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LES TÉLÉPHAGES ANONYMES

Il était une fois Lurdo & Sygbab, deux internautes passionnés de séries tv et de cinéma, et qui cherchaient un endroit où archiver leurs avis (semi) éclairés...

Articles avec #television catégorie

Un film, un jour (ou presque) #1210 : What We Left Behind - Looking Back at Star Trek : Deep Space Nine (2018)

Publié le 20 Mai 2020 par Lurdo dans Cinéma, Critiques éclair, Documentaire, Review, Romance, Science-Fiction, Télévision, USA, Action, Histoire, Star Trek

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus. ​​

What We Left Behind - Looking Back at Star Trek Deep Space Nine (2018) :

Un documentaire rétrospective revenant sur la meilleure série Star Trek de l'histoire de la franchise, Star Trek : Deep Space Nine, partiellement crowdfundé et chapeauté par Ira Steven Behr, l'un des scénaristes/showrunners de l'époque. Deux heures de retrouvailles, d'émotion, de bonne humeur, de lecture des lettres des fans enragés de l'époque, pour une série toujours controversée au possible pour son côté sombre, sérieux, politique, engagé, statique et paradoxalement précurseur de ce qu'est la télévision d'aujourd'hui.

Une série qui était un peu le vilain petit canard de la franchise, jamais respectée, jamais mise en avant, et qui a profité de ce statut d'outsider pour tenter des choses, pour aller là où nulle autre série Trek n'est allée, et pour développer des personnages tous attachants, dont les interprètes forment toujours, à ce jour, une grande famille soudée et très proche.

Un documentaire qui, en parallèle de ses segments consacrés aux différents aspects de la production - casting, décors, maquillages, réalisation, lumière, écriture, effets spéciaux, etc - se permet des fantaisies très agréables, comme des chansons façon lounge de Max Grodenchik et de quelques autres acteurs, et bien entendu, cette salle des scénaristes qui se réunit pour définir les grandes lignes d'une hypothétique saison 8 de la série, en commençant par son season premiere, 20 ans après, qui aurait tout chamboulé. Un travail illustré en images de storyboards, et qui donne vraiment envie que CBS ouvre son porte-monnaie pour réunir tout ce beau monde, et produire un téléfilm-réunion, ou une mini-série DS9.

Peu probable, déjà que la chaîne et Paramount refusent de remasteriser le show en HD pour une éventuelle sortie blu-ray... mais bon. 

Mais bon, peu importe. What we left behind est un documentaire rétrospective (presque) complet, passionnant, ludique, voire même touchant, et qui n'a pas peur de souligner les défauts de la série, comme lorsque Ira Steven Behr explique que la série aurait pu (et aurait dû faire mieux) sur le front des causes LGBTQ.

Et puis difficile de ne pas ressentir une pointe d'émotion en voyant le documentaire se terminer sur feu René Auberjonois, qui conclut en disant, en substance, que grâce à Odo, il aura au moins un rôle dramatique dont il puisse vraiment être fier à inscrire sur sa tombe.

5/6

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Et comme toujours, vous pouvez retrouver la liste complète de tous les films passés en revue sur ce blog dans le menu Index de haut de page, ou en cliquant directement sur ce lien (000-1000) et sur celui-ci (1001-2000)...

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Les bilans de Sygbab : Supernatural, saison 10 (2014)

Publié le 17 Mai 2020 par Sygbab dans Action, Aventure, Critiques éclair, Comédie, Drame, Fantastique, Horreur, Les bilans de Sygbab, Review, Télévision, Thriller, Supernatural, CW, USA

Après près de deux ans et demi d'absence sur ce blog, Sygbab revient en force à l'occasion de la conclusion de la série Supernatural : une épopée de 15 saisons qu'il va passer en revue à raison d'un bilan par semaine...

Supernatural, saison 10 (2014) :

Devenu un démon, Dean passe désormais tout son temps avec Crowley. Mais Sam est bien décidé à sauver son frère, et pour cela, il va devoir le retrouver, et réussir à le capturer..

La série a toujours été proche de son public - parfois trop - et c'est en grande partie ce qui explique sa longévité. Les scénaristes savent en effet (ab)user du fan-service, et n'hésitent pas à donner vie à ceux qui suivent religieusement leur show ; l'idée avait été introduite dans le 5.09 The Real Ghostbusters, qui faisait lui-même écho au 4.18 The Monster at the End of This Book, dans lequel il était question de la saga littéraire de Chuck - apparaissant pour la première fois à cette occasion - racontant les aventures des Winchester.

C'est sur cette sous-intrigue que se base le 200ème épisode - une marque rarement atteinte dans le paysage audiovisuel américain et qui force le respect, indépendamment de la qualité intrinsèque de l’œuvre - puisque les deux frères doivent réaliser une enquête en milieu scolaire, où des jeunes femmes ont décidé de monter une pièce de théâtre orientée comédie musicale pour évoquer la dramaturgie inhérente à leur vie de chasseurs.

L'idée n'est pas complètement stupide et l'interprétation chorale de Carry on my wayward son est plutôt réussie, mais malheureusement l'ensemble se perd vite en clins d’œil appuyés, notamment par rapport aux fantasmes yaoi incestueux d'une frange de la population féminine regardant le show.

Si ce n'était pas déjà assez embarrassant, un discours méta vient s'y ajouter : en réponse à la réaction des fans qui se gaussent en disant que tous les rebondissements de l'intrigue sont mauvais, on a le droit à une leçon de morale à la limite de la condescendance qui nous explique par le menu que les gens qui travaillent sur la série sont payés (ce qui fait que leur travail est forcément plus intéressant), et que Supernatural possède tous les atouts d'une grande série avec une mythologie solide, des personnages forts et des émotions.

D'un concept qui aurait pu s'avérer sympathique, l'épisode se transforme en semi mea culpa maladroit doublé d'un plaidoyer pompeux.

La copie est à revoir, d'autant qu'il y a de quoi se poser des questions sur le fil rouge de la saison. Exit les Anges et les démons pour se recentrer sur la marque de Cain que porte Dean, qui le rend méchant et qui peut causer sa perte. Cela occasionne une nouvelle volte-face de Sam, qui veut à tout prix sauver son frère sans se préoccuper des conséquences, à tel point que leur propos sur la nécessité de tuer les monstres leur confère une hypocrisie insupportable puisqu'ils n'appliquent pas cette règle lorsqu'il s'agit d'eux.

C’est quasiment le seul enjeu, et comme à chaque fois, sa résolution est une affaire de deux ex machina et de rétro-continuité : entre Charlie qui trouve le Livre des Damnés comme par magie suite à son retour du Pays d'Oz (le rôle qu'elle y a joué en éliminant le Sorcier d'Oz est tout de même très peu crédible) et la révélation de la Mort à propos de la marque qui sert à la fois de sceau et de clé pour enfermer une entité antérieure au Monde (ce qui dédouane Lucifer, qui a été corrompu parce qu'il en a été le premier porteur), il n'y a pas de quoi pavoiser.

Ce recours systématique à des subterfuges est la preuve la plus évidente d'un manque criant de structure narrative. Il n'y a aucune gestion du climax, le final n'est qu'un enchaînement d'évènements dont on connaît l'issue à l'avance.

Comment imaginer un seul instant que Sam va réussir à tuer Crowley, par exemple ? Déjà que le personnage - et l'acteur - a du mal à croire les sottises qu'il débite à longueur de temps... Que dire de la mort de Charlie, tuée hors champ ? Ou de son meurtrier, qui fait partie de la descendance de la famille Frankenstein, introduite uniquement pour la référence et pour servir de vague menace artificielle, mais surtout de chair à canon ?

En faisant preuve d'indulgence, il faut reconnaître qu'il y a un semblant de tentative pour revenir à l'essentiel, à savoir le thème familial. Dans cette optique, Castiel se sent responsable du sort de Claire, puisqu'il se sert depuis trop longtemps du corps de Jimmy Novak et que ce dernier ne reviendra jamais. Les moments où le personnage se reconnecte à son humanité sont toujours appréciables et le rendent plus consistant, mais c'est malheureusement bien trop rare puisque les scénaristes ne savent jamais quelle position adopter le concernant.

En revanche, la gestion de Crowley est assez catastrophique : pour bien surligner sa perte progressive d'autorité, on souhaite la bienvenue à Rowena la sorcière. Ça pourrait être drôle de voir le roi de l'Enfer sans cesse rabroué par sa mère, si ce n'était pas traité à moitié sérieusement, et surtout si l'actrice n'était pas aussi exaspérante. Et puis, bien sûr, il y a la petite apparition de Bobby, qui fait forcément plaisir même si la manière dont il revient est moyenne.

Ce "retour aux sources" se traduit aussi par quelques épisodes classiques avec des fantômes (mais sans beaucoup d'idées pour se renouveler), et par de timides explorations dans le monde des Men of Letters, alors qu'en se creusant un peu la tête, il y avait là matière à développer de nombreuses histoires, et une évocation des conséquences que pouvait avoir la vie menée par les deux frères.

À ce titre, la quête de vengeance de Cole en début de saison n'était pas dénuée d'intérêt, surtout en ayant en tête la scène où Dean tue Amy sous les yeux de son fils dans le 7.03 The Girl Next Door.

Reste que dans l'ensemble, elle n'est pas terrible, cette fan fiction !

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Les bilans de Lurdo : Perdus dans l'Espace, saison 2 - première partie (2020)

Publié le 16 Mai 2020 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Télévision, Les bilans de Lurdo, Science-Fiction, Aventure, Jeunesse, Drame, Netflix, Lost In Space

Seconde saison de cette série de science-fiction made in Netflix, une seconde saison qui arrive après une première année polarisante.

D'un côté, on a en effet une partie du public totalement conquise par le programme, un programme qui met en avant la résolution de problèmes par la science et l'intellect et l'unité familiale, sans sexe ni violence (des raisons qui font que les mères de famille américaines adorent le show), particulièrement dynamique et idéal pour occuper les plus jeunes ; et de l'autre, il y a des personnes qui, comme moi, remarquent que la série n'est qu'un empilement de péripéties improbables, de rebondissements incessants, et de décisions idiotes des personnages, qui ne fonctionnent que si l'on débranche son cerveau, et si l'on se laisse porter par le rythme soutenu du programme.

Choisis ton camp, camarade, en espérant que cette saison 2 saura se dégager de cette écriture creuse et superficielle...

Lost in Space, saison 2 - première partie (2020) :

2x01 - Shipwrecked : Après 7 mois échoués sur une planète océanique hostile, la famille Robinson décide de profiter d'un orage électrique pour recharger les batteries du Jupiter et enfin décoller. Mais pour y parvenir, il faut transformer le vaisseau en voilier, et demander l'aide du Dr. Smith...

Revoilà les scénaristes/showrunners de la série aux commandes, et revoilà un épisode bâclé, qui concentre en moins de 50 minutes, tout compris, l'équivalent d'une demi-saison d'une série traditionnelle, ou d'un long-métrage de plus de 2h : en 50 minutes, donc, la famille fête Noël, Will apprend à conduire, le Dr. Smith manipule tout le monde, les Robinson transforment le Jupiter en catamaran, ils traversent l'océan, ils échappent à une mousson, ils s'échouent, ils se dégagent, ils repartent, ils découvrent une chute d'eau artificielle...

C'est bien simple, l'épisode ressemble à un gros montage de 45 minutes, effectué à partir d'un épisode de 90 minutes, avec tout ce que ça implique de raccourcis, d'ellipses et autres approximations. Pas le temps de souffler et pas le temps de réfléchir... comme d'habitude, en somme.

2x02 - Precipice : Le Jupiter est échoué au bord d'une faille artificielle dans l'océan. Seul moyen de l'en sortir : déployer un cerf-volant pour attirer la foudre, et redémarrer les moteurs. Mais les algues empoisonnées qui peuplent l'océan entourent déjà l'appareil, tandis que Maureen et sa fille Penny sont précipitées dans la fosse marine...

Moins de 36 minutes, générique exclu, pour un épisode qui donne un peu l'impression de n'être que la seconde partie du season premiere, ou plutôt, la suite d'un premiere de 90 minutes, artificiellement amputé de ce 2x02 pour remplir un quota de 10 épisodes saisonniers.

Et pourtant, il y a eu changement de scénariste, entre les deux ; d'ailleurs, pour être franc, cela se perçoit un peu, puisqu'entre deux péripéties toujours aussi improbables et mal pensées (les Robinson passent leur temps à s'inquiéter de l'intégrité physique de leurs combinaisons, car l'atmosphère et l'océan de la planète sont toxiques et corrosifs - Don se fait "mordre" par les algues au travers de sa combinaison... mais à aucun moment les personnages n'ont le réflexe de se dire que la combinaison en question est désormais percée, et que Don a été exposé aux éléments), entre deux coïncidences bien pratiques (la tranchée océanique a été créée par les créateurs du robot... forcément), entre deux manipulations transparentes du Dr. Smith, les personnages existent un peu, et ont droit à un minimum de développement.

Ce n'est pas grand chose, mais c'est toujours ça de pris, et ça renforce le fait que le capital-sympathie de cette distribution est l'un des rares points forts de la série. Ça, et la qualité des effets spéciaux.

2x03 - Echoes : Lorsque le Jupiter rejoint le Resolute, les Robinson le trouvent déserté, et hanté par une créature menaçante qui rampe dans les ténèbres...

Un épisode plus lent, qui lorgne délibérément sur Aliens, entre la découverte de la base coloniale abandonnée, la créature qui rampe dans les ténèbres, la fillette "orpheline" survivant seule en se cachant dans les conduits d'aération, etc.

En soi, ce n'est pas désagréable à suivre, et c'est préférable aux rebondissements creux et incessants des deux premiers épisodes, mais l'hommage à Aliens (pour ne pas dire le repompage de)est très voyant (trop ?), et certains éléments amenés dans le récit le sont à nouveau de manière superficielle, sans vraiment réfléchir au tout (le cheval, qui apparemment survit seul sur le Resolute sans se nourrir depuis des mois, et est capable de passer par toutes les portes de sécurité verrouillées par l'alarme déclenchée par Smith...).

(par contre, tout le développement du Dr. Smith à base de flashbacks sur son enfance, et de caméo de Selma Blair, bon gros bof)

2x04 - Scarecrow : Désormais réunis avec l'équipage du Resolute, les Robinson s'intègrent à la colonie des rescapés, et vaquent à leurs nouvelles tâches quotidiennes. Will, lui, décide de tenter de communiquer avec Scarecrow, le robot détenu par l'équipage du Resolute, et à l'origine de la technologie de ce dernier...

À nouveau un épisode plus lent, qui rappelle un peu le côté Terra Nova de la première saison, avec des personnages qui se séparent et évoluent tous de leur côté, par le biais d'interactions avec des personnages secondaires plus ou moins intéressants.

Ce qui convainc le plus, dans cet épisode, c'est Will et le robot, et tout ce qui entoure l'Étoile de Noël et ce qu'elle contenait. Le reste, c'est déjà plus anecdotique, entre John qui descend dans un puits, Don qui répare un véhicule, Judy qui se sent sous-estimée en tant que médecin... heureusement, le tout se cristallise autour d'une histoire de spore corrosive (forcément) dangereuse, qui redonne un petit coup de fouet à la trame narrative, vers la fin de l'épisode.

2x05 - Run : Pour sauver son père, blessé au fond de son puits, Judy n'a d'autre choix que de traverser à pied une zone hostile de plus de 25 kilomètres. Sur le Resolute, Penny et Vijay tentent de trouver des preuves des crimes du Docteur Smith...

Suite directe de l'épisode précédent et de ses événements, ce Run est assez agréable à suivre, car essentiellement structuré autour de Judy et de son père, une relation mise ici à l’épreuve par l'accident de John, et par l'impuissance de sa fille, coincée à 30 kilomètres de là.

Une intrigue principale pas forcément totalement crédible (Judy est clairement une athlète de niveau olympique, pour parvenir à faire 25 kilomètres en courant, en deux ou trois heures à peine, sans être trop essoufflée) mais joliment mise en valeur à l'aide de flashbacks retraçant l'évolution de la relation père/fille adoptive du duo, depuis la plus tendre enfance de Judy. Alors certes, il n'y a jamais vraiment aucun doute sur la survie de John, et le passage par la case vélociraptor extraterrestre est un peu forcé, mais dans l'ensemble, ça fonctionne plutôt, car ça joue sur l'émotion de personnages attachants.

