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LES TÉLÉPHAGES ANONYMES

Il était une fois Lurdo & Sygbab, deux internautes passionnés de séries tv et de cinéma, et qui cherchaient un endroit où archiver leurs avis (semi) éclairés...

Articles avec #television catégorie

Les bilans de Lurdo : Hollywood Darlings, saison 2 (2018)

Publié le 8 Juillet 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Télévision, Comédie, Sitcom, Documentaire, PopTv, Les bilans de Lurdo

Deuxième (et dernière ?) saison de huit épisodes pour cette sitcom mockumentaire mettant en scène Christine Lakin (Notre Belle Famille), Jodie Sweetin (La Fête à la Maison) et Beverley Mitchell (7 à la Maison), amies dans la vie, et anciennes stars du petit écran américain.

Hollywood Darlings - saison 2 :

Nouvelle fournée d'épisodes pour cette série, donc, qui met ici totalement de côté son aspect "documentaire parodique" (finies, les interviews face caméra) pour aller ouvertement en direction d'une sitcom de plus en plus décomplexée, qui permet aux trois actrices de se lâcher, et à Lakin d'être notamment accompagnée par son époux (Brandon Breault), dans son propre rôle.

Au programme, cette année, toujours des caméos de multiples visages familiers des années 80-90 - Marla Sokoloff (La Fête à la Maison), Will Friedle (Incorrigible Cory), Soleil Moon Frye (Punky Brewster), Matthew Lawrence (Incorrigible Cory), Liam Kyle Sullivan (Touche pas à mes filles), David Lascher (Petite Fleur), Jordan Christopher Michael (La Fête à a Maison), Tatyana Ali (Le Prince de Bel-Air) - et des intrigues toujours plus improbables.

En vrac, on a ainsi un épisode flashback, relatant la rencontre des trois amies à l'occasion du passage à l'an 2000 (avec chorégraphie en prime) ; Lakin qui se fait passer pour morte afin de profiter du buzz internet autour de son nom ; les trois filles qui découvrent que la nounou de Beverley est une ex-porn star, et qui tentent de lui donner des cours de comédie ; Lakin et Mitchell qui se croient victimes d'une malédiction lancée par de jeunes sorcières ; ou encore une parodie de Big Little Lies, sur une fête d'anniversaire qui tourne mal...

À nouveau, comme pour la saison 1, rien de vraiment exceptionnel, mais le tout est mené avec tellement de bonne humeur et d'énergie - et le trio semble tellement bien s'entendre - que la série se regarde d'une traite, et que l'on passe un bon moment.

Un moment anecdotique, certes, mais un bon moment tout de même.

 

Retrouvez aussi sur ce blog le bilan de la saison 1 de Hollywood Darlings...

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Les bilans de Lurdo - Altered Carbon, saison 1 (2018) - deuxième partie (1x06-10) et bilan

Publié le 8 Juillet 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Télévision, Les bilans de Lurdo, Thriller, Drame, Policier, Science-Fiction, Netflix

La première moitié de saison d'Altered Carbon a été très loin de me convaincre : clichés énormes, nudité gratuite, action très moyenne, écriture faible, distribution très inégale... bref, la série a encore beaucoup d'efforts à faire si elle veut me convaincre avant la fin de sa première saison.

Altered Carbon, saison 1 (2018) - suite et fin :

- 1x06 : Alors qu'Ortega se remet à peine de l'assaut du Ghostwalker, Kovacs explique aux Bancroft les exactions de leur fils, mais Carnage rôde, bien décidé à amener Ortega et Kovacs à se battre pour lui...

Un épisode plus court (moins de 45 minutes), mais pas bien meilleur, à vrai dire.

D'un côté, le traitement psychique de la fille de Vernon Elliot par Poe ne sert pour l'instant pas à grand chose, mais parvient à rendre Vernon assez antipathique. De l'autre, la résolution de la sous-intrigue du fils Bancroft, et ses conséquences.

Là, premier problème : le fiston Bancroft est assez mauvais, et prend des postures un peu théâtrales ; ajoutez à cela une écriture toujours aussi pataude (entre les micro-flashbacks sur l'enfance de Kovacs pour ponctuer les conflits familiaux des Bancroft, et la tentative de créer un semblant de tension lors de la colère de Bancroft, pour faire croire au spectateur qu'il va frapper son fils avec un tisonnier, alors que sa cible réelle est évidente, c'est un festival), et on se retrouve avec un morceau d'épisode assez anecdotique.

Reste alors le gros morceau Carnage. Matt Frewer en fait trois tonnes, mais ce n'est pas bien grave ; Byron Mann ne fait que de la figuration, passe encore (le vrai problème, c'est qu'il est nettement plus charismatique que l'acteur qui interprète le Ghostwalker, et que les deux rôles auraient dû être inversés) ; le combat mal filmé dans l'arène contre des monstres risibles, semblant sortis de Buffy, et qui arrive pile après qu'Ortega ait été upgradée à la Misty Knight (quelle coïncidence bien pratique !), ça commence à coincer.

Et là où ça s'effondre, en fait, c'est lorsque Dichen Lachman débarque en ninja badass, que la réalisation semble soudain se rappeler comment cadrer une scène d'action... mais que le tout est illustré par une reprise particulièrement mauvaise d'un morceau de White Zombie, qui fait vraiment tache... bien tenté, mais raté.

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- 1x07 : Alors que Kovacs se remet auprès de sa soeur Reileen (Dichen Lachman), il se remémore son passé dans la résistance et dans le Protectorat...

Un épisode de 66 minutes bourré de flashbacks, ça laissait augurer du pire.

Et effectivement, il y a pas mal de redondances avec des flashbacks déjà vus, de moments qui font lever les yeux au ciel (la romance Tak/Quell, les platitudes que celle-ci assène à ses "disciples", son côté Morpheus du pauvre, la "jalousie" de Reileen), et de facilités scénaristiques qui ont tendance à télégraphier la suite de l'intrigue (tout ce qui a trait à la sœur de Takeshi, notamment : à force de lui faire dire encore et encore que le lien familial entre elle et Tak est plus important que tout, forcément, on devine une trahison inévitable à un moment ou à un autre).

Cela dit, le budget est là, et sorti de la ville ultra-moderne, le show semble trouver un second souffle, avoir plus de place pour respirer, et pour mettre en valeur des décors naturels intéressants. Finalement, ces 66 minutes passent mieux que je ne le redoutais, et les scènes d'action empêchent que l'on ressente un peu trop la durée de l'épisode.

Dommage que la réalisation soit assez inégale, avec des effets et gimmicks visuels parfois inutiles, qui viennent parasiter ce qu'il y a à l'écran. Mais dans l'ensemble, c'est probablement l'un des épisodes les plus homogènes et satisfaisants.

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- 1x08 : Tandis que, de son côté, Ortega tente de découvrir qui est la femme qui a sauvé Kovacs, ce dernier réunit tous les suspects du meurtre de Bancroft, et identifie son avocate (Tamara Taylor) comme la coupable du crime...

Un épisode assez quelconque, ayant son lot de grosses ficelles (Kovacs qui tente de repousser Ortega en lui mentant et en la rendant triste, c'est un grand moment de facepalm), de remplissage (je ne suis toujours pas certain de l'intérêt intrinsèque du personnage de Vernon et de sa famille, qui semblent plus fonctionnels qu'autre chose, et ne semblent là que pour déboucher sur une implantation de Lizzie dans une nouvelle sleeve, pour en faire une guerrière badass au moment où Kovacs en aura le plus besoin) et de moments ratés (la grande découverte de Kovacs qui comprend enfin la vérité sur la Tête dans les Nuages, à grands renforts de caméra tourbillonnante et de flashbacks auditifs, ça tombe affreusement à plat) mais qui, dans l'ensemble, permet d'avancer un peu (le côté Agatha Christie de la réunion est amusant), et s'avère surtout un prélude au "naked fight" opposant Ortega aux clones de Reileen.

Une scène courageuse de la part de Dichen Lachman, mais qui souffre d'une réalisation comme souvent très inégale, et d'une caractérisation d'Ortega assez agaçante - elle a de la chance d'avoir récupéré un bras bionique très récemment (quelle coïncidence - bis !) parce que sans lui, elle aurait déjà été tuée à plusieurs reprises, tant elle semble idiote et tête brulée.

- 1x09 : Après le massacre de toute la famille Ortega par le Ghostwalker aux ordres de Rei (qui retient Ortega prisonnière), Kovacs et ses alliés mettent au point un plan improbable pour infiltrer la Tête dans les Nuages.

Les choses se concrétisent un peu, mais malheureusement, cela se fait toujours à grands renforts de facilités et de ficelles narratives énormes qui gênent plus qu'autre chose : en vrac, on peut citer la narration déstructurée, uniquement là pour permettre quelques ellipses ; la scène de bain et de nudité ultra-racoleuse ; le sac qui se déchire à l'arrivée de Kovacs sur la Tête, et qui se vide intégralement de son contenu (armes, etc), mais par chance, l'objet indispensable à la mission est toujours là ; le double sleeving de Kovacs, bricolé en trois minutes dans une chambre d'hôtel, et qui tue tout suspens quant à la survie de ce dernier sur la Tête ; le compte à rebours inutile, uniquement là pour imposer un rythme forcé à la mission...

Bref, inutile de chercher de la subtilité et de la finesse dans l'écriture, ou, à nouveau, dans l'illustration musicale (avec une reprise pataude et hors-sujet de Johnny Cash durant la découvertes des cadavres de la famille Ortega, et ce qui suit).

Cela dit, ça continue d'avancer un peu, ce qui donne l'impression de quelque chose de plus réussi et efficace que certains des épisodes préalables, c'est toujours ça de pris.

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- 1x10 : Pris au piège de sa sœur, Kovacs l'affronte une dernière fois, alors que son enquête touche à sa fin.

Première réaction : Ortega ne sert vraiment à rien de plus qu'à être un love interest/une princesse à secourir, et visiblement, la seule raison pour laquelle le Ghostwalker a été physiquement aussi peu mis en valeur ou rendu impressionnant/menaçant, durant cette saison, c'était pour rendre crédible le moment où Ortega (qui ne dépasse probablement pas le mètre 55) le démolit.

Mouais. Comme beaucoup de choses dans cette série, on a l'impression que les showrunners ( ou l'auteur du roman ?) avaient une idée précise, un objectif, un moment, une scène "cool" en tête (Ortega qui élimine à mains nues l'assassin de sa famille ; les trois Elliot qui détruisent ensemble la Tête dans les Nuages ; Lizzie en Trinity du pauvre vêtue de latex qui tue des méchants ; Ortega qui contre les coups de katana avec son bras...), et qu'ils se sont alors pliés en quatre pour y arriver, quitte à passer par un maximum de facilités et de rebondissements rétroactifs indignes d'un programme de "prestige tv".

"Peu importe que le déroulement de l'intrigue soit capillotracté, bâclé, délayé ou improbable, tant qu'on arrive où l'on veut arriver", en somme. Ce qui est un problème assez récurrent chez certains scénaristes manquant d'imagination et/ou de talent.

Le parcours de Lizzie est ainsi assez symptomatique : après une saison entière durant laquelle son père, sa mère, et sa thérapie n'ont été qu'un enchaînement constant de développement inabouti et de moments forcés par les scénaristes, sans surprise, elle se réincarne en une sorte de Trinity du pauvre, vêtue de latex, et elle démolit du méchant sur fond de pop rock insipide, avant d'avoir droit à un happy end narré en voix off... mouais. Tout ça pour ça.

L'enquête globale de Kovacs succombe aussi à ce problème : non seulement l'affaire est-elle assez quelconque, au final, mais en plus, le récit semble se contorsionner pour déboucher sur une classique confrontation du détective avec tous les suspects (scène à laquelle on a déjà eu droit il y a quelques épisodes). Pas forcément indispensable, franchement.

D'ailleurs, tout ce qui se produit après la destruction (spectaculaire) de la Tête dans les Nuages tombe gentiment à plat : abus de Quell et de platitudes débitées en voix off, manque de rythme, manque d'enjeux pour Kovacs, reprise finale de Johnny Cash qui achève d'agacer...

Bref, on préfèrera oublier les grosses ficelles et les dialogues maladroits, pour rester sur la bonne impression d'un duel au katana façon Highlander, plutôt efficace malgré des bruitages un peu trop présents (et malgré le cliché de ces asiatiques qui se battent tous au katana, forcément, puisqu'on est décidément en plein dans les stéréotypes...).

 

-- Bilan global --

Tout ça pour ça.

C'est vraiment tout ce qui me vient à l'esprit à la fin de cette saison. 10 ans de gestation cinématographique, une hype démesurée, un budget conséquent, et voilà : on aurait pu s'attendre à quelque chose de plus travaillé, de plus original, de plus développé thématiquement, de plus pertinent... mais non.

On se retrouve avec une série de cyberpunk ultra-basique, qui enchaîne tous les clichés possibles et imaginables du genre (comme autant de madeleines de Proust pour les fans de ce style littéraire) de la manière la plus plate et générique possible, et enveloppe le tout dans un rendu visuel clinquant et efficace, en espérant qu'une bonne dose d'effets numériques, d'atmosphère dérivative, et de nudité, parvienne à faire passer le tout comme une lettre à la cyber-poste.

Mouais.

Alors encore une fois, j'ignore totalement si les nombreux défauts que je trouve à l'écriture de la série sont hérités - ou non - du livre original. Cela ne m'étonnerait pas forcément, mais dans le doute, je ne peux que me baser sur ce que j'ai eu sous les yeux : un enchaînement de personnages clichés et de péripéties cousues de fil blanc, qui survole ses thématiques pour leur préférer de l'action moyennement filmée, une mise en image poseuse et de la nudité gratuite.

J'ai lu que la showrunneuse affirmait que la nudité de sa série n'était pas gratuite, qu'elle participait au rapport détaché et désacralisé des personnages vis à vis de leur chair, et qu'elle avait pris grand soin de mettre en scène une nudité égalitaire : permettez-moi de rire, puisque la nudité d'Altered Carbon est à 80% féminine, et qu'elle reste globalement racoleuse.

D'un autre côté, la distribution n'aide pas vraiment la série : une grosse partie du casting manque cruellement de charisme, et ne parvient pas à transcender les archétypes que sont leurs personnages, ou les dialogues bancals qui leur sont confiés (même Dichen Lachman, pour qui j'ai énormément de sympathie, galère un peu de temps à autre). D'autres (Martha Higareda, en fait) jouent comme dans un soap mexicain, tout en postures exagérées, et en expressions forcées.

Bref, on peut résumer les problèmes d'écriture de la série à une absence totale de subtilité... qui n'est pas forcément surprenant lorsque l'on regarde le cv des scénaristes de cette série : outre la showrunneuse, on trouve là énormément de scénaristes peu expérimentés, ou issus de programmes rarement remarqués pour la qualité et l'originalité de leur écriture dramatique.

Vraiment dommage qu'une telle débauche de moyens visuels et financiers ait été consacrée à un programme à l'écriture aussi médiocre.

 

(retrouvez aussi sur ce blog la critique des épisodes 1x01-05)

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Les bilans de Lurdo : Unbreakable Kimmy Schmidt, saison 4 - première partie (2018)

Publié le 7 Juillet 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Télévision, Comédie, Sitcom, Netflix, Les bilans de Lurdo

Dernière et ultime saison pour cette sitcom supervisée par Tina Fey, une saison découpée en deux parties, dont la première moitié (six épisodes) a été diffusée à la fin du mois de mai dernier.

