publié le 20 Juin 2020 par Lurdo dans Comédie, Critiques éclair, Les bilans de Lurdo, Netflix, Review, Sitcom, Romance, Télévision, USA

Pour son ultime saison sur Netflix, Fuller House n'avait pas forcément commencé sous les meilleurs auspices : sortie en décembre dernier, la première moitié de cette saison rallongée pour atteindre les 18 épisodes donnait ainsi l'impression d'un show faisant du surplace, et ne sachant plus trop quoi raconter.

Du moins, si l'on excepte les préparatifs du triple mariage des sœurs Tanner et de Kimmy, un triple mariage pas forcément des plus intéressants, et qui devrait constituer l'essentiel de cette demi-saison à venir...

La Fête à la Maison, 20 ans après - saison 5, suite et fin (Fuller House, season 5.2 - 2020) :

DJ (Candace Cameron Bure), Stephanie (Jodie Sweetin) et Kimmy (Andrea Barber) n'ont plus quelques mois pour préparer leur triple mariage...

Un véritable paradoxe que cette ultime demi-saison de la sitcom Netflix, puisque après une première partie prenant largement son temps, et amenant divers nouveaux éléments à l'utilité discutable (la carrière musicale de Steph avec Lisa Loeb, l'achat de la sandwicherie, le petit-ami de Ramona), cette dernière fournée d'épisodes connaît le problème inverse : elle oublie presque totalement tous ces éléments (la tournée de Steph avec Loeb se déroule hors-champ, entre deux épisodes, et n'est quasiment pas mentionnée - ni n'a la moindre incidence sur la vie de la jeune femme et sur son couple ; la sandwicherie apparaît dans deux scènes et demi, et n'est quasiment pas mentionnée ; le petit-ami de Ramona apparaît dans un épisode ou deux, sans rien apporter) et semble paniquer au dernier moment, incapable de gérer à l'écran tout ce qu'elle a amené comme nouveaux éléments.

Systématiquement, on a ainsi l'impression que Fuller House trébuche, prise de court par cette fin de série pourtant annoncée : divers développements, comme Jackson qui se découvre une vocation pour la comédie musicale, font l'objet d'un demi-épisode, et se déroulent ensuite totalement hors-champ (alors qu'autrefois, la série aurait probablement consacré un épisode entier au spectacle, d'autant que deux des enfants de la famille y participent) ; il y a un semblant de sous-intrigue sur l'intégration de Steve dans la famille Fuller, mais c'est rapidement oublié, et il repasse rapidement à l'arrière-plan ; d'autres sous-intrigues, elles, sont amenés de manière totalement artificielle et forcée, comme cette annonce qui arrive dans l'avant-dernier épisode : la sandwicherie fonctionne tellement bien (ah bon ?) que Kimmy et Fernando vont ouvrir une succursale à 30 kilomètres de là, et doivent donc quitter la maison Fuller... juste au moment où Steph et Jimmy annoncent faire de même pour d'autres raisons.

Le tout en pleins préparatifs de mariage, et avec moins d'une semaine de délai avant la cérémonie et le double déménagement : on ne croit jamais vraiment à cet artifice narratif bancal, uniquement là pour apporter des larmes et des bons sentiments sirupeux... et donc forcément, quand le grand final fait marche arrière sur ce développement peu inspiré, personne n'est surpris, ni réellement touché par l'émotion que les scénaristes pensent injecter là.

C'est un peu tout le problème de cette demi-saison, à la fois creuse et précipitée : on a droit à une convention pour futures mariées, à un épisode de Thanksgiving, aux parents Gibbler qui ne viennent pas, à une visite universitaire et à la rentrée scolaire de Max (qui ont lieu, étrangement, après l'épisode de Thanksgiving - la chronologie de cette demi-saison est bordélique au possible), à un concours d'alimentation sportive, à un remake des Z'amours, et, donc, au triple mariage, mais rien ne semble vraiment développé de manière correcte.

Un peu comme si les scénaristes s'étaient contenté de jeter en vrac, à l'écran, toutes les bribes d'idées qui leur restaient pour la série et ses personnages...

C'est ponctuellement amusant et ponctuellement touchant, principalement grâce au capital sympathie des personnages, mais in fine, la série s'éteint donc comme elle est revenue, sans grande inspiration, sans jamais parvenir à réunir toute la distribution de la série originale (Becky est à peine mentionnée dans cette demi-saison, son absence reste inexpliquée à l'écran, et il en va de même pour Michelle, hormis un bref moment "si elle n'est pas venue avant, elle ne viendra plus"), et sans jamais dépasser le stade d'un comfort food nostalgique vantant les mérites des familles recomposées.

En soi, c'est toujours ça de pris et ça suffira à de nombreux spectateurs... mais ça n'en fait pas pour autant un revival particulièrement convaincant. 

(en espérant que Jodie Sweetin profitera du succès modéré de ces 5 saisons pour relancer sa carrière, elle le mériterait...)

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Un film, un jour (ou presque) #1232 : Évasion 3 - The Extractors (2019)

Publié le 19 Juin 2020 par Lurdo dans Review, Critiques éclair, Cinéma, Action, Thriller, USA, Chine

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Évasion 3 - The Extractors (Escape Plan 3 : The Extractors - 2019) :

Lorsque Daya Zhang (Malese Jow), la fille d'un riche industriel asiatique responsable de la construction de la Tombe et du Zoo, est enlevée par Lester Clark Jr. (Devon Sawa), fils de son ex-associé, Ray Breslin (Sylvester Stallone) n'a d'autre choix que de monter une équipe pour aller secourir la jeune femme, emprisonnée dans un pénitencier en Lettonie. Mais Lester Jr. s'attend à la venue de Breslin, et ce dernier devra compter sur Beo Yung (Harry Shum, Jr.), chef de la sécurité de Zhang, et sur Shen Lo (Max Zhang), ex-compagnon de Daya, pour l'aider dans sa mission...

Troisième et dernier volet de la "franchise" Escape Plan, ce volet intitulé The Extractors a le bon goût de remonter sérieusement la pente après le second épisode, en proposant quelque chose de mieux structuré, avec de l'action et des antagonistes plus convaincants - Devon Sawa, Daniel Bernhardt...

Le problème, en fait, c'est que cet épisode délaisse grandement le côté évasion de prison et protagoniste intelligent qui fait travailler son cerveau, pour faire place à un Stallone encore sous influence de John Rambo : pour une raison inexpliquée, le film fait de Breslin un bourrin vengeur qui massacre ses ennemis dans un flot de sang, et qui cherche à venger la mort de sa chère et tendre (Jamie King, qui apparemment est censée être le même personnage que celui interprété par Amy Ryan dans le premier, malgré la différence d'âge, et est ici égorgée sacrifiée face caméra après n'avoir servi à rien pendant deux films).

Une brutalité que l'on retrouve dans les autres corps à corps (Batista est absent d'une très grande partie du métrage mais revient à temps pour se bastonner, Max Zhang fait du kung-fu et casse des membres) et qui ne se marie pas forcément très bien avec le concept initial de cette série de films.

Cela dit, ça reste nettement plus efficace que le film précédent, nettement plus maîtrisé, avec une Malese Jow plutôt convaincante dans son rôle ; on pourra reprocher à la prison lettonne d'être vraiment insipide et générique, au script de ne pas totalement tenir la route, au rythme d'être assez inégal, bref, au tout de n'être plus qu'un DTV d'action générique tourné dans les pays de l'est (ou du moins, donnant cette impression)... mais au moins, ce n'est pas Escape Plan 2.

2.75/6

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Un film, un jour (ou presque) #1228 : Évasion 2 - Le Labyrinthe d'Hadès (2018)

Publié le 15 Juin 2020 par Lurdo dans Action, Cinéma, Critiques éclair, Review, Thriller, Science-Fiction, USA, Chine

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus. ​​

Évasion 2 - Le Labyrinthe d'Hadès (Escape Plan 2 : Hades - 2018) :

Frustrés par le fiasco de la Tombe, les créateurs de cette prison ont rebâti une prison high-tech encore plus dangereuse, Hades, supervisée par Gregor Faust (Titus Welliver). Shu (Huang Xiaoming) et Lucas (Jesse Metcalfe), deux associés de Ray Breslin (Sylvester Stallone), sont désormais piégés dans ce pénitencier gardé par des robots, où les détenus sont contraints de s'affronter pour pouvoir gagner quelques heures de répit dans un environnement virtuel...

