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LES TÉLÉPHAGES ANONYMES

Il était une fois Lurdo & Sygbab, deux internautes passionnés de séries tv et de cinéma, et qui cherchaient un endroit où archiver leurs avis (semi) éclairés...

Articles avec #television catégorie

Un film, un jour (ou presque) #574 : La Saison du Coup de Foudre (2017)

Publié le 7 Août 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Télévision, Comédie, Romance, Hallmark

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus. 

La Saison du Coup de Foudre (The Perfect Catch) :

Restauratrice en perte de vitesse, Jessica (Nikki DeLoach) élève seule son fils à Parker Falls, la petite ville où elle est née, après avoir mis ses rêves et ses aspirations de côté pendant le plus clair de sa vie. Jusqu'au jour où l'ancien petit ami de lycée de Jessica, Chase (Andrew Walker), une superstar du baseball lui aussi en perte de vitesse, décide d'échapper à la pression médiatique en passant un peu de temps à Parker Falls... et lorsqu'il retrouve Jessica, il renoue avec celle qu'il a délaissée bien des années plus tôt.

Une rom-com Hallmark assez classique, réunissant le même couple vedette que dans A Dream of Christmas, pour un récit nettement plus sérieux, mesuré et "adulte" que dans bon nombre de téléfilms de la chaîne.

Ce qui n'est pas désagréable, d'autant que le duo possède une assez bonne alchimie (les deux acteurs sont attachants), mais malheureusement, qui dit "plus adulte et mesuré" dit aussi nettement moins rythmé, et nettement moins de péripéties et de conflits gratuits : le métrage ronronne donc assez rapidement, et finit par s'avérer très oubliable (avec, en prime, un petit garçon assez peu attachant).

Au choix, 3/6 pour l'effort d'un script plus réaliste, ou 2.5/6 pour son intérêt intrinsèque.

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Les bilans de Lurdo : Star Trek Voyager, saison 7 (2/7)

Publié le 6 Août 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Télévision, Les bilans de Lurdo, Science-Fiction, Star Trek

Je continue cette ultime saison de Star Trek Voyager, une saison dont les quatre premiers épisodes semblaient laisser présager d'une continuité un peu plus marquée, et d'une évolution de certains des personnages... espérons que cela se poursuive.

 

Star Trek Voyager, saison 7

 

- 7x05 - Critical Care : Lorsque l'HoloDoc est enlevé par un petit criminel, il est revendu à un hôpital extraterrestre qui fonctionne selon des normes objectivistes inadmissibles : l'HoloDoc décide alors de faire tout son possible pour changer les choses.

Alors sur papier, on a droit ici à une critique à plusieurs niveaux de lecture des systèmes de santé modernes... tellement à plusieurs niveaux de lecture, en fait, que les forums de fans, à l'époque de sa diffusion, étaient emplis de débats enflammés sur les mérites du capitalisme vs socialisme, de leurs systèmes de santé respectifs (à base, bien sûr, de gros raccourcis et clichés patauds, Amérique oblige), et sur le sens réel à donner à cet épisode.

Quoiqu'il en soit, en théorie, le propos est intéressant, et les intentions sont bonnes, mais en pratique, quelque chose me dérange tout de même dans cet épisode : le médecin, en provenance de la Fédération, une société où règne l'abondance, et qui fait la morale à une société aux ressources très limitées, et aux priorités différentes, ça coince toujours un peu, notamment au niveau de la Prime Directive.

Enfin bref : une intrigue principale relativement bien menée, une intrigue secondaire (le Voyager qui traque le criminel pour tenter de retrouver le Doc) relativement anecdotique, mais amusante, pour un tout inégal et imparfait, mais honorable.

 

- 7x06 - Inside Man : Le Voyager reçoit un hologramme de Reginald Barclay, en provenance du Quadrant Alpha, et l'ingénieur leur explique que Starfleet a trouvé un moyen de ramener le vaisseau sur Terre...

La routine habituelle : le Voyager confronté à un moyen de rentrer à la maison, l'équipage tombe dans le panneau (même si ici, au moins, ils semblent un peu sceptiques, au début, et que les scénaristes reconnaissent ainsi qu'ils abusent de ce postulat), et ça ne débouche sur rien.

En fait, l'épisode est une fois de plus centré sur Barclay et Troi, qui vont à la plage (histoire de mettre Sirtis en maillot), qui discutent, qui mènent l'enquête, et qui interrogent une Dabo Girl qui a passé des mois de sa vie à faire semblant d'aimer Reginald, pour lui dérober des informations. (Oui, Barclay est ici plus pathétique qu'il ne l'a été depuis bien longtemps, mais bon...)

En fait, on a un demi-épisode intéressant, avec cet Inside Man : tout le début, avec Holo-Barclay (joliment interprété de manière confiante et assurée par Schultz), est sympathique, mais quand les Ferengis arrivent, l'épisode ne s'en remet pas, et finit mollement. Bof.

(cela dit, la scène de B'elanna et de Tom se moquant de la naïveté de Kim en fin d'épisode était assez amusante)

 

- 7x07 - Body and Soul : Capturé avec Neelix et Seven dans un secteur où les hologrammes sont interdits, l'Holo-doc se cache dans les implants borgs de Seven, et prend involontairement le contrôle de son corps...

Sans surprise, là aussi, une moitié de bon épisode, et cette moitié repose entièrement sur Jeri Ryan, tout simplement excellente dans son imitation du Docteur qui possède son corps (une imitation à plusieurs niveaux de subtilité, très bien interprétée sur tous les plans).

Le reste, malheureusement, est affreusement superficiel et creux, et donne un peu l'impression que les scénaristes, cette saison, sont en train de liquider les idées qu'ils avaient en stock depuis le début de la série, sans jamais trouver le temps de les exploiter avant : on a eu la mutinerie du Maquis, le mariage de Tom/B'el, et maintenant, voilà le Pon Farr de Tuvok, une sous-intrigue comique bâclée, qui ne sert qu'à meubler, et n'apporte absolument rien à l'épisode. 

Du côté de Seven & co, on saluera la présence de Megan Gallagher, qui fait toujours plaisir, on soupirera en découvrant le jeu médiocre de Wang (comme d'habitude), et on regrettera que le tout soit à ce point léger et comique, alors qu'il y aurait eu quelque chose d'intéressant à faire au niveau des rapports Seven/Doc, du contrôle de ce dernier sur l'ex-Borg, etc. 

Tant pis.

 

- 7x08 - Nightingale : Désobéissant à la Prime Directive, Kim décide d'aider l'équipage d'un vaisseau dans le besoin, et prend la tête de leur mission...

Dans la série "idées qu'on n'a pas eu le temps d'utiliser avant", voici "Kim voudrait une promotion, et s'essaie au commandement".

C'est bien entendu soporifique, cousu de fil blanc (on voit venir de très loin les mensonges de l'équipage), ça arrive bien trop tard, et hormis le moment où Kim explique qu'il stagne depuis qu'il est à bord (on sent le fanservice à destination de tous ceux qui se plaignent de ça depuis des saisons), le tout n'est jamais convaincant, malgré la présence de Ron Glass.

D'autant qu'en parallèle, on a droit à Icheb qui aide B'elanna à l'ingénierie, et qui confond l'amitié de cette dernière avec un intérêt romantique (en même temps, Dawson joue ces scènes de manière un peu trop douce et attentionnée, on ne peut pas en vouloir à Icheb :p ).

Je suppose que c'était conçu pour établir une sorte de parallèle entre Kim et Icheb, deux jeunes hommes qui tentent de grandir, d'évoluer, et de passer (métaphoriquement) à l'âge adulte, ou quelque chose du genre, mais... bof.

 

 

À suivre...

(épisodes 7x01-04)

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Les bilans de Sygbab - Farscape : saison 3 (2001-2002)

Publié le 5 Août 2017 par Sygbab dans Critiques éclair, Review, Télévision, Les bilans de Sygbab, Action, Aventure, Comédie, Drame, USA, Australie, Farscape, Science-Fiction

Sygbab regarde (beaucoup) la tv, Sygbab écrit (parfois) des bilans : retrouvez-les sur le blog des Téléphages Anonymes !

Farscape, saison 3 :

Cette troisième saison se démarque des deux précédentes en étant plus feuilletonnante, tout en donnant un coup de fouet aux loners puisque le dédoublement de Crichton est exploité à fond : l'équipage est scindé en deux groupes afin de constituer un équipage pour Moya et Talyn, et l'alternance des épisodes permet de suivre les aventures des uns et des autres.

Bien entendu, ils sont composés de telle sorte que leurs interactions provoquent des frictions, afin d'épicer un peu le tout. Sur le plan pratique, c'est également plus simple de gérer cinq personnages plutôt que dix... L'objectif de ce parti pris n'est pas uniquement d'apporter un côté ludique à la série puisque les scénaristes utilisent ce format pour approfondir la psyché de John ainsi que se relation avec Aeryn.

Mais avant que le groupe ne soit éclaté, il est encore au complet dans un premier tiers de saison déjà bien riche en évènements. Faisant directement suite à la fin de saison 2, le season premiere se déroule dans l'antre de Grunchlk. Outre l'étau qui se resserre autour de Crichton avec la présence d'un Scarran et surtout un Scorpius qui possède désormais la puce qui contient des informations sur la technologie des vortex, le plus marquant reste le sacrifice de Zhaan qui se condamne elle-même dans un futur proche, en faisant revenir Aeryn d'entre les morts.

Ce qui aurait pu passer pour un subterfuge la place en tant que protectrice de la vie de ses compagnons, et c'est sa condition qui va l'amener à les sauver une fois de plus dans le dyptique Self Inflicted Wounds.

Le niveau de spiritualité qu'elle a atteint lui permet d'effacer ses erreurs passées et la noirceur qui jadis l'a habitée, ainsi elle part en paix avec elle-même. La série perd alors un personnage aimant, et ce n'est pas sans conséquence sur le comportement de Stark, alors qu'il n'était déjà pas très stable lui qui n'était déjà pas très stable à force d'absorber une partie de l'âme et de la mémoire des personnes qu'il aide à passer dans l'au-delà.

Il finit par se mettre tout le monde à dos sur Talyn, et disparaît une fois de plus (cette fois-ci, les scénaristes pensent à l'expliquer...). Même si son traitement est chaotique, ce n'est pas forcément un mal : son âme tourmentée le rend attachant dans les scènes où il fait usage de son talent particulier, mais il peut vite être irritant quand il pète les plombs.

Il n'arrive cependant pas à la cheville de Jool, qui passe son temps à casser les pieds - et surtout les oreilles - de tout le monde. Mais comment lui en vouloir, elle qui se réveille plus de 22 ans après avoir été cryogénisée, loin de son monde et sur un vaisseau où personne ne lui facilite la tâche pour s'intégrer. Surtout pas Chiana, qui ne fait que la rabaisser.

Cette dernière a d'ailleurs couché avec Jothee pour s'éloigner de D'Argo, obligeant le fils du Luxan à quitter le vaisseau pour en apprendre plus sur les valeurs d'un peuple guerrier dont le courage, l'honneur et la loyauté sont des fondements... Ce qui laisse D'Argo esseulé, préférant passer la majeure partie de son temps à étudier le vaisseau qu'il a récupéré dans Suns and Lovers.

Les personnages de Farscape sont donc loin d'être parfaits, et font passer leurs intérêts avant celui des autres assez régulièrement (la preuve vivante de cet état de fait établi dès la première saison n'est autre que Rygel, peu avares en coups bas). Les rivalités ou divergences d'opinion qui peuvent exister donnent l'occasion aux scénaristes d'en jouer pour proposer de nouvelles situations.

Par exemple, les chamailleries incessantes de D'Argo et Crichton sont décryptées à la loupe et amènent les deux "épisodes concept" totalement délirants que sont Scratch N' Sniff - avec sa narration complètement éclatée et une réalisation qui donnent l'impression d'halluciner - et Revenging Angel, qui revisite les cartoons en étant truffé de détails hilarants.

Sur Talyn, c'est l'alliance forcée de Crichton et Crais qui est savoureuse, d'autant qu'elle permet de faire le point sur l'évolution des deux hommes. Dans le cas de l'ex-capitaine, il faut bien se rendre à l'évidence : c'est un homme désespéré, déchu d'une position importante, et qui trouve en Talyn un moyen d'expier ses péchés puisqu'il protège les Pacificateurs d'un des projets dont il était en charge et qui était censé avoir des répercussions militaires bénéfiques.

Leur lien de circonstance connaît son apogée dans le final, lorsqu'ils se sacrifient ensemble pour détruire le vaisseau de Scorpius. Cela règle définitivement les problèmes comportementaux de Talyn, qui n'aura jamais réussi à concilier les velléités guerrières de son ADN Pacificateur et le pacifisme de son ADN Leviathan. Si les personnages ne sont pas parfaits, il savent en tout cas être héroïques... Et Crichton, en a-t-il l'étoffe ?

Le diptyque Infinite Possibilities nous prouve que cela peut être le cas, mais quand les conditions sont réunies. Le Crichton de Moya est plus prudent car il ne risque pas sa vie inutilement et tente de saboter les recherches de Scorpius de l'intérieur. L'idée est de montrer que ce qui nous forge, ce sont avant tout les évènements que l'on vit, mais également les gens que l'on rencontre.

La comparaison de l'évolution des deux Crichton est assez parlante à cet égard : celui de Talyn est plus apaisé car il a trouvé de la stabilité auprès d'Aeryn (la pauvre n'est pas épargnée : poursuivie par sa mère qui finira par mourir, elle perd également l'homme de sa vie dans ses bras et doit ensuite endurer le calvaire de revoir son visage chaque jour lorsqu'elle retrouve son alter ego). De fait, il gère peut-être mieux Harvey.

Le clone de Scorpius est resté dans l'esprit de l'astronaute même après le retrait de la puce et a le don d'apparaître dans les endroits les plus incongrus de la mémoire de John, mais il se révèle être un atout en certaines occasions, notamment dans Different Destinations. Il y fait part d'une donnée intéressante : à partir du moment où des évènements passés sont assez proches de leur déroulement initial, l'intrusion de quelques personnes venues du futur n'aura que peu d'incidence car le temps se rectifiera de lui-même.

Farscape s'écarte le plus souvent de la science-fiction conventionnelle, mais quand la série s'y attarde c'est souvent intéressant et les fondamentaux du genre sont légion : voyage dans le temps, dimensions parallèles dans A Bug's Life, portail sur une autre dimension dans My Three Crichtons...

Cet élément s'ajoute à d'autres informations distillées au long de la saison, comme dans Self Inflicted Wounds. Moya entre en collision avec un vaisseau scientifique dans la zone turbulente d'un vortex - la région qui en sépare l'intérieur de l'espace normal - et l'un de ses membres apprend à John que chaque vortex comporte une faille qui se présente de manière périodique et que celle-ci permet de déboucher sur une multitude de mondes.

La Terre n'est d'ailleurs pas si loin... Une autre surprise - désagréable - l'attend : les vortex sont infestés de serpents qui ne sont visibles que lorsqu'il y a des changements de phase. Cela fait le pont avec les recherches de Scorpius, qui tente de mettre au point un appareil afin de conserver son intégrité physique lorsque ce phénomène se produit.