Les bilans de Lurdo : Unbreakable Kimmy Schmidt - Saison 4.1 :

4x01 : Kimmy, en charge des ressources humaines de la startup où elle travaille, est accusée de harcèlement sexuel par un employé qu'elle devait renvoyer ; Jacqueline et Titus inventent un show tv fictif pour gonfler le CV de l'acteur ; Lillian tente de répandre les cendres d'Artie.

Un reprise pas désagréable, qui commence par un pseudo-générique de sitcom façon années 80-90, continue avec des sous-intrigues à l’intérêt inégal, place un caméo de Greg Kinnear, et se rattrape bien sur la fin, avec des résolutions systématiquement improbables de ses sous-intrigues.

4x02 : Lillian et Jacqueline essaient de résoudre les problèmes d'appartement de cette dernière, tandis que Titus tente d'écrire le pilote de sa "série", et que Kimmy découvre le binge-watching, ainsi que le concept de white privilege...

Quelques moments vraiment absurdes et amusants, et dans l'ensemble, le début d'une tendance plus militante et activiste pour Kimmy, tendance qui, sans être forcément inédite ou originale, ne fait que se renforcer dans le reste de la demi-saison.

4x03 : Kimmy et Titus regardent un documentaire "Netflix" réalisé par un DJ, qui tente de prouver l'innocence du Révérend...

Un pastiche intégral des documentaires criminels Netflix, vraiment très réussi sur la forme ; j'émettrai cependant beaucoup plus de réserves sur le fond, puisque les scénaristes ont ici la main très lourde sur la rhétorique anti-Trump, sur les caricatures d'incels, sur les clichés de la masculinité toxique, et sur les activistes des droits des hommes (ici représentés par Bobby Moynihan).

En soi, c'est pertinent, c'est opportun, c'est toujours bienvenu, et tout et tout... mais honnêtement, ça me fatigue d'entendre toujours la même chose, et surtout, ça manque d'originalité et de nouvel angle d'attaque. Peut-être que si Fey avait elle-même écrit le script, ça serait mieux passé... ou pas.

4x04 : Kimmy et Lillian partent pour une convention commerciale technologique, où Kimmy fait une rencontre ; Jacqueline, elle, décroche un rôle pour Titus dans une pièce d'utilité publique à destination des écoles.

Ah, bah en parlant de clichés, le monde des nerds et des technologies vu par Fey et compagnie, ça ne vole pas bien haut. Idem pour le harcèlement scolaire.

Ça reste amusant, cela dit, même si la prise de conscience de Titus sera probablement oubliée dès le prochain épisode, si la leçon de vie de Lillian sur scène vaut principalement pour tous les quiproquos qui la précèdent, et si le côté "Kimmy rencontre un homme, mais forcément, c'est une ordure" commence à faire beaucoup dans le genre...

4x05 : Titus tente de monter une représentation scolaire de la Belle et la Bête, pour laquelle Jacqueline et Lillian vendent des places à un public de hipsters (Zosia Mamet...) ; Kimmy, elle, se confronte à Fran (Moynihan), avant de prendre conscience du sexisme des contes de fées.

À nouveau, avec le personnage de Fran, on retombe dans le discours anti-mra/pro-#metoo qui me lasse franchement (en dépit de sa pertinence) et qui ne me fait pas vraiment rire.

Là, en prime, on a droit à une Kimmy en mode militante qui s'indigne de la Belle et la Bête et des princes de contes de fées, comme une utilisatrice de tumblr qui découvrirait le féminisme 2.0 et se lancerait dans une tirade particulièrement éventée.

Heureusement, tout autour, les vannes continuent à fuser et à faire mouche, mais ce fond revendicatif me fatigue un peu.

4x06 : Lillian est embarquée dans une histoire d'héritage la confrontant aux enfants d'Artie (Busy Philipps, Josh Cooke), pendant que Kimmy retrouve son sac à dos et décide de changer le monde en s'adressant aux petits garçons au travers d'un livre de fantasy ; Jacqueline, elle, doit faire face à la grossesse inattendue de Xan, abandonnée par son petit-ami...

Tina Fey revient à l'écriture (enfin, à la co-écriture), et... je dois dire que je n'ai pas particulièrement accroché à cet épisode. Principalement parce que les deux sous-intrigues principales, celle de Jacqueline et de Lillian, ne m'ont pas intéressé le moins du monde (je l'ai déjà dit, mais Lillian, Xan et Jacqueline sont loin d'être mes personnages préférés) et, dans le cas de Xan, c'est encore l'occasion d'en rajouter une couche sur le #metoo, avec un commentaire sur les femmes qui ne sont jamais crues par la société quand elles sont victimes d'une ordure, etc.

Ajoutez à cela une Busy Philipps qui semble là pour rester (mouais, sans plus), et un moment très sombre (trop sombre ?) durant lequel Kimmy est sur le point d'enterrer son âme d'enfant, et on se retrouve avec un mid-season finale en demi-teinte.

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Une demi-saison engagée, quasiment militante dans ses thématiques, et qui surfe sur le mouvement #metoo, pour confronter Kimmy aux horreurs de la société moderne et du genre masculin, afin de la forcer à grandir et à murir.

Ce qui, comme je l'ai mentionné plus haut, a un peu tendance à me fatiguer, principalement parce que ce n'est pas fait avec une grande finesse ou une grande subtilité.

De même, cette prise de conscience et ces thématiques imposent un ton un peu plus sombre et désenchanté aux mésaventures de Kimmy. Ce n'est pas forcement une mauvaise chose si Fey & co doivent boucler la boucle à la fin de la saison, mais ça signifie aussi que le tout n'est plus aussi rafraichissant et optimiste qu'avant - et que Kimmy semble parfois reléguée au second plan de ces épisodes.

Cela dit, le tout fourmille toujours de gags et de blagues percutantes et inattendues, c'est toujours assez agréable à suivre, et la distribution est toujours impeccable. Néanmoins, un peu comme 30 Rock en son temps, il est peut-être temps que la série touche à sa fin, avant que le niveau global ne continue à baisser lentement, mais surement.

À suivre en janvier 2019...

 

Retrouvez aussi sur ce blog les bilans de la saison 1, de la saison 2 et de la saison 3.

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Les bilans de Lurdo - Altered Carbon, saison 1 (2018) - première partie (1x01-05)

Publié le 7 Juillet 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Télévision, Science-Fiction, Drame, Thriller, Les bilans de Lurdo, Policier, Netflix

Adaptation Netflix d'un roman de science-fiction cyberpunk à succès, Altered Carbon est le bébé de Laeta Kalodigris, showrunneuse de Les Anges de la Nuit (aïe), scénariste de Pathfinder (aïe, bis), co-productrice exécutive du reboot de Bionic Woman (ouhlà), et scénariste de Shutter Island et de Terminator Genisys (*soupir*).

Un CV et une décennie de development hell cinématographique qui, ajoutés aux défauts habituels des séries Netflix, laissent d'office craindre le pire, malgré le budget conséquent de la série, et la promotion en grande pompe du programme par la chaîne...

Tentons néanmoins de mettre tous ces à-prioris de côté, et abordons ces 10 épisodes d'une heure d'une manière la plus objective possible : après tout, on n'est pas à l'abri d'une bonne surprise, dans ce genre trop peu exploité sur le petit et le grand écran.

Altered Carbon, saison 1 (2018) - première partie :

- 1x01 : Dans un futur lointain, Takeshi Kovacs, un criminel doté de capacités hors-du-commun, se réveille dans un nouveau corps (Joel Kinnaman) 250 ans après avoir été arrêté, et découvre que Mr Bancroft (James Purefoy), richissime, voudrait qu'il enquête sur son meurtre...

Un premier épisode qui mise totalement sur ses visuels et ses effets spéciaux pour éclipser le fait que l'univers est assez dérivatif et générique, dans le genre cyberpunk, et que le script est assez lourd en exposition.

Et ça fonctionne plus ou moins, puisque l'heure de métrage passe assez vite, malgré des clichés inévitables, et une distribution assez quelconque - Kinnaman n'a pas un charisme exceptionnel, la fliquette ne me semble pas toujours très juste, et tant Dichen Lachman que Tahmoh Penikett ne font que de brèves apparitions...

Bref, le postulat n'est pas inintéressant, mais il faudra voir comment ça évolue.

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- 1x02 : Kovacs mène l'enquête sur le meurtre de Bancroft, tandis qu'Ortega (Martha Higareda), elle, le suit à la trace...

Une enquête basique, digne des Experts, de la nudité gratuite et vraiment racoleuse, digne d'HBO (assez hypocrite, qui plus est, entre les femmes qui sont toutes en full frontal, Purefoy qui se déshabille joyeusement sans hésiter, et Kinnaman qui joue au grand jeu du "quel objet va cacher mon sexe dans quel plan ?"), de l'action mollassonne et mal filmée, des grosses ficelles évidentes, une illustration musicale pataude (le saxophone pendant la scène de sexe), bref... un épisode assez quelconque et trop long pour ce qu'il raconte.

La fliquette est notamment vraiment un personnage blindé de clichés (la religion, sa mère, etc), et qui suscite instantanément l'ennui.

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- 1x03 : Bancroft organise une soirée exclusive dans son manoir, où sont réunis tous les suspects de son meurtre : l'occasion rêvée pour Kovacs de mener l'enquête, avec l'aide de Vernon (Ato Essandoh)...

Ouhlà... je ne sais pas quelle part de cette épisode était dans le roman original, et quelle part est du fait des scénaristes, mais j'ai passé la moitié de l'épisode à pousser de grands soupirs atterrés devant tant de clichés et de grosses ficelles caricaturales.

À commencer par le flashback d'ouverture animé (à la fois inutile et affreusement convenu au niveau de la caractérisation des deux enfants), jusqu'au combat en apesanteur (au câblage médiocre et voyant, et à la chorégraphie faiblarde), en passant par l'écriture de toute la haute société bourgeoise de ce monde (de la grosse caractérisation grossière et pataude), le background de la fliquette (avec le collègue "qui a promis à son père de veiller sur elle" = qui ne passera probablement pas la saison... *soupir*), le flashback de Kovacs & Quell, etc, etc, etc

Alors certes, l'argent investi dans la série se voit plus ou moins à l'écran (encore que : le combat en apesanteur, à nouveau, faisait ultra-fauché, et certaines des armes ressemblent trop à des jouets en plastique recouverts de peinture métallique, sans poids ni usure, pour être convaincantes...), les interactions entre Poe et Kovacs sont amusantes, et l'apparition finale de Michael Eklund fait toujours plaisir, mais j'ai vraiment eu beaucoup de mal avec cet épisode.

- 1x04 : Capturé par Dimi 2 (Mickael Eklund), Kovacs est torturé psychiquement par ce dernier dans un laboratoire indépendant, pendant que Ortega, elle, fête le Dias de la Muerte avec sa famille...

Un épisode un peu plus court que les précédents, et ce n'est pas un mal, car 45 minutes de pseudo-torture porn psychique à l'issue télégraphiée, entrecoupées de flashbacks insipides et pontifiants au possible entre Kovacs et Quell (je ne sais pas si c'est l'actrice, son look ridicule façon Zion du pauvre, ses dialogues, la pseudo-romance à la symbolique pataude, ou son manque cruel de charisme, mais le personnage ne fonctionne pas du tout à mes yeux), c'est beaucoup trop, et j'ai fréquemment eu envie de faire autre chose à côté.

Il restait bien quelques moments amusants au niveau du Jour des Morts, de Poe et de la famille de la fliquette (même si c'était là du remplissage flagrant, et du world-building maladroit), ainsi qu'un caméo d'Adam Busch en technicien de la police, mais ça ne faisait clairement pas le poids face à tout le reste, et notamment face à la manière risible dont le réveil de Kovacs et l'évasion bourrine ont été mis en image sur fond de pop-rock tonitruante, face à l'interprétation très inégale de Martha Higadera (jamais très crédible en fliquette badass), et face à la révélation finale, à nouveau lourde et clichée.

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- 1x05 : L'enquête de Kovacs continue, mais elle se complique maintenant qu'il sait qu'il habite l'enveloppe corporelle d'Elias Ryker, l'ancien partenaire et amant d'Ortega...

Un épisode qui ronronne beaucoup, puisqu'il est principalement centré sur l'enquête de Kovacs - en partie résolue, de manière grandement prévisible - et sur le rapprochement de Kovacs/Ortega, avec trois tonnes de flashbacks sur la demoiselle et sur sa vie avec Ryker.

C'est assez lourd en exposition, histoire de relancer l'intrigue pour la seconde moitié de saison, on évite heureusement les flashbacks de Kovacs sur Quell & compagnie, et on a droit à de la nudité gratuite et à une scène d'action assez médiocre dans l'ascenseur (avec sacrifice inévitable d'un personnage secondaire inutile, et cliché honteux de l'arme à court de balles)... pas particulièrement passionnant, mais bon, ça aurait pu être pire.

(le caméo improbable de Matt Frewer en Carnage était amusant, cela dit)

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Pour l'instant, une première moitié de saison moins racoleuse que ce que je redoutais (on est au niveau d'une série HBO basique de la "grande" époque, ni plus, ni moins), mais vraiment gentiment creuse, et bourrée de clichés en tous genres.

On pourrait dire que c'est fait exprès, et que ça joue justement des clichés inhérents au genre, mais la limite entre pastiche et exploitation basique et sans talent est très fine, et ce show semble se trouver régulièrement du mauvais côté de la barrière.

(et puis comme je le répète depuis le début de la saison, j'ai énormément de mal avec les personnages féminins de la série, que ce soit Quell, ou Ortega, dont l'actrice n'est vraiment pas naturelle dans ses attitudes et ses postures, que ce soit lorsqu'elle joue les fliquettes endurcies, ou dans ses moments plus sexy)

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Blog Update ! - Juin 2018

Publié le 1 Juillet 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Télévision, Les bilans de Lurdo, Update

Un mois de juin vraiment hétéroclite sur le blog des Téléphages Anonymes, avec plusieurs gros films aux bilans pourtant assez mitigés...

#726 : Blade Runner 2049 (2017) + courts-métrages 3.5/6

#727 : Lunopolis (2010) 4/6

#728 : Rampage : Hors de Contrôle (2018) 3/6

#729 : The Tiger Hunter (2016) 4/6

#730 : Ferdinand (2017) 3/6

#731 : Chasse à l'Homme 2 (2016) 2.25/6

#732 : Macho Man - The Randy Savage Story (2014) 4.5/6

#733 : Deadpool 2 (2018) 4/6

#734 : Eddie The Eagle (2016) 4/6

#735 : Tellement Menteur (2007) 2.5/6

#736 : Is That A Gun In Your Pocket ? (2016) 2.75/6

#737 : The Female Brain (2017) 2.75/6

#738 : La Mort de Staline (2018) 3.5/6

#739 : God Code (2018) 0.25/6

#740 : Un Raccourci dans le Temps (2018) 1.5/6

#741 : Bad Night (2015) 2/6

#742 : Ghostheads (2016) 3.75/6

#743 : Contrôle Parental (2018) 3.75/6

#744 : Jurassic World - Fallen Kingdom (2018) 2.75/6

#745 : La Mort de Superman (2018) 3.5/6

#746 : Un Mariage Inoubliable (2012) 2.5/6

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# Grand écran :

Quelques déceptions, ce mois-ci, au niveau des grosses sorties, entre un Blade Runner 2049 visuellement réussi, mais assez creux, un Rampage décérébré, un Deadpool 2 à la limite de l'overdose et un Jurassic World 2 brouillon et fainéant... cela dit, la grosse majorité des films passés en revue en juin se trouve au-dessus de la moyenne (parfois de peu, mais tout de même), ce qui fait du mois écoulé une bonne cuvée, surtout en regard de certains mois passés des plus désastreux.

