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LES TÉLÉPHAGES ANONYMES

Il était une fois Lurdo & Sygbab, deux internautes passionnés de séries tv et de cinéma, et qui cherchaient un endroit où archiver leurs avis (semi) éclairés...

Articles avec #television catégorie

Les bilans de Lurdo - Halloween Oktorrorfest 2018 - Tremors : La Série (2003)

Publié le 6 Octobre 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Télévision, Les bilans de Lurdo, Oktorrorfest, Action, Comédie, Horreur, Fantastique, Sci Fi Channel

L'Halloween Oktorrorfest touche aussi le petit écran, avec chaque week-end, du 1er octobre à début novembre, des critiques de séries fantastiques et horrifiques...

Tremors - La série (2003) :

De retour dans la vallée de Perfection, Nevada, désormais transformée en réserve naturelle pour Graboïdes, Burt (Michael Gross) et les autres habitants du secteur (Victor Browne, Gladise Jimenez, Marcia Strassman, Lela Lee, Dean Norris...) tentent de cohabiter avec El Blanco (un Graboïde vivant tout près), tout en gérant les conséquences d'expériences gouvernementales, de savants fous, et de développeurs immobiliers sans pitié...

Une unique saison de 13 épisodes de 43 minutes, initialement diffusée sur Sci Fi Channel, et qui se veut la suite directe de Tremors 3 - Le Retour (2001).

Et sans surprise, le résultat laisse vraiment mitigé. D'un côté, effectivement, certains épisodes ne fonctionnent pas trop mal, les Graboïdes sont toujours vraiment "attachants", tout comme le personnage de Burt Gummer ; de plus, le thème musical d'El Blanco (le monstre) est plutôt amusant, en plus d'être une bonne idée.

Mais en contrepartie, la série est affreusement marquée par ses origines cinématographiques, et par la chaîne sur laquelle elle fut diffusée. Comme la majorité des shows Sci Fi Channel de l'époque, Tremors est mal rythmé, souvent mal joué, et surtout affreusement fauché.

La production n'a pas de budget, et ça se sent, avec des promenades en jeep filmées sur fond vert, des effets numériques franchement limites (le seul monstre numérique vraiment convaincant, c'est l'Ass-Blaster ; le reste est au mieux passable, caoutchouteux et filmé en gros plan/vue subjective, et au pire... c'est hideux), plusieurs épisodes sans les vraies stars du show (Gummer et le Graboïde) et des scénarii creux au possible.

Qui plus est, non contents d'être interchangeables, les scripts sont surtout étirés en longueur de manière transparente : on est clairement dans le registre "on a un postulat de 20-25 minutes, façon "la vallée est envahie par des fleurs mutantes/des insectes mutants/des crevettes mutantes/des mutants mutants" ou bien "un méchant veut capturer El Blanco", et on doit remplir 40-45 minutes d'épisodes".

Ce qui forcément, à force de remplissage, débouche sur ces épisodes ultra mous, reposant entièrement sur les dialogues et sur des effets spéciaux ratés, même pour l'époque.

Autant dire qu'avec, en plus, une distribution assez inégale en intérêt comme en talent (ça s'améliore un peu avec le temps, cela dit, et les acteurs invités sont plutôt sympathiques), ça ne capture quasiment jamais l'attention (sauf quand, pour une raison absolument perplexifiante, la production décide de mettre la showgirl/tough girl hispanique de service en t-shirt mouillé transparent au cours d'un épisode, comme ça, juste pour le fun.)

Bref, malgré toute la sympathie que j'ai à l'origine pour la franchise Tremors, le show est totalement dispensable, pour ne pas dire superflu. C'est dommage, parce qu'avec un format plus court et/ou un peu plus de budget, on aurait pu conserver le dynamisme et le fun du film original...

Et n'oublions pas le season finale, effectivement très décevant, car d'une durée de 37 minutes, et n'étant pas du tout conçu comme une fin de saison ou de série (puisque c'était le deuxième épisode produit - merci Sci Fi Channel pour la diffusion dans le désordre).

(car oui, j'ai eu la malchance de voir la série dans l'ordre de diffusion, et pas dans celui de production)

En espérant que le nouveau reboot télévisuel de la série, pour Syfy, avec Kevin Bacon reprenant son rôle, finisse par voir le jour (c'était censé se tourner cet été), et s'avère de meilleure qualité que ce premier essai.

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Et comme toujours, vous pouvez retrouver la liste complète de toutes les séries passées en revue dans le cadre de l'Oktorrorfest dans le menu Index de haut de page, ou en cliquant directement sur ce lien...

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Halloween Oktorrorfest 2018 - 05 - Daphne & Velma (2018)

Publié le 3 Octobre 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Télévision, Jeunesse, Fantastique, Comédie, Halloween, Horreur, Oktorrorfest

Chez les Téléphages Anonymes, du 1er octobre à début novembre, on fête Halloween et l'Oktorrorfest, un marathon quotidien de cinéma fantastique et d'horreur...

Daphne & Velma :

Daphne (Sarah Jeffery) et sa meilleure amie Velma (Sarah Gilman) ne se connaissent que par le web. Daphne, cependant, finit par s'installer avec ses parents à Ridge Valley, et l'adolescente découvre aussitôt l'école ultra-moderne où Velma fait ses études. Mais cette dernière semble l'ignorer délibérément, et certains des lycéens les plus brillants disparaissent mystérieusement, pour réapparaître un peu plus tard en semblant totalement lobotomisés. Daphne décide alors de mener l'enquête...

Depuis ses deux longs-métrages cinématographiques et ses deux suites télévisuelles au budget nettement réduit, la franchise Scooby-Doo peine à retrouver ses marques. Sans surprise, voici une nouvelle version succombant aux sirènes du girl power, et produite par Ashley Tisdale (^^) : au programme, encore un Scooby Doo Begins, mais cette fois-ci, on élimine Scooby et compagnie, pour se concentrer exclusivement sur les personnages féminins du Gang : Velma et Daphne.

Pourquoi pas, sur le papier. Malheureusement, dans les faits, ce téléfilm tient plus du Daphne show que d'un métrage équilibré. Daphne (le personnage le moins intéressant du Gang) en est en effet l'héroïne, on suit l'histoire depuis son point de vue, elle est intelligente, courageuse, indépendante, elle suscite l'inspiration, elle est perspicace, et elle a l'esprit ouvert, puisqu'elle croit à la possibilité du surnaturel ; tout ça, par opposition à Velma, montrée ici comme pleutre, refusant d'utiliser son intelligence et de se faire remarquer, cynique et sarcastique, et fermée d'esprit.

D'office, la caractérisation pose un peu problème, d'autant que tout tourne vraiment autour de Daphne : sa famille est directement impliquée dans l'affaire qui les occupe ici, son père est ultra-protecteur et collant, etc.

Et ce, sans même parler du casting : non seulement Velma et Daphne semblent faire un mauvais cosplay de leurs personnages, mais en plus, en choisissant une actrice à l'ethnicité mixte, on se retrouve avec une Daphne paraissant latina ou métissée afro-américaine (la mère de Daphne est ici afro-américaine, son père caucasien), avec sur la tête une immonde perruque rousse qui n'est jamais convaincante.

Une Daphne au style encore plus ringard que celui de Velma, et au physique passe-partout (alors que le contraste entre les deux personnages - la petite brune engoncée dans son pull et la grande rousse mince et séduisante - est l'un des fondamentaux du groupe, ne serait-ce que pour une question de variété des silhouettes à l'écran).

À se demander si toutes les jeunes actrices rousses d'Hollywood sont aux abonnés absents... (que fait Annalise Basso ?)

Bref : casting raté (malgré le fait que les deux actrices soient tout à fait compétentes et y mettent du leur), pour une intrigue cousue de fil blanc, avec l'accent mis sur la nouvelle technologie et les réseaux sociaux.

Mais là, autre problème, l'intrigue est un gros prétexte, en fait, le méchant est évident dès ses premières scènes, et le film préfère se concentrer sur les rapports entre Daphne et Velma, qui passent ainsi leur temps à se disputer, à se réconcilier, à se soutenir moralement, blablabla...

Ajoutez à cela des effets spéciaux calamiteux, et on se retrouve avec un téléfilm fauché, qui ne surnage que grâce à son sens de l'autodérision (ça ne se prend heureusement jamais trop au sérieux), et à ses actrices compétentes (les deux actrices principales, mais aussi Vanessa Marano, en clone d'Alison Brie, et Arden Myrin, en proviseur déjantée), et qui ressemble fortement au pilote d'une série qui ne verra probablement jamais le jour.

2.25/6

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Et comme toujours, vous pouvez retrouver la liste complète de tous les films passés en revue dans le cadre de l'Oktorrorfest dans le menu Index de haut de page, ou en cliquant directement sur ce lien...

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Halloween Oktorrorfest 2018 - 03 - The League of Gentlemen's Apocalypse (2005)

Publié le 2 Octobre 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Télévision, Comédie, Halloween, Fantastique, Horreur, Oktorrorfest, Channel 4, UK, Irlande

Chez les Téléphages Anonymes, du 1er octobre à début novembre, on fête Halloween et l'Oktorrorfest, un marathon quotidien de cinéma fantastique et d'horreur...

Le Club des Gentlemen : Apocalypse (The League of Gentlemen's Apocalypse) :

Après des siècles de vie "paisible", le village de Royston Vasey et ses habitants déglingués sont sur le point d'être détruits : leurs créateurs, Jeremy Dyson, Mark Gatiss, Steve Pemberton et Reece Shearsmith, ont en effet décidé de passer à autre chose - une fiction historique intitulée The King's Evil - et Royston est donc à l'agonie. Jusqu'à ce que certains des personnages découvrent un portail dimensionnel menant à la réalité des scénaristes et acteurs. Sans attendre, ils l'empruntent, bien décidés à sauver leur peau en convaincant le Club des Gentlemen d'écrire de nouveau pour eux...

Adaptation cinématographique de la série Le Club des Gentlemen, sortie 3 ans après la dernière saison du show (une saison plus sombre et dure que les précédentes), ce métrage a des allures de téléfilm de luxe (enfin, plutôt au budget un peu supérieur à la moyenne), et souffre de problèmes de rythme évidents : son découpage en trois parties ne lui fait pas de cadeaux, entre son premier tiers un peu maladroit, visant à ré-établir l'univers et ses personnages, et (trop) chargé en vannes graveleuses ; son second tiers se déroulant à 80% dans le monde fictif de King's Evil ; et son dernier tiers où tous les univers entrent en collision, concluant le tout dans un bain de sang.

Au niveau de l'articulation du script, c'est donc gentiment décousu et laborieux... et pourtant ça fonctionne plus ou moins bien, ou du moins, ça force la sympathie, puisque les personnages de Royston Vasey sont respectés dans ce qu'ils ont de tordu et d'improbable (pas assez de Papa Lazarou, cependant), que les interprètes sont toujours à fond dans leurs rôles respectifs, et que tout le côté métadiscursif s'avère plutôt amusant à suivre.

À part ça, comme dans Inside N°9, le trio de scénaristes-acteurs s'est par ailleurs amusé à placer quelques références bienvenues (Kubrick, Cocteau), le caméo de Simon Pegg est assez (dé)culotté, David Warner s'amuse vraiment en sorcier maléfique, et la présence de monstres en stop motion (du moins, il me semble que c'était de la stop motion) fait toujours plaisir à voir.

Bref, un portage cinématographique loin d'être parfait et totalement maîtrisé, mais qui s'avère néanmoins assez amusant, pour peu que l'on soit familier de cet univers, et que l'on n'ait pas peur d'un film somme toute assez inégal.

3.75/6

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Les bilans de Lurdo - Halloween Oktorrorfest 2018 - Inside No. 9, saisons 3 (2016-2017) et 4 (2018)

Publié le 30 Septembre 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Télévision, Christmas, Anthologie, Comédie, Horreur, Thriller, Policier, Drame, Sitcom, BBC, Halloween, Oktorrorfest, Fantastique, Les bilans de Lurdo

L'Halloween Oktorrorfest touche aussi le petit écran, avec chaque week-end, du 1er octobre à début novembre, des critiques de séries fantastiques et horrifiques...

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Après deux premières saisons forcément un peu inégales, comme il en va de toutes les anthologies, place à la suite de cette anthologie macabre made in BBC, signée des esprits tordus derrière Psychoville et le Club des Gentlemen.

- Saison 3 -

3x01 - The Devil of Christmas : Le réalisateur du téléfilm Le Diable de Noël (Derek Jacobi) raconte, par le biais d'un commentaire audio des images, le tournage compliqué de ce métrage narrant les mésaventures d'une famille anglaise (Pemberton, Rula Lenska, Jessica Raine & George Bedford) séjournant dans un chalet autrichien en 1977, et découvrant, de la bouche de leur guide (Shearsmith), la légende de Krampus...

Plutôt amusant, cet épisode spécial Noël, diffusé à l'occasion des fêtes de fin d'année 2016, et ce bien que j'aie eu, avant le visionnage, de grosses appréhensions dues à la thématique Krampus, qui commence vraiment à me sortir par les oreilles tant elle est surexploitée dans les pays anglo-saxons, ces derniers temps.

Mais comme d'habitude, Inside n°9 assure le spectacle, avec une reconstitution impeccable des productions télévisées en direct de la BBC, dans les années 70, tant au niveau du rendu visuel que de l'interprétation, des bugs techniques, des looks, etc.

Et puis bien sûr, cette conclusion finale qui fait toujours mouche. Une réussite sinistre et festive à la fois.

3x02 - The Bill : Quatre amis (Shearsmith, Pemberton, Jason Watkins et Philip Glenister) se retrouvent à l'occasion d'un dîner dans un restaurant, mais lorsque vient le moment de payer l'addition, les esprits s'échauffent, et la soirée dégénère...

Très bien interprété, et pas désagréable du tout, même si, pour nous autres frenchies, un certain sketch de Muriel Robin peut se rappeler à nous durant le visionnage de l'épisode. Cela dit, l'ensemble est bien mené, malgré une toute dernière scène qui ne m'a pas totalement convaincu.

3x03 - The Riddle of the Sphinx : Squires (Pemberton), un expert cruciverbiste de Cambridge, reçoit la visite nocturne et inattendue d'une jeune femme peu intelligente (Alexandra Roach), élève d'un ami de Squires, Jacob Tyler (Shearsmith), et qui lui demande de l'aide en matière de mots croisés. Très heureux d'avoir une si charmante compagnie, Squires décide alors d'expliquer cette science exquise à la demoiselle...

Un épisode assez noir et macabre, dont on devine certaines ficelles et rebondissements à l'avance, sans que cela ne soit vraiment dommageable. Peut-être plus problématique : un nombre incroyable de jeux de mots et de déductions cruciverbistes tout simplement imbitables pour qui n'est pas parfaitement bilingue, et qui pourraient bien en perdre plus d'un en cours de route...

3x04 - Empty Orchestra : Greg (Shearsmith), Fran (Sarah Hadland), Connie (Tamzin Outhwaite), Janet (Emily Howlett) et Duane (Javone Prince), des collègues, organisent une soirée karaoké avec leur supérieur Roger (Pemberton), à l'occasion de la promotion de l'un d'entre eux. Mais progressivement, la soirée s'envenime...

Un épisode se déroulant entièrement dans le karaoké, et qui utilise bon nombre de chansons et de morceaux pour remplacer les dialogues et les interactions directes entre certains personnages.

C'est intéressant, à la lisière de la comédie musicale, c'est beaucoup plus positif et optimiste que les autres épisodes, ce n'est pas du tout macabre ou sinistre, et c'est presque romantique... bref, ça change, mais ça manque quand même pas mal de mordant.

3x05 - Diddle Diddle Dumpling : Lorsqu'il découvre une chaussure d'homme abandonnée sur le chemin de son jogging, David (Shearsmith), père au foyer, devient obsédé à l'idée d'en retrouver le propriétaire, au grand dam de son épouse Louise (Keeley Hawes).

Un épisode en quatre parties, pour quatre saisons de l'année, et pour les Quatre Saisons de Vivaldi, qui leur servent respectivement d'illustration musicale. Nettement plus sombre et efficace que l'épisode précédent, et qui se conclue sur une note assez déprimante.

3x06 - Private View : Un groupe d'invités aux profils tous différents - Carrie (Morgana Robinson), Patricia (Felicity Kendal), Maurice (Shearsmith), Kenneth (Pemberton) et  Jean (Fiona Shaw) - est convié au vernissage d'une exposition mystérieuse, où ils sont reçus par Bea (Montserrat Lombard), une serveuse, qui ignore tout autant qu'eux pourquoi ils ont été invités...

Un slasher giallesque dans une galerie d'art, où sévit un tueur brutal, pour un épisode qui rappelle plein de choses, dont notamment les films Amicus, mais aussi et bien sûr les Dix Petits Nègres d'Agatha Christie. Assez glauque et premier degré, mais avec une conclusion un peu trop brusque pour être totalement efficace.

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Une troisième saison assez solide, et plus homogène que d'habitude, qui laisse les deux scénaristes s'amuser avec la forme de certains épisodes, sans que cela ne se fasse au détriment du fond (l'épisode de Noël, notamment). Seul l'épisode 3x04 se détache un peu du lot, avec son orientation plus ouvertement romantique et positive, qui tranche radicalement avec ce qui l'entoure...

