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LES TÉLÉPHAGES ANONYMES

Il était une fois Lurdo & Sygbab, deux internautes passionnés de séries tv et de cinéma, et qui cherchaient un endroit où archiver leurs avis (semi) éclairés...

Articles avec #france catégorie

Un film, un jour (ou presque) #773 : MOIS FRANÇAIS - L'École pour Tous (2006) & Débarquement Immédiat ! (2016)

Publié le 26 Juillet 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Comédie, France, Romance, Jeunesse, Policier, Aventure

Pendant un mois, à l'occasion de la Fête Nationale, retour sur un cinéma que je délaisse trop souvent : la comédie française... ​​

L'École pour Tous (2006) :

Petit délinquant de banlieue, Jahwad (Arié Elmaleh) croise le chemin d'un enseignant dépressif, avec lequel il a un accident de voiture. Et tandis que ce dernier finit à l'hôpital, dans le coma, Jahwad voit là une occasion en or de se ranger un moment : adoptant l'identité de Jean-Christophe Despalin, le blessé, il débarque au collège, et se prétend enseignant...

Une comédie scolaire vraiment très basique, au script assez superficiel, et qui ne tient debout que par l'énergie et la bonne volonté du frère Elmaleh.

Tout le reste semble vraiment en pilotage automatique, et fait même par moments très télévisuel, alourdi par des personnages secondaires sous-développés (dommage, puisqu'on y trouve des interprètes sympathiques comme Vincent Desagnat ou Valérie Bonneton), et par une romance qui ne fonctionne pas vraiment.

D'ailleurs, on a régulièrement l'impression que des bouts de script ont été coupés au montage, ou n'ont pas bien été pensés et conçus en amont, comme toute la sous-intrigue sur le compère de Jahwad - Nader Boussandel -  ou sur la jeune femme que Jahwad séduit dans un café, et qui ensuite ne sert plus à rien.

Bref, le fond n'est pas désagréable, Elmaleh non plus, les enfants sont naturels et crédibles, mais le tout semble avoir une bonne décennie de retard dans son style et dans son propos, et est trop bancal, dans l'ensemble, pour être convaincant.

2.5/6

Débarquement Immédiat ! (2016) :

Chargé par ses supérieurs de reconduire Karzaoui (Medi Sadoun), un Afghan, dans son pays d'origine, José Fernandez (Ary Abittan) et son collègue Guy Berthier (Cyril Lecomte) l'accompagnent en avion jusqu'à bon port. Mais Karzaoui affirme être algérien et victime d'une erreur judiciaire, et lorsque l'avion fait escale à Malte, il fait tout son possible pour échapper à ses geôliers...

Une comédie sur l'immigration illégale réalisé et écrit par Philippe De Chauveron, réalisateur de Qu'est-ce qu'on a fait au bon Dieu ?, avec deux des acteurs de ce dernier film (dont Sadoun, l'une des Kaïra).

Ce n'est pas particulièrement bon ou mauvais, et c'est bien là le problème : malgré son semblant de propos (pourtant pertinent et d'actualité), et sa distribution sympathique (à noter Reem Kherici, qui hérite d'un rôle très peu flatteur), ça ronronne très rapidement, ça tourne à vide, et ça ressemble presque à un film tourné uniquement pour payer des vacances à Malte à son équipe.

Ce n'est pas forcément antipathique, mais c'est assez plat et convenu.

2.5/6

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Et comme toujours, vous pouvez retrouver la liste complète de tous les films passés en revue sur ce blog dans le menu Index de haut de page, ou en cliquant directement sur ce lien...

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Un film, un jour (ou presque) #772 : MOIS FRANÇAIS - OSS 117 : Rio ne répond plus (2009) & Les Aventures de Philibert, Capitaine Puceau (2011)

Publié le 25 Juillet 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Comédie, France, Fantastique, Histoire, Thriller, Action, Aventure, Romance, Catch

Pendant un mois, à l'occasion de la Fête Nationale, retour sur un cinéma que je délaisse trop souvent : la comédie française...

OSS 117 : Rio ne répond plus (2009) :

Douze ans après la mission du Caire, OSS 117 (Jean Dujardin) est envoyé à Rio pour y retrouver un micro-film révélant les noms des collaborateurs français sous l'occupation. Sur place, il y rencontre Dolorès Koulechov (Louise Monot) du Mossad, des Nazis, et des Chinois particulièrement rancuniers...

Après un premier OSS 117 à 4.75/6 (un excellent pastiche de film d'espionnage des 50s, avec un Dujardin formidable en agent idiot, chauvin et paternaliste, une musique mémorable, et un script bien plus malin et subtil qu'il n'y paraît), la suite, sortie 3 ans plus tard : on prend les mêmes, et on recommence, mais dans les années 60, et en Amérique du Sud.

Si l'effet de surprise n'est plus forcément là, on retrouve sans problème tout ce qui faisait le charme du premier OSS, mais un charme un peu différent, cette fois-ci. Rio ne répond plus change en effet légèrement son fusil d'épaule, insistant de manière un peu plus appuyée sur la bêtise de son héros, totalement dépassé par un monde en pleine mutation.

À l'instar de l'époque qu'il aborde, Rio... est ainsi plus décousu et libéré, affranchi du cadre rigide du premier opus et des années 50 : cela donne lieu à une première demi-heure en demi-teinte, manquant un peu du punch et de la mécanique implacable de l'original, mais ensuite, progressivement, le film monte en puissance et en absurde dès que les Nazis entrent en jeu.

On finit par passer un moment tout aussi agréable qu'avec le film précédent, même si, il faut bien l'avouer, il manque peut-être d'un moment instantanément culte et mémorable, comme pouvait l'être Bambino en 2006.

4.5/6

Les Aventures de Philibert, Capitaine Puceau (2011) :

Au XVIème siècle, en Bretagne, Philibert (Jérémie Renier) découvre à la mort de son père cultivateur qu'il est en réalité l'héritier d'un riche noble assassiné par le machiavélique Comte d'Artois (Alexandre Astier). Accompagné de Martin (Manu Payet), son nouvel écuyer, Philibert part en quête de vengeance, bien décidé à protéger au passage sa virginité et sa Foi, et à conquérir le cœur de la belle Inès (Élodie Navarre)...

Le co-scénariste des OSS 117 remet le couvert, mais appliqué cette fois-ci aux films de cape et d'épée des années 50-60, et sans Michel Hazanavicius à la réalisation, confiée ici à un réalisateur de sketches de Canal +, dont c'est là le premier long-métrage.

Le résultat : un pastiche très réussi visuellement, mais laborieux au possible, et qui peine à convaincre sur la durée, car cruellement dépourvu de punch et d'énergie. Pourtant, on sent que la production a abattu là un sacré travail, et que les acteurs font tout leur possible (même si Astier, envahissant, semble un peu refaire sa partition habituelle, et si la diction très particulière sied plus ou moins bien à chacun).

Mais c'est insuffisant : dans l'ensemble, ça se regarde gentiment, sans jamais vraiment arriver à la cheville des OSS, ni particulièrement passionner, tant tout ça manque du rythme des deux films de Dujardin, et de leur mordant.

J'ai envie de mettre la moyenne pour l'effort de reconstitution, et pour certains gags, mais en fait, j'ai commencé à regarder ma montre avant même l'heure de métrage, ce qui n'est vraiment pas bon signe...

2.75/6

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Un film, un jour (ou presque) #771 : MOIS FRANÇAIS - Mohamed Dubois (2013) & Problemos (2017)

Publié le 24 Juillet 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Comédie, France, Science-Fiction, Fantastique, Romance

Pendant un mois, à l'occasion de la Fête Nationale, retour sur un cinéma que je délaisse trop souvent : la comédie française... ​​

Mohamed Dubois (2013) :

Parce qu'il n'a pas vraiment la tête de l'emploi, Arnaud Dubois (Éric Judor) est persuadé que son père lui cache de véritables origines maghrébines. Après une dispute, il quitte le domicile familial, et son poste de banquier, pour s'installer chez Mustafa (Youssef Hadji), dont il a croisé le chemin. Rapidement, sous le pseudonyme de Mohamed, Arnaud s'intègre alors à la communauté, et finit par s'éprendre de Sabrina (Sabrina Ouazani), la soeur policière de Mustafa...

Une sorte de variation de La Vérité si je mens en banlieue, avec de bonnes intentions (dénonciation du communautarisme, etc) malheureusement mises en image de manière clichée, pataude, et rarement vraiment drôle.

Le tout finit donc par tourner rapidement à vide, et par être presque mécanique, en tombant occasionnellement dans ces mêmes stéréotypes que le film semblait vouloir dénoncer, et en se finissant par une romance télégraphiée au possible.

Reste Éric Judor, ainsi que quelques seconds rôles sur lesquels on peut toujours compter, mais ça ne suffit pas à sauver ce film cousu de fil blanc. 

2.5/6

Problemos (2017) :

Afin de rendre visite à un ami de son épouse Jeanne (Célia Rosich), Victor (Eric Judor), sa femme et sa fille passent quelques jours dans une communauté alter-mondialiste militante occupant une ZAD. Mais au terme de leur séjour, ils découvrent que le monde, à l'extérieur de la ZAD, vient d'être frappé par une pandémie meurtrière, qui fait des membres de la communauté les derniers êtres humains encore vivants. À eux de reconstruire le monde et la race humaine...

Une comédie post-apocalyptique surprenante réalisée et interprétée par Eric Judor, qui profite de l'occasion pour livrer une satire corrosive des milieux écologistes et baba-cools.

Le postulat de départ évoque forcément un peu Seuls Two (où Eric était accompagné de Ramzy) mâtiné de la dernière partie de Downsizing, qui partage avec ce Problemos un certain refus de l'utopie hippie-écolo.

Contrairement à Downsizing, cependant, où le protagoniste finissait par refuser l'écologie à grande échelle pour se concentrer sur l'entre-aide et l'activisme du quotidien, ici, Victor finit par s'intégrer à la communauté, et même par en devenir le meneur.

Le message de Problemos est nettement plus désenchanté, en fin de compte, soulignant toutes les contradictions et hypocrisies des militants écolos en tous genres, et concluant sur une note cynique sans appel : même avec les meilleures intentions au monde (ou du moins, les plus idéalistes), la nature humaine reprend le dessus, et avec elle, ses penchants les plus basiques - sexe, nourriture et violence.

Alors on a bien, parfois, l'impression d'une succession de scénettes (renforcée par une structure en "Actes") ; on a bien, fréquemment, l'envie de donner des baffes à tout le monde (mais c'est normal, c'est voulu) ; et la fin paraît bien un peu abrupte.

Mais dans l'ensemble, cette comédie fonctionne bien, est joliment interprétée, et s'avère plus efficace que bon nombre de grosses comédies françaises pataudes et surjouées, comme il y en a tant.

