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LES TÉLÉPHAGES ANONYMES

Il était une fois Lurdo & Sygbab, deux internautes passionnés de séries tv et de cinéma, et qui cherchaient un endroit où archiver leurs avis (semi) éclairés...

Articles avec #television catégorie

Catch Review : Chikara - King of Trios 2016 : Night 2 (03/09/2016)

Publié le 5 Mars 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Catch, Chikara, Télévision, Review

Après la première soirée, pas de changement, le Party Tsar fait les présentations, et on enchaîne directement avec le premier match, un match 1 contre 1.

Chikara - King of Trios 2016 - Night 2 - 03/09/2016 :

- Crazy Marie Dobson vs Deonna Purrazzo. Un match brouillon et assez approximatif, avec de l'action précipitée et assez moyenne, et un finish médiocre. Les frappes de Dobson notamment, ne sont pas vraiment convaincantes.

- King of Trios - Quart de finale : Hallowicked, Icarus & Jigsaw vs Major League Moustache. Un tag match plutôt efficace, avec les heels qui se concentrent sur Dasher, passent tout le match à l'affaiblir et à dénouer son masque, jusqu'à la toute fin, lorsqu'ils aveuglent Dash en faisant tourner le masque, et qu'ils volent la victoire.

- Mark Angelosetti vs Missile Assault Man. Pas mauvais, mais Angelosetti joue les über-heels, et donc ça rend l'affrontement un peu trop bourrin dans son premier tiers.

- Promo dans le ring de Max Smashmaster, qui veut récupérer son job, et brutalise le Tsar, jusqu'à ce que Quackenbush et Princess Kimberly s'en mêlent. Jolie intensité, mais audio médiocre et peu compréhensible, comme d'habitude.

- King of Trios - Quart de finale : Team Warriors Three vs Team Original Divas Revolution. Un match mixte amusant, avec une Team ex-Divas qui joue le jeu, mais le côté mixte est fortement limité, en fait, puisque le gros du match consiste en KimberLee vs une des Divas, et ainsi de suite. Donc sympa, mais pas exceptionnel.

- Rey de Voladores Demi-Finale : Frightmare vs Space Monkey vs Candice LeRae vs Tony Nese. Un 4-way mixte plutôt sympa, même si finalement très prévisible. J'aime beaucoup Space Monkey. Il devrait y avoir plus de singes dans le monde du catch.

- King of Trios - Quart de finale : Team JWP vs The United Nations. Bof. Je ne suis pas le plus grand fan des United Nations, et je ne suis pas non plus le plus grand fan de la team JWP, très inégale, et dont les frappes sont souvent faiblardes. Donc ce match, bof, et trop brouillon pour moi.

- Rey de Voladores - Demi-Finale : Aero Star vs Amasis vs Johnny Gargano vs Wani. Je n'ai pas trouvé très réussi, en fait : dans ses deux premiers tiers, jusqu'à ce que Amasis soit sorti de manière artificielle et forcée par Frightmare, le match était maladroit, sur-chorégraphié, avec de nombreux spots, transitions et positionnements laborieux, qui fracassaient la suspension d'incrédulité. Une fois Amasis sorti, ça s'est un peu arrangé, mais dans l'ensemble, peu mieux faire.

- King of Trios - Quart de finale : Team SENDAI Girls vs The Colony. Un match mixte bien équilibré, avec des joshis qui tiennent tête sans problème aux fourmis, et un booking intelligent.

 

Une seconde soirée plus inégale, malheureusement, avec du bon comme du médiocre, et des choix de bookings surprenants, mais pas inintéressants

 

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Les bilans de Lurdo : La Fête à la Maison - 20 ans après, saison 2 (2016)

Publié le 5 Mars 2017 par Lurdo dans Les bilans de Lurdo, Télévision, Comédie, Sitcom, Netflix, Review, Critiques éclair

La première saison de La Fête à la Maison - 20 ans après, diffusée sur Netflix en début d'année dernière, avait été (soyons francs) totalement démolie par les critiques à sa sortie (un peu comme l'est chaque film d'Adam Sandler produit par Netflix, justement). Comme je l'avais mentionné dans mon bilan de cette première saison, un tel accueil critique avait tout du lynchage médiatique, et était la conséquence d'une confluence de facteurs négatifs.

À commencer par un certain mépris évident des critiques américains pour le genre sitcom de studio : combien de critiques ai-je pu lire affirmant que Fuller House était bien la preuve que les sitcoms multi-caméras étaient un genre mort et enterré, qui n'avait aucun avenir... alors même que les plus grosses audiences tv, ces dernières années, ont toutes été faites par The Big Bang Theory, sur CBS ! Mais non, pour les critiques cyniques et raffinés, une sitcom multi-caméras part forcément avec un handicap : c'est ainsi que toutes les sitcoms de ce type diffusées sur TvLand se sont faites systématiquement démolir, et ainsi de suite.

Pas assez profond, pas assez raffiné, pas assez prestigieux : typiquement le genre de projet trop populaire pour entrer dans les bonnes grâces d'une certaine critique qui pourtant se prosterne devant tous les drames de la chaîne, y compris ceux qui ont des défauts particulièrement flagrants (les séries Marvel, Stranger Things, etc).

Ajoutez à cela le problème du revival de La Fête à la Maison, une série qui n'a jamais été appréciée par la critique, et qui aujourd'hui, est regardée avec une certaine ironie et un certain cynisme moqueur, typique de la génération internet : les années 80/90, c'est amusant et nostalgique, mais uniquement si on peut s'en moquer allègrement.

Or Fuller House refuse de céder au cynisme, et reste toujours relativement premier degré. Ce qui ne veut pas dire que la série refuse les clins d'oeil ou le fanservice aux années 80/90... mais elle le fait avec une nostalgie sincère, ce qui est assez rédhibitoire pour bon nombre de spectateurs et critiques modernes.

Bref, les critiques détestent la saison 1 de La Fête à la Maison - 20 ans après (une saison 1 pourtant très fidèle à ce qu'était la série originelle, dans ce que ça avait de bon et de mauvais), Netflix s'en moque allègrement, et commande une seconde saison, diffusée début décembre dernier.

La Fête à la Maison - 20 ans après (Fuller House), saison 2 :

À l'instar de la saison 1 de la série, la saison 2 marche donc dans des sentiers bien battus, sans rien leur apporter de vraiment très neuf. Chaque personnage/couple a droit à quelques développements plus ou moins pertinents et intéressants, les anciens font quelques apparitions le temps d'un épisode ou deux, et dans l'ensemble, on est à nouveau dans de la sitcom nostalgique middle-of-the-road, jamais particulièrement bonne, mais jamais non plus particulièrement mauvaise.

# Une grosse partie de la saison est centrée autour de TJ, et de sa vie amoureuse compliquée. Pas de chance, c'est aussi la partie la moins intéressante du lot, malgré l'énergie et la bonne volonté de Candace Cameron-Bure.

# Les enfants, eux aussi, ont droit à une grosse part de l'attention générale. Les plus âgés, ça passe, même si ça frôle régulièrement les D-coms de chez Disney ; le bébé a des réactions adorables ; et le petit Max, lui, malheureusement, en fait toujours un peu trop (et a tendance à confondre "interpréter" et "crier"). Cela dit, sa relation avec la fille de CJ, bien qu'ultra-forcée (et bien que le jeune acteur, depuis le début du show, ait tendance à... flamboyer), fonctionne étrangement bien. Assez mitigé, néanmoins, sur l'ensemble.

# Steph tente de se lancer dans une carrière musicale (assez moyen, mais l'occasion de revoir Marla Sokoloff le temps d'un épisode), et finit par trouver l'amour dans les bras du frère de Kimmy Gibbler, un clone de Kelso du 70s show, en à peu près aussi intelligent. Le couple est amusant, fonctionne, mais Steph - qui était l'actrice/le personnage le plus intéressant du show en s1 - a tendance à passer au second plan sur la fin de saison.

# Les Gibbler restent égaux à eux-mêmes, toujours excentriques, toujours débiles, mais un peu moins envahissants qu'avant, voire même, oserais-je le dire, plus développés et humains.

# L'accent est un peu trop souvent mis sur la danse/la chanson/etc, bref, sur les talents secondaires des actrices. J'ai bien conscience que ça permet de meubler un peu, mais bon.

# Les "anciens" de la série originale ont des destins un peu plus inégaux : la famille de Joey est insupportable (et donc tout à fait appropriée pour lui) ; Jesse et Becky adoptent un petit bébé (une sous-intrigue pas très développée) ; Danny ne sert à rien ; néanmoins, la confrontation finale du trio masculin était assez sympathique, et tout à fait dans l'esprit de la série.

# L'absence de Michelle (les soeurs Olsen refusent toujours de revenir) ne se fait quasiment pas ressentir.

Bref, une saison 2 plus homogène que la première, principalement parce qu'elle joue nettement moins la carte du fanservice nostalgique, et qu'elle a intégré son passé pour pouvoir aller de l'avant, et développer quelque chose de plus cohérent et spontané.

Et comme en plus, l'humour est plus mesuré et moins caricatural, le tout passe mieux.

Mais... ça reste de la sitcom multi-cam tournée en public, typée années 80/90, et avec une distribution qui est presque trop importante pour son propre bien. Ça n'est pas de la télévision prestigieuse, ça n'est pas le dessus du panier dans le genre, mais ça n'en a pas non plus la prétention.

Fuller House, c'est du comfort food télévisuel qui a conscience d'en être, et qui, au moins, fait un petit effort pour se moderniser, et partir dans des direction plus progressistes.

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Les bilans de Sygbab - Gilmore Girls - Une Nouvelle Année - Hiver (2016)

Publié le 4 Mars 2017 par Sygbab dans Télévision, Review, Critiques éclair, Romance, Comédie, Netflix, Les bilans de Sygbab, Gilmore Girls

Sygbab regarde (beaucoup) la tv, Sygbab écrit (parfois) des bilans : retrouvez-les sur le blog des Téléphages Anonymes !

Gilmore Girls - A Year in the Life 1x01 - Winter :

Le premier constat que l'on peut faire est le suivant : malgré les années qui sont gravées sur le visage et dans la chair des acteurs, l'alchimie entre les personnages fonctionne toujours à merveille. L'ambiance est exactement la même, et la magie de Stars Hollow est bien présente, à plus forte raison sous la neige. La première scène nous replonge tout de suite dans le bain, avec des retrouvailles entre Lorelai et Rory marquées par des dialogues toujours aussi incisifs, et débités à toute vitesse.

Il y a un double niveau de lecture puisqu'il s'agit également de retrouvailles avec les téléspectateurs, après de longues années d'absence. La discussion qui s'instaure entre les deux femmes est une bonne occasion de faire un point sur ce qui se passe dans leur vie, et de remplir les blancs entre la fin de la série originelle et le début de celle-ci.

Tous les ingrédients sont réunis pour donner l'impression que nous n'avons jamais quitté cet environnement si familier : les lieux sont intacts, Taylor et Luke sont en désaccord, Kirk essaie encore de monter un nouveau business, Paris est toujours aussi franche et directe et se moque de l'inconfort qu'elle provoque chez les autres. La situation de cette dernière a en revanche évolué, et la voie qu'elle a prise est un peu étrange par rapport aux ambitions qu'elle avait. Mais cela n'est pas non plus en décalage complet avec son côté assez radical, et sa nouvelle activité est bien commode pour que Luke et Lorelai la sollicitent sur les solutions possibles pour avoir un enfant à leur âge. Une idée qui rend d'ailleurs assez perplexe, et qui semble avoir été évoquée pour la forme, sans réelle volonté de creuser un sujet délicat.

Bien entendu, la relation entre Emily et sa fille est au centre des débats, puisque Lorelai a trouvé le moyen de fâcher sa mère lors des funérailles de son père. Il faut dire que les anecdotes qu'elle raconte pendant la veillée funèbre ne sont pas vraiment les plus adaptées... Mais cette façon de rire des évènements les plus sérieux - tout comme la conversation tournant autour du portrait de Richard, qu'il va falloir s'habituer à ne plus voir - est une composante essentielle de la série, ainsi que la marque de fabrique d'Amy Sherman-Palladino.

Le flashback relatant cette soirée est d'ailleurs amené intelligemment, et c'était sympathique de voir Jason apparaître ne serait-ce que quelques instants. Dans la liste des moments cocasses, il faut aussi compter la participation de Kirk à un dîner avec les Gilmore : ça n'avait jamais été fait, et c'est juste génial. Les réactions d'Emily sont à la mesure des sentiments que provoque ce curieux individu.

Le running-gag autour de Paul, le petit-ami de Rory, est appréciable également. Il semble pourtant qu'elle ait décidé d'avoir une liaison avec Logan sans que personne ne soit au courant, ce qui n'est pas forcément la moins bonne option : vu leur relation agitée, il vaut mieux ne pas s'engager avec lui.

Cela d'autant plus que la vie professionnelle de la jeune femme a l'air d'être tout aussi confuse que sa vie amoureuse. Elle a beau avoir écrit des articles fièrement arborés par Luke sur ses menus, son style de vie nomade semble indiquer qu'elle n'a pas autant de succès qu'elle le souhaiterait.

Sur un plan plus formel, le format "téléfilm" offre un peu plus de liberté au niveau de la réalisation. Il n'y a rien de révolutionnaire mais on a quand même le droit à des prises de vue sous de nouveaux angles, que ce soit dans la maison de Lorelai ou autour du square de Stars Hollow, par exemple. Quant à l'écriture, c'est un festival de références aux univers cinématographiques et télévisuels. De Lord of the Rings à Buffy en passant par The Sopranos, ça fuse dans tous les sens.

La conclusion de l'épisode avec cette future thérapie conjointe entre Emily et Lorelai, qui a été abusée bien trop facilement, est très intéressante.

Quoi qu'il en soit, c'est une reprise tout à fait convaincante après tant d'années.

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Un film, un jour (ou presque) #463 : Un Fiancé qui Tombe à Pic (2016)

Publié le 3 Mars 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Romance, Télévision, Hallmark, Comédie

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Un Fiancé qui Tombe à Pic (The Convenient Groom) :

Experte relationnelle, le Dr Kate Lawrence (Vanessa Marcil) est un succès incontesté du web, et, en guise de nouveau coup publicitaire (et afin d'assurer par la même occasion la signature d'un contrat littéraire conséquent), elle a accepté d'épouser son fiancé et de diffuser la cérémonie en direct sur internet. Cependant, quelques instants avant de dire oui, son compagnon se désiste et lui révèle qu'il la trompe : au pied du mur, Kate est alors sauvée par un ami d'enfance, Lucas (David Sutcliffe), qui accepte de se faire passer pour son fiancé le temps que le contrat soit signé...

Adaptation d'un roman pour la chaîne Hallmark, ce téléfilm est probablement l'une des comédies romantiques les plus fades, molles et ratées que j'aie chroniquées sur ce blog (et pourtant, j'en ai vu, des navets).

Outre les clichés désormais bien agaçants - l'héroïne experte relationnelle à la vie privée calamiteuse (et aux conseils involontairement pourris), l'ami d'enfance autrefois détestable mais qui a changé depuis qu'il est veuf et qu'il a renoncé à une carrière citadine dans la finance, pour travailler de ses mains dans sa ville natale, blah blah blaaaaaargh), etc - le script est on ne peut plus laborieux, improbable (je ne connais pas beaucoup d'expertes bloggeuses de 45 ans qui soient un phénomène viral auprès des ados et qui filment leur show avec une équipe technique de quinze personnes, en studio), il n'y a aucune énergie, le montage est assez médiocre, bref, ça ne fonctionne pas.

Et si Sutcliffe fait, comme à son habitude, de son mieux pour surmonter le tout de son capital sympathie non-négligeable, Vanessa Marcil est étrangement décevante. Elle qui fonctionnait plutôt bien dans Paradis d'Amour, en 2014, semble totalement épuisée ici, son apparence physique changeant assez notablement entre le début et le milieu du film (en fonction de l'ordre du tournage, je suppose), et son jeu étant plus ou moins passable, en fonction des scènes.

En somme, The Convenient Groom est un téléfilm particulièrement dispensable et faiblard, même en comparaison de la moyenne habituelle des films Hallmark, donc : à zapper.

1.5/6

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Catch Review : Chikara - King of Trios 2016 : Night 1 (02/09/2016)

Publié le 26 Février 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Télévision, Catch, Chikara, Review

Un public très motivé, et relativement dense, pour une soirée à thématique Pokemon Go, pourquoi pas... Le Party Tsar fait les présentations, accueille Bryce l'arbitre et Joey Styles, qui fait son truc habituel. Bon, la prise de son est assez médiocre, comme souvent, mais en guise d'introduction, ça fonctionne plutôt bien.

Chikara - King of Trios 2016 - Night 1 - 02/09/2016 :

- Huitièmes de finale -

- Team Major League Moustache (Dasher Hatfield + Tyler Bate + Trent Seven) vs Team Batiri (Obariyon + Kodama + Kobald). Première partie de match très solide, avec la Team Moustache qui domine, puis passage beaucoup plus brouillon une fois que le Batiri prend le contrôle, et fin de match assez moyenne.