- Saison 4 -

4x01 - Zanzibar : Au neuvième étage de l'hôtel Zanzibar, l'arrivée d'un Prince (Rory Kinnear) déclenche un chaos inimaginable parmi tous les autres clients, parmi lesquels le frère jumeau de l'héritier royal...

Hmm... Un épisode qui me laisse vraiment dubitatif, tant il illustre le piège de la forme qui prime sur le fond.

La forme, c'est celle d'une pièce de théâtre de boulevard, façon Feydeau... mais écrite en pentamètre iambique, pour singer les pièces de Shakespeare : et il faut bien avouer que sur ce plan-là, c'est particulièrement maîtrisé et convaincant, avec apartés face caméra, etc, et ça a probablement dû demander énormément de travail.

Le fond, cependant, est bien trop léger, en comparaison : ce n'est pas vraiment sombre et dramatique (on est clairement dans la farce comique), mais ce n'est pas non plus particulièrement drôle, les blagues s'effaçant derrière le dialogue parfois ampoulé, et les situations s'avérant globalement trop basiques (des quiproquos prévisibles, tous axés sur la présence des jumeaux à une porte d'écart) pour être intéressantes.

Encore une fois, ce n'est pas mauvais, c'est un tour de force d'écriture, mais pour une reprise, ce dispositif et cette approche ne m'ont pas du tout parlé.

4x02 - Bernie Clifton's Dressing Room : Deux chansonniers ratés, Cheese (Shearsmith) et Crackers (Pemberton) se retrouvent après plus de 30 ans pour un dernier spectacle. Le premier, froid et distant, est désormais cadre dans le marketing ; le second, lui, est toujours aussi enthousiaste à l'idée de se produire sur scène... malgré l'événement mystérieux qui, des décennies plus tôt, a mené à leur séparation.

Un épisode très mélancolique et doux-amer, dont on devine rapidement qu'il va reposer sur un retournement de situation de dernière minute, et qui pourtant parvient néanmoins à cueillir le spectateur (et ce quand bien même ce retournement de situation ne soit pas forcément inédit ou très original, cf Scrubs, par exemple).

Pas macabre pour un sou, délibérément peu drôle, mais très travaillé, très bien interprété, et assez touchant, en dépit de nombreuses références à des comiques et à des programmes tv anglais vieillots, qui laisseront sans doute les spectateurs français dans le brouillard.

4x03 - Once Removed : Lorsqu'il arrive dans une demeure en vente pour procéder au déménagement de ses propriétaires, Spike (Nick Moran) ne s'attend pas à découvrir autant de cadavres...

On revient à quelque chose de plus classique pour du Inside No°9 : un format expérimental (l'histoire est racontée dans un sens chronologique inversé) pour une histoire de meurtres à la chaîne à la fois macabre et pleine d'humour noir, avec des sous-entendus et des jeux de mots, des références pointues à Andrew Lloyd Weber et à son œuvre, et quelques moments joyeusement absurdes (le papier bulle). Amusant.

4x04 - To Have and to Hold : Depuis l'infidélité de son épouse (Nicola Walker), le couple d'Adrian (Pemberton), un photographe de mariage, bat de l'aile. Mais les raisons du désintérêt d'Adrian pour sa femme sont bien plus profondes... et sinistres.

Pendant la plus grande partie de cet épisode, on a droit ici au portrait d'un couple en crise, à la sexualité inexistante, hanté par une infidélité jamais pardonnée. Et puis, soudain, tout bascule dans quelque chose de nettement plus glauque et malsain, pour se finir par une leçon de morale assez tordue, que n'auraient pas renié Les Contes de la Crypte. Une réussite.

4x05 - And The Winner Is... : Un groupe d'acteurs, de réalisateurs, de scénaristes et de journalistes est rejoint par une téléspectatrice timide, gagnante d'un concours, pour former le jury devant élire la meilleure actrice tv de l'année...

Un épisode assez plat, qui consiste en 28 minutes d'échanges plus ou moins amusants et inspirés entre les membres du jury (on y trouve Zoë Wanamaker, Noel Clarke, Fenella Woolgar...) avant de se conclure par un twist banal, et qui ne fonctionne pas vraiment, faute d'avoir été bien mis en place et préparé en amont. Décevant.

4x06 - Tempting Fate : Trois employés municipaux (Pemberton, Shearsmith & Weruche Opia) pénètrent dans la demeure d'un accumulateur compulsif décédé, pour en faire l'inventaire, et ils découvrent rapidement dans son coffre une statuette exauçant des vœux...

Un épisode assez macabre et ouvertement surnaturel, façon Contes de la Crypte, qui lorgne vraiment sur La Patte de Singe et sur une ambiance à la Poe, ce qui, malheureusement, le rend un peu trop prévisible de bout en bout : le spectateur a constamment quelques minutes d'avance sur les personnages et sur les événements, ce qui affaiblit un peu le tout. Dommage, parce que c'était bien mené.

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Une quatrième saison plus inégale et faible que la précédente, notamment à cause d'épisodes où l'exercice de style prend le pas sur l'humour, qu'il soit noir ou non, et sur le macabre. Rien de calamiteux, cependant, et on peut espérer que le duo de scénariste se reprenne un peu pour la saison 5, maintenant qu'ils n'auront plus à gérer, en parallèle, l'anniversaire du Club des Gentlemen (bientôt critiqué en ces pages !).

(retrouvez aussi la critique des saisons 1 et 2 en cliquant ici...)

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Les bilans de Lurdo - Halloween Oktorrorfest 2018 - Inside No. 9, saisons 1 (2014) et 2 (2015)

Publié le 29 Septembre 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Télévision, Comédie, Thriller, Policier, Drame, Sitcom, UK, Anthologie, BBC, Horreur, Halloween, Oktorrorfest, Fantastique, Les bilans de Lurdo

L'Halloween Oktorrorfest touche aussi le petit écran, avec chaque week-end, du 1er octobre à début novembre, des critiques de séries fantastiques et horrifiques...

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Petit passage par la case anglaise, pour cette anthologie sombre et décalée créée par Reece Shearsmith et Steve Pemberton, deux des membres de la troupe déjà responsable de Psychoville et du Club des Gentlemen.

Sans surprise, cette anthologie de quatre saisons (pour l'instant) donne dans le glauque, dans l'humour noir, et dans le malsain, au travers de six épisodes d'une petite demi-heure par année de diffusion : des épisodes totalement déconnectés, mais qui partagent un lien avec le chiffre 9, et qui sont l'occasion pour bon nombre d'acteurs de se joindre aux showrunners/acteurs/scénaristes, pour s'essayer à des concepts et des scénarios frôlant parfois l'expérimental...

- Saison 1 -

1x01 - Sardines : Dans la demeure familiale de Rebecca (Katherine Parkinson), la jeune femme et son compagnon (Ben Willbond) organisent une fête pour célébrer leurs fiançailles. Mais rapidement, une partie de cache-cache sardine commence à dégénérer à mesure que plusieurs de leurs proches les rejoignent dans leur cachette, et que les langues se délient...

Un premier épisode sympathique, qui donne assez bien le ton de la série, et montre sa volonté de jouer avec les formats, mêlant le théâtre à la télévision et au cinéma. Ici, en l'occurrence, tout se déroule dans une armoire, avec une unité de lieu qui permet de faire monter la pression, et de révéler progressivement des secrets et des vérités toujours plus malsaines.

On saluera la présence toujours agréable de Katherine Parkinson (The IT Crowd), et on regrettera une chute finale un peu faiblarde.

1x02 - A Quiet Night In : Eddie et Ray (Pemberton et Shearsmith), deux cambrioleurs incapables, tentent de dérober un tableau dans la demeure de Gerald (Denis Lawson) et Sabrina (Oona Chaplin), un couple au bord de l'explosion.

Un nouvel épisode très expérimental, puisque presque intégralement dépourvu de dialogues, et pourtant jamais ennuyeux ou répétitif : les deux acteurs principaux parviennent à rendre le tout drôle et prenant, faisant de cet épisode l'un des plus mémorables et réussis de ces deux premières saisons.

1x03 - Tom & Gerri : Auteur frustré et instituteur mécontent, Tom (Shearsmith) croise le chemin de Migg (Pemberton), le sans-abri vivant devant chez lui, lorsque ce dernier lui ramène son porte-feuille perdu. Rapidement, cependant, Migg exerce de plus en plus d'influence sur Tom, au grand dam de la petite amie de ce dernier, Gerri (Gemma Arterton)...

Un troisième épisode nettement plus sombre et moins drôle que les précédents, mais néanmoins sympathique, notamment pour ses invités (Arterton, notamment, mais aussi Conleth Hill, dans un tout petit rôle). On regrettera cependant un déroulement plutôt prévisible, et une conclusion qu'on voit largement venir à l'avance...

1x04 - Last Gasp : Lors d'une visite hospitalière en compagnie de son assistant Si (Adam Deacon) et d'une responsable d'association caritative (Tamsin Greig), Frankie Parsons (David Bedella), une pop-star, décède subitement dans la chambre de la petite Tamsin (Lucy Hutchinson), alors qu'il vient de gonfler un ballon. Rapidement, les adultes présents réalisent que le dernier souffle de Frankie vaut une fortune, et ils commencent à se disputer...

Un épisode regardable, avec notamment un moment amusant (lorsque les personnages tentent de prononcer le prénom de la fillette... prénom qui est aussi celui de l'une des actrices) qui sent vraiment le vécu, mais dans l'ensemble, c'est l'un des épisodes les plus faibles de la saison, en partie à cause d'un manque évident de chute marquante et percutante.

1x05 - The Understudy : Tony (Pemberton) est une star du West End, et la vedette de Macbeth. Jim (Shearsmith), sa doublure, rêve quant à lui d'un rôle plus conséquent, et, motivé par sa fiancée Laura (Lyndsey Marshal), elle-même dans la pièce, il décide de faire tout son possible pour se faire une place sous les projecteurs...

Un épisode inspiré par Macbeth, et construit en cinq actes, pour un tout qui n'est pas désagréable, mais qui peut paraître un peu décousu (on sent que le script a été réécrit encore et encore par les scénaristes, à la recherche d'un angle d'attaque pertinent), et prévisible. Rien de mauvais, mais rien d'exceptionnel.

1x06 - The Harrowing : Engagée par Hector (Shearsmith) et Tabitha (Helen McCrory), un couple étrange, pour surveiller leur demeure gothique en leur absence d'un soir, Katy (Aimee-Ffion Edwards) découvre bien vite que la demeure glaciale abrite à l'étage le frère handicapé du couple, Andras (Sean Buckley), qui ne doit être dérangé sous aucun prétexte...

Dernier épisode de la saison 1. Et quel épisode, puisque Shearsmith et Pemberton se lâchent totalement et produisent ici un récit d'horreur gothique totalement premier degré et jusqu'au- boutiste, joliment glauque et oppressant. Très réussi.

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Deux épisodes excellents (le second et le dernier), quatre autres épisodes nettement plus moyens et/ou prévisibles, mais pas désagréables pour autant : de quoi donner une première saison sympathique, sans être exceptionnelle. Place à la suite...

- Saison 2 -

2x01 - La Couchette : À bord d'un wagon-lit français, Maxwell (Shearsmith), un médecin anglais, tente de dormir, mais il est constamment dérangé, tout d'abord par Jorg (Pemberton), un Allemand ivre et flatulent, puis par Kath (Julie Hesmondhalgh) et Les (Mark Benton), un couple anglais, et enfin par Shona (Jessica Gunning), une Australienne, Hugo (Jack Whitehall)... et par un cadavre.

Un épisode de reprise qui renvoie au premier épisode de la saison précédente, avec un fort sentiment de claustrophobie, accentué par la présence du cadavre encombrant. Plutôt amusant, mais aussi plus anecdotique et léger que d'autres, à nouveau à cause d'un script un peu prévisible.

2x02 - The 12 Days of Christine : À intervalles réguliers de 13 mois, douze jours marquants de la vie de Christine (Sheridan Smith) aux côtés d'Adam (Tom Riley), qu'elle rencontre lors des fêtes de la Nouvelle Année. Une vie qui, rapidement, sombre dans un chaos étrange, alors qu'un homme inconnu (Shearsmith) apparaît et disparaît de chez elle, sans explication.

Pas très inspiré, celui-là, avec son parti-pris Échelle de Jacob/Carnival of Souls, qui oriente clairement l'épisode vers quelque chose de nettement plus dramatique, et de très peu comique ou macabre.

Pour peu qu'on ait une certaine connaissance du genre, on devine rapidement comment tout cela va se dérouler, ainsi que le fin mot de cette histoire. Et il faut dire aussi que l'actrice principale arbore une perruque particulièrement laide pendant tout l'épisode, pour faciliter ses changements de coupe de cheveux au fil du temps, ce qui n'aide pas franchement à crédibiliser le tout, ou à brouiller les pistes.

Pas mauvais, en soi, mais très frustrant.

2x03 - The Trial of Elizabeth Gadge : Au 17ème siècle, deux chasseurs de sorcières réputés, Warren (Shearsmith) & Clarke (Pemberton) sont convoqués par le Magistrat (David Warner) de la petite bourgade de Little Happens, pour enquêter sur le sort d'Elizabeth (Ruth Sheen), accusée de sorcellerie...

Une farce totalement absurde, à mi-chemin entre les Monty Python et les films de la Warner, et qui prend le contre-pied total de l'épisode précédent, en optant pour de la comédie pure et dure (avec en prime une pointe de surnaturel), et en opposant ses deux chasseurs de sorcières à un village de profonds abrutis. Plutôt agréable, tout ça.

2x04 - Cold Comfort : Andy (Pemberton) rejoint le personnel d'une ligne de soutien psychologique, où il côtoie son superviseur George (Shearsmith), la pipelette Liz (Jane Horrocks), et Joanne (Nikki Amuka-Bird), employée consciencieuse. Mais lorsqu'une adolescente suicidaire les contacte, les choses dégénèrent rapidement...

Un épisode filmé en mode caméra de surveillance avec split-screen, beaucoup plus sérieux que drôle, et qui possède une conclusion vraiment noire et sans appel. Pas forcément l'épisode le plus mémorable, en fin de compte, mais néanmoins assez intéressant.

2x05 - Nana's Party : Angela (Claire Skinner) accueille sa famille à l'occasion de l'anniversaire de sa mère de 79 ans, Maggie (Elsie Kelly) ; mais Jim (Pemberton), le mari d'Angela, est bien décidé à faire une blague à Pat (Shearsmith), son beau-frère farceur, et il se cache dans un faux gâteau d'anniversaire...

Un épisode avec une structure d'in media res pas forcément pertinente ou efficace, puisque tout ce qui à trait à l'ambulancier est particulièrement prévisible, et que le tout finit par manquer de mordant.

De manière globale, la montée en pression de tout l'épisode est assez réussie, mais la chute, malheureusement, n'est pas à la hauteur, et déçoit un peu.

2x06 - Séance Time : Accueillie par Hives (Shearsmith), Tina (Sophie McShera) arrive dans la villa victorienne de Madame Talbot (Alison Steadman), une voyante, pour que cette dernière lui lise l'avenir. La séance semble alors basculer dans le surnaturel, jusqu'à ce que Hives révèle que Tina est la victime d'une caméra cachée dont il est le producteur. Mais lorsque Pete (Pemberton), une nouvelle victime, entre en scène, le canular dégénère, et un véritable esprit vengeur s'invite dans l'émission...

Un épisode très réussi (plan final excepté), qui parvient à ménager comédie et épouvante, et à instaurer une ambiance prenante et angoissante. Bien joué.

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Une jolie fin de saison, pour une cuvée 2015 assez inégale, car légèrement trop prévisible, et manquant un peu d'expérimentations. Certes, Pemberton et Shearsmith jouent occasionnellement avec la structure narrative de certains épisodes, mais c'est fait de manière un peu trop évidente pour convaincre totalement, et ça manque d'humour pour compenser (2x03 excepté).

Cela dit, le 2x02 est considéré par beaucoup comme un chef-d’œuvre tragique et glaçant, alors qu'il m'a vraiment laissé de marbre, donc...

(à suivre...)

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Et comme toujours, vous pouvez retrouver la liste complète de toutes les séries passées en revue dans le cadre de l'Oktorrorfest dans le menu Index de haut de page, ou en cliquant directement sur ce lien...

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Blog Update ! - Août 2018 (deuxième quinzaine) & Septembre 2018

Publié le 28 Septembre 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Les bilans de Lurdo, Update, Télévision

Après un Mois Français des plus médiocres, la rentrée a été chargée sur le blog des Téléphages Anonymes, avec beaucoup de sorties au cinéma et en vidéo...

