Il était une fois Lurdo & Sygbab, deux internautes passionnés de séries tv et de cinéma, et qui cherchaient un endroit où archiver leurs avis (semi) éclairés...
Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.
I Hate Kids (2019) :
Sur le point d'épouser Sydney (Rachel Boston), qui partage son refus d'avoir des enfants, Nick (Tom Everett Scott), auteur d'un livre intitulé "Je déteste les enfants", découvre soudain qu'il est le père de Mason, un adolescent (Julian Feder), qui l'a retrouvé avec l'aide d'un médium de radio, The Amazing Fabular (Tituss Burgess). Mason demande alors à son père de l'aider à retrouver la mère qu'il n'a jamais connu, et, bon gré mal gré, Nick rend alors visite à toutes ses ex...
Une comédie indépendante réalisée par le scénariste/réalisateur du calamiteux Tooken, co-produite par John Landis (qui fait une brève apparition dans le film), et avec un caméo de Marisa Tomei le temps d'une scène.
Par chance, c'est meilleure que Tooken... mais pas de beaucoup : le tout fait vraiment téléfilm, ou pilote de série tv, avec un déroulement ultra-convenu et épisodique, enchaînant les personnages caricaturaux et excentriques, sans jamais vraiment convaincre.
Au final, ce quasi-road movie aux personnages sous-développés se laisse regarder, mais reste toujours très anecdotique, malgré le capital sympathie de la distribution.
2.25/6
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Shazam ! :
Jeune orphelin au caractère bien trempé, Billy Batson (Asher Angel) est un jour sélectionné par un vieux sorcier (Djimon Hounsou) pour devenir le détenteur de pouvoirs incroyables déclenchés en prononçant le mot "Shazam" : il se retrouve alors dans le corps d'un super-héros tout-puissant (Zachary Levi), mais il découvre bien vite qu'il va devoir utiliser ces nouvelles capacités surhumaines pour lutter contre le maléfique Dr Sivana (Mark Strong)...
Après le succès démesuré d'un Aquaman bourrin, bas de plafond, mais aussi spectaculaire, divertissant et décomplexé, on pouvait espérer que DC allait continuer sur cette lancée, avec quelque chose d'ambitieux.
Malheureux, dès les débuts de sa production, Shazam ! a clairement laissé comprendre qu'il était tout sauf ambitieux : confié au réalisateur d'Annabelle 2 (que j'ai pourtant plus apprécié que d'autres), et aux scénaristes de Shrek 4, Chair de Poule 1 et 2 et de Echo (pas vraiment des pointures, donc), l'objectif était clairement d'adapter la réinvention New 52 du personnage, et de produire un film à l'atmosphère festive, lorgnant très fortement sur Big (avec Tom Hanks) - auquel Shazam ! fait d'ailleurs un clin d'oeil très appuyé - et sur un style d'humour à la MCU.
Et honnêtement, l'intérêt du film s'arrête là, à mi-chemin entre une origin story répondant aux codes du genre, et une parodie super-héroïque, pour donner au final quelque chose qui ressemble fortement à ce qu'on pouvait produire dans les années 90-00 (les Tortues Ninja ne sont pas loin).
Le premier souci, c'est l'absence totale d'ambition : avec son budget très limité (à peine 100 M$), Shazam ne pouvait pas se permettre les excentricités visuelles d'un Aquaman - et de toute façon, personne derrière la caméra ne semblait avoir la vision d'un James Wan. Ici, la photographie est générique, la réalisation est anonyme, la direction artistique est basique, et que ce soit au niveau des Sept Péchés Capitaux (des gargouilles génériques), de la grotte de Shazam (qui fait souvent grotte en polystyrène de studio), du costume du sorcier (Djimon Hounsou affublés de postiches risibles), ou des costumes rembourrés de Levi et du reste de sa famille (des muscles suits qui, selon les plans, font à peu près illusion - sur certains plans larges - ou semblent totalement risibles - lors de certains mouvements), tout paraît assez approximatif et superficiel.
Un problème que l'on retrouve au niveau du scénario, assez mal rythmé et structuré, puisqu'il ne semble pas savoir quoi faire de sa durée de deux heures : 30-40 minutes de mise en place, une petite heure de découverte des pouvoirs et de l'univers, et le reste pour affronter le Dr Sivana dans un déluge d'effets spéciaux et de doublures numériques au succès mitigé.
Un Dr Sivana basique, interprété par un Mark Strong monolithique, et qui, à l'image des autres personnages secondaires, souffre d'une caractérisation assez sous-développée : il en va de même pour les autres membres de la famille de Batson, dont les sous-intrigues ou le développement ne débouche sur rien. La grande sœur et ses histoires universitaires ? Une scène. Le petit asiatique hacker de Bienvenue chez les Huang ? Une scène. Le gros latino ? Moins d'une scène. L'histoire de la mère biologique de Batson ? Survolée, et pas totalement crédible (forcément, quand on utilise une trentenaire pour jouer une adolescente de 17 ans dans les flashbacks, ça passe moyen).
Bref, je ne peux pas dire que le film m'ait convaincu. Et pourtant, l'accueil critique outre-atlantique est unanime, comme pour Aquaman et pour Wonder Woman... mais le reste du monde semble plus réfractaire à ce Shazam ! inabouti, et je le comprends. Ça m'ennuie d'autant plus que j'avais fini par y croire, et que j'appréciais assez la réinvention de Geoff Johns (probablement l'un des rares projets du ponte de DC auquel j'aie jamais accroché).
Mais non : Shazam ! peut faire sourire, voire faire rire (et encore, beaucoup des gags du film sont attendus dès lors que l'on envisage le tout comme une parodie), mais ça ne décolle jamais vraiment, et ça reste assez bancal de bout en bout.
Pas forcément désastreux, et une fois que Zachary Levi (et son abattage comique semblant parfois hors-sujet compte tenu de la personnalité de Batson enfant) entre en jeu, ça se regarde sans trop de difficultés, mais dans l'absolu, c'est un bon cran en dessous d'Aquaman.
3.25/6 (dont -0.25 pour Mister Mind en conclusion, et pour le toutéliage constant mais jamais totalement assumé au reste du DCEU)
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Incoming :
Dans un futur proche, après une vague d'attentats meurtriers, la Station Spatiale Internationale a été transformée en prison de haute sécurité où les leaders du Wolfpack (Alaa Safi, Arkie Reece, Vladimir Aleksic, Milan Kovacevic, Milan Jovanovic Strongman, Vahidin Prelic), l'organisation terroriste responsable, sont torturés sous la seule supervision de Kingsley (Lukas Loughran). Mais lorsque Reiser (Scott Adkins), un agent de la CIA aux sombres motivations, arrive sur place en compagnie d'un pilote (Aaron McCusker) et du Docteur Stone (Michelle Lehane), les six terroristes s'échappent de leurs cellules, prêts à tout pour s'évader, et pour faire s'écraser la Station sur Moscou...
Un film d'action/science-fiction qui rappelle assez fortement Lock Out, avec Guy Pearce, sans en avoir un centième du budget : ici, tout a probablement été tourné en Europe de l'Est, pour 3€50, et ça se sent, puisque tout le film se limite à des extérieurs aux effets spéciaux dignes des années 90, et à des intérieurs se résumant à trois couloirs et deux pièces sous-éclairées.
C'est dommage, parce que dans l'absolu, avec plus de moyens et un réalisateur plus compétent (ici, c'est vraiment service minimum, notamment dans les scènes d'action), ça aurait pu donner une série B sympatoche, comme on en produisait à l'époque de JCVD et compagnie. Mais non, Scott Adkins est sous-exploité, le personnage féminin est à baffer, et dans l'ensemble, si ça se regarde, ça reste tout de même vraiment très médiocre, à tendance mauvais.
2/6
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Lego DC Comics Super Heroes - La Ligue des Justiciers : L'Attaque de la Légion maudite (Justice League : Attack of the Legion of Doom - 2015) :
Lex Luthor (John DiMaggio), Black Manta (Kevin Michael Richardson) et Sinestro (Mark Hamill) décident d'unir leurs forces pour vaincre la Justice League, en recrutant des méchants à droite et à gauche : rapidement, cette Legion of Doom, parrainée par Darkseid (Tony Todd), parvient à faire tomber la Ligue dans ses filets, et, avec l'aide d'un Martian Manhunter (Dee Bradley Baker) fraîchement libéré et ignorant dans quel camp se ranger, elle ruine l'image des héros, contraints de s'exiler. Seul reste Cyborg (Khari Payton), le plus jeune des membres de la League, qui réalise que quelque chose ne tourne pas rond...
Quatrième volet des aventures Lego/DC, avec ici, à nouveau, un long-métrage de 70 minutes, une fois encore écrit par Jim Krieg.
Ce qui, malheureusement, se solde par un métrage qui tente de s'inscrire dans la continuité du précédent, voire même pousse le bouchon encore plus loin dans sa direction : on se retrouve ainsi avec un ton vraiment plus parodique, avec des punchlines constantes, énormément de slapstick (le recrutement des super-méchants en mode Wipeout), du mickeymousing audio, des personnages tous plus stupides et maladroits les uns que les autres, beaucoup de remplissage, bref, on a ici quelque chose de nettement plus enfantin et puéril, même en comparaison des jeux vidéo de la franchise.
À cela, se rajoute un casting vocal pas inintéressant (Mark Hamill est là, notamment, mais aussi Tony Todd), pas toujours très bien exploité (Captain Cold est un ratage, le Manhunter ne convainc pas), et une histoire centrée sur Cyborg, qui tente de s'intégrer et de trouver sa place au sein de la Ligue.
Mais comme le ton du métrage est nettement plus parodique que d'habitude, le Cyborg que l'on a là est clairement le Cyborg des Teen Titans Go, immature, caricatural, passant son temps à danser, avec un humour à base de pet, la voix de Khary Payton, et des "Booya !" à gogo : pas de problème dans sa série originale, où tout le monde est comme ça, mais ici, il dénote un peu, et est probablement la raison pour laquelle tout ce téléfilm semble avoir des traits à ce point forcés.
Résultat : bien que le tout soit une origin story pas désagréable pour le Manhunter (avec un vague propos sur le racisme), et que le parcours de Cyborg soit pertinent, je n'ai pas vraiment accroché à ce Justice League : Attack of the Legion of Doom, trop bas de plafond et simpliste pour moi. En plus, pour ne rien arranger, j'ai eu l'impression que l'animation et les décors avaient été simplifiés, comme pour faire des économies...
Dommage.
2.5/6
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Le Complexe de Frankenstein (2015) :
Un documentaire passionnant, signé Alexandre Poncet (de Mad Movies), réalisé par Gilles Penso, et qui s'intéresse aux créateurs de monstres et de créatures du Septième Art, au travers d'innombrables entretiens avec les sommités du genre, de Rick Baker à Phil Tippett, en passant par Jordu Schell, Nicotero, Winston, Woodruff Jr, Johnson, les frères Chiodo, Richard Taylor, etc, et par les interventions de multiples réalisateurs ayant officié dans le genre - John Landis, Joe Dante, Guillermo Del Toro, Mick Garris, Christophe Gans, Kevin Smith...
Une petite centaine de minutes très intéressante, donc, qui revient en détails sur l'histoire des effets spéciaux (du maquillage au numérique), avec ses inspirations, ses premiers experts, son âge d'or, son déclin, la révolution numérique, etc, etc, etc : ce n'est pas toujours objectif (mais ça ne prétend pas l'être), c'est plein d'humour et de décontraction, on a l'occasion de voir de nombreuses images des coulisses de certains films mythiques, et si le passionné de cinéma n'apprendra pas forcément énormément de choses, ça reste un très bon moment à passer avec ces spécialistes qui ont à jamais marqué l'imaginaire collectif des spectateurs...
4.5/6
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Le Retour de Mary Poppins (Mary Poppins Returns - 2018) :
En pleine Crise économique, lorsque la famille Banks - Michael (Ben Whishaw), ses trois enfants et sa soeur Jane (Emily Mortimer) - apprend qu'elle est sur le point d'être expulsée de chez elle, l'arrivée de Mary Poppins (Emily Blunt) lui fait l'effet d'une bouffée d'oxygène. Et, avec l'aide de Jack (Lin-Manuel Miranda), un allumeur de réverbères optimiste, Mary va (une nouvelle fois) bouleverser l'existence du petit clan...
Alors d'office, je préviens : je n'ai aucune nostalgie particulière pour le film original, que je n'ai pas revu depuis plus de 25 ans, et dont je n'ai qu'un très vague souvenir. Par conséquent, le facteur nostalgie/fanservice de ce métrage (un facteur qui semble jouer un rôle prépondérant dans la réception du film, notamment en ligne, où émettre la moindre critique de ce métrage équivaut à un sacrilège, et vous vaut apparemment d'être traité de tous les noms) n'est pas du tout entré en ligne de compte lors de mon visionnage de cette suite/remake.
Une suite/remake pas franchement utile, il faut bien l'admettre, et qui, pendant le plus gros de ses deux heures et quelques, choisit de ne pas se ranger sur le créneau de l'innovation technologique (contrairement à l'original, qui poussait la technique Disney dans ses derniers retranchements), et de produire à la place une copie fidèle et appliquée de l'original, destinée à susciter un effet Madeleine de Proust chez ses spectateurs adultes.
Et c'est bien là que le bât blesse, puisque si l'on n'est pas sensible à cet aspect doudou nostalgique, on a un peu tendance à rester de marbre devant un métrage certes bien produit et bien interprété (Blunt est excellente dans un rôle finalement peu avantageux et assez strict ; elle a heureusement l'occasion de se lâcher un peu lors d'un numéro cockney amusant), mais assez décousu, et relativement creux : les chansons assez génériques laissent de marbre, la réalisation est académique, les clins d’œil au film original sont inégaux (Dick Van Dike, ça passe ; Angela Lansbury en remplaçante évidente de dernière minute de Julie Andrews, mouais), certains choix de casting laissent dubitatifs (Meryl Streep en cousine de Poppins, la moustache de Whishaw, et même Lin-Manuel Miranda, qui fait un peu pièce rapportée), et certains choix créatifs, eux, sont discutables (les allumeurs de réverbères en BMX, qui escaladent Big Ben... alors qu'au final, ça ne sert à rien dans l'intrigue ; la conclusion, façon "la charité envers les pauvres mendiants, c'est bien, mais investir son argent pour assurer l'avenir de sa famille, c'est mieux", fait un peu grincer des dents)...
Bref, un long-métrage assez décevant, qui n'a (pour moi, j'entends bien) pas un quart du charme de l'original, et ressemble un peu à une pâle imitation manquant de rythme et de dynamisme. Ce n'est pas mauvais, loin de là, et ça assure un minimum le spectacle, mais c'est simplement inutile.
3/6
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La Grande Aventure Lego 2 (The Lego Movie 2 : The Second Part - 2019) :
Cinq ans après l'arrivée destructrice des Duplos à Bricksburg, le monde paisible des Legos est devenu un paysage post-apocalyptique où tout le monde doit se battre pour survivre. Seul Emmet (Christ Pratt) conserve son optimisme... jusqu'à ce qu'il ait une vision de l'Armamageddon, la fin du monde imminente qui menace les siens. Et lorsque le Général Sweet Mayhem (Stephanie Beatriz) de l'armée Duplo arrive en ville et enlève tout un groupe de héros - Batman (Will Arnett), Lucy (Elizabeth Banks), Benny (Charlie Day), MetalBeard (Nick Offerman), and Unikitty (Alison Brie)- pour les ramener à sa Reine, Watevra Wa'Nabi (Tiffany Haddish), Emmet décide de traverser les étendues spatiales pour les secourir, avec l'aide de Rex Dangervest, un héros mystérieux sorti de nulle part...
Étrange déception que ce Lego Movie 2, après un premier volet surprenant et inattendu : peut-être doit-on y voir les conséquences de l'absence, à la réalisation, de Lord & Miller, scénaristes et réalisateurs du premier volet (remplacés ici par un réalisateur mercenaire aux faits d'armes peu glorieux), ou bien celle, au scénario, de Dan & Kevin Hageman... mais même en prenant tout cela en compte, le film a toujours des problèmes d'écriture assez gênants, comme s'il avait été écrit à la va-vite, et qu'il manquait d'un jet ou deux pour paufiner tous ses soucis.
Le premier film avait pour force principale, outre son humour, un second degré de lecture assez touchant arrivant dans sa dernière partie, et recontextualisant les conflits du monde Lego (que l'on suivait depuis le début du film), lesquels devenaient le symbole des rapports conflictuels entre un garçon et son père, qui ne partageait pas sa passion avec lui, et qui préférait l'ordre stérile et figé de l'âge adulte à la fantaisie chaotique de l'enfance.
Cela fonctionnait très bien parce que c'était imprévisible, sincère, et que le mélange images de synthèse/prises de vue réelles (avec notamment Will Ferrell) rajoutait une dimension captivante au tout.
Le problème, avec ce second volet, c'est que ce qui était autrefois un second degré de lecture assez subtilement amené et présenté est devenu le sujet même du film, quelque chose de surligné et d'explicité tout au long du récit, mais aussi quelque chose qui fait un peu redite, par rapport au premier film.
Ici, en vrac, le film parle de l'adolescence, du changement, des conflits générationnels, de la rebellion, du refus de grandir et de changer, du refus du cynisme, etc, que ce soit au niveau des deux enfants, qu'à celui des figurines.
Mais là encore, un énorme manque de subtilité fait que le spectateur a constamment une demi-heure d'avance sur le métrage : les intentions et la nature réelle de la reine Duplo, l'identité (amusante et méta) de Rex, la nature de l'Armamageddon, etc - tout est évident, et perd d'autant plus en force et en impact lorsque le script tente de présenter ces informations comme des révélations.
À noter par ailleurs que le film est un peu plus décousu, et bien moins centré sur Emmet, qu'auparavant : ce second volet se partage entre Emmet et Lucy (faut-il y voir une réponse aux critiques adressées au premier volet, et à son personnage d'élu loser éclipsant le personnage féminin fort™®® de l'histoire ?), cette dernière occupant le devant de la scène dans ce métrage, et une place conséquente est réservée à la Reine interprétée par Tiffany Haddish, décidément bien à la mode ces temps-ci outre-atlantique.
Une Reine qui, univers féminin oblige (apparemment), a droit à plusieurs chansons, pas forcément très inspirées, et qui semblent faire office de remplissage, pour tenter de capturer à nouveau le succès de Everything is Awesome.
En vain : le film, dans son ensemble, reste agréable à suivre, toujours très réussi techniquement, et son humour fait toujours mouche, mais il faut bien avouer que la magie n'opère pas vraiment.
The Lego Movie 2 semble souvent en pilotage automatique, un peu laborieux (notamment au niveau de l'intégration, dans l'univers présenté, des gammes Lego pour petites filles), et trop occupé à tenter de retrouver studieusement le délicat équilibre du premier opus pour s'apercevoir qu'un peu plus de recul (et peut-être une main un peu plus leste et moins sage à la réalisation) suffit parfois pour faire des miracles.
3/6
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My Dinner with Hervé (2018) :
Journaliste à la ramasse et ex-alcoolique, Danny (Jamie Dorman) obtient une dernière chance de ressusciter sa carrière : interviewer, dans la même journée, Gore Vidal et Hervé Villechaize (Peter Dinklage). Mais Villechaize s'avère des plus incontrôlables et fantaisistes, et promet à Danny une histoire fascinante s'il accepte de l'accompagner durant ses errances nocturnes de club en club...
Biopic HBO écrit et réalisé par Sacha Gervasi, scénariste du Terminal de Spielberg, réalisateur de Hitchcock et du documentaire sur le groupe Anvil, ex de Geri Haliwell et membre de la famille Rothschild, qui raconte ici la nuit excentrique qu'il a passée avec Hervé Villechaize juste avant sa mort.
Et dans l'absolu, l'histoire de Villechaize est assez touchante et triste, bien que très classique. C'est peut-être là le vrai problème de ce téléfilm, pourtant porté à bout de bras par un Dinklage impérial : c'est ultra balisé de bout en bout, à la limite du cliché (toute la fin est cousue de fil blanc, depuis la revanche du journaliste sur ses collègues, jusqu'à la photo finale, en passant par l'utilisation de Bittersweet Symphony), ça téléphone largement ses effets (le côté narrateur non fiable est évident), et ça passe beaucoup trop de temps à développer la vie pourrie de Dorman/de l'avatar du scénariste/réalisateur.
Et très franchement, cette partie du film ne m'a pas vraiment intéressé, et j'ai trouvé que cela alourdissait notablement le récit, en lui donnant un gros coup de mou, notamment une fois la première heure passée.
Dommage, car l'ensemble du métrage est plutôt intéressant, à défaut d'être révolutionnaire (mention spéciale à Andy Garcia en Ricardo Montalban).
3.75/6 (pour Dinklage)
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Nerdgasm :
Documentaire qui suit Tom Lenk (Buffy contre les Vampires) alors qu'il prépare une représentation unique de son spectacle de stand-up en Écosse, dans le cadre du Edinburgh Fringe Festival.
En soi, rien de particulièrement rédhibitoire, et c'est tout à fait dans la lignée de multiples autres documentaires de tournée de comédiens ou de musiciens... le problème, en fait, c'est que Tom Lenk s'avère un comédien de stand-up assez quelconque, et que Nerdgasm finit presque par ressembler à un documentaire de voyage, entrecoupé de moments scéniques inégaux et à la prise de son assez médiocre, devant un public conquis d'avance et acquis à sa cause depuis Buffy & compagnie.
Franchement, j'aime bien le bonhomme, et le tout se regarde distraitement, mais est-ce que cette représentation méritait vraiment un documentaire ? Ou pour être plus exact, est-ce que ça a le moindre intérêt si l'on ne fait pas partie de la fanbase de Lenk ?
Je n'en suis pas franchement convaincu.
2.25/6
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Sweet Seventies (Swinging Safari - 2018) :
Le temps de l'été 1975, en Australie, les esprits et les hormones de trois familles voisines, les Hall (Guy Pearce, Kylie Minogue, etc), les Jones (Radha Mitchell, Julian McMahon, etc) et les Marsh (Asher Keddie, Jeremy Sims, etc) s'échauffent, alors même qu'une baleine s'échoue sur la plage voisine, et que les adultes décident de s'essayer à l'échangisme. Mais de son côté, deux de leurs enfants, Jeff Marsh (Atticus Robb), apprenti réalisateur, et Melly Jones (Darcey Wilson), timide et désabusée, contemplent toute cette agitation avec lassitude, prêts à un changement de cadre et de vie...
Une comédie australienne écrite et réalisée par Stephan Elliott, déjà à l'origine de Priscilla, folle du désert, et qui s'attaque au portrait corrosif de plusieurs familles déglinguées, dans les années 70.
Un petit côté Jean Shepherd dans la narration, des moments d'humour (gentiment) noir improbables (le flashback sur le parasol, le destin du chien, les cascades, le grand final), une réalisation inventive et ludique, bref, ça a beau ne pas être très bien rythmé (ou plutôt, c'est d'une nonchalance assez typique de l'Australie), ça finit tout de même par emporter l'adhésion grâce à sa décontraction et son côté décomplexé.
4/6
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Geography Club :
Au lycée Goodkind, tout le monde vit une double vie : Russell est gay, mais sort avec des filles ; Min et Thérese prétendent n'être que de bonnes amies ; Ike ignore ce qu'il est réellement... ensemble, ils décident de former le Club de Géographie du lycée, où ils peuvent se confier les uns aux autres, loin des autres étudiants inintéressés...
Un teen movie adaptée d'un roman populaire, assez typique de la mouvance pro-LGBT actuelle, avec ce que ça comporte, malheureusement, de clichés ou de situations et de personnages convenus.
Bon, après, ça reste un métrage qui promeut la tolérance et l'acceptation, donc c'est toujours une bonne chose, mais à part ça... mouais, sans plus.
C'est assez plat, inoffensif et terne. Meaghan Martin y est attachante, cela dit.
2.25/6
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Lego DC Comics : Batman Harcelé (Batman : Be-Leaguered - 2014) :
Quand Superman (Nolan North) rencontre Batman pour la première fois, et tente de le recruter au sein de la Justice League, le Chevalier noir refuse net. Mais lorsqu'un à un, les membres de la Ligue disparaissent en même temps que des objets rarissimes, Batman est contraint de mener l'enquête avec l'aide des membres restants...
Un mini-épisode de 22 minutes, qui fait office de flashback rétro centré sur les origines de l'amitié Batman/Superman, et sur leur combat contre un ennemi improbable : Bat-Mite (Paul Reubens).
Anecdotique, mais plutôt amusant, avec une direction artistique clairement orientée silver age/bronze age (histoire de montrer que l'on se trouve dans le passé, par rapport au Lego Batman burtonien de 2013), une présentation efficace des membres de la Ligue (ça fait plaisir de ré-entendre Khary Payton en Cyborg), et une narration exagérée (et un peu plus parodique) de Batman en voix off.
3.5/6
Lego DC Comics Super Heroes : La Ligue des Justiciers contre la Ligue des Bizarro (Justice League vs. Bizarro League - 2015) :
Un an après avoir déposé Bizarro (Nolan North) sur une planète lointaine, Superman découvre que ce dernier est de retour sur Terre, et qu'il a dérobé une arme à Lex Luthor (John DiMaggio) : son rayon à cloner, avec lequel Bizarro veut se construire une Justice League à son image, et défendre ainsi sa planète contre Darkseid (Tony Todd). Superman décide alors de l'aider...
Alors là, changement de style, avec l'arrivée d'un scénariste de Teen Titans Go à l'écriture : tout de suite, le ton se fait nettement plus parodique, avec pas mal de vannes et de one-liners assez cheesy, et un humour plus puéril - notamment autour de Cyborg.
Cela dit, le scénariste parvient tout de même à conserver l'équilibre entre action et humour, entre second degré et premier degré : oui, la paranoïa rampante de Batman est surlignée, mais elle est amusante, et débouche sur une conclusion réussie. Oui, les vannes sont parfois incessantes, mais lorsque vient le moment de se battre, les personnages sont efficaces et convaincants. Et oui, Bizarro et sa Ligue sont risibles... mais ils parviennent aussi à se montrer touchants, et ce métrage de près de 50 minutes finit même par être sincère.
C'est, comme je le disais, un exercice assez périlleux auquel se livre ce téléfilm, et ça ne fonctionne pas toujours, mais dans l'ensemble, ça reste spectaculaire, et le format semi-court aide beaucoup à éviter que le tout ne sombre trop dans la caricature parodique.
3.5/6
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Jesus Camp :
Heidi Ewing et Rachel Grady rendent visite à une colonie de vacances évangélique dirigée par Becky Fischer, dans laquelle de très jeunes enfants sont endoctrinés par leurs aînés, et élevés dans une Foi extrême et absolue...
Un documentaire glaçant et déprimant, tant le lavage de cerveau subi par ces enfants dans ses summer camp évangéliques est tétanisant.
Le métrage n'est pourtant pas manichéen pour un sou (pas de polarisation anti-religion, par exemple, et la seule prise de position franchement "anti" vient d'un chrétien modéré), mais le fait de voir ces gamins en kaki, persuadés d'être l'armée de Dieu, là pour convertir le reste du monde, armé d'un guide pour leur apprendre comment convertir leurs camarades de classe... ça laisse bouche bée. WTF.
On est ici clairement en plein fanatisme: il suffit de voir les séances de prières collectives, avec les enfants en pleurs.... Et quand on écoute la gérante du camp, ça glace d'autant plus le sang qu'elle se positionne clairement dans une logique de nous contre l'ennemi, "l'ennemi musulman qui forme ses enfants dès le berceau". Elle est persuadée de détenir la Vérité, et sa mission divine est de former l'Armée de Dieu...
Il y a aussi Levi, futur prédicateur en puissance, qui affirme avoir été sauvé à l'âge de 5 ans, alors qu'il trouvait la vie morne et ennuyeuse. (WTF bis)
Et puis une adorable petite puce de 9 ans qui distribue des pamphlets à tout le monde, notamment à une bimbo dans un bowling ("Dieu m'a dit que tu devais être sauvée") et à un groupe d'ouvriers afro-américains, qui lorsqu'elle pose la question "Où croyez vous aller après votre mort?", lui répondent "Au paradis". Chose inconcevable pour la fillette, qui ne voit en eux que des âmes impures, et qui s'en va en disant à Levi "Ils doivent être musulmans"...
Ah, et puis le cas d'une autre fillette, un peu plus vieille, qui adore danser, mais qui se retient de le faire pour le plaisir (parce que prendre du plaisir c'est pécher), et qui ne danse que pour Dieu, ou sur de la musique chrétienne.
C'est plus que triste de voir ces bouts de choux aux bouilles adorables fondre en larmes, terrorisés et culpabilisés par les sermons de la directrice du camp, lobotomisés par le créationnisme, et par les prêches anti-gays/anti-avortement/anti-changement climatique. C'est à la limite de mettre la larme à l’œil du spectateur, confronté à tant de conneries en train de corrompre l'innocence de l'enfance...
Et quand la directrice du camp sort une effigie en carton de Bush, et demande aux enfants de prier pour le président, "parce qu'il faut le soutenir contre tous les ennemis du gouvernement", en suivant aveuglément les prophéties bibliques et en faisant la guerre à tous ses ennemis, paf, on se reprend un coup sur la nuque, pour bien nous achever.
Au moins 30 millions d'Américains se déclarent évangéliques, nous disent les deux camps du documentaire... ça fait peur.
5/6
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Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.
L'Ombre d'Emily (A Simple Favor - 2018) :
Maladroite, coincée et psycho-rigide sur les bords, Stephanie (Anna Kendrick) est une mère vloggeuse, qui croise le chemin de la fascinante Emily (Blake Lively), riche, belle, distante et dévouée à sa carrière dans le monde de la mode. Se noue ainsi une amitié improbable entre les deux mères, amitié qui prend un tournant inattendu lorsque Emily disparaît soudainement, laissant mari et enfant derrière elle : inquiète, Stephanie mène l'enquête...
Un thriller adapté d'un roman et réalisé par Paul Feig, qui tente ici de surfer sur la vague du true crime et sur la popularité de Gone Girl, mais qui s'avère bien trop maniéré, précieux et prévisible pour convaincre.
Feig enveloppe ainsi ses personnages dans une bulle esthétique façon pop française des années 60 (qui compose le plus gros de la bande originale, d'ailleurs), et structure sa narration sous forme de vlogs et de flashbacks supposés révéler des choses sur les personnages et sur leurs motivations profondes... le seul problème, à vrai dire (outre le rythme insuffisant du film, qui frôle les deux heures - comme souvent chez Feig), c'est que rien ne surprend : le spectateur a clairement 30 minutes d'avance sur les personnages, des personnages qui, pour ne rien arranger, sont loin d'être sympathiques (pour le personnage de Lively, ce n'est pas bien grave, mais c'est plus embêtant pour celui de Kendrick, censée être attachante dans sa maladresse et son comportement, mais qui est souvent irritante).
Alors c'est loin d'être désagréable à regarder, notamment parce que Kendrick se donne à fond à son personnage, mais le mystère ne fait pas longtemps illusion, et comme tout le film est basé là-dessus, forcément, ça coince.
Quant à la dernière demi-heure du film, elle tente de faire monter la pression et de partir dans des directions inattendues, en rajoutant rebondissements sur rebondissements, sauf que ça ne fonctionne pas réellement : la conclusion est celle à laquelle le spectateur pouvait s'attendre depuis le début, et dans l'ensemble, ça manque de rythme, de folie, de mordant et de noirceur...
3/6 (pour Kendrick)
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Django Unchained (2012) :
Deux ans avant la Guerre Civile américaine, Django (Jamie Foxx), un esclave, est affranchi par le Dr. King Schultz (Christoph Waltz), un chasseur de primes décelant en lui un immense potentiel. Ensemble, les deux hommes capturent alors bandits après bandits, sans que Django n'oublie son objectif principal : retrouver Broomhilda (Kerry Washington), son épouse, vendue à Calvin Candie (Leonardo DiCaprio), un propriétaire de plantation cruel épaulé par son fidèle serviteur Stephen (Samuel L. JAckson)...
J'y allais presque à reculons : le western est loin d'être mon genre de prédilection, Jamie Foxx me laisse indifférent, et 2h45, c'est quand même très long pour ce que ça raconte... mais pourtant, j'ai globalement bien aimé ce croisement de blaxploitation et de western spaghetti chapeauté par un Tarantino ravi de filmer Foxx en train de massacrer à tour de bras des esclavagistes blancs.
C'est violent, brutal, sanglant, mais aussi décalé et satirique, inventif, avec une illustration musicale toujours mémorable, et des seconds rôles impeccables (Samuel Jackson, méconnaissable ; Waltz, DiCaprio...). Jamie Foxx, lui, ne me convaincra pas plus avec ce métrage qu'avec ses rôles précédents, mais bon, c'est aussi le personnage de Django qui demande une colère renfermée, et une émotivité limitée.
En résumé, si ce n'était pour la durée excessive, et pour un ton un peu fluctuant, qui fait ponctuellement un grand écart forcé entre comédie (le Klan et son hommage - volontaire ? - à South Park"allez vous faire foutre, les mecs, je rentre chez moi !") et drame sur les horreurs de l'esclavage, je lui aurais mis un bon 4.75.
En l'état, comme en plus le western est un genre qui ne me passionne pas forcément...
4.25/6
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Une bonne cuvée, ce mois-ci, entre des documentaires intéressants, quelques gros films imparfaits mais divertissants (Bohemian Rhapsody, Alita, Captain Marvel, Creed II), et des drames bien menés (Le Grand Jeu, Apprentis Parents). Bien entendu, il y a toujours quelques moutons noirs, comme par exemple Mortal Engines, tellement médiocre que même ses effets visuels surprenants ne parviennent pas à sauver les meubles... mais bon. Je ne me suis pas ennuyé, ce mois-ci, ce qui est toujours ça de pris.
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# Film du mois :
Outre le documentaire sur la carrière et la vie de Paul Heyman, fascinant mais qui n'intéressera forcément pas tout le monde, le film du mois est, à ma grande surprise, Alita de ce bon vieux Roberto Rodriguez (feat James Cameron). Je n'en attendais absolument rien, je ne connaissais que vaguement l’œuvre originale, et pourtant j'ai été séduit par la performance technique, et par l'interprétation. Une vraie bonne surprise.
# Flop du mois :
Dance Movie, des frères Wayans, forcément... mais aussi et surtout Robin des Bois 2018, un navet à mi-chemin entre le young adult générique et la réinvention edgy mais totalement creuse. Ce n'était vraiment pas bien.
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# Petit écran :
Ce mois-ci, la conclusion de Kimmy Schmidt ne m'a pas particulièrement convaincu, guère plus que la saison 2 du Punisher, ou celle de Legion. Un bilan très mitigé, donc, pas aidé par des Star Trek Discovery et The Orville en dents de scie, et par une Angie Tribeca égale à elle-même... un mois de mars vraiment peu mémorable, niveau télévision, en espérant que le mois prochain soit plus intéressant...
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# À venir :
En avril, le blog des Téléphages Anonymes continue sa chronique Un film, un jour... ou presque ! et ses séries, avec un Django déchaîné, une Emily mystérieuse, un tas de Lego, une nounou anglaise aux pouvoirs magiques, un apprenti super-héros, huit salopards, une détective privée et sa mère, des orphelins malheureux, etc...
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Bohemian Rhapsody :
La vie et l'oeuvre de Freddie Mercury (Rami Malek) qui, avec Brian May (Gwilym Lee), Roger Taylor (Ben Hardy), et John Deacon (Joe Mazzello), ont formé l'un des groupes les plus populaires du vingtième siècle, Queen...
Passons rapidement sur la polémique autour de la paternité réelle du film, initialement réalisé par un Bryan Singer en pleine descente aux enfers, et confié aux 2/3 à Dexter Fletcher (déjà à l'origine du biopic sportif Eddie The Eagle, et futur réalisateur de Rocketman, le biopic consacré à Elton John) pour tenter de sauver les meubles : c'est Singer qui finit par être crédité, pour des raisons syndicales, et donc c'est lui qui récolte tout le crédit du film - et les lauriers qui l'accompagnent.
Car niveau reconstitution visuelle d'une époque et d'un groupe, ce Bohemian Rhapsody est très réussi, avec notamment un Rami Malek exemplaire, qui a bien mérité son Oscar (malgré une dentition artificielle qui aurait clairement gagné à être un peu plus subtile - la subtilité n'est pas un point fort du film, comme on le verra plus loin). Et le tout est un bel hommage à un chanteur hors-du-commun, et à un groupe culte...
Mais le problème, c'est que c'est aussi un hommage tous publics, assez scolaire, lisse et consensuel, qui adhère constamment aux conventions du genre, et manque cruellement de la folie et de la fantaisie indissociables de Queen.
Un problème clairement issu du script d'Anthony McCarten, un scénariste spécialiste des biopics très formatés, et probablement de la supervision directe de Brian May et de Roger Taylor : si les changements apportés à la chronologie des faits réels ne gênent pas forcément, et sont compréhensibles à des fins de narration plus forte, on peut grincer un peu des dents en constatant la manière très manichéenne et caricaturale dont est dépeint Paul, l'amant et manager personnel de Freddie, et qui sert de grand méchant manipulateur au métrage.
À l'identique, on peut trouver que la manière dont le film dépeint (involontairement) l'homosexualité de Freddie comme une pente glissante vers le malheur et la dépression, qui le conduit à succomber à tous les excès et à toutes les tentations, par opposition à la structure et à la paix de l'esprit représentés par les autres membres (hétéros) du groupe, et par sa relation avec Mary (Lucy Boynton).
Diaboliser l'homosexualité du protagoniste n'est clairement pas le propos du film, mais le simple fait que l'écriture du film puisse laisser cette impression à de nombreux spectateurs pose problème.
Et le manque de subtilité de l'écriture se retrouve un peu à tous les niveaux de la production : les dents de Malek, comme je l'ai déjà dit, mais aussi le maquillage des parents de Freddie, assez pataud, les coups de coude au spectateur (Mike Myers), pas très fins, les dialogues, souvent génériques, et la toute fin du film, centrée autour du concert Live Aid, qui dure un bon quart d'heure.
Un bon quart d'heure qui ne parvient jamais à égaler la captation du concert original, et ne sert donc pas à grand chose.
Alors on peut se demander si ce manque de subtilité découle de la production chaotique du film, si elle est inhérente à la supervision du projet par les membres du groupe, ou si elle provient tout simplement d'un script faiblard et peu inspiré... mais peu importe, le résultat est là : un biopic inégal, vraiment très balisé, mais qui se regarde néanmoins très facilement, sur la base d'un acteur principal habité, disparaissant totalement dans son personnage, et d'une musique (forcément) exceptionnelle.
Ce qui fait que, malgré des défauts très présents et évidents, Bohemian Rhapsody reste un bon moment à passer. Ça aurait pu être bien mieux, certes, mais ça aurait pu être pire.
3.25 + 0.5 pour Rami Malek = 3.75/6
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Lego Batman : le Film - Unité des Super-héros (Lego Batman : The Movie - DC Super Heroes Unite - 2013) :
Furieux d'avoir perdu un prix au profit de Bruce Wayne (Troy Baker), et bien décidé à devenir le nouveau Président des USA, Lex Luthor (Clancy Brown) recrute le Joker (Christopher Corey Smith) pour mettre au point un moyen d'hypnotiser les foules. Ensemble, ils libèrent tous les criminels de l'Asile d'Arkham, et sèment le chaos, mais Batman, Robin (Charlie Schlatter) et Superman (Travis Willingham) sont là pour les arrêter...
Semi-adaptation du jeu Lego Batman 2, ce long-métrage d'animation de 70 minutes s'avère un bon compromis entre une histoire de Batman "sérieuse", et le décalage humoristique habituel des jeux Lego.
C'est amusant, dynamique, avec des scènes d'action réussies, des références intéressantes, et s'il n'y a pas là forcément de quoi vraiment tenir 70 minutes (et si la bande originale, à 80% composée de reprises d'Elfman et de Williams, devient rapidement soulante... comme dans les jeux), le tout permet de passer un agréable moment, sans jamais avoir l'impression que les scénaristes font basculer le tout dans la parodie la plus complète.
4/6
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Captain Marvel :
Soldat d'élite Kree, Vers (Brie Larson) combat pour l'Empire aux côtés d'une unité d'élite menée par Yon-Rogg (Jude Law). Jusqu'au jour où un affrontement contre les Skrulls amène Vers sur Terre : là, elle croise le chemin de Nick Fury (Samuel L. Jackson), et réalise bientôt qu'elle est humaine, que les Krees lui ont menti, et qu'elle a tout oublié de son passé...
Pur produit de la tentative par Marvel d'imposer, depuis une petite dizaine d'années, une certaine diversité à sa gamme de comics, en remplaçant certains de ses héros iconiques par des homologues féminins (Thor, Wolverine, Captain Marvel), ethniques (Miss Marvel, Spider-man), ou en imposant des personnages LGBTQ sur le devant de la scène, Carol Danvers est, depuis, devenue en quelque sorte le porte-étendard de la Maison aux Idées... ou du moins, c'est la théorie.
Car en pratique, cette démarche louable, mais souvent particulièrement maladroite et forcée, a valu à Marvel une belle levée de boucliers initiale de la part d'une certaine tranche de ses lecteurs ; et si cette levée de boucliers a fini par se calmer, ce n'est pas pour autant que Captain Marvel est parvenu, malgré tous les efforts du studio, à s'imposer comme la figure de proue de son univers... loin de là.
Reste que Marvel, ces dernières années, cherche à faire de Carol Danvers une icône féministe équivalente à la Wonder Woman de DC, un personnage à la puissance similaire à Superman, avec en prime un côté militaire et autoritaire assez abrasif, qui ne fait que s'amplifier au fil des ans (il n'y a qu'à voir le rôle tenu par Danvers dans la Civil War II, un beau carnage qui a tout fait pour rendre Carol antipathique aux yeux des lecteurs).
Guère surprenant de constater, donc, que dès l'annonce de l'adaptation de Captain Marvel au cinéma, ça a commencé à grogner sur le web. Une grogne qui s'est faite plus intense lorsque Brie Larson a été choisie pour incarner le rôle titre, une Brie ouvertement militante et féministe sur les réseaux sociaux : de quoi brosser les éléments les plus réactionnaires et stupides du fandom dans le mauvais sens du poil, et susciter une polémique et un boycott en ligne... qui n'ont eu d'autre effet que de créer d'autant plus de buzz pour le film! ^^
Pour sa version cinématographique, confiée à un duo de réalisateurs issus de la scène indépendante, à un pool de scénaristes féminins (principalement ses réalisateurs et la scénariste du médiocre et insipide Tomb Raider), et à une compositrice ayant fait ses armes sous la supervision de Hans Zimmer, Marvel a opté pour une Captain Marvel plus sarcastique, une army brat impertinente et moqueuse... et ça passe plutôt bien.
Heureusement, d'ailleurs, puisque sur le plan du scénario et de la réalisation, il n'y a pas forcément grand chose d'exceptionnel, et on est dans la droite lignée de Tomb Raider, justement : c'est professionnel, mais assez passe-partout, certains choix créatifs (illustration musicale, manque de suspens et d'émotion) sont discutables, le rythme et la structure en flashbacks sont parfois un peu bancals...
Mais, porté par une Brie Larson immédiatement attachante en Carol Danvers moqueuse, et par l'habituel sens de l'humour qui caractérise le MCU, le film fonctionne tout de même, aidé par un Samuel Jackson décomplexé, par des Rambeau attachantes, et par des Skrulls surprenants. Sans oublier un certain félin qui vole (sans surprise) la vedette à ses collègues humains.
Suite aux bandes-annonces, on pouvait redouter des effets spéciaux médiocres : ça passe dans 95% des scènes ; le rajeunissement de Fury et Coulson, idem ; l'humour ? Typique de Marvel : on adhère ou pas. Les Skrulls ? Le rebondissement imprévu à leur sujet est le bienvenu, et l'utilisation à contre-emploi de Ben Mendelsohn s'avère une bonne surprise. Jude Law ? Il reviendra sans doute, et c'est une bonne chose.
Bref, loin d'être parfait (le film aurait pu être plus subtil et inspiré sur certains plans), Captain Marvel s'avère un bon divertissement, une origin story plaisante qui parvient à capitaliser sur son handicap de départ (adapter une héroïne surpuissante et peu sympathique, à l'histoire compliquée, pas vraiment connue du grand public, et peu appréciée des amateurs de comics) pour intégrer un nouveau personnage capital à l'univers MCU actuel, juste avant Avengers Endgame.
3.75/6 (au niveau d'un Ant-Man, en somme)
(et pas de panique, il est peu probable qu'elle soit responsable de la défaite de Thanos ou qu'elle vole la vedette aux autres héros établis du MCU... à vrai dire, je parierais plutôt sur une Carol fonçant tête baissée, persuadée d'être toute-puissante et de pouvoir vaincre Thanos sans problème, et qui se prendra une telle dérouillée qu'elle ne pourra que revenir la queue entre les jambes, sérieusement calmée, auprès des autres Avengers)
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Gardes du corps - Une vie dans l'ombre (Bodyguards - Secret Lives from the Watchtower) :
Un documentaire narré (de manière très inégale et peu naturelle) par l'acteur Kim Coates, et qui se veut une vue globale du métier de garde du corps, et de ses coulisses, au travers du parcours de multiples bodyguards, aux quatre coins du monde.
Réalisation très clinquante et poseuse, mise en images et en musique très bling, et des segments aux intérêts très très variables : un garde du corps à Miami, dans le milieu du hip-hop ; le garde du corps de Justin Bieber ; l'ex-garde du corps du criminel Whitey Bulger, à Boston ; les membres de groupes tactiques façon Blackwater ; un garde du corps de Nelson Mandela ; une équipe de femmes gardes du corps, à Londres...
De tout ce petit monde, le plus intéressant reste le chapitre sur le garde du corps de Nelson Mandela, ancien raciste ayant totalement changé de mentalité et de vision du monde à la fin de l'Apartheid ; à côté, les autres segments semblent vraiment un peu légers, et ressemblent régulièrement à des bandes promotionnelles, à la limite de la propagande, pour telle ou telle agence de sécurité (ou, dans le cas de Whitey Bulger et compagnie, pour un segment de Faites entrer l'accusé sans grand intérêt.)
Heureusement que par moments, des confidences touchantes parviennent à voir le jour : de brefs instants sincères et désenchantés, qui permettent à ce documentaire assez quelconque de reste un minimum intéressant.
3/6
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Le Grand Jeu (Molly's Game - 2017) :
L'histoire vraie de Molly Bloom (Jessica Chastain), ex-skieuse olympique qui, après une blessure, a découvert le monde du poker clandestin, et a commencé à organiser des tournois pour les célébrités de Los Angeles, avant d'étendre son champ d'action à New York, et aux personnages peu recommandables y officiant...
Un long-métrage écrit et réalisé par Aaron Sorkin, qui impose à son film un rythme dynamique, une forme ludique, et qui a la chance d'avoir des acteurs en béton armé pour narrer cette histoire improbable, mais intéressante de bout en bout. On appréciera notamment le casting de Michael Cera en Acteur sociopathe et manipulateur qui n'est pas du tout censé être Tobey Maguire, non non non, et on saluera le fait que, même si l'on ne connaît rien au poker, le tout s'avère globalement assez limpide et simple à aborder.
Un portrait de femme intéressant, donc, malgré une durée un peu abusive, un côté rapport au père inégal et une métaphore finale (la chute en skis/elle se relève seule/elle est difficile à tuer et dure à cuire) assénée avec un certain manque de subtilité.
4/6
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Creed II :
Alors même qu'il vient de remporter le titre de champion du monde, et que sa compagne (Tessa Thompson) tombe enceinte, Adonis Creed (Michael B. Jordan) est confronté aux fantômes de son passé lorsque Ivan Drago (Dolph Lundgren), le meurtrier de son père, réapparaît avec son propre fils, Viktor (Florian Munteanu), un boxeur bien décidé à démolir Creed et sa réputation...
Suite directe du précédent Creed, avec une partie de la même équipe devant et derrière la caméra (Ryan Coogler n'est plus à l'écriture ni à la réalisation), cette continuation de la franchise Rocky poursuit la description du parcours du fils d'Apollo Creed, confronté ici à celui qui a coûté la vie à son père sur le ring.
Une manière de boucler la boucle sur le thème de la filiation et des pêchés du père, un thème que l'on retrouve aussi du côté de Rocky (qui finit par renouer avec son fils, interprété à nouveau par Milo Ventimiglia), et, plus surprenant, des Drago, hantés par la défaite d'Ivan, qui a détruit son couple (caméo de Brigitte Nielsen), ruiné sa réputation, et sa famille.
Plutôt agréable à suivre, tout ça, même si un cran en dessous de l'épisode précédent, principalement à cause de son script vraiment balisé, dont on devine facilement les rebondissements et les tenants/aboutissants, mais aussi de son Viktor Drago, qui a étrangement parfois des faux airs de Topher Grace sous stéroïdes, et dont le personnage aurait mérité encore un peu plus de développement pour être autre qu'un obstacle colossal à démolir.
Reste que dans l'ensemble, ces deux heures passent très rapidement, et que le film apporte une jolie conclusion à l'histoire de Rocky et de Creed.
3.75/6
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Chocolat :
L'histoire vraie de Rafael Padilla, dit "Chocolat" (Omar Sy), le premier artiste noir de France, qui a connu le succès aux côtés du clown Foottit (James Thierrée), a côtoyé les sommets, puis a tout perdu lorsqu'il a voulu s'éloigner de sa condition d'artiste de cirque pour devenir un acteur de théâtre sérieux...
Une comédie dramatique française en costumes, façon biopic (très) romancé, qui donne l'occasion à Omar Sy de faire travailler un peu ses muscles d'acteur dramatique, en incarnant de manière assez convaincante un personnage tragique ayant connu des difficultés probablement familières au comique : celui d'un clown noir connu pour ses pitreries, et qui, lorsqu'il veut s'en éloigner pour aborder quelque chose de plus dramatique et sérieux, se voit confronté au racisme et aux préjugés de la société de l'époque.
Un sujet qui parle donc probablement à Sy, et un personnage dans lequel il s'est vraiment investi, aux côtés de James Thierrée, le petit fils de Charlie Chaplin. Et de fait, le film est plutôt intéressant à suivre, et n'est jamais ennuyeux.
On regrettera seulement que le tout manque un peu de subtilité dans son approche du sujet, dans ses rajouts mélodramatiques, et dans son traitement de l'histoire de Chocolat ; autre bémol, une interprétation inégale de certains personnages secondaires, parfois surjoués, ou victimes de cette diction à la française assez agaçante.
Mais dans l'ensemble, c'est loin d'être désagréable : c'est appliqué, consciencieux, mais c'est un peu laborieux, et ça a la main assez lourde, notamment au niveau de l'émotion (assez forcée) et de son dernier quart d'heure.
3.75/6
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Room 237 :
Documentaire du réalisateur de The Nightmare, et qui choisit de laisser s'exprimer des théoriciens, cinéphiles et illuminés en tout genre, avec pour seul sujet : le sens caché du film The Shining, de Stanley Kubrick.
Ces intervenants s'expriment donc tous en voix off (avec une prise de son très inégale, voire même parfois calamiteuse) sur des images du film, mais aussi d'autres films de Kubrick (ainsi que d'autres réalisateurs, et des images d'archive), histoire d'illustrer un peu les dires de ces chers complotistes du grand écran.
Et on a vraiment droit à tout et à rien à la fois : Shining comme dénonciation du génocide natif-américain, métaphore de l'holocauste et de la Seconde Guerre Mondiale, aveu de la falsification de la mission Apollo 11 par Kubrick, symbolisme du minotaure et du labyrinthe de Thésée, thématique de la sexualité contrariée, etc, etc, etc... tout y passe, constamment surinterprété, ou souffrant d'un biais de confirmation évident, et aucune des théories présentées n'est un instant crédible pour le spectateur.
Ce qui ne serait pas problématique si le métrage restait dynamique et ludique. Mais non, avec son format "voix off + images", Room 237 devient rapidement redondant et soporifique, d'autant que le réalisateur ne prend jamais parti, se limitant à mettre en images les délires improbables de ses commentateurs, tous persuadés que Kubrick est un génie infaillible incapable de la moindre erreur ou approximation (et par conséquent, le moindre millimètre de ses décors et de ses scènes doit être analysé et interprété comme un message volontaire du Maître, et pas une erreur de montage ou de continuité).
Alors certes, il y a quelque chose d'intéressant dans le fait que le documentaire montre bien jusqu'où peut aller la fascination pour un film, l'obsession de certains spectateurs et leur quête désespérée de sens (d'autant plus pour une œuvre vénérée comme The Shining), mais comme le métrage ne développe jamais aucune point de vue, ni n'apporte aucun éclairage supplémentaire, on s'ennuie rapidement devant ces 105 minutes qui ronronnent, et finissent par lasser.
2/6
(sur le même sujet, avec les mêmes intervenants, je pense qu'il y avait mieux à faire, plus dynamique, plus amusant, plus instructif, plus pertinent)
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Apprentis Parents (Instant Family - 2018) :
Couple marié ressentant un manque dans leur vie, Pete et Ellie Wagner (Mark Wahlberg et Rose Byrne) décident d'adopter un enfant. Mais à leur grande surprise, ils finissent par rentrer chez eux en compagnie de trois enfants latinos, Lizzie (Isabela Moner), adolescente rebelle, Juan (Gustavo Quiroz), garçon maladroit, et Lita (Julianna Gamiz), la toute petite. Une cohabitation difficile, mais des plus enrichissantes...
Une comédie familiale sur l'adoption et les familles recomposées, qui n'est pas sans rappeler la série The Fosters, et qui est inspirée de la vie de son réalisateur/scénariste, Sean Anders.
Rien d'exceptionnel au programme, mais un film de deux heures assez touchant et mignon, aidé dans sa tâche par une distribution sympathique (les personnages principaux, les enfants, mais aussi Octavia Spencer, Tig Notaro, Margo Martindale, Iliza Shlesinger, Joan Cusack, Andrea Anders...) et par un script ne se prenant jamais trop au sérieux : le métrage conserve ainsi un sens de l'humour très agréable, qui permet au tout de rester en équilibre entre émotion et rire, sans jamais sombrer trop dans l'un ou dans l'autre.
Un moment agréable, en somme, pour un récit plein de bons sentiments.
4/6
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