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LES TÉLÉPHAGES ANONYMES

Il était une fois Lurdo & Sygbab, deux internautes passionnés de séries tv et de cinéma, et qui cherchaient un endroit où archiver leurs avis (semi) éclairés...

Articles avec #uk catégorie

Un film, un jour (ou presque) #610 : High-Rise (2015)

Publié le 29 Octobre 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Thriller, Science-Fiction, Drame, UK

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

High-Rise :

Dans les années 70s, de nombreuses personnes (Tom Hiddleston, Sienna Miller, James Purefoy, Reece Shearsmith, Luke Evans, Elisabeth Moss, Peter Ferdinando, Sienna Guillory, Jeremy Irons, Keeley Hawes, Tony Way...) issues de toutes les classes sociales s'installent aux divers étages d'un immeuble de luxe ultra-moderne et révolutionnaire. Mais progressivement, cet environnement devient comme une bulle pour ses occupants, décuplant et cristallisant les tensions, les envies, les injustices et les conflits, jusqu'à ce que la violence éclate, incontrôlable...

Second film de Ben Wheatley que je vois, après le décevant Free Fire, et à nouveau, j'ai là l'impression d'un film au concept fort (adapté d'un roman d'anticipation anglais de 1975) mais qui souffre fortement d'un réalisateur manquant de maîtrise.

Pas forcément de maîtrise formelle, cette fois-ci (visuellement, c'est beau, c'est ambitieux, et c'est très stylisé), mais plutôt de maîtrise structurelle : si une grosse partie de la première heure du film (la montée en puissance) est assez réussie, avec un rythme étrange et une illustration musicale parvenant à imposer un certain malaise perceptible (même si bon, le côté "utilisons des reprises musicales décalées pour donner une ambiance étrange" n'est pas des plus finauds), le film perd énormément en intérêt et en efficacité dès qu'il bascule dans la violence et la folie (soit l'intégralité de la seconde moitié du récit, une bonne heure de film).

Là, la complaisance de Wheatley vis-à-vis de son style (j'ai vraiment eu l'impression d'un réalisateur aimant se regarder réaliser, et multipliant les plans et les figures de style gratuits, pour se faire plaisir), déjà présente dans la première moitié, finit par prendre le pas sur le récit et son efficacité potentielle, et le tout finit par lasser.

Free Fire m'avait déçu parce que ce n'était ni aussi percutant, ni aussi maîtrisé, ni aussi drôle que le métrage semblait penser l'être, et ici, c'est un peu le même problème : ce n'est pas assez rigoureux et concis, ce n'est pas assez drôle (même d'un humour noir pourtant très présent), certainement pas assez subtil (la satire est bien trop caricaturale pour fonctionner, et le discours de Thatcher, à la fin, fait vraiment rajout engagé qui arrive comme un cheveu sur la soupe) et ce n'est pas assez pertinent (le propos est là... malheureusement un peu trop noyé dans les exubérances formelles) pour mériter de l'étaler sur deux heures de film, et pour s'essouffler ainsi dans cette seconde moitié grotesque.

3/6 pour la forme

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Halloween Oktorrorfest 2017 - 54 - Eat Local (2017)

Publié le 24 Octobre 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Oktorrorfest, Halloween, Horreur, Comédie, UK

Chez les Téléphages Anonymes, Octobre est synonyme d'Halloween et d'Oktorrorfest, notre marathon de cinéma fantastique et d'horreur, qui continue jusqu'en Novembre... ​​​​​​

Eat Local :

Après s'être débarrassés de l'un des leurs, qui avait dérogé à leurs règles, sept vampires se partageant le Royaume-Uni (Freema Agyeman, Charlie Cox, Vincent Regan, Tony Curran, Eve Myles, Lukaz Leong, Annette Crosbie) et étant réunis dans un village reculé décident qu'il est temps de remplacer le défunt par Sebastian Crockett (Billy Cook), à l'héritage gitan intéressant. Mais entre les otages locaux, les conflits de pouvoirs, la faim et une troupe de tueurs de vampires paramilitaires (parmi lesquels Nick Moran, Nicholas Rowe, et Mackenzie Crook), la nuit va s'avérer des plus agitées...

Comédie horrifique signée Jason Flemyng, dont c'est la première réalisation, Eat Local (autrefois Reign of Blood) est, pour faire simple, un film de potes, avec d'innombrables visages familiers du petit et du grand écran anglais, qui ont pour la plupart régulièrement travaillé avec Flemyng, et qui viennent s'amuser un peu avec ce mélange improbable entre action, horreur et comédie noire.

Seul problème, la mayonnaise de ce mélange très particulier ne prend pas particulièrement : c'est parfois assez maladroit dans l'écriture (les répliques de Cox sur les migrants, en début de film), parfois assez fauché et télévisuel, parfois décousu, le rythme est franchement médiocre, et dans l'ensemble, ce n'est ni assez drôle, ni assez dynamique, ni assez surprenant ou tendu pour convaincre dans l'une ou l'autre des catégories dans lesquelles le métrage semble vouloir jouer.

2.5/6 + 0.5 parce que toute cette petite bande m'est finalement assez sympathique

= un petit 3/6

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Les bilans de Lurdo : Halloween Oktorrorfest 2017 - Amandine Malabul, Sorcière Maladroite - Saison 1 (2017)

Publié le 22 Octobre 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Télévision, Les bilans de Lurdo, Oktorrorfest, Halloween, Fantastique, Jeunesse, UK, Comédie, BBC, Netflix

L'Halloween Oktorrorfest touche aussi le petit écran, avec chaque week-end, de mi-Septembre à début Novembre, des critiques de séries fantastiques et horrifiques...

Je le mentionnais dans la rétrospective tv de fin septembre : Amandine Malabul/The Worst Witch, de Jill Murphy, a connu une nouvelle adaptation en 2017, co-production Netflix/ZDF/CBBC tournée en décors naturels, dans des châteaux allemands (Hohenzollern) et anglais (Peckforton & Alnwick).

Amandine Malabul, Sorcière Maladroite - Saison 1 (The Worst Witch - 2017) :

Les mésaventures de Mildred Hubble/Amandine Malabul (Bella Ramsey), la seule sorcière issue d'une famille de mortels à étudier à l'Académie Cackle, et de ses amies Maud Spellbody/Pamela Ducharme (Meibh Campbell) et Enid Nightshade/Isabelle Tromplamor (Tamara Smart)...

Une nouvelle adaptation en 13 épisodes, entièrement bâtie autour de Bella Ramsey, remarquée par les spectateurs et les critiques pour son interprétation de Lyanna Mormont dans le Trône de Fer. Et ce n'est pas plus mal, car Ramsey compose ici une Amandine Malabul très attachante et spontanée, qui fait une protagoniste naturellement sympathique. Seul petit problème : Ramsey, si elle a un peu tendance à basculer systématiquement en mode ébahissement incrédule, est tellement expressive et naturelle qu'elle éclipse un peu ses collègues de travail, qui ne sont pas forcément à son niveau.

Ethel Hallow (Jenny Richardson) est un peu bloquée en mode peste hostile et ultra-ambitieuse (même si les scénaristes tentent d'en faire une fillette blessé par l'indifférence de sa mère, et par l'héritage de sa famille, le personnage retombe systématiquement dans une caractérisation simpliste) ; Enid est victime du syndrome "diversité à tout prix" (comme Drusilla, la sbire d'Ethel, d'ailleurs), et est passée d'une grande brune turbulente et un peu brute de décoffrage à une petite black fille d'une star (Tamara Smart est souvent assez moyenne dans son interprétation) ; et Maud/Meibh Campbell, si elle est immédiatement sympathique, et meilleure actrice que Smart, a elle aussi quelques faiblesses évidentes... qui importent peu, au final, vu qu'elle devrait être remplacée pour la saison 2.

Face à ces jeunes filles, on retrouve Miss Cackle (Clare Higgins), assez inégale (pas mal de réactions un peu trop outrées/forcées), et Miss Hardbroom (Raquel Cassidy), plus nuancée et intéressante que dans les adaptations précédentes (joli moment d'émotion, notamment, lorsqu'elle renoue avec une amie d'enfance, interprétée par Amanda Holden).

Un peu à l'image du casting d'Enid Nightshade, cette version de The Worst Witch se veut résolument moderne (les ardoises magiques qui permettent d'envoyer des textos ^^), et veut donner un bon ravalement de façade aux ouvrages de Jill Murphy... pour le meilleur et pour le pire.

Si visuellement, les décors naturels et les effets spéciaux proposent un spectacle dans la moyenne basse de ce que produit la CBBC de nos jours (le vol à dos de balai - avec fils pour tendre la cape ! -, les sorts, les effets spéciaux matériels et les fonds verts ne semblent pas avoir vraiment progressé en 20 ans !), les ajouts et modifications apportés aux romans sont plus ou moins inspirés.

Ainsi, si la série reprend la plupart des intrigues des romans (l'arrivée de Mildred, le choix du chat, la potion d'invisibilité, les transformations en truie et en grenouille, Algernon le crapaud, Enid et son chat-singe, l'enchantement sur le balai, les cheveux de Mildred, la rivalité entre les sœurs Cackle...), elle ne les utilise généralement que comme des sous-intrigues, voire comme de brefs moments de fanservice vite oubliés.

Autour de ces moments, le show préfère faire de la mère de Mildred un personnage récurrent (présentée en long, en large et en travers dans le pilote, qui voit Mildred vivre dans des HLMs anglais des plus classiques, avec sa mère célibataire), développer les relations parents-professeurs-élèves, laisser planer un mystère sur les origines de Mildred, et rajouter une bonne couche de rivalité familiale, que ce soit chez les Hallow (Ethel est jalouse de sa sœur aînée), ou les Cackle (Agatha est jalouse de sa sœur, dont on découvre, en fin de saison, qu'elle a hérité par erreur de la direction de l'Académie familiale).

En soi, ce n'est pas bien grave, et la rivalité entre les Cackle donne même lieu à l'arc narratif de fin de saison, assez simpliste et brouillon, qui utilise l'artifice du voyage dans le temps pour faire basculer l'Académie aux mains d'Agatha et de sa sbire... mais cet accent mis sur les inventions des scénaristes a l'effet secondaire de brouiller les cartes, et ne jamais donner de victoire claire à Mildred  : résultat, lorsqu'on nous dit, en cours de saison, que Mildred a déjà sauvé l'école à deux reprises, on n'en a pas du tout l'impression.

(pire, cette histoire d'acte de naissance des Cackle, qui amène les événements du finale, est tellement balourde et télégraphiée dans son écriture qu'elle fait involontairement de Mildred la responsable du drame qui frappe l'Académie, et qu'elle affaiblit considérablement l'aura et la sagesse de Miss Cackle)

Et puis, bien entendu, la série lorgne très fortement sur Harry Potter (ce qui est un juste retour des choses, après tout) : que ce soit au niveau des couleurs choisies pour chaque couloir de la maison, de l'atmosphère de l'Académie sous le régime d'Agatha, du passage d'Ethel du côté obscur, du fait que l'opposition moldu/sorcière de pure race fasse désormais partie intégrante de cet univers, et des relations entre Mildred et Ethel...

Mais peu importe.

Malgré son budget que l'on imagine restreint, ses effets spéciaux un peu limités, son interprétation parfois inégale, et son écriture faiblarde (qui tente désespérément de faire du neuf avec du vieux, sans vraiment y parvenir), The Worst Witch 2017 n'est pas désagréable à suivre, et est probablement d'un niveau qualitatif équivalent à l'incarnation 1998 de la série (même si je préfère toujours la distribution de l'époque... voire celle du film).

Le show, notamment, est sauvé par son interprète principale, attachante, et par sa direction artistique globale, qui fonctionne assez bien (malgré ses limites évidentes).

Qui plus est, je dois avouer que la série m'a surpris dans son final, en poussant le bouchon un peu plus loin que je ne l'aurais imaginé : Agatha y tente de faire dévorer certaines élèves (transformées en gâteaux) par les autres fillettes, puis elle cherche tout simplement à toutes les tuer en faisant s'effondrer l'école. Pour une série pour enfants, ça ne lésine pas, et ça donne une fin de saison très prévisible, mais relativement spectaculaire.

Au final, Amandine Malabul, Sorcière Maladroite est une série inoffensive, gentillette, regardable... et tout à fait moyenne. On aurait pu attendre mieux de la part de la CBBC (après tout, certaines des autres séries produites par la chaîne bénéficiaient de meilleurs effets, d'un plus gros budget, et d'une meilleure écriture), mais ça aurait tout aussi bien pu être bien pire, et il n'y a ici vraiment rien de honteux ou de ridicule.

En espérant que certains des défauts de cette première saison soient rectifiés par la prochaine saison à venir...

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Les bilans de Lurdo : Halloween Oktorrorfest 2017 - Wolfblood - Le Secret des Loups, saison 2 (2013)

Publié le 15 Octobre 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Télévision, Les bilans de Lurdo, Oktorrorfest, Halloween, Horreur, Fantastique, Jeunesse, BBC, CBBC, Disney, UK, Comédie, Drame

L'Halloween Oktorrorfest touche aussi le petit écran, avec chaque week-end, de mi-Septembre à début Novembre, des critiques de séries fantastiques et horrifiques...

Plus de quatre ans après le bilan de la saison 1 de la série, je reviens enfin vers ce Wolfblood : Le Secret des Loups, pour attaquer la seconde et ultime année de présence de l'héroïne, Maddy (Aimee Kelly), au sein de ce programme jeunesse made in UK...

Wolfblood : Le Secret des Loups - Saison 2 :

Après des mois passés dans la nature, Rhydian fait son grand retour à Stoneybridge, poursuivi par plusieurs loups, dont Alric (Alun Raglan), le meneur de sa meute. Après s'être débarrassé d'eux, le voilà désormais rejoint par Jana (Leona Vaughan), la fille d'Alric, qui semble décidée à s'installer avec les Wolfbloods de Stoneybridge, afin de découvrir la vie humaine. Mais Maddy ne l'entend pas de cette oreille...

La saison 1 de Wolfblood, bien qu'imparfaite, était une expérience assez agréable à suivre, puisque parvenant à équilibrer légèreté, mythologie, et découverte d'un univers fantastique, sans trop sombrer dans la romance impossible, ni se prendre trop au sérieux.

Rhydian était parti rejoindre sa meute, en liberté, et le reste de la petite bande vivait tranquillement dans son petit village, sans plus aucun secret entre eux. Mais malheureusement, la saison 2 décide de sacrifier tout le capital sympathie du programme sur l'autel du mélodrame facile, du triangle amoureux, et des mensonges.

Le personnage de Jana cristallise ainsi une grande majorité des problèmes inhérents à cette seconde année : ce n'est pas forcément la faute de l'actrice, plutôt compétente et attachante avec ses grands yeux, son immense sourire et ses incisives de rongeur (bien qu'étant affublée d'une coloration capillaire auburn clairement artificielle, ce qui est assez incohérent avec sa nature de Wolfblood sauvage n'ayant jamais connu la société humaine, ni des choses comme des miroirs ou des chasses d'eau), mais bien de la manière dont elle est utilisée.