#806 : Tag (2018) - 3.5/6

#807 : Mariage à Long Island (2018) - 1.75/6

#808 : The Problem With Apu (2017) - 2.5/6

#809 : Forgetting the Girl (2012) - 3.5/6

#810 : Liberation Day (2016) - 4.25/6

#811 : Dernier été à Staten Island (2015) - 3.25/6

#812 : Ant-Man & La Guêpe (2018) - 4/6

#813 : Vinyl (2012) - 3/6

#814 : Mission Impossible 6 - Fallout (2018) - 3.75/6

#815 : Skyscraper (2018) - 2.5/6

#816 : Living on a Razor's Edge - The Scott Hall Story (2016) - 4.25/6

#817 : Intramural (aka Balls Out - 2014) - 1.5/6

#818 : Ma Mère et Moi (2015) - 3.25/6

#819 : Moi, Jennifer Strange, Dernière Tueuse de Dragons (2016) - 2.25/6

#820 : Our Brand is Crisis (2005) - 3/6

#821 : Que le Meilleur Gagne (2015) - 3.5/6

#822 : Sahara (2017) - 2.5/6

#823 : L'Espion qui m'a larguée (2018) - 2.5/6

#824 : Walk Like a Panther (2018) - 2/6

#825 : Solo - A Star Wars Story (2018) - 2.5/6

#826 : iBoy (2016) - 3/6

#827 : Pourquoi J'ai Pas Mangé mon Père (2015) - 2.5/6

#828 : The Big Show - A Giant's World & Signature Sounds - The Music of WWE - 4.25/6 & 2/6

#829 : Step Sisters (2018) - 3/6

#830 : Carnage chez les Puppets (2018) - 2.25/6

#831 : Bombshell - The Hedy Lamarr Story (2017) - 4/6

#832 : Little Bitches (2018) - 2/6

#833 : Teen Titans Go ! To The Movies (2018) - 4.25/6

#834 : Chasseuse de Géants (2017) - 2.5/6

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# Grand écran :

Ce mois-ci, pas de grandes variations au niveau des notes : pas de chef d’œuvre, pas de daube intégrale, mais une majorité de films se situant autour de la moyenne, soit par manque d'originalité, ou par manque d'inspiration.

Au niveau comédie, notamment, le bilan est très quelconque, et peu mémorable. Mais même des films encensés par la critique (comme le dernier Mission Impossible) sont en fait bourrés d'imperfections... des imperfections, heureusement, loin d'être rédhibitoires.

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- Film du mois :

Si l'on excepte les documentaires (très bonne surprise que le Liberation Day de Laibach), pas de film se démarquant vraiment de la moyenne, si ce n'est Ant-Man et la Guêpe, un Marvel mineur mais néanmoins sympathique, et le très amusant Teen Titans Go ! To The Movies, une sorte de Deadpool tous publics, décalé et dans la continuité directe de la série.

- Flop du mois :

L'un des films du mois est un Disney (-Marvel), et donc, très logiquement, le flop du mois est lui aussi un Disney (-Lucasfilm), à savoir Solo - A Star Wars Story.

Certes, dans l'absolu, j'ai vu pire, ce mois-ci, et certains films ont des notes plus faibles (notamment le dernier Sandler), mais en regard des attentes et du minimum syndical attendu d'un film estampillé Star Wars, Solo se vautre lamentablement et mérite le titre : c'est mou, c'est visuellement très terne et laid, et surtout, c'est totalement inutile. Un film que personne ne réclamait, et qui ne sert à rien...

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# Petit écran :

Une rentrée placée sous les signes de la comédie et des drames historiques, avec d'un côté plusieurs sitcoms déjantées, plus ou moins réussies (Ryan Hansen Solves Crimes on Tv, Let's Get Physical, Corporate, Wrecked, Trial and Error, Selfie, LA to Vegas), et de l'autre, des séries en costume, comme Picnic at Hanging Rock, Howard's End, ou encore Tutankhamun : trois mini-séries globalement peu convaincantes, principalement à cause de problèmes d'écriture et d'adaptation.

Sans oublier la saison 8 de Dexter, chroniquée ici très tardivement (en même temps, vu le niveau du programme...), et la saison 1 de Youth & Consequences, un teen-drama assez générique made in YouTube.

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# À venir :

Dès demain, comme tous les ans, l'Halloween Oktorrorfest 2018 commence sur le blog des Téléphages Anonymes, avec au programme, chaque jour, plusieurs critiques de films d'horreur et de films fantastiques, très appropriés à la période de la Toussaint qui approche, et le week-end, des séries du même acabit.

Et, pour commencer ce marathon de l'horreur,  quelques séries anglaises (Inside N°9, The League of Gentlemen), quelques vers géants (Tremors 6 et la série télévisée), de la science-fiction horrifique bancale (Flatliners, The Cloverfield Paradox), et bien plus encore !

 

Et comme toujours, vous pouvez retrouver la liste complète de tous les films passés en revue sur ce blog dans le menu Index de haut de page, ou en cliquant directement sur ce lien....

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Les bilans de Lurdo : Wrecked, saison 1 & 2 (2016-2017)

Publié le 23 Septembre 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Télévision, Comédie, TBS, Les bilans de Lurdo, Drame, Aventure

Sitcom TBS créée et produite par les frères Shipley, précédemment scénaristes sur Deadbeat / RIP : Fauchés et sans repos, cette comédie découpée en saisons de 10x20 minutes se présente ouvertement comme une parodie (très tardive) de Lost, et de shows télévisés comme Survivor/Koh-Lanta : des étrangers, perdus sur une île déserte, et confrontés à un environnement hostile aux nombreux secrets...

Wrecked, saison 1 (2016) :

Lorsqu'il se réveille sur une île tropicale, Danny (Brian Sacca), fils d'un milliardaire, réalise que son avion de ligne s'est écrasé au milieu de nulle part. Entouré d'Owen (Zach Gregger), un stewart avec lequel il sympathise immédiatement, de Pack (Asif Ali), un agent de star, de Florence et Emma (Jessica Lowe & Ginger Gonzaga), deux meilleures amies, de Todd et Jess (Will Greenberg & Ally Maki), un couple dans la tourmente, de Steve (Rhys Darby), un néozélandais excentrique, de Karen (Brooke Dillman), une cadre très intense, et de multiples autres survivants anonymes, Danny doit apprendre à survivre sur l'île, et pour cela, il se fait passer pour un officier de la loi...

Une comédie passée totalement inaperçue, et pour cause : lorsque l'on regarde sa première saison, on s'aperçoit vite que le programme ne sait pas vraiment ce qu'il veut être. La distribution est pourtant bonne, et se prête bien volontiers au grand n'importe quoi de la série, mais ça ne suit malheureusement pas au niveau de l'écriture.

Wrecked tente en effet de concilier parodie/pastiche de Lost (on reconnaît là certaines astuces de mise en scène, une structure occasionnellement en flashbacks, des personnages familiers, des motivations, des sous-intrigues), sitcom gentiment surjouée et occasionnellement en dessous de la ceinture, et quelque chose de nettement plus sérieux (avec des morts, de la tension dramatique, des conflits, etc) et de hautement sérialisé.

Pris séparément, ces éléments ne sont pas désagréables, et certains épisodes fonctionnent plus ou moins (l'épisode avec Eliza Coupe en hôtesse de l'air psychotique est assez amusant, notamment), mais progressivement, au fil de la saison, le ton se fait plus dramatique, la tension croît à mesure que les naufragés cherchent à élire un nouveau leader (l'élection de Trump n'est pas loin).

D'autant que, contrairement à Lost, ici, pas de fantastique ou de véritables mystères, on est dans de la survie basique, et des problèmes du quotidien. Alors avec des personnages assez peu attachants, un ton très fluctuant, et un humour assez inégal, on finit assez mitigé devant cette première saison qui semble trop hésitante pour son propre bien, n'osant pas assez souvent pousser le bouchon suffisamment loin, ni se lâcher complètement.

Wrecked, saison 2 (2017) :

Alors que la société de l'île est en ruines suite au règne de Steve, un navire arrive à l'horizon, avec à son bord Barracuda (Ebonee Noel) et ses hommes, des mercenaires venus kidnapper Danny. Mais lorsque leur tentative de rançon échoue, les criminels décident de s'installer un temps sur l'île, pour y prendre des vacances...

Une saison 2 qui continue dans la voie de la sérialisation... et qui reste toujours le postérieur entre deux chaises, jamais suffisamment dramatique pour qu'on prenne au sérieux les mésaventures des personnages, jamais suffisamment drôle pour verser dans le délire total, et jamais suffisamment attachante pour qu'on s'intéresse vraiment à ses personnages.

Pourtant, il s'en passe, des choses, dans le quotidien de ces naufragés : ils tentent de cohabiter avec les pirates, allant même, pour certains (Todd et Jess), jusqu'à s'offrir à l'un d'entre eux (un épisode assez amusant, et à la censure graphique assez osée) ; ils prennent le navire de ces derniers d'assaut ; ils s'entredéchirent (un épisode de lutte des classes entre ceux qui ont une douche à bord, et les autres : pas désagréable, mais ça m'a vraiment trop rappelé Community et ses épisodes similaires pour me convaincre totalement) ; ils sont trahis par l'un des leurs ( ) ; et ils finissent donc la saison là où ils l'ont commencée (sur une île déserte).

Malheureusement, pour chaque bonne idée ou gag qui fait mouche, il y a son pendant négatif : l'épisode centré sur le retour de l'hôtesse de l'air cinglée ne fonctionne pas, par exemple, car Eliza Coupe ne rempile pas, et est remplacée par une actrice qui surjoue au possible ; les flashbacks lostiens sont eux aussi assez inégaux, car de plus en plus rares, et trop rarement efficaces - les flashbacks du hippie n'amènent pas grand chose, ceux de Karen dans une secte vaguement amish ne servent qu'à tenter de feinter le spectateur (en vain) ; autre idée qui tombe à plat, la rédemption de Steve, au travers de son sauvetage d'un marin interprété par Jemaine Clement (oui, ça fait plaisir d'avoir une réunion de deux Flight of the Conchords, mais c'est une digression finalement assez dispensable).

Et puis, comme en saison 1, plus la saison avance, plus le script tente de développer une dramaturgie et des enjeux  importants (à base de manipulations, de jalousies, de sabotage et de bateau qui coule), pour donner de l'ampleur au tout... tout en se moquant allègrement de ses personnages et des situations.

Résultat, on regarde ça sans grande implication, ni sans grande affection pour les personnages, et on sourit occasionnellement, plus qu'on ne rit.

À la fin de la saison, les naufragés ont donc retrouvé une île, une île aux plages truffées de mines explosives et de caméras, et sous le contrôle apparent d'un chasseur aimant s'adonner à la chasse à l'homme. La prochaine saison (ou, pour être plus précis, la saison dont la diffusion a commencé fin juillet dernier, et qui est sur le point de se terminer) devrait donc lorgner sur les Chasses du Comte Zaroff, ce qui pourrait être amusant... mais ne m'intéresse pas vraiment.

Comme je l'ai dit, je ne suis guère attaché à ces bras-cassés, la série ne m'a pas plus convaincu que ça, et je vais donc faire l'impasse sur la saison 3, sans grands regrets.

En soi, le show n'est pas mauvais, il me paraît simplement bien trop anecdotique et inabouti (sans oublier toujours un peu brouillon au niveau de son ton et de sa direction).  

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Les bilans de Lurdo : Youth & Consequences, saison 1 (2018)

Publié le 22 Septembre 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Télévision, Les bilans de Lurdo, Jeunesse, Drame, Comédie, YouTube

Série dramatique pour ados en 8x25-30 minutes, diffusée en exclusivité sur YouTube Red, la plate-forme payante du diffuseur de contenu...

Youth & Consequences, saison 1 :

À Central Rochester High, Farrah Cutney (Anna Akana) est la reine incontestée du lycée, manipulatrice et rusée, entourée de ses amies & sous-fifres Sara (Katie Sarife), Jayne (Kara Royster)  et Jane (Sophie Reynolds). Mais si elle fait la pluie et le beau temps au lycée, c'est parce qu'elle connaît l'identité du responsable de The Crotch, le site de gossip particulièrement puissant de l'établissement : Colin (Sean Grandillo), le fils asocial du proviseur (Marcia Cross), qui en pince pour elle...

Allergiques aux comédies dramatiques et autres séries lycéennes façon Gossip Girl, passez votre chemin : ici, on est vraiment dans quelque chose de balisé au possible, pour ne pas dire de dérivatif, avec le parcours de cette diva de lycée, manipulatrice et bitchy, qui progressivement finit par se faire rattraper par le monde qui l'entoure, et par s'effondrer.

Tous les clichés du genre y passent, de l'ancienne meilleure amie (Savannah Jayde) devenue ennemie jurée suite à une trahison, à la création (Grace Ho) qui finit par remplacer sa créatrice, en passant par les problèmes familiaux justifiant le caractère (faussement) froid et manipulateur de l'héroïne, le shipping de l'héroïne et du nerd asocial pour lequel elle a un faible, les jalousies, les coups de couteau dans le dos, le mystérieux maître-chanteur qui menace l'héroïne et ses secrets, la clique de Farrah vêtue et stylée de manière tout sauf adolescente ou lycéenne, etc, etc, etc.

On a droit à toutes ces ficelles plutôt convenues, saupoudrées d'une bonne couche de justice sociale estampillée millennial et post-millennial (malgré son caractère froid et manipulateur, Farrah est de toutes les grandes causes, et on passe donc par la défense de l'égalité des sexes, des droits LGBTQ, par les problèmes de commotions cérébrales sportives...), et d'une héroïne qui déclame tout à fait sérieusement, en voix off, que la génération actuelle de lycéens a une vie bien plus dure, compliquée et sous pression que toutes les générations précédentes, principalement à cause des réseaux sociaux.

(ce à quoi on a envie de leur répondre qu'ils feraient mieux de sortir un peu leur bulle... m'enfin bon)

Youth & Consequences est une série assez frustrante, puisqu'elle est produite de manière compétente, assez bien interprétée, que le casting est réussi, et que les huit épisodes forment un ensemble assez dynamique pour que l'on ne s'ennuie pas trop devant... mais voilà : tout ça, c'est du déjà vu, c'est de l'éventé, et ça n'apporte vraiment pas grand chose au genre.

Vraiment rien de neuf sous le soleil des high schools américaines.

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Les bilans de Lurdo : Trial & Error, saison 1 (2017) et 2 (2018)

Publié le 16 Septembre 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Télévision, Comédie, Sitcom, Policier, NBC, Documentaire, Les bilans de Lurdo

Sitcom de deux saisons de 23 épisodes (13 épisodes pour la s1, 10 épisodes pour la 2) diffusées sur NBC, Trial & Error surfe sur la vague du genre du true crime télévisuel, ces séries documentaires américaines qui suivent des affaires criminelles en temps réel, et qui, avec l'avènement du câble et de Netflix, ont connu un récent regain de popularité (cf The Jinx, Making a Murderer, etc).

Trial & Error, saison 1 (2017) :

Accusé d'avoir tué son épouse, Larry Henderson (John Lithgow), un professeur de poésie excentrique vivant dans le sud profond, est défendu par Josh Segal (Nicolas D'Agosto), jeune avocat new-yorkais dépassé par les événements, et par son équipe des plus incapables (Sherri Shepherd, Steven Boyer), contre les accusations d'un procureur ambitieux (Jayma Mays)...

Un mockumentaire (façon The Office ou Parks and Recreation) conçu et écrit par Jeff Astrof, scénariste d'Angie Tribeca, de Ground Floor, et de nombreuses autres sitcoms en tous genres, et qui se propose de retracer l'enquête et le procès de Larry Henderson (huhuhu le jeu de mots... et il a un frère jumeau appelé Harry ^^), pendant une saison.

En soi, pourquoi pas, mais je dois bien admettre que j'ai trouvé le tout souvent plat et décevant, ce qui m'a d'autant plus surpris que la série jouissait d'une réputation assez positive, sur le web.

Mais dans les faits, entre son protagoniste principal peu charismatique ou intéressant, son format déjà vu, ses personnages secondaires assez quelconques (outre Lithgow, toujours impeccable, seule Jayma Mays tire son épingle du jeu, les autres étant tous assez peu intéressants et/ou trop caricaturaux pour fonctionner - Krysta Rodriguez, notamment, ne sert vraiment pas à grand chose), son humour en demi-teinte (ça ne pousse pas le curseur suffisamment loin dans l'absurde, malgré une légère montée en puissance vers la fin de la saison) et son rythme assez tranquille, je n'ai pas particulièrement accroché à cette première année.

D'autant qu'il faut bien l'avouer, il y a eu nettement mieux en matière de série comique de tribunal, notamment du côté de chez David E. Kelley. Ici, le show souffre du syndrome de la saison 1, et il tâtonne, constamment à mi-chemin entre la parodie, la sitcom décalée façon Parks and Rec, et l'enquête policière plus sérieuse (à l'issue pourtant cousue de fil blanc), sans jamais vraiment réussir à conjuguer ces différentes approches de manière harmonieuse.

Rien de désastreux, et par moments, ça fonctionne, mais le tout m'a simplement déçu, et est loin de m'avoir convaincu.

Trial & Error, saison 2 : Lady, Killer (2018) :

Désormais installé à East Peck, Josh est engagé par Lavinia Peck-Foster (Kristin Chenoweth), grande dame de la ville, vénérée par tous ses habitants, et qui a été arrêtée alors qu'elle roulait, de nuit, avec le cadavre de son époux dans son coffre. Et pour compliquer un peu plus la tâche à l'avocat, voilà que Carol Ann Keane est enceinte... de lui ?

Exit John Lithgow, exit Krysta Rodriguez, et place à une Kristin Chenoweth qui en fait trois tonnes dans le rôle de la tueuse, pour une version plus ou moins gender-switched de The Jinx.