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- Film du mois :

Rien d'exceptionnel, ce mois-ci, si ce n'est l'excellent documentaire retraçant la vie et la carrière du Macho Man Randy Savage. Au niveau fiction, plusieurs comédies se démarquent - The Tiger Hunter, Deadpool 2, Eddie The Eagle -, ainsi qu'un mockumentaire très sympathique malgré son budget limité - Lunopolis.

- Flop du mois :

Aucune surprise, ici, c'est Un Raccourci dans le Temps qui décroche la palme du ratage du mois, un blockbuster laid, mal connu et mal écrit, à l'interprétation bancale, et à la distribution très inégale. Un joli plantage pour Disney, qui espérait connaître avec ce film le même succès qu'avec Black Panther, mais auprès d'un public afro-américain plus féminin et plus jeune...

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# Petit écran :

Ce mois-ci, on a terminé le visionnage de Perdus dans l'Espace, une série à l'écriture très faible, mais à la distribution sympathique ; de l'anthologie Electric Dreams, à l'écriture très inégale, mais à la distribution sympathique ; de la saison 3 de La Fête à la Maison - 20 ans après, à l'écriture de plus en plus caricaturale, mais à la distribution sympathique ; et de la saison 4 de Black Mirror, à l'écriture plus imprévisible, et à la distribution sympathique.

Cherchez donc les points communs...

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# À venir :

Juillet sera un mois un peu spécial sur le blog des Téléphages Anonymes, car après une première quinzaine assez classique (durant laquelle on se battra au côté des GI Joes, on enquêtera dans les coulisses d'Hollywood, on retournera à la fac avec Melissa McCarthy, on continuera les mésaventures de Kimmy Schmidt, et on testera la qualité du Carbone Modifié), le 14 juillet sonnera le début d'un mois entièrement consacré à la comédie française, à raison de deux films par jour (et un peu plus le week-end). Un mois où le meilleur côtoiera forcément assez souvent le pire...

 

Et comme toujours, vous pouvez retrouver la liste complète de tous les films passés en revue sur ce blog dans le menu Index de haut de page, ou en cliquant directement sur ce lien....

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Les bilans de Lurdo : Black Mirror - Saison 4, suite et fin (2017)

Publié le 1 Juillet 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Télévision, Les bilans de Lurdo, Netflix, Drame, UK, Thriller, Fantastique, Science-Fiction, Anthologie, Black Mirror

Trois saisons de Black Mirror, et peu d'épisodes totalement convaincants pour moi. De bonnes idées, des approches intéressantes, mais au final, une écriture qui ne m'a jamais paru particulièrement subtile ou inspirée, à une exception ou deux près...

Après un pastiche de Star Trek plutôt amusant, et deux épisodes décevants, l'intégrale de Black Mirror touche à sa fin...

Black Mirror - Saison 4.2 :

4x04 - Hang The DJ :

Dans un monde où les relations amoureuses sont supervisées par une application de rencontre calculant les probabilités de succès d'un couple, et sa "durée de vie", Amy (Georgina Campbell) et Frank (Joe Cole) finissent par comprendre qu'ils sont faits l'un pour l'autre, et que s'ils veulent rester ensemble afin de trouver le bonheur, ils doivent se rebeller contre le système...

Un chouette épisode positif façon comédie romantique, qui utilise le prétexte d'une technologie façon Tinder/OK Cupid/sites de rencontre pour narrer le devenir d'un couple et ses probabilités de succès.

Alors certes, Brooker ne peut pas s'empêcher de laisser deviner à l'avance son retournement final de situation, que ce soit au travers de dialogues ou des ricochets, mais dans l'ensemble, ça fonctionne bien, et le caméo de Gwyneth Keyworth est amusant.

4x05 - Metalhead :

Dans un futur post-apocalyptique, Bella (Maxine Peak) tente d'échapper à un chien de garde robotique qui la poursuit inlassable après qu'elle ait tenté de piller un entrepôt abandonné...

40 minutes de course-poursuite efficace, filmées en noir et blanc (pourquoi ? Allez savoir ! On va dire que c'est pour une meilleure intégration des effets spéciaux...) par David Slade (30 Jours de Nuit, Hard Candy), et reposant intégralement sur les épaules de Maxine Peak, qui s'en sort très bien.

Après, ça reste 40 minutes de simili-slasher/survival très premier degré, avec un rebondissement final maladroit uniquement là pour rajouter une dose de pathos et de déprime au tout (c'est du Brooker, après tout), mais dans l'ensemble, ça fonctionne plutôt bien. Reste le noir et blanc, qui laisse dubitatif.

4x06 - Black Museum :

Dans un musée sinistre, au milieu de nulle part, Rolo Haynes (Douglas Hodge), le propriétaire, raconte à Nish (Letitia Wright), une visiteuse en panne dans le secteur, trois des nombreuses histoires macabres qui peuplent son exposition : un médecin sadique (Daniel Lapaine) qui utilise un implant révolutionnaire pour ressentir la douleur d'autrui, un homme (Aldis Hodge) qui accepte de transférer la conscience de sa femme comateuse (Alexandra Roach) dans son esprit mais trouve rapidement cette expérience insupportable, et le destin de Clayton Leigh (Babs Olusanmokun), un tueur qui accepte, contre finances, de céder son double numérique au musée, pour y être torturé à jamais...

Une sorte de mise en abyme méta de la série, avec un Douglas Hodge dans le rôle d'un simili-Charlie Brooker, qui fait subir à ses personnages les pires atrocités sous le prétexte de tester de nouveaux concepts technologiques.

Ça ressemble forcément beaucoup à White Christmas, avec un fil conducteur qui fait que le moindre élément présenté au cours de ces sous-intrigues ressurgit forcément à la toute fin, et si c'est bien interprété, c'est aussi assez inégal, et un peu trop long.

Le premier segment, sur le médecin sadique, est gentiment sanglant, mais il n'est là que pour le parallèle entre le médecin et Rolo ; c'est assez prévisible, et on aurait pu condenser le tout ; le second est plus amusant, avec une métaphore intéressante sur le souvenir de l'être défunt et sa présence dans la mémoire ; le troisième segment n'est qu'un prétexte, malheureusement, et pose plus de questions techniques qu'il n'en résout.

Globalement, ce n'est pas désagréable, et ça a même un petit côté final pour Black Mirror, comme si Brooker voulait passer à autre chose. Peu probable, cela dit.

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Bilan saisonnier :

Depuis son arrivée sur Netflix, la série a changé, et pas uniquement au niveau de la durée excessive de ses épisodes : les concepts technologiques se répètent un peu, les épisodes surprennent beaucoup moins, mais la production et Brooker compensent en partant dans des directions parfois moins pessimistes et déprimantes.

Ce qui donne des épisodes occasionnellement plus légers, plus humoristiques, plus positifs, et aux fins plus heureuses que d'habitude. Un choix probablement polarisant auprès des fans, mais comme ce sont justement ces épisodes qui m'ont le plus plu, alors même que du Black Mirror "typique", sombre et misanthrope, ça me laisse habituellement totalement de marbre, je ne vais pas m'en plaindre...

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Les bilans de Lurdo - Perdus dans l'Espace, saison 1 (2018) - dernière partie (1x09-10) et bilan

Publié le 30 Juin 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Télévision, Les bilans de Lurdo, Science-Fiction, Aventure, Drame, Netflix, Lost In Space

Toujours plus de coïncidences et de rebondissements forcés au possible, toujours plus de manipulations de Smith, toujours plus de moments relativement prévisibles... Perdus dans l'Espace, saison 1, touche à sa fin.

Perdus dans l'Espace (Lost In Space - 2018) - dernière partie (1x09-10) :

- 1x09 : Capturée par Smith, Maureen est ramenée à l'intérieur du vaisseau du robot, où elle comprend que la comète ayant frappé la Terre était d'origine extraterrestre, et que l'humanité l'a exploitée pour envoyer le Resolute dans l'espace ; en parallèle, les autres colons tentent de réunir du guano alien pour faire démarrer leurs navettes...

D'office, un problème : toute la sous-intrigue de remplissage sur le guano-supercarburant, sur la grotte, sur les ptéro-tremors volants, etc, c'était vraiment raté, de la fausse tension bien artificielle, uniquement là pour rajouter un rebondissement improbable à une série qui croule déjà sous ceux-ci, et pour, apparemment, donner quelque chose à faire aux enfants Robinson, qui n'ont pas l'air trop traumatisés par la mort de leur père et par la disparition de leur mère.

Du côté de Maureen et de Smith, là aussi, des problèmes : Maureen semble vouloir s'échapper à plusieurs reprises, mais la seule occasion qu'elle saisit pour le faire (alors que Smith est vulnérable et lui tourne le dos à de multiples reprises) prend place au au pire moment possible.

Bref, cette sous-intrigue-ci ne fonctionne vraiment que par ce que l'on apprend de la Comète de Noël : sans surprise, le robot a agi en légitime défense, pour récupérer ce qu'on lui avait volé, et lui et son vaisseau seront probablement la clef du sauvetage du Jupiter 2.

Le plus ironique, je crois, c'est ce moment où Will justifie à postériori le grand n'importe quoi de l'écriture, cette saison, en expliquant en substance qu'ils ont déjà vécu tant de choses impossibles et improbables qu'ils ne sont plus à ça près...

... ce qui n'empêche pas une fin d'épisode des plus bâclées, avec Judy qui injecte un anesthésique à Smith, libère sa mère et tente aussitôt de s'enfuir avec elle, pour être aussitôt arrêtée par le robot et par Smith, qui est visiblement immunisée aux anesthésiques (!?), et que personne n'a songé à ligoter... forcément.

- 1x10 : Smith, protégée par le robot, prend le contrôle du Jupiter 2, forçant les Robinson à le piloter pour elle. Mais John est toujours en vie, en orbite, et Maureen pose son sauvetage comme condition de leur coopération...

Toujours des rebondissements improbables, inutiles, ou prévisibles (West qui devient aveugle et qui retrouve la vue en pleurant, le volcan qui ne sert à rien, Smith enfermée avec les plans du vaisseau, Will qui sauve tout le monde parce qu'il a enfin du courage, l'arrivée de Victor qui s'est découvert un cœur altruiste), toujours des problèmes de structure et d'écriture (le sauvetage de Will par son père, et l'explication du revirement de Smith ne fonctionnent pas vraiment, tant les scénaristes ont laissé des questions en suspens pour favoriser l'effet de surprise), mais des effets spéciaux très réussis pour l'ensemble de cette conclusion en mode mineur, une conclusion qui envoie enfin nos protagonistes se perdre dans l'espace.

Il était temps.

Bilan global :

Une série qui est vraiment à l'image de ses scénaristes et de son showrunner : approximative.

Comme Prison Break, l'ancienne série sur laquelle officiait le showrunner, Lost in Space est un empilage instable de rebondissements toujours plus improbables, et de retournements de situation capillotractés, qui ne sont là que pour mettre des obstacles artificiels sur le chemin des héros, et qui ne fonctionnent que si l'on débranche son cerveau, sans essayer de réfléchir à ce que l'on vient de voir.

Comme la poignée de films (Dracula Untold, Le Dernier Chasseur de Sorcières, Gods of Egypt et Power Rangers) écrits par le duo de scénaristes principaux à l’œuvre ici, Lost in Space n'est pas un programme forcément désagréable à regarder, mais est malheureusement ultra-basique dans son écriture, bourré de situations et de clichés prévisibles, au déroulement télégraphié, et de personnages sous-développés (ou au développement vraiment classique).

Bref, le tout est approximatif, globalement assez mal écrit dès que l'on y réfléchit un instant, tout aussi mal rythmé, et il est très probable que si la série avait été diffusée sur une grande chaîne américaine, de manière hebdomadaire, elle aurait été annulée au terme de sa première saison, comme Terra Nova avant elle (Terra Nova, qui partage avec Lost In Space énormément de choses, malheureusement).

Mais - et c'est là que le facteur Netflix entre en jeu - regardée en mode binge watching, ce programme n'est pas forcément désagréable. On peut soit même gérer son rythme, ce qui atténue un peu les problèmes structurels de la série, et permet de s'attacher un minimum aux personnages.

C'est d'ailleurs là ce qui fait toute la différence avec une série comme Star Trek Discovery : les deux programmes partagent bien des défauts et des problèmes, et ne sont franchement pas meilleurs l'un que l'autre... mais la distribution principale de Lost In Space est nettement supérieure (ou du moins nettement plus attachante). Idem pour l'illustration musicale de Lennertz, parfois envahissante, mais plus généreuse que du côté de Discovery (ce qui est un comble).

Si je dois revenir pour une saison 2, ce sera pour ces deux facteurs, pour une production assez compétente, et pour la promesse d'un peu d'exploration spatiale (chose qui fait, là encore, cruellement défaut à Discovery) : cette première saison de Lost In Space est médiocre, et n'est rien de plus qu'un énorme épisode pilote en dix parties, mais les acteurs sont plutôt bons, et qui sait, peut-être qu'ils vont engager des scénaristes plus accomplis pour la suite ?

 

(retrouvez aussi sur ce blog la critique des épisodes 1x01-02 ; 1x03-04 ; 1x05-06 ; 1x07-08)

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Les bilans de Lurdo : Black Mirror - Saison 4, première partie (2017)

Publié le 24 Juin 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Télévision, Les bilans de Lurdo, Anthologie, Thriller, Science-Fiction, Fantastique, Black Mirror, Netflix, UK, Star Trek

Trois saisons de Black Mirror, et peu d'épisodes totalement convaincants pour moi. De bonnes idées, des approches intéressantes, mais au final, une écriture qui ne m'a jamais paru particulièrement subtile ou inspirée, à une exception ou deux près...

Ultime saison de cette intégrale Black Mirror, donc, saison qui commence par une parodie de Star Trek...

Black Mirror - Saison 4.1 :

4x01 - U.S.S. Callister :

Dans le monde virtuel du jeu qu'il a inventé et qu'il commercialise, Robert Daly (Jesse Plemons), un développeur de génie aigri et replié sur lui-même, est le capitaine Daly, qui dirige son vaisseau spatial d'une main de fer, et punit ses subordonnés à la moindre incartade. Mais ces derniers sont en réalité des doubles virtuels de tous ses collègues réels, et ils sont conscients de leur état ; lorsque Nanette (Cristin Milioti), nouvelle arrivante sur laquelle Daly a jeté son dévolu, frustre le programmeur, elle se retrouve elle aussi dans le jeu, mais elle décide d'utiliser ses connaissances techniques pour s'en échapper...

Un épisode amusant et beaucoup plus comique que la norme des épisodes de Black Mirror, puisqu'il joue la carte de l'hommage parodique à Star Trek, avec une distribution plutôt sympathique (Jesse Plemons, Cristin Milioti, Jimmi Simpson), et un très beau travail de direction artistique et de réalisation (rien que toute l'introduction façon 60s, et le final avec lense flares façon nuTrek...).

Sur le fond, ce n'est certes pas forcément très original : on est en plein dans une version des aventures imaginaires de l'ECH de Star Trek Voyager et des Hollow Pursuits, de Barclay dans STTNG, poussées dans leurs derniers retranchements, avec une bonne dose de recyclage de précédents concepts et thèmes de Black Mirror (la technologie est très similaire à celle de San Junipero, le concept des doubles numériques maltraités rappelle White Christmas et, quelque part, la manière dont les doubles numériques font chanter la Nanette réelle via SMS et smartphone pour parvenir à leurs fins évoque clairement Shut Up And Dance).