On ne peut cependant pas en dire autant de la sous-intrigue de Penny, qui nous rejoue Star Wars dans son compacteur d'ordures, et qui est baignée dans un shipping adolescent totalement inintéressant - ajoutez à cela un Docteur Smith qui balade tout le monde sans effort, et ça ne fonctionne pas vraiment.

Mais le reste était sympathique (principalement grâce à la distribution).

 

Suite et fin la semaine prochaine...

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Un film, un jour (ou presque) #1205 : We Believe in Dinosaurs (2019)

Publié le 13 Mai 2020 par Lurdo dans Cinéma, Critiques éclair, Documentaire, Religion, Review, USA, Télévision, PBS

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

We Believe in Dinosaurs (2019) :

Un documentaire PBS particulièrement frustrant et énervant sur la polémique ayant entouré, dans le Kentucky, la création d'un parc d'attractions centré sur une Arche de Noé grandeur nature, et visant à accompagner le Musée du Créationnisme de Ken Ham.

Particulièrement frustrant, car il montre bien à quel point la connerie (et je pèse mes mots) de certains illuminés peut avoir un impact direct sur la société américaine, comme le démontre la présidence Trump, et son vice-président Mike Pence (fondamentaliste chrétien ne croyant pas en l'évolution, et tutti quanti).

Ici, ce musée parfaitement ridicule n'a pour seul but que d'embrouiller les esprits des personnes les plus naïves, et ce avec l'accord des institutions locales : forcément, aux USA, où l'argent est roi, la simple promesse d'un afflux potentiel de touristes dans la ville moribonde sur le terrain de laquelle l'Arche est installée (gratuitement) a suffi pour que la région, la municipalité et les habitants du secteur accueillent le projet les bras grands ouverts, le subventionnent, et l'exemptent d'impôts.

Résultat : comme le montre le documentaire, qui fait un avant/après, la ville n'a pas bénéficié un seul instant de la présence du parc, elle est de plus en plus moribonde, tandis que les finances personnelles de Ham et les caisses d'Answers in Genesis, le site web créationniste qu'il gère, se remplissent encore et encore, elles.

Et quelque part, si ce n'était pour le parcours d'un ex-créationniste ayant viré sa cuti (ce qui donne un peu d'espoir en l'humanité), on aurait presque envie de devenir un peu plus misanthrope en face de tant de bêtise humaine et d'ignorance délibérée. La tolérance religieuse a ses limites, et il est difficile de rester de marbre et compréhensif devant un tel étalage de bêtise creuse, de crédulité, et de cynisme manipulateur, dans cet état profondément rural, religieux et républicain, et forcément pro-Trump.

Ce documentaire m'a donc énervé, un peu comme Jesus Camp en son temps. D'autant que le groupe d'athées locaux que le documentaire suit brièvement n'est guère plus compétent et convaincant, ce qui rajoute encore une bonne dose d'agacement au spectateur, surtout si ce dernier n'est pas un fanatique convaincu de la suprématie chrétienne sur le reste du monde...

4.5/6

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Et comme toujours, vous pouvez retrouver la liste complète de tous les films passés en revue sur ce blog dans le menu Index de haut de page, ou en cliquant directement sur ce lien (000-1000) et sur celui-ci (1001-2000)...

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Les bilans de Sygbab : Supernatural, saison 9 (2013)

Publié le 10 Mai 2020 par Sygbab dans Action, Aventure, Critiques éclair, Comédie, Drame, Fantastique, Horreur, Les bilans de Sygbab, Review, Télévision, Thriller, Supernatural, CW, USA

Après près de deux ans et demi d'absence sur ce blog, Sygbab revient en force à l'occasion de la conclusion de la série Supernatural : une épopée de 15 saisons qu'il va passer en revue à raison d'un bilan par semaine...

Supernatural, saison 9 (2013) :

Exilés du Paradis par Métatron (Curtis Armstrong), les anges veulent désormais se venger de Dean, Sam, Castiel et Kevin. Et pour ne rien arranger, l'Enfer est en tourmente, puisque la plupart des démons se sont rangés derrière Abbadon (Alaina Huffman) pour tenter de détrôner Crowley (Mark A. Sheppard)...

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"If I didn't know any better, I'd say you're stalling."

Cette réplique de Crowley au détour d'un dialogue avec Dean - son nouveau meilleur ami - est assez caractéristique de la série en général et de cette saison en particulier, à ceci près que les scénaristes ne s'en cachent plus : les personnages deviennent de plus en plus fréquemment un moyen de s'adresser aux spectateurs pour se moquer de certains éléments de la série, sans toutefois avoir la volonté d'y changer quoi que ce soit.

Les exemples sont nombreux, mais on peut surtout en retenir deux : en fin de saison, Sam explique à son frère qu'ils trouveront de toute façon un prétexte pour se fâcher après une énième réconciliation, et dans le 9.16 Blade Runners, Cuthbert Sinclair - ancien membre des Men of Letters - remarque qu'il est dommage que les Winchester n'exploitent pas tout le potentiel du bunker qui leur sert de nouveau QG. Il faut bien avouer que le fait que ce soit une source d'informations et une collection d'artefacts d'une richesse incroyable n'est pas vraiment mis en avant.

On peut le déplorer car c'est une mythologie qui pourrait être intéressante à explorer mais malheureusement, la série est un méli-mélo d'idées éparpillées façon puzzle, sans réelle ligne directrice. Cela concerne à la fois les concepts des épisodes (le 9.20 Bloodlines en est la meilleure représentation tant ce backdoor pilot qui est une vilaine resucée de Kindred : The Embraced est hors-sujet), l'intrigue générale et le traitement des personnages.

En première ligne se trouvent évidemment les incohérences chroniques de l'état d'esprit des deux frères, perpétuellement bloqués dans une sorte de groundhog day sentimental. Ce gimmick qui comble certainement les fans est assez fascinant car il empêche toute évolution des protagonistes principaux, ce qui devrait être en temps normal rédhibitoire pour n'importe quelle série.

Cela a également un impact sur les personnages secondaires, dont la gestion est très discutable : Charlie part avec Dorothy au Pays d'Oz (les mondes parallèles font donc leur apparition aux côtés des dieux de toutes les mythologies existantes et des voyages dans le temps, entre autres), Garth devient un loup-garou (ça aurait été trop compliqué de rester sur l'idée qu'il pouvait être un nouveau Bobby décontracté), le shériff Jodie Mills a besoin de la religion pour trouver du sens à sa vie (totalement logique avec tout ce qu'elle sait sur ce qui se trame réellement dans le monde...), Kevin se fait tuer sans avoir été autre chose qu'un traducteur mais revient en fantôme...

Sans oublier le retour des Ghostfacers, dans une tentative de comparaison avec la relation des Winchester tellement appuyée qu'il est difficile de déterminer s'il faut être affligé par un angle sérieux à côté de la plaque ou être embarrassé par une mauvaise parodie assez malvenue. Mais comme il n'y a jamais rien de définitif dans Supernatural (c'est l'avantage de ne pas s'embarrasser à créer des règles, les seules qui existent étant d'ailleurs bafouées de temps à autre), cette multiplication des sous-intrigues donnera à coup sûr l'occasion de les revoir (pas forcément pour le meilleur).

C'est bien pratique d'avoir des portes de sortie pour meubler, surtout quand on n'a pas grand-chose à raconter. C'est le cas pour le fil rouge de la saison : les luttes de pouvoir entre les anges et les démons ne sont pas des plus passionnantes à suivre. Dans le premier cas, l'affrontement entre les différentes factions menées par Malachi, Bartholomew et Métatron puis Castiel entraîne tellement de changements d'alliance que ça décrédibilise l'ensemble.

Et surtout, Castiel se retrouve de nouveau dans une position de leader - qu'il ne voulait pas cette fois - alors qu'il commençait enfin à devenir intéressant en appréhendant petit à petit les souffrances liées à sa condition d'humain. C'est déjà plus lisible entre Abaddon et Crowley : leurs personnalités diamétralement opposées correspondent à leur vision de ce que devrait être l'Enfer, de fait les enjeux sont compréhensibles.

Cette place prépondérante que Crowley a prise au fil du temps est à mettre au crédit des scénaristes : sa gouaille est toujours aussi appréciable et il faut avouer que le duo qu'il forme avec Dean est assez savoureux (bien plus que Sam et Castiel, c'est une certitude), même si duplicité n'a aucune limite tant que ses intérêts passent au premier plan. Toutefois, le côté humain qu'il commence à développer depuis que Sam a tenté de le guérir donne de l'épaisseur au personnage et le rend plus ambigu.

C'est en tout cas plus subtil qu'un Dean qui devient berserk parce qu'il détient à la fois la marque de Cain (son ancêtre, faut-il le rappeler) et la Première Lame. L'influence que ces deux artefacts ont sur son comportement n'a été mentionnée qu'à quelques reprises, il aurait été plus judicieux de le montrer prendre lentement ce chemin car cette bascule paraît trop précipitée. C'est dommage car il y a des exemples d'un meilleur traitement, puisque les suspicions de Sam à propos de ses pertes de mémoires sont évoquées régulièrement en début de saison. Par conséquent, quand il apprend qu'il est possédé par Gadreel, il y a un réel impact.

Si l'ambiance est moins sombre que dans la saison précédente, il n'y a malgré tout pas beaucoup de place pour des épisodes plus légers. Dans cette veine, le 9.05 Dog Dean Afternoon qui voit Dean communiquer avec des chiens et même un pigeon est plutôt amusant, mais ça ne s'approche pas d'un épisode délirant signé Edlund, ce dernier ayant d'ailleurs quitté le navire.

De là à penser qu'il y a un lien de cause à effet... Il faudrait pourtant essayer de revenir à quelque chose de ponctuellement plus léger, pour se soulager d'une histoire globale parfois trop sérieuse.

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Les bilans de Lurdo : Good Omens, saison 1 (2019)

Publié le 9 Mai 2020 par Lurdo dans Aventure, Comédie, Critiques éclair, Fantastique, Les bilans de Lurdo, Religion, Review, Science-Fiction, Télévision, UK, Amazon

Adaptation en 6 épisodes de 55-60 minutes du roman De Bons Présages de Terry Pratchett et de Neil Gaiman, produite et chapeautée par Neil Gaiman lui-même pour la BBC et Amazon Studios, Good Omens était attendue avec une certaine impatience par les amateurs d'un certain style d'humour décalé, et de ces auteurs réputés. Un peu moins d'un an après sa diffusion sur Amazon, fin mai 2019, passage en revue d'un programme vraiment très british...

Good Omens, saison 1 (2019) :

Depuis l'aube des temps, Crowley (David Tennant), un démon, et Aziraphale (Michael Sheen), un ange, veillent d'un œil bienveillant sur l'humanité, trop attachés aux humains et à leur amitié réciproque pour vraiment se livrer le combat éternel qui oppose le Paradis à l'Enfer. Jusqu'au jour où l'Apocalypse frappe à la porte du monde, lorsque Crawley reçoit la mission de livrer l'Antéchrist à une famille humaine : c'est là le début d'un concours de circonstances improbables qui va voir d'innombrables forces aux intérêts contraires s'opposer, et déboucher sur un conflit que les deux amis immortels vont tout faire pour saboter...

Difficile pour moi de critiquer l'adaptation des Bons Présages de Gaiman et Pratchett, tant ce livre a fait partie de mes jeunes années (avec la trilogie du Concours du Millénaire de Zelazny et Sheckley) et tant j'ai énormément de sympathie pour l'équipe derrière cette adaptation - Gaiman, Tennant, Sheen, David Arnold, la BBC, etc - et pour le format adopté, celui de la mini-série britannique de 6 épisodes d'une heure.

Et pourtant, il faut bien que je l'écrive, cette critique. D'autant qu'il y a des choses à en dire, de cette adaptation.

Une adaptation assez fidèle du roman original (heureusement), drôle et so british, baignée de l'écriture absurde mais structurée de Pratchett, du sens de la fantaisie anarchique de Gaiman, et de la musique de Queen... mais aussi une adaptation un peu brouillonne et bordélique, qui trahit régulièrement le manque d'expérience, en tant que showrunner, de Neil Gaiman.

Être showrunner est en effet un métier à part entière : c'est ainsi que d'excellents scénaristes font des showrunners médiocres, et vice-versa. Il faut savoir maîtriser le rythme global d'une saison, l'avancée de ses arcs narratifs, il faut choisir judicieusement ses acteurs, ménager les susceptibilités de chacun, etc, etc, etc. Et dans le cas d'une adaptation de ce type, il faut savoir jongler entre la fidélité absolue à l’œuvre originale, et un apport original nécessité par le support télévisé.

C'est un peu à ce niveau que le bât blesse. Très fidèle, la série adopte ainsi bon nombre des atours du roman, pour le meilleur et pour le pire, notamment une narration intermittente en voix off (effectuée par "Dieu"), qui intervient ponctuellement, de manière pas totalement utile ou convaincante. À l'identique, le script se permet beaucoup de digressions excentriques assez amusantes, mais à nouveau pas forcément indispensables au récit global, et qui ont tendance à alourdir et embrouiller le tout.

Rien de rédhibitoire, soyons clairs : la série reste très sympathique de bout en bout, et est totalement portée par le charisme, l'alchimie et le talent de David Tennant et de Michael Sheen, parfaits dans les rôles d'Aziraphale et de Crowley.

À un point tel, en fait, que le reste du cast est un bon cran en-dessous, voire deux, et que la mini-série perd nettement en intérêt dès que les deux têtes d'affiche ne sont pas à l'écran : si les occasionnels caméos sont plutôt amusants (Nick Offerman, Jon Hamm, David Morrissey, La League of Gentlemen, Derek Jacobi, la voix de Cumberbatch...), et si Adria Arjona campe une sorcière assez charmante (mais à l'intrigue et à la romance sous-développées), le reste de la distribution ne fait pas forcément grande impression, que ce soit pour des raisons d'interprétation (les enfants sont assez moyens/transparents), de direction artistique (les démons souffrent de visuels un peu cheaps et ternes), de charisme (les cavaliers de l'Apocalypse manquent un peu de présence, tout comme Jack Whitehall, en fait), ou plus simplement d'écriture (tout ce qui tourne autour des Chasseurs de Sorcière, et de la relation entre Michael McKean et Miranda Richardson, ne fonctionne pas aussi bien que cela le devrait).

Et puis, bien sûr, le souci global de structure est assez perceptible, notamment vers la fin : alors que la tension monte progressivement, que l'Apocalypse se rapproche, le tout semble perdre en énergie, à mesure que Gaiman s'éloigne un peu du roman pour improviser et que les limites du budget se font sentir, et la fin du monde finit par être réglée de manière un peu plate en une petite vingtaine de minutes, dans le dernier épisode. Viennent ensuite vingt-cinq autres minutes de "conclusion", avec un échange de visage assez téléphoné, et une fin appropriée... mais un peu faiblarde.

Dans l'ensemble, cependant, cette adaptation de De Bons Présages sait rester toujours sympathique et amusante, à défaut d'être particulièrement maîtrisée. Un petit 4/6 global, en somme, qui aurait probablement bénéficié à prendre un peu plus de distance via à vis de l’œuvre d'origine. Voire même, pour un résultat optimal, peut-être aurait-il mieux valu que Gaiman se limite à un rôle de co-showrunner, accompagné de quelqu'un ayant fait ses preuves à ce poste sur le petit écran britannique (du côté de Doctor Who, par exemple... ou avec l'un des Python).

TL;DR : Assez bien, mais peut mieux faire.

(le générique d'ouverture et la bande originale de David Arnold sont excellents, cela dit)

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Un film, un jour (ou presque) #1201 : Friends of God - A Road Trip With Alexandra Pelosi (2007)

Publié le 7 Mai 2020 par Lurdo dans Cinéma, Critiques éclair, Documentaire, Religion, Review, Télévision, USA, HBO

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Friends of God - A Road Trip With Alexandra Pelosi (2007) :

Documentaire HBO d'une heure écrit, réalisé et narré par la fille de Nancy Pelosi (présidente du Congrès américain), et qui s'intéresse de très près au mouvement évangélique conservateur, à ses mégachurches, et à la place considérable que prenait déjà à l'époque les fondamentalistes chrétiens dans la vie politique.

Une influence qui n'a été qu'en croissant depuis (cf Mike Pence), et qui est ici présentée avec une candeur qui peut rappeller Louis Theroux, dans tous les aspects les plus improbables, depuis la Christian Wrestling Federation jusqu'à un parc d'attraction chrétien de Floride, en passant par un comique-prêcheur qui se sent opprimé (alors qu'en fait, il n'est pas drôle, tout simplement), ou encore par les super-concerts où des hordes d'adolescents lobotomisés viennent entonner la parole divine, renier l'évolution, la science, et maudire tous ceux qui sont gays, pro-avortement ou tout simplement non-pratiquants.