4/6

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Un film, un jour (ou presque) #770 : MOIS FRANÇAIS - Il Reste du Jambon ? (2010) & De l'Huile sur le Feu (2011)

Publié le 23 Juillet 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, France, Comédie, Romance, Action, Religion

Pendant un mois, à l'occasion de la Fête Nationale, retour sur un cinéma que je délaisse trop souvent : la comédie française... ​​ 

Il Reste du Jambon ? (2010) :

Envoyée aux urgences suite à une allergie alimentaire, Justine (Anne Marivin), une journaliste, y est soignée par Djalil (Ramzy Bédia), dont elle s'éprend aussitôt. Mais cette relation idyllique est rapidement compliquée par les différences culturelles et religieuses entre leurs deux familles...

Une comédie romantique signée Anne Depétrini, qui s'est ainsi inspirée de sa vie aux côtés de son conjoint, Ramzy, pour nourrir son film d'anecdotes et de moments véridiques. Malheureusement, ça n'a pas suffi à convaincre la critique ou les spectateurs, puisque le métrage s'est fait démolir par ces deux groupes, le fait que Ramzy joue un personnage romantique et relativement sérieux s'étant montré rédhibitoire pour beaucoup.

Et pourtant, j'ai trouvé le tout assez amusante et rafraîchissant, notamment parce que la présence évidente de Ramzy à la co-écriture apporte une touche de fantaisie et d'absurde assez typique du bonhomme, et parce que son couple avec Anne Marivin fonctionne très bien, et a une vraie alchimie.

Alors certes, ce n'est pas le summum de l'originalité dans son côté choc des cultures, c'est gentiment naïf, et ça enfonce parfois des portes ouvertes dans ses clichés, mais dans l'ensemble, j'ai trouvé que le tout avait un certain charme, et méritait bien mieux que cette hostilité ouverte qui a cueilli le métrage à sa sortie.

3.5/6

De l'Huile sur le Feu (2011) :

Entre le restaurant halal de la famille Chouffry, et le restaurant asiatique de la famille Zi, qui se partagent une même terrasse, la cohabitation est parfois difficile. Et la tension monte d'un cran après la disparition du chien des Chouffry, qui se combine bientôt à la mort de la propriétaire de ce coin de rue (Claude Gensac)...

Une comédie française à l'humour communautaire pas désagréable, premier long-métrage du réalisateur des deux Babysitting et de À Fond.

Ça reste très gentillet et inoffensif, forcément assez cliché et caricatural, ça ne vole pas forcément très haut, mais ça reste très regardable, principalement parce que le film passe à la vitesse supérieure dans sa deuxième moitié, et finit par totalement dégénérer en quelque chose de très improbable, à la limite du cartoon, à mesure que le conflit entre les voisins s'amplifie...

Et la relation naissante entre la fille Chouffry et le livreur déglingué interprété par Vincent Lacoste, qui avait tendance à alourdir la première partie du métrage, trouve enfin son sens, et sa raison d'être.

Bref, c'est potache, amusant, et pour un premier long-métrage, c'est assez honorable.

3/6

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Un film, un jour (ou presque) #769 : MOIS FRANÇAIS - Fastlife (2014) & Coexister (2017)

Publié le 22 Juillet 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Comédie, France, Musique, Sport, Religion, Drame

Pendant un mois, à l'occasion de la Fête Nationale, retour sur un cinéma que je délaisse trop souvent : la comédie française... ​​

Fastlife (2014) :

Ancien coureur olympique du 100 mètres, Franklin Ébagé (Thomas N'Gijol) est désormais un raté sans le sou, flambeur prétentieux et parasite fini s'accrochant aux dernières miettes de sa gloire. Sans autre choix, décidé à remonter la pente, il accepte alors le sponsoring d'un grand producteur de volaille caractériel (Olivier Marchal), et finit par repartir en Afrique pour se ressourcer...

Première comédie solo de Thomas N'Gijol (à la réalisation, l'écriture et l'interprétation), qui s'essaie ici à un style de métrage à mi-chemin entre la cringe comedy/le pathétisme à l'anglaise, et les pantalonnades sportives façon Will Ferrell (la quête de rédemption d'une grande gueule arrogante ayant connu les sommets), en nettement plus sérieux, à la limite de la comédie dramatique.

Malheureusement, faute de jamais rendre son personnage attachant (ou au minimum suffisamment excentrique pour être intéressant), il est difficile de s'intéresser à ce métrage jamais particulièrement drôle ou rythmé, ou à ce protagoniste à la limite de l'enflure absolue.

Et je dois dire que la toute fin, en plus d'être prévisible, achève de donner envie de hausser les épaules, et de dire "tout ça pour ça".

2/6

    CoeXister (2017) :

    Producteur de musique à la recherche d'un hit instantané, Nicolas Lejeune (Fabrice Éboué) a l'idée de créer un groupe composé d'un imam, d'un rabbin et d'un prêtre catholique. Seul problème, Moncef (Ramzy Bédia) est un chanteur arabe tout sauf religieux, Samuel (Jonathan Cohen) est un juif paranoïaque et dépressif, et Benoit (Guillaume de Tonquédec), lui, n'est pas insensible au charme de Sabrina (Audrey Lamy), l'assistante de Nicolas...

    Dernière comédie en date écrite et réalisée par Fabrice Éboué (sans Thomas N'gijol, cela dit, ni Lionel Steketee, qui a préféré réaliser le mauvais Les Nouvelles Aventures de Cendrillon), dont on retrouve immédiatement le cynisme et l'humour, et ce dans la moindre des scènes de ce métrage.

    Un peu trop, d'ailleurs, puisqu'un peu comme dans Case Départ, le film tape (à raison) sur toutes les religions, toutes les ethnies, tous les préjugés et autres stéréotypes raciaux sous couvert de dénonciation, mais dès qu'il s'agit de l'homosexualité, les vannes se font purement gratuites et lourdes (le clip de rap gay, *soupir*).

    À part ça, le tout se regarde sans trop de problème, c'est assez bien interprété, mais comme Case Départ, ça finit par ronronner assez rapidement et par être globalement prévisible, en plus de perdre son mordant à mesure que le métrage prend les mésaventures et la carrière de ses protagonistes au sérieux.

    Gentillet et vaguement amusant, sans plus.

    2.75 ou 3/6, en étant gentil.

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    Un film, un jour (ou presque) #768 : MOIS FRANÇAIS - Case Départ (2011) & Le Crocodile du Botswanga (2014)

    Publié le 22 Juillet 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Comédie, France, Sport, Fantastique

    Pendant un mois, à l'occasion de la Fête Nationale, retour sur un cinéma que je délaisse trop souvent : la comédie française... ​​

    Case Départ (2011) :

    Régis (Fabrice Éboué), métis marié et conseiller municipal, est bien intégré, et n'a que peu de respect pour son héritage ; Joël (Thomas Ngijol), est un petit délinquant bon à rien, à l'insulte facile, et (supposément) converti à l'Islam. Ces demi-frères se retrouvent aux Antilles, à l'occasion de la mort de leur père... mais lorsqu'ils insultent l'héritage familial, un sort les renvoie en 1780, où ils découvrent la vie d'esclave, et doivent amener leurs ancêtres à se rencontrer...

    Comédie française de Fabrice Éboué, Thomas Ngijol, Jérôme L'Hotsky et Lionel Steketee, qui joue d'un humour très noir (sans mauvais jeu de mots) pour dénoncer la banalité du racisme ordinaire de l'époque, et de l'esclavage.

    Et à ma grande surprise, ça ne fonctionne pas trop mal : bon, d'accord, ça s'essouffle un peu sur la durée, le côté "profitons du racisme de l'époque pour pousser le bouchon encore plus loin" finit par lasser (d'autant que le métrage ne se prive pas d'avoir recours, lui, à un certain humour homophobe gratuit sans réellement lui apporter le même contexte ou désamorçage que pour le côté raciste), et certains moments sont très lourds, mais dans l'ensemble, ça se regarde tranquillement, et l'interprétation globale est assez naturelle (c'est souvent l'un de mes problèmes avec les comédies françaises, mais là, ça fonctionne).

    Rien d'exceptionnel, mais avec un sujet casse-gueule de ce genre, ça aurait pu être bien pire.

    3/6

    Le Crocodile du Botswanga (2014) :

    En visite dans le pays de ses ancêtres, le Botswanga, le jeune footballeur Leslie Konda (Ibrahim Koma) désire répandre les cendres de sa mère dans le village natal de celle-ci. Accompagné de Didier (Fabrice Éboué), son agent sans foi ni loi, il rencontre alors le dictateur Bobo Babimbi (Thomas N'gijol), un homme excentrique et imprévisible, qui est bien décidé à l'ajouter à l'effectif de l'équipe nationale des Crocodiles du Botswanga...

    Deuxième comédie du trio N'gijol-Éboué-Steketee, ce film part en Afrique, pour des aventures déjantées clairement dominées par N'gijol, impeccable en dictateur déjanté et dangereux, et portant le film sur ses épaules.

    Bon, ce n'est pas non plus de la plus grande originalité - remplacez l'Afrique par un autre pays, et vous aurez Le Dictateur de Chaplin, The Dictator de Sasha Baron Cohen, ou encore L'interview qui tue !, entre autres - et il y a quelques baisses de rythme, problèmes de structure et passages inutiles (toute la romance du footballeur avec la "fille" de Frank De Lapersonne) ou inutilement graveleux, mais dans l'ensemble, la bonne humeur générale de l'ensemble fait que le tout fonctionne plutôt bien, que ce soit au niveau de la critique sous-jacente (du colonialisme, des dictatures africaines, du racisme, du football, etc), que de l'univers dépeint.

    D'autant que sur la fin, le film sait redevenir un peu plus sérieux, et que cela lui permet de fonctionner d'autant mieux. Ajoutez à cela des caméos qui font plaisir (Claudia Tagbo, Issa Doumbia, etc), et on se retrouve avec mon film préféré de cette petite bande.

    3.75 ou 4/6, parce que c'est vraiment sympathique.

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    Un film, un jour (ou presque) #767 : BELGIQUE - Les Barons (2009), Il était une fois, une fois (2012) & Good Luck Algeria (2015)

    Publié le 21 Juillet 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Comédie, Belgique, Sport, France

    Pendant un mois Aujourd'hui, à l'occasion de la Fête Nationale belge, retour sur un cinéma que je délaisse trop souvent : la comédie française franco-belge... ​​

    Les Barons (2009) :

    Hassan (Nader Boussandel), Mounir (Mourade Zeguendi), Aziz (Mounir Ait Hamou) et Franck (Julien Courbey), quatre amis de la banlieue de Bruxelles, se font appeler les Barons : un moyen pour eux de se prétendre au-dessus du lot, et de justifier leur vie oisive et fainéante. Mais Hassan, apprenti comédien de stand-up, aimerait trouver sa voie, en dépit du carcan de sa vie de banlieue, et des stéréotypes qu'elle charrie. D'autant qu'il n'est pas insensible à Malika (Amelle Chahbi), la sœur de Mounir, et présentatrice d'une chaîne d'informations...