Crichton, quant à lui, est sur le point de solutionner les équations que les Anciens lui avaient fournies, avec l'aide de son alter ego décédé. En effet, ce savoir a été débloqué dans Infinite Possibilites, dans lequel Furlow réapparaît. Il empêche Scorpy de posséder cette technologie, mais ce n'est pas lui le véritable ennemi.

Comme le montre si bien le formidable épisode Incubus, l'hybride a des origines douloureuses et son éducation ne s'est pas faite dans la douceur ; la seule chose qui l'intéresse n'est pas de contrôler l'univers mais de prendre sa revanche sur les Scarrans.

John réalise alors qu'après avoir été chassé par Crais puis par Scorpius, il est devenu le centre d'intérêt d'une race violente qui ne reculera devant rien pour assouvir sa soif de domination grâce aux vortex. Et s'ils s'intéressent à lui, ils ne tarderont pas à trouver la Terre... Alors que ses compagnons vont retourner chez eux (Chiana souhaiterait rejoindre la résistance Nébari menée par son frère, Rygel se voit déjà reprendre possession du trône de Dominar, D'Argo est déterminé à partir à la recherche de Macton), l'étau se resserre une fois de plus sur lui. Seulement, la Terre ne sera pas forcément le seul élément dans la balance, car Aeryn ést enceinte. Aura-t-il les épaules assez solides pour supporter cette pression ?

Que ce soit au niveau du développement des personnages ou de la mythologie, de la construction de la saison ou même de l'intérêt de chaque épisode, cette saison surpasse largement les deux premières. La série est définitivement lancée, et le potentiel est exploité à son maximum pour donner à la série une dimension épique.

Et les éléments mis en place laissent penser que la suite peut être encore plus grandiose... Une des meilleures saisons toutes séries confondues, qui récompense amplement le téléspectateur qui aura su s'investir malgré deux premières saisons inégales.

 

 

(bilan saison 1 et 2, par Sygbab ; et bilan saison 3, publié dans ces pages par Lurdo en 2012)

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Blog Update ! - Juillet 2017

Publié le 31 Juillet 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Les bilans de Lurdo, Update, Télévision

Juillet est terminé, place au bilan mensuel des films et séries visionnés ce mois-ci par les Téléphages Anonymes...

#549 : Transformers 5 - The Last Knight 2/6

#550 : Desperate Teachers 2.5/6

#551 : Curtain Call 3/6

#552 : Doomed 4/6

#553 : Ma Soeur est Invisible ! 2.5/6

#554 : Pharmacy Road 3.75/6

#555 : A Little Help 3.25/6

#556 : Holy Hell 4.5/6

#557 : Cet été-là 3.5/6

#558 : The Image Revolution 4.25/6

#559 : Menace d'État 3.5/6

#560 : Dumb - L'histoire de Big Brother Magazine 4.5/6

#561 : Super Capers 3/6

#562 : Moi, Moche et Méchant 3 2.5/6

#563 : Batman et Bill 4.5/6

#564 : Spider-Man - Homecoming 4.25/6

#565 : Le Meilleur Ami de la Femme 3.5/6

#566 : Beverly Hills 90210 - l'histoire interdite 2.5/6

#567 : Le Saint 2/6

#568 : GLOW - The Story of the Gorgeous Ladies of Wrestling 3.5/6

#569 : Chokeslam 2/6

 

Que dire de ce début d'été 2017 ? Pas grand chose, en fait.

Au rayon des sorties de ce mois-ci, la dernière production Marvel se dégage clairement du lot, avec un Spider-Man Homecoming très réussi et rafraîchissant. Sans surprise, Transformers 5 est un ratage, et Despicable Me 3 n'est guère meilleur : ces deux franchises auraient mieux fait de s'arrêter bien plus tôt, et continuent à être de moins en moins intéressantes.

En matière de documentaires, à l'inverse, cette cuvée a été des plus agréables : Batman et Bill et The Image Revolution sont deux approches instructives et réussies de l'industrie des comic-books, Doomed étend cette même approche à l'industrie hollywoodienne des adaptations de super-héros, GLOW survole un peu trop le monde du catch féminin, Holy Hell est un portrait frappant de la vie dans une secte, et Dumb lève le voile sur la genèse d'un magazine des plus influents.

Restent alors des comédies, drames et autres téléfilms tous mineurs, qui ne valent pas plus qu'un coup d'oeil distrait.

Film du mois : Spider-Man - Homecoming, ou l'un des nombreux documentaires mentionnés plus haut, quasiment tous aussi solides et intéressants..

Flop du mois : Transformers 5 et Moi, Moche et Méchant 3 sont à égalité, des plantages prévisibles, mais pas forcément surprenants, et par conséquent, ce ne sont pas vraiment des déceptions, en tant que telles.

 

Mini-bilan TV : quelques séries passées en revue par mes soins (j'omets volontairement les travaux de Sygbab de ce bilan), en juillet, pour un mois assez mitigé. La saison 3 de Kimmy Schmidt était ainsi un peu décousue et manquait de direction, tandis qu'American Gods m'a laissé particulièrement mitigé (la faute à des personnages principaux antipathiques, et à une impression de prologue moyennement satisfaisant) ; à l'opposé, Hollywood Darlings était amusant, mais peu mémorable en l'état... heureusement, GLOW était là pour remonter un peu le niveau global, avec une première saison directe, efficace et bien interprétée.

Enfin, pour conclure, une brève note : suite au... hum... "suicide" de Photobucket en tant qu'hébergeur d'images, j'ai dû reprendre une grosse partie des images du blog, depuis sa création (2012), et Les Téléphages Anonymes sont désormais à 100% illustrés (voire même, dans certains cas, j'ai retravaillé certaines critiques, afin d'harmoniser le style des articles).

Autrement dit, pour vous replonger dans la préhistoire de ce blog, direction l'Index, en haut de page, et pour la première fois depuis des années, tous les articles que vous lirez seront illustrés en bonne et due forme !

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Un film, un jour (ou presque) #569 : Chokeslam (2016)

Publié le 31 Juillet 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Télévision, Comédie, Drame, Sport, Catch, Canada

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Chokeslam :

Lorsque Sheena (Amanda Crew), une superstar du catch, revient en ville à l'occasion de la réunion des 10 ans de sa classe de lycée, son ex, le timide Corey (Chris Marquette), voit là l'occasion de renouer avec elle. Mais il ne l'a pas vue depuis leur rupture, et quand il apprend qu'elle veut prendre sa retraite, il décide de forcer le destin, et d'organiser un ultime match pour Smasheena la destructrice...

Une comédie (forcément canadienne) sur fond de catch féminin, un sujet décidément à la mode, ces jours-ci (^^), mais qui déçoit fortement.

Ce n'est pas la faute d'Amanda Crew (qui se donne totalement à son rôle, et dont la différence de taille avec Marquette est assez amusante), ou des seconds rôles et autres caméos (Mick Foley, Michael Eklund, Meghan Heffern, Lance Storm, Chelsea "Laurel Van Ness" Green, Harry Smith...), qui font tout leur possible pour faire fonctionner cette histoire.

C'est plutôt un problème de script, en fait, un script qui semble constamment hésiter entre comédie parodique sur le monde du catch, drame indépendant relationnel, comédie romantique balisée et clichée au possible, et film sportif, sans jamais oser s'engager pleinement dans une direction ou une autre.

Et pour ne rien arranger, le film souffre d'un montage assez médiocre, notamment lors des scènes d'action, ce qui achève de rendre le tout plus frustrant que sympathique.

2/6

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Les bilans de Lurdo : GLOW, saison 1 (2017)

Publié le 30 Juillet 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Catch, Review, Télévision, Netflix, Comédie, Drame, Action, Histoire

En 1985, à Los Angeles, Ruth (Alison Brie), une actrice au chômage, répond à une annonce de casting, et découvre sur place qu'elle auditionne pour G.L.O.W., un show de catch féminin réalisé par Sam Sylvia (Marc Maron) et financé par Bash Howard (Chris Lowell).

Contre toute attente, la timide Ruth décroche un rôle, et entame alors la préparation du tournage aux côtés de Machu Picchu (Britney Young), de Melrose (Jackie Tohn), de Britannica (Kate Nash), de Scab (Britt Baron), d'Ethel et Edna (Kimmy Gatewood et Rebekka Johnson), de Beirut (Sunita Mani), de la Welfare Queen (Kia "Awesome Kong" Stevens), de la Louve (Gayle Rankin), de Fortune Cookie (Ellen Wong), de Vicky la Viking (Marianna Palka), et de Junkchain (Sydelle Noel). Sans oublier Liberty Belle (Betty Gilpin), la star du show, une actrice de soap récemment séparée de son mari, après que Ruth ait couché avec lui...

GLOW - saison 1 :

Une série Netflix à côté de laquelle je ne pouvais définitivement pas passer : j'aime le catch, j'apprécie beaucoup Alison Brie, je suis très client des années 80, et de manière générale, j'ai toujours accroché au format court de 30 minutes des comédies dramatiques du câble, notamment à l'époque de Weeds.

Et donc, forcément, en apprenant que Jenji Kohan (la créatrice de Weeds et d'Orange Is The New Black), ainsi que deux scénaristes et productrices de ces deux séries, de Nurse Jackie et de Homeland, avaient choisi Alison Brie (entre autres) pour réaliser une adaptation très libre de la genèse des Gorgeous Ladies of Wrestling (dont elles avaient pris connaissance grâce au documentaire que j'ai chroniqué ici cette semaine), je n'ai pas hésité.

Et j'ai bien fait, puisque les 10 épisodes de GLOW s'avèrent une réussite globale. Une réussite globale n'évitant pas l'aseptisation de son sujet, certes (déjà un problème qui hantait le documentaire), ce qui est assez normal : l'angle d'approche principal de la série, c'est comment ses protagonistes mises à l'écart de la société pour des raisons diverses et variées (race, physique, sexe, obsessions, etc) finissent par former une véritable famille d'adoption grâce à GLOW, par devenir des soeurs, et par s'émanciper au travers de ce projet.

C'était déjà le thème du documentaire, et on le retrouve dans de nombreuses sous-intrigues du show (Macchu Picchu et sa famille ; Liberty Belle et son ex-mari ; Ruth qui prend le contrôle du projet lorsque les mecs s'effondrent ; Justine et ce dernier....) : l'approche est pertinente, elle fonctionne ici grâce au caractère assez léger de la série, et à ses personnages tous bien développés.

D'ailleurs, j'en profite pour souligner le travail des scénaristes et des responsables du casting, qui ont vraiment mis dans le mille à tous les niveaux : il n'y a pas de véritable maillon faible dans la distribution qui, si elle est clairement dominée par Brie, Maron et Gilpin, tous trois excellents, parvient toujours à faire vivre des personnages attachants et bien développés (mention spéciale à Awesome Kong, qui fait preuve d'une personnalité mémorable, et devrait donner lieu à une seconde saison spectaculaire).

Cependant, cette optique "féministe" fait tout de même abstraction des problèmes de G.L.O.W., en idéalisant un peu l'organisation : oui, Sylvia se comporte comme un connard avec ses employées, mais on est loin des insultes et humiliations constantes que subissaient les véritables catcheuses de G.L.O.W. à l'époque. À l'identique, l'exploitation et le sexisme de l'époque et de l'industrie ne sont finalement pas si présents que ça une fois les premiers épisodes passés : les filles se prêtent au jeu, et on passe à autre chose.

D'un autre côté, difficile de faire de GLOW une critique du sexisme des médias américains quand la série se doit, en parallèle, d'obéir par exemple à un quota nudité finalement franchement superflu. C'est à un numéro d'équilibriste que se livre la production, tiraillée entre réalités de l'époque et concessions aux normes contemporaines, et bien qu'on puisse toujours critiquer tel ou tel choix éditorial, il faut reconnaître que l'essence de G.L.O.W. reste présente.

Quoiqu'il en soit, la série fonctionne bien, voire même très bien à partir du moment où toutes les filles emménagent (comme en réalité) dans un même motel. Cela permet des rapprochements inattendus, et de rendre attachantes quasiment toutes les catcheuses, ce qui n'est pas un mince exploit vue la taille de la distribution.

(et là, je pense à un show comme American Gods, qui peine à rendre son couple principal attachant ou intéressant malgré deux fois plus de temps d'antenne ^^)

À partir de là, la série s'enchaîne sans réel temps mort, se permettant des passages impressionnants (le match solo d'Alison Brie est une petite performance d'actrice), des passages inévitables (le training montage tellement 80s !), de nombreuses apparitions plus ou moins importantes de catcheurs et catcheuses connu(e)s (John Morrison, Brodus Clay, Carlito, Joey Ryan, Christopher Daniels et Kazarian, Alex Riley, Brooke Hogan)... et aussi, il faut bien l'avouer, quelques sous-intrigues dont on aurait pu se passer, surtout vers la fin de la saison.

On retombe alors dans des digressions et des rebondissements un peu plus convenus et clichés, et finalement assez dispensables : je pense notamment à tout le passage de Ruth chez les Russes, pas très drôle, aux personnages secondaires masculins (le livreur de pizza, le concierge russe, les frères et le père de Machu Picchu), guère plus que des figurants, ou même à tout le faux suspense du dernier épisode, que ce soit sur Justine et Sam, ou sur Debbie et son époux.

Il en va un peu de même pour l'histoire de l'avortement, qui apparaît comme une manière de créer du drame gratuitement, et de forcer un rapprochement entre Ruth et Sam. Heureusement, le tout est assez bien écrit pour faire oublier cet aspect un peu artificiel, et il faut féliciter le show d'avoir abordé le problème de l'avortement de manière frontale, sobre, et intelligente, sans en avoir fait une histoire de morale ou de conviction religieuse.

La toute fin de la série, elle, marche dans les pas de tous les films sportifs des années 80 : finalement assez logique, compte tenu de la série, mais aussi un peu trop prévisible dans son happy end intégral.

Mais trêve de pinaillage : dans l'ensemble, GLOW est une relecture engagée et féministe de l'histoire du véritable G.L.O.W., et ça fonctionne plutôt bien. J'espère vraiment que Netflix va laisser libre court à l'équipe en place pour continuer dans cette direction, et monter la barre un peu plus haut encore pour la suite.

Car entre les conditions de sécurité discutables, les blessures mémorables, les conflits, le niveau de catch qui monte en puissance, les nouveaux personnages, et le succès croissant des lutteuses, il y a de quoi faire, avec tout ce petit monde.

Et si l'on pouvait en rajouter encore une couche dans les paillettes, le mauvais goût, les couleurs fluos et la caricature, ce serait parfait (bien qu'encore un niveau en dessous de la réalité :p)

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Les bilans de Sygbab - Farscape : saison 2 (2000-2001)

Publié le 29 Juillet 2017 par Sygbab dans Critiques éclair, Review, Télévision, Les bilans de Sygbab, Science-Fiction, Farscape, Aventure, USA, Australie, Action, Comédie, Drame

Sygbab regarde (beaucoup) la tv, Sygbab écrit (parfois) des bilans : retrouvez-les sur le blog des Téléphages Anonymes !