Une suite DTV au premier Évasion, financée en grande partie par (et tournée principalement pour) la Chine (où le premier film a connu un succès certain au box-office), ce second épisode a tout de la mauvaise suite vidéo telle qu'on en trouvait à la pelle dans les années 90-00 : stars du premier épisode aux abonnés absents (Amy Ryan ne rempile pas, Stallone, éteint, fait de la figuration dans un rôle de mentor et de voix-off), remplacées par des petits jeunes sans grand charisme (Metcalfe et Wes Chatham sont transparents - même si Metcalfe ferait un bon Rico Rodriguez dans une éventuelle adaptation de Just Cause, Jaime King ne sert à rien, et Huang Xiaoming est impassible du début à la fin) et par un caméo de Batista (qui doit avoir dix minutes de présence à l'écran, au mieux), mercenaire de la réalisation aux commandes, production compliquée (Stallone a désavoué le film), rebondissements téléphonés...

Filmé sans inspiration, à la caméra tremblotante et dans des décors en grande partie numériques (la prison est à ce titre assez naze, avec ses robots-garde-chiourmes inutiles, ses fonds verts, ses éclairages au néon fluo, et sa musique à la Tron), avec des protagonistes insipides, cet Évasion 2 n'a pour lui qu'une durée limitée (un peu plus de 90 minutes, tout compris), et quelques moments d'arts martiaux pas désagréables.

Le reste est soporifique au possible, et sans véritable intérêt, même en temps que plaisir coupable.

1.5/6

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Les bilans de Sygbab : Supernatural, saison 14 (2018)

Publié le 14 Juin 2020 par Sygbab dans Action, Aventure, Critiques éclair, Comédie, Drame, Fantastique, Horreur, Les bilans de Sygbab, Review, Télévision, Thriller, CW, USA, Supernatural

Après près de deux ans et demi d'absence sur ce blog, Sygbab revient en force à l'occasion de la conclusion de la série Supernatural : une épopée de 15 saisons qu'il va passer en revue à raison d'un bilan par semaine...

Supernatural, saison 14 (2018) :

Maintenant que Lucifer n'est plus, les Winchester ont fort à faire : Dean est possédé par l'archange Michael, Nick bascule du côté obscur, le Paradis menace de s'effondrer, et l'Ombre rôde dans le Néant, menaçante...

Ou de l'art de ruiner le travail effectué précédemment. Il semblerait en effet que les scénaristes aient perdu le guide du voyageur interdimensionnel, et qu'ils l'aient troqué contre le suivant : L'écriture par des nuls.

Cela peut paraître dur, mais il suffirait de lister toutes les mauvaises idées qui émaillent ces 20 épisodes pour se rendre compte que c'est un festival d'erreurs de débutants. Parmi elles, commençons par la fin : toutes les dimensions parallèles existantes ne sont que des versions de l'histoire qu'écrit Dieu, avant de passer à autre chose lorsqu'il s'en désintéresse. La question de leur existence pouvait effectivement se poser, mais il y a parfois des éléments qu'il est bon de ne pas vouloir expliquer du moment que le principe est divertissant, sous peine de se prendre les pieds dans le tapis.

Cela remet donc Chuck sur le devant de la scène, mais entre le personnage décontracté et légèrement égocentrique présenté auparavant et le nombriliste forcené qui veut absolument que son œuvre se termine comme il l'a prévu, il y a un pas qui n'aurait pas dû être franchi. Pire : les scénaristes revisitent une fois de plus l'histoire des Winchester en en faisant des pantins manipulés depuis le début. La rétro-continuité est un procédé envisageable quand il est utilisé avec parcimonie mais Supernatural a déjà épuisé tous ses jokers en la matière...

Ce nouveau Deus Ex Machina tombe à pic pour tenter de masquer les insuffisances chroniques d'une intrigue bien laborieuse. Le fil rouge reste avant tout l'évolution de Jack, qui est malheureusement assez catastrophique. Le principe d'absorber la grâce de Michael pour compenser la parte de la sienne - volée par son père - et de perdre une partie de son âme n'est pas mauvais en soi, mais le personnage méritait mieux. Alors qu'il aurait été beaucoup plus intéressant de suivre son apprentissage de la vie sans aucun pouvoir, avec une naïveté qui donne du sang frais en début de saison quand il participe aux enquêtes, sa lente progression vers l'absence de Bien (selon l'expression de Castiel) est un cliché qui aurait pu être évité. Gardons le côté positif : il est bien loti par rapport à Mary.

En effet, à quelques exceptions près, le traitement des personnages féminins a souvent été assez désespérant dans la série et on atteint là le summum. Elle n'aura quasiment pas existé dans cette saison puisqu'elle est rapidement évacuée, avant de réapparaître pour se faire tuer de manière honteuse, hors champ.

Alors qu'elle avait un statut de femme forte bien établi, elle devient juste une compagne pour le "Bobbycalypse" qui prend de la distance pour pleurer la mort de son fils (en matière de ficelle scénaristique pour se débarrasser d'un personnage, ça se pose là), une mère de famille dans le 300ème épisode - au demeurant réussi car la famille Winchester y est touchante - qui voit le retour de Jeffrey Dean Morgan avec en prime un énième paradoxe temporel, et une victime facile pour ajouter au lourd fardeau que Sam et Dean portent déjà. Quelle déchéance...

Le cas de Nick est également problématique. Accepter qu'il ait survécu à la mort de Lucifer est déjà une épreuve difficile, être en accord avec son développement se révèle en revanche presque insurmontable. Illustrer la difficulté de sa réinsertion en le représentant comme un psychopathe en situation de manque - qui se sert de l'excuse de la vengeance de sa famille pour tuer à tort et à travers et qui cherche à tout prix à retrouver la puissance de Satan - est sans nuance, et amène à penser qu'il n'y a pas eu beaucoup de réflexion autour de cette intrigue du moment qu'elle justifie la présence de Mark Pellegrino à l'écran et qu'elle soit une caution morale lorsque Jack le tue sans hésiter.

Quitte à passer en revue la gestion des différents protagonistes, il faut également évoquer Michael. Le plan de l'Archange, qui possède Dean le temps de quelques épisodes (Jensen Ackles s'en donne d'ailleurs à cœur joie dans un style complètement différent, c'est toujours ça de pris) est plutôt alléchant sur le papier : constituer une armée de monstres pour éliminer toute opposition. Dans les faits, c'est complètement raté.

Michael n'est qu'un poltron qui se cache pour éviter la Kaia de The Bad Place dont la lance peut, comme par enchantement, le blesser (encore un tour de passe-passe bien commode), un faible qui se retrouve confiné dans l'esprit de Dean sans que cela soit très crédible, et un adversaire indigne qui se fait tuer par Jack sans difficulté. Il aura au moins été d'utilité publique en tuant tous les chasseurs du monde de l'Apocalypse : ces derniers ne servent à rien, et n'apparaissent que sporadiquement alors qu'ils sont censés occuper le bunker à longueur de temps.

Quant au final, il ressemble à s'y méprendre à celui de la saison 2, à ceci près que ce sont des âmes plutôt que des démons qui s'échappent de l'Enfer. Un nouveau reboot, en quelque sorte, puisque nos héros devront probablement faire face à divers fantômes et autres manifestations spirituelles qu'ils ont déjà rencontrés. Si la gestion est la même que pour cette horrible saison à oublier, cela n'augure rien de bon.

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Avec ce quatorzième bilan, l'intégrale Supernatural prend des vacances, le temps que la diffusion de la saison 15 reprenne outre-atlantique, et dans l'intervalle, Sygbab va repartir dans l'Antiquité, pour achever, dès le week-end prochain, ses bilans Spartacus...