Et puis bien sûr, le côté politique du mouvement, ouvertement rétrograde, homophobe et ultra-conservateur, une institution quasi-fanatique d'autant plus paradoxale que peu de temps après le tournage de ce métrage, l'une des têtes de proue du mouvement a dû révéler son homosexualité...

Pas désagréable à suivre, même s'il n'apprend pas forcément grand chose au spectateur, surtout 13 ans après sa diffusion.

3.75/6

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Un film, un jour (ou presque) #1199 : JOURNÉE STAR WARS - L'Aventure des Ewoks : la Bataille d'Endor (1985)

Publié le 5 Mai 2020 par Lurdo dans Action, Aventure, Cinéma, Comédie, Critiques éclair, Disney, Fantastique, Jeunesse, Review, Science-Fiction, Télévision, USA, Star Wars, ABC

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

L'Aventure des Ewoks - la Bataille d'Endor (Ewoks : Battle for Endor - 1985) :

Alors qu'ils sont sur le point de quitter enfin Endor, leurs réparations achevées, la famille Towani et ses amis Ewoks sont attaqués par des mercenaires menés par Terak (Carel Struycken), un maraudeur voulant mettre la main sur les réserves énergétiques du vaisseau des humains. Désormais orpheline, et seule aux côtés de Wicket, Cindel trouve alors refuge auprès de Noa (Wilford Brimley), un vieil ermite, qui n'a pas vraiment l'air décidé à les aider à libérer tous les autres Ewoks, emprisonnés par Terak...

La Journée Star Wars du 4 mai déborde un peu aujourd'hui, avec ce second téléfilm diffusé sur ABC en 1985 : la Bataille d'Endor.

Suite directe de La Caravane du Courage (l'action se déroule six mois après, il me semble), cette Bataille d'Endor s'inspire à nouveau d'une intrigue de George Lucas pour partir dans une direction moins convaincante, en commençant, à la manière d'un Conan, par la mise à sac du village des Ewoks, et par la mort de toute la famille de l'héroïne.

Ce qui, tout de suite, pose un certain ton assez particulier, et globalement polarisant. On reste ainsi dans de la fantasy assez classique, avec ces pillards maléfiques (chevauchant de gros monstres bipèdes récemment revus dans Le Mandalorien) aidés d'une sorcière (Siân Phillips) capable de se transformer en corbeau , ce vieil ermite ronchon qui prend une petite orpheline sous son aile, le passage "il faut libérer la princesse enfermée dans le donjon", la grande bataille finale, etc.

La continuité est assurée avec le téléfilm précédent, donc, mais quelque chose fait que cette Bataille d'Endor fonctionne moins bien que le précédent métrage : plus statique, cet opus ne se met à véritablement fonctionner que dans son dernier tiers, lorsque le rythme décolle un peu.

La grande bataille finale, notamment, est plutôt efficace, une version à plus petit budget de celle du Retour du Jedi, où les Ewoks tiennent une place plus importante et dynamique. Il faut aussi dire que les Ewoks se sont techniquement améliorés entre les deux métrages : ici, ils possèdent une bouche bien plus mobile, et ça fait une grande différence au niveau du rendu final des personnages (leurs yeux restent malheureusement fixes, ce qui est regrettable).

À l'identique, Teek, le compère de Noa Briqualon, bénéficie d'expressions convaincantes et amusantes, qui complètent sa tête un peu ahurie, et qui se marient bien avec le côté plus slapstick de l'action.

Reste que dans l'ensemble, le film m'a bien moins intéressé que le précédent - cela dit, j'aurais bien aimé avoir d'autres téléfilms centrés sur les Ewoks : par exemple, je ne dirais pas non à une suite se déroulant à l'époque de l'Épisode IX, et qui verrait une Cindel adulte revenir sur la lune d'Endor pour y retrouver Wicket, et tenir la promesse qu'elle lui a faite à la fin de ce téléfilm. Si jamais Disney+ lit ces lignes... ^^

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Un film, un jour (ou presque) #1198 : JOURNÉE STAR WARS - L'Aventure des Ewoks : la Caravane du Courage (1984)

Publié le 4 Mai 2020 par Lurdo dans Action, Aventure, Cinéma, Comédie, Critiques éclair, Disney, Fantastique, Jeunesse, Review, Science-Fiction, Télévision, USA, Star Wars, ABC

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

L'Aventure des Ewoks - la Caravane du Courage (Caravan of Courage : An Ewok Adventure - 1984) :

Lorsque leur vaisseau s'écrase sur une lune d'Endor, la famille Towani doit apprendre à y survivre. Plus facile à dire qu'à faire alors même que les parents (Fionnula Flanagan, Guy Boyd) sont enlevés par un gigantesque Gorax, laissant les deux enfants, Cindel (Aubree Miller) et Mace (Eric Walker), livrés à eux-mêmes. Heureusement, ces derniers finissent par croiser le chemin d'une tribu d'Ewoks, au nombre desquels Wicket (Warwick Davis), qui vont les aider à retrouver à libérer leurs parents...

Nous sommes le 4 mai, journée officielle de la franchise Star Wars, et une bonne occasion pour moi de revenir, aujourd'hui et demain, sur deux téléfilms autrefois considérés comme faisant partie du canon lucasien, et qui, lentement sont réintégrés à l'univers Star Wars de Disney (le Gorax, les fées, etc).

Téléfilm diffusé sur ABC en 1984, à partir d'une histoire de George Lucas, La Caravane du Courage est ainsi un métrage beaucoup plus proche d'un film d'heroic fantasy lambda que d'un Star Wars. À la limite, on pourrait même dire que les deux métrages Ewoks sont une sorte de brouillon pour le Willow de 1988, tant on y retrouve les mêmes composants, le même format "quête héroïque" qui passe d'obstacles en obstacles, le même environnement forestier, les mêmes êtres féériques, etc, etc, etc, avec ici, en prime, une narration en voix off, qui renforce encore le côté conte de fées.

C'est d'ailleurs ce qui rend cette Caravane assez agréable à suivre, malgré des défauts d'interprétation évidents (encore renforcés par un doublage VF assez médiocre) : oui, ses enfants sont assez agaçants (l'adolescent, surtout), oui, ses animaux sont tous des animaux terriens (en même temps, quand on voit les chevauxmouths de l'Épisode IX, ils ne sont guère plus probants...), oui, les Ewoks sont trop figés pour être crédibles en tant que personnages à part entière, oui, le thème musical de Bernstein lorgne fortement sur celui de Star Trek, oui, le tout accuse un peu son âge et on est loin du space-opera de Star Wars, mais il reste un charme certain à la simplicité du tout, à son récit intemporel, à ses effets spéciaux made in ILM, et à ses créatures animées en stop-motion.

Après, c'est loin d'être un chef-d'œuvre, je crois que tout le monde est d'accord sur ce point... mais ça se regarde tout de même tranquillement, et le facteur nostalgie fonctionne totalement sur moi.

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Les bilans de Sygbab : Supernatural, saison 8 (2012)

Publié le 3 Mai 2020 par Sygbab dans Action, Aventure, Critiques éclair, Comédie, Drame, Fantastique, Horreur, Les bilans de Sygbab, Review, Télévision, Thriller, Supernatural, CW, USA

Après près de deux ans et demi d'absence sur ce blog, Sygbab revient en force à l'occasion de la conclusion de la série Supernatural : une épopée de 15 saisons qu'il va passer en revue à raison d'un bilan par semaine...

Supernatural, saison 8 (2012) :

Après s'être échappé du Purgatoire, Dean retrouve son frère Sam et, ensemble, ils s'associent au prophète Kevin pour effectuer une série d'épreuves qui leur permettra, à terme, de refermer pour de bon les portes des Enfers...

Il fallait s'en douter : raconter les tribulations de Dean au Purgatoire ne pouvait pas constituer un fil rouge. Ce serait effectivement une folie que de séparer les deux frères trop longtemps, sachant que cette situation n'a jamais été gérée correctement par le passé, malgré de nombreuses tentatives. Par conséquent, quoi de mieux qu'une ellipse pour éluder cette partie ? Voilà une solution de facilité idéale, surtout quand le procédé a déjà été utilisé à de maintes reprises...

En effet, voir Dean revenir au bout d'un an dans la vie d'un Sam désormais rangé ne peut que rappeler le début de la saison 5, avec toutefois des rôles inversés. Le résultat est le même puisque les Winchester se retrouvent très rapidement ensemble, avec bien entendu des griefs l'un envers l'autre pour respecter le quota de pleurnicheries habituelles.

Ceci étant, les scénaristes essaient pour une fois quelque chose de différent en proposant des flashbacks alternés sur la première partie de saison, afin d'expliquer comment Dean est revenu du Purgatoire, et pourquoi Sam est triste d'avoir quitté une vie paisible qu'il n'a jamais eue auparavant (Jessica doit se retourner dans sa tombe en entendant ça, la pauvre).

Pour ce dernier, sa relation avec Amelia n'apporte franchement rien de plus au personnage, si ce n'est que cette fois elle ne se solde pas par la mort de sa dulcinée. Quant au Purgatoire, il paraît beaucoup moins menaçant qu'il ne pouvait l'être dans le final de la saison précédente. Normalement peuplé de monstres, il paraît ici désert avec des forêts clairsemées, et il ne s'y passe rien d'excitant : il s'agit juste d'un prétexte pour montrer que Castiel veut se repentir et pour créer un solide lien d'amitié entre Dean et... un vampire.

Cette propension à refuser d'exploiter correctement certains concepts est assez exaspérante, surtout au regard du traitement de Benny. Pour cautionner l'idée qu'il a bon fond, lorsqu'il tue, c'est en état de légitime défense, et il se sacrifie pour servir de guide à Sam qui doit transiter par le Purgatoire afin de transférer Bobby de l'Enfer au Paradis. Il s'agit d'un personnage purement fonctionnel, existant en premier lieu pour opposer les deux frères.

Mais ce n'est rien en comparaison de la gestion de Castiel... Cherchant pénitence après sa débâcle en tant que nouveau Dieu, il devient d'abord le pantin de Naomi puis celui de Metatron, avec un petit intermède pendant lequel il essaie d'être un hunter. À force d'être tourné en ridicule - sans qu'il s'agisse de second degré -, le personnage perd toute crédibilité malgré quelques vaines tentatives de rappeler sa puissance devenue toute relative.

Pour autant, le fil rouge tient plutôt bien la route. L'objectif principal reste réalisable, même si la présence de deux tablettes sur lesquelles la parole de Dieu est inscrite pour décrire les épreuves à passer afin de fermer les portes du Paradis et de l'Enfer frôle la limite du ridicule.

Au moins, on revoit Kevin, et Crowley revient sur le devant de la scène. Ses manipulations sont toujours aussi détestables, et il est toujours aussi inflexible dans la torture. Malgré tout, son plan consistant à tuer toutes les personnes sauvées par les Winchester en se basant sur les livres de Chuck est plus que dérivatif...

À côté de cela, les scénaristes posent des fondations pour le futur en incluant de nouveaux éléments et en renouvelant la galerie des personnages. Que ce soient Garth, Krissy et son équipe de chasseurs de vampires ou encore Charlie (même si dans son cas, on lorgne beaucoup du côté du fan-service), il y a de quoi développer de nouvelles interactions avec des personnalités distinctes.

Et même si sa découverte est la conséquence d'un épisode totalement honteux (Henry Winchester revient le temps d'un épisode pour foutre en l'air toute la caractérisation de John), le nouveau QG avec ses faux airs de Batcave a un gros potentiel. De même, la confrérie des Men of Letters et sa remise en question de certains acquis - la guérison des démons, par exemple - est une idée intéressante.

Paradoxalement, même si le tournant plus sombre pris par la série (les tueries sont de plus en plus sanglantes et la méthode préférentielle pour achever les monstres en tous genres est la décapitation, parfois très visuelle) laisse peu de place aux épisodes légers (à part le délire autour des cartoons et l'incursion dans le monde du LARP, il n'y a pas grand-chose à se mettre sous la dent), c'est aussi ce qui rehausse un peu le niveau, rendant le tout honorable dans l'ensemble.

Après le naufrage de la saison précédente, le navire est presque remis à flots.

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Les bilans de Lurdo : Histoires Fantastiques, saison 1 (2020)

Publié le 2 Mai 2020 par Lurdo dans Anthologie, Comédie, Critiques éclair, Drame, Fantastique, Les bilans de Lurdo, Review, Romance, Science-Fiction, Télévision, AppleTV+, Apple

Nouvelle version de l'anthologie Amazing Stories (Histoires Fantastiques - 1985) de Steven Spielberg, ce programme en 5 épisodes d'une heure était initialement chapeauté par Bryan Fuller pour NBC. Quelques divergences créatives (et une nouvelle plate-forme de streaming) plus tard, le projet renaît de ses cendres pour Apple Tv+, sous l'égide des deux showrunners/créateurs de la série Once Upon a Time...

Histoires Fantastiques (Amazing Stories), saison 1 (2020) :

- 1x01 - The Cellar : Alors que Sam (Dylan O'Brien) et son frère Jake (Micah Stock) rénovent une vieille ferme au fin fond de l'Iowa, une tempête propulse Sam en 1919, où il rencontre et s'éprend d'Evelyn Porter (Victoria Pedretti). Mais bien vite, prêt à tout pour la rendre heureuse, il réalise qu'il va devoir prendre une décision des plus radicales...

Un épisode ultra-classique et gentillet, qui peine un peu à convaincre tant il est convenu et balisé. Pourtant, c'est bien interprété, l'illustration musicale est agréable, et visuellement, ça fonctionne, mais tout est tellement balisé et générique que c'est aussitôt vu, aussitôt oublié.

(par contre, il y a un contraste étrange entre le générique ultra-stylisé, froid et visuellement moderne, et sa musique old-school, chaleureuse et aventureuse, signée John Williams pour la série des années 80)

- 1x02 - The Heat : Tuka (Hailey Kilgore) et Sterling (Emyri Crutchfield) sont deux adolescentes à la relation fusionnelle, qui partagent une même passion pour la course à pieds. Jusqu'au jour où Tuka trouve la mort, renversée par une auto : elle se réveille, désincarnée, et tente alors de trouver le chauffard qui l'a tuée, tout en soutenant moralement une Sterling qui ne peut la voir...

Énorme bof, à nouveau, pour ce qui n'est qu'une version street LGBTQ de Ghost, à l'interprétation et à la réalisation inégales, à l'écriture basique, et au grand final ultra-mélodramatique. Pas forcément mauvais, mais encore moins intéressant et original que le précédent.

- 1x03 - Dynoman and the Volt : Vieillard ronchon, Joe Harris (Robert Forster) se blesse au genou, et est contraint de délaisser son travail pour s'installer dans la famille de son fils. Là, il retrouve Dylan (Tyler Crumley), son petit-fils passionné de superhéros, et finit par trouver des points communs avec le garçon lorsqu'une bague magique arrive par le courrier, leur conférant les pouvoirs de Dynoman, le justicier préféré de Joe.

Ah, il y a du mieux. Un récit de rapprochement familial entre un grand-père, son fils et son petit-fils, sur fond de super-pouvoirs redonnant une seconde jeunesse au vieillard : rien de forcément exceptionnel ni de totalement original, mais au moins ça a bon fond, on ne s'ennuie pas, et c'est (forcément) bien interprété, que ce soit au niveau de Crumley, de Kyle Bornheimer, et bien sûr de Forster, dont c'était là le dernier tournage avant son décès.

Pas particulièrement mémorable, mais un bon étage au-dessus des précédents, au niveau de l'intérêt.

- 1x04 - Signs of Life : Lorsque Sara (Michelle Wilson), la mère d'Alia (Sasha Lane), sort d'un coma de six ans après un accident de voiture, quelque chose ne tourne pas rond : Sara ne semble pas être elle-même, et quand elle commence à mentir à sa fille, tout en se rapprochant de Wayne (Josh Holloway), la situation se complique...

Un épisode assez moyen, qui semble tout droit sorti d'Au Delà du Réel (ou d'une version serious business d'un épisode de Fais-moi Peur), et qui ne surprendra pas vraiment le spectateur avisé, avec son histoire *spoilers* d'entités extraterrestres électromagnétiques possédant le corps de comateux pour tenter de retrouver l'un des leurs, et rentrer chez eux au plus vite.

