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LES TÉLÉPHAGES ANONYMES

Il était une fois Lurdo & Sygbab, deux internautes passionnés de séries tv et de cinéma, et qui cherchaient un endroit où archiver leurs avis (semi) éclairés...

Articles avec #television catégorie

Christmas Yulefest 2017 - 14 - Le Plus Beau des Cadeaux (2011)

Publié le 4 Décembre 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Télévision, Yulefest, Noël, Christmas, Comédie, Romance, Lifetime

Noël approche, et chez les Téléphages Anonymesc'est donc l'heure de la Christmas Yulefestet de son marathon de cinéma festif pendant tout le mois de décembre...

Le Plus Beau des Cadeaux (Dear Santa) :

Jeune trentenaire superficielle et frivole entretenue par ses parents, Crystal Carruthers (Amy Acker) reçoit un ultimatum de ces derniers : elle a jusqu'à Noël pour changer ses habitudes et trouver un emploi, sous peine d'être privée de ses finances. Lorsqu'elle tombe sur la lettre au Père Noël de la petite Olivia (Emma Duke), Crystal se met aussitôt en tête d'exaucer le souhait de cette dernière, et de trouver une femme au père veuf d'Olivia, Derek (David Haydn-Jones), un conducteur de déneigeuse s'occupant d'une soupe populaire...

Téléfilm Lifetime de 2011, réalisé par Jason Priestley en personne, et qui, étrangement, était passé au travers des mailles du filet de ce blog, malgré la présence de la toujours très attachante Amy Acker en tête d'affiche.

J'ai pourtant vaguement le souvenir de l'avoir vu à l'époque, tout en n'en gardant qu'un très vague souvenir peu impressionné... et effectivement, au revisionnage, il n'y a pas grand chose à garder de cette production finalement assez médiocre.

Si la réalisation de Priestley est assez quelconque, c'est surtout au niveau de l'écriture que le métrage pèche : une écriture au trait assez forcé, avec des personnages clichés (aïe, le meilleur copain gay/chef efféminé à la toque, à la veste de cuisine et au tablier roses ! Aïe, la rivale amoureuse - Gina Holden - affublée de tous les défauts du monde !), et une production qui se met au diapason.

Tout le monde surjoue donc allègrement (y compris Acker, même si son charme aide à faire passer la pilule), les ficelles du script sont assez grosses (l'héroïne qui, spontanément, décide de traquer cette fillette, de mentir à cette famille, et de s'incruster dans sa vie, c'est assez limite ; les discussions à cœur ouvert qui se produisent de manière aléatoire et totalement forcée), il n'y a aucun soin apporté à la production (le dialogue nostalgique sur "le sapin qui sent bon et n'est pas un arbre en plastique", alors même qu'au premier plan de cette scène se trouve justement toutes les branches - clairement en plastique - du sapin en question) et la musique en rajoute encore une couche dans le sirupeux ou dans l'insipide.

Bref, un téléfilm totalement oubliable, qui ne gagne que quelques points grâce à son interprète et à la petite fille, assez naturelle.

2/6

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Christmas Yulefest 2017 - 13 - Une Superstar pour Noël (2017)

Publié le 4 Décembre 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Télévision, Christmas, Noël, Yulefest, Comédie, Romance, Hallmark

Noël approche, et chez les Téléphages Anonymesc'est donc l'heure de la Christmas Yulefestet de son marathon de cinéma festif pendant tout le mois de décembre...

Une Superstar pour Noël (A Song For Christmas) :

Star de la country en devenir, Adelaide (Rebecca Tobin) peine à concilier ses ambitions artistiques avec les demandes de son manager ambitieux. Un jour, alors qu'elle manque son bus de tournée, elle finit dans la ferme à sapins de la famille Lapps, qui l'accueille le temps que la météo se fasse plus clémente, et que son équipe puisse venir la rechercher. Là, Addie tombe sous le charme de Dillon (Kevin McGarry), musicien manquant du courage de tenter sa chance, et découvre les difficultés financières de la famille...

Une assez bonne surprise que ce A Song For Christmas, diffusé sans grande raison sur HM&M. Assez bonne surprise, car rien dans le sujet (la country) ou dans la distribution principale (Becca Tobin, qui ressemble de plus en plus à un croisement entre une sœur Olsen et Portia de Rossi jeune - c'est la bouche qui fait ça) ne laissait envisager un film agréable  et bien mené.

Le script est en effet cousu de fil blanc, que ce soit dans la structure de la famille, dans le postulat de départ, dans les rebondissements, etc, au point qu'on a souvent l'impression d'avoir déjà vu tout ça des dizaines de fois... et pourtant, quelque chose fonctionne. Le ton, l'énergie, la distribution secondaire, les extérieurs enneigés (pauvre distribution, qui doit tourner une scène cruciale du film alors qu'une tonne de vraie neige s'abat sur eux depuis les cieux) : ça marche à peu près.

Oh, ce n'est pas révolutionnaire pour un sou, mais la famille est crédible et attachante (mention spéciale à Kendra Leigh Timmins, toujours impeccable), la romance fonctionne plus ou moins bien (Kevin McGarry a un petit côté rétro qui sied bien au personnage et au film), et le message est moins insipide que dans le reste des productions Hallmark (ici, c'est "reste fidèle à tes principes et à ce que tu es", et pas "la ville, c'est mal, rien ne vaut la vie dans une ferme, et le mariage").

Bref, s'il y a toujours les défauts inhérents au genre (la meilleure copine ethnique est de retour, le budget photoshop est misérable - cf la couverture piteuse du magazine), le tout s'avère finalement très regardable, d'autant que je n'en attendais vraiment rien.

3 + 0.5 pour la neige = 3.5/6

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Les bilans de Sygbab - Earth 2 (1994-1995)

Publié le 3 Décembre 2017 par Sygbab dans Critiques éclair, Review, Télévision, Science-Fiction, Drame, Les bilans de Sygbab

Sygbab regarde (beaucoup) la tv, Sygbab écrit (parfois) des bilans : retrouvez-les sur le blog des Téléphages Anonymes !

Earth 2, saison 1 :

S'ajoutant à la liste des séries de science-fiction n'ayant pas dépassé une saison complète, Earth 2 privilégie l'exploration et la colonisation plutôt que de s'orienter vers la classique invasion de la Terre par une race alien.

En effet, après un voyage de 22 ans en animation suspendue, l'équipage de Devon Adair s'écrase sur la planète qu'ils devaient rallier dans le cadre du projet Eden, censé aboutir à la reconstruction d'une nouvelle civilisation. Malheureusement, le site du crash est très éloigné de la destination initiale, une région qui avait été repérée au préalable nommé New Pacifica.

Il y a donc un aspect "nouveau départ" qui préfigure d'une aventure excitante, à priori facilitée par les véhicules dont le groupe dispose encore, et d'outils dont la technologie est avancée.

La ligne directrice est de fait clairement établie : le téléspectateur devrait assister à une longue marche permettant de confronter à des imprévus comme le manque d'eau - une difficulté qui revient régulièrement lorsqu'il s'agit de survivre dans un environnement dont on ne maîtrise pas toutes les composantes - et de découvrir de nouveaux paysages ainsi que les êtres peuplant la planète G889.

Ces races sont au nombre de deux : les Grendlers et les Terrians. Les premiers sont hideux (les costumes et les masques sont de mauvais goûts, ce qui nuit fortement à leur crédibilité) et sont généralement représentés comme dangereux et sans cervelle.

La seule tentative de les développer intervient dans l'avant-dernier épisode Survival of the Fittest, qui évoque la similitude des sentiments entre les humains et ces créatures immondes lors de la perte d'un être aimé, le tout sur fond de musique larmoyante. L'intention est sûrement louable, mais il est difficile d'être convaincu par la pertinence du propos alors qu'aucun effort n'a été fait auparavant pour s'intéresser à leur mode de communication ou à leur structure sociale.

Les seconds ont une apparence déjà plus travaillée, sans que ce soit extraordinaire. Il y a cependant une réelle volonté de leur donner un aspect primitif, afin d'inverser le rapport de force habituel : ici, les aliens sont humains. Mais il ne faut pas se fier aux apparences car ils disposent d'armes assez futuristes, et communiquent sur un autre plan : outre un vocabulaire constitué de trilles, ils s'expriment de manière plus mystique dans le monde des rêves.

Ils possèdent également quelques pouvoirs liés à leur symbiose avec la planète, comme la capacité de passer au travers de la roche et de la terre. L'idée est bonne, mais la réalisation est moyenne : les voir apparaître en sortant du sol avec un bruitage qui fait penser à une foreuse est assez particulier.

Ceux-ci sont au cœur de l'intrigue puisqu'ils guérissent Ulysses Adair dans le pilote, ce dernier étant atteint d'un syndrome touchant bon nombre d'enfants ayant vécu toute leur vie dans des stations spatiales - la Terre étant en grande partie devenue inhabitable - et qui limite l'espérance de vie à environ huit ans.

C'est d'ailleurs ce qui avait poussé Devon à faire partir son expédition sans l'accord du gouvernement, dans l'espoir de sauver son fils d'une maladie non reconnue. Son souhait est donc exaucé, mais ce n'est pas sans conséquence : Ulysses devient malgré lui un lien entre les deux espèces.

Cela ne manque pas d'intéresser le Conseil, une éminence grise basée sur Terre qui souhaite contrôler la planète et qui est en contact avec Julia, le seul médecin embarqué à bord - celle-ci ayant subi une modification génétique pour que la raison l'emporte sur les sentiments. Comme les Terrians ne peuvent être éliminés puisque cela signifierait la mort de la planète, le garçon est d'une importance capitale pour cette organisation.

La menace est d'autant plus présente que son représentant est en orbite et presse régulièrement Julia pour obtenir leurs coordonnées. Or, le final révèle que Reilly n'est que la création d'un programme informatique appelé Eve, dont le but était d'amener l'équipage à l'équipe de chercheurs qui ont développé son code... Remettre en question les fondements d'une série peut s'avérer être une prise de risque intéressante, ici le téléspectateur peut avoir l'impression qu'on l'a fait tourner en bourrique.

Cela n'empêche pas de poser des questions d'ordre moral, comme la possibilité de faire de G889 une colonie pénale où envoyer des condamnés et de créer un être génétiquement modifié tel que le ZED pour les anéantir (ce qui pose d'ailleurs quelques problèmes pour les pionniers). Malheureusement, cela manque souvent de poids car les sujets ne sont pas toujours abordés de la meilleure des manières, la faite à une écriture qui n'est pas toujours rigoureuse.

De fait, de nombreuses idées intéressantes sont gâchées par des explications bancales au mieux, foireuses au pire. Pour s'en convaincre, il suffit de citer deux exemples en rapport avec la symbiose entre la planète et ses habitants.

Le premier concerne l'épisode Brave New Pacifica, où des failles spatio-temporelles sont découvertes : elles sont en fait liées à des araignées "positives" et "négatives" qui créent un champ magnétique... Dans Flower Child, l'une des personnages prend une éjection de pollen en plein visage, se retrouve enceinte, et aide la planète à "accoucher" du printemps.

Ce qui aurait pu être poétique sonne comme un prétexte pour reprendre la marche en avant, alors que l'équipage a été bloqué en un seul endroit pendant la moitié de la saison à cause de l'hiver.

Les personnages, quand à eux, sont caractérisés de manière assez sommaire : le capitaine féminin, milliardaire et mère célibataire, le mécano ronchon, méfiant et père célibataire (dans ce cas, le charisme de Clancy Brown suffit), le cyborg noir, la doctoresse blonde et génétiquement modifiée, le pilote latino, le couple de mariés...

Ce n'est pas forcément rédhibitoire, mais il n'y a de réel développement derrière. Les rares tentatives effectuées en ce sens ne sont pas vraiment concluantes (surtout quand elles concernent Yale, le cyborg : l'acteur joue terriblement mal que ça, à tel point que ça finit par en devenir gênant).

C'est d'autant plus navrant que la voix-off est systématiquement utilisée au début et à la fin de chaque épisode, en changeant régulièrement de narrateur pour offrir différents points de vue.

Or, au lieu de s'en servir pour explorer la psyché de chacun, les scénaristes utilisent très souvent le procédé pour raconter platement les évènements qui se déroulent sous nos yeux .

Rares sont les moments où cela débouche sur quelque chose de vraiment intéressant concernant le personnage. De plus, les tensions entre les protagonistes sont assez mal gérées, tout comme la fatigue psychologique engendrée par cette longue marche forcée, puis le campement dans un lieu confiné pendant tout l'hiver. Il y avait beaucoup de choses à faire à ce niveau-là, mais ce n'est que survolé.

C'est donc un bilan assez mitigé, pour une série qui souffre d'un mal récurrent dans le genre de la science-fiction : un potentiel et des idées intéressants, sans que l'écriture ne permette d'aller plus loin car les scénaristes s'éparpillent au lieu de s'attarder sur certains concepts qui en valent vraiment la peine.

Outre une diffusion plus que chaotique à l'origine, avec notamment l'épisode final placé en antépénultième position, c'est sans doute pour ces raisons que le public n'a pas suivi. Néanmoins, le tableau n'est pas non plus complètement noir : ça reste relativement agréable à suivre.

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Les bilans de Lurdo - Gilmore Girls - Une Nouvelle Année - Hiver (2016)

Publié le 3 Décembre 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Télévision, Les bilans de Lurdo, Comédie, Romance, Netflix, Gilmore Girls

Retrouvez l'intégralité des critiques des Gilmore Girls par les Téléphages Anonymes, en cliquant ici !

Le mois de décembre est là, l'hiver aussi (plus ou moins), et à défaut de neige, le moment est venu de se blottir au coin du feu devant les femmes de Stars Hollow, un an tout juste après la diffusion de la mini-série Gilmore Girls - Une Nouvelle Année sur Netflix.

Gilmore Girls - A Year in the Life 1x01 - Winter :

Alors que la carrière de journaliste de Rory (Alexis Bledel) est florissante, et qu'elle passe tout son temps entre Londres, Brooklyn et Stars Hollow, à entretenir une relation adultère avec son amant Logan (Matt Czuchry), la jeune femme se rapproche de Naomi Shropshire (Alex Kingston), sujet potentiel d'un nouveau livre. De son côté, Lorelai (Lauren Graham) et sa mère (Kelly Bishop) ne se parlent plus depuis la mort de Richard : une situation intenable, qui amène Lorelai à envisager d'avoir un bébé avec Luke (Scott Patterson), et qui la pousse à conseiller à sa mère de voir un thérapeute...

Ce qui est très bien, avec les Gilmore Girls, c'est qu'instantanément, on est replongé dans le bain, comme si on n'avait pas quitté Stars Hollow, et que la vie y était toujours la même.