Le traitement, cependant, fonctionne bien, c'est dynamique, c'est plus léger que d'habitude, c'est très bien interprété, le caméo vocal final est amusant... mais c'est long. Trop long. 77 minutes, c'est beaucoup trop, et il aurait clairement été facile d'éliminer une vingtaine de minutes de métrage pour en faire quelque chose de plus solide et de plus efficace.

Autre léger problème : les personnages sont, comme souvent chez Brooker, assez antipathiques. Même Nanette, pourtant initialement présentée comme l'héroïne, n'hésite pas une seule seconde à faire chanter autrui et à ruiner la vie de son double réel (qui a laissé ses empreintes digitales partout dans l'appartement de son patron décédé, et aura probablement du mal à s'expliquer) pour sauver sa peau, et finit par attirer l'antipathie.

Mais dans l'ensemble, le tout est du fanservice plutôt distrayant et tellement bien produit qu'on peut fermer les yeux sur ces quelques défauts. Et puis la fin (relativement) heureuse de l'épisode fait toujours plaisir.

4x02 - Arkangel :

Après la (brève) disparition de sa fille, Marie (Rosemarie DeWitt), mère célibataire, choisit d'installer à celle-ci une puce qui lui permet de suivre ses déplacements à la trace, de voir ce qu'elle voit, et de brouiller toute image potentiellement traumatisante. Mais rapidement, Marie abuse de cette technologie, et finit par la mettre au placard... jusqu'à ce que Sara (Brenna Harding), adolescente, commence à se rebeller.

Alors là, énorme bof. Il faut dire que le postulat de départ de la série "la technologie n'est pas mauvaise, c'est l'Homme qui est mauvais" est lassant, à la longue, surtout lorsque les "technologies tentatrices" sont inabouties et mal conçues.

Ici, l'Arkangel semble être une évolution/variation sur le thème du blocage de White Christmas, et de l'implant mémoriel de The Entire History of You (saison 1) ; donc là, d'office, problème, puisque le concept de blocage m'était apparu, à l'époque, particulièrement bancal et inabouti dans son traitement. Pas de surprise, le concept de pixellisation préventive des images traumatisantes apparaît tout aussi mal conçu, et pas du tout pensé en amont par le scénariste (dès qu'on commence à y réfléchir un peu, d'innombrables problèmes logistiques, éthiques, matériels, etc, se présentent).

Les effets de l'Arkangel sur Sara semblent de plus vraiment mineurs, malgré la fin de l'épisode, qui semble un peu sortir de nulle part, et ne convainc pas vraiment. Quant au personnage de Marie, on reconnaît bien là la plume de Brooker, qui parvient à la rendre antipathique de par ses actions, et sa tendance à toujours succomber à ses pulsions de mère ultra-couveuse.

Bref, un épisode réalisé par Jodie Foster (rien de mémorable hormis une transition ou deux assez jolies), pas très satisfaisant sur le fond, prévisible de bout en bout, et finalement assez quelconque. Peut mieux faire.

4x03 - Crocodile :

Dans un monde où les souvenirs récents de chacun peuvent être visionnés à l'aide d'un appareil spécial, Shazia (Kiran Sonia Sawar) mène l'enquête sur un accident de la route concernant un véhicule automatisé et un piéton. Au nombre des témoins, Mia (Andrea Riseborough)... qui venait tout juste de tuer son ami Rob (Andrew Gower), qu'elle avait aidé quinze ans plus tôt à couvrir un accident fatal et un délit de fuite.

Un épisode sombre et dépressif tourné en Islande, et orienté enquête pseudo-policière nordique, avec réutilisation d'un postulat similaire à celui de The Entire History of You (l'implant mémoriel), et deux intrigues croisées, celle de l'enquêtrice en assurance, et celle de la tueuse qui couvre ses traces.

Dans l'absolu, techniquement, ce n'est pas mauvais : les décors islandais enneigés sont remarquables, l'interprétation et la réalisation sont compétentes, mais la mayonnaise n'a jamais vraiment pris pour moi.

Probablement parce que le tout est particulièrement cousu de fil blanc, que je n'ai jamais accroché au genre du polar noir nordique ou des histoires de tueurs/tueuses en série, et que le script reste globalement à la surface des choses, très premier degré, n'explorant jamais le potentiel de l'appareil mémoriel, ni ses implications éthiques, et échouant à rendre Mia intéressante ou réellement développée.

À la place, pour tout résoudre, on a droit à un "cochon d'inde de Tchekhov" assez risible, pour ne pas dire impossible... mais bon, c'est du Brooker, et il amène forcément ce genre d'éléments avec la finesse et la subtilité d'un tractopelle, pour faire le gag.

Ajoutez à cela énormément de remplissage relatif à l'enquête, et l'on se retrouve devant un épisode en pilotage automatique, qui plaira peut-être aux amateurs du genre, mais m'a totalement laissé froid.

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Les bilans de Lurdo - Perdus dans l'Espace, saison 1 (2018) - quatrième partie (1x07-08)

Publié le 23 Juin 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Télévision, Les bilans de Lurdo, Science-Fiction, Aventure, Netflix, Drame, Lost In Space

Dans sa seconde moitié de saison, la série continue d'être tout à fait regardable, sur la force de sa distribution, mais malheureusement, les coïncidences bien pratiques se succèdent, les grosses ficelles s'enchaînent de plus en plus, quitte à sérieusement mettre à mal la suspension d'incrédulité du spectateur, et à faire passer les Robinson pour les pires poissards de tout l'univers...

Perdus dans l'Espace (Lost In Space - 2018) - quatrième partie (1x07-08) :

- 1x07 : En pleine expédition, les parents Robinson sont confrontés à un séisme, qui les précipite dans une fosse à bitume. Ailleurs, les colons tentent de ramener le carburant récupéré, en traversant un champ de geysers mortels...

Un épisode assez difficile à digérer, ou alors, c'est que ma tolérance aux scripts mal foutus a atteint ses limites. Cette heure de série regorge en effet tellement de coïncidences énormes, de facilités impossibles et de dangers artificiels que l'on en frôle très rapidement l'overdose, entre rebondissements télégraphiés, et incidents uniquement là pour faire office de remplissage.

En vrac :

- les parents qui tombent (forcément) sur un séisme ; qui se retrouvent (forcément) pris au piège dans une fosse à bitume qui engloutit leur transport et les prive (forcément) de radio ; qui (à l'instar de la scène sous la parabole, il y a quelques épisodes) en profitent pour se dire leurs quatre vérités, et cette fois-ci se réconcilier ; qui s'en sortent (forcément) in extremis, par le biais d'un bricolage pseudo-scientifique à la mise en images bancale.

- Judy qui appelle le Jupiter 2 pour leur révéler l'identité de Smith, tombe (forcément) sur celle-ci, et oublie instantanément comment mentir ou paraître convaincante.

- Judy et son équipe qui n'ont (forcément) pas d'autre choix que de traverser le champ de geysers lourdement présenté dans l'épisode précédent (on ne s'en doutait pas du tout, non non non) ; l'un des véhicules tombe (forcément) en panne ; l'un des colons (le seul à peu près développé) sort pour le réparer et a (forcément) un accident ; ils doivent (forcément) choisir entre la vie du colon et le carburant ; l'administrateur antipathique opte (forcément) pour le carburant (*soupir*) ; et le sauvetage de l'accidenté tourne (forcément) mal, histoire de rajouter encore une couche de problèmes sur les Robinson...

- Vijay qui oublie la promesse faite à Penny, et explique tout à son père au sujet du sort de la planète...

- Le Docteur Smith qui reconstitue (forcément) le robot, et trouve comment le réanimer, pour le mettre à sa botte.

Bref, un épisode pas forcément dénué d'intérêt (la poursuite est plutôt réussie, notamment, et toutes les scènes des parents Robinson sont bien menées et sincères), mais dans l'ensemble, tout est vraiment trop cousu de fil blanc pour avoir vraiment envie de se montrer indulgent.

J'ai un peu peur pour la suite et fin de la saison (on va forcément nous expliquer à un moment ou à un autre que le Robot n'était pas méchant, a agi en état de légitime défense sur le Resolute, pour une raison ou pour une autre, et que les méchants humains avaient attaqué son peuple, ou quelque chose du genre).

- 1x08 : Interrompant de justesse le lancement prématuré de la navette des Dhar, les Robinson décident de repenser complètement cette stratégie, et d'envoyer au plus vite John et Don dans l'espace ; en parallèle, toute la famille découvre le secret de l'identité de Smith...

Le nombre d'épisodes restant diminue, et la pression augmente, de manière toujours plus forcée et artificielle : ici, on découvre qu'ils n'ont que 24 heures pour quitter la planète et trouver de l'aide. De quoi en rajouter encore une couche, comme si tous ces problèmes ne suffisaient pas...

Et bien sûr, le seul colon capable de piloter la navette est John, parce que tout doit forcément tourner autour des Robinson, surtout quand les choses vont mal. *soupir*

Bref, tout ce qui était en rapport avec la navette et son décollage était vraiment capillotracté, mais paradoxalement pas désagréable à suivre, car bénéficiant de petites touches d'humour.

On devine cependant bien trop vite la manière dont tout cela se termine (même si c'était assez réussi, visuellement), et où l'on se dirige : toutes les manipulations de Smith sont assez transparentes pour le spectateur, on n'a pas la moindre surprise lorsqu'elle est enfermée dans la cale du Jupiter (avec à peine un vague avertissement de Maman Robinson à ses enfants), lorsqu'elle tente de convaincre Will que le robot ferait un bien meilleur pilote, lorsque Will tombe dans son piège, aucune surprise lorsque la navette explose de manière dramatique...

Tout comme on ne sera pas surpris lorsque (attention, spéculations) Don et John se retrouveront probablement en vie dans l'espace, dans leurs combinaisons spatiales ; que la seule solution pour quitter cette planète et pour les sauver s'avèrera probablement le robot (son vaisseau ?) ; et que ce sera probablement grâce à ce dernier, qui lui sera désormais fidèle, que Smith restera en vie et à bord du Jupiter jusqu'à la fin de saison...

 

(retrouvez aussi sur ce blog la critique des épisodes 1x01-02 ; 1x03-04 ; 1x05-06)

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Un film, un jour (ou presque) #739 : God Code (2018)

Publié le 20 Juin 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Documentaire, Télévision, Religion, Histoire, History

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus. ​​ 

God Code :

De temps à autre, j'aime bien regarder des documentaires ésotériques, excentriques, et improbables, dans lequel des chercheurs sous-qualifiés, seuls contre tous, sont persuadés d'avoir découvert une vérité révolutionnaire capable de changer la face du monde, et tout ce que les experts pensent savoir de notre Histoire.

Ici, c'est un documentaire télévisé History Channel (lol) de 85 minutes, parlant de Timothy P. Smith, un expert en antiquités autodidacte, qui est persuadé d'avoir découvert un code magique incorporé dans le Codex de Leningrad, l'une des versions les plus complètes et anciennes de l'Ancien Testament hébraïque.

Rien de forcément très neuf, là-dedans (cf la série des La Bible : le Code Secret de Michael Drosnin), et comme à chaque fois, on a droit à un assortiment de pseudo-prédictions révolutionnaires nés de méthodologies, de traductions et d'interprétations douteuses, américano-centriques, et totalement capillotractées (ici, Smith découvre la date du 11 sept., associée aux mots "organisation nazie"... et en déduit que la Bible prédisait le 9/11, mais que le "nazi" est uniquement "symbolique").

J'ai vraiment eu du mal à tenir plus de 15 minutes devant un tel ramassis de bêtises et d'approximations... mais je me suis accroché, et j'ai finalement pu assister, non sans une certaine hilarité, à la suite de ces théories improbables, selon lesquelles Smith serait désormais en mesure de retrouver l'Arche d'Alliance... localisée, bien entendu, grâce aux informations obtenues au travers de rituels et de décorations dans un temple franc-maçon américain !

Et bien sûr, on a droit à tout un passage par la case "ces méchants nazis ésotériques qui connaissaient les pouvoirs de l'Arche d'Alliance !!!", désormais inévitable sur History Channel, par les recherches bibliques d'Isaac Newton, et par un passage assez risible mettant en scène un trio de francs-maçons israéliens, dans les carrières de Jérusalem, avec passages dialogués, conspiration, et tout le toutim.

Un grand néant sans le moindre intérêt, et surtout, sans la moindre plausibilité ou rigueur scientifique.

0.25/6

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Et comme toujours, vous pouvez retrouver la liste complète de tous les films passés en revue sur ce blog dans le menu Index de haut de page, ou en cliquant directement sur ce lien...

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Les bilans de Lurdo : Philip K. Dick's Electric Dreams, dernière partie (2017)

Publié le 17 Juin 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Télévision, Anthologie, UK, Amazon, Science-Fiction, Fantastique, Drame, Thriller, Les bilans de Lurdo

Je conclue l'intégrale de cette anthologie Channel 4/Amazon, supervisée par Ron D. Moore (Battlestar Galactica, etc), et adaptant directement des récits de Philip K. Dick pour le petit écran...

Après quatre premiers épisodes peu convaincants, et quatre autres guère plus homogènes, l'anthologie se termine, et laisse toujours aussi dubitatif...

- The Commuter -

Ed Jacobson (Timothy Spall) ne vit pas une vie très reluisante. Employé ferroviaire, il vit dans un quartier miteux, et son couple est déchiré par leur fils et ses problèmes mentaux. Jusqu'au jour où Ed remarque que certains passagers d'un train descendent au milieu de nulle part, pour rejoindre une ville inconnue qui se trouve là : Macon Heights. Curieux, il s'y rend, et découvre une bourgade mystérieuse, où tous les problèmes semblent disparaître... y compris ceux de Jacobson.

Alors là, très bonne surprise. Adaptation de Le Banlieusard, ce Commuter s'avère un épisode touchant et maîtrisé, qui reste énigmatique et largement ouvert à interprétation, mais qui se permet aussi quelques excentricités visuelles intéressantes : le tout reste constamment intrigant, à la limite d'un concept de la Quatrième Dimension.

On pourra toujours regretter la coupe de cheveux affreuse (et visiblement factice) de Tuppence Middleton, mais l'interprétation globale est excellente, et le postulat de cette ville imaginaire, dont on nous rappelle constamment qu'elle peut être assimilée à une drogue permettant d'oublier tous ses soucis, fonctionne très bien, donnant probablement lieu à ce qui est, jusqu'à présent, mon épisode préféré de cette anthologie.

Il était temps.

- K.A.O. (Kill All Others) -

Dans une Amérique du Nord unifiée, où n'existe plus qu'un seul parti et une seule candidate (Vera Farmiga), Philbert Noyce (Mel Rodriguez) remarque soudain qu'autour de lui, et dans les discours de la Candidate, un message se répète : "Tuez tous les Autres". De plus en plus paniqué et stressé, Phil tente alors d'en savoir plus, et de comprendre qui sont "les Autres"...

Un épisode assez mitigé, qui évoque, dans sa structure et ses thématiques, l'épisode Safe and Sound, avec son personnage principal qui finit par devenir un pion d'une société manipulatrice et totalitariste.

Alors certes, en ces temps de Trumpisme et de discours fascisants, le "Tuez tous les Autres" a des échos assez glaçants, puisque l'épisode, basé sur la nouvelle Le Pendu dans le Square, choisit de se défaire de la composante extra-terrestre de la nouvelle (qui aurait probablement donné à l'épisode des échos de Invasion Los Angeles un peu trop flagrants) pour rester sur quelque chose de plus terre à terre : un gouvernement qui incite ses citoyens formatés à faire le ménage parmi la population, et qui les désensibilise progressivement à la violence et aux discours haineux.

