Il était une fois Lurdo & Sygbab, deux internautes passionnés de séries tv et de cinéma, et qui cherchaient un endroit où archiver leurs avis (semi) éclairés...
Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.
Senior Year (2022) :
Reine de son lycée, Steph (Angourie Rice) s'imagine un futur de rêve, mais un accident orchestré par une rivale la plonge dans le coma pendant 20 ans. À son réveil, aujourd'hui, Steph (Rebel Wilson) découvre que le monde a changé et que sa rivale (Zoe Chao) a épousé son petit ami d'alors (Justin Hartley). Bien décidée à rattraper ce passé qui lui a échappé, Steph décide alors de retourner au lycée et de se faire élire reine de promotion...
Mouais. Rebel Wilson a perdu un peu de poids (y compris au cours du tournage, à en juger par l'évolution de son physique entre certaines scènes), et donc ne rentre plus vraiment dans la catégorie "grosse rigolote qui fait de l'humour trash" : elle doit donc se rabattre sur de la semi-comédie de lycée où elle tient un rôle qu'aurait pu tenir Drew Barrymore à l'époque (on pense notamment à College Attitude, au Kickin' It Old Skool de Jamie Kennedy, ou encore à la série Strangers with Candy de Colbert), avec un postulat approximatif (elle se réveille de son coma avec son maquillage, sa coiffure et ses dents artificiellement blanchies, elle reprend toutes ses chorégraphies d'antan sans broncher, alors qu'elle devrait être atrophiée et que Rebel n'est pas très coordonnée), des rebondissements clichés de bout en bout (la rivale, tout ça), des personnages sous-développés, une approche post-millennial du film de lycée et des cliques (où tout le monde est hyper-woke sans que cela ne choque personne), et une nostalgie de la musique et de la pop culture des années 2000 (notamment la reconstitution amusante et imaginaire d'un clip de Britney Spears).
Le résultat, c'est un film de près de 2 heures (Netflix oblige) qui se laisse regarder (et se permet même un caméo d'une figure incontournable du teen movie des années 1990-2000), mais qui déroule un propos générique au possible, une héroïne pas très sympathique, et une romance assez plate, tout en survolant étrangement le côté choc des cultures et des mentalités.
Un bon gros bof, donc, qui n'atteint la moyenne que grâce à Angourie Rice, qui parvient à camper une Rebel Wilson-ado à peu près crédible.
3/6
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Ron débloque (Ron's Gone Wrong - 2021) :
Dans un monde où chaque enfant dispose d'un B-Bot, petit robot intelligent servant à la fois de réseau social, de moteur de recherche, de téléphone, d'ordinateur et d'ami virtuel, Barney (Jack Dylan Grazer), un jeune garçon sans amis, issu d'une famille d'immigrés, est le seul de son école à ne pas en posséder, et subit les humiliations de certains de ses semblables. Jusqu'à ce qu'il reçoive Ron (Zach Galifianakis), un B-Bot défectueux, pour son anniversaire... ce qui va changer son existence, pour le meilleur et pour le pire.
Un film d'animation Fox (et donc Disney, comme l'indiquent plusieurs des skins Marvel et Star Wars des robots) produit par des anciens des studios Aardman dont c'est là le premier film, pour un résultat qui évoque, bizarrement, le récent Les Mitchells contre les Machines dans son propos anti-réseaux sociaux, big tech et compagnie.
Une critique qui sonne un peu creux, à vrai dire, puisque le film en lui-même est assez formulaïque, et affaibli tant par la conclusion du récit (on sent bien le calcul mercantile pensé pour vendre des produits dérivés du film en cas de succès, et qui donne lieu à un propos en demi-teinte, assez peu engagé) que par la structure un peu décousue du tout, qui commence par un "jeune garçon et son chien robot" assez classique, puis part dans les bois, avant de virer au film de casse contre la méchante multinationale, le tout avec des personnages pas forcément désagréables, mais peu marquants (même la grand-mère et sa chèvre font très "calculés pour être excentriques").
J'aurais bien du mal à dire grand chose de plus au sujet de ce métrage finalement assez bien réalisé et visuellement convaincant : ça se regarde sans problème, c'est bien doublé, et ça trouvera probablement un écho auprès des plus jeunes, mais ça m'a aussi paru trop balisé et classique pour être vraiment émouvant et ne pas tourner un peu à vide au bout d'un moment.
3.5/6
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Troisième saison de la série animée de Mike McMahan et Justin Roiland, après deuxannées et un épisode spécial Noël déjantés, mais un peu inégaux : cette fois-ci, on passe des 8 épisodes saisonniers habituels à 11, et il reste à voir si cette décision saura porter ses fruits...
Solar Opposites, saison 3 (2022) :
La saison 2 de SO peinait un peu à équilibrer les mésaventures des Solar Opposites avec le quotidien du Mur, un Mur de plus en plus présent, et dont le développement ressemblait beaucoup à une réaction des scénaristes à la popularité de cette sous-intrigue. Puisque le Mur plaisait tant aux fans en saison 1, on en avait rajouté une dose en saison 2, quitte à en faire un peu trop, et à perdre ce qui faisait le sel de ce filigrane saisonnier.
En saison 3, on continue un peu à exploiter le filon, en se centrant sur les personnages de Cherie et de Halk, qui tentent de réorganiser le Mur en un monde démocratique, et sont contraints de partir à l'aventure, dans les bas-fonds du Mur, pour tenter de réparer l'électricité défaillante. Pas forcément désagréable, tout ça, avec un passage chez les cannibales, beaucoup de morts sanglantes, et le retour du fermier Steven (désormais avec une armée de moustiques et un plan singeant celui de Thanos)... mais honnêtement, l'équilibre humour/drame est une nouvelle fois un peu incertain, et la conclusion de tout cela assez téléphonée.
D'autant plus que les scénaristes ne se fatiguent plus trop : lorsqu'ils veulent consacrer du temps au Mur, il envoient les Opposites en road trip, souvent hors-champ, et les font revenir à la fin de l'épisode. Une grosse ficelle narrative parfois assez frustrante, d'autant que les épisodes plus "normaux" restent assez divertissants.
Après un premier épisode dans lequel Korvo se met à fondre, voilà qu'il se trouve un hobby (le modélisme ferroviaire) qui dégénère rapidement en bataille de trains géants ; ensuite, on a droit à un bottle episode prenant intégralement place dans une file d'attente ; on revisite aussi le destin de tous les autres missions galactiques Shlorpiennes, avec une narration à la Princess Bride ; on refait Daylight avec Stallone, pendant que les jeunes entrent dans la psyché de leur proviseur (pas franchement le meilleur épisode, tout ça) ; on rejoue Molly's Game dans un lycée ; on part en vacances dans un village trop parfait ; et on doit faire face à la crise d'adolescence de Pupa, façon parodie de Fog.
C'est divertissant, donc, même si ça repose un peu trop à mon goût sur les parodies systématiques de films et autres références (toute la digression parodiant les Silverhawks et les Green Lanterns, mwébof). Et la conclusion de la saison, qui voit les Solar Opposites se ranger et adopter une vie humaine médiocre et insipide pour assurer le bon développement de leur "enfant" Pupa, sera sans nul doute rebootée dès l'épisode spécial annoncé pour Halloween.
Dans l'ensemble, cependant, la saison 3 de SO est plutôt agréable à suivre, malgré son format un peu plus long. Les scénaristes ont un peu trop tendance à écouter leurs fans, et à laisser libre court à leurs impulsions (un peu comme du côté de South Park, on sent que beaucoup d'idées d'épisodes leur viennent tardivement, sur un coup de tête, parce qu'ils viennent de regarder X ou Y, tout en ingérant une substance Z), mais le tout se regarde facilement.
(reste que l'impression de regarder des sous-intrigues inutilisées de Rick et Morty reste présente, çà et là)
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Après une saison 13 au format unitaire particulièrement brouillon et frustrant, place aux épisodes spéciaux diffusés en 2022, et censées préparer le départ de Jodie Whitaker, et l'arrivée de son futur remplaçant...
Doctor Who - Eve of the Daleks (2022) :
Le Docteur, Yaz et Dan se retrouvent piégés dans une boucle temporelle, à quelques minutes du Nouvel An 2022, dans les entrepôts d'une entreprise de stockage miteuse de Manchester, gérée par Sarah (Aislin Bae). Avec eux, Nick (Adjani Salmon), un client... et des Daleks meurtriers.
Enfin un épisode ouvertement festif pour cette incarnation du Docteur, et, malheureusement, l'énième retour des Daleks, dans un rôle ici totalement générique qui aurait aussi bien pu être confié à n'importe quel autre antagoniste du Doc, ou à un nouvel ennemi.