Et l'interprétation de Chenoweth est un peu à l'image du reste de cette saison : un trait plus forcé, et une série plus caricaturale, plus cartoonesque, avec une accusée qui cabotine, un juge inintelligible, une ville toujours plus folle et excentrique, un semblant de triangle amoureux entre Carol Ann Keane (enceinte jusqu'aux yeux), Josh et une podcasteuse new-yorkaise de passage en ville, une Anne aux maladies de plus en plus surnaturelles, un Dwayne de plus en plus redneck, etc...

Donc pour le coup, en comparaison de la saison 1, le show a clairement choisi une direction, et il s'y tient : celle de la folie, et d'un univers déjanté et très improbable (façon Angie Tribeca). Au point de parfois sembler forcer le trait jusqu'à aller presque trop loin dans le délire assumé : régulièrement, la série paraît ainsi perdre sa sincérité, et donne l'impression d'une grosse parodie très appuyée, où les scénaristes sont prêts à toutes les excentricités, pour le meilleur et pour le pire.

Ce qui amène des scories assez évidentes : le triangle amoureux et la romance impossible entre Keane et Josh ne fonctionnent jamais vraiment, et ressemblent un peu trop à du remplissage qui tranche radicalement avec le grand n'importe quoi ambiant (un peu comme dans le cas de Krysta Rodriguez en saison 1, le personnage de la podcasteuse, sous-développé, ne sert ici absolument à rien) ; et surtout, le vrai problème de cette saison est le caractère abrasif, antipathique et prétentieux de l'accusée, qui change la dynamique de la série, en privant celle-ci du capital-sympathie instantané de John Lithgow : sans ce quota sincérité, le programme peine à intéresser le spectateur à son enquête et à ses enjeux.

Par chance, à mi-parcours, le show change de direction, et fait de Kristin Chenoweth une antagoniste méprisante, ce qui, sur le papier, semble une solution parfaite au caractère agaçant de ce personnage. Mais ce revirement se fait au moment même où le show passe à la vitesse supérieure dans le n'importe quoi et le grotesque, avec des personnages toujours plus caricaturaux, des rebondissements invraisemblabes et une enquête (cette fois-ci à charge) tellement irréaliste qu'on finit par regarder ça en levant les yeux au ciel.

Mais attention : mon avis sur ces deux premières saisons a beau ne pas être très positif, c'est principalement une histoire de goût. Je n'accroche tout simplement pas à l'écriture de la série, un peu trop excentrique pour moi, mais j'admets que si l'on adhère à la proposition du programme, à son style, et que l'on se laisse porter par la folie ambiante, le show est amusant, bien mené et compétent.

Si l'on a des réserves sur la distribution, le ton, les personnages sous-développés ou l'écriture, par contre... c'est plus compliqué.

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Les bilans de Lurdo : Selfie, saison 1 (2014)

Publié le 15 Septembre 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Télévision, Les bilans de Lurdo, Comédie, Sitcom, ABC, Romance

Sitcom ABC de la saison 2014 en 13x20 minutes, Selfie a été créée et chapeautée par Emily Krapnek (productrice sur Parks & Recreation, et showrunneuse de Suburgatory), et a été annulée au terme de 7 épisodes (les six épisodes restants ayant été diffusés sur Hulu). Au programme, une relecture de Pygmalion/My Fair Lady, à la sauce millennials et réseaux sociaux...

Selfie, saison 1 :

Jeune vendeuse en produits pharmaceutiques, Eliza Dooley (Karen Gillan) est une millennial typique, égocentrique, obsédée par son image sur les réseaux sociaux et sa vie numérique 2.0. Mais lorsqu'un incident provoque son humiliation publique, Eliza réalise qu'elle a besoin de changer d'image. Elle se tourne alors vers Henry (John Cho), l'un des responsables du marketing de son laboratoire, pour qu'il la réinvente. Mais c'est plus facile à dire qu'à faire, et malgré le gouffre qui les sépare, la jeune femme superficielle et le publicitaire coincé vont progressivement se rapprocher...

Une sitcom qui, très rapidement, abat ses cartes, et trahit ses points faibles. Dès le pilote, en effet, ces derniers sont évidents : le show est déjà très daté, notamment dans ses choix musicaux et ses références constantes aux réseaux sociaux et à des memes déjà périmés au moment du tournage, le propos est convenu au possible ("les réseaux sociaux et internet, ce n'est pas la vraie vie") et surtout, le tout manque cruellement de subtilité et de finesse.

Entre Karen Gillan, avec son personnage caricatural de bimbo agaçante mais complexée qui commente tout en voix off d'une voix marquée d'un vocal fry californien forcé (heureusement, cet accent se tasse un peu après le pilote), et qui, se donnant à fond dans la comédie physique, finit par faire ressembler Eliza à un grand échalas roux et dégingandé, plutôt qu'à son personnage supposé être sexy et irrésistible ; Henry, et son balais dans le fondement ; Julia (Allison Miller), qui ne fait que passer dans la vie d'Henry, et dont le personnage est surjoué au possible ; les voisines hipsters d'Eliza (dont une grande rousse dégingandée, bien trop semblable physiquement à Karen Gillan pour ne pas être une erreur de casting) ; Charmonique (Da'Vine Joy Randolph), la secrétaire black clichée ; tous les autres collègues du laboratoire pharmaceutique (notamment le patron, interprété par un David Harewood en roue libre)... autant de personnages aux traits épais et aux personnalités déjantées.

Ce qui n'est pas un problème en soi : après tout, on est dans une sitcom, et il est normal de forcer le trait çà et là. Mais le souci, c'est que la série semble étrangement précipitée et bâclée, trop intéressée par le développement du shipping entre Eliza et Henry (un shipping qui ne fonctionne que très moyennement, tant Eliza n'est pas un personnage attachant) pour vraiment prendre son temps : résultat, la série a à peine atteint la moitié de sa saison qu'elle donne déjà ouvertement dans la jalousie, le triangle (voire même le carré) amoureux, et ce tout en passant une bonne moitié d'épisode, à chaque fois, sur certains des personnages secondaires.

L'inconvénient de cette approche, c'est qu'en 20 minutes, on ne peut pas tout faire : tant la romance que le développement des personnages secondaires paraissent tour à tour précipités, prématurés et survolés : un bon exemple est ainsi le personnage de Julia, qui n'a probablement que 5-10 minutes de présence cumulée dans la saison, et est évacuée de manière peu élégante, sans avoir été développée correctement.

Assez frustrant, donc, et on peut se demander si les scénaristes savaient, dès le début, qu'ils ne dépasseraient pas les 13 épisodes, et ont donc tenté de caser toutes leurs idées avant d'être annulés.

D'autant que, çà et là, la série a un sens de l'absurde qui n'est pas désagréable, qu'elle a un message secondaire (apprendre à s'accepter tel que l'on est, et à prendre des risques, etc) pertinent, et qu'elle n'est pas désagréable à suivre... mais les défauts sont bien présents, et difficiles à ignorer.

Treize épisodes peu mémorables, donc, malgré une distribution sympathique : l'écriture ne parvient jamais totalement à concilier satire et sentiments, et le show finit par n'être qu'une autre de ces sitcoms romantiques quasi-interchangeables, qui étaient à ce point à la mode au début des années 2010.

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Les bilans de Lurdo : Tutankhamun (2016)

Publié le 9 Septembre 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Télévision, UK, Histoire, Drame, ITV, Romance, Les bilans de Lurdo

Mini-série ITV en 4x45 minutes, Tutankamun se propose de retracer la découverte du tombeau du célèbre pharaon, en remettant cette découverte dans son contexte humain et historique...

Tutankhamun (2016) :

Au début du XXème siècle, en Égypte, Howard Carter (Max Irons) découvre des indices de l'existence d'une tombe inconnue, celle du Pharaon Toutankhamon. Mais malgré l'opposition de ses pairs, et grâce au soutien de la belle Maggie Lewis (Catherine Steadman), une archéologue américaine, il parvient à convaincre Lord Carnarvon (Sam Neill) de financer ses fouilles... avec succès.

Une mini-série prestigieuse, au budget évident, et à la mise en images assez convaincante et luxueuse (c'est le réalisateur de La Jeune Fille à la Perle qui est aux commandes)... mais paradoxalement, c'est l'écriture qui pèche gentiment dans ce programme. Je dis "paradoxalement" car le scénariste, Guy Burt, est un scénariste de télévision assez éprouvé et récompensé ; mais étrangement, le script, ici, est une succession de raccourcis faciles, de grosses ficelles et d'approximations qui donnent lieu à une temporalité bancale, et à des moments assez frustrants.

À commencer par le rajeunissement abusif de Howard Carter. Max Irons a tout juste la trentaine, ce qui fonctionne à peu près lors des premières scènes de la série (qui se déroulent au tout début du siècle), mais commence rapidement à coincer et devient problématique à mesure lors que l'on s'approche de la découverte du tombeau, en 1922 : Irons est toujours aussi jeune et dynamique, sans signe apparent de vieillissement (et toujours avec sa moustache peu convaincante), alors que Carter avait 47/48 ans.

Là-dessus, Burt rajoute en plus une histoire de triangle amoureux. Un triangle amoureux entre Carter, donc, Maggie (la toujours sympathique et radieuse Catherine Steadman, évacuée après le deuxième épisode), et la fille de Lord Carnarvon (Amy Wren) - par "chance", la temporalité de la série est tellement vague que l'on peut raisonnablement supposer que cette dernière est majeure au moment de cette romance...

Reste que cette romance contrariée semble étrangement forcée et inutile, et participe d'une impression de facilité dans l'écriture. Impression que l'on retrouve dans cette vague contextualisation historique (à base de colonialisme et de révolte) totalement éclipsée par cette histoire d'amour impossible sur fond de différences de classe sociale.

Mais on pourrait aussi parler, par exemple, de la découverte des marches de la tombe par le jeune fils orphelin de l'ancien contremaître des fouilles, façon "bonjour, je viens pour travailler, tiens, si je prenais une pioche pour creuser n'importe où, oh, voilà la tombe que vous cherchiez, patron !" en moins de trois minutes chrono.

Ce sont tous ces petits détails frustrants qui font que j'ai vraiment eu du mal à adhérer à l'écriture de cette mini-série, et par extension, à son histoire... ce n'est pas mauvais, en soi (c'est suffisamment bien produit pour rester intéressant ; c'est bien interprété, notamment par Sam Neill), mais il manque quelque chose (moins de remplissage ? Une bande originale plus inspirée ? Une meilleure gestion de la chronologie ?) pour vraiment rendre le programme mémorable.

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Les bilans de Lurdo : LA to Vegas, saison 1 (2018)

Publié le 8 Septembre 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Télévision, Comédie, Sitcom, Fox, Les bilans de Lurdo

Une sitcom Fox produite par Will Ferrell et Adam McKay, conçue et écrite par Lon Zimmet (Unbreakable Kimmy Schmidt, Happy Endings, Superstore), et qui a été annulée au terme de ses 15 épisodes diffusés entre janvier et mai dernier.

LA to Vegas, saison 1 (2018) :

Le quotidien et les mésaventures des passagers habituels et de l'équipage du vol économique Jackpot Airlines assurant la correspondance entre Los Angeles et Las Vegas : Capitaine Dave (Dylan McDermott), le pilote flambeur et séducteur ; Bernard (Nathan Lee Graham), le stewart flamboyant et intransigeant ; Ronnie (Kim Matula), l'hôtesse un peu névrosée et caractérielle ; Alan (Amir Talai), le copilote discret et étrange ; Colin (Ed Weeks), un professeur d'économie anglais et donc coincé ; Artem (Peter Stormare), un bookmaker russe excentrique ; Nichole (Olivia Macklin), une strip-teaseuse débrouillarde et pleine de ressources...

Plutôt une bonne surprise que cette sitcom sans prétention, et joyeusement décalée ; l'ensemble des personnages fonctionne très bien, et semble vraiment s'amuser avec des scénarios toujours plus improbables : duel entre Dave et son grand rival, Capitaine Steve (Dermot Mulroney) ; fête d'anniversaire pour enfants au strip club ; paris insensés ; communauté hippie installée sur parking de l'aéroport ; visite du patron de Jackpot Airlines (Don Johnson) qui détourne son propre avion pour échapper à la justice ; grève ; séminaire, etc...

De quoi assurer un quota de vannes et de situations rocambolesques assez conséquent, même si la série met quelques épisodes avant de trouver son rythme de croisière et son ton. À l'identique, à mesure que la série progresse, on sent les scénaristes désireux (sous l'influence de la chaîne ?) d'aller en direction de quelque chose d'un peu plus balisé au niveau des rapports humains.

Ainsi, l'attraction entre Ronnie et Colin, vaguement mise en place dès le pilote, mais restée en filigrane pendant de nombreux épisodes, finit par repasser sur le devant de la scène, et par se trouver confrontée à un triangle amoureux (avec Zachary Knighton à l'autre extrémité du triangle) assez classique.

Dommage, car le shipping de cette relation n'est clairement pas le point fort de la saison. On sent d'ailleurs les scénaristes un peu mal à l'aise à l'idée de restructurer la fin de cette première année : initialement de 12 épisodes, la série s'est vue greffer trois épisodes supplémentaires à l'issue de la diffusion du pilote et de l'épisode suivant. Et il n'est guère surprenant alors de constater que les trois épisodes en question sont plus faibles et moins percutants, comme s'ils avaient été écrits et structurés dans la précipitation.

Ce n'est pas bien grave, cela dit : le point fort de la série, c'est sa distribution, et celle-ci s'avère plus que capable de concrétiser le sens de l'humour très particulier de Zimmet. Çà et là, on reconnaît bien le style Happy Endings, et si McDermott, Stormare et Macklin ont tendance à éclipser leurs collègues, ces derniers parviennent tout de même à laisser leur marque sur la série, et à se rendre sympathiques (je suis notamment fan de la vie très mouvementée et incroyable du copilote).

Je ne le dis pas souvent, mais c'est dommage que la Fox ait choisi d'annuler cette sitcom somme toute divertissante, à la distribution très réussie, et à l'environnement original. Ce n'était pas la série du siècle, mais dans le genre, j'ai déjà vu bien pire.

Et c'est d'autant plus dommage que la série est passée tellement inaperçue qu'elle n'a aucune chance d'être reprise par une autre chaîne ou une plate-forme de streaming... *soupir*

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Un film, un jour (ou presque) #819 : Moi, Jennifer Strange, Dernière Tueuse de Dragons (2016)

Publié le 7 Septembre 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Télévision, Fantastique, Action, Aventure, Sky

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus. ​​ 

Moi, Jennifer Strange, Dernière Tueuse de Dragons (The Last Dragonslayer) :

Choisie par le Grand Zambini (Andrew Buchan), l'un des derniers sorciers de la planète, pour être son apprentie, Jennifer Strange (Ellise Chappell) découvre bientôt, à la disparition de son maître, qu'elle est l'élue désignée par une prophétie, et qu'elle est censée mettre fin aux jours du dernier Dragon (Richard E. Grant) pour le compte du roi Snodd (Matt Berry). Mais avec le dragon s'éteindra toute magie dans le monde, et Jennifer refuse d'en être responsable...

Un téléfilm Sky TV adapté du roman du même nom de Jasper Fforde, et diffusé à Noël 2016, juste en face de Doctor Who.

Ici, le récit prend place dans un univers de fantasy où la magie a presque totalement disparu, remplacée par une technologie semi-moderne (voitures, caméras, gramophones, etc).

Un récit ambitieux, à base de dragons qui parlent, de sortilèges et d'effets spéciaux en tous genres, mais qui se traduit malheureusement, à l'écran, par un mélange pas particulièrement convaincant de néons et de décors pseudo-médiévaux qui font un peu carton-pâte.

Un côté un peu fauché et toc qui se retrouve dans l'interprétation gentiment surjouée et caricaturale, dans la bande originale intéressante mais envahissante, et dans les costumes, les accessoires (l'épée magique énorme qui pèse un gramme et demi) et maquillages très moyens.

La narration laborieuse et décousue, et l'actrice principale pâlichonne n'aident pas forcément à s'intéresser vraiment au récit, d'autant que tout semble hésiter à prendre trop au sérieux ce qui est raconté : The Last Dragonslayer se retrouve ainsi le postérieur entre deux chaises, entre fantasy émouvante et épique, et farce satirique à l'anglaise (avec Garth Marenghi en Roi déglingué, difficile de rester crédible...).

Bref, ça se veut dans la lignée de Pratchett, mais ça manque clairement soit de moyens, soit de savoir-faire. Dommage.

2.25/6 (dont 0.25 pour Samwell de Game of Thrones)

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Les bilans de Lurdo : Howard's End (2017)

Publié le 2 Septembre 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Télévision, Les bilans de Lurdo, Drame, Histoire, Romance, UK, BBC

Après un peu de comédie décérébrée, place à quelque chose d'un peu plus distingué, d'un peu plus terre à terre, et d'un peu plus romantique, avec l'adaptation en quatre épisodes d'une heure, par la BBC, du célèbre roman de E.M. Forster.