C'est intéressant, mais ça s'arrête malheureusement là. Le ton global de l'épisode est en effet assez inégal, tour à tour ultra-sérieux et paranoïaque, et pseudo-comique (les hologrammes), et son déroulement est un peu parasité par des scènes inutiles et par du remplissage.

C'est regrettable, car le même récit condensé en 25/30 minutes aurait été particulièrement efficace. En l'état, ce n'est pas forcément mauvais, mais ça tourne un peu à vide.

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Bilan global :

Une anthologie des plus frustrantes. On sent que Channel 4 et Amazon veulent devenir la compétition de Black Mirror (autrefois sur Channel 4), mais malheureusement, ces Electric Dreams en sont loin.

Le problème, comme je l'ai déjà mentionné dans un des bilans précédents, c'est que les récits de Dick - du moins, ceux qui ont été ici choisis - sont assez datés, en cela que leurs idées ont été pillées encore et encore par le cinéma et la télévision de genre, depuis les années 50.

C'est problématique, puisque cela demande alors énormément de savoir-faire et d'originalité dans le traitement et l'adaptation, chose qui manque clairement à ces Rêves Électriques : l'anthologie est très très inégale, bien trop basique et générique dans son approche des nouvelles originales, et les épisodes tombent donc bien souvent à plat, manquant d'originalité, ou de punch.

Et puis il faut bien avouer qu'il y a un certain problème de direction artistique dans certains épisodes, trop kitschs et/ou fauchés pour vraiment donner vie aux univers décrits.

Ce n'est pas rédhibitoire, et on peut tout de même trouver son compte dans Philip K. Dick's Electric Dreams, mais si l'on a déjà de l'expérience en matière d'anthologie fantastique/science-fiction, il est probable que l'on reste sur sa faim.

Car au final, Philip K. Dick's Electric Dreams est bien plus près du médiocre Masters of Sci-Fi que de Black Mirror (et je l'admets sans peine, malgré mon peu d'affinités avec l'anthologie de Charlie Brooker).

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Les bilans de Lurdo - Perdus dans l'Espace, saison 1 (2018) - troisième partie (1x05-06)

Publié le 16 Juin 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Télévision, Les bilans de Lurdo, Science-Fiction, Aventure, Drame, Netflix, Lost in Space

Depuis son pilote, le mot d'ordre de la série semble vraiment être : des épisodes longuets, et à l'écriture assez faible, mais pas forcément désagréables à suivre pour autant grâce à la distribution de la série. Espérons que cela continue ainsi... voire même, soyons fous, que cela s'améliore.

Perdus dans l'Espace (Lost In Space - 2018) - troisième partie (1x05-06) :

- 1x05 : Afin de tenter de contacter le Resolute, les colons construisent une gigantesque balise lumineuse, sans se douter que cela risque de leur coûter la vie. D'autant qu'en parallèle, Maureen découvre que la planète est instable, et qu'un cycle de vie d'une année existe à sa surface...

Un épisode plus court (48 minutes tout compris) qui souffre des problèmes habituels de la série, avec notamment tout un côté colonial vraiment pas très intéressant, entre la romance insipide (et mal écrite) de Penny et de Vijay (Ajay Friese), et tout un ensemble de personnages secondaires sous-développés qui rappellent vraiment trop Terra Nova pour leur propre bien.

À côté, j'aime vraiment beaucoup le personnage de Maureen, un vrai personnage de femme forte, intelligente, indépendante, courageuse, etc... malgré une écriture à nouveau un peu bancale (Ici, sa mission de parachute orbital en solo lui prend deux minutes chrono, et est alourdie d'une scène de pseudo-tension inutile, dans laquelle elle se prend le pied dans son parachute et est traînée sur plusieurs dizaines de mètres, au bord d'une falaise. Pourquoi ? Je suppose qu'il fallait bien meubler un peu.)

Du côté de Smith, ses manipulations sont vraiment de plus en plus grossières et improbables, mais elles sont amusantes, et donnent lieu à une scène d'action finale à base de gros monstres, ultra-prévisible, mais sympathique.

Ah, et je dois dire que j'ai apprécié la scène plus délicate entre Will et son père, ça fait toujours plaisir à voir, et les acteurs étaient bons.

- 1x06 : Tandis que Judy accompagne Don, Victor Dhar (Raza Jaffrey) et d'autres colons pour récupérer le carburant d'une navette écrasée, les rescapés restent méfiants de la présence du robot en leur sein. Et lorsque Smith manipule une rescapée du massacre du Resolute, celle-ci s'en prend directement au robot, un geste aux conséquences dramatiques pour les Robinson et le robot...

Ouhlà, j'ai vraiment du mal avec la manière dont les scénaristes empilent les enjeux et les menaces, de plus en plus vite, de plus en plus fort, histoire de forcer les personnages à l'action ou de les mettre en danger le temps d'un épisode : ici, outre le sauvetage du carburant, c'est ce compte à rebours artificiel et improbable de l'orbite de la planète, qui ne laisse que quelques semaines de vie aux Robinson et aux autres colons, alors qu'ils viennent à peine d'arriver.

D'autant que je ne suis pas certain que tout cela colle vraiment à ce que l'on a sous les yeux au niveau faune, flore et paysages naturels, loin de là.

À part ça, je dois dire que j'ai trouvé que Vincenzo Natali avait la main très lourde, à la réalisation, notamment vers la fin de l'épisode : autant la relation John/Will/Robot est assez intéressante, avec ce robot qui sert de père de substitution à Will, autant toute la mise en parallèle du témoignage larmoyant de la rescapée et de la construction du mémorial par le trio n'a pas du tout fonctionné sur moi, tout comme le passage assez raté de Will se ruant au ralenti dans le Jupiter 2, éclairé de rouge sang, pour assister à l'attaque du robot.

Tout ça est vraiment trop forcé, manque de finesse et de subtilité... comme le reste du show, en fait. Reste cependant la chute finale du Robot, assez touchante grâce à l'interprétation du petit Maxwell Jenkins, et le secret du Docteur Smith, qui commence à circuler parmi les Robinson (ce qui est une bonne chose).

 

(retrouvez aussi sur ce blog la critique des épisodes 1x01-02 ; 1x03-04)

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Les bilans de Lurdo : La Fête à la Maison - 20 ans après, saison 3 - suite et fin (2017)

Publié le 10 Juin 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Télévision, Les bilans de Lurdo, Comédie, Sitcom, Netflix

Deuxième moitié de cette saison 3 de Fuller House, qui se terminait par le départ de toute la famille pour le Japon, afin d'assister au mariage de CJ & Steve...

La Fête à la Maison - 20 ans après - 3x10-18 :

Et là, ça commence très mal, puisque le premier épisode de cette mi-saison se déroule intégralement au Japon (clichés à gogo), est visiblement sponsorisé par Hello Kitty Land et par un boy band nippon, mais surtout, se concentre totalement sur DJ & Steve, et sur la destruction de leurs couples respectifs par les scénaristes, pour satisfaire la nostalgie supposée des fans... ça vire même brièvement au grand n'importe quoi numérique, avec DJ et Steve qui sautent du haut de cascades d'eau à la poursuite d'une carpe en images de synthèse.

Bref, après cet épisode de reprise bancal et au budget "colossal", la série devait se reprendre au plus vite. Malheureusement, ce n'est pas vraiment le cas, puisque les seuls véritables fils directeurs de cette fin de saison sont donc Steve/DJ, et la "grossesse" de Stephanie.

Steve/DJ évolue comme on aurait pu s'en douter : ils se remettent ensemble, et tout le monde est heureux pour eux, whouhou, c'est la fête. Aucun intérêt, même si leur premier dîner en tête à tête, servi par toute la bande Tanner, est un moment d'improvisation assez amusant dans l'avant-dernier épisode de la saison.

Quant à la "grossesse" de Stephanie, elle débouche malheureusement sur ce que je redoutais : Kimmy Gibbler en mode mère porteuse. L'occasion de quelques rapprochements avec les Tanner, pas forcément désagréables, mais aussi de tous les gags et clichés éventés auxquels on pouvait s'attendre. Bof. Le plus étonnant, dans tout ça, c'est que le futur papa (Jimmy Gibbler) est absent d'un bon paquet d'épisodes de cette demi-saison, ce qui est assez problématique (d'autant que l'acteur se donne toujours à fond lorsqu'il est présent.)

Hormis ces deux sous-intrigues, pas grand chose de mémorable, dans cette demi-saison. Jackson et Rocki se rapprochent, sans surprise ; les moments d'émotion restent gentiment forcés (tout le cliffhanger de l'avant-dernier épisode, notamment, est bancal au possible) ; le duo Tommy/Fernando reste des plus attachants (principalement parce qu'ils n'ont rien d'autre à faire, et qu'ils s'amusent bien ensemble) ; et vers la fin de la saison, on a droit au grand retour des chansons en tous genres, comme lors de cette fête d'anniversaire 80s qui sonne un peu comme un grand final pour ce revival.

C'est en effet l'impression qui se dégage de cette fin de saison : celle d'une fin de série imminente, avec tous les adultes qui reviennent s'installer à San Francisco, des flashbacks de la série d'origine, et une happy end pour tout le monde.

On verra bien ce qu'il en est réellement, et si une saison 4 verra ou non le jour, mais une chose est sûre : la série est de plus en plus caricaturale et son trait est de plus en plus gros, même en comparaison de la série originale, et il serait peut-être temps de "limiter la casse", en arrêtant sur une note plus ou moins positive.

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Les bilans de Lurdo - Perdus dans l'Espace, saison 1 (2018) - deuxième partie (1x03-04)

Publié le 9 Juin 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Télévision, Les bilans de Lurdo, Science-Fiction, Drame, Netflix, Aventure, Lost in Space

Pas dénués de défauts, notamment au niveau de l'écriture et d'une direction artistique limitée, les deux premiers épisodes de ce reboot de la série d'Irwin Allen n'étaient cependant pas désagréable à regarder, grâce à leur distribution sympathique, et à leurs effets spéciaux réussis... place à la suite.

Perdus dans l'Espace (Lost In Space - 2018) - deuxième partie (1x03-04) :

- 1x03 : Toujours pris par les glaces, le Jupiter 2 est désormais victime d'une nouvelle menace : des anguilles extraterrestres qui se sont introduites dans le vaisseau, et en dévorent son carburant. Et tandis que le reste de la famille Robinson tente de se débarrasser des créatures, Will, lui, est gardé en sécurité par le robot, en compagnie du Dr. Smith...

Évacuons tout de suite le premier souci de cet épisode : le générique. Un générique qui, visuellement, semble photocopié sur celui de Star Trek Enterprise... ce qui, d'office, n'incite pas à l'optimisme.

L'épisode, lui, est assez agréable à suivre, avec de l'action, des monstres, de l'humour, et une Parker Posey en mode mineur, ce qui rend son personnage plutôt efficace, et permet de pallier les facilités de ses flashbacks (Selma Blair vient faire coucou au passage, dans une scène assez télégraphiée).

À part ça, si l'on met de côté quelques effets de réalisation assez quelconques (Neil Marshall a cédé la place à un réalisateur canadien bien moins inspiré), rien de bien méchant à signaler dans cet épisode, si ce n'est que le robot continue de sérieusement poser des problèmes de crédibilité visuelle.

Je me répète, mais... ça se regarde tranquillement.

- 1x04 : Tandis que les parents Robinson partent à la rencontre d'autres survivants, les deux sœurs de Will découvrent la vérité au sujet du robot, et en compagnie du garçon, elles partent en expédition pour le cacher dans une grotte voisine... sans se douter qu'elles sont suivies par le Dr. Smith.

Un épisode assez long, souffrant (comme toujours) de trop de remplissage, de moments convenus et télégraphiés (Will et le rocher énorme, le robot qui ajoute son empreinte à la peinture rupestre, la fin d'épisode façon Ferris Bueller, avec le montage en parallèle des parents et des enfants qui rentrent séparément au vaisseau), et de grosses ficelles narratives (Penny qui a le coup de foudre pour le fils du responsable administratif de la colonie, et qui le fait chanter avec l'enveloppe tombée là quelques secondes plus tôt, quelle coïncidence bien pratique ; l'antenne satellite qui tombe et isole les parents pour les obliger à se dire leurs quatre vérités), mais qui se suit néanmoins sans trop de problèmes, notamment parce que ça avance un peu.

Ah, et bien que je ne sois pas vraiment fan de tous ces nouveaux colons, je suis ravi de retrouver ce bon vieux Cary-Hiroyuki Tagawa.

 

(retrouvez aussi sur ce blog la critique des épisodes 1x01-02)

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Les bilans de Lurdo : Philip K. Dick's Electric Dreams, seconde partie (2017)

Publié le 3 Juin 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Télévision, UK, Amazon, Science-Fiction, Drame, Anthologie, Thriller, Les bilans de Lurdo

Je continue avec l'intégrale de cette anthologie Channel 4/Amazon, supervisée par Ron D. Moore (Battlestar Galactica, etc), et adaptant directement des récits de Philip K. Dick pour le petit écran...

Après quatre premiers épisodes inégaux et dans l'ensemble peu convaincants, on peut d'ores et déjà se poser des questions quant à la viabilité de ce projet : oui, K. Dick était à l'origine de bon nombre de ce que l'on considère maintenant comme des clichés du genre de l'anticipation et de la science-fiction, mais d'innombrables anthologies, de La Quatrième Dimension à Black Mirror en passant par Au Delà du Réel, etc, ont exploité ses concepts, ses rebondissements, et ses idées jusqu'à plus soif, et cet Electric Dreams donne vraiment l'impression d'arriver après la bataille...

- The Hood Maker -

Dans un monde autoritaire et dystopien, les rares télépathes sont mis au ban de la société, et contenus dans des ghettos. Alors que les tensions montent entre télépathes et normaux, l'Agent Ross (Richard Madden) fait équipe avec Honor (Holliday Grainger), une télépathe, pour enquêter sur le mystérieux Hood Maker, qui distribue aux humains normaux des cagoules empêchant les télépathes de lire leurs pensées...

Un épisode adapté de la nouvelle Immunité (un titre qui grille un peu le rebondissement final), et qui se concentre principalement sur la romance naissante entre Ross et Honor (sur fond de monde délabré à la photo délavée et verdâtre) plutôt que sur l'enquête en elle-même.

C'est regrettable, parce que le tout n'est pas désagréable dans sa mise en images et dans son déroulement, mais l'épisode souffre d'un problème de taille : Richard Madden, jamais particulièrement convaincant ou suffisamment expressif en flic aguerri, avec son imperméable et son chapeau façon cosplay de film noir, et sa mèche blonde.

À partir de là, forcément, il est difficile de vraiment accrocher à la romance présentée, et quand arrive le dernier quart d'heure, assez maladroit, l'enchaînement de rebondissements et de révélations ne fonctionne pas très bien.

Dommage, parce que ça restait assez regardable, à part ça..

- Safe and Sound -

Dans un monde divisé entre villes ultra-surveillées et campagnes considérées comme refuges de terroristes, Foster Lee (Annalise Basso) et sa mère Irene (Maura Tierney), une militante, arrivent de la campagne pour s'installer en ville. Mais pour Foster, l'intégration passe par l'achat d'un Dex, un dispositif virtuel qui la connecte au réseau global, et la met en contact avec Ethan (Connor Paolo), un technicien qui l'avertit d'une menace terroriste imminente...

Un épisode vaguement adapté de la nouvelle Foster, vous êtes mort !, et qui joue la carte de la surveillance totalitaire, de la manipulation gouvernementale, et de la pression sociale, pour accoucher d'un récit assez inégal, et un peu inabouti.