    Comédie semi-dramatique belge façon tranche de vie de banlieue, avec une distribution plutôt sympathique (que ce soit au niveau des premiers rôles que des caméos - Édouard Baer, Virginie Efira), et qui s'avère plutôt inventive et amusante, notamment dans sa mise en formes visuelle (artifices de montage, de transition, etc).

    Le problème, en fait, c'est que le film se retrouve un peu le postérieur entre deux chaises : d'un côté la comédie de banlieue, avec donc une réalisation dynamique, un personnage qui s'adresse directement au spectateur, brise le quatrième mur, etc, et de l'autre, des moments plus sérieux et dramatiques, qui sont alors formellement ultra-basiques et simples et semblent oublier toute la fantaisie et l'inventivité du reste du film.

    C'est dommage, d'autant qu'en prime, la photographie globale est assez terne et délavée, et que le métrage est probablement un peu longuet (plus d'1h45) : ce déséquilibre tire un peu le récit vers le bas, et empêche les moments les plus sérieux de totalement fonctionner.

    Une meilleure gestion de ces deux facettes aurait probablement permis de donner un peu plus d'énergie globale au film, et d'impact à la fin douce-amère, qui n'est pourtant pas désagréable en l'état.

    3.25/6

    Il était une fois, une fois (2012) :

    Lorsque sa candidature de concierge d'un grand hôtel parisien est refusée à cause de ses origines belges, Willy Vanderbrook (François-Xavier Demaison) décide de se venger en débarquant dans l'établissement avec tous ses amis, et en se faisant passer pour un Prince belge le temps d'une soirée. Mais le lendemain, à son réveil, il découvre qu'il a été victime d'une arnaqueuse professionnelle (Anne Marivin) qui, rapidement, décide de se joindre à eux, et les amène à répéter l'imposture, avec à la clef, une fortune en bijoux...

    Une comédie française produite par Dominique Farrugia, et qui voit tout un défilé d'acteurs et de visages belges mémorables, dans ce qui s'avère un film de casse décalé à la mode belge.

    Assez dynamique, ça se joue des clichés habituels sur les Belges avec une bonne humeur certaine, mais cela n'empêche pas ce film - du réalisateur des Portes de la Gloire, et des scénaristes de RTT - de ressembler régulièrement à un gros sketch un peu décousu, mettant en scène des caricatures très outrancières, aux mésaventures improbables.

    Amusant, sans plus, et se terminant un peu en queue de poisson.

    Un tout petit 3/6

    Good Luck Algeria (2015) :

    Stéphane Duval (Franck Gastambide) et son associé et ami Samir Zitouni (Sami Bouajila) fabriquent ensemble des skis de fond de compétition, mais lorsqu'un athlète réputé leur fait faux bond, ils se retrouvent au bord de la faillite. Seule solution : que Samir se remette au ski de fond, et se présente aux Jeux Olympiques d'Hiver sous la bannière algérienne, afin de créer un peu de buzz autour de leur marque...

    Métrage inspiré par une histoire vraie, et réalisé par le frère de l'athlète à l'origine de toute cette histoire, cette comédie dramatique sociale et sportive n'est pas désagréable du tout, malgré une réalisation réaliste, façon caméra à l'épaule, assez typique du genre, et malgré une Chiara Mastroianni qui m'a laissé assez indifférent.

    J'ai nettement préféré Gastambide dans un rôle plus sérieux que d'habitude, ainsi que l'interprétation de Sami Bouajila, sincère et convaincante ; quant au film en soi, il se regarde tranquillement, tout en étant assez balisé de bout en bout.

    L'interrogation sur les racines, le retour au pays et l'héritage des émigrés qui se greffe sur l'aspect sportif est plutôt bien vue et pertinente, mais ça ne suffit pas forcément à faire de ce film quelque chose d'exceptionnel ou de particulièrement mémorable.

    Ce n'est pas mauvais, c'est parfois touchant, mais c'est aussi... gentillet et inoffensif.

    3.25/6

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    Un film, un jour (ou presque) #766 : MOIS FRANÇAIS - Un Homme à la Hauteur (2016) & Brice 3 (2016)

    Publié le 21 Juillet 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, France, Comédie, Romance, Aventure

    Pendant un mois, à l'occasion de la Fête Nationale, retour sur un cinéma que je délaisse trop souvent : la comédie française... ​​

    Un Homme à la Hauteur (2016) :

    Avocate talentueuse et sculpturale, Diane (Virginie Efira) reçoit un soir un appel d'Alexandre (Jean Dujardin), un homme drôle, intelligent, riche et cultivé, qui a retrouvé le téléphone portable qu'elle avait perdu. Rapidement, le duo se rapproche, mais il subsiste un problème : Alexandre mesure 1m36, et cela complique fortement les relations de Diane avec ses proches.

    Adaptation d'un film argentin, cette comédie romantique française repose entièrement sur deux choses : son couple principal, et les effets spéciaux permettant de rendre crédible la taille de Dujardin.

    Et si le couple Dujardin/Efira fonctionne plutôt bien (malgré des dialogues et un script parfois assez laborieux), les effets spéciaux posent un gros problème. Problème de cadrages, de rapetissage, de proportions, de tenues, de positions, la taille de Dujardin change constamment, n'est jamais homogène et tout simplement jamais vraiment crédible (dans l'immense majorité des scènes de romance et de dialogue, Dujardin semble simplement être assis 50 centimètres plus bas qu'Efira, et le reste du temps, il semble sur fond vert).

    Ce qui pourrait passer, à la limite, si le reste du film était prenant, attachant et réussi. Malheureusement, il est assez difficile de s'identifier ou d'apprécier cette romance de personnages richissimes et privilégiés, avocate et chefs de cabinet d'architecte très aisés, qui dépensent sans compter, à base de jets privés, d'argent à gogo, de soirées privées, de vernissages, etc

    Et comme à part ça, le film est particulièrement balisé et mollasson, avec des personnages secondaires assez moyens (tout ce à trait à Cédric Kahn est forcé au possible), une illustration musicale assez "publicitaire" et un propos basique et simpliste sur le handicap et la différence... on se retrouve avec un film inégal, qui aurait bénéficié d'être moins élitiste et plus abouti d'un point de vue technique.

    2.5/6

    Brice 3 (2016) :

    Une décennie après avoir trouvé sa vague et sa sirène, Brice (Jean Dujardin) est retombé dans ses mauvaises habitudes, et vit à nouveau une routine des plus insipides, à attendre une vague qui ne vient jamais. Mais lorsqu'il reçoit un appel à l'aide de Marius (Clovis Cornillac), et qu'on l'expulse de sa caravane, il n'a d'autre choix que de rejoindre son ami à l'autre bout du monde... après un détour par Hossegor, pour y confronter Igor (Bruno Salomone).

    Le premier Brice de Nice était une comédie sympathique et décalée, qui partait d'un best-of des sketches du personnages pour développer, avec une certaine poésie absurde, l'histoire d'un personnage immature et benêt à la recherche de ses rêves ; avec en prime des numéros musicaux amusants, un travail plutôt drôle sur les bruitages, et un Cornillac à fond dans son personnage. Du 3.75 ou 4/6, en somme, pour peu qu'on adhère au personnage et à son style d'humour.

    Cette suite, qui arrive 12 ans plus tard (Dujardin est un peu fatigué, mais ça passe à peu près), adopte dès son introduction un tout autre angle d'attaque : celui du narrateur non fiable, en l'occurrence un vieux Brice grabataire qui raconte sa vie à une bande d'enfants sceptiques (ça donne un peu l'impression de se retrouver devant l'une des vidéos de Papy Grenier, mais bon...).

    Ce qui permet bon nombre de ruptures dans le récit, et d'innombrables fantaisies numériques et imaginaires (comme un passage animé façon Dragon Ball Z) durant lesquelles Brice raconte n'importe quoi.

    C'est bien dommage, franchement, parce que ça retire toute forme de réalisme au récit, qui devient un gros cartoon du début à la fin, notamment dans sa seconde partie, lorsque Brice affronte son double maléfique qui a créé un Briceland à Hawaii, où il règne en maître incontesté : le film perd tout enjeu réel, et on se doute très rapidement de la pirouette finale, qui tombe un peu à plat.

    Après, ça reste sympatoche à regarder, sans rien d'exceptionnel, même s'il faut signaler que Bruno Salomone a plus à faire que dans le précédent (ce qui est toujours appréciable), qu'on a droit à une mini-réunion des Nous Ç Nous (ce qui fait toujours plaisir), et que ni Alexandra Lamy ni Élodie Bouchez ne reprennent leurs rôles (dommage... mais même Cornillac ne fait guère plus ici que de la figuration, éclipsé par le double rôle de Dujardin).

    En somme, c'est très moyen, tout ça, c'est une suite tout à fait superflue, et un peu comme pour le premier film, ça mérite un

    2.75 ou 3/6, selon que l'on adhère à cette nouvelle direction ou non.

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    Un film, un jour (ou presque) #765 : MOIS FRANÇAIS - Bis (2015) & Les Visiteurs 3 - La Révolution (2016)

    Publié le 20 Juillet 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Comédie, France, Romance, Science-Fiction, Fantastique, Histoire

    Pendant un mois, à l'occasion de la Fête Nationale, retour sur un cinéma que je délaisse trop souvent : la comédie française... ​​  

    Bis (2015) :

    Séducteur impénitent, Éric (Franck Dubosc) connaît son meilleur ami Patrice (Kad Merad), gynécologue et père de famille, depuis le lycée. Mécontents de leur vie actuelle, ils finissent par abuser de l'alcool, et, à leur réveil, le lendemain, ils réalisent qu'ils ont été propulsés en 1986, dans leur corps d'alors : de quoi leur offrir une chance de changer le cours de leur vie... ou pas.

    Comédie fantastique de Dominique Farrugia, qui lorgne très fortement sur une version masculine de Camille Redouble/Peggy Sue s'est mariée (ou sur une version française de La Machine à Démonter le Temps), et qui déroule sa narration très classique sans grande ambition ou grande originalité.

    Ça se regarde tranquillement, le passage en ville en mode Take On Me trahit un budget plutôt limité, et c'est globalement très dérivatif, mais ça se regarde facilement, les interprètes n'en font pas trois tonnes, et ça parvient même à amener un peu d'émotion vis à vis du personnage de Gérard Darmon. Je m'attendais à pire.

    3/6 + 0.25 pour le côté touchant + la jeune doublure d'Alexandra Lamy, convaincante = 3.25/6

    Les Visiteurs 3 - La Révolution (2016) :  

    Arrivés en pleine Révolution française, Godefroy de Montmirail (Jean Reno) et son écuyer Jacquouille la Fripouille (Christian Clavier) sont confrontés à la Terreur et, aidés par certains de leurs descendants, ils tentent de retrouver un enchanteur avant qu'il ne soit trop tard...