La série a conscience de cette effet "boule à neige", et s'en moque même un peu. Mais c'est aussi pour ça qu'on apprécie le travail des Palladino : il y a une certaine familiarité qui est posée, et qui fait qu'on retrouve cette petite ville, ce petit univers, et tous ses personnages atypiques, avec un confort et une affection indubitables.

Ce premier chapitre saisonnier du revival 2016 de la série n'est guère plus qu'un épisode classique des Gilmore, étendu à 90 minutes : pas de surprise dans l'écriture, dans la forme, dans le rythme ou dans les personnages, par conséquent.

On retrouve donc toute cette petite troupe avec un certain bonheur, et le tout est très efficace, même si, il faut bien l'avouer, cet épisode de reprise frôle parfois le trop plein de personnages à réintroduire, et de caméos façon "hey, regardez, on n'a pas oublié untel ou untel !".

Mais dans l'ensemble, comme d'habitude, on oscille toujours entre amusement et émotion, notamment lorsque vient le sujet de la mort de Richard/Edward Hermann. Une mort qui a éprouvé tant les acteurs que les personnages, et qui se trouve au coeur des scènes les plus fortes de l'épisode, des scènes toujours parfaitement interprétées par Kelly Bishop et Lauren Graham.

Passées les quelques premières minutes de l'épisode, nécessaires pour se remettre dans le bain et dans la cadence si particulière du show, les 90 minutes de cet épisode passent donc globalement comme une lettre à la poste, entre les excentricités de Kirk, Paris et son business d'insémination artificielle (clin d'oeil à Danny Strong, devenu scénariste à succès IRL et dans l'univers Gilmore), ou encore Taylor et ses égouts : pas vraiment le temps de s'ennuyer, chez les Gilmore.

Sauf, peut-être, du côté de Rory.

Il faut être réaliste : le maillon faible de cet épisode, comme elle l'a souvent été dans la série, c'est Rory. Une Rory qui a toujours été ultra-privilégiée et ultra-capricieuse, qui a toujours pris les pires décisions au monde, qui a toujours eu une conception trop idéalisée du monde/de la vie/de l'art, et qui, ici aussi, se contente de profiter de l'aura positive entourant un article qu'elle a publiée, pour ne rien faire d'autre de sa vie, et chercher sa vocation.

Encore une fois, Rory se cherche, Rory ne sait pas ce qu'elle veut faire, Rory voudrait bien qu'on la soutienne dans sa quête de sens, mais Rory joue tout de même les jet-setteuses autour du globe, prenant l'avion de Londres à New York et vice-versa sur un coup de tête, avant de passer 48 heures à Stars Hollow et de repartir. Parce qu'elle en a les moyens, et qu'être bohème, c'est in quand on est une journaliste/auteure.

Et comme d'habitude, Rory a une vie amoureuse calamiteuse : elle sort depuis deux ans avec Paul, qu'elle trompe pourtant avec Logan (lui-même fiancé), et qu'elle traite donc comme un moins que rien (en soi, le running gag sur Paul, une sorte de Ann Veal - cf. Arrested Development - au masculin, est assez amusant... mais du point de vue du personnage, cela rend vraiment Rory détestable).

Bref. Difficile de s'intéresser vraiment ou de s'attacher à Rory et à ses sous-intrigues, ici, comme dans la série originale.

Espérons donc qu'au fil de cette saison inhabituelle, les Palladino auront autre chose à nous proposer sur la durée, notamment pour les autres personnages, car sinon, le personnage de Rory risque bien d'éclipser tous les points positifs de ce revival par ailleurs très réussi...

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Critiques éclair - The Orville 1x10

Publié le 2 Décembre 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Télévision, Comédie, Science-Fiction, Star Trek, Drame, Action, Aventure, Orville, Fox

Star Trek Discovery, c'est terminé pour l'instant, mais The Orville continue jusqu'à la pause de Noël, et la série continue de trouver petit à petit son ton, et son chemin...

The Orville 1x10 - Firestorm :

Perturbée par sa phobie du feu, qui s'est manifestée au moment le plus inopportun et l'a empêchée de sauver un membre d'équipage, Alara décide d'étudier l'origine de cette peur. Mais rapidement, des phénomènes étranges se manifestent à bord, et des phobies de tous types commencent à s'en prendre à la jeune femme...

Un épisode plus sérieux, qui joue la carte de la tension et même de l'horreur, avec une approche qui m'a un peu rappelé certains épisodes de Star Trek TOS, jusqu'au combat mano-a-mano du protagoniste avec le méchant de service.

(techniquement, il aurait fallu que l'uniforme d'Alara se déchire pour que l'hommage aux combats de catch de Kirk soit complet, mais bon, on ne va pas trop en demander)

C'était donc plutôt sympathique - encore une fois, je remarque que lorsque MacFarlane n'est pas au script, c'est mieux équilibré et structuré (et moins lourd) - bien qu'imparfait, notamment au niveau du rythme. De plus, n'importe quel spectateur un peu aguerri devine dès le début de l'épisode qu'il va avoir droit à un retournement de situation plus ou moins inspiré pour expliquer tout ça.

Ici, le retournement en question n'est pas désagréable, sans être d'une originalité folle, mais au moins il permet de souligner qu'une fois de plus, les personnages de The Orville sont mille fois plus intéressants à suivre et attachants que ceux de STD, et qu'ils ont une véritable unité, un esprit de corps qui fait plaisir à voir.

Si la série parvient à continuer sur cette lancée, et à éviter de retomber dans les clichés du pastiche basique made in MacFarlane, The Orville va peut-être finir par évoluer dans une bonne direction.

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Christmas Yulefest 2017 - 11 - Un Délicieux Noël (2017)

Publié le 2 Décembre 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Télévision, Christmas, Noël, Yulefest, Comédie, Romance, Hallmark

Noël approche, et chez les Téléphages Anonymesc'est donc l'heure de la Christmas Yulefestet de son marathon de cinéma festif pendant tout le mois de décembre...

Un Délicieux Noël (The Sweetest Christmas, aka Sugar and Spice) :

Apprentie pâtissière qui peine à s'établir, Kylie (Lacey Chabert) apprend que sa candidature est acceptée pour le Grand Concours Américain de Pain d'Épices de Noël, alors même qu'elle se sépare de son compagnon, et que ses nièces rendent son four inutilisable. Au pied du mur, elle se tourne alors vers Nick (Lea Coco), son ex-petit-ami qu'elle vient de retrouver, et qui gère une pizzeria traditionnelle : elle parvient à le convaincre de la laisser utiliser ses fours, ce qui amène la jeune femme à se rapprocher de son ex et du fils de celui-ci...

Une comédie romantique Hallmark tout sauf mémorable, avec une Chabert qui semble motivée, mais qui est desservie par une intrigue banale et quelconque (qui prend son temps pour se mettre en route), ainsi que par deux protagonistes masculins insipides et transparents.

À un point tel que j'ai fini par me dire qu'en inversant les rôles, et en mettant le sympathique Jonathan Adams (qui joue ici le rôle de Ralphie, le ressort comique afro-américain de service) dans le rôle de Nick (ou en fusionnant les deux personnages), ça aurait pu donner une comédie romantique décalée, originale et audacieuse.

Mais bien entendu (sans même parler de l'éventuelle différence d'âge), elle n'aurait pas pu être diffusée sur Hallmark, la chaîne où les quotas ethniques sont réduits aux seconds rôles de meilleur(e) ami(e), de patron(ne) ou de collègue.

2.5/6 (ce n'est même pas particulièrement mauvais, mais c'est tout simplement instantanément oubliable)

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Christmas Yulefest 2017 - 09 - Organiser le Noël Parfait (2017)

Publié le 1 Décembre 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Télévision, Christmas, Noël, Yulefest, Comédie, Romance, Hallmark

Noël approche, et chez les Téléphages Anonymesc'est donc l'heure de la Christmas Yulefestet de son marathon de cinéma festif pendant tout le mois de décembre...

Organiser le Noël Parfait (Christmas in the Air, aka 12 Days) :

Créateur de jouets surbooké tentant de négocier un contrat conséquent, Robert (Eric Close) aimerait passer plus de temps avec ses deux enfants (Trinity Rose Likins & Jesse Filkow) à l'approche de Noël. Mais il ne lui reste plus que 12 jours pour mettre un peu d'ordre dans son existence, et il n'a d'autre choix que de demander l'aide de Lydia (Catherine Bell), une spécialiste en organisation...

Mouais. Une rom-com Hallmark diffusée sans raison sur Hallmark Movies & Mysteries, et dans laquelle Catherine Bell, en pilotage automatique, nous rejoue sa partition de Good Witch botoxée au sourire énigmatique et aux bons conseils et autres platitudes insipides.

Franchement rien de mémorable, de son côté, même si face à elle, Eric Close s'avère plutôt sympathique, et a des rapports très naturels avec ses enfants ; d'ailleurs, tout le côté "père surbooké qui tente de concilier carrière et famille" fonctionne assez bien, aidé par des décors naturels à la neige constante, réelle et omniprésente.

La romance, elle, plus adulte et mûre que d'habitude, laisse gentiment de marbre, souffrant en plus d'un quiproquo de dernière minute assez forcé, et d'une conclusion un peu plate et expédiée.

Bof, en somme.

2.5/6

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Christmas Yulefest 2017 - 07 - Miss Noël (2017)

Publié le 30 Novembre 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Télévision, Christmas, Noël, Yulefest, Comédie, Romance, Hallmark

Noël approche, et chez les Téléphages Anonymesc'est donc l'heure de la Christmas Yulefestet de son marathon de cinéma festif pendant tout le mois de décembre...

Miss Noël (Miss Christmas) :

Surnommée Miss Christmas car responsable, chaque année, de la recherche du sapin de Noël trônant au centre de Chicago, Holly (Brooke d'Orsay) se trouve contrainte de trouver un remplaçant de dernière minute à l'arbre qu'elle avait choisi. Elle part donc pour une petite bourgade pittoresque où elle rencontre la famille McNary (Marc Blucas, Erin Boyes, Luke Roessler, Greg Rogers) qui possède un arbre splendide... mais ce sapin a une signification très profonde pour Sam (Blucas), le père de famille divorcé, et Holly n'a d'autre choix que de tenter de le convaincre, au cours de son séjour chez les McNary...

Alors soyons très clairs : oui, cette comédie romantique Hallmark est blindée de tous les clichés des téléfilms de la chaîne, depuis l'opposition ville/campagne, jusqu'au gamin impertinent, en passant par l'héroïne qui retourne à la campagne et à ses origines, le père divorcé qui déteste Noël et est ronchon suite à un traumatisme, la meilleure copine rousse excentrique (alternative récente à "la meilleure copine ethnique" depuis que le quota ethnique a été transféré au rôle de la patronne de l'héroïne), le quiproquo à 20 minutes de la fin du film, et les moments ultra-fauchés qui trahissent le budget limité du programme (comme les faux flashs infos mal fichus, ou encore le détourage numérique jamais terminé lors des plans larges sur l'arbre, pour donner l'impression qu'il est couvert de neige, alors qu'en réalité, il est simplement basculé sommairement en noir et blanc).

Mais pourtant, ce téléfilm fonctionne, pour deux raisons : tout d'abord, ça ne se prend jamais vraiment trop au sérieux, le ton est léger, plein de bonne humeur, les personnages dynamiques et bien interprétés (même si Boyes est assez inégale par moments), et le tout ne traîne jamais trop la patte.

Et ensuite, Blucas et d'Orsay ont une excellente alchimie, leurs échanges pétillent et fonctionnent instantanément, et ça élève instantanément le niveau du métrage au-dessus de la base des téléfilms Hallmark.

Comme je le dis chaque année : le succès d'une comédie romantique, festive ou non, dépend énormément de son couple principal. Et ici, le duo fonctionne, ce qui fait que ce Miss Christmas fonctionne.

3.5/6

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Christmas Yulefest 2017 - 05 - Le Festival de Noël (2017)

Publié le 29 Novembre 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Télévision, Christmas, Noël, Yulefest, Comédie, Romance, Hallmark

Noël approche, et chez les Téléphages Anonymesc'est donc l'heure de la Christmas Yulefestet de son marathon de cinéma festif pendant tout le mois de décembre...

Le Festival de Noël (Christmas Festival of Ice) :

Étudiante en droit et future avocate, Emma (Taylor Cole) rentre dans son village natal pour retrouver sa famille à l'occasion des fêtes de fin d'année. Mais là, elle apprend que le Festival de Glace de la ville et son concours de sculptures sur glace, auxquels elle tient particulièrement, ont été annulés faute de fonds. Emma décide alors de faire tout son possible pour réunir l'argent nécessaire, et finit même par s'engager dans le concours aux côtés de Nick (Damon Runyan), un artisan local...

Ouhlà, quel téléfilm insipide et soporifique.

Je ne sais pas si c'est le manque chronique d'énergie du tout (une fois la première demi-heure écoulée, et le festival sauvé, on passe énormément de temps à regarder des sculpteurs sculpter... et c'est tout sauf intéressant), le manque chronique d'alchimie du couple principal (Runyan a le charisme et le dynamisme d'un poulpe mort, malheureusement), le fait que la romance soit tout simplement inexistante pendant près de 50 minutes (laissant le reste de l'intrigue - "sauvons le concours de sculpture sur glace de la ville en ouvrant un Kickstarter" occuper faiblement le devant de la scène) ou tout simplement l'illustration musicale répétitive, mais le tout est tout simplement générique et quelconque, avec une héroïne (pourtant bien interprétée par Taylor Cole) qui choisit de mettre sa carrière d'avocate aux orties pour devenir sculptrice sur glace... mouais.

Mais bon, au moins, les paysages enneigés et tout le décorum festif sont agréables à l’œil.

2/6 (sur un thème similaire, Mon Ange de Glace était plus sympathique, bien que tout aussi imparfait)

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Christmas Yulefest 2017 - 03 - Mister Noël (2017)

Publié le 28 Novembre 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Télévision, Comédie, Romance, Hallmark, Noël, Yulefest, Christmas

Noël approche, et chez les Téléphages Anonymesc'est donc l'heure de la Christmas Yulefestet de son marathon de cinéma festif pendant tout le mois de décembre...

Mister Noël (The Perfect Christmas Present / Mr Christmas) :

Surnommé Mr. Christmas, Tom Jacobs (Sam Page) est spécialiste en cadeaux introuvables, et il en a fait son métier. Jusqu'au jour où Paul (Sam Guinan-Nyhart), l'un de ses amis, lui demande son aide, pour trouver un cadeau parfait à sa petite-amie Jenny (Tara Holt). Sous le prétexte d'aider cette dernière à organiser une réception de fin d'année, Tom apprend alors à connaître la jeune femme, et il s'éprend d'elle...