- Team United Nations (Juan Francisco de Corono + Prakash Sabar + Boar of Moldova) vs Team Police Squad (Supercop Dick Justice + Officer Warren Barksdale + Bill Carr). Un match comique sans réel moment très mémorable, et plus intéressé par l'humour que par l'action.

- Hornswoggle/The Big Deal n'est pas là ce soir, donc tirage au sort d'un remplaçant, avec des noms improbables, comme toujours, malheureusement à moitié incompréhensibles à cause de la prise de son médiocre.

- Team Submission Squad (Gary the Barn Owl, Davy Vega & Pierre Abernathy) vs Team Colony (Soldier Ant, Fire Ant & Silver Ant). Joli séquence de soumissions par Davy Vega sur un Silver Ant blessé, mais sinon, la Colony fait le gros du boulot, comme d'habitude.

- Team Shimmer (Candice LeRae, Solo Darling & Crazy Marie Dobson) vs Team Original Divas Revolution (Lisa Marie, Mickie James & Jazz). Joey Styles qui se permet des vannes à l'encontre de la TNA et de la WWE, c'est toujours amusant. Un affrontement bordélique, mais pas désagréable, et qui permet de voir des visages inhabituels face à des vétérans de la discipline. Cela dit, j'aurais préféré une victoire de la Team Shimmer, plus jeune et dynamique.

- Team Just a Lot of Ant (Missile Assault Man, Bullet Ant & Worker Ant) & Team heXed Man (Icarus, Jigsaw & Hallowicked). Un match à la limite du squash à rallonges avec une opposition de styles intéressante, puisque la Team Hexed est über-heel et über-brutale, préférant démolir ses adversaires plutôt que de tenter de les épinger. Cela dit, c'était suffisamment bien mené pour ne pas être soporifique, comme les squashes à rallonges peuvent parfois l'être.

- Team JPW (Command Bolshoi & Hanako Nakamori & Manami Katsu) vs Team Serpentine (Ophidian, Amasis & Argus). Trois joshis contre un trio ayant fait ses preuves, pour un match globalement équilibré, malgré quelques moments brouillons de la part des joshis.

- Team NRG (Heidi Lovelace & N_R_G) vs Team Sendai Girls (Cassandra Miyagi & Dash Chisako & Meiko Satomura). Pas fan de Lovelace ou de N_R_G, j'étais plutôt  intéressé par l'équipe japonaise, assez atypique et improbable. Quelques approximations de cette équipe, un peu de no-selling, mais un affrontement intéressant, néanmoins.

- Team Warriors Three (ThunderFrog & Princess KimberLee & Oleg the Usurper) vs. Team #CWC (Cedric Alexander & Johnny Gargano & Drew Gulak). Un match bien nerveux et long, avec une team CWC qui s'amuse avec son nom (CWC pour le Cruiserweight Championship de la WWE, auquel les trois membres de l'équipe ont pris part), et place des finishers de la WWE, et une Princess Kimberlee qui tient tête aux hommes qui l'entourent.

 

Dans l'ensemble, une première soirée un peu brouillonne, mais loin d'être désagréable, et un peu meilleure que certaines "Night 1" ne l'ont été de par le passé. Quelques résultats surprenants (l'élimination de la Team Shimmer et de la Team Serpentine au profit des guests), mais rien de vraiment dramatique, pour le moment. Joey Styles, aux commentaires, a mis un peu de temps à s'habituer à l'univers étrange de la compagnie, mais il finit par s'y immerger, et par faire son travail de manière tout à fait compétente.

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Les bilans de Lurdo - The Good Place, saison 1 (2016-2017)

Publié le 26 Février 2017 par Lurdo dans Télévision, Les bilans de Lurdo, Comédie, Fantastique, Sitcom, Review, Critiques éclair, NBC

Hmmm... qui aurait cru, lorsque j'ai posté sur ce même blog, début septembre, mes premières impressions sur cette nouvelle sitcom NBC, que, sans le savoir, j'allais viser aussi juste...

Bref résumé du postulat de The Good Place :

Eleanor (Kristen Bell), une fêtarde invétérée et égocentrique bourrée de défauts, a un accident mortel, et se réveille dans la Good Place, une communauté idyllique conçue par Michael (Ted Danson), un architecte céleste, et où chaque habitant (chacun plus méritant que son voisin) vit en compagnie de son âme soeur. Eleanor y rencontre ainsi son âme soeur théorique, Chidi (William Jackson Harper), professeur de morale et d'éthique, et ses voisins, le couple composé de Jianyu (Manny Jacinto), moine bouddhiste ayant fait voeu de silence, et de Tahani (Jameela Jamil), philanthrope généreuse et ultra-cultivée. Mais rapidement, il apparaît que la présence d'Eleanor (mais aussi celle de Jianyu) est due à une erreur administrative, qu'elle déséquilibre tout le système, et que la Bad Place (dirigée par Trevor - Adam Scott) voudrait bien récupérer son dû.

Sur cette base, le co-créateur de Brooklyn 99 et de Parks & Recreation a construit, au fil de la saison, une sitcom décalée, et surtout assez ambitieuse. Un "high concept", comme on dit outre-atlantique, qui pendant 13 épisodes se permet d'aborder les notions de morale, de destinée, de bien, de mal et tutti quanti, d'une manière plutôt surprenante et originale.

Et dans mes premières impressions, j'avais souligné le caractère assez aseptisé et quasi-malsain de ce Paradis formaté, où les actes comptaient systématiquement plus que les paroles et que les intentions (Tahani, ainsi, était totalement vaniteuse, prétentieuse, et jalouse de sa soeur, mais avait droit au Paradis car elle avait consacré une partie de sa fortune à de bonnes oeuvres) : un monde qui me dérangeait, un côté manichéen qui sonnait faux, et qui me laissait particulièrement dubitatif.

Tout au long de la saison, le show a joué avec cet aspect, le nuançant quelque peu, mais il restait tout de même présent en arrière-plan, de manière presque subliminale... et puis finalement, dans l'ultime épisode, tout s'est éclairé, suite à un rebondissement de dernière minute qui explique rétroactivement beaucoup de choses :

SPOILERS

En lieu et place d'un architecte céleste, Ted Danson est en réalité un architecte démoniaque, et la Good Place est en fait une Bad Place expérimentale entièrement conçue pour les quatre protagonistes principaux : tout ce qu'ils ont vécu jusque là n'était qu'un mensonge, visant à les laisser s'auto-torturer par le biais de leurs consciences coupables.

Et pour être franc, j'admire le fait que la production soit allée au bout de son idée, quitte à rendre la saison 1 quasi-totalement caduque : tous les points qui me posaient problème trouvent plus ou moins une raison d'être, et l'expression formidable qui se lit sur le visage de Danson lorsqu'il admet son subterfuge vaut tout l'or du monde.

Une chose est sûre, les créateurs de The Good Place ont osé quelque chose d'original, d'intelligent et d'improbable (comme ceux de Better Off Ted, en leur temps), et ils n'ont pas failli en chemin.

Le résultat, assez atypique pour une série de network, a connu des louanges critiques tout à fait méritées, malgré un accueil publique plus réservé (il faut croire que c'est le lot de toutes les sitcoms de NBC, désormais).

On sait désormais qu'il y aura une saison 2 (la dernière scène de la saison 1 servait de reboot et d'ouverture pour une nouvelle saison potentielle, et les audiences globales de NBC étaient suffisamment bonnes pour que le show soit renouvelé malgré tout) mais quelque part, je me dis que finalement, si la série avait dû s'arrêter là, ça n'aurait pas été trop dommageable, car l'arc de cette saison se suffisait presque à lui-même.

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Les bilans de Sygbab - Gilmore Girls, saison 7 (2006-2007)

Publié le 25 Février 2017 par Sygbab dans Télévision, Review, Critiques éclair, Romance, Les bilans de Sygbab, Comédie, Gilmore Girls

Sygbab regarde (beaucoup) la tv, Sygbab écrit (parfois) des bilans : retrouvez-les sur le blog des Téléphages Anonymes !

Gilmore Girls, saison 7 :

Amy Sherman-Palladino ayant quitté la série, c'est un nouveau producteur exécutif qui se retrouve aux manettes. Cela implique forcément des changements, dont une vision différente de la série et des scénaristes qui n'avaient pas signé d'épisode sur la saison précédente. Ce n'est évidemment pas l'idéal pour une saison finale qui est censée conclure les grands fils rouges, avec un héritage plutôt bâtard suite à une saison 6 pour le moins inégale.

Pour prolonger les tumultes de la vie amoureuse de Lorelai, sa relation avec Chris est remise au goût du jour, ce qui la rend détestable envers Luke puisqu'elle lui reproche de l'avoir poussé dans les bras de son amour de jeunesse en ne répondant pas aussitôt à son ultimatum. Voici un manque de classe évident qui ne fait que confirmer qu'elle n'est pas très mature dans le domaine de l'amour. Dire que sa fille lui demande des conseils, alors qu'elle n'est même pas capable de décider ce qui est bien pour elle... En matière de modèle, elle ne fait pas vraiment l'affaire.

Il est également étonnant de la voir déclarer sa flamme à Chris alors quelle disait elle-même dans la saison précédente qu'elle n'avait jamais aimé personne si ce n'est Luke. Une déclaration qui ne semble donc pas vraiment sincère, comme pour essayer de se convaincre que leur couple peut fonctionner alors qu'il est forcément voué à l'échec, malgré une très grande complicité. Ce dont ils se rendront compte tous les deux, malheureusement après s'être mariés.

Les mariages sont d'ailleurs dans l'air du temps, puisqu'après celui de Lane, Logan demande à Rory si elle veut l'épouser lors d'une soirée en son honneur chez ses grands-parents. Le moment ne pouvait pas être plus mal choisi, surtout après les difficultés qu'ils ont connues à cause de l'erreur financière qu'il a commise. Alors qu'il semblait évoluer dans le bon sens en étant plus responsable et digne de confiance, il redevient un jeune branleur j'm'en-foutiste assez insupportable, et il est difficile de comprendre comment Rory peut encaisser ses états d'âme récurrents.

Ceci dit, elle finit par comprendre le fonctionnement de son petit-ami, qui cherche à chaque fois à se rattraper en réalisant de grands gestes romantiques, au lieu d'être constant dans ses attentions. Au final, leur rupture est un sentiment de gâchis, car il y avait bien autre chose à faire lorsque Logan quitte l'entreprise de son père et se retrouve sans ressource.

En revanche, les difficultés que rencontre Rory pour trouver un travail dans la presse sont plus intéressantes. Pas uniquement parce qu'elle est confrontée au rejet du New York Times alors qu'elle rêvait de faire partie de la rédaction, mais aussi parce que le contrepoint apporté par l'admission de Paris dans toutes les écoles où elle a postulé est amusant. Cela sonne comme une revanche de ce fameux jour noir où elle avait été recalée par Harvard, à l'inverse de Rory. Cela marque aussi la fin d'une époque, et même si elle est diffuse, il se dégage parfois une certaine nostalgie autour de la future séparation entre Lorelai et sa fille.

Pour autant, le poste qu'elle obtient au dernier moment et qui l'oblige à partir en voyage de façon prématurée est une grosse ficelle pour amener le final le plus rapidement possible. Heureusement, ce dernier épisode est plutôt réussi. L'ambiance unique de Stars Hollow est bien là, et la fête organisée par Luke en hommage à Rory est touchante car elle regroupe multitude de têtes connues et attachantes. C'est aussi l'occasion de réconcilier Lorelai avec Luke, mais également avec ses parents et surtout son père, qui reconnaît enfin qu'elle est une personne formidable (quand il n'est pas question d'amour).

La conclusion est satisfaisante à ce niveau, d'autant qu'elle est la conséquence logique de relations moins tendues entre Lorelai et sa mère, la première apportant son aide pendant la convalescence de Richard, victime d'une crise cardiaque en plein cours magistral. Son possible décès met Emily dans tous ses états et c'est bien la première fois qu'elle montre autant de failles à sa fille, alors qu'elle a toujours mis un point d'honneur à contrôler ses émotions.

Même si les téléspectateurs avaient déjà eu l'occasion de voir qu'elle n'a pas un si mauvais fond, il était temps de la rendre plus humaine. À ce tire, le petit chant qu'elle entonne avec son mari pour féliciter Rory lui donne un côté détendu plutôt bienvenu. En ce qui concerne Richard, il n'y a pas de surprise : son humour subtil et parfois pince-sans-rire s'était déjà manifesté à plusieurs occasions.

L'accent ayant été mis sur les principaux protagonistes comme depuis quelques saisons, les personnages secondaires sont moins présents. Michel est comme toujours quasi inexistant et sert uniquement de comic relief tout comme Kirk, et c'est très désagréable. D'autres sont soumis à une variation sur le même thème : entre Sookie encore enceinte, Lane qui le devient, et Liz qui accouche, la parenté est abordée sous tous les angles.

Zack et Lane sont en panique car la grossesse intervient après une seule relation sexuelle et Sookie est mécontente car elle avait demandé à Jackson de procéder à une vasectomie, ce qu'il n'a pas fait. Quant à Liz et TJ, ils sont complètement à l'ouest comme d'habitude. Ce qui ne les rend pas moins irritants...

La paternité de Luke continue elle aussi à être développée, mais les apparitions d'April sont de plus en plus sporadiques (déménagement de cette dernière oblige). Luke se bat pour elle et obtient la garde alternée, grâce à une lettre de Lorelai à l'origine de nombreuses disputes entre elle et Chris.

Si Luke s'en tire bien dans son rôle de père et apprend des choses sur lui-même à travers cette nouvelle expérience, il reste quand même un goût amer autour de cette histoire. April arrive dans sa vie au pire moment pour briser son couple, et est sur le point d'en disparaître à un moment bien commode pour essayer de le reconstruire. Au final, la présence d'April n'aura été que purement fonctionnelle, et c'est bien dommage.

La fin justifie les moyens, dit-on. Ce qui peut s'avérer vrai aussi pour le final de la série, qui clôt les intrigues principales dans un happy ending joyeux et coloré, alors que le chemin emprunté pour y arriver était plutôt tortueux. Faut-il accepter de fermer les yeux sur deux dernières saisons dans l'ensemble bien moins rigoureuses en partant du principe que la fin est réussie ? Pas sûr.

Ce qui est certain, c'est que malgré les défauts disséminés ça et là, l'impression générale est bien évidemment positive. C'est une très bonne série qui fait rire, pleurer, et qui s'apprécie encore plus en ayant une culture cinématographique et télévisuelle étendue. Car en plus de posséder une galerie de personnages attachants comme rarement, les références pleuvent au rythme effréné des dialogues des Gilmore Girls. À savourer.

 

(voir aussi le bilan de Lurdo de la saison 7 de la série, publié sur ce blog en 2012)

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Un film, un jour (ou presque) #457 : Trahie par le Passé (2015)

Publié le 23 Février 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Drame, Policier, Thriller, Lifetime, Télévision

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Trahie par le Passé (Buried Secrets) :

Renvoyée des forces de police pour une affaire de corruption dont elle est pourtant innocente, Sarah Winters (Sarah Carter) est devenu un auteur policier à succès. Mais lorsque la dernière enquête menée par Sarah avant son renvoi refait surface, et qu'un indice crucial est découvert - indice inconnu de tous, mais que Sarah avait pourtant pointé du doigt dans son dernier roman - tous les soupçons portent sur l'ex-policière, notamment lorsque la maire actuelle (Sarah-Jane Redmond), en pleine période de réélection, décide de faire d'elle le bouc-émissaire de tous les problèmes actuels des forces de l'ordre...

Un téléfilm policier de la chaîne Lifetime qui accumule les défauts : décisions improbables (faire de Sarah Carter, 35 ans mais qui en fait 10 de moins, la mère d'une adolescente de 13 ans qui en paraît 2 ou 3 de plus et qui ne lui ressemble pas du tout, ça passe moyen), mystères familiaux inutiles (à base d'adoption) qui embrouillent le récit, coïncidences un peu trop grosses pour être crédibles, protagonistes unanimement têtes à claques (tout le monde, mais vraiment tout le monde, Sarah y compris, réagit régulièrement de manière stupide et agaçante), interprétation très inégale, et script qui manquant de rigueur, en plus d'être à fond dans les clichés du genre Lifetime (à savoir : tous les personnages négatifs sont des hommes, qui tous font souffrir les femmes de ce récit, Sarah étant en tête de ligne)...

En résumé, c'est mauvais.

1.5/6

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Les bilans de Lurdo : Sweet/Vicious saison 1, suite et fin (1x07-10)

Publié le 19 Février 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Télévision, Les bilans de Lurdo, Sweet-Vicious, MTV, Comédie, Drame

Suite et fin de cette première saison surprenante, qui après trois premiers épisodes laissant augurer d'une série assez basique et simpliste, a évolué en quelque chose de plus intelligent et construit, taclant frontalement et de manière assez pertinente le problème des viols sur les campus américains...

Sweet/Vicious 1x07 :

Secouée par tout ce qui vient de se produire, et hantée par le souvenir de son viol, Jules décide d'oublier son code de conduite, et d'évacuer toute pression en faisant la fête avec Ophelia et Harris... pour le meilleur et pour le pire.