Après, c'est assez logique de ressortir encore une fois les Daleks, pour une histoire de boucle temporelle ouvertement inspirée d'un Jour Sans Fin (littéralement cité dans les dialogues) qui profite bien du côté familier de son intrigue : on est en terrain connu, et si ça a l'avantage de rythmer efficacement le tout (c'est probablement l'un des épisodes de Chibnall les plus efficaces et ludiques depuis longtemps), ça finit aussi par tourner un peu en rond et par perdre de son énergie.
D'autant que les défauts d'écriture de Chibnall restent présents : des personnages secondaires parfois poussés légèrement trop loin dans leur caractérisation, et presque antipathiques (le personnage d'Aislin Bae rappelle parfois Donna par son côté abrasif, en nettement moins attachante ou intéressante), la romance entre elle et Nick ne fonctionne que partiellement, les moments de conflit entre les protagonistes paraissent forcés, et certains passages tombent à plat, comme le grand speech de motivation du Doc.
Ajoutez à cela un quota LGBTQ pas très intéressant, avec Yaz qui est amoureuse du Doc, et voilà, un épisode pas désagréable à suivre, mais pas forcément ultra-mémorable pour autant.
Doctor Who - Legend of the Sea Devils (2022) :
Le Doc, Yaz et Dan arrivent en 1807, en Chine, où Madame Ching (Crystal Yu), pirate légendaire, libère un Diable des mers de sa prison de pierre en tentant de trouver un trésor légendaire...
Aïe. Le précédent épisode de Doctor Who à base de pirates n'était pas une franche réussite, mais là, c'est pire, avec un récit décousu, plat, mollasson, et bourré de raccourcis approximatifs, qui semblent découler directement de coupes franches dans le script (le Kaiju qui disparaît en cours de route), ou au tournage.
Le tout, dans des décors déserts, filmés en plans larges qui ne font que souligner cette impression involontaire de vide, et avec des créatures à l'apparence assez fauchée et caoutchouteuse, même pas sauvée par les effets numériques.
En fait, c'est bien simple, cet épisode ressemblait en tous points à un épisode bouche-trou d'une saison "classique" de Doctor Who, aussitôt vu, aussitôt oublié. Et ce ne sont pas les scènes de dialogue entre Yaz et le Docteur qui relèvent le niveau : Chibnall semble décidé à rendre cette romance impossible poignante et sincère, alors que son développement a été, au mieux, très partiel, et que Yaz (décrite ici comme l'égale de River Song, voire comme au-dessus de cette dernière... lol) et le Doc ont une alchimie inexistante.
En somme, pour l'un des derniers épisodes spéciaux de Jodie Whitaker, on est vraiment à un niveau très faiblard...
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Comme chiens et chats 2 - La Revanche de Kitty Galore (Cats and Dogs: The Revenge of Kitty Galore - 2010) :
Lorsque Diggs (James Marsden), un ancien chien policier pas très doué, est recruté par Butch (Nick Nolte) pour rejoindre les rangs des services d'espionnage canins, il ne se doute pas qu'il va devoir protéger un pigeon loquace (Katt Williams), faire équipe avec une chatte espionne (Christina Applegate), et tenter de déjouer les plans de la machiavélique Kitty Galore (Bette Midler)...
Une suite-reboot du premier Comme chiens et chats, qui arrive neuf ans après son modèle, et qui a la bonne idée d'assumer beaucoup plus le côté parodie de film d'espionnage, tout en minimisant drastiquement la présence des humains dans le métrage.
Encore plus sympathique : les chats ne sont plus présentés comme des animaux unanimement maléfiques, et ils font désormais équipe avec les chiens (tout en les méprisant joyeusement - un chat reste un chat) quand la menace leur demande d'unir leurs forces. En l'occurrence, la menace est Kitty Galore, un chat nu bien animé (les effets spéciaux numériques sont montés d'un bon cran entre les deux films) doublé avec une certaine jubilation par Bette Midler.
Et honnêtement, bien que les critiques l'aient assassinée, et que ce soit un flop commercial, j'ai largement préféré cette suite à l'original : c'est plus abouti techniquement, mieux écrit, plus rythmé et plus amusant, tout en étant moins cartoon slapstick que l'original, avec un score musical plus efficace et un doublage efficace (amusant de constater que Katt Williams fait ici presque du Kevin Hart avant l'heure).
3.75 + 0.25 parce qu'il n'y a pas de Goldblum qui cachetonne = 4/6
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Bullet Train (2022) :
Ladybug (Brad Pitt), ex-tueur refusant désormais d'utiliser une arme à feu, monte à bord d'un train grande vitesse reliant Tokyo à Osaka, avec pour mission d'y voler une mallette. Mais rapidement, il découvre que, parmi ses passagers, le train est rempli d'autres tueurs (Joey King, Brian Tyree Henry, Aaron Taylor-Johnson, Hiroyuki Sanada, Bad Bunny, Zazie Beetz...), chacun avec des objectifs bien distincts... et souvent incompatibles.
Un film d'action du réalisateur de John Wick, d'Atomic Blonde, de Deadpool 2 et de Hobbs et Shaw, adapté d'un roman japonais, et qui s'essaie ici à l'exercice de style à la Guy Ritchie ou Tarantino, voire à la Smokin' Aces : des tueurs professionnels excentriques réunis dans un même lieu et qui tentent de se trahir et de s'assassiner mutuellement pour mettre la main sur une mallette, le tout à grand renfort de montage dynamique, de mise en scène déjantée, de scénario capillotracté, d'illustration musicale décalée et d'acteurs qui cabotinent.
Le problème, en fait, c'est que ce Bullet Train dure près de deux heures, et alors qu'un tel film, situé à bord d'un train à grande vitesse, aurait dû être dynamique, effréné et éreintant, il s'avère rapidement mollasson et très bavard... la faute à un script du scénariste de Fear Street, partie 2 : 1978 qui peine à créer la moindre énergie durable, et ronronne rapidement.
Et puis il y a ce train, tour à tour désert ou empli de passagers, qui ne s'arrête jamais lorsque des portes explosent, que des sas sont arrachés, que des fusillades retentissent, etc, mais qui continue paisiblement ses escales en gare le reste du temps, qui va a des vitesses improbables, mais sur le toit duquel on peut tout de même se tenir... le film finit par partir dans le n'importe quoi, avec catastrophe ferroviaire et personnages indestructibles.
Non, vraiment, je n'ai pas du tout accroché à cet actioner weeb qui se veut original et décomplexé, mais qui paraît bizarrement générique et sous-développé, avec des dialogues manquant cruellement du peps ou de la saveur nécessaires à un tel projet, des moments plus sérieux et pathos qui ne fonctionnent pas, et des scènes d'action finalement peu mémorables.
2.25/6 (les acteurs sont bons, pas de souci, et les caméos sont amusants)
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Et l'homme créa la femme (The Stepford Wives - 2004) :
Productrice de télé-réalité à succès et aux dents longues, Joanna Eberhart (Nicole Kidman) connaît une dépression nerveuse après que l'un de ses candidats déclenche une fusillade, ce qui amène la chaîne à se séparer d'elle. Avec son époux Walter (Matthew Broderick), Joanna quitte alors New-York pour s'installer à Stepford, dans le Connecticut, mais bien vite, elle commence à percevoir quelque chose de sinistre sous les apparences idylliques de cette communauté aisée et bien sous tous rapports, où les hommes jouent au golf et les femmes font la cuisine...
Comédie satirique de Franz Oz, adapté du roman de 1972 (qui avait déjà donné lieu à un film plus sérieux et dramatique, en 1975), ce Stepford Wives 2004 est l'œuvre de Paul Rudnick, par ailleurs scénariste des Valeurs de la Famille Addams... et c'est immédiatement évident lorsque l'on regarde ce métrage inabouti et réputé pour avoir été charcuté en post-production par le studio.
Pourtant, ça commence plutôt bien, avec un générique mémorable signé David Arnold, qui donne le ton, à mi-chemin entre la comédie et le fantastique à la Elfman. Mais très vite, les problèmes s'enchaînent : on ne croit jamais vraiment au couple Kidman/Broderick, l'interprétation est volontairement outrée, le propos sur la Guerre des sexes est superficiel et un peu daté, il y a plein d'éléments inutiles (le chien robot), les parodies de télé-réalité sont génériques et faisandées, et si l'on retrouve ici ou là des répliques et des one-liners mordants, ils finissent par être noyés dans une résolution oubliable en mode happy end.
C'est dommage, parce qu'on sent poindre, tout au long du métrage, un aspect plus corrosif et méchant, clairement adouci et limé au fil des reshoots et des bricolages du studio. Résultat : ça ne fonctionne jamais vraiment, et ça reste seulement regardable, sans plus.
3/6 (pour le score de David Arnold)
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Je ne peux que l'admettre : le passage de Chris Chibnall à l'écriture de Doctor Who a globalement tué tout l'intérêt que j'avais pour la série sous Davies et Moffat. Après une saison 11 insipide et générique, et après une saison 12décidant d'exploser toutes les origines du Docteur pour les réinventer de manière approximative et brouillonne, j'avais fini par jeter l'éponge, lassé par l'écriture bordélique de Chibnall, par ses nombreux personnages secondaires inutiles, par ses effets tombant à plat, etc.