Une comédie romantique Hallmark Movies & Mysteries un peu plus maîtrisée et structurée que la moyenne, pour ne pas dire plus subtile, et avec un certain travail effectué sur la narration d’introduction et de conclusion.

Le duo principal n'est pas désagréable - Sam Page est une valeur sûre, et Holt n'est pas mauvaise, même si elle est assez transparente, et qu'il subsiste, à son sujet, des soupçons de collagène -, le meilleur ami est écrit de manière moins caricaturale qu'à l'accoutumée (idem pour la rivale amoureuse, et la meilleure amie afro-américaine qui n'apparaît que par Skype), et si ce n'était pour son aspect technique assez médiocre (photographie et éclairage froids, étalonnage numérique flagrant, lumières de Noël surexposées, post-synchronisation inégale, beaucoup trop de stock-shots de Chicago), ça mériterait presque un peu plus que la moyenne.

3/6

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Christmas Yulefest 2017 - 01 - Marions-les pour Noël (2017)

Publié le 27 Novembre 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Comédie, Christmas, Noël, Review, Yulefest, Romance, Hallmark, Télévision

Noël approche, et chez les Téléphages Anonymesc'est donc l'heure de la Christmas Yulefestet de son marathon de cinéma festif pendant tout le mois de décembre...

Marions-les pour Noël (Marry Me At Christmas) :

Organisatrice de mariage, Madeline (Rachel Skarsten) doit préparer des noces de dernière minute, la veille de Noël, pour Ginger (Emily Tennant), une amie. Mais lorsqu'elle découvre que le frère de Ginger, Johnny (Trevor Donovan), est une superstar hollywoodienne, et qu'elle doit composer avec lui pour organiser la cérémonie, Madeline est dépassée... d'autant qu'elle s'éprend rapidement de l'acteur.

Un téléfilm Hallmark apparemment adapté d'un roman, mais pourtant assez insipide, visuellement terne et désaturé, et qui m'a semblé particulièrement balisé et dérivatif.

C'est probablement la raison pour laquelle la chaîne l'a liquidé avant même Halloween, en guise d'ouverture prématurée à leur saison festive... car dans les faits, il n'y a pas grand chose à retenir de ce métrage : le couple principal est compétent mais peu marquant, le concept de base est générique, les personnages secondaires sont inégaux, le stylisme capillaire est très discutable, et dans l'ensemble, le tout ronronne vraiment beaucoup.

Paradoxalement, ce n'est pas vraiment mauvais, en soi, et il suffirait d'un peu d'énergie pour rendre le tout nettement plus intéressant. Mais en l'état, bof.

2.5/6 (pour la neige et l'environnement hivernal, qui fait plaisir à voir)

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Blog Update ! - Novembre 2017

Publié le 26 Novembre 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Christmas, Télévision, Les bilans de Lurdo, Noël, Yulefest, Update

Après une semaine de retour à la normale, et une semaine Punisher des plus violentes, le blog des Téléphages Anonymes se prépare à fêter Noël...​ dans l'intervalle, place à un micro-bilan !

#613 : # Pire Soirée 2/6

#614 : Hitman & Bodyguard 3/6

#615 : Detour 2/6

#616 : Baby Driver 3.75/6

#617 : Thor Ragnarok 4/6

Pas de film de la semaine, ou de flop, cette fois-ci, vu le panel de films très limité, mais un coup de cœur pour un Thor Ragnarok déconneur et déjanté, qui fait plaisir à voir en cette période morne et hivernale.

Avec ces cinq films (et la semaine Punisher), la rubrique Un Film, un Jour... ou Presque ! ferme ses portes pour 2017, en étant passée à côté de plusieurs grosses sorties des plus évidentes (Star Wars, Justice League, etc).

Pas de panique, tous ces métrages seront critiqués dès le mois de Janvier, à l'occasion de mon grand bilan 2017, qui reviendra sur toutes les sorties de l'année écoulée.

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Dans l'intervalle, à partir du 26 novembre, le blog passe en mode festif, avec le début de la Christmas Yulefest 2017, et son festival de critiques de films de Noël en tout genre, qui se terminera, comme tous les ans, début Janvier.

Au programme, deux films de Noël passés en revue chaque jour de la semaine et, le dimanche, des séries et autres métrages plus légers, histoire de nous rincer un peu la bouche et le cerveau après une année 2017 des plus laborieuses...

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Critiques éclair - Star Trek Discovery 1x09 & The Orville 1x09

Publié le 26 Novembre 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Télévision, Science-Fiction, Star Trek, Comédie, Action, Aventure, Drame, Fox, CBS, Orville

Après une semaine de pause, je retrouve Orville et Discovery, pour la suite de la comédie de MacFarlane, et la conclusion de la première partie de la saison de Discovery...

​Star Trek Discovery 1x09 :

Alors que la guerre tourne subitement à l'avantage des Klingons, Lorca décide de jouer le tout pour le tout, afin de percer le camouflage des navires klingons... quitte à, pour cela, épuiser son ingénieur et les moteurs du Discovery...

Star Trek Discovery 1x09, ou quand le summum de la modernité, dans Trek, c'est d'avoir des "fuck" en début de saison, et une klingonne vaguement topless dans un flashback.

*soupir*

Bref. C'était rythmé, c'était plein d'action, mais le problème, dès que l'on prend quelques minutes pour y réfléchir, c'est que c'est bourré de facilités (l'équipage du Discovery qui résout le problème du camouflage ennemi en deux heures, alors que tout Starfleet planche dessus depuis des mois) et ça repose entièrement sur les 8 épisodes précédents, et sur leurs caractérisation/développement/écriture aléatoires. Autrement dit, ça aurait fait un final tout à fait convenable si ce qui était arrivé auparavant était meilleur.

En l'état, si on ferme les yeux sur la magouille finale de Lorca pour éviter de rentrer à la maison (magouille qui les envoie probablement dans un univers parallèle - pitié, pas l'Univers Miroir), sur la romance qui ne marche pas entre Burnham & Ash "non non non je ne suis pas un Cylon Klingon agent dormant qui s'ignore" Tyler, ou encore sur Burnham qui désobéit systématiquement aux ordres, et parvient à tenir tête à un Klingon en combat singulier parce que girl power et parce qu'elle est trop forte, ce n'était pas une fin de (demi)saison désagréable (bien que souffrant à nouveau d'une écriture gentiment pataude).

(par contre, je redoute de plus en plus le bottage en touche inutile de petit malin - n'oublions pas que c'est Alex "Fringe" Kurtzman à la barre - avec un "ha ha en fait, le Discovery, c'est un vaisseau qui ne provient pas de l'univers de TOS, ni de l'univers de nuTrek, ni de l'univers-miroir, mais d'un autre univers parallèle, c'est pour ça que tout est différent, on vous a bien eus !" ou une fausse bonne idée dans ce genre... avec tous les mystères mystérieux entourant Lorca et volontairement laissés en suspens, plus rien ne m'étonnerait, au point où on en est...)

The Orville 1x09 - Cupid's Dagger :

Alors que l'équipage du Orville tente de conclure un traité de paix entre deux peuples en guerre pour une même planète, l'archéologue Darulio (Rob Lowe), ex-amant de Kelly, arrive à bord, et aussitôt, la situation se complique, puisque sa présence semble déclencher des réactions inhabituelles au sein de l'équipage...

Retour sur la relation Ed/Kelly, à l'occasion d'un épisode ouvertement comique, puisqu'on est ici dans la farce à tendance The Naked Now (TOS) ou Fascination (DS9), avec un Rob Lowe en séducteur irrésistible au cœur d'un triangle amoureux avec les deux personnages sus-cités.

Alors on fermera les yeux sur le parallèle ultra-pataud qu'on devine entre la situation diplomatique de la semaine, et le conflit israélo-palestinien, ou encore sur le fait que le déroulement du script est cousu de fil blanc, et on se contentera d'admettre que cet épisode, dans son ensemble, fonctionne plutôt bien en tant que gaudriole parodique, qui se paie même le luxe d'avoir une scène de sexe entre le médecin et le blob (pour tous ceux qui voulaient savoir comment Kira et Odo avaient des rapports intimes... on a la réponse), et de multiples extra-terrestres au maquillage très réussi.

Et puis je me suis fait la remarque en cours d'épisode, mais Orville réussit totalement là où Discovery se plante : avoir de multiples personnages attachants que l'on prend plaisir à suivre semaine après semaine, et qui sont relativement bien développés compte tenu de leur maigre temps à l'écran.

(et puis il faut bien saluer l'ouverture d'esprit du show... ça fait toujours plaisir de voir une série aborder certaines relations sans la moindre hésitation)

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Les bilans de Lurdo : PUNISHER WEEK - 06 - The Punisher, saison 1 (2017)

Publié le 25 Novembre 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Télévision, Les bilans de Lurdo, Action, Netflix, Marvel, MCU, Thriller, Punisher

Toute la semaine, Les Téléphages Anonymes passent la carrière télévisuelle & cinématographique de Frank Castle en revue, pour le meilleur... et pour le pire.

The Punisher, saison 1 :

En cavale après ses actions récentes, Frank Castle, dit "le Punisher" (Jon Bernthal) se cache sous une fausse identité, toujours hanté par le souvenir de sa famille. Mais bien vite, l'ancien militaire torturé est contraint de sortir de son anonymat lorsque Micro (Ebon Moss-Bachrach), un spécialiste de la NSA, le contacte, et met Frank sur la piste d'une conspiration militaire liée aux actes de Castle dans l'armée, et expliquant peut-être ce qui est arrivé à la famille de ce dernier..

Dernière série Marvel/Netflix en date, sortie très récemment, cette version du Punisher continue sur le personnage tel qu'il est apparu dans la saison 2 de Daredevil, interprété avec succès et hargne par un Jon Bernthal surprenant.

Quasi-indépendante du reste du MCU/Netflix (il y a bien quelques caméos - Karen Page, son rédacteur en chef, Turk...), Punisher reste cependant dans la droite lignée des autres séries de la collection, tant au niveau du format (13 épisodes d'une heure... ce qui est trop, comme d'habitude) que du ton (réaliste et relativement mesuré, très axé sur la psychologie du personnage, etc).

Au niveau créatif, on reste aussi dans la continuité du Punisher de Daredevil, pour le meilleur et pour le pire : car si Bernthal compose un Punisher à la souffrance encore très fraîche et à fleur de peau, et qui peine à contenir sa rage, la série confirme et signe l'un des points problématiques de DD saison 2, à savoir tout ce qui entoure les circonstances de la mort des Castle.

Déjà peu convaincante dans Daredevil, la conspiration militaire entourant Frank et ses actes dans l'armée est ici développée en largeur, et sa responsabilité dans la mort des Castle ne fait plus aucun doute. On retombe donc, une fois de plus, dans le cas d'un Frank rendu plus ou moins directement responsable, par ses actions, de la mort de ses proches, et qui tente d'expier ses fautes en s'en prenant aux méchants.

Je l'ai déjà dit au cours de cette semaine, mais cela affaiblit grandement le personnage de Frank, à mes yeux : en en faisant un mec bien (les épisodes s'efforcent d'humaniser au maximum le Frank d'avant le meurtre, comme d'habitude) victime de méchants très méchants lui en voulant personnellement, ce Punisher devient simplement un personnage tragique en quête de vengeance personnelle, loin du fanatique de justice menant une guerre contre le crime sous toutes ses formes que l'on peut trouver dans les comics.

En cela, ce Punisher est très proche, dans l'esprit, du Punisher de Thomas Jane, et de son Dirty Laundry (qui, sans surprise, est l'une des grosses inspirations de Bernthal pour cette incarnation) : un personnage qui finit paumé et sans direction après avoir accompli sa vengeance, et qui est encore loin d'avoir dépassé le stade du Begins.

Mais outre ces problèmes thématiques récurrents - qui trahissent bien les difficultés inhérentes à l'adaptation du Punisher, un personnage controversé qui semble avoir autant de lectures différentes que de lecteurs (rien que le générique de la série, assez plat, semble vraiment résumer le Punisher à un tas d'armes à feu virevoltantes, ce qui est une lecture assez simpliste et superficielle du personnage) - la série parvient à approcher le monde de Castle d'une manière assez intéressante, en mode thriller/polar paranoïaque.

L'une des thématiques principales de la série, c'est ainsi le stress post-traumatique, qui touche tous les personnages, d'une manière ou d'une autre. Le show semble ainsi très intéressé par l'effet qu'a la violence sur la psychologie, que ce soit au travers du destin de Frank, que de celui de Karen, de la famille de Micro, du futur Jigsaw (Ben Barnes, excellent), de l'agent Madani (Amber Rose Revah), etc.

Tous les personnages de la série ont ainsi, à un degré ou un autre, des cicatrices psychologiques (ou physiques) découlant de l'usage de la violence ou de son impact sur leur vie. Cela a l'avantage certain de les développer en profondeur, et de les rendre, pour la plupart, intéressants...

Malheureusement, cela a aussi l'inconvénient de faire de Castle un personnage secondaire de sa propre série : plus qu'une série Punisher, on se trouve ici devant une série Frank Castle et ses amis les handicapés de la vie. Plus que jamais, Frank est humain, vulnérable, c'est une bête traquée et blessée, et pour qui est habitué à un certain Frank impassible et solitaire, le contraste est rude.

Frank passe son temps à se confier, à tisser des liens, il est sentimentalement et émotionnellement plus ouvert que jamais ; soit, c'est un choix qui participe à l'humanisation d'un personnage qui, sinon, pourrait un peu trop ressembler à un terroriste urbain pour que les Américains soient à l'aise, compte tenu de l'actualité.

Mais là, se posent deux problèmes : le premier, c'est que, paradoxalement, Frank est tout aussi vulnérable dans l'action. Systématiquement, pour fragiliser le personnage, les scénaristes semblent prendre un malin plaisir à placer Frank en position de faiblesse. Durant l'immense majorité des scènes d'action (qui ne sont pas si nombreuses, d'ailleurs), Frank fonce tête baissée, est rapidement blessé de manière idiote (il ne se protège pas, il se tient debout en pleine ligne de mire, etc), et il passe le reste de l'affrontement à tenter de survivre en grimaçant de douleur.

Frank n'est que rarement (pour ne pas dire jamais) en position de force et, pour un militaire super-entraîné/un commando d'élite, il paraît trop souvent brouillon et sous-préparé. En lieu et place du Punisher, Frank passe son temps à se faire punir par autrui, à être grièvement blessé, et à finir alité après avoir été secouru par autrui.