Non seulement elle fait un peu office de Rhydian-bis (elle a grosso modo le même parcours narratif que le sien en saison 1), mais en plus, elle se trouve aussitôt placée au cœur d'un triangle amoureux, avec Maddy et Rhydian. Un triangle amoureux jamais vraiment acté ou concrétisé, puisque les deux filles sont en quelque sorte utilisées comme symboles des deux aspects de la vie de Rhydian (Jana est l'appel de la vie en liberté, avec une meute sauvage, Maddy est le symbole de la famille et d'une vie plus sédentaire), mais un triangle qui a pour effet, pendant le plus gros de la saison, de repousser Maddy au second plan, et de réduire son personnage à des coups d’œil jaloux, çà et là.

Pour remplir le vide laissé par une Maddy en retrait, la production a malheureusement l'idée de se concentrer sur d'autres personnages : Jana, donc, et son père Alric, chef de meute aux allures de gitan roumain, qui passe brièvement à quelques reprises durant la saison, et s'avère assez convaincant dans son rôle de garou en colère ; les trois pestes de la classe qui, pour une raison ou pour une autre, sont développées, cette année, et servent ponctuellement de remplissage comique dans certains épisodes ; et Shannon, dont le personnage prend une place énorme durant une grande partie de la saison.

Et là, problème... car les scénaristes continuent de faire de Shannon un personnage assez détestable, menteur et geignard, dans la continuité de la saison précédente : en saison 1, elle était tellement obsédée par "la Bête" qu'elle était prête à tout pour en percer son secret, quitte à ruiner la vie de Maddy & de sa famille ; ici, sous prétexte de "les protéger", Shannon installe une caméra cachée dans l'antre de la famille de Maddy, filme leurs moindres faits et gestes, et archive le tout sur son ordinateur portable.

Non seulement Shannon ne semble pas voir de problème dans cette situation, mais quand on la confronte à ses actes, un peu plus tard dans la saison, elle se place en position de victime incomprise, ce qui force même Maddy à s'excuser d'avoir détruit toutes ces données dangereuses (et ce, quand bien même elles seraient tombées dans des mains hostiles dans l'intervalle, menaçant de ruiner le secret des Smith). On a ensuite droit à Shannon qui déprime, et Shannon qui se console en se trouvant un petit ami... qui ne réapparaitra pas de la saison, puisque Shannon est aussitôt reléguée au second plan, pour que les scénaristes puissent conclure la saison sur Maddy et ses problèmes de Wolfbloods.

Il y a donc un véritable problème d'écriture et de caractérisation dans cette saison, d'autant plus prononcé que certains scénaristes sont nettement en dessous des autres, et écrivent des épisodes plus puérils et creux.

Sans oublier le fait que les scénaristes et Debbie Moon ont dû trouver un moyen d'évacuer Aimee Kelly à la fin de la saison, afin de laisser l'actrice retourner à ses études. J'ignore si ce départ était déjà prévu avant la mise en chantier de la saison (ça ne m'étonnerait pas, compte tenu de la mise en retrait de l'actrice, qui semblait d'ailleurs peu motivée çà et là, et de l'arrivée de Jana pour la remplacer sur le devant de la scène), mais dans l'ensemble, ce départ est amené de façon un peu forcée : l'un des élèves de la classe de Maddy devient aussi obsédé par la Bête que Shannon, fait des recherches en forêt, tombe sur un antre abandonné appartenant aux ancêtres de Maddy, en explore les souterrains, arrive chez Maddy alors que sa famille est transformée, s'enfuie avec une preuve ADN qu'il confie à une scientifique présentée en début de saison, laquelle décide de faire chanter la famille de Maddy si celle-ci refuse de se prêter à ses expériences. Et finalement, Maddy & compagnie décident de partir se cacher en liberté, dans la nature, à l'autre bout du monde.

En soi, pourquoi pas. Les adieux finaux sont d'ailleurs assez touchants, portés par la musique celtique toujours très appropriée et envoûtante d'Andy Price, mais... il a fallu une saison entière pour en arriver là, et malgré tout cela, les digressions et le remplissage étaient tels que cette fin de saison paraît précipitée et pas totalement convaincante.

Tout comme l'ébauche de romance entre Rhydian et Maddy, d'ailleurs, qui ne se concrétise que dans les derniers instants de la saison.

Une saison 2 assez frustrante, donc, avec du bon (le personnage de Jana est assez sympathique, le concept de famille et de clan est bien développé, l'équilibre vie scolaire/problèmes de lycanthropes reste à peu près maîtrisé), et du nettement moins bon (Shannon, la résolution de l'arc narratif de Maddy, etc).

Une chose est sûre, ça ne donne pas vraiment envie de continuer la série : Shannon, Tom et Rhydian restent encore présents en saison 3, et Jana fait son retour, pour une année qui présente Segolia, une entreprise bio-technologique louche, qui aide les Wolfbloods en tous genres, mais les étudie en secret. La scientifique de la saison 2 fait elle aussi son retour (mais cette fois-ci, interprétée par Letty Butler, de Young Dracula), et le tout se conclue sur les retrouvailles de Rhydian et Maddy, sous forme lupine, au Canada.

Ensuite, tout change (le thème musical, le générique, et la distribution), puisque Shannon, Tom et Rhydian s'en vont, et que l'action se centre désormais autour de Jana, qui s'installe dans une grande ville, retrouve un ou deux personnages secondaires (une des pestes, et leur instituteur qui s'est recyclé en auteur de romans fantastiques), et y crée une nouvelle meute avec de nouveaux personnages.

En résumé, dans ses deux ultimes saisons, la série n'a plus rien en commun avec le Wolfblood des deux premières saisons, et malgré ma sympathie pour Jana/Leona Vaughan, je n'ai pas grand intérêt pour tout ce qui suit cette fin de saison 2 (peut-être que je jetterai tout de même un coup d’œil à la saison 3, l'année prochaine, histoire de clôturer pour de bon l'arc narratif des personnages originaux, mais bon... sans grande conviction).

Au cours de ses 5 années d'existence, Wolfblood aura souffert de problèmes qui ont aussi touché Young Dracula : changement de direction, changement d'acteurs, caractérisation aléatoire, etc... et comme dans le cas de Young Dracula, c'est bien dommage, car cela a empêché le programme d'atteindre son plein potentiel.

En l'état, les deux premières saisons de Wolfblood sont un divertissement gentillet et très imparfait, qui vaut principalement pour le capital sympathie de ses interprètes (Lockwood a joliment progressé entre les deux saisons) et une approche intéressante de la lycanthropie.

Ni plus, ni moins.

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Halloween Oktorrorfest 2017 - 40 - Anthologies UK 70s (5/5) - Brrr... (1977) & Le Club des Monstres (1981)

Publié le 13 Octobre 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Oktorrorfest, Halloween, Horreur, Fantastique, Thriller, UK, Anthologie, Amicus

Chez les Téléphages Anonymes, Octobre est synonyme d'Halloween et d'Oktorrorfest, notre marathon de cinéma fantastique et d'horreur, qui continue jusqu'en Novembre... ​​​​​​

Brr... (The Uncanny) :

Une anthologie co-produite par le Canada et l'Angleterre (par The Rank Organisation), avec à sa tête l'un des deux co-fondateurs d'Amicus, et une équipe technique canadienne, partiellement remplacée au cours d'un tournage particulièrement chaotique.

# Montreal, 1977 : Wilbur Gray (Peter Cushing), un auteur excentrique, rend visite à son éditeur, Frank Richards (Ray Milland), pour discuter de son nouvel ouvrage : un livre sur les chats, qui semblent terroriser l'écrivain...

Un fil conducteur assez basique, avec un Cushing efficace et convaincant, une chute assez prévisible, et un générique d'ouverture visuellement et musicalement plutôt réussi. 3/6

# Londres, 1912 : Lorsque Miss Malkin (Joan Greenwood), une vieille femme excentrique, décide de léguer toute sa fortune à ses chats, son neveu Michael (Simon Williams) et sa maîtresse Janet (Susan Penhaligon), par ailleurs la gouvernante de Miss Malkin, décident de détruire le testament, et de se débarrasser de la vieille femme. Mais les chats de cette dernière ont une autre idée en tête...

Premier segment de ce métrage, et immédiatement, les problèmes de cette anthologie sont évidents : c'est assez bien joué, relativement bien produit, et ici, le contexte historique apporte un plus, mais 25-30 minutes par segment, c'est beaucoup trop, et le tout finit par n'avoir quasiment aucune tension ou suspense, puisqu'on sait déjà que les chats finissent par se venger à la fin de chaque récit. 2/6

# Québec, 1975 : à la mort de ses parents, Lucy (Katrina Holden), une orpheline, s'installe avec sa tante (Alexandra Stewart), son mari et leur fille Angela (Chloe Franks). Mais Angela, plus âgée, est jalouse de la relation qu'entretient Lucy avec son chat Wellington ; et lorsqu'elle parvient à convaincre les adultes de se débarrasser Wellington, ce dernier incite Lucy à se tourner vers la sorcellerie pour se venger de sa cousine...

Une direction artistique typiquement québécoise, pour un récit à nouveau beaucoup trop long et mollasson, et à la post-synchronisation assez moyenne. C'est dommage, parce que les deux fillettes (on retrouve Chloe Franks, à nouveau) s'en sortent honorablement au niveau du jeu... Cela dit, la toute fin est assez sympathique, avec un jeu d'échelle et de perspective amusant, malgré des effets discutables, et, là encore, un problème de rythme évident (ça se traîne tellement en longueur que ça perd fortement en efficacité). 3/6 (pour cette dernière partie)

# Hollywood, 1936 : Valentine De'ath (Donald Pleasence), un acteur de films d'horreur historiques, sabote un instrument de torture de son dernier film, pour coûter la vie à sa femme et partenaire à l'écran (Catherine Bégin). Il donne aussitôt le rôle à sa maîtresse (Samantha Eggar), et reprend son existence quotidienne... mais la chatte de son épouse va tenter de venger cette dernière.

À nouveau, un environnement et des personnages intéressants, plutôt bien joués... mais un segment qui dure trop longtemps pour ce qu'il a raconter. Beaucoup trop longtemps. D'autant qu'il finit par prendre un virage slapstick, avec musique frénétique, etc, et que ça sombre dans la farce vaguement macabre, peu convaincante, mais avec une chute amusante. 2.75/6 (pour la chute)

---

Dans l'ensemble, un métrage assez faiblard, qui trahit assez clairement, par moments, ses origines canadiennes, et ce malgré tous ses efforts faits pour ressembler à ses modèles anglais : avec ce dernier film, le concept de l'anthologie horrifique façon Amicus/années 70 montre qu'il s'est rapidement essoufflé, sans jamais atteindre de véritables sommets ; ce qui prouve bien que dans le genre, il est essentiel d'avoir des idées et un script en béton armé, ainsi qu'un rythme parfaitement maîtrisé, pour que les segments de telles anthologies fonctionnent.

2.25/6

Le Club des Monstres (The Monster Club) :

Ultime anthologie horrifique produite par Milton Subotsky (l'un des deux co-fondateurs d'Amicus), réalisée par Roy Ward Baker (lui aussi à l'oeuvre sur de multiples anthologies du studio), avec une distribution familière (Price, Carradine, Ekland, Magee, Pleasence...) et à nouveau basée sur les récits de R. Chetwynd-Hayes.

En d'autres termes, une anthologie qui a tout des anthologies Amicus, sans en être une, et qui joue la carte du fanservice référentiel et métadiscursif, puisqu'elle met directement en scène une version fictive de Chetwynd-Hayes, ainsi que plusieurs autres clins d'oeil évidents à l'histoire du studio, etc.

# R. Chetwynd-Hayes (John Carradine), célèbre auteur d'horreur, est attaqué par Erasmus (Vincent Price), un vampire affamé qui, en échange de son sang, propose à Chetwynd-Hayes de lui faire découvrir le Club des Monstres, où toutes les créatures surnaturelles se retrouvent pour se détendre, et échanger des histoires horribles...

Un fil conducteur assez peu sérieux, avec beaucoup de meublage/séquences musicales typiques de l'époque, de couleurs vives, de masques en latex ratés, de déguisements fauchés, de dentiers en plastiques, etc... ça ne restera clairement pas dans les mémoires, on est clairement dans de la parodie aux dialogues décalés et improbables (l'explication de l'arbre généalogique des monstres par Price, huhuhu), bref, il faut prendre ça au vingt-cinquième degré, au moins, et encore. 2/6 (dont un demi point pour la morale finale)

# Incitée par son compagnon (Simon Ward), Angela (Barbara Kellerman) accepte un poste de gouvernante chez le mystérieux Raven (James Laurenson), un homme étrange, timide et reclus, à la fortune, aux habitudes et aux pouvoirs inexplicables. Angela et Raven finissent par sympathiser, et lorsque Raven lui fait une demande en mariage, la jeune femme joue le jeu, pour pouvoir mettre la main sur la combinaison du coffre-fort de Raven. Mais lorsqu'elle se fait prendre la main dans le sac, la vengeance de son employeur est terrible...

Malgré sa durée, un segment très premier degré assez attachant, façon La Belle et la Bête, avec un Laurenson plutôt touchant dans son rôle de créature étrange et hantée par ses pulsions, et une illustration musicale classique globalement réussie. Reste cependant le titre "Shadmock", particulièrement mauvais, et le fait qu'il n'y ait pas grande surprise ni horreur dans ce récit. 3.75/6

# Timide et maltraité à l'école par des brutes, Lintom (Warren Saire) ne voit pas beaucoup son père, qui passe ses nuits loin de la maison à "travailler", et l'enfant se contente de la compagnie de sa mère (Britt Ekland). Un jour, cependant, Lintom comprend que son père est un vampire, traqué par des chasseurs incapables menés par Pickering (Donald Pleasence).

Un segment semi-comique, avec un retournement de point de vue qui n'est pas forcément désagréable, et qui aurait pu fonctionner dans le cadre d'un récit plus sérieux. Là, malheureusement, vampires et chasseurs sont de grosses caricatures bien ridicules (le vampire avec sa cape et son accent naze ; les chasseurs maladroits...), l'illustration musicale à base de violon tzigane est envahissante et déplacée, le script abat ses cartes bien trop tôt, et de manière générale, le tout est trop parodique pour être narrativement efficace, et trop timide et surligné pour être drôle. Et puis cette conclusion-gag qui n'a aucune forme de logique... *soupir* 2/6

# Sam (Stuart Whitman), un réalisateur à la recherche d'un village abandonné pour y tourner son prochain film, arrive à Loughville, une bourgade embrumée et isolée, où les habitants, étranges, refusent de le laisser partir. Il découvre alors, grâce à Luna (Lesley Dunlop), que le village est entièrement peuplé de goules dévorant les cadavres et pillant leurs tombes. Des goules n'ayant plus rien à manger, et bien décidées à dévorer le nouvel arrivant...

Un segment m'ayant vraiment marqué durant mon enfance, avec ces villageois menaçants, cette narration-flashback sous forme d'illustrations en noir-et-blanc très réussies, et son ambiance de cauchemar brumeux, renforcée par une bande originale synthétique pas totalement convaincante, mais particulièrement décalée. Je regrette néanmoins que la poursuite finale se fasse en pleine journée, sous un ciel radieux, ce qui enlève beaucoup à cette scène, et que le plan final, avec ses dentiers en plastique, soit aussi cheap. 4/6

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Un métrage généralement considéré comme étant le fond du panier des anthologies Amicus et affiliées, principalement à cause de son fil conducteur vraiment très médiocre et fauché, et qui donne l'impression que le script avait initialement un segment supplémentaire, coupé au tournage, imposant à la production de rajouter des séquences musicales sans budget pour meubler et atteindre les 90 minutes.