Farscape, saison 2 :

Dès le season premiere, un constat s'impose : afin de régler les problèmes de rythme de la première saison, le format des épisodes passe de 50 à 45 minutes. Une décision nécessaire, qui nécessite cependant certains ajustements dans l'écriture, et qui ne porte pas ses fruits immédiatement dans la mesure où l'interêt des épisodes est très variable. Certains sont même dispensables, comme Taking The Stone ou Home on The Remains, dont le point commun est d'être centrés sur Chiana (autant dire que pour le moment, le développement de son personnage est pour le moins raté).

Il y a cependant quelques réussites, comme The Way We Weren't qui approfondit la relation particulière entre Aeryn et Pilot - qui partagent désormais une partie du même ADN - en revenant sur leur trouble passé et qui jette un nouvel éclairage sur le bouclier protégeant la fécondation de Moya, détruit par D'Argo dans la première saison. D'autres épisodes prennent une tournure un peu plus déjantée, comme Out of Their Minds qui est une variation sur le thème de l'échange de corps puisque cela concerne l'intégralité de l'équipage de Moya (ce qui donne des situations hilarantes) ou encore Crackers Don't Matter, qui introduit sous ses airs de comédie le début de la folie de Crichton (avec un Scorpius sorti tout droit de son esprit).

Cette capacité à rebondir avec brio sur des éléments laissés en suspens et ce goût prononcé pour le délire se rejoignent avec bonheur dans Won't Get Fooled Again, qui revisite de manière intelligente l'épisode de la première saison A Human Reaction. Les Scarrans, qui ont enfin fait leur apparition peu de temps auparavant dans la trilogie Look At The Princess, s'intéressent à Crichton depuis qu'ils sont au courant que corpius le poursuit, et veulent lui soutirer des informations en créant des illusions comme l'avaient fait les Anciens. John est alors sauvé par le clone mental de Scorpius, souvenir des nombreuses séances de torture subies sur l'Aurora Chair.

Les visions de Crichton prennent ainsi tout leur sens, et ne sont pas qu'une simple folie de l'astronaute dûe à une trop longue période d'exposition dans l'espace. C'est le début d'une relation complexe entre les deux individus - qui va mettre Crichton au bord de la crise de nerfs à de nombreuses reprises - et un véritable tournant puisque Scorpius prend de l'envergure et s'installe comme un ennemi plus complexe qu'à première vue de par son statut d'hybride, qui lui confère autant de forces que de faiblesses (son côté Scarran cherche la chaleur mais son côté Sébacéen la fuit, tout un paradoxe).

La série se démarque également en maltraitant son personnage principal, bien loin d'un héros affrontant toutes ses peurs avec courage. Que dire de ce cliffangher, qui laisse John allongé sur une table, incapable de parler car une partie de son cerveau vient de lui être enlevée pour retirer une puce... Cela conclue sur une bonne note un final pourtant peu inspiré, dans lequel le mort d'Aeryn n'est pas crédible une seule seconde (de ce fait, la scène des funérailles ne fonctionne pas).

Ce dernier épisode suit directement la trilogie Liars, Guns and Money, qui demande une également une sacrée suspension d'incrédulité. Pour l'occasion, chaque membre de l'équipage est chargé d'enrôler comme mercenaire des ennemis rencontrés lors de la première saison, alors que ceux-ci sont éparpillés et que Moya n'a même plus de Starbust. Difficile d'imaginer qu'ils puissent être retrouvés si facilement... C'est d'autant plus dommage que ces personnages sont utilisés de manière purement fonctionnelle, sans autre but que de faire rebondir l'intrigue.

Il s'agit en fait de sauver Jothee, suite à des informations donnés par Stark, qui revient comme un cheveu sur la soupe dans The Locket après avoir été oublié pendant 17 épisodes. Celui-ci ferait partie d'une population d'esclaves Baniik, le peuple de Stark massacré par Scorpius (mais ce sujet est évoqué de manière très succinte). Une ficelle scénaristique assez grossière pour intégrer les deux personnages à l'équipage, ce qui n'est pas sans conséquences.

Si ce n'est Zhaan, personne ne fait confiance à Stark, et la relation entre D'Argo et son fils reprend dans un contexte difficile, ce qui rejaillit sur le couple qu'il forme avec Chiana. Ce n'est pas réellement une surprise, puisqu'à part une compatibilité sexuelle indéniable, ils ont souvent des difficultés à communiquer. C'est aussi le cas pour Crichton et Aeryn, qui combat ses émotions car elle est effrayée par ce qu'elle ressent.

Ici se trouve donc l'une des forces de la série : les personnages, et les relations qu'ils entretiennent. Zhaan et Stark ont un lien fort depuis qu'ils ont partagé leurs esprits, Chiana et Rygel sont de connivence sur les questions matérielles, la Nébari est toujours attachée à John car il lui a sauvé la vie... Chaque interaction a ses particularités. Celui qui attire le plus d'antipathie aux yeux de presque tous reste Crais, surtout depuis qu'il est à bord de Talyn.

Les deux ne sont pas très présents dans cette saison car Talyn a clairement affiché la volonté de suivre son propre chemin avec l'aide du capitaine Pacificateur réformé. Cela permet d'attendre avec impatience la présence plus récurrente du Leviathan guerrier, en espérant qu'elle soit exploitée comme il se doit. Crais prend ainsi une envergure différente, et dépasse enfin la vengance aveugle qui aurait fini par le rendre fade. Sa relation avec Aeryn devient plus complexe, dans le sens où il juge qu'elle est nécessaire à l'éducation de Talyn puisque ce dernier lui fait confiance. A plusieurs reprises il cherche à s'assurer ses services, mais n'y est pas encore parvenu.

Par petites touches, la série s'enrichit, et distille quantité d'éléments qui laissent penser que le résultat peut être exceptionnel. Il est simplement dommage que cette saison, comme la précédente, ressemble plus à de la mise en place qu'autre chose.

 

 

(bilan saison 1, par Sygbab ; et bilan saison 2, publié dans ces pages par Lurdo en 2012)

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Un film, un jour (ou presque) #567 : Le Saint (2013/2017)

Publié le 27 Juillet 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Télévision, Action, Thriller

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Le Saint (The Saint) :

Lorsqu'un businessman (James Remar), responsable d'avoir détourné des milliards de dollars pour le compte du Fixer (Ian Ogilvy), décide de vendre ce dernier aux autorités, il n'a d'autre choix que de se tourner vers Simon Templar (Adam Rayner), voleur d'envergure internationale, pour l'aider à secourir sa fille (Sammy Hanratty) enlevée en guise de représailles par son patron. Aidé par Patricia Holm (Eliza Dushku), sa collègue experte en technologie, Templar se trouve soudain traqué par le FBI et par les sbires du Fixer, alors qu'il s'embarque dans une affaire complexe, liée à l'histoire de sa famille...

Une tentative de reboot de la franchise The Saint, tournée en 2013, et qui a été proposée à toutes les chaînes américaines en tant que pilote de série... mais qui s'est vu opposer une fin de non-recevoir assez définitive par tous les networks démarchés.

Et il n'est pas difficile de comprendre pourquoi, en fait, tant le tout est insipide : ici, on enchaîne les clichés des récits d'espionnage et autres techno-thrillers les plus génériques ; la réalisation de Simon West est quelconque, ne mettant jamais en valeur les nombreux pays européens où est tourné le téléfilm, ni les scènes d'action de ce dernier ; Adam Rayner n'a pas le moindre charisme, qu'il soit vêtu ou torse nu en train de se battre dans une cage de MMA ; l'écriture est plate et quelconque (avec traumatisme fondateur, toutéliage familial, etc) ; Eliza Dushku reste sympathique, mais devrait manger un sandwich (le maillot de bain sexy avec côtes apparentes, ça ne le fait pas trop) ; et la plupart des seconds rôles familiers - Thomas Kretschmann, Sammy Hanratty, Greg Grunberg, James Remar et même Roger Moore - sont affreusement sous-exploités et creux.

Bref, pas grand chose de valable à se mettre sous la dent, et même le célèbre thème musical du Saint se fait quasi-inexistant, limité à quelques notes timides et éthérées au clavier, çà ou là.

2/6

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Un film, un jour (ou presque) #566 : Beverly Hills 90210 - l'histoire interdite (2015)

Publié le 26 Juillet 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Télévision, Biographie, Comédie, Drame, Lifetime

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Beverly Hills 90210 : l'histoire interdite (The Unauthorized Beverly Hills 90210 Story) :

La création et le succès international de la série Beverly Hills 90210, ainsi que l'ascension et la célébrité mondiale de ses interprètes, Jason Priestley (Max Lloyd-Jones), Luke Perry (Jesy McKinney), Shannen Doherty (Samantha Munro), Jennie Garth (Abby Cobb), Gabrielle Carteris (Michele Goyns), Brian Austin Green (Ross Linton), Ian Ziering (David Lennon), et Tori Spelling (Abby Ross).

Lifetime continue ses téléfilms nostalgiques façon "les coulisses de...", mais cette fois-ci, à contrario des opus consacrés à Sauvés par le Gong et à La Fête à la Maison, ce 90210 a parfaitement conscience de l'absurdité de son existence, et par conséquent, le script délaisse tout premier degré, et traite son sujet de manière presque parodique.

Musique cartoonesque, acteurs à l'interprétation improbable (le père et la fille Spelling sont assez mauvais), vannes foireuses et références méta (Sharknado...), tout est réuni pour que l'on ne puisse pas prendre ce métrage au sérieux.

Et ce dès le casting : si "Jennie Garth" et "Shannen Doherty" sont parfaites dans leurs rôles respectifs (et ressemblent vraiment à leurs modèles), on ne peut que se gausser devant une Tori Spelling séduisante (!), intelligente, perspicace, douce, généreuse, innocente, etc... une Tori Spelling qui est clairement épargnée par le script, puisque présentée comme à l'origine de toutes les bonnes idées, depuis la genèse du show jusqu'à son casting. On y croit à fond.

(gros moment de rigolade lorsque "Tori" se plaint auprès de son père que personne ne lui donne sa chance, que le monde est trop injuste... et que son paternel ferait bien de concevoir des projets pour jeunes, afin qu'elle ait enfin une chance de briller).

À l'inverse, le film fait de Shannen Doherty sa grande méchante, et aurait pu s'intituler "Shannen : grandeur et décadence", tant elle est présentée sous un mauvais jour.

Bref, on n'apprend pas forcément grand chose (si ce n'est que tout le monde couchait avec tout le monde), et ce n'est pas forcément très bien rythmé, mais paradoxalement, c'est probablement le plus regardable et amusant des trois téléfilms de ce genre que j'ai chroniqués jusqu'à présent.

Il y a donc du progrès !

2.5/6

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Un film, un jour (ou presque) #565 : Le Meilleur Ami de la Femme (2014)

Publié le 25 Juillet 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Comédie, Romance, Hallmark, Télévision

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Le Meilleur Ami de la Femme (My Boyfriends' Dogs) :

Un soir pluvieux, Bailey (Erika Christensen), une trentenaire vêtue d'une robe de mariée, débarque dans un diner sur le point de fermer, accompagnée de trois chiens. Interrogée par les propriétaires curieux, elle leur raconte alors comment elle a récupéré chacun des chiens auprès de ses petits-amis successifs : le premier, Adam, appartenait à un professeur de sport infidèle (Jesse Hutch) ; Eve, elle, était la chienne d'un dramaturge pompeux et arrogant (Oliver Rice) ; et Shirley, enfin, a été offerte à Bailey par Eric (Jeremy Guilbaut), son fiancé, un riche héritier avec lequel elle n'avait pas grand chose en commun...

Une rom-com Hallmark pas désagréable, principalement parce qu'Erika Christensen fait une protagoniste sympathique, dynamique et attachante, et que le script est suffisamment bien structuré et mené pour maintenir l'attention du spectateur.

Bon, il faut bien admettre que le tout reste tout de même très prévisible, et que de choisir Teryl Rothery, 52 ans, pour jouer le rôle de la mère de Christensen, 33 ans, nécessite l'intervention de lunettes de grand-mère caricaturales pour être un minimum crédible, physiquement parlant...

...mais ce My Boyfriends' Dogs est tout à fait le genre de métrage qui, en remplaçant simplement certains acteurs par des noms et visages plus connus, aurait pu avoir une sortie en salles sans rien changer d'autre.

Ça n'en fait pas un chef d'oeuvre, mais ça sous-entend néanmoins un certain professionnalisme global dans la production, et une absence de certains des trop nombreux clichés habituels des téléfilms de la chaîne.

3.5/6

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Les bilans de Lurdo : Star Trek Voyager, saison 7 (1/7)

Publié le 23 Juillet 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Télévision, Les bilans de Lurdo, Science-Fiction, Star Trek

Ultime saison de Star Trek Voyager, une saison globalement inédite pour moi, et pour laquelle j'espère (comme à chaque fois) un peu plus de continuité, un peu plus de personnages récurrents, et un peu moins de Borgs surexploités... on peut toujours rêver, non ?

 

Star Trek Voyager, saison 7

 

- 7x01 - Unimatrix Zero Part 2 : Infiltrés à bord d'un cube borg et partiellement assimilés, Janeway, Tuvok et Torres tentent de contaminer le collectif de l'intérieur avec un virus permettant de libérer les drones menacés de destruction par la Reine...

La suite directe de la fin de saison précédente, une fin de saison tellement peu mémorable que je n'en gardais quasiment aucun souvenir précis.

Et ici, ce n'est guère plus mémorable... la faute à l'écriture, qui demande de faire abstraction de toute logique (Janeway a plusieurs fois le choix entre laisser la Reine auto-détruire tout le collectif pour exterminer les mutants, ou laisser les Borgs détruire encore des milliards de peuples et de vies à l'avenir... et forcément, elle prend la décision la moins pertinente ; les trois assimilés qui se comportent exactement comme des personnes normales malgré avoir été borgifiés, et qui n'en gardent aucune autre séquelle qu'un peu de courbatures ; la Reine qui explique avoir été assimilée !?), qui endort avec la romance insipide de Seven, et la faute au fait que les Borgs ne représentent vraiment plus la moindre menace, désormais, avec cette guerre civile borg, ces factions qui s'affrontent, etc.

Assez frustrant, donc, bien qu'étant bien produit, et ayant occasionnellement une scène ou deux sauvées par l'interprétation (je pense notamment à la scène de la Reine et de l'enfant, assez sinistre).

 

- 7x02 - Drive : Tom Paris et Harry Kim parviennent à convaincre Janeway de participer à une course de navettes stellaires, l'occasion pour eux de tester le nouveau Delta Flyer, et pour Tom de faire le point sur sa relation avec B'elanna.

Un épisode diffusé dans le désordre (en troisième position, après Imperfection, malgré les gros problèmes de continuité que cela provoque - mariage de Tom/B'el, nouveau Delta Flyer), et à l'intrigue principale cousue de fil blanc (Harry Kim qui s'éprend d'une extraterrestre rivale, qui finit par s'avérer une terroriste meurtrière, zzzzzz), mais qui vaut principalement (et sans surprise) pour le développement des personnages de B'elanna et de Paris, leurs problèmes de couple, leur réconciliation, et leur demande en mariage.