D'autant plus problématique que la série peine à gérer l'état de santé de Frank, qui semble ici affublé des capacités régénératives de Wolverine - il souffre, il encaisse des dizaines de balles, il perd connaissance, il se fait poignarder... et dans l'épisode suivant, il est à 100% de ses capacités, sans même une grimace de douleur.

Autre souci : les autres personnages sont tellement développés et le récit se permet tellement de digressions, qu'au final, alors que le cœur émotionnel de la série aurait dû être Frank (surtout compte tenu de son humanisation affirmée), on ressent plus de souffrance, de traumatisme et de douleur dans les sous-intrigues des autres vétérans, comme par exemple celle du jeune Wilson (Daniel Webber), un jeune vétéran traumatisé qui se radicalise, et sert d'antagoniste à Frank le temps d'un épisode, après toute une saison de développement.

Frustrant. En plus, contrairement à l'enfer du Vietnam et de Forge Valley qui ont marqué à vie l'esprit de Frank dans les comics, ici, Kandahar paraît bien moins extrême et traumatisant : on peine donc à vraiment ressentir ce qui a fragilisé à ce point Frank sur le terrain, d'autant que la série préfère nous montrer la fraternisation de Frank et Billy, entre deux missions, plutôt que l'enfer de ces missions.

L'effet est donc contre-productif : en tentant de trop humaniser Frank, la série finit par brouiller les cartes, et par se perdre dans ses errances, et dans ses treize épisodes à remplir.

Le pire étant que le programme se termine de manière bâtarde, avec un treizième épisode qui rallonge la sauce pour un duel Russo/Castle qui aurait clairement été plus fort et plus désespéré s'il avait pris place à la fin de l'épisode précédent.

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Et pourtant, malgré tous ces problèmes, The Punisher est probablement dans le haut du panier des productions Marvel/Netflix : bien produite, très bien interprétée, avec une approche intéressante du traumatisme des vétérans, la série bénéficie du savoir-faire certain de Steve Lightfoot, le showrunner.

Le programme n'est pas sans défauts, loin de là ; outre ceux cités ci-dessus, relatifs à l'interprétation subjective du personnage du Punisher, on peut aussi mentionner la musique (du blues-rock assez moyen en guise de thème), le rythme bancal inhérent aux séries Marvel/Netflix, la violence jamais totalement convaincante, ou encore certains personnages et sous-intrigues oubliés en cours de route (on aurait aimé revoir Karen Page à la toute fin, par exemple).

Reste que, contrairement à la plupart des autres shows Marvel/Netflix, The Punisher ne se perd pas trop en cours de route. Il n'y a pas ce gouffre qualitatif entre les premiers épisodes et les derniers, ni un moment facepalm qui délimiterait le moment où la série bascule : le tout est plus homogène et cohérent dans son ton et dans son énergie, pour le meilleur et pour le pire.

Une chose est sûre : même si je n'adhère pas totalement à ce Frank paumé et vulnérable qui subit plus qu'il n'agit, je serai de la saison 2, si elle se tourne. Bernthal a su me convaincre, et peut-être qu'enfin, maintenant que ses origines ont été traitées, on aura un Punisher qui ressemblera à quelque chose de menaçant et de satisfaisant...

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Les bilans de Lurdo : Defenders Week-end (4/4) - The Defenders (2017)

Publié le 19 Novembre 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Télévision, Les bilans de Lurdo, Action, Fantastique, Netflix, Marvel, MCU, Thriller

Précédemment, dans le monde merveilleux de Marvel/Netflix :

- deux saisons mitigées de Daredevil : du 3/6, pour des raisons un peu différentes - d'un côté, les balbutiements du héros et du MCU-Netflix, sauvés par un antagoniste mémorable, et de l'autre, un excellent Punisher, mais un arc Elektra/La Main insipide qui a rendu Murdock antipathique ;

- une saison similaire de Luke Cage : 3/6, très stylisée, mais s'effondrant totalement dans sa seconde moitié, après la mort de son premier antagoniste ; 

- une saison de Jessica Jones particulièrement encensée par la critique (la même critique qui a décrété que Wonder Woman était le meilleur film de super-héros de tous les temps, parce que girl power !!), mais que j'ai particulièrement détestée et qui, hormis Killgrave & Hellcat, est tout simplement une perte de temps (2/6) ;

- une saison d'un Iron Fist mal choisi et incapable (1.75/6), avec un protagoniste qui n'apporte rien aux personnages déjà en place, et se fait totalement éclipser par ses personnages secondaires ; une série qui peine à établir la Main comme une menace crédible, et son personnage principal comme un héros crédible.

Bref, à la veille du grand crossover entre tous ses héros, façon Avengers, un bilan plus que mitigé pour les séries Marvel/Netflix, bourrées de problèmes d'écriture, de rythme et de casting...

The Defenders :

Alexandra (Sigourney Weaver), le leader de la Main, est mourante : ramener à la vie Elektra (Élodie Yung) sous la forme du Black Sky a coûté très cher à son organisation, et Alexandra est désormais contrainte d'accélérer notablement les plans nébuleux de la Main. Mais ces manigances ne passent pas inaperçues, et vont mener à l'association de tous les justiciers de New York : Luke Cage (Mike Colter), Daredevil (Charlie Cox), Iron Fist (Finn Jones), et Jessica Jones (Krysten Ritter)...

La promesse de ce Defenders, diffusé en plein été par Netflix, c'était de réussir à plus petite échelle ce que les films Avengers avaient plus ou moins accompli au cinéma : réunir tous les héros du MCU/Netflix déjà établis dans leurs séries respectives, afin de les confronter à une menace de taille.

Et avec seulement huit épisodes de prévus, la mini-série Defenders promettait aussi un rythme plus soutenu et mieux maîtrisé, réglant ainsi l'un des problèmes principaux de toutes les séries Netflix.

Malheureusement, autant le dire tout de suite, la promesse n'est pas tenue. Problème de budget, d'écriture, de scénario ? Une chose est sûre : Defenders tombe vraiment à plat, et plutôt que de s'appuyer sur les points positifs des séries qui l'ont précédée, la série est véritablement plombée par les défauts récurrents de celles-ci, et par leurs erreurs créatives.

À commencer par :

- Des antagonistes insipides.

La Main n'a jamais fait un adversaire particulièrement intéressant, et hormis Madame Gao, ses représentants ont toujours déçu. Ici, on en apprend plus sur leurs motivations : Alexandra et ses quatre sbires - dont Gao et Bakuto - forment les cinq doigts de la Main, ils sont immortels, ils veulent déterrer un squelette de dragon enterré sous New York, afin d'en utiliser les os pour continuer à vivre éternellement (et retrouver le chemin de K'un-Lun)... et tant pis si la ville est détruite à cette occasion.

Soit. Malheureusement, cette incarnation de la Main est tout sauf menaçante, et semble avoir licencié 95% de ses ninjas depuis la dernière saison de Daredevil. Pire : Sigourney Weaver a beau faire tout son possible, et dominer ses sbires de son charisme (et de sa taille), son personnage est affreusement sous-exploité (et cantonné à débiter des platitudes insipides).

Ce qui intéresse les scénaristes, c'est Elektra (devenue le Black Sky, l'arme suprême de la Main), et lorsque cette dernière élimine Alexandra aux deux-tiers de la saison, on ne peut qu'avoir de mauvais flashbacks de la transition Cottonmouth/Diamondback de Luke Cage.

- Elektra, donc.

Il faut être lucide : Defenders, c'est une sorte d'Iron Fist 1.5 et de Daredevil 2.5, ni plus, ni moins : Luke Cage et Jessica Jones font globalement de la figuration, puisque tout gravite autour de la Main, et des personnages ayant été en contact avec eux. Et sur le front de Daredevil, cela implique toujours plus de Murdock et d'Elektra, une romance impossible qui ne fonctionnait déjà que très moyennement dans la série de base, et qui est supposée, ici, ancrer l'apogée émotionnelle de la mini-série, et notamment les deux derniers épisodes de la saison.

Pas de chance, si l'on ne s'intéresse pas du tout au couple, on finit par regarder tout ça d'un oeil très passif, et à attendre la résolution inévitable du combat Murdock/Elektra.

- Le rythme.

Huit épisodes seulement, dont certains d'une quarantaine de minutes à peine... et pourtant, impossible de se défaire de l'impression que les showrunners sont incapables de gérer leur rythme ou leur narration, et qu'ils n'avaient que quatre ou cinq épisodes de contenu : c'est inutilement bavard, c'est souvent plat, ça privilégie les dialogues à l'action, ça fait du surplace...

- La réalisation.

J'ai bien ri en lisant les critiques extatiques qui applaudissaient la réalisation stylisée de Defenders : les deux premiers épisodes sont tout simplement affreux, de ce point de vue.

S.J. Clarkson, leur réalisatrice, a supervisé l'ensemble de la série, définissant le code couleur simpliste un héros = un éclairage coloré au néon établi dans le pilote (et abandonné en cours de saison), mais elle  possède par ailleurs un style visuel immonde, digne d'une débutante en école de cinéma, qui pense que réalisation excentrique et arty = bonne réalisation.

On se retrouve ainsi, dans les deux premiers épisodes, avec des plans debullés à gogo, des cadrages improbables, des transitions ratées, d'énormes problèmes d'axes et de raccords, d'éclairage, de découpage, un montage illisible, etc. Autant dire qu'une fois Clarkson évacuée du poste de réalisatrice, j'ai enfin pu respirer un peu, même si la réalisation de la série, dans l'ensemble, est restée quelconque et insipide.

- L'action.

Malheureusement plus proche de celle d'Iron Fist que de celle de Daredevil : souvent dans l'ombre, souvent approximative (notamment au niveau des doublures - celle de Jessica Jones est assez visible), souvent décevante et plombée par une réalisation et un montage cache-misère, et à la mise en scène particulièrement médiocre.

C'est bien simple, on se demande souvent si le budget de Defenders n'a pas été drastiquement réduit en cours de production, tant les 3/4 des affrontements et des scènes d'action souffrent de maladresses et d'astuces de films à petit budget, visant à rendre le tout artificiellement dynamique (je pense notamment aux figurants anonymes qui déplacent de nombreuses caisses dans les couloirs et escaliers de l'immeuble, lors de la première scène d'action de la série, ou encore à l'utilisation du Wu-Tang Clan en bande originale d'un affrontement).

- La gestion des personnages.

Non seulement les personnages secondaires sous assez mal utilisés (ils sont parqués dans le commissariat et n'en sortent quasiment pas ; Misty Knight, elle, est cantonnée au rôle de policière-obstacle), mais en plus, les personnages principaux ne fonctionnent réellement bien qu'en duo : Jessica Jones & Murdock, Iron Fist & Luke Cage... lorsqu'ils sont tous placés ensemble, Fist & Murdock deviennent redondants, et Jessica Jones finit par faire de la figuration dans les combats.

- L'écriture en général.

Entre toute la mythologie de la Main et du Black Sky, pas forcément totalement cohérente avec ce que l'on en sait depuis la première saison de Daredevil, les dialogues laborieux dont les acteurs s'acquittent tant bien que mal (Jones et Colter ont un peu de mal avec les scènes d'exposition), la caractérisation fluctuante de certains personnages (scène A : Colleen incite Danny à trouver des partenaires pour leur combat, Danny refuse fermement ; scène B : Danny tente de convaincre les autres Defenders de faire équipe avec lui, Colleen préfèrerait faire cavalier seul), et les ellipses inexplicables dans la narration (Cage percuté par un camion, mais qui réapparaît dans la scène suivante en ayant capturé un méchant hors-champ ; les Defenders confrontés à la police dans l'entrée de l'immeuble, Cage qui s'avance en disant qu'il ne peut pas les laisser faire, et dans la scène suivante, tout le monde est en train d'évacuer poliment l'immeuble... tout ça, ça sent les scènes coupées au montage ou au tournage), l'écriture de la mini-série sent le bâclage et la précipitation.

Bref, énormément de problèmes et de défauts récurrents dans cette mini-série, des défauts qui ne sont pas surprenants pour quiconque a visionné les séries-mères en gardant un regard objectif.

Heureusement, tout n'est pas à jeter dans ce Defenders, et j'avoue avoir été surpris pas certaines des qualités de cette saison.

+ Iron Fist.

Oui, Danny Rand est un petit con privilégié, pompeux et prétentieux, qui a un balai profondément enfoncé dans le fondement, une haute opinion de lui-même et de sa destinée, et qui, au final, n'est pas bon à grand chose.

Mais là, il est délibérément écrit comme tel, et ça change tout : alors qu'il était sensé être le héros de sa série, ici, son ineptitude fait partie intégrante du personnage.

Danny Rand est donc officiellement incapable, il tombe dans le piège d'Elektra, il se fait tabasser par les autres Defenders, il se fait remettre à sa place par Luke Cage, tout le monde se moque de son ton péremptoire, etc.

Et en prime, Danny semble murir un peu au cours de la saison, en voyant Daredevil se sacrifier pour sa ville ! Miracle ! Peut-être qu'il sera enfin supportable dans la saison 2 d'Iron Fist !

+ Jessica Jones.

Un peu comme dans le cas de Danny, Defenders m'a quasiment réconcilié avec Jessica Jones. Débarrassée de sa caractérisation caricaturale et de la plupart de ses personnages secondaires insipides, Jessica Jones trouve ici des personnages avec du répondant, et qui l'obligent à s'impliquer.

Résultat : elle devient drôle, forme un duo intéressant avec Murdock, et surtout, elle mène un gros travail d'investigation dans la première partie de la saison. On la voit enfin vraiment faire son travail, ce qui manquait cruellement à sa série, tant elle était trop centrée sur son personnage.

On pourra regretter que les scénaristes n'aient pas su vraiment comment justifier son intégration à l'équipe sur la fin (elle est dépassée en force par Luke, et n'a aucun entraînement au combat, ce qui ne la rend pas très efficace sur le champ de bataille), mais bon...

+ Stick.

Il est mort. Avec son moignon en plastique acheté dans un magasin de farces et attrapes. Bon débarras. Idem pour la Main, d'ailleurs.

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Alors que dire, au final, de cette mini-série crossover des séries du MCU/Netflix ?

Pas grand chose de positif. Au mieux, Defenders est médiocre, et se regarde distraitement, en attendant que les scénaristes en aient fini avec leurs ninjas insipides, et leur budget visiblement ultra-limité.

Et l'on se demande de quoi le futur sera fait. On sait d'office que les prochaines séries auront toujours le format 13 épisodes, ce qui posera toujours les mêmes problèmes de structure et de narration.

Daredevil saison 3 ? Une probable adaptation de l'arc Born Again, comme sous-entendu par l'image finale de Defenders...  le retour de Kingpin, l'opposition Nuke/Daredevil, la mère de Matt... mouais. Pas forcément le plus intéressant, mais ça dépendra du traitement.