Dommage, parce que c'est loin d'être la pire anthologie du lot, et deux des trois segments existants sont assez réussis... mais dans l'ensemble, Le Club des Monstres s'avère beaucoup trop inégal pour son propre bien.

3/6

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Halloween Oktorrorfest 2017 - 38 - Anthologies UK 70s (4/5) - Frissons d'Outre-Tombe (1974) & Les Contes aux Limites de la Folie (1973)

Publié le 12 Octobre 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Oktorrorfest, Halloween, Horreur, UK, Amicus, Anthologie, Fantastique, Thriller

Chez les Téléphages Anonymes, Octobre est synonyme d'Halloween et d'Oktorrorfest, notre marathon de cinéma fantastique et d'horreur, qui continue jusqu'en Novembre... ​​​​​​

Frissons d'Outre-Tombe (From Beyond The Grave - 1974) :

Ultime anthologie Amicus, basée sur des nouvelles de R. Chetwynd-Hayes, et globalement mieux produite que certaines des anthologies précédentes, même si elle reprend à nouveau une version de Dies Irae en guise de générique.

# Quatre clients (David Warner, Ian Bannen, Ian Carmichael & Ian Ogilvy) visitent la boutique d'antiquités Temptations Limited, et ils repartent chacun avec des objets, achetés ou volés au propriétaire (Peter Cushing)... en parallèle, un petit criminel (Ben Howard) semble bien décidé à mettre la main sur la caisse de la boutique.

Probablement le fil rouge le plus structuré et intéressant de toutes les anthologies Amicus, avec une raison d'être qui fait sens, et une conclusion attendue, mais pas désagréable. 3.5/6

# Edward Charlton (David Warner) repart de la boutique en ayant acheté un miroir antique pour une bouchée de pain, malgré sa valeur réelle conséquente. Avec un groupe d'amis, Charlton décide alors de faire une séance de spiritisme devant le miroir ; mais suite à cette séance, une entité (Marcel Steiner) vivant dans le miroir semble prendre possession de Charlton, et l'obliger périodiquement à lui donner un quota de sang...

Un segment un peu décevant, malgré sa tension très intéressante, et son interprétation convaincante. Décevant, car il y avait là le potentiel de quelque chose de nettement plus glaçant, alors qu'avec le rythme du métrage, ses passages typiquement 70s (le night-club, le fait que tout le monde semble passionné par le spiritisme), son abondance de coupes abruptes débouchant sur un réveil en sursaut ou sur les précurseurs du jump scare, et sa conclusion prévisible, le tout finit par n'être que vaguement sympathique, sans plus. Mais bien interprété. 3.75/6

# Employé de bureau humilié et méprisé par son épouse (Diana Dors), Christopher Lowe (Ian Bannen) sympathise avec Jim (Donald Pleasance), un vendeur de rue supposément ancien militaire. Pour l'impressionner, Christopher dérobe une médaille dans la boutique d'antiquités, et est alors invité par Jim à rencontrer sa fille (Angela Pleasence), dont il s'entiche rapidement...

Un segment de plus de 25 minutes, pas particulièrement intéressant, clair, ou inquiétant, et qui consiste en énormément de mise en place plate et insipide, pour une conclusion médiocre. Beaucoup de critiques considèrent que c'est le meilleur segment du lot, je me suis royalement ennuyé. 1.5/6

# Après avoir réussi à changer le prix d'une antiquité, Reggie (Ian Carmichael) est abordé, dans le train, par Madame Orloff (Margaret Leighton), une femme excentrique lui affirmant qu'il est contaminé par un Élémentaire, une créature maléfique et invisible attachée à son épaule. De retour chez lui, il découvre alors que la menace est bien réelle, et qu'elle menace la vie de sa femme Susan (Nyree Dawn Porter)...

De la comédie fantastique gentiment surjouée par Margaret Leighton, notamment dans l'exorcisme totalement déjanté. Amusant, mais la chute plus sombre manque néanmoins de punch. 3.5/6

# Auteur au budget limité, William Seaton (Ian Ogilvy) achète une porte sculptée dans la boutique, mais repart en reprenant apparemment une partie de son argent. Une fois installée chez lui, il découvre alors que le seuil donne sur une immense chambre gothique, et que la porte, qui s'ouvre seule, appartenait autrefois à un occultiste, Sir Michael Sinclair (Jack Watson)...

Un segment très joliment produit, visuellement parlant, et à l'ambiance gothique très sympathique, à défaut d'être très pesante ou menaçante. Un peu trop similaire, dans l'esprit, au premier segment, mais la fin heureuse, cependant, est assez surprenante, et justifiée par le récit. 4/6

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Une anthologie qui, si elle n'avait pas inclus le second segment, aurait très bien fonctionné, malgré son humour un peu trop présent. Là, en l'occurrence, entre le fil conducteur un peu plus travaillé que d'habitude, la production moins fauchée, et des segments plus développés, le métrage finit par se classer parmi les anthologies estampillées Amicus que j'ai préférées.

3.25/6

Les Contes aux Limites de la Folie (Tales That Witness Madness) :

Une anthologie anglaise produite par World Films Services, et qui n'est pas conséquent pas exactement une anthologie Amicus, même si elle est bien souvent assimilée à ces dernières, car produite à la même époque, et qu'elle en possède l'un des réalisateurs habituels, le format, et certains des acteurs récurrents.

# Le Dr. Tremayne (Donald Pleasence), psychiatre dans un asile ultra-moderne, accueille son collègue, le Dr. Nicholas, pour lui présenter quatre cas improbables qu'il aurait réussi à guérir...

Un fil conducteur assez quelconque, entre sa post-synchronisation assez médiocre, son environnement médical typiquement années 70, ultra-moderne et aseptisé, et son générique d'ouverture façon générique de James Bond. La chute, elle est assez prévisible, mais elle a au moins le mérite d'être logique. 2.5/6

# Paul (Russell Lewis) est le fils timide d'un couple se disputant constamment (Donald Houston & Georgia Brown). Pour faire face à cette vie de famille difficile, il s'est trouvé un ami imaginaire... un tigre peut-être pas si invisible que ça.

Alors, là, tout de suite, ça commence très mal, puisque le segment repose totalement sur l'interprétation des parents (gueulards et surjoués) et sur celle de l'enfant (mauvais, et débitant trop vite son texte). Ça ne marche pas du tout, les parents sont hystériques, l'enfant peu convaincant, et le rebondissement final, prévisible, est fauché au possible, avec sa fausse tête de tigre empaillée et ses gros plans cache-misère mâtinés de stock-shots animaliers. 1/6 pour la petite mélodie.

# Timothy (Peter McEnery) et sa compagne (Suzy Kendall), antiquaires, héritent d'un vieux portrait de l'Oncle Albert (Frank Forsyth), ainsi que d'un vélo lui ayant appartenu. Bien vite, il apparaît que l'Oncle Albert est capable de forcer Timothy à monter sur le vélo, et que celui-ci renvoie l'antiquaire dans le passé, dans la peau d'Albert.

Un autre ratage intégral, sans la moindre subtilité, et qui vire plus à la comédie involontaire avec ses innombrables gros plans de coupe sur le portrait et toutes ses expressions, ou encore quand McEnery surjoue les scènes où il est attiré sur le vélo par une force invisible. Et puis ce grand final, j'en ris encore. 1/6 pour la reconstitution historique.

# Brian (Michael Jayston) rentre un jour dans son immense demeure avec un vieil arbre mort aux formes étrangement évocatrices, et malgré les attentions de son épouse Bella (Joan Collins), il commence à être de plus en plus fasciné par ce tronc d'arbre...

Et on continue dans le ratage, avec un arbre jaloux interprété par un(e) figurant(e) dans un costume en latex, qui joue l'arbre de manière bancale et caricaturale (ses déplacements sont hilarants), et un récit mal construit, avec des transitions bancales, et une scène de cauchemar/viol par arbre totalement ratée et involontairement comique, pour cause de musique percussive improbable. 1/6 pour la nudité gratuite et pour Collins qui semble s'amuser.

# Auriol Pageant (Kim Novak), agent littéraire, a jeté son dévolu sur Kimo (Michael Petrovich), un auteur étrange. Mais Kimo, lui, est plus intéressé par Ginny (Mary Tam), la fille adolescente d'Auriol... car il doit trouver au plus vite une vierge à sacrifier à l'un de ses dieux hawaïens ancestraux.

Et voilà, c'est le plantage total. Kim Novak surjoue affreusement (comme tout le monde, en fait), l'histoire est bancale, Petrovich a un charisme de poulpe mort (et paraît aussi hawaïen que moi), et Mary Tamm ressemble à un camion volé : rien à sauver, là-dedans. 1/6 pour la fin qui, dans l'esprit, est appropriée au genre.

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Voilà voilà, un splendide plantage, de bout en bout : c'est bancal, jamais drôle, jamais vraiment macabre, jamais tendu ou angoissant, c'est très mal écrit (en même temps, ça a été écrit par une actrice : n'est pas scénariste qui veut), l'interprétation est vraiment TRÈS inégale, et au niveau de la production, c'est tellement médiocre que ça tombe toujours systématiquement à plat. Un joli gâchis.

1.25/6

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Halloween Oktorrorfest 2017 - 33 - The Last Girl : Celle qui a tous les dons (2016)

Publié le 10 Octobre 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Horreur, Halloween, UK, Oktorrorfest

Chez les Téléphages Anonymes, Octobre est synonyme d'Halloween et d'Oktorrorfest, notre marathon de cinéma fantastique et d'horreur, qui continue jusqu'en Novembre...

The Last Girl - Celle qui a tous les dons (The Girl with All the Gifts) :

Dans une Angleterre envahie d'Affamés, des humains contaminés par des spores fongiques, un groupe de scientifiques et de militaires (Gemma Arterton, Paddy Considine, Glenn Close) tente de survivre et de rejoindre au plus vite la base la plus proche, en compagnie de Melanie (Sennia Nanua), une fillette infectée, nettement plus intelligente que la moyenne, et qui pourrait bien être la clef d'un vaccin définitif à cette contamination improbable...

Voici donc le nouveau film de zombies anglais qui crée le buzz, et qui est supposé renouveler totalement le genre. Pas de chance : s'il est plutôt bien tourné (c'est le premier long-métrage de son réalisateur, un habitué de la télévision anglaise) et interprété (même si la petite Sennia est parfois un peu limite, et pas particulièrement attachante), ce métrage (au script écrit et développé en parallèle du roman qui raconte la même histoire, par leur auteur Mike Carey) fait instantanément penser à de gros noms du genre : 28 jours plus tard, forcément, mais aussi le jeu The Last of Us, et le travail de Romero (entre autres) sur les zombies (on pense à Bub, par exemple).

C'est vraiment le problème principal de ce Girl with All The Gifts : il n'apporte pas grand chose au genre, pas grand chose qui n'ait déjà été traité ailleurs, y compris le concept de l'épidémie donnant naissance à l'espèce supposée nous remplacer sur Terre, la prochaine étape de l'évolution (cf I Am Legend), etc...

Encore une fois, ce n'est pas désagréable ni mauvais, mais c'est loin d'être la baffe annoncée, d'autant que la bande originale assez polarisante peut déplaire, que la petite Melanie peut paraître un peu trop agaçante dans la première moitié du film, et que le métrage n'évite pas quelques clichés et scènes assez ratées, surtout dans la seconde moitié (je pense notamment à la scène opposant Melanie aux autres enfants, qui se veut tendue, mais que j'ai trouvée assez ridicule ; à l'identique, certains personnages perdent 50 points de QI quand le film attaque sa deuxième heure).

3.5/6

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Les bilans de Lurdo : Halloween Oktorrorfest 2017 - Young Dracula, saison 5 (2014)

Publié le 7 Octobre 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Télévision, Les bilans de Lurdo, Jeunesse, Halloween, Horreur, Fantastique, CBBC, UK, Comédie, Drame

L'Halloween Oktorrorfest touche aussi le petit écran, avec chaque week-end, de mi-Septembre à début Novembre, des critiques de séries fantastiques et horrifiques...

Après deux premières saisons sympathiques, et une troisième plus mitigée, mon visionnage de la saison 4 de Young Dracula, il y a deux semaines, n'a fait que confirmer mes craintes : la série a eu les yeux plus gros que le ventre, et n'a pas su concilier ses ambitions de "drame shakespearien vampirique" avec sa véritable nature, ou son budget.

Résultat, une saison 4 bâtarde, jamais convaincante dans la comédie ou dans le teen drama, et qui a littéralement massacré la caractérisation de la plupart des personnages, par simple manque de temps, de savoir-faire, et de volonté. Un vrai gâchis, et je m'attends donc au pire pour cette cinquième et ultime saison de ce programme jeunesse anglais...

Young Dracula, saison 5 (2014) :

Une saison 5 qui, d'office, apparaît comme une mauvaise idée. Car plutôt que de s'inscrire dans la continuité de la saison précédente, quitte à tenter d'en sauver les meubles, la série part, pour cette nouvelle et ultime année, dans une grande entreprise de rétrocontinuité, et de réécriture de son passé.

Très tôt dans la saison, on s'aperçoit en effet que la production a fait table rase du passé : depuis la saison 4, l'école est fermée, tous les étudiants et le personnel (ainsi que Miss McCauley) ont disparu de la série (ils coûtaient probablement trop cher), les Dracula tentent de faire du bâtiment un hôtel à thématique vampirique (... mouais) et l'on remarque que le show n'a plus que trois personnages principaux - Dracula, Ingrid et Renfield (Wolfie, inutile au possible, a été évacué entre les deux saisons, tout comme tous les Chasseurs de vampires, qui ne reparaissent plus).

Et puis Vlad revient de voyage : un Vlad plus âgé, mieux coiffé... et plus zen. Oui, il a trouvé la spiritualité orientale (ainsi qu'une petite amie, Talitha - Eleanor Gecks - qui arrive à mi-saison, et qui tient grosso modo le même rôle qu'Erin en saison 4)... et peu de temps après son retour, il découvre qu'il n'est pas un vampire, mais un dhampire : Papa Dracula a fauté avec une humaine lors d'un festival gothique, puis il a attendu que cette dernière accouche pour adopter l'enfant en secret...

Forcément, là, le spectateur un tant soit peu exigeant commence à grincer des dents. Surtout quand Vlad et ses nouvelles origines forment l'une des intrigues principales de la saison : ce n'est pas vraiment cohérent avec les quatre saisons précédentes, c'est particulièrement capillotracté, et si ça donne l'occasion à Vlad et à son père d'avoir quelques jolies scènes plus sérieuses et dramatiques, ça apporte aussi deux nouveaux personnages à la série, Sally (Laura Howard), la mère, et Georgina (Bella Band), la jeune demi-soeur de Vlad.

Des personnages humains qui n'amènent pas grand chose à l'univers, qui servent le plus souvent de spectateurs passifs, et de remplissage narratif.

Toute la saison repose donc sur la dualité de Vlad : privé de ses pouvoirs (le personnage était trop puissant, ça tombe bien pour les scénaristes), il a désormais le choix entre attendre ses 18 ans, et devenir le vampire le plus puissant de tous les temps, ou renoncer à son vampirisme pour vivre avec sa mère et sa sœur.

En théorie, un dilemme intéressant. En pratique, il n'y a jamais vraiment le moindre doute sur le choix de Vlad, surtout compte tenu de tout ce qui se déroule autour de lui.