    Mais... mais... mais... c'est encore pire que ce que je redoutais. Photographie de téléfilm claustrophobe, rythme anémique, dialogues soûlants, gags répétitifs et plats, script interminable (près d'1h50), un montage et une réalisation aux fraises, et une interprétation en pilotage automatique, bref, même en s'attendant à quelque chose de très faible, j'ai vraiment été surpris par l'incompétence totale de ce métrage.

    Même la toute fin (chez les Nazis), pourtant difficile à rater en théorie, tombe totalement à plat, trop longue, trop bavarde, sans le moindre humour ni la moindre chute.

    À la place de Jean-Marie Poiré, j'aurais honte.

    (mais quelque chose me dit qu'à 72 ans, il n'en a plus rien à faire)

    0.25/6

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    Un film, un jour (ou presque) #764 : MOIS FRANÇAIS - Robin des Bois : la véritable Histoire (2015) & Les Nouvelles Aventures de Cendrillon (2017)

    Publié le 19 Juillet 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, France, Comédie, Histoire, Fantastique, Aventure

    Pendant un mois, à l'occasion de la Fête Nationale, retour sur un cinéma que je délaisse trop souvent : la comédie française... ​​ ​​

    Robin des Bois - La Véritable Histoire (2015) :

    Escrocs à la petite semaine, Robin des Bois (Max Boublil) & Tuck (Malik Bentalha) n'ont qu'un rêve : racheter le Pussycat, une maison close. Mais leur plan pour y parvenir - dérober les impôts du Royaume - les amène à croiser le chemin de Petit Jean (Ary Abittan), Marianne (Géraldine Nakache), et du maléfique Shérif de Nottingham (Gérard Darmon)...

    Une version parodique de Robin des Bois, made in France, avec un Robin voleur, menteur, pleutre, arnaqueur, idiot ; un Tuck homosexuel, asiatique, juif et arabe, désespérément amoureux de son compère ; une Marianne mère célibataire en manque de sexe, qui cherche à coucher avec Robin, sans succès ; un Nottingham en roue libre et aux tendances cannibales... mouais.

    Ça se veut impertinent, original, drôle et corrosif, mais ça ne parvient qu'à être plat, relativement générique et vulgaire (les vannes piteuses sur l'homosexualité de Tuck, la flèche dans le postérieur...), en plus d'être visuellement assez laid (comprendre : terne, boueux, enfumé et gris).

    Quant à l'aspect musical, bof, avec une alternance d'un score orchestral dérivatif et pas très mémorable, et de chansons et de passages plus modernes (notamment un moment Daft Punk amusant, qui dure malheureusement un peu trop longtemps).

    À oublier au plus vite.

    1.25/6

    Les Nouvelles Aventures de Cendrillon (2017) :

    Lasse d'être considérée comme une boniche par tous ses proches, Julie (Marilou Berry) doit une fois de plus jouer les baby-sitters pour le fils de Marco (Arnaud Ducret), l'homme qu'elle aime en secret. Pour occuper l'enfant, elle lui raconte alors l'histoire de Cendrillon, dans laquelle elle se transpose, elle, et tout son entourage...

    Alors, que se passe-t-il lorsque l'on prend le même producteur, le même scénariste, et les mêmes compositeurs que sur Les Nouvelles Aventures d'Aladin, et que l'on décline le concept du "conte de fée réinventé et narré par des personnages contemporains" en l'appliquant à Cendrillon ?

    Un film tout aussi raté qu'Aladin, à l'humour lourd, bas-de-plafond et facile, et à la structure brouillonne, en allers-et-retours fréquents entre le présent et le conte, qui donne un rythme artificiel au tout, mais ne cache jamais vraiment le manque de rythme et de maîtrise du métrage.

    Un peu comme dans Aladin, ça cachetonne beaucoup, avec un certain nombre de visages familiers, et Marilou Berry y met de l'énergie, mais dans l'ensemble, ça souffre des mêmes problèmes que le film de Kev Adams, avec en prime une forte tendance au recyclage : recyclage de bande originale, qui copie Danny Elfman ; d'illustration musicale, avec des morceaux modernes maintes fois entendus au cinéma ; de séquences et de gags, parfois repris directement d'autres films ; et ça recycle aussi le sempiternel numéro chanté et chorégraphié, apparemment (et malheureusement) désormais inévitable au sein des comédies françaises de ce type.

    Bref, une parodie de contes de fées sans grand intérêt, et qui n'a même pas le capital sympathie de Kev Adams et de sa bande.

    (et, encore une fois, c'est un personnage secondaire qui emporte l'adhésion plutôt que le personnage principal - en l'occurrence, ici, Desagnat)

    1.5/6

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    Un film, un jour (ou presque) #763 : MOIS FRANÇAIS - Les Kaïra (2012) & Pattaya (2016)

    Publié le 18 Juillet 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Comédie, France, Musique, Aventure

    Pendant un mois, à l'occasion de la Fête Nationale, retour sur un cinéma que je délaisse trop souvent : la comédie française... ​​  

    Les Kaïra (2012) :

    Glandeurs de banlieue, Mousten (Franck Gastambide), Abdelkrim (Medi Sadoun) et Momo (Jib Pocthier) vivent à Melun, et ne font rien de leur vie. Jusqu'au jour où ils repèrent une annonce proposant de devenir acteurs de films pornographiques : voyant là l'occasion rêvée de devenir riches, célèbres, et de séduire de nombreuses femmes, le trio décide alors de tourner au plus vite leurs bandes démos... 

    Adaptation par Franck Gastambide du programme court Kaïra Shopping, ce long-métrage ne fait clairement pas dans la finesse, la subtilité, et le bon goût. Cela dit, une fois qu'on a pris ça en compte... c'est assez amusant.

    Et je ne sais pas si c'est parce que j'ai connu des mecs comme ce trio improbable, ou si tout simplement, parce que le film sait rester attachant et sincère avec ses personnages, mais j'ai véritablement trouvé le tout sympathique, avec de nombreux détails amusants, un Ramzy plutôt drôle en caïd de banlieue, une Pom Klementieff charmante (bien avant les Gardiens de la Galaxie 2), des caméos en tous genres...

    Bref, si l'on excepte un rythme un peu inégal parfois à la limite d'une succession de sketches, et un abus de gags à base de smash cuts, Les Kaïra s'avère une comédie tout à fait honorable et bien interprétée.

    3.5/6

    Pattaya (2016) :

    Las de la routine de leur vie de banlieue, Franky (Franck Gastambide) et Krimo (Malik Bentala) rêvent de partir pour Pattaya, une station balnéaire de Thaïlande où Reza (Ramzy Bédia), le cousin de Krimo, s'est installé et connaît la gloire et le succès. Pour s'y rendre sans dépenser un sou, le duo inscrit alors Karim (Anouar Toubali), le nain de leur quartier, au championnat du monde de Boxe Thaï des Nains organisé par le Marocain (Gad Elmaleh) à Pattaya. Mais rapidement, sur place, la situation dégénère...

    Sorte de suite spirituelle aux Kaira, mâtinée de Very Bad Trip 2 et de Kickboxer, cette comédie à nouveau signée Franck Gastambide s'inscrit donc dans la droite lignée du film précédent, reprenant un trio principal très similaire, et l'envoyant à l'autre bout du monde, dans des décors paradisiaques plutôt bien mis en valeur.

    Et dans l'ensemble, ça fonctionne assez bien, du moins, autant que le film de 2012. Gastambide semble plus assuré, derrière et devant la caméra, et ça fourmille toujours autant d'idées et de gags absurdes, assurant le quota de rires.

    Malheureusement, cela s'agrémente de multiples caméos inutiles, qui parasitent un peu le tout (Hanouna, Quarteron), d'une seconde moitié au rythme plus inégal, et de quelques pointes d'humour graveleux/scato pas forcément indispensables.

    Au final, on s'amuse, le délire est assuré, mais ça manque d'un petit quelque chose pour vraiment rester dans les mémoires.

    3.5/6

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    Un film, un jour (ou presque) #762 : MOIS FRANÇAIS - Un Ticket pour l'Espace (2005) & RTT (2009)

    Publié le 17 Juillet 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, France, Comédie, Science-Fiction, Aventure, Histoire, Fantastique, Action, Thriller, Policier, Romance

    Pendant un mois, à l'occasion de la Fête Nationale, retour sur un cinéma que je délaisse trop souvent : la comédie française... ​​ 

    Un Ticket pour l'Espace (2005) :

    Pour convaincre les Français de l'intérêt de la recherche spatiale, un jeu de grattage est organisé, avec à la clef deux places à bord de la navette française, aux côtés du Colonel Beaulieu (Olivier Baroux), du Capitaine Soizic (Marina Foïs) et du Professeur Rochette (Frédéric Proust). Mais les deux gagnants sont assez improbables : Stéphane Cardoux (Kad Merad), un acteur raté et mythomane, et Alexandre Yonis (Guillaume Canet), un psychopathe voulant se venger de Beaulieu...

    Non, ce n'est pas fin. Non, ce n'est pas le summum de l'humour et de la subtilité. Non, ce n'est pas toujours très bien joué (entre autres, j'ai toujours du mal avec l'interprétation de Marina Foïs) ni bien rythmé (ça prend son temps à démarrer). Oui, c'est bordélique, inégal, et ça ne fonctionne réellement que ponctuellement, comme un sketch étiré sur plus de 90 minutes.

    Mais un film qui joue à ce point la carte de l'absurde, qui se paie une telle bande originale (chapeau bas, Erwann Kermorvant), et qui se permet de refaire Alien avec un dindon géant mutant, le tout dans une station à l'intelligence artificielle doublée par Enrico Macias... ça force un minimum le respect.

    Allez, 3/6

    RTT (2009) :

    Plaqué par sa compagne, Arthur (Kad Merad) décide de partir pour Miami, afin d'empêcher le mariage de celle-ci avec un riche inconnu. En chemin, cependant, il est utilisé par Émilie (Mélanie Doutey), une cambrioleuse, pour faire passer à son insu un tableau volé à l'aéroport. Arrêtés par un policier français (Manu Payet) à leur arrivée aux USA, le duo improbable prend alors la fuite dans les Everglades, les autorités sur les talons...

    Une comédie d'aventures façon La Chèvre/Pierre Richard qui peine à convaincre, puisqu'elle tente de mélanger tous les genres (thriller, action, aventure, romance, policier, comédie, cambriolage), mais se limite en fait à plusieurs grosses courses-poursuites liées par une succession de grosses ficelles et de coïncidences assez honteuses et improbables, censées servir de script.

    Ce n'est pas la faute de la distribution, qui fait de son mieux (même si Mélanie Doutey manque un peu de punch ou de présence pour totalement convaincre), et qui a eu droit à des vacances en Floride ; et la réalisation est d'ailleurs tout à fait honorable.

    Mais c'est vraiment le script qui pêche, un script qui ne parvient pas vraiment à faire se développer la romance principale de manière naturelle et crédible, et qui use de raccourcis narratifs et de personnages clichés (le flic qui se découvre homosexuel à Miami) qui sonnent assez creux.

    Loin d'être satisfaisant, donc, même si ce n'est pas trop mal rythmé.