Un épisode beaucoup plus dur et sérieux que les précédents, avec de longs flashbacks sur la soirée du viol, illustré ici dans ses moindres détails, mais sans complaisance. Un joli travail de montage passé/présent, Keiko Agena dans un petit rôle, une Ophelia amusante en mode "petite amie", et dans l'ensemble, un épisode courageux et plutôt réussi.

1x08 :

Ophelia et Jules (qui est  de plus en plus incontrôlable) s'attaquent à un nouveau violeur, alors même Harris et l'Officier Barton leur tendent un piège, et que l'amitié des deux jeunes femmes se fracture...

Seul épisode de la saison à avoir été écrit en collaboration par deux scénaristes, et ça se sent malheureusement beaucoup trop : on a l'impression de deux scripts distincts compactés en un, de deux styles pas tout à fait similaires et qui cohabitent tant bien que mal, bref, pour un épisode aussi important, qui avance de manière notable les intrigues de fond du show, ça méritait mieux. Tout est un peu trop précipité, un peu trop bâclé et décousu, et c'est bien dommage, parce que le tout reste intéressant et bien interprété.

1x09 :

Jules décide enfin de porter plainte pour viol auprès de l'administration universitaire, ce qui amène Ophelia, Kennedy et Jules à resserrer les rangs. Mais les choses se compliquent lorsque le verdict, pourtant en sa faveur, est annulé par le doyen, alors même que les autorités se rapprochent dangereusement des deux justicières...

À nouveau, un peu l'impression d'une écriture compressée, comme si le show avait initialement vu sa commande de 13 épisodes réduite à 10, entraînant par la même des coupes sauvages dans l'évolution des intrigues et des rapports entre certains personnages. Rien de vraiment problématique, ici, puisque le témoignage de Jules, sa mise en scène, et la réponse des autorités sentaient vraiment le vécu, et étaient assez douloureux et forts pour soutenir le gros de l'épisode. Sans oublier ce bref moment de flottement plutôt amusant, après le verdict initial, quand les deux justicières remettent soudain en question la pertinence de leurs actions vengeresses...

1x10 :

Prêtes à tout pour innocenter le petit-ami de Jules, accusé à tort du meurtre de son frère, les deux justicières se mettent à la recherche d'un criminel de la région vers lequel rediriger tous les soupçons des autorités, tout en tentant, avec l'aide de toute la sororité et d'autres étudiants, de punir le violeur de Jules...

Les soucis d'écriture compressée et de raccourcis narratifs sont toujours présents (notamment au niveau de Barton, qui a totalement disparu de la série, ou de l'arrestation, liquidée en quelques scènes), mais dans l'ensemble, ça fonctionne plutôt bien, comme conclusion saisonnière, laissant quelques pistes à régler, tout en réglant les intrigues en cours, et en posant un nouveau postulat pour nos deux héroïnes, désormais établies, et bénéficiant d'un bat-signal virtuel...

 

Bilan :

C'est amusant, si on m'avait dit, il y a un an, que les thématiques du viol et du stress post-traumatique, de la manipulation, des rapports homme-femme, de l'amitié féminine, etc, seraient traités avec plus de subtilité, de finesse et d'efficacité dans une série MTV sans prétention que dans un drama "de prestige" estampillé Netflix (Jessica Jones, pour ne pas le nommer), je ne l'aurais pas cru.

Et si en plus on avait rajouté que l'action, le rythme et l'humour seraient eux aussi nettement plus maîtrisés et réussis dans cette série MTV, et que les personnages (principaux comme secondaires) seraient nettement plus attachants (et parfois mieux interprétés), pour un investissement en temps nettement moins moindre de la part du spectateur, je crois que j'aurais demandé qu'on arrête de se payer ma tête.

Et pourtant... Sweet/Vicious a su se débarrasser de son gimmick de départ un épisode/un violeur à punir, pour évoluer en un drama touchant sur les conséquences d'un viol sur sa victime et son entourage, le tout sans jamais se départir de son sens de l'humour ou de son dynamisme de série comic-book.

Un programme qui, malgré quelques défauts dus à l'inexpérience de sa showrunneuse, à une fin de saison compressée et à des attentes du public faussées par la chaîne de diffusion (et par la présence de Joseph Kahn à la réalisation des deux premiers épisodes), s'avère en fin de compte une excellente surprise ; malheureusement, elle est restée relativement confidentielle, et par conséquent risque d'être rapidement annulée (si ce n'est pas déjà fait au moment où ce texte sera publié). C'est bien dommage.

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Les bilans de Sygbab - Gilmore Girls, saison 6 (2005-2006)

Publié le 18 Février 2017 par Sygbab dans Télévision, Review, Romance, Critiques éclair, Les bilans de Sygbab, Comédie, Gilmore Girls

Sygbab regarde (beaucoup) la tv, Sygbab écrit (parfois) des bilans : retrouvez-les sur le blog des Téléphages Anonymes !

Gilmore Girls, saison 6 :

La justesse étant un atout depuis ses débuts, à quelques exceptions près, une question s'impose au visionnage de cette saison : les scénaristes auraient-ils perdu leur bon sens ? Cela peut paraître dur d'emblée, mais les choix effectués sont le plus souvent discutables, quand ils ne vont pas à l'encontre de l'esprit de la série. Les rebondissements commencent à être éculés, et la psychologie des personnages devient aléatoire pour satisfaire un semblant de suspense qui devient presque néfaste.

Comme si l'inspiration s'était tarie d'un coup, tout ce qui fait l'originalité de Gilmore Girls disparaît, et le téléspectateur a la désagréable surprise d'être devant un drama plutôt classique. Difficile de l'accepter quand les standards sont habituellement un peu plus élevés.

Au lieu d'influencer les principaux fils rouge, les intrigues secondaires deviennent de plus en plus sporadiques et donnent droit à des évolutions pour le moins étonnantes. Passons Kirk et ses facéties habituelles, qui apporte toujours une nécessaire dose d'humour en étant toujours à côté de la plaque, pour en venir à Sookie et Jackson : leurs enfants sont tout bonnement invisibles, et c'est un petit peu gênant.

Il aurait été intéressant de se pencher un peu plus sur leur vie familiale, étroitement liée à la relation professionnelle que les deux époux entretiennent toujours. Au lieu de ça, ils doivent se débarrasser de la marijuana que Jackson découvre avec stupeur parmi ses plantations. Certes, c'est décalé, mais c'est surtout un aveu d'impuissance concernant leur développement quasi inexistant.

Cela concerne tout aussi bien Lane, dont la relation avec Zack ne colle pas vraiment. D'autant que Mrs Kim semble l'accepter sans plus de difficulté que cela, alors qu'elle menait la vie dure à un Dave bien plus attrayant à ses yeux. Dur d'avaler le fait qu'elle abandonne ses traditions et ses idéaux si rapidement, alors qu'elle a toujours été inflexible. Que dire quand elle s'invente experte dans le domaine de la musique en donnant des avis tranchés sur ce que fait Zack et qu'elle l'aide à écrire un hit...

Ce n'est pas très sérieux, et surtout pas vraiment crédible. Tout au plus, cela permet d'organiser le mariage de Lane, pour qu'une Lorelai complètement ivre s'y ridiculise en annonçant à tout le monde qu'elle ne se mariera pas à son tour. C'est bien là l'enjeu principal : il faut à tout prix empêcher cette fameuse union tant attendue entre Luke et Lorelai. Tous les moyens sont bons pour y parvenir, notamment la dispute qui oppose cette dernière à Rory. En effet, rien ne sera possible tant qu'elles ne seront pas réconciliées.

Par ailleurs, la jeune fille apprend à ses dépens que vivre avec ses grands-parents n'est pas une sinécure, et elle se retrouve confrontée à l'ingérence compulsive d'Emily, à tous les niveaux. Cela a au moins le mérite de remettre en perspective ce que sa mère a enduré pendant sa jeunesse. Le parallèle n'est pas inintéressant, d'autant que Rory pousse l'expérience un peu plus loin en participant pleinement aux réceptions que donne sa grand-mère, avant de s'apercevoir qu'elle prend le mauvais chemin.

Peut-être fallait-il qu'elle en passe par là pour trouver la même force intérieure que sa mère, qui l'autorise à se rebeller et à croire en ses capacités comme jamais auparavant. Il est juste dommage qu'elle ne s'en rende pas compte seule et qu'elle ait besoin d'un bon coup de pied aux fesses de la part de Jess, qui réapparaît ici ou là histoire de dire qu'il s'en sort et qu'il va devenir quelqu'un de bien.

Quel trublion ce Jess, tout de même. Sa venue ne manque pas de créer une énorme dispute entre Rory et Logan, car il fallait bien ajouter un peu de piment dans une relation qui se déroulait un peu trop bien, alors qu'elle est quelque part assez incongrue. Rory est toujours irrésistiblement attirée par Logan alors qu'il est la représentation d'un monde qu'elle n'apprécie pas.

Et ce dernier a beau justifier son attitude en prétextant qu'il doit profiter de sa vie avant qu'elle ne soit finie car son avenir lui est imposé, il reste tout de même un fils à papa désinvolte et le plus souvent irresponsable. C'est surtout un goujat, qui va se réfugier dans les bras d'autres filles à la moindre difficulté, et qui rachète l'amour avec son argent. Il n'y a guère que Christopher pour le trouver cool, finalement.

Celui-ci réapparaît encore et toujours, cette fois-ci parce qu'il est devenu riche. Une richesse tombée du ciel, bien commode pour qu'il vienne de nouveau jouer les trouble-fêtes tout comme Jess. Les fantômes du passé ne disparaissent jamais, et cela commence à devenir un peu trop répétitif. La ficelle est un peu trop grosse, et dégage Emily et Richard de toute responsabilité puisque Chris va désormais payer pour Yale.

Cela aurait dû sonner le glas des friday night dinners, mais Lorelai est prise de culpabilité et réussit à convaincre sa fille de continuer à y aller. Après tout ce qui s'est passé entre elle et ses parents, notamment l'hébergement de Rory sans avoir été consultée au préalable, cela sonne assez faux de la voir pardonner les multiples trahisons dont elle a été victime. Au moins cela mène-t-il à un dîner assez extraordinaire dans le 6.13 Friday Night's Alright For Fighting, alternant avec brio séquences de rires et de confrontations emplies de ressentiment.

Tout cela n'est rien en comparaison du véritable impair : April. Sans fustiger le personnage - au demeurant plutôt sympathique -, ce nouveau rebondissement imposé après la réconciliation entre Luke et Lorelai est presque une insulte tant cette manoeuvre est digne d'un mauvais soap. Qui plus est, cela rend Luke absolument détestable. Il a attendu Lorelai pendant des années, il lui a reproché de lui cacher ses entrevues avec Christopher, mais au final il fait exactement la même chose, quitte à la perdre.

Ce n'est pas dans l'esprit du personnage, il perd tout sens de la raison alors qu'il est d'un naturel pragmatique. De ce fait, le fossé qui se creuse dans le couple est complètement artificiel, et franchement malvenu. Plus encore quand la discorde pousse Lorelai à poser un ultimatum et à se retrouver dans les bras de Chris car Luke refuse de se laisser imposer quoi que ce soit. Ce qui la rend détestable aussi, par ailleurs.

Heureusement que Liz et TJ nous sont épargnés la majeure partie du temps, il ne manquerait plus que leur présence vienne phagocyter l'écran pour ajouter un soupçon d'antipathie à un show qui prend un bien mauvais tournant. La magie n'opère plus, à tel point que le final de la saison comporte une intrigue totalement secondaire autour d'une invasion de chanteurs de rue consécutive au départ en tournée du troubadour officiel de la ville.

À croire qu'il s'agit d'une tentative désespérée de rappeler le charme de Stars Hollow, dont les habitants deviennent de plus en plus shallow. Le plus malheureux, c'est que cette histoire emporte facilement l'adhésion au détriment du fil rouge : il faut sans doute y voir un signe sur la nécessité de redonner de la légèreté à l'ensemble.

Ceci étant, they will always have Paris, pour faire référence à une réplique de Lorelai dans la saison 4. Sa franchise est toujours autant dépréciée par ses pairs et appréciée par les téléspectateurs, et sa prise de conscience à propos de son incapacité à gérer une position de leader est bénéfique pour la suite. Enfin une évolution qui va dans le bon sens, ce qui n'est pas non plus suffisant pour faire de cette saison une réussite. Loin de là.

 

(voir aussi le bilan de Lurdo de la saison 6 de la série, publié sur ce blog en 2012)

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Un film, un jour (ou presque) #450 (2/2) - Spécial St Valentin : La Vie Rêvée de Gwen (2017) & Coup de Foudre à Paris (2017)

Publié le 14 Février 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Hallmark, Comédie, Romance, Review, Fantastique, Télévision

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Et qui dit 14 février, dit St Valentin, donc place à la romance et aux bons sentiments sirupeux made in Hallmark et compagnie !

La Vie Rêvée de Gwen (The Birthday Wish - 2017) :

Gwen (Jessy Schram), réalisatrice publicitaire ambitieuse et aux idées bien arrêtées, aimerait que son compagnon Alex (Marcus Rosner) la demande en mariage pour ses 30 ans. Mais lorsque celui-ci rechigne, Gwen s'énerve, et fait le voeu de connaître ce que lui réserve l'avenir : soudain, la voici projetée dans une vision du futur où, mariée à Dave (Luke Macfarlane), un collègue, sa vie n'a plus rien à avoir avec ce qu'elle avait prévu. De retour dans le présent, Gwen se remet alors en question, d'autant que les choses évoluent dans une direction étrange...

Luke Macfarlane n'a pas vraiment de chance, avec ses téléfilms Hallmark : le bonhomme est sympathique, détendu, et fait un lead masculin assez agréable pour ce genre de métrages, mais malheureusement, ses films ne sont jamais particulièrement réussis (voir aussi Le Pays de Noël et The Mistletoe Promise).

Et même lorsqu'ils l'associent à une actrice attachante (ici, Jessy Schram, assez pétillante et dynamique), il finit par souffrir d'un scénario assez quelconque, fruit du travail de la scénariste de Wedding Bells (un métrage médiocre sauvé par son couple principal) et de Un Fiancé qui tombe à Pic (très mauvais, et dont la critique devrait être publiée ici-même le mois prochain, il me semble).

Ici, en l'occurrence, on est en plein dans de la rom-com classique estampillée Hallmark, avec deux prétendants gentiment caricaturaux - le carriériste pas romantique ou drôle pour un sou, et le gars cool, détendu, attentionné, spontané, etc -, une meilleure amie ethnique, un ton plutôt léger, un quiproquo dans le dernier quart du film, etc, etc, etc.

Malheureusement, le métrage tourne très rapidement à vide, puisque ici, la balance est tellement déséquilibrée en faveur de Dave (le rival météorologue disparaît même totalement pendant 75% du film, avant d'annoncer soudain qu'il veut devenir acteur et part pour Hollywood !) que les hésitations de Gwen finissent par devenir incompréhensibles, et par la rendre un peu fatigante dans son refus de prendre des décisions.

Et comme en prime le côté fantastique du postulat de départ (la "vision du futur", renforcée par une sorte de Cupidon/ophtalmologue indien) est finalement quasi-inexistant, ne tenant que du prétexte, ça achève de faire de ce Birthday Wish une énième occasion ratée, trop balisée et plate pour être autre chose qu'anecdotique.

2.5/6

Coup de Foudre à Paris (Love Locks - 2017) : 

Alors qu'elle faisait des études d'art à Paris, Lindsey (Rebecca Romijn) est tombée amoureuse de Jack (Jerry O'Connell), un américain installé sur place. Vingt ans après leur rupture, Lindsey est désormais divorcée et directrice d'un magazine d'art ; mais lorsqu'elle revient à Paris avec sa fille adolescente (Jocelyn Hudon) pour lui faire découvrir la ville, elle apprend que le gérant de l'hôtel où elle séjourne est justement Jack, et bien vite, elle renoue avec son amour d'antan...

Une rom-com Hallmark diffusée sous l'appellation "Hallmark Hall of Fame" par la chaîne, histoire de justifier le budget clairement plus élevé, dépensé dans le casting - les deux protagonistes, forcément, mais aussi Bruce Davison dans un rôle secondaire - et dans le tournage à Paris.

Ce qui permet à ce métrage d'avoir un peu plus d'intérêt que la rom-com lambda constituée par son scénario : O'Connell & Romijn, mariés à la ville, ont une bonne alchimie, et forment un couple sympathique (Romijn parle d'ailleurs assez bien français) ; Davison a sa propre sous-intrigue romantique ; la majorité des figurants et seconds rôles sont des français bilingues (qui ne nous font pas honte ^^ ) ou des canadiens qui font illusion ; et même la jeune Jocelyn Hudon s'avère une très bonne trouvaille, spontané et fraîche, au point que je ne serais pas surpris de la voir décrocher des rôles plus importants dans un futur proche.

Et bien entendu, les décors parisiens, tous tournés sur place (ainsi que, d'ailleurs, les scènes américaines, clairement tournée au coeur de l'hiver), ajoutent un charme non-négligeable au tout (même si le téléfilm semble considérer que la tradition des cadenas de l'amour est typiquement français, ce qui n'est bien sûr pas le cas) ; il faut juste fermer les yeux sur l'accordéon qui débarque ici ou là, pour faire pittoresque, et sur le script assez générique, qui ronronne assez rapidement.