Il m'a donc fallu près d'un an et demi pour me motiver à continuer la série...
Doctor Who, saison 13 - Flux (2021) :
Le Flux, une force naturelle inarrêtable, ronge progressivement tout l'univers, et le Docteur (Jodie Whitaker), Yaz (Mandip Gill) et Dan (John Bishop) traversent le temps et l'espace pour tenter d'éviter la fin de toute existence... tout en faisant face à tous les anciens ennemis du Docteur.
Passons rapidement sur Revolution of the Daleks, l'épisode du Nouvel An 2021, qui ne m'a absolument pas marqué, et qui ne servait franchement qu'à évacuer Graham et Ryan, deux des compagnons du Docteur : pas forcément une mauvaise chose, puisque le Tardis de Chibnall a toujours été trop peuplé, et que Yaz manquait jusqu'à présent cruellement de temps d'antenne et de développement.
Malheureusement, Chibnall a trouvé dans son Revolution of the Daleks une inspiration regrettable : recycler les ennemis traditionnels du Doc (Sontarans, Cybermen, Anges...) et les intégrer à un gloubiboulga narratif de 6 épisodes d'une heure, supposés constituer une seule et grande intrigue (un peu comme les anciens serials de l'époque).
Seulement voilà : Chibnall reste Chibnall, et ses épisodes de Doctor Who ont toujours eu des problèmes évidents - caractérisation faiblarde, beaucoup trop de personnages secondaires superflus et de sous-intrigues inutiles, des résolutions brouillonnes, une structure décousue, de nombreux embryons d'idées jamais vraiment abouties...
Soit autant de problèmes d'écriture que l'on retrouve cette année, mais à l'échelle de la saison.
Chibnall veut rendre son Doctor Who épique et inédit : il détruit donc l'univers grâce au Flux et à ses deux méchants, Swarm et Azure (probablement l'un des points forts de la saison, même s'ils font très Skeletor orné de bling), envoyant ses protagonistes (Doc, Yaz et Dan, mais aussi plein d'autres guests et personnages secondaires, qui ont souvent droit à des sous-intrigues récurrentes jamais vraiment probantes) à travers le temps et l'espace.
Ce qui était probablement une bonne idée sur le papier : après tout, Yaz, Dan et Kevin McNally en archéologues aventuriers globe-trotters au début du siècle, tentant de déterminer la date de la fin de l'univers et de trouver des objets dans des tombes, c'est fun, et Moffat en aurait probablement fait un épisode entier, ludique et rythmé (en plus d'en explorer l'impact émotionnel sur le trio).
Chez Chibnall, c'est une bribe de sous-intrigue noyée dans tout le reste et expédiée en une fraction d'épisode, éclipsée par le désir de Chibnall de brouiller toutes les pistes, de mélanger les cartes, de tout déstructurer, et de continuer à explorer sa vérité au sujet des origines du Doc (forcément au centre de tout, ici : on rencontre sa mère, on apprend la vérité au sujet de la Division, du Doc, on découvre que le Flux, c'est indirectement à cause d'elle, que le Temps est un être maléfique, etc, etc, etc).
Fréquemment, en regardant cette saison, je me suis dit : tiens, ça, c'est une idée (ou un personnage) que Davies ou Moffat auraient pu rendre mémorable et ludique, mais ici, c'est plat. Comme cette sous-intrigue sur le Grand Serpent, qui fait vraiment pièce rapportée et semble venir d'une autre saison.
Bref. Une saison 13 unitaire et continue qui souffre de tous les mêmes défauts que les épisodes normaux signés Chibnall, et qui est globalement assez insipide sur la longueur, tour à tout frénétique, chaotique, mal rythmée et fréquemment soporifique.
C'est plus ambitieux que la saison 11, plus travaillé que la saison 12, mais c'est toujours aussi décevant...
(et puis honnêtement, les Luparis... *soupir*)
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Avec son visage très prononcé vers le sérieux et la copie conforme des grandes heures de Star Trek, The Orville divise désormais plus que jamais la communauté des fans, entre ceux qui sont ravis et parlent de meilleure série du monde, et ceux qui sont frustrés de voir une pâle copie inaboutie de Trek éclipser la franchise-mère dans le cœur des spectateurs les plus versatiles...
Et après un épisode 05 convaincant, la série a de nouveau connu une baisse de régime notable assez frustrante, et toujours le fait d'un format non maîtrisé et d'une écriture trop pataude pour son propre bien.
The Orville : New Horizons, saison 3 (2022) :
- 3x09 :Alors que l'Union met au point une arme destructrice redoutable contre les Kaylons, une alliance se noue entre les Krills et les Moclans, forçant l'Union à revoir ses plans...
On y est : dernière ligne droite, les deux derniers épisodes de la saison (et potentiellement de la série), et MacFarlane semble avoir gardé énormément de budget sous le coude, pour se payer un déluge d'effets spéciaux des plus spectaculaires.
Le tout, dans un épisode à la durée à nouveau quasi-double, comme un gros two-parter de Star Trek concentrant tous les effets spéciaux et les scènes d'action d'une saison autrement plus calme.
Le résultat cependant, c'est aussi un épisode à deux facettes, avec une première moitié plus posée, et une seconde partie où tout le monde se lâche, ça explose dans tous les sens, et la production se défoule clairement en lorgnant ouvertement sur Star Wars et tout ce qui est associé généralement à la franchise de Lucas. Quitte à précipiter plein d'éléments, et à conclure des arcs de manière précipitée - on sent que MacFarlane et les scénaristes ont voulu boucler plein de sous-intrigues avant une annulation probable de la série.
Et puis ce qui l'entoure n'aide pas : quand on arrive enfin à la conclusion de l'épisode, force est de constater que près d'une demi-heure de batailles spatiales, de fusillades, de combats à mains nues et de destruction, etc etc, enchaînés sans réelle structure, ça lasse.
Les intentions de MacFarlane et compagnie sont bonnes, mais l'exécution, comme souvent, pèche un peu trop, et les quelques dilemmes éthiques posés lors de la première partie (l'utilisation d'une arme de destruction massive) ainsi que les éléments renvoyant directement à Star Trek sont bien vite éclipsés derrière les explosions et l'action.
En fait, cet épisode de The Orville, c'est un peu comme si l'on avait condensé une saison entière de Deep Space Nine et de sa géopolitique en moins de 80 minutes : ça fait brouillon.
- 3x10 : Tandis que Lysella (Giorgia Whigham), de la planète Sargas 4, monte à bord et découvre la vie au sein de l'Union, Isaac décide de faire sa demande en mariage au Docteur Finn...
Et voilà, un épisode de fin de saison/série qui renoue ouvertement avec le ton plus léger et comique de la première saison, que ce soit au travers du rituel reproductif des Moclans, en début d'épisode, de la jalousie des deux témoins, du strip-teaseur kaylon, ou des multiples problèmes de la préparation du mariage d'Isaac et Finn.
Un ton plus déconneur, une approche plus légère, mais toujours 80 minutes d'épisode à remplir... et donc des longueurs très perceptibles, notamment du côté de la sous-intrigue de Lysella (issue de la saison 1), très didactique et plate, avec une Kelly qui lui explique par le détail combien une société "post-scarcity", c'est formidable, mais qu'ils ne doivent pas intervenir dans le développement des espèces inférieures, etc.
Rien de bien neuf sous le soleil, c'est du Trek basique, c'est bourré d'exposition, mais au moins ça donne quelque chose de consistant à faire à Adrianne Palicki. À côté, l'intérêt de toute l'intrigue du mariage dépendra fortement de si le spectateur accroche ou non au couple Finn/Isaac, qui semble fasciner et toucher MacFarlane plus que de mesure.
Personnellement, cette relation et le shipping qui tourne autour depuis le début de la série/saison ne m'ont jamais totalement convaincu (Isaac n'est pas Data), et j'ai donc regardé ce mariage avec une certaine distance, sans réellement percevoir l'émotion que la série voulait transmettre.
Cela dit, comme season/series finale, c'était sympathique et chaleureux, et tout à fait honorable (même si le caméo d'Alara faisait vraiment ajout de dernière minute pour conclure sur une note positive). Pas forcément ultra mémorable pour autant, mais honorable.
- Bilan saison 3 et série -
Je vais probablement me répéter un peu avec ce que j'ai déjà dit préalablement, mais là où une certaine frange du fandom se prosterne désormais devant l'autel de MacFarlane, j'ai toujours du mal à y voir quelque chose de vraiment plus abouti qu'une grosse fanfic self-insert reprenant l'essentiel des éléments de l'univers Star Trek, circa Next Generation, et en changeant les noms pour "créer un univers inédit".