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Les bilans de Lurdo : Solar Opposites, saison 1 (2020)

Publié le 13 Juin 2020 par Lurdo dans Action, Animation, Aventure, Comédie, Critiques éclair, Fantastique, Les bilans de Lurdo, Review, Science-Fiction, USA, Hulu

Série en 8 épisodes d'une vingtaine de minutes, diffusés sur Hulu, Solar Opposites est un side-project de Justin Roiland et Mike McMahan, deux des créatifs derrière Rick et Morty ; initialement vendu à la Fox, le tout a fini sur Hulu, où deux saisons ont directement été commandées, histoire de surfer sur la popularité de R&M... car, on va le voir, Solar Opposites ressemble bien souvent à un spin-off de Rick et Morty, voire à une version plus facile d'accès du programme de Cartoon Network...

Solar Opposites, saison 1 (2020) :

Peu de temps avant la destruction de leur planète, Korvo (Justin Roiland), un scientifique, Terry (Thomas Middleditch), et les deux jeunes Jesse (Mary Mack) et Yumyulack (Sean Giambrone), ont été envoyé sur Terre pour la coloniser avec l'aide de Pupa, un blob jaunâtre destiné à se transformer un jour en créature destructrice. Mais la Terre est habitée par les humains, et en attendant que Pupa adopte sa forme finale, les Shlorpiens doivent s'habituer à la vie au sein de l'humanité...

C'est en effet un ressenti bizarre que l'on éprouve dès les premiers instants de la série, lorsque l'on entend le personnage de Korvo (par ailleurs narrateur du générique) s'exprimer avec la voix si reconnaissable de Roiland. D'autant que, à quelques éructations et tendances alcooliques près, Korvo, le scientifique génial, n'est pas si éloigné que ça de Rick, que ce soit dans sa vision cynique de l'humanité, que dans ses rapports avec Terry, son compère immature et un peu lent.

Il en va de même pour le style graphique, pour la musique, pour le rythme, l'énergie, la violence et pour l'écriture - à un détail près, cependant : il n'y a pas vraiment le côté méta-discursif et le second degré de lecture de Rick et Morty, qui semblent clairement apportés par Dan Harmon.

Ce n'est pas pour autant que Solar Opposites est vide de sens ou creux, attention. C'est simplement que la série, dans l'ensemble, ressemble fréquemment à une version "light" de R&M, une sorte de spin-off officieux dans la forme et dans le style, qui vient se greffer sur un postulat de départ très Troisième Planète après le Soleil.

Idem pour les sujets abordés par Solar Opposites, des sujets qui rappellent, dans leur traitement, bien des équivalents dans la série-mère.

Par exemple, on a Korvo et Terry qui donnent vie à leur personnage de télévision préféré pour qu'ils deviennent leur meilleur ami, une situation qui finit par dégénérer et se transformer en mélange de kaiju movie et de The Thing ; ailleurs, toujours dans un désir d'être acceptés par les humains, ils injectent des nanites espions dans l'eau potable de la ville, pour découvrir les secrets de tous leurs voisins et se faire élire au conseil de quartier... mais les nanites acquièrent l'indépendance et, sous forme humanoïde (et avec la voix d'Alan Tudyk), se présentent eux-aussi aux élections ; on a aussi Korvo qui devient magicien ultra-populaire à l'aide de sa technologie, ou qui crée une femme robot, pour tenter de comprendre la guerre des sexes terriens (un robot qui finit par devenir incontrôlable et par massacrer le patriarcat sur du Katy Perry) ; les deux jeunes, eux, tentent de se faire aimer des autres élèves, et utilisent des spores pour hypnotiser leurs camarades... mais ça dégénère tout autant ; et puis il y a cette fin de saison façon Retour vers le Futur, avec un voyage temporel qui part en vrille...

C'est bien simple, la plupart des épisodes fonctionnent sur le même schéma éprouvé de spirale infernale, où un postulat de départ excentrique dégénère jusqu'à entraîner de la destruction frénétique à grande échelle. Soit peu ou prou une formule qui a fait ses preuves dans Rick et Morty.

C'est probablement là le souci de Solar Opposites : c'est sympathique, c'est compétent, on n'a pas le temps de s'ennuyer, mais ça reste un peu en surface de ce que cela propose, là où R&M a un degré de lecture supplémentaire.

Ce n'est pas rédhibitoire pour autant, pour une raison principale : une sous-intrigue récurrente qui s'étale sur toute la saison, et qui a même droit à un épisode complet. En début de saison, on découvre en effet que les deux jeunes extra-terrestres conservent, dans leur chambre, une sorte de terrarium géant, où vivent des humains miniaturisés. Des humains toujours plus nombreux, et qui finissent par s'organiser en une sorte de société post-apocalyptique, où un dictateur fait régner la terreur, et où une rébellion s'installe.

Et paradoxalement, c'est cette sous-intrigue qui donne un peu d'épaisseur au programme ; utilisant tous les clichés du genre, de l'heroic fantasy au post-apo, cette sous-intrigue parvient à être surprenante, sanglante, touchante, et à donner corps à un univers complet, existant en parallèle des intrigues principales du programme.

Solar Opposites est donc, pour le moment, un projet un peu bâtard : jamais au niveau de Rick & Morty, elle lui ressemble pourtant comme deux gouttes d'eau, mais un peu comme si l'on avait pris Rick et Morty, et qu'on avait tenté de faire rentrer le programme dans un moule "sitcom".

J'ai même envie de dire que certaines sous-intrigues semblent parfois tout droit sorties des Simpsons : Lisa Jesse qui tente de trouver un plafond de verre à briser pour sa classe sur le féminisme, ses rapports avec Bart Yumyulack, ou encore Maggie Pupa, la créature quasi-muette qui rampe en arrière-plan et à qui il arrive bien des mésaventures...

Ce n'est pas mauvais, loin de là, mais avec 8 épisodes à peine, c'est un peu... superficiel. Restera à voir la suite.

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Un film, un jour (ou presque) #1227 : Vice (2018)

Publié le 12 Juin 2020 par Lurdo dans Biographie, Cinéma, Comédie, Critiques éclair, Drame, Histoire, Review, Thriller, USA, Politique

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus. ​​

Vice (2018) :

La vie et le parcours de Dick Cheney (Christian Bale), éminence grise du pouvoir républicain qui a tiré les ficelles du gouvernement américain pendant des décennies...

Un biopic signé Adam McKay, et très inspiré par son The Big Short : le casse du siècle de 2015 : même approche satirique et goguenarde, mi-documentaire mi-fiction, de son sujet, même recours à des artifices de réalisation, de montage, et à des excentricités visuelles en tous genres pour dynamiser le tout, et même distribution prestigieuse.

Et en théorie, ça aurait dû me plaire. Alors certes, quiconque a un peu suivi la vie politique américaine de ces 50 dernières années, que ce soit par les infos ou de manière plus approfondie, n'apprendra rien de vraiment nouveau, surtout dans un métrage aussi ouvertement partisan : oui, aux yeux de McKay, les Républicains sont des ordures finies et cyniques responsables de tous les maux actuels de l'Amérique, oui, les grandes figures du parti n'ont que faire du peuple américain et ne sont là que pour s'enrichir et satisfaire leur désir de pouvoir, oui, Dick Cheney est un personnage arriviste sans foi ni loi, oui, il a manipulé, triché, menti et tué (indirectement) pour parvenir à ses fins... what else is new ?

Pendant une grosse moitié de film, malgré des défauts parfois visibles (le film fait l'impasse sur le passage de Dick Cheney du statut d'étudiant raté et alcoolique à aide républicain maîtrisé et sobre, ou encore sur son travail de Secrétaire à la Défense durant la première Guerre du Golfe, le montage déstructuré n'est pas toujours pertinent, l'artifice du narrateur se résume finalement à un "tout ça pour ça"), j'étais plutôt amusé par ce métrage qui brosse ses spectateurs démocrates dans le sens du poil, mais qui le fait de manière dynamique, et est porté par une prestation impeccable de Christian Bale et d'Amy Adams.