Luke Cage saison 2 ? À part le bras cybernétique de Misty (d'ailleurs, ils ont raté là une belle occasion d'intégrer Stark Industries au monde Netflix), et la présence de Shades et Mariah, pas de pistes évidentes.

Iron Fist saison 2 ? Un Danny plus mûr, mieux entraîné, et... ? Mystère.

Jessica Jones saison 2 ? La réouverture d'Alias Investigations, une Jessica plus ouverte et sociable... ?

Outre le Punisher, qui devrait rester relativement indépendant des séries Defenders à venir, le futur du MCU/Netflix est assez flou, comme si les scénaristes n'avaient pas vraiment songé à celui-ci, au delà de la première saison des Defenders.

Espérons qu'ils vont profiter de ce flou artistique pour remettre les choses à plat, et repenser leur approche scénaristique (des saisons composées de deux ou trois mini-arcs seraient déjà nettement plus intéressantes qu'un seul arc principal qui s'essouffle à mi-parcours)...

  

Dès lundi, les Téléphages Anonymes entament une semaine Punisher, retraçant chaque jour le parcours cinématographique de ce bon vieux Frank Castle, pour finir par la série Punisher qui lui a été très récemment consacrée par Netflix

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Les bilans de Lurdo : Defenders Week-end (3/4) - Iron Fist (2017)

Publié le 19 Novembre 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Télévision, Les bilans de Lurdo, Marvel, MCU, Action, Thriller, Fantastique, Netflix

Dès lundi, les Téléphages Anonymes entament une semaine Punisher, retraçant chaque jour le parcours cinématographique de ce bon vieux Frank Castle, pour finir par la série Punisher qui lui a été très récemment consacrée par Netflix. Le moment est donc venu pour moi de conclure, en dépit de mes premières impressions mitigées, le visionnage des séries Marvel/Netflix...

Marvel's Iron Fist, saison 1 :

Après avoir été porté disparu pendant 15 ans, Danny Rand (Finn Jones), héritier de la fortune Rand, reparaît à New York, bien décidé à reprendre sa place dans l'entreprise familiale. Mais celle-ci est désormais contrôlée par les Meachum, et en parallèle, Danny a des intentions cachées : possédant le pouvoir de l'Iron Fist après 15 ans d'entraînement en Asie, il est aussi revenu là pour détruire la Main, qui infeste la ville...

Un ratage. Pas un ratage intégral, mais un ratage tout de même. Et Marvel - ou du moins, sa branche tv s'occupant des séries Netflix - en est le principal responsable.

Principal responsable, pour avoir choisi Scott Buck (désastreux showrunner des dernières saisons de Dexter) afin de chapeauter ce projet. Responsable aussi d'avoir validé de choix de Finn Jones comme Iron Fist : un Finn Jones limité dans son jeu et pas toujours juste dès qu'il sort de sa zone de confort du jeune héritier arrogant mais charmeur, un Finn Jones jamais vraiment crédible dans les scènes d'arts martiaux (quelque part, je ne peux pas vraiment lui en vouloir, il n'a eu que deux-trois semaines pour se préparer), un Finn Jones dans une condition physique largement insuffisante pour représenter un moine guerrier qui a passé 15 ans à s'entraîner.

Bref : Finn Jones ne convainc pas, et comme toute la série repose en théorie sur ses épaules, ça ne passe pas.

D'autant plus qu'il y a tromperie sur la marchandise : la série passe ses deux premiers tiers à nous répéter et nous expliquer que l'Iron Fist est un super-guerrier invincible, mais le personnage, lui, s'avère un gamin immature, traumatisé et colérique, dont les pouvoirs sont mal définis (et artificiellement limités), dont les capacités martiales (par la faute de l'acteur, mais aussi de la réalisation souvent cache-misère) paraissent médiocres, et sont systématiquement éclipsées par celles d'autres personnages, que ce soit ses adversaires (Lewis Tan impressionne de charisme et de maîtrise lors de son combat façon drunken master.... et il fait regretter que Marvel ne l'ait pas choisi en tant qu'Iron Fist, alors qu'il était l'un des finalistes pour le rôle ; Sacha Dhawan est plus subtil et convaincant que Jones en exilé de K'un-Lun) ou ses partenaires (Jessica Henwick).

Ce qui m'amène aux personnages secondaires de la série, qui sont une réussite.

Une bonne moitié de la saison repose ainsi sur les nombreuses intrigues de bureau de la famille Meachum, malheureusement. Je dis malheureusement, car les trois acteurs impliqués (David Furr, Jessica Stroup et Faramir) se donnent à fond dans leurs rôles respectifs, et portent bien souvent l'essentiel de leurs sous-intrigues (voire de la série) sur leurs épaules.

Dommage cependant que l'écriture de ces intrigues ne leur fasse pas de cadeau et s'avère souvent insuffisante, voire soporifique.

À l'identique, là où Danny Rand finit par être agaçant, immature, impulsif et idiot, Colleen Wing est longtemps tout son contraire, un personnage de femme forte, décidée, charismatique, qui donnerait presque envie de suivre ses aventures en lieu et place de celles de Danny.

Mais là aussi, l'écriture pose problème : la caractérisation de Colleen fluctue soudain à mi-parcours, quitte à être frustrante (elle passe de sensei sérieuse et un peu distante à adolescente fébrile et amoureuse en un claquement de doigts, à mi-saison) voire incohérente (le retournement de veste dans le dernier tiers de la saison, tiré par les cheveux, et qui affaiblit grandement Colleen, en la transformant en victime des mensonges de la Main).

Et puis il y a aussi Claire Temple, une bouffée d'air frais dans la série, avec son approche plus cynique et critique de tout ce que fait Danny : à nouveau, on a presque plus envie de suivre ses aventures en compagnie de Colleen, que celles d'un Iron Fist qui se jette si souvent tête baissée dans les ennuis, et ne s'en sort que grâce à autrui, et pas parce qu'il a quinze ans d'entraînement martial rigoureux.

Bref : combats médiocres, interprète principal insuffisant, musique hors-sujet (de l'électro rétro façon Tron), personnages secondaires plus intéressants que le protagoniste (Madame Gao, toujours impeccable ; Bakuto, nettement moins convaincant et mémorable, honnêtement)... et donc, l'écriture.

Une écriture globalement très très faible, bourrée de grosses ficelles et de facilités, de caractérisations aléatoires, de remplissage inutile (le passage en Chine-tournée-à-Vancouver, totalement creux et sans raison d'être), d'exposition maladroite, de dialogues bancals, et d'un refus constant d'exploiter au mieux le sujet de l'Iron Fist.

À l'image du dernier épisode de la saison, très symptomatique du problème Iron Fist : alors que tout devrait mener vers un duel final épique (après tout, si Harold est montré, pendant toute la saison, en train de s'entraîner aux MMA dans son loft, c'est bien pour préparer l'affrontement final... non ?), on se retrouve devant un affrontement générique dans la pénombre, très peu satisfaisant, et on conclue sur un duel au cours duquel Danny se fait dominer par son adversaire, qui a une arme à feu ou un objet contondant en main, et il ne gagne que grâce à l'intervention d'autrui.

C'est presque comme si la production, tout au long de la saison, avait honte de son personnage principal, et se refusait à en exploiter la mythologie, les talents, les pouvoirs, etc, n'acceptant de les aborder que de biais (le simple fait de priver Danny de l'Iron Fist pendant plusieurs épisodes est assez parlant, à ce titre).

Et je ne parle même pas de la toute fin, qui montre Danny et Colleen dans un Tibet toujours aussi fauché et carton-pâte, vêtus de tenues de randonnée Quechua à 25€... *soupir*

Difficile aussi de se défaire de l'impression d'un changement de direction créative, à plusieurs reprises durant la gestation de la série : certains personnages, intrigues, ou directions semblent avoir été bâclées et/ou sabotés, çà et là, pour évoluer vers quelques chose de moins probant, et de moins maîtrisé.

Ça, ou bien c'est simplement le fait que Scott Buck est un scénariste et showrunner déplorable, incapable de mener sa barque de manière compétente. 

-------------

En somme, alors que les Defenders sont sur le point de se former, on peut se poser la question de l'intérêt de Danny Rand au sein du groupe : de ce que l'on a pu en voir au terme de cette saison, Daredevil est bien meilleur combattant, Luke Cage est plus résistant, Jessica Jones est plus débrouillarde et intelligente (en plus d'avoir une meilleure maîtrise de soi !), et tous les personnages secondaires de toutes les séries Marvel/Netflix ont plus de jugeote et d'intérêt que lui.

À la limite, il lui reste sa fortune...

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Les bilans de Lurdo : Defenders Week-End (2/4) - Luke Cage (2016)

Publié le 18 Novembre 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Télévision, Les bilans de Lurdo, Action, Thriller, Fantastique, Marvel, MCU, Netflix

Dès lundi, les Téléphages Anonymes entament une semaine Punisher, retraçant chaque jour le parcours cinématographique de ce bon vieux Frank Castle, pour finir par la série Punisher qui lui a été très récemment consacrée par Netflix. Le moment est donc venu pour moi de conclure, en dépit de mes premières impressions mitigées, le visionnage des séries Marvel/Netflix...

Luke Cage, saison 1 :

Après un séjour en prison, qui a fait de lui un combattant hors-pair, et la victime d'une expérience le dotant d'une peau invulnérable et d'une force incroyable, Luke Cage (Mike Colter) tente de se refaire une nouvelle vie à Harlem, dans le barber shop de son beau-père. Mais lorsqu'il découvre les agissements criminels de Cottonmouth (Mahershala Ali), un caïd local, Cage n'a d'autre choix que se montrer à la hauteur de ses pouvoirs, pour rétablir la paix dans son quartier...

Alors pour être totalement franc, Luke Cage a toujours été la série m'intéressant le moins de tout l'univers Marvel/Netflix. Déjà parce que le personnage ne m'intéresse guère, en soi, mais aussi parce que le Luke Cage aperçu dans Jessica Jones manquait cruellement de charisme et de présence, et, last but not least, parce qu'à en juger par les critiques et le buzz (qui louaient le communautarisme revendicatif typiquement américain de la série), je n'étais clairement pas le coeur de cible de cette série faite par des afro-américains, pour des afro-américains, avec des afro-américains.

Et puis en fait, cette série s'est avérée une assez bonne surprise. Principalement parce que ce communautarisme, ce black power, est bien intégré à l'essence même du show, et à son style très particulier : Luke Cage, avec sa musique, ses costumes, son éclairage, ses visuels, est probablement le show le plus stylisé de la gamme Marvel/Netflix, et une vraie tentative de coller au près au genre de la Blaxploitation (pour le meilleur et pour le pire).

Une tentative aux intentions souvent meilleures que son exécution, puisque Luke Cage souffre des mêmes problèmes que les autres séries Netflix, à savoir son rythme (13 épisodes, c'est beaucoup trop), son écriture (les dialogues sont souvent laborieux, les rebondissements téléphonés)... et son interprète principal.

En effet, comme dans Jessica Jones, Iron Fist, ou même Daredevil (du moins, en saison 1), Luke Cage n'est tout simplement pas au niveau de ses personnages secondaires (que ce soit Misty Knight, Cottonmouth, ou les autres), qui le dévorent tous plus ou moins de leur charisme ou de leur talent.

Le problème, en fait, c'est que Mike Colter, s'il n'est pas forcément mauvais acteur, est néanmoins, dans ce rôle, globalement assez transparent et inexistant : il est grand et musclé, certes, mais est perpétuellement impassible, généralement inexpressif, les bras ballants, il parle d'un ton monotone (le grand discours lors de la cérémonie en mémoire de Pops tombe ainsi totalement à plat), et il n'a pas le moindre langage corporel, au point que l'on remarque aussitôt sa doublure cascade dès qu'elle prend sa place.

Comme je le disais plus haut, les intentions (ici, "Luke Cage, c'est la force tranquille") ne sont pas forcément bien retranscrites à l'écran, et le Luke Cage de cette série n'est que rarement à la hauteur de son homologue de papier, beaucoup plus optimiste, ouvert et dynamique.

Dans l'absolu, ce n'est pas vraiment un problème pendant la première moitié de la saison, puisque ce qui entoure Cage est intéressant : Cottonmouth est fascinant, l'atmosphère de ce Harlem made in Marvel est palpable, les seconds rôles sont attachants, Misty Knight (Simone Missick) charismatique, l'arrivée de Claire Temple apporte encore un autre personnage fort (même si honnêtement, malgré les efforts du script, il y a moins d'alchimie entre Luke et Claire qu'entre Luke et Misty ou Claire et Murdock), Shades (Theo Rossi) est intrigant, et si l'écriture n'est pas exempte de défauts, notamment dans la structure, dans l'enchaînement des situations, etc, et que l'action est assez quelconque dans sa mise en images, le tout se suit sans problème, notamment lorsque Cage assume enfin son rôle de défenseur de Harlem.

Une première moitié de saison qui culmine avec la mort de Cottonmouth... et c'est alors qu'une véritable rupture se produit dans la série. De Cottonmouth, un petit caïd ultra-charismatique et distingué, en quête de respectabilité (l'un des grands thèmes de la série, avec la famille, etc) et aux motivations multiples, on passe à Diamondback (Erik LaRay Harvey), un marchand d'armes caricatural, interprété et écrit comme le méchant d'un mauvais film de super-héros, qui veut se venger de son demi-frère Luke Cage.

La transition est rude, et elle fait rapidement basculer le show vers quelque chose d'approximatif, d'insipide et de répétitif, d'autant que le point focal de la série bascule alors, pendant plusieurs épisodes, sur Diamondback, Shades, la corruption croissante de Mariah (Alfre Woodward) - la cousine de Cottonmouth, politicienne aux dents longues - alors même que Cage passe le plus clair de son temps alité, entre la vie et la mort, à ressasser son passé et l'expérience scientifique l'ayant transformé (bien moins passionnant que ce que le show semble penser).

Autant dire que la série freine subitement des quatre fers, le temps que Cage se remette, puis fuie la police, et, privée de son héros et du charisme d'un antagoniste compétent, Marvel's Luke Cage s'éparpille, tourne en rond, joue la carte du remplissage et finit à genoux, victime d'un affrontement final assez risible (le duel était long, certes, mais il manquait d'impact sur les corps, et entre le costume de "pimp stromptrooper" de Diamondback, le montage en parallèle avec des flashbacks inintéressants, et la conclusion du combat en pilotage automatique, le tout était particulièrement décevant), et du syndrome Netflix des séries trop longues et mal rythmées.

C'est d'autant plus dommage que le style était là, que la série était particulièrement ancrée dans le MCU, avec probablement plus de références et de liens que dans les autres séries Netflix, et que, finalement, il y avait là de quoi faire une série tout à fait honorable.