La première moitié de la saison est donc centrée sur les rapports Vlad/Dracula, et sur cette famille humaine qui vient un temps vivre au château. Puis, progressivement, le show bascule vers les premiers antagonistes de la saison : les fils de Ramanga, Asan et Shango.

Le premier, Asan (Quinton Nyirenda), présenté comme étant un très jeune réfugié d'une tribu vampirique africaine, arrive en compagnie de Malik, qui fait là son grand retour ; comme tous les autres personnages, Malik amène son lot de rétrocontinuité : il découvre qu'il n'est pas le fils de Dracula (ce qui rend caduque toute la saison précédente), et il explique qu'Erin a été tuée par les créatures qui les poursuivent, lui et Asan (des ninjas-samourais-vampiriques-téléporteurs fauchés au possible).

Asan, lui, s'avère donc être le fils de Ramanga (mort hors-champ, entre les deux saisons), et a échafaudé un plan improbable avec son frère pour tenter d'infiltrer le clan Dracula en lui demandant asile, pour mieux le détruire de l'intérieur. Seul problème, le plan en question est bâclé par les scénaristes, les Ramanga passent soudain à l'attaque aux 2/3 de la saison, Ramanga lui-même revient d'entre les morts (un grand moment de surjeu improbable), et le tout est bouclé en dix minutes d'épisode, par un triomphe des Dracula sur leurs ennemis (ainsi qu'une mise à mort de Malik et de Ramanga, au passage). Soit. 

Il ne reste alors que trois épisodes pour boucler toutes les ébauches d'intrigues parallèles laissées jusque là en suspens : le premier épisode est de la comédie centrée sur Renfield qui, las de garder le secret sur une boîte mystérieuse et remuante dérobée par Dracula au Conseil des Vampires, parvient à convaincre le Comte de faire de lui un vampire en échange de son silence.

Une évolution du personnage qui ne débouche sur rien du tout, et n'est là que pour remettre la boîte mystérieuse sur le devant de la scène : elle contient en effet le fruit de la connaissance vampirique, une sorte de plante gigantesque enfin libérée dans le final.

Ce series finale réunit ainsi tous les antagonistes de la série encore disponibles, dans une sorte de "toutéliage" qui, étrangement, semble fonctionner... sur le papier : le Conseil des Vampires tente d'éliminer Vlad avant qu'il ne devienne invincible, les Ramanga tentent de venger leur père, le Fruit de la Connaissance se réveille, l'anniversaire de Vlad arrive... mais malheureusement, tout ça est bouclé en trois minutes chrono, de manière particulièrement décevante.

Au final, Vlad choisit (bien entendu) de rester un vampire, il efface les souvenirs de sa mère et de sa demi-sœur, et il repart en voyage avec sa petite amie, pendant que Dracula, lui, part se mettre "au soleil" en Australie : une fin pas forcément inappropriée, mais étrangement frustrante.

En effet, il est clair que la production savait bien à l'avance que cette saison 5 serait la dernière saison de la série, et les scénaristes ont donc tenté d'apporter des conclusions à tous les personnages... mais ces conclusions sonnent souvent faux.

Ingrid, par exemple : égale à elle-même pendant le plus gros de cette saison, elle passe alors tout son temps à comploter et à manipuler autrui pour obtenir un siège au Conseil, elle va même jusqu'à tenter de tuer Vlad... mais à la fin de la saison, elle ne fait rien de ce pouvoir politique qu'elle finit par obtenir : en effet, après s'être étrangement transformée en demoiselle en détresse apeurée en se perdant dans les souterrains du château (!?), elle est désormais trop occupée à roucouler dans les bras d'un informaticien humain, et à gérer le château-hôtel en sa compagnie.

On est bien loin de la protagoniste féministe et ambitieuse, prête à tout pour triompher de la misogynie de la société vampirique, et pour changer le monde !

Autre exemple symptomatique : pendant tout ce temps, ce bon vieux Dracula... n'aura servi à rien de la saison, sorti de son rôle de père indigne. Toujours plus peureux, toujours plus magouilleur, toujours plus prétentieux, et donc, toujours plus inefficace, malgré l'interprétation mémorable de Keith-Lee Castle.

En résumé, malgré quelques efforts de structure et de concept, cette ultime saison ne fonctionne pas vraiment, constamment le postérieur entre deux chaises, tiraillée entre un désir de conclure le tout sur une note satisfaisante, et celui d'oublier un peu les erreurs du passé en réécrivant ce dernier de manière peu convaincante.

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C'est regrettable, mais c'est ainsi : l'adolescence est un âge ingrat. Et à l'instar de son personnage principal, et du public de la CBBC, la série s'est elle aussi transformée aux yeux de tous, passant d'un enfant attachant et amusant à un adolescent gothique pseudo-torturé, puis à un jeune adulte décidé à passer à autre chose.

Le résultat final est peu probant : les scénaristes n'ont clairement pas su/pas pu gérer les aléas de la production et les changements de la distribution, et le résultat final est une série particulièrement inégale, alternant les styles et les attitudes, et enchaînant deux premières saisons légères avec une saison de transition inégale, succombant au syndrome de "l'Élu", et deux dernières saisons beaucoup plus (trop) sérieuses pour leur propre bien.

Et pourtant, la série a toujours une place privilégiée dans le cœur des jeunes qui ont grandi avec elle, et qui réclament encore, à ce jour, une sixième saison... une chose est sûre : si elle a jamais lieu (ce qui est peu probable), je ne répondrai probablement pas à l'appel de ces vampires anglais, aux débuts pourtant si attachants...

 

(retrouvez les bilans de la saison 1 de Young Dracula ici et ; s.2 ici et ; s.3 ici et )

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Halloween Oktorrorfest 2017 - 30 - Anthologies UK 70s (3/5) - Asylum (1972) & Le Caveau de la Terreur (1973)

Publié le 6 Octobre 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Oktorrorfest, Halloween, Horreur, Thriller, Fantastique, UK, Anthologie, Amicus

Chez les Téléphages Anonymes, Octobre est synonyme d'Halloween et d'Oktorrorfest, notre marathon de cinéma fantastique et d'horreur, qui continue jusqu'en Novembre... ​​​​​​

Asylum (1972) :

Cinquième anthologie horrifique Amicus, avec un Robert Bloch de retour pour adapter ses propres nouvelles... et ramener avec lui, malheureusement, son style assez bavard et lourd en exposition.

# Le Dr. Martin (Robert Powell), arrive dans un asile d'aliénés, où il rencontre le Dr. Rutherford (Patrick Magee), le directeur, et Max Reynolds (Geoffrey Bayldon), un infirmier. Il apprend alors que le précédent directeur fait partie des internés actuels, et que s'il veut un poste dans l'asile, Martin va devoir l'identifier parmi une série de patients.

Un fil conducteur qui est directement relié au quatrième segment, et qui ne fonctionne pas vraiment en tant que tel. Notamment parce que c'est gentiment surjoué (surtout à la toute fin), et que ça n'a pas grande épaisseur. 2/6

# Porté sur l'alcool, Walter (Richard Todd) décide de tuer sa femme (Sylvia Syms) pour vivre heureux avec sa maîtresse (Barbara Parkins). Il découpe ainsi son épouse en morceaux au sous-sol, et l'enferme dans son congélateur flambant neuf. Mais tandis qu'il attend l'arrivée de son amante, sa femme semble revenir à la vie, bien décidée à se venger...

On reconnaît bien là la plume de Bloch, toujours très bavarde et (parfois inutilement) chargée en exposition. Ici, après une première partie maladroite, heureusement, l'accent est mis sur l'ambiance et le suspense, aidé par une bande originale efficace. Rien d'exceptionnel, ça dure un peu trop longtemps, et la chute finale (dans l'asile) est un peu trop prévisible, mais ce n'est pas désagréable pour autant, notamment parce qu'il y a quelque chose d'involontairement comique dans ces morceaux coupés qui tous s'animent un à un. 3.5/6 

# Bruno (Barry Morse), un tailleur endetté, reçoit la visite de "Mr Smith" (Peter Cushing), un homme mystérieux proposant au tailleur un marché étrange : en échange d'une somme considérable, le tailleur doit confectionner pour le fils de Smith un costume à des heures précises de la nuit, à partir d'un tissu bizarre et lumineux...

Plutôt intéressant, comme segment, même si à nouveau, on se doute du déroulement de l'histoire des kilomètres avant que le récit n'y arrive. Dommage, parce qu'il y avait là un certain potentiel. Cela dit, le rebondissement final fonctionne plus ou moins. 3.25/6

# De retour d'un séjour à l'asile, Barbara (Charlotte Rampling) s'installe chez son frère (James Villiers), qui la place sous la surveillance d'une infirmière, Miss Higgins (Megs Jenkins). Mais rapidement, Lucy (Britt Ekland), une amie de Barbara, vient lui rendre visite en secret, et l'incite à s'enfuir avec elle...

Un bon gros ratage agaçant tant il est bavard et éventé dès les premières secondes, et que le spectateur devine alors le rebondissement final. C'est bien interprété, notamment par Rampling, mais qu'est-ce que c'est creux et inutile. 1/6

# Interné, le Dr. Byron (Herbert Lom) travaille, dans sa cellule, à transférer sa conscience dans une réplique miniature et robotique de sa personne...

Et il n'y a rien d'autre à dire sur ce segment, qui ne consiste qu'en une brève présentation de Byron, pour mettre en place la conclusion du film. Bien peu inspiré, tout ça. 0.5/6

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Honnêtement assez décevant, cet Asylum, pourtant loué comme un excellent exemple du genre par le web et les critiques outre-manche.

Malheureusement, outre les problèmes habituels de Bloch (trop de blabla, pas assez de surprises), et les problèmes techniques (la bande originale du film est en grande partie composée de morceaux classiques, dont la Nuit sur le Mont Chauve, et ces morceaux trop familiers semblent régulièrement déplacés, envahissants, et trop grandiloquents pour ce qu'il y a à l'écran ; l'intérieur de l'asile semble souvent sous-éclairé), on a surtout un peu l'impression que le métrage a été particulièrement chargé dans sa première moitié, et qu'il perd tout simplement toute son énergie dès la fin du segment de Cushing.

Vraiment frustrant, et je commence à croire qu'aucune anthologie Amicus ne va parvenir à tenir la distance...

2/6

Le Caveau de la Terreur (The Vault of Horror - 1973) :

Avant-dernière anthologie Amicus, écrite par le même scénariste qu'Histoires d'Outre-Tombe, et qui, à nouveau, adapté de récits tirés des EC Comics. Par conséquent, on se retrouve une nouvelle fois avec des histoires plus moralisatrices, à tendance humour noir, et nettement moins bavardes que sous la plume de Robert Bloch...

# Dans un immeuble, cinq hommes (Daniel Massey, Terry-Thomas, Curd Jürgens, Michael Craig & Tom Baker) prennent l'ascenseur pour redescendre au rez-de-chaussée. Mais la cabine continue son chemin jusqu'à un sous-sol étrange aux allures de club privé, où les passagers sont seuls, et décident de se raconter leurs pires cauchemars autour d'un bon verre...

Un fil conducteur assez faiblard et éventé, qui rappelle fortement d'autres fils conducteurs des anthologies préalables, et qui en plus, n'est jamais vraiment inquiétant : l'ouverture sur une vue panoramique de Londres, pendant que l'orchestre symphonique reprend Dies Irae, n'a pas grand chose d'inquiétant, et tout le reste des scénettes reste étrangement décontracté, et sous-exploité. 2/6

# Bien décidé à mettre la main sur l'héritage familial, Harold Rogers (Daniel Massey) retrouve sa soeur (Anna Massey) dans un village reculé, où tout ferme au crépuscule, car "ils sortent à la tombée de la nuit". Et après avoir mis fin aux jours de sa soeur, Harold découvre soudain qui se cache derrière ce "Ils" mystérieux...

Un segment à l'ambiance intéressante, et qui vire à la comédie dans ses dernières minutes, avec ce restaurant très particulier, empli de clients aux crocs en plastiques assez risibles. L'idée est amusante, mais le segment abat ses cartes un peu trop tôt. 3.5/6

# Arthur Critchit (Terry-Thomas), particulièrement à cheval sur l'ordre et la propreté, décide d'épouser Eleanor (Glynis Johns), une femme assez désordonnée et maladroite, qui chamboule son intérieur. Et il ne faut pas très longtemps pour que le caractère maniaque du gentleman lui coûte très cher...

Ouhlà, ça cabotine pas mal, on est dans une farce tout sauf inquiétante et menaçante, avec une musique à deux doigts du mickey-mousing, et des personnages caricaturaux qui rendent le tout vaguement amusant, mais aussi particulièrement cartoonesque. 2.5/6

# L'arrogant illusionniste Sebastian (Curd Jürgens) et son épouse Inez (Dawn Addams) sont en Inde, à la recherche d'un tour inédit. Lorsqu'ils aperçoivent une femme (Jasmina Hilton) en train d'exécuter le tour de la corde en lévitation, ils décident de le lui voler, et la tuent après l'avoir invitée dans leur chambre d'hôtel... mais lorsqu'ils tentent de reproduire le tour, les conséquences leur sont fatales.

Généralement, j'aime assez ce genre de récit portant sur le monde de l'illusion, et ici, la disparition d'Inez dans un cri terrible et le spectacle du plafond couvert de sang sont assez mémorables et réussis, comme la toute fin du segment, mais dans l'ensemble, le tout est un peu trop mollasson et longuet pour convaincre. 3/6

# Afin de procéder à une arnaque à l'assurance, Maitland (Michael Craig) et son ami Alex (Edward Judd) décident de simuler la mort de Maitland en l'enterrant vivant. Mais la situation dégénère très rapidement dès que Tom (Robin Nedwell) et Jerry (Geoffrey Davies), deux apprentis-médecins incapables à la recherche d'un cadavre frais, se mêlent à l'affaire.

De la comédie ratée, avec du slapstick et des gags médiocres (les deux médecins qui ont les cheveux qui se dressent littéralement sur la tête), qui font que ce segment traîne en longueur et ne débouche pas sur grand chose. 2.5/6

# Lorsqu'il découvre que ses tableaux sont vendus à Londres à son insu, et qu'il n'en profite pas le moins du monde, Moore (Tom Baker), un peintre vivant à Haïti, décide de se tourner vers le vaudou pour se venger de ceux qui l'ont trompé. Il obtient alors le pouvoir de faire du mal aux sujets qu'il peint en détruisant ses oeuvres ; le seul problème étant qu'il vient d'achever son auto-portrait, et que la toile possède les mêmes pouvoirs risqués que ses autres tableaux...

Le segment le plus satisfaisant du lot, bien développé et pas désagréable du tout, avec un Tom Baker très impliqué, et des mises à mort inventives. Ça aurait mérité un peu plus d'énergie et de rythme, cela dit. 4/6

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On se retrouve donc cette fois-ci avec une anthologie nettement axée comédie qu'horreur ou suspense... ce qui aurait pu fonctionner si la comédie était particulièrement drôle. Malheureusement, ce n'est pas vraiment le cas, et s'il n'y a pas vraiment de segment calamiteux (d'autant que techniquement, c'est mieux produit que certains des opus précédents), il n'y a pas non plus grand chose de mémorable : l'humour tombe à plat, l'horreur est rarement percutante, et le passage de la bande dessinée au grand écran semble rendre bon nombre de ces récits assez inoffensifs...