Ça fonctionne bien, forcément, c'est sympathique, et si ce n'était pour cette course mollassonne, commentée par Neelix, et montée avec les pieds en alternance avec la sous-intrigue de Kim (assez médiocrement interprétée), ça aurait fait un épisode plus léger, mais attachant. En l'état, c'est sympathique, mais inégal.

Cela dit, je dois dire que je suis fan des uniformes de course blancs/gris/noirs, qui ont un design très réussi.

 

- 7x03 - Imperfection : Un composant essentiel de la biologie cybernétique de Seven commence à donner des signes de faiblesse, mettant en danger la vie de l'ex-Borg, qui se trouve soudain confrontée à sa mortalité.

Passons sur la manière bien peu cavalière dont les scénaristes se débarrassent, en début d'épisode, de la plupart des enfants borgs de la saison précédente, en les refilant aux habitants d'une planète de passage : c'est frustrant, mais pas forcément surprenant.

Heureusement, la production se rattrape avec le contenu de l'épisode, dans lequel Seven se trouve confrontée à la possibilité de sa mort imminente, et ressent la peur de n'avoir rien accompli, et de ne laisser aucune trace derrière elle. Un sujet percutant et assez touchant, très bien interprété par Jeri Ryan, comme d'habitude, et qui renforce ses liens et son humanité croissante au contact d'Icheb.

Plutôt solide et efficace, donc... malgré des scènes d'action totalement inutiles, avec des pseudo-Kazons qui viennent meubler un peu, malgré une overdose de borgs en tous genres (ras-le-bol), malgré quelques facilités, et malgré le fait que je ne puisse m'empêcher de penser que toute ce développement des deux personnages sera oublié d'ici le prochain épisode.

 

- 7x04 - Repression : Lorsqu'une vague d'agressions touche les membres du Maquis à bord du Voyager, Tuvok commence à mener l'enquête...

Un whodunnit pas désagréable pendant ses 20 premières minutes, et puis l'épisode abat ses cartes (déjà pas très mystérieuses, puisqu'on se doute rapidement de l'identité de l'agresseur, soulignée par de la musique dramatique un peu trop forcée), et enchaîne raccourcis sur raccourcis, se rappelant après sept saisons que le Maquis existe, et réglant en trois minutes chrono une situation qui aurait pu tenir trois épisodes, si elle avait bien été développée.

Dommage. Mais bon, au moins, on a un peu de la vie de couple marié de B'el/Paris, c'est toujours ça de gagné.
 

À suivre...

(bilan saison 6)

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Les bilans de Sygbab - Farscape : saison 1 (1999-2000)

Publié le 22 Juillet 2017 par Sygbab dans Critiques éclair, Review, Télévision, Les bilans de Sygbab, Science-Fiction, Farscape, Aventure, USA, Australie, Action, Comédie, Drame

Sygbab regarde (beaucoup) la tv, et quand il revient de vacances, Sygbab écrit (parfois) des bilans : retrouvez-les sur le blog des Téléphages Anonymes !

Farscape, saison 1 :

Le point de départ de la série est simple, et le pilote ne perd pas de temps à tout mettre en place : en testant une théorie consistant à profiter de la friction de l'atmosphère terrestre pour permettre à une navette de gagner de la vitesse, l'astronaute John Crichton s'engouffre dans un vortex qui s'ouvre juste devant lui et se retrouve propulsé à l'autre bout de la galaxie. Il percute alors un astronef qui se crashe et se retrouve dans un vaisseau vivant qui transporte des prisonniers aliens en pleine tentative d'évasion, qui finit par réussir. Mais Crichton ayant par accident tué le frère du capitaine Crais, ce dernier se met à leur poursuite et jure qu'il se vengera. Tout cela est parfaitement résumé dans le générique.

C'est un bon prétexte pour justifier les aventures de Moya dans les territoires inconnus de cette galaxie (The Uncharted Territories), avec un équipage disparate à son bord. Comme leur fuite perpétuelle les oblige à ne jamais rester longtemps sur une même planète, cela explique également qu'une bonne moitié des épisodes se déroulent dans le vaisseau plutôt qu'en l'extérieur - ce qui permet, entre autres, d'économiser sur les décors (attention cependant à ne pas être claustrophobe, car on voit très souvent les coursives de Moya).

La menace de Crais n'étant pas vraiment omniprésente - c'est même tout le contraire vu le peu d'épisodes où il apparaît -, il en découle une longue succession de loners pas toujours inspirés, et surtout interminables à cause d'un format de 50 minutes pas du tout adapté, que les scénaristes ne réussissent jamais à maîtriser tant cela plombe le rythme des épisodes. C'est d'ailleurs le plus grand défaut de cette première saison, avant même certains décors un peu cheap et quelques costumes et maquillages qui ne sont pas du plus bel effet. Et même s'il y a toujours un côté décalé propre à la série, certains épisodes peinent à être véritablement intéressants.

Il faut également s'habituer à une écriture qui peut déstabiliser au départ, puisque les ellipses sont très souvent utilisées. Mais ne soyons pas mauvaise langue : d'autres épisodes sont très bons (même s'ils souffrent également de ces 6-7 minutes en trop) et les fondations de la mythologie sont construites peu à peu, en distillant quelques informations ça et là avant de les relier lors de grandes avancées.

A Human Reaction est véritablement le premier épisode à laisser entrevoir le potentiel de celle-ci. En créant accidentellement un vortex, Crichton a attiré l'attention des Anciens, en charge de leur surveillance. Outre la justesse du traitement du thème "que feraient les humains si des aliens débarquaient ?" (réponse : ils auraient plutôt tendance à penser qu'ils les envahissent et ne croiraient pas un seul instant qu'ils aient des intentions pacifiques de cohabitation), l'élément le plus important concerne le cadeau que ces derniers font à Crichton : la connaissance inconsciente de la technologie des vortex.

Ils se sont en effet rendus compte qu'il a les capacités pour découvrir comment les créer, puisqu'il réédite la performance dans Till the Blood Runs Clear, même si le vortex est alors instable. Mais ils ne veulent pas lui donner les solutions, car ils considèrent que s'il n'est pas assez intelligent pour en comprendre le fonctionnement, alors il ne saura pas les utiliser à bon escient. Le fait qu'ils puissent constituer une arme est d'ailleurs confirmé ensuite par les recherches de Scorpius à ce sujet, qui n'hésitera pas à fouiller les moindres recoins de l'esprit de l'astronaute afin de lui soutirer les informations qu'il désire. Cela démontre que les enjeux dépassent le cadre de l'envie de Crichton de rentrer chez lui.

On apprend également que Scorpius est un croisement entre Sébacéens et Scarrans. Sa force physique laisse penser que les Scarrans sont bien plus effrayants que les Pacificateurs, alors même que depuis le début de la série ces derniers sont décrits comme les maîtres du secteur, imposant leur volonté à tous les peuples. Leur soif de conquête les amène à tenter de créer un Leviathan hybride doté d'armes, et ces manipulations génétiques donnent naissance à Talyn, qui n'est autre que la progéniture de Moya. Une idée intéressante qui explique rétroactivement pourquoi des particules avaient été libérées dans They've Got a Secret, qui évoquait le concept pour la première fois.

Cet épisode marque un tournant, en levant le voile sur les raisons de l'incarcération de D'Argo : celui-ci était marié à une Sébacéenne et ont eu un fils, Jothee, mais son beau-frère a tué sa femme et le Luxan s'est retrouvé accusé du crime. Quelques épisodes plus tard, dans Rhapsody In Blue, le mystère entourant Zhaan est également évacué : elle a tué son amant lors d'une fusion spirituelle car ce dernier, assoiffé de pouvoir, avait demandé l'aide des Pacificateurs pour réprimer son peuple. Cela remet en perspective le personnage, qui représentait juisqu'alors la tendresse, la sagesse et la gentillesse incarnées : la constante quête spirituelle des Delviens peut les amener à trouver en deux la noirceur de leur âme, ce qui peut les conduire à la folie. Ce côté plus sombre avait déjà été entrevu dans That Old Black Magic.

C'est une bonne chose que ces révélations n'aient pas trop tardé, et on peut s'apercevoir que la situation de chacun est complètement différente : D'Argo est innocent et a perdu sa famille, Zhaan est coupable et a dû lutter pour se contrôler. Mais le but est le même pour tous : rentrer chez soi, retrouver sa liberté. Tous, sauf Aeryn, qui ne pourra pas réintégrer sa société en l'état actuel des choses car elle est considérée comme une traîtresse. Cette motivation commune amène un drôle de paradoxe : c'est ce qui les unit et leur permet de se serrer les coudes dans l'adversité, mais c'est aussi ce qui les amène à des actes égoïstes ou radicaux comme l'amputation du bras de Pilot dans DNA Mad Scientist (qui introduit un élément intéressant, puisqu'Aeryn sert de cobaye à des expérimentations génétiques et conserve quelques traces de l'ADN de Pilot après cela), ou la trahison ratée de Rygel dans le final.

Au regard de la saison, la dualité de leurs sentiments est assez présente, car les moments de camaraderie alternent avec des conflits répétés qui n'arrangent pas l'ambiance sur Moya. Celui qui en souffre le plus, c'est bien entendu Crichton, qui se retrouve dans une situation peu enviable : l'alien, c'est lui, et rien ne lui est pardonné, pas même le fait qu'il lui faille un temps d'adaptation afin de comprendre comment les choses fonctionnent dans cet univers qui lui est totalement étranger. Ceci étant, il s'attire souvent les foudres de ses compagnons à cause d'une propension assez incroyable à imaginer des plans qui échouent toujours lamentablement...

Les relations sont surtout tendues avec D'Argo qui a aussi des problèmes avec Rygel, l'élement perturbateur. Il rote, il pète, il vomit, il pisse (et des fois ça explose), il sue, il est pervers et vicieux, sa déchéance après avoir été Dominar ne l'empêche pas d'être abominablement prétentieux : pour résumer il n'a vraiment rien qui puisse donner envie de voyager avec lui. Et c'est plutôt bien vu de la part des scénaristes, car la plupart du temps, le téléspectateur aime bien avoir un personnage à détester, et c'est peut-être ce qui le rend crédible alors que c'était une vraie gageure de faire en sorte qu'une marionnette soit un membre à part entière de l'équipage.

Dans l'ensemble, les personnages sont bien écrits. Mais il manque un élément : la romance. Celle qui naît petit à petit entre Aeryn et Crichton est toute en sous-entendus, en non-dits, en regards, et elle est fort bien évoquée. Elle amène cependant à un gros ratage... Le doublé Nerve - The Hidden Memory revient sur le baiser échangé entre Crichton et Gilina, ce qui motive cette dernière à sauver l'homme qu'elle aime. Comprenant qu'il n'a d'yeux que pour Aeryn, elle décide de ne pas s'échapper de la base Gammak avant de changer d'avis mais elle se fait tirer dessus par Scorpius.

Le problème ne se situe pas au niveau de ses hésitations, qui sont compréhensibles, mais c'est surtout le traitement de sa mort qui laisse franchement à désirer : elle demande un dernier baiser à Crichton, et... c'est tout. Il n'est fait aucune mention d'elle dans les deux derniers épisodes de la saison. Que tout le monde soit occupé à autre chose parce que Scorpius et Crais les poursuivent, ça se tient ; que les ellipses soient un procédé récurrent, d'accord ; mais de là à ne pas évoquer le personnage, c'est un sacré oubli. Ce n'est pas le seul : mais où est passé Stark ? Heureusement, Crais opère un revirement lors de ce double épisode et passe au-delà de son statut d'homme aveuglé par la vengeance. Sa fuite avec Talyn promet de beaux développements.

Si cela n'était pas suffisamment clair, cette première saison souffre de bon nombre de défauts mais il est indéniable que des qualités s'en dégagent. Il faut parfois s'armer d'un peu de courage et de patience pour venir à bout de certains épisodes, mais ça reste plaisant dans l'ensemble.

 

(retrouvez aussi le bilan - nettement plus sommaire et décousu - de cette même saison 1, publié dans ces pages par Lurdo en 2012)

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Un film, un jour (ou presque) #560 : Dumb - L'histoire de Big Brother Magazine (2017)

Publié le 18 Juillet 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Documentaire, USA, Sport, Télévision, Hulu

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Dumb - The Story of Big Brother Magazine :

Documentaire Hulu revenant sur la genèse et la vie du magazine Big Brother qui, à l'origine guère plus qu'un fanzine, a su redonner un coup de fouet au monde du skate-board, qui était agonisant au début des années 90. 

Amateur, rebelle, impertinent, bourrin, vulgaire, idiot, immature, débile, scatologique, et tout simplement punk dans l'âme, Big Brother a injecté une bonne dose de provocation dans le monde du skate, rendant à celui-ci son statut de contre-culture, et ouvrant la porte à de nombreux noms désormais connus : Johnny Knoxville, Spike Jonze, Steve-O, Tony Hawk, et toute la bande des Jackass.

Une troupe Jackass directement sortie des vidéos et des articles de Big Brother, qui a survécu à la faillite du magazine (un magazine qui n'a jamais gagné d'argent, même après son rachat par Larry Flint), et qui témoigne dans le cadre de ce métrage assez amusant à suivre.

Plutôt intéressant et complet, même si, comme moi, on n'a jamais vraiment fait partie ou adhéré à ce monde du skate de rue, des cascades débiles, et autres gags pipi-caca-vomi.

4.5/6

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Les bilans de Lurdo : American Gods, saison 1 (2017)

Publié le 16 Juillet 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Télévision, Les bilans de Lurdo, Starz, Fantastique, Drame, Religion

Série Starz pilotée par Bryan Fuller (Dead Like Me, Wonderfalls, Pushing Daisies, Hannibal), et adaptée d'un roman de Neil Gaiman, American Gods narre le destin improbable de Shadow Moon (Ricky Whittle), arnaqueur à la petite semaine qui, à sa sortie de prison, apprend que son épouse Laura (Emily Browning) est décédée dans un accident de voiture en compagnie de son amant.

Perdu, il est alors recruté par le mystérieux et roublard Mr. Wednesday (Ian McShane), qui l'emmène en road-trip à travers les États-Unis, afin de recruter une armée de personnages tous plus étranges les uns que les autres. Avec pour objectif une guerre ouverte entre puissances surnaturelles modernes et dieux anciens, affrontement au coeur duquel se trouve plongé Shadow...

American Gods - saison 1 :

J'avoue que j'ai mis un peu de temps à me motiver avant de m'attaquer à cette nouvelle série de "prestige tv" (tel que les Américains aiment qualifier ces séries du câble aux prétentions artistiques et au budget conséquent) faisant le buzz. J'aime habituellement beaucoup Fuller, mais rien de ce que j'avais vu d'American Gods ne m'avait donné envie, d'autant que je n'ai jamais été particulièrement friand de la plume de Gaiman.

J'ai donc attendu la fin de la diffusion avant de m'attaquer à cette série de 8 épisodes d'une heure... et je dois dire que je reste particulièrement mitigé sur le résultat final. À tel point que je ne sais pas vraiment par quel bout attaquer cette critique, et que je vais donc tenter de la synthétiser au maximum.