    2 + 0.25 pour les paysages de Floride et Miami = un petit 2.25/6

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    Un film, un jour (ou presque) #761 : MOIS FRANÇAIS - Halal, Police d'État (2010) & Beur sur la Ville (2011)

    Publié le 16 Juillet 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, France, Comédie, Policier, Science-Fiction

    Pendant un mois, à l'occasion de la Fête Nationale, retour sur un cinéma que je délaisse trop souvent : la comédie française... ​​

    Halal, Police d'État (2010) :

    Lorsqu'un tueur en série s'en prend aux épiciers arabes de Paris, deux enquêteurs algériens, l'indéboulonnable Inspecteur Nerh-Nerh (Ramzy Bédia) et son associé "le Kabyle" (Eric Judor) - traumatisé par un enlèvement extra-terrestre, sont dépêchés par leur gouvernement pour prêter assistance aux forces de police française, qui soupçonnent la communauté asiatique de Paris...

    Eric et Ramzy décident de faire leur Pamela Rose, en s'inspirant des films de l'Inspecteur Tahar, pour un résultat globalement démoli par la critique. Sans surprise, à vrai dire, puisque cette comédie policière est effectivement très bordélique et bancale, mêlant constamment de l'absurdité totale à une enquête prétexte, comme autant de micro-sketches qui s'enchaînent.

    Et pourtant, je n'ai pas détesté, loin de là. Pour peu qu'on se laisse embarquer par le délire ambiant (l'extra-terrestre ^^), ça fonctionne étrangement plus ou moins bien, grâce à des vannes qui font régulièrement mouche et du WTF constant, et ce malgré son interprétation inégale, son rythme aléatoire et son illustration musicale pop un peu forcée. :p

    Ce n'est pas forcément bon, en soi, mais ça reste amusant.

    3.25/6

    Beur sur la Ville (2011) :

    Flic incapable, Khalid (Booder) végète en banlieue parisienne, en compagnie de ses collègues et compère, Mamadou (Issa Doumbia) et Henri (Steve Tran). Mais un tueur en série assassine les femmes de la ville, et pour des raisons de discrimination positive, Khalid se retrouve à la tête de l'enquête, à collaborer avec Diane Darden (Sandrine Kiberlain) et son équipe, persuadés que le tueur est musulman...

    Une comédie policière banlieusarde de Djamel Bensalah abordant plein de sujets de société pertinents (discrimination, communautarisme, religion, différences, racisme ordinaire, islam, etc) en les abordant frontalement avec un maximum de clichés caricaturaux, tout en les détournant de manière assez sympathique.

    Et comme en plus il y a à l'écran une sacré bande de comédiens (qu'ils soient jeunes ou plus confirmés), des guests stars amusantes (JCVD !?), et que tout le monde joue correctement (sauf le fils Belmondo, qui récite son texte), on se retrouve avec un film attachant, qui n'est pas trop à prendre au sérieux...

    ... sauf que le film, justement, se prend un peu trop au sérieux. À contrario de Halal, Police d'État, l'enquête est ici très premier degré, et il y a un vrai fond de film policier qui se dissimule sous les atours de la comédie. Ce qui aurait pu être une bonne chose si le métrage n'était pas aussi laborieux, dans son rythme, et brouillon dans sa structure.

    Ça manque de rigueur, tout ça, ce qui tire le film vers le bas et le ralentit considérablement, l'empêchant d'être autre chose que très moyen.

    3.25/6 (ah, et les rétro-projections foireuses, en voiture... aïe)

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    Un film, un jour (ou presque) #760 : MOIS FRANÇAIS - Eyjafjallojökull (2013) & Raid Dingue (2016)

    Publié le 15 Juillet 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Comédie, France, Romance, Action, Policier

    Pendant un mois, à l'occasion de la Fête Nationale, retour sur un cinéma que je délaisse trop souvent : la comédie française... ​​

    Eyjafjallojökull (2013) :

    Lorsque l'éruption d'un volcan islandais bouleverse les plans d'Alain (Dany Boon) et de Valérie (Valérie Bonneton) - un couple de divorcés ne se supportant pas, et traversant l'Europe pour rejoindre la Grèce, où se déroule le mariage de leur fille - , le duo n'a d'autre choix que de faire route ensemble, pour le meilleur et surtout pour le pire...

    Une comédie romantique reposant intégralement sur les épaules du duo Boon/Bonneton, qui fonctionne heureusement très bien, malgré une écriture globale pas à la hauteur : la caractérisation d'Alain et Valérie est très inégale (le personnage féminin écope de tous les défauts - menteuse, fourbe, mère absente, sarcastique, agressive - et des coups les plus bas, la rendant nettement plus antipathique que Boon), les personnages secondaires sont inexistants, et, outre quelques gags téléphonés, les disputes constantes des deux personnages rendent la première moitié du film assez fatigante.

    D'autant qu'occasionnellement, se présentent des ruptures de ton, durant lesquelles les deux personnages tentent littéralement de se tuer dans des scènes à l'ultra-violence et au slapstick outranciers, qui tranchent énormément avec le "réalisme" du reste du métrage.

    Cela dit, le film reste rythmé, et les acteurs sympathiques, donc...

    Un 3/6 indulgent

    Raid Dingue (2016) :

    Fille du ministre de l'Intérieur (Michel Blanc), Johanna (Alice Pol) ne rêve que d'une chose : intégrer le RAID et devenir officier d'élite. Mais la jeune femme est maladroite et incapable. Jusqu'au jour où son père joue de ses contacts pour qu'elle rejoigne l'école de formation du RAID, où elle est placée sous la supervision d'Eugène Froissard (Dany Boon), un officier taciturne, machiste et misogyne particulièrement malchanceux et déprimé...

    Une comédie écrite et réalisée par Dany Boon, qui se met donc en scène dans un rôle d'apparence relativement peu sympathique... mais ce n'est rien en comparaison de l'héroïne du film.

    Alors que Johanna aurait dû être maladroite mais attachante, sympathique tout en étant malchanceuse, Alice Pol la surjoue complètement, et en fait une sorte de Mr. Bean au féminin, un véritable cartoon sur pattes, une idiote indisciplinée, bornée et insupportable qui fait des grimaces, sème la pagaille autour d'elle, provoque catastrophes sur catastrophes, etc, sans jamais paraître s'en apercevoir, ou s'en émouvoir, tant elle semble dans sa bulle.

    Ça rend le personnage instantanément agaçant, et forcément, ça plombe une grosse partie de l'intérêt potentiel du film. Déjà qu'à la base, le surjeu est l'un des problèmes récurrents de ce film (Yvan Attal est lui aussi totalement calamiteux en grand méchant cabotin et travesti)...

    Une héroïne antipathique, des problèmes évidents de rythme et de ton, des gags très faibles, une dernière partie mêlant romance forcée et action superflue, un Florent Peyre sous-exploité : ce n'est vraiment pas bon.

    1.5/6

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    Un film, un jour (ou presque) #759 : MOIS FRANÇAIS - Comme un Chef (2012) & Les Têtes de l'Emploi (2016)

    Publié le 15 Juillet 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Comédie, France, Drame

    Pendant un mois, à l'occasion de la Fête Nationale, retour sur un cinéma que je délaisse trop souvent : la comédie française... ​​

    Comme un Chef (2012) :

    Depuis son divorce, Alexandre Vauclair (Jean Reno), grand chef parisien, a perdu toute inspiration. Et alors qu'il est sur le point de perdre son restaurant, il rencontre Jacky Bonnot (Michael Youn), un jeune amateur de grande cuisine au chômage, dont le talent hors-du-commun pourrait bien permettre à Vauclair de se refaire...

    Une comédie typiquement française qui, si elle se regarde tranquillement (elle est d'ailleurs assez courte, 80-85 minutes tout compris), est aussi particulièrement basique et générique.

    Youn est en mode mineur, Jean Reno et Julien Boisselier récitent parfois leur texte (la fameuse diction "à la française"), Issa Doumbia fait de la figuration, le script est nonchalant et cousu de fil blanc, et la scène des déguisements japonais est assez piteuse, mais bon, dans l'ensemble, c'est gentillet et inoffensif.

    Un minuscule 3/6

    (et encore, c'est en étant généreux, car je ne suis pas sûr que ça les vaille)

    Les Têtes de l'Emploi (2016) :

    Stéphane (Franck Dubosc), Cathy (Elsa Zylberstein) et Thierry (François-Xavier Demaison) sont trois employés de l'ANPE de Sablé. Jusqu'au jour où on leur annonce qu'ils vont être licenciés, car leur agence s'avère trop performante dans leur secteur : ils décident alors de trouver un moyen de mettre plus de personnes au chômage, afin de sauver leur agence et leur emploi...

    En 2012, Jérémy Ferrari conçoit, avec deux co-scénaristes, une comédie noire et mordante sur le monde de l'emploi, qu'il compte réaliser et interpréter, le film devant à priori servir de véhicule à la bande des comédiens de l'émission On n'demande qu'à en rire. Mais entre 2012 et 2016, le script est acheté par une société de production, et connaît des révisions toujours plus importantes à mesure que des noms prestigieux s'ajoutent à la distribution, et demandent un droit de regard sur le scénario.

    Débarrassé de son humour mordant et de sa méchanceté (ainsi que de Ferrari, même pas crédité au générique, et ayant depuis attaqué la production en justice pour avoir tourné le film sans son accord), le film s'avère désormais une comédie dramatique franchouillarde assez classique, pour ne pas dire banale, qui tente de jouer la carte de l'émotion et du drame social, pour finir par ne blesser personne, en offrant à tout le monde une fin à peu près heureuse.

    En prime, on a une photographie terne et vaporeuse assez laide, un rythme inexistant, et une interprétation très inégale (certains surjouent, comme Demaison, d'autres sous-jouent, comme Dubosc).

    Autant dire que je n'ai pas du tout accroché, surtout compte tenu de ce que le film aurait pu être...

    1.75/6

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    Un film, un jour (ou presque) #758 : MOIS FRANÇAIS - Vive la France (2013) & Tout Schuss (2015)

    Publié le 14 Juillet 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Comédie, France, Sport, Jeunesse

    Pendant un mois, à l'occasion de la Fête Nationale, retour sur un cinéma que je délaisse trop souvent : la comédie française... ​​

    Vive la France (2013) :

    Muzafar (José Garcia) et Feruz (Michaël Youn), deux gentils bergers du Taboulistan, un petit pays d’Asie centrale méconnu, sont recrutés par leur gouvernement pour faire connaître leur nation, en commettant un attentat à Paris, contre la Tour Eiffel. Mais une fois arrivés en France, les deux étrangers rencontrent la sympathique Marianne (Isabelle Funaro), journaliste, qui les prend sous son aile, et leur fait découvrir son beau pays...

    Seconde réalisation de Michaël Youn (d'ailleurs à la co-écriture du film, là-aussi), cette comédie à mi-chemin entre Borat et We Are Four Lions s'avère une proposition de cinéma bancale, et assez difficile à cerner.