Et puis progressivement, à partir du gag du faux générique de fin, j'ai commencé à perdre patience. Il faut dire qu'avec sa durée de 2h15, le film prend son temps développant notamment en long, en large et en travers l'après 11 septembre, et la manière dont Cheney a pris les rênes du pouvoir face à un W. Bush incompétent et idiot (Sam Rockwell) digne du SNL.

Le film tombe ainsi progressivement dans une routine frôlant parfois le résumé wikipedia des exactions de Cheney, une succession de vignettes parfois caricaturales, alternée avec des effets de style gratuits et complaisants dont l'accumulation m'a lassé : séquence écrite à la manière de Shakespeare, musique dissonante, montage mettant en parallèle le sort tragique des USA et l'opération cardiaque de Cheney, gimmick du narrateur (Jesse Plemmons), dîner métaphorique des Républicains dans un restaurant servant de la chair humaine, monologue de fin face caméra (bien moins efficace qu'il ne pense l'être), générique de fin sur du West Side Story, post-générique sur les spectateurs de la projection test du film, etc, etc, etc...

Bref, à trop multiplier les effets de manche humoristiques et les gimmicks de réalisation ou de montage, à trop forcer le trait, le film m'a semblé se déliter progressivement, et, dépourvu d'une véritable structure ou d'un fil narratif autre que "le déroulement chronologique de la vie de Cheney", il n'a pas su conserver mon intérêt.

D'autant que finalement, le message peu subtil et irrévérencieux du film reste toujours le même, manquant d'un certain recul ou d'une maîtrise à la Oliver Stone pour vraiment fonctionner (ou paraître sincère), et paraissant parfois étrangement évasif sur ce qui fait vraiment la personnalité de Cheney.

3/6 (pour l'interprétation)

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Un film, un jour (ou presque) #1226 : Évasion (2013)

Publié le 11 Juin 2020 par Lurdo dans Action, Cinéma, Critiques éclair, Review, Thriller, USA, Science-Fiction

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus. ​​

Évasion (Escape Plan - 2013) :

Expert en établissements pénitenciers, Ray Breslin (Sylvester Stallone) travaille aux côtés d'une équipe dévouée (50 Cent, Amy Ryan, Vincent D'Onofrio), et se laisse enfermer dans toutes les prisons de la planète pour en tester les systèmes de sécurité de l'intérieur. Jusqu'au jour où il accepte d'intégrer la Tombe, une prison ultra-moderne et mystérieuse, dirigée d'une main de fer par Hobbes (Jim Caviezel). Là, Ray découvre qu'il est tombé dans un piège, et il ne pourra compter que sur la collaboration de Rottmayer (Arnold Schwarzenegger), un autre détenu, pour tenter de s'évader...

Un film d'action que j'avais en partie vu à l'époque, et qui finalement, s'avère tout à fait fréquentable, à défaut d'être totalement bien géré au niveau du rythme et de son déroulement.

Ça lorgne gentiment sur Prison Break, avec notamment un premier quart d'heure plutôt amusant, et une première heure de mise en place plutôt agréable, aidée par sa distribution assez sympathique : si Stallone est un peu trop en mode ronchon, Schwarzenegger semble bien s'amuser, D'Onofrio est clairement fourbe, Vinnie Jones balade sa tronche de malfrat, Jim Caviezel a des choix d'interprétation plutôt intrigants, et Amy Ryan est une présence toujours bienvenue dans ce genre de film, qui sort un peu de son domaine de prédilection.

Après, on ne peut nier un bon gros ventre mou dans la deuxième moitié du film, assez chargée en parlotte, jusqu'à ce que démarre la véritable évasion finale. Ce n'est pas forcément surprenant - le film dure près de 2 heures, et aurait bénéficié d'un quart d'heure de moins - mais c'est toujours dommage de constater que le rythme en pâtit.

Et puis le rebondissement de mi-film (dans lequel on découvre où se trouve réellement la prison) est difficilement crédible compte tenu des dimensions de l'infrastructure : le métrage sombre alors presque dans de la science-fiction involontaire, et j'avoue que ça m'a un peu dérangé.

Dans l'ensemble, malgré ces défauts, le tout reste plutôt sympatoche à suivre, à défaut d'être très mémorable ou original. Ce qui est déjà pas mal, pour un actioner qui aurait pu finir en DTV.

3.5/6 (et puis pour une fois que le musulman n'est pas un méchant cliché)

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Un film, un jour (ou presque) #1224 : Le Catcheur Masqué (2020)

Publié le 9 Juin 2020 par Lurdo dans Action, Catch, Cinéma, Comédie, Critiques éclair, Fantastique, Jeunesse, Netflix, Review, Sport, USA, WWE

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus. ​​

Le Catcheur Masqué (The Main Event - 2020) :

Harcelé par d'autres élèves, Leo (Seth Carr) est passionné par la WWE, et bien décidé à devenir une superstar du catch, soutenu dans cette passion par sa grand-mère (Tichina Arnold). Jusqu'au jour où il trouve un masque magique, qui lui confère un charisme, une force, et un bagout hors du commun : aussitôt, Leo adopte l'identité de Kid Chaos, et profite d'une épreuve de sélection de la WWE pour tenter d'intégrer la fédération...

Une comédie Netflix coproduite par la WWE, et qui s'avère destinée aux plus jeunes, de manière quasi-exclusive. En effet, un adulte aura bien du mal à trouver grand-chose à se mettre sous la dent, devant ce métrage enfantin, surjoué par tout le monde, aux cascades au câblage bancal, qui traite à nouveau le catch comme un véritable sport de combat, et à l'humour bas-de-plafond (Otis qui utilise son finisher - un pet cataclysmique filmé au ralenti, avec onde de choc numérique qui emporte tout sur son passage et déforme le visage de tout le public).

Alors très ponctuellement, la bonne humeur et l'enthousiasme des catcheurs de la fédération (Miz, Kofi, Sheamus, Babatunde, Mia Yim, Otis, et surtout Keith Lee, plutôt bon acteur) font que certains moments fonctionnent (j'ai notamment bien aimé Renée Young, assoiffée de sang) ; à l'identique, les acteurs les plus confirmés parviennent à donner de l'énergie à leurs personnages (Adam Pally, en père absent, est en mode mineur, mais Tichina Arnold est sympathique en grand-mère un peu chaude qui bave sur les muscles des catcheurs, et Ken Marino s'amuse en manager véreux)... mais l'écriture est trop approximative, le tout ressemble trop souvent à une grosse publicité pour les produits dérivés WWE et pour la fédération, et toutes les sous-intrigues relatives aux enfants et à leurs relations sont trop génériques pour intéresser.

Pour un jeune fan de catch de l'âge des protagonistes, peut-être la moyenne.

Pour un spectateur adulte, 1.75/6

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Les bilans de Sygbab : Supernatural, saison 13 (2017)

Publié le 7 Juin 2020 par Sygbab dans Action, Aventure, Critiques éclair, Comédie, Drame, Fantastique, Horreur, Les bilans de Sygbab, Review, Télévision, Thriller, CW, USA, Supernatural

Après près de deux ans et demi d'absence sur ce blog, Sygbab revient en force à l'occasion de la conclusion de la série Supernatural : une épopée de 15 saisons qu'il va passer en revue à raison d'un bilan par semaine...

Supernatural, saison 13 (2017) :

Désormais chargés de protéger le Nephilim Jack (Alexander Calvert), Sam et Dean ont fort à faire pour lutter contre Lucifer et Asmodeus, ce dernier étant bien décidé à faire basculer le jeune homme dans le camp du Mal, et déchaîner ainsi les pires démons sur la Création...

Une saison que l'on pourrait rebaptiser Slidernatural - saison 1(3), car, après avoir puisé dans le surnaturel, le fantastique, le paranormal et lorgné sur la science-fiction avec de nombreux voyages temporels, l'introduction des mondes parallèles dans cet univers fourre-tout était inéluctable. L'idée était lancée dans le final de la saison précédente de manière à faire rebondir l'intrigue, et cela devient l'un des éléments principaux du nouveau fil rouge puisque Lucifer et Mary Winchester - que Dean pensait un temps morte - s'y trouvent. Une opération de sauvetage s'engage, mais la question est de savoir comment parvenir à ouvrir un nouveau portail.