En commençant par la distribution : une distribution globalement excellente, entre McShane, formidable en Odin ; Pablo Schreiber, attachant (un peu malgré lui, et malgré son look très artificiel) en Sweeney ; Glover, menaçant et rare en Mr World ; Emily Browning, qui se donne à fond dans un rôle difficile ; ou encore bon nombre de seconds rôles, de Cloris Leachman à Gillian Anderson, en passant par Orlando Jones, Corbin Bernsen ou Kristin Chenoweth. Tout le monde incarne bien son personnage, tout le monde semble bien à sa place... tout le monde, sauf Ricky Whittle. Et là, premier problème de la série : son protagoniste inexpressif, terne, sans personnalité, qui se fait systématiquement dévorer par tous les autres acteurs, et qui n'apporte absolument rien à ses scènes, hormis son physique de mannequin athlétique.

Un Shadow qui, pourtant, est au coeur de toute la série, une série qui semble s'attendre à ce qu'on prenne au sérieux (et qui repose fortement sur) son mariage avec Laura (et la tragédie qui s'en suit), qu'on s'attache à ce couple, à la force de leur amour, etc : le show consacre ainsi un épisode entier, façon flashback à la Lost, à leur couple... et tout ce que cela parvient à accomplir, c'est montrer à quel point Whittle est inexistant à l'écran, et à quel point le personnage de Laura (bien que très bien interprété par Browning) est antipathique au possible. Alors entre le lead insipide et sa femme dépressive/suicidaire/individualiste et ingrate, qui constituent une part majeure de cette première saison, on se retrouve tout de suite face à un problème de taille.

Heureusement, les personnages secondaires sont là pour donner de l'intérêt : on touche là directement à la structure intrinsèque de la série, une sorte de succession de vignettes présentant chacun des Dieux de l'histoire, que ce soit en flashbacks, ou à l'époque moderne, le tout lié par le road-trip de Wednesday/Shadow (et un peu plus tard, de Sweeney/Laura). Et là, ça passe ou ça casse, selon les épisodes et les personnages, et ce pour deux raisons principales.

Tout d'abord, la mise en images : déjà dans Pushing Daisies, mais de manière plus prononcée depuis Hannibal, Bryan Fuller se lâche sur ses penchants artistiques. Il met de plus en plus l'accent sur des expérimentations visuelles (pas toujours pertinentes ou réussies, il faut bien l'avouer), et American Gods est un peu la quintessence de cette approche. C'est une série qui tente beaucoup de choses, qui utilise énormément d'effets, et qui en est fière. L'équipe technique d'American Gods aime clairement se regarder filmer et se félicite de son travail d'avant-garde, qu'accompagne une bande sonore très bruitiste et éclectique.

Parfois, ça fonctionne, et ça donne lieu à des scènes oniriques et assez jolies, tout à fait en adéquation avec l'ambiance étrange de l'oeuvre de Gaiman. Et parfois, ça ne fonctionne pas du tout, et on a l'impression de regarder une publicité clinquante, kitsch et toc pour du parfum, avec des effets spéciaux inégaux (tant les effets numériques - lapins, lifting numérique - que pratiques - faux chat décédé, prothèses en latex, postiches et autres perruques fauchées), une bande son insupportable (voire contre-productive, comme le recours systématique à des morceaux rock 50s/60s durant les flashbacks en Irlande, vers la fin de la saison), et un propos/message (que ce soit sur la religion, le sexe, la femme, les armes, Jesus, le destin, blablabla) bien trop pataud et lourd, qui plus est agrémenté de provoc' gratuite pas forcément mal intentionnée, mais tellement dépourvue de toute finesse qu'elle agace plus qu'elle ne force à la réflexion.

Et l'autre point qui pose problème, avec tous ces dieux, c'est qu'ils n'ont pas forcément grande utilité durant la saison. Je pense notamment à Bilquis, la déesse de l'Amour, qui est bien pratique pour rajouter un quota de nudité féminine dans la série (et un quota de symbolisme joyeusement kitschouille, donc), mais qui n'a absolument aucune utilité cette saison, et n'est donc pas du tout intéressante.

On rejoint là un problème que j'ai avec ces huit premiers épisodes : ils se laissent tellement aller à tous ces excès visuels, auditifs et thématiques, qu'au final, cette première saison n'est qu'une grosse introduction avec pas mal de redondances, de superflu, et de style qui l'emporte sur la substance. On aurait probablement très bien pu condenser ces huit heures en cinq, voire six heures, sans rien perdre du récit. 

Un récit qui, d'ailleurs, a tendance à se croire plus subtil, original et profond qu'il ne l'est vraiment : ce concept d'affrontement des dieux modernes vs les dieux anciens dans une époque contemporaine, j'ai l'impression de l'avoir déjà vu traité des dizaines de fois (littérature, tv, comics) auparavant, et il suffit de toute façon d'un strict minimum de jugeote pour comprendre très tôt les tenants et les aboutissants de la série...

Mais j'ai beau critiquer la série sur de nombreux plans, je ne peux pas nier qu'elle soit ambitieuse et intéressante, voire même assez amusante lorsqu'elle cesse de se prendre trop au sérieux (Sweeney, mais aussi Easter). Quel dommage cependant que la forme y prime autant sur le fond, que Fuller (autrefois particulièrement doué pour combiner drame, pathos, humour, casting réussi et postulats originaux) semble désormais préférer se concentrer sur le visuel et la production, plutôt que sur l'écriture (pas un seul épisode écrit en solo), et que le programme soit autant axé sur un couple de personnages aussi peu intéressants.

Est-ce que je serai de la saison 2 ? Pas sûr.

Les quelques pistes laissées dans cette saison 1 semblent indiquer que Shadow est lui-même d'essence divine, et je soupçonne fortement Odin d'avoir autre chose en tête qu'une simple guerre des dieux (depuis le début, il manipule tout le monde, et je ne serais pas surpris qu'on apprenne plus tard que le compagnon de cellule de Shadow, dans le pilote, était lui aussi un sbire d'Odin)... mais même si l'affrontement réel des déités, dans le dernier épisode, était sympathique, ce n'est pas forcément une perspective assez fascinante pour me convaincre de revenir à temps plein.

On verra bien.

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Les bilans de Lurdo : Hollywood Darlings, saison 1 (2017)

Publié le 15 Juillet 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Télévision, PopTV, Comédie, Sitcom, Documentaire, Les bilans de Lurdo

Anciennes gloires du petit écran, dans les années 90, Christine Lakin (Notre Belle Famille), Jodie Sweetin (La Fête à la Maison) et Beverley Mitchell (7 à la Maison) sont amies dans la vie, et désormais de jeunes mamans, qui tentent de concilier vie de famille, carrière au point mort, et mésaventures du quotidien...

Hollywood Darlings - saison 1 :

Une sitcom mockumentaire (façon The Office) en huit épisodes, diffusés sur Pop Tv, et qui rappelle beaucoup la web-série de Christine Lakin, Lovin' Lakin (2012 - visible sur YouTube), qui fonctionnait sur le même concept - d'ailleurs, je ne serais pas surpris que Hollywood Darlings ait commencé comme une extension de cette web-série, et ait reçu un coup de fouet suite au succès du revival de La Fête à la Maison, sur Netflix.

Bref, on retrouve là les mêmes ressorts comiques et narratifs, le même style de réalisation, le même recours aux innombrables caméos des amis des trois actrices (entre autres, on a Patrick Duffy et Stacy Keanan de Notre Belle Famille, Andrea Barber de La Fête à la Maison, Nicholle Tom de Une Nounou d'Enfer, Jaleel White aka "Steve Urkel", Soleil Moon Frye de Punky Brewster, Lance Bass de N'Sync, Tamera Mowry des Twitches, Andrew Keegan de 7 à la Maison - "he did a lot of shows, back then. He did a lot of actresses, too."...), pour un résultat sympatoche pour peu qu'on sache à quoi s'attendre.

On est clairement là dans de la cringe comedy semi-improvisée jouant fortement sur la fibre nostalgique, avec un format pseudo-tv réalité (avec interviews sur canapé) pas forcément toujours maîtrisé (certains épisodes assument pleinement la filiation avec The Office & co, à base de regards caméra désespérés des protagonistes, etc, mais d'autres font comme si les caméras étaient invisibles, ce qui casse un peu la suspension d'incrédulité et l'homogénéité du concept), et des actrices n'ayant pas peur du ridicule, et qui campent des versions un peu caricaturales d'elles-mêmes - Mitchell est la mère de famille un peu naïve, sage et mal fagotée, Lakin la Californienne égocentrique toujours victime de la dernière mode et prête à tout pour trouver un rôle, et Sweetin est la grande blonde sculpturale, poumonnée et rebelle, revenue de tout, qui ronchonne et qui jure comme un charretier. 

Cela dit, bien que le show reste somme tout assez superficiel et anecdotique, le capital sympathie et l'énergie des trois actrices font que le tout fonctionne plutôt bien dans le genre : Lakin se retrouve notamment, par défaut, dans le rôle de l'"héroïne" du show, ou du moins, de celle qui se donne le plus, puisque comme à son habitude, l'actrice n'a pas peur de donner dans le slapstick ou dans le ridicule pour rendre son personnage mémorable.

De plus, comme les deux autres actrices tiennent bien leurs rôles respectifs, et que le trio n'a pas peur de donner occasionnellement dans un humour plus cru et mordant, on finit par se dire qu'il est bien dommage qu'on ne leur propose pas de rôles plus prestigieux, dans des sitcoms ou des séries de networks...

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Un film, un jour (ou presque) #554 : Pharmacy Road (2017)

Publié le 10 Juillet 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Télévision, HBO, Comédie, Documentaire

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Pharmacy Road (Tour de Pharmacy) :

Entaché par la mort dramatique, en pleine étape, de JuJu Peppi (Orlando Bloom), coureur dopé, le Tour de France 1982 est entré dans les mémoires pour ses scandales et ses controverses. 35 ans après, une équipe documentaire se penche sur l'événement, au travers d'images d'archive, et d'interviews des différents cyclistes - Marty Hass (Andy Samberg/Jeff Goldblum), Adrian Baton (Freddie Highmore/Julia Ormond), Slim Robinson (Daveed Diggs/Danny Glover), Gustav Ditters (John Cena/Dolph Lundgren) - et autres officiels...

Mockumentaire HBO de 40 minutes, produit et écrit par Andy Samberg, les Lonely Island & compagnie, la même équipe à l'origine de Sept Jours en Enfer, le mockumentaire sur un match de tennis épique diffusé en 2015.

On retrouve le même sens de l'humour assez graveleux et vulgaire, le même côté absurde et improbable, les mêmes moments de nudité gratuite estampillée HBO, et les mêmes multiples caméos de noms connus, de la distribution principale aux intervenants secondaires (James Marsden, Will Forte, Maya Rudolph, Kevin Bacon, Phylicia Rashad, Adewale Akinnuoye-Agbaje, Jon Hamm, J.J. Abrams, Mike Tyson, et Lance Armstrong).

Bref, on est dans la continuité directe de Sept Jours en Enfer, et il n'est donc pas surprenant qu'on en ressorte avec la même impression d'inabouti, et le même sentiment de frustration, comme si l'on "regardait un long sketch du SNL étiré jusqu'à ses limites", pour citer ce que je disait du moyen-métrage de 2015.

Un peu moins drôle que le match de tennis, mais un peu plus court, je lui mets donc, sans surprise, la même note, à savoir

3.75/6

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Les bilans de Lurdo : Unbreakable Kimmy Schmidt, saison 3 (2017)

Publié le 9 Juillet 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Télévision, Les bilans de Lurdo, Comédie, Sitcom, Netflix

Après une première saison très attachante, et une seconde saison plus sérieuse, et en demi-teinte (dont j'avais brièvement fait des critiques éclair ici et ), je passe à la troisième saison des mésaventures de Kimmy Schmidt, récemment diffusées sur Netflix.

Unbreakable Kimmy Schmidt - saison 3 :

Cette année, Kimmy Schmidt et ses compères ont décidé de grandir, d'évoluer, et de trouver une direction à leur vie. Plus facile à dire qu'à faire pour tous ces personnages plus improbables que jamais...

 

3x01 - Le Révérend veut forcer Kimmy à divorcer, mais elle hésite, et Titus passe une audition pour Rue Sésame, avant de retrouver son petit ami.

Pas exceptionnelle, cette reprise : il y a un étrange manque de rythme dans le montage de certaines scènes, et tout ce qui a trait à Lillian et à Fred Armisen ne fonctionne pas vraiment, que ce soit dans l'interprétation ou dans l'écriture. À part ça, Kimmy reste adorable (d'autant plus avec sa coupe de cheveux courte), et quelques répliques font vraiment mouche, mais dans l'ensemble, le tout s'avère assez inégal.

 

3x02 - Titus se prend pour Beyonce et parodie Lemonade, Kimmy visite des facs, et Lillian et Jacqueline tentent de se faire élire au conseil municipal.

Alors je sais que Lemonade est devenu une institution et un incontournable aux USA, mais moi, je n'ai que faire de Beyonce, je n'ai jamais vu le clip/la vidéo, et donc, la parodie est totalement tombée à plat en ce qui me concerne. Le reste, classique et peu mémorable, d'autant plus que le tout est paradoxalement assez daté (entre les références à Lemonade, le "lock her up", la mention des "deplorables", on sent que Tina Fey a écrit l'épisode mi-2016), qu'il y a des vannes prévisibles, et que la sous-intrigue des élections municipales est assez quelconque.

 

3x03 - Jacqueline et Russ tentent de convaincre le père de Russ de rebaptiser les Redskins par le biais de tout un stratagème improbable ; Kimmy reçoit la visite de la fiancée (Laura Linney) du Révérend qui veut l'amener à signer les papiers de divorce.

À nouveau un peu mitigé : les "Redskins", ça date aussi pas mal l'épisode, la manière peu cavalière dont la série évacue David Cross est assez décevante, et l'intrigue est moyenne ; du côté de Kimmy, c'est ponctuellement amusant, mais dans l'ensemble, l'épisode est assez plat.

 

3x04 - Kimmy accepte de petits jobs pour payer la Fac ; Titus devient le choriste de Judah Friedlander, conspirationniste reclus mais qui paie bien.

Pas désagréable du tout, cet épisode : mis à part le retour de Xan, insipide, les petits jobs de Kimmy étaient drôles, et tout ce qui avait trait aux chansons de Titus & du conspirationniste fonctionnait bien, malgré une chute très prévisible.

3x05 - Kimmy réquisitionnée par le FBI pour convaincre Gretchen de ne pas se faire sauter avec sa secte d'adolescents glandeurs ; Jacqueline fait de la cuisine avec un fantôme ; Lillian aide Titus, atteint de scorbut. 

Un épisode assez équilibré, rythmé et drôle, malgré un féminisme assez pataud chez Kimmy/Gretchen ; avec en prime un crossover avec Orange is the new Black. 

 

3x06 - Kimmy découvre sa première fête universitaire, et y retrouve Perry (Daveed Diggs) ; Jacqueline, Titus et Lillian tentent de tromper le frère de Russ (Josh Charles).