C'est bien simple : heureusement qu'Annalise Basso est très attachante, et joue bien, parce que sinon, le tout aurait été vraiment quelconque. Très tôt, on comprend en effet que Ethan n'est pas digne de confiance, et on passe donc le plus clair de l'épisode à regarder Foster se faire manipuler - et ce, de manière assez moyenne et cousue de fil blanc.

Et puis la toute fin arrive, peu convaincante (le changement de camp de Foster parait précipité), avec en prime un montage façon Usual Suspects, totalement inutile tant le reste du script était téléphoné.

Dommage (bis), mais bon : au moins, le tout se suit sans trop de problèmes.

- The Father Thing -

Suite à une pluie de météores inhabituelle, Charlie (Jack Gore), un jeune garçon, découvre bientôt que son père (Greg Kinnear) a été remplacé par un double venu des étoiles, et qu'autour de lui, un à un, les humains subissent le même sort...

Un épisode ultra-dérivatif adapté de la nouvelle Le Père Truqué, avec ici de faux airs de Fais-moi Peur mâtiné de Stranger Things... sans toutefois avoir la distribution ou le style de cette dernière.

On se retrouve donc avec un sous-Body Snatchers plat et sans grand intérêt, qu'on a l'impression d'avoir déjà vu à d'innombrables reprises (tout le propos sur le baseball qui évoque Signes de Shyamalan, la tentation d'une famille unie sous l'emprise des aliens, l'appel final à la mobilisation et à la résistance...) et qui ne vaut vraiment que pour une scène ou deux, comme ce moment où les pièges à la Maman, j'ai raté l'avion échouent tous de manière spectaculaire.

C'est peu.

- Impossible Planet -

Dans un futur très lointain, deux guides touristiques spatiaux, Brian (Jack Reynor) et Ed (Benedict Wong), acceptent de conduire Irma (Geraldine Chaplin), une vieille femme sur le point de mourir, jusqu'à la Terre, pour exaucer son dernier souhait. Seul problème : la Terre n'est plus qu'une légende, et les deux escrocs décident alors de l'emmener visiter une planète vaguement similaire à cette Terre disparue...

Une adaptation relativement fidèle de la nouvelle du même nom, cet épisode en dévie néanmoins sur deux points importants... qui changent complètement la donne.

Le réalisateur/scénariste (par ailleurs scénariste du mauvais The Ones Below, du bordélique Hanna, et de The Night Manager) a ainsi choisi d'opter pour une approche plus éthérée, mystérieuse... et romantique.

Une romance assez étrange et onirique entre Jack Reynor et Geraldine Chaplin, à base de réincarnation (?), de rêves inexplicables, de visions improbables, etc...  Une romance bizarre, pas tant à cause de la différence d'âge, mais bien parce qu'au final, Irma est amoureuse de Brian... parce qu'il lui rappelle son grand-père.

Donc, cette romance sert de filigrane à tout l'épisode, et amène une réécriture de la conclusion à base d'hallucination paradisiaque et fatale. Exit la pièce de monnaie du récit original, qui permettait de comprendre que la planète visitée n'était pas totalement inconnue, et place à une fin volontairement absconse... et assez inutile.

D'autant que le reste de cet épisode mollasson est visuellement assez kitschouille, avec des couleurs bigarrées, un robot qui ressemble à L'Homme Bicentenaire, et assez peu d'imagination dans la direction artistique.

Mais bon, peu importe : le résultat global est tout à fait regardable, mais est globalement ronronnant et frustrant, malgré l'interprétation amusante de Benedict Wong.

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Les bilans de Lurdo - Perdus dans l'Espace, saison 1 (2018) - première partie (1x01-02)

Publié le 2 Juin 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Télévision, Les bilans de Lurdo, Netflix, Science-Fiction, Drame, Aventure, Lost In Space

Après la série originale de 1965-1968, et la piteuse adaptation cinématographique de 1998 écrite par Akiva Goldsman (qui officie désormais sur Star Trek Discovery, malheureusement), voici une nouvelle version de la série d'Irwin Allen, une version en 10 épisodes produite par Netflix, écrite par les scénaristes des bancals Dracula Untold, Le Dernier Chasseur de Sorcières, Gods of Egypt et Power Rangers, et pilotée par le showrunner de Once Upon a Time in Wonderland (par ailleurs scénariste de Prison Break)...

Perdus dans l'Espace (Lost In Space - 2018) - première partie (1x01-02) :

- 1x01 : En 2046, alors que la Terre est menacée de destruction, l'humanité lance le Resolute, un vaisseau colonial ayant à son bord de nombreuses familles choisies pour coloniser une nouvelle planète, au nombre desquelles les Robinson (Molly Parker, Toby Stephens, Taylor Russell, Mina Sundwall, Maxwell Jenkins). Mais lorsque le Resolute est attaqué, les Robinson sont contraints de monter à bord du Jupiter 2, une navette, qui s'écrase bien vite sur une planète inconnue...

Un pilote qui n'est pas désagréable à suivre, avec des effets spéciaux globalement réussis et convaincants, une distribution sympathique, et un budget présent à l'écran.

Dans l'ensemble, ça fonctionne grâce à ses acteurs (le petit Will est notamment plutôt bon ; le caméo de Bill Mumy fait plaisir ; Taylor Russell n'est pas désagréable, mais sa présence fait un peu quota ethnique imposé par un exécutif quelconque), à la réalisation de Neil Marshall, au score de Christopher Lennertz, et parce que ça sait ménager ses effets et son suspense (la structure en flashbacks et en in media res, centrée sur les personnages et leur passé, rappelle Lost mais... in space !)... mais ce n'est pas pour autant dénué de défauts, loin de là.

À commencer par la direction artistique : autant les extérieurs et les plans spatiaux fonctionnent, autant dès qu'on est en intérieur (les grottes, les glaciers façon polystyrène), c'est gentiment fauché et artificiel. Pas forcément dramatique, puisque ça donne un petit côté rétro kitsch qui rappelle la série originale, mais je dois dire que ma première réaction, lorsque Will a découvert la forêt et que son père lui a demandé, par radio, "où est-ce que tu te trouves ?", a été de répondre "dans une forêt au nord de Vancouver, mais pas de panique, il devrait y avoir une Stargate dans les parages". Ils auraient pu se fatiguer un peu plus pour rendre ces environnements crédibles...

Idem pour le robot : tant qu'il était en images de synthèse, pourquoi pas (même si le design du robot n'est pas des plus convaincants), mais dès qu'il prend forme humaine, on devine aussitôt "l'homme dans le costume", et le personnage perd aussitôt énormément de son aura et de sa superbe (en plus d'évoquer un peu Mass Effect).

Ajoutez à cela une plausibilité scientifique totalement inexistante (dès les dix premières minutes, on doit éteindre son cerveau tant les problèmes sont nombreux), et l'on se retrouve, en fin de compte, devant un épisode pilote pas inintéressant, mais à l'écriture assez moyenne, ce qui n'est pas forcément surprenant compte tenu des scénaristes et du showrunner.

(par contre, j'ai un peu peur du surjeu de Parker Posey, et de l'absence totale de charisme d'Ignacio Serricchio... on verra bien)

- 1x02 : Tandis que les Robinson explorent la forêt voisine et le vaisseau du robot, le Dr Smith (Parker Posey) & Don West (Ignacio Serricchio), seuls survivants de leur navette, tentent de trouver des secours...

Un épisode de placement produit, puisqu'un paquet d'Oreos tout ce qu'il y a de plus basique (même pas repensé et modernisé pour les années 2040) figure de manière très visible dans l'intrigue et dans l'épisode. C'est un peu pitoyable, mais bon, je suppose que c'était inévitable pour faire rentrer de l'argent...

Ce qui n'aide pas, c'est que l'épisode, dans son ensemble, fait beaucoup de surplace, et que l'écriture n'est pas assez efficace pour faire illusion : toute la sous-intrigue de Smith et West (qui semble bien assez transparent... malgré sa poule) est ainsi vraiment cousue de fil blanc, le spectateur a constamment de l'avance sur les événements, et pourtant, les scénaristes se sentent obligés de nous placer un flashback explicatif à la toute fin, pour quelque chose qui n'avait pas besoin d'être expliqué...

Du côté des Robinson, on se dispute, que ce soit au niveau des deux sœurs, ou des parents : rien de vraiment mémorable à signaler, mais ça se regarde (malgré le placement produit). Et l'épisode retrouve un peu de punch et d'énergie dans sa dernière partie, lorsque les effets spéciaux entrent en jeu, et que ça s'énerve gentiment.

Cela dit, je regrette toujours que le robot paraisse aussi fauché (de près, il fait un peu trop plastique, on voit l'acteur respirer, son langage corporel n'est pas naturel, ses proportions changent selon qu'il est en images de synthèse ou en costume), et paradoxalement, je trouve la bande originale de Lennertz bien trop dramatique et tonitruante pour ce qu'elle illustre.

Je suis certain qu'elle fonctionne nettement mieux en écoute isolée, mais là, sortir le grand orchestre et les trompettes claironnantes alors que Penny fixe les pneus du rover planétaire, c'est peut-être un peu trop...

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Blog Update ! - Mai 2018

Publié le 1 Juin 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Télévision, Update, Les bilans de Lurdo

Un mois de mai assez équilibré sur le blog des Téléphages Anonymes, avec son lot de nouveautés, de films à buzz, et de métrages plus anecdotiques...

#703 : Killing Hasselhoff (2017) 2.75/6

#704 : Mute (2018) 2/6

#705 : André le Géant (2018) 4.25/6

#706 : Jack Parker, le Roi des Menteurs (2014) 3/6

#707 : Rock Jocks (2012) 2.25/6

#708 : Profession Tueur (2018) 3/6

#709 : How To Be A Latin Lover (2017) 3/6

#710 : Lost Heroes (2014) 4.25/6

#711 : Pierre Lapin (2018) 3.5/6

#712 : Tomb Raider (2018) 2/6

#713 : Knife Fight (2012) 2.25/6

#714 : Capitaine Superslip (2017) 3/6

#715 : Anita et Moi (2002) ?/6

#716 : Nobody Speak - Le Procès d'une Presse Libre (2017) 2/6

#717 : The Better Half (2015) 3.5/6

#718 : James Arthur Ray, Gourou New Age (2016) 2.5/6

#719 : Ready Player One (2018) 3.75/6

#720 : Girlfriend's Day (2017) 2/6

#721 : Annihilation (2018) 3.5/6

#722 : Game Night (2018) 3.5/6

#723 : Le Secret du Ragnarok 2/6

#724 : L'Incroyable Jessica James 2.5/6

#725 : Lucha Mexico 3/6

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# Grand écran :

Un mois de mai qui, contre toute attente, a été l'occasion pour moi de ne pas me précipiter en salles pour aller découvrir toutes les grosses sorties du moment.

Non seulement par manque de temps, mais aussi par manque d'envie - Deadpool premier du nom était sympathique, mais pas forcément au point de me ruer en salles pour voir sa suite au prix fort ; et ne parlons même pas de Solo, un désastre de casting, de production et de promotion (et qui va probablement être le premier Star Wars nouvelle génération que je n'aurai pas vu en salle à sa sortie) - ; néanmoins, en ce mois de mai, tout de même pas mal de films atteignent la moyenne, ce qui fait toujours plaisir.

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- Film du mois :

Deux documentaires, Lost Heroes et André le Géant, se partagent la plus haute marche du podium, à la fois complets, intéressants, et amusants, tandis que juste en dessous, le talent de Steven Spielberg permet à Ready Player One de surnager un peu au-dessus de la masse (ce qui n'était clairement pas gagné, soyons francs).

- Flop du mois :

Aucun film en dessous de 2/6, ce mois-ci, ce qui est assez rafraîchissant, et une assez bonne nouvelle pour moi - d'autant que les 2/6 en question (Mute, Tomb Raider) ne sont pas des désastres pour autant, et restent des déceptions plus qu'autre chose.

La palme revient cependant à Nobody Speak, un documentaire hypocrite s'érigeant en défense de la liberté de la presse, alors qu'au nom de celle-ci, il ne fait que nier les libertés individuelles de chacun... à éviter.

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# Petit écran :

Ce mois-ci, la saison 2 des Désastreuses Aventures des Orphelins Baudelaire a su me réconcilier avec la série, en apportant enfin de vrais enjeux, et en sachant se détacher du film de Brad Silberling. La fin de saison 3 de Black Mirror, par contre, ne m'a pas particulièrement plus séduit que les précédentes, tout comme la première moitié de la saison 3 de Fuller House, les Electric Dreams de K. Dick, ou Ninjak vs the Valiant Universe.

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# À venir :

En juin, sur le blog des Téléphages Anonymes, on traque les réplicants avec Ryan Gosling, on démolit Chicago avec des animaux mutants et The Rock, on part aux JO d'hiver avec Eddie l'Aigle, on enquête sur les Sélénites et sur Lunopolis, on observe la mort de Staline, on voyage dans l'espace-temps avec Oprah Winfrey, on part dans l'arène avec Ferdinand, et on se perd dans l'espace sur Netflix...

 

Et comme toujours, vous pouvez retrouver la liste complète de tous les films passés en revue sur ce blog dans le menu Index de haut de page, ou en cliquant directement sur ce lien....

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Les bilans de Lurdo : La Fête à la Maison - 20 ans après, saison 3 - première partie (2017)

Publié le 27 Mai 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Télévision, Les bilans de Lurdo, Comédie, Sitcom, Netflix

Soyons réalistes : lors de son relaunch sur Netflix, l'équipe à l'origine de La Fête à la Maison - 20 ans après n'avait jamais prévu que la série soit si populaire, et qu'elle obtienne autant de saisons supplémentaires.

Ce qui était donc initialement une mini-saison de réunion, 20 ans après, s'est transformé, un peu à l'improviste, en nouvelle sitcom à part entière, et après trois saisons de ce projet... on sent que les scénaristes ont besoin d'une pause pour faire le point. Non pas que le show soit particulièrement exigeant sur le front de l'écriture, mais tout de même : la saison 3 est passée de 13 à 18 épisodes, et tout le monde semble s'essouffler.

Du moins, c'est l'impression que donne la première moitié de la saison 3, diffusée à la rentrée 2017, avec neuf premiers épisodes se terminant sur un pseudo cliffhanger, alors que toute la famille est dans un avion pour assister au mariage de Steve & CJ au Japon.

La Fête à la Maison - 20 ans après - 3x01-09 :

Ce mariage, donc, et la relation compliquée de Steve et de DJ sont, comme lors de la saison précédente, l'une des sous-intrigues principales de cette demi-saison ; et naturellement, ce n'est pas plus intéressant qu’auparavant, sauf si l'on est du genre à se passionner pour la vie amoureuse des personnages de sitcom, et à se déclarer appartenir à une #TeamSteve ou #TeamMatt.

Alors oui, je sais que les shippers sont nombreux (d'autant plus lorsque l'on parle de séries des années 80/90, pour lesquelles le facteur nostalgie joue d'autant plus), mais personnellement, cela me laisse totalement de marbre, et les hésitations de DJ entre ses deux hommes n'ont aucun intérêt à mes yeux.

Comme l'année dernière, à nouveau, les enfants tiennent eux-aussi une place importante dans la série, et hormis le tout petit, qui a des réactions de plus en plus naturelles et amusantes, les trois autres font globalement du surplace (y compris le plus jeune, qui flamboie toujours autant, et a désormais en guise de doudou une licorne en peluche rose avec des arcs-en-ciel... décidément !). Idem pour les trois Gibbler adultes, toujours en surjeu total, et écrit comme des caricatures (en même temps, ce sont les personnages qui veulent ça).