3/6

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Halloween Oktorrorfest 2017 - 28 - Anthologies UK 70s (2/5) - La Maison qui Tue (1971) & Histoires d'Outre-Tombe (1972)

Publié le 5 Octobre 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Oktorrorfest, Halloween, Horreur, UK, Anthologie, Amicus, Fantastique, Thriller

Chez les Téléphages Anonymes, Octobre est synonyme d'Halloween et d'Oktorrorfest, notre marathon de cinéma fantastique et d'horreur, qui continue jusqu'en Novembre... ​​​​​​

La Maison qui Tue (The House That Dripped Blood - 1971) :

Troisième anthologie horrifique Amicus, toujours écrite par Robert Bloch, et centrée autour d'une vieille maison.

# AJ Stoker (John Bryans), un agent immobilier responsable de la mise en vente d'un cottage isolé, explique à un agent de Scotland Yard (John Bennett) la sinistre histoire du bâtiment et de ses occupants successifs.

Un fil conducteur prétexte, sous-développé, et qui souffre d'être directement lié au dernier segment, le plus faible. 2.5/6

# Charles Hillyer (Denholm Elliott), écrivain spécialisé dans le crime et l'horreur, s'installe dans le cottage en compagnie de son épouse (Joanna Dunham), pour travailler sur son nouvel ouvrage, narrant les crimes de Dominic l'étrangleur. Mais bien vite, Charles semble se persuader que Dominic est bien réel, et qu'il rôde dans les parages...

Plutôt bien réalisé, et agréable à regarder, bien que méga-téléphoné, et bien que la musique parfois grandiloquente soit un peu trop présente, çà et là. On est vraiment dans ce qui deviendra ultérieurement le style Contes de la Crypte, par contre. 3.5/6

# Hanté par le souvenir d'une femme dont il garde une photo, Phillip Grayson (Peter Cushing) s'installe dans le cottage, et découvre bien vite, une statue de cire ressemblant étrangement à l'objet de son obsession... jusqu'à l'arrivée de Neville (Joss Ackland), l'un des amis de Phillip, qui va déclencher l'impensable.

Un segment beaucoup plus atmosphérique, et qui se finit en slasher, mais qui pâtit d'une interprétation assez moyenne de Wolfe Morris, et d'une explication finale plutôt laborieuse. Bof. 3/6

# Ann Norton (Nyree Dawn Porter), une ancienne institutrice, décroche le poste de tutrice privée pour la petite Jane (Chloe Franks), une fillette vivant seule dans le cottage avec son père, le glacial John Reid (Christopher Lee). Jusqu'à ce que la tutrice découvre que les apparences sont trompeuses...

Une petite Chloe Franks adorable, un Christopher Lee assez classique, pour une histoire pas forcément désagréable, mais qui met un temps fou à arriver à une conclusion dont le spectateur se doute très très tôt, dès les premières minutes du segment. 3/6 

# Paul Henderson (Jon Pertwee), une star capricieuse de films d'horreur, s'installe dans le cottage, le temps d'un tournage de film de vampires avec sa collègue Carla (Ingrid Pitt). Mais lorsqu'il achète une cape à un vendeur étrange (Geoffrey Bayldon), il découvre que cette dernière a des pouvoirs inexplicables...

Une farce grotesque dans laquelle tout le monde surjoue clairement, et qui n'est jamais très sérieuse ni convaincante, puisque Pertwee en fait trois tonnes, et rappelle souvent Leslie Nielsen dans Dracula, Mort et Heureux de l'être. Malgré la superbe Ingrid Pitt, ça tranche trop radicalement avec le sérieux de tout le reste pour être ici à sa place. 2/6

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Dans l'ensemble, une anthologie plus homogène (notamment si l'on omet le dernier segment, avec Pertwee), et qui est globalement mieux produite que les deux précédentes. Ici, hormis la façade du cottage, un peu factice, la direction artistique et l'éclairage sont honorables, la réalisation compétente, et dans l'ensemble, il y a une ambiance sympathiquement gothique et pesante, bien aidée par sa bande originale efficace (à défaut d'être subtile).

Malgré tout, cependant, le film n'atteint pas pour autant des sommets, et Bloch a toujours des difficultés à faire dans la concision et dans les rebondissements finaux originaux.

Et puis Pertwee, franchement... *soupir*

3/6

Histoires d'Outre-Tombe (Tales From The Crypt - 1972) :

Quatrième anthologie Amicus, cette fois-ci adaptée de récits extraits des bande-dessinées Contes de la Crypte d'EC Comics, ce qui confère à ces histoires un fond nettement plus moralisateur, avec des protagonistes toujours punis pour leur comportement.

# Alors qu'ils visitent des catacombes, cinq touristes (Joan Collins, Ian Hendry, Robin Phillips, Richard Greene & Nigel Patrick) se perdent et finissent dans une salle étrange, où ils sont confrontés au Gardien de la Crypte (Ralph Richardson). Mystérieux, celui-ci leur montre alors le sombre destin qui les attend...

Un fil conducteur assez oubliable, puisque, outre l'ouverture sur la Toccata de Bach illustrant une vue d'un cimetière (malheureusement en pleine journée), les catacombes en question ne sont pas très impressionnantes (des grottes pas particulièrement crédibles). Cela dit, c'est assez bien interprété, même si le rebondissement final est assez classique. 3/6

# Le soir de Noël, Joanne Clayton (Joan Collins) assassine son mari, pour toucher la prime de son assurance-vie. Mais tandis qu'elle tente de cacher le corps à leur fille, qui dort à l'étage, elle apprend qu'un tueur en série déguisé en Père Noël rode dans les parages...

Un excellent segment quasi-muet, puisque principalement illustré par les cantiques de Noël diffusé à la radio de Joan Collins. Ce qui donne un mini-slasher efficace, à la conclusion téléphonée et au sang un peu trop artificiel, mais au déroulement et à l'interprétation globalement très honorables, ainsi qu'à l'ambiance très particulière. 4.5/6 (avec en prime une apparition de Chloe Franks, déjà dans l'anthologie précédente)

# Carl Maitland (Ian Hendry) décide de quitter sa femme et ses enfants, pour rejoindre pour de bon sa maîtresse (Angela Grant). Mais alors que les deux amants s'enfuient ensemble, ils ont un accident de voiture, dont Carl se sort in extremis... ou du moins, c'est ce qu'il pense.

Un segment peu populaire parmi les critiques, mais que j'ai néanmoins apprécié pour son utilisation de la vue subjective, et pour son économie de paroles. À nouveau, le rebondissement final a beau être prévisible, il fonctionne. 3.5/6

# James (Robin Phillips), un jeune homme snob vivant dans une banlieue huppée, déteste cordialement Mr Grimsdyke (Peter Cushing), un vieillard doux et paisible qu'il considère comme indigne de vivre dans le quartier. Il entreprend alors de rendre la vie de ce dernier invivable, jusqu'à ce qu'il se suicide...

Là, c'est l'inverse : tout le monde adore ce segment, notamment pour l'interprétation intéressante de Cushing, mais je l'ai trouvé un peu mollasson, manquant de punch, et avec un maquillage final, pour Cushing, assez raté. 3/6

# Ruiné, Ralph Jason (Richard Greene) et sa femme découvrent une figurine chinoise qui leur accorde trois voeux. Mais sans surprise, ces voeux se retournent contre eux...

Une variation de la Patte de Singe (qui est ici citée à plusieurs reprises) qui tente d'en détourner le concept. D'un côté, c'est assez amusant, et le final est plutôt gore, pour l'époque, mais de l'autre, la logique ne répond pas toujours présent. Bilan mitigé, donc. 3.5/6

# Le Major William Rogers (Nigel Patrick) est le nouveau directeur cruel et indifférent d'un hospice pour aveugles. Mais lorsque sa gestion incapable de l'établissement coûte la vie à l'un des pensionnaires, les autres, menés par George Carter (Patrick Magee) décident de se venger.

À nouveau, un segment qui semble diviser. Les quelques derniers instants, cruels (mais guère surprenants), de cette histoire sont mémorables... malheureusement, l'ensemble prend énormément son temps, et s'avère très peu passionnant. 3/6

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En conclusion, une anthologie un peu au-dessus des trois volets précédents : en s'affranchissant de Robert Bloch, les segments ont regagné en concision et en efficacité, et n'hésitent plus à jouer sur l'ambiance plus que sur les dialogues. On se retrouve néanmoins avec quelque chose de plus moralisateur, ce qui n'est pas encore trop gênant, mais pourrait le devenir dans les anthologies suivantes, selon les récits.

Seul regret, plusieurs de ces segments, indépendamment de leur qualité ou de leur interprétation, souffrent d'intérieurs trop éclairés, qui fleurent un peu trop le décor de studio. Rien de bien méchant, mais ça se remarque néanmoins.

3.5/6

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Halloween Oktorrorfest 2017 - 20 - Anthologies UK 70s (1/5) - Le Train des Épouvantes (1965) & Le Jardin des Tortures (1967)

Publié le 29 Septembre 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Oktorrorfest, Horreur, Halloween, Anthologie, Amicus, UK, Fantastique, Thriller

Halloween approche lentement, et comme tous les ans, c'est l'heure de l'Oktorrorfest sur le blog des Téléphages Anonymes, avec au programme un marathon de cinéma fantastique et d'horreur pendant un peu moins de deux mois, de mi-Septembre à début Novembre...

Le Train des Épouvantes (Dr. Terror's House of Horror - 1965) :

Première anthologie d'horreur/épouvante produite par Amicus, le studio anglais concurrent de la Hammer.

Cinq hommes - Jim Dawson (Neil McCallum), Bill Rogers (Alan Freeman), Biff Bailey (Roy Castle), Franklyn Marsh (Christopher Lee) et Bob Carroll (Donald Sutherland), tous issus d'horizons différents - se rencontrent dans le wagon d'un train londonien, où ils sont bientôt rejoints par le Dr. Schreck (Peter Cushing), qui décide alors de passer le temps en utilisant des cartes de tarot afin de lire l'avenir des cinq autres passagers...

Un fil conducteur pas désagréable, avec un Peter Cushing charismatique, et un rebondissement final efficace, sans être trop surprenant. On regrettera juste l'effet du crâne, un peu trop fauché. 3.5/6

# Jim Dawson, un architecte, retourne dans le manoir de sa famille, désormais possédé par Mrs Biddulph (Ursula Howells), pour y faire des rénovations. Mais rapidement, il découvre le sarcophage du Comte Valdemar, réputé pour être un loup-garou, caché dans un mur de la cave... et lorsque le cercueil s'ouvre, Dawson doit faire face à la bête.

Un premier segment à l'atmosphère particulièrement gothique et réussie, mais au déroulement mollasson, à l'interprétation figée et au rebondissement final télégraphié. Bof. 3/6

# Lorsqu'il rentre de vacances, Bill Rogers découvre une plante étrange, qui pousse depuis peu le long de la façade de sa maison. Une plante qui semble être dotée d'intelligence, et bien décidée à se défendre...

Un segment assez raté et peu intéressant, avec sa plante animée assez peu menaçante, et son script transparent. 2/6

# Lors d'un séjour aux Caraïbes, Biff Bailey, un jazzman, décide de s'inspirer d'une cérémonie vaudoue pour composer un morceau. Mais bien mal lui en prend.

À peine plus réussi que le segment précédent, puisque souffrant d'un remplissage musical abusif, et d'une conclusion plate au possible. 2/6

# Franklyn Marsh, critique d'art arrogant et prétentieux, est humilié en public par le peintre Eric Landor (Michael Gough). Pour se venger, il le renverse en voiture, ce qui mène à l'amputation de l'une des mains de l'artiste. Une main qui, contre toute attente, décide de faire payer Marsh...

Nettement meilleur, celui-là, malgré les effets un peu primitifs de la main en caoutchouc : Christopher Lee se donne à fond, et on se retrouve devant un Conte de la Crypte avant l'heure. 4/6

# Peu de temps après que le Dr. Bob Carroll soit rentré de lune de miel avec sa nouvelle épouse (Jennifer Jayne), une épidémie étrange semble indiquer la présence d'un vampire en ville. Avec l'aide de son collègue le Dr. Blake (Max Adrian), Bob cherche alors le - ou la - coupable.

Assez moyen, ce segment, et assez prévisible, mais globalement, rien de honteux. 3/6

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Dans l'ensemble, une anthologie assez moyenne, et peu inspirée ; malgré sa durée limitée (à peine plus de 90 minutes), la première moitié est assez lente et quelconque, et seuls les deux derniers segments sauvent un peu les meubles.

Un petit 3/6

Le Jardin des Tortures (Torture Garden - 1967) :

Seconde anthologie Amicus, à thématique fête foraine, et scénarisée par Robert Bloch, qui est loin d'être un incapable.

Cinq personnes (Michael Bryant, Beverly Adams, Barbara Ewing, Jack Palance & Michael Ripper) visitent la fête foraine de l'étrange Dr. Diabolo (Burgess Meredith), qui leur propose, en échange d'une petite somme supplémentaire, de leur faire connaître la terreur, la vraie. Il les amène alors en coulisses, et leur montre une statue de cire de la déesse Atropos (Clytie Jessop), tenant des ciseaux, dont les lames révèlent la sombre destinée des visiteurs...

Un fil conducteur assez décevant : on a souvent l'impression de voire le Pingouin cabotiner, les décors sont assez pauvres et fauchés, et le maquillage de Clytie Jessop, supposée être en cire, est raté au possible (en plus de la voir respirer, bouger, etc). Quant à la conclusion, qui tient lieu de pseudo cinquième segment, elle tombe à plat, et est trop précipité pour convaincre. Énorme bof. 2/6

# Colin Williams (Michael Bryant) arrive chez son oncle malade (Maurice Denham), pour tenter de trouver l'origine de la fortune de ce dernier, et en profiter. Mais il s'avère bien vite que son oncle était sous l'emprise d'un chat maléfique, capable d'exaucer les souhaits en échange de sacrifices humains...

Un premier segment qui tente le gothique, le macabre, et qui se déroule en grande partie sans dialogues, avec une bande-son sinistre et grandiloquente. En théorie, pourquoi pas, malheureusement, le segment dure plus d'une demi-heure, et amène le film à la barre des 40 minutes : résultat, tout se traîne, il ne se passe rien, l'écriture est lourde et bavarde, c'est un peu surjoué (Denham et son maquillage raté), et quand arrive la fin, on se dit "tout ça pour ça". 2/6

# Carla Hayes (Beverly Adams), une ambitieuse starlette bien décidée à percer à Hollywood, découvre bientôt que bon nombre d'acteurs et de producteurs partagent un sombre secret...

Et encore un flop, qui dure là aussi près d'une demi-heure, et n'a rien d'autre à raconter qu'un vague thriller hollywoodien pas très bien joué, et dont le rebondissement fantastique arrive bien trop tard, sans réel impact. 1.5/6

# Lorsque Leo (John Standing), un pianiste, s'éprend d'une journaliste (Barbara Ewing) qui fait un article sur lui, il signe là l'arrêt de mort de cette dernière : car son piano, surnommé Euterpe, est très jaloux...

Bwahaha, un piano jaloux et tueur. Bon, pourquoi pas, après tout, Stephen King a bien écrit Christine... mais là, autant sous forme écrite, ça aurait pu fonctionner, autant à l'écran, il aurait fallu de la subtilité et de la maîtrise pour faire passer tout ça. Ce qui n'est pas le cas, la scène finale étant risible de bout en bout, avec son piano qui se déplace pour barrer la porte, et qui s'approche, menaçant, en vue subjective... j'en ris encore. 2/6

# Ronald Wyatt (Jack Palance) croise le chemin de Lancelot Canning (Peter Cushing), comme lui un grand collectionneur de l'oeuvre d'Edgar Allan Poe. Il découvre alors que son confrère est en possession de manuscrits inédits de Poe... des manuscrits étrangement récents, et qui sont liés à une porte que Canning maintient délibérément toujours close.