Le vrai souci, c'est que le tout est un mélo familial assez mollasson et jamais surprenant, en plus de mettre fortement l'accent sur les bons sentiments et sur leur apprentissage par la mère extraterrestre : "Sara" finit par se sacrifier pour que l'histoire de Sara et de sa fille ait droit à une happy end, blablabla.

Et ce qui n'aide pas, c'est cette sous-intrigue de trafic de drogues du petit copain d'Alia, un côté street et gritty qui n'apporte pas grand chose au tout. Un peu comme les deux premiers épisodes, ce n'est pas forcément mauvais, mais c'est très insipide.

- 1x05 - The Rift : Lorsqu'un pilote de la Seconde Guerre Mondiale (Austin Stowell) passe au travers d'une faille dimensionnelle et se retrouve de nos jours, dans l'Ohio, une veuve démunie (Kerry Bishé) et son beau-fils (Duncan Joiner) décident de tout faire pour l'aider à retrouver son époque, malgré une agence gouvernementale mystérieuse et son représentant (Edward Burns), qui se fait de plus en plus pressant...

Encore une fois, ce n'est pas mauvais... mais c'est ultra-basique et convenu (en plus de flirter avec des thèmes très similaires au premier épisode de la saison).

Alors oui, c'est très Spielbergien dans l'âme, ça joue beaucoup sur les bons sentiments, et c'est apparemment adapté d'un roman graphique, mais ça ressemble à trouzemille autres récits de type "un être venu d'ailleurs/du futur/du passé débarque dans la vie morne d'une famille dans la tourmente, qui l'aide à repartir chez lui, et se ressoude par la même occasion", avec une dose de romance impossible en prime (Peggy Carter et Steve Rogers vous passent le bonjour), et une musique un peu trop grandiloquente pour son propre bien.

À nouveau, c'est globalement regardable, mais c'est aussi particulièrement quelconque et dérivatif - d'autant que je passe volontairement sous silence les multiples problèmes d'écriture du récit, assez visibles et gênants pour peu qu'on garde son cerveau allumé, entre problèmes de continuité (les vitres du SUV), mélo familial télégraphié (le père militaire décédé, la belle-mère au bout du rouleau, les retrouvailles du militaire avec sa fiancée), personnages un peu agaçants (le gamin précoce à l'interprétation inégale, sa mère à la moue dépressive permanente, le soldat transparent au possible), et grosses ficelles qui sont dures à avaler (la barre de chocolat, les pièces de l'avion, les règles approximatives des failles, etc).

C'est dommage, car le concept du bureau gouvernemental en charge de ces failles avait du potentiel, et aurait pu donner quelque chose de sympathique (voire même être le sujet principal d'une série) si le tout n'était pas à ce point pris au premier degré.

Bilan saisonnier :

Cinq épisodes, c'est bien trop court pour se faire une véritable idée de ce que peut donner cette nouvelle version des Histoires Fantastiques. Mais un peu comme l'originale, qui ne marquait les esprits que très (trop) ponctuellement, en fonction des talents impliqués derrière la caméra, cette nouvelle mouture ne laisse pas la moindre impression, en bien ou en mal.

C'est bien trop générique, bien trop passe-partout, bien trop lisse et carré pour marquer le spectateur, et ça peine donc à susciter ne serait-ce qu'un vague intérêt poli.

Pas forcément surprenant, quand on se souvient qu'Amazing Stories a été l'une des premières séries commandées par Apple, à l'époque où le mot d'ordre était "des programmes les plus familiaux possible, sans sexe, sans violence, et sans trop de thèmes adultes, pour ne pas ternir notre image de marque", et que la série a été confiée aux créateurs de Once Upon a Time, série tout sauf subversive ou audacieuse.

Je ne serais d'ailleurs pas surpris que la première saison ait été raccourcie au dernier moment, pour permettre à la série d'être diffusée le plus vite possible, quitte à reléguer d'autres épisodes, plus travaillés mais pas encore terminés, en saison 2.

Quoiqu'il en soit, pour le moment, Amazing Stories 2020 rejoint la Quatrième Dimension de Jordan Peele (en nettement moins donneur de leçons) et le Creepshow de Nicotero au rang des remakes totalement inutiles d'anthologies nostalgiques. Dommage.

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Blog Update ! - Avril 2020

Publié le 1 Mai 2020 par Lurdo dans Cinéma, Critiques éclair, Télévision, Review, Les bilans de Lurdo, Les bilans de Sygbab, Update

Le confinement continue partout dans le monde et sur le blog des Téléphages Anonymes, ce qui laisse beaucoup (trop) de temps pour regarder des films, des séries, et pour flâner sur le web...

#1175 : Joker (2019) - 3.5/6

#1176 : À Couteaux Tirés (2019) - 3.5/6

#1177 : Avengement (2019) - 4/6

#1178 : Three Christs (2017) - 2/6

#1179 : Bloodshot (2020) - 2.25/6

#1180 : In Search of the Last Action Heroes (2019) - 4/6

#1181 : Coffee & Kareem (2020) - 3/6

#1182 : Ad Astra (2019) - 2.5/6

#1183 : The Show Must Go On - The Queen + Adam Lambert Story (2019) - 4.25/6

#1184 : Buffaloed (2020) - 3.75/6

#1185 : This is Spinal Tap (1984) - 11/6

#1186 : Le Retour de Spinal Tap (1992) - 4/6

#1187 : Rambo - Last Blood (2019) - 3/6

#1188 : Altered Carbon - Resleeved (2020) - 3.5/6

#1189 : Good Boys (2019) - 4.5/6

#1190 : Code 8 (2019) - 3/6

#1191 : Le Paquet (2018) - 2/6

#1192 : Sex and Drugs and Rock and Roll (2010) - 3.25/6

#1193 : The Greatest Showman (2019) - 2.5/6

#1194 : Anvil ! The Story of Anvil (2008) - 4.5/6

#1195 : En Avant (2020) - 4.25/6

#1196 : Timmy Failure - Des erreurs ont été commises (2020) - 4/6

#1197 : The Courier (2019) - 1.5/6

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# Bilan :

Un mois plutôt bon, du point de vue de la qualité globale des films passé en revue sur le blog (et aussi au niveau du nombre de visiteurs, qui a presque doublé - il faut croire que le confinement a aussi un peu de bon !), avec très peu de films désastreux, et un nombre de films méritant le coup d'œil supérieur à la moyenne.

Même certains films que je redoutais - Joker, À Couteaux Tirés, En Avant - s'en sortent avec les honneurs, ou du moins, sans se planter. C'est déjà beaucoup, dans le paysage audiovisuel actuel.

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# Film(s) du mois :

En mettant de côté l’incontournable Spinal Tap et son clone documentaire Anvil !, la palme revient, étonnamment, à une teen comedy vraiment sympathique et bien interprétée, Good Boys. Une excellente surprise, suivie de très près par le dernier Pixar, En Avant.

 

# Flop(s) du mois :

Dans ce mois plutôt bon, les quelques films ratés se remarquent tout de suite : The Courier, un film d'action insipide, le dernier Vin Diesel, Bloodshot (une adaptation de comics desservie par sa technique et son récit), Le Paquet, un teen movie graveleux et énervant, et Three Christs, une comédie dramatique indépendante jamais à la hauteur de son postulat ni de sa distribution.

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# Petit écran :

Ce mois-ci, Sygbab a visionné quatre saisons de Supernatural (4, 5, 6 et 7), avec des résultats plus que mitigés. De mon côté, je suis parti dans l'espace avec le décevant Avenue 5, dans le futur cyberpunk de la seconde saison d'Altered Carbon, un gros cran en deçà de la première ; je me suis aussi plongé dans l'univers des jeux vidéo, avec l'amusant Mythic Quest et son excellent épisode 5 ; et je suis retourné du côté de l'univers DC, avec l'inégale première saison de la série animée Harley Quinn.

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# À venir :

En mai, malgré un début théorique de déconfinement, nous risquons tous bien de continuer sur la lancée actuelle. Sur le blog, l'intégrale Supernatural de Sygbab continue donc, tout comme les rubriques habituelles, avec, pour le petit écran, des Histoires Fantastiques, de Bons Présages, Geralt de Rive, et la famille Robinson dans l'Espace ; niveau grand écran, entre autres,  on célèbrera le 4 mai avec les Ewoks, on découvrira la vie de Tolkien, on suivra Mark Wahlberg à Boston, Batista en super-espion, ou encore Clark Kent en Russie...

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Les bilans de Sygbab : Supernatural, saison 7 (2011)

Publié le 26 Avril 2020 par Sygbab dans Action, Aventure, Critiques éclair, Comédie, Drame, Fantastique, Horreur, Les bilans de Sygbab, Review, Télévision, Thriller, Supernatural, CW, USA

Après près de deux ans et demi d'absence sur ce blog, Sygbab revient en force à l'occasion de la conclusion de la série Supernatural : une épopée de 15 saisons qu'il va passer en revue à raison d'un bilan par semaine...

Supernatural, saison 7 (2011) :

Alors que Castiel, le nouveau Dieu, tente d'accomplir son œuvre, Sam et Dean doivent désormais faire face à de nouveaux ennemis, les Leviathans, plus puissants que leurs ennemis usuels, et impossibles à vaincre avec leurs armes habituelles...

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Été 2011, réunion de pré-saison entre les scénaristes.

Sera Gamble : Bonjour à tous ! Alors, à l'ordre du jour, petit brainstorming pour préparer l'orientation de la saison à venir. Des idées ?

Andrew Dabb : Moi je ne donne pas mon avis sans Daniel.

Daniel Loflin : Moi je ne donne pas mon avis sans Andrew.

Ben Edlund : Non mais soyez sérieux les gars, on ne va pas avancer sinon !

Adam Glass : Vu la trempe de tes épisodes, ça te va bien de dire ça...

Ben Edlund : Ah oui ? Ok, je relève le défi de n'écrire que des épisodes sérieux pendant cette saison !

Sera Gamble : On peut déjà oublier les épisodes décalés dans ce cas.

Andrew Dabb : Avec Daniel on veut bien les récupérer !

Robbie Thompson : Je n'étais pas dans l'équipe la saison précédente mais je connais vos épisodes, et vous n'êtes franchement pas aussi bons que Ben.

Daniel Loflin : Euh, elle se prend pour qui la nouvelle ?

Sera Gamble : Stop, pas de dispute ! C'est pas le moment de chouiner comme les Winchester ! Même si j'aime bien les voir le plus souvent possible avec les larmes aux yeux.

Adam Glass : Il faudrait juste trouver ce que nous n'avons pas encore exploré au niveau de la Bible.

Ben Acker : Le Léviathan !

Ben Blacker : C'est pas dans Star Trek et Farscape, ça ?

Ben Acker : On s'en fout, c'est quand même la Bête de l'Apocalypse !

Ben Edlund : Euh, ok les gars, mais vous oubliez Castiel...

Sera Gamble  Non mais c'est pourri cette histoire, on la dégage.

Ben Blacker : Au pire on dit qu'il les a en lui.

Ben Acker : Comme ça on le fait exploser, de toute façon à force d'être constipé fallait bien que ça arrive !

Adam Glass : Et les Léviathans prennent forme humaine !

Daniel Loflin : Avec pour projet de tous nous bouffer après nous avoir engraissés ?

Andrew Dabb : Et dans le même temps c'est une sacrée critique sur notre société de consommation qui a une forte propension à la mal-bouffe.

Sera Gamble : Les gars, vous êtes des génies !

Ben Edlund : Non mais là c'est pas possible. Je veux bien écrire des épisodes sérieux, mais pas avec une intrigue aussi naze. Vous faites chier.

Sygbab : Je plussoie ! Ben a raison, c'est franchement pourri ! D'ailleurs, vous me gonflez, je reprends la main.

Et effectivement, ce n'est pas l'idée la plus brillante du monde. Jusqu'à présent, les scénaristes avaient pris l'habitude d'assumer l'histoire racontée - pour le meilleur mais surtout pour le pire en général -, mais on sent cette fois une volonté de se débarrasser d'une intrigue devenue ingérable, et une tentative de revenir aux sources.

Cela part d'un bon sentiment, mais la gestion du fil rouge est plus qu'aléatoire dans la mesure où les Léviathans sont une menace plutôt diffuse, avec un masterplan qui ne mène pas véritablement à une confrontation directe. En effet, l'antagoniste principal prend les traits d'un homme d'affaires dans le style "requin des temps modernes", qui investit la scène médiatique et dont l'attitude nonchalante le rend clairement antipathique. Pour couronner le tout, il est loin d'atteindre le charisme d'un Crowley malheureusement relégué au second plan, sauf en fin de saison où il tire les marrons du feu.

Son retrait - volontaire afin de laisser le champ libre aux Winchester car il y trouve son propre intérêt - a pour conséquence de mettre également de côté le bestiaire habituel auquel sont confrontés les deux frères. On en revient donc aux classiques avec une grande majorité d'intrigues impliquant des fantômes, ou en guise d'adversaires des individus qui utilisent la magie.

Dans ce domaine, le 7.14 Plucky Pennywhistle's Magical Menagerie revient sur la peur panique que Sam ressent envers les clowns en se la jouant vaguement 24 et n'est pas une grande réussite. Le 7.05 Shut Up, Dr. Phil est plus divertissant, mais uniquement parce qu'il regroupe James Masters et Charisma Carpenter, et parce qu'une référence même indirecte à Buffy ne fait jamais de mal.

De manière générale, les épisodes finissent par être répétitifs, de même que les disputes entre Sam et Dean car les prétextes inventés pour les opposer paraissent forcés. Dean tue une ancienne amie de Sam (Jewel Staite !) parce qu'elle est un monstre ? Pas de problème ! Il suffit que Dean passe une nuit avec une Amazone pour avoir une fille que Sam la tue et qu'ils soient à "égalité". Degré d'écriture ? Pas loin de zéro, comme pour les apparitions sporadiques de Lucifer, dans une tentative assez vaine de rendre Sam complètement fou.

Sera Gamble : Franchement je te trouve dur là !

Sygbab : Et encore, je n'ai même pas parlé de mon agacement de voir les Dieux d'autres religions et/ou mythologies être utilisés à tout va.

Sera Gamble : Pourtant c'était plutôt bien vu de se servir d'Osiris pour faire le procès de Dean et de Chronos pour effectuer un voyage dans le temps, non ?

Sygbab : Mouais, revenir sur les actions passées de Dean pour jouer de la glande lacrymale, c'est quand même relou. Bon, allez, la rencontre avec Elliot Ness, par contre, ça passe.

D'ailleurs, ça fait partie des bonnes idées, et heureusement il en reste quelques unes de temps en temps. Parmi elles, l'introduction de Garth sauve l'épisode semi-parodique centré sur le faux mariage de Sam, et sa réapparition plus tard dans la saison est un délice.

La meilleure reste le traitement de la mort de Bobby : l'épisode où il essaie d'échapper à son reaper permet de revenir sur les épisodes marquants de sa vie (le fait qu'il ait tué son père en plus de sa femme est un peu too much), et son retour en tant que fantôme est bien géré.

D'abord déterminé à aider ceux qu'il considère comme ses fils adoptifs, il finit par succomber à la violence de qu'il est devenu : un esprit empli de vengeance envers Dick. Voilà enfin un concept qui permet d'explorer la mythologie initiale de la série, il était temps.

Sera Gamble : Merci, enfin une critique positive, ça fait plaisir !

Sygbab : Oui mais ça m'emmerde de terminer là-dessus. Dont acte.

La fin de saison n'incite pas à l'optimisme avec le retour de Castiel, des démons, l'introduction d'un nouveau prophète qui peut traduire une tablette où sont inscrites les paroles de Dieu, et Dean qui se retrouve au Purgatoire. Ces multiples rebondissements ainsi que le cliffhanger donnent le sentiment étrange d'avoir assisté à une longue transition, par ailleurs ennuyeuse et médiocre.

Sera Gamble : Alors ça, c'est un coup bas..

Sygbab : Tant pis, c'est mon dernier mot !

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Les bilans de Lurdo : Mythic Quest - Le festin du corbeau, saison 1 (2020)

Publié le 25 Avril 2020 par Lurdo dans Comédie, Critiques éclair, Les bilans de Lurdo, Review, Romance, Sitcom, Télévision, USA, AppleTV+, Apple

Sitcom en 9 x 25 minutes environ diffusée sur Apple Tv + et chapeautée par Rob McElhenney, Megan Ganz et Charlie Day (l'équipe derrière - et devant - It's Always Sunny in Philadelphia), Mythic Quest se veut une comédie de bureau prenant place dans un studio de développement de jeu vidéo lançant son dernier projet...