3.25/6 (rien de mémorable, mais rien de honteux non plus)

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Un film, un jour (ou presque) #450 (1/2) - Spécial St Valentin : Un Hiver de Princesse (2017) & Un Domaine en Héritage (2017)

Publié le 14 Février 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Hallmark, Comédie, Romance, Review, PixL, Télévision

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Et qui dit 14 février, dit St Valentin, donc place à la romance et aux bons sentiments sirupeux made in Hallmark et compagnie !

Un Hiver de Princesse (A Royal Winter - 2017) :

Maggie (Merritt Patterson) part passer des vacances d'hiver improvisées en Europe, dans le royaume enneigé de Calpurnia. Là, elle rencontre le séduisant Adrian (Jack Donnelly), parfait pour elle, mais ignore qu'il est en réalité le Prince héritier du Royaume. Lorsqu'elle découvre son secret, cependant, elle doit composer avec l'hostilité et les manigances de la Reine Béatrice (Samantha Bond)...

Un téléfilm hivernal Hallmark qui semble avoir été conçu pour la saison de Noël (ça ressemble comme deux gouttes d'eau à ce qui s'est déjà fait dans le genre chez Hallmark, , ou ), avant d'être vaguement reformaté pour Janvier, en ôtant guirlandes et sapins avant de tourner. Résultat : oui, les décors naturels de Bucarest sont superbes et enneigés... mais tout le reste est hautement dérivatif, anecdotique et insipide, à commencer par le couple principal, transparent au possible. Absolument rien de mémorable, voir même d'intéressant, et si ce n'est pas particulièrement mauvais en soi (la direction artistique sauve les meubles), c'est tellement basique que ça s'oublie à peine regardé. 

2.25/6 (ça aurait pu être un poil plus sans cette affreuse reprise chorale d'un unique couplet de Frère Jacques, en boucle, pendant plusieurs minutes. Au secours.)

Un Domaine en Héritage (Love on the Vines) :

Avocate surmenée, Diana (Margo Harshman) hérite de son oncle la moitié du vignoble de ce dernier. Mais à son arrivée sur place, elle découvre que l'autre moitié a été donnée à Seth (Steve Talley), son ex, et le bras droit de son oncle. Malgré les tensions, le couple improbable a pour mission de mener à bien la prochaine récolte du vignoble, sous peine de voir le machiavélique Mr. Garritson (Jack Wagner), un rival, mettre main basse sur le terrain et son raisin...

Une rom-com PixL malheureusement très dérivative et générique, qui se prend beaucoup trop au sérieux pour son propre bien, et souffre vraiment d'un script mal structuré, avec de multiples personnages secondaires et sous-intrigues (les manigances interminables de Garritson, la romance du fils de Garritson avec une serveuse, l'autre serveuse qui tente de sortir de l'ombre de sa mère, etc) qui ne font qu'alourdir le tout.

Pour ne rien arranger, l'illustration musicale est assez mauvaise, et si Margo Harshman est vraiment attachante (ce regard... ♥_♥), son partenaire masculin (Talley) est lui nettement plus transparent et quelconque. Bref, bien tenté, PixL, mais c'est raté.

2/6

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Les bilans de Lurdo - Santa Clarita Diet, saison 1 (2017)

Publié le 12 Février 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Télévision, Review, Les bilans de Lurdo, Comédie, Netflix, Sitcom, Horreur

Après avoir volontairement laissé dans le flou la véritable nature de cette comédie mettant en vedette Drew Barrymore, Netflix a fini par lever le voile, il y a peu, en publiant l'affiche ci-dessous : une affiche parodie des publicités pour régimes qui pullulent dans les magazines féminins, avec pour seule différence la véritable nature de ce régime Santa Clarita - des morceaux humains empilés dans le cocktail que boit Drew. CQFD : Santa Clarita Diet est donc une comédie horrifique, à mi chemin entre iZombie et Weeds, un ajout inattendu au catalogue du diffuseur...

Santa Clarita Diet, saison 1 :

Couple d'agents immobiliers californiens, Sheila (Drew Barrymore) et Joel Hammond (Timothy Olyphant) ont une fille adolescente, Abby (Liv Hewson), et, ensemble, ils vivent une vie banlieusarde particulièrement routinière et balisée. Jusqu'au jour où Sheila contracte une maladie mystérieuse, qui la désinhibe totalement, mais la force à manger de la chair humaine. Désormais morte-vivante, Sheila doit s'habituer à cette nouvelle existence, une existence qui, étrangement, redonne un second souffle à sa famille : contraints de se serrer les coudes pour faire face à ce problème, les Hammond décident de se mettre à chercher des victimes potentielles pour Sheila parmi les criminels de la région. Plus facile à dire qu'à faire, surtout avec Dan (Ricardo Chavira), leur voisin fouineur, membre des forces de l'ordre, et qui tente de les faire chanter... 

Sitcom single cam Netflix, écrite et pilotée par Victor Fresco (Better Off Ted, Le Monde Merveilleux d'Andy Richter, Earl), et qui s'inscrit totalement dans la lignée de ce que Showtime pouvait faire dans le genre à une certaine époque (Weeds, par exemple), avec une touche de folie et de décalage en plus, et le drama premier degré en moins.

Et c'est peut-être à la fois la grande qualité et le défaut de ce Santa Clarita Diet : le second degré absurde du show, cette réalité où tout le monde est un peu caricatural, un peu déjanté, et pas forcément très finaud, un peu comme dans My Name is Earl.

C'est une qualité, car ça permet de rendre ces 10 épisodes de 25 minutes plutôt regardables et sympathiques, avec des moments improbables, des guests inattendus (Nathan Fillion, Andy Richter, Patton Oswald, Ryan Hansen, Thomas Lennon, Portia DeRossi, Natalie Morales), des seconds rôles excentriques, ainsi que du gore généreux... le tout sans toutefois éclipser totalement, derrière ces aspects grand-guignolesques, un propos sur les liens indestructibles d'un couple qui s'aime, et est prêt à tout l'un pour l'autre, même au pire.

Et défaut, parce que le tout est tellement outrancier, tellement improbable, les acteurs (Barrymore et Olyphant en tête) prennent tellement le tout à la rigolade (ils se donnent complètement à leurs rôles, mais sont clairement et régulièrement en surjeu, quand ils n'ont tout simplement pas un sourire goguenard sur les lèvres dans les scènes les plus délirantes), qu'au final, il est difficile de vraiment prendre tout ça au sérieux, de vraiment s'attacher à ces personnages, bref, on regarde le tout avec une certaine distance, et on finit par s'apercevoir que la série, en fin de compte, tourne un peu à vide.

Parce qu'après tout, cette satire de la vie de banlieue US, soporifique et formatée, a déjà été faite et refaite à la tv : pas grande originalité sur ce plan là. Sur le plan de l'horreur, le show rappelle aussi un iZombie débarrassé de son sérieux et de son aspect procédural, donc rien de neuf non plus de ce côté (d'ailleurs, le semblant de mythologie, ou la promesse d'une épidémie par contagion, sont rapidement étouffés dans l'oeuf). Et comme le relationnel de cette famille est là encore plutôt convenu (les parents enfermés dans le carcan sociétal, la fille rebelle et sarcastique, etc), au final, ne reste que l'humour et le gore.

Ce qui est déjà pas mal, et suffira sans nul doute à plein de spectateurs ; mais dans l'absolu, Santa Clarita Diet se résume à une digression amusante, qui commence bien, ronronne un peu en milieu de saison, et se finit par un cliffhanger assez plat : en somme, une série amusante, sans plus, et qui paradoxalement manque un peu de mordant et de tripes.

Distrayant, sympathique, mais pas particulièrement mémorable ou exceptionnel.

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Les bilans de Sygbab - Gilmore Girls, saison 5 (2004-2005)

Publié le 11 Février 2017 par Sygbab dans Télévision, Review, Romance, Critiques éclair, Comédie, Les bilans de Sygbab, Gilmore Girls

Sygbab regarde (beaucoup) la tv, Sygbab écrit (parfois) des bilans : retrouvez-les sur le blog des Téléphages Anonymes !

Gilmore Girls, Saison 5 : 

Comme s'il y avait eu une prise de conscience à propos de la difficulté grandissante de maîtriser une multitude de personnages en même temps, l'écriture se resserre et se concentre de plus en plus sur la famille Gilmore. Certes, Paris est toujours aussi irritante, et sa relation naissante avec Doyle présage de bonnes choses pour l'avenir, tant leur couple est improbable. Oui, Lane Et Zack vont bien ensemble, et il est un peu question du groupe de temps en temps. Et Kirk est toujours aussi bizarre, mais drôle.

Il ne faut cependant pas se voiler la face : ce sont des histoires annexes, dont l'intérêt principal est de ne pas laisser en plan les autres protagonistes. Ils deviennent ainsi des accessoires et sont de plus en plus secondaires. À tel point que Jason est évacué sans autre forme de procès dans le premier épisode, alors que ce dernier est une suite directe du final de la saison précédente.

Cela pourrait être gênant, mais il faut bien admettre que le programme est chargé pour les Gilmore. Il semblerait que chez eux, la dramaturgie soit une seconde nature, et les rebondissements ne sont pas des moindres. La source de ce chaos est unique, et bien identifiée : l'ingérence d'Emily. Cela commence avec son intervention auprès de Christopher, en lui intimant presque l'ordre de faire ce qu'il faut pour être de nouveau avec sa fille, maintenant que Sherry l'a abandonné.

Elle est tellement convaincue que sa fille ne sait pas ce qu'elle fait en développant - enfin - une relation avec Luke qu'elle ne prête aucune attention aux conséquences de ses actes. Pour les autres, mais aussi pour elle, puisqu'elle s'attire les foudres de Lorelai. Alors qu'elle était la première à dire à Richard que ses actions pouvaient leur faire perdre leur fille, elle s'en charge d'elle-même en ne comprenant pas que celle-ci est indépendante et qu'elle avait coupé les ponts pour une bonne raison.

Il n'en faut pas tellement plus pour que Luke se pose des questions. Sa réaction est compréhensible : la propension de Lorelai à cacher les choses - une sorte de réflexe vis-à-vis de ses parents, qu'elle applique malheureusement à toutes les situations - ne peut que le faire douter vis-à-vis de Chris. À plusieurs reprises, elle ne lui dit pas qu'elle a vu le père de son enfant, et au vu de leur passif il est difficile pour l'homme à la casquette vissée sur le crâne d'accorder une totale confiance à sa dulcinée, et surtout d'accepter un tel poids. Pas seulement par rapport à un ex qui ne disparaîtra jamais, mais aussi parce qu'il n'est pas apprécié par Richard et Emily, qui ne le jugent pas dignes d'être avec leur fille.

Le plus désolant, finalement, c'est que leur monde est tellement à part qu'ils ne font même pas preuve de mépris : pour eux, il s'agit simplement un constat. Un sentiment d'insuffisance s'installe en lui, sans qu'il n'ose le formuler, et il le prend de plein fouet quand Dean lui explique qu'il ne peut pas offrir à Lorelai ce dont elle a besoin. Selon lui, leur combat est le même, futile et voué à l'échec.

Emily prend également de plus en plus de place dans la vie de Rory, et son voyage en Europe avec sa petite-fille est en quelque sorte l'élément déclencheur d'une transformation qui couvait. La jeune femme autrefois simple prend de plus en plus goût au luxe, au faste, et commence à se sentir à l'aise dans un monde que sa mère a rejeté. Il n'est pas innocent qu'elle s'intéresse à Logan plutôt qu'à Marty : le premier peut lui faire vivre des aventures grâce à ses ressources quasi illimitées, le second n'est qu'un énième avatar du charmant garçon avec lequel on s'ennuie.

Ironique, puisque le comportement de Logan n'est pas si lointain de celui que pouvait avoir un certain Tristan. De même, l'ancienne Rory n'aurait pas accepté le poste que lui propose Mitch, et ce pour deux raisons : elle aurait tenu à le mériter, et elle aurait trouvé futile cette tentative de se rattraper aux branches après avoir été humiliée par la famille Huntzberger.

Alors qu'elle semblait faire des progrès avec un rôle plus actif dans le journal de Yale, cette mission s'avère être un échec total. Mitch Huntzberger n'est pas un homme sympathique qui est là pour faire plaisir aux gens, et il n'hésite pas à dire ce qu'il pense sans ambages : selon lui, Rory est une très bonne assistante mais n'a pas ce qu'il faut pour être une bonne journaliste. Les propos sont durs, mais il a au moins raison sur un point : malgré tous les apports de l'éducation de Lorelai, Rory est trop gentille et ne sait pas aller au-delà ce qu'on lui demande.

Une qualité pourtant essentielle pour évoluer et se démarquer des autres. Et surtout, elle n'a pas la même force que sa mère, qui a dû faire face à l'adversité très jeune et n'a reculé devant rien pour que son rêve aboutisse. Ce revers est pour elle une catastrophe, et elle remet complètement en question son avenir.

Tous ces évènements sont rudes pour Lorelai, car la relation fusionnelle qui l'unit à sa fille bat de l'aile. Ce qu'elle a essayé de lui inculquer part petit à petit en fumée, et elle s'aperçoit que le rôle de meilleure amie qu'elle tenait tourne maintenant en sa défaveur puisqu'elle ne se fait pas entendre en tant que mère. Pourtant, alors qu'elle passe la plupart du temps pour une irresponsable immature, elle gère les hauts et les bas de sa fille de manière assez remarquable, en prenant sur elle.

Mais entre le premier rapport de Rory avec Dean encore marié ou son petit séjour en prison, elle aurait pu - et dû - mettre un cadre et faire valoir son autorité, en étant plus ferme. Derrière cela se cache la peur de perdre sa fille, qui lui échappe inexorablement au profit de ses parents. Ce sentiment est latent depuis les premières saisons : même si elle ne l'avoue pas, elle souhaiterait que sa fille s'éloigne de leur monde. Mais il est sans doute déjà trop tard pour ça.

Ce n'est pas la décision prise par Richard et Emily en fin de saison qui vient contredire ce point : après avoir pourtant assuré à Lorelai qu'ils allaient l'aider pour que Rory ne quitte pas Yale, ils la trahissent en donnant leur bénédiction à leur petite-fille, tout en l'invitant à venir vivre chez eux. C'est peut-être le point de non-retour pour Lorelai, alors qu'elle commençait à gagner le respect et la fierté de son père. Plutôt que de l'emplir de colère, c'est un affront qui l'abat totalement au point qu'elle demande à Luke de l'épouser dans la foulée. Une proposition effectuée pour d'aussi mauvaises raisons ne peut qu'entraîner des conséquences fâcheuses, et le couple pourrait vite imploser.

Il a donc beaucoup de turbulences dans cette saison, car elle exacerbe les sentiments de chacun. Se concentrer sur les personnages clés était une bonne option pour amener des situations déterminantes pour l'avenir, tout en développant des relations toujours plus complexes. Dans le même temps, le changement d'ère qui avait du mal à s'amorcer est maintenant bien en place, avec notamment un Dragon Fly opérationnel. Un lieu toutefois rapidement déserté, avec un Michel de plus en plus transparent (un gâchis, à n'en pas douter) et une Sookie encore enceinte.

Il faudra attendre encore un peu pour revoir ses engueulades en cuisine avec Jackson. La ville de Stars Hollow est aussi moins mise en avant, mais il y a encore quelques bons moments, comme quand Taylor distribue des rubans rose et bleu pour diviser la ville selon deux groupes pro-Lorelai ou pro-Luke. Il y a quand même une constante : les références à la pop-culture sont toujours aussi présentes, et sont toujours très appréciables (mentionner une intégrale Cop Rock, il fallait vraiment y penser tant cette série est un OVNI télévisuel).

En quelques mots, pour conclure : c'est un très bon cru.

 

(voir aussi le bilan - un peu plus sommaire - de Lurdo de la saison 5 de la série, publié sur ce blog en 2012)

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Les bilans de Lurdo - Les Désastreuses Aventures des Orphelins Baudelaire, saison 1 (2017)

Publié le 5 Février 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Télévision, Les bilans de Lurdo, Netflix, Review, Jeunesse, Drame

Les Désastreuses Aventures des Orphelins Baudelaire (Lemony Snicket's A Series of Unfortunate Events) :

À la mort mystérieuse de leurs parents dans un incendie criminel, l'inventive Violet Baudelaire (Malina Weissman), l'intelligent Klaus (Louis Hynes), son frère, et leur petite soeur Sunny (Presley Smith) aux dents indestructibles, sont confiés par Mr Poe (K. Todd Freeman), exécuteur testamentaire, à la bonne garde du Comte Olaf (Neil Patrick Harris), supposément un parent éloigné. Mais rapidement, il apparaît qu'Olaf est un criminel de la pire espèce, prêt à tout pour faire main basse sur la fortune Baudelaire...

Les Désastreuses Aventures des Orphelins Baudelaire, sorti en salles de cinéma en 2004, était un film plutôt réussi et sous-estimé, qui n'a pas connu un énorme succès en salles, malgré un Oscar pour ses maquillages, et plusieurs autres nominations.