Attention, c'est une fanfic friquée, bien produite, et s'inscrivant dans une tradition Trek respectueuse, mais ça reste une fanfic dérivative. Et il me paraît évident qu'une grosse partie de la popularité de The Orville (toute relative, cela dit, vue le manque de succès populaire du programme) participe directement de la nostalgie qui anime les trekkies depuis des années : cette même nostalgie que Kurtzman et compagnie, à côté, tentent d'exploiter très maladroitement, pour un fanservice flagrant que MacFarlane utilise tout autant, et qui permet aux fans de la franchise détestant nuTrek (et dieu sait qu'il y en a) de trouver leur propre doudou, en cessant souvent de faire preuve de nuance et d'objectivité.
Problèmes de rythme, de format, d'écriture, manque de discernement dans le dégraissage de chaque épisode : les problèmes de cette saison 3, gentiment fourre-tout, sont multiples et évidents, et le nouveau titre de la saison, "New Horizons" ne se justifie jamais tant le programme opte encore et encore pour la suite d'événements ayant pris place dans de vieux épisodes (demandant souvent au spectateur de retourner voir en ligne ce qui se déroulait dans un épisode diffusé il y a près de 5 ans).
Mais, je l'admets, après une saison 1 trop axée comédie et une saison 2 mitigée, cette troisième (et probablement dernière) saison de The Orville est probablement la plus aboutie, bien que nettement trop sérieuse et premier degré pour se démarquer suffisamment d'une photocopie de STTNG et compagnie.
Il y aurait probablement encore un équilibre à parfaire pour que la série trouve sa propre identité, ni trop sérieuse, ni trop parodique, mais le programme n'en aura pas l'occasion. Et c'est dommage, car c'est en cette troisième année que Orville a produit l'un de ses meilleurs épisodes, le 3x05...
Bilan finalement mitigé, donc, tant pour cette troisième année que pour la série dans son intégralité. Une série de fanboy pour les fanboys (et fangirls) de Star Trek, qui ne se sera jamais totalement trouvée, et aura frustré aussi souvent qu'elle aura convaincu.
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Comme chiens et chats (Cats & Dogs - 2001) :
Lou (Tobey Maguire), un jeune Beagle, est recruté par Butch (Alex Baldwin), un chien vétéran appartenant à un réseau d'espionnage canin, pour lutter contre la maléfique race féline, menée par le machiavélique Mr. Tinkles (Sean Hayes), qui a pour projet de rendre tous les humains allergiques aux chiens en dérobant les recherches du Professeur Charles Brody (Jeff Goldblum), le maître de Lou...
Une comédie familiale qui m'avait (relativement) amusé lorsque je l'avais vue il y a bien longtemps, et qui passe un peu moins bien le cap du revisionnage, aujourd'hui, près de 20 ans après sa sortie.
Il faut dire qu'entre l'introduction bancale du film, avec son ton très cartoon, son mickeymousing musical, son slapstick caricatural, et tout et tout ; ses effets très datés, tant au point de vue numérique qu'au niveau de marionnettes raides et peu probantes (pourtant signées du studio Jim Henson) ; ses humains assez peu utiles (notamment Goldblum qui cachetonne et cabotine), le film peine à convaincre sur un plan technique, ce qui n'aide pas à se laisser porter par ce qu'il y a à l'écran (notamment quand au cours d'une même scène, on enchaîne animaux réels, doublures numériques approximatives, animation limitée par ordinateur, doublures animatroniques fauchées, clichés ethniques, etc).
Heureusement, une fois que le film entre vraiment dans le vif de son sujet, et que l'espionnage prend le dessus sur le reste, ça s'améliore, les doubleurs semblent s'amuser, jusqu'à rendre le tout regardable (d'autant plus pour les enfants, qui prendront le tout comme un Tom et Jerry, ou quelque chose du genre).
Pas exceptionnel, mais pour ce que c'est, ça pourrait être pire.
Un petit 2.5/6, en étant gentil (et pour se garder un peu de marge pour les suites, dont je ne garde aucun souvenir)
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Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.
Krypto et les Super-animaux (DC League of Super-Pets - 2022) :
Lorsque Superman (John Krasinski) et la Justice League sont pris au piège par Lulu (Kate McKinnon), l'ancien hamster domestique de Lex Luthor (Marc Maron), Krypto (Dwayne Johnson) fait tout son possible pour secourir son maître et ses coéquipiers. Mais privé de ses pouvoirs, il doit compter sur l'aide d'Ace (Kevin Hart) et d'un groupe d'animaux à l'adoption, dotés de superpouvoirs suite à une expérience de Lulu...
Un film d'animation DC pas désagréable à suivre, mais qui ne passe pas trois pattes à un canard unijambiste. Pourtant, ça commençait plutôt bien, avec un film qui tente de prendre le spectateur nostalgique par les sentiments en utilisant les thèmes de John Williams pour Superman et Krypton... et dans l'absolu, le tout est plutôt sympathique, avec un bon travail de doublage de The Rock et d'un Kevin Hart agréablement moins excentrique et criard que d'habitude.
Après... il faut supporter Kate McKinnon qui en fait vraiment trois tonnes en méchante (là, j'ai du mal), et il ne faut pas être gêné par le gros ventre mou du métrage, qui lui fait perdre pas mal d'intérêt en cours de route.
Une version superhéroïque de Comme des bêtes, en somme, un peu plus aboutie, mais pas forcément très mémorable.
3.5/6
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Dans les yeux de Tammy Faye (The Eyes of Tammy Faye - 2021) :
L'ascension et la chute de Tammy Faye (Jessica Chastain) et de son mari Jim Bakker (Andrew Garfield), un couple de télévangélistes américains qui ont connu leur heure de gloire dans les années 70 et 80, avant de sombrer suite à des controverses financières et autres scandales publics...
Un biopic réalisé par Michael Showalter, et qui revient donc sur la vie de cette télévangéliste devenue, par la force des choses et par son ouverture d'esprit, une icône LGBTQ+ outre-atlantique, et notamment auprès de la communauté des drag queens (le look très particulier de Tammy Faye y est probablement pour quelque chose).
Et il n'y a pas grand chose de plus à dire de ce métrage assez plat, en fait : il est porté à bout de bras par l'interprétation de Chastain et de Garfield, mais se contente de dérouler ses événements de manière mécanique, sans réelle originalité ou inspiration, et sans réussir à vraiment dynamiser le tout.
Plus gênant, un côté kitsch et outré qui se retrouve partout, des décors à l'interprétation de tout le monde, et qui fait presque virer le métrage à la parodie... mais ce dernier se refuse malheureusement à aller ouvertement dans le décalage et l'extravagance. Résultat : Dans les yeux de Tammy Faye finit par être constamment le postérieur entre deux chaises, trop caricatural pour être vraiment pris au sérieux et devenir vraiment touchant (les postiches et maquillages n'aident pas) et trop scolaire et conventionnel pour avoir de l'énergie et se démarquer du tout venant.
Bref, si l'on est fan de Jessica Chastain, qui se donne totalement à son rôle, et fait un numéro d'accent, de maquillage et de chansons assez remarquables, on appréciera probablement le film, même si l'on pourra regretter un manque de folie, et une tendance un peu trop poussée à la réhabilitation de l'image de Tammy Faye. Dans le cas contraire... mwébof.
Un petit 3/6 (et encore...)
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Après une saison 2 cynique et parfois frustrante, et un spin-off animé amusant, place à la troisième saison de la série d'Eric Kripke pour Amazon, avec huit nouveaux épisodes d'une heure continuant l'escalade de la guerre de Butcher contre les superhéros de l'écurie Vought...
The Boys, saison 3 (2022) :
Alors que Hughie travaille désormais pour le gouvernement, il découvre la véritable nature meurtrière de Victoria (Claudia Doumit), sa collègue qui dissimule ses super-pouvoirs. De quoi le ramener dans le giron de Butcher, qui de son côté se radicalise et choisit d'utiliser de petites doses du Compound V pour obtenir des pouvoirs temporaires, et lutter contre un Homelander à la folie grandissante... d'autant que l'existence de Soldier Boy, superhéros mythique que tout le monde croyait mort, pourrait bien s'avérer le moyen de vaincre Homelander.
À l'instar du comic-book dont elle s'inspire, The Boys n'a jamais été une série particulièrement subtile ou modérée dans son propos et dans sa satire : que ce soit dans sa violence outrancière et sanguinolente, dans son approche des problèmes politiques de la société américaine, ou dans ses parodies du cinéma et des figures superhéroïques, la série de Kripke ne fait pas dans la dentelle, pour le meilleur et pour le pire.
Parce que oui, je l'avoue, alors même que le programme est de plus en plus populaire auprès des critiques et du web, je commence à me lasser de la série, ou pour être plus précis, de son écriture.