Mythic Quest - Le festin du corbeau, saison 1 (Mythic Quest : Raven's Banquet, season 1 - 2020) :

Alors que son studio est sur le point de lancer Reaven's Banquet, une extension capitale du MMO Mythic Quest, Ian Grimm (Rob McElhenney), directeur créatif excentrique et égocentrique, mène la vie dure à ses collègues : David (David Hornsby), producteur exécutif, Poppy (Charlotte Nicdao), programmatrice en chef, Brad (Danny Pudi), responsable de la monétisation, C.W. Longbottom (F. Murray Abraham), auteur de fantasy réputé responsable du scénario, Jo (Jessie Ennis), l'assistante sociopathe de David, et les testeuses, Dana et Rachel (Ashly Burch, Imani Hakim)...

Je n'avais pas été particulièrement convaincu par les premières images de la série qui avaient été présentées dans le cadre de l'E3 (il me semble), et qui laissaient présager d'un projet assez basique, une workplace comedy générique prenant place dans le monde des jeux vidéo, produite en collaboration avec Ubisoft, et avec un rendu visuel plus ou moins inégal.

Et dans les faits c'est plus ou moins le cas : comme souvent dès que Hollywood s'attaque au monde des jeux vidéo, le produit présenté à l'écran (ici, comme le MMO le plus populaire de sa génération - alors qu'honnêtement, ces temps-ci, les MMO de type World of Warcraft ont plus ou moins été remplacés dans le cœur des streamers par les Fortnite et autres shooters de type battle royale), la représentation du jeu en elle-même est assez peu convaincante et très générique. Elle n'est pas aidée, honnêtement, par l'utilisation régulière de cut-scenes des jeux Ubisoft (Assassin's Creed, For Honor, etc) en guise d'illustration, cinématiques tellement facilement identifiables (et tellement plus abouties que le rendu du jeu ou que les animations des live-streams) qu'on en vient à regretter leur inclusion.

Après, une fois cet aspect de la série mis de côté, le programme en lui-même est plutôt divertissant. Ça reste une comédie de bureau assez classique, avec ses archétypes (l'égocentrique, la sociopathe, le névrosé, la personne qui n'est pas reconnue à sa juste valeur, l'excentrique, la romance impossible, le businessman, etc), ses clichés (la romance impossible, justement, qui ici cumule en plus un gros quota de diversité bien voyant, puisque c'est une romance inavouée entre deux filles, dont une afro-américaine), ses épisodes consacrés aux thématiques en vogue dans le monde des jeux vidéo (on ne pourra pas leur reprocher de ne pas avoir fait leur travail sur le sujet, puisqu'on a le droit aux thèmes du crunch, de la syndicalisation des studios, des micro-transactions, de la misogynie des gamers, du pouvoir des streamers, la présence de l'alt-right, le doxxing, etc)...

Le tout s'avère assez sympathique à suivre, malgré quelques errances çà et là : tout ce qui a trait à Pootie Shoe, une parodie de PewDiePie, ne fonctionne pas totalement (en dépit du fait que ce soit intrinsèquement lié à l'intrigue saisonnière de l'Homme masqué, et au personnage de Grimm) ; certaines thématiques virent parfois à la leçon de morale l'espace d'une scène ou deux ; la romance et les personnages des deux testeuses ne sont pas très intéressants ; Longbottom est sous-exploité et sous-développé...

Paradoxalement, cependant, un épisode se démarque totalement du reste de la saison, tant il se trouve un bon niveau au dessus du reste : l'épisode 5, réalisé par McElhenney et écrit par sa sœur. Un épisode totalement indépendant du reste de la série, un stand-alone consacré à Jake Johnson et Cristin Milioti, deux développeurs de jeu qui se rencontrent dans les années 90, tombent amoureux, et lancent ainsi une franchise à succès.

Une histoire douce-amère à la conclusion malheureuse, une variation sur le thème de "l'argent ne fait pas le bonheur" et sur l'opposition entre art et commerce, qui parlera beaucoup aux amateurs du genre, et qui est principalement là pour apporter une motivation aux personnages habituels de la série, une résonance thématique qui ressurgit dans l'ultime épisode de la saison... Cela reste cependant un changement de ton particulièrement bienvenu, une pause agréable et plus sérieuse, très bien interprétée et dirigée.

En résumé, Mythic Quest s'avère une sitcom agréable à suivre, mais qui ne révolutionnera rien : un peu trop classique dans sa forme, dans son écriture et dans son propos, elle a cependant le mérite de présenter des personnages attachants (notamment Poppy, la protagoniste), et un univers sans les clichés habituels dont "les jeux vidéo" sont habituellement affublés dans la fiction.

La série conserve heureusement un certain potentiel : si le programme prend un peu plus de risques en saison 2 (comme avec cet épisode 5), le tout pourrait s'avérer des plus intéressants.

Sinon... *haussement d'épaules*

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Les bilans de Sygbab : Supernatural, saison 6 (2010)

Publié le 19 Avril 2020 par Sygbab dans Action, Aventure, Critiques éclair, Comédie, Drame, Fantastique, Horreur, Les bilans de Sygbab, Review, Télévision, Thriller, Supernatural, CW, USA

Après près de deux ans et demi d'absence sur ce blog, Sygbab revient en force à l'occasion de la conclusion de la série Supernatural : une épopée de 15 saisons qu'il va passer en revue à raison d'un bilan par semaine...

Supernatural, saison 6 (2010) :

Alors que Dean vit désormais une vie paisible, Sam revient d'entre les morts. Contraint de laisser sa nouvelle vie derrière lui, Dean reprend alors la route, aux côtés de son frère et de leur grand-père Samuel (Mitch Pileggi), revenu à la vie, pour chasser les Alphas pour le compte de Crowley. Mais les deux frères comprennent bien vite qu'ils ne peuvent plus compter sur Castiel, occupé, dans l'ombre, à des manigances célestes des plus énigmatiques...

Avoir une vie normale n'est pas possible pour les Winchester, et Dean l'apprend à ses dépens. Son répit aura été de courte durée : après s'être rangé pendant une année pour vivre auprès de Ben et Lisa, il voit son frère débarquer à sa plus grande surprise.

Ce season premiere est assez malin, car après la conclusion de l'intrigue initialement prévue sur 5 saisons, il est construit en miroir inversé du pilote de la série dans ce qui se veut être un reboot. Mais il y a de nombreuses données supplémentaires à intégrer : un Sam sans âme (à répéter plusieurs fois rapidement !) et accompagné par ses cousins du clan Campbell, dont le leader n'est autre que leur grand-père maternel.

Cela offre quelques possibilités narratives, dont la perspective de voir quelques histoires centrées sur Sam et sa nouvelle équipe. L'idée était intéressante sur le papier, mais ne sera utilisée que lorsque Sam retrouve son âme, pour déclencher ses souvenirs et illustrer à quel point il a été vil pendant tout le temps où il ne la possédait plus. 'Cest dommage car il y avait du potentiel qui, comme souvent, n'est pas exploité à bon escient.

En soi, ce début de saison est plutôt prometteur, dans l'ensemble, dans la mesure où il permet pour une fois de varier les interactions grâce à une galerie de personnages plus importante qu'à l'accoutumée. C'est d’ailleurs réussi en ce qui concerne Ben et Lisa car l'attachement que Dean leur porte est sincère et il y a une bonne alchimie entre les acteurs (l'adieu qu'il doit leur faire est vraiment déchirant), mais ça coince du côté des Campbell malgré un Mitch Pileggi toujours impeccable.

De plus, les scénaristes proposent très vite un concept assez alléchant avec les Alphas, ces monstres qui sont à l'origine de leur lignée et que nos deux héros vont devoir capturer pour... Crowley ! En l'absence de Lucifer, le nouveau roi de l'Enfer s'avère bien plus dangereux que ne l'était l'ange déchu, en capitalisant sur ses qualités d'entrepreneur opportuniste, et ses apparitions sont un véritable délice. Soit tout le contraire d'un Castiel constipé parce qu'il lutte contre Raphaël pour dominer le Paradis...

Malheureusement, une fois rendu à la mi-saison, il faut se rendre à l'évidence ; cette intrigue n'existait que pour introduire l'idée du Purgatoire (dont la notion est d'ailleurs détournée puisque c'est un lieu de purification où les défunts doivent expier leurs péchés, alors qu'ici cela devient le réceptacle des âmes des monstres qui meurent), au point d'être expédiée d'un revers de la main lorsque Castiel se débarrasse de Crowley dans une scène qui n'est pas crédible une seule seconde.

Changement de cap, nouvel objectif : récupérer l'âme de Sam avec l'aide de la Mort. C'est l'objet du 6.11 Appointment in Samarra, dans lequel Dean doit passer une journée dans le rôle du cavalier de l'Apocalypse aux côtés de Tessa. Un défi qu'il pense au départ facile car les cas qui lui sont présentés ne souffrent d'aucun doute, avant de faire face à une jeune fille atteinte d'une grave maladie et de constater que ce travail est bien plus dur qu'il ne l'imaginait.

Contre toute attente, malgré son échec, la Mort décide tout de même de l'aider pour des raisons qui lui sont propres, ce qui permet à Sam d'être de nouveau complet. Mais le fait que les souvenirs de Sam soient à priori liés à son âme crée beaucoup de confusion : pourquoi la version du personnage revenu de l'Enfer sans elle se rappelait qui il était ? Et en partant du principe qu'il s'en est rappelé en côtoyant les Campbell, pourquoi aurait-il des souvenirs en commun avec Dean ? Enfin, une fois que son âme réintègre son enveloppe corporelle, pourquoi devrait-il se rappeler de ce que son alter ego a fait ? Les incohérences sont là, mais il faut faire avec car rien ne sera fait pour essayer d'éclaircir la situation.

La suite est un sacré bordel narratif, avec notamment l'introduction d'Eve qui est censée être le Big Bad mais qui disparaît tout aussi rapidement après un tour de passe-passe scénaristique. On pourra noter au passage la subtilité qui aura consisté à ranger le personnage d'Adam du côté du Bien et celui d'Eve du côté du mal... Ou encore l’incompétence notoire de Bobby et consorts, incapables de deviner qu'il faut rajouter "monsters" à "mother of all" malgré toutes les informations qu'ils ont en leur possession.

Cette tare est apparemment contagieuse : la disparition brutale de papy Campbell et de Rufus dans le même épisode est en grande partie due à un manque de vigilance qui ne colle pas avec leur expérience. Pour couronner le tout, le 6.20 The Man Who Would Be King se transforme en un long exposé pour nous expliquer point par point de quelle manière tous les fils de l'intrigue sont reliés ensemble.

La tentative n'est pas très convaincante, et la révélation de la collaboration entre Crowley et Castiel fait un peu l'effet d'un pétard mouillé. Pourtant le principe est bon : chacun y trouve son intérêt, et le fait de récupérer le pouvoir des âmes enfermées au Purgatoire pour vaincre les armées de Raphaël pourrait se tenir. C'est au niveau de la gestion de l'intrigue que tout est bancal : Castiel avait commencé à collecter des artefacts qui pouvaient servir d'armes dans cette guerre, mais il en est tellement peu fait mention qu'il n'est pas clair pour le téléspectateur qu'elles ne sont pas suffisamment efficaces.

Quant au fait que Crowley ne soit pas mort, cela semblait une évidence. Et si cela ne suffisait pas, Lovecraft et son imaginaire sont rattachés au fil rouge en fin de saison, sans qu'on comprenne comment cette trouvaille saugrenue a pu trouver sa place. Des éléments qui montrent que la série retombe dans ses travers et n'a plus vraiment de règles, ce qui est d'ailleurs avoué au détour d'une réplique de Balthazar.

Heureusement, il reste quelques épisodes indépendants agréables à regarder, notamment ceux de la veine parodique qui sont un peu plus mis en avant car moins nombreux qu'auparavant. Mention spéciale au 6.09 Clap Your Hands If You Believe qui singe X-Files d'une brillante manière et au 6.15 The French Mistake où Balthazar envoie les deux frères dans une réalité alternative où ils se retrouvent dans la peau de Jensen Ackles et Jared Padalecki - deux épisodes signés Ben Edlund.

Il faut aussi retenir l'exercice de style du 6.18 Frontierland qui propose un voyage dans le temps à l'époque du Far West avec un générique revisité pour l'occasion, et un Weekend at Bobby's en début de saison, qui se penche sur les journées de ce personnage désormais devenu un véritable pilier.

Malgré les quelques défauts évoqués, il y a une certaine sympathie qui se dégage de cette année et qui fait dire que la barre a été redressée par rapport aux deux saisons précédentes. Mais comme cela n'était pas très compliqué, difficile de dire qu'il s'agit d'une réussite à part entière.

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Les bilans de Lurdo : Altered Carbon, saison 2 (2020)

Publié le 18 Avril 2020 par Lurdo dans Les bilans de Lurdo, Netflix, Review, Science-Fiction, Romance, Thriller, Télévision, USA, Drame, Critiques éclair

Derrière ses atours de série blockbuster friquée racolant sur tous les plans, à la nudité généreuse et souvent gratuite (n'en déplaise aux showrunners, qui avaient alors passé des interviews entières à tenter de la justifier comme "égalitaire et faisant partie intégrante de la vision créative de la série et de son propos thématique" - j'en ris encore) et aux effets visuels spectaculaires, Altered Carbon ne m'avait pas particulièrement convaincu, en saison 1 (bilans ici et ).

Une série gentiment creuse, bourrée de clichés, et souffrant d'une écriture pas à la hauteur de l'univers et du genre, pas aidée par une mise en images peu inspirée (illustration musicale hors-sujet, action souvent moyenne) et par une distribution très inégale.

Heureusement, qui dit nouvelle saison dit aussi nouvelle distribution, nouveaux scénaristes, nouveau format (8 épisodes seulement)... et nouvelle direction ?

Altered Carbon, saison 2 (2020) :

Trente ans après l'affaire Bankcroft, Takeshi Kovacs découvre que Quellcrist Falconer (Renée Elise Goldsberry) est toujours en vie, et qu'elle semble avoir pour objectif d'abattre un à un les Fondateurs. Armé d'un nouveau corps aux capacités de combat optimisées (Anthony Mackie) et aidé par sa fidèle intelligence artificielle Poe (Chris Conner), Kovacs reprend du service, mais se heurte aux manigances politiques de Danica Harlan (Lela Loren) et de ses commandos...

Pour la saison 1, j'avais opté pour un découpage de la saison en deux parties, histoire de développer un peu mon avis sur le contenu de la série... là, avec 8 épisodes seulement, j'ai préféré me limiter à un seul et unique bilan, d'autant que pour être franc, je n'ai pas énormément de choses à dire sur cette nouvelle fournée d'Altered Carbon.

Pas énormément, si ce n'est que j'ai eu beaucoup de mal à venir à bout de cette seconde année, à commencer par ses deux premiers épisodes, assez symptomatiques des problèmes de cette saison 2 : c'est lent, c'est mou, c'est faussement profond et solennel (certains échanges sont sur le mode une réplique/trois secondes de pause/une réplique/trois secondes de pause, pour donner une impression de serious business), et surtout, ça s'oriente dans des directions particulièrement peu intéressantes à mes yeux.

Je le disais en saison 1, Quellcrist Falconer (Renée Elise Goldsberry), la meneuse révolutionnaire, ne m'a jamais convaincu. Gros manque de charisme et de présence, pas grande alchimie avec Kinnaman, personnage qui débite des platitudes pseudo-philosophiques insipides, c'était à mes yeux l'un des éléments les plus faibles de la saison 1.

Et donc, forcément, comme elle devient l'un des points centraux de cette saison 2, j'ai eu bien du mal à m'intéresser à toute cette intrigue, qui voit Quell, amnésique, ressurgir dans la vie de Kovacs, lequel découvre qu'elle abrite en elle l'âme d'un Elder, dont la libération sème le chaos en fin de saison.

Le problème principal étant qu'une grosse partie de la saison s'axe ainsi autour de la romance impossible Falconer/Kovacs : c'est plat, c'est générique, c'est dépourvu de la moindre tension (sexuelle ou autre), bref, ça n'a pas fonctionné un seul instant à mes yeux. D'autant que, pour ne rien arranger, Anthony Mackie est particulièrement décevant et transparent en Kovacs : trop souvent passif, il sous-joue et grommelle la majorité de ses scènes, s'avère assez peu convaincant dans les scènes d'action (de toute façon montées et filmées de manière peu probante), et finit par faire une impression encore plus faible que Kinnaman en saison 1.