Et à nouveau, comme dans la saison 2, Stephanie est largement mise en retrait, immobilisée pendant le plus clair de la demi-saison par une jambe cassée ; vers l'épisode 08, cependant, les scénaristes semblent enfin se réveiller, et vouloir lui confier une sous-intrigue un minimum conséquente : une histoire de grossesse avec mère porteuse.

Pourquoi pas : bien traité, ce pourrait être touchant, mais... reste à voir comment tout cela va se dérouler. J'ai notamment vraiment peur que tout cela s'inspire un peu trop de Friends, et fasse de Kimmy la mère porteuse de l'enfant de son frère, comme Phoebe en son temps. J'en frémis d'avance.

Le vrai problème de cette demi-saison, c'est que les scénaristes semblent vraiment peiner à gérer de manière correcte tous les personnages de leur série. Ils ont beau limiter les caméos de l'ancienne génération à une apparition occasionnelle par épisode, ça ne suffit pas forcément à laisser tout le monde respirer, d'autant qu'ils rajoutent encore de nouvelles têtes (Rocki la rebelle cynique, tous les amis de Jackson) et en font revenir d'autres qui n'étaient pas nécessaires (tous les enfants de Danny, insupportables).

Bref, le petit monde de Fuller House commence à être un peu trop peuplé, et certains personnages disparaissent pendant plusieurs épisodes, ou bien n'ont qu'une ligne de dialogue ou deux.

Ajoutez à cela un show qui lutte pour équilibrer ses sous-intrigues (Candace Cameron-Bure phagocyte pas mal de temps d'antenne), et qui abuse un peu de placement produit maladroit (Arby's, un roman Harlequin insipide, Netflix) et on se retrouve avec un Fuller House essoufflé, qui semble se chercher un peu.

Je ne suis donc pas très optimiste pour la seconde moitié de saison, qui promet visiblement toujours plus de Steve/DJ, et une intrigue récurrente centrée sur Stephanie et sa mère porteuse (pitié, pas Kimmy)...

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Les bilans de Lurdo - Les Désastreuses Aventures des Orphelins Baudelaire, saison 2 (2018) - dernière partie (2x09-10) & bilan

Publié le 26 Mai 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Télévision, Les bilans de Lurdo, Drame, Jeunesse, Netflix

La seconde saison des Orphelins Baudelaire touche à sa fin, avec pour conclure, un passage par la case cirque macabre... forcément.

Lemony Snicket's A Series of Unfortunate Events - Saison 2 - The Carnivorous Carnival (2x09-10) :

Arrivés en même temps que la troupe d'Olaf au Cirque Caligari, les Baudelaire s'y font passer pour des freaks siamois, et attendent ainsi que Madame Lulu (Sara Rue), la voyante locale, leur apporte à tous des réponses... mais Olaf semble bien décidé à sacrifier l'une de ses créatures de foire dans la fosse au lions, pour attirer des spectateurs dans ce cirque décrépit.

Double épisode final de la saison, dans un environnement finalement assez approprié aux Baudelaire et à cet univers macabre (d'ailleurs, par moments, la bande originale ressemble fortement à l'un des thèmes de la version cinématographique de la Famille Addams. Coïncidence ?).

Un cirque décrépit, donc, et des freaks ratés (assez amusants, d'ailleurs), pour un NPH qui se donne à nouveau en spectacle, avec un numéro musical nettement plus approprié et amusant que le précédent.

Cela dit, ce n'est pas la troupe d'Olaf qui vole la vedette au reste de l'histoire, pour une fois, puisque non seulement Sara Rue est excellente en Madame Lulu, mais en plus (dernier épisode de la saison oblige), on a droit à des révélations et à un flashback d'ouverture sur le VFD.

On a donc enfin l'impression d'avancer un peu... mais malheureusement, cela s'accompagne à nouveau d'une mort tragique ("Lulu"), qui décidément jure beaucoup avec l'ambiance de la série dans sa première saison et dans la première moitié de la seconde.

Et le tout de conclure ces deux épisodes enthousiasmants sur un cliffhanger littéral, et avec quelques fausses pistes supplémentaires, malheureusement un peu trop transparentes même pour quelqu'un qui, comme moi, n'a pas lu ces derniers romans.  

Bilan saisonnier

Dans l'ensemble, une saison qui, un peu comme la précédente, souffle le chaud et le froid, et finit par être inégale. Je ne vais pas revenir en détail sur les problèmes habituels de la série, que j'ai mentionnés dans chacun des bilans partiels préalables : rythme mollasson, répétitivité des intrigues et des gimmicks d'écriture, format lassant, protagonistes bien trop passifs, etc, etc...

Bon nombre de ces problèmes ne dérangeront pas les fans des livres, qui y verront une fidélité incroyable et particulièrement louable aux ouvrages d'origine ; les autres, qui découvriront les aventures des Baudelaire par le biais de la série, risquent de bien plus ressentir les problèmes inhérents à cette œuvre, et à son traitement pour l'écran.

Cela dit, il faut aussi noter qu'avec son revirement de ton, dans sa seconde moitié, cette saison s'en tire un peu mieux : enfin, on a de vrais enjeux (par opposition à la bouffonnerie générique d'Olaf en saison 1), enfin, on avance un peu sur le fond, et on met un peu de côté tout le remplissage habituel de rigueur (même si cela se fait au détriment des rares personnages adultes positifs un tant soit peu développés).

Le bilan global est donc plus positif pour moi, la direction artistique remarquable jouant pour beaucoup dans mon appréciation du show (à quand un reboot de la Famille Addams avec un tel budget ?)

Sur les pistes lancées pour la saison prochaine, je serai cependant nettement plus mitigé : un peu comme en saison 1, avec les "parents", la série tente tellement de nous faire croire qu'il y a eu un survivant de l'incendie de la maison Baudelaire, que je ne peux qu'envisager qu'il s'agisse en fait d'un survivant de l'incendie de la maison Quagmire, à savoir le troisième enfant.

Et à l'identique, le show tente de nous faire croire qu'Allison Williams, qui apparaît à la toute fin de saison, est soit Béatrice (qui n'est clairement pas morte de la main d'Olaf), soit l'un des parents Baudelaire... que cela m'incite à penser qu'elle est quelqu'un d'autre... mais qui ?

 

(retrouvez aussi sur ce blog la critique de la saison 1, et des épisodes 2x01-02 ; 2x03-04 ; 2x05-06 ; 2x07-08)

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Les bilans de Lurdo : Philip K. Dick's Electric Dreams, première partie (2017)

Publié le 20 Mai 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Télévision, Science-Fiction, Thriller, Drame, Anthologie, UK, Amazon, Les bilans de Lurdo

Petite pause dans l'intégrale de Black Mirror, qui peine clairement à me convaincre, et changement de crémerie, pour passer de Netflix à Amazon - ou, pour être plus précis, à Channel 4, qui a mis en chantier cette anthologie dont Amazon a racheté les droits américains et mondiaux.

Au programme, 10 épisodes de 45-50 minutes, supervisés par Ron D. Moore (Battlestar Galactica, etc), et adaptant directement des récits de Philip K. Dick pour le petit écran...

- Real Life -

Dans un futur proche, Sarah (Anna Paquin) est une policière traumatisée par une fusillade récente ; à l'initiative de sa compagne, Katie (Rachelle Lefevre), elle utilise alors une technologie révolutionnaire pour s'immerger dans une vie virtuelle, celle de George (Terrence Howard). Inventeur de génie, George est à l'origine de cette technologie, et se remet du meurtre de sa femme Katie, soutenu par son collègue Chris (Sam Witwer) et une amie (Lara Pulver). Rapidement, cependant, la question se pose : lequel de ces deux mondes est réel, et lequel est le produit de cette technologie virtuelle...

Adaptation très très libre de la nouvelle Reconstitution Historique, de K. Dick, cet épisode est le seul signé de la plume de Moore, et bénéficie d'une distribution assez conséquente.

Niveau production, les brefs aperçus que l'on a du monde futur sont assez crédibles, l'interprétation n'est pas mauvaise (Paquin est en sous-jeu dépressif, mais c'est voulu) et le tout est assez bien filmé, mais il faut bien avouer que le tout manque gentiment de punch, se conclue un peu platement et s'avère un peu trop basique pour vraiment susciter le doute ou la curiosité.

D'autant que Moore fait le choix de donner une réponse à la question "réel ou virtuel ?" posée par l'épisode, et que le spectateur aura probablement eu le temps/l'occasion d'envisager 25 rebondissements finaux plus originaux et marquants que la conclusion choisie par Moore.

- Autofac -

Dans un monde post-apocalyptique dominé par les machines et par leurs usines automatisées, Emily (Juno Temple) et les autres survivants sont bien décidés à mettre un terme au status-quo. Pour cela, ils capturent un robot émissaire, Alice (Janelle Monáe), et la forcent à les emmener au cœur de l'usine principale, pour la saboter de l'intérieur...

Un épisode écrit par Travis Beacham (Pacific Rim) à partir de la nouvelle Autofab, réalisé par Peter Horton, et qui ressemble un peu à un sous-Terminator assez mollasson et fauché, notamment au niveau des costumes des androïdes, et un peu aussi au niveau des effets en image de synthèse.

Pour ne rien arranger, l'épisode repose entièrement sur son double rebondissement final, assez largement téléphoné, et qui pose presque plus de questions qu'il n'en résout.

Le tout se regarde donc assez passivement, sans jamais passionner, surprendre ou faire réfléchir (le propos sur la société de consommation est franchement assez creux et survolé), et heureusement que Monáe et Temple sont là, jouent bien et sont charismatiques, parce que sinon, ce serait globalement sans grand intérêt.

- Human Is -

Alors que la Terre est dévastée par la pollution atmosphérique, les humains conquièrent d'autres planètes à la recherche d'un moyen de purifier leur air. Lors d'une telle mission, l'équipe du Colonel Silas (Bryan Cranston) - un homme dur et distant, qui maltraite émotionnellement son épouse Vera (Essie Davis) - est massacrée. Avec l'un de ses hommes, Silas est le seul survivant, mais à son retour sur Terre, Vera découvre qu'il n'est plus le même homme, et qu'il est désormais attentionné et doux...

Adaptation assez plate de la nouvelle Définir l'humain/Être Humain, c'est..., cet épisode s'avère malheureusement bien trop daté et fauché pour fonctionner.

En résumé, c'est le film Intrusion (avec Johnny Depp), mais avec une forme de vie extraterrestre relativement bienveillante : c'est balisé de bout en bout, la direction artistique est très inégale (franchement, ce passage dans les bas-fonds où Vera se livre à une orgie, c'est assez risible), la réalisation plutôt laide (énormément de mises au point partielles, qui rendent la moitié de l'image et les personnages légèrement flous), et dans l'ensemble, ça n'apporte rien de vraiment mémorable.

C'est bien interprété, cela dit.

- Crazy Diamond -

Dans un monde en pleine déliquescence, Ed (Steve Buscemi) travaille pour une entreprise qui produit des humanoïdes synthétiques, les Jacks et Jills, ainsi que les consciences quantiques qui leur donnent vie. Un jour, il tombe sous le charme vénéneux d'une Jill (Sidse Babett Knudsen) en fin de vie, qui lui propose de dérober pour elle des consciences afin de les revendre au marché noir, et de s'offrir une nouvelle existence...

Alors là, pour le coup, l'anthologie Electric Dreams n'a jamais aussi bien porté son nom, puisqu'on est en plein dans un univers onirique et improbable, aux teintes saturées, à l'interprétation décalée et forcée, à l'écriture volontairement barrée (c'est un scénariste habituel de Terry Gilliam qui est aux commandes), à l'illustration musicale improbable (du Pink Floyd, des passages chantés, etc), à la narration un peu décousue, aux costumes décalés, etc, ce qui donne, au final, l'impression d'un monde radicalement différent et vraiment étrange.

Et c'est aussi là que ça coince. Car si cet épisode réussit à donner corps à son monde, un monde obsédé par la vie, la mort, la décomposition, la peur de vieillir et de la stagnation ; un monde aux règles et aux détails vraiment inhabituels, quasi illogiques ; un monde surchargé de couleurs qui paraît constamment à la limite de l'artificialité constante.... il peut aussi fortement rebuter.

Que ce soit sa direction artistique particulière (le réalisateur est à l'origine de la série Utopia, déjà bien barrée dans le genre) qui fait régulièrement décors de studio, ses thématiques pas très subtiles assénées dans ses dialogues, son interprétation très particulière, ou encore sa conclusion gentiment satirique et son script tout simplement bordélique, il y a de quoi rebuter.

Certains trouveront donc probablement cet épisode polarisant totalement imbuvable, d'autres adoreront et adhèreront totalement au néo-noir déglingué et multi-colore du tout, et à son côté "conçu sous l'emprise de substances illicites".

Personnellement, je me trouve un peu entre deux, mais une chose est sûre : ça n'a rien à voir avec la nouvelle Service Avant Achat supposément adaptée.

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Les bilans de Lurdo - Les Désastreuses Aventures des Orphelins Baudelaire, saison 2 (2018) - quatrième partie (2x07-08)

Publié le 19 Mai 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Télévision, Les bilans de Lurdo, Drame, Jeunesse, Netflix

La seconde saison des Orphelins Baudelaire continue, avec des défauts et des qualités toujours identiques (les problèmes de rythme sont notamment toujours présents, malgré des épisodes plus courts qu'en saison 1) et de jeunes Baudelaire qui commencent à peine à exister en tant que personnages...

Lemony Snicket's A Series of Unfortunate Events - Saison 2 - The Hostile Hospital (2x07-08) :

En fuite, les Baudelaire se réfugient dans un hôpital en construction où, après avoir esquivé Babs (Kerri Kenney-Silver), l'administratrice de l'établissement, ils rencontrent Hal (David Alan Grier), responsable de l'immense salle des archives. Celui-ci leur fait confiance, et les enfants décident d'en profiter pour tenter de trouver une pellicule liée à Snicket et au VFD, mais Olaf, Esmé et leur bande arrivent alors, et sont prêts à tout pour éliminer les Baudelaire...

Un double épisode qui a reçu un accueil critique plus positif que certains précédents, mais qui, étrangement, m'a gentiment déçu. Probablement parce que les décors et l'environnement de l'hôpital décrépi ne sont pas particulièrement intéressants, visuellement parlant, et tout juste bons à servir à des fins de parodie de The Shining... et probablement aussi parce qu'au final, on retombe à nouveau dans le schéma narratif habituel, qui ronronne rapidement.

Cela dit, il faut souligner que, pour le meilleur ou pour le pire, depuis la mort de Jacques, les scénaristes semblent décidés à rappeler que Olaf n'est pas qu'un bouffon déguisé. Ça ne fonctionne pas totalement (la rupture est quand même brutale), mais la menace Olaf se précise, et les scénaristes profitent du milieu hospitalier pour placer Violet et Klaus en véritable danger de mort.

Certes, on se doute bien que personne ne va y passer, mais c'est plus sombre, agressif et direct que d'habitude, et ça apporte un ton un peu plus adulte et mordant à la série (comme la tenue de Lucy Punch, d'ailleurs).

Après, si ces épisodes sont plus courts (moins de 37 minutes pour le second, à peine plus pour le premier), ils n'en sont pas pour autant dénués des problèmes habituels de la série : rythme en dents de scie, interruptions superflues de Snicket, personnages secondaires prétextes, et grosses ficelles assez agaçantes, à la longue (révélations interrompues in extremis, décisions improbables uniquement là pour prolonger l'intrigue...).

Mais bon, à ce point de la série, ce n'est plus surprenant, et il ne sert plus à grand chose de s'en plaindre. Plus que deux épisodes...

