Il était une fois Lurdo & Sygbab, deux internautes passionnés de séries tv et de cinéma, et qui cherchaient un endroit où archiver leurs avis (semi) éclairés...
Le 1er Avril n'est pas loin, et pour l'occasion, pendant un peu plus d'une semaine, retour chronologique sur la filmographie des ZAZ, histoire de rire un peu en ces temps maussades...
Y a-t-il un pilote dans l'avion ? (Airplane! - 1980) :
Ted Striker (Robert Hays), ancien pilote militaire atteint de stress post-traumatique et devenu chauffeur de taxi, est fou amoureux d'Elaine (Julie Hagerty), hôtesse de l'air qui le quitte juste avant de prendre un vol pour Chicago. Bien décidé à ne pas la laisser partir, Striker monte à bord, mais lorsque tout l'équipage et les passagers sont frappés d'empoisonnement alimentaire, Ted doit prendre les commandes malgré son traumatisme...
Premier véritable long-métrage des ZAZ, ici à la réalisation et à l'écriture, pour ce qui s'apparente à une vraie preuve de concept du style ZAZ, dont on retrouve ici tous les ressorts : parodies cinématographiques, absurde, jeux de mots, gags parfois grivois, politiquement incorrect, punchlines visuelles, comique de répétition, etc, le tout avec une densité remarquable, qui ne laisse pas le temps au spectateur de souffler.
Et c'est bien là la force du style ZAZ : même si un gag sur deux tombait à plat, chaque minute de métrage est tellement chargée en vannes et en blagues que le spectateur (même le plus réticent) est emporté par le torrent, et finit par se laisser porter par le délire ambiant.
Cela dit, avec du recul, on réalise que, derrière les répliques cultes et autres moments déjantés entrés dans l'histoire de la comédie, les ZAZ se cherchaient ici encore un peu : le passage d'un film à sketches (Hamburger film sandwich) à un récit plus construit et linéaire (la parodie de film catastrophe, avec comme fil conducteur les aléas amoureux du couple principal) ne se fait pas sans quelques accrocs et flottements, notamment structurels.
Heureusement, malgré ces quelques errances narratives, le tout reste particulièrement mémorable, n'a pas trop vieilli, et demeure un incontournable du genre (même si je préfère tout de même à cet Airplane! les mésaventures de Frank Drebin...).
4.5/6
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Et comme toujours, vous pouvez retrouver la liste complète de tous les films passés en revue sur ce blog dans le menu Index de haut de page, ou en cliquant directement sur ce lien (000-1000) et sur celui-ci (1001-2000)...
Le 1er Avril n'est pas loin, et pour l'occasion, pendant un peu plus d'une semaine, retour chronologique sur la filmographie des ZAZ, histoire de rire un peu en ces temps maussades...
Hamburger Film Sandwich (The Kentucky Fried Movie - 1977) :
Ce qui est bien, quand on se replonge dans de vieux films comme ce Kentucky Fried Movie, premier long-métrage écrit par les ZAZ et réalisé par John Landis, c'est que l'on prend parfois conscience de connexions jusque là obscures, ou qui nous avaient échappé.
Ici, en l'occurrence, ce film à sketches parodiques s'ouvre sur une certaine chanson qui explique beaucoup de choses de la carrière de certains comiques français : la Carioca, qui sera reprise avec beaucoup de panache par Les Nuls dans la Cité de la Peur, en 1994.
Et il y a en effet beaucoup de ce qui deviendra les Nuls (et l'humour dit "Canal") dans ce KFM : son format parodique, qui couvre de nombreux genres (bande-annonce, film institutionnel, film publicitaire, mais aussi et surtout faux journal tv), ses guest-stars, son ton général et son désir de bousculer un peu et de provoquer.
Alors forcément, comme dans tout film à sketches, surtout de l'époque, le résultat final est parfois inégal, rate parfois de peu sa cible, ou paraît un peu gratuitement graveleux (notamment en comparaison de ce qui est aujourd'hui considéré comme "acceptable" dans l'humour).
Mais tout ce qui "fera" l'humour ZAZ durant les années 80-90 est déjà présent dans ce KFM, avec notamment, en guise de pièce de résistance, cette longue parodie d'une trentaine de minutes singeant Opération Dragon, une parodie étonnamment compétente au niveau martial, et joyeusement absurde çà et là (en particulier sa fin façon Le Magicien d'Oz ^^).
Alors oui, c'est daté, oui, c'est parfois puéril et immature, mais ça déborde aussi d'idées et d'énergie, et ça a clairement influencé toute une génération de comiques (voire plusieurs).
4.25/6
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Un mois de mars un peu coupé court pour laisser de la place à la semaine ZAZ qui commence dès aujourd'hui, et qui, pour une fois, a vu quelques sorties intéressantes poindre le bout de leur nez, malgré les circonstances actuelles...
Un petit mois sans réelles surprises, entrecoupé d'une semaine consacrée à l'Irlande et à la Saint Patrick : de quoi passer un moment agréable, avec en prime quelques nouveautés - malheureusement pas toujours des plus probantes. Si la Snyder Cut de Justice League est effectivement meilleure que la version cinéma, de nouvelles sorties comme Yes Day ou Tom et Jerry semblent vraiment en pilotage automatique.
D'autres, comme Un Prince à New York 2, tombent dans l'écueil des suites inutiles qui n'apportent rien à leur modèle, voire l'affaiblissent rétrospectivement. Dommage, car le retour en grâce d'Eddie Murphy, entamé avec Dolemite, se fait toujours attendre.
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# Film(s) du mois :
Deux documentaires (Pick It Up ! et Nail in the Coffin), suivis de deux films d'animation : le dernier Disney, (Raya, une bonne surprise inattendue), et le Peuple Loup, forcément superbe et enchanteur.
# Flop(s) du mois :
Deux beaux flops, entre un Wyld Mountain Thyme insipide et agaçant au possible, et un Jiu Jitsu approximatif et sous-développé, qui ne convainc ni par son scénario ni par son action.
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# Petit écran :
Ce mois-ci, Sygbab a terminé son intégraleMarvel : Les Agents du SHIELD, avant de s'attaquer à deux one-shots qui n'ont pas connu de suite, le mythiqueFirefly, et le moins connuTotal Recall 2070; un mélange des genres intéressant, complété, de mon côté, par la fin de saison 1 de Wandavision, et par (histoire de rester dans l'univers des super-héros) la bordélique saison 2 des Titans de DC.
Retrouvez aussi les bilans de toutes les séries critiquées jusqu'à présent en ces pages depuis l'index Séries alphabétique qui leur est consacré.
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# À venir :
En avril, on commence par un hommage à des colosses de la comédie : les ZAZ, avec une rétrospective de leur œuvre (tant cinématographique que télévisuelle) pendant une bonne semaine. Ensuite, retour à la normale, avec du lourd, du moins lourd, et de l'excentrique : Monster Hunter, la série Dark Crystal - Le Temps de la Résistance, Le Faucon et le Soldat de l'Hiver, Mulan, la série Final Space, et bien d'autres choses encore, en fonction de l'actualité...
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Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.
Yes Day (2021) :
Parce qu'ils en ont assez de dire constamment "non" à leurs enfants, Allison (Jennifer Garner) et Carlos (Edgar Ramirez) décident d'offrir à ces derniers (Jenna Ortega, Julian Lerner, Everly Carganilla) 24 heures durant lesquelles le couple répondra par "oui" à toutes leurs demandes. Rapidement, cependant, la journée sombre dans le chaos le plus total pour la famille Torres...
Comédie familiale Netflix adaptée d'un livre pour enfants, ce Yes Day est exactement ce à quoi on pouvait s'attendre : un métrage pour les plus jeunes, dans lequel les enfants sont rois et en font voir de toutes les couleurs à leurs parents, avec du slapstick à gogo, un rythme frénétique, et une durée qui ne dépasse pas les 90 minutes, soit le format idéal pour garder ces chères têtes blondes occupées devant un écran.
À part ça ? Pas grand chose de mémorable ou d'original à se mettre sous la dent : tout le monde en fait trois tonnes (surtout Jennifer Garner, qui surjoue totalement), ça fait toujours plaisir de voir passer Nat Faxon, et dans l'ensemble, ça se regarde distraitement, mais c'est typiquement "du contenu pour plate-forme de streaming" plus qu'un film "à voir en salles".
Et puis honnêtement, l'hystérie générale des personnages peut parfois devenir assez fatigante et soûlante.
2.5/6 pour les adultes, probablement plus pour les enfants.
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Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.
Jiu Jitsu (2020) :
Lorsqu'il se réveille, amnésique, quelque part en Asie, Jake (Alain Moussi) est rapidement capturé par l'armée en place, puis il est libéré par d'autres combattants (Tony Jaa, Frank Grillo, JuJu Chan, Marrese Crump...), dont Wylie (Nicolas Cage) : ces derniers lui expliquent bien vite que tous les six ans, un portail s'ouvre dans l'un des temples de la région, et qu'un extraterrestre, Brax, en sort alors pour défier en combat les héritiers d'une tradition millénaire, dont Jake fait partie... un duel qui a pour enjeu la survie de la planète.
Une sorte de relecture fauchée et DTV de Predator, mais avec une mythologie bancale façons anciens extraterrestres sur laquelle se rajoute de la spiritualité et des arts martiaux asiatiques (décidément, après Abduction, c'est à la mode), et un Nicolas Cage qui vient cachetonner dans un rôle secondaire où sa doublure s'en prend plein la tête.
Ça aurait pu marcher avec plus d'énergie, de maîtrise et de savoir-faire, mais honnêtement, n'ayant pas vu le précédent métrage du réalisateur (un reboot de Kickboxer), je suis assez déçu par ce qu'il propose ici : l'action est fréquemment très moyennement filmée (occasionnellement en vue subjective, souvent trop découpée), les impacts sont faiblards (avec des bruitages sous-mixés quasi-absents), les effets numériques (impacts poussiéreux, gerbes de sang, reflets métalliques, tirs de balles) sont moches, et la créature ne ressemble à pas grand chose, si ce n'est à un mec en costume sans grand budget.
Bref, ce film d'action déçoit sur l'action, même si son côté 7 Mercenaires du Jiu Jitsu aurait pu s'avérer sympathique : malheureusement, ces Mercenaires (et des autres personnages secondaires, d'ailleurs : la militaire, Eddie "Crabman" Steeples en comic relief...) sont sous-exploités par le script et/ou se font démolir bien trop rapidement (Frank Grillo, notamment), de quoi laisser le temps à Nicolas Cage de débiter des kilomètres d'exposition approximative aux règles incertaines.
(en plus, j'avoue que j'ai toujours du mal à me faire à l'idée de cet alien venu sur Terre apprendre le jiu jitsu aux humains pour ensuite revenir tous les 6 ans pendant des millénaires affronter une poignée d'entre eux en duel singulier honorable... mais pas trop quand même, parce qu'il triche allègrement, puisqu'il se régénère, qu'il a des armes lasers, une infinité de shurikens, qu'il est invisible, ultra-rapide, etc)
Un Jiu Jitsu plus que médiocre, donc, avec des transitions comic-book inutiles (si ce n'est pour cacher les trous de scénario et les ellipses maladroites), un acteur principal sans charisme, des artistes martiaux trop souvent mal exploités, et un méchant extra-terrestre miteux.
1.5/6
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Raya et le dernier dragon (Raya and the Last Dragon - 2021) :
Pour lutter contre les forces maléfiques qui envahissent lentement son royaume depuis que les divers clans le formant se sont déchirés et que les derniers Dragons protecteurs ont disparu, Raya (Kelly Marie Tran) arpente le pays à la recherche des fragments d'une pierre précieuse renfermant la magie des dragons. Avec l'aide de Sisu (Awkwafina), la dernière des dragonnes, et d'un groupe hétéroclite de compagnons, Raya va tout tenter pour sauver la planète de la destruction...
Dernier Disney en date, sorti à la fois sur Disney + et en salles, Raya et le dernier dragon se voulait un pas de plus dans la direction de la diversité et de la représentativité ethnique, ce qui n'est jamais une mauvaise chose.
Léger bémol pour moi, cependant : une absence totale d'affinité ou de réel intérêt de ma part pour l'esthétique sud-asiatique dont s'inspire grandement ce métrage animé pour donner naissance à son univers, un univers au carrefour des cultures et qui n'a pas été sans m'évoquer le monde d'Avatar, le dernier maître de l'air, notamment pour ses divers clans que l'héroïne tente d'unir.
Après, je mentirais en disant que je n'ai pas été agréablement surpris : contre toute attente, et malgré un récit assez balisé (principalement dans sa dernière ligne droite), j'ai trouvé le tout plutôt sympathique, tant au niveau de ses personnages secondaires (j'ai un faible pour Tuk Tuk, le chien-tatou de l'héroïne) que de son récit et de son esthétique.
Awkwafina, notamment, est comme toujours excellente dans son rôle, et ce quand bien même les dialogues et les expressions un peu trop modernes de sa dragonne (et de Raya elle-même, d'ailleurs) jurent un peu avec le décorum de cet univers de fantasy asiatique (c'était probablement voulu, mais en l'état, c'est à la fois trop peu pour fonctionner, et un peu trop pour être imperceptible - le postérieur entre deux chaises, en somme).
Bref, Raya, c'est techniquement très réussi (Disney oblige), c'est bien doublé et c'est divertissant (sans oublier l'avantage de ne pas avoir de chansons insipides toutes les dix minutes) ; cependant, tout cela ne suffit pas forcément pour en faire autre chose qu'un énième long-métrage Disney compétent, bien produit mais finalement pile dans la moyenne du studio - ça ne marquera pas forcément éternellement les mémoires et ça ne sera jamais un nouveau classique du genre... mais après tout, est-ce vraiment ce qu'on lui demandait ?
Un petit 4/6
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Zack Snyder's Justice League (2021) :
Les efforts de Batman (Ben Affleck) et de Wonder Wolan (Gal Gadot) pour former la Justice League avant que Steppenwolf, émissaire de Darkseid, ne parvienne à réunir les trois Mother Boxes lui ouvrant la porte de notre planète...
# LE CONTEXTE #
On connaît l'histoire de cette Snyder Cut :
- comment Snyder, endeuillé par la mort de sa fille, a quitté le tournage de son Justice League en cours de route, laissant derrière lui une Assembly Cut non terminée de plus de 5 heures, là où il s'était contractuellement engagé à réaliser un film de 120-150 minutes ;
- comment la Warner, face à cette situation, a ouvert son chéquier pour que Joss Whedon, auréolé du succès des deux premiers Avengers, s'occupe de finaliser le film, et de le rendre commercialement viable (comprendre : de le rapprocher un peu des standards Marvel) ;
- comment la version Whedon, hybride de deux styles incompatibles, a été fraîchement reçue par la critique et les spectateurs, et a déçu au box-office ;
- comment les fans les plus hardcore de Snyder (un véritable Snyder Cult, pour qui Snyder est un Dieu vivant du cinéma, la Warner le pire des démons, et Whedon un disciple de Satan) ont fait campagne pendant des années pour forcer le studio à #ReleaseTheSnyderCut, allant jusqu'à harceler, doxxer, insulter, etc, toute personne vaguement liée de près ou de loin à la Warner ou au monde des superhéros ;
- comment Snyder, gros roublard et provocateur assumé, a soigneusement entretenu cette campagne à grands renforts d'affirmations approximatives et parfois contradictoires (sur la durée de sa Cut, sur son état de finalisation, sur son contenu), de photos de tournage, et de sous-entendus ;
- et enfin comment, à la recherche de contenu à buzz à diffuser sur leur plateforme de streaming naissante, les studios Warner ont fini par céder, et par donner 70 millions de dollars à Snyder pour produire cette Snyder Cut.
Pour certains, donc, il faut voir dans cette Zack Snyder's Justice League une victoire concédée à un réalisateur arrogant, persuadé de la profondeur de son œuvre et de l'avant-gardisme de sa vision grimdark des comics (vision adolescente et immature périmée depuis les années 90), ainsi qu'au pan le plus radical et toxique de sa fanbase, équivalent de QAnon pour le cinéma de divertissement - même complexe de persécution, même tendance à voir des conspirations partout, même vénération d'une figure messianique, même recoupement avec les cercles les plus alt-right du web (MRA, Comicgate, Gamergate, 4chan, Parler, etc, dont certains membres les plus médiatiques ont même droit à des remerciements dans le générique de fin de cette version), même tendance à brandir quelques bonnes causes comme autant de boucliers leur permettant de détourner l'attention de leurs actes les plus odieux et même certitude de détenir la vérité unique sur le monde, sur les valeurs vraies de la société, etc.
Pour d'autres, la réhabilitation d'un auteur visionnaire à l’œuvre fondatrice sacrifiée sur l'autel de l'argent par un studio incompétent, manipulateur, raciste et idiot, trop préoccupé par le succès indigent des blockbusters bas-de-plafond et gamins de la concurrence pour appréhender l'intelligence et la profondeur mythologique de l'approche Snyder.
Et puis il y a ceux qui considèrent ce Justice League comme une expérience intéressante, très similaire à la Donner Cut de Superman 2, qui permet à un film clairement malade et charcuté de renaître de ses cendres, et de présenter une vision homogène de son projet artistique.
Bon, pas de surprise, ce projet artistique est un projet made in Snyder : c'est ultra-pompeux, ultra-sérieux, bourré de ralentis et d'images désaturées, c'est dark and gritty, bref, si l'on est réfractaire au style du bonhomme, ce n'est pas ce Justice League 2.0 qui va y changer grand chose.
Mais, sans véritable surprise aussi, ce JL 2.0 est nettement meilleur que la version salles.
# LE FILM #
Quatre heures de métrage, six chapitres et un épilogue, un format 4/3 étriqué (et encore, on a échappé au noir et blanc !) : cette Justice League n'est pas un film à proprement parler. C'est un concept, un projet artistique, un fourre-tout décadent impossible à sortir en salles, bourrés de moments superflus (durant les premières parties, surtout), dans lequel Snyder a mis tout ce qui lui faisait plaisir, et tout ce que les fans lui ont demandé au fil des ans. Ça tombe bien : depuis Batman vs Superman, les fans de Snyder ont pour mot d'ordre « plus il y en a, mieux c'est », et Zackounet ne fait que répondre à leur demande.
Cela dit, on comprend sans peine que la Warner ait paniqué en découvrant les cinq heures de la copie de travail de Snyder.
Tout comme on comprend aussi la colère de Ray Fisher en voyant le plus gros de l'intrigue de Cyborg, son personnage, être condensée au maximum par Whedon, alors qu'elle est développée en long, en large et en travers chez Snyder (malheureusement, elle n'y dépasse pas vraiment le stade du double cliché "jeune Afroaméricain en colère" souffrant d'un "père absent", et Fisher ne fait pas vraiment preuve d'un grand charisme au travers de ce personnage numérique et perpétuellement mécontent).
Par contre, on comprendra un peu moins toutes ces critiques ébaubies qui voient ici un métrage radicalement différent de la version Whedon. Les grandes lignes et le déroulement de la version 1.0 sont les mêmes, les rebondissements aussi, la caractérisation idem, et, au pire, la version Whedon apparaît comme une version abridged de celle de Snyder, qui a toujours quelques problèmes de logique interne et d'éléments inexplicables.
En rajoutant énormément de tissu connectif, la Snyder Cut rend son récit nettement plus cohérent et fluide, ce qui n'est pas forcément surprenant pour qui avait vu la version longue de Batman vs Superman : avec sa demi-heure supplémentaire, celle-ci développait plus ses personnages et son récit, rendant ce dernier plus logique et homogène. Ici, notamment, des scènes comme la prise des Boîtes par Steppenwolf se trouvent étoffées, et fonctionnent nettement mieux.
Mais comme la VL de BvS, la Snyder Cut souffre aussi des choix créatifs de ses auteurs : les événements de la JL 2.0 découlent toujours des idées stupides de BvS, sans jamais vraiment les corriger (même par rapport à la Whedon Cut). Batman reste un Ben Affleck engoncé dans une tenue pataude en mousse, à la traîne derrière ses collègues ; Superman reste une figure messianique qui prend des poses chrétiennes et arrive juste à temps pour démolir sans efforts le big bad ; le film doit toujours intégrer tous les membres secondaires de la League à son récit sans qu'ils aient eu droit à des origin stories ; Flash continue d'être un nerd asocial aux traits d'humour bancals ; et, Snyder oblige, Wonder Woman reste ultra-violente, explosant des mercenaires contre les murs dans des gerbes de sang avant de se tourner vers une fillette terrorisée et de lui asséner en souriant un message girl power se voulant rassurant.
Il faut être très clair : à la vision de cette version longue, n'importe quel spectateur un peu objectif et ayant des notions de rythme et de montage repère immédiatement pléthore de scènes à couper ou à raccourcir. Que ce soit du côté d'Aquaman (les chanteuses qui reniflent son pull, son plongeon au ralenti façon pub de parfum), de Themyscira (la flèche et son rituel, certains dialogues redondants), de Cyborg (qui a deux flashbacks différents pour raconter ses deux traumas - son accident, et l'absence de son père à son match de foot), de Lois (qui passe tout le film à déprimer), de Steppenwolf (qui a plusieurs appels en visio avec DeSaad, histoire d'insister sur le fait que Steppenwolf est bien un sbire incapable se trouvant en bas de l'échelle hiérarchique des maychants, comme si le fait qu'il batte en retraite à chaque confrontation contre la League ne rendait déjà pas tout cela évident), de Flash (le sauvetage d'Iris et de la saucisse), de Silas Stone (énormément de scènes à Starlabs, qui n'apportent pas grand chose au récit), du Martian Manhunter (deux scènes totalement inutiles), etc.
C'est bien simple, en combinant tous ces moments (typiques d'un director's cut où le réalisateur a carte blanche et ne se préoccupe pas du rythme et de la durée du film) aux innombrables ralentis snyderiens qui occupent le plus clair de la première moitié du film, ainsi qu'aux visions baptisées Knightmare sans intérêt intrinsèque (si ce n'est ouvrir la porte à une nouvelle campagne en ligne du Cult, toujours plus toxique), il est probablement possible d'exciser entre 30 et 45 minutes de cette Justice League 2, si ce n'est une bonne heure en redynamisant un peu de nombreuses scènes qui trainent en longueur.
Soit un métrage final qui ferait dans les trois heures : nettement plus acceptable, d'un point de vue narratif, et mieux rythmé. Alors certes, cela resterait une version visuellement étriquée par le 4/3, et dont l'approche ultra-sombre et violente, interdite aux moins de 17 ans, rendrait une exploitation salle impossible (prendre des personnages superhéroïques emblématiques, et se débrouiller pour en faire un film que les enfants ne peuvent pas voir, c'est la méthode Snyder), mais l'unité thématique et conceptuelle du tout aurait probablement plus convaincu que le côté patchwork déglingué de la version salles.
Et contrairement à la VL de BvS, qui perdait en rythme et en énergie ce qu'elle gagnait en cohésion et en logique, cette VL de Justice League reste globalement meilleure que la version cinéma. Mais Snyder a clairement eu un avantage de taille, ici : il a pu s'appuyer sur toutes les critiques adressées à la version Whedon, et sur tous les désidératas des fans, pour tenter de bricoler une version bâtarde combinant son Assembly Cut, la version salles et une hypothétique version rêvée, le tout pour relancer la machine et amener son Cult à poursuivre sa campagne et à #RestoreTheSnyderVerse.
Mouais. Tout ça pour en arriver là, en somme. Zack Snyder's Justice League est un bien meilleur film que la version Whedon, c'est indubitable (pas difficile, cela dit), mais reste un métrage malade, toujours tiraillé entre diverses intentions commerciales, prétentions artistiques et exigences de fans totalement incompatibles. C'est mieux que rien (ou que la 1..0), mais ce n'est commercialement pas viable (le film est impossible à sortir en salles en l'état), et ça demande que l'on adhère à l'approche très polarisante de Snyder, à ses choix "artistiques" et musicaux et à sa vision des superhéros DC... ce qui est loin d'être le cas de tout le monde.
3.5/6
(grosse déception que le Darkseid de Snyder, un Darkseid qui bat en retraite après avoir pris un coup de hache, et au design trop élancé)
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Pick it up ! Ska in the '90s (2019) :
Un documentaire qui retrace le parcours et le succès du ska dans les années 90, en retraçant l'histoire si particulière de ce genre musical syncopé, caractérisé par sa bonne humeur, son énergie... et sa section cuivres !
Au travers de multiples interviews de nombreux musiciens appartenant à ce style, le métrage retrace ainsi les premiers pas du ska, sa "première vague", en Jamaïque, où un mélange de jazz, de blues/rock et de musique locale a su séduire la jeunesse par son côté dansant et ludique.
Puis on part pour l'Angleterre, où la seconde vague du ska a vu le jour, fusion de l'immigration jamaïcaine et des influences anglo-saxonnes du punk et du rock.
Enfin, la troisième vague, aux USA, une vague nettement plus orientée sur le fun et l'amusement (au détriment du message politique d'unité raciale et sociale des premières vagues), et qui a fini par fusionner avec un certain type de pop punk californien, pour un résultat amenant ainsi le meilleur du genre, ses plus grands succès commerciaux, mais aussi sa récupération par l'industrie et les médias, et l'explosion de la bulle ska pop à la fin des années 90.
Outre cette histoire condensée du ska, le docu s'attarde très logiquement sur les incontournables du genre (de Madness aux Aquabats, en passant par No Doubt, les Mighty Mighty Bosstones, Reel Big Fish, et bien d'autres encore), sur son style vestimentaire très particulier, sur son éthique, sur les difficultés financières de ces groupes aux nombreux membres, sur les différences Côte Est / Côte Ouest, sur les rivalités entre les différentes générations de musiciens et de fans, et sur la popularité persistante du genre à l'étranger, notamment en Amérique Latine.
Sans être forcément ultra-exhaustif, Pick it Up ! reste un métrage plutôt intéressant, surtout si, comme moi, on est familier de la scène ska sans forcément en être expert. On regrettera cependant une structure un peu anarchique et décousue, pas forcément rédhibitoire, mais parfois frustrante pour se replacer exactement dans le temps.
4.25/6
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Et cette semaine, le blog se met à l'heure de l'Irlande, pour célébrer la Saint Patrick !
Vieilles canailles (Waking Ned Devine - 1998) :
Lorsqu'ils apprennent qu'un habitant de leur minuscule village de Tullymore a gagné le gros lot à la loterie nationale, Jackie O'Shea (Ian Bannen) et Michael O'Sullivan (David Kelly) veulent absolument identifier le responsable. Mais lorsqu'ils comprennent que c'est Ned (Jimmy Keogh) qui a gagné plusieurs millions de livres, tout se complique, car le duo retrouve Ned mort d'une crise cardiaque, dans son lit. Bien décidés à profiter de cette aubaine, les deux compères décident alors de se faire passer pour Ned auprès du représentant de la loterie nationale, afin de tenter de toucher le jackpot... quitte à mettre tout le village au courant de la manigance.
Une comédie irlandaise assez charmante, à défaut d'être particulièrement bien rythmée. Heureusement, la magie celtique opère sans problème grâce à ce petit village paumé, ces paysages superbes, la musique typique de Shaun Davey, et tout ce défilé de trognes attachantes, de David Kelly à Fionnula Flanagan, en passant par Ian Bannen, James Nesbitt, et tant d'autres.
Nonchalant et typiquement irlandais, mais aussi plutôt sympathique.
4/6
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Et cette semaine, le blog se met à l'heure de l'Irlande, pour célébrer la Saint Patrick !
Je suis Patrick (I Am Patrick : The Patron Saint of Ireland - 2020) :
De son enfance au sein de l'Empire romain, jusqu'à son missionnariat en Irlande, en passant par son enlèvement et son esclavage aux mains de pirates, la vie de Saint Patrick, patron saint d'Irlande, et tous les obstacles qui se sont dressés sur son chemin...
Un docu-fiction de 80 minutes qui revient en long, en large et en travers sur le personnage de Saint Patrick en retraçant chronologiquement la vie du personnage, au travers de reconstitutions suivant les pérégrinations du Saint au fil des ans, tel qu'incarné par plusieurs acteurs (notamment John Rhys-Davies, qui narre ces séquences en voix-off).
Pas inintéressant, malgré la durée un peu abusive, et plutôt bien filmé (c'est du niveau d'un documentaire historique d'Arte, par exemple), même si j'ai forcément retrouvé de multiples événements et interprétations que j'avais déjà vues ailleurs, notamment dans le téléfilm St. Patrick et le documentaire Patrick, déjà chroniqués en ces pages.
La bonne nouvelle, c'est qu'ici, on évite de revenir sur les plus gros clichés associés au personnages, et devenus mythologiques. Par contre, je dois bien avouer que la place démesurée laissée aux reconstitutions éclipse malheureusement les analyses des historiens, spécialistes et autres théologiens, et que le tout tombe un peu trop fréquemment dans l'hagiographie prosélyte : pas forcément l'approche la plus probante, surtout avec un tel manque de rythme et d'énergie.
Mais bon, encore une fois, ça se regarde... sans plus.
3/6
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Et cette semaine, le blog se met à l'heure de l'Irlande, pour célébrer la Saint Patrick !
Wild Mountain Thyme (2020) :
Rosemary Muldoon (Emily Blunt) et Anthony Reilly (Jamie Dornan) ont grandi dans des fermes irlandaises voisines, séparées par un morceau de terrain qui, depuis toujours, fait l'objet de tensions entre les deux familles. Jusqu'à ce que Adam (Jon Hamm), cousin américain d'Anthony, arrive en Irlande, bien décidé à hériter de la ferme Reilly : lorsqu'il rencontre Rosemary, Adam est séduit... mais Anthony, lui, ne voit pas l'arrivant d'un très bon œil.
Sur la base de ce résumé et de l'affiche de Wild Mountain Thyme, on aurait pu croire à une comédie romantique irlandaise des plus passionnées et légères, ou à un drame sentimental qui aurait probablement pu trouver une place dans la quinzaine Saint Valentin du mois de février dernier...
Mais non. Wild Mountain Thyme est une adaptation, par son auteur (par ailleurs scénariste de Moonstruck et scénariste/réalisateur de Joe contre le volcan), d'une pièce de théâtre tout sauf romantique, et cela se ressent immédiatement à l'écran : dialogues ampoulés, artificiels et datés, manque cruel d'ampleur et de variété, le tout est vraiment limité dans ses ambitions et particulièrement mal géré au niveau du rythme.
C'est donc très plat, dans l'ensemble, malgré de beaux paysages, une musique appropriée et des acteurs très compétents : malheureusement, avec un tel film à 85 % sans romance, avec des accents assez bancals (Christopher Walken en patriarche irlandais, ça fonctionne très moyennement), des clichés à gogo sur l'Irlande, ses habitants et la manière dont ils sont habituellement portés à l'écran, et avec une écriture si laborieuse (et je ne parle même pas du twist de fin totalement WTF, censé expliquer le pourquoi de la non-romance entre les deux protagonistes, mais qui ne parvient à susciter que le rire et/ou la désolation, au choix - en tout cas, ça justifie un peu le titre français), difficile de se passionner pour ce qui est raconté.
C'est raté, en somme.
1.5/6
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Le Peuple loup (Wolfwalkers - 2020) :
En 1650, sous l'autorité de l'implacable Lord Cromwell, la ville irlandaise de Kilkenny vit cloîtrée derrière des murs, à l'abri des hordes de loups vivant dans la forêt toute proche. Mais Robyn, la fille de Bill Goodfellowe, le chasseur de loups de la ville, n'a qu'une idée en tête : accompagner son père en forêt, malgré son refus, et l'aider dans sa chasse. Elle brave alors l'interdit, et croise le chemin de Mebh, une fillette vivant avec les loups, car capable, comme sa mère, de se transformer la nuit en l'un de ces animaux...
Qui dit Irlande et film d'animation dit bien entendu Brendan et le Secret de Kells, ainsi que Le Chant de la Mer, collaborations entre le réalisateur et scénariste irlandais Tomm Moore, et le compositeur Bruno Coulais : des films d'animation empreints de tradition et d'atmosphère celtique, particulièrement réussis tant visuellement que thématiquement.
Et donc Moore et Coulais remettent le couvert avec ce Wolfwalkers, sorti directement sur la plateforme Apple Tv aux USA, et qui s'inscrit directement dans la continuité artistique et thématique des deux autres films du réalisateur : c'est beau, c'est poétique, c'est enchanteur et magique, et ce n'est pas sans rappeler Kells, avec cette ville fortifiée entourée d'une forêt sauvage et pleine de mystère.
Seul bémol, peut-être, un côté très prévisible de son dernier acte, qui fait que l'on voit venir bien à l'avance la dernière ligne droite du film ; et peut-être aussi le manque de communication entre Robyn et son père, qui est parfois tellement forcé (avec les personnages qui s'interrompent systématiquement alors qu'ils sont sur le point de s'expliquer des éléments importants de l'histoire) qu'il en devient un peu frustrant.
Un poil (de loup) en dessous des deux films précédents, donc, en ce qui me concerne, mais cette légère faiblesse est amplement compensée par le graphisme et l'animation du métrage, vraiment remarquables.
4.25/6
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La Vallée des lanternes (Valley of the Lanterns - 2018) :
Dans la vallée où est établie sa petite bourgade, Olistene fabrique, depuis son enfance, les lanternes en papier qui servent lors de la fête annuelle de sa communauté. Mais vieillissante et malade, elle peine à poursuivre sa mission, alors même que, têtue, elle refuse toute aide de la part de son petit-fils Porter. Elle préfère se tourner vers une vieille légende locale, selon laquelle un certain portail de pierre, une fois illuminé par une lanterne éternelle, permet de revivre encore et encore la dernière année... et d'échapper au passage du temps.
Un film d'animation canadien au style particulier, mêlant des personnages en 3D au design prononcé à des arrière-plans et décors en 2D, pour un résultat qui évite le rendu habituellement fauché des films d'animation indépendants.
Ici, pour peu qu'on adhère à l'esthétique, cette Vallée des Lanternes s'avère un métrage gentillet sur la peur de la vieillesse et de la maladie, combiné à une histoire fantastique de boucle temporelle - c'est assez original et pas inintéressant, plutôt bien doublé et mis en musique, même si c'est loin d'être totalement maîtrisé : il y a des problèmes de rythme évidents, le tout manque un peu de péripéties probantes, et la sous-intrigue du parieur qui devient un antagoniste ne fonctionne que partiellement.
Relativement inégal, donc, mais pas désagréable à suivre.
3/6
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Un Prince à New-York 2 (Coming 2 America - 2021) :
Lorsqu'il hérite du trône du Zamunda à la mort de son père, le Prince Akeem (Eddie Murphy) se trouve confronté à un problème inédit : père de trois filles, il n'a pas d'héritier mâle pour assurer sa succession, l'une des conditions pour qu'il accède au trône. Sous la menace du Général Izzi (Wesley Snipes), dirigeant d'un royaume rival, il part alors pour New-York, afin d'y retrouver Lavelle (Jermaine Fowler), son fils caché dont il ignorait jusque là l'existence...
À un moment de ce Prince à New-York 2, deux personnages (l'équivalent du couple formé par Eddie Murphy et Shari Headley dans le premier film) discutent, et parlent cinéma, se moquant de toutes ces suites creuses et inutiles qui pullulent en salles ou sur les plateformes de streaming... un moment de lampshading (probablement signé Kenya "Black-ish" Barris, à la coécriture du film) qui se veut méta et malicieux, mais qui, en réalité, ne fait que souligner à quel point ce Coming 2 America est précisément une suite creuse et inutile, qui se contente de reprendre les grandes lignes du premier film, en en inversant le cadre et en faisant passer Murphy au second plan.
Le résultat, c'est quelque chose qui ressemble assez fortement à un film de Tyler Perry, avec une famille afro-américaine du Queens caricaturale au possible (Tracy Morgan et Leslie Jones font leur numéro habituel) catapultée dans le palais de la famille royale du Zamunda, et qui apporte le ghetto à la monarchie, blablabla.
Une approche pas forcément surprenante (Un Prince à New-York est devenu, depuis sa sortie, un classique de la comédie afro-américaine, et cette suite a été tournée en grande partie dans les studios de Tyler Perry) mais qui réduit immédiatement l'intérêt de ce nouveau volet.
Un volet ultra-convenu, ultra-basique, reposant sur un jeune Jermaine Fowler très loin d'avoir le charisme d'Eddie Murphy dans le premier film (les trois filles d'Akeem, là pour justifier un certain propos féministe et woke du film, sont notamment plus charismatiques et mémorables que le couple de Lavelle et Mirembe), et qui tente de retrouver le mélange comédie sociétale satirique et comédie romantique du premier film.
Malheureusement, si le réalisateur de Dolemite is my Name a su ramener Eddie Murphy sur le devant de la scène avec son métrage précédent, ici, il ne parvient pas à apporter un rythme ou une énergie à son film, un film qui enchaîne les caméos gratuits (Salt 'n' Peppa, Morgan Freeman, En Vogue, Trevor Noah...), les seconds rôles superflus (même si Wesley Snipes s'amuse beaucoup dans son rôle, il sert principalement d'élément déclencheur sous-développé et anecdotique), qui ne passe pas assez de temps avec Murphy et Hall, et qui rejoue tous les passages mémorables du premier film en les changeant à peine.
Ce n'est pas mauvais, en soi (la musique est efficace, les costumes de la costumière de Black Panther idem), c'est ponctuellement amusant et c'est plus court que le premier film, mais à moins d'avoir une vraie nostalgie pour Un Prince à New-York (cette suite n'est ni plus ni moins que du gros fanservice), ce qui n'est pas vraiment le cas pour moi (cf ma critique publiée en début de semaine), difficile d'être satisfait par ce Coming 2 America...
3/6 (en étant gentil)
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Abduction (2019) :
Lorsqu'il se réveille, amnésique et bafouillant, dans une fontaine vietnamienne, Quinn (Scott Adkins), un Anglais, est envoyé dans un hôpital psychiatrique, pour y être examiné par le Dr Anna (Truong Ngoc Anh). Cette dernière croise alors le chemin de Conner (Andy On), un tueur à gages dont la femme vient d'être enlevée par des hommes aux pouvoirs mystérieux, directement liés à la fontaine, et à l'enlèvement de la fille de Quinn...
Alors en fait, il y a un peu mensonge sur la marchandise, avec cet Abduction, puisque Scott Adkins y tient un rôle somme toute secondaire, celui d'un père des années 80 déplacé dans le temps après que des aliens extra-dimensionnels aient enlevé sa fille pour lui dérober son chi, seul moyen pour eux de franchir les dimensions. Ouaip.
Scott Adkins passe ainsi une bonne heure de film vulnérable, amnésique et bégayant, jusqu'à ce qu'il rencontre enfin le vrai héros de cette production, Conner, le tueur à gages au grand cœur à la recherche de sa femme enlevée (elle aussi) par les aliens.
Et si les deux hommes ont probablement un temps de présence à l'écran assez similaire, c'est Andy On qui s'impose de facto comme le héros, puisque la plupart des scènes d'action lui sont réservées.
Heureusement, on a droit à un duel efficace entre les deux hommes à 75 minutes du début du film : l'action de cet Abduction est dynamique et pêchue, c'est toujours ça de pris.
Autour, c'est nettement plus inégal : le mélange spiritualité asiatique/anciens extraterrestres ne fonctionne que partiellement (même si la machine très steampunk du vieux professeur est amusante), l'anglais du Docteur Anna est approximatif, et la facture technique (la post-synchro et les effets spéciaux) ne font pas de cadeau au reste du film.
Tout le dernier quart d'heure, notamment, paraît assez peu avisé compte tenu du budget qu'on devine limité, puisqu'on a droit à un déluge d'effets spéciaux assez laids, à un saut câblé encore plus moche, et à une conclusion des plus plates et précipitées, sans affrontement final.
À se demander si le tout n'a pas été semi-improvisé sur le plateau suite à une panne de budget, ou si le script a été tourné inachevé.
Dommage, parce qu'il y avait là quelques scènes efficaces.
2.25/6
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Un Prince à New York (Coming to America - 1988) :
Refusant son mariage arrangé par ses parents, le Roi et la Reine du Zamunda (James Earl Jones, Madge Sinclair), le Prince Akeem (Eddie Murphy) décide de découvrir le monde en partant pour New York en compagnie de son valet, Semmi (Arsenio Hall). Là, il tombe sous le charme de Lisa (Shari Headley), la fille d'un propriétaire de fast-food (John Amos) où le duo décroche un poste...
Alors que sa suite vient d'arriver sur Amazon Prime, et avant de la passer en revue, retour sur cette comédie signée John Landis, conçue et produite par Eddie Murphy, et sortie sur les écrans en 1988. Une comédie dont je gardais un souvenir sympathique, et dont le revisionnage en VO ne fait clairement pas le même effet, après avoir grandi en entendant la voix du doubleur français de Murphy.
D'ailleurs, de manière globale, Un Prince à New York reste une comédie un peu inégale, pas forcément aidée par une durée honnêtement gentiment abusive (deux heures) pour ce qui est une comédie romantique grand format, et par le début d'un Eddie Murphy show, qui voit Murphy se déguiser, sous trois tonnes de maquillage, en divers personnages secondaires, afin de faire son numéro (un processus qui trouvera son apothéose dans la série des Le Professeur Foldingue).
Et puis il faut bien dire qu'Eddie Murphy, alors âgé de 27 ans, fait paradoxalement bien trop vieux pour incarner le Prince Akeem, 21 ans, et ce même s'il interprète son personnage avec une certaine retenue et une sincérité inhabituelles.
Après, dans l'absolu, le métrage reste assez amusant à suivre, malgré ses défauts et un certain nombre de clichés que l'on ne pourrait plus utiliser aujourd'hui. Et c'est toujours agréable de voir passer des visages familiers au second plan, comme Eriq La Salle (en antagoniste caricatural), ou Samuel L. Jackson. Mais je mentirais en disant que le film s'est montré à la hauteur du souvenir nostalgique que j'en conservais...
3.75/6
(par contre, je n'avais jamais réalisé qu'il y avait un caméo assez amusant de Randolph et Mortimer, les deux antagonistes du film Un Fauteuil pour deux)
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Nail in the Coffin - The Fall and Rise of Vampiro (2020) :
Un documentaire biographique qui revient sur l'intégrale de la carrière de Vampiro, catcheur canadien mythique, de ses débuts en 1991 sur la scène mexicaine, à son rôle de booker et producteur pour la AAA - notamment la production de Triplemania 25 -, en passant par sa brève carrière à la WCW, sa vie de famille compliquée, ses blessures, son rôle de roadie/garde du corps pour Milli Vanilli, etc.
Un parcours intéressant que celui de ce catcheur sans expérience technique, mais à l'aura de star de hard rock, de vampire goth-punk séduisant, dont toutes les jeunes femmes mexicaines étaient éprises dès son arrivée sur place.
Alors certes, comme beaucoup de documentaires de catch (et surtout lorsque l'on a affaire à quelqu'un qui, comme Vampiro, est réputé pour embellir notablement tout ce qu'il raconte), il est toujours bon de prendre tout ce qui est raconté avec des pincettes.
Mais si le documentaire est bien sincère sur une chose, c'est sur l'amour que Ian Richard Hodgkinson (le vrai nom de Vampiro) porte à sa fille adolescente, qu'il élève désormais seul : c'est sa priorité, bien plus que l'industrie du catch, avec laquelle il a une relation d'amour-haine assez compréhensible.
Comme de nombreux catcheurs, Vampiro est accro au monde du catch. Il a beau prétendre ne pas aimer la célébrité ou l'adulation des foules, il ne peut pas s'en passer.
Et pourtant, il a pleinement conscience qu'un match de trop pourrait lui coûter la vie : cassé de partout, fatigué, atteint d'Alzheimer précoce, Vampiro avait renoué, au moment du tournage du documentaire, avec le monde du catch par le biais de Lucha Underground (et donc de l'AAA).
Une carrière confortable, au poste de commentateur, d'agent, de producteur, etc, lui imposant tout de même de passer les week-end au Mexique et en Californie, et les semaines avec sa fille au Canada... un nouveau rôle plus calme et discret, mais même là, il s'est senti obligé de remettre ça dans le ring, brièvement, mais de manière significative (avec blessure à la clef).
Reste à espérer qu'aujourd'hui, en plein COVID et privé de AAA/Lucha, le bonhomme a su se tourner vers quelque chose d'autre (c'est plus que probable, à en juger par le documentaire), et qu'il prend un peu plus soin de sa santé.
4.5/6 (on pourra regretter que la structure du documentaire soit un peu décousue, avec des allers-et-retours entre les différentes périodes de la carrière de Vampiro, mais bon, rien de bien méchant)
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Chick Fight (2020) :
Lorsque son coffee shop est détruit dans un incendie, Anna Wyncomb (Malin Akerman) touche le fond. Déprimée, elle apprend alors, de la bouche de sa meilleure amie, la policière lesbienne Charleen (Dulcé Sloane), l'existence d'un fight club féminin, où sa mère combattait autrefois. Malgré ses hésitations, Anna se retrouve alors à défier Olivia (Bella Thorne), la terreur du club, ce qui ne lui laisse que deux mois pour s'entraîner auprès de Murphy (Alec Baldwin), un coach alcoolique...
Une comédie assez plate et générique qui prend le postulat d'un Fight Club féminin, et n'en fait pas grand chose.
Il y a pas mal de clichés - l'héroïne paumée (Akerman, égale à elle-même), la meilleure copine afro-américaine en surpoids et lesbienne qui drague tout ce qui bouge (une Dulcé Sloane rigolote), le père qui a viré sa cuti (un Kevin Nash amusant), l'entraîneur déglingué (un Alec Baldwin qui cachetonne), le love interest fade (Kevin Connolly, qui peine à retrouver des rôles consistants depuis la fin d'Entourage), la rivale bitchy (Bella Thorne, qui fait du Bella Thorne) - , le déroulement est en pilotage automatique, la mise en images est basique au possible (avec des ralentis dans l'action, etc), et l'action, justement, est assez pauvre, car souvent mal filmée et regorgeant d'astuces de montage tentant de camoufler les doublures des actrices.
Ajoutez à cela un script empli de platitudes féministes sur le girl power, et voilà : une comédie souvent insipide et quelconque, qui n'a d'intérêt que pour la bonne volonté des actrices. Ça se regarde distraitement, mais ça n'accomplit rien qui n'ait déjà été fait ailleurs, en plus intéressant.
2/6
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The Opening Act (2020) :
Bercé au stand-up depuis sa plus tendre enfance, Will Chu (Jimmy O Yang) a décidé d'en faire sa carrière et tente d'en vivre, depuis sa petite ville dans l'Ohio. Jusqu'à ce qu'on lui propose d'animer les soirées d'un club de comédie de Pennsylvanie, aux côtés d'un comique plus décomplexé, Chris (Alex Moffat) et de son idole de toujours, Billy G (Cedric the Entertainer)...
Un long-métrage produit par Vince Vaughn et Peter Billingsley et qui s'intéresse, de manière semi-autobiographique, à la vie de comédien de stand-up : le film est ainsi bourré de caméos de comiques plus ou moins connus, et sent très clairement le vécu.
Il en résulte un métrage qui, sans être exceptionnel, est plutôt agréable à suivre, malgré quelques défauts d'ordre technique (dialogues/montage parfois un peu approximatif, rebondissements parfois assez classiques). Le tout reste cependant sympathique à suivre, parfois touchant, et suffisamment court pour ne pas paraître égocentrique ou trop prévisible.
3.5/6
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Tom et Jerry (2021) :
Kayla (Chloë Grace Moretz), une jeune arnaqueuse sans le sou, parvient à décrocher un poste au Royal Gate, un hôtel luxueux de New York, où doit se tenir le mariage de Preeta (Pallavi Sharda) et Ben (Colin Jost), deux célébrités du net. Mais Kayla n'est pas la seule à arriver à l'hôtel : Jerry, une souris malicieuse, vient de s'y installer, au grand dam des employés, et de Tom, un chat de gouttière auquel Kayla va devoir recourir pour chasser la souris...
J'avoue : je n'ai pas compris ce projet.
Prendre deux personnages animés réputés pour ne pas parler, et pour évoluer dans un univers de slapstick "violent" mais cartoonesque, et en faire les protagonistes d'un film de 90 minutes, c'est déjà un concept assez compliqué à gérer.
Opter pour une origin story expliquant la rencontre des deux personnages, alors qu'un chat vs une souris, ça n'a pas besoin d'explication, mouais.
Confier le tout à Tim Story, faiseur afro-américain spécialisé dans les comédies afro-américaines (qui sont ses meilleurs films : dès qu'il s'essaie à quelque chose de plus mainstream, c'est un flop - et je ne parle même pas des deux 4 Fantastiques...), qui apporte ici une sensibilité urbaine et noire aux antipodes de l'univers présenté (le film s'ouvre sur des pigeons animés qui chantent du hip-hop, l'immense majorité des scènes d'action est illustrée par de la soul détendue, du hip-hop ou des instrumentaux ressemblant de très près à la musique de la pub Nespresso de George Clooney) , c'est un choix que je ne m'explique guère.
Se concentrer à ce point sur les personnages humains, quitte à reléguer Tom & Jerry à de la figuration durant certains pans du film, c'est très discutable.
Et puis opter pour un mélange d'images animées et d'images réelles, façon Roger Rabbit, sans vraiment se donner les moyens de bien intégrer les animaux avec les acteurs (il y a un vrai problème de textures sur ces personnages 3D imitant le rendu 2D des cartoons originaux), c'est se mettre spontanément des bâtons dans les roues.
Mais tout cela aurait pu passer si le film était drôle et rythmé. Malheureusement, ce n'est pas le cas, tout est relativement mou, l'humour est plat et peu inspiré, les acteurs cabotinent (Moretz, Pena) ou sont absents (Colin Jost, qui semble se demander ce qu'il fait là), bref, ça manque vraiment d'énergie et d'intérêt.
Et puis honnêtement, donner brièvement une voix à Tom lorsqu'il chante au piano, et opter pour un truc dégueulasse et auto-tuné, c'était à ne pas faire.
2/6
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La Voix du Succès (The High Note - 2020) :
Assistante personnelle de Grace Davis (Tracee Ellis Ross), superstar de la chanson, Maggie (Dakota Johnson) ne rêve que d'une chose : passionnée de musique, elle veut passer à la production, notamment de son idole. Mais sa patronne et son manager (Ice Cube) ne sont guère coopératifs : Maggie se rabat donc sur David (Kelvin Harrison Jr.), un jeune musicien talentueux au charme duquel elle n'est pas insensible, et qu'elle a bien l'intention de pousser vers le succès...
Encore une preuve, s'il en fallait une, que les scripts de la (réputée) Black List sont loin de donner des films automatiquement réussis et mémorables : avec son récit ultra-balisé, à mi-chemin entre la comédie romantique basique, un Diable s'habille en Prada dans le monde de la musique, et une success story façon Une Étoile est né, cette Voix du Succès peine à passionner, et s'avère particulièrement générique, du début à la fin.
Le problème, en fait, c'est que la relation la plus intéressante du film, celle de Grace et de Maggie, reste assez classique - et tout le reste semble étrangement quelconque, à commencer par la romance, basique, et pas forcément aidée par la présence terne et effacée de Dakota Johnson.
Le spectateur un peu avisé aura ainsi énormément de longueurs d'avance sur le script, tout cela jusqu'à un rebondissement de dernière minute particulièrement idiot (SPOILER : David est le fils semi-caché de Grace) qui arrive à 10 minutes de la fin - et là, alors que l'on se gratte un peu la tête devant cette coïncidence improbable, le film décide soudain de tout boucler en quelques scènes : les envies de renouveau de Grace, les ambitions de productrice de Maggie, la carrière de David, la relation de ces deux derniers, tout se règle comme par magie en quelques minutes et en chanson, de manière particulièrement forcée et artificielle.
À se demander si le métrage n'est pas tombé à court de budget ou d'idées en cours de route... mais à en juger par le contenu cousu de fil blanc du reste du film, on peut aussi se dire qu'il ne savait tout simplement pas comment conclure son récit.
Dommage, parce que la distribution est compétente et sympathique (même si, encore une fois, Dakota Johnson, mwébof), que les seconds rôles sont amusants (bien que sous-exploités : Bill Pullman et June Diane Raphael ; Eddie Izzard, en quasi-Elton ; Zoë Chao, amusante en colocataire sarcastique ; Ice Cube, etc), et que la musique n'est pas désagréable (même si l'auto-tuning est un peu trop perceptible çà et là).
Mais dans l'ensemble, c'est particulièrement basique et oubliable, voire même médiocre.
2.5/6
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Un mois de février dominé, chez les Téléphages Anonymes, par l'habituelle quinzaine Saint Valentin, qui m'a permis de liquider (pour le meilleur et pour le pire) toutes les comédies romantiques et assimilées que j'avais en stock...
Qui dit quinzaine Saint Valentin dit aussi pléthore de films assez médiocres et oubliables, et donc un mois de février finalement très passable : pas de véritable film marquant, mais beaucoup de rom-coms basiques et formulaïques, aussi vite oubliées qu'elles ont été regardées.
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# Film(s) du mois :
Pas beaucoup de surprises, ce mois-ci : les classiques le sont pour une bonne raison (Le Shérif est en prison), et seule Palm Springs, la comédie romantique réinventant Un Jour sans fin avec Andy Samberg et Cristin Millioti, sort vraiment du lot, en se montrant à la fois drôle et dynamique.
# Flop(s) du mois :
Là, le vainqueur du Flop du mois est clairement Kung Fu Nanny, un Jackie Chan de la pire période de sa carrière : lorsqu'il tentait de percer aux USA, et se produisait dans des comédies familiales insipides et rarement drôles. Ce n'est pas bon, ça ne fait pas honneur à ses talents, bref, on oublie vite fait.
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# Petit écran :
À nouveau un petit mois, au niveau télévisuel, avec d'un côté, quelques bilans de Sygbab concernant la fin de série d'Agents of SHIELD (ici et ici), et de l'autre, la suite de Wandavision (toujours très prenante), et quelques bilans anecdotiques : Moonbeam City (de l'animation parodique au style 80s, relativement inégale), Love Life (une anthologie romantique guère plus convaincante), et #BlackAF (une comédie woke et méta du créateur de Black-ish). Rien de vraiment très mémorable, je dois dire, hormis la série du MCU.
Retrouvez aussi les bilans de toutes les séries critiquées jusqu'à présent en ces pages depuis l'index Séries alphabétique qui leur est consacré.
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# À venir :
En mars, retour à un programme plus classique... ou presque, puisque la mi-mars verra le blog se tourner vers l'Irlande, à l'occasion de la Saint Patrick, et qu'en fin de mois, les Téléphages Anonymes réserveront une semaine aux comédies des ZAZ, pour célébrer le premier avril imminent.
Dans l'intervalle, programme normal, avec des comédies, de l'animation, des documentaires, de l'action, un certain Director's Cut très attendu par une frange des internautes, et de la télévision, avec la fin de Wandavision et des Agents of SHIELD, la saison 2 des Titans et de Black Monday, et peut-être d'autres surprises...
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Synchronic (2020) :
À la Nouvelle-Orléans, le Synchronic, une drogue étrange, fait des ravages ; au quotidien, Steve (Anthony Mackie) et Dennis (Jamie Dorman), deux ambulanciers, sont confrontés à ses conséquences : morts improbables, disparitions inexpliquées, blessures impossibles - le Synchronic semble avoir la capacité d'envoyer brièvement ses utilisateurs dans le temps, sans le moindre contrôle sur la destination ou l'époque. Se découvrant atteint d'un cancer incurable, Steve décide alors d'utiliser lui-même cette drogue pour tenter de retrouver Brianna (Ally Ioannides), la fille adolescente de Dennis, récemment disparue dans les couloirs du temps...
Devant ce Synchronic, il est difficile de ne pas penser à Project Power, autre film policier récent flirtant avec la science-fiction et se déroulant à la Nouvelle-Orléans : seule différence, vraiment, la nature de la drogue, et le fait que ce Synchronic soit le produit du travail d'un duo de réalisateurs/scénaristes indépendants, déjà responsables de plusieurs métrages remarqués : Resolution, Spring, un segment de V/H/S Viral, ou encore The Endless.
Un duo au style très prononcé, mais au travail fréquemment inégal : Spring, notamment, souffrait d'un rythme longuet, d'une tendance aux explications pseudo-scientifiques inutiles et bancales, et d'un style visuel parfois trop artistique pour son propre bien.
Et donc, sans surprise, ici, on retrouve les mêmes problèmes : alors que le récit est, au final, assez simple dans ses tenants et ses aboutissants, sa mise en images (particulièrement terne, jaunâtre et poisseuse, sur fond de musique électro grinçante) et sa structure (près de 50 minutes avant que le voyage temporel ne soit explicitement cité, une grosse moitié du film consacrée à la relation amicale de Steve et Dennis, à grands renforts de flashbacks et d'inserts interrompant fréquemment le récit) font que le tout semble étrangement décousu, notamment au niveau des dialogues ronflants, ou des explications pseudo-scientifiques du tout.
C'est très bancal, tout ça, et paradoxalement, alors que le film commence à devenir intéressant (au bout d'une heure, lorsque Steve découvre le voyage dans le temps et tente d'en comprendre les règles), les faiblesses de l'écriture (règles approximatives, rebondissements prévisibles) parasitent le récit, et font qu'on se détache un peu du tout, en attendant la conclusion inévitable du métrage, une conclusion sui tombe malheureusement un peu trop à plat.
Dommage, parce qu'il y avait là des bonnes idées, mais ici, la forme prend bien trop le dessus sur le fond à mon goût.
2.25/6
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Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.
Quest of the Muscle Nerd (2019) :
Un documentaire sympatoche, sans plus, retraçant le parcours de Jerry Peacock, un fan de musculation et de cosplay, qui s'est mis en tête d'organiser un panel à ce sujet lors de la Dragoncon d'Atlanta, mettant en scène par la même occasion un concours opposant deux bodybuilders/cosplayers.
D'un côté, Billy, un ami de Jerry, timide fan d'anime, collectionneur de cartes à jouer Yu-Gi-Oh !, et masse de muscles bruts à l'entraînement et au régime relativement amateurs : son projet, se déguiser en un personnage de Pokemon pour le concours, grâce à un costume cousu main par la mère de Jerry.
Face à lui, Jonathan Carroll, un cosplayeur établi au physique sculpté, apprenti-acteur ultra-compétitif et professionnel, aux émotions à fleur de peau, mais possédant un égo certain, et ayant recours aux services d'un studio professionnel de costumes pour concevoir sa tenue de Musclor.
Un face à face dont on suit la préparation en parallèle, et qui n'est pas sans évoquer la structure (et le storytelling un peu manipulateur) d'un King of Kong, avec le n00b amateur plein de bonne volonté, face au vétéran de la scène gentiment égocentrique et n'hésitant pas à dépenser des $$$ pour parvenir à ses fins.
Une manipulation heureusement assez nuancée par le bon fond du tout, qui n'est pas désagréable à suivre, même s'il émane de tout ça un bon parfum d'amateurisme, de désorganisation et, en ce qui concerne le récit, de facilité (le pseudo-suspense sur la présence ou non d'un public sonne assez faux, tant on se doute dès le début qu'il y aura du monde in fine).
Comme je le disais, sympatoche, sans plus.
3.5/6
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Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.
Les Elfkins : Opération pâtisserie (Die Heinzels : Rückkehr der Heinzelmännchen - 2020) :
Les Elfkins sont de petits lutins malicieux qui, à Cologne, aidaient autrefois les humains dans leurs tâches les plus pénibles. Jusqu'à ce que ces gnomes, vexés d'être mal considérés par notre race, décident de se replier sous terre, et oublient leur vocation première : aider autrui. Deux siècles plus tard, Helvi (Jella Haase), une Elfkin rebelle et optimiste, décide d'aider Theo (Detlef Bierstedt), un pâtissier déprimé aux prises avec son frère arriviste : avec la coopération de Butz (Leon Seidel) et Kipp (Louis Hoffmann), elle va alors faire fi des mœurs actuelles de son peuple, pour renouer avec leurs traditions...
Un film d'animation allemand plutôt mignon et gentillet, avec des personnages sympathiques, un doublage efficace, un rendu technique tout à fait honorable, et une histoire agréable à suivre, sans être exceptionnelle pour autant.
On devine en effet très vite où tout cela se dirige, comment on va parvenir à la happy end obligatoire, et on lève un peu les yeux au ciel lors des quelques moments "prout" visant à faire rire les plus jeunes, mais dans l'ensemble, ça reste plutôt dynamique et convaincant, avec des thèmes comme le poids de la tradition, la tolérance, le pardon, etc.
Et puis ça m'a rappelé un peu David le Gnome, donc ça fait toujours plaisir.
3.75/6
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