Howards End :

Dans l'Angleterre du début du XXème siècle, les relations compliquées entretenues par trois familles originaires de milieux différents. Les Wilcox (Matthew Macfadyen, Julia Ormond, Joe Bannister, Jonah Hauer-King, Bessie Carter), une famille aisée de capitalistes ayant fait fortune dans les colonies, et très à cheval sur les conventions et les différences de classes sociales ; Helen et Tibby Schlegel (Philippa Coulthard & Alex Lawther), élevés par leur sœur aînée Margaret (Hailey Atwell), forment une famille d'intellectuels bourgeois idéalistes, qui n'hésitent pas à s'engager pour aider autrui, pour le meilleur et pour le pire ; et les Bast, Leonard et Jacky (Joseph Quinn, Rosalind Eleazar), de basse extraction, qui tentent de se sortir de leur condition en s'instruisant et en travaillant dur...

Adaptation en quatre parties du roman du même nom, cet Howards End a été particulièrement bien reçu en Angleterre, un Royaume-Uni qui, encore à ce jour, reste fasciné et hantée par sa nature de société de classes.

Il y aurait beaucoup à dire sur le symbolisme du roman, sur la représentation de toute la société anglaise du début du siècle, dans ce qu'elle avait de bon et de mauvais, au travers de chacune des familles suivies par le récit, sur la pertinence du roman et de son adaptation à notre époque, etc.... et les journalistes anglais ne se sont pas privés pour le faire, comme le prouve une rapide recherche web.

Mais pour un spectateur étranger comme moi, bien moins imprégné du status-quo social anglais, et pas du tout familier du roman original (ou du film de 1992), que reste-t-il de ce récit, à vrai dire ?

Étrangement, pas grand chose de vraiment passionnant. Ou plutôt, cette mini-série a eu sur moi un effet étrangement contre-productif : avec ses personnages figées dans leurs positions sociales très marquées, et qui n'hésitent pas à défendre celles-ci dans des tirades ou par des remarques pompeuses et pontifiantes, Howards End est rapidement devenu agaçant.

Passons outre le récit global, cousu de fil blanc, et aux rebondissements télégraphiés par une réalisation et un script un peu trop appuyés - à la limite, c'est un problème que l'on peut trouver dans bon nombre de récits anciens, surtout si l'on est très familier du genre. Passons aussi sur la temporalité un peu brouillonne du tout, et sur certains raccourcis narratifs typiques d'adaptations de romans, qui font tout même se demander occasionnellement au spectateur pourquoi telle ou telle réaction des personnages.

Ce qui coince un peu plus, c'est vraiment la caractérisation des protagonistes. Du côté des Schlegel, on a Margaret, totalement obsédée par la propriété Howards End, et qui n'a quasiment aucune alchimie romantique avec son futur époux (Atwell semble s'effacer dès que cette relation débute, et elle reste falote pendant tout le reste de la mini-série) ; Helen, inconstante, indiscrète, qui met son nez dans les affaires des autres, et dont la réaction de fuite en avant est particulièrement frustrante ; et Tibby, l'adolescent fainéant, sarcastique et moqueur (mais paradoxalement, le personnage le plus amusant du lot). Ensemble, Margaret et Helen sont un peu comme des Gilmore Girls du début du siècle, envahissantes, constamment en train de discuter à 200 à l'heure, têtues, tenaces et insistantes, ne laissant jamais autrui placer un mot, et n'écoutant de toute façon pas du tout ce que leurs interlocuteurs ont à dire, tant elles sont absorbées par leurs idéaux, leurs objectifs et leurs aspirations artistiques...

En face, les Wilcox sont engoncés dans leurs principes et leurs positions, inamovibles et distants, rétrogrades et détachés. Et à l'autre bout de l'échelle sociale, les Bast, eux, ne sont guère mieux lotis : Bast est rigide, complexé, peu attachant, obsédé par l'idée de s'améliorer intellectuellement pour grimper l'échelle sociale, et son histoire extra-conjugale ne fait que le rendre encore plus antipathique ; quant à sa femme jalouse et malade, elle, elle est évacuée de l'histoire une fois cette relation extra-conjugale entamée... et ce n'est pas plus mal vu la nature réelle du personnage, et ses relations avec le père Wilcox (vraiment inutiles et superflues d'un point de vue narratif).

Et donc, entre deux lettres échangées et lues en voix off, tous ces personnages se disputent, se dissimulent la vérité "pour préserver les bonnes apparences", se parlent sans s'écouter, le tout dans une cacophonie de dialogues qui se chevauchent et ne mènent nulle part.

Je me suis donc rapidement lassé de cette rigidité perpétuelle des conventions, de ces personnages peu attachants et aux réactions agaçantes, de ce sujet très "daté" (pas forcément dans le sens péjoratif du terme), de ce traitement assez basique, et de ce rythme inégal... d'autant que le tout se conclue par une quasi-happy end un peu douce amère, dans laquelle tout le monde trouve un peu de bonheur et d'apaisement.

Tout le monde, sauf les pauvres, puisque Bast a droit à une fin au symbolisme un peu trop appuyé, et qui laisse un goût amer dans la bouche !

Alors certes, c'est bien filmé, bien interprété (heureusement que la distribution est sympathique), et le ton peu sérieux des deux premiers épisodes permet de donner un peu d'énergie à la mise en place, mais je suis vraiment resté sur ma faim devant cette mini-série.

Est-ce que cela provient du roman original, ou uniquement de l'adaptation ? Je ne saurais le dire. Mais il est probable que je sois simplement passé à côté de ce programme, et que d'autres y trouveront plus largement leur compte...

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Les bilans de Lurdo : Let's Get Physical, saison 1 (2018)

Publié le 1 Septembre 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Télévision, Les bilans de Lurdo, Comédie, Sitcom, Sport, PopTV

L'un des rares programmes originaux scriptés (avec notamment Hollywood Darlings) de la chaîne PopTV, Let's Get Physical est une sitcom en 8x20 minutes, qui semble être née d'une simple idée : et si on basait une série toute entière sur la fameuse vidéo virale du Championnat national d'aérobic Crystal Light 1988 ?

Ce n'est pas forcément nouveau - Key & Peele en avaient fait un sketch assez amusant - mais visiblement, c'est assez pour lancer la production de cette comédie créée et produite par le responsable de Workaholics.

Let's Get Physical, saison 1 :

À la mort de son père, légende du fitness américain, Joe Force (Matt Jones), un slacker loser se rêvant superstar du rock, découvre que pour toucher son héritage, il doit replonger dans le monde de l'aérobic, et remporter une compétition nationale. Face à lui, cependant, se dresse son rival de toujours, Barry Cross (Chris Diamantopoulos), un sportif ayant épousé Claudia (AnnaLynne McCord), l'amour de lycée de Joe, et avec qui il a bâti un empire du fitness et de la salle de sport. Pour parvenir à le vaincre, Joe n'a d'autre choix que de recruter une équipe de danseurs (Misha Rasaiah, Jahmil French, James Cade), et de supporter les remontrances de sa mère dominatrice (Jane Seymour).

Une sitcom qui correspond vraiment au mot "anecdotique". En même temps, difficile, en 8 épisodes de développer des personnages secondaires, et d'aller plus loin que le simple statut de caricature, notamment dans le développement des protagonistes. Dans de telles conditions, il dépend alors vraiment des interprètes d'élever les personnages, et de se démarquer du reste de la distribution : à ce jeu, un seul s'en sort véritablement - Chris Diamantopoulos.

C'est bien simple, on ne retient qu'une chose de toute la saison : la volonté et l'énergie de Diamantopoulos, qui se démène comme un diable dans toutes ses scènes, qu'elles soient comiques, dansées, agressives, etc.

À ses côtés, McCord fait preuve d'un timing comique des plus honorables, mais finit tout de même par être éclipsée par Diamantopoulos... et face à ce dernier, Matt Jones ne fait pas une seule seconde le poids, malgré ses efforts.

Il faut dire que le cliché du slacker bedonnant mais qui a bon fond et que le spectateur est supposé soutenir est un cliché déjà bien usé, et presque agaçant ; ajoutez à cela un Jones à la voix très particulière, et au capital-sympathie assez moyen, et on se retrouve avec une série dans laquelle les good guys sont transparents et tout sauf intéressants.

C'est aussi la faute de l'écriture, à vrai dire : sur les huit épisodes de la saison, seuls deux ou trois s'élèvent au-dessus de la moyenne, et font preuve d'un humour convaincant ; les autres sont assez plats, sous-développés, et survolent leur sujet plutôt que d'en extraire la substantifique moelle.

La série rate donc partiellement sa cible, desservie par une écriture faiblarde et convenue. Heureusement que Diamantopoulos est là pour porter le show sur ses épaules, sinon le tout serait à ranger dans la catégorie "perte de temps".

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Les bilans de Lurdo : Ryan Hansen Solves Crimes on Television, saison 1 (2017)

Publié le 26 Août 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Télévision, Les bilans de Lurdo, Comédie, Sitcom, YouTube, Policier

Sitcom YouTube Red en 8 épisodes de 25-30 minutes, Ryan Hansen Solves Crimes on Television marche directement dans les traces de Play It Again, Dick, série spin-off de Veronica Mars dans laquelle Ryan Hansen, interprète de Dick Casablancas, essayait de convaincre ses amis et l'industrie de lancer une série dérivée le mettant en vedette.

Ryan Hansen Solves Crime on Television, saison 1 :

Alors qu'une vague de meurtres et de crimes frappe Hollywood, le maire de Los Angeles décide d'avoir recours à des acteurs plus ou moins connus pour assister les forces de police sur le terrain. Parmi ces acteurs, Ryan Hansen, qui assiste donc Jessica Mathers (Samira Wiley), et emmène avec lui une équipe de tournage pour en faire un show pour YouTube Red...

Les ficelles de ce Ryan Hansen solves... (créée et supervisée par le réalisateur et scénariste d'Agents presque secrets, de Dodgeball et de Les Miller, une famille en herbe) sont ainsi globalement les mêmes que dans Play It Again, Dick : Ryan Hansen joue son propre rôle d'acteur insupportable, idiot et imbu de lui-même, il est entouré de nombreux visages familiers (Karen David !), et plusieurs de ses amis IRL font des caméos, que ce soit dans leur propre rôle ou non (Jon Cryer, Aly Michalka, Eric Christian Olsen, Donald Faison, Yvette Nicole Brown, Kristen Bell, Peter Berg, Joel McHale).

Le tout se coulant dans le moule de la série Castle, avec cette fliquette dure à cuire et professionnelle, qui doit supporter la présence d'un boulet sans la moindre expérience de terrain, mais dont la connaissance d'un certain milieu lui donne (parfois) des intuitions pertinentes.

Rajoutez là-dessus une couche de second degré et de parodie des conventions du genre (un peu comme dans Angie Tribeca), parfois directement amenés par les répliques et les dialogues de Hansen (YouTube Red s'en prend plein la tête pendant une bonne partie de la saison) qui soulignent le caractère artificiel et les clichés de tels récits (le Commissaire Jackson qui change d'interprète à chaque épisode), et parfois mis en évidence au niveau visuel (il y a ainsi de constants changements de formats, la série basculant en mode "cinématographique" lors des moments les plus nerveux, et revenant à quelque chose de plus télévisuel à d'autres moments).

Sans oublier chaque fin d'épisode, en mode sitcom familiale de studio (décors fauchés, public qui rit sur commande, éclairages saturés, multi-cam, etc), avec Aly Michalka dans le rôle de la femme de Ryan Hansen, mère de leurs trois filles, et Jon Cryer dans son propre rôle... celui du voisin envahissant.

Des expérimentations formelles et stylistiques qui se marient bien à l'humour méta du tout, et donnent de l'intérêt à la série.

À l'identique, difficile de ne pas s'amuser devant l'épisode mettant en scène Kristen Bell jouant son propre rôle, et gérant d'une main de fer, à ses heures perdues, une entreprise de sosies de "princesses génériques et non copyrightées pour fêtes d'anniversaires", un épisode se concluant par un tonitruant "Elsa can suck my d*ck !" ; ou encore en découvrant la bromance progressive entre Olsen et Hansen ; voire même lorsque Hansen est viré de la série, et remplacé, dans le rôle de Ryan Hansen, par Joel McHale.

Autant de scénarios improbables qui se moquent souvent de l'univers de Los Angeles (la folie des escape rooms, la vacuité des acteurs, les embouteillages, les food bloggers, le street art, le carpool karaoke, etc) et qui s'avèrent sympathiques à suivre... sans plus.

Car malgré ses 8 épisodes et sa durée globale assez courte, la série peine à convaincre sur l'ensemble. Ponctuellement, on s'amuse, on rit bien, on trouve ça réussi, mais le rythme global fait que, bien souvent, les moments les plus efficaces se trouvent dilués dans le tout, un tout assez quelconque et peu mémorable.

C'est dommage, parce que le double épisode final parvient à relier plusieurs sous-intrigues de manière assez réussie et amusante, et promet le meilleur. Mais la série n'a, pour l'instant, pas vraiment trouvé son équilibre, et il est peu probable que YouTube Red la renouvelle, vu le peu de succès de la plate-forme.

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Les bilans de Lurdo : Corporate, saison 1 (2018)

Publié le 25 Août 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Télévision, Les bilans de Lurdo, Comédie, Sitcom, Comedy Central

Comédie corrosive en 10 épisodes de 20-22 minutes, Corporate a été créée par Pat Bishop, Matt Ingebretson, et Jake Weisman, auteurs et réalisateurs de courts comiques pour la chaîne et pour le web. Au programme, une satire mordante, décalée et dépressive du monde du travail en entreprise, avec ce que cela comporte de manipulations, d'exploitation, d'immoralité, d'apathie et de problèmes psychologiques...

Corporate, saison 1 :

Dirigée par le tyrannique et amoral Christian DeVille (Lance Reddick), la multinationale Hampton DeVille domine son industrie et traite ses employés comme une main d’œuvre impersonnelle et interchangeable. Matt (Matt Ingebretson) et Jake (Jake Weisman), deux futurs cadres en formation, tentent de tirer leur épingle du jeu, et de naviguer les eaux tumultueuses de l'entreprise, tout en s'efforçant de gérer leur dépression, et d'échapper aux caprices de leurs supérieurs, John (Adam Lustick) et Kate (Anne Dudek), subordonnés directs du PDG...

D'office, dès son générique étrangement glaçant et malsain, façon film d'entreprise où tout le monde sourit de manière artificielle et forcée, le ton est donné : on est dans une vision très cynique et glauque du monde de l'entreprise, vision qui ne fait que se confirmer au fil des épisodes.

Pendant les 200 et quelques minutes du show, on suit ainsi le quotidien insipide et écrasant de Jake et de Matt, les deux protagonistes pâles, amorphes, et dépressifs, qui doivent composer avec leur métier, leur hiérarchie caractérielle, et autres incidents qui émaillent leur vie.

En vrac, on assiste donc à un lancement raté d'un méga-pseudo-iPad ; à une présentation Powerpoint qui devient l'enjeu d'un conflit entre Hampton Deville et un concurrent ; à un trafic d'anti-dépresseurs et d'antalgiques organisé par Jake, tandis que Matt, en manque de sommeil, parle à des fantômes ; au recrutement d'un artiste pseudo-rebelle (croisement de Banksy et d'un Daft Punk) qui veut rejoindre les rangs de l'ennemi pour gagner de l'argent ; à un week-end détente avec tous les collègues, qui voit Matt humilié par des conférenciers ; à la visite d'une représentante d'une méga-église, au moment même où le personnel de l'entreprise se rebelle ; à une réunion interminable qui amène tous les personnages à se poser des questions existentielles ; à un vendredi soir entre collègues, qui rapidement dégénère ; à la mode soudaine d'une série façon Netflix, dont tout le monde parle sauf Jake ; et, last but not least, au Remember Day, un jour inventé par Hampton Deville pour célébrer le souvenir du 9/11, et exploiter la sentimentalité du petit peuple - l'occasion pour la série de nous gratifier d'un épisode "festif", façon Christmas Special... où le miracle de Noël du 9/11 n'a jamais lieu.

On ne s'ennuie jamais chez Hampton Deville : la série est méchante, cynique, osée, drôle, elle joue avec les formats, n'hésite pas à partir dans des délires visuels et conceptuels toujours plus improbables, tout en restant à la fois absurde, désespérée, et suffisamment caricaturale pour que l'on n'oublie jamais que Corporate n'est pas un reflet fidèle de la réalité, mais son miroir déformant. Du moins, en théorie, parce qu'en pratique, la réalité rattrape bien souvent la fiction...

Bref, pour résumer, Corporate est une série bien écrite, percutante, et très maligne, qui parlera instantanément à quiconque a déjà travaillé en entreprise - et très probablement aussi à ceux qui n'ont jamais mis les pieds dans les bureaux d'une multinationale, même en tant que stagiaire.

La série a été renouvelée pour une seconde saison, et c'est une très bonne nouvelle : je serai sans hésiter au rendez-vous de ce programme décalé et très noir, en espérant que la formule ne changera pas, et que ses auteurs bénéficieront toujours de la même liberté créative...

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Un film, un jour (ou presque) #808 : The Problem With Apu (2017)

Publié le 23 Août 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Télévision, Animation, Documentaire, Comédie, truTV

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus. ​​ 

The Problem With Apu (2017) :

Documentaire engagé signé Hari Kondabolu, qui attaque frontalement la série Les Simpsons sur le supposé racisme implicite du personnage d'Apu ; ce qui a fait grand bruit lors de la diffusion initiale du programme, fin 2017, ainsi qu'en avril 2018, lors de la réponse maladroite des Simpsons au documentaire au cours d'un épisode.