Mais entre le manque de progrès et de rythme flagrant dans la dernière ligne droite, les décisions créatives mal avisées (la mort de Cottonmouth à mi-saison), l'écriture inégale et le choix d'un ton souvent trop sérieux pour son propre bien (et pour permettre à l'interprète principal de se décoincer), on se retrouve au final avec une demi-saison intéressante et plus ou moins réussie, suivie de beaucoup de médiocrité.

D'ailleurs, le final est assez représentatif des problèmes de la série : l'affrontement Diamondback/Luke est rapidement expédié, et le discours de Luke (assez moyen, Colter oblige) au commissariat tout aussi vite éclipsé par le grand numéro d'Alfre Woodward qui suit.

Un peu comme si ce qui intéressait vraiment la production, c'était plus l'origin story de Mariah et de Shades, que les aventures de Luke Cage, qui fait parfois presque de la figuration dans sa propre série...

 

(j'ai tout de même trouvé ça plus intéressant que Jessica Jones, et je me demande ce que la même série aurait pu donner avec quelqu'un comme Terry Crews ou Morris Chestnut dans le rôle titre)

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Les bilans de Lurdo : Defenders Week-End (1/4) - Daredevil, saison 2 (2016)

Publié le 18 Novembre 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Télévision, Les bilans de Lurdo, Action, Fantastique, Thriller, Marvel, MCU, Netflix, Punisher

Dès lundi, les Téléphages Anonymes entament une semaine Punisher, retraçant chaque jour le parcours cinématographique de ce bon vieux Frank Castle, pour finir par la série Punisher qui lui a été très récemment consacrée par Netflix.

Et sans surprise, comme je suis complétiste dans l'âme, cela signifie qu'en dépit de mes meilleurs instincts (et de mes mauvaises expériences passées), je me sens obligé de conclure le visionnage des séries Marvel/Netflix, entamé avec Daredevil saison 1, et Jessica Jones.

Daredevil, saison 2 :

Alors que le Punisher (Jon Bernthal) massacre des criminels à tour de bras, New York est lentement envahi par les hordes de ninjas de la Main ; bien décidé à percer à jour le mystère de cette secte étrange, et motivé par le retour, dans sa vie, de la belle Elektra (Elodie Yung), Matt Murdock délaisse alors progressivement sa carrière d'avocat, pour rejoindre le combat de Stick (Scott Glenn) et de ses hommes contre les troupes de la Main...

Après avoir terminé la saison 1 de Daredevil, mon impression générale des aventures du Diable de Hell's Kitchen était assez mitigée. Sous la direction de Steven S. DeKnight, la série avait mis en place les grandes lignes de l'univers Marvel/Netflix, que ce soit dans ses qualités - réalisme, action - ou dans ses défauts - rythme, sous-intrigues inutiles, etc.

Ici, en saison 2, on a droit à un changement de showrunners, ce qui amène de légères différences d'approche et de structure. La saison 2 de Daredevil s'articule ainsi sur la mise en parallèle de deux grandes intrigues : d'un côté, l'arrivée du Punisher en ville, ses massacres, son arrestation, son procès et son évasion ; de l'autre, tout ce qui a trait aux ninjas de la Main, à Elektra, à Stick, etc.

Deux grandes lignes directrices qui occupent tous les personnages de la série, pour le meilleur et pour le pire.

Tout ce qui en est rapport avec le Punisher est ainsi très réussi : à ma grande surprise, alors que j'avais d'énormes appréhensions à son sujet après sa prestation désastreuse dans The Walking Dead, Jon Bernthal est excellent en Frank Castle, un Frank brutal, torturé, implacable et touchant à la fois, ayant la présence physique et l'intensité nécessaires pour rendre justice au personnage.

On pourra toujours regretter certains échanges un peu bavards et maladroits, surtout lorsque l'on aborde les thématiques du vigilantisme, ainsi que la résolution capillotractée de la "conspiration" du Blacksmith - que la présence de Frank dans le parc, avec sa famille, ait été le fruit du hasard, ou qu'il ait délibérément été pris pour cible, le résultat est le même : la coïncidence est bien trop grosse et pataude, et affaiblit la nature même du Punisher.

Mais reste que les quatre premiers épisodes de la saison sont clairement les meilleurs (et les plus courts et dynamiques), une sorte de mini-arc narratif complet et convaincant, qui lance cette seconde année de Daredevil dans une direction efficace.

Le procès du Punisher, à l'identique, fonctionne assez bien, tout comme son incarcération (formidable scène de massacre en prison, brute de décoffrage et intense), son face à face avec Fisk, et son retour à la vie civile. À nouveau, seule la résolution bancale de la conspiration déçoit, ainsi que, çà et là, quelques longueurs et improbabilités dans l'enquête de Karen Page - une Karen Page dont la reconversion en journaliste n'est pas forcément crédible, mais qui s'intègre relativement bien à l'intrigue sur le Punisher ; idem pour Foggy, d'ailleurs, dont l'évolution ne pose pas de problème flagrant.

Il n'est pas surprenant, donc, que dès que la série s'éloigne du Punisher pour s'intéresser à la Main, à Elektra, etc, elle perd pied, et commence à devenir farouchement inintéressante.

Alors que les quatre premiers épisodes de la série lançaient celle-ci dans une direction intéressante, dès la fin du quatrième, Elektra arrive, et c'est presque immédiatement que le show quitte ses rails et se perd en chemin.

On a ainsi droit à tous les clichés de l'ex trop dangereux(se), qui, au final, font de cette Elektra un personnage assez proche de ce que pouvait être Faith dans Buffy : un double négatif, une représentation des pulsions animales du héros, et une tentation perpétuelle qui l'incite à céder à ses penchants violents et débridés.

Rien de vraiment intéressant ou original, en soi, et l'interprétation arrogante d'Elodie Yung rend assez rapidement le personnage antipathique, d'autant qu'elle entraîne avec elle Matt Murdock dans sa chute : Murdock se détourne de tout le monde, et devient lui aussi assez antipathique et agaçant.

Pour ne rien arranger, toute l'intrigue de la Main, de Nobu et du Black Sky n'apporte finalement pas grand chose à la saison : trop souvent, le tout se limite à des affrontements sous-éclairés entre Daredevil/Elektra et des ninjas anonymes, sans réel enjeu autre que "il faut survivre à cet affrontement pour pouvoir en savoir plus sur les mystères mystérieux de la Main".

Autant dire que, pour moi qui ne suis pas du tout passionné par tout ce pan de l'univers Marvel, toujours à la limite de la grosse caricature, la fin de saison centrée sur la Main a été assez laborieuse et frustrante, d'autant que cette intrigue n'était, au final, que de la mise en place pour le reste de l'univers - Iron Fist et The Defenders en tête.

En résumé :

- Une moitié Punisher intéressante, une moitié Elektra insipide.

- Des acteurs désormais à l'aise dans leurs rôles respectifs, notamment Charlie Cox, beaucoup plus crédible en Daredevil, grâce à un beau travail de posture (ce qui n'empêche pas Elden Henson et D'Onofrio de toujours avoir les quelques problèmes d'interprétation que j'avais déjà repérés en saison 1).

- Une bonne alchimie du trio de tête (détruite par le caractère et les choix de Murdock, cette saison).

- Un Clancy Brown malheureusement sous-exploité dans un rôle mal écrit (espérons qu'il revienne en flashbacks dans la série Punisher).

- Une écriture inégale.

- Des combats toujours impressionnants et bien chorégraphiés (mais pas toujours lisibles).

- Un rythme global égal à lui-même (c'est trop long, et sur la fin, c'est laborieux).

- Des thématiques (sur l'héroïsme, le vigilantisme, le destin, etc) au traitement parfois maladroit. 

Tout ça donne une saison mitigée, dont l'appréciation dépendra fortement de ce que le spectateur préfère dans le matériau de base.

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Dans l'ensemble, cependant, je suis loin d'avoir détesté cette saison de Daredevil. Elle bénéficie du travail déjà effectué en saison 1, et si elle n'en corrige pas forcément les défauts, et souffre d'une intrigue asiatique sans intérêt intrinsèque - sauf, peut-être, pour les fans du comics et des personnages - elle bénéficie largement d'un très beau travail d'intégration du Punisher à l'univers Marvel/Netflix.

C'est loin d'être parfait, mais par rapport aux autres saisons de Marvel/Netflix vues jusqu'à présent par mes soins, ça me redonnerait presque l'espoir d'un crossover satisfaisant dans les Defenders... malgré la Main et ses ninjas inintéressants.

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Les bilans de Lurdo : Halloween Oktorrorfest 2017 - The David S. Pumpkins Halloween Special (2017) & Michael Jackson's Halloween (2017)

Publié le 12 Novembre 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Télévision, Les bilans de Lurdo, Oktorrorfest, Halloween, Horreur, Fantastique, Comédie, Jeunesse, NBC, CBS, Musique, SNL

L'Halloween Oktorrorfest touche aussi le petit écran, avec chaque week-end, de mi-Septembre à début Novembre, des critiques de séries fantastiques et horrifiques...

Saturday Night Live's The David S. Pumpkins Halloween Special :

Kevin (Peter Dinklage), désormais adulte, prépare sa citrouille d'Halloween et raconte comment, dans son enfance, il a rencontré David S. Pumpkins (Tom Hanks), un esprit d'Halloween particulièrement étrange et excentrique, et comment, ensemble, ils ont sauvé la fête des Citrouilles de méchants garnements...

Un Halloween Special d'une durée de 20 minutes, basé sur un sketch du SNL inexplicablement devenu viral, avec Tom Hanks dans le rôle improbable de David S. Pumpkins, qui s'occupait à l'époque d'un ascenseur hanté.

Ici, les mêmes auteurs & comédiens tentent d'ériger ce personnage en icône d'Halloween, l'équivalent du Père Noël pour la Fête des Citrouilles, au travers d'un film animé à l'animation rétro 90s (et donc assez limitée et fauchée), de chansons absurdes, et de rimes façon Dr. Seuss.

Dans l'absolu, pourquoi pas, mais il faut bien avouer que tout l'intérêt du sketch original résidait dans son non-sens total, et dans l'investissement total de Tom Hanks dans ce personnage bizarre. Ici, tout cela est dilué dans un récit de 20 minutes, trop long pour ce que ça raconte, et on finit par se dire tout simplement "tout ça pour ça ?".

Qu'on apprécie ou pas le sketch du SNL, une chose est sûre : cette adaptation sous forme plus longue n'était pas franchement nécessaire. Ça se regarde, mais ça ne restera probablement pas dans les mémoires... du moins, pas comme le sketch original.

Michael's Jackson's Halloween :

Vincent (Lucas Till) et Victoria (Kiersey Clemons) se rencontrent le soir d'Halloween, et finissent dans un étrange hôtel, peuplé de créatures toutes plus improbables : Bubbles (Brad Garrett), le chimpanzé garçon d'étage ; Hay Man (Jim Parsons), l'épouvantail jardinier ; le Général Meriweather (Alan Cumming), l'araignée responsable de la sécurité ; Franklin Stein (Diedrich Bader), un savant fou félin... tous unis dans un combat contre la maléfique sorcière Conformity (Lucy Liu), qui veut priver l'univers de musique et de danse en transformant tout le monde en zombies...

Un moyen-métrage d'animation en images de synthèse de 45 minutes diffusé sur CBS à l'occasion d'Halloween, avec Mark Spawn Dippé à la co-réalisation, et, à la co-écriture, Dippé et les esprits géniaux à l'origine d'Alvin et les Chipmunks, de Festin de Requin, de Hop ou encore de Joyeux Noël, Grumpy Cat. Une combinaison de talents qui ne pouvait produire qu'un résultat particulièrement insipide et médiocre, défini par un seul mot : "bancal".

En réalité, rien dans ce Halloween Special consacré à Michael Jackson n'échappe à ce mot.

Tout est bancal, inutile ou inabouti, depuis l'animation, parfois ultra-simpliste et basique, jusqu'à l'histoire naïve et générique, au format très jeu vidéo (les personnages arrivent dans un nouveau niveau, assistent à un numéro de danse, affrontent Conformity, et repartent avec un trophée qui leur permettra, une fois combiné aux autres trophées, d'invoquer Michael en personne pour la boss battle finale), en passant par la direction artistique très inégale, et par un doublage discutable (Clemons est souvent plate, et la prise de son de Lucy Liu est parfois défaillante et creuse, comme si quelqu'un avait oublié d'appliquer les bons filtres audio sur sa voix).

Tout ça sans même parler de la danse ou de la musique, qui ne sont que des patchworks des œuvres de MJ (+ Somebody's Watching Me de Rockwell), souvent desservies par l'animation raide (le Michael final, en particulier, dont la danse est assez laborieuse).

Bref, tout cela semble particulièrement inutile et mercantile ; peut-être que du vivant de Jackson, un tel projet aurait su réunir des talents nettement plus importants et prestigieux, mais en l'état, c'est vraiment de l'exploitation pure et simple qui n'apporte rien à personne, et ne fait que très ponctuellement illusion.

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Critiques éclair - Star Trek Discovery 1x08 & The Orville 1x08

Publié le 11 Novembre 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Télévision, Science-Fiction, Star Trek, Comédie, Action, Aventure, Drame, Fox, CBS, Orville

Sept épisodes partout pour Orville et Discovery, et deux séries qui restent toujours, pour le moment, très peu probantes sur la durée...

​Star Trek Discovery 1x08 :

Alors que la guerre tourne à l'avantage des Klingons, Burnham, Tyler et Saru partent explorer une planète étrange, qui permettrait à la Fédération de détecter les vaisseaux klingons camouflés... mais les apparences de cette planète sont plutôt trompeuses.

Avant-dernier épisode avant la pause de mi-saison, et 37 minutes (!!!) brouillonnes et décousues qui tentent d'accomplir tout et son contraire, sans jamais vraiment y parvenir.

En vrac, on a donc la romance Burnham/Tyler ; un combat spatial ; les manigances des Klingons ; la guerre qui, soudain, alors que la Fédération remportait le tout dans le précédent épisode, est désormais largement à l'avantage des Klingons ; l'ingénieur qui commence à perdre pied ; Saru, Burnham et Tyler qui visitent Ferngully ; l'Amirale capturée ; et deux grands classiques de Star Trek : d'un côté, le membre d'équipage - ici, Saru - qui perd la tête en visitant une planète d'apparence paradisiaque, et se révolte contre les siens, et de l'autre, Errand of Mercy, avec ici des pseudo-Organiens, êtres immatériels, lumineux et pacifistes qui attirent Fédération et Klingons chez eux pour tenter de leur faire faire la paix, de gré ou de force.