 

(retrouvez aussi sur ce blog la critique de la saison 1, et des épisodes 2x01-02 ; 2x03-04 ; 2x05-06)

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Les bilans de Lurdo - Ninjak vs The Valiant Universe (2018)

Publié le 13 Mai 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Les bilans de Lurdo, Télévision, Action, Aventure, Fantastique, Science-Fiction, Valiant

Premier portage à l'écran des aventures des héros de la maison de publication Valiant (concurrente de Marvel et de DC en matière de super-héros), cette mini-série Ninjak est composée de six épisodes (22 minutes + 5x10 minutes) confiés à la maison de production indépendante Bat in the Sun, réputée pour ses nombreux courts-métrages inspirés de l'univers de Batman...

Ninjak vs The Valiant Universe :

Lorsque Roku (Chantelle Barry), son ennemie jurée, enlève la femme et la fille de Neville Alcott (Craig Robert Young), l'un des pontes du MI6, Ninjak (Michael Rowe) n'a d'autre choix que d'obéir aux demandes de la criminelle, et de dérober pour elle un livre inestimable, aux pouvoirs incommensurables. Ce qui amène tous les autres membres d'Unity - LiveWire (Ciera Foster), Bloodshot (Jason David Frank), X-O Manowar (Derek Theler), Archer & Armstrong (Alex Meglei & Kevin Porter), Gilad le Guerrier Éternel (John Hannigan) et Shadowman (Damion Poitier) - à tenter de l'arrêter...

Cela ne surprendra personne : confiez un tel projet à une maison de production spécialisée dans les fan-films aux effets spéciaux et à l'interprétation médiocres, mais aux scènes d'action travaillées... et on se retrouve avec six épisodes d'une fan-série aux effets spéciaux et à l'interprétation globalement médiocres, mais aux scènes d'action sympathiques.

Et à l'instar de l'interprétation très inégale, les costumes et la direction artistique le sont tout autant : les perruques sont assez fauchées (Roku rappelle Medusa des Inhumans, en nettement moins bien interprétée ; Livewire fait de la figuration avec une serpillière sur la tête) ; les costumes oscillent entre réussite (Ninjak, Bloodshot), et cosplay raté (Gilad, Manowar, et même Shadowman - qui cependant est sauvé par l'acteur et par son maquillage) ; les effets spéciaux (certes ambitieux) sont bas-de-gamme ; et les décors choisis ne mettent absolument pas en valeur les personnages et leurs tenues, régulièrement sur-éclairées, ce qui ne fait que souligner l'amateurisme de certaines.

Tout cela filmé en caméra portée tremblotante, ce qui est pratique pour cacher un peu la misère de certains affrontements accélérés, mais a aussi tendance à donner l'impression d'une série qui s'agite beaucoup pour peu de résultats. Les deux derniers épisodes, notamment, se montrent bien trop ambitieux pour leur propre bien, et finissent par tomber totalement à plat.

Bref : une mini-série qui ne convainc pas franchement. Oui, c'est amusant de voir ces personnages en prises de vue réelles, mais l'univers Valiant mérite mieux, comme première incarnation, qu'une fan-série gentiment fauchée et bourrée de défauts.

C'est d'ailleurs probablement pour cela que la mini-série, diffusée sur le web au rythme d'un épisode par jour fin avril, a failli être aussitôt retirée de la circulation, pour ne pas faire de concurrence au projet futur de film Bloodshot avec Vin Diesel.

DMG, la société de production chinoise qui possède les droits de Valiant, a fini par revenir sur sa décision suite à la pression des fans (les fans de Valiant sont un peu comme les fans de catch indépendant : intenses, radicaux, et très insistants), mais le fait est que, si l'on peut saluer les efforts de l'équipe Bat in the Sun (après tout, ce n'est pas forcément désagréable à suivre, et l'action est sympathique, surtout pour ce qui devait probablement être un tout petit budget), Valiant mérite mieux.

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Les bilans de Lurdo - Les Désastreuses Aventures des Orphelins Baudelaire, saison 2 (2018) - troisième partie (2x05-06)

Publié le 12 Mai 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Télévision, Les bilans de Lurdo, Drame, Jeunesse, Netflix

La seconde saison des Orphelins Baudelaire continue, avec des défauts et des qualités toujours identiques, et un ton étrangement plus chargé en sous-entendus graveleux, principalement dans la bouche du Comte Olaf...

Lemony Snicket's A Series of Unfortunate Events - Saison 2 - The Vile Village (2x05-06) :

Les Baudelaire sont confiés aux habitants d'un village excentrique passionné par les oiseaux, et refusant d'utiliser tout objet mécanique. Mais rapidement, Olaf et ses sbires les retrouvent, Jacques sur leurs talons ; et lorsque ce dernier est assassiné par Olaf, les enfants se retrouvent accusés du meurtre par Olaf, déguisé en Inspecteur, et par Esmé, qui se fait passer pour le nouveau chef de la police locale...

À nouveau, la première chose qui saute aux yeux devant ce double épisode, c'est le changement total d'environnement par rapport aux précédents, et l'excellente direction artistique. Je ne le dirai jamais assez : c'est vraiment là le point fort de la série, réussir à créer un univers à la fois crédible et factice, simultanément réaliste et théâtral : typique de Sonnenfeld, à nouveau à la réalisation.

Le problème, cependant, c'est que cet univers décalé ne facilite pas les choses quand vient le moment d'instaurer des enjeux plus sérieux que la moyenne ; déjà que le format et les fréquentes interruptions de Lemony Snicket ont tendance à étouffer dans l’œuf le moindre semblant de tension ou d'énergie... ça rend les choses difficiles à vraiment prendre au sérieux.

En l'occurrence, la mort subite, hors-champ, de Jacques. Une mort qui arrive après un premier épisode d'autant plus intrigant qu'il abordait frontalement les rapports de Jacques et d'Olaf, leur ancienne amitié, etc, ce qui apportait une dynamique toute autre à la série. Et une mort qui n'a pas grand poids, ni n'est suffisamment marquante vue la folie de tout le reste du programme.

Jacques est donc évacué (Nathan Fillion me manquera), et il faut alors remplir le reste de ces deux épisodes atteignant à peine les 40-43 minutes chacun. Ce qui, Daniel Handler à l'écriture oblige, implique pas mal de remplissage - tout ce qui concerne la demeure volante, le grand final du second épisode, etc - et quelques ficelles un peu voyantes - les feuilles du carnet, et le départ des Quagmire, qui n'auront servi que de MacGuffins, le temps d'une scène et demi.

(heureusement, pas de sous-entendus graveleux, cette fois-ci, ou alors plus discrets)

Le second épisode s'avère ainsi un peu statique, avec des Baudelaire pris au piège dans une cellule, et NPH & Lucy Punch qui font leur grand numéro. Pourquoi pas (et le caméo de Mindy Sterling & compagnie en Anciens du village est sympathique), mais dans l'ensemble, le deuxième épisode ne s'avère pas vraiment à la hauteur du premier, plus intéressant dans ce qu'il sous-entendait du passé d'Olaf... 

 

(retrouvez aussi sur ce blog la critique de la saison 1, et des épisodes 2x01-02 ; 2x03-04)

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Les bilans de Lurdo : Black Mirror - Saison 3, suite et fin (2016)

Publié le 6 Mai 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Télévision, Les bilans de Lurdo, Anthologie, UK, Drame, Fantastique, Science-Fiction, Netflix, Black Mirror

Au bout de deux saisons mitigées, et d'un Christmas Special reposant intégralement sur le charme de Jon Hamm, Black Mirror, anthologie anglaise conçue, écrite et supervisée par Charlie Brooker, quitte Channel 4 pour atterrir sur Netflix...

Deuxième partie de cette troisième saison, donc, une saison dont la première moitié était, pour moi, bien trop inégale pour être satisfaisante...

Black Mirror - Saison 3.2 :

3x04 - San Junipero :

En 1987, dans la ville balnéaire de San Junipero, Yorkie (Mackenzie Davis), une jeune femme timide, tombe amoureuse de Kelly (Gugu Mbatha-Raw), plus décomplexée et libérée. Mais tant Yorkie que Kelly sont en réalité les avatars virtuels d'autres individus, à la vie réelle bien moins rose que les néons de San Junipero...

L'épisode le plus primé de Black Mirror, et un épisode des plus atypiques pour la série : une histoire d'amour à la conclusion plutôt optimiste, centré sur un couple lesbien, et se déroulant pour sa plus grande partie dans un simulacre des années 80, avec visuels et musique de rigueur pour cette époque.

Et effectivement, c'est probablement l'épisode le plus homogène et convaincant de la série, jusqu'à présent : alors certes, la nostalgie années 80 est un peu facile, l'épisode est en mode juke-box 80s, et le facteur LGBT garantissait un certain succès public et critique, mais c'est néanmoins une réussite, touchante, très bien interprétée et visuellement réussie, et il est assez ironique de constater que l'épisode le plus probant de la série est celui qui correspond le moins à la satire misanthrope habituelle de Brooker.

3x05 - Men Against Fire :

Dans un futur dystopien, Stripe (Malachi Kirby), un soldat, rejoint une escouade chargée d'exterminer les "cafards", des humains mutants et agressifs qui vivent cachés. Mais lorsque l'un de ces cafards utilise un objet inconnu sur Stripe, en pleine mission, les implants neurologiques du jeune homme commencent à dysfonctionner, et sa vision du monde à changer...

Un ratage. C'est bien produit, mais c'est totalement creux et prévisible de bout en bout, et la durée abusive de 60 minutes fait que l'on a facilement une demi-heure d'avance sur les personnages, sur le récit, et sur son propos sur la déshumanisation des soldats, la manipulation, la propagande, etc.

Vraiment décevant (notamment parce que Sarah Snook est sous-exploitée). Et gentiment racoleur, avec ce rêve érotique collé en plein milieu.

3x06 - Hated in the Nation :

Lorsque des personnes impopulaires sur les réseaux sociaux sont assassinées, l'Inspectrice Karin Parke (Kelly Macdonald), sa partenaire technicienne Blue Coulson (Faye Marsay) et l'agent gouvernemental Shaun Li (Benedict Wong) découvrent bien vite que des abeilles cybernétiques sont responsables de ces morts...

Alors je ne m'en cache pas, j'aime beaucoup Kelly Macdonald, et la présence de Benedict Wong est toujours la bienvenue, mais là, 89 minutes d'une enquête policière assez routinière, c'est beaucoup trop. Il n'y a rien ici qui justifie vraiment cette demi-heure supplémentaire, et ça se ressent clairement dans le rythme global de l'épisode, et dans le fait que le spectateur a très souvent deux longueurs d'avance sur le script.

La première demi-heure de mise en place (et tout son suspense sur "qu'est-ce qui tue ces victimes innocentes ?") aurait largement pu être condensée et résumée, tout comme certains autres passages (tout ce qui entoure l'attaque des abeilles sur la maison campagnarde, ou encore le dernier tiers, qui se traîne vraiment), pour ramener le tout à une heure de métrage.

Et c'est dommage, parce que le concept est très intéressant, bien interprété, avec une musique stressante, et un propos pertinent, bien que familier - sur la justice populaire, les dérives des réseaux sociaux, la surveillance gouvernementale, etc.

Dans l'ensemble, ça reste néanmoins un bilan positif pour cet épisode qui, encore une fois, met de côté l'ironie et la corrosion, pour quelque chose de plus sérieux et premier degré.

(même s'il est difficile de ne pas penser à Nicolas Cage et à ses abeilles, de temps à autre !)

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Bilan :

Un peu comme dans le cas des saisons précédentes, un bilan très mitigé pour cette troisième cuvée de Black Mirror. Avec comme problème principal la nouvelle durée de ces épisodes, qui dépassent allègrement l'heure de métrage : c'est quasi-systématiquement bien trop long pour ce que ça raconte, et ça affaiblit d'autant le postulat de ces récits.

Après, j'ai toujours le même problème avec l'écriture de Brooker et cette anthologie : c'est souvent trop forcé, trop évident, trop téléphoné pour fonctionner.

Mais paradoxalement, c'est aussi cette saison qui propose deux de mes épisodes préférés de la série : San Junipero, avec sa romance virtuelle, et Hated in the Nation, avec son polar très sérieux. Deux épisodes qui abordent leur genre respectif sans tentative de satire moqueuse, sans humour, sans traits trop forcés ni personnages antipathiques... ça change, et ça fonctionne.

J'espère que la saison 4 sera plus dans cette lignée, plutôt que dans celle de Nosedive ou de Men Against Fire.

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Les bilans de Lurdo - Les Désastreuses Aventures des Orphelins Baudelaire, saison 2 (2018) - deuxième partie (2x03-04)

Publié le 5 Mai 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Télévision, Les bilans de Lurdo, Netflix, Jeunesse, Drame

Après une première saison mitigée, et deux premiers épisodes de saison 2 à l'identique, on continue cette suite des mésaventures des Orphelins Baudelaire, une suite qui a, pour le moment, apporté à l'univers des Baudelaire le duo des jumeaux Quagmire, ainsi que le frère aventurier de Lemony Snicket, interprété par Nathan Fillion.

Lemony Snicket's A Series of Unfortunate Events - Saison 2 - The Ersatz Elevator (2x03-04) :

Alors que tout le monde tente de retrouver Olaf, en fuite, les Baudelaire sont confiés aux bons soins du riche Jerome Squalor (Tony Hale) et de son épouse Esmé (Lucy Punch). Mais Olaf est déjà là, sous les traits de Gunther, et il tente de séduire Mme Squalor, au grand dam des enfants ; ces derniers n'ont alors qu'une seule solution : tenter de retrouver les jumeaux Quagmire avant qu'il ne soit trop tard...

Un double épisode un peu plus "frais" et intéressant que les précédents, principalement de par son environnement (le centre-ville), qui change clairement de ce dont on a l'habitude, et de par ses nouveaux personnages (Tony Hale et Lucy Punch sont vraiment impeccables).

De plus, pour une fois, les enfants sont un peu plus actifs (du moins, dans la seconde moitié de ce récit), notamment Sunny, et ne se contentent plus d'être des pions baladés à droite et à gauche.

Cela dit, ce double épisode est écrit par Daniel Handler, et cela signifie plusieurs choses :

1) un retour à des interventions fréquentes de Lemony Snicket, et à des explications de vocabulaire pas très intéressantes.

2) du remplissage qui a tendance à tuer la moindre tension narrative (tout le passage en ballon dirigeable n'a aucun intérêt quand on sait depuis le générique de début que l'épisode se terminera durant une vente aux enchères), et ce bien que le second épisode n'atteigne même pas les 40 minutes.

3) le gimmick récurrent des dialogues assez ultra-condensés débités à 200 à l'heure.

4) et, plus étonnant, un recours de plus en plus prononcé à des blagues et à des sous-entendus graveleux qui passeront totalement au-dessus de la tête des enfants, mais étonnent un peu de la part de la série (je n'ai pas le souvenir que ces allusions aient été aussi prononcées ou notables en saison 1).

À part ça, la direction artistique reste toujours aussi impressionnante, NPH se fait plaisir en clone de Karl Lagerfeld (même si son numéro musical n'apporte rien du tout, n'a pas grand sens dans le récit, et paraît très complaisant de la part de la production), Nathan Fillion et sa bibliothécaire sont amusants (mais incapables), et le tout est heureusement un peu plus nerveux... bien que la réalisation ait tendance à retomber dans des champs/contre-champs larges et face caméra dès qu'il y a plus de deux personnes à l'écran (un peu d'originalité, que diable !).

 

(retrouvez aussi sur ce blog la critique de la saison 1, et des épisodes 2x01-02)

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