Bon, j'avoue, il n'est pas aidé par une série qui erre un peu sans direction, privée de l'angle "cyberpunk néo-noir" de sa saison 1, et dépouillée de sa nudité gratuite qui, au minimum, rendait le tout mémorable. Là, on se retrouve avec des intrigues politiques peu intéressantes (Lela Loren n'est pas très marquante, son personnage de méchante est assez classique), avec un commando aux tenues un peu cheap mené par un soldat revanchard (Torben Liebrecht, compétent mais guère plus remarquable), une chasseuse de primes (Simone Missick, qui ne fait pas grande impression) qui cherche son frère...

Bref, c'est particulièrement terne et insipide, sur tous les plans. Faut-il y voir là le résultat du départ de Steve Blackman, parti chapeauter The Umbrella Academy ? Les conséquences d'une baisse de budget (une bonne partie de la saison fait du surplace et est assez fauchée, visuellement, notamment toute la fin de saison dans des grottes et en forêt, ou encore le passage dans la retraite spirituelle virtuelle, assez immonde à l'écran) ? Un problème de world-building évident cette année, une année qui, dès son premier épisode, balance tous ses termes, ses noms, ses événements, sans jamais chercher à les expliquer ou à les rendre accessibles à de nouveaux spectateurs (ou à des spectateurs ayant oublié la saison 1) ? Le fruit de ces affrontements mal filmés, cadrés de loin et dans l'obscurité, pour ne pas montrer à quel point Mackie n'est pas doué en ce domaine (à contrario d'Hiro Kanagawa, meilleur sur tous les plans) ?

Difficile à dire. C'est un peu de tout, je dirais. Un tout gentiment brouillon et décousu, qui ponctuellement semble vouloir capitaliser sur son potentiel sans y parvenir (Kovacs vs Kovacs, c'est sympa, mais ça ne se concrétise jamais vraiment), qui sous-utilise bon nombre de personnages secondaires (Neal McDonough fait un caméo éclair, et c'est bien dommage), qui souffre de quelques passages de technoblabla forcé et en pilotage automatique...

Reste heureusement Poe (Chris Conner) qui, cette saison, s'avère le seul vrai vecteur d'émotion, opposé à un Mackie à 95% impassible. Poe qui peine à se remettre des événements de la saison 1, qui souffre de problèmes de corruption de son code, et qui s'éprend d'une autre intelligence artificielle, qui finit par l'aider dans son combat. En comparaison du reste de la saison, les aventures de Poe sont une bouffée d'air frais, et probablement la seule chose qui m'ait vraiment plu/intéressé cette saison.

Altered Carbon 2 m'a ainsi paru étrangement soporifique, bizarrement prude, avec une écriture et un rythme défaillants (qui démarre toutefois un peu sur la fin de saison)... une saison un bon cran en-dessous de la première au niveau de l'intérêt et du rendu à l'écran, mais une saison qui, étrangement, bénéficie une nouvelle fois de l'indulgence des critiques outre-atlantique.

Pas sûr cependant qu'il y ait une saison 3 au programme (surtout compte tenu de la conclusion de ces 8 épisodes), mais dans l'intervalle, il faudra compter sur Altered Carbon : Resleeved, un téléfilm animé narrant une aventure de Kovacs, et diffusée sur Netflix en mars dernier.

Critique dans ces pages dès lundi.

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Un film, un jour (ou presque) #1186 : Le Retour de Spinal Tap (1992)

Publié le 16 Avril 2020 par Lurdo dans Biographie, Cinéma, Comédie, Critiques éclair, Documentaire, Musique, Review, UK, Télévision

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus. ​​

Le Retour de Spinal Tap (A Spinal Tap Reunion : The 25th Anniversary London Sell-Out - 1992) :

Dix ans après le documentaire qui a fait leur renommée, les Spinal Tap se réunissent à nouveau pour un concert exceptionnel au Royal Albert Hall : l'occasion pour la télévision britannique de filmer l'événement, et de revenir sur le parcours des trois musiciens vedettes depuis 1982...

À contrario du premier film que j'avais déjà vu et que je me suis fait un plaisir de revoir, place à un second film inédit de près d'une heure 50, un téléfilm pour être précis, composé à 80 % d'une captation live et à 20 % de segments mockumentaires, sur les coulisses du concert (le groupe folk de première partie qui se fait virer et finit dans le métro) et en forme de bilan "que sont-ils devenus ?".

En vrac, on apprend ainsi qu'après la séparation du groupe, en 82, David St Hubbins (Michael McKean) est parti s'installer avec son épouse en Californie, où il enseigne le football à des fillettes, et où sa chère et tendre gère deux boutiques, une boutique de vêtements irlandais, et une boutique new age ; Nigel Tufnel (Christopher Guest), lui, est reparti en Angleterre, où il parle avec son furet (^^) et a décidé qu'il était un inventeur de génie, inventeur notamment du capodastre à amplificateur Marshall (^^). Derek Smalls (Harry Shearer), enfin, a investi sans grand succès dans l'immobilier et, lui aussi de retour en Angleterre, il aide son père à faire subsister son métier de "nettoyeur de téléphone à domicile" (^^).

On retrouve aussi Marty Di Bergi (Rob Reiner), en froid avec le groupe depuis le documentaire, ainsi que des caméos de Fred Willard, de Kenny Rogers, de Bob Geldof, d'Andy Dick...

Le concert, lui, est plus classique - enchaînement de tous les hits du groupe, y compris Stonehenge (avec cette fois-ci une maquette trop grande pour rentrer dans l'Albert Hall), de morceaux de leurs autres projets (les morceaux 60s/70s, de la musique irlandaise, orientale, etc) et de moments absurdes dignes du groupe : l'arrivée des musiciens suspendus au plafond par des câbles qui ne fonctionnent pas, le duo avec Cher qui n'est pas là et est remplacée par une photo sexy d'elle avec des lèvres animées, le grand final - une sinistre chanson de Noël avec des nains en lutins, et le crâne géant démoniaque surplombant la scène orné d'un bonnet et d'une barbe... et le rappel : un plaidoyer pour l'euthanasie avec lâcher de colombes mortes.

Dans l'ensemble, un bon moment à passer, même si j'aurais préféré un show mieux équilibré, plus près d'un ratio de 60 % de musique pour 40 % de documentaire. En tout cas, pour un projet comique, les trois acteurs maîtrisent tout de même plutôt bien leurs instruments respectifs.

4/6

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Un film, un jour (ou presque) #1183 : The Show Must Go On - The Queen + Adam Lambert Story (2019)

Publié le 13 Avril 2020 par Lurdo dans Biographie, Cinéma, Critiques éclair, Documentaire, Musique, Review, Télévision, UK, USA, ABC

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

The Show Must Go On - The Queen + Adam Lambert Story (2019) :

Documentaire co-produit pour la télévision anglaise et américaine (à l'image du groupe Queen, désormais composé de ses musiciens anglais, et de son chanteur américain) consacré à la renaissance du groupe, et à ses années creuses après la mort de Freddie Mercury.

Un documentaire qui a la bonne idée de mettre en parallèle, à base de montage alterné, le parcours de Queen sans Freddie, et celui d'Adam Lambert, le tout illustré de nombreux extraits des concerts de Queen + AL, et d'intervention de musiciens et de célébrités (Foo Fighters, Def Leppard, Rami Malek, Simon Cowell...).

On y redécouvre rapidement la carrière de Queen, le concert-hommage de Wembley en 1992, puis la séparation du groupe, leurs embryons de carrières solo, la comédie musicale We Will Rock You (que Roger Taylor déteste cordialement), le concert de Capetown, en 2003, pour Nelson Mandela (qui leur a redonné le goût de tourner), le projet Queen + Paul Rodgers (pas forcément fructueux, de l'avis de tout le monde), etc, tout ça jusqu'à la découverte, lors d'un épisode d'American Idol, d'Adam Lambert, un musical theater kid ouvertement gay, à la voix tonitruante.

Un Adam Lambert qui, mal conseillé à la sortie d'American Idol (qu'il n'a pas gagné, car entouré d'un pseudo-scandale sur sa sexualité, qu'il aurait supposément caché aux médias), connaît une période de doute après avoir ultra-sexualisé son image... jusqu'à ce qu'une remise en question l'amène à accepter l'offre de Queen, avec le résultat que l'on connaît : une seconde jeunesse pour le groupe, qui visite désormais des pays autrefois inconnus à la formation, pour la plus grande joie de ses membres.

D'ailleurs, il est assez amusant d'entendre les explications de Roger Taylor au sujet du recrutement de Lambert : comment lui et May ne voulaient absolument pas d'un clone de Freddie, d'un imitateur se teignant les cheveux ou se plaquant une fausse moustache, ni d'un clone vocal parfait sans la moindre personnalité - le message est clair, et arrive en réponse aux complaintes sempiternelles des fans, qui critiquent toujours le groupe pour ne pas avoir sélectionné un ou deux chanteurs bien particuliers pour remplacer Mercury "parce qu'ils ressemblent à/chantent exactement comme Freddie et ils méritent donc plus sa place".

Mais May et Taylor sont clairs : ils ne veulent pas de quelqu'un qui transforme le groupe en tribute band cherchant à singer au plus proche le Queen de la grande époque; ils veulent s'amuser, et Lambert, aussi flamboyant que Freddie, mais doté d'une personnalité résolument moderne et dynamique, est parfait, à leurs yeux, pour emmener Queen + AL dans le 21è siècle.

Un documentaire intéressant, parfois touchant (le Who Wants to Live Forever de cette version de Queen+ me met toujours la larme à l’œil), et voir les répétitions et les harmonies vocales du groupe en coulisses, avant un morceau, est un joli moment pour le fan que je suis.

4.5 - 0.25 pour les coupures pub = 4.25/6

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Les bilans de Sygbab : Supernatural, saison 5 (2009)

Publié le 12 Avril 2020 par Lurdo dans Action, Aventure, Critiques éclair, Comédie, Drame, Fantastique, Horreur, Les bilans de Sygbab, Review, Télévision, Thriller, Supernatural, CW, USA

Après près de deux ans et demi d'absence sur ce blog, Sygbab revient en force à l'occasion de la conclusion de la série Supernatural : une épopée de 15 saisons qu'il va passer en revue à raison d'un bilan par semaine... Et quand on le prend pour un con, il se fâche !

Supernatural, saison 5 (2009) :

Après avoir involontairement libéré Lucifer (Mark Pellegrino) de sa prison infernale, Sam et Dean font tout leur possible pour le retrouver, et empêcher l'Apocalypse. Mais le Ciel et l'Enfer ont chacun leur mot à dire dans cette histoire, et les relations des frères Winchester ne sont plus au beau fixe...

Une célèbre citation de Joss Whedon illustre parfaitement ce que les scénaristes de Supernatural n'ont pas osé faire cette année : "Don't give people what they want, give them what they need" ("Ne donnez pas aux spectateurs ce qu'ils réclament, mais plutôt ce dont ils ont besoin").

Une fois de plus, cette saison démontre en effet que l'intrigue proposée est bien trop ambitieuse par rapport à leurs capacités limitées. Tous les moyens sont bons pour aboutir à une conclusion mollassonne : rétrocontinuité foireuse (le trickster qui se révèle être l'archange Gabriel, les Winchester descendants directs d'Abel et Cain, Sam transformé en pauvre victime dont les relations sociales ont toujours été supervisées par le Yellow Eyed Demon), portes de secours débiles pour ralentir un rythme déjà pas folichon (Adam en tant qu'hôte au rabais pour Michael, les bagues des quatre cavaliers de l'Apocalypse - ces derniers n'ont d'ailleurs aucun impact dans tout ce bordel - qui servent de poudre aux yeux), quand ce ne sont pas des facilités scénaristiques assez énormes (réapparition du colt car une groupie qui a lu tous les bouquins de Chuck se souvient de ce qu'en a fait Bela).

Il n'y a aucune gestion de l'intrigue : on ne cesse de nous vendre un affrontement entre les deux frères pour finir sur un duel en plein jour dans un cimetière pourri, avec Sam qui reprend le contrôle sur Lucifer grâce à l'amour fraternel qui le lie à Dean. Bonjour l'anti-climax par excellence.

Une autre preuve que rien ne va plus : pour une raison inconnue, Ben Edlund est désormais en charge d'épisodes plus sérieux et parfois à tendance mythologique, alors que les épisodes un peu plus décalés sont réservés à d'autres. Le premier se débrouille comme il peut mais ne peut pas transformer de la merde en or, les autres n'ont pas sa vista pour côtoyer la limite du ridicule sans jamais la franchir, tout en restant fun. Dans cette veine, tout au plus peut-on retenir le 5.08 Changing Channels sui permet de voir Sam et Dean dans une multitude de programmés télé (mention spéciale à l'émission japonaise complètement barrée), mais la révélation finale concernant Gabriel gâche le tout.

En revanche, la convention des fans de Supernatural est assez gênante... L'auto-dérision et les mea culpa via certains dialogues sont appréciables dans une série, mais seulement quand c'est distillé avec parcimonie. Ici, c'est surligné au stabilo, et ce n'est d'ailleurs pas la seule occasion : dans le final, la complaisance du discours de Kripke, exprimé par la bouche de Chuck, est presque à gerber.

Mais bon, ce n'est pas grave, il y a de quoi se consoler : Castiel est enfin devenu bad ass, ce qui permet de passer outre son inutilité la plupart du temps. En deux saisons, les anges n'ont jamais été à leur avantage : plus fourbes que les démons (Zachariah est la pire enflure qui soit), nazes en baston, aucun charisme ; voilà un tableau bien sympathique. On peut aussi se réjouir de voir assez tôt d'anciens personnages comme Rufus, Ellen et Jo, pour mieux tuer les deux dernières histoire de faire croire à une prise de risques (alors qu'en réalité, se débarrasser de personnages au préalable kelleyrisés constitue avant tout une commodité à peu de frais).

Le summum reste bien évidemment Lucifer : enfin un adversaire digne de ce nom ! Tellement puissant que son hôte initial se décompose et qu'il est capable de tuer des dieux païens, hindous et nordiques avec son petit doigt (encore une idée à la con). Sauf qu'en fait, le diable ne fait peur à personne ! Heureusement qu'il y a Crowley, cet enfoiré de classe mondiale servi par un acteur génial...

Le pire dans tout ça, c'est que Sam, Dean et même Bobby ne sont quasiment jamais cohérents dans leurs discours et/ou motivations, les rendant même par moments assez détestables. Un ratage monumental, en somme. Dire que cela devait constituer la fin de la série dans les plans initiaux de Kripke, qui délaisse, au terme de cette saison, son poste de showrunner...

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Les bilans de Lurdo : Harley Quinn, saison 1 (2019)

Publié le 11 Avril 2020 par Lurdo dans Action, Animation, Comédie, Critiques éclair, DC, Fantastique, Les bilans de Lurdo, Review, Science-Fiction, Télévision, USA

Pour le meilleur ou pour le pire, Harley Quinn est à la mode, et DC/Warner sont prêts à tout pour en faire le porte-étendard de leur gamme, un porte-étendard violent, sanguinaire, déséquilibré et criminel... mais ce n'est pas grave, c'est un symbole d'émancipation féminine et un modèle à suivre pour les femme, vive le girl power !

Après une version cinématographique plus que discutable (que ce soit dans Suicide Squad ou dans Birds of Prey), et alors que la saison 2 de la série a débuté la semaine dernière, retour sur la saison 1 de la version animée, diffusée fin 2019, et clairement conçue en parallèle/avec les mêmes intentions que la version de Margot Robbie...

Harley Quinn, saison 1 (2019) :

Décidée à s'émanciper du Joker (Alan Tudyk) et à forger sa propre carrière de criminelle à Gotham, Harley Quinn (Kaley Cuoco) s'installe chez son amie Poison Ivy (Lake Bell), et commence à réunir un gang de criminels pour accomplir ses basses œuvres...

Un proverbe me vient à l'esprit quand je pense à cette première saison de Harley Quinn, série animée diffusée sur la plateforme de streaming DC Universe : "la première impression est toujours la plus importante".

En effet, c'est bien simple : Harley Quinn, confiée aux créateurs/scénaristes des sitcoms ratées $#*! My Dad Says, Surviving Jack, How to be a Gentleman (que de la qualité !)... fait une première impression désastreuse. 