Ah, voilà, enfin un segment réussi. Le plus gros du budget est clairement passé ici dans les décors et dans la distribution, et le segment s'avère très sympathique, avec un joli jeu de ping-pong entre Cushing et un Jack Palance à l'interprétation étrange, fébrile et maniérée, mais qui fonctionne. La fin, néanmoins, est un peu moyenne. 4.25/6

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En résumé, une anthologie nettement en deçà de la précédente, pourtant déjà pas formidable en soi : ici, l'écriture de Bloch est lourde, déborde d'exposition inutile, et tout le film est plombé par ses deux premiers segments, qui, sans avoir grand intérêt intrinsèque, représentent  à eux seuls près des 2/3 du métrage. Décevant.

2/6

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Halloween Oktorrorfest 2017 - 16 - Under The Shadow (2016)

Publié le 27 Septembre 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Oktorrorfest, Halloween, UK, Jordanie, Qatar, Fantastique, Horreur, Netflix

Halloween approche lentement, et comme tous les ans, c'est l'heure de l'Oktorrorfest sur le blog des Téléphages Anonymes, avec au programme un marathon de cinéma fantastique et d'horreur pendant un peu moins de deux mois, de mi-Septembre à début Novembre...

Under The Shadow :

À Teheran, au milieu des années 80, alors que la Guerre Iran/Irak fait rage, Shideh (Narges Rashidi), ancienne étudiante en médecine désormais contrainte de jouer les mères au foyer, se retrouve seule avec sa fille Dorsa (Avin Manshadi) lorsque son époux est mobilisé. Mais lorsqu'une bombe irakienne s'abat sur son immeuble, une entité étrange semble commencer à se manifester, invisible de tous, sauf de Dorsa. Un à un, les voisins de Shideh quittent le bâtiment pour se mettre à l'abri, mais celle-ci reste, alors même que les phénomènes paranormaux se multiplient...

Un film d'épouvante indépendant, réalisé/écrit par un Iranien et tourné en persan, qui fait un buzz pas possible sur le web et chez les critiques internationaux : ça parle de film de l'année, de meilleur film d'horreur de ces dix dernières années, etc.

Et quelque part, ce n'est pas surprenant, tant le cadre et les thématiques historiques, sociales et religieuses sont pile le coeur de cible de bon nombre de critiques, entre l'oppression de la femme dans les sociétés musulmanes, le manque de représentation des acteurs d'origine moyen-orientale au cinéma, le manque de femmes dans des rôles principaux forts et non-sexualisés dans le cinéma d'horreur, les thématiques de la maternité, etc, etc.

Autant de sujet que la critique adore voir traiter au cinéma, et qui donne à ce film d'épouvante une épaisseur, un sous-texte qui plaît forcément. Malheureusement (et les critiques sont les premiers à faire la comparaison), Under The Shadow rappelle énormément Mister Babadook, sans même parler de tout un pan du cinéma d'horreur japonais. Et au jeu des comparaisons, Under The Shadow n'en sort pas forcément gagnant...

On est en effet en terrain ultra-balisé, même au niveau des métaphores, et en ce qui concerne l'horreur et l'épouvante, il s'agit ici plus d'une atmosphère (un peu) étouffante, renforcée par un grondement constant en arrière plan, plutôt que d'un film terrifiant et angoissant.

En fait, malgré sa distribution plutôt bonne, sa technique compétente, et une mise en place efficace, Under The Shadow se noie étrangement dans tout ce qui a fait son succès critique : trop de métaphores, trop de symbolique, trop de sous-texte... et pas assez d'horreur ou de tension.

(d'autant que, pour ne rien arranger, la menace, lorsqu'elle prend forme physique, s'avère assez peu impressionnante)

C'est loin d'être mauvais, mais ça ne restera certainement pas dans ma mémoire.

Un petit 3/6

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Halloween Oktorrorfest 2017 - 15 - Baba Yaga (2017)

Publié le 27 Septembre 2017 par Lurdo dans Cinéma, Critiques éclair, Review, Horreur, Halloween, Oktorrorfest, UK

Halloween approche lentement, et comme tous les ans, c'est l'heure de l'Oktorrorfest sur le blog des Téléphages Anonymes, avec au programme un marathon de cinéma fantastique et d'horreur pendant un peu moins de deux mois, de mi-Septembre à début Novembre...

Baba Yaga (Don't Knock Twice) :

Accusée d'être une sorcière ayant enlevé des enfants, Mary Aminoc (Ania Marson) est devenue le sujet d'une légende urbaine locale : frapper une fois à la porte de sa demeure réveille la sorcière, et une seconde fois la ramène à vie, et vous condamne à une mort affreuse. Malheureusement pour elle, Chloe (Lucy Boynton) a frappé à cette porte, et la sorcière est à ses trousses ; elle se réfugie chez sa mère, Jess (Katee Sackhoff), une sculpteuse ancienne droguée avec laquelle elle n'a aucun contact depuis des années, et qui va pourtant devoir tout faire pour protéger cette fille qu'elle ne connaît pas bien... 

Film d'horreur anglais qui semble un peu avoir 10-15 ans de retard, tant il rappelle toute la vague des Nuits de Terreur, Le Peuple des Ténèbres, et compagnie...

C'est donc ultra-balisé et prévisible, l'interprétation est inégale (Sackhoff et Boynton sont compétentes - Sackhoff se donne vraiment à fond, à la limite du surjeu - les autres acteurs sont médiocres, notamment Nick Moran), la réalisation l'est tout autant (on oscille entre images et jeux d'ombres travaillées, et zooms/travelling avant et faces caméras assez laids), et l'ambiance sonore est un peu bordélique - parfois très bruitiste et déstabilisante, parfois ultra-générique au piano, et parfois encore synthétique façon Vangelis des années 80.

Bref, le film ressemble un peu à une compilation fourre-tout de ce qui s'est fait de mieux et de pire dans le genre, et les personnages, ainsi que les thématiques sous-jacentes du script, en pâtissent vraiment : il y a bien de bonnes idées, et un certain potentiel, mais tout est tellement bordélique, mal traité, et confus, voire bâclé, que ça tombe vraiment à plat.

2.25/6 (l'affiche est réussie, cela dit) 

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Les bilans de Lurdo : Halloween Oktorrorfest 2017 - Young Dracula, saison 4 (2012)

Publié le 24 Septembre 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Télévision, Les bilans de Lurdo, CBBC, UK, Comédie, Drame, Fantastique, Oktorrorfest, Halloween, Jeunesse

L'Halloween Oktorrorfest touche aussi le petit écran, avec chaque week-end, de mi-Septembre à début Novembre, des critiques de séries fantastiques et horrifiques...

J'en avais parlé dans le bilan-rétrospective publié hier : les deux premières saisons de Young Dracula, critiquées sur ce blog, étaient une sitcom familiale anglaise, à destination des plus jeunes, mettant fortement l'accent sur la comédie et l'absurde.

La troisième saison, totalement repensée et diffusée près de trois ans après la seconde, sous la direction de nouveaux showrunners, faisait évoluer les personnages (à l'image de leurs acteurs) vers quelque chose de plus sérieux et d'adolescent. Les enjeux devenaient plus importants, la romance entrait en ligne de compte, le destin du jeune Vlad prenait plus de place, etc...

Pas forcément un choix très convaincant à mes yeux, puisque la série perdait en charme et en humour ce qu'elle gagnait en drame et en tension. Et en voyant que la saison 4 continuait dans cette direction, j'avais jeté l'éponge après quelques épisodes. Il est donc temps de revenir sur les deux dernières saisons de la série, afin de découvrir ce qu'il est advenu des personnages.

Young Dracula, saison 4 (2012) :

Et tout de suite, un constat s'impose : la série continue bien dans la direction du drame et du sérieux, sans avoir forcément les moyens financiers et artistiques de ses ambitions. C'est là le problème avec les programmes pour enfants de la CBBC - le budget est très limité. Et dès que l'on décide de se passer de l'humour et des personnages comiques, pour faire quelque chose de plus sérieux et de plus spectaculaire, ça coince.

Ici, la première moitié de ces 13 épisodes tombe tout simplement à plat. C'est principalement de la mise en place, avec un Vlad qui tente de faire régner la paix entre humains et vampires (avec l'aide d'Erin, de Bertrand et du jeune Van Helsing), et tout le monde qui tente de faire échouer ses plans, d'Ingrid (pour qui le look goth est de moins en moins flatteur) qui tente de comploter avec Ramanga pour obtenir une place au Conseil des vampires, à Dracula qui fait de même, en passant par Ramanga qui tente d'amener Vlad à épouser sa fille, sans oublier Malik, un vampire rebelle bien cliché, avec blouson en cuir, etc.

On a donc droit à 6 ou 7 épisodes un peu fauchés, qui tournent un peu en rond, qui jouent la carte Roméo & Juliette au pays des vampires et des tueurs, et qui tentent de faire planer le mystère sur Malik, apparemment guidé par une présence invisible et métamorphe qui manipule toute le monde.

Ça ne fonctionne alors que très ponctuellement, la faute à un Vlad qui est écrit comme Harry Potter dans l'Ordre du Phénix : en crise d'adolescence, caractériel, n'en faisant qu'à sa tête, etc. L'objectif de la saison est clairement de faire de Vlad un personnage ambigu, dépassé par son pouvoir et sa destinée, et qui commet des erreurs fatales en tentant de faire régner la paix, quel qu'en soit le prix.

Mais l'écriture ne suit pas, les limites de la série (le format, le budget, la direction artistique) font que l'effet est contre-productif, et Vlad devient finalement assez agaçant, voire antipathique. Les autres personnages ne sont pas forcément mieux lotis, car manquant de subtilité, et étant réduits à leur caractérisation de base : Ingrid perd toute nuance, et devient prête à tout pour arriver au pouvoir, Dracula est limité à son attirance pour Miss McCauley (ces scènes apportent cependant une bouffée d'oxygène au reste du show), et tout le monde est embourbé dans des complots en tous genres, dans de grands discours sur le destin, etc, etc, etc

Bref, la première moitié de saison est loin d'être passionnante, avec en prime une direction artistique et une production qui fait quelques choix assez peu avisés - les vampires rebelles, à ce titre, sont un beau ratage, plus risibles que menaçants.

Et puis, à mi-saison, la série semble entamer un virage créatif préparé en pointillés depuis un moment : on découvre les origines réelles de Malik, qui changent totalement la dynamique du personnage avec tous les membres de la famille Dracula ; la famille Ramanga est évacuée de la série (l'occasion pour Dracula de rappeler au spectateur qu'il a des pouvoirs démesurés) ; et surtout, Erin meurt, pour être transformée en vampire par Vlad.

Une mi-saison riche en potentiel et en rebondissements... qui ne débouchent malheureusement pas sur grand chose.

Erin, notamment, ne se remet pas de ce que les scénaristes lui font subir : elle bascule immédiatement dans le rôle caricatural de sbire d'Ingrid (pourquoi ? bonne question), s'habille désormais comme une fille de joie, fait quasiment de la figuration, passe son temps au bras de Malik, et semble avoir perdu tous ses points de QI en devenant une vampirette, puisqu'elle a à peine une phrase de dialogue ou deux par épisode.

Vlad touche lui-aussi le fond, se met à boire (du sang), joue les dictateurs torturés, et la série semble vouloir aller toujours plus loin dans le teen drama, sans se laisser le temps de respirer ou de donner du poids à ses rebondissements : la mort de Bertrand aux mains de Vlad, par exemple, n'a aucun impact sur la série, qui repart dans des digressions comiques (Dracula qui tente d'éliminer son rival amoureux, un professeur humain) vraiment trop déplacées en regard du ton sérieux et dramatique du reste.

Et histoire d'achever la bête, les derniers épisodes de la saison sont bordéliques au possible : Vlad découvre soudain l'existence d'Elizabeta, la mère de Malik, et entame sa traque (la série donne alors dans le slapstick et adopte brièvement un ton très similaire à celui des premières saisons, avec bruitages de cartoon, Dracula incapable, etc) ; Dracula est empoisonné ; et le dernier épisode, plein d'action, voit l'affrontement de Vlad et Elizabeta, alors que Dracula, de son côté, se meurt, et fait son mea-culpa auprès de tous ses proches (l'occasion de quelques moments touchants, çà et là, avec Ingrid).

L'espace d'un instant, on se dit que la saison va peut-être se finir de manière intéressante, avec une Ingrid revenue dans le camp de son frère, une Erin jouant potentiellement un double-jeu, une McCauley qui découvre l'existence des vampires, et un Dracula sauvé in extremis par Vlad, qui boit son sang pour le purger de son poison, et doit en subir les conséquences... de quoi faire un cliffhanger de fin de saison mémorable.

Mais non. Une ellipse de 15 secondes plus tard, tout est revenu à la normale, Vlad va bien, McCauley est amnésique, Erin est toujours une figurante devenue méchante en un claquement de doigt, et c'est retour à la routine habituelle. *soupir*

En résumé, une saison vraiment bâtarde, qui paradoxalement est adorée par les fans de la série (pas forcément surprenant, cela dit, vu leur âge à cette diffusion : la pseudo-noirceur sans enjeux ni conséquences, ça plaît aux ados). Mais cette quatrième année ne parvient jamais à jongler entre son héritage de sitcom pour enfants, et les airs ultra-dramatiques qu'elle se donne : le déséquilibre est constant, et le format 25 minutes ne laisse aucune place aux rebondissements dramatiques et au développement cohérent des personnages.

Résultat : tout paraît souvent bâclé, incohérent, précipité, et, au final, profondément insatisfaisant. 

 

(retrouvez les bilans de la saison 1 de Young Dracula ici et ; s.2 ici et ; s.3 ici et )

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Les bilans de Lurdo : Dirk Gently, détective holistique - saison 1 (2016)

Publié le 20 Août 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Télévision, Les bilans de Lurdo, Comédie, Science-Fiction, Fantastique, Drame, UK, USA, BBC, Netflix

Co-production BBC America/Netflix en huit épisodes de 42 minutes, Dirk Gently's Holistic Detective Agency est une adaptation très libre des romans de Douglas Adams, l'auteur du Guide du Voyageur Galactique, de ses suites, d'épisodes du Docteur Who, et de sketches des Monty Python.

L'oeuvre originale était donc typiquement british dans son ton, dans son décalage et dans son humour, et en faire une adaptation moderne et actuelle demande donc à la fois une rigueur formelle et un certain je-ne-sais-quoi d'excentricité et de flegme anglais, ce qui n'est pas à la portée de tout le monde... surtout dans le cas présent.

Dirk Gently's Holistic Detective Agency, saison 1 :

Renvoyé de son poste de garçon d'étage après avoir découvert le meurtre sanglant et incompréhensible du milliardaire Patrick Spring (Julian McMahon) dans son hôtel, Todd (Elijah Wood), un jeune trentenaire paumé, croise le chemin de Dirk Gently (Samuel Barnett), un pseudo-détective anglais totalement excentrique, qui décide spontanément de faire de Todd son assistant. Rapidement, le duo va se trouver embarqué dans une affaire improbable mélangeant voyage temporel, pouvoirs psychiques, héritière disparue, requin invisible, secte étrange, conspiration gouvernementale, enquêteurs incapables, garde du corps kidnappée, assassin invulnérable, et incubes rebelles...