Les scénaristes s'amusent ainsi autour de ce concept et la première tentative est réalisée par Jack dans le 13.09 The Bad Place, épisode qui détourne habilement son possible passage du côté obscur prédit par Dean. Il réussit à franchir la barrière, mais pendant ce temps les deux frères sont envoyés dans un autre monde, où vit une créature gigantesque.

Cependant, il ne faut pas rêver : pas question d'explorer ce monde, il s'agit juste d'un prétexte pour que les Wayward Sisters aillent les sauver ! La réunion de la bande à Jody dans le 13.10 est un hommage réussi aux personnages féminins de la série, trop souvent mis de côté. C'est fun, drôle, les interactions sont bien écrites, il y a de l'action, et ça repose sur des bases déjà établies auparavant : voilà un backdoor pilot bien plus abouti que l'abominable 9.20 Bloodlines.

Mais ça ne s'arrête pas là : dans leur quête du Sceau de Salomon - artefact nécessaire à la réalisation d'un sort permettant d'ouvrir un autre portail, merci aux Men of Letters et à leur documentation extensive -, nos héros doivent affronter un Dieu d'une autre dimension.

Ce dernier se présente sous les traits d'une jeune femme avant de révéler sa vraie nature, celle d'un monstre tentaculaire aux allures de cauchemar, presque tout droit venu de l'imagination de Lovecraft (finalement, il était à côté de la plaque en s'intéressant au Purgatoire). Dean fait alors une petite incursion dans le monde de l'Apocalypse avec... Ketch, revenu d'entre les morts grâce à un sort similaire à celui qui avait sauvé Rowena la première fois.

La sorcière rousse revient elle aussi dans le jeu, et, de manière très surprenante, prend enfin de l'épaisseur. Alors que sa volonté de tuer des reapers semblait faire partie d'une manigance pour nuire à l'ordre établi, ses préoccupations sont beaucoup plus terre-à-terre : elle veut tout simplement faire revenir son fils car elle a pris conscience qu'elle n'a jamais été là pour lui comme une mère devrait l'être.

Mais lorsque Billie - fraîchement promue comme remplaçante de la Mort après avoir été assassinée par Castiel - lui demande de tuer Sam pour obtenir ce qu'elle souhaite, elle ne peut s'y résoudre. De personnage insupportable à personnage touchant, voilà une évolution remarquable et très appréciable, qui s'inscrit dans une volonté nouvelle de valoriser les personnages féminins.

Cette tendance à faire revivre des personnages par des moyens détournés se confirme dans les grandes largeurs : outre la réapparition de Gabriel, torturé par un Asmodeus charismatique, le monde de l'Apocalypse contient en son sein une autre version de Bobby ainsi que de Charlie.

Sans critiquer le concept des univers multiples (Star Trek avait son univers miroir, par exemple), c'est à double-tranchant : d'un côté cela atténue l'impact émotionnel ressenti lors de la mort de Bobby, mais ça permet d'oublier celle de Charlie qui avait été gérée n'importe comment. C'est également une occasion de réécrire l'histoire de la série dans un monde sans les Winchester, et de tester quelque chose de nouveau : Supernatural devient presque une série chorale, plus feuilletonnante qu'auparavant puisque les loners se font rares.

Il faut bien avouer que cela fait du bien de ne plus se focaliser uniquement sur les problématiques de Sam et Dean. Les ambitions d'Asmodeus qui veut prendre le pouvoir en Enfer, la volonté de Lucifer d'avoir une relation avec son fils, le questionnement constant de Jack - le fait qu'il passe directement à l'âge adulte est une très bonne idée - qui s'efforce de trouver sa place et de rendre fier sa famille d'adoption : voilà autant de thématiques bien traitées dans l'ensemble.

Les scénaristes ont compris qu'ils ne sont pas de taille lorsque les enjeux sont démesurés et qu'ils sont plus à l'aise en abordant le côté humain des personnages : cela a des effets bénéfiques. D'autant que pour une fois, cela s'applique aussi à Castiel, qui se sent responsable de Jack. Son statut d'ange semble en revanche menacé, puisqu'ils ne sont plus qu'une poignée.

Le final n'évite pourtant pas quelques écueils regrettables. Malgré une montée en pression progressive (pendant laquelle les Winchester récupèrent un à un les éléments qui permettront à Rowena d'ouvrir le portail vers le monde de l'Apocalypse, et réunissent autour d'eux leurs alliés les plus puissants), ce qui en découle n'est pas de la plus grande cohérence.

Par exemple, le retour de Lucifer et de Michael dans notre réalité est expliqué par le fait qu'ils ont réalisé le même sort, mais où ont-ils trouvé le sang d'un homme saint dans un monde ravagé par la violence ? De même, lors du climax, Dean propose à Michael d'investir son corps pour vaincre le Diable, mais pourquoi cela fonctionnerait pour cette version de l'Archange alors que les deux frères ne sont jamais nés dans son univers ?

En dépit de cette conclusion étrange qui voit également Jack se faire voler ses pouvoirs par son père - dont la fourberie ne faisait pas l'ombre d'un doute -, la ligne directrice est limpide, voire ludique par moments.

Et sur ce plan, il est bien sûr impossible de ne pas parler du 13.16 Scoobynatural : l'explication de ce délire animé tient la route, la filiation entre Supernatural et Scooby-Doo paraît d'une évidence absolue, et le scénario joue à merveille sur la mécanique des deux séries en respectant le caractère des différents personnages. Un véritable tour de force.

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Les bilans de Lurdo : Insatiable, saison 2 (2019)

Publié le 6 Juin 2020 par Lurdo dans Comédie, Critiques éclair, Drame, Les bilans de Lurdo, Netflix, Review, Romance, Jeunesse, Thriller, Télévision, USA

Après une saison 1 corrosive mais inégale, très fraîchement accueillie par un public à l'outrage facile, Insatiable a eu droit à une seconde (et ultime) saison sur Netflix, une saison qui, après le double meurtre concluant la première année, ne pouvait aller que dans une seule direction, toujours plus outrancière et jusqu'au-boutiste.

Insatiable, saison 2 (2019) :

Patty (Debby Ryan) et Bob (Dallas Roberts) tentent de faire disparaître les traces du double meurtre que la jeune femme vient de commettre, mais entre cadavre ayant disparu, manigances, rivalités amoureuses, policier homosexuel, pulsions incontrôlables et Nonnie (Kimmy Shields) qui s'improvise détective amateure, les choses sont loin d'être aisées...

Et les scénaristes mettent effectivement les bouchées doubles pour cette seconde année, en poussant les curseurs à fond, et en allant toujours plus loin dans le grand n'importe quoi excentrique, sanglant et décomplexé.

Au point de s'éparpiller un peu, çà et là : on sent que la saison, si elle a été plus ou moins pensée comme étant la dernière du programme, a aussi souffert d'un nombre d'épisodes réduit. Pas tant au niveau du rythme - je persiste à penser que la série aurait trouvé son public au format 25 minutes - qu'au niveau de la narration, qui, amputée de 2 épisodes, donne sur la fin de saison l'impression de quelque chose de précipité, avec notamment un saut temporel assez frappant entre l'avant-dernier épisode et le season finale.

La saison semble ainsi s'éparpiller, ramenant la plupart de ses personnages de saison 1, comme pour conclure leurs arcs narratifs (à grands renforts de voix off) avant que la série se termine, et le résultat, c'est quelque chose qui s'éparpille dans de multiples directions amusantes, mais parfois assez brouillonnes ou délibérément caricaturales (surtout vers la fin de saison, de plus en plus parodique).

Mais revenons aux bases de la série : Patty, Bob, et les conséquences des deux meurtres qui concluaient la saison précédente. Patty continue de connaître des hauts et des bas, cette année, tentant de comprendre la faim qui l'anime constamment, faisant un détour par la case thérapie de groupe, et finissant par trouver une nouvelle addiction : le meurtre. C'est bien simple, tout au long de la saison, Patty évolue lentement dans une direction toujours plus sanguinaire, ce qui est finalement assez logique compte tenu du travail de la créatrice de la série sur Dexter : les morts "accidentelles" se multiplient, Patty continue de mentir et de manipuler autrui, tout en se persuadant que c'est là la seule manière pour elle d'être heureuse, et de faire face à ses insécurités... et lorsque le tout dernier épisode arrive, la conclusion est sans appel. Patty est une tueuse en série, et elle l'assume totalement.