Tout ça en 37 minutes, donc (une nouvelle fois, comme avec le pilote, on sent bien le double épisode de 85-90 minutes hâtivement découpé en deux), avec un rendu visuel assez fauché sur la planète-des-forêts-de-Vancouver, et une interprétation parfois moyenne de SMG.

Ça fait illusion parce qu'on n'a pas vraiment le temps de réfléchir, et parce que Doug Jones est toujours impeccable, mais en soi, ce n'est pas particulièrement bon ou mémorable.

The Orville 1x08 - Into The Fold :

Lorsqu'un accident de navette sépare le Dr. Finn de ses deux enfants, ces derniers échouent sous la surveillance d'Isaac, tandis que Finn, elle, tombe aux mains d'un autochtone menaçant (Brian Thompson)...

Encore un épisode qui me laisse étrangement mitigé...

D'un côté, avec Braga & Bermanis (de Star Trek Voyager) à l'écriture, on se retrouve avec un script ultra-balisé, mêlant un bon vieux crash de navette à la Voyager, à "Data s'occupe de deux enfants", saupoudré d'une couche d'un pseudo 10, Cloverfield Lane inabouti dans lequel Penny Johnson s'acquitte très bien de sa tâche, mais ne peut éviter les problèmes de script inhérents aux deux scénaristes (on saluera notamment le moment où, assaillis par des centaines de maychants anonymes, le docteur insiste pour que son fils règle son arme sur "étourdir", car "il ne faut pas se rabaisser à leur niveau et il faut rester humain"... alors même que cinq minutes plus tard, elle n'a pas hésité à éventrer son geôlier pour pouvoir s'échapper).

Un script cliché de bout en bout, donc, sans la moindre dose d'originalité, au rythme vraiment pépère, et au premier degré confondant...

Mais paradoxalement, il ne fonctionne pas trop mal dans le genre, principalement au niveau de l'interprétation, du rendu visuel, et des liens qui se tissent entre les personnages.

Je suis par conséquent assez mitigé, comme je pouvais l'être devant bon nombre d'épisodes de Voyager plaçant des personnages sympathiques et/ou attachants dans des situations insipides et génériques.

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Les bilans de Lurdo : Halloween Oktorrorfest 2017 - Stranger Things 2 (2017)

Publié le 11 Novembre 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Télévision, Oktorrorfest, Les bilans de Lurdo, Horreur, Halloween, Fantastique, Drame, Netflix

L'Halloween Oktorrorfest touche aussi le petit écran, avec chaque week-end, de mi-Septembre à début Novembre, des critiques de séries fantastiques et horrifiques...

Stranger Things, saison 2 :

Un an après les événements ayant touché Hawkins, la ville continue son petit bonhomme de chemin. Eleven est de retour dans notre monde, cachée par Hopper dans une cabane ; Will se remet péniblement de ce qu'il a traversé, et continue d'être étrangement relié à l'Upside Down ; Max, une jeune fille au frère aîné brutal, arrive en ville et divise la petite bande des garçons ; et une entité surnaturelle fait planer une ombre menaçante sur la ville, s'étendant dans l'ombre et sous terre...

Loin de m'enchanter autant que la plupart des critiques, nostalgiques d'années 80 illusoires, ne l'étaient, la première saison de Stranger Things m'avait laissé sur une impression mitigée, celle d'un produit ultra-calibré pour jouer la carte du fanservice, très dérivatif et un peu creux, car assez mal rythmé, mais qui bénéficiait en même temps d'une production impeccable, et d'une distribution principale attachante et juste.

Et comme l'essentiel de la saison était centrée sur les enfants, cela rendait Stranger Things plutôt agréable à regarder, sans être pour autant un chef d’œuvre d'écriture, de terreur, ou même quelque chose de particulièrement captivant.

Sans surprise, la saison 2 s'inscrit dans la droite lignée de la première, sur tous les plans. Ici, les frères Duffer décident de jouer la carte de la suite bigger louder, très inspirée par l'évolution de la franchise Alien, de Alien (avec son monstre unique) à Aliens (avec son armée de monstres, ses tunnels visqueux, ses soldats suivis au radar, son lance-flamme, et son Paul Reiser).

Niveau fanservice et hommage, on retombe donc en plein dedans (on peut aussi citer un peu du Vol du Navigator et de Gremlins pour la relation de Dustin et de Dart), quitte à assommer le spectateur de références et de clins d’œil patauds, et ce dès le premier épisode.

J'ai ainsi eu un mal de chien à m'intéresser à la mise en place longuette des premiers épisodes de la saison, qui se contente d'enchaîner pendant plusieurs dizaines de minutes les gimmicks des années 80, comme pour tenter d'hypnotiser le spectateur et de le plonger dans une transe nostalgique réceptive.

Morceaux d'époque à gogo, jouets, déguisements, Halloween, coupes de cheveux, programmes télévisés, etc : on a droit à un bombardement 80s, saupoudré d'une bande originale synthétique qui, cette fois-ci, m'a paru plus pataude et déplacée qu'autre chose, comme si elle peinait à trouver sa place de façon naturelle.

Et comme si cela ne suffisait pas, les scénaristes prennent la décision de consacrer une bonne partie de ces premiers épisodes aux adultes, aux adolescents (triangle amoureux toujours aussi insipide, avec en prime une fixette tardive de Nancy sur Barb, pour laquelle on peut ne pas remercier les frustrées du web), et aux nouveaux arrivants.

La bande des gamins est divisée (notamment par Max et par Dart), elle est éparpillée, et Eleven, elle, est séparée du reste des personnages pendant le plus clair de la saison (mention spéciale à l'épisode 7, quasi-indépendant, qui la confronte à un groupe de pseudo-punks risibles : un épisode qui ressemble à un backdoor pilot, et qui casse totalement l'énergie et l'élan que le show avait enfin réussi à accumuler à ce moment de la saison), après un retour de l'Upside Down un peu trop facile pour être convaincant.

Et qui dit pas d'Eleven à Hawkins dit beaucoup de remplissage : on a donc Max et son frère ultra-cliché et ridicule, comme je le disais, deux personnages-fonctions qui n'ont aucun intérêt intrinsèque, et ne servent qu'à faciliter/compliquer la tâche des autres enfants ; Dustin et son petit monstre ; Will qui a des visions, et finit par être possédé par l'entité (de quoi recycler toutes les scènes habituelles des films d'exorcisme) ; Winona Ryder toujours en mode fébrile, mais qui en sort occasionnellement lors de scènes avec Bob (Sean Astin), plutôt amusant bien qu'écopant d'un destin funeste des plus télégraphiés ; Paul Reiser en scientifique tentant de réparer les erreurs du passé ; Nancy et Jonathan qui passent tout leur temps à culpabiliser pour Barb, et à vouloir la venger en jouant les lanceurs d'alerte (une sous-intrigue totalement imbuvable et soporifique, qui semble trahir l'incapacité des scénaristes à écrire quoi que ce soit d'intéressant pour ces deux personnages)...

Pendant une bonne moitié de saison, Stranger Things semble ainsi ronronner, incapable de vraiment reproduire la magie (toute relative) de la saison 1, et de gérer de manière convaincante tous ses personnages. Puis la machine (clairement un diesel) donne l'impression de se mettre enfin en branle à l'approche de la mi-saison... jusqu'à l'arrivée de l'épisode 7, qui donne un sérieux coup de frein à tout cela (en même temps, les origines d'Eleven étaient loin d'être un élément intéressant ou indispensable à mes yeux) ; mais heureusement, la saison se termine de manière nettement plus nerveuse et convaincante (voire même touchante, pour le bal hivernal), même si elle n'évite pas quelques scènes ridicules relatives à Billy, le grand-frère de Max.

Dans l'ensemble, la saison 2 de Stranger Things m'a donc déçu, alors que je n'en attendais, à la base, pas forcément grand chose.

Trop de digressions, trop de personnages inutiles ou sous-exploités, trop de séparation entre les membres du groupe, trop de maladresses dans l'écriture... de manière surprenante, ce sont des duos comme Hopper/Eleven, ou Dustin/Steve qui s'avèrent les plus mémorables, et les plus intéressants dans leurs interactions.

Alors certes, la série reste très bien produite, bien interprétée, les créatures de l'Upside Down sont toujours visuellement très cauchemardesques, et le capital sympathie de la plupart des personnages principaux fait que l'on reste attaché à leur sort, mais... franchement, ça tire un peu trop souvent à la ligne, et les rebondissements éventés sont tellement légion (le retour in extremis d'Eleven, la mort de Bob, la réapparition finale de Dart...) qu'ils franchissent allègrement la limite très ténue entre hommage aux années 80 et grosses ficelles honteuses.

Dommage.

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Halloween Oktorrorfest 2017 - 72 - La Fiancée du Vampire (1970) & Dead of Night : A Darkness at Blaisedon (1969) / Dead of Night (1977)

Publié le 6 Novembre 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Télévision, Fantastique, Horreur, Drame, Romance, Comédie, UK, USA, NBC, ABC, Anthologie

Chez les Téléphages Anonymes, l'Halloween Oktorrorfest - notre marathon de cinéma fantastique et d'horreur - continue jusqu'à la fin de la semaine...

La Fiancée du Vampire (House of Dark Shadows) :

Lorsque l'avide Willie Loomis (John Karlen) décide de piller une tombe située dans le parc du manoir Collinsport, dans le Maine, il libère le maléfique Barnabas Collins (Jonathan Frid), un vampire du 19ème siècle qui n'a qu'une idée en tête, dès qu'il croise le chemin de Maggie (Kathryn Leigh Scott) : trouver un remède à son vampirisme, pour pour faire sienne Maggie, qui est le portrait craché de son amour perdu, Josette. Et tant pis si, pour cela, Barnabas doit massacrer tous ceux qui se dressent en travers de son chemin...

Adaptation cinématographique, par son créateur Dan Curtis, du soap opera fantastique Dark Shadows, House of Dark Shadows est un film auquel je n'ai pas du tout accroché.

Pourtant, généralement, je suis plutôt client du genre, et des films de cette époque, mais là, n'ayant pas l'attachement à la franchise qu'avaient les spectateurs de l'époque, j'ai trouvé le tout (faute d'un autre mot) vraiment télévisuel.

Pas forcément à l'image - le budget de la direction artistique était visiblement très confortable - mais plutôt dans le fond, dans le script et dans la réalisation de Curtis : le récit semble brouillon et un peu trop condensé pour son propre bien, la structure n'est pas particulièrement convaincante (notamment au niveau du rythme), le tout s'avère un peu criard, et bourré d'effets faciles et/ou kitschouilles (le grand final, à base de cris, de ralentis et de son déformé au flanger, est assez laborieux).

Qui plus est, pour ne rien arranger, les personnages et leurs interprètes sont assez peu engageants, et trop sommairement présentés pour convaincre. Nul doute que pour les fans de l'époque, ces présentations étaient globalement superflues, mais pour un spectateur d'aujourd'hui, un peu plus de structure et de rigueur dans la première demi-heure aurait probablement fait du bien.

Pas surprenant que Tim Burton ait eu tant de mal à tirer de la série et du film un remake potable, en 2012 : si déjà le créateur même de la série peine à condenser des centaines d'heures de télévision en 96 minutes de drame fantastique ultra-sérieux et dramatique, alors comment espérer réussir à transformer tout ça en comédie fantastique tous publics et moderne, sans aboutir à un résultat final totalement bordélique ?

Du gore généreux + un maquillage de vieillard très réussi + une direction artistique et des décors convaincants = 2.5/6

(je ne vais pas tenter la suite, Night of Dark Shadows, sorti en 1971, qui n'a de toute façon pas grand rapport avec ce premier épisode, ou avec la série, mais dont Burton a tout de même repris quelques éléments, dont la sorcière Angélique)

Dead of Night : A Darkness at Blaisedon (1969) :

Après avoir hérité du manoir de Blaisedon, Angela Martin (Marj Dusay) se tourne vers Jonathan Fletcher (Kerwin Mathes) et son assistant Sajid (Cal Bellini), deux spécialistes new-yorkais en paranormal, afin qu'ils l'aident à résoudre le mystère de cette bâtisse hantée...

Téléfilm américain produit et co-écrit par Dan Curtis, ce métrage de 50 minutes était à l'origine un pilote de série conçu par Curtis pour la chaîne ABC, pilote n'ayant cependant pas connu de suite.

Et en voyant le produit fini, il n'est pas vraiment difficile de comprendre pourquoi : produit, réalisé, écrit et mis en musique par des habitués du soap Dark Shadows, cette production en a tous les défauts.

Réalisation soapesque, interprétation théâtrale, décors de studio assez fauchés, musique datée (qui tue tout suspense), prise de son calamiteuse, bref, la forme n'aide vraiment pas le fond déjà très convenu et générique de ce pilote, et on finit par regarder le tout de manière très distraite et peu convaincue. Un bon gros bof.

2/6 (cela dit, le trio de personnages et leurs interprètes ne sont pas désagréables, et auraient pu fonctionner en personnages récurrents d'une série)

Dead of Night (1977) :

Huit ans après A Darkness at Blaisedon, Dan Curtis recycle le titre de son pilote avorté pour son second téléfilm anthologique, pour NBC, et il tente même de faire de l'expression "Dead of Night" quelque chose de plus grandiloquent et signifiant, dans la lignée de La Quatrième Dimension, dont il reprend le même genre de monologue d'ouverture en voix-off, et l'un des scénaristes, Richard Matheson.

- Second Chance : Frank (Ed Begley Jr.), un jeune homme passionné de vieilles automobiles, restaure une voiture accidentée achetée pour une bouchée de pain, et lorsqu'il en prend le volant, il se retrouve projeté dans le passé, à l'époque de l'accident.

Un récit typiquement Quatrième Dimension, car plus axé fantastique que suspense ou horreur. Malheureusement, le tout est assez mal rythmé, et la voix off constante de Begley est plus soporifique qu'autre chose, ce qui n'aide pas vraiment à rester captivé. Bof. 2/6

- No Such Thing as a Vampire : Chaque nuit, Alexis (Anjanette Comer) est agressée par un vampire, au grand dam de son époux (Patrick McNee). Celui-ci fait alors appel à un de leurs amis, Michael (Horst Buchholz) pour tenter de mettre fin à cette situation.

Un thriller en costume pas forcément très surprenant ou original (on devine très tôt, compte tenu du format et du style, de qui est réellement le coupable), mais plutôt bien interprété. Un peu capillotracté, cependant. 3/6

- Bobby : Traumatisée par la mort de son fils Bobby (Lee H. Montgomery), noyé, une mère (Joan Hackett) se tourne vers les forces occultes pour le ramener à la vie...