La thèse du réalisateur (un comique/activiste à l'humour et aux spectacles très orientés justice sociale) est donc que le personnage d'Apu est raciste, négatif, et responsable de plusieurs décennies de clichés et de harcèlement des minorités indiennes dans la société américaine.

Un problème encore aggravé par le fait qu'Apu est doublé par Hank Azaria, un acteur caucasien, ce qui amène donc Kondabalu a assimiler le personnage d'Apu à du blackface - ou, dans le cas présent, a du brownface.

Pour reprendre la conclusion du documentaire, "Les Simpsons, c'est comme votre vieux grand-père raciste : vous l'aimez bien, il a eu des bons moments, mais régulièrement, il dit des choses racistes, et il serait donc préférable pour tout le monde qu'il meure".

Voilà voilà. Certes.

Il n'est donc guère surprenant de constater que ce documentaire d'une heure m'a vraiment hérissé le poil, tant il est représentatif d'une certaine vision du monde assez typique de cette décennie et de cette nouvelle génération d'activistes connectés.

Difficile de se départir, en effet, d'une impression de bulle lorsque l'on découvre les comiques interviewés par le réalisateur dans le cadre du documentaire : tous amis du réalisateur ("on se connaît tous"), à 95% fils et filles d'immigrés indiens ayant entre 25 et 35 ans, ayant grandi en pleine Simpsons-mania et ne se reconnaissant pas du tout dans le portrait d'Apu.

Et ce n'est pas surprenant, puisque Apu est une caricature d'immigré des années 70/80 : l'immigré travailleur, diplômé, intelligent, venu aux USA pour profiter du rêve américain, et confronté à la réalité de ce dernier, qui le force à travailler dans une supérette. Sans surprise, cela ne parle pas aux millenials ultra-connectés qui ont grandi ici, et qui se sont affranchis, pour certains, des traditions de leurs ancêtres.

Ce gouffre générationnel est d'ailleurs involontairement souligné lorsque Kondabolu fait écouter Apu à ses parents, afin de montrer que ces derniers ne se retrouvent pas dans le cliché du personnage et de son accent... mais lorsqu'ils donnent leur avis, non seulement ils ne s'offusquent pas du personnage, mais en plus, leur accent est presque aussi prononcé que celui d'Apu.

Mais non : Kondabolu, clairement traumatisé par ce personnage depuis son enfance, semble avoir trouvé là un moyen d'attirer l'attention sur son travail (il s'est fait remarquer lors d'une émission tv, en 2012, par une tirade sur ce même sujet), et il est bien décidé à se faire entendre...

On a ainsi droit à un Kondabalu qui ouvre son documentaire en désamorçant immédiatement toute critique, qu'il affuble en quelques secondes de tout un vocabulaire et d'un argumentaire chargés, employés par l'alt-right trumpiste, les républicains et autres conservateurs rétrogrades : de quoi tuer immédiatement le débat en assimilant d'éventuels détracteurs à des racistes, ce qui permet d'éviter d'avoir à répondre à leurs objections ou contre-arguments.

D'ailleurs, il en va de même dans le reste du documentaire : s'il reconnaît à demi-mot les qualités du personnage d'Apu, tout cela est éclipsé par l'obsession de Kondabolu pour Azaria et pour le travail du doubleur.

Le film admet par exemple qu'Apu est loin d'être un stéréotype sur pattes, qu'il a bien été développé (c'est effectivement l'un des personnages les moins stupides des Simpsons, ainsi que l'un des plus équilibrés) et, plus important, qu'à l'époque de son apparition à l'écran, il était l'un des seuls (si ce n'est le seul) indiens présents sur le petit écran. Ce qui, en matière de représentativité, était inédit, et très justement applaudi.

Mais c'est justement cette représentativité rarissime qui fait qu'aujourd'hui, Apu devient une cible facile : selon ses détracteurs, le personnage n'aurait pas évolué, serait toujours aussi caricatural qu'à ses débuts (comme le sont tous les autres personnages des Simpsons, à vrai dire), et sa "représentation" ne serait donc aujourd'hui plus valide, plus désirable ni désirée, et totalement raciste (c'est amusant, mais quand je regarde des films réalisés et écrits par des indiens d'origine américaine, les clichés sont pourtant tout aussi nombreux, et bien souvent similaires)

Pire : le documentariste - et ceux qui se reconnaissent dans ses propos - semblent ravis d'attribuer à la série la responsabilité de la bêtise et du racisme de l'Américain moyen avec lequel il a grandi. Un Américain moyen qui a fait de "Thank You, Come Again" un cliché ethnique associé à Apu, alors même que ce dernier ne la prononce que 8 fois en plus de 600 épisodes de la série.

Il y a donc une certaine malhonnêteté intellectuelle, derrière tout ça, qui se ressent d'autant plus que Kondabulu articule tout le documentaire autour de ses tentatives insistantes d'obtenir une interview d'Azaria. Des tentatives vaines, et qui mènent à des moments assez agaçants pour le spectateur : gags pas drôles (Kondabolu qui s'énerve et fait semblant de casser des trucs hors-champ), ou déclaration hypocrite face caméra après lecture d'un mail de refus.

Bref, pour résumer, ce documentaire semble symptomatique d'un politiquement correct un peu trop envahissant en matière d'humour, qui envahit peu à peu notre société (et qui est d'autant plus présent outre-atlantique) : l'humour ne doit plus choquer personne, on ne doit plus utiliser de stéréotypes (à moins d'appartenir à la communauté caricaturée), on ne doit plus être gratuit et méchant, on ne doit être que woke.

Une heure de métrage assez typique, donc, des réactions épidermiques d'une génération qui trouve dans des causes superficielles des raisons de s'indigner (principalement sur les réseaux sociaux - Kondabolu nous montre son flux Twitter pour justifier ses dires), et croit ainsi faire autre chose que d'aborder ces problèmes par le petit bout de la lorgnette, alors même qu'elle ne leur apporte (comme Kondabolu dans ce film, d'ailleurs) absolument aucun début de solution viable ou intéressante.

La cause est juste, en soi (et le documentaire est plutôt bien produit, dynamique et coloré), mais les méthodes, comme souvent outre-atlantique, sont disproportionnées et mal avisées.

2.5/6

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Les bilans de Lurdo : Picnic at Hanging Rock (2018)

Publié le 20 Août 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Télévision, Les bilans de Lurdo, Fantastique, Drame, Australie, Amazon, Showcase

Classique de la littérature australienne, Pique-nique à Hanging Rock est devenu une œuvre culte lorsqu'elle a été adaptée au cinéma par Peter Weir, en 1975. Narrant l'histoire "vraie" de la disparition inexpliquée de plusieurs jeunes filles et de leur enseignante, le jour de la Saint Valentin 1900, au fin fond du bush australien, le métrage, onirique, étrange, éthéré et mystérieux a profondément marqué les mémoires de par son étrangeté et son ambiance si particulière.

Et donc, forcément, en cette époque d'adaptations, de reboots et de remakes à tout va, la décision a été prise d'adapter à nouveau cet ouvrage, sous forme d'une mini-série de 6 épisodes d'une heure, diffusés sur Showcase en Australie, sur la BBC en Angleterre, Amazon aux USA, et Canal + chez nous...

Pique-Nique à Hanging Rock (Picnic at Hanging Rock - 2018) :

Le jour de la Saint Valentin 1900, à l'occasion d'un pique-nique au milieu de la forêt australienne, trois des jeunes pensionnaires (Madeline Madden, Lily Sullivan, Samara Weaving) de l'Appleyard College, une école privée pour filles, disparaissent sans laisser de traces, en compagnie de l'une de leurs enseignantes, Miss McGraw (Anna McGahan). Aussitôt, cette disparition provoque le chaos dans l'établissement, et révèle les nombreux secrets des habitants de la région, parmi lesquels la mystérieuse Hester Appleyard (Natalie Dormer), directrice de l'école...

Franchement, je ne sais pas par où commencer.

J'ai abordé cette adaptation télévisée du roman original avec une certaine curiosité positive : si j'adore le film de Peter Weir, je n'en attendais pas une copie, et j'espérais que la série allait parvenir à retrouver un sens similaire de l'étrange et de l'inexpliqué, tout en se forgeant une identité propre. Et c'est le cas : la série a sa propre identité, on ne peut le nier.

Quel dommage cependant que ce soit une identité ayant provoqué chez moi un rejet quasi-physique, tant quasiment rien ne fonctionne à mes yeux dans cette mini-série.

Et pourtant, il y avait là un certain potentiel : avec sa réalisation et son écriture confiées à des femmes, la série avait de quoi aborder ce récit sous un angle différent, en se concentrant sur la féminité de ses protagonistes, sur leur sexualité naissante, sur les pressions diverses et variées de la société et des hommes, etc. De quoi rajouter encore des couches supplémentaires au mystère Hanging Rock, et à ses motivations.

C'est ce que les scénaristes tentent de faire, d'ailleurs, en développant en long, en large et en travers, par le biais de flashbacks, d'une narration déstructurée, etc, la personnalité des enseignantes, des élèves, de leur entourage, de la directrice... on devine même, ici ou là, des idées pertinentes, qui auraient pu donner quelque chose d'intéressant.

Malheureusement, premier gros défaut de la série : l'écriture n'a aucune finesse. Tout est surligné, tout est appuyé, les relations des personnages sont forcées (avec une bonne dose de relations homosexuelles inassouvies, d'inceste/de mauvais traitements, de romances superflues), et tous les mystères autour de Natalie Dormer tombent à plat, inutiles, principalement là pour justifier la présence de l'actrice et lui donner quelque chose à faire.

Le problème, en fait, c'est que tous ces développements éclipsent totalement le mystère au cœur du récit : le pique-nique, et la disparition. D'ailleurs, pendant plusieurs épisodes, ces deux éléments passent à la trappe, tant la série est plus intéressée par les réactions de Sara, la petite orpheline punie par la directrice, par les hallucinations de Dormer, ou par la romance impossible de deux hommes de la région.

Plus intéressée par tous les personnages qu'elle a à traiter, donc, la série se trouve ainsi dépourvue, pendant les 2/3 de sa durée, du moindre mystère relatif au Hanging Rock, et il faut attendre le dernier épisode pour retrouver le pique-nique, et un peu d'inexplicable.

Si l'écriture était le seul problème de la série, cependant, ce ne serait pas forcément rédhibitoire. Malheureusement, il en va autrement, puisque c'est toute la réalisation et la direction artistique qui sont en roue libre, et rendent la série imbuvable.

Entre son esthétique et ses effets de style risibles, dignes d'une sous-Sofia Coppola ou d'un mauvais vidéo-clip (ralentis inutiles, zooms, caméra constamment penchée, angles étranges, flous, etc, etc, etc), son illustration musicale moderne abusant des rythmiques électro-pop, et des carillons pour signifier le mystère, ses costumes et ses visuels saturés et clinquants, on se retrouve avec quelque chose de mauvais goût, de maniéré et d'assez laid, et qui, pour ne rien arranger, rend son scénario déjà assez brouillon encore plus flou, grâce à un montage qui joue de manière assez décousue avec la narration et la chronologie du tout.

Et puis, bien entendu, l'interprétation. Si elle n'est pas mauvaise en soi, elle est au diapason de la direction artistique et de l'écriture : sans la moindre finesse. Les personnages secondaires sont des clichés ambulants (la grenouille de bénitier) souvent surjoués (notamment du côté des autres élèves), et si les personnages principaux sont un peu plus mesurés, ça ne suffit jamais à les rendre attachants ou particulièrement intéressants (tous les personnages masculins, notamment, ont l'épaisseur d'une feuille de papier à cigarette).

Ce qui s'avère problématique, puisque l'on nous demande de nous intéresser au sort de ces trois adolescentes disparues, qui s'avèrent finalement assez antipathiques et creuses.

En résumé, un vrai ratage, qui sacrifie tout le mystère et l'atmosphère du film de Weir sur l'autel d'un féminisme moderne mal maîtrisé, mal écrit, à la symbolique lourde, et visuellement assez laid et pataud.

La réalité rejoint ainsi la fiction : à l'instar de la formation rocheuse du récit, les six épisodes de ce Picnic at Hanging Rock 2018 donnent envie de dormir à ses spectateurs, tant ils se traînent, errent et se perdent en route, finissant par ne jamais refaire surface... un peu comme ses héroïnes ; mais je ne suis pas sûr que cela ait vraiment été l'intention de départ.

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Retrouvez aussi toutes les autres séries passées en revue sur ce blog en cliquant ici et ici.

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Les bilans de Lurdo : Dexter, saison 8 (2013)

Publié le 20 Août 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Télévision, Drame, Thriller, Policier, Showtime, Les bilans de Lurdo

Récemment, j'ai retrouvé mes notes de 2013, et je me suis aperçu que je n'avais jamais publié sur ce blog de bilan de la saison finale de Dexter, tant j'avais été dégoûté par cette ultime année. Cinq ans après le bilan de la saison 7, je corrige donc cette erreur, au travers d'un carnet de visionnage datant de l'époque : vous excuserez donc le format décousu et le manque de structure, surtout vers la fin, mais... je n'ai pas eu le courage de m'infliger de nouveau cette saison.

Dexter, saison 8 :

8x01-02 : Six mois après la mort de LaGuerta, Debra est désormais détective privé, remplacée au sein de la brigade par un Batista sorti de sa retraite, et qui enquête désormais sur un nouveau tueur en série, le Brain Surgeon. C'est à cette occasion que Dexter rencontre Evelyn Vogel (Charlotte Rampling), une experte en psychiatrie qui semble au courant des pulsions de Dexter : elle lui affirme avor aidé Harry à créer son Code, et demande l'aide de Dexter pour traquer le Brain Surgeon, qu'elle pense être l'un de ses anciens patients...

Pour l'instant, de quoi tranquillement roupiller. Le traumatisme de Debra, après le meurtre de LaGuerta, est déjà redondant et agaçant en moins de deux épisodes ; tous les autres personnages secondaires sont des parasites inutiles plus qu'autre chose ; il y a toujours ces bonnes vieilles ficelles d'écriture qui font tache ; Charlotte Rampling n'est pas mauvaise dans son rôle, et le personnage pourrait être intéressant, s'il ne semblait pas aussi louche, et s'il n'était pas une tentative évidente de faire de la rétro-continuité facile, comme Manny Coto aime tant en faire (et, ô surprise, c'est lui écrit le deuxième épisode ^^). Bref, pour l'instant, un bon gros bof.

8x03 : Alors que les autorités referment le dossier du Brain Surgeon, persuadées de sa mort, celui-ci continue de harceler Vogel en laissant des trophées sur son perron. Dexter, lui, continue sa traque des patients de Vogel, et parvient à empêcher Debra - qui perd pied et sombre dans l'alcool - de révéler sa culpabilité dans la mort de LaGuerta : il la confie à Vogel, pour que cette dernière l'aide avec ses problèmes.

Zzzzzz.... J'aime beaucoup Jennifer Carpenter, et elle se démène dans ce rôle, mais honnêtement, sa sous-intrigue est soûlante (sans mauvais jeu de mots) et son patron inutile ; d'ailleurs, en parlant d'inutile, la fliquette black se pose là.

En parallèle, Vogel semble à la fois plus sincère que prévu (elle n'a pas l'air de commanditer le Brain Surgeon, et semble vraiment effrayée) tout en étant particulièrement louche (la manière dont elle traite Dexter comme son fils, et rebascule en mode "thérapeute manipulatrice" sans prévenir, laisse entendre qu'elle manipule tranquillement Dexter pour qu'il élimine tous ses ex-patients, ou quelque chose du genre) ; Quinn m'amuse toujours autant de par ses mésaventures amoureuses inintéressantes au possible et son incompétence (quoi que ça m'amuserait beaucoup que la production décide d'utiliser la technique Manny Coto et de jouer la carte de la rétro-continuité, en prétendant à la toute fin que cette incompétence était voulue depuis le début par les scénaristes, et que Quinn était en fait en train de monter un dossier en béton armé contre Dexter, en secret, pendant deux ou trois ans) ; Dexter fait n'importe quoi (ses méthodes d'investigation sont toujours risibles) et est soudain ultra-proche de Vogel, après deux épisodes à peine ; et, plus gênant, tout le monde surjoue allègrement (Dexter, quand il découvre les aliments dans la cuisine de sa victime ^^)...

8x04-06 : Alors qu'une nouvelle voisine s'installe à côté de chez lui, Dexter continue de mener l'enquête sur les patients de Vogel ; cette dernière, de son côté, révèle à Debra que son père s'est suicidé à cause de Dexter. Malgré des tensions, Debra et Dexter se réconcilient enfin, pour tenter de sauver Vogel, enlevée par l'un de ses patients. Puis Dexter décide de prendre sous son aile un jeune meurtrier, pour lui apprendre le Code... mais Hannah McKay ressurgit alors dans sa vie.

Malgré certains épisodes qui dépassent à peine les 42 minutes, ça ronronne énormément.

Bon, je passe sur les grosses ficelles habituelles bien honteuses et les rebondissements improbables, sur le non-jeu de Michael C. Hall (heureusement que Jennifer Carpenter y croit encore, et que Harrison 2.0 a une bonne bouille), sur les personnages secondaires inutiles (la fille de Masuka est sympathique, mais elle décroche la palme de l'inutilité ; la voisine de Dexter, idem ; le patron de Debra ; par contre, je me demande s'ils ne mettent pas en place quelque chose avec Quinn, vu combien ils insistent sur sa promotion, et sur ses allusions pleines de sous-entendus à Dexter, etc...), sur le retour d'Hannah (pourquoi ? POURQUOI !!!?) et je m'attarde sur la thématique évidente de la saison : les relations parentales/familiales difficiles.