Face à elle, Bob A lutte pour trouver sa place (et sa sexualité). En conflit avec l'autre Bob (Christopher Gorham), avec Coralee (Alyssa Milano), il croise le chemin (et le lit) d'un flic bodybuildé (Alex Landi), avant de finir par se présenter à la mairie de la ville (face à Bob B), de coucher avec la mère de Patty (une relation sortie de nulle part, et qui ne fonctionne pas vraiment à l'écran)... et de devenir la victime des manigances de Regina (Arden Myrin), qui passe la moitié de la saison en cavale (et dans un costume d'émeu ^^).

Il y a aussi Bob B et Coralee, qui tentent de se reconstruire après la saison 1 ; Roxy (Chloe Bridges), qui est assassinée à la fin du season premiere ; Dixie (Irene Choi), qui refait surface, finit (réellement, cette fois-ci) en fauteuil roulant et retrouve sa famille d'origine ; Magnolia (Erinn Westbrook), qui passe la saison à tenter de retrouver la mémoire et à se rapprocher de Brick (Michael Provost) ; Nonnie qui joue les apprenties-détectives et tente de comprendre ce qui se trame en ville ; le père de Pattie (recasté en la personne de Dana Ashbrook), qui ne survit pas à son épisode ^^ ; Stella Rose, laissée pour morte... ou presque ; sans oublier les nouveaux personnages comme Heather Kristina Pamela Kendall Jackson Johnson (Caroline Pluta), une rivale récurrente de Patty... qui ne survit pas à la saison ; l'Inspecteur Lee (Alex Landi), obsédé par les Bob ; et bien d'autres encore, qui ont tous droit à des sous-intrigues plus ou moins pertinentes ou développées.

On sent ainsi que les scénaristes voulaient faire plaisir à tout le monde avant la fin, mais que le résultat est plus chaotique que probant dans certains cas - toutes les sous-intrigues entourant Nonnie, par exemple, ont tendance à se perdre en chemin, même si les scénaristes font tout leur possible pour les rendre ludiques, et les rattacher (vaguement) à Patty et à son besoin constant de validation.

Mais dans l'ensemble, si le show fait énormément de ménage parmi ses seconds rôles, s'il s'amuse à toutélier les destins de tous les personnages de manière toujours plus improbable et grotesque, s'il assume totalement sa sexualité inclusive et s'il racole ouvertement en mettant tous ses personnages masculins musclés en petite tenue, il souffre toujours d'un problème d'approche, puisqu'il tente toujours de concilier son grand-guignol meurtrier et déconneur avec un propos plus sérieux et sincère sur la boulimie, et autres problèmes psychologiques relatifs au physique.

Comme en saison 1, le contraste est parfois trop important pour vraiment fonctionner, et dessert le show plus qu'il ne lui donne de la profondeur. Encore une fois, c'est dommage, car la distribution est excellente (certains sont un peu moins charismatiques et intéressants, cela dit - Magnolia, notamment) et, avec un format plus court et dynamique, le tout aurait pu donner quelque chose de vraiment réussi. Là, en l'état, le bilan est similaire à celui de la saison 1 : Insatiable est une série amusante, kitsch et flamboyante, une satire qui ose s'aventurer dans des directions improbables et décomplexées, mais qui peine un peu à gérer ses ruptures de ton, et son format 45 minutes.

La conclusion de la série, cependant, s'avère très appropriée à la caractérisation de ses personnages, et permet de mettre un terme honorable à toute cette histoire tout en ménageant un cliffhanger ou deux, au cas où...

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Les bilans de Sygbab : Supernatural, saison 12 (2016)

Publié le 31 Mai 2020 par Sygbab dans Action, Aventure, Critiques éclair, Comédie, Drame, Fantastique, Horreur, Les bilans de Sygbab, Review, Télévision, Thriller, CW, USA, Supernatural

Après près de deux ans et demi d'absence sur ce blog, Sygbab revient en force à l'occasion de la conclusion de la série Supernatural : une épopée de 15 saisons qu'il va passer en revue à raison d'un bilan par semaine...

Supernatural, saison 12 (2016) :

Sam et Dean ont fort à faire alors que leur mère Mary (Samantha Smith) revient à la vie, et que les Men of Metters anglais tentent de s'imposer sur le territoire américain. De leur côté, Castiel et Crowley se lancent à la poursuite de Lucifer, désormais en liberté...

The Search for Spock Lucifer

Lucifer s'est échappé, vite, il faut le retrouver ! Satan s'amuse à jouer à cache-cache en sautant d'hôte en hôte, avec ce que ça comporte de mauvaises idées. Toute la période Vince Vicente, rockeur de son état, peine à intéresser le spectateur, et ce jeu de piste n'a qu'un seul avantage : voir Crowley et Castiel former un duo inédit pour enquêter ensemble. Forcément, avec le bagou de l'un et l'air constipé de l'autre, ça détonne.

Mais le Diable a plus d'un tour dans son sac, et ses rêves de grandeur l'amènent carrément à investir le corps de POTUS (President of the United States). Un grand moment de n'importe quoi, qui représente néanmoins un tournant de la saison : Lucifer profite de cette escapade pour concevoir un enfant, avant de se retrouver emprisonné par Crowley. Emprisonnés, les Winchester le sont également, dans une base militaire top secrète dont ils arrivent à s'évader après avoir une fois de plus échappé à la mort en passant un marché avec Billie.

Il y a donc bon nombre de rebondissements, certains nécessitant une haute dose de suspension d'incrédulité : voir Sam et Dean capables de neutraliser à eux seuls un bataillon de soldats sur-entraînés, c'est exaspérant tant l'écriture est grossière. Les facilités sont légion dans la série, et ceci n'en est malheureusement qu'une preuve supplémentaire.

La revanche de Crowley est déjà plus passionnante, car ses échanges avec Lucifer - qui reprend enfin ses traits initiaux, à l'aide d'une justification bancale dont il vaut mieux faire fi - sont savoureux, tant sa jouissance d'avoir entre ses mains le sort de celui qui l'a humilié est palpable. Ce n'est cependant que de courte durée, car malgré son assurance d'avoir prévu tous les scénarii possibles, il finit tout de même par perdre le contrôle et ne doit son salut qu'à la possession du corps d'un rat.

Rien de glorieux, d'autant que sa réputation avait déjà été entamée dans le très bon 12.12 Stuck in the Middle (With You) dont la narration éclatée n'est pas sans rappeler Boomtown : on y apprend qu'il a récupéré le Trône de Fer l'Enfer uniquement parce que Ramiel n'en voulait pas.

Qu'à cela ne tienne, c'est l'occasion d'évoquer Dagon, qui rentre en scène pour assurer la naissance du fils de son ancien patron en protégeant sa mère, Kelly. La traque des protagonistes principaux change donc de cible, et Castiel fait assez régulièrement de même au niveau de ses alliances. À ce stade, c'est tout de même dommage qu'il hésite encore entre son allégeance au Paradis et son partenariat avec les Winchester, car faire confiance à ses pairs ne lui a jamais rien apporté de bon.

Hail Mary

Contre toute attente, la gestion du retour de Mary Winchester est intelligente. Plutôt que d'en faire une victime torturée par son horrible mort, elle est décrite comme une femme forte, chasseuse jusqu'aux tréfonds de son être et capable d'assumer ses choix même quand ils sont difficiles. Celui de se séparer de ses enfants en est assurément un, mais il est nécessaire car elle a besoin de faire le point et de retrouver une place dans le monde, ce qui est logique au vu de ses antécédents.