Épisode longuet, qui manque de punch et de subtilité, avec une caricature pataude et facile des millennials et des universités libérales. Le seul truc qui fonctionne vraiment, dans tout ça, c'est la relation de Kimmy et de Perry, et encore, on a droit à un obstacle gentiment artificiel inséré par les scénaristes pour rendre cette relation impossible.

 

3x07 - Kimmy découvre les fake news devant une alerte météo, et Titus comprend qu'il n'est pas un mec bien lorsqu'il découvre qu'il est devenu, à son insu, le méchant d'une publicité pour un médicament.

Mwé. La romance de Lillian et d'Artie n'est pas désagréable, bien que l'interprétation de Carol Kane soit toujours assez agaçante, mais le reste m'a paru plutôt laborieux et mollasson. 

 

3x08 - Cloîtrés dans l'appartement pour cause de tempête, Titus raconte enfin ce qui s'est passé durant sa croisière à Kimmy & co : il a dévoré Dionne Warwick (Maya Rudolph).

Avec une Maya Rudolph en pilotage automatique dans la peau de Dionne Warwick, pour un résultat relativement mitigé : trop de Rudolph en roue libre, trop de Titus manipulateur et mesquin, pas assez de Kimmy, une réconciliation finale précipitée, mais quelques scènes et gags très efficaces. J'attendais mieux de Tina Fey.

3x09 - Kimmy s'intéresse à la religion, et accompagne Titus à l'église, où ce dernier rencontre une grand-mère médisante, et le directeur du choeur ; Jacqueline relooke Lillian.

Pas désagréable, malgré une résolution globale un peu attendue, et précipitée, ainsi qu'une Anna Camp affreusement sous-exploitée.

 

3x10 - Titus et Kimmy tentent de tromper le propriétaire d'une station service (Ray Liotta), pour accéder gratuitement à ses toilettes ; Jacqueline tente de faire chanter les propriétaires des Redskins avec sa vidéo volée.

Pas aimé du tout, celui-là : très forcé, surjoué et épuisant du côté de T&K ; d'ailleurs, ça aurait très bien pu se dérouler en saison 1 ou 2 sans problème, il n'y a pas la moindre continuité avec le reste, et les études de Kimmy (notamment sa bourse pour aviron) ne sont quasiment pas prises en compte.

 

3x11 - Une des enseignantes (Rachel Dracht) de Kimmy & Perry les invite à un dîner de cons, Kimmy découvre le web, et Titus part dans un délire sur le prénom de la fille de son nouveau compagnon.

Rachel Dracht, un peu comme Maya Rudolph, n'est là que pour faire son numéro, et n'est pas particulièrement convaincante ; de manière générale, un épisode parfois longuet, notamment pour Jacqueline qui se fait la main sur Mimi, et récupère un séducteur en lieu et place de David Cross ; la résolution de la sous-intrigue du rap philosophique était assez sympathique, cela dit.

 

3x12 - Kimmy apprend la philosophie, et hésite à apparaître dans le show de Xan ; Jacqueline découvre que Russ n'a pas changé que physiquement ; Lillian découvre les mystères de la technologie avec Artie.

Un Titus pas très présent, une conclusion évidente et prévisible pour Jacqueline/Russ (Jacqueline a changé, ça fait plaisir), et Artie/Lillian restent touchants, eux aussi.

3-13 - Titus gagne de l'argent grâce à sa chanson, et Jacqueline le prend sous son aile pour impressionner Mikey ; Lillian et Artie se séparent ; Kimmy est renvoyée de l'université, et décide de se fier à son test d'orientation pour trouver une carrière.

Un final mi-figue mi-raisin : le tout semble vraiment précipité, notamment dans la manière dont Kimmie est renvoyée/se reconvertit/se fait à nouveau virer à cause du Révérend/trouve une carrière-miracle bien pratique, une sorte de deux ex machina qui sort de nulle part. On regrettera aussi la disparition totale de Perry, mais on saluera le caméo de Jim Gaffigan, amusant, la prise de conscience de Kimmy, et le clin d'oeil à Retour vers le Futur, gratuit et superflu, mais pas forcément désagréable.

 

Bilan :

Une saison manquant étrangement de liant et de direction : si les thématiques initiales étaient intéressantes, et si certains des personnages ont effectivement évolué dans des directions originales, dans l'ensemble, le nombre de pistes abandonnées en cours de route est assez frustrant. Outre le couple Artie/Lillian, on peut aussi citer la fiancée du Révérend, qui disparaît, David Cross et Fred Armisen, qui font de même, la relation de Perry et de Kimmie, qui ne débouche sur rien, le divorce de Kimmy, les études de Kimmy, etc.

Autant d'idées délaissées (peut-être par la force des choses - Ellie Kemper était enceinte) qui, ajoutées à des guests pas toujours très pertinents, à des références qui datent un peu trop le récit, à un manque d'homogénéité, de structure, et à une présence de plus en plus envahissante de Titus, peuvent frustrer : par moment, on a l'impression de regarder Unbearable Titus Andromedon, tant il vole la vedette à tout le monde, et tant les scénaristes semblent parfois se dire que laisser Tituss Burgess improviser suffit à créer l'hilarité.

Dans l'absolu, pourquoi pas, si le personnage évolue... je ne suis cependant pas convaincu que cela va vraiment se produire au final.

Tout comme je ne suis pas vraiment convaincu par ce que laisse deviner la prochaine saison : Kimmy Schmidt entourée de millennials privilégiés dans une start-up, ça risque d'amener Tina Fey et ses scénaristes à ressortir tous les gros clichés et leurs préjugés sur cette génération, ce qui n'augure pas forcément de quelque chose de très frais et original.

Mais bon, nous verrons bien. Dans l'intervalle, je placerai probablement cette troisième saison au même niveau que la seconde : sympathique, sans plus, et je persiste à penser qu'il y a un problème de format inhérent au passage de la saison 1, conçue pour NBC, à la saison 2, pour Netflix : le show est désormais trop à son aise, ses épisodes dépassent la demi-heure, et ils y perdent en énergie et en concision.

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Les bilans de Sygbab - LEXX : saison 4 (2001-2002)

Publié le 8 Juillet 2017 par Sygbab dans Critiques éclair, Review, Télévision, Les bilans de Sygbab, Science-Fiction, Allemagne, Canada

Sygbab regarde (beaucoup) la tv, Sygbab écrit (parfois) des bilans : retrouvez-les sur le blog des Téléphages Anonymes !

Lexx - Saison 4 :

Dans la foulée du final de la troisième saison, l'équipage du Lexx se dirige vers la Terre pour que le vaisseau vivant puisse se sustenter : c'est l'origine des événements de la saison. En effet, toute la saison se déroule sur notre planète, et ce pour des raisons évidentes puisque le manque de budget est criant. Mais les scénaristes s'en accommodent et optent pour une satire quasi permanente de la société moderne, notamment celles des États-Unis qui en prend pour son grade. Le fait que le pays soit dirigé par l'abruti congénital qu'est Reginald G. Priest est suffisamment parlant, d'autant qu'il est manipulé par l'agence gouvernementale ATF (Alcohol, Tobacco and Fire Arms).

La Terre est au coeur de la Dark Zone, et le tableau est noir : oui, l'argent est le nerf de la guerre, et les trois commerces cités précédemment sont ceux qui en brassent le plus. Ce n'est pas pour rien que celui qui se trouve à la tête de l'ATF ne soit autre que Prince, dont l'essence vitale a migré après la destruction des planètes Fire et Water. La multiplication des agences américaines est aussi une source de moquerie dans cette saison, avec le détournement de la plus connue d'entre toutes : le FBI devient le Free Beef Industries...

Beaucoup d'éléments de la culture américaine sont passés au crible, du Texas à la télé-réalité (Xevivor est une parodie hilarante de Survivor) en passant par le monde du porno dans Fluff Daddy. Cet épisode est l'objet de multiples références à Star Trek, contre toute attente : le film X en tournage se nomme Deep Space 69 et le réalisateur dit à Stan - reconverti pour l'occasion en fluffer sans savoir de quoi il en retourne - qu'il faut aller "where no man has fluffed before". La liste est loin d'être exhaustive (Apocalypse Now est également revisité), ce qui permet d'affirmer que le ton de la saison 2 est de nouveau présent.

C'est avec bonheur que le téléspectateur retrouve cet esprit complètement déjanté, mais parfois il est tellement poussé à l'extrême qu'il faut faire un effort pour véritablement apprécier certains épisodes qui sont totalement absurdes. Dans toute autre série, ce serait tout simplement nul, mais il y a toujours une réserve à être aussi catégorique dans le cas de Lexx tant l'écriture est à des années-lumières de ce qu'on a l'habitude de voir. Mais de temps en temps, un épisode plus sérieux pointe le bout de son nez, et le changement de ton est plutôt bien géré.

La plus belle réussite reste The Game, dont le concept est absolument génial : Kai et Prince jouent une partie d'échecs - l'enjeu est primordial pour le Brunnen-G car son adversaire lui a promis de lui rendre la vie s'il l'emporte - avec des pièces représentées par les têtes des différents personnages de la série. Le déroulement de la partie est passionnant (si tant est qu'on ait un certain goût pour l'aspect tactique), mais elle est rendue encore plus intense avec les commentaires en direct des pièces-personnages sur l'échiquier, et son dénouement réserve un retournement de situation totalement improbable.

En réussissant à concilier le sérieux et le grand n'importe quoi généralisé, les scénaristes font preuve de maturité : ils ont appris de leurs erreurs - notamment celles de la saison 3 - et ont trouvé la manière de réunir les divers facettes de la série. On retrouve même l'ambiance particulière de la saison 1 le temps d'un épisode, dans Vlad. Kai y est confronté à un exécuteur divin, chargé du temps du règne de The Divine Shadow d'éliminer les... assassins divins. C'est une façon d'explorer le mythe des vampires, puisque ce personnage féminin se nomme Vlad et vit en Transylvanie. Ce n'est pas la seule incursion dans le monde fantastique, puisque le monde féérique est vu à travers le prisme de Lexx dans A Midsummer's Nightmare et le résultat est pour le moins original.

Toutes ces expérimentations peuvent facilement donner l'impression d'une saison qui n'a aucune direction précise (parfois, c'est tellement bordélique qu'on en est intimement convaincu), et pourtant il y a une réelle continuité, quasiment du début jusqu'à la fin. C'est encore une fois une conséquence directe de la saison 3 : cette dernière était tellement concentrée que les rebondissements de l'intrigue faisaient parfois office de remplissage. L'optique est ici différente : il y a plusieurs sous-intrigues, mais elles sont éparpillées.

Comme les enjeux et les ambitions ne sont pas aussi importants (ce ne sont pas des questions existentielles sur la nature du Bien et du Mal ou sur l'après-vie), elles sont plus diffuses mais elles donnent la possibilité d'alterner, de les recouper, de les utiliser comme ressort comique ou de les ressortir au moment opportun. À part les intrigues passagères (Vlad qui est l'ennemi numéro un de manière éphémère) ou les intrigues très secondaires (le Lexx qui doit absolument manger pour avoir enfin de quoi détruire la Terre), deux fils rouges se distinguent : les tentatives répétées de Prince pour prendre le contrôle du Lexx, et les sondes aliens en forme de carottes qui contrôlent leurs victimes en rentrant dans leur corps par l'anus (si si...).

Les deux sujets sont traités avec une grosse dose de second degré (c'était d'ailleurs clairement nécessaire pour le second). Les scénaristes s'amusent beaucoup avec la clé du Lexx, qui change de propriétaire régulièrement selon que ces derniers soient tués ou proches de l'extase sexuelle. Il est tout de même dommage que le concept ne soit pas totalement exploité car tout le monde la perd très vite alors que certains personnages seraient en position de faire bien plus de dégâts en possession de l'arme la plus puissante de l'univers.

En ce qui concerne les sondes carottes, leurs apparitions sont plus sporadiques, mais elles sont la clé de l'invasion d'une race de plante vivant sur un astéroïde qui progresse vers la Terre. Cela amène à une bataille finale contre l'équipage du Lexx, et la conclusion est tragique et définitive puisque Kai retrouve la vie pendant 5 minutes avant de la sacrifier  entonnant une dernière fois le Yo Way Yo, accompagné par Stan et Xev. Comme pour symboliser le comble de l'ironie, cet acte héroïque ne sauve même pas la Terre, qui finit détruite comme Stan l'a toujours souhaité.

Il faut dire que ce n'est pas la planète la plus accueillante dont ils ont croisé le chemin, et il est assez drôle de voir Stan et Xev dégoûtés des perversions de ses habitants alors qu'ils sont bien gratinés eux-mêmes, entre le vieil obsédé et la nymphomane chronique. Mais autant les Terriens sont stupides, autant la fameuse représentation d'aliens technologiquement et intellectuellement supérieurs débarquant sur Terre est mise à mal : l'équipage du Lexx a bien la technologie, mais n'a pas de cerveau.

Stan, par exemple, répète constamment les mêmes erreurs, et déballe sans arrêt les petits secrets du Lexx (et surtout celui de la clé) pour impressionner ses interlocuteurs. Ce n'est pas de la naïveté mais un complexe de supériorité malvenu puisque ça lui retombe toujours dessus. Xev n'est pas tellement mieux, Kai reste fidèle à lui-même, et 790 est définitivement une pourriture puisqu'il passe son temps à comploter pour éliminer Stan et Xev du paysage. Parfois, on se demande vraiment ce qui les sépare de Reginald G. Priest et de Bunny, ou même de Prince. Difficile de faire des personnages plus humains, puisqu'ils en ont tous les vices.

Excepté 790 qui est insupportable et dont les scénaristes n'ont plus su quoi faire dès la saison 3 (sa violence verbale était encore drôle dans les deux premières, mais dès que son obsession s'est reportée sur Kai, le résultat a été catastrophique), ils ne sont pourtant pas antipathiques et leurs aventures se suivent agréablement quand ce n'est pas trop tiré par les cheveux. Il est tout de même dommage que certains éléments développés dans la saison 3 aient été oubliés : le procès de Stan aurait dû lui mettre du plomb dans la tête mais il n'en a rien été, et le conditionnement de Xev pour être une femme modèle était intéressant mais a été utilisé pour justifier sa nymphomanie. Du trop sérieux, la bascule s'est effectuée d'un coup vers le peut-être trop déjanté.

Lexx est finalement une série qui n'aura cessé d'expérimenter, et qui n'aura jamais proposé deux saisons identiques tant dans leur structure qu'au niveau des thèmes abordés. Il en résulte une série de science-fiction réellement atypique, à laquelle il faut savoir s'adapter pour l'apprécier car l'esprit qui y règne est très particulier. Ça peut être complètement décomplexé, gore, bourré de scènes suggestives, parfois génial, parfois à la limite du ridicule : le moins que l'on puisse dire, c'est que c'est créatif. Elle n'est bien entendu pas exempte de défauts, que ses qualités ne compensent pas toujours, mais elle est intéressante à regarder.