Pourtant, il avait beaucoup pour plaire : un réalisateur à la vision affirmée (Brad Silberling, réalisateur de Casper), un ton original et corrosif (tout droit tiré des romans), une direction artistique somptueuse (signée Rich Heinrichs et Coleen Atwood, habitués de Tim Burton), un Jim Carrey mémorable en Comte Olaf (un acteur personnellement courtisé par Daniel Handler, l'auteur des romans), et dans l'ensemble, une distribution très réussie.

Apparemment, cependant, à en croire les innombrables avis qui ont pullulé en ligne à l'occasion de l'annonce et de la diffusion de cette série Netflix, le film de 2004 était médiocre et inintéressant, une adaptation ratée, bordélique, avec un Jim Carrey trop cabotin et comique pour son rôle, et de manière générale, la version 2004 méritait son échec au box-office

Il est toujours "amusant" de voir les avis "des masses populaires du web" évoluer ainsi en fonction des modes et des générations (la franchise Star Trek souffre des mêmes maux), d'autant que le film avait, à l'époque, été plutôt bien reçu ; il est donc difficile de ne pas y voir un mouvement de foule un peu hypocrite, motivé par le fait que cette fois-ci, la série Baudelaire est un projet plus "prestigieux", étant dirigé/showrunné par Barry Sonnenfeld (La Famille Addams), co-écrit par Daniel Handler, co-produit par Neil Patrick Harris (qui joue aussi Olaf et chante le générique), et diffusé sur Netflix (qui malgré tous les défauts de ses productions, semble toujours bénéficier d'un totem d'immunité inexplicable).

Un duo Sonnenfeld/Handler qui était déjà à l'origine du film de 2004, avant un départ suite à des problèmes de budget, et qui, dans l'esprit des fans, allait pouvoir se venger de cet affront en produisant une série nettement plus fidèle aux romans que le film (qui condensait les trois premiers livres en 110 minutes, contre 8 épisodes ici, couvrant les quatre premiers livres). Du moins, ça, c'était en théorie. Parce qu'en pratique... 

Saison 1 :

En pratique, cette version télévisée de Baudelaire ressemble (du moins, pour ses 6 premiers épisodes) à un portage télévisé du film, portage assez réussi au niveau de la production, mais finalement assez inutile.

La direction artistique est très similaire (avec en prime une petite touche colorée de Pushing Daisies, la série de Bryan Fuller produite par Sonnenfeld), le ton est globalement identique, l'adaptation des romans aussi fidèle, et, peut-être plus gênant, plutôt que d'incarner un Comte Olaf plus sombre et menaçant (comme l'espérait le web), Neil Patrick Harris cabotine tout autant que Jim Carrey, tout en donnant constamment l'impression de faire un cosplay du Comte Olaf de Carrey.

(assez moyen, le cosplay, d'ailleurs, puisque la perruque de NPH déséquilibre sa silhouette en lui faisant une grosse tête disproportionnée, alors que le Olaf de Carrey avait une silhouette toute en longueur et menaçante)

C'est vraiment un problème récurrent de la série : l'impression d'assister à une sorte d'adaptation télévisée du film, une sorte de remake/suite, aux rôles principaux recastés au plus près, et sans réelle plus-value.

Alors certes, il y a bien des sous-intrigues secondaires centrées sur la société secrète VFD, et sur Will Arnett/Cobie Smulders (que l'on tente un temps de nous faire passer pour le Père/la Mère Baudelaire, une feinte qui ne fonctionne pas vraiment, même si c'est assez amusant que Cobie soit créditée en tant que "Mother") ; il y a bien un Lemony Snicket nettement plus présent que dans le film, et intégré de manière originale au récit et à l'écran ; et il y a bien quelques digressions rajoutées spécialement pour étoffer la série et les épisodes.

Mais tout cela participe à un autre problème récurrent de cette série : son rythme défaillant. Malgré ses huit épisodes à peine, Baudelaire est en effet atteinte du syndrome Netflix : tout est trop long, les romans (assez courts) sont délayés en deux parties pouvant aller de 38 à 65 minutes, la narration de Snicket finit par être saoulante et redondante (tout comme les gags à base de définition de tel ou tel mot, ou de répétition par les personnages de ce que vient de dire le narrateur, gags qui deviennent systématiques et répétitifs de par la manière dont ils sont intégrés au script), bref, ça manque cruellement de dynamisme et de rythme (à contrario de Pushing Daisies, qui avait la touche de folie et l'énergie de Fuller pour faire fonctionner son univers décalé).

Et comme les six premiers épisodes ne sont qu'une redite du film, difficile de ne pas commencer à s'ennuyer au bout d'un moment.

D'autant que le ton très particulier de l'ensemble est assez fluctuant et inabouti : on sent que la série tente de trouver un juste équilibre entre pseudo-macabre mélancolique et satire décalée, entre humour littéraire et narratif et pastiche des récits victoriens, entre détails subtils et gags répétés ad nauseum... mais l'équilibre n'est pas vraiment là, et le show oscille constamment entre les deux extrêmes, sans jamais trouver comment parvenir à les fusionner de manière satisfaisante (ce qui ramène au problème de rythme récurrent de la série). Mention spéciale aux vannes ponctuelles faisant référence à Uber ou au mode de streaming de la série, vannes qui seront clairement dépassées dans 5 ans, incompréhensibles dans 10 ans, et qui jurent particulièrement avec l'univers intemporel du show.

Au niveau de la distribution, pas grand chose à dire : les acteurs sont bien choisis, même si tout le monde a tendance à se mettre au diapason de Neil Patrick Harris, pour cabotiner allègrement, quitte à faire passer tous ces adultes pour des bouffons (ce qui est un peu le but, quelque part). Tout le monde... sauf les orphelins Baudelaire.

Malheureusement, le trio est tellement terne et en retrait qu'il se fait totalement éclipser par tout ce qui l'entoure, que ce soit la direction artistique ou le jeu des autres personnages (notamment l'entourage d'Olaf, ici plus développé) ; un peu regrettable, d'autant que l'interprète de Klaus est un peu transparent (le personnage n'est pas des plus faciles à mettre en valeur, cela dit), et que Sunny est (pour être gentil) assez ratée : contrairement à la Sunny du film, la fillette est ici beaucoup plus jeune, et par conséquent, nettement moins réactive.

Les 3/4 du temps, lorsqu'elle n'est pas remplacée par un poupon inanimé dans les bras de Violet, ou intégrée numériquement dans les plans pour espérer avoir une réaction utilisable, la fillette reste totalement indifférente à ce qui l'entoure, et son babillage numérique ne fonctionne pas vraiment à l'écran.

En résumé, Baudelaire ne bénéficie pas du tout du binge watching popularisé par Netflix : longs et bavards, les épisodes souffrent aussi du caractère répétitif des romans, qui est d'autant plus souligné par ce format Netflix. Et les faiblesses de rythme se répercutent directement sur l'écriture, à tous les niveaux : humour inégal d'un scénariste à l'autre, déséquilibre entre premier et second degré, personnages principaux éclipsés par toute la folie qui les entoure, menace trop diluée pour être efficace, etc...

En fait, en regardant la série, plus encore qu'en lisant les ouvrages, on a par moments presque l'impression d'un auteur (et ici, d'une équipe composée de Daniel Handler et de trois scénaristes débutants) ayant trouvé un gimmick d'humour littéraire, et l'appliquant systématiquement à chaque épisode et à chaque scène, ce qui en atténue à chaque utilisation l'impact et l'efficacité : vers la fin de la saison, je commençais vraiment à en avoir assez de ces répétitions et explications incessantes, de ces effets de style mécaniques et de ces dialogues à rallonge, alors même que le script faisait par ailleurs du surplace.

Et malgré l'accueil unanimement positif des critiques, qui se sont empressés de proclamer la supériorité indubitable de la série sur le film... je ne peux m'empêcher de penser que si les deux oeuvres partagent 90% de leur ADN, les 10% restant sont à l'avantage du long-métrage : Olaf y reste plus menaçant (Carrey est naturellement plus inquiétant que NPH, désolé), péripéties plus rythmées, musique plus mémorable (quoique le générique d'ouverture du show est assez mémorable, un peu comme l'était la chanson du petit Elfe dans le film), effets spéciaux forcément plus convaincants (la maison qui se casse en deux, au secours), rendu forcément moins factice et artificiel... et surtout, script écrit par un véritable scénariste (le scénariste de Galaxy Quest !!!). 

Et je ne peux que me demander quel est le public visé par cette saison 1 : les enfants s'ennuieront probablement, les fans du film risquent de trouver le tout redondant, les binge watchers de trouver le show répétitif et mou, le grand public risque de rester à la porte d'un mélange inégal de tons et de genres... ne reste alors que les fans hardcore des livres, qui forment, sans surprise, l'essentiel des critiques dithyrambiques de ce show. 

Personnellement, me trouvant au croisement de plusieurs de ces catégories, je dois dire que le visionnage de la première saison des Orphelins Baudelaire a été bien moins enthousiasmant que ce à quoi je m'attendais : j'ai lu les livres, j'apprécie le film, j'aime l'univers, mais je suis resté assez déçu par l'adaptation de Sonnenfeld, qui tombe plus souvent à plat qu'elle ne fonctionne. Cela dit, ce n'est pas mauvais, en soi, c'est très bien produit, et je me demande comment j'aurais réagi si j'avais découvert cet univers plus jeune, sans avoir lu les premiers romans ni vu le film (à en juger par les réactions très dubitatives dans mon entourage, le charme n'opère pas forcément sur ce type de public). 

D'ailleurs, il est assez parlant de voir que les deux derniers épisodes de la saison permettent enfin à Baudelaire de s'écarter un peu de l'ombre du métrage, pour aborder de l'inédit. Bon, là aussi, c'est toujours très mal rythmé, trop bavard, et pas toujours très pertinent (la chanson de fin totalement WTF, qui transforme subitement le show en comédie musicale), mais cela permet de sortir un peu des sentiers battus (l'arrivée de Catherine O'Hara en ex du Comte Olaf y fait pour beaucoup dans ce regain d'intérêt, en changeant un peu la dynamique de la série et de ses personnages), et je reste tout de même curieux de voir ce que la saison 2 pourra donner, libérée de cet héritage filmique encombrant, et ayant de nouveaux protagonistes avec lesquels jouer. 

En espérant que la production apprenne de ses erreurs... mais vu que les critiques américains ne trouvent que des qualités à ce Baudelaire, j'en doute.

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Les bilans de Sygbab - Gilmore Girls, saison 4 (2003-2004)

Publié le 4 Février 2017 par Sygbab dans Télévision, Critiques éclair, Review, Gilmore Girls, Les bilans de Sygbab, Comédie, Romance

Sygbab regarde (beaucoup) la tv, Sygbab écrit (parfois) des bilans : retrouvez-les sur le blog des Téléphages Anonymes !

Gilmore Girls, Saison 4 : 

Entre l'ouverture du Dragonfly Inn à gérer pour Lorelai et l'adaptation à l'Université pour Rory, les nouveaux défis que doivent relever les deux jeunes femmes sont immenses et ont un impact sur leur relation fusionnelle. Si dans les premiers épisodes Rory revient très souvent à Stars Hollow le week-end, elle se retrouve rapidement débordée par les cours, et n'a presque pas le temps d'appeler sa mère. De son côté, Lorelai monte son nouveau business quasiment à elle seule, ne pouvant compter sur Sookie. Cette période est donc une épreuve pour les deux protagonistes, puisqu'elles ne peuvent plus se soutenir comme auparavant.

C'est la limite de leur dépendance affective : elles se manquent mutuellement, et l'épisode où elles craquent toutes les deux - Rory sur l'épaule de Dean et Lorelai sur l'épaule de Luke - en est la parfaite représentation. La façon dont le thème est traité réconcilie quelque peu le téléspectateur avec les scénaristes quant au choix de Yale : il est évident que mère et fille ont du mal à couper le cordon, et l'éloignement qu'aurait entraîné un départ de Rory à Harvard aurait sans doute été destructeur. De toute évidence, elles ne sont pas prêtes pour gérer une telle situation.

Si cet aspect est mis en avant, il est en revanche assez paradoxal de constater que la construction du Dragonfly et la vie de Rory à l'Université constituent des intrigues assez diffuses, dans le sens où certaines idées développées ici et là ne sont pas poursuivies. Il suffit de penser à Marty pour s'en convaincre : alors qu'une amitié semble se développer entre lui et Rory, il est par la suite oublié. Il en est de même pour le journal de Yale : après les critiques de Doyle concernant l'article que Rory a écrit à propos d'un ballet, la transformation de son style d'écriture n'est jamais évoquée de nouveau. Ce dernier point est d'ailleurs particulièrement gênant, car le journalisme est son rêve et au bout de quatre saisons, il est difficile de savoir où elle en est exactement; si ce n'est qu'elle doit encore progresser.

Enfin, sa colocation avec Paris - pourtant pleine de potentiel - n'apporte strictement rien. Au contraire, cette dernière est horripilante, et sa relation avec Asher Fleming n'a aucun intérêt. Cette histoire entre un professeur âgé et une jeune femme "innocente" était un écueil tout à fait évitable... S'il avait encore été là, Terrance lui aurait sans doute conseillé de ne pas se lancer dans cette aventure... Mais comme d'autres, il disparaît aussi vite qu'il est apparu.

Dans le rayon des disparitions, le fait qu'Adam Brody ne soit plus présent nécessite de trouver une explication, et de dénicher un autre membre pour le groupe de rock de Lane & co. Et là, c'est un véritable contre-pied, avec l'introduction de Gil, dont l'âge pose quelques problèmes au départ. Cette intrigue prend au fur et à mesure un peu plus d'importance et c'est une bonne chose : outre Brian et Zack qui sont assez drôles ensemble, cela s'inscrit dans la continuité du développement de Lane.

Les changements dans sa vie sont radicaux : elle travaille en tant que serveuse chez Luke, décide de se consacrer à la musique, et finit par emménager avec Brian et Zack après avoir été plus ou moins expulsée de chez elle par sa mère. Malgré le peu de liberté dont elle jouissait, la réalité de ce qu'elle a perdu la rattrape vite, ce qui annonce là aussi une adaptation difficile. Il est en tout cas intéressant de s'apercevoir que Mrs Kim a des failles, même si montrer ses sentiments est pour elle une faiblesse qu'elle ne peut se permettre.

Ce que ne peut pas se permettre Richard, c'est de perdre ses clients. Pour ne pas se retrouver devant cette possibilité, il réintègre son ancienne compagnie après les menaces du père de Jason, laissant le fils avec une réputation complètement ruinée. À vouloir jouer avec le feu et vouloir mettre son père en colère en rejoignant Richard, il fallait sûrement s'attendre à ce dénouement pour Jason.

Cette volonté de vouloir s'émanciper de ses parents tout en recherchant ce qui pourrait les rendre fous se retranscrit aussi dans la décision de Lorelai de poursuivre sa relation avec ce dernier. Tout les oppose, et il fait partie d'un monde qu'elle a toujours rejeté : cela ne pouvait pas fonctionner, et le fait que Jason veuille intenter un procès contre Richard tombe à point pour rompre avec lui. Mais les remous de cette histoire qu'elle a voulu cacher sont bien plus importants qu'elle ne pouvait l'imaginer et sont sans doute à l'origine de la séparation de ses parents. Une fois encore, malgré son énergie et sa bonne humeur, Lorelai apparaît comme une égocentrique immature.

Peut-on donc en vouloir à Rory de ne pas savoir où elle en est au niveau sentimental, quand sa mère est elle-même perdue ? Alors qu'elle semblait avoir retrouvé de la stabilité, Dean et Jess réapparaissent tour à tour. Le premier se rapproche de plus en plus et finit dans son lit - ce qui ne fait que confirmer que son mariage était tout sauf honnête -, le second lui avoue qu'il l'aime avant de lui proposer de venir vivre avec lui.

De quoi rendre la jeune femme confuse et incapable de prendre une décision raisonnée. Mais les apparitions sporadiques des deux rivaux - qui n'en seront pas venu aux mains cette fois-ci - ainsi que leur absence au générique laissent penser qu'une conclusion ne saurait tarder, pour que Rory passe à autre chose et ne s'embarque pas dans des relations trop compliquées à gérer.

La multiplication des intrigues a cependant un effet pervers : la maîtrise des scénaristes n'est plus la même qu'auparavant. La preuve en est avec Nicole, qu'on ne voit quasiment pas alors qu'elle est la femme (!) de Luke, ou encore Jackson, qui est presque absent alors qu'il vient de devenir père. Ce manque de fluidité peut aussi s'expliquer par des ajustements nécessaires entre les personnages qui s'en vont et ceux qui arrivent (parmi eux Liz et TJ, une perspective peu réjouissante puisqu'ils sont aussitôt agaçants), mais un recadrage s'impose.

À trop se focaliser sur le côté drama, Stars Hollow est mis de côté alors que la vie de cette communauté est l'essence même de la série. Heureusement, l'épisode centré sur les peintures vivantes offre des scènes fabuleuses en nous replongeant dans cette atmosphère unique, mélange d'excentricité et de joie de vivre.

La lumière viendra peut-être de la relation naissante entre Lorelai et Luke, qui a enfin franchi le pas après bien des tergiversations. Ou peut-être de Kirk, qui a enfin une petite amie et qui se charge bien entendu de le faire savoir à tout le monde, avec force répétition. Quand il n'est pas en train de se ridiculiser comme il sait si bien le faire.