Comme d'autres, elle a suscité des vocations et c'est notamment le cas pour Asa Fox. L'introduction du 12.06 Celebrating the Life of Asa Fox, qui retrace sa vie entre le moment où Mary l'a sauvé et le moment où il meurt, est un exercice de style impressionnant. Le reste de l'épisode est un huis clos plutôt réussi, qui donne l'occasion de revoir Jody Mills. Celle-ci s'est imposée au fur et à mesure comme un personnage récurrent qu'il est plaisant de revoir, et le foyer qu'elle a reconstruit peut donner l'occasion de raconter quelques histoires (surtout avec Claire, qui s'oriente sur la même voie que la famille Winchester).

Voilà tout de même de quoi rassurer : si on excepte Rowena, les scénaristes proposent enfin des personnages féminins avec un développement un minimum travaillé. Beaucoup de séries ayant duré bien moins longtemps n'ont pas eu la chance de n'avoir à s'en préoccuper qu'après 11 saisons...

Perfide Albion

Tout ce qui concerne les Men of Letters n'avait pas encore été réellement exploité, c'est désormais chose faite avec la branche britannique qui vient mettre son grain de sel dans l'histoire. Les présentations ne se font pas sur les meilleures bases possibles avec la torture de Sam, ce qui a tendance à créer une certaine défiance de la part des deux frères.

Ce ne sont pas les seuls : leur communauté rejette en masse la promesse d'un monde meilleur qui leur est dépeinte. Sauf Mary, qui succombe à la tentation de vérifier cela par elle-même, en prenant le risque de mentir à ses fils car elle sait pertinemment qu'ils n'approuveraient pas.

Ce côté Initiative à la Buffy apporte son lot de gadgets 007-style à la fois fun et efficaces, et un contrepoint aux méthodes employées par des chasseurs isolés sur le sol américain. L'idée est intéressante et les résultats sont là, mais il y a trop d'éléments qui rendent le tout assez vain. En premier lieu, le fait que Toni et Ketch soient tous deux des psychopathes : c'est établi bien trop rapidement, et cela ruine tout suspense quant au déroulement des évènements (par exemple, on sait très vite que Mary a tort de s'engager avec eux, et son opposition avec ses fils lorsqu'ils découvrent la vérité en perd tout intérêt).

Leur mode de fonctionnement n'est pas non plus extrêmement limpide : ce sont pour la plupart des intellectuels, mais ils éliminent ceux qui font le sale boulot à leur place quand ils ne respectent pas le code qu'ils se sont imposés. Par conséquent, comme les chasseurs américains sont tous réticents, ces derniers doivent tous disparaître.

Dans l'optique de débarrasser le monde des monstres qui le peuplent, il y a peu de chance que cette stratégie soit la plus payante... Mais il fallait bien trouver un prétexte pour que tout cela se termine dans un bain de sang, à l'occasion d'un assaut du QG de l'organisation par une coalition de chasseurs rassemblés par Sam. La reconversion de ce dernier en leader improvisé après un discours peu convaincant (qui se voulait pourtant solennel) a de quoi étonner puisque rien ne laissait supposer qu'il puisse avoir de telles aptitudes.

Cet épisode a la particularité de clôturer l'une des intrigues principales sans terminer la saison, puisqu'il est suivi d'un long cliffhanger de 40 minutes dont le seul but est de relancer de nouvelles pistes pour la suite. Un choix étrange et bancal, à l'image de la saison sur certains points.

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Les bilans de Lurdo : The Witcher, saison 1 (2019)

Publié le 30 Mai 2020 par Lurdo dans Action, Review, Critiques éclair, Comédie, Télévision, Fantastique, Drame, Romance, Les bilans de Lurdo, Aventure, Netflix, USA

Adaptation des romans d'Andrzej Sapkowski (et des jeux vidéo en étant tirés) narrant les aventures de Geralt le Sorceleur, The Witcher est chapeautée, pour Netflix, par Lauren Schmidt Hissrich (Daredevil, The Defenders, The Umbrella Academy... aïe), et a pris la forme, en 2019, d'une première année de 8 épisodes d'une heure à l'ambition très claire : remplir le vide laissé dans le cœur des fans d'heroic fantasy par la fin de Game of Thrones. Mission accomplie ?

The Witcher, saison 1 (2019) :

Les aventures de Geralt de Rive (Henry Cavill), Sorceleur mutant possédant des pouvoirs magiques et mercenaire chasseur de monstres, qui se trouve embarqué dans un conflit qui le dépasse lorsqu'il croise le chemin de Yennefer (Anya Charlotra), sorcière tourmentée, alors même que le royaume de Nilfgaard décide d'envahir violemment les nations voisines...

Résultats assez inégaux, pour cette première saison du Witcher, une première saison qui adapte plus ou moins diverses nouvelles, et adopte donc une approche décousue et déstructurée de sa narration : la plupart de ces épisodes sont des quasi-stand alones, avec des intrigues relativement closes (Geralt accompagne un groupe dans une quête, Geralt doit tuer tel monstre, etc) mais qui, en filigrane, construisent le monde où vit le Witcher, ses relations avec divers personnages secondaires récurrents, et les événements qui mènent au grand final - le siège de Sodden Hill, défendu par l'ordre des sorcières et des mages contre les troupes de Nilfgaard.

En parallèle des aventures de Geralt et de son barde Jaskier (Joey Batey), on suit donc le parcours initiatique de Yennefer, la bossue devenue sorcière toute-puissante en échange de sa fertilité, ainsi que celui de la jeune Ciri (Freya Allan), jeune princesse du royaume de Cintra, en fuite depuis la destruction de son château par les Nilfgaardiens, et destinée à retrouver Geralt.

Contrairement à ce que j'ai pu lire çà ou là, je n'ai pas trouvé la chronologie déstructurée de la série particulièrement difficile à suivre ou inutilement compliquée : au contraire, j'ai trouvé le tout plutôt clair et lisible, de par la présence d'indicateurs temporels visuels, et de personnages récurrents.

Je n'ai pas non plus trouvé que la série était particulièrement honteuse au niveau de ses effets spéciaux (c'est dans la moyenne du genre) ou de l'interprétation d'Henry Cavill (il est effectivement un peu raide dans un premier temps, mais c'est voulu, et il se détend au fil des années et des épisodes).

Là où ça a coincé un peu plus pour moi, c'est au niveau de l'intérêt des diverses sous-intrigues, ainsi que de certains choix de direction artistique, parfois gentiment kitschouilles. Ainsi, les mésaventures de Ciri sont d'un inintérêt chronique, pas aidées par un passage assez raté chez les dryades (des amazones dignes d'un mauvais épisode d'Hercule ou de Xena, dans des décors à la photographie plutôt laide), et par un rythme mollasson, histoire de faire durer le tout jusqu'au final.

À l'identique, les Nilfgaardiens ne paraissent jamais vraiment menaçants ou dangereux, ou du moins, peinent à acquérir une véritable présence à l'écran, engoncés dans des armures fripées très peu probantes, façon cosplay. Et le design des créatures monstrueuses (faune, strige, dragon) est un peu trop générique pour totalement convaincre.

Et puis, je dois bien l'avouer, j'ai toujours du mal avec la diversité forcée façon Netflix, à l'américaine, qui est plus maladroite et pataude qu'autre chose, altérant le récit et les personnages originaux pour leur apporter une ethnicité différente ; je pense notamment à Fringilla, qui, dans les romans, est une sorcière caucasienne pâle aux yeux verts,  ressemblant étrangement à Yennefer au point que Geralt la fréquente un temps, et qui devient ici noire et ouvertement manipulatrice/malfaisante, quitte à rajouter au personnage une caractérisation à la limite du cliché raciste noir = méchant.

À l'identique, le script rajoute de nouveaux personnages exotiques pas franchement utiles (Dara l'elfe), qui souvent ne semblent là que pour assurer un quota de représentativité. Si c'était fait de manière naturelle et plus subtile, aucun problème, mais là, ce n'est pas le cas, et il est difficile de faire abstraction de cette artificialité dans les premiers épisodes de la saison...

Après, l'ensemble reste agréable à suivre : je n'ai pas binge-watché le tout (ce qui explique peut-être pourquoi je n'ai pas eu trop de mal à suivre la chronologie) mais j'ai pris mon temps, au rythme d'un épisode par jour, et je n'ai jamais vraiment eu l'impression que le programme souffrait du syndrome Netflix habituel.