Pas visuellement, puisque la direction artistique de la série est plutôt réussie et dynamique ; pas non plus au niveau du doublage, plutôt de qualité, notamment Cuoco dans le rôle-titre, et Tudyk en Joker (je suis un peu moins convaincu par certains des seconds rôles récurrents) ; mais bien au niveau de l'écriture de son premier épisode, un épisode écrit par les personnes sus-nommées. Un épisode vulgaire (plus de 6 ou 7 "fuck" et "shit" dans les deux premières minutes de diffusion), ultra-violent, gratuit, racoleur et pseudo-rebelle, bref, de la provocation adolescente bas-de-plafond, et jamais particulièrement drôle, mais qui bizarrement a été particulièrement applaudie par les critiques et les spectateurs.

Autant dire que j'étais tout prêt à jeter l'éponge sur la simple base du pilote... mais heureusement, la suite s'améliore grandement (probablement parce que les showrunners n'écrivent plus le moindre épisode, et que l'écriture cesse de jouer la carte de la provoc immature). Pendant une grosse moitié de saison, la série se concentre ainsi sur les efforts de Harley pour se constituer une bande, pour développer sa réputation en solo, se trouver une nemesis, et pour oublier le Joker.

Alors ce n'est pas toujours très inspiré (beaucoup d'humour juif cliché, des personnages masculins tous stupides), pas toujours très fin (des vannes sur le doigtage pendant une bar-mitzvah, Big Barda qui parle de cunnilingus), les choix créatifs sont fréquemment discutables (l'utilisation de Sy Borgman, de Frank la plante carnivore, le ton globalement immature qui se moque ouvertement de tous les personnages de l'univers Batman - Gordon en cocu dépressif en bromance imaginaire avec Batman, Bane avec l'accent de Tom Hardy, Robin sur son segway), et le côté pseudo-féministe est amené à la truelle (entre la Legion of Doom qui ne veut pas de femme, Maxie Zeus en mode Weinstein, ou encore la Reine des Fables - Wanda Sykes - rabaissée par la patriarchie...), mais dans l'ensemble, une fois passé son pilote désastreux, la première moitié de saison (voire même ses deux premiers tiers) est assez ludique et amusante, et surtout suffisamment dynamique pour conserver l'intérêt du spectateur.

Et puis, à partir du moment où Harley est acceptée par la Legion of Doom, le show semble trébucher. Harley retombe brièvement sous le charme de Joker, se met son crew à dos, retourne dans sa famille pour faire le point, Ivy est capturée par la Legion, et Harley doit se faire pardonner de son équipe pour monter une opération de sauvetage : un arc narratif vraiment convenu, qui manque fréquemment de punch, retombe dans ses travers d'une ultra-violence gratuite, et qui, à l'approche des deux derniers épisodes de la saison, a les yeux plus gros que le ventre.

Les deux derniers épisodes sont en effet un déluge de n'importe quoi grandiloquent, puisque Joker y construit une tour mécanisée et décide de prendre le contrôle de Gotham : il y a de la torture, des morts par dizaines (y compris des personnages de premier plan, comme la Legion of Doom, éradiquée !), Gotham devient un champ de bataille, Batman est un incapable (et est démasqué), la Batfamily est absente, et le tout prend des atours de monde post-apocalyptique avec une Harley en tank girl.

Soit. Les choix créatifs de la série laissent perplexe, et leur mise en images n'est pas forcément à la hauteur des ambitions scénaristiques, mais soit. Ça plaira à certains. De là à applaudir l'écriture, notamment pour ses thématiques d'émancipation et de girl-power, mouais bof. Ça a été fait mieux, ailleurs, et sans tout le racolage ultra-violent et immature qui enrobe cette version de Harley.

D'ailleurs, au rayon des problèmes, impossible de ne pas mentionner le queerbaiting dont la série a fait preuve durant sa promotion, mettant en avant le duo Ivy/Harley et leur relation... seul problème : dans la série, Ivy est en couple avec Kiteman, loser parmi les losers, et a pour lui des sentiments sincères et profonds. Ivy et Harley sont proches comme des sœurs, mais ça s'arrête là, et nul doute que ce choix artistique devrait en froisser plus d'un.

Dans l'ensemble, cette première saison de Harley Quinn se regarde tranquillement... mais sans vraiment tenir la distance. Peut-être est-ce que les choix effectués ne correspondent pas du tout à ce qui fait, pour moi, une bonne série d'animation, ou peut-être que tout le fanservice et la wokeness qui accompagnent désormais le personnage de Harley (et, de manière générale, valent au moindre programme actuel des bons points automatiques auprès de nombreux critiques de la génération Y) me fatiguent plus qu'autre chose.

En tout cas, à en juger par les déluges de louanges qui ont accueilli la série (un peu comme pour le film Birds of Prey, d'ailleurs), je ne suis clairement pas le public visé, donc...

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Les bilans de Sygbab : Supernatural, saison 4 (2008)

Publié le 5 Avril 2020 par Sygbab dans Action, Aventure, Critiques éclair, Comédie, Drame, Fantastique, Horreur, Les bilans de Sygbab, Review, Télévision, Thriller, USA, Supernatural, CW

Après près de deux ans et demi d'absence sur ce blog, Sygbab revient en force à l'occasion de la conclusion de la série Supernatural : une épopée de 15 saisons qu'il va passer en revue à raison d'un bilan par semaine... Mais parfois, il est un peu plus fainéant, d'où le texte plus concis qui va suivre. On ne lui en voudra pas, pour une fois... ^^

Supernatural, saison 4 (2008) :

De retour des enfers sans vraiment savoir comment, Dean découvre qu'il se trouve désormais au cœur d'un combat épique entre les forces du Ciel et de l'Enfer. D'un côté, les anges, parmi lesquels Castiel (Misha Collins), qui tentent d'empêcher l'Apocalypse et la libération de Lucifer ; face à eux, Lilith (Katherine Boecher/Sierra McCormick) et ses démons, ainsi que Ruby (Genevieve Cortese), qui attisent le doute et le malaise entre les deux frères...

Tout comme pour la saison précédente, les ambitions initiales sont assez élevées puisque l’enjeu n'est ni plus ni moins que de libérer Lucifer. Mais le constat que l'on pouvait faire auparavant et pour lequel le bénéfice du doute lié à la grève pouvait s'appliquer se confirme : les scénaristes ne réussissent jamais à vraiment en tirer profit.

En effet, pendant la majeure partie des 22 épisodes, ils essaient de mettre en place une confrontation entre les deux frères en semant les germes de la discorde, avec Sam dans le rôle du vilain et Dean dans le rôle du héros. Si l'idée peut paraître intéressante sur le papier, le traitement des personnages rend le tout indigeste : le premier cité devient clairement antipathique, et son aîné lasse à se lamenter sur son sort. Ce qu'il a vécu en Enfer a certes de quoi tourmenter une âme, mais il n'était pas nécessaire d'appuyer autant le propos.

Ce manque de rigueur d'écriture se manifeste également en ce qui concerne les anges, qui font leur apparition. Rien d'inattendu dans un univers où les démons sont présents depuis le début, ce n'était qu'une question de temps avant que leurs ennemis jurés débarquent. Les thématiques les concernant ont du potentiel : entre les doutes que Castiel nourrit quant aux ordres de Dieu, son père et chef de guerre et les velléités de rébellion d'Uriel, la confrontation entre les deux auraient pu être passionnante.

Pour cela, il aurait fallu qu'ils soient charismatiques mais c'est un gros ratage sur ce plan car le jeu des deux acteurs est souvent figé, et la gestion de leur pouvoir est assez catastrophique. Quand ils affrontent des démons, leur pouvoir n'est que rarement dévoilé (et si c'est le cas, leur représentation n'est pas des plus heureuses) et cela donne lieu à des combats tout à fait classiques. Leur gloire en prend un sacré coup, la faute à une caractérisation approximative (pour ne pas dire grossière par moments).

Il y a tout de même une certaine forme d'unité, puisque la mythologie est au diapason des éléments précités.

Bancale et parsemée d'incohérences, elle semble entériner l'hypothèse selon laquelle elle a été a été modifié au fur et à mesure, sans véritable plan. Un exemple parmi d'autres : Anna (Julie McNiven) évoque lors de sa première apparition l'existence de pas moins de 600 sceaux, en précisant qu'il suffit d'en briser 66 pour libérer Lucifer.

Or, en fin de saison, on nous explique d'abord que seule Lilith peut briser le "dernier sceau". Déjà, c'est difficile à croire : y a-t-il un compteur cosmique quelque part, qui se bloque à 65 tant qu'elle ne fait rien, même si entretemps 100, voire 200 supplémentaires sont brisés ? Mais c'est encore pire quand le twist révèle que c'est en fait la mort de Lilith qui déclenche tout : que se serait-il passé si elle était morte alors que le compteur était à 5, 10, 15 ou 20 ? Ou alors, la solution est de ne pas du tout essayer de comprendre la logique derrière tout ça, sous peine de se donner mal à la tête.

À la rigueur, cela aurait pu se justifier par le fait que les Winchester ne peuvent pas prédire quel sera le prochain mouvement de leur adversaire : avec autant de sceaux disséminés un peu partout, sans savoir même où ils se trouvent, la tâche est ardue. Sauf que la plupart du temps, il est difficile de les sentir concernés puisqu'ils passent leur temps sur des affaires lambdas, à gauche et à droite, au lieu d'effectuer des recherches afin d'être mieux documentés sur le sujet.

Cette structure qui laisse la part belle aux loners ne permet pas de ressentir une réelle menace, même si ces derniers sont souvent rattachés à l'intrigue principale (et souvent n'importe comment, d'ailleurs). Il y a tout de même quelques fulgurances : les épisodes de Ben Edlund restent une valeur sûre (le 4.08 Wishful Thinking et son Teddy Bear qui se fait exploser la cervelle est hilarant, le 4.05 Monster Movie et son tournage en noir et blanc sur fond d'histoire vampirique est excellent), et certains concepts comme la réalité alternative ont amusants.

C'est assez léger pour rehausser l'intérêt plus que poli qui doit être accordé à cette saison, dont l'orientation peut faire craindre le pire maintenant que le divin est de la partie.

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Les bilans de Lurdo : Avenue 5, saison 1 (2020)

Publié le 4 Avril 2020 par Lurdo dans Aventure, Comédie, Critiques éclair, Les bilans de Lurdo, Science-Fiction, Review, Sitcom, Télévision, HBO

Une comédie spatiale crée par Armando Iannucci, de Veep, et avec une distribution de qualité, le tout sur HBO : forcément, un chef d'œuvre instantané, et un show capable de faire la leçon à The Orville sur comment bien mêler comédie, science-fiction et propos social ? En théorie, peut-être... mais dans la pratique, on en est loin.

Avenue 5, saison 1 (2020) :

Lorsqu'un incident technique rallonge leur croisière spatiale de trois ans, les milliers de passagers de l'Avenue 5 paniquent. Face à eux, l'équipage - Ryan Clark (Hugh Laurie), le capitaine, Billie McEvoy (Lenora Crichlow), une ingénieure, Matt Spencer (Zach Woods), responsable des relations clientèle, ou encore Herman Judd (Josh Gad), le milliardaire capricieux possédant le navire, et son bras droit Iris Kimura (Suzy Nakamura), froide et calculatrice. Seul problème : le vaisseau est totalement automatisé, et l'immense majorité de son équipage, capitaine inclus, est composée d'acteurs. Des acteurs qui vont devoir désormais gérer une crise bien réelle...

Avec ses 9 épisodes de 25-30 minutes et le CV de ses créateurs et acteurs, Avenue 5 avait tout pour plaire. Le produit fini, cependant, est assez laborieux et plat, une impression que l'on ressent dès le pilote, et qui ne fait que se confirmer à mesure que la saison avance.

Jamais particulièrement drôle, jamais particulièrement rythmée, jamais particulièrement pertinente dans sa critique sociale ou politique, jamais particulièrement bien structurée, Avenue 5 semble constamment se chercher, n'osant aller frontalement ni dans un Lord of the Flies spatial, ni dans une sitcom futuriste, ni dans une satire noire et semi-dramatique.

Le résultat est un programme hésitant, aux ruptures de ton bancales, et qui souffre - en ce qui me concerne - d'un problème de taille : des personnages délibérément tous antipathiques, que ce soit au niveau des clients - le couple au bord du divorce (Jessica St. Clair et Kyle Bornheimer), tout droit sorti d'une mauvaise sitcom, en passant par un comédien de stand-up (Himesh Patel) qui n'apporte rien à la série, un ex-astronaute en rut (Ethan Phillips), une cliente envahissante (Rebecca Front) et son mari effacé (Andy Buckley), la spécialiste en effets spéciaux, etc, etc, etc - que de l'équipage - Matt le nihiliste et son humour très noir, Judd qui est écrit comme un mini-Trump gueulard...

Des personnages qui agacent, et qui, malheureusement, souffrent quasiment tous du syndrome de la Flanderisation précoce - un syndrome qui, généralement, ne touche les personnages d'une sitcom qu'au fil du temps, aux alentours de la troisième ou quatrième saison, et qui les réduit progressivement à leurs traits de caractère principaux, toujours plus grossis et mis en avant de manière caricaturale (par exemple, Joey dans Friends, qui perd 30 points de QI en plus à chaque saison). Ici, tous les personnages sont déjà réduits à des traits de personnalités caricaturaux, exprimés de manière intempestive et hystérique, et ils sont tous plus bêtes que leurs pieds.

On ne peut donc pas s'attacher au moindre d'entre eux, pas même aux plus "normaux", à savoir Hugh Laurie (par ailleurs excellent), Suzy Nakamura et Lenora Crichlow.

Pourtant, çà et là, on trouve dans Avenue 5 des idées amusantes, ou des répliques qui font mouche. Mais le tout fait tellement du surplace, à l'image du navire, que finalement, on les oublie aussitôt. Les seuls moments où la série semble décoller un peu, c'est quand elle crée un peu de tension et de suspense : la fin de l'épisode 4, par exemple, voit le capitaine effectuer une sortie extravéhiculaire pour réparer quelque chose.

Un cliffhanger de fin d'épisode... malheureusement réglé en trois minutes dans l'épisode suivant, qui retombe dans quelque chose d'assez peu intéressant (notamment centré sur le comédien de stand-up). Idem pour l'épisode suivant, consacré à un bip récurrent qui rend tout le monde fou, et qui semble annoncer une pénurie d'oxygène : de quoi rajouter une dose de stress et des moments amusants... qui retombent rapidement en fin d'épisode, lorsque l'explication de ce bip tombe totalement à plat (notamment pour des raisons de logique : le bip est censé avertir l'équipage de la nécessité urgente de recalibrer les systèmes de survie du vaisseau pour prendre en compte une naissance à bord... mais quand, dans les épisodes précédents ou suivants, les corps des passagers passés de vie à trépas ont été expulsés dans le vide, personne n'a pris la peine de recalibrer le vaisseau un seul instant).

Et c'est ainsi tout au long de la saison, un enchaînement d'idées sous-exploitées et de mollesse globale, une mayonnaise qui ne prend pas vraiment (même si le tout s'améliore un peu à mesure que la saison progresse) et ne s'élève jamais au dessus d'une certaine médiocrité frustrante, surtout en regard des moyens et des talents impliqués.

Assez dommage, je dois dire, d'autant que le tout a du potentiel, dans cette illustration de la bêtise absolue du genre humain, mais les scénaristes semblent encore avancer à l'aveugle, incertains de ce qu'ils veulent faire de leur série. À voir si la suite saura redresser la barre de l'Avenue 5...

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Blog Update ! - Mars 2020

Publié le 31 Mars 2020 par Lurdo dans Cinéma, Critiques éclair, Les bilans de Lurdo, Les bilans de Sygbab, Review, Télévision, Update

Un mois de mars très particulier sur le blog des Téléphages Anonymes, avec ce confinement mondial et des problèmes conséquents de web (et de plateforme) qui ont un peu chamboulé le programme de nos publications...