Un segment très supérieur à son remake de 1996 (cf La Poupée de la Terreur 2), et ce sur tous les plans : l'ambiance gothique y est nettement plus forte, l'interprétation est supérieure, la musique aussi, le rythme est plus maîtrisé, et la partie de cache-cache n'est pas sabotée par des effets de réalisation et de mise en scène malvenus. À préférer très clairement au remake. 4/6

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Pas vraiment une anthologie très mémorable, car bien trop éparpillée au niveau des genres abordés : comme l'annonce la voix off d'ouverture, on aborde ici de multiples styles narratifs (fantastique, mystère, drame, horreur, surnaturel/fantastique, crime), qui donnent un tout assez inégal et décousu.

Dommage, car la distribution est intéressante, et le savoir-faire est là.

3/6

 

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Halloween Oktorrorfest 2017 - 71 - La Poupée de la Terreur (1975) & La Poupée de la Terreur 2 (1996)

Publié le 6 Novembre 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Halloween, Horreur, Oktorrorfest, Fantastique, Thriller, Anthologie, Télévision, ABC

Chez les Téléphages Anonymes, l'Halloween Oktorrorfest - notre marathon de cinéma fantastique et d'horreur - continue jusqu'à la fin de la semaine...

La Poupée de la Terreur (Trilogy of Terror) :

Téléfilm anthologique télévisé écrit par Richard Matheson (La Quatrième Dimension), réalisé par Dan Curtis (Dark Shadows), et diffusé sur ABC en 1975, Trilogy of Terror se divise en trois segments centrés sur Karen Black, qui interprète un personnage différent dans chaque intrigue.

- Julie : Chad (Robert Burton), étudiant passionné de photographie, a un gros faible pour son enseignante d'anglais, la timide et discrète Julie (Karen Black). Fasciné, il est prêt à tout, même à la droguer, pour arriver à ses fins...

Segment franchement mitigé, au rythme un peu bancal et décousu, et au rebondissement final qui ne fonctionne pas totalement. 2.5/6

- Millicent & Therese : Millicent & Therese (Karen Black) sont deux soeurs jumelles que tout sépare. Millicent, la brune, est réprimée et prude ; sa soeur Therese, la blonde, est provocante, exubérante, et délurée. À la mort de leur père, les deux femmes ne se supportent plus...

Énorme ratage que ce segment interminable, bavard, et au rebondissement final totalement télégraphié, notamment par le postiche blond porté par "Thérèse". Vraiment pas aimé, malgré les efforts de Black, et le caméo du Commandant Lassard... 1.5/6

- Amelia : Amelia (Karen Black) vit seule dans un appartement, au sommet d'un building. Un jour, elle ramène un cadeau qu'elle veut offrir à son compagnon : une poupée Zuni à l'effigie d'un guerrier, poupée qui, rapidement, prend vie et décide de tuer la jeune femme...

Le segment le plus connu de cette anthologie, et celui qui lui vaut son statut de téléfilm culte : en l'état, une grosse course poursuite un peu criarde entre une poupée très réussie, et une Karen Black peu dégourdie. Ce n'est pas très complexe, mais ça fonctionne, et c'est agréable à suivre. 4/6

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Dans l'ensemble, une anthologie télévisée assez médiocre, qui ne vaut vraiment que pour son troisième sketch, et sa poupée meurtrière, sans oublier les efforts de Karen Black (qui ne portent cependant pas toujours leurs fruits).

2.5/6

La Poupée de la Terreur 2 (Trilogy of Terror 2) :

Suite de la première Trilogy of Terror de 1975, toujours supervisée par Dan Curtis, mais pas scriptée par Richard Matheson, et avec cette fois-ci Lysette Anthony en héroïne récurrente des trois segments.

- The Graveyard Rats : Laura (Lysette Anthony) et Ben (Geraint Wyn Davies), cousins et amants, décident de se débarrasser du riche époux de la jeune femme, mais celui-ci est enterré avec les codes d'accès de ses comptes en banque. Le couple décide alors de déterrer le cadavre... mais ils ne sont pas les seuls à tenter de mettre la main dessus.

Pas terrible, celui-ci : c'est gentiment surjoué, la réalisation est pataude, et le peu de macabre ou de sinistre finit par s'évaporer dès que les gros rats en plastique et en peluche font leur apparition, risibles. 2/6 

- Bobby : Désespérée, Alma (Lysette Anthony) fait appel aux forces des ténèbres pour retrouver son fils Bobby (Blake Heron), noyé. Mais lorsque Bobby revient soudain à la vie, partiellement amnésique, il fait aussi preuve d'une violence incompréhensible...

Jolie ambiance gothique pour un récit assez classique, avec une tempête qui n'en finit pas (il y a probablement des centaines, pour ne pas dire des milliers d'éclairs dans la petite demi-heure du segment). Malheureusement, ce qui ne commençait pas trop mal finit par lasser, puisque le segment se transforme en slasher basique, avec une caméra constamment penchée, des éclairs incessants, une bande originale répétitive, et un monstre final très caoutchouteux. Dommage. 3/6

- He Who Kills : Lorsque la poupée Zuni est déposée dans un musée après avoir été carbonisée, le Dr. Simpson (Lysette Anthony) décide de l'examiner, mais elle devient vite la proie de l'entité surnaturelle...

ZzzzzZZZzzzz... qu'est-ce que c'est bavard et inutile ! Une redite du segment original, dont celui-ci se veut être la suite, sans rien lui apporter d'original ou d'intéressant hormis l'environnement du musée. Qui plus est, le tout fait double emploi (tant stylistique que musical) avec le segment précédent, donc...  2/6

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Une anthologie en dessous de l'originale, pas aidée par une Lysette Anthony pas particulièrement juste ou subtile dans son jeu, et par une réalisation et une production très années 90. Bof.

2.25/6

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Les bilans de Lurdo : Halloween Oktorrorfest 2017 - Channel Zero, saison 2 : No-End House (2017)

Publié le 5 Novembre 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Télévision, Les bilans de Lurdo, Oktorrorfest, Halloween, Horreur, Fantastique, Thriller, Syfy

L'Halloween Oktorrorfest touche aussi le petit écran, avec chaque week-end, de mi-Septembre à début Novembre, des critiques de séries fantastiques et horrifiques...

Channel Zero, saison 2 - No-End House :

Lorsque trois amis - Margot (Amy Forsyth), Jules (Aisha Dee), & J.D. (Seamus Patterson) - reçoivent une invitation pour la No-End House, une maison hantée mythique et introuvable, ils n'hésitent pas un seul instant, et s'y rendent en compagnie de Seth (Jeff Ward), récemment rencontré. Mais la maison a des règles précises, et lorsqu'ils en ressortent, les quatre adolescents se retrouvent pris au piège d'une réalité étrange, où les souvenirs prennent corps et dévorent d'autres souvenirs...

La première saison de Channel Zero se démarquait du tout venant par son imagerie étrange, sa réalisation travaillée, ses protagonistes adultes, et son atmosphère très lourde et pesante ; en abandonnant totalement le creepypasta d'origine dès son second épisode, pour partir dans quelque chose de différent, Candle Cove n'était pas dénuée d'ambition... ce qui fonctionnait plus ou moins bien.

Ici, pour cette seconde saison, Channel Zero opte pour une approche similaire, s'inspirant du postulat de départ du creepypasta No-End House pour s'en détacher en cours de route, et la développer dans une direction un peu différente : les scénaristes créent ainsi un monde parallèle à l'intérieur de la maison, une réalité emplie de "zombies", des entités créées à partir des souvenirs des visiteurs de la maison, et dévorées par d'autres souvenirs qui ne veulent pas disparaître.

En soi, pourquoi pas. Mais le problème, à vrai dire, c'est que cette seconde saison de CZ échoue totalement à créer le moindre malaise ou frisson. Ponctuellement, certains visuels étranges et absurdes peuvent troubler, mais dans l'ensemble, l'intrigue principale est cousue de fil blanc, et il en va de même pour ses thématiques sur l'oubli, le pardon, la responsabilité parentale, l'amour et le sacrifice d'un père dévoué, etc.

L'écriture est donc assez transparente, et cela a un impact direct sur l'intérêt de la saison, qui semble souffrir de beaucoup de remplissage contemplatif : l'intention est clairement d'instaurer un malaise, une atmosphère pesante, et de créer des moments abstraits (toute la sous-intrigue de Jules tourne ainsi à vide, sans la moindre explication, car, de leur propre aveu, les scénaristes voulaient rester "mystérieux") mais comme le tout est nettement plus balisé et plat, visuellement parlant, cela ne fonctionne pas autant qu'en première saison.

Et le fait que les protagonistes soient de jeunes étudiants (avec des problèmes de leur âge, et un accent mis sur la romance de Seth et Margot) a l'inconvénient supplémentaire de donner à ce récit de faux-airs d'un Fais-moi peur ou Chair de Poule un peu friqué, un peu artistique et un peu plus adulte (pas de beaucoup, cela dit). En fait, c'est typiquement le genre de récit qui aurait été à sa place, au format 45 minutes, dans une anthologie comme Fear Itself.

Au final, on se retrouve donc avec une seconde saison une nouvelle fois applaudie plus que de mesure par la critique (m'enfin bon, on parle de ces mêmes critiques qui, tous les six mois, parlent de "nouveau meilleur film d'horreur de la décennie" à propos d'une nouvelle production Blumhouse, d'un film indépendant vaguement arty ou de Ça, et qui vénèrent Stranger Things comme un chef d’œuvre, donc...), mais qui semble perpétuellement jouer la carte du remplissage, prolongeant à plusieurs reprises son récit au delà de points qui auraient pourtant fait de très bonnes conclusions naturelles.

Pas particulièrement troublant, pas particulièrement effrayant, pas particulièrement tendu, pas particulièrement joli (visuellement) ni bien filmé (la manière dont les souvenirs et l'esprit des personnages sont représentés est très laide), pas particulièrement innovant ou original... bof, donc.

Mais au moins, c'est plutôt bien joué par Forsyth, Dee et John Carroll Lynch.

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Les bilans de Lurdo : Halloween Oktorrorfest 2017 - BrainDead, saison 1 (2016)

Publié le 4 Novembre 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Télévision, Les bilans de Lurdo, Halloween, Horreur, Fantastique, Comédie, Oktorrorfest, CBS, Thriller, Politique

L'Halloween Oktorrorfest touche aussi le petit écran, avec chaque week-end, de mi-Septembre à début Novembre, des critiques de séries fantastiques et horrifiques...

BrainDead, saison 1 :

Lorsqu'elle accepte de travailler un temps pour son frère Luke (Danny Pino), sénateur démocrate, afin de financer son prochain documentaire, Laurel Healy (Mary Elizabeth Winstead) ne se doute pas qu'elle va se retrouver au cœur d'une conspiration improbable : des insectes extraterrestres envahissent en effet Washington, et prennent le contrôle des hommes politiques et de leur entourage, radicalisant ainsi le débat politique, et affaiblissant le pays...

Unique saison de cette comédie d'horreur satirique ne se prenant pas du tout au sérieux, créée par l'équipe à l'origine de The Good Wife, et produite par Ridley Scott.

Il est assez difficile pour moi de décrire ce que j'ai ressenti en visionnant aujourd'hui l'intégralité de cette saison 1 (après avoir regardé le pilote à l'époque de sa diffusion) : la première impression qui domine, en ces temps de Trump incompétent et omniprésent, qui démolit morceau par morceau les USA et le monde, c'est une impression d'un ras-le-bol.

Oui, la série tape gentiment sur les Démocrates, les Républicains, et le monde politique américain, elle dénonce, elle critique (non sans raison ni pertinence, d'ailleurs), mais elle le fait sur un mode assez typiquement sarcastique, sourire en coin et partisan qui ne semble rien accomplir, comme l'a prouvé l'accession de Trump au pouvoir américain.

Pour faire simple, tout le contenu politique, les magouilles, les tactiques, le gerrymandering, les sit-ins, etc, présentées dans cette saison n'apprendront rien à quelqu'un qui se tient un minimum au courant de la politique US (ne serait-ce qu'en suivant le Daily Show, ou autres programmes satiriques similaires).

Résultat, la série prêche trop souvent les convertis, paraît régulièrement inoffensive et générique sur le front de la satire, et a une certaine tendance à faire du surplace au long de ses 13 épisodes, avec un certain ventre mou qui prend de plus en plus d'ampleur, à mesure que Laurel et ses deux sbires, Gustav (Johnny Ray Gill) & Rochelle (Nikki M. James) tentent de convaincre leurs proches, mais échouent encore et encore.

(en même temps, il faut bien avouer qu'ils ne sont vraiment pas doués, et que la série tourne souvent à la farce un peu forcée)

On se retrouve donc avec une série qui présente, en dépit de son sujet et de sa structure, une certaine nonchalance, un manque d'urgence de ses personnages vis à vis de la menace en cours.

Et pour cause : la romance entre Laurel et Gareth (Aaron Tveit), mise en place dès le premier épisode, phagocyte une grosse partie de la série. On se retrouve donc avec du shipping particulièrement téléphoné et basique, qui occupe une grosse partie de la saison, au détriment de sous-intrigues abandonnées en cours de route/jamais résolues de manière satisfaisante (l'épouse et le bébé de Luke), ou de points jamais vraiment expliqués (pourquoi les insectes n'ont jamais tenté de contaminer Luke, justement).

Cette romance Laurel/Gareth, de plus, ne fonctionne jamais totalement : Tveit n'est pas quelqu'un de particulièrement charismatique ou charmant dans ce rôle, et son alchimie avec Winstead (pourtant impeccable) est assez limitée, ce qui fait que ce couple laisse vraiment de marbre, et que le côté émotionnel de la série tombe à plat.

Et c'est dommage, parce qu'à côté de ça, la série possède bon nombre de qualités : elle ne lésine pas sur le gore et les explosions cérébrales (dans sa première moitié, du moins), les effets spéciaux sont compétents, l'aspect musical est assez drôle (que ce soit la récurrence du morceau de The Cars, ou les "Previously on Braindead" musicaux hilarants et variés - mention spéciale à l'épisode au début duquel le chanteur traumatisé préfère faire le résumé d'un épisode de Gunsmoke, images d'archive à l'appui), et la distribution est très sympathique (le trio de héros est attachant, bien qu'incompétent, et Tony Shaloub est formidable en Républicain possédé et magouilleur).

Mais dans l'ensemble, le résultat est trop inégal pour totalement fonctionner : ça se regarde sans problème, c'est même ponctuellement assez drôle, mais dans l'ensemble, il manque quelque chose (du rythme ? Du mordant ? Un ton plus uniforme ?) pour que la série soit vraiment réussie.

Amusant, sans plus.

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