Les acteurs sont, dans l'ensemble, bons, la série conserve un léger sens de l'humour, la nudité n'est pas trop gratuite, les combats à l'épée sont efficaces, et si l'on pourra reprocher un world-building un peu pataud selon les scénaristes, le tout commence à prendre forme une fois que la chronologie se cristallise, à partir de la mi-saison.

Le bilan est donc mitigé positif, avec quelques épisodes qui se démarquent, pas toujours en bien : l'épisode du chevalier hérisson a le souci de recycler un récit traditionnel déjà vu, notamment dans les Monstres et Merveilles de Jim Henson, et d'être tiré vers le bas par la sous-intrigue de Ciri chez les dryades ; à l'inverse, l'épisode de la recherche du dragon dans les montagnes était plutôt amusant, bien que très prévisible ; et puis l'épisode final, particulièrement frustrant, puisque choisissant de placer Geralt dans un semi-coma pendant toute la bataille de Sodden Hill - un choix étrange que de penser que le spectateur est plus intéressé par Yennefer et ses copines défendant d'illustres inconnus, que par le sort et les actions du héros de la série.

C'est peut-être là que la série trahit le fait qu'une showrunneuse soit aux commandes : le programme semble souvent plus intéressé par le destin tragique et les états d'âme de ses protagonistes féminins (au demeurant bien interprétés), plutôt que par Geralt, qui traverse bon nombre d'épisodes en grognant, quasi-impassible.

À nouveau, avec un peu plus de subtilité et de maîtrise, une telle approche pourrait pleinement fonctionner. En l'état, ça reste un peu maladroit, et ça tente parfois trop de lorgner sur le Trône de Fer pour son propre bien.

Ah, et j'ai failli oublier un point important de la série : sa musique. Important, mais plutôt par son absence, car elle ne m'a pas du tout marqué, entre un thème principal et des sonorités m'ayant immédiatement renvoyé au thème principal de Black Sails, et des chansons de fin de générique assez insipides, le tout m'a semblé plat au possible, sur ce front. Y compris au niveau de Toss a Coin..., qui a fait sensation sur le web au moment de la diffusion de la saison 1, mais qui est honnêtement assez pauvre dans son écriture.

Je serai au rendez-vous d'une saison 2, plus par curiosité de voir s'ils vont trouver leur rythme de croisière que par véritable passion pour la série, mais une chose est sûre : il y a eu bien pire dans le genre fantasy télévisuelle, et finalement, cette saison 1 du Witcher est plutôt honorable.

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Un film, un jour (ou presque) #1217 : Scooby ! (2020)

Publié le 29 Mai 2020 par Lurdo dans Action, Aventure, Animation, Cinéma, Comédie, Critiques éclair, Fantastique, Jeunesse, Review, Science-Fiction, USA

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus. ​​

Scooby ! (Scoob - 2020) :

Parce qu'ils se cherchent un investisseur pour ouvrir leur première agence, les Mystery Inc - Fred (Zac Efron), Daphne (Amanda Seyfried), Velma (Gina Rodriguez), Shaggy (Will Forte) et Scooby-Doo (Frank Welker) - finissent par se disputer et par se séparer ; Shaggy et Scooby attirent alors l'attention du maléfique Dick Dastardly (Jason Isaacs), bien décidé à ouvrir les portes des Enfers grecs pour dérober le trésor d'Alexandre le grand. Mais pour cela, il a besoin de Scooby, qui est le descendant du chien d'Alexandre. En parallèle, le nouveau Blue Falcon (Mark Wahlberg) tente de marcher dans les traces de son père à la retraite, et le super-héros, accompagné de Dynomutt (Ken Jeong) et de Dee Dee (Kiersey Clemons), fait tout son possible pour mettre un terme aux manigances de Dastardly...

En temps normal, j'aurais probablement gardé ce long-métrage d'animation Scooby-doo pour Halloween prochain, à l'occasion de l'Oktorrorfest 2020 : quoi de plus approprié pour de jeunes chasseurs de fantômes et de monstres (réels ou non) et leur chien qui parle ?

Mais en fait, non. Tout simplement parce que ce film Scooby ! en CGI (initialement prévu pour être le grand début animé de la franchise sur grand écran) aurait été plus que déplacé durant l'Oktorrorfest : pas de fantômes, pas de monstres, mais une tentative maladroite de la Warner de lancer sur grand écran l'univers partagé Hanna-Barbera, quitte à privilégier tous les personnages de cet univers à ceux du Scooby-gang.

Après un bref prologue nous racontant les origines du Gang et du nom de Scooby, ainsi que leur première affaire (prologue pas forcément désagréable, mais déjà vu - dans les téléfilms en prises de vue réelle, entre autres - et à peu près aussi utile que d'expliquer le nom de Solo dans le film Star Wars du même nom), le film subit un premier coup de frein moins d'un quart d'heure après son début, lorsque Simon Cowell apparaît.

Oui, le Simon Cowell, au modèle 3D tout droit sorti de Shrek (les personnages humains "normaux" sont tous dépassés techniquement, dans ce métrage) et qui vient expliquer au Gang que Shaggy et Scoob lui sont inutiles. D'où séparation, d'où un film passant la moitié de son temps avec un Gang fracturé, et d'où un premier signal d'alarme donné au spectateur sur le fait que ce Scooby ! n'est pas vraiment une aventure du Scooby Gang.

Rapidement, après une reconstitution du générique original de Scooby-Doo (sur une reprise particulièrement molle du thème), on se retrouve en effet dans un film de superhéros, lorsque Scooby et Shaggy sont récupérés par le Falcon balbutiant et ses collègues : ça explose de partout, Dastardly (Satanas, de Satanas et Diabolo) a une armée de Minions robotiques, il y a des poursuites en avion, des fusillades, etc, etc, etc...

Du surnaturel ? Des fantômes ? Le Gang qui mène l'enquête ? Ce n'est clairement pas au programme, alors que tout le monde croise le chemin du Capitaine Caverne, de ses semblables et des dinosaures avec lesquels ils cohabitent dans leur monde perdu, que des vannes clairement adultes se faufilent maladroitement dans le script (ça parle de Tinder, Dynomutt demande à ce qu'on ne regarde pas l'historique de son navigateur web, etc), que Scooby devient "l'Élu", que l'arc narratif de Blue Falcon prend le dessus sur le reste du récit, et que le tout se finit par un face à face avec Cerbère, revenu des Enfers.

On me dira "Cerbère ? Tu voulais un monstre fantômatique, tu l'as, non !?". Oui, pour une bataille rangée façon superhéros, avec un Blue Falcon qui vole dans tous les sens, une armée de minions robotiques qui se joint à la bataille, etc. C'est limite si Scooby et compagnie ne font pas de la figuration dans tout ça, uniquement là pour donner un peu d'émotion à un sacrifice final rapidement effacé.

Alors certes, visuellement, et au niveau de l'action, le tout plaira aux plus jeunes (encore que, le script est gentiment bancal, dans l'ensemble), mais quand on a connu une série comme Mystères associés, difficile de revenir à un film Scooby-Doo de ce type, clairement pensé et calculé pour surfer sur la vague Marvel, à la fois des super-héros et des univers partagés (il n'y a qu'à voir le générique de fin de ce Scooby !, bourré de caméos de personnages HB, comme le Dr. Quest, JabberJaw, et compagnie).

Pas forcément surprenant, vu que Scooby ! est resté en gestation pendant près de cinq ans, qu'il a cinq ou six scénaristes différents, et que le remplacement de certains doubleurs indéboulonnables du Scooby Gang (même pas contactés par la production pour reprendre leurs rôles) au profit d'acteurs connus en dit long sur les intentions du projet.

Vraiment décevant, tout ça.

2.5 - 0.5 pour Simon Cowell et pour l'habillage musical insipide + 0.25 pour Tracy Morgan en Capitaiiiine Caaaaveeeeerne = 2.25/6

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Et comme toujours, vous pouvez retrouver la liste complète de tous les films passés en revue sur ce blog dans le menu Index de haut de page, ou en cliquant directement sur ce lien (000-1000) et sur celui-ci (1001-2000)...

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