Quoi qu'il en soit, il va falloir faire mieux car cette saison donne, comme la précédente, l'impression d'être une transition vers une nouvelle ère qui a du mal à se mettre en place. Et il faudrait penser à développer Michel un peu plus : Kirk est largement suffisant comme sidekick.

 

 

(voir aussi le bilan de Lurdo - nettement plus sommaire - des saisons 1 à 4 de la série, publié sur ce blog en 2012)

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Critiques éclair - Pilotes en vrac (2017) - Powerless 1x01 (premières impressions)

Publié le 3 Février 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Télévision, NBC, DC, Sitcom, Pilote

Powerless 1x01 :

Lorsqu'elle arrive à Charm City pour y devenir Directrice de Recherche au sein de Wayne Security, Emily Locke (Vanessa Hudgens) découvre, émerveillée, le quotidien des habitants de la ville, confrontés chaque jour aux combats des super-héros et de leurs ennemis. Mais pour les autres employés de Wayne Security - parmi lesquels Teddy (Danny Pudi), Ron (Ron Funches), et Jackie (Christina Kirk)... - et pour son patron Van Wayne (Alan Tudyk), la seule chose qui importe, c'est la survie de l'entreprise, qui passe par les idées d'Emily...

Un plagiat de Damage Control (une entreprise de l'univers Marvel, spécialisée dans les réparations et les reconstructions des bâtiments et autres biens détruits lors de combats super-héroïques - un concept que Marvel tente d'adapter à la tv depuis des années), conçu par Ben Queen (un showrunner créateur de multiples séries médiocres, et scénariste de Cars 2 (!)) et au pilote projeté lors de la dernière Comicon, mettant en scène les employés de Retcon Insurance, une compagnie d'assurance s'efforçant de protéger les citoyens des conséquences de combats super-héroïques....

Ah, non, on me fait signe que le projet a été mis à la poubelle entre-temps, que Ben Queen a été viré et remplacé par les showrunners de $#*! My Dad Says & Surviving Jack, et que tout le cast a été réutilisé pour tourner une nouvelle version de la série : celle-ci tend désormais plus vers une copie de (l'excellent) Better Off Ted, où les employés de Wayne Security passent leur temps à inventer des gadgets toujours plus improbables pour contrer les actions des super-méchants de l'univers DC, en permettant aux personnes lambda de s'en protéger.

Le cast est sympathique (Tudyk, Hudgens, Pudi), le générique est réussi, et le budget effets spéciaux est malheureusement très limité... mais ça fonctionne à peu près, même si ça reste de la sitcom de network assez basique, avec des vannes faiblardes, beaucoup de fanservice, et des personnages assez classiques.

Le problème, en fait, c'est qu'il n'y a absolument aucune chance de voir des super-héros de premier ordre dans ce show (aucun des personnages des séries CW, par exemple, ou de la Justice League apparaissant pourtant dans le générique - il y a bien Starro, qui se fait désintégrer en arrière plan dans un flashback, mais bon...), donc l'intérêt intrinsèque du tout sera probablement assez limité.

Reste à voir si ça devient plus drôle, si ça trouve son public, et si les DC fanboys, premiers à monter au créneau pour défendre les films de la compagnie, répondront à l'appel d'une série sans leurs Batman ou Superman adorés...

 

President Elect Luthor Vows To Make Metropolis Super Again !

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Catch Review : WWE Royal Rumble 2017 (29/01/2017)

Publié le 30 Janvier 2017 par Lurdo dans Catch, Review, Télévision, WWE

Nouvelle année, nouveau Royal Rumble... et comme c'est l'un des rares PPVs de catch encore incontournables, c'est l'un des rares que je prends la peine de regarder, ces jours-ci. D'autant que 2017, c'est l'année du retour de Goldberg, c'est l'année de plusieurs gros noms intéressants annoncés pour le Rumble (Lesnar, Undertaker, Big Show...), et c'est aussi l'année de surprises potentielles, qui pourraient bien tout changer dans le match (Samoa Joe, Kurt Angle, etc...)

- Bailey vs Charlotte, Raw Womens Title : un match compétent, car les deux femmes se connaissent par coeur, mais honnêtement, ras-le-bol de Charlotte et de ses victoires toujours nettes et sans bavure. D'autant qu'ici, elle a mal dosé son salto arrière et a failli manquer Bailey, et que le finish du match était assez quelconque.

- Owens vs Reigns (+ Y2J en cage), No DQ, Universal Title : voir le résumé pré-match de tout ce feud m'a donné mal à la tête... je ne suis pas mécontent de ne plus regarder Raw, moi. Owens et Jericho ont l'air de s'amuser avec cette storyline, mais Reigns, Reigns, toujours plus de Reigns, le push interminable le plus saoulant depuis John Cena. Et d'ailleurs, le match, c'est la même chose : Reigns survit à tout, se relève de tout, d'un stunner, d'un coup de poing américain, etc, et il est aussi frais à la fin du match qu'au début. La John Cena School of Selling©®, en somme. L'affrontement était assez inégal, sinon, notamment au niveau du rythme, malgré quelques moments amusants.

- Segment backstage de publicité pour KFC, avec les New Age Outlaws 2.0, Enzo & Cass. *soupir*

- Segment de meublage de deux ou trois minutes sur l'histoire du Rumble.

- Tirage au sort pour un spot dans le Rumble, avec Sami Zayn qui apparemment, s'il est désormais affublé d'un rôle de névrosé, c'est parce qu'il n'est pas assez servile et obéissant backstage, IRL.

- Énormément de meublage avant le début du match.

- Neville vs Rich Swann - CW title. Rich est toujours tête à claques, Neville est toujours stéroïdé jusqu'aux oreilles. Le match est étrangement lent et méthodique (le style WWE, donc), alors que ça devrait être du cruiserweight acrobatique. Ça décolle un peu sur la fin, malgré un abus de superkicks, mais c'est loin - très loin -  de l'âge d'or de la X-division.

- Récap de Cena et Styles, qui tente de faire de Cena la victime du feud. Lulz.

- Cena vs Styles, WWE Title. Un match avec énormément de meublage dans son premier tiers, à la limite du ralenti, mais qui s'avère plutôt sympa et réussi (bien que totalement Cenaesque) une fois qu'il démarre. Par contre, le finish... *soupir* ... Pas forcément surprenant, mais bon, match of the night, jusqu'à présent.

- Encore du meublage.

- Royal Rumble. Dans un premier temps, un Rumble tranquille, avec une dynamique sympa thique centrée autour de Braun Strauman, et ce jusqu'à ce que Big Show arrive, et se fasse éliminer comme une buse. Et puis dès que Braun est éliminé, patatras, le match se casse la gueule, commence à ronronner, subit un énorme ventre mou alors qu'on attend un minimum de surprises... et puis non, absolument aucune surprise, aucun des noms que l'on murmurait dans les milieux autorisés, un Undertaker grabataire, des Goldberg et Lesnar qui ne dépassent pas trois ou quatre minutes de présence dans un match de plus d'une heure, des final four vraiment nazes, des final two encore pires, et une fin de match insipide au possible.

 

Roh la vache, cette déception incroyable. Je ne regarde plus que trois PPVs de la WWE par an, mes attentes sont ultra-faibles, et ils arrivent à me décevoir. Et ma déception a un nom : Roman Reigns. Il faut vraiment qu'ils arrêtent avec Reigns, le côté passation de pouvoir avec Taker, son indestructibilité, etc, il faut qu'ils arrêtent, ce n'est plus possible, là.

C'est la troisième année que la WWE tente de faire de Reigns une superstar, c'est la troisième année que le public se rebelle, et finit encore une fois un PPV important en chantant "bullshit"...

(et je ne parle bien entendu même pas de Cena et d'Orton, qui sont toujours là, indéboulonnables, invincibles, à truster le haut de l'affiche et à gagner les matches qui comptent)

(une pensée émue pour les 3/4 de la carte côté Smackdown, qui ont été repoussés en pré-show, histoire de laisser la place à Raw et au Rumble)

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Les bilans de Lurdo : Daredevil, saison 1 (2015) - suite et fin

Publié le 29 Janvier 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Les bilans de Lurdo, Télévision, Action, Marvel, Netflix, Review

Le week-end dernier, je faisais un premier bilan partiel de cette première saison de Daredevil. Une première saison avec des points positifs, des points négatifs, et des "entre-deux", mais qui m'avait laissé, en fin compte, particulièrement mitigé : problèmes de rythme, de remplissage, et un très évident manque de rythme et d'énergie.

Après avoir terminé cette saison, me voilà confronté au problème du bilan saisonnier plus complet : en effet, après avoir regardé les sept épisodes restants, je suis bien obligé de constater que, malheureusement, ces derniers ne font que renforcer les défauts récurrents de ce Daredevil, tout en affaiblissant d'autant plus ses qualités.

Daredevil, saison 1 - épisodes 07 à 13 :

Mais reprenons la liste de la semaine dernière. 

# À commencer par les points positifs : la fidélité et le respect de l'adaptation, Wilson Fisk, Claire Temple et sa relation avec Murdock, l'interprétation, et la réalisation. 

- Là, premier problème : Claire Temple disparaît quasi-totalement de la seconde moitié de saison, et avec elle, le charisme et le capital-sympathique que Rosario Dawson apportait au show. 

- Autre problème : Wilson Fisk. Si le charisme de D'Onofrio assure toujours le minimum syndical, des failles certaines apparaissent dans son jeu : trop émotif, ce Wilson Fisk n'est jamais vraiment aussi menaçant qu'il devrait l'être (on frôle cette menace dans le tout dernier épisode, juste avant qu'il ne se fasse rétamer par Daredevil), et la diction très particulière adoptée par D'Onofrio rend ses monologues et ses tirades parfois redondantes et sur-écrites (et je ne parle même pas de son accent "j'ai appris mon texte phonétiquement, syllabe par syllabe" lorsqu'il parle mandarin ou japonais).

Sans oublier un défaut intrinsèque du personnage tel que porté à l'écran : c'est un bourrin qui a du mal à contenir sa rage, point. À comparer avec le boss de la pègre calculateur et sur-entrainé du comic-book, qui cache derrière sa corpulence un corps tout en muscle et en puissance, et qui démolit une demi-douzaine de ninjas au petit déjeuner pour se mettre en forme. 

- Troisième point positif qui s'évapore, la réalisation. Ça tente bien des choses, de temps en temps, mais ça se plante beaucoup plus souvent que ça ne fonctionne. Je pense notamment à Matt Murdock qui fait du parkour sur les toits pour suivre une automobile en contrebas : sur le papier, pourquoi pas, mais dans les faits, bof, surtout mis en images sur de la musique classique.

Et quand Steven S. DeKnight, showrunner et scénariste, décide de passer à la réalisation pour le grand final, on se retrouve avec quelque chose d'un peu maladroit (le montage de l'arrestation des mafieux sur fond de Nessun Dorma) voire de médiocre (l'affrontement final, et la mise en images du costume).

- La fidélité, le respect de l'adaptation, l'interprétation, pas de grand changement dans cette demi-saison ; j'ai bien aimé l'ajout de quelques détails, comme la mamie asiatique qui repousse Daredevil à l'autre bout de la pièce d'un simple coup, et qui vient "de beaucoup plus loin" que l'Asie (K'un-Lun ?).

# Les points mitigés, maintenant : Foggy et Karen, Matt Murdock, le costume, les combats.

- Rien à signaler sur Foggy et Karen : leurs sous-intrigues, nécessaires, sont toujours assez quelconques, pas forcément très passionnantes, et Karen/Matt est une relation potentielle qui ne m'intéresse toujours pas du tout. Mais je dois bien avouer que le trio Foggy/Karen/Matt fonctionne très très bien, car les trois acteurs ont une excellente alchimie.

- Matt Murdock/Charlie Cox : pas de changement non plus sur ce front. Autant j'aime bien son alchimie avec les autres acteurs (et en soi, Cox est quelqu'un de sympathique), autant il n'est pas du tout imposant en Daredevil... d'autant que son Daredevil est constamment essoufflé (même lors d'un effort minime), constamment en position de faiblesse, et il se fait constamment démolir, avant de gagner in extremis. 

- Le costume : alors là, pas de chance, le costume finale de Daredevil est assez réussi... sauf le masque, à l'expression renfrognée/boudeuse pas vraiment convaincante. Décidément, Murdock n'a pas de chance avec les masques.

- Quand aux combats, ils se font plus rares en seconde saison, puisque Matt passe un bon moment à se faire démolir et à se remettre. Le combat contre Nobu le ninja est assez réussi ; celui contre Fisk, nettement moins (Daredevil fait des pirouettes inutiles dans tous les sens, Fisk se contente de cogner), et il se termine par un mouvement assez risible qui achève de le rendre décevant ; celui contre Stick souffre d'un abus de doublures évidentes.

# Et enfin les points négatifs : le rythme, les sous-intrigues à gogo, le côté procédural, la musique, l'écriture, et la photographie sombre.

Malheureusement, pas de réelle évolution au programme, en fait : le rythme est toujours ultra délayé (en 13 épisodes de 50/55 minutes, on raconte un Daredevil/Fisk Begins qui aurait pu être résumé à quatre ou cinq épisodes, sans aucun problème) ; les sous-intrigues sont toujours là (Ben Urich... arg), plombées par une écriture particulièrement agaçante et évidente (les discussions théologiques pataudes pour arriver au concept de Daredevil ; la trahison télégraphiée de Leland, que seul un aveugle n'avait pas vue venir ; l'origin story convenue de Fisk ; le combat inutile contre le tailleur simplet qui devient un allié), surtout quand DeKnight s'en charge ; la musique est toujours aussi insipide, sauf sur le dernier épisode, quand elle décide soudain de basculer en mode "super-héros nolanien" ; bref, dans l'ensemble, les points négatifs restent les mêmes, et même si la série tente enfin d'assumer son côté super-héroïque dans son dernier épisode, ça n'empêche pas qu'elle retombe dans ses mêmes travers le reste du temps.

Bref, cette seconde demi-saison a achevé de confirmer mes impressions sur la saison 1 de Daredevil : peu de vraies qualités franches et indiscutables, et beaucoup d'impressions mitigées pour cette adaptation "réaliste" (dans le sens nolanien du terme) de Daredevil, très très moyenne en fin de compte.

Le vrai problème étant l'écriture, tout simplement inutilement bavarde, et qui amène, en conséquence, un rythme particulièrement mollasson, et énormément de meublage. Difficile d'y changer grand chose, à vrai dire, tant cela est inhérent au choix initial de développer une origin story sur plus de dix heures de métrage : forcément, ça ne pouvait que peiner à tenir la distance.

D'autant plus frustrant que, lorsque la série se décide enfin à avancer, généralement, ça fonctionne : les rebondissements ponctuels sont intéressants, et la fin a une jolie montée en tension, avec un début d'ampleur comic-book. Les défauts du show le rattrapent cependant trop facilement, et malgré tous mes efforts, je ne vois pas Daredevil lorsque je vois Charlie Cox, désolé.

Mes attentes pour la saison 2 : DeKnight n'est plus là, à priori, donc j'espère une écriture plus rigoureuse et rythmée, et un show qui assume enfin son côté comic-book (notamment au niveau du Punisher).

Bon, malheureusement, ça risque bien d'aller de pair avec l'arrivée officielle de The Hand, et de toujours plus de ninjas, et ça... pour parler franchement et crûment, je m'en fous un peu. Black Sky, Nobu, The Hand, les ninjas, ça me laisse de marbre (et c'est aussi pour cela que je n'ai jamais été particulièrement passionné par Daredevil, ou par les segments de l'histoire de Wolverine se déroulant en Asie).

En attendant, il ne me reste plus qu'à enchaîner avec Jessica Jones...

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Les bilans de Sygbab - Gilmore Girls, saison 3 (2002-2003)

Publié le 28 Janvier 2017 par Sygbab dans Télévision, Les bilans de Sygbab, Comédie, Romance, Gilmore Girls, Critiques éclair, Review

Sygbab regarde (beaucoup) la tv, Sygbab écrit (parfois) des bilans : retrouvez-les sur le blog des Téléphages Anonymes !

Gilmore Girls, Saison 3 : 

Contrairement aux deux précédentes saisons, celle troisième fournée est moins structurée et se perd dans des considérations qui vont parfois à l'encontre de l'effet escompté. Le premier exemple concerne l'un des fils rouges depuis le début de la série, à savoir le rêve commun qui motive Lorelai et Rory : Harvard. En effet, après l'intervention de Richard qui manipule toute sa famille pour arranger un entretien entre le directeur de Yale et sa petite-fille, cette dernière change d'avis et décide de tourner son avenir vers l'université qui a façonné celui de son grand-père.

Les scénaristes essaient tant bien que mal de nous convaincre que c'est un choix raisonnable et pratique, mais ce revirement n'est pas très crédible. La volonté de Richard et Emily de pousser Rory à être ce que leur fille n'a jamais été est beaucoup trop évidente pour que Lorelai puisse être d'accord avec ce choix aussi facilement. Ensuite, Rory est une jeune fille déterminée, et tout ce qu'elle a entrepris était dans l'unique but d'aller à Harvard. Il est donc assez étonnant qu'elle n'aille pas au bout de son projet alors qu'elle en a la possibilité.