Que ce soit Dexter/Harrison, Dexter/Deb, (Dexter+Deb)/Vogel, (Dexter+Deb)/Harry, Masuka/sa fille, Batista qui se comporte comme un père avec sa soeur (et Quinn), Yates/son père, Yates/Vogel, Zack/son père, Zack/Dexter, les scénaristes semblent clairement décidés à jouer cette carte "famille" jusqu'au bout... je ne serais donc pas surpris que le Brain Surgeon (parce que je ne crois pas une seule seconde au fait que le Brain Surgeon ait déjà été évacué avant la mi-saison) soit le fils de Vogel, qu'il soit un fils biologique ou un ancien patient qu'elle traitait comme son fils, et qui est furieux d'avoir été délaissé et remplacé par son nouveau "frère" Dexter dans les affections de sa "mère". Pas particulièrement original ou intéressant, mais ça collerait bien avec la thématique saisonnière.

(et je suppose que Oliver, le nouveau petit ami de la voisine, va être un méchant, pour ne pas dire LE méchant de la saison)

8x07-09 : Hannah est de retour, et elle demande à Dexter de tuer pour elle son nouveau mari, un millionnaire violent. Mais Dexter a d'autres problèmes : sa voisine vient d'être assassinée, et Zack, son protégé, semble être coupable... jusqu'à ce qu'il soit lui aussi tué par le Brain Surgeon, qui laisse son cadavre chez Dexter. Ce dernier mène alors l'enquête, et découvre l'identité réelle du Brain Surgeon, intimement lié à Vogel...

*soupir*

Le retour de "Hannah femme battue" (et le renouveau de sa romance avec Dexter) est vraiment lamentable (d'autant que le couple n'a jamais fonctionné, à mes yeux), la mort de la voisine inévitable (et toute l'histoire de "Zack est-il coupable ou non" est télégraphiée au possible), la sœur de Batista est agaçante et sans intérêt...

À l'identique, le retour du Brain Surgeon, fils oublié de Vogel... sans commentaires, c'était tout sauf surprenant ; le photoshoppage à 0.02€ de la photo d'enfance du Surgeon était joliment risible, tout comme pas mal de grosses ficelles pitoyables (Dexter qui espionne le tueur depuis l'autre côté de la vitrine, avec des vêtements bien visibles et identifiables - "il t'a probablement remarqué : c'est l'un de ses talents", Harrison qui lance un "oh, si seulement Hannah pouvait être ma maman" *soupir*) ; la résurrection potentielle de la relation Debra/Quinn, au secours ; bref, ce n'était pas bien. Et c'était mou.

Cela dit, la "réunion de famille" de l'épisode 8 était assez amusante, c'est toujours ça de pris.

8x10-11 : Alors que Dexter se prépare à partir avec Harrison et Hannah en Argentine, loin de tout, Vogel décide de trahir son fils, et d'aider Dexter à se débarrasser de lui. Le piège se retourne contre eux : Dexter et le Brain Surgeon finissent par décider d'une trêve, mais Dexter trahit le fils de Vogel et le capture...

*soupir*

De pire en pire. Entre l'accident de Harrison, risible dans sa mise en images et dans sa nature de grosse facilité narrative, la construction laborieuse des deux épisodes, la romance Debra/Quinn, les digressions relatives aux personnages secondaires, le rythme asthmatique, la "panne" de Dexter au moment le plus inopportun (il est guéri de sa psychopathie parce qu'il a enfin trouvé le Grand Amour avec Hannah, vous comprenez !), l'agent fédéral stupide qui libère le méchant, le cliffhanger final bien forcé...

On sent que les scénaristes ne savent plus quoi faire, ne savent plus quoi dire, et qu'ils bouclent leur série n'importe comment... c'est un véritable calvaire.

(pendant ce temps là, Scott Phillips, showrunner de Dexter durant les quatre premières saisons, s'arrache les cheveux sur reddit, et trouve que tout ce qui a trait à Hannah est calamiteux et sans la moindre logique).

8x12 : Mortellement blessée par le Brain Surgeon, Debra meurt à l'hôpital, alors que Dexter, séparé de Hannah et de Harrison, parvient à faire arrêter le tueur. Dexter se venge alors de Saxon, le tuant dans sa cellule - un geste suspect que ses collègues estiment être de la légitime défense (!) Il récupère alors le cadavre de sa sœur, et part en mer pour s'en débarrasser...

Mon dieu quelle bouse.

Non seulement le rythme de cet épisode final est particulièrement faible et insuffisant, mais en plus, il faut clairement faire preuve d'énormément de crédulité et de masochisme pour parvenir à croire, ne serait-ce qu'un instant, que tout ce qu'on a à l'écran ait pu se dérouler sans anicroches.

Les personnages secondaires sont tous absents ou font de la figuration, la tension est inexistante, l'émotion n'est guère plus présente (et c'est un comble, compte tenu de la mort de Debra !), et cette image de fin mal avisée achève de souligner, par une pirouette sans courage ni originalité, que le show est désormais vide de sens, vide d'émotion, vide d'idée, à l'instar de ce Dexter silencieux au regard vide.

Une fin de série à l'image de ses dernières saisons : en mode je-m'en-foutiste, bourrée de facilités, de problèmes logiques, et de scènes de remplissage, pour quelques derniers instants inaboutis et très mal conçus.

Dexter restera donc comme une série aux premières saisons imparfaites tout en étant pleines de potentiel, mais qui se sera rapidement effondrée sous le poids de sa popularité, et devant l'incompétence de ses équipes créatives.

Vraiment dommage, car le charisme de Michael C. Hall, dans ces premières saisons, était indubitable... mais les scénaristes n'ont jamais eu le cran de pousser le personnage et son destin jusque dans leurs derniers retranchements.

*soupir*

(retrouvez aussi les saisons 5, 6 et 7 sur ce blog)

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Blog Update ! - Août 2018 (première quinzaine) & Mois Français (suite et fin)

Publié le 19 Août 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Update, Les bilans de Lurdo, France, Télévision, Comédie

Après sa première partie assez décevante, le mois consacré à la comédie française vient de se conclure sur le blog des Téléphages Anonymes, avec un bilan vraiment des plus mitigés...

MOIS FRANÇAIS - suite et fin :

#781 : Boule & Bill (2013) & Boule & Bill 2 (2017) 2.5/6 & 1.75/6

#782 : Alibi.com (2017) & Épouse-moi mon pote (2017) 2.25/6 & 2.5/6

#783 : Madame Irma (2006) & L'Idéal (2016) 3.25/6 & 3.5/6

#784 : Et ta soeur (2016) & Jour J (2017) 1.5/6 & 2.5/6

#785 : Au Bistro du Coin (2011) & Sales Gosses (2017) 2/6 & 2.75/6

#786 : Fonzy (2013) & La Colle (2017) 3/6 & 3.5/6

#787 : Les Seigneurs (2012) & L'Ascension (2017) 2.25/6 & 3/6

#788 : L'Île aux Trésors (2007) & Benoît Brisefer : Les Taxis Rouges (2014) 1/6 & 2/6

#789 : Victoria (2016) & Bienvenue à Marly-Gomont (2016) 1.5/6 & 4.5/6

#790 : L'Élève Ducobu (2011) & Les Vacances de Ducobu (2012) 2.5/6 & 2.5/6

#791 : Vive la Vie (2005) & Les Trois Frères : Le Retour (2014) 1/6 & 2/6

#792 : Les Profs (2013) & Les Profs 2 (2015) 2.25/6 & 1.75/6

#793 : N'importe Qui (2014) & Connasse, Princesse des Coeurs (2015) 2.5/6 & 1/6

#794 : King Guillaume (2009) & Le Petit Spirou (2017) 2.5/6 & 2.25/6

#795 : 20 Ans d'écart (2013) & Une Famille à Louer (2015) 3.75/6 & 2.5/6

#796 : Le Petit Nicolas (2009) & Les Vacances du Petit Nicolas (2014) 3.75/6 & 2.5/6

#797 : La Personne aux Deux Personnes (2008) & Message à Caractère Pornographique : à la recherche de l'Ultra-Sex (2015) 4/6 & 4.25/6

#798 : Les Francis (2014) & Mission Pays Basque (2017) 2/6 & 3.5/6

#799 : Les Gamins (2013) & À Toute Épreuve (2014) 2.5/6 & 3.5/6

#800 : Qu'est-ce qu'on a fait au Bon Dieu ? (2014) & Un Village Presque Parfait (2015) 3/6 & 2.25/6

#801 : Fiston (2014) & La Dream Team (2016) 2/6 & 3.5/6

#802 : Situation Amoureuse - C'est Compliqué (2014) & Adopte un Veuf (2016) 2/6 & 3.5/6

#803 : Bienvenue à bord (2011) & Ma famille t'adore déjà ! (2016) 1.5/6 & 3.75/6

#804 : Cinéman (2009) & Merlin : L'Enchanteur (2012) 0.25/6 & 1/6

#805 : Gaston Lagaffe (2018), Les Aventures de Spirou et Fantasio (2018) & Taxi 5 (2018) 3/6, 2.5/6 & 2.25/6

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# Grand écran :

Au terme des deux premières semaines de ce mois spécial Comédie Française, j'en étais parvenu à une conclusion pessimiste... conclusion que cette seconde quinzaine n'a fait que confirmer.

Oui, la comédie française est un genre des plus faibles, qui succombe trop souvent au syndrome du comique à la mode et/ou de l'acteur en pilotage automatique, qui répète ad vitam æternam ses vannes et son personnage habituel, le même qu'il endosse en promotion sur les plateaux tv.

Les statistiques ne mentent pas : sur les 100 films passés en revue durant ce mois français, 42 atteignent la moyenne. Et à peine 22% des films critiqués pendant le mois dernier atteignent la barre du 3.5/6.

Des statistiques peu glorieuses, qui soulignent bien à quel point l'industrie cinématographique française aurait bien besoin d'un contrôle qualité, tel que je l'évoquais à la fin du bilan précédent.

Malheureusement, en matière de comédie, le grand public français n'est guère regardant, et tant que des comédies médiocres, voire mauvaises, déplaceront les foules en salle sur la simple base de leur distribution, de leur promotion, ou de la présence de tel ou tel acteur dans la dernière émission d'Arthur ou d'Hanouna, il est peu probable que ça change.

Mais par pitié, mettez un terme à ces adaptations ratés de bandes-dessinées franco-belges !

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- Film de la quinzaine :

Qui aurait cru qu'une comédie comme Bienvenue à Marly-Gomont, inspirée de la chanson de Kamini, finisse par s'avérer le meilleur film de cette quinzaine ? Une comédie touchante, sincère et crédible, aidée en prime par des acteurs toujours justes, et ne faisant jamais de l'ombre à leurs personnages. Une vraie bouffée d'air frais au milieu d'une quinzaine française des plus laborieuses...

- Flop de la quinzaine :

Honnêtement, on a largement le choix, puisque près d'un tiers des films passés en revue durant cette quinzaine ne dépassent pas la note de 2/6.

Énormément de déchet, donc, ce qui n'est pas forcément surprenant vu le genre abordé... entre les comédies sans scénario, se reposant intégralement sur des comiques faisant leur numéro habituel, et les films dépourvus du moindre rythme ou de la moindre originalité, il y a de quoi faire ; la palme revient néanmoins, cette fois-ci, à Cinéman, qui cumule toutes les tares, en plus d'être le fruit du travail d'un réalisateur/scénariste arrogant et imbuvable.

On applaudit bien fort.

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# Petit écran :

Deux séries passées en revue durant cette quinzaine : la seconde saison de GLOW, toujours très sympathique et amusante ; et la première saison de Hit The Road, une sitcom globalement assez inégale, mais pas forcément désagréable à suivre.

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# À venir :

Retour à un planning plus normal jusqu'à la fin du mois de septembre, avant que ne commence, dès le 1er Octobre,  l'Halloween Oktorrorfest 2018 : les Téléphages rattrapent un peu les grosses sorties de l'été, de Tag à Ant-man & The Wasp, en passant par Mission Impossible 6, ou encore Skyscraper, les Teen Titans qui font leur cinéma, et Solo.

Et niveau séries, une variété assez conséquente, allant de Picnic at Hanging Rock 2018 à Tutankahmun, en passant par Howards End, et bon nombre de sitcoms en tous genres (Let's Get Physical, Selfie, LA to Vegas, Wrecked, etc)...

 

Et comme toujours, vous pouvez retrouver la liste complète de tous les films passés en revue sur ce blog dans le menu Index de haut de page, ou en cliquant directement sur ce lien....

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Un film, un jour (ou presque) #804 : MOIS FRANÇAIS - Cinéman (2009) & Merlin : L'Enchanteur (2012)

Publié le 19 Août 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Télévision, Comédie, Fantastique, France, TF1, Romance, Histoire

Pendant un mois, à l'occasion de la Fête Nationale, retour sur un cinéma que je délaisse trop souvent : la comédie française... ​​

Cinéman (2009) :

Régis Deloux (Franck Dubosc), un professeur de mathématiques à l'égo surdéveloppé, découvre soudain qu'il a le pouvoir de voyager dans tous les films de son choix, à la place de leur héros. Sa mission : secourir au plus vite la belle Viviane (Lucy Gordon) des griffes du maléfique Douglas Craps (Pef)...

Une bouse spectaculaire, voire même un ratage hors-du-commun, tel qu'on en voit trop rarement, même dans le cinéma français.

C'est bien simple, malgré le postulat de départ intéressant (une variation sur Last Action Hero et La Rose Pourpre du Caire), il n'y a AUCUNE blague, vanne et AUCUN gag qui fonctionne dans ce film ; il n'y a AUCUNE structure narrative digne de ce nom : il n'y a AUCUNE scène intéressante (à part peut-être l'ouverture façon film muet, et encore, c'est plombé par une illustration musicale hors-sujet)...

Et le pire, c'est que Yann Moix, le scénariste/réalisateur de cette daube, en a parfaitement conscience : le film a été un calvaire à tourner, tant Moix était bouffé par son égo, et il a beau reporter une partie du blâme sur les acteurs lui ayant fait défaut (Poelvoorde, Dupontel), sur les techniciens du film, sur les producteurs, sur la météo, etc... le film est tout simplement un plantage. Et il en est totalement responsable.

Le scénario est décousu, plein de trous, l'écriture indigente, la réalisation est plate, insipide, la post-synchronisation est désastreuse (le film a été entièrement remonté et redoublé suite aux premiers montages calamiteux), Dubosc est totalement en roue libre et insupportable, l'illustration musicale ringarde et décalée tombe à plat, la photographie est immonde, la progression narrative est inexistante, les seconds rôles ne servent à rien (Anne Marivin, par exemple)...

Bref, c'est une merde.

0.25/6

Merlin : L'Enchanteur (2012) :

Mini-série française en deux parties, diffusée sur TF1, et revisitant le mythe de Merlin, d'Arthur et de toutes les légendes les entourant, sur un ton vaguement décalé. Par le scénariste de L'Enquête Corse et de Mission Pays Basque, et le réalisateur de... euh... téléfilms et autres séries françaises.

# Première partie : L'Enchanteur désenchanté

Après dix années passées à servir à la cours du Roi Pendragon (Wladimir Yordanoff), en tant que tuteur du prince Arthur (Arthur Molinier), Merlin (Gérard Jugnot) songe à prendre sa retraite. Mais l'arrivée de la Fée Viviane (Josephine de Meaux) et de son fils Lancelot chamboule la donne, et perturbe Merlin, au point de lui faire perdre ses pouvoirs...

Bon, alors tout de suite, ça part très mal. Passons sur la direction artistique (à la fois inexistante et dérivative), sur les costumes (un mauvais cosplay du Seigneur des Anneaux), sur les décors en carton pâte (rochers en polystyrène sur fonds verts, salles mal éclairées), sur les effets spéciaux (tout droit sortis des années 90, avec mention spéciale au simili-Milou transformé en troll), sur la musique synthétique pseudo-épique, etc... qui sont tous indigents et dignes d'une production italienne des années 90 (et encore, je pense que La Caverne de la Rose d'Or était plus réussie et homogène que ce téléfilm).

Passons sur l'interprétation tour à tour ampoulée, ânonnante, fausse, cabotine ou fainéante (Jugnot, notamment, fait du Jugnot, ni plus ni moins, tandis que 80% des autres acteurs sont à côté de la plaque).

Non, le pire, c'est le fait qu'une bonne part de ces premières 90 minutes soit consacrée à la romance insipide de Merlin et Viviane, et que cela soit fait au travers d'exposition maladroite, de scènes plates et inintéressantes, d'un subterfuge initial inutile, et d'une écriture laborieuse.

Tout le reste, Arthur, Guenièvre, Morgane, Excalibur, c'est presque accessoire à côté de l'histoire de Merlin, ce qui, d'un côté, est assez logique, mais de l'autre, pose aussi la question : quel intérêt ?