#1153 : Cats (2019) - 2/6

#1154 : Billionaire Boys Club (2018) - 2.25/6

#1155 : Sacré Moïse ! (1980) - 1.5/6

#1156 : La Chute du Président (2019) - 2.5/6

#1157 : Like a Boss (2020) - 2/6

#1158 : Marvel Stories : Marvel Renaissance - 4.5/6 - Marvel Univers - 3.5/6

#1159 : Bad Boys for Life (2020) - 3.25/6

#1160 : Fisherman's Friends (2019) - 3/6

#1161 : Supervized (2019) - 2.75/6

#1162 : Sonic, le film (2020) - 2.25/6

#1163 : Starring Adam West (2013) - 4.5/6

#1164 - SAINT PATRICK : Forever in my Heart (2019) - 2.25/6

#1165 : Jumanji - Next Level (2019) - 3.5/6

#1166 : Le Voyage du Docteur Dolittle (2020) - 1.75/6

#1167 : Today's Special (2009) - 3/6

#1168 : Unicorn Store (2019) - 2/6

#1169 : I am Thor (2015) - 4/6

#1170 : Super Papa (2001) - 2.5/6

#1171 : La Belle et le Clochard (2019) - 3.25/6

#1172 : Lords of Chaos (2018) - 4.25/6

#1173 : Togo (2019) - 3.5/6

#1174 : Until The Light Takes Us (2008) - 3/6

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# Bilan :

L'avantage d'un confinement, c'est que ça donne beaucoup de temps libre, et que cela permet de rattraper un nombre conséquent de films en retard. L'inconvénient, c'est qu'il faut savoir digérer tous ces films, admettre leur qualité souvent défaillante, et parvenir à s'aérer la tête à défaut de pouvoir s'aérer le corps.

En mars, énormément de films médiocres, et un seul métrage non-documentaire s'élevant au-dessus de la barre des 4/6 : Lords of Chaos, un biopic métalleux intéressant et rafraîchissant.

Le reste ? Pas grand chose de mémorable au programme.

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# Film du mois :

Lords of Chaos, donc, avec en prime, sur le front documentaire, I am Thor (pour les métalleux), Starring Adam West (pour les fans de Batman), et Marvel Renaissance (pour les fans des autres super-héros).

# Flop du mois :

Il serait facile de désigner Cats comme le flop de ce mois de mars... et pourtant, il y a pire : Sacré Moïse !, par exemple, ou Like a Boss... mais surtout le Dolittle de Robert Downey Jr, une relecture bancale au possible du personnage, un blockbuster raté et sans imagination, et une nouvelle preuve, s'il en fallait une, qu'une totale liberté créative accordée à un acteur excentrique est loin d'être la meilleure idée au monde. Il est là, le véritable flop du mois !

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# Petit écran :

Un mois de mars qui, à notre grande surprise à tous, a vu le retour triomphant de Sygbab pour une rétrospective Supernatural hebdomadaire, à l'occasion de la fin imminente de la série. De mon côté, j'ai été nettement déçu par la saison 12 de Doctor Who, à l'écriture faible et aux idées peu avisées... et je l'ai probablement été encore plus par la saison 1 de Star Trek Picard, pour exactement les mêmes raisons : idées moisies, fanservice bancal, écriture jamais à la hauteur... *soupir*

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# À venir :

En avril, puisqu'on ne risque pas de se découvrir d'un fil (vu qu'on est tous enfermés), le blog continue son petit bonhomme de chemin, avec un clown meurtrier, un pseudo-Cluedo à l'américaine, le dernier Pixar, Brad Pitt dans les étoiles, Rambo, Hugh Jackman en meneur de cirque, Baboulinet en super-héros, et bien d'autres choses encore...

Et côté petit écran, Sygbab continuera sa rétrospective Supernatural, tandis qu'en parallèle, on retournera dans les étoiles avec Hugh Laurie, on sèmera le chaos avec Harley Quinn, on goûtera au Carbone modifié, et on bricolera des jeux vidéo avec l'équipe d'It's Always Sunny...

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Et comme toujours, vous pouvez retrouver la liste complète de tous les films passés en revue sur ce blog dans le menu Index de haut de page, ou en cliquant directement sur ce lien (000-1000) et sur celui-ci (1001-2000)...

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Les bilans de Sygbab : Supernatural, saison 3 (2007)

Publié le 29 Mars 2020 par Sygbab dans Action, Aventure, Critiques éclair, Comédie, Drame, Fantastique, Horreur, Les bilans de Sygbab, Review, Télévision, Thriller, USA, Supernatural, CW

Après près de deux ans et demi d'absence sur ce blog, Sygbab revient en force à l'occasion de la conclusion de la série Supernatural : une épopée de 15 saisons qu'il va passer en revue à raison d'un bilan par semaine...

Supernatural, saison 3 (2007) :

Contraints de traquer tous les démons évadés des enfers, les frères Winchester croisent le chemin de Ruby (Katie Cassidy), démone affirmant être en mesure de libérer Dean du pacte démoniaque qu'il a conclu, et de Bela (Lauren Cohan), une voleuse professionnelle d'artefacts occultes...

Après la magnifique saison 2 et son final annonciateur d'une guerre ouverte entre les Winchester et les démons, les téléspectateurs étaient en droit de s'attendre à un terrible affrontement. Mais ce n'est pas l'orientation prise par les scénaristes : il s'agit plutôt d'une guerre larvée, sans véritable front.

Même si cela peut s'expliquer par le fait que Azazel ne soit plus là pour mener des troupes qui sont désormais désorganisées, cela manque d'ambition dans la mesure où la menace ne se fait sentir que de manière sporadique. De fait, le côté sombre qui avait été développé précédemment est moins présent, alors que c'était devenu une force de la série.

Malgré cela, le fil rouge de la saison prend une place prépondérante et c'est un changement par rapport à la structure des saisons précédentes. Dans le cas présent, la plupart des épisodes comportent une scène faisant référence au marché qu'a passé Dean pour ressusciter Sam, qui lui donne seulement un an à vivre avant d'aller en Enfer.

Son attitude laisse à penser qu'il ne se préoccupe pas le moins du monde de ce qui va lui arriver alors qu'en réalité il refuse de faire face à son funèbre destin. Ce n'est pas sans énerver Sam, qui se démène pour trouver des solutions permettant de sauver son aîné. La relation fraternelle qui les lie est exploitée à bon escient, et propose des moments chargés en émotion puisque le duo fonctionne très bien.

Ce développement des principaux protagonistes est intéressant, mais c'est beaucoup plus brouillon en ce qui concerne ceux que l'on voit moins régulièrement. Pourtant, deux personnages féminins sont introduits, mais leur traitement laisse un peu à désirer. Tout d'abord, les motivations de Ruby sont plus que floues (le tout explicatif n'est jamais une bonne chose, mais rester volontairement vague n'est pas vraiment une meilleure solution) et sert bien trop souvent de Deus Ex Machina.

Quant à Bela, sa personnalité de garce qui joue sans cesse sur la naïveté des Winchester pour mieux les rouler dans la farine ne plaide pas vraiment en sa faveur : cela la rend (au mieux) antipathique. C'est l'un des grands défauts de la série depuis le début : les femmes ne réussissent pas à exister, et ce ne sont pas les quelques tentatives maladroites de les approfondir qui changent la donne, malheureusement.

À l'inverse, Bobby s'impose de plus en plus comme une évidence, dans un rôle bien spécifique puisqu'en plus d'être un puits de connaissances grâce à une expérience immense - et sa dégaine ne fait que mettre en avant le fait qu'il ait bourlingué -, il devient également un père de substitution pour Sam et Dean.

Il n'a pourtant pas du tout la même personnalité : plutôt que d'être un protecteur absent et obsédé par son travail comme John, il est toujours présent pour les Winchester qui savent pouvoir réellement compter sur lui, même s'il a tendance à ronchonner et à les sermonner. C'est une très bonne addition, d'autant que le courant passe entre les acteurs.

Parmi les éléments positifs, les évènements passés ne sont pas oubliés et certaines intrigues sont bouclées. En premier lieu, Gordon revient en force pour éliminer Sam mais se retrouve au passage transformé en vampire, lui qui les chasse avec tant de haine. La menace est évacuée puisqu'il meurt, au terme d'un épisode dont l'ambiance est très glauque mais réussie.

Les démêlés des deux frères avec les autorités trouvent une issue favorable : assiégés par des démons à la solde de Lilith alors qu'ils sont dans un commissariat après avoir été arrêtés par le FBI, leur défense héroïque leur vaut la reconnaissance de l'agent Henriksen qui les laisse partir en promettant de les faire passer pour morts. Ce dernier prend la vérité en pleine tête, et comprend avec violence qu'il est dans l'erreur depuis le début les concernant. Une prise de conscience trop tardive, qui lui sera fatale une fois que Lilith le retrouve avec ceux qui ont aidés Sam et Dean.

Pour notre plus grand bonheur, Ben Edlund se fend également de deux épisodes humoristiques : Bad Day at Black Rock, où les Winchester sont à la poursuite de gredins ayant volé une patte de lapin qui rend chanceux celui qui la possède (mais qui lui fait souvent payer le prix de cette chance puisque l'objet semble être doté d'une volonté propre et changer assez régulièrement de propriétaire) et Ghostfacers, dans lequel ils rencontrent des chasseurs de fantômes amateurs un peu stupides.

C'est l'occasion de s'exercer à une véritable parodie de la série, dans une ambiance bon enfant et hilarante. À côté de cela, il y a des épisodes plus convenus : un épisode sans fin, un épisode de Noël... Cela donne parfois l'impression d'une écriture en mode "pilotage automatique".

La fin de saison va au bout de l'idée en envoyant Dean en Enfer, comme cela était prévu, mais il y a fort à parier que cela ne durera pas longtemps. Il ne s'agit pas d'une réelle prise de risques, mais ça a le mérite d'être moins convenu que s'il avait réussi à échapper à son sort. Néanmoins, les circonstances dans lesquelles cela se produit ne sont pas extrêmement spectaculaires, ce qui reste décevant.

C'est d'ailleurs un mot que l'on peut employer pour la saison dans son ensemble, car les bons moments ne cachent pas certains défauts. Il y a toutefois une circonstance atténuante : réduite à 16 épisodes, cette saison a été perturbée par la grève des scénaristes de 2007.

De quoi laisser le bénéfice du doute à l'égard de cette légère baisse de qualité.

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Critiques éclair - Star Trek : Picard 1x09-1x10 (2020) + Bilan

Publié le 28 Mars 2020 par Lurdo dans Aventure, Action, CBS, Critiques éclair, Drame, Les bilans de Lurdo, Review, Science-Fiction, USA, Télévision, Star Trek

Dernière ligne droite pour cette première saison de Star Trek Picard, une première saison qui, après un début intéressant, s'est très rapidement engoncée dans une redite de thèmes déjà abordés par Discovery, entre autres, développés de manière assez bancale par des scénaristes finalement très peu inspirés...

Star Trek : Picard - Saison 1 (2020) :

- 1x09 - Et in Arcadia Ego, Part 1 : l'équipage du Sirena fait route vers la planète natale de Soji, Coppelius, où ils découvrent une communauté d'androïdes supervisés par Sutra et par Altan Inigo Soong (Brent Spiner), le fils du créateur de Data...

Écriture à trois plumes (Chabon, sa femme et Akiva Goldsman... aïe) pour un épisode assez raté, qui cumule coïncidences bien pratiques, caractérisation à la truelle (dès sa première apparition à l'écran, Sutra, telle qu'interprétée par Isa Briones, est arrogante, hautaine, antipathique, bref, totalement caractérisée comme une méchante, ce qu'elle devient forcément en fin d'épisode), direction artistique générique au possible (les androïdes peints en dorés, les vêtements façon hippie chic californien des années 80-90, l'architecture), et choix créatifs assez peu probants (Seven of Nine, le cube borg, Elnor... on peine à voir l'intérêt de les utiliser ainsi ; le vulcan mindmeld entre deux androïdes ; le fils caché - très louche, surtout avec les initiales A.I. - de Soong ; le corps artificiel que l'on devine potentiellement destiné à l'un de nos héros - Picard ?).

Ah, et bien sûr, il y a cette histoire de message (en grande partie constitué d'images libres de droit reprises sur Shutterstock) venus de l'outre-espace lointain, sur cette race d'être cybernétiques supérieurs prêts à intervenir pour éliminer toute forme de vie organique pour libérer les androïdes de leur joug, une fois que ces derniers ont atteint un certain niveau de leur évolution. J'ai envie de dire que Mass Effect est bien passé par les studios de CBS, mais bon... ce n'est que juste retour de bâton, vu tout ce que Mass Effect a pompé à Trek, à Babylon 5, et à certains romans.

- 1x10 - Et in Arcadia Ego, Part 2 : tandis que Sutra construit une balise pour contacter les êtres synthétiques supérieurs de légende, et que Picard est captif, la flotte romulienne s'approche de Coppelius...

Aïe. Moins d'une heure pour tout boucler, forcément, ça implique qu'on ait bien fait le travail en amont. Le problème, avec Picard, c'est que le travail en question a été gentiment bâclé sur de nombreux fronts, et que la majorité des personnages et de leurs relations peinent à exister.

Résultat : cette fin de saison est précipitée, bourrée de grosses ficelles honteuses (le gadget magique des androïdes), de transitions approximatives, de rebondissements télégraphiés, "mais ce n'est pas grave, regardez, on vous a mis une grosse bataille spatiale, et de l'émotion avec la mort de Picard, et avec celle de Data !".

Mais même là, ça ne fonctionne pas. La grosse bataille spatiale ? Souvent illisible, principalement à cause d'un abus de clonage numérique des vaisseaux romuliens (idem pour la flotte de Starfleet, qui n'a jamais l'ampleur des flottes d'autrefois : ici, tous les navires sont identiques, copiés-collés par des artistes graphiques fainéants). La mort de Picard, et tous les larmoiements et gros violons qui l'entourent ? Immédiatement désamorcés par l'existence de ce corps numérique façon Altered Carbon dont le spectateur attentif sait pertinemment qu'il est destiné à Picard. La mort de Data ? Plutôt jolie et touchante... mais finalement assez inutile, et souffrant de clichés de scénaristes (sur la mort, la vie, l'immortalité, etc) assez peu originaux.

Et je pourrais continuer longtemps sur les éléments qui ne fonctionnent pas : les Borgs inexistants, Narek qui disparaît en cours de route, Seven of Nine qui finit en couple avec Raffi (!?), la maladie de Picard qui le frappe au pire moment, les revirements de Soong, la Fédération qui change subitement d'avis sur les synthétiques, le retour (télégraphié) de Riker (l'un des seuls bons moments de l'épisode - puisqu'on vous dit, depuis 20 ans, que ce qu'on veut, c'est une série sur les aventures du Capitaine Riker)...

Un vrai gâchis.

Bilan saisonnier :

Que dire de nouveau après toutes ces critiques hebdomadaires ?

Lorsque la franchise Star Trek est passée au cinéma pour les aventures de Picard et compagnie, une mutation s'est opérée. Sous la pression conjuguée des impératifs du format blockbuster moderne, des demandes des exécutifs en charge, et des désidératas de Brent Spiner et de Patrick Stewart (devenus les stars de la franchise, par la force des choses et suite au succès de First Contact), les films Trek sont passés de récits collégiaux sur un équipage soudé, à films d'action centrés principalement sur Picard et Data.

Mais visiblement, Star Trek Nemesis n'a pas déçu que les spectateurs et les fans de la franchise, puisque ce Star Trek Picard semble n'avoir aucune autre justification réelle, pour son existence, que d'apaiser les esprits de Stewart et Spiner, en réécrivant la fin de Picard et Data et en leur offrant des adieux dignes de ce nom. Personne ne le demandait vraiment, à part peut-être les deux acteurs, et l'on se demande régulièrement si ce n'est pas là la seule raison pour laquelle les deux hommes ont accepté de rempiler.

Difficile d'expliquer, sinon, le vide abyssal entourant les deux personnages : les méchants sont transparents, la menace globale n'est qu'une paire de tentacules mécaniques qui disparaît aussitôt, Elnor n'est qu'un cliché ambulant sous-développé et qui ne sert pas plus que les Borgs, leur cube et Seven, et le tout noircit délibérément le tableau de Star Trek, pour pouvoir y appliquer des idées peu abouties repompées à droite et à gauche.

Rien que le postulat de départ pose problème : comment, après des saisons entières de Star Trek au fil desquelles Data, les androïdes, les exocomps, les espèces semi-cybernétiques, les Borgs, les hologrammes, et j'en passe, ont été considérés comme des citoyens et des êtres vivants à part entière, peut-on se retrouver avec ce que l'on voit au début de la saison, à savoir des androïdes exploités en tant que main d'œuvre par la Fédération, et faisant l'objet des moqueries des humains pour lesquels ils travaillent ?

Mais peu importe, visiblement : le mot d'ordre de cette série, à en juger par le nombre de fois où Picard se fait reprendre par les autres personnages et se fait vertement tancer pour ses habitudes, ses réactions et son point de vue sur le monde, c'est un peu un "Ok boomer" spatial. Et malheureusement, ça a à peu près la profondeur et la pertinence de ce meme, une vacuité que trois tonnes de fanservice ne parviendront jamais à cacher...

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