Il est toujours possible d'arguer sur le fait que cela permet de ne pas trop éloigner Rory de sa mère, afin de ne pas briser leur relation fusionnelle. Mais cela passe pour un manque de prise de risque, et donne l'impression qu'il s'agit purement d'égoïsme de la part de Lorelai. Ce n'est d'ailleurs pas la seule situation qui laisse entrevoir ce défaut chez elle : suite à un investissement rentabilisé, son père lui donne de l'argent. Elle se précipite alors pour rembourser sa mère afin de se débarrasser de son influence et des dîners du vendredi soir, avant même de savoir si sa fille aura droit à une bourse.

Au final, ce n'est pas le cas, et cela oblige Rory à demander à ses grands-parents de leur prêter de l'argent, et les dîners sont réinstaurés... Statu quo, avec en prime un personnage principal qui dégrade son image avec sa fierté mal placée et son irresponsabilité : ce n'était clairement pas la meilleure option.

Certes, cet enchaînement d'évènements permet aussi à Lorelai de racheter le Dragon Fly avec Sookie - les voir négocier pendant l'enterrement de Fran est quand même assez limite : même si l'évènement est traité avec humour et baigne dans l'excentricité avec notamment la fanfare que Taylor avait engagée pour l'ouverture de son magasin, on aurait pu penser qu'elles étaient capables de respecter l'un des membres de leur communauté, aimé de tous -, mais le cheminement est un peu tarabiscoté.

En effet, l'incendie qui se déclare dans l'Independance Inn est abrupt, et la situation est beaucoup trop rapidement résolue. Ce qui ressort de tout cela, c'est que là où auparavant les intrigues semblaient couler de source avec l'évolution des personnages, elles sont ici mises en place pour forcer le destin. En résumé, les protagonistes sont victimes du bon gré des scénaristes, dont la précipitation à mettre en place certains éléments avant la fin de la saison est un peu trop flagrante.

Ces problèmes d'écriture se ressentent aussi au niveau de la scolarité de Rory. Le journal est complètement mis de côté pour se concentrer sur son rôle au sein du gouvernement étudiant de Chilton, et les difficultés liées à de telles responsabilités. Seulement, l'opposition de Francie n'est pas aussi forte que le laissent entendre ses intimidations ou autres tentatives de manipulation et de déstabilisation. Tout au plus réussit-elle à mettre Rory en porte-à-faux pour que Paris se sente trahie et perde toute raison, mais ça ne va pas plus loin.

En revanche, la raison invoquée pour cette crise de nerfs (le fait de parler de son petit-ami, alors qu'elle aurait préféré que cela reste secret) accentue le caractère fragile de Paris. Quand la carapace s'effrite, elle n'est plus animée d'aucune volonté, et sa non-admission à Harvard lui porte un coup monumental. Malgré tout, la cérémonie de remise des diplômes offre une belle conclusion et redore le blason : l'hommage rendu par Rory à sa mère est absolument magnifique et poignant. À n'en pas douter un des meilleurs moments de la série, sans conteste possible.

Sur le plan sentimental, sa relation avec Jess se concrétise enfin, après que Dean ait une fois de pus rompu avec elle, étant fatigué d'essayer de se convaincre qu'elle avait encore envie d'être avec lui. Et il faut dire que c'est une catastrophe : alors qu'il était presque sous-entendu en fin de saison 2 que Jess changerait à son contact, c'est tout le contraire qui se produit. Son comportement est toujours plus borderline, et il passe d'un statut de bad boy modéré et plutôt sympathique à celui d'un jeune con qui préfère foutre sa vie en l'air alors qu'il a une chance inouïe d'être avec une telle jeune femme et d'avoir un oncle qui le soutient toujours contre vents et marées.

L'humiliation qu'il fait subir à Rory devant sa grand-mère aurait normalement dû être le point de non-retour, après cela il est difficile de comprendre qu'elle puisse encore être avec quelqu'un qui la traite de manière aussi odieuse. Et la façon dont il s'en va une fois de plus est un total manque de classe. Surtout pour aller voir un père qui n'a jamais affronté ses responsabilités. Là encore, une intrigue prétexte un peu abrupte...

Dans cette histoire, Dean est un peu le dindon de la farce. Il aurait pu sortir grandi de cette rupture, puisqu'il tente de rester ami avec Rory. Son comportement envers Jess est en effet amplement mérité : le provoquer mais de manière plus intelligente que son rival le faisait n'est que justice. En revanche, c'est envers Lindsay qu'il semble ne pas être honnête. Cette nouvelle relation semble totalement fausse, pour essayer d'oublier la peine que lui a infligée Rory, alors qu'il est évident qu'il est toujours amoureux d'elle. Ça l'est encore plus quand il tente de se convaincre qu'il est heureux, en fustigeant Rory de ne pas l'être pour lui parce qu'elle est dans une relation malsaine.

Finalement, celle qui s'en sort le mieux dans toutes ces turpitudes, c'est Lane. Elle a enfin une direction : la musique devient sa vocation, et sa relation avec Dave est sur le point d'être acceptée par sa mère. Dave se fond d'ailleurs très vite dans le moule de la série (grâce à un excellent Adam Brody, débordant d'humour), et les autres membres du groupe apportent une touche un peu décalée qui se marie bien avec la folie douce de Lane. C'est la très bonne surprise de la saison, et cela ouvre des perspectives intéressantes.

Toutes ces complications amoureuses ne sont pas l'apanage des jeunes, Sookie et Jackson sont là pour en attester. Le fait de vivre ensemble et d'être amenés à se côtoyer également dans le cadre du travail rend parfois les choses difficiles, car il est dur de tracer une limite claire entre les deux et de ne pas tout mélanger. Les disputes sont donc fréquentes, mais pour l'instant le couple tient bon. Pour combien de temps ?

C'est toute la différence entre le fait d'idéaliser une relation et de la vivre, et c'est sans doute cela qui fait hésiter Lorelai et Luke, toujours à se tourner autour sans vraiment admettre qu'ils sont attirés l'un par l'autre. Mais les indices laissés ici et là - notamment le rêve de Lorelai en début de saison, complété par le rêve de Luke en fin de saison histoire de boucler la boucle - sont clairs à ce sujet. Il ne faudrait peut-être pas tarder, maintenant que Chris - dont les apparitions sont très limitées dans cette saison - n'est plus dans le paysage.

Ces multiples hésitations scénaristiques peuvent s'expliquer en considérant qu'il s'agit d'une saison de transition. Il faut préparer l'entrée de Rory à l'Université et cela va sans doute modifier la dynamique. Mais même si certains choix ne sont pas forcément heureux, la série possède la même énergie et la même bonne humeur, ce qui la rend toujours aussi agréable à regarder.

Mais c'est bien sûr grâce à la présence de Kirk au générique. Sa maladresse légendaire et sa vie misérable le rendent absolument génial quand il accomplit un exploit : son tour d'honneur trophée en main lorsqu'il remporte le marathon de la danse est impayable.

 

 

(voir aussi le bilan de Lurdo - nettement plus sommaire - des saisons 1 à 4 de la série, publié sur ce blog en 2012)

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Les bilans de Lurdo : Daredevil, saison 1 (2015) - première partie

Publié le 22 Janvier 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Les bilans de Lurdo, Télévision, Action, Marvel, Netflix

Après avoir jeté l'éponge face au Marvel's Agents of SHIELD d'ABC juste à temps pour ne pas succomber au syndrome de Stockholm que ressentent souvent les spectateurs de séries médiocres ("mais si, ça s'améliore considérablement au bout de la x-ième saison, et de toute façon, je ne vais pas m'arrêter maintenant, je me suis attaché à tous les personnages"), j'ai tout de même décidé de tenter de combler le vide laissé dans ma téléphagie par l'univers télévisuel Marvel made in Netflix.

Car si, jusqu'à présent, je n'avais jamais franchi le pas du microcosme Marvel/Netflix, ce n'était pas sans raisons : a) le manque total de continuité cinéma/tv ne m'incitait pas à m'y intéresser, b) les personnages sont tout sauf au nombre de mes favoris de l'écurie Marvel (à la base, je n'ai absolument aucun intérêt pour les personnages de Daredevil, de Luke Cage, ou de Jessica Jones, ainsi que pour tout ce qui se déroule à Hell's Kitchen), c) les retours critiques de personnes de confiance étaient au mieux mitigés, notamment à cause des défauts récurrents de rythme de toutes les séries Netflix, et d) les histoires de pègre et de crime organisé, et le côté réalisme dark & gritty ne m'intéressent généralement pas en matière de super-héros (sauf si l'on parle de personnages bien précis comme le Punisher... et encore !).

Mais bon, il faut bien se jeter à l'eau un jour ou l'autre... dont acte.

Daredevil, saison 1 - épisodes 01 à 06 :

Depuis qu'il perdu la vue, enfant, dans un accident, Matt Murdock (Charlie Cox) mène une double vie : le jour, il est avocat aux côtés de son ami Foggy Nelson (Elden Henson), et la nuit, il est Daredevil, un justicier vengeur aux capacités surhumaines, qui tente de rétablir l'ordre dans les rues de Hell's Kitchen, à New York...

Mouais. Je crois que c'est le terme qui qualifie le mieux mon avis, pour le moment. "Mouais".

Les plus : 

- La fidélité et le respect de l'adaptation : Daredevil, showrunné par Steven S. DeKnight, est un travail fait dans le respect de l'oeuvre originale, notamment dans la représentation des pouvoirs de Daredevil (j'aurais aimé plus d'écholocation à l'écran, mais bon). Toutes les adaptations ne peuvent pas en dire autant.

- Wilson Fisk : D'Onofrio en impose par son charisme, et l'approche du personnage (le présenter comme un homme hésitant, raisonnable, timide, à la recherche d'une compagne... avant de révéler son côté obscur et brutal) fonctionne, bien qu'elle soit immédiatement identifiable par les spectateurs avisés, et donc relativement téléphonée.

- Claire Temple et sa relation avec Matt Murdock : les deux acteurs ont de l'alchimie, ils fonctionnent très bien ensemble, et Rosario Dawson apporte à chacune de ses scènes une vraisemblance qui leur permet d'être crédibles.

- L'interprétation : tout le monde est globalement juste, tout simplement, sauf peut-être Foggy dans les premiers épisodes.

- La réalisation : bien que la photographie soit hyper-sombre et terne, certains des réalisateurs tentent des choses, et parviennent à rendre certaines scènes (pourtant trop longues) visuellement intéressantes, quitte à télégraphier un peu, parfois, ce qui va se produire (je pense notamment à la caméra fixe et tournoyante, dans un des épisodes, à l'intérieur d'une automobile).

Les ni plus/ni moins :  

- Foggy Nelson : pas tant le personnage, techniquement, que l'acteur, assez inégal (dans les premiers épisodes, j'ai eu un peu de mal avec son interprétation, ainsi que l'impression qu'il récitait son texte de manière un peu artificielle), et ses sous-intrigues ne m'intéressent pas du tout.

- Karen Page : Deborah Ann Woll est très attachante, elle est plutôt juste, mais... Karen n'a pas grand intérêt, pour le moment. Ses sous-intrigues sont insipides (cf Foggy Nelson), et ce qui semble être son attirance pour Murdock laisse augurer du pire (j'espère qu'on va éviter le triangle amoureux).

- Matt Murdock : alors là, problème - je trouve que Charlie Cox n'a pas une once de charisme dans son rôle. En Matt Murdock, passe encore, même s'il fait parfois trop jeune et innocent ; en Daredevil, par contre, il manque cruellement de poids et de présence, est souvent trop émotif et hésitant, bref, il fait tout sauf un vigilante imposant et menaçant. Le pire étant qu'il est loin d'être un mauvais acteur, et qu'il fonctionne bien avec le reste du cast... mais en le voyant, à aucun moment, je n'ai l'impression de voir une tête d'affiche super-héroïque. Espérons qu'une fois débarrassé de son masque actuel, il récupèrera un peu de prestance et de charisme.

- Le costume : justement, le costume, qui est relativement fidèle aux débuts du personnage, mais qui ne fonctionne pas totalement devant les caméras, et rappelle malheureusement le Daredevil du Procès de l'Incroyable Hulk, dans les années 80.

- Les combats : là aussi, j'ai un problème. Car autant la volonté de faire des combats travaillés et fréquents est assez louable, autant ces derniers ont tendance à me laisser assez mitigés. Tour à tour, j'ai eu l'impression qu'ils étaient soit trop chorégraphiés (les pirouettes inutiles), soit trop brouillons, avec fréquemment un manque d'impact réel, puisque tous les personnages passent leur temps à se frapper et à se contrer sans jamais vraiment accuser la moitié des coups. Au final, ça fait beaucoup d'énergie dépensée pour rien, et comme pour les dialogues (et le reste du show), on se dit qu'un peu d'élagage n'aurait pas fait de mal.

Les moins : 

- Le rythme : comme souvent chez Netflix, les showrunners et scénaristes profitent de l'absence de format imposé pour s'étendre en longueur... et comme souvent, ça donne lieu à des épisodes trop longs, trop mous, remplis de meublage et de scènes inutiles (ou qui auraient pu et dû être largement raccourcies). Ici, le show fait beaucoup de surplace, pour l'instant, et certains épisodes sont un vrai calvaire (le 03, notamment, mais aussi le 06, qui partait pourtant bien, avec son Daredevil assiégé par la police corrompue, mais qui finit par échouer totalement à capitaliser sur ce postulat prometteur).

- Les sous-intrigues à gogo : malheureusement, qui dit meublage dit multiplications des sous-intrigues, et donc beaucoup de digressions inutiles, qui auraient pu être coupées. En vrac, je pense donc à la majorité des scènes Karen/Foggy, et à un certain nombre de flashbacks (ceux sur les russes, notamment).

- Le côté procédural juridico-légal : dans cette première moitié de saison, il n'y a vraiment eu qu'un épisode centré sur un procès, le second... et c'était particulièrement médiocre et sans vie. N'est pas David E. Kelley qui veut.

- La musique : volontairement minimaliste, discrète, et donc insipide. Une occasion ratée. Tout comme le générique d'ailleurs, qui rappelle fortement celui de Black Sails, visuellement, sans en avoir l'impact et la musique entêtante.

- L'écriture : très inégale. Certains épisodes bénéficient de dialogues concis, qui vont droit au but ; d'autres souffrent d'échanges patauds, voire même pompeux et forcés, dans lesquels les personnages débitent des pensées improbables sur leur mission, sur leur ville, etc, pensées qui sonnent tout sauf naturelles. Et je ne parle pas des grosses ficelles scénaristiques, comme lorsque Matt se rapproche du russe pour mieux l'entendre murmurer ses dernières paroles (et tomber dans son piège), alors même qu'il peut généralement, sans le moindre effort, entendre une mouche péter à l'autre bout de la ville... 

- Quelques effets ratés : je pense notamment au bras cassé, dans l'épisode 3, et à sa prothèse en latex assez peu réaliste.

- La photographie dark & gritty : c'est terne, c'est désaturé, c'est "réaliste"... mouais, hormis les jeux d'ombre et de lumière, c'est surtout assez laid.

 

En résumé, cette demi-saison me laisse particulièrement mitigé. Les défauts que je redoutais sont bel et bien présents (ce qui ne me surprend guère), et je trouve cette première saison très inégale, pour l'instant, avec beaucoup trop de remplissage et de dialogues inutiles, et avec un étrange manque de punch et d'énergie. On sent que la production veut bien faire, mais l'étincelle nécessaire pour faire d'un tel show une réussite n'est que trop rarement là, noyée par le manque de maîtrise du format et de l'écriture, et par l'incapacité de la série à conserver son dynamisme et son élan au sein de chaque épisode (dès que la mayonnaise commence à prendre, que la tension commence à monter, paf, ça retombe aussitôt pour passer à autre chose).

Reste maintenant à voir comment le show va évoluer... et j'espère en tout cas que les autres shows Marvel/Netflix auront retenu la leçon des défauts de cette première série.

(suite et fin de la saison, la semaine prochaine)

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Les bilans de Sygbab - Gilmore Girls, saison 2 (2001-2002)

Publié le 21 Janvier 2017 par Sygbab dans Télévision, Les bilans de Sygbab, Comédie, Romance, Gilmore Girls

Sygbab regarde (beaucoup) la tv, Sygbab écrit (parfois) des bilans : retrouvez-les sur le blog des Téléphages Anonymes !

Gilmore Girls, Saison 2 : 

Pour qu'un drama fonctionne, il est impératif que le statu quo ne s'installe pas, sous peine de perdre l'intérêt des téléspectateurs. C'est donc sans surprise que Lorelai ne va pas au bout de son engagement avec Max et annule leur mariage au dernier moment. L'installer aussi prématurément dans une relation durable aurait été une erreur et aurait impacté deux éléments clés de la réussite de la série : ses errements sentimentaux et sa dynamique avec Rory.

Ce faisant, Lorelai ne déçoit pas seulement le pauvre Max, qui paie le fait d'être l'homme parfait et qui va peu à peu disparaître des radars, mais également sa mère. Dans le cas d'Emily, la déception est double :  elle avait déjà dû digérer le fait que tout le monde soit au courant de cet événement avant elle et de ne pas l'avoir appris de la bouche de sa fille.