# Deuxième partie : Le Secret de Brocéliande

Toujours épris de Viviane, Merlin n'a plus de pouvoirs depuis 7 ans. Mais lorsque Morgane (Marilou Berry), jalouse de Guenièvre (Cristiana Capotondi), transforme celle-ci en statue, la sorcière obtient d'Arthur qu'il consomme un philtre d'amour avec elle. Puis Vortigern (Michel Vuillermoz) capture Viviane pour forcer Lancelot (Jean-Baptiste Maunier) à trouver le Graal pour lui, ce qui force Merlin à trouver une solution à sa panne magique...

Je ne pensais pas qu'il soit possible de faire moins intéressant que la première partie, et pourtant, si. Déjà, la résolution du cliffhanger, suivie d'une ellipse de 7 ans et d'une demi-heure de mise en place sur Viviane qui invente le lave-vaisselle (!), casse bien le peu d'énergie que ce téléfilm aurait pu avoir.

Et puis ensuite, ça continue avec tous les défauts de la première moitié, auxquels se rajoutent les agaçants Razmoks (de pseudo-hobbits du pauvres, à la coupe au bol, aux costumes ridicules, au QI de poulpe mort et qui parlent avec un accent risible), Lancelote (Lancelot qui change magiquement de sexe... pourquoi ? L'acteur n'était plus disponible ? M'enfin dans l'absolu, Alexandra Cismondi, sa remplaçante est peut-être la plus juste de tout le lot, donc ce n'est pas forcément un mal), Alice Pol en vendeuse bimbo de Graal, un duo de méchants en roue libre, une narration décousue et bancale, des enjeux en carton, et un rythme inexistant.

En somme, ce n'est toujours pas drôle, toujours assez mal joué, toujours très plat, et franchement (ça vaut pour les deux parties du téléfilm), ça n'a aucun intérêt, surtout quand Kaamelott revisitait les mythes arthuriens avec beaucoup plus d'humour, d'originalité et de pertinence. Et ce pour une once du budget et de la promotion.

Note d'ensemble : 1/6 pour le chien.

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Et comme toujours, vous pouvez retrouver la liste complète de tous les films passés en revue sur ce blog dans le menu Index de haut de page, ou en cliquant directement sur ce lien...

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Les bilans de Lurdo : Hit The Road, saison 1 (2017)

Publié le 13 Août 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Télévision, Comédie, Musique, Sitcom, AT&T, Les bilans de Lurdo

Aux USA, les chaînes se multiplient, les opérateurs aussi, et avec eux, on trouve de plus en plus de séries exclusives qui servent de produit d'appel, pour inciter les clients potentiels à s'abonner, et à profiter de ces programmes inédits. Ici, c'est le cas, avec AT&T, le géant des communications, qui lance la chaîne Audience, et diffuse cette sitcom décalée.

Hit The Road, saison 1 :

Le quotidien de la famille Swallow, une famille dysfonctionnelle de musiciens qui se produit sur scène et traverse les USA à bord d'un bus bringuebalant, à la recherche du succès et de l'argent...

Sitcom américaine en 10x25min, créée par Jason Alexander et par le scénariste anglais du film Joyeuses Funérailles, Hit The Road se propose de suivre (avec une semi-continuité qui se concrétise surtout vers la fin de la saison) les mésaventures des Swallow, au fil de leur carrière des plus incertaines.

Ici, le ton est clairement au décalage corrosif, au politiquement incorrect et à l'irrévérence, saupoudré d'une touche de cringe comedy anglaise, avec des personnages globalement décomplexés et très identifiables : on a le père de famille, Ken Swallow (Jason Alexander avec un bouc, des pattes et des boucles d'oreille), menteur, voleur, persuadé d'être un génie, et prêt à tout pour que sa famille devienne célèbre ; Meg (Amy Pietz, excellente), son épouse, une mère de famille dévouée, mais malheureuse ; Ria (Natalie Sharp), la fille aînée sexy, allumeuse et ambitieuse, prête à abandonner sa famille si cela lui garantit une carrière, et constamment en conflit avec ses parents ; Alex (Nick Marini), le fils, constamment sous l'emprise de substances illicites, qui lui ont bien attaqué le cerveau ; Casey (Maddie Dixon-Poirier), la plus jeune, une fillette précoce et bien trop intelligente pour son âge ; et Jermaine (Tim Johnson Jr.), le fils afro-américain adopté, hypocondriaque flippé.

Tout ce petit monde vit donc à bord d'un bus, en tournée permanente, et ne se supporte que difficilement : les insultes et jurons fusent constamment, le propos est très cru et décomplexé, et le show s'amuse de ce contraste entre une famille d'apparence totalement américaine et bien pensante, façon Partridge Family, et la réalité d'une unité familiale assez trash et vulgaire.

Le problème, en fait, c'est que l'intérêt de la série s'arrête là. Certes, c'est amusant de voir les Swallow confrontés à leurs rivaux, en festival ; se diviser et s'affronter pour tenter de passer un radio-crochet télévisé ; tomber en panne chez des néo-nazis ; chercher un manager ; partir en désintoxication ; tenter d'organiser un plan à trois pour l'anniversaire de Meg ; etc, etc, etc...

Et d'ailleurs, c'est souvent assez bien mené et drôle... mais c'est aussi souvent assez répétitif, et pas très bien rythmé. Certains épisodes tombent à plat, et pendant une demi-heure, on s'ennuie, d'autres sont très prévisibles, et se regardent distraitement, d'autres encore sont très criards et épuisants.

Sans oublier un humour parfois très graveleux et bas de plafond, qui pourrait en repousser plus d'un - la série n'hésitant pas à humilier Jason Alexander, par exemple, qui masturbe des inconnus dans des toilettes pour parvenir à ses fins, par exemple. Ce ne sera pas du goût de tout le monde.

Au final, la série est très inégale, et manque cruellement de finesse, mais elle reste tout à fait regardable. Notamment parce que sa distribution est très efficace, et se donne à fond , et parce que malgré tout ses atours provocants, la série - et la famille Swallow - a bon fond. On finit par s'attacher à ces personnages décalqués et arrivistes, et leurs aventures se regardent assez facilement... sans pour autant appartenir à la catégorie des immanquables télévisuels.

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Retrouvez aussi toutes les autres séries passées en revue sur ce blog en cliquant ici et ici.

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Les bilans de Lurdo : GLOW, saison 2 (2018)

Publié le 6 Août 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Télévision, Les bilans de Lurdo, Catch, Drame, Netflix, Cinéma, Action

La première saison de GLOW était une réussite, parvenant à combiner comédie, catch, sport et personnages instantanément attachants en 10 épisodes d'une petite demi-heure ; tout au plus pouvait-on lui reprocher d'esquiver légèrement certains problèmes de sexisme ainsi que de danger du catch professionnel, au profit du portrait de femmes mises à l'écart, qui finissaient par trouver dans GLOW une certaine unité, et une famille d'adoption.

Rien de bien méchant, cela dit, d'autant que tout le reste s'avérait d'un très bon niveau, et particulièrement sympathique.

GLOW, saison 2 :

Alors que l'émission connaît un succès d'estime croissant, et développe son public, les choses se compliquent pour les lutteuses de GLOW, rejointes par Yolanda (Shakira Barrera), la remplaçante de Cherry. En effet, la chaîne qui les diffuse commence à se montrer capricieuse, et à succomber aux pressions de lobbies : l'avenir de GLOW est en péril, et il se pourrait bien que tout se termine prématurément pour les apprenties-catcheuses...

Une seconde fournée toute aussi satisfaisante que la première année de la série, puisque cette dernière continue de bâtir son architecture autour de ses acquis, et semble avoir pleinement conscience de ses points forts.

L'année dernière, je finissais mon bilan en espérant que la série allait monter en puissance à tous les niveaux : blessures, conflits, progrès en catch, nouveaux personnages, succès croissant des lutteuses, paillettes, mauvais goût, couleurs fluos, caricatures, et misogynie de l'époque.

Et en 2018, tous mes vœux ont été exaucés.

Blessures ? Ruth se fracture la cheville (ou plutôt, on la lui fracture), ce qui amène toute l'équipe de GLOW à resserrer les rangs autour d'elle, de manière assez touchante ; conflits ? Ruth/Debbie continue de s'amplifier, pour le meilleur et pour le pire, Sam devient de plus en plus caractériel, etc ; progrès en catch ? Le match final (entre Debbie et Chavo Guerrero) est la preuve que les actrices (et les personnages ont fait d'énormes progrès ; nouveaux personnages ? Outre Yolanda (qui reprend le personnage de Cherry, et s'engage progressivement dans une romance avec Arthie), Cherry revient sous les traits d'une sorcière vaudoue, et les deux "vieilles" se réincarnent en punk-rockeuses post-apocalyptiques, avec tout ce que ça amène de paillettes, de couleurs, et tout et tout ; succès ? Les filles ont désormais des fans, et elles savourent avec plus ou moins de plaisir leur nouvelle renommée ; et misogynie, puisque #metoo est passé par là, et que Ruth est rapidement confrontée à la promotion canapé organisée par le président de la chaîne.

À tout cela, on peut ajouter encore une bonne dose de romance (Ruth/un caméraman), de rapprochements familiaux assez touchants (Sam et sa fille Justine), de drame (Bash qui apprend la mort de Florian, n'assume clairement pas son homosexualité, et se précipite dans les bras de Rhonda), de personnages secondaires bien développés (je pense notamment à Tammé/Awesome Kong, qui a droit à son moment de gloire, avec un épisode en grande partie consacré à ses rapports avec son fils, et à la manière dont elle n'assume pas vraiment son métier de catcheuse), de catch (forcément, tout mariage se doit de se conclure en battle royale) et de gros moments de rigolade (tout l'épisode 08 n'est qu'un épisode de GLOW tel que "filmé" et "diffusé" dans les années 80, et c'est hilarant de bout en bout).

Il y a donc de tout dans cette seconde saison de GLOW, et l'on en vient à regretter qu'elle ne dure que 10 épisodes : alors que la majorité des séries de Netflix se perd dans d'interminables saisons de plus de 13 heures, délayant leurs intrigues jusqu'à les rendre insipides, ici, 10x30 minutes, c'est bien trop court, et l'on aurait bien voulu trois épisodes supplémentaires, pour encore plus en profiter.

Une chose est sûre, la saison 3 de GLOW n'aura pas grand chose en commun avec les deux précédentes, puisque les catcheuses vont désormais se produire non plus devant les caméras de Sam, mais sur scène, à Vegas... Gros changement d'ambiance en perspective !

 

Retrouvez aussi sur ce blog la critique de la saison 1 de GLOW en cliquant ici !

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Blog Update ! - Juillet 2018 (seconde quinzaine) & Mois Français (première partie)

Publié le 31 Juillet 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Les bilans de Lurdo, Update, France, Télévision

Le mois consacré à la comédie française bat son plein sur le blog des Téléphages Anonymes, malgré la chaleur écrasante qui écrase l'Hexagone...

MOIS FRANÇAIS - première partie :

#757 : Fatal (2010) & Coursier (2010) 4.25/6 & 3.5/6

#758 : Vive la France (2013) & Tout Schuss (2015) 2/6 & 1.75/6

#759 : Comme un Chef (2012) & Les Têtes de l'Emploi (2016) 3/6 & 1.75/6

#760 : Eyjafjallojökull (2013) & Raid Dingue (2016) 3/6 & 1.5/6

#761 : Halal, Police d'État (2010) & Beur sur la Ville (2011) 3.25/6 & 3.25/6

#762 : Un Ticket pour l'Espace (2005) & RTT (2009) 3/6 & 2.25/6

#763 : Les Kaïra (2012) & Pattaya (2016) 3.5/6 & 3.5/6

#764 : Robin des Bois : la véritable Histoire (2015) & Les Nouvelles Aventures de Cendrillon (2017) 1.25/6 & 1.5/6

#765 : Bis (2015) & Les Visiteurs 3 - La Révolution (2016) 3.25/6 & 0.25/6

#766 : Un Homme à la Hauteur (2016) & Brice 3 (2016) 2.5/6 & 3/6

#767 : BELGIQUE - Les Barons (2009), Il était une fois, une fois (2012) & Good Luck Algeria (2015) 3.25/6, 3/6 & 3.25/6

#768 : Case Départ (2011) & Le Crocodile du Botswanga (2014) 3/6 & 4/6

#769 : Fastlife (2014) & Coexister (2017) 2/6 & 3/6

#770 : Il Reste du Jambon ? (2010) & De l'Huile sur le Feu (2011) 3.5/6 & 3/6

#771 : Mohamed Dubois (2013) & Problemos (2017) 2.5/6 & 4/6

#772 : OSS 117 : Rio ne répond plus (2009) & Les Aventures de Philibert, Capitaine Puceau (2011) 4.5/6 & 2.75/6

#773 : L'École pour Tous (2006) & Débarquement Immédiat ! (2016) 2.5/6 & 2.5/6

#774 : Le Mac (2010) & À Fond (2016) 3/6 & 3.5/6

#775 : Hibou (2016) & Si j'étais un homme (2017) 2.5/6 & 2.25/6

#776 : Astérix et Obélix : Au service de Sa Majesté (2012) & Pop Redemption (2013) 2/6 & 3.5/6

#777 : Babysitting 1 (2014) & Babysitting 2 (2015) 2/6 & 2.5/6

#778 : L'Oncle Charles (2012) & Le Grand Partage (2015) 2/6 & 1.5/6

#779 : Safari (2009) & On a marché sur Bangkok (2014) 3.5/6 & 2/6

#780 : Paris à Tout Prix (2013) & Mes Trésors (2017) 2.75/6 & 2/6

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# Grand écran :

La première chose qui me frappe vraiment, en voyant cette liste de films comiques français, c'est l'improbable médiocrité de ce genre cinématographique : les films s'élevant au dessus du 3.5/6 (qui, je le rappelle, signifie pour moi que le film est regardable, mais franchement moyen, et avec presque autant de défauts que de qualités) sont rarissimes, et lorsqu'ils y parviennent, c'est grâce à la personnalité de leurs interprètes et/ou de celui qui a écrit/réalisé le métrage.

La comédie française semble vraiment être un genre gangréné par le copinage, et par le casting de personnalités à la mode en lieu et place de véritables acteurs comiques éprouvés, souvent relégués à des seconds rôles. Des personnalités choisies avant même que le script ne soit écrit, et autour duquel on brode un peu, avec des idées dérivatives et répétitives qui échouent à convaincre, faute de prises de risques et de choix non-consensuels, pas assez commerciaux.

Et même lorsque les films en question échappent un peu aux clichés de la comédie "à la française", et qu'ils sont plus originaux, ethniques ou décalés, ils restent profondément inégaux et bourrés de problèmes d'écriture, de rythme ou d'interprétation.

Plus ce mois français progresse, plus je me dis qu'il existe un véritable problème de contrôle qualité au sein du monde du cinéma français, et ce dès la mise en chantier et l'écriture des projets, quels qu'ils soient (bon nombre des scénarios tournés de cette liste auraient mérité au moins une réécriture ou deux pour élaguer tout ce qui n'y fonctionnait pas...)

Mais peut-être que les deux prochaines semaines vont me faire changer d'avis à ce sujet...

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- Film de la quinzaine :

Pas de grande surprise, en ce qui me concerne, pour Fatal (que je connaissais et que j'appréciais déjà, et qui reste une parodie certes dérivative, mais très aboutie et délirante, du monde de la musique) et pour OSS 117 : Rio ne répond plus, à la hauteur du premier métrage.

Découvertes agréables, cependant, pour Le Crocodile du Botswanga (que je préfère au reste des autres films du duo/trio Éboué, N'Gijol et Steketee), et pour Problemos, avec Éric Judor, une satire très pertinente et mordante d'un certain milieu, et de notre société dans son ensemble.

- Flop de la quinzaine :

Aucune surprise : les Visiteurs 3 est une daube improbable, et le chant du cygne de personnages, d'acteurs et d'un réalisateur en bout de course.

Autre ratage, Raid Dingue, dans lequel Dany Boon semble persuadé d'avoir trouvé la nouvelle star féminine du monde de la comédie française, mais ne parvient qu'à la rendre instantanément antipathique et en surjeu constant.

Et, plus anecdotique, Babysitting, présenté à sa sortie comme le renouveau de la comédie française, mais qui n'a pour lui que son énergie, tant tout le reste est dérivatif, inégal et téléphoné.

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# Petit écran :

Trois séries seulement au programme : les trois premières saisons de Bajillion Dollar Propertie$, une parodie amusante de la télé réalité immobilière, la saison 2 de Luke Cage, toujours aussi inégale et parsemée de défauts, et la première saison de Brockmire, une comédie de la chaîne IFC qui m'a laissé assez indifférent.

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# À venir :

Le mois de la comédie française continue chez les Téléphages Anonymes, et ce jusqu'au 19 août, avec notamment les derniers films de la "Bande à Fifi", plusieurs séries d'adaptation (Boule & Bill, Ducobu, Benoit Brisefer, Les Profs, Le Petit Spirou, Le Petit Nicolas), et quelques autres gros succès populaires récents...

Et au niveau séries, la saison 2 de GLOW, une sitcom déjantée (Hit The Road), et le rattrapage de l'ultime saison de Dexter...

 

Et comme toujours, vous pouvez retrouver la liste complète de tous les films passés en revue sur ce blog dans le menu Index de haut de page, ou en cliquant directement sur ce lien....

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