    Le problème, en fait, c'est que le film ressemble plus à une carte postale, celle des vacances de Youn et de sa compagne (qui y met du sien, mais n'est pas particulièrement attachante ou intéressante, à l'écran) à travers la France : les paysages et les régions de France se succèdent, leurs habitants (toujours plus clichés et génériques) aussi, et le tout se déroule des plus mollement, sans grande inspiration, jusqu'à l'arrivée des deux immigrants à Paris.

    Le peu de fond (sur l'immigration, la manière dont la France traite les étrangers, le terrorisme, le fanatisme, ou encore la mise en avant de ce que la France représente et a de bon) est totalement noyé dans l'accumulation de moments "tourisme", et dans un sens de l'humour bien trop sage et plat (les accents, les personnages de Youn et Garcia, leur pays d'origine, tout ça, ça ne fonctionne pas vraiment, ça ressemble à un sketch semi-improvisé et pas totalement abouti).

    Le plus frustrant, dans tout ça, c'est vraiment le fait que Youn et Garcia n'ont finalement, au long du métrage, qu'une alchimie toute relative, qui fait que ce duo pourtant théoriquement explosif finit par décevoir (hormis quelques scènes plus sincères vers la fin).

    Énorme bof, donc, et une déception certaine après Fatal.

    2/6

    Tout Schuss (2015) :

    Écrivain égocentrique, immature et déjanté, Max Salinger (José Garcia) est contraint de s'improviser "parent accompagnateur" en classe de neige afin de récupérer son dernier manuscrit, que sa fille adolescente lui a dérobé, avant de partir au ski, pour se venger de son manque d'attention. Rapidement, entouré d'ados tous plus surexcités les uns que les autres, cette classe de neiges se complique pour l'auteur arrogant...

    Comédie française à tendance colonie de vacances, plombée par un José Garcia en roue libre et en mode Jack Sparrow + Philippe Manoeuvre + Tony Stark + bobo parisien défoncé. En soi, pourquoi pas, ce personnage pourrait fonctionner dans un sketch, ou dans une comédie plus barrée, qui se serait mise au diapason de son interprétation.

    Le problème, c'est que le reste du métrage tient plus de la comédie adolescente potache très classique et banale, avec un humour parfois graveleux, scatologique et bas-de-plafond, et des références étrangement vieillottes, qui trahissent l'âge des scénaristes. Cela crée donc un gouffre improbable entre Garcia et le reste de la distribution, et le film ne s'en remet jamais vraiment.

    Un métrage raté, donc, qui ressemble fortement (en plus forcé) à ces comédies gentillettes mais totalement anecdotiques dans lesquelles Vince Vaughn ou Owen Wilson jouent occasionnellement, et qui tente, sans grande conviction, d'injecter un peu d'émotion dans tout ça, à grand renfort de piano mélancolique.  

    1.75/6

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    Un film, un jour (ou presque) #757 : MOIS FRANÇAIS - Fatal (2010) & Coursier (2010)

    Publié le 14 Juillet 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, France, Comédie, Musique, Action, Thriller, Policier

    Pendant un mois, à l'occasion de la Fête Nationale, retour sur un cinéma que je délaisse trop souvent : la comédie française... ​​

    Fatal (2010) :

    Fatal Bazooka (Michaël Youn) est un rappeur au sommet de sa gloire et de sa fortune... jusqu'au jour où Chris Prolls (Stéphane Rousseau), valeur montante de l'électro-pop, s'impose sur la scène musicale, et lui vole la vedette. Soudain ruiné et déchu de son trône, Fatal va devoir se ressourcer pour pouvoir retrouver l'inspiration, et remonter au plus haut.

    Que dire de plus au sujet de Fatal, premier film écrit et réalisé par Michaël Youn, sur la base de son personnage de Fatal Bazooka, rappeur déjanté et trash conçu pour le Morning Live ?

    Que c'est du grand n'importe quoi parodiant allègrement le monde du rap, de la musique, et s'inspirant ouvertement de multiples films américains, au premier lieu desquels Zoolander ?

    Que c'est drôle, absurde, déjanté, très bien produit, à la réalisation dynamique, et aux personnages improbables (Jérome Le Banner en garde du corps/masseur refoulé, Stéphane Rousseau excellent en Chris Prolls vandammien ; bémol sur Isabelle Funaro en Athena Novotel trop transparente) ?

    Le film est drôle, les morceaux mémorables, le parcours de Fatal convenu mais amusant (le retour aux sources en Savoie ^^), et si le rythme n'est pas parfait, l'humour parfois un peu lourd (mais bon, c'est inhérent au sujet et aux personnes impliquées), et si l'on sent un peu trop parfois le tournage au Québec (les accents de certains personnages secondaires), ça reste une réussite sympathique fourmillant de détails en tout genre.

    4.25/6

    Coursier (2010) :

    Alors que Sam (Michaël Youn), coursier, doit assister à un mariage avec sa petite amie Nadia (Géraldine Nakache), le voilà embarqué dans une course de dernière minute, qui va se transformer en course-poursuite parisienne impliquant Sam, ses amis, et une organisation criminelle aux trafics en tout genre...

    La première demi-heure de ce Coursier m'a fait très peur : ça ressemblait à une production Europa Corp basique, façon comédie policière d'action à la Taxi et en pilotage automatique, ça ronronnait, bref, ce n'était pas particulièrement intéressant, et j'avais l'impression que le couple Youn/Nakache était assez sous-exploité, et trop premier degré.

    Et puis progressivement, à partir de la demi-heure, le métrage se décoince un peu, et laisse s'exprimer le potentiel comique de ses interprètes. Le rythme reste inégal, mais ça fonctionne tout de suite mieux, le film peinant à convaincre dans ses moments les plus sérieux.

    Ça aurait donc pu être pire, et ça finit même par emporter l'adhésion grâce au capital sympathie de ses interprètes.

    3.5/6

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    Un film, un jour (ou presque) #738 : La Mort de Staline (2018)

    Publié le 19 Juin 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Comédie, Drame, Politique, Histoire, France, Belgique, UK, Canada

    Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus. ​​ 

    La Mort de Staline (The Death of Staline) :

    En 1953, lorsque Joseph Stalin (Adrian McLoughlin) s'effondre, victime d'une hémorragie cérébrale, c'est la panique au sein du Conseil des Ministres de l'URSS, parmi lesquels Georgy Malenkov (Jeffrey Tambor), Nikita Khrushchev (Steve Buscemi), Vyacheslav Molotov (Michael Palin), Georgy Zhukov (Jason Isaacs) et Lavrenti Beria (Simon Russell Beale), qui commencent alors tous à comploter, pour parvenir à prendre la tête du gouvernement...

    Une adaptation d'une bande dessinée française, qui adopte le ton de la satire décomplexée pour traiter des dernières heures de la vie de Staline, et le chaos politique qui a suivi.

    La distribution est impeccable, et semble vraiment beaucoup s'amuser - d'autant que tout le monde joue avec son accent et son phrasé naturel, ce qui amène un décalage supplémentaire assez savoureux ; l'écriture est grinçante, tour à tour glaçante et improbable ; et ce n'est pas désagréable du tout à regarder, même si je dois dire que dans l'ensemble, j'ai trouvé que le tout ronronnait pas mal, et manquait de punch.

    C'est loin d'être mauvais, mais ça aurait mérité un peu plus d'énergie, notamment dans le montage et dans la mise en images.

    3.5/6

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    Un film, un jour (ou presque) #670 : SEMAINE ST-PATRICK - Brendan et le Secret de Kells (2009) & Le Chant de la Mer (2014)

    Publié le 15 Mars 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Irlande, France, Animation, Fantastique, Aventure, Histoire, Jeunesse

    Cette semaine, en l'honneur de la Saint Patrick, le 17 Mars, place au cinéma irlandais, dans tout ce qu'il a de plus festif et de plus réjouissant...

    Brendan et le Secret de Kells (The Secret of Kells - 2009) :

    Au fin fond des forêts irlandaises, Cellach (Brendan Gleeson) dirige la construction des murs de la forteresse de Kells, afin de protéger son monastère et son peuple de l'envahisseur viking. Mais Brendan (Evan McGuire), son neveu, est devenu en secret l'apprenti calligraphe du facétieux Aidan (Mick Lally), récemment arrivé, et cela l'amène à quitter le monastère pour s'aventurer dans les bois étranges les entourant...

    Un film d'animation signé Tomm Moore et animé à la main, ce métrage est, visuellement, tout simplement somptueux et chatoyant, parvenant en quelques secondes à emmener le spectateur dans un monde et une époque totalement autres, à la fois mystique, spirituel et enchanteur.

    Pas grand chose à en dire de plus, vraiment : c'est beau, c'est magique, c'est intéressant, l'approche graphique de ces vikings tout en angles et en pointes est logique et bien trouvée (en opposition avec l'Irlande toute en courbes et en boucles), et dans l'ensemble, ça fonctionne très bien, joliment mis en musique par Bruno Coulais.

    Seul bémol, peut-être : l'émotion, qui met un certain temps à arriver. Le film aurait bénéficié à être un peu plus chaleureux dans sa première heure, et à permettre au spectateur de tout de suite s'investir émotionnellement dans l'histoire et dans ses personnages. Là, compte tenu du contexte et de l'univers, ainsi que de l'ambition du film, il y a une certaine distance qui s'instaure très tôt, et qui ne se réduit que vers la fin (dramatique) du récit.

    Mais ce ne sont que des détails : dans l'ensemble, The Secret of Kells est une véritable réussite.

    4.5/6

    Le Chant de la Mer (Song of the Sea - 2014) :

    Envoyés par leur père veuf (Brendan Gleeson) chez leur grand-mère, Ben (David Rawle), un petit garçon irlandais de 10 ans, et sa petite soeur muette Saoirse (Lucy O'Connell), décident de s'enfuir pour rentrer chez eux. Mais en chemin, ils découvrent que Saoirse est une selkie, mi-fillette, mi-phoque, dont la destinée est de sauver le Petit Peuple de la terrible déesse Macha (Fionnula Flanagan)...

    On prend la même équipe (Moore + Coulais, etc), pour un film d'animation toujours en 2D, mais avec cette fois-ci une teinte dominante bleue, et des légendes océaniques à tout va.

    Ici, contrairement au Secret de Kells, le film est nettement plus simple d'accès, plus tendre, avec une introduction qui permet directement d'accrocher le spectateur sur un plan émotionnel : on s'attache aussitôt à cette petite famille, et à cette Saoirse adorable, accompagnée d'un gros toutou très sympathique.

    La contrepartie, cependant, c'est que le récit est plus linéaire et balisé, moins surprenant, comme une grosse métaphore sur le deuil et les émotions, assez transparente. Ce n'est pas du tout problématique, loin de là, mais il n'empêche que par moments, j'en suis venu à regretter que le métrage n'ait pas la même durée que Kells, et dure vingt bonnes minutes de plus.