Je ne sais pas vraiment ce qui a provoqué chez moi ce sentiment de lassitude, durant le visionnage de cette nouvelle saison. Les thématiques globales, notamment tout le côté "la paternité c'est compliqué", qui me lassent sur la durée ? La facilité de certaines parodies moqueuses, qui se contentent souvent de reprendre ce qui a fait le buzz pour le détourner ("Antman dans Thanos", la parodie du spot de pub de Kylie Jenner, la vidéo Imagine...) ? Le côté générique et peu inspiré de certains détournements superhéroïques (Homelander et la jeune femme voulant se suicider, la Snyder Cut, Soldier Boy) ? La lourdeur de la satire politique (avec un Homelander de plus en plus ouvertement Trumpien, le côté Black Lives Matter de l'intrigue d'A-Train) ? La gratuité de certains moments, façon "on peut le faire, donc pourquoi pas ?" (la comédie musicale avec Kimiko et Frenchie, le caméo de Rogen, etc) ?
C'est probablement un tout, en fait, qui fait que petit à petit, je me désintéresse du programme, et de ses innombrables digressions pas forcément utiles - ce qui n'aide pas, d'autant que les scénaristes continuent leur travail d'humanisation rigolarde des supes (Deep, son couple et son poulpe ; Black Noir, ses animaux animés et son flashback ; A-train et sa pseudo-rédemption engagée) et tentent de donner des sous-intrigues plus ou moins probantes au reste de l'équipe des Boys (je dois dire que Frenchie et la Russe, ça ne m'a pas convaincu ; et que Mother's Milk est toujours bien terne par rapport à sa version papier).
Pourtant, il y a clairement du bon, dans cette saison, à commencer par Jensen Ackles en Soldier Boy, tout simplement excellent en pseudo-Captain America déglingué (au point que j'en suis presque venu à me ranger de son côté, malgré ses innombrables défauts, lorsque le duel final est arrivé) ; on peut aussi saluer le courage de la production, qui a fini par tourner Herogasm (dans une version finalement assez graveleuse et immature, certes, car le tout reste une production Rogen ^^) même si le tout n'avait pas l'ampleur de la version papier ; la structure globale de la saison est compétente, avec de petits coups de mous ici ou là, mais rien de bien méchant, et la radicalisation de Hughie est intéressante.
D'ailleurs, j'ai eu l'impression que la série utilisait un peu plus d'éléments des comics, probablement pour préparer une fin forcément inévitable. La Légende, notamment, réinventée en producteur hollywoodien libidineux interprété par Paul Reiser (très amusant)... mais aussi le parcours de Hughie, les divisions au sein du groupe, les scènes d'action...
Et puis il faut bien reconnaître qu'après une saison 2 plus intéressée par les superhéros que par les Boys, qui restaient trop passifs et en retrait, la série a inversé la vapeur, et donne enfin à ces derniers des pouvoirs et de l'action.
Mais entre la lassitude que j'ai exprimée plus haut (la série succombe trop souvent à mes yeux à de la provoc gratuite et à des scènes choc uniquement là pur créer le buzz et faire jaser), certains détails esthétiques (la différence de carrure de Homelander dans son costume et hors de son costume est toujours perturbante ; Starlight a fait un régime drastique et la production surcompense par un maquillage plus prononcé et un filtre de diffusion flagrant à l'image) ou d'interprétation (Karl Urban a toujours un côté forcé et pseudo-badass à l'image, dans ses poses et ses attitudes ; le français bancal de Tomer Capone est toujours aussi peu probant) qui me dérangent, et le dernier épisode, un peu brouillon, approximatif, plein de facilités gênantes (Frenchie qui bricole du Novitchok en trois minutes dans un labo, les autres qui le font respirer à Soldier Boy par un masque jamais étanche ou bien posé, alors qu'ils sont à dix centimètres du visage de SB...), je suis ressorti de la saison peu enthousiaste ou satisfait.
Ce n'est pas mauvais en soi, le côté technique et l'interprétation répondent toujours présents, et les fans adoreront (d'ailleurs, ils sont nombreux à trouver que c'est la meilleure saison du programme), mais de mon côté, je suis resté sur ma faim.
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Difficile de maintenir le niveau quand on sort tout juste de ce qui était probablement le meilleur épisode de cette saison, si ce n'est de la série : sans surprise, Orville n'y est pas parvenue, enchaînant l'excellent 3x05 avec un épisode 6 forcé, à base de voyage temporel et de personnages agissant peu naturellement...
The Orville : New Horizons, saison 3 (2022) :
- 3x07 :Alors que le Orville se prépare à recevoir une délégation étrangère, voilà qu'Isaac se voit présenter une chance inouïe : celle de faire enfin l'expérience de véritables sentiments...
C'est amusant, ça : premier épisode depuis bien longtemps à ne pas être une suite directe d'un récit préexistant, cet épisode 07 est aussi un gros bazar sans nom, un métrage qui semble composé de quatre sous-intrigues qui se marient mal et qui semblent rapiécées en un tout bâtard de 75 minutes, un peu comme si les scénaristes avaient des morceaux d'intrigues en vrac, dont ils ne savaient que faire, et qu'ils avaient décidé de s'en débarrasser ici.
On se retrouve donc avec un tout décousu, aux ruptures de ton assez maladroites, entre d'un côté le shipping Keyali/LaMarr, très dérivatif de Work/Jadzia et qui se termine alors même que le tout a été à peine introduit dans l'épisode précédent ; de l'autre, un gros flashback sur la genèse "tragique" des Kaylons (bon gros empilage de clichés façon Battlestar Galactica et révolte d'un peuple artificiel maltraité - d'ailleurs, on se demande qui a décidé d'équiper les Kaylons majordomes de méga blasters, mais bon) ; ailleurs, la visite d'une délégation issue d'une planète matriarcale, avec ce que ça implique d'humour facile et approximatif quand les hommes du vaisseau se font passe pour soumis, et de résolution bâclée ; et enfin, la sous-intrigue centrée sur Isaac, très inégale, entre les facilités scénaristiques inspirées de Data et de sa puce à émotion (qui forcément, finit par ne pas fonctionner), les exigences du Docteur Finn (qui demande à ce que Isaac soit opéré s'il veut être avec elle), cette romance qui ne fonctionne jamais vraiment, et le volte-face prévisible de Charly, dont la caractérisation manichéenne n'était en place que pour arriver à cette conclusion facile.
Un bon gros bof du début à la fin, en somme, jamais particulièrement original ou intéressant dans son approche. À la limite, si le script avait été coupé en deux, pour donner deux épisodes de 40 minutes, pourquoi pas...
- 3x08 : Parce qu'elle accepte de rejoindre la rébellion des femmes moclannes, qui exfiltrent des nourrissons de leur planète pour s'assurer que leur sexe ne soit pas artificiellement changé, Topa est enlevée et torturée par des Moclans, qui mettent ainsi en péril les accords de paix entre leur peuple et l'Union...
Et je pourrais commencer cette critique d'épisode en reprenant la même phrase que celle qui concluait le 3x07, d'autant plus vraie ici : à la limite, si ce 3x08 de près de 90 minutes avait été coupé en deux épisodes de 40 minutes environ, dégraissés des quelques moments clairement là parce que MacFarlane et compagnie se font plaisir (les innombrables plans numériques sur les vaisseaux, leurs arrivées, leurs départs, leurs manœuvres, le caméo de Dolly Parton et sa chansonnette), ça aurait pu marcher.
Là, en l'état, c'est toujours trop long, c'est toujours très dérivatif, c'est toujours inutilement bavard, c'est toujours peu subtil, avec de grosses ficelles narratives, des excès et des séquences inutiles (la poursuite façon Star Wars avec les chasseurs moclans), bref, c'est du Orville saison 3, qui plus est écrit par Bormanis et Braga : pas de surprise, c'est bourré de défauts, et pas de surprise non plus, une certaine frange du public Trek a adoré (que ce soit parce que ça impressionne visuellement, parce que Braga écrit, ou parce que Orville est souvent, à leurs yeux, incritiquable).
Le plus frustrant, en réalité, c'est que ce n'est pas mauvais, en soi : à nouveau une suite plus ou moins directe d'éléments posés plus tôt dans la série, le scénario parvient à développer ses personnages, leurs relations (même si le pseudo-shipping Bortus/Kelly, WTF) et les problèmes sociétaux posés par un certain choc des cultures.
Mais les scénaristes le font de manière gentiment pataude, sans jamais oser tailler dans la masse pour mettre en valeur les éléments importants de leur récit. Il ne faut pas abuser des bonnes choses, comme on dit, et comme MacFarlane a plus ou moins carte blanche sur sa série, les bonnes choses sont souvent noyées dans pas mal de choses un peu moins bien, qui tirent le tout vers bas.
Un épisode qui laisse mitigé, en somme.
(à suivre...)