Max Landis, showrunner américain de cette série et fils du réalisateur John Landis, est un grand dadais excentrique, jeune trentenaire hipster survolté et épuisant, au look improbable, au débit vocal soûlant, aux opinions bien arrêtées sur tout et sur tout le monde, à la personnalité versatile, à la vision très particulière de la vie, de l'univers et de la société, et qui semble parfois se croire plus rusé, original et intelligent qu'il ne l'est réellement. 

Sa version de Dirk Gently, donc - dans les romans, un homme rondouillard au long manteau en cuir, aux lunettes épaisses, au chapeau rouge assorti à sa chemise à carreaux, à la cravate rayée verte et au costume usé -, s'avère être un grand dadais excentrique, jeune trentenaire hipster survolté et épuisant, au look improbable, au débit vocal soûlant, aux opinions bien arrêtées sur tout et sur tout le monde, à la personnalité versatile, à la vision très particulière de la vie, de l'univers et de la société, et qui semble parfois se croire plus rusé, original et intelligent qu'il ne l'est réellement. 

Pour faire simple : Dirk Gently, ici, est un avatar à peine dissimulé de Max Landis, et c'est la voix de ce dernier qui domine toute la série (d'autant qu'il est responsable de l'écriture de la grande majorité de ces huit épisodes). Le show a l'énergie frénétique de Max Landis, les goûts très particuliers de Max Landis, l'absence caractéristique de subtilité et de discipline de Max Landis, l'obsession caractéristique de Max Landis pour les conspirations gouvernementales et les organisations paramilitaires surveillant des personnages dotés de capacités extra-ordinaires, bref, on va faire simple : Dirk Gently version Landis, c'est 95% de Landis, et à peine 5% de ce qui fait l'essence des romans et de Douglas Adams.

Ou encore, je pourrais dire que Dirk Gently version Landis, c'est une représentation assez fidèle de l'imagination, de la personnalité et de l'oeuvre de Landis, saupoudrée d'un peu de Doctor Who (la comparaison est inévitable, tant les romans d'Adams étaient adaptés de scripts refusés écrits pour Who, et tant le nouveau Gently rappelle immédiatement Tennant et Matt Smith dans leur énergie et leur excentricité), d'un peu de Terry Gilliam (pour les visuels improbables et l'esthétique de beaucoup de choses), et d'un peu de Wilfred (car le personnage interprété ici par Elijah Wood ressemble comme deux gouttes d'eau à celui qu'il interprétait alors dans la série de F/X).

Mais surtout, Dirk Gently version Landis, c'est une oeuvre à laquelle on adhère totalement ou pas du tout.

Car ici, tout est perpétuellement survolté, et tout le monde surjoue de manière caricaturale, en adoptant des accents forcés et bizarres (mention spéciale au grand méchant, sorte de croisement entre Terry Gilliam pour le physique, et Mr. Plinkett pour la voix) ; tout le monde débite ses dialogues à deux cent à l'heure, et en criant (c'est surtout vrai dans les épisodes écrits par Landis, soit 80% du show : chaque dialogue y est a) hystérique et/ou b) des tirades d'exposition dans laquelle les personnages se racontent mutuellement leur parcours, leurs sentiments, ou résument les tenants ou aboutissants du show) ; les personnages entrent et sortent du récit comme bon leur semble ; la violence est très prononcée et particulièrement gratuite ; le récit est totalement déstructuré, avec des flashbacks, des in media res, des deus ex, une boucle temporelle, etc ; l'illustration musicale est particulièrement décalée, occasionnellement agaçante, mais parvenant aussi à établir une certaine ambiance étrange qui n'est pas désagréable (les bruitages du van des Rowdy 3 sont à ce titre assez réussis).

Bref, Gently made in Landis, c'est une sorte de gros cartoon frénétique qui remplace le flegme et la subtilité absurde de l'humour anglais par un barrage constant d'images, de sons, et d'idées aléatoires qui finissent, progressivement, par prendre un semblant de forme vers la fin de la saison. Ou pas, c'est selon.

On adhère donc ou pas à la proposition... mais les personnages principaux, malgré leur hystérie un peu épuisante, finissent par s'avérer attachants. Todd est rongé par ses problèmes et ses mensonges, mais Elijah Wood lui apporte son innocence naturelle, qui contrebalance son caractère ; Hannah Marks est impeccable dans le rôle de sa soeur ; Jade Eshete est surprenante en garde du corps ultra-compétente à la coiffure improbable (même si l'accélération visuelle de ses scènes de combat est assez risible) ; et Fiona Dourif - pour peu qu'on supporte son personnage de tueuse implacable en surjeu complet et à la voix éraillée de fumeuse - se donne totalement à son rôle, et parvient même à se montrer touchante.

Petite pensée aussi pour la jeune fille qui joue le rôle de l'héritière, et qui passe toute la saison à quatre pattes à imiter un chien : un rôle ingrat dont elle s'acquitte très bien (paradoxalement, elle est nettement moins convaincante lorsqu'elle "est" humaine).

Reste Dirk Gently. Qui est bien interprété, là n'est pas le problème. Le problème, c'est sa caractérisation. Malgré quelques moments supposés l'humaniser (par sa solitude, notamment), Gently-Landis s'avère un personnage frustrant, sorte de croisement entre le Docteur, Mister Bean, Pee-Wee Herman et Sheldon Cooper. Il est très maniéré (pour ne pas dire... flamboyant), il est globalement incompétent, il ne sert pas à grand chose, et de manière générale, il est faire-valoir comique au sein de sa propre série, et n'est que rarement sympathique ou intéressant. 

Encore une fois (je me répète), on adhère ou pas au programme : on adhère ou non à la version Landis de Gently et de son univers, à son rythme frénétique, à son surjeu, à ses accents, à ses costumes et postiches assez médiocres (seule exception : l'armure Steampunk des derniers épisodes), à son style assez "artificiel", à son écriture pas forcément aussi subtile, drôle ou fine qu'elle ne pense clairement l'être, à ses rebondissements parfois forcés, etc, etc, etc 

Bref : l'univers de Dirk Gently, vu par Landis, c'est le toutéliage fait monde, une sorte d'hybridation bâtarde et pas totalement aboutie du décalage anglo-saxon d'Adams, de la direction artistique de Terry Gilliam, et d'une certaine rébellion adolescente pseudo-punk à l'américaine, clinquante et bruyante, où la subtilité n'a pas vraiment droit de séjour, et où le chaos fait force de loi.

Ce n'est pas forcément totalement désagréable, ce n'est pas dénué de bonnes idées, de moments amusants et de personnages attachants, mais l'emballage bordélique et indiscipliné peut clairement rebuter. D'autant que paradoxalement, c'est lorsque la série n'est pas directement écrite par Max Landis qu'elle s'avère mieux écrite et structurée, plus homogène, pour ne pas dire plus touchante et sincère...

En ce qui me concerne, je n'ai pas vraiment accroché à cette version de Dirk Gently, qui m'a plus souvent agacé que séduit. De plus, la conclusion de la saison (à base de fusillade et de cliffhanger ramenant une nouvelle fois la série à cette histoire de conspiration et d'organisation gouvernementale qui ne m'intéresse pas le moins du monde) ne m'a pas du tout envie de revenir en deuxième année, donc il est très probable, pour ne pas dire certain, que je vais laisser là ce Dirk Gently, détective holistique...

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Un film, un jour (ou presque) #583 : Le Roi Arthur - La Légende d'Excalibur (2017)

Publié le 18 Août 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Action, Aventure, Fantastique, UK

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Le Roi Arthur - La Légende d'Excalibur (King Arthur - Legend of the Sword) :

À la mort de son père, Uther Pendragon (Eric Bana), le jeune Arthur (Charlie Hunnam) est élevé dans une maison close de Londres, tandis que son oncle, le maléfique Vortigen (Jude Law) fait rêgner la terreur depuis Camelot. Jusqu'à ce que Arthur finisse par retirer Excalibur de la pierre, devenant anisi le meneur de la résistance contre le sorcier qui exploite le royaume... 

Par la barbe de Merlin, quelle merde ! Pourtant, généralement, je suis assez client des films de Guy Ritchie (du moins, de ses films de pègre anglaise, voire même du premier Sherlock), mais là, on touche le fond. 

Ce Roi Arthur, c'est ce qui se produit quand les effets de manche récurrents de Guy Ritchie - dialogues populaires, personnages décomplexés, montage nerveux, effets de style à gogo, et surtout, narration déstructurée, façon "scène de dialogue entre plusieurs personnages, entrecoupée d'un montage en flashback ou en accéléré montrant justement ce dont discutent les personnages, de manière à installer un décalage comique" - sont répétés toutes les cinq minutes, pendant deux heures de film.

Au cinéma et à la télévision, on dit souvent qu'une oeuvre réussie doit "montrer, pas expliquer verbalement" ("show, don't tell"), car ce sont des médias visuels, et le langage de l'image doit être suffisant pour faire passer les informations au spectateur. Guy Ritchie, lui, montre ET explique verbalement, voir même répète et montre ses explications à plusieurs reprises, jusqu'à l'écoeurement. 

Alors quand cette narration décousue est ainsi utilisée de manière systématique et mécanique, au service de personnages interchangeables et sous-développés, d'un rendu visuel grisâtre dégueulasse, et d'un récit qui repompe ses idées à droite et à gauche (Robin des Bois, Arthur, etc, une bonne dose de photocopillage du Death Dealer de Frazetta pour le boss final, une touche d'Assassin's Creed pour les plans panoramiques de Camelot survolé par l'aigle lié télépathiquement à la mage encapuchonnée, un Burly Brawl 2.0 aussi moche et raté techniquement que celui de Matrix Reloaded, il y a près de 15 ans, des Oliphants évadés du Seigneur des Anneaux, etc, etc, etc, sans oublier bien sûr l'influence évidente du cinéma de gangster de Ritchie lui-même, et des jeux vidéo du genre God of War), on se retrouve avec un Guy Ritchie qui se parodie involontairement, et un film totalement à côté de la plaque, dont je me suis progressivement désintéressé en cours de route, et qui a fini par m'agacer plus que je ne l'aurais cru possible.

1.5/6

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Un film, un jour (ou presque) #559 : Menace d'État (2012)

Publié le 17 Juillet 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Thriller, Action, UK

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Menace d'État (Cleanskin) :

Après l'échec d'une mission au cours de laquelle des explosifs ont été dérobés par des terroristes, et employés à des fins d'attentat en plein Londres, Ewan (Sean Bean), un agent gouvernemental, reçoit une nouvelle mission de la part de sa supérieur Charlotte (Charlotte Rampling) : il doit faire équipe avec Mark (Tom Burke), et arrêter discrètement cette cellule terroriste avant les prochaines élections. De son côté, Ash (Abhin Galeya), le terroriste, renoue avec Kate (Tuppence Middleton), sa petite-amie d'antant, avant qu'il ne se radicalise, et commence à remettre en question sa mission-suicide...

Un thriller bien mené et intelligent, qui prend la peine d'exposer en parallèle les motivations des deux camps en présence, sans jamais donner raison à l'un ou l'autre, ou même les présenter sous un jour favorable.

Sean Bean est convaincant dans son rôle de Jack Bauer anglais, et tous les seconds rôles sont au diapason, efficaces et crédibles ; la réalisation est plutôt bonne, et parfois même inspirée ; et les retournements finaux sont plutôt bien amenés.

Reste cependant un petit bémol, les flashbacks, qui auraient pu être mieux maîtrisés, et mieux intégrés au reste du récit. Mais dans l'ensemble, c'est tout à fait honorable pour ce que c'est.

3.5/6

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Un film, un jour (ou presque) #536 : Louis Theroux - My Scientology Movie (2016)

Publié le 14 Juin 2017 par Lurdo dans Cinéma, Critiques éclair, Review, Documentaire, Religion, UK

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Louis Theroux - My Scientology Movie :

Installé à Los Angeles, Louis Theroux décide de se mesurer à l'Église de Scientologie, et de tenter de mieux comprendre ce mouvement "religieux", aidé en cela par Marty Rathbun, un repenti anciennement membre de l'organisation, désormais son opposant farouche.

Un documentaire cinématographique (le premier pour Theroux) coproduit par la BBC, et qui opte pour une approche assez légère et décalée de son sujet, avec un Theroux qui choisit de reconstituer (en engageant des acteurs) diverses scènes et autres interviews données par Miscavige, Cruise, et compagnie.

Malheureusement, l'intérêt du documentaire est assez limité, à vrai dire : pas assez exhaustif (Going Clear, le documentaire HBO de 2015, l'était bien plus), pas assez drôle, on n'apprend pas grand chose en regardant ce métrage, pour peu qu'on soit déjà un peu familier avec le dossier Scientologie.

Tout au plus le film trouve-t-il un intérêt dans les moments tendus entre Theroux et Rathbun, moments qui révèlent une personnalité torturée, qui semble refuser de vraiment assumer son passé et ses actes d'antan : c'était probablement là le véritable sujet à traiter (un portrait de Rathbun), mais le film s'y refuse, et préfère rester à la surface des choses.

À peine 3/6

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Un film, un jour (ou presque) #534 : Free Fire (2017)

Publié le 12 Juin 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Thriller, Action, UK

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Free Fire :

En 1978, à Boston, Justine (Brie Larson) organise une vente d'armes entre une équipe de l'IRA (Michael Smilet, Cillian Murphy, Sam Riley, Enzo Cilenti) et des sud-africains (Sharlto Copley, Arnie Hammer, Babou Ceesay, Jack Treynor). Rapidement, cependant, la tension monte dans l'entrepôt où se tient la vente, et une fusillade finit par éclater.

Ben Wheatley se prend pour Guy Ritchie ou Tarantino, et décide de nous offrir un huis-clos de 90 minutes se déroulant entièrement dans une usine désaffectée, 90 minutes dont les deux derniers tiers consistent en une suite de fusillades entre des personnages assez quelconques et sous-développés, toujours à deux doigts de la parodie avec leurs postiches et leurs accoutrements 70s.

Dans l'ensemble, le film se regarde assez passivement : compte tenu du postulat de départ, la durée du métrage est un peu abusive, et le film devient rapidement monotone et redondant, d'autant que Wheatley (aussi au scénario), n'a pas forcément le mordant ou le sens des dialogues d'un Tarantino, nécessaires pour rendre le tout captivant ou amusant de bout en bout.

Plus problématique : alors que le coeur du projet est un huis clos dans un décor unique (ou presque, puisque dans le dernier tiers, la fusillade se déplace un peu), la gestion de l'espace par le réalisateur est tout simplement inexistante. On n'a pas la moindre idée de la configuration des lieux, les personnages sont tous filmés en plans serrés, à la caméra portée, il y a des changements d'axe et d'angles fréquents, bref, on ignore trop souvent qui se trouve où, est allié avec qui et tire sur qui.

Autant dire que ce Free Fire perd assez rapidement son intérêt et tourne alors à vide, et qu'à part les répliques et l'accent improbable de Copley, il n'y a vraiment pas grand chose à retenir de ce métrage.