    Dans l'ensemble, cependant, c'est tout aussi bon que le film précédent de Moore, tout en jouant sur un tableau différent. Ne faisons pas la fine bouche !

    4.5/6

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    Un film, un jour (ou presque) #634 : Hollywoo (2011)

    Publié le 24 Janvier 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Comédie, Romance, France

    Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

    Hollywoo :

    Lorsqu'elle apprend que Jennifer Marshall (Nikki DeLoach), l'actrice américaine à succès qu'elle double en France, a décidé de tout quitter, mettant ainsi sa propre carrière en danger, Jeanne (Florence Foresti) décide de partir pour Los Angeles. Son objectif : rencontrer son idole, et la convaincre de changer d'avis avant qu'il ne soit trop tard. Et en chemin, elle rencontre Farres (Jamel Debbouze), un petit arnaqueur français bien intégré dans le petit monde hollywoodien...

    Comédie à cheval entre les USA et la France, co-écrite par Foresti, et qui malheureusement perd très rapidement en efficacité, malgré un postulat de départ sympatoche.

    Le problème, finalement, c'est que le film ressemble trop souvent à une succession de scénettes assez caricaturales, certaines déjà vues, d'autres assez prévisibles, et que le tout ne décolle jamais vraiment, en plus de tirer vraiment en longueur, avec près d'une heure cinquante au compteur (rien que tout le début, établissant Foresti à Paris, aurait pu être réduit à quelques scènes à peine, et aurait évité de donner une première impression négative de Foresti, avec son personnage de Française arrogante, gueularde et agaçante, et en surjeu).

    Bref, c'est longuet, ça ne fonctionne que ponctuellement (généralement quand Jamel est à l'écran), et ça manque de punch. Pas catastrophique, mais trop quelconque pour rester dans les mémoires.

    2.5/6 (dont 0.5 pour DeLoach, comme toujours attachante)

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    Un film, un jour (ou presque) #629 : Valérian et la Cité des Mille Planètes (2017)

    Publié le 17 Janvier 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Action, Aventure, Science-Fiction, France

    Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus. 

    Valérian et la Cité des Mille Planètes :

    Au 28ème siècle, les agents spatio-temporels Valérian (Dane DeHaan) et Laureline (Cara Delevingne) mènent l'enquête à bord de la station Alpha, à la recherche d'un transmuteur rarissime, et de ceux qui le convoitent...

    Alors cette critique, je vais la faire brève : Valérian, de Besson, est un film qui fait illusion... jusqu'à ce que ses deux interprètes principaux apparaissent à l'écran.

    Sans surprise, le duo DeHaan/Delevingne ne fonctionne en effet pas du tout en super agents spatio-temporels aguerris... et à partir de là, c'est tout le reste du métrage qui s'effondre.

    Plus le temps passe, plus le film avance, et plus les trous béants du script se remarquent, plus la bande originale insipide de Desplat s'avère insuffisante, plus les péripéties inutiles et le remplissage se remarquent, et plus le potentiel de cet univers pourtant créatif et joliment mis en images par les équipes d'effets spéciaux de WETA et d'ILM (entre autres) est gâché par un scénario et une réalisation qui ne sont pas à la hauteur.

    Au final, on ne retient qu'une direction artistique chatoyante et intéressante, plombée par un traitement inégal et gentiment creux, bourré d'incohérences logiques, et qui compte sur de nombreuses courses-poursuites et scènes d'action coûteuses pour faire illusion.

    Pas de chance, ça ne marche pas.

    1.5/6

    (saluons tout de même le talent de Besson, qui parvient à placer un personnage de prostituée au grand cœur dans la majeure partie de ses scripts, y compris au fin fond de l'espace)

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    Les bilans de Lurdo : The Young Pope, saison 1 (2016)

    Publié le 14 Janvier 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Télévision, Comédie, Drame, Religion, Fantastique, Canal+, Sky, HBO, Italie, France, Espagne, Les bilans de Lurdo

    Un bilan saisonnier assez compliqué à écrire, car une série assez difficile à cerner. The Young Pope souffle en effet constamment le chaud et le froid, passe régulièrement d'un grotesque ridicule à des moments de grâce improbables, alterne les idées inspirées avec les métaphores pataudes, le somptueux avec le kitsch, le bon goût avec le mauvais goût, et s'avère, en fin de compte, une expérience des plus frustrantes.

    The Young Pope, saison 1 :

    Jeune quadragénaire séduisant, discret et tempéré, le cardinal Lenny Bernardo (Jude Law) est, contre toute attente, élu nouveau Pape au grand dam du Cardinal Voiello (Silvio Orlando), qui tire toutes les ficelles de Rome en secret. Mais dès son élection, Bernardo, désormais rebaptisé Pie XIII, révèle son vrai visage, celui d'un homme caractériel et intransigeant, hanté par son enfance, et à la vision de l'Église particulièrement radicale et traditionaliste. Aussitôt, Pie XIII entame une transformation intégrale de l'Église, désireux de rendre à cette dernière son aura sinistre et menaçante, et de ramener par la force et la peur la Foi dans le coeur des gens...

    Co-production italo-franco-espagnole diffusée chez nous sur Canal + et outre-Atlantique sur HBO, The Young Pope est la création de Paolo Sorrentino, réalisateur et scénariste italien, et présente en 10x55 minutes les premiers mois du règne de Pie XIII, depuis sa première apparition publique, jusqu'à... sa dernière ?

    Impossible d'affirmer que ce Young Pope est une série mal interprétée : Jude Law s'en donne à coeur joie, et la plupart des seconds rôles (y compris français - Cécile de France, Ludivine Sagnier) sont justes, avec une mention spéciale à Silvio Orlando, impeccable en Cardinal Voiello. Difficile aussi d'affirmer que la série est mal filmée : Paolo Sorrentino sait clairement y faire derrière la caméra, il sait composer un plan (j'ai par exemple le souvenir marquant d'une opposition visuelle Pope/Voiello utilisant le décor pour souligner, de manière frappante, la supériorité de l'un sur l'autre), il sait retranscrire exactement à l'image ses intentions (quelles soient comiques, oniriques, symboliques ou dramatiques) et la plupart du temps, sa réalisation sait parfaitement souligner le faste et le clinquant de l'univers papal et de l'Église Catholique.

    Malheureusement, les problèmes de cette série se situent ailleurs, pour moi. Car le Young Pope est une série profondément italienne, avec un sens du grotesque et de l'outrancier typique des artistes de ce pays, et surtout, comme je l'ai mentionné en introduction, elle manie constamment le chaud et le froid, d'une manière qui plaira à certains, et en rebutera d'autres (moi, notamment).

    Une autre série dramatique plus conventionnelle aurait articulé cette première saison sur l'ascension au pouvoir de Lenny Belardo, culminant sur son élection : de quoi donner lieu à des jeux de pouvoir, à des manigances, etc, une sorte de House of Cards dans l'univers de la religion catholique.

    Ici, il n'en est rien : comme la série et Sorrentino refusent formellement de se conformer aux schémas habituels de la télévision, et désamorcent systématiquement la moindre intrigue dramatique, le show commence par l'élection de ce pape, et suit ses premiers mois sur le trône pontifical : toute opposition à Pie XIII (notamment Voiello) est assez rapidement écrasée, les manigances et jeux de pouvoir disparaissent très rapidement, et Pie XIII semble vite invincible. La série devient alors contemplative, se concentrant le plus souvent sur les mesures radicales du Pape, et sur son obsession récurrente pour ses parents qui l'ont abandonné, enfant.

    On devine là l'arc narratif (si tant est qu'on puisse le qualifier ainsi) sous-tendant la saison 1 : tellement obnubilé par son abandon par ses parents hippies, Lenny se venge sur la Terre entière, et ce n'est qu'en retrouvant l'Amour (avec un grand A, au sens religieux et philosophique du terme) qu'il parviendra à comprendre la vraie nature de sa vocation, et à accomplir son destin.

    Du moins, c'est ce que l'on croit comprendre en fin de saison, et encore, ce n'est pas certain. Car Sorrentino se disperse beaucoup, et la série ressemble souvent plus à une suite de vignettes impressionnistes et métaphoriques qu'à un récit structuré comme on en a l'habitude.

    En effet, autour de Lenny et de ses décisions caractérielles, Sorrentino brode un portrait corrosif et moqueur de l'Église, composée d'innombrables névrosés ayant tous un secret traumatisant, Lenny y compris. Une vision désacralisée guère surprenante venant de ce réalisateur et scénariste, qui refuse donc ici toute structure narrative normale, et préfère prendre systématiquement le contre-pied des attentes du spectateur, pour mieux le surprendre... quitte à ce que le show en souffre un peu.

    L'arrivée d'un jeune Pape ? Oui, il est jeune, mais il est aussi caractériel, ultra-radical et ultra-croyant, manipulateur, autoritaire, vaniteux, incontrôlable, immature, bref, Pie XIII se trouve au croisement d'un méchant de James Bond et de Donald Trump (il y a d'ailleurs d'improbables similarités entre l'arrivée au pouvoir de Trump et de Lenny). Et en plus il est clairement présenté comme un Saint aux pouvoirs surnaturels...

    Voeillo le cardinal machiavélique, manipulateur et comploteur, présenté comme le principal antagoniste de la série dans ses premiers épisodes ? En fait, un religieux progressiste, presque sympathique et qui a bon fond, qui a compris que jouer les politiciens permettait de faire avancer certaines causes, et qui finit par se faire rapidement écraser par le Pape...

    Les tentations féminines ? Le Pape les rejette toutes. Les complots de ses ennemis ? Ils échouent tous, et tout le monde finit par rentrer dans les rangs. Une visite en Afrique, pour rencontrer une simili-Mère Teresa ? Lenny n'y va que pour démolir cette dernière pour ses péchés. Quelqu'un tente de manipuler Lenny en lui présentant de faux parents ? Lenny s'en aperçoit instantanément, on nous montre immédiatement qui est le responsable, et l'intrigue se termine là. Le Cardinal Dussollier, le meilleur ami d'enfance du Pape ? Il finit assassiné après avoir pris part à un plan à trois avec la femme d'un mafieux (quota nudité assuré !), et ne sert que de catalyseur au parcours du Pape. La possibilité de la création d'une Église rivale par un stigmatisé illuminé ? L'homme disparaît mystérieusement suite à l'intervention du Pape... sans conséquences. Le mentor de Lenny (excellent James Cromwell) qui estime que ce dernier lui a volé la papauté ? Il tombe malade, décède, et ne sert lui aussi que de catalyseur à la prise de conscience du Pape.

    Etc, etc, etc : il en va de même à chaque niveau de cette série, qui préfère largement jouer la carte du symbolisme tantôt limpide tantôt abscons (avec des visions, des métaphores, des moments aléatoires et très contemplatifs) plutôt que celle d'une narration et d'un récit conventionnels. On se retrouve souvent avec des sous-intrigues et des personnages abandonnés en cours de route (Voiello finit par être relégué au second plan de la série, toute l'intrigue d'Esther et du bébé est liquidée hors-champ, Cécile de France disparaît pendant trois ou quatre épisodes (sans que cela ne change quoi que ce soit, vu que son personnage n'apporte rien d'essentiel), la rencontre tendue avec le Premier Ministre italien ne débouche sur rien...), au profit d'effets de réalisation et d'images fortes (il est indubitable que certaines scènes marquent tant elles flattent l'oeil - la prière dans la piscine, ou en Afrique, etc), mais qui peuvent aussi lasser au bout d'un moment.

    À l'identique, l'obsession récurrente de Lenny pour ses parents adoptifs - c'est son traumatisme fondateur, qui revient sans cesse sous forme de visions, et qui le motive, depuis son plus jeune âge, à prendre sa revanche sur le monde - a fini par m'agacer. Il y a une sorte de manque de subtilité, dans The Young Pope, qui m'a rebuté : c'est volontairement une série outrancière et grotesque (certaines des tirades du Pape le font ressembler à un Tony Montana sous cocaïne, en surjeu total, avec en plus une posture et des costumes ridicules qui empêchent de le prendre au sérieux), cherchant à faire rire de l'Église, à choquer et à provoquer en poussant ses idées dans ses derniers retranchements, mais le problème, c'est qu'une fois qu'on a cerné ces idées, le show tourne un peu à vide.

    Ainsi, plus la série s'est écartée du format dramatique conventionnel, au fil de la saison, pour tenter de faire basculer Lenny vers une figure plus tragico-mélancolique (avec crise de Foi, visions, etc), et plus j'ai eu du mal à avancer dans ces épisodes. D'autant que la fin de saison correspond au moment où le show freine un peu des quatre fers, pour s'autoriser des digressions pas forcément surprenantes (initialement de 8 épisodes, la saison s'est vue rallongée en cours de production), mais pas non plus forcément indispensables.

    Cela dit, à ce stade de la série, à moins d'être doté d'un caractère masochiste et complétiste (comme moi), soit l'on est totalement sur la même longueur d'onde que Sorrentino, et on adore tout ce que le show propose, soit l'on a déjà arrêté de regarder le programme. C'est d'ailleurs assez dommage, puisque sur la toute fin, le parcours de Pie XIII fait (un peu plus) sens. De manière assez radicale, qui laisse présager une saison 2 (intitulée The New Pope, apparemment) bien différente.

    Quoiqu'il en soit, si je ne peux pas nier les qualités esthétiques et audacieuses du programme, je ne peux pas dire que j'aie vraiment trouvé cette expérience satisfaisante. J'ai lu, çà ou là, des comparaisons de ce Young Pope avec des séries comme John From Cincinnati, où il ne faut pas trop chercher un sens aux images, et où il faut se laisser porter.

    Soit. Il n'empêche qu'entre l'illustration électro assez insipide ; un trait parfois beaucoup trop forcé et caricatural (oui, j'ai ri en voyant le Pape se préparer sur du LMFAO, j'avoue) et ses ruptures de ton brutales, qui font vraiment passer la série d'une farce grotesque à quelque chose de mortellement sérieux ou philosophique au sein d'un même épisode ; et un travail métaphorique volontairement ambigu, qui enchaîne symbolisme profond et pertinent avec des images surréalistes creuses et aléatoires, on finit par avoir du mal à cerner les intentions de Sorrentino, et on hésite : est-ce que le tout est une oeuvre parfaitement maîtrisée, mais difficile d'accès et réservée à un public averti, ou est-ce que c'est une saison particulièrement imparfaite et brouillonne, comportant de nombreux défauts d'écriture et de structure, et pas tout à fait à la hauteur de sa réputation, dans certains cercles, de meilleure série de l'année, si ce n'est de la décennie ?

    Personnellement, je penche plutôt pour l'option b), mais je ne saurais vraiment me prononcer. Une chose est certaine : il y a du bon dans ce Young Pope, et la série ne laisse pas indifférent. Néanmoins, malgré les points positifs (interprétation, réalisation, direction artistique, humour), je risque de ne pas tenter l'expérience d'une saison 2 de ce qui semblait clairement conçu comme une mini-série au dénouement sans appel.

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    Christmas Yulefest 2017 - 90 - Les Rois Mages (2001)

    Publié le 6 Janvier 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Christmas, Noël, Yulefest, Comédie, France, Religion, Fantastique

    Les Rois Mages sont arrivés, et l'heure est venue pour la Christmas Yulefest et son marathon de cinéma festif de se conclure sur le blog des Téléphages Anonymes...

    Les Rois Mages :

    Les trois Rois Mages, Gaspard (Pascal Legitimus), Melchior (Bernard Campan) et Balthazar (Didier Bourdon), se retrouvent transportés à notre époque, et comprennent qu'ils doivent retrouver la nouvelle incarnation du Petit Jesus. Ils échouent à Paris, où ils rencontrent le jeune Jo (Walid Afkir), un magouilleur de banlieue, et Macha (Virginie de Clausade), une comédienne paumée issue d'une bonne famille...

    Comédie des Inconnus à la réputation désastreuse, et dont je ne gardais pas le moindre souvenir après l'avoir vue à l'époque, ce Les Rois Mages s'avère finalement tout à fait regardable.

    Certes, c'est très loin d'être l'hilarité générale, et c'est très en deçà de ce que les Inconnus pouvaient produire au sommet de leur gloire, mais en comparaison de ce que l'on produit aujourd'hui, dans le registre "comédie française faite par et pour des comiques populaires", c'est nettement plus structuré, pensé en amont, et plein de bienveillance, notamment envers la pluri-culturalité de Paris.

    Bref, une comédie inégale et inaboutie (notamment dans son côté "poisson hors de l'eau" assez convenu, mais aussi dans sa sous-intrigue du patron de chaîne théologien, qui ne fonctionne pas), mais pas aussi mauvaise qu'on veut bien le dire.

    3/6

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    Comme toujours, retrouvez la liste complète (et mise à jour avec les titres français) des films de Noël déjà passés en revue sur ce blog les années précédentes, en consultant notre Index Christmas Yulefest disponible ici...

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    Christmas Yulefest 2017 - 57 - Santa & Cie (2017)

    Publié le 25 Décembre 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Christmas, Noël, Yulefest, Comédie, France, Fantastique, Jeunesse

    Noël est là, et chez les Téléphages Anonymes, la Christmas Yulefest continue avec son marathon de cinéma festif pendant tout le mois de décembre...

    Santa & Cie :

    À quelques jours de Noël, les 92000 lutins et lutines (Bruno Sanches & Louise Chabat) de Santa Claus (Alain Chabat) tombent tous malades. Poussé par sa femme Wanda (Audrey Tautou), le Père Noël décide alors - malgré ses réticences - de se rendre chez les humains afin de trouver un remède à cette maladie collective, et il finit par s'installer chez Thomas (Pio Marmai), Amélie (Golshifteh Farahani) et leurs deux enfants Maëlle (Tara Lugassy) et Mathis (Simon Aouizerate)...

    Comédie familiale de Noël signée Alain Chabat, qui se fond ici dans le moule anglo-saxon du "Père Noël en mission qui trouve refuge au sein d'une famille normale", et aussi un peu dans celui des Rois Mages des Inconnus (critique à venir à la fin de cette Yulefest, d'ailleurs).

    Postulat, histoire et déroulement assez basiques au programme, donc, pour un Chabat mineur, mais assez amusant néanmoins. Le film a ainsi deux gros points forts : sa distribution excellente (la famille est attachante et crédible, tous les seconds rôles sont pertinents et naturels) et son Père Noël décalé, à la fois râleur, fainéant, misanthrope, blasé, impatient, et assez immature.

    Cela permet aux 90-95 minutes du film de passer comme une lettre à la poste, aidé par son humour gentiment absurde et sympatoche. Tout n'est cependant pas parfait : le Pôle Nord version Chabat a des faux airs esthétiques d'affiche publicitaire de Noël des Galleries Lafayette, mâtiné de Willy Wonka ; la post-synchronisation de certaines scènes est un peu bancale ; et dans l'ensemble, la bande originale de Matthieu Gonet est assez peu mémorable.

    Pourtant, la durée relativement courte du film, ses effets spéciaux réussis, et son décalage humoristiques font qu'on ne s'ennuie pas, mais je doute tout de même que ce Santa & Cie reste vraiment dans les mémoires.

    3.75/6

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    Comme toujours, retrouvez la liste complète (et mise à jour avec les titres français) des films de Noël déjà passés en revue sur ce blog les années précédentes, en consultant notre Index Christmas Yulefest disponible ici...

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    Halloween Oktorrorfest 2017 - 36 - Le Fantôme de Canterville (2016)

    Publié le 11 Octobre 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Oktorrorfest, Halloween, Comédie, France, Jeunesse

    Chez les Téléphages Anonymes, Octobre est synonyme d'Halloween et d'Oktorrorfest, notre marathon de cinéma fantastique et d'horreur, qui continue jusqu'en Novembre...

    Le Fantôme de Canterville :

    Hanté par le fantôme belliqueux d'Aliénor de Canterville (Audrey Fleurot) et de son stupide serviteur Gwilherm (Michael Youn), le château ancestral des Canterville accueille un beau jour de nouveaux propriétaires, la famille Otis (Michèle Laroque, Lionnel Astier, Mathilde Daffe, etc). Malheureusement pour Aliénor, maudite, elle doit faire fuir ces nouveaux locataires qui, radicalement modernes et zens, sont tout sauf impressionnés par ces esprits. Mais Virginia, adolescente bien décidée à retourner vivre à Paris, décide alors de coopérer avec Aliénor, et de l'aider à effrayer sa famille...

    Une comédie fantastique franco-belge qui adapte Le Fantôme des Canterville d'Oscar Wilde, par voie de Beetlejuice, en tournant le tout dans un château belge, supposé représenter la Bretagne, et avec une femme dans le rôle du fantôme... pourquoi pas, mais... non, en fait.

    Ça ne fonctionne vraiment pas.

    Entre les vannes & gags répétitifs, éculés et téléphonés, la diction ampoulée typiquement française de ces acteurs qui sur-articulent leurs lignes de dialogue, les personnages insipides (Fleurot tente de composer un personnage, en vain, Youn fait du Youn, Laroque du Laroque, Astier du Astier, et tous les enfants sont quelconques, voire mauvais pour les plus jeunes), le score musical peu inspiré de Matthieu Gonet (ex-directeur musical de la StarAc), la bluette adolescente laborieuse et les péripéties génériques aux effets numériques basiques et aux zombies qui dansent (forcément)...

    ... on est vraiment là dans le divertissement familial médiocre et anémique, dans la droite lignée du précédent film de fantômes du réalisateur, Fantômes et Cie/The Great Ghost Rescue, sans le charme anglo-saxon, et avec des erreurs techniques en plus, dès les deux premières minutes de film (paf, le beau problème de continuité sur le champ/contre-champ lors de la première apparition d'Audrey Fleurot). 

    1.25/6

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