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Méchant menteur 2 (Bigger Fatter Liar - 2017) :
Étudiant glandeur et menteur, Kevin (Ricky Garcia) voit le jeu vidéo qu'il a créé être volé par le malfaisant Larry Wolf (Barry Bostwick), mais personne ne croit à son histoire. Avec sa meilleure amie Becca (Jodelle Ferland), il part alors pour San Francisco, bien décidé à tout faire pour se venger de Larry et récupérer son jeu...
Suite DTV de Méchant menteur, un métrage déjà pas terrible avec Frankie Muniz et Amanda Bynes (écrit par Dan Schneider, alors le tôlier des séries Nickelodeon), cette production n'a de suite que le titre, et un scénario quasi-photocopié sur l'original, sans la moindre originalité.
Ajoutez à cela un Ricky Garcia assez antipathique, une interprétation inégale, une Jodelle Ferland qui semble avoir été castée à la dernière minute en lieu et place d'une actrice plus blonde dans la lignée d'Amanda Bynes (certains dialogues la qualifient de Barbie au rabais, alors qu'elle n'a pas du tout le physique pour que ces répliques fonctionnent), un Bostwick qui cabotine, un rythme mollasson, et voilà, un téléfilm vraiment quelconque et insipide.
Sans surprise.
1.75/6
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Einstein Junior (Young Einstein - 1988) :
Albert Einstein (Yahoo Serious), fils d'un agriculteur tasmanien, découvre un beau jour comment ajouter de la mousse à la bière... par la fission de l'atome. Sa formule mathématique E=mc² en main, il part pour Sydney afin de déposer le brevet de sa découverte, et croise le chemin de Marie Curie (Odile Le Clezio), dont il s'éprend, malgré la jalousie de Preston Preston (John Howard), le responsable du bureau des brevets de la ville...
Une comédie australienne excentrique, iconoclaste, déjantée, décalée, inventive, rock'n'roll, romantique, caricaturale, improbable... et finalement très australienne, qui réinvente la biographie d'Albert Einstein en en faisant un paysan du fin fond de la Tasmanie (avec diable de Tasmanie en prime ^^) à l'intellect exceptionnel, et qui révolutionne le monde de la science, de la physique et de la musique...
Alors certes, niveau fidélité historique et crédibilité, on repassera, mais il se dégage de cette comédie WTF un sentiment d'anarchie et de bonne humeur assez ludique, qui rend le tout assez attachant. Pour une première réalisation de Yahoo Serious, c'est assez sympathique.
4/6
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Walrus Yes - The Making of Tusk (2019) :
"Documentaire" de 90 minutes "réalisé" et "présenté" par Jason Mewes, et qui revient sur la genèse et le tournage de Tusk, l'étrange métrage semi-horrifique et bancal de Kevin Smith.
Et alors que l'on aurait pu se dire qu'un tel making of aurait été parfait pour tenter de mieux cerner les intentions de Smith, le pourquoi de ce changement de genre et de cette idée grotesque, en fait, on se retrouve avec un journal de tournage quotidien très basique et superficiel, dans lequel Mewes joue les pseudo-journalistes et traîne partout accompagné d'une caméra, pour glander avec ses copains. Et ça s'arrête là.
Tous les jours, Kevin Smith vient au micro de son compère, parfois en pleine forme, parfois sous l'influence de marijuana (la véritable raison de la création du projet), tout le monde s'adore, tout se déroule très bien, Smith est très satisfait du projet, blablabla, bref, on n'apprend pas grand chose, c'est particulièrement générique, et un peu suffisant, malgré l'ambiance détendue du tout.
Bref, un making-of à destination des fans déjà conquis de Smith, qui montre un peu (mais pas assez) les coulisses du tournage, et qui, soyons clairs, est là pour vendre des billets pour les projections en public des films de Smith, lequel ouvre d'ailleurs le documentaire par deux messages datant de 2019, l'un pour vendre ses billets, et l'autre pour faire le point sur Tusk, un film "mal reçu à sa sortie, mais qui a su trouver son public et devenir culte". Connaissant un peu les fans hardcore de Smith, ce n'est guère surprenant...
2.25/6
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Being the Ricardos (2021) :
Au fait de leur gloire, dans les années 50, Lucille Ball (Nicole Kidman) et Desi Arnaz (Javier Bardem) sont frappés par plusieurs scandales simultanés : d'un côté, la rumeur des infidélités de Desi fait les choux gras de la presse à scandale, et inquiète Lucille ; de l'autre, l'appartenance supposée de cette dernière au Parti communiste remet en question tout ce que le couple a pu accomplir au fil des ans ; et puis il y a la grossesse de Lucy, qui chamboule tous leurs plans...
Après le documentaire d'Amy Poehler sur le couple Ball/Arnaz, j'ai eu envie de m'intéresser à ce biopic signé Aaron Sorkin, sorti sur Amazon, et qui tente de retracer la carrière du duo de manière incisive et originale.
Parce que forcément, qui dit Aaron Sorkin dit aussi une écriture très particulière, très bavarde, intelligente, mais aussi parfois hors sujet ou évidente : les grandes plages d'exposition historique et de remise en contexte placées dans la bouche des protagonistes, certains termes très modernes, la déconstruction même du script (qui utilise les scandales comme élément de base pour revenir, en flashbacks, sur les événements les plus importants de la vie du couple et de leur carrière, le tout encadré par des interviews pseudo-mockumentaires des collègues de Lucille et Desi, de nos jours, face caméra), des approximations délibérées à des fins dramatiques (tout le rapport de Desi au communisme, la chronologie globale), les "visions" de Lucille qui s'imagine les scènes à venir de ses épisodes, en noir et blanc, le format "personne géniale confrontée à l'hostilité du monde qui l'entoure, mais qui finit par triompher envers et contre tout", il y a plein d'éléments qui trahissent un peu l'identité du scénariste et son style si particulier, à la fois ambitieux, nerveux et un peu prétentieux.
Et puis il y a le problème Nicole Kidman, rendu encore plus évident après avoir vu le documentaire récemment : Kidman est excellente, et parvient parfaitement à reproduire la voix si particulière de Lucille Ball... mais elle ne lui ressemble pas du tout physiquement, ni dans sa gestuelle. Pire : le visage botoxé et couvert de latex (pour tenter de la faire ressembler un peu plus à Ball), Kidman est constamment un pied dans l'Uncanny Valley, pas assez expressive pour singer Ball, et d'apparence trop lisse pour paraître humaine.
C'est embêtant, malgré tous les efforts de l'actrice pour transmettre les émotions et le tourment d'une Lucille Ball stressée et constamment sous pression. Bardem passe mieux, dans un rôle de latin lover assez ironiquement en retrait par rapport à Kidman, mais tout aussi investi - reste que plusieurs choix créatifs sont problématiques, comme ces scènes où les deux acteurs sont numériquement rajeunis pour raconter leur rencontre.
Heureusement, autour du couple principal, la distribution secondaire est là pour assurer : JK Simmons, mais aussi, Tony Hale, notamment, qui est excellent dans un rôle plus sérieux et dramatique que ceux dans lesquels on a l'habitude de le voir.
Pour un semi-biopic, le style Sorkin ne convainc cependant que partiellement, tour à tour pertinent, surprenant, mais parfois aussi maladroit, fourre-tout ou gênant. Et comme le bonhomme est aussi derrière la caméra, le résultat est visuellement assez quelconque, pas très mémorable ou stylisé.
Plus gênant, peut-être, il ne parvient pas vraiment à retranscrire à l'écran l'énergie comique de Lucille Ball, préférant décrire tous ses autres aspects (professionnelle, exigeante, intelligente, volontaire, autoritaire, amoureuse, etc) - outre son visage figé (alors que Ball était ultra-expressive), Kidman n'a pas les facilités de Ball pour la comédie physique et pour le slapstick, et est donc réduite à exprimer le talent comique de celle-ci au travers de dialogues typiquement sorkiniens, au répondant acéré, mais qu'elle partage avec les autres personnages du film.
Bref, un biopic honorable, mais qui ne m'a que partiellement convaincu, trop brouillon, maladroit dans ses thématiques, et avec un couple principal un peu frustrant. Cela dit, ça reste tout de même intéressant.
3.75/6
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L'Âge de glace - Les Aventures de Buck Wild (The Ice Age Adventures of Buck Wild - 2022) :
Rebelles et désireux d'être enfin indépendants, Eddie (Aaron Harris) et Crash (Vincent Tong), les deux frères opossums, quittent la bande de Manny, Sid et Diego pour partir à l'aventure : ils finissent dans le Monde Perdu, où ils retrouvent Buck Wild (Simon Pegg) et doivent lutter contre un maléfique dinosaure tentant de chasser tous les mammifères de ce paradis oublié...