 

(voir aussi : bilan saison 1 ; saison 2 ; saison 3)

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Un film, un jour (ou presque) #553 : Ma Soeur est Invisible ! (2015)

Publié le 7 Juillet 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Télévision, Review, Comédie, Disney, Fantastique, DCOM, Halloween

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Ma Soeur est Invisible ! (Invisible Sister) :

Jeune adolescente discrète, sarcastique et portée sur les sciences, Clea (Rowan Blanchard) ne s'entend pas avec sa soeur Molly (Paris Berelc), belle, populaire, sportive et superficielle. Le soir d'Halloween, alors qu'elle travaille sur un projet scolaire, elle met involontairement au point un moyen de rendre autrui invisible. Et lorsque sa soeur devient la victime de cette expérience, Clea doit conclure une trêve avec celle-ci, pour tenter de régler au plus vite cette situation.

Une DCOM diffusée à Halloween 2015, mais qui n'a quasiment rien d'Halloween, et qui n'a comme principaux intérêts que le tournage à la Nouvelle Orléans, et Rowan Blanchard, assez sympathique.

Le reste, c'est du déjà vu pour Disney, avec cette histoire de soeurs radicalement différentes qui apprennent à se comprendre en traversant une épreuve surnaturelle, blablabla (voir aussi L'Étoile Filante - 1996, et bon nombre d'autres téléfilms similaires).

Avec ici, en prime, une Paris Berelc jolie mais fade, ainsi qu'un postulat totalement inexploité (l'invisibilité n'est jamais utilisée de manière intéressante, légère ou créative), et finalement assez vain (le film n'atteint même pas les 80 minutes, à se demander s'il n'y a pas eu des coupes sévères dans le script ou au montage). Bof.

2.5/6

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Les bilans de Lurdo : Breaking Bad - Le Film (2017)

Publié le 2 Juillet 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Télévision, Les bilans de Lurdo, AMC, Drame, Thriller, Action

Que se passe-t-il lorsque Lucas Stoll et Gaylor Morestin, deux fans français de Breaking Bad (2008-2013), la série culte de Vince Gilligan (multi-primée, et considérée par beaucoup comme l'une des meilleures séries de l'histoire de la télévision) décident de se livrer à une expérience improbable : prendre sur leur temps libre pendant plusieurs années, et résumer les 62 épisodes de la série diffusée sur AMC en un long-métrage de deux heures à peine ?

Breaking Bad - Le Film :

Walter White (Bryan Cranston), un professeur de chimie dont l'épouse (Anna Gunn) attend un second enfant, apprend soudain qu'il est atteint d'un cancer incurable des poumons, qui ne lui laisse, au mieux qu'un an ou deux à vivre s'il se soigne. Mais pour cela, il a besoin d'argent, et il se tourne alors vers Jesse Pinkman (Aaron Paul), l'un de ses anciens élèves devenu petite frappe : ensemble, les deux hommes se lancent ainsi dans la fabrication et le commerce de methamphétamine, un trafic qui va leur apporter énormément d'argent, mais aussi énormément de problèmes, et les transformer radicalement...

Je l'avoue sans peine : je n'ai jamais regardé la série Breaking Bad. À l'époque de sa diffusion, je n'étais pas vraiment intéressé par le postulat de départ (trop similaire à d'autres séries câblées US, comme Weeds, que j'avais fini par délaisser), par l'univers des trafiquants de drogue, par l'environnement du Nouveau Mexique, par la maladie de Walter, par la distribution (notamment Anna Gunn, qui m'avait horripilé dans les quelques scènes que j'avais vues de la série), etc, etc, etc...

Et plus la série gagnait en popularité et en influence, plus mon esprit de contradiction et ma fainéantise se sont imposés : cinq saisons de Breaking Bad, ce n'était pas pour moi.

Mais en découvrant cette version condensée créée par des fans, je me suis dit : pourquoi pas ? Pourquoi ne pas tenter l'expérience, tout en ayant totalement conscience des limites de l'aventure ?

Il est évident qu'en 120 minutes, il était impossible de résumer 62 heures de série : ne serait-ce qu'au niveau du développement des personnages, de leurs relations, et de l'attachement du spectateur à ces derniers (que ce soit un attachement positif, pour les bonnes séries, ou digne d'un syndrôme de Stockholm, pour les mauvaises), la version long-métrage de Breaking Bad ne pouvait pas, sur papier, rendre justice aux personnages et à l'écriture de la série.

Et cela se perçoit notamment dans le cas de Jesse Pinkman, qui est largement passé au second, voire au troisième plan du récit dans la version "cinéma" : Aaron Paul y a tout de même le temps d'impressionner par son charisme, mais il fait presque de la figuration durant le plus gros du film, et n'est qu'un pion dans un métrage intégralement centré (sans surprise) sur Walter White.

Un Walter White au parcours plutôt cohérent et bien retranscris (même si, vers la fin, il manque clairement de quoi vraiment expliciter son évolution finale), bien aidé en cela par la prestation habitée de Cranston. Face à lui, dans la version de deux heures, seul Hank (Dean Norris) existe réellement, étant l'antagoniste principal de Walter, et le plus proche de lui.

Si les deux heures de métrage parviennent à bien équilibrer l'évolution de la relation Walter/Hank, et l'ensemble des événements de la série, elles ne sont pas sans défaut. Tout le monde n'est pas logé à la même enseigne, et autant je peux comprendre l'intégration des spots de pub pour Saul, qui sont des fan-favorites, autant je me dis que ces quelques minutes auraient pu être consacrées à Jesse, ou à approfondir certaines des relations résumées à l'écran (en tout cas, la femme de Walter n'est toujours pas attachante ou touchante).

Bref, au final, cette version de deux heures m'est apparue globalement compréhensible et intéressante, bien que n'étant clairement qu'un squelette sur lequel 60 heures supplémentaires de développement viennent se greffer. Je suppose que pour les fans de la série, cette version est un blasphème qui coupe tout ce qui est important, mais malgré l'aspect "résumé" indéniable, on s'attache tout de même à Walter et à ses mésaventures, tant la présence de Cranston est incontournable ; ce qui, en soi, est bien la preuve de quelque chose de très spécial au niveau de l'alchimie entre un personnage et son interprète.

Cela dit, bien que j'aie apprécié ces deux heures, ce n'est pas pour autant que je vais m'attaquer à l'intégrale de la série. Mes réserves initiales sont toujours présentes, et ce qui est supportable et intéressant en 120 minutes, ne le sera probablement pas pour moi sur toute la durée.

4/6, bitch.

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Les bilans de Sygbab - LEXX : saison 3 (2000)

Publié le 1 Juillet 2017 par Sygbab dans Critiques éclair, Review, Télévision, Les bilans de Sygbab, Science-Fiction, Canada, Allemagne

Sygbab regarde (beaucoup) la tv, Sygbab écrit (parfois) des bilans : retrouvez-les sur le blog des Téléphages Anonymes !

Lexx - Saison 3 :

Après une première saison en forme de mini-série et une deuxième saison composée dans sa grande majorité de loners structurés autour d'un fil rouge, cette troisième saison s'oriente sur un format feuilletonnant. L'action se déroule essentiellement sur deux planètes jumelles dont Lexx croise le chemin après 4000 ans d'errance dans l'espace (l'équipage sort alors de la cryo-stase dans laquelle il était plongé). L'une est entièrement composée d'océans, l'autre est totalement désertique, et chacune possède des villes construites sur des tours.

L'intrigue amène Stan et ses compagnons à effectuer des allers et retours entre les deux planètes, et les scénaristes s'en donnent à coeur joie pour alterner les séparations et les retrouvailles afin de donner une nouvelle dynamique au groupe. Au fur et à mesure de leur découverte des deux mondes, ils rencontrent d'anciennes connaissances à priori décédées (Bunny, Fifi, Mantrid, Jigarata, pour ne citer qu'eux), qui ne connaissent pas le concept de la naissance.

Le voile est levé dans le final : les deux planètes sont des représentations du paradis et de l'enfer, peuplées par l'essence vitale des individus qui ont été jugés après leur mort. Un concept intéressant qui permet de faire le procès de Stan dans l'avant-dernier épisode  - alors que les scénaristes jouaient de son égoïsme exacerbé, il paie ici les conséquences de ses mauvais choix - et qui remet en perspective certains éléments disséminés au cours de la saison comme la différence marquée entre les souffrances endurées sur la planète Fire et les bonheurs de la planète Water - incongrus dans la Dark Zone.

C'est également en cohérence avec la thématique principale, à savoir la distinction entre le Bien et le Mal, ainsi que les choix moraux que doivent effectuer Stan et Xev. Celui qui les met face à leurs reponsabilités est sans doute l'atout principal de la saison : Prince. Il déjoue sans cesse la mort, peut apparaître où et quand il le veut quand il veut, possède la capacité de prendre l'apparence de n'importe qui (un don bien entendu exploité pour proposer des situations improbables, comme Xev qui aurait envie de coucher avec Stan), et veut détruire la planète Water par tous les moyens car il est le mal incarné. Tout cela fait de lui un personnage à la fois charismatique, fascinant et inconsistant. A l'évidence, le ton est plus sérieux, et même si l'humour noir est toujours là, sa portée est bien moindre qu'auparavant.

Cette nouvelle orientation engendre bien évidemment des adaptations dans l'écriture, qui n'est pas exempte de tout défaut. Il est toujours plus difficile de construire une saison autour d'un arc unique, et parfois les ficelles utilisées pour que l'intrigue rebondisse sont assez grossières. L'alternance des villes visitées a également ses limites car les épisodes ne sont pas toujours des plus passionnants (le concept est exploité jusqu'au bout : pas moins de quatre épisodes portent le nom de la ville que le téléspectateur va découvrir en même temps que les protagonistes). Enfin, le conflit perpétuel entre les deux planètes ne se ressent pas vraiment, à quelques exceptions près. Quoi qu'il en soit, il faut saluer cette prise de risque : l'équipe en place ne s'est pas contentée de dupliquer une recette qui avait déjà fonctionné en prenant le parti de tenter tout autre chose.

À côté de ça, il y a un véritable développement des personnages. Outre le cas de Stan qui a déjà été évoqué et 790 qui apparaît moins à l'écran après avoir opéré un revirement à 180° puisqu'il/elle a désormais les yeux roses transis d'amour pour Kai - ce qui n'est pas plus mal tant il est agaçant -, le Brunnen-G et Xev ne sont pas laissés de côté.

Quelques éléments nous sont fournis pour mieux comprendre l'état de mort-vivant du premier cité : il a été décarbonisé, et certaines parties de son corps sont mécaniques (comme son entrejambe, raison pour laquelle il ne peut pas goûter à certains plaisirs). Son statut est représenté de manière symbolique en fin de saison, lorsqu'il est en train de couler vers le centre de la planète Water et qu'il rencontre son essence vitale, coincée entre les deux mondes.

Concernant Xev, il faut signaler une nouveauté : son ADN de lézard sert enfin, et lui confère le même genre de pouvoirs que les reptiles (notamment le roulé-boulé qui leur permet de se déplacer à une allure fulgurante). C'est un élément qui n'avait pas vraiment été exploité jusqu'à présent et il est plaisant de constater qu'il sert enfin.

Son passé sur B3K est l'objet de flashbacks, afin de montrer dans quelles conditions elle a été élevée. Vivant dans une boîte - à la dure donc -, son éducation avait pour seul but de l'entraîner à être une femme parfaite, anticipant tous les désirs de son mari. Finalement, elle était presque prédestinée à être une esclave sexuelle, ce qui remet en perspective sa condamnation initiaie.. Mais elle a su passer au-delà et a réussi à se forger une personnalité forte.

Il est difficile d'évoquer des points de comparaison avec les saisons précédentes puisque le format, la structure et les ambitions sont bien différentes, mais le côté un peu trop sérieux par moments ne convient pas réellement à la série. C'est dommage car la ligne directrice est très intéressante, et en y mettant plus de folie cela aurait donné un traitement original à un thème très classique. Il faudrait que cet esprit déjanté règne dans la saison 4, puisque l'équipage se dirige vers la Terre qui était en orbite inversée avec les planètes jumelles, et sur laquelle devraient se trouver toutes les essences vitales libérées par leur destruction. Il y a de la suite dans les idées, et le potentiel pour faire quelque chose de bien.

 

(voir aussi : bilan saison 1 ; saison 2)

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Les bilans de Lurdo : Star Trek Voyager, saison 6 (9/9 + bilan)

Publié le 25 Juin 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Télévision, Les bilans de Lurdo, Science-Fiction, Star Trek, Review

Fin de la saison 6 de Star Trek Voyager, une saison qui, malgré un certain sens de la continuité, continue de souffler le chaud et le froid...

Star Trek Voyager, saison 6

6x25 - The Haunting on Deck Twelve:

Alors que le Voyager est plongé dans une obscurité totale le temps de traverser une nébuleuse, Neelix raconte aux enfants borgs l'histoire du Pont 12, fermé à tous les passagers suite à un incident des plus sinistres...

Star Trek Voyager nous fait une histoire de "fantômes" pas désagréable, mais qui souffre d'un gros ventre mou, et peine donc à convaincre sur la durée. Dommage, parce que les angles de caméra inhabituels, la continuité avec les enfants et Tal Celes (dont c'est malheureusement la dernière apparition), les effets, et l'interprétation de Mulgrew étaient tous plutôt convaincants, et que dans l'idée, l'épisode est sympathique, mais au final, le tout s'équilibre pour donner quelque chose de plutôt moyen.

 

6x26 - Unimatrix Zero, part 1 :

Lorsque Seven commence à rêver, elle découvre qu'une fraction rarissime du Collectif borg est capable de se transporter en pensée dans l'Unimatrix Zéro, une réalité virtuelle tropicale et idyllique, dans laquelle ces Borgs retrouvent leur identité et leur individualité. Mais le Collectif - et la Reine borg - sont bien décidés à se purger de ces erreurs biologiques, et le Voyager va tout faire pour empêcher un massacre...

Pour finir la saison, un épisode double centré sur les Borgs, définitivement surexploités, et qui paradoxalement, n'évoque même pas les enfants borgs présents à bord.

L'ensemble reste assez regardable et dynamique, même si l'idée de faire de Seven l'une des Borgs "spéciales" est probablement de trop, tout comme sa relation "virtuelle" avec l'un des autres borgs.

Et puis, je ne sais pas trop pourquoi, mais tout ça semble tellement sortir de nulle part que l'ensemble de l'épisode paraît parfois vraiment forcé... comme par exemple ce cliffhanger finalement très peu original - cf Best of Both Worlds.

Bref, à nouveau : c'est regardable, mais peu mémorable.

 

Bilan saisonnier

La saison dernière, j'avais conclu que Voyager manquait vraiment de direction, après sa saison 4 centrée sur Seven of Nine : le show n'avais plus vraiment de point focal, et se contentait bien souvent de recycler des intrigues et des antagonistes passés, sans grande motivation, et en faisant du surplace.

Cette année... il en va de même, en fait. Et comme je n'ai eu de cesse de le répéter au cours de ces neuf bilans hebdomadaires de visionnage, la saison 6 de Star Trek : Voyager est frustrante.