Bien évidemment, cela ne facilite pas leur relation compliquée, malgré les efforts de l'une et de l'autre pour créer un lien qui n'a jamais existé. Malheureusement, l'ingérence d'Emily dans la vie de sa fille est beaucoup trop axée sur une extravagance financière que Lorelai rejette, puisqu'elle a tout fait pour s'extirper de ce faste et qu'elle s'en est toujours sortie par ses propres moyens.

Elle cherche essentiellement une reconnaissance pour ce qu'elle a accompli, ce qu'elle n'a que trop rarement, et à demi-mots. Elle la trouvera peut-être auprès de son père, qui s'avoue impressionné par ses capacités lorsqu'il essaie de lancer sa propre entreprise, après avoir pourtant critiqué la façon dont elle se conduit lors d'un entretien téléphonique avec un des fournisseurs de l'Independance Inn.

Richard a d'ailleurs la part belle dans cette saison, avec un développement pour le moins inattendu. Il ne s'agit pas seulement de la remise en question de toute une vie dédiée à la même compagnie - il la balaie d'un revers de la main - qui l'amène à se redéfinir, mais également de la bonne humeur qui en découle et d'un trait qu'on ne lui connaissait pas vraiment jusqu'alors : un sens de l'humour assez fin, plutôt étonnant pour un homme souvent si guindé et à cheval sur les principes. Tout cela provoque des remous dans son couple, avec une réflexion assez juste sur l'ajustement nécessaire lorsqu'un des conjoints a l'habitude d'être seul au domicile conjugal et doit de nouveau composer avec la présente permanente de l'autre.

Les intrigues mentionnées remplissent donc leur rôle en rompant un certain équilibre, tout en conservant une règle immuable qui est de ne pas tendre vers le spectaculaire. De plus, cela se fait au service des personnages, en les étoffant un peu plus à chaque fois. Pourtant, la limite est parfois très fine et il est difficile d'éviter certains écueils. À ce titre, l'arrivée de Jess aurait pu être une catastrophe : ballotté entre une mère qui ne veut pas de lui et un oncle qui a du mal à s'adapter, dans une ville où il ne connaît personne, il devient une sorte d'électron libre qui perturbe la tranquillité de Stars Hollow, sans jamais être véritablement agaçant.

Certes, il provoque des dissensions dans la communauté, et joue beaucoup sur la provocation. Mais derrière se cache un jeune homme doué, cultivé, cependant trop libre et indépendant pour essayer de se conformer à des règles édictées par la société, et doté d'une certaine forme d'humour lorsqu'il réalise ses "farces".

C'est pour toutes ces raisons que Rory s'attache à lui, devenant avec Luke la seule personne à le défendre alors que tout le monde se ligue contre lui, y compris sa mère. Cette attirance avait déjà été quelque peu ébauchée lorsqu'elle avait embrassée Tristan, mais il fallait un autre type de bad boy, plus sensible, plus crédible, et aussi plus charismatique. À ce propos, Tristan évacue rapidement la scène pour laisser de la place, il aurait en effet été inutile de gérer trois soupirants.

Pour autant, cela rend Rory parfois assez insupportable dans le rôle de l'adolescente qui n'écoute pas les conseils des plus âgées, qui lui disent de se méfier car elles sont toutes passées par cette phase-là, et son comportement avec Dean est parfois indigne. Telle mère, telle fille : apparemment, un homme qui fait tout pour les rendre heureuses ne leur suffit pas. Heureusement qu'elles sont belles, drôles, et qu'elles ont un immense capital sympathie : on leur pardonne aisément ces défauts.

Ces éléments se retrouvent ans la situation de Lorelai : outre sa rupture avec Max, elle nie l'attachement évident qu'elle a pour Luke et se rapproche au fur et à mesure de Chris. Sans que celui-ci soit véritablement un bad boy au même titre que Jess, il n'en reste pas moins qu'il ne représente pas non plus un modèle de stabilité. Difficile cependant de lui reprocher quoi que ce soit dans cette saison : souhaitant être actif dans la vie de sa fille, il tient ses engagements (alors qu'à plusieurs moments, tout porte à croire qu'il va une fois de plus décevoir) et il remet de l'ordre dans sa vie en trouvant un emploi fixe.

Si ce n'est le petit détail Sherry, tout est en place pour que Lorelai soit séduite par la possibilité de constituer avec lui la famille dont elle et Rory ont toujours rêvé. À ceci près que le détail se transforme en responsabilité gigantesque pour Christopher. Ce retournement de situation est somme toute assez convenu, mais il faut bien admettre que les raisons que Chris avance pour retourner auprès de Sherry sont tout à fait justifiées : comment pourrait-il manquer à nouveau l'évolution d'un enfant, alors qu'il n'a pas été là pour Rory et qu'il cherche à rattraper le temps perdu ? C'est ce qui sauve souvent la série : la justesse du propos permet de ne pas s'attarder sur le caractère commun d'un événement.

Sur le plan de la structure, il faut noter quelques tentatives de sortir le show de sa routine : entre l'épisode où Richard visite Stars Hollow, Lorelai qui emmène Rory à Harvard au détour d'un road-trip inopiné ou Emily qui emmène sa fille au spa, l'idée fait son chemin. On peut observer aussi une sorte d'alternance pour les intrigues qui concernent Rory : en général, si un épisode se concentre sur ses déboires sentimentaux, le suivant s'intéresse à sa scolarité, sans manquer de la confronter à la diabolique Paris.

Cette dernière ne rate jamais une occasion de lui pourrir la vie d'une manière ou d'une autre dans son délire compétitif toujours aussi exacerbé. Il est en tout cas assez rare que les deux facettes de la vie de Rory entrent en collision. Ce qui ne fait que renforcer l'aspect impossible de la relation entre Lane et Henry, qu'on ne voit finalement jamais ensemble.

Le développement de cette dernière est sans doute l'élément le moins réussi, car finalement assez chaotique : difficile de savoir vers quoi s'oriente le personnage, entre cheerleader et batteuse. Enfin, il n'est pas innocent que la saison se termine sur un mariage (Sookie et Jackson font leur petit bonhomme de chemin tranquillement et sont absolument adorables) alors que celui promis la saison d'avant n'a pas eu lieu.

Malgré les petits défauts évoqués ici et là, cette seconde saison entérine la réussite de la première en réussissant à se renouveler, ce qui n'est pas toujours mince affaire. Mais il faut dire qu'elle a un atout imparable : Kirk. Tout est dit.

 

 

(voir aussi le bilan de Lurdo - nettement plus sommaire - des saisons 1 à 4 de la série, publié sur ce blog en 2012)

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Les bilans de Lurdo : Sweet/Vicious saison 1, deuxième partie (1x04-06)

Publié le 15 Janvier 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Les bilans de Lurdo, Télévision, Comédie, Drame, MTV, Sweet-Vicious, Review

Après les trois premiers épisodes, visionnés en novembre dernier, je continue cette série MTV sympatoche, en espérant qu'elle évolue vers quelque chose d'un peu plus mémorable.

Sweet/Vicious 1x04 :

Ophelia et Jules s'en prennent à une sororité (dirigée par Malese Jow) qui exploite ses aspirantes en les bizutant brutalement, et en vendant les images de ces bizutages en ligne.

Les deux actrices continuent d'être excellentes, et d'avoir une alchimie impeccable ; Ophelia en mode "bimbo blonde" pour infiltrer la sororité, c'était assez amusant ; Jules continue de sombrer lentement et à s'enfoncer dans le mensonge ; à part ça rien de vraiment mémorable ou d'exceptionnel, puisque c'était une "affaire de la semaine" parfaitement regardable, mais assez générique.

1x05 :

Les filles s'en prennent à un chauffeur Uber qui viole ses passagères avec la collaboration d'un compère rabatteur qui les drogue préalablement dans les bars.

Un épisode nettement plus centré sur la vie privée de tout le monde, et sur l'enquête de l'étudiant en droit, qui se se précise de manière gentiment décalée, grâce au flic incapable qui surveille le campus. Outre ces passages buddy cop movie sympathiques, le reste se regarde tranquillement, et "l'affaire de la semaine" n'intervient que vers la toute fin, lorsque la colère d'Ophelia, qui veut se venger d'avoir failli y passer alors qu'elle jouait les appâts, donne lieu à un cliffhanger final plutôt réussi.

1x06 :

Alors que le campus est en état d'alerte suite aux actions des deux justicières, l'étau se resserre autour de Jules et Ophelia...

Suite directe du précédent, avec un quasi-huis-clos, et un contenu nettement plus émotionnel, qui fonctionne très bien (Eliza Bennett est excellente). La continuité fait plaisir, ça met de côté les "violeurs de la semaine", les sorority girls ivres et idiotes rappellent un peu Greek, bref, un épisode assez convaincant.

 

Une suite de saison qui commence enfin à s'extirper un peu du schéma "un épisode/un violeur à punir", et qui devient donc nettement plus intéressante dès qu'elle développe ses personnes principaux, mais aussi les personnages secondaires. Et comme en plus le show n'oublie pas son sens de l'humour, malgré un sujet assez difficile, ça évolue dans une bonne direction. Je continue.

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Les bilans de Sygbab - Gilmore Girls, saison 1 (2000-2001)

Publié le 14 Janvier 2017 par Sygbab dans Télévision, Les bilans de Sygbab, Comédie, Romance, Gilmore Girls

Après plus de quatre ans et demi d'absence, Sygbab fait son grand retour au sein des Téléphages Anonymes, pour des bilans séries hebdomadaires...

Gilmore Girls, saison 1 : 

Bienvenue à Stars Hollow, une petite ville où il fait bon vivre grâce à une atmosphère unique. Ici règnent la bonne humeur, la bienveillance envers son prochain, et une joie de vivre contagieuse. Difficile de ne pas tomber sous le charme de ce lieu presque magique, peuplé de personnages excentriques et attachants, et qui donne l'impression au téléspectateur de se retrouver en famille. Plus que de raconter l'histoire d'une mère et sa fille, la grande force de la série consiste à brosser le portrait d'une communauté solidaire.

Certes, la plupart des personnages sont secondaires, mais leur caractérisation est soignée de telle manière qu'ils ne sont pas simplement fonctionnels. Au contraire, chacun apporte sa pierre à l'édifice et permet de rendre l'ensemble vivant. De Kirk - l'homme à tout faire un peu trop à cheval sur les principes et qu'on moque avec affection - à Miss Patty - dont la propension à la séduction est aussi vive que son amour pour la danse - en passant par Taylor et sa dévotion envers les traditions, il est impossible de détester qui que ce soit.

Le revers de la médaille, c'est qu'il est compliqué de trouver sa place lorsque l'on vient de l'extérieur, ce qu'apprendra Dean à ses dépens. S'immiscer entre Lorelai et Rory n'est déjà pas chose facile tant leur relation est fusionnelle, mais il doit composer également avec le fait que cette dernière est adorée de tous.

Il est donc sous les feux des projecteurs, et le moindre faux pas ne lui sera pas pardonné. Il est d'ailleurs très rapidement affublé du rôle du méchant lors de leur rupture, alors qu'il n'a pas grand-chose à se reprocher. Leur relation a évolué de manière constante, et il prouve à plusieurs reprises que ses sentiments sont sincères. Sa seule erreur est de l'exprimer aussi clairement.

Pour Rory, le choc est assez violent, et elle n'a pas assez de références en matière d'amour pour gérer cette annonce inattendue. Et ce n'est pas sa mère qui peut la conseiller de la meilleure des manières. La relation qu'elles entretiennent ressemble plus à celle que pourraient avoir deux meilleures amies, à tel point que Lorelai a mis de côté sa vie sentimentale et qu'elle a toutes les peines du monde à s'engager auprès des hommes.

Ballottée entre son histoire avec Max, nécessairement compliquée du fait que ce dernier est un des enseignants de Rory, le retour de Christopher qui veut s'impliquer dans la vie de leur fille, et son incroyable entêtement à nier que sa relation avec Luke est tout sauf amicale, elle a du mal à trouver l'équilibre qui pourrait lui permettre de trouver le bonheur. Et elle se réfugie toujours derrière sa volonté de protéger Rory pour ne pas aller trop loin. Mais avec la demande en mariage de Max, les choses évolueront peut-être...

En revanche, la relation mère-fille entre Lorelai et Emily est nettement plus compliquée. En effet, l'accouchement de Lorelai à 16 ans a provoqué une fracture difficile à réparer. D'un côté, une jeune fille en détresse que ses parents ne soutiennent pas et qui éprouve le besoin de se séparer d'un environnement qu'elle considère étouffant, de l'autre des parents pour lesquels les plans mis en place afin de tracer l'avenir de leur fille s'effondrent.

Emily ne rate dont pas l'occasion de proposer une aide financière à sa fille pour que Rory puisse intégrer l'école privée de Chilton, en échange d'un dîner hebdomadaire. Mais au lieu de les rapprocher, cela ne fait que creuser le fossé existant entre eux. Mettant souvent en exergue leur petite-fille avec fierté car elle représente tout ce qu'ils auraient voulu que leur fille soit, ils ne reconnaissent pas à Lorelai une force de caractère extraordinaire qui lui a permis d'élever sa fille seule, et de se construire une vie qui n'est certes pas fastueuse mais confortable à son goût, avec un travail qui la passionne.

Outre les maisons des Gilmore, le très bizarre magasin d'antiquité de Madame Kim (pauvre Lane, vivre avec toutes ces règles doit être pesant) et le café de Luke (un ours pataud un peu engoncé, qui a le coeur sur la main et qui est définitivement attachant), l'Independance Inn est également un des lieux les plus fréquentés.

On peut y rencontrer Michel - dont la réticence à être en contact avec les gens rend la tâche difficile lorsqu'il doit accueillir des clients ou pour répondre au téléphone - qui illumine l'écran les rares fois où il sourit. Ou encore Sookie en cuisine, tellement tête-en-l'air qu'elle doit compter sur ses aides pour ne pas mettre le feu à chaque fois qu'elle invente une de ses recettes dont elle a le secret. Elle est à elle seule l'incarnation de l'excentricité et de la bonne humeur omniprésentes dans la série.

Reste l'école de Chilton, dont les élèves proviennent pour la plupart d'une classe sociale un peu plus élevée, avec des préoccupations moins basiques. En passant rapidement sur Tristan pour lequel il ne faut pas s'arrêter à la première impression, il faut surtout s'attarder un peu plus sur Paris, qui représente en quelque sorte l'arch-nemesis de Rory. Ambitieuse et déterminée, mais aussi timide et peu à l'aise pour exprimer ce qu'elle ressent, elle veut absolument montrer qu'elle est la meilleure et n'hésitera pas à mettre des bâtons dans les roues de quiconque se dressera sur sa route. Mais au contact de Rory, elle semble s'adoucir et devient au fur et à mesure plus étoffée.

La dextérité avec laquelle tous ces personnages sont développés par petites touches est tout de même assez effarante au regard de leur quantité, et cela est possible grâce à une écriture tout en justesse, qui ne cherche jamais à verser dans le larmoyant, ni dans le spectaculaire. Au contraire, c'est souvent avec le sourire que l'on regarde un épisode, ne serait-ce que parce que la marque de fabrique de la série est de proposer des dialogues en mode mitraillette entre ses deux protagonistes principales.

 

(voir aussi le bilan de Lurdo - nettement plus sommaire - des saisons 1 à 4 de la série, publié sur ce blog en 2012)

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Christmas Yulefest 2016 - 72 - Trollie - Home Sweet Home (2016)

Publié le 5 Janvier 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Christmas, Yulefest, Noël, Review, Télévision, Jeunesse, Hollande

Noël est passé, 2017 est là, mais jusqu'à l'arrivée des Rois Mages, le marathon de cinéma festif de la Christmas Yulefest annuelle continue sur le blog des Téléphages Anonymes...

Trollie - Home Sweet Home :

Jeune garçon âgé de 10 ans, Max (Leo Willems) passe les fêtes de Noël dans le chalet de sa grand-mère Mimi (Olga Zuiderhoek), en pleine montagne. Cette dernière n'a de cesse de lui raconter des histoires de trolls, de lutins et de farfadets, et semble persuadée que ces créatures sont réelles, au grand dam des parents de Max, et à la grande hilarité des autres enfants, qui se moquent de Max et de sa famille. Jusqu'au jour où Max tombe dans un lac gelé, et en est tiré in extremis par Trollie (Richard de Ruijter), un petit troll perdu, qui devient l'ami de Max.

Apparemment une adaptation au format 90 minutes de Trollie, une série télévisée pour enfants de 2015, en 10x24 minutes, ce Trollie - Home Sweet Home trahit immédiatement ses origines et son remontage bâclé, puisque ce téléfilm apparaît en effet, dès ses premières minutes, comme un projet bancal, décousu, et surtout au budget inexistant : l'intégralité du programme est clairement tourné en studio et sur fond vert, l'éclairage et la photographie sont médiocres au possible, et les trolls ne ressemblent à pas grand chose, croisements peu convaincants entre Quasimodo et des hommes préhistoriques.

Bref, privé d'un éventuel développement des personnages et de leurs relations que les 240 minutes de la série permettaient, et réduit à 90 minutes de scènes mises bout à bout, ce Trollie - Home Sweet Home se traîne mollement, et n'a absolument aucun intérêt.

1.5/6 

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