Spin-off de la franchise L'Âge de glace (dont, honnêtement, je n'ai que des souvenirs très vagues), ce métrage a été produit sans l'aval de Blue Sky Studios (la studio qui a créé la franchise et qui a été fermé après le rachat de la Fox par Disney), développé pour être une série télévisée, et repensé en cours de route pour un format cinéma, avec une sortie sur Disney +.
Le résultat de cette production chaotique, confiée à un petit studio canadien, est un film d'animation bancal, pas très inspiré au niveau de l'écriture, assez quelconque au niveau du rythme, et surtout globalement assez laid, avec un rendu typiquement télévisuel : les textures sont fréquemment sommaires, les arrière-plans assez génériques et plats, la musique fait du sous-John Powell, la réalisation est pleine de plans serrés assez laids, les personnages récurrents de la franchise ont tous perdu leurs doubleurs historiques (remplacés par de pâles imitations), et en lieu et place des "aventures de Buck Wild", ce dernier est quasiment un personnage secondaire, passant après les puérils et immatures Crash et Eddie.
Énorme bof, donc, pour une suite très DTV.
2.25/6
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Quand bien même une certaine tranche des fans de Star Trek, dépitée par la direction de la franchise sous la direction de Kurtzman et compagnie, se prosterne désormais aveuglément à l'autel de Seth MacFarlane, le début de saison 3 d'Orville m'a semblé un peu décevant. Intitulé "Nouveaux horizons", il se contente en réalité de proposer des suites directes à plusieurs épisodes des saisons précédentes, une tendance qui ne fait que se confirmer avec le reste de la saison, et pour le moment, ce n'est guère mémorable.
The Orville : New Horizons, saison 3 (2022) :
- 3x04 :Les membres d'équipage de l'Orville accompagnent le président de l'Union sur la planète-mère des Krills, pour y signer un traité historique, alors même qu'une élection capitale s'y déroule. Et lorsque Teleya, ancienne amante de Mercer, remporte le suffrage et prend la tête de la nation Krill avec une rhétorique nationaliste et xénophobe, la délégation devient sa prisonnière...
Mouais. Dans l'absolu, cet épisode est un solide épisode de pseudo-Star Trek, avec un message sociétal et politique sous-jacent, des enjeux personnels pour l'un des personnages, et beaucoup d'effets spéciaux réussis pour mettre en images une planète extraterrestre très Blade Runneresque, ainsi qu'une immense bataille spatiale dans la dernière ligne droite de l'épisode.
Et c'est probablement pour ça que cet épisode a été particulièrement bien reçu par la critique et les fans, d'autant plus que son propos sur l'avortement est arrivé à quelques heures à peine d'une décision de justice très controversée outre-atlantique.
Et pourtant, c'est probablement justement ça qui m'a gêné : le côté très pataud du message de cet épisode signé Braga et Bermanis, qui nous enchaîne les élections problématiques, le parti nationaliste et violent, les discours manipulateurs, les fake news, le populisme, blablabla. Ça partait clairement d'une bonne intention, mais c'est tellement peu subtil et parfois facile (certaines ficelles narratives, comme l'enfant métissé qui pourrait apporter un rapprochement, le Chancelier arrêté et exécuté en quelques heures alors que les votes ne sont pas encore comptés et que le grand conseil n'a pas encore fait Teleya présidente, etc) que ça m'a agacé plus qu'autre chose.
Mais ce n'est pas mauvais, hein, et c'est techniquement plutôt réussi à l'écran... Avec une plume moins balourde (et j'avoue que je n'ai jamais été vraiment convaincu par les intrigues centrées sur Mercer et sur le jeu dramatique de MacFarlane), et avec dix minutes de moins, ça m'aurait probablement plus séduit.
- 3x05 :Topa, l'enfant de Bortus et Klyden, est malheureux, pas à l'aise dans sa peau. Pour éviter le drame, Kelly choisit alors de lui révéler qu'il est né du sexe féminin, et que ses parents, conformément à la tradition de leur peuple, ont choisi de faire d'elle un garçon. Les choses se compliquent lorsque Topa décide de retrouver son sexe biologique, mais que Klyden (et les autorités de l'Union) s'y opposent...
Je pourrais dire que j'ai quelques réserves au sujet de cet épisode : par exemple, le fait que MacFarlane et compagnie continuent de consacrer leur saison 3 à des "suites" d'épisodes des saison préalables. Ou encore que c'est une nouvelle fois un épisode "à message social" très américain dans son approche.
Mais (et exceptionnellement, je rejoins totalement l'ensemble des critiques et des spectateurs), c'était excellent. Pour une fois, MacFarlane, à l'écriture et à la réalisation, sait être sobre, doser ses effets, mesurer ses dialogues, cadrer ses acteurs, refuser le grand spectacle facile, pour un résultat à la fois touchant et percutant, porté par l'interprétation excellente d'Adrianne Palicki, de Peter Macon et de Chad L. Coleman.
Tous les autres personnages font peu ou prou de la figuration, et l'on pourrait toujours débattre de quelques facilités narratives, ici ou là, mais dans l'ensemble, le tout fonctionne très bien, et donne lieu à ce qui est, probablement, l'un des meilleurs épisodes de la série à ce jour.
- 3x06 :Suite à un incident, Gordon se retrouve coincé en 2015, sur Terre. L'équipage de l'Orville entame alors une mission de secours, mais arrive en 2025, où Gordon est heureux, père de famille, marié à Laura Huggins (Leighton Meester), et refuse de quitter cette nouvelle vie...
Encore un épisode faisant suite à un épisode précédent (c'est clairement le thème de la saison, de toute façon), encore un épisode qui a plu aux critiques, mais moi, je suis resté totalement de marbre devant tout ça, principalement parce que j'ai trouvé le tout affreusement forcé et transparent.
C'est bien simple, dès la scène maladroite où Gordon explique ce qu'est un téléphone portable (et sans même me souvenir de l'épisode correspondant en saison 2) et la mention de voyage temporel, on pouvait deviner ce qu'allait être cet épisode : Gordon, dans le passé, qui retrouve la demoiselle en question, fonde une famille, etc, avec une scène déchirante à la fin.
En soi, pourquoi pas, c'est un grand classique du genre. Mais à partir de là, le script enchaîne les facilités et les grosses ficelles narratives pour arriver à son résultat voulu : une grande scène dramatique entre Gordon, Kelly et Mercer (toujours raide comme un piquet, d'ailleurs, ce MacFarlane). Un peu comme si le script avait été construit à postériori autour de cette scène, sur la promesse de donner à Scott Grimes un moment dramatique, après lui avoir laissé en début d'épisode un moment pour pousser la chansonnette.
Entre les réactions brusques et peu naturelles (ou cohérentes avec leurs personnalités établies) de Kelly et Mercer, la mécanique temporelle bancale, les décisions de chacun, les quelques problèmes de logique interne (les personnages surpris de découvrir la nouvelle vie de Gordon alors qu'ils ont une biographie détaillée à son sujet ; plutôt que de tenter de forcer Gordon à rentrer, et de devoir ensuite remonter jusqu'en 2015 pour le récupérer suite à son refus, Mercer et compagnie auraient pu attendre un peu et aller directement en 2015, épargnant ainsi à Gordon, à sa famille et au spectateur toute cette confrontation parfaitement inutile), tout est clairement et maladroitement mélodramatique, et ça m'a profondément agacé.
MacFarlane, au scénario, tente clairement de présenter un dilemme temporel déchirant, mais l'écriture ne suit pas (pas aidée par un rythme toujours mal maîtrisé et par des sous-intrigues peu probantes - le shipping Talla/LaMarr sorti de nul part et au ton qui tranche radicalement avec le reste, Isaac - sous forme humaine - et Charly - toujours aussi caricaturale - en vadrouille sur Terre chez des bikers clichés...).
Ça n'a pas fonctionné sur moi.
(à suivre...)
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Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.
Télé Ringards (UHF - 1989) :
Bon à rien rêveur et sans avenir, George (Al Yankovic) se retrouve placé à la tête d'une chaîne de télévision locale agonisante par son oncle Harvey (Stanley Brock), qui l'a remportée lors d'une partie de poker. Rapidement, cependant, l'excentricité de George et la folie de Stanley (Michael Richards), homme à tout faire promu animateur pour enfants, redonnent un coup de fouet à la chaîne, attirant sur elle les foudres de R.J. Fletcher (Kevin McCarthy), propriétaire d'une chaîne rivale...
Une comédie très brouillonne signée Weird Al Yankovic, et qui ressemble plus, une fois le postulat de base posé, à un gloubiboulga quasi-anthologique mélangeant sketches, fausses bandes-annonces, clip musicaux parodiques, humour absurde à la ZAZ et idées sorties de nulle part (on n'est pas loin de ce que Rick et Morty feront ensuite avec leur câble interdimensionnel), le tout avec un ton outrancier, une interprétation volontairement caricaturale, et des blagues parfois tellement bêtes que le spectateur s'esclaffe presque malgré lui ("Supplies !").