2.5/6 (ça aurait fait un court ou moyen métrage sympathique, et probablement moins prévisible)

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Catch Review : WWE United Kingdom Championship Special (19/05/2017)

Publié le 27 Mai 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Télévision, Catch, WWE, UK

La WWE est bien décidée à dominer l'industrie du catch, partout autour de la planète, et cela passe par tous les styles régionaux : suite au succès de l'United Kingdom Championship Tournament de janvier dernier (cf ici et ), la compagnie se prépare à lancer une émission dédiée à la scène UK (un peu comme ce qu'ils ont fait pour 205 Live/les cruiserweights), et fait donc monter la pression avec cet épisode spécial de 90 minutes, en direct de Norwich, en Angleterre, commenté par Jim Ross et Nigel McGuinness.

WWE United Kingdom Championship Special :

- Wolfgang vs Joseph Conners.

Un affrontement méthodique, pépère, pas particulièrement mémorable, mais pas forcément mauvais pour autant, notamment parce que le selling de Wolfgang était consistant. Wolfgang et Conners ont cependant des apparences trop génériques pour vraiment marquer les esprits.

- Rich Swann & Dan Moloney vs TJP & Brian Kendrick.

Je ne suis pas certain de ce que ce match fait là, on n'est pas dans un 205 Live Special, mais bon... pas de surprise, un tag match solide, avec TJP & Kendrick qui jouent les super-heels, Moloney le favori du public, et Swann qui est de plus en plus un R-Truth 2.0. Solide, donc, mais pas exceptionnel ni mémorable, à nouveau.

- Trent Seven vs Pete Dunn, #1 Contender for the UK Title.

Dunn fait vraiment un méchant formidable, sadique et brutal, qui torture le bras blessé et les articulations de Seven avec un rictus sadique sur le visage. Un très bon match, plein de suspense, malgré les (ou grâce aux) limites imposées par le booking et la blessure de Seven.

- Tyler Bate vs Mark Andrews, UK Title match.

Un très bon match, tour à tour technique, dynamique, acrobatique, etc. Ça prouve encore une fois que s'il reste en bonne santé et évite les blessures, Tyler Bate devrait aller très loin dans ce business, possiblement même jusqu'à un ou plusieurs titres de la WWE. Et ça prouve aussi que la TNA a vraiment gâché le potentiel de Mandrews. 

 

Deux premiers matches anecdotiques, qui servaient de tour de chauffe pour le public anglais (très bruyant, mais aussi très dissipé), et deux matches finaux mettant la barre très haut, 24 heures avant NXT Takeover - Chicago. Les Anglais sont motivés, et si la WWE voulait bien les intégrer au roster principal, nul doute que Tyler Bate et Pete Dunn auraient une carrière en or, jusqu'aux sommets de leur profession.

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Un film, un jour (ou presque) #482 : Standby (2014)

Publié le 30 Mars 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Comédie, Romance, UK

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Standby :

Jeune trentenaire un peu paumé, Alan (Brian Gleeson) travaille aux côtés de sa mère au guichet de l'office de tourisme de l'aéroport de Dublin. Là, il tombe nez à nez avec Alice (Jessica Paré), une américaine qu'il a connu huit ans plus tôt, et qu'il a laissé partir lorsqu'elle lui demandait de l'épouser, après un été passé à se fréquenter. Renouant avec la jeune femme, Alan l'emmène découvrir Dublin, et décide de saisir cette seconde chance à pleines mains.

Visiblement, les deux scénaristes de cette comédie romantique irlandaise se sont lancés un défi : réussir à faire encore plus générique et prévisible que les comédies romantiques les plus génériques et prévisibles produites durant l'histoire des rom-coms.

Pari réussi, puisque ce métrage est on ne peut plus quelconque, cumulant tous les défauts communs aux rom-coms les plus basiques...

On a parfois l'impression que le tout est financé par l'office de tourisme de Dublin, et alors que ça aurait pu fonctionner avec des personnages amusants et attachants, on se retrouve ici à tout miser sur le capital sympathie du duo principal, malheureusement insuffisant pour porter tout ce récit (qui tourne à vide) sur ses épaules.

Ah, et puis le cliché de la meilleure copine française sarcastique, cynique, et avec un accent à couper au couteau, sans façons.

2/6

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Les bilans de Lurdo - Wasted, saison 1 (2016)

Publié le 19 Mars 2017 par Lurdo dans Télévision, Critiques éclair, Review, UK, Channel 4, Comédie, Sitcom

Wasted, saison 1 :

Quatre vingtenaires glandeurs - deux hommes (Danny Kirrane et Dylan Edwards) et deux femmes (Rose Reynolds et Gwyneth Keyworth) - vivent ensemble dans la petite bourgade de Neston Berry, où ils tentent d'occuper leurs journées entre alcool, drogues et références à la pop-culture...

Sitcom anglaise en 6 épisodes diffusée sur Channel 4, et qui repompe de manière évidente tout ce qui faisait le charme et le succès de Spaced et du travail d'Edgar Wright (du duo principal masculin à la Pegg & Frost, à la réalisation ultra-cut et quasi-clipesque, bourrée de bruitages de jeux vidéo, en passant par les références à Star Wars, Game of Thrones, Adventure Time, X-files, les images pseudo-8-bits, les délires visuels, les relations interpersonnelles, le format du titre, etc), en rajoutant une grosse couche de drogues en tous genres, et d'humour gentiment vulgaire/sexuel/scatologique.

Et c'est à peu près tout ce qu'il y a à en dire. Pour peu qu'on supporte tout le côté graveleux assez bas de plafond, et ces personnages parfois assez antipathiques (les deux protagonistes masculins, surtout, qui n'ont pas une once du capital sympathie de Pegg/Frost ; au niveau des filles, ça passe déjà beaucoup mieux), certains gags fonctionnent très bien, et les caméos à répétition de Sean Bean/Ned Stark en guide spirituel de l'un des personnages sont amusants.

(certes, ils finissent un peu par être forcés et répétitifs, mais leur conclusion est assez amusante et finalement assez logique)

En somme, une série pas désagréable, mais assez dérivative, et qui n'arrive jamais vraiment à la cheville de son "modèle".

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Un film, un jour (ou presque) #448 : Cheerful Weather for the Wedding (2012)

Publié le 10 Février 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Comédie, Drame, Review, UK

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Cheerful Weather for the Wedding :

Dans les années 1930, une famille se prépare au mariage de l'une des leurs, dans leur manoir luxueux au milieu de la campagne anglaise. Mais celle-ci, Dolly (Felicity Jones) est cloîtrée à l'étage, étrangement déprimée et noyant ce chagrin inexplicable dans l'alcool ; au rez-de-chaussée, son fiancée Owen (James Norton), discret et bien sous tous rapports, qu'elle connaît depuis deux mois à peine ; et arpentant les couloirs du manoir, son ex-amant, Joseph (Luke Treadaway), qui semble lui aussi hanté par un secret troublant...

Adaptation d'une nouvelle de 1932, ce long-métrage anglais ressemble presque, pendant une bonne demi-heure, à un épisode de Downton Abbey sous acide, dans lequel tous les personnages auraient un répondant acerbe et sarcastique, seraient particulièrement mécontents d'être là, et l'ambiance serait nettement plus déjantée et animée qu'en temps normal. Et ça fait toujours plaisir de revoir un morceau du parcours de Felicity Jones, qui a commencé dans The Worst Witch et a terminé dans Rogue One...

Et puis tout à coup, les flashbacks s'invitent, et le film perd soudain totalement pied.

Le récit freine ainsi des quatre fers, pour se perdre dans des réminiscences sépias d'un passé idyllique, qui développent en un peu moins d'une heure ce qui prend une phrase à résumer : Dolly et Joseph ont eu une aventure, elle est tombée enceinte, et elle se marie précipitamment pour éviter le scandale.

Rien de bien neuf sous le soleil, donc, et le tout manque cruellement de punch et de mordant, que ce soit dans sa forme ou dans son fond, et surtout après cette première demi-heure enjouée. Ajoutez à cela du surjeu total sur la fin, guère aidée par une réalisation un peu lourde, et par un récit qui n'a pas vraiment de structure (tout ça ne débouche sur rien, il n'y a pas de résolution), et l'on se retrouve devant une comédie dramatique typiquement british, mais qui échoue à convaincre, ou à laisser le moindre souvenir.

Vraiment dommage que ce métrage n'ait pas conservé l'énergie de son premier tiers...

2/6

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Christmas Yulefest 2016 - 52 - Love Actually (2003)

Publié le 26 Décembre 2016 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Yulefest, Christmas, Noël, Review, Comédie, Romance, UK

Noël est passé, mais comme tous les ans, la Christmas Yulefest continue sur le blog des Téléphages Anonymes, avec au programme un marathon de cinéma festif pendant toutes les fêtes de fin d'année, et ce jusqu'à l'arrivée des Rois Mages...

Love Actually :

L'amour sous toutes ses formes est ici examiné au travers de neuf sous-intrigues qui s'entrecroisent, avec pour cadre les fêtes de Noël et des Londoniens qui tous se connaissent : David (Hugh Grant), le nouveau Premier Ministre, qui s'éprend de l'une de ses subordonnées (Martine McCutcheon) ; sa soeur Karen (Emma Thompson), dont le mari (Alan Rickman) est tenté par l'une de ses secrétaires ; l'une des collègues de ce dernier, Sarah (Laura Linney), dont la vie amoureuse est inexistante, car elle se consacre à son frère dépressif ; Daniel (Liam Neeson), un ami de Karen, qui élève seul Sam (Thomas Sangster) après la mort de sa mère ; Jamie (Colin Firth), un auteur de romans policiers, qui part pour la France après avoir été trompé, et y tombe amoureux d'Aurelia (Lucia Moniz), sa gouvernante portugaise ; Mark (Andrew Lincoln), amoureux de Juliet (Keira Knightley), qui vient d'épouser son meilleur ami ; John (Martin Freeman) et Judy (Joanna Page), deux doublures, qui se rencontrent sur un tournage ; Colin (Kris Marshall) un serveur anglais qui part pour les USA, persuadé que son accent le rendra irrésistible ; et Billy Mack (Bill Nighy), rockstar décatie qui tente un retour avec une chanson de Noël miteuse, et qui est bien décidé à saboter sa campagne promotionnelle...

Archétype même de la comédie romantique chorale, qui a profondément influencé le genre depuis sa sortie, il y a 13 ans, et qui est signée Richard Curtis, excellent scénariste s'il en est dans ce genre. Un film tellement apprécié par le grand public qu'il est devenu un classique de Noël outre-Atlantique, sur la seule force de son casting quatre étoiles... un film qui se définit lui-même comme "the ultimate romantic comedy" sur son affiche... et qui, il faut bien l'avouer, mérite ce titre, tant il accumule fidèlement tous les clichés du genre. Ou presque.

Parce que oui, je dois bien l'avouer, maintenant que j'ai survécu aux 2h15 de ce Love Actually (facilement 30 minutes de trop), je peux le dire : Love Actually est un film très très moyen, pour ne pas dire médiocre (au sens premier du terme).

C'est un film qui semble trop souvent résumer l'amour romantique à une caricature, et qui, à vrai dire, n'est pas vraiment une comédie romantique.

C'est une comédie sur l'idée de la romance, et sur ce qui précède la romance à proprement parler : en effet, de toutes les intrigues du film, la seule où le couple se fréquente, apprend à se connaître, apprend qu'il a des choses en commun, etc, et dépasse le stade de l'attraction physique, c'est Freeman/Page, l'une des sous-intrigues les moins développées du lot.

Les autres intrigues se limitent toutes, elles, à l'attraction physique des personnages les uns pour les autres : Hugh Grant flashe sur son assistante ; Rickman se fait allumer par sa secrétaire ; Sangster a un faible pour la jolie fille de l'école à qui il n'a jamais parlé ; Firth a le coup de foudre pour sa gouvernante lorsqu'il la voit en petite tenue (avec ralenti en prime) ; Lincoln est obsédé par Knightley, à qui il n'a jamais parlé ; Linney fantasme sur un collègue qui l'ignore ; et Marshall n'a qu'une envie : coucher avec des américaines.

Ainsi, d'un point de vue romance, Love Actually est plus que superficiel, puisqu'il se contente de ces moments "coup de foudre", qui, dans le film, finissent par être le point culminant de chaque relation : on nous montre le coup de foudre, le début de la relation... et c'est tout, ça s'arrête là.

Je comprends le pourquoi du comment, "tomber amoureux c'est formidable", etc, mais c'est le véritable problème du film : il se concentre sur un "best-of" des premiers moments de chaque relation, et comme il a beaucoup trop de personnages à développer, beaucoup trop de sous-intrigues à gérer, beaucoup trop de chansons pop (datées) à placer, beaucoup trop d'acteurs à servir, et tout et tout, il finit par donner l'impression de survoler toutes ces intrigues, toutes ces relations, ainsi que le propos fondamental et la subtilité que les premiers jets du script (probablement deux fois plus long) devaient probablement avoir.

Généralement, lorsque l'on critique ce film, on se voit répliquer qu'on n'a rien compris à sa subtilité, que ce n'est pas qu'une simple comédie romantique, et que c'est un film sur l'amour au sens large, sous toutes ses formes : filial, fraternel, romantique, impossible, à sens unique, charnel, etc ; oui, mais malheureusement, il se concentre tellement sur une certaine idée de l'amour romantique, résumée à sa plus simple expression par des contraintes de temps, que la plupart des autres formes, plus subtiles, finissent par être anecdotiques ou éclipsées (seule exception faite de Neeson/Sangster).

Bref, un film pas assez subtil, pas assez mesuré, qui aurait sérieusement gagné à tailler sérieusement dans la masse de son script, et à ne garder que cinq ou six des neuf intrigues principales, pour mieux les développer, et les rendre plus satisfaisantes.

Ajoutez à cela une illustration musicale, qu'elle soit orchestrale ou pop, beaucoup trop envahissante et omniprésente, et l'on se retrouve avec une rom-com qui survit grâce à la force de sa distribution, à sa décontraction british, et à des ébauches d'idées jamais particulièrement abouties.

3/6 (en plus, Noël est vraiment un prétexte qui n'apporte rien au film, qui aurait probablement été plus pertinent placé à la Saint Valentin...) 

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Un film, un jour (ou presque) #422 : Kill Your Friends (2015)

Publié le 28 Novembre 2016 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Thriller, Comédie, Musique, UK

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine (tant que j'arriverai à tenir la cadence ^^), et des mini critiques d'une dizaine de lignes, tout au plus.

Kill Your Friends :

À Londres, en 1997, l'industrie musicale est à son apogée, et Steven Stelfox (Nicholas Hoult), un jeune dénicheur de talents cynique et ambitieux, est prêt à tout pour gravir les échelons de son industrie. À tout, y compris au meurtre...

Une comédie noire anglaise, adapté d'un roman de l'écossais John Niven, et qui se veut une satire du milieu de la musique, marchant dans les traces d'un Loup de Wall Street, de Syrup, et surtout d'un American Psycho.

Le problème étant que ce Kill Your Friends lorgne tellement sur ce dernier métrage qu'il souffre énormément de la comparaison. Notamment parce qu'ici, la satire manque de mordant ou de punch, et que le tout est finalement très sérieux, manquant fortement d'humour, de rythme, de détachement, voire même d'intelligence : l'écriture - pourtant de Niven lui-même - est assez quelconque et maladroite (avec des flashbacks inutiles), l'illustration musicale est envahissante (tout ce qui se faisait de pire à l'époque) et le film semble se croire beaucoup plus transgressif et malin qu'il ne l'est vraiment.

Bien tenté, mais insuffisant.

2.5/6

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