Frustrante, parce que malgré des épisodes problématiques et faiblards, comme chaque saison, et des idées pas toujours très probantes (Fair Haven), la série a décidé, cette année, d'introduire des personnages secondaires récurrents (Naomi Wildman est toujours là, les enfants borgs, Tal Celes, Reginald & Troi...), ce qui est une très bonne chose... mais malheureusement, elle ne les exploite pas assez dans l'ensemble, et se contente d'utiliser ces personnages le temps de deux ou trois épisodes, avant de les oublier ensuite.

Une tendance qui prend surtout place dans la seconde moitié de la saison, ce qui fait que ces personnages récurrents n'ont pas le temps de s'installer ou d'être développés correctement.

Cela dit, ça va de pair avec le sous-développement chronique de tous les personnages ne s'appelant pas Seven of Nine et Holo-Doc. Seule B'elanna s'en sort occasionnellement avec les honneurs, mais même là, elle est nettement moins présente qu'à une certaine époque, et sa relation avec Paris n'existe que quelques fractions de seconde dans la saison.

Et puis reste le problème des Borgs. Des Borgs, encore des Borgs, toujours des Borgs, trop de Borgs, qui deviennent répétitifs et insipides. Combien de fois Seven et le Voyager vont-ils rencontrer un groupe de Borgs renégats/déconnectés/perdus, etc ? Combien de fois le vaisseau va-t-il affronter une Reine Borg, triompher d'elle, et continuer son petit bonhomme de chemin ?

Franchement, en tant que spectateur, j'en suis presque arrivé à un point où j'ai envie de zapper certains épisodes dès qu'on aperçoit un cube ou un drone...

Alors qu'attendre de l'ultime saison de Voyager ? Bonne question. À l'époque de sa diffusion, je l'avais totalement ratée, tant j'avais décroché, et je n'avais rattrapé le series finale que bien plus tard, sans conviction.

Là, si j'étais optimiste, je dirais que les scénaristes vont profiter de cette dernière saison pour développer sur la durée le retour potentiel du Voyager sur Terre, ses contacts de plus en plus fréquents avec la Fédération et Starfleet, etc. Mais je suis réaliste. Connaissant la série et son équipe créative (Ron D. Moore est parti, Menosky aussi, Brannon Braga qui prend ses distances entre la saison 6 et 7 pour rejoindre Enterprise, Bryan Fuller sous-exploité), je m'attends à une saison complète de meublage, à une disparition totale des personnages récurrents de la saison 6, et à un beau gâchis général, avec toujours plus de Borgs, mais toujours moins impressionnants et menaçants.

J'espère me tromper...

 

À suivre...

(épisodes 6x01-03 ; 6x04-06 ; 6x07-09 ; 6x10-12 ; 6x13-15 ; 6x16-18 ; 6x19-21 ; 6x22-24)

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Les bilans de Sygbab - LEXX : saison 2 (1998-1999)

Publié le 24 Juin 2017 par Sygbab dans Critiques éclair, Review, Télévision, Les bilans de Sygbab, Science-Fiction, Allemagne, Canada

Sygbab regarde (beaucoup) la tv, Sygbab écrit (parfois) des bilans : retrouvez-les sur le blog des Téléphages Anonymes !

Lexx - Saison 2 : 

Comparée à la première saison, celle-ci se rapproche des standards connus aux États-Unis puisqu'elle est composée de 20 épisodes, dont le format de 45 minutes est beaucoup plus classique. Cela offre donc bien plus de liberté pour narrer les aventures de cet équipage loufoque, sous le prétexte que ceux-ci cherchent - une fois de plus - un nouveau lieu d'habitation. Le glauque, le gore et le sexy sont toujours présents, mais c'est surtout l'esprit déjanté qui se développe de plus en plus et qui est mis en avant avec bonheur.

Si l'humour noir existait auparavant, le deuxième épisode montre les premiers signes du recul pris par les scénaristes et donne lieu à une auto-dérision des plus savoureuses quand un docteur tente de séduire Zev en se comparant à ses compagnons qu'il décrit comme des personnages ridicules.

C'est globalement l'image qu'ils renvoient, et il n'est pas rare que les passagers de fortune du Lexx écarquillent les yeux en découvrant les occupants bizarroïdes de cet étrange vaisseau. C'est l'un des nombreux running-gags de la série, qui résultent la plupart du temps de situations complètement farfelues permettant de compenser le manque d'action - et aussi le manque de budget, tout se déroulant dans des espaces confinés.

Satire du monde de la télévision dont les audiences sont le seul critère de réussite, planète remplie de moines qui ne connaissent ni les femmes ni le concept d'homosexualité qu'ils pratiquent à l'envie, upgrade de 790 avec un cyborg pour créer 791, plante pouvant prendre forme humaine... Les idées délirantes sont légion, et sont exploitées à fond.

Le dernier cas cité est d'ailleurs un nouveau personnage, et ses caractéristiques sont plus qu'atypiques : Lyekka est à l'origine de la résurrection de Xev (Xenia Seeberg remplace Eva Habermann, dans un style plus vulgaire) et reste à bord du vaisseau alors qu'elle doit régulièrement se nourrir de personnes vivantes, ce qui en fait un danger pour l'équipage.

Heureusement, c'est aussi à ça que servent les fameux passagers éphémères déjà évoqués auparavant... Tous ces exemples montrent que cette série de science-fiction ne ressemble à aucune autre et qu'elle sort des sentiers battus.

D'ailleurs, parcourir l'espace n'y est pas synonyme de découverte de nouvelles planètes ou de nouvelles civilisations. Ici, il s'agit plutôt d'assouvir les désirs de luxure de Stan, qui devient fou en côtoyant Xev sans jamais avoir droit à un peu de réconfort, d'autant qu'il ne séduit jamais les filles de passage.

Loin d'un héros au grand coeur - il est plutôt un adepte forcené du nombrilisme -, il utilise constamment le Lexx à des fins personnelles, donc à très mauvais escient. Tel un gamin capricieux, il n'hésite pas à détruire des planètes pour impressionner les gens qui ne veulent pas les accepter parce qu'ils n'ont pas d'argent. Et comme le Lexx est d'une stupidité sans limite, il ne risque pas de se rebeller malgré le sillage de destruction qu'il laisse derrière lui...

Pourtant, Stan est souvent la voix de la raison (ou plutôt, sa couardise l'amène à choisir la solution la moins dangereuse pour son intégrité physique), mais la curiosité de Xev ainsi que son envie de vivre de nouvelles expériences les met dans le pétrin plus souvent qu'à leur tour.

Cela ne fait qu'encourager 790 à la soutenir - trop heureux de pouvoir déverser sa bile à l'égard de son capitaine -, tandis que Kai n'émet jamais une quelconque opinion. Stan n'a donc aucune autorité, et ne fait que suivre le mouvement quand il n'est pas décidé à certains muscles. C'est pathétique, mais les scénaristes prennent un malin plaisir à humilier leurs personnages (Kai, par exemple, se fait souvent découper et peut être contrôlé très facilement).

Il arrive toutefois que le sérieux rejoigne le délire, comme l'atteste Brigadoom. Dans un décor unique (une scène de théâtre) et avec des costumes bigarrés, le défi de l'épisode musical est relevé avec brio, en ayant une conscience aiguë du fait que c'est un exercice casse-gueule, comme le montrent les réactions de Xev et Stan. Ils représentent chacun un comportement possible chez le téléspectateur : la première est enthousiaste et se prend au jeu, le second hallucine et se demande ce qu'il est en train de regarder.

Au-delà de la forme qui peut diviser, l'univers de la série s'enrichit en reprenant des éléments déjà connus pour les approfondir : l'histoire des Brunnen-G est retracée de leur gloire jusqu'à leur chute, au moment de l'attaque de Kai contre The Divine Shadow 2000 ans auparavant.

Le développement du background de Kai n'est pas isolé puisque l'épisode Stan's Trial revient sur la supposée traîtrise de Stanley. Elle est expliquée de la manière suivante : alors qu'il avait pour mission de transporter l'ADN de l'arme ultime de The Divine Shadow aux forces armées des hérétiques, il a préféré se laisser capturer par des mercenaires plutôt que de mettre fin à ses jours ; ce qui a eu de fâcheuses conséquences : l'ADN a été utilisé pour créer le Lexx, et surtout les codes du système de défense des Planètes Réformées ont été extraits de l'une de ses dents, ce qui a abouti à leur destruction... Victime des circonstances, Il est considéré comme un criminel alors qu'il a simplement eu peur de mourir...

En tout cas, malgré ce qui ressemble souvent à un grand n'importe quoi généralisé, il y a de la cohérence, et même un fil rouge : Mantrid. Lors du premier épisode de la saison, Kai indique à ses compagnons que le seul moyen de refaire son stock de protoblood est d'en extraire d'un insecte, mais il est sans le savoir possédé par l'essence de The Divine Shadow qui veut être transférée dans un corps appartenant à son espèce. Ils font alors appel à Mantrid qui accepte de les aider car il pense pouvoir devenir immortel en récupérant l'organe qui lui permettrait de transférer son esprit dans un ordinateur.

Un plan alambiqué qui tourne mal, et qui aboutit à un programme informatique mi-humain mi-insecte suite à un enchaînement d'événements malencontreux. Contaminé par The Divine Shadow, Mantrid a alors pour seule ambition d'éliminer tous les humains, et dévore la matière de l'univers afin de construire une armée de drones, soit des bras flottants qui se déplacent en faisant un bruit inquiétant. Les enjeux ne peuvent pas être plus importants pour Stan et ses compagnons : il faut sauver l'univers ! Bien évidemment, série atypique oblige, ils vont lamentablement échouer : l'expansion de l'univers s'inverse, et ce dernier disparaît totalement.

Mantrid n'est pas vraiment présent tout au long de la saison, mais à de nombreuses reprises ses drones apparaissent en fin d'épisode pour dévorer la planète que le Lexx vient de quitter. C'est une manière intelligente de préparer la rencontre directe qui a lieu dans l'épisode Norb, un peu après la mi-saison, avant la conclusion de la saison. C'est un méchant original, qui ne trahit pas la cohérence de l'univers en place puisque sa création exploite divers éléments déjà connus auparavant.

Quand une série sait se moquer d'elle-même sans se renier, c'est plutôt bon signe. Et quand une saison récompense le téléspectateur qui s'est investi, c'est encore mieux. Grâce à cette saison 2, Lexx marque sa différence avec une ambiance et un ton vraiment bizarres mais un fond solide qui reste intéressant. Reste à savoir si le fait que l'équipage se retrouve maintenant bloqué dans le seul univers qui reste, la Dark Zone, sera exploité de belle manière.

Yo Way Yo, Home Va-Ray,

Yo Ay-Rah, Jerhume Brunnen-G

Yo Way Yo, Home Va-Ray,

Yo Ay-Rah, Jerhume Brunnen-G

Yo Ay-Rah, Jerhume Brunnen-G

 

(voir aussi : bilan saison 1)

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Un film, un jour (ou presque) #543 : Power Rangers (2017)

Publié le 23 Juin 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Fantastique, Science-Fiction, Action, Jeunesse, Télévision

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Power Rangers :

À Angel Grove, la vie est assez terne pour Jason (Dacre Montgomery), ex-star de l'équipe de football du lycée ; Kimberly (Naomi Scott), cheerleader accusée de cyberbullying ; Billy (RJ Cyler), autiste maltraité par les brutes du lycée ; Trini (Becky G), solitaire et rebelle ; et Zack (Ludi Lin), excentrique et imprévisible. Jusqu'au jour où, par un mystérieux concours de circonstances, ils sont réunis par Zordon (Bryan Cranston), une entité toute-puissante qui veut faire d'eux les Power Rangers, afin de défendre la Terre contre la maléfique Rita Repulsa (Elizabeth Banks)...

Je vais être clair : je n'attendais absolument rien de ce Power Rangers. Et pour cause : contrairement aux Américains, pour qui la série, toujours diffusée actuellement, est quelque chose d'incontournable et de vénérable, j'étais un peu trop vieux pour adhérer aux Power Rangers lors de leur diffusion chez nous, et en plus, j'avais déjà connu Bioman, X-Or et compagnie. En résumé, les Power Rangers m'ont toujours laissé de marbre, et l'idée d'une adaptation réaliste et contemporaine laissait augurer du pire.

Et pourtant, ça marche à peu près.

Du moins, pendant les premières 75/90 minutes.

Les cinq jeunes sont sympathiques, pas trop mal caractérisés, plutôt bien castés (les deux filles se ressemblent un peu trop à mon goût, mais bon) et cette origin story s'avère assez sympathique à suivre (bien que relativement convenue), avec quelques idées de réalisation intéressantes, et un rythme à peu près maîtrisé.

Malheureusement, dès que Rita Repulsa débarque (Elizabeth Banks s'éclate, se lâche totalement, et est même plutôt amusante : ce n'est pas elle le problème), le film commence à perdre en intérêt : les effets spéciaux numériques déboulent, assez laids, les petits jeunes sont remplacés par leurs doublures virtuelles, les arts martiaux brillent par leur absence, Goldar ne ressemble absolument à rien (trop frêle, trop laid), et lorsque vient le moment du combat final Megazord/Goldar, c'est comme si le réalisateur refusait de montrer tous les passages incontournables de la franchise : l'assemblage du Megazord se fait hors-champ, l'affrontement se règle par une german suplex risible, et le coup d'épée final n'en est pas un.

Bref, paradoxalement, c'est quand le film tente de faire du Power Rangers qu'il est le moins convaincant (y compris au niveau de l'illustration musicale, avec insertion forcée d'un bref extrait du thème pendant quinze secondes), alors que le reste du temps, il s'avère relativement agréable à suivre.

Étrange.

3.25/6

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Un film, un jour (ou presque) #541 : Dans l'ombre de mon mari (2016)

Publié le 21 Juin 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Télévision, Canada, Thriller, Lifetime

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

​Dans l'ombre de mon mari (Undercover Wife / Not With His Wife) :

Comptable judiciaire, Monica Bolland (Jewel Staite) est horrifiée d'apprendre que son époux (Jesse Moss) a trouvé la mort alors qu'il infiltrait les opérations de Collin Murphy (Martin Cummins), un patron de la pègre. Accusée de corruption par l'Inspection Générale du FBI, Monica prend alors la fuite et, avec l'aide d'un ex-collègue de son époux, Isaac (John Cassini), elle décide d'infiltrer seule l'organisation de Murphy, pour trouver le responsable du meurtre de ce dernier...

Un téléfilm canadien diffusé sur Lifetime et assez surprenant, puisque ultra-sérieux et premier degré dans son enquête, sans vraiment tomber dans les clichés inhérents des téléfilms de la chaîne.

C'est bien simple, en inversant le sexe de l'héroïne et des autres protagonistes principaux, on se retrouverait avec un polar tout ce qu'il y a de plus normal, sans rien de honteux, comme il en a été produit des centaines dans le registre "infiltration dans la pègre".

Jewel est juste, comme d'habitude, Ryan Robbins, Martin Cummins et Leah Gibson sont compétents, ça ne traîne jamais trop la patte (hormis durant quelques flashbacks laborieux et inutiles), et si ce n'était pour un visuel ultra-terne et délavé, et pour l'interprétation très inégale de John Cassini, ça mériterait sans problème plus qu'une simple moyenne.

Mais en l'état, non.

3/6

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