Parce que dans l'ensemble, si le tout est amusant et totalement déglingué et anarchique, cette approche a aussi des limites, notamment dans la cohésion et dans l'intérêt global du métrage. Ajoutez à cela des guests cabotins (Fran Drescher, Michael Richards qui en fait vraiment trois tonnes, et plein d'autres), une musique très datée et synthétique, et un rythme bancal, et l'on se retrouve avec un film très inégal, un peu à l'image de son créateur et de ses compositions habituelles.
3/6
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Président ? Vous avez dit président ? (My Fellow Americans - 1996) :
Ancien président républicain, Kramer (Jack Lemmon) ne supporte pas son rival de toujours, Douglas (James Garner), ancien président démocrate, quand bien même les deux hommes seraient désormais loin de la Maison Blanche. Jusqu'au jour où un complot politique amène le duo à échapper de justesse à un attentat, et à arpenter les routes de l'Amérique pour tenter de rejoindre un endroit sûr...
Une satire politique assez frustrante car mollassonne et reposant intégralement sur son duo de stars âgées qui font leur numéro de vieux couple se disputant constamment, sans être jamais particulièrement mis en valeur par la réalisation plate de Peter Segal, ou par un script bien plus sérieux qu'il ne le devrait.
Sans rien savoir du film, en se basant sur son affiche, on pourrait en effet croire à une satire politique légère et malicieuse, avec un duo de vétérans du septième art, s'appuyant sur un Dan Aykroyd drôle et efficace en président des USA devant gérer deux vieux ronchons acariâtres (une sorte de Les Grincheux politique).
Et puis finalement, on se retrouve avec un thriller politique qui tente des scènes d'action sur une musique ronflante, pendant que les doublures des deux acteurs principaux tentent d'échapper aux maychants ou font du cheval. Et Aykroyd est totalement sous-exploité, absent des deux-tiers du métrage.
Le tout est donc assez générique, donneur de leçons, oubliable, et jamais à la hauteur de son potentiel.
2.5/6
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Lucy and Desi (2022) :
Un documentaire assez scolaire et académique, réalisé par Amy Poehler, et qui revient sur le destin de Lucille Ball et Desi Arnaz, couple d'acteurs comiques mariés qui ont su capitaliser sur le succès de leur sitcom I Love Lucy pour créer un empire (les studios Desilu, qui ont produit Star Trek, Mission Impossible, etc) malgré leurs difficultés maritales et les problèmes inhérents à la société américaine (racisme, anti-communisme, etc).
Plutôt intéressant, à vrai dire, pour nous autres français qui sommes totalement étrangers au phénomène Lucille Ball, véritable pionnière de l'industrie télévisuelle et cinématographique, et qui sert outre-Atlantique de modèle à bon nombre d'actrices/productrices d'aujourd'hui.
C'est probablement pour cela qu'Amy Poehler a décidé de réaliser ce métrage, et que le tout s'avère très admiratif de ses sujets : parfois, certaines interventions semblent étrangement sur la défensive (l'historienne qui a passé plus de 20 ans à étudier le couple et qui semble très investie dans leur histoire), et le tout se concentre vraiment sur l'histoire d'amour compliquée du duo (à grands renforts d'images d'archive, d'extraits audio d'entretiens et d'enregistrements faits par Lucille, et de vidéos familiales tournées par le couple), plutôt que de trop s'attarder sur les détails de leurs innovations et de ce qui faisait vraiment leur talent (ce sujet est tout de même largement abordé, mais c'est l’émotion et les sentiments qui intéressent vraiment Poehler).
Mais ce n'est pas plus mal ainsi, et Lucy and Desi parvient à émouvoir, notamment sur la fin, lorsque Lucille Ball reçoit une standing ovation de toute l'industrie lors d'une cérémonie de récompenses, quelques jours à peine après la mort de Desi, et quelques secondes après un message posthume de ce dernier particulièrement touchant.
4.5/6
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Buzz l'Éclair (Lightyear - 2022) :
Persuadé d'être en mesure de sauver seul l'intégralité de l'équipage de son vaisseau d'exploration d'une situation dangereuse, Buzz Lightyear (Chris Evans) provoque le crash de ce dernier sur une planète hostile. Privés de carburant leur permettant de repartir, les colons s'installent alors sur place, tandis que Buzz, lui, tente de reconstituer la formule des cristaux qui leur permettraient de quitter leur nouvel habitat. Mais chaque essai se solde par un échec, et propulse Buzz des années dans le futur...
Un Pixar très mineur, un échec critique et public, avec un film tout à fait honorable (c'est très réussi techniquement, Pixar oblige) mais totalement inutile, un spin-off que l'on devine clairement imposé par Disney ("il faudrait que vous nous fassiez une autre suite de Toy Story, ou à défaut, un film dérivé, on ne peut pas laisser cette franchise inexploitée") mais qui n'apporte rien de vraiment original ou intéressant, et qui aurait pu sortir directement en DTV à une certaine époque : c'est un film d'aventures spatiales très classique, à la limite du générique, avec des personnages secondaires assez peu intéressants, des rebondissements temporels pas très surprenants, un score de Giacchino qui manque un peu d'énergie, et un message sur l'importance du travail d'équipe finalement assez convenu.
Il y a bien quelques moments qui rappellent le Pixar de la grande époque, comme ce montage triste sur le passage du temps lors des sauts temporels de Buzz, avec le monde qui vieillit un peu plus à chaque fois alors que lui reste toujours le même, mais ça s'arrête plus ou moins là. Dommage.
3.25/6
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Série en 10 épisodes d'une petite demi-heure diffusés à partir de mars dernier sur HBO Max, OFMD se veut une relecture rigolarde de la vie d'un fameux gentleman pirate, Stede Bonnet, relecture chapeautée par le créateur de la série People of Earth, et Taika Waititi, que l'on ne présente plus.
Our Flag Means Death, saison 1 (2022) :
Les mésaventures de Stede Bonnet (Rhys Darby), un aristocrate nanti qui décide d'abandonner son existence aisée pour devenir pirate dans les Caraïbes, en 1717, à bord de son navire, le Revenge. Une décision qui l'amène à croiser le chemin de Barbe-Noire (Taika Waititi) et de ses hommes...
Et très vite, on comprend le choix de la couleur rose pour le titre de l'affiche du show : OFMD est en effet ouvertement LGBTQ+, et ce à de multiples niveaux. Rapidement, en effet, on réalise qu'au delà du côté "bande de pirates incapables menés par un dandy hors de son environnement", OFMD raconte une histoire d'amour improbable, voire même plusieurs histoires d'amour improbables.
Ici, la romance entre Oluwande (Samson Kayo) et "Jim" (Vico Ortiz), une femme éprise de vengeance qui se travestit en homme pour devenir pirate ; ailleurs, les rapports homosexuels assez tendres et naturels entre plusieurs des membres d'équipage du Revenge, notamment Lucius (Nathan Foad), le scribe de bord ; ailleurs encore, l'admiration et la jalousie très affectueuses (mais inavouées) qu'Izzy Hands (Con O'Neill) éprouve envers son capitaine Barbe-Noire ; et puis, bien entendu, la relation principale qui se noue entre Bonnet et Barbe-Noire, une relation d'amitié et d'amour qui trouve ses racines dans le malaise existentiel ressenti par les deux hommes, qui se complètent autant qu'ils ne diffèrent.
Une relation qui évolue donc au fil de la saison, à mesure que Bonnet (qui reste le personnage principal), se défait peu à peu de ses traumatismes (son premier homme tué, ses complexes liés à son enfance, son mariage malheureux) jusqu'à assumer totalement son nouveau destin de pirate dans le final. Alors même que Barbe-Noire, lui, retombe dans ses pires travers et dans ce qui ressemble fortement à une dépression post-rupture, lançant des pistes intéressantes pour la saison prochaine.
En tant que série comique, OFMD fonctionne plutôt bien, sans être pour autant un summum d'hilarité : on est dans la fantaisie excentrique plus que dans la gaudriole, et les guests stars qui apparaissent dans le programme sont au diapason. Leslie Jones, Fred Armisen, Kristen Schaal, Nick Kroll, Tim Eidecker, Will Arnett, autant de visages familiers qui viennent apporter une touche de folie légère, à un récit pourtant bien ancré dans l'émotion de ses personnages.
Our Flag Means Death est donc une série assez intéressante, donc, même si la série ne révolutionne pas forcément les récits de pirates (Black Sails est passé par là avant, au niveau relation LGBTQ entre pirates) et que ses décors étriqués donnent un vrai côté studio parfois un peu cheap à ce qui se déroule à l'écran.
Mais dans l'ensemble, cette série décalée est très agréable à suivre, les acteurs sont attachants (notamment tout l'équipage de bras cassés), Waititi est impérial en Barbe-Noire, et le cliffhanger de fin donne envie de voir la suite.
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