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LES TÉLÉPHAGES ANONYMES

Il était une fois Lurdo & Sygbab, deux internautes passionnés de séries tv et de cinéma, et qui cherchaient un endroit où archiver leurs avis (semi) éclairés...

Articles avec #cinema catégorie

Un film, un jour (ou presque) #1194 : Anvil ! The Story of Anvil (2008)

Publié le 28 Avril 2020 par Lurdo dans Biographie, Cinéma, Comédie, Critiques éclair, Documentaire, Histoire, Musique, Review, Canada

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Anvil ! The Story of Anvil (2008) :

Un documentaire retraçant la carrière du groupe canadien Anvil, un temps considéré comme l'un des pionniers du thrash metal au même titre que Metallica et compagnie, et pour lequel les stars du milieu ont une admiration assumée (témoignages de Lemmy, de Scott Ian, de Slash, de Tom Araya, etc, à l'appui)... mais qui, après les années 80, a tout simplement disparu des médias et de la scène américaine, pour sombrer dans l'oubli.

Un groupe composé, à la base, de deux amis d'enfance, Steve ”Lips” Kudlow et Robb Reiner (à une lettre, près, le nom du réalisateur de Spinal Tap ^^) , inséparables et aussi proches que des frères, qui, depuis le fin fond de leur Canada enneigé, continuent de se produire et de partir en tournée en Europe de l'Est, vaguement managés par la petite amie d'un des musiciens de la formation.

On suit donc le groupe avant, pendant et après cette tournée DIY (une tournée catastrophique, forcément), qui débouche ensuite sur une tentative d'enregistrement d'un nouvel album produit par un vieil ami anglais. Un album financé par eux-mêmes, mais dont aucune maison de disque ne veut, malgré une demande évidente des fans, prouvée par un concert à guichets fermés dans un festival japonais.

Le portrait d'un duo attachant, que le succès a oublié, mais dont la passion, malgré les engueulades et les problèmes d'argent, n'a jamais disparu. Alors certes, par moments, on se croirait presque devant un mockumentaire à la Spinal Tap (et le documentaire en a conscience, filmant ici un ampli allant jusqu'à 11, là une visite à Stonehenge), mais la sincérité et le capital-sympathie des deux hommes sont indéniables, notamment ceux de Lips, une sorte de proto-Jimmy Pop cheveux longs, à la fois stressé, passionné et prompt à s'emporter.

Un excellent documentaire musical, en somme, à la conclusion feel good qui donne le sourire.

4.5/6

(voir aussi My Dinner with Hervé, du même réalisateur)

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Et comme toujours, vous pouvez retrouver la liste complète de tous les films passés en revue sur ce blog dans le menu Index de haut de page, ou en cliquant directement sur ce lien (000-1000) et sur celui-ci (1001-2000)...

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Un film, un jour (ou presque) #1193 : The Greatest Showman (2019)

Publié le 27 Avril 2020 par Lurdo dans Biographie, Cinéma, Critiques éclair, Histoire, Musique, Review, Romance, USA

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

The Greatest Showman (2019) :

L'histoire de PT Barnum (Hugh Jackman) qui, au milieu du XIXè siècle, décide de créer un cirque où présenter des numéros improbables et des personnages extraordinaires...

Je ne suis pas surpris.

Je ne suis pas surpris que cette comédie musicale, un projet porté à bout de bras par Jackman pendant des années, et co-écrit par Bill Condon, ait été si mal reçue par les critiques outre-atlantiques. Avec son script révisionniste (qui fait de Barnum un héros progressiste, rêveur, charismatique et dynamique, un jeune père de famille dévoué et aimant, qui fait oublier tous ses défauts et ses mensonges en chansons ; et de son cirque une seconde maison pour ses freaks, un endroit où ils étaient respectés et considérés à leur juste valeur), le film ne pouvait que frustrer les critiques exigeants, donnant une vague impression de métrage calculateur, dissimulant derrière son message faussement optimiste et empowering quelque chose de plus cynique (après tout, le film n'est pas si éloigné que ça du véritable Barnum : entièrement à la gloire de ce dernier, et exploitant ses freaks - à peine nommés et caractérisés - pour mettre en valeur son véritable héros).

Je ne suis pas non plus surpris que le film ait cartonné auprès du grand public, principalement sur la base de la popularité de Zendaya (il ne faut pas sous-estimer la puissance de sa fanbase), et sur celle de la bande originale du film, une accumulation de chansons radio pop surproduites, aux messages positifs martelés à longueur de morceau, ultra-formatées pour être reprises dans tous les concours de chant télévisés, de X-factor à The Voice, ou pour illustrer des publicités automobiles ou de compagnies aériennes.

En ce qui me concerne, je me trouve un peu au milieu : j'admire ce qui est clairement un projet tenant à cœur à Jackman, qui a fait tout son possible pour composer quelque chose de chatoyant à l'écran, un film spectaculaire à la direction artistique et aux moyens conséquents, lorgnant souvent sur Moulin-Rouge et compagnie.

À l'écran, tout le monde y croit, et tout le monde se donne à fond ; il y a même quelques moments qui fonctionnent très bien, généralement grâce à l'énergie des acteurs et danseurs, ou à la mise en images intéressante (je pense notamment aux pirouettes de Zendaya et d'Efron).

Malheureusement, dans l'ensemble, la mayonnaise ne prend pas vraiment. La faute à ce script effectivement problématique, superficiel, et qui reflète bien sa bande originale moderne ; une bande originale qui n'est qu'un enchaînement de platitudes insipides et de chansons à karaoké, supposées inspirer le spectateur et lui faire oublier le monde réel.

Le film ne s'en cache pas, d'ailleurs, avec un personnage de journaliste/critique uniquement là pour se voir dire en substance, par Barnum, d'éteindre son cerveau et de profiter du spectacle, parce que c'est l'opium du peuple, et que la fin (donner un peu de bonheur au spectateur) justifie les moyens (quitte à employer les techniques les plus faciles et malhonnêtes).

Mais comme pour moi, dans toute comédie musicale, l'important, ce sont les chansons, ce Greatest Showman ne tient pas la distance. C'est dommage, car avec une bande originale plus forte, ça aurait pu faire illusion. En l'état, cependant, c'est une coquille plus ou moins vide, qui m'a laissé globalement indifférent.

2.5/6  

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Un film, un jour (ou presque) #1192 : Sex and Drugs and Rock and Roll (2010)

Publié le 24 Avril 2020 par Lurdo dans Biographie, Cinéma, Comédie, Critiques éclair, Drame, Musique, Review, UK

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Sex & Drugs & Rock & Roll (2010) :

Poète iconoclaste et musicien décalé au carrefour des genres, Ian Dury (Andy Serkis) tente de concilier son combat permanent contre les séquelles de la polio, sa vie de couple avec Denise (Naomie Harris), ses enfants d'une première union (Bill Milner, Charlotte Beaumont) et les excentricités de la scène musicale anglaise des années 70, le tout sous les yeux de son fils, témoin de chaque instant...

Un biopic anglais reposant quasi-intégralement sur la performance central d'Andy Serkis, impeccable dans le rôle-titre, et qui révèle là (pour ceux qui ne s'en doutaient pas encore) un talent d'acteur et de caméléon incroyable.

Autour de lui, le reste de la distribution est compétent (et on retrouve de nombreux visages familiers dans les seconds rôles : Mackenzie Crook, Arthur Darvill, Luke Evans, Toby Jones, Noel Clarke, Olivia Williams, Ray Winstone), mais c'est bien la forme très particulière du métrage qui fera que l'on adhèrera ou pas au projet : un peu comme son personnage central, le film est protéiforme et inclassable, très stylisé et déstructuré, mêlant narration théâtrale et reconstitutions scénaristiques, montages accélérés, séquences imaginaires, flashbacks éparpillés, clips vidéo et séquences animées, pour composer un récit biographique dynamique, romancé, mais aussi chaotique que les prestations scéniques de Dury et de son groupe.

Personnellement, une telle approche, sur près de deux heures, m'a laissé un peu de marbre, voire a eu tendance à me fatiguer sur la durée. Nul doute, cependant, que ça parlera plus à d'autres que moi.

3.25/6

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Un film, un jour (ou presque) #1191 : Le Paquet (2018)

Publié le 23 Avril 2020 par Lurdo dans Aventure, Cinéma, Comédie, Critiques éclair, Jeunesse, Review, Romance, USA, Netflix

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Le Paquet (The Package - 2018) :

Lorsque l'un des leurs (Eduardo Franco) se coupe malencontreusement le pénis lors d'une virée alcoolisée dans la forêt, un groupe d'adolescents pas très futés (Daniel Doheny, Luke Spencer Roberts, Sadie Calvano, Geraldine Viswanathan) fait tout son possible pour sauver l'organe tranché, et le rapporter à l'hôpital à temps pour le recoudre... tout en gérant la nature, leurs hormones bouillonnantes, et nombreux autres obstacles se dressant sur leur chemin !

Teen comedy graveleuse produite pour Netflix par le réalisateur de Hors Contrôle et des parodies de la team Sandberg, et par l'équipe de Workaholics, ce Paquet a pour lui une Géraldine Viswanathan toujours très attachante et juste, et un certain sens du n'importe quoi débridé qui, par moments, fonctionne.

Le reste du temps, malheureusement, le tout est inutilement hystérique, bourré de rebondissements tour à tour forcés, grotesques et/ou prévisibles, avec une mise en place assez maladroite, et des personnages profondément stupides et tous surjoués.

J'avoue : je n'avais pas réalisé que la team Workaholics se trouvait derrière ce métrage, du moins, jusqu'à ce que je commence à m'en doute à l'apparition de Blake Anderson dans un rôle secondaire. Et lorsque je l'ai confirmé, au moment de publier cet avis, j'ai aussitôt compris pourquoi je n'avais pas du tout accroché à ce récit, dont je ne suis clairement pas le public cible : je n'ai jamais accroché non plus au style d'humour de Workaholics.

Cela dit, je suppose que si on y adhère, on adhèrera aussi à ce long-métrage gentiment débile et cabotin.

2/6

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Un film, un jour (ou presque) #1190 : Code 8 (2019)

Publié le 22 Avril 2020 par Lurdo dans Action, Cinéma, Critiques éclair, Drame, Review, Science-Fiction, Thriller, USA, Canada

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Code 8 (2019) :

Dans un monde où les 4 % de la population possédant des pouvoirs surnaturels ont été exploités et mis au banc de la société, Connor (Robbie Amell), doté de pouvoirs électriques, décide d'accepter une offre de Garrett (Stephen Amell), un criminel travaillant pour le baron local de la drogue, Sutcliffe (Greg Bryk). Rapidement, Connor réalise que s'il veut aider financièrement sa mère malade, il va devoir s'enfoncer toujours plus loin dans le monde du crime...

Long-métrage canadien chapeauté par les cousins Amell sur la base d'un court-métrage auquel ils avaient pris part, et financé via Indiegogo grâce à la bonne volonté et aux économies des fans d'Arrow, ce Code 8 ressemble surtout... à un gros pilote de série tv.

Ce n'est pas forcément rédhibitoire, attention. Il faut bien avouer que l'univers créé ici, s'il a le mérite d'être assez fouillé, est cependant relativement dérivatif et sous-exploité (les supers dont le sang/une sécrétion quelconque est utilisé comme drogue par d'autres personnes, ce n'est pas franchement nouveau), et le script peine à maintenir l'intérêt du spectateur sur la durée : une fois la grosse mise en place effectuée, le métrage bascule vers quelque chose de plus basique, un thriller policier où les pouvoirs sont quasi-accessoires, et pourraient être remplacés par d'autres talents plus normaux avec quasiment les mêmes rebondissements et dialogues.

Pas franchement mon style de programme, en dépit d'un effort effectué sur les effets spéciaux (sauf les Guardians, clairement des cascadeurs en costume) : c'est trop oubliable et générique pour me donner envie d'y revenir (car, forcément, ce métrage va être décliné sous forme de série courte - quand je disais que ça ressemblait à un pilote de série SyFy, ce n'était pas innocent).

Un petit 3/6, et encore...

(probablement plus si l'on est fan des Amell)

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Un film, un jour (ou presque) #1189 : Good Boys (2019)

Publié le 21 Avril 2020 par Lurdo dans Aventure, Cinéma, Comédie, Critiques éclair, Jeunesse, Review, USA

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Good Boys (2019) :

Bien décidés à assister à la fête donnée par l'un de leurs amis, Max (Jacob Tremblay), Thor (Brady Noon) et Lucas (Keith L. Williams), préadolescents naïfs et inséparables, décident d'apprendre comment embrasser les filles en espionnant leurs voisines avec le drone du père de Max. Un geste mal avisé qui va déclencher une folle journée mêlant trafic de drogues, poursuite en vélo, paintball, gorgées de bière, et voyage jusqu'au centre commercial...

Un long-métrage produit par Evan Goldberg et Seth Rogen, écrit et réalisé par les scénaristes du médiocre L'an 1 et du quelconque Bad Teacher (ainsi que de The Office), et qui se veut une tween comedy, l'équivalent d'un Supergrave - mêmes préoccupations, même sens de l'humour en dessous de la ceinture, même orientation un peu graveleuse, façon sexe, drogues et rébellion adolescente - mais appliqué à la tranche démographique inférieure... et c'est là tout l'intérêt du projet.

Car de par l'âge de ses trois protagonistes (et donc, l'environnement dans lequel ils évoluent), tout le film est obligé de se mettre au niveau de ces enfants de CM2/6è qui découvrent à peine la vie et la préadolescence : les enjeux du film sont à leur mesure (trouver de l'argent ou récupérer un drone appartenant au père de l'un d'entre eux, apprendre comment embrasser une fille), la violence est à leur mesure (trafic de drogues et fusillade au paintball), les péripéties aussi (comment traverser la bretelle d'autoroute quand on n'a qu'un vélo), le contenu sexuel est forcément ramené au bisou et à la manière décalée dont l'esprit de petits garçons interprète les objets qu'ils trouvent çà et là, et le côté bromance donne lieu à une jolie prise de conscience qui permet de réaliser que, lorsque l'on a 11/12 ans, les amitiés ne durent pas forcément pour la vie.

Bref, alors que je m'attendais à quelque chose de bas-de-plafond et de profondément graveleux, Good Boys s'est avérée une comédie amusante et plus intelligente que prévue, qui a su détourner les codes d'un genre pour les appliquer à des enfants plus "innocents", sans pour autant trop taper à côté de la plaque. Ce n'est clairement pas un film pour les enfants, mais bien avec des enfants, et destiné à un public ayant conscience des clichés de certains genres cinématographiques.

Tout au plus pourrais-je reprocher une interprétation inégale des plus jeunes acteurs, en fonction de certaines scènes... mais rien de bien méchant. Une vraie bonne surprise, avec des personnages qui, malgré leur jeune âge, sont intelligents et vifs d'esprit, sans forcément paraître écrits par des adultes.

4.5/6

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Un film, un jour (ou presque) #1188 : Altered Carbon - Resleeved (2020)

Publié le 20 Avril 2020 par Lurdo dans Animation, Action, Cinéma, Critiques éclair, Netflix, Review, Science-Fiction, Thriller

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Altered Carbon : Resleeved (2020) :

Sur la planète Latimer, Takeshi Kovacs (Tatsuhisa Suzuki), mercenaire venant de recevoir un nouveau corps, enquête pour le compte de Tanaseda Hideki (Kenji Yamauchi) sur la mort du frère de ce dernier, dirigeant d'une famille de yakuzas. Ce faisant, il en vient à mettre à jour un complot au sein du clan Mizumoto, et tente de protéger, avec l'aide de Gena (Rina Satou), une CTAC implacable, la jeune Holly (Ayaka Asai), tatoueuse attitrée du clan...

Diffusé par Netflix dans la continuité de la saison 2 d'Altered Carbon, et chapeautée par Dai Sato (Cowboy Bebop), Resleeved est un long-métrage d'animation en 3D cell-shadée d'une durée de 75 minutes environ : l'avantage d'un tel format, c'est qu'on s'ennuie nettement moins que devant une saison de huit ou dix épisodes d'une heure.

Non pas que Resleeved laisse vraiment l'occasion de s'ennuyer : avec ce récit prenant place bien avant les deux saisons de la série, le métrage opte pour un contenu typiquement anime, pour le meilleur et pour le pire. Comprendre par là qu'on a droit à tous les clichés du genre : le héros taciturne qui prend sous son aile une fillette hyperactive, la militaire sexy mais impassible, les gangs de yakuzas, des ninjas, des armures de samouraïs, des combats d'arts martiaux et d'épées, le sens de l'honneur, etc...

Selon la tolérance du spectateur pour ces ressorts narratifs, celui-ci appréciera donc plus ou moins le récit présenté. Je ne vais pas mentir : je n'ai jamais été passionné ou fasciné par la société japonaise, et par tous ces clichés. Par conséquent, je ne peux pas dire que cet aspect m'ait particulièrement séduit. Il faut dire que le tout est assez basique, et qu'en changeant un élément ou deux, le tout pourrait facilement être transposé à l'époque féodale ou à l'époque contemporaine.

Autrement dit : c'est vaguement (et ponctuellement) lié à l'univers Altered Carbon (les noms, la technologie, la continuité), mais c'est aussi très générique sur de nombreux plans.

Bizarrement, cependant, j'ai probablement préféré ce métrage aux deux saisons de la série : plus dynamique et convaincant dans l'action (souvent outrancière), Resleeved bénéficie paradoxalement de la simplicité de son script et de ses personnages sous-développés : c'est immédiatement accessible, ça se regarde sans difficulté, c'est visuellement assez réussi... mais ça s'oublie rapidement.

C'est mieux que rien, je suppose. Et en tout cas, c'est mieux que le sentiment de gâchis et d'agacement suscité par les saisons de la série dont ce film s'inspire.

3.5/6

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Un film, un jour (ou presque) #1187 : Rambo - Last Blood (2019)

Publié le 17 Avril 2020 par Lurdo dans Action, Cinéma, Critiques éclair, Drame, Horreur, Review, Thriller

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Rambo - Last Blood (2019) :

De retour au pays, John Rambo (Sylvester Stallone) mène une vie plus ou moins paisible sur son ranch familial, où il élève des chevaux en compagnie de Gabriela (Yvette Monreal), une adolescente qui vit là avec sa grand-mère (Adriana Barraza). Mais lorsque la jeune femme, lors d'un passage au Mexique pour y retrouver son père, est enlevée par les frères Martinez (Sergio Peris-Mencheta, Oscar Jaenada), meneurs d'un cartel mexicain, puis exploitée, droguée et violée, Rambo doit sortir de son exil pour la ramener en sécurité... et la venger.

Rambo (2018) était un revival de la franchise moins convaincant que son équivalent pour la franchise Rocky, car plus court, plus en dents de scie, bourré de personnages assez transparents et avec une fin un peu abrupte ; il restait néanmoins intéressant, notamment par son côté brut de décoffrage, et par le bilan que John Rambo faisait de son existence, un bilan qui, finalement, l'amenait à revenir au pays pour la première fois depuis des décennies.

Une fin de franchise honorable, mais qui malheureusement n'aura pas su résister à l'appel de l'exploitation et du dollar, ainsi qu'à la question : comment un vétéran traumatisé comme Rambo va-t-il s'adapter à une vie domestique rangée, alors qu'il a passé sa vie à errer de mission en mission, de pays en pays ?

La réponse, c'est mal : le Rambo de ce Last Blood est un Rambo rongé par son PTSD, qui s'enfouit dans le sol de sa ferme pour y creuser des tunnels et s'y constituer un arsenal, comme à la "grande" époque du Vietnam, un vétéran bourré de médicaments et hanté par les flashbacks du champ de bataille, un homme en constante ébullition qui ne parvient que difficilement à contenir sa rage...

Une approche radicalement différente de l'action hero musculeux et triomphant des 80s (même si le Rambo d'alors avait déjà une part de refus du combat en lui) et qui accompagne un film très noir et sombre, assez glauque, virant parfois même au slasher. La violence est ici encore plus crue que dans le précédent volet, et malheureusement, c'est là l'un des points faibles du film : à trop vouloir une violence frontale et sanglante, loin du spectacle de la franchise d'autrefois, Sly et compagnie ont poussé le curseur à l'opposé. Maintenant, Rambo est trop violent, trop sanglant, et cette violence, si elle fait grimacer lorsqu'elle se produit, est aussi devenue too much, et quasi-caricaturale, difficile à prendre au sérieux (l'arrachage de cœur à main nue).

Ici, plus que jamais, Rambo est un boogeyman de slasher, implacable et meurtrier, mais l'environnement du Mexique ne lui convient pas - trop urbain, c'est une digression qui ne sert qu'à faire un peu de remplissage pour amener un grand final (enfin, un final de taille moyenne) façon Maman, j'ai raté l'avion sur son propre terrain, où Rambo transforme le ranch de sa famille en champ de bataille.

Alors oui, c'est bourrin, mais trop, et le tout finit par tourner à vide, malgré le charisme et la présence de plus en plus torturée de Stallone dans le rôle titre.

Et puis il y a ce plan final sur un Rambo sérieusement blessé, qui s'assied dans son fauteuil, sur le porche de sa demeure, au milieu d'un terrain en ruines et jonché de cadavres, et ferme les yeux, en paix avec lui-même. Ça aurait pu être un joli plan de conclusion pour la franchise Rambo, celui d'un soldat n'ayant jamais pu trouver sa place ailleurs que sur un champ de bataille, et qui finit ses jours après une dernière guerre, ayant sacrifié sa vie domestique et sa demeure à cette vocation sanglante.

Mais non, puisque dans le générique de fin (en mode extraits de tous les films de la franchise), il se relève, et repart à dos de cheval vers d'autres aventures.

Pas sûr que c'était nécessaire, tout ça.

2.5/6 + 0.5 = 3/6 (c'est du niveau DTV, avec un petit supplément d'âme Stallonienne)

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Un film, un jour (ou presque) #1186 : Le Retour de Spinal Tap (1992)

Publié le 16 Avril 2020 par Lurdo dans Biographie, Cinéma, Comédie, Critiques éclair, Documentaire, Musique, Review, UK, Télévision

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Le Retour de Spinal Tap (A Spinal Tap Reunion : The 25th Anniversary London Sell-Out - 1992) :

Dix ans après le documentaire qui a fait leur renommée, les Spinal Tap se réunissent à nouveau pour un concert exceptionnel au Royal Albert Hall : l'occasion pour la télévision britannique de filmer l'événement, et de revenir sur le parcours des trois musiciens vedettes depuis 1982...

À contrario du premier film que j'avais déjà vu et que je me suis fait un plaisir de revoir, place à un second film inédit de près d'une heure 50, un téléfilm pour être précis, composé à 80 % d'une captation live et à 20 % de segments mockumentaires, sur les coulisses du concert (le groupe folk de première partie qui se fait virer et finit dans le métro) et en forme de bilan "que sont-ils devenus ?".

En vrac, on apprend ainsi qu'après la séparation du groupe, en 82, David St Hubbins (Michael McKean) est parti s'installer avec son épouse en Californie, où il enseigne le football à des fillettes, et où sa chère et tendre gère deux boutiques, une boutique de vêtements irlandais, et une boutique new age ; Nigel Tufnel (Christopher Guest), lui, est reparti en Angleterre, où il parle avec son furet (^^) et a décidé qu'il était un inventeur de génie, inventeur notamment du capodastre à amplificateur Marshall (^^). Derek Smalls (Harry Shearer), enfin, a investi sans grand succès dans l'immobilier et, lui aussi de retour en Angleterre, il aide son père à faire subsister son métier de "nettoyeur de téléphone à domicile" (^^).

On retrouve aussi Marty Di Bergi (Rob Reiner), en froid avec le groupe depuis le documentaire, ainsi que des caméos de Fred Willard, de Kenny Rogers, de Bob Geldof, d'Andy Dick...

Le concert, lui, est plus classique - enchaînement de tous les hits du groupe, y compris Stonehenge (avec cette fois-ci une maquette trop grande pour rentrer dans l'Albert Hall), de morceaux de leurs autres projets (les morceaux 60s/70s, de la musique irlandaise, orientale, etc) et de moments absurdes dignes du groupe : l'arrivée des musiciens suspendus au plafond par des câbles qui ne fonctionnent pas, le duo avec Cher qui n'est pas là et est remplacée par une photo sexy d'elle avec des lèvres animées, le grand final - une sinistre chanson de Noël avec des nains en lutins, et le crâne géant démoniaque surplombant la scène orné d'un bonnet et d'une barbe... et le rappel : un plaidoyer pour l'euthanasie avec lâcher de colombes mortes.

Dans l'ensemble, un bon moment à passer, même si j'aurais préféré un show mieux équilibré, plus près d'un ratio de 60 % de musique pour 40 % de documentaire. En tout cas, pour un projet comique, les trois acteurs maîtrisent tout de même plutôt bien leurs instruments respectifs.

4/6

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Un film, un jour (ou presque) #1185 : This is Spinal Tap (1984)

Publié le 15 Avril 2020 par Lurdo dans Biographie, Cinéma, Comédie, Critiques éclair, Documentaire, Musique, Review, UK

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus. ​​

This is Spinal Tap (1984) :

Fin 1982, le réalisateur Marty Di Bergi (Rob Reiner) décide de suivre avec une caméra le groupe de hard rock Spinal Tap (Michael McKean, Christopher Guest, Harry Shearer, RJ Parnell, David Kaff) alors qu'il est sur le point de sortir son nouvel album, Smell the Glove, et de partir en tournée aux USA pour tenter d'y reconquérir son public...

On ne présente plus ce rockumentaire de la bande de Christopher Guest, et son infinité de moments et de scènes cultes : les versions 60s et 70s du groupe, l'herpès labial de tout le monde, le running-gag des batteurs qui décèdent les uns après les autres, Stonehenge et ses nains dansants, le cocon qui reste bloqué, les rivalités entre le guitariste et la petite amie du chanteur, la réinvention free jazz de Spinal Tap, etc, etc, etc.

Avec en prime des caméos de multiples visages connus, de Fran Drescher à Patrick Macnee en passant par Dana Carvey, Billy Crystal, Paul Shaffer, Anjelica Huston, Fred Williard, Ed Begley JR et bien plus encore...

Un pastiche du monde de la musique et des documentaires musicaux particulièrement pertinent, un mockumentaire fondateur d'un genre, un métrage incontournable qui, aujourd'hui encore, fonctionne très bien, principalement parce qu'il était déjà très très proche de la réalité de certains groupes.

11/6

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Un film, un jour (ou presque) #1184 : Buffaloed (2020)

Publié le 14 Avril 2020 par Lurdo dans Cinéma, Comédie, Critiques éclair, Review, Romance, USA

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus. ​​

Buffaloed (2020) :

Jeune femme dotée d'une répartie fulgurante et d'un sens de la magouille particulièrement développé, Peg (Zoey Deutch) découvre un beau jour le merveilleux monde des collecteurs de dettes de Buffalo, au Texas, et trouve là sa vocation. Mais rapidement, elle réalise que son patron, Wiz (Jai Courtney), l'exploite et ne la paie pas à sa juste mesure : Peg décide alors de se mettre à son compte, quitte à entrer en conflit ouvert avec son ex-boss, et à flirter avec l'illégalité. Si seulement elle ne flirtait pas aussi avec Graham (Jermaine Fowler), un jeune procureur local enquêtant sur son secteur, les choses seraient probablement plus simple...

Une comédie indépendante américaine de la réalisatrice du film Hysteria et qui, de par son ton, son milieu et son héroïne débrouillarde, m'a beaucoup évoqué la série Shameless : c'est dynamique, amusant à suivre, une sorte de Big Short ou de Loup de Wall Street dans le milieu des collecteurs de dettes, qui repose, comme le Loup sur Leonardo, entièrement sur les épaules de son interprète principale.

Une Zoey Deutch attachante, forcément, mais dont l'interprétation ultra-énergique, gueularde et teigneuse ne m'a pas totalement convaincu. Il est difficile, en effet, de ne pas avoir l'impression d'un personnage un peu forcé, d'une comédienne empilant les attitudes et les affectations caricaturales pour rendre son personnage crédible (surtout en comparaison du reste de sa famille, moins outré), mais manquant d'une touche de vulnérabilité ou de subtilité pour la rendre vraiment sympathique (et éviter de la faire passer pour une vraie sociopathe).

Ou alors c'était peut-être à la réalisatrice de canaliser un peu mieux cette boule d'énergie qui en fait toujours trois tonnes, d'avoir une poigne un peu plus ferme sur les rênes de son film, afin de rendre ce dernier plus harmonieux et d'affiner un peu les traits de ses personnages.

Reste que dans l'ensemble, on ne s'ennuie pas, que le métrage reste enjoué et ludique, et que Deutch, par la force des choses et de son énergie, finit quand même par emporter l'adhésion du spectateur.

3.75/6

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Un film, un jour (ou presque) #1183 : The Show Must Go On - The Queen + Adam Lambert Story (2019)

Publié le 13 Avril 2020 par Lurdo dans Biographie, Cinéma, Critiques éclair, Documentaire, Musique, Review, Télévision, UK, USA, ABC

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

The Show Must Go On - The Queen + Adam Lambert Story (2019) :

Documentaire co-produit pour la télévision anglaise et américaine (à l'image du groupe Queen, désormais composé de ses musiciens anglais, et de son chanteur américain) consacré à la renaissance du groupe, et à ses années creuses après la mort de Freddie Mercury.

Un documentaire qui a la bonne idée de mettre en parallèle, à base de montage alterné, le parcours de Queen sans Freddie, et celui d'Adam Lambert, le tout illustré de nombreux extraits des concerts de Queen + AL, et d'intervention de musiciens et de célébrités (Foo Fighters, Def Leppard, Rami Malek, Simon Cowell...).

On y redécouvre rapidement la carrière de Queen, le concert-hommage de Wembley en 1992, puis la séparation du groupe, leurs embryons de carrières solo, la comédie musicale We Will Rock You (que Roger Taylor déteste cordialement), le concert de Capetown, en 2003, pour Nelson Mandela (qui leur a redonné le goût de tourner), le projet Queen + Paul Rodgers (pas forcément fructueux, de l'avis de tout le monde), etc, tout ça jusqu'à la découverte, lors d'un épisode d'American Idol, d'Adam Lambert, un musical theater kid ouvertement gay, à la voix tonitruante.

Un Adam Lambert qui, mal conseillé à la sortie d'American Idol (qu'il n'a pas gagné, car entouré d'un pseudo-scandale sur sa sexualité, qu'il aurait supposément caché aux médias), connaît une période de doute après avoir ultra-sexualisé son image... jusqu'à ce qu'une remise en question l'amène à accepter l'offre de Queen, avec le résultat que l'on connaît : une seconde jeunesse pour le groupe, qui visite désormais des pays autrefois inconnus à la formation, pour la plus grande joie de ses membres.

D'ailleurs, il est assez amusant d'entendre les explications de Roger Taylor au sujet du recrutement de Lambert : comment lui et May ne voulaient absolument pas d'un clone de Freddie, d'un imitateur se teignant les cheveux ou se plaquant une fausse moustache, ni d'un clone vocal parfait sans la moindre personnalité - le message est clair, et arrive en réponse aux complaintes sempiternelles des fans, qui critiquent toujours le groupe pour ne pas avoir sélectionné un ou deux chanteurs bien particuliers pour remplacer Mercury "parce qu'ils ressemblent à/chantent exactement comme Freddie et ils méritent donc plus sa place".

Mais May et Taylor sont clairs : ils ne veulent pas de quelqu'un qui transforme le groupe en tribute band cherchant à singer au plus proche le Queen de la grande époque; ils veulent s'amuser, et Lambert, aussi flamboyant que Freddie, mais doté d'une personnalité résolument moderne et dynamique, est parfait, à leurs yeux, pour emmener Queen + AL dans le 21è siècle.

Un documentaire intéressant, parfois touchant (le Who Wants to Live Forever de cette version de Queen+ me met toujours la larme à l’œil), et voir les répétitions et les harmonies vocales du groupe en coulisses, avant un morceau, est un joli moment pour le fan que je suis.

4.5 - 0.25 pour les coupures pub = 4.25/6

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Un film, un jour (ou presque) #1182 : Ad Astra (2019)

Publié le 10 Avril 2020 par Lurdo dans Aventure, Cinéma, Critiques éclair, Drame, Review, Science-Fiction, USA

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Ad Astra (2019) :

Lorsque la Terre est victime d'impulsions électro-magnétiques récurrentes issues de l'espace, Roy McBride (Brad Pitt), un astronaute stoïque et impassible, est recruté pour partir à l'autre bout du système solaire, afin d'y retrouver son père Clifford (Tommy Lee Jones), porté disparu lors d'une mission vers Neptune à la recherche de l'existence d'une forme de vie extraterrestre ; un Clifford qui pourrait bien être responsable de ces impulsions destructrices, et que Roy n'a pas revu depuis son adolescence...

Après The Lost City of Z, je crois que c'est désormais très clair : je n'accroche pas au style James Gray, réalisateur et co-scénariste de ce métrage. Un métrage qui, sous prétexte de raconter une grande aventure spatiale dans la lignée de Solaris, Interstellar, Gravity, 2001, et tutti quanti, narre en fait le parcours d'un homme seul, froid et distant, qui a consacré sa vie à son travail, et qui est alors confronté à son père, aux choix similaires et à la réputation écrasante. Une quête de sens contemplative, un face à face avec la solitude, une redécouverte des émotions masculines, une confrontation des thématiques de l'abandon, de la vulnérabilité, etc, etc, etc : on peut voir plein de choses dans Ad Astra.

Le problème, en fait, c'est que toutes ces choses sont a) amenées avec la subtilité d'un tractopelle (la voix off constante de Brad Pitt, ses examens psychiatriques, les platitudes lénifiantes que le script lui fait dire, les références symboliques...) et b) qu'elles ont toutes été abordées ailleurs, parfois sous d'autres angles, et en mieux.

C'est bien simple, Ad Astra m'a constamment renvoyé aux références citées plus haut (ainsi qu'à Apocalypse Now), mais à aucun moment je me suis dit "tiens, c'est une approche intéressante de telle ou telle thématique". Paradoxalement, ce sont dans les à côtés que le film m'a le plus intéressé : sa séquence sur la Lune, avec les pirates, m'a un peu rappelé les bandes dessinées de Picsou et compagnie à la recherche de roches précieuses, un petit côté pulp pas désagréable du tout, mais bien trop bref ; sa représentation du voyage spatial comme une industrie ultra-commerciale, avec de grandes enseignes, etc, m'a intrigué.

Malheureusement, tout tourne autour de McBride, de sa dépression et de son traumatisme œdipien, et en retour, tout le reste en pâtit : l'aspect scientifique du film est une vaste pantalonnade à géométrie variable (un peu comme la fidélité historique de City of Z), les personnages secondaires sont tous sous-développés (Donald Sutherland, Ruth Negga, Liv Tyler) ou délibérément abêtis (l'équipage de la fusée martienne), le rythme est (au mieux) nonchalant, avec une ou deux séquences d'action un peu forcées et placées çà et là pour réveiller le spectateur (la Lune, donc, mais aussi le singe), et Gray semble totalement adhérer à une philosophie opposée au "show, don't tell" que l'on recommande aux réalisateurs, puisqu'il passe son temps à expliquer verbatim les sentiments, les gestes et la psychologie de son héros, plutôt que de laisser le spectateur tirer ses propres conclusions des images.

En résumé, autant je n'ai absolument rien à reprocher au film sur son aspect visuel (c'est beau, c'est maîtrisé, c'est spectaculaire - nettement moins sur petit écran, cela dit) mais tout le reste m'a laissé de marbre, et pas parce que "je n'ai rien compris". J'ai compris le fond du film, mais je l'ai trouvé le tout vraiment générique - et honnêtement, je commence à en avoir un peu assez de ce type de métrages, façon "un homme paumé part à l'autre bout du monde/de l'univers pour faire sa psychanalyse et trouver, au final, une sorte de paix intérieure".

2.5/6

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Un film, un jour (ou presque) #1181 : Coffee & Kareem (2020)

Publié le 9 Avril 2020 par Lurdo dans Action, Cinéma, Comédie, Critiques éclair, Netflix, Policier, Review, Thriller, USA

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Coffee & Kareem (2020) :

Policier maladroit et balbutiant, James Coffee (Ed Helms) est publiquement humilié lorsqu'un criminel sous sa garde s'évade, sous l'œil des caméras et des médias. Pour ne rien arranger, il doit faire face à l'hostilité de sa collègue (Betty Gilpin), et doit gérer Kareem (Terrence Little Gardenhigh), le fils de sa compagne (Taraji P. Henson). Un adolescent de 12 ans qui s'imagine rappeur et dur à cuire, qui déteste la police et que Coffee tente d'amadouer... jusqu'à ce que le duo se retrouve embarqué dans une histoire de meurtre et de corruption policière.

Une comédie policière façon buddy cop movie, filmée pour Netflix par le réalisateur du peu convaincant Stuber, et qui s'avère un peu meilleure que ce dernier, sans vraiment cependant proposer grand chose de mémorable.

Le vrai problème, ce sont les personnages : Ed Helms fait du Ed Helms (incapable, incompétent, balbutiant et totalement émasculé), le jeune Terrence Little Gardenhigh joue les gamins impertinents et précoces (qui mérite bien souvent des baffes, mais n'en reçoit jamais), Taraji Henson joue les mères afro-américaines clichées, à grande gueule, à grande attitude et dominantes, et le tout ne sort jamais de ce cadre vraiment très convenu d'un Ed Helms constamment humilié par tous les autres personnages, de sa compagne aux autres policiers en passant par tous ceux qu'il croise.

Et occasionnellement, ça fonctionne, avec un Helms qui se donne totalement à son personnage. Mais 90 minutes de Helms, c'est beaucoup quand ce protagoniste ne repose que sur un seul ressort comique, sans même réellement avoir droit à un moment cathartique sur la fin.

Heureusement, l'avantage certain de Coffee & Kareem sur Stuber, c'est Betty Gilpin (déjà dans Stuber, cela dit), ici dans l'un des rôles principaux, celui d'une policière rivale de Helms. Une Gilpin qui, tout comme Helms, se donne à fond, ce qui débouche sur des moments vraiment drôles dans le dernier tiers du métrage.

Dommage que le script soit à ce point cousu de fil blanc, et qu'à l'instar des humiliations subies par Helms, le ressort comique du petit Kareem qui se prend pour un grand, jure, parle de sexe et se montre impertinent, n'a d'intérêt que jusqu'à un certain point ; ensuite, ça devient répétitif, et ça lasse.

3/6 (parce que contrairement à Stuber, ce n'est pas trop mou) 

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Un film, un jour (ou presque) #1180 : In Search of the Last Action Heroes (2019)

Publié le 8 Avril 2020 par Lurdo dans Action, Aventure, Cinéma, Critiques éclair, Comédie, Documentaire, Histoire, Review, USA

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In Search of the Last Action Heroes (2019) :

Un long documentaire écrit et réalisé par un critique cinéma habitué de YouTube, financé de manière participative, et qui revient en détail sur la genèse du genre des films d'action, sur son explosion dans les années 80, et sur sa lente agonie au fil des décennies, à mesure que les action heroes musculeux d'autrefois (ces Schwarzie, Stallone, Van Damme, Norris, Seagal, Rothrock, Chan, etc) ont cédé la place à des acteurs plus "normaux", que le genre s'est démocratisé, que les effets numériques se sont perfectionnés, et que n'importe quel acteur hollywoodien peut désormais devenir un action hero avec un peu de bagout, quelques semaines d'entraînement et de bonnes doublures (qu'elles soient réelles ou numériques).

Deux heures et vingt minutes au compteur pour un documentaire assez complet, qui aborde chronologiquement toutes les grandes dates et les incontournables du genre - Bruce Lee, Indiana Jones, les Mad Max, Conan, Rambo, la Cannon, les VHS, James Cameron, Jackie Chan, l'oeuvre de Verhoeven, celle de McTiernan, les buddy comedies, etc -, s'éparpille un peu vers le milieu (quand il perd le fil de son récit chronologique), et se conclue sur un constat doux-amer sur l'évolution du genre et du métier.

Énormément d'intervenants, là aussi, avec beaucoup de premiers et de seconds couteaux de la réalisation (Verhoeven !), de l'interprétation, un Brian Tyler qui nous livre ses impressions sur la musique de film de l'époque (ça fait plaisir à entendre), un Shane Black égal à lui-même (un peu de prétention intellectuelle, beaucoup de passion pour le genre), un peu de mauvaise foi et d'amertume de la part de certains au sujet de certains projets, et une lueur d'espoir quant à l'avenir, avec des intervenants plus récents - Scott Adkins - qui placent de l'espoir en The Rock, ou qui reconnaissent que, même s'ils n'ont pas le physique des colosses de l'époque, Keanu Reeves et Tom Cruise font des action stars crédibles car ils se donnent totalement à leurs films et à leurs cascades.

Intéressant, passionné, bien qu'un poil longuet par moments, et manquant un certain nombre de films importants du genre (quitte à parler d'Alien et des Dents de la Mer, autant parler aussi de certains films de Carpenter).

4/6

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Un film, un jour (ou presque) #1179 : Bloodshot (2020)

Publié le 7 Avril 2020 par Lurdo dans Action, Cinéma, Critiques éclair, Fantastique, Review, Science-Fiction, Thriller, Valiant

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus. ​​

Bloodshot (2020) :

Soldat d'élite, Ray Garrison (Vin Diesel) est ramené à la vie par le Dr. Emil Harting (Guy Pearce), inventeur d'une technologie révolutionnaire : son sang désormais remplacé par des nanites ultra-modernes, Ray possède des capacités surhumaines, et régénère instantanément toutes ses blessures. Mais rapidement, il comprend que Harting et ses troupes (Eiza Gonzalez, Alex Hernandez, Sam Heughan) se servent de lui pour accomplir leurs basses œuvres, et que tous les souvenirs de Ray ne sont qu'une construction virtuelle conçue par Harting...

J'avais déjà abordé l'univers des comics Valiant en ces pages, à l'occasion de la diffusion web de la mini-série (assez cheap) Ninjak vs. The Valiant Universe : studio créatif né dans les années 90, et exploitant tout un catalogue de licences qu'il s'efforce de remettre au goût du jour depuis 2007, Valiant se veut la troisième maison d'édition la plus importante de l'industrie, derrière Marvel et DC.

Ce qui, dans les faits, se traduit par un immense univers partagé mélangeant tous ses héros, avec plus ou moins de bonheur, et par une stratégie multimédia qui peine à prendre son envol. Ainsi, Bloodshot (une sorte de Wolverine technologique, partageant avec Logan ses pouvoirs de régénération, son amnésie, son passé de soldat...) était supposé lancer une version Valiant du MCU, préparant le terrain à Harbinger, Ninjak, Faith et compagnie.

Au vu du résultat de ce Bloodshot, c'est mal parti.

Baboulinet Vin Diesel fait pourtant des efforts : il a poussé énormément de fonte, est en grande forme physique, et fait tout son possible pour exprimer ses émotions, sa colère et son état d'esprit. Mais force est de constater que ses limites d'acteur sont encore très présentes, et qu'il ne parvient vraiment pas à exprimer un sentiment de puissance à l'écran sans donner l'impression de poser de manière artificielle (autrement dit, de jouer les gros durs).

Ici, on se retrouve donc avec un film d'action assez générique et basique, façon Universal Soldier un peu plus friqué, avec un protagoniste monolithique, des seconds rôles tous très insipides (sauf Guy Pearce), et surtout, un montage assez calamiteux, façon "un nouveau plan par seconde", que ce soit dans les scènes d'action ou dans les scènes plus calmes (c'est surtout perceptible dans la première demi-heure, où le film a parfois des airs de clip musical, et puis on finit par s'habituer).

Alors certes, ponctuellement, ça fonctionne - la grosse scène d'action du tunnel est visuellement plutôt efficace - mais entre le rebondissement de mi-film totalement éventé par les bandes-annonces, et la dernière demi-heure du film et ses affrontements numériques moches, le tout tombe vraiment à plat, semble même parfois mollasson, et signe probablement l'arrêt de mort du VCU.

Ce n'est pas forcément un mal, cela dit.

2.25/6

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Un film, un jour (ou presque) #1178 : Three Christs (2017)

Publié le 6 Avril 2020 par Lurdo dans Biographie, Cinéma, Comédie, Critiques éclair, Drame, Religion, Review

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Three Christs (2017) :

En 1959, convaincu qu'il ne faut pas soigner les patients schizophrènes par électrothérapie, le Dr. Alan Stone (Richard Gere) arrive dans l'hôpital psychiatrique d'Ypsilanti, au Michigan, et choisit de s'occuper de trois cas très similaires : Joseph (Peter Dinklage), Leon (Walton Goggins), et Clyde (Bradley Whitford), des hommes au caractère bien différent, mais qui partagent l'intime conviction qu'ils sont chacun Jésus Christ. Stone décide alors de les placer ensemble dans la même pièce, et de les faire interagir.

Un film de 2017 uniquement sorti début 2020, et adapté très librement des écrits d'un psychiatre par Jon Avnet (Beignets de tomates vertes), qui tient ici les rôles de co-scénariste, co-producteur et réalisateur.

La force évidente de ce métrage, c'est clairement sa distribution très solide, avec ses trois Christs qui se livrent à un gros numéro d'acteur plus ou moins probant (le problème vient plus de la caractérisation et de l'écriture que des acteurs), son Richard Gere impeccable, et tous ses seconds rôles familiers et sympathiques (Kevin Pollak, Stephen Root, Julianna Margulies, Charlotte Hope, ou encore James Monroe Iglehart).

Tout le monde est professionnel, et traite cette histoire improbable avec le mélange de sérieux et de second degré que ce récit mérite... mais ça ne décolle jamais. Ça ne va nulle part - ou plutôt, ça aboutit sur quelque chose de trop classique (le membres du staff médical qui finissent par prendre conscience de leurs propres failles psychologiques au contact de "fous", le Dr. Stone qui souffre des complexes du Messie et de Dieu, les conflits avec la hiérarchie...) sans jamais parvenir à justifier son existence : Three Christs n'est pas particulièrement subtil, pas particulièrement original, pas particulièrement profond ou pertinent, pas particulièrement drôle ou attachant...

Encore une fois, à l'écran, c'est compétent, mais c'est particulièrement plat et inerte, ça ne va nulle part, et l'on ne peut s'empêcher de penser qu'avec une meilleure caractérisation de tous ces personnages (les trois Christs, notamment, sont un peu trop caricaturaux pour fonctionner) et un réalisateur plus assuré, ça aurait pu être bien meilleur.

2/6

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Un film, un jour (ou presque) #1177 : Avengement (2019)

Publié le 3 Avril 2020 par Lurdo dans Action, Cinéma, Critiques éclair, Review, Policier, Thriller, UK, USA

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Avengement (2019) :

Trahi par son frère Lincoln (Craig Fairbrass) et ses associés et transformé en machine à tuer par un séjour de sept ans dans l'une des prisons les plus dangereuses d'Angleterre, Cain (Scott Adkins) n'a qu'une idée en tête à son évasion : se venger. Et pour arriver à ses fins, il prend en otage tous les sbires de Lincoln, et en attendant l'arrivée de ce dernier, il leur raconte son histoire...

Un thriller façon pègre anglaise, avec des tronches toujours plus particulières, et un Adkins qui, lui aussi, se fait une tête recousue de partout, avec en prime des dents à la Joey Starr. C'est simple, efficace, nerveux, et ça se démarque par un récit déstructuré, en flashbacks savamment distillés tout au long du film, par un Adkins qui est un acteur de plus en plus convaincant, et par un gros affrontement final, joliment sanglant.

À noter aussi un thème musical principal qui évoque beaucoup Chi Mai de Morricone, ce qui est loin d'être désagréable.

Un 4/6 tranquille.

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Un film, un jour (ou presque) #1176 : À Couteaux Tirés (2019)

Publié le 2 Avril 2020 par Lurdo dans Thriller, Cinéma, Comédie, Critiques éclair, Policier, Review, USA

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À Couteaux Tirés (2019) :

Lorsque Harlan Thrombey (Christopher Plummer), auteur de romans policiers à succès, est retrouvé la gorge tranchée de sa propre main, tous les occupants de son immense manoir sont soupçonnés par les autorités : Linda (Jamie Lee Curtis), la fille aînée, une businesswoman mariée à Richard (Don Johnson), un bon à rien infidèle ; Walt (Michael Shannon), responsable de la maison d'édition de son père, et son épouse Donna (Riki Lindhome) ; Joni (Toni Collette), belle-fille arnaqueuse ; Ransom (Chris Evans), le fils rebelle du clan ; les plus jeunes, Meg (Katherine Langford), étudiante woke et Jacob (Jaeden Martell), troll alt-right ; la grand-mère sénile (K Callan) ; et Marta (Ana de Armas), l'infirmière privée de Harlan. Rapidement, les mensonges de chacun remontent à la surface, mais une question reste posée : qui a engagé le Détective privé Benoit Blanc (Daniel Craig), qui est là pour trouver le coupable de ce qui n'est apparemment pas un véritable suicide ?

Un long métrage écrit et réalisé par Rian Johnson, déjà à l'œuvre sur Star Wars : The Last Jedi, dont on retrouve ici deux caractéristiques principales : des envies de déconstruction et de subversion d'un genre bien précis, et un propos engagé sous-jacent amené avec la finesse d'un tractopelle.

C'est étrange, car en théorie, ce Knives Out avait tout pour me plaire : une distribution enthousiaste et sympathique (content de voir Ana de Armas avoir enfin un vrai premier rôle), un genre (le murder mystery façon Christie mâtiné de Columbo) que j'affectionne particulièrement, et un scénariste/réalisateur compétent, à défaut de maîtriser totalement ses ambitions.

Et l'accueil critique unanime laissait présager le meilleur. Et puis non, je suis ressorti (je devrais dire "on est ressortis" puisque je ne l'ai pas regardé seul, et que nous avons tous partagé des impressions similaires) un peu déçu.

Un peu déçu par un film qui se croit bien plus malin qu'il ne l'est réellement, par un récit qui souffre de problèmes de rythme (à partir de la lecture du testament/la sous-intrigue de Fran, il y a un joli ventre mou qui laisse amplement le temps au spectateur de devenir comment tout cela va se terminer), par un métrage qui sous-exploite une partie de sa distribution (on aurait pu totalement couper du film les adolescents et Riki Lindhome, ça n'aurait absolument rien changé), par le manque de subtilité de la métaphore sur l'Amérique d'aujourd'hui (littéralement "les immigrants/enfants d'immigrants au grand cœur vont hériter de l'Amérique, pendant que les connards WASP égoïstes qui composent cette dernière se retrouveront à la rue"), et par le vrai manque de charme du produit fini.

Les critiques semblent en pâmoison devant Knives Out, qui est à les en croire un chef d'œuvre de subversion et un script tellement malin et original qu'il a été nommé aux Oscars. Personnellement, j'ai vu là un pastiche gentillet de murder mystery, ayant fâcheusement tendance à exposer les rouages de ce genre à des simples fins de déconstruction et de clins d'œil métadiscursifs (le flic qui se moque ouvertement de la poursuite en voiture, les références pop), et ne les remplaçant malheureusement pas par un récit particulièrement original ou surprenant (même problème que pour son Star Wars en fait : ça déconstruit, mais ça ne reconstruit rien de vraiment intéressant derrière).

J'irais même jusqu'à dire que le tout finit par être assez prévisible, notamment parce que le script a tendance à téléphoner bien souvent ses effets et ses rebondissements (c'est d'autant plus prononcé sur la fin : le couteau, l'appel de l'hôpital...), que ce soit par certaines lignes de dialogues ou plans d'insert incongrus n'ayant d'autre utilité que de préparer le terrain pour le final.

En somme, je suis resté sur ma faim, avec l'impression que le récit aurait pu encore surprendre, avec quelques rebondissements supplémentaires. L'interprétation est globalement compétente (dans le genre un peu outré d'un Cluedo), c'est (sans surprise) plutôt bien filmé, mais je suis resté sur ma faim, et ce n'est pas encore ce métrage qui me réconciliera totalement avec Rian Johnson...

3.5/6

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Un film, un jour (ou presque) #1175 : Joker (2019)

Publié le 1 Avril 2020 par Lurdo dans Cinéma, Comédie, Critiques éclair, DC, Drame, Review, Thriller, USA

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Joker (2020) :

Arthur Fleck (Joaquin Phoenix), comique de stand-up raté vivant avec sa mère (Frances Conroy) dans un appartement miteux de Gotham, souffre de nombreux problèmes psychologiques, et notamment d'une tendance à éclater spontanément de rire aux pires moments possibles. Jusqu'au jour où il ne supporte plus d'être une victime perpétuelle, et trouve dans la violence et le crime un moyen de s'extraire de sa condition...

On ne présente plus ce Joker, carton au box-office qui a fait le buzz pour de bonnes et de mauvaises raisons, à sa sortie. film d'un Todd Phillips controversé, fanboy absolu de Martin Scorsese (comme le prouvait son film précédent, War Dogs, qu'un critique américain avait résumé par "Scorsese for bros"), qui voulait à tout prix rendre hommage à son modèle en mettant en chantier un remake de La Valse des Pantins... sans parvenir à intéresser la Warner, trop préoccupée par l'idée de retrouver le succès avec ses films de super-héros, alors en déroute.

Un Todd Phillips roublard, qui n'a jamais caché son mépris pour les films dits "de comic-book" et qui, en accord avec sa star et son producteur (Scorsese lui-même) a alors décidé de feinter, et de faire son remake en lui apposant le titre Joker (et en l'entourant vaguement d'un décorum Batman/Gotham City) : de quoi satisfaire le studio, ravi de redorer là son blason avec un projet économique et artistique, et le réalisateur lui-même, content d'être pseudo-subversif et de faire un "vrai film" dissimulé derrière des apparences de métrage pop-corn creux.

Autant dire que je n'étais pas pressé à l'idée de regarder ce "cheval de Troie" cinématographie, ce métrage tellement hypé par une certaine frange du public et des critiques que cela en venait à être contre-productif et repoussant... et finalement, cette mauvaise blague passe plus ou moins bien.

Alors ça reste clairement une pâle imitation du style de Scorsese, de ce New-York Gotham 70-80s crasseux, poisseux et corrompu au parcours de Fleck, modelé sur celui de Rupert Pupkin et de Travis Bickle, en passant par la présence de De Niro dans un rôle photocopié sur celui de Jerry Lewis dans La Valse.... Ça reste aussi clairement un film aux prétentions artistiques et poseuses, comme en témoignent de nombreux plans à la symbolique lourde, ou uniquement là pour permettre à Phoenix de faire son numéro d'acteur dansant.

Et effectivement aussi, le toutéliage à l'univers DC semble souvent amené à la truelle, entre la sous-intrigue de la paternité de Wayne Sr, et une énième reconstitution de la mort des parents Wayne, ici indirectement liée au chaos généré par le Joker.

Mais dans l'ensemble, aidé par l'interprétation habitée de Phoenix, le film tient plutôt la route en tant qu'épisode Elseworlds, ces version alternatives des personnages DC Comics, détachées de toute continuité et uniquement là pour permettre aux scénaristes de se lâcher et de réinventer les icônes de la marque.

C'est exactement ce que Phillips a fait ici : réinventer le Joker en en faisant un protagoniste sombre et poisseux d'un film de Scorsese ultra-sérieux, au narrateur peu fiable, le tout sur une musique grinçante assez souvent agaçante.

Est-ce que c'est pour autant un film d'exception méritant tous ces louanges ? Non, franchement pas.

Est-ce que le trait est un peu trop forcé dans le pathétisme et le misérabilisme ? Probablement, oui, avec un Phoenix qui, ponctuellement, tourne un peu à vide en cherchant à rendre son Fleck toujours plus barge.

Est-ce que le tout ressemble un peu trop souvent à du cosplay de Scorsese, une copie studieuse et un peu pataude d'un élève se prosternant aux pieds de son maître ? Tout à fait.

Est-ce que le propos du film sur l'insurrection populaire, la rébellion, les élites pourries et méprisantes, érige (volontairement ou non) le Joker en figure révolutionnaire et anarchique, un modèle à suivre par des hordes de spectateurs ne disposant pas forcément des clés permettant d'analyser le film ? On peut se poser la question et se demander si Phillips, qui aime s'imaginer en pseudo-rebelle d'Hollywood, a bien mesuré l'ampleur de ce qu'il faisait là (ou s'il est resté à la surface de son script).

Mais honnêtement, je m'attendais à pire. Joker reste une relecture intéressante de ce personnage, relecture à la fois ancrée dans son époque, et perpétuellement en recherche de nostalgie. Une relecture un peu hypocrite (puisque tout est du point de vue d'un homme fou et malade, on pourrait éventuellement résumer le tout comme un gros "ce n'était qu'un rêve" rendant la moindre tentative d'analyse du film vaine et inutile) et cynique, pleine de défauts et manquant de subtilité, mais qui aurait pu s'avérer bien pire.

3.5/6

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Et comme toujours, vous pouvez retrouver la liste complète de tous les films passés en revue sur ce blog dans le menu Index de haut de page, ou en cliquant directement sur ce lien (000-1000) et sur celui-ci (1001-2000)...

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Blog Update ! - Mars 2020

Publié le 31 Mars 2020 par Lurdo dans Cinéma, Critiques éclair, Les bilans de Lurdo, Les bilans de Sygbab, Review, Télévision, Update

Un mois de mars très particulier sur le blog des Téléphages Anonymes, avec ce confinement mondial et des problèmes conséquents de web (et de plateforme) qui ont un peu chamboulé le programme de nos publications...

#1153 : Cats (2019) - 2/6

#1154 : Billionaire Boys Club (2018) - 2.25/6

#1155 : Sacré Moïse ! (1980) - 1.5/6

#1156 : La Chute du Président (2019) - 2.5/6

#1157 : Like a Boss (2020) - 2/6

#1158 : Marvel Stories : Marvel Renaissance - 4.5/6 - Marvel Univers - 3.5/6

#1159 : Bad Boys for Life (2020) - 3.25/6

#1160 : Fisherman's Friends (2019) - 3/6

#1161 : Supervized (2019) - 2.75/6

#1162 : Sonic, le film (2020) - 2.25/6

#1163 : Starring Adam West (2013) - 4.5/6

#1164 - SAINT PATRICK : Forever in my Heart (2019) - 2.25/6

#1165 : Jumanji - Next Level (2019) - 3.5/6

#1166 : Le Voyage du Docteur Dolittle (2020) - 1.75/6

#1167 : Today's Special (2009) - 3/6

#1168 : Unicorn Store (2019) - 2/6

#1169 : I am Thor (2015) - 4/6

#1170 : Super Papa (2001) - 2.5/6

#1171 : La Belle et le Clochard (2019) - 3.25/6

#1172 : Lords of Chaos (2018) - 4.25/6

#1173 : Togo (2019) - 3.5/6

#1174 : Until The Light Takes Us (2008) - 3/6

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# Bilan :

L'avantage d'un confinement, c'est que ça donne beaucoup de temps libre, et que cela permet de rattraper un nombre conséquent de films en retard. L'inconvénient, c'est qu'il faut savoir digérer tous ces films, admettre leur qualité souvent défaillante, et parvenir à s'aérer la tête à défaut de pouvoir s'aérer le corps.

En mars, énormément de films médiocres, et un seul métrage non-documentaire s'élevant au-dessus de la barre des 4/6 : Lords of Chaos, un biopic métalleux intéressant et rafraîchissant.

Le reste ? Pas grand chose de mémorable au programme.

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# Film du mois :

Lords of Chaos, donc, avec en prime, sur le front documentaire, I am Thor (pour les métalleux), Starring Adam West (pour les fans de Batman), et Marvel Renaissance (pour les fans des autres super-héros).

# Flop du mois :

Il serait facile de désigner Cats comme le flop de ce mois de mars... et pourtant, il y a pire : Sacré Moïse !, par exemple, ou Like a Boss... mais surtout le Dolittle de Robert Downey Jr, une relecture bancale au possible du personnage, un blockbuster raté et sans imagination, et une nouvelle preuve, s'il en fallait une, qu'une totale liberté créative accordée à un acteur excentrique est loin d'être la meilleure idée au monde. Il est là, le véritable flop du mois !

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# Petit écran :

Un mois de mars qui, à notre grande surprise à tous, a vu le retour triomphant de Sygbab pour une rétrospective Supernatural hebdomadaire, à l'occasion de la fin imminente de la série. De mon côté, j'ai été nettement déçu par la saison 12 de Doctor Who, à l'écriture faible et aux idées peu avisées... et je l'ai probablement été encore plus par la saison 1 de Star Trek Picard, pour exactement les mêmes raisons : idées moisies, fanservice bancal, écriture jamais à la hauteur... *soupir*

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# À venir :

En avril, puisqu'on ne risque pas de se découvrir d'un fil (vu qu'on est tous enfermés), le blog continue son petit bonhomme de chemin, avec un clown meurtrier, un pseudo-Cluedo à l'américaine, le dernier Pixar, Brad Pitt dans les étoiles, Rambo, Hugh Jackman en meneur de cirque, Baboulinet en super-héros, et bien d'autres choses encore...

Et côté petit écran, Sygbab continuera sa rétrospective Supernatural, tandis qu'en parallèle, on retournera dans les étoiles avec Hugh Laurie, on sèmera le chaos avec Harley Quinn, on goûtera au Carbone modifié, et on bricolera des jeux vidéo avec l'équipe d'It's Always Sunny...

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Un film, un jour (ou presque) #1174 : Until the Light Takes Us (2008)

Publié le 31 Mars 2020 par Lurdo dans Biographie, Cinéma, Critiques éclair, Documentaire, Drame, Musique, Review, Religion, Norvège

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Until the Light Takes Us (2008) :

En complément de Lords of Chaos, plongée documentaire dans le monde du black metal norvégien, pour un documentaire tentant de raconter les origines de ce courant musical, au travers d'interviews avec certains de ses membres - Fenriz, de Darkthrone, et Varg, de Burzum/Mayhem.

Forcément, on retrouve là bon nombre de points communs avec le film Lords of Chaos, dont on découvre la "vérité" (je mets des guillemets, car paradoxalement, pour un courant musical qui déteste les poseurs, il y a beaucoup de mythomanie, de baratin et de grands airs prétentieux derrière tout ce maquillage pseudo-daaaark), mais une chose est assez frappante, dans ce métrage : son absence de point de vue.

Les deux réalisateurs semblent être des fans du genre, ils se sont installés en Norvège et ont passé plusieurs années à côtoyer les musiciens pour préparer ce film et gagner leur confiance, mais l'ensemble du documentaire est étrangement dépourvu de direction vraiment concrète, et se contente de voguer de témoignages en témoignages, sans jamais les remettre en question, sans jamais leur opposer quoi que ce soit.

C'est surtout flagrant avec Varg, interviewé en prison, et qui a toute la latitude du monde pour raconter sa version de l'Histoire, sa version du monde : la Chrétienté, c'est le mal, il faut expurger la Norvège de cette secte judéo-chrétienne, les Américains c'est le mal, il faut rester pur et entre nous dans notre pays, bref, un joli manifeste nationaliste extrémiste, présenté par le documentaire comme une idéologie comme une autre, et dont les conséquences (les meurtres, les églises incendiées, etc) sont même applaudies par certains des autres intervenants du documentaire (on retrouve des membres d'Immortal, de Mayhem, d'Emperor, de Satyricon, systématiquement filmés de manière à les rendre daaark et menaçants).

Tout ce pan du documentaire est assez problématique, car très superficiel : des réalisateurs plus aguerris auraient probablement fait intervenir des historiens, des sociologues, etc, pour approfondir le sujet, et tenter d'expliquer comment et pourquoi l'un des pays les plus riches du monde (et l'un des plus idylliques, à en croire l'enfance de Varg) a pu ainsi donner naissance à une musique aussi brutale, mettant en avant les pires instincts de l'être humain (ce qui vaut aussi pour la florissante scène death metal suédoise, d'ailleurs), ainsi qu'à une jeunesse rebelle à ce point désabusée, misanthrope et dénuée de la moindre empathie.

Mais l'est-elle vraiment ? Après tout, si Fenriz passe la moitié du documentaire à marmonner dans son coin que le black metal est devenu trop mainstream et à répéter la rhétorique black métalleuse d'il y a quinze ans, il s'avère aussi un interlocuteur assez posé et ouvert, qui s'intéresse à d'autres types de musiques, à l'art moderne, et quelqu'un d'assez agréable à suivre (à défaut d'être particulièrement animé).

Les apparences comptent paradoxalement beaucoup dans le black metal. C'est un peu à l'image de ce passage ridicule made in Harmony Korine : le black metal dans tout ce qu'il a de Grand-Guignol, de théâtral et d'arty (dans le mauvais sens du terme, le sens poseur et prétentieux), alors qu'à la base, ce devrait être une musique avant d'être une philosophie ou une idéologie.

Et ce documentaire l'oublie étrangement : la musique y est au second, voire au troisième plan, un peu comme dans Lords of Chaos, et ses influences extérieures et ses courants sont à peine mentionnés, tant le tout passe bien après les frasques des ces (ex)ados dépressifs, nihilistes, provocateurs et un peu (très) cons.

Dommage.

Un petit 3/6

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Un film, un jour (ou presque) #1173 : Togo (2019)

Publié le 30 Mars 2020 par Lurdo dans Aventure, Biographie, Cinéma, Critiques éclair, Disney, Drame, Histoire, Jeunesse, Review

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus. ​​

Togo (2019) :

Lorsqu'en 1925, une épidémie de diphtérie frappe le petit village de Nome, en Alaska, alors même qu'une tempête coupe la communauté du monde, tous les espoirs reposent sur une caravane improvisée de mushers et d'attelages de chiens, qui se relaient pour apporter le plus vite possible des vaccins aux malades. Parmi eux, Leonhard Seppala (Willem Dafoe) et son chien Togo, vieillissant et fatigué, qui contre toute attente, vont ensemble parcourir plus que tous les autres membres de la caravane réunis, et échapper à des dangers improbables...

Un joli petit film animalier disponible sur Disney + et qui n'aurait pas dépareillé il y a 20 ou 30 ans sur Disney Channel : il y a des éléments déchaînés, de l'aventure, de l'héroïsme, des chiens attachants, des acteurs compétents, bref, c'est plutôt agréable, bien qu'un poil longuet (près de deux heures), et parfois un peu austère et froid (à l'image de l'Alaska et du bande originale dramatique de Mark Isham).

Mais avec sa structure alternant le serum run et ses flashbacks sur l'enfance et les jeunes années de Togo, le film parvient à intéresser et à rendre attachants à la fois son toutou (pas de grande surprise), mais aussi son musher austère et distant, qui finit par se lier à ce cabot impertinent et désobéissant.

Bref, ça ne révolutionnera rien, mais ça se regarde tranquillement, pour peu qu'on apprécie ce style de film.

3.5/6

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Un film, un jour (ou presque) #1172 : Lords of Chaos (2018)

Publié le 27 Mars 2020 par Lurdo dans Biographie, Cinéma, Comédie, Critiques éclair, Drame, Musique, Review, Religion, Norvège, Suède, UK, Thriller

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus. ​​

Lords of Chaos (2018) :

Désœuvrés, passionné de métal extrême, et désireux de se rebeller contre le carcan de la société norvégienne de la fin des années 80, plusieurs adolescents, menés par Øystein "Euronymous" Aarseth (Rory Culkin), décident un beau jour de créer le groupe Mayhem, d'inspiration satanique. Rapidement, sous l'influence de Pelle "Dead" Ohlin (Jack Kilmer), un jeune suicidaire et morbide, puis de Kristian "Varg" Vikernes (Emory Cohen), pyromane en puissance, le groupe se radicalise, et développe une aura sulfureuse, alors que leur succès grandit, et que suicides, meurtres et églises brulées se multiplient de leur fait...

Un biopic ouvertement romancé ("basé sur des vérités, des mensonges et sur les faits avérés", nous dit le carton d'ouverture) du groupe Mayhem, réalisé par un ancien membre du groupe Bathory, devenu cinéaste (et réalisateur de clips musicaux), et qui aborde frontalement la spirale infernale dans laquelle ces adolescents se sont embarqués, épris d'un désir toujours plus grand de choquer, de se rebeller, et se montrer différents.

Un métrage semi-comique, semi-mélancolique, semi-tragique et semi-horrifique (ça fait beaucoup de semis, je sais), constamment sur le fil du rasoir entre portrait moqueur de jeunes rebelles paumés et psychologiquement déséquilibrés (qui se radicalisent seuls dans leur quête de sensations et d’extrême, et dans leur désir paradoxal de ne pas paraître "poseurs" - alors même qu'ils se déguisent, se maquillent, et font semblant de vénérer Satan), malaise d'une violence crue et brutale (le suicide de Dead est à ce titre particulièrement marquant), et biopic plus traditionnel, avec ses inventions et ses raccourcis.

Dans l'ensemble, pour un semi-novice de la scène black metal norvégienne (je connais les noms et la musique, mais je n'ai jamais cherché à en savoir plus sur qui faisait quoi), le tout s'avère assez agréable à suivre, un biopic à la mise en image dynamique (et parfois assez implacable) et qui sait jouer la carte des ruptures de ton pour mieux surprendre et choquer le spectateur.

Le film est aidé par une interprétation très solide (notamment du jeune Culkin) qui parvient à donner un peu d'épaisseur à ces personnages fréquemment pathétiques, et par des moments joliment absurdes, façon Spinal Tap, qui permettent de décompresser un peu entre deux moments plus tendus. Ce n'est cependant pas parfait (la musique n'est pas particulièrement mise en valeur, la nudité est gratuite et amenée à l'arrache, certains moments sont too much), et bizarrement, j'ai trouvé que le climax du film (l'ultime confrontation entre Varg et Euronymous) était décevant, manquant de punch et d'énergie.

C'est peut-être dû à un côté trop "mis en scène", trop "écrit", et pas assez spontané, qui enlève beaucoup de force à cette confrontation sanglante, au point que sa violence finit par paraître un peu cartoonesque (idem pour le meurtre dans le parc).

Dans l'ensemble, cela dit, un bon biopic qui change un peu du lissage de mise dans les grosses productions hollywoodiennes.

4.25/6

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Un film, un jour (ou presque) #1171 : La Belle et le Clochard (2019)

Publié le 26 Mars 2020 par Lurdo dans Aventure, Cinéma, Comédie, Critiques éclair, Disney, Jeunesse, Review, Romance, Animation

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus. ​​

La Belle et le Clochard (Lady and the Tramp - 2019) :

Lorsque ses maîtres (Thomas Mann et Kiersey Clemons) accueillent un nouveau bébé dans leur foyer, Lady (Tessa Thompson), une jeune femelle cocker, se sent délaissée. Elle finit par s'enfuir, et par tomber sous le charme d'un chien errant cynique et individualiste, Tramp (Justin Theroux), qui lui fait découvrir la dure vie de la rue, et la liberté des espaces sauvages...

L'un des titres de lancement de Disney +, La Belle et le Clochard 2019 s'inscrit dans cette vague de remakes en prises de vue réelles des classiques du studio, une vague franchement peu nécessaire, mais qui rapporte des sommes considérables à Mickey.

Ici, compte tenu de l'ancienneté du film original, et de sa popularité bien éloignée de celle de l'époque de la Renaissance des 90s, on peut comprendre que Disney ait choisi de réserver l'exclusivité du film à sa plate-forme de streaming : les attentes sont moindres, le film n'aurait probablement pas cartonné au box-office, et avec sa distribution plus secondaire et son manque de facteur nostalgique, il n'y aurait pas eu cet effet d'appel qui aurait amené les foules à se déplacer.

Dans les faits, cela dit, cette version de Lady and the Tramp n'est pas honteuse, loin de là. Les effets numériques sur les toutous sont plutôt réussis, les changements apportés à l'histoire ne sont pas flagrants (en même temps, je me souviens très peu du film original), et tout le monde est compétent : autant dire que c'est un film qui se regarde, avec des chiens amusants et mignons qui plairont aux plus jeunes.

Le seul point qui fâche un peu, je dois dire, c'est la manière dont le film a été passé à la moulinette de l'inclusivité woke et du politiquement correct, histoire de ne pas faire d'esclandre, et quitte à faire une bonne grosse dose de révisionnisme historique.

On est en effet ici au début du siècle, dans le sud des États-Unis (la Nouvelle-Orléans, et tutti-quanti)... et pourtant, les maîtres de Lady sont un couple mixte assez aisé et parfaitement intégré à la société. D'ailleurs, une bonne moitié des passants, dans la rue, et la plupart de leurs proches, eux aussi aisés, sont afro-américains ou d'origine ethnique (le médecin est interprété par Ken Jeong, par exemple, le responsable de la fourrière est latino, etc...) et bien intégrés. Et Lady elle-même est doublée par une afro-américaine, à l'attitude très moderne et pas si précieuse que ça (un peu problématique pour son personnage de "Lady").

Une sorte de vision idéalisée (j'ai envie de dire que ça fait très "promenons-nous sur Main Street USA, à Disneyland, dans une reconstitution propre, nettoyée et superficielle de l'Amérique, où ne subsistent que les bons côtés, et une esthétique un peu creuse") de la société américaine de l'époque, où régnait pourtant la ségrégation ; une vision finalement très moderne d'ailleurs renforcée par le fait que c'est clairement Kiersey Clemons qui porte la culotte dans la famille de Lady, mariée à un Thomas Mann gentiment effacé.

En soi, pourquoi pas, et avec un peu plus d'ambition et de parti-pris, il y aurait probablement eu là un parallèle intéressant à établir entre l'histoire des chiens (initialement une histoire de classe et de privilège), et l'histoire raciale des États-Unis... mais ce n'était clairement pas au programme, à en juger par la manière dont cette réalité "parallèle" est mise en images.

Et d'ailleurs, au rayon de l'inclusivité et du politiquement correct, citons aussi ces pauvres chats siamois qui, expurgés de toute caricature potentiellement offensante (ce ne sont plus des siamois, désormais), se retrouvent avec un morceau inédit, du jazz/swing pas très mémorable noyé dans une tornade d'effets numériques sans réel poids.

Mais peu importe. Ce qui m'aura gêné le plus ne posera probablement aucun problème aux plus petits, qui sont le public directement visé par ce remake... donc je n'ai pas vraiment envie de me montrer sévère.

3.25/6 (aussi peu mémorable que la majorité des autres remakes live-action de Disney, malheureusement, et peut-être un